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20 septembre 2022 2 20 /09 /septembre /2022 22:25
La dévalorisation économique et sociale de la force de travail des salariés.

On est le 22 septembre 2022, et à partir d'aujourd'hui les salariés du CAC40 travaillent exclusivement pour gonfler les dividendes des actionnaires... un tiers de l'année sacrifié pour ces assistés[19].

 

Des primes qui minent le modèle social français... le travail ne paie pas !

 

La baisse, la stagnation et la croissance des salaires, du SMIC et des pensions de retraite constituent la problématique centrale des luttes sociales et des affrontements de classe entre salariés et employeurs depuis fort longtemps. Elle prend encore plus d’ampleur en période d’inflation et de chômage.

Le pouvoir politique et ses valets médiatiques tente de brouiller les cartes de la répartition des richesses en agitant une multitude de diversions dont l’une soit disant opposition entre la France des assistés et des travailleurs qui se lèvent tôt le matin.

Selon le président Macron, la « fin de l’abondance est arrivée[1] »... Mais dans quel monde vit-il ?

Celui des patrons d’entreprises publiques qui veulent faire sauter leur plafond salarial jugé trop bas (37 500 euros par mois) ? Celui des actionnaires ?

Pour beaucoup de familles, la rentrée se tient sous le signe de la chute du pouvoir d’achat, que les mesures de cet été ne compenseront pas.

 

 

Sources :  Le Monde diplomatique par Martine Bulard

-  Des aides, mais surtout pas de hausses de salaire.
Voilà qui pourrait servir de titre à la loi sur le pouvoir d’achat, proposée par le gouvernement choisi par M. Emmanuel Macron et adoptée le 3 août par les députés de la majorité présidentielle, de droite et du Rassemblement national, à deux exceptions près[2]. Venant de responsables qui ne cessent de vitupérer les assistés et n’ont que le mot « travail » à la bouche, le renversement idéologique ne manque pas de piquant… au moins en apparence.

 

Évolution des salaires de base et conditions d’emploi dans le secteur privé. Résultats provi

Avec une inflation qui grimpe dans les tours (6,8 % attendus pour cette année), notamment pour les produits de première nécessité, un pouvoir d’achat des salariés qui a chuté de 3 % en un an[3] et un mouvement des « gilets jaunes » dans toutes les mémoires, le président Macron ne pouvait rester inactif.

 

Il aurait pu ouvrir son second quinquennat par un geste marquant, en demandant au Parlement de rétablir l’échelle mobile des salaires[4], leur permettant d’augmenter au même rythme que les prix. Lancée en 1952 par Antoine Pinay — un homme de droite —, la loi instaurant cette pratique a fonctionné jusqu’en 1982, date à laquelle François Mitterrand et un gouvernement à majorité socialiste l’ont jetée au panier. Elle n’était pas parfaite et souvent les rémunérations mettaient un temps certain avant leur mise à niveau. Mais, globalement, elle protégeait les salariés. L’économiste Alain Cotta, champion de l’orthodoxie, qualifiera d’ailleurs sa suppression de « don Delors » (du nom du puissant ministre de l’économie) au patronat[5].

 

Cette mise à mort sonnera le début d’un nouveau partage des richesses produites, en faveur des profits et au détriment des salaires. La part de ces derniers dans la valeur ajoutée est passée de 74,1 % en 1982 à 63,5 % en 1998. Elle connaîtra ensuite de petites variations à la hausse ou à la baisse, mais ne remontera jamais au pic de 1982, et elle atteint 65,4 % en 2019[6][7].

 


-  Au contraire, M. Macron a préféré un panier de mesures qui évite toute croissance générale des rémunérations.
Seule exception, le point d’indice servant à calculer le traitement des fonctionnaires est relevé de 3,5 %. La revalorisation, bien en dessous de l’inflation de l’année, est à relativiser ; surtout, cet indice est bloqué depuis 2010 (sauf pour une courte parenthèse 2016-2017). Si l’on tient compte de la hausse des prix, il a perdu 17,6 % de sa valeur en vingt-deux ans[8]. Dit autrement, un fonctionnaire qui touchait 1 000 euros en 2010 ne reçoit aujourd’hui que l’équivalent de 820,40 euros. On s’étonne ensuite de ne plus trouver d’infirmières ni d’enseignants — parmi les plus mal payés en Europe.

 

Elisabeth Borne s'engage à faire toute la baisse promise des impôts de production dès 2023

« C’est mieux que rien » Il paraît que la France ne peut pas faire plus. Ministres et chroniqueurs nous expliquent — avec ce qu’il faut d’intonation dans la voix pour bien faire percevoir l’énormité de la somme en jeu — que cette hausse « historique » va

coûter la bagatelle de 7,5 milliards d’euros. Curieusement, pas une voix ne s’élève pour faire connaître ce que représente, par exemple, la baisse des impôts de production pour les entreprises annoncée par la première ministre Élisabeth Borne lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale le 6 juillet dernier[9] : 8 milliards d’euros. Et nul ne s’interroge sur l’utilisation de cette manne.

 


-  Le paquet présidentiel comprend donc quelques « boucliers » tarifaires (loyers, gaz…).

  • Il impose ainsi une baisse de 30 centimes du litre d’essence jusqu’à la fin octobre, de 10 centimes pour les deux mois suivants, mais le gouvernement ne touche pas aux impôts indirects indexés sur les prix à la pompe, ni aux superprofits encaissés par les compagnies pétrolières. Il limite à 4 % la hausse du tarif de l’électricité jusqu’à la fin de l’année, mais contraint Électricité de France (EDF) à fournir 40 % de sa production bon marché à ses concurrents, plutôt que d’en faire bénéficier les usagers[10].

 

  • Il augmente de 4 % les retraites de base, dont les bénéficiaires avaient perdu 1,1 % de pouvoir d’achat rien qu’en 2019, ainsi que le revenu de solidarité active (RSA), essentiellement payé par les collectivités locales. Quant à l’aide personnalisée au logement (APL), elle grimpe de 3,5 %, mais cela ne compense pas — loin de là — les « 10 milliards d’euros économisés au détriment des plus modestes » depuis l’arrivée au pouvoir de M. Macron, comme le rappelle la Fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel sur le mal-logement [11].

 

Pour le reste, M. Macron renouvelle l’opération de 2018, au sortir du mouvement des « gilets jaunes », encourageant les employeurs à verser une prime désormais joliment appelée « partage de la valeur ». L’annonce à grande pompe de son triplement (3 000 euros) ressemble fort à de la publicité mensongère, le montant moyen réellement reçu par les quinze millions de salariés (sur vingt-sept millions) qui en ont bénéficié en 2019 n’ayant pas dépassé 542 euros, à peine plus de la moitié du montant alors autorisé[12]. La décision d’élargir encore la défiscalisation des heures supplémentaires et de celles effectuées à la place des réductions du temps de travail (RTT) relève tout autant de la mystification.

 


-  Évidemment, devant les difficultés de fins de mois, on peut être tenté de se dire que « c’est mieux que rien ».

Pouvoir d'achat : les salariés pourront désormais troquer leurs RTT contre de l'argent

Pourtant, ces mesures masquent un nouveau recul social. Le plus évident concerne les RTT puisque les salariés sont incités à troquer leurs journées de repos pour un peu d’argent[13]. Pas besoin d’être grand clerc pour savoir que cette « monétisation » concernera d’abord les travailleurs à la paye maigrichonne, qui sont souvent ceux qui exercent des emplois parmi les plus harassants. Voilà comment on contourne en douceur la loi sur les trente-cinq heures, jamais digérée par le patronat, tout en se présentant comme un « président soucieux du petit peuple ».

 


-  Plus insidieux encore est le recours systématique aux primes.
Officiellement, celles-ci ne peuvent se substituer aux augmentations de salaire. Dans la vraie vie, elles les remplacent. Or, elles dépendent du bon vouloir (ou des capacités) de l’employeur et ne sont donc pas pérennes. Pour les salariés, elles n’ouvrent aucun droit et sont exclues du calcul des indemnités de congé maladie ou de maternité, des pensions de retraite et des allocations de chômage. Pour les caisses de la protection sociale et celles de l’État, elles représentent un manque de recettes considérable. Comme quoi on peut se dire inquiet de la dette et organiser les déficits.

 

C’est également vrai avec les primes d’intéressement (sans cotisation, par définition) que peuvent désormais distribuer les petites et moyennes entreprises. Sans oublier, bien sûr, les heures supplémentaires dont les exonérations sociales et fiscales pour les salariés existent depuis 2019, M. Macron ayant rétabli la mesure mise en place par le président Nicolas Sarkozy (2007-2012) et supprimée par son successeur François Hollande. Cette « générosité » sur le dos des caisses publiques avait le mérite de masquer un autre cadeau offert aux employeurs quelques mois plus tôt, lors des « ordonnances travail » : la moindre rémunération des heures supplémentaires dont la majoration tombait à 25 % et même à 10 % après accord d’entreprise, au lieu de 50 % (pour les huit premières heures). Le système est toujours en vigueur mais, en plus, l’allégement s’étend aux cotisations patronales.

 

Pouvoir d'achat : pourquoi les primes sont une arnaque ?

Un marché de dupes (une arnaque[14]) pour la très grande majorité de la population car ces exemptions à répétition, dont une partie est étendue cette année aux travailleurs indépendants, creusent les déficits de la Sécurité sociale et de l’assurance-chômage. Des « trous » qui seront compensés par des réductions de prestations aux conséquences incalculables pour les familles, notamment aux revenus les plus modestes. En clair, le pouvoir reprendra demain ce qu’il vient de concéder aujourd’hui.

 


-  Le mouvement est engagé de longue date.
Les premières exonérations de charges patronales sont apparues dans le paysage dès 1993, par la grâce du très conservateur Édouard Balladur, alors chef du gouvernement. Depuis, onze premiers ministres et quatre présidents de la République — de gauche et de droite — se sont succédé. Si certains ont renâclé, aucun n’a inversé la tendance. À tel point que, désormais, l’employeur ne paie plus aucune cotisation sur le smic, à l’exception de l’assurance-accident du travail dont le montant dépend des branches. On pourrait en conclure qu’un coup de pouce sur ces salaires ne mettrait pas les entreprises sur la paille. Que nenni. Comme les treize précédents, le quatorzième rapport du « comité d’experts » (qui ne comprend ni un syndicaliste, ni même un économiste un tant soit peu iconoclaste) a conclu que cela mettrait en péril l’économie française. Mieux, en ces temps d’inflation, il propose de mettre fin « au mécanisme d’indexation automatique[15] » du smic, le seul qui existe encore. Anticipant une vague de « travailleurs pauvres », il suggère de miser sur la prime d’activité. Encore une, inventée celle-là par M. Hollande, pour officiellement « inciter à prendre ou garder un emploi », même faiblement rémunéré. Elle a surtout incité les patrons à offrir des salaires extrêmement médiocres et des horaires atypiques dont sont victimes les femmes en premier lieu.

 


-  Pour l’heure, le smic reste heureusement indexé sur les prix et le niveau du salaire moyen.

Salaire minimum et coût de la main-d’œuvre dans l’Union européenne Données annuelles de 2000 à 2022

Il n’en est pas moins fort maigre par rapport à de nombreux pays européens au produit intérieur brut (PIB) comparable. En avril 2022 (dernière statistique européenne), avec un niveau de 1 603 euros brut, il se situait en dessous de celui du Luxembourg (2 257 euros), de l’Irlande (1 775 euros), des Pays-Bas (1 725 euros), de la Belgique (1 658 euros) et même de l’Allemagne (1 621 euros), qui n’a instauré un salaire minimum qu’en 2015[16]. Il a augmenté un peu le 1er août dernier, mais il reste inférieur à celui du Royaume-Uni, peu réputé pour son progressisme social.

 

De plus, les patrons se sentent si forts face à des syndicats affaiblis qu’ils ont établi des grilles salariales comportant des indices de base (ce que l’on appelle le salaire minimum conventionnel) inférieurs au smic. En 2020, 16 % des branches professionnelles étaient dans ce cas. En 2022, elles sont 70 %[17] ! Certes, les employeurs ne peuvent verser un salaire en dessous du smic, mais ils bloquent toute évolution (liée à l’ancienneté ou à une petite qualification), jusqu’à ce que les changements d’indice permettent d’atteindre le niveau du smic. On assiste ainsi à un écrasement de la hiérarchie salariale : par le bas avec des minima conventionnels trop faibles et par le haut, si l’on peut écrire, avec la non-répercussion de l’évolution du smic sur l’ensemble de l’échelle.

 

Au total, la moitié des employés du secteur privé et des entreprises publiques gagnent moins de 2 005 euros net par mois et 80 % moins de 3 000 euros net — tous font l’objet d’un allègement de cotisations patronales, dégressif jusqu’à 2,4 fois le smic[18]. Les employeurs ont donc intérêt à ne pas dépasser ce seuil.

 


-  Cette trappe à bas salaires a des conséquences sociales évidentes, mais aussi économiques.
En témoignent le recul industriel de la France dans les technologies de pointe, les difficultés à recruter dans les secteurs vitaux de services aux personnes âgées ou aux enfants, par exemple. Devant la pénurie, le gouvernement nommé par M. Macron a trouvé deux remèdes : réformer l’assurance-chômage pour contraindre les demandeurs d’emploi à prendre n’importe quel emploi, quitte à développer les primes d’activité, et réduire les exigences professionnelles pour certains postes. Un arrêté du 4 août 2022 publié au Journal officiel permet ainsi de recruter du personnel non qualifié dans les crèches grâce « à des dérogations aux conditions de diplôme ou d’expérience[20] ».

 

Et ce sombre tableau ne décrit que les salaires. Il doit être complété par la situation des près de deux millions d’autoentrepreneurs (qui touchent en moyenne moins de 900 euros par mois), souvent assujettis à des donneurs d’ordre (plate-forme, sociétés de services, etc.).

 


-  La logique de ce marché de l’emploi fracturé et pressuré ?

Baisser le « coût du travail » pour maintenir ou accroître celui du capital[21]... Moins le travail paie et plus l’actionnaire final gagne.

Michaël Zemmour : « “La prime Macron” creuse volontairement le déficit de la Sécurité sociale »
  • Et cela se fait à coups de déréglementations, de défiscalisation, de « définancement » de la protection sociale et… de primes pour rendre le tout à peu près supportable[22] ;
  • Les recettes manquent, les prestations diminuent ;
  • Le recours au privé (mutuelles, retraites surcomplémentaires, etc.) s’imposera… pour ceux qui peuvent. Les couches intermédiaires se débrouilleront ;
  • Les pauvres devront se contenter de produits bas de gamme, de coupons de réduction dans les hypermarchés ou de charité...

 

Ainsi, le modèle français, fondé sur la solidarité collective et la responsabilité sociale des entreprises, est attaqué de l’intérieur.

 

Petit à petit, il se délite et menace d’imploser, à l’image de ce qui s’est produit avec l’hôpital public, aujourd’hui en état de délabrement avancé.

 

Le sort des générations futures dépend bien plus sûrement de la défense et de la rénovation de ce modèle que du poids de la dette publique.

 

  • en conclusion...  Jean-Luc Mélenchon : " Vous avez dit « Lutte des classes »[0] !

 

Notes :

[0] Jean-Luc Mélenchon : Vous avez dit « Lutte des classes »

[1] " Fin de l'abondance " : Emmanuel Macron change de stratégie et cherche à préparer les esprits

[2] Pouvoir d'achat : alliés, LREM, LR et le RN votent contre l'augmentation du SMIC à 1 500€ proposé par la #Nupes

[3] Jérôme Hananel, « Évolution des salaires de base dans le secteur privé. Résultats provisoires du deuxième trimestre 2022 », Dares indicateurs, n° 38, ministère du travail, du plein-emploi et de l’insertion, 12 août 2022.

[4] On en parle : annulation dette publique, inflation, échelle mobile des salaires...

[5] Lire Serge Halimi, « Ne rougissez pas de vouloir la lune : il nous la faut », Le Monde diplomatique, juillet 2011.

[6« Indicateurs économiques et sociaux de la CGT » (PDF), Confédération générale des travailleurs, Montreuil, 6 avril 2022. Cf. aussi Sophie Piton et Antoine Vatan, « Le partage de la valeur ajoutée : un problème capital », dans L’Économie mondiale 2019, La Découverte, Paris, 2018.

[7] On en parle : partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits

[8] Céline Mouzon, « Rémunération des fonctionnaires : un dégel ne fait pas le printemps », Alternatives économiques, Paris, 30 juin 2022.

[9] Elisabeth Borne s'engage à faire toute la baisse promise des impôts de production dès 2023

[10] L'Etat contraint EDF à brader sa production au profit de ses concurrents

[11] Cité dans Guillaume Jacquot, La réforme des APL a fait plus de perdants que de gagnants, selon un rapport du Sénat

[12] La prime Macron, l'alternative au salaire peu utilisée par les employeurs

[13] Pouvoir d'achat : les salariés pourront désormais troquer leurs RTT contre de l'argent

[14] Pouvoir d'achat : pourquoi les primes sont une arnaque ?

[15] « Rapport annuel du groupe d’experts SMIC », direction générale du Trésor, Paris, 15 décembre 2021.

[16] « Salaire minimum dans les pays de l’Union européenne en 2022 », Eurostat, 21 avril 2022.

[17] Salaires : dans 70% des branches, les minima conventionnels sont inférieurs au Smic

[18] Insee Première, n° 1898, Paris, avril 2022.

[19] Demain, 22 septembre, c'est le #JourDuDepassementCapitaliste. " Marianne " a calculé le jour à partir duquel les salariés du CAC 40 ne travaillent plus que pour leur actionnaire

[20] Pénurie de personnel en crèche : des recrutements de non-professionnels autorisés

[21] Lire Laurent Cordonnier, « Coût du capital, la question qui change tout », Le Monde diplomatique, juillet 2013

[22]  « La “prime Macron” creuse volontairement le déficit de la Sécurité sociale », Le Monde, 20 juillet 2022

 

Pour en savoir plus :

Le projet de loi réformant le régime de l'assurance-chômage ne laisse aucun doute sur le projet du gouvernement : précariser davantage les demandeurs d'emploi et faire pression sur les salariés.

- BERNARD FRIOT : « LA SOUVERAINETÉ POPULAIRE SUR LE TRAVAIL EST UNE URGENCE »

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4 août 2022 4 04 /08 /août /2022 08:31
Antisémitisme : en finir avec le poison de la rumeur par Manuel Bompard

« Chaque accusation publique sera poursuivie devant les tribunaux. Car il est temps que cesse cette infamie. »

 

Ce mardi 2 août, dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti et la Première ministre Elisabeth Borne se sont déshonorés. En donnant un caractère officiel au procès abject en antisémitisme mené à l’encontre de la France insoumise, ils ont, non seulement, insulté une partie de la représentation nationale mais ont rendu, par la même, un bien mauvais service à la lutte contre l’antisémitisme.

 

Sources : par Manuel Bompard (Député France insoumise #Nupes de Marseille)|

- Eric Dupond-Moretti parle de Jérémy Corbyn, l’ancien chef du Parti travailliste britannique.
Il faut rappeler que si celui-ci a été suspendu de son parti le 29 octobre 2020 à la suite de la publication d’un rapport sur l’antisémitisme, il a été réintégré par l’instance dirigeante du parti le 17 novembre 2020[1].  Il ne lui était d’ailleurs pas reproché des propos ou des actes antisémites, mais de ne pas avoir agi suffisamment contre l’antisémitisme. De plus, nous n’avons pas de lien particulier avec lui. Profiter de sa présence en France pour transformer nos parlementaires en antisémites est donc d’une malhonnêteté crasse. C’est l’histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours.

 

Pire encore, alors que cette résolution est à l’initiative de nos camarades communistes, Elisabeth Borne l’utilise pour flageller les insoumis tout en absolvant les autres groupes de la NUPES. Car en réalité, elle n’a rien à faire de la véracité des attaques qu’elle profère. Elle poursuit seulement un objectif politique : détacher la France insoumise des autres composantes de la NUPES pour empêcher toute possibilité d’alternative à gauche. Mais cette tentative est vaine, comme l’a démonté notre réaction commune face aux propos des ministres au sein de l’hémicycle.

 

 

- Ces interventions ne s’appuient donc sur aucun élément sérieux.
Elles ne visent qu’à propager le poison de la rumeur pour disqualifier l’opposition principale à Emmanuel Macron et à sa politique. Car une fois ces polémiques absurdes écartées, il ne reste plus que les faits. Ils sont simples et méritent d’être énoncés clairement.

  • Aucun militant, dirigeant ou élu de la France insoumise n’a jamais tenu de propos ou commis d’actes antisémites. 
  • Aucune poursuite pour antisémitisme n’a jamais été engagé contre une personne appartenant à la France insoumise. 
  • Les procédures judiciaires engagées par Jean-Luc Mélenchon contre ceux qui l’avaient accusé d’antisémitisme se sont traduites par des condamnations pour diffamation. 

 

 

- Le débat politique, même conflictuel, mérite mieux que ces tentatives de disqualification.
Elles posent d’ailleurs un problème de cohérence.
Car s’il y a des antisémites sur les bancs de l’Assemblée Nationale, il faut les traduire devant les tribunaux. Et si nous sommes, nous, députés de la France insoumise, des antisémites, alors il n’est pas compréhensible que trois ministres du gouvernement d’Emmanuel Macron viennent débattre (sans complaisance) avec nous lors de nos prochaines universités d’été. Dupond-Moretti et Borne doivent donc s’excuser.

 

Car nous n’avons pas l’intention de courber l’échine.

  • Chacune de ces attaques donnera lieu, de notre part, à une réaction claire et immédiate, comme nous l’avons fait ce mardi en quittant l’hémicycle.
  • Et chaque accusation publique sera poursuivie devant les tribunaux.

Car il est temps que cesse cette infamie.

 

Notes :
[1] Corbyn n’est pas antisémite. Son vrai péché est de se battre contre l’injustice dans le monde, dont sa version israélienne.

 

Pour en savoir plus

- Le gouvernement d'un président qui a reçu à l’Élysée, par Emmanuel Macron en personne, Elie Hatem, défenseur de l’antisémite Charles Maurras

- Le gouvernement d'un président qui a rendu hommage à Pétain accuse un parti de gauche d'antisémitisme.

 - Jean-Luc Mélenchon : Corbyn : la synthèse mène au désastre

Antisémitisme : la faute majuscule de la Macronie

- Un député français (UDI) “porte-parole” de Benyamin Netanyahou à l’Assemblée nationale

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2 août 2022 2 02 /08 /août /2022 22:57
Pouvoir d'achat : alliés, LREM, LR et le RN votent contre l'augmentation du SMIC à 1 500€ proposé par la #Nupes
Pouvoir d'achat : alliés, LREM, LR et le RN votent contre l'augmentation du SMIC à 1 500€ proposé par la #Nupes
Pouvoir d'achat : alliés, LREM, LR et le RN votent contre l'augmentation du SMIC à 1 500€ proposé par la #Nupes
Pouvoir d'achat : alliés, LREM, LR et le RN votent contre l'augmentation du SMIC à 1 500€ proposé par la #Nupes

Mesures Macron d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat : « On aura vu le vrai visage du RN »...

Résultat « Ceux qui ne sont rien » auront des miettes[1] !

...la loi « pouvoir d’achat » n’augmente pas le pouvoir d’achat mais entérine sa baisse[1bis] !

 

Demandée par la #Nupes[2] (LFI, EELV, le PCF et le PS), la hausse du SMIC à hauteur de 1 500 € nets n'a pas été adoptée par les députés. 257 parlementaires, dont Marine Le Pen ou Aurore Bergé, ont en effet voté contre. (257 parlementaires ont voté contre, 121 pour et 4 se sont abstenus, selon le site de l'Assemblée[3])
«  Main dans la main RN et macronistes refusent l'augmentation du SMIC. La pire droite d'Europe », a lancé sur Twitter Jean-Luc Mélenchon, l'ancien candidat insoumis à la présidentielle[4].

«  On aura vu le vrai visage du RN qui vote contre les intérêts des plus pauvres. On aura vu le vrai visage de LREM qui s’allie avec le RN pour protéger les intérêts des plus riches », commente quant à lui le jeune député LFI Louis Boyard[5].

 

Sources : l'insoumission | mis à jour le 17/10/2022

- SMIC. « Nous voterons l’essentiel des mesures que vous proposez », avait, la veille du vote, déclaré Marine Le Pen dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, en s’adressant au gouvernement[6].

Quel autre exemple que celui-ci pour illustrer l’alliance LREM & RN qui a été observé pendant plusieurs semaines à l’Assemblée ?

  • Après que les députés macronistes aient votés pour faire élire deux députés d’extrême-droite du RN à la vice-présidence de l’Assemblée[7] ;
  • après que les députés du RN aient refusé de voter la motion de censure du gouvernement[8]...
  • nouvelle épisode de l’alliance capital-fasciste : le 20 juillet 2022 l’alliance LREM & RN a voté d'une seule voix contre l’augmentation du SMIC à 1500€ net proposée par la gauche (amendement #Nupes[9]), et lors du vote global de l'article 4 du projet de loi (qui ne prévoit pas le SMIC à 1 500€), vote POUR[10].

 

 

- Défendus par le parti présidentiel et par son allié objectif, le Rassemblement national, les intérêts du capital sont bien gardés.

L’examen du texte « paquet pouvoir d’achat » à l’Assemblée nationale, a laissé éclater au grand jour ce que l’insoumission martèle depuis des mois : Marine Le Pen et le Rassemblement national, derrière la communication, portent un programme économique de saignée des classes populaires[11] : Refus d’augmenter les salaires, mais également de bloquer les prix, de dégeler le point d’indice des fonctionnaires, recul sur les retraites, arnaque sur l’ISF, remboursement de la dette, maintien de la flat-tax, austérité dans les services publics… Marine Le Pen défend, main dans la main avec Emmanuel Macron, les intérêts du capital contre le travail.

 

 

- Macron et Le Pen, main dans la main contre l’augmentation du SMIC
Un accord de fond qui ne date pas d’hier. Pendant la campagne présidentielle, Marine Le Pen s’était positionnée contre l’augmentation du SMIC, comme Emmanuel Macron. Candidate du peuple et du pouvoir d’achat ? Que nenni. À la place, la responsable du Rassemblement national (RN) proposait de supprimer des cotisations sociales pour augmenter le salaire net[12]. C’est-à-dire prendre dans notre poche gauche pour mettre quelques euros dans notre poche droite.

 

  • Quoi de plus normal pour Marine Le Pen de VOTER POUR[13] le « paquet pouvoir d’achat » proposé par le gouvernement, ce projet de loi qui donne toujours plus au capital qu’au travail, validant le non blocage des prix, la non hausse du SMIC, des pensions de retraites au delà de l'inflation, la revalorisation des minimas sociaux au dessus du seuil de pauvreté, le non gel des loyers... ?

 

 

 

- Par ce geste, le RN acte son rapprochement idéologique avec le macronisme.

Ses députés approuvent la distribution de miettes et de chèques, portée par les députés LREM. Le parti d’extrême-droite montre aux yeux du monde qu’il n’a jamais lutté pour la hausse des salaires :

  • Que le RN ne compte pas changer de position à ce sujet ;
  • Que le RN est bien un allié tacite de Macron, un allié des intérêts du capital, contre les intérêts des travailleurs.

 

 

- Le député France Insoumise, Adrien Quatennens a dénoncé avec vigueur l’hypocrisie du RN.

« Le partage de la valeur, ce ne sont pas des primes. Ce sont des augmentations de salaires et offrir les conditions d’une vie digne aux travailleurs, de vivre de leur travail. Ce que précisément, vous aussi, en bonne alliée de la macronie, vous refusez. […] Vos électeurs vous voient. Vous vous couchez contre la logique macroniste qui vise à verser des primes aléatoires et des chèques ! », s’est-il exclamé dans l’hémicycle[14].

 

 

- « Nous voterons l’essentiel des mesures que vous proposez » : pour quelles miettes le RN a-t-il voté ?
Un article a été publié ici même 👉 [15] par les insoumis pour décortiquer le « paquet pouvoir d’achat » du gouvernement.

 

🟥 Que contient-il ? Miettes, chèques et mesurettes.

Voilà, ce alors que les Français sont pris à la gorge par l’inflation et qu’ils ont un besoin urgent d’augmentation de leurs salaires, ce que le RN a avalisé : 

  • Une revalorisation du point d’indice des fonctionnaires (+3,5%), présentée comme historique, mais inférieure à l’inflation. Cela revient à une perte sèche de pouvoir d’achat de 2,25% sur l’année pour les fonctionnaires ;
  • Aucun effort demandé aux 3,5% d’ultra-riches qui possèdent la moitié des logements du pays, alors que les Français vont pâtir de l’inflation des loyers, qui est leur premier poste de dépenses ;
  • Pas d’augmentation du SMIC ;
  • Pas de blocage des prix de l’essence et des biens de première nécessité ;
  • Aucune taxation des milliardaires qui se sont gavés pendant la crise sanitaire ;
  • Des primes pour les entreprises qui le voudront bien, des miettes payées par… le contribuable.

 

👉 En définitive, un paquet pouvoir d’achat d’où est absent le mot « salaires ».

  • Voilà ce que le RN a soutenu, main dans la main avec la macronie et les Républicains.
  • Une lune de miel pour soutenir le capital plutôt que le travail.
  • L’alliance capital-fasciste se confirme chaque jour un peu plus.

 

 

- Et pourtant...

Malgré la propagande macroniste, les français ont compris que la loi sur le pouvoir d'achat était surtout une manière de protéger les superprofits.

Pas convaincus par la loi pouvoir d’achat, les Français voulaient taxer les superprofits - EXCLUSIF

 

- Pour en savoir plus...

Macron et Le Pen contre les hausses de salaire ! | Débats à l'Assemblée

 

Notes

[1] « Ceux qui ne sont rien » auront des miettes

[1bis] LES SALARIÉS PERDENT DU POUVOIR D'ACHAT: LES HAUSSES DE RÉMUNÉRATION NE COMPENSENT PAS L'INFLATION

[2] Nupes

[3] 257 parlementaires ont voté contre, 121 pour et 4 se sont abstenus, selon le site de l'Assemblée

[4] Main dans la main RN et macronistes refusent l'augmentation du SMIC. La pire droite d'Europe. #DirectAN

[5On aura vu le vrai visage du RN qui vote contre les intérêts des plus pauvres.

[6] Loi pouvoir d’achat : « Nous voterons l’essentiel des mesures que vous proposez», annonce Marine Le Pen

[7] En récoltant respectivement 290 et 284 voix, les députés d’extrême droite ont été élus dès le premier tour grâce à des votes de la majorité et de la droite, dans un scrutin à bulletin secret.

[8Marine Le Pen refuse de voter la motion de censure du gouvernement déposée par LFI, l’alliance RN & LREM se confirme

Quels sont les députés qui ont voté la motion de censure présentée par la Nupes à l’Assemblée ?

[9Scrutin public sur l'amendement n° 844 qui veut porter le SMIC à 1 500€

[10] vote global de l'article 4 du projet de loi (qui ne prévoit pas le SMIC à 1 500€

[11] Le programme économique de Marine Le Pen : une saignée pour les classes populaires

[12] Dans une tribune aux « Echos », Marine Le Pen, propose que pour toute hausse de salaire de 10 % accordée à l'ensemble des salariés gagnant jusqu'à trois fois le SMIC, les entreprises soient exonérées de cotisations patronales sur cette augmentation, et ce pour les cinq années suivant 2022

[13] 21 juillet 2022 : l'Assemblée adopte en première lecture l'ensemble du projet de loi n° 19 portant " mesures d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat "

[14] Macron et Le Pen contre les hausses de salaire ! | Débats à l'Assemblée - Adrien Quatennens

[15] Paquet « pouvoir d’achat » : des miettes mais surtout, surtout, pas d’augmentation des salaires

 

 

Pour en savoir plus :

- « “La prime Macron” creuse volontairement le déficit de la Sécurité sociale »

Pas convaincus par la loi pouvoir d’achat, les Français voulaient taxer les superprofits - EXCLUSIF

- Super-profits : le RN remercie le patron de CMA CGM, l’homme qui a pris 30 milliards en 1 an

Le RN vote contre le rétablissement de l’ISF, l’extrême-droite amie des riches

Pouvoir d'achat : alliés, LREM, LR et le RN votent contre l'augmentation du SMIC à 1 500€ proposé par la #Nupes
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2 août 2022 2 02 /08 /août /2022 19:57
Antisémitisme : la faute majuscule de la Macronie
Antisémitisme : la faute majuscule de la Macronie
Antisémitisme : la faute majuscule de la Macronie
  • « Exempter le RN de tout antisémitisme quand on connaît son histoire pour en accuser LFI ? ! Mais quand le gouvernement a-t-il perdu le sens de la République ?[1] »
  • Antisémitisme, l’arme fatale[1bis] ?

 

En taxant les députés NUPES et singulièrement LFI d'antisémitisme en plein hémicycle, le gouvernement et les députés Renaissance, banalisent le crime et parachèvent la respectabilité présumée du RN.

 

Sources :  Rodolphe P. |

- Il ne leur reste que cela.
En l'absence de majorité, dans un contexte socio-économique hyper tendu, ce 2 août, le gouvernement a abattu sa dernière carte face à l'opposition de gauche en la vouant aux gémonies de l'antisémitisme.

 

Ce fut d'abord le très sioniste soutien du gouvernement Netanyahou, M Habib qui sonna la charge. Ses insultes auraient pu en " toucher une sans faire bouger l'autre ", tant l'homme est connu pour ces outrances pro israéliennes et islamophobes. Cependant, le garde des sceaux, qui au lendemain des législatives fut l'un des tous premiers à tendre la main à l'extrême droite, reprend à son compte les accusations. Enfin ce fut au tour de Madame Borne, première ministre sans portefeuille ni pouvoir de tenter avec ses gros sabots de scinder l'opposition de gauche en déclarant que bien sûr PCF EELV et PS étaient dans le champ républicain tout en excluant LFI.

 

Madame la première ministre, sans doute oublieuse de la quasi réhabilitation de Pétain, puis de Maurras par son patron entre 2018 et aujourd'hui, trouvait ce qu'elle pensait être une issue[2][3][3bis].

 

 

- L'accusation d'antisémitisme, jusqu'ici, faisait figure d'arme atomique à l'encontre de l'accusé.
Or, l'utiliser en ce lieu (l'Assemblée Nationale) et ainsi a deux effets délétères :

  • D'abord, elle banalise la gravité de l'accusation. Si, en effet, 75 députés étaient effectivement antisémites, ces derniers devraient être interdits d'assemblée, traduits devant la justice et condamnés. Or bien sûr rien de tel dans le cas présent. Conclusion, l'antisémitisme peut être brandi en plein parlement, par les plus hauts personnages de l'État sans que cela soit suivi du moindre effet réel hormis d'agiter les plateaux et les réseaux sociaux pour 24 heures. L'antisémitisme devient donc une accusation banale, courante, un effet de manche pour quiconque dispose d'une tribune.

 

  • Le second but de l'opération mediatico politique est purement politicien : il consiste à accoler Gauche (radicale) à antisémitisme dans une sorte de délire révisionniste officiel afin de mieux disculper les vrais antisémites historique, le courant antisémite ultra majoritaire à savoir l'extrême droite. C'est ainsi que le délirant Onfray, en retraçant la généalogie de l'antisémitisme, évite soigneusement d'évoquer le nazisme...et même les antidreyfusards pour fustiger l'antisionisme. Tenter ainsi de bouter hors de la République le camp qui célèbre l'homme qui en a forgé la devise, Robespierre, ( et qui se battit pour la citoyenneté pour les juifs !), pourrait être ridicule mais...

 

- C'est le troisième acte de la tragédie qui se joue en fait.

Après l'élection grotesque d'un Président détesté grâce à un électorat taxé aujourd'hui d'être antisémite, le deuxième acte fut celui de la trahison, par l'alliance manifeste de la minorité parlementaire avec les représentants fascistes du RN[4].

  • Le troisième acte est celui où le noeud gordien se resserre sur les acteurs. En abattant un mois après les élections la carte offensive la plus disqualifiante pour l'opposition, la Macronie est déjà à nu. Une fois l'effet retombé, que lui restera t il ? Rien si ce n'est la gestion des pots cassés. La Macronie n'a plus rien en stock, ni contre LFI, ni surtout contre le RN.

 

 

- La rentrée sera très compliquée à gérer

Les antifascistes macroniens à l'action


En effet, la rentrée sera très compliquée à gérer et le quatrième acte sera celui de la dissolution, celui où les protagonistes en se débattant dans tous les sens se condamnent définitivement. Le dernier acte sera le triomphe de l'extrême droite aux prochaines législatives qui aura pu nouer des alliance de Reconquête à LR, et qui sera en position de force si par miracle elle n'est pas majoritaire.

 

 

Les macronistes se sont donc définitivement engagé•es dans la voie de la collaboration active avec l’extrême droite.

  • Macron aura donc sa cohabitation avec Le Pen.
  • Les deux seront d'accord pour restreindre le droit d'expression de la gauche jugée extrémiste, puis la radicale, puis la modérée. On y va tout droit.
  • Les Français regardent ailleurs.
Antisémitisme : la faute majuscule de la Macronie
Antisémitisme : la faute majuscule de la Macronie
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1 août 2022 1 01 /08 /août /2022 10:00
Explication de vote LFI-NUPES sur la loi “ pouvoir d’achat ”

Le 22 juillet au matin, à 6h après une nuit de débats, la loi intitulée « Mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat » a été adoptée en première lecture. Le groupe LFI-NUPES a voté contre[1]. Hendrick Davi, député LFI-NUPES revient ici sur les raisons de ce vote.

 

Sources : par Hendrick Davi, député LFI-NUPES | mis à jour le 08/08/2022

-  La situation sociale est grave.

L’INSEE a révélé que sur un an les prix avaient augmenté de 5,8% en juin 2022[2]. Sur la même période, selon le Magazine « Que Choisir », la hausse atteint 24% pour l’essence, 28% pour le gaz et 7% pour l’alimentaire. Pour le seul premier trimestre 2022, les loyers ont augmenté de 2,48%[3]. Ces hausses frappent encore plus les ménages modestes, qui allouent près de 50% de leurs revenus au loyer. Ces hausses conduisent à de nombreuses luttes sur les salaires en France (SNCF, Transavia, Golden Tulip) et en Europe (poste britannique).

 

Mais la situation récente a aussi été marquée par deux canicules exceptionnelles qui ont conduit à des mégas feux détruisant près de 20 000 hectares de forêts dans les Landes. Comment ne pas voir les conséquences désastreuses du changement climatique et l’urgence de sortir des énergies fossiles ?

 

 

- Or cette loi, mal rédigée, faite de bric et de broc, ne répond en rien aux enjeux de la période et le gouvernement a refusé la plupart des amendements qui auraient pu en améliorer le contenu.

D’une part :

  • la loi ne compense pas la perte de la valeur de nos revenus avec l’inflation ;
  • d’autre part elle aggrave les émissions de gaz à effet de serre avec l’importation de gaz de schiste américains et la relance d’une centrale à charbon.

 

Entrons dans les détails.

  • L’article 1 prévoit l’augmentation du plafond de la prime dite Macron.

Cette prime défiscalisée peut être versée par les entreprises aux salariés. Cette mesure pose plusieurs problèmes :

  • D’abord, elle ne bénéficiera pas à tous les salariés, mais seulement ceux qui sont dans des entreprises qui ont les moyens et la volonté de la verser. En 2021, seulement 4 millions de personnes l’ont touchée sur 25 millions de salariés (soit 16%)[4] et le montant moyen versé était de 506 euros en moyenne[4], bien en deçà du plafond de 1000€ ;
  • Rien n’indique que l’augmentation du plafond changera dans les mêmes proportions l’augmentation des versements ;
  • Mais surtout des primes versées annuellement et sans aucune garantie ne constituent pas une solution pour des millions de citoyens pour payer chaque mois l’essence et l’alimentation ou pour avoir une garantie pour un bailleur.
  • Pire, les entreprises qui ont des marges importantes pourront verser cette prime défiscalisée en lieu et place d’une augmentation de salaires ;
  • C’est donc possiblement un frein à de vraies augmentations de salaires. Or comme ces primes sont défiscalisées, c’est un manque à gagner de cotisations pour la sécurité sociale, ce qui risque de peser notamment sur le système de  retraites.

 

  • Dans la même veine, le gouvernement a décidé avec l’article 2 de faciliter l’intéressement.

L’intéressement dépend des profits de l’entreprise et il est prioritairement versé sur des plans d’épargne salariale défiscalisés. C’est encore un moyen d’éviter les hausses de salaires en proposant des alternatives défiscalisées et irrégulières. Actuellement, les exonérations de cotisations sur les diverses formes d’intéressement coûtent 1,7 Md€ par an. C’est donc une mauvaise solution pour le pouvoir d’achat, comme pour notre modèle social.

 

  • Le reste des articles présente quelques avancées même si elles sont souvent largement insuffisantes.
    • L’article 4 vise à limiter le nombre de branches professionnelles pour lesquelles les minima sont en dessous du SMIC, par exemple en fusionnant les branches.

Selon nous, il aurait été préférable de conditionner des aides publiques au fait d’avoir des minima de branche au-dessus du SMIC. Nous avons proposé de porter le SMIC à 1500€ net. Sans succès, car le bloc de droite LR, RN et LREM a voté contre !

  • L’article 5 prévoit une revalorisation anticipée de 4 % à partir de juillet des droits et prestations sociales indexés sur l’inflation.

Mais cette revalorisation est insuffisante vue l’inflation.

  • L’article 6 prévoit la revalorisation anticipée des APL à hauteur de 3,5 % et le plafonnement de l’indice de référence des loyers à 3,5 % jusqu’au deuxième trimestre 2023.

C’est notoirement insuffisant. Par exemple, pour un loyer de 600 euros et des APL de 200 euros, l’augmentation de 3,5 % des deux se traduit par un maigre gain de 7 euros d’APL et 21 euros de loyer supplémentaire, soit 168 euros de perte annuelle.

Nous avons proposé le gel des loyers. Sans succès, car le bloc de droite LR, RN et LREM a voté contre[4bis] !

  • L’article 7 oblige les vendeurs en ligne à garantir au consommateur un “ accès facile, direct et permanent à une fonctionnalité dédiée ” à la résiliation du contrat conclu et à lui indiquer clairement la date de la fin du contrat lorsque le consommateur décide de résilier le contrat.

LREM s’est opposé à l’extension de cette obligation à plus de secteurs.

  • L’article 8 concerne la même garantie pour les assurances.

 

Pour tous ces articles, le débat a été entre d’un côté ceux qui proposaient des primes (LREM, LR, et RN) et de l’autre ceux (la NUPES dans sa diversité) qui exigeaient la hausse générale des salaires, leur indexation sur l’inflation étant la seule mesure permettant de garantir en réalité la valeur de nos salaires et donc de notre travail.

 

 

- L’inflation...

L’inflation actuelle n’est pas causée par la seule guerre en Ukraine ou par une augmentation des salaires, elle est causée aussi (et surtout) par l’explosion des dividendes des entreprises, qui alimentent la spéculation dans de nombreux secteurs et des blocages dans les chaînes d’approvisionnement mondiales suite au COVID. C’est le chaos capitaliste qui génère actuellement l’inflation et sûrement pas nos salaires. Choisir la hausse des salaires plutôt que des primes défiscalisées ou de l’intéressement, c’est contraindre les entreprises à réajuster la répartition de la valeur ajoutée entre les salaires et les dividendes. Rappelons que les entreprises du CAC 40 ont versé 80 milliards d’euros en dividendes à leurs actionnaires en 2021[5], soit l’équivalent de 3200€ par salarié français…

 

 

- Mais ce texte en plus d’être largement insuffisant pour contrer la paupérisation des salariés, présente des dispositions nocives pour l’environnement et le climat.

Afin de sécuriser l’approvisionnement énergétique,...

  • l’article 13 prévoit que le ministre chargé de l’énergie puisse obliger l’opérateur d’un terminal méthanier flottant à le maintenir en exploitation pour la durée fixée par ce ministre ;
  • l’article 14 la construction d’un terminal flottant d’importation de gaz naturel liquéfié (gaz de schiste américain) au Havre ;
  • L’article 15 permet aux exploitants de centrales à charbon de recourir “ en cas de reprise temporaire d’activité ” à des CDD et des contrats de mission pour leurs recrutements, notamment en faisant revenir les salariés en cours de reclassement suite à la fermeture initiale ;

Par dérogation au droit du travail, la durée des CDD ainsi conclus peut atteindre 36 mois au lieu de 18.

  • Enfin, l’article 19 prévoit la validation du décret du 11 mars 2022 qui oblige EDF à vendre plus d’énergie à prix cassé à ses concurrents, pour l’année 2022 et ce “ à titre exceptionnel ”.

 

Bref, comme le gouvernement a été incapable d’organiser la transition énergétique, il est obligé de relancer l’exploitation et l’usage d’énergies fossiles, à cause des risques liés à la crise en Ukraine. Le principal problème de cette approche, c’est qu’à aucun moment le gouvernement ne planifie la sortie des énergies fossiles de façon conséquente en développant les transports en commun, la rénovation des logements et le développement des énergies renouvelables. Pire, le dernier article menace la survie de notre opérateur historique EDF en le contraignant à revendre à perte de l’électricité à ses concurrents.

 

Sur les questions écologiques, comme sur les articles sur le pouvoir d’achat, le même bloc LR, LREM et RN s’est opposé aux amendements proposant d’autres solutions, ou à minima limitant dans le temps le recours aux énergies fossiles.

 

Pour toutes ces raisons, il était inconcevable de voter une telle loi climaticide et organisant la perte de notre pouvoir d’achat et donc de pouvoir de vivre de nos concitoyens.

Il est nécessaire maintenant que les salariés se battent partout par la grève et les manifestations pour obtenir de leurs dirigeants les augmentations de salaires que le gouvernement et ses alliés de LR et du RN ont refusé de leur donner.

 

Notes :

[1l'ensemble du projet de loi portant mesures d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat (première lecture)

[2] En juin 2022, les prix à la consommation augmentent de 5,8%

[3] Pour le seul premier trimestre 2022, les loyers ont augmenté de 2,48%

[4] Prime Macron : près de 4 millions de bénéficiaires en 2021

[4bis] Loi pouvoir d’achat : les députés LREM et RN empêchent le gel des loyers, la hausse plafonnée

[5] Le CAC 40 va verser 80 milliards d'euros à ses actionnaires au titre de 2021

 

Pour en savoir plus :

- « “La prime Macron” creuse volontairement le déficit de la Sécurité sociale »

 

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26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 12:59
Le Président Macron et la « nation organique »

Face à la dérégulation économique et politique, qu’il encourage par ailleurs, Macron espére rassurer son électorat à peu de frais en jouant la carte de la nation !

 

Par Manouk Borzakian Géographe, postdoctorant à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

Dans son allocution du 14 juillet 2022, Emmanuel Macron a qualifié la nation de « tout organique ». L’expression puise dans la tradition intellectuelle de la géopolitique dite « classique », dont les théories ont notamment servi de fondement à l’expansionnisme nazi.

 

 

Sources : Manouk Borzakian | mis à jour le 08/08/2022

- Une nation un tout organique ?

En entendant Emmanuel Macron expliquer qu’« une nation, c’est un tout organique », difficile pour les géographes de ne pas penser à un encombrant père fondateur de leur discipline, Friedrich Ratzel[1]. Une notion a assuré la postérité à ce scientifique allemand de la fin du 19e siècle : l’espace vital (Lebensraum). Dans sa Politische Géographie, publiée en 1897, le zoologiste devenu géographe compare les États à des « organismes qui entretiennent avec le sol un rapport nécessaire » et entreprend de les étudier avec les outils de la biologie. Appliquant la théorie darwinienne à ces « organismes », Ratzel décrit la tendance de tout État à étendre son territoire à mesure qu’il croît et, le cas échéant, à s’approprier l’espace de ses voisins.

 

 

- De la « Geopolitik » à l’expansionnisme nazi

Cette théorie de l’espace vital, malgré ses bases scientifiques fragiles, aura une riche descendance intellectuelle. Le Suédois Rudolf Kjellén[2], auquel on doit le terme « géopolitique », reprend les idées de Ratzel pour alimenter une science des États conçus comme des organismes vivants. Son ouvrage au titre évocateur, L’État comme forme de vie, publié en 1916, influencera Karl Haushofer[3], fondateur de l’école allemande de géopolitique. Comme Ratzel et Kjellén, Haushofer considère la géopolitique comme une science naturelle étudiant les interactions entre des organismes s’affrontant pour étendre leur territoire respectif. Il défend une vision quasi mystique des frontières, appelées à se mouvoir au gré du développement des États et de leur population.

 

Au lendemain de l’humiliation du Traité de Versailles de 1919, Haushofer veut fournir des outils théoriques aux dirigeants allemands. Car cette géopolitique « classique », qui se développe durant la première moitié du 20ème siècle en Allemagne, mais aussi en Grande-Bretagne et aux États-Unis, se pare de scientificité mais s’adresse surtout aux responsables politiques et vise à justifier leur politique extérieure. Même si Haushofer s’est par la suite défendu de tout soutien au nazisme, il est l’ami de Rudolf Hess[3] et rencontre à plusieurs reprises Hitler, qui lui emprunte la notion d’espace vital.

 

- Une vision du monde périmée
S’ils étaient le plus souvent de farouches nationalistes, ces pères fondateurs de la géopolitique avaient aussi quelques excuses : ils exploraient un champ nouveau, dans un contexte intellectuel marqué par une vision biologisante des sociétés – même si Darwin a été le premier à s’opposer au « darwinisme social[5] » et à ses déclinaisons. Et même si, déjà à cette époque, des auteurs comme Albert Demangeon[6] et Jacques Ancel[7] ont souligné le manque de rigueur scientifique des travaux de Ratzel et de ses suiveurs.

 

Depuis, les géographes ont pointé les présupposés de la géopolitique classique : conception anthropomorphe et quasi mystique de l’État national, visées nationalistes et impérialistes peu ou pas dissimulées, obsession de l’échelle étatique[8], etc., trop d’éléments relèvent de la croyance plus que de la science.

 

 

- À qui profite le crime ?
Considérer la nation comme un organisme en lutte permanente avec ses semblables est donc un anachronisme intellectuel et un non-sens scientifique. Cette vision du monde continue pourtant de nourrir des théories plus ou moins scabreuses. On retrouve, dans le Choc des civilisations[9] de Samuel Huntington[10], socle idéologique de la guerre contre le terrorisme, une vision du monde découpé en grandes entités homogènes condamnées à s’affronter éternellement. Quant au néo-eurasisme[11], il postule l’existence d’un continent entre Occident et Orient, l’Eur-Asie, appelé à être uni sous la domination russe. Son courant le plus nationaliste s’inspire de la géopolitique allemande des années 1920 et défend l’expansionnisme russe. Son principal représentant, Alexandre Douguine[12], par ailleurs connu pour ses accointances avec la Nouvelle Droite française, a inspiré les discours nationalistes de Vladimir Jirinovski[13] et, aujourd’hui, fournit une partie de ses arguments à Vladimir Poutine[14].

 

Ce renouveau de la pensée ultranationaliste russe a coïncidé avec l’effondrement de l’URSS : il fallait un modèle explicatif capable de combler le vide idéologique et (géo)politique postsoviétique. De la même manière, en France et ailleurs, les discours plus ou moins rigides sur l’identité et l’unité nationales prospèrent dans un contexte d’incertitude : la mondialisation économique, via les progrès du libre-échange[15] et le pouvoir de décision accru des grandes firmes multinationales, fragilise la souveraineté nationale. Face à cette dérégulation économique et politique, qu’il encourage par ailleurs, Macron peut espérer rassurer son électorat à peu de frais en jouant la carte de la nation – à la manière de Trump finançant le mur entre les États-Unis et le Mexique.

 

Et puis, comme le rappelle l’historien Nicolas Lebourg[16], l’organicisme, au cœur de la pensée d’extrême-droite, sert aussi à mettre sous le tapis la lutte des classes.

  • La nation, tel un corps vivant, fonctionne selon un principe d’unité et de complémentarité entre ses membres : pas question de les opposer entre eux. Une idéologie de l’ordre, en somme.

 

Notes :

[1Friedrich Ratzel, né le 30 août 1844 à Karlsruhe et mort le 9 août 1904 à Münsing, est un pharmacien, zoologiste puis géographe allemand. Proche des milieux colonialistes et impérialistes, il est le premier géographe à avoir formulé la notion de Lebensraum (« espace vital »).

[2] Johan Rudolf Kjellén (né le 13 juin 1864 à Torsö (Suède) et mort le 14 novembre 1922) était professeur de science politique à l'université de Göteborg. Sa réflexion le poussa à associer la science politique à la géographie, qu'il enseigna par la suite, avant de créer de nouvelles disciplines consacrées à l'État.

[3Karl Haushofer, né le 27 août 1869 à Munich et mort par suicide le 10 mars 1946 à Pähl (Haute-Bavière), est l'un des plus importants théoriciens de la géopolitique allemande, dont certains travaux (notamment ceux qui abordent la notion d'Espace vital) sont repris et réinterprétés par une partie des penseurs du nazisme, bien que lui-même n'aie jamais été membre du parti nazi.

[4] Rudolf Hess 

[5] LE « DARWINISME SOCIAL »

[6Albert Demangeon, né à Cormeilles (Eure) le 13 juin 1872 et mort à Paris le 25 juillet 1940, est un géographe français.

[7Jacques Simon Ancel, né le 22 juillet 1882 à Parmain en Seine-et-Oise et mort à Paris en décembre 1943, est un géographe et géopolitologue français.

[8] l’échelle étatique

[9« Choc des civilisations » A l’origine d’un concept

[10Samuel Huntington, né le 18 avril 1927 à New York et mort le 24 décembre 2008 à Martha's Vineyard dans le Massachusetts, est un professeur américain de science politique, connu pour son livre intitulé Le Choc des civilisations paru en 1996.

[11Alexandre Dugin : esquisse d'un eurasisme d'extrême-droite en Russie post-soviétique

[12Alexandre Guelievitch Douguine, né à Moscou le 7 janvier 1962, est un intellectuel et théoricien politique nationaliste russe. Il est l'auteur de nombreux essais.

[13Vladimir Volfovitch Jirinovski, né Eidelstein le 25 avril 1946 à Alma-Ata (République socialiste soviétique kazakhe, Union soviétique), et mort le 6 avril 2022 à Moscou, est un homme politique russe, président du parti d'extrême droite LDPR.

[14Alexandre Douguine est le prophète réactionnaire de l’ultranationalisme russe

[15] l'exemple du blocage du canal de Suez ?

[16Dans son interview du 14 Juillet, le chef de l’Etat a expliqué qu’«une nation, c’est un tout organique». Une notion prisée par l’extrême droite dans son histoire, explique l’historien Nicolas Lebourg.

 

Pour en savoir plus :

- Pétain « grand soldat », « pays réel », « nation organique » : Macron, le nauséabond glissement vers la rhétorique d’extrême-droite

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 09:41
Commémoration du 11 novembre 1918 : le macronisme poursuit “ l’archipélisation ” du pays
Commémoration du 11 novembre 1918 : le macronisme poursuit “ l’archipélisation ” du pays

11 novembre 2021 : l'ignoble " séparatisme " à l'occasion de la commémoration du 11 novembre 1918

 

La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe !! Macron arrête ! Ça suffit maintenant trop c'est trop ! Macron tu devras rendre des comptes aussi sur ce sujet. Le méprisant décida d'exclure a lui tout seul les représentants du culte musulman. Honteux !

 

 

Sources : Jules Prada | 

- Qui étaient-ils ? Quel rôle ont-ils joué.

L'armée française avait imaginé une guerre rapide, avec des blessés légers, mais dès les premiers mois de 1914, les pertes humaines sont colossales. La France doit alors recruté des combattants. Elle se tourne vers ses colonies : 'Algérie, département français, où le service militaire est obligatoire, puis le Maroc et la Tunisie.

 

Près de 300.000 Maghrébins sont mobilisés[1]. A mesure que le conflit s'amplifie, l'armée enrôle de gré ou de force, dans ses colonies d'Afrique noire : Sénégal, Mali, Tchad, Centrafrique, où un tiers des conscrits sont musulmans (globalement : Entre 1914 et 1918, la France a envoyé au front 500 000 soldats venus des colonies[2]). En versant le même sang, vous gagnerez les mêmes droits, leur promet la France.

 

 

- Les troupes du Maghreb sont engagées dans les unités d'infanterie.

Ce sont des hommes qu'on estime résistants, venant souvent de populations habitués aux climats rigoureux. Les tirailleurs d'Afrique noire seront rapatriés a l'arrière. Les premiers bataillons sénégalais sont engagés dans l'Isère, dans la glace, dans la boue. Des conditions extrêmes pour eux. Les pertes vont être extrêmement importantes. Les pathologies pulmonaires vont créer plus de pertes que les obus.

 

 

- Des combattants et de la main d'œuvre.

140.000 Maghrébins sont engagés pour faire tourner l'industrie. Et ils ne sont pas les seuls. C'est la première vague d'immigration de travail. Elle est liée à la Grande guerre. En tout, entre les combattants et les travailleurs, ce sont près de 600.000 " Indigènes " qui vont fouler le sol français[3].

 

Des musulmans encouragés à pratiquer leur culte. En pleine guerre, il faut entretenir le moral des troupes. La France veut montrer qu'elle se soucie des soldats musulmans. En 1916, une mosquée est installée dans le jardin colonial de Nogent-sur-Marne. A la fin de la guerre, ces soldats seront parmi les plus décorés. En 1922, la Grande mosquée de Paris est érigée pour leur rendre hommage. Aujourd'hui, le nom des 55.000 musulmans et étrangers morts pour la France figurent sur ce site Internet au côté des tous les combattants de la Grande guerre[3].

 

 

- La seule réaction politique sauvant l'honneur de la France : Jean-Luc Mélenchon

Honte à Macron qui a exclu la grande mosquée de Paris des commémorations du 11 Novembre. Honte aux ignorants qui méprisent une contribution décisive dans les deux guerres mondiales pour vaincre l'Allemagne du IIe et du IIIe Reich. Cette exclusion c'est du jamais vu. Qui l'a organisée ? Pourquoi ? C'est insupportable. JLM[5].

 

 

-Le tout confirmant que le macronisme est un " séparatisme ! " selon Adrien Quatennens député France insoumise

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 13:47
Après le 1er mai 2021, il y a urgence à refonder la police !

Les images de la violence à l'encontre de la CGT le 1er mai, ont fait le tour de France soulevant l'indignation du monde ouvrier et d'une partie du monde politique, notamment de gauche.
Syndiqué CGT, j'apporte moi aussi mon soutien à la CGT et aux camarades blessés à Paris.
La lutte sociale et les revendications du 1er Mai ont toujours besoin d’un mouvement de masse.

Mais, aujourd'hui, il faut aller au fond du pourquoi et du comment... (interrogations déjà soulevées lors du mouvement citoyen des gilets jaunes dont les victimes ont été nombreuses, et précédemment lors de la main contre la manif du 14 juin 2016 à Paris contre la Loi Valls/ El Khomri auquel j'ai participé et ou à l'issue, j'accuse " Gazer, mutiler, soumettre : la police au service du néolibéralisme autoritaire, je l'ai vue à l'œuvre ! "[1].

 

Sources : Eric Durand | mis à jour le 03/10/2021

- Partant du principe que la violence divise, fait peur, dissuade de participer à l'action, casse les mouvements populaires de masse

  • Qui sont les violents, au service se qui ?
  • Pourquoi le Préfet Lallement est incapable d'assurer, ou ne veut pas assurer... et sur ordre de qui la sécurité des manifestations pour permettre aux citoyens de défiler tranquillement ? D'ailleurs, en 2016, un CRS ne dénonçait-il pas déjà la responsabilité du gouvernement dans les violence[2] ;
  • N'est-on pas face à des groupuscules (Black bloc ou autres d'extrême droite) manipulés pour se mettre au service du système en utilisant la violence en complicité de fait avec des forces de police qui " laissent faire " parce-qu' elles n'ont pas d'ordre d'agir, amenant la CGT à La CGT-police a critiquer la gestion du maintien de l'ordre [3]  ;
  • Mais pas que : le syndicat de police Alliance s'interrogeait en 2016, sur les consignes de non-intervention reçues face aux casseurs et accusait le gouvernement de vouloir décrédibiliser les mouvements sociaux [4] et la situation n'a fait que j'aggraver depuis ; 
  • Par ailleurs, gardien de la paix au renseignement territorial, secrétaire général de la CGT police, Alexandre Langlois, affirmait en 2016 « Tout est mis en place pour que ça dégénère » [5] ;
  • N'est-on pas face à une instrumentalisation des forces de maintien de l'ordre pour casser les luttes sociales ? Ou dit autrement n'assistons nous pas à une « politique néolibérale du désordre » liée à la transformation de notre modèle social [6] ? 
  • OUI, comme en 2016, en 2018/2019, ce 1er mai 2021 confirme que " Les casseurs sont instrumentalisés par le pouvoir " [7] ; 

 


- Alors, forces de l’ordre ou forces aux ordres

Les policiers dans le piège des politiques méritent mieux que ce rôle de rempart contre le changement, qu’on essaye de leur faire jouer. En la matière je vous invite à consulter le Rapport de la Mission civile sur les actions de maintien de l’ordre depuis le début des manifestations contre la loi travail de 2016, qui confirme la dangereuse dérive que nous vivons sous l'ère de la monarchie républicaine macronienne [8].

 

Dans ce schéma, sur Paris, le préfet de police Lallement est loin de chercher à calmer le jeu et de faire respecter les droits et libertés démocratiques

  • Didier Lallement, qui, en 2015, ambitionne le poste de préfet de police de Paris, est nommé à ce poste le 20 mars 2019. Il est décrit par son entourage professionnel comme un « préfet impitoyable » et autoritaire, choisi par le gouvernement pour « une reprise en main musclée de la préfecture de police » [17]
  • Fin avril 2019, un rapport de l'Observatoire girondin des libertés publiques (qui regroupe différentes associations, telles que la Ligue des droits de l'homme, le Syndicat des avocats de France, Médecins du monde ou Greenpeace), qualifie de « politique d'intimidation » les stratégies de maintien de l'ordre de Didier Lallement à l'égard des manifestations, dont celles des Gilets jaunes, lorsqu'il était préfet de Gironde[18]. Le rapport dénonce notamment l'usage de sommations « purement formelles », la mise en place de pelotons voltigeurs à motos (dissous en 1986 après l'affaire Malik Oussekine), ainsi que l'usage jugé abusif des nasses, ce qui aurait entraîné des traitements dégradants et des problèmes de santé chez certains manifestants[19].
  • Le 8 mars 2020, à l'occasion de la journée des droits des femmes, la police réprime à Paris une marche féministe. Les violences sont dénoncées non seulement par les féministes et des personnalités politiques de gauche. Le sénateur de Paris Philippe Dominati (LR), émet des doutes sur la doctrine du maintien de l’ordre de Didier Lallement[20].
  • En décembre 2020, une enquête pour « faux témoignage » est lancé par le parquet de Nanterre contre le préfet de police de Paris ainsi que cinq hauts magistrats, suite à des signalements du président de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire, le député LFI Ugo Bernalicis. Il est soupçonné d’avoir tenu des propos mensongers lors de son audition devant la commission d’enquête, lorsqu'il a déclaré ne pas avoir «trouvé les organisateurs» de manifestations policières illégale en juin sur la place de l'arc de triomphe[21] [22].

 

👉 En conclusion, pour la France insoumise, le préfet Lallement doit partir, son limogeage est demandé[23] [24].

 

 

- D'un autre côté

  • La sécurité et la lutte contre la violence ne sont-elles pas le " cheval de bataille politique de la droite et de l'extrême droite " (SONDAGE. Pour 86% des Français, la lutte contre l'insécurité serait importante dans leur vote en 2022 ) [9] ?
  • Que leur resterait-il comme raison d'être s'il n'y avait pas de violence, y compris lors de mouvements sociaux ?
  • Ne contribue t-il pas en catimini à l'organisation, l'instrumentalisation de cette violence pour pouvoir ensuite faire la " propagande " en jouant sur la détresse du peuple [10]? 
  • La police infiltrée par l'extrême droite[11] œuvre n'agit-elle pas pour entretenir l'insécurité et la peur au bénéfice de " l'enjeu majeur " pour le RN de Le Pen [12] ?
  • Tout en remettant en cause le droit de manifester (elle n'est pas à une contradiction prêt) ! [13]

 

👉 Sur la manifestation parisienne du 1er mai de cette année réaction de la CGT :

Invité à commenter ces faits sur le plateau de Public Sénat le 3 mai, le secrétaire général Philippe Martinez pointait de son côté l’extrême droite[25] rappelant que les affrontements place de la Nation ont fait “ 21 blessés dont 4 graves ” selon un bilan du syndicat[26].

 

Précisant : “ Le mode opératoire ”, avec “ quelque chose de prémédité ” et les “ slogans racistes, homophobes, xénophobes ” entendus place de la Nation sont “caractéristiques de cette violence d’extrême droite”, a estimé Philippe Martinez mercredi. “ On est en train d’analyser les images, les photos, certains sont connus sur les réseaux sociaux pour leur appartenance, leur soutien au milieu d’extrême droite effectivement ”, a-t-il assuré.... et c'est la raison pour laquelle la CGT exige la révocation du préfet Lallement après les violences[26].

 

✍️ En définitive, j'accusais à l'issue de la manif du 14 juin 2016[1], le gouvernement Hollande, Valls, Cazeneuve d'utiliser les vieilles ficelles inventées par la droite hier au pouvoir :
- en se servant des forces de l'ordre à des fins de provocation ;
- en laissant entrer les casseurs et en laissant faire la casse en ne donnant pas d'ordres ;
pour ine-fine interdire l'expression du mouvement social et tenter de passer sa loi en force...
j'ai maintenu cette accusation ayant vécu de l'intérieur le mouvement des gilets jaunes,.... et le 1er mai 2021 la valide malheureusement.

 

 

- Les insoumis ne laisserons pas faire : RÉSISTANCE et force de proposition !
Dans ce contexte dangereux pour notre démocratie, la France insoumise entend refonder la police et notamment :

  • réécrire le code de déontologie et insister sur son importance lors de la formation des forces de police, et rétablir les missions de défense des libertés et de la République supprimées par Manuel Valls en 2014[14] ;
  • refaire la police républicaine (point 12)[15] ;
  • A votre disposition le #2 des « Livrets de la France insoumise » aborde les thèmes de la sécurité et la sûreté[16] ;

 

Et Jean Luc Melenchon confirme la volonté politique de la France insoumise de refonder la police 

Notes :

[1] J'accuse " Gazer, mutiler, soumettre : la police au service du néolibéralisme autoritaire, je l'ai vue à l'œuvre ! "

[2Responsabilité du gouvernement dans les violences : un CRS donne raison à Mélenchon.

[3La CGT-police critique la gestion du maintien de l'ordre

[4syndicat policier majoritaire Alliance : Un syndicat de policiers dénonce les consignes reçues pendant les manifs

[5CGT police : « Tout est mis en place pour que ça dégénère »

[6N'assistons nous pas à une « politique néolibérale du désordre » liée à la transformation de notre modèle social

[7" Les casseurs sont instrumentalisés par le pouvoir", accuse la CGT Police

[8Forces de l’ordre ou forces aux ordres : les policiers dans le piège des politiques méritent mieux que ce rôle de rempart contre le changement, qu’on essaye de leur faire jouer : Rapport de la Mission civile sur les actions de maintien de l’ordre depuis le début des manifestations contre la loi travail, dangereuse dérive 

[9SONDAGE. Pour 86% des Français, la lutte contre l'insécurité serait importante dans leur vote en 2022

[10Dominique Martin, Membre du Bureau politique du Front National explique à des militants comment faire la "propagande" en jouant sur la détresse du peuple

[11] Radicalisation policière : le poids de l’extrême droite dans les forces de l’ordre

[12] « La sécurité est un sujet majeur » : Marine Le Pen fait sa rentrée, ce dimanche, à Fréjus

[13] Etat d'urgence : Marine Le Pen pour l'interdiction des manifestations

[14] Réécrire le code de déontologie et insister sur son importance lors de la formation des forces de police, et rétablir les missions de défense des libertés et de la République supprimées par Manuel Valls en 2014

[15] Refaire la police républicaine

[16] Livrets de la France insoumise

[17] Lallement, le nouveau préfet qui fait flipper les flics

[18] Bordeaux : la politique de maintien de l'ordre dénoncée par un rapport de l'OGLP

[19] Maintien de l’ordre: à Bordeaux, la «politique d’intimidation» du préfet

[20] Le préfet Lallement dans la tourmente

[21] Enquête pour "faux témoignage" : ce qui est reproché au préfet Didier Lallement

[22] Le préfet Didier Lallement et plusieurs hauts magistrats visés par une enquête pour « faux témoignage »

[23] Communiqué du groupe parlementaire de La France insoumise en date du 9 janvier 2020.

[24] Pour en savoir plus

[25] Violences du 1er-Mai contre la CGT: Philippe Martinez cible " l'extrême droite "

[26] La CGT exige la révocation du préfet Lallement après les violences du 1er Mai

 

Pour en savoir plus :

- Un syndicat de policiers dénonce les consignes reçues pendant les manifs

- Oui, le port du matricule est obligatoire pour les policiers et les gendarmes

- UNE CRÉATION ORIGINALE FRANÇAISE : « LA POLICE SPECTACLE »

 

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 14:07
Comment les classes dominantes ont détourné le suffrage universel

Que reste-t-il aux classes populaires pour défendre leurs intérêts ? Sortir de la grève des urnes, et en 2022, se mobiliser en masse pour un programme qui,  face à la crise démocratique, propose de convoquer l’Assemblée constituante de la 6e République[1bis] !

 

Macron mène une politique favorable seulement aux 0.1 % les plus riches. Pourtant, c'est le suffrage universel qui l'a désigné. Comment les élites ont-elles détourné le suffrage universel, de 1848 à nos jours ?

Réponse en 7 points....

 

Sources : LE BLOG D'ANTOINE LEUCHA - lamuledupape | mis à jour le 21/06/2021

LE VOTE OU LE FUSIL.

En mars 1848, les révolutionnaires républicains, dont une grande partie d’ouvriers à tendance socialiste, mirent fin à la monarchie et proclamèrent le suffrage universel[1]. Ces révolutionnaires en armes permirent ainsi à près de 10 millions de français de voter dès le mois d’avril : ces nouveaux citoyens profitèrent alors de ce droit inédit qui leur était octroyé par le pouvoir socialiste-démocrate pour envoyer à l’Assemblée… une majorité conservatrice : monarchistes légitimistes ou orléanistes, républicains modérés ! Les principales mesures prises par les démocrates socialistes au pouvoir furent alors abolies, excepté le suffrage universel. Les dominants avaient compris qu’ils pourraient s’en accommoder.


Ce n’est pas l’élection d’Emmanuel Macron en 2017 qui les fera se retourner dans leur tombe, le nombre de millionnaires ayant augmenté de plus de 11 % dès la première année de son mandat[2]. La suppression de l’impôt sur les yacht n’est pas une mesure que l’on s’attendrait à voir plébiscitée par la majorité du peuple.

  • Comment, de 1848 à aujourd’hui, les élites ont-elles détourné le suffrage universel (Par le terme d'élites, j'entends les individus et groupes sociaux occupant des positions de pouvoir économique, politique et communicationnelle qui les placent au sommet de la hiérarchie sociale) ?
  • Comment un système basé sur la volonté de la majorité entretient-il la domination d’une minorité ?

 

Réponse en 7 points, à lire à la suite ou de manière indépendante.

 

 

- 1 :  En confisquant la parole publique et les fonctions politiques
Parmi les personnes que l’on voit apparaître et s’exprimer à la télévision, on compte 60 % de cadres supérieurs contre 4 % d’ouvriers[3]. Cette représentation est en complet décalage avec la réalité sociale puisque les cadres apparaissent sept fois plus souvent qu’ils ne le devraient si le temps d’antenne était réparti en fonction de leur part dans la population. Comment donc défendre leurs intérêts et leur vision du monde dans l’opinion ? Pourtant, si la représentation des femmes et des minorités est interrogée, celle des différents groupes sociaux n’est jamais mise en question.

 

Cet écart de représentation est encore plus édifiant dans les institutions politiques nationales. Aucun ouvrier à l’assemblée et au gouvernement. Etonnant pour une démocratie qui se dit « représentative ».

 

Voilà qui renvoie aux débats de l’époque de la Révolution Française entre les partisans d’un gouvernement par le peuple dans son ensemble (idéal démocratique) et ses pourfendeurs qui proposent un gouvernement par les meilleurs en évoquant le critère de la compétence (vision des libéraux qui défendaient le suffrage censitaire). Le choix du suffrage universel en 1848 repose sur la souveraineté populaire, c’est à dire l’identité entre gouvernants et gouvernés. Les élus doivent être à l’image du peuple pour les représenter. Au nom du principe d’égalité, chaque citoyen a la même valeur indépendamment de sa position sociale.

 

Si cela ne recouvre aucune réalité aujourd’hui, cela n’a pas toujours été le cas : dans les années 45-70, le monde ouvrier pesait dans l’espace public grâce au parti communiste qui leur confiait des responsabilités politiques. Ainsi, les 2/3 des secrétaires fédéraux étaient ouvriers. Il leur donnait également une formation et une culture politique et leur permettait de participer à la vie citoyenne en jouant un rôle politique : réunions de cellules, rédaction et diffusion de journaux, action syndicale, engagement associatif et culturel… Nombreux ont été élus maires, d’autres députés voire ministres. Cela n’a pas empêché la France de connaître durant cette période le plus grand boom économique de son histoire. Depuis les années 80, nous ne pouvons que constater un retour à un suffrage censitaire de fait : les classes populaires s’abstiennent en masse[4] et n’exercent à aucun poste de pouvoir politique.

 

La question de la prétendue compétence a totalement occulté la divergence d’intérêts. Si l’on admet qu’E. Macron a des compétences, il faut voir au service de qui il les met. Certainement pas au service de la majorité du peuple. Pour éviter l’accaparement des postes de pouvoir par les plus riches et les plus puissants, les inventeurs de la démocratie à Athènes avaient une solution : le tirage au sort[5]. Voilà un procédé qui pourrait s’avérer plus égalitaire.

  • En attendant, le contrôle de la parole publique par les puissants leur assure un quasi monopole sur la formation de l’opinion publique.

 

 

- 2 :  En contrôlant l’opinion pour influencer les votes

  • « Nous devions aller voter ensemble au bourg de Saint-Pierre, éloigné d’une lieue de notre village. Le matin de l’élection, tous les électeurs (c’est-à-dire toute la population mâle au-dessus de vingt ans) se réunirent devant l’église. Tous ces hommes se mirent à la file deux par deux, suivant l’ordre alphabétique ; [...] ; je sus qu’on désirait que je parlasse. Je grimpai donc sur le revers d’un fossé, on fit cercle autour de moi et je dis quelques mots que la circonstance m’inspira. Je rappelai à ces braves gens la gravité et l’importance de l’acte qu’ils allaient faire ; je leur recommandai de ne point se laisser accoster ni détourner par ceux, qui, à notre arrivée au bourg, pourraient chercher à les tromper ; mais de marcher sans se désunir et de rester ensemble, chacun à son rang, jusqu’à ce qu’on eût voté. Ils crièrent qu’ainsi ils feraient, et ainsi ils firent. Tous les votes furent donnés en même temps, et j’ai lieu de penser qu’ils le furent presque tous au même candidat (NDLR : à Tocqueville). Aussitôt après avoir voté moi- même, je leur dis adieu, et, montant en voiture, je repartis pour Paris. » Alexis de Tocqueville, Souvenirs[6].
  • « L’éditorialiste est un tuteur sur lequel le peuple, comme du lierre rampant, peut s’élever ». « Les Français doivent renoncer à leur cinquième semaine de congés payés » Christophe Barbier[7].

 

➡️ A l’époque de Tocqueville, c'est à dire lors du premier exercice du suffrage universel en 1848, l’influence des élites sur le petit peuple rural passait par des relations d’interconnaissance. Comme un ultime héritage de la féodalité, les aristocrates ordonnaient à leurs ouailles des consignes de vote dans leurs provinces respectives.

 

➡️ Aujourd’hui :

  • les élites n’ont même plus besoin de quitter Paris pour donner leurs consignes et expliquer au peuple à quoi ils doivent renoncer. Les moyens de communication et d’information permettent d’influer sur les opinions à distance. Les journaux commencèrent à être efficients pour communiquer avec les classes populaires au tournant du XX è siècle grâce à la scolarisation mise en place par la IIIè République mais ils permettaient alors une pluralité d’opinions. Le journal L’Humanité, par exemple, fut fondé par Jean Jaurès en 1904 et connut très vite un réel succès. Jusque dans les années 70, la presse était globalement pluraliste : trois journaux affiliés au communisme tiraient à 2,3 millions d’exemplaires en 1945, le Nouvel Observateur n’hésitait pas à s’opposer au pouvoir et dénonçait la guerre d’Algérie dès 1955 en publiant l’article « Votre Gestapo d’Algérie »[8] ;
  • le paysage médiatique est frappé d’unanimisme, que ce soit la presse écrite, radiophonique ou la télévision (le cas d’internet est ici non cité car il suit une logique propre et personnalisée en fonction de l’utilisateur). Avec la professionnalisation du métier de journaliste, le journalisme d’opinion a laissé la place à un journalisme dit d’information mais derrière le visage de la neutralité se cache la sacralisation de l’ordre établi que l’on se refuse à remettre en cause (services publics y compris[8bis]).

 

➡️ Pourquoi cette unanimité pour soutenir l’ordre établi, le capitalisme néolibéral ?

Car, à l’heure du néolibéralisme, la logique économique s’impose aux médias et ce sont donc les dominants qui ont le contrôle de l’information. Pas les élites intellectuelles non, ni même les élites politiques. Mais les élites économiques. Ainsi, Bernard Arnault possède les Echos, Radio Classique, le Parisien, Aujourd’hui en France[9]. Xavier Niel détient 5 quotidiens de presse régionale, Le Monde, Courrier International, Télérama, l’Obs. Patrick Drahi détient RMC, BFM, Libération, l’Express[10]. Les autres grands patrons de presse peuvent être comptés sur les doigts: Lagardère, Bolloré, Bouygues, Patrick Drahi. La concentration médiatique atteint des proportions jamais atteintes jusqu’alors.

 

➡️ Mais l’actionnariat ne suffit pas à rendre compte de la prégnance du grand capitalisme dans l’information de masse.

Les investissements publicitaires ont également un impact fort dans la ligne éditoriale : ainsi, le grand capital s’immisce dans tous les journaux qui sont sous le régime des contrats publicitaires, c’est à dire tous les journaux de masse excepté Médiapart et le Canard Enchaîné. Cette logique publicitaire donne une puissance de diffusion plus importante aux journaux concernés car elle pourra faire baisser le prix de vente, jusqu’à la gratuité pour le 20 minutes.

 

C’est ainsi que l’information de mauvaise qualité se diffuse plus vite et que, sous couvert de neutralité, tous ces acteurs ont intérêt à la diffusion de la doctrine néolibérale qu’ils sont parvenus à imposer depuis les années 80. Prétendre à la neutralité place par ailleurs celui qui conteste ou présente une autre interprétation du réel dans le camp des idéologues.

 

Selon la " cultivation theory[11] ", la fonction principale des moyens de communication de masse est de façonner les perceptions, les attitudes, les valeurs et les comportements des sujets. Ainsi, le terme « mainstream » apprécié des complotistes a un réel fondement scientifique. Il se réfère au processus d'homogénéisation des perceptions, des attitudes et des valeurs du public suite à l'exposition aux messages, en particulier ceux véhiculés par les programmes de télévision. Contrairement à ses prétentions, la télévision ne permet pas de se forger des opinions, elle les neutralise. Elle annihile les idées.

 

L'homogénéisation est proportionnelle à la quantité d'expositions : plus les spectateurs sont assidus à la TV, plus les différences d'attitude qui distinguent habituellement les différences groupes sociaux s'estompent. L'exposition réduirait donc les divergences d'opinion. C'est pourquoi Gerbner considérait que l’opinion politique elle‐même était canalisée par la télévision[11]. Et on observe effectivement que plus l’audience visée est large et hétérogène, moins les messages sont « dérangeants », plus on développe une argumentation consensuelle, médiane, que l’on prétendra alors « non‐idéologique ». Il s’agit en fait de ne pas heurter l’idéologie dominante.

  • Par conséquent, les personnes qui regardent souvent la TV ont moins tendance à être politiquement extrêmes et adoptent davantage une pensée convergente que ceux qui la regardent moins.  

 

➡️ Ainsi, les médias mainstream imposent la façon de penser de la haute bourgeoisie néolibérale en imposant leur vocabulaire.

Exemples :

- La valeur ajoutée du travailleur est appelée paradoxalement « coût du travail » ;

-  la demande d’emploi du patron est appelée « offre d’emploi » comme si c’était l’entreprise qui rendait service au travailleur qu’elle exploite ;

- les licenciements de masse sont appelés « plans sociaux » dans un doux euphémisme qui laisse presque rêveur ;

- la lutte raisonnable de travailleurs qui défendent leurs intérêts est appelée avec mépris une « grogne » comme s’il s’agissait d’une réaction émotionnelle injustifiée et vouée d’emblée à l’échec ;

- le mot de solidarité qui justifiait les aides sociales est remplacé par celui d’ « assistanat » pour les disqualifier ;

- les assassins islamistes sont appelés « terroristes » tandis que les assassins d’extrême droite, pour un fait similaire, sont qualifiés de « déséquilibrés »…

  • George Orwell avait bien souligné dans 1984[12] l’importance du choix du vocabulaire qui a la capacité de restreindre la pensée et de la canaliser. La novlangue est un instrument de domination. Aujourd’hui, c’est le vocabulaire libéral qui s’est imposé dans les médias et, par leur biais, dans l’opinion.

➡️ L’élection d’E. Macron est le résultat de toutes ces dynamiques.

Libéral, ex banquier chez Rotschild, n’hésitant pas à donner dans le mépris de classe, responsable de la loi sur la dérégulation du travail[13], E. Macron n’a rien pour plaire au travailleur. Sa ligne politique libérale n’est favorable qu’aux 0,1 % les plus riches. Pourtant, en 2017, il a été élu à la présidence de la République.

 

  • Pourquoi donc ?

L’image ci-contre, issue de l'article de lvsl " comment les médias ont fabriqué le candidat macron "[14], est un élément de réponse. Les unes mélioratives à l’égard du candidat se sont multipliées, les journaux rivalisant d’adjectifs favorables pour le qualifier alors qu’il n’avait même pas encore présenté au peuple son programme. Nul doute que certaines personnes bien placées le connaissaient déjà, puisque, nous le verrons, ils n’ont pas hésité à jouer un billet sur lui[15].

 

  • Pour les autres, ce que les spécialistes appellent « l’effet de simple exposition » a suffi.

Selon les études chiffrées de Thomas Guénolé[16], le matraquage publicitaire massif autour du candidat a engendré une véritable « bulle médiatique » facilement mesurable : durant le printemps et l'été 2016, Emmanuel Macron a recueilli 43% de part de voix dans les parutions des médias, contre 17% sur les réseaux sociaux.

  • La différence entre les deux sources ?

L’une est sous la direction de milliardaires, l’autre est plus représentative du peuple dans son ensemble, mais la première a une puissance de diffusion nettement supérieure à la seconde.

 

- Xavier Niel résume le sentiment partagé par de nombreux patrons : « Dans les bons milieux parisiens, il est adoré (…). J’aime bien Emmanuel pour son côté volontariste et libéral ». Le Monde a l’air particulièrement en accord avec son actionnaire principal puisqu’Arnaud Leparmentier s’y enthousiasme pour cet héritier du blairisme qui propose « la recette raisonnable cuisinée par l’économiste de centre gauche Jean Pisani-Ferry pour redresser l’État social français ».

- Patrick Drahi saura également se montrer reconnaissant à E. Macron d’avoir mis fin, en arrivant au ministère des finances, aux tracasseries fiscales qu’A. Montebourg avait mis en branle.

 

- Quant au journal Challenges, il titre en janvier 2017 : « Gauches : le boulevard fait à Macron ». A ce moment-là, J.-L Melenchon est aussi bien placé dans les sondages mais Challenges semble avoir fait son choix pour la « gauche ».

  • Par le truchement des médias de masse qu’ils contrôlent, les classes dominantes imposent leur grammaire ; c’est à dire leurs règles, leurs valeurs et leur vocabulaire. Ils s’appliquent également à dépolitiser les débats.

 

 

- 3 :  En dépolitisant les masses
Constatant la soumission des masses aux jugements des anciennes élites qui entraînaient des désillusions électorales, les républicains de la IIIè République ont mis un point d’honneur à instruire les classes populaires pour les émanciper. Lois sur l’obligation et la gratuité de l’école en 1882, loi sur la liberté de la presse en 1881 accompagnée par la naissance d’une profusion de journaux d’opinion animés par des hommes politiques, etc.

 

➡️ Pourtant, 140 ans plus tard, ce qui est frappant dans le cas de la médiatisation d’E. Macron, c’est l’absence de contenu en terme d’idées.

Nous pouvons y voir l’aboutissement de la dynamique de la personnalisation et du « horse race » initiées dans les années 70, c’est à dire la focalisation sur la compétition entre les candidats et les punchlines au lieu de mettre en lumière le débat d’idées.

E. Macron n’a pas de programme mais ce n’est pas important : il est jeune, il est talentueux, il est cool, il est ambitieux et il gagne dans les sondages des parts de voix sur ses adversaires. De surcroît, par le fait du média télévisuel et par une dérive de la presse papier initiée par Paris-Match, « l’image » est devenue primordiale. (situation identique aujourd'hui, à 1 an du scrutin des présidentielles 2022, hors France insoumise avec l'Avenir en commun[17], on ne parle pas programme, mais du second tour potentiel Macron/Le Pen[18]).

 

➡️ Ce tournant a été opéré en 1960 aux Etats-Unis avec le premier débat présidentiel entre Nixon et Kennedy[19].

Alors que le premier a dominé le débat chez ceux qui l’ont écouté à la radio, impressionnés par son expérience manifeste et sa bonne connaissance des dossiers, c’est le second qui l’a emporté chez ceux qui ont regardé le débat sur leur poste de télévision. Kennedy est jeune, élégant, charismatique, souriant, respire l’aisance et montre qu’il a bien l’étoffe d’un président. De son côté, Nixon arbore un costume gris qui se confond avec le décor. Plus âgé, mal à l’aise, l’air contrarié, il a les traits tirés, semble fatigué et se remet d’un rhume. Quelques semaines plus tard, c’est Kennedy qui remporte les élections, devançant son adversaire de quelques centièmes de pourcents, que les observateurs avisés attribuent à sa performance télévisuelle.

 

➡️ Dès lors, l’image et la personnalisation vont peu à peu prendre le pas sur les idées dans les campagnes électorales.

Cette tendance traverse l’Atlantique en 1965 avec la campagne de Jean Lecanuet (alias « dents blanches, haleine fraîche ») face au général de Gaulle. Cet événement fait office de mythe fondateur de la communication politique en France : la campagne centrée sur sa personne, inspirée par Kennedy, lui permet d’obtenir 16 % des suffrages alors qu’il était crédité de 5 % dans les sondages un an plus tôt.

 

Dans la foulée, les affiches électorales se vident progressivement de mots et la photographie des candidats occupent de plus en plus d’espace. Les spin doctors, ces conseillers en communication venus du monde de la publicité, deviennent progressivement indispensables pour manipuler l’opinion.

 

Il ne s’agit plus d’informer de son programme en appelant à la raison des électeurs mais de plaire en jouant sur l’image, autrement dit sur les préjugés et les émotions. Le spectacle prend le pas sur l’information : capter l’intérêt devient une fin en soi plutôt que de retranscrire le réel et de véhiculer des idées pour le transformer.

 

➡️ Mieux vaut un sourire et une petite phrase qu’un long discours.

Ainsi, en 2017, si B. Hamon avait un programme beaucoup plus riche qu’E.Macron (c’est là un fait objectif : ce dernier n’en avait même pas du tout pendant la majeure partie de la campagne), il était attaqué sur sa « présidentiabilité ». Libération et l’Obs, qui se présentent comme des journaux orientés à gauche, ont consacré nettement plus de papier à E. Macron qu’à B. Hamon. La photographie du premier et un adjectif qualificatif évoquant un trait de caractère supposé de sa personne suffisent à occuper l’espace d'une couverture : voilà un bel exemple de personnalisation de la vie politique. Le système médiatique de la peopleisation et le système politique présidentiel de la Vè République s'harmonisent pleinement pour cette simplification très réductrice de la vie politique.

 

➡️ L’infantilisation du peuple, qui se veut officiellement lui rendre la politique plus accessible, l’empêche au contraire d’y accéder.

Les informations nécessaires à la compréhension des enjeux politiques profonds ne lui sont pas fournies, notamment la grille de lecture sociale, en imposant la question identitaire nationale pour faire écran.

 

 

- 4 :  En camouflant les divisions de classe par l’érection du mythe national
« Les médias peuvent ne pas parvenir tout le temps à dicter aux gens ce qu’il faut penser, mais ils sont d’une redoutable efficacité pour leur dire ce à quoi il faut penser » B.C. Cohen, The press and Foreign Policy, 1963[11]

 

➡️ Avec l’avènement du suffrage universel, le sort des élites dépendait désormais des masses.

🔴 Il fallait donc souder artificiellement les classes dominantes et les classes dominées.

🔴 L’invention du nationalisme et son versant xénophobe permet de désolidariser les classes populaires et de donner l’illusion d’un « nous » partageant les mêmes intérêts et valeurs indépendamment de la classe sociale.

 

  • C’est ainsi que, selon l’historien spécialiste de l’immigration Gérard Noiriel, le premier événement médiatique xénophobe a lieu en 1881[20].

Des ouvriers italiens auraient sifflé la marseillaise en raison d’un conflit colonial franco-italien et cela a occasionné une rixe avec des ouvriers marseillais. C’est là que la presse a commencé à englober les classes populaires dans le « nous » national, par opposition aux « étrangers ». Ce terme est presque alors un néologisme, puisqu’il désignait auparavant toute personne non domiciliée dans la ville et il devient à ce moment-là le négatif du national. Alors qu’on parlait jusqu’alors de piémontais et de provençaux, le cadre national s’impose et l’affaire devient une affaire nationale entre « italiens » et « français ». Voilà de quoi proposer un contre-discours au paradigme marxiste naissant de la lutte des classes. Aussi, cela permet à la presse parisienne d’instaurer une connivence avec le lecteur malgré la distance géographique et l’écart social.

 

Le paradigme marxiste et le paradigme nationaliste ont coexisté jusque dans les années 1980 mais, pour des raisons que nous développerons ensuite, le discours nationaliste a fini par avoir le monopole. Pratique pour la classe dominante puisqu’il lui rallie une large faction des classes populaires tout en fracturant ces dernières. Le nationalisme est bien pratique en tant qu’il brise la solidarité de classe.

 

➡️ Aujourd’hui, cette instrumentalisation de la xénophobie permet par exemple de stigmatiser les aides sociales qui seraient attribuées et captées par les immigrés.

Voilà de quoi rendre moins impopulaire le discours d’E. Macron qui reproche aux aides sociales de coûter « un pognon de dingue[21] ». Les fraudes aux minima sociaux des familles immigrées sont pointées du doigt tandis que les fraudes fiscales de nos riches émigrés sont acceptées par la presse.

 

Le nationalisme a permis également de décrédibiliser la révolte sociale des banlieues en 2005, intégralement lue sous l’angle racial et identitaire sous prétexte que la majorité des pauvres en question étaient issus de l’immigration. En 2019 au contraire, étant donné que la révolte sociale[22] concernait des " blancs ", la lecture raciale et identitaire en a fait des racistes, érigeant des propos isolés en vérités générales sur le mouvement.

 

➡️ Dans tous les cas, il s’agit de diviser les classes populaires pour mieux régner.

Voilà pourquoi G. Darmanin, J.-M. Blanquer ou encore F. Vidal n’hésitent pas à véhiculer des concepts et discours jouant sur le racisme, n’ayant sans doute fondamentalement que faire de ces problématiques. Que l’on soit pour défendre les droits des « racisés » ou pour les exclure de la communauté nationale, la classe politique et les médias ont réussi à imposer la grille de lecture identitaire aux dépends de la grille sociale.

C’est la divergence des luttes. C'est cela que dénonce G. Noiriel dans sa tribune sur " l'impasse des politiques identitaires " dans le Monde Diplomatique[23] et il le démontre dans son ouvrage Histoire populaire de la France[24].

 

➡️ Cela vaut toujours mieux pour la classe dominante que de voir émerger la question sociale qui montrerait leur déconnexion vis à vis de la majorité du peuple et de ses intérêts.

Pourtant, si les élites se paient de mots sur l'identité nationale, cela ne se traduit pas par de la solidarité nationale dans les actes. Par exemple, la majorité des ministres de l'Education Nationale successifs depuis plus de 10 ans ont placé leurs enfants dans des écoles privées et la fille de Brigitte Macron veut carrément en fonder une à 9 500 euros l'année. Si le discours des élites est volontiers nationaliste, l'entre-soi social est privilégié dans la pratique. Les élus de la République ne se sentent pas concernés par ses institutions car ils les évitent soigneusement par un rejet du commun. Quant aux élites économiques, elles n'hésitent pas à donner dans l'évasion fiscale et les délocalisations d'usines. La ligne éditoriale de CNews correspond mal aux pratiques de son propriétaire Vincent Bolloré, mais ce sont pourtant les idées qu'il souhaite véhiculer[25].

 

  • Le nationalisme n'est destiné qu'à distraire les pauvres.

Si l’Ancien-Régime reposait sur la croyance en la Trinité (Tiers-Etat, Clergé, Noblesse / Dieu, Jésus, Esprit Saint), la République repose sur la doctrine de l’unité (un seul peuple / une seule voie possible).

 

 

- 5 :  En confondant l’actuel et le potentiel pour préserver l’ordre établi
Toute personne qui viendrait remettre en cause l’ordre établi et y proposer des corrections serait un utopiste. En empêchant toute alternative, on impose des limites à la pensée et on interdit tout changement : l’ordre établi se voit préservé car sacralisé.

 

➡️ Selon l’éditorialiste de base, ce qui n’est pas ne peut pas être.

Cela passe d’abord par une négation de l’histoire : on fait mine de penser que le capitalisme libéral est éternel et consubstantiel à l’humanité. Le cas échéant, à la démocratie. Là, l’inculture historique est la clef. Si l’on ne sait pas que cela a pu en être autrement avant ou ailleurs, quiconque conteste le système actuel est un utopiste et n’est pas « réaliste ». Ou « pragmatique » pour les journaux les plus chics.

 

Cela explique la synchronie entre dérégulation du marché et éclatement de l’URSS. C’est en parallèle à une URSS affaiblie que Reagan et Thatcher libéralisent l’économie dans les années 80 et c’est lorsque l’URSS a disparu que la France a renoncé au keynésianisme et à l’Etat-Providence. Il n’y a plus d’alternative : le communisme n’inquiète plus les classes dominantes qui n’ont dès lors plus besoin d’adoucir le capitalisme pour le faire accepter puisqu’il n’y a plus d’alternative possible pour les classes dominées. Un bataillon de philosophes de bas étage façon BHL sont alors avalisés par les médias (beaucoup moins par les universitaires) pour transformer dans l’opinion un échec historique conjoncturel en un échec structurel nécessaire. Le syllogisme est simple : Staline est communiste, Staline a mis en place le goulag et un régime totalitaire, donc le communisme est totalitaire. Ou encore : l’URSS était communiste, l’URSS s’est effondré, donc le communisme n’est pas viable.

  • Conclusion : même si vous n’aimez pas le capitalisme ultralibéral, c’est la seule société possible.

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- ​​​​​​​Toute volonté de transformer la société est présentée comme au mieux irréaliste, au pire dangereuse. Il s’agit donc de se soumettre à la fatalité : l’élection n’est pas un choix de société mais se résume à choisir le meilleur gestionnaire de la société actuelle.

- Autre argument allant dans le même sens : mettre les décisions politiques nationales sur le dos de la nécessaire compétitivité dans la mondialisation ou des injonctions de l’Union Européenne, dont le pouvoir, il est vrai, s’est nettement accru à partir du traité de Maastricht de 1992[26].

En d’autres termes, bien qu’on lui propose de voter, la nation est dépossédée de sa souveraineté. Ce n’est plus la communauté de citoyens qui gouverne mais quelques lobbies entrepreneriaux internationaux privés et des bureaucrates basés à Bruxelles, eux-mêmes largement sous l’emprise de ces lobbies.​​​​​​​

  • D’autres moyens de lutte s’imposent alors pour défendre les intérêts de la majorité mais ces moyens sont fustigés voire criminalisés.

- 6 :  En s’appuyant sur l’autorité du suffrage universel pour déligitimer l’action directe
« L’époque des élections générales approchait, et, chaque jour, l’aspect de l’avenir devenait plus sinistre ; toutes les nouvelles qui arrivaient de Paris nous représentaient cette grande ville comme étant sur le point de tomber sans cesse dans les mains des socialistes armés. On doutait que ceux-ci laissassent faire les électeurs, ou du moins qu’ils se soumissent à l’Assemblée nationale. Déjà, de toutes parts, on faisait jurer aux officiers de la garde nationale de marcher contre l’Assemblée s’il s’élevait un conflit entre celle-ci et le peuple. » Alexis de Tocqueville pointait ici les deux centres de gravité de la démocratie naissante : l’assemblée représentative et le peuple en armes[27].

  • D’un côté, l’action directe menée par les forces progressistes les plus impliquées, prêtes à donner leur vie.
  • De l’autre, les partisans de la délégation de pouvoir menés par les forces conservatrices et des citoyens soucieux avant tout de préserver l’ordre et leur sécurité.

 

➡️ A partir de 1789 et avant l’instauration du suffrage universel, ce sont les citoyens les plus politisés qui font l’histoire.

En février 1848, reconnaissant ainsi la légitimité du peuple parisien qui se révolte, le roi Louis-Philippe s’enfuit sans opposer de réelle résistance. En juin 1848, forts de la légitimation du suffrage universel, les conservateurs au pouvoir répriment violemment l’insurrection populaire[28]. C’est là un tournant majeur de l’histoire en tant qu’il change la conception française de la démocratie.

 

Dès lors que les républicains révolutionnaires ont instauré le suffrage universel, ils perdent tous les combats lorsqu'il s'agit de prendre le pouvoir par l'émeute :

  • en juin 1848 où le gouvernement fraîchement élu réprime férocement les insurgés ;
  • en juillet 1871 où la Commune insurrectionnelle est violemment réprimée par Adolphe Thiers lors de la semaine sanglante ;
  • ou encore le 30 juin 1968 où il suffit que la « majorité silencieuse » gaulliste donne à son groupe la victoire à l’assemblée pour mettre un point final au mouvement de mai.

 

« Ce n’est pas la rue qui gouverne » s’exclamait J-P Raffarin au tournant du XXIè siècle pour justifier le fait qu’il campait sur ses positions alors que des millions de personnes défilaient contre ses lois de régression sociale[29]. L’affirmation a été maintes fois reprises depuis par les gouvernements élus. Quid alors de la Révolution Française pour ces gens-là, qui choisissent de mépriser à ce point l’engagement politique des masses ? N’est-ce pas la rue qui a fait naître la première République ?

 

➡️ Prétendre que ce n’est pas la rue qui gouverne est une forme de négationnisme.

- La rue a pris la Bastille le 14 juillet 1789 pour y trouver les armes nécessaires à la Révolution, la rue (ou plutôt la campagne) a obtenu l’abolition des privilèges la nuit du 4 août 1789 en raison de la Grande Peur inspirée aux nobles de province par la violence des paysans, la rue a chassé le roi du pouvoir en septembre 1792 en prenant d’assaut le palais des Tuileries ;

- La rue a obtenu une charte libérale en 1830 pour limiter le pouvoir de la monarchie, c’est même la rue qui a obtenu le suffrage universel en 1848 !

 

➡️ Comment peut-on décemment les opposer ?

Depuis, la rue n'a certes jamais causé un renversement total du gouvernement, mais elle en fait céder plusieurs à ses revendications :

- c'est la rue qui a permis aux travailleurs d'obtenir les congés payés, une réduction du temps de travail et une augmentation des salaires en juin 1936 par la grève générale en soutien au Front Populaire (les "grèves joyeuses" caractérisées par leur importance numérique et sa forme: les occupations d'usines) ;

- la rue a obtenu la libération de la France par les FFI en 1944 puis de nouveaux droits sociaux en 1945 (Sécurité sociale notamment) que les grèves de masse orchestrées par la base de la CGT en 1947-1948 ont permis de renforcer ;

- en 1968, la rue a obtenu une augmentation des salaires et une transformation majeure des mentalités.

- En 2019, la rue n’a pas été écoutée lors des défilés pacifiques rassemblant des millions de personnes contre la réforme des retraites mais les gilets jaunes, moins nombreux, ont réussi à faire plier le gouvernement en inspirant la peur aux classes dominantes par des actions spectaculaires (porte du secrétariat d’État de Benjamin Grivaux enfoncée par ce que la presse a décrit comme un transpalette, saccage du Fouquets, prise de contrôle des péages…).

 

Il est important de rappeler ces faits car l'histoire est souvent édulcorée et " pacifiée " : les acquis de la période du Front Populaire sont souvent attribués à tort à la seule action du gouvernement élu, on oublie que la sécurité sociale est issue du programme du Conseil National de la Résistance qui a libéré la France par les armes et les grèves massives de l'après-guerre, qui ont fait craindre une révolution, sont rejetées aux oubliettes de l'histoire.

  • En France, l’histoire montre que les dominants ne renoncent à leurs privilèges que lorsqu’un retournement des rapports de force les y contraint.

 

➡️ Le vote ne suffit pas !

- Le seul exemple de progrès social conséquent acquis par les urnes est la politique mise en place par F. Mitterrand en 1981 mais il tourne dès 1983 le dos à son électorat en opérant le « tournant de la rigueur[30». Non seulement les résultats du suffrage universel sont biaisés par les mécanismes que nous avons explicité plus haut, mais en plus, une fois au pouvoir, le personnel politique a tendance à déroger à son programme en faveur des puissants ;

- Jacques Chirac le résumait bien par la formule « Les promesses n’engagent que ceux qui les croient » ;

- Nicolas Sarkozy choisit plutôt de l’illustrer par l’exemple en passant outre le « non » au referendum de 2005 et en imposant la Constitution Européenne aux Français.

- Emmanuel Macron, pour s’attirer le vote de la classe moyenne, se prétendait auprès d’eux « ni de droite ni de gauche » tandis qu’il promettait secrètement aux plus riches qui finançaient sa campagne une politique ultralibérale ;

- Quant à Georges Clemenceau, pour remonter le fil de l’histoire, il est le symbole du revirement que peuvent opérer les politiciens de gauche une fois au pouvoir. De l’ardent défenseur de la classe ouvrière alors qu’il était dans l’opposition, il deviendra l’un des briseurs de grèves les plus violents une fois au pouvoir[31].

 

Voilà pourquoi les classes dominantes s’accommodent du suffrage universel mais mènent une lutte idéologique acharnée contre toutes les formes de l’action directe. En effet, ces dernières sont de plus en plus stigmatisées comme violentes alors qu’elles sont de plus en plus pacifiques.

 

➡️ Pour exemple, le traitement médiatique des grèves.

Le vocabulaire employé est militaire puisque les journalistes ont pris l’habitude de plaindre les usagers « pris en otage ». La grammaire du fait divers chère aux journalistes, étudiée par Dominique Kalifa, est transposable à la médiatisation des grèves. Il s’agit de capter l’attention du grand public et de lui proposer une vision simple du monde :

- les usagers sont les victimes ;

- les grévistes les agresseurs ;

- et les policiers qui tabassent les manifestants ou tout au moins les empêche de mener leurs actions sont les sauveurs ;

- Le patron ou l’homme politique responsable du mécontentement des grévistes est un personnage secondaire non évoqué..

Le travail journalistique consiste à donner la parole à un usager mécontent pour stigmatiser la grève. Les revendications des grévistes ne sont généralement pas développées ni même simplement exposées.

 

Une autre clef de lecture pourrait s’avérer plus pertinente en remontant à l’origine de la grève : le patron ou l’homme politique à l’origine de la régression sociale enclenchant la grève serait l’agresseur, le gréviste la victime tentant de devenir son propre sauveur. L’usager serait quant à lui le personnage secondaire. Cela permettrait, me semble-t-il de mieux cerner l’enjeu du conflit.

 

Mais l’objectif des medias aujourd’hui, comme on l’a dit plus haut, est de faire de l’audience, pas de proposer la grille de lecture du monde la plus pertinente. Plutôt que de traiter la grève comme le simple sommet de l’iceberg, à savoir le conflit opposant les travailleurs à la direction de l’entreprise ou au gouvernement, elle est retranscrite pour elle-même comme un spectacle.

 

Ce sont les violences marginales, les « débordements » qui vont focaliser l’attention. Et si jamais l’on donne la parole à un responsable syndical, ce sera pour exiger de lui de « condamner ces violences».

 

➡️ Interrogeons-nous sur cette notion de violence brandie à tort et à travers par les médias de masse.

« Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vides, et qui ayant tout disent avec une bonne figure « Nous qui avons tout, nous sommes pour la paix ! », je sais ce que je dois leur crier à ceux-là : les premiers violents, les provocateurs, c’est vous !... Quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants, avec votre bonne conscience, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients, au regard de Dieu, que n’en aura jamais le désespéré qui a pris les armes pour essayer de sortir de son désespoir. Mais ne nous trompons pas, il n’y a pas de violence qu’avec des armes, il y a des situations de violences. La violence n'est pas que dans les coups, elle est dans les situations établies, existantes, qu'on refuse de remettre en question, qu'on refuse de changer. » l’abbé Pierre[32]

 

🔴 Le 5 octobre 2015, le DRH en charge du « plan de restructuration » de 2900 salariés d’Air France est pris à partie : sa chemise est déchirée sans qu’aucun coup ne soit porté contre lui malgré la présence massive de salariés licenciés.

Qui est violent : Les salariés en colère ou l’entreprise qui les met au chômage ?

Si l’on mesure la violence à l’ampleur des dégâts, le prix de la chemise du DRH n’excède certainement pas sa prime pour mettre en place le « plan de restructuration » tandis que les salariés licenciés vont être privés de revenus.

- Si l’on juge la violence à sa légitimité, il semble que licencier quelqu’un alors qu’il a accompli son travail est de la violence gratuite tandis que quelqu’un qui arrache la chemise de celui qui le prive de son emploi a des raisons d’être énervé.

- Si l’on juge à la spectacularité des images, l’acte de violence le plus marquant est celui de la chemise arrachée : bingo, c’est l’axe choisi par les médias et la vidéo a fait le tour de l’Europe. C’est dire si le seuil de tolérance à la violence politique est tombé bien bas.

 

🔴  Pierre Bourdieu parlait ainsi de violence douce de l’économie, qui s’exerce en mobilisant les moyens symboliques de la communication pour engendrer une acceptation implicite de l’ordre établi afin que celui-ci semble légitime même pour ceux qui en sont les victimes.

 

Le 4/09/2020 sur son site, le Point évoque en titre que 17 gilets jaunes seront jugés pour le « saccage de l’arc du triomphe ».

 

Au cœur de l’article, on en apprend plus sur ledit saccage. « Quatre personnes parmi ces dix-sept seront par ailleurs jugées pour des vols par effraction : «  tour Eiffel miniature », «  cartes postales », «  livres » ou encore «  reproduction d'un pistolet à silex Napoléon an III ». Six sont renvoyées devant le tribunal de police pour la seule contravention d'«  intrusion non autorisée dans un lieu classé ou inscrit au patrimoine historique ». Une personne se voit reprocher la dégradation d'une statue ; deux, des «  coups de pied et d'extincteur sur une porte » ; un manifestant lié à l'ultra-droite, un tag sur l'Arc ; un autre, la dégradation d'une vitre d'un préfabriqué.[33] » A savoir : ladite statue est une reproduction en carton-pâte. Le choix du terme « saccage », qui reflète bien la ligne générale des médias sur l’événement, laisse perplexe.

 

🔴 Philippe Martinez est ici représenté en position de fermeture, les bras croisés, le visage fermé illustrant parfaitement le mot de « gronde » si cher aux éditorialistes. Il contraste avec les photographies d’E. Macron évoquées plus haut, souriant et les bras ouverts. Est-ce à dire que ces images reflètent des caractères opposés dans la réalité, que P. Martinez vit en tirant la gueule alors qu’E. Macron vit en souriant et en écartant les bras ? Non, bien évidemment, il s’agit d’un choix éditorial visant à véhiculer des opinions.

 

Le message simpliste au-dessus « comment la CGT ruine la France » achève Martinez : le syndicat qu’il dirige ruine la France, c’est un axiome incontestable pour le Point, il s’agit simplement de savoir comment. Je suis bien placé pour savoir que ce titre est clairement un parti pris. Pourtant, le magazine se prétend neutre.

 

  • Pourquoi la CGT est ainsi accablée ?

Car c’est l’un des derniers bastions de la solidarité de classe et de l’action populaire. Il est important pour les classes dominantes d’atomiser les classes populaires, de les cantonner à l’individualisme pour les affaiblir. L’image du syndicat qui est contre les avancées s’est ainsi imposée dans les médias au mépris de la réalité historique : c’est la CGT qui a acquis les congés payés et la réduction du temps de travail en 1936 et qui a obtenu des multiples avancées sociales de l’après-guerre aux années 70.

 

➡️ On conduit les travailleurs dans un mur et on leur reproche de freiner
Par une inversion totale des valeurs, la CGT est taxée aujourd’hui d’empêcher la société d’avancer parce qu’elle s’oppose aux régressions sociales que veulent imposer les classes dominantes. Le progrès de la société serait de renoncer à son confort de vie et d’être exploité sans limites : quiconque défend ses droits et sa protection sociale est présenté comme réactionnaire !

 

  • En cherchant cette une sur Philippe Martinez que j’avais encore en tête pour l’avoir subie sur tous les abris bus à l’époque, je suis tombé sur la dernière une du Point à propos du procès de Nicolas Sarkozy : « Les coups tordus d’une justice très politique[34] ». Encore une fois, un bel exemple de neutralité. Pour paraphraser la Fontaine, selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements du Point vous rendront blanc ou noir. Bien que je n’ai pas choisi d’acheter ce journal, il s’impose dans l’espace public.

 

  • Ainsi, alors que les classes populaires ont été éjectées des institutions représentatives, leur dernier levier d’action qu’est l’action syndicale est méprisé voire mis à l’index. Donc non contents de dépolitiser les citoyens par une pseudo neutralité journalistique, les médias de masse conchient ceux qui persistent dans l’engagement politique.

 

  • Le seul engagement politique valorisé est le vote, alors que la moitié des Français a déserté les urnes. Cette réalité est camouflée par la non-prise en compte du vote blanc, comptabilisée comme de l’abstention donc comme du jemenfoutisme. Pourtant, il s’agit d’un message politique[35] : l’absence de confiance dans les candidats prétendant au pouvoir. Les statistiques ignorent l’abstention et les votes blancs lorsqu’ils annoncent les résultats, pour ne pas écorner la légitimité du candidat élu.

 

  • Ainsi, lorsque l’opposition s’exprime pendant le mandat d’un gouvernement, la réplique « vous avez perdu les élections » peut rester l’argument massue. Comme si être élu donnait carte blanche à tout et n’importe quoi pendant la durée du mandat. Plutôt que de cacher sous le tapis la défiance à l’égard des politiciens en accusant ceux qui ne leur ont pas accordé leur vote, peut-être serait-il judicieux de proposer au citoyen un contrôle des élus pendant leur mandat, avec possibilité de révocation comme le prévoyait la Commune[35].

 

  • Avant même de contrôler les élus pendant leur mandat, il faudrait également renforcer le contrôle des candidats pendant leur campagne, puisque certains contournent la démocratie en demandant l’appui des plus riches.

 

- 7 :  En finançant les campagnes électorales

Voilà un aspect qui a pris une ampleur inédite avec la campagne d’E. Macron en 2017. L’investigation de Franceinfo a permis d’éclairer le financement opaque de la campagne d’En Marche[36]Le candidat a mystérieusement levé 16 millions d’euros entre la création d’En Marche en mars 2016 et décembre 2017. Jamais un candidat n’avait rassemblé autant d’argent auprès des particuliers en partant de rien.

 

  • E. Macron s’est targué à l’époque d’une mobilisation collective mais FranceInfo explique aujourd’hui que c’est parce qu’il a su contourner la législation démocratique prévue pour interdire les grands donateurs[37].

 

  • La réglementation autorise un particulier à donner 7 500 euros par an à un parti politique. Ce même particulier peut également donner jusqu’à 4 600 euros au candidat de son choix par élection.

 

Franceinfo a pu retrouver des donateurs qui ont donné 7 500 euros à En Marche dès 2016, puis renouvelé leur don en 2017, et fait un troisième chèque de 4 600 euros (parfois arrondi à 4 500) à l’association de campagne du candidat. Certains ont également multiplié cette somme par deux au nom de leur conjoint(e), le chèque ou le virement partant du même compte commun.

 

➡️ Voilà comment E. Macron a « optimisé » la législation en contournant les règles.

Ainsi, contrairement à l’esprit des lois, les dons sont fortement concentrés entre les mains de contributeurs très riches. Si E. Macron brandit un chiffre avoisinant les 100 000 dons, seules 800 personnes ont financé la moitié de sa campagne. Nous constatons également que la moitié des dons provient des quartiers huppés ouest-parisiens. Dans les premiers mois de la campagne, le candidat est totalement dépendant des généreux contributeurs de sa campagne : banquiers d’affaires, gestionnaires de fonds, avocats, entrepreneurs du web…

 

Les déplacements à l’étranger du candidat pour lever des fonds peuvent également interroger. Au total, Emmanuel Macron a reçu 2,4 millions d’euros de dons en provenance de l’étranger, dont 1,8 million émanant de donateurs aisés (dons supérieurs à 4 000 euros).

 

  • Par ailleurs Franceinfo indique que l’équipe d’En Marche! a bénéficié de ristournes étonnantes pour l’organisation de ses meetings. Ainsi, la Bellevilloise a accueilli une réunion publique En Marche pour 1 200 euros, alors qu’elle a facturé le même service à B. Hamon. pour 4 838 euros[38]. Voilà encore une manière de contourner la législation sur les financements des campagnes.

 

➡️ En 2017, le seul à avoir adopté une stratégie d’appel aux dons comme Emmanuel Macron est Jean-Luc Mélenchon mais il n’a récolté que 2,8 millions d’euros, soit 6 fois moins qu’E. Macron.

Cela s’explique non par l’importance numérique des donateurs mais par leur composition sociale : seul un don atteint 7 020 euros et moins d’une cinquantaine de contributions sont supérieures à 1 000 euros. Au vu du programme, on peut comprendre que le potentiel financier des donateurs ne soit pas le même… Si chaque voix compte autant dans l’urne, ce n’est pas le cas pour le financement de la campagne.

  • Ce qu’E. Macron a vanté comme une mobilisation populaire est en fait un investissement de la fraction de la population française (et étrangère) la plus riche. Voilà de quoi s’interroger sur les contreparties !

 

➡️ Les investisseurs, évidemment, attendaient d’en récolter les fruits par la politique d’E. Macron une fois arrivé au pouvoir.

Ils n’ont pas dû être déçus car il s’est effectivement montré par la suite très favorable à leur égard. C’est l’absence de générosité du monde des affaires, envers les travailleurs et les citoyens dans leur ensemble, qui l’a poussé à être si généreux avec E. Macron. 800 personnes au capital financier permettant de donner 10 000 euros ont ainsi autant de poids que 400 000 personnes cotisant chacun pour une adhésion au parti à 20 euros.

  • Selon la catégorie sociale de ses adhérents, un parti n’aura donc pas la même force de frappe pour mener sa campagne. Dès lors, ce n’est pas la volonté de la majorité qui dispose de la souveraineté mais la volonté des plus riches : voilà qui est fort peu démocratique.

 

Le système démocratique de la Vè République s’était doté de garde-fous : subventions publiques pour les partis représentatifs d’un certain nombre d’électeurs, système de cotisations qui donne un poids financier en fonction du nombre d’adhérents, limitations des dons à 4500 euros pour les campagnes électorales. Mais E. Macron, en se présentant comme un candidat « anti-système », a déjoué ces garde-fous : s’il a contourné le système démocratique des partis, il s’est vautré dans le système financier du grand capital dont il s’est rendu dépendant, entraînant la France entière dans sa soumission.

 

➡️ Contrairement à ce que son marketing politique a voulu nous faire croire, l’absence de parti derrière lui n’est pas un progrès démocratique mais un nouveau coup de buttoir des magnats de l’économie contre la souveraineté populaire.

L’apparition des partis à la fin du XIXè siècle[39] a permis l’introduction des masses dans la vie politique. Faire disparaître les partis, c’est les en éjecter.  Ne pas avoir de parti derrière soi n’est pas signe de liberté, c’est signe de dépendance à l’égard de gros investisseurs privés. C’est signe également que l’on peut se passer du peuple. Aux Etats-Unis, le système du financement des campagnes présidentielles par les gros investisseurs a donné à des entreprises un pouvoir de lobbying démesuré : ainsi, la NRA, association agrégeant des groupes d’intérêt favorables aux armes, empêche toute législation pour limiter le port d’armes[40]. C’est ce système qu’E. Macron est en train d’importer.

  • Une campagne électorale peut se passer désormais de militants convaincus et les classes dominantes peuvent « investir » directement un représentant de leurs intérêts à la tête de l’Etat.

 

🔴 Voilà comment on se retrouve avec 12 millionnaires parmi les 31 ministres du gouvernement[41] et sans aucun ouvrier à l’Assemblée Nationale alors qu’ils représentent encore 15 % de la population.

🔴 Voilà pourquoi, alors que les décisions sont censées être prises à la majorité, 5 % de la population détient le tiers des richesses. Le suffrage universel a permis de pacifier les rapports sociaux mais il est abusivement brandi par le(s) pouvoir(s) économiques, politiques et informationnels comme la seule source légitime d’autorité. Les tours de passe-passe des élites ne permettent pas à la souveraineté nationale de s’exercer pleinement dans le vote et ses autres modes d’expression sont vilipendés par des médias jouant le rôle de chiens de garde. Si les classes dominantes se réservent la représentation nationale et réfutent la légitimité de l’action syndicale, si elles s’assoient sur les manifestations rassemblant des centaines de milliers de personnes, que reste-t-il aux classes populaires pour défendre leurs intérêts ?

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- Comment la macronie commence à manipuler les présidentielles 2022

Bastien Lachaud, député de la France Insoumise, dépose une motion de rejet concernant les changements dans l'élection du Président de la République. Bastien Lachaud explique en détail pourquoi ce qu'est en train d'imposer la majorité est préjudiciable au peuple français et favorise les partis riches propulsés par l'oligarchie.

Sources :

[1] 5 mars 1848 : instauration du suffrage universel masculin en France

[1bis] Face à la crise démocratique, convoquer l’Assemblée constituante de la 6e République

[2] Forte progression du nombre de millionnaires en France par rapport au reste du monde

[3] Une représentation des catégories socioprofessionnelles à la télévision loin de la réalité sociale

[4] Municipales : Jean-Luc Mélenchon s'inquiète d'une «grève civique» après l'abstention record au second tour

[5] Tirage au sort et démocratie en Grèce ancienne

[6] Dans ses Souvenirs, le comte Alexis de Tocqueville évoque les premières élections au suffrage universel dans son village normand, qui porte le nom de Tocqueville. « Presque tous »

[7] CHRISTOPHE BARBIER PETIT MARQUIS LIBÉRAL LIBERTAIRE

[8] 13 janvier 1955 : Claude Bourdet: « Votre Gestapo d'Algérie. » (Algérie)

[8bis] France Télévisions : émoi après la nomination d’un nouveau chef au service politique

[9] Bernard Arnault, le nouveau magnat de la presse française, reprend sa revanche sur le numérique

[10] Xavier Niel

[11] Médias et invisibilité sociale : Le rôle des médias dans le processus de visibilité ou d’invisibilité sociale de certains publics

[12] George Orwell : le langage comme outil de contrôle politique

[13] Ordonnances Macron 2017

[14] COMMENT LES MÉDIAS ONT FABRIQUÉ LE CANDIDAT MACRON

[15] Emmanuel Macron, le candidat des médias

[16] " La bulle Macron, un matraquage publicitaire massif "

[17] Notre programme, c’est l’Avenir en commun. Sa philosophie, c’est l’harmonie entre les êtres humains et avec la nature.

[18] Sondage exclusif – Macron-Le Pen: ci-gît le front républicain

[19] Le débat Kennedy-Nixon en 1960 à la télévision : le premier de tous les temps

[20] La France, un vieux pays d'immigration

[21] Macron : Les aides sociales coûtent-elles un "pognon de dingue"

[22] Les Jaunes !

[23Stéphane Beaud & Gérard Noiriel : Impasses des politiques identitaires

[24] Une histoire populaire de la France: De la guerre de Cent Ans à nos jours : Gérard Noiriel

[25] LIGNE ÉDITORIALE DE CNEWS : LA CGT REFUSE DE CAUTIONNER LA LIBRE DIFFUSION DE PROPOS DISCRIMINANTS ET RACISTES

[26] C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !

[27] Alexis de Tocqueville

[28] République. Les journées de juin 1848 : la guerre sociale en France

[29] Jean-Pierre Raffarin sur la réforme des retraites : «Ce n'est pas la rue qui gouverne !

[30] « Tournant de la rigueur » de 1983 : le tapis rouge aux saigneurs de la finance

[31] Jacques Julliard : Clemenceau briseur de grèves.

[32] L' Abbé Pierre : La voix des sans voix et “ Les premiers violents, les provocateurs, c’est vous ! ” L’Abbé Pierre en colère contre les riches.

[33] Gilets jaunes : 17 personnes seront jugées pour le saccage de l'Arc de Triomphe

[34] EXCLUSIF. Affaire Sarkozy : les coups tordus d’une justice très politique

[35] Propositions France insoumise (Avenir en commun) point 3 : reconnaissance du vote blanc et par le référendum d’initiative citoyenne, les citoyens qui réunissent suffisamment de signatures ont le droit de révoquer des élus, convoquer une Constituante, proposer ou abroger une loi

[36] La moitié de la campagne d'Emmanuel Macron financée par des grands donateurs

[37] L'histoire de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron est aussi celle d'une levée de fonds sans précédent, qui s'est appuyée sur de grands donateurs dont l'importance a été minimisée.

[38] EXCLUSIF – 2017 : le point sur les affaires de gros sous de la campagne de Macron

[39] Les partis politiques au sens moderne du terme sont assez récents. Ils apparaissent à la fin du xixe siècle et au début du xxe14. Ils apparaissent en Angleterre avec la réforme électorale de 1832, aux États-Unis vers 1830.

[40] Défendant le droit des Américains de porter des armes, la National Rifle Association est la partie la plus visible d’un lobby très bien organisé et financé.

[41] Patrimoine : 12 millionnaires parmi les membres du gouvernement

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 12:09
« S'il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c'est désormais contre la gauche antilibérale »
« S'il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c'est désormais contre la gauche antilibérale »
« S'il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c'est désormais contre la gauche antilibérale »
« S'il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c'est désormais contre la gauche antilibérale »
« S'il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c'est désormais contre la gauche antilibérale »
« S'il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c'est désormais contre la gauche antilibérale »

" C’est bien le signe que la possibilité d’un effondrement du pouvoir et de l’ouverture d’un espace important pour la gauche anti-libérale (dont la France insoumise est la principale force) est prise sérieusement en compte. "

 

Stefano Palombarini est économiste et maître de conférences à l’Université Paris VIII. Il a publié “ La Rupture du compromis social italien ” (éditions du CNRS, 2001) et, avec Bruno Amable, “ L’Économie politique n’est pas une science morale ” (Raisons d’Agir, 2005) et “ L’illusion du bloc bourgeois ” (Raisons d’agir, 2017).

Ayant été, avec Bruno Amable, le premier à avoir saisi le bloc bourgeois qui se constituait en 2017 autour d’Emmanuel Macron, nous avons été l’interviewer pour savoir si cette lecture était encore valable aujourd’hui, ou s’il fallait réanalyser les rapports de force politiques.

 

Sources : #POSITIONS | mis à jour le 20/06/2021

- Positions : M. Palombarini, vous êtes à notre sens, avec votre co-auteur Bruno Amable, celui qui dès 2017 a compris et démontré les fondations historiques et sociales de la séquence Macron, résumées autour d’un concept désormais hégémonique : le bloc bourgeois. Pourtant dans votre essai vous qualifiez ce bloc “d’illusion”. 2022 arrive à grands pas et l’espace semble soit plus ouvert que jamais à gauche soit totalement fermé, est-on donc en train d’assister à la dissipation de l’illusion ou à sa solidification ?

Stefano Palombarini : Ce que nous avons appelé bloc bourgeois est une alliance sociale agrégée par un projet politique. Il faut se remémorer la situation qui était celle de la France au moment où Emmanuel Macron a émergé dans le paysage politique. François Hollande, président porté au pouvoir par le bloc de gauche, était très impopulaire. Alain Juppé, sur une ligne ouvertement néolibérale, avait été battu aux primaires par François Fillon qui incarnait une ligne plus conservatrice et catholique. C’était une conjoncture parfaite pour réunir les classes bourgeoises auparavant liées à la droite et à la gauche, et Macron a su en profiter en proposant un programme de réformes institutionnelles légitimé par l’engagement européen. Mais il ne faut pas oublier que ce programme était accompagné d’un discours qui se voulait progressiste en termes de droits et de libertés individuelles. Il faut souligner aussi qu’autour des classes privilégiées, socialement très minoritaires et directement favorisées par son programme, Macron avait réuni une partie des classes moyennes séduites par les promesses d’une promotion sociale rendue possible par la perspective de “ modernisation ” du capitalisme français, sans quoi il n’aurait pas été présent au deuxième tour[1]. 

 

  • Aujourd’hui, la situation est bien différente, même si le noyau dur du programme macroniste, la réforme néolibérale, n’a pas changé. Dorénavant, Macron s’adresse ouvertement au bloc de droite : le volet progressiste de son programme a été enterré sous les violences policières qu’il a systématiquement couvertes et les lois liberticides qu’il a fait approuver[2] [2bis]. Le projet du bloc bourgeois était donc bien une illusion, disparue en très peu de temps. Maintenant, il n’est pas impossible qu’une partie peut-être majoritaire des classes bourgeoises qui provenaient de la gauche restent solidaires du pouvoir dans sa dérive droitière.

 

Mais, ce qui est plus délicat, et rend la situation du Président très fragile, est la transformation de la promesse de promotion sociale en menace de dégradation pour les classes moyennes. Les sondages évoquent une stabilité de Macron au niveau qui était le sien en 2017 ; mais il faut s’en méfier, principalement en raison du fait que la droite n’a pas encore de candidat désigné. C’est dans cet espace que joue désormais le Président. Ma conviction est que si la droite présente un candidat solide et capable de la rassembler, le soutien à Macron s’effondrera rapidement, éventuellement au point de le convaincre à ne pas se représenter. Les hypothèses favorables à Macron, c’est une droite qui se divise sur des candidatures fragiles, ou bien qui décide que le candidat le mieux en mesure de la représenter est Macron lui-même. C’est donc sur le bloc de droite qu’il faut raisonner pour analyser les perspectives du Président : le bloc bourgeois ne correspond plus à son projet.

 

 

- Positions :  Pour être présent au second tour, comme vous l’avez dit, Macron a dû rassembler une partie importante des classes intermédiaires convaincues que le clivage gauche/droite était dépassé. C’est ce qu’on peut qualifier de “populisme d’en haut” contrairement au “populisme d’en bas” plutôt acquis à la dynastie Le Pen. Pensez-vous que ce moment populiste est derrière nous et donc que Macron pour se faire réélire devra réactiver le clivage gauche/droite et se positionner en candidat conservateur de droite républicaine alors qu’il a surgit au centre gauche technocratique ou bien peut-il encore tenter le dépassement des clivages traditionnels ?

Cet affaiblissement de l’attachement aux principes républicains a comme conséquence politique importante l’intégration complète du Rassemblement national dans l’espace de la droite

Stefano Palombarini : J’essaie pour ma part de limiter l’utilisation du terme populiste, qui est vraiment polysémique. Il peut faire référence à des phénomènes totalement différents, voire contradictoires :

  • soit à une simple rhétorique anti-élites, soit à la minoration du rôle des corps intermédiaires et à une verticalisation du pouvoir ;
  • soit à l’idéal d’une démocratie directe qui limite le pouvoir des élus ;
  •  soit à la tentative de construire l’unité politique des classes populaires.

Dans le “ moment populiste ” vécu en France mais aussi ailleurs, il y a un peu de tout cela, et c’est surtout la conséquence d’une crise politique qui tarde à trouver une solution. Macron est-il un populiste ? Oui, mais dans une acception particulière du terme, celle qui fait référence à la mission messianique dont il se sent investi, et qui l’amène à enjamber dans ses décisions non seulement le parlement, mais aussi son propre parti et son gouvernement.

 

Cette attitude, qu’il faudrait pour éviter toute confusion appeler autoritaire[3] plutôt que populiste, ne va pas changer, on s’en doute, dans la période qui vient. Maintenant, pour les raisons que j’ai indiquées, il va être obligé de se resituer sur l’axe gauche/droite, ce qu’il a déjà fait en réalité. Je crois que quasiment personne ne l’imagine plus autrement que comme un président de droite. Cela change complètement la donne du problème politique auquel il est confronté. Comme artisan et représentant du bloc bourgeois, il parlait au nom d’une alliance sociale minoritaire mais relativement homogène. A droite, il se retrouve dans un espace large mais fragmenté. Il suffit de réfléchir aux adjectifs que vous utilisez pour qualifier la “droite conservatrice et républicaine”. Macron n’est pas un conservateur, car son objectif essentiel demeure la transformation complète et néolibérale du capitalisme français[4].

 

Mais sur cela, il y a au moins trois positions différentes et difficilement conciliables à droite :

  • Il existe certes une droite néolibérale, qui pense essentiel le pilotage public pour élargir la logique marchande à l’ensemble de la vie sociale, et qui estime que l’Etat à un rôle important à jouer pour garantir au capital un rapport de force favorable dans le conflit qui l’oppose au travail ;
  • Mais il y a aussi une droite ultralibérale, dont la base est constituée essentiellement par des patrons de Pme et des indépendants, qui demande simplement une coupe sensible des dépenses publiques qui puisse garantir une baisse généralisée des impôts ;
  • Et il y a enfin une droite plus populaire et conservatrice, hostile à tout bouleversement des rapports sociaux qui existent, mais attachée à la protection sociale et aux services publics que l’Etat français a été en mesure de lui offrir jusqu’ici.

 

L’autre adjectif que vous utilisez pour qualifier la droite, “ républicaine ”, devient à l’évidence de plus en plus problématique. Dans la tentative de dépasser les contradictions d’ordre socio-économiques que je viens d’évoquer, la droite, toute la droite, du Rassemblement national à Macron, essaie de déplacer le débat sur des thèmes identitaires, et n’hésite pas, pour ce faire, à prendre beaucoup de libertés avec les “ valeurs républicaines ” qu’elle dit vouloir renforcer. Le débat en cours à l’Assemblée nationale sur la loi qui change de nom chaque mois, mais qui n’a pour objectif que de stigmatiser les musulmans français et les immigrés, en est une preuve évidente[5]. Cet affaiblissement de l’attachement aux principes républicains a comme conséquence politique importante l’intégration complète du Rassemblement national dans l’espace de la droite.

 

S’il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c’est désormais contre la gauche antilibérale.

 

 

- Positions : Il se dessine alors un retournement d’alliance dans ce que vous décrivez. Le “ front républicain ” était une alliance entre la gauche et la droite de pouvoir contre l’extrême-droite, le front national. Le néo “ front républicain ” serait alors une alliance entre Macron et Le Pen contre une gauche antilibérale menaçante. Ceci normaliserait le RN dans le camp de droite classique et recentrerait LREM au centre gauche, on aurait là une américanisation (Républicains/Démocrates) de l’espace politique. C’est intéressant, mais pensez-vous réellement que cette situation est tenable en l’état, tant que Marine le Pen sera à la tête de cette nouvelle “ droite extrême ” ?

Stefano Palombarini : La normalisation du Rassemblement national est déjà dans les faits. Ses thèmes privilégiés sont centraux dans le débat public, et par rapport au discours diffusé tous les jours par des médias importants comme Cnews ou Valeurs actuelles, le parti de Marine Le Pen semble même sur des positions modérées[6]. Cela ne veut pas dire que RN, Les républicains et LREM sont destinés à s’allier et encore moins à se fondre dans un seul parti.

Simplement, ce sont des partis qui se situent dans le même espace politique, ce qui a deux implications majeures :

  • d’une part, il faut s’attendre à une mobilité grandissante de l’électorat entre ces partis ;
  • d’autre part, la gauche antilibérale est leur ennemi commun.

Il n’y a pas de complot, par exemple, qui expliquerait la concentration systématique des attaques du pouvoir contre Mélenchon qui, si on croit les sondages, ne représente pas le principal danger pour Macron à la prochaine présidentielle. De même, il est réducteur de penser que Marine Le Pen est préservée car elle est une adversaire facile à battre au deuxième tour.

 

La réalité, c’est que dans la recomposition en cours, les différences entre les programmes politiques de RN, LR et LREM sont en train de se réduire à grande vitesse, alors que la distance avec la gauche de gauche s’accroît. Le débat politique ne fait que refléter cette réalité. Pour ce qui est des qualités personnelles de Marine Le Pen, elles sont connues : même ses électeurs savent qu’elle a hérité de la direction d’un grand parti de masse sans avoir les qualités pour remplir un rôle de gouvernement. Je ne sais pas s’il faut se réjouir de cela. Certes, son profil personnel est un obstacle pour le RN, qui pourrait avec des dirigeants d’une autre épaisseur monter encore plus haut. Mais, je ne crois pas que ce soit un obstacle suffisamment important pour empêcher une victoire de Le Pen à la présidentielle. Si elle gagne, on se retrouvera avec une présidente d’extrême droite et totalement incompétente ; ce qui, il faut l’admettre, n’est pas une perspective réjouissante.

 

 

- Positions :  Face à ce nouvel espace conservateur et réactionnaire comment voyez-vous la recomposition des forces progressistes ? De la gauche en générale pour 2022 ?

Stefano Palombarini : je vois cette recomposition comme… difficile ! J’allais dire improbable, mais il faut garder un peu d’optimisme. Il n’y a qu’à regarder les tensions qui traversent la gauche pour se rendre compte du fait que la perspective d’une recomposition, dans la période courte qui nous sépare de la présidentielle, est hautement incertaine. Les affrontements au sein de la gauche sont multiples, ils se développent dans le politique, mais aussi dans les champs intellectuel, académique et médiatique, et ils répondent à des logiques différentes, car chaque fois c’est une forme spécifique de pouvoir qui est en jeu. On peut cependant, tout en ne leur donnant pas une lecture unitaire qui serait erronée, interpréter ces affrontements à partir d’une contradiction structurelle qui mine l’unité de la gauche.

 

Vous allez peut-être imaginer que je vais parler de la question européenne, comme je l’avais fait avec Bruno Amable dans l’Illusion du bloc bourgeois il y a quatre ans, mais non. Certes, la gauche demeure divisée sur l’UE et l’euro, mais beaucoup moins qu’à l’époque. Les inconditionnels de l’Union européenne sont désormais avec Macron.

 

Toute la gauche est sur des positions critiques, même si variées ; et il faut voir aussi que la dimension contraignante des traités budgétaires est moins forte aujourd’hui qu’il y a quelques années. Bien évidemment, à la sortie de la crise on pourrait voir la Commission demander à nouveau l’austérité, et à ce moment la fracture de la gauche sur la perspective d’une possible rupture serait réactivée. Mais aujourd’hui je ne pense pas que le facteur principal des divisions à gauche soit la question européenne.

 

La contradiction principale vient de la montée en puissance des thèmes d’extrême-droite dans la structuration du débat politique. Cela contraint la gauche à mettre au cœur de son discours sa propre définition de la laïcité ou de l’identité républicaine, à se battre contre le fait que les immigrés, les musulmans ou d’autres minorités soient érigées en bouc émissaires, à dénoncer l’utilisation autoritaire des forces de police, à défendre les libertés menacées. Il est évidemment souhaitable et indispensable que la gauche ne lâche rien sur ces thèmes. Mais il faut voir aussi que cela revient à accepter une structuration du débat politique impulsée par la droite.

 

Une gauche hégémonique :

  • effacerait toute marge de débat sur ces questions, tant il serait évident que la traduction des principes républicains ne laisse pas de doute lorsqu’il s’agit de savoir s’il faut admettre ou pas la liberté de recherche à l’Université, s’il faut respecter les droits des migrants, si le fait d’être croyant d’une religion ou une autre, d’avoir une origine ou une autre, change quoi que ce soit dans la dignité d’un citoyen ;
  • imposerait des clivages d’un autre type, connectés aux questions sociales et économiques : quelles perspectives pour la protection sociale, le droit du travail, quel avenir pour le système de retraite, quelle évolution de la fiscalité et ainsi de suite. C’est autour de ces thèmes qu’une opposition massive, populaire et émancipatrice au macronisme pourrait se construire.

 

Mais voilà : l’hégémonie est à droite et à l’extrême droite.

D’où la contradiction et la difficulté que j’évoquais. Se situer sur le terrain défini par la droite est dans une certaine mesure un positionnement obligé, mais accepter que les clivages politiques soient ceux que la droite impulse rend très improbable un renversement des rapports de force. Et il faut voir la difficulté de tenir ensemble le combat nécessaire sur les thèmes privilégiés et imposés comme dominants par la droite, et le combat tout autant nécessaire pour mettre au premier plan d’autres thèmes. Dans les différents champs que j’évoquais, politique, médiatique, académique, intellectuel, toute proposition d’un chemin possible pour mener simultanément ces deux combats, risque fort de trouver moins d’écho des positions qui en privilégient l’un en minorant l’autre. Comme ce qui détermine les stratégies dans ces différents champs est l’accumulation d’une forme spécifique de pouvoir, il est plus rentable pour les acteurs politiques, médiatiques, académiques ou intellectuels de choisir un combat et d’y consacrer toutes leurs forces.

 

Maintenant, il ne faut pas non plus sombrer dans le pessimisme. Je suis par exemple très admiratif de la capacité qu’a montré Bernie Sanders de s’opposer à la dérive autoritaire, raciste et identitaire de Trump tout en arrivant à propulser sur le devant de la scène ses propres thèmes, qui s’adressent à la working class, sans distinctions d’origine, de religion ou de couleur. Ce n’est pas simple donc, mais on peut y arriver.

 

 

- Positions : Si comme vous l’avez dit le débat se structure autour de thèmes culturels et identitaires, c’est-à-dire par l’hégémonie de droite, quelle pourrait être la meilleure réponse pour une gauche offensive, et surtout sur quelles classes ou quel bloc appuyer ses réponses ?

Stefano Palombarini : C’est une question un peu piège, car elle prend les choses dans le mauvais ordre. Il ne faut pas commencer par identifier une base sociale et ensuite partir à la recherche du discours qui peut la séduire car cela ne mène nulle part. Certes, d’un point de vue théorique il y a des choses qu’on peut exclure. Reconstruire l’ancien bloc de gauche à l’identique est par exemple impossible, compte tenu de l’adhésion d’une partie de la bourgeoisie de gauche au macronisme.

 

De même, s’imaginer réunir l’ensemble des classes populaires dans un seul bloc est hors de portée, tant elles sont traversées par des contradictions non seulement d’ordre culturel ou idéologique, mais qui portent aussi sur leurs attentes économiques. J’écoutais Bruno Amable dans une émission récente dire des choses très pertinentes au sujet de la gauche et du combat contre le néolibéralisme. Si on veut parler à une partie importante de la population, il faut rester sur des questions très concrètes : le nombre de lits à l’hôpital, la protection sociale, le système de retraites, la discipline des licenciements, le droit aux allocations chômage, les normes de sécurité au travail. Le rôle de la gauche, si elle veut exister, c’est d’abord élaborer un programme cohérent qui montre la possibilité réelle, sur ces questions, d’une réponse strictement opposée à celle de Macron et du reste de la droite ; et ensuite arriver à faire connaître ce programme.

 

 

👉   Sur le premier point, il faut dire que la France insoumise est pratiquement le seul mouvement à avoir fait le boulot.

L’Avenir en commun peut être certainement critiqué et il est susceptible d’amélioration ; mais il existe.

 

Pour ce qui est de se faire écouter, d’arriver à faire connaître le programme au-delà des cercles militants, c’est plus compliqué. Certes, les médias dominants, y compris publics, préfèrent laisser toute la place à des questions politiquement sans relief, comme celle du séparatisme, au lieu de comparer les programmes des partis sur les thèmes qui conditionnent directement les conditions de vie des Français. Mais, après tout, quand ils protègent les dominants, les médias dominants font leur boulot. La gauche aurait besoin, pour les contrer, d’une présence forte et diffuse sur le territoire, et on peut sur ce point mesurer à quel point elle paie la disparition des vieilles structures, tant décriées, des anciens partis politiques.

 

Pour revenir à votre question : quelle base sociale ?

Ma réponse est :

  • si la gauche est en mesure de porter et de faire connaître un projet cohérent et crédible radicalement alternatif au néolibéralisme, fondé sur les principes de solidarité et de dignité du travail, sur la prise en compte de l’impératif de la soutenabilité écologique, et qui donne des réponses précises aux questions concrètes que j’évoquais, elle trouvera une écoute très large au sein de la population.

Le profil du bloc, on l’examinera une fois qu’il existera, ce n’est pas de là qu’il faut partir. Et vous savez, un analyste se doit de rester très modeste. Une chose est d’analyser un bloc qui existe, ou qui a existé, les raisons pour lesquelles il s’est consolidé ou il est entré en crise. C’est une chose complètement différente de faire exister une alliance qui n’est pas encore là : c’est tout l’art du politique d’y arriver, et ce n’est pas mon métier. Sur la période à venir, tout ce que mon rôle me permet de faire, c’est de souligner les contradictions qui minent certains projets. Comme je le disais, la reconstruction à l’identique de l’ancien bloc de gauche et l’émergence d’un bloc populaire exactement spéculaire au bloc bourgeois me paraissent deux perspectives également illusoires. Mais cela ne veut pas dire qu’un bloc de gauche renouvelé, au profil encore impossible à définir, ne puisse se former dans les prochaines années.

 

 

- Positions :  Pour terminer, un pronostic pour le premier tour de 2022 ?

Stefano Palombarini : C’est très compliqué, car il est difficile de prévoir dans quelle mesure les effets sociaux de la crise économique se feront sentir avant l’élection.

 

On voit cependant que le pouvoir est en pleine panique.

Il sait que ses réformes sont impopulaires, et que les aides qu’il a prévu pour atténuer les conséquences sociales de la récession ne pourront pas être prolongées indéfiniment. Il réagit à la perspective d’un effondrement possible par la multiplication de provocations d’extrême droite, comme celles dont sont protagonistes tous les jours Darmanin, Blanquer, Vidal et compagnie, et par une attitude concrète d’extrême droite sur le maintien de l’ordre et les libertés publiques[5] [7].

 

J’ai du mal à imaginer qu’une telle stratégie puisse fonctionner. Les thèmes que Macron propulse dans le débat favorisent Marine Le Pen qui sera donc avec toute probabilité au second tour.

 

Mais l’autre place est à prendre.

C’est sur cela qu’il y a davantage d’incertitude. Si dans les mois qui viennent la droite se trouve un candidat solide, un conservateur capable de convaincre qu’il saura réformer mais sans la brutalité de Macron et en offrant plus de garanties que Le Pen, ses perspectives seront excellentes. Mais pour l’instant, la droite manque d’un candidat vraiment à la hauteur. D’un autre côté, avec la souffrance sociale destinée à augmenter, il y aurait un vrai espace pour une gauche capable d’orienter différemment le débat, et de montrer qu’une telle souffrance n’est pas simplement l’effet de la crise, mais aussi des politiques et des réformes néolibérales qui en accentuent les effets.

 

 

  • Mais soyons clairs : il y a désormais un vrai barrage contre une telle gauche, auquel participent macronistes, droite LR et extrême droite, soutenus par l’ensemble des médias dominants, de France Inter à Cnews.
  • C’est vraiment étonnant de voir un front si large se rassembler contre des forces qui sont minoritaires dans les sondages ; mais c’est bien le signe que la possibilité d’un effondrement du pouvoir et de l’ouverture d’un espace important pour la gauche anti-libérale est prise sérieusement en compte.

 

---------------------------

En France, un barrage pseudo-républicain, est désormais en construction contre la gauche antilibérale avec en fond le vieil adage de 1936 " Plutôt Hitler que le Front populaire " mis au gout du jour " Plutôt Le Pen que L'Avenir en commun avec Melenchon "

 

Face au rassemblement des droites et de l'extrême droite, voire du PS, L'ALTERNATIVE EXISTE :

c'est RASSEMBLER LE PEUPLE AUTOUR DE L'AVENIR EN COMMUN !

 

 

« S'il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c'est désormais contre la gauche antilibérale »
« S'il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c'est désormais contre la gauche antilibérale »
« S'il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c'est désormais contre la gauche antilibérale »
« S'il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c'est désormais contre la gauche antilibérale »
« S'il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c'est désormais contre la gauche antilibérale »
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22 février 2021 1 22 /02 /février /2021 00:01
Loi sur le " séparatisme " : seul le groupe France insoumise s'oppose unanimement à ce texte stigmatisant
Loi sur le " séparatisme " : seul le groupe France insoumise s'oppose unanimement à ce texte stigmatisant
Loi sur le " séparatisme " : seul le groupe France insoumise s'oppose unanimement à ce texte stigmatisant
Loi sur le " séparatisme " : seul le groupe France insoumise s'oppose unanimement à ce texte stigmatisant

Séparatismes : Le macronisme nous fait courir le risque d’accélérer “ l’archipélisation ” d’un pays toujours plus divisé[1]

 

Le faux débat Le Pen/Darmanin et la névrose anti-musulmans s'inscrivent dans cette stratégie dangereuse pour notre démocratie[1ter]

 

Quand les nazis accusaient les juifs de séparatisme... exactement ce que disent Darmanin et Le Pen vis à vis des musulmans[1bis]

 

Dans le film de propagande nazie « Le péril juif » (1940), la Bête immonde accusait les Juifs de séparatisme du fait qu’ils ne se mettraient pas « au service d’objectifs communs ». Le film pointait l’incompatibilité entre les valeurs aryennes et les pratiques cultuelles juives qui étaient présentées comme des lois... Exactement ce que disent Darmanin et Le Pen[1bis].

Dans le même temps, Darmanin, est pointé du doigt pour le caractère antisémite de l'ouvrage qu'il a publié en février dernier, intitulé « le Séparatisme islamiste - Manifeste pour la laïcité » et qui s’inscrit dans le cadre de la loi sur le séparatisme[6].

A noter : 1ére lecture du texte gouvernemental, vote unanime honteux au Sénat contre la tenue des groupes de parole comme prétexte à dissolution des organisations qui les pratiquent avec le soutien des sénateurs du PCF et EELV ![7]...

 

Sources : l'Ère du peuple | mis à jour le 27/11/2022

- Pour une fois, le rouleau compresseur médiatique du covid qui dure depuis un an en écrasant tout le reste de l’actualité a du bon
Le débat parlementaire contre le séparatisme n’intéresse personne et ne sort pas des murs de l’Assemblée. Le pays se voit donc épargné des heures de meurtrières tirades infamantes contre les musulmans. Quel moment lamentable.  Mais dans l’hémicycle, c’est une torture. On « débat » actuellement sous le régime du « temps programmé ». Mais il faut beaucoup se taire. Car nous n’avons que 3H35 de temps de parole attribuées pour la discussion de 51 articles et 400 alinéas. La droite LR, pour sa part, dispose de 9h heures. LREM 7h45 (temps de parole du ministre et des rapporteurs en plus). Le modem 3H15. L’UDI 2H25 Le PCF 3h30 et le PS 4h20. Les présidents de groupe ont droit à une expression personnelle supplémentaire d’une heure. Nous devons donc subir le flot des interventions des autres sans broncher pour conserver un temps de parole sur chacun des articles les plus sensibles. Les non-inscrits (50 minutes) ont été purement et simplement privés de temps parole avant même la fin de la discussion de l’article 1. Ce n’est pas normal ni souhaitable.

 

 

- Je ne reviens pas ici sur le contenu des débats

Nos interventions sont en ligne en vidéo. Pour ma part j’ai bénéficié de la présence de 8000 auditeurs présents sur Facebook et YouTube en permanence pendant mon discours sur la motion de rejet du texte. Près de 400 000 personnes ont regardé la vidéo depuis. Mes camarades, Alexis Corbière, Ugo Bernalicis, Éric Coquerel, Jean Hugues Ratenon ont fait de magnifiques interventions. Alexis et moi avons parlé au milieu d’un hourvari permanent de cris et hurlements. À leur banc, les ministres participaient activement à la tactique de déstabilisation des orateurs par leur rires et bavardages. Cela, le téléspectateur ne le voit pas ni ne l’entend. Ils nous voient seulement forcer la voix pour dominer le vacarme et parfois ils s’en étonnent auprès de nous : « pourquoi criez-vous ? ».

 

 

- Certes on a vu pire

Le 2 février, Mathilde Panot avait été grossièrement insultée en séance[2]. L’alcool avait fait son œuvre, semble-t-il, chez certains marcheurs. Jaurès avait droit aussi à ces interruptions permanentes et on a même vu une occasion où un député est monté à la tribune pour le frapper tandis qu’il parlait[3]. Heureusement, nous n’en sommes pas là. Puis la réplique du ministre (Darmanin) et celle du rapporteur (de Rugy) se fit sur un mode très personnel, politicien et offensant. On a vite vu où serait l’angle des éléments de langage. Comme je défends la liberté du culte, et que je l’ai déjà fait contre la fermeture des lieux de culte, je serai un « porte-parole du cléricalisme ». Ni plus ni moins. Que j’ai félicité la conférence des évêques de France pour avoir dit que la loi de 1905 était « une loi de liberté » fait ricaner des bancs d’ignorants qui ne savent rien de la bataille de l’époque ou le pape avait appelé a ne pas appliquer cette loi[4]. Face au public d’un beuglant, quelle musique s’entend ?

 

 

- En fait, je n’attends rien de Darmanin et De Rugy, et surtout pas de la culture historique républicaine

Les deux procèdent par amalgames, insinuations et contrepèteries sur fond d’une culture contre-républicaine qu’ils ne peuvent me cacher. L’un nous rebat les oreilles avec son grand-père musulman et l’autre avec la chouannerie. Leur mépris pour les autres et leurs railleries à deux sous sont une honte visible. Car pour le reste, à l’honneur des collègues, dans les échanges entre députés, personne n’est aussi vulgaire et agressif dans les prises de parole. Nous n’avons jamais répliqué dans le même registre quand bien même admettez que ces deux-là auraient pourtant de quoi faire parler… Mais c’est désolant de voir des esprits hier si libres, répéter sur tous les tons les absurdités cuisinées de longue main dans l’extrême droite. Ainsi de madame Caroline Fourest désormais murée dans un fanatisme qui lui interdit de partager les principes qu’elle défendait hier : l’État chez lui, l’Église chez elle et la liberté de culte pour tous. La liberté de conscience est à ce prix.

 

 

- La société n’a pas à être laïque.... l’espace public ne l’est donc pas.

Cependant la société peut être de culture laïque. C’est même souhaitable. C’est à dire être à la fois respectueuse de l’engagement de chacun et refusant un point de vue imposé par le culte majoritaire ou un pouvoir. Par contre l’État est les services publics le sont par nécessité et sans exception. Je ne sais pas ce qu’il faudrait ajouter à cela. C’est en tous cas la position historique de l’école de pensée dans la tradition de 1905. La traduction de ces principes est très concrète.

  • Par exemple : elle exclut la police des habillements dans l’espace public et, à l’inverse, la présence des élus en écharpe dans les manifestations religieuses.

 

 

- Dans le débat...

  • Nous avons donc été dans un premier temps assimilé à des défenseurs des religion et même du cléricalisme quand nous refusions la police du vêtement contre le port du voile ;
  • Puis nous fumes repeints en « laïcards » ennemi des religions. Par les mêmes !!!! au moment où nous demandions que les élus ne cautionnent pas, par leur présence, les manifestations religieuses. Et dans chacune de ces postures contradictoires ce furent les mêmes lazzis, les mêmes moqueries. Le débat semblait patauger dans la mauvaise foi. Mais tout autant dans la bêtise la plus crasse. Les mêmes qui meuglaient en cadence contre le foulard dans l’espace public ne trouvaient rien à redire à la qualité de chanoine de Latran du président de la République ou à la participation des élus à des cérémonies comme celle de reconnaissance à la vierge pour la délivrance de la peste de 1630 !!! Au contraire, ils se posèrent soudain en défenseur de l’Église. Mais qui l’attaquait ? Personne. Au point qu’un de ces brillants amis des Lumières, l’instant d’avant, se risqua à dire que nous n’avions pas à discuter pour savoir si la vierge avait ou non protégé la ville de la peste ! Non ce n’étaient pas des républicains qui parlaient mais des croisés. Les brillantes plumes fermaient la marche de cette croisade. Dans Le Figaro une nouvelle fois la technique de prétendus « anciens cadres » de LFI , évidemment anonymes compte tenu du risque qu’il y a nous critiquer, viennent dire que Coquerel parle comme il le fait par électoralisme. Car, bien-sûr, il est bien connu qu’il n’y a aucun calcul électoral dans la propagande contre les musulmans. Nous parlons des 500 communes sans école publique ? Des élus dans les manifestations religieuses ? C’est que nous serions gênés par la question de l’islam, psalmodie Marianne. Le journal est désormais converti à l‘intérêt du débat sur les certificats de virginité et la lutte contre la polygamie et reste sans voix sur la question du Concordat ou des immeubles de rapport. Dommage que Macron ne soit pas imam d’honneur de la mosquée du Caire, on aurait été mieux compris dans ces colonnes-là.

 

Le résultat des simagrées du pouvoir est simple :

  • moins de liberté pour les associations ;
  • un serment pour tous ceux qui touchent des subventions ;
  • une latitude plus grande pour les préfets de dissoudre, contrôler et ainsi de suite.

Où est le terrorisme islamiste là-dedans ? Nulle part évidemment. On finit par se demander si c’était vraiment le sujet. La « démocratie défaillante » en France défaille un peu plus. Mais qui a la liberté de le dire à part la presse étrangère ?

 

 

- 1er février 2021 : Jean-Luc Mélenchon s’exprime sur la loi séparatisme à l’Assemblée nationale
Il intervention contre le projet de loi dit de renforcement « des principes républicains » et a dénoncé une loi inutile et dangereuse qui va semer de la division dans le peuple français en stigmatisant les musulmans. 

 

Après avoir rappelé que le gouvernement a réussi à mettre d'accord contre cette loi tous les cultes, le député insoumis a interpellé la majorité sur les défis qui sont devant nous. La pandémie, le dérèglement climatique, les 800 plans sociaux, les 10 millions de pauvres, l'augmentation du gaz, des péages, de l'électricité, les millions de personnes à l'aide alimentaire... Alors que le Parlement va discuter pendant deux semaines du voile, de la polygamie, des certificats de virginité, du contenu des cantines scolaires ou de la mixité dans les horaires des piscines. 

 

Il a enfin dénoncé ensuite l'hypocrisie du gouvernement, a a parlé des différents séparatismes qui existent bel et bien dans notre pays dont il n'est pourtant pas question dans cette loi : le séparatisme social des riches, le séparatisme religieux du Concordat, le séparatisme institutionnel de l'Union européenne.

 

Il a fait valoir que l'État est indifférent aux religions et que c'est le gage de notre liberté. Puis il a dénoncé l'amalgame insupportable entre islam et islamisme. Il a pris à partie l'Assemblée en demandant aux députés quand les musulmans avaient manqué à l'appel de la patrie et a conclu son discours en disant que la France est grande parce qu'elle fait France de tout bois et que l'amour de la République, comme tout amour, ne vaut rien sous la menace.

 

- 16 février 2021 : l'Assemblée adopte, en première lecture, le projet de loi relatif aux " Principes Républicains "

Ce texte qui s'attaque officiellement au " séparatisme ", mais constitue une loi de stigmatisation inutile des musulmans. Les députés France insoumise qui n'ont eu de cesse que de défendre la laïcité et la République Sociale, de dénoncer la suspicion généralisée ont unanimement voté contre[5].

 

A noter qu'à l'image des élus RN qui se sont abstenus, plus divisés, huit élus du groupe communiste se sont abstenus, 7 ont voté contre et 1 pour[5] [5bis].

 

 

- Loi sécurité globale : les macronistes votent définitivement cette nouvelle loi de la honte anti républicaine.
Après que députés et sénateurs se soient accordés sur la proposition de loi dite de " Sécurité globale, à l’Assemblée Nationale, la majorité macroniste vient de faire adopter définitivement en seconde lecture cette loi de la honte. Les députés du groupe insoumis ont voté contre, mais ils étaient bien seuls à s'y opposer (6 député(es) PS sur 29 ont voté contre, les 23 autres absent(es) ; 2 député(es) PCF ont voté contre, les 14 autres absent(es)[8].

 

Ainsi, Macron et sa clique adoptent une nouvelle loi, qui accroitra l’arbitraire policier et entraine notre pays dans une dérive autoritaire Ils n’ont écouté ni l'opposition de la France insoumise, ni les alertes des organisations de défense des droits de l’homme. Petit à petit, ils détruisent les libertés publiques. C’est ainsi que meurent les démocraties.

 

En 2022, avec Jean-Luc Mélenchon, nous abrogerons cette loi scélérate et restaurerons les libertés publiques ![9] "

 

 

- 23 juillet 2021 (2ème lecture), Jean-Luc Mélenchon, à l’Assemblée nationale, s’oppose à la loi sur le « séparatisme » qu’il dénonce comme « une loi contre républicaine » qui vise uniquement les musulmans.

Le président du groupe « La France insoumise » a critiqué un texte qui introduit une notion fumeuse de « séparatisme » quand les séparatismes réels comme le Concordat d’Alsace-Moselle ou le statut de Charles X en Guyane. Il a dénoncé la manière qu’avait eu Emmanuel Macron de s’afficher à Lourdes, mais aussi le fait qu’avant les élections régionales, le CRIF et le Consistoire israëlite de France avaient appelé à ne pas voter pour les insoumis.

 

Jean-Luc Mélenchon a rappelé que durant l’année 2020, les actes anti-musulmans avaient augmenté de 50%. Il a, enfin, dénoncé le fait qu’en plein pandémie, on ait débattu de polygamie (déjà interdite), des certificats de virginité (déjà interdits), du voile, du burkini, des drapeaux étrangers et des youyous dans les mariages.

Loi sur le " séparatisme " : seul le groupe France insoumise s'oppose unanimement à ce texte stigmatisant

Notes :

[1] Séparatismes : Le macronisme nous fait courir le risque d’accélerer “ l’archipélisation ” d’un pays toujours plus divisé

[1bis] QUAND LES NAZIS ACCUSAIENT LES JUIFS DE SÉPARATISME…

[1terLe Pen et Darmanin : faux débat et névrose anti-musulmans

[2] Scandale : Mathilde Panot insultée en plein hémicycle par un député LREM

[3] Un député de droite monte même à la tribune et frappe Jaures tandis qu'il...

[4] Le pape Pie X condamne la loi, considérant qu'il s'agit d'une rupture

[5] Analyse du scrutin n° 3421, deuxième séance du 16/02/2021 : scrutin public sur l'ensemble du projet de loi confortant le respect des principes de la République (première lecture).

[5bis] Loi contre le séparatisme : Colère des militants communistes face à l’abstention de certains de leurs députés

[6Gérald Darmanin accusé d’antisémitisme pour son livre sur « le séparatisme islamiste »

[7] Loi séparatisme 1ére lecture : les sénateurs adoptent un « amendement UNEF » permettant de dissoudre les associations faisant des réunions non mixtes racisées

[8] Analyse du scrutin n° 3658 Première séance du 15/04/2021 https://www2.assemblee-nationale.fr/scrutins/detail/(legislature)/15/(num)/3658

[9] Loi sécurité globale : les macronistes votent une nouvelle loi de la honte

 

Pour en savoir plus :

- Face à toutes les haines : la laïcité... “ L’Eglise chez elle, et l’État chez lui ”

- Religion et politique : un couple infernal à séparer de toute urgence !

- Jean-Luc Mélenchon : " Nous combattons l'islam politique...avec les musulmans "

- Séparatisme : Mélenchon dénonce la «mise en scène» politicienne de Macron

- Patrick Le Hyaric : « Séparatisme » : une entorse inquiétante à la loi de 1905

- Jean-Luc Mélenchon, invité ce samedi de l'émission "On n'est pas couché" de Laurent Ruquier, réagit après l'attaque terroriste de Paris.

- Jean-Luc Melenchon : De quoi la lutte contre l’« islamo-gauchisme » est le nom ?

- Laïcité, "séparatisme", République : décryptage du projet de loi par Alexis Corbière, député France insoumise

- A Corbière : Une République sociale, démocratique et laïque : combat que nous mènerons jusqu'au bout !

- Jean-Luc Melenchon : Vous stigmatisez les musulmans avec une loi inutile et dangereuse

- Débat parlementaire contre le séparatisme : un moment lamentable

- CGT : Le 16 février 2021, le texte de loi « confortant le respect des principes de la République » était adopté par l’Assemblée nationale. Présenté comme le texte des libertés, il est dans les faits uniquement répressif.

- Lettre unitaire ouverte aux sénatrices et sénateurs sur le « projet de loi confortant les principes républicains »

- Mina Idir, secrétaire départementale PCF dans le Vaucluse : « Que dire de ma colère quand je vois que notre secrétaire national parle comme l’extrême droite et valide leurs propos, les reprend », dénonce avec véhémence Mina Idir.

- Contrôler le culte au nom de la laïcité ou le paradoxe de la loi française sur " le séparatisme "

- Jean-Luc Mélenchon soutient une une résolution communiste contre le racisme

L'expulsion de l’imam Hassan Iquioussen, père de 5 enfants majeurs, n'était pas possible avant la loi luttant contre le séparatisme promulguée en août 2021. Né en France, il avait la nationalité française jusqu'à ce qu'elle lui soit retirée à sa majorité.

- La loi séparatisme est utilisée pour… bâillonner les militants pour le climat

- Comment la loi « Séparatisme » permet aux préfectures de frapper les associations au porte-monnaie

- 2ième lecture assemblée nationale :

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 11:55
Nathalie Sarles, députée LREM, pointe du doigt la dérive autoritaire et la suppression des libertés individuelles qui découlent de ce texte[18]
Nathalie Sarles, députée LREM, pointe du doigt la dérive autoritaire et la suppression des libertés individuelles qui découlent de ce texte[18]

Nathalie Sarles, députée LREM, pointe du doigt la dérive autoritaire et la suppression des libertés individuelles qui découlent de ce texte[18]

Jean-Luc Melenchon : " Si je suis élu en 2022, cette loi sera abrogée ![A] "

 

20 mai 2021 : Le Conseil Constitutionnel censure l’article 24 de la loi Sécurité globale qui interdisait de filmer les policiers[B].

 

20 novembre 2020 ! Éric Dupond-Moretti, garde des sceaux, sur le projet de Loi "sécurité globale" déclare : " Dans le droit pénal français, on ne peut pas poursuivre des gens pour une intention mais pour un acte ou pour un fait ".
Stupéfiant ! Éric Dupond-Moretti explique que le Projet de Loi "sécurité globale" est, en l'état, contraire au droit pénal, mais qu'il n'a pas pu le faire entendre au gouvernement et qu'il espère que le sénat l'amendera
[
T].

Entre tyrannie et absurdie, Macron conduit notre pays au chaos. Vivement la fin !

 

Sources : La Sociale | mis à jour le 20/05//2021

- La loi dite « sécurité globale » que le gou­ver­ne­ment est en train de faire voter est révélatrice d’une orientation déjà bien engagée depuis des décennies

On se sou­vien­dra des « lois anticasseurs[C] » de feu Marcelin, de la loi « sécurité liberté[D] » de Peyrefitte, des très nombreuses lois antiterroristes, de l’ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion de l’état d’urgence, etc. Toutes ces lois mettent progressivement en pièces les libertés publiques fon­da­men­ta­les, dans l'indifférence de la classe politique et de la plus grande partie de nos concitoyens. En fait, on étrangle la liberté, lentement, un clic après l’autre, la corde se resserre. La loi présentée au Parlement en cet automne (proposition 3452[E]) ne présente donc pas une grande nouveauté, mais fait de nouveaux pas vers l’ins­tau­ra­tion d’un État policier, c’est-à-dire d’un État où le pouvoir exécutif et sa police peuvent agir sans contre-pouvoir et sans contrôle de quelque ins­ti­tu­tion républicaine que ce soit.

 

 

- Typique de l’état d’esprit de ce genre de loi et des classes dirigeantes et de leur « Parlement » croupion, l’exposé des motifs définit… un champ indéfini de la loi

Il s’agit en effet de répondre à la menace que font peser toutes les formes d'insécurité, « depuis les invincibilités dans les transports jusqu’aux violences graves sur les personnes en passant par les trafics - notamment de stupéfiants - en bas des immeubles, les violences urbaines ou les rixes entre bandes. » Le législateur écarte d’emblée ce fait majeur que la première insécurité » qui touche tous les Français est l'insécurité sociale, la dégradation de la santé publique, les menaces sur les retraites, la précarité de l’emploi et le chômage galopant.... Voilà un premier point qui méri­te­rait à lui seul toute une réflexion.

 

 

- La notion d'insécurité est elle-même peu définie.

L'impolitesse, stricto sensu, est une incivilité, mais on se souvient aussi que le ministre des transports, Jean-Baptiste Djebbari, avait qualifié d'invincibilité le meurtre d’un chauffeur de bus par une bande de voyous[F]. Concernant les violences graves sur les personnes le législateur a-t-il en vue les violences exercées contre les manifestants Gilets jaunes, gazés, éborgnés, amputés par des forces de police déchaînées[G], à qui un ministre de l’intérieur, qui connaît bien les méthodes des voyous, avait lâché la bride.

 

Deuxième remarque concernant l’exposé des motifs. On n’y parle pas seulement de l’autorité de l’État ni de l’ordre public. Désormais, selon les normes du jargon à la mode, les « acteurs de la sécurité » sont considérés à l’égal des agents de l’État, ainsi les 165 000 agents privés de sécurité. C’est parfaitement révélateur de la pri­va­ti­sa­tion en cours des fonctions dites « régaliennes ». Et les députés LREM ajoutent : « toutes ces forces échangent et coo­pè­rent entre elles. Or, ce sont leur articulation et les conditions de leur col­la­bo­ra­tion qui font une partie importante de la qualité de la coproduction de sécurité dans notre pays et donc, de la sécurité de toutes et tous.[H] »

 

 

- La sécurité est donc bien une sorte de PPP (partenariat public/privé) d’un nouveau genre.

Demain ce sera le tour de la justice - ici le « cheval de Troie » est l’informatique, puisque l’on teste des programmes d’aide à la décision (IA)[I]. Dans la défense, les choses sont déjà bien engagées, même si officiellement des opérations de guerre ne sont pas encore sous-traitées à des agences privées. Le cadre « sécurité globale » permet donc maintenant de déléguer des tâches de maintien de l’ordre à des sociétés privées de sécurité qui doivent être « articulées » aux forces de l’ordre étatiques et municipales.

 

De là découle l’objectif de la loi : « savoir être inventif et innovant afin de renforcer le continuum de sécurité, tout en respectant pleinement les identités et les missions de chacun des acteurs qui y contribuent. » Là encore le vocabulaire, propre à l’époque, est entièrement issu du monde de LREM, c’est-à-dire le monde du marketing - car la victoire de LREM a été le triomphe des commerciaux sur les énarques et, plus anciennement, les ingénieurs de la Ve république encore jeune. Mais le mot important est « continuum[J] ».

 

Ceux qui attendaient que soient réglés les graves problèmes posés par l’usage incontrôlé d’armes létales contre les manifestants ou par les abus de pouvoir de la police en seront pour leurs frais : ce qui est visé est « une sécurité plus efficace, en traitant également la question du recours à de nouveaux moyens tech­no­lo­gi­ques pour les forces ». Efficacité et technologie, là encore les mots clés sont clairs et foin des considérations de droit et de liberté. Le maintien de l’ordre n’est pas au service de la liberté, mais il devient une fin en soi, ce qui est carac­té­ris­ti­que de l’État policier.

 

D’ailleurs dans ce texte, la liberté et les libertés sont à peine évoquées sinon sous l’angle (on y revient) des restrictions à apporter à la liberté de la presse[K]. Ou encore, concernant la possibilité de filmer par drones les manifestations, le texte « prévoit d’autoriser les services de l’État concourant à la sécurité intérieure et à la défense nationale et les forces de sécurité civile à filmer par voie aérienne pour des finalités précises, ce en fixant les garanties qui assurent le respect des libertés publiques. » Il s’agit bien de limiter « pour des finalités précises », les libertés publiques. Et tout est à avenant.

 

 

- Le premier titre commence par un élargissement des pouvoirs des polices municipales.

Pour l’instant, il ne s’agit que d’une expérimentation qui n’a donc pas valeur pour l’ensemble du territoire et ne concerne que les communes employant plus de vingt agents dans leur police municipale. Là encore, c’est un mouvementent en cours depuis longtemps, l’armement des polices municipales a été un tournant[L]. Cela s’inscrit dans le désengagement de l’État central et de la mise en place d’un véritable plan « police partout ». Jadis, les élégantes « auber­gi­nes » venaient coller des papillons sur les pare-brise des voitures mal garées. Désormais des patrouilles patibulaires, à qui ne manque que le casque intégral pour avoir l’air de tortues ninjas, font régner l’ordre sur la voie publique. On étend leur champ d’inter­ven­tion à toutes sortes de délits réels ou supposés, notamment ceux concernant le trafic de drogue. Pour la répression du trafic de drogue, il est possible que ce ne soit pas très efficace et contribue à semer la pagaille, mais l’effet « police partout » est la seule chose vraiment recherchée.

 

Concernant les sociétés privées de sécurité, les pouvoirs de leur agents sont étendus. Ainsi sous certaines conditions, ils peuvent retenir (c’est-à-dire arrêter) une personne suspecte d’un délit. Si de nouvelles dis­po­si­tions réglementaires encadrent les activités de ces sociétés, c’est seulement pour prendre en compte l’extension de leurs pouvoirs et de leurs domaines de compétence.

 

 

Eric Coquerel, député France insoumise " Je m'oppose à la privatisation de la sécurité publique, via le renforcement des compétences de la sécurité privée et de son utilisation de la sous-traitance.... "

 

- Le titre III du projet de loi porte sur la vidéosurveillance et la captation d’images.

On peut résumer d’un mot ce que propose celui qu’on appelle encore « le législateur » : « en avant vers le modèle chinois ! » On commence par étendre à des « agents individuellement désignés et dûment habitabilités » la possibilité d’exercer des missions de surveillance réservées jadis aux forces publiques.

  • La légalisation de dispositifs de vidéosurveillance aujourd’hui plus ou moins légaux est actée ainsi que la possibilité de la surveillance par drones. Là encore, tout était anticipé dans la pratique : la surveillance des plages par drones a été mise en œuvre dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. La loi « sécurité globale » vient ainsi pour entériner extension indéfinie de la surveillance policière déjà mise en œuvre sous couvert d’état d’urgence, de lutte contre le terrorisme, etc. Un article d’une tartuferie singulière d’ailleurs nous prévient : « Le public est informé par tout moyen approprié de la mise en œuvre de dispositifs aéroportés de cap­ta­tion d’images et de l’autorité responsable, sauf lorsque les circonstances l’inter­di­sent ou que cette information entrerait en contradiction avec les objectifs poursuivis. » (art. L242-3[M]).

 

  • Vient ensuite le très controversé article 24[N] qui modifier article 35 de la loi 1881 sur la liberté de la presse[O] : « Est puni d’un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police. » Autrement dit, filmer et diffuser des images de policiers en train de tabasser des manifestants peut coûter un an de prison[P] ! Poutine et Xi Jinping ont fait des émules.

On nous objectera que c’est seulement si on filme un policier « dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique », mais la formulation est si vague qu’elle per­met­tra s’envoyer tout audacieux sous les verrous pour un an.

 

  • Une autre modification n’est pas moins inquiétante : « II. - L’arti­cle 35 quin­quies de la loi du 28 juillet 1881 sur la liberté de la presse ne font pas obstacle à la com­mu­ni­ca­tion, aux autorités administratives et judiciaires compétentes, dans le cadre des pro­cé­du­res qu’elles diligentent, d’images et éléments d’iden­ti­fi­ca­tion d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale. » Autrement dit : les journalistes devront communiquer les images qui pourraient être diffusées et la police est investie d’un droit de censure ces images.

 

  • L’arti­cle 25 dont on a beaucoup moins parlé est tout aussi inquiétant[Q]. Il modifie ainsi le code de la sécurité intérieure : « “Art. L. 315 - 3. - Le fait qu’un fonctionnaire de la police nationale ou un militaire de la gendarmerie nationale porte son arme hors service, dans des conditions définies par arrêté du ministre de l’Intérieur, ne peut lui être opposé lors de l’accès à un établissement recevant du public. » ” On a bien lu : “ hors service ”. Un policier n’est plus un citoyen ordinaire qui accomplit un office public. En tant qu’homme privé (ce qu’il est « hors ser­vice »), il possède un droit exorbitante du droit commun. Tout cela confirme bien notre diagnostic : marche forcée vers l’État policier.

 

Les dispositions par­ti­cu­liè­res concernant la SNCF et la RATP et per­met­tant d’assu­rer la surveillance des ces réseaux sont étendues à la route, c’est-à-dire d’abord aux sociétés privées exploitant les autoroutes en attendant la pri­va­ti­sa­tion des routes nationales qui est maintenant possible légalement et techniquement[R].

 

L’arti­cle 30 nous indi­que que l’achat de pétards du 14 juillet sera soumis à un examen de compétence (c’est inclus dans le code l’envi­ron­ne­ment). Et enfin le coût de cette loi sera financé par une hausse des taxes sur tabac et les alcools…

 

D’autres points méritaient d’être analysés.... car la situation est à un tel point grave, que Nathalie Sarles, députée LREM, pointe du doigt la dérive « vers un État autoritaire » et la suppression des libertés individuelles qui découlent de ce texte[U].

 

 

- La défenseure des droits, nommé par Macron, en la personne de Claire Hédon, s’exprime sans ambages dans un communiqué en date du 5 novembre[S]

La Défenseure des droits, Claire Hédon, considère en effet que cette proposition de loi « sou­lève des ris­ques consi­dé­ra­bles d’atteinte à plu­sieurs droits fon­da­men­taux, notam­ment au droit à la vie privée et à la liberté d’infor­ma­tion. »

  • Elle est par­ti­cu­liè­re­ment préoccupée par les restrictions envisagées concernant la diffusion d’images des agents des forces de sécurité dans l’exercice de leur fonction.
  • Elle demande à ce que ne soient, à l’occa­sion de ce texte, entravés ni la liberté de la presse ni le droit à l’infor­ma­tion.
  • Elle tient en effet à rappeler l’impor­tance du caractère public de l’action des forces de sécurité et consi­dère que l’infor­ma­tion du public et la publication d’images relatives aux interventions de police sont légitimes et nécessaires au fonctionnement démo­cra­ti­que, comme à l’exer­cice de ses propres missions de contrôle du com­por­te­ment des forces de sécurité.

 

Dans son avis, la Défenseure des droits souligne également les points suivants comme étant susceptibles de porter atteinte à des droits fondamentaux : 

  • La possibilité pour les policiers municipaux et les agents de la ville de Paris de consulter les images des caméras de vidéo protection — habilitation jusque-là strictement encadrée — porterait une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée. Ces images étant de nature à permettre l’identification des personnes, cette disposition serait contraire à nos engagements européens comme à nos obligations constitutionnelles ;
  • L’exploitation en temps réel des images des caméras-piéton des policiers, sans objectif explicite dans le texte, est susceptible de porter une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée.
  • Enfin, le recours aux drones comme outil de surveillance ne présente pas les garanties suffisantes pour préserver la vie privée. En effet, les drones permettent une surveillance très étendue et particulièrement intrusive, contribuant à la collecte massive et indistincte de données à caractère personnel. 
  • " La Défenseure des droits suivra avec la plus grande vigilance la suite des discussions parlementaires.”

 

Ine fine, comme le dit la chro­ni­queuse Anne-Sophie Chazaud, ce serait une faute cri­mi­nelle de lais­ser à l’extrême gauche mono­pole de la lutte contre cette loi.

Intervention de Jean-Luc Mélenchon le 24 novembre 2020 contre la proposition de loi « sécurité globale ». Le texte de l'intervention est disponible ici https://www.youtube.com/watch?v=Q5cajKqWUuE&feature=emb_logo à la lecture.

 

- 20 mai 2021 : Le Conseil Constitutionnel censure l’article 24 de la loi Sécurité globale qui interdisait de filmer les policiers[B]

Une victoire !

Le Conseil constitutionnel censure l’article 24 de la #LoiSecuriteGlobale contre laquelle nous nous sommes mobilisés. Cette loi liberticide n’apporte rien pour la sûreté publique, ni n’améliore les conditions de travail des fonctionnaires de police.

  • Heureusement, la France Insoumise est là pour défendre les libertés face à Macron, Darmanin et autres ! 
  • Le chaos, c'est eux ! Les républicains, c'est nous ! 

 

 

 

 

 

Notes :

[A] Jean-Luc Melenchon en 2022 : " Si je suis élu en 2022, cette loi sera abrogée ! "

[B] Loi « sécurité globale » : Le Conseil constitutionnel censure l'ex-article 24 qui prévoyait de punir la diffusion d'images de policiers

[CLa première Loi Anti casseur

[D] JUIN 1980 : LA DÉFENSE DES LIBERTÉS

[E] Proposition de loi nº 3452 relative à la sécurité globale

[F] Jean-Baptiste Djebbari, avait qua­li­fié d’inci­vi­lité le meur­tre d’un chauf­feur de bus

[G] Gilets jaunes : près de 400 enquêtes visent les forces de l’ordre

[H] RAPPORT DE LA MISSION PARLEMENTAIRE

[I] Genetec lance Citigraf : un nouveau système d’aide à la décision pour la sécurité publique

[J] Définitions : continuum

[K] L’article 24 « risque d’entraîner sur le terrain des comportements attentatoires à la liberté de la presse »

[L] « Pourquoi il ne faut pas armer les policiers municipaux » par Madjid Messaoudene

[M] TITRE III VIDÉOPROTECTION ET CAPTATION D’IMAGES

[N] arti­cle 24 qui modi­fier l’arti­cle 35 de la loi 1881 sur la liberté de la presse

[O] Article 35 de la Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse

[P] Mme Schiappa confirme que tout journaliste qui diffusera l'image d'un policier en train de commettre une violence policière pourra être renvoyé devant un Tribunal. Journalistes et directeurs de chaines, préparez vous au menottage, GAV 48H puis dépôt.

[Q] L’arti­cle 25 dont on a beaucoup moins parlé est tout aussi inquiétant

[R] Un décret publié au Journal officiel en août permet aux sociétés concessionnaires d'autoroutes de privatiser des sections de routes nationales

[S] PROPOSITION DE LOI « SÉCURITÉ GLOBALE » : L’ALERTE DE LA DÉFENSEURE DES DROITS

|T] Éric Dupond-Moretti : " Dans le droit pénal français, on ne peut pas poursuivre des gens pour une intention mais pour un acte ou pour un fait "

[U] Sécurité globale : une députée macroniste s’inquiète d’une dérive « vers un État autoritaire »

 

Pour en savoir plus :

- La loi de 1881 détricotée, la démocratie mutilée

- 28 novembre : 500000 manifestants partout en France contre la loi Sécurité Globale

- Les possibilités de fichage de la police discrètement élargies par trois décrets

- Présidentielles 2020 : MACRON / LE PEN : DU SOIT-DISANT “REMPART” AU MARCHE-PIED

 

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 13:34
La politique de Macron et Véran : un fléau pour la santé publique et pour les libertés démocratiques
La politique de Macron et Véran : un fléau pour la santé publique et pour les libertés démocratiques

La stratégie macronienne de gestion du COVID :

- Dans la Constitution de la 5ème République, le Président est irresponsable devant les tribunaux...

- Le Conseil de défense est lui aussi irresponsable...

En exécutant ses ordres, le gouvernement se protège de la Cour de Justice de la République.

 

Sources : L'insurgé | 

-Atteinte aux libertés démocratiques sous couvert de lutte contre un coronavirus
Jour après jour, s’appuyant sur une législation d’exception adoptée à l’occasion de l’épidémie de Covid[1] qui a débuté en mars 2020, O. Véran[2] annonce des décisions qui sont autant d’atteintes à des droits élémentaires...

 

Et toutes les villes et régions sont soumises aux aléas d’une carte sanitaire dont les critères ont été, en six mois, modifiés officiellement cinq fois. Et le gouvernement prépare d’autres mesures pouvant aller jusqu’à la remise en cause de la liberté de circuler. La première fonction de ces mesures confortées par une propagande visant à enraciner la peur et l’obéissance, c’est de camoufler la réalité de la politique gouvernementale : dislocation de la recherche scientifique sur les épidémies, destruction des stocks de masques, fermetures de lits d’hôpitaux et manque de personnels soignants, absence de tests au début de l’épidémie puis multiplication de tests peu fiables, entraves à la liberté de prescrire... ; le tout étant couronné par le « Ségur » de la santé.

 

 

-Une recherche scientifique asphyxiée financièrement
Tous les spécialistes le disaient depuis des années : une future pandémie serait, de manière quasi certaine, provoquée par un nouveau coronavirus, l’une des hypothèses les plus probables au côté de celle d’un flavivirus[3]. C’est au point qu’un romancier sud africain, après avoir consulté divers scientifiques, en avait fait le point de départ de son roman (Deon Meyer : L’Année du lion[4]. Fort logiquement, des scientifiques avaient commencé à travailler sur cette famille des coronavirus. Mais le gouvernement français – toujours soucieux d’économies sur le dos de la recherche publique – avait brisé le financement de cette recherche.

 

De même l’Union européenne (voir le témoignage édifiant de Bruno Canard, virologue au CNRS, lu lors du départ de la manifestation de l’enseignement supérieur et de la recherche - 9 mars 2020[5]). Et quand le coronavirus à l’origine de la maladie Covid 19 a surgi en Europe début 2020, la Recherche était désarmée. Or, il faut des années pour mettre au point un vaccin, qui devient obsolète si le virus mute. Et il faut de nombreuses années si l’on veut créer des médicaments à large spectre dans une famille virale, car cela implique de longues recherches scientifiques préalables sur l’ensemble de cette famille de virus.

  • Or ces recherches furent asphyxiées. C’est un premier crime impardonnable.

 

 

-L’hôpital public au bord de la dislocation
Durant toute l’année qui a précédé le début de l’épidémie, les personnels hospitaliers n’ont cessé de se mobiliser contre les fermetures de lits[6] et le manque de personnels, en particulier de soignants[7]. Le gouvernement a tourné le dos à ces revendications (notamment pour les personnels des services d’urgences : 300 euros par mois, ainsi que des embauches massives et l’ouverture de lits).

 

Lorsque l’épidémie a surgi, les services d’urgences ont donc immédiatement été submergés. Dans nombre de villes, à Paris par exemple, les malades étaient renvoyés chez eux, sans soin. On demandait aux malades de rester chez eux tant qu’ils ne suffoquaient pas ; mais alors, il était souvent trop tard : certains moururent à domicile[8], d’autres en arrivant à l’hôpital tardivement. Et nombre de personnes âgées moururent dans les Ehpad[9].

Plus encore : durant des semaines, le gouvernement a été incapable de fournir au personnel des masques et des blouses. Certains, contaminés, en sont morts.

 

 

-

Stocks de précaution détruits ou périmés

Antérieurement, à l’occasion d’une précédente épidémie, un important stock de masques avait été constitué sous le contrôle du ministère de la Santé. Mais à l’ouverture de l’épidémie de 2020, on découvrit que la quasi totalité des masques, jugés périmés, avaient été détruits et que le stock n’avait pas été renouvelé[10]. Imperturbable, le ministre Véran expliqua le 4 mars que « l’usage des masques était inutile » en dehors des règles d’utilisation définies, pour les professionnels en particulier[11]. (Le 18 mars 2020, Jérôme Salomon, Directeur général de la santé, indique de son côté : « Il ne sert à rien de porter des masques dans la rue »[12]).

 

Et rapidement, nombre de médicaments vinrent également à manquer, notamment des produits nécessaires aux anesthésistes. On apprendra quelques mois plus tard, en septembre, que ce n’était pas seulement les masques, mais la totalité des stocks dit stratégiques de médicaments qui avaient été mis à mal avant même le début de l’épidémie. Ainsi, pour les antibiotiques, les stocks s’étaient effondrés (à 12 millions d’unités au lieu de 86 millions[13]). Or, nombre de médecins jugeaient efficace le recours à certains antibiotiques pour réduire l’impact du virus.

 

 

-Le confinement : une parade de pauvre
C’est parce que le système de santé était asphyxié avant même l’apparition de l’épidémie, la Recherche désarmée, les stocks stratégiques défaillants que le gouvernement imposa cette mesure de confinement catastrophique sur le plan économique, sanitaire et humain, et profondément attentatoire à la liberté de circuler. Et, alors que certains médecins prônaient le dépistage systématique, le gouvernement s’y refusa des mois durant[14]... Pourtant, les laboratoires vétérinaires avaient offert leur aide dès le début de la crise[15]. La France, comme d’autres puissances impérialistes, n’eut ainsi comme recours qu’une réponse de pays pauvre.

 

 

-

Toute puissance des trusts pharmaceutiques

Bien évidemment, du fait des colossaux enjeux financiers, tous les grands laboratoires pharmaceutiques se lancèrent dans la course au vaccin, à de nouvelles molécules médicamenteuses, quitte à brûler les étapes (en particulier la recherche sur les effets secondaires) ou à bafouer les règles qu’ils ont eux-mêmes contribué à institutionnaliser (essais randomisés, type d’étude au demeurant soumis à bien des critiques, notamment parce que cela impliquait de renoncer à soigner une partie des malades).

 

En attendant la découverte d’un traitement miraculeux (miraculeux pour les profits de « Big pharma »), nombre de médecins tentèrent de sauver leurs malades en réutilisant (comme cela se fait depuis des décennies) des médicaments anciens déjà en usage pour d’autres pathologies (ou des pathologies proches) et dont les éventuels effets secondaires étaient parfaitement maîtrisés. Ce fut le cas avec le recours à l’hydroxychlorochine[16] ou/et à des antibiotiques. Il en résulta une formidable querelle, comme l’histoire de la médecine en connaît peu souvent, les désaccords entre spécialistes étant envenimés par les médias et des journalistes souvent incompétents sur le plan scientifique, et envenimés par des enjeux politiques et financiers.

 

Car les laboratoires pharmaceutiques veillaient au grain, inquiets de l’usage possible de médicaments déjà existants et peu coûteux. Et nombre de chercheurs et revues scientifiques dépendant des financements assurés par Big Pharma se sont faits les relais de leurs intérêts. Dans ces conditions, il est parfaitement compréhensible que, bien souvent, ceux qui observaient cette querelle furent, et demeurent, dubitatifs quant à l’intérêt ou l’inutilité de ce type de traitement (que l’on qualifie de « compassionnel » quand son efficacité est sujette à caution). Mais en cette affaire il y a au moins un point qui ne devrait guère prêter à débat et qui engage la responsabilité du ministre de la Santé, qui est la question de la liberté de prescription.

 

 

-

Remise en cause de la liberté de prescription
Dans le cadre du serment d’Hippocrate, la liberté de prescription du médecin selon la maladie et l’état du malade est une question fondamentale[17]. Or, c’est ce droit à prescrire qu’Olivier Véran a remis en cause. On ne souvient que la revue The Lancet publia une étude selon laquelle l’hydroxychloroquine était dangereuse pour la santé. Dans les heures qui suivirent, sans même vérifier quoi que ce soit, Véran renforçait l’interdiction de l’usage de ce traitement[18]. Peu de jours après, fait rarissime, The Lancet retirait l’article publié tant étaient grossièrement fausses les données utilisées par cette prétendue « étude ». Et plusieurs des chercheurs associés à cette publication présentèrent leurs excuses. Mais pas Olivier Véran, qui refusa de retirer son interdiction de prescription[19].

 

Pourtant, il est reconnu que ce médicament banal ne présente à minima aucun danger particulier s’il est utilisé contre le Covid sous contrôle médical. De même les pressions se multiplièrent conte les médecins qui voulaient prescrire des antibiotiques pour faire face à ce virus (certains antibiotiques ayant des propriétés antivirales). Ces pressions furent exercées en particulier par l’ordre des médecins, qui alla jusqu’à convoquer deux médecins mosellans qui avaient prescrit un antibiotique à des malades du Covid (au lieu de se contenter de paracétamol...) et l’avaient fait savoir[20].

 

 

-

Deuxième vague ou Ségur de la Santé ?
La vague épidémique une fois passée, et la population partiellement dé-confinée, les personnels hospitaliers et nombre de scientifiques, soutenus par l’immense majorité de la population, demandèrent des comptes au gouvernement sur l’état d’impréparation totale du système de santé et de sa déliquescence due à des années de rigueur budgétaire. Des commissions d’enquête furent lancées[22], des plaintes déposées, contre des membres du gouvernement notamment[23]. Et les rassemblements, puis des manifestations, reprirent devant les hôpitaux.

 

Certains s’imaginèrent que le gouvernement allait enfin satisfaire les revendications des personnels, sauvegarder l’hôpital public... d’autant que le ministère de la Santé multipliait les annonces sur l’arrivée d’une future deuxième vague. Si une deuxième vague menaçait, ne fallait- il pas de toute urgence pourvoir les postes non pourvus, financer des créations de postes, rouvrir des lits, renforcer les services d’urgences ?

 

Il n’en fut rien : le seul souci de Macron et Véran était de désarmer la mobilisation renaissante et de détourner la colère populaire. Le gouvernement convoqua une vaste concertation, le « Ségur de la santé[24] » : cette opération de dialogue social (lire : de déminage de la colère sociale) fut cautionnée par les organisations syndicales qui toutes, participèrent à son lancement. Puis les discussions s’éternisèrent. Il en ressortit des conclusions, entérinées par certaines organisations syndicales (ce qui ajouta la division à la confusion).

 

Les personnels eurent droit à des miettes, très loin de ce qu’ils revendiquaient[25]. Le gouvernement obtint des contreparties (renforcement de la gestion locale, projet de création d’une sous-catégorie de médecins..). Il obtint surtout le reflux de la mobilisation, au moins pour un temps. Sur cette base, les fermetures de lits purent reprendre[26].

 

 

-

Deuxième vague ou répliques ?
L’hôpital plus que jamais en difficulté Durant tout l’été, le gouvernement redoubla de propagande pour créer une situation anxiogène : car la peur est un outil pour entraver les mobilisations. Pourtant, au moins jusque fin septembre, la reprise des hospitalisations et décès pour coronavirus fut extrêmement limitée. Rien à voir avec la croissance exponentielle enregistrée en mars. Mais outre que le gouvernement, alors que s’annonce une authentique vague de licenciements, préfère jouer d’une forme de « stratégie de la peur » pour prévenir des mobilisations contre ces licenciements, ce gouvernement sait que le système hospitalier est incapable de faire face à un rebond même ténu des hospitalisations.

 

Et que nombre de soignants sont en congé maladie ou démissionnent, écrasés par la surcharge de travail. Or, si l’on prenait au sérieux les discours du ministère de la Santé se disant capable de disposer de 12 000 lits en réanimation, il aurait fallu pourvoir 24 000 postes d’infirmières et 10 500 postes d’aides soignants supplémentaires. Le répit de l’été n’a pas été mis à profit pour donner à l’hôpital les moyens nécessaires en personnels, bien au contraire, ce dont le gouvernement est seul responsable.

 

Cette situation est à elle seule un pur scandale, qui nourrit un regain de protestations, comme Macron put le mesurer lui-même le 6 octobre à l’hôpital Rothschild face à la colère des personnels[27]. Le gouvernement cherche donc à éviter que le plus petit surcroît d’hospitalisations ne fasse paraître aux yeux de tous le scandale de la situation : c’est là, pour le gouvernement, l’une des principales déterminations de ses discours anxiogènes et de ses mesures coercitives.

 

 

-

État d’exception, et stratégie de la peur « à géométrie variable »
L’inconvénient d’une « stratégie de la peur », c’est qu’elle n’incite pas à la reprise du travail. Or la priorité du gouvernement, c’est de remettre tous les salariés au travail. C’est la première détermination de sa politique. Ce qui ne va pas sans incohérences : ainsi les terrasses de café deviennent des dangers publics... quand les transports en commun sont déclarés tout à fait sûrs !

 

Le discours change ainsi du tout au tout. Il en est de même des écoles, dont l’ouverture est fondamentale pour que les parents puissent aller au travail. Les protocoles ne cessent de s’adapter à cet objectif. Car, en termes de moyens, rien n’a été fait pour garantir de quelconques mesures sanitaires : où sont donc les dizaines de milliers d’agents qu’il aurait fallu recruter pour aider à l’hygiène, les enseignants nécessaires à la réduction des effectifs par classe, les locaux supplémentaires ?

 

Pour atteindre l’objectif général de reprise du travail et éviter l’explosion du système de santé, pour gérer les incohérences de leur politique, Macron et son nouveau Premier ministre ont donc prolongé les mesures d’exception qui permettent au pouvoir de poursuivre les mesures liberticides et aux préfets d’individualiser ces mesures. Ainsi, en dépit de la réalité des données publiées, Marseille fut frappée fin septembre par des mesures générales (dont la fermeture totale des cafés et restaurants) jugées inacceptables par une grande partie de la population au vu du nombre réel des hospitalisations et décès[28]. Mais Véran pouvait ainsi régler quelques comptes avec une ville où il avait été durement critiqué...

 

Puis les mesures imposées à Marseille furent atténuées en même temps qu’elles étaient imposées dans d’autres villes, etc. Et, pour justifier ces mesures ajoutées de semaine en semaine, le gouvernement choisit de s’appuyer sur des critères qui font débat, en particulier sur les résultats des tests qui se sont multipliés à la fin de l’été.

 

 

Des tests très politiques-

Au début de l’épidémie, le gouvernement n’a pas réalisé le dépistage systématique des personnes sympto-matiques. Puis a annoncé, à la fin du printemps, des tests massifs, mais il a alors choisi ou été incapable de les organiser. Finalement, à la fin de l’été, le nombre de tests pratiqués s’est envolé, dans une indescriptible pagaille : quiconque, asymptomatique ou non, pouvant se faire tester, il fallait attendre des jours pour passer un test dont les résultats n’étaient connus ensuite que des jours plus tard, et de ce fait inutiles, les personnes testées ayant alors souvent cessé d’être contagieuses.

 

Mais cela contribue à ruiner la Sécurité sociale, le gouvernement lui imposant de rembourser tous les tests (on parle de 10 milliards d’euros[29]). Et cette explosion du nombre de tests même inutiles se traduit par une hausse du nombre de « cas » dits « positifs », et permet toute une propagande gouvernementale pour justifier les mesures liberticides[38].

 

Or, facteur lourdement aggravant, l’hypersensibilité des tests pratiqués en France conduit à juger « positives » des personnes qui ne sont plus contagieuses depuis belle lurette, ou n’ont jamais été (ni ne sont) malades même à leur insu, sous une forme bénigne. En mettant l’accent sur les cas dits « positifs », en laissant croire que cela est synonyme de « cas contaminants », le gouvernement et les médias organisent la confusion, mêlant personnes pouvant contaminer et personnes ne le pouvant pas.

 

 

-

Un conseil fort peu scientifique
Ce conseil, installé par le gouvernement, est censé apporter un avis scientifique pour « aider » le gouvernement à prendre des décisions. En réalité, ses avis sont bien plutôt politiques. En témoigne l’avis du 14 avril[30], constitué exclusivement d’un catalogue de considérations politiques parmi lesquelles domine la crainte que s’affirme une résistance à la politique du Pouvoir, dans une section intitulée « Éviter que ne se forme une « contre-société » sur Internet en période de crise ».

 

Ce qui conduit la Commission à un long développement titré : « Propositions pour « garder la confiance ». En témoigne l’avis rendu le 22 septembre[31], fondé sur une série de paramètres dont la crédibilité est jugée douteuse y compris par l’un des membres de la commission, Simon Cauchemez[32] : « il y a beaucoup d’incertitudes autour de ces paramètres » et précisant : il y a aussi « pas mal d’incertitudes liées à l’âge des patients hospitalisés, à la sévérité des cas admis à l’hôpital, et à l’évolution de la prise en charge ».

 

Ce qui n’empêche pas ce même conseil « scientifique » d’échafauder différents scénarios plus ou moins catastrophiques et de formuler un certain nombre de propositions tout en s’inquiétant que des « mesures fortes et précoces » puissent être « difficiles à accepter ». Parmi ces propositions, le confinement contraint de toutes les personnes jugées à risques, dont l’ensemble des personnes âgées, soit... 22 millions de personnes (celles jugées inutiles pour la production capitaliste). Le conseil reprend ainsi la proposition déjà formulée au printemps par J. F. Delfraissy[33], son président, et qui avait fait scandale, ce qui avait conduit ce monsieur à prétendre qu’il avait été « mal compris »...Et ce sont ces « avis » qui cautionnent et justifient les décisions les plus brutales et autoritaires que prend ensuite le gouvernement. Dissoudre un tel conseil est donc une revendication légitime[34] (d’autant que nombre de ses membres ont des liens financiers avec Big Pharma).

 

 

-

Perpétuation de l’état d’exception (sanitaire)
En France comme quasiment partout ailleurs, l’épidémie permet d’imposer des mesures d’exception attentatoires aux libertés individuelles, et la pérennisation de ces mesures ; après avoir fait voter, au printemps, une loi instaurant un « régime transitoire » de « sortie de l’état d’urgence » applicable jusqu’au 30 octobre, le gouvernement a fait voter le 1er octobre sa prolongation jusqu’au 1er avril 2021[35].

 

Cette loi permet au gouvernement d’interdire les déplacements, de limiter les rassemblements, de fermer les établissements, de conserver les données individuelles collectées... Mieux encore : le gouvernement annonce pour janvier un projet de loi qui instituera un « dispositif pérenne de gestion de l’urgence sanitaire ». Même un député LREM s’inquiète : « on glisse progressivement vers davantage de restrictions sur les libertés individuelles ».

 

D’autres redoutent qu’en réaction contre ces mesures surgisse « une énergie contestataire potentiellement non maîtrisable ». De fait, tant que la mobilisation ne mettra pas en échec cette politique, le gouvernement continuera d’avancer, à l’instar du gouvernement du très « démocratique » du Québec qui vient d’interdire que l’on puisse recevoir ami ou famille à son domicile, et qui autorise la police – sur simple dénonciation – à pénétrer dans ces domiciles et infliger des amendes équivalant à un millier d’euros[36] !

 

 

-

Domestiquer la jeunesse et la population, faire passer de nouvelles réformes
L’un des fils conducteurs de cette politique gouvernementale, dont témoigne l’obligation, dans les principales agglomérations, de porter un masque même dans une rue déserte, c’est la volonté de domestiquer la population[21]. Cette discipline, cette soumission de tous les instants à l’autorité de l’État, est une nécessité pour faire accepter le développement du chômage, l’extension imposée du télétravail à domicile, la remise en cause des statuts (dont celui des enseignants qui devraient accepter de travailler à distance comme en « présentiel »), et toutes les réformes prévues par le gouvernement (dont celle, maintenue, des retraites). Complément indispensable à cette politique coercitive : le dialogue social, auquel se prêtent les directions syndicales. Ainsi, comme il y a eu le « Ségur » de la santé, il doit y avoir bientôt le « Grenelle » de l’enseignement[37]. Une exigence principielle est donc le boycott de ce Grenelle.

 

 

-

Pour en finir avec cette politique
Mettre fin à cette politique contre la santé publique implique de combattre à la fois pour les revendications formulées par les personnels hospitaliers, contre la soumission du ministère aux trusts pharmaceutiques, pour le financement massif de la Recherche publique et pour son indépendance, pour en finir avec les pseudos conseils scientifiques (qui sont très politiques), et en même temps d’imposer la rupture du dialogue social. Mais la politique du gouvernement forme un tout : la destruction de la Santé publique s’inscrit dans ce cadre.

 

Fondamentalement, gagner sur ces revendications n’implique pas seulement d’en finir avec Véran et sa politique. Elle implique tôt ou tard d’en finir avec toute cette politique, avec ce gouvernement. Ce qui implique la formation d’une alternative politique, qui passe en particulier par l’unité sur les revendications des salariés, de toute la population laborieuse. Sur cette perspective, mettre fin au le dialogue social serait un point d’appui décisif.

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-Pour les insoumis, il faut des alternatives au confinement général

Le 3 novembre 2020, Jean-Luc Mélenchon intervenait à l’Assemblée nationale pour s’opposer à la prorogation de l’état d’urgence sanitaire. Il a dénoncé une situation où la pandémie est « hors de contrôle » et où les consignes sanitaires ne sont pas pleinement obéies du fait de l’absence de consentement de la population aux mesures prises. Il a aussi expliqué que la multiplication des situations d’état d’urgence passant ensuite dans le droit commun posait un problème démocratique. Une position également défendue dans un document rendu public ce même jour sur la « dérive autoritaire de Macron[21] ».

 

Le président du groupe parlementaire « La France insoumise » a appelé à créer les conditions du consentement aux mesures sanitaires en trouvant des alternatives au confinement général. Il a notamment proposé de ré-ouvrir les commerces de proximité et à faire un roulement dans les classes d’école.

Notes :

[1] LOI n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19 

[2] Olivier Véran

[3] Le virus Zika L’émergence d’une menace

[4] L'année du lion

[5] Témoignage de Bruno Canard, virologue au CNRS, lu lors du départ de la manifestation de l’enseignement supérieur et de la recherche - 9 mars 2020

[6] Grève des urgences : « On a fermé 100 000 lits en 20 ans »

[7] Hôpital public : 10 000 personnes ont manifesté à Paris

[8] Covid-19 : on connaît dorénavant le nombre de personnes décédées à domicile en France, au moins 1 800.

[9] 12 079 décès en Ehpad, au 03/11/2020

[10] 2017-2020 : comment la France a continué à détruire son stock de masques après le début de l’épidémie

[11] Olivier Véran: "L'usage des masques est inutile" en dehors des règles d'utilisation définies

[12"Il ne sert à rien de porter des masques dans la rue", a déclaré ce mercredi Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé.

[13] Les stocks stratégiques de médicaments de la France étaient au plus bas au début de l’épidémie de Covid-19

[14] La France compte parmi les pays effectuant le moins de tests de dépistage.

[15] Pourquoi l'Etat a-t-il refusé l'aide de labos vétérinaires pour fabriquer des tests Covid-19 ?

[16] Hydroxychloroquine

[17] Conseil national de l‘Ordre des médecins : Article 8 - Liberté de prescription

[18] Coronavirus - Olivier Véran demande une révision urgente des règles de prescription de l'hydroxychloroquine 

[19] La France interdit l’hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19

[20] Des médecins mosellans sommés de se taire

[21] Macron à la dérive autoritaire

[22] France insoumise enquête sur la gestion du Covid-19 : Mensonges et fiascos

[23] Coronavirus : déjà 63 plaintes contre des membres du gouvernement français pour leur gestion de la crise sanitaire

[24] Ségur de la santé

[25] Ségur de la Santé, la CGT ne signe pas, explications !

[26] Le gouvernement continue de supprimer des lits d’hospitalisation : la carte des hôpitaux concernés

[27] Covid-19. Macron interpellé par des soignants lors de sa visite dans un hôpital à Paris

[28] Marseille-Aix. Bars et restaurants totalement fermés à partir de samedi 26/09/2020 ressenti comme un coup de massue et comme une injustice.

[29] La crise du Covid-19 a déjà coûté 10 milliards d’euros à la Sécurité sociale

[30] Réunion du Conseil pour l’engagement des usagers (CEU)

[31] Note d’Alerte du Conseil scientifique COVID-19 22 septembre 2020

[32] Il y a beaucoup d'incertitudes autour de ces paramètres », rappelle Simon Cauchemez, membre du conseil scientifique

[33] Coronavirus : 18 millions de Français « à risque » resteront confinés après le 11 mai

[34] Coronavirus. Des médecins et des chercheurs appellent à « dissoudre » le Conseil scientifique

[35] Projet de loi prorogeant le régime transitoire institué à la sortie de l’état d’urgence sanitaire

[36] Covid-19. Au Québec, la police peut entrer chez les habitants pour vérifier qu’ils ne reçoivent pas d’invités

[37] Le gouvernement lance un « Grenelle de l'éducation »

[38] J.L. Melenchon : Dette de la Sécu.... un trop beau prétexte pour Macron

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 13:57
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui

De quoi la lutte contre l’« islamo-gauchisme » est le nom ?[1bis]

 

L’accusation d’islamo-gauchisme : un nouveau terrorisme idéologique issu de l’extrême droite relayant celui de Judéo-bolchevisme et porteuse de l'islamo-lepénisme[11]

 

En réponse à l’extrême droite et à l’islamisme, une seule question : qui sommes nous[12] ?

 

Après la déclaration de Darmanin à l'Assemblée nationale du 6 octobre[1], on assiste depuis plusieurs jours à une charge des médias comme appareil idéologique de combat contre La France Insoumise et même le PCF considérant ces organisations comme ayant une sympathie non avouée pour l’islam politique.

Cette charge est une construction politicienne fondée sur des fausses informations ou informations tronquées comme nous allons le voir ci-dessous.

Elle a plusieurs fonctions :

-  affaiblir la gauche populaire remettant en cause le système économique actuel ;

-  faire diversion à la crise économique, sociale et sanitaire ;

- valoriser le PS pour le faire renaître de ses cendres ;

- favoriser l’influence du RN en relayant ses thématiques pour construire un face-à-face entre Macron et Le Pen en 2022 ;

Que des gens manifestent leur réprobation contre l’attaque d’une mosquée occasionnant deux blessés est une démarche naturelle pour tout républicain respectant les droits de l’homme et du citoyen.

La réprobation de ces mêmes gens serait identique s’il c’était agi de l’attaque d’une église, d’une synagogue ou d’un temple bouddhiste.

Sur le fond, pour tout démocrate républicain attaché à la laïcité, il n’y a pas de controverse en la matière : les choses sont simples.

Mais malheureusement, dans un pays où la république est malade et la démocratie moribonde, ce genre de réaction humaniste « naturelle » pose problème.

Nous traversons une période de polycrises (sanitaire, économique, sociale, sécuritaire) durant laquelle la peur devient un instrument de manipulation politique et de gouvernement.

Une telle période nécessite de la rigueur, de la précision, de la raison pour ne pas se trouver asservi par l’émotion et surtout par le flou.

La formation des journalistes ne favorise pas la rigueur et le raisonnement. Il suffit simplement de savoir parler et écrire avec fluidité, de savoir commenter des comportements.

EN DÉFINITIVEcomme l’écrit Shlomo Sand, le terme « islamo-gauchisme » est une « symbiose propagandiste » redoutablement efficace, comme le fut le « judéo-bolchévisme » en son temps. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de faire croire à l’existence d’un complot contre le mode de vie fantasmé de Français essentialisés.

 

Sources : par Shlomo Sand, Hervé Debonrivage, Antoine Léaument, complément de Hervé Kempf mis à jour le 07/07/2021

- « L'islamo-gauchisme », voilà l'ennemi

C’était le message envoyé régulièrement par Manuel Valls en 2016 dans ses différentes prises de parole publiques. Un concept assez flou dans lequel le Premier ministre englobe à la fois Clémentine Autain et Tariq Ramadan[2]. Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv, Shlomo Sand s’interroge sur l’utilisation de cette rhétorique.

 

Dans les années 1930, en France comme dans d’autres pays d’Europe, les communistes et diverses personnalités de la gauche radicale étaient fréquemment qualifiés de « judéo-bolcheviks ». Ainsi, par exemple, mon père qui, avant la Seconde Guerre mondiale, était un communiste polonais, était considéré par les autorités et la presse du pays comme faisant partie de la « Zydokomuna ».

 

Étant donné que plusieurs dirigeants de la Révolution d’Octobre, tout comme nombre de communistes et de défenseurs de l’URSS, dans toute l’Europe, étaient d’origine juive, l’association langagière entre judaïsme et menées subversives était très populaire parmi les judéophobes.

 

 

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