Municipales 2026 : un bilan remarquable pour la France insoumise, et qui a démontré que l'on peut gagner en 2027[0] !
La victoire n'est pas au centre, elle est en bas. Elle n'est pas dans la modération, elle est dans la mobilisation de tous ceux que le système a tout fait pour tenter de les faire taire.
Ensemble, nous pouvons tout changer !
En moins d'une semaine : du jamais vu !
Lors de la précédente élection présidentielle, où la même procédure avait été lancée, un tel nombre de soutiens avait été atteint en 4 jours. Cette année, à peine une journée aura suffi, signe d’une puissante dynamique autour de la candidature insoumise[1]. Continuez à soutenir et à faire soutenir sa candidatureICI ! !
Grâce à l’efficacité et l’organisation des insoumis, la résignation ne l’a pas emporté, la campagne est partie :
adoption de la feuille de route du mouvement insoumis ;
réunion de l’intergroupe de la France insoumise et décision de proposer la candidature de Jean-Luc Mélenchon ;
proposition d'une nouvelle alliance populaire aux autres forces de gauche, notamment les Écologistes et les communistes,
Jean-Luc Mélenchon s'adresse au peuple de France à travers une lettre ouverte pour convaincre les citoyens de le parrainer ;
un grand meeting de lancement de campagne présidentielle est déjà annoncé le 7 juin prochain, à Saint-Denis, à 15 heures.
« Nous sommes une équipe nombreuse avec un programme et un seul candidat », a rappelé Jean-Luc Mélenchon, le fondateur de la France insoumise.
À la suite de l’assemblée représentative du 12 avril dernier, 96,6 % des insoumis·es ont adopté la feuille de route du mouvement insoumis pour la préparation des échéances électorales de 2027[2].
Dans ce cadre, l’intergroupe de la France insoumise s’est réuni à Paris le dimanche 3 mai et a décidé de proposer la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’investiture populaire de 150 000 citoyen·nes[3]. 👇
Le 3 mai 2026, Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l'occasion d'un entretien avec Rémy Buisine sur Brut, le 3 mai 2026.
Cette émission de « Brut », a rassemblé 4,7 millions de téléspectateurs avec les extraits. Si on ajoute les replay c'est 8 490 000 vues. C’est le bilan moins de 48 heures plus tard.
Regardons le résultat politique concret immédiatement enregistré sous la forme des parrainages citoyens sollicités par Jean-Luc Mélenchon. En moins de 24 heures, nous avons rassemblé plus de 150 000 parrainages et 200 000 en 48 heures, un rythme 35 fois plus rapide qu’en 2021[6] !
Dans un communiqué publié le 5 mai, La France insoumise a proposé dans le cadre d'une " nouvelle alliance populaireaux autres forces de gauche, notamment les Écologistes et les communistes, " une campagne commune pour les élections présidentielle puis législatives autour d’un programme partagé de gouvernement.
Le 2 avril 2026 La France insoumise avait proposé la " constitution d’une nouvelle alliance populaire à toutes celles et ceux qui, élus sous l’étiquette du Nouveau Front Populaire, sont restés fidèles à son programme "[4],la France insoumise poursuit dans sa logique de rassemblement via une démarche qui s’inscrit dans une volonté de rassembler des soutiens autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon[5]. 👇
Jean-Luc Mélenchon s'adresse au peuple de France à travers une lettre ouverte publiée le 5 mai 2026.
Dans moins d’un an, ce sera le second tour de l’élection présidentielle. Vous en prévoyez l’importance. Vous connaissez le bilan destructeur du président qui s’en va. Liberté et partage des richesses ont tant souffert !
" Tournons la page " : c’est le sens de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle 2027 proposée par l’intergroupe de la France insoumise ;
Jean-Luc Mélenchon propose aux citoyens de le parrainer, et pour vous en convaincre, il résume son analyse du moment actuel etICI ! vous propose un futur différent.
Cette puissante dynamique insoumis est également la preuve que, face à ce champ de ruines, L'AVENIR EN COMMUN, le programme porté par Jean-Luc Mélenchon trace un chemin pour construire une vie meilleure en 2027.
L’Avenir en Commun est un Un programme historique qui se présente d’abord comme un programme électoral. Il a été composé, mis à jour, et retravaillé à l’occasion de différentes élections présidentielles. Son point de départ est le programme l’Humain d’abord, porté par les insoumis et les communistes dans l’élection présidentielle de 2012. Puis, sous sa nouvelle forme, il fut celui des Insoumis dans les campagnes présidentielles de 2017 et 2022. Sur cette base, furent rédigés ensuite les programmes de l’Union populaire lors des élections législatives de 2022 et 2024. Ainsi, s’est progressivement constitué autour de ce texte un bloc électoral de plusieurs millions de personnes mobilisées en faveur d’une rupture franche avec le monde néolibéral.
Notre programme est l'outil nécessaire pour continuer avec enthousiasme l’héritage français si c’est celui de la Grande révolution, des droits humains, de la lutte contre l’esclavage ou de la résistance au nazisme. Mais nous voulons aussi assumer l’héritage universel des luttes contre la domination coloniale.
Ça se vérifie sur toute la planète : c'est le comportement des sociaux démocrates se disant de la gauche " réformiste " et faisant des politiques de droite, qui, par leur trahison des engagements de gauche servent, par dégout, de point d'appui à la montée de l'extrême droite !
Depuis ses débuts, la sociale-démocratie vend la même escroquerie : concilier les intérêts des travailleurs avec les exigences du capitalisme. Elle promet des réformes, des avancées sociales et un progrès tranquille, mais dans les faits, elle sert toujours les mêmes maîtres : l’État bourgeois et le patronat.
En Europe, au cours de la dernière décennie, et au-delà, en particulier depuis la dissolution de l’Union soviétique, il y a eu une dissociation complète de ce qui est présenté comme la politique de gauche de toute opposition au capitalisme. Le Parti travailliste britannique franchit le pas la première, avec Tony Blair. Puis le mouvement se propage en Scandinavie, en Allemagne avec Gerhard Schröder, aux Pays-Bas, en Belgique, en Australie, aux USA avec le Parti démocrate. Et en France bien sûr, où l’une des mesures les plus emblématiques est le cadeau fait par François Hollande aux détenteurs de capitaux, avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) – 20 milliards d’euros par an sans obligation de création d’emplois à la clé[0].
Ils ont tous abandonné toute orientation vers la classe ouvrière ou préoccupation des questions sociales touchant les travailleurs. Ils ont substitué une orientation d’identité raciale et de genre aux questions de classe, ce qui est une base fausse et réactionnaire en politique[2].
Sources :Eric Durand | mis à jour le 04:04/2026
La raison principale de l’échec de la gauche sociale-démocratieà renouveler l’idéal démocratique et social, tient à son refus de s’opposer à l’hégémonie du capitalisme néolibéral.
En principe, comme l‘avait parfaitement montré le philosophe italien Norberto Bobbio, ce qui caractérise la gauche c’est sa sensibilité à la lutte contre les inégalités. Or, depuis une cinquantaine d’années, la gauche sociale-démocrate s’est montrée totalement impuissante face à l’explosion mondiale des inégalités, quand elle ne l'a pas accompagnée. A sa décharge, il convient de rappeler qu’elle n’était pas de taille. La gauche joue à l’échelle des pays, le capitalisme spéculatif à celle de la planète. C’est lui qui incarne la nouvelle raison du monde.
La gauche sociale-démocrate s’est donc dit qu’il fallait bien s’accommoder de plus fort que soi et jouer son jeu.Le cas de Syriza en Grèce est exemplaire. En 2015, incapable de résister aux diktats de la Commission européenne poussée par l‘Allemagne, ce parti bien ancré à gauche a perdu toute crédibilité auprès de ses électeurs et il est maintenant dirigé par un ancien de Goldman Sachs[1] et n’en finit plus de se décomposer.
🔴 Liste non exhaustive d'états ou les sociaux démocrates ont abandonné toute orientation vers la classe ouvrière ou préoccupation des questions sociales touchant les travailleurs et ont servi de marchepied à la percée de l’extrême droite :
2019 Salvador : le Salvador est gouverné par Nayib Bukele, un président qui a imposé un modèle autoritaire et policier :
Le 3 févier 2019, Nayib Bukele, ancien maire de San Salvador sous l'étiquette du parti de gauche FMLN, a été élu à l'âge de 37 ans à la présidence en promettant d'en finir avec le bipartisme droite-gauche qui durait depuis la fin de la guerre civile en 1992.
Il était en lice sous la bannière du petit parti conservateur Grande alliance pour l'unité nationale (Gana) qui l'a accueilli après son expulsion du FMLN. Le Salvador a connu un déclin démocratique après l'élection de Nayib Bukele à la présidence en 2019[8].
Benyamin Nétanyahou
2019 Israël : à l’issue des élections législatives du 17 septembre, Benyamin Nétanyahou, arrive au pouvoir[5]et, en 2022 compose un gouvernement avec des personnalités membres de partis d’extrême droite :
La gauche " travailliste " (parti politique de centre gauche dont tous les Premiers ministres d'Israël étaient issus, jusqu'en 1977) a joué un rôle central dans l’histoire d’Israël. Au cœur de la création de l’État en 1948, elle est restée majoritaire au Parlement pendant plus de trente ans. Depuis la fin des années 1970, et plus encore après l’assassinat d’Yitzhak Rabin en 1995, la gauche traversent une crise profonde et ne répond pas aux urgences :
construire une société juste et égalitaire avec les Palestiniens ;
contrer les assauts de la droite sioniste et des mouvements religieux qui, jadis minoritaires, sont désormais hégémoniques politiquement et culturellement...
En 2019 : la "
" a fait un score ridicule. C’est le prix d’une campagne assez violente en ce qui concerne le parti Meretz (socialiste) et complètement déconnectée de sa base concernant le Parti travailliste.
En 2022 : on retrouve au sein de son gouvernement des nationalistes procolonisation de Gaza, de la Cisjordanie et d'une partie du Liban, opposés à toute forme d’existence d’un État palestinien, ou encore des suprémacistes juifs, ouvertement racistes envers les Arabes[5bis].
Lenin Moreno
2021 Équateur : Guillaume Lasso, un homme d’affaires qui est le candidat du mouvement Créo, remporte le second tour de l’élection présidentielle équatorienne du 11 avril 2021 avec 52,4 % des votes :
L’élection du socialiste Lenin Moreno de l’Alliance pays, en 2017, marque une continuité avec la présidence précédente de Rafael Correa (2007-2017). Moreno opte toutefois pour des politiques plus conservatrices, particulièrement en matière d’économie, et adopte une approche plus libérale. La contestation à son endroit atteint un sommet en 2019 avec d’importantes manifestations et la proclamation de l’état d’urgence. La cote de popularité de Moreno, qui n’est pas sur les rangs pour le premier tour de la présidence suivante, le 7 février 2021, tombe en chute libre.
L’ex-banquier Guillermo Lasso, qui propose un programme de droite est élu le 11 avril 2021[7].
Le 16 mai 2023 Guillermo Lasso, se rendait à l’Assemblée nationale pour se défendre des accusations de corruption formulées par les députés. Pendant quarante-cinq minutes, le chef de l’État a plaidé sa« totale, évidente et incontestable innocence » ;
Le 17 mai, il annonçait la dissolution du Parlement, et organisait des élections anticipées en novembre 2023 ;
Et, le 23 novembre 2023, c'est Daniel Noboa, un Donald Trump tout en sourire, qui, à 35 ans, devient ainsi le plus jeune président de l'histoire du pays, et était réélu le 13 avril 2025[7bis].
Alberto Fernandez
2023 Argentine : le choix des Argentins d’élire un anarcho-capitaliste à la tête de l’État s’explique par le fait que le gouvernement sortant de centre-gauche leur a laissé un pays en ruine :
En 2019, Alberto Fernandez, le candidat de centre-gauche remporte l'élection présidentielle dès le premier tour[4]. Et en novembre 2023 :
face à un pays aux prises avec une inflation incontrôlée de 143 %, ou plus de 40 % des citoyens vivent dans la pauvreté, dont la moitié sont des enfants, à des familles doivent parfois payer leur épicerie en 12 versements pour arriver ;
face à la politique du gouvernement qui est un échec, et s’appuie sur une corruption endémique des institutions, qui sévit depuis des décennies....
c'est le candidat d’extrême droite, Javier Milei,qui arrive au pouvoir[6]
2024 Belgique : comme de nombreux pays à travers le monde, la Belgique était appelée à voter, en 2024, pour renouveler ses différentes instances de gouvernement. L’occasion d’y prendre le pouls de la vague réactionnaire qui déferle actuellement sur la planète :
En Belgique, le parti d’extrême droite N-VA (Nouvelle Alliance flamande) a confirmé, lors des municipales du 13 octobre, ses bons résultats engrangés aux européennes de juin. La formation nationaliste obtient la victoire à Anvers (37 %) et, dans toutes les provinces flamandes, elle obtient ou dépasse les 25 % (Gand, Courtrai…)[18] en réussissant à capter une partie non négligeable d’un électorat populaire jusqu’ici très largement acquis à la gauche. .
Dans le même temps, la Belgique francophone a encore accentué sa singularité lors des élections de 2024. En effet, on ne compte plus qu’un seul élu communal d’extrême droite au sud du pays.
En Belgique comme ailleurs, c’est surtout le rejet massif du système politique et économique actuel qui prime, un rejet sur lequel l’extrême-droite et la droite extrême parviennent – pour l’instant – à mieux capitaliser que la gauche, ce qui ne veut pas dire pour autant que leurs programmes politiques concrets suscitent une adhésion majoritaire, loin de là.
2025, États-Unis : les causes du renforcement de l’extrême-droite et de la victoire de Trump :
Joe Biden
Aux États-Unis, l'élection présidentielle de 2024 montre combien l'extrême-droite s'est renforcée durant la présidence du social-démocrate Joe Biden. Malgré les espoirs que Biden puisse réunir le pays sous sa présidence, l’expérience des masses n’en a pas été positive. Les États-Unis ont déversé énormément d’argent dans la guerre par procuration en Ukraine, alors que les services publics sont toujours sous-financés. Depuis 2023, Biden et les Démocrates armaient et supervisent un génocide en Palestine et les agressions de plus en plus fréquentes d’Israël contre le reste de la région.....et ce alors que l’inflation grandissante a rendu plus difficile pour les classes ouvrières et moyennes d’acheter les biens de consommation les plus nécessaires[3] ;
Que les Démocrates, et même les plus progressistes d’entre eux, n’aient fait que défendre le status quo, a laissé la place à la droite pour dénoncer à large échelle l’inflation et la guerre en Ukraine, et à Trump pour se présenter comme le candidat « contre la guerre ».
Bien que beaucoup aient voté Biden en se bouchant le nez dans l’espoir de battre le trumpisme, l’extrême-droite a quand même réussi à mener le jeu depuis 2020.
Résultat : Le 20 janvier 2025, Donald Trump devient président des États-Unis face à la vice-présidente sortante démocrate, Kamala Harris. (Joe Biden, s’était retiré de la campagne en juillet 2024 au profit de sa vice-présidente)[3bis].
Gabriel Boric
2025,Chili : grâce à un gouvernement de gauche qui déçoit, c'est le candidat d'extrême droiteJosé Antonio Kast, qui triomphe au second tour de l’élection présidentielle :
Le Chili éblouissait le monde en 2019, avec une immense révolte sociale qui avait failli renverser le régime et inaugurer une nouvelle ère. Cinq ans plus tard, c’est un candidat d’extrême droite, fils d’un ancien soldat nazi ayant émigré au Chili, qui prend le pouvoir[9].
Le Chili est sorti de la dictature militaire d’Augusto Pinochet en 1990.
Le gouvernement de droite libérale de l’époque est mis en échec. Le Régime est en crise : le mouvement arrache de nombreuses concessions, notamment des augmentations de salaires, des protections sociales et un système de santé public qui avaient été détruits durant la dictature de Pinochet ;
En mars 2022, Gabriel Boric, jeune candidat de gauche, est élu président de la république du Chili avec un programme de rupture ;
Le gouvernement de Gabriel Boric déçoit : il avait promis de grands changements et de barrer la route au fascisme. À la fin de son mandat, c’est le résultat inverse.
Alors qu’il était porté par un grand mouvement social, le dirigeant s’est enfermé dans une stratégie « responsable » et institutionnelle, un peu comme le PS en France et a :
reculé sur les réformes les plus importantes, s’est aligné sur le programme sécuritaire de la droite, a déployé l’armée dans le sud du pays contre le peuple Mapuche, et a même fait passer une loi intitulée Nain-Retamal, qui favorise l’impunité des policiers ;
Pour compenser, quelques avancées sociales ont tout de même été obtenues : le temps de travail a été diminué. Mais à chaque progrès, Boric a fait des concessions au patronat, par exemple en flexibilisant le travail. Il a augmenté les retraites, mais a renforcé le système de pensions privées. Un « en même temps » très loin des attentes du soulèvement de 2019[10].
Après une victoire historique en 2022, le centre gauche n'a rien incarné, tout promis et tout trahi: de la révolution citoyenne au partage des richesses. Résultat, c'est le candidat d'extrême droite José Antonio Kast, fils de nazi et admirateur de Pinochet, qui triomphe au second tour de l’élection présidentielle 2025[9].
Mette Frederiksen
2026,Danemark : aux législatives, les sociaux-démocrates qui ont droitisé leur politique pour rester au pouvoir, paient leur politique plus très à gauche :
Le parti de la Première ministre, Mette Frederiksen, est arrivé en tête des législatives du 24 mars, mais a réalisé son pire score depuis 1903, après quatre ans de coalition avec le centre droit et une politique répressive sur l’immigration car la gauche au pouvoir vire à l'extrême droite sur les réfugiés (zéro migrant)[11bis].
Les sociaux-démocrates réunissent 21,9 % des voix, soit leur niveau le plus bas depuis 1901. Le bloc de gauche, constitué de la formation de Mette Frederiksen et quatre autres mouvements, obtient 84 des 179 sièges du Parlement, donc pas la majorité absolue, qui est de 90 sièges.
La droite et l’extrême droite, qui réunissent six partis, ont remporté 77 sièges. Le Parti populaire danois, un parti d’extrême droite qui a longtemps pesé avant de chuter en 2022, a triplé son score, atteignant 9,1% des voix[11].
Allemagne
1930, Allemagne : la social démocratie allemande était en crise et engendre la percée nazie : L’âge d’or de la République de Weimar se termina à la fin de l’année 1929, lorsque la " Grande Dépression " frappa l’Allemagne. Le chômage augmenta rapidement.
Un consortium libéral-autoritaire, tissé de solidarités d'affaires, de partis conservateurs, nationalistes et libéraux, de médias réactionnaires et d'élites traditionnelles, a pris la main et perd tout soutien populaire : au fil des élections, il passe de presque 50 % à moins de 10 % des voix et se demande comment garder le pouvoir sans majorité, sans parlement, voire sans démocratie. Cet extrême centre se pense destiné à gouverner par nature : sa politique est la meilleure et portera bientôt ses fruits[12]...
Pour de nombreux Allemands, le gouvernement s’avérait incapable de gérer la crise. Sous ces conditions, le Parti nazi commença à gagner des voix..... et accéda au pouvoir en 1933[12bis] ;
🔴ET AUJOURD'HUI, que devient l'Allemagne ?L’AfD (parti allemand d'extrême droite[13]) progresse toujours lorsque les politiques au pouvoir ne parviennent pas à atténuer les insécurités sociales et économiques
L’Allemagne avait un gouvernement engagé, en principe, dans un processus de réformes socio-écologiques et était formé d’une alliance entre les libéraux (FDP) Parti libéral-démocrate, auquel a participé Robert Habeck, membre de l'Alliance 90/Les Verts (admirateur du démocrate américain Barack Obama), vice-chancelier et ministre fédéral de l'Économie et du Climat du 8 décembre 2021 au 6 mai 2025.
Figure du courant " realos " incarnant la ligne centriste des Verts,il a échoué à sortir le pays de la récession et à élargir la base électorale de son parti[15].
Lors des élections fédérales allemandes anticipées du 23 février 2025les verts obtiennent 11,61%, en net repli après les 14,8% obtenus aux élections nationales de 2021 ou le score de 20,5% lors du scrutin européen de 2019[15bis]..
🚩Cette coalition gouvernementale a connu des débuts prometteurs avec un programme intitulé « Oser plus de progrès » (Mehr Fortschritt wagen) proposant une combinaison d’engagements libéraux, écologiques et sociaux,mais l’agressivité croissante de l’impérialisme allemand sur la scène internationale se reflète également à l’intérieur du pays, résultat :
Les travailleurs et la jeunesse étaient appelés à compenser la chute des profits capitalistes par une baisse des salaires réels et un allongement du temps de travail, à financer la course à l’armement par des coupes dans les budgets sociaux et, de plus en plus, à servir dans l’armée allemande – potentiellement de manière obligatoire,comme le souhaitent de larges fractions de l’élite ;
La militarisation des frontières, la privation croissante de droits et la stigmatisation des réfugiés ont servi de diversion face à une politique gouvernementale hostile aux travailleurs et aux classes populaires, constituant une réponse réactionnaire aux flux migratoires provoqués par la guerre en Ukraine...
Le tout pour le plus grand plaisir de l'AfD qui a vu ses premières percées électorales en 2014 et s'est poursuivi comme en février 2025, ou l'AfD a obtenu un résultat historique[13bis].
👉👉 La leçon en a t-elle été tirée ? Non ! Un nouveau gouvernement a été constitué entre Chrétiens et sociaux-démocrates[14] pour poursuivre la même politique antisociale!
2025, Autriche : le 3 mars, un nouveau gouvernement issu d'une coalition tripartite prend ses fonctions en Autriche, après cinq mois de négociations laborieuses.
Conservateurs, sociaux-démocrates et libéraux gouvernent ensemble, dans un but clair : empêcher le parti nationaliste d’extrême droite FPÖ, arrivé en tête des élections législatives de septembre 2024 avec près de 29 % des voix, d’accéder au pouvoir[16].
...et à Vienne, le 27 avril 2025, le “ triomphe ” des sociaux-démocrates en tête aux élections municipales n’éclipse pas la percée de l’extrême droite (parti autrichien de la liberté (FPÖ) qui a triplé son score.
L’avancée de l’extrême droite dans la capitale autrichienne est d’autant plus inquiétante, que le FPÖ est pour la première fois arrivé en tête des élections législatives autrichiennes en 2024, avec presque un tiers des suffrages, mais il n’avait pas réussi à trouver des partenaires pour former un gouvernement[17].
Pedro Sanchez
2025, Espagne : Ancien bastion socialiste, la région rurale a confirmé sa bascule à droite et à l’extrême droite lors des élections régionales du 21 décembre, sur fond d’affaires fragilisant le PSOE (Parti socialiste espagnol).
Même si, en sept ans, la gauche espagnole s’est illustrée par ses politiques sociales, dont une revalorisation de 61 % du salaire minimum et une loi Travail réduisant une précarité endémique,ce scrutin a été le premier à traduire dans les urnes l’impact électoral des nombreuses affaires de corruption qui ont éclaboussé l’entourage du chef du gouvernement, Pedro Sanchez[19] qui mène un gouvernement sans majorité, dépendant du soutien d’une série de petites formations politiques pour toute initiative parlementaire.Particulièrement des indépendantistes catalans de droite du parti fondé par Carles Puigdemont.
👉 En réponse, Pedro Sanchez se radicalise et cherche l’unité face à la poussée de l’extrême droite : 4 formations ont annoncé le 21 févier 2026, leur rapprochement. Une alliance conçue afin d’éviter l’éparpillement et de peser davantage lors des prochaines échéances électorales[20].
2026, France : en France comme ailleurs l'extrême droite du RN se nourrit des colères sociales, de l’abandon ressenti par des millions de nos concitoyens plongés dans la précarité, sur fond de désindustrialisation, de relégation territoriale, de casse de nos services publics... le tout avec la complicité des sociaux démocrates à la sauce Hollande, Faure...
A l’arrivée du socialiste François Hollande à la Présidence de la publique,en 2012, le RN ne fait que 13.6 %,... et le 23 avril 2017, à l'issue du 1er tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen se qualifie pour le 2ième tour en terminant deuxième avec 21,3 % des voix.
👉 Pourquoi ?
Pour Philippe Martinez, ancienne figure et chef de file de la CGT, le socialiste François Hollande et son gouvernement :
ont trahi ses électeurs en élaborant la Loi travail. " Est-ce que Monsieur Hollande, dans son programme de candidat à la présidence de la République, avait indiqué aux citoyens qu'il allait casser le Code du travail ? " ;
il avait promis de s’attaquer “ à la finance ” ce qu’il a fait en agissant sur les " paradis fiscaux " ou les " Panama Papers " mais il n’aurait pas dû modifier le Code du travail, et ceux qui sont en colère aujourd’hui sont ceux qui l'ont élu président de la République ;
la politique de François Hollande est " la cause de nos problèmes encore aujourd'hui ", c’est-à-dire, de la montée de l’extrême droite ;
quand les responsables politiques " qui sont censés porter " les revendications sociales du pays “ font le contraire de ce qu'ils ont dit ” ils créent ainsi non seulement " de la désillusion " mais aussi " beaucoup de colère ", politique[21].
François Hollande avait bel et bien choisi une stratégie différente de celle de Tony Blair, en faisant du social-libéralisme sans le dire ou en le disant à demi-mots...
Résultat : l’orientation sociale-libérale du mandat Hollande a aggravé le fossé entre les socialistes et les classes populaires et le résultat des présidentielles de 2022 en témoigne avec les 1.75% d'Anne Hidalgo en faisant monter le RN qui tient un discours social de gauche pour faire une politique de droite dans les actes[22].
👉 👉ET ÇA CONTINUE !
Les socialistes doivent faire face à une double contrainte :
tenir un discours de vérité (c’est-à-dire leur impuissance en partie volontaire) et ne pas être élu ou mentir (c’est-à-dire promettre un changement structurel dont les partenaires européens ne veulent pas) et décevoir....
et pour y faire face, ils tentent de compenser la perte de leur ancrage populaire par un appui des classes moyennes à l’orientation sociale-libérale et, à cette fin, trahissent leurs engagements pris avec la #Nupes, le #NouveauFrontPopulaire, valident les pires budgets d'austérité de la Ve République[23] et la réforme des retraite à 64 ans[24].
Le PS français semble actuellement faire tout ce que le PS allemand a fait en 33. Ça l'a conduit à voter une motion de confiance à Hitler et finir dans les camps de concentration[25].
🔴Conclusion :la France est, un pays de gauche, où le peuple est de gauche, comme en témoignent les différentes mobilisations notamment autour de la réforme des retraites, mais quand un gouvernement se dit de gauche et fait une politique de droite, par dégout, il alimente le rejet des urnes et fait monter l’extrême droite !
António José Seguro
2026, Portugal : en sous catastrophe climatique, le vote contre l’extrême droite a mobilisé le Portugal, mais le nouveau président, António José Seguro, ne portait pas la voix d’un « camp de gauche » : sa carrière politique est marquée par l’adaptation de la social-démocratie au néolibéralisme[26]
António José Seguro a été élu, dimanche 8 février 2026, président de la République du Portugal avec 67 % des voix, battant largement le candidat néofasciste avec lequel il s’est disputé le deuxième tour, André Ventura (33 %).
👉À gauche, le soutien à Seguro ne s’est nourri d’aucun malentendu politique.Le nouveau président ne portait pas la voix d’un « camp de gauche » : sa carrière politique est marquée par l’adaptation de la social-démocratie au néolibéralismeet, en pleine campagne, après avoir annoncé son intention d’opposer un veto présidentiel au paquet de mesures sur le travail avancé par le gouvernement, le candidat s’en est lavé les mains, déléguant la promulgation de la nouvelle loi à un éventuel accord du gouvernement avec la centrale syndicale UGT (alignée sur le centre).
🔴Seguro n’exprime même pas un supposé « camp constitutionnel »
Seguro a été en échec lorsqu’il a accepté, à la tête du PS et sous la troïka, des mesures de baisse des pensions et qu’il s’est opposé aux député.es de gauche qui ont saisi le Tribunal constitutionnel et y ont fait annuler cette réduction.Il vient d’être élu grâce aux voix de nombreux partisans d’une révision régressive de la Constitution, issus de la même droite qui conclut des accords avec Chega au parlement (sur le travail et l’immigration) ou dans des collectivités locales comme celle de la capitale.Comme en France, beaucoup de ceux qui ont déclaré aujourd’hui leur soutien tactique à Seguro auraient voté pour Ventura si l’alternative avait été à gauche.
Compte tenu du parcours de Seguro, sa victoire ne constituera pas un obstacle aux réformes libérales du gouvernement,qui poursuivra son chemin entre l’ambiguïté des socialistes et le soutien intermittent des néofascistes.
La réponse de la gauche devra venir des résistances sociales et des discussions qui évitent la marginalité politique.La grève générale de décembre a indiqué la voie à suivre : plus de mobilisations dans les luttes et le terrain extraparlementaire, plus de convergence dans les solidarités contre la fascisation.
Parmi les 20 plus grandes villes, la seule perdue par la gauche est celle où il n’y a pas eu de fusion avec LFI ;
Il n’y a pas eu de déperdition des voix dans les cas des listes fusionnées, au contraire des fusions sans LFI ;
Dans les cas où LFI s’est maintenue seule, LFI progresse au second tour[0]...
et oui, on peut parler de percée insoumise aux élections municipales[2] !
Après avoir fêté cette année ses 10 ans, la France insoumise s’engageait pour la première fois pleinement dans une campagne d’élections municipales. Cela a nécessité une mobilisation intense des insoumis partout en France pendant plusieurs mois. La constitution de listes à l’image du peuple, la construction de programmes sérieux partant des besoins des habitantes et des habitants et le déploiement dans des centaines de campagnes municipales étaient des défis immenses pour notre jeune mouvement. Il faut saluer l’engagement extraordinaire partout en France des militants de la France insoumise, épaulé et aidé par le travail formidable des équipes nationales.
Au lendemain du second tour des élections municipales, retour sur les résultats de cette élection, et sur les bouleversements qu’elle provoque. C’est un travail important et nécessaire. Les commentaires de plateaux de télévision, trop souvent paresseux et automatique, n’ont pas permis d’y voir clair sur des scrutins aux réalités souvent très différentes.
À l’issue de cette campagne, le bilan est remarquable pour la France insoumise.
Elle fait son entrée dans plus de 400 conseils municipaux, soit plus de 16 millions de Français·es qui auront des conseillers municipaux insoumis. Elle l’emporte dans une dizaine de communes, dont 2 des 50 communes les plus peuplées de France (Roubaix et Saint-Denis).
🔴 Ces victoires ne sont pas anodines. Alors qu’environ 30 000 personnes en France vivaient dans une « mairie insoumise », elles seront désormais environ 550 000, soit une multiplication par 18. De véritables exploits ont été réalisés au Tampon, à Vaulx-en-Velin, à Vénissieux ou encore à Creil, où les candidats insoumis n’étaient pas en tête au premier tour. À Roubaix, 100 000 habitants, comme au Tampon, la victoire insoumise permet aussi de tourner la page de la droite. Ces victoires confirment la percée de la France insoumise dans les classes populaires qui étaient sorties du jeu politique et dans des villes et quartiers négligés et relégués par la vieille scène politique. Ainsi, l’intégralité des villes remportées par la France insoumise font partie des 80 communes les plus pauvres de France.
🔴 Ces victoires ne doivent pas éclipser les grandes performances qui ont eu lieu ailleurs.
Dans des grands centres urbains, d’abord : avec près de 47 % à Toulouse, 41 % à Limoges, 34 % à Lille malgré l’alliance contre-nature du PS avec les Verts, 25 % à Montpellier (hausse de 10 points entre les deux tours), 20 % à Rennes, 17 % à Metz, 15 % à Caen, etc.
Contrairement à ce que le récit médiatique laisse entendre, la France insoumise est également massivement présente dans les villes petites et moyennes : à Saint-Girons, la liste insoumise gagne 6 points entre les deux tours pour arriver à 23 %. À Belfort, elle gagne plus de 5 points pour arriver à 28 %.Les listes soutenues par la France insoumise font plus de 26 % dans les communes entre 5 000 et 50 000 habitants. Cette élection a aussi reconduit de nombreux sortants insoumis dans des petits villages et de nouveaux les ont rejoints.
🔴 Comme toujours, ce qui se passe dans les territoires ultramarins est passé sous silence.
Pourtant, à la Réunion par exemple, l’alliance de la France insoumise et du PLR d’Huguette Bello a engrangé les victoires et la France insoumise a remporté la victoire au Tampon, 4ème ville de la Réunion, en chassant la droite qui dirigeait la ville depuis 70 ans.
Avant même l’annonce des résultats, les éditorialistes avaient écrit le nouveau script soufflé par le Parti socialiste pour masquer ses défaites et ses fractures internes. Il fallait dire que la percée insoumise avait fait pschitt et que toutes les victoires de la gauche se faisaient grâce aux autres, mais que les défaites étaient de notre faute.
Ce récit ne résiste pas un seul instant à l’épreuve des faits.
🔴 Prenons d’abord le cas des grandes villes où la France insoumise a fait l’union derrière elle, Toulouse et Limoges.
Nous échouons à quelques pourcents. Il n’en fallait pas tant pour ressortir le refrain du plafond de verre et de la détestation de la France insoumise. Dans les deux cas pourtant, la gauche (que ce soit le PS ou les Verts) n’avait déjà pas réussi à l’emporter en 2014 et en 2020, sans que les insoumis ne puissent alors en être jugés responsables.
▶️À Toulouse, le total des voix de gauche au premier tour était certes plus important que le total des voix de droite. La situation était la même en 2020 et cela n’avait pas empêché la défaite de la liste d’union à gauche dirigée à l’époque par un écologiste. Cela ne signifie pour autant pas que les voix ne se reportent pas : le total de voix de la liste d’union augmente nettement, mais la droite a réussi à mobiliser des réserves de voix conséquentes. Ce fut déjà le cas à Toulouse par le passé, où l’électorat conservateur se surmobilise systématiquement au deuxième tour.En vérité, jamais une liste de gauche n’avait obtenu autant de voix au deuxième tour des élections municipales à Toulouse. Ainsi, la liste menée par François Piquemal fait progresser la gauche de 25 000 voix par rapport à 2020 et de 11 000 par rapport à 2014.
▶️ À Limoges, le scénario est le même qu’en 2020.
Le total gauche était similaire au premier tour et le score est semblable au second tour avec celui réuni par le candidat du PS en 2020.
Là encore, le nombre de voix récoltées a augmenté au second tour et rien n’accrédite la thèse d’une fuite des électeurs ou d’un barrage contre LFI. Au contraire, ces résultats confirment que le matraquage anti-LFI ne fonctionne pas. Faut-il rappeler que c’est le PS qui, après l’avoir dirigée pendant 60 ans, a perdu la ville en 2014 sans réussir à la reprendre en 2020 ?
Bien sûr, nous aurions espéré qu’à Toulouse une plus forte mobilisation permette de réussir ce que la gauche n’avait pas réussi jusque-là, ou qu’à Lille la tête de liste écologiste respecte le choix de ses colistiers et de ses militants pour faire gagner la gauche de rupture. Mais il faut noter que, malgré les campagnes de calomnies alimentées par le PS, malgré les ingérences étrangères et les fausses informations pendant l’entre-deux-tours, les insoumis ont dépassé d’autres forces de gauche au premier tour dans de très grandes villes et sont parvenus à réunir au second tour 47 % des voix à Toulouse, 41 % à Limoges ou encore 35 % à Lille. Ce sont d’immenses performances : quelle autre force politique a réussi autant après 10 ans d’existence ?
🔴 Vient ensuite le grief principal : la France insoumise ferait perdre les autres quand elle se rangerait derrière. Elle serait un « boulet pour la gauche » selon les mêmes qui, il y a une semaine, nous suppliaient pour une fusion. Là encore, ce récit ne résiste pas à l’épreuve des faits.
Ainsi, si l’on prend l’ensemble des fusions qui ont été faites avec d’autres forces de gauche, le score des listes fusionnées est égal au score des listes séparées.
Parmi les 20 plus grandes villes, une seule est perdue par la gauche, par refus de fusionner (Bordeaux).
Lyon a été sauvée par les écologistes grâce à la France insoumise mais la métropole est tombée en raison du refus de l’attelage EELV/PS/PCF de s’unir dans les circonscriptions métropolitaines.
Au total, dans les villes de plus de 100 000 habitants, la moitié des fusions de LFI derrière des têtes de liste PS ou EELV (4 villes sur 8) ont permis de l’emporter (Lyon, Nantes, Tours et Grenoble). Ce n’est pas le cas à Clermont-Ferrand, Brest ou Besançon (3 villes sur 8), ni à Strasbourg en raison de l’alliance honteuse entre le Parti socialiste et la droite de Horizons face à la gauche.
▶️ En vérité, la défaite dans ces 3 communes Clermont-Ferrand, Brest ou Besançon provient exclusivement du désaveu cinglant rencontré par les maires sortants dans ces communes.
Par rapport à 2020, le PS a chuté de 8 points à Clermont-Ferrand (comme la sortante écologiste à Strasbourg) et de 18,5 points à Brest, deux villes qu’il dirigeait depuis plusieurs décennies. La fusion n’a en fait été effectuée par le Parti socialiste que lorsque la situation de ses maires sortants était désespérée. Il n’est alors pas surprenant qu’elle n’ait pas toujours permis de renverser la vapeur. Il faut dire qu’elle s’est faite dans de telles conditions d’opportunisme qu’elle ne pouvait produire aucune dynamique de mobilisation : comment appeler à voter pour des candidats que vous avez copieusement insultés pendant plusieurs semaines, sous les coups de butoir de dirigeants nationaux du PS préférant passer leur entre-deux-tours à s’en prendre à la France insoumise qu’à combattre la droite et l’extrême droite ? Voilà qui furent en réalité les boulets des maires sortants socialistes en difficulté au soir du premier tour !
▶️ Pour aller plus loin....
Comment ne pas aussi poser la question de leur bilan, de la vague dégagiste qui les a frappés et des conséquences de la collusion des députés du Parti socialiste avec les politiques macronistes ?
Comment ne pas y voir un désaveu cinglant du vote pour le pire budget de la sécurité sociale de ces dernières années et des refus répétés de censure du gouvernement Lecornu ?
Comment ne pas comprendre que ce reniement du programme du Nouveau Front populaire a fait du PS une machine à perdre pour la gauche ?
Car les dynamiques sont très claires : le bloc de la gauche traditionnelle (PS/Verts) a perdu plus de 6 points au premier tour dans les villes de plus de 100 000 habitants par rapport à 2020 alors que les listes de la France insoumise ont au contraire augmenté leur résultat de 9,3 points dans ces mêmes communes.À nouveau, comme aux élections européennes, c’est la France insoumise qui fait progresser la gauche pour ces élections municipales.
Ce scrutin trace des perspectives. Un fort dégagisme s’est exprimé avec la défaite des trois-quarts des sortants au deuxième tour. L’abstention continue à gangréner la vie politique, même si elle a diminué là où les insoumis ont progressé. La macronie et les partis traditionnels reculent.
🔴 C’est vrai à gauche. Sur l’ensemble des villes de plus de 30 000 habitants, il n’y en a jamais eu moins dirigées par la gauche traditionnelle, qui en a perdu la moitié depuis 2008, alors même que le PS se présente désormais quasiment systématiquement dans des listes d’union. La direction du PS a donné un spectacle affligeant consistant à nous insulter pendant la campagne, nous prier de fusionner entre les deux tours puis recommencer à nous insulter à 20h01. De telles démonstrations d’incohérence et d’hypocrisie ne font que dégoûter le peuple, et les défaites socialistes en sont la démonstration.
🔴 Le problème de la gauche n’est donc pas la France insoumise, bien au contraire.
Celle-ci a en fait hérité d’une situation complexe : l’affaiblissement historique du socle électoral de la gauche, démoli par le quinquennat Hollande qui aura fait perdre environ 16 points à la gauche entre 2012 et 2017. Dans ce contexte, la gauche traditionnelle perd 7 villes parmi les 50 plus grandes, et c’est la gauche de rupture qui progresse au contraire en remportant 3 villes supplémentaires (2 pour la France insoumise, 1 pour le PCF).C’est donc elle qui incarne aujourd’hui l’espoir de la gauche de tourner la page de la macronie et de battre l’extrême droite.
▶️ Et battre l'extrême droite, c’est possible d’y parvenir.
Ainsi, la France insoumise a pris à nouveau sa part dans la bataille face à l’extrême droite lors de ces élections :
Dans 42 villes, nous faisons baisser le score du Rassemblement national par rapport aux précédentes élections grâce à notre hausse.
Dans 56 communes où nous sommes présents, le Rassemblement national a renoncé à se présenter alors qu’il était auparavant présent.
Dans 34 villes où nous présentons une liste après avoir été absents en 2020, nous faisons baisser le Rassemblement national.
Celui-ci recule dans les banlieues populaires et ne présente souvent plus de candidats. Dans de nombreuses petites communes où il tentait de s’implanter pour la première fois, fort de résultats nationaux importants, le barrage a tenu au deuxième tour.
▶️ Il progresse néanmoins en nombre de voix, mais moins qu’attendu. Il gagne environ 250 000 voix sur l’ensemble du pays au premier tour par rapport à 2014, alors que nous en gagnons 500 000 depuis 2014, où nous étions quasi-systématiquement alliés avec le PCF.Mais le Rassemblement national a échoué, malgré des victoires dans des villes moyennes et petites (principalement dans ses zones de force), à remporter la plupart de ses cibles.Il faut rappeler d’ailleurs que le RN avait déjà gagné d’assez nombreuses mairies en 2014 et que la progression par rapport à cette référence est plus faible que par rapport à 2020. Le RN stagne dans les communes de plus de 50 000 habitants alors que nous progressons partout.
Dans cette situation, il faut désormais que la gauche accélère sa progression portée par la gauche de rupture pour l’emporter en 2027. Nous avons fait regagner 4 points à la gauche après le désastre Hollande.Nous sommes le seul mouvement à avoir progressé à chacune des élections depuis 2017 : nous sommes passés de 11 à 22 % aux présidentielles, de 6 à 10 % aux européennes, de 0 à 6 villes de plus 50 000 habitants, de 17 députés au plus gros groupe de l’alliance remportant les législatives. Une progression dans tous les types d’élections depuis 10 ans n’est pas un hasard, c’est une lame de fond.
🔴 Le travail est loin d’être terminé. Pour l’emporter, nous devons renforcer encore la mobilisation des jeunes, des catégories populaires ou des exploités du capitalisme.C’est toujours dans l’abstention que se trouvent nos marges de progression. Car c’est là que nous pouvons effacer le différentiel de vote avec les franges plus conservatrices, qui est aujourd’hui le plafond de verre de l’intégralité de la gauche pour pouvoir gouverner le pays.
🔴 Il faut poursuivre le travail de dévoilement de l’extrême droite sur son caractère intrinsèquement raciste et antisocial[1]. La transformation progressive du RN en parti ultralibéral pourrait contribuer à l’affaiblir.La France insoumise possède déjà le plus haut potentiel électoral en dehors du RN selon les études d’opinion.La campagne présidentielle devrait permettre de le faire croître encore quand la confrontation des projets prendra le dessus sur le bashing médiatique incessant qui s’use de jour en jour. Cette campagne des élections municipales aura été une formidable démonstration de la neutralisation des calomnies médiatiques, agissant davantage comme un levier de mobilisation populaire plutôt que comme un instrument de délégitimation.
Pour cette grande bataille qui s’annonce, la France insoumise sort de ces municipales avec des milliers d’élus locaux de combat ainsi qu’avec plus de 10 000 militants supplémentaires. Ces forces seront essentielles dans la bataille. Il nous reste un an pour, comme le disait Jaurès, « fatiguer le doute du peuple par la persévérance de notre dévouement ».
▪️ Bally Bagayoko a remporté une victoire significative avec 50,77% à Saint-Denis-Pierrefitte ;
⚡ 2éme tour :
▪️ Alexis Chaussalet remporte le 2nd tour des élections municipales au Tampon, à La Réunion ;
▪️ Abdelkader Lahmar remporte le 2nd tour des élections municipales à Vaulx-en-Velin dans le Rhône ;
▪️ Aly Diouara remporte le 2nd tour des élections municipales à la Courneuve en Seine-Saint-Denis ;
▪️ Idir Boumertit remporte le 2nd tour des élections municipales à Vénissieux dans le Rhône ;
▪️ David Guiraud remporte le 2nd tour des élections municipales à Roubaix dans le Nord ;
▪️ Omar Yaqoob remporte le 2nd tour des élections municipales à Creil dans l'Oise ;
▪️ Hadi Mebarki remporte le 2nd tour des élections municipales à Saint-Fons dans le Rhône.
👍📣 Bravo, ils se battrons pour les travailleurs, la jeunesse et les quartiers populaires, au conseil et dans la rue !
Percée insoumise et bobards médiatiques Retrouvez le bilan de La France insoumise pour les élections municipales, par Manuel Bompard.
🔴Argumentaire de l'Institut La Boétie : Pourquoi peut-on parler de percée insoumise aux élections municipales ?
Pour construire une démocratie vertueuse : instaurer comme condition d’éligibilité à toutes les élections le casier judiciaire vierge de toute condamnation pour atteinte à la probité ou crime. S’engager à démettre de ses fonctions tout membre du Gouvernement mis en examen pour atteinte à la probité ou crime.
Rendre inéligible à vie toute personne condamnée pour corruption[2].
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Pourquoi ?
Ils ne sont pas " tous " pourris, mais bien trop le sont.
Nous acceptons l'inacceptable.
En attendant de jouir un jour d'une véritable démocratie, nous devrions exiger que l'aristocratie élective qui gouverne soit irréprochable.
. Car enfin le trait le plus visible dans l'homme juste est de ne point vouloir du tout gouverner les autres, et de se gouverner seulement lui-même. Cela décide tout.
. Autant dire que les pires gouverneront
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En attendant de jouir un jour d'une véritable démocratie, nous devrions exiger que l'aristocratie élective qui gouverne soit irréprochable.
Et ce n'est pas le cas !
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« Pour l’antifascisme » : l’actualité de la mort de Quentin Deranque[0]en février 2026, amène à replacer ce décès tragique dans un contexte précis et une perspective historique.
Partout en France, les salles des meetings insoumis débordent avec un afflux ininterrompu de nouveaux militants et sympathisants. Parmi leurs motivations premières : rejoindre le seul mouvement qui fait bloc face à l’extrême droite et ses violences, et la seule organisation politique capable de battre le fascisme.
Ce renforcement de LFI s’effectue deux semaines après le début de l’instrumentalisation de la mort du militant identitaire Quentin, par l’extrême droite[0]. L’objectif de cette opération politicienne à l’initiative des fascistes et avec les faveurs de l’officialité médiatique ? Diaboliser LFI pour tenter de neutraliser l’alternative au système dominant, qui progresse chaque jour un peu plus, et tenter d’effacer les violences de l’extrême droite.
Qu’est ce le fascisme ? Comment le combattre ? Publication de analyse de Jean-Christophe Sellin, co-coordinateur du Parti de Gauche et auteur de « Comprendre et vaincre le fascisme ».
Lyon, une histoire avec l’extrême droite Ici, l’extrême droite est historiquement plus forte qu’ailleurs. En effet, depuis un siècle, une partie de la bourgeoisie lyonnaise et des notables locaux ont souvent flirté sinon épousé le fascisme.
Le PPF de Jacques Doriot y tient son congrès en 1942 pour appeler à l’extermination des Juifs[1] ; le parti antisémite, royaliste et catholique intégriste l’Action Française (qui a récemment formé Quentin Deranque) y regroupe aussi ses forces.
Klaus Barbie a sévi à Lyon, arrêtant et torturant Jean Moulin en 1943, déportant entre autres les enfants juifs d’Yzieu avec beaucoup de complicités locales.
Lyon, c’est aussi le berceau de la droite intellectuelle nationaliste de l’après-guerre. Les universités Lyon II et III sont le réacteur de l’extrême droite radicale à partir des années 1970.
Jean-Christophe Sellin, aux « AMFIS », été 2025.
▶️ Le GRECE (Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne) y est créé[2]. Il regroupe des linguistes et professeurs de lettres comme Jean Haudry, Jean-Paul Allard, Jacques Marlaud, Bernard Notin, Jean Varenne et Pierre Vial, pour une conception racialiste blanche et la supériorité de l’identité européenne.
▶️ Haudry et Vial rentreront au Conseil scientifique du Front National.
▶️ Les négationnistes Roques et Faurisson sont, eux aussi, issus de ces laboratoires universitaires.
▶️ Bruno Gollnish, ancien numéro deux du FN, est aussi issu de l’institut d’études indo-européennes d’Haudry, qui tente de légitimer l’idée d’une race aryenne supérieure… Ça rappelle quelque chose.
🔴Décidément, cela fait beaucoup de professeurs qui donnent une légitimité « scientifique » racialiste à des milliers d’élèves pendant des décennies.
À partir de 2015, les dirigeants locaux de Génération identitaire et du Front National de la Jeunesse se déclarent « complémentaires ». Une convergence qui se reproduit ensuite au niveau national avec une porosité sur les listes électorales du FN/RN, chez les assistants parlementaires, les entreprises de conseil et de communication.
En 2018, Lyon est choisi par Marion Maréchal pour y fonder l’Institut des Sciences Sociales et Politiques (ISSEP), établissement privé d’enseignement supérieur destiné à former les cadres de la « jeunesse conservatrice ».
Depuis des années, des bars, des salles de sport et des locaux fascistes organisaient la violence sinon la terreur dans le Vieux Lyon avec ciblages au faciès ou anti-LGBT, des attaques de réunions et des manifestations démocratiques. La présence de la Jeune Garde a fortement contribué à réduire ces locaux et ces exactions. C’est un constat[3].
À quoi sert le fascisme ? Le fascisme est un mouvement politique global et réactionnaire au service du capital, contre l’égalité et la citoyenneté.
Il veut domestiquer les classes populaires en s’attaquant aux conquêtes sociales et aux libertés démocratiques dans leur ensemble.
Il épouse la volonté de changement des masses pour la canaliser dans une variante radicale du conservatisme de droite.
🔴Le fascisme ne se réduit pas nécessairement au racisme, même si, dans la période actuelle avec des réalités démographiques et géopolitiques nouvelles, l’utilisation du racisme est dominante pour diviser le peuple de manière perverse et artificielle.
▶️ Le fascisme représente un phénomène spécifique autonome et multiforme qui appelle une réponse politique précise et de haut niveau, car une puissante bataille idéologique et culturelle est à l’œuvre.
▶️ Des puissances médiatiques colossales comme les chaînes en continu de magnats industriels et de réseaux sociaux planétaires donnent une caisse de résonance au brouillage des repères, au retournement des principes et au renversement des paradigmes.
▶️ Les fascistes deviennent ainsi des victimes. Les colonisés sont caractérisés comme terroristes, l’Islam n’est plus une religion mais un mal de société et la France Insoumise est accusée de tous les maux. Voilà ce qui circule en boucle et en bandeau sur les médias Bolloré jusqu’au service public contaminé par la puanteur ambiante.
Ceux qui dédiabolisent l’extrême droite au sein du bloc bourgeois et diabolisent la France Insoumise sont des irresponsables. Irresponsables comme en décembre 1932 / janvier 1933 en Allemagne, comme le dit l’historien Chapoutot.
Quand on est républicain, quand on est de gauche, l’antifascisme est un impératif. C’est bien un impératif catégorique de remettre à l’ordre du jour un combat contre l’inacceptable en mettant des mots sur une réalité. En effet, toute une ambiance politico-médiatique nous explique que le fascisme n’existe plus, et que l’antifascisme serait un fantasme et une agitation stérile devant un ennemi qui n’existe plus.
🔴Oui, il y a des fascistes aujourd’hui et des expériences fascistes sont menées actuellement : donc le fascisme existe et l’antifascisme se doit d’exister.
▶️ L’antifascisme est une volonté de combattre le fascisme et de l’empêcher d’accéder au pouvoir. Il prend sa source dans le combat contre les fascismes historiques de Mussolini, Hitler, Franco, Salazar, mais aussi des dictatures latino-américaines.
▶️ L’antifascisme, c’est d’abord un acte d’auto-défense de millions de gens pour la survie mais aussi une volonté de vivre dans un monde de liberté.
▶️L’antifascisme est nourri et illustré par les récits des militant-e-s antifascistes et des centaines de milliers de réfugiés qui ont fui les dictatures et qui ont irrigué la société de leurs témoignages et de leurs expériences. Des enseignements objectifs en sont tirés.
🔴Et le fascisme aux États-Unis, en Israël et en Inde nous confirme que le danger est bien contemporain et nous mord déjà la nuque.
▶️Historiquement, le fascisme, c’est la destruction de toutes les libertés démocratiques (droit d’association, liberté de la presse, regroupement en syndicats indépendants du pouvoir, liberté de pensée et de création, liberté de conscience et de culte).
▶️ C’est aussi le racisme, et les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle. Le fascisme, c’est la négation de l’égalité femme-homme et notamment du principe que les femmes doivent librement disposer de leur corps.
▶️ Le fascisme, c’est enfin la volonté de nier la lutte de classe et de réprimer des syndicalistes. Le FN/RN ne manque jamais une occasion de dénoncer les grèves, les blocages d’usine et les mouvements sociaux. Il ne vote jamais les avancées sociales et la taxation du capital à l’Assemblée nationale. Il est le chien de garde du système capitaliste.
🔴Néanmoins, l’antifascisme ne peut se réduire à la lutte pour la démocratie dans la société telle qu’elle est, où souvent les droits et libertés ont déjà été grignotés ou attaqués. Ce serait une forme de statu quo insatisfaisant.
Jacques Chirac a certes battu Jean-Marie Le Pen au deuxième tour des présidentielles de 2002, mais en 1991, en stigmatisant les étrangers avec la formule « le bruit et l’odeur » et ayant mis en œuvre nombre de dispositions anti-immigrés, il avait préparé le terrain idéologique du fascisme.
Si l’antifascisme est né dans l’autodéfense ouvrière et démocratique, il se doit bien sûr de conforter cet aspect fondamental, mais il a surtout l’impératif d’être un mouvement large, pas seulement limité à quelques militants d’avant-garde antifas aguerris.
Il s’agit de lutter contre le fascisme dans tous ses aspects et pas seulement contre les fascistes.
Un autre monde (sans le fascisme) est possible Le mouvement antifasciste est le bien commun de toutes et tous ceux qui veulent faire vivre les droits et libertés démocratiques,le mouvement social, la solidarité, l’internationalisme contre chacune des politiques fascistes proposées ou en œuvre.
C’est aussi dans le positif que l’antifascisme doit se profiler, avec en perspective une société débarrassée de l’exploitation, de l’oppression et de la discrimination, donc du fascisme.
🔴L’antifascisme à construire est un vaste mouvement social et culturel, populaire et intellectuel à la fois.
Il doit donner à voir une autre réalité des rapports sociaux et humains, s’appuyant sur les associations, les luttes, les coopératives, les espaces de convivialité et de solidarité, les lieux de création, l’éducation populaire pour se former aux enjeux historiques et politiques.
Il est urgent de serrer les rangs et de mener une bataille culturelle en rupture avec l’ordre capitaliste, raciste et patriarcal établi. L’antifascisme est une contre-culture par rapport à l’idéologie dominante et au vent mauvais qui souffle sur la planète.
🔴 Depuis quarante ans, le rapport de force n’est pas en faveur du camp social et démocratique.
Cette dégradation objective du rapport de forces entre les classes sociales, c’est plus de 20 % de la valeur ajoutée passés des poches du Travail à celles du Capital. Cela s’est traduit sur les salaires, les statuts, la protection sociale et la dégradation des services publics.
La bombe à fragmentation libérale a atomisé les individus, des territoires et des solidarités. La dégradation des politiques d’intérêt général a une incidence culturelle.
L’idée du bien commun et de l’engagement collectif perd du terrain, laissant la place à une forme de résignation et d’individualisme.
Dans cette situation, la première chose à faire est de reprendre confiance dans la possibilité collective d’agir et de regagner des positions politiques et idéologiques pour renverser le rapport de forces. Bien sûr, l’activité du mouvement social et la lutte de classe sont essentielles pour unifier les classes populaires et les citoyens. L’unité du peuple sur ses besoins sociaux, ses préoccupations écologiques et ses exigences démocratiques est le meilleur rempart au fascisme.
Pour un front unique populaire La politique du front unique populaire permet de penser les interactions sociales dans leurs diversités, d’apporter matériellement des conditions et des méthodes de luttes à même de détruire le capitalisme et toutes ses manifestations, de la plus anodine à la plus brutale. Lors des combats contre la classe dominante et les forces réactionnaires, la division est un facteur de défaite.
▶️ C’est une dimension stratégique : le peuple, peu importe son origine ou ses croyances réelles ou supposées, peu importe son genre et son orientation sexuelle, s’unifie dans l’action contre la logique du capitalisme en crise.
▶️ Il est plus que nécessaire d’unifier les opprimé-es, qu’ils et elles vivent dans des villes ou des campagnes. La manière dont les luttes communiquent entre elles, se coordonnent et se centralisent est un facteur de déstabilisation du bloc bourgeois au pouvoir.
▶️ S’organiser, c’est déjà résister. Résister, c’est indiquer que la peur peut changer de camp.Il est aussi essentiel de mener une bataille culturelle pour la sixième République et de renforcer les rangs des luttes contre le racisme et toutes les formes d’oppressions où qu’elles soient.
L’objectif est de créer une alternative politique de gauche. Les circonstances sont à chaque fois uniques et différentes. Elles impliquent un programme approprié aux réalités et à leurs développements. Pour autant, la complexité et l’ampleur de la tâche ne doivent pas paralyser. Bien au contraire.
🔴 Voici les tâches pour un front unique populaire : • Former les militant-e-s et organiser des événements.
• Mettre en place des cadres de réflexions et d’action pour la laïcité.
• Participer aux initiatives nationales et locales pour l’égalité des droits, pour le droit des étrangers et la lutte contre les violences policières et pénitentiaires.
• Lancer et construire un front unique exemplaire antiraciste et antifasciste.
• Travailler nationalement comme localement et sur tous les plans aux conditions d’une autodéfense unitaire et démocratique.
Comme l’écrivait Daniel Guérin : « À partir du moment où le fascisme marche vers le pouvoir, le mouvement ouvrier ne dispose plus que d’une seule ressource : s’emparer avant lui du pouvoir.[5] »
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Informations sur l’auteur :
Jean-Christophe SELLIN, co-coordinateur du Parti de Gauche Auteur de « Comprendre et vaincre le fascisme ». Professeur des écoles, responsable associatif, il a été élu du Conseil municipal de Toulouse, a été ancien élu conseiller régional des Midi-Prénées et a été co-fondateur du parti de gauche.
Il a été responsable de la coordination nationale de la « semaine nationale contre le racisme », organisée sous le haut parrainage du ministère de l’Éducation nationale de 1989 à 1992 en collaboration avec la Ligue de l’enseignement et de la formation permanente ainsi qu’avec SOS Racisme[4].
Comment faire ?
Clémence Guetté, Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Manuel Bompard, ont pris le temps d'écrire, pour raconter ce qu'est la France insoumise, loin des caricatures.
Il y a 10 ans, La France insoumise voyait le jour.
Le travail effectué depuis nous rend toutes et tous fiers.
C'est l'occasion de rendre hommage aux centaines de milliers d'insoumises et d'insoumis, qu'ils soient là depuis le premier jour ou entrés dans la lutte ces derniers mois. Ce mouvement est le vôtre. Il est l'outil de votre victoire future.
En 10 ans, nous avons amélioré notre score à chacune des élections auxquelles nous avons été candidats.
La gauche française, il y a 10 ans moribonde et dégoûtante, empêtrée dans les scandales, les trahisons et les déceptions, a trouvé un nouveau souffle. C'est déjà en cela une quasi-exception sur le continent.
En ne cédant rien sur notre programme de rupture, nous avons remis sur pied notre camp social.
Les dégoutés de la politiques, les révolutionnaires, les féministes, les écologistes, les travailleurs, les activistes, les jeunes, ont maintenant une force politique à laquelle ils peuvent faire confiance et qui ne les trahira pas. C'est notre fierté.
L'année prochaine aura lieu la plus grande bataille de notre histoire. L'élection présidentielle de 2027 sera celle de l'affrontement entre l'extrême droite et nous, pour qu'adviennent les jours meilleurs.
Cette brochure collective décrit la forme du mouvement Insoumis, son mode d’organisation, ses pratiques. Elle analyse comment il s’insère dans l’accomplissement du processus historique populaire spécifique de notre époque et dans la réalité du capitalisme de notre temps.
🔴 Nous sommes prêts pour tout changer. Nous pouvons l'emporter...
Pour " SAVOIR COMMENT FAIRE " en accédant au document, cliquez sur l'image ci-dessous👇👇
Ouf ! Même si cette fois ils n'ont pas gagné, partout dans le monde, les sociaux démocrates (socialistes) par leur trahison des engagements de gauche ont servi, par dégout, de point d'appui à la montée, à la victoire de l'extrême droite !
António José Seguro a été élu, dimanche 8 février 2026, président de la République du Portugal avec 67 % des voix, battant largement le candidat néofasciste avec lequel il s’est disputé le deuxième tour, André Ventura (33 %)[0].
L’extrême droite renforcée malgré sa défaite Malgré la défaite de Ventura, l’extrême droite sort renforcée de cette élection. Après être devenu le deuxième parti national lors des élections législatives de mai 2025, elle parvient désormais à égaler, au second tour, le nombre de voix obtenues en mai par les partis au pouvoir, grâce aux votes d’électeurs.trices qui n’avaient jamais voté pour le parti d’extrême droite Chega et qui avaient soutenu les candidats présidentiels du gouvernement (PSD) et du parti Iniciativa Liberal. Selon les études réalisées à la sortie des urnes, un.e électeurs.trices sur trois du candidat ultralibéral au premier tour (arrivé troisième avec 16 % des voix) a opté pour Ventura au second.
🔴Comme le montre l’expérience française, un gouvernement fondé sur le programme de la droite est le meilleur terreau pour la croissance électorale du néofascisme.
Malgré les différences politiques et de régime, rappelons qu’en 2017, face à Macron, Marine Le Pen a obtenu 34 % des voix au second tour ; en 2022, elle avait atteint 41 %, se préparant à disputer la majorité en 2027.
🔴 Que signifie cette victoire ?
Il s’agit avant tout d’une importante mobilisation du peuple qui rejette la proposition néofasciste. Il convient de souligner que les élections se sont déroulées alors que le Portugal est en « état de calamité », déclaré depuis début février. Des tempêtes dévastatrices ont fait une dizaine de morts et laissé une partie du pays inondée. Des approvisionnements essentiels (électricité, eau, télécommunications) sont à l’arrêt. Pour autant, le taux de participation est resté stable entre le premier et le second tour.
Aucune illusion à gauche À gauche, le soutien à Seguro ne s’est nourri d’aucun malentendu politique. Le nouveau président ne portait pas la voix d’un « camp de gauche » : sa carrière politique est marquée par l’adaptation de la social-démocratie au néolibéralisme et, en pleine campagne, après avoir annoncé son intention d’opposer un veto présidentiel au paquet de mesures sur le travail avancé par le gouvernement, le candidat s’en est lavé les mains, déléguant la promulgation de la nouvelle loi à un éventuel accord du gouvernement avec la centrale syndicale UGT (alignée sur le centre).
🔴Seguro n’exprime même pas un supposé « camp constitutionnel »
Seguro a été en échec lorsqu’il a accepté, à la tête du PS et sous la troïka, des mesures de baisse des pensions et qu’il s’est opposé aux députéEs de gauche qui ont saisi le Tribunal constitutionnel et y ont fait annuler cette réduction. Il vient d’être élu grâce aux voix de nombreux partisans d’une révision régressive de la Constitution, issus de la même droite qui conclut des accords avec Chega au parlement (sur le travail et l’immigration) ou dans des collectivités locales comme celle de la capitale.Comme en France, beaucoup de ceux qui ont déclaré aujourd’hui leur soutien tactique à Seguro auraient voté pour Ventura si l’alternative avait été à gauche.
Compte tenu du parcours de Seguro, sa victoire ne constituera pas un obstacle aux réformes libérales du gouvernement, qui poursuivra son chemin entre l’ambiguïté des socialistes et le soutien intermittent des néofascistes.
🔴La réponse de la gauche devra venir des résistances sociales et des discussions qui évitent la marginalité politique.
La grève générale de décembre a indiqué la voie à suivre : plus de mobilisations dans les luttes et le terrain extraparlementaire, plus de convergence dans les solidarités contre la fascisation.
Environ deux tiers des Français sont contre la sortie de l’union européenne mais seulement un tiers ont une image positive de son fonctionnement. Une explication probable de cette contradiction : la peur s’appuyant sur différentes raisons...[2].
Les Français veulent-ils que la France sorte de l’union européenne, oui ou non ?
a) Sondages récents sur le souhait de quitter ou rester dans l’UE Baromètre d’opinion publique européenne (déc. 2025) Question : Voulez-vous que votre pays reste membre de l’Union européenne ou la quitte ? 61 % des Français souhaitent que la France reste dans l’Union européenne. 27 % souhaitent que la France quitte l’Union européenne. 12 % ne savent pas / pas d’avis. Source : enquête publiée dans le Baromètre de l’Opinion publique européenne – Vague 4 (Décembre 2025[0])
b) Sondage Odoxa – Challenges / BFM Business (mai 2024) Si on demande aux Français s’ils sont pour ou contre la sortie de la France de l’UE : 62 % sont opposés à une sortie de l’Union européenne. 65 % sont opposés à une sortie de l’euro (étroitement lié à l’appartenance à l’UE[1]).
La France Insoumise et l’union européenne. Pour la France Insoumise, en 2027, l’Union européenne sera à la croisée des tournants. C’est l’année durant laquelle le nouveau budget pluriannuel de l’Union européenne et la nouvelle Politique agricole commune devront être adoptés et le marché carbone étendu aux particuliers pour le logement et le transport. 2027 sera l’année pour remettre en cause des politiques qui nuisent aux peuples européens et à la planète.
🔴 En effet, certaines règles européennes sont aujourd’hui incompatibles avec la mise en œuvre de notre programme : Les traités de libre-échange s’opposent au protectionnisme écologique :
La concurrence libre et non-faussée empêche la constitution de pôles publics et la sortie des biens communs du marché ;
Le carcan budgétaire nous enferme dans l’austérité et réduit notre capacité à investir dans la bifurcation écologique et sociale ;
La libre-circulation des capitaux nous empêche de reprendre le pouvoir sur le secteur financier La politique agricole commune promeut un modèle contraire à une agriculture paysanne, biologique et respectueuse du bien-être animal ;
L’absence d’harmonisation sociale et la directive sur le travail détaché mettent en concurrence les travailleurs ;
L’impunité des paradis fiscaux européens menace nos recettes fiscales et le consentement à l’impôt ;
L’Europe de la défense nous enferme dans les velléités belliqueuses de l’OTAN ;
Le statut de la Banque centrale européenne (BCE) nous oblige à mettre l’État dans la main des marchés financiers pour nous financer
Nous avons une stratégie complète pour lever ces blocages avec une méthode de gouvernement fondée sur le respect de la volonté populaire et l’esprit de coopération internationale.
▶️ Plan A – D’une part, nous proposons aux États et aux peuples européens la rupture concertée avec les traités actuels. Cela passera par la négociation de nouveaux textes compatibles avec les urgences climatiques et sociales et soumis à un référendum du peuple français pour approbation. Nous proposerons notamment :
la récupération par les États de leur souveraineté budgétaire ;
la modification du statut de la BCE ;
la mise en place de règles d’harmonisation sociale et écologique à l’intérieur de l’Union ;
la mise en place d’un protectionnisme écologique ;
le droit pour les États de venir en aide à des entreprises ou à créer des monopoles publics dans des secteurs stratégiques ;
le droit à l’eau comme droit fondamental pour tous les Européens.
▶️ Plan B – D’autre part, nous appliquerons dans tous les cas immédiatement notre programme au niveau national en assumant la confrontation avec les institutions européennes. Nous utiliserons pour cela tous les leviers pour faire valoir notre position au Conseil européen et désobéirons aux règles bloquantes à chaque fois que c’est nécessaire.
Ces deux stratégies s’alimentent mutuellement : c’est en agissant en éclaireur que nous pourrons entraîner les autres peuples européens !
Utiliser tous les leviers d’action face aux institutions européennes[4] et désobéir à chaque fois que c’est nécessaire pour mettre en œuvre notre programme.
🔴Pour accéder à l'intégralité de tous nos leviers et méthodes d’action face aux institutions cliquez sur l'image ci-dessous 👇👇
🔴On peut avoir des informations supplémentaires en consultant le plan : " notre stratégie pour l’Europe[5] ". Pour y accéder clique sur limage ci-dessous.👇👇
Pourquoi La France Insoumise préconise-t-elle plutôt la désobéissance aux traités plutôt qu’une sortie de l’UE ?
En voici les raisons :
▶️1 – Les Français sont majoritairement hostiles à cette sortie comme nous l’avons vu précédemment ;
▶️2 – Avec sortie ou sans sortie, de toutes façons, les responsables de La France Insoumise vont se heurter à des obstructions et du sabotage économique et financiers pour la mise en œuvre de leur programme : les forces du Capital et leurs valets médiatiques ne resteront pas passifs pour défendre leurs intérêts. La sortie de l’UE aggraverait encore ses difficultés. En restant dans l’UE La France Insoumise peut plus facilement organiser des alliances avec d’autres pays pour résister.
▶️ 3 – En sortant unitaire allemand de l’UE et en cas de difficultés économiques suite à cette sortie, l’opinion publique se retournerait immédiatement contre La France Insoumise en l’accusant de dogmatisme idéologique en refusant toute négociation ;
▶️4 – La France peut-elle exercer des pressions significatives sur la gouvernance de l’UE ? Oui. Rappelons que la France est la deuxième puissance économique européenne avec un PIB égal à 16,4 % du PIB de l’UE après l’Allemagne, 23,7 % et devant l’Italie 12,2 % et l’Espagne 8,9 %. Quand on menace de sanctions, jusqu’à présent elles ont été plus théoriques qu’effectives car l’application de l’article 7 demandes un vote à l’unanimité pour ne citer qu’un exemple.
Quelle stratégie de La France Insoumise face à une reconfiguration géopolitique mondiale ? La crise financière de 2008, la guerre en l’Ukraine opposant les pays de l’OTAN à la fédération de Russie, l’élection de Donald Trump ont précipité un mouvement en cours : la perte de l’hégémonie économique, financière, militaire et culturelle des États-Unis sur le monde et l’apparition d’un monde multipolaire s’incarnant notamment dans les Brics[6] et l’OCS[7].
Dans ce contexte instable, l’UE sans potentiel industriel et énergétique importants, se trouve en situation de rupture avec la fédération de Russie, en situation de dépendance et de conflit avec les USA, en situation de tension avec la Chine sur le plan commercial.
Comment un gouvernement dirigé par des insoumis fera-t-il face à cette situation complexe ?
Et quelles nouvelles relations devrait-on construire avec les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique ?
Quelles mesures devra-t-on proposer pour restaurer et améliorer le droit international et le fonctionnement de l’ONU ?
🔴 La France Insoumise a déjà abordé avec son programme l’Avenir en commun et ses livrets thématiques ces questions.
Rappelons que le programme l’Avenir en commun et le livret indiquent que la France devrait sortir de l’OTAN. Ironie de l’histoire : l’OTAN va devoir faire face à une crise pouvant conduire à sa dislocation en raison d’une part d’une défaite probable face à la puissance militaire et économique de la fédération de Russie et d’autre part face à des contradictions internes comme en témoigne la décision de Trump d’annexer le Groenland[8] et de mettre sous tutelle américaine le Canada.
🔴Pour des informations supplémentaires, reportez vous au livret " Pour une France indépendante souveraine et non alignée[9] ". Pour y accéder clique sur limage ci-dessous.👇👇
En 2026, pour les municipales, à La Rochelle en respect à notre stratégie nationale[5], nous souhaitions une liste d’union autour des forces de gauche porteuses du programme du NFP... élargie au Collectif Assemblée citoyenne[0].
Mais elle a été empêchée par la candidature autoproclamée de la tête de liste du PS[1] derrière qui se sont couchés, les écologistes[6], le PCF et le Collectif Assemblée citoyenne[4].
Aujourd’hui, les insoumis rochelais et citoyens qui les ont rejoint sont en campagne rassemblés autour de leur binôme tête de liste, Veronique Behar Bonnet, et Nino Salaün pour construire une ville solidaire[8] !
Sources :Eric Durand | mis à jour le 17/03/2026
C'est dans ce contexte que les militants-es et rochelais de La France Insoumise, réuni.es le 20 novembre, ont décidé à l’unanimité de constituer une liste pour les élections municipales 2026.
Décryptage :
Pendant plus d’un an, LFI a participé aux discussions entre toutes les organisations politiques du nouveau Front Populaire de 2024 rejointes ensuite par le Collectif Assemblée Citoyenne[0].
Nous l'avons régulièrement demandé mais il n’a jamais été possible d’aborder réellement les questions de programme. Pour La France Insoumise, il est prioritaire de s'accorder d'abord sur un programme avant de se partager les places[3].
Dès la fin de l’été 2025, le Parti Socialiste a affiché sa candidate et démarré sa campagne sans consultation[1]. Comment faire confiance à un parti qui permet à Macron de se maintenir et à Lecornu de présenter son budget de misère ?
RÉSULTAT : La France Insoumise constitue une liste à La Rochelle, une liste ouverte aux militantes et militants de syndicats, d’associations, de collectifs et à toutes celles et ceux qui partagent le programme du NFP et de l'avenir en commun[2]appliqué localement.
Pour un communalisme municipal, pour un programme de rupture, l'action est engagée à La Rochelle.
La liste La Rochelle insoumise et populaire pour une VILLE SOLIDAIRE entre en campagne rassemblée autour de Veronique Behar Bonnet
Pas par dogmatisme, mais pour appliquer notre programme.
Un programme qui permettra de changer la vie des gens de #larochelle.
🔴 Un engagement pris, un engagement qui sera tenu, en signant cet appel qui va être rendu public !
Candidat·es aux élections municipales sur La Rochelle, avec 155 autres candidats insoumis, nous nous engageons pour le RIC et la révocabilité des élu·esen signant l'appel ci dessous ouvert à tous nos candidats de France :
Comme candidat·es aux élections municipales, nous nous engageons à soutenir le vote d’un vœu en début de mandat installant le RIC dans notre commune ;
Nous nous engageons également à ce que ce vœu propose de reconnaître que notre mandat peut être révocable par les citoyen·nes.
▶️ Pour signer la pétition, cliquez sur l'image ci-dessous
👇👇
Retrouvez la boîte à outils programmatique insoumise pour les municipales et les réponses de La Rochelle insoumise et Populaire à 10 questions rochelaises !
Objectif :porter la révolution citoyenne en commençant la planification écologique, en fortifiant l’entraide et en construisant la nouvelle France.
▶️ Pour accéder à la boîte à outils programmatique insoumise cliquez sur l'image ci-dessous 👇👇
🔴 La traduction rochelaise de la boite programmatique pour permettre de changer la vie des gens de La Rochelle.👇👇
▶️ La réponse de La Rochelle insoumise et Populaire à 10 questions rochelaises[7]. Pour accéder au document cliquez sur l'image ci-dessous👇👇
▶️ ▶️ Faites mieux pour La Rochelle avec le PROGRAMME INTÉGRAL de La Rochelle insoumise et Populaire[11]. Pour accéder au document cliquez sur l'image ci-dessous👇👇
▶️ Et si vous voulez comparer les programmes des 8 candidat.es thème par thème c'estICI : filtrez par sujet et découvrez les propositions de chaque liste[9].
La campagne rochelaise des municipales est lancée : présence sur le terrain, réunions publiques à venir, et initiatives locales se multiplient.
🔴 L'équipe de campagne mobilisée
Réunion de lancement de campagne pour la liste La Rochelle insoumise et populaire !
🔴 Le meeting : On vous attend nombreux pour nous donner la force de tout changer !
En ce 25 février, plus de 400 citoyen.nes mobilisé.es autour de Veronique Behar Bonnet et la liste de La Rochelle insoumise et populaire avec le soutien du député LFI Eric Coquerel.
Précarité et écologie étaient au cœur du programme insoumis dévoilé par Véronique Bonnet à la salle des fêtes de Villeneuve-les-Salines ce mercredi 25 février[10].
🔴 Les insoumis.es seront jusqu’au bout de la campagne sur le terrain pour convaincre les abstentionnistes et appeler à un sursaut Républicain dans le territoire de La Rochelle !
Lancement de la campagne le 18/01/2026 au marché de la Pallice, collage...... !
Dans de nombreuses villes, les listes insoumises ont réalisé des scores spectaculaires. Une multiplication par onze de leurs résultats par rapport aux municipales de 2020.
Élections municipales 2026 1er tour, résultats définitifs à La Rochelle, la liste de La Rochelle insoumise et Populaire progresse de 885 voix et de 1.38% par rapport à 2020[12]: ▪️ soit une progression de 88.32 % du nombre de voixpar rapport à 2020 ;
▪️ soit une progression de 26.7% du % 2020.
Pour analyser correctement ces résultats il faut aussi prendre en compte le fait que :
partout, et La Rochelle n'est pas un îlot dans le paysage national, ces élections ont reflété un vote politique ;
la population de La Rochelle est passée de 77 000 habitants en 2020 à 81 397 en 2026 et en six ans, le nombre de citoyens en capacité de voter à La Rochelle a gonflé de 5 362 personnes, soit + 10,3 %, essentiellement des classes moyennes (les modestes des classes « populaires » ne peuvent pas s'y loger) qui votent au centre droit ;
la crainte de voir s'implanter LFI désignée partout comme la force politique à contrer, a mobilisé la bourgeoisie dans ses quartiers. Et il est clair que la mobilisation des quartiers populaires a manqué. Mais l'épouvantail agité régulièrement et l'invisibilisation volontaire de LFI par le PS, EELV et PCF à La Rochelle ont favorisé le vote Falorni.Bref, c'est l'arroseur arrosé ;
si on lève un peu le nez de La Rochelle, on voit que là où les quartiers populaires ont été mobilisés, le score de la gauche radicale est en nette progression, qu'elle soit alliée ou non à l’autre " gauche " ;
la progression de LFI à La Rochelle n'a pas permis de contrer le désaveu des politiques macronistes menées localement depuis longtemps par des équipes dont on retrouve des membres dans les 3 listes arrivées en tête et les girouettes politiques du PS, EELV et PCF sont des repoussoir ;
la confusion est totale quant à leurs lignes politiques. Un peu de clarté et de sincérité dans les engagements des uns et des autres aurait pu avoir un tout autre effet ;
élément a prendre en compte dans le pourquoi de l'accès d'Olivier Falorni au second tour... et sa victoire : même si l'âge médian est de 42 ans à La Rochelle, la part des plus de 60 ans est considérable — environ 24 000 personnes — et ne cesse de grimper chaque année, or, Olivier Falorni, en tant que député est l'initiateur de la Loi sur la fin de vie, ce qui a constitué, indépendamment de son positionnement politique, un point d'appui fondamental pour conquérir la mairie de La Rochelle, la loi sur la fin de vie recevant le soutien de la majorité des rochelais.
▶️ La réponse de La Rochelle insoumise et Populaire à la question du second tour :
Pour le second tour de ces élections, les candidates et candidats de la listeLa Rochelle insoumise et populaire appellent les électeurs et les électrices à n'accorder aucune voix aux listes « Macron-compatibles ». 👇
Sous prétexte de lutter contre les formes " renouvelées de l’antisémitisme ", une proposition de loi (PPL575[0]) visant à porter atteinte à la liberté d’expression va être mise à l’ordre du jour de l'Assemblée nationale au cours de la semaine 12 janvier 2026
Cette Proposition de Loi présentée par la députée Caroline Yadan est une très sérieuse menace pour la liberté d’expression, pour le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien et plus globalement pour l’ensemble des organisations concernées par la défense des Droits humains.
L’ensemble de la proposition de loi s’avère incompatible avec le droit à la liberté d’expression et présente des risques pour la cohésion de la société française
• La PPL est porteuse d’une assignation identitaire des Français juifs au soutien de l’État d’Israël et de sa politique. Elle est ainsi dangereuse pour les Français juifs qu’elle prétend protéger.
• Le texte se réfère à des délits majeurs sur la base de critères contestables, vagues et imprécis : il constitue de ce fait une grave menace pour la liberté d’expression.
• Le texte introduit de nouveaux délitsqui constituent des ingérences entravant de manière grave le débat public légitime relatif à des conflits d’actualité.
Ce texte constitue une réponse inadaptée et dangereuse à la montée de l’antisémitisme en France. Les parlementaires doivent donc s’y opposer et la rejeter. La situation au Proche-Orient, notamment en Israël et dans le Territoire Palestinien Occupé, dont Gaza, divise profondément la société française. Dans notre démocratie, les opinions doivent pouvoir s’exprimer dans toute leur diversité, dans le respect des lois existantes, en particulier sans assignation identitaire et raciste d’où qu’elle vienne.
▶️ L’augmentation des actes antisémites en France rapportée par le ministère de l’Intérieur, ainsi que la montée de la violence et de tous les types d’actes et de comportements racistes en France est alarmante. Elle doit trouver des réponses dans la mobilisation citoyenne commeelle doit faire l’objet d’une réponse politique sérieuse, et non être instrumentalisée pour réprimer les critiques de la politique israélienne, en particulier avec une utilisation inadéquate de la définition dite “ IHRA ” de l’antisémitisme.
▶️ Par les critères contestables et imprécis qu’elle introduit sur des délits existants et par l’introduction de nouveaux délits relatifs à l’expression d’opinions,cette loi s’avère incompatible avec le droit à la liberté d’expression, protégée tant au niveau conventionnel que constitutionnel.
▶️ Par l’assignation identitaire des Français juifs dont elle est porteuse, cette PPL les expose alors qu’elle prétend les protéger, etprésente des risques majeurs pour la cohésion de la société française.
Les réponses proposées par cette PPL ne répondent pas au problème posé, bafouent les principes de la République, et ne peuvent qu’aggraver les fractures au sein de la société française.
🔴 Lire l’analyse détaillée de la PPL n°575 en cliquant sur l'image ci-dessous 👇 ou en accédant au téléchargement[1]
URGENT : mobilisons nous pour que cette loi ne passe pas. L'AFPS nationale et les groupes locaux organisent une riposte en s'adressant aux députés lors de rendez-vous.
L'AFPS propose également une action que chaque citoyen peut faire en son nom, et vous met disposition une proposition de lettre type (elle est en Word donc modifiable) a adresser à votre député-e.
🔴 Pour accéder au modèle de lettre cliquez sur l'image ci-dessous 👇 ou en accédant au téléchargement[2]
▶️ Attention il reste moins 5 jours pour le faire.
Les élections municipales 2026 arrivent... et nous sommes à un peu plus d'un an des présidentielles... nous avons besoin d’une campagne longue pour bâtir une majorité d’adhésions autour d’un programme.
Et pour gagner, il faut à la fois :
ramener des millions de dégoûté.es à la politique ;
pour y arriver, pratiquer la clarté face aux électeurs-trices... notamment sur le " qui dit quoi et qui fait quoi ", et en premier lieu en ce qui concerne le RN !
🔴 Le RN est dans la dérive croissante.... La condamnation de Marine Le Pen en 2025 a provoqué une déferlante de menaces de mort contre les juges siégeant à son procès... confirmant que le RN est bien le parti des « brebis galeuses » – comme l’avait minimisé Jordan Bardella le 3 juillet 2024[0]– (la démonstration en est faiteICI)...
🔴 Élus et cadres du RN ont laissé pulluler messages nauséabonds et illégaux (haineux, antisémites, racistes et islamophobes dans les groupes Facebook « La France avec Jordan Bardella » et « Résistance PATRIOTE !!!! »(la démonstration en est faiteICI)...
🔴 Politiquement, le RN entretient une « guerre des pauvres » pour diviser le peuple, dont le vote pour lui est une forme de manifestation... et chaque jour qui passe le démontre un peut plus : le RN est la roue de secours du système...👇
Jean-Luc Mélenchon est ancien sénateur socialiste, ministre sous Lionel Jospin, il a fondé le Parti de gauche (PG) en 2008 puis La France insoumise (LFI) en 2016. L’ex-militant trotskiste et figure majeure de la gauche de la gauche s’est présenté trois fois à la présidentielle, obtenant 11 % en 2012, 19,5 % en 2017 et 22 % en 2022. Aujourd’hui, il copréside l’Institut La Boétie, un think tank adossé à LFI, aux côtés de la députée Clémence Guetté.
Alors que le gouvernement échappe à un vote budgétaire et que le PS choisit la négociation, le leader insoumis dénonce une « comédie démocratique » et acte la rupture avec les socialistes. Sa stratégie : refonder une gauche de rupture, préparer les municipales en autonomisant La France insoumise et affronter les grands débats sur l’immigration, le syndicalisme, l’Ukraine, la Chine et le Proche-Orient.
Politis :Le gouvernement de Sébastien Lecornu ne semble pas prêt à se soumettre au vote à l’Assemblée nationale sur son budget. De leur côté, les socialistes ont décidé de négocier[0]. Quel regard portez-vous sur cette séquence politique ? Jean-Luc Mélenchon :Qui pouvait croire Sébastien Lecornu, la main sur le cœur, déclarant lors de son discours de politique générale : « Le gouvernement vous proposera, nous débattrons, vous voterez » ? Le renoncement au 49.3[1] était une comédie. J’ai alerté dès octobre : nombreux sont les articles constitutionnels avec le même effet. La preuve est faite. À nos yeux, ce pouvoir est illégitime : Macron n’a pas respecté[2] le résultat des législatives de 2024. Pour la classe médiatico-politique, ce viol de la démocratie est un événement comme un autre. Mais les insoumis s’opposeront toujours à un gouvernement constitué sur cette base.
Enfin, nous avons vu le Parti socialiste (PS) refuser la censure[3] et opérer un changement d’alliance.Il a sauvé ce gouvernement au mépris des engagements pris devant nos électeurs dans le programme commun du Nouveau Front populaire (NFP[[4])… Tout ça pour construire sa nouvelle alliance des centres dans l’assemblée actuelle. Tel est le tableau sans précédent dans notre pays.
Politis :La séquence budgétaire acte-t-elle le retour des deux gauches irréconciliables ? Jean-Luc Mélenchon :Les socialistes avaient déjà refusé six fois de voter la censure contre François Bayrou. En sauvant Lecornu[5], ils poursuivent avec méthode leur objectif :ils veulent prendre la tête d’un nouveau bloc réunissant les socialistes, les écologistes, le Modem et ce qu’ils appellent la « Macronie de gauche » de Gabriel Attal, même si c’est une étiquette sans contenu politique. Ils ont rompu avec nous pour le faire. Cette rupture n’a pas eu lieu en 24 heures mais au fil des mois avec des pics.
Le premier : au moment des révoltes urbaines après la mort de Nahel[6] en juin 2023. Ils ont relayé la droite qui nous accusait d’être responsables des violences.
Le deuxième : ils nous ont éliminés de tout accord aux sénatoriales.
Le troisième : pendant l’été 2024, ils ont bloqué toutes les propositions de premier ministre pendant dix jours pour tenter d’imposer déjà Olivier Faure.
Après le 7 octobre 2023, ils se sont comportés comme des supplétifs de Netanyahou contre nous.
Tout ça a été terriblement démoralisant.
🔴À quoi bon spéculer sur les deux gauches irréconciliables[7] ?
Mieux vaut se poser la question : que signifie « être de gauche » en 2025 ? La gauche est née de la question de la souveraineté populaire. Comment le PS la défend-il en soutenant un gouvernement battu aux élections ? Aujourd’hui, le PS, comme presque toute la social-démocratie européenne, adopte une stratégie de grande coalition à droite, ralliée à la politique de l’offre, dans la continuité du quinquennat de François Hollande.Avant même d’aborder ces débats budgétaires, le PS a proposé 22 milliards de coupes budgétaires !
Les insoumis l’assument : nous sommes voués aux humiliés, aux pauvres, aux opprimés, aux salariés, aux uberisés, aux gens qui vivent dans les cités populaires, à la jeunesse précarisée et à toutes les luttes contre les discriminations racialisées et sexistes. Et pour cela, le PS nous accuse de faire du clientélisme. Mais nous sommes nés pour être l’outil de ces luttes !
Politis :Quelles sont les conséquences de cette rupture ? Jean-Luc Mélenchon :Nous avons proposé une « nouvelle fédération » avant la chute de Bayrou[8]. C’est toujours notre ligne. Nous sommes prêts à discuter et à travailler avec ceux qui assument la ligne de rupture. Le rassemblement que nous avons réussi à construire, en 2022 et 2024, est majeur : pour la première fois de l’histoire de la gauche française, il y avait des candidats communs au premier tour des législatives. Pour nous, qui défendons la stratégie de la recomposition unitaire de la gauche, c’était une victoire décisive.
Cette formule avait dominé les recompositions de gauche dans le monde : Brésil, Chili, Uruguay, Espagne, Grèce, et Allemagne… Tout ça est fini ici aussi. Il faut inventer autre chose désormais car il est prouvé que le PS ne respecte aucun accord[9].
Il ne s’est pas contenté de rompre la recomposition unitaire de la gauche.
Il est devenu radioactif tant il est détesté en milieu populaire.
Et il a aggravé l’affaiblissement de la gauche tout entière en aidant la droite à construire un nouveau « cordon sanitaire » dont le seul but est de nous isoler et d’inclure le RN dans leur « arc républicain ».
Politis :Pour les municipales, quelles sont vos ambitions ?
Jean-Luc Mélenchon :En 2020, nous avons fait le pari de soutenir toutes les listes citoyennes[10] qui surgissaient dans le pays. Ça n’a pas fonctionné. Entretemps, La France insoumise (LFI) a obtenu de très gros scores en 2022 dans les moyennes et les grandes villes. Notre mouvement s’est développé et s’est soudé partout. Nous serons présents avec près de 5 000 candidats dans 95 % des villes de 100 000 habitants et 75 % des villes de plus de 30 000 habitants. Le travail programmatique municipal est quasi bouclé. Les questions de la démocratie locale et des formes de la participation populaire vont être centrales dans nos campagnes. Le mouvement insoumis portera la tradition du municipalisme populaire[11].
C’est grâce à cette politique qu’ont été mis en place, dans les villes de gauche du siècle passé, les habitations à bon marché, les bibliothèques municipales, les piscines, l’information municipale, le quotient familial… Nous considérons que le local est la vitrine du projet national. Les villes insoumises seront des vitrines d’un modèle de bonheur populaire. Que pouvons-nous faire pour la garde des enfants, pour le logement, pour les écoles, les arts et les transports ?Nous voulons nous occuper de la vie simple de ces millions de gens abandonnés par tout le monde. Et ces classes populaires savent que nous sommes courageux, que nous ne lâchons rien.
Politis :Localement, avec qui souhaitez-vous faire alliance ? Jean-Luc Mélenchon : Les écologistes veulent bien bavarder mais ils refusent un accord national. Les communistes ne proposent rien si ce n’est la reconduction des sortants. Les socialistes ont dit qu’ils ne voulaient pas des insoumis ni au premier ni au deuxième tour. Comment comptent-ils gagner sans nous ? Avec la droite ? Ils doivent le comprendre : nous n’accepterons pas d’être convoqués entre le premier et le second tour pour porter leurs valises.
Toutefois, si nous sommes en tête au premier tour, nous proposerons à tous ceux qui veulent gagner avec nous, sans exclusive, de nous rejoindre.
Si nous ne sommes pas en tête, nous aurons des discussions exigeantes car les autres ne nous inspirent pas confiance.
Politis :Vous appelez toujours à une présidentielle anticipée. En cas de campagne express, vous porterez-vous officiellement candidat ?
Jean-Luc Mélenchon :Il n’y a rien de décidé me concernant. Mais contrairement à ce qui peut se raconter dans la classe politico-médiatique, je ne suis pas un gourou à la tête d’une secte. D’autres candidatures dans nos rangs sont disponibles. La mienne a toujours été le résultat de discussions et d’un vote interne. La procédure sera simple : la coordination de notre mouvement proposera un nom qui sera ensuite soumis à un vote.Cette procédure sera respectée en cas de présidentielle, anticipée ou non. Mais contre la personnalisation de la Ve République, nous mènerons une campagne collective. Et le mouvement insoumis profitera de ses nombreuses figures connues dans l’opinion publique.
🔴Une chose est sûre : nous ne participerons à aucune primaire. D’ailleurs, la possibilité qu’elle ait lieu diminue à très grande vitesse. Au fond, ce système n’a aucun sens. Si cette primaire était gagnée par une candidature insoumise, tous ses concurrents s’en iraient aussitôt. À New York, le vaincu Andrew Cuomo s’est présenté contre Zohran Mamdani[12]. À Seattle, même scénario. En 2017, Manuel Valls, François de Rugy, comme d’autres, n’ont pas soutenu Benoît Hamon. La seule chose qui intéresse les candidats actuels de ce type de processus, c’est la gloire sans le travail pour la mériter.
Politis :À gauche, les offres politiques sont nombreuses. Comment combattre la dispersion des voix ? Jean-Luc Mélenchon :Nous l’avons déjà fait deux fois, en 2017 et en 2022, malgré les candidatures écologiste, socialiste et communiste. Nous avons réussi à rassembler. Et en 2022, il n’a manqué que 420 000 voix pour accéder au second tour. Nous allons donc essayer une troisième fois de vaincre cette dispersion. Il faut comprendre que nous sommes dans une nouvelle époque. Le monde où les partis agglomèrent des électorats au coup de sifflet n’existe plus.Nous allons faire campagne, nous allons défendre un programme, nous mènerons le combat. Et nous n’avons peur de rien.
🔴Quand y a-t-il eu un candidat commun à la présidentielle à gauche ? Deux fois seulement au siècle passé, en 1965 et en 1974. Lors de la prochaine présidentielle, toutes les forces politiques seront traversées par une question de fond : faut-il défendre la ligne de la rupture ou pas ? Ceux qui le veulent se rassembleront. De notre côté, nous pouvons nous accorder plus facilement avec l’écologie radicale comme avec les communistes. Il est plus difficile de s’entendre avec des socialistes de l’aile radicale puisqu’elle n’existe pas pour l’instant.
Politis :Le récit politico-médiatique affirme très souvent qu’en cas de second tour face à l’extrême droite, vous perdrez. Comment comptez-vous inverser cette prédiction alors que le front républicain s’effrite, voire s’inverse, faisant de vous et votre mouvement la figure repoussoir numéro 1 ? Jean-Luc Mélenchon :Cette petite musique sert à renforcer l’ennemi, elle cherche à nous disqualifier alors que nous sommes les plus forts à gauche. Ils peuvent bien affirmer que je suis « clivant ». C’est vrai heureusement. Mais qui a déjà recueilli 22 % des voix ? Aujourd’hui, dix-huit mois avant l’élection présidentielle, l’extrême droite nous devancerait de 20 points ? Comme en 2022 ! Mais dans l’élection, un seul point nous a finalement séparés ! Il serait donc bon de ne pas faciliter le travail des sondages manipulatoires. Ce qui comptera, c’est l’opiniâtreté et la discipline au combat.
🔴Chaque jour qui passe, nous continuons à aller dans les endroits où se trouvent les électeurs qui feront la différence.
Tout le temps. Sans pause, sans trêve. Si 1,5 million de gens en plus dans les quartiers populaires se mobilisent lors de la prochaine présidentielle, nous gagnerons. Nous sommes le mouvement du peuple. Nous savons qui nous voulons rassembler et pour qui nous faisons campagne. Et si ça ne marche pas, que les donneurs de leçon fassent mieux ! Les peuples ont les dirigeants qu’ils choisissent. Si les Français décident de passer au fascisme, au racisme, ce sera leur décision. Mais nous menons et nous mènerons de toutes nos forces le combat pour les en dissuader.
🔴Nos concurrents se contentent de pleurnicher et de mendier le soutien de la caste médiatique. Dans le pays, la vague dégagiste est levée. Les gens n’en peuvent plus. Après ce budget, ce sera encore pire, malgré les prétendues « grandes victoires » du PS qui sauvent le gouvernement Lecornu. Les gens vont s’en rendre compte. Aujourd’hui, qui a tenu bon ? Nous ! Et qui d’autre ? Je fais confiance à l’intelligence populaire… Mieux vaut faire ainsi que d’être embarqué avec des gens qui n’ont pas de parole, qui signent un programme et font le contraire le lendemain. Comment inspirer confiance en telle compagnie ?
Politis :Vous êtes un partisan de la rupture avec la charte d’Amiens[13], qui affirme l’indépendance des syndicats à l’égard des partis politiques. Cette position agace les syndicats qui vous accusent parfois d’avoir une volonté hégémonique sur le mouvement social. Qu’avez-vous à leur répondre, et notamment dans la perspective de construire une grande mobilisation ? Jean-Luc Mélenchon :Nous subissons une situation qui aggrave les difficultés de la gauche politique. C’est la faiblesse dans les entreprises, le syndicalisme est réprimé, le chômage est une menace qui effraie. Le rapport de force est dur à tenir pour les syndicalistes. Le mouvement insoumis ne peut avoir une assise ferme sans un mouvement syndical fort dans le pays. Mais pourquoi nous refuse-t-on par principe une coordination de l’action ? En restant chacun dans son couloir, nous ne pouvons pas gagner alors que les militants politiques sont souvent aussi syndicalistes.
🔴Concernant le mouvement contre les retraites[14] en 2023, 91 % de la population était contre cette réforme. Mais le mouvement social s’est soudainement arrêté. Pourquoi ? Cela n’a jamais été discuté. Des dirigeants syndicaux nous ont même appelé directement pour nous pousser à retirer tous nos amendements pour accélérer la discussion et aller au vote sur la mesure de l’âge de départ à 64 ans (article 7). La charte d’Amiens ne serait-elle valable que dans un sens ? Les syndicats auraient-ils le droit de nous dire ce que nous devrions faire, mais la réciproque ne serait pas vraie ?
🔴Encore récemment sur le décalage de trois mois de la réforme des retraites, notre combat parlementaire contre cette combine a été freiné par le comportement initial des syndicats. Ils ont été trop prompts à soutenir la prétendue « suspension[15]» avant de se rendre compte de la réalité. Pourquoi le mouvement insoumis prétendrait-il diriger le mouvement syndical ? Nous voulons pouvoir donner notre avis sur l’action. Et, à chaque fois, nous sommes repoussés au nom de cette charte. Le jour où les syndicats appliqueront le programme de la charte d’Amiens, c’est-à-dire la grève générale révolutionnaire pour préparer la gestion coopérative de l’économie capitaliste, nous les suivrons sans condition.
🔴En attendant, nous avons besoin de coalition amicale dans l’action. La séparation artificielle entre le mouvement syndical et les militants politiques est un boulet. Surtout quand les militants sont souvent les mêmes. Si nous avions été écoutés pendant la lutte sur les retraites, nous aurions pu expliquer pourquoi c’était une erreur d’aller au vote. Il était très important que la réforme des retraites n’ait pas de légitimité. Et, aujourd’hui, si elle n’en a aucune, c’est grâce à notre tactique.
Politis :Aux États-Unis[16] comme en Europe[17], les frontières se durcissent, qu’elles concernent les personnes ou les marchandises. Comment l’analysez-vous ? Jean-Luc Mélenchon :La question des frontières ne peut pas être séparée de la crise du capitalisme, le mode de production de tous ces territoires. Nous sommes partisans d’une conférence permanente sur les frontières. Et il existe un cadre pour cela : l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Les Russes en faisaient partie. Mais ils en ont été exclus. C’est une erreur. Le second élément décisif est la politique de Donald Trump. En durcissant les frontières douanières, il a tourné la page de 40 années de néolibéralisme fondamentaliste.
🔴Nous vivons donc un moment où l’ancien monde se disloque. Les États-Unis n’en sont plus les maîtres. Car la première industrie manufacturière mondiale, c’est la Chine. Tout s’est brouillé : des communistes vous expliquent qu’ils sont pour le libre-échange, et des capitalistes qu’ils sont pour la production nationale. Le monde s’est renversé et il n’y a pas de projet alternatif sur la table. Dans ce contexte, le rôle de la France est important. En effet, c’est la seule nation d’Europe où une gauche radicale peut accéder au pouvoir dans un pays central du capitalisme.
Politis :En France, l’obsession de la droite et de l’extrême droite porte sur l’expulsion des étrangers. Si vous arrivez au pouvoir, que faites-vous de cette question, notamment en ce qui concerne les obligations de quitter le territoire (OQTF[18]) et les centres de rétention administrative ? Jean-Luc Mélenchon :Avant d’expulser, nous devons nous préoccuper du reste.
D’où viennent tous ces gens ?Notre premier but, c’est qu’ils n’aient pas besoin de partir de chez eux.
Deuxièmement, nous ne pouvons pas considérer l’expulsion comme une politique d’immigration. Cette idée est un fantasme.
La Grande-Bretagne a serré tous les écrous. Résultat : 660 000 personnes de plus. Il faut être raisonnable.
🔴D’abord, il faut rendre la vie moins inhumaine pour les gens qui sont arrivés sur notre territoire : nous devons faciliter les régularisations. Car l’État produit de l’illégalité en refusant de mettre à jour les papiers dans les délais, en infligeant des conditions d’obtention des renouvellements qui sont une honte et qui, en plus, n’aboutissent pas. Il faut que ce système cesse. Mais il faut surtout un renversement complet de notre compréhension du monde.Cette nouvelle lecture est délicate car le système politico-médiatique a chauffé à blanc l’opinion publique en martelant que l’immigration est un danger, qu’elle est la cause des homicides, des viols et de toutes ces choses abominables. Pour nous, l’immigration reste un atout.
Politis :Depuis octobre 2023, les insoumis se mobilisent beaucoup sur l’impérialisme et le colonialisme israélien[19] en Palestine. Considérez-vous aussi que la Russie est un État impérial, compte tenu des différentes invasions des pays limitrophes ? Jean-Luc Mélenchon :L’usage des mots, et notamment celui d’impérialisme, n’est pas si simple. Je ne sais pas s’il s’applique à Israël. Je me contente des faits : envahir le voisin est inacceptable et nous le combattons. Nous ne pouvons pas laisser violer les frontières et régler les conflits par la force. Le mouvement insoumis se réfère toujours au droit international[20], c’est la base sur laquelle notre internationalisme se vit. Cependant, avoir relégué la Russie après la chute de l’URSS est une erreur absolue. Cette erreur a été commise sous la pression des États-Unis qui avaient intérêt à affaiblir l’Europe.
🔴C’est pourquoi en 2008 et en 2014, quand l’Otan a décidé que la Géorgie et l’Ukraine pourraient y entrer, nous avons réagi en disant : « Si vous faites ça, ce sera la guerre ! » Parce que la Russie ne pourra jamais accepter d’être encerclée. Le principal problème que nous avons avec la Russie, c’est que la question des frontières, après l’effondrement de l’Empire soviétique, n’a jamais été discutée nulle part. La Crimée était un territoire russe avant que le Parti communiste de l’URSS ne décide de la rattacher à l’Ukraine. Et cette question des frontières se posera encore de bien des façons aux limites de l’ancien empire soviétique.
🔴Pour le moment, il faut que les Russes évacuent l’Ukraine. Et je voudrais pointer du doigt ceux qui, de manière irresponsable, n’ont pas voulu discuter des garanties mutuelles de sécurité. Si vous ne vous accordez pas sur des garanties mutuelles de sécurité entre ennemis, avec qui voulez-vous les discuter ? Cela concerne l’Union européenne (UE). Elle doit exiger l’interdiction des missiles de moyenne portée parce que nous en sommes la cible. Et il faut résoudre ces questions :
qui déminera la mer Noire ?
Qui déminera l’Ukraine ?
Qui garantira la sécurité des centrales nucléaires ?
Enfin, la liquidation de la guerre avec la Russie ne se limite pas aux relations entre l’Ukraine et la Russie, elle implique aussi les frontières polonaises et hongroises.
Politis :En ce qui concerne la Chine, vous avez été accusé de complaisance avec ce régime. Que répondez-vous ? Et comment qualifieriez-vous ce régime ? Jean-Luc Mélenchon :De quoi ne suis-je pas accusé par les agents des États-Unis et de Netanyahou ? La Chine est un régime d’économie mixte. L’article 1 de sa Constitution dit qu’il s’agit d’« une dictature démocratique populaire ». En quoi ça consiste ? Je suppose qu’il s’agit, pour eux, de la « dictature du prolétariat ». Je vous renvoie au texte de Marx sur le sujet pour le vérifier. Néanmoins, il ne faut pas être stupide et croire qu’une police politique contrôle 1,4 milliard de personnes. Aucun pays n’en serait capable. Le nationalisme chinois est le plus puissant liant de ce pays.
🔴La seule question que nous devons nous poser, c’est de savoir ce que nous voulons faire avec la Chine. Et moi, je vous réponds : nous ne ferons pas la guerre aux Chinois. Par ailleurs :
la Chine a proposé un traité mondial de désarmement nucléaire. Je suis pour ;
Elle a proposé un traité mondial pour une monnaie commune. Je suis pour ;
La Chine a proposé une organisation internationale de l’intelligence artificielle. Je suis pour.
C’est le seul pays à proposer ça. Est-ce que cela fait de moi un « agent » chinois ?Si nous gouvernons la France, nous le ferons avec des partenaires. Il faut une coopération active avec la Chine.
Politis :Vous avez dénoncé le génocide à Gaza. Qu’en est-il des Ouïgours[21] ?
Jean-Luc Mélenchon : Le mot de génocide est d’une très grande gravité. La qualification génocidaire concernant Gaza vient d’organismes internationaux. J’étais présent lorsque la Cour internationale de justice de l’ONU à La Haye a présenté les cinq critères qui font passer d’un crime de guerre à un génocide[22]. Quatre de ces points étaient présents dans les actes du gouvernement de Netanyahou et son intention génocidaire était affirmée. Il faut toujours peser les mots pour savoir quoi faire, en proportion. S’agissant des Ouïghours, nous n’approuvons aucun mauvais traitement des minorités ethniques quand il s’en présente. Mais que disent les institutions internationales ? L’ONU n’accuse pas la Chine de génocide… Voilà pourquoi je dis que ce n’en est pas un. Nous ne voterions donc pas davantage aujourd’hui le texte de la droite évoquant un génocide sur lequel nous nous sommes abstenus. Le droit international reste notre boussole constante.
Politis :Ces dernières semaines, Emmanuel Macron a rencontré deux fois Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne. Comment analysez-vous la position du président de la République depuis la reconnaissance de la Palestine[23]et le cessez-le-feu, régulièrement violé par Israël ? Jean-Luc Mélenchon :Emmanuel Macron a pris du temps, mais il a fini par rallier notre position répétée chaque semaine à l’Assemblée nationale durant les séances de questions d’actualité au gouvernement. Le point de départ pour arrêter le génocide[24], c’est de montrer à Netanyahou que tout ne lui est pas permis. Il croyait se débarrasser des Palestiniens. Résultat : les États sont de plus en plus nombreux à reconnaître un État palestinien. Les trois quarts des pays du monde et presque la moitié de l’Union européenne le reconnaissent.
🔴Macron a bien fait de recevoir Mahmoud Abbas. Néanmoins, nous devons interroger : pourquoi ne fait-on pas voter les Palestiniens ? Une élection est moins compliquée à organiser qu’une guerre. Gaza va être soumise à un nouveau mode d’administration sans que les Palestiniens se prononcent sur le sujet[25]. Nous voilà revenus à l’époque du colonialisme le plus vulgaire. La reconnaissance de l’État palestinien est une étape.Mais cette guerre serait instantanément stoppée si les États-Unis et l’Europe n’armaient pas Netanyahou.Le président de la République devrait donc mettre fin à la coopération commerciale et militaire avec lui. Quand nous gouvernerons notre pays, aucune livraison d’armes ne lui sera autorisée.
🔴Et puis la guerre n’est pas finie : le Liban est bombardé comme Gaza. Et la France ne fait rien ! Le Liban doit rester autonome et indépendant. C’est une nation amie. Il faut aider l’armée libanaise à être une armée régulière capable de défendre ses frontières. Après ça, vous pourriez me demander : « Comptez-vous armer l’Ukraine ? » D’abord, c’est déjà fait. Ensuite, ce n’est pas la même chose. Être protagoniste d’une guerre avec un pays nucléaire, ce n’est pas pareil que d’aider à défendre une frontière au Moyen-Orient.
Politis :Israël aussi a la bombe nucléaire. Grâce à la France d’ailleurs… Jean-Luc Mélenchon :Je ne crois pas que Netanyahou ait les moyens, ou l’envie, de mener une guerre nucléaire avec la France. Mais nous demandons la dénucléarisation de toute la zone, de l’Iran à Israël, en passant par le Liban, la Syrie et les pays du Golfe.L’humanité entière a intérêt à en revenir au traité de non-prolifération nucléaire.
Oui, la victoire de Mélenchon est désormais le scénario le plus probable !
Écrit avant l’audition de Jean-Luc Mélenchon par la commission d’enquête sur l’entrisme islamiste, audition où le chef de file de la FI s’est montré magistral (de l’aveu même de ses adversaires)[0], cet article examine le scénario très plausible d’une présidentielle 2027 où le candidat insoumis passerait non seulement le premier tour, mais serait élu à la présidence. Alors que les éditocrates annoncent déjà sa défaite face à Jordan Bardella, les données électorales, la recomposition du champ politique et la sociologie du pays racontent une autre histoire. Bloc macroniste en miettes, « gauche raisonnable » sans base populaire, appareil insoumis rodé comme aucun autre, jeunesse massivement à gauche : la plupart des curseurs se déplacent dans son sens. Loin des fantasmes médiatiques et des sondages d’opinion commandités par les oligarques qu’il menace, cet article défend une idée simple : la victoire de Mélenchon est désormais le scénario le plus probable.
Jean-Luc Mélenchon constitue, pour l’ordre établi, une menace d’une rare intensité. Les grandes fortunes, dont l’influence s’exerce bien au-delà de leurs entreprises, voient dans ses propositions fiscales et sociales une remise en cause frontale de leurs intérêts.
Bernard Arnault ou Vincent Bolloré comprennent parfaitement qu’un gouvernement appliquant la lutte contre les oligopoles, la taxation massive des dividendes et la démocratisation des médias porterait atteinte à des positions héritées depuis des décennies.
Les forces de l’ordre savent également que Mélenchon est l’un des rares responsables politiques à dénoncer explicitement les violences policières et à proposer des mécanismes institutionnels pour les prévenir et les sanctionner.
Les tenants du productivisme et ceux qui profitent de l’écocide redoutent la planification écologique des insoumis, pensée pour rompre avec l’impunité climatique.
Enfin, les partisans du macronisme – qu’il s’agisse des élites politiques qui ont bénéficié du quinquennat ou de ceux qui profitent de la casse sociale menée au nom de la raison – identifient en lui le seul adversaire capable de renverser l’ordre qu’ils ont patiemment construit.
Le candidat qui dérange C’est pour ces raisons qu’il est depuis dix ans la cible de tentatives de disqualification systématiques : tantôt présenté comme un chef autoritaire, tantôt comme un agent d’influence poutinien, tantôt comme un antisémite qui s’ignore, il est aujourd’hui attaqué sur un tout autre terrain. On ne conteste plus ses idées, son programme, ni même sa stratégie. On affirme simplement qu’il serait battu d’avance au second tour face à Jordan Bardella.
Cet argument révèle moins la faiblesse supposée de Mélenchon qu’il ne dévoile la vacuité doctrinale de ses rivaux, incapables d’articuler une critique de fond et condamnés à répéter les prophéties de cabinets de sondage appartenant à des groupes possédés par des milliardaires ou par des individus dont l’accointance avec l’extrême droite est dûment documentée. Ces instituts se sont lourdement trompés pour les législatives de 2024 – sur 31 sondages réalisés, 31 donnaient le Rassemblement national vainqueur, devant le Nouveau Front Populaire.
Aucun d’entre eux n’a présenté le début d’une excuse.
Aucun n’a procédé à la moindre réforme de ses « méthodes » (les guillemets s’imposent à la lecture de la récente enquête d’Hugo Touzet, qui dévoile le vide abyssal sur lequel repose leurs données).
Il serait naïf, et coupable, de leur accorder une autorité prédictive sur une configuration aussi inédite qu’un duel entre la gauche radicale et l’extrême droite.
Une progression électorale continue mais sous-estimée Pour comprendre pourquoi l’hypothèse d’une victoire de Jean-Luc Mélenchon en 2027 est la plus probable, il faut revenir à la réalité des dynamiques électorales. En trois candidatures présidentielles, Mélenchon a constamment progressé, en nombre absolu de voix comme en pourcentage. De 11 % en 2012, il est passé à près de 20 % en 2017 puis 22 % en 2022, manquant le second tour d’un cheveu : 420 000 voix. Cette trajectoire ascendante résulte certes de facteurs exogènes – l’affaissement historique du Parti socialiste, la crispation identitaire du Parti communiste, l’absence de cohérence au sein d’EELV – mais aussi d’un travail stratégique extrêmement structuré. En 2017 comme en 2022, la majorité des électeurs se déclarant plus à gauche ou plus à droite que Mélenchon ont pourtant voté pour lui. Pour de vastes pans de l’électorat, Mélenchon est devenu le point d’agrégation, la figure centrale autour de laquelle se recompose l’espace de la gauche.
Ce phénomène, observé ailleurs en Europe, répond à une double dynamique :
le discrédit des partis de gouvernement incapables de proposer une issue sociale à la crise économique ;
et la montée de nouvelles mobilisations syndicales, féministes, écologistes, populaires et antiracistes dont les revendications infusent aujourd’hui l’agenda politique.
La France insoumise a capté cette énergie, elle a construit un corpus doctrinal et programmatique compatible avec ces attentes.
Février 2025 (source : page Facebook de Jean-Luc Mélenchon)
Le spécialiste de la remontada À cette évolution structurelle s’ajoute un phénomène récurrent des campagnes mélenchonistes : sa montée en puissance tardive. Ce qu’il a lui-même théorisé sous le nom de « tortue sagace », et que les fans de football qualifient de " remontada ". Historiquement, Jean-Luc Mélenchon réalise l’essentiel de sa progression dans les six derniers mois précédant l’élection. Les courbes de 2017 et de 2022 montrent des hausses de quinze points sur cette période – ce que ne fait aucun autre candidat. Dans le dernier mois, il peut engranger presque dix points. Les ressorts sont connus : ses talents de débatteur, sa capacité à créer des contrastes nets lors des grands rendez-vous télévisés, l’inventivité et l’ampleur de ses meetings, et le recours au porte-à-porte de ses nombreux groupes d’action produisent une dynamique cumulative unique en France.
Déjà en 2017, chaque débat majeur lui apportait deux à trois points.
En 2022, malgré une concurrence accrue due à la candidature de Fabien Roussel, les tendances furent similaires. Les meetings ont été des dispositifs de mobilisation massifs et spectaculaires, de l’hologramme aux meetings olfactifs, répliquant une mécanique parfaitement maîtrisée.
🔴Cette montée tardive s’explique aussi par la sociologie de son électorat.
Les jeunes, les classes populaires, les abstentionnistes intermittents, n’apparaissent dans les sondages qu’à partir du moment où ils commencent à s’intéresser aux débats. Leur intensité participative est faible hors période électorale. Les enquêtes d’opinion les sous-représentent systématiquement. Ainsi, les mêmes enquêtes surestiment l’extrême droite et sous-estiment le vote insoumis. Rien d’étonnant donc à ce que Mélenchon démarre bas : son électorat est, en dehors des échéances électorales, statistiquement invisible. De là découle une évidence analytique : les sondages de décembre 2025 ne nous apprennent rien sur les dynamiques de mars-avril 2027.
▶️Mélenchon est aujourd’hui placé à 13% par les sondeurs. A la même période, pour les deux précédentes présidentielles (c’est-à-dire 18 mois avant les scrutins de 2017 et de 2022), il était mesuré à 8% – soit cinq points de moins. Si sa trajectoire des dix-huit prochains mois suit la même courbe ascendante qu’en 2017 et 2022, il finira à environ 26% en mai 2027, un score synonyme de qualification assurée pour le second tour.
▶️Au même (ca)niveau que les sondages erronés, il convient de rappeler les fausses prophéties journalistiques, qui sont moins des prévisions fondées sur des faits que l’expression de désirs à moitié avoués. Après l’épisode des perquisitions au siège de la France insoumise, en octobre 2018, les grands médias ont répété durant deux ans que la carrière politique de l’intéressé était définitivement enterrée ; à la présidentielle suivante, il surclassait une nouvelle fois le reste de la gauche. La même « mort » lui avait été annoncée lorsqu’avant la présidentielle de 2017 il avait émis l’hypothèse d’une sortie de l’UE.
La fragmentation du bloc macroniste, une fenêtre d’opportunité historique Un autre élément, rarement analysé à sa juste mesure dans les prévisions actuelles, concerne la conjoncture politique, et plus précisément l’état d’effritement avancé du bloc central construit autour d’Emmanuel Macron depuis 2017. Ce bloc, qui avait rassemblé une partie de la droite, le centre et l’aile gestionnaire du Parti socialiste, n’a jamais constitué une force idéologiquement unifiée. Il reposait sur la conjonction improbable entre un rejet momentané des partis traditionnels, l’adhésion des élites économiques à un projet néolibéral décomplexé et la personnalisation extrême du pouvoir autour de la figure d’un président jeune, disruptif et au capital symbolique alors intact. Or ce capital s’est plus que dégradé. Il s’est abaissé à un niveau record dans l’histoire du pays : 11% de confiance en novembre 2025. Et contrairement à l’idée que cette usure serait simplement le produit d’une décennie d’exercice du pouvoir, tout indique que la fragmentation actuelle résulte aussi d’un calcul stratégique du président sortant.
▶️Il est désormais établi – par une série d’enquêtes journalistiques convergentes – qu’Emmanuel Macron a souhaité et encouragé, directement ou indirectement, la victoire du Rassemblement national lors des législatives de 2024. La dissolution a été décidée dans des conditions qui, de l’aveu même de certains proches du président, avaient moins pour objectif de clarifier la situation parlementaire que de provoquer un choc politique dont le RN sortirait vainqueur. Les appels passés à des candidats pour qu’ils retirent leur candidature dans certaines circonscriptions stratégiques, la passivité assumée de la majorité présidentielle face aux triangulaires défavorables au camp progressiste, et les consignes contradictoires envoyées aux fédérations locales ont construit un scénario où le RN devenait le maillon d’une stratégie de long terme. L’hypothèse la plus plausible est désormais la suivante : Macron ne souhaite pas qu’un héritier naturel s’impose à la tête de son camp, que ce soit Édouard Philippe, Gabriel Attal, Gérald Darmanin ou François Bayrou. Il sait que toute figure trop solide, trop autonome, qui s’installerait à l’Elysée, serait susceptible de lui fermer la porte d’un retour. En favorisant l’éparpillement et l’affaiblissement de son propre bloc, il laisse ouverte la possibilité d’une recomposition ultérieure (en 2032) où il reviendrait comme recours face à une droite extrême arrivée au pouvoir mais en situation d’échec.
▶️Dans ce contexte, l’extrême centre est plus fragmenté que jamais.
Édouard Philippe, malgré une image d’homme d’État, n’a ni parti structuré ni base militante ;
Gabriel Attal est prisonnier de son identification au macronisme ;
Gérald Darmanin mise sur un électorat réactionnaire qui lui préfère déjà le RN ;
et François Bayrou ne dispose plus d’aucun crédit depuis son passage à Matignon.
Aucun de ces prétendants n’est en mesure d’incarner un pôle suffisamment large pour empêcher leur dispersion et forcer ses rivaux à se retirer. Le bloc central se présentera désuni en 2027, s’annihilant mutuellement et rendant extrêmement improbable la présence d’un candidat macroniste au second tour. Ajoutons à cela que tout candidat de ce camp portera le fardeau de son prédécesseur, désormais désavoué par ses soutiens les plus fidèles et, surtout, par les segments de la population qui constituèrent pourtant sa base électorale en 2017 et 2022. Cette absence d’un pôle centriste crédible et unifié constitue une des données les plus déterminantes pour l’élection à venir : elle ouvre mécaniquement un espace pour un duel Mélenchon–Bardella (ou Mélenchon – Le Pen).
Une concurrence inconsistante Du côté de la gauche, les candidatures alternatives – Glucksmann, Tondelier, Ruffin, Autain – ou celles de fossiles que certains rêvent encore de ressusciter – Hollande, Cazeneuve, Royal, Duflot – bénéficieront d’une visibilité et d’une bienveillance médiatique certaines. Les grands groupes de presse, appartenant à des puissances économiques hostiles à LFI, ont tout intérêt à fabriquer une « gauche raisonnable », rassurante pour les marchés, inoffensive pour les oligarques, et docile sur les sujets européens et géopolitiques. Ce scénario n’est pas nouveau :
on l’a vu en 2017 avec Benoît Hamon, porté un temps comme incarnation d’une social-démocratie combative avant de s’effondrer ;
en 2022, avec Yannick Jadot ou Christiane Taubira, dont les dynamiques médiatiques n’ont jamais trouvé de traduction populaire.
Les raisons sont les mêmes : ces candidatures manquent d’un programme structuré, d’un appareil militant robuste, d’une cohérence idéologique, et surtout de l’ancrage social nécessaire pour dépasser un public composé essentiellement de diplômés urbains. Elles ne disposent pas de l’infrastructure indispensable pour mener une campagne présidentielle dans la durée : pas de réseau territorial significatif, pas de corpus doctrinal travaillé, pas de capacité de mobilisation numérique ou physique. Même portées artificiellement par les médias mainstream, ces figures ne parviennent pas à transformer l’essai dans la durée.
🔴En face, Mélenchon s’appuie sur un appareil qui, depuis 2016, a acquis une solidité sans équivalent dans le champ politique français.
LFI n’est plus le mouvement « gazeux » des premiers temps, ni le parti en manque d’implantation territoriale qui enjambait à contre-cœur les élections municipales de 2020 : c’est désormais une organisation structurée, dotée d’un groupe parlementaire nombreux, d’équipes d’assistants rodées à la production législative et communicationnelle, d’un outil intellectuel – l’Institut La Boétie – capable de produire des notes doctrinales et programmatiques de haute qualité (outil que d’autres, à gauche, tentent d’imiter), d’un réseau de cadres formés, d’une stratégie numérique maîtrisée, et d’une capacité logistique impressionnante. L’élaboration du programme L’Avenir en commun, travaillée depuis dix ans et enrichie par des consultations régulières avec experts, ONG, associations et professionnels, a donné naissance à un document cohérent, reconnu y compris par ses adversaires comme le plus complet, le mieux chiffré, le plus sérieux de l’offre politique française. Cette base programmatique, pensée pour durer, assortie d’une quarantaine de livrets thématiques, confère à Mélenchon une longueur d’avance que ses concurrents auront du mal à combler.
🔴Dans ces conditions, la qualification de Mélenchon pour le second tour apparaît comme un scénario très probable.
L’impopularité et la fragmentation du centre, l’absence d’assise populaire de la gauche décaféinée et le savoir-faire accumulé par les insoumis offrent à leur leader un boulevard.
Reste la question du second tour lui-même.
Un second tour inédit et une dynamique démographique favorable Les sondeurs affirment que Mélenchon serait écrasé par Bardella. Mais ces prédictions n’ont aucune validité scientifique.Les instituts se trompent régulièrement sur des élections simples, dans des configurations connues et maintes fois répétées. Ils seront encore plus démunis face à un duel totalement inédit : jamais dans l’histoire de la Ve République un candidat de gauche radicale n’a affronté un candidat d’extrême droite au second tour. Les comportements électoraux dans une telle situation ne relèvent d’aucune loi préexistante.
On peut craindre que les électeurs LR basculent massivement vers le RN : c’est déjà le cas aujourd’hui.
On peut anticiper qu’une partie des dirigeants macronistes se rallient à Bardella ou appelle à « faire barrage à Mélenchon » ; ce qui revient au même. Mais les électeurs centristes sont moins alignés sur leurs élites qu’on ne le croit. Une part d’entre eux demeure attachée à l’État de droit, à la séparation des pouvoirs, à l’indépendance de la justice et aux libertés individuelles. Pour ces électeurs, Mélenchon représente, malgré la longue liste de reproches qu’ils lui adressent, une menace moins grande que l’arrivée au pouvoir d’un parti ouvertement illibéral.
Quant à l’électorat social-démocrate ou libéral-libéral (culturellement et économiquement), celui qui se reconnaît dans Glucksmann, il peut détester Mélenchon, il peut le vouer aux gémonies lors des diners de famille et des afterworks entre collègues, mais dans l’isoloir, seul avec lui-même, face au risque d’un basculement autoritaire, il se comportera rationnellement : il votera pour la gauche, fût-elle bruyante, radicale, populiste ou même « poutinienne » ; il le fera par prudence autant que par intérêt.
🔴 Mélenchon devra impérativement recentrer son discours, peut-être aussi son programme, pour conquérir au second tour les orphelins de Glucksmann et de Macron. Ce recentrage, il l’a déjà amorcé.
Le « bruit et la fureur » de 2010 se sont progressivement atténuées. Le dialogue a été renoué avec des représentants du patronat, l’attache a été prise avec des gradés de l’armée, des collaborations peu visibles mais bien réelles sont à l’œuvre avec un bataillon de hauts fonctionnaires. Mélenchon et ses lieutenants misent désormais sur le sérieux institutionnel, la compétence technique et la respectabilité étatique, tout en conservant la capacité à incarner la radicalité impulsée par les mouvements sociaux et désirée par leur électorat populaire. Concilier ces deux registres n’est pas chose facile. L’art de préserver l’ambiguïté n’est pas donné à tout le monde. Mais cet art caractérise la trajectoire politique du leader insoumis, ex-militant mitterrandien, ex-sénateur socialiste et ex-ministre de Jospin d’un côté, mais aussi tribun de la révolution citoyenne, théoricien du dégagisme et désormais pourfendeur des violences policières et du génocide à Gaza. La faculté caméléonesque de Jean-Luc Mélenchon – chacun voit en lui ce qu’il veut y voir – est un atout considérable.
Enfin, si la victoire de Mélenchon apparait plus probable que jamais, cela tient aussi au fait que la France ne s’est pas droitisée, en tout cas pas dans les proportions que la droite tente de nous faire croire. Les jeunes générations penchent massivement à gauche, et les valeurs de tolérance et d’égalité progressent y compris chez les segments les plus âgés dont le vote va pourtant à Macron ou Fillon. Mélenchon est le seul candidat dont la base s’appuie sur les classes d’âge en expansion démographique. Le temps joue pour lui.
Une France politiquement de droite mais sociologiquement de gauche
Depuis plusieurs décennies, un paradoxe travaille la France : le pays vote majoritairement à droite mais sa population pense de plus en plus à gauche. Si l’on se limite aux résultats électoraux et aux sondages mis en scène sur les plateaux télé, on croit assister à une inexorable droitisation du pays. Mais dès qu’on quitte ce regard myope pour observer les évolutions de long terme des valeurs – génération par génération, en suivant des dizaines d’enquêtes accumulées depuis les années 1980 – le décor se renverse. Sous la surface d’un paysage institutionnel et médiatique monopolisé par la droite, on voit se déployer une lente et puissante dynamique de « gauchisation par le bas » : l’attachement à l’égalité, à la redistribution, à la protection sociale, à la tolérance, aux libertés publiques progresse doucement mais surement. C’est l’enseignement principal du livre que le politiste Vincent Tiberj a consacré au mythe de la droitisation[1].
🔴 Sur le plan socio-économique, les données longitudinales produites par mon collègue montrent qu’une majorité de Français restent durablement favorables aux services publics et à la protection sociale.
Si l’on construit un indice de préférences sociales allant de 0 (libéralisme pur, marché roi) à 100 (égalitarisme maximal), la moyenne ne bascule dans la moitié la plus libérale que sur une courte période, au milieu des années 1980, au moment du tournant austéritaire et de la contre-offensive idéologique menée contre le bref épisode social du début du mitterrandisme. Depuis le début des années 2000, la courbe remonte nettement : les préférences redistributives se renforcent, l’adhésion à l’État social se stabilise à un niveau élevé et la demande de régulation augmente après chaque crise financière ou sociale. Autrement dit, malgré quarante ans de propagande néolibérale, la population n’a pas intériorisé la doxa du « trop d’impôts », « trop de fonctionnaires », « trop d’État ». Elle reste, en moyenne, plus proche d’un imaginaire social-démocrate que du catéchisme patronal.
Extension du domaine progressiste Sur le plan culturel, le mouvement est encore plus spectaculaire. L’indice d’ouverture sur les questions de mœurs et de libertés publiques qu’a créé Vincent Tiberj montre une progression continue depuis la fin des années 1970 : ce qui semblait minoritaire, voire scandaleux, à l’époque (égalité femmes-hommes, droits des minorités sexuelles, lutte contre l’antisémitisme et le racisme) est devenu, pour une large majorité, un horizon de normalité.
L’exemple le plus parlant est celui de l’homosexualité. Au début des années 1980, moins d’un tiers des personnes interrogées considéraient que c’était une manière acceptable de vivre sa vie ; aujourd’hui, cette proportion frôle les 90 %.
De même, sur les questions d’immigration, un indice de tolérance élargie montre une progression régulière de l’acceptation des étrangers et de leurs descendants. La part de ceux qui estiment qu’« il y a trop d’immigrés » baisse, tandis que progresse celle de ceux qui voient dans l’immigration un facteur d’enrichissement culturel et jugent légitime la revendication d’égalité des droits. Loin de la fable d’un pays saisi par une obsession identitaire, une majorité silencieuse accepte la diversité, rejette les politiques ouvertement discriminatoires et se montre réceptive à un discours d’hospitalité encadrée plutôt qu’à la rhétorique de la forteresse assiégée. Ces données sont confirmées par les travaux d’une autre politiste de renom, Nonna Mayer.
Juin 2025 (page Facebook de Jean-Luc Mélenchon)
🔴 D’où vient alors cette impression oppressante d’une France « passée à droite » ? D’abord d’une droitisation « par le haut ». Le petit monde des responsables politiques, des fast thinkers et des grands groupes médiatiques exerce une guerre psychologique : il martèle, sondage après sondage, chronique après chronique, que le camp de l’égalité serait minoritaire, ringard, coupé du réel. Les sondages les plus anxiogènes – sur l’« insécurité culturelle », le « sentiment de submersion migratoire », la supposée lassitude face au féminisme ou au « wokisme » – sont commandés, mis en forme et commentés par des groupes qui ont tout intérêt à naturaliser l’idée d’une France droitisée. Cette mise en scène produit un effet d’optique : une minorité réactionnaire, mieux équipée médiatiquement, crie très fort et apparaît comme majoritaire, tandis qu’une majorité plus ouverte, plus égalitaire, moins bruyante, est reléguée à l’arrière-plan.
L’extrême droite et l’extrême centre se servent de ce récit pour s’octroyer une légitimité démocratique ;
la gauche molle s’en empare pour justifier ses renoncements ;
et certains militants radicaux s’y réfugient pour expliquer leurs échecs sans avoir à interroger leur stratégie.
Majorité électorale et minorité sociale Le cœur du paradoxe réside dans ce que les politistes appellent l’« abstention différenciée ». Le résultat des scrutins ne reflète pas ce que pense l’ensemble de la société, mais ce que pense une fraction socialement privilégiée et générationnellement située.
Les bourgeois et les baby-boomers sont les fractions sociales les plus politisées au sens traditionnel du terme, c’est-à-dire les plus assidues pour se rendre aux urnes.
Les générations plus jeunes, plus diplômées, plus précaires, plus tolérantes, plus égalitaristes, s’éloignent massivement du vote sans forcément décrocher de la politique. Elles se mobilisent sur les réseaux, sur les places publiques, sur les rond-point, dans les mobilisations féministes, écologistes ou antiracistes, mais boudent des élections perçues comme inutiles et/ou déconnectées de leurs préoccupations.
Comment leur donner tort lorsqu’on voit comment le président traite le résultat des urnes en 2024, et lorsqu’on se souvient du sort qui a été fait au « non » du referendum de 2005 ?Résultat : la majorité électorale ne représente plus qu’une minorité sociale. Les partis qui dominent l’offre politique se calent sur les peurs et les intérêts de ce segment restreint. Les classes populaires, quant à elles, se réfugient dans l’abstention intermittente ou systématique. On obtient ainsi une configuration où des valeurs globalement de gauche cohabitent avec des institutions verrouillées par différentes nuances de droite.
🔴 Sur cet arrière-plan paradoxal, la possibilité d’une victoire mélenchoniste prend une autre portée. Elle ne serait pas le triomphe improbable d’une gauche « extrême » sur un pays massivement droitisé mais la résolution d’un paradoxe devenu intenable : celui d’une France sociologiquement de gauche mais politiquement gouvernée par la droite.
En rassemblant les cohortes les plus jeunes, les classes populaires encore prêtes à voter, les secteurs attachés à l’État social et aux libertés publiques, Mélenchon a compris cette réalité que les élites préfèrent ne pas voir.
Sa victoire en 2027 serait moins une rupture qu’un rattrapage.
Pour la première fois depuis longtemps, les valeurs majoritaires – égalité, protection sociale, tolérance, démocratie – trouveraient enfin leur traduction dans les urnes.
Février 2024 (source : page Facebook de Jean-Luc Mélenchon)
Transformer l’essai Au regard de ces éléments – progression constante de Mélenchon depuis quinze ans, savoir-faire inégalé pour les campagnes, les débats et les meetings, sous-évaluation systématique de son électorat par les sondeurs, usure du pouvoir, impopularité et fragmentation du bloc central, absence d’alternative crédible à gauche, supériorité organisationnelle, faculté caméléonesque du candidat, dynamique démographique favorable et gauchisation par le bas du pays – un constat s’impose : la victoire de Jean-Luc Mélenchon le 25 avril 2027 n’est pas seulement possible ; elle constitue le scénario le plus plausible.
Je ne le dis ni par volontarisme ni par militantisme, mais par analyse froide des tendances qui travaillent en profondeur la société française. Les seules certitudes auxquelles s’accrochent ses opposants – les sondages prématurés et les emballements médiatiques – relèvent de la panique plus que de la raison.Les faits, eux, dessinent un autre horizon. Mélenchon a déjà approché la victoire. Les conditions politiques, sociologiques et historiques sont plus alignées que jamais pour qu’il l’atteigne.
Manuel Cervera-Marzal
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Pourquoi les politologues de plateaux télés sont des nuls ? L'analyse de Jean-Pierre Pinon.
✅ Pour les politologues de plateaux télés qui, comme des perroquets, répètent en boucle que Jean-Luc Mélenchon serait peut-être un " bon candidat de premier tour " mais qu'il serait " archi battu " au second, je voudrais opposer à leur analyse formatée une analyse précise, chiffrée et stratégique.
📌 Ces " experts " ignorent une donnée fondamentale : le réservoir de victoire n'est pas chez les électeurs des autres, il est dans l'abstention.
1️⃣Le mythe du plafond de verre : La preuve par les chiffres. En 2022, il a manqué précisément 421 420 voix à Jean-Luc Mélenchon pour accéder au second tour. Ce n'est rien. C'est l'équivalent de quelques points de participation dans les grandes métropoles.
2️⃣Le géant endormi : La jeunesse (18-34 ans)
Les " experts " oublient que les jeunes sont le premier socle de La France Insoumise, mais aussi les premiers abstentionnistes :
Le constat : chez les 18-34 ans, l’abstention a frôlé les 43 % en 2022.
▪️ Le potentiel : si cette génération votait simplement au même niveau que la moyenne nationale (73,7 %), cela injecterait 2,1 millions de votants supplémentaires.
▪️ Le gain net : avec un score de 34 % sur cette tranche, Jean-Luc Mélenchon capterait à lui seul 714 000 voix de plus. Le retard du second tour est déjà comblé.
3️⃣ Les quartiers populaires : Un gisement de victoire ▪️ Dans les Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV), là où Jean-Luc Mélenchon réalise des scores historiques (dépassant souvent les 60 %), l'abstention est une anomalie démocratique :
▪️ Le déficit : l’abstention y atteint souvent 45 % à 50 %.
▪️ L’impact : ramener cette participation à la moyenne nationale offrirait environ 385 000 voix nettes supplémentaires.
4️⃣ Pourquoi ce réservoir va-t-il se réveiller ? ▪️ C’est ici que les politologues se trompent lourdement. Les mal-inscrits et les abstentionnistes ne sont pas désintéressés ; ils sont révoltés. Ce sont eux qui subissent de plein fouet les politiques mises en œuvre depuis des années contre eux et sans eux.
▪️ Or, La France Insoumise est aujourd'hui perçue comme la seule force d'opposition qui ne lâche rien face au système. Cette clarté est l'atout de mobilisation principal : on ne se déplace pas pour un compromis, on se déplace pour une rupture.
▪️ Pour ces millions d'oubliés, le bulletin Mélenchon est le seul outil efficace pour renverser la table.
5️⃣ La stratégie des 3 millions
▪️ Si l'on cumule le réveil des 18-34 ans, la mobilisation des quartiers et le travail sur les 7,6 millions de mal-inscrits, le réservoir de voix dépasse les 3 millions.
▪️ La victoire ne dépend pas d'aller séduire l'électorat de centre-droit sur les plateaux TV, elle dépend de la capacité à organiser la colère de ceux que le système veut rendre invisibles.
👉 " La victoire n'est pas au centre, elle est en bas. Elle n'est pas dans la modération, elle est dans la mobilisation de ceux que le système a tenté de faire taire. "
On passe à l'action...
Vérifiez si vous êtes bien inscrits sur les listes électorales...
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Jean-Luc Mélenchon éparpille façon puzzle l’indigence des députés de droite et d’extrême droite. Une éclatante démonstration de force pour Jean-Luc Mélenchon et le mouvement insoumis.
Ce samedi 6 décembre, Jean-Luc Mélenchon acceptait de se présenter devant la « commission d’enquête » anti-LFI destinée à faire croire à l’existence de liens entre la France insoumise et des groupes terroristes.
Le chef de file de LFI a voulu balayer toutes les accusations d’antisémitisme et de complaisance envers les réseaux religieux portées contre son mouvement politique.
Cette audition du 6 décembre était attendue de pied ferme.
Par la droite, qui avait suivi l’idée de Laurent Wauquiez, chef de file du parti Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale, de créer cette commission d’enquête sur les liens supposés entre les représentants et des réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste.
Et par les Insoumis, déterminés à démonter les accusations de complaisance envers les mouvements islamistes radicaux, portées par leurs adversaires politiques.
🔴D’emblée, Jean-Luc Mélenchon décide de planter le décor. « Nous avions décidé de vous boycotter. D’abord parce que l’intitulé de la commission était insupportable, on y mettait en cause notre parti », reconnaît-il dans son propos liminaire. Avec Marine Tondelier, présidente des Écologistes, il est le seul responsable politique à avoir été convoqué par cette commission.
Puis le chef de file explique les raisons qui l’ont incité à se présenter finalement : « Votre commission a déjà produit les documents qui nous innocentent absolument. Aucun responsable des services de renseignement ne dit qu’il y a un lien entre nous et les islamistes.»
▶️ En face, le président de la commission d’enquête, Xavier Breton (LR), et le rapporteur, Matthieu Bloch (LR), marchent sur des œufs. Ils prennent toutes les précautions oratoires pour rappeler que « cette commission n’est pas un tribunal », « ne vise pas un parti politique en particulier ». Son seul objet serait donc de lutter contre « l’entrisme islamiste » en France.
Mais qu’est-ce que l’entrisme islamiste ? Quelle définition juridique lui donner pour le qualifier et le sanctionner ? À cette question posée par le rapporteur, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, auditionné après l’Insoumis, coprésident de l’institut La Boétie, est incapable de répondre précisément. Il parle :
de la nécessité d’élargir les moyens de renseignement ;
de pouvoir suivre les personnes suspectes, de créer une nouvelle catégorie de fiché·es S ;
de mettre sous contrôle les associations, y compris sportives, soupçonnées de prosélytisme islamiste ;
d’analyser les candidatures des élections municipales.
Autant de moyens qui permettraient selon lui d’établir les faits et, après, d’imposer des sanctions et des mesures de prévention. Mais rien qui permette d’écrire une loi, même s’il a le projet de déposer un texte au printemps.
🔴Ce flou juridique pèse sur toute l’audition de Jean-Luc Mélenchon
Il joue sur du velours tout au long de ses interventions, partant dans de grandes digressions historiques et philosophiques.Déterminé à se montrer sous son meilleur jour, le chef de file de La France insoumise (LFI) avait décidé d’abandonner le ton vindicatif et les formules provocatrices dont il fait souvent usage. Il n’est là qu’en tant que simple « intellectuel », soucieux de défendre « la laïcité républicaine », rappelant que son parti n’accepterait jamais « l’entrisme religieux ».
▶️« Nous avons avant tout besoin de science et de compréhension de ce que nous affrontons. C’est ça que les terroristes espèrent, qu’on s’entretue entre nous, c’est aussi vieux que la guerre de religion entre catholiques et protestants ! », souligne-t-il. Aujourd’hui, l’islamophobie – il en revendique le terme – a saisi les esprits en France, installant un climat délétère dans le pays. Il s’attarde sur l’inquiétante confusion en train de s’ancrer entre islam, islamisme, et terrorisme islamiste, alors que des millions de musulmanes et de musulmans vivent aujourd’hui en France.
▶️« Je reconnais l’existence de cette menace terroriste et il faut tout faire pour la combattre […]. Mais pourquoi ne s’inquiéter que des Frères musulmans ? », s’interroge-t-il, en référence à un rapport commandé par Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, et rendu public par son successeur, Bruno Retailleau, au printemps. Avant de s’étonner que personne ne s’attarde sur « l’ingérence extérieure » des Émirats arabes unis, « visant à provoquer un débat public contre le Qatar [principal soutien financier des Frères musulmans – ndlr] ».
Lors de son audition, Gérald Darmanin enfonce pourtant le clou, parlant d’un projet d’entrisme « salafo-frériste », avec le soutien d’ingérences extérieures portées notamment par le Koweït et la Turquie. Il se félicite de l’aide apportée par l’Arabie saoudite et les Émirats dans ce combat.
Confusion et amalgames Au fur et à mesure des questions adressées à Jean-Luc Mélenchon, la confusion qui règne dans le débat public, relayée par les médias et les partis de droite et d’extrême droite s’inspirant du trumpisme, devient de plus en plus patente. Naturellement, on parle du voile.
Pourquoi Jean-Luc Mélenchon, farouche adversaire du voile en 2015, a-t-il changé d’avis depuis ?
Pourquoi le député Thomas Portes était-il en Égypte à la frontière de Gaza aux côtés d’Abu Amir Eleiwa, qui dirige une association proche des Frères musulmans, le 6 octobre 2023, veille du massacre du 7- Octobre ?
Pourquoi LFI a-t-elle participé à la manifestation du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), dissous en 2020, durant laquelle des « slogans antisémites » fusèrent, selon une question de la commission ?
▶️Balayant toutes les accusations antisémites dont LFI fait l’objet, Jean-Luc Mélenchon évite toute ambiguïté : « Je veux que chaque juif du plus modeste village de ce pays sache que, s’il a un problème, les Insoumis seront à ses côtés pour le défendre. »
▶️Avant de rappeler que les membres de droite de la commission, lors des manifestations contre le mariage pour toutes et tous, avaient aussi côtoyé des intégristes islamistes sans qu’il leur en soit fait reproche. Et de porter l’estocade : «Si vous voulez interroger des gens qui ont des liens avec les terroristes, interrogez des membres du Rassemblement national », en se référant à certaines auditions passées de responsables du renseignement.
Que reste-t-il de ces auditions ? Pas grand-chose.
Juste l’impression d’une commission d’enquête mal conçue, mal ficelée, élaborée pour n’être que la caisse claire du débat politique que veulent installer la droite et l’extrême droite.
Martine Orange
🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴
Face à la commission d’enquête anti-LFI, leçon d’histoire de la pensée républicaine !
Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l’occasion d’une audition devant la commission d'enquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste, le 6 décembre 2025.
L’Assemblée nationale a adopté le décalage de l’application de la réforme des retraites Borne. Une « première victoire d’étape[0] », s’est félicité le PS... !
Il aura donc fallu près de trois ans pour passer au vote. Pour la première fois, mercredi 12 novembre, les députés ont pu se prononcer dans l’hémicycle sur la très impopulaire réforme des retraites[1] décalant l’âge minimum de départ à 64 ans. Et ils et elles ont voté à une large majorité pour la « suspension[2] » de la réforme Borne qui avait été entérinée par un 49-3 aux airs de coup de force en février 2023.
L’article 45 bis du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) – qui gèle l’âge minimum de départ à la retraite à 62 ans et neuf mois (plutôt que 63 ans) jusqu’au 1 janvier 2028 et maintient le taux plein à 170 trimestres cotisés (et non 171) – a été adopté à 255 voix pour et 146 contre[2]. Une « victoire » obtenue grâce à l’alliance, apparemment baroque, entre le Rassemblement national (RN), le Parti socialiste (PS) et Les Écologistes qui ont voté pour, mais aussi grâce aux troupes macronistes (EPR) et MoDem qui se sont majoritairement abstenues pour laisser passer le texte. Une défaite cuisante pour ceux qui avaient déployé, des mois durant, des trésors d’inventivité manœuvrière pour s’éviter un vote défavorable sur la mesure phare du second quinquennat d’Emmanuel Macron. Mercredi, le MoDem s’est lui aussi partagé entre quelques votes favorables – au nom d’une ligne de « compromis » avec le PS – et beaucoup d’abstentions – une position « un peu facile », concédait, sourire aux lèvres, le bayrouiste Jean-Paul Mattéi au sortir de l’hémicycle.
Le troisième groupe du dit « socle commun », Horizons, a en revanche clairement fait sécession et voté à l’unanimité contre la suspension. Un nouvel aveu éclatant de la prise de distance des soutiens d’Édouard Philippe vis-à-vis du camp macroniste. La droite Les Républicains (LR) s’est, elle, divisée en trois blocs, avec une majorité de votes contre, dont celui du président du groupe, Laurent Wauquiez.
La gauche divisée Après plusieurs heures de discussions, les députés écologistes ont majoritairement suivi le PS et voté pour. Mais là encore, quatre députés se sont abstenus, à commencer par la cheffe de file sur le budget de la Sécurité sociale (PLFSS) Sandrine Rousseau, les ex-Insoumis Alexis Corbière et Clémentine Autain, ainsi que Benjamin Lucas-Lundy, représentant de Génération·s.
À l’inverse, leur collègue de banc François Ruffin a assumé ne pas faire la fine bouche. « Nous prenons, comme toujours ! Nous grattons ce que nous pouvons gratter pour les gens sans attendre le grand soir. Notre devoir, nous, à gauche, c’est d’ouvrir ensemble un chemin de victoire, que les travailleurs retrouvent un peu d’espoir ! », a lancé le député de la Somme, sous les applaudissements nourris des bancs socialistes[2].
🔴La réalité👇
En définitive, seuls les Insoumis et les communistes (à l’exception de l’ancien socialiste Emmanuel Maurel) se sont clairement opposés au décalage de la réforme Borne. Dans le groupe de La France insoumise (LFI), ils étaient toutefois pas moins de onze députés à être absents au moment du vote de la mesure portée par le PS. Contactés, Ugo Bernalicis, retenu à domicile par une angine, et Aurélien Taché, lui aussi absent, ont toutefois indiqué qu’ils auraient voté contre la suspension.
Fondateur du parti antispéciste REV (Révolution écologique pour le vivant) et apparenté au groupe, Aymeric Caron est le seul à avoir assumé s’abstenir sur la suspension : « Il me semble illisible pour les électeurs et les électrices de justifier un vote contre une mesure qui est objectivement un très très léger mieux », justifie-t-il auprès de Mediapart.
Toute la séance a été marquée par des passes d’armes entre Insoumis et socialistes, engagés dans une intense bataille de communication sur le bien-fondé du décalage en question. Les premiers ont dénoncé une « arnaque ».
« Voter pour le décalage c’est voter pour la retraite à 64 ans ! Et nous n’acceptons pas que ce décalage se fasse au prix decoupes sur le dos des malades », a lancé Mathilde Panot[3].
« J’ai rarement vu une avancée sociale consistant à fairepayer les malades… Et ce que les députés ont votéaujourd’hui, c’est un calendrier de départ à la retraite à 64 ans », a abondé son collègue Hadrien Clouet[4].
🔴 Une position qui a déclenché la colère des socialistes, qui n’ont pas caché leur incompréhension à l’égard de l’attitude de LFI : « Je n’imaginais pas cela imaginable : voir un parti de gauche, LFI, voter contre la suspension de la réforme Borne… Au nom du “grand soir”, il ne faudrait surtout pas accepter une évolution immédiate et positive pour des millions de futurs retraités », s’est insurgé Olivier Faure sur le réseau social X. « Je préfère une amélioration tout de suite que des incantations pour demain », a embrayé son collègue Jérôme Guedj.
Quoiqu’il se soient dits « très fiers », les mêmes ont néanmoins pris soin de ne pas verser dans un triomphalisme clinquant à l’égard de cette « première victoire d’étape contre le totem de la macronie ». « Nous allons continuer de nous battre pour des moyens supplémentaires pour l’hôpital ou pour supprimer les franchises médicales », a ainsi promis le président du groupe, Boris Vallaud. Emboîtant le pas du Parti socialiste, la CFDT s’est également félicitée dans un communiqué « du premier coup d’arrêt donné à une réforme des retraites qu’elle a combattue depuis fin 2022 ».
(NDLR) Pour laCGT, les députés ont voté le " décalage " de l’application de la réforme des retraites et pas la " suspension ". Fidèle au mandat donné par les salarié·es, la CGT continuera à se battre jusqu'à l'abrogation de la réforme des retraites et portera ses propositions pour financer le retour de la retraite à 60 ans[5].
Questions sur le financement Mais la victoire des socialistes est bel et bien en trompe l’oeil. Il y a d’abord la question du financement de cette concession qui leur a été faite par Sébastien Lecornu. Tel que voté ce 12 novembre, le coût du décalage de la réforme des retraites s’élèvera en effet à 300 millions pour l’année 2026 et à 1,9 milliard d’euros pour 2027. Pour compenser, il fait peu de doute que l’exécutif va revenir à la charge pour que l’impact du décalage de l’application de la réforme Borne sur les comptes de la Sécurité sociale soit nul.
🔴 D’où les questions nourries au moment des débats venues des rangs de la gauche...
« Comment allez-vous financer ? », a lancé Sandrine Rousseau d'EELV à l’endroit des ministres présents aux bancs de l’Assemblée.
« À qui allez-vous faire les poches ? », a surenchéri Hadrien Clouet de LFI[7].
« Lorsque nous avons été reçus le 14 octobre par le président de la République à l’Élysée, il nous a proposé un décalage de trois mois de la réforme payé par les retraités et les assurés sociaux. Qui a tort, qui a raison dans cette histoire ? », a aussi questionné le communiste Stéphane Peu du PCF.
Et Sandrine Rousseau de relancer : « Comptez-vous passer par décret pour faire adopter le doublement des franchises médicales, la hausse des franchises buccodentaires, la réforme des affections de longue durée, des indemnités journalières et des arrêts maladie ? Car si tel était le cas vous feriez payer un simple décalage de trois mois de la réforme des retraites à tous les plus fragiles de la société… »
🔴 En réponse à ces questions, le gouvernement s’est montré peu prolixe.
« On n’a pas encore décidé », a d’abord maladroitement répondu le ministre du travail et des solidarités, Jean-Pierre Farandou, qui a ensuite précisé qu’il « faudra être très attentif au bout des discussions de lapartie dépenses du PLFSS à retrouver des équilibres ».
« Nous nous sommes engagés à ne pas utiliser le 49-3, je nesuis donc pas celle dans cet hémicycle qu’il faut interroger », a pour sa part botté en touche la ministre chargée des comptes publics, Amélie de Montchalin. Elle a tout de même rappelé la position initiale du gouvernement, qui était de financer le décalage de l’application de la réforme Borne par « une taxe sur les complémentaires santé en 2026et la sous-indexation renforcée des pensions de retraite en2027 ».
🔴 La plus convaincue sur la question du financement, mercredi 12 novembre, était en fait Sandrine Runel, la rapporteuse socialiste du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS). Selon elle, la question des moyens ne se pose plus, vu ce qui a été voté précédemment : « Le vote par l’Assemblée de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital dans la partie recettes du PLFSS rapportera 2,7 milliards d’euros. » Dès lors, selon elle, il n’y a pas de jeu de « dupes », car la mesure serait financée si le budget était voté en l’état.
Mais là encore : est-ce une victoire réellequand on sait que le programme du Nouveau Front populaire (NFP), sur lequel les député·es socialistes ont été élu·es il y a moins de dix-huit mois, demandait :
d’une part, « l’abrogationimmédiatement des décrets d’application de la réforme d’Emmanuel Macron passant l’âge de départ à la retraite à 64 ans » ;
et, d’autre part, «réaffirmer l’objectif commun du droit à la retraite à 60 ans » ?Deux phrases très éloignées, sur le fond, de ce qui a été voté mercredi 12 novembre.
(NDLR) …la " suspension " de la réforme des retraitesn’est qu’un gain minime aux yeux du grand public ; seule une minorité estime qu'il s’agit d’une victoire importante[6])
🔴 Par ailleurs, cette menue concession obtenue par le PS succède à de lourdes défaites sur la fiscalité du grand capital.
Rappelons cette phrase d’Olivier Faure en guise de menace de censure au gouvernement Lecornu : « Il faut taper sur les ultrariches et sur les superhéritages. » Ce qui n’a pas été le cas jusqu’ici.
La taxe Zucman et sa version « light » proposée par le PS ont été rejetées en bloc.
Et aucun impôt sur le patrimoine prenant en compte dans son champ les titres de sociétés possédées par des milliardaires n’a été voté jusqu’ici.
Autrement dit, les Bernard Arnault, Vincent Bolloré et consorts pourraient sortir quasiment indemnes du vote du budget 2026. Rien qui permette, à ce stade, au PS de sabler le champagne.
Budget, relations avec le Parti socialiste, « dégagisme » qui frappe toute autorité, hégémonie des thèmes de l’extrême droite dans le « bloc bourgeois »… Pour Mediapart, le fondateur de La France insoumise analyse la décomposition politique du pays et en appelle à une présidentielle anticipée.
Quand nous le rencontrons jeudi 30 octobre au siège de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon accuse le coup. Pour la première fois de son histoire, le parti de Marine Le Pen a fait adopter le matin même[0] un de ses textes à l’Assemblée nationale, avec les voix de la droite traditionnelle : une proposition de résolution pour dénoncer l’accord de 1968 avec l’Algérie.
Malgré la conjoncture, la bascule du débat public vers l’extrême droite et la fracturation de la gauche, le triple candidat à la présidentielle croit toutefois en la possibilité d’une refondation politique. Pour mettre fin au « chaos Macron », il plaide toujours pour une présidentielle anticipée : « C’est une course de vitesse pour nous face au Rassemblement national. Mais je suis optimiste. »
Face au moment qu’il définit comme « dégagiste », le leader de LFI estime que les Insoumis ont « gagné la confiance populaire » en maintenant leur stratégie, malgré les attaques[1]. Lui entend laisser aux autres les « intrigues politiciennes » pour développer son concept de « nouvelle France » : « Une façon de dire : nous ne sommes plus sur la défensive, ce pays est à nous tous », détaille-t-il.
Sources :Médiapartpar Sarah Benhaïda, Mathieu Dejean et Ellen Salvi | mis à jour le 04/11/2025 Mediapart :Quelle lecture faites-vous du vote de la résolution du Rassemblement national (RN) dénonçant l’accord France-Algérie de 1968, grâce à ses alliés actifs de droite et tacites du centre ? Jean-Luc Mélenchon :Ses auteurs m’inspirent un profond dégoût. Pour la France, le lien avec le Maghreb est un lien familial et culturel. La guerre sans fin avec l’Algérie est aussi une déchirure de notre peuple. Quelle tristesse ! Le racisme que tout cela contient, c’est avant tout une stratégie organisée pour diviser notre peuple. Il s’agit d’empêcher une majorité sociologique de devenir une majorité politique en « essentialisant » sa diversité.
Le vote montre combien la droite traditionnelle est assujettie au RN. C’est devenu un groupuscule, idéologiquement tétanisé, incapable de proposer à notre pays un nouveau projet tiré de son travail. Elle s’est donc vouée à épouser les thèmes du RN, dont le récit est désormais hégémonique dans le bloc bourgeois. La droite traditionnelle espère sauver comme ça les débris de ses appareils politiques. Mais comme le bloc libéral s’effondre, le RN a les mains libres. Son objectif n’est pas d’unir les droites, mais de les absorber.
Mediapart :Comment lutter contre ce mouvement ? Jean-Luc Mélenchon :En étant plus puissants qu’eux donc en menant la bataille, en ne reculant jamais, en essayant sans arrêt d’impliquer le plus grand nombre par l’éducation populaire. Les Insoumis ne sont pas une avant-garde révolutionnaire, mais un mouvement d’éducation populaire politique. Il faut éduquer tout le temps, par l’exemple, le discours, la lutte. Être englobants, insoumis, positifs.
Mediapart :Jeudi, à l’Assemblée, toute la gauche a été qualifiée de « parti de l’étranger », « parti de l’Algérie ». D’ordinaire, c’est LFI qui a droit à ce genre de qualificatifs… Comment réagissez-vous ? Jean-Luc Mélenchon :J’ai du mal à en parler parce que je ne veux pas donner prise à l’idée de régler des comptes personnels. Mais c’est odieux. On l’a déjà vu au moment des révoltes urbaines[2]. On m’a reproché à grands cris de ne pas appeler au calme. Les Insoumis appelaient à la justice. Sinon ? Le calme dans l’injustice ?
Pour beaucoup, la parole des Insoumis a une autorité morale. Donc elle est attendue par des milliers de jeunes esprits. À eux et aux autres, LFI montre la sortie par le haut de la situation de violence : la justice et l’abrogation de la loi « permis de tuer[3] ». On refuse le rôle de chien de garde de la bonne société qui a peur du peuple.
🚩 On fera avec ceux qui veulent tenir parole.
La gauche politicienne ne se rend même pas compte de la responsabilité qu’elle a prise en aidant la droite et ses médias à nous ostraciser. Droite et extrême droite avaient intérêt à déplacer la ligne de démarcation républicaine entre la gauche traditionnelle et nous, les Insoumis, pour pouvoir faire sa jonction avec le RN. Tout est devenu plus difficile. Non seulement nous devons porter le programme pour convaincre les gens, mais aussi réparer la démoralisation due aux tactiques honteuses de nos ex-partenaires et à leur dénigrements.
Pour gagner ceux qui ne votaient plus, il faut mériter la confiance populaire au contact du terrain. Nous faisons largement notre part. Les autres passent leur temps à des intrigues politiciennes. Ils ne respectent ni le programme signé ni les accords électoraux.
Et voici Carole Delga [la présidente socialiste du conseil régional d’Occitanie – ndlr] dans une partielle [une législative organisée en septembre dans la 5ᵉ circonscription des Français de l’étranger – ndlr] refusant même le vote de deuxième tour à gauche si c’est LFI ! Que faut-il faire pour leur plaire :
Déchirer le programme ?
Dire que la police ne tue pas ?
Proposer des coupes budgétaires comme eux et des combines avec Macron ?
Mediapart :Mais la gauche peut-elle l’emporter aux prochaines échéances électorales si elle est désunie ? Jean-Luc Mélenchon : Ce sera plus difficile, sans aucun doute. Mais seule l’union sur un programme de rupture écologique et sociale peut gagner ! À preuve, notre score de 2022, notre victoire de 2024 et tous les exemples à l’étranger. Nous avons fait une offre de fédération. Nous sommes des partenaires exigeants mais loyaux et constants. Certes, l’ancienne gauche rejette le programme partagé après avoir bien profité des candidatures communes. Mais on fera avec ceux qui veulent tenir parole.
🔴 Cela vaut pour toutes les élections. Pour la présidentielle, « la gauche » n’a été unie que deux fois : 1965 et 1974. En 2022, il nous a manqué 420 000 voix pour le deuxième tour. Il nous faut donc les gagner. On y travaille. Le deuxième tour suivant sera alors un autre monde politique.
🔴La réalité, c’est la tripartition du champ politique.Pour gagner, nous avons besoin de plus d’un million de voix supplémentaires dans la jeunesse et les quartiers populaires abstentionnistes.Là se trouvent plusieurs millions de désorientés et de dégoûtés contre la caste politico-médiatique. Un dégagisme croissant les anime et il s’agit d’en faire une force politique positive tournée vers un nouvel idéal écologique et social : la VIe République.
Nous avons gagné du terrain. Nous sommes sérieux, constants, disciplinés, nos élus sont bosseurs, nous ne sommes pas dévorés par la lutte des ego. Dans les moments difficiles, sous les coups les plus durs, les menaces de mort, les insultes, tous les médias contre nous, nos alliés nous abandonnant, nous avons tenu bon. Alors les Insoumis ont gagné la confiance populaire.
Mediapart :Pensez-vous que le précédent des législatives partielles divisées et sans report de vos alliés à gauche peut se reproduire ? Jean-Luc Mélenchon :Nous verrons bien. Il est possible que les socialistes fassent ce choix. À Paris et dans d’autres villes, ils ne veulent d’Insoumis ni au premier ni au deuxième tour. Pourtant, en 2022, à notre initiative, c’est la première fois de l’histoire de la gauche qu’il y a eu des candidatures uniques au premier tour des législatives. On est allé chercher le PS, qui avait réuni 1,75 % des voix à la présidentielle de 2022.
Comme ils avaient touché le fond sur leur ligne sociale-libérale, on s’est dit : ils sont ralliés à la ligne de rupture. Donc c’est la fin de l’ère de la compétition, l’ère de l’émulation commence. J’ai même proposé qu’on fasse un groupe unique à l’Assemblée. Heureusement qu’ils ont dit non !
Mediapart :Les quartiers populaires se sont mobilisés pour vous en 2022, puis en faveur du Nouveau Front populaire (NFP) en 2024. Pensez-vous qu’ils vont à nouveau faire cet effort alors que le résultat du vote de 2024 a été méprisé ? Jean-Luc Mélenchon :Oui, je le pense. Mais commençons par dire que c’est notre vocation de représenter les milieux populaires. On nous accuse de clientélisme, mais alors les mouvements socialiste et communiste ont fait du clientélisme depuis un siècle ! Oui, nous voulons représenter les prolétaires, les ubérisés, les filles qui ont fait des études et sont méprisées, les garçons qui sont paumés et veulent s’en sortir. C’est le peuple français.Mais ce n’est pas seulement celui du passé. La nouvelle France y est en nombre.
🚩 Il ne suffira pas de dire : “ Vous avez vu ? La gauche est unie. ” Les gens sont beaucoup plus exigeants que cela !
Dans les familles qui viennent des pays qui ont été colonisés, on en est à la deuxième ou troisième génération française. Et tous ces gens ont une culture politique faite de luttes de libération et contre le colonialisme. Ils ont une conscience politique. Ils calculent, réfléchissent. Leur culture familiale est politisée. Voilà pourquoi ils reviendront. Parce qu’ils comprennent tout. Et qu’ils ne se laissent plus instrumentaliser par la vieille gauche qui les a manipulés.
Ils ont bien vu le danger en 2024. À ce moment-là, bien des gens m’ont dit : « Nous, on va s’en aller parce que c’est trop dangereux pour nos enfants. » Pour moi, c’est un crève-cœur terrible d’entendre ça. Qui sont les vrais républicains français ? Nous ! Pas nos adversaires qui les menacent. C’est une bataille.Il ne suffira pas de dire : « Vous avez vu ? La gauche est unie. » Les gens sont beaucoup plus exigeants que cela !
Mediapart :Depuis les européennes de 2024, vous avez conçu le concept de « nouvelle France ». Pensez-vous que ce contre-récit soit plus efficace dans la lutte contre l’extrême droite que la logique de dénonciation ? Jean-Luc Mélenchon :Un contre-récit ? Pourquoi pas, on est en phase d’élaboration. L’intuition est venue en 2024 qu’une idée était mûre désormais. La première fois, c’était sur un parking où il y avait un meeting, à Évry en Essonne, où je me trouvais avec Antoine Léaument et Farida Amrani, députés insoumis du département. Antoine a dit ceci : «Il y en a marre des fascistes qui disent : “ On est chez nous ”, parce que nous, ici, on est chez nous. » Gros applaudissements.
Et Antoine continue : « Parce que nous, on est nés ici. » Applaudissements.
Et puis il se met à crier : « On est chez nous ! » Et à ce moment-là, tout le monde se met à crier : « On est chez nous ! » D’habitude, c’est un slogan facho.Mais là, tout d’un coup, cela prenait un sens républicain pour une assemblée bigarrée et racisée. Voilà le peuple français, le peuple républicain.
J’ai fait toute la campagne ensuite de 2024 sur ce thème, la « nouvelle France », partout où je suis passé. « Quand je suis né, une personne sur dix avait un grand-parent étranger. C’est un sur trois aujourd’hui », et j’ai commencé à dire : « Nous sommes la nouvelle France. »
La nouvelle France, c’est sa composition sociale, c’est son nombre, c’est le fait qu’elle est massivement instruite, connectée et urbanisée, même en milieu rural… Positive, tournée vers le futur. Un autre récit est possible. On ne demande plus la faveur d’être acceptés. On s’approprie nos droits.
Ici arrive aussi la question féministe. C’est en quelque sorte une bombe dans la bombe.Nous en sommes à la première ou deuxième génération de femmes qui pensent en dehors des concepts qui étaient majoritaires avant des libertés aussi importantes que l’accès à la contraception, à l’IVG, et toutes les questions qui faisaient d’une aptitude biologique un destin social. Au total, ce n’est plus seulement une question de refus des discriminations. C’est une appropriation du futur.
Le concept de nouvelle France est une façon de dire : nous ne sommes plus sur la défensive, ce pays est à nous tous. C’est donc aussi la bataille contre le sexisme et le retour du virilisme. Et contre le racisme. C’est un changement complet de la matrice. La phase où nous étions au fond de la tranchée est terminée, cette fois-ci, c’est nous qui sommes à l’offensive. Et ça englobe le déploiement de la France des nouvelles frontières : mer, espace, numérique et culture.
Mediapart :On a assisté ces dernières semaines, au moment de la condamnation puis de l’incarcération de Nicolas Sarkozy, à une bascule du débat public[4], avec des prises de parole dans tous les sens, des remises en question de l’État de droit, une forme de trumpisation des discours… Est-ce que ce climat général vous inquiète ? Que reflète-t-il, selon vous ? Jean-Luc Mélenchon :Oui, cela m’inquiète. Mais il faut voir le fond de tout cela. C’est une expression du dégagisme actuel. Tout ce qui constitue l’ordre établi est mis en cause. Tout et dans tous les sens.D’où l’importance d’ouvrir une issue politique globale positive. Un processus très profond travaille la société partout depuis des années. La France est dans la phase du dégagisme ouvert, inaugurée par les Gilets jaunes. Réponse ? Macron organise un débat public, puis en met le rapport aux archives ! Rien de plus !
🚩 Dans toute cette période, personne ne s’est interrogé sur le rôle de la prison. […] Ce régime est barbare, il ne règle rien, pour personne.
Depuis, le Gilet jaune est un fantôme qui hante la société politique française. Le dégagisme sans réponse frappe Emmanuel Macron lui-même à son tour. Notre succès en est une autre expression. LFI, qui travaille à faire partir Macron, a plus de monde dans ses rangs que jamais : il y a plus de 110 000 inscrits dans un groupe d’action et plus de 450 000 dans la liste de soutiens.
Mediapart :C’est votre interprétation des discours entendus ces dernières semaines ? Jean-Luc Mélenchon : C’était un tel flot contradictoire ! Voilà pourquoi je me suis mis en retrait sur Sarkozy. J’avais expliqué, au moment de la condamnation de Marine Le Pen[5], qu’une justice sans appel n’est plus une justice. Aussitôt, on a dit que je m’entendais avec elle ! Mais j’avais tort en partie. Car il y a des cas où l’exécution provisoire est une nécessité absolue, quand un prévenu met les autres en danger.
Mais je n’ai pas aimé non plus l’ambiance d’hallali des dernières semaines. Pour moi, la justice n’est pas la vengeance. Et d’un autre côté, je n’ai pas non plus aimé les discours des autres en mode : « La prison, ce n’est pas pour nous. »
Dans toute cette période, personne ne s’est interrogé sur le rôle de la prison. Ugo Bernalicis et Danièle Obono ont décidé de se rendre à la Santé pour parler des 190 % d’occupation. Ce régime est barbare, il ne règle rien, pour personne. Mais on le leur a reproché !
Mediapart :Une taxe sur les multinationales, une autre sur les « superdividendes »… Les amendements portés par LFI et adoptés à l’Assemblée ces derniers jours ont créé un vent de panique dans le camp présidentiel. Cette semaine a-t-elle marqué la fin du pas de deux entre le PS et les macronistes ? Jean-Luc Mélenchon : C’est la deuxième fois que nous faisons adopter des éléments centraux du contre-budget insoumis à l’Assemblée sans y avoir la majorité. Nous faisons la preuve que notre vision du parlementarisme a une réalité constructive : l’an passé, nous avions déjà dégagé 26 milliards avec l’impôt sur les multinationales comme aujourd’hui. Mais aussi 12 milliards avec celui sur les superprofits et 13 milliards avec la taxe Zucman intégrale. C’est une goutte d’eau encore dans les fortunes accumulées.
Aujourd’hui, nous arrivons à une caricature de la politique de l’offre soutenue par tous les libéraux, de Faure à Attal.Elle se limite à un exercice comptable. Le centre veut 40 milliards d’économies. Comment ? Par des coupes budgétaires. Le Rassemblement national, 60 milliards. Et les sociaux-démocrates du PS, 20 milliards.Les trois sont sur une ligne comptable : des coupes pour seul projet.
Le pacte entre socialistes et macronistes a été préparé par un discours opposant notre « tout le programme, rien que le programme » en 2024 et la méthode dite du « compromis ». Mais nous ne sommes pas à l’Assemblée pour « nous entendre » ! Nous y sommes pour prendre des décisions, après avoir été élus avec mandat sur un programme clairement énoncé. On propose, on vote, et on applique la décision prise. Mais Lecornu va-t-il respecter le vote acquis par la taxe sur les multinationales ?
Mediapart :Vous parlez de budget réduit à un « exercice comptable ». Les débats se cristallisent autour de la question de la dette et de la nécessité d’avoir un budget à l’équilibre. Ne faudrait-il pas abandonner cette vision comptable pour proposer un autre modèle économique ? Jean-Luc Mélenchon :La France est victime d’une méthode absurde : la financiarisation de la dette des États et des agences de notation rendues juges des nations. Depuis, la peur de la dette fournit un argument d’affolement. Or, la dette n’est une catastrophe que si on aggrave la situation par des coupes budgétaires.Car alors on tue la croissance, et donc les recettes fiscales pour le budget suivant. Et son déficit est mécaniquement accru.
Nous pensons qu’il faut augmenter les recettes car la priorité, c’est que le pays puisse investir.S’il dépense, la machine se relancera. Avec plus de production, il y aura plus de recettes fiscales et donc moins de déficit. Avec notre méthode, et nos recettes nouvelles, on gagne deux points de PIB en 2026, on réduit le déficit de 27 milliards et on baisse le chômage d’un point.
🚩 En un an, on peut remettre d’aplomb les comptes de la Sécurité sociale, qui est le cœur de notre contre-modèle.
Certes, personne ne peut relancer l’économie d’un pays dans le sens diamétralement opposé à celui du monde entier en l’espace d’un mandat présidentiel ! Mais il faut planifier et agir vite. En un an, on peut remettre d’aplomb les comptes de la Sécurité sociale, qui est le cœur de notre contre-modèle. Et révolutionner par extension bien d’autres sujets.
Actuellement, les économies envisagées dans le domaine de la santé se limitent à des coupes budgétaires.Personne n’annonce de lutte pour combattre l’épidémie de diabète, les maladies cardiovasculaires, le nombre de morts au travail – deux par jour –, la flambée des cancers, les nitrites dans l’alimentation… et par ce biais, de faire des économies. Car ces malheurs évitables coûtent des milliards.
Le début du changement de régime économique, c’est la fin du système de la maltraitance écologique et sociale des populations. Il faut changer de paradigme. Notre ligne d’action, c’est la relance écologique et sociale, la politique du carnet de commandes plein et de la visibilité économique planifiée.
Mediapart :La taxe Zucman, dont le PS avait fait un « casus belli », a été rejetée vendredi par l’Assemblée… Jean-Luc Mélenchon : Le sursis accordé par le PS à Sébastien Lecornu au prix de la fracturation de la gauche tourne une fois de plus au ridicule du PS, et permet encore le sauvetage de Macron. Il a révélé l’extrême amateurisme du PS dans la négociation sur les sujets techniques les plus élémentaires.
La taxe Zucman, la suspension de la réforme des retraites, le prétendu impôt sur la fortune, tout a tourné à la farce. Seule une élection présidentielle anticipée ramènera la dignité du débat, le sérieux des choix et permettra une refondation politique du pays.Comment imaginer prolonger encore deux ans cette agonie politique ?
Mediapart :Le groupe parlementaire LFI a déposé cette semaine une proposition de loi pour abroger un projet de loi du gouvernement qui va restreindre les découverts bancaires des particuliers à partir de novembre 2026, conformément à une directive européenne. Pourquoi ce texte est-il inacceptable, selon vous ? Jean-Luc Mélenchon : Macron a détourné une directive européenne pour assimiler les découverts bancaires à des crédits à la consommation. Cela n’a rien à voir. Onze millions de Français seront pris à la gorge chaque mois. Clémence Guetté lance une pétition officielle sur le site de l’Assemblée pour obtenir l’abrogation[6].
Le système redoute une nouvelle crise des subprimes. La dette privée est plus importante et dangereuse que la dette publique.Le risque d’effondrement revient, comme en 2008. La crise était partie du divorce d’un Américain qui ne pouvait plus payer la traite de sa maison. Aujourd’hui, entre les cryptomonnaies, la bulle financière sur l’IA, l’explosion des cours boursiers sans aucun rapport avec l’activité réelle, et la titrisation des dettes des entreprises, nous nous dirigeons vers une explosion pire que celle de 2008.
Mediapart :À 17 000 kilomètres de Paris, en Kanaky-Nouvelle-Calédonie[7], une autre mobilisation se réveille pour contrer les nouvelles tentatives de passage en force sur ce dossier. Un nouveau soulèvement est-il possible ? Jean-Luc Mélenchon :C’est presque une certitude. Les conditions économiques, culturelles et sociales sont pires qu’en 2024. Face à des personnes qui n’ont plus aucune perspective, aucun espoir, autour de qui tout est détruit, l’État français répond : « On ne reconstruira pas tant que vous ne vous tenez pas tranquille. »C’est la vieille logique coloniale. La paix d’abord et ensuite, nous verrons pour les droits. Ça n’a jamais marché.
Le peuple français a reconnu qu’en Nouvelle-Calédonie un peuple colonisait l’autre. Alors aucune solution n’est possible sans l’accord des Kanak. Si le FLNKS [Front de libération nationale kanak et socialiste – ndlr] vous dit non, alors c’est non. Ce n’est pas aux Kanak de justifier pourquoi ils ne sont pas d’accord. Donc, il faut trouver autre chose. Mais pas repousser de force les élections. Concrètement, ça veut dire qu’il faut discuter sans trêve ni pause, tout le temps.
🚩 L’éjection de Valls du gouvernement dit que Macron va de nouveau passer en force en Kanaky-Nouvelle-Calédonie.
Manuel Valls, ce n’est pas ma tasse de thé, mais il connaît le dossier. C’est un rocardien. Il a été aussi loin qu’il pouvait et il a convaincu les indépendantistes de « l’indépendance-association[8]». Du point de vue des Kanak, c’est un signal fort.L’éjection de Valls du gouvernement dit que Macron va de nouveau passer en force.
C’est lui le grand coupable de tout ce gâchis.Et c’est lui qui continue avec la même méthode, assisté de Sébastien Lecornu, qui partage sa brutalité. N’est-ce pas lui qui avait envoyé le Raid en Guadeloupe au moment des révoltes de 2021 ? Les chefs macronistes sont des violents, de plus en plus isolés, et ils montrent dans les situations difficiles un sentiment de toute-puissance très puéril.
Mediapart :Ce qui repose la question du régime de la Cinquième… Jean-Luc Mélenchon :Bien sûr. Cette crise est inéluctable. Emmanuel Macron, avec une désinvolture active, met le feu à tous les endroits délicats dont la plupart des hommes d’État veulent éviter qu’ils s’embrasent en même temps. Nous allons avoir une crise nationale, à partir de la Kanaky, de la Corse et des Caraïbes. Avec ça, une crise sociale et sanitaire avec la dévastation de la Sécurité sociale, et une crise économique, vu l’état dans lequel Macron a mis le pays.
Tout cela fusionne en un processus unique dans lequel des masses de gens deviennent dégagistes faute de confiance envers toute autorité.C’est une course de vitesse pour nous face au RN. Mais je suis optimiste.Car même les dominants du pays comprennent que tout ça va trop loin et que ce n’est pas La France insoumise qui est responsable de « la bordélisation », au contraire. On a dit que j’étais l’ingénieur du chaos, juste parce que nous appliquons une stratégie qui se traduit par des victoires électorales et parlementaires. C’est Macron le chaos. Qui d’autre en Europe a refusé de reconnaître le résultat d’élections législatives ?
Nous sommes la solution au chaos en demandant son départ et avec notre offre de VIe République. Même à droite, il y a des gens raisonnables qui en parlent. Il y a ceux pour qui il ne faut pas toucher au président de la République et donc aux institutions… mais justement, pour la stabilité de la démocratie,il faut vite mettre cet homme hors d’état de nuire, car il va tout détruire dans la pagaille. Tout le monde voit qu’il fait n’importe quoi au service des ultrariches.Mieux vaudrait que le changement de République se fasse dans la paix civile et par un processus démocratique.
Sarah Benhaïda, Mathieu Dejean et Ellen Salvi
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Tiens au fait : quel est ce nouveau peuple dont parle Mélenchon ?
Plongez au cœur des réflexions stratégiques de la gauche avec Julien Talpin, chercheur et coordinateur du livre de l'Institut La Boétie, " Nouveau peuple, la Nouvelle Gauche ".
Ce débat, enregistré à Toulouse, aborde la question centrale de l'unification des classes populaires hétérogènes face à la désindustrialisation et à la précarité. Comment transformer des "classes populaires au pluriel" en un "peuple" uni et conscient de ses intérêts communs ? La réponse passe par la lutte collective (Gilets Jaunes, mobilisations sociales) et le travail d'organisation.
L'analyse se concentre ensuite sur le tournant programmatique et politique de La France insoumise (LFI) ces sept dernières années. Un tournant marqué par la centralité de l'antiracisme, de la lutte contre les violences policières, et de l'islamophobie. La présence de LFI sur des mobilisations comme la marche contre l'islamophobie de 2019, les révoltes après la mort de Nahel, et la situation à Gaza, marque une rupture avec l'ancienne gauche qui avait invisibilisé les questions raciales.
Le succès électoral de LFI dans les quartiers populaires (69% pour Mélenchon en 2022) prouve la pertinence de cette approche.
Après lui avoir accordé un soutien inconditionnel, le monde patronal a définitivement tourné le dos à Emmanuel Macron. Au-delà de l’instabilité politique et institutionnelle, il lui reproche d’avoir permis de relancer le débat sur la politique de l’offre. Il prône un rapprochement rapide entre le RN et le reste de la droite pour diriger le pays.
Macron était leur candidat. Celui dans lequel ils avaient placé tous les espoirs dès 2016, qui allait enfin faire « les réformes nécessaires » à la France. Certains d’entre eux avaient même participé personnellement au financement de sa campagne. Désormais, ils lui ont tous tourné le dos. L’enthousiasme et l’élan qu’Emmanuel Macron avait suscités à ses débuts se sont transformés en un ressentiment et un rejet tenaces à l’égard du président de la République.
Figurant autrefois parmi les plus fidèles soutiens d’Emmanuel Macron, Alain Minc a résumé publiquement le sentiment général du monde des affaires : « Emmanuel Macron est le plus plus mauvais président de la Ve République.[1] » En privé, les jugements se font encore plus durs. « Macron ? Un irresponsable », tranche un patron de grand groupe. « Il n’y a rien à attendre de lui. Il est en dessous de tout », poursuit un autre, qui lui reproche le « chaos qu’il a créé ».
La rupture était déjà en germes après l’annonce de la dissolution de juin 2024. « Une décision inexplicable, totalement déconnectée. » Sortant de sa réserve, Bernard Arnault, le patron de LVMH érigé en statue du commandeur du monde des affaires, avait alors critiqué vivement le coup de poker du président, allant jusqu’à lui reprocher de ne l’avoir pas informé avant de prendre une telle décision. La nomination de Michel Barnier à Matignon avait un peu calmé leurs craintes : la gauche n’accédait pas au pouvoir. Tous les dangers de voir remettre en cause la politique de l’offre menée au cours des huit dernières années étaient écartés.
Sa chute puis le « calamiteux » gouvernement de François Bayrou avaient ravivé l’énervement. La confiance demandée par Bayrou, avec l’accord d’Emmanuel Macron, et qui a provoqué sa démission – « une faute inexcusable » –, a marqué la rupture définitive. « Depuis, ils ne veulent plus entendre parler de Macron. Ils le haïssent », constate un conseiller de plusieurs patrons du CAC 40.
L’intolérable débat sur la politique de l’offre Le monde des affaires a mille reproches à faire à Emmanuel Macron : « son irresponsabilité », le fait de « nourrir une instabilité politique et institutionnelle alors que l’économie est en train de caler », de « renforcer l’inquiétude dans le pays ». Pourtant, il y en a un qui écrase tous les autres, c’est la façon dont il a laissé mener le débat sur le déficit et l’endettement, ranimant des questionnements sur la politique de l’offre.
D’un coup, les possibles remises en cause des « acquis » obtenus par le patronat durant ses mandats ont paru possibles. Les questions sur le partage de la valeur, le pouvoir d’achat et l’équité fiscale ont surgi de partout, obtenant un soutien massif de l’opinion. Alors que depuis plus de trente ans, le monde des affaires tenait l’agenda économique, il a soudain mesuré qu’il était en train de perdre la main. « On a perdu le narratif économique », reconnaît un conseiller patronal. Et cela, pour le patronat, c’est impardonnable.
À les entendre, cette perte ne leur incombe pas, même si beaucoup considèrent que Patrick Martin, le patron du Medef, est « trop faible », « trop mou ». Elle incombe à Emmanuel Macron lui-même, qui « n’a pas su tenir ses troupes », qui n’est pas intervenu « pour cadrer le débat ». « Par calcul personnel, il a laissé Bayrou s’enfoncer. Il ne s’est pas soucié du reste. L’économie, les entreprises, il n’en a rien à foutre », s’énerve un patron.
Le RN ne se contente pas d'être une arnaque politique économique et sociale (la démonstration en est faiteICI)...
Le RN est dans la dérive croissante.... La condamnation de Marine Le Pen en 2025 a provoqué une déferlante de menaces de mort contre les juges siégeant à son procès[0]... confirmant que le RN est bien le parti des « brebis galeuses » – comme l’avait minimisé Jordan Bardella le 3 juillet 2024[0bis]
Juillet 2025 : Le RN et ses alliés menacés par une nouvelle affaire de détournements financiers au Parlement européen[54]
Selon Mme Marine Le Pen, Mr Jordan Bardella et autres Cadres actuels, le FN/RN est IRREPROCHABLE depuis leurs créations !...
Selon elles ou eux, je cite, " notre FN/RN, il n'y PAS PLUS HONNETE que nous comme parti politique Français " !...
Voici la liste non-exhaustive des condamnations de membres du Front National et du assemblement national. Cette liste a été réalisée en effectuant des recherches sur internet et grâce au travail de certains internautes, Il est possible que certains jugements aient évolués sans qu’ils n’en soient trouvés la trace.
Sources :Eric Durand |mis à jour le 14/06/2026 Voici ci-dessous la liste judiciaire de toutes les poursuites à l'égard du FN et ensuite à l'égard du RN (même si ça été un peu plus " calme " !...). Je n'ai rien inventé, chacun d'entre nous peut accéder à toutes ces informations !... si j'avais Mr Bardella et Mme Le Pen en face de moi, je poserais qu'une seule question !... C'est quoi pour vous un parti politique irréprochable ?...
🔴 Liste des condamnations effectives :
Le Front National 1992-1996 : condamné pour avoir vendu une investiture ;
Robert Lagier, Mario d’Ambrosio et Pierre Giglio 1995 : trois colleurs d’affiches du Front National ont été condamnés pour le meurtre d’Ibrahim Ali-Abdallah[6] ; Le Front National 2002 : condamné pour avoir utilisé de manière dévalorisante l’image d’une personne ; condamné pour avoir utilisé sur son site les clichés protégés de l’AFP[2] ;
Le Front National 2008 : condamné pour avoir utilisé sans autorisation, en la détournant, la célèbre photo du « Che au béret et à l’étoile »[3] ; Le Front National 2007-2013 : condamné à rembourser plus de 6,3 millions d’euros de dettes majorées de près de 600 000 € d’intérêts à Fernand Le Rachinel[4]. Le Front National 2009 : condamné à détruire ses tracts[1] ;
2009 : quatre membres du Front National, dont les noms n’ont pas été révélés, ont été condamnés pour coups et blessures après avoir attaqué un homme noir une fois le repas patriotique organisé par le FN terminé ; Le Front National 2010 : condamné à retirer ses affiches litigieuses[5] ; Alexandre Gabriac, 2007 : mis en examen pour ses liens étroits avec un commando d’extrême-droite ayant tenté de cambrioler un stand de tir à Saint-Andéol-le-Château, dont l’aventure s’est terminée par le meurtre du Gendarme ;
Ambrosse, 2009 : condamné pour apologie de crime contre l’humanité, injures à caractère raciste et violences volontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à 8 jours ; Alexandre Simonnot, 2006-2010 : condamné pour avoir détruit un préservatif géant à l’occasion de la journée mondiale contre le Sida[7] ; Antoinette Martinet, 1997 à 1998 : conseillère municipal FN à Maisons-Laffite, reconnue coupable de provocation à la haine, la violence et la discrimination (1 mois de prison avec sursis, 30 000 francs de dommages et intérêts, et 5 ans d’interdictions de droits civiques)[8]. Claude Jaffres, 1997 : conseiller régional FN, reconnu coupable d’abus d’autorité et usurpation de fonction (1 an d’emprisonnement avec sursis, 2 ans de privation de ses droits civiques, civils et familiaux). Il s’est fait passer pour un policier avec 3 membre du DSP et a contrôlé des jeunes gens lors du congrès du FN à Strasbourg[9] ; Bruno Gollnisch, 2004-2007 : condamné en première instance et par le Conseil d’État pour contestation de l’existence de crime contre l’humanité (négationnisme), la Cour de Cassation va pourtant casser sans renvoi l’arrêt de la cour d’appel ;
Bruno Gollnisch, 2008-2011 : condamné pour incitation à la haine raciale, le Parlement européen lève son immunité[10] ;
Alexandre Gabriac : jeune candidat du FN dans le canton de Grenoble, mimant le salut nazi[10bis], chef des Jeunesses nationalistes, sera écroué durant deux mois pour avoir organisé une manifestation interdite à Paris en 2012[10ter] ;
Bruno Gollnisch, 2025 : condamné, dans l'affaire des Attachés Parlementaires et complicité de détournements de fonds Européens (4 500 000€)[11] ; Bruno Mégret (Fondateur du MNR et membre du FN), 1998 : ancien délégué général du FN, condamné pour avoir tenu des propos sur l’inégalité des races[12] ;
Bruno Mégret et Catherine Mégret, 2002-2007 : condamnés pour détournement de fonds publics, après avoir envoyé aux frais de la commune de Vitrolles plusieurs milliers de lettres appelant à parrainer sa candidature pour l’élection présidentielle[13] ; Catherine Mégret, 1998-2001 : et sa Mairie de Vitrolles furent condamnés pour discrimination et incitation à la discrimination[14] ;
Cédric Bégin,1999-2002 : condamné pour détention sans autorisation de munitions et d’armes, condamné pour incitation à la haine raciale[15] ; Christophe Klein,1999-2002 : condamné pour provocation à la discrimination raciale[15] ; Claude Jaffrès,1997 : condamné pour abus d’autorité et usurpation de fonction[16] ; Daniel Simonpieri (FN puis UMP), 2011 : condamné pour favoritisme, fausses factures et emploi fictif. Condamné pour harcèlement moral[19]. Denis Monteillet,1995 : candidat FN aux municipales condamné pour avoir inscrit plusieurs personnes de son voisinage sur la liste présentée par son parti au municipales sans les avoir prévenues. Le Conseil d’Etat a annulé les élections des conseillers municipaux FN pour « liste irrégulière »[16] ; Emilien Bonnal,1985 : ex-candidat FN aux cantonales et municipales, a été reconnu coupable de meurtre, alors qu’il collait des affiches pour le FN, pour avoir tué Abdallah Moktari, 23 ans qui l’avait insulté, et est condamné à 8 ans de prison[20] ; Francis Watez,1995 : avocat et conseiller municipal FN, condamné pour incitation à la discrimination raciale pour avoir collé des affiches proclamant : « Musulmans, Barbaresques, Algériens, terroristes ou non, tous dehors » et « Refuser l’intégration de ces sauvages est un devoir national ». (2 ans d’inéligibilité et 50 000 F d’amende)[38] ; François Nicolas-Schmitt, 1997 : condamné pour détournement de fonds[16] ; Gilles Lacroix,1997-1997: condamné pour complicité de violence en réunion, avec arme et préméditation et pour complicité de destruction de biens ; Georges Theil, 2001 : condamné pour contestation de crimes contre l’Humanité. 2004-2006, et de nouveau condamné pour contestation de crimes contre l’humanité[21] ; Jacky Codvelle, 1990 : tête de liste FN aux municipales de 1989, condamné pour avoir mis le feu à la voiture du député du Rhône et maire PS de la ville, Jean Jacques Queyranne pour fêter le 14 juillet[38] ; Jacques Bompard, 2008-2010 : maire d’Orange, condamné à 5 ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt[18] ; Jacques Coutela, 2011 : mis en examen pour incitation à la haine raciale suite à son apologie d’Anders Behring Breivik, auteur des attentats d’Oslo[22] ; Jean Holtzer, 1990 : ex-candidat FN aux cantonales a été reconnu coupable de vol à main armé pour avoir braqué une banque (8 ans fermes). Cet ancien avocat général avait un jour réclamé la peine de mort pour une histoire identique[23] ; Jean-Claude Poulet, 1992 : avocat et conseiller municipal FN, condamné pour avoir battu sa femme pendant quinze ans pour « la stimuler au travail… Il fallait que je la stimule assez fréquemment »[38] ; Jean-Marc Maurice : 2004 à 2009- 2010 à 2011, 6 condamnations. Condamné pour outrage à agent dépositaire de l’autorité publique, vol, escroquerie, banqueroute, travail dissimulé et non déclaré, abus de bien sociaux[24] ; Jean-Marie Le Chevallier : condamné pour subornation de témoin dans l’affaire du meurtre de son directeur de cabinet[25] ; Jean-Yves Douissard,1999-2002 : condamné pour incitation à la haine raciale[15] ;
Jean-Yves Le Gallou, 1991-1998 :président du groupe FN au conseil régional d’Ile-de-France, condamné pour provocation à la haine raciale[27] ;
Joël Klein, 2004 : ancien conseillé régional FN, condamné par le tribunal correctionnel de Lyon à six mois de prison ferme et 10.000 euros d’amendes pour contestation de crimes contre l’humanité, conformément au réquisitoire du procureur. Le 14 octobre 2004, lors d’une interview à TV8 Mont-Blanc enregistrée dans les couloirs du conseil régional de Rhône-Alpes, Georges Theil avait dénoncé “le fantasme” des chambres à gaz[38] ;
Robert Lagier 1995-1998 :Le 21 février 1995, en pleine campagne présidentielle, Ibrahim Ali, un jeune Marseillais originaire des Comores était tué d'une balle dans le dos par trois hommes qui collaient des affiches pour le FN. Le meurtrier, Robert Lagier a été condamné en juin 1998 à 15 de réclusion criminelle. Des peines de dix ans et de deux ans de prison avaient été prononcées à l'encontre des deux autres colleurs d'affiches qui l'accompagnaient, l'un pour avoir aussi tiré et l'autre pour avoir porté une arme de poing[40] ;
Patrick Bassot : élu FN dans le Vaucluse 2012, a été condamné à 3.500 € d’amende pour « incitation à la discrimination, à la haine et à la violence à l’encontre des immigrés »[31] ;
Marcel Mazières : candidat FN aux élections municipales de 1995 à Aix, reconnu coupable de 5 000 F d’amende, 5 000 F de dommages et intérêts et affichage du jugement pendant un mois à la porte du lycée. Il a en effet envoyé au professeur de philosophie de son fils une lettre anonyme. Extrait : ” vous transformez nos classes en goulag politique, votre aspect physique est disgracieux et, apprenant que vous êtes homo, cela est risible. “[38] ;
Marc Georges : ex-député FN, reconnu coupable de blessure par balle d’un jeune homme (18 mois de prison ferme)[38] ;
Marie Thérèse Philippe 1997 : élue FN de Pontoise, reconnu coupable en novembre 1997 de posséder dans sa voiture, entre les deux tours d’élections municipales partielles avec ses quatre colleurs d’affiches, un pistolet à grenailles[38] ;
Pierre Van Dorte,1989 : conseiller municipal FN, condamné pour avoir tiré à l’aide de son fusil à pompe sur un groupe de jeunes d’origines maghrébine en blessant au dos l’un d’eux parce qu’il faisait trop de bruit[35]. Le FN lui paye ses 15 000F de caution. 15 mois avec sursis ;
Pascal-Bernard de Leersnyder : conseiller régional FN, reconnu coupable de violence sur mineur pour avoir appris l’allemand au fils de sa compagne à coup de poing (jusqu’au sang) et pour lui avoir plongé la tête dans les WC (“Il n’était pas digne de la salle de bains”). 13 mois de prison dont 10 fermes[38] ;
Katherine d’Herblais : conseillère régionale en picardie du FN, doit 400 000 F de préjudice a un garde chasse devant se réfugier dans une voiture pour protéger sa carotide après que ses deux dogues allemands égorgèrent 48 brebis et en blessèrent une centaine d’autres [38] ;
Guillaume d’Herbais (beau-frère de Jean-Marie Le Chevallier): reconnu coupable d’abus de biens sociaux condamné à 2 ans de prison[38] ;
Marc Lyoen : responsable FN, reconnu coupable d’emploi de clandestins[38] ;
Roger Fabrègues :candidat municipal FN, reconnu coupable de trafic de drogue (23/07/1999). Il avait profité d’un voyage au Maroc pour importer du haschisch(2 ans de prison). Il a fait appel[38] ;
Eric Delcroix, 1996 : candidat FN, reconnu coupable de “contestation de crimes contre l’humanité” en 1996. Auteur de la Police de la pensée contre le révisionnisme, un ouvrage révisionniste et antisémite[38] ;
Xavier Voute, 1997 :conseiller municipal à Paris condamné à 3000 F d’amende pour avoir aspergé de gaz lacrymogène des militants de Ras l’Front (mouvement anti-FN)[39] ;
Philippe Bernard, 2004-2008 : ancien secrétaire départemental du FN dans le Nord, a écopé en 2013 de deux ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité pour escroquerie et abus de confiance dans une affaire de financement électoral[17] ;
Sylvain Ferrua,1996 : condamné pour proxénétisme 1 ans avec sursis et 50000 F d’amende[38] ;
Louis de Noëll, 1997 : Secrétaire départemental du FN, reconnu coupable de détournement de fond (?/10/1997). Il avait utilisé de l’argent de la société dont il est le gérant pour s’acheter un appartement à Paris, un autre à Perpignan et une villa sur la mer. 1 an avec sursis et 50 000F d’amende[38] ;
Le Front National 2012 : La Cour de cassation a rejeté les pourvois du RN et de proches de Marine Le Pen dans ce dossier dit aussi « des kits de campagne », utilisés par les candidats frontistes lors des législatives de 2012, rendant ainsi définitive les condamnations. En appel, le RN avait été condamné à une amende de 250.000 euros pour recel d’abus de biens sociaux[26] ;
Raynald Liekens,1984-1987 : condamné à perpétuité pour le meurtre d’une juive. Il a déclaré : « Elle était plus gentille avec moi que personne ne l’avait été jusque-là. Mais, quand j’ai appris qu’elle était juive, j’ai décidé de la tuer car les juifs sont les ennemis de la race blanche »[36] ;
Patrick Binder, 2004-2005 :condamné pour injures racistes en public[32] ;
Tanguy Deshayes, 2008-2009 :tête de liste du Front national aux municipales à Paris en 2007, mis en examen pour menaces de mort, il a confirmé en être l’auteur et a été condamné par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand à six mois de prison avec sursis et à mille euros d’amende[41]. Quelques années auparavant il avait été condamné pour bagarre ainsi que pour port d’arme[41bis] ;
Yannick Lecointre, 2010-2011 :candidat du FN sur le canton de Thiron-Gardais, a été condamné pour trafic de drogue (transport, détention, acquisition, cession et emploi non autorisés de stupéfiants)[43] ;
Patrick Binder, 2010-2011 :condamné pour injure publique et provocation à la haine raciale[32bis] ;
Richard Jacob, 2013-2014 : ancien élu FN à la mairie d'Auxerre il est condamné pour outrage, rébellion pour des violences à l'encontre de partisans du mariage gay[37] ;
Tanguy Deshayes, 2008-2016:tête de liste FN aux élections municipales de Paris, mis en examen pour menaces de mort, il a confirmé en être l’auteur, et a été condamné par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand à six mois de prison avec sursis et à mille euros d’amende[42] ;
Philippe Vardon, 2014-2018 : condamné à une amende de 750 € pour des violences suite à un coup de poing[33] ;
🚩Jean-Marie Le Pen... :
Redressement de 1,4 Millions de Francs), reconnu coupable d’apologie de crime de guerre dont la déportation pour l’édition d’un disque sur lequel on peut entendre « un hymne du parti nazi » et « Vive Hitler » ;
reconnu coupable d’antisémitisme insidieux ;
reconnu coupable de banalisation d’actes jugés constitutifs de crimes contre l’humanité(11/10/1989) pour avoir qualifié les chambres à gaz de « point de détail » de la 2ème guerre mondiale ;
reconnu coupable de captation d’héritage, 5000F à verser ;
reconnu coupable d’agression d’un candidate socialiste, 3 mois avec sursis, 20 000F d’amende, 2 ans d’inéligibilité ;
reconnu coupable d’avoir tenu des propos sur l’inégalité des races avec B.Megret. Condamné à verser 10 000F a L’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France) et à publier à ses frais le jugement dans 3 hebdomadaires (30 000F par publication)... (listage de ses nombreuses condamnations par la justice[48])
🚩Marine Le Pen...
2008-2011 : à la suite d'une plainte en diffamation déposée par l'ancien membre du FN Christian Baeckeroot pour des faits datant de 2008, Marine Le Pen et Louis Aliot sont condamnés pour diffamation le 27 janvier 2011, par la cour d'appel de Versailles, à verser 5 000 € de dommages intérêts à Christian Baeckeroot et 4 500 € en frais de procédures. Le pourvoi en cassation formé par Marine Le Pen, Louis Aliot et Jean-Marie Le Pen est rejeté le 11 octobre 2011 et la Cour de cassation fixe en plus à 2 000 € les frais de procédure dus à Christian Baeckeroot[28] ;
2023 : Marine Le Pen est condamnée à 500 € d'amendes avec sursis pour diffamation envers la Cimade, qu'elle accusait d'organiser une « filière d’immigration clandestine en provenance des Comores » à Mayotte. Le 11 septembre 2024, la peine est confirmée en appel[29] ;
2025 arrive à un niveau jamais atteint à la suite d'une plaintepour détournements de fonds Européens(l'affaire des assistants parlementaires européens) pour un montant évalué à 4 100 000 €. Le 31 mars, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Marine Le Pen à une peine d'inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate et quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme aménageable sous bracelet électronique[30].
Le RN est en outre condamné à 2 millions d'euros d'amende, dont 1 million ferme[30bis].
Le Parlement européen a réclamé au parti d'extrême droite et aux personnes condamnées lors de ce procès des assistants parlementaires du RN le paiement de dommages-intérêts. La note s'élève à plus de 3,5 millions d'€[44].
et dans le même temps,le Conseil d'État a définitivement invalidé 55.000 d'€ de dépenses de campagne de Jordan Bardella lors des élections européennes de 2019[46].
Conformément au droit, Marine Le Pen a fait appel. Elle est donc, à ce jour, de nouveau " présumée innocente "...
2025 :après sa condamnation à cinq ans d'inéligibilité fin mars, Marine Le Pen est destituée de son poste de conseillère départementale du Pas-de-Calais[34]. décision validée par le tribunal administratif de Lille, mais Marine Le Pen va faire appel[34bis].
👉Toujours dans cette affaire de détournements de fonds publics européens pour un montant évalué à 4 100 000€), Marie-Christine Arnautu, Marie-Christine Boutonnet, Myléne Troszczynski, Catherine Griset, Louis Aliot, Nicolas Bay[52], Fernand Le Rachinel, Dominique Bilde, Thierry Legier, Julien Odoul (déjà condamné pour injures raciales), Yann Le Pen (encore la Famille Le Pen), Wallerand de St Just et Charles Van Houtte, toutes et tous, ont été condamnés (ées) pour complicités dans ce système de détournement sciemment organisé par Marine Le Pen[30ter]... (" une institution "...)
et dans le même temps...,
comme Marine Le Pen Louis, Aliot, Julien Odoul et Bruno Gollnisch, ont fait appel, soit fin mars 2025, 13 personnes sur les 25 condamnés et donc, jusqu'à " preuve du contraire ", ils et elles sont de nouveau présumés(ées) innocents(es) tant que ce second procès n'aura pas cours... mais à n'en pas douter de nouvelles sanctions définitives sont à venir lors de ce second procès ;
et les 12 autres, en ne faisant pas appel, ils reconnaissent la réalité des actes qui leur sont reprochés et la justice de leur condamnation.
2025 : Andréa Kotarac, porte parole du RN était lui aussi payé comme assistant au Parlement européen lors de la campagne présidentielle de 2022[45] : sera t'il poursuivi ? Affaire à suivre...
Marine Le Pen, Décembre 2025 : condamnée définitivement par la Cour de cassation à 500 € d’amende avec sursis pour diffamation envers la Cimade. En 2022, la cheffe du RN avait accusé l’association d’aide aux migrants d’organiser « la filière d’immigration clandestine en provenance des Comores » et d’être, « parfois », « complices des passeurs »[60].
En conclusion :
J'imagine que toutes ces Personnes le savent... Quand ce procès en appel sera effectif, ce vol de fonds Européens a été documenté et prouvé et donc, TOUTES LES CONDAMNATIONS SERONT MAINTENUES.
Le problème pour tous ces justiciables n'est pas de savoir s'ils ou elles seront innocentés (ées), ça ils et elles le savent, mais de savoir QUELLES NOUVELLES PEINES SERONT A PURGER (dont l'inéligibilité pour 5 ans de Marine Le Pen) !...
🔴Une autre question se pose : cela leur servira t-il de leçon ?...
L'avenir le dira, mais j'en doute... le RN, fruit du FN, est une arnaque et restera une arnaque qui viole, instrumentalise le peuple et la République !
Et c'est reparti !
🔴 Liste des soupçons, procédures lancées et condamnations effectives :
Franck Allisio, 2025 : La justice a ouvert une enquête contre Franck Allisio président du groupe RN de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur pour détournement de biens publics[49] ;
Laurent Jacobelli, 2025:député et porte-parole du RN, 500 € d’amende requis pour outrage, injure à caractère raciste et diffamation pour des évènements remontant à octobre 2023[50] ;
Romain Brument, 2025: conseiller métropolitain et conseiller d’arrondissement RN dans les 13e-14e de Marseille, condamné à 4 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Marseille. Son ex-épouse a décrit des violences physiques et psychologiques récurrentes. Il n’a pas fait appel de son jugement[51] ;
Daniel Grenon, avril 2026:En 2025, le tribunal correctionnel de Sens avait condamné Daniel Grenon, député de l'Yonne, ex-RN, à 3.000 € d'amende pour propos racistes proférés lors d'un débat des législatives en juillet 2024. Une peine d'amende deux fois plus élevée que la réquisition du parquet. En appel, il écope d'une amende de 1.000 € avec sursis[51bis].
Sébastien Chenu, fin juin 2025:député du RN, il est condamné aux prud'hommes à verser plus de 10 000 € à son ancienne assistante parlementaire, Caroline Varlet, pour un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Son CDD a été requalifié en CDI, et le temps partiel a été requalifié en temps complet. Il a indiqué avoir déjà fait appel de la décision[53].
Juillet 2025 :Le parquet européen a annoncé avoir ouvert une enquête sur le RN et ses alliés pour détournements financiers au Parlement européen. Le groupe Identité et démocratie, dont faisait partie le Rassemblement national, aurait utilisé illégalement 4,3 millions d’euros de crédits de fonctionnement, selon un rapport confidentiel révélé par « Le Monde » et ses partenaires, qui dénonce des appels d’offres et des dons réalisés en infraction avec les règles de l’institution[54].
Juillet 2025 : Le 16 juillet, le Tribunal de l’Union européenne rejette le recours des héritières de Jean-Marie Le Pen contre une décision exigeant de l’ancien leader du Front national qu’il rembourse environ 300 000 € pour des frais de mandat indus au Parlement européen[55]
Jordan Bardella, Octobre 2025 : Champagne, chauffeur privé… il est encore retoqué sur ses frais de campagne aux Européennes.La justice a confirmé que le contribuable n’avait pas à rembourser une partie des dépenses de la tête de liste du Rassemblement national lors du scrutin de 2024. Plusieurs centaines de milliers d’euros de coûts « excessifs » ou « sans finalité électorale »[56].
David Rachline, Décembre 2025 : ancien vice-président du RN, Maire de Fréjus, poursuivi pour prise illégale d'intérêt et soupçonné de corruption, démissionne de la vice-présidence du RN[57].
Déjà mis en cause dans deux enquêtes pour « prise illégale d’intérêts » et « corruption », David Rachline est poursuivi dans une nouvelle affaire, soupçonné d’avoir favorisé l’attribution de contrats à une société de sécurité détenue par l’un de ses intimes[57bis].
Jordan Bardella,Décembre 2025 :il est visé par une plainte déposée au PNF pour favoritisme et détournement de fonds publics.
Après des révélations du Canard Enchaîné, l'association AC Corruption a déposé une plainte auprès du Parquet National Financier. Elle concerne la rémunération de Pascal Humeau, engagé comme " média-traineur " du président du Rassemblement national[58]. Le parquet national financier confirme " analyser " la plainte pour détournement de fonds publics citant Jordan Bardella[58bis].
Jean-Michel Moulun, Décembre 2024 :Après avoir reconnu l’assassinat d’une septuagénaire, Jean-Michel Moulun, ancien boxeur, ex-candidat du FN aux municipales d'Hautmont en 2014, a été condamné mercredi 11 décembre à la prison à perpétuité par la cour d’assises de Montpellier[59], et renonce à faire appel.
Franck Sinisi, Janvier 2026 :Franck Sinisi, ancien conseiller municipal FN (aujourd’hui RN) à Fontaine (Isère) a été interpellé et placé en garde à vue mardi 13 janvier. Il est suspecté d’avoir déposé des os de porcs et du saucisson devant la mosquée de la commune en septembre dernier, et a été condamné, le 10 juin 2026, à dix mois de prison avec sursis pour « provocation à la haine »[61].
Marie-France Lorho, Janvier 2026 :Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné ce lundi 26 janvier Yann Bompard, maire d’Orange (Vaucluse), à une peine de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et à 18 mois de prison avec sursis pour avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire. Poursuivie des mêmes chefs, la députée RN Marie-France Lorho écope, elle, de 18 mois de prison avec un sursis simple, de 10 000 € d'amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire[62].
Franck Pralonb, Février 2026 :candidat RN et tête de liste aux élections municipales 2026 à Vernon (Eure), il se retire de la course après avoir produit " un document inexact ", selon ses termes, pour s'inscrire sur les listes électorales. Deux plaintes ont été déposées : une plainte par l'assureur du candidat et une autre par la Ville de Vernon pour faux[63].
Stéphane Ravier, Février 2026 : le sénateur ancien maire RN d'arrondissement de Marseille, a été condamné ce mardi à trois mois de prison avec sursis, accompagnés d'un an d'inéligibilité ainsi que d'une amende de cinq mille euros. La justice a considéré qu'ils avaient sciemment méconnu les règles de la commande publique et ne pouvaient se prévaloir de leur incompétence en la matière[64].
Sandrine D'Angio, Février 2026 : la nièce de Stéphane Ravier, qui avait succédé à son oncle au poste de maire du 7e secteur de Marseille en 2017, a été condamnée à cinq mille euros d'amende, dont deux avec sursis, et un an d'inéligibilité. Sandrine d'Angio figure sur la liste du député RN et candidat à la mairie de Marseille, Franck Allisio[64].
Eric Bernard, Février 2026 : Menaces de mort contre Jean-Luc Mélenchon et des élus LFI « On a fait un groupe de commando et on va en abattre (…) Ils vont crever ». Eric Bernard, un militant d’extrême droite condamné. Déjà condamné par le passé, notamment pour détention d’armes, il est à nouveau condamné à deux mois d’emprisonnement, aménagés sous bracelet électronique[65].
Emmanuel Taché, Février 2026 : Le conseil des prud'hommes a condamné, jeudi 19 février, le député RN de la 16ème circonscription des Bouches-du-Rhône, Emmanuel Taché à verser près de 135 000 euros à son assistant parlementaire, Nicolas Tellier. Ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Taché se fait rattraper par la justice.
Au mois de septembre dernier, l'élu d'extrême droite a été sommé d'abandonner la particule " de La Pagerie " qu'il avait accolée à son patronyme. La justice avait estimé que cela entachait le nom de la vraie famille Tascher de La Pagerie.
Le tribunal de Lille lui avait également ordonné de verser 5000 euros de dommages et intérêts aux trois requérantes, descendantes de la véritable lignée Tascher de la Pagerie, ainsi qu'à publier la condamnation sur ses réseaux sociaux[66].
Stéphane Simond, Mars 2026 : candidat du RN lors des deux dernières élections municipales dans la commune de Plan-de-Cuques, Stéphane Simond, a comparu devant le tribunal correctionnel de Marseille le 2 juin pour des faits de faux, usage de faux, complicité de faux et tentative d’inscription indue sur une liste électorale par déclaration frauduleuse ou faux certificat et a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et 2 ans d'inéligibilité[67].
Appli : « Les Jours » recensent toutes les casseroles des députés RN Racisme, antisémitisme, condamnations judiciaires… Cette trombinoscope expose les brebis galeuses du Rassemblement national à l’Assemblée nationale.
Le pouvoir ne tiendra sa politique d'austérité à l'encontre des plus pauvres et au service des plus riches que tant que nous serons " à genoux ", résignés..., le #10septembre levons nous !
Y a-t-il encore quelqu’un pour défendre le bilan d’Emmanuel Macron dont le RN[0] et le PS[1], qui nont pas voté les censures déposées contre le gouvernement Bayrou, portent la responsabilité.
En huit ans d’exercice du pouvoir, Emmanuel Macron aura fait vivre à la France une période de libéralisme inégalitaire et antisocial.
STOP ! Il faut une élection présidentielle anticipée comme le demande LFI[2].
Sources :Eric Durand| 🔴 Alors le bilan.....👇
Comment a évolué la pauvreté en France ?
La France compte 5,4 millions de pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian[3] et 9,8 millions si l’on utilise le seuil de 60 %, selon les données 2023 (dernière année disponible) de l’Insee. Dans le premier cas, le taux de pauvreté est de 8,4 % et, dans le second, de 15,4 %.Quel que soit le seuil utilisé, la pauvreté augmente en France depuis le milieu des années 2000....depuis l’arrivée de Macron !
Pour en savoir plus cliquez sur l'image !👇
Comment a évolué le nombre de riches et la répartition des richesses en France ?
Près de 3 millions de millionnaires en France : les ultra-riches toujours plus nombreux[6].Les 10 % les plus riches captent un quart de l’ensemble des revenus. Les 10 % les plus pauvres captent quant à eux 3 % de l’ensemble des revenus, un chiffre qui stagne depuis plus de 20 ans.
Depuis 2019, la fortune des milliardaires français a augmenté de plus de 24 milliards d’euros au total, soit 13 millions d’euros par jour.
Une personne parmi les 1% les plus riches gagne en 6 jours ce qu’une personne parmi les 50% les plus pauvres gagne en 1 an.
Les 1 % des Français⸱es les plus riches ont ponctionné près de 20 milliards d’euros au pays du Sud en 2023 – soit près de 2,3 millions d’euros par heure – par l’intermédiaire d’un système financier largement plus favorable aux pays riches du Nord.
Sous Macron, les 500 personnes les plus riches de France ont doublé leurs fortunes[7] !
Pour en savoir plus cliquez sur l'image !👇
Plus personne dans la rue avant la fin de l'année : la promesse d'Emmanuel Macron
Macron à dit, Macron a dit !👇
Macron à fait !👇
Le nombre de personnes sans-domicile fixe (SDF) en France est passé du simple au double en l'espace de dix ans (donc essentiellement Sous Macron),), selon les plus récentes estimations publiées cette année par la Fondation Abbé Pierre[8] :
Entre 2012 et 2023, le nombre de SDF en France a ainsi augmenté d'environ 130 %. La dernière enquête « sans-domicile » de l'Insee en 2012 estimait à 143 000 le nombre de personnes privées de domicile. Aujourd'hui, on peut estimer que ce chiffre s'élève au moins à 330 000[8].
L’année 2024 a été « presque blanche » en matière de politique du logement, malgré des signaux « au rouge », dont le nombre record de 735 morts de la rue, alerte lundi 3 février la Fondation pour le logement des défavorisés, quidénonce « l’attentisme » du gouvernement de Macron[9].
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2159 enfants, dont 503 de moins de trois ans, ont dormi dehors dans la nuit du 18 au 19 août en France. Ce chiffre, révélé par l’UNICEF et la Fédération des acteurs de la solidarité, illustre une réalité insoutenable : jamais depuis l’après-guerre notre pays n’avait connu une telle explosion du sans-abrisme . Depuis 2022, le nombre d’enfants contraints de dormir à la rue a bondi de 30 %[17].
Macron a mené une politique économique qui a insécurisé notre pays
La politique économique réactionnaire et dangereuse d'Emmanuel Macron · Une dangereuse politique de classe. Le retour de l'obsession de la dette qui a-t-il détruit l'économie française[9bis].
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Macron : 8 ans de réformes destructrices pour l’éducation
Depuis son élection en 2017, Emmanuel Macron a enchaîné les déclarations sur l’Éducation nationale. Au fil du temps et de ses Ministres, de nombreuses réformes ont vu le jour, bouleversant – négativement – le système éducatif de notre pays et mettant de côté nombre de jeunes.
Sélection, renforcement des inégalités sociales, attaque du cadre national des épreuves, tant de conséquences qui se regroupent autour d’un seul et même projet de société[10].
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Macron a gavé les entreprises et fait exploser la dette
En dix ans, la politique de l’offre et les baisses de prélèvements ont plombé les finances publiques de 454 milliards d’euros. Sans cela, la dette pèserait 93,8 % du PIB, et non 109 % comme aujourd’hui, a calculé Vincent Drezet, porte-parole d’Attac[11].
Quoi qu’en dise le premier ministre, François Bayrou, le niveau de dépense publique est resté, depuis 2008, globalement stable, pandémie exceptée. La hausse de la dette s’explique donc pour beaucoup par la baisse des recettes.... et la hausse des cadeaux aux entreprises qui ont explosé à +1470% d’augmentation en 40 ans[12]sans contrepartie.
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Comment Macron a sacrifié la santé des Français
Force est de constater que les deux premières années du dernier quinquennat ont contribué à affaiblir notre système de santé publique.Ce bilan repose sur trois principales défaillances :
la poursuite du démantèlement de l’hôpital public (La suppression de 5 700 lits d’hospitalisation en pleine épidémie du covid invite à relativiser « l’effort de guerre » et le « quoiqu’il en coûte ») ;
la détérioration des conditions de travail des soignants ;
ainsi que les difficultés accrues d’accès aux soins pour les citoyens.
Une telle période a permis de percer à jour le logiciel de gouvernance d’Emmanuel Macron, pour qui les limites de la démocratie sanitaire commencent là où la prétendue rationalité du chiffre s’impose....résultat la santé n’aura plus rien de « public », puisque seules les personnes suffisamment aisées, ou ne souffrant pas de pathologies impliquant une prise en charge trop onéreuse, pourront y avoir accès[13].
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Écologie et climat : le bilan catastrophe d'Emmanuel Macron
Emmanuel Macron accumule les décisions anti-climat au gré de son mandat. L’ONU l’avait consacré “ champion de la terre ” en 2018 pour ses discours vibrants. Champion des promesses, c’est sûr, mais pas des actes.Le mépris du président pour l’écologie transparaît dans un bilan catastrophique. Comment s’y prend-il pour toujours faire le contraire de ce qu’il dit[14] ?
Traduisons-le :
Le monde après-Covid : E. Macron arrive à faire pire qu’avant ;
Glyphosate : la grande trahison d’Emmanuel Macron ;
Réchauffement climatique : Emmanuel Macron aggrave le retard français ;
CETA : quand E. Macron juge “bon” un accord climaticide ;
Charbon, hydrocarbures… quand E. Macron travestit la réalité ;
Mercosur : Emmanuel Macron prêt à signer un accord d’ici la fin de l’année, mais sous conditions[15] ;
Loi Duplomb : Emmanuel Macron promulgue le texte après la censure partielle du Conseil constitutionnel[16]...
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🔴 Face à ce bilan deux solutions complémentaires.....
👉la mobilisation du peuple #BloquonsTout #10septembre2025...
" Bloquons tout " et le gouvernement sera obligé d'écouter les gens : retraites, Gaza, salaires, éducation nationale, hôpitaux, Ukraine, santé, chômage, et surtout, 6e Réublique, ISF... !
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👉 et la mobilisation politique pour le faire partir ! 👇
Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.
La France insoumise
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