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31 juillet 2025 4 31 /07 /juillet /2025 13:06
Dans deux groupes Facebook, de l’antisémitisme, du racisme… et des députés RN

Élus et cadres du parti d’extrême droite ont laissé pulluler messages nauséabonds et illégaux dans le groupe Facebook « La France avec Jordan Bardella[0] ».

En Janvier 2026, découverte de « Résistance PATRIOTE !!!! », un autre groupe Facebook où se partagent messages haineux, antisémites et islamophobes, et dont font partie six députés du Rassemblement national, parmi lesquels Mélanie Disdier, eurodéputée[9].

Et, en mars 2026, apparait à La Rochelle  compris[13],  que plus de 10 % des listes investies par le RN aux élections municipales accueillent des personnes ayant diffusé des propos antisémites, racistes, complotistes, violents[12]

 

 

Jusqu’à ce que Les Jours mettent leur nez dans le groupe Facebook privé « La France avec Jordan Bardella », ses quelque 11 500 membres étaient invités à chanter les louanges du président du Rassemblement national (RN), à commenter les actualités du parti et, surtout, à la retenue. Jusqu’à la semaine dernière, ce groupe était géré par plusieurs cadres, ex-candidats et collaborateurs parlementaires de la formation lepéniste. Pour l’intégrer, il fallait simplement indiquer si l’on était adhérent du parti d’extrême droite ou non. Une fois à l’intérieur, les règles paraissaient claires : « Il est formellement interdit de harceler les membres du groupe, de discriminer les opposants politiques et journalistes sur leur origine, couleur, religion, orientation
sexuelle, apparence physique. Tout membre se donnant [sic] à de la discrimination sera sanctionné. »

Sauf que la stricte modération annoncée était à géométrie très variable. Si les partisans d’Éric Zemmour s’en voyaient, par exemple, quasi systématiquement exfiltrés lorsqu’ils proposaient l’union des droites, les appels à la haine et à la violence, les propos antisémites, homophobes, islamophobes et racistes étaient, eux, nettement moins régulés. Les Jours ont découvert qu’ils étaient légion sous la plume de ces militants et sympathisants d’extrême droite. Et qu’au milieu de tout cela, neuf députés du RN en étaient membres. Sans jamais réagir. Enfin, jusqu’à ce que nous les contactions dans le cadre de cette enquête et que plusieurs d’entre eux ne quittent « La France avec Jordan Bardella ». Puis qu’à leur tour, les administrateurs du groupe paniquent, allant jusqu’à le renommer en « Pour la France » afin d’effacer tout lien avec le RN. Avant de courageusement s’en carapater, sans demander leur reste ni répondre à nos questions.

Le pôle national de lutte contre la haine en ligne a ouvert une enquête sur des propos postés sur un groupe Facebook, dont faisaient partie des cadres et élus du Rassemblement National, notamment neuf députés[8].

 

 

Sources : Les Jours | mis à jour le 25/06/2026
- Les neuf députés avaient l’obligation légale de signaler les dizaines et dizaines de propos illicites postés sur le groupe.
Aucun ne semble l’avoir fait ! Il y avait pourtant de quoi s’émouvoir bien avant que Les Jours ne s’en mêlent. Sous le post d’un administrateur qui partage, il y a quelques mois, un visuel de Marine Le Pen et Jordan Bardella, on lit par exemple ce type de commentaires[1] : « Il y a que ça pour redresser ma France et virer tous ces sionistes qui vivent sur le cul des Français. »

 

🔴 Le 8 avril dernier, sous une publication relative à un Gabriel Attal critiquant le RN, l’homophobie est débridée.

Un premier réagit : « Attal… c’est comme anal… tout dans le cul… » Un deuxième complète : « Une salope le Attal ». « Comment un homosexuel peut-il dire des propos indignes contre la plus sérieuse des femmes politiques françaises ?, s’interroge un troisième. Marine Le Pen est 10 millions de fois supérieure à cet individu mal dans sa peau. » Le lendemain, sous une vidéo de salariés du « média » d’extrême droite Frontières hués par des collaborateurs de La France insoumise (LFI), un contributeur rédige : « Il nous manque un mec à petite moustache. Tout serait fini très vite. Désolé j’ai oublié son prénom. » La référence à Adolf Hitler est sans équivoque. À l’instar de l’antisémitisme qui transpire de cet autre commentaire, en date du 6 mai, il y a moins d’un mois : « Déjà, les sionistes dehors ! Vous n’avez pas à commander le peuple ! Et toute la merde planétaire que vous avez fait rentrer pour hybrider la France, elle dégage avec vous ! » Aucun des auteurs de ces posts n’a été exclu du groupe, aucun de ces messages n’a été modéré. Et malgré les tentatives précipitées des administrateurs pour effacer leurs traces, tous sont encore visibles à ce jour. 

 

 

 

- Quant aux neuf députés identifiés par Les Jours, ils ont rejoint « La France avec Jordan Bardella » entre septembre 2023 et janvier 2024, avec leur profil Facebook personnel.
Il s’agit, dans l’ordre chronologique, de :

  • Nicolas Dragon (député de l’Aisne),
  • Christian Girard (Alpes-de-Haute-Provence),
  • René Lioret (Côte-d’Or),
  • Caroline Colombier (Charente),
  • Nathalie Da Conceicao Carvalho (Essonne),
  • Pascal Markowsky (Charente-Maritime) – bien connu des lecteurs et lectrices des Jours[2],
  • Pascale Bordes (Gard),
  • Laurence Robert-Dehault (Haute-Marne),
  • et Monique Griseti (Bouches-du-Rhône).

Aucun de ces députés n’a répondu à nos questions, à l’exception de Nicolas Dragon dont la réaction, reçue, après la publication de cette enquête, est à lire ci-dessous. En recevant nos demandes d’entretien, Caroline Colombier, Pascal Markowsky et Pascale Borde se sont enfuis du groupe Facebook.

 

🔴 À l’exception de René Lioret et Pascal Markowsky qui ont « liké » et/ou commenté des posts, aucun n’a interagi sur « La France avec Jordan Bardella ».

Mais tous, s’ils en ont eu connaissance, avaient l’obligation légale de signaler les dizaines et dizaines de propos illicites relevés par Les Jours, au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale[3]. Ce qu’aucun ne semble avoir fait. À noter que trois de ceux-là, Christian Girard, Caroline Colombier et Pascal Markowsky, étaient déjà membres du groupe ouvertement raciste dont Les Jours avaient révélé l’existence, aux côtés de douze autres députés du RN (lire l’épisode 12, « Racisme et appels au meurtre : 15 députés RN dans un groupe Facebook privé nauséabond[4] »). Après nos articles, ce groupe-ci avait fait l’objet de signalement et de plainte en justice (lire l’épisode 16, « RN : une plainte déposée contre onze membres du groupe Facebook privé raciste[5] »).

 

 

- Parmi les dix-huit administrateurs du groupe, on trouve des cadres, des excandidats et des collaborateurs parlementaires du RN
À l’époque où ces élus intègrent « La France avec Jordan Bardella », les posts et commentaires racistes sont si nombreux qu’il paraît difficile de les manquer. Deux de nos neuf députés, Nicolas Dragon et Christian Girard, en sont par exemple membres quand, le 29 septembre 2023, un certain Phi Lippe publie sur le mur du groupe une image barrée du texte suivant : « J’adore les transports en commun, ça me rappelle l’Afrique. Île-de-France bientôt baptisée Île d’Afrique. » Celle-ci recueille 56 réactions positives. Le lendemain, sous un visuel raciste vilipendant « l’invasion de punaises de lit » due à l’immigration, l’internaute Charles G. propose de les renommer « les africanaises de lit ».

 

🔴 Trois jours plus tard, René Lioret, alors conseiller régional de Bourgogne-Franche- Comté, intègre à son tour « La France avec Jordan Bardella », imité dans la foulée par la députée Caroline Colombier.
Quelques jours passent et, le 12 octobre, sous une publication relative à l’islam :

  • un utilisateur écrit : « Le grand remplacement ? ?  L’argent de la CAF pour la guerre ? ?  » ;
  • un autre annonce qu’il « faut anéantir l’islam » ;
  • un dernier se fait menaçant : « Je propose à mes compatriotes d’être vigilants, attentifs et s’entraîner. »

Alors que Nathalie Da Conceicao Carvalho et Pascal Markowsky viennent de rejoindre le groupe, le même Charles G., qui s’excitait contre les punaises de lit, écrit à propos de musulmans en train de prier : « La valise ou le cercueil… au choix. » En décembre 2023, les députées Pascale Bordes et Laurence Robert-Dehault, tout juste membres, ont le loisir de lire ce texte publié sur le mur du groupe par un « contributeur star », c’est-à-dire très actif et mis en valeur : « La France est devenue une fosse à purin où toute la merde des autres cultures est venue polluer la nôtre. »

Aucun de ces messages n’entraînera de réaction de ces élus. Pas plus que des modérateurs.

 

 

 

🔴 Guillaume Bres, le fondateur de « La France avec Jordan Bardella », qui indique sur le réseau social « travailler » pour le parti d’extrême droite, n’en est pas à son coup d’essai.
Cet ancien candidat suppléant du RN aux départementales 2021 en Savoie a l’habitude de ces espaces numériques : il se vante partout d’être le responsable d’un autre groupe Facebook, sobrement intitulé « Jordan Bardella », qui affiche plus de 80 000 membres. Sur ce groupe-ci, la modération, dont la page Facebook officielle du RN est partie prenante, est chirurgicale.

 

À l’inverse, donc, de « La France avec Jordan Bardella », que Guillaume Bres lance pourtant en août 2023 avec tous les atours d’un groupe officiel, puisque ce dernier s’entoure de plusieurs membres du parti pour réguler les ardeurs de ses bientôt 11 500 brebis. Parmi les dix-huit administrateurs du groupe figuraient par exemple :

  • Kylian Couteau et Sandrine Démaret, respectivement collaborateur et collaboratrice parlementaires des députés José Beaurain (Aisne) et Marc de Fleurian (Pas-de-Calais) ;Michel Massy, le responsable communication du RN sur l’île de la Réunion ;
  • Michel Massy, le responsable communication du RN sur l’île de la Réunion ;
  • Rémi Garnier, conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes et élu municipal à Saint-Baldoph, en Savoie ;
  • Gérôme Corblin, ancien candidat aux départementales de 2021 en Savoie ;
  • ou encore Nathalie Germain, cadre du parti en Isère et ex-candidate à la mairie de Bourgoin-Jallieu en 2020 ainsi qu’aux législatives de 2022.

 

🔴 Jusqu’à ce qu’ils quittent tous leurs fonctions d’administrateurs et, pour certains, le groupe, en recevant nos questions, ces modérateurs de renom forment donc une petite armée aussi aveugle qu’inefficace.
Et lorsqu’enfin, ils sévissent contre les membres les plus problématiques, à l’image du « Phi Lippe » précité, dégagé après nombre de messages racistes, ils ne prennent pas la peine d’effacer leurs posts, les laissant à la vue de tous. À l’été 2024, plusieurs des chefs s’agacent cependant du nombre de dérapages. Le couperet tombe : à partir de cette date, seuls les administrateurs seront autorisés à poster sur le mur de « La France avec Jordan Bardella ». Les simples membres, eux, ne peuvent plus qu’y réagir. Mais cette nouvelle règle n’empêchera nullement les propos haineux rédigés en commentaires par ces sympathisants et militants du RN qui n’auront de cesse franchir les limites de la loi, en toute impunité.

 

 

🔴 Le racisme est donc extrêmement présent sur le groupe, confinant parfois aux appels à la violence et au meurtre.
En avril 2024, un membre estime que les attaques au couteau sont « toujours réalisé[es] par la même faune ». Ce même mois, sous un article traitant d’un viol par une personne en situation irrégulière sur le territoire français, l’une propose « une révolution méchante contre ces étrangers », un autre de « le castrer sans anesthésie », quand un troisième écrit « toujours les mêmes sales races qui se croient tout permis ». Un dernier appelle à prendre les armes : « Équipez-vous, ça vous servira dans ces cas-là. » Quelques mois plus tard, sous une publication liant immigration et délinquance, un membre inscrit : « Autorisation de tir à vue. » Les Jours sont également tombés sur le photomontage d’une femme en burqa disant à E.T. l’extraterrestre : « On est pareil », lequel répond : « Non, moi j’ai compris qu’il fallait que je rentre chez moi. » Fin 2023, un militant se présentant sur son profil Facebook comme travaillant pour le RN à Arras partage le détournement raciste d’un album de Tintin intitulé Allocs en stock. Aucun ne sera évincé.

 

🔴 En mars 2024, Rachida Dati est visée par une succession de commentaires racistes sous un post évoquant ses déboires judiciaires.
Francine M. écrit : « Déjà comme ministre de la Culture française, ils auraient pu choisir quelqu’un qui a la même culture que la France. » Pierre H. enchérit : « On peut dire ce que l’on veut, je persiste et signe, c’est dans leurs gènes, il y a rien à faire. » « Leur origine ressort, c’est dans le sang », conclut Louis M. qui, loin d’être sanctionné, obtient même le like d’un des administrateurs.

 

 

🔴 En mai, c’est au tour de l’ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira, d’être ciblée
Elle est sous le feu de remarques nauséabondes : « Taubira s’est décrochée de son arbre pour dire de telles conneries », demande un membre quand, plus tard, l’un d’entre eux partage l’image d’un singe tenant une banane, accompagné d’un mot : « Tobira ».

 

🔴 L’antisémitisme, pourtant grand repoussoir d’un RN un brin tatillon sur son passé, n’est pas plus contrôlé.
Outre les exemples évoqués plus haut, il se révèle particulièrement véhément après l’attaque terroriste du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023.

  • Le 1 décembre, l’administrateur Guillaume Bres publie un article sur Élisabeth Borne. L’ancienne Première ministre, dont le père fut rescapé des camps d’Auschwitz et de Buchenwald, récolte cette insulte : « La sioniste de merde ».
  • Le mois suivant, un autre estime que « la France est dirigée par les juifs sionistes », à l’image de celui qui entendra, plus tard, « virer tous ces sionistes qui vivent sur le cul des Français ».
  • Quelques semaines après, un troisième parle des « riches mondialistes des USA chapeautés par ceux d’Israël ».

À cet instant, neuf députés de la nation en sont membres. Aucun ne réagit. Pas plus que les cadres du RN chargés de la modération.

 

Ces derniers expulseront toutefois une femme qui écrit, à propos des accointances nazies des fondateurs du RN[6] : « Tout le monde sait que les SS du RN étaient des patriotes qui voulaient nous protéger de l’invasion US et russe. » Mais laissent tranquille cet homme qui, sous le même post, rédige : « Ils nous font chier avec leurs histoire de SS qui ont fondé le Front national, bientôt ils vont nous reprocher que Charles Martel a arrêté les Arabes à Poitiers. »

 

 

- Un nom « La France avec Jordan Bardella » peut en cacher un autre.
C’est le cas du groupe Facebook privé intitulé « Résistance Patriote !!!![10] », qui rassemble plus de 23 600 adhérents. Renommé ainsi en février 2025, cet espace numérique s’appelait jusqu’à cette date « CONTRE l’invasion migratoire et L’_I_S_L_A_M ». Sachant cela, peu de doutes quant à l’obédience et aux opinions politiques de ses membres. D’autant moins que pour l’intégrer, il faut se soumettre à cette simple question : « Que pensez-vous de l’islam ? » Pour deviner la tonalité de la réponse attendue, il suffit enfin de jeter un œil à la bannière du groupe sur laquelle est écrit : « J’ai entendu une voix, celle de Charles Martel », accompagnée du logo de Reconquête!, le parti d’Éric Zemmour.

 

🔴 Sur ce groupe privé où se côtoient des partisans du polémiste multicondamné et d’autres, bien plus nombreux, du Rassemblement national (RN), les publications racistes, antisémites, islamophobes ainsi que les appels à la haine et à la violence sont quasi quotidiens depuis sa création en 2017, et s’entremêlent avec des posts en faveur du RN.

Parmi les membres du groupe figurent par exemple trois députés et trois eurodéputés RN :

  • Mr. Philippe Lottiaux - Var (4e circonscription) - député du groupe RN ;
  • Mr. Lionel Tivoli - Alpes-Maritimes (2e circonscription) - député du groupe RN; 
  • Mr. Timothée Houssin, est le député RN de la 5 e circonscription de l' Eure ;
  • Mme. Mélanie Disdier, conseillère municipale de Caudry depuis 2003, conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais de 2004 à 2010 puis des Hauts-de-France de 2015 à 2024. Elle est élue députée européenne RN en 2024 ;
  • Mr. Jean-Paul Garraud, ancien député UMP de la 10e circonscription de la Gironde de 2002 à 2012, tête de liste aux élections municipales à Libourne en 2008 et 2014, et conseiller régional d'Aquitaine de 2010 à 2015, il est élu député européen sur la liste du RN en 2019 et en 2024 ;
  • Mme. Julie Rechagneux, candidate RN à la Mairie de Bordeaux pour 2026, en 2024, elle est élue députée européenne sur la liste du RN.

 ⁇ ️ Le député LFI Thomas Portes a annoncé saisir la justice[11]

 

 

 - Homophobie systématique dès qu’il s’agit de Gabriel Attal, sexisme pour Sandrine Rousseau. Avec Macron et les élus LFI, les appels au meurtre sont fréquents
L’une des cibles préférées du groupe reste le président de la République, Emmanuel Macron, traité à plusieurs reprises « d’enculé », de « pourriture », de « crapule ». Et là encore, la modération paraît variable.

  • En mars 2024, l’auteur d’un commentaire le qualifiant de « crevure qui encule les Français » sera dégagé du groupe, mais pas celui qui écrit qu’il « mérite une balle cette saloperie »…
  • Pas de sanction non plus pour l’internaute qui estime à son sujet que « c’est une merde qu’on doit écraser ».

 

🔴 Les insultes visant Emmanuel Macron ont parfois des relents homophobes.

Au printemps 2024, en réaction à un photomontage du président de la République en tenue militaire accompagné de la mention « Allez gamin, montre que t’en as ! », un contributeur indique : « Il en a plus souvent aux fesses que devant ! ! » Un second : « Il en n’a que quand ses copains de couleur, bien baraqués, les lui prêtent. » Il y a deux mois, une photo du locataire de l’Élysée recueille cette insulte : « Macron petit PD. »

 

🔴 Les attaques ciblant Gabriel Attal, autre bouc émissaire régulier du groupe, sont, elles, systématiquement homophobes.
En plus de celles précitées, on peut lire sous une photo de lui postée le 11 janvier 2024 : « C’est vraiment la cage aux folles. » Le 28 janvier suivant, un photomontage détournant l’affiche du film Tais-toi ! et figurant l’ancien Premier ministre maintenu par Jordan Bardella est publiée : « Mais oui tais-toi Tatal », réagit un membre. « Tenu comme ça, Attal va mouiller son caleçon », grince un deuxième. Certaines responsables politiques, comme la députée éco-féministe Sandrine Rousseau, font l’objet d’un sexisme  décomplexé : « Elle est pas finie… et elle a dû être bercée trop près du mur ! Honte à cette tache », « finie à l’urine », « pauvre femme, les parents ne connaissaient pas la contraception »...

 

 

🔴 Quant aux élus LFI, ils essuient indifféremment insultes et appels au meurtre.

  • En octobre dernier, l’administrateur en chef Guillaume Bres lui-même qualifie Jean-Luc Mélenchon de « merde de gauchiste ».
  • Il y a un mois et demi, sous un visuel expliquant que LFI menace la liberté de la presse, deux internautes se lâchent : « Il faut absolument éradiquer ce parti, et toutes ces racailles islamistes qui le dirigent, » écrit le premier. 
  • Et aucune pitié contre ces larves. « Il faut éradiquer ces merdes »,précise le second.

 Aucun ne sera sanctionné. Pas plus que celui qui, en avril dernier, appelait Adolf Hitler à la rescousse dans les jardins de l’Assemblée nationale. En revanche, lorsqu’un certain Yannick C. a le malheur de poster « RN et Reconquête doivent s’unir », il est excommunié manu militari de « La France avec Jordan Bardella ».

 

🔴 Et aussi...

En octobre 2023, à une membre qui demande pourquoi le RN et le parti de Zemmour ne s’allieraient pas – et qui sera virée pour cette question –, l’une des administratrices explique : « Le créateur de groupe ainsi que la plupart des administrateurs font partie du Rassemblement national. […] Nous sommes très rigoureux sur la tenue du groupe et revendiquer une union de droite n’est pas dans la ligne politique. […] Merci de comprendre que nous respectons scrupuleusement la politique du Rassemblement national. » Un mois plus tard, sous une publication relative à l’immigration, un membre commente en toute impunité : « Quand viendra le moment, on saura se débarrasser des sauvages. » Tandis qu’un autre prévient : « Défendez-vous contre les envahisseurs. » À cet instant, huit députés sur les neuf épinglés en sont déjà membres. Aucun ne réagit à ces propos. Par respect scrupuleux de la politique du RN ?

 

 ⁇ ️ Mise à jour du 3 juin 2025 à 12 h 16.
Si Nicolas Dragon reconnaît avoir été membre du groupe, il assure, au lendemain de la publication de notre enquête, ne pas savoir comment, peut-être « sur proposition de quelqu’un par le biais d’une invitation à rejoindre tel groupe comme [il] en reçoi[t] des dizaines et des dizaines par semaine ». « Je n’étais pas au courant de ce qui se dit ou se partage sur ce groupe, je n’y vais jamais tout simplement, je n’ai pas le temps disponible pour le faire, nous explique le député de l’Aisne, qui est le seul des neuf députés à avoir répondu aux « Jours ». Je vais donc quitter ce groupe, compte tenu de ce que j’ai pu découvrir. Je ne crois pas que des élus ou cadres du Rassemblement national approuvent cela, ou laissent faire, bien au contraire. » Il nous indique enfin avoir signalé les propos au dernier administrateur disponible. Les 18 précédents, qui s’étaient illustrés par leur modération a minima, s’en étant en effet carapaté en recevant nos questions.

 

 ⁇ ️ Mise à jour du 3 juin 2025 à 18 h 42.
À la suite de notre enquête, le député Thomas Portes (La France Insoumise) a saisi Laure Beccuau, la procureure de la République de Paris, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale[7]. Dans ce signalement, consulté par « Les Jours », l’élu dénonce les « propos islamophobes, antisémites, homophobes, racistes, appels à la haine, à la violence, voire au meurtre » publié dans le groupe Facebook « La France avec Jordan Bardella » qui, « en très grande majorité, n’ont fait l’objet d’aucune modération », ajoute-t-il, s’appuyant sur nos révélations avant de lister les neuf députés RN qui en étaient membres. Leur présence dans ce groupe « sans qu’ils n’en dénoncent les dérives, peut être analysée comme une abstention fautive ou une tolérance de fait à l’égard de discours manifestement haineux », estime-il. Thomas Portes enjoint enfin la procureure de la République de Paris de « faire cesser ces agissements, en poursuivre les auteurs, et évaluer les responsabilités encourues, notamment par les représentants élus ayant eu connaissance de ces faits sans les dénoncer ».

 

 

 - En mars 2026, apparait à La Rochelle  compris,  que plus de 10 % des listes investies par le RN aux élections municipales accueillent des personnes ayant diffusé des propos antisémites, racistes, complotistes, violents[12]

Malgré ses prétendus contrôles, le parti dirigé par Marine Le Pen et Jordan Bardella voit à nouveau son image écornée par des posts problématiques sur le réseau social Facebook à l’occasion des élections municipales. En effet, le compte public de Guy Perrenot, 40e sur la liste Rassemblement La Rochelle, contient plusieurs contenus qui apparaissent, soit raciste, soit homophobe, soit islamophobe, soit sexiste, soit antivax[13].

 

Notes :

[0« Les arabes dehors », « la France est dirigée par les juifs sionistes »… Neuf députés RN identifiés dans un groupe Facebook raciste, antisémite et homophobe

[1] Dans un groupe Facebook, de l’antisémitisme, du racisme… et neuf députés RN

[2Patron de PME et député RN de Charente-Maritime : dans la série « RN, la dernière marche »

[3] article 40 du Code de procédure pénale

[4Racisme et appels au meurtre : 15 députés RN dans un groupe Facebook privé nauséabond

[5] RN : une plainte déposée contre onze membres du groupe Facebook privé raciste

[6Les anciens SS ont reconstruit l'extrême droite française après 1945

[7Le député LFI Thomas Portes saisit la justice après une enquête du média Les Jours sur des députés RN soupçonnés d'être sur un groupe Facebook raciste 

[8] Le pôle national de lutte contre la haine en ligne a ouvert une enquête sur des propos postés sur un groupe Facebook, dont faisaient partie des cadres et élus du Rassemblement National, notamment neuf députés

[9Six députés et eurodéputés RN dans un nouveau groupe Facebook raciste et antisémite

[10] Six députés et eurodéputés RN dans un nouveau groupe Facebook raciste et antisémite

[11Le député LFI Thomas Portes a annoncé saisir la justice

[12Plus de 10 % des listes investies par le RN aux élections municipales 2026 accueillent des personnes ayant diffusé des propos antisémites, racistes, complotistes, violents…

[13] Municipales 2026 à La Rochelle : homophobes, racistes, antivax… Les publications gênantes d’un candidat RN

 

Pour en savoir plus :

Sur Facebook, les cadres du RN frayent toujours avec le racisme et l’antisémitisme

Janvier 2026 : Un ancien élu FN soupçonné d’avoir déposé des os de porcs devant une mosquée en Isère

- Municipales 2026 : quel parti est le plus concerné par l’antisémitisme ?

Publications racistes et homophobes sur Facebook : Franck Bernard, élu du Rassemblement national (RN) de l’agglomération de Besançon démissionne

« Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ! » – Cet appel de militants RN au meurtre raciste ignoré par les médias

- Fondateur de deux groupuscules néonazis en Suisse, Manuel Corchia est aussi prestataire pour une structure directement liée… au RN.

 

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3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 20:13
Des primaires à " gôche " pour les présidentielles 2027 : un coup de com et grosse ficelle !

Ces gens font tout cela dans l’unique but de contourner LFI et les engagements programmatiques que cela implique, car l'union ne peut exister qu’autour et à partir d’un programme de rupture avec le néolibéralisme tout simplement parce que c’est ce qu’attend le peuple français.

 

 

L’unité à « géométrie variable » de Faure et Tondelier selon les caprices et les plans de carrière n’en est pas une. C’est juste une nouvelle fois un « coup de com » comme l’a dit Jadot. Et une opportunité pour exister dans la cour des grands pour diverses personnes très égotiques.

 

 

Sources : Jean-Luc Mélenchon | mis à jour le 07/07/2025
- La primaire de la « gôche » a déjà un contre modèle.

À New York, le mistigri des primaires de division s’est étalé au grand jour. Un cas d’école. À peine élu candidat commun dans une primaire démocrate[0][0bis], Zohran Mamdani le démocrate est déjà repeint en « ultra-gauche, antisémite, wokiste »… et tutti quanti par ses propres « camarades » démocrates. Il a donc le malheur de voir son concurrent battu, Andrew Cuomo, décider de se présenter quand même à l’élection[0]. Comme l’avaient fait en France :

  • Valls après son échec devant Benoît Hamon,
  • et aussi De Rugy et compagnie aux primaires présidentielles françaises de la gôche en 2016.

Les « unionistes », « unitaires » et autres émouvants clubs mondains de la gôche nous convoquaient en espérant notre absence.

 

🔴 Grosse ficelle bien identifiée par les observateurs.

Du coup cela n’intéresse personne. Ni les millions d’électeurs insoumis pris pour des nigauds par cette gôche, ni ceux qui adhèrent à la ligne Glucksmann que cette équipée rêve de lui subtiliser.

Tout le monde semble se moquer de cet épisode :

  • Ainsi l’appel de Lucie Castets la veille de cet événement provoque 23 retweets. Cette primaire est une manœuvre dont Jadot a reconnu l’avoir tenté en son temps à la présidentielle de 2017 « pour faire porter le mistigri de la division à LFI » a-t-il  reconnu « Mais ça n’a pas marché » a-t-il rappelé.
  • Maintenant il craint plutôt que cela ne crée une illusion dangereuse : ce serait l’idée que LFI puisse faire partie de cette coalition.
  • Et même pire ; que LFI puisse gagner la primaire et avoir le candidat commun à son issue. Supposons que ce soit le cas.

 

🔴 Quelqu’un peut-il croire que Jadot, Meyer Rossignol, Carole Delga, Jerôme Guedj et toute la droite du PS et des Verts se rangeraient derrière la candidature LFI ?

Bien sûr que non. Aussitôt tous ces gens s’enfuiraient avec mille mauvaises paroles et la campagne serait immédiatement ruinée pour la malheureuse candidature commune. Ces gens font tout cela dans l’unique but de contourner LFI et les engagements programmatiques que cela implique. Leur dénominateur commun : « pas de LFI ».

 

La preuve avec la nomination de Lucie Castets. À peine étions-nous vainqueurs de la législative de 2024, Olivier Faure klaxonnait : « pas Mélenchon ». Pourquoi ?

  • Pas d’explication de l’homme qui avait pourtant annoncé : « le premier ministre viendra du groupe le plus nombreux à l’Assemblée ».
  • Et quand LFI proposa quatre autres noms, ce fut…. le refus d’en parler. Le PS nous saoula et bloqua la discussion cinq jours avec la candidature de Faure présentée et défendue par Faure, puis Tondelier après son refus d’Huguette Bello sortit du chapeau celui de Cécile Duflot.
  • La proposition de Lucie Castets fut arrachée en dernière minute sur une liste proposée par Olivier Faure. Personne ne la connaissait ni ne l’avait rencontré avant cela dans le groupe qui devait décider. Il s’agissait de débloquer la situation avant que Macron ne parle au 20h pour lui couper la possibilité de nous rendre responsable de l’enlisement politique.

Les LFI serrèrent les dents et jouèrent le jeu. On voit ce que cela a donné.

 

Même sketch sectaire au moment de proposer un nom de candidat pour la présidence de l’assemblée nationale. Et ainsi de suite.

  • De nouveau aujourd’hui c’est : n’importe qui tout sauf LFI.
  • Ainsi Tondelier a commencé immédiatement avec son rejet public de ma candidature (que je ne propose pas) « la pire au second tour » répète-t-elle[1], forte de son immense expérience des campagnes présidentielles et de ses scores à 5 %. La presse Bolloré et consort s’est empressée de diffuser. 

 

🔴 Certes cette « unitaire » a réussi à faire oublier son refus de la liste commune aux européennes.

C’était notre décision de le laisser croire. La « hype » médiatique dont elle a disposé ensuite fit nos affaires : une amnistie générale donnant au NFP un air soudé.

  • Mais à présent, ce n’est plus le cas. Elle et ses chers amis du PS devront d’abord revoir leur copie. Ils avaient beaucoup brodé sur un thème commun « aux municipales, pas de LFI ni au premier ni au deuxième tour ». C’était le refrain d’Emmanuel Grégoire, l’actuel candidat du PS aux municipales à Paris.
  • À présent, les gesticulations de l’arrogance butte sur la réalité : à ce prix-là, comment comptent-ils voir une mairie de gauche ? La question est posée à Paris (17 % LFI sondage) , à Lyon (15 % LFI), à Marseille (20 % LFI), et ainsi de suite ? Oui comment ?

Mettez les patins avant d’entrer dans la salle d’attente, chers amis ! 

 

 

- L’unité à « géométrie variable » de Faure et Tondelier selon les caprices et les plans de carrière n’en est pas une.

C’est juste une nouvelle fois un « coup de com » comme l’a dit Jadot. Et une opportunité pour exister dans la cour des grands pour diverses personnes très égotiques. Le huis clos entre eux va être passionnant.

  • Surtout quand la solennelle « discussion sur le programme » commence par effacer les deux programmes que PS et Verts avaient signé avec  LFI. Tout le monde connaît la suite.
  • Le programme de cette équipe, s’il y en a un et si la primaire a lieu, sera une copie diminuée de « l’Avenir en commun » comme à chaque fois.

 

Pour le reste, la liste des pré-candidats à cette primaire fait autant envie que la guerre des « TO » au congrès du PS. Le décor n’est même pas planté encore, mais nous avons déjà foule pour y jouer un rôle. Trois candidatures EELV, l’officielle plus Rousseau et Piolle, à quoi il faut ajouter Olivier Faure, Jérôme Guedj, Autain, Ruffin et Ségolène Royal (la seule qui sache de quoi il s’agit).

 

C’est un secret de polichinelle que la droite de la gôche finira en rangs serrés derrière Glucksmann[3] si un seul de ces noms l’emporte. Que restera-t-il alors de ce cortège ? Ce qu’il en resta dans le passé après les deux « bing bang de la gauche » déjà organisés par Clémentine Autain dans le passé, des assises des comités antilibéraux et de son candidat José Bové en 2007, de la primaire populaire et de sa candidature Taubira. La vie est ailleurs.

 

Des primaires à " gôche " pour les présidentielles 2027 : un coup de com et grosse ficelle !
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21 juin 2025 6 21 /06 /juin /2025 12:53
Ugo Palheta sociologue, maître de conférences à l’université de Lille et chercheur au Cresppa-CSU.

Ugo Palheta sociologue, maître de conférences à l’université de Lille et chercheur au Cresppa-CSU.

Sociologue spécialiste des extrêmes droites, Ugo Palheta analyse dans son dernier ouvrage l’accélération du processus de « fascisation » en France. Comment le fascisme gagne la France est une version largement remaniée et augmentée d’un premier opus, la Possibilité du fascisme, paru en 2018. Ugo Palheta y note une progression des thèses racistes et xénophobes, tout en réfutant l’inéluctabilité d’une victoire prochaine du Rassemblement national[0]. À condition de « renouer avec l’antifascisme ». Il appelle à un sursaut et à un débat stratégique au sein de la gauche.

 

 

Sources : l'Humanité |
- Diego Chauvet : Qu’est-ce qui a changé depuis « la Possibilité du fascisme » paru en 2018 pour justifier cette nouvelle édition ?
Ugo Palheta : Le changement tient surtout à l’amplification de dynamiques que j’avais identifiées à l’époque, et pour commencer la progression électorale du Rassemblement national (RN). En 2018, on croyait encore que le RN avait atteint un plafond de verre. Après le débat raté de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron en 2017 et les mauvais scores du parti aux législatives qui avaient suivi, beaucoup pensaient que l’extrême droite était durablement affaiblie. En réalité, elle a depuis poursuivi une dynamique de renforcement. Aujourd’hui, elle constitue le seul bloc en expansion dans un paysage politique tripolaire, aux côtés du pôle néolibéral-autoritaire (Macronie-LR) et du pôle de gauche. Autre amplification majeure : le durcissement autoritaire de l’État.

 

Cela avait commencé sous Nicolas Sarkozy et François Hollande, mais cela a pris une ampleur inédite avec Emmanuel Macron :

  • répression brutale des mobilisations (gilets jaunes, quartiers populaires, Sainte-Soline…)[1]
  • surarmement de la police ;
  • interdictions croissantes de manifester[2] ;
  • marginalisation du Parlement…
  • Ce basculement s’accompagne de la banalisation et de la radicalisation du racisme d’en haut[3].

Non seulement les politiques anti-immigrés ont été considérablement durcies par les droites au pouvoir, mais les partis et médias dominants n’ont cessé de construire l’islam et les musulmans comme ennemi de l’intérieur[4]. Les deux meurtres récents visant explicitement des musulmans nous rappellent une fois de plus que ce racisme tue.

 

 

- Diego Chauvet : Pourquoi le discours sécuritaire et xénophobe de la droite et du centre ne siphonne-t-il pas l’électorat de l’extrême droite  ?
Ugo Palheta : En fait, ces stratégies ne neutralisent pas l’extrême droite. Au contraire, elles banalisent ses idées et les rendent hégémoniques. Prenons 2007 : Nicolas Sarkozy a capté une partie de l’électorat du Front national, mais ça n’a été que provisoire. En reprenant les thèmes de l’extrême droite, les partis traditionnels déplacent le centre du débat public vers ses obsessions[5] : immigration, islam, insécurité. Être hégémonique pour une force politique, c’est, notamment, parvenir à imposer les termes du débat, donc que les autres forces débattent ou légifèrent à partir de ce qui fait « problème » pour vous. Ainsi, quand la droite ou le centre gauche reprennent les obsessions de l’extrême droite, ils contribuent à bâtir les conditions de son hégémonie. À court terme, ils peuvent grappiller des points aux élections mais, à moyen et long terme, c’est l’extrême droite qui rafle la mise.

 

 

- Diego Chauvet : Vous notez également une part de responsabilité de la gauche. Quelle est-elle ?
Ugo Palheta : Le premier problème, c’est que la gauche dite de gouvernement a elle-même mené des politiques destructrices socialement :

  • austérité sous François Mitterrand (la « rigueur »)[6] ;
  • privatisations massives sous Lionel Jospin[7]
  • politique de l’offre sous François Hollande[8].

Ces choix ont généré précarité, insécurité sociale, concurrence généralisée. Mais, si cette insécurité sociale a pu favoriser l’extrême droite, c’est que les politiques néolibérales, de droite comme de gauche, se sont accompagnées de discours et de politiques anti-immigrés et plus tard islamophobes. Si bien que les incertitudes et les peurs croissantes (de la précarité, du déclassement, etc.) ont été politisées selon un schéma xénophobe et raciste, orientées vers des boucs émissaires fournis notamment par toute l’histoire coloniale de ce pays : immigrés, musulmans, quartiers populaires.

 

🔴 La gauche n’a pas troqué les immigrés contre la classe ouvrière.

Elle a durci son discours et ses politiques d’immigration au moment même où elle abandonnait les travailleurs. Mais il y a eu aussi des reculs idéologiques : outre l’acceptation de l’idée qu’il y aurait « trop d’immigrés », tout le discours historique de gauche autour de l’exploitation et de la lutte des classes a disparu dans ces années au profit d’une rhétorique vaguement « citoyenniste » ou contre l’exclusion, qui ne désignait plus aucun ennemi et épargnait ainsi la bourgeoisie. Or ce vide a été comblé par les récits identitaires de l’extrême droite : la nation menacée, l’islam contre la République, l’étranger comme ennemi intérieur.

 

 

- Diego Chauvet : Vous évoquez un basculement de l’État social vers un État pénal. En quoi cela relève-t-il d’une fascisation plutôt que d’un simple durcissement sécuritaire ?
Ugo Palheta : On parle souvent de « dérive », mais cela atténue la portée du phénomène. Mon hypothèse, c’est que ce qui se cherche ou se prépare n’est pas juste un État capitaliste démocratique un peu plus répressif, mais un État d’exception :

  • suspension de l’État de droit[9] ; 
  • dissolution d’organisations[10],
  • écrasement de toute contestation, etc...

En outre, certains groupes – Roms, migrants, musulmans – subissent d’ores et déjà un traitement d’exception. Ce qui commence à la marge finit par s’appliquer à tous, sous la forme d’un État policier[12].

 

🔴 Cette évolution repose aussi sur une alliance renforcée entre autoritarisme et pouvoir économique.

Des secteurs entiers du capital – industries fossiles, sécurité, armement, Big Tech, agrobusiness – parient désormais sur des stratégies autoritaires. Bien sûr, ce durcissement a pour objectif d’imposer la refonte néolibérale des rapports sociaux et de relancer l’accumulation du capital, mais il a aussi des visées banalement électorales : si, dès 2017, Macron a opéré un virage autoritaire et raciste[11], c’était pour capter l’électorat de droite, élargir sa base sociale et ainsi se maintenir au pouvoir en 2022. 

 

 

- Diego Chauvet : Cette fascisation ne résulte-t-elle pas d’une stratégie réussie de la part du RN ?
Ugo Palheta : Le RN a mené une stratégie bien pensée de respectabilisation (dite « dédiabolisation »), mais certaines conditions ont favorisé leur succès.

  • D’abord, cette stratégie n’aurait jamais fonctionné à ce point sans un haut niveau de complicité politique et médiatique, acceptant l’idée même que le RN d’aujourd’hui n’aurait plus rien à voir avec le FN d’autrefois.
  • En outre, le RN prospère sur un terreau d’instabilité et d’incertitudes produit par des politiques néolibérales, face à une gauche impuissante ou carrément complice là encore.

Dans ce contexte, un électorat s’est structuré à partir des années 1980, composé pour l’essentiel de gens qui n’ont jamais été politisés à gauche et qui sont imprégnés profondément par des rhétoriques de droite et d’extrême droite (mêlant refus du prétendu « assistanat » et refus de l’immigration).

 

Pour revenir au FN-RN, Marine Le Pen a cherché à se démarquer des déclarations antisémites et négationnistes de son père (qu’elle avait toujours acceptées jusque-là), tout en conservant l’essentiel de son idéologie. Elle a aussi habilement ajouté plusieurs notes à sa gamme ethno-nationaliste, par exemple en instrumentalisant la cause des femmes à des fins racistes (les immigrés et les musulmans seraient responsables de la persistance du patriarcat et des violences de genre) ou encore la lutte contre l’antisémitisme, prétendant que les ennemis des juifs seraient aujourd’hui les musulmans et la gauche.

 

 

- Diego Chauvet : Faut-il considérer la progression de l’extrême droite comme inéluctable ? Peut-on encore infléchir cette dynamique ?
Ugo Palheta : Le récit de l’inéluctabilité est lui-même un facteur de défaite. En juillet 2024, l’ensemble des sondages donnaient le RN largement gagnant[13]. Pourtant, ce n’est pas ce qui s’est passé. Certes, il a progressé, mais c’est la gauche qui a obtenu une majorité relative grâce notamment à une forte mobilisation militante[14]. Cela montre que la mécanique peut être brisée. « Ceux qui luttent peuvent perdre, mais ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu », écrivait Brecht.

 

Un certain volontarisme est nécessaire, même si l’action en elle-même ne suffit pas : nous avons aussi besoin d’un débat stratégique sérieux pour savoir comment employer nos forces, quelles alliances sont nécessaires pour vaincre et changer la société. Ce livre ne propose donc pas un constat désespéré ou une énième lamentation. Il vise à réveiller les consciences, mais surtout à comprendre comment nous en sommes arrivés là et, à partir de là, à définir une stratégie.

 

 

- Diego Chauvet : Justement, quel est cet antifascisme avec lequel vous appelez à renouer ?
Ugo Palheta : D’abord, cela suppose de refuser la normalisation du RN, sa banalisation. Employer le terme de fascisme, c’est rompre avec un récit anesthésiant et nommer clairement le danger. On le voit avec Netanyahou, Poutine ou Trump, l’extrême droite, ce ne sont pas que des discours, ce sont des actes : massacres (jusqu’au génocide à Gaza), arrestations et expulsions arbitraires, assassinats ciblés, etc.

 

🔴 Renouer avec l’antifascisme, c’est donc d’abord défendre notre camp social, qui inclut l’antiracisme, le féminisme, l’écologie sociale, toutes les luttes contre les dominations.

Cette autodéfense est concrète : face aux agressions d’extrême droite, mais aussi pour protéger les droits fondamentaux des plus vulnérables. Mais l’antifascisme ne peut se limiter à la défense. Il doit redevenir un moteur politique, un point de ralliement. L’été dernier, un front commun a brièvement émergé à partir du ciment que constitue l’antifascisme et il faut prolonger cette dynamique : parce que l’extrême droite s’en prend à tout le monde, il nous faut l’unité des mouvements d’émancipation contre elle.

 

🔴 Le problème, c’est que cela est resté cantonné aux élections.

Le Nouveau Front populaire n’a pas donné lieu à des campagnes de terrain durables, faute de volonté commune et de travail collectif. Or la gauche est forte quand elle fait vivre les luttes, toutes les luttes : dans les quartiers, les villages, les universités et bien sûr les lieux de travail.

 

🔴 Il faut enfin livrer une bataille culturelle.

Pas seulement démonter les mensonges du RN, mais convaincre qu’une politique alternative est possible.

  • Beaucoup partagent nos idées mais n’y croient plus.
  • Il faut restaurer cette confiance, mais aussi articuler les propositions d’urgence à un horizon positif.
  • Ne pas se contenter de dire non aux politiques néolibérales ou répressives, mais formuler le projet d’une société libérée de l’exploitation, du racisme, du patriarcat.

C’est ce que le mouvement ouvrier a longtemps su faire : relier les luttes immédiates à un projet global de transformation.

 

 

🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴

 

 

Comment le fascisme gagne la France De Macron à Le Pen

 

Informations sur l’auteur :

Ugo Palheta, sociologue, maître de conférences à l'université de Lille, est l'auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels Défaire le racisme, affronter le fascisme (avec Omar Slaouti, La Dispute, 2022) ou La Nouvelle Internationale fasciste (Textuel, 2022). Il est également codirecteur de la revue en ligne Contretemps et anime un podcast sur les extrêmes droites intitulé " Minuit dans le siècle ".

 

- Par : Ugo Palheta

Éditions : La découverte

Collection :  Cahiers libres

Parution : 15 Mai 2025

Nombre de pages : 380

Disponibilité : chez l'éditeur La découverte

Format : 140 mm x 205 mm

ISBN : 9782348088209

ISBN numérique : 9782348088384

Prix numérique TTC : 14,99€

Prix papier TTC : 20,90€

 

 

Notes :

[0] François-Xavier Demoures : « Il faut arrêter cette spirale qui nous fait croire que Marine Le Pen a déjà gagné » 

[1] Violences d'État : à Sainte-Soline, la fuite en avant

[2Au prétexte de la participation de collectifs pro-palestiniens, une « marche nocturne féministe radicale » interdite par le préfet de police

[3] « C’est rempli de Mamadou », « La cage aux folles », « Les cocottes » : la gauche vent debout contre des propos racistes, sexistes et homophobes attribués à Emmanuel Macron

[4] Rapport sur la « menace » des Frères musulmans : le document déclassifié qui agite les passions 

[5] Grand remplacement, identité, sécurité, islam... : les thèmes de l'extrême droite sont partout  

[6Le « tournant de la rigueur » de 1983 : un moment décisif, vraiment ?

[7Le gouvernement Jospin est celui qui a le plus privatisé que la droite

[8Chez Hollande, la politique de l’offre est une constante

[9] Une remise en cause de l'etat de droit désormais assumée

[10C'est au tour d'Urgence Palestine et de La Jeune Garde d'être menacées de dissolution, mais..... Le Conseil d'Etat annule la dissolution des Soulèvements de la Terre

[11Dérive autoritaire et violences policières : la presse étrangère interloquée 

[12Le ministre de l'Intérieur lance une chasse aux migrants dans les gares avec 4 000 policiers et gendarmes

|13SONDAGE EXCLUSIF - Législatives 2024 : le RN plus fort que jamais, la gauche stagne, le camp Macron recule

[14Avec 182 députés élus ou réélus au second tour, dimanche 7 juillet 2024, le Nouveau Front populaire est sorti victorieux des élections législatives devant le camp présidentiel et le Rassemblement national.

 

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14 juin 2025 6 14 /06 /juin /2025 17:45
Face à l'extrême droite, la gauche de rupture se fédère en Europe...
Face à l'extrême droite, la gauche de rupture se fédère en Europe...
Face à l'extrême droite, la gauche de rupture se fédère en Europe...

Ce Congrès a marqué une étape essentielle dans la construction d’une gauche de rupture féministe, écologiste, ancrée dans les luttes sociales aux côtés des syndicats et de la société civile, déterminée à faire face à l’extrême droite et à ses discours de haine

 

 

L'Alliance de la gauche européenne a été fondée le 29 août 2024[1] pour fédérer les forces écologistes et féministes de gauche afin d'agir concrètement contre le capitalisme, de résister à l'extrême droite sur le terrain et de se mobiliser pour remporter de nouvelles victoires et former des gouvernements à travers l'Europe.
L'Alliance a tenu son premier congrès au Palais des congrès d'Alfandega à Porto (Portugal) les 13 et 14 juin
[0]. Les dirigeants et délégués de tous les partis membres se sont réunis pour adopter des décisions et des orientations pour le travail de l'Alliance de la gauche européenne et partager leur vision commune pour renforcer la gauche en Europe. Les alliés politiques d'Europe et d'ailleurs, ainsi que les syndicats, la société civile et les militants, sont invités à rencontrer l'Alliance de la gauche européenne et à rejoindre nos idées et nos forces pour un avenir meilleur.

 

 

Sources : Eric Durand | mis à jour le 25/03/2026

- Histoire de cette force politique
L'Alliance de la gauche européenne pour les peuples et la planète a été fondée par 7 partis européens : L'Alliance rouge-verte du Danemark, le Bloc de gauche du Portugal, La France Insoumise (LFI) de France, le Parti de gauche de Suède, l'Alliance de gauche de Finlande, La Gauche ensemble de Pologne et Podemos d'Espagne. 

 

🔴 Origines
Mis à part La Gauche ensemble, ces partis fondateurs sont tous membre du mouvement Maintenant le peuple (MLP) lancé en 2018[2]. L'Alliance rouge-verte, LFI, le Bloc de gauche et l'Alliance de gauche étaient d'autre part membres du Parti de la gauche européenne (PGE[3]) jusqu'à la fondation de l'Alliance[4].
 

Les raisons de sa création se trouvent derrière les divergences au sein du PGE sur la question de la guerre en Ukraine et les tensions issues de la surreprésentation des partis communistes dans les organes décisionnaire du parti.

 

En amont des élections européennes de juin 2024, ces tensions se sont exacerbées. Le 16 février 2024, en marge de la conférence de MLP à Copenhague, la majorité des membres du mouvement se sont accordé pour quitter le PGE et créer un nouveau parti européen après les élections " Maintenant le peuple "[2].

 

🔴 Fondation
Le 29 aout 2024, l'Alliance de la gauche européenne pour les peuples et la planète demande son admission en tant que parti politique européen auprès de l’Autorité pour les partis politiques européens et les fondations politiques européennes. Le 27 septembre 2024, l'Alliance est officiellement admise en tant que parti politique européen.

 

Forte de 18 députés européens à la suite des élections européennes, l'Alliance de la gauche européenne est le principal parti politique du Groupe de la gauche au parlement européen (GUE/NGL[4]), devant le Parti de la gauche européenne et ses 16 députés. Malgré ses divergences avec le PGE[5], l'Alliance n'a pas l'intention de quitter leur groupe parlementaire commun. 

 

 

- Le Congrès fondateur de la " european left alliance " s'est tenu à Porto les 13 et 14 juin 2025[0].
Des partis politiques de gauche, écologistes et féministes de toute l’Europe unissent leurs forces, pour les peuples et la planète !

  • Lors du congrès, les 7 membres fondateurs sont rejoint par deux nouveaux membres associés, le parti basque " Euskal Herria Bildu[6] " et le " Parti socialiste de gauche[7] " norvégien.
  • Sont également présent d'autres partis de gauche européens, comme " Die Linke[8], " Sinistra Italiana[9] ", " Dei Lenk[10] ", " Mozemo[11] ", " Budoucnost[12] " et " Demos[13] ", qui auraient été approchés pour rejoindre l'Alliance. Celle-ci nourrit en effet l'ambition de s'élargir, notamment en accueillant de nouveaux partis d'Europe centrale et de l'est.
  • Le 11 décembre 2025 " Sinistra Italiana[14] " rejoint l’European Left Alliance ! En moins d’un an, l’ELA rassemble déjà les forces de gauche de toute l’Europe pour construire une gauche de rupture et déterminée à faire reculer l’extrême droite et le néolibéralisme.

 

🔴 L'Alliance de la gauche européenne annonce aussi lors du congrès :

  • la création d'une fondation européenne tournée vers la réflexion intellectuelle et programmatique ;
  • le lancement d’une grande initiative citoyenne collective européenne contre le génocide à Gaza, visant à suspendre l'accord d'association entre l'UE et Israël,  qui marquera la première action d’une stratégie globale d’ELA : être résolument tourné vers l’action.

 

🔴 Ces partis politiques de gauche se rassemblent pour :

  • Agir pour stopper le génocide du peuple palestinien à Gaza ;
  • Taxer les riches et financer l’avenir ;
  • Combattre les autocrates et les impérialistes ;
  • Construire un front féministe et antiraciste européen contre l’extrême droite ;
  • Mettre en œuvre une transition écologique fondée sur la justice sociale ;
  • Unifier la gauche européenne, de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud

European left alliance ', est un outil politique pour changer les sociétés, résister aux fascistes et aux capitalistes, construire la révolution citoyenne et raviver l’espoir d’un avenir meilleur !

 

 

- Discours d’ouverture de Manon Aubry le 13 juin 2025
Très fière d’ouvrir le 1er congrès fondateur de l’Alliance de Gauche Européenne !
Depuis notre coalition " Maintenant le Peuple ", nous avons maintenant construit notre parti européen.
Avec un objectif : battre l’extrême-droite et les libéraux qui détruisent nos vies !

 

 

 

Notes :

[0Premier congrès de l'Alliance de la gauche européenne : Pour une gauche plus forte face à l'extrême droite

[1L'Alliance de la gauche européenne pour les peuples et la planète a été fondée par 7 partis européens le 29 août 2024 

[2Maintenant le peuple ! Alliance européenne de partis rouges verts au sein du PGE

[3] Parti de la gauche européenne

[4Groupe de la gauche au parlement européen (GUE/NGL)

[5] Parti de la gauche européenne

[6] Euskal Herria Bildu, en français : « Réunir le Pays basque »

[7Parti socialiste de gauche norvégien

[8] Die Linke, en français « La Gauche », est un parti politique allemand

[9] Sinistra Italiana - Sinistra Ecologia Libertà, abrégé en (SI-SEL) est un parti politique fondé le 19 février 2017 à Rimini

[10La Gauche (en luxembourgeois : Déi Lénk) est un mouvement politique luxembourgeois de gauche à gauche radicale fondé en 1999 par des dissidents du Parti communiste luxembourgeois (KPL) et d'autres personnes des courants politiques, syndicaux et associatifs de gauche

[11Nous pouvons! (croate : Možemo!) est un parti politique croate de gauche et écologiste. Il a été formé le 10 février 2019[1] par des mouvements locaux afin de se présenter aux élections législatives nationales et aux élections européennes

[12Budoucnost (lit. « Futur ») est un mouvement politique de gauche fondé en République tchèque en mai 2020

[13Le Parti Démocratie et Solidarité (roumain : Partidul Democrației și Solidarității), également connu sous son abréviation et son nom court Demos

[14La Gauche italienne est un parti politique fondé le 19 février 2017 à Rimini.

 

Pour en savoir plus :

Manon Aubry : « La mobilisation en Europe continuera jusqu’à ce que cesse le martyre des Palestiniens »

- Organiser la gauche de rupture : La France Insoumise et le cycle des luttes en France

Excellents résultats pour nos alliés d’Enhedslisten aux législatives danoises du 25 mars 2026 : Ils progressent dans tout le pays, et deviennent, pour la première fois, le premier parti à Copenhague lors d’une élection législative.

 

Face à l'extrême droite, la gauche de rupture se fédère en Europe...
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10 juin 2025 2 10 /06 /juin /2025 21:00
Congrès du PS 2025 : la victoire en trompe-l'œil d’Olivier Faure

Patrick Kanner, sénateur socialiste " Le Parti Socialiste est rentré dans une logique groupusculaire dans un climat crépusculaire[obis] "

 

 

Le premier secrétaire sortant a été réélu avec 50,9 % des suffrages exprimés, dans un congrès qui n’a bénéficié d’aucune réelle dynamique. Faible participation, effectifs en recul, clivages surjoués : le Parti socialiste n’est pas sorti de sa convalescence.

 

 

Sources : Mathieu Dejean | mis à jour le 18/06/202

- C’est une victoire au goût amer, mais une victoire quand même.

Olivier Faure est arrivé en tête du vote des adhérent·es du Parti socialiste (PS), jeudi 5 juin, avec 50,9 % des suffrages exprimés. Il devance de peu son adversaire Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen (Seine-Maritime), qui a engrangé 49,1 %. Les résultats doivent être ratifiés entre les 13 et 15 juin à Nancy (Meurthe-et-Moselle), où se terminera le congrès.

 

« Dès demain, nous poursuivrons le travail commencé en 2018 pour amplifier la dynamique, avec un Parti socialiste ancré au cœur de la gauche », a déclaré Olivier Faure sur X[0]. Pour ses partisan·es, sa reconduction au poste de premier secrétaire est un soulagement d’autant plus grand que sa défaite aurait mis un terme à la tentative – déjà fragile – de construction d’une candidature commune de la gauche et des écologistes pour la présidentielle de 2027.

 

Jusqu’au bout, Olivier Faure s’est posé en passerelle de l’union de la gauche, en s’affichant notamment aux côtés de François Ruffin[1] à Amiens (Somme) – qui s’est dit favorable à une primaire –, rappelant par là même que le scrutin interne du PS dépassait cette année ses frontières. « On a assumé une forme d’honnêteté auprès des militants. On souhaite une candidature commune et on ne fera pas un préalable du fait que ce soit une candidature socialiste », explique Johanna Rolland, maire de Nantes (Loire- Atlantique) et numéro deux du PS.

 

Mais le 81 congrès du PS a surtout mis en lumière la grande faiblesse d’un ancien parti de gouvernement, toujours partagé entre la nostalgie de sa « splendeur » passée et l’acceptation de sa relégation au rang d’une organisation modeste, affaiblie par ses résultats aux dernières élections présidentielles – 6,3 % en 2017 ; 1,7 % en 2022. Et qui ne peut plus prétendre à jouer les premiers rôles.

 

 

- Une victoire limitée
Le résultat du vote sur les textes d’orientation (TO) témoignait déjà de cette indétermination[2] :

  • le TO du premier secrétaire sortant avait obtenu 42,21 % des suffrages exprimés ;
  • celui de Nicolas Mayer-Rossignol, 40,38 %.

Alors qu’Olivier Faure revendiquait, fin 2024, dix mille nouvelles adhésions que l’on pouvait interpréter comme une adhésion à sa ligne unitaire, et qu’il pouvait mettre à son crédit le doublement du groupe socialiste après les législatives de 2024, il n’a bénéficié d’aucune dynamique dans ce congrès. Son résultat est très similaire à celui du congrès de Marseille (Bouches-du-Rhône), en 2023, lors duquel il avait obtenu 50,83 %[3] des suffrages exprimés.

 

  • De son côté, Nicolas Mayer-Rossignol espérait inverser la vapeur après avoir fusionné avec le courant d’Hélène Geoffroy, la maire de Vaulx-en-Velin (Rhône). Il n’en a rien été.
  • Quant à Boris Vallaud, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, sa candidature a échoué à briser l’étau entre les deux pôles qui s’étaient déjà affrontés au congrès de Marseille[4].

 

🔴 « En fait, tous les trois ont perdu », analyse le politiste Pierre-Nicolas Baudot, spécialiste du PS.

  • Nicolas Mayer-Rossignol est moins fort que ce que la fusion des deux courants aurait dû produire ;
  • Boris Vallaud est arrivé troisième, donc il a été éliminé ;
  • et Olivier Faure n’a pas davantage mobilisé qu’à Marseille, il a simplement un peu moins perdu que les autres.

« Aujourd’hui, le PS n’arrive plus à faire circuler ses mots d’ordre dans la société. » pour Pierre-Nicolas Baudot, politiste

 

S’il a accepté les propositions faites par le patron des député·es socialistes durant la campagne[5] – gouvernance moins verticale, nouvelle école de formation militante… –, le premier secrétaire devra encore compter sur son avis et celui de ses soutiens sur des sujets aussi cruciaux que les alliances et les investitures aux prochaines échéances électorales : municipales et sénatoriales de 2026, comme présidentielle de 2027.

 

Le courant de Boris Vallaud a par ailleurs souhaité une gouvernance large, qui ne se fasse pas sans Nicolas Mayer- Rossignol. Celui-ci avait hérité en 2023 du titre de premier secrétaire délégué, un rôle globalement factice. « Dans les conditions qu’on a posées, il y a cette nécessité d’élargir. Le texte d’orientation de Nicolas Mayer-Rossignol doit rentrer dans la direction nationale pour qu’on sorte de cette logique bloc contre bloc, même si une sensibilité l’a emporté », explique-t-on dans l’entourage de Boris Vallaud.

 

🔴 « Il y a déjà eu des coalitions à la direction du parti, il a même fonctionné ainsi pendant les années 2000-2010 : tous les sous-courants se répartissaient les ressources, sauf l’aile gauche. Mais le camp de Nicolas Mayer-Rossignol n’aura aucun intérêt à travailler collectivement pour un parti dirigé par une autre écurie que la sienne. C’est tout le problème du fonctionnement clanique », décrypte le politiste Pierre-Nicolas Baudot.

 

 

- L’avenir des gauches s’est joué dans un parti rétréci
C’est bien là l’enseignement principal de ce congrès : alors qu’il est en perte d’influence électorale, les logiques anciennes de professionnalisation et de présidentialisation perdurent au PS, éclipsant tout débat d’idées[6]. Si en 2023 la conflictualité entre le camp d’Olivier Faure et celui de Nicolas Mayer-Rossignol pouvait encore s’expliquer par un différend sur l’alliance avec La France insoumise (LFI), ce n’est plus le cas cette année.

 

🔴 Pourtant, les rapports sont toujours aussi tendus.
Rappelons que la présidente de la région Occitanie,
Carole Delga, a menacé de quitter le PS en cas de victoire du premier secrétaire sortant[7]. Interrogé par Le Parisien sur le risque de scission, Nicolas Mayer-Rossignol ne l’a pas complètement écarté : « C’est toujours un danger. Les partis sont mortels, il ne faut pas l’oublier. Mais je ne le souhaite pas du tout.[8] »

 

La raison à ce climat éruptif est prosaïque : « Le PS est un parti recroquevillé sur lui-même, de professionnels de la politique qui ont en ligne de mire la gestion de ses ressources électorales », explique Pierre-Nicolas Baudot. Le corps électoral du parti s’est tellement tari que le poids des responsables locaux et des collaborateurs et collaboratrices d’élu·es est devenu disproportionné. D’où le « fétichisme des petites différences » qui renforce l’antagonisme entre courants internes.

 

Tout montre que cette dynamique interne accompagne voire participe à la dévitalisation du PS. Le nombre d’adhésions est en recul par rapport au congrès de Marseille – 39 000 cette année, contre 40 000 en 2023 –, même si c’est sous François Hollande que la chute a été vertigineuse. Et la participation a été faible au premier comme au second tour du scrutin – 24 700 votant·es environ –, malgré les efforts de la direction pour en dramatiser l’enjeu.

 

Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat, a ainsi déploré[9] : « C’est le plus petit nombre d’adhérents depuis 1945. Nous sommes entrés dans une logique groupusculaire, dans un climat crépusculaire. On a une galaxie socialiste très puissante et le paradoxe, c’est que nous avons maintenant un petit parti. »

 

🔴 Enfin, l’abîme entre le PS et le mouvement social, ses organisations et ses préoccupations n’a jamais été aussi profond.

« À l’époque de son hégémonie à gauche, le PS mobilisait par ses réseaux, ses militants étaient aussi à la CFDT ou à la LDH, il y avait donc un lien mécanique entre certains de ses slogans et le fait de voter PS. Aujourd’hui, le PS n’arrive plus à faire circuler ses mots d’ordre dans la société », ausculte Pierre-Nicolas Baudot.

 

Si un obstacle vers une candidature commune de la gauche et des écologistes à la prochaine présidentielle est levé avec la reconduction d’Olivier Faure, [NDLR : sans LFI] ses effets demeurent limités. Rien ne garantit à ce stade un sursaut d’estime ou d’adhésion massif dans l’opinion publique, capable d’enrayer la progression du Rassemblement national (RN).

Notes :

[0Merci aux militantes et militants qui me renouvellent, ce soir, leur confiance

[0bis] Selon le sénateur Patrick Kanner " Le Parti Socialiste est rentré dans " une logique groupusculaire dans un climat crépusculaire "

[1] Avec François_Ruffin en covoiturage, avec Cardon_Remi le 3 juin 2025

[2] Congrès du PS : Olivier Faure résiste à la fronde, Boris Vallaud devient faiseur de rois

[3] Congrès du PS 2023 : des militants soulagés d’avoir « sauvé les meubles »

[4] PS : « Ce congrès 2023 n’aura rien tranché »

[5] Boris Vallaud : « Je voterai pour Olivier Faure, mais ce n’est ni un chèque en blanc ni une ardoise magique »

[6Congrès du PS : le « pour ou contre Olivier Faure » l’emporte sur le débat d’idées

[7Carole Delga menace de quitter le PS si Olivier Faure gagne le congrès

[8Nicolas Mayer-Rossignol : « Aux militants résignés, je dis qu’on peut réveiller le PS »

[9Patrick Kanner sur le PS : « Nous sommes rentrés dans une logique groupusculaire »

 

Pour en savoir plus :
- Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
 - Accords avec LFI : après la réélection d’Olivier Faure à la tête du PS, sa numéro 2 ne l’exclut pas, « au cas par cas »

- Pourquoi nous détestons le Parti socialiste

- Le PS n'est pas de gauche !

- Le député socialiste Philippe Brun " Sans Mélenchon, la gauche française serait au niveau de la gauche italienne "

- " Je ne veux pas rester dans un parti des soumis face aux Insoumis " : le président du département de l'Hérault claque la porte du PS

 

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22 mai 2025 4 22 /05 /mai /2025 12:53
Jean-Luc Mélenchon, s'exprime lors de la réunion « De la France à New York : combattre la droite, construire la gauche » organisée par les Democratic Socialists of America à Brooklyn, New York, le 22 avril 2025.
Jean-Luc Mélenchon, s'exprime lors de la réunion « De la France à New York : combattre la droite, construire la gauche » organisée par les Democratic Socialists of America à Brooklyn, New York, le 22 avril 2025.

Jean-Luc Mélenchon, s'exprime lors de la réunion « De la France à New York : combattre la droite, construire la gauche » organisée par les Democratic Socialists of America à Brooklyn, New York, le 22 avril 2025.

Le chef de file de la France Insoumise veut sortir son pays d'une compétition binaire entre le centre néolibéral et une extrême droite montante.

 

 

La France Insoumise a construit sa puissance électorale et fait tomber une extrême droite en pleine ascension.
La politique française est rarement prévisible — et aujourd’hui ne fait pas exception. En vue de la prochaine élection présidentielle, non seulement l’actuel président Emmanuel Macron ne peut pas se représenter, mais la cheffe de file de longue date dans les sondages, Marine Le Pen, a également été déclarée inéligible après une condamnation pour détournement de fonds le 31 mars dernier.
Pour Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France Insoumise, l’espoir est que ce bouleversement puisse modifier l’orientation politique de la France et permettre au pays de sortir de l’affrontement binaire entre le centre néolibéral et une extrême droite en pleine ascension. L’ampleur des manifestations contre la réforme des retraites de Macron, suivie de la percée du Nouveau Front Populaire lors des élections législatives de l’été dernier, montrent que la gauche est encore dans la course. Pourtant, son avenir reste incertain.
Le discours de Mélenchon, axé sur le conflit social, est polarisant et suscite des réactions hostiles non seulement de la part de ses adversaires de droite, mais aussi d’une grande partie de la gauche libérale. Pourtant, son mouvement s’est souvent révélé être la force de gauche la plus capable de mobiliser un électorat de masse. Lors de la dernière élection présidentielle, en 2022, Mélenchon a recueilli 22 % des voix — un score quasiment inédit pour un candidat ouvertement anticapitaliste dans l’Europe actuelle.
Fin avril 2025, Mélenchon était à New York, où il a été accueilli avec enthousiasme lors d’une série de conférences et de débats. Sa visite coïncidait avec la publication de " Now, the People !
[
0] "— un guide, que j’ai traduit en anglais, consacré à ce qu’il appelle la « révolution citoyenne » au XXIe siècle. Dans cet ouvrage, il analyse les nouvelles formes de solidarité issues de la civilisation urbaine moderne et examine la nécessité de reprendre collectivement le contrôle des ressources face à la catastrophe environnementale croissante.
Je me suis entretenu avec lui sur les raisons de sa visite, sa vision de l’administration Trump à l’international, et sur la manière dont la gauche peut élargir sa base électorale.

 

 

Sources : David Broder 14 mai 2025 |
- David Broder : Vous avez déclaré lors d’un meeting avec DSA le 22 avril 2025, que les socialistes démocrates aux États-Unis se battent non seulement pour le bien des Américains, mais aussi pour celui des peuples ailleurs dans le monde. Comment la poussée vers la droite aux États-Unis s’articule-t-elle avec le virage à droite en Europe, et en France en particulier ?

Jean-Luc Mélenchon : Trump, dès son retour au pouvoir, a adressé au monde un véritable manifeste politique. Il s’agit d’abord d’un négationnisme climatique. Sa première décision dans le bureau de la Maison Blanche a consisté à retirer les Etats-Unis d’Amérique des Accords de Paris[1]. Le changement climatique est le premier problème auquel fait face l’Humanité. Tout le temps que nous passons à parler d’autre chose ou regarder ailleurs est une perte de notre temps. Et le Président des Etats-Unis le nie.

 

Ce n’est pas rien. D’autant plus que c’est aussi nier une nouvelle compréhension de notre condition humaine : tous les êtres humains dépendent du même écosystème pour survivre, donc il existe bien un intérêt général humain et nous sommes bien tous semblables. Ce qui justifie notre égalité en droit. Mais cette universalité de la condition humaine, Trump l’a aussi niée. Pour lui, il y a les états-uniens par filiation, et les autres. Voilà pourquoi il a suspendu le droit du sol.

 

Ce double négationnisme Trump l’affirme de la manière la plus puissante et grossière, mais il est en partage avec les extrêmes droites des deux côtés de l’Atlantique. Celle des Etats-Unis a la différence de disposer du plus grand arsenal militaire de l’histoire de l’Humanité. Et par conséquent, son impérialisme, son escalade contre la Chine est un danger pour nous tous.

 

 

- David Broder : L’administration Trump a imposé, puis suspendu, d’importants droits de douane, y compris envers les pays de l’Union européenne. En quoi cela constitue-t-il un changement de paradigme dans l’ordre néolibéral occidental — et que ferait un gouvernement de gauche en France en réponse ?
Jean-Luc Mélenchon : Trump est le Président d’un aveu : le marché libre ne fonctionne pas ! Depuis des décennies, les néolibéraux nous répètent qu’il n’y a rien au-dessus de la concurrence libre et non faussée et du libre-échange pour organiser le bonheur collectif. Mais voilà que leur dernier enfant terrible vient dire que l’Etat doit lui-même fixer les prix par des droits de douane ! C’est extraordinaire. Tout l’édifice idéologique néolibéral s’effondre. Même si, bien entendu, le néolibéralisme a toujours fonctionné en vérité comme une intervention de l’Etat pour organiser le marché et la concurrence, jamais cette intervention n’avait été aussi spectaculaire.

 

Ceci étant dit, je trouve la réponse de l’Union européenne absolument stupide :

  • Le concept de “ représailles ” menant à une escalade des droits de douanes est absurde, car elle va importer de l’inflation, comme aux Etats-Unis.
  • L’autre proposition formulée par la présidente de la Commission européenne, celle d’une “ zone de libre échange total ” entre l’Union européenne et les Etats-Unis est tout aussi néfaste. Cela reviendrait à abdiquer notre capacité, en tant qu’européens, à édicter des normes écologiques, sociales, culturelles pour nous même.
     

Les insoumis ont suggéré plutôt, si l’on veut trouver des méthodes de riposte à la guerre commerciale de Trump :

  • de  frapper où cela fait mal, c’est-à-dire, par exemple en taxant réellement les Big Tech américaines.
  • D’autre part, il faut mettre en place une politique de substitution des importations et exportations depuis et vers les Etats-Unis.
  • Négocions avec la Chine, ce sera plus fécond !
  • Et si l’on doit mettre une place un protectionnisme, nous avons toujours dit qu’il devait être “ solidaire ”. Nous ajoutons aujourd’hui pour bien nous démarquer du chaos trumpiste qu’il devrait également être « négocié ».

 

 

- David Broder : Aux États-Unis, on observe une répression inquiétante des manifestations pro-palestiniennes, allant jusqu’à l’arrestation et l’enlèvement de militants. En quoi cela trouve-t-il un écho en France ? Quelle est l’importance de la « liberté d’expression » pour la gauche ?
Jean-Luc Mélenchon : J’ai été très marqué durant mon séjour par les témoignages de la répression. Le leader de la mobilisation à Columbia enlevé en pleine rue : ce sont les méthodes que l’on a connu dans les dictatures sud-américaines. La situation est donc sérieuse, elle est grave. Elle correspond à une volonté de réduire au silence les oppositions internes les plus résolues à l’impérialisme, et aussi à une manière de tester une méthode de répression.

 

En France, nous n’en sommes pas encore arrivés à cette étape. Mais les militants que nous avons rencontré à New York ont aussi insisté sur la responsabilité du centre-gauche Démocrate qui dans la période précédente a accepté et même participé à toutes les étapes de la diabolisation du mouvement pro-palestine et à l’escalade dans la répression. C’est bien entendu le cas en France aussi, avec les interdictions universitaires dont j’ai été l’objet dans les universités de Lille, Rennes et Bordeaux ou les poursuites contre Rima Hassan et notre présidente de groupe parlementaire Mathilde Panot pour “ apologie du terrorisme ”.

 

 

- David Broder : Il semble qu’une large alliance soit en train de se former dans la politique européenne, allant du centre gauche libéral à une partie de l’extrême droite, en faveur du réarmement et même d’un endettement collectif européen à cette fin. Le « keynésianisme militaire » est-il l’avenir de la croissance économique en Europe ?
Jean-Luc Mélenchon : C’est surtout l’expression d’un tribut impérial imposé par les Etats-Unis de Trump. Il a exigé que les dépenses militaires des pays européens augmentent à 5% du PIB. C’est à cela que correspond l’effervescence en ce moment autour du “ réarmement ” en Europe et l’emprunt commun décidé par les 27. Mais que vont faire la plupart des pays européens avec cet argent ? Acheter des armes américaines !

 

Il n’y a que la France qui dispose d’une industrie de défense a peu près autonome sur le continent. D’ailleurs, beaucoup de pays ont déjà annoncé de nouvelles commandes de matériel américain. Or, acheter ce matériel, c’est accepter sa position de vassalité. Un avion de chasse F-35, par exemple, ne peut pas décoller s’il n’y a pas de permission des Etats-Unis. Il ne s’agit donc en aucun cas d’un “ keynésianisme militaire ” mais d’un tribut ponctionné par l’Empire sur l’Europe pour financer sa course à la guerre.

 

 

- David Broder : Lors des élections législatives de l’été dernier, le Nouveau Front Populaire était le bloc le plus important, mais n’a pas été autorisé à gouverner. Quelle est, selon vous, la stratégie du camp Macron pour rester au pouvoir, et que peuvent faire vous-même et les autres forces de gauche pour le vaincre ?
Jean-Luc Mélenchon : Le Nouveau Front Populaire a gagné les élections législatives de juillet 2024. Et cela, alors que pendant la campagne électorale, 27 sondages sur 27 commandés prédisaient la victoire de l’extrême droite. Cela montre qu’il n’y a pas de fatalité à cela. Mais ensuite, Emmanuel Macron a décidé de ne tenir aucun compte du résultat des élections qu’il avait lui-même convoqué. C’est tout simplement inouï. Notre ligne était de ne pas laisser passer cela. Nous ne pouvons pas accepter un tel viol des principes républicains les plus élémentaires. C’est pourquoi nous avons proposé avec les insoumis une motion de destitution. Et c’est pourquoi, nous avons, avec succès, censuré le gouvernement de Michel Barnier en novembre dernier. Cela s’est fait sur proposition des insoumis. La gauche en France a fait tomber un gouvernement de droite sans avoir besoin de dresser aucune barricade !

 

À partir de là, notre proposition à nos alliés du Nouveau Front Populaire a été de continuer la même tactique avec le gouvernement de François Bayrou. Rendez vous compte : Monsieur Bayrou est issu du plus petit parti de la coalition d’Emmanuel Macron qui a perdu les élections ! Mais le problème a été que le Parti socialiste a décidé de rompre avec le Nouveau Front Populaire. À quatre reprises, il a refusé de voter la censure contre le gouvernement Bayrou avec qui il a négocié la nuit en secret un accord politique. C’est le PS qui a sauvé Macron[2]. Le peuple français a immédiatement payé cette erreur avec un budget austéritaire doublé de nouvelles coupes prévues de 40 milliards d’euros pour l’hôpital, l’école, les droits des chômeurs, etc... Nous, Insoumis, nous sommes mis à distance de ces arrangements pourris . Le plus important est de ne pas apparaître comme, à nouveau, une gauche menteuse, qui s’apprête à trahir ses engagements. Nous voulons incarner au contraire l’honnêteté dans ce champ politique constitué de mensonges[3].

 

 

- David Broder : Certaines figures de votre mouvement parlent d’un « quatrième bloc » constitué des abstentionnistes, distinct des trois autres : le bloc populaire de gauche, le bloc nationaliste/extrême droite, et le bloc macroniste/centre-droit. Qu’est-ce qui, concrètement, empêche ces abstentionnistes de voter pour votre force alternative, et que faut-il faire de plus pour les convaincre ?
Jean-Luc Mélenchon : Nous avons déjà fait du bon travail. Dans la jeunesse et dans les quartiers populaires, nous avons réussi à augmenter la participation déjà.

  • La moitié des jeunes votent pour nous et 70 % des quartiers populaires. Mais il reste du chemin à faire. Laissez-moi déjà dire que cette stratégie est essentielle pour nous.
  • Nous construisons les bases populaires pour un programme de rupture, plutôt que d’essayer d’aller grignoter sur le bloc centriste ou d’extrême droite.
  • C’est grâce à cette méthode que nous avons repoussé l’extrême droite en juin dernier. De sorte qu’on peut dire sans exagérer qu’en France, les quartiers populaires et la jeunesse ont sauvé la République.

 

Pour atteindre ce résultat, nous avons assumé un discours de rupture, et gagné nos galons en ne reculant pas face aux injonctions du système ! Par exemple sur la Palestine ou la lutte contre l’islamophobie. Nous avons été insultés, poursuivis, diffamés, mais auprès de la jeunesse et des quartiers populaires, nous avons prouvé notre courage, notre sincérité. Ce sont des choses qui comptent. Il y a dans ces moments une osmose qui se forme entre un mouvement politique et certains secteurs sociaux. D’autre part, nous avons aussi déployé un militantisme de terrain considérable. Nous avons mené à grande échelle une campagne d’inscription sur les listes électorales. Pour les quartiers populaires, nous menons des actions d’utilité immédiate comme des collectes alimentaires ou de fournitures scolaires. Toutes ces méthodes et bien d’autres sont au cœur de cette stratégie de conquête du quatrième bloc[4].

 

 

- David Broder : Vous avez échangé avec Bernie Sanders et d’autres figures de la gauche américaine. Que peuvent apprendre ces différentes gauches internationales les unes des autres ? Pourquoi votre message dépasse-t-il les frontières de la France ?
Jean-Luc Mélenchon : J’ai rompu avec la tradition détestable de la gauche européenne qui arrivait sur les Amériques pour donner des leçons et dire aux autres quoi faire. Plutôt, j’aime aller voir sur le terrain pour apprendre, et soutenir concrètement.

 

Avant d’aller aux Etats-Unis, je suis allé au Mexique et au Québec pour apporter un soutien moral et concret aux deux voisins menacés par Trump. Puis, il m’a paru important également d’apporter un soutien à la gauche américaine qui va devoir résister depuis l’intérieur !

 

De mon point de vue, l’émergence d’une gauche de rupture autonome du parti démocrate est la seule voie pour vaincre Donald Trump. J’ai dit à mes interlocuteurs mon analyse : Trump a gagné car il n’y avait pas de candidat de gauche face à lui [NDLR : cela doit nous servir de leçon en France]. Tous en étaient d’accord. C’est pourquoi je pense que ce qu’entreprend Bernie Sanders en ce moment est très important.

 

 

🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴

 

-  Combattre Trump et l’extrême droite, construire la gauche - Meeting avec DSA à New York
Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l'occasion d'un meeting à New York avec Tiffany Cabán et Jamaal Bowman organisé par les Democratic Socialists of America (DSA), le 22 avril 2025

 

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14 mai 2025 3 14 /05 /mai /2025 10:49
https://eric-et-le-pg.over-blog.fr/2023/10/faites-mieux-un-livre-pour-oser.html

https://eric-et-le-pg.over-blog.fr/2023/10/faites-mieux-un-livre-pour-oser.html

" Nous ne récupérons pas la colère populaire, nous proposons qu’elle nous utilise. Ce n’est pas pareil. "

 

 

Dans un entretien publié au quotidien italien « Corriere della Sera » le 13 mai 2025, le leader insoumis livre son analyse sur la situation politique en France et à l’international, caractérisée par la crise du capitalisme. Il revient sur les grandes notions développées dans son livre « Faites mieux[0] », traduit en espagnol, en anglais et bientôt en italien sous le titre de « Révoltez vous ! ».
Face à un capitalisme dépassé, et à une social-démocratie qui ne fonctionne pas, l’heure est à la révolution citoyenne, une révolution du peuple contre l’oligarchie.
Dans son bureau au siège des Insoumis dans un quartier populaire au nord de la capitale, avant d’aborder la discussion sur son livre qui va arriver dans le librairies italiennes, Jean-Luc Mélenchon invoque son amour pour l’Italie, pour la culture classique (le latin surtout) de la péninsule et aussi pour son histoire politique. « L’Europe, le monde, doivent à l’Italie l’organisation civique des cités après l’empire, la Renaissance, bien sûr, et combien d’autres choses… 
Enfin pour moi, l’effondrement du parti communiste italien a été décisif. Voilà le prototype de gens qui ont cru bien faire : ils ont mis la cravate, ciré les chaussures pour se rendre respectables, Mais ils ont rallié la doctrine sociale-démocrate au pire moment. C’est-à-dire au moment où ça ne pouvait plus marcher. La dynamique du capitalisme ne peut plus produire d’avantages pour le peuple ! Vous avez un parti qui s’appelle « Parti démocratique » pour ne pas être clivant . Peut-on se dire anti-démocratique ? Autant s’appeler Parti-parti. C’est le vide qui ne convainc personne ».

L’Insoumission relaie dans ses colonnes l’entretien de Jean-Luc Mélenchon.

 

 

Sources : L'Insoumission | mis à jour le 28/08/2025

- Corriere della Sera : Le titre de votre livre en italien est « Ribellatevi ! », « Révoltez-vous ! », et vous y évoquez une révolution citoyenne au XXI siècle. Quelles seront les caractéristiques de cette révolution ?

Jean-Luc Mélenchon : « La rébellion, ou l’insoumission, c’est la grande tradition italienne et française du refus de l’évidence, du choix de la conflictualité intellectuelle. C’est un point de vue fécond, créateur. Ce n’est pas le désordre, c’est le changement de la hiérarchie des normes juridiques, institutionnelles et l’incessibilité des biens communs dans l’intérêt général humain. ».

 

 

- Corriere della Sera : Pourquoi vous précisez « citoyenne » ?
Jean-Luc Mélenchon : « Ce n’est pas pour euphémiser la révolution socialiste. Il s’agit d’autre chose. Le citoyen, c’est l’exercice du pouvoir. Ce n’est pas la simple civilité. Les révolutions citoyennes sont donc toutes, au point de départ, des révolutions pour le contrôle, par des gens rendus dépendants de services collectifs qui leur échappent ou leur sont refusés. L’eau, l’électricité, la santé par exemple ? Pourquoi rien ne marche ? Pourquoi les services publics sont remplacés par des prestations marchandes ? La révolution citoyenne cherche à reprendre contrôle collectivement sur les réseaux commun d’existence matérielle et immatérielle, pour créer une société nouvelle ».

 

 

- Corriere della Sera : Vous parlez beaucoup du peuple, dans le livre.
Jean-Luc Mélenchon : « Oui. Être de gauche, c’est dire d’abord : il n’y a pas de pouvoir au-dessus de la souveraineté du peuple. Nous, nous sommes absolument hors de l’idée d’un avant-gardisme révolutionnaire. Certains de mes camarades italiens, souvent marqués par un marxisme un peu rigide, continuent à parler d’une classe ouvrière et de rapports sociaux de production, d’exploitation et d’accumulation tels qu’ils étaient au XXe siècle. Moi, je parle de mon époque, de concepts nouveaux. Avant, c’était bourgeois contre prolétaires. Aujourd’hui c’est l’oligarchie contre le peuple. Et je définis en matérialiste ce que tout cela change et d’où ça vient . ».

 

 

- Corriere della Sera : Et vous citez Robespierre, qui se définissait lui aussi « homme du peuple ».
Jean-Luc Mélenchon : « Quelqu’un a dit que Robespierre : c’est l’incarnation de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. J’admire sa vision de l’insoumission. Voyez sa lutte pour l’interdiction de l’esclavage. On lui dit que c’est économiquement impossible. Lui s’emporte et répond : « périssent les colonies, plutôt qu’un principe ! ». On peut l’accuser d’un sommet de l’irréalisme. Mais concrètement l’esclavage est-il un réalisme supportable ? Sa protestation à ce moment-là paraît une catastrophe économique. Mais il convainc une majorité. L’esclavage est aboli une première fois en France.

 

Cela signifie que la volonté humaine peut à tout moment restructurer ce qui semble être une évidence, une loi de la nature économique ». Madame Thatcher répétait à propos du marché, du capitalisme, " there is no alternative ". Nous, les Insoumis, nous pensons que ce n’est pas vrai. Nous nous opposons à cet ordre injuste socialement et destructeur de la civilisation humaine avec la crise climatique dont il veut tirer des profits. ».

 

 

- Corriere della Sera : Marine Le Pen aussi évoque le peuple tout le temps. Quelle est la plus grande différence entre elle et vous ?
Jean-Luc Mélenchon : « Notre définition du peuple résulte de ses relations sociales. Pour elle le peuple résulte d’une filiation génétique et traditionnelle. Une fois, dans un débat à l’Assemblée nationale sur la procréation médicalement assistée, elle m’a dit « M. Mélenchon, il y a un ordre biologique de la famille. » Et je lui ai répondu « Non, Madame, il n’y en a pas. La famille est toujours le résultat d’une culture. Le pater familias avait le droit de vie et de mort sur sa femme et ses enfants. Appellerez-vous ça, aujourd’hui, un ordre naturel traditionnel qu’il nous faudrait respecter ? »

 

Mais surtout, le peuple dont elle parle, est une construction idéologique dont le but est de séparer :

  • d’un côté les Français « de souche », les blancs, les chrétiens ;
  • de l’autre les noirs, les musulmans, les universalistes.

Nous, notre but, c’est d’unir pour satisfaire les biens et besoins communs. Nous sommes unifiants, ils sont discriminants. ».

 

 

- Corriere della Sera : C’est votre concept de créolisation ?
Jean-Luc Mélenchon : « Oui, mais ce n’est pas un programme, c’est une réalité. Leur opposition à la créolisation n’est qu’une des formes du rejet des autres. La France a toujours été le pays créole d’Europe. Qui parlait français dans ce pays ? Personne. La langue française est une invention et une décision politique du roi François I au seizième siècle. La créolisation a commencé dès le début avec l’emprunt au latin et au grec tous les mots manquants. c’est un fait culturel qui touche tous les domaines Voyez : les plus grands mangeurs de pizza de toute l’Europe, ce ne sont pas les Italiens, mais nous. La créolisation est aussi culinaire, musicale, plastique ».

 

 

- Corriere della Sera : Vous indiquez un système capitalistique au bord de la rupture, qui pourrait s’effondrer à cause d’un grain de sable. Quel pourrait être ce grain de sable ?

Jean-Luc Mélenchon : « Ce système est à la limite de l’équilibre. Donc, il suffit de peu de choses. Vous serez surpris de ce qui déclenchera l’avalanche. Moi aussi. Hélas ! Car si j’étais capable de le prévoir, je serais en train de l’organiser. Mon livre montre le caractère inéluctable de la révolution citoyenne. Elle résulte des caractéristiques nouvelles de notre temps. Et d’un nouvel acteur social, le peuple. Le nombre d’humains, leur concentration dans la ville, sa dépendance aux réseaux collectifs créent une intense interdépendance sociale animée par les questions liées au revenu, à la répartition de la richesse. Les révolutions, aujourd’hui, sont des révolutions du peuple contre l’oligarchie ».

 

 

- Corriere della Sera : Mais qu’est-ce que vous envisagez-vous après la révolution, après l’effondrement de ces systèmes ? Vous avez un projet à l’esprit ?
Jean-Luc Mélenchon : « La première crise, c’est celle de l’écosystème en voie d’effondrement. Pour ça on a besoin de planification écologique, donc d’un contrôle citoyen. Pour cela il faut un autre pouvoir politique fondé sur davantage d’intervention citoyenne. De beaucoup plus de pouvoir à l’échelon de la commune. La révolution citoyenne est une révolution concrète plus qu’idéologique. Nous sommes le mouvement de la radicalité concrète.

 

C’est pourquoi nos adversaires ont tellement intérêt à déplacer le débat. Les Insoumis ont un programme ? Nos adversaires préfèrent disserter sur Jean-Luc Mélenchon, mon caractère, mes goûts, mon entourage. Tout, plutôt que notre programme. Notre lutte propose une harmonisation des relations des êtres humains entre eux et avec la nature. C’est impossible dans un système capitaliste. ».

 

 

- Corriere della Sera : Mais vous n’êtes pas le seul à subir de commentaires de caractère personnel. Pensez à tout ce qu’on a dit à propos du président Macron.
Jean-Luc Mélenchon : « Mais pour lui c’était utile ! Parce que personne ne lisait son livre « Révolution »pendant ce temps-là. Sauf l’oligarchie libérale, qui l’a trouvé très à son gout et l’a propulsé ».

 

- Corriere della Sera : A ce propos, est-ce que la révolution est une tentation française ? Et en quoi vôtre appel est différent de celui de Macron en 2017 ?
Jean-Luc Mélenchon : « Dans l’imaginaire politique français la révolution est un mot qui a une résonance positive. La Révolution de Macron, c’est plutôt une contre-révolution. Car il promeut un néo-libéralisme anti collectif comme modèle de société. A l’inverse notre révolution citoyenne est processus populaire spontané au service du collectif populaire. ».

 

 

- Corriere della Sera : Avez-vous renoncé à demander sa destitution[3] ?
Jean-Luc Mélenchon : « Non, on ne peut pas. C’est une question de dignité démocratique[2]. Son pouvoir, son gouvernement, sont illégitimes. Il ne se soumet pas au résultat des élections qu’il a lui-même convoquées. Donc nous continuerons à demander sa démission. Nous étions proches du but, mais le Parti Socialiste a décidé de le sauver avec l’extrême droite en refusant de censurer son gouvernement[1] ! ».

 

 

- Corriere della Sera : A propos de la situation internationale, n’avez-vous pas le sentiment que vous et une partie de la gauche vous vous êtes trompé à l’égard de Poutine, en voyant toujours en Moscou un rempart contre le capitalisme et l’impérialisme de Washington, selon un vieux prisme de l’époque soviétique ?

Jean-Luc Mélenchon : « Comment nous pourrions confondre Poutine et l’URSS ? Moi j’ai été trotskiste, pas stalinien. Nous ne voulons ni de l’invasion ni de la guerre comme solution a un problème. A ceux qui disent qu’on fait la guerre pour la liberté, il avait répondu : aucun peuple n’aime les missionnaires armés. En tout cas, c’est une manipulation de s’en prendre à moi sur ce sujet. Moi je suis allé à Moscou faire une réunion avec ses opposants de gauche. Adressez-vous au vrai suspect : personne n’obligeait M. Macron à recevoir Poutine en grandes pompes à Versailles ! Pourquoi a-t-il fait cela ? »

 

 

- Corriere della Sera : Peut–être pour l’amadouer ?
Jean-Luc Mélenchon : « Alors ça n’a vraiment pas marché. Moi, j’ai une vision beaucoup plus pragmatique. Si je dirigeais ce pays, je ne ferais pas de disputes idéologiques à propos de M.Poutine. Je discuterai des garanties de sécurité pour l’Europe et la France sur les missiles moyenne portée, les centrales nucléaires ukrainiennes et le déminage de la mer noire. »

 

 

- Corriere della Sera : Sur Gaza aussi vos positions vous attirent beaucoup des critiques. Faites-vous un lien entre ce qui se passe à Gaza et votre dénonciation de l’islamophobie en France ?
Jean-Luc Mélenchon : « Notre position est le respect du droit international. C’est un ancrage nouveau pour les insoumis. Cela a été une rupture avec une certaine manière de mépriser le Droit en général, parce que c’est le droit des dominants. Il est imparfait ? On est d’accord. Mais c’est tout ce qu’on a. Et si ce n’est pas ça, il ne reste que la loi du plus fort. Et comme nous avons dénoncé un génocide, reconnu par la Cour international de justice, nous avons vécu 18 mois d’accusations terribles ».

 

 

- Corriere della Sera : Faites-vous référence aux accusations d’antisémitisme ?
Jean-Luc Mélenchon : « Oui, bien sûr. Que s’est-il passé ? Historiquement, l’accusation d’antisémitisme s’adressait à l’extrême-droite. Pour le gouvernement d’extrême-droite de Netanyahou quiconque critique sa politique serait antisémite. Tout le monde en a été accusé : le pape François, le secrétaire général de l’ONU, la Cour internationale de justice, et même Macron. Heureusement la situation se retourne devant l’ampleur des crimes commis.

 

 

- Corriere della Sera : Et vous ?
Jean-Luc Mélenchon : « Pourquoi voulez-vous qu’à 70 ans, je devienne antisémite ? Voyez ce qu’a été mon histoire personnelle. Mes adversaires ont dit : « vous faites ça par clientélisme pour les quartiers populaires ». Donc, ils créent une nouvelle équation : quartier populaire égal musulman, égal antisémite. C’est un autre racisme affiché au nom du refus de l’antisémitisme. Le problème numéro en France c’est plutôt le fidèle musulman qu’on tue dans la mosquée, ou des femmes qui se font arracher le voile dans la rue. N’oubliez pas que vous êtes dans un ancien pays colonial. Des blessures sont toujours là.

 

Ensuite il y a beaucoup de binationaux en France. L’islam est la deuxième religion du pays. La priorité c’est l’unité de notre peuple. La religion, c’est l’affaire de chacun, dans son privé. Enfin nous ne confondons pas un Juif avec un sniper de monsieur Netanyahu à Gaza ! Au total nous avons renversé les rôles à propos de l’unité du peuple, de la nation, du drapeau national, que nous nous sommes réappropriés contre le racisme et les guerres de religion.

 

 

- Corriere della Sera : Que pensez-vous des efforts de l’Europe de bâtir une défense commune, en s’affranchissant des Etats Unis ?
Jean-Luc Mélenchon : « Cela n’existe pas. « Nous allons faire l’Europe de la défense », disent-ils. Qui commence ? Personne. Van der Layen a fait voter un budget d’armement de 850 milliards. Pile les 5% du PIB réclamés par Trump ! On va faire « le pilier européen » de l’OTAN ? Mais ça ce n’est pas la défense de l’Europe car le commandement suprême est aux USA. Les États-Unis d’Amérique menacent d’envahir un pays européen, le Groenland. Réponse ? Aucune. Nous pensons qu’il faut s’affranchir de l’économie d’armement des États-Unis, pour bâtir une économie de la paix dont l’Europe est capable. Pour nous la priorité c’est la protection commune contre le changement climatique. ».

 

 

- Corriere della Sera : Et la possibilité que la Russie, après l’Ukraine, continue son attaque à l’Europe ?
Jean-Luc Mélenchon : « La Russie va venir à Paris pour nous voler la Tour Eiffel. ? Pendant toute la guerre froide, on parlait déjà des chars russes sur les Champs Elysées. C’est grotesque. ».

 


- Corriere della Sera : Est-ce que l’Otan est toujours d’actualité ?
Jean-Luc Mélenchon : « Il faut quitter l’OTAN et le faire de manière maitrisée, c’est-à-dire par étapes. Mais on quitte l’OTAN pour être non-aligné. On ne peut pas être non-aligné et appartenir à une alliance militaire, gendarme du reste du monde. Il n’y a plus d’Urss mais il y a encore l’OTAN ! Il faut plutôt une diplomatie altermondialiste faites de la défense des causes communes de l’humanité : l’eau, la faim, les épidémies. Autant de droit international à construire. ».

 

 

- Corriere della Sera : Que ferez-vous si en 2027 vous réussissez à conquérir l’Elysée ?
Jean-Luc Mélenchon : « Il faudrait déjà que je sois candidat ! . Mais admettons qu’un insoumis ou une insoumise gagne la présidentielle. Dans une campagne j’avais choisi une formule un peu provocatrice, j’avais dit : « Je serais le dernier président de la Vᵉ République autoritaire et je me prépare à jeter les clés de l’Élysée dans la Seine ». C’était pour dire qu’il faut passer à une 6ème République celle d’un pouvoir populaire élargi avec des moyens comme le referendum révocatoire des élus, inclus le président de la République. »

 

 

- Corriere della Sera : Et l’Europe ?
Jean-Luc Mélenchon : « Ma priorité à moi c’est l’Europe latine : France, Italie, Espagne ce sont les trois puissances après l’Allemagne., et puis les Grecs, les Portugais, les roumains … L’Europe latine est celle qui produit le plus sur le continent. Pendant que nos amis allemands nous méprisent et nous imposent les recette mortifères du néo libéralisme. Mais le premier qui rompt le mensonge collectif du discours, c’est M. Trump quand il dit : ce n’est pas la main invisible du marché, la concurrence libre, mais c’est moi l’Etat, qui décide des prix à cout de droit de douane. Rions-en : il parle comme Brejnev ».

 

 

- Corriere della Sera : Convoquerez-vous une assemblée constituante, comme vous l’évoquez dans le livre ?
Jean-Luc Mélenchon : « Oui, l’assemblée constituante est une stratégie révolutionnaire et la voie la plus pacifique pour changer la France en profondeur. C’est le peuple qui décidera. Nous ne sommes pas un parti guide d’avant-garde. Nous ne récupérons pas la colère populaire, nous proposons qu’elle nous utilise. Ce n’est pas pareil. »

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29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 15:07
Sept ans ferme réclamés contre Sarkozy : le prix d’un « pacte faustien » avec Kadhafi

« Un homme porté par une ambition personnelle dévorante, prêt à sacrifier sur l'autel du pouvoir les valeurs essentielles telles que la probité, l'honnêteté et la droiture. 

« Je souhaite qu’il n’y ait pas de mesures d’aménagement de peine pour les peines supérieures à six mois.[0] »

« Nous devrons d’urgence redonner à l’Etat la capacité à faire face à la délinquance , et en particulier celle des multirécidivistes[0] »

 

 

Le Parquet national financier a conclu ses réquisitions en réclamant une peine exemplaire de sept ans de prison[1] contre Nicolas Sarkozy pour sanctionner le pacte de corruption scellé avec la dictature libyenne pour le financement de sa campagne de 2007.

 

 

Sources : Karl Laske | mis à jour le 01/10/2025

- Mutique, fermé, grave, mais sans plus

Nicolas Sarkozy s’est faufilé derrière les bancs des avocats de la défense, puis il a quitté sans un mot la salle d’audience, sans marquer de pause non plus, devant le mur de caméras qui l’attendait à l’extérieur. Le Parquet national financier (PNF) vient de requérir sept ans d’emprisonnement contre lui. Sept ans. Ainsi, on peut être visé par une peine de sept ans de prison et ne pas réagir. Ne pas laisser filtrer la moindre émotion. S’éloigner gravement comme un guerrier. Ou un « bandit ». Même pas mal.

 

Sans réponse de sa part, le mur de caméras s’est tristement incliné vers le sol, avant de se redresser face au communicant de l’ancien président, Guillaume Didier, annonçant la sortie de ses avocats. Maître Christophe Ingrain, les traits tirés, dénonce des « peines hors sol », mais il admet « qu’on ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy s’attendait à autre chose », compte tenu de la teneur des réquisitions qui ont débuté mardi.

 

🔴 « Nicolas Sarkozy a contesté les faits dans leur intégralité et ne semble pas prendre la mesure de la gravité des atteintes à la probité qui lui sont reprochées, malgré une condamnation désormais définitive pour corruption et trafic d’influence [dans l’affaire Bismuth[2] – ndlr] », a signalé le procureur Sébastien de La Touanne[3].

 

Plus tôt, des avocats de tous bords pronostiquaient déjà des réquisitions de sept ou huit ans de prison.

  • « Les peines doivent être conformes à la gravité des faits », commente Vincent Brengarth, avocat de partie civile pour l’ONG Sherpa. « Quand on reproche un pacte de corruption avec un régime sanguinaire, je ne vois pas comment ne pas demander sept ans. »
  • Sur le fond, le PNF (Parquet national financier) juge qu’il est « parfaitement établi » que Nicolas Sarkozy « a agi en dehors de ses fonctions de ministre d’État, ministre de l’intérieur, pour conclure un pacte de corruption avec Mouammar Kadhafi ».

 

 

- Corruption de haute intensité

Vers 16 heures, dans l’attente de la lecture de la dernière partie du réquisitoire, pour beaucoup un moment historique, la salle d’audience, bondée, bouillonnait littéralement des discussions entre journalistes, avocates et avocats de tous bords et parties civiles. L’équipe de défense de Nicolas Sarkozy, absent le matin et jusqu’en milieu d’après-midi, faisait cercle autour de lui, têtes baissées, comme une équipe de volley auprès de son coach. Au bout d’un moment, Nicolas Sarkozy a rejoint sa place, où il a fait tourner son stylo entre ses doigts.

 

Les bancs des prévenus semblent s’être vidés. Après les défaillances de Claude Guéant, hospitalisé, et de Brice Hortefeux, rappelé par un deuil familial, l’intermédiaire Alexandre Djouhri s’est fait porter pâle pour raison médicaleDans un silence de cathédrale, le procureur Sébastien de La Touanne, filiforme et sévère, se lève et prend finalement la parole, à côté des deux autres mousquetaires de l’accusation, Quentin Dandoy et Philippe Jaeglé, assis près de lui.

 

  • « Madame la présidente, commence-t-il, durant ces douze semaines d’audience, nous avons examiné dans le détail l’ensemble des faits reprochés aux treize prévenus, dont un certain nombre sont absents aujourd’hui. » En plus des prévenus « excusés », l’intermédiaire Ziad Takieddine, l’ancien dignitaire libyen Bachir Saleh et le milliardaire saoudien Khaled Bughsan sont aussi recherchés et sous le coup de mandats d’arrêt internationaux.
  • « Un tableau très sombre d’une partie de notre République s’est dessiné », marqué par « une corruption de haute intensité » qui a « tissé sa toile jusqu’aux plus hautes sphères de l’État », résume le procureur.
  • « On y a vu un ministre d’État, dont l’énergie et le talent politique lui permettront quelques mois plus tard d’obtenir la confiance d’une majorité des Français, s’engager, aux côtés de son plus proche collaborateur Place Beauvau [Claude Guéant] et de son ami de trente ans [Brice Hortefeux], dans une quête effrénée, à la recherche des financements nécessaires à la satisfaction de ses ambitions politiques dévorantes. ».
  • Un « pacte de corruption faustien» a ainsi été conclu « avec un des dictateurs les plus infréquentables de ces trente dernières années », avec l’appui d’un premier « agent de corruption », l’introducteur de l’équipe Sarkozy en Libye, Ziad Takieddine.

 

 

- Les peines requises pour tous les prévenus

 ⁇ ️ Nicolas Sarkozy : sept ans d’emprisonnement, 300 000 euros d’amende et une peine de cinq ans d’inéligibilité.

 ⁇ ️ Claude Guéant (ancien préfet, et ancien Ministre de l'Intérieur de France) : six ans d’emprisonnement, 100 000 euros d’amende, confiscation de l’appartement acquis (725 925 euros) et une peine de cinq ans d’inéligibilité.

 ⁇ ️ Béchir Saleh (haut fonctionnaire et diplomate libyen) : six ans d’emprisonnement, maintien du mandat d’arrêt et 4 millions d’euros d’amende.

 ⁇ ️ Ziad Takieddine (Homme d'affaires), intermédiaire : six ans d’emprisonnement, maintien du mandat d’arrêt et 3 millions d’euros d’amende.

 ⁇ ️ Alexandre Djouhri (Homme d'affaires), intermédiaire : cinq ans d’emprisonnement, 4 millions d’euros d’amende et cinq ans d’interdiction de gérer. Wahib Nacer, (banquier)

 ⁇ ️ Wahib Nacer, (banquier) : quatre ans d’emprisonnement, 1 million d’euros d’amende, confiscation de contrats d’assurance-vie (427 745,49 euros) et cinq ans d’interdiction de gérer.

 ⁇ ️ Brice Hortefeux (il est successivement ministre délégué aux Collectivités territoriales de 2005 à 2007, de l'Immigration de 2007 à 2009, du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité en 2009 puis de l'Intérieur et de l'Outre-mer de 2009 à 2011) : trois ans d’emprisonnement, 150 000 euros d’amende et une peine de cinq ans d’inéligibilité.

 ⁇ ️ Thierry Gaubert (homme d'affaires français. Ami de Nicolas Sarkozy, il fut son collaborateur à la mairie de Neuilly-sur-Seine puis au ministère du Budget dans les années 1990) : trois ans d’emprisonnement, 150 000 euros d’amende et une peine de cinq ans d’inéligibilité.

 ⁇ ️ Khaled Bughsan, (homme d’affaires saoudien) : trois ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis, maintien du mandat d’arrêt et 4 millions d’euros d’amende.

 ⁇ ️ Ahmed Salem Bughsan, (homme d’affaires saoudien) : deux ans d’emprisonnement, dont un avec sursis, et 4 millions d’euros d’amende.

 ⁇ ️ Édouard Ullmo, (ancien directeur chez Airbus) : trois ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, et 375 000 euros d’amende.

 ⁇ ️ Éric Woerth, député du groupe Ensemble pour la République (il fut ministre du Budget puis ministre du Travail des deux premiers gouvernements Fillon de 2007 à 2010) : un an d’emprisonnement aménageable et 3 750 euros d’amende.

 ⁇ ️ Le parquet a en outre acté l’extinction de l’action publique contre Sivajothi Rajendram à la suite de son décès.

 

Ce pacte « signe la négation des devoirs de probité et d’exemplarité qu’attendent légitimement nos concitoyens à l’égard de leurs dirigeants » et « heurte la mémoire des victimes de ce dictateur sanguinaire », estime le procureur Sébastien de La Touanne. En propos liminaire, le procureur a d’ailleurs demandé que soient jugées recevables les constitutions de partie civile des familles des victimes de l’attentat contre le DC-10 de la compagnie aérienne UTA orchestré par la Libye en 1989, « en raison de l’existence d’un préjudice personnel, direct et certain ».

 

🔴 Dans « le tableau sombre » du procureur figure aussi « un haut fonctionnaire, à la carrière préfectorale en apparence exemplaire », Claude Guéant, qu’on a vu « se compromettre aux côtés d’un terroriste condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité [dans le dossier du DC-10 – ndlr] », Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi, puis « réceptionner des valises de billets à des fins de financement politique, et enfin se perdre dans des manœuvres financières complexes servant son seul enrichissement personnel ».

 

🔴 Un « second agent de corruption », Alexandre Djouhri, est apparu aussi, éloigné « de ses anciennes connexions dans le milieu du banditisme », fort de « ses réseaux politiques en France et à travers le monde » ; il a été « reçu à 59 reprises à l’Élysée, dont les locataires ont pu profiter de son expertise » – sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

 

- Une réponse ferme

  • La République s’est « pliée en quatre pour accueillir sur notre sol un des agents publics étrangers impliqués dans le pacte », Bachir Saleh, ancien chef de cabinet de Mouammar Kadhafi, « puis s’est démenée pour l’exfiltrer quand sa présence devenait gênante », rappelle encore le procureur.
  • Le tableau sombre est celui de « l’opacité financière, [d]es sociétés offshore, [d]es paradis fiscaux, [d]es banques d’affaires », qui se sont « mis au service de la corruption », rendant difficile, voire impossible pour la justice de reconstituer les flux financiers illicites. Le procureur a aussi demandé au tribunal de déclarer recevables les constitutions de parties civiles des associations anticorruption Sherpa, Anticor et Transparency International France, très actives à l’audience.
  • À toutes les étapes de cette enquête, les juges se sont heurtés à l’omerta d’un clan soudé. « La position qui a été celle des prévenus depuis le début de l’audience, mais aussi au cours des dix années d’information judiciaire, n’aura pas permis de comprendre comment ils ont pu en arriver là, déplore Sébastien de La Touanne, et quels étaient les ressorts de ce système. »

Le représentant du PNF (Parquet national financier) dit qu’il préfère croire « qu’il s’agit là d’un système hérité d’une époque révolue », et qui n’était que « celui d’un petit groupe d’individus, dont les errements appartiennent désormais au passé ».

  • « Quelle réponse pénale apporter aux nombreuses et graves infractions à la probité reprochées aux différents prévenus ?, interroge-t-il. Cette réponse doit pour nous être celle de la fermeté et de la justice. Une réponse ferme, à la hauteur de la gravité des faits, et de l’attente légitime de justice de nos concitoyens face à ces comportements. »

 

 

🔴 Assis non loin du procureur, Nicolas Sarkozy, une jambe repliée sur l’autre, toise les magistrats avec lassitude. C’est son tour

 ⁇ ️ « Il est parfaitement établi que Nicolas Sarkozy a agi en dehors de ses fonctions de ministre d’État, ministre de l’intérieur, pour conclure un pacte de corruption avec Mouammar Kadhafi, dictateur dont nous avons rappelé les agissements, poursuit Sébastien de La Touanne. Il n’a pas hésité à s’appuyer sur son principal collaborateur Claude Guéant et sur son ami Brice Hortefeux, ministre délégué aux collectivités locales, pour parvenir à ses fins et obtenir la remise par les caciques du régime kadhafiste de fonds publics libyens par l’intermédiaire de Ziad Takieddine et [de] Thierry Gaubert, ces fonds étant utilisés dans le cadre du financement de la campagne présidentielle de 2007. »


 ⁇ ️ L’ancien président hoche la tête en signe de désapprobation, se tournant brièvement vers ses avocats. Le procureur expose qu’une fois élu président de la République, Nicolas Sarkozy a « poursuivi l’exécution du pacte de corruption en détournant les moyens de sa fonction pour favoriser les intérêts du régime libyen et exfiltrer Béchir Saleh », également poursuivi.


 ⁇ ️ « Homme politique de premier plan, maire, président de conseil général, député, député européen, ministre, ministre d’État, président de la République, Nicolas Sarkozy était tenu à un devoir d’exemplarité et d’intégrité, poursuit Sébastien de La Touanne. Au regard de la gravité des faits, de la personnalité du prévenu et de l’état de son patrimoine, seules des peines d’emprisonnement et d’amende fermes seront susceptibles d’assurer la protection de la société, de prévenir la commission de nouvelles infractions et restaurer l’équilibre social. »


 ⁇ ️ Compte tenu de la nature des délits reprochés, qui touchent « plus particulièrement à la probité des agents publics », il convient, en outre, de « priver l’intéressé de certains de ses droits civiques, civils et politiques », relève Sébastien de La Touanne.

 


🔴 La contribution des autres acteurs du pacte de corruption est aussi résumée.

 ⁇ ️ D’abord celle de Claude Guéant, « impliqué dans tous les volets » du dossier, et qui s’est « personnellement enrichi par la corruption et le trafic d’influence ».

  • L’ancien directeur de cabinet a « participé à la préparation, à la conclusion et à l’exécution du pacte de corruption », en relation étroite avec Ziad Takieddine.
  • Il est aussi « impliqué, en lien avec Alexandre Djouhri, dans la prétendue vente des tableaux, la vente de la villa Mougins, ainsi que dans le volet Airbus ».

« Préfet, directeur général de la police nationale, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant était tout comme Nicolas Sarkozy tenu à un devoir d’exemplarité et d’intégrité », relève le procureur.


 ⁇ ️ Brice Hortefeux, le fidèle lieutenant, le « frère » de Nicolas Sarkozy, a lui aussi participé à la préparation du pacte « en détournant les moyens de ses fonctions de ministre délégué aux collectivités territoriales ». Puis, « par la remise des coordonnées bancaires du compte Rossfield à Abdallah Senoussi, à l’occasion d’un voyage officiel en Libye en présence du bénéficiaire économique de ce compte, Ziad Takieddine, il a participé à la mise à exécution de ce pacte », résume le procureur.


 ⁇ ️ En 2006, cinq millions d’euros sont versés par le canal de Senoussi sur le compte Rossfield afin de soutenir la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

 

 

- Une défense de clan

"Le patron voyou doit être traité comme un voyou. C'est encore pire d'être un voyou d'en haut de l'échelle" #pdc

Durant l’audience, les deux proches de Nicolas Sarkozy ont prétendu tous les deux avoir été « piégés » par Ziad Takieddine, qui les aurait entraînés contre leur gré chez Abdallah Senoussi, sans pouvoir expliciter sérieusement quels auraient pu être l’enjeu ou les ressorts de ce « piège ». L’ancien président a souscrit à la même théorie, en déplorant qu’ils aient été piégés, par naïveté. Une défense de clan.

 

  • « Nicolas Sarkozy aurait peut-être pu reconnaître ou expliquer certaines choses, s’interroge Vincent Ollivier, avocat de familles des victimes du DC-10. J’ai eu l’impression que son principal objectif n’était pas de convaincre le tribunal, mais plutôt d’essayer de convaincre l’opinion publique, pour maintenir sa place dans l’histoire. On ne peut pas poursuivre ces deux objectifs simultanément. Il n’a pas accepté le débat judiciaire. Notamment en soutenant qu’il ne connaissait rien à rien ou, par exemple, qu’il ne connaissait pas Takieddine. »
  • Ses avocats sont aussi restés en retrait, laissant à l’ancien président le soin de se défendre. Seul. Et mal. À l’ancienne. Dans un entretien au journal Le Parisien, jeudi, Nicolas Sarkozy affirme vouloir démontrer son « innocence ». « Je ne vais pas quand même avouer quelque chose que je n’ai pas fait ! Est-ce que ce que je dis est faux ? », s’interroge-t-il.
  • Il conteste avec la même vigueur sa condamnation définitive pour corruption dans l’affaire Bismuth[4]… « J’ai été condamné pour une intervention qui n’a jamais été faite, en échange d’un service qui n’a jamais été demandé ni rendu… Je suis certain qu’on gagnera devant la Cour européenne. »
  • « L’ex-président a la conviction que les Français l’ont compris », analyse la journaliste du Parisien Marion Mourgue. « Il en veut pour preuve les ventes de ses livres, les sollicitations qu’il reçoit, les messages dans la rue, les demandes de selfie quand il court, les politiques qui défilent dans son bureau. »

 

 

🔴 À 16 h 49, quelques minutes seulement après sa sortie de la salle d’audience, l’équipe de Nicolas Sarkozy diffuse un communiqué sur ses réseaux sociaux.

  • Il y dénonce les « constructions intellectuelles », « imaginées par l’accusation ». La riposte est hors sol.
  • « Le Parquet national financier persiste depuis 13 ans à essayer par tous les moyens possibles de prouver ma culpabilité dans l’affaire du prétendu financement libyen, se plaint l’ancien président. Aucun des faits mis à jour [sic] et soulignés par ma défense durant l’audience devant le tribunal correctionnel ne pouvait ébranler ce postulat idéologique de base [sic]. »
  • Selon lui, « la fausseté et la violence des accusations » et « l’outrance de la peine réclamée » par le parquet ne visent « qu’à masquer la faiblesse des charges alléguées ». Lors d’une audition par les juges, en octobre 2022, il avait eu cette phrase plus ambiguë : « Je ne prends pas du tout cette histoire à la légère, mais les apparences sont pour moi, elles ne sont pas contre moi, sauf à ce que je mente et que vous trouviez quelque chose, mais pour le moment ça n’est pas le cas. »

 

 

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- Il risque 7 ans de prison : le procès qui fait trembler Sarkozy

Décryptage des réquisitions et des enjeux explosifs de cette affaire avec Vincent Brengarth, avocat pour l’association #Sherpa, une des ONG qui s’est constituée partie civile.

 

 

🔴 25 SEPTEMBRE 2025 : Poursuivi pour association de malfaiteurs, dans l’affaire du financement libyen de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy, ancien président français, a été condamné cinq ans de prison avec mandat de dépôt à effet différé. 

C’est une première dans l’histoire de la Ve République. Jeudi 25 septembre, l’ancien président Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007. Reconnu coupable d’association de malfaiteurs – des « faits d’une gravité exceptionnelle de nature à altérer la confiance des citoyens en ceux qui les représentent », selon la présidente du tribunal –, il devrait être incarcéré d’ici un mois, malgré son appel, car la peine a été assortie d’une exécution provisoire et d’un mandat de dépôt différé[5].

 

Notes :

[0Nicolas Sarkozy : « Je souhaite qu’il n’y ait pas de mesures d’aménagement de peine pour les peines supérieures à six mois. » ;  « Nous devrons d’urgence redonner à l’Etat la capacité à faire face à la délinquance , et en particulier celle des multirécidivistes »

[1 Affaire libyenne : sept ans de prison requis contre Nicolas Sarkozy

[2] Affaire des écoutes : Nicolas Sarkozy définitivement condamné à un an ferme, sous bracelet électronique

[3Financement libyen : sept ans de prison requis contre Nicolas Sarkozy

[4] Nicolas Sarkozy définitivement condamné à un an sous bracelet électronique dans l'affaire Bismuth

[525 SEPTEMBRE 2025 : Poursuivi pour association de malfaiteurs, dans l’affaire du financement libyen de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy, ancien président français, a été condamné cinq ans de prison avec mandat de dépôt à effet différé.

 

Pour en savoir plus :

Soupçons de financement libyen : elle souhaite "obtenir réparation", la Libye réclame 10 millions d’euros à l’ancien président français, Nicolas Sarkozy

 

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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 09:30
Mouvement social d’Ukraine : " Pour une Ukraine sans oligarques ni occupants " !

Des millions provenant des oligarques – pour le bien-être et la défense ! Pour une Ukraine sans oligarques ni occupants !

 

 

Les politiques prédatrices du nouveau président américain rendent impossible l’instauration d’une paix durable pour les Ukrainiens. Le refus de l’Ukraine de signer l’accord d’extraction minière, conçu pour servir les intérêts du capital américain, témoigne de sa détermination à éviter la dépendance coloniale. Cela ouvre la voie à l’exploration d’un modèle de relations plus équitables entre l’Ukraine et les États d’Europe, d’Asie et du reste du monde, sous le signe de la résistance à la domination impérialiste. Cependant, si la politique actuelle persiste, l’Ukraine risque une réduction imminente, voire un arrêt complet, de l’aide militaire des États-Unis.

 

 

Sources : Mouvement social d’Ukraine (Sotsialnyi Rukh)[0] |

- Cette aide n’a jamais été opportune ni suffisante. Cependant, son arrêt serait profondément ressenti.
Si l’État ukrainien est déterminé à maintenir l’effort militaire jusqu’à la libération de ses territoires ou la défaite décisive de l’agresseur, il doit adopter les méthodes appropriées. Selon nous, la défense de l’Ukraine pourrait être renforcée par une transition vers une politique de « socialisme de guerre », qui impliquerait la mobilisation de capitaux suffisants pour servir l’État par le biais de confiscations et l’abandon de la régulation économique fondée sur le marché. Une telle politique, combinée à une redistribution des richesses, réduirait le fardeau de la guerre qui pèse de manière disproportionnée sur les couches les plus pauvres de la société ukrainienne.

 

La communauté européenne a déjà réagi aux déclarations de Trump en augmentant ses budgets de défense et en augmentant son aide militaire à l’Ukraine. Il convient de noter que depuis l’invasion à grande échelle, le gouvernement a pris des mesures importantes pour renforcer ses propres capacités de défense, ancrer localement la production occidentale, relancer ses programmes de missiles et intensifier son programme de drones. Cependant, l’Ukraine dispose encore d’un potentiel substantiel pour mobiliser ses ressources internes.

 

 

- Le Mouvement social (Sotsialnyi Rukh) a longtemps souligné la nécessité de ces mesures, mais elles sont désormais essentielles pour la capacité de l’Ukraine à se défendre.

Le principal obstacle à une mobilisation efficace des ressources est la politique néolibérale, qui privilégie la propriété privée, encourage le profit et permet l’accumulation de richesses par des particuliers. Tant que les villes ukrainiennes resteront occupées et que l’agresseur russe conservera ses capacités offensives, tous les secteurs de l’économie doivent fonctionner de manière coordonnée, maximisant leur contribution à l’effort de défense.

 

La majeure partie des ressources financières devrait être concentrée entre les mains de l’État et investie dans le secteur de la défense, tandis que les capitaux privés devraient être soumis à une fiscalité progressive pour renflouer le budget de l’État. Le renforcement de la défense est indissociable d’investissements massifs dans le domaine social :

  • création d’emplois (notamment dans les secteurs d’infrastructures critiques) ;
  • amélioration du secteur des soins pour permettre à davantage de femmes d’intégrer le marché du travail, et amélioration de l’accès aux services sociaux tels que les soins de santé ;
  • l’hébergement temporaire et la réadaptation.

Ces mesures pourraient également contribuer à faire revenir des citoyens de l’étranger.

 

En outre, il est essentiel d’améliorer les garanties sociales pour les militaires, en particulier ceux qui défendent l’Ukraine depuis 2022.

 

 

- La singularité de la situation ukrainienne réside dans le fait que le démantèlement du capitalisme oligarchique est devenu plus que jamais possible dans un contexte de guerre totale et que cela est légitimé par la société.

 ⁇ ️ Premièrement, une part importante des services publics essentiels, déterminants pour la résilience de l’Ukraine, est déjà assurée par des entreprises publiques (chemins de fer, services postaux, santé, éducation, banques).

 ⁇ ️ Deuxièmement, de nombreuses entreprises (principalement celles liées aux oligarques russes) ont été nationalisées et la part du PIB redistribuée via le budget a augmenté.

 ⁇ ️ Troisièmement, les oligarques ukrainiens ont déjà perdu une partie de leur richesse et de leurs leviers de contrôle, se soumettant de plus en plus à l’influence du pouvoir d’État.

 

🔴 Il est donc urgent et nécessaire de mettre en œuvre :

  • Un audit des ressources naturelles et des terres permettra de déterminer leurs propriétaires et les avantages publics découlant de leur exploitation. La transparence dans le contrôle de la richesse nationale n’est pas nécessaire pour la commercialisation hâtive de ces ressources, mais pour comprendre les fondements sur lesquels repose la croissance de la prospérité générale. Cela motivera la population à lutter plus efficacement pour sa patrie et ses perspectives sociales.

 

  • Il faut établir un contrôle étatique sur les entreprises des secteurs stratégiques de l’économie et mettre en place une production de masse pour répondre aux besoins des populations en première ligne.
    • L’industrie doit œuvrer dans l’intérêt de la défense, et non pour suivre les fluctuations du marché.
    • Il faut restituer à l’État la propriété des infrastructures essentielles
    •  L’accès aux biens de première nécessité ne doit pas servir de pâture aux oligarques ni de moyen de détourner les aides de l’État vers les poches des monopoleurs.
    • Maintenir DTEK Société de carburant et de l’énergie du Donbass- NDT entre les mains de Rinat Akhmetov ou les entreprises énergétiques régionales entre les mains de Vadym Novynskyi est un acte injustifié de charité de l’État en faveur des oligarques.

 

  • Réexaminer les résultats de la privatisation spoliatrice. Les entreprises rachetées pour une bouchée de pain devraient être restituées à l’État, sinon la différence entre le prix d’achat et la valeur marchande réelle devrait être compensée. En premier lieu, les entreprises des secteurs minier, mécanique et chimique, essentielles à la défense, devraient être placées sous le contrôle de l’État. Il faut arrêter de ponctionner les subventions ; que les oligarques paient !

 

  • Dénoncer tout accord visant à éviter la double imposition avec Chypre, les Îles Vierges et d’autres juridictions offshore. La valeur ajoutée créée grâce aux ressources naturelles, aux infrastructures et à la main-d’œuvre ukrainiennes devrait être imposée ici, et uniquement ici.

 

  • Instaurer une fiscalité progressive et une taxe de luxe. La défense du pays repose sur l’héroïsme et les sacrifices des paysans, des ouvriers et des petites entreprises ukrainiens. Pour préserver le pays, les plus riches doivent sacrifier leur fortune, proportionnellement à l’influence qu’ils exerçaient avant la guerre - le taux d’imposition maximal devrait atteindre 90 % du revenu. Sans activisme fiscal, l’Ukraine tombera dans un piège d’endettement insurmontable (d’ici 2025, la dette extérieure pourrait approcher 100 % du PIB).

 

  • Instaurer le contrôle des travailleurs dans les entreprises comme outil efficace d’audit interne et forme de société auto-organisée. Depuis les premiers jours de la guerre jusqu’à aujourd’hui, le pays a été le théâtre de scandales de corruption liés à des détournements de fonds. Un contrôle permanent par les syndicats et les comités d’entreprise est essentiel pour une plus grande transparence des actions des dirigeants et pour prévenir la corruption. Il est possible de corrompre des individus, mais impossible de corrompre une collectivité entière. Accorder des pouvoirs de contrôle effectifs aux syndicats encouragera le développement d’un véritable mouvement ouvrier.

 

  • Abandonner la pratique antérieure de sous-financement de l’éducation et de la science. La haute technologie de la guerre moderne rend le rôle des ingénieurs et des ouvriers qualifiés tout aussi important que celui des soldats.
    • Seule l’inertie éducative de l’époque précédente, combinée à la culture technique répandue de la population ukrainienne, a rendu possibles la conception, la production et la maîtrise de nombreux outils techniques modernes qui nous confèrent un avantage sur le champ de bataille. Nous ne pouvons plus compter sur l’inertie des époques passées. Des investissements importants dans l’éducation et la science auraient été nécessaires hier. Sans développement du secteur social, l’Ukraine est confrontée à une émigration massive et à une crise démographique qui l’empêcheront de compenser les pertes humaines.

 

  • Monopole d’État sur les exportations. En 2024, les exportations de produits agricoles ont atteint le chiffre record de 24,5 milliards de dollars, alors que les profits continuent de profiter aux particuliers.

 

  • Révision des relations avec l’Europe concernant le sort des actifs russes. En se débarrassant des vestiges de l’influence oligarchique, l’Ukraine guérira de la corruption, ce qui permettra d’engager une discussion de fond sur le transfert des actifs russes gelés pour les besoins ukrainiens. Actuellement, environ 200 milliards de dollars sur les 300 milliards de dollars d’actifs d’origine russe sont détenus dans des pays européens.

 

  • Améliorer le prestige social du personnel militaire. La reconstitution du budget de l’État permettra de verser une juste compensation financière aux soldats blessés souhaitant reprendre du service. Il est essentiel de rétablir le maintien du salaire moyen des militaires mobilisés, ce qui garantira aux forces armées ukrainiennes le potentiel nécessaire en effectifs.

 

 

- La mise en œuvre de ces mesures est impossible sans une rupture entre les dirigeants du pays, les grandes entreprises et leurs vecteurs d’influence.

Si certaines de ces mesures sont mises en œuvre, elles renforceront la confiance du public envers le gouvernement. Les véritables garanties de la sécurité de l’Ukraine résident dans le renforcement des liens sociaux internes. D’un autre côté, les autres pays ne nous aideront pas tant que nous n’aurons pas démontré notre volonté de privilégier les intérêts de la défense plutôt que ceux du marché. Et, 34 ans après son indépendance, l’Ukraine devra apprendre à vivre sans oligarques et capitalistes. Alors que l’Ukraine dispose encore d’importantes ressources financières, industrielles et humaines, ne pas progresser vers leur socialisation serait une erreur majeure.

 

🔴 Le gouvernement ukrainien a désormais une occasion unique de démontrer concrètement ce qu’il est prêt à sacrifier : le pays ou les oligarques.

  • Si nous mettons fin au chaos néolibéral qui creuse le fossé entre riches et pauvres, nous unirons le peuple et deviendrons une force unificatrice d’envergure mondiale !
  • Si nous reconstruisons l’économie sur des principes sociaux, nous résisterons.

 

Des millions provenant des oligarques – pour le bien-être et la défense !

Pour une Ukraine sans oligarques ni occupants !

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19 mars 2025 3 19 /03 /mars /2025 20:23
Mais qui sont les électeurs du Rassemblement national ?

" Ni assez riches ni assez pauvres "

 

 

Un parti capable de gagner huit millions de voix en vingt ans ? Voilà qui interroge. Quelle est sa recette ? Et en quoi consistent ses ingrédients idéologiques ou sociologiques ? Sur ces sujets comme sur d’autres, plusieurs publications récentes apportent de précieuses réponses.

 

 

Sources : Benoît Bréville |

- La question a suscité tant de livres, de colloques et de thèses qu’on pourrait l’imaginer résolue.

Qui vote pour l’extrême droite, et pourquoi ? Depuis ses premiers succès il y a quarante ans, le Front national (FN), devenu Rassemblement national (RN) en 2018, est « sans conteste le parti politique français qui a été le plus étudié au cours des dernières décennies », observe le politiste Alexandre Dezé, avec pas moins de 210 livres publiés entre les années 1980 et 2017[0].

  • Et le flot ne s’est pas tari. Comment interpréter les logiques territoriales de son implantation ? Son ascension témoigne-t-elle d’une droitisation du pays ?
  • Ses électeurs sont-ils principalement animés par des considérations sociales ou des préoccupations culturelles ?

 

🔴 Ils ne justifient pas leur vote de la même manière, ni ne manifestent le même attachement au parti ; leurs motivations varient selon leur parcours biographique, leur âge, leur origine sociale, professionnelle, géographique…

Il faudrait ainsi parler « des » électorats du RN tant ce parti pénètre tous les milieux. Lors des élections européennes de juin 2024, la liste conduite par M. Jordan Bardella est arrivée en tête dans chaque catégorie socioprofessionnelle, 53 % chez les ouvriers, 40 % chez les employés, mais aussi 20 % chez les cadres (à égalité avec M. Raphaël Glucksmann)[1]. Le RN repose sur une base populaire et peu diplômée, mais il peut aussi compter sur une certaine bourgeoisie. La plupart des universitaires renoncent dès lors à tirer des enseignements trop généraux, à retenir des objets trop larges, et privilégient des études parcellaires sur tel quartier ou tel métier, afin d’examiner toutes les sinuosités des choix électoraux. Les médias, eux, ne s’embarrassent pas de telles nuances.

 

  • Dès les années 1990, le géographe Jacques Lévy s’est fait connaître par sa théorie du « gradient d’urbanité »[2] : le vote FN, très faible au centre des agglomérations, lieu de diversité et de connexion internationale, augmenterait à mesure que l’on se dirige vers des zones moins denses et moins diverses, périurbaines et rurales, où l’attachement aux identités locales et traditionnelles est fort. Tout reposerait sur le couple densité-diversité. Invalidée par de nombreux contre-exemples, critiquée pour son usage douteux des statistiques et pour son oubli des variables sociales, la thèse de Lévy n’en a pas moins connu une certaine postérité. D’autant que quelques-uns de ses émules l’ont affinée, en y ajoutant des considérations économiques. Tel le géographe et consultant Christophe Guilluy, auteur d’un livre à succès en 2014[3]. Selon lui, si le clivage territorial est bien réel, il s’opère en fait entre une « France métropolitaine » prospère, traversée par les flux matériels, financiers et humains du capitalisme, celle des « élites » et des « gagnants de la mondialisation », et la « France périphérique », frappée par la désindustrialisation, à l’écart de la création de richesse, éloignée des bassins d’emploi, celle du « peuple » et des « oubliés », qui vote massivement à l’extrême droite.

 

▶️ Divers spécialistes ont reproché à Guilluy d’homogénéiser la France des campagnes et des petites villes, d’en donner une image démesurément sombre tandis qu’il embellissait le sort réservé aux banlieues populaires.

  • L'illusion du vote bobo Configurations électorales et structures sociales dans les grandes villes françaises
    Certains comme Éric Charmes, Lydie Launay et Stéphanie Vermeerschont rappelé, études à l’appui, que le fait d’habiter dans le périurbain, quand la commune de résidence est choisie et offre un cadre de vie agréable, ne favorise pas le vote d’extrême droite[4].
  • D’autres ont souligné, en croisant un vaste jeu de données au niveau des bureaux de vote (registres électoraux, questionnaires à la sortie des urnes, statistiques de recensement…), que la localisation détermine moins les choix électoraux que l’âge, le diplôme ou la profession. Étudiant l’aire urbaine de Nantes, le géographe Jean Rivière souligne ainsi que « les mutations électorales épousent étroitement la trajectoire sociologique des quartiers de la métropole »[5]. L’éclatement des blocs électoraux et la tripartition politique découlant de la victoire de M. Emmanuel Macron en 2017 ont quelque peu mis à mal sa théorie, mais Guilluy n’en démord pas : « Il n’y a pas trois blocs mais deux, les métropoles contre la France périphérique », expliquait-il encore au lendemain du second tour des élections législatives au Figaro, le 15 juillet 2024.

 

 

- Kebabs, dosettes de café et choix politiques

Sur le marché des explications électorales à coups de cartes-chocs, le consultant se voit désormais concurrencé par le directeur du département Opinion de l’Institut français d’opinion publique (IFOP), Jérôme Fourquet. Dans une trilogie entamée avec « L’Archipel français » (Seuil, 2019) et ponctuée par « La France d’après. Tableau politique » (Seuil, 2023)[5bis], le sondeur corrige certains défauts de ses prédécesseurs. Il examine diverses variables, plusieurs échelles, fait apparaître les fragmentations locales. Il en ressort une France non pas coupée en deux, mais « archipélisée », éparpillée entre des groupes implantés dans des territoires différents, qui ne partagent pas les mêmes modes de vie ni les mêmes conceptions du monde. « La France d’après » nous apprend :

  • qu’en Alsace les clubs de danse country se concentrent surtout dans les zones périurbaines (où le vote RN est fort), tandis que les kebabs se situent essentiellement dans les grandes villes (Strasbourg, Mulhouse, Colmar) et leurs banlieues (où la gauche réalise ses meilleurs scores).
  • Que les détenteurs de machines à café à capsules ont davantage voté pour M. Macron en 2022, quand ceux qui possèdent une machine à dosettes ont privilégié Mme Marine Le Pen. Qu’une forte densité d’enseignes bio, de cafés Starbucks, d’établissements où bruncher et de restaurants répertoriés dans le guide branché Fooding s’est traduite par un vote élevé pour les écologistes aux municipales de 2020, comme à Bordeaux ou Grenoble. Succès médiatique garanti.
La France d'après. Tableau politique Jérôme Fourquet

 

▶️ De ces percées conceptuelles, Fourquet conclut que l’extrême droite s’adresse au gruppetto, aux relégués de la société de consommation, dans un raisonnement qui confond stratégie électorale et placement de produit, groupes sociaux et segments de marché.

S’il utilise d’innombrables variables, il n’en croise généralement que deux ou trois, opportunément choisies, et la juxtaposition des cartes fait office de démonstration. Que les électeurs des petites villes de la Somme et de l’Aude (cinq cents à cinq mille inscrits) où sont implantées des éoliennes aient accordé une « prime de quelques points » à Mme Le Pen en 2022 doit laisser penser que les mesures écologiques alimenteraient le vote d’extrême droite. Pour illustrer la fracture entre la « Butte [Montmartre] macroniste » et la « Goutte-d’Or mélenchoniste » dans le XVIIIe arrondissement de Paris, Fourquet choisit d’utiliser le prix de l’immobilier et la présence de commerces africains, dans une opposition caricaturale entre Blancs riches et immigrés pauvres.

 

🔴 Examinons ces deux exemples à l’aide de travaux universitaires récents.

▶️ Plusieurs chercheurs se sont penchés sur la question des éoliennes dans les Hauts-de-France[6].

Eux aussi remarquent un « survote » pour le RN dans les municipalités où ces engins sont implantés. Mais ils ne s’en tiennent pas à ce constat. L’analyse des données sociodémographiques des territoires concernés leur permet d’établir que les communes dotées d’éoliennes abritent davantage d’ouvriers, de précaires et de non-diplômés, soit une population plus encline à voter RN. « De plus en plus, observent les sociologues, l’éolien se déploie de manière socialement inégalitaire », dans des villes livrées à la dérégulation territoriale et qui n’ont pas les moyens de résister à la promotion agressive des opérateurs fonciers. Dans cette perspective, le « survote » apparaît comme le symptôme du traitement réservé aux territoires populaires, et non comme l’expression d’une sensibilité antiécologique des électeurs d’extrême droite.

 

▶️ Concernant le XVIIIe arrondissement, les variables choisies par Fourquet ont pour effet d’associer mécaniquement les immigrés pauvres au vote Mélenchon, et les citadins aisés au vote Macron.

Une étude menée dans une zone urbaine sensible du nord de Paris, à la composition sociale proche de la Goutte-d’Or, met en avant d’autres réalités[7].

  • Tout métropolitains qu’ils soient, les habitants du quartier ont accordé 13,7 % de leurs suffrages à Mme Le Pen lors du premier tour de la présidentielle de 2017, soit presque trois fois plus que la moyenne parisienne. On retrouve parmi ces électeurs de nombreuses familles blanches qui déplorent la dégradation de leur quartier et en attribuent la responsabilité aux étrangers et aux musulmans.
  • Mais le vote RN attire aussi des habitants originaires du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne. Comme Abdelmalik, ancien ouvrier kabyle qui touche désormais une pension d’invalidité et tient en horreur les « islamistes », ou Nadine, catholique immigrée du Congo et titulaire d’un diplôme de secrétariat. En affichant leur attachement au RN, tous deux espèrent se distinguer des autres non-Blancs, pour mieux souligner leur intégration réussie et montrer qu’ils sont du « bon côté ».

Ces « cas improbables » illustrent la force du mécanisme de mise à distance dans le choix du RN, lequel découle souvent de conflits sociaux localisés et de trajectoires individuelles que la comparaison de deux cartes rudimentaires ne permet pas de saisir.

 

La droitisation française, mythe et réalités : comment citoyens et électeurs divergent Vincent Tiberj

🔴 À force d’infographies sur les agressions de médecins et de pompiers, les cambriolages, les points de « deal », les prénoms musulmans, l’ouvrage de Fourquet donne le sentiment d’une France qui se droitise et se barricade à mesure que l’immigration augmente.

Vincent Tiberj, sociologue, spécialiste des comportements électoraux, n’en croit rien. En agglomérant des dizaines d’enquêtes d’opinion — mais en écartant les moins sérieuses —, il a confectionné des « indices longitudinaux de préférences culturelles, sociales et de tolérance » pour mesurer l’opinion des Français dans la longue durée[8]. Ses résultats contre-intuitifs ont agacé Le Figaro : car, selon Tiberj, la « droitisation française » relèverait du « mythe ». Mieux : le pays serait de plus en plus tolérant et progressiste concernant la sexualité, les religions, l’immigration, l’égalité entre hommes et femmes…

  • En 1981, 29 % des sondés considéraient l’homosexualité comme « une manière acceptable de vivre sa sexualité » ; en 1995, ils étaient 62 % ; et, depuis le début du XXIe siècle, la proportion tourne autour de 90 %.
  • En 1992, 44 % des personnes interrogées voyaient les immigrés comme une « source d’enrichissement culturel » ; trente ans plus tard, ils étaient 76 %. Et ainsi de suite concernant la peine de mort, l’acceptation des minorités juives ou musulmanes, l’usage des drogues…

Un constat corroboré par le politiste Luc Rouban[9]. Son « indice d’altérité » suggère que même les électeurs du RN sont devenus plus tolérants. Des préoccupations sociales motiveraient donc avant tout leur vote. Rouban en veut pour preuve le « baromètre » établi par le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) en 2022 : 38 % des électeurs du RN classaient le pouvoir d’achat au premier rang de leurs préoccupations, contre 18 % pour l’immigration.

 

 

- Alors pourquoi n’observe-t-on pas cette « gauchisation » de l’opinion dans les urnes ?
Pour Tiberj, la faute en reviendrait à la « grande démission » des électeurs, c’est-à-dire à l’abstention. « S’il y a autant d’écarts entre les valeurs des citoyens et les votes des électeurs, avance-t-il, c’est que nombre d’entre eux ne s’expriment plus. » Tandis que les électeurs conservateurs, souvent âgés, se mobiliseraient massivement, galvanisés par la parole réactionnaire libérée dans les médias, d’autres, souvent des jeunes réputés plus progressistes, bouderaient les isoloirs, pour marquer leur distance avec l’offre politique. Le temps jouerait donc en faveur de la gauche, qui n’a pas besoin de convaincre les électeurs du RN : il lui suffirait d’attendre que les jeunes générations remplacent les « boomers » et de remobiliser les déçus de la politique en favorisant la démocratie directe, notamment l’organisation de référendums à tous les niveaux.

 

 

- Celui qui paie beaucoup et ne reçoit rien
Essentiellement fondée sur des sondages, la démonstration recèle plusieurs failles.

  • Tout d’abord, les jeunes finissent par vieillir. Au second tour de l’élection présidentielle de 2002, seuls 7 % des 18-24 ans avaient voté pour Jean-Marie Le Pen, environ trois fois moins que les 25-34 ans (22 %) et les 35-44 ans (18 %).
  • Parvenue à l’âge adulte, cette même cohorte (désormais âgée de 38 à 44 ans) a plébiscité Mme Le Pen à hauteur de 47 % en 2022 — bien plus que les 65-79 ans (29 %).

Le temps ne fait donc rien à l’affaire, et l’horizon est d’autant plus sombre que le RN part désormais de très haut : 32 % des 18-24 ans ont voté pour Mme Le Pen en 2022…

  • Rien n’indique non plus une masse de gauche tapie dans l’ombre de l’abstention. Si la tendance peut s’observer dans certains quartiers populaires de banlieue, elle est plus douteuse ailleurs. Les enquêtes électorales indiquent que nombre d’électeurs s’abstenaient avant de se décider à glisser un bulletin pour le RN. Le profil sociologique des abstentionnistes est en outre proche de celui des électeurs d’extrême droite, plus populaire que la moyenne, moins diplômé. Une hausse de la participation ne profiterait donc pas mécaniquement à la gauche. D’ailleurs, le RN réalise souvent ses meilleurs scores lors des scrutins les plus mobilisateurs, à commencer par l’élection présidentielle.

 

🔴 Et puis l’approche par sondages agglomérés ne permet pas de saisir les dynamiques politiques à l’œuvre derrière les évolutions des mentalités, en particulier la manière dont l’extrême droite met en concurrence certaines causes, opposant l’immigration et l’islam à la défense des femmes et des homosexuels.

Sans compter que le front du changement social n’est pas figé. De nouveaux combats apparaissent quand les précédents sont remportés, qui permettent au camp conservateur d’entretenir la polarisation culturelle. C’est ce qu’observent Matt Grossmann et David Hopkins au sujet des États-Unis, où les républicains ont délaissé — dans une certaine mesure — leurs attaques contre les homosexuels pour cibler les trans, le « wokisme », la cancel culture… Ainsi le même schéma peut-il se répéter au fil des décennies : « D’abord, les conservateurs expriment leur colère face aux nouveaux changements culturels, tandis que les progressistes les défendent comme s’il s’agissait de valeurs communes, résument les chercheurs. Ensuite, les conservateurs s’accommodent progressivement de ce changement en acceptant l’évolution des normes. Enfin, les progressistes l’emportent, établissant leur point de vue comme un nouveau consensus — même s’ils perdent de nombreuses élections en cours de route[10]. »

Des électeurs ordinaires Enquête sur la normalisation de l'extrême droite Félicien Faury

 

🔴 Un pays plus tolérant et moins raciste, des électeurs du RN motivés principalement par des préoccupations sociales ?

Réalisée entre 2016 et 2022 dans plusieurs petites villes de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), l’enquête de terrain de Félicien Faury dévoile une autre réalité, où le racisme est sans cesse palpable[11]. Les électeurs du RN — mais pas seulement — invoquent les « Arabes », les « Turcs » ou les « musulmans » pour se plaindre du manque de places en crèche, de la dégradation de l’offre scolaire, de la disparition des commerces traditionnels en centre-ville, des difficultés d’accès au service public, de la baisse du pouvoir d’achat, des impôts trop élevés pour financer « les branleurs »… « La force de l’extrême droite n’a pas résidé dans sa capacité à imposer “un” seul thème, celui de l’immigration, dans le débat public, mais plus précisément à proposer sans relâche des jonctions entre cette thématique et une liste toujours plus longue d’autres enjeux sociaux, économiques et politiques », analyse le sociologue, qui juge donc vides de sens les « baromètres » invitant les électeurs à hiérarchiser leurs préoccupations, en choisissant parmi plusieurs items (NDLR : Les « items » sont des objets, et plus particulièrement les éléments qui forment un ensemble que l'on considère isolément.).

 

🔴 Présenté comme omniprésent, le racisme n’est toutefois pas conçu par Faury comme « une haine de l’autre abstraite », mais comme le produit d’« une série d’intérêts proprement matériels, où l’hostilité raciale s’entremêle aux préoccupations économiques ».

Contrairement aux nombreuses recherches portant sur des régions en déclin, frappées par la désindustrialisation, Faury a mené l’enquête dans une zone prospère, dopée par une économie touristique et résidentielle de services, mais soumise à une forte pression immobilière et à la montée des inégalités. Ici, ce sont surtout les classes populaires stabilisées, les petites classes moyennes, les retraités qui votent pour le RN, avec une surreprésentation de certains secteurs (artisanat, commerce, métiers de la sécurité…).

  • Préservés du chômage, ces électeurs perçoivent néanmoins leur situation comme fragile.
  • Ils considèrent appartenir au « mauvais milieu », ni assez riches pour être à l’aise, ni assez pauvres pour bénéficier du soutien public, celui qui paie beaucoup et ne reçoit rien. Ainsi se dessine un nouveau rapport de défiance à l’égard des institutions, et plus généralement de l’État-providence, perçu comme injuste et défaillant, privilégiant toujours « les autres » à « ceux qui le méritent vraiment ».

▶️ La sociologue Clara Deville l’a également observé dans le Libournais (Gironde), où elle a suivi des bénéficiaires d’aides sociales dans leur périple pour faire valoir leurs droits[12]. Entre fermetures des guichets, dématérialisation et contrôles tatillons, la galère administrative finit parfois par générer des préjugés, quand un enquêté croit percevoir que « les Noirs et les Arabes » s’en sortent mieux que lui : « Vous allez dire que je suis raciste, mais non, c’est juste que je vois bien qu’à la CAF [caisse d’allocations familiales] c’est les Noirs et tout qui font la queue et qui réclament. » Ainsi, les discriminations dont sont victimes certaines minorités contribuent, dans un cercle vicieux, à accroître le stigmate qui pèse sur elles.

 

 

- « Tout le monde pense ça ici »
▶️ En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le sentiment de tenaille sociale se combine à celui d’un étau territorial, dans une région où les prix de l’immobilier explosent et où la mobilité résidentielle se révèle très entravée. Coincés entre des espaces inaccessibles et d’autres indésirables, les électeurs du RN craignent le déclassement de leur quartier.

  • Dans ce contexte, écrit Faury, les personnes non blanches paraissent « dévaloriser par leur simple présence les territoires où elles s’installent. Plus encore que les cités situées en périphérie, c’est l’installation de nouveaux résidents immigrés dans un quartier environnant ou, pire, dans son propre quartier qui est la plus redoutée ». Ainsi l’ouverture d’un café sans alcool ou d’une boucherie halal dans le centre-ville peut-elle faire jaser pendant des mois.

 

Ceux qui restent Faire sa vie dans les campagnes en déclin

▶️ Cette exploration « par le bas » des logiques de normalisation du RN recoupe certaines observations de Benoît Coquard dans les campagnes désindustrialisées du Grand Est[13], où le vote d’extrême droite est également très répandu, notamment parmi les ouvriers, les précaires et les jeunes adultes.

  • Les deux sociologues mettent en évidence des territoires où le vote RN est devenu une sorte de norme - non pas une déviance, un geste honteux dont il faudrait se cacher -, mais un acte que l’on peut revendiquer, une fierté. Ainsi signifie-t-on qu’on n’est pas un « assisté », un « cassos’ », un « fainéant », bref de « ceux qui profitent du système ». Chacun connaît des amis, des voisins, des parents, des commerçants qui font de même, et la sociabilité conduit à un autorenforcement. « Tout le monde pense ça ici », « tout le monde vous le dira », « je ne suis pas seul à dire ça », réplique-t-on fréquemment aux deux sociologues. « Partagé par un nombre croissant d’électeurs, le vote RN peut dès lors être présenté non plus comme pathologique, mais “ logique ”, non plus extrême mais “ bien normal ” », observe Faury, tandis que Coquard abonde : « S’afficher “ pour Le Pen ” est ici un positionnement légitime, facile à soutenir en public. »

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▶️ Il n’en va pas de même pour celui qui s’affirme de gauche. Dans les campagnes du Grand Est, il risque de « provoquer critiques et moqueries sur le thème de la fainéantise présumée ou de la naïveté ». Quasiment absente de ces territoires, notamment du fait des dynamiques territoriales qui poussent les diplômés vers les grandes villes, la gauche est assimilée à l’entre-soi des élites locales ou aux beaux parleurs parisiens. Des gens qui vivent confortablement, mais s’autorisent tout de même à « donner des leçons », dans un mélange d’hypocrisie et de suffisance. Sont particulièrement visés les enseignants, les universitaires, les artistes, les journalistes, mais aussi les travailleurs associatifs locaux, les cadres des services publics. C’est-à-dire la petite élite du diplôme, qui symbolise le savoir au quotidien.

 

Sun Tzu l’a théorisé dans " L’Art de la guerre[14] " : pour remporter une bataille, il faut connaître son adversaire, mais aussi se connaître soi-même. On en vient donc à espérer autant de livres sur la gauche, ses dirigeants, ses militants, ses électeurs, pour dire comment elle a pu se désarrimer à ce point des classes populaires.

Notes :

[0] Alexandre Dezé, « Que sait-on du Front national ? », dans Olivier Fillieule, Florence Haegel, Camille Hamidi et Vincent Tiberj (sous la dir. de), Sociologie plurielle des comportements politiques, Presses de Sciences Po, Paris, 2017.

[1« Sociologie des électorats et profil des abstentionnistes. Élections européennes, 9 juin 2024 »

[2] Jacques Lévy, « L’Espace légitime. Sur la dimension géographique de la fonction politique », Presses de Sciences Po, 1994.

[3] Christophe Guilluy, « La France périphérique. Comment on a fracturé les classes populaires », Flammarion, Paris, 2014.

[4] Éric Charmes, Lydie Launay et Stéphanie Vermeersch, « Quitter Paris ? Les classes moyennes entre périphéries et centres », Créaphis, Grane, 2019.

[5] Jean Rivière, « L’Illusion du vote bobo. Configurations électorales et structures sociales dans les grandes villes françaises », presses universitaires de Rennes, 2022.

[5bis] Jérôme Fourquet « La France d'après. Tableau politique »

[6] Jimmy Grimault, Tristan Haute, Leny Patinaux et Pierre Wadlow, « Les voix du vent. Développement éolien et vote aux élections régionales dans les Hauts-de-France », Mouvements, vol. 118, n° 3, Paris, 2024.

[7] Lorenzo Barrault-Stella et Clémentine Berjaud, « Quand des minorités ethno-raciales des milieux populaires soutiennent le Front national », dans Safia Dahani, Estelle Delaine, Félicien Faury et Guillaume Letourneur (sous la dir. de), Sociologie politique du Rassemblement national. Enquêtes de terrain, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d’Asq, 2023.

[8] Vincent Tiberj, « La droitisation française, mythe et réalités : comment citoyens et électeurs divergent », PUF, Paris, 2024.

[9] Luc Rouban, « La Vraie Victoire du RN », Presses de Sciences Po, 2022, et « Les Ressorts cachés du vote RN », Presses de Sciences Po, 2024.

[10] Matt Grossmann et David A. Hopkins, « Polarisé par degrés Comment la division des diplômes et la guerre culturelle ont transformé la politique américaine », Cambridge University Press, 2024.

[11] Félicien Faury, « Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l’extrême droite », Seuil, Paris, 2024.

[12] Clara Deville, « L’État social à distance. Dématérialisation et accès aux droits des classes populaires rurales », Vulaines-sur-Seine, 2023.

[13] Benoît Coquard, « Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin », La Découverte, Paris, 2019.

[14] Sun Tzu « L’Art de la guerre »

 

Pour en savoir plus :

Vote RN : qui sont les électeurs du parti d'extrême droite et quelles sont leurs motivations

- La preuve par M. Bompard : la stratégie électorale des insoumis est gagnante

 

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26 février 2025 3 26 /02 /février /2025 18:25
Allemagne : « L’orientation de Die Linke est clarifiée, et sa base électorale consolidée »

Le politiste Kolja Lindner analyse le relatif succès dans les urnes du parti de gauche radicale, qui a reconstitué son groupe parlementaire. Il a fait mieux que résister à la scission organisée voici un an par une de ses anciennes responsables, Sahra Wagenknecht.
En obtenant près de 9 % des suffrages lors des élections fédérales tenues le 23 février
[1], Die Linke[0] a enregistré une progression qui constitue l’une des rares bonnes nouvelles pour les gauches en Allemagne.
Né en 2007 de la fusion opérée entre des dissidents sociaux-démocrates de l’Ouest et d’ex-communistes de l’Est, le parti s’était installé dans le paysage politique national depuis de nombreuses années. Il avait cependant décliné de manière significative lors du précédent scrutin législatif, en 2021. Et l’an dernier, ses perspectives s’étaient encore assombries en raison d’une scission à l’initiative de Sahra Wagenknecht. Celle-ci avait lancé une formation « conservatrice de gauche » à son nom, ce qui avait privé Die Linke de groupe parlementaire.

À rebours de nombreux commentaires, Kolja Lindner estimait alors que le départ de Wagenknecht offrait l’occasion d’une clarification pour Die Linke, dont l’image avait été dégradée par des controverses internes interminables.

Maître de conférences en théorie politique allemande à l’université Paris 8, titulaire de la chaire Maurice-Halbwachs à l’université de Wuppertal (Allemagne) en 2024-25, il a répondu à nos questions sur les résultats de ce dimanche.

 

 

Sources : Médiapart |

- Mediapart : Die Linke a retrouvé une représentation inespérée au Bundestag. Quels ont été les moteurs de sa dynamique électorale ?

Kolja Lindner : Le premier facteur date d’avant l’annonce des élections anticipées. En octobre dernier, un nouveau binôme paritaire a été élu à la tête du parti. Cela l’a rendu apte à saisir une fenêtre d’opportunité pour augmenter son poids électoral.

 

Sur le papier, l’équilibre traditionnel entre une personne issue de l’Ouest (Jan van Aken) et une personne issue de l’Est (Ines Schwerdtner) a été reproduit. Mais le plus important, c’est qu’ils incarnaient tous deux une véritable relève générationnelle.

  • Jan van Aken provient de milieux activistes écologistes dans la ville de Hambourg ;
  • tandis qu’Ines Schwerdtner, qui a travaillé pour la version allemande de la revue de gauche Jacobin, n’avait aucun lien historique avec l’ancien parti du régime communiste.

 

🔴 Cela a considérablement joué sur deux plans.

  • D’une part, Die Linke a connu des adhésions massives : le parti est passé de 54 000 membres en 2022 à 81 000 membres juste avant les élections législatives.
  • D’autre part, les jeunes se sont davantage reconnus dans son offre politique.

Celles et ceux qui ont voté pour la première fois ont été 27 % à mettre un bulletin Die Linke dans l’urne, et les 18-24 ans ont été 25 % à faire de même. Die Linke est le premier parti dans ces deux catégories.

 

🔴 Le deuxième facteur a été le positionnement du parti sur le fond. Die Linke est apparue en pointe de la mobilisation antifasciste. Après que Friedrich Merz [le chef de file des chrétiens-démocrates – ndlr] a fait passer une motion sur l’immigration avec les voix de l’AfD au Bundestag, la députée Heidi Reichinnek a appelé à résister à la tribune, et enregistré une intervention devenue virale sur les réseaux sociaux. Elle a ainsi contribué à la mobilisation de centaines de milliers de personnes contre la rupture du cordon sanitaire avec l’extrême droite.

 

🔴 Ensuite, Die Linke a mené une campagne sur les enjeux sociaux, et plus particulièrement sur la question des loyers et de l’habitat communal. Cet enjeu a fortement résonné dans les zones urbaines où Die Linke a réalisé de gros scores. On l’a notamment vu à Berlin, où la question du logement fait l’objet de mobilisations régulières.

 

 

- Mediapart : Une des limites de la progression de Die Linke n’est-elle pas d’avoir été faite aux dépens d’autres partis de gauche, et relativement peu grâce à d’autres sources de voix ?

Kolja Lindner : Effectivement, on observe une redistribution de l’électorat à l’intérieur de la gauche. Un peu moins de 300 000 « non-votants » ont nourri le score de Die Linke, contre 700 000 voix venues d’anciens électeurs écologistes, et environ 560 000 venues d’anciens électeurs sociaux-démocrates.

 

Mais est-ce révélateur d’une faiblesse structurelle, ou d’un début de recomposition de la gauche ? L’avenir le dira, mais j’observe que les 4,4 millions de voix de Die Linke ont été obtenues sur une base programmatique qui a gagné en cohérence et s’est « gauchisée » à la suite du départ de Sahra Wagenknecht. D’ailleurs, si l’on ajoute les scores de cette dernière et de Die Linke, la somme est plus importante que tous les résultats obtenus quand les deux sensibilités cohabitaient encore ensemble.

 

C’est aussi comme cela qu’il faut comprendre l’euphorie de dimanche soir chez les partisans de Die Linke. Leur parti est désormais relativement uni, sur une orientation politique clarifiée, avec une base électorale consolidée. L’avenir leur paraît bien plus prometteur qu’il y a quelques mois à peine.

 

 

- Mediapart : En termes de géographie électorale, ce scrutin a-t-il permis de vérifier la tendance à la « nationalisation » de l’implantation de Die Linke, au-delà de sa surreprésentation historique à l’Est ?
Kolja Lindner : Oui. Un écart persiste, puisque le vote pour Die Linke reste un peu plus fort à l’Est, autour de 13 %, contre 7-8 % environ à l’Ouest. Mais cela n’a rien à voir avec les différences enregistrées par le passé.

 

Au-delà des effets propres au profil politique du parti, il faut y voir la traduction d’évolutions sociodémographiques. Il y a trente ans, aux élections fédérales de 1994, le parti héritier du régime communiste, le PDS, frôlait les 20 % à l’Est et n’atteignait que 1 % à l’Ouest. Mais cela date d’une génération : beaucoup d’électeurs de cette époque sont décédés ou devenus très âgés, ils pèsent beaucoup moins lourd qu’autrefois.

 

De manière générale, les « frontières fantômes » persistent encore dans le comportement électoral, mais c’est à nuancer avec d’autres variables sociologiques. On voit par exemple que Die Linke a conquis des circonscriptions au scrutin majoritaire dans des centres de grandes villes comme Leipzig et Erfurt. Plus que leur localisation à l’Est, c’est le très bon score de Die Linke auprès des jeunes femmes urbaines qui a joué, alors qu’à l’inverse l’AfD a fait ses meilleures performances auprès des hommes âgés résidant en zone rurale.

 

Si l’on regarde la place de l’Allemagne de l’Est dans le programme électoral de Die Linke, une section lui est bien consacrée, mais bien plus courte que par le passé. Cela atteste que la question, sans disparaître, a perdu en importance.

 

 

- Mediapart : Die Linke a déjà connu cet étiage électoral : en 2017, elle dépassait les 9 %. Qu’est-ce que le parti peut faire de plus que d’incarner une voix d’opposition de gauche, impuissante à ce stade ?
Kolja Lindner : Il faut tout de même rappeler que depuis la scission de l’an dernier, le groupe parlementaire n’existait même plus au Bundestag, puisqu’il ne comptait plus assez de membres. Cela avait coûté au parti des capacités d’intervention au Bundestag, et du temps d’antenne à la télévision.

 

Avec le score de dimanche, le groupe est restauré, avec les ressources auxquelles il donne droit. Cela signifie, entre autres, que l’importante Fondation Rosa Luxemburg [un institut de réflexion et de formation associé au parti – ndlr[2]] n’est plus menacée dans son existence.

 

Alors certes, Die Linke ne va toujours pas peser sur la formation des politiques publiques. Pour autant, sa capacité à incarner des propositions alternatives va être plus importante qu’avant le scrutin, et sur une base idéologique bien plus claire et moins disputée en interne.

 

 

- Mediapart : Comment appréciez-vous le score du parti de Sahra Wagenknecht ? Après tout, en 2013, l’AfD avait elle aussi manqué de peu l’entrée au Bundestag, ce qui n’avait pas empêché sa progression ultérieure.
Kolja Lindner : La dynamique ne me semble pas identique. Celle de l’AfD était montante, et l’extrême droite s’est saisie de nouvelles crises pour progresser. Le parti qui porte son nom, le BSW, est au contraire sur le déclin après être entré dans quelques parlements régionaux d’ex-Allemagne de l’Est.

 

Il ne s’agit pas uniquement du résultat de dimanche. La structuration du parti est d’ores et déjà entravée par le départ de salariés qui ont exprimé leur désaccord avec le discours sur les politiques migratoires, jugé trop proche de celui de l’AfD. En Bavière, vingt-huit permanents du puissant syndicat IG Metall ont reproché au chef régional du parti de « s’être associé à des racistes » et lui ont demandé de démissionner. Et dans les manifestations pour le cordon sanitaire, on pouvait lire de nombreuses pancartes hostiles à Sahra Wagenknecht.

 

Si je devais m’avancer sur un pronostic, je dirais donc que le BSW pourrait avoir atteint son zénith, et que son futur au niveau fédéral est désormais très incertain.

 

 

- Mediapart : Sahra Wagenknecht a développé une ligne fort complaisante avec Vladimir Poutine, pas du tout solidaire du peuple ukrainien. Quel discours Die Linke a-t-elle tenu sur le sujet ?
Kolja Lindner : Un des deux coprésidents, Jan van Aken, a été inspecteur pour l’ONU des armes biologiques. Il connaît donc bien les questions internationales et était à l’aise sur le sujet lors des débats télévisés.

 

  • Sa ligne consiste à contester la livraison d’armes, que ce soit à l’Ukraine ou à Israël, pour des raisons pacifistes. Mais le parti défend une solidarité différente, de type civil, passant par des sanctions et une offensive diplomatique auprès de la Chine, afin de contraindre la Russie à entrer dans des négociations de paix.
  • Die Linke dénonce clairement l’agression de l’Ukraine par Poutine, et affirme qu’aucune négociation ne devrait avoir lieu sans les Ukrainiens et les Ukrainiennes.
Allemagne : « L’orientation de Die Linke est clarifiée, et sa base électorale consolidée »
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13 février 2025 4 13 /02 /février /2025 09:13
Communiqué de LFI tirant les enseignements du non-vote des censures par le PS

« Nous constatons avec regret que le PS a confirmé son changement d’alliance[2»

Nous aspirons au rassemblement avec toutes celles et ceux qui se retrouvent autour du contenu du programme du NFP, dans une exigence de clarté, de respect mutuel et de fidélité à la parole donnée.

 

 

Le refus du PS, se déclarant pourtant inscrit dans l’opposition, de voter la censure (main dans la main avec le RN)[0], a permis le passage en force des budget de la Sécurité sociale venant après le budget de l’État avec leurs conséquences dramatiques.

En refusant de censurer pour la 5e fois en un mois, le PS a confirmé une nouvelle orientation politique, renouant avec le hollandisme et rompant avec celle du Nouveau Front Populaire[0(seul Euskal Herria Bai député du parti basque " Euskal Herria Bai " mais apparenté socialiste la voté une nouvelle fois).

 

 

Sources : Eric Durand | mis à jour le 16/02/2025

-  Déclaration de la coordination nationale et de l’intergroupe parlementaire de la France insoumise 👇 

 

 

Notes :

[0Aujourd’hui, une nouvelle fois, le PS main dans la main avec le RN n’ont pas censuré le gouvernement Bayrou.

[1Déclaration de la coordination nationale et de l’intergroupe parlementaire de la France insoumise

[2« Nous constatons avec regret que le PS a confirmé son changement d’alliance »

 

Pour en savoir plus :

Quelle est la durée de vie d’un engagement du Parti socialiste ? Les dernières déclarations d’Olivier Faure reçu à l’Elysée par Emmanuel Macron le 6 décembre 2024, donnent la réponse sans détours : pas plus de quelques mois au gré des opportunités.

- Jean-Luc Mélenchon : regrette également la « relation toxique » avec le PS dans le cadre du NFP

- Jean-Luc Mélenchon : « Nous devons tourner la page d'une alliance toxique avec les socialistes » 👇

 

https://www.20minutes.fr/politique/4138389-20250212-identite-nationale-gouvernement-cherche-alliance-extreme-droite-assure-jean-luc-melenchon

https://www.20minutes.fr/politique/4138389-20250212-identite-nationale-gouvernement-cherche-alliance-extreme-droite-assure-jean-luc-melenchon

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30 janvier 2025 4 30 /01 /janvier /2025 21:25
2025 : L’Avenir en commun réactualisé... nous sommes prêt·es à gouverner !

« L’Avenir en commun » est « le programme d’une nouvelle France : celle du peuple éliminé de tout pouvoir aujourd’hui, et celle qui peut naître à partir de ses exigences », écrivent Jean-Luc Mélenchon, Clémence Guetté et Hadrien Clouet[1

C’est une étape qui marque le début de la campagne présidentielle pour nous […] nous voulons montrer que nous sommes prêts », déclare Jean-Luc Mélenchon devant la presse[0        

 

 

Dans une ambiance studieuse, le mardi 28 janvier 2025, les insoumis ont franchi une étape centrale dans la vie de leur mouvement et leur préparation des futures échéances électorales. Le programme actualisé « L’Avenir en commun », édition 2025, a été présenté publiquement en conférence de presse au siège de LFI. « L’affirmation d’un sérieux » a introduit Jean-Luc Mélenchon, rappelant le caractère unique du programme insoumis « sans équivalent » dans le pays et validé par plus de 7 millions d’électeurs aux élections présidentielles. Un socle et une matrice puissants, capables d’unir des personnes de toutes convictions anticapitalistes.   

 

 

Sources : La France insoumise | mis à jour le 18/02/2025

- « L’Avenir en commun », le programme de LFI, présente 831 mesures pour une « nouvelle France »
« L’Avenir en commun » prend sa source dans le programme de Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle de 2012, « L’ère du peuple ».

  • En 2017, complété et solidifié, il devient « L’Avenir en commun », qui sera également le programme de LFI pour la présidentielle de 2022.
  • Sur sa base, furent rédigés les programmes de la NUPES et du Nouveau Front Populaire pour les élections législatives de 2022 et 2024.

 

🔴 La source de ce programme ? La société elle-même. Associations, syndicats, collectifs, scientifiques… Ils sont nombreux à avoir contribué à la rédaction de « L’Avenir en commun ». 

 

Le travail sur la version actualisée du programme a commencé il y a tout juste un an : 143 mesures ont été ajoutées et 120 précisées.

 

 

- Présentation du programme L'Avenir en commun - édition 2025
Revivez la présentation du programme actualisé " L'Avenir en commun ", le 28 janvier 2025, avec Jean-Luc Mélenchon, Clémence Guetté, Manuel Bompard, Mathilde Panot, Eric Coquerel, Aurélie Trouvé et Hadrien Clouet          

     

- Table des matières de « L’Avenir en commun » :  CLIQUEZ sur chaque image pour en savoir plus !  👇

 

Introduction programme la France insoumise 2025

 

programme la France insoumise 2025 Faire la révolution citoyenne

 

programme la France insoumise 2025 L’harmonie des êtres humains entre eux

 

programme la France insoumise 2025 L’harmonie des êtres humains avec la nature

 

programme la France insoumise 2025 Ordonner le monde

 

🔴  Pour en savoir plus autour du programme

 

▶️ Cliquez pour savoir " Comment a été conçu le programme "

 

▶️ Cliquez pour accéder aux Réponses aux associations et collectifs "

 

▶️ Cliquez pour accéder au Simulateur d’impôt "

 

▶️ Cliquez pour accéder au " Simulateur d’héritage "

 

▶️ Cliquez pour accéder aux " Adaptations "

 

▶️ Cliquez pour accéder au " Chiffrage du programme "

 

 

🔴  CLIQUEZ sur l'image pour  👇 accéder à l'intégralité du dossier programme

 

Programme La France insoumise 2025
Programme La France insoumise 2025

 

🔴  CLIQUEZ ICI pour télécharger le programme

 

 

- Clémence Guetté face aux streameur·ses ! - Émission Spéciale Programme

Nous sommes prêts ! Clémence Guetté Vice-présidente de l'Assemblée nationale et députée LFI-NFP face aux streameur·ses. Échange autour du projet politique insoumis avec Wissam, Cassandre, Mouffette, Travata et Jonathan Ruff-Zahn Cofondateur de Tsedek.

 

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24 janvier 2025 5 24 /01 /janvier /2025 23:49
Les 46 décrets du premier jour de Trump passés au crible

Depuis son entrée en fonction le 20 janvier dernier, le président américain, Donald Trump, multiplie les décrets sur une foule de sujets : immigration, justice, économie, identité de genre, environnement. 

 

 

Pour « rendre l’Amérique grande à nouveau », Donald Trump avait annoncé « un déluge » de décrets présidentiels dès le premier jour de sa présidence. De fait, ce 20 janvier, il a paraphé à tour de bras des dizaines d’« ordres exécutifs », de « proclamations » et de « memoranda ». Des mesures chocs, de nature juridique parfois légèrement différentes (et qui pourraient, pour certaines, être rapidement contestées), qui concrétisent la politique du nouvel homme fort des Etats-Unis, en donnant le ton d’un mandat placé sous le signe de la rupture radicale. 

 

 

Sources : Eric Durand |  mis à jour le 05/04/2025

- Quelle est la portée de ces décrets et comment vont-ils façonner la vie politique aux États-Unis ?
Un décret est « une extension du pouvoir exécutif du président », explique Christophe Cloutier-Roy, directeur adjoint de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand. « Dans sa définition la plus simple, un décret, c’est une consigne que donne le président à tout ce qui relève du pouvoir exécutif : fonctionnaires, militaires, bref tout ce qui relève du gouvernement fédéral. »

 

Les décrets présidentiels n’ont pas force de loi. Ils peuvent être soumis au jugement des tribunaux et infirmés s’ils ne respectent par les principes de la Constitution américaine. Mais ils sont très utiles pour agir rapidement et de façon très précise sur certaines questions.

 

« Les décrets sont bons pour obtenir des gains à brève échéance, estime M. Cloutier-Roy. Et c’est certainement bon pour Donald Trump, en début de mandat, de montrer à ses partisans qu’il est actif, qu’il remplit ses promesses et qu’il est mesure de faire avancer son programme. Beaucoup plus que de passer par le Congrès, où le processus légal est complexe, long et très incertain. »

 

Les décrets ont toujours fait partie de l’arsenal présidentiel. Là où le gouvernement Trump se démarque, c’est par le nombre et la teneur des décrets adoptés en tout début de mandat.

 

« La plupart des présidents qui entrent en poste avec leur parti au pouvoir au Congrès [comme c’est le cas pour Trump] sont plus économes dans l’utilisation du décret présidentiel », soutient Christophe  Cloutier-Roy, qui souligne la forte empreinte partisane qui marque les dizaines de décrets adoptés jusqu’à maintenant. « Ce sont des décrets fortement teintés politiquement aussi, ce n’est pas la liste d’épicerie d’un président qui entre en fonction. Déclarer l’état d’urgence à la frontière, remettre en question la citoyenneté américaine, ce sont des signaux forts qu’on envoie à la base partisane. »

 

 

- Voici, par ordre chronologique de signature, l’ensemble des textes signés au « day one » du second mandat de Donald Trump.

🔴 Nominations et drapeaux au vent
Le ballet des signatures a commencé à 13 h 15, dans une salle du Capitole, avec cinq textes, consistant :

  • pour les quatre premiers – à désigner les membres du nouveau cabinet présidentiel, les responsables des sous-cabinets ou des présidents de commission.
  • Le cinquième texte est une proclamation en vertu de laquelle les drapeaux hissés le jour d’une investiture doivent flotter au vent.

Joe Biden avait en effet ordonné que les drapeaux soient en berne durant tout un mois, suite à la mort de l’ancien président Jimmy Carter, le 29 décembre. Or, Trump ne souhaitait pas que sa présidence débute avec des drapeaux en berne.

 

🔴 Annulation de 78 décrets de l’ère Biden
Trump avait assuré en novembre « pouvoir défaire presque tout ce que Joe Biden a fait, par le biais d’un décret ».

De fait, le tout premier décret signé par le nouveau président devant la foule annule en bloc 78 décrets pris par son prédécesseur[0]. Parmi les textes retoqués :

  • la priorité à l’équité raciale dans l’élaboration des politiques du gouvernement fédéral ;
  • l’existence d’une « task force » chargée de réunir les familles séparées à la frontière du Mexique ;
  • la reconstruction du programme d’accueil des réfugiés ;
  • la prévention et la lutte contre la discrimination fondée sur l’identité de genre ou l’orientation sexuelle ;
  • la lutte contre la crise climatique dans le pays et à l’étranger ;
  • l’égalité pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queers et intersexuées.
  • Trump a également annulé la décision de Biden de retirer Cuba de la liste des Etats soutenant le terrorisme, réduisant à néant l’une des dernières mesures de politique étrangère du président démocrate.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Restauration de la liberté d’expression »
Le décret portant sur « la restauration de la liberté d’expression et la fin de la censure fédérale » interdit l’utilisation de fonds fédéraux pour toute action « visant à restreindre la liberté d’expression des citoyens américains »
[1]. Le texte impose au procureur général des Etats-Unis (en charge du département de la Justice) d’enquêter sur les éventuelles entorses du gouvernement Biden aux principes de la liberté d’expression, notamment les « pressions » qui auraient pu être exercées sur les plateformes de réseaux sociaux pour lutter contre la désinformation.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Fin de la militarisation du gouvernement fédéral »
Selon Trump, « le peuple américain a vu l’administration précédente s’engager dans une campagne systématique » contre « ses opposants politiques », notamment au travers de la poursuite « impitoyable de plus de 1 500 personnes » impliquées dans l’assaut sur le Capitole le 6 janvier 2021.
Dès lors, le nouveau président souhaite « examiner les activités de tous les départements et agences exerçant des pouvoirs d’exécution civils ou pénaux » et leur conduite sur les quatre dernières années. Des rapports d’enquête seront commandés et des « mesures correctives » prises.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Fin du télétravail dans l’administration fédérale »
Le décret met fin aux mesures de télétravail instaurées dans l’administration durant la pandémie de Covid. Le travail des employés fédéraux doit désormais être réalisé en présentiel[2].

 

🔴 20 janvier 2025 : « Gel des dispositions transmises au registre fédéral »
Donald Trump ordonne à tous les départements et toutes les agences :

  • de ne pas proposer ou publier de nouvelles dispositions, jusqu’à ce qu’un chef de département ou d’agence nouvellement désigné par lui-même n’ait examiné et approuvé le texte en question.
  • le retrait immédiat de tous les textes qui ont été envoyés au registre fédéral (en charge de la publication officielle des lois fédérales et des décrets) mais non encore publiés, afin qu’ils puissent être réexaminés et approuvés.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Gel des embauches de fonctionnaires »

Le onzième texte proclame un gel des embauches à des postes de fonctionnaires en lien avec la branche exécutive. Aucun poste civil vacant ne peut être pourvu, et aucun nouveau poste créé[3]. Seules exceptions prévues :

  • le personnel militaire,
  • les postes liés à l’application des lois sur l’immigration, en lien avec la sécurité nationale ou la sécurité publique,
  • et les postes liés aux prestations de sécurité sociale, aux assurances santé ou à l’aide aux anciens combattants.

L’administration doit présenter, sous quatre-vingt-dix jours, un plan de réduction des effectifs du gouvernement fédéral, suite à quoi ce gel des embauches sera caduc, excepté pour l’Internal Revenue Service (IRS, l’agence qui collecte notamment l’impôt sur le revenu).

 

🔴 20 janvier 2025 : « Logement, emploi, et coût des appareils électroménagers »
Le douzième texte porte sur la « crise du coût de la vie ». Donald Trump y ordonne aux responsables de tous les départements et toutes les agences de :

  • réduire le coût du logement et augmenter l’offre ,
  • d’éliminer les exigences contre-productives qui augmentent les coûts des appareils électroménagers,
  • de « créer des opportunités d’emploi pour les travailleurs américains »,
  • ou encore d’« éliminer les politiques climatiques nuisibles et coercitives qui augmentent les coûts des denrées alimentaires et des carburants ».

 

🔴 20 janvier 2025 « Retrait des Etats-Unis des accords de Paris sur le climat »

Le treizième texte acte le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris de 2015 sur le climat, avec effet immédiat[4].

  • Les agences fédérales doivent ainsi cesser tout engagement financier lié à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
  • Le décret révoque également le Plan international de financement climatique jusqu’alors en vigueur.
  • Enfin, il ordonne aux agences fédérales responsables d’accords internationaux sur l’énergie de donner « dorénavant la priorité à l’efficacité économique, à la promotion de la prospérité américaine, au choix du consommateur et à la modération fiscale ».

 

🔴 20 janvier 2025 : « Grâce accordée aux assaillants du Capitole »
Comme annoncé de longue date, Donald Trump a gracié plus de 1 500 personnes condamnées pour leur participation à l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, les qualifiant à nouveau d’« otages »
[5]. Il a ainsi commué les peines de 14 membres des milices Proud Boys et Oath Keepers, dont la plupart avaient été condamnés pour conspiration. Trump a également demandé au ministère de la Justice de rejeter « tous les actes d’accusation en cours » subsistant à l’encontre des personnes inculpées le 6 janvier.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Suspension du bannissement de TikTok »
Ce décret suspend le texte relatif aux « applications contrôlées par des adversaires étrangers » qui, depuis la veille, interdisait l’accès à l’application TikTok aux Etats-Unis[6]. Trump demande au procureur général de ne pas appliquer les dispositions de la loi pendant soixante-quinze jours, le temps qu’un accord d’achat soit conclu.

🔴 20 janvier 2025 : « Retrait des Etats-Unis de l’Organisation mondiale de la santé »
Par ce seizième décret, Trump retire les Etats-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)[7]. Il liste une série de raisons, comme la « mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19 » par l’OMS, des « paiements injustement onéreux » réclamés aux Etats-Unis ou encore le fait que la Chine paye moins que Washington. Le nouveau président républicain s’en était déjà pris à l’organisme dépendant des Nations unies en 2020, lors de la pandémie de Covid, et avait alors menacé de lui retirer son financement. Une mesure ensuite bloquée par Joe Biden.

 

Restauration d’une catégorie spéciale pour les fonctionnaires en lien avec l’exécutif. Le décret suivant rétablit un ordre exécutif de 2020, annulé par Biden en 2021. Il instaure une catégorie spécifique aux postes de la fonction publique liés à l’exécutif. Les fonctionnaires qui ont cette classification peuvent être plus facilement embauchés, mais aussi révoqués.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Responsabilité des anciens fonctionnaires en lien avec « l’ingérence électorale » et la « divulgation d’informations sensibles »
Par ce décret, Trump annule toutes les autorisations en matière de sécurité encore détenues par 51 anciens responsables des services de renseignement
[8] qui ont signé une lettre au cours de la campagne électorale de 2020 suggérant que les agents républicains ayant récupéré l’ordinateur de Hunter Biden faisaient « partie d’une campagne de désinformation russe ».

 

Le décret s’en prend également à un ennemi de longue date de Trump, John R. Bolton, son ancien conseiller à la sécurité nationale maintenant très critique à son égard. Donald Trump le prive de toute habilitation de sécurité. Ce 20 janvier, Biden avait prononcé une série de grâces anticipées en faveur de plusieurs élus et fonctionnaires, menacés par les représailles du 47e président des Etats-Unis.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Déclaration de l’urgence nationale à la frontière sud des Etats-Unis »
Le 19e texte signé par Trump proclame l’urgence nationale à la frontière entre le Etats-Unis et le Mexique, et y autorise le déploiement de forces armées (garde nationale comprise) pour soutenir les actions de sécurité intérieure[9]

  • Les barrières physiques doivent être renforcées, et les restrictions d’usages de drones dans les 8 kilomètres autour de la frontière y être levées aussitôt que possible.
  • Le secrétaire à la Défense et le secrétaire à la Sécurité intérieure doivent, en outre, prendre « toutes les mesures appropriées » pour empêcher l’entrée physique non autorisée d’étrangers.

Habilitations de sécurité pour le personnel du bureau exécutif du Président. Le 20e texte signé par le nouveau président entend résoudre ce qu’il définit comme un « retard inacceptable » de l’administration Biden concernant le « traitement des habilitations de sécurité des personnes recrutées pour travailler au sein du bureau exécutif du Président ». Donald Trump fournit ainsi une liste de personnes auxquelles il donne accès immédiatement aux informations « top secret ».

 

🔴 20 janvier 2025 : « L’Amérique d’abord »
Ce texte vise à « placer les intérêts des travailleurs et des entreprises des Etats-Unis au premier plan »[10]. Le secrétaire au Commerce et le secrétaire au Trésor doivent enquêter sur « les causes des déficits commerciaux persistants » des Etats-Unis et proposer des mesures correctives, telles qu’une révision des droits de douane. Si les pourcentages ne sont pas précisés, le candidat Trump a plusieurs fois évoqué les chiffres de 25 % pour les importations en provenance du Mexique et du Canada, et « jusqu’à 60 %» pour les produits chinois. Les « pratiques commerciales déloyales » des autres pays doivent être recensées, en vue là encore d’adopter des « mesures correctives ».

 

Le même texte ordonne en outre « l’examen de faisabilité » d’une autre annonce récente du candidat : la création de « l’External Revenue Service » (ERS), nouvelle agence chargée de collecter les revenus provenant de sources étrangères. Par ailleurs, les dispositions de l’Accord Etats-Unis-Mexique-Canada (USMCA), qui doit entrer en vigueur en 2026, doivent être réexaminées.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Le rôle de l’armée « clarifié »
Ce décret vise à « clarifier » le rôle de l’armée dans la protection de l’intégrité territoriale des Etats-Unis, en ajoutant que « la politique des Etats-Unis est de s’assurer que les forces armées des Etats-Unis donnent la priorité à la protection de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats-Unis le long de nos frontières nationales »[11]. Entendre : « sceller les frontières » et « repousser les formes d’invasions, y compris les migrations massives illégales » en employant « toutes les options disponibles ».

 

🔴 20 janvier 2025 : « Libérer l’énergie américaine »
Ce décret concrétise plusieurs promesses de campagne liées à la politique énergétique étasunienne, en abrogeant notamment de nombreux textes favorisant les énergies renouvelables[12]. Il annule ainsi, comme annoncé plusieurs fois au cours de la campagne électorale, le « mandat relatif aux véhicules électriques », une réglementation de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) impulsée par Biden limitant la pollution liée aux gaz d’échappement. Plus généralement, il met fin au « Green New Deal » étasunien – l’importante politique d’investissement pour la transition écologique initiée par Biden.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Suspension d’un programme d’admission des réfugiés »
Trump a signé un décret suspendant le programme américain d’admission des réfugiés (USRAP)[13], disposant que « les Etats-Unis n’ont pas la capacité d’absorber un grand nombre de migrants, et en particulier de réfugiés, dans leurs communautés d’une manière qui ne compromette pas la disponibilité des ressources pour les Américains ». Le décret suspend la réinstallation des réfugiés à partir du lundi 27 janvier. Il ordonne aux hauts responsables du ministère de la Sécurité intérieure et du département d’Etat de lui remettre un rapport tous les quatre-vingt-dix jours afin de lui permettre d’évaluer si le programme de réfugiés « est dans l’intérêt des Etats-Unis ».

 

🔴 20 janvier 2025 : Protection « du sens et de la valeur » de la citoyenneté américaine

▶️ Cet « executive order » vise à préciser les conditions du « droit du sol » définies par la Constitution[14]. Selon l’interprétation poussée par ce décret, la citoyenneté américaine ne peut pas être automatiquement accordée aux personnes nées aux Etats-Unis si leur mère était présente illégalement, si leur présence était temporaire au moment de la naissance, ou si le père n’était pas citoyen américain (ou résident permanent de manière légale). A noter que la contestation d’un tel décret devant les tribunaux est inévitable, du fait de sa contradiction présumée avec la Constitution. Le 23 janvier, un juge fédéral a suspendu temporairement le décret, le qualifiant de « manifestement inconstitutionnel[14bis] ».

 

▶️ Renforcement des frontières Dans le monde de Trump, « une nation sans frontières n’est pas une nation », comme le souligne un autre de ses décrets relatif à la sécurité aux frontières[15]. « Toutes les mesures appropriées » doivent alors être prises pour déployer et construire « des barrières physiques temporaires et permanentes le long de la frontière sud des Etats-Unis », et déployer un nombre de personnels suffisant.

 

Trump met également fin à la politique dite « catch and release » (attraper et relâcher), qui consiste à libérer les personnes sans statut légal en attendant qu’elles soient entendues par un tribunal de l’immigration. Ce texte prévoit également de rétablir la politique « Rester au Mexique », qui oblige certains demandeurs d’asile à la frontière sud à attendre au Mexique leur audience devant le tribunal américain de l’immigration.

 

▶️ « Les gens avant les poissons » Avec sa formule « à la Trump », le texte vise à reprendre les travaux lancés sous son premier mandat pour – supposément – permettre « à d’énormes quantités d’eau issue de la fonte des neiges et à de l’eau de pluie » de ruisseler vers le sud de la Californie[16]. Selon le nouveau président, l’impossibilité de maîtriser les incendies dans la région de Los Angeles serait liée au fait que de l’eau douce a été acheminée vers l’océan pour garantir la sauvegarde de plusieurs espèces de poissons. Un narratif vivement contesté par de nombreux experts.

 

▶️ Rétablissement de la peine de mort au niveau fédéral[17]. A travers ce nouvel executive order, Donald Trump veut rétablir l’application de la peine de mort au niveau fédéral, devenue rarissime, en chargeant le procureur général de « poursuivre l’application de la peine de mort pour tous les crimes dont la gravité exige son application ».

 

Le décret prévoit aussi l’application de la peine de mort dans tous les cas où une personne est reconnue coupable du meurtre d’un agent des forces de l’ordre et pour tous les crimes capitaux commis par des immigrés sans statut légal.

 

▶️ Directive relative à l’architecture des bâtiments civils[18]. Trump demande que lui soient soumises, sous deux mois, « des recommandations » quant aux politiques qui permettraient « que les bâtiments publics fédéraux soient visuellement identifiables » comme tels, dans le respect « du patrimoine architectural régional, traditionnel et classique », afin « d’améliorer et d’embellir les espaces publics et d’ennoblir les Etats-Unis ».

 

▶️ Licenciement facilité des cadres du Senior Executive Service (SES)[19]. Dans ce texte, Donald Trump s’en prend une nouvelle fois à la bureaucratie, et notamment aux « cadres supérieurs » du Senior Executive Service (SES), des fonctionnaires occupant des postes clés, juste en dessous des personnes nommées par le Président. Trump énonce que ces postes doivent pouvoir être attribués « selon le bon vouloir du Président ». Le licenciement des titulaires de ces postes est, par là même, facilité.

 

▶️ « Urgence énergétique nationale »[20]. Cet « executive order » donne mandat à plusieurs agences fédérales de faciliter l’identification, la location, l’installation, la production, le transport, le raffinage et la génération de ressources énergétiques permettant de satisfaire les besoins de tous les secteurs, des transports à l’agriculture en passant par la défense. Un prélude à l’octroi de nombreuses futures autorisations d’exploitation gazière ou pétrolière.

 

▶️ Gel de l’éolien en mer Le président Trump a ordonné au département du Trésor de geler les nouveaux baux éoliens « offshore » sur le plateau continental extérieur, ces terres submergées qui se trouvent au large des limites des eaux de l’Etat[21]. Le décret supprime l’ensemble des nouvelles concessions ou celles renouvelées pour l’éolien en mer, mais n’affecte pas les concessions existantes ni les concessions sur le plateau continental pour l’exploitation du pétrole et du gaz.

 

Trump charge également le ministère de l’Intérieur de mener un examen des incidences environnementales de cette source d’énergie.

 

▶️ Réévaluation de l’aide étrangère[22]. Le décret suspend pour quatre-vingt-dix jours les programmes d’aide au développement, afin d’évaluer leur efficacité et leur adéquation avec la politique étrangère des Etats-Unis.

 

▶️ Réorganisation du Conseil national de sécurité[23]. Afin de « relever les défis de la sécurité nationale » et refonder le « système d’élaboration, de prise de décision, de mise en œuvre et de suivi de la politique de sécurité nationale », Trump indique que le Conseil de sécurité nationale (National Security Council, ou NSC) devra être dédié à faire appliquer son agenda et être aligné avec ses mesures.

 

Ce texte prévaut sur toute ordonnance ou directive antérieure concernant cet organisme. Le conseiller à la Sécurité nationale, Mike Waltz, avait par ailleurs publiquement signalé ces derniers jours son intention de se débarrasser de toutes les personnes nommées pour des raisons non politiques, pour s’assurer que le conseil soit composé de ceux qui soutiennent le mieux l’agenda de Trump.

 

▶️ Position sur l’accord fiscal international de l’OCDE[24]. Le texte affirme que les dispositions de l’accord fiscal de l’OCDE, qui oblige notamment les Etats à taxer les bénéfices des entreprises à 15 % minimum, n’ont pas été acceptées au niveau du Congrès, et n’engagent donc pas les Etats-Unis.

 

▶️ Lutte contre « l’invasion »[25]. Ce décret ordonne aux agences fédérales d’utiliser « tous les moyens légaux pour assurer l’exécution fidèle des lois sur l’immigration des Etats-Unis contre tous les étrangers inadmissibles et expulsables ». Trump révoque par ailleurs plusieurs décrets pris par Joe Biden, notamment celui fournissant « un traitement sûr et ordonné des demandeurs d’asile à la frontière des Etats-Unis », ou celui établissant un « groupe de travail pour la réunification des familles ».

 

Le texte indique aussi que « toutes les ressources légalement disponibles » doivent être allouées pour « construire, exploiter, contrôler ou utiliser des installations pour détenir des étrangers amovibles ». En cas de manquement ou retard d’un pays étranger dans le cadre d’un rapatriement, Donald Trump n’exclut pas « l’émission de sanction ».

 

▶️ « Libérer le potentiel extraordinaire des ressources de l’Alaska »[26]. Cet " executive order " lève diverses restrictions qui limitaient l’exploitation du pétrole et du gaz dans différentes zones de l’Alaska. Il restaure différents baux d’exploitation dans le refuge faunique national de l’Arctique suspendus par l’administration Biden. Les dispositions du texte visent également à favoriser la production de gaz naturel liquéfié en Alaska.

 

▶️ L’octroi de visas en question[27]. Ce décret dispose que tous « les étrangers qui ont l’intention d’être admis, d’entrer ou qui se trouvent déjà à l’intérieur des Etats-Unis » seront « contrôlés et filtrés au maximum ». Trump veut également « évaluer tous les programmes de visas pour s’assurer qu’ils ne sont pas utilisés par des Etats étrangers ou d’autres acteurs hostiles pour nuire à la sécurité, à l’économie, à la politique, à la culture ou à d’autres intérêts nationaux des Etats-Unis ». Des « suspensions partielles ou totales de l’admission » de ressortissants sont notamment évoquées dans le décret, si les « informations relatives à l’examen et au filtrage [fournies par leur pays] sont insuffisantes ».

 

▶️ Une politique étrangère organisée autour de « l’Amérique d’abord »[28]. Trump demande au secrétaire d’Etat de publier « dès que possible » des orientations « visant à aligner les politiques, les programmes, le personnel et les opérations du département d’Etat sur une politique étrangère qui place l’Amérique et ses intérêts au premier plan ».

 

▶️ Le « Doge » d’Elon Musk[29]. Selon ce décret, le service numérique des Etats-Unis est rebaptisé Service Doge des Etats-Unis (USDS) et sera établi au sein du bureau exécutif du Président. Ce département de l’efficacité gouvernementale (Department of Government Efficiency) sera dirigé par Elon Musk, PDG de Tesla. Le décret précise que l’objectif du groupe est de « moderniser la technologie et les logiciels fédéraux » afin de faire des économies. Elon Musk a évoqué « jusqu’à 2 000 milliards de dollars » d’économie. Des syndicats d’employés du gouvernement, des groupes de surveillance et des organisations d’intérêt public ont déposé des recours dans les minutes qui ont suivi la signature de ce texte, alléguant que le Doge enfreint une loi de 1972 qui régit les comités consultatifs fédéraux.

 

▶️ Lois anti-trans[25]. Ce décret établit que le gouvernement fédéral reconnaît uniquement deux sexes, masculin et féminin, définis de manière définitive à la conception. L’ensemble des agences fédérales doivent désormais mener leurs politiques en fonction de ces définitions restrictives. Par ailleurs, les prisons, centres de détention et refuges « pour femmes » administrés au niveau fédéral, doivent être réservés aux personnes de sexe féminin, selon le cadre posé par le décret. Ce dernier interdit en outre le financement de transition de genre sur fonds fédéraux.

 

▶️ Fin des programmes de diversité et d’inclusion mis en place par Biden[30]. Dans ce texte, Donald Trump s’attaque aux programmes de « diversité, équité et inclusion » (DEI) mis en place sous l’administration Biden, qu’il considère comme un « gaspillage public et une discrimination honteuse ». Il met fin à tous ces programmes, y compris les mandats, politiques, programmes, préférences et activités de « diversité, équité, inclusion et accessibilité » au sein du gouvernement fédéral, citant à titre d’exemple les programmes de justice environnementale du ministère de l’Agriculture, ainsi que la formation à la diversité.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Réforme du processus de recrutement fédéral »
Ce décret énonce en préambule que le recrutement au niveau fédéral ne devrait pas « être basé sur des facteurs inadmissibles », tels que des quotas favorisant la représentation raciale ou la parité. Trump ordonne la préparation, sous cent vingt jours, d’un programme de recrutement fédéral qui doit donner la priorité « à des personnes qui s’engagent à améliorer l’efficacité du gouvernement fédéral, qui sont passionnées par les idéaux de notre République américaine et qui s’engagent à faire respecter l’Etat de droit et la Constitution des Etats-Unis ».

 

🔴 20 janvier 2025 : Des cartels et gangs désignés comme « terroristes »[31]
Ce que Trump a annoncé dans son discours d’inauguration se matérialise dès le 20 janvier en décret : le Président définit les cartels de la drogue comme des organisations terroristes étrangères, afin d’accélérer l’expulsion des membres de groupes tels que Tren de Aragua, une organisation criminelle transnationale du Venezuela, ou encore du gang salvadorien MS-13. Selon Trump, ces cartels « opèrent à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des Etats-Unis » et « présentent une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des Etats-Unis ».

 

🔴 20 janvier 2025 : Restaurer des noms qui « honorent la grandeur de l’Amérique »[32]
Donald Trump veut rebaptiser, dans les trente jours, le golfe du Mexique et le mont Denali situé en Alaska. La mer qui borde le sud-est des Etats-Unis sera renommée « golfe d’Amérique » tandis que le mont Denali, le plus haut sommet d’Amérique du Nord, redeviendra le mont McKinley, nom qu’il portait avant que Barack Obama ne le change en 2015 pour refléter les traditions des Amérindiens de l’Alaska ainsi que la préférence de nombreux résidents de l’Alaska. Le changement de nom de ces deux éléments naturels « apporte du bon sens au gouvernement et renouvelle les piliers de la civilisation américaine », indique le décret. Toutefois, si changer le nom du mont Denali, qui se trouve entièrement sur le sol américain, semble possible, rebaptiser le golfe du Mexique – zone considérée comme relevant des eaux internationales – pourrait se heurter à quelques écueils.

 

🔴 20 janvier 2025 : Garantir la protection des Etats contre « l’invasion »[33]
Dans le 46e et dernier texte signé par Trump le 20 janvier et publié sur le site de la Maison Blanche, le Président rappelle l’article 4 de la Constitution, qui dispose que le gouvernement fédéral doit « protéger chacun [des Etats] contre l’invasion ». Mais il souligne que le gouvernement a échoué à cette mission, car une « invasion est en cours à travers la frontière sud des Etats-Unis ». Le 47e président suspend donc l’entrée physique des étrangers « impliqués dans une invasion aux Etats-Unis à travers la frontière sud », le tout jusqu’à ce que le Président décrète que « l’invasion a pris fin ».

 

 

🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 

 

 

- De la Chine à Gaza, comment Trump met le monde en danger de guerre totale ?
Quelles sont les plans et les motivations de Donald Trump ? Comment sa stratégie de prédation menace-t-il le monde d'une guerre totale ? Quelles menaces font peser les GAFAM sur la souveraineté numérique de la France ? Pourquoi la France renonce-t-elle au non-alignement pour préférer le suivisme atlantiste ?

 

 

Notes :

[0Le président Donald Trump a annulé 78 décrets de Joe Biden

[1États-Unis : la vision de Donald Trump sur la “ liberté d'expression ” se fait au détriment de la liberté de la presse

[2] États-Unis : Donald Trump signe un décret pour interdire le télétravail aux fonctionnaires fédéraux

[3Donald Trump gèle les embauches de fonctionnaires fédéraux

[4Les Etats-Unis se retirent de l'accord de Paris, un coup dur pour la politique climatique internationale

[5Trump accorde sa grâce présidentielle à plus de 1 500 assaillants du Capitole, une «insulte» à la justice pour Pelosi

[6TikTok obtient de Donald Trump soixante-quinze jours de sursis aux Etats-Unis

[7] " L'OMS nous a escroqués ": Donald Trump signe un décret pour sortir les États-Unis de l'agence de l'ONU

[8Trump suspend les autorisations de 50 anciens responsables du renseignement suite à une lettre de Hunter Biden

[9Immigration : Trump accentue son offensive à la frontière mexicaine avec l'aide de l'armée

[10Trump prépare un plan de guerre économique mondiale

[11États-Unis : Donald Trump s’attaque au droit du sol et à la diversité

[12Donald Trump décrète « l’urgence énergétique » et enterre de nouveau la lutte contre le dérèglement climatique pour « forer, forer »

[13] Trump suspend l’entrée de réfugiés aux États-Unis

[14En remettant en cause le droit du sol, Trump déstabilise l’identité américaine

[14bisLe 23 janvier, un juge fédéral a suspendu temporairement le décret, le qualifiant de « manifestement inconstitutionnel »

[15État d’urgence à la frontière, droit du sol : Trump lance sa vaste offensive anti-immigration

[16Aux Etats-Unis, l'administration Trump rétrograde la loi sur l'eau

[17Investiture de Donald Trump - Donald Trump signe un décret pour élargir l'application de la peine de mort

[18Aux États-Unis, Donald Trump impose par décret une architecture « traditionnelle et classique »

[19Limogeage de hauts responsables américains : le jeu de massacre de Trump

[20L'état d'urgence énergétique de Trump a des conséquences jusqu'en Europe

[21Le couperet tombe sur l'éolien en mer américain

[22] Mise en œuvre du décret présidentiel sur la réévaluation et la réorientation de l’aide extérieure des États-Unis

[23Trump a lancé une réorganisation du Conseil de sécurité nationale

[24Trump retire les États-Unis de l'accord mondial sur la taxation minimale des multinationales

[25États-Unis : Donald Trump signe une série de décrets anti-droits

[26Trump et l’énergie : une politique au service des industries fossiles

[27États-Unis : Donald Trump lance son offensive anti-migrants

[28« Je vais faire passer l’Amérique en priorité »

[29Donald Trump signe l’ordre exécutif créant le DOGE : son site arbore le logo de Dogecoin !

[30Les programmes de diversité, équité et inclusion (DEI) sont dans la ligne de mire de l’administration Trump. Un décret y a mis fin dans toutes les sphères du gouvernement fédéral.

[31Des cartels et gangs désignés comme « terroristes »

[32Après le Golfe du Mexique, Donald Trump relance la controverse avec le mont Denali

[33États-Unis. Trump fonde sa politique migratoire sur le fantasme de “ l’invasion ”

 

Pour en savoir plus :

- Le retour de Trump à la tête des USA, est un tournant politique inquiétant. Derrière ses promesses de " restaurer la grandeur de l’Amérique ", plusieurs mesures annoncées risquent d’affaiblir les protections sociales, de creuser davantage les inégalités

- Trump veut restaurer l’empire américain qui domine les affaires avec un ordre bâti pour assouvir ses intérêts

- Trumpisme et fascisme

- Salut nazi : Elon Musk, chef de file des trolls néofascistes

Comment la crise de l’abordabilité a profité à Trump

- La récente victoire de Donald Trump recouvre un énorme paradoxe. Elle va coûter très cher aux personnes de condition modeste qui ont cru devoir voter pour lui.

- « Contrôle » de Gaza, « Côte d’Azur du Moyen-Orient » : Trump veut achever le génocide commencé par Netanyahu

- Le 6 février 2025 Trump signe un décret pour sanctionner la Cour Pénale Internationale, le criminel de guerre Netanyahu visé par un mandat d’arrêt, applaudit

- Fascisme chrétien, milliardaires et trumpisme 

- Le coup d’État trumpiste, le fascisme à l’américaine dans une ère de déclin capitaliste et quelques pistes de résistance

- Trump : La fin du mythe du gentil Nord-Américain

- Menaces contre les droits des femmes et des minorités, censure et novlangue réactionnaire : la liste des méfaits de Trump s’allonge

- « Les mesures de Trump consistent en une déclaration de guerre contre la classe travailleuse ! » – Entretien avec Xavier Arrizabalo, membre du Comité pour l’alliance des travailleurs et des peuples

« Trump engage une crise globale du capitalisme » – L’analyse de Jean-Luc Mélenchon

Avec Trump, l’émergence d’un « capitalisme de malfrats »

 

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20 janvier 2025 1 20 /01 /janvier /2025 20:30
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La question des retraites figurait sans aucun doute parmi les sujets les plus attendus du discours de politique générale de François Bayrou. Dès les premières minutes, le 14 janvier, le Premier ministre a donc abordé ce chapitre. Il a promis de le « remettre en chantier », mais a surtout insisté sur les déficits qu’entraînerait notre système. « Sur les plus de 1 000 milliards de dette supplémentaires accumulés par notre pays ces dix dernières années, les retraites représentent 50 % de ce total », s’est insurgé le chef du gouvernement.

Ses propos posent plusieurs problèmes : d’abord, la méthode de chiffrage choisie par François Bayrou est discutable. Ensuite, ce discours alarmiste participe à alimenter la « politique des caisses vides ». C’est ce qu’explique l’économiste Michaël Zemmour (Michael Zemmour, né en 1983, est un économiste, enseignant-chercheur à l’université Lyon 2 et chercheur associé à Sciences Po. Il travaille sur les systèmes et les financements de protection sociale et des services publics, et sur les politiques de redistribution, notamment des retraites).

 

 

Sources : Alternatives Economiques Propos recueillis par Audrey Fisné-Koch | mis à jour le 24/01/2025

- AT : Chaque année, le Conseil d’orientation des retraites (COR) évalue la situation économique du système des retraites. Or, ses dernières estimations sont loin des chiffres évoqués par François Bayrou[1]. Pourquoi ?

Michaël Zemmour : Les partenaires sociaux, les présidents successifs de ce conseil – même s’ils n’ont pas la même sensibilité –, les économistes ou encore les journalistes ont tous une grille de lecture commune sur les retraites qui est fournie par le COR.


Mais le raisonnement de François Bayrou ne correspond pas du tout au cadre comptable de ce conseil. Ce dernier montre qu’il y a effectivement un déficit modéré du système de retraite [Un solde de - 0,2 % du PIB en 2024 et - 0,8 % du PIB en 2070, d’après le rapport annuel 2024, NDLR.]. Mais la convention retenue n’équivaut pas aux chiffres avancés par le 1er ministre. Toute comptabilité est conventionnelle, mais celle employée par François Bayrou est particulièrement fantaisiste. Le financement de notre système de retraite est mixte, c’est-à-dire qu’il est très majoritairement financé par les cotisations mais aussi par l’Etat.

 

Les cotisations employeur de l’Etat sont particulièrement élevées (beaucoup plus que dans le privé). Pas parce que les retraites du public sont très élevées  –  elles sont comparables à celles du privé en moyenne –, mais parce que l’Etat doit compenser deux phénomènes :

  • la baisse (relative) du nombre de fonctionnaires ;
  • et le gel du point d’indice.

C’est donc parce qu’il a fait de sévères économies budgétaires sur la masse salariale du public (et non parce qu’il dépense sans compter !) que l’Etat doit cotiser (par fonctionnaire) un montant très élevé pour les retraites.
 

 

Par ailleurs, l’Etat concourt par différents mécanismes de solidarité aux financements de l’ensemble des retraites. Le raisonnement utilisé par François Bayrou, qui avait circulé il y a quelque temps déjà sans être reconnu par les économistes spécialistes de la retraite, consiste à dire que tout ce qui n’est pas financé par des cotisations, c’est de la dette. C’est absurde.

 

 

- AT : Pourquoi choisit-il de présenter le déficit du système de cette façon ?
Michaël Zemmour : Cela correspond à une dramatisation du déficit, dont l’objectif est de forcer à faire des économies, ce qu’on appelle « la politique des caisses vides ».

 

Objectivement, les retraites ne sont pas à l’origine du creusement de la dette ces dernières années, sauf à considérer que c’est une dépense particulièrement illégitime, mais elle ne l’est pas plus que les dépenses d’éducation ou les dépenses militaires. Ce discours sur la « dette cachée » des retraites vient complètement brouiller cette légitimité. C’est un élément qui n’est pas très favorable à ce que des solutions émergent.

 

 

- AT : Justement, pour aboutir à des solutions, François Bayrou a, dans un premier temps, demandé une mission flash à la Cour des comptes pour dresser un état des lieux du système des retraites. Que peut-on dire cette méthode ?

Michaël Zemmour : Rappelons qu’il y a deux instances dont le suivi du financement et des paramètres des retraites est le métier :

  • le Conseil d’orientation des retraites, que j’ai déjà évoqué, qui a une vraie expertise dans le domaine, qui rend un rapport annuel et qui est un lieu de dialogue social[2].
  • Et le comité de suivi des retraites (CSR), qui faisait des recommandations au gouvernement sur la base du rapport du COR, mais qui n’a pas été renouvelé depuis le mois de juin.

 

La Cour des comptes écrit aussi sur les retraites – elle peut le faire sur tous les sujets –, mais en l’occurrence c’est un peu étonnant de la mettre en avant comme base de discussion, surtout si l’on veut encourager la discussion sociale. La Cour des comptes n’est pas un haut lieu du diagnostic social partagé. On peut voir ce choix comme une forme de contournement et peut-être de défiance vis-à-vis des instances qui existent. Ça laisse perplexe.

 

 

- AT : Dans un deuxième temps, le Premier ministre propose que les partenaires sociaux négocient pendant trois mois pour trouver un « accord d’équilibre et de meilleure justice » au sujet des retraites. Est-ce une avancée ?
Michaël Zemmour : Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, les partenaires sociaux ont été particulièrement maltraités et ignorés. De leur point de vue, être remis au centre du jeu est un point positif. Néanmoins, cette discussion ressemble très fortement au cadre de négociation qui était posé pour l’assurance chômage : il laissait préjuger à l’avance qu’il n’y aurait pas d’accord parce que le patronat avait tout intérêt à ne pas en trouver, sachant que le gouvernement trancherait derrière.

 

🔴 Pour les retraites, c’est pareil : on ne voit pas très bien pourquoi le patronat, favorable à la réforme[3], changerait de position. Il s’est toujours opposé à l’augmentation des ressources du financement, les cotisations par exemple.

 

Le choix de ne pas arrêter la réforme de 2023 pendant les débats est un grand changement par rapport à ce que l’on a connu avec les négociations pour l’assurance chômage. Les conditions ne sont pas très propices à une évolution possible de la réforme car le temps joue en sa faveur, elle continue de s’appliquer. L’âge légal et la durée de cotisation progressent rapidement[4].

 

🔴 Au fond, si un accord devait s’appliquer dans les prochains mois sans mise en pause, le changement ne porterait plus que sur un tiers de la réforme : savoir si on s’arrête à 63 ans ou si on va jusqu’à 64 ans (et sans plus discuter de la durée de cotisation portée à 43 ans de manière accélérée)

 

 

- AT : « Pas de totem, pas de tabou, pas même celui de l’âge », a dit le chef du gouvernement. Mais il a tout de même fixé une règle d’or : « ne pas dégrader l’équilibre financier ». Peut-on aboutir à une réforme plus juste, sans augmenter les recettes ?

Michaël Zemmour : La raison pour laquelle les gouvernements précédents n’ont trouvé aucun accord, c’est parce qu’ils refusaient d’affecter le moindre centime supplémentaire au système des retraites. Ils imposaient même l’idée que baisser les ressources était nécessaire. Si la proposition des partenaires sociaux doit réellement être à budget constant, ils ne vont pas pouvoir discuter de grand-chose.

 

D’autant que, face à un risque social qui augmente – plus de chômage, plus de maladies, plus de retraités –, cela paraît assez naturel de mettre des recettes supplémentaires. C’est le cas pour n’importe quelle assurance. Si l’assurance contre les intempéries fait face à davantage d’intempéries, on ne trouve pas absurde de se poser la question d’augmenter les cotisations.

 

Ne pas augmenter les recettes pour les retraites est une position relativement extrême. L’espace de négociation qui est, par ailleurs, réclamé par l’ensemble des organisations syndicales consiste justement à dire qu’il ne faut pas exclure des recettes supplémentaires du pilotage du système de retraites dans le futur.

 

Si François Bayrou les exclut une par une – ou dit que les recettes qui existent déjà ne sont pas des vraies recettes –, cela ferme une porte qui n’a même pas été tout à fait ouverte.

 

 

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

 

 

- Manuel Bompard, député La France insoumise des Bouches-du-Rhône, était l'invité de BFMTV ce mardi 14 janvier 2025.

Réforme des retraites: " François Bayrou a donné un droit de veto au Medef ", affirme Manuel Bompard[5]

 

Réforme des retraites: "François Bayrou a donné un droit de veto au Medef", affirme Manuel Bompard (LFI)

 

- Retraites : quelle voie de réforme est possible ? - Le débat économique

Le débat éco entre Thomas Porcher, membre des Economistes Atterrés et professeur à la Paris School of Business et Dominique Seux, éditorialiste à France Inter et aux Echos porte sur l’avenir de la réforme des retraites.

 

Notes :

[1].Notre système de retraite verse chaque année quelque 380 milliards d’euros de pensions. [...] Les employeurs et les salariés privés et publics versent à peu près 325 milliards par an. Restent 55 milliards, versés par le budget des collectivités publiques, au premier chef de l’Etat, à hauteur de quelque 40 ou 45 milliards.

[2] Les organisations professionnelles et syndicales en sont membres.

[3Pour le MEDEF les 64 ans, est un « socle »

[4] Avec la réforme Touraine adoptée sous le mandat de Hollande l’âge légal de départ augmente progressivement de 3 mois par année de naissance jusqu’à atteindre 64 ans pour les générations nées à partir de 1968. Quant à la durée de cotisation, elle continue elle aussi de progresser jusqu’à 43 annuités requises. 

[5Réforme des retraites: "François Bayrou a donné un droit de veto au Medef", affirme Manuel Bompard (LFI)

 

Pour en savoir plus :

- Retraités : le Gouvernement sauvé par le RN et le PS veut les taxer

La mystification de la retraite par points défendue par le Parti Socialiste

- « Les concessions budgétaires au groupe PS sont un écran de fumée » – L’analyse d’Eric Coquerel après le vote du budget au Sénat

 

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17 janvier 2025 5 17 /01 /janvier /2025 13:30
Fruit du non vote de la censure du gouvernement Bayrou par le PS le 16/01/2025 - scrutin n°526

Fruit du non vote de la censure du gouvernement Bayrou par le PS le 16/01/2025 - scrutin n°526

100 ans de trahisons socialiste[0ter]... Olivier Faure et le PS continuent à jouer aux girouettes permanentes : en 2023 ils disaient d'une façon et en 2025/2026 ils font l'inverse !

Le PS est devenu la bouée de secours des macronistes et sort de la gauche pour se rassembler avec le centre droit en vue des présidentielles de 2027 !

 

 

En 2017, Olivier Faure espérait (déjà !) une grande coalition, allant du Parti socialiste à la droite[0], « qui tienne compte de l'électorat très composite (...) (venu) faire obstacle à Marine Le Pen ». Il la souhaite encore et s'est ainsi dit, suite à la censure du gouvernement Barnier, prêt à discuter avec les macronistes et la droite[1], sur la base « de concessions réciproques ». Il s’est même dit prêt à faire « des compromis sur tous les sujets ». Hormis quelques sièges de députés, l’union avec le PS ne peut rien apporter de bénéfique. Le recul du PS sur ses engagements : une situation qui était prévisible[0bis]. Le rejet de ce parti, parfois perçu comme une posture sectaire ou un refus obstiné de l'unité, découle pourtant directement de l'expérience : celle de ses choix politiques, de sa manière de gouverner et de l’espoir, vivace, de voir le peuple l'écarter des outils de construction d'une véritable alternative de rupture de gauche : celle d'une fédération populaire portée par LFI[1bis] en s'élargissant au 4e bloc[1ter].

 

 

Sources : Eric Durand | mis à jour le 04/03/2026

- En France, la vie politique est structurée par les partis et, pour certains, par l'intérêt individuel des élus qui les composent.

On le voit encore une fois depuis quelques mois, avec la création du NFP et les négociations pour avoir les places éligibles aux législatives, puis les négociations pour tenter d’aboutir à un choix commun de premier ministre NFP et enfin aujourd’hui avec toute la gauche “ de gouvernement ”, qui va boire la soupe de Macron, à part LFI. L’intérêt des partis est supérieur à celui des idées qu’ils prétendent défendre. Cette simple affirmation est une évidence pour la majorité de la population, qui affiche une juste défiance à la fois spontanée et réfléchie au personnel politique. Mais les militants politiques, et c’est bien normal, s’engagent initialement souvent avant tout pour des idées, des convictions, et sont donc sans cesse déçus par les élus et les dirigeants des partis politiques, qui visent avant tout la poursuite de leur carrière et des rémunérations qui l’accompagnent. 

 

 

- Pour le PS, les idées ne sont qu'un outil pour gagner les élections

Le Parti socialiste en est la plus pure illustration. Entre ses discours quand il est en campagne électorale et ce qu'il pratique une fois qu'il est au pouvoir, il y a un monde. Les idées ne sont pour lui qu'un outil parmi d'autres pour gagner des élections. Il joue le jeu classique et cynique des sociaux-démocrates qui consistent à faire des promesses antilibérales dans un cadre de parfaitement libéral, comme nous avançons déjà l'occasion de l'époque de l'écriture : « cela a l'avantage de montre une bonne volontaire en faisant mine de vouloir mettre en place ce pour quoi sur un été élu, puis de faire constater à tous l'échec de ces politiques alors même que celles-ci ne pouvaient qu'échouer dans ce contexte. C'est une des manœuvres de la bourgeoisie, aussi grossière qu'efficacité, pour “ naturaliser ” une fois de plus le capitalisme[2] ».

 

C’est pour cela que nous détestons le Parti socialiste.

Ce n’est pas un préjugé, ce n’est pas un « refus d’unité », ça n’est pas un caprice qui empêcherait la gauche de gouverner. C’est que tout gouvernement où le PS aura une position déterminante mènera une politique de droite et c’est l’expérience qui le démontre. Quand il gouverne, le PS ne fait pas qu’accompagner le libéralisme, il accélère la destruction de notre modèle social, tout en ayant promis le contraire.

 

🔴 En particulier, Mitterrand et ses gouvernements ont libéralisé massivement l’économie. 

Le storytelling de gauche sur l’expérience mitterrandienne consiste souvent à considérer que les socialistes ont fait des réformes de gauche jusqu’en 1983, que cela a créé trop de problèmes économiques et qu’ils ont ensuite arrêté les réformes (le fameux “ tournant ” de la rigueur).  En réalité, ce “ tournant ” était prévu dès le départ comme le montre le discours de politique générale du premier ministre Pierre Mauroy du 8 juillet 1981[3] où il affirme notamment :  “ Cette démarche, que je viens d’inscrire dans la durée, sera conduite dans la rigueur. Cela signifie la rigueur budgétaire. Cela signifie que nous défendrons le franc et le maintiendrons dans le système monétaire européen. ” La soumission à l’Europe au détriment de la population française était déjà très claire. Le PS a par la suite réformé massivement tout au long des années 1980, en faveur du capital : il a mis fin au contrôle des crédits et des taux d’intérêts et a déréglementé les marchés financiers. Il a légalisé les produits dérivés à l’origine de la crise de 2008. Il a soutenu le traité de Maastricht qui nous a fait perdre notre indépendance monétaire et nous a livrés pieds et poings liés aux emprunts auprès des marchés financiers. Et dans le même temps, il a désindexé les salaires des prix.

 

 

🔴 Lionel Jospin va garder cette cohérence libérale quand il devient Premier ministre en 1997

  • Il privatise à tout va[4] (France Télécom, CIC, Crédit Lyonnais, les autoroutes ASF, le futur EADS, Air France, etc.) et en fait bénéficier les entreprises privées d’exonérations massives de cotisations sociales lors de la mise en œuvre des 35 heures.
  • Le PS va également autoriser les grandes entreprises du CAC 40 à racheter jusqu’à 10 % de leurs actions et diminuer la fiscalité sur les plus-values boursières des actions.

 

A l’époque, il avait pourtant largement les moyens de faire autrement : la gauche était au pouvoir dans de nombreux pays européens, ce qui aurait permis de négocier des traités plus favorables aux salariés. La croissance était au beau fixe, ce qui permettait de dégager de larges marges de manœuvre financières. L’épisode le plus symptomatique fut sans doute celui de la “ cagnotte[5] ”. En 1999, l’économie française connaît un taux de croissance dépassant les prévisions (3% au lieu de 2 %), ce qui crée l’équivalent d’environ quinze milliards d’euros de rentrées fiscales supplémentaires. Après avoir tenté maladroitement de cacher cette “ cagnotte ” pendant des mois aux Français, le gouvernement a finalement choisi, plutôt que de l’orienter vers les plus pauvres, de l’utiliser pour baisser la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, soit celle qui est payée par les plus riches !  

 

🔴 En 2012, après dix ans de disette, le PS revient aux plus hautes responsabilités.
François Hollande a été élu sur un programme qu’il a peu à peu gauchisé pendant la campagne électorale, sous pression de la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages[6]. “ Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance ”, a-t-il clamé lors de son discours au Bourget de janvier 2012. 👇

 

 

Une fois élu, il ne fait ensuite que conforter les intérêts de la finance et du patronat.
Il nomme immédiatement Emmanuel Macron secrétaire général adjoint de son cabinet, puis ministre de l’Economie en 2014[7].

  • Il met en œuvre de multiples lois de déréglementation du droit du travail, facilitant les licenciements boursiers, plafonnant les indemnités de licenciement illicites, et permettant à des accords d’entreprise de déroger au droit du travail en défaveur des salariés. (NDLR : Pour Philippe Martinez secrétaire général de la CGT : « Le bilan de Hollande est négatif »[8])
  • Les cadeaux au patronat atteignent dans le même temps des sommets, avec en particulier le CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi) versé aux entreprises pour un montant global de 20 milliards d’euros par an, sans contrepartie.

 

Le mandat de Hollande a été aussi un tournant sur le maintien de l’ordre[9], les manifestants étant systématiquement matraqués à partir de 2014, et sur l’immigration[10].
Rappelons-nous de la pauvre Leonarda Dibrani[11], enfant de 15 ans arrêtée par la police à la sortie de son autobus scolaire en 2013 pour l’expulser au Kosovo, avant que, vu le tollé médiatique, François Hollande tente de reculer en l’autorisant elle seule, sans sa famille, à revenir en France, une aberration contraire à la Convention internationale des droits de l’enfant. Le PS a achevé également, pendant cette période, sa conversion à l’islamophobie, comme le raconte Aurélien Bellanger dans son ouvrage " Les derniers jours du Parti socialiste[12] ".

 

 

-  Se débarrasser du PS en faisant tomber les masques !
Pourquoi croire que le PS d’aujourd’hui fera différemment ? Par quel miracle ?
Olivier Faure, le nouveau héros du PS, est présenté comme un homme neuf, vierge de tout soupçon, qui n’aurait rien à voir avec les errements du passé. Pourtant, il était déjà « conseiller spécial » de Hollande puis de Jean-Marc Ayrault en 2012. Olivier Faure a toujours été au cœur du dispositif socialiste qui a lancé les offensives décrites ci-dessus.

 

  • En 2015 : il estimait que les mesures « anti-terroristes » liberticides de Manuel Valls étaient un « choix de d’efficacité »... et a voté absolument toutes les lois de régression sociale de François Hollande.
  • En 2016 : il soutenait la Loi Travail et répétait que Valls était un formidable ministre, qui avait raison d’utiliser le 49.3. La même année, selon Le Figaro, il envisageait « de se rallier à Emmanuel Macron dans la perspective de l’élection présidentielle de 2017[12a] ».
  • En 2018 : il parle d’une « colonisation à l’envers » dans certains quartiers, pour désigner l’immigration. Une autre manière d’insinuer l’idée raciste de « grand remplacement ».
  • En 2018 : En avril 2018, le média Les Jours relève que 27,2% des votes d’Olivier Faure au Parlement sont « en accord avec En marche »[12b].
  • En mai 2021 : Olivier Faure se rend à une manifestation d’extrême droite organisé par le syndicat policier Alliance[12c]. Il estime que la police doit avoir « un droit de regard » sur les décisions de justice. Autrement dit, il réclame l’instauration d’une dictature policière sans contre-pouvoirs. Le Pen n’avait pas osé aller aussi loin. Depuis, il a radouci son discours pour plaire à ses alliés de circonstance. 

 

 

-  Pour servir le peuple et faire tomber les masques ne rien lâcher

🔴 1er mai 2022 : création de la Nupes[13].

Après un deuxième scrutin présidentiel consécutif où aucun candidat de gauche n'a été présent au second tour en raison notamment du refus d'une Fédération Populaire[14] pour rassembler la gauche (et donc d'une candidature pour chaque parti au 1er tour, cette coalition est de présenter des candidatures communes aux élections législatives de 2022 qui suivent la réélection d'Emmanuel Macron à un second mandat présidentiel.

  • La Nupes porte un programme de rupture[15], feuille de route partagée d'un futur gouvernement. Il est le fruit d’un travail collectif associant plusieurs organisations politiques, sur la base de programmes eux-mêmes élaborés en associant des milliers de citoyennes et citoyens, acteurs associatifs, syndicaux, environnementaux, politiques.

 

▶️ Fin 2023, la fracture de la Nupes s'annonce

Début 2023 la France insoumise avait engagé des discussions avec l’ensemble de ses partenaires au plan national pour les sénatoriales de 2023[16], fait des propositions[19] et critique avec véhémence la constitution de listes d'union entre le PS, le PCF et EÉLV pour les sénatoriales de 2023, du 24 septembre 2023, excluant ainsi LFI[17]. Elle y voit, à juste titre, la volonté de rompre l'alliance.

  • Le choix de division fait par les socialistes, écologistes et communistes et l’éparpillement des listes coûtent aux composantes de la NUPES une demi-douzaine de sièges et aident à la progression de l’extrême droite au Sénat[18].

 

▶️ Début 2024, la fin de la Nupes se concrétise lors des élections européennes :

" Sans union aux européennes, la Nupes éclatera " prévenait la France insoumise en juin 2023[19] Cette alliance n'est pas qu'un accord électoral, c'est une coalition et nous devons en faire un mouvement politique d'ampleur. Il nous faut pour cela de la cohérence, de la stabilité et de la lisibilité. Le seul moyen d'y parvenir, c'est d'avoir une liste commune à l'ensemble des prochaines échéances électorales " et plaide pour une liste commune[20].

  • Face au choix de division porté par les socialistes, écologistes et communistes, la France Insoumise est même prête à laisser la tête de liste à EELV pour une liste commune[21] . Unie aux élections européennes, la NUPES pouvait l’emporter face à Macron et Le Pen[22]... il n'en sera rien : la Nupes est morte !

 

🔴 10 juin 2024 : Le Nouveau Front Populaire est né[23].

Face à l’ultra-droitisation du pays, la France insoumise reste attachée à la stratégie de l'union avec l'objectif de déjouer les calculs politiciens de Macron qui comptait sur une gauche désunie et isolée pour produire une nouveau débat limité à un nouveau face à face entre son parti et le RN dans chaque circonscription[23] à l'occasion des législatives 2024 faisant suite à sa dissolution de l'Assemblée Nationale annoncée par Macron le 9 Juin 224[24], à l'issue élections européennes .

 

Pour créer le NFP, une soirée de négociations a d’ailleurs suffit : le PS, les programmes, il ne les applique pas, de toute manière. A terme, le but de Faure n’est pas de combattre Macron, mais de le remplacer avec éventuellement Hollande. Il veut que le PS retrouve son rôle historique central : incarner une alternance politique acceptée par la bourgeoisie et défendant ses intérêts en prétendant le contraire.

  • Pour que le Parti Socialiste ait 66 investitures, 97 circonscriptions de l’accord de la #NUPES leur ont été cédées par La France insoumise[24is].

 

Extrait du discours d'Olivier Faure, du Campus du Parti Socialiste à Blois, le 31 août 2024

 

▶️ A l'issue des législatives, suite au refus de la macronie de, conformément à la constitution, désigner un ou une iére ministre issu-e de la plus grande coalition parlementaire, le NFP : une Motion de censure est déposée par le NFP... et l'Assemblée nationale renverse le gouvernement de Michel Barnier[25].

 

▶️ Suite à la dissolution du gouvernement de Michel Barnier, Macron constitue le gouvernement Bayrou allant d'ex membres du PS (comme Manuel Valls nommé aux Outre-mer, François Rebsamen, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation ou Juliette Méadel, ministre déléguée chargée de la ville...) à la droite extrême avec Bruno Retailleau au ministère de l'Intérieur, en passant par le retour de Gérald Darmanin, nommé à la justice, mais aussi d’Élisabeth Borne[26].

  • Suite au refus de la macronie de, conformément à la constitution, désigner un ou une iére ministre issu-e de la plus grande coalition parlementaire, le NFP : la France insoumise met une motion de censure sur la table...
    • Elle est soutenue pas les écologistes les communistes et quelques socialistes[27] ;
    • Le PS et le RN ne la votent pas[28]... ! Résultat :

👉 une politique d'austérité encore pire que celle du budget du gouvernement Barnier va être mise en œuvre !

👉 le PS trahi son serment du 8 juin 2023, le Nouveau Front Populaire et s'en auto exclue... mais grâce au vote des écologistes et communistes le Nouveau Front Populaire est toujours là !

 

 

🚩 Rappel au #PS et électeurs socialistes...
👍 Le 8 juin 2023, la #Nupes a fait un serment : tout faire pour abroger la retraite à 64 ans et mettre en place la retraite à 60 ans[29]

 

« Nous faisons le serment d’agir sans relâche pour rassembler une majorité qui mettra fin à cette réforme injuste » – Le serment du 8 juin

 

🚩 100 ans de trahisons socialiste[0ter]... et ça continue jour après jour !

 

🔴 Ici 👇 on apprend que c’est celui qui a mis le PS à moins de 2% et nous a donné Macron qui a négocié la non censure du budget d'austérité de Bayrou.... avec Bayrou

C’est vrai que c’est un expert en engagements non tenus. Si les socialistes le suivent ils auront peut être la clef pour maintenir le macronisme jusqu’en 2027 mais ensuite la porte électorale leur sera fermée.

 

« Les socialistes ont la clé jusqu’en 2027 », affirme François Hollande

 

  • 22 janvier 2025 : comme pour la censure, le #PS est parti seul pour l'élection du Rapporteur Général de la Sécurité Sociale à l'Assemblée.

Tout le #NFP s'est uni pour élire le candidat écologiste. Les socialistes ont voté pour Jérôme Guedj, l'anti-#NFP.
📍  Résultat, la droite a gagné.... le #PS est au service de qui ?

 

Comme pour la censure, le PS est parti seul pour l'élection du Rapporteur Général de la Sécurité Sociale à l'Assemblée. Tout le NFP s'est uni pour élire le candidat écologiste. Les socialistes ont voté pour Jérôme Guedj, l'anti-NFP. Résultat, la droite a gagné.

 

  • 03 février 2025 : le PS décide, main dans la main avec le RN, de ne pas censurer le gouvernement Bayrou… ce coup-ci !

La décision du PS de ne pas voter la censure[30] consomme son ralliement au gouvernement Bayrou (pour l’instant sans participation).

  • Mais qui s’en souvient : le refus du recours au 49.3 était une des lignes rouges du PS au début de sa danse du ventre devant Bayrou !
  • Et qui le rappellera : le vote de la censure est une motion de défiance opposée au refus du gouvernement de demander un vote de confiance à l’Assemblée.

 

[Info Public Sénat] Budget : le PS décide de ne pas censurer le gouvernement Bayrou… ce coup-ci

 

  • 05 février 2025 : le Parti Socialiste et le RN refusent de censurer le budget 2025 austéritaire du gouvernement François Bayrou[31] et refusent de censurer le budget de la Sécurité sociale[32] qui est pire que celui de Barnier... aux mêmes causes les mêmes effets !

Par cette décision de non censure du budget 2025 (non suivie par 6 députés PS qui ont voté la motion de censure) :

▶️ le PS et le RN cautionnent la pire cure d'austérité du 21e siècle qui va être imposée au peuple : les coupes massives dans les budgets de l’écologie, du logement, de la recherche, de la culture, de l’éducation nationale, du sport, de l’agriculture ; hausse des tarifs de l’électricité ; baisse de l’indemnisation maladie des fonctionnaires et de la prime d’activité ; taxe sur les micro-entrepreneurs.

▶️ le PS rompt unilatéralement et sans aucune discussion collective préalable le cadre du Nouveau Front Populaire créé pour proposer une alternative au macronisme et non pour sauver ses gouvernements illégitimes.

. Par cette décision de non censure sur la partie 2 du budget de la Sécurité sociale, le PS et le RN valident 3 milliards d'économies dans la santé et une hausse des taxes sur les apprentis qui gagnent moins que le SMIC.

 

Analyse du scrutin n°693 Scrutin public n°693 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 90 députés.

 

🔴 Je refuse ce retour aux pratiques de la vieille gauche à la Hollande qui trahit ses engagements et renie sa parole donnée et s'allie par les faits et actes avec l'extrême droite et vous livre la liste des coupables : Retrouvez les noms des députés PS et RN qui ont sauvé Bayrou de la censure[33].

 

  • 09 février 2025 : Hollande est parvenu à faire du PS un parti inutile pour les gens et utile pour la macronie.

Un nouveau concept du génie Hollande : déposer une motion de censure pour ne pas faire tomber le gouvernement.  

  • Chaque fois qu'il parle, il nous rappelle que c'est lui qui a installé Macron à Bercy.
  • Aujourd'hui, c'est lui qui lui permet de se maintenir à l'Elysée.

 

François Hollande, sur la motion de censure que va déposer le PS: "Cette motion n'est pas faite pour faire tomber le gouvernement, mais pour s'opposer à la politique gouvernementale"

 

🔴 Et pire François Hollande veut deux candidats de gauche à l’élection présidentielle.
Soyons clair, ça veut dire qu’il veut l’extrême droite au pouvoir.
On ne peut pas gagner si on refait comme en 2022[34].

 

  • 10 février 2025 : Aujourd’hui le PS main dans la main avec le RN n’ont pas censuré le gouvernement Bayrou.

Ils sauvent une fois de plus la macronie et laissent passer un budget de la sécurité sociale amputé de 3.7 milliards d’euros. Un budget aux conséquences mortifères. 👇

 

Première séance du lundi 10 février 2025 Scrutin public n°739 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 70 députés.

 

🔴 Seulement UN député socialiste et apparentés a voté la Motion de censure, devinez quoi ?
Il est député du parti basque " Euskal Herria Bai " mais apparenté socialiste.
Donc le seul député socialiste qui n’a pas trahit les électeurs n’est pas vraiment socialiste : bravo monsieur Peio DUFAU !

 

  • 12 février 2025 : Aujourd’hui, une nouvelle fois, le PS main dans la main avec le RN n’ont pas censuré le gouvernement Bayrou[36].

Le refus du PS et du RN, se déclarant pourtant tous deux inscrits dans l’opposition, de voter la censure a permis le passage en force des budget de la Sécurité sociale venant après le budget de l’État avec leurs conséquences dramatiques.

 

En refusant de censurer pour la 5e fois en un mois, le PS a confirmé une nouvelle orientation politique, renouant avec le hollandisme et rompant avec celle du Nouveau Front Populaire[35] (seul Euskal Herria Bai  député du parti basque " Euskal Herria Bai " mais apparenté socialiste la voté).

 

  • Pour voir le détail du vote en cliquant sur l'image 👇
Première séance du mercredi 12 février 2025 Scrutin public n°791 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 73 députés.

 

  • 19 février 2025 : motion de censure du PS :... le pistolet à eau a fonctionné[37], le gouvernement Bayrou est toujours là  !

Cette motion est à la censure ce que le PS est à la gauche : une contrefaçon.
Deux semaines après l’avoir sauvé, le PS n'a toujours pas œuvré pour le faire chuter, on avait été prévenu par François Hollande qui avait annoncé : « il ne s'agit pas de faire tomber le gouvernement... si le RN annonçait la voter, il faudrait que nous ne la votions pas ». 

 

François Hollande, sur la motion de censure que va déposer le PS: "Cette motion n'est pas faite pour faire tomber le gouvernement, mais pour s'opposer à la politique gouvernementale"

 

🔴 C'est une censure pour faire semblant venant d'une fausse opposition qui a validé, pour l'année 2025, la pire cure d'austérité de la 5ème République ! Le capitaine de pédalo a inventé la motion de censure « pistolet à eau » !

 

  • 30 mars 2025 : Une nouvelle arnaque du PS : la retraite à 63 ans

Menacé d’éclatement, le PS hésite à censurer le gouvernement sur les retraites. Pour éviter une dissolution, les socialistes implorent François Bayrou de lâcher un compromis — même symbolique — pour sauver la face… et leur été. Il s’agirait en l’espèce de la retraite à 63 ans.

 

Réforme de retraites : le PS veut «un petit truc» de Bayrou pour ne pas le censurer

 

🔴 L’article du Journal du Dimanche affirme que « pour les socialistes, arracher les 63 ans permettrait de moucher les insoumis, promoteurs du “ tout ou rien ”, et de renouer avec la culture d’une gauche responsable…[38] ».

 

  • 14 avril 2025 : Le PS promettait de censurer le gouvernement Bayrou s'il ne revenait pas sur la réforme des retraites... on connait la suite !

Et maintenant il accepte 40 milliards d'austérité si les riches en paient un tout petit bout.
En fait, le #PS c'est le parti qui trahit même quand il n'est pas au pouvoir !

 

Pour Olivier Faure, il y aura "censure" s'il n'y a pas de contribution des plus riches pour trouver 40 milliards d'euros dans le budget

 

 

⚠️ Résultat des trahisons.... 👇

Fruit du non vote de la censure du gouvernement Bayrou par le PS le 16/01/2025 - scrutin n°526

 

🔎 Et le phénomène s'amplifie dans tous les domaines !

 

  • 5 avril 2025 : Quel grand parti démocratique que le PS... qui se vante " Le Parti socialiste a défendu le sionisme avant même de prendre le nom qu’il porte aujourd’hui[39] ".

La preuve, à la veille du congres du PS on peut même faire des motions de réconciliation entre " socialisme et sionisme ", soutenir le génocide sans rien risquer !

 

Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
  • 15 mai 2025 : Le PS au Sénat vote la reprise du chantier de l’autoroute A69[40bis], jugé illégale par le tribunal administratif[40].]

19 juin 2024 : programme du NFP signé par le PS : « Décréter un moratoire sur les grands projets d’infrastructures autoroutières ».

  • Le vote POUR du Parti Socialiste est une trahison complète du programme du NFP pour SE METTRE AU SERVICE des promoteurs autoroutiers !

 

Autoroute A69 : Le Sénat tente de contourner la justice avec une loi permettant la reprise des travaux

 

  • 4 juin 2025 : Une nouvelle fois, le PS rejoint la macronie et le RN dans le maintien d'un gouvernement d'extrême droite, qui ruine le portefeuille, la santé et les droits des Français (voir l'objet de la censure[41]).

En ne votant pas la #MotionDeCensure[41a], le PS, main dans la main avec la macronie la droite et le RN, devient complice d'une #LoiPesticides qui passera en force par un 49-3 déguisé, permettant l’autorisation de pesticides qui risquent de provoquer un scandale sanitaire comme l’amiante ou le chlordécone.

 

Scrutin public n°2222 sur la motion de censure, déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution, par Mme Aurélie Trouvé et 57 députés.

 

  • 14 juin 2025 : Pour Jérôme Guedj, député PS, Jean-Luc Mélenchon serait devenu " un salopard antisémite[42]"

Il parait que le PS est opposé à la « brutalisation de la vie politique ».

Il faudrait songer à faire de la politique autrement qu’en crachant midi et soir sur la France insoumise.

Mais manifestement c’est le programme pour 2027 de la gôche qui diffame la force motrice de gauche qui leur a permis de sauver des sièges de députés et d'avoir un groupe parlementaire !

 

 

  • 31 Août 2025 : 25 août, François Bayrou sollicite un vote de confiance qui aura lieu le 8 septembre[43]

Aujourd'hui, nous avons un Parti socialiste qui :
- refuse de respecter le programme qu'ils ont pourtant signé il y a un an, notamment sur la retraite à 60 ans ;
- n'envisage pas de ministre insoumis dans un gouvernement de gauche
[43a]...

- se dit " à la disposition " d'Emmanuel Macron pour " discuter des conditions " d'une entrée au gouvernement[43b]...

- affirme " Je suis à la disposition du chef de l'État à tout moment pour discuter des conditions dans lesquelles nous pourrions occuper les places gouvernementales qui sont occupées par la majorité relative de Bayrou."[43c]

et présente un contre-budget du PS de renoncement[44] !

 

Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !

 

🔴 Ben voila ! Pour Olivier Faure et le PS : pas de ministres insoumis de LFI... rejet du programme du NFP... donc pas un gouvernement de gauche... mais les voix des député-e-s pour soutenir son gouvernement oui. Il se met à disposition de Macron pour assurer la continuité du macronisme. C’est limite grossier. #PlusJamaisPS     

 

  • 09 Octobre 2025 : Les Socialistes (dont Raphaël Glucksmann) en complicité avec les républicains et macronistes ont sauvé Von Der Leyen en votant main dans la main contre la censure de la Commission Européenne[45déposée par la gauche européenne.  

Seulement 3% des socialistes européens, dont aucun français, ont voté pour la motion de censure : la préfiguration d’une grande coalition française ?

 

Socialistes, républicains et macronistes ont sauvé Von Der Leyen en votant main dans la main contre la censure de la Commission 🇪🇺.  Une préfiguration d’une grande coalition française ?  Heureusement les écologistes 🇫🇷 ont désobéi à leur consigne de groupe et voté à nos côtés.

 

  • 14 Octobre 2025 : Le Parti Socialiste demandait la suspension intégrale et complète de la réforme des retraites : or alors qu'il n’y aura qu’une temporisation (suspension) dans la réforme des retraites (la proposition du Premier Ministre revenant à inscrire dans la loi le redémarrage de la réforme Borne au 1er janvier 2028)... le PS ne votera pas la censure du gouvernement, Sébastien Lecornu toujours en sursis[46]

Avec cette proposition, la génération née en 1964 gagnerait 3 mois sur l’âge de départ à la retraite alors qu’elle pourrait gagner 9 mois avec l’abrogation soutenue par une majorité de députés à l’Assemblée nationale. Pour toutes les autres générations, rien ne change puisque le pouvoir élu en 2027 pourra faire ce qu’il souhaite.

  • À ce prix là, le Parti Socialiste rejoint le centre doit et s’apprête à sauver Macron et valider un budget n’a rien à voir avec le programme du Nouveau Front Populaire[47].

 

le PS ne votera pas la censure du gouvernement, Sébastien Lecornu toujours en sursis[46]

 

  • 16 Octobre 2025 : Ce jeudi 16 octobre 2025, grâce au PS, le Premier ministre illégitime et minoritaire a été sauvé par manque de 18 voix sur la motion de censure déposée par la France insoumise[48].

Par cette décision, la direction du Parti Socialiste vient de sauver Emmanuel Macron en prétendant avoir obtenu le décalage de la réforme des retraites qui n’est en réalité qu’une arnaque. Les électeurs du Nouveau Front Populaire avaient pourtant clairement choisi le programme indiquant dès sa 2e ligne que le mandat de leurs élus serait de rompre avec le système Macron et contenant en son sein l’abrogation de la retraite à 64 ans.

  • Le Parti Socialiste n’a pas trahi, il est juste fidèle à son histoire[49] avec quelles conséquences ? 👇

 

Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
  • 12 Novembre 2025 : Retraites... en votant le texte gouvernemental[50], résultat des tambouilles entre eux, les socialistes décident de couper un doigt aux salariés pendant que les macronistes veulent en couper deux avec l’arnaque du décalage de la retraite à 64 ans

PS, macronistes et RN votent le décalage (ce n'est pas une suspension, c'est un décalage, même Macron le reconnait[51]), résultat  :

  • retraite à 64 ans pour les nés après 1969, pensions en baisse pour tous.
  • Tous les retraités vont payer votre vote par la baisse de leurs pensions.

 

 

 

  • 2 Décembre 2025 : Le projet de loi de fin de gestion (PLFG) 2025, qui prévoit 10 MILLIARDS D'EUROS D'AUSTÉRITÉ, a été adopté DE DEUX VOIX grâce à l'abstention, les socialistes et les écologistes[52]

« Compromis », « responsabilité », « stabilité » : ça coûte cher au peuple. Très cher… Les élèves, les étudiants•es, les agriculteurs, les travailleurs du monde de la culture qui voient leur budget coupé vous remercient et sauront en tirer les leçons politiques : en 2026 et 2027, on les dégage

 

Première séance du mardi 2 décembre 2025 Scrutin public n°4442 sur l'ensemble du projet de loi de fin de gestion pour 2025 (texte de la commission mixte paritaire).

 

 

  • 9 Décembre 2025 : C'est fait... l'alliance PS-macronistes-LR vient de voter l'ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026de la Sécurité sociale[53].

En votant ce budget des horreurs, le PS bascule officiellement dans la majorité gouvernementale et la coalition autour de Lecornu..
Ils portent la responsabilité, avec le gouvernement, des coupes dans la santé et de l’augmentation des coûts pour les assurés.

Et pensée pour tous les Français qui leur ont fait confiance l'année dernière.

 

Analyse du scrutin n°4696 Deuxième séance du mardi 9 décembre 2025 Scrutin public n°4696 sur l'ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (nouvelle lecture).

 

 

  • 14 Janvier  2026 : Scrutin public n°4986 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 57 députés.

Le PS s'abstient sur la motion de censure contre Lecornu et le #Mercosur[54], et sauve encore ce Gouvernement.

Le PS est la bouée de secours des macronistes... soutien aux agriculteurs.

 

Scrutin public n°4986 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 57 députés.

 

 

  • 23 Janvier  2026 : Le Parti Socialiste s'abstient sur la motion de censure n°5154 des Insoumis, Ultramarins, Communistes et Écologistes (seulement 5 d'entre eux l'ont voté sur 69).

19 voix seulement ont manqué pour que cette motion de censure soit adoptée[55]. Par leur abstention, ils vont permettre à Sébastien Lecornu d'imposer 35 MILLIARDS de coupes dans les services publics et la suppression de la prime de Noël.

 

Scrutin public n°5154 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot, Mme Cyrielle Chatelain, M. Stéphane Peu et 108 députés.

 

  • 2 février  2026 : Le Parti Socialiste s'abstient sur la nouvelle motion de censure n°5193 des Insoumis, Ultramarins, Communistes et Écologistes (seulement 5 d'entre eux l'ont voté sur 69)[56].

Le PS, c’est une usine à trahisons qui simule la colère le jour et lèche les bottes du pouvoir le soir pour ne pas perdre ses sièges. Le PS est devenu la bouée de secours des macronistes et sort de la gauche pour se rassembler avec le centre droit en vue des présidentielles de 2027 !

 

Analyse du scrutin n°5193 Scrutin public n°5193 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Cyrielle Chatelain, Mme Mathilde Panot, M. Stéphane Peu et 110 députés.

 

  • 27 Janvier  2026 : en s'abstenant sur la nouvelle motion de censure n°5284 des Insoumis, Ultramarins, Communistes et Écologistes (seulement 5 d'entre eux l'ont voté sur 69)[57] le Parti Socialiste valide le budget d’austérité 2026 .

Avec la non-censure, le PS s’isole un peu plus de la gauche. Les rares frondeurs socialistes disent leur malaise et  des militants rendent leur carte, sidérés par ce retour en arrière avant les élections municipales.

 

Première séance du lundi 2 février 2026 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par M. Stéphane Peu, Mme Mathilde Panot, Mme Cyrielle Chatelain et 110 députés.

 

  • 3 Mars  2026 : Le Parti socialiste n’en finit plus de sombrer. Les refus successifs de censurer le gouvernement Lecornu ont révélé au grand jour son changement d’alliance, au profit d’Emmanuel Macron. Ce 3 mars, dans une résolution du Bureau national votée à l'unanimité, Olivier Faure a renvoyé dos à dos les fascistes et les antifascistes[58].

Pas un jour ne passe sans que le parti à la rose se rapproche de l’axe réactionnaire. Aujourd’hui, la reprise par la direction du Parti Socialiste, répondant aux appels de Jordan Bardella, du discours le plus nauséabond de l’extrême droite est une faute d’une gravité absolue alors que notre pays subit une offensive fasciste d’une ampleur inédite et un glissement de la macronie et de la droite vers les idées de l’extrême droite[59].

 

Le PS appelle les militants insoumis à se désolidariser des propos de Jean-Luc Mélenchon, ce dernier dénonce d'"intolérables accusations d'antisémitisme"

 

 

🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 

 

 

 

#PlusJamaisPS

 

 

Notes :

[0Le patron du PS, Olivier Faure, a «hété» à rejoindre Emmanuel Macron en 2016

[0bisTRIBUNE : Le recul du PS sur ses engagements : une situation qui était prévisible

[0ter100 ans de trahisons socialiste (des origines à nos jours)

[1] Le Parti socialiste, reçu à l'Elysée, se met en rupture avec La France insoumise

[1bisJean-Luc Mélenchon : « Je lance un appel à la création d’une fédération populaire »

[1terCagé, Piketty : à la conquête du 4ème bloc ?

[2Pourquoi Mitterrand ne nous manque pas

[3Déclaration de politique générale de M. Pierre Mauroy, Premier ministre, devant l'Assemblée nationale le 8 juillet 1981, publiée dans Le Monde le 10 juillet 1981

[4Lionel Jospin : le retour de la momie sociale-démocrate

[5Le gouvernement Jospin, de l'embellie à la désillusion

[6Sondage : Mélenchon, le candidat qui incarne le plus le changement

[7Emmanuel Macron, de « Mozart de l'Elysée » à ministre de l'économie

[8Pour Philippe Martinez secrétaire général de la CGT : « Le bilan de Hollande est négatif »

[9Paris 14 juin 2016, j'y étais, j'ai vu, j'accuse... Gazer, mutiler, soumettre : la police au service du néolibéralisme autoritaire, je l'ai vue à l'œuvre !  

[10La loi immigration, ni tournant, ni trahison : une continuité politique

[11L'affaire Leonarda

[12Aurélien Bellanger dans son ouvrage " Les derniers jours du Parti socialiste "

[12aEn 2016 Olivie Faure envisageait de se rallier à Emmanuel Macron dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017

[12b] En avril 2018, le média Les Jours relève que 27,2% des votes d’Olivier Faure au Parlement sont « en accord avec En marche »

[12c] Olivier Faure se rend à une manifestation d’extrême droite organisé par le syndicat policier Alliance.

[13Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes)

[14] Jean-Luc Mélenchon : « Je lance un appel à la création d’une fédération populaire »

[15Programme partagé de gouvernement de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale

[16Les prochaines élections sénatoriales auront lieu en septembre 2023

[17Sénatoriales : La France insoumise dénonce un "enterrement de la Nupes" avant une possible alliance PS-EELV-PCF

[18Élections sénatoriales : le refus de l’union autour de la NUPES aura coûté à la gauche près de 10 sièges

[19LFI propose de créer des structures locales de la Nupes, de lancer une agora, de bâtir des alliances électorales aux sénatoriales et aux européennes

[20Européennes 2024 : La France insoumise plaide pour une liste commune 

[21La France Insoumise est même prête à laisser la tête de liste à EELV pour une liste commune

[22Sondage : unie aux élections européennes, la NUPES peut l’emporter face à Macron et Le Pen

[23Le Nouveau Front Populaire est né

[24Dissolution : Emmanuel Macron annonce la dissolution de l'Assemblée nationale 

[24bis] Législatives 2024 : LFI, PS, Verts, PCF, combien de candidats les partis du Nouveau Front populaire présenteront-ils ? 

[25Motion de censure : l'Assemblée nationale renverse le gouvernement de Michel Barnier

[26Gouvernement Bayrou : qui sont les 35 nouveaux ministres ?

[27ASSEMBLÉE NATIONALE 14 janvier 2025 : MOTION DE CENSURE présentée par Mme Mathilde PANOT et 57 de ses collègues communistes et écologistes

[28Scrutin public n°526 sur la motion de censure, déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution, par Mme Mathilde Panot et 57 députés.

[298 juin 2023, la #Nupes a fait un serment

[30Budget 2025: le PS et le RN ne voteront pas la motion contre le gouvernement Bayrou

[31Scrutin public n°693 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 90 députés.

[32Scrutin public n°694 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 91 députés.

[33La liste des coupables. Retrouvez les noms des députés PS et RN qui ont sauvé Bayrou de la censure

[34] François Hollande veut deux candidats de gauche à l’élection présidentielle

[35Déclaration de la coordination nationale et de l’intergroupe parlementaire de la France insoumise

[36Aujourd’hui, une nouvelle fois, le PS main dans la main avec le RN n’ont pas censuré le gouvernement Bayrou.

[37Scrutin public n°842 sur la motion de censure, déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution, par M. Boris Vallaud et 65 députés.

[38La dernière arnaque du PS : la retraite à 63 ans

[39Nous, les Amis d’Israël, connaissons les mesures absolument uniques qu’Israël met en place pour limiter les pertes civiles et alléger la souffrance des populations

[40A69 : le tribunal administratif de Toulouse juge le projet illégal

[40bisAutoroute A69 : Le Sénat tente de contourner la justice avec une loi permettant la reprise des travaux

[41Objet de la motion de censure du 4 juin 2025 et résultat du vote 

[41aScrutin public n°2222 sur la motion de censure, déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution, par Mme Aurélie Trouvé et 57 députés

[42Pour Jérôme Guedj, député PS, Jean-Luc Mélenchon serait devenu " un salopard antisémite "

[4325 août, François Bayrou sollicite un vote de confiance qui aura lieu le 8 septembre

[43aOlivier Faure n'envisage pas de ministre insoumis dans un gouvernement de gauche...

[43b] Olivier Faure se dit " à la disposition " d'Emmanuel Macron pour " discuter des conditions " d'une entrée au gouvernement

[43cOlivier Faure " Je suis à la disposition du chef de l'État à tout moment pour discuter des conditions dans lesquelles nous pourrions occuper les places gouvernementales qui sont occupées par la majorité relative de Bayrou."

[44Le contre-budget du PS, un budget de renoncement

[45Motion de censure : Ursula von der Leyen dans une passe difficile

[46Retraites : le PS ne votera pas la censure du gouvernement, Sébastien Lecornu toujours en sursis

[47À ce prix là, le Parti Socialiste s’apprête à sauver Macron et à valider un budget n’a rien à voir avec le programme du Nouveau Front Populaire.

[48Scrutin public n°3058 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 86 députés.

[49Le Parti Socialiste n’a pas trahi, il est juste fidèle à son histoire

[50] Scrutin public n°3684 sur l'article 45 bis (examen prioritaire) du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture)

[51Ce n'est pas une suspension, c'est un décalage, même Macron le dit

[52Le projet de loi de fin de gestion (PLFG) 2025, a été adopté DE DEUX VOIX grâce à l'abstention des socialistes et écologistes

[53l'alliance PS-macronistes-LR vient de voter l'ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026de la Sécurité sociale

[54Scrutin public n°4986 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution

[55Analyse du scrutin n°5154 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution

[56] Analyse du scrutin public n°5193 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Cyrielle Chatelain, Mme Mathilde Panot, M. Stéphane Peu et 110 députés.

[57Analyse du scrutin n°5284 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par M. Stéphane Peu, Mme Mathilde Panot, Mme Cyrielle Chatelain et 110 députés.

[58] Dans une résolution du Bureau national votée à l'unanimité, le Parti socialiste appelle les militants de La France insoumise à se désolidariser des propos de Jean-Luc Mélenchon, pour les élections municipales.

[59« Nous dénonçons l’irresponsabilité totale de la direction du Parti Socialiste »

 

Pour en savoir plus :

- « Je démissionne du Parti socialiste » – Après la non-censure, le PS face à la fronde massive de ses élus et de ses militants

Décryptage – Censure du 16 janvier 2025 : comment François Bayrou a enfumé le Parti Socialiste

- Hollande et la gauche du rien

La mystification de la retraite par points défendue par le Parti Socialiste

- Taxe sur les apprentis, hausse des prix de l’électricité – Découvrez le programme actualisé du RN et du PS après leur refus de censurer Bayrou en février 2025

- Parti socialiste : Trahir et détruire

- « Nous constatons avec regret que le PS a confirmé son changement d’alliance »

À l’Assemblée, la censure « en mousse » des socialistes vire à l’humiliation 👇

Emmanuel Todd : historien, anthropologue, démographe, essayiste français

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12 janvier 2025 7 12 /01 /janvier /2025 18:47
Entretien avec Michaël Löwy : Jean-Luc Mélenchon « a largement contribué à populariser la notion d’écosocialisme et a un discours élaboré sur l’écologie »

Michael Löwy (1938) est une figure intellectuelle incontournable de la gauche dans le monde. Après un pèlerinage intellectuel à travers plusieurs pays, du Brésil au Royaume-Uni en passant par Israël, c’est en France que Michael Löwy s’est installé en 1969, invité par Nicos Poulantzas. Fin philosophe révolutionnaire, il a présenté une thèse sur György Lukács en 1975 et s’est passionné tant pour le marxisme que pour le surréalisme.

Parallèlement à sa vie intellectuelle, Michael Löwy est un homme engagé politiquement. Il a milité dans la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), mouvement emblématique du trotskisme en France, et aussi, de l’autre côté de l’Atlantique, aux côtés de l’aile gauche du Partido dos Trabalhadores (PT) et du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST) du Brésil. Récemment, il a commencé à collaborer avec l’Institut La Boétie, le think tank de La France Insoumise, fondé en 2020 par Jean-Luc Mélenchon.

Pensant bienveillant, Michael Löwy s’efforce de créer une synthèse intellectuelle entre le marxisme et la pensée écologiste, dans le but de construire une nouvelle théorie politique : l’écosocialisme. Cette approche cherche à combiner le pragmatisme scientifique du marxisme avec les préoccupations utopiques des écologistes. Entretien.

 

 

Sources : L'insoumission | 

- Diario Red / Insoumission[1] : Vous collaborez actuellement avec l’Institut La Boétie, (think tank à La France Insoumise) après un long parcours dans les organisations de la gauche trotskiste révolutionnaire. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous rapprocher de La France Insoumise ?

Michael Löwy : À mon avis, la gauche trotskiste révolutionnaire a intérêt à collaborer avec des partis de gauche comme La France Insoumise, dans la mesure où ils constituent les principales forces incarnant une dynamique anticapitaliste dans la société. Dans le cas de Jean-Luc Mélenchon, nous avons affaire à un leader politique qui a largement contribué à populariser la notion d’écosocialisme et qui a un discours élaboré sur l’écologie.

 

Il a fait avancer nos thèses dans la bataille des idées. Par conséquent, il n’y a pas de contradiction entre se rapprocher de partis comme La France Insoumise et rester dans la tradition de la gauche trotskiste révolutionnaire.

 

 

- Diario Red / Insoumission : Que peut apporter la pensée marxiste à l’écologie ?
Michael Löwy : Le marxisme est une théorie nécessaire pour tout projet de transformation sociale, car il nous permet de comprendre scientifiquement ce qu’est le capitalisme et les raisons pour lesquelles, en raison de la logique d’accumulation du capital, il génère une exploitation sans limites de l’homme et de la nature. Pour cette raison, le marxisme est une arme pour lutter contre les « falsificateurs de l’écologie », en particulier les promoteurs du capitalisme vert, qui redoublent d’efforts pour démontrer une thèse impossible : la compatibilité de l’écologie avec le capitalisme.

 

De plus, le marxisme est un outil intellectuel pour comprendre ce que pourrait être une alternative au capitalisme. Il élabore ses contours, défendant la constitution d’une économie qui priorise une production destinée à satisfaire les besoins sociaux à travers une planification démocratique, par opposition aux marchandises destinées au marché.

 

J’insiste particulièrement sur cette notion, car elle est consubstantielle à toute perspective écologique : une société durable ne pourra pas continuer à produire n’importe quoi à des fins d’échange sur un marché, comme c’est le cas aujourd’hui. La préservation de la vie humaine sur Terre exige la production de biens en fonction de leur utilité sociale et environnementale, en opposition à l’irresponsabilité totale qui règne dans la production actuelle.

 

🔴 Par conséquent, nous devons transformer le marxisme en un « éco-marxisme » et le socialisme en un « éco-socialisme », et mettre en œuvre une politique de planification qui intègre la notion de limites écologiques.

 

 

- Diario Red / Insoumission : Comment peut-on construire une planification économique démocratique ?
Michael Löwy : Il est nécessaire de rompre avec le modèle soviétique de planification. À mon avis, l’excessive verticalité du système et l’absence de démocratie ont conduit à son incapacité à répondre réellement aux besoins de la population, et, en conséquence, à sa chute. Les décisions sur la manière et les raisons de produire doivent être prises de manière participative. Comment y parvenir ?

 

Nous devons partir du principe de subsidiarité : les décisions qui peuvent être prises au niveau local ou micro-local doivent être réalisées à cette échelle. Cela favorisera l’autogestion et multipliera la prise de décisions au niveau direct. De nombreuses institutions qui opèrent uniquement au niveau local pourraient être gérées directement par leur personnel.

 

Cependant, les activités de certaines administrations et entreprises nécessitent la mobilisation d’une région ou même de tout un pays. Dans ces cas, je défends un principe de représentativité : les décisions sur ce qui doit être produit et consommé doivent être prises par le peuple, par des représentants élus et des référendums.

 

🔴 Il est important de comprendre que l’économie n’est pas un fait naturel, mais un fait politique. Les grandes décisions économiques, concernant ce qui doit être produit et consommé, doivent être prises au niveau politique. Il ne s’agit pas d’éliminer complètement le marché, mais de lui donner sa place adéquate, notamment pour garantir la gratuité de certains services essentiels et, finalement, dépasser la politique de l’offre et son irresponsabilité sociale et écologique.

 

 

- Diario Red / Insoumission : Vous vous intéressez au rôle révolutionnaire de l’utopie. Soutenez-vous les socialistes utopiques si critiqués par Marx ?
Michael Löwy : Je m’inspire du penseur Miguel Abensour, qui souligne que Marx ne critique pas les socialistes utopiques pour le contenu de leurs utopies, qu’il trouvait en réalité fascinantes, mais pour leur vision parfois erronée du politique.

 

Beaucoup de socialistes utopiques pensaient qu’il suffisait de gagner le cœur de quelques riches philanthropes pour réaliser leurs projets et les étendre à toute la société. Ce que Marx critiquait essentiellement chez Fourier ou Proudhon, c’était qu’ils ignoraient des questions politiques centrales : quelle classe sociale devra réaliser cette société utopique ? Quel sera le processus de transition vers une nouvelle société ?

 

Face à des penseurs qui, parfois, défendaient le retrait de la société pour entrer dans des phalanstères et qui, parfois, ressentaient de la nostalgie pour des formes de travail écrasées par le machinisme industriel, Marx pose la nécessité d’un processus révolutionnaire mené jusqu’au bout par une classe sociale ascendante : le prolétariat, qu’il définit comme les travailleurs ne possédant pas leurs moyens de production.

 

Cependant, cela n’empêchait pas Marx de s’intéresser sincèrement aux idées des socialistes utopiques, qui furent l’une des trois principales sources d’inspiration de sa pensée, avec l’idéalisme allemand hégélien et les économistes classiques anglais.

 

Cette vision erronée de la notion d’utopie chez Marx a conduit de nombreux marxistes à rejeter a priori toute politique de l’utopie. Pour ma part, je pense que l’idée d’utopie est nécessaire à tout projet politique révolutionnaire.

 

Le penseur marxiste utopique Ernst Bloch, que je cite fréquemment, disait que la force du marxisme réside dans la combinaison d’un « courant froid », une lecture scientifique du capitalisme, avec un « courant chaud », la vision utopique d’une société sans classes, basée sur la justice et l’égalité, où nous serions libérés de la surexploitation, du productivisme et du fétichisme de la marchandise, et par conséquent du consumérisme. Selon moi, le « courant froid » doit être un moyen pour atteindre le « courant chaud ».

 

 

- Diario Red / Insoumission : Vous parlez d’une transformation des forces productives en forces destructrices, en opposition au marxisme classique, en vous inspirant des thèses de Walter Benjamin. Ne risquez-vous pas de tomber dans une condamnation a priori du progrès technique, comme le font de nombreux penseurs écologistes décroissants ?
Michael Löwy : Je pense que nous devons éviter toute simplification à propos du progrès technologique et adopter une vision dialectique. La catégorie « progrès technique » ne signifie rien en soi : le progrès technique n’est pas unique, il est multiple, et peut donc être défini de diverses manières.

 

Laissons de côté les simplifications et les discours binaires : nous pouvons observer qu’il existe des avancées techniques majoritairement positives, comme celles de la médecine, et d’autres négatives, comme la voiture individuelle ou l’extraction pétrolière.

 

🔴 Pourquoi cette différence entre des réalisations qui sont considérées comme faisant partie d’un même ensemble, le progrès technique ?
Pour une raison simple : je pars du principe que le véritable problème n’est pas la technique, mais le capitalisme. Le capitalisme crée une technologie qui lui est propre et qui est à son service. Prenons l’exemple de l’automobile individuelle : un produit qui, à l’origine, ne répondait à aucun besoin social réel, a fait l’objet d’une véritable fétichisation comme produit de consommation ostentatoire, et a réorganisé la société au bénéfice du capitalisme contemporain.

 

Il est donc nécessaire de dépasser une illusion entretenue par le marxisme le plus orthodoxe : l’écosocialisme démontre que nous ne pouvons pas nous approprier toute la technologie et tout l’appareil de production existant pour les mettre au service des travailleurs, car une partie de ces derniers existe uniquement pour satisfaire les besoins spécifiques du capitalisme. Que changerait-il en termes de politique écologique si un puits pétrolier en haute mer était sous le contrôle des travailleurs ?

 

 

- Diario Red / Insoumission : L’écosocialisme est-il alors synonyme de décroissance ?
Michael Löwy : Ce n’est pas si simple. Soyons clairs : l’écosocialisme implique une forme de décroissance dans la mesure où il remet en question l’existence même d’une partie de notre appareil productif et de notre production. Pourquoi ? Parce que le capitalisme ne produit pas des choses pour répondre à des besoins, mais uniquement en fonction de leur capacité à être échangées sur le marché, de leur valeur d’échange.

 

🔴 Par exemple, le fait que tous nos appareils électroménagers deviennent obsolètes après quelques années ne répond pas à nos besoins en tant que consommateurs, mais à l’objectif d’augmenter la circulation des valeurs d’échange sur le marché, de stimuler les ventes et la concurrence, au détriment de toute responsabilité environnementale. La mise en œuvre d’un système écosocialiste qui dépasse le capitalisme impliquerait donc l’élimination de tout le gaspillage de ressources humaines et naturelles causé par l’irresponsabilité de l’économie capitaliste, ce qui entraînerait inévitablement une forme de décroissance.

 

Cependant, la décroissance en elle-même ne sera jamais un projet de société. En effet, il existe des formes de décroissance capitalistes, comme les mesures malthusiennes ou la destruction d’activités jugées « insuffisamment rentables », qui sont souvent nécessaires au bien-être de la société.

 

🔴 Par conséquent, il existe un danger que la question de la décroissance soit posée par les classes dominantes sans aucune critique du capitalisme, créant une société encore plus aliénée. La décroissance est également une notion complexe qui ne peut être résumée par des lieux communs ou des idées uniformes. Elle ne peut être pensée simplement comme une diminution du PIB, mais comme une manière de réorganiser la production.

 

Nous devons sérieusement nous poser ces questions : quelle partie de l’appareil productif doit être démantelée et quelle partie doit être développée ? Par exemple, je pense que les énergies fossiles et la publicité font partie des activités qui doivent décroître. En revanche, les investissements dans les transports publics doivent augmenter, car les voitures individuelles sont destinées à disparaître.

 

 

- Diario Red / Insoumission : Vous êtes brésilien. Les discours écosocialistes et les formes de décroissance qu’ils impliquent sont-ils audibles dans un pays et un continent qui désirent à tout prix se développer et croître économiquement ?
Michael Löwy : Malgré la présence de réseaux écosocialistes actifs au sein des forces de gauche, notamment au Brésil, il faut reconnaître que la vision dominante en Amérique latine, dans toutes les forces politiques, reste développementaliste. Il est évident que l’Amérique latine doit se développer ; ce n’est pas la question. La véritable question est : quel type de développement le continent a-t-il besoin ? À mon avis, il ne faut pas y reproduire les erreurs du développement des pays du Nord.

 

🔴 Le modèle de développement suivi en Amérique latine est le suivant : produire des matières premières non transformées destinées au marché mondial, avec des conséquences désastreuses sur le plan écologique. Les tentatives de diversification industrielle en Amérique latine, comme le développement d’une industrie automobile ou aéronautique, sont également conditionnées par les exigences du marché mondial.

Ces productions sont-elles une priorité pour les Sud-Américains, dont la majorité n’a ni voiture ni accès aux avions ? Il est nécessaire de penser un autre modèle de développement, ce qui implique de produire pour la population et non pour le marché mondial.

 

Par exemple, mon pays, le Brésil, détruit la forêt amazonienne pour produire une quantité de soja et de viande qui dépasse largement la demande nationale, voire régionale : la surproduction agricole pour satisfaire le marché mondial et le secteur de la viande conduit nécessairement à l’accélération de la déforestation de l’Amazonie… Avec le temps, cela pourrait provoquer l’assèchement des fleuves qui coulent vers le sud du pays et qui alimentent la production agricole… Une véritable catastrophe !

 

Dans cet écocide, l’extrême droite est en première ligne, avec l’ex-président Bolsonaro, qui voulait éradiquer la forêt « parce qu’elle ne sert à rien » et mettre fin aux modes de vie indigènes. Le peuple brésilien ne se nourrit pas de soja, mais principalement de riz, de haricots, de farine et de poulet.

 

🔴 Par conséquent, l’agriculture doit être orientée en priorité vers le marché intérieur et viser une production biologique. Il n’y a pas d’autre solution pour stopper le désastre écologique en cours. Cela a été compris par le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST), qui est aujourd’hui le principal producteur de riz biologique du pays.

 

Comme pour le progrès technique, la question du développement doit être abordée selon une approche dialectique et non comme une perspective uniforme. Il existe un développement capitaliste, destructeur, et un développement nécessaire dont l’Amérique latine a besoin : plus de services publics, d’électricité, d’approvisionnement en eau, d’assainissement, etc.

 

L’Amérique latine peut être pionnière en matière de progrès technique respectueux des équilibres naturels, contrairement aux sociétés occidentales. Dans ce combat, la gauche, les paysans, les indigènes et une partie de l’Église jouent un rôle fondamental.

 

 

- Diario Red / Insoumission : Quels sont les principaux obstacles à une politique écologiste et écosocialiste en Amérique latine, et au Brésil en particulier ?
Michael Löwy : Je pense que la gauche latino-américaine a souffert d’une idéalisation du pétrole. Le contrôle de celui-ci était perçu comme un moyen d’acquérir plus de souveraineté économique par rapport aux États-Unis, mais il a fini par affaiblir les économies du continent, dévaster l’environnement et attiser les ambitions des oligarchies étrangères.

 

Cependant, je constate quelques signaux positifs. Au sein du gouvernement de Lula, la ministre de l’Environnement, Marina Silva, s’oppose à l’exploitation pétrolière dans l’estuaire de l’Amazone. Lula n’a pas encore pris de décision sur le sujet, mais il est important que cette position ait été exprimée.

 

🔴 La seconde menace est le libre-échange et la surdépendance au marché mondial, dont j’ai exposé la relation de cause à effet avec la déforestation de l’Amazonie. Il est certain que la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur[2] est une très mauvaise nouvelle pour la préservation de l’environnement en Amérique latine.

 

Notes :

[1L’Insoumission et le média espagnol Diario Red (Canal Red) s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours en France, en Espagne et en Amérique du Sud. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et de Diario Red.

[2UE-Mercosur : un accord mortel pour les agriculteurs et l'environnement

 

Point en savoir plus :

- JEAN-LUC MÉLENCHON : CLIMAT - Je lance l'alerte : le temps est compté !

- « L’urgence écologique doit être au point de départ de ma campagne »

 

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10 janvier 2025 5 10 /01 /janvier /2025 20:42
Municipales 2026 : quelle stratégie, programme et arguments de La France Insoumise ?
Municipales 2026 : quelle stratégie, programme et arguments de La France Insoumise ?
Municipales 2026 : quelle stratégie, programme et arguments de La France Insoumise ?

En 2026, aux municipales, nous souhaitions des listes d’union.

Mais elles sont empêchées par ceux qui ne veulent pas du NFP.

Il y aura partout des listes insoumises : prêtes aux municipales, pour l’union ou pour être proposées au vote[1], pour un communalisme insoumis !

 

 

Dix ans après la fondation de la France insoumise, ces municipales seront la nouvelle étape de la construction de notre mouvement politique, cela fera dix ans que nous existons !
Si le Nouveau Front Populaire a pu remporter les élections législatives, c’est d’abord parce que nous avons su mettre en mouvement une partie du peuple qui avait renoncé à venir aux urnes. Nous l’avons enclenché lors des élections européennes où nos progrès ont été impressionnants dans la jeunesse et dans les quartiers populaires. Cette dynamique s’est confirmée lors des élections législatives : ce sont dans les bureaux de vote où la progression insoumise a été la plus forte aux élections européennes qu’ont été observés les progrès les plus importants du Nouveau Front Populaire aux élections législatives.
Des marges de progression existent encore et les élections municipales en sont un nouvel " outil " servant à accélérer notre implantation locale et des cadres d’auto-organisation populaires à tous les niveaux de représentations politiques.

Retrouvez ci-dessous la stratégie adoptée par l'Assemblée représentative de la France insoumise du 14 décembre 2024[2] pour les élections municipales et validée par 93.9 % des insoumis par vote[3]

Pour accéder à l'intégrale du texte texte d’orientation stratégique cliquez ici 👉 [4]

 

 

Sources : La France Insoumise | mis à jour le 10/07/2025

- Préparer les élections municipales pour présenter des listes dans le plus grand nombre de communes

Nos groupes d’action ont consolidé leur ancrage ces dernières années et encore plus ces derniers mois.

  • Nous avons constitué un réseau d’élu·es militant·es dans le cadre de l’Association nationale du réseau des élu·es insoumis·es et citoyen·nes.
  • Nous avons été en tête dans un grand nombre de communes lors des dernières élections européennes : notre liste a, par exemple, dépassé les 20 % à Audincourt, Avignon, Marseille, Montpellier, Strasbourg, Lille, Saint-Étienne, Grenoble, Audincourt ; les 30 % à Choisy-le-Roi, Givors, Grande-Synthe, Vitry-sur-Seine, Vernouillet, Montreuil, Cergy, Saint-Ouen, Bagnolet, Montataire, Nanterre, Dreux, Sarcelles, Bethoncourt ; les 40 % à Argenteuil, Bondy, Villiers-le-Bel, Sevran, Creil, Vaulx-en-Velin, Aubervilliers ; les 50 % à Saint-Denis, Bobigny, Trappes, La Courneuve…

 

Sur ces bases, nous nous donnons l’objectif :

  • de conquérir des mairies et des présidences d’exécutifs locaux et de constituer des groupes d’élu·es insoumis·es et citoyen·nes dans les conseils municipaux et dans les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) ;
  • d’investir un maximum de conseils municipaux, jusqu’aux plus petits villages.
  • Notre objectif est aussi de faire élire un maximum de conseillers consulaires.

C’est aussi de cette façon que nous permettrons l’entrée de la France insoumise au Sénat, après en avoir été empêchée par les directions nationales du Parti socialiste et du Parti communiste en 2023. Nous appelons largement les insoumis·es à se porter candidat·es aux élections municipales afin de permettre une présence dans un maximum de communes, y compris les plus petites, en déposant ou en participant à des listes complètes ou partielles dans les communes de moins de 1 000 habitant·es où le mode de scrutin autorise le panachage.

 

Pour atteindre ces objectifs, nous invitons les insoumis·es à réunir les conditions permettant de constituer des listes insoumises dans le plus grand nombre possible de communes (et de pays en vue des élections consulaires), en s’appuyant sur une démarche d’union populaire et en encourageant des collectifs et luttes locales dans les quartiers populaires, la jeunesse, comme partout où les secteurs populaires se mobilisent pour défendre leurs revendications sociales, écologistes, démocratiques. Notre objectif est de rendre la commune à ses habitant·es et de porter un programme de rupture à l’échelle municipale.

 


- Nous proposerons un accord national à nos partenaires du Nouveau Front Populaire

Dans tous les cas, nous travaillerons là où c’est possible à des accords locaux ou départementaux avec une ou plusieurs composantes du NFP. Dans certaines communes, cela pourra conduire à la constitution de listes communes dès le premier tour avec une ou plusieurs composantes du Nouveau Front Populaire. Cela nécessitera des garanties programmatiques claires et publiques (voir Annexe 1 👇) et que la représentativité de la France insoumise soit assurée. Pour les élections consulaires, un travail sera mené avec les groupes d’action des Français·es de l’étranger pour établir la liste des garanties programmatiques ainsi que le calendrier.

 

Fort·es de nos expériences précédentes, nous abordons cette possibilité sans naïveté. Ces dix dernières années, aux côtés des habitant·es, nous avons fait l’expérience des conséquences des politiques conduites par les notables de la droite, et, parfois, de la gauche d’avant, dont certain·es ont ouvert leurs majorités à des composantes du macronisme.
D’autres s’inscrivent dans la lignée de la démarche de rupture avec le NFP exprimée par François Hollande ou Raphaël Glucksmann, qui s’efforcent déjà au quotidien de marginaliser la France insoumise pour mieux s’opposer à nos idées. D’autres encore soutiennent le projet de grande coalition avec les macronistes.
Il est évident qu’une alliance sera impossible dans ces cas de figure.

 

La « droite républicaine » et le Rassemblement National conduisent, au plan local, des politiques violentes, racistes, discriminatoires et anti-écologiques. C’est pourquoi, en tout état de cause, au second tour, nous chercherons à rassembler les listes issues du Nouveau Front Populaire pour battre la droite et l’extrême droite, hormis si l’hégémonisme ou les renoncements programmatiques nous obligent à garantir seul·es notre représentation au sein des conseils municipaux et consulaires.

 

Nous proposerons par ailleurs aux forces du Nouveau Front Populaire une coordination nationale particulière dans les communes dirigées par le RN et le parti d’Éric Ciotti afin de réunir les meilleures conditions possibles pour y défendre notre programme dès le premier tour. Face au danger de l’extrême droite, nous pourrons envisager des fusions ou des désistements au second tour.

 

 

- Définir les marqueurs programmatiques pour un mouvement communaliste

La France insoumise est un mouvement communaliste, c’est-à-dire qui réaffirme la commune comme premier échelon de la démocratie pour un pouvoir démocratique s’exerçant au plus près des besoins des habitant·es. Nous voulons restaurer la démocratie communale et tourner le dos à la dépolitisation de la fonction d’élu·e local·e, transformé·e en gestionnaire de l’austérité. Mouvement de la Révolution citoyenne, nous voulons oeuvrer à l’implication du peuple à chaque étape de nos campagnes et dans l’exercice des responsabilités. Six ans après l’abstention de masse des dernières élections municipales, nous savons que la participation populaire est la condition pour nous ouvrir les chemins de la victoire. Afin qu’elles puissent reprendre leur destin en main, nous souhaitons favoriser la participation dans les conseils municipaux des classes populaires et de tou·tes celles et ceux qui sont engagé·es et portent des luttes syndicales, citoyennes ou associatives.

 

Témoins du clientélisme et partageant le dégoût qu’il engendre chez les habitant·es, nos candidat·es s’engageront à lutter contre le népotisme et la corruption locale et à garder, dans leur mandat, un lien constant et transparent avec le peuple, à l’image de nos parlementaires. Partisan·es de la rupture, nous nous adresserons dans la clarté aux électeur·rices en définissant des garanties programmatiques ambitieuses et non-négociables qui devront être intégrées à l’ensemble des programmes défendus par les listes municipales soutenues par la France insoumise (voir Annexe 1 👇). Pour les élections consulaires, un travail sera mené avec les groupes d’action des Français·es de l’étranger pour établir la liste des garanties programmatiques ainsi que le calendrier.

 

Pour nous donner les moyens de nos ambitions, la Coordination de la France insoumise, en lien avec les boucles départementales, conduira un travail de ciblage visant à identifier nos possibilités de conquête, d’implantation et de consolidation. C’est là que nous concentrerons nos forces. En parallèle, en lien avec l’Association nationale du réseau des élu·es insoumis·es et citoyen·nes, tenant compte du travail des Rencontres Nationales des Quartiers Populaires et des militant·es et élu·es dans les territoires ruraux :

  • elle travaillera à la mise à disposition dès le premier trimestre 2025 d’une boîte à outils afin d’inspirer et d’enrichir les programmes de nos listes élaborées localement ;
  • elle proposera des outils, tutoriels et fiches pratiques d’organisation d’une campagne municipale ouverts à tou·tes les insoumis·es (législation, financement, constitution de listes, démarches administratives déclaratives, points de vigilance, astuces, méthodes d’implication citoyenne, charte éthique des candidat·es insoumis·es…) afin de faciliter l’engagement de primo-candidat·es et d’assurer notre présence dans un maximum de petites et moyennes communes ;
  • enfin, elle proposera aux chef·fes de file insoumis·es des communes prioritairement ciblées par notre mouvement un cycle de formation au cours de l’année 2025. Les boucles départementales sont invitées à contribuer à ce travail de formation à destination de tou·tes les insoumis·es.

 

 

🔴 ANNEXE 1 - GARANTIES PROGRAMMATIQUES MUNICIPALES SUR LA BASE DUN PROGRAMME DE RUPTURE
1 - Commencer la révolution citoyenne dans les communes

  • Instaurer un référendum d’initiative citoyenne municipal et s’engager à convoquer des référendums locaux pour les grands projets structurants pour la commune.
  • Faciliter l’exercice du droit de propositions des élu·es de l’opposition comme de la majorité (ordre du jour du conseil municipal, droit d’amendement, motions…).


2 - Gérer les communes par des régies publiques

  • Lancer dès l’accession aux responsabilités municipales une revue générale de toutes les délégations de services publics au secteur privé (DSP) et de tous les partenariats publics privés (PPP) afin de déterminer un plan de retour en régie publique, en commençant par les communs essentiels comme l’eau, la production d’énergies renouvelables, les transports en commun, la restauration scolaire ou la gestion des déchets. Les régies publiques devront permettre aux usager·es et aux agent·es de siéger dans les conseils d’exploitation ou d’administration.
  • Garantir de cette façon des services publics communaux pour couvrir les besoins essentiels de l’existence : se loger, se nourrir, boire, se déplacer, se cultiver, se soigner…


3 - Installer la règle verte communale

  • Refuser d’accorder des permis et des autorisations pour des activités polluantes et écocides.
  • Réduire la tarification des transports en commun pour faire la gratuité en commençant par les moins de 25 ans, les privé·es d’emploi et les usager·es disposant de faibles revenus.
  • Faire un moratoire sur les zones à faibles émissions (ZFE) en attendant de déployer des mobilités alternatives.
  • Développer des « mines urbaines » municipales : déchetteries, recycleries, ateliers de réparations...


4 - Instaurer es communes zéro chômeur pour le droit à l'emploi

  • Développer une politique locale de garantie d’emploi notamment en faisant entrer les communes ou intercommunalités dans le dispositif « territoires zéro chômeur de longue durée », en tenant compte des bilans tirés, notamment par les syndicats et actionner tous les leviers pour favoriser l’emploi local de qualité : commande publique, fonction publique…


5 - Tuer la spéculation immobilière

  • Mettre sous contrôle le marché du logement en augmentant la part de logement public, en appliquant partout où c’est possible l’encadrement des loyers et en développant l’accession à la propriété non spéculative (via les offices fonciers solidaires, l’habitat coopératif, etc.), notamment par l’exercice du droit de préemption.
  • Mettre fin au clientélisme dans l’attribution des logements sociaux en transformant le « quota du maire » en quota du conseil municipal, soumis à discussion après élaboration d’une grille claire de critères.
  • Fixer l’objectif de communes zéro sans abri, zéro passoire thermique, zéro habitat insalubre.


6 - Passer à une alimentation 100 % bio et locale dans les cantines et les rendre gratuites

  • Organiser la conversion de tous les repas des cantines scolaires en bio et produits locaux, avec introduction d’options végétariennes quotidiennes. Instaurer progressivement la gratuité en commençant par renforcer la progressivité des tarifs pour les petits revenus et la gratuité immédiate pour les familles en dessous du seuil de pauvreté.
  • Participer parallèlement à la conversion de l’offre agricole locale en bio, par exemple par la mise en place de zones agricoles protégées.


7 - Favoriser l'école publique et laïque

  • Réaffirmer le rôle central de l’École de la République dans la construction de la citoyenneté.
  • Appliquer strictement la loi pour les subventions de fonctionnement aux établissements scolaires privés et refuser tout financement public pour la construction d’établissements scolaires privés ou leur rénovation ainsi que pour les associations confessionnelles.


8 - Faire des communes activement antiracistes, féministes et inclusives

  • Créer des observatoires communaux ou intercommunaux des discriminations, en collaboration avec les associations et les habitant·es, capables de mener des actions de testing et former l’ensemble des agent·es de la collectivité sur ces enjeux.
  • Constituer la municipalité partie civile des plaintes des victimes de racisme, sexisme et LGBTIphobie, soutenir le présence de centres de planification familiale.
  • Combattre le validisme. Renforcer les moyens en faveur d’un accueil digne des exilé·es.


9 - Des communes engagées pour la paix

  • Défendre la paix dans le monde et la justice pour les peuples. Par exemple, faire voter par le conseil municipal une motion pour soutenir le cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza et au Liban, la reconnaissance de l’État de Palestine, et demander un embargo sur les exportations d’armes au gouvernement de Netanyahou.

 

 

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- Retrouvez la boîte à outils programmatique insoumise pour les municipales !

Objectif : porter la révolution citoyenne en commençant la planification écologique, en fortifiant l’entraide et en construisant la nouvelle France.

 

 ⁇ ️ La boîte à outils programmatique insoumise pour les municipales n’a pas vocation à remplacer le programme de chaque liste soutenue par la France insoumise dans les communes.
 ⁇ ️ Les insoumis·es ont adopté à l’occasion de leur Assemblée représentative de décembre 2024[3], 9 garanties programmatiques (voir Annexe 1 ☝️ ci-dessus) qui constituent les points de programme qui doivent absolument être présents dans un programme municipal pour qu’il soit soutenu par la France insoumise.
 ⁇ ️ La présente boîte à outils a vocation à lister, thème par thème, les mesures qui peuvent constituer un programme de rupture complet et couvrant tous les domaines de l’action publique municipale. Elle est à la disposition des insoumis·es pour les aider et les guider dans le travail programmatique local, qu’elle ne remplace pas.

 

Pour accéder à la boîte à outils programmatique insoumise cliquez sur l'image ci-dessous 👇👇

 

Boîte à outils programmatique municipales 2026

 

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- Retrouvez le kit argumentaires programmatiques pour un communalisme insoumis !

Objectif : Ce document, à destination des insoumis·es engagé·es dans les municipales, est complémentaire de la boîte à outils programmatique ci-dessus, publiée fin mars 2025.

 

Ce kit argumentaires choisit une vingtaine de mesures parmi les 407 de la boîte à outils programmatique. Elles sont parmi les plus structurantes, les plus emblématiques de ce que serait une politique municipale insoumise et donne quelques arguments pour les comprendre, les défendre et se préparer à les déployer.

 

Les 18 fiches proposées sont :

 

 ⁇ ️ Une commune qui met en place le RIC ;

 ⁇ ️ Une commune de l’intervention populaire permanente ;
 ⁇ ️ Une commune où le peuple décide du budget ;
 ⁇ ️ Une commune contre la corruption ;
 ⁇ ️ Une commune qui prépare la bifurcation écologique ;
 ⁇ ️ Une commune du chauffage écologique et abordable ;
 ⁇ ️ Une commune qui s’adapte au changement climatique ;
 ⁇ ️ Une commune qui fait la cantine bio, locale et gratuite ;
 ⁇ ️ Une commune qui rend accessible les transports en commun ;
 ⁇ ️ Une commune qui lutte contre la précarité ;
 ⁇ ️ Une commune qui lutte contre la spéculation immobilière ;
 ⁇ ️ Une commune contre les déserts médicaux ;
 ⁇ ️ Une commune contre la pauvreté ;
 ⁇ ️ Une commune qui refuse le racisme, le sexisme et les LGBTIphobies

 ⁇ ️ Une commune pour la culture populaire ;
 ⁇ ️ Une commune pour la paix ;
 ⁇ ️ Une commune refuge ;
 ⁇ ️ Une commune pour la vie associative ;

 

Pour accéder au kit arguments programmatiques insoumis cliquez sur l'image ci-dessous 👇👇

 

KIT ARGUMENTAIRES MUNICIPALES Retrouvez les arguments programmatiques pour un communalisme insoumis.

 

 

- Pour un communalisme municipal, pour un programme de rupture, nous serons présents dans 500 villes pour changer la vie des gens.

Revivez la Convention Municipales du 23 novembre 2025 qui lance notre campagne pour les élections municipales prévues du 15 au 22 mars 2026.

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7 janvier 2025 2 07 /01 /janvier /2025 17:36
Le 11 juillet 2024

Le 11 juillet 2024

« Nous voulons négocier » – Le PS tue le NFP en négociant avec Bayrou, Valls, Retailleau et Darmanin[a]

 

 

La tentative de discussion avec l’Élysée a galvanisé le PS, réunifié autour de la rupture stratégique avec Jean-Luc Mélenchon. Chez les Écologistes, en revanche, les zigzags de la direction ont brouillé les lignes. Et au PCF, la crise est ouverte avec Fabien Roussel.

 

 

Sources : Mathieu Dejean et Pauline Graulle le 10 décembre 2024 | mis à jour le 15/01/2025

- Emmanuel Macron aura au moins réussi une chose : semer la zizanie à gauche.
En invitant toutes les forces politiques ayant « indiqué se placer dans une logique de compromis » à une réunion à l’Élysée mardi 10 décembre – à l’exception de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN) –, le président de la République a mis un nouveau coup de boutoir dans la fragile alliance du Nouveau Front populaire (NFP).

 

En fin d’après-midi, les dirigeants des trois partis de gauche – Parti socialiste (PS), Parti communiste français (PCF) et Les Écologistes – sont sortis bredouilles de leur rendez-vous avec le chef de l’État. « Il faut… arrêter les réunions à l’Élysée », a même conclu la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale[0], Cyrielle Chatelain, estimant que deux options s’offraient désormais à Emmanuel Macron : nommer un premier ministre issu de la force arrivée en tête aux législatives de juin ou s’exposer à une nouvelle motion de censure.

 

Un épilogue aux airs de retour à la case départ, après une semaine de tensions à gauche sur la meilleure manière d’aborder l’après-censure, laissant les partis jusqu’ici coalisés dans le NFP éparpillés façon puzzle. Au lendemain de la chute de Michel Barnier, les socialistes ont été les premiers à accepter de se rendre à une réunion à l’Élysée pour discuter d’un accord de non-censure d’un gouvernement de gauche, entraînant derrière eux Les Écologistes et le PCF. De quoi ouvrir un gouffre au sein du NFP, LFI excluant toute logique de compromis avec le pouvoir.

 

Ces derniers jours, les passes d’armes entre les différents responsables de gauche se sont multipliées.

  • « Qu’allez-vous faire dans cette galère ? Vous êtes sur le point de vous asseoir à la table des négociations avec Gabriel Attal et Laurent Wauquiez ! », exhortait mardi le député LFI Paul Vannier[1],
  • tandis que Jean-Luc Mélenchon regrettait que le PS, le PCF et les Écologistes fassent une « coalition pour négocier avec les droites[2] ».
  • Un peu plus tôt, le communiste André Chassaigne, président du groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée, et l’Insoumis Éric Coquerel s’invectivaient sur BFM, le premier accusant le second d’être « favorable au chaos »[3].

 

 

- Crise ouverte au PCF…
L’annonce de la réunion élyséenne de mardi, en présence du parti Les Républicains (LR), a également fracturé l’intérieur des mouvements de gauche. Le matin même, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a provoqué un tollé en semblant faire de l’abrogation de la réforme des retraites une monnaie d’échange avec le pouvoir. « Si, nous, on reste bloqués sur l’abrogation […], on n’avancera pas[4] », a déclaré l’ancien député, qui fait l’objet d’une enquête[5] du Parquet national financier (PNF).

 

« On dirait le clergé décadent négociant les évangiles », a réagi le député communiste Nicolas Sansu[6], qui s’était déjà ému la veille d’une première salve de déclarations de Fabien Roussel s’éloignant de l’abrogation[7]. En catastrophe, le groupe GDR a annulé sa conférence de presse hebdomadaire à la suite des remous provoqués par cette déclaration – et ce n’est pas la seule[8] qui pose problème en interne.

Huit député·es du groupe GDR et une douzaine de sénateurs et sénatrices communistes se sont retrouvé·es dans la foulée au Sénat et en visioconférence avec le secrétaire national du PCF pour faire le point dans une ambiance tendue. Ni le député Stéphane Peu ni le sénateur Pascal Savoldelli n’ont défendu Fabien Roussel. « Unanimement, nous avons dit qu’il fallait arrêter de remettre en cause l’idée de l’abrogation de la réforme des retraites. On veut préserver l’unité du NFP quoi qu’il arrive », rapporte Nicolas Sansu. « Fabien s’est fait recadrer mais évidemment, il en fera bien ce qu’il veut », raconte un autre participant lassé de la godille politique de son chef de file.

 

De quoi creuser encore le fossé entre le secrétaire national et le groupe à l’Assemblée, composé quasiment pour moitié d’ultramarins rétifs à toute concession aux macronistes. Dans l’autre moitié, communiste « pur jus », là aussi, ça grince : « Fabien Roussel a parlé d’un accord de non-censure d’un gouvernement qui va jusqu’à LR, mais on n’en a jamais parlé dans le groupe », rapporte la députée PCF Elsa Faucillon, qui ne « voi[t] pas comment le groupe communiste à l’Assemblée survivrait » si la Place du Colonel-Fabien actait un accord dans le dos des parlementaires.

 

En dehors des député·es communistes, des cadres du PCF rapportent aussi, à la veille d’une « conférence nationale » (un mini-congrès) qui aura lieu samedi, une ambiance interne explosive. « Quand on dit qu’il y a une ligne rouge, il ne faut pas la dépasser. Quelque part, Fabien la dépasse, et je ne suis pas d’accord avec ça », déplore Raphaëlle Primet, coprésidente du groupe communiste au conseil de Paris. Le courant unitaire du PCF, Alternative communiste, a quant à lui publié une lettre ouverte au secrétaire national l’appelant à « passer le relais » : « Fabien, permets-nous de te le dire avec gravité : cette voie [celle du “terrain d’entente avec Emmanuel Macron” – ndlr] est une trahison.[9] »

 

 

- … et remous chez les Écologistes
Chez Les Écologistes, c’est aussi avec des yeux ronds que bien des militant·es ont observé les variations stratégiques de Marine Tondelier. Le 1 décembre, elle publiait un appel à une candidature commune de la gauche en 2027 avec Lucie Castets[10]. Mais quelques heures avant la motion de censure, la voilà qui appelait unilatéralement à des discussions avec l’ensemble des partis ayant participé au front républicain aux législatives, provoquant la perplexité de responsables du NFP.

 

L’aile gauche du parti, en particulier, n’est pas convaincue. L’appel de l’ancienne ministre de l’écologie Cécile Duflot, directrice de l’ONG Oxfam, à une « coalition climat et sociale qui doit aller des Écologistes au bloc central », sans le RN ni LFI[11], a remis de l’huile sur le feu, certains écologistes craignant que les négociations avec Emmanuel Macron ne débouchent sur une séparation avec LFI. « Ce n’est pas à une ONG de se positionner pour souhaiter une coalition allant de LR au PCF, en excluant le RN et LFI qui, par ce fait, sont assimilés, quoi que vous en disiez. Le périmètre partidaire ne vous regarde pas », a répliqué la sénatrice écologiste Raymonde Poncet[12].
 

La liste de onze propositions prioritaires faisant office de base de discussion n’a également pas fait l’unanimité chez les Écologistes. De même que les réactions, plutôt optimistes, de Marine Tondelier et Cyrielle Chatelain à leur première rencontre avec Emmanuel Macron le 9 décembre. Marine Tondelier s’était dite « satisfaite de plusieurs choses[13] » et Cyrielle Chatelain avait répondu positivement à la proposition de « nouvelle méthode » faite par Emmanuel Macron.

 

« C’est une chose de dire à Macron qu’en cas de premier ministre NFP, on s’engage à ne pas utiliser le 49-3, et qu’on ne peut pas appliquer tout le programme ; ç’en est une autre de discuter d’une plateforme programmatique. Il y a eu un recadrage après leur première réunion », rapporte le député Hendrik Davi, qui siège dans le groupe écologiste à l’Assemblée.

 

Membre du bureau exécutif des Écologistes, Alain Coulombel se dit toutefois convaincu de la solidité des dirigeantes du parti : « On ne va pas renouveler l’expérience Emma Cosse, qui disait qu’elle n’entrerait jamais au gouvernement, pour finalement le faire. » Les tensions internes au NFP ont cependant été jugées suffisamment préoccupantes pour que deux petits partis proches des Écologistes, L’Après de Clémentine Autain et Alexis Corbière, et Génération·s publient, ce 10 décembre, des communiqués appelant à ne pas « tomber dans le piège d’Emmanuel Macron[14] ».

 


- Au PS, démelenchonisation express et unité retrouvée
Il n’y a guère que le PS que la période semble galvaniser. « Parfait accord autour de la délégation qui rencontrera le président de la République ! », triomphait le député Pierre Pribetich, proche de François Hollande, au sortir de la réunion hebdomadaire du groupe à l’Assemblée, mardi matin. À l’autre bout du spectre socialiste, le « fauriste » Laurent Baumel se félicitait lui aussi de l’unité retrouvée à la faveur de l’échappée en solitaire du PS au lendemain de la motion de censure : « On est dans une phase de désinféodation de Jean-Luc Mélenchon, et là-dessus, comme sur le fait que personne ne participera à une coalition avec la droite, tout le monde est d’accord », soulignait l’ancien frondeur.

 

Au point que, fait inédit au moins depuis le calamiteux congrès de Marseille[15] (Bouches-du-Rhône), un communiqué signé par tous les représentants des courants socialistes, y compris par les ennemis jurés du premier secrétaire, a été publié lundi pour fixer dans le marbre les « exigences [des socialistes] pour construire un nouveau chemin [...] permettant de trouver une issue à cette situation de blocage préjudiciable aux Françaises et aux Français ».

 

La semaine dernière n’a pourtant pas été un fleuve tout à fait tranquille pour le PS. Les hésitations d’Olivier Faure, sur France Info[16], où il a semblé évoquer des « concessions réciproques », dans un accord comprenant la droite de Laurent Wauquiez, ont fait tordre le nez à certains de ses proches. Il a clarifié le lendemain.
 

Quelques jours plus tard, la formule absconse de Boris Vallaud à la question d’un journaliste de LCP lui demandant si la présence de Bruno Retailleau au gouvernement pouvait constituer une ligne rouge a aussi pu laisser songeur : « Bruno Retailleau qui mène la politique de Bruno Retailleau, ce n’est pas possible pour nous[17] », a ainsi éludé le président du groupe socialiste, dans une vidéo abondamment relayée - et moquée - par certains Insoumis. « Il ne voulait surtout pas avoir l’air d’entrer dans la discussion en demandant la tête d’untel ou d’untel », déminait, mardi, son entourage, glissant que dans le fond, « bien sûr, Retailleau, c’est no way ».

 

Autrement troublantes, les nuances sémantiques entre les député·es du même groupe. Jérôme Guedj, revendiquant une « suspension » de la réforme des retraites, son collègue Arthur Delaporte revendiquant, lui, « l’abrogation » de la loi Dussopt... De là à voir se dessiner en creux les fissures qui pourraient vite réapparaître dans le parti ? « La stratégie du PS est bonne, mais mal exécutée : les gens parlent trop, ils se font les porte-parole de Macron », commente un écologiste.

 

Mardi matin, Laurent Baumel ne disait, dans le fond, pas vraiment autre chose : « En réalité, s’il y a cette impression un peu brouillonne, c’est qu’on n’est pas tous carrés sur ce que signifie concrètement nouer un “accord de non-censure”. Pour certains, comme moi, cela signifie une vraie reparlementarisation : ne pas censurer un gouvernement, quel qu’il soit, dès lors qu’il n’utilise pas le 49-3. Pour d’autres, la censure dépendra des avancées qu’on peut obtenir. Mais là-dessus, le débat devient complexe, y compris au PS, car il y a une infinité de nuances. »

 

En attentant, le parti d’Olivier Faure a décidé d’une politique de petits pas. Quelques heures avant la réunion à l’Élysée, un membre de l’équipe dirigeante du groupe à l’Assemblée se montrait combatif : « Il faut arracher tout ce qu’on peut arracher sur les retraites, la revalorisation des salaires… Les macronistes n’ont jamais été aussi faibles, Marine Le Pen est à poil. Et on a réussi à isoler les Insoumis et à fédérer autour de notre ligne les communistes et les Verts », résumait-il, se fiant un peu vite aux déclarations de dirigeants de partis pas forcément en phase avec leur propre base.

 

 

- Analyse radicalement inverse pour Jean-Luc Mélenchon.
« Je continue à avoir l’espoir qu’ils [le PS, les écologistes et les communistes - ndlr] n’aient pas la bêtise d’aller au bout de cette démarche [...]. Je parle au nom de millions de gens de toutes opinions, mais aussi de socialistes, de communistes, d’écologistes qui ne veulent pas participer à cette mascarade », a-t-il lancé lundi soir, lors d’un meeting à Redon (Ille-et-Vilaine), convaincu d’être à la fin le seul et unique rassembleur....  En tout état de cause " La négociation du PS avec le gouvernement Macron-Bayrou n'engage que lui " déclarait-il le 6 janvier 2025[18].

 

🔴  Et pour mémoire : Le 8 juin 2023, les forces de gauche ont prêté serment de continuer à lutter contre la retraite à 64 ans et pour la retraite à 60 ans.

 

« Nous faisons le serment d’agir sans relâche pour rassembler une majorité qui mettra fin à cette réforme injuste » – Le serment du 8 juin

 

Notes :

[a« Nous voulons négocier » – Le PS tue le NFP en négociant avec Bayrou, Valls, Retailleau et Darmanin

[0] Nomination d'un Premier ministre: " Il faut arrêter les réunions à l'Élysée ", déclare Cyrielle Chatelain, députée EELV

[1] " Qu’allez-vous faire dans cette galère ? Vous assoir à la table des négociations avec Attal et Wauquiez… J’appelle mes camarades socialistes, écologistes et communistes à ne pas tomber dans le piège tendu par le Président de la République. "

[2] Jean-Luc Mélenchon : " Le PS/ PCF / EELV  en coalition pour négocier avec les droites : retour vers le passé. Tristesse. "

[3Consultations à l'Élysée: échange tendu entre Éric Coquerel (LFI) et André Chassaigne (PCF) après l'annonce d'une nouvelle réunion

[4] Retraites : Réforme des retraites "Il faut trouver un terrain d'entente sinon on n'avancera pas", dit Fabien Roussel

[5Le Parquet national financier a ouvert une instruction, vendredi, concernant les soupçons d’emploi fictif du candidat PCF à la présidentielle lorsqu’il était assistant parlementaire

[6Sansu Nicolas : N'a t il pas lu le communiqué  du Pcf ? On dirait le clergé décadent négociant les évangiles... Ça suffit. Abrogation abrogation

[7] Sansu Nicolas : " J’apprends à la télé qu’on lâcherait l’abrogation de la réforme des retraites Macron contre une conférence sociale !!! Pas ça ! Les députés GDR n’ont jamais proposé ça ! "

[8] Ce n’est pas la seule déclaration de Fabien Roussel qui pose problème en interne comme en atteste la réaction du député Pouria Amirshahi

[9] 1000 communistes de carte ou de cœur adressent une lettre ouverte à Fabien Roussel

[10Lucie Castets et Marine Tondelier appellent à une candidature commune à gauche pour 2027.

[11] Cécile Duflot : « Mon option est la constitution d’une coalition climat et sociale qui doit aller des écologistes au bloc central »

[12Ce n'est pas à une ONG à se positionner pour souhaiter une coalition allant de LR au PCF, en excluant le RN et LFI qui par ce fait sont assimilés quoi que vous en dites

[13Marine Tondelier s’était dite « satisfaite de plusieurs choses »

[14L’Après : « Ne tombons pas dans les pièges de Macron » !

[15Congrès du PS : malgré l’accord, rien ne sera simple pour Olivier Faure

[16"Je suis prêt à entrer en discussions", avance Olivier Faure avant sa venue à l'Elysée

[17Gouvernement Bayrou: pour Boris Vallaud (PS), Bruno Retailleau "ne peut pas rester" pour faire une nouvelle loi immigration

[18] 06 janvier 2025 Jean-Luc Mélenchon : La négociation du PS avec le gouvernement Macron-Bayrou n'engage que lui

 

Pour en savoir plus :

- Le 11 juillet 2024 : Olivier Faure : J’ai fait le choix du rassemblement de la gauche depuis que je suis Premier secrétaire, et je n’en bougerai pas.

- 6 janvier 2025 : " Nous voulons une négociation " Olivier Faure s'exprime à la sortie des négociations pour le budget à Bercy

- 7 janvier 2025 : Le PS est " ouvert au compromis " avec le gouvernement sur la question budgétaire, affirme son Premier secrétaire Olivier Faure.

- 08 janvier 2025 Jean-Luc Mélenchon :  Aucun accord de non censure du PS et de EELV ne nous concernera jamais.

- Jean-Luc Mélenchon : La nuit des longues fourchettes 

- Jean-Luc Mélenchon : Le jour des petites cuillères... L’annonce des socialistes avait été noyée dans l’habituel flot de paroles confuses qu’est la manière socialiste elle-même

- Jean-Luc Mélenchon : L’après Bayrou est servi

- Censure : lâché par Bayrou, le PS s’enfonce dans la crise

 

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  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT  de 1978 à 2022.
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