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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 13:57
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui

De quoi la lutte contre l’« islamo-gauchisme » est le nom ?[1bis]

 

L’accusation d’islamo-gauchisme : un nouveau terrorisme idéologique issu de l’extrême droite relayant celui de Judéo-bolchevisme et porteuse de l'islamo-lepénisme[11]

 

En réponse à l’extrême droite et à l’islamisme, une seule question : qui sommes nous[12] ?

 

Après la déclaration de Darmanin à l'Assemblée nationale du 6 octobre[1], on assiste depuis plusieurs jours à une charge des médias comme appareil idéologique de combat contre La France Insoumise et même le PCF considérant ces organisations comme ayant une sympathie non avouée pour l’islam politique.

Cette charge est une construction politicienne fondée sur des fausses informations ou informations tronquées comme nous allons le voir ci-dessous.

Elle a plusieurs fonctions :

-  affaiblir la gauche populaire remettant en cause le système économique actuel ;

-  faire diversion à la crise économique, sociale et sanitaire ;

- valoriser le PS pour le faire renaître de ses cendres ;

- favoriser l’influence du RN en relayant ses thématiques pour construire un face-à-face entre Macron et Le Pen en 2022 ;

Que des gens manifestent leur réprobation contre l’attaque d’une mosquée occasionnant deux blessés est une démarche naturelle pour tout républicain respectant les droits de l’homme et du citoyen.

La réprobation de ces mêmes gens serait identique s’il c’était agi de l’attaque d’une église, d’une synagogue ou d’un temple bouddhiste.

Sur le fond, pour tout démocrate républicain attaché à la laïcité, il n’y a pas de controverse en la matière : les choses sont simples.

Mais malheureusement, dans un pays où la république est malade et la démocratie moribonde, ce genre de réaction humaniste « naturelle » pose problème.

Nous traversons une période de polycrises (sanitaire, économique, sociale, sécuritaire) durant laquelle la peur devient un instrument de manipulation politique et de gouvernement.

Une telle période nécessite de la rigueur, de la précision, de la raison pour ne pas se trouver asservi par l’émotion et surtout par le flou.

La formation des journalistes ne favorise pas la rigueur et le raisonnement. Il suffit simplement de savoir parler et écrire avec fluidité, de savoir commenter des comportements.

EN DÉFINITIVEcomme l’écrit Shlomo Sand, le terme « islamo-gauchisme » est une « symbiose propagandiste » redoutablement efficace, comme le fut le « judéo-bolchévisme » en son temps. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de faire croire à l’existence d’un complot contre le mode de vie fantasmé de Français essentialisés.

 

Sources : par Shlomo Sand, Hervé Debonrivage, Antoine Léaument, complément de Hervé Kempf mis à jour le 07/07/2021

- « L'islamo-gauchisme », voilà l'ennemi

C’était le message envoyé régulièrement par Manuel Valls en 2016 dans ses différentes prises de parole publiques. Un concept assez flou dans lequel le Premier ministre englobe à la fois Clémentine Autain et Tariq Ramadan[2]. Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv, Shlomo Sand s’interroge sur l’utilisation de cette rhétorique.

 

Dans les années 1930, en France comme dans d’autres pays d’Europe, les communistes et diverses personnalités de la gauche radicale étaient fréquemment qualifiés de « judéo-bolcheviks ». Ainsi, par exemple, mon père qui, avant la Seconde Guerre mondiale, était un communiste polonais, était considéré par les autorités et la presse du pays comme faisant partie de la « Zydokomuna ».

 

Étant donné que plusieurs dirigeants de la Révolution d’Octobre, tout comme nombre de communistes et de défenseurs de l’URSS, dans toute l’Europe, étaient d’origine juive, l’association langagière entre judaïsme et menées subversives était très populaire parmi les judéophobes.

 

 

- Une symbiose propagandiste très efficace

D’Adolf Hitler[3] à Carl Schmitt[4] et Martin Heidegger[5], de Charles Maurras[6] à Louis-Ferdinand Céline[7] et Pierre Drieu-La Rochelle[8], l’identification rhétorique entre juifs et bolcheviks a toujours été empreinte de tonalités effrayantes puisées dans une vieille tradition religieuse, mêlée à des menaces pleinement modernes et laïques.

Cette symbiose propagandiste s’avéra très efficace, et elle conduisit, entre autres, à ce que plus de 5 millions de Juifs croyants, et leurs descendants, ainsi que 2 millions de soldats soviétiques furent exterminés, en même temps, dans les camps de la mort nazis. Hitler avait ainsi espéré enrayer le « danger » d’une conquête judéo-bolchévique de l’Europe.

 

Si, à la fin du XXe siècle, la judéophobie n’a pas totalement disparu, elle a, cependant, très notablement régressé dans les centres de communication des capitales européennes. Les élites intellectuelles et politiques ont voulu oublier et ont aspiré à se fondre dans leur civilisation blanche, à l’aide d’une nouvelle politique des identités. À toutes fins morales utiles, cette civilisation a même troqué son appellation de « chrétienne » en « judéo-chrétienne ».

 

Les juifs survivants et les bolchéviks, quasiment disparus, ont cessé de constituer une menace pour la position et l’identité des élites dominantes, mais l’état de crise permanent du capitalisme, et l’ébranlement de la culture nationale, consécutif à la mondialisation, ont incité à la quête fébrile de nouveaux coupables.

 

 

- Une appellation qui émerge dès 2002

La menace se situe désormais du côté des immigrés musulmans et de leurs descendants, qui submergent la civilisation « judéo-chrétienne ». Et voyez comme cela est étonnant : de nouveaux incitateurs propagandistes les ont rejoints ! Tous ces gens de gauche qui ont exprimé une solidarité avec les nouveaux « misérables » ont fini par s’éprendre ouvertement des invités indésirables venus du sud.

 

Ces antipatriotes extrémistes trahissent une nouvelle fois la glorieuse tradition de la France dont ils préparent l’humiliante soumission « houellebecquienne ». L’appellation « islamo-gauchiste » a émergé parmi les intellectuels, avant de passer dans l’univers de la communication, pour, finalement, être récupérée par des politiciens empressés.

 

Pierre-André Taguieff[9], futur conseiller du CRIF, fut, semble-t-il, le premier à recourir à la formule « islamo-gauchisme » (dans le sens actuel de terme), déjà en 2002. Caroline Fourest, Elisabeth Badinter, Alain Finkielkraut et Bernard-Henry Lévy s’emparèrent du terme et veillèrent à lui assurer une diffusion à longueur d’interviews et d’articles. Des figures comme Alain Gresh, Edwy Plenel, Michel Tubiana et Raphael Liogier devinrent des « islamo-gauchistes » archétypiques.

 

Une marche supplémentaire vient cependant d’être franchie. Cela a commencé avec Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, qui, au nom du républicanisme universel, dans un article intitulé : « La gauche qui vient[10] », s’en est pris à la gauche de la gauche, accusée de soumission au pluralisme culturel. Il a particulièrement ciblé Clémentine Autain, la porte-parole d’Ensemble, l’une des composantes du Front de gauche.

 

 

- La lourde charge de Manuels Valls

Mais c’est de Manuel Valls qu’est venue la charge la plus lourde, dans la vague de stigmatisation de « l’islamo-gauchisme ». À l’occasion d’une interview accordée, le 21 mai, à Radio J, une radio communautaire juive, n’a-t-il pas déclaré[2] :

  • « Il y a ces capitulations intellectuelles… Les discussions entre Madame Clémentine Autain et Tariq Ramadan, les ambiguïtés entretenues qui forment le terreau de cette violence et de cette radicalisation. »
  • Et Manuel Valls de ne pas hésiter à ajouter : « Il n’y a aucune raison pour que M. Tariq Ramadan obtienne la nationalité française ».


Il convient tout d’abord de préciser que Clémentine Autain n’a jamais rencontré Tariq Ramadan, dont, évidemment, elle n’approuve pas le discours idéologique. Il faut ensuite se féliciter qu’en France, le droit d’obtenir la citoyenneté relève de la loi, et non pas d’une décision d’un chef du gouvernement. Tariq Ramadan réside en France où il est actif ; il est marié, depuis plusieurs années, avec une citoyenne française, ses enfants sont français, et, à ma connaissance, il n’a pas enfreint la loi ni prêché la violence.


Enfin, les auditeurs de Radio J, à Paris et à Jérusalem, ont certainement apprécié cette flatteuse interview, et si d’aventure, elle a été diffusée en Arabie saoudite, il est probable qu’elle y aura également été reçue avec sympathie, puisque Tariq Ramadan y est interdit de séjour. Après cette interview passionnée de Manuel Valls, je suis persuadé que Tariq Ramadan n’a aucune chance de se voir décerner la Légion d’Honneur, contrairement au prince héritier du roi d’Arabie saoudite.

 

 

- Une formule qui permet de faire diversion

Lorsque j’ai entendu ces propos de Manuel Valls, je n’ai pas pu m’empêcher de m’interroger sur ce qui se serait passé si Tariq Ramadan avait été un fidèle juif et non pas musulman.

 

Si, par exemple, comme l’ensemble des fidèles juifs (mais non pas juives), il avait dû dire, dans sa prière du matin : « Sois béni de ne pas m’avoir fait femme, et sois béni de ne pas m’avoir fait goy (non-juif) ». Autrement dit : un authentique fidèle juif, dont les valeurs fondamentales diffèrent totalement de ma conception du monde républicaine et laïque.

 

Malgré tout, même s’il s’agissait d’un juif conservateur, porteur d’un système de valeurs réactionnaire, je me serais, sans aucun doute, employé de toutes mes forces pour que lui soit attribués des droits d’égalité citoyenne. Je l’aurais combattu au plan de la réflexion théorique, mais j’aurais vu en lui un compagnon politique légitime, dans la lutte contre toute forme de judéophobie et de discrimination raciale, sous le masque d’une laïcité culturelle.

 

J’ai, envers la philosophie de Tariq Ramadan, une vision fortement critique, tout comme, pour d’autres raisons, envers celle d’Alain Finkielkraut. Mais exploiter des positions conservatrices de l’intellectuel musulman afin de salir ceux qui luttent contre la propagation du racisme, en faire un dangereux épouvantail pour utiliser le terme stigmatisant d’islamo-gauchiste, n’est pas à l’honneur d’un chef de gouvernement socialiste, qui, par ailleurs, commet une erreur en assimilant antisionisme et antisémitisme (je suis quasiment sûr que le républicain Manuel Valls ne soutient pas la politique communautaire d’un État qui, par principe, appartient, non pas à tous ses citoyens mais aux juifs du monde entier, qui n’y résident pas).

 

Certes, le terme d’ »islamo-gauchisme » n’est pas encore identique ni proche de la vieille appellation du « judéo-bolchévisme ». Il est destiné, pour le moment, à clouer le bec, et à faire diversion dans le débat public, par rapport à d’autres problèmes sociaux et politiques un peu plus sérieux. Toutefois, qui peut affirmer que le recours à la formule « islamo-gauchisme » n’est pas promis à un sombre futur imprévu ? Il se pourrait qu’elle constitue une contribution rhétorique, non marginale, vers l’approche d’un trou noir supplémentaire dans l’histoire moderne de l’Europe.

 

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- « Islamogauchisme » : depuis quelques mois, les macronistes n'ont plus que ce mot là à la bouche.

Pourtant, il ne veut rien dire, ne désigne rien et n'a pas de sens. Pour résumer : l'islamogauchisme n'existe pas. Alors à quoi sert ce mot pour ceux qui l'utilisent ? 

 

Dans cette vidéo, j'explique comment ce mot est apparu à l'extrême droite avant d'être repris par Manuel Valls puis par l'ensemble de la macronie. J'explique qu'il vise deux objectifs : faire diversion et disqualifier politiquement un adversaire, en l'occurrence la France insoumise

 

Pour bien analyser le moment où apparaît ce mot, je retrace l'historique de son apparition et j'explique pourquoi il constitue l'aboutissement d'une double stratégie du système médiatique de dédiabolisation de Marine Le Pen et de l'extrême droite d'un côté et de diabolisation de l'opposition insoumise et de Jean-Luc Mélenchon de l'autre.

 

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- Pour Hervé Kempf  " Il faut cibler les causes du phénomène, à savoir ces alliances coupables et notre dépendance au pétrole qui en est le ressort "

Derrière l’accusation d’"islamo-gauchisme", les classes dirigeantes veulent cacher leur propre responsabilité dans le terrorisme islamique, lourde du fait de leurs liens avec les pétromonarchies et leur radicalisation néolibérale. Ce qui émerge, en fait, c’est un « capitalo-fascisme », qui abandonne les idéaux républicains de liberté, d’égalité et de fraternité pour maintenir un ordre inégal, destructeur de la biosphère, et écrasant les libertés publiques[13].

 

Notes :

[1] Pour Darmanin, LFI est liée à l'« islamo-gauchisme » qui « détruit la République »

[1bis] Jean-Luc Melenchon : De quoi la lutte contre l’« islamo-gauchisme » est le nom ?

[2] Valls, Autain, Tariq Ramadan et l'axe "islamo-gauchiste" : polémique en 4 actes

[3] Adolf Hitler ; [4] Carl Schmitt ; [5] Martin Heidegger [6] Charles Maurras [7] Louis-Ferdinand Céline ;  [8] Pierre Drieu la Rochelle ; [9] Pierre-André Taguieff 

[10] "Islamo-gauchisme": Autain "porte plainte politiquement" contre Le Guen

[11] Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : deux amis de Le Pen en lien avec l'islamiste Sefrioui

[12] En réponse à l’extrême droite et à l’islamisme, une seule question : qui sommes nous ?

[13] Hervé Kempf ; Islamo-gauchisme et capitalo-fascisme. Il faut cibler les causes du phénomène, à savoir ces alliances coupables et notre dépendance au pétrole qui en est le ressort

 

Pour en savoir plus :

Après le Judéobolchevisme proféré par les fascistes d’antan, voici maintenant l’islamogauchisme proféré par les forces réactionnaires d’aujourd’hui

- Islamo-gauchisme, le nouveau judéo-bolchevisme

- Gérald Darmanin et l'«islamo-gauchisme», qualificatif usé jusqu’à la corde

- Vous avez dit “ islamo-gauchisme " ?... et si nous parlions de l'islamo-capitalisme !

- Ce que l’unité du pays veut dire

- Quand Jaurès parlait des " fanatiques de l'Islam "

- En réponse à l’extrême droite et à l’islamisme, une seule question : qui sommes nous ?

- Jean-Luc Melenchon : Ce que l’unité du pays veut dire

- « Islamo-gauchisme » : un mot pour bastonner

- CNRS : L’« islamogauchisme » n’est pas une réalité scientifique

- Islamo-gauchisme et capitalo-fascisme

- Le judéo-bolchevisme, histoire d’un amalgame meurtrier

- SONDAGE : 6 FRANÇAIS SUR 10 PENSENT QUE L’ISLAMO-GAUCHISME EST UN COURANT DE PENSÉE RÉPANDU EN FRANCE

- Présidentielles 2020 : MACRON / LE PEN : DU SOIT-DISANT “REMPART” AU MARCHE-PIED

Quand les nazis accusaient les juifs de séparatisme…

- "ISLAMOGAUCHISME" : LE PIÈGE DE L’ALT-RIGHT SE REFERME SUR LA MACRONIE

- “Islamo-gauchisme” : quand la macronie s’inspire du vocabulaire fasciste pour lancer son ultime chasse aux sorcières

- “Islamo-gauchisme” : quand la macronie s’inspire du vocabulaire fasciste pour lancer son ultime chasse aux sorcières

- L’« islamo-gauchisme », une supercherie intellectuelle. Retour sur le Manifeste des 100

- La riposte politique et sociale

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 14:29
Vous avez dit “ islamo-gauchisme " ?... et si nous parlions de l'islamo-capitalisme !
Vous avez dit “ islamo-gauchisme " ?... et si nous parlions de l'islamo-capitalisme !
Vous avez dit “ islamo-gauchisme " ?... et si nous parlions de l'islamo-capitalisme !
Vous avez dit “ islamo-gauchisme " ?... et si nous parlions de l'islamo-capitalisme !
  • Le concept d’islamo-gauchisme est « un épouvantail créé pour unir ceux et celles qui veulent stigmatiser les musulmans, s’opposer à la gauche sociale, délégitimer les sciences sociales[6] » et servir un tête à tête lREM/RN en 2022 ;
  • Alors que... la France est « complice » de la crise humanitaire au Yémen en armant les pays islamistes[1bis] ;
  • ... Et que pour le CNRS, l’« islamogauchisme » n’est pas une réalité scientifique[1ter]

 

L’assassinat de Samuel Paty, les victimes de l'attentat de Nice par des terroristes islamistes nous a tous bouleversés, profondément, intimement, dans notre chair. 

La lutte contre le terrorisme est une chose sérieuse : elle appelle à des débats sur les moyens humains et techniques du renseignement, la capacité de la police et de la Justice à remplir effectivement leurs missions, la politique étrangère et les alliances militaires de la France, etc. Elle demande aussi à une réflexion plus globale sur les manquements de notre République et le terreau qui permet aux fondamentalistes de “recruter” : la misère, la relégation, les inégalités, les discriminations, exacerbées par des décennies de politiques néolibérales. 

Mais rien de tout ça n’a été discuté. A la place, nous avons eu droit à des débats nauséabonds imposés par les droites et appuyés par les médias qui ne peuvent rester sans réponse. 

En commençant par répondre aux attaques en “ islamo-gauchisme[6] ” portées contre la France insoumise, coordonnées directement par l’Elysée et relayées par une extrême-droite qui n’en demandait pas tant. Que veut dire ce terme ? Personne ne le saura. Que reproche-t-on aux insoumis ? Personne ne nous le dira. Le but est de salir, d’insinuer un doute, pour intimider et empêcher toute critique des discours et des politiques du gouvernement (Manon Aubry, députée européenne France insoumise).

C'est pourquoi, moi, je vais vous parler de l'islamo-capitalisme, vous savez ce que c'est ? " C'est faire du business avec des monarchies réactionnaires, qui fouettent les opposants (Alexis Corbière député France insoumise) " !

 

Sources : Manon Aubry - Alexis Corbière | mis à jour le 14/07/2021

-Le point sur les échanges de la France avec les pays islamistes

  • Koweït[1] :
    • La France compte une vingtaine d’entreprises implantées au Koweït, telles que : Accor, Air Liquide, BNP Paribas, Bureau Veritas, CMA CGM, DCI, Egis, Eiffage, Engie, Ipsos, Saint-Gobain, Schneider Electric, Thalès, TechnipFMC, Veolia. Par ailleurs, plus de 50 autres entreprises françaises sont présentes au travers d’accords de franchise, parmi lesquelles Carrefour, Dior, Lactalis, L'Oréal, LVMH, Michelin, PSA, Renault.
    • En 2019, l'excédent commercial de la France avec le Koweït triple et s'établit à 312 M€, le 31ème à l'échelle mondiale, le Koweït gagnant 30 places par rapport à 2018. L'émirat koweïtien est notre 74ème partenaire commercial et demeure notre 4ème partenaire au sein de la péninsule arabique.

 

  • Quatar[2] :
    • A ce jour, plus de 120 implantations françaises sont recensées au Qatar (majoritairement des grands groupes, mais les PME/ETI se font plus nombreuses) ainsi qu’environ 80 franchises.
    • Les entreprises françaises affichent une forte présence au Qatar. Selon les données de la Banque de France, le stock d’IDE français au Qatar a été multiplié par trois depuis 2008, pour atteindre 2,7 Mds EUR en 2018 (0,2% du stock d’investissements français à l’étranger). Mesurés en flux, nos investissements directs au Qatar, négatifs en 2017 (dans un contexte de prix bas des hydrocarbures et de ralentissement économique), sont de nouveau positifs en 2018 à 1 Md EUR. Ces investissements sont principalement dirigés vers l’industrie pétro-gazière, l’industrie manufacturière et les services financiers.
    • En 2019, les échanges de biens entre la France et le Qatar ont poursuivi leur expansion et se sont élevés à 4,5 Mds EUR, en hausse de 28% par rapport à 2018. Notre solde vers le Qatar est largement excédentaire (3,2 Mds EUR en 2019), en progression de 24% par rapport à l’année 2018. Le Qatar constitue ainsi le 6ème excédent commercial de la France en 2019, devant les Emirats Arabes Unis.

 

  • Arabie saoudite[3] :
    • Délégation d’entreprises menée par MEDEF International en Arabie saoudite (27-29 janvier 2020) : l'importante délégation d’entreprises françaises menée par le MEDEF International en Arabie saoudite du 27 au 29 janvier 2020 a pu recueillir de nombreuses informations sur les opportunités qu’offre le marché saoudien, notamment liées aux grands projets, et sur la meilleure manière d’aborder ce marché. Elle a permis aussi aux sociétés participantes de nouer des contacts avec des décideurs publics et privés de haut niveau.
    • La France est toujours l'un des plus gros fournisseurs d'armes de l'Arabie Saoudite[9] [1bis].

 

  • Émirats arabes unis[4] :
    • Malgré une légère baisse des échanges bilatéraux en 2017, les EAU demeurent le deuxième partenaire commercial de la France dans le Golfe.
      Le volume des échanges commerciaux bilatéraux s’est établi à 4,5 Mds € en 2017, en repli de 3,3 % par rapport à l’exercice précédent. Ces chiffres placent la Fédération au 2ème rang de nos partenaires commerciaux au sein du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG), derrière l’Arabie Saoudite (8,6 Mds €).
    • Une présence économique forte et diversifiée[5]Les EAU accueillent le plus grand nombre d’implantations françaises au Moyen-Orient avec plus de 600 filiales employant environ de 30 000 collaborateurs (parmi lesquels près de 200 Volontaires Internationaux en Entreprise), dont la plupart relèvent de grands groupes du CAC 40 (qui implantent leur siège régional à Dubaï, notamment dans des zones franches) mais aussi de nombreuses ETI et PME. 

 

  • Egypte[7] :
    • Les échanges commerciaux entre la France et l'Egypte ont atteint en 2019 leur plus haut niveau historique depuis 2012 à 3 mds€.
    • Notre excédent commercial avec l'Egypte est en forte progression (+68%) à 1,6 md€ en 2019 après une forte contraction en 2018 (937 M€).
    • Avec environ 160 filiales qui emploient directement plus de 50 000 personnes pour un chiffre d’affaires supérieur à 5 Mds €, les entreprises françaises ont su s’inscrire durablement dans le paysage économique égyptien avec une présence diversifiée :

- Construction & Industrie : Air Liquide, Vinci, Bouygues, Saint Gobain, Total, Arkema, Vicat, Lafarge-Holcim, Consolis etc…
- L’énergie : Groupe Total (Distribution, Total Eren), Engie, Voltalia, EDF EN, etc…
- Eau & Assainissement : Véolia, Suez etc…
- Les transports : Alstom, Colas Rail, ETF, Systra, Poma, Thalès, Valéo, NGE-TSO, etc…
- La production manufacturière d’équipements électriques, électroménager ou automobiles : Schneider Electric, Legrand, Nexans, Groupe Seb, Groupe Atlantic,  etc…
- L’agroalimentaire : Lactalis, Danone, Bel, Savencia, Lesaffre, Soréal, etc…
- L’industrie pharmaceutique et cosmétique : Servier, Ceva, L’Oréal, Sanofi, etc…
- Les services : Orange, Crédit Agricole, Axa, Téléperformance, ATOS, Cegedim, Gide, etc…
- La logistique : CMA-CGM, Bolloré, etc…
- La grande distribution : Carrefour, Décathlon, etc…
- Les franchises : Paul, Brioche Dorée, 5àSec, Fauchon, Yves Rocher, GoSport, Intersport etc…
- Le tourisme : Air France, Groupe Accor, etc…

  • Le principal fournisseur d’armes de l’Égypte... la France !

La France vend à l’Égypte des armes utilisées à des fins de répression interne. Après un premier rapport publié cet été par plusieurs ONG, Amnesty International accuse à son tour Paris de « bafouer le droit international »[8].

 

 

-L'islamo capitalisme, vous savez ce que c'est ?

Invité d'Audition publique ce 26 octobre 2020, le député La France insoumise Alexis Corbière a répondu aux accusations du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, selon lequel LFI serait liée à un « islamo-gauchisme ».

 

Notes :

[1] koweit : Relations bilatérales

[1bis] La France continue d'alimenter en armes le conflit au Yémen

[1terCNRS : L’« islamogauchisme » n’est pas une réalité scientifique

[2] Quatar : Relations bilatérales

[3] Arabie saoudite : Relations bilatérales

[4] Émirats arabes unis : Relations bilatérales

[5] La présence économique française aux Emirats arabes unis

[6] L’islamo-gauchisme : comment (ne) naît (pas) une idéologie

[7] Egypte : Relations bilatérales

[8] Le principal fournisseur d’armes de l’Égypte ? La France

[9La France est toujours l'un des plus gros fournisseurs d'armes de l'Arabie Saoudite

 

Pour en savoir plus :

- Exportations d'armes : Koweït, Qatar, Emirats, les trois principaux clients de la France en 2017

- Ventes d'armes : Une entente indigne entre la France et les Émirats arabes unis

La France de poursuivre ses livraisons de matériels de guerre aux principaux pays impliqués : l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

- Lafarge : financement de terrorisme et complicité de crimes

- Daech en Syrie : c’est un ancien candidat du RN qui négociait avec les terroristes pour le compte du cimentier Lafarge

- En Arabie saoudite, « la flagellation ne disparaît pas du droit »

- Haine anti-musulmans et procès en «islamo-gauchisme»: ça suffit !

- « Islamo-gauchistes » : une chasse aux sorcières médiatique

- Quand Jaurès parlait des " fanatiques de l'Islam "

- Toi qui m'appelles islamo-gauchiste, laisse-moi te dire pourquoi le lâche, c'est toi

- La France insoumise réprouve la visite d’État du maréchal Al-Sissi (Egypte) en France

- Loujain Al-Hathloul, militante des droits humains en Arabie saoudite, condamnée à cinq ans et huit mois de prison 

- Islamo-gauchisme et capitalo-fascisme

- "ISLAMOGAUCHISME" : LE PIÈGE DE L’ALT-RIGHT SE REFERME SUR LA MACRONIE

- “Islamo-gauchisme” : quand la macronie s’inspire du vocabulaire fasciste pour lancer son ultime chasse aux sorcières

- Hervé Kempf ; Islamo-gauchisme et capitalo-fascisme. Il faut cibler les causes du phénomène, à savoir ces alliances coupables et notre dépendance au pétrole qui en est le ressort

- Islamo-gauchisme ou islamo-vallsisme : Lorsque Manuel Valls était Premier ministre, la France a vendu des armes à l’Arabie saoudite.

- « L’islamo-gauchisme est une insulte qui sert à désigner tout ce qu’on n’aime pas, à condition que ce soit de gauche », Eric Fassin

- Ventes d'armes : ce que Macron veut cacher :

rapport parlementaire sur les ventes d’armes françaises

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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 18:56
C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !
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L'Europe a bon dos !...

- Il y a nécessité de remettre les choses dans l'ordre, ce n'est pas l'Europe qui fixe la politique européenne,... mais les gouvernements des États qui la compose !

 

- Si les pays qui compose l'Europe étaient antilibéraux... l'Europe mènerait une politique antilibérale !

 

L'Europe au quotidien, c'est dans les territoires qu'elle se vit : agriculture, aménagement du territoire, pêche, cohésion sociale, services publics, etc....
Donc " Tout le monde parle de l'Europe ! Mais c'est sur la manière de faire cette Europe que l'on ne s'entend plus ! ". Jean Gabin dans " Le Président " (1961)
Et si, en fait, l'Europe n'avait pour rôle que :
- de faire adopter des mesures que les États membres ne peuvent pas faire passer ;
- de servir d'alibi à ces États pour leur permettre de dire :... " C'est pas nous, c'est Bruxelles " !

Et si la désobéissance aux traités et directives européennes était conçue et popularisée comme un outil capable d’accélérer l’émergence d’une communauté politique, un embryon de peuple européen ?


Sources : Eric Durand | mis à jour le 2021/03/16

-C'est la commission européenne qui en fait dirige l'Europe
Rappel sur son rôle :

  • Instituée par le traité de Rome de 1957, la Commission européenne est l'une des principales institutions de l'Union européenne, avec le Conseil de l'Union européenne, le Parlement européen et le Conseil européen. Elle est la seule institution en mesure de proposer de nouveaux textes législatifs. Ceux-ci sont, dans la plupart des cas, soumis au Parlement européen et au Conseil de l'Union européenne puis appliqués dans les Etats membres[1] ;
  • Elle constitue surtout l'organe "exécutif " de l'Union européenne. Une fois les actes législatifs adoptés, la Commission européenne veille à leur application, sous le contrôle de la Cour de justice de l'UE (CJUE). De surcroît, elle gère les politiques de l'UE et alloue les financements européens : elle fixe les priorités budgétaires de l'UE, établit les budgets annuels (qui doivent être approuvés par le Parlement et le Conseil), et contrôle la façon dont les fonds sont utilisés. Enfin, à l'exception de la politique étrangère et de sécurité commune, elle assure la représentation extérieure de l'UE[1].

 

Composition :

  • Elle est composée d'un commissaire européen par État membre, soit 27 commissaires[2] ;
  • Ceux-ci sont proposés par les chefs d'État ou de gouvernement des États membres réunis au sein du Conseil européen, et approuvés par le Parlement européen[2] ;

 

-La commission, la politique qu'elle mène, sont la traduction de la situation politique de chaque pays (de la gauche à l'extrême droite)

Question : qui imaginerai qu'un pays propose à Bruxelles un commissaire qui ne soit pas en adéquation avec l'orientation politique de ce pays ?

  • Quand les pays sont politiquement, socialistes (sociaux démocrates), à droite ou à l'extrême droite, ils désignent un commissaire pour porter une politique libérale, ultralibérale.... et l'Europe mène une politique libérale ou ultralibérale ;
  • Si les pays étaient à gauche, ils désigneraient un commissaire pour porter une politique de gauche.... et l'Europe mènerait une politique.... de gauche (on ne va pas débattre de la notion de " gauche ") !

 

-La politique menée par l'Europe est donc celle que les pays membre de l'Europe demandent aux commissaires qu'ils ont désignés... de mener
Ainsi, à votre avis, quelle politique les commissaires désignés par la France (voir liste ci dessous) ont-ils eu pour mandat de mener : une politique de gauche ? Evidemment que non !.... et il en est de même dans chaque pays !

 

Robert Marjolin SFIO Raymond Barre UDF
Jean-François Deniau UDF Claude Cheysson PS
François-Xavier Ortoli Parti gaulliste Edgard Pisani PS
Jacques Delors PS Christiane Scrivener Parti républicain
Édith Cresson PS Yves-Thibault de Silguy Parti gaulliste
Michel Barnier UMP Pascal Lamy PS
Jacques Barrot UMP Pierre Moscovici PS
Thierry Breton Grand patron et homme de droite    

 

 

Derniers points :

  • Les traités adoptés par Bruxelles doivent être ratifiées par les parlement de chaque pays[3]..... ce qui est fait quasi systématiquement en France ;
  • Les règlements et les décisions deviennent automatiquement contraignants dans toute l’UE à la date de leur entrée en vigueur. Les directives doivent être transposées par les pays de l’UE dans leur législation nationale[5] ;
  • Inscrite depuis un demi-siècle dans la jurisprudence, le principe de « primauté » du droit européen signifie que le droit de l'Union prévaut sur les droits nationaux des États membres. Il bénéficie à toutes les normes de droit européen disposant d'une force obligatoire et s'exerce à l'égard de toutes les normes nationales[4].

 

-Aujourd'hui.... quitter l'Europe (Frexit) pour changer de politique en France ?

D'une manière récurrente, cette demande revient sur les réseaux sociaux, or :

  • affirmer que c'est l'Europe qui dirige la France est.... FAUX, car Bruxelles mène la politique que les pays membres lui demande de mettre en oeuvre (via le parlement et la commission) !
  • Et quand Bruxelles mène une politique de droite (néolibérale), et qu'en France nous avons un gouvernement néolibéral, le « capitalisme populaire [7] » prôné par Emmanuel Macron, affirmer qu'il conviendrait de quitter l'Europe via un Frexit pour mettre en oeuvre une autre politique est.... ARCHI FAUX !

 

-Alors qu'elle issue ?

Pour mener une autre politique, il faut d'abord œuvrer à ce que le peuple prenne le pouvoir en France, comme en Bolivie[8], au Chili[9].

 

C'est tout le sens de la stratégie politique mise en oeuvre par la France insoumise, pour, au travers de la " Fédération populaire[10] " rassembler sur les causes communes autour de l'avenir en commun[11].

 

Et une fois le pouvoir pris, la Constituante[12] lancée  pour changer de fond en comble la Constitution, abolir la monarchie présidentielle et restaurer le pouvoir de l'initiative populaire (La 6e République commencera et ce sera une refondation de la France elle-même), la question de l'Europe sera posée !

 

 

-  Pas de frexit, mais au pire, une sortie des traités comme le propose la France insoumise

En effet, lorsqu'il y aura un gouvernement France insoumise, trois issues seront devant nous[13] dans les discussions avec nos partenaires européens. Toutes d'ailleurs reviennent à une sortie des traités.

  • Première possibilité : nous proposons un nouveau traité. La négociation se passe bien, et le nouvel accord est adopté ;
  • Autre possibilité : c'est non, ou plutôt c'est nein, et nous employons une option de retrait, c'est ce qu'a fait pendant longtemps le Royaume-Uni, qui consiste à se mettre d'accord avec nos partenaires pour ne pas appliquer certaines règles ;
  • Enfin, si c'est encore nein, il ne nous resterait plus que la désobéissance unilatérale concernant les traités

 

🔴 FONDAMENTAL : Beaucoup de gens ignorent que désobéir aux traités européens, c’est légal[14].

  • En droit, l’Union européenne n’est ni un super-État, ni un État fédéral. C’est une organisation internationale. Autrement dit, contrairement par exemple aux États-Unis d’Amérique, elle n’a pas de souveraineté. Il n’existe que la souveraineté des États membres, dont la France, qui consentent, uniquement parce qu’ils ont souverainement signé des traités, à en appliquer les règles ;
  • Par conséquent la France a parfaitement le droit, en exerçant sa souveraineté, de décider qu’elle n’applique plus telle ou telle disposition des traités. Cela s’appelle « l’option de retrait[15] ». Elle peut le faire de façon négociée : par exemple, le Danemark a négocié avec les autres pays de l’Union qu’il ne participerait pas à l'Euro (l'accord d'Édimbourg), alors que Schengen est prévu par les traités. La France peut aussi le faire unilatéralement : par exemple, la Suède a voté « non » par référendum sur l’adhésion à l’euro et depuis, elle n’utilise pas cette monnaie alors que cette dernière est prévue par les traités.

 

Il faut donc arrêter les réactions hystériques quand la France insoumise parle de désobéir aux traités européens : c’est légal, ça s’appelle « l’option de retrait ». Quant à savoir avec quels autres pays membres la France lancerait une grande « option de retrait », tout dépend quels gouvernements seront en place en Europe quand les insoumis auront pris le pouvoir par les urnes.

 

🔴 EN DÉFINITIVE...

 la désobéissance aux traités et directives européennes peut aussi être conçue et popularisée comme un outil capable d’accélérer l’émergence d’une communauté politique, un embryon de peuple européen[16].

 

 

-Concrètement que veut mettre en oeuvre la France insoumise...

  • Plan A. Proposer une refondation démocratique, sociale et écologique des traités européens par la renégociation (c'est la sortie concertée des traités européens par l'abandon des règles existantes pour tous les pays qui le souhaitent et la négociation d'autres règles.)

 

C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !
  • ​​​Plan B. en cas d'échec des négociations (c'est la sortie des traités européens unilatérale par la France pour proposer d'autres coopérations. L'UE, on la change ou on la quitte. Le mandat de négociation de ces plans sera soumis au préalable à l'Assemblée nationale. La validation de ce processus passera nécessairement par une décision du peuple français par référendum).
C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !

 

-  Il faut sortir des traités européens (Jean-Luc Melenchon)

Intervention de Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale le 20 février 2018 dans le cadre du débat sur l'élection des représentants au Parlement européen. Il a dénoncé la construction d'une Europe dans laquelle les peuples n'ont pas la capacité de s'exprimer puisque le Parlement européen n'a aucun pouvoir.

 

Il a expliqué que l'Union européenne ne permettait pas la solidarité entre les peuples puisqu'elle refuse l'harmonisation sociale et fiscale et donc la fraternité, à l'heure où l'extrême droite progresse à l'Est de l'Europe et est désormais donnée comme la deuxième force politique en Allemagne. Face à cette impasse, Jean-Luc Mélenchon a appelé à sortir des traités européens actuels et à « refonder l'Europe de la cave au grenier ».

 

Précision :

Je n'ai volontairement pas parlé du rôle du parlement européen qui s'inscrit dans la même logique. Car même si parfois il est est amené à adopter des décisions dont nous ne pouvons que nous satisfaire ( ex : la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité !), globalement sa composition politique allant des conservateurs aux libéraux leur donne 546 sièges sur 751[6].

 

Notes :

[1Rôle de la Commission européenne

[2] la Commission européenne compte actuellement un commissaire par Etat membre

[3] les résolutions prises par Bruxelles doivent être ratifiées par les parlement de chaque pays

[4] Primauté du droit de l'Union européenne

[5] Appliquer la législation européenne

[6] Evolution des rapports de force au Parlement européen

[7] Qu'est-ce que le «capitalisme populaire» prôné par Emmanuel Macron ?

[8Le 18 octobre, le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), Luis Arce, a été élu président de l’Etat plurinational de Bolivie dès le premier tour

[9] Fin de l’ère Pinochet et début de la Constituante, une nouvelle page de l’histoire du Chili s’ouvre aujourd’hui !

[10] De la nécessité de la fédération populaire

[11] L'Avenir en commun : Le programme de la France insoumise

[12] L'Avenir en commun : La constituante

[13] PAS DE FREXIT MAIS UNE SORTIE DES TRAITÉS: LA FRANCE INSOUMISE EXPLIQUE SON DISCOURS SUR L'EUROPE

[14] Beaucoup de gens ignorent ceci : désobéir aux traités européens, c’est légal

[15] Le Danemark a un opt-out (« option de retrait ») pour l’euro

[16] « Rompre avec le néolibéralisme en désobéissant aux traités européens »

 

Pour en savoir plus :
-
Pour Jacques Généreux : "Le seul moyen de faire bouger l’Europe, dit-il, c’est de violer les traités » 

- « L’Avenir en commun, en Europe aussi ! » (document programmatique de la France insoumise pour les élections européennes)

- Jean-Luc Mélenchon : « Je suis un indépendantiste français »

- Suite au refus de ratification du CETA par Chypre, l'accord entre l'Union européenne et le Canada ne ne devrait plus être appliqué

- La Pologne et la Hongrie bloquent le plan de relance européen

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 20:26
En Nouvelle-Aquitaine, les insoumis·es écrivent et lancent un appel pour un cap commun, citoyen et populaire !
En Nouvelle-Aquitaine, les insoumis·es écrivent et lancent un appel pour un cap commun, citoyen et populaire !

Appel pour faire advenir une alternative populaire et démocratique ;

Appel pour changer ensemble la vie et l’avenir des habitant·es de Nouvelle-Aquitaine

 

Cet appel, dont vous retrouverez le texte complet ci-dessous, s'inscrit dans la démarche nationale de la France insoumise[1] appelant des programmes communs se traduisant par la mise en place dans un cadre national des coalitions, identifiées par un label, représentatives dans la composition des listes et le choix des têtes de listes de la diversité de celles et ceux qui les soutiennent pour mettre en œuvre des programmes de rupture sociale, écologique et démocratique dans les départements et régions du pays. 

Les insoumis de la Nouvelle-Aquitaine souhaitent que l’avenir de la région s’articule autour d’un programme atteignable, concret, partagé et concerté répondant à trois grandes priorités :
- La mise en place d’un bouclier social immédiat ;
- La bifurcation écologique ;
- La rénovation démocratique au service de l’intérêt général...

A cette fin, ils vous invitent à signer et faire signer l’appel pour un cap commun en Nouvelle-Aquitaine ! ⬇️

 

Sources : La France insoumise | mis à jour le 07/03/2021

En Nouvelle-Aquitaine, les insoumis·es écrivent et lancent un appel pour un cap commun, citoyen et populaire !

La Nouvelle Aquitaine face aux défis sociaux et écologiques : Appel pour un cap commun, citoyen et populaire

 

Les faillites, les licenciements, le chômage : la réduction des moyens de subsistance frappe une grande partie d’entre nous du fait de politiques anti-redistributives aggravées par l’épisode de confinement face au coronavirus. Les loyers ne cessent d’augmenter et ainsi ce sont 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté aujourd’hui en France. La crise sociale ne se réglera pas en faisant encore des cadeaux aux 0.1 % les plus riches.

 

La crise climatique sans précédent apparaît aujourd’hui non pas comme une perspective plus ou moins lointaine mais comme une réalité tangible pour tous. Que ce soit la perte de biodiversité, les enchaînements climatiques majeurs (sécheresses, canicules, inondations), ou les épisodes de pollution, jusqu’alors réservés aux grandes villes du sud maintenant étendus à nos campagnes, tout démontre l’emballement climatique et la responsabilité de nos activités sur celui-ci. La crise sanitaire actuelle est aussi une conséquence de ces dérèglements écologiques.
Tous ces bouleversements ont révélé l’incapacité du gouvernement à s’organiser pour y faire face.

 

En mars 2021 auront lieu les élections régionales et départementales. Face à ces inconséquences du pouvoir macroniste elles sont une opportunité pour faire face à l’urgence sociale et pour planifier les grandes bifurcations écologiques aujourd’hui indispensables dans le cadre des compétences dévolues aux collectivités territoriales.

 

C’est sur une nouvelle trajectoire que nous proposons aux organisations et mouvements politiques  et citoyens, aux associations, syndicats s’inscrivant dans la résistance aux réformes néo-libérales d’Emmanuel Macron, d’accorder nos forces et nos démarches, parce que nous faisons séparément les mêmes constats et que globalement nous apportons des réponses convergentes. Il s’agit d’organiser la planification pour la satisfaction de l’intérêt général face aux défenseurs des intérêts privilégiés. Il est nécessaire de programmer ensemble l’avenir de la Nouvelle Aquitaine avec ces trois priorités :

  • La mise en place d’un bouclier social immédiat pour préserver la santé, l’emploi, les droits sociaux en imposant des conditions sociales et environnementales  aux aides publiques dispensées par la région aux entreprises et aux associations, et en programmant des mesures d’aide et de solidarité pour les personnes et les familles en difficulté. L’accès à la culture est évidemment inclus dans cette stratégie régionale.
  • La bifurcation écologique pour des transports propres, une alimentation saine et une agriculture paysanne, locale et biologique : stopper l’artificialisation des terres agricoles et les grands projets inutiles et imposés, organiser une filière alimentaire scolaire bio et locale, préserver la ressource en eau, donner la priorité aux transports ferroviaires, voyageurs et marchandises, et à leur maillage équilibré.  La situation géographique particulière de notre Région nous impose aussi d’agir face au recul du trait de côte et à la hausse du niveau des océans.
  • La rénovation démocratique au service de l’intérêt général en s’appuyant notamment sur l’implication citoyenne et la souveraineté populaire avec l’outil du référendum d’initiative citoyenne locale, avec l’application effective du mandat révocable de nos élu.e.s, et la mise en place d’une commission citoyenne de contrôle des budgets et financements.

 

A cela s’ajoute la crise sanitaire majeure à laquelle l’organisation de l’état n’a pas su ou pas voulu répondre, laissant l’auto-organisation aux hôpitaux publics et aux systèmes de santé faire face seuls, sans investissements techniques et en personnels à la hauteur des enjeux sanitaires. Cet exemple montre, s’il en est besoin, la nécessité de services publics suffisamment dotés et organisés, justement répartis à travers nos territoires, pour un égal libre accès à tous nos concitoyens.

 

Ces services publics seront encore plus précieux pour faire face à l’aggravation de la crise sociale et économique qui s’avance dans les centres urbains comme en zone rurale.

 

 

-  En mars 2021, tourner enfin la page !
Le président Rousset à une vison sur tous ces sujets , elle lui est propre et nous ne la partageons pas. Nous ne souhaitons pas continuer la voie qu’il a tracé durant ces nombreuses années, qui n’est finalement qu’une voie sans issue.
Il  est aujourd’hui indispensable de répondre aux enjeux en fixant non pas un horizon, mais bien un objectif avec des points d’étapes, atteignables, concrets, partagés et concertés.

 

La complémentarité et l’égalité entre les trois anciennes régions fusionnées, Aquitaine, Poitou-Charentes et Limousin est une voie juste pour un développement équilibré de la Région Nouvelle Aquitaine, fondé sur la valorisation des atouts et des savoir-faire de chaque territoire. S’appuyer sur la coopération des territoires plutôt que sur la concurrence doit être la nouvelle méthode de travail.

 

  • Nous voulons engager les bifurcations nécessaires pour répondre aux enjeux de l’urgence écologique, de l’urgence sociale et de l’urgence démocratique et nous devons le faire avec les forces progressistes, humanistes, écologistes, féministes, avec les paysans, les artisans et PME, avec les citoyennes et les citoyens engagés pour l’écologie populaire  et les droits sociaux, avec les membres des syndicats, associations, ONG, Gilets jaunes
  • Nous avons des objectifs sociaux, économiques et écologiques communs. Nous appelons à former des  listes  communes pour les élections départementales et régionales, à même de faire advenir une alternative populaire et démocratique pour changer ensemble la vie et l’avenir des habitant.e.s de Nouvelle Aquitaine.

 

En Nouvelle-Aquitaine, les insoumis·es écrivent et lancent un appel pour un cap commun, citoyen et populaire !

- A nous tous ensemble d'agir

  • Pour faire advenir une alternative populaire et démocratique ;
  • Pour changer ensemble la vie et l’avenir des habitant·es de Nouvelle-Aquitaine

👉 Signez et faites signer l’appel pour un cap commun en Nouvelle-Aquitaine !

 

👉 👉  Je signe l'appel ICI

 

 

-  Communiqué du 1er décembre 2020

...Dans la cohérence avec notre appel régional du 16 octobre dernier (qui a recueilli 830 signataires !), nous appelons à un rassemblement porteur de l’intérêt général face aux intérêts particuliers, qui sera composé des forces politiques, associatives et sociales qui partagent nos objectifs :

✅ En finir définitivement avec l’ère Rousset, représentant des intérêts privés;
✅ S’engager au maintien et à la création d’emplois en refusant l’utilisation d’argent public sans contreparties des entreprises;
✅ Employer les moyens de la Région pour rétablir les services publics dans les territoires ruraux, notamment un service de transport ferroviaire répondant aux enjeux d’aménagement du territoire et de transition écologique;
✅ Assurer un accès inconditionnel à la santé et l’éducation, partout dans la Région....

Ces objectifs se traduisent concrètement par une stratégie politique de liste commune, construite pour diriger la Région, qui s’engage à ne faire aucun accord politicien avec la liste PS du libéral Macron-compatible Alain Rousset. Cette liste fera la place nécessaire aux acteurs des luttes sociales et environnementales qui souhaiteraient investir le champ politique sur notre région...

 

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2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 13:40
Séparatismes : Le macronisme nous fait courir le risque d’accélerer “ l’archipélisation ” d’un pays toujours plus divisé
Séparatismes : Le macronisme nous fait courir le risque d’accélerer “ l’archipélisation ” d’un pays toujours plus divisé
Séparatismes : Le macronisme nous fait courir le risque d’accélerer “ l’archipélisation ” d’un pays toujours plus divisé
Séparatismes : Le macronisme nous fait courir le risque d’accélerer “ l’archipélisation ” d’un pays toujours plus divisé
Séparatismes : Le macronisme nous fait courir le risque d’accélerer “ l’archipélisation ” d’un pays toujours plus divisé
Séparatismes : Le macronisme nous fait courir le risque d’accélerer “ l’archipélisation ” d’un pays toujours plus divisé

Le macronisme est un séparatisme !

 

Pour sa part, Le député France Insoumise Alexis Corbière critique, dans une tribune au « Monde », le projet de loi « contre les séparatismes », qu’il juge inefficace et dont il estime les « conséquences délétères » pour les millions de musulmans en France.

L’attaque contre les anciens locaux de Charlie Hebdo et ses deux victimes nous rappellent cruellement que la lutte contre le fanatisme religieux et l’islamisme radical ne doit jamais être relâchée. Le président de la République a jusqu’ici choisi de réserver sa parole mais il prononcera vendredi 2 octobre un discours sur le « séparatisme » et une loi sera présentée dans la foulée.

On s’étonnera, quand une partie de la majorité crie à l’urgence d’agir, que cette loi ne soit ensuite débattue à l’Assemblée nationale qu’à la fin de 2021. Mais les mêmes approuveront un calendrier qui leur permettra de faire traîner le débat pour occuper plus longtemps l’espace médiatique.

 

Sources : Alexis Corbière | mis à jour le 21/02/2021

- Qu’est-ce que ce « séparatisme » ?

Pour Emmanuel Macron, « la volonté de ne pas vivre ensemble, de ne plus être dans la République, et au nom d’une religion, l’islam, en la dévoyant ». Pour le ministre de l’intérieur, « les “principaux séparatistes” en France sont les islamistes radicaux » et notamment « ceux qui pratiquent la taqiya, c’est-à-dire la dissimulation : qui par l’islam politique, qui par une sorte d’entrisme qui ne dit pas son nom, essaient de changer la vie de nos concitoyens et d’imposer leurs vues ».

 

 

- Comment démontrer la fourberie condamnable ?
Contre le risque terroriste en général, et celui de l’islamisme radical en particulier, pas moins de 28 lois ont été adoptées depuis 30 ans pour renforcer l’arsenal répressif. Chaque fois, l’objectif affiché était de développer le renseignement, de surveiller les lieux de culte, les associations, les clubs sportifs, de repérer les pôles de radicalisation, de développer des veilles numériques sophistiquées pour cibler les individus qui pourraient passer à l’acte, etc...

 

Cet attirail législatif, critiquable sur beaucoup de points, a peut-être pu éviter des attentats – ce dont il faut se féliciter – mais c’est souvent l’insuffisance de moyens humains qualifiés qui a empêché que les terroristes soient repérés et neutralisés avant qu’ils passent à l’action. Mais, le projet de loi « séparatisme » entend agir sur un autre terrain.

 

Même si nous ignorons actuellement le détails, plusieurs déclarations publiques de ses partisans autorisent déjà quelques réflexions. Il s'agirait donc de lutter contre la dissimulation. Toute conscience républicaine, attachée au droit, mesure la difficulté. Comment juger, non des actes, mais des intentions dissimulées. Comment démontrer la fourberie condamnable ? Comment ne pas sombrer dans le délit d'intention ? Qui ne comprend pas le risque s'une prochaine « loi des suspects » ?

 

 

-Le thème de l'impuissance de l'État

Le gouvernement veut agir contre ceux qui " veulent imposer leur vue " à d'autres, on imagine par la contrainte ou la manipulation mentale. Disons le plus simplement : contre le fanatisme religieux et les pratiques sectaires, en particulier celles issues de l'islam. Mais alors, pourquoi réduit-il si drastiquement les moyens de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) qui est aujourd’hui menacée de disparition[1] ?

 

Les promoteurs ministériels du futur projet de Loi agitent le thème d'une impuissance de l'État face aux pratiques obscurantistes d'écoles musulmanes hors contrat. Mais la Loi Gatel de 2018, dont se félicitait il y a encore peut de temps le Ministre de l'éducation nationale ne permet-elle pas précisément de les fermer[2] ?

 

Pourquoi aussi sous-entendre que l'on ne peut pas fermer des lieux de cultes alors que 15 au moins l'ont été ses trois dernières années, dont une majorité n'était d'ailleurs pas musulmane ? La grande Loi laïque de 1905, qui reste d'une brûlante actualité, ne contient-elle pas déjà de rigoureuses dispositions en matière de police des cultes[3] ?

 

 

-Pour une égalité de traitement

  • Faut-il rappeler au passage qu'elle est d'ailleurs régulièrement malmenée par les gouvernements successifs et qu'en raison du Concordat elle ne s'applique toujours pas sur l'ensemble du territoire national[4] ?
  • Concernant le contrôle des flux de financement financements étrangers douteux de certains lieux de culte, possiblement liés à des réseaux terroristes, pourquoi ne pas rappeler que c'est précisément la mission de TRACFIN depuis 1990[5] ?
  • Est-il bien sérieux de vouloir légiférer parce-que dans certains clubs sportifs on ne se doucherait plus tout nu ? Mais trop souvent aux yeux du ministre de l'intérieur, avec un maillot ?
  • Est-il crédible de dénoncer la non mixité d'une poignée de clubs sportifs de Seine Sain-Denis, quand on finance avec l'argent public des écoles privées catholiques sous contrat qui font de la non mixité un projet pédagogique pour les enfants de la bourgeoises des Hauts-de-Seine[6] ?
  • Qui, d'ailleurs, dénoncera les clubs privés sélectes de l'oligarchie française où, à quelques mètres des Champs Elysées, les femmes sont encore interdites ? Ce qui préoccupe dans le 93 doit être toléré dans les beaux quartiers de la capitale ?
  • Enfin, si nous sommes tous d'accord pour dénoncer que des médecins délivrent d'abjectes certificats de virginité, est-il possible de savoir combien sont attribués chaque année et si cette pratique détestable est en augmentation ou en voie de disparition ?

 

-Un risque d'accélérer " l'archipélisation "

  • Qu'attends le gouvernement pour publier le bilan des cellules départementales contre l'islamisme et le replis communautaire (CLIR) présentes dans 83 départements[7] ?
  • Est-il possible d'avoir sur ces sujets un débat sérieux et rationnel basé sur des faits, des chiffres et des études partagées plutôt que le spectacle et le " buzz " de ministres à la recherche permanente du sensationnalisme, sur le dos de toujours les mêmes personnes.... nos citoyens de confession musulmane vivant dans les quartiers populaires. 

 

➡️ Cette stratégie gouvernementale qui encourage la défiance de masse est irresponsable !

Notre pays n'a pas besoin d'une Loi des suspects sans efficacité concrète contre l’islamisme radical et les fanatiques meurtriers, mais aux conséquences délétères pour plusieurs millions de nos concitoyens lassés d'être les victimes d'un vindicte confuse et malsaine.

 

En agitant la société sur des sujets ultra-minoritaires qui développent une suspicion majoritaire, le macronisme nous fait courir le risque d'accélérer " l'archipélisation " d'un pays toujours plus divisé.

 

Le creusement des inégalités, de la précarité, la dégradation de l'école, de l'hôpital et de tous les services publics, le COVID et ses terribles conséquences sanitaires et sociales, la crise crise démocratique qu’atteste l'abstention de plus en plus forte, tous les maux qui ravagent nos départements populaires et en particulier la Seine Saint-Denis ne suffisent-ils pas ?

 

A contrario, qui ne voit pas prospérer le " séparatisme " des riches[8], de moins en moins lies aux restes de la collectivité nationale, refusant la mixité sociale, vivant dans l'entre-soit confortable de leurs quartiers fermés, de leurs villégiatures de luxe et de leurs très chères écoles ou cliniques privées ?

 

- Le remède aux ferments de l'éclatement social ne peut consister dans la gesticulation politicienne contre un " séparatisme " aux contours aussi flous.
- La République ne peut être confondue avec une politique de soupçon.

 

------------------------------------

 

- Alexis Corbière : " On devait nous parler des séparatismes, on ne nous parle que d'un séparatisme : celui de l'islamisme radical "

Le député LFI de de Seine-Saint-Denis réagit au discours d'Emmanuel Macron sur les séparatismes.

 

 

 

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-Le macronisme est un " séparatisme ! " par Adrien Quatennens député France insoumise

 

 

Notes :

[1] Lutte contre les sectes : la Miviludes va disparaître

[1bis] Quand les nazis accusaient les juifs de séparatisme…

[2] [Journal Officiel] Notre analyse du décret permettant l’application de la “ Loi Gatel ”

[3] La police des cultes et loi du 30 octobre 2017

[4] la France insoumise souhaite revenir sur le statut particulier de ce territoire, où la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat ne s'applique pas. 

[5] Le rôle de Tracfin

[6] Pourquoi la mixité scolaire filles/garçons n’est pas obligatoire

[7] Selon les données communiquées par le CIPDR, 83 départements auraient installé, au 15 juin 2020, une cellule départementale contre l'islamisme et le repli communautaire.

[8Alexis Corbière député LFI de de Seine-Saint-Denis : « On pourrait aussi évoquer le séparatisme des riches »

 

Pour en savoir plus :

- Le « progressisme », une auto-définition du macronisme ?

- Alexis Corbière: " On devait nous parler des séparatismes, on ne nous parle que d'un séparatisme: celui de l'islamisme radical "

- Jean-Luc Mélenchon : " Nous combattons l'islam politique...avec les musulmans "

- Séparatisme : Mélenchon dénonce la «mise en scène» politicienne de Macron

- Patrick Le Hyaric : « Séparatisme » : une entorse inquiétante à la loi de 1905

- Jean-Luc Mélenchon, invité ce samedi de l'émission "On n'est pas couché" de Laurent Ruquier, réagit après l'attaque terroriste de Paris.

- Jean-Luc Melenchon : De quoi la lutte contre l’« islamo-gauchisme » est le nom ?

- Laïcité, "séparatisme", République : décryptage du projet de loi par Alexis Corbière, député France insoumise

- A Corbière : Une République sociale, démocratique et laïque : combat que nous mènerons jusqu'au bout !

- Jean-Luc Melenchon : Vous stigmatisez les musulmans avec une loi inutile et dangereuse

- Débat parlementaire contre le séparatisme : un moment lamentable

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 20:00
Jean-Luc Mélenchon, le 18 mars 2012 – discours pour la sixième République place de la Bastille
Jean-Luc Mélenchon, le 18 mars 2012 – discours pour la sixième République place de la Bastille

Jean-Luc Mélenchon, le 18 mars 2012 – discours pour la sixième République place de la Bastille

Je rentre fraîchement des AMFiS de Valence[1], après quatre jours denses et extrêmement enrichissants. Pour commencer, il est nécessaire de remercier les organisatrices et organisateurs, militantes et militants bénévoles pour l’excellente tenue de nos universités d’été de la France insoumise. Ceci étant dit, je vais passer directement au cœur de ce que m’a inspiré cette édition 2020 de nos AMFiS à Valence. Mon avis est qu’avec dix ans d’implication et de recul sur la théorie et la pratique politiques, la révolution citoyenne s’inscrit dans un temps long.

 

Je me souviens comme si c’était hier de mon premier grand meeting politique : c’était le lancement de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon le 29 juin 2011 à Paris, place Stalingrad[2]. A cette époque, tout jeune militant de 24 ans, je n’avais pas pris la mesure de ce qui allait être germé par le primo-candidat d’alors : les graines de la révolution citoyenne. La victoire de François Hollande n’avait pas permis de comprendre ce qui s’était passé lorsque pour la première depuis des décennies, une gauche radicale atteignait 11% à l’élection présidentielle. Les analyses de l’époque étaient centrées sur la personnalité du candidat Mélenchon. Pas sur ce qu’il portait à l’époque.

 

Sources : ARNAUD GUVENATAM |

- La théorie de l’ère du Peuple est absolument nécessaire et centrale pour comprendre qu’une révolution citoyenne se traduit sur un temps long.

Et les 11% de Jean-Luc Mélenchon sont la première étape de ce processus de révolution qui ne va pas s’arrêter. L’ère du Peuple décrit comment une révolution citoyenne passe par plusieurs étapes, parfois distinctes entre elles, parfois mêlées : ce sont les phases destituantes et constituantes. 2012 a été la première étape de la phase destituante du processus. Il s’agissait à l’époque de se redéfinir comme un « nous ». En cela, l’introduction du discours pour la 6ème République en 2012 place de la Bastille[3] est une illustration parfaite du mon propos. Je cite : « Et où on était passés ? Où on était disparus, tout ce temps ? On se manquait, on s’espérait, on s’est retrouvés ! Génie de la Bastille, qui culmine sur cette place, nous voici de retour ! Le Peuple des révolutions et des rebellions en France ! ». Ainsi, le « nous » était constitué.

 

 

- La deuxième phase du processus destituant a donc été de lancer ce « nous » contre le « eux ».

C’est la période mondiale des Indignés, du mouvement des 99%. Elle se matérialiste par le lancement de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon le 5 juin 2016 à Paris[4] avec le défilé de la France insoumise. Toutes les professions ont défilé pour affirmer qu’ensemble, nous avons un « Avenir en Commun ».

 

La construction du programme a été faite avec les citoyens, les experts de tous les domaines, les associations et que sais-je encore. Cette nouvelle étape s’était voulue constituante, bien que la phase destituante était encore à l’œuvre. François Hollande en incapacité de se présenter, effondrement des partis traditionnels, émergence et élection d’Emmanuel Macron, le pays a continué à être traversé par le dégagisme de la phase destituante, alors même que le programme l’Avenir en Commun et Jean-Luc Mélenchon réunissaient 7 millions de voix et presque 20% à l’élection présidentielle de 2017. 

 

Jean-Luc Mélenchon, le 5 juin 2016 au défilé de la France insoumise à Paris

Jean-Luc Mélenchon, le 5 juin 2016 au défilé de la France insoumise à Paris

- Chacun le sait, ces deux phases sont encore et toujours à l’œuvre.

Le mouvement des Gilets Jaunes est passionnant en ce sens qu’il concentre, en son sein, les deux phases entremêlées de la révolution citoyenne qui adviendra dans les deux prochaines années. Pourquoi ? Une part immense du Peuple français a soutenu les GJ, même dans les phases les plus aigües de la crise. Les mots étaient sensiblement les mêmes que ceux que l’on retrouve partout où des révolutions citoyennes ont lieu : « Macron démission ! », « Dégage ! », et ainsi de suite. La phase destituante est donc bel et bien en cours entre 2018 et aujourd’hui alors que dans le même temps, la conscience de changer de république, de mode de pratiques politiques, allant vers plus de participation et de démocratie fait corps au sein des catégories de la population étant les plus éloignées de la politique. C’est la phase constituante qui est à l’œuvre.

 

 

- Nous sommes en résonance avec ces deux phases.

Chacun a bien compris depuis l’élection d’Emmanuel Macron que LFI était la principale opposition, mais dans le même temps, à chaque fois que le Peuple est entré en scène, par l’intermédiaire des Gilets Jaunes ou des manifestations pour le climat, nous sommes sortis renforcés. La débat médiatique se trompe totalement en mettant en avant les faibles scores aux européennes et aux municipales, pour plein de raisons, et finalement, il faut les en remercier. Ils n’ont pas conscience de ce qui se joue pour la présidentielle de 2022.

 

Nous sommes en résonance, disais-je. En effet, quand Macron convoque un grand débat, ou une convention citoyenne pour le climat, nous nous rendons compte que les résultats de ces travaux sont toujours à 90% en accord avec le programme l’Avenir en Commun. Nous gagnons des batailles idéologiques et concrètes depuis quelques années et cela ne va que dans le sens de ce que nous théorisons depuis plus de 10 ans maintenant. Tout cela, Mélenchon l’a bien détaillé lors de sa conférence sur l’ère du Peuple aux AMFiS de 2020.

 

 

- Passons maintenant à 2022.

Le discours de clôture des AMFiS d’été de Valence est un discours de campagne, quoi qu’on en pense. Radicalités concrètes, eau, énergie, propositions de fond et précisions tactiques, ce discours doit être vu par le plus grand nombre. D’ailleurs, l’intérêt a été grand puisque 3 chaînes d’informations en continu l’ont diffusé, 51 000 vues sur Youtube[5], 262 000 vues du meeting sur la seule page de Mélenchon sur Facebook, bref, l’audience a été large, et il faut l’amplifier !

 

Jean-Luc Mélenchon, le 23 août 2020 aux AMFiS d’été de la France insoumise à Valence

Jean-Luc Mélenchon, le 23 août 2020 aux AMFiS d’été de la France insoumise à Valence

2022 s’inscrira donc dans la fin de la phase destituante et l’avènement de la phase constituante du Peuple français sera rendue possible avec l’ambition de créer des « causes communes », comme le dit Jean-Luc Mélenchon. Après avoir construit patiemment le « nous », après avoir identifié le « eux », il s’agira maintenant de redéfinir collectivement les règles qu’on voudra se voir appliquées, bref refonder le Peuple français. C’est la convocation d’une assemblée constituante, le passage à une 6ème République, le partage de la richesse, la réappropriation des biens communs, le déploiement des services publics grâce aux outils de planification (écologique et économique), la réindustrialisation des secteurs clés de notre économie, et l’affirmation d’une souveraineté populaire retrouvée !

 

Quelle que soit la décision de Jean-Luc Mélenchon d’être notre candidat, ce que je souhaite, le mois d’octobre sera essentiel comme étape du processus de révolution citoyenne dans notre pays.

 

Alors que les partis traditionnels pensent que notre courant politique est isolé et essoufflé du fait des résultats aux européennes et aux municipales, nous pouvons continuer d’avancer sous les radars. Ils sont, comme les médias mainstream, incapables de replacer la politique dans le temps long. Ils sont déconnectés du Peuple français, du fait de ne pas considérer les révolutions comme des constructions sociales et politiques, dans un continuum, avec des temps chauds et des temps froids. Faut-il leur rappeler qu’en 2017, Mélenchon tutoie le second tour avec LFI alors que les municipales et les européennes de 2014 ont été mauvaises, de même que les cantonales et les régionales de 2015 ?

 

Ce Peuple constituant ne se déplace que lors de la seule élection susceptible de renverser la table : l’élection présidentielle. Et c’est exactement à cela qu’il faut continuer de travailler pour 2022.

De 2011 à 2022, la révolution citoyenne est un temps long
De 2011 à 2022, la révolution citoyenne est un temps long
De 2011 à 2022, la révolution citoyenne est un temps long
De 2011 à 2022, la révolution citoyenne est un temps long
De 2011 à 2022, la révolution citoyenne est un temps long

- Retrouvez la conférence des AMFiS 2020 « Des droits nouveaux pour une 6e République » avec :

  • Jean-Luc Romero-Michel (président de l’ADMD)
  • Raquel Garrido (Avocate)
  • Pierre-Yves Cadalen (groupe 6e République LFI)
  • Antoinette Baujard (CNRS)

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 00:46
Olivier Falorni : quand l’ego est plus important que la cause prétendument défendue...

Source : Eric Durand | modifié le 04/02/2021
-

Retour sur le second tour des municipales 2020 à La Rochelle et le vote OLIVIER FALORNI

Il convient tout à la fois :

- de ne pas passer sous la table le passé politique d'Olivier Falorni et les rancœurs locales ;

- de ne pas ignorer son comportement politique ambigu (notamment en tant que député sur les questions sociales et économiques[1]) et louvoyant, s'affichant avec Macron, lui votant la confiance, se disant en passant de " gauche ", mais recevant le soutien des leaders de la droite locale[2]

 

  • Laissons parler les chiffres au soir du scrutin :

- Lors du 1er tour O. Falorni a obtenu 6454 voix et 33.26% ;

- Pour le second tour, il a reçu le soutien officiel de l'ensemble de la droite et du centre (comme Léal, Drageon, Jaulin), qui ne lui ont apporté que 2216 voix, une grande partie des électeurs de droite ont préféré l'original à une mauvaise copie !

- quant aux quartiers populaires O. Falorni donne lui même la réponse lui même : " Les Rochelais des quartiers populaires ont cru bon de rester chez eux. Le résultat en est la conséquence. S’ils avaient voté autant, même un peu moins que le centre-ville, le score aurait été différent..."[3].

  • Mais pourquoi auraient-ils été voter pour O. Falorni puisqu'ils mènent une véritable grève des urnes face à la politique politicienne dont O. Falorni est localement, un acteur majeur ?
  • Quels intérêts communs ont les habitants des quartiers populaires et ceux des quartiers bourgeois ? Poser la question, c'est y répondre !

- Le fruit de ce comportement se traduit dans le résultat qui ne s'est pas fait attendre, avec un score de 8670 voix et 41.11%.... et seulement 16,69% des inscrits.

 


-

Quand l’ego est plus important que la cause prétendument défendue...

Olivier Falorni abandonne son poste d'élu municipal à la Rochelle pour " se consacrer à sa tâche de député " dit-il[4!

  • Notons qu'il lâche ceux qui lui ont fait confiance et se son battu pour son élection.... et ceux qui, le croyant de " gauche " et voyant, à tord en lui une alternative à la politique de J.F.Fountaine, ont voté pour lui... et tous, à n'en pas douter apprécieront !

 

🛑 En vérité, Olivier Falorni renonce t-il à devenir 1er magistrat de la Rochelle et sa CDA ?
Evidemment que non !
L'ambition personnelle (car au delà des déclarations, c'est de cela dont il s'agit) est toujours là et personne n'en est dupe, Sud-Ouest actant même " le parlementaire âgé de seulement 48 ans a de longues années devant lui pour revenir dans l’arène rochelaise et fourbir ses armes pour les futures échéances

 

🛑 Alors à quoi joue t-il ?

Incontestablement identifié comme un homme qui :

- se dit " de gauche " mais se met au service d'une politique... de droite[5]  ;
- pratique la culture de l'ambiguïté pour ratisser large se mettre au service de la classe dominante[
6]  ;
il a nécessairement besoin de se refaire une virginité politique pour faire oublier ses alliances avec la droite, son soutien à Macron[
7] et compte sur son travail parlementaire pour ça.

 

🛑 Car sur le fond, entre J.F. Fountaine et O. Falorni, il n'y a jamais eu de désaccord politique si ce n'est à la marge ou sur la méthode, tous deux porteurs du libéralisme et défenseurs du " marché ", et ça les rochelais ne s'y sont pas trompés, n'attribuant au 1er opposant auto proclamé, lors du second tour, que 16,69% des inscrits et à J.F. Fountaine 17,04%.

 

🛑 5 ans, c'est beaucoup et peu à la fois !

  • Il convient tout à la fois de garder l’œil ouvert sur l'action politique des uns et des autres et travailler à la constitution de la fédération populaire[8] sans laquelle rien ne sera possible !

 

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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 17:57
Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle de 2017
Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle de 2017

Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle de 2017

Chaque élection présidentielle voit ses manœuvres d’appareil et ses stratégies bancales se mettre en place. Ce sont souvent les mêmes modes de fonctionnement, les mêmes arrangements de coin de table. Les lignes politiques ne sont finalement jamais mises en discussion et c’est la course de petits chevaux qui se lance. On est bien loin de l’implication populaire que chacun brandit comme un mantra.

 

Sources : ARNAUD GUVENATAM | Mis à jour le 09/09/2020

- Lors de la campagne de 2017, l’alpha et l’oméga de la réflexion politique pouvait se résumer à cela : lutter-et-faire-barrage-à-la-droite-et-l’extrême-droite.

De réflexion, en définitive, il s’était agit plus de postures pour empêcher qu’une gauche plus radicale ne s’installe dans le pays. Pourtant, cela n’a pas empêché Jean-Luc Mélenchon  de réunir près de 20% des suffrages à l’élection présidentielle[1].

 

 

- Pourquoi ?

Parce que le choix des électeurs ne s’est pas porté sur des postures anti-droite-et-extrême-droite, mais bien sur des visions politiques, des propositions concrètes. Nous avions beaucoup travaillé en amont, et sous les radars médiatiques sur les questions économiques, sociales, démocratiques et européennes. L’attelage Hamon-Jadot[2] s’est fracassé parce que les gens ne voyaient pas vraiment la différence entre ce qui sortait du quinquennat Hollande et la candidature d’une personne du PS, membre du gouvernement Hollande, soutenue par des écologistes eux-mêmes membres du gouvernement Hollande. Ils étaient atones sur les questions essentielles que sont la géopolitique, le rapport aux institutions européennes et sur une vision clairement anti-libérale de l’écologie.

 

 

- Si 2017 avait son mantra contre la droite et l’extrême-droite, on voit maintenant que la tendance est sur la question écologique.

Pour l’heure, chacun avance ses pions. Génération.s de Benoît Hamon a compris qu’il ne serait qu’une force d’appoint. Le sens de la candidature d’Hamon aux européennes en 2019 avait son sens. Se compter pour voir où son mouvement se situait sur l’échelon politique. L’échec fût cuisant. Et ce n’est pas faire injure aux camarades de Génération.s que de le dire. Ils se mettent dans la roue d’EELV[3], qui sort a priori renforcé de la séquences européennes/municipales. Je dis bien a priori car aux européennes, le peu de gens qui ont voté ne l’ont pas fait sur des questions d’orientations politiques et pour les municipales, là où les verts sont partis seuls, ils n’ont pas fait de miracles[4]. L’enracinement local de leurs partenaires a joué à plein et tirer des plans sur la comète pour une élection si particulière qu’est l’élection présidentielle semble franchement présomptueux.  

 

A cette heure, la presse en fait des tonnes sur la candidature de Jadot[6], les ambitions présidentielles d’Eric Piolle[6], le fait que Macron ne se sentirait menacé que par Anne Hidalgo, que Jean-Marie Bigard[5] sera candidat ou que Michel Onfray[5] prendrait la tête des « souverainistes des deux bords ».

  • Dans la vraie vie, tout ça, c’est de la littérature.
  • A l’heure où nous parlons, que ce soit le PS[7] ou EELV, aucune de ses forces ne dispose d’une ligne politique claire. Ils n’ont pas de programme, personne ne connait leurs orientations, et tout le monde sait que les liens avec le libéralisme, le marché, la flexibilité du marché du travail et autres ne seront pas coupés. L’écologie de marché, c’est le même tarif. On peut présenter sous l’angle que l’on veut, avec un joli papier cadeau, cette ligne politique reste minoritaire et les français n’en veulent pas[8].

 

 

- A chaque élection, c’est la même chose.

La seule question qui vaille et à laquelle tout ce petit monde ne veut surtout pas répondre est la suivante :

  • le tout sauf Mélenchon[8bis], pour faire quoi ?

 

Il ne s’agit pas ici de faire les victimes des méchants camarades qui ne veulent pas travailler avec la France insoumise. C’est une réalité. A de nombreuses reprises, le PS ou les Verts ont expliqué que la gauche réunie, c’est sans Mélenchon. La posture d’exclusion de base, avec de l’expérience, chacun le sait, ça ne rassemble pas grand-chose. Les sondages sont ce qu’ils sont, mais en août 2020, Jean-Luc Mélenchon est crédité de 13%[9] des intentions de votes, (le seul qui franchit la barre des 10 % d'intentions de vote malgré tout ce qu’il a subi depuis 2017), quand Jadot monte tout juste à 8%[9] et le PS à 3%[9]. Qui plus est, en politique, les pourcentages ne s’additionnent pas forcément et malgré cela, un attelage PS/EELV resterait malgré tout derrière Mélenchon.

 

Malgré les déconvenues européennes et municipales, la France insoumise reste, qu’on le veuille ou non, le moteur de la révolution citoyenne dont le pays a besoin. En 2015, Mélenchon émargeait à 8% dans les sondages. En 2020, à deux ans de l’élection, il est déjà à 13%. S’il y a un attachement des français, jeunes, précaires ouvriers et salariés pour sa candidature, c’est parce qu’il incarne une ligne constante, claire et cohérente avec ses engagements de longue date.

 

 

-  2022 sera un tournant pour notre pays.

Trois options s’offrent aux français :

  • le repli xénophobe ;
  •  la logique ultra-libérale ;
  •  et enfin la mise à plat et la redéfinition du cadre collectif.

Je reste persuadé que nous avons besoin d’une sixième République, d’un président avec moins de pouvoirs, d’une règle verte et d’une planification écologique, d’une réindustrialisation du pays, d’un réel partage de la richesse, et d’apaiser les tensions qui s’exacerbent dans la société.

 

Pour cela, nous avons besoin de clarté et de cohérence...

Pas de ces jeux de petits chevaux et d’accords de coin de table.

 

Présidentielles 2022 : la course des petits chevaux est lancée
Présidentielles 2022 : la course des petits chevaux est lancée
Présidentielles 2022 : la course des petits chevaux est lancée
Présidentielles 2022 : la course des petits chevaux est lancée
Présidentielles 2022 : la course des petits chevaux est lancée

Notes :

[1Jean-Luc MÉLENCHON : 7 059 951 voix et 19,58% des exprimés

[2] Présidentielle : Jadot et Hamon fêtent leur alliance approuvée par les écologistes

[3] Les Verts attirent Génération.s dans leur sillage

[4En l'absence d'étude sur les municipales, voir les ressorts du vote EELV aux élections européennes de 2019

[5LE POTENTIEL ÉLECTORAL DE JEAN-MARIE BIGARD ET MICHEL ONFRAY

[6] Présidentielle 2022: Jadot contre Piolle, la nouvelle guerre des "Verts"

[7] Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

[8] Nouvel épisode de droitisation en vue au PS et à EELV ?

[8bis] Pour sauver la gauche, faut-il sacrifier Mélenchon ?

[9] Juin 2020, IFOP Les intentions de vote à la prochaine élection présidentielle

 

 

Pour en savoir plus :

- De la nécessité de la fédération populaire

- Jean-Luc Melenchon : Notre programme contre le piège de l’union nationale

- Jean-Luc Melenchon voit « des divergences sérieuses » entre EELV et LFI, notamment sur la nation, l’État ou encore le partage des richesses, « cela ne concerne pas les élections départementales ou régionales ».... « La voie est donc libre en 2021 pour s’entendre », tandis qu’« en 2022, le peuple tranchera sur l’orientation générale »

- Rouges, verts et recomposition : ce dont il est question.

- Yannick Jadot roue de secours du MEDEF à la tête de la Ripoublique en 2022 ?

- En réponse à Jospin, Mélenchon évoque une « nouvelle force politique » pour 2022 – Interview dans L’Obs

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15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 13:10
Auteur : Benoît Borrits | 26 Juin 2020 | https://autogestion.asso.fr/virer-les-actionnaires-pourquoi-et-comment-sen-passer/

Auteur : Benoît Borrits | 26 Juin 2020 | https://autogestion.asso.fr/virer-les-actionnaires-pourquoi-et-comment-sen-passer/

Il y a urgence à mettre fin à la dictature de l'actionnariat !

 

Les gouvernements du monde entier déversent des aides massives pour les sociétés de capitaux (exonération de cotisations sociales, chômage partiel, prêts bonifiés…) au nom de la prétendue sauvegarde de l’économie et de l’emploi. Nos budgets publics sont donc massivement sollicités pour sauver le patrimoine des actionnaires sans aucune contrepartie : la reprise boursière en est le témoin le plus criant.

Cette crise sanitaire et économique ne fait que renforcer la tendance lourde à un ralentissement généralisé de la croissance mondiale qui, comme le livre Virer les actionnaires, pourquoi et comment s’en passer ? le démontre, empêche un quelconque compromis entre les classes sociales.

Pour le dire autrement, on peut vouloir une reprise du progrès social, il est urgent d’engager la transition écologique de nos sociétés mais ceci ne pourra se faire sans poser la question du départ des actionnaires et de la transformation des sociétés de capitaux en unités de production autogérées par leurs travailleur.ses et usager.ères.

Nous publions ici, avec l’aimable autorisation des Éditions Syllepse, l’introduction de ce livre écrit quelques mois avant la crise du covid-19.

 

Sources : ASSOCIATION AUTOGESTION | mis à jour le 17/09/2020

-  Le paysage politique semblait stable après la chute du mur de Berlin

Cet événement nous a été présenté comme le glas de toute alternative possible au capitalisme. S’il y avait toujours une gauche et une droite dans les pays de démocratie parlementaire, les différences entre les deux s’estompaient au point où certains théorisaient la fin de l’Histoire dans une combinaison heureuse de démocratie, de liberté et de croissance[1]. Dans les pays anciennement industrialisés, la réalité de ces trente dernières années s’est révélée bien différente. Le chômage de masse et la précarité n’ont cessé de croître. De nombreuses avancées sociales ont été remises en cause par des « réformes » successives présentées comme « inévitables ». Dans le même temps, ce système s’avère incapable de répondre aux enjeux écologiques et le réchauffement climatique nous menace à très court terme : nous assistons impuissants à la destruction méthodique de l’ensemble de nos écosystèmes.

 

 

-  La crise des subprimes de 2008 est révélatrice de l’instabilité fondamentale de ce système

Comme les salaires étaient insuffisants pour générer une demande satisfaisante pour les profits des entreprises, on a endetté des ménages à faibles revenus en leur proposant d’emprunter à taux élevés à des conditions intenables pour qu’ils deviennent propriétaires de leurs logements. C’était côté pile. Côté face, les banques ont revendu ces prêts sous forme de produits financiers à haut rendement – Collateralized Debt Obligation (CDO) – réputés sûrs du fait de l’adjonction d’un dérivé d’assurance – Credit Default Swap (CDS). Il est arrivé ce qui devait arriver : les ménages n’ont pu rembourser. Mais trop, c’est trop : les contreparties des dérivés d’assurance se sont avérées défaillantes alors que ces produits insolvables étaient dans tous les bilans des banques et des institutions financières. La banque Lehmann Brothers a fait faillite entraînant des pertes gigantesques dans tous les établissements financiers et bloquant les prêts à l’économie. Cette crise a entraîné la plus grande récession depuis 1929 et d’une certaine façon, et comme nous le verrons, le capitalisme ne sera plus jamais comme avant. Il a certes été sauvé mais les populations en ont payé le prix fort.

 

 

-  Ceci ne pouvait pas avoir d’effets sur le plan politique

Les anciennes forces dominantes – conservatrices et sociales-démocrates – vont toutes, sous des formes différentes et selon les pays, connaître des chutes de popularité sans précédent. En France, le Parti socialiste et les Républicains ne sont plus que des forces d’appoint. En Allemagne, il a été nécessaire d’établir une coalition entre les partis chrétien-démocrate et social-démocrate. L’hégémonie de ces partis est contestée par des forces dites populistes qui se présentent comme anti-système dont l’origine vient soit de l’extrême droite historique comme en France ou en Italie, soit de partis conservateurs comme en Hongrie ou aux États-Unis. En France, l’émergence d’Emmanuel Macron et de son nouveau parti En marche se présente comme le rempart contre ces courants tout en poursuivant le programme néolibéral sous couvert d’incarner la « révolution »[2]. Ceci nous rappelle étrangement un certain Matteo Renzi en Italie, venu de la démocratie chrétienne et qui intègre le Parti démocrate issu de l’ancien Parti communiste… Même jeunesse, même volonté de « réformes », même volonté de relancer l’économie du pays et de renouveler les institutions… pour décevoir et laisser la place à une improbable coalition de la Liga, issue d’un mouvement séparatiste nord-italien d’extrême droite, et du nouveau Mouvement cinq étoiles, qui a siphonné les voix de la gauche avec un discours mêlant démocratie radicale, écologie et rejet des immigrés et des syndicats.

 

 

-  Partout ce populisme progresse avec au moins un point commun : le refus de l’étranger

Aux États-Unis, c’est l’arrivée de Donald Trump à la présidence sous les couleurs du Parti républicain. Au programme, la contestation des conditions actuelles du libre-échange avec le retour de barrières protectionnistes censées recréer des emplois locaux et une chasse totalement inhumaine et sans précédent contre les immigrés, le tout sous un refus éhonté de l’évidence du réchauffement climatique. Au Royaume-Uni, il a pris la forme de la sortie de l’Union européenne à la suite d’un référendum dont les instigateurs, trop sûrs d’eux-mêmes, pensaient qu’il confirmerait le statu quo. Le pire est de penser que ce sont les couches populaires qui ont voté cette sortie, comme si elle allait résoudre leurs problèmes dans ce pays malmené par des années de thatchérisme et de blairisme. En attendant, la crise politique est à son comble et risque de réveiller des tensions historiques en Irlande. En Italie, c’est surtout l’extrême droite qui profite de cette coalition hétéroclite avec l’institutionnalisation d’un discours anti-immigrés et l’instauration d’une flat tax qui fera les choux gras des plus riches.

 

 

-  Libéralisme ou populisme ?

Tel semble désormais être l’alternative peu réjouissante qui nous est proposée. Certes, on constate ici et là l’émergence d’une troisième voie de gauche qui s’incarnerait par un renouveau social-démocrate assez net du côté des pays anglo-saxons, notamment aux États-Unis, ou par un renforcement de l’écologie politique qui s’explique, entre autres, par l’urgence de conjurer le réchauf­fement climatique. D’une façon générale, ces forces politiques ne remettent pas en cause le capitalisme : il s’agit d’introduire de la justice sociale et une reconversion écologique de l’économie par des redistributions, des législations et des incitations. Nous avons ici affaire à un paradoxe énorme. Sur ces trente dernières années, la social-démocratie a échoué dans son projet politique qui consiste à aménager le capitalisme dans un sens favorable à la classe salariée. Plus nous avançons dans le temps, plus on s’aperçoit que le capital est incapable d’accepter le moindre progrès social et plus les électeur/trices salarié·es ont assimilé la social-démocratie au consensus néolibéral au point qu’une fraction non négligeable de cet électorat s’est tournée vers l’extrême droite. Qu’est-ce qui ferait qu’aux États-Unis, un Parti démocrate conquis par son aile gauche sociale-démocrate réussirait là où leurs homologues européens ont échoué ? Comment expliquer que de nouvelles forces de gauche qui n’ont pas de programme de sortie du capitalisme, telles que Podemos en Espagne ou La France insoumise[6], réussiraient là où la social-démocratie traditionnelle a échoué ? Parce que les sociaux-démocrates ont trahi alors que ceux-ci ne faibliront pas ? La thèse de la trahison n’est guère crédible tant le renoncement a été général : les raisons de la faillite de la social-démocratie sont plus à trouver dans l’irréalisme de leurs programmes d’aménagement du capitalisme.

 

 

-  Concernant l’écologie politique, on peut tout autant s’interroger

La mise en œuvre de la reconversion écologique de l’économie impose des mesures de restrictions de certaines productions et consommations, de taxations et de redistributions à visées incitatives. Le capital n’y est jamais favorable : il rejette toute décision politique qui fixe des limites à sa valorisation. De ce point de vue, le projet actuel de l’écologie politique a ceci de commun avec celui de la social-démocratie qu’il ne remet pas en cause le capitalisme. L’écologie politique veut certes constituer un nouveau paradigme politique autour d’une écologie qui intégrerait la justice sociale. Ceci a beaucoup de sens, mais en l’état actuel de ses programmes, elle rencontrera les mêmes obstacles que la social-démocratie.

 

 

-  Dépasser le capitalisme ? Sortir du capitalisme ?

Combien de fois entend-on ces expressions au point où elles semblent parfois relever de la pure rhétorique. Pour nous,  la définition du capitalisme est simple : il s’agit d’une économie dominée par des sociétés de capitaux[2][3], à savoir des entreprises privées qui appartiennent à des personnes, physiques ou morales, extérieures à l’entreprise et qui ne les détiennent que dans le but de valoriser leur patrimoine. Il ne s’agit donc pas de l’économie marchande en tant que telle même si celle-ci, sans contrepoids politique, mène directement au capitalisme. Le capitalisme n’est pas non plus le néolibéralisme même si nous défendons que ce dernier est l’évolution naturelle et terminale du capitalisme. Sortir du capitalisme correspond donc à quelque chose de précis : évincer les actionnaires.

 

Comme nous allons le montrer dans ce livre (Virer les actionnaires, pourquoi et comment s'en passer ?), nous ne voulons pas évincer les actionnaires parce nous serions des gens au mieux radicaux, au pire méchants. Nous voulons les évincer parce que ce système est aujourd’hui incapable de nous apporter de nouveaux progrès – ce qu’il a su faire dans le passé sous la pression de luttes sociales – et de répondre à l’urgence écologique. L’objet premier de ce livre est de démontrer qu’il n’y a plus de possibilités de progrès social, de transition écologique de l’économie si nous maintenons les sociétés de capitaux.

 

 

-  Face à l’augmentation sans précédent des profits des entreprises, la tentation est grande – et facile – de penser qu’il suffirait que les entreprises gagnent un peu moins pour que tout aille mieux.

On avancera même que si les salaires étaient plus élevés, la population dépenserait plus auprès des entreprises et que cela pousserait celles-ci à investir pour répondre à cette demande nouvelle. Ceci a l’apparence d’un raisonnement infaillible d’autant que cela a fonctionné dans le passé. Pourtant cela ne marche pas à tous les coups et fonctionnera encore moins demain qu’hier. La raison ? Des changements structurels en termes de croissance et de taux d’intérêt.

 

 

- Ceci suppose de tordre le cou à une erreur fondamentale : une assimilation de la valeur de l’entreprise avec celle de son patrimoine net.

Le patrimoine net ou les fonds propres de l’entreprise – ces deux termes sont synonymes – se définit par la différence entre ce que l’entreprise possède – ses actifs – et ce qu’elle doit – ses dettes. Or une transaction sur une entreprise – qu’elle se fasse lors d’un rachat ou par l’échange quotidien de ses actions en bourse – ne se fait jamais sur la base de ses fonds propres. La valeur d’une action ou d’une entreprise est toujours déterminée, comme pour n’importe quel actif financier, par la valeur actualisée de ses revenus futurs. Pour une action, l’évaluation par le marché de ses dividendes futurs déterminera sa valeur. Autrement dit, la valeur d’une entreprise est purement spéculative : si tout le monde est convaincu que l’entreprise ne versera jamais aucun dividende dans le futur, alors cette entreprise ne vaut strictement rien, et ce, même si elle dispose d’un patrimoine net significatif. Inversement, si le marché estime que les dividendes à venir vont être fabuleux, sa valeur tend parfois vers le déraisonnable. Ceci se comprend aisément : le seul intérêt d’être propriétaire d’une entreprise est d’en recevoir des rémunérations.

 

 

- On peut trouver technique ce distinguo entre patrimoine net et valeur.

Il n’en reste pas moins que confondre les deux a des implications politiques fondamentales. Si on assimile à tort la valeur de l’entreprise à son patrimoine net, on considère alors qu’il est tout à fait acceptable pour des actionnaires que l’entreprise gagne moins : il est donc possible d’établir un compromis entre les classes. À l’inverse, si on fait ce distinguo, on comprend alors que si les profits sont moindres, ceci signifie que les perspectives de dividendes vont baisser et donc les valorisations des entreprises. Dit autrement, si l’entreprise gagne toujours de l’argent, les actionnaires, eux, vont en perdre. En soi, cela ne saurait nous émouvoir sauf que ceux-ci conservent le pouvoir et décident, par l’intermédiaire des directions qu’ils ont mises en place, du niveau de l’emploi et des investissements. Ils n’embaucheront et n’investiront que si leurs projets répondent aux critères financiers des marchés, à savoir un rendement supérieur au taux d’intérêt et à la prime de risque. Or en cas de baisse des profits, ce dernier paramètre ne pourra que bondir et raréfier les projets. Pour le dire plus crûment, les actionnaires vont pratiquer la grève des investissements… C’est ce que nous verrons dans le premier chapitre.

 

 

- Il est possible que ces notions apparaissent techniques, voire compliquées.

Ce premier chapitre et les suivants détailleront celles-ci de la façon la plus didactique qui soit. Afin de faciliter la compréhension de ces notions fondamentales, on signalera entre crochets […] des vidéos disponibles sur le site economie.org. Au nombre de treize, celles-ci sont regroupées en quatre sessions : l’entreprise, la finance, la monnaie et la macroéconomie. Il n’est pas forcément indispensable de les écouter dans la mesure où ce livre se suffit à lui-même mais celles-ci peuvent apporter un éclairage complémentaire sur un sujet donné. Ces vidéos n’ont qu’une vocation pédagogique et on pourra les écouter à son rythme si on souhaite approfondir certaines des notions évoquées dans ce livre.

 

 

- C’est dans cette confusion entre patrimoine net et valeur de l’entreprise que se trouve l’impasse de toutes les politiques sociales-démocrates et de l’écologie politique.

On veut pratiquer des politiques socialement et écologiquement nécessaires et on se heurte immédiatement au « mur d’argent » ou plus exactement au pouvoir du capital. L’actualisation des dividendes attendus qui nous donne la valeur de l’entreprise fait aussi appel à d’autres paramètres tels que le taux d’intérêt ou la croissance. La croissance mondiale se ralentit partout et, pour soutenir celle-ci, les banques centrales n’ont de cesse depuis plus de trente ans de baisser les taux d’intérêt. Depuis la récession de 2009, ceux-ci sont désormais proches de zéro, voire négatifs. Le taux d’intérêt représente la rémunération du capital sans risque. Si le taux d’intérêt est nul ou négatif, ceci signifie que le capital en tant que tel ne rémunère plus : il est alors nécessaire de prendre des risques pour obtenir une rémunération. Voilà une situation qui tranche largement avec celle qui a prévalu durant deux siècles durant lesquels la rente tournait autour de 5 %. N’est-ce pas un symptôme qui nous indique qu’il est désormais nécessaire de tourner la page du capitalisme ? En ne la tournant pas, nous nous trouvons alors face à un capitalisme de plus en plus féroce et intransigeant. Comme la valorisation du capital est purement spéculative et que les anticipations de résultats sont intégrées dans les cours, la hausse du capital ne peut donc se réaliser que par une pression accrue sur les salaires et le refus de toute hausse de la fiscalité. Le fait que le capital et les gouvernements libéraux ou populistes qui le soutiennent deviennent de plus en plus autoritaires ne saurait nous étonner dans ce contexte. Et quand bien même le capital réussirait dans ses desseins, ne serait-ce pas une victoire à la Pyrrhus ? Une pression accrue sur les salaires sape la demande adressée aux entreprises et nuit à la croissance. Et si tel n’est pas le cas, cette croissance nous mène tout droit à la catastrophe écologique. Tel est l’objet du second chapitre.

 

 

- Mais que proposent la gauche et les écologistes dans cette situation ?

La théorisation de la finance a commencé dans les années d’après-guerre pour n’être appliquée dans les entreprises que dans les années 1980 et 1990. Assez paradoxalement, celle-ci n’a pas été intégrée dans le camp progressiste qui continue de préconiser des recettes keynésiennes datant de l’entre-deux-guerres et des années 1950. Avec la chute du mur de Berlin, la gauche a mis en veilleuse sa volonté de transformation sociale en se rabattant sur des politiques qui étaient précédemment pratiquées par des conservateurs au moment où ces derniers abandonnent le keynésianisme pour lui préférer la violence du néolibéralisme. Incroyable paradoxe qui donne à la gauche son image délicieusement passéiste et ne la vaccine nullement contre quelques rares convergences très ponctuelles, néanmoins interpellantes, avec l’extrême droite. Le troisième chapitre questionnera donc le caractère progressiste du keynésianisme et l’insuffisance des politiques de redistribution.

 

 

- La critique est aisée mais l’art est difficile.

Dès lors, que substituer au capitalisme ? Le cœur du conflit entre le capital et le travail est le partage de la valeur ajoutée, à savoir ce qui est produit. Comme la valorisation du capital productif est basée sur les anticipations de dividendes, ceci signifie que si une configuration sociale et politique remet en cause ces dividendes, alors la valorisation du capital sera nulle et la question de la relève sera posée. Qui doit dès lors diriger les unités de production ? C’est ici que la pratique du Commun[4] nous est utile pour penser le dépassement du capitalisme et de la propriété productive[5] : ce sont les utilisateurs des moyens de production à savoir les travailleur·euses et les usager·ères de l’entreprise qui sont appelé·es à diriger celle-ci, à constituer un commun productif qui sera en interaction avec d’autres communs de financement des actifs et de sécurisation des revenus des salarié·es. Nous reviendrons sur ces questions dans le quatrième chapitre.

 

 

- Enfin le cinquième et dernier chapitre

Celui-ci décrira un scénario qui permet d’envisager cette transition entre le capitalisme et une société plus humaine qui permettra de garantir à toutes et tous un avenir digne dans un monde qui aura surmonté – hélas, non sans dégâts irréparables – les défis écologiques qui se posent à nous. Nous avons bien dit « permettra » car le monde que nous décrivons sera profondément démocratique et cela n’exonérera nullement la population de devoir faire les bons choix au bon moment. Mais, à l’inverse du capitalisme où l’horizon des possibles est bloqué par la nécessité d’assurer une valorisation au capital, cette société nous autorisera enfin à prendre les décisions qui s’imposent face au péril écologique. En tout état de cause, il ne s’agit que d’un scénario et comme tout scénario, il ne se déroulera jamais tel quel. Mais son objectif est de montrer qu’une transition pacifique est possible.

 

Le capitalisme a largement fait son chemin ; il est urgent d’en sortir.

 

Notes :
[1] Francis Fukuyama, La Fin de l’histoire et le dernier homme, Paris, Flammarion 2009.

[2Qu'est-ce que le «capitalisme populaire» prôné par Emmanuel Macron ?

[3Capitalisme, Libéralisme : quelles différences entre ces deux notions ?

[4] Pierre Dardot et Christian Laval, Commun : essai sur la révolution au 21e siècle, Paris, La Découverte, 2014

[5] Benoît Borrits, Au-delà de la propriété : pour une économie des communs, Paris, La Découverte, 2018.

[6] La France insoumise avec l'Avenir en commun mis à jour

 

Pour en savoir plus :

- Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

- De la nécessité de la fédération populaire

- Coronavirus : cause unique de la crise économique et financière, ou déclencheur et accélérateur d’une crise majeure du système capitaliste ?

- Barbara Stiegler : “ la crise sanitaire actuelle est le pur produit du néolibéralisme ”

- CGT : Les actionnaires ne connaissent pas la crise

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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 13:28
De la nécessité de la fédération populaire
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De la nécessité de la fédération populaire
De la nécessité de la fédération populaire
De la nécessité de la fédération populaire

" Celui qui exerce le pouvoir sans l’appui du peuple est condamné à gouverner contre lui " Eric Coquerel 

 

Eric Coquerel (député France insoumise) : " Nous avons du travail ! Pour que des mobilisations sociales viennent opposer une résistance à un exécutif qui prépare à un retour vers le passé en remettant sa réforme de retraite sur la table. Sur le terrain des mobilisations comme des urnes, qui ne peuvent s’opposer dans une perspective de transformation radicale, il est urgent de proposer une alternative au retour d’une union de la gauche dont le centre de gravité serait une ligne « socialécolo- libérale ».

C’est notre proposition de fédération populaire. Un cadre d’unité social et électoral capable de réunir des forces politiques mais aussi, syndicales et associatives, et plus largement citoyennes, pour une stratégie politique de rupture et de conquête du pouvoir. Ce cadre pourrait agir dans les mobilisations et se présenter à toutes les élections qui nous séparent des présidentielles et législatives tout comme dans les mobilisations sociales.

Nous sommes en plein dans l’œil du cyclone. Je le dis, car la vie politique ne se résume pas à une analyse froide de résultats éléctoraux. Nous ne gagnerons pas sans la mobilisation populaire, et nous n’exercerons pas le pouvoir correctement si nous ne sommes pas un débouché politique concret à la résistance du peuple. C’est au fond, aussi, l’avertissement que je formule sur ces municipales : " celui qui exerce le pouvoir sans l’appui du peuple est condamné à gouverner contre lui[1] ".

 

Sources : ARNAUD GUVENATAM | mis à jour le 08/11/2020

- L’institut de sondages IFOP a sorti une enquête très intéressante au sujet de la perception des français quant à leur propre positionnement politique.
L’enquête menée sur 2041 personnes du 7 au 10 juillet 2020, tout de même, montre que les français s’auto-positionnent de moins en moins à gauche sur un axe Gauche-Droite[2]. En effet, seuls 13% des français se définissent comme de gauche dans cette étude (dans la même enquête produite en juin 2019, seulement 15% des Français déclaraient se reconnaître dans la notion de " Gauche "[3]). Dans le même temps, ils sont respectivement 32% et 39% à se positionner au centre et à droite de l’échiquier politique. Notons quand même que 16% des personnes interrogées ne se prononcent pas quant à leur auto-positionnement sur cet axe. Le journal droitier Le Point, ayant commandé le sondage, y voit que c’est le signe d’une droitisation de la France. A mon sens, le journal fait une erreur d’analyse de la situation politique de notre pays.

 

Question : On classe habituellement les Français sur une echelle qui va de la gauche à la droite, où - est la position la plus à gauche et 10 la position la plus à droite.

Vous personnellement, où diriez-vous que vous vous situez sur cette échelle ?

 

De la nécessité de la fédération populaire

 

- L’effondrement du concept de Gauche dans la tête des gens n’est dû qu’à la politique menée par les gens se réclamant de la Gauche
Autant le dire tout de suite, dans l’esprit de beaucoup, François Hollande a été le dernier Président de la République de gauche que la France ait connue. Ce constat est malheureux, mais la moindre diffusion de tracts sur les marchés donne la température de cet ancrage très vivace dans les têtes de nos concitoyens. Et disons-le, le Parti Socialiste avec Hollande Président, ce fût un long chemin de croix. Toutes les trahisons y sont passées. L’ANI (accord national interprofessionnel), le CICE, les lois sécuritaires, la loi El Khormi, les lois Macron, la fermeture de Florange,  la déchéance de nationalité, Manuel Valls Premier Ministre, l’absence de renégociation de TSCG et la promesse non tenue d’amnistier les syndicalistes condamnés pour leurs luttes de défense des emplois, et ainsi de suite. Bref, chacun connait le réquisitoire. Ces gens ont tué l’idée de gauche dans notre pays pour des dizaines d’années.

 

 

 

- Si le concept de gauche est mort et enterré dans la tête de nos concitoyens, les idées de gauche n’ont jamais eu autant le vent en poupe.
Pensons à la relocalisation de l’industrie, le développement l’agriculture paysanne, biologique et zéro déchet, le partage des richesses, la planification écologique, l’investissement fort dans un système de santé universel, le RIC, la sixième république et que sais-je encore. Néanmoins, vue la défiance qu’ont les citoyens, à tort ou à raison, chacun pourra se faire son idée, envers la représentation politique de façon générale, et de la gauche en particulier, ânonner sans cesse à l’union de la gauche peut apparaître comme un formidable repoussoir à l’arrivée au pouvoir des idées pourtant bien ancrées à gauche. C’est pourtant ce que n’ont et ne cessent de faire les thuriféraires de la social-démocratie mollassonne et eurobéate.

De la nécessité de la fédération populaire

 

- C’est dans ce contexte que Jean-Luc Mélenchon, depuis 2018, a proposé l’émergence de ce que les insoumis appellent une « Fédération Populaire[4] ».
Nos camarades de la GRS (Gauche Républicaine et Socialiste) avec Emmanuel Maurel parlent quant à eux de « Front Populaire du XXIème siècle ». Si les appellations sont différentes, nous sommes fondés à penser que le fond est relativement proche.  Il s’agit donc de fédérer les forces associatives, syndicales, politiques et citoyennes. Pas dans un but électoraliste, mais avec l’idée qu’à partir de là peut s’auto-organiser la société et la constitution d’un véritable front populaire. La chose n’est pas aisée, et la formule, loin d’être magique.

 

A mon échelle, en septembre 2019, j’ai eu le plaisir de répondre favorablement à l’invitation de mon camarade Denis Lamard, conseiller régional GRS de Bourgogne-Franche-Comté à leur rentrée politique. Durant un court discours, j’y avais défendu devant des représentants d’EELV et de Génération.s l’impérieuse nécessité de fédérer les luttes afin de gagner des batailles culturelles et politiques. J’ai donc parlé de fédération populaire[5], pensant à cette époque, comme aujourd’hui, qu’elle serait la seule voie à une prise de pouvoir en 2022. Non pas juste une prise de pouvoir institutionnelle, mais avec un réel soutien populaire et ancré profondément dans la société. Car prendre le pouvoir sans les forces vives du pays, c’est risquer des échecs terribles.

 

 

- Mais pour fédérer le Peuple, encore faut-il commencer par s’adresser à lui dans son ensemble.
C’est par exemple en cela que Jean-Luc Mélenchon est présent sur YouTube, mais aussi plus récemment sur Twitch et TikTok. Il est absolument inenvisageable de manquer de s’adresser à une foultitude de personnes qui ne seront jamais exposées, de près ou de loin, aux propositions que nous pouvons faire pour le pays. Avec seulement 13% de français se définissant de gauche (contre 15% en 2019), il semble illusoire que tout miser sur la réactivation du mot de gauche soit d’une aide quelconque pour la prise du pouvoir. A y regarder de plus près, l’auto-positionnement des sympathisants de la France insoumise est intéressant : alors que 41% d’entre eux se définissent de gauche (c’est beaucoup), 59% ne se positionnent pas là, et se répartissent entre le centre, le non-choix et la droite. Nous observons le même phénomène avec les électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2017. Je vous incite à regarder également où s’auto-positionnent les électeurs de Benoît Hamon et les sympathisants EELV.

 

De la nécessité de la fédération populaire

Celles et ceux qui se définissent de gauche savent pertinemment que la France insoumise porte un projet fondamentalement ancré dans l’histoire de ce courant politique : l'AVENIR EN COMMUM[6]. Le problème n’est donc pas là.

 

Le plus ardu réside dans le fait d’amener la masse de nos concitoyens sur un programme de gauche sans agiter le repoussoir de la Hollandie et ses queues de comètes gesticulantes. C’est bel et bien la constitution d’une Fédération Populaire qui doit nous occuper. Demain, ce n’est pas si loin…

 

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- Débat aux universités d’été de la France insoumise à Valence : Fédération populaire ou union de la gauche ?

  • Avec : Olivier Besancenot (ancien candidat à l'élection présidentielle, NPA, visio) - Aurélie Trouvé (porte-parole d'Attac) - Benoit Teste (secrétaire général de la FSU) - Pierre Lacaze (responsable des élections au PCF) - Jérôme Gleyzes (ex-membre de la direction d'EELV) - Claire Monod (porte-parole de Génération·s) - Eric Coquerel (député LFI) - Sarah Legrain (coordination des espaces LFI)

 

 

-  Présidentielle 2022 : pour une investiture populaire de 150 000 parrainages citoyens
Le mardi 27 octobre 2020, Jean-Luc Mélenchon tenait une conférence de presse à l’Assemblée nationale pour présenter une proposition de loi qu’il déposait ce jour pour permettre un parrainage citoyen à l’élection présidentielle.

 

Le président du groupe « La France insoumise » a expliqué qu’il s’appuyait sur la proposition de la commission Jospin sur la rénovation et la déontologie de la vie politique créée en 2012 par François Hollande. Il a dit que cette proposition serait une deuxième voie qui pourrait exister à côté du parrainage par les 500 signatures de maires. Il a appelé à en discuter dans le cadre de la commission Debré qui étudiait la possibilité d’un report des élections départementales et régionales.

 

Jean-Luc Mélenchon a mis en garde contre une abstention qui pourrait être record pour l’élection présidentielle de 2022, comme le montrait un sondage récent. Il a appelé à permettre une implication citoyenne renforcée dans cette élection.

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 20:44
Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

De Grenoble à Dijon, en passant par La Rochelle[11]...

 

Sources : ARNAUD GUVENATAM | mis à jour le 15/01/2021

- Olivier Faure, patron du Parti Socialiste, nous chante les louanges du retour de la gauche plurielle[1].

A longueur d’antenne, la même rengaine : l’union fait la force et cela serait, comme nous l’aurions vu aux municipales, le seul moyen de mettre à terre Macron et Le Pen. La poussière est maintenant retombée et toutes les analyses sérieuses ont été faites sur la toute petite vaguelette verte, l’immense torrent d’abstention[2] qui illustre la grève civique des français, et la représentativité populaire immensément faible des exécutifs élus (de 10% à 20% des inscrits). Mais rien n’est aussi simple que semble vouloir le dire Olivier Faure.

 

 

-

Le Parti Socialiste, mine de rien, commence à retrouver son appétit hégémonique.

En ayant entrouvert la porte à se ranger derrière une hypothétique candidature EELV, les éléphants, pour ce qu’il en reste, ont fait comprendre à Faure qu’ils ne l’entendaient pas de cette oreille. Déjà parce que les Verts risquent de se déchirer comme d’habitude entre leurs orientations aussi diverses qu’irréconciliables. La lutte entre Eric Piolle et Yannick Jadot[3] est une sorte de madeleine de Proust écolo. Côté PS et social-démocratie, certains lanceraient Laurent Joffrin[4 et 4bis] dans le bain politique pour tenter de remettre en selle une candidature de François Hollande. Interdit de rigoler…

 

 

-

Et dans tout cela, le Parti Socialiste reste incapable de couper le cordon ombilical avec le Macronisme.

Les stratégies mises en place par les socialistes ne visent qu’à garder des postes électoraux. On dirait le PRG, enfin la galaxie « radicale social-libérale », un fossile politique vivant mais sans le moindre avenir. Une espèce panchronique de type Cœlacanthe… Rien que l’accumulation de termes montre à quel point cela ne pèse plus rien et comment tout ce petit monde fraie pour un plat de lentilles. Si l’on constate ce genre de choses aux élections municipales, les élections des exécutifs métropolitains ne sont pas de tout repos. A plus d’un titre, elles permettent une clarification nécessaire que nous devrons garder en mémoire dans la perspective de la présidentielle de 2022.

 

 

-

Grenoble est un exemple hallucinant.

Alors que la ville de Grenoble est restée dans l’escarcelle d’Eric Piolle, maire issu d’une alliance EELV/LFI, c’est Christophe Ferrari qui  a été réélu à la tête de la Métropole[5]. Par quel miracle le socialiste a-t-il réalisé cet exploit ? Grâce aux voix du délinquant de droite Alain Carignon, aux voix de la République en Marche et avec la bénédiction du Rassemblement National[6]. Bravo !

 

 

-

Dijon n’est pas épargnée non plus.

Outre les stratégies électoralistes des écologistes à la sauce Jadot qui ont fini rincés par excès d’appétit, le Parti Socialiste de François Rebsamen continue ses yeux doux au Macronisme. Inutile de rappeler les positions du Maire de Dijon en 2017 sur son appel à voter Macron[7]. Il avait même jusqu’à tenter de pistonner Macron pour lui refiler une circonscription dijonnaise en 2015… L’on constate que le cordon ombilical du PS dijonnais avec le Macronisme a de beaux jours devant lui. François Rebsamen avait intégré des marcheurs[9] et des « radicaux sociaux-libéraux » sur sa liste, ayant déjà depuis 2008 le MoDem dans sa majorité. Sans compter les verts Jadoïstes présents depuis 2001… Tout le Macronisme est présent.

 

Le choix du libéralisme le plus échevelé est acté depuis longtemps mais la composition de la métropole permet de le voir de façon claire. Parmi les vice-présidents, on constate :

  • François Deseille (MoDem, et candidat MoDem/LaREM en 2017 aux législatives) ;
  • Danielle Juban (soutien d’Emmanuel Macron à la présidentielle) ;
  • Dominique Grimpret (maire d’Ahuy ayant parrainé Macron, et ayant tenté d’avoir l’investiture LaREM aux législatives) ;
  • et Jean-Philippe Morel (« radical social-libéral », avocat bien connu des Gilets Jaunes localement).

Le Macronisme est donc bien présent à tous les étages.

 

C’est bien tout cela qu’il faudra garder en tête lorsqu’il faudra demander au Peuple français de trancher par le vote les orientations politiques qui seront mises sur la table. Ni tambouille, ni accord de coin de table. Pour une présidentielle, il faut convaincre, et cela ne pourra se faire que dans la cohérence et la clarté.

 

 

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-

Présidentielles de 2022 : l'appel de Hollande
La peur d'une possible victoire du peuple les terrorise !
Venant d'un individu qui a largement contribué à faire que la notion de " gauche politique " soit rejetée par plus de 85% de nos compatriotes, cet appel de Hollande au PS dont la droitisation n'est plus à démontrer (en vue rejoindre Y. Jadot) doit être un argument supplémentaire pour, construire un rassemblement citoyen autour du programme populaire L'Avenir en commun.

 

Et pour clore temporairement le sujet, je dirai que si le PS s'empare de l'écologie comme il s'est emparé du " travail " avec la Loi ElKhomri !... on connait le résultat !

 

Mais pourquoi en serait-il autrement face à un PS qui, aujourd'hui plus qu'hier et moins que demain, est imbibé par le macronisme !

Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

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Commentaire

 

- La trahison de trop ? Dans le livre " un Président ne devrait pas dire ça[12] ", F. Hollande annonce clairement qu'il a fondé "en Marche", le mouvement d'E. Macron. Édifiant !

 

Source : http://eric.et.le.pg.over-blog.fr/2017/04/100-ans-de-trahisons-socialistes-des-origines-a-nos-jours.html

Source : http://eric.et.le.pg.over-blog.fr/2017/04/100-ans-de-trahisons-socialistes-des-origines-a-nos-jours.html

Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

[7] Présidentielle 2017 : François Rebsamen en faveur d'une collaboration avec Emmanuel Macron 

[8] François Rebsamen propose de pistonner Emmanuel Macron pour un mandat de député à Dijon

[9] "François Rebsamen et Sylvain Comparot, candidats d’Emmanuel Macron"

[10] DIJON MÉTROPOLE : Les nouveaux vice-présidents

[11] La Rochelle pas épargnée :

- La Rochelle : le maire Jean-François Fountaine soutient Emmanuel Macron

- Municipales à La Rochelle : les socialistes s’allient à Jean-François Fountaine

- Municipales à La Rochelle : Jean-François Fountaine adoubé par La République en marche

- Municipales à La Rochelle : Jospin plaide pour Fountaine

[12] Sous-titré " Les secrets d'un quinquennat ", " Un président ne devrait pas dire ça... " est un livre des journalistes d'investigation Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié le 12 octobre 2016 par les éditions Stock, consacré aux cinq années d'entretiens privés des deux hommes avec le président de la République française François Hollande. L'ouvrage est à l'origine d'une importante polémique notamment au sein de la majorité du moment, et est considéré comme l'un des facteurs conduisant au renoncement de François Hollande à se présenter à l'élection présidentielle française de 2017.

 

Pour en savoir plus :

- Laurent Joffrin, un homme neuf pour un nouveau parti

- Le PS n'est pas de gauche !

- LE GRAND RETOUR DE LA GAUCHE PLURIELLE

- Bordeaux. EELV, PS et PCF main dans la main avec la droite pour faire barrage à Poutou, candidat soutenu par la France insoumise

- Laurent Joffrin, instrument de la victoire du capitalisme dans la gauche

- Rouges, verts et recomposition : ce dont il est question.

- Un socialiste accepte de devenir directeur du Maire Louis Alliot RN/FN

- Il a fait Faure, Olivier : la honte socialiste en 2 tweets (nécrologie du quinquennat de la Honte, celui de F. Hollande) !

- 100 ans de trahisons socialiste (des origines à nos jours)

- Solfériniens (on pourrait dire mactonien) : le PS et le PRG en actes !

- Pour concevoir son programme de 2022, le Parti Socialiste choisit Pierre Jouvet, qui était... candidat macroniste en 2017

- J.J. Melenchon : "... Pour le PS il s’agit d’écarter le retour au cauchemar de 2017 : le risque d’un second tour des présidentielles auquel participerait l’abominable homme des neiges, Jean-Luc Mélenchon. " 

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30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 19:14
2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, l'heure du dégagisme n'avait pas sonné !

J.F. Fountaine vainqueur par défaut d'alternative crédible, et fruit des tambouilles politiciennes qui ont alimenté la grève des urnes !

 

 

61.93 % d’abstention au premier tour, 58.56% pour un second tour, du jamais vu à enjeux, d’élections municipales ! C’est l’abstention la plus forte de l’histoire de la Vième République (hors référendum).
Entre une crise sanitaire gérée dans des conditions désastreuses et un profond désaveu démocratique qui ne cesse de s’amplifier, c’est la
Vième République qui est à l’agonie !

Le covid n'explique pas toute l’abstention des quartiers populaires : faut-il chercher une réponse du coté du rejet des tambouilles politiciennes dont La Rochelle a la spécialité sans en avoir le monopole ? A mon sens, OUI !... et ce n'est pas d'aujourd'hui, mais le phénomène s'accélère !

La grève civique touche les élections municipales : c'est grave, surtout quand on connaît le rôle des maires pendant l'épidémie. Ce record d’abstention est le signe de l’aggravation de la grève civique. A voir le taux d’abstention global et celui des catégories populaires, on conclura que la 5e République est devenu une démocratie censitaire.

Voilà l’enseignement majeur de ces municipales : le peuple ne consent plus à la règle du jeu " d'avant ", il doit pouvoir la redéfinir en passant par une VIième République. 

 

 

Source : Eric Durand | mis à jour le 16/05/2021

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Instrumentalisation de l'abstention à des fins politiques 

L'abstention constitue un niveau stratosphérique de désaveu populaire. Or si les 62% d’abstention du premier tour résultait était largement imputables au Covid, l’abstention  pour ce second tour (58.56%) est une sanction directe infligée à ceux qui n'ont rien eu d'autre à offrir comme alternative que de la tambouille politicienne au service des ambitions personnelles... et du système politico-économique en place

 

  • Avec le soutien d'une trentaine d'élus (dont J.F. Fountaine[2]), le 28 juin, Emmanuel Macron imposait un second tour déconnecté du premier pour justifier de sa faute initiale. Globalement, les citoyens ne leur ont pas pardonné.
  • Mais si l’abstention est une réponse populaire (qui peut s'expliquer à La Rochelle par l'absence d'alternative crédible au second tour) , elle est cependant instrumentalisée par le pouvoir en place de Paris à La Rochelle. E.Macron savait que le maintien du premier tour se ferait dans un océan d’abstention... et J.F. Fountaine en stratège, savait que cela allait démobiliser son opposition.... et favoriser le candidat sortant, LUI ! L’abstention était systémique. Elle est désormais utilisée par les pouvoirs en place comme un outil politique pour rester à la tête du système.

 

 

-

Or, on ne joue pas impunément avec la démocratie

La légitimité de l'exécutif élu dans ces conditions, au fait minoritaire, est immanquablement affaiblie (J.F. Fountaine ne peut se prévaloir que de 17,04% des inscrits). Le dernier échelon qui recevait encore l’approbation de ses administrés, la commune, vacille à son tour du fait d’une oligarchie omnipotente et d'un pouvoir à ses ordres qui jouent des élections comme on joue au poker.

 

L’effondrement démocratique se propage et les fossoyeurs sont à l’Élysée depuis fort longtemps (Sarkozy, Hollande..), mais Emmanuel Macron a été pris à son propre piège : à avoir voulu biaiser avec le peuple, celui-ci vient aussi de lui infliger une gifle cinglante. Ce sont donc tout à la fois les hommes et le système qu’il faut changer avec une VIe République et réunir une Assemblée constituante comme le propose la France insoumise[3] .

 

 

-RÉSULTATS 2éme tour : Jean-François Fountaine réélu[1]

➡️ A noter :

- Au premier tour 135 blans et 225 nuls avec un taux de participation de 38.07%
- Au second tour 226 blancs et 203 nuls avec un taux de participation de 41.44%

 

➡️ Tout d'abord une inconnue :

Qu'a fait l'électorat du RN/FN qui n'avait pas de liste ? Abstenu ? Votes répartis sur les deux donnés gagnants Fountaine/Falorni ?

 

➡️ Sur le vote EELV

En préalable, rappelons qu'avec 5 élus, EELV fait partie de la majorité municipale en place à La Rochelle depuis 2014 dont le Maire est Macroniste assumé (pour en savoir plus sur les enjeux du second tour[5]).

 

Natacha Polony rappelait le 29 juin dernier que, si l'on ne dispose pas encore de données sociologiques suffisantes pour se prononcer avec certitude, l'étude de l'Ifop menée en 2019 sur " les ressorts du vote EELV aux élections européennes[4] " démontrait déjà avec acuité les dynamiques à l'oeuvre : " Le vote EELV est d’abord un vote urbain, son intensité étant d’autant plus forte que le nombre d’habitants dans une commune est élevé ", écrivaient Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach, qui allaient surtout plus loin en illustrant qu'à l'intérieur des grandes villes, plus le prix de l'immobilier augmentait, plus les scores des écologistes grimpaient en corrélation.

 

Bien sûr, précisait l'Ifop, si une proportion écrasante de "CSP+" votent EELV, il ne s'agit pas de la bourgeoisie traditionnelle mais du " soutien des 'bobos'" ayant largement voté Emmanuel Macron dès le premier tour en 2017 : professions intellectuelles, de la culture et de l'information, ainsi qu'étudiants et jeunes ménages de cadres. Reste que cette bourgeoisie, même progressiste, reste une bourgeoisie, et que les classes populaires et habitants des communes en difficulté ont déserté la gauche dans les grandes largeurs à l'occasion de ces élections municipales. Un constat qui n'a pas l'air d'inquiéter outre mesure les thuriféraires de la "vague verte"."

 

  • Cette analyse est confirmée par les discussions internes à EELV ou nous apprenons que :

- Si les verts ont décidé de ne pas faire alliance avec le maire sortant au second tour, le vote des militants verts fut très serré 46% d'entre eux se prononçant pour refaire équipe avec J.F. Fountaine[6] ;

- 4 des 5 conseillers municipaux écologistes sortants ont voté en faveur d’une fusion avec J.F. Fountaine[7][11]

  • Cette analyse est confirmée par les chiffres au soir du scrutin :

- Lors du 1er tour EELV a obtenu 3241 voix et 16.7% ;

- Pour le second tour, il a reçu le soutien officiel ou masqué de nombre de forces de gauche (comme le PCF, la FI rochelaise, Nouvelle DONNE, Le Mouvement Citoyen Rochelais, GénérationS.), ce qui représente un apport minimum théorique de 1632 voix et 8,41% pour un TOTAL théorique de plus de 4850 voix potentielles ;

- le résultat de ces tractations politiciennes (un coup on négocie avec un candidat ayant le soutien de LREM, au 1er tour, un autre on se dit de " gauche " en se félicitant du soutien des forces de gauche) ne s'est pas fait attendre, avec un score de 3569 voix et 16.92%.

- La moitié des électeurs EELV du 1er tour ont rejoint le candidat officieux de LREM... J.F. Fountaine, et une grande partie des membres des forces sensées le soutenir ont voté blanc/nul ou se sont abstenus !

 

 

➡️ Sur le vote OLIVIER FALORNI

Il convient tout à la fois :

- de ne pas passer sous la table le passé politique d'Olivier Falorni et les rancœurs locales ;

- de ne pas ignorer son comportement politique ambigu (notamment en tant que député sur les questions sociales et économiques[9]) et louvoyant, s'affichant avec Macron, lui votant la confiance, se disant en passant de " gauche ", mais recevant le soutien des leaders de la droite locale[5]

 

  • Laissons parler les chiffres au soir du scrutin :

- Lors du 1er tour O. Falorni a obtenu 6454 voix et 33.26% ;

- Pour le second tour, il a reçu le soutien officiel de l'ensemble de la droite et du centre (comme Léal, Drageon, Jaulin), qui ne lui ont apporté que 2216 voix, une grande partie des électeurs de droite ont préféré l'original à une mauvaise copie !

- quant aux quartiers populaires O. Falorni donne lui même la réponse lui même : " Les Rochelais des quartiers populaires ont cru bon de rester chez eux. Le résultat en est la conséquence. S’ils avaient voté autant, même un peu moins que le centre-ville, le score aurait été différent..."[8].

  • Mais pourquoi auraient-ils été voter pour O. Falorni puisqu'ils mènent une véritable grève des urnes face à la politique politicienne dont O. Falorni est localement, un acteur majeur ?
  • Quels intérêts communs ont les habitants des quartiers populaires et ceux des quartiers bourgeois ? Poser la question, c'est y répondre !

- Le fruit de ce comportement se traduit dans le résultat qui ne s'est pas fait attendre, avec un score de 8670 voix et 41.11%.... et seulement 16,69% des inscrits.

 

 

➡️ Sur le vote JEAN-FRANÇOIS FOUNTAINE

Bénéficiant tout à la fois du soutien :

- de La République en Marche (même si au second tour pour obtenir le ralliement d'EELV il avait accepté de refuser le soutien OFFICIEL de LREM) ;

- du PS et notamment de Lionel Jospin[10] ;

- d'une partie de la droite qui ne se reconnait pas dans les appels à voter O. Falorni venant de leurs leaders locaux ;

- d'une grande partie des électeurs écologistes et membres d'EELV ;

- d'un nombre d'électeurs RN, ne voulant pas voir O. Falorni victorieux ;

 

C'est dans ces conditions que s''appuyant sur son bilan qui satisfait une partie de la population (en s'attribuant les avancées sur les questions écologiques dont les élus EELV ont été les initiateurs) notamment celle des quartiers bourgeois, J.F. Fountaine a créé, certes modestement la différence, avec un score de 8851 voix et 41.97%... et seulement 17,04% des inscrits.

 

Certes, J.F. Fountaine a gagné en tant que maire de La Rochelle et Président de la CDA[12], mais il ne faut pas qu'il perde de vue que sa victoire est une forme de " victoire à la Pyrrhus " sans l'assentiment de la grande masse des citoyens rochelais !

 

 

-

A votre disposition pour téléchargement

  • Trouvez ci-dessous sous forme de tableur téléchargeable, les résultats des bureaux de vote de La Rochelle pour les 1er et 2éme tour avec étude comparative

 

Chiffres_resultats_municipales_2020-LR_global et bureaux de votes avec rapprochement 1er/2éme tour

 

-Et maintenant ?

  • Tout d'abord, il est URGENT de mettre en place un quorum de représentativité pour toutes les élections. S'il n'y a pas assez de votes pour choisir, on recommence l’élection. Bien sûr, dans ce cas là, il faut intégrer le vote blanc et nul dans le suffrage exprimé, et que le vote soit obligatoire.

 

  • Ensuite, le paysage politique flotte en apesanteur y compris à La Rochelle.

Les victimes immédiates de cette situation en sont d'ores et déjà les citoyens rochelais des classes laborieuses qui ne seront pas représentés et n'auront (résultat de la désunion citoyenne du 1er tout) personne pour faire entendre leurs exigences, notamment sociales, au conseil municipal et à la CDA.

 

C’est l’irruption populaire qui permettra de clarifier les choses bien davantage que des scrutins aussi réduit en participants ou les tambouilles politiciennes " d'accords de partis " sont toujours en vigueur !

 

Il y a en effet urgence à construire une alternative populaire telle que la porte la France insoumise et cela passe par l'union de notre propre famille culturelle, électorale et politique (le peuple), en commençant dans les quartiers, et dont le programme « L’Avenir en commun » incarne une synthèse fédératrice.

 

Notes

[1Municipales à La Rochelle : Jean-François Fountaine réélu

[2Estrosi, Hidalgo, Florian, Fountaine, Vassal et une trentaine d'élus pour un second tour des municipales dès juin

[3Réunir une Assemblée constituante

[4] Les ressorts du vote EELV aux Européennes

[5] Pour en savoir plus sur les enjeux du second tour

[6Le vote des verts a été très serrè 

[74 des 5 conseillers municipaux écologistes ont tous voté en faveur d’une fusion avec J.F. Fountaine

[8] Falorni sans concession

[9] Olivier Falorni : la culture de l'ambiguïté pour ratisser large et se mettre au service de la classe dominante

[10] Municipales à La Rochelle : Jospin plaide pour Fountaine

[11] la compatibilité entre EELV et le macroniste J.F. Fountaine est confirmée lors de la réunion municipale d'élection du Maire : Les quatre écologistes semblent faire bloc même si, dès l’élection du maire, une de leur voix part voter en faveur de Jean-François Fountaine ".

[12] La Rochelle : Jean-François Fountaine réélu à la présidence de l’Agglomération

 

Pour en savoir plus :

- 2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !

- Municipales : à La Rochelle, les écologistes n’ont rien gagné

- Après le second tour des élections municipales, les recours en justice se multiplient à cause de l'abstention

- La fédération populaire VS l’unité de la gauche ?

- Le nouvel Aventin du peuple : la grève civique aux municipales

- LE GRAND RETOUR DE LA GAUCHE PLURIELLE

- LA FRANCE INSOUMISE A-T-ELLE CHERCHÉ À ENJAMBER LES ÉLECTIONS MUNICIPALES ?

- Municipales : "Mon choix n'a pas fonctionné", reconnaît Jean-Luc Mélenchon

2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, l'heure du dégagisme n'avait pas sonné !
2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, l'heure du dégagisme n'avait pas sonné !
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14 juin 2020 7 14 /06 /juin /2020 19:20
Éco. quoi ? Écosocialisme ! Mais de quoi parle t-on ?
Éco. quoi ? Écosocialisme ! Mais de quoi parle t-on ?
Éco. quoi ? Écosocialisme ! Mais de quoi parle t-on ?

L’écosocialisme comme alternative politique, sociale et écologique à l’impasse capitaliste[4] ?

 

2020, le Parti de Gauche engage de nouvelles assisses pour l’écosocialisme[9]

 

Qu’est-ce que l’écosocialisme et comment l’envisager en pratique, notamment du point de vue de la planification ?

 

Face à l’urgence climatique, sociale et démocratique, face aux politiques d’austérités, aux logiques de délocalisation et de libre-échange, de perte d’indépendance des Etats, l’écosocialisme se présente comme un concept unificateur et une alternative politique puissante pour notre civilisation.

 

La crise sanitaire actuelle (coronavirus[2]) est bien la conséquence du mode capitaliste d’exploitation, de production, de consommation et d’échanges. Son caractère prédateur a martyrisé la nature, la biodiversité et a bouleversé notre rapport au vivant, aux espèces animales et végétales. Les effets sont amplifiés par les pressions austéritaires, les coupes sombres sur les services publics, la santé et   les conséquences sociales sont considérables. Cette crise a clairement démontré que le capitalisme est incompatible avec l’intérêt général de l’avenir de la vie sur terre et de la planète elle-même.

 

Le Parti de Gauche[1] travaille à faire de l’écosocialisme une doctrine centrale face au capitalisme contemporain, mais aussi pratique pour présenter des solutions, des campagnes concrètes aux mouvements populaires et formations politiques françaises et internationales.

 

Au-delà et en deçà d’un programme de gouvernement, une ligne d’horizon doit être visible pour tous : un projet de société fondé sur une conception de l’Humain qui ne soit pas contradictoire avec les données de la science contemporaine.

 

Sources : Eric Durand | mis à jour le 29 septembre 2020

-

Qui l'eût cru ?

  • Le système capitaliste incompatible avec la lutte contre le réchauffement climatique pour 52% des Français ;
  • 81% favorables au "refus d'accorder les aides de l'Etat aux entreprises polluantes sans contreparties écologiques contraignantes"... ce que propose la France insoumise[8].

Enquête réalisée en ligne entre le 27 mai et le 1er juin 2020 auprès d'un échantillon représentatif de 1.003 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas[7].

 

C'est Yannick Jadot et EELV qui vont faire la tête, eux pour qui, l’écologie doit aussi passer par l’économie de marché Jadot voulant, à l'occasion des élections européennes, incarner " l'écologie de gouvernement ", favorable à " la libre entreprise et l'économie de marché "

 

 

-Pour Corinne Morel Darleux : l’écosocialisme, réponse à l’impasse capitaliste[3]

Cliquer sur l'image pour accéder au manifeste à télécharger

Nous savons dorénavant que l’émancipation humaine ne peut être atteinte par la croissance sans fin : l’écosystème ne le permet pas. Ce constat nous oblige à repenser le système de production et d’échanges, et plus globalement l’ensemble de l’organisation sociale et politique. Dans ces conditions, nous proposons un nouvel énoncé de notre stratégie pour le futur de l’humanité : l’écosocialisme.

 

Ses méthodes sont la radicalité concrète, la planification écologique et la révolution citoyenne. Il est fondé sur la répartition des richesses, la prise en compte des contraintes écologiques, le refus des dominations et des oppressions de toutes sortes, la souveraineté populaire et le caractère démocratique, républicain et laïque de l’État.

 

  • L’écosocialisme est la jonction d’une écologie anticapitaliste et d’un socialisme débarrassé du productivisme, dans un projet de société alternatif porteur d’espérance.

Il n’est pas une utopie à laquelle le réel devrait se conformer, mais la réponse humaine raisonnée à la double impasse capitaliste et productiviste. Nos pensées et actions politiques sont radicales : elles vont à la racine des causes.

- Nous combattons donc les moteurs du système : le consumérisme sacrant l’accumulation matérielle, le creusement des inégalités sociales ; le productivisme qui épuise les écosystèmes, la mondialisation qui permet le dumping social et environnemental.

- Nous désignons les vrais coupables : l’oligarchie financière, les idéologues de la concurrence « libre et non faussée » et du libre-échange.

 

  • Nous devons sortir des mystifications socialistes et écologistes.

- Notre écologie à nous est sociale, liée aux combats historiques de la gauche. Elle est incompatible avec le libéralisme, qui, sous couvert de développement durable, fait perdurer la recherche du profit maximal, la dynamique impérialiste et le « court-termisme ».

- Elle réfute l’impasse sociale-démocrate qui voudrait que toute redistribution passe d’abord par la relance de la croissance. Les richesses existent, il n’y a pas lieu d’attendre pour les redistribuer. Et ce modèle d’expansion infinie est un suicide de notre civilisation. Nous n’attendons donc ni la croissance à tous crins ni les « bénéfices » de l’austérité, et ne croyons ni à l’une ni aux autres.

 

  • Notre projet implique, au contraire, une économie au service des besoins sociaux qui rompe avec la doxa libérale.

- Elle passe par la désobéissance aux directives de l’Europe libérale et engage la révision en profondeur du système productif par les « 4 R » : relocalisation, réindustrialisation, reconversion industrielle et redistribution du travail. Pour pallier les limites du PIB à mesurer le « bien-vivre », elle instaure la règle verte comme critère systématique d’empreinte écologique.

- L’écosocialisme est un combat internationaliste et universaliste, il reconnaît la dette écologique et sociale de l’industrialisation effrénée, et ses effets sur le climat, le pillage des ressources naturelles, l’accaparement des terres et la responsabilité des règles imposées par la Troïka.

 

  • Nous devons réaliser un « compromis inédit entre bleus de travail et souci de la planète 1 » .

- Des salariés en lutte sont porteurs de projets alternatifs impliquant déjà les principes de la planification écologique : prise en compte du temps long, contrôle des travailleurs et des usagers, maîtrise publique.

- Si la collectivité et l’État sont à refonder dans une VIe république assurant la souveraineté populaire, ils restent indispensables pour planifier la rupture, construire un cadre émancipateur et garantir l’égalité d’accès. Les biens communs comme l’eau, l’énergie, les services publics, qui jouent un rôle social et écologique essentiel, doivent être nationalisés en repensant l’articulation entre État, syndicats, associations et usagers.

 

  • Il faut lutter et résister pour inventer à travers des alternatives concrètes et des actions de désobéissance civique non-violente.

- En parallèle, il nous faut mener le combat idéologique par l’éducation populaire pour « décoloniser l’imaginaire » et dénoncer la vision d’un individu-consommateur docile. Nous en combattons les bras armés que sont la publicité, avec son cortège de marchandisation des corps et de sexisme, la mode et les médias, avec leur injonction d’achat permanente.

 

  • La remise en cause du système ne peut résulter d’une simple alternance électorale et de décisions venues d’en haut.

- Elle exige que les majorités parlementaires écosocialistes conjuguent leur action avec des mouvements d’implication populaire dans tous les domaines. Cette réappropriation de l’initiative politique dans le but de déterminer quel est l’intérêt général, c’est ce que nous nommons la révolution citoyenne.

- Elle est indispensable pour éviter que le désespoir et la colère ne basculent du côté de la haine, et pour faire fleurir la révolution écosocialiste.»

 

L'écologie politique ne saurait passer sous silence la nécessaire rupture avec le capitalisme sans s’attaquer aux logiques productivistes qui dévastent, non seulement l’environnement, mais aussi les conditions d’existence de milliards d’êtres humains.

 

-Pour Jacques Généreux[6] aux Assises pour l'écosocialisme : " l’écosocialisme est la quatrième voie ! "

  • Les 1er et 2 décembre 2012[5] le Parti de Gauche organisait des assises pour l'écosocialisme, retrouvez ci-dessous son intervention en vidéo

A cette occasion, il a expliqué, avec son talent pédagogique habituel, comment il concevait une société de développement humain, autrement dit, une société écosocialiste

 

L’écosocialisme est la quatrième voie qui consiste à considérer simultanément l’existence de tous les liens  : ceux existants entre individus, entre individus et société, entre les individus et la Terre, entre les communautés et la société. L’individu n’est plus prisonnier d’une communauté car il multiplie la diversité de ses liens sociaux. Être avec soi et être avec les autres ne sont pas contradictoires mais elles sont deux tendances qui se nourrissent l’une de l’autre. De la même manière, solidarité et autonomie ne sont pas antagoniques.

 

  • Une société écosocialiste n’est donc pas fondée sur la compétition mais sur la coopération.

Si la compétition doit exister, elle ne peut être que ludique et en aucune manière être source de pouvoir. Une telle société attache plus d’importance à l’accumulation des liens qu’à l’accumulation des biens. La transition écologique nécessite une expansion sans précédent des services publics mais aussi une décroissance de l’accumulation des biens matériels.

 

-Pour François Delapierre : L'écosocialisme est une bataille culturelle pour faire sauter les verrous idéologiques

  • Intervention de François Delapierre aux Assises pour l'écosocialisme  de 2013

 

- Congrès de Bordeaux du parti de gauche de mars 2013,  présentation du manifeste écosocialiste

  • Lors de son congrès de Bordeaux en mars 2013, le Parti de gauche adopte un manifeste pour l'écosocialisme composé de 18 thèses, rattachant ainsi le Parti de gauche au courant écosocialiste. Ce manifeste présenté par Corinne Morel Darleux revendique un « socialisme débarrassé de la logique productiviste », ainsi qu'une « écologie farouchement anticapitaliste »

 

-A télécharger :

 

Cliquer sur l'image pour accéder au manifeste à télécharger

 

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 19:11
2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !
2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !

On aurait pu penser que l'action politique de " l'après-Covid19 " allait s'inscrire dans un renouveau de la méthode, mais à La Rochelle les pratiques politiciennes de " l'avant " ont vite pris le dessus !

 

Il y a urgence à sortir des négociations d'appareils et à fédérer les citoyens !

 

➡️ ➡️ RÉSULTATS 2éme tour voir détail en bas de page....

 

En préambule 

L’illégalité de l’organisation du deuxième tour des élections municipales le 28 juin prochain a été expliqué dans les colonnes de VU DU DROIT[a]. Ces illégalités sont de plusieurs ordres et elles sont grossières (explications complémentaires ici).


La manœuvre politique visant à violer la démocratie électorale pour effacer l’inévitable défaite de LREM est évidente, et il convient ici de souligner la responsabilité des maires qui dans une tribune, on demandé au gouvernement de procéder immédiatement au second tour.... et dont Jean-François Fountaine est l'un des signataires[b].
 

Rétrospective du 1er tour et résultats..... ICI....

 

Source : Eric Durand  | mis à jour le 25 juin 2020

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Quelles sont les conclusions qui peuvent être tirées des épisodes précédents exprimés dans le déroulé ci dessous !

 

🔴 Depuis 5 ans, " Fountainistes ", " Soubestistes " et " Falornistes ", adversaires d'aujourd'hui, sont mains dans la main dans la majorité municipale de J.F. Fountaine (élu avec les voix de la droite) pour :
➡️ adopter et gérer ensemble les budgets d'austérité dans le cadre du Contrat de Cahors (signé par La Rochelle) ;
➡️ ne pas agir contre la gentrification et l'urbanisation anarchique y compris en zone Seveso ; 

➡️ suppression et amputation de parcs publics à Villeneuve les Salines et dans le quartier de la gare... au nom de l'écologie ?  
➡️ ne prendre aucune mesure pour assurer la protection des riverains face aux risques industriels (Picoty) ;
➡️ ne rien faire pour empêcher l'explosion du prix du foncier ;
➡️ ne mener aucune action pour la réappropriation des biens communs (ex : chauffage urbain avec Dalkia) ;
➡️ s'opposer au développement de gratuités (transports....) ;
➡️ ne prendre aucune mesure permettant de s'engager  concrètement dans l'autonomie alimentaire des citoyens du territoire de la CDA (circuits courts) ;
➡️ s'en prendre aux droits sociaux des personnels territoriaux, de la RTCR.......

 

🔴 Aujourd'hui, il n'y a rien a attendre des listes qui " s'affrontent "..... plus sur la forme que sur le fond !

 

➡️ Quelques mots sur les " falornistes "

Permettez moi d'abord d'avoir une pensée à l'adresse de tous les salariés, citoyens des couches populaires qui voient en l'équipe des " falornistes " l'alternative, , le " renouveau " ! !

  • Quelle alternative y a t-il à attendre d'une liste dont nombre des membres ont, non seulement mis eu oeuvre la politique austéritaire de J.F. Fountaine durant ces cinq dernières années, mais aujourd'hui bénéficie de l'appel à voter de la part de la droite et même d'un ancien président du MEDEF ?

- avec Bruno Léal candidat rochelais de la droite et du centre-droit au premier tour, qui après avoir cherché à fusionner avec Fountaine et Falorni[30], soutient aujourd'hui le candidat Falorni[28] ;

avec François Drageon[29], homme de droite[27] (Parti radical valoisien) et ancien président du MEDEF de Charente Maritime[25] ;

- avec Arnaud Jaulin, l’actuel adjoint à la culture de Jean-François Fountaine (référent Modem La Rochelle[33]) qui détaille dans un long communiqué son choix de vote : " En conscience, je voterai Olivier Falorni[34]. " 

  • L'annonce du report de la mise à l'essai de la gratuité des transports urbains[26] est un premier signe qui ne trompe pas et est à prendre au sérieux ! Est-ce le début du prix à payer pour avoir le soutien de la droite et de l'ex. MEDEF ? 

 

➡️ Quelques mots sur les " fountainistes "

Il n'est pas inutile de rappeler ici que dés 2017, Jean-François Fountaine apportait son soutient Emmanuel Macron[36].

Je ne reviendrai pas sur pas sur le bilan de la majorité municipale (voir en tête de ce tableau), mais aujourd'hui, même s'il n'y a rien d'officiel, il bénéficie :

  • du soutien tacite de LREM.... par leur présence sur sa liste ;
  • de Léonard et de Bussereau par la présence dans sa liste de personnalités du MODEM et de l'UDI.

 

➡️ En ce qui concerne les " soubestistes " qui se disent opposés à la politique des " fountainistes " et " falornistes "...

  • Certains me disent : on aurait pu penser qu'ils manifesteraient cette opposition en faisant preuve de courage politique et en démissionnant (comme l'a fait Arnaud Latreuille à Aytré[24]), ce qui aurait donné un signe, permis de gagnez en crédibilité politique d'opposants.... 
  • Mais pourquoi auraient-ils démissionné puisqu'ils avaient comme objectif de négocier au prix fort leur soutien à Jean-François Fountaine[5], et comptaient bien que ce dernier céderait à leurs exigences ?
  • Aujourd'hui, non seulement ils boivent le verre " fountainiste " jusqu'à la lie, mais après avoir renégociez une seconde dose, qui n'a pas aboutie... ils n'ont pas d'autre choix, que de présenter comme des " OPPOSANTS ", ce que l'on peut appeler une " OPPOSITION DE CIRCONSTANCE " !
  • Et pourtant, je pourrai me laisser séduire par le contenu programmatique ambitieux de " Ensemble, osons l'écologie " qui correspond à nombre de mes préoccupations.....

 

🔴 Mais, compte tenu de la réalité rochelaise, c'est à contre cœur que je fais le choix... de ne pas CAUTIONNER CETTE SITUATION POLITIQUE....

  • Car hors de question de soutenir, d'appeler à voter pour des listes qui comportent en leur sein des candidats participant à la majorité municipale actuelle ou ayant cautionné sa gestion ;
  • Car il n'est pas utile de choisir entre trois nuances de libéralisme, entre trois nuances de l'écologie libérale, qu'elles soient ripolinées en rose, ou en vert ou en jaune/noir ;
  • Et que l'on ne vienne pas nous dire que les partenaires politiques d'aujourd'hui peuvent devenir les opposants crédibles de demain.  Aucun des trois ne remet en cause la domination du marché (ou seulement à la marge) sur la vie publique locale !

 

➡️ POUR CONCLURE :

  • PAS UNE SEULE VOIX NE DOIT ALLER AUX DEUX MACRON COMPATIBLES ROCHELAIS  !

 

  • REFUSANT DE VOTER POUR UNE LISTE COMPORTANT DES MEMBRES DE LA MAJORITÉ MUNICIPALE ACTUELLE, ce qui est aussi le cas " d'Ensemble osons l'écologie " avec Jean-Marc Soubeste et EELV...

 

  • J'UTILISERAI LE VOTE BLANC EN EXIGEANT SA RECONNAISSANCE !

 

 

-Les 3 acteurs du second tour... et leurs amis... ou pas

 

Retrouvez ci dessous l'intégralité de mes post sur les réseaux sociaux dans l'ordre de leur publication (5 au total)

 

  • Jean-Marc SOUBESTE est le candidat de " Choisir l'écologie pour La Rochelle " (EELV) (post du 26 mai 2020)

2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !

➡️ Membre de la majorité municipale actuelle depuis 2014, nous savions déjà  " qu'il n'y a pas d'incompatibilité " entre le candidat EELV et le Maire sortant J.F. Fountaine Macron compatible reconnu et assumé[1]  !


➡️ Aujourd'hui, pour le second tour, Jean Marc Soubeste a posé ses conditions pour un nouveau ralliement à J.F. Fountaine (qui a reçu le soutien de Macron au 1er tour) : " il doit renoncer au soutien de la République en marche[2] " ! On a connu sacrifice politique plus douloureux à faire…

 

➡️ Suffirait-il donc seulement que J.F. Fountaine n’affiche plus le soutien officiel de Macron pour continuer a être fréquentable quand on se dit de gauche… ?
Jean Marc Soubeste va t-il s'inspirer de Julien Bayou qui le 19 mai, a invité à une  visioconférence de « gôche » Aurélien Taché, (député macroniste jusqu'à 18 mai, mais membre, depuis le 19 mai, « d'Ecologie Démocratie Solidarité », le nouveau groupe fondé à l'Assemblée nationale). 

 

🔴 Quoi qu'il arrive, il ne suffira pas que J.F. Fountaine renonce au soutien de LREM au 2iéme tour pour lui coller l'étiquette " de gauche " et devienne fréquentable ! Il est, et restera un libéral macronien et tous ceux qui se rallieront à lui en seront entachés d'une manière indélébile (c'est d'ailleurs les propos que j'avais tenus à Jean Marc Soubeste en 2014 lors du débat du second tour) !

🔴 Pour conclure, ce qui semblait être une " alliance contre-nature[3] " en 2014  devient un choix politique assumé dans le cadre d'une stratégie politique nationale d'EELV.

 

  • Jean-François FOUNTAINE (post du 27 mai 2020)
2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !

➡️ Maire de La Rochelle, élu en 2014 avec le soutien d'EELV, des centristes, du PRG et des voix de UMP – UDI – MoDem (voir réaction de Dominique Morvant[4]), classé divers gauche.

 

➡️ Défenseur de l'économie de marché, libéral, il a reçu au 1er tour le soutien de LREM[1].

 

➡️ Aujourd'hui, La Rochelle devient un laboratoire de la recomposition (décomposition de la macronie).
Jean-François Fountaine vient en effet d'annoncer qu'
il se débarrasse du soutien de LREM[5] pour permettre à EELV de s'allier avec lui pour un second mandat......

 

➡️ Ainsi, alors qu'au parlement la majorité explose avec notamment avec la constitution d'un 9iéme groupe parlementaire tout de suite reconnu par le leader écologiste Julien Bayou[6], à La Rochelle, les écologistes ont voté en faveur de la reprise d’échanges avec Jean-François Fountaine[7].

La recomposition autour d'une " écologie de gouvernement ", favorable à " la libre entreprise et l'économie de marché " chère à Jadot est en marche[8].

 

➡️ ➡️ Mais un macronien, même sans étiquette officielle et un classement " Divers gauche ", n'en fait pas pour autant un homme de gauche, même s'il a le soutien du PS et de Lionel Jospin en personne[32] !

 

🔴 PAS UNE SEULE VOIX NE DOIT ALLER AU REPRÉSENTANT OFFICIEUX DE MACRON !

 

  • Olivier FALORNI (post du 28 mai 2020)
2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !
2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !
2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !
2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !

➡️ Ancien secrétaire fédéral du PS, il est élu député de la 1 re circonscription de la Charente-Maritime lors des élections législatives de juin 2012 face à Ségolène Royal et réélu lors des législatives de juin 2017, classé divers gauche.


➡️ Qui écrivait sur un tract de Juin 2017 : " Je souhaite que notre nouveau Président de la République réussisse pour la France et les Français " ? Olivier Falorni  au grand dam de la candidate officielle de LREM, Otilia Ferreira, qui jugeait le comportement d'Olivier Falorni " d'affligeant " et valait ce titre de Sud-Ouest " Olivier Falorni change de cap "[9]  !


➡️ Qui a été élu député contre Ségolène Royal avec notamment les voix de la droite qui ne s'y est pas trompée, si ce n'est Olivier Falorni[10] !


➡️ Qui avait déclaré être disposé à faire partie de la majorité macronienne à condition qu’elle soit « ouverte et progressiste ? » Olivier Falorni (« Sud-Ouest » du 8 mai 2017)[11] !


➡️ Qui a voté la confiance au gouvernement de Macron le 4 juillet 2017 ? Olivier Falorni[12] ! 

 

 

🔴  Vous voulez en savoir plus... :
➡️ Prenons la Loi travail dite El Khomri de juillet 2016. Olivier Falorni jouant au chat et à la souris avec la " fronde ", n'a jamais participé au vote d'une motion de censure ;


➡️ En résumé, Olivier Falorni : c'est la culture de l'ambiguïté pour ratisser large et se mettre au service de la classe dominante[14] ;


➡️ Olivier Falorni.... c'est aussi un homme qui se dit " de gauche " mais se met au service d'une politique... de droite[15]. 

 

 

🔴 En conclusion
Hors certains domaines sociétaux comme la cause animale, les actes du député Olivier Falorni depuis sa réélection en juin 2017 ne sont pas une surprise : discours de gauche et... actes de droite... ou absence et abstention sur les sujets sociaux et économiques.

 

➡️ ➡️ Macronien compatible il fut, macronien compatible il restera en faisant de la culture de l'ambiguïté pour ratisser large et se mettre au service de la classe dominante... sa règle politique !

 

🔴 PAS UNE SEULE VOIX NE DOIT ALLER AU SECOND MACRON COMPATIBLE ROCHELAIS !

 

  • Jean-Marc SOUBESTE (post du 2 Juin 2020)
2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !

🔴 Les choses bougent à La Rochelle !
Jean-Marc SOUBESTE part en campagne et renvoie Fountaine et Olivier Falorni dos à dos
[16].

 

➡️ Mais bougent pour faire quoi ?
- Pas d'accord avec Jean-François Fountaine... on ne peut que s'en féliciter,.... mais la question est : pourquoi ?
- Pas assez écologique, social et démocratique parce-que trop de contrainte budgétaire... nous dit-on entre autre  !


donc trop libéral Jean-François Fountaine ?

  • Pas plus aujourd'hui qu'hier et J.M. Soubeste et EELV s'en sont très bien accommodés adoptant avec les Falornistes et les Fountainistes tous les budgets pendant 5 ans !
  • Car membre de la majorité municipale actuelle, nous savions déjà  " qu'il n'y a pas d'incompatibilité " entre Jean-Marc SOUBESTE d'EELV et le Maire sortant Jean-François Fountaine[17] !

 

Pas assez écolo ? Peut être !
Pas évident de concilier l'écologie avec l'économie de marché chère à Jadot et ses relais locaux... !

 

➡️ ➡️  En vérité, entre Jean-Marc SOUBESTE et Jean-François Fountaine (dont le programme a été conçu en grande partie par LREM[18]), il n'y a pas de désaccord de fond, simplement une question de dosage entre libéralisme et écologie !

 

🔴 Or, de dosage est impossible, car contrairement à ce qu'affirme Yannick Jadot, pour qui " l’écologie doit aussi passer par l’économie de marché[19", le capitalisme vert n'est-il qu'un oxymore[20], l’écosocialisme étant la seule alternative politique, sociale et écologique possible au capitalisme[21]... à La Rochelle aussi !

 

 

-Autres intervenants sur le second tour

  • La liste initiée par la FRANCE INSOUMISE, " La Rochelle en Commun "

2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !

" Pour autant, il y a consensus à rejeter sans réserve les politiques proposées, menées par les deux autre listes (Fountaine/Falorni), qui constituent une déclinaison locale de la politique néo-libérale menée par Emmanuel Macron et son gouvernement ! "

 

➡️ Alors pourquoi faire l'impasse sur le fait que dans la majorité municipale actuelle (qui met en oeuvre localement cette politique néo-libérale), il y a EELV qui a notamment voté tous les budgets d'austérité depuis 5 ans, et dont nombre d'élus sont candidats sur la liste " Ensemble osons l'écologie " en commençant par la tête de liste ?

 

Les choses auraient été totalement différente s'ils n'avaient pas fait partie de la majorité municipale actuelle !

 

➡️ En fait c'est un appel masqué à voter pour le " moins pire " représenté par la troisième variante du libéralisme avec " l'écologie de gouvernement ", favorable à " la libre entreprise et l'économie de marché "[19]... CE N'EST PAS POUR MOI !

 

Pas question pour moi de voter pour des listes comportant des candidats compromis dans la majorité municipale actuelle.... ce qui est aussi le cas " d'Ensemble osons l'écologie " avec Jean-Marc Soubeste et EELV !

 

  • Et la masse des citoyens des quartiers populaires ne s'y tromperont pas non plus !

La base sociale ne suivra pas ces consignes de vote masquées et le prix à payer risque d'être politiquement lourd pour la France insoumise à l'aube d'une échéance nationale majeure les présidentielles de 2022 qui nécessitent de fédérer le peuple sans combine politicienne ni ambiguïté et dont les élections municipales devaient constituer un tremplin... à La Rochelle aussi !

 

 

  • La liste initiée par le MOUVEMENT CITOYEN ROCHELAIS, " OUI, à La Rochelle unie " (post du 1er Juin 2020)
2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !

➡️ Elle fut la seule liste ouvertement porteuse d'un projet de gauche, écologique, social, démocratique, représentative de la diversité sociale sociétale de La Rochelle et ses quartiers populaires tout en bénéficiant de soutiens (et non d'accord politiques) de nombreuses organisations de gauche (PCF- GRS - MRC - GénétationsS)[22] ;

 

➡️ Elle fut la seule liste ayant la volonté de rassembler les forces citoyennes sous la forme d'une " fédération citoyenne rochelaise " ;

 

➡️ Combattue par ceux qui auraient du être ses alliés, taxée de " pro-Macron " pour refuser toute construction politique commune, recueillant 3,25% des exprimés, elle fut la seule force politique dite " de gauche " a, au soir du 1er tour, se positionner clairement " ...Nos électeurs sont bien évidemment libres de choisir ou pas, pour qui voter au second tour, néanmoins nous souhaitons qu’aucune voix n’aille renforcer La République en Marche.[23] "

 

➡️ Le 22 juin, le MCR appelait à voter pour la liste « Ensemble, osons l’écologie » en ces termes :

" Pour le MCR, Il est temps à La Rochelle de changer d’écosystème politique, de sortir des conflits d’égo des élus, et d’oser faire la différence écologique et sociale. Votez pour Jean Marc Soubeste et pour ses colistiers « Ensemble, osons l’écologie ». Ils sont l’alternative qui reste, et ils le méritent "[31].

 

 

-RÉSULTATS 2éme tour : Jean-François Fountaine réélu[35]

2iéme tour Municipales 2020 : à La Rochelle, je fais le choix... de ne pas choisir entre les trois nuances de libéralisme !
  • Analyse et chiffres ICI

 

Notes :

[aMUNICIPALES 2020 : MACRON N’AIME PAS LA DÉMOCRATIE

[b] TRIBUNE. Estrosi, Hidalgo, Florian, Vassal, Fountaine et une trentaine d'élus pour un second tour des municipales dès juin

[1] J.F. Fountaine Macron compatible reconnu et assumé

[2J.F. Fountaine : doit renoncer au soutien de la République en marche

[3alliance contre-nature

[4réaction de Dominique Morvant

[5J.F. Fountaine vient en effet d'annoncer qu'il se débarrasse du soutien de LREM

[6un 9iéme groupe parlementaire tout de suite reconnu par le leader écologiste Julien Bayou

[7les écologistes ont voté en faveur de la reprise d’échanges avec J-F Fountaine

[8" l'écologie de gouvernement ", favorable à " la libre entreprise et l'économie de marché " chère à Jadot est en marche

[9Législatives en Charente-Maritime : Olivier Falorni change de cap

[10élu député contre Ségolène Royal avec notamment les voix de la droite

[11être disposé à faire partie de la majorité macronienne

[12voté la confiance au gouvernement de Macron le 4 juillet 2017

[13Loi travail dite El Khomri de juillet 2016

[14Olivier Falorni : c'est la culture de l'ambiguïté pour ratisser large et se mettre au service de la classe dominante

[15se dit "de gauche " mais se met au service d'une politique... de droite

[16] Soubeste part en campagne et renvoie Sountaine et Falorni dos a dos

[17pas d'incompatibilité " entre J.M. Soubeste d'EELV et le Maire sortant J.F. Fountaine

[18les marcheurs ont beaucoup participé à l’élaboration du programme

[19Yannick Jadot, " l’écologie doit aussi passer par l’économie de marché

[20le capitalisme vert n'est-il qu'un oxymore

[21] l’écosocialisme étant la seule alternative politique, sociale et écologique possible au capitalisme

[22seule liste ouvertement porteuse d'un projet de gauche, écologique, social, démocratique, représentative de la diversité sociale sociétale de La Rochelle et ses quartiers populaires

[23] nous souhaitons qu’aucune voix n’aille renforcer La République en Marche.

[24] Arnaud Latreuille démissionne de ses mandats

[25] François Drageon président du MEDEF pendant 4 ans en Charente Maritime

[26] Municipales à La Rochelle : Olivier Falorni ajuste son programme

[27] François Drageon, candidat pour le Parti radical valoisien

[28] Bruno Léal candidat rochelais de la droite et du centre droit au premier tour a choisi de soutenir Olivier Falorni

[29] François Drageon : " Alors, une bonne fois pour toutes, donnons le manche de cette ville à O. Falormi "

[30] Municipales à La Rochelle : Bruno Léal a cherché à fusionner avec Fountaine et Falorni

[31Le 22 juin, le MCR appelait à voter pour la liste « Ensemble, osons l’écologie »

[32Municipales à La Rochelle : Jospin plaide pour Fountaine, Jaulin pour Falorni

[33Arnaud Jaulin référent Modem La Rochelle

[34Arnaud Jaulin : " En conscience, je voterai Olivier Falorni. "

[35Municipales à La Rochelle : Jean-François Fountaine réélu

[36] Dès 2017 Jean-François Fountaine soutient Emmanuel Macron

 

Pour en savoir plus :

- Jean-Luc melenchon : " Mon choix, qui n'a pas fonctionné, c'était d'appuyer partout des listes citoyennes en dehors des cadres classiques des partis, parce que je pensais que c'était ce qui allait faire voter les quartiers populaires "

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 20:32
Barbara Stiegler : “ la crise sanitaire actuelle est le pur produit du néolibéralisme ”

En cette journée de printemps Barbara Stiegler[1] est radieuse. Le succès qu’elle remporte actuellement n’enlève rien à la simplicité qui est naturellement la sienne. Avant le confinement, ses conférences faisaient déjà un carton.


Il y a deux ans, la spécialiste de Nietzsche s’installe à Bordeaux où elle enseigne depuis quinze ans, (elle y est responsable du master : soin, éthique et santé). A cette époque elle n’imagine pas à quel point la société va traverser de telles turbulences.


Et alors qu’elle découvre la capitale girondine son quotidien est confronté aux mobilisations citoyennes. Elle va s’en faire le témoin privilégié. Entretien par Marie Neuville 

 

 

Sources : france3 Aquitaine Entretien par Marie Neuville | mis à jour le 20 mai 2020

-La crise sanitaire semble être le révélateur des failles du modèle néolibéral français de la santé publique. Vous l’aviez expliqué dans votre livre "Il faut s’adapter"[2]. Etait-ce prémonitoire ?

Barbara Stiegler : Je n’ai eu aucune prémonition, j’ai même pris tardivement la mesure de cette pandémie. Mais c’est vrai sur le fond, mon livre démontre l’écueil du modèle néolibéral, un choix qui entraîne l’explosion des mobilités, l’accélération des rythmes, la compétition effrénée pour les ressources, autant de facteurs qui conduisent à une destruction des systèmes, qu’ils soient sanitaires, éducatifs, sociaux ou qu’ils touchent des corps vivants et des écosystèmes.
Des crises comme celle-là vont se reproduire si on ne change pas.

 

 

-Pourquoi une telle improvisation dans la gestion de cette crise ?
Barbara Stiegler : C’est vrai que nous ne sommes pas dans un pays pauvre, nous sommes la 6e puissance économique mondiale ; les causes sont liées à une vision néolibérale de la manière de gouverner. 

 

  • La pénurie n’est pas involontaire, elle a été sciemment orchestrée par les dirigeants des entreprises pour s’adapter à la compétition mondiale. 

Le modèle néolibéral organise une société de flux basée sur des ressources rares. Une entreprise qui a des stocks perd des points.

 

Moins il y a de lits de matériels, de médicaments, de personnels, plus il y a d’agilité, d’innovation de dépassement, d’adaptation et cela est considéré comme moteur de progrès. C’est une façon de montrer que l’on est en avance au regard du monde d’avant.
Il faut être performant, moderne, autrement dit "Il faut s’adapter"  ! C’est avec cette injonction que s’est faite la gestion de l’hôpital.

 

  • Sauf qu’à flux tendu il est impossible de faire face à l’imprévu. Cette vision néolibérale est totalement contraire aux conditions de la vie et aux besoins fondamentaux des vivants. Et ce n’est pas valable que pour l’hôpital.

C’est aussi le cas dans le monde de la recherche et de l’enseignement, détruit par cette culture de l’optimisation et de l’innovation sur fond de pénurie.

 

 

-Vous dénoncez la médecine proactive, est-ce une erreur d’avoir voulu remplacer le bon vieux docteur ?
Barbara Stiegler : Dans la médecine classique, on tient compte du patient de sa plainte, de son mal. Mais cela est jugé archaïque et  dépassé. La médecine proactive, portée par les prouesses du numérique, tourne le dos à la médecine traditionnelle qui porte assistance à la personne malade.
La médecine dite " proactive " demande à l’individu de taire sa souffrance, de s’adapter, y compris dans un environnement dégradé et d’être comptable de la manière dont il optimise les risques.

 

Elle fait l’impasse sur ce qui est négatif, refuse d’avoir une vision critique sur les causes de nos pathologies.  Refusant de regarder en face la souffrance, la mort et le négatif, elle fantasme l’optimisation de la performance.

 

  • De plus cette médecine de l’innovation, focalisée sur les nouvelles technologies et le biomédical, est incapable de prévenir ce genre de crise sanitaire car elle est dépourvue de toute réflexion critique  sur les facteurs environnementaux des maladies et sur nos organisations sociales, qui sont pourtant des déterminants fondamentaux en santé publique.

 

A la lumière de ce modèle, ce virus venu d’Asie ne pouvait qu’être sous-évalué, il ne pouvait apparaître que comme une « grippette » n’ayant aucune incidence sur la puissance de notre système sanitaire.

 

Dans la vision néolibérale, la conduite des individus doit être  modelée par les recommandations des experts. Mais cette crise du coronavirus, comme la crise climatique, révèle le retard des gouvernants, dont les visions sont de plus en plus inadaptées aux réalités et dont les décisions sont de plus en plus éloignées du bon sens des populations.

 

  • C’est leur aveuglement du flux et leur phobie irrationnelle des stocks qui leur a, par exemple, fait détruire nos stocks de masques, nos contingents de lits et nos effectifs de soignants.

C’est le même aveuglement qui les conduit à supprimer des postes de chercheurs et d’enseignants capables d’avoir une vision sur le temps long, pour leur substituer une main d’œuvre précaire, fluide, adaptable.

 

Il y a en réalité beaucoup d’argent dans la santé et l’éducation mais affecté à une logique de flux, qui détruit la stabilité nécessaire réclamée par ces métiers.
Cette pression du flux conduit à installer la pénurie et la compétition partout, alors même qu’il y a une débauche de dépenses du côté du management, de l’évaluation, de la machine normative et réglementaire.

 

Dans ces métiers de santé, d’éducation et de recherche, nous passons de plus en plus de temps à l’évaluation, à l’optimisation, à la compétition et de moins en moins de temps à soigner, éduquer et faire de la recherche.  

  • C’est cela le néolibéralisme : un Etat très fort, tatillon et bureaucratique, avec, dans les entreprises des dirigeants et des managers qui donnent des caps, appliquent  des politiques intrusives, invasives, qui harcèlent.

C'est un Etat qui est dans le contrôle de tout, à la différence de l’ultra-libéralisme " trumpien " qui lui " laisse faire " et abandonne les populations aux forces sauvages du privé ou du marché. Ces deux formes de libéralisme, qui servent le marché de manière très différente, sont tout aussi dangereuses l’une que l’autre.

 

Barbara Stiegler : “ la crise sanitaire actuelle est le pur produit du néolibéralisme ”
Barbara Stiegler : “ la crise sanitaire actuelle est le pur produit du néolibéralisme ”
Barbara Stiegler : “ la crise sanitaire actuelle est le pur produit du néolibéralisme ”

-

Comment pouvons-nous parvenir à cette démocratie sanitaire que vous appelez de vos vœux ?
Barbara Stiegler : A l’hôpital mais pas seulement, dans tous les domaines, les premières lignes doivent reprendre la main.
Dans la santé, l’éducation, la recherche, les médias, les institutions culturelles….

  • Les politiques et managers ont transformé ces métiers qui formaient la base de nos démocraties, ils leur ont imposé des réformes permanentes, exigé de la flexibilité et de l’adaptabilité, c'est-à-dire en fait, une forme de soumission, en imposant l’idée que c’était aller dans le sens de l’histoire. 

 

Sauf que, mobilisations après mobilisations, la colère ne retombe pas, les élites continuent de se discréditer.

  • Au lieu de passer leur temps à dénoncer les fake news des réseaux sociaux et à expliquer que pouvoir rime avec savoir, les gouvernants gagneraient à reconnaître leur retard, ce décalage qui sape leur autorité.

 

C’est pourquoi les choix de santé publique, d’éducation, d’environnement doivent être l’affaire de tous et non des experts et des dirigeants.
Le néolibéralisme n’est pas seulement sur les places financières ou dans les entreprises il est en chacun de nous, dans nos minuscules façons de vivre, il est temps de retrouver notre puissance vitale et d’agir sur notre propre environnement local. 

 

  • Gilets jaunes, manifestations hospitalières, crise du corona virus, l’individu comprend qu’il n’est plus tout seul face à  son écran, face à son chef, face à sa hiérarchie et que les populations de citoyens peuvent elles aussi " s’armer " collectivement, par-delà les clivages de secteurs, de classes et de générations.

 

 

-On comptera les morts
Barbara Stiegler : J'avoue regarder le futur avec un mélange d’inquiétude et d’espérance, celui d’une philosophe qui a trouvé ici et maintenant une autre façon de respirer.
Même si elle sait que la lutte sera âpre et qu’il faudra tenir dans le temps, elle croit au réveil politique … En ce jour de printemps le ciel est clair et l’horizon dégagé. 

 

Lors des manifestations, on pouvait lire sur les banderoles des hospitaliers " vous comptez votre argent, on comptera les morts ". C’était il y a un an, aujourd’hui les soignants du terrain se disent prêts à reprendre les clés du camion.

 

Notes :

[1Barbara Stiegler

[2] « Il faut s’adapter » paru chez Gallimard en Février 2019

 

Pour en savoir plus :

- Economie. Le néo-libéralisme contaminé

- Covid-19 : Une crise globale, systémique, sans précédent

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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 09:01
Municipales 2020 : à La Rochelle, paiement comptant et au prix fort pour ceux qui ont fomenté et porté la division citoyenne !

Les conséquences durables d'une faute politique majeure !

 

🔴 Pour rappel :

- la France insoumise rochelaise a, sans aucune justification à caractère politique, tout fait[1] y compris en portant sa propre liste, pour empêcher l'émergence d'une liste citoyenne unique avec le Mouvement Citoyen rochelais... : résultat deux listes à programme quasi identique et un résultat décevant pour tous ;

- pour ma part refusant cette stratégie de division artificielle préjudiciable aussi aux échéances électorales à venir (présidentielles de 2022), j'ai fait personnellement le choix de rejoindre la liste de rassemblement citoyen portée par le MCR[2] sur la base d'un programme aux valeurs de gauche auquel la plateforme programmatique de la France insoumise ne trouverait rien à redire[2bis].

 

AUJOURD'HUI, la FI rochelaise instrumentalisée par un gloubi-boulga (de libertaires dits " de gauche ", de POI, de pseudo gauche révolutionnaire, d'anarchistes, de défenseurs du bigbang de la gauche[3] et de l'alliance verte et rouge[4]), après avoir manipulé une grande partie des candidats de sa liste, est elle même victime de sa stratégie politique de division et le sera durablement.... 

 

Mais les victimes immédiates en sont d'ores et déjà les citoyens rochelais des classes populaires qui ne seront pas représentés et n'auront personne pour faire entendre leurs exigences, notamment sociales, au conseil municipal sauf à retomber, pour le second tour, dans des accords de " partis " qui sonneraient, sur La Rochelle, le glas de la démarche citoyenne portée par La France insoumise.

 

 

Source : Eric Durand  

-Regardons de prés l'évolution des résultats de la liste portée par la FI rochelaise et ses composantes politiques (Ensemble et le PG) qui la soutenait !

Constatons d'abord qu'à La Rochelle, le taux d'abstention s'élève à 61,93 %, très largement au-dessus de celui du premier tour des élections municipales 2014 (45,74 %), soit + 16.19%.

 

Comparons avec le dernier scrutin, celui des européennes :

 

Nombre de votants européennes 2019 25 906 Écart
Nombre de votants municipales 2020 19762 - 23,72 %
Résultat FI européennes La Rochelle 2019 7.55% Écart
Résultat FI municipales 2020 5.16% - 31,79%
Nbre. voix FI européennes La Rochelle 2019 1911 voix Écart
Nbre. voix FI municipales 2020 1002 voix - 47,57%

 

➡️ Quelles conclusions la France insoumise rochelaise devrait elle tirer de ce scrutin ?

  • Tout d'abord, partant du principe que les élections municipales mobilisent en général l'électorat, il lui serait simple de constater :
    • que la pandémie a démobilisé en premier lieu les couches populaires (le nombre de votants baissant de 23.72 % entre les européennes de 2019 et les municipales de 2020) ;
    • que la volonté évidente de nombre de rochelais, dés le premier tour, de " voter utile " avec O. Falorni (député qui a pourtant voté la confiance au gouvernement Macron[8]) pour virer J.F. Fountaine (qui a le soutien de LREM[9]) peut expliquer la baisse d'EELV et pour partie celle de la FI (pour cette dernière : - 31.79% en terme de pourcentage et - 47,57% en nombre de voix entre les européennes et les municipales), mais il faut pousser plus loin... ;

 

  • En effet, Il ne faut être sorti de Saint Cyr pour comprendre :
    • que le choix politique de diviser les forces citoyennes rochelaises porteuses de valeurs de gauche (MCR et FI) mis en oeuvre par la France insoumise rochelaise, avec des motivations fallacieuses, allait se retourner contre elle ;
    • que la campagne immonde menée par certains membres de la liste " La Rochelle en commun " et de ceux qui ont fait campagne pour eux, mêlant mensonges sur la qualification politique de la liste portée par le Mouvement Citoyen Rochelais, un racisme latent et parfois même pas masqué, des attaques contre la vie privée de la tête de liste Jaouad El Marbouh et diffusion de rumeurs du type : " Jaouad El Marbouh serait membre d'un groupe de l'Islam radical..  " ou encore " OUI, à La Rochelle unie " la liste portée par le MCR serait une " liste communautaristes financée on ne sait pas par qui ? "..., j'en passe et des pires,.... allait se retourner contre elle ;  
    • que ce choix de division et comportement politique a aussi alimenté l'abstention. Le " si vous ne vous entendez-pas, je n'irai pas voter ! " a été entendu à de nombreuses reprises ;

le tout au détriment de la construction d'une alternative citoyenne réelle sur La Rochelle face aux Macron compatibles !

 

➡️ Quant à la liste citoyenne portée par le Mouvement Citoyen Rochelais constitué en 2018 " Oui à La Rochelle unie " malgré :

  • le fait qu'elle est la seule liste ouvertement porteuse d'un projet de gauche, écologique, social, démocratique, représentative de la diversité sociale sociétale de La Rochelle et ses quartiers populaires tout en bénéficiant de soutiens de nombreuses organisations de gauche, contrairement à ceux qui n'ont pas de soutien au delà de leur propre composantes (PCF- GRS - MRC - GénétationsS) ;
  • le dévouement et la mobilisation remarquable des citoyens qui ont fait campagne ;
  • l'aide militante des organisations qui l'ont soutenue (PCF- GRS - MRC - GénétationsS) ;

elle fait les frais de son inexpérience pratique dans la gestion d'une campagne électorale, aggravé par l'absence des professions de foi et bulletins de vote dans les enveloppes adressées aux électeurs... le tout ayant porté un fort préjudice à sa campagne. et donc, par conséquent à son score qui en découle.

 

Et pourtant, dans ce contexte, les résultats du MCR avec " Oui, à La Rochelle unie " sont, dans nombre de bureaux de vote des quartiers populaires, intéressants et encourageants pour l'avenir de ce mouvement citoyen (jusqu'à 10%)[6].

  • Pour aller plus loin : dans 13 bureaux de vote, le score réalisé par " OUI, LA ROCHELLE UNIE ! " (la liste portée par le MCR et ses soutiens) dépasse celui de la France insoumise (et y compris dans le propre bureau de vote de la tête de liste et 2 de ses colistiers), et est identique dans 2 bureaux[6].

 

➡️ ➡️ L'ensemble de ces éléments amène logiquement à conclure qu'en cas de démarche citoyenne unie avec le MCR, il était possible, dans le cadre d'une dynamique politique de rassemblement, de dépasser les 10%.... CE QUI CHANGEAIT TOUT ! Et ça, la France insoumise rochelaise en porte seule la responsabilité ! 

 

  • D'ailleurs un sondage de janvier 2020 en fait la démonstration :
    • Le Mouvement Citoyen Rochelais était donné à 3%
    • La France insoumise à 7%...
    • on connait les résultats

Municipales 2020 : à La Rochelle, paiement comptant et au prix fort pour ceux qui ont fomenté et porté la division citoyenne !

➡️  Cette situation engendrera t-elle un sursaut, une remise à plat vitale de la stratégie politique locale pour revenir à la démarche de " Fédération populaire " préconisée par la France insoumise au lieu de diviser artificiellement ? Cela nécessiterait une volonté et une capacité à se remettre en cause à reconnaître que ce choix politique a été une erreur ! Les premières réactions, la stratégie d'exclusion maintenue permettent d'en douter... wait and see !