Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 avril 2019 4 11 /04 /avril /2019 12:59
13 avril 2019 : ensemble pour les libertés et le droit de manifester
13 avril 2019 : ensemble pour les libertés et le droit de manifester

Le Conseil constitutionnel vient de censurer l’interdiction administrative de manifester dans sa décision concernant la loi « anti-manifestant·e·s » mais valide toutes les autres dispositions attentatoires aux libertés fondamentales.

 

Face aux attaques répétées du gouvernement contre les droits fondamentaux à manifester, s’exprimer, s’organiser, les dérives autoritaires et les mesures liberticides, 50 organisations, des partis et mouvements politiques dont la France insoumise, mais aussi les gilets jaunes…, appellent l’ensemble des personnels à se mobiliser le samedi 13 avril pour les libertés publiques et le droit de manifester.

 

L'appel national en téléchargement

 

 

-Communiqué d'appel pour la Charente Maritime

13 avril 2019 : ensemble pour les libertés et le droit de manifester
13 avril 2019 : ensemble pour les libertés et le droit de manifester
Partager cet article
Repost0
8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 08:40
Gilets Jaunes et Syndicats

Cet article ci-dessous me semble une excellente analyse de la situation, des enjeux et rapports de forces en action... 

 

Sources : INITIATIVES COMMUNISTES  par Jean-Pierre Page[1]

-

Voici plus de 11 semaines que les gilets jaunes rythment par leurs initiatives la vie politique et sociale française.
Le 26 janvier a été une grande journée de mobilisation à travers toute la France.  Elle a aussi été marquée par une répression sans précédent violente, délibérée et orchestrée.

 

Emmanuel Macron, son gouvernement, le Parlement, les partis politiques, les médias, les analystes commentent et se déterminent quotidiennement en fonction de ce mouvement inédit dans sa forme, ses objectifs et sa durée. La plupart d’entre eux ont été totalement pris au dépourvu et ont toujours autant de mal à le caractériser et plus encore à y faire face, fut-ce par la contrainte et les représailles! Dans les couloirs du pouvoir, on est chaque fin de semaine, proche du mode « panique ».

 

 

-

Les syndicats n'échappent pas à ce constat.

Pire,  bien que par leur rôle, ils se doivent d’être en phase avec les préoccupations et l’état d’esprit réel des travailleurs, ils n’ont pas vu venir cette vague  populaire qui a pris l’ampleur d’un tsunami social et politique. Celui-ci est sans précédent dans l’histoire française. Plutôt, que d’en tirer les conséquences, le choix des dirigeants syndicaux a été de se réfugier dans un rôle d’observateur, non sans espérer fut ce au prix d’un lâche soulagement de voir les choses en finir au plus vite.

 

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, considère toujours « que le mouvement des gilets jaunes n’est en rien capable, de réunir les gens, de les faire débattre entre eux, de hiérarchiser les revendications, de s’engager dans la recherche de solutions. Il n’a rien inventé affirme-t-il, ni est capable de mobiliser en masse. Nous devons éteindre collectivement l’incendie».[2]

 

On ne saurait pas être plus clair, chasser le naturel, il revient au galop ! En fait, et c’est bien là le problème, quand « tout remonte à la surface »[3] , les syndicats ne rêvent-ils pas de continuer à faire comme si de rien n’était! « Il faut que tout change pour que rien ne change »[4].

 

Pourtant et dorénavant tout le monde est au pied du mur et dans l’obligation de se déterminer par rapport à l’existence, aux débats et aux initiatives des gilets jaunes. Leur action est à ce point incontournable que non-content d’ébranler les bases d’un pouvoir politique qui se voulait conquérant, arrogant et sur de lui, elle révèle l’étendue d’une crise sans précédent autant sociale, politique, économique que démocratique. Elle renvoie également à la crise du syndicalisme et pas seulement à la représentation de celui-ci.

 

Macron, quant à lui, cherche à gagner du temps et à reprendre la main, mais de l’avis général les deux mois de débats, et d’enfumage dont il a pris l’initiative ne régleront rien. En guise d’exorcisme et d’incantations, il ne suffit pas d’affirmer qu’on ne changera pas de politique pour s’en persuader. C’est sans doute pourquoi les Français ne se font aucune sorte d’illusions sur les vertus de son « one-man-show », ce long monologue ou il bavarde sans écouter. Les gilets jaunes avec détermination ont décidé de poursuivre leur action contre vents et marées tout en déjouant les multiples pièges qu’on leur tend. Faisant preuve là, d’une rare intelligence politique !

 

Gilets Jaunes et Syndicats

Ils apprennent vite, tout en faisant face à une répression de masse, déchaînée et meurtrière[5]. Celle-ci est sans précédent depuis presque 60 ans. On se souvient du massacre de Charonne ou celui du 17 octobre 1961[6] qui coûta la vie a des centaines de travailleurs algériens ! Pourtant, le 6 décembre à la stupéfaction et la colère de nombreux militants,  les confédérations syndicales y compris la CGT ont été jusqu’à condamner comme coupables les victimes des représailles policières et« toutes formes de violences dans l’expression des revendications »[7] ! Fallait-il  donner de cette manière choquante une nouvelle justification au concept de « syndicalisme rassemblé » ? 50 ans plus tard Macron n’en demandait pas tant ! Faut il rappeler qu’en 1968 la CGT s’est honoré en appelant à la grève générale contre la répression à l’égard du mouvement étudiant. Depuis, l’initiative de la CGT Paris de saisir la justice contre l’utilisation criminelle de « flash-ball » par les forces de l’ordre, à montrer un rejet net de cette manière de renvoyer tout le monde dos à dos[8].

 

 

-

Dans de telles circonstances, il y a urgence pour le Capital et la bourgeoisie, à trouver une issue à cette crise majeure, ils leur faut anticiper, car les problèmes s’enchaînent les uns après les autres! Alain Minc et Jacques Attali parmi d’autres s’inquiètent du creusement des inégalités.

Comme au sein d’une « Cupola mafieuse sicilienne», les « parrains » de Macron comprennent, que cette situation ne peut perdurer indéfiniment. Déjà, dans un temps très bref, moins de deux ans, elle a fragilisé à l’extrême le pouvoir du jeune banquier de chez Rothschild, dont ils avaient fait le choix .

 

Faut-il ajouter au tableau, que le mouvement peut faire tâche d’huile et devenir contagieux ! Déjà en Belgique, au Portugal, en Pologne, en Grand Bretagne, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Irlande, et même au Liban, en Afrique du Sud, en Irak, on revêt le gilet jaune de la colère populaire[9].

 

Dans ce contexte, les instances supranationales comme celle de l’Union européenne déjà à l’avenir incertain, voit celui-ci s’assombrir un peut plus à fortiori avec la perspective des prochaines élections européennes. Le moteur  franco-allemand se met à tousser au point que l’on se demande s’il ne va pas caler. Le traité d’Aix la Chapelle entre la France et l’Allemagne que viennent de signer dans l’urgence et le secret  Macron et Merkel consacre une capitulation française sur sa souveraineté au bénéfice d’une Europe des « Landers » et d’une armée allemande baptisée « européenne ». Comment ne pas remarquer que deux mois auparavant, par anticipation et sans consultations de leurs affiliés les syndicats français et le DGB allemand avaient décidé de soutenir ce grand  projet d’intégration européenne[10] sous le pavillon d’Outre-Rhin.

 

 

-

Pour la France qui est encore admise comme 5e puissance mondiale, l’onde de choc internationale créée par le mouvement des gilets jaunes fait vaciller la crédibilité d’un système en question, plus encore que celle d’un président dont la suffisance et la morgue font dorénavant sourire, tant elle apparaît dérisoire.

A Paris, Macron, à la remorque de Trump soutient les putschistes de l’extrême droite vénézuélienne, il ne tarit pas d’admiration et d’éloges pour leurs manifestants et ordonne à Maduro de respecter la démocratie et des élections sous 8 jours. « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ! » Imaginons Nicolas Maduro, exigeant de Macron l’organisation d’élections en France sous 8 jours au risque de voir le Venezuela reconnaître Eric Drouet des Gilets jaunes comme le président en charge.

Gilets Jaunes et Syndicats

Par conséquent, il est difficile de contester que les enjeux se soient singulièrement aiguisés ! On ne choisit pas la période dans laquelle on vit, il faut être à la hauteur de ce qu’elle exige. Pour le mouvement syndical et particulièrement pour la CGT ce nouvel épisode des « luttes de classes en France » n’est pas sans risques. Le paradoxe, c’est qu’il n’est pas non plus  sans opportunités ! A condition, bien sur d’en avoir la volonté politique et de s’en donner les moyens si toutefois l’on veut  créer le rapport de force nécessaire pour gagner. Dans de telles circonstances la seule stratégie qui vaille est donc de  contribuer à fédérer et faire converger les luttes dans les entreprises avec celle des gilets jaunes.  L’objectif, (encore, faut-il avoir un objectif), doit être de bloquer les entreprises, les centres de productions stratégiques, tout autant que les voies de circulation,  faire pression sur le patronat ,le gouvernement et Bruxelles « là ou ça fait mal ! » .

 

 

-

Nous n’en sommes pas tout à fait là, pourquoi ?

Il devrait aller de soit que le mouvement populaire agisse et parle d’une seule voix tant les objectifs légitimes de justice sociale, de démocratie et de respect sont  massivement partagés dans et hors les entreprises, c’est d’ailleurs ce que souligne la CGT. Les gilets jaunes quand ils ne sont pas retraités ou chômeurs sont aussi des salariés. Toutefois,  il ne suffit pas de répéter que les revendications sont voisines sinon identiques, quand toute la question est de savoir quelles conséquences pratiques l’on en tire en termes d’actions. Or, il aura fallu deux mois pour que la direction de la CGT finisse par accepter sous la pression d’un grand  nombre de ses organisations : syndicats, fédérations, régions et départements d’appeler nationalement à la grève et aux manifestations le 5 février. Il faut se féliciter que l’Assemblée des Assemblées de Commercy (Meuse) des gilets jaunes réunissant une centaine de délégations est adoptée un Appel qui soutient une grève reconductible à partir du 5 février[11].

 

Prenons acte positivement de cette importante décision de la CGT soutenu par des gilets jaunes, tout en ajoutant que la question qui se pose dorénavant est celle de la suite qui sera donnée et de quelle volonté l’on va faire preuve pour que cette journée se poursuive en grève générale reconductible.  Doit-on se satisfaire de grèves par procuration, s’accommoder de l’éparpillement des luttes, de leur pourrissement comme d’une fatalité ? Va-t-on reprendre le controversé chemin des « grèves saute-mouton » dont la faillite est consommée ? «Ne faut-il pas reconsidérer les vertus des grèves reconductibles » ? Philippe Martinez, a déclaré que « la mobilisation aux ronds-points, c’est bien, la mobilisation dans les entreprises, c’est mieux »[12]. Prenons-le au mot : Chiche ! Passons des paroles aux actes ! « La preuve du pudding, c’est qu’on le mange »[13]

 

  • En fait-tout cela ne renvoie t’il pas à la capacité des syndicats à anticiper, à apprécier de qui change, bouge à la qualité de leurs liens avec les travailleurs dans leur ensemble et leur diversité, à l’activité depuis le lieu de travail c’est à dire là où se noue la contradiction capital/travail, là où se concrétise l’affrontement de classes ? 
  • Ne faut-il pas par exemple, s’interroger sur la capacité des syndicats à prendre en compte le fait que nous sommes passés en quelques années d’une société de pauvres sans emplois à une société avec en plus des pauvres avec emplois, une société capitaliste dont les jeunes sont les premières victimes. *

A leurs côtés l’on trouve les retraités actifs et présents depuis longtemps dans les manifestations, ils se battent pour le droit de vivre dignement d’autant qu’ils sont de plus sont fréquemment les seuls soutiens matériels et financiers de leurs enfants et petits enfants frappés par la précarité et le chômage de masse. La France compte plus de 11 millions de demandeurs d’emplois et de travailleurs pauvres occasionnels. Dans le même temps, 40 milliardaires pèsent 265 milliards d’euros soit la richesse globale des 40% les plus pauvres. Les 15 ultras riches détiennent 22% de la richesse nationale et bénéficient avec Macron au pouvoir de 300 milliards de cadeaux fiscaux, dont 100 milliard s’évadent chaque année vers les paradis fiscaux.

Gilets Jaunes et Syndicats

-

C’est ce que disent les cahiers de doléances, ils mettent en avant les inégalités criantes sociales et territoriales,  le besoin impératif de rétablir et revaloriser avec des moyens les services publics, en particulier ceux de proximité.

La contradiction capital/travail est posée fortement et l’on revendique l’exigence de justice sociale d’augmentation du salaire minimum à 1800 euros, la revalorisation des retraites et pensions, une fiscalité qui fait payer les riches et les entreprises, l’annulation de la CSG, le rétablissement de l’impôt sur la fortune ou encore l’abrogation du CICE ce crédit d’impôt aux entreprises remplacé par un allègement des charges sociales voulu dès le début de son mandat par Macron. En fait-tout cela traduit l’aspiration à une société française de notre temps, une société de progrès et non de régression sociale

 

Dans ces conditions, le pouvoir d’achat est une priorité vitale pour des millions de gens et leurs familles. Cette exigence légitime doit s’articuler avec une démocratie qui implique l’implication de chacun et chacune à tous les niveaux, la reconnaissance, le recours et l’usage de droits sans privilèges d’aucune sorte. Le peuple veut être entendu et respecté. Cette évidence s’est imposée devant l’unilatéralisme qui caractérise autant la vie dans les entreprises qu’hors les entreprises.  Le moment est venu d’y répondre, par de nouvelles formes de consultations et de prises de décisions comme le revendiquent les gilets jaunes! C’est ainsi pensent-ils que l’on fera reculer dans tous les domaines les injustices croissantes de la société française.

 

Car c’est le système capitaliste qui cadenasse les libertés, c’est le néo libéralisme mondialisé, qui impose la pensée unique et la voix de son Maitre, qui pille les richesses du travail, saccage la nature et l’environnement. Tout cela se fait au bénéfice d’une oligarchie corrompue de riches toujours plus riches, ou encore de ceux qui s’en sortent le mieux ! Faut-il continuer à parler de partage des richesses et des ressources, quand dans la réalité il s’agit de la recette du pâté d’alouettes où le travail enrichit le centile le plus riche de la population et que les inégalités explosent ?

 

La France est passée championne dans la distribution des dividendes aux actionnaires. 46,8 milliards d’euros ont ainsi été distribués en 2018, de loin supérieur à 2017 de plus de 12%. Les groupes automobiles et les entreprises de luxe, dit-on se sont particulièrement montrés généreux[14].

 

N’est-il pas remarquable que le mouvement des gilets jaunes coïncide avec l’inculpation et l’emprisonnement au Japon pour fraude fiscale de Carlos Ghosn le patron de Renault-Nissan au salaire de 15,6 millions d’euros par an. Cette rémunération « surréaliste », n’est-elle pas précédée par celle de Bernard Charles, de Dassault qui gagne 24,6 millions d’euros annuel devant Gilles Gobin de Rubis du groupe Rubis qui lui empoche 21,1 millions d’euros ? Ce sont ceux-là et près de 150 patrons de multinationales, avec qui voici quelques jours, Macron de manière provocatrice a festoyé au Château de Versailles. Comble de l’ironie jour pour jour avec la décapitation de Louis XVI. Ainsi, l’on semble être passer « d’une royauté à une autre. » !

Gilets Jaunes et Syndicats

-

Dans un tel contexte, apparaissent bien dérisoires les arguties de certains dirigeants syndicaux sur les prétendues tentatives de récupération et l’influence de l’extrême droite raciste sur le mouvement des gilets jaunes, comme le répète à satiété les dirigeants de la CFDT et de la CGT.

A ce sujet, les propos affligeants, les rapports, les interviews ne manquent pas et témoignent d’un décalage saisissant comme d’une profonde ignorance de ce que représente un mouvement social ![15] Il est inquiétant de noter que certains dirigeants de la CGT ont cru bon, se saisir de ce contexte pour traquer les idées de ceux qui refusent la mise en conformité,  comme par exemple un regard critique sur l’Europe et l’Euro, le prêt-à-porter de la pensée dominante et de l’air du temps[16]. La pratique de l’amalgame à l’égard de l’historienne Annie Lacroix-Riz[17] accusée de complotisme, et de voisinage avec l’extrême droite a suscité une telle indignation que Philippe Martinez a du lui présenter des excuses et s’engager à retirer de la circulation une note infamante portant le sigle de la CGT[18]. Va-t-on dorénavant faire le tri chez les travailleurs, ou les militants exiger de leur part pour participer aux grèves et manifestations (comme on l’a vu) qu’ils présentent une identification politique ou un laissez passer conforme aux désidératas du dialogue et du partenariat social voulu par un syndicalisme d’accompagnement et de propositions en quête d’«union sacrée ».

 

N’y a t’il pas pour le mouvement syndical à réfléchir autrement et avec modestie sur lui-même sur ses insuffisances, son fonctionnement, ses retards, sur son approche des problèmes dans leur globalité, leur dimension européenne et internationale par ces temps de mondialisation néo-libérale à marches forcée. Se débarrasser enfin de cet esprit de suffisance, de condescendance, de donneurs de leçons qui minent la relation qui devrait être celle entre les syndicats, les travailleurs en général, les gilets jaunes en particulier, ceux dont les sacrifices de toutes sortes méritent le respect. Plutôt que porter sur eux des jugements de valeurs ne devrait-on pas faire preuve de plus de retenue ?

 

Car au départ,  il aura fallu une taxe sur les carburants suscitant la colère pour que cette fois ci, la goutte fasse déborder le vase des mécontentements accumulés, des colères légitimes, des rêves refoulés, des frustrations que l’on taisaient depuis si longtemps. « Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine ».

 

Si ne pas l’avoir compris ne peut être sans conséquence pour la classe politique, comment ne le serait-elle pas pour les syndicats. Comment s’étonner alors de l’ampleur de cette crise de confiance, car il faut bien reconnaître que ce mouvement des gilets jaunes s’est construit hors de l’intervention et de l’implication syndicale. Par conséquent, on ne saurait pas être surpris à entendre les critiques qui montent d’en bas, qui placent les syndicats et les politiques dans le même sac, et à qui l’on fait payer le prix fort des compromissions. Doit-on faire comme si cela n’existait pas. Déjà en son temps, Benoit Frachon parlait des « porteurs de serviettes, l’air affairé, le plus souvent trônant dans un bureau, parfois hypocritement installé par le patron »[19]. Qu’en est-il aujourd’hui ?

 

C’est vrai en France et ailleurs comme à une tout autre échelle. Ainsi la CES (Confédération Européenne des Syndicats) déjà totalement dévaluée démontre dans ces circonstances et une fois encore sa parfaite incapacité à saisir ce qui est essentiel ! Son silence est assourdissant ! C’est dire, son décalage  avec le monde réel, sans doute parce que sa fonction n’est rien d’autre que celle d’être un rouage des institutions bruxelloises.  Son fonctionnement et sa dépendance financière à cet égard semblent sans limites.

 

On parle beaucoup de l’ignorance dans laquelle Macron tient ce que l’on appelle les corps intermédiaires comme les syndicats. Ce qui est un fait,  mais l’institutionnalisation du syndicalisme, sa bureaucratisation, sa professionnalisation, ne l’a t’elle pas  rendu invisible et inaudible ? Comment alors être surpris de voir aujourd’hui beaucoup de salariés s’en détourner, questionner sa crédibilité, son utilité, son existence même et finir par voir ailleurs ? Pour se rassurer faudrait-il en l’appliquant au syndicalisme reprendre la formule de Brecht « puisque le peuple vote contre le gouvernement, ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d’en élire un autre »[20].

Gilets Jaunes et Syndicats

-

Comment en est-on arrivé là ?

Peut-être faudrait-il se poser la question du pourquoi ? On ne peut évidemment pas se satisfaire de cette situation, elle appelle des réponses autres que la culpabilisation des militants sur lesquels repose l’existence de l’organisation syndicale à fortiori dans les entreprises. Cela ne saurait se réduire à la seule prise en charge des problèmes « de carreaux cassés » dont il faudrait s’inquiéter pour répondre à la crise du syndicalisme ! On a besoin sur ce sujet comme sur d’autres, d’une autre hauteur de vue.  A la lumière d'événements qui sont un formidable révélateur, il y a urgence pour le mouvement syndical de classe à tirer les leçons et à faire les bilans qui s’imposent. Il faut espérer que le prochain congrès national de la CGT[21] apportera des réponses convaincantes, une stratégie et une direction à la hauteur de cette situation. Faire preuve de lucidité ce n’est pas  s’accabler, c’est voir les faits, la réalité telle qu’elle est pour la transformer.

 

Évidemment ce mouvement des gilets jaunes est pétri de contradictions, il est  à l’image de notre société avec ses préjugés, ses faiblesses, ses erreurs, et même ses idées réactionnaires. Faut-il faire comme si cela n’existait pas ? Évidemment non ! Mais dans le même temps,  comment concevoir autrement une lutte de masse qui soit conséquente ?

 

Un grand nombre de gilets jaunes font l’expérience de l’action pour la première fois, la plupart d’entre eux n’a jamais participé à une grève, à une manifestation. On s’étonne de leur spontanéisme, de leur absence d’organisation ce qui semble être de moins en moins le cas, mais comment ne pas voir qu’entre son début et le point où il est arrivé aujourd’hui, ce mouvement a fait un véritable bond qualitatif en avant. C’est vrai, dans la définition de ses objectifs, dans ses méthodes comme dans son organisation. Non sans erreurs ? Certes et alors ? Le mouvement syndical a aussi la responsabilité de partager et faire partager son expérience de la lutte de classes avec tous ceux et toutes celles qui font le choix d’agir collectivement.

 

Pour un grand nombre de gilets jaunes, et même si c’est parfois confusément, ce qui est en question au fond c’est la nature de cette société inégale, brutale, prédatrice et criminelle. Cette société-là, c’est le capitalisme lui-même.  Qui va le dire ? Faut-il le considérer comme un horizon indépassable ou faut il au contraire l’abolir ? Pour le syndicaliste faudrait-il se plaindre d’une telle prise de conscience? On peut comprendre qu’un tel changement des esprits n’est pas sans déranger les tenant d’une adaptation du syndicalisme-partenaire d’un capitalisme à visage humain. Certains, comme la CFDT, préférant négocier le poids des chaines plutôt que d’exiger l’abolition de l’esclavage. Mais, ne doit-on pas voir dans ce mouvement des gilets jaunes une prise de conscience qui s’affirme,  celle  qui conduit à la conscience d’appartenir à une classe et par conséquent des opportunités à saisir ! N’y t’il pas là pour le syndicalisme une responsabilité à assumer pour qu’il en soit ainsi.

 

Aussi et comme cela est souvent le cas dans les grands mouvements sociaux, il y a urgence pour le mouvement syndical à prendre en compte combien les consciences ont progressé quant aux causes, aux responsabilités et à la nature  du système capitaliste lui-même


Ce constat renvoie à la « double besogne », cette double fonction qui doit être celle du syndicat: luttant tout à la fois pour les revendications immédiates comme pour le changement de société. Contrairement à ce qu’affirme Philippe Martinez[22], la CGT n’est pas trop « idéologique ». Cette singularité qui est la sienne, cette identité, elle se doit de la prendre en charge en toutes circonstances. Ne voit-on pas que la CGT paye aujourd’hui 25 années de recentrage, de désengagement du terrain de la bataille des idées, en fait de dépolitisation ?[23] . Ceci, la pénalise grandement aujourd’hui face à un mouvement qui va marquer durablement la période que nous vivons.

Gilets Jaunes et Syndicats

Ce débat nécessaire donne raison à ceux des militants de la CGT qui depuis longtemps alertent, se mobilisent et interpellent leur Confédération  sur la perspective « d’une explosion sociale », hors de toute intervention syndicale, tant la désespérance est à son comble[24]. Il est heureux de constater que parfois à contre-courant des positionnements officiels et de l’impuissance de nombreux dirigeants, ils  sont ceux qui ont fait le choix dès le début de se tourner vers le peuple en lutte, mêlant leurs gilets rouges à ceux des gilets jaunes comme on l’a vu dans bien des ville à Bourges, Créteil, Toulouse, Marseille, Lille, Paris, Montbéliard, Nantes, etc.

 

En fait,  cette insurrection sociale, à laquelle nous assistons, tire sa force dans sa capacité à fédérer le peuple : les ouvriers, les employés, les paysans, les classes moyennes, les petits artisans, les chômeurs, les retraités, les ruraux et les citadins, ceux des banlieues. Fait significatif les femmes sont au premier rang des manifestations, des blocages routiers, des parkings des centres commerciaux. Tout un peuple d’en bas est entré en révolte, la CGT devrait se comporter comme un poisson dans l’eau et considérer qu’en dernière analyse, « il est juste de se rebeller » !

 

 

-

Voici plusieurs années, on parlait de fracture sociale, mais sans en tirer les conséquences.

Celle-ci n’a cessé de s’élargir, au point que ce à quoi nous assistons couvait depuis longtemps, en particulier dans la jeunesse. Cette génération sans perspective, tous ces laissé-pour-comptes réduits à monter à l’échafaud de l’exclusion sociale et parmi eux les précaires, ou encore les enfants d’immigrés de plusieurs générations. Ils sont aux avants-postes de cette bataille. Comment ne pas se trouver à leurs côtés ?

 

L’on sait maintenant qu’à la fracture sociale, il faut associer la fracture politique et démocratique. Elle révèle l’étendue d’une rupture entre le peuple et ses représentants, les institutions nationales et supranationales, les partis politiques, les syndicats, les parlementaires de droite comme de gauche, le gouvernement et singulièrement le chef de l’état sur qui se focalise l’ensemble du rejet exprimé à travers le mot d’ordre « Macron démission ». En une année la confiance dans le président de la République s’est effondrée de 23%. Jamais en France, un homme politique aura fait l’objet d’une telle détestation pour ne pas dire d’une haine. Un récent sondage[25] fait ainsi apparaître que 88% des Français ne font pas confiance aux partis politiques, 73% ne font pas confiance aux médias et 70% aux banques, 55% se déclarent prêt à participer à des manifestations pour défendre leurs idées,. Deux mois après le début de l’action des « Gilets jaunes » 57% continuent à leur apporter leur soutien. Plus de 70% des Français n’attendent rien du grand débat voulu par Macron.

 

Le mouvement des gilets jaunes est fondamentalement une révolte contre la situation intolérable qui est faite aux classes les plus défavorisée, à l’appauvrissement qui touche dorénavant les classes moyennes ceux qui arrivaient encore à s’en sortir, mais dont les fins de mois se terminent dès le 15 et qui n’ont d’autres alternatives que les privations pour presque tout. « Dans les fins de mois, le plus dur ce sont les 30 derniers jours ! » disait Coluche. Le combat des gilets jaunes est aussi une résistance contre ce recul de civilisation voulu par le Capital en crise.

 

Les politiques néo libérales des gouvernements successifs de droite comme de gauche, les injonctions de l’Union européenne  ont détricoté de manière systématique le tissu social. Macron dans un volontarisme aveugle a accéléré ce processus y associant l’insulte, la condescendance, l’humiliation et le mépris du peuple souverain.  La nature monarchique et de classe du régime est ainsi apparue dans toute sa brutalité. Il ne faut pas chercher plus loin le rejet de cette société inhumaine.

 

  • Il ne fait aucun doute que les « Gilets Jaunes » feront leur entrée au Panthéon des grands mouvements sociaux, annonciateur de ruptures avec le système dominant. Leur empreinte est indiscutable et marque déjà notre époque par la radicalité progressiste de leurs objectifs, par leur détermination, leur esprit d’initiative, les formes d’organisation dont ils ont fait le choix, la continuité qu’ils donnent à leur action. Ils ont réussi à gagner la sympathie et la solidarité d’une très large majorité de Français, mais aussi des peuples d’Europe et d’ailleurs.

 

  • Ils font la démonstration de cette exception française, celle d’un pays où comme disait Marx, « les luttes de classes se mènent jusqu’au bout ». La filiation des « Gilets Jaunes » est  bien celle qui trouve ses racines dans les « Jacqueries »[26], dans la grande Révolution de 1789 à 1793, de la Commune de Paris, des combats de la Libération et plus près de nous de 1968, 1995, et de ces milliers de luttes sociales et politiques souvent anonymes, de grèves, de manifestations innombrables. Macron n’a pas tort de reconnaître l’esprit « réfractaire »[27] frondeur et indocile des Français! Non sans raison les « Gilets Jaunes » le revendiquent ! Après tout, « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »[28]. 225 ans plus tard, les gilets jaunes légitiment et rappellent publiquement souvent d’ailleurs cette vision ambitieuse des révolutionnaires de 1793. L’honneur du mouvement ouvrier français et de la CGT en particulier est d’avoir toujours été fidèle à ces principes. C’est aussi à elle de les défendre !

 

Notes :

[1] Jean-Pierre Page est l’ancien responsable international de la CGT Membre de la Commission Exécutive Confédérale de la CGT, auteur de plusieurs livres dont « CGT: pour que les choses soient dites » (Delga-2018).

[2] « Certains syndicats fragilisent la démocratie » Laurent Berger, Le Figaro, 22 janvier 2019 et JDD du 26 janvier 2019.

[3] « Quand tout remonte à la surface », Serge Halimi, Le Monde diplomatique janvier 2019.

[4] Giuseppe Tomasi de Lampedusa (1896-1957), Le Guépard.

[5] Depuis le 17 novembre, on compte 11 morts, 200 blessés dont plusieurs manifestants seront amputés, plus de 8000 arrestations, des centaines de condamnation y compris à la prison ferme, des emprisonnements. Il faut remarquer toutefois l’initiative de la CGT Paris de saisir la justice contre l’utilisation incontrôlée de « flashball » par les forces de l’ordre.

[6] Le 17 octobre 1961 la police réprima à Paris une manifestation de travailleurs algériens qui avaient répondu à l’Appel du FLN.

[7] Déclaration commune « les syndicats condamnent la violence » CGT-CFDT-CGC-CFTC-FO-UNSA-FSU. 6 décembre 2018.

[8] Déclaration UD CGT de Paris sur la répression. 21 janvier 2019.

[9] « Ces pays en Europe ou les gilets jaunes ont défilé »JDD 18 décembre 2018

[10] Déclaration commune « L’Europe que nous voulons ! »Forum syndical franco- allemand (DGB+CFDT+CGT+CFTC+FO+UNSA) 8 et 9 novembre 2018.

[11] « L’appel pour le 5 février de l’Assemblée des Assemblées de Commercy »(Meuse), Syndicollectif ,28 janvier 2019.

[12] « La CGT est parfois trop idéologique ! » Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, Ouest France, 4 janvier 2019.

[13] Friedrich Engels (1820-1895)

[14] « CAC40 : 46,8 milliards  d’euros de dividendes versés en 2018 », Le Revenu, 9 mars 2018

[15] Intéressant de ce point de vue l’interview croisée et l’approche divergente de deux dirigeants de la CGT, Sonia Porot des Yvelines et Cedric Quintin du Val de Marne. NVO de janvier 2019 « Gilet jaune, du social au syndical »

[16] Rapport de Pascal Bouvier, commission exécutive confédérale de la CGT du 8 janvier 2019

[17] Au sujet d’Annie Lacroix Riz, voir le dossier complet que l’on peut consulter sur le site du Front Syndical de classe en date du 28 janvier 2019,

[18] CGT-Activité confédérale 009 du 14 janvier 2019, lettre de Philippe Martinez à Annie Lacroix Riz.

[19] « Parlons des porteurs de serviettes » Benoit Frachon (1883-1975), ancien Président de la CGT, l’Humanité, 1 er janvier 1949.

[20] Bartold Brecht (1898-1956)

[21] Le 52e congrès national de la CGT aura lieu du 13 au 17 mai 2019 à Dijon.

[22] Philippe Martinez : déjà cité.

[23] Stéphane Sirot, Regards, 21 septembre 2017

[24] « Le spectre des jacqueries sociales » Michel Noblecourt, Le Monde, mars 2013

[25] « CEVIPOF » (Centre d’étude de la vie politique française) pour qui le rejet de la classe politique a atteint un niveau historique. 11/01/2019

[26] « Les Jacqueries » révoltes paysannes dans l’Occident médiéval et l’Ancien régime. La « grande Jacquerie » de 1358 conduite par Jacques Bonhomme, fût violemment réprimée.

[27] En voyage officiel au Danemark en aout 2018, Macron avait affirmé que « les Français sont des Gaulois réfractaires au changement ».

[28] Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793

 

 

Pour en savoir plus :

- Les gilets jaunes et les « leçons de l’histoire »

5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.

5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2018 2 04 /12 /décembre /2018 10:21
Gilets jaunes : les tergiversations de la CGT font débat en son sein

La CGT de Philippe Martinez est-elle indépendante des politiques ?

  • Certains disent : le " mouvement populaire n'est pas syndical " et alors les syndiqués ne font pas partie du peuple ? On gagnera en rassemblant, pas en divisant ou en renvoyant à une manif seuls !
  • D'autres disent encore : " regardons ailleurs, ce mouvement est manipulé par le RN ex FN ! "... Mais parmi les électeurs de la CGT, parmi ses adhérents il n'y a pas d'électeurs du RN ? Qui peut jurer le contraire ?
  • On nous dit aussi : " Pas question de manifester avec le RN "... on peut le comprendre, mais qui a vu une seule banderole ou sigle RN sur les point de lutte ?

Alors soyons clairs :
. la nature a horreur du vide !
. En dehors de quelques rares cas de racisme ou xénophobie condamnable montés en mayonnaise par la presse aux ordres, les exigences sont sociales et portées par des citoyens comme vous et moi et sans discours politique !
. C'est parce-que tous les salariés actifs, retraités chômeurs n'y sont pas en MASSE, que les syndicats n'y sont pas,... que Le Pen peut parader et tenter d'en revendiquer la paternité !

  • N'attendons pas le 14 décembre !
  • Allons y en masse en respectant l'absence d'étiquette ostentatoire et les quelques Lepénistes seront noyés dans la masse du peuple en colère !
  • NE LEUR LAISSONS PAS LE TERRAIN... et ne divisons pas sous prétexte que.....

 

Sources :  par Yves Mestas[1]

À la manifestation CGT du 1er décembre 2018 à Paris, Philippe Martinez est au coude à coude avec Fabien Roussel, secrétaire du PCF et Ian Brossat, tête de liste du PCF aux européennes (photo ci-jointe).

 

Pourtant P. Martinez, il y a quelques mois, refusait toutes manifestations avec des partis politiques au nom de « l’indépendance syndicale[2] [3]». Martinez serait-il en campagne pour les européennes ?

 

Ian Brossat qui conduira la liste PCF est adjoint à la mairie de Paris auprès de Mme Hidalgo. Une majorité municipale très composite, puisque nous retrouvons une alliance entre : des communistes, des socialistes et des écologistes qui ont soutenu Hollande, des centristes et des LREM qui soutiennent Macron.

 


- Un exemple d’alliances qui provoquent le rejet des politiques et qui s’expriment dans le mouvement des gilets jaunes.

Un mouvement remarquable que les syndicats, dont la CGT, sont incapables de construire. Un mouvement  qui ne veut pas de récupération politique et syndicale, une volonté d’indépendance qu’il faut respecter.

 

Pourtant la CGT de P. Martinez a été méprisante et insultante à l’égard de ce mouvement des GJ et des adhérents CGT qui y ont participé. Dans son communiqué du 29 octobre, il était écrit : « plusieurs partis d’extrême-droite semblent être à la manœuvre », « c’est dangereux pour le monde du travail ». Dans une note aux organisations CGT il est écrit : « la présence de la CGT dans des initiatives d’extrême-droite est contraire à notre démarche ». Et enfin, la déclaration de Martinez dans une vidéo du 17 novembre : « je ne me vois pas manifester aux côtés du patronat et du RN de Mme Le Pen [4] ».

 


- Ces propos reflètent le décalage qui existe entre les apparatchiks de la confédération et le monde du travail et les retraités.

Pour avoir participé à toutes les manifestations depuis le 17 novembre et les blocages filtrants chaque jour à Dijon, je confirme que ce mouvement est composite. Il rassemble des jeunes, des salariés, des retraités, des chômeurs, des artisans…. de toutes opinions. Pour la très grande majorité ce sont des citoyens très fâchés mais pas fachos. Il suffit de regarder le contenu des cahiers de doléances.

 


- Ce manque d’indépendance de la CGT n’est pas une nouveauté.

En 2016/2017, pour la présidentielle, un grand nombre de dirigeants CGT (Thibault[5], Cailleteaux….) ont milité durant 12 mois pour des primaires de la gauche pour une candidature unique, qui n’était autre que socialiste et pour contrer la candidature de Mélenchon. Dans les publications de la CGT (NVO et Vie Nouvelle), alors que le bilan du quinquennat Sarkozy avait été très largement commenté, en 2012, avec un dossier de plusieurs pages, en 2017, aucun bilan du quinquennat Hollande n’a été fait (Il ne fallait pas nuire au « soldat socialiste »).

 

De même, aucun article n’a été publié en 2017 sur le programme des candidats à l’élection présidentielle. Pourtant, ce que fait Macron aujourd’hui était clairement annoncé dans son programme (CSG, ISF, loi travail, CICE...). Il n’y eut qu’une prise de position de la CGT lors du 2e tour entre Macron et Le Pen : « faire barrage à l’extrême-droite ».

 

  • Aujourd'hui, je vous propose de dire « stop ça suffit, je veux une CGT indépendante, qui ne soit pas, en catimini, la courroie de transmission du PCF. Une CGT qui joue pleinement son rôle de syndicat pour la défense des intérêts individuels et collectifs des salariés, sans emploi et retraités. »
  • J’invite tous ceux qui partagent ce point de vue, à l'exprimer au sein des réunions statutaires qui se tiendront dans le cadre de la préparation du congrès d'avril 2019.
  • Et si on créait un collectif « les gilets rouges pour l’indépendance de la CGT » ?
  • Pour répondre : yves.mestas@orange.fr

 

Notes :

[1] Retraité, adhérent CGT depuis 1974, Ex-responsable CGT région Bourgogne EDF/GDF, Ex-membre du conseil d’administration de Gaz de France.

[2] La CGT n’ira pas à la manifestation du 5 mai, proposée par François Ruffin

[3] Mais le 26 mai, la CGT appelait à une large mobilisation

[4] Gilets jaunes: «impossible pour la CGT de défiler à côté du FN» (Martinez)

[5] Primaire de la gauche, ça s'organise

 

Pour en savoir plus :

- CGT : l’opposition à Philippe Martinez présente une alternative

- Une occasion historique : syndicalisme et gilets jaunes

P. Martinez avec F. Roussel, secrétaire national du PCF et I. Brossat, tête de liste PCF aux européennes

P. Martinez avec F. Roussel, secrétaire national du PCF et I. Brossat, tête de liste PCF aux européennes

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 13:13
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général
17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général

17/11/2018 Les gilets jaunes rochelais en action au service de l'intérêt général

  • Quand la mobilisation sociale, syndicale, populaire et citoyenne se rejoignent tout est possible !

 

  • Jean-Luc Melenchon le 5 décembre 2018 : gilets jaunes, c'est l'histoire de la France qui se joue !

 

C'est ça que l'on attend d'un syndicat !

  • Certains disent : le " mouvement populaire n'est pas syndical " et alors les syndiqués ne font pas partie du peuple ? On gagnera en rassemblant, pas en divisant ou en renvoyant à une manif seul le 1er décembre ou le 1er avril !
  • D'autres disent encore : " regardons ailleurs, ce mouvement est manipulé par le RN ex FN ! "...

Alors soyons clairs :
. la nature a horreur du vide !
. En dehors de quelques rares cas, montés en mayonnaise par la presse aux ordres, les exigences sont sociales et portées par des citoyens comme vous et moi et sans discours politique !
. C'est parce-que tous les salariés actifs, retraités chômeurs n'y sont pas en MASSE, que les syndicats n'y sont pas,... que Le Pen peut parader et tenter d'en revendiquer la paternité !

- N'attendons pas le 1er décembre !
- Allons y en masse en respectant l'absence d'étiquette ostentatoire et les quelques Lepénistes seront noyés dans la masse du peuple en colère !

- NE LEUR LAISSONS PAS LE TERRAIN... et ne divisons pas sous prétexte que.....

 

Sources : Blog de Manon Le Bretton par Manon Le Bretton[1] | mis à jour le 26/09/2021

-

Quelques jours après le lancement de la mobilisation du 17 novembre un peu partout en France, les ronds-points de métropole et d’outremer n’ont pas dit leur dernier mot.

Dans de nombreux secteurs ruraux et péri-urbains, les gilets jaunes tiennent la barricade en se relayant, en s’auto-organisant, dans une démarche qui étonne les manifestants eux-mêmes presqu’autant qu’elle agace une bonne partie des commentateurs bien pensants. Après les sourires entendus face à une mobilisation record des réseaux sociaux – « on verra bien si tous ces énervés du clavier auront le cran de sortir » ; après les procès en récupération, en beaufitude ou en nihilisme environnemental (car c’est à présent entendu : le Français moyen-moyen est vulgaire, d’extrême-droite, et jette sans vergogne ses gobelets Mac Do par la fenêtre de sa voiture diesel) ; voici les accusations de nuire à l’économie française – elle qui, il faut le reconnaître, se portait jusque-là à merveille. Ce matin, notre ministre de l’Intérieur nous explique même que les gilets jaunes sont en voie de « radicalisation » (Ciel ! Des ultra-jaunes ?), et qu’ils fragilisent le pays face au terrorisme ! N’en jetez plus, la coupe est pleine.

 

 

" Les jaunes " à Limoux

" Les jaunes " à Limoux

-

Après tout, pourquoi s’étonner de ces réactions de la part des porte-voix plus ou moins assumés de ceux-qui-ne-manquent-de-rien

Les chantres de la mobilité en marche, ceux qui ont le bon goût de se déplacer en avion ou en 4×4 hybride, et qui ont lancé sur les réseaux sociaux le hashtag #SansMoiLe17 dans un élan quasi spontané de mépris décomplexé, mêlant indistinctement les grandes leçons d’écologie aux appels à forcer les barrages routiers. Dans le paysage bigarré des attroupements spontanés, le mot d’ordre le plus communément partagé jusque sous les fenêtres de l’Elysée n’est-il pas « Macron, démission ! » ? Il fallait une riposte ambitieuse : c’est de bonne guerre.

 

 

-

On peut en revanche s’interroger sur les échos troublants que cette petite musique a pu trouver chez ceux qui étaient il y a peu ciblés par les mêmes.

Je veux parler d’une partie des représentants syndicaux qui ont eu à s’exprimer sur la question, et de certains de mes amis, que je pourrais désigner comme militants expérimentés. Ceux-là qui ont allègrement relayé le fameux #SansMoiLe17 sans s’aviser du fait qu’il s’agissait d’un vecteur assez nauséabond de la propagande gouvernementale, ironisant sur l’improbable concrétisation de la colère numérique en mobilisation physique.

 

Qui, constatant le jour J que leurs pronostics étaient invalidés, ont poursuivi en pointant l’absence d’organisation, et ont crié « On vous l’avait bien dit ! » lorsqu’une manifestante a été tuée sur un barrage par une automobiliste.

 

Comme si eux-mêmes n’étaient pas régulièrement visés par ce genre de comportements dangereux, dans les manifestations pourtant encadrées par les Services d’Ordre expérimentés (un militant CGT en fit la triste expérience le 26 mai 2016 à Fos-sur-mer). Comme s’il n’y avait pas eu sur place, aux côtés des gilets jaunes, un nombre conséquent de gendarmes et policiers tout à fait aptes à assurer la sécurité, hors comportements particulièrement imprévisibles d’automobilistes chauffés à blanc par les appels à rentrer dans le tas. Ceux-là même qui sur les réseaux sociaux entonnent avec panache : « Cher gilet jaune, Lorsque je suis venu te chercher pour défendre les services publics, tu n’es pas venu, tu n’étais pas fonctionnaire… », dans une litanie qui veut renvoyer les néophytes aux heures sombres de la collaboration passive – rien que ça.

 

 

-

Entendons-nous bien : mon propos n’est ni de minimiser l’importance des organisations syndicales, ni d’idéaliser niaisement le mouvement populaire des gilets jaunes.

Bien sûr notre histoire sociale doit beaucoup aux organisations syndicales, et leur savoir-faire n’est plus à démontrer (en tout cas pas à moi). Bien sûr les gilets jaunes comptent dans leurs rangs un certain nombre de citoyens hargneux et revanchards, spécialement agressifs à l’encontre des étrangers ou des homosexuels : dénonçons leurs actes avec fermeté. Mais qui peut sérieusement croire qu’il pourrait en être autrement, lorsqu’on regarde en face le paysage social, et la recrudescence de comportements racistes et discriminants au quotidien ? Est-ce une raison pour condamner d’avance la mobilisation populaire et refuser de s’y mêler ? Ce mouvement est divers, il est à l’image de la société française dans ses composantes populaires et moyennes, et ne saurait être exempt de ses aspects les moins glorieux. Ne sommes nous pas face à une phénomène de " lumpenprolétariat " en révolte [2] [3] ?

 

 

-

Mais qu’espèrent les experts en mobilisation sociale, en opposant cette colère à celle des grévistes et manifestants de la loi Travail ou de défense des cheminots ?

C’est non seulement absurde mais totalement contre-productif. D’abord parce que beaucoup de celles et ceux qui étaient dans les manifestations perlées, à l’appel des intersyndicales plus ou moins larges, n’ont pas hésité à rejoindre les rangs des gilets jaunes, si l’on veut bien regarder les choses telles qu’elles sont. Ensuite parce que le fait que beaucoup de nos concitoyens, en effet, se mobilisent ici pour la première fois, devrait non seulement les rassurer sur la prétendue indifférence des Français aux attaques gouvernementales, mais surtout les interroger : pourquoi les mêmes n’ont-ils pas eu ce déclic avant, lorsque les très sérieuses organisations syndicales et/ou politiques les appelaient à une révolte labellisée ?

 

 

-

Pour ma part, je constate que cette mobilisation séduit justement parce qu’elle est absolument transversale.

Aucune bannière ne vient exclure en identifiant les initiateurs – c’est d’ailleurs bien ce qui laisse perplexe les commentateurs. L’emblème du gilet jaune, imposé par le code de la route dans tous les véhicules sans distinction, strictement exempt de tout signe d’appartenance particulière, est un de ces signifiants vides théorisés par Laclau. Et l’on va sur les ronds-points rencontrer un voisin qu’on croisait sans le connaître, tisser des liens de proximité tout en se reconnaissant dans un rejet commun du gouvernement. C’est vague, me direz-vous. Mais c’est justement ce qui permet à tous de s’y retrouver.

Les Jaunes !

Le résultat, ce sont des ébauches de comités citoyens, une occupation de ronds-points et de parkings souvent étonnamment organisée et inventive, dont les formes et les rituels sont en train de s’écrire. Des débordements et de vrais dérapages aussi. C’est, dans les zones rurales autour de chez moi, une mobilisation inédite dans la moindre petite ville où rien de tel ne s’était vu depuis Je suis Charlie, avec une détermination évidente dans la durée. Ce sont des gendarmes et policiers qui, bien souvent, travaillent en bonne entente avec les manifestants dans l’esprit des polices de proximité supprimées par Sarkozy en 2003, contrairement à ce qui a pu se passer dans les grandes villes où les bataillons de CRS sont intervenus parfois violemment. Ce sont des riverains qui se relaient même la nuit, qui viennent apporter les croissants ou une soupe chaude à partager, à présent rejoints par les lycéens que l’on disait perdus à tout jamais dans leurs smartphones, dans des secteurs que l’on croyait éteints, et où Nuit Debout n’avait jamais pénétré. Et surgissent certains mots d’ordres au défi de tous les mépris : rétablissement de l’ISF, revalorisation du smic, justice fiscale, souvent aussi défense des services publics.

 

 

-

Un excellent terreau pour convaincre de l’importance des transports en commun de proximité, ou des structures collectives, pour qui veut bien s’en donner la peine.

Convaincre aussi ceux qui se trompent de colère, ce qui est la plus ardue de nos tâches. Sinon quoi ? Continuer à distinguer les colères pour les opposer, se compter par branche et par syndicat,  en espérant marquer des points aux prochaines élections professionnelles ? Et après avoir bien sermonné les manifestants pour leur manque structuration, leur faire la leçon parce qu’ils ne veulent pas défiler sous la bannière de l’inter-syndicale ? L’exemple des Lip à Besançon, entre autres, a montré que lorsqu’elles savaient prendre le train en marche, les organisations traditionnelles avaient tout leur rôle à jouer dans le succès historique d’une mobilisation inventive.

 

Gageons donc que les centrales syndicales et les militants politiques les plus aguerris finiront par aller y voir de plus près et mettront leur savoir-faire au service d’un élan qui pourrait bien marquer l’histoire des mobilisations sociales : ce serait à mon sens la meilleure preuve qu’ils savent entendre les aspirations populaires. 

 

Note :

[1] Manon Le Bretton : Engagée dans la France Insoumise pour l'Avenir en Commun depuis 2016. Co-responsable de l’École de Formation Insoumise #eFI. Enseignante en Lettres Modernes en collège. Culture, agriculture paysanne, circuits courts, écologie dans l'#Aude et ailleurs. Et en Europe, Maintenant le peuple ! Voir tous les articles par mlebretton

[2] " lumpenprolétariat "

[3Le lumpenprolétariat (de l'allemand Lumpenproletariat : « prolétariat en haillons ») est un terme marxiste, parfois traduit « sous-prolétariat », désignant les « éléments déclassés, voyous, mendiants, voleurs, etc. » du prolétariat.

 

01/12/2018 Les gilets jaunes occupent le port pétrolier de La Rochelle/La Pallice
01/12/2018 Les gilets jaunes occupent le port pétrolier de La Rochelle/La Pallice
01/12/2018 Les gilets jaunes occupent le port pétrolier de La Rochelle/La Pallice
01/12/2018 Les gilets jaunes occupent le port pétrolier de La Rochelle/La Pallice
01/12/2018 Les gilets jaunes occupent le port pétrolier de La Rochelle/La Pallice
01/12/2018 Les gilets jaunes occupent le port pétrolier de La Rochelle/La Pallice
01/12/2018 Les gilets jaunes occupent le port pétrolier de La Rochelle/La Pallice

01/12/2018 Les gilets jaunes occupent le port pétrolier de La Rochelle/La Pallice

- " Appel de Saint-Nazaire "

Ce texte m'a immensément touché. Chaque phrase, chaque mot a fait mouche. On pourrait le signer tant il met en mot ce que nous, et beaucoup d’autres humains en France et ailleurs, ressentons.

➡️ C’est pourquoi je diffuse cet " Appel de Saint-Nazaire ".
Il mérite d’être entendu, diffusé et surtout suivi.

 

-

5 décembre 2018, Gilets jaunes : le discours époustouflant de Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale

 

Pour en savoir plus :

- 9 décembre 2018 : Gilets jaunes, la France insoumise prend fait et cause pour « l’insurrection civique »

- « Gilets jaunes » : Mélenchon dénonce «l'aveuglement» de la gauche

- "On est ensemble car on est tous dans la merde" : paroles de gilets jaunes

- Le politologue Jérôme Sainte-Marie, fondateur de PollingVox, voit dans la mobilisation du 17 novembre un mouvement né de la base qui pourrait avoir une traduction politique de grande importance.

- GILETS JAUNES : LE SOULÈVEMENT DE LA FRANCE D’EN-BAS

- Jean-Luc Mélenchon : Le mouvement révolutionnaire en jaune

- Gilets jaunes : LA COCOTTE A FINI PAR EXPLOSER

- L’espace des luttes de la France insoumise appelle à rejoindre l’action du 24 novembre des #giletsjaunes

- LA CGT du Cher soutient les gilets jaunes !

- Les travailleurs syndiqués du Havre rejoignent les gilets jaunes

- Mouvement des « gilets jaunes » : la patience récompensée du populisme par Bastien Lachaud

- Syndicalistes contre la vie chère : agir maintenant !

- Philippe Martinez secrétaire général de la CGT : « Notre responsabilité c’est de mettre tout le monde en grève »

- "Gilets jaunes" : qui sont les tenants du mouvement ?

- « Gilets jaunes » : une enquête pionnière sur la « révolte des revenus modestes »

- PHILIPPE MARTINEZ : « GILETS ROUGES OU JAUNES, POUR GAGNER IL FAUT ÊTRE PLUS NOMBREUX »

- Le mouvement des « Gilets jaunes » en France. Une revendication de justice sociale et fiscale

- Une occasion historique : syndicalisme et gilets jaunes

- Avec les gilets jaunes, sommes nous dans un phénomène de " lumpenproletariat " (Le lumpenproletariat est donc une véritable armée, une armée civile, une armée intérieure, dont la violence sert les intérêts des puissants. L'image est à la fois banale et simple : On brûle les voitures de son quartier, pas celles des quartiers riches.) ?

- Karl Marx, Friedrich Engels et le lumpenprolétariat

- Gilets Jaunes et Syndicats – par Jean-Pierre Page

- Macron Président : quelle légitimité ?

- Le Pen, Salvini, Orban : ces projets populistes contraires aux intérêts des Gilets Jaunes

- Gilets jaunes, le soulèvement français : la puissance insoupçonnée des travailleuses

- Les Gilets jaunes, deux ans et un feu qui couve toujours

- Jean-Luc Melenchon : Chroniques de la révolution citoyenne des gilets jaunes

 

Sur le RIC

- Le référendum d’initiative citoyenne : la solution à la crise démocratique ?
- Article 3 : Le référendum d'initiative citoyenne, c'est maintenant !

Les Jaunes !
Partager cet article
Repost0
25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 20:40
Le « progressisme », une auto-définition du macronisme ?

« Le progressisme parle aux gagnants de la mondialisation, peu aux milieux populaires » et constitue le pire des populismes !

Le politologue Jérôme Sainte-Marie décrypte la façon dont Emmanuel Macron veut recréer un clivage avec les conservateurs et les nationalistes.

Pour le politologue Jérôme Sainte-Marie, président de l’institut de conseils et d’études Pollingvox, le « progressisme » revendiqué par le chef de l’Etat se définit surtout « par opposition » aux conservateurs et aux nationalistes.

 

Sources : Midi Insoumis, Populaire et Citoyen par Alexandre Lemarié, | mis à jour le 13/09/2021

- Alexandre Lemarié : Emmanuel Macron veut doter son camp d’un nouveau corpus idéologique, le progressisme. Pour quelle raison ?

Jérôme Sainte-Marie : Cela correspond à trois objectifs. Emmanuel Macron entend d’abord nommer son projet idéologique pour le faire partager autant que possible. Avec l’idée de dépasser le clivage gauche-droite pour s’inscrire dans un axe perpendiculaire à celui-ci, qui est l’opposition entre les progressistes et les nationalistes, assimilés aux réactionnaires.

 

Le deuxième aspect est électoraliste. En imposant une nouvelle lecture du conflit politique, le chef de l’Etat cherche à entretenir les tensions et les contradictions au sein des partis de gouvernement traditionnels, que sont Les Républicains et le Parti socialiste, en espérant que la vie politique française ressemble durablement au second tour de la présidentielle. Le troisième aspect, enfin, est sociologique. Les catégories sociales qui ont amené Emmanuel Macron au pouvoir, que je regroupe dans « le bloc élitaire », sont convaincues de porter un projet réellement progressiste.

 

 

- Alexandre Lemarié : Qu’est-ce que le progressisme revendiqué par M. Macron et La République en marche ?

Jérôme Sainte-Marie : Il est facile à définir, dans la mesure où il a été décrit par anticipation par le philosophe Jean-Claude Michéa, en 2011, dans son ouvrage Le Complexe d’Orphée [Flammarion, 2014] avec en sous-titre « La religion du progrès ». Cela correspond à une projection dans l’avenir débarrassée aussi bien des contraintes au développement capitaliste que pouvait constituer la morale traditionnelle, chère à une partie de la droite, que des limites issues du mouvement ouvrier, chères à une partie de la gauche. C’est aussi un projet adapté au stade actuel d’un capitalisme à la fois mondialisé et financiarisé. Il est porté sans restriction par ceux que le chercheur du Cevipof Luc Rouban a définis dans son livre, Le Paradoxe du macronisme, [Presses de Sciences Po], comme les « socio-libéraux ». C’est-à-dire des gens acquis à la fois au libéralisme culturel et au libéralisme économique le plus abouti. Les cadres supérieurs des grandes entreprises privées en constituent le noyau.

 

 

- Alexandre Lemarié : Le macronisme est-il un progressisme ?

Jérôme Sainte-Marie : Il me paraît clairement une forme de progressisme dans la mesure où il correspond à un accompagnement, voire à une accélération, du cours des choses. Assimilant progrès et croissance, il poursuit l’adaptation de la France à la mondialisation économique et financière. Quant à savoir si cela correspond à un réel progrès, un avenir désirable, la réponse pour chacun dépend de ses valeurs personnelles mais aussi de sa position dans la structure sociale.

 

 

- Alexandre Lemarié : En quoi l’emploi de ce mot est-il une rupture avec le traditionnel clivage gauche-droite ?

Jérôme Sainte-Marie : La gauche pensait pouvoir proposer le libéralisme culturel sans le libéralisme économique. La droite classique, elle, promettait davantage de libéralisme économique, couplé à la défense des valeurs traditionnelles. Le progressisme d’Emmanuel Macron postule que ces entre-deux sont une illusion. Il lui préfère un libéralisme intégré, plus conséquent. Pour autant, le chef de l’Etat ne parle jamais de libéralisme.

 

 

- Alexandre Lemarié : Pour quelle raison ?

Jérôme Sainte-Marie : Il sait qu’il ne peut y avoir de majorité autour du mot « libéralisme », qui, comme « populisme », est chargé d’une connotation très négative dans l’opinion française. Le terme « libéralisme » risquerait de reconstituer le clivage gauche-droite aux dépens d’Emmanuel Macron, en situant ce dernier à droite. Le terme « progressisme », à l’inverse, renvoie davantage à une sémantique de gauche.

 

 

- Alexandre Lemarié : Avec un tel concept, le président se situe donc plutôt à gauche…

Jérôme Sainte-Marie : Au XXe siècle, ce fut un terme porté par la gauche, voire à une époque par le Parti communiste pour désigner ses « compagnons de route ». Son emploi comporte donc un risque pour Emmanuel Macron car il est encore de nature à effrayer une partie d’un électorat issu de la droite traditionnelle, dont le chef de l’Etat a pourtant besoin pour élargir sa base électorale. Son enjeu est de faire subir au mot « progressisme » ce qui a été infligé au mot « réforme ». C’est-à-dire le faire passer du camp de la revendication sociale à celui de la promotion de la dynamique économique.

 

 

- Alexandre Lemarié : N’est-ce pas un concept un peu fourre-tout, au risque d’être difficilement lisible par l’opinion ?

Jérôme Sainte-Marie : C’est un autre risque. Ce mot parle avant tout aux milieux aisés, aux gagnants de la mondialisation. Et très peu aux milieux populaires. Surtout, il dénote d’un optimisme très décalé avec ce que ressentent la majorité des Français, qui anticipent plutôt une dégradation de leurs conditions de vie. Veulent-ils plus de concurrence, plus d’individualisme ? Dans les « trente glorieuses », les Français anticipaient l’avenir de manière positive. Aujourd’hui, face au chômage, au déclassement et aux mutations culturelles subies, ils ne souhaitent pas forcément une accélération des processus.

 

 

- Alexandre Lemarié : Pourquoi M. Macron veut-il résumer les européennes à un combat entre populistes et nationalistes ?

Jérôme Sainte-Marie : Chez le chef de l’Etat, le progressisme se définit un peu par lui-même mais davantage par opposition. Parfois face aux conservateurs et aux réactionnaires. Le plus souvent face aux nationalistes et aux souverainistes, comme il l’a fait dans son discours devant le congrès réuni à Versailles, le 9 juillet. En cela, il s’inscrit dans une visée essentielle de son projet : maintenir l’arrimage de la France à l’Europe. C’est ce qui lui a valu ses soutiens initiaux. Il réanime ce concept pour mettre en scène à l’occasion des européennes un conflit entre ce qu’il appelle la « lèpre » populiste et les forces de progrès, c’est-à-dire peu ou prou, entre le camp du mal et celui du bien.

 

 

- Alexandre Lemarié : Cette approche binaire ne risque-t-elle pas d’étouffer le débat démocratique ?

Jérôme Sainte-Marie : Schématiser l’enjeu des européennes comme un conflit entre progressistes et nationalistes est une dramatisation telle du débat politique qu’elle rend celui-ci pratiquement impossible.

 

Plutôt que de penser une scène démocratique où des projets divers s’affrontent, également légitimes, il instaure une césure morale, voire une ligne de front. Cette diabolisation de l’adversaire aboutirait à étendre aux eurosceptiques, voire à tous les eurocritiques, la stigmatisation dont font l’objet depuis trente ans les électeurs du Front national.

 

-------------------------------

 

1er mai 2018 : un tweet de Macron... qui en dit long !-

Le « progressisme », une auto-définition du macronisme ?

-Quand je vois Brigitte Macron comparer son mari à Atlas qui porte le monde[1], voici l'image qui me vient subitement

Le « progressisme », une auto-définition du macronisme ?

 

-Le macronisme est un séparatisme ! par Adrien Quatennens député France insoumise

 

Note :

[1Fini Jupiter, Brigitte Macron compare son mari à Atlas, « ce dieu qui porte la voûte terrestre »

 

Pour en savoir plus :
- 
Macron : la démocratie sans le peuple

- Qu'est-ce que le «capitalisme populaire» prôné par Emmanuel Macron ?

- Libéraux contre populistes, un clivage trompeur

- Macron Président : quelle légitimité ?

- Le progressisme est le pire des populismes

- LE « PROGRESSISME » D’EMMANUEL MACRON EST-IL SYNONYME DE PROGRÈS SOCIAL ?

- Jean-Luc Mélenchon : Emmanuel Macron : le libéralisme autoritaire 

- NPA : Le macronisme est un autoritarisme : « projet de société global »

- Progressisme ou fascisme? De quoi Emmanuel Macron est il le nom ?

- Le virage thatchérien d’Emmanuel Macron

- Le macronisme, un progressisme totalitaire

- Macron lâche le progressisme, connoté à gauche, pour la souveraineté, référence de droite

- Le Royaume-Uni est un exemple parlant de ce qu’entend le président Emmanuel Macron par « progressisme ». Sous couvert de politiques libérales destinées à « libérer » le pays de ses archaïsmes (entendre solidarité, aides sociales, impôts), les gouvernements progressistes ont choisi de mener une véritable guerre contre les pauvres. Non pas contre les causes de la pauvreté, mais bien contre les pauvres, vu comme les seuls responsables de leur situation https://www.lemondemoderne.media/la-pauvrete-est-un-choix-politique/.

- Le Macronisme, une sorte de fascisme inédit

- Macron s’est transformé durant son mandat en mime grimaçant de l’extrême droite

- Dans L’Express, Macron se place dans le camp des anti-Lumières

- Qu'est-ce que le « capitalisme populaire » prôné par Emmanuel Macron ?

- Jean-Luc Melenchon : " Les castors dînent avec Le Pen "

- La France d’Emmanuel Macron n’est certes pas la Hongrie d’Orbàn ou la Russie de Poutine, mais elle présente toutes les caractéristiques d’un pays qui connaît une imprégnation ou un Zeitgeist (esprit du temps) néofasciste

- Séparatismes :

- « Le macronisme nous fait courir le risque d’accélerer “ l’archipélisation ” d’un pays toujours plus divisé »

- Sécurité : le séparatisme des médias

- Emmanuel TODD " Le MACRONISME est un POPULISME "

Partager cet article
Repost0
20 octobre 2018 6 20 /10 /octobre /2018 13:04
Perquisitions : un moment dans la stratégie macronienne de tension pour abattre ses opposants

La guerre des classes à son comble ! Et ce n'est qu'un début.... le Mélenchongate ne fait que commencer[2] !

 

Quitte ou double ! Macron à terre : l’élite déclenche sa machine médiatique pour détruire la France Insoumise[3]

Grande émotion dans Landerneau, Mélenchon et LFI sont visés par deux enquêtes judiciaires et, fait aggravant, ils ont osé dire bruyamment ce qu’ils pensent des perquisitions qui ont été ordonnées, dans le cadre de ces enquêtes, par un procureur, obligé judiciaire de l’État.

 

Sources : Le BLOG de robert Mascarell | mis à jour le 31 mai 2020

- Aussitôt, tous les donneurs de leçons de morale, vêtus de probité candide et de lin blanc, sont sortis du bois pour dire tout le mal qu’ils pensent de Mélenchon et de LFI.

Une véritable déferlante.

 

Les vieux révolutionnaires de mon espèce en savent tellement sur les roueries des adversaires, qu’ils sont plus amusés que médusés de ce qu’il se passe. Ils y voient un énième épisode de la lutte des classes, tournant, de plus en plus souvent, à la guerre des classes. À l’instar de la multiplication des ouragans et autres cyclones, s’abattant de plus en plus fréquemment et violemment sur tel ou tel point de notre petite planète, directement induits par le réchauffement climatique causé par l’activité humaine.

 

Eh oui, j’ai la faiblesse de penser qu’il y a une corrélation très étroite entre les phénomènes liés au réchauffement climatique et les épisodes à venir de la lutte des classes[1].

 

 

- Ce qu’il s’est passé ce 16 octobre est donc appelé à se renouveler et même à prendre une forme encore plus tendue.

En effet, plus la catastrophe écologique va devenir inéluctable aux yeux du plus grand nombre, plus ils prendront conscience qu’il en va même de la disparition de toutes les espèces vivantes sur Terre, à échéance proche, et plus ils vont remettre en cause le modèle économique dominant le monde, lui attribuant, à juste titre, la responsabilité du cataclysme à venir, et plus ils vont se retourner contre ceux qui incarnent ce modèle économique dominant.

 

Ce système économique porte un nom, c’est le capitalisme, dans sa forme néolibérale, ultime stade de son évolution. Il se caractérise par une glorification de l’égoïsme, symbolisé par le triomphe de la concurrence libre et déloyale entre tous les hommes, de la cupidité, de la recherche du profit maximum et immédiat, du productivisme, de la compétitivité,……… Bref, il s’agit là des principaux ingrédients pour en finir avec toutes les formes de vie sur Terre.

 

Évidemment, la plupart des chantres des dogmes néolibéraux, détenteurs de tous les pouvoirs politiques et économiques, vont tenter de résister tant qu’ils vont pouvoir, et par tous les moyens, à la volonté grandissante des peuples d’en finir avec ce système mortifère. Toutes les conditions des futures guerres des classes sont réunies pour que cet antagonisme entre la prise de conscience par les peuples de leur possible disparition et la résistance acharnée des tenants des pouvoirs politiques et économiques se manifeste de plus en plus souvent.

 

Pour l’heure, les effets tangibles du réchauffement climatique ne sont pas encore trop prégnants. Les libéraux tiennent donc encore le haut du pavé, au point qu’ils arrivent toujours à manipuler les peuples. Cette donnée n’est pas propre à la France.

 

Tant que le pouvoir peut être exercé dans un cadre apparemment démocratique, l’oligarchie mondiale ou son avatar européen le laisse dans les mains de partis bourgeois traditionnels, type UMP ou PS. Quand ces partis sont discrédités, elle met directement aux manettes un homme à elle, issu de ses plus hauts cadres. Nous sommes dans ce cas en France, aujourd’hui.

 

Quand ces deux possibilités ne sont plus opérantes, alors, l’oligarchie n’hésite pas à intriguer pour mettre en place des solutions de type extrême-droite, surtout si le risque qu’advienne une victoire de la gauche antilibérale est grand. Il faut voir avec quelle allégresse, les milieux d’affaires brésiliens, mais plus largement du monde entier, attendent avec gourmandise que Bolsonaro, fasciste déclaré, soit élu.

 

 

- Tel est l’état des forces aujourd’hui.

Ces trois options de gouvernements néolibéraux sont vouées à l’échec, puisque toutes, selon des modalités plus ou moins extrémistes, s’inscrivent dans une perpétuation et même une exacerbation du système économique libéral. Mais si les peuples peuvent encore être manipulés, la nature, elle, ne le peut que de moins en moins. Forcément, elle va nous présenter la facture. Elle sera terrible. Il est impossible que le système économique libéral résiste aux exigences de la nature. Il ne tient qu’à la conscience des peuples qu’ils abrègent leurs souffrances et protègent notre unique écosystème, en renvoyant le néolibéralisme et ses chantres aux oubliettes de l’histoire. Le plus tôt sera le mieux, avant qu’il ne soit trop tard.

 

 

- Ce qui s’est passé hier au domicile de Mélenchon et dans les locaux de LFI, à l’initiative du Parquet contrôlé par l’État, entre dans la stratégie de tension que veut mettre en place le pouvoir macronien, dont l’objectif est d’abattre ses opposants.

Je vais donc m’épargner le ridicule de ramener l’épisode d’hier entre Mélenchon et LFI et le procureur et la police à une simple analyse psychologisante des protagonistes de l’événement.

 

Peut-être n’ont-ils pas su déjouer complètement le piège qui leur a été tendu avec ces perquisitions simultanées à grand spectacle, lancées par un obligé de la République ? Car, si mise en scène il y eut, nous la devons aux perquisitionneurs et non à Mélenchon. Ceux-là ont eu tout le temps pour la peaufiner. Mélenchon a dû improviser en catastrophe.

 

Disons qu’au cours du premier acte de la dramaturgie montée par l’appareil d’État, et en dépit du côté inattendu de la situation, Mélenchon a tout simplement été parfait. Chapeau, pour avoir eu le réflexe de se filmer immédiatement et de nous montrer en direct la perquisition en cours à son domicile. Tout y était. Le sang-froid et le rappel des valeurs démocratiques et républicaines. Tout s’est gâté, au cours du second acte, pendant la perquisition dans le local de LFI. Où là, effectivement, Mélenchon a perdu son sang-froid, même s’il n’y a eu de sa part aucune voie de fait, ni aucune insulte ou grossièreté.

 

Disant cela, je suis conscient qu’il est très facile de mon fauteuil confortable, après coup et à froid, de refaire l’histoire. Placé dans les mêmes circonstances, aurais-je su garder mon sang-froid ? Donc, là s’arrête ma critique. Mais en aucun cas, je ne vais me saisir de ce regret, pour me désolidariser de Mélenchon. Parce que sur le fond des faits, à mes yeux, il a totalement raison.

 

 

- Reprenant le magnifique poème d’Aragon, La Rose et le Réséda, je tiens à dire : « Quand les blés sont sous la grêle, Fou qui fait le délicat, Fou qui songe à ses querelles. »

Oui, Mélenchon et LFI sont victimes de traitements discriminatoires de la part, non de la justice, mais du Parquet, contrôlé de près, si nécessaire, sinon de loin, par le gouvernement en place. Que les magistrats aient été désignés par le pouvoir en place ou par un de ses prédécesseurs.

 

Jamais, jusque-là, un dirigeant de parti et d’autres dirigeants du même parti n’ont eu à subir des perquisitions à leur domicile, qui plus est, simultanées. Mais surtout, la principale discrimination est dans l’absence d’action judiciaire à l’encontre de Macron et de LREM pour leurs comptes de campagne.

 

Enfin, je n’oublie pas que nous sommes engagés dans une guerre des classes impitoyable. Je suis même persuadé, me répétant, que plus le réchauffement climatique va montrer ses conséquences tragiques et plus nous allons connaître des affrontements encore plus graves que ceux d’hier, entre les potentiels assassins de l’humanité, soucieux de garder leurs privilèges, au nom du « après moi le déluge », et les peuples qui vont tenter de sauver leur vie et celles de leurs descendants.

 

Notes :

[1] Le capitalisme ou le climat, il faut choisir

[2] Avec le grand cirque médiatico-judiciaire qui va se dérouler, le raid du 16 octobre va rapidement apparaître comme un léger hors-d’œuvre. Collection de convocations diverses et variées aux dirigeants et collaborateurs de la France Insoumise. Soit pour des mises en examen spectaculaires avec des qualifications sonores, de celles qui enjolivent les manchettes, « escroqueries en bande organisée, détournement de fonds publics en réunion, blanchiment de fraude fiscale etc. etc. ». Soit pour des gardes à vue fatigantes dont les durées seront fonctions des qualifications et pourront aller jusqu’à 96 heures… Nouvelles perquisitions bien sûr chez les mêmes, avec des écoutes téléphoniques tous azimuts....

[3] Macron à terre : l’élite déclenche sa machine médiatique pour détruire la France Insoumise

 

Pour en savoir plus :

- Le scandale des perquisitions de la France Insoumise : fruit d’une logique politique

- Jean-Luc Mélenchon : "....On n’a retenu que l’apparence de ma colère. En France, on vient de passer de la criminalisation de l’action syndicale et écologique à celle de l’action politique parlementaire. C’est extrêmement grave. Je voudrais mettre en garde. Aujourd’hui, c’est moi. Demain, ce seront les autres si les partis politiques et les citoyens acceptent cela. "

- Nul ne peut se prononcer sur l’effet qu’aura à terme la réaction de Jean-Luc Mélenchon

- Perquisitions contre la FI…et haine de classe.

- Affaire Mélenchon : comment l’élite tente de masquer la mort politique de Macron

- EXPLICATIONS | « Ma personne est sacrée », « La République, c’est moi ! » de Jean-Luc Mélenchon

Jacques généreux était-il prédicateur quand il écrivait en 2007 :


" C’est que la vieille droite républicaine est désormais supplantée par une nouvelle droite qui se fiche du bien commun et accomplit un projet destructeur : abolir le modèle de société solidaire élaboré depuis l’après-guerre, et lui substituer une dissociété des individus livrés à la compétition généralisée. Dans ce but, elle n’hésite déjà plus à bafouer la démocratie. Bientôt, au nom de l’ordre menacé dans le monde violent qu’elle nous prépare, elle s’en prendra aux libertés publiques. Que l’on s’estime de droite ou de gauche, il est grand temps de dire « non » à cette droite-là. " ?

 

Non ! Mais fin analyste politique confirmé par la politique mise en œuvre par Macron et l'actualité de ces derniers jours !

 

Perquisitions : un moment dans la stratégie macronienne de tension pour abattre ses opposants

 

- Le capitalisme ou le climat, il faut choisir

Dans son dernier livre, Naomi Klein manie le paradoxe : les climatosceptiques ont raison, dit-elle, il n’y a pas de solution indolore pour lutter contre le réchauffement, constate le philosophe Jean-Pierre Dupuy.... C’est le nouveau pavé dans la mare jeté par la journaliste canadienne Naomi Klein dans son livre This Changes Everything : Capitalism vs the Climate (Cela change tout : le capitalisme contre le climat, Simon & Schuster, 2014, pas encore traduit). Cette militante anticapitaliste et altermondialiste est devenue une figure publique importante dans le monde anglo-américain grâce à des essais qui ont défrayé la chronique.

 

L’argument de Naomi Klein repose sur une prémisse qui fait de plus en plus consensus. L’objectif de limiter la hausse de la température moyenne du globe à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle a très peu de chance d’être atteint. Au rythme croissant où vont les émissions mondiales de gaz à effet de serre depuis que l’humanité a pris conscience du problème, il faudrait cesser totalement d’en produire dans vingt-cinq ans.

 

C’est donc vers au moins 4 °C de réchauffement que nous nous dirigeons allégrement. La conséquence la plus dramatique en sera la fréquence accrue des phénomènes climatiques extrêmes. Ce qui se produisait une fois par siècle – par exemple des vagues de chaleur faucheuses de vies et de récoltes au Brésil et au Moyen-Orient – deviendra la norme annuelle. La pauvreté, la famine, le recul des ressources en eau forceront des millions de gens à migrer. Des conflits et des guerres s’en suivront.

 

Apôtres du marché libre

Comment, dans ce cas, pourrait-on créditer d’une quelconque vérité ceux qui ne voient dans ce constat et ces prédictions que des sornettes, quand ce n’est pas une manipulation politique ? C’est que ce sont des croyants, nous dit Naomi Klein, en s’attachant au cas nord-américain. Ce sont des apôtres du marché libre, des prédicateurs d’un capitalisme désentravé,......

 

Perquisitions : un moment dans la stratégie macronienne de tension pour abattre ses opposants
Partager cet article
Repost0
19 octobre 2018 5 19 /10 /octobre /2018 14:07
Le scandale des perquisitions de la France Insoumise : fruit d’une logique politique

Sources : Les pêcheurs de perles macronesques | mis à jour le 31 mai 2020

- Ils ont mis le ver dans le fruit[2].

Nous vivons un instant d’une violence sans égale depuis longtemps, très longtemps. Les nouveaux artisans de cette violence systémique commencent le deuxième chapitre de leur œuvre, celui de la destruction par le politiquement correct et la pensée unique. Le premier chapitre écrit depuis mai 2017 fut la mise en place de Macron.

 

 

- Qui peut raisonnablement croire aujourd’hui que Macron est un démocrate ?

Il a utilisé et fait utiliser le 49.3 pour valider sa réforme du code du travail ; il utilise les services de barbouzes à l’Elysée, il engage l’État, donc nous, dans des discours extravagants, dont celui devant les évêques de France restera un point focal[1].

 

 

- Qui peut raisonnablement ignorer que Macron n’est que l’instrument de ses maîtres financiers ?

Les journalistes, pour la plupart prompts à servir les éléments de langage de ces marcheurs drogués à la pensée unique, s’accordent au moins sur un point : Macron est « le président des riches ». Macron, pantin intellectuellement désarticulé, le philosophe ridicule à la sémantique vide, est l’artisan sans foi ni loi de la destruction de notre société, de sa morale, de ses forces.

 

 

- Aujourd’hui ce sont les perquisitions dans les locaux du parti de gauche, de la France Insoumise, chez d’anciens attachés parlementaires de Mélenchon et d’autres.

Hier c’était une demande d’expertise psychologique de Marine Le Pen. Ne vous y méprenez pas, il n’est pas question ici de défendre Mme Le Pen pour qui nous nourrissons une opposition farouche et sans faille. Admettons que la démarche soit pour le moins singulière. Que nous apprendrait une expertise psychologique de Mme Le Pen que nous ne sachions déjà ? C’est une fasciste ? Quel grand mystère révélé !

 

 

- Ces funestes manipulations aux services d’une doxa gouvernementale ont pour effet pervers de laisser croire que les extrémités se rejoignent.

LReM craint plus que jamais la sanction des élections européennes à venir. La FI est aujourd’hui l’opposition la plus sérieuse.

 

Les boutiquiers de la LReM savent quelle peste propager pour nettoyer le terrain. Ils ne reculeront devant rien et quand la rumeur sera semée, comme une pourriture rampante, que Mélenchon à force de s’illustrer dans une communication qui peut irriter, alors le fruit sera avarié. Castaner, ex-voyou au passé trouble, ex-décodeur en chef de la pensée complexe macronesque désormais aux commandes du ministère le plus puissant mais aussi le plus sombre, saura donner toute la mesure de cette politique dévastatrice qu’il a déjà lourdement initialisée. « Tous pourris ! », lorsque la majorité des citoyens répéteront à l’envi ce leitmotiv qu’il travaille à mettre en place, le but sera atteint.

 

Alors les forces qui œuvrent dans l’ombre et manipulent le vrai pouvoir, celui de l’ordre mondial, de la finance folle, qui ne cessent de capter les richesses du monde installeront la suite de Macron, prévue de longue date, le troisième chapitre, celui de la peste brune. Il sera alors temps de se résoudre à la logique américaine, celle de la guerre totale. Cette peste brune, Macron en est déjà l’incarnation. La confusion des valeurs qu’il s’ingénie à construire est le substrat de cette pensée sans force, de ce corps malade et brutalisé, le corps social.

 

 

- On pourrait imaginer que les siècles de culture et d’histoire de l’humanité nous aient instruits pour devenir meilleurs.

Nous avons profité des avancées technologiques pour devenir encore plus violents, encore plus destructeurs. On aurait pu espérer qu’à la lumière des connaissances acquises on ait évolué vers un végétarisme responsable et respectueux du monde vivant, transcendant l’image d’une humanité au sommet d’une pyramide. Au lieu de cela, le Jupiter élyséen autoproclamé nous sert les premiers de cordée, les fainéants, les cyniques, ceux qui ne sont rien, les illettrées de Gad, des fables selon lesquelles les chasseurs seraient les meilleurs protecteurs de la nature, divisant par 2 du coup le prix du permis de chasse.

 

Notre pays, par la voix des marcheurs morts, a commis depuis un an et demi des lois qui feront sa honte, dont celle sur l’asile immigration. Des adolescents, des enfants sur les routes de pays en guerre fuient la violence et la mort et cherchent un peu de paix dans nos pays qui les ont menés à cette catastrophe. Notre réponse est le scandale de l’Aquarius, des ultra identitaires qui érigent des pancartes infâmes aux frontières avec la bénédiction de ce gouvernement.

 

 

- Aujourd’hui nous craignons que nous soyons, comme le prévoient les modèles de l’effondrement, aux portes du chaos.

Nous vous engageons à écouter Adrien Quatennens, député France insoumise (authentiquement pertinent et intelligent) répondant à une espèce de journaliste hystérique sur la 5. Ce garçon plein de bon sens, respirant l’intelligence et la fraîcheur d’un monde nouveau explique ce qu’il se passe dans cette intervention inédite sur réquisition du parquet, et ces gens-là restent sourds et opposent des litanies d’arguments mensongers, politiquement corrects.

 

C’est d’une infinie tristesse.

 

Si l’on doit se résoudre à perdre devant ces gens-là, perdons alors en les combattant, ce sera peut-être l’honneur de cette humanité pour nos enfants qui devront reconstruire sur les ruines du futur que les marcheurs en décomposition préparent.

 

Notes :

[1] Discours de M. Macron à la conférence des évêques de France

[2Ils, et notamment Hollande et le PS, ont mis le ver dans le fruit. Benoît Hamon accuse François Hollande de "pousser les socialistes à rejoindre Macron"

 

 

- Adrien Quatennens réagit aux perquisitions chez La France Insoumise

 

- Présidentielles 2017 : les comptes de campagne

Le scandale des perquisitions de la France Insoumise : fruit d’une logique politique
Partager cet article
Repost0
13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 13:01
Brésil : la stratégie de l’empire US pour reprendre la main en Amérique du sud

Sources : Chroniques du Yeti par Pierrick Tillet le 8 octobre 2018

- Le déroulement de la présidentielle brésilienne illustre jusqu’à la caricature la tentative de l’empire US pour reprendre la main en Amérique du sud.

Dimanche au Brésil, le candidat de la droite pro US, Jair Bolsonaro [photo], est largement arrivé en tête (46,06%) devant le candidat de gauche par défaut (de Lula), Fernando Haddad, Parti des travailleurs (PT, 29,24%). Les commentateurs de gauche tentent de se rassurer en évaluant les chances de leur poulain de refaire son retard au second tour en réunissant la totalité des voix “progressistes” éparpillées.

 

Mais c’est un peu vite oublier la volonté de l’Oncle Sam voisin d’empêcher par tous les moyens toute élection démocratique d’un prétendant qui contrecarrerait les ambitions de l’empire US sur le continent sud-américain. La stratégie est des plus simplistes : ou vous votez démocratiquement pour des candidats qui nous sont favorables, ou on arrangera votre démocratie à notre sauce.

 

L’usure de certains candidats sortants de gauche favorise bien évidemment la première option US. Ce fut le cas avec l’élection à la régulière de Mauricio Macri en Argentine après le départ de Cristina Kirchner en 2015. ET il faut bien dire qu’en 13 années de pouvoir au Brésil, le PT avait accumulé bien des déceptions et rancœurs contre lui (au point que ce même même dimanche, l’ancienne présidente Dilma Rousseff a échoué dans sa tentative d’être élue sénatrice dans l’État de Minas Gerais.

 


- Trois méthodes radicales US pour “arranger” la démocratie

Les méthodes d'”arrangement démocratique” brillent par leur radicalisme très primaire :

  • la corruption d’élus au départ défavorables en principe au système : c’est d’évidence le cas en Équateur avec le président Lenin Moreno, successeur du trublion Correa en mai 2017 ; la tentative d’amadouer le président de Cuba, Raul Castro par un assouplissement de l’embargo semble elle avoir échoué ;
  • la destitution d’élus ou la disqualification de candidats défavorables, via des juges complaisants et sous de vagues prétextes de corruption avérée ou plus souvent supposée : Dilma Roussef, présidente destituée au Brésil en 2016, Lula, ex-président PT et grand favori de la présidentielle 2018, emprisonné pour douze ans en avril 2018 ; notez également les poursuites judiciaires envisagées ou même entamées pour empêcher les retours de Cristina Kirchner en Argentine ou de Rafael Correa en Équateur ;
  • enfin, au cas ou les deux solutions précédentes ne marcheraient pas, reste l’hypothèse du coup d’État bête et brutal  ouvertement envisagé par des responsables étatsuniens[1] contre le “régime” de Nicolás Maduro au Venezuela.

 

La détermination des États-Unis à reprendre la main sur sa chasse-gardée sud-américaine s’explique par le contexte géopolitique international. Marginalisé au Moyent-Orient et en Eurasie par l’axe constitué de la Russie, de la Chine et de l’Iran (sans oublier l’Inde et quelques autres pays émergents), l’empire US ne pouvait pas non plus se laisser manger la laine sur le dos aussi près de ses frontières.

 

L’urgence de réagir était d’autant plus vive que la fronde avait été amplement initiée par le Cuba de Castro, le Venezuela de Chavez, la Bolivie de Morales, l’Équateur de Correa, l’Argentine de Kirchner, le Brésil de Lula, l’Uruguay de José Mujica et maintenant le Mexique d’AMLO (Andrés Manuel Lôpez Obrador), “dangereux” président de gauche passé entre les mailles du filet de la CIA en juillet 2018 et dont vous pouvez être persuadé qu’il est sous étroite surveillance[2].

 

Note :

[1] Venezuela : des responsables américains ont envisagé de renverser Maduro

|2] Le président Lopez Obrador peut-il tirer le Mexique de son marasme ?

 

Pour en savoir plus :

- Chronologie des interventions américaines dans le monde

- Que cache la militarisation de l’Amérique Latine ?

- 11 septembre 73 : Salvador Allende était renversé par un coup d'Etat avec l'aide des Etats-Unis...

- AU BRÉSIL COMME AILLEURS, LES RICHES TOURNENT BRUNS

- Entretien avec Rafael CORREA, ancien président de l'Équateur : « Ils veulent exterminer la gauche »

Partager cet article
Repost0
4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 10:35
6e République : ce qu'en dit « L'Avenir en commun » programme de la France insoumise

" Il est urgent de mettre la 5e République à la retraite[2] ! "

 

La 5e République a 60 ans. L’anniversaire est fêté par les partisans de la souveraineté populaire limitée. Brejnev n’est plus là mais la monarchie présidentielle tient lieu de camisole institutionnelle.

La démocratie française doit s’émanciper de ces restes d’Ancien régime. Le peuple doit pouvoir révoquer ses élus, convoquer de sa propre initiative des référendums et proposer des lois. Il a le droit d’élire l’Assemblée nationale à la proportionnelle. Il ne doit plus se voir imposer des traités européens dont il ne veut pas, et son expression par référendum doit être garantie et respectée. Il doit avoir le dernier mot à chaque modification de la Constitution.

Et pour faire tout ça, il faut une VIe République !


- Mais que propose la France insoumise avec L'Avenir en Commun ?

Sources :  L'Avenir en commun

Voici ce que dit en 2017 le programme L'Avenir en commun, (qui a rassemblé plus de 7 millions de voix à l'élection présidentielle[1]), sur la convocation d'une Assemblée constituante et le passage à une 6e République. 

 

Jean-Luc Mélenchon :
« Tout commence par le pouvoir des citoyens. Comment rendre le pouvoir au peuple, en finir avec le système de la caste médiatico-politique et de la monarchie présidentielle ?
C’est l’ère du peuple qui doit commencer ! La révolution citoyenne à laquelle je crois est le moyen pacifique et démocratique de tourner la page de la tyrannie de l’oligarchie financière et de la caste qui est à son service. Ce sera la tâche d’une Assemblée constituante, convoquée pour changer de fond en comble la Constitution, abolir la monarchie présidentielle et restaurer le pouvoir de l’initiative populaire. Je voudrais être le dernier président de la V e République et rentrer chez moi sitôt que la nouvelle Constitution aura été adoptée par le peuple français. La 6 e République commencera et ce sera une refondation de la France elle-même »

 

- Chapitre A « Réunir une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution »
La nouvelle Constitution dont la France a besoin doit être radicalement nouvelle, y compris dans sa méthode  d’écriture : elle ne peut être un simple rafistolage de la V e République, ni se résumer à quelques réformes  octroyées par le futur président de la République. C’est le peuple lui‐même qui doit s’emparer de la question  et s’impliquer tout au long d’un processus constituant.

Nous proposons la convocation d’une assemblée spécifiquement chargée de rédiger une nouvelle Constitution sous le contrôle des citoyen‐ne‐s : une Assemblée constituante. Nous soumettrons à ses travaux des propositions pour une 6ème République démocratique, égalitaire, instituant de nouveaux droits et imposant l'impératif écologique.

  • A1 - Convoquer un référendum (article 11 de la Constitution) pour engager le processus constituant (modalités de la composition de l’Assemblée constituante – mode de scrutin, parité, tirage au sort et incompatibilités ; modalités de la délibération ; association des citoyen-ne-s aux travaux...)
  • A2 - Aucun parlementaire des anciennes assemblées de la V e République ne pourra siéger dans cette assemblée constituante. Les délégué-e-s à l’Assemblée constituante ne pourront être candidat-e-s aux élections suivant l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution
  • A3 - Le projet de Constitution proposé par l’Assemblée constituante sera soumis à un référendum d’approbation.

 

- Chapitre B « Balayer l’oligarchie, abolir les privilèges de la caste »

La démocratie française est malade des privilèges, de l’argent‐roi et de la collusion entre politique et finance. Une caste de privilégiés, coupée des réalités de la vie du peuple a confisqué le pouvoir. Cela doit cesser : la vertu doit être au centre de l’action politique.

  • B1 - Rendre inéligible à vie toute personne condamnée pour corruption ;
  • B2 - Supprimer le monopole du déclenchement de poursuites judiciaires par l’administration fiscale en cas de fraude : la justice doit pouvoir enquêter librement et de sa propre initiative même contre l’avis du ministre ;
  • B3 - Combattre la pollution du débat parlementaire par les lobbies, interdire l’entrée des lobbyistes dans l’enceinte du Parlement et les cadeaux faits aux parlementaires ;
  • B4 - Mettre fin au pantouflage : tout haut fonctionnaire souhaitant travailler dans le privé devra démissionner de la fonction publique et rembourser le prix de sa formation s’il n’a pas servi au moins dix ans, supprimer le concours externe de l’ENA pour toute personne n’ayant jamais travaillé. Durcir les règles contre les conflits d’intérêts, allonger les périodes d’interdiction d’exercer une fonction privée après avoir exercé une activité publique dans le même secteur ;
  • B5 - Appliquer les recommandations d’Anticor et Transparency International visant à empêcher la corruption et rapprocher les représentant-e-s des représenté-e-s, notamment obliger un élu à rendre publique sa déclaration de patrimoine transmise à la HATVP et supprimer la réserve parlementaire ;
  • B6 - Mettre fin à l’usurpation par le MEDEF de la parole des chefs d’entreprise : fonder la représentativité des organisations patronales sur la base d’élections, comme c’est déjà le cas pour les syndicats de salariés.

6e République : ce qu'en dit « L'Avenir en commun » programme de la France insoumise

- Chapitre C « Une République permettant l’intervention populaire »
Le peuple est systématiquement tenu à l’écart des décisions. Tout au plus a‐t‐il le droit de voter une fois tous les cinq ans sans possibilité d’intervenir ensuite. Il est temps de faire confiance aux citoyen‐ne‐s et de  permettre le débat et l'expression de la souveraineté populaire en toutes circonstances.

  • C1 - Fixer le droit de vote à 16 ans, instaurer le vote obligatoire et la reconnaissance du vote blanc comme suffrage exprimé et généraliser la représentation proportionnelle ;
  • C2 - Créer un droit de révoquer un-e élu-e en cours de mandat sur demande d’une partie du corps électoral ;
  • C3 - Instaurer le référendum d’initiative citoyenne et le droit des citoyens de proposer une loi ;
  • C4 - Rendre obligatoire le recours au référendum pour réviser la Constitution ou ratifier tout nouveau traité européen et garantir le respect de la décision populaire ;
  • C5 - Reconnaître le droit de vote aux élections locales pour les résidents étrangers en situation régulière comme en bénéficient déjà les ressortissants des pays de l’Union européenne ;
  • C6 - Rendre effectif le principe du non-cumul des mandats, y compris dans le temps et abroger la loi NOTRe : contre les nouvelles féodalités et l’éloignement du pouvoir des citoyens, refonder l’organisation territoriale de la République et défendre les libertés communales ;
  • C7 - Démocratiser l’accès aux responsabilités politiques en permettant à chacun-e de prendre un « congé républicain », sans risque pour son emploi ou ses droits quels qu'ils soient, en vue de se présenter à des élections.

 

- Chapitre D « Abolir la monarchie présidentielle »
La monarchie présidentielle actuelle marginalise le Parlement. Le Président peut dissoudre l’Assemblée mais  celle‐ci ne peut le renverser. Conséquence : les députés agissent plus souvent comme des godillots, obligés du monarque, que comme représentants du peuple souverain. Ce système est une anomalie démocratique.

  • D1 - Abolir la monarchie présidentielle en instaurant un régime parlementaire stable dans lequel le Gouvernement détient le pouvoir exécutif et est responsable devant le Parlement, transférer le pouvoir de nomination au Parlement ;
  • D2 - Élire l’Assemblée nationale à la proportionnelle ;
  • D3 - Supprimer le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental et créer une assemblée de l’intervention populaire et du long terme émettant un avis sur l’impact écologique et social des lois ;
  • D4 - Supprimer la Cour de Justice de la République et soumettre les membres du Gouvernement à la justice ordinaire.

 

- Chapitre E « Une nouvelle étape des libertés et de l’émancipation personnelles »
Une Constitution, c’est la garantie pour le peuple des droits et libertés qu’il se reconnaît lui‐même. La 6e République sera l’occasion de consacrer de nouveaux droits civils et politiques mais aussi personnels, pour une nouvelle étape de l’émancipation humaine.

  • E1 - Constitutionnaliser la non marchandisation du corps humain et le droit fondamental de disposer de soi en toutes circonstances : liberté de conscience, droit à la contraception et à l'interruption volontaire de grossesse, droit de mourir dans la dignité (y compris avec assistance), accès garanti à des soins palliatifs ;
  • E2 - Autoriser le changement d’état-civil libre et gratuit devant un officier d’état-civil ;
  • E3 - Établir la filiation par reconnaissance comme principe par défaut, reconnaître le droit à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes et refuser la gestation pour autrui (GPA), faire prévaloir l’intérêt supérieur de l’enfant en toute circonstance ;

6e République : ce qu'en dit « L'Avenir en commun » programme de la France insoumise

- Chapitre F « Une République universelle »
Aucune liberté n’est possible sans l’égalité entre les personnes. Assez tergiversé ! Imposons l’égalité des droits ! Punissons ceux qui veulent s'y soustraire. Faisons progresser ensemble l’égalité en droits et en faits dans tous les domaines.

  • F1 - Faire France de tout bois :
  • F2 - Abolir les ségrégations et lutter contre toutes les formes de racisme :
    • Introduire le récépissé de contrôle d’identité pour interdire le contrôle au faciès  ;
    • Assurer l’égalité réelle et combattre les discriminations fondées sur le genre, le handicap, l’apparence, la couleur de peau, l’âge, l'orientation sexuelle, la religion ou la croyance, l’origine sociale ou la fortune ;
  • F3 - Abolir le patriarcat dans l'État et la société :
    • Imposer l'égalité de conditions entre les femmes et les hommes dans les institutions politiques, administratives, économiques, syndicales et associatives ;
    • Renforcer la loi et les moyens contre les violences faites aux femmes et généraliser le planning familial dans ses missions de formation et d’éducation pour la contraception et le droit à l’avortement ;
    • Adopter une loi de lutte contre le sexisme ;
    • Abolir la prostitution et garantir la dignité de la personne humaine ;
  • F4 - Assurer l’égalité de toutes les familles, de tous les enfants et des couples mariés et pacsés (en matière de succession, funérailles, pensions de réversion, etc.), ouvrir l’adoption plénière conjointe à tous les couples, mariés ou non.

 

- Chapitre G « Une République laïque »
La laïcité est attaquée de toutes parts et instrumentalisée par ses adversaires historiques, intégristes religieux et racistes, qui veulent aussi en faire un prétexte pour flétrir les musulmans. La laïcité est la condition de la liberté de conscience de chacun, de l’égalité entre tous les citoyens quelle que soit leur option philosophique ou spirituelle, et de la fraternité. Elle rend possible une action de l’État au service de  l’intérêt général.

  • G1 - Étendre le bénéfice de l'application de la loi de 1905 à tout le territoire de la République (abroger le concordat d’Alsace-Moselle et les divers statuts spécifiques en vigueur dans les Outre-mer) ;
  • G2 - Garantir la liberté de conscience et l’égalité de toutes les options spirituelles devant la loi ;
  • G3 - Combattre tous les communautarismes et l’usage politique des religions ;
  • G4 - Refuser les financements publics pour la construction des édifices religieux, des activités cultuelles et des établissements confessionnels ;
  • G5 - Refuser de rencontrer d’État à État ceux qui obligent nos ministres femmes à porter des accoutrements contraires à la dignité républicaine ;
  • G6 - Interdire la présence de ministres et préfet-te-s aux cérémonies religieuses et refuser le titre de «chanoine de Latran» pour la Présidence de la République.

 

- Chapitre H « La révolution citoyenne dans les médias »
Il n’y a pas de démocratie possible sans information libre et pluraliste. Nos médias sont bien malades : de l’argent, de la recherche du sensationnalisme et de la tyrannie du buzz. La révolution citoyenne doit être menée sans faiblesse dans les médias !

  • H1 - Faire élire les président-e-s de France Télévision et Radio France par le Parlement ;
  • H2 - Adopter une loi anti-concentration des médias, protégeant le secteur des intérêts financiers, favorisant la transformation des médias en coopératives de salariés et de lecteurs/auditeurs/téléspectateurs et attribuer des fréquences aux médias locaux et associatifs ;
  • H3 - Combattre la «sondocratie»: interdire les sondages dans les jours précédant les élections et adopter la proposition de loi sur les sondages votée à l’unanimité par le Sénat en 2011 et enterrée depuis ;
  • H4 - Créer un « Conseil national des médias » à la place du Conseil supérieur de l’audiovisuel pour en faire un véritable contre-pouvoir citoyen garantissant le pluralisme des opinions et des supports ainsi que la qualité de tous les médias ;
  • H5 - Refonder les aides publiques à la presse pour les réserver aux médias d’information et mutualiser les outils de production (imprimeries, serveurs, distribution, etc.) ;
  • H6 - Protéger les sources et l’indépendance des rédactions à l’égard des pouvoirs économiques et politiques par le renforcement du statut juridique des rédactions et une charte déontologique dans la convention collective.

6e République : ce qu'en dit « L'Avenir en commun » programme de la France insoumise

- Chapitre I « La République garante des biens communs »
La République est un mot creux si elle ignore les conditions concrètes de la vie des gens.
Elle ne peut qu’être sociale. Mais l'impératif écologique exige aussi davantage de République et une République d’un genre nouveau. Le changement climatique menace l’existence de la vie humaine sur la planète. Tous semblables, nous sommes liés par un intérêt général humain : conserver la biosphère qui rend possible la vie humaine. Il est temps que la République soit écologiste.

  • I1 - Constitutionnaliser la règle verte : ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer; ni produire plus que ce qu’elle peut supporter ;
  • I2 - Protéger les biens communs : l’air, l’eau, l’alimentation, le vivant, la santé, l’énergie, la monnaie ne sont pas des marchandises. Ils doivent être gérés démocratiquement : le droit de propriété doit être soumis à l’intérêt général, la propriété commune protégée et les services publics développés ;
  • I3 - Constitutionnaliser et rendre effectifs les droits au travail et au logement ;
  • I4 - Amnistier les syndicalistes et militants associatifs condamnés pour faits de luttes sociales, écologiques ou pour la défense des libertés, protéger les lanceur-se-s d’alerte et investir les salarié-e-s d'une mission d'alerte sociale et environnementale.

 

- Chapitre J « Une justice au nom du peuple »
La justice est rendue « au nom du peuple français ». Mais trop souvent, le service public de la justice ne peut assumer cette lourde tâche. Les tribunaux sont en voie de « clochardisation », les moyens humains et financiers manquent pour assurer des délais raisonnables ; les justiciables comme les professionnel‐le‐s de la justice sont en droit d’exiger un effort sans précédent.

  • J1 - Garantir la protection judiciaire de la jeunesse, la justice des mineurs, la politique de prévention de la délinquance et les sanctions éducatives ;
  • J2 - Mettre fin à la paupérisation de la justice et de l’administration pénitentiaire :
    • Mettre en œuvre un plan de recrutement de personnels pour désengorger les tribunaux ;
    • Rénover et construire de nouveaux locaux pour les tribunaux ;
    • Recruter 2 000 agents pénitentiaires pour les escortes des détenus ;
    • Mettre fin au tout carcéral par des peines alternatives à la prison et rénover les prisons pour garantir la dignité humaine ;
  • J3 - Remplacer les instructions ministérielles au Parquet par des lois d’orientation de politique pénale débattues et votées par le Parlement ;
  • J4 - Remplacer le Conseil supérieur de la magistrature par un Conseil supérieur de la Justice désigné pour partie par les magistrat-e-s et le Parlement, devant lequel il sera responsable ;
  • J5 - Réformer le dualisme juridictionnel en supprimant la fonction juridictionnelle du Conseil d'État et en créant une juridiction suprême commune aux deux ordres de juridictions(fusionnant la Cour de Cassation et la fonction juridictionnelle du Conseil d’État).

 

- Chapitre K « Une politique antiterroriste rationnelle »
La sûreté est un des droits « naturels et imprescriptibles » de l’être humain selon la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. Les odieux attentats commis en France en 2015 et 2016 interrogent : comment protéger la population de meurtres terroristes ? Comment garantir notre liberté dans ce contexte ?

En la matière, la surenchère sécuritaire ne protège pas, elle affaiblit et fait le jeu des assaillants. C’est une toute autre politique et une stratégie globale qui sont nécessaires pour vivre en paix.

  • K1 - Refuser la logique du choc des civilisations et de la «guerre intérieure» et sortir des guerres déstabilisatrices et des alliances hypocrites avec les pétro-monarchies du Golfe ;
  • K2 - Améliorer la prévention en engageant une stratégie politique pour renforcer les anticorps républicains et supprimer le terreau des communautarismes par plus de République, de laïcité, d’éducation, de justice sociale et d’implication citoyenne ;
  • K3 - Refuser la logique de l’exception pour réaffirmer l’État de droit :
    • Permettre la sortie de l’état d’urgence à l’initiative du Parlement, état qui ne protège pas mieux ;
    • Faire l’évaluation des lois antiterroristes sécuritaires existantes ;
    • Arrêter progressivement les opérations « Sentinelle » pour confier la sécurité des lieux publics à la Police ;
    • Garantir le contrôle par le juge judiciaire des opérations de lutte contre le terrorisme et augmenter les moyens de la justice anti-terroriste pour garantir une lutte efficace, durable et respectueuse des droits et libertés fondamentaux ;
  • K4 - Renforcer le renseignement territorial et humain en revenant sur la fusion de la direction de la surveillance du territoire (DST) et des renseignements généraux (RG), en privilégiant l’infiltration par rapport au tout technologique, en renforçant les moyens d’analyses des renseignements collectés et imposer aux autorités chargées du renseignement de rendre compte devant une commission parlementaire permanente ;
  • K5 - Lutter contre l’embrigadement et soutenir les démarches de signalement par les proches et les programmes de prise en charge des personnes suspectées ;
    K6 - Instaurer une peine de déchéance des droits civiques en cas de fraude fiscale ou d’activités illicites permettant le financement d’activités terroristes, punir les financements des trafics alimentant les réseaux terroristes et réquisitionner les entreprises qui collaborent avec les agresseurs.

6e République : ce qu'en dit « L'Avenir en commun » programme de la France insoumise

- Chapitre L « Garantir la sécurité et la sûreté intérieures »
La République a besoin d’une justice. Elle a aussi besoin d’une police ; une police républicaine, agissant pour protéger les libertés individuelles et collectives. La politique de sécurité doit être refondée en lien avec la population, par l'intégration des conscrits, loin des coups de mentons et du « deux poids deux mesures ». Objectif : une politique de sûreté publique commençant par le renforcement de la sécurité sociale et des services publics.

  • L1 - Refonder la politique de sûreté publique sur la base du triptyque « prévention,dissuasion, sanction » et y ajouter l’implication citoyenne et resocialisation des détenus, et réaffirmer son caractère national :
    • En finir avec la politique du chiffre et supprimer les primes aux résultats dont les montants seront redistribués progressivement aux différentes catégories d’agents ;
    • Réhabiliter la police de proximité en refondant les objectifs des polices municipales et affirmant la distinction entre les missions nationales et locales ;
    • Démanteler les BAC (Brigades Anti-criminalité) qui ne font que du flagrant délit et ne permettent pas d'assurer une bonne relation police/population ;
    • Intégrer au service public certaines fonctions de sécurité aujourd’hui privatisées (sécurité aéroportuaire notamment) ;
  • L2 - Faire la police républicaine :
    •  En finir avec la police et la justice à deux vitesses en augmentant nettement les effectifs de police en charge de la délinquance en col blanc en lien avec le fisc, les douanes et la justice financière ;
    • Donner la priorité au démantèlement des trafics (drogues, armes, prostitution, êtres humains ...) et à la lutte contre la délinquance financière, la corruption et le terrorisme ;
    • Désencombrer l’action policière par la contraventionnalisation de la consommation de stupéfiants et la légalisation de l’usage du cannabis ;
    • Faire évaluer la police avec des questionnaires de satisfaction des usagers ;
    • Apaiser les conflits existant au sein de la police par des instances de dialogue internes,améliorer l'accueil du public et diminuer le temps d'attente pour la prise en compte d'une plainte ainsi que les durées d'investigation ensuite ;
    • Abroger les lois sécuritaires inefficaces et renforcer les politiques de prévention ;
    • Réécrire le code de déontologie et y insister lors de la formation des forces de police et rétablir les missions de «défense des Libertés et de la République» supprimées par Manuel Valls en 2014 ;
    • Interdire les tasers et flash-balls ainsi que les grenades de désencerclement pour favoriser la désescalade des affrontements ;
  • L3 - Renforcer les moyens humains et matériels des forces de sécurité, en quantité et qualité :
    • Mettre en place un plan d’amélioration qualitative de la police et gendarmerie ;
    • Recruter des agents administratifs pour libérer policiers et gendarmes aptes à aller sur le terrain qui travaillent sur des postes administratifs ;
    • Ramener les effectifs de policiers et gendarmes à ceux de 2007 ;
    • Doubler les effectifs de la police technique et scientifique ;
    • Supprimer le statut précaire et peu qualifié des 11 000 adjoint-e-s de sécurité en permettant la formation et la titularisation de celles et ceux qui le souhaitent ;
    • Porter à deux ans la durée de formation des élèves gardiens de la paix ;
    • Lancer un plan de rénovation et de construction de commissariats de police pour lutter contre la «clochardisation» du bâti et l’abandon de certains territoires ;
    • Dotation des services en moyens techniques et matériels suffisants, renouvellement général du parc informatique sous contrainte de sécurité des échanges.

 

- Chapitre M « La jeunesse au service de l’intérêt général et de la sûreté de la Nation : créer un service citoyen obligatoire, une garde nationale »
Aujourd’hui, de nombreuses tâches indispensables à la sûreté et à l’intégrité de la Nation ne sont pas assurées. C’est vrai aussi bien du point de vue de la Défense et de la sûreté que de l’intégrité écologique, de la solidarité et du secours à la population. Ces préoccupations ne peuvent être abandonnées aux marchands ni aux seuls agents des services concernés. C’est la Nation tout entière qui doit y faire face, pour les tâches civiles comme militaires.

  • M1 - Créer un service citoyen obligatoire :
    • Pour les femmes et pour les hommes ;
    • Par conscription avant 25 ans, proche du lieu de vie, en limitant le « casernement »aux fonctions qui l’exigent réellement ;
    • D’une durée totale de neuf mois, comprenant une formation militaire initiale incluant un droit à
      l’objection de conscience ;
    • Rémunéré au SMIC ;
    • Affecté à des tâches d’intérêt général: secours à la population, sapeurs-pompiers,sécurité  publique, défense,  sécurité  civile,  protection  et  réparation  de l’environnement, appui à des associations labellisées d’intérêt général ;
    • Présence sur tout le territoire, y compris les Outre-mer, les zones rurales et les quartiers populaires ;
    • Comprenant un bilan de santé, une évaluation des capacités d’écriture, lecture et calcul avec leur éventuelle mise à niveau, la formation gratuite à la conduite et l’examen du permis de conduire ;
  • M2 - Créer une garde nationale placée sous commandement civil et composée :
    • Des jeunes en service citoyen obligatoire ayant choisi d’intégrer la réserve pour la protection de la sûreté et de l’intégrité de la Nation ;
    • Des unités existantes labellisées : réserve de sécurité nationale, réserve de sécurité civile, réserve citoyenne.


- Chapitre N « Reconnaître la citoyenneté dans l’entreprise et des droits nouveaux aux salariés »
Comme le disait Jean Jaurès, « la grande Révolution a rendu les Français rois dans la cité et les a laissés serfs dans l’entreprise ». Le contrat de travail étant le seul contrat de subordination  dans notre pays, il est temps de faire rentrer la citoyenneté dans l’entreprise.

  • N1 - Accorder de nouveaux droits de contrôle aux comités d'entreprise sur les finances de leur entreprise ;
  • N2 - Instaurer le droit pour les salariés à un vote de défiance à l’égard des dirigeants d’entreprises ou des projets stratégiques ;
  • N3 - Renforcer le pouvoir d’intervention des salariés contre les licenciements économiques par un droit de veto suspensif des comités d’entreprises, réformer les tribunaux de commerce et les procédures de sauvegarde et liquidation pour donner plus de pouvoirs aux salariés et à leurs représentants, refondre la procédure judiciaire de contestation des licenciements économiques pour qu’ils ne puissent être effectifs avant épuisement des recours.

6e République : ce qu'en dit « L'Avenir en commun » programme de la France insoumise

- Chapitre O « L’égalité réelle pour les Outre-mer »
Les Outre‐mer sont la chance de la France. Ils pourraient être des pointes avancées de la planification écologique et du progrès humain, avancer vers un développement eudogène. Au lieu de quoi, ils sont maintenus dans la dépendance d’un système inégalitaire d’économie de comptoir et de pauvreté de masse. La République doit vivre partout et pour tous !

  • O1 - Faire vivre la République, l’égalité, le métissage et le droit du sol contre le racisme et l'ethnicisme :
    • Assurer la tenue démocratique du référendum d’autodétermination prévue en Nouvelle-Calédonie en 2018 ;
    • Étendre la laïcité dans les Outre-mer, en appliquant la loi de 1905 là où elle ne l'est pas ;
    • Soutenir l'enseignement des langues et cultures d'Outre-mer pour ceux qui en font la demande et mettre en valeur avec les populations la diversité des patrimoines culturels et linguistiques qu'apportent les Outre-mer ;
  • O2 - Faire des Outre-mer des territoires pilotes de la planification écologique :
    • Élaborer et mettre en œuvre un plan d’autonomie énergétique de chaque territoire d’Outre-mer à partir des énergies renouvelables disponibles, terrestres (géothermie,solaire, éolien) et marines (éolien, utilisant les différences de températures,géothermie,...) ;
    • Faire des Outre-mer des territoires pilotes de l’économie de la mer, doter chacun d’eux d’au moins un lycée professionnel maritime et des formations supérieures nécessaires à ce développement ;
    • Préserver les trésors de biodiversité des Outre-mer (renforcer les moyens d’études et de protection) ;
  • O3 - Assurer l’égalité et la présence de l’État :
    • Garantir la continuité territoriale (desserte de service public à tarifs réglementés), l’interconnexion régionale et le désenclavement intra-territorial (Guyane notamment) ;
    • Engager un plan pluriannuel d’investissement et de développement des services publics (transports, éducation, santé, logement, culture) ;
    • Supprimer les exemptions fiscales bénéficiant aux ultra-riches pour les investissements Outre-mer (notamment sur l’ISF) ;
  • O4 - Favoriser un développement endogène en rupture avec le modèle actuel d’économie de comptoir :
    • Libérer les Outre-mer des monopoles privés et de la captation de la richesse par la rente en développant des circuits de distribution publics et la production en coopératives ;
    • Protéger les économies locales par un bouclier douanier : préserver l’octroi de mer et  renforcer la protection commerciale des productions locales (taxe kilométrique pour promouvoir les productions locales, privilégier les importations à faible emprunte écologique, préférence commerciale pour les produits d'Outre-mer en métropole et en Europe, partenariats commerciaux équilibrés avec les voisins régionaux) ;
    • Atteindre l’autosuffisance alimentaire en soutenant le développement d’une agriculture paysanne et des filières de transformation agro-alimentaire locales ;
  • O5 - Faire des Outre-mer des leviers d’alternative à l’échelle mondiale :
    • Faire des Outre-mer des pôles régionaux de co-développement : transfert de technologie auprès des pays voisins, aide logistique et scientifique, investir dans des établissements de formation de haut niveau (santé) bénéficiant à la fois aux étudiants ultra-marins et à ceux des pays voisins ;
    • Rejoindre les coopérations régionales dans une démarche de co-développement écologique et social et de progrès humain : par exemple l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique) pour les Antilles et la Guyane française, l’Afrique australe pour Mayotte et La Réunion... ;
    • Construire des points d'appui des combats écologiques d'intérêt universel : appui à la préservation des forêts (Guyane pour l'Amazonie); appui aux populations du Pacifique et de l’Océan indien menacées par la montée des eaux; défense des fonds marins contre la prédation pétrolière et la pêche industrielle.

 

- Pour en savoir plus... Constituante : changer de République pour faire place au Peuple

6e République : ce qu'en dit « L'Avenir en commun » programme de la France insoumise

Le #28 des « Livrets de la France insoumise » aborde le thème de la 6ème République et de l’Assemblée constituante.

 

Il a été préparé par un groupe de travail animé par Mathieu Dupas, doctorat en droit constitutionnel et Charlotte Girard, maîtresse de conférences spécialiste de droit constitutionnel et des institutions républicaines.

 

  • Il est consultable et téléchargeable ICI

 

 

- Jeudi 4 octobre 2018 discours de Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale à l’occasion du 60e anniversaire de la 5e République.

Le jeudi 4 octobre 2018, jour du 60e anniversaire de la Constitution de la 5e République, Jean-Luc Mélenchon tenait à l’Assemblée nationale une conférence intitulée : «Institutions : le changement inévitable».

 

Le président du groupe «La France insoumise» a expliqué comment la 5e République était devenue un outil de privation du peuple de sa souveraineté et comment l’exercice du pouvoir macroniste aggravait encore ce phénomène. Il a décrit comment le peuple était entré en «grève civique» et s’abstenait de plus en plus aux élections législatives.

 

Face à ce système vermoulu, il a appelé à la mise en place d’une assemblée constituante pour redéfinir la règle du jeu politique et pour que le peuple se saisisse de ses institutions. Il a également expliqué qu’il faudrait introduire de nouveaux droits politiques et individuels dans la Constitution de la 6e République comme le référendum révocatoire (pour révoquer un élu en cours de mandat), le référendum propositionnel (pour proposer une loi), le référendum abrogatif (pour abroger une loi), le droit au suicide assisté, le droit à l’IVG ou encore le droit de choisir son état civil.

 

Partager cet article
Repost0
2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 14:07
" La régression en marche " Un an de travail d'oppositions et de propositions à l'Assemblée nationale

-En savoir plus

Avec dix-sept députés répartis dans huit commissions à l’Assemblée nationale, La France insoumise n’est pas le plus grand groupe d’opposition, mais elle est vite apparue comme étant la seule véritable force d’opposition au gouvernement Macron, et en particulier à sa politique économique, fiscale et sociale.

 

En onze chapitres, les députés dressent un état critique de la France de M. Macron, en centrant leur analyse sur les politiques les plus contestables, tant du point de vue de l’efficacité que de la justice. Ils montrent ainsi ce qui, selon eux, est vraiment « en marche » dans la France de Macron : une régression qui poursuit et approfondit la logique néolibérale installée par les gouvernements précédents (de droite comme de gauche). Mais La France insoumise est aussi la première force de propositions de lois alternatives : chaque diagnostic critique dessine donc également les voies d’une autre politique.

 

 

-Les députés insoumis

Clémentine AUTAIN, Ugo BERNALICIS, Alexis CORBIÈRE, Éric COQUEREL, Caroline FIAT, Bastien LACHAUD, Michel LARIVE, Jean-Luc MÉLENCHON, Danièle OBONO, Mathilde PANOT, Loïc PRUD'HOMME, Adrien QUATENNENS, Jean-Hugues RATENON, Muriel RESSIGUIER, Sabine RUBIN, François RUFFIN, Bénédicte TAURINE

 

- Par : Les députés insoumis - Les députés des Insoumis

Éditions : Les Editions SEUIL

Date de parution : 4 octobre 2018

Pages : 160

ISBN : 202140398X

Disponibilité : chez l'éditeur Les Editions SEUIL et chez tous les libraires

Prix papier TTC : 12,9 €

Partager cet article
Repost0
24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 13:40
Pourquoi les capitalistes ont une « aversion » pour le plein-emploi : l’explication de Kalecki

Trop méconnu, Michal Kalecki[1], né en Pologne en 1899 et fortement influencé par Karl Marx et Rosa Luxembourg, est un des auteurs dont les travaux, avec John Maynard Keynes, sont au fondement de la théorie post-keynésienne. Ici, nous montrons l’acuité et l’actualité de sa vision de l’économie politique.

 

Source : Le Vent se lève

Auteur en 1933 d’un livre remarquable intitulé Essai sur la théorie du cycle des affaires, Michal Kalecki est souvent présenté, à juste titre, comme celui qui a anticipé de nombreux développements théoriques que Keynes abordera trois ans plus tard dans la Théorie Générale, à commencer par l’importance de l’investissement et du rôle de l’Etat dans l’économie.  Mais nous allons plutôt ici nous intéresser à un autre article majeur de Michal Kalecki, publié en 1943 et intitulé « Political Aspects of Full Employment » (Political Quarterly, 4), où l’auteur développe sa vision de l’économie politique, qui est comme vous allez le voir, toujours d’actualité.

 

 

-

Le paradoxe du refus du plein-emploi

Le but de Kalecki est de montrer que si le plein emploi est réalisable de fait via une augmentation des dépenses gouvernementales, il n’en demeure pas moins qu’une opposition politique au plein-emploi est possible. C’est pourquoi Kalecki écrit : « Parmi les opposants à cette doctrine, il y avait (et il y a encore) d’éminents prétendus « experts économiques » étroitement liés aux banques et aux industries. Cela suggère qu’il y a un arrière-plan politique dans l’opposition à la doctrine du plein emploi, même si les arguments invoqués sont économiques ». Notons avec un certain plaisir que les “prétendus experts économiques”, que l’on trouve aujourd’hui dans de nombreux médias faisaient, semble-t-il, déjà rage en 1943.

 

Pour étayer son argumentation, Kalecki invoque l’opposition des grandes entreprises aux programmes d’augmentation des dépenses gouvernementales mises en œuvre lors du New Deal du président Américain Roosevelt, ou lors de l’expérience du Front Populaire en France. Il s’agit là d’un paradoxe, car une augmentation des dépenses publiques bénéficie en théorie autant aux travailleurs qu’aux entreprises, puisque la dépense gouvernementale supplémentaire conduit à une augmentation des profits. Michal Kalecki cherche donc à résoudre ce paradoxe et invoque pour cela trois raisons principales.

 

 

-

La Résolution du paradoxe

Tout d’abord, Michal Kalecki affirme que les capitalistes n’ont pas intérêt au plein emploi, du fait des changements politiques et sociaux qu’il induit. On retrouve là dans une certaine mesure la théorie de “ l’armée de réserve ” de Karl Marx[2]. En effet, lorsque le plein emploi est atteint, la menace du licenciement n’agit plus comme contrainte disciplinaire, et produit une modification du rapport de force en faveur des salariés, qui conduira, à travers l’essor de la syndicalisation par exemple, à une hausse des salaires. Pourtant, une hausse de la part des salaires, pour Kalecki, est plus de nature à augmenter les prix et à générer de l’inflation (au détriment des rentiers) qu’à baisser les profits en tant que tels. Ainsi Kalecki conclut : « la discipline dans les usines et la stabilité politique sont plus appréciées que les profits par les chefs d’entreprises. Leur instinct de classe leur dit qu’un plein emploi durable est malsain, et que le chômage fait partie intégrante d’un système capitaliste normal ».

 

La seconde raison consiste en une « aversion » des capitalistes contre l’intervention de l’État en matière d’emploi. En effet, lorsque l’État n’intervient pas, l’économie est selon Kalecki tributaire du « niveau de confiance » des capitalistes, et tout ce qui pourrait l’affecter est par conséquent à bannir, puisqu’il en résulterait une chute de l’investissement et de la production.

 

Les capitalistes ont de ce fait un « contrôle indirect » sur le gouvernement. Or, à partir du moment où l’État utilise la dépense publique pour redresser l’économie, les capitalistes perdent le contrôle, et l’économie n’est dès lors plus dépendante du niveau de confiance. Ainsi Kalecki écrit : « la fonction sociale de la doctrine des « finances saines » est de rendre le niveau d’emploi dépendant du niveau de confiance ». Comment ne pas faire ici le parallèle avec les mentions incessantes d’une partie de la classe politique et des milieux d’affaires à la “confiance” (“restaurer la confiance”, “climat de confiance”), qui serait dès lors l’élément clé, la condition sine qua non d’une reprise économique ? En réalité, l’explosion de la référence à la “confiance” est le pendant, la conséquence de l’affaiblissement de la maîtrise de l’économie par la puissance publique qui trouve son origine dans tournant néo-libéral à partir de la fin des années 1970.

 

La dernière raison consiste en une méfiance des capitalistes envers les investissements étatiques, mais aussi envers les subventions à la consommation. Dans le cas des investissements étatiques, les capitalistes craignent que l’État, en nationalisant un secteur donné par exemple, n’empiète sur des débouchés réservés aux « affaires privées ». Nous pouvons ici remarquer que depuis le début des années 1980, c’est par ailleurs bien une dynamique inverse de privatisation des grands groupes publics qui est à l’oeuvre dans nos économies. Concernant les crédits à la consommation, Kalecki écrit : « on pourrait s’attendre à ce que les hommes d’affaire et leurs experts soient d’autant plus favorables aux subventions à la consommation de masse qu’à l’investissement public ; puisque celle-ci ne s’engage dans aucune sorte d’entreprise ». Or, comme le remarque l’auteur, il n’en n’est rien, car on toucherait alors au plus profond de « l’éthique capitaliste », qui veut que « chacun gagne son pain à la sueur de son front ». Là encore, nous pouvons constater que le texte de Kalecki est toujours éminemment d’actualité compte tenu des références permanentes au mérite, au rejet de “l’assistanat”, ou encore à la valeur travail.

 

Pression à la hausse sur les salaires, discipline des salariés, volonté de rendre l’économie tributaire du “niveau de confiance”, et donc du bon vouloir des capitalistes, peur de voir des débouchés potentiels aspirés par la puissance étatique, maintien de l’éthique capitaliste du mérite, voilà autant de raisons qui expliquent la méfiance, voire l’aversion des capitalistes pour le plein-emploi. Et voici aussi pourquoi le problème du chômage de masse, qui pourrait, dans une économie mondialisée, être combattu par des actions étatiques coordonnées, n’est pas résolu.

 

Note

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Micha%C5%82_Kalecki

[2] L'Armée de réserve de travailleurs est un concept d'économie politique étudié par Karl Marx. Il est développé dans le chapitre 25 de son livre Le Capital. Ce concept entretient des rapports avec le phénomène du chômage dans les sociétés capitalistes. ... Le terme « chômeurs » suppose un filtre idéologique particulier.

 

Partager cet article
Repost0
22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 11:09
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron

En Charente Maritime, comme ailleurs, la riposte sociale contre la politique à Macron s'organise pour le 9 Octobre, porteuse d'exigences fortes.

  • Les insoumis s'en félicitent et y apporteront leur contribution !

 

 

-

Mais est-ce suffisant ?
La forme et la tactique de résistance à la politique du gouvernement ne peut plus rester enfermée dans le « chacun de son côté ». Il est plus que temps d’organiser la jonction des efforts entre le mouvement social, associatif et les forces politiques de la résistance au coup d’État social permanent.

  • Il s’agit de mener une lutte avec clarté sur l’objectif et les moyens de l’atteindre : faire reculer le pouvoir, sauver nos conquis sociaux et une manière de vivre en société !

 

  • A cette fin, les insoumis considèrent qu'il nous faut, avant qu’il ne soit trop tard, reprendre et poursuivre ce que nous avons commencé à construire les 5 et 26 Mai 2018... un mouvement syndical, social, associatif et politique en capacité de gagner !

 

-

Tract d’appel unitaire de Charente Maritime en version imprimable

 

-La France insoumise rochelaise appelle à la mobilisation

9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron

 

-

Le 24 septembre se tenait une réunion nationale CGT/FI

Pour Philippe Juraver de la France insoumise cette réunion " scelle une convergence dans le monde du travail ".

9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron

-9 Octobre, 1 800 rochelais étaient dans la rue

9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
9 octobre 2018 pour une riposte de masse contre la politique à Macron
Partager cet article
Repost0
11 septembre 2018 2 11 /09 /septembre /2018 13:41
Le mouvement européen « Maintenant le peuple ! » pour une révolution citoyenne en Europe poursuit sa construction
Le mouvement européen « Maintenant le peuple ! » pour une révolution citoyenne en Europe poursuit sa construction
Le mouvement européen « Maintenant le peuple ! » pour une révolution citoyenne en Europe poursuit sa construction

Le mercredi 27 juin 2018 se tenait à Bruxelles une conférence de presse pour annoncer l’élargissement du mouvement européen « Maintenant le peuple ! ».

 

Source : La France insoumise mis à jour le 17 mai 2019

-

Petit rappel

Le mouvement a été fondé à Lisbonne le 12 avril 2018[1] par La France insoumise, Podemos (Espagne) et le Bloco de Esquerda (Portugal).

 

Cette conférence de presse était diffusée en direct sur internet et peut être revisionnée ICI

 

 

-

Retrouvez ci-dessous la déclaration commune du 12 avril 2018

Le mouvement européen « Maintenant le peuple ! » pour une révolution citoyenne en Europe poursuit sa construction
Le mouvement européen « Maintenant le peuple ! » pour une révolution citoyenne en Europe poursuit sa construction

 

-Retrouvez ci-dessous la déclaration commune du 27 juin 2018

Donc, le mercredi 27 juin 2018 se tenait à Bruxelles une conférence de presse pour annoncer l’élargissement du mouvement européen « Maintenant le peuple ! » à trois nouvelles formations politiques : L’Alliance rouge-verte (Danemark), le Parti de gauche (Suède) et l’Alliance de gauche (Finlande).

 

  • Les représentants des mouvements ont signé une déclaration additionnelle au texte ci-dessus « Maintenant le peuple ! » qui avait été signé à Lisbonne le 12 avril 2018 (voir ci-dessus).

 

 
«MAINTENANT LE PEUPLE !»
Déclaration additionnelle* de Bruxelles, le 27 juin 2018
 

Ensemble, nous, forces progressistes, voulons un nouveau projet pour les peuples européens.

 

Nous nous opposons aux traités fondateurs de l’Union européenne qui placent les droits et les intérêts des entreprises au-dessus du droit et des intérêts des peuples et de la planète.

 

L’Europe n’a jamais été aussi riche tout en étant si inégale. 10 ans après l’éclatement de la crise financière, nous voyons que les dirigeants européens nous ont condamnés à une décennie perdue. L’application dogmatique et irrationnelle des politiques d’austérité n’a résolu aucun des problèmes structurels qui ont fait émerger cette crise. Au contraire, l’Union a sauvé les banques et leurs propriétaires, quand les coûts et les reproches ont dû être endossés par les peuples qui, eux, ont souffert et continuent de subir les sévères politiques d’austérité affectant leur bien-être et leurs droits. Cette politique doit être abandonnée.

 

Cela signifie que nous avons besoin d’autres règles européennes, libérées du dogme de la libéralisation du marché, des règles qui placent l’humain et la planète d’abord.

 

Il est temps de rompre avec les traités européens antidémocratiques. Il est temps de construire un nouvel ordre qui réfute l’austérité forcée et la promotion du dumping social et fiscal. Il est temps pour ceux qui croient en la démocratie et en la justice sociale de briser cette spirale descendante. Ensemble, nous voulons travailler à un changement réel pour les peuples, contre l’ancien ordre injuste.

 

Jamais le besoin n’a été aussi grand pour un mouvement progressiste et une coopération internationale fondée sur la démocratie et la solidarité. Le choix des peuples ne peut se trouver enfermé entre le statu quo néolibéral et l’extrême droite. Nous offrons une véritable alternative :

  • Nous lutterons contre le dumping social et pour des droits sociaux sécurisés. Les droits des travailleurs à la protection sociale, les lois et les conventions collectives doivent primer sur la libre circulation des entreprises. Nous nous opposons à ce que les travailleurs soient mis en concurrence les uns contre les autres, et voulons un espace de convergence sociale par le haut. Par conséquent, nous devons rompre avec les traités européens et abandonner le semestre européen. La coopération européenne doit être basée sur un protocole social qui place les conditions de travail et les droits sociaux et collectifs au-dessus de la libre circulation des services et des capitaux.

 

  • Nous exigerons une justice fiscale et un système financier équitable, car la libre circulation des capitaux ne doit pas être prioritaire par rapport au bien-être humain. Ensemble, nous nous opposerons à l’évasion fiscale et aux paradis fiscaux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Union européenne. Nous travaillerons ensemble pour faire en sorte que les banques servent l’intérêt général et non les intérêts d’une poignée. À cette fin, nous nous efforcerons aussi de garantir le droit au contrôle public et le droit à la propriété publique du secteur bancaire.

 

  • Nous lutterons contre le changement climatique et pour la durabilité écologique. La réduction des émissions de gaz à effet de serre doit être une priorité essentielle. Nous devons donc rompre avec l’approche de l’Union fondée sur le marché face au changement climatique. Au lieu de cela, nous avons besoin d’une approche claire basée sur le climat, ainsi que d’investissements publics dans des énergies propres et sûres et des technologies vertes.

 

  • Nous défendrons l’égalité et les droits des femmes. Les attaques de l’Union européenne contre les structures et les services sociaux dans de nombreux pays constituent une menace pour l’égalité et les droits des femmes. Cela doit changer et l’égalité doit être réalisée en faisant de ce principe un élément central de toutes les politiques européennes. Nous défendons le droit à des avortements sûrs et légaux et nous opposons à toutes les formes de violences sexistes.

 

  • Nous exigeons des politiques commerciales internationales démocratiques et durables et rejetons les accords de libre-échange. Les intérêts des grandes entreprises ne peuvent pas passer outre les décisions démocratiques visant à protéger et renforcer la sécurité sociale, économique et écologique. Par conséquent, les clauses d’investissement donnant aux entreprises le droit de poursuivre les États doivent être retirées de tous les accords commerciaux de l’Union européenne.

 

  • Nous défendons le droit d’asile et nous opposons à l’Europe forteresse. Des personnes fuient leurs pays à cause de guerres, de conflits et de la pauvreté, ces migrations sont aussi souvent la cause de politiques interventionnistes et militaristes conduites dans par des pays tiers. L’Europe doit être un continent où les personnes cherchant refuge se voient garantis leurs droits et leur sécurité. Nous nous opposerons aux politiques xénophobes et racistes partout où elles menacent la démocratie et la dignité humaine.

 

  • Nous nous opposons à la militarisation de l’Union européenne. Aucun fonds budgétaire ne devrait aller à l’armement. Nous voulons l’interdiction effective de l’exportation d’armes vers les dictatures, les pays en guerre et les pays qui violent les droits de l’homme. Nous travaillerons communément pour mettre fin aux politiques extérieures néo-coloniales de l’Union et à la spoliation des ressources des autres pays.

 

Dans l’esprit de la Déclaration signée à Lisbonne le 12 avril 2018, nous collaborerons et ferons campagne à travers l’Union européenne sur ces questions. Nous sommes pour un changement fondamental. Nous n’en pouvons plus d’attendre. Nous voulons une coopération juste et équitable – fondée sur la démocratie et la solidarité – qui respecte la souveraineté du peuple et serve les intérêts du peuple.

 

Il est temps de construire l’Europe des peuples !

 

Et maintenant, le peuple !

 

* au texte de Lisbonne du 12 avril 2018

 

 

Le mouvement européen « Maintenant le peuple ! » pour une révolution citoyenne en Europe poursuit sa construction

-Manifeste commun du Bloco de Esquerda (Portugal), Podemos (Espagne) et La France insoumise

Une agriculture et une alimentation au service de la société dans le cadre de la construction d’une Europe des peuples... pour lire la suite...

 

Le mouvement européen « Maintenant le peuple ! » pour une révolution citoyenne en Europe poursuit sa construction

-Texte programmatique de la France insoumise pour les élections européennes

Le texte programmatique final pour les élections européennes « L’Avenir en commun,en Europe aussi ! » adopté le 8 décembre par la convention de la France insoumise  est disponible ICI

 

 

-Les candidats sur la liste de la France insoumise aux élections européennes de 2019

 

  • Portrait de Manon Aubry (tête de liste) : Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Pourquoi est-elle candidate ? Les réponses sont dans la vidéo qui est ICI

 

  • Portrait de Jeanne Chevalier : Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Pourquoi est-elle candidate ? Les réponses sont dans la vidéo qui est ICI
  • Portrait de Bernard Borgialli : Qui est-il ? D’où vient-il ? Pourquoi est-il candidat ? Les réponses sont dans la vidéo qui est ICI
  • Portrait de Philippe De Laporte : Qui est-il ? D’où vient-il ? Pourquoi est-il candidat ? Les réponses sont dans la vidéo qui est ICI
  • Portrait de Leïla Chaibi : Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Pourquoi est-elle candidate ? Les réponses sont dans la vidéo qui est ICI
  • Portrait de Philippe Juraver : Qui est-il ? D’où vient-il ? Pourquoi est-il candidat ? Les réponses sont dans la vidéo qui est ICI
  • Entretien avec Marie-Laure Darrigade : Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Quel est son parcours ? Les réponses sont dans la vidéo qui est ICI
  • Entretien avec Yannick Bedin : Qui est-il ? D’où vient-il ? Quel est son parcours ? Les réponses sont dans la vidéo qui est ICI
  • Entretien avec Julie Garnier : Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Quel est son parcours ? Les réponses sont dans la vidéo qui est ICI

- Intervention de Jean-Luc Mélenchon sur l'Union européenne à l'Assemblée nationale le 22 octobre 2018.

Il a expliqué que l'Europe risquait désormais l'explosion après le Brexit et a dit que la France devait «jouer un rôle constructeur». Il a rappelé que l'Europe avait été construite pour la paix, pour le progrès social et pour l'écologie mais qu'aujourd'hui elle agissait contre ces trois idéaux.

 

Jean-Luc Mélenchon a également parlé de la contribution de la France au budget de l'Union européenne : 9 milliards d'euros par an. Il a expliqué que nous payions pour le rabais britannique et pour le rabais sur le rabais de l'Allemagne. Il a aussi dit pourquoi le budget européen était mal géré entre les impayés et la coûteuse bureaucratie des institutions de l'Union.

 

Enfin, il a appelé à mettre en place une conférence sur les dettes souveraines ainsi que sur les frontières et a dit qu'il fallait de la coopération plutôt que de la compétition.

Partager cet article
Repost0
26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 20:03
Thomas Guenolé : Antisocial. La guerre sociale est déclarée

Thomas Guenolé est politologue (lRIS), enseignant (université Paris-Est Créteil), essayiste et éditorialiste. Intellectuel engagé à gauche, il est le disciple d'Emmanuel Todd. Il est notamment l'auteur de Les jeunes de banlieue mangent-ils les enfants ? (Bord de l'Eau) et de La Mondialisation malheureuse (First).

Depuis 2017, il est membre de La France insoumise et responsable de son école de formation de La France insoumise.

Il offre avec cet ouvrage une boîte à outils pour s’opposer activement au projet qui vise à mettre à terre le service public français et à démolir notre modèle social.

 

-En savoir plus

Lorsque les droits des chômeurs sont attaqués, vous ne vous mobilisez pas, vous qui n'êtes pas chômeur. Lorsque les conditions de travail du personnel des hôpitaux sont attaquées, vous ne vous mobilisez pas, vous qui n'êtes ni infirmière ni médecin hospitalier. Lorsque l'Education nationale est attaquée, vous ne vous mobilisez pas, vous qui n'êtes ni enseignant ni étudiant. Lorsque s'accumulent les sans-abris, et les personnes précaires, vous ne vous mobilisez pas, vous qui avez un toit sur la tête.


Et, donc, lorsque l'offensive contre nos droits devient totale, ce chacun-pour-soi général conduit à l'échec - encore - de tout mouvement social et politique pour les défendre. Réveillez-vous. Cette fois, c'est différent. Non, l'"Antisocial" ne va pas s'arrêter. Non, si vous ne faites pas partie des 10 % les plus riches, vous ne lui échapperez pas. Bataille des idées, bataille sociale, bataille politique : il faut organiser tous ensemble la défense et la contre-attaque. Avant qu'il ne soit trop tard.

 

 

-Point de vue :

Sources : LE MONDE Diplomatique Adrien Piquera

Un projet identifié ici comme reposant sur un mépris de classe qui engendre divisions et inégalités. L’auteur déconstruit les croyances néolibérales et leurs justifications par grands secteurs, ce dont témoignent les intitulés des chapitres : « Anti-santé », « Anti-code du travail », « Anti-éducation », « Anti-taxes », etc. La dynamique de résistance est éclairée par deux chapitres historiques rappelant comment des combats jugés perdus d’avance se sont conclus par des coups de théâtre, comment des victoires ont été rendues possibles par des luttes politiques et syndicales — dont la grève générale partant de la base. Guénolé appelle à se souvenir de ces conquêtes pour préparer celles des temps qui viennent.

 

- Par : Thomas Guénolé

Éditions : Les Editions Plon

Date de parution : 1er mars 2018

Pages : 273

Disponibilité : chez l'éditeur Les Editions Plon

Format : 132 x 202 mm

Prix papier TTC : 17,9 €

Partager cet article
Repost0
23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 13:05
Méthode Alinsky ou comment politiser les colères du quotidien ?

Pour la France insoumise, c'est : " L’auto-organisation au service de la révolution citoyenne[1] "

 

En France comme aux États-Unis, les classes populaires boudent les urnes et semblent exclues du jeu politique. Pour y remédier, des militants misent sur la méthode imaginée par l’intellectuel américain Saul Alinsky, qui promet de rompre avec la résignation grâce à l’« organisation communautaire ».

 

Sources : LE MONDE Diplomatique par  Clément Petitjean[2]

- En cette soirée de novembre 2017, une centaine de personnes sont réunies dans une salle de l’Est parisien à l’invitation du pôle auto-organisation de La France insoumise.

L’atelier du jour est consacré à la méthode Alinsky, du nom du théoricien de l’« organisation communautaire » (community organizing). Cette forme de militantisme de quartier est apparue aux États-Unis il y a près de quatre-vingts ans, mais demeure largement méconnue en France. Les deux intervenants, M. William Martinet et Mme Leïla Chaibi, louent une « méthode d’auto-organisation citoyenne » qui part « des préoccupations immédiates et concrètes » des habitants afin de leur « redonner du pouvoir ». « J’ai été bluffée par la capacité du community organizing à aller chercher les gens », explique Mme Chaibi ; la méthode Alinsky, « ça marche ».

 

En France, l’intérêt pour Saul Alinsky (1909-1972) n’a cessé de croître ces dernières années. Ses principaux écrits ont été traduits ou retraduits[3] ; des colloques, des ouvrages universitaires ou des numéros de revue lui ont été consacrés. Et des collectifs qui s’en réclament ont vu le jour, telles l’Alliance citoyenne de Grenoble et celle d’Aubervilliers, les associations Zonzon 93 de Villepinte ou Stop le contrôle au faciès, qui combat les pratiques discriminatoires de la police. La République en marche commence également à s’y intéresser : en novembre dernier, elle a invité l’universitaire américain Lex Paulson à vanter les vertus de l’organisation communautaire auprès de ses militants[4].

 

Mais La France insoumise a été le premier mouvement politique à revendiquer explicitement l’héritage d’Alinsky. En août 2017, plusieurs ateliers de ses « amphis d’été » ont exploré cette technique supposée permettre « la reconquête des quartiers populaires[5]  ». Le pôle « auto-organisation » — terme choisi par La France insoumise pour traduire community organizing — a alors été créé. En plus de mettre sur pied des ateliers publics, il a récemment édité une note présentant les « principes pour développer l’auto-organisation populaire » : « frapper aux portes », « tisser les colères », « cibler les puissants » et « agir nous-mêmes ».

 

Théorisée et mise en pratique par Alinsky, l’organisation communautaire se présente comme une méthode très codifiée pour mobiliser les classes populaires. Un petit groupe de permanents salariés — les community organizers organisateurs communautaires ») — doit d’abord s’immerger dans un territoire. Puis, grâce au porte-à-porte ou à des entretiens individuels, ces professionnels recueillent les doléances des habitants afin de faire jaillir leurs revendications concrètes. Une fois ce travail accompli, ils élaborent une stratégie d’intervention, planifient des réunions préparatoires, imaginent des actions collectives et inventives, des techniques originales de lobbying, tout en relançant les membres bénévoles pour s’assurer de leur participation. Les campagnes doivent être gagnables — inutile de vouloir mettre à bas le racisme ou le capitalisme — et découler des préoccupations immédiates des habitants : les expulsions locatives, la fermeture d’un lycée, l’accès à la santé…

 

Cette méthode permettrait, selon Alinsky, de faire émerger des « organisations d’organisations » qui se rassemblent autour d’un programme élaboré en commun. Cet « ensemble de principes, de buts et de pratiques sur lesquels le peuple s’est mis d’accord[6]  » ne doit pas être trop détaillé : « Après tout, le véritable programme démocratique, c’est un peuple qui s’intéresse à la démocratie », écrit Alinsky. Dans cette perspective, la participation citoyenne n’apparaît pas comme un moyen pour la mise en œuvre de mesures politiques (de redistribution, par exemple), mais comme sa propre fin.

 

 

- Autonomie et indépendance

La méthode Alinsky naît formellement en juillet 1939 à Chicago, avec la création du conseil de quartier de Back of the Yards (Back of the Yards Neighborhood Council, BYNC), un territoire ouvrier du sud de la ville où vivent une majorité d’immigrés. Ancien travailleur social, Saul Alinsky s’associe à un dirigeant communiste du syndicat des travailleurs des abattoirs et à un évêque catholique progressiste pour le mettre en place. Il regroupe les représentants de diverses organisations du quartier (Églises, associations d’entraide, groupes de riverains, syndicats…) autour d’un double objectif : lutter contre les problèmes sociaux des habitants, divisés en fonction de leurs origines nationales, en les fédérant autour d’intérêts communs, et faire ainsi émerger un contre-pouvoir populaire et des porte-parole légitimes, capables de faire pression sur les élus pour défendre ces intérêts. La presse locale, puis nationale, encense le BYNC, s’émerveillant devant un « miracle démocratique » qui pourrait « sauver le mode de vie américain »[7], menacé à la fois par les fascismes européens et par le communisme soviétique.

 

Fort de ce succès inattendu, et afin de pérenniser le type d’intervention qu’il a expérimenté à Chicago, Alinsky crée en 1940 la Fondation des espaces industriels (Industrial Areas Foundation). Il s’appuie pour cela sur certaines fractions des classes dominantes : la philanthropie et les milieux d’affaires réformateurs, les professions libérales et la puissante Église catholique. Proche du philosophe catholique français Jacques Maritain (1882-1973), Alinsky bénéficie des généreuses subventions de l’archidiocèse de Chicago. Ces relations privilégiées avec l’Église lui permettent d’échapper à la répression maccarthyste après la seconde guerre mondiale et de poursuivre son entreprise de « participation citoyenne ». Il peut ainsi voyager à travers le pays, multiplier les conférences, créer plusieurs structures comparables au BYNC et former des dizaines de personnes à l’organisation communautaire.

 

Mais sa proximité avec la hiérarchie catholique dépasse les seuls liens institutionnels. Sa méthode — s’immerger dans un quartier, recueillir des doléances, et mettre en œuvre une action collective à visée réformiste — évoque la pédagogie du « voir, juger, agir », au fondement de la doctrine sociale de l’Église. De plus, la notion de « communauté », au cœur de ses interventions, n’est pas sans rappeler les paroisses qui structurent historiquement la vie locale aux États-Unis.

 

L’organisation communautaire connaît une forte expansion dans les années 1970. Les militants étudiants, noirs ou pacifistes, les hippies et les féministes des sixties n’ont pas fait advenir la révolution sociale, politique et culturelle tant attendue. Les mobilisations nationales pour de grandes causes laissent place à ce que l’historien Michael Stewart Foley appelle les « front porch politics[8]  » politiques de proximité »), des luttes concernant des problèmes purement locaux, volontairement dissociées de questions stratégiques plus larges : les expulsions de locataires à New York, l’accaparement des terres par l’industrie agroalimentaire dans le Midwest, les déchets toxiques en Californie… De nouveaux groupes voient le jour, dans lesquels on retrouve d’anciens militants qui ont troqué leur fougue révolutionnaire contre une vision plus réformiste et moins radicale du changement social. Souvent formés en sociologie, en histoire ou en science politique à l’université, ces militants érigent l’organisateur en expert de la mobilisation des pauvres, tout en s’écartant parfois des préceptes d’Alinsky. Mais ce métier manque encore de reconnaissance sociale.

 

Au même moment, le tournant néolibéral amorcé par M. James Carter en 1977, puis durci par Ronald Reagan quatre ans plus tard, confère une place croissante à la « société civile » et aux associations. Au nom de l’autonomie et de l’indépendance des « communautés » — un thème cher aux milieux libéraux comme aux mouvements de libération noirs —, les pouvoirs publics se désengagent de certains services destinés aux pauvres et les délèguent à des « organisations communautaires » locales, qui fournissent divers services sociaux[9]. Loin de s’opposer au démantèlement de l’État social américain, déjà bien maigre, la méthode Alinsky s’y adapte parfaitement.

 

Ce n’est donc pas un hasard si les organisateurs acquièrent leur légitimité institutionnelle à partir des années 1980, en même temps que leur nombre se multiplie. L’élection de M. Barack Obama en novembre 2008 achèvera d’imposer cette stratégie d’intervention comme une pratique politique de référence. Lui-même ancien professionnel de la mobilisation à Chicago dans les années 1980, M. Obama utilise ces techniques bien rodées pendant sa campagne. Alors que, cinquante ans plus tôt, « se présenter comme organisateur communautaire revenait à dire qu’on était un touriste d’Alpha du Centaure[10]  », cette figure est désormais reconnue nationalement.

 

La période néolibérale révèle à la fois les forces et les failles de ce modèle. Au cours des trente dernières années, l’organisation communautaire s’est affirmée comme l’un des rares canaux de représentation populaire dans le champ politique américain, dans un contexte où les syndicats sont moribonds et où le Parti démocrate et le Parti républicain s’apparentent toujours davantage à de simples machines électorales. On lui doit, au niveau local, un certain nombre de victoires récentes. À Chicago, des groupes qui s’en réclament — tout en se montrant critiques de l’héritage alinskien — ont par exemple obtenu la réouverture par l’université, après plus de vingt-cinq ans d’interruption, d’un centre de soins pour blessures graves (trauma center) dans le sud de la ville, ou encore empêché la fermeture du lycée Walter H. Dyett, le dernier lycée public du quartier noir historique de Bronzeville. Par ailleurs, plusieurs figures de la nouvelle génération militante ont fait leurs premières armes en tant qu’organisateurs communautaires. C’est le cas de Mme Patrisse Cullors, l’une des trois fondatrices du mouvement Black Lives Matter (Les vies des Noirs comptent), ou de M. Carlos Ramirez-Rosa, jeune conseiller municipal à Chicago et membre du parti Socialistes démocrates d’Amérique (Democratic Socialists of America), proches de M. Bernie Sanders.

 

 

- Refus des idéologies

Toutefois, face au glissement à droite de l’échiquier politique américain, l’organisation communautaire a témoigné d’un opportunisme politico-stratégique en définitive assez inoffensif. Alinsky a toujours explicitement refusé toute idéologie, vantant les mérites d’une realpolitik pragmatique : peu importe qui gouverne, tant qu’il est possible de négocier et d’obtenir des victoires, aussi maigres soient-elles. Dans ses écrits, le théoricien se montre obsédé par la question du pouvoir, qu’il n’envisage jamais en termes de prise de l’appareil d’État, mais de constitution de contre-pouvoirs populaires. La tâche politique principale de l’organisateur se limite ainsi à mobiliser le « peuple » pour réformer la démocratie américaine. « Le feu, l’énergie, la vie de la démocratie réside dans la pression populaire, affirme-t-il. La démocratie elle-même est un gouvernement répondant constamment aux pressions continues de son peuple[11].  »

 

Le « peuple » d’Alinsky n’a toutefois d’existence qu’au travers de ses représentants. Selon le théoricien, l’organisateur doit s’appuyer sur les logiques de notabilités locales afin d’identifier les « leaders naturels » d’un quartier, car eux seuls seraient capables de faire bouger les foules. « La seule manière d’atteindre le peuple est de passer par ses représentants ou ses leaders, écrit-il. (…) Connaître l’identité de ces leaders naturels, c’est comme connaître le numéro de téléphone du peuple. Parler avec ces leaders naturels, c’est comme parler avec le peuple. » L’auto-organisation est donc bien encadrée.

 

Notes :

[1] L’auto-organisation au service de la révolution citoyenne

[2] Doctorant en civilisation américaine à Sorbonne Université.

[3] Saul Alinsky, Être radical. Manuel pragmatique pour radicaux réalistes, Aden, Bruxelles, 2012, et Radicaux, réveillez-vous !, Le Passager clandestin, Lyon, 2017.

[4] Julien Martin, « Le peuple de Macron », L’Obs, Paris, 16 novembre 2017.

[5] Quentin Laurent, « Méthode Alinsky : comment les “insoumis” veulent reconquérir les quartiers », Le Parisien, 26 août 2017.

[6] Saul Alinsky, Reveille for Radicals, Vintage, New York, 1989 (1re éd. : 1946)

[7] Chicago Daily News, juillet 1940 ; New York Herald Tribune, 21 août 1940. Cité par Sanford D. Horwitt, Let Them Call Me Rebel, Saul Alinsky, His Life and Legacy, Vintage, 1992 (1re éd. : 1989).

[8] Michael Stewart Foley, Front Porch Politics : The Forgotten Heyday of American Activism in the 1970s and 1980s, Hill and Wang, New York, 2013.

[9] Olivier Zunz, La Philanthropie en Amérique. Argent privé, affaires d’État, Fayard, Paris, 2012.

[10] Nicholas von Hoffman, Radical : A Portrait of Saul Alinsky, Nation Books, New York, 2010.

[11] Saul Alinsky, Reveille for Radicals, op. cit.

Partager cet article
Repost0
16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 13:04
Mathilde Larrère : «  Avec Marx, il faut réfléchir à renverser l’ordre établi des dominations  »
Mathilde Larrère : «  Avec Marx, il faut réfléchir à renverser l’ordre établi des dominations  »

Mathilde Larrère[1] maître de conférences en histoire contemporaine, spécialiste de la citoyenneté au XIXe siècle, chroniqueuse pour le site Arrêt sur images, l’historienne a dirigé un collectif qui a publié " Révolutions. Quand les peuples font l’histoire " (Editions Belin).

 

Sources : L'Humanité par  Pierre Chaillan

- Pierre Chaillan : Comment est né le projet de lier, dans un ouvrage, une rétrospective historique des révolutions et de leurs formes contemporaines  ?

Mathilde Larrère :  En 2011, quand l’Égypte se soulevait après la Tunisie, les commentateurs ont évoqué «  une contagion révolutionnaire  »… Cela m’a fait réagir en tant que dix-neuviémiste car j’ai étudié les phénomènes de diffusion révolutionnaire et l’usage dépréciatif du terme «  contagion  ». D’ailleurs, un certain nombre d’articles faisaient le lien entre la révolution tunisienne et celles du XIXe siècle. Or, il n’existait pas de livre mettant en relation toutes les révolutions. D’où l’envie de remédier à ce manque avec une équipe d’historiennes et d’historiens.

 

 

- Pierre Chaillan : La description de plus de deux siècles de révolutions permet-elle de mieux comprendre quand et pourquoi les peuples font l’histoire  ?

Mathilde Larrère : Cela fait apparaître des phénomènes qui se reproduisent d’une révolution à l’autre, et permet de mieux cerner ce qu’est la révolution. En les étudiant toutes ensemble, nous avons pu saisir la spécificité de chacune et ce qui les lie entre elles. Chaque révolution possède une dimension nationale, liée à son contexte immédiat, tout en s’insérant dans une histoire beaucoup plus longue. Il ne s’agit pas de faire l’histoire à sauts de mouton de révolutions éparses sur trois siècles, mais une histoire de révolutions connectées entre elles. Chaque révolution cite d’ailleurs les précédentes pour s’en réclamer, mais aussi pour en revendiquer le dépassement, marquer sa différence. Tout révolutionnaire a dans sa «  valise  » les souvenirs, les gestes, les savoir-faire des anciennes. Une valise de plus en plus chargée au fur et à mesure de l’histoire, ce qui lui permet de faire des tris.

 

 

- Pierre Chaillan : Avez-vous une définition de la révolution  ?

Mathilde Larrère : C’est le moment où l’on renverse un ordre en place pour le remplacer par un autre. Contrairement à l’imaginaire antirévolutionnaire, la révolution ne met pas le désordre mais change l’ordre pour un nouveau. Il n’y a pas simplement le désir d’améliorer un aspect, mais de changer les règles du jeu. La révolution est le produit de la mobilisation de différentes classes sociales, c’est pourquoi on parle de «  peuple  ». Même la révolution russe, qui, par sa nature marxiste, met en avant sa dimension prolétarienne, possède une dimension interclassiste.

 

 

- Pierre Chaillan : Quels sont les invariants qui vous ont marquée  ?

Mathilde Larrère : Toute révolution commence par un moment de fusion des classes et d’union des projets politiques. Des groupes qui, jusqu’alors, n’étaient pas amenés à le faire s’allient dans le désir de renversement du pouvoir en place. Alliance de groupes sociaux, comme les classes populaires et les bourgeoisies, et de projets politiques, différents voire opposés, par exemple des laïques et des cléricaux. Hannah Arendt établit deux moments distincts dans une révolution : «  la libération  », puis «  la liberté  ». La libération est le temps du renversement durant lequel l’alliance se fait, puis il s’agit de mettre en place le nouvel ordre, la liberté. Et là, un groupe social, un des projets politiques l’emporte sur les autres, l’alliance explose, et ceux qui sont mis à l’écart ont la sensation (justifiée) de s’être fait voler leur révolution. Ces deux temps, on les retrouve dans toutes les révolutions. Ce sont des invariants plus nets que la violence à laquelle pourtant l’imagerie contre-révolutionnaire associe la révolution. En réalité, la violence est une réaction à celle du pouvoir qui refuse de se laisser renverser. Autre constante  : les révolutions renversent toujours des pouvoirs fragilisés. Cela ne signifie pas que tout pouvoir fragilisé tombe par une révolution, mais que les révolutions renversent des pouvoirs déjà désacralisés, délégitimés, en situation de crise financière, politique, sociale, etc.

 

 

- Pierre Chaillan : Pensez-vous, comme Jaurès, que la spécificité française a été de marier valeurs de la révolution et d’une République sociale  ?

Mathilde Larrère : La Révolution française n’est pas d’un seul bloc. Il y a un moment libéral, mais aussi une expérience démocratique et sociale entre 1793 et 1794, celle dont Jaurès se revendique. Ce faisant, il peut réconcilier le socialisme et la Révolution française. On retrouve cette République révolutionnaire et sociale en 1848, puis dans la Commune en 1871. Maurice Thorez reprend cette «  synthèse jaurésienne  » en 1936 (Front populaire) pour réconcilier le communisme avec la République.

 

 

- Pierre Chaillan : N’est-ce pas ce lien que veut occulter Emmanuel Macron pour promouvoir un modèle républicain social-libéral en retournant cette synthèse. Il s’est réclamé de la «  révolution  », hésite à commémorer Mai 68 et en vient même à citer Marx  ?

Mathilde Larrère : On a bien pu parler de «  révolution reaganienne  »  ! Il s’agit là, pour les libéraux, de récupérer le terme de leur adversaire pour le vider de son sens. Macron peut utiliser la révolution car il y a une dimension libérale de la révolution en France (1789, le Directoire, 1830) dans laquelle il peut s’inscrire. Tout au long de son histoire, le libéralisme a toujours été extrêmement habile pour récupérer ce qui pouvait le fragiliser, le menacer. C’est comme un gros Pac-Man qui bouffe ce qui le dérange  ! Au XIXe siècle, il avale le suffrage universel pour le récupérer et transforme les citoyens (en armes) en électeurs (disciplinés). Au lieu de donner du pouvoir au peuple, le suffrage universel au service du libéralisme le désarme symboliquement et concrètement. Ça donne la démocratie libérale. Rien n’empêche le libéralisme de récupérer la révolution. Personne n’est dupe de la manœuvre de Macron. Ni ses opposants ni ses partisans, tout le monde sait que c’est un plan de communication  !

 

 

- Pierre Chaillan : L’histoire est souvent convoquée par le discours politique. On connaît votre travail dans Arrêt sur images. Quel est votre regard en tant qu’historienne sur ces pratiques  ?

Mathilde Larrère : Il y a toujours eu une utilisation politique de l’histoire. Notamment pour créer des filiations. J’avais intitulé une chronique  : «  Dis-moi qui tu cites et je te dirai qui tu es  ». Selon la référence mobilisée, son auteur s’inscrit dans une culture politique. Là où les choses sont brouillées, c’est quand les politiques vont chercher les éléments d’une culture politique qui n’est pas la leur. Nicolas Sarkozy était très fort en la matière. De façon pitoyable, le Front national a essayé de récupérer Jaurès, Moulin, etc. Quand les usages politiques de l’histoire deviennent des mésusages du passé, quand ils trahissent des filiations, quand ils sont des appropriations ou pire des erreurs, la moindre des choses est de rectifier. J’explique alors pourquoi une personnalité politique utilise telle référence et ses objectifs, et si c’est une erreur, je la corrige.

 

 

- Pierre Chaillan : C’est assez singulier de votre part. Peu d’historiens le font  ?

Mathilde Larrère : Certains, un peu comme dans une tour d’ivoire, s’en moquent. D’autres pensent que l’on se fatigue, s’expose pour rien, qu’il n’y a que des coups à prendre. Il y a aussi le mythe d’une histoire neutre qui ne devrait pas se mêler de politique. C’est une façon d’enterrer la figure de l’intellectuel. Et puis, cela prend du temps qu’on ne consacre pas à sa recherche, à l’administration de sa recherche qui est de plus en plus chronophage dans la vie d’un universitaire. Cela pose aussi la question des conditions de production du travail intellectuel, aujourd’hui, à l’université.

 

 

- Pierre Chaillan : Est-ce une nouvelle forme d’engagement de l’intellectuel qui a recours aux nouveaux moyens d’information et aux réseaux sociaux  ?

Mathilde Larrère : Oui, c’est un engagement. Et c’est ce qui est aussi très difficile  : l’engagement est désormais utilisé pour délégitimer la parole scientifique. L’historien, le climatologue ou le géographe, qui est engagé de manière générale ou qui a une pratique engagée de sa science, est renvoyé à la figure du militant. On me rappelle, par exemple, très souvent mon implication au Front de gauche. Et alors  ? Cela ne m’empêche pas d’être une historienne  ! Parfois, certains peuvent même être surpris. Patrick Boucheron s’est ainsi rendu compte que son Histoire mondiale de la France, qui s’appuyait sur les progrès scientifiques historiques, était devenue un enjeu politique. Il ne s’y attendait pas, mais après avoir été rangé dans la case «  histoire engagée  », il a assumé. Il faut expliquer qu’il n’y a pas eu de génocide vendéen, que la population française est le produit de migrations depuis la préhistoire. Parce que c’est ce qui est historiquement établi et qu’il faut lutter contre les utilisations politiques des erreurs historiques.

 

 

- Pierre Chaillan : En 2018, nous fêtons le bicentenaire de la naissance de Karl Marx. Son analyse historique est-elle valide aujourd’hui  ?

Mathilde Larrère : Si on entend par «  son analyse historique  » la compréhension du monde qui l’entourait, elle est globalement valide. S’il s’agit de voir si on peut l’appliquer à notre contexte, c’est autre chose. Mais je pense qu’elle reste pour partie valide. Ce qui me marque chez les indignés et même à la France insoumise, c’est qu’en oubliant des aspects du marxisme et en revenant à une conception du «  peuple  » ou du «  99 % contre le 1 %  », on revient plus en arrière. On renoue avec des lectures de la Révolution française qui noyaient le mouvement ouvrier dans un mouvement populaire, citoyen, plus vaste et justement alors construit pour vider de sa substance le mouvement ouvrier en train de naître. La sans-culotterie était une fraternité de consommateurs, pas de producteurs. Les revendications ouvrières s’y noyaient. Bien sûr, on ne peut pas calquer le monde et la société actuelle sur le XIXe siècle, mais il faut garder à l’esprit un certain nombre de grilles de lecture marxiste qui permettent de comprendre ce qui se passe. De ce point de vue, je ne suis pas favorable à rompre avec une lecture en termes de classes. Lorsqu’on appelle à renverser l’oligarchie, on perd de vue le fait que le risque est que la partie supérieure du 99 % devienne le nouveau 1 %. Il faut donc beaucoup plus réfléchir sur toutes les formes de dominations afin de ne pas les reproduire et de remplacer une caste par une autre. Ce que finalement Marx dit de la Révolution française.


 

- Pierre Chaillan : Dans l’actualité, il y a le mouvement des femmes dont l’étincelle a été «  l’affaire Weinstein  ». Dans cette contestation d’un rapport de domination, y a-t-il le germe d’une alliance de classes  ?

Mathilde Larrère : Quand une étincelle prend, c’est que la plaine est sèche  ! Dans les révolutions, il y a des étincelles, ce jeune vendeur ambulant en Tunisie (2011) ou la fusillade boulevard des Capucines (1848). Mais tout le travail de l’historien est de comprendre pourquoi la plaine est sèche. Il y a des éléments révolutionnaires dans le phénomène #Metoo  : cette idée que la peur change de camp, la volonté de changer l’ordre (des sexes) et une fusion des classes. Ses limites sont que l’on ne réglera pas les problèmes seulement en stoppant les pratiques de harcèlement sexuel. Si cela se produit, c’est parce qu’il y a des inégalités sociales entre les hommes et les femmes. C’est finalement une des manifestations de la domination politique, économique des hommes sur les femmes. Ce à quoi il faut s’attaquer, ce sont ces inégalités. Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’il y a aussi des inégalités entre les femmes, sociales mais aussi «  raciales  ». Dans ces moments de fusion libérateurs, il ne faut pas perdre de vue que les plus faibles pourraient pâtir du renversement s’il ne se fait qu’en faveur des dominants au sein de l’alliance. Il faut toujours travailler à renverser l’ordre établi des dominations, mais il faut aussi œuvrer contre les dominations à l’intérieur du groupe qui s’unit contre ceux qui les dominent tous.

 

Note :

[1] Maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, laboratoire Analyse comparée des pouvoirs, Mathilde Larrère est spécialiste des mouvements révolutionnaires en France au XIXe siècle. Engagée sur les usages de l’histoire, elle est chroniqueuse sur arretsurimages.net et anime avec Laurence De Cock les Détricoteuses sur Mediapart, émission consacrée à "détricoter" l’actualité. Elle vient de publier avec Aude Lorriaux Des Intrus en politique. Femmes et minorités : dominations et résistances, aux éditions du Détour.

Partager cet article
Repost0
3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 15:48
Qu'est-ce que le « capitalisme populaire » prôné par Emmanuel Macron ?

Sources : notamment Libération, Midi Insoumis, Populaire et Citoyen le 03 aout 2018, modifié le 21/02/2021

Dans son discours du 9 juillet 2018 devant le Congrès[1], Emmanuel Macron a défendu un « capitalisme populaire » qui « passe par un investissement des salariés dans les entreprises avec un nouvel élan de la participation et de l'intéressement ». Cette notion de « capitalisme populaire » qui permettrait notamment au public d'acheter des parts d'une entreprise, y compris nationalisée, renvoie à l'ère Thatcher au Royaume-Uni et au programme du Rassemblement National (ex FN).

 

Ainsi, la Première ministre britannique voyait dans le capitalisme populaire|2] « une croisade destinée à permettre au plus grand nombre de participer de plein droit à la vie économique de la nation » en 1986. David Cameron avait repris l'idée en 2012[3], déclarant qu'un des « thèmes consistants des conservateurs a toujours été l'ambition de construire une nation d'actionnaires, d'épargnants et de propriétaires immobiliers ».

 

En France, la notion de « capitalisme populaire » faisait partie du programme de Marine Le Pen[4] lors de la campagne présidentielle de 2012. La candidate du Front national proposait ainsi « l'instauration d'une réserve légale de titres » pouvant atteindre 10% du capital dans les entreprises de plus de 50 salariés, qui leur donnerait « l'accès aux dividendes mais pas au vote[8] ».

 

 

- Macron passe aux actes...

Ainsi, Macron reprend la sémantique d’extrême-droite, défendu durant la première cohabitation[7] par le club de l’Horloge, ou de Michel de Poncins (fondateur d'un Parti capitaliste populaire, dont le manifeste Tous capitalistes rencontre un certain succès « dans les milieux frontistes et traditionalistes catholiques[8]. »), un rédacteur du programme FN (aujourd'hui Rassemblement National) dans les années 80.

 

Et c’est Macron qui dit faire barrage à l’extrême-droite ? !

 

 

- Première mise en œuvre concrète : la vente des logements sociaux !

" Pour un capitalisme populaire ", comment faire de la France un pays de propriétaires et d'investisseurs comme s'interrogeait  Xavier Rolet le 08/12/2014 dans Les Échos[6] ? Pourquoi ne pas commencer par le parc HLM ? Il vaut quelque 225 milliards d'euros, en se basant sur les loyers perçus sur 4,5 millions d'unités converties en emprunt à trente ans. Offrons aux locataires, à coût égal, un titre de propriété !

 

Ainsi, le texte de loi "évolution du logement, de l’aménagement et du numérique" (Elan), adopté le 12 juin 2018 en 1ére lecture (voir détail du scrutin) à l'Assemblée nationale et qui prévoit, véritable vente à la découpe du patrimoine commun[9][10], de multiplier par cinq les ventes de logements sociaux à leurs occupants ou à des tiers constitue une première mise en œuvre pratique de ce concept de « capitalisme populaire » en donnant l'illusion de s'attaquer à la concentration des richesses au mains de quelques uns.

 

 

- La " réforme de l'entreprise " second volet

L’édifice du macronisme medefiste pour reconfigurer l’entreprise capitaliste et ses modalités de domination s’appuient sur trois piliers législatifs ultralibéraux :

  • une refonte du code du travail, ce sont les ordonnances Macron de 2017 véritable coup d'état social ;
  • une nouvelle loi sur la protection du secret des affaires parue au JO du 30 juillet 2018 et ce malgré le dépôt, par les groupes France Insoumise, Gauche Démocrate et Républicaine, Nouvelle gauche d'un recours devant le Conseil constitutionnel[15] ;
  • une loi sur la structure et le fonctionnement des entreprises donnant encore plus d’importance à l’actionnariat, dite Loi PACTE.

 

Sur ce dernier point, s’inspirant des conclusions du Rapport Notat- Senard[11] sur la réforme de l’entreprise, Macron entend redéfinir le rôle de l’entreprise jusque dans le Code civil au travers d'une Loi PACTE[12].

 

Nicole Belloubet, ministre de la Justice, l'affirme  : «  On a bien déjà changé le Code du travail, alors pourquoi pas le Code civil… Il ne faut rien s’interdire.[14]  »

 

Pour les Économistes atterrés " le rapport Notat- Senard lui-même (121 pages) est dense, et formule 20 propositions. Toutes évidemment ne sont pas de la même importance. Nous nous concentrerons ici sur trois d’entre elles, à notre sens largement principales. Mais auparavant et pour en saisir le sens et la portée, un préalable est nécessaire. Il a trait à ce qu’on peut considérer comme la toile de fond sur laquelle le débat sur l’entreprise se mène aujourd’hui en France. "... et accouche d'une souris[13].

 

Pour lire cette note dans son intégralité, téléchargez le fichier en PDF.

A suivre donc de prés !

 

 

- Ce qu'il en dit : Jean-Marie Dormian[5]

Sources : RoueLibre

L’oxymore trompeur et désuet du « capitalisme populaire »

 

Dans son discours devant le Congrès, Emmanuel Macron a défendu le principe moderniste d’un « capitalisme populaire » qui « passe par un investissement des salariés dans les entreprises avec un nouvel élan de la participation et de l’intéressement ». L’association de la référence au « capitalisme » avec celle du « peuple » relève véritablement de la supercherie la plus complète et même du miroir aux alouettes ! Il s’agit d’une pure invention ultra-libérale qui surgit dans le périodes où il faut trouver un moyen de lier l’entreprise avec des salarié(e)s pour lesquels on prépare de mauvais coups. Posséder des actions n’accorde aucun privilège et aucune part au pouvoir dirigeant. En fait cette notion de « capitalisme populaire » qui permettrait donc au public d’acheter des parts d’une entreprise, y compris nationalisée, renvoie à l’ère Thatcher au Royaume-Uni dont on connaît les effets produits sur l’emploi. La Dame de Fer voyait en effet dans le capitalisme populaire « une croisade destinée à permettre au plus grand nombre de participer de plein droit à la vie économique de la nation » en…. 1986. Une conception qui n’a pas produit les effets escomptés dans bien des secteurs comme les mines, les transports, l’énergie. Elle a été reprise par son disciple David Cameron qui en 2012, déclarait qu’un des « thèmes consistants des conservateurs a toujours été l’ambition de construire une nation d’actionnaires, d’épargnants et de propriétaires immobiliers »....

 


...Il serait aussi utile de rappeler que de Gaulle n’avait pas eu l’audace d’associer « capitalisme » et « populaire » mais qu’il avait préféré lancer la notion de « participation » en juillet 1967 confirmé par un texte paru le 17 août. il avait forcé son gouvernement peu enclin à de telles initiatives De Gaulle à promulguer une ordonnance à laquelle il a personnellement veillé sur la mise en œuvre obligatoire de la « participation » dans les entreprises de 100 salariés et plus. C’est d’après des témoignages de l’époque le Général de Gaulle lui-même qui avait imposé contre toutes les oppositions ces dispositions dans le train de mesures économiques et sociales prises par ordonnances en plein été, et qui les a défendues pour éviter qu’elles soient vidées de leur substance. Il aurait même rédigé de sa main une note comminatoire pour le Gouvernement dont le témoin de l’époque qui faisait le lien entre l’Élysée et le Gouvernement sur ce sujet indique qu’elle portait en haut de la page la mention « Voici ce qu’il faut faire » !- allant plus loin que le projet que ce dernier, sur lequel de nombreuses personnalités politiques de l’époque ont travaillé. Nous voici donc revenus plus d’un demi-siècle en marche arrière. Il semble que le Président de la République n’ait pas lu jusqu’au bout les principes édictés par de Gaulle car ils étaient bien plus révolutionnaires et modernes que ceux qui ont été vaguement évoqués à Versailles !


« Il faut encore que dans la grande évolution très considérable et inévitable, toutes nos activités, le travail et les travailleurs trouvent leur sécurité en dépit des changements d’emploi ou d’emplacement qui sont nécessaires. Ce à quoi l’aide publique est maintenant employée sous toute sorte de formes, soit à l’échelle de la nation, soit à l’échelle des régions et il faut enfin que dans les entreprises, la participation directe du personnel au résultat, au capital et aux responsabilités deviennent une des données de base de l’économie française. Très vaste transformation sociale dans laquelle l’intéressement  qui est maintenant prescrit par la loi constitue une importante étape. Comme le bonheur, le progrès ça n’existe que par comparaison. » Des propos qui ouvraient bien d’autres avancées sociales que celles du « capitalisme populaire » principe étriqué issu de l’imagination de ces penseurs qui considèrent que l’argent virtuel reste le meilleur moyen de détourner les consciences citoyennes. De Gaulle ne ut jamais mettre en œuvre sa réforme sociale puisque mai 68 vint donner d’autres droits aux salarié(e)s qui depuis n’ont cessé d’être rabotés par des gouvernements dévoués au « capitalisme impopulaire ».


Chaque mesure, chaque réforme, chaque décision est en lien direct avec le « pognon » susceptible, dans une société de surconsommation, de régler tous les problèmes. Pour la pauvreté il est ainsi envisagé de réduire… les frais bancaires. Pour la sécurité routière on invente le 80km/h qui procurera… des subsides pour les hôpitaux. Pour les collectivités locales il invente le malus… contraint qui doit rapporter du bonus à l’État sans améliorer d’un iota sa situation réelle ! Partout on ne parle que de milliards à économiser… au titre de la participation au redressement des finances publiques.

 

Bref le « capitalisme populaire » n’est qu’un oxymore de plus à mettre au rang des bizarreries politiciennes.

 

Notes :

[1] Emmanuel Macron devant le Congrès de Versailles - Son discours en intégralité

[2] https://www.margaretthatcher.org/document/106498

[3] David Cameron pledges era of 'popular capitalism'

[4] Marine Le Pen dévoile son "capitalisme populaire"

[5] Jean-Marie Darmian

[6] Xavier Rolet  : Pour un capitalisme populaire

[7] La première cohabitation en France a lieu de mars 1986 à mai 1988 : alors que François Mitterrand est président de la République depuis 1981, les élections législatives de mars 1986 portent à l'Assemblée nationale une majorité de droite.

[8] CHAPITRE 10. " UN PROGRAMME « RÉVOLUTIONNAIRE » ? " par Pierre-André Taguieff source : Nonna Mayer et Pascal Perrineau " Le Front national à découvert "

[9] Loi Logement : les députés décident de faciliter la vente des HLM

[10] la France insoumise et la loi ELAN

[11] L'entreprise, objet d'intérêt collectif : rapport NOTAT Nicole, SENARD Jean-Dominique, BARFETY Jean-Baptiste

[12] Projet de Loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises)

[13] Changer l'entreprise ? Quand la montagne accouche d'une souris

[14] Réforme. Redéfinir le rôle de l’entreprise jusque dans le Code civil

[15] Loi secret des affaires : LFI, GDR et NG déposent un recours devant le Conseil constitutionnel

 

 

- Emmanuel Todd : " Macron est un enfant du Front National "

« On a eu pendant une longue période une sorte de comédie gauche-droite, où Sarkozy faisait semblant d’être raciste, Hollande faisait semblant d’être hostile aux banques, puis finalement tout le monde faisait la même chose. »

 

Emmanuel Todd était l'un des invités de notre dernier débat : « La finance a-t-elle pris le pouvoir ? », dans Vraiment Politique, l'émission d'Aude Lancelin.

 

Partager cet article
Repost0
30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 12:49
Le PCF vers un tête à tête avec l'austéritaire Syriza de Stripras au sein du PGE ?
Le PCF vers un tête à tête avec l'austéritaire Syriza de Stripras au sein du PGE ?
Le PCF vers un tête à tête avec l'austéritaire Syriza de Stripras au sein du PGE ?
Le PCF vers un tête à tête avec l'austéritaire Syriza de Stripras au sein du PGE ?
Le PCF vers un tête à tête avec l'austéritaire Syriza de Stripras au sein du PGE ?
Le PCF vers un tête à tête avec l'austéritaire Syriza de Stripras au sein du PGE ?

PGE : la clarification politique se fait par le vide.

 

Le Parti de la Gauche Européenne PGE[1] (ou European Left) est un parti politique européen. Créé en 2003, il regroupe une trentaine de partis communistes, « rouge-vert », socialistes ou démocratiques de gauche, de 17 États membres de l’Union européenne et 4 pays hors de celle-ci. À l'issue du congrès de Berlin (16-18 décembre 2016) après Pierre Laurent du PCF, Gregor Gysi[2] est élu nouveau président.

L'alliance au sein du PGE de forces aussi différentes que le PCF et Syriza porteur d'un  social-libéralisme recyclé à la sauce Grecque.... sème la division.

La clarification se fait par le vide.

 

Sources : Initiative communiste et autres

- Février 2016 : le Parti communiste allemand (DKP) se retire du PGE

Les délégués du DKP ont eu de longs et difficiles débats . En 2005 le DKP sur décision de son ancien exécutif national a pris le statut d’observateur du PGE. Depuis des années, on se dispute à ce sujet chez les camarades [du DKP]

 

Les délégués avaient saisi l’exécutif du parti d’une motion : “ Le 21ème Congrès décide de mettre fin au statut d’observateur du DKP au sein du Parti de la gauche européenne ”. Dans les motifs à l’appui de cette proposition on peut lire, le PGE reconnaît les structures de l’Union européenne. Ce qui est en contradiction avec la demande des communistes de surmonter l’Union d’états (voir interview avec Patrik Köbele). Dans le passé, le PGE s’est reconnu la soi-disant “responsabilité”  de légitimer les interventions militaires dans les pays où les violations des droits de l’homme sont commises.

 

La motion a été débattue. Le PGE est " l’organisation clé des réformistes ”, a déclaré un camarade. Un délégué de Stuttgart a été très direct. En matière de lutte contre le fascisme et le mouvement de la paix, il est bien sûr naturel de coopérer avec les partis  de gauche et sociaux-démocrate. “ Mais ce n’est pas une raison pour adhérer à la même organisation. L’unité d’action et de l’adhésion sont deux choses complètement différentes. “

 

En effet, il a longtemps été discuté de la nature du PGE. Ceux qui plaident pour le maintien dans le PGE ont allégué qu’elle avait plutôt un caractère d’alliance. Mettre fin à l’état d’observateur, signifierait selon donc selon eux s’isoler. Au sein de l’exécutif du parti Uwe Fritsch, qui fait partie de l’opposition interne au sein du parti, s’est prononcé pour le statu quo.

 

L’UE est un «phénomène de l’impérialisme», a déclaré Hans-Peter Brenner, également membre de l’exécutif du parti. Selon lui, actuellement, l’Union Européenne est en train de s’armer, de construire sa propre puissance militaire. “Nous devons mettre fin aux illusions, on ne peut croire à une possibilité de réformer l’UE”, a déclaré Brenner. Le PGE tient pourtant précisément cette position.

 

C’est bien plus des deux tiers des délégués qui ont suivi dans la plupart des motions Patrik Köbele et la majorité de la direction nationale. Au sein du DKP, la direction nationale représente l’aile gauche, marxiste-léniniste du DKP. 99 camarades [délégués] ont, le 29 février 2016, voté pour la fin du statut d’observateur, 52 contre. Il y a eu six abstentions.

 

 

-Juin 2018 : le Parti de Gauche français (PG) quitte le PGE

Le PG, apparu fin 2008, avait rejoint formellement le PGE en décembre 2010 à son troisième congrès, date à laquelle le communiste Pierre Laurent en avait pris la présidence.

 

À l’issue du congrès suivant, fin 2013, le PG avait temporairement suspendu sa participation au PGE pour protester contre la reconduction à la tête de ce parti européen de Pierre Laurent, alors que ce dernier faisait campagne « derrière le PS » aux municipales à Paris[3]. Avant de le réintégrer pour la campagne européenne de 2014 dont le candidat du PGE à la présidence de la Commission européenne était… Alexis Tsipras.

 

La déclaration adopté lors du congrès du 29 juin au 1er juillet, à Villejuif rappelle[4] notamment que « le PG a interpellé l’exécutif du PGE sur le maintien de Syriza au sein du PGE[5] ».

 

La réponse était venue par Anne Sabourin, responsable des questions européennes au PCF et membre du secrétariat PGE, a jugé la demande d’exclusion « ridicule sur la forme et sur le fond ». « On est à un moment où face au macronisme européen et à la montée des extrêmes droites, il faut unir des forces de gauche radicale qui sont différentes, ont des politiques nationales et des cultures différentes  »[6].

 

Le PG a donc pris acte du refus de sa demande et acté sa sortie du PGE, considérant que « la période appelle plus que jamais à la clarification face à la politique austéritaire de l’UE » et que « toute application de cette politique par un parti membre du PGE déconsidère toute prise de position anti austéritaire des autres partis membres » tout en permettant « à l’extrême droite d’apparaître comme la seule issue au "système" ».

 

Autrement dit : Le Parti de Gauche ne peux plus appartenir au même parti européen qu’Alexis Tsipras, devenu le représentant de la ligne austéritaire en Grèce[7].

 

 

-Juin 2018 : le Parti Communiste Belge (PCB) décide de quitter le PGE

Réuni en congrès ce 30 juin 2018 juin le PCB a décidé à une majorité de 83% des voix adoptée à bulletin secret, de se retirer du Parti de la Gauche Européenne PGE[8].

 

Sur le plan politique, plusieurs motifs ont conduit à cette décision de sortie du PGE, parmi lesquels :

  • L’hostilité statutaire du PGE vis-à-vis du socialisme réel alors que l’écroulement de ce dernier constitue la base de la mondialisation capitaliste et la destruction d’un rapport de force qui était favorable aux travailleurs du monde entier ;
  • Le caractère unanime des décisions du PGE qui fige et stérilise le débat en le transformant en un club de discussion élitiste et technocratique ;
  • Le fait qu’en 2011, à l’occasion du 90e anniversaire de notre parti, « l’intervention du PGE » s’est limitée à la tenue d’un colloque à Bruxelles où la direction de notre parti n’a pas été officiellement invitée et où son histoire n’a même pas été évoquée ;
  • L’attitude inadmissible des dirigeants du PGE face à l’OTAN qui nous met en porte à faux avec notre exigence de sortie de l’OTAN en préalable à sa dissolution.
  • Il en va de même de l’attitude de Syriza et de son dirigeant Tsipras dans la crise grecque, attitude qui a contribué à discréditer la gauche radicale exception faite des partis communistes non membres du PGE ;
  • L’absence de liens privilégiés entre partis membres sur des questions communes, pourtant le fondement même du PGE. Entre autres, la fermeture de Caterpillar, où notre parti a été ignoré et d’autres partis privilégiés alors que nous avons été les premiers à défendre la réquisition des outils !

 

Nous considérons que Le PGE est à la politique ce que la CES est au syndicalisme, c’est-à-dire des organisations créées et soumises à l’Union Européenne laquelle depuis sa fondation reste une organisation capitalistique qu’il est impossible de réformer de l’intérieur. « L’Europe sociale » qui serait le résultat de réformes progressistes est une illusion pour les travailleurs.


La récente visite du représentant de Die Linke (dont Gregor Gysi, président du PGE, est membre), Dietmar Bartsch, dans l’une des colonies israéliennes près de la bande de Gaza où il a planté des arbres dans le cadre de la coopération avec l’organisation sioniste « Keren Kayemet » (fonds national juif), connu pour sa grande responsabilité dans la politique de nettoyage ethnique contre les palestiniens, conforte notre décision....

 

 

-Et le Parti Communiste Français (PCF) ?

À la veille du 38e congrès du PCF, on peut se demander si le PCF ne sera pas bientôt bien seul au sein du PGE. En effet,  la question de la sortie du PGE n’est au programme ni du texte retenu par la direction du PCF-PGE (Pierre Laurent est coprésident du PGE), ni de la plupart des bases alternatives (y compris celle conduite par A. Chassaigne) à l’exception d’une seule.

 

A moins d'un sursaut et la décision de quitter le PGE, le PCF se dirige au sein du PGE, et au grand dam de nombre de marxistes, vers un tête à tête avec l'austéritaire Syriza de Stripras qui a choisi un virage répressif pour faire taire l'opposition sociale[9].

Note :

[1] Parti de la gauche européenne

[2] Gregor Gysi

[3] Le Parti de Gauche suspend sa participation au PGE

[4] Insoumission, République et Écosocialisme (Texte de Congrès 2018)

[5] Le Parti de Gauche s’adresse au PGE

[6] Le PG demande l'exclusion de Syriza du Parti de la gauche européenne

[7] Syriza et Tsipras, après avoir  trahi les grecs à l'issue du référendum , s'être couché devant la troïka, se traduit par une austérité renforcée, le bradage du pays au plus offrant et un enfoncement du peuple dans la misère -  le gouvernement Syriza a en effet accepté d'appliquer un plan d'austérité supplémentaire en plus du reste, Tsipras et son équipe ont décidé de réduire le droit de grève

[8] Pourquoi le PCB a quitté le Parti de la Gauche Européenne (PGE)

[9] GRÈCE : LE VIRAGE RÉPRESSIF DU GOUVERNEMENT SYRIZA. PAR STATHIS KOUVÉLAKIS ET COSTAS LAPAVITSAS

 

Pour en savoir plus :

- Benoit Hamon n'a t-il que le social-libéralisme recyclé à la sauce Grecque à nous proposer ?

- Jean-Luc Mélenchon Fête de l'Huma 2018 : Le message essentiel des dirigeants communistes aura été de taper sur « La France insoumise » tout en lançant des appels à « l’union des gauches ».

- Marie-George Buffet : "On ne va pas arriver aux élections européennes avec cinq listes de gauche"

- Les votes au moment des Congrès nationaux fixent l’image d’une organisation qui fut autrefois le plus grand parti de France. Cette fois, le Congrès s’annonce comme celui d’un parti éclaté et globalement rétracté.

Partager cet article
Repost0
24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 13:33
Emmanuel Macron et Alexandre Benalla ou la société du 10 décembre !
Emmanuel Macron et Alexandre Benalla ou la société du 10 décembre !

La configuration nous fait irrésistiblement penser à la conquête du pouvoir par Louis-Napoléon Bonaparte (dit Napoléon le petit) entre 1848 et 1852.

Comparaison n’est pas raison, certes, mais éclairer un événement présent à la lumière d’une expérience passée peut aider à en saisir le contenu et la dynamique.

 

Sources : le Blog de René Revol le 23 juillet 2018

Au moment où j’écris ces quelques lignes la crise politique ouverte ce mois de juillet 2018 par l’affaire Alexandre Benalla[1] est loin d’être finie et d’avoir développé toutes ses conséquences. Mais d’ores et déjà, on peut en tirer une appréciation du système de pouvoir mis en place par le nouveau président de la république depuis 2017. Ne revenons pas ici sur le caractère particulier de l’affaire, assez extraordinaire, où l’on voit un chargé de mission de la Présidence de la République se substituer aux autorités policières légitimes et remplir lui-même des tâches de maintien de l’ordre en le faisant avec une brutalité assez ahurissante et en arborant des insignes qu’il n’a pas le droit de porter. Ne revenons pas non plus sur la faute grave commise par la Présidence de la République qui, mis au courant de l’événement dès le lendemain du 1er mai, s’est contentée d’une sanction administrative légère (une suspension de 15 jours) et a camouflé l’affaire aux autorités judiciaires alors que l’article 40 du code de procédure pénale exige que la Présidence saisisse le procureur de la République.

 

Ce qui nous intéresse ici c’est le système de gouvernance mis en place par Emmanuel Macron une fois arrivée au faîte du pouvoir. Il a manifestement installé à l’Élysée des structures parallèles aux structures de l’État pour garantir la toute-puissance de sa Présidence. Cela est cohérent avec son attitude de mépris de tous les corps intermédiaires qu’il manifeste depuis son élection : réduire au maximum le pouvoir du Parlement où il souhaite n’avoir qu’une majorité aux ordres, ne tenir aucun compte du dialogue social avec les organisations syndicales, contraindre les collectivités locales et leurs élus en leur imposant sa propre politique au mépris des mandats donnés par les électeurs locaux, ne tenir aucun compte des mouvements associatifs et des organisations non-gouvernementales en France et dans le monde… La campagne électorale qui a mené Emmanuel Macron au pouvoir a été construite comme une opération de commando dirigée par une petite bande. Sa victoire a été acquise grâce aux circonstances et aussi au soutien d’une partie significative du capital financier qui avait besoin de mettre à la tête de l’État une personne libre de toutes les attaches traditionnelles de la société et disposée à mettre en œuvre son programme ultralibéral. Le résultat est que la petite bande de la campagne est désormais seule à la tête de l’État. Son caractère hétéroclite et son manque d’homogénéité sautent aux yeux avec comme seul ciment la fidélité à la personne du chef. On n’y retrouve des dirigeants d’entreprise aventureux, des hauts cadres de l’État en mal de reconversion, des communicants plus ou moins heureux, des gens issus de la sécurité privée et des videurs de boîte de nuit

 

 

- Or cette configuration nous fait irrésistiblement penser à la conquête du pouvoir par Louis-Napoléon Bonaparte entre 1848 et 1852.

Le contexte social et politique est très différent et la suite des événements promet un destin bien différent à Emmanuel Macron. Mais on peut trouver dans cette expérience historique quelques leçons pour le présent. Après la révolution de février 1848, la deuxième République française traverse une crise majeure marquée par deux oppositions irréductibles. D’une part l’opposition entre les monarchistes et les républicains, et d’autre part l’opposition entre le mouvement ouvrier avec ses organisations socialistes et syndicales en construction, et la bourgeoisie désireuse d’asseoir sa nouvelle domination. Dans cette crise qui ne semble pas trouver d’issue, aucun camp ne semblant l’emporter définitivement, un homme seul se présente pour réunifier la nation, auréolé du prestige de son oncle (l’empereur Napoléon Ier). Il prétend se situer au-dessus des partis, des factions, des classes sociales et se dit capable de rassembler le peuple. Un grand nombre des partisans de l’ordre, banquiers, industriels, militaires ou cléricaux, trouve en lui une solution à la crise et le soutient.

 

 

- C’est ainsi qu’il se fait élire le 10 décembre 1848 premier Président de la République Française.

La majorité des républicains était opposée à une élection présidentielle où l’on ne choisit qu’un homme, préférant la représentation parlementaire collective. À partir de là, Louis-Napoléon Bonaparte va rassembler une petite coterie de fidèles parmi les fidèles avec l’objectif de prendre en main tous les pouvoirs de l’État. Cette petite bande rassemble des aventuriers de tous poils : Des hommes d’ordre issus des forces de sécurité, des nobles déclassés, des bourgeois n’ayant pas réussi à accumuler une fortune, des anciens policiers plus ou moins véreux, des déclassés sociaux qui trouvent ainsi un emploi et, comme le dit si joliment Karl Marx dans le 18 brumaire, des soudards… Cette petite équipe est à la fois méprisée et soutenue par les oligarchies capitaliste, militaire et cléricale : méprisée parce qu’elle ne fait pas partie de la bonne société avec ses mœurs policées mais soutenue parce que ces mêmes oligarchies y voient un moyen de rétablir l’ordre contre la révolution qui hante l’Europe en ce printemps des peuples. Le chef et sa petite troupe organisent minutieusement le coup d’État qui leur donnera, le 2 décembre 1851, le pouvoir absolu.

 

 

- Naturellement, aujourd’hui, nous n’en sommes pas là.

Mais quand on regarde de près la personnalité d’Alexandre Benalla, on retrouve des caractéristiques similaires à celles des membres de la société du 10 décembre. Un jeune homme de 26 ans, rapidement passé par la gendarmerie dont il est réserviste, qui aime les armes, qui aime jouer aux grands chefs, qui donnent des ordres aux dirigeants de la gendarmerie et de la préfecture de police, qui se targue de fréquenter de très près le couple présidentiel, partageant quasiment toutes ses vacances et l’accompagnant dans tous ses déplacements… cela est très parlant mais il faut aller plus loin. Comme on l’a appris, l’Élysée envisageait de créer son propre service de sécurité totalement indépendant de la gendarmerie nationale et de la police nationale, en contradiction avec toutes les dispositions républicaines de notre histoire. Et c’est Alexandre Benalla qui était chargé de sa mise en œuvre. C’était le début d’un processus d’autonomisation de l’institution présidentielle par rapport à la république commençant par le cœur du pouvoir : le monopole de la force.

 

Mais la machine a déraillé sur un événement qu’on croyait pouvoir étouffer. Le petit chef se croyait tout permis jusqu’à violenter un couple de jeunes gens pacifique en marge du cortège du 1er mai.

 

Le contingent réalise toujours le nécessaire et c’est toujours à travers des événements imprévus que les forces de l’histoire font leur chemin. Le projet d’Emmanuel Macron de changer notre régime politique en une sorte de bonapartisme moderne (comme je l’explique dans une précédente note présentant son projet de révision constitutionnelle) vient de se révéler au grand jour, aux yeux de tous les Français et du monde, à travers un événement particulier tout à fait révélateur.

 

La crise politique ouverte va poursuivre son travail de destruction et nous donne la responsabilité de préparer l’avènement de la sixième république pour redonner le pouvoir au peuple.

 

Et puisque certains d’entre vous sont à la recherche de bonnes lectures de vacances, je vous conseille de lire ou de relire Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte de Karl Marx.

 

 

- Affaire Benalla : Collomb ment. Macron doit être auditionné.

Intervention de Jean-Luc Mélenchon le 23 juillet 2018 à l’issue d’une journée d’audition de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Benalla. Ce jour, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb et le préfet de police de Paris Michel Delpuech était entendus. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé les mensonges de Gérard Collomb et a appelé à ce que le président de la République Emmanuel Macron soient auditionnés par la commission d’enquête parlementaire.

"Le responsable, c'est moi", déclare Emmanuel Macron devant les élus de la majorité" https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/affaire-benalla-le-responsable-c-est-moi-declare-emmanuel-macron-face-a-la-majorite_2865345.html         Exigeons l'instauration du référendum révocatoire https://laec.fr/s3m2

"Le responsable, c'est moi", déclare Emmanuel Macron devant les élus de la majorité" https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/affaire-benalla-le-responsable-c-est-moi-declare-emmanuel-macron-face-a-la-majorite_2865345.html Exigeons l'instauration du référendum révocatoire https://laec.fr/s3m2

Partager cet article
Repost0

Rédacteur

  • Pour une Révolution citoyenne par les urnes
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.

La France insoumise

-Pour une MAJORITÉ POPULAIRE, renforcer la France insoumise pour GAGNER !

🔴  La France insoumise et ses 75 députés sont au service des Françaises et des Français face à l'inflation et l'accaparement des richesses par l'oligarchie.

✅ La dissolution, nous y sommes prêts ! 
Avec la #Nupes, la France Insoumise propose l’alternative 


📌 Retrouvez notre stratégie et les axes de travail pour, ensemble, faire gagner le peuple, la France insoumise... ✍️ cliquez ci-dessous 👇

 

POUR UNE MAJORITÉ POPULAIRE Renforcer la France insoumise pour gagner !

 

-N'attendez pas la consigne !

✅ Pour rejoindre la France insoumise et AGIR ENSEMBLE pour GAGNER : cliquez ci-dessous 👇

 

La France insoumise

 

- La chaîne télé de Jean Luc Melenchon : cliquez ci-dessous 👇

 

- Le blog de Jean Luc Melenchon : cliquez ci-dessous 👇

Jean-Luc Mélenchon le blog

 

Recherche

La France insoumise à l'Assemblée Nationale

 Pour accéder au site : cliquez ci-dessous 👇

Sur les réseaux sociaux  :

Facebook  - Twitter

Le JOURNAL L'INSOUMISSION

✍️ cliquez ci-dessous 👇

L'Insoumission

 

✅ S'inscrire à la Newsletter 👇

 

 

Le site du Parti de Gauche

 Pour accéder au site : cliquez ci-dessous 👇

 

Manifeste pour l'Ecosocialisme

 Pour accéder au site : cliquez ci-dessous 👇

 

Mouvement pour la 6e République

 Pour accéder au site : cliquez ci-dessous 👇

 

Des outils pour combattre le FN et l'idéologie d'extrême droite française

🔴  Observatoire de l’extrême droite de l'Insoumission

 Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇

Observatoire de l’extrême droite l'insoumission

 

 Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇


🔴  et aussi : Observatoire national pour « mettre sous surveillance » l’extrême droite

 Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇