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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 12:57

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

Pourquoi une 6ème République ? Explications de Charlotte Girard
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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 13:17
Rothschild, une banque au cœur du pouvoir

Depuis Georges Pompidou, c'est une règle. La banque Rothschild est installée au cœur de la République, au croisement des affaires et de la politique. Dans le livre Rothschild, une banque au pouvoir, notre consœur Martine Orange mène une enquête fouillée sur une institution qui a retrouvé toute sa puissance.

 

Parmi les acteurs croisés, Emmanuel Macron nouveau ministre de l'économie de François Hollande dans le gouvernement  VallsII.

 

Le livre est disponible  ICI

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 13:34

Aujourd'hui plus que jamais une majorité de citoyens ont le sentiment que le monde politique n'a que faire de leurs opinions. La popularité des politiciens est au plus bas. Est-ce là un hasard ?

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 13:16
Jean-Luc Mélenchon : le mouvement Sixième République

Sources : le blog de jean-Luc-Mélenchon le 4 septembre 2014

On ne peut pas aborder la question de la 6ième république sans revenir au 5 mai 2013. Nous étions très nombreux dans la rue. L’affaire Cahuzac venait d’éclater. Elle nous avait soulevés d’indignation. Notre marche voulait montrer que d’autres institutions étaient nécessaires, qui rendraient impossibles l’impunité dont le ministre du Budget avait été le symbole. Nous faisions le lien entre la politique d’austérité que le gouvernement mettait en place en dépit de ses engagements, le régime de la monarchie présidentielle qui rendait possible ce coup de force, et le recrutement de ministres immoraux. Le thème avait rassemblé des partis et des organisations syndicales ainsi que des dizaines de personnalités. C’était marcher pour le « coup de balai » et la nécessité de la 6ème République. Tout l’appareil médiatico-politique du PS s’était arcbouté en me ciblant. « Le Monde » publiait un numéro de son magazine spécialement infâme avec photomontages et une première page ou j'étais comparé à Hitler. « Libération » m’avait attribué une phrase purement inventée : « la purification éthique » publiée à la une. La pression psychologique était telle qu’on vit même de bons amis faire des mines et des pauses lancinantes à propos du « balai » devenu symbole du populisme, caractérisation sans contenu sinon une haine du peuple mal dissimulée. Pour moi, c’était la quatrième manifestation de masse sur ce thème. Les trois précédentes avaient été appelées sur ce thème dans la campagne présidentielle, à la Bastille, place du capitole à Toulouse et au Prado à Marseille. Dans chacun des discours que j’y ai prononcés, j’ai développé un aspect de ce que l’idée pouvait contenir et ce qu’elle permettait de mettre à l’ordre du jour.

 

 

- Pour moi, cette question est le cœur de la stratégie de « révolution citoyenne »

C’est-à-dire d’un changement profond de la règle du jeu social par la voie démocratique. Dans ce projet, le changement de République se fait élisant une Assemblée constituante et en étendant le processus de prise du pouvoir en tous lieux où se joue la vie quotidienne des citoyens. La 6ème République est le premier point du programme présenté au meeting de Saint-Ouen à l’occasion de la fondation du Parti de gauche. Comme les évènements ont confirmé notre analyse d’alors ! A présent, le président de la République peut offrir sans contrepartie des milliards d’argent public au MEDEF, sans qu’il soit possible de l’en empêcher. Un Premier ministre est désigné après une déroute électorale sans précédent, dans la fraction la plus minoritaire de la majorité parlementaire. Aussitôt, celui-ci affiche sans vergogne une allégeance stupéfiante aux ultras du MEDEF et au président du patronat français. Il se fait acclamer par eux et renchérit aussitôt sur des mesures de la réaction la plus grossière comme le contrôle des chômeurs. Pendant ce temps, le pays agonise dans le chômage ; la pauvreté et la mal-vie s’étendent. L’inconscience à l’égard des défis écologiques et les impératifs de l’intérêt général humain sont stupéfiants de désinvolture. Et quoi encore ? La France est aussi engagée dans des guerres et des soutiens au plan international sans aucun débat public. Quoiqu’il arrive, quelle que soit la forme de la protestation du pays, qu’elle soit électorale, sociale, parlementaire, la monarchie présidentielle n’en a cure. Dès lors, le discrédit de toutes les institutions de la démocratie est si élevé que seule l’extrême droite peut y prospérer. Ses progrès sont un symptôme. La violence de la réaction du pays encore davantage : aux élections européennes, le peuple a laissé l’extrême droite se mobiliser sans réagir et en s’abstenant massivement. Mais c’est la cause qu’il faut traiter. Le pouvoir ne peut avoir recours au coup de force permanent qu’à la faveur d’institutions qui le lui permettent. Notre diagnostic commun était le bon le 5 Mai 2013 : c’est la forme du régime qui est en cause, c’est la constitution de la Cinquième République qui rend tout cela possible.

 

 

- C’est cela qu’il faut changer de fond en comble

Parfois on m’objecte : tout ça est trop abstrait, il faut mobiliser les gens à partir de leurs problèmes concrets. On sous-entend par là les questions de salaires ou de services publics et ainsi de suite. Pour ma part, je ne crois pas que l’action politique ne devient « concrète » qu’avec des discours tournés vers des clientèles concernées. Ni qu’il soit de bon augure de sous-estimer la capacité de compréhension du grand nombre. Une immense majorité de gens comprend que la question posée est : qui décide dans la société et au nom de quoi. Cette question est révolutionnaire. Elle ne connait pas de frontière. Elle s’applique aussi bien à la société tout entière qu’à la vie dans l’entreprise. Pourquoi la citoyenneté s’y arrêterait-elle ? Ce raisonnement conduit à donner une place essentielle aux processus constituants dans les révolutions de notre temps. Car en définissant la Constitution, le peuple s’identifie à ses propres yeux. Il se constitue lui-même en quelque sorte. Par exemple en disant quels droits sont les siens, en organisant sa façon de prendre les décisions, en définissant l’ensemble des pouvoirs qui agissent pour faire fonctionner tout cela.

 

 

- Le processus constituant est l’acte fondateur de la conquête de la souveraineté par le peuple

Ce n’est pas un à côté de la stratégie révolutionnaire de notre temps. C’est son vecteur politique. Dans cet approche, se battre pour la convocation d’une Assemblée constituante, c’est ce battre d’abord pour l’existence même du peuple comme acteur de l’Histoire. Le peuple est constituant ou il n’est rien, comme Marx disait du prolétariat qu’il était révolutionnaire ou bien qu’il ne serait rien. Tout cela souligne l’importance d’une reconstitution solennelle du peuple politique. Il s’agit donc bien de convoquer une Assemblée constituante. Sans sa convocation, sans les élections qui la forment, sans les auditions de toutes sortes qu’elle doit organiser, la Constitution n’est qu’un coup de force supplémentaire. On en a assez vu ! Car depuis la promulgation de la Constitution de 1958 en France, le texte a été changé vingt-deux fois sans consultation populaire. Et, bien sûr, sans aucune participation des citoyens à la rédaction du texte ou des changements prévus. Quant à nous, il ne s’agit pas simplement de changer la règle du jeu mais de prendre le pouvoir. La Constituante dont je parle n’est pas un arrangement technique pour peaufiner les rouages. C’est une révolution de l’ordre politique pour répondre aux questions concrètes que le système est incapable de régler. Dans mon esprit, ce projet doit nécessairement reposer sur une action de masse dont les principes d’organisation doivent correspondre au projet. Autrement dit : tout le monde doit pouvoir y participer et l’animation doit être collégiale et tournante.

 

 

- Je crois en effet que les esprits y sont prêts

Dans tous les pays où l’on a fait appel à cette démarche, la réponse a été toujours très ample et au-delà des prévisions. Ce n’est pas une découverte pour moi. Je vais me permettre de me citer. Le 5 mai je m’étais exprimé avant le départ de la marche[1]. Et voici comment je m’étais résumé : « Rien n'est plus puissant, dit Victor Hugo, qu'une idée dont l'heure est venue ! Rien ne sera plus puissant que ce mouvement pour la 6ème République que nous construisons ensemble et dont vous voyez qu'il s'élargit, qu'il n'appartient à personne sinon qu'à vous-mêmes. Ce mouvement va encore s'élargir et je vous appelle à le construire là où vous êtes !"

 

Ma proposition devant le Parti de Gauche cet été est de reprendre l’ouvrage là où nous l’avions laissé avant la calamiteuse période des municipales.

 

Note

[1] Voir vidéo ci dessous

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

Discours de Jean-Luc Mélenchon - Marche citoyenne pour la 6ème République 5 mai 2012

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 09:40
Hollande ne pourra pas dissoudre le peuple

C’est finalement dans le TGV qui m’a conduit  puis ramené des Karellis, lieu traditionnel de l’université du PCF où j’étais convié à plusieurs débats, que j’ai trouvé le temps d’écrire cette note de rentrée. « Ma » rentrée pourtant, comme la plupart de mes camarades du PG, date de plus d’une semaine. Mais les occupations liées à notre Remue-Méninges à Grenoble ne m’ont pas laissé le temps d’assurer une concordance entre cette rentrée militante et sa traduction écrite.  Tant mieux : que n’aurai-je sinon raté ! Les déclarations de Montebourg et Hamon, Valls 2 succédant à Valls 1 ; François Hollande se donnant des airs « de » sous une pluie torrentielle à Sein puis à Paris (quoi que l’on puisse considérer cet accompagnement pluvieux comme faisant partie des constantes du Président de la république) ; Macron remplaçant Montebourg ; une standing ovation du Medef pour le 1er ministre ; son donneur d’ordre, Gattaz, annonçant les prochaines mesures antisociales du gouvernement avec, pour commencer, la dérégulation des seuils sociaux et du travail dominical ; l’abandon de tout encadrement des loyers etc… Bref autant de signes de l’accélération d’une crise politique et de régime. Si prégnante qu’elle n’a même pas pu attendre que soit passée l’université d’été du PS pour se manifester.

 

Donc où en sommes-nous ? A en croire les éditorialistes de la pensée unique qui se sont relayés cette semaine, eux aussi sont rentrés, tout pourrait maintenant rouler pour le gouvernement Valls 2. D’une part, le premier ministre dispose désormais d’hommes et de femmes qui adhèrent à sa politique. Fini les « gêneurs » de type Montebourg susceptibles d’effrayer les marchés et d’irriter Mme Merkel par des saillies certes impuissantes mais quand même mal venues. D’autre part, le Medef a adoubé Manuel Valls comme rarement premier ministre l’a été  sous la 5ème. Et s’il fallait encore rassurer les marchés et les actionnaires, la nomination d’un de leurs représentants, Emmanuel Macron, constitue la cerise sur le gâteau.

 

Source : le Blog d'Eric Coquerel Secrétaire national du parti de Gauche

- Vers l’échec assuré

Un Hollande à l’aise dans ses baskets de social libéral, une équipe prête à jouer loyalement le jeu, l’officine des patrons les plus libéraux derrière lui et la confiance des marchés : tout serait donc en place pour que la livraison des chiffres du chômage en juillet soit la dernière de ce type. On sait bien que ce ne sera pas le cas. Car en appliquant toujours plus drastiquement une politique vieille de 15 ans, celle du Blairisme triomphant, Hollande fait subir à notre pays les « recettes » qui ont menées dans le mur la France comme l’Europe. C’est en effet le moment de rappeler où en est la « reprise » de la zone Euro annoncée par ce charlatan depuis deux ans : comme la France, la croissance de l’Allemagne stagne et l’Italie est déjà entrée carrément en récession. Il n’y a donc pas besoin d’être devin pour décrire la situation  dans trois mois. C’est celle d’aujourd’hui : chômage en progression constante, activité en berne, toujours moins de services publics et de protection sociale, profits et dividendes des actionnaires en hausse. Et courbe de popularité du Président et du premier ministre au plus bas.

 

François Hollande ne réglera rien car c’est la politique à laquelle il croit – je résume : la main invisible du marché finira bien par arranger les choses si on lui fait suffisamment d’offrandes – qui est mauvaise et non pas spécialement les personnes qui l’appliquent. Même si en l’espèce, ils sont en plus mauvais.

 

C’est pourquoi François Hollande va échouer. Et à ce rythme je ne vois pas le gouvernement Valls 2 durer plus longtemps que le « glorieux » gouvernement de « combat » qui l’a précédé. Et si Hollande tient jusqu’en 2017, il y arrivera en lambeaux, mal parti pour franchir le 1er tour. Le socialiste Stéphane Delpeyrat a dans un tweet aussi rageur que lucide bien résumé le risque : « les 3% nous les atteindrons j’en suis sur. En mai 2017 ».

 

 

- Le peuple n’adhère pas au libéralisme

  • Pourquoi ces certitudes ?

Parce que le Medef n’a jamais fait une majorité dans ce pays. Pour des raisons historiques que ce billet n’a pas pour vocation de  détailler, mais dont la première est le souffle encore porteur de notre grande révolution,  le peuple français ne s’est au fond jamais converti à l’idéologie libérale. Sans forcément d’ailleurs emprunter des choix politiques clairs pour le dire. L’histoire de la 5ème le montre : Chirac bat le régent Balladur en dénonçant la fracture sociale, Sarkozy passe sur une entourloupe en s’appuyant sur la faiblesse du PS mais aussi l’ambigüité des discours concoctés par Gaino, Hollande l’emporte parce que l’Elysée vaut bien pour lui une grande messe contre la finance au Bourget et que justement son prédécesseur est châtié pour son libéralisme. Jusqu’à quand cela tiendra-t-il ? La question mérite d’être posée : la confusion qu’installe François Hollande en suivant la voie ouverte par Sarkozy, ayant un effet déflagrateur sur le peuple pourtant le plus politique au monde.  Mais j’ai la certitude que ce travail de sape ne sera pas suffisant pour inverser d'ici 2017 ce mouvement inscrit dans la longue durée. D’autant que notre peuple paye toujours davantage les conséquences néfastes de cette politique libérale. 

 

C’est l’analyse faite d’ailleurs par Marine Le Pen. Pourquoi sinon le Front national libéral et atlantiste de Jean-Marie Le Pen  s'avancerait-il désormais comme un parti national capitaliste ? Les ethnicistes ont compris que la prise du pouvoir en France est à ce prix. C’est aussi pourquoi, sur fond de crise, rien n’est assuré en cas de duel entre Marine Le Pen et un représentant de la droite traditionnelle au 2ème tour : pas sur  que cette fois un appel à la démocratie suffise à élire un représentant du camp libéral. Et si c’est le cas ce sera au profit d’une droite toujours plus travaillée par le programme xénophobe et antirépublicain du FN.

 

De cette analyse, on comprendra que qualifier un représentant de notre « camp » au 2ème tour de la Présidentielle est à bien des égards la meilleure assurance pour éviter le pire à notre pays.

 

  • Comment ?

En s’appuyant sur la formidable armée de réserve qui existe. Celle qui s’est largement abstenue aux européennes, qui ne supporte pas la politique appliquée mais qui, aujourd’hui, ne voit personne ou nulle force à même de la contester concrètement. Qu’elle s’abstienne en 2017 et la voie peut être ouverte pour Mme Le Pen ou en tous cas pour une droite travaillée par l’idéologie de l’extrême droite.

 

On aura compris que je ne crois pas dans la possibilité que le PS empêche ce scénario. Je pense même que François Hollande est en passe de le dissoudre comme l’ont été les partis de la gauche traditionnelle en Italie. J’écoute certains frondeurs en appeler à un congrès de leur parti, certains que Valls est minoritaire en son sein. Je ne partage pas cette illusion. Bien sûr, ce dernier n’a atteint que 5% à la primaire socialiste mais François Hollande en était sorti en tête et en dehors d’Arnaud Montebourg, aucun de ses concurrents ne dérogeait sur le fond au social libéralisme. Ce n’est qu’ensuite, en février 2012, que devant la poussée de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche, Hollande a fait dans la critique de la finance. Mais souvenez-vous de son interview au Guardian publié quasi en même temps que le Bourget. Ce rapport de force a-t-il changé dans le PS ? L’université de La Rochelle transformé en happening et où les frondeurs mobilisés ont fait entendre fortement leur voix pourrait le laisser penser. Je n’y crois pas. Je considère que ce parti a en réalité changé de nature comme de sociologie militante. D’ailleurs si les frondeurs se font entendre, et vu la brutalité de Valls cette semaine le contraire aurait été étonnant, il s’est trouvé 200 autres députés pour se dire en solidarité avec la politique menée. Il est fort possible, comme la SFIO à son époque, que le PS meure du « Hollandisme ». Mais d’ici là, ce n’est pas de lui que viendra l’issue. L’imaginer, concentrer nos efforts militants sur ce mirage nous ferait non seulement perdre un temps précieux mais semer encore plus d’ambiguïté sur notre compte vis à vis des français.

 

 

- Pour un Front de Gauche utile à construire son propre dépassement

  • L’issue viendra-t-elle du seul FDG et l’unité de l’autre gauche ?

Cela a été l’axe stratégique du PG depuis sa création. C’est dire s’il fait partie de notre ADN. Non sans réussite. Nous sommes ainsi quasiment parvenus à rassembler toute l’autre gauche. Avec le résultat que l’on sait : les 4 millions de voix de Jean-Luc Mélenchon en 2012 ont crédibilisé notre démarche. Mais pour finir deux ans après sur le récif des Européennes. Je ne reviendrai pas sur l’ensemble des raisons de cet échec. Je l’ai fait largement dans mes billets de juin. Mais la principale est celle-ci : nous n’avons pas été suffisamment dissociés de LA « gauche » qui gouverne pour apparaître comme son alternative plausible. Or, comme l’a affirmée justement Jean-Luc Mélenchon dans son discours de clôture à Grenoble, force est malheureusement de constater que « le système n’a plus peur de la gauche ». Résultat : en dehors de sa partie la plus politisée, le peuple qui veut le contester ne se tourne plus vers ce qui s’apparente à LA gauche. Injuste mais bien réel.

 

  • Est-ce à dire que FDG ne sert plus à rien ?

Evidemment non. Nous avons eu tant de mal à rassembler cette énergie militante qu’il serait stupide de la déconstruire gratuitement. Mais le FdG doit aujourd’hui utiliser cette capacité militante dans un projet qui nécessairement doit le dépasser. Comment fédérer le peuple, le remettre en mouvement, lui donner envie de reconquérir sa souveraineté politique ? Voilà la question. Il serait injuste de dire que le FdG ne se la pose pas depuis quelques temps. La notion de Front du peuple, progressivement reprise par les forces qui le composent, en est l’écho. On voit bien en tous cas que ce n’est pas le seul FdG, ni même la seule addition de forces politiques, qui sera à même d’atteindre cet objectif d’ici 2017. Il peut toujours par contre en être l'outil principal. S'il change.

 

 

- Le moteur du changement : la souveraineté du peuple

Le peuple ne se tournera donc pas vers nous s’il nous perçoit comme l’appendice contestataire d’un PS fantasmé comme le centre incontournable de la gauche. Mais ce ne sera pas non plus suffisant de lui proposer de nous mettre en tête de la gauche pour ensuite transformer celle-ci. Nous ne sommes pas parvenus à le convaincre de cette utilité, nous y parviendrons encore moins dès lors que Hollande et Valls captent la notion de gauche au profit d’une des politiques les plus socialement droitières de la 5ème République. II faut voir plus loin, plus large, plus en capacité de concrétiser le fait majoritaire dans un mouvement totalement indépendant du système et des jeux d’alliance qu’il implique, PS compris. C’est la raison pour laquelle Jean-Luc Mélenchon a mis sur la table le projet d’un mouvement pour la 6ème République au point de souhaiter y consacrer le plus clair de son temps. On aura compris qu’on ne parle pas là seulement transformation institutionnelle mais bien de changement de République au sens littéral du terme : une république citoyenne, sociale et écologiste en lieu et place de la monarchie présidentielle et de plus en plus oligarchique qui corsette la souveraineté populaire. Raison pour laquelle, seul le peuple pourra la constituer à travers l’assemblée qu’il se donnera pour cet objectif. 

 

Remettre le peuple en mouvement dépasse donc la simple accumulation de courants et de forces politiques. Un mouvement pour la 6ème république nécessitera ainsi  l’irruption de collectifs permettant une implication citoyenne maximum sans que l’on demande à ses membres de décliner leur appartenance politique.

 

Le Parti de Gauche va s’y engager. Nous allons, dès son Assemblée générale du 6 septembre, proposer la même chose au Front de Gauche. S’il veut jouer encore un rôle majeur, il ne peut plus être le lieu des ambigüités stratégiques et des polémiques qu’il a été depuis 2012. Cela implique déjà qu’il soit capable assez vite, la fin de l’année semble une butée réaliste respectueuse de la souveraineté de ses organisations, de se réorienter vers une stratégie nationale qui ne peut être, pour commencer, que celle de l’autonomie vis à vis du PS aux prochaines élections. C’est une condition de son utilité et de son maintien.

 

 

- Combattre le gouvernement Valls 2 comme n’importe quel gouvernement de droite.

Les autres forces et courants de la gauche anti austérité ? Dire que c’est le peuple qu’il faut ambitionner de fédérer indique l’objectif essentiel. Le moyen dont nous ne pouvons nous passer pour réussir. Mais il serait stupide de ne pas chercher à mobiliser dans ce dessein la dynamique accélératrice que ces forces peuvent constituer. Ce n’est pas l’un ou l’autre. Si nous pensions l’inverse, nous arrêterions de construire le parti de gauche. Nous entendons donc œuvrer à l’unité de tout ce qui s’oppose à la politique actuelle.  C’est notamment le cas des collectifs issus de la marche du 12 avril qui veulent travailler à l’unité la plus large sur le front social des syndicats, associations, partis. Pour mieux résister mais pas seulement. Nous devons plus que jamais démontrer notre capacité à apporter des réponses immédiates et concrètes aux questions premières que se posent les français, l’emploi en premier lieu. Celles que sans attendre nous serions à même d'appliquer au gouvernement pour rompre avec le libéralisme et le productivisme et apporter un mieux-être rapide au pays.

 

Tout cela participe à la bataille contre le gouvernement Valls 2.  Qu’il faut évidemment  combattre sans attendre les Présidentielles comme nous le ferions de n’importe quel gouvernement de droite. Sa légitimité ne tient qu’à un fil, il faut faire en sorte de le faire tomber. Les autocollants « Valls Démission » sortis par le PG au moment où, ministre de l’intérieur, il promouvait sa politique du bouc émissaire  (il a largement continué cet été), vont pouvoir ressortir !

 

 

- Le révélateur du vote de  confiance à un gouvernement qu’il faut faire tomber

Dans notre esprit,  le processus alternatif décrit dans ce billet concerne tous les opposants de gauche. J’estime cependant que se profile un test décisif pour tous ceux qui appartiennent à l’actuelle majorité gouvernementale : c’est d’en sortir ! Franchement. Voilà pourquoi nous demandons aux « frondeurs » de tous type, qu’ils soient socialistes, EE-LV ou MRC de s’opposer réellement à la politique de Valls en empêchant qu’elle sévisse plus longtemps. Sinon rien ne sert de se sentir fort à l’applaudimètre à la Rochelle. Ils ne doivent pas voter la confiance au gouvernement et à fortiori, s’il passe cette épreuve, son budget. Non pas s’abstenir mais voter contre. C’est le courage que nous leur demandons de démontrer à ceux qui les ont élus mais aussi la condition pour construire ensemble l’avenir. C’est aussi un service pour eux-mêmes car le peuple ne fera pas le  tri entre ceux qui appliquent cette politique avec entrain et conviction et ceux qui la permettent en râlant. Hollande peut arriver à dissoudre le PS, voir la gauche mais pas le peuple… Et la note que ce dernier présentera sera salée.

 

 

- C’est reparti !

Je voudrais finir cette note en parlant du Parti de Gauche. L’échec des Européennes a pesé dans notre histoire et sur chacun d’entre nous. Nous sommes des militants faits de chair, de convictions et de sentiments, dévoués à une cause qui ne nous rapporte aucun confort matériel, au contraire. Nous avons nos fragilités. Juin a ainsi été difficile à passer pour beaucoup d’entre nous après la fatigue accumulée et la tension des élections municipales et européennes. Comme tout groupe humain, nos douleurs ne sont pas seulement politiques. Nous ne sommes évidemment pas immunisés contre la fragilité et la finitude de l’humanité. La disparition aussi inattendue qu’injuste de notre camarade et éditeur Bruno Leprince survenue la veille de notre Remue-méninge nous l’a rappelée dramatiquement.  J’ai toujours considéré que l’un des moteurs de l’engagement politique, dès lors qu’il n’est pas seulement un plan de carrière,  était de transcender notre nature éphémère en l’inscrivant dans une communauté de destin présente et à venir. Une chaine fraternelle qui nous conduit à nous battre pour l’actuelle humanité mais aussi pour ceux qui viendront après nous. Pour qu’ils puissent continuer à vivre sur cette planète et si possible mieux que nous. C’est, je suis sur, ce qui nous pousse à agir et à militer malgré tout, et encore plus, quand beaucoup d’entre nous redoutent qu’il soit trop rapidement minuit dans le siècle.  Nous refusons l’inéluctable.

 

Dans cette période difficile, notre Remue Méninge a été un moment politique exaltant dont nous ressortons plus forts. A son issue un militant ma interpellé d’un joyeux « c’est reparti ! ». Je l’ai gardé en esprit car il résumait bien je trouve le sentiment général. Parce que nous avons commencé collectivement à définir une autre stratégie, parce que nous en sommes sortis en ayant des idées claires sur « que faire ? ». Parce qu’aussi, au cours des débats et ateliers, tous remplis, nous avons appris des choses et en sommes sortis plus intelligent que nous n’y étions entrés. Et ce, grâce aussi à nos invités qui, tous, ont été pertinents et souvent brillants.

 

Accepter comme nécessaire le retrait de la coprésidence de Jean-Luc Mélenchon et de Martine Billard, nous a conduit à commencer aussi à réorganiser notre direction. Dans celle-ci je m’occuperai dorénavant de la coordination politique du PG sans cesser, pour le moment, de gérer les relations unitaires. Je vais me consacrer du mieux que je pourrai à cette nouvelle fonction, certain que si notre PG n’est pas une fin en soi, mais un outil, il reste terriblement précieux dans le moment politique que nous vivons. Et que cela donc vaut le coup de le renforcer.  Pour mieux combattre l’insupportable.

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 09:32
 (3ème partie/fin) : Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée.

- Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée (1ère partie).

 

- I – La politique désastreuse des gouvernements de François Hollande

- II – L’intégrité morale des hommes politiques remise en cause sur une vaste échelle

- III – Confusionnisme politique et brouillage des repères. Le désarroi des électeurs

- IV – La stagnation du Front de gauche.

- V – Il existe bien deux gauche en France, comme en Europe : une gauche qui remet en cause radicalement l’hégémonie de la classe dominante et une autre qui s’en accommode

- VI – Le dipôle UMP – PS déforme les lignes du champ politique

 

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- Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée (2ème partie).

 

- VII – Refonder le Front de gauche ? Vers un Front du peuple ? Refonder la gauche ?

 

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Sources : Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Hervé Debonrivage

- Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée (3ème partie).

 

- VII – Refonder le Front de gauche ? Vers un Front du peuple ? Refonder la gauche ? (suite et fin)

 (3ème partie/fin) : Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée.

Le parti communiste des ouvriers de France (POCF, membre du FdG se pose aussi la question de l’organisation et indique dans son document d'analyse post-électorale du 02/06/2014, sur son site : "On nous dit souvent qu’il faut dépasser le caractère de cartel d’organisations. Nous pensons, quant à nous, que la question est plutôt de dépasser le cadre d’un cartel purement électoral. C’est sous cet angle qu’il faut, à notre avis, poser la question des adhésions individuelles : si on en reste aux questions purement électorales, s’il s’agit de désigner des candidats… nous n’avancerons pas davantage dans l’implication du plus grand nombre.…" Et il insiste sur la nécessité d’avoir une structure permettant de franches discussions aboutissant à de bons compromis.

 

Pour le Front de gauche, la proposition du philosophe marxien Jacques Bidet est tout à fait intéressante. On peut se reporter à son article dans l’Humanité du 7 mai 2014 intitulé : "Un avenir pour le Front de Gauche" Je souscris, pour ma part, totalement à son point de vue et j’invite vivement le lecteur à prendre connaissance de ce texte qui a le mérite d’être relativement court.

 

[E. DURAND : je considére moi aussi que sa proposition est la meilleure qui puisse être mise oeuvre :

....Non pas des « Associations du Front de Gauche », conçues comme des sections locales fictives d’un parti qui n’existe pas, mais quelque chose de plus large : des « Associations pour le Front de Gauche ». Elles auraient la responsabilité de coordonner la réflexion et l’action à mener au plan local, en participation à la réflexion et à l’action au plan national...]...

Non pas des « Associations du Front de Gauche », conçues comme des sections locales fictives d’un parti qui n’existe pas, mais quelque chose de plus large : des « Associations pour le Front de Gauche ». Elles auraient la responsabilité de coordonner la réflexion et l’action à mener au plan local, en participation à la réflexion et à l’action au plan national. - See more at: http://www.humanite.fr/un-avenir-pour-le-front-de-gauche-par-jacques-bidet-philosophe-526470#sthash.fsxgqMO7.dpuf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une autre idée intéressante est celle de Roger Martelli dans le webzine Regards du 31 mai 2014 . "Réflexions pour le Front de Gauche"…Il n’y a donc pas de solution purement partisane à la crise politique actuelle. Inutile d’envisager un parti central, au cœur d’une galaxie étendue, comme le PCF y parvint pendant quelques décennies ; mais un front de partis, fût-il élargi, ne suffit pas non plus. Le contact entre formations politiques est utile ; il n’est pas « la » solution. S’il faut reconstruire, c’est dans deux directions : associer à la construction de projets et d’initiative politique des forces et des individus qui ne sont pas dans le champ étroitement partisan ; bâtir des formes de fonctionnement collectif selon des modèles coopératifs, en réseaux, qui contredisent la tendance forte à confondre centralité et verticalité hiérarchique."

 

Mais encore faudrait-il ne pas oublier l’existence de l’Humain d’abord", qui certes n’est pas un programme définitif mais qui n’en reste pas moins un projet collectif de référence pour le FdG.

 

 

 

 

 

Un point de départ très basique, est que chaque composante du FdG veille à ce que son propre fonctionnement soit démocratique, c’est-à-dire prenne le temps d’organiser cette démocratie conformément aux statuts qu’ils ont choisis.

 

Remarquons que le soi-disant conflit de leadership pour le Front de gauche invoqué par certains responsables politiques et journalistes n’est qu’un écran de fumée : – tendant à masquer une carence organisationnelle structurelle et fonctionnelle du FdG – et tendant à éluder le véritable conflit de fond qui est le choix entre l’autonomie prônée par le Parti de Gauche et l’alliance avec le PS au premier tour des élections défendue par la direction du PCF. Remarquons d’ailleurs que la quasi-totalité des composantes du FdG considère que celui-ci doit être une organisation politique autonome alternative au PS.

 

Toujours sur cette thématique de l’organisation, une autre contribution qui fait réfléchir est celle de Jean Rabaté, dans le journal l’Humanité : "Front de gauche : l'adhésion directe est-elle souhaitable, nécessaire ou inopportune ? "

 

 

[E. DURAND : Je pense moi aussi que les adhésions directes.... "conduiraient tôt ou tard à la formation d’un nouveau parti et signeraient très probablement la fin du Front de Gauche en tant que facteur du large rassemblement plus que jamais nécessaire...]...

 

 

 

 

 

 

J’ai eu l’occasion sur le site du PG Midi Pyrénées d’apporter une contribution massive sur le thème : Le Front de gauche doit améliorer sa puissance organisationnelle, En utilisant les apports des sciences humaines contemporaines : théorie des organisations et de l’intelligence collective, la coopération en intelligence artificielle distribuée, etc.
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Première partie
- Seconde partie
- Troisième partie

On peut trouver dans cette étude les différents outils conceptuels permettant de penser une nouvelle organisation articulant les différentes composantes du Front de gauche.

 

C - Le capital symbolique du FdG doit être le miroir de son programme et de son projet de société.

Nous avons vu précédemment comment le capital symbolique pouvait se trouver déformé et même écrasé par l’optimisation du capital économique et perdre de son sens pour les électeurs. Ainsi, l’identité politique du FdG émanant de son projet de société et de son programme ne doit pas être assujettie à des considérations et stratégies relatives à la préservation ou à l’accroissement de son capital économique.

 

De cette manière, la perception du champ idéologique du FdG par la population n’est pas déformée par des comportements électoralistes d’alliance contre nature, de carriérisme, de lutte de places. Le capital symbolique du FdG se trouve ainsi préservé et est le reflet fidèle de ses positions économiques, sociales et culturelles structurant son champ idéologique.

 

Dans le cas contraire, le programme l’Humain d’abord est perçu comme un document démagogique, un catalogue de promesses électorales qui ne seront pas tenues. Le champ idéologique du FdG subsiste mais son capital symbolique s’effondre, et évidemment avec lui, ses scores électoraux. Dans une telle configuration, les agents politiques du FdG gardent leurs convictions mais leur crédibilité et leur audience tendent vers zéro.

 

Cette préoccupation de rendre indépendant, autant que faire se peut, le champ idéologique du FdG de son capital économique doit être d’autant plus affirmée que l’appareil idéologico–médiatique met tout en œuvre pour déformer ce champ, voire même l’effacer, afin d’affaiblirle plus possible son capital symbolique.

 

Nous avons vu aussi que le champ idéologique politique était bipolaire : CI = L U AL. (Le champ idéologique est l’union de deux composantes : le champ idéologique libéral et le champ idéologique antilibéral).

 

Les partis de droite et sociolibéraux sont porteurs de L et les partis de "l’Autre gauche" sont porteurs de A L. Toute la stratégie de la grande bourgeoisie au travers ses médias est d’écraser le capital symbolique correspondant à AL en usant de tous les moyens technologiques et cognitivo – psychologiques possibles. De sorte que tout comportement politique de "l’Autre gauche" conduisant à déformer son propre capital symbolique concourt à la réalisation des objectifs de la grande bourgeoisie.

 

D’autre part, la stratégie des alliances a aussi un autre inconvénient : le processus de contamination de la désespérance des électeurs. Les partis dominants entraînent dans leur chute les partis avec lesquels ils ont établi des alliances. C’est-à-dire que l’altération du capital symbolique des partis dominants se propage au sein du capital symbolique des partis alliés. Ce phénomène est confirmé par les résultats électoraux et les indices de confiance envers les partis politiques établis par les instituts de sondage.

 

D - Le FdG fort de son capital symbolique propre ne doit pas faire cavalier seul.

L’affirmation d’une identité politique propre ne signifie pas que le FdG doive s’encapsuler dans son organisation : bien au contraire, une identité forte lui permet de s’ouvrir largement sur l’ensemble du mouvement social, en contractant par exemple des alliances circonstancielles de lutte avec d’autres forces de gauche. (Voir ci-dessus 2B) et être un pôle central de résistance contre les politiques d’austérité et de régression sociale comme l’invite la coordination FdG dans son communiqué du 25 juin 2014.

 

Néanmoins, le piège à éviter est de dissoudre son capital symbolique dans un flux d’actions purement défensives faisant oublier son programme : l’Humain d’abord. Le FdG n’est pas une organisation de contestation de nature syndicale mais d’abord une force de proposition capable de prendre le pouvoir et mettre en œuvre une politique alternative . Le FdG ne peut définir son identité par une simple capacité de rassemblement et d’organisation des actions. Pour utiliser une métaphore, un catalyseur joue son rôle de catalyseur en raison de sa structure propre.

 

Le travail sur le programme et le projet de société, sur l’organisation, sur la formation, demande beaucoup de temps et ne doit pas être sacrifié sur l’autel de l’électoralisme et de l’activisme réactif, ce qui a été le cas jusqu’à présent, avec les résultats pitoyables que l’on connaît

 

4 - Qu’entendre par radicalité ? Radicalité ne signifie pas extrémisme

Abécédaire des réalités concrètes

Abécédaire des réalités concrètes

Le caractère ouvert et intégratif du programme du Front de gauche permet et facilite d’éventuelles alliances avec d’autres partiis de gauche tout en affirmant clairement son identité politique. Mais cette qualité intégrative ne signifie pas une intégration des idées d’autres mouvements sur n’importe quelle base. Cette intégration ne doit pas être contradictoire avec les orientations radic ales en rupture avec le capitalisme contemporain défendues par le FdG. Mais encore faudrait-il préciser ce que l’on entend par "radicalité" car ce mot même accompagné de l’adjectif "concrète", car sans précision de son contenu, il ne signifie rien. Cela nécessite, par exemple de définir clairement le périmètre de socialisation des moyens de production et d’échange (en précisant les différentes formes de cette socialisation par secteur : nationalisation, gestion territoriale, économie sociale et solidaire dont les coopératives, etc.). Quel contrôle pour imposer le pluralisme aux médias ? Quelle gestion des entreprises publiques et privées et quels nouveaux droits pour les travailleurs ? Quels types de gestion et d’encadrement pour le secteur financier et boursier ? Quelle fiscalité progressive sur le capital sur le travail ? Quelle doit être l’échelle des revenus ? Doit-on rendre au secteur public la totalité des bords de mer et de rivières ? Doit-on confisquer tout patrimoine excédant deux millions d’euros ? Quels grands principes pour une sixième république notamment dans le domaine de séparation des pouvoirs ? Ne pas aborder ces questions lorsque l’on parle de radicalité, c’est joué du pipeau. Évidemment je n’ai cité que quelques exemples et cette liste de questions est loin d’être exhaustive. (Pour alimenter la réflexion l'abécédaire des radicalités concrètes).

 

Lorsque l’on aborde concrètement ces questions et que l’on fait varier le curseur sur la ligne de partage public / privé autrement dit sur la graduation : intérêt général/intérêts privés, on s’aperçoit que la qualification "d’extrême gauche" attribuée au Front de gauche relève d’une escroquerie intellectuelle destinée à faire peur à la petite bourgeoisie et notamment aux socialistes "affligés" ou "frondeurs" qui, vus sous un autre angle, sont des socialistes apeurés et je ne parle pas ici des écologistes verts de peur. La mesure de la radicalité du FdG ne s’effectue pas à l’aide d’un sonomètre indiquant, en décibels, l’intensité sonore de la voix de Mélenchon dans un meeting, mais par une calme lecture du programme l’Humain d’abord, éclairé par une lampe de chevet.

 

Si, par aventure, quelconque petit-bourgeois apeuré – pas forcément membre du PS – faisait le louable effort de réaliser cette lecture, il constaterait alors que ce texte est loin de développer des positions extrémistes. Et si, de surcroît, ce texte évoquait en lui des réminiscences chrétiennes, et que, poussé par la force de sa curiosité, il s’enquérait de l’existence d’un texte analogue dans la littérature chrétienne, la curiosité ferait place à l’ébahissement. Se révélerait à lui que la politique sociale de l’Église actualisée par Benoît XVI dans son encyclique sociale Caritas in vertate (2009) dans ses thèses économiques et sociales ,convergent totalement avec le contenu de "l'Humain d'abord"  : affirmation d’une économie plurielle, développement des droits des travailleurs, lutte contre la pauvreté et des inégalités, développement de l’économie sociale et solidaire, prédominance du travail sur le capital, nécessité de maîtriser la finance etc..

 

Lisant ainsi cette encyclique à la lumière de quelques cierges, il découvrirait que sa position politique n’est pas à gauche mais bien à droite de celle du Vatican. Mais il invoquera alors, ce qui est martelé par les médias, les questions sociétales telles le mariage pour tous, la contraception et l’avortement (mesures qui concernent 1 % à 2 % des individus réellement concernée par une application effective de la loi à leur cas), cataloguant ainsi le Vatican de réactionnaire. Jeu un peu facile : c’est oublier que de refuser la maîtrise réelle de la finance et la réduction radicale des inégalités, c’est jeter des millions de personnes au chômage, faire sombrer des pans entiers de la société dans la pauvreté, provoquer la mort de millions de personnes dans le monde faute de nourriture ou de soins, etc. Alors quels sont les plus réactionnaires ? (Mais de toute façon, cette question ne se pose pas pour le FdG, puisque celui-ci a toujours défendu le mariage pour tous, la contraception et l’IVG).

 

Mais tous les socialiste affligés et les écologistes ne sont pas forcément apeurés car un certain nombre d’entre eux ont effectivement lu l’Humain d’abord et souscrivent à ses propositions. C’est donc pour une autre raison (que la peur engendrée par leurs fantasme d’extrémisme) , bien plus proche des réalités terrestres, que ceux-ci ne rejoignent pas le FdG. S’ils ne rejoignent pas le Front de gauche, c’est en raison du risque d’une perte de leur capital économique, autrement dit, du fait que le FdG n’offre pas les possibilités de promotion à la hauteur de celles offertes par le PS. Une rupture avec le PS occasionnerait une perte de tous les avantages que leur procure leur maison-mère.

 

Quant au nouveau parti, La Nouvelle Donne : nouvelle arnaque ? peut-on lire dans un article très amusant d'Agora Vox. Je ne sais. En tout cas, vu la proximité, voire l’identité de ses thèses, par rapport à celles du Front de gauche , on peut s’interroger sur les raisons de son existence, comme le fait l’auteur de l’article

 

[E. DURAND : Je m'interroge moi aussi sur l'émergence de cette nouvelle organisation à gauche du PS ? Relai ? Miroir aux alouettes ? A qui profite le "crime" ?]

 

 

 

 

 

- VIII – La conquête de l’autonomie.

L’ensemble des éléments contenus dans l’étude précédente conduit donc à soutenir le point de vue suivant :

 

...pour que le Front de gauche puisse continuer à exister et puisse se développer, il faut que la totalité de ses composantes affirme une stratégie autonome, indépendant du PS.

 

 

 

 

 

Concrètement, cela signifie le refus de toute alliance avec le PS au premier tour des élections et une alliance au deuxième tour négociée au cas par cas. C’est son identité politique qui est ici en jeu et la préservation de son capital symbolique, autrement dit de sa crédibilité et de ses capacités à faire adhérer les citoyens à son projet et son programme Si l’une de ses composantes refuse cette stratégie et reste au sein du Front de gauche, la totalité du FdG sera entraînée par sa chute prévisible.Le processus est déjà en cours.

 

Observons que cette manière de voir rapprocherait alors considérablement les organisations appartenant au groupe G3 et au groupe G4. Cette stratégie suppose l’acceptation d’une éventuelle décroissance, sur le court terme, de son capital économique.

 

Elle suppose aussi une structure organisationnelle autrement plus élaborée et pensée que l’embryon d’organisation électoraliste existant actuellement. La mutualisation des moyens matériels et humains, l’utilisation des techniques modernes d’information couplées aux pratiques traditionnelles du porte-à-porte, d’assemblées citoyenne, etc, non seulement sur les périodes électorales mais en continu, permettrait d’augmenter considérablement à la fois la diffusion des idées et le capital symbolique du FdG. Cela suppose aussi une stratégie d’action concernant les médias

 

Fort heureusement, la stratégie d’autonomie est largement répandue au sein du Front de gauche.

- Sans aucune ambiguïté, le Parti de gauche défend cette stratégie avec détermination. On peut se reporter par exemple à l’article de Martine Billard coprésidente du Parti de gauche. "La stratégie d’autonomie par rapport au PS est indispensable et incontournable dans le journal l'Humanité  ; 

 

- Un certain nombre de personnalités du PCF sont aussi d’accord avec cette stratégie d’autonomie. Ainsi on peut se référer aussi à l’article, dans le même journal : Tribune collective Nicole Borvo Cohen-Séat, Marie-Pierre Boursier, Patrice Cohen- Séat, Jean-Paul Duparc, Élisabeth Gauthier, Frédérick Genevée, Alain Hayot, Francis Parny : "…L’objectif est de travailler à une nouvelle majorité de gauche ayant vocation à gouverner dans les toutes prochaines années. Face à un pouvoir socialiste qui refuse de se remettre en cause et dont les choix sont soumis au Medef et à Bruxelles, il nous faut donc continuer de proposer une rupture avec cette gauche libérale, ce qui suppose, aux premiers tours de toutes les élections politiques, des candidatures et des listes distinctes de celles du Parti socialiste. Dans ce cadre, la question clé est celle d’un rassemblement suffisamment large pour devenir une alternative crédible. Le Front de gauche a été créé dans cette perspective. L’espoir qu’il a suscité au moment de la présidentielle n’a pas été confirmé aux municipales et aux européennes Mais, comme Syriza en Grèce, nous devons faire preuve de persévérance et de créativité." ;

 

- De même, Clémentine Autain a développé cette thèse lors des dernières élections municipales. Néanmoins, son ambition d'élargir le Front de Gauche aux "frondeurs" du PS, (Qui rappelons-le ont voté le budget, celui de la Sécu, la réforme ferroviaire... du gouvernement Hollande – Valls) est incompatible avec une telle stratégie d’autonomie par rapport au PS ;

 

- On ne sera évidemment pas étonné de la position de la Gauche anticapitaliste qui prône aussi cette autonomie.

 

On peut penser que cette question vitale sera tranchée définitivement au sein du Front de gauche d’ici quelques mois En espérant que le PCF évitera un éclatement en son sein entre les autonomistes et les alliantistes.

 

Mais une chose est certaine.

Les médias soutiendront les alliantistes dans l’espoir de faire imploser le FdG et de faire disparaître le reste de capital symbolique du PCF qui a déjà été très entamé par sa participation à la gauche plurielle celle-ci ayant été incapable de répondre aux espérances sociales (emploi, retraites,…)

 

 

 

 

 

 

 

- IX – Capitaliser et accroître l’intelligence collective au-delà des échéances électorales

Nous indiquons ici les liens permettant d’accéder à chacun des acquis de l’intelligence collective des partis de la gauche antilibérale.

. Construire de nouveaux projets, de nouveaux programmes, nécessite aussi d’avoir une mémoire, de ne pas répéter les erreurs du passé et donc de prendre en compte le travail collectif passé. Il ne s’agit évidemment pas d’en faire des textes intangibles mais de les considérer comme des éléments de réflexion enrichissant le travail présent et futur. Évidemment, cette liste n’est pas exhaustive, d’autant que l’accès à ces données n’est pas forcément évident, comme nous allons le voir Le texte de base de départ est, pour le FdG : L’Humain d’abord Programme l’Humain d’abord L'humain d'abord Programme l'Humain d'abord ;

. Le texte de synthèse des collectifs anti libéraux en 2005 Les 125 propositions. Cliquez ici ici ou la ;

. Le texte du  programme commun du 27 juin 1972 ;

. La déclaration de Paris de 2003 contre la corruption( Les propositions d'Eva Joly et des juges anticorruption européens) ;

. Les 18 thèses pour l'éco-socialisme du Parti de Gauche ;

. Le Texte du 36e congrès du PCF ;

. Les 34 propositions de La Nouvelle donne ;

. Programme de EE–LV 2012 "Vivre mieux. vers une société écologique" ;

. Manifeste des économistes atterés ;

. 20 mesures pour une réforme bancaire par l’association ATTAC France ;

. Proposition pour le financement de la transition énergétique ATTAC France ;

. Grand marché transatlantique Non à l’Europe américaine (Le Parti de Gauche) ;

. Que faire de l'Europe ? Fondation Copernic ATTAC France ;

. Le programme du NPA.

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 09:31
(2ème partie) : Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée.

Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée (1ère partie).

 

- I – La politique désastreuse des gouvernements de François Hollande

- II – L’intégrité morale des hommes politiques remise en cause sur une vaste échelle

- III – Confusionnisme politique et brouillage des repères. Le désarroi des électeurs

- IV – La stagnation du Front de gauche.

- V – Il existe bien deux gauche en France, comme en Europe : une gauche qui remet en cause radicalement l’hégémonie de la classe dominante et une autre qui s’en accommode

- VI – Le dipôle UMP – PS déforme les lignes du champ politique

 

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Sources : Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Hervé Debonrivage

- VII – Refonder le Front de gauche ? Vers un Front du peuple ? Refonder la gauche ?

(2ème partie) : Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée.

1 - Des affirmations de refondation parfois trop réactives et pas assez réfléchies.

Suite aux résultats électoraux désastreux des partis de la gauche au printemps 2014 et à l’orientation ultralibérale du gouvernement Hollande, différentes réunions et prises de position concernant l’avenir du FdG et plus généralement de la gauche ont eu lieu.

 

Pourtant observons d’abord qu’il est relativement difficile d’émettre un jugement solide sur la signification des résultats des élections européennes pour la raison suivante : Les Français sont de plus en plus sceptiques concernant le bien-fondé à l’appartenance de la France à l’union européenne comme en témoigne par exemple les derniers sondages.

 

De ce fait pour un grand nombre d’entre eux ils n’accordent pas grand intérêt à ces élections. "Ainsi, en dix ans, ce soutien a baissé de plus de 15 points, passant de 67% à 51% (avec une accélération remarquable depuis 2009, -11 points), traduction d’une méfiance grandissante vis-à-vis de l’Union ". Les sondages indiquent que cette désaffection est encore bien plus marquée pour les couches populaires.

 

Dans un article intitulé : "Européennes : le Front de gauche progresse sans élan," le journal L’Humanité du 27 mai indiquait avec justesse que le nombre de voix obtenues par rapport aux élections européennes de 2009 avait légèrement progressé (6,47 % 1 114 872 voix). Ce résultat cache de fortes disparités d’une circonscription à l’autre. Le Front de gauche obtient son meilleur score dans la circonscription sud-ouest avec Jean-Luc Mélenchon qui fait son entrée au Parlement européen avec plus de 8 % des voix.

 

D’autre part, pour ces deux dernières élections, municipales et européennes, ce qui semble échapper à la quasi totalité des responsables du FdG – et c’est bien triste – c’est que les médias déploient une stratégie de marginalisation absolue à l’égard des représentants FdG. Et au lieu de s’interroger à la seule lumière de ces résultats (pipés), sur le bien ou mal fondé de l’alliance avec le PS, au lieu d’invoquer de soi-disant querelles d’egos, ils devraient examiner en tout premier lieu, avec sérieux, comment la diffusion de leurs idées occupe bien peu d’espace par rapport à celles du PS, de l’UMP et du FN.

 

Évidemment les médias ne sont pas les seuls responsables : l’autre raison tient à un déficit organisationnel du FdG. D’autre part, s’il est parfaitement vrai que la stratégie d’alliance avec le PS a une incidence sur les résultats électoraux, nous verrons plus loin pourquoi, il faut bien comprendre que les médias n’ont pas une attitude neutre par rapport à cette stratégie d’alliance ou de non alliance du FdG avec le PS.

 

Mais revenons à notre propos. On peut se rendre compte de la préoccupation de refonder le Front de gauche en parcourant la presse et quelques sites :

- "Passer du Front de gauche au front du peuple" titrait le journal l’Humanité du 20 juin 2014 Un projet de gauche pour la France ;

-  "Parti de gauche et PCF appellent à un Front du peuple chacun de leur côté" titrait Libération 15 juin 2014 ;

-  "Où v a le Front de gauche ?" titrait le webzine Les Inrocks Du 21 juin 2014

Article intelligent, présentant clairement les deux options incompatibles d’une refondation du Front de gauche ou d’un front du peuple. L’une restant dépendante du PS en voulant intégrer les socialistes et écologistes affligés (qui n’ont pas, pour autant, rompu avec le PS), l’autre voulant construire une force indépendante alternative au PS.

 

- Lors de son dernier Conseil national, le Parti de gauche a appelé à une "refondation" du Front de gauche et à la "convocation d’assises ouvertes", afin de "clarifier sa stratégie électorale" et de "réactualiser son programme", "Mélenchon ne privilégie plus son tête-à-tête avec le PCF au sein du Front de gauche" indiquait le Blog de France info du 15 juin 2014 ;

 

- Dans une perspective de recomposition de la gauche rose –rouge – vert, "Il faut réfléchir avec un coup d’avance pour rebondir en cas de déroute de notre camp. La recomposition de la gauche se fera vraisemblablement autour d’un axe rose, vert, rouge. La famille des socialistes doit plus que jamais maintenir des liens avec des formations comme le Front de Gauche (FDG) et Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) au lieu de construire de nouvelles majorités avec l’UDI..." pouvait-on lire dans l’Express du 15/0 5/2014 comme réponse de Liêm Hoang-Ngoc, membre du bureau national du PS et de l’aile gauche du parti, économiste et eurodéputé sortant aux journalistes. En savoir plus ICI  ;

 

- Dans la même veine, sur le site de la gauche unitaire (GU) on pouvait lire dans un article titré : "Poursuivre le débat de planification engagée au Front de gauche"

"Le Front de Gauche doit sortir des postures incantatoires, pour se replacer au cœur de la gauche, y porter une politique pour toute la gauche et y défendre la perspective d’une nouvelle majorité rose-vert-rouge rassemblant les forces et les partis qui refusent la politique libérale de François Hollande et Manuel Valls. Un nouvel élan est à ce prix !"

 

Cette prolifération de prises de position pour "élargir" ou "refonder" le FdG relayée, par les médias, fait dire à une blogueuse de Mediapart il s’agit d’une" grande offensive."

 

Mais un esprit critique vis-à-vis des médias devrait se poser la question : pourquoi soudainement autant de micro tendus pour entendre Pierre Laurent et d’autres , alors que leur présence sur les plateaux lors des trois dernières élections était plutôt fantomatique ?

 

 

 

 

 

 

Le journal l’Humanité a eu le mérite de laisser s’exprimer différents points de vue dans un dossier intitulé : "Le débat est ouvert".

 

Concernant notre propos, nous retiendrons les suivants :

- Tracer la perspective d’une alternative en France et en Europe par Martine Billard, Christian Picquet et Anne Sabourin

- Sur les luttes et les alternatives, comment construire un rassemblement à gauche  ?

- Des communistes pour une refondation ambitieuse du Front de gauche

- Crise de la politique, Front de gauche et élections européennes  : et maintenant  ?

- Gérard Piel : "Le prolongement du FDG est notre seule chance de résister"

- "Le Front de Gauche doit créer les conditions du nouveau bloc majoritaire"

- Un front du peuple pour la démocratie, l’égalité et la justice sociale

- Sur le blog de Mediapart du mouvement Ensemble du FdG , on pouvait lire le 6 juillet 2014 : " "Après l’euphorie des débuts du Front de gauche, sa nature de cartel de partis est devenue un handicap évident aux yeux de tous : électeurs, militants et responsables des formations qui l’ont initié. Désormais, l’idée que le Front de gauche doit se transformer pour faire place aux citoyens est explicitement défendue dans toutes ses instances et elle est portée publiquement… Sauf que cela ne se produit pas…" Source : ICI

- Sur le site du PG Midi-Pyrénées, on pouvait lire début juillet 2014 Gauche : ne plus tarder ! "Des responsables politiques du Front de gauche (PG, PCF, Ensemble...), d’EELV, de Nouvelle Donne appellent à rompre urgemment avec la politique de Hollande et Valls."

 

On assiste donc à une effervescence sans ligne directrice claire (au niveau global) consécutivement au tableau du brouillage des frontières dressé précédemment.

 

Néanmoins le ralliement des "frondeurs" du PS à la politique gouvernementale ainsi que d’une majorité des responsables de EE–LV a le mérite de rendre claires les options idéologiques de ces derniers. L’appel des 100 est resté sans suite !

 

 

 

 

 

 

2 - Programmes et alliances

Pour clarifier la situation, il est nécessaire maintenant de distinguer deux problèmes

 

A - Le problème de l’identité politique de chaque courant de la gauche.

Il ne suffit pas de créer un pôle de résistance contre les agressions multiples du néolibéralisme et de quelque gouvernement libéral ou social–libéral, ce qui réduirait l’action politique à une stratégie purement défensive, mais il faut aussi affirmer une identité politique propre alternative au néolibéralisme et à la politique gouvernementale en place.

 

Et cette identité politique passe nécessairement par l’élaboration d’un projet de société et d’un programme de gouvernement. Une telle élaboration nécessite en amont une analyse économique et sociale structurelle et critique du système capitaliste financiarsé contemporain. À cela s’ajoute une analyse critique des mesures gouvernementales prises par les pouvoirs en place aujourd’hui et ces dernières années.

 

Chaque courant ou parti peut alors avoir des analyses et des propositions alternative spécifiques. Par exemple, le Front de gauche dispose du programme "l'Humain d'abord" constitué de différents apports des partis qui le composent. EE–LV dispose du programme "Vivre mieux. Vers une société écologique". Le PG dispose de "18 thèses pour l'éco socialisme".

 

B - Le problème de l’alliance entre courants distincts

a) Soit pour s’opposer à certains fonctionnements du système capitaliste contemporain et pour s’opposer à une politique gouvernementale jugée par ces courants comme désastreuse pour la population. Cela n’implique pas forcément la demande de démission du gouvernement en place. Cela passe alors par l’élaboration d’une plate-forme politique conjoncturelle commune à la fois critique et constructive. C’est par exemple, la démarche adoptée par les syndicats à certains moments de leur histoire lorsqu’il organisent une unité d’action.

 

b) Soit pour prendre le pouvoir et gouverner ensemble. Cela suppose l’élaboration d’un projet de société et d’un programme de gouvernement commun dans les domaines économique, social, institutionnel et culturel. Ce fut par exemple le cas du programme commun de l’union de la gauche signée en 1972. Cette démarche nécessite la mise en commun des différents programmes afférents à chaque courant et souvent d’âpres négociations

 

3 - Définition d’une identité idéologique et politique

A - Distinguer programme et alliance.

Cette distinction entre ces deux problèmes permet de bien comprendre que l’on ne peut définir une identité politique d’un parti, d’un mouvement, d’un courant par une simple stratégie d’alliance, quelle que soit sa nature, ou par une simple opposition à un système économique ou une opposition à quelque politique gouvernementale.

 

Définir une identité politique nécessite la construction collective d’un programme économique et politique en toute indépendance des pressions exercées par les autres partis ou par les médias.

 

Cette construction collective nécessite aussi un haut niveau d’organisation démocratique qui demande en elle-même une réflexion collective. (On voit donc que la notion de programme n’est pas dissociable de la notion d’organisation lorsque l’on aborde le processus d’élaboration).

 

Ne pas faire cette distinction, c’est sombrer dans l’opportunisme politique, c’est condamner à terme son parti ou courant à la dislocation au gré des aléas des alliances et mésalliances. C’est aussi détruire les frontières politiques avec toutes les conséquences que l’on connaît.

 

Ainsi le Front de gauche ne peut subordonner son identité politique à un simple problème d’alliance ou de non alliance avec le PS ou avec quelconque autre parti.

 

Il lui appartient d’affirmer sa propre vision du monde, son,système de représentations sociales, sa philosophie politique et évidemment un projet de société accompagné d’un programme de gouvernement construits collectivement et démocratiquement, en déconnexion avec les aléas électoraux largement déterminés par la puissance médiatique.

 

 

 

 

 

 

 

D’autre part, l’élaboration de son programme ne peut reposer sur une démarche clanique fermée ou sur le travail d’une commission d’experts déconnectés des réalités sociales mais au contraire sur une démarche ouverte intégrant tous les apports d’autres programmes de partis, de plates-formes de congrès syndicaux ou d’associations, ou de travaux importants réalisés par des universitaires, des parlementaires, etc. jugés comme positifs par les adhérents du Front de gauche.

 

Évidemment tout citoyen de bonne volonté au sein d’assemblées citoyennes et d’ateliers de réflexion peut apporter sa contribution ancrée sur son expérience propre.

 

Bref, ce programme devrait être une condensation des réflexions menées par l’intelligence collective du mouvement social.

 

 

 

 

Il ne faut pas perdre de vue que tous les mouvements sociaux passés ou récents dits "révolutionnaires" qui n’ont pas été portés par un programme clair élaboré par une intelligence collective porteuse des aspirations populaires ont conduit à un échec et parfois à des répressions sanglantes.

 

Cela implique une capitalisation et une exploitation adaptée du travail intellectuel passé et certainement pas une mise au rencard dans les poubelles de l’Histoire de ce travail collectif. Le programme "l'Humain d'abord" devrait-il être jeté dans les corbeilles des bureaux de vote après dépouillement des bulletins de ces dernières élections ?

 

Certainement pas ! Car un programme digne de ce nom ne doit pas être assujetti à une démarche purement électoraliste. Certes ce programme nécessite approfondissement enrichissement, amélioration dans sa forme et dans son contenu, mais il reste une base de travail essentielle dans l’affirmation de l’identité du Front de gauche comme force politique non assujettie aux tactiques et stratégies électorales du moment.

 

L’identité du Front de gauche ne repose pas essentiellement sur des personnalités comme Jean-Luc Mélenchon, Pierre-Laurent, Clémentine Autain, etc. comme s’acharne à le faire croire l’ensemble des médias au service de la grande bourgeoisie, mais repose sur un programme politique de transformation sociale.

 

B - Le problème de la structure organisationnelle du FdG.

Mais un projet de société et un programme de gouvernement ne suffisent pas à définir complètement l’identité politique d’une organisation, surtout lorsqu’elle est composite comme celle du Front de gauche. Il faut qu’existe une structure organisationnelle assurant la cohésion, la coordination , la cohérence de l’action tant au niveau national que local.

 

Le désarroi provoqué par le manque d’organisation du Front de gauche est particulièrement bien exprimé dans un texte intitulé : "Du cartel de partis au rassemblement citoyen" sur le site du mouvement Ensemble du FdG.

 

 

 

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 09:30
(1ère partie) : Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée

La professionnalisation de la politique dans le contexte du néolibéralisme a maintenant pleinement produit ses effets :

- Perte de crédibilité des partis traditionnels,
- corruption,
- progression de l’extrême droite,
- grande difficulté pour les forces politiques alternatives à faire front et s’organiser

 

Sources : Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Hervé Debonrivage

- I – La politique désastreuse des gouvernements de François Hollande

(1ère partie) : Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée

Austérité budgétaire, cascade de reculades et d’engagements non tenus sous la pression des groupes financiers et du Medef la politique économique ultralibérale menée par François Hollande non seulement conduit la France à un désastre économique mais a déjà provoqué deux échecs électoraux successifs d’une grande ampleur générant un champ politique en bouleversement : affaiblissement important de l’influence électorale du PS le plaçant à terme en difficulté financière, stagnation du Front de gauche, montée en puissance du FN (arrivé en tête dans 71 départements) améliorant notablement sa situation financière et abstention record.

 

Colère, résignation, découragement, sentiment de trahison ont conduit une bonne partie de l’électorat de gauche à s’abstenir et une partie de l’électorat populaire à voter pour le Front National.

 

Comme le fait remarquer à juste titre Thomas Piketty, le PS n’a pas mis à profit ses dix années d’opposition, pour élaborer un programme électoral et de gouvernement à la hauteur des enjeux économiques et sociaux (notamment dans le domaine de la fiscalité) qu’exigeait la situation préoccupante de notre pays après 10 années de règne de la droite aggravé encore par la crise financière internationale. On constate ici les effets de l’absence de débats d’idées, de larges concertations avec les syndicats, associations et différentes composantes de la gauche, l’absence d’une ligne idéologique définie : improvisation, opportunisme, absence de perspectives claires et dynamiques.

 

Tout se réduit à une gestion comptable à courte vue reposant sur des dogmes libéraux assis sur aucune base scientifique et dont les effets désastreux sont déjà connus.

 

Je ne m’étendrai pas plus longtemps sur cette politique désastreuse qui a fait l’objet d’une myriade d’articles.... Mais cette politique économique calamiteuse se déroule dans un contexte politique global particulièrement dégradé.

 

 

- II – L’intégrité morale des hommes politiques remise en cause sur une vaste échelle

(1ère partie) : Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée
  • Côté PS, après le scandale Cahuzac, deux conseillers de François Hollande sont mis en cause : Aquilino Morelle et Faouzi Lamdaoui.
  • - Le secrétaire d’État socialiste Jean-Marie Le Guen assujetti à l’impôt sur la fortune, qui a initialement « sous-déclaré » son patrimoine d’environ 700 000 euros à la HAT, devrait subir un redressement fiscal ;

    - La ministre déléguée à la francophonie Yamina Benguigui a cédé à la fin du mois de janvier pour 430 000 € de parts dans une société belge qu’elle n’aurait pas mentionnées dans sa déclaration de patrimoine

    * Au niveau local, des élus ou têtes de liste sont mis en examen :

    - Le député-maire Jean-Pierre Kucheida, Patrick Sève, Jean-Noël Guérini.

    Malgré des reculs concernant le texte sur la transparence du patrimoine des élus, la commission de la transparence rappelle à l'ordre 296 élus. La réticence et les tergiversations des élus pour publier leur patrimoine ne peuvent qu’alimenter la suspicion des électeurs.

     

    • Côté UMP, la situation est bien plus catastrophique encore.

    Suspicion de fraude à l’occasion des élections internes et, guerre des chefs, différentes affaires judiciaires concernant Nicolas Sarkozy, l’affaire Bygmalio 

     

    • Côté FN...

    - Marine Le Pen condamné pour de faux tracts.

    * Au Niveau local, le FN n'est pas non plus épargné par les affaires.

    Trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, jusqu’en mars 2012, Olivier Duguet a été condamné en juin 2012 à six mois de prison avec sursis dans une affaire d’escroquerie au préjudice de pôle emploi dont le montant s’élève à plus de 100 000 euros.

    Les comptes en Suisse de Jean-Marie Le Pe "Le président d’honneur du Front national est aussi visé par une enquête préliminaire sur son patrimoine ouverte fin 2013, déclenchée après que la Commission pour la transparence financière de la vie politique a évalué son enrichissement personnel à 1 127 000 euros entre 2004 et 2009 et l’a jugé suspect", d’après des informations recueillies par Médiapart.

     

    Il est bien évident que quelles que soient les issues judiciaires de ces différentes affaires largement relayées par les médias, ces différentes mises en cause affectent considérablement la crédibilité des responsables politiques.

     

     

    - III – Confusionnisme politique et brouillage des repères. Le désarroi des électeurs.

(1ère partie) : Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée

Il manque un élément au tableau noir précédent pour mieux comprendre la situation dans laquelle se trouvent les électeurs : le brouillage des frontières politiques, ce qui est confirmé par plusieurs sondages.

Tentons de faire un inventaire des différents nuages de brume qui s’accumulent sur la scène politique avant l’orage.

1 . Il n’y a plus de différence entre la ligne économique conduite par le PS et celle conduite par l’UMP ou le centre ;

 

2 . Le Front national pille et récupère un certain nombre de positions du Front de gauche : lutte contre les délocalisations et la désindustrialisation, dénonciation du libre-échange aveugle, nécessité de promouvoir les investissements publics, etc.d’où son attraction, ce qui relativement nouveau, envers une partie des couches populaires ;

 

3 . Et la confusion arrive à son comble lorsque le PCF décide de faire alliance avec le PS au premier tour dans plus de la moitié des communes aux dernières élections municipales, alors que par ailleurs il n’a pas de mots assez durs pour dénoncer la politique d’austérité du gouvernement Hollande et alors que le FdG dispose d’un programme spécifique : "l'Humain d'abord".

 

Dans ces conditions, ce programme ne peut être que perçu comme un slogan électoral dépourvu de contenu ou perçu comme un lot de promesses qui ne seront pas tenues.

 

Consécutivement au tableau précédent décrivant le brouillage des frontières, on assiste donc à une certaine effervescence sans ligne générale claire pour progresser vers plus de lumière.

 

Comment peut-on alors imaginer qu’il existe bien deux gauches en France et non une seule : celle du PS et de ses satellites ? Pour le coup, c’est le FN qui peut apparaître pour une fraction de l’électorat populaire comme celui qui peut être porteur d’une vraie radicalité "Anti système’’ ! Un comble !

 

Cette idée qu’il n’existerait qu’une seule gauche, celle incarnée par le PS, est rabâchée par tous les médias qui n’invoquent que "La gauche" (sous-entendu : le Front de gauche n’existe pas et la seule gauche est le PS). Et évidemment, le FN développe la même idée de concert avec les médias.

 

Et comme toujours, cette confusion favorise non seulement l’abstention mais aussi l’extrême droite

 

 

 

  • Mais la confusion ne s’arrête pas là !

Une partie des élus du PS dits les "affligés" ou "frondeurs" contestent la politique d’austérité de Hollande – Valls

– alors qu’existe déjà les contestataires de la "Nouvelle donne"… qu’ils ne rejoignent pas

– ils continuent de soutenir la politique gouvernementale en votant la réforme ferroviaire le 24 juin, la loi de finances rectificative (PLFR) pour 2014 le 1er juillet, et le 8 juillet, le budget rectificatif de la sécurité sociale (PLFRSS) !

Comme le dit Jean-Luc Mélenchon : "la fronde a fait pschitt !"

 

  • Et la confusion continue encore avec les positions contradictoires de EELV

D’un côté une fraction suivant la position de François de Rugy veut toujours collaborer avec le gouvernement Et l’autre, suivant la décision de Duflot et Canfin décide de quitter le gouvernement

Mais il est clair que, bien que critiques, Jean-Vincent Placé, chef de file des sénateurs écolos, Barbara Pompili et François de Rugy, coprésidents du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, et enfin Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale n’ont nullement l’intention de couper les ponts avec le PS

 

Dans cette confusion générale, pour un nombre grandissant d’électeurs, les partis politiques ne sont plus porteurs d’une ligne politique et d’un programme mais apparaissent comme des écuries électorales dépensant l’essentiel de leur énergie à obtenir à tout prix des sièges grâce à toutes sortes de combines d’appareils et de renoncements..

 

Et pour couronner le tout, le Front National apparaît comme la seule organisation politique ayant une ligne politique claire et non ambiguë notamment du fait que ce parti n’a contracté aucune alliance avec d’autres partis de droite au premier tour des élections.(même s’il peut exister des porosités ponctuelles entre l’UMP et le FN au niveau local ayant conduit au deuxième tour à des désistements du candidat FN pour celui de l’UMP)

 

Dans un tel contexte, ce qui s’impose donc au Front de gauche, c’est la clarification de ses positions et l’affirmation d’un programme et d’un projet de société lisibles et alternatifs non assujettis à des contingences électorales et à une géométrie variable.

 

 

 

 

 

 

- IV – La stagnation du Front de gauche.

(1ère partie) : Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée

Une question alors simple s’impose, et qui est d’ailleurs assez souvent posée par des journalistes à des responsables du Front de gauche : comment se fait-il que la situation politique dégradée actuelle ne profite pas au Front de gauche mais engendre plutôt l’abstention et un meilleur ancrage du Front National ? Pire encore, toutes les prévisions économiques Front de gauche sont confirmées par les faits. Ses analyses économiques sont, pour l’essentiel, partagées par un grand nombre d’économistes pas forcément affiliées au FdG. En outre, contrairement aux autres partis, aucun responsable du FdG n’a été l’objet de quelconques poursuites judiciaires.

 

La réponse est le plus souvent évasive ou de type économiste : c’est la faute de la politique économique d’austérité de François Hollande, de l’abandon des fondamentaux économiques de la gauche,…Ou encore d’autoflagellation invoquant des carences qui ne mettent pas en évidence la question fondamentale de la capacité de diffusion des idées du FdG.

 

En voici un exemple emblématique, parmi d’autres : "…mais le Front de gauche n’apparaît toujours pas comme une alternative au social-libéralisme. C’est une question majeure qu’il faut désormais prendre à bras-le-corps. Je suis convaincu de la justesse de la stratégie de Front de gauche, mais je m’interroge sur ses contours et sa mise en mouvement. Le Front de gauche dans sa forme actuelle (cartel d’organisations), dans la cohérence de son projet (qu’oppose-t-il concrètement aux idéologies du coût du travail et de baisse de la dépense publique, ou bien encore à la dérive présidentialiste ou sur la laïcité... ?), dans l’image qu’il véhicule (trop force d’opposition et non de propositions, trop sectaire et pas assez susceptible de rassembler au-delà de lui-même des socialistes et des écologistes, des syndicalistes et des acteurs culturels, des féministes et des antiracistes...), bref le Front de gauche ne fait pas envie."

 

Ces explications apparaissent comme extrêmement insuffisantes comme réponses à la question. Nous allons, pour notre modeste part, essayer d’y répondre.

L’absence de percée du FdG lors des dernières élections relèvent des causes suivantes :

1 . La politique désastreuse de François Hollande dont l’impopularité frappe aussi le FdG – du fait que celui-ci lui a apporté 4 millions de voix au premier tour des présidentielles. – du fait que le PCF a contracté de nombreuses alliances avec le PS au premier tour des élections municipales. Pour de nombreux électeurs, le FdG apparaît ainsi comme coresponsable de la situation actuelle ;

 

2 . La stratégie de marginalisation du FdG par les médias tendant à gommer son existence sur la scène politique, c’est-à-dire l’existence même d’une seconde gauche. Cela se réalise par utilisation de trois tactiques : – déséquilibres considérables dans les temps de parole et espaces rédactionnels au détriment du FdG et à l’avantage de l’UMP et du PS. Aucun débat ou quelconque publicité concernant le programme du FdG " L’humain d’abord." – formatage libéral et dépolitisation – mise en avant du FN ;

 

3 . L’absence d’une stratégie politique à l’égard des médias et plus généralement concernant tous les moyens d’information et de communication. L’absence d’une organisation structurée et dynamique entre les différentes composantes du FdG fondée sur la coopération et la mutualisation des moyens techniques et humains. L’absence enfin d’une politique de formation des militants et des citoyens à la hauteur des enjeux et de la complexité sociale et économique.

 

Il résulte de tout cela une faible diffusion des idées et des propositions du FdG malgré les efforts considérables et tout le talent de Jean-Luc Mélenchon notamment lors de ses meetings pour éclairer les citoyens.

 

 

 

 

 

 

- V – Il existe bien deux gauche en France, comme en Europe : une gauche qui remet en cause radicalement l’hégémonie de la classe dominante et une autre qui s’en accommode.

J’ai évité ici d’utiliser la terminologie gauche radicale ou anticapitaliste et gauche réformiste ou réformatrice car ces termes sont tellement galvaudés qu’il est difficile de les utiliser sans en préciser le sens. Je préfère une terminologie relative au positionnement des sous-groupes dominés par rapport à la classe dominante.J’ai développé ce point de vue, plus en détail, ailleurs. Les turbulences qui agitent le PS au cours de son histoire, ne peuvent faire oublier qu’il existe bien deux gauches en France.

 

On ne va pas refaire ici l’histoire du parti socialiste, mais chacun sait que le PS a non seulement a accompagné le néolibéralisme depuis 1984 mais a été un agent actif pour sa construction et son développement malgré les quelques réformes sociales importantes qu’il a pu mettre en œuvre, réformes qui ont été ensuite l’objet d’attaques et de régression (retraite à 60 ans, loi de 35 heures notamment).

 

  • On peut se référer à l’excellente "Histoire du réformisme en France depuis 1920" (de 1920 à 1974 édité en 1976 aux éditions sociales ) rédigé par un collectif d’historiens. Cet ouvrage en deux tomes n’a pas été réédité mais on peut se le procurer d’occasion sur Internet pour un prix dérisoire au regard du volume considérable de données historiques qu’il contient ;
  • Pour la période 1981 à nos jours, on a une bonne rétrospective critique du PS réalisée par le sociologue Jean-Pierre Garnier dans une vidéo "La deuxiéme droite" faisant ainsi référence au livre du même titre qu’il a publié en 1984 –86 et réédité en avril 2013. L’extrait de la vidéo à partir de la 27ème minute sur la néo petite bourgeoisie est particulièrement éclairant et permet en effet de ne se faire aucune illusion sur les velléités des "frondeurs" du PS ;
  • Pour la période récente on peut aussi se référer au livre de Michel et Monique Pinçon Charlot "La violence des riches", aux chapitre où il est question du parti socialiste.(notamment le chapitre III). Le livre est disponible en ligne ICI.

 

Nous avons d’ailleurs consacré un article à ce sujet sur ce site "Les réseaux de François Hollande dans le monde le la finance".

 

Tout citoyen qui connaît l’histoire du parti socialiste et de ses relais syndicaux, sait parfaitement que ce parti est hégémonique, et possède son propre système Tina (There is no alternative) de sauvegarde. Sa composante majoritaire ne se laisse guère influencer ni par les courants internes censés représenter la gauche du PS, ni par quelconque pression extérieure de gauche.

 

Certes pendant de brèves périodes, le PCF a pu influencer et infléchir à gauche la direction du PS, mais cela était possible en raison du poids électoral du PCF de l’époque (conditionnant ainsi par désistement l’élection de très nombreux candidats socialistes) et de l’existence de la puissance soviétique.

 

Mais avancer un tel argument depuis les années 1995 relève de l’aveuglement ou plutôt de la mauvaise foi.

 

 

 

 

Il est vrai que certaines luttes sociales de forte intensité peuvent influer et infléchir quelque peu la fraction dominante du PS, mais celle-ci est beaucoup plus sensible aux pressions du Medef et des banques qu’aux revendications des salariés. Mais observons que ces luttes sociales ont relevé plutôt de la responsabilité des organisations syndicales que du PCF.

 

Dans de telles circonstances, plutôt exceptionnelles, les parlementaires du Front de gauche ont pu prendre le relais et avoir une certaine utilité ponctuelle en déposant des amendements plus favorable aux salariés.

 

Combien d’amendements déposés par les parlementaires communistes ou du Front de gauche (pression extérieure) ou par les parlementaires socialistes dits contestataires (pression intérieure) ont été retenus ? Une quantité négligeable du point de vue statistique ? Il est dommage que le site des parlementaires du FdG, (par ailleurs tout à fait soucieux de l’information des citoyens car leur site est très informatif), ne nous permet pas de disposer d’une telle information qui pourrait être actualisée après chaque saison parlementaire. Ensuite un bilan pourrait être fait sur la totalité de la mandature

 

 

- VI – Le dipôle UMP – PS déforme les lignes du champ politique

(1ère partie) : Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée

Nous empruntons à Pierre Bourdieu les concepts sociologiques de champ, de capital symbolique et de capital économique.

 1 - Les institutions de la Ve République favorisent la bipolarisation de la vie politique en France. Difficile pour un petit parti de survivre. Ce système institutionnel incite les partis à contracter des alliances pour pouvoir maintenir leur existence. Ces institutions déterminent les règles du jeu du champ politique (représentatif) pour une bonne part. Elle favorise la personnalisation et les concentrations de pouvoir.

 

2 - Par ailleurs, la professionnalisation de la vie politique détermine les conditions d’existence matérielles et morales des élus.

 

Ainsi, l’UMP et le PS sont les principaux pourvoyeurs de salaire et d’emplois pour ces professionnels de la politique via les dotations de l’État, (plus généralement de la puissance publique) et des dotations émanant d’organismes ou de personnes privés. Ils ont aussi pourvoyeurs de prestige et de postes permettant d’exercer différents pouvoirs.

 

Sont concernés par ces salaires (appelés souvent indemnités) et emplois non seulement les élus eux-mêmes (que Bourdieu appelle les mandataires) mais leurs colistiers, leurs conseillers, une partie du personnel territorial, une partie des fonctionnaires d’État et de responsables de multiples organismes techniques et même certains membres de leur famille Son évidemment, sont concernés aussi les fonds propres et l’emploi des permanents de ces partis.

 

Même le PCF n’échappe pas à cette analyse : il dispose de permanents, il crée de l’emploi dans différents journaux, magazines. Certes les 40 librairies de son réseau de diffusion n’existent plus mais il en reste quelques-unes survivantes "Tout ceci donne le sentiment d’une absence de réflexion globale sur la place du livre au sein du monde communiste. Il n’est donc guère étonnant que l’édifice se soit totalement effondré avec la fin du « communisme réel ». À ce jour, il n’existe plus de maisons d’édition intrinsèquement liées au PCF (mais des éditeurs proches comme Le Temps des cerises et La Dispute), et il ne reste que quatre des 40 librairies que compta le réseau La Renaissance-Messidor" (Source : le Parti Communiste Français et le livre)

 

Mais le PCF n’est évidemment pas le parti rêvé pour les carriéristes car une partie des indemnités est versée au parti. "En 2011, , 46% des revenus du PCF, soit plus de 14 millions d’euros, provenaient de ses élus. Les dons représentaient aussi une part non négligeable de son budget (16%) avant le financement public (12%) et les cotisations de ses adhérents (10%)." Source : ICI.

 

Les subventions de l’État perçues par les partis politiques dépendent du nombre de voix obtenues et du nombre d’élus. "Ainsi, en 2013, le montant global versé aux partis et formations politiques de métropole et d’outre-mer s’est élevé à 70 083 332,15 € dont notamment : 28 480 742,50 € pour le PS ; 19 870 309,79 € pour l’UMP ; 5 543 646,41 € pour le FN ; 3 521 792,11 € pour Europe Écologie-Les Verts ; 3 222 320,99 € pour le PCF (décret n°2013-430 du 27 mai 2013) Plus d’informations ICI.

 

En outre, en cas d’échec électoral, le réseau construit par le parti ou l’élu sur de longues années permet un reclassement non seulement de l’élu mais aussi d’un certain nombre des agents politiques ou administratifs "victimes" de la défaite : le parti joue le rôle d’une agence de reclassement. Mais tout ce processus, évidemment, ne se réalise pas toujours sans difficultés et dans la transparence.

 

Observons que  le montant de ces indemnités est loin d'être négligeable  surtout dans un contexte de rigueur salariale qui dure depuis 30 ans et dans un contexte de chômage de masse qui frappe aussi les personnels hautement qualifiés.

 

En appliquant le concept d’idéologie développé par Marx dans son célèbre ouvrage L’idéologie allemande et par Althusser, aux responsables politiques, il est clair que l’idéologie des élus, c’est-à-dire leur ligne politique, est influencée par ces facteurs économiques : c’est l’effet de ce qu Bourdieu appelle le capital économique (CE).

 

3 - Capital économique et capital symbolique dans le champ politique.

Les représentations sociales et politiques déterminant notamment des options de programmes et de projets de société constituent le champ idéologique des responsables,des militants politiques et en particulier des élus Les vecteurs stables de propagation de ce champ sont les partis politiques, les médias et plus généralement les appareils idéologiques. Dans leur forme communicationnelle, on les nomme souvent convictions.

 

Le champ idéologique des élus ou représentants (appelés mandataires par Bourdieu) tel qu’il est perçu par les électeurs (appelés mandants) constitue le capital symbolique de ces mandataires (voir un cours sur les concepts de Pierre Bourdieu ICI).

 

Il est possible de rapprocher la notion de capital symbolique à celle de "valeur perçue" utilisée en marketing : "La valeur perçue est la valeur d’un bien, d’une marque ou d’un service qu’un individu perçoit, au-delà de sa valeur d’usage et/ou de sa valeur d’échange. La valeur perçue est donc subjective en fonction des besoins de l’individu, mais également en fonction de la perception qu’il peut avoir de l’élément concerné" (source : l'encyclopédie du marketing.

 

Ce champ idéologique (CI) et ce capital symbolique sont plus ou moins assujettis au capital économique (CE) et se trouve ainsi déformés voire même partiellement altérés ou écrasés lorsque les agents politiques accordent plus d’importance à leur capital économique qu’à leur capital symbolique pour les raisons expliquées ci-dessus.

 

Cette situation n’est pas sans analogie avec le couple conceptuel valeur d’usage/valeur d’échange développée par Marx. Dans le système capitaliste, le pôle dominant est la valeur d’échange des marchandises exprimées monétairement par leur prix. L’aliénation des partis politiques dans le cadre d’un système capitaliste de plus en plus financiarisé avec le néolibéralisme est la domination du capital économique sur le capital symbolique. Cette aliénation induit un comportement politique bien connu : l’électoralisme. L’activité politique se résume aux campagnes électorales.

 

Cette professionnalisation conduit aussi à utiliser des techniques de marketing de type commercial : appel à des agences de communication, spin doctors, utilisation des instituts de sondage pour connaître les idéologies des populations cibles et pour avoir un indice de popularité, utilisation synchrone des différents supports médiatiques pour véhiculer la bonne parole, les bons slogans, etc.

 

Les partis politiques deviennent alors des écuries de course électorale, des entreprises concurrentes se partageant les parts du marché électoral.

 

 

 

 

Tels sont les moyens mis en œuvre pour optimiser le capital économique (en maximisant le nombre de postes de pouvoir obtenus aux élections et donc les ressources financières) et l’action du champ idéologique (par l’étendue et l’ampleur des procédés de persuasion à destination des mandants, appelés plus couramment électeurs). Ce type de management politique poussé à sa logique extrême aboutit à la marchandisation du politique c’est-à-dire que le capital symbolique (positions idéologiques) devient un "argument de vente" pour augmenter le capital économique. Dans un tel cas, l’agent politique ne croit plus à ce qu’il dit mais construit des discours de toutes pièces en fonction des études sociologiques du marché idéologique électoral réalisé par les instituts de sondages.

 

Précisons maintenant la nature du champ idéologique des partis.

Nous avons défini dans un autre article comment les dominés se positionnent en quatre sous-groupes par rapport au groupe dominant "G". Nous plaçons dans le contexte historique actuel de la France. Je rappel schématiquement cette typologie.

  • Le groupe G1 est le sous-groupe des "collaborateurs" : il partage totalité des représentations de la classe dominante. Politiquement, il est constitué des partis de droite. L’extrême droite en est la roue de secours si les sous-groupes G3 et G4 deviennent plus importants que les deux premiers groupes.
  • Le groupe G2 est le sous-groupe des "collaborateurs critiques" : il partage en bonne partie les mêmes représentations que le premier groupe dans le domaine économique. Ses différences s’affirment surtout dans le domaine sociétal Politiquement, il est constitué du PS, du PRG et de EELV. Ces deux groupes partagent l’idéologie du libéralisme avec ses différentes variantes.
  • G3 est le sous-groupe que j’ai appelé "réactif" qui ne partage pas le système de représentations dominant mais qui n’a pas élaboré un système idéologique et politique élaboré de remplacement. Politiquement, il est constitué des partis dits d’extrême gauche et de la mouvance anarchiste.
  • Le sous-groupe G4 que j’ai appelé "cognitif" ne partage pas non plus les représentations sociales et politiques du groupe dominant et dispose d’un système de représentations propre alternatif. Politiquement il est constitué des partis du Front de gauche. Syndicalement, il est essentiellement constitué de la CGT, la FSU, Sud solidaire Les groupes G3 et G4 partagent une idéologie anti-libérale avec quelques variantes.

 

Le champ idéologique "CI" est donc bipolaire : libéral (L) et antilibéral (AL). Ce n’est rien d’autre que l’expression idéologique de la lutte de classe entre dominants et dominés si l’on adopte un point de vue marxiste.

 

4 – Le jeu d’alliances assujetti au capital économique est régi par le dipôle UMP –PS

a) Lorsque deux partis d’un même sous-groupe de dominés établissent une alliance, pour conserver ou accroître leur capital économique, le capital symbolique respectif de chaque parti ne se trouve pas trop altéré.La lisibilité politique reste relativement claire et la confiance des électeurs (croyances dirait plutôt Bourdieu) n’est pas trop entamée si l’alliance a été réalisée loyalement. C’est par exemple le cas de l’UMP et de partis du centre. Pour ne pas perdre un nombre de sièges importants, de nombreux centristes ont préféré se rallier à Nicolas Sarkozy et à l’UMP plutôt que de suivre de manière autonome François Bayrou et le MoDem.

 

Mais ce n’est pas toujours le cas, si l’alliance ne se réalise pas loyalement et devient conflictuelle. C’est par exemple le cas de l’alliance PS –EELV. Dans tous les cas, le parti dont le capital économique est le plus important est (ou a tendance à être) hégémonique.

 

b) Lorsque deux partis de deux sous groupes de dominés différents contractent une alliance, pour conserver ou augmenter leur capital économique, le capital symbolique de chaque parti se trouve altéré dans des proportions semblables s’ils ont un capital économique de niveau à peu près équivalent.. C’est généralement le cas pour les alliances contractées par des partis de droite et sociaux démocrates en Europe

 

Si l’un des deux partis a un capital économique beaucoup plus faible que l’autre, celui-ci voit son capital symbolique fortement altéré voire écrasé La confiance des électeurs se trouve alors fortement remise en cause. Les repères politiques sont alors brouillés C’est le cas de l’alliance PCF–PS. Au fil des alliances successives avec le PS depuis les années 1990, le capital économique et le capital symbolique du PCF ne font que décroître, pouvant même le placer derrière les partis du groupe G3 qui n’ont contractés aucune alliance avec le PS (Voir les détails statistiques cliquant ICI et LA

 

5 – Lorsque le capital économique fait exploser le capital symbolique

Lorsque l’augmentation du capital économique jusqu’à l’enrichissement personnel devient le moteur principal de l’action politique, la corruption et la violation des lois républicaines peuvent s’installer d’abord dans l’opacité puis parfois apparaître au grand jour.

 

D’autre part, la politique marketing, ponctuée de meetings extrêmement coûteux, d’une stratégie publicitaire budgétivore, peut devenir un gouffre financier pour certains partis et conduire à des conduites illégales dont on ne détaillera pas ici la variété décrite par Mediapart. Les différents scandales consécutifs à ces pratiques ont pour conséquence une quasi destruction du capital symbolique porté par certaines personnalités ou même par la totalité d’un parti dont la crédibilité alors s’effondre.

 

La situation devient alors critique pour la démocratie lorsque cet effondrement touche la quasi-totalité des partis. Et c’est effectivement le cas en France depuis ces 10 dernières années où les taux d’abstention ne font que croître pour atteindre des valeurs record.

 

Les médias parlent alors de la "crise de confiance des Français envers la classe politique". Ainsi, selon un sondage du CEVIPOF de janvier 2014, 87% des Français pensent que les responsables politiques se préoccupent peu ou pas du tout de ce que pensent les gens D’autre part,69% des personnes interrogées estiment que la démocratie en France ne fonctionne pas très bien ou pas bien du tout, contre 48% en 2009. (Ce sondage a eu lieu avant l’affaire Bygmalion et la mise en examen de Sarkozy).

 

Cela fait dire au sociologue Jean-Pierre le Goff "Nous assistons aujourd'hui à l'autodestruction du monde politique".

 

 

 

 

Mais cette hypertrophie de l’importance accordée au capital économique finit par retourner celui-ci contre lui-même lorsque la justice se mêle de l’affaire et provoque alors un effondrement financier.

 

6 – Lorsque le capital économique modifie le capital symbolique par mimétisme stratégique

Comme le montrent certaines études ou reportages récents, le FN n’est pas épargné par la politique marketing et l’obsession d’augmenter son capital économique. Pour capter l’électorat populaire et se parer d’une image défendant les intérêts des travailleurs, le FN reprend à son compte un certain nombre de thématiques du Front de gauche qui constitue pour lui son principal concurrent pour ce type d’électorat. Ainsi est-il amené à modifier jusqu’à le restructurer son ancien capital symbolique destiné aux classes moyennes (commerçants et artisans, professions libérales). Cela ne l’empêche pas pour autant de conserver certains anciens marqueurs comme la dénonciation du fiscalisme, de l’immigration sauvage, etc. lui permettant en même temps de se distinguer du Front de gauche et de conserver son électorat traditionnel.

 

L’absence d’alliances électorales officielles avec l’UMP lui permet d’avoir un capital symbolique propre le présentant comme une force politique alternative possible pour une frange non négligeable de l’électorat. Cette stratégie se paye par un nombre d’élus très restreints affectant ainsi son capital économique.

 

 

- VII – Refonder le Front de gauche ? Vers un Front du peuple ? Refonder la gauche ?

 

La suite, voir : "Le Front de gauche en quête d’identité dans un contexte de crise économique et politique généralisée (2ème partie)."

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 10:53
La VIème République.... c'est quoi ça ?

La Vème République est une dame de 54 ans (1958-2012) qui est visiblement à bout de souffle. Ses institutions sont critiquables car le peuple y est éloigné à la fois physiquement mais également idéologiquement des responsabilités politiques.... phénomène qui n'a fait que s'aggraver sous la présidence de François Hollande.

 

Sources : extraits le Parti de Gauche Seclin - Sud Métropole (NORD) mis à jour le 4 septembre 2014

Seule la grande sœur de la Vème République, la IIIème République, a vécu plus longtemps pendant 65 ans de 1875 à 1940 tout en apportant de nouveaux droits :

  • les lois sur l’école gratuite (1881), obligatoire et laïque (1882) ;
  • la loi autorisant la formation des syndicats (1884) ;
  • la loi autorisant la formation d’associations (1901) ;
  • la loi de séparation des Églises et de l’État (1905) ;
  • les lois du Front Populaire (1936) : les premiers congés payés de deux semaines et le passage de la semaine de 48 à 40 heures.

République Française

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- La Vème République

D’abord physiquement puisque le peuple n’a plus la main mise tant au plan national qu’au plan local le pouvoir étant concentré dans les mains du président de la République : il y a une présidentialisation quasi monarchique des institutions. C’est une République dont la Constitution a été rédigée mot pour mot pour le Général de Gaulle et le pouvoir exécutif. Les institutions écrans de la Vème République ont entraîné un tout exécutif au détriment du législatif.

 

Dans le discours de Bayeux du 16 juin 1946, le Général de Gaulle expose la forme que devrait avoir, selon lui, la Constitution d’une République française. Il y expose également la part belle qui serait faite à la personne du chef de l’État qui détiendrait le pouvoir exécutif. Ce voeu a été exaucé à travers l'article 16 de la Constitution de la véme République française qui permet de donner les pleins pouvoirs au président de la République française. La mise en place de la Vème République est intimement liée à la guerre d’Algérie. Le coup d’État du 13 mai 1958 d’Alger par le groupe des sept (extrême-droite) amène le Général de Gaulle à reprendre le pouvoir. Le 1er mai 1958, le général de Gaulle est nommé président du Conseil et obtention deux jours plus tard de la rédaction d’une nouvelle Constitution.

 

Contrairement à la Consitution de la IVème République de 1946 cette Constitution n’est pas rédigée par une assemblée constituante mais par le gouvernement via Michel Debré[1].

 

 

 

 

 

 

- Voici les trois textes qui on été adoptés en vue de la révision constitutionnelle de 1958  :

  • La résolution prise par l’assemblée nationale (le général De Gaulle éloigne la responsabilité nationale du processus constituant).
  • La loi des pleins pouvoirs au profit du gouvernement De Gaulle (écrite sur mesure pour le pouvoir exécutif). La référence institutionnelle est à l’initiative de l’exécutif et pas du législatif.
  • La loi constitutionnelle du 3 juin 1958 via l'article 90 de la Constitution de la Vème République qui autorise la révision de la Constitution de 1946.

 

Le 27 août 1958 le projet constitutionnel est dévoilé au peuple par Michel Debré. Le 28 septembre 1958 ce projet est accepté par référendum à 82 %.

 

La Constitution de la Vème République (dite de 1958) a été révisée 24 fois depuis sa naissance dont 19 fois depuis 1992, ce qui prouve son inefficacité et la volonté, de par les gouvernements de droite successifs, de museler le peuple en inscrivant dans la Constitution des directives imposées par l’Union Européenne.

 

L’autre excès de la Vème République est la déparlementarisation symbolisée par la confiscation de la représentation des citoyen-ne-s avec le transfert du pouvoir politique et financier notamment à l’échelle de l’Union Européenne.

 

Lors des dernières élections présidentielles, d’autres candidat-e-s ont évoqué une nouvelle république ou une république nouvelle. François Hollande a proposé une république nouvelle et pas une nouvelle république (VIème République).... vite remisée au placard des engagements non tenus. Ce qui se traduirait par de nouvelles multiples réformes de la Constitution et de surcroît régressives comme ne pas prendre en compte l’article 2 de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 d’après lequel "la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte".

 

 

Convoquer l'Assemblée constituante de la VIe République- En 2011 et 2012, sein du Front de Gauche et des assemblées citoyennes les idées ont fourmillé pour modifier les institutions ou en créer de nouvelles.

Il est question de supprimer le Sénat ou de de régionaliser, de proposer son élection au suffrage direct ou encore de créer une troisième chambre au Parlement qui représenterait les individus dans leur diversité. Toutes ces idées pouvaient difficilement être réunies dans le programme du Front de Gauche l'Humain d'abord (élaboré pour les prisidentielles de 2012 et toujours d'actualité).

 

C’est pourquoi une assemblée constituante sera chargée de la rédaction d’une nouvelle Constitution qui sera soumise à référendum au peuple.

 

Pour plus d’informations détaillées sur la nécessité d’une VIème République, il est possible de lire le récit de Raquel Garrido, secrétaire national du Parti de Gauche, à une soirée organisée par la Convention pour la 6ème République le 06 mars 2012 (L’Assemblée constituante, la 6ème République, et la clause de révocation) ou d’écouter la formation délivrée par Charlotte Girard lors du remue-méninges du Parti de Gauche de 2010 (ci dessous) :

Remue Méninges du Parti de Gauche 2010, formation militante.

L’ensemble du chapitre 6 du programme du Front de Gauche est consacré à la convocation d’une assemblée constituante pour la VIème République. Le programme du Front de Gauche propose notamment :

  • la formation d’une assemblée constituante (voir argumentaire lien ci dessus) ;
  • l’abrogation de la réforme des collectivités territoriales de 2010 ;
  • le rétablissement de la proportionnelle à toutes les élections ;
  • la création du Conseil national des médias ;
  • la réaffirmation de l’actualité et du bien-fondé de la loi de 1905 sur la laïcité, et l’abrogation de toutes ses modifications ultérieures ;
  • la création d’un ministère des Droits des femmes et de l’Égalité ;
  • le droit de vote aux élections locales pour les résidents extracommunautaires ;
  • l’indépendance de la justice grâce à la création d’un Conseil supérieur de la justice (50 % élu par les magistrats, 50 % nommé par le Parlement) ;
  • le remplacement du Conseil constitutionnel par une instance nationale pluraliste chargée du contrôle de constitutionnalité ;
  • l’élaboration du statut de l’élu-e et du statut du bénévole ;
  • la fondation d’une VIème République parlementaire, sociale et participative dont le projet de Constitution sera soumis à référendum.

 

 

- La VIème République.... c'est quoi ça ? Un "argumentoire" sur l'importance d'une Sixième République a été élaboré en mars 2012....

La VIème République.... c'est quoi ça ?

L'argumentoire est à votre disposition ICI.

 

Cet "argumentoire"  élaboré avant la marche du 18 mars 2012 n'est qu'une référence, une base de discussion, de débat, de construction... mais il garde toute sa pertinence et toute son actualité en cette période ou le seul objectif doit être de FEDERER LE PEUPLE autour d'un projet ambitieux qui donne une perspective : la 6ème République, sociale, démocratique et écologique.

 

 

 

 

 

 

Note :

[1] Michel Debré

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

- La 6e République est sur les rails, la preuve, Alain Duhamel s’y oppose

La VIème République.... c'est quoi ça ?
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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 09:14
Et pendant ce temps là, Poutine se marre…

Franchement, vous ne pensez pas que Poutine leur met (comme on dit vulgairement) jusqu’à la glotte ? On peut apprécier ou pas le personnage. Mais on est bien obligé de constater qu’il mène son affaire avec l’habilité d’un orfèvre. Il a été, il est vrai, à bonne école : le KGB n’a pas formé que des imbéciles.

 

Sources : le blog de José Fort le 1er septembre 2014

Depuis des années, les Etats-Unis, l’Union européenne, l’Otan avaient mis au point une stratégie avec pour objectif final l’encerclement puis l’étouffement de la Russie. Gorbatchev avait ouvert la boîte. Le reste devait suivre.

 

La révolution « orange », c’était d’abord Washington et ses ONG « humanitaires » bourrées de fric et de gentils conseillers formés à Langley [1], confortablement installés à Kiev, proches des sphères des pouvoirs tous gangrénés par la corruption et des médias chargés des paillettes. Il y a eu le blond défiguré en guerre ouverte avec une blonde aux célèbres tresses croyant son heure arrivée forte du sponsoring bruxellois. Il y a eu le protégé de Moscou qui figurera au top niveau dans les annales de la couardise et du détournement de fonds publics. Puis, un ancien boxeur vite rangé au vestiaire alors qu’il était cornaqué par plusieurs parieurs parisiens et leur « conseiller » en affaires miteuses un certain BHL, très vite reconverti dans le chocolat. C’est en fin de compte (mais pour combien de temps ?) le roi du chocolat, fine gueule ayant lapé dans tous les râteliers depuis la fin de l’URSS, qui a remporté le morceau.

 

Une « révolution » sur la place centrale de Kiev programmée à partir d’un ras-le-bol social légitime face à un régime pourri par le fric et l’arrogance, mise en place d’un nouveau pouvoir où figurent des nazis notoires, un milliardaire élu président envoyé divin du nouveau monde surnommé « Monsieur 15% » et le tour était joué. Sauf que tout s’est emballé, les populations de l’Est de l’Ukraine refusant de se plier aux diktats venus de Kiev et demandant la protection de la mère patrie, la Russie.

 

Les gouvernants de l’Union européenne sous inspiration des Etats-Unis ont multiplié les « sanctions » à l’adresse de Moscou. On allait voir ce qu’on allait voir et Poutine n’avait qu’à bien se tenir. Résultat : le patron du Kremlin se marre à gorge déployée.

  • Sanctions ? Il négocie des contrats somptueux avec la Chine, l’Asie et l’Amérique latine.
  • Menaces ? Il rappelle que la Russie est une puissance nucléaire.
  • Energie ? Il en a à revendre.
  • La « communauté » internationale ? Il s’interroge sur le sens de cette formule et répond avec l’accord des Brics (Russie, Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil).
  • La monnaie ? Au pétro dollar, il réplique par le rouble-yan. Bref, Obama et ses copains européens peuvent jouer du verbe, le muscle n’y est plus. La force, aujourd’hui, est ailleurs.

 

Un changement radical se prépare dans le monde. Avec un risque : que les joueurs ne se maîtrisant plus jouent la carte du pire.

José Fort

 

Note :

[1] Siège de la CIA

 

Pour en savoir plus :

- Poutine: 'Ne cherchez pas d'histoire à la puissance nucléaire qu'est la Russie'

- les occidentaux donnent à l'Ukraine la recette pour rejoindre l'OTAN

- Géopolitique du conflit ukrainien : le dessous des cartes

- Ukraine : tensions autour de l'accord de libre-échange avec l'UE

- Le plan secret de Poutine pour détruire l’OTAN

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 12:22
« Hollande met en pratique une version droitisée du blairisme »

Alors que s’ouvre à La Rochelle l’université d’été du PS, Philippe Marlière, spécialiste de la « troisième voie », l’approche politique portée par Tony Blair en Grande-Bretagne, revient sur les événements politiques de ces derniers jours à la lumière de l’histoire politique britannique. Ce professeur de science politique à l’University College de Londres, cofondateur avec Liêm Hoang Ngoc du club des socialistes affligés, fait part également de ses hypothèses quant à l’avenir du PS.

 

Sources :  Politis.fr

- Politis.fr : Dans quelle mesure François Hollande est-il, plus encore depuis ce week-end, le Tony Blair français ?

Philippe Marlière : Ce qui s’est passé le week-end dernier s’inscrit dans la continuité de l’action de François Hollande depuis son arrivée au pouvoir en 2012, et plus encore de l’inflexion qui a eu lieu en janvier 2014 quand il a annoncé la mise en œuvre du pacte de responsabilité. Reste qu’en effet les déclarations d'Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l’Economie, qui parle d’augmenter la TVA et de toucher aux 35 heures, ont quelque chose d’extraordinaire !

 

Il est vrai qu’il y a du Tony Blair chez Hollande : il porte un discours duquel ont disparu les références aux conflits sociaux ou aux classes sociales. Il veut nous faire croire que, dans ce monde « globalisé » et « compétitif », il y aura une part de gâteau pour tout le monde… Sans parler de sa politique économique centrée sur l’offre.

 

Mais, en réalité, le compromis entre le capital et le travail, qui est au cœur de la social-démocratie et qu’on retrouvait en dose homéopathique dans le blairisme, est absent de la politique de François Hollande. Comme il n’a pas de marges de manœuvre du fait de la crise actuelle, le Président est condamné à mettre en pratique une version de droite du blairisme. Il n’a fait passer aucune mesure de progrès social pour le salariat en deux ans alors que – certes, contraint et forcé par les syndicats – Tony Blair avait, lui, mis en place le salaire minimum et investi dans les services publics. Pris dans le piège de l’austérité, Hollande se retrouve donc incapable de donner un peu de grain à moudre à gauche.

 

Autre différence importante : contrairement à Hollande, qui a menti et a trahi ses électeurs, Blair avait annoncé la couleur. L’ex-Premier ministre travailliste avait été élu sur un programme droitier qu’il a appliqué et qui avait été au préalable adoubé par la presse Murdoch mais aussi accepté par le parti travailliste. Celui-ci était désespéré de retourner au pouvoir après vingt années de gouvernement de droite dure.

 

 

- Politis.fr : Blair avait-il maltraité son parti comme le font Hollande et Valls ?

Philippe Marlière : Oui, mais on perçoit une vraie jubilation chez Manuel Valls à, comme il dit, « briser les tabous » (une expression de droite), à mettre en pièce et à discréditer les valeurs de gauche et le regard qu’elle porte sur la société – cette vision du monde qui repose sur la dénonciation de l’exploitation et de l’injustice sociale. On ne trouve nulle trace de cette philosophie de gauche chez Valls, ni chez Hollande d’ailleurs. Valls utilise avec fierté les « mots et la grammaire » de la droite et du patronat, selon l’expression ravie de Denis Kessler, l’ex-numéro deux du Medef. Lors de son intervention devant l'université d'été du Medef, mardi dernier, il a fait consciemment un véritable bras d’honneur à son parti et à l’ensemble de la gauche. En cela, le Premier ministre ressemble au Tony Blair triomphant des années 1990, dont il reprend d’ailleurs la terminologie quand il parle de « vieille gauche » (« old left ») pour discréditer ses opposants.

 

Mais, autant François Hollande offre une version de droite du blairisme, autant Valls est au-delà du blairisme : c’est un néolibéral-conservateur. Sur le plan économique, il est thatchériste : il croit en la dérégulation du marché et du code du travail ; sur le plan sociétal, il a traîné des pieds sur le mariage pour tous, refuse de donner le droit de vote aux étrangers, et sa scandaleuse sortie sur les Roms a piétiné plus de deux cents ans de tradition républicaine française. Parler de social-libéralisme à son égard est un contresens, car ce courant philosophique né à la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne était très critique envers un capitalisme sans entraves et promouvait des réformes sociales en faveur de la classe ouvrière paupérisée.

 

 

- Politis.fr :Quelle est la stratégie de Manuel Valls quand il fait ainsi de la provocation vis-à-vis de tout un pan de son parti ?

Philippe Marlière : Manuel Valls a une stratégie claire en tête. Il triangule, comme l’avait fait Blair, ce qui avait permis au travailliste de repousser les conservateurs vers la droite et de remporter trois élections d’affilée. Le seul problème, c’est que le contexte en France n’est pas celui du bipartisme britannique, un pays où il n’y a ni FN ni force importante à la gauche du parti travailliste. Du coup, le pari de Manuel Valls de droitiser un maximum son discours pour contraindre la droite à la surenchère risque surtout de faire le jeu du Front national en 2017.

 

 

- Politis.fr : La gauche française est-elle condamnée à se « blairiser » ?

Philippe Marlière : Le PS aurait certainement un, voire deux blairismes de retard ! Les idées de la troisième voie sont apparues en 1995. Cela s’appelle faire du neuf avec du vieux ; un copié-collé d’un galimatias politique tourné en ridicule par les universitaires et les commentateurs britanniques depuis plus de dix ans ! En Grande-Bretagne, le blairisme a mal fini : une droite dure est revenue au pouvoir et le parti travailliste a perdu la moitié de ses membres…

 

Aujourd’hui, il existe deux scénarios possibles en France :

  • Soit le PS se transforme en parti post-social-démocrate sous les assauts de Valls et de Hollande, comme dans la situation italienne : c’est une option à ne pas exclure quand on observe la loyauté, le suivisme et le carriérisme de nombreux élus socialistes jusqu’à présent ;
  • Autre hypothèse : la démarche commando de Valls et de Hollande et la rupture totale avec les promesses et le programme de 2012 provoquent, in fine, une coupure dans le parti, avec des départs, comme il y en a eu au Pasok grec. Mais, dans le court terme, j’ai du mal à imaginer que les « rebelles » quitteront le PS en masse, ce qui permettrait la création d’une grande force à la gauche d’un PS en chute libre.

 

C’est ce que j’appellerai « l’hypothèse Syriza ». Il est vrai que certains frondeurs au PS sont d’authentiques sociaux-démocrates. Ils se trouvent donc pour le moment dans un entre-deux entre ce gouvernement blairiste et le Front de gauche. Le rapprochement avec les frondeurs peut être envisagé, mais pas avant que Valls ne soit allé jusqu’au bout de son action néolibérale-conservatrice, synonyme de déroutes électorales pour le PS.

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 13:40
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
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- La CGT..... mais pas seulement !

- Le collectif contre contre l'hyperincinérateur d'Echillais

Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS

- PS à La Rochelle : des manifs et une université devenue bunker

Sources :  quotidien Sud-Ouest

Manuel Valls s’est fait huer, hier, lors de son arrivée à La Rochelle.

PS à La Rochelle : des manifs et une université devenue bunker
Les manifestants ont été tenus très éloignés de l’université d’été du PS, à La Rochelle. © Photo romuald augé

À croire que le Premier ministre avait envie de se faire huer. Sinon, pourquoi Manuel Valls aurait-il marché depuis la gare jusqu'à son hôtel lors de son arrivée, hier après-midi, à La Rochelle ? Ce n'était pas nécessaire. Cela revenait quasiment à faire le tour des manifestants, pourtant cantonnés loin de l'université du PS.

 

Un adhérent de l'association Sauvons nos entreprises a été interpellé et conduit au commissariat pour avoir voulu s'approcher du Premier ministre…

 

Fumigènes, bruit et fureur. CRS partout. Beaucoup de policiers en civil. Les manifestants de plusieurs organisations, comme celle qui réclame la régularisation des sans-papiers, le collectif Palestine et surtout la CGT (spectacle, cheminots, retraités…) étaient quelque 500 le matin. Beaucoup moins nombreux l'après-midi. Nombre d'entre eux avaient levé le camp, las de ne susciter qu'indifférence auprès des militants, élus et ministres quand ils passaient à proximité.

 

 

« Valls-Hollande, ça suffit ! »

Il faut dire que l'accueil réservé par quelques-uns, dès le matin, à Jérôme Guedj, ex-député (suppléant de François Lamy) et président du Conseil général de l'Essonne, n'était guère engageant. Ils lui avaient en effet expliqué que son attitude « ne servait à rien ».

 

Quelques militants socialistes étaient cependant dans la manifestation. C'était la première fois que la CGT organisait un tel événement à l'occasion de l'université du Parti socialiste. Avec une grande pancarte « Non à l'austérité » et de plus petites portant des slogans comme « Valls-Hollande, ça suffit, assez de cadeaux au patronat, le Medef ne fera pas la loi ». Ou cette photo d'un couteau déchirant un Code du travail et légendée « Meurtre avec préméditation ». Et un slogan sans cesse scandé : « Les jeunes dans la misère, les vieux dans la galère, on n'en veut pas ! » Grand podium, musique, distribution de tracts…

 

 

Site barricadé

Malgré tout, ce n'était qu'une manifestation périphérique en ce sens que personne n'a pu s'approcher de l'Espace Encan, où se déroulent les travaux du PS. L'université était devenue un bunker. Inaccessible : tous ceux qui n'avaient pas le droit d'entrer étaient tenus très éloignés. Au grand dam des manifestants, de ceux qui auraient voulu pouvoir parler avec des élus et aussi des commerçants du site, qui n'ont plus vu de touristes. Le site était barricadé.

 

La préfecture avait pris des mesures en fonction des manifestations déclarées. Un millier de personnes étaient annoncées.

 

Dans l'histoire de l'Université du PS, c'était une première. C'est révélateur.

 

----------------------------------------------

- Univ. d'été du PS : j'étais en direct avec les "frondeurs"

Le ton employé était courtois mais loin d'être amical.

Je rappelle aux "frondeurs" Marie-Noëlle Lienemann et Jérome Guedj qu'a trois reprises en juillet dernier ils auraient pu, par leurs votes, mettre en conformité leurs actes et leurs propos, mais qu'il n'en a rien été. Ils ont laissé adopter les trois textes présentés (vote du budget rectificatif de la Sécurité Sociale : la "fronde" n'était que médiatique !).

 

Je demande aux frondeurs de ne pas faire la synthèse, de ne pas voter la confiance en octobre. Avertissement leur est fait que Valls et Hollande désespèrent tous les électeurs de gauche, et que la gauche toute entière est mise dans le même sac, qu'elle soit NPA, PCF Front de gauche, PG, LO ou PS.


L'électorat populaire fait un amalgame de tout ce monde là, et se réfugie dans l'abstention ou est tenté de répondre aux sirènes de Marine Le Pen.

Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 17:37

- Le collectif contre contre l'hyperincinérateur d'Echillais

MANIFESTATION CE DIMANCHE A LA ROCHELLE
Nous nous inviterons dimanche matin à l'université d'été du PS avec banderoles, sifflets, casseroles... Pour nous faire entendre !!!
C'est CAPITAL car toutes les télés et journalistes nationaux seront là !
- RDV Dimanche 31 Août à 9 H à Rochefort au stade rouge pour du covoiturage
- ou bien RDV à 9 H 30 devant la gare de La ROCHELLE

29/30 août 2014 : jamais les universités d'été du PS n'auront rassemblé autant de mécontents...

- Journée d'action CGT le 30 août à La Rochelle

- Exigeons des actes forts pour sortir de la crise ;

- Maintenant ça suffit ! Le gouvernement doit entendre les Retraités

 

Tract d'appel à la participation à l'initiative à télécharger ci dessous :

29/30 août 2014 : jamais les universités d'été du PS n'auront rassemblé autant de mécontents...

- Rassemblement régional contre le TAFTA

29/30 août 2014 : jamais les universités d'été du PS n'auront rassemblé autant de mécontents...

- Rassemblement régional de solidarité avec le peuple palestinien

A cette occasion nous interpellerons les élus, les ministres présents afin :

  • qu'ils s'engagent et agissent afin que la France entre en action pour la reconnaissance des droits des palestiniens pour une paix juste et durable en Palestine ;
  • qu'ils prennent une initiative diplomatique et sanitaire urgente en direction des enfants de GAZA pour leur faire une place dans tous nos hôpitaux !
29/30 août 2014 : jamais les universités d'été du PS n'auront rassemblé autant de mécontents...

- Sans oublier les sans papiers et bien d'autres comme la fiière conchylicole.......

 

- Mais AUSSI rassemblement pas pour dire  "Non aux projets inutiles, non à la A31 !"  mais oui à ce projet stupide

Un conglomérat de ce que la Charente Maritime compte de défenseurs du tout routier de la droite UMP majotaire au Conseil général au PS

 

- Ah, j'en oublié, peut être y aura t'il aussi un rassemblement du MEDEF en soutien à Hollande et Valls..... peut être aussi le collectif des "virés du gouvernement" !

 

Hollande aura au moins réussi un véritable changement en la matière.... de plus en plus de monde à La Rochelle pour..... contester la politique du PS et de ses soutiens, qui eux se font de plus en plus rare !

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus :

- PS à La Rochelle : des manifs et une université devenue bunker

29/30 août 2014 : jamais les universités d'été du PS n'auront rassemblé autant de mécontents...
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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 14:29
L’Europe et le Canada disent « oui » à la justice privée

C’est un document aride de 519 pages qui, en temps normal, n’aurait jamais attiré l’attention de quiconque en dehors du cénacle des multinationales et des spécialistes du commerce international. « Fuité » le 13 août par le journal télévisé allemand « Tagesschau.de » sur son site, le texte confidentiel du CETA, l’accord de libre-échange conclu entre l’Union européenne et le Canada, a pourtant été accueilli avec grand intérêt. Et pour cause : il montre que l’Europe a accepté de déléguer une partie de sa justice à des tribunaux arbitraux privés. Une répétition générale avant d’appliquer cette logique à grande échelle avec le traité transatlantique Europe–Etats-Unis ?

 

Sources : Le Monde.fr le 16/08/2014 par Maxime Vaudano Journaliste au Monde.fr

- 1. De quoi s’agit-il ?

Comme de nombreux traités commerciaux signés ces vingt dernières années (mais c’est une première pour l’Europe), le CETA (« Comprehensive Economic and Trade Agreement ») installe un tribunal privé au nom barbare : le mécanisme de règlement des différends investisseurs-Etats, appelé ISDS en anglais.

 

Si elles s’estiment lésées par les décisions des Etats dans lesquels elles exercent leurs activités, les entreprises canadiennes et européennes pourront porter plainte devant cette instance composée non pas de juges professionnels, mais d’arbitres triés sur le volet, le plus souvent issus de grands cabinets d’avocats d’affaires.

 

Ce mécanisme fait également partie des dispositions les plus critiquées du traité transatlantique en cours de négociation.

 

Lire : Le traité TAFTA va t-il délocaliser notre justice à Washington ?

 

 

 

 

- 2. Quel intérêt ?

A l’origine, l’ISDS était intégré aux accords commerciaux pour pallier les carences des systèmes judiciaires des pays en développement et rassurer les multinationales occidentales : garanties contre le risque d’expropriation arbitraire, elles étaient censées investir davantage. Pourquoi donc l’intégrer à un traité entre deux économies modernes comme l’Europe et le Canada ?

 

« Les multinationales n’ont pas confiance dans la justice des pays de l’Est, comme la Roumanie ou la Bulgarie », souffle un vieux routard de l’arbitrage international. Elles pourront donc réclamer des dommages et intérêts devant l’ISDS, au nom du respect des principes de libre-échange inscrits dans le CETA. Délocaliser le règlement des conflits vers un tribunal arbitral permettra également, selon les entreprises, une plus grande neutralité dans les décisions, les juridictions nationales étant susceptibles d’être influencées par les Etats attaqués.

L’Europe et le Canada disent « oui » à la justice privée

- 3. Quels sont les risques ?

Pour ses (nombreux) opposants, l’ISDS pourrait coûter très chers aux Etats qui ne se soumettent pas aux desideratas des multinationales. Attaqué 35 fois en vingt ans dans le cadre de l’ISDS de son accord commercial avec les Etats-Unis, le Canada a ainsi été condamné à six reprises et forcé de verser au total 170 millions de dollars (130 millions d’euros) de compensations à des entreprises américaines (sans compter les frais de procédure), selon un rapport récent du Canadian Centre for Policy Alternatives. Les arbitres ont jugé que les règles de non-discrimination et de non-expropriation fixées par l’accord avaient été enfreintes.

 

Un cas récent, encore en cours d’instruction, fait grand bruit au Canada : estimant que la justice canadienne a invalidé injustement deux de ses brevets, le laboratoire pharmaceutique américain Eli Lilly réclame 100 millions de dollars (75 millions d’euros) de compensation pour ses profits gâchés. Pour l'ONG américaine public Citizen, Eli Lilly tente d’utiliser l’ISDS pour détruire le système canadien de validation des brevets, au mépris des choix démocratiques opérés par les Canadiens.

 

Dans la négociation du CETA, les Européens ont refusé de prendre en compte cette crainte, en déclinant la proposition canadienne d’exclure clairement les questions de propriété intellectuelle du champ de l’ISDS.

 

Plus généralement, les craintes se focalisent sur l’absence de garde-fous dans l’ISDS : les arbitres sont libres de livrer leur propre interprétation de notions juridiquement floues comme « l’utilité » d’un investissement, ou « l’expropriation indirecte d’un investissement ». Il n’existe aucun mécanisme d’appel ou de responsabilisation des arbitres.

 

Pour connaître tous les détails, lire notre analyse de la version fuitée de l'acord de CETA

 

 

 

 

 

Tout juste les négociateurs ont-ils introduit la possibilité pour l’Union européenne et le Canada d’adopter des déclarations contraignantes fixant l’interprétation de points problématiques, auxquels les arbitres devront se conformer.

Campagne du Conseil des Canadiens contre la plainte de Lone Pine sur le gaz de schiste. | (montage)

Campagne du Conseil des Canadiens contre la plainte de Lone Pine sur le gaz de schiste. | (montage)

Cela suffira-t-il à empêcher les multinationales de contester les choix politiques des gouvernements, comme le pétrolier américain Lone Pine, qui réclame 250 millions de dollars (190 millions d'euros) au Québec pour avoir imposé un moratoire sur la fracturation hydraulique et l’exploration du gaz de schiste, annulant « arbitrairement » des permis déjà accordés ? Le texte du CETA reste flou à ce sujet : il précise que les mesures servant des « objectifs légitimes d’intérêt public, tels que la santé, la sécurité ou l’environnement » ne sauraient être contestés, « sauf dans les rares circonstances où l’impact de la mesure [...] apparaît manifestement excessif ».

 

 

- 4. Le texte va-t-il entrer en vigueur ?

Nous en sommes encore loin. Le CETA doit être officiellement dévoilé et signé le 25 septembre prochain, mais devra passer par de nombreuses étapes de validation avant d’entrer en vigueur – pas avant 2016. Côté européen, il devra être approuvé par les 28 chefs d’Etat et de gouvernement, puis par le Parlement européen, avant de faire le tour des 28 parlements nationaux.

 

C’est là que les choses pourraient se compliquer. Dans le cadre des discussions sur le traité transatlantique, la France et l'Allemagne ont exprimé publiquement leurs réticences sur l’ISDS, jugé inutile, comme le nouveau président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, et un nombre croissant de parlementaires européens. On imagine mal comment ils pourraient le soutenir dans le CETA.

L’Europe et le Canada disent « oui » à la justice privée

La société civile fait également monter la pression, en préparant une «initiative citoyenne européenne»  rassemblant un million de citoyens pour interpeller la Commission européenne sur les dangers du CETA et du traité transatlantique.

 

Les négociateurs se retrouvent donc face à un dilemme : soit ils retirent in extremis le chapitre de l’accord consacré à l’ISDS, comme le demandent certains opposants, pour faciliter son adoption ; soit ils tentent de passer en force, prenant le risque d’un échec cuisant comme lors du rejet de l'accord ACTA, en 2012. Le texte de l’accord « fuité » étant présenté comme définitif (avant « toilettage juridique » et traduction), il semble y avoir peu de chance qu’il soit profondément modifié d’ici sa signature.

 

Pour approfondir : Ce que révèle la version fuitée de l'accord de libre-échange Europe-Canada

L’Europe et le Canada disent « oui » à la justice privée
. RÉVÉLATION !

 

La vérité sur le CETA ou AECG, Traité signé entre le Canada et l'Union européenne

ICI le texte du CETA ou AECG signé le 18 octobre 2014 à Ottawa entre le Canada et l'Union européenne signé, rendu public APRÉS sa signature et élaboration secrète !!!.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier TAFTA/TISA

- Ce que révèle la version fuitée de l'accord de libre-échange Europe-Canada

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 18:10
http://www.leconomiepolitique.fr/page.php?rub=07&srub=02&ssrub=01

http://www.leconomiepolitique.fr/page.php?rub=07&srub=02&ssrub=01

Source : le parti de Gauche Midi Pyrénées extrait de L'Economie politique n°63 juillet 2014

Définir ce que pourrait être une politique économique de gauche est, dans le contexte actuel, un exercice aussi périlleux que nécessaire. Plutôt que de dérouler un programme, cette contribution se borne à proposer des remarques de méthode, après avoir succinctement rappelé les raisons de l’échec de l’orientation de François Hollande.

 

Deux tâches semblent aujourd’hui indispensables si l’on veut esquisser un programme alternatif : abandonner le fétichisme des outils et des normes pour redéfinir les objectifs d’une politique de gauche, et prendre la mesure exacte du degré de rupture nécessaire.

 

- L’échec annoncé du « socialisme de l’offre »

La situation actuelle, économique et politique, peut au fond s’expliquer par le grand écart qui existe entre la profondeur de la crise et les postulats fondamentaux de la politique de François Hollande. La crise est profonde, tout le monde le reconnaît, mais sans en mesurer réellement l’ampleur et ce qu’elle implique. Cette crise est d’abord une perte considérable et irréversible de production, d’emplois et de productivité, bref une déviation durable par rapport à la trajectoire antérieure. A cela s’ajoute le fait que les rentiers n’ont pas « pris leurs pertes » et qu’un stock considérable de dettes s’est ainsi accumulé. Plus fondamentalement, cette crise est aussi celle d’un mode de fonctionnement particulier du capitalisme auquel il est difficilement concevable de revenir. Les politiques menées aujourd’hui en Europe visent pourtant à rétablir par la force ce mode de fonctionnement, en profitant de la crise pour faire passer les réformes structurelles qui équivalent à une régression du double point de vue des dépenses sociales et du statut du salarié.

 

Face à cette thérapie de choc, une orientation sociale-libérale pouvait-elle représenter une alternative viable ou au moins une tactique d’évitement ? Tel était en somme le projet de François Hollande qui reposait, avant même son supposé tournant du début de 2014, sur deux postulats essentiels : tout miser sur la reprise de la croissance et en même temps revenir à l’équilibre budgétaire.

 

François Hollande est depuis longtemps convaincu que la croissance est le seul moyen de créer des emplois, et le préalable à toute redistribution des richesses. C’est ce que montre bien un entretien accordé à cette même revue en 2008[1] , alors qu’il n’était encore que le premier secrétaire du Parti socialiste. A la première question, qui lui demandait s’il fallait « agir politiquement sur la répartition de la valeur ajoutée entre salaires et profits », sa réponse immédiate fut la suivante : « ce qu’il faut d’abord, c’est créer plus de valeur ajoutée. La gauche ne peut s’intéresser à la seule répartition. Elle doit régler l’insuffisance de création de la richesse. » Et il ajoutait - déjà - que le nécessaire soutien de la demande « ne peut être efficace que s’il s’accompagne d’une politique de l’offre. »

 

Pendant sa campagne, François Hollande avait tout aussi clairement affirmé la nécessité de « rééquilibrer nos comptes publics dès 2013 (...) pas pour céder à je ne sais quelle pression des marchés ou des agences de notation mais parce que c’est la condition pour que notre pays retrouve confiance en lui [2]. Dès décembre 2011, sa conseillère Karine Berger (alors directrice marchés et marketing chez Euler Hermes) chiffrait - déjà - à 50 milliards d’euros l’effort budgétaire à consentir [3]. Enfin, pour contrebalancer le fameux discours du Bourget désignant « le monde de la finance » comme son seul adversaire [4] , François Hollande s’était empressé de le rassurer : « la gauche a été au gouvernement pendant quinze années durant lesquelles nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a pas de grande crainte à avoir . [5] »

 

Ce projet ne pouvait fonctionner, pour une raison simple qu’il était facile d’anticiper : les deux postulats ne sont pas compatibles [6]  : la croissance s’éloigne à proportion de l’austérité budgétaire, c’est un fait aujourd’hui bien établi. Quelques années plus tard, François Hollande est toujours dans l’attente du « retournement » de la conjoncture.

 

 

- Partir des objectifs

La question qui reste entière est au fond celle-ci : pourquoi un gouvernement de gauche ne mène pas vraiment une politique de gauche ? Avant d’essayer d’y répondre, il faut donc se demander ce que pourrait être cet autre « retournement », celui qui conduirait vers une véritable politique de gauche. Pour répondre à cette question préalable, il faut procéder à un autre retournement, qui consiste à définir une telle politique par ses objectifs, plutôt que comme une modalité supposée plus « sociale » d’adaptation à des contraintes acceptées comme telles. Il faut donc inverser les fins et les moyens et dire d’emblée ce que devraient être ces objectifs.

 

Ils pourraient être simplement résumés ainsi : assurer à toutes et tous un emploi et/ou un revenu décents, l’accès à des services publics de qualité et, pourrait-on dire aussi, une planète décente. Bref la common decency de George Orwell. Plutôt que fétichiser les contraintes et les outils, la bonne méthode est de partir de la définition des objectifs et d’utiliser tous les moyens de la puissance politique pour y parvenir.

 

Toute une série de règles ou de recommandations, doivent être reconsidérées de ce point de vue, qu’il s’agisse par exemple de la sortie de l’euro ou de l’équilibre budgétaire : ni l’une ni l’autre ne devrait être une fin en soi.

 

 

- L’emploi d’abord

On peut dérouler cette logique à partir de la question centrale qui est aujourd’hui celle de l’emploi. De ce point de vue, l’avenir est sombre : selon la Commission européenne, le taux de chômage devrait passer de 10,8 % en 2013 à 11 % en 2015, et de 12,1 % à 11,7 % pour l’ensemble de la zone euro [7] . On voit mal dans ces conditions comment on pourrait envisager un recul significatif du chômage de masse dans les années à venir. Il serait donc grand temps pour la gauche de faire d’un retour au plein emploi la priorité des priorités.

 

Il se trouve que les deux seules pistes possibles sont tout à fait contraires à l’air du temps : ce sont la réduction du temps de travail et l’Etat employeur en dernier ressort.

 

Cette dernière piste a été relancée récemment par Cédric Durand et Dany Lang [8] qui reprennent les suggestions de Hyman Minsky [9] . Cette référence est importante parce que Minsky a développé une critique rigoureuse du postulat cher à Hollande selon lequel « la croissance économique est désirable et (...) est réglée par l’investissement privé » [10]. Il renouait ainsi avec le véritable message de Keynes, pour qui « le problème vraiment fondamental » était « de fournir un emploi à chacun  » [11] et qui s’indignait ainsi : « La force de travail de l’ensemble des chômeurs est disponible pour augmenter la richesse nationale. Il serait fou de croire que l’on irait à la ruine financière si l’on cherchait à l’employer et qu’il serait plus raisonnable de perpétuer l’inactivité » [12].

 

Il y aurait là un retournement fructueux [13] et adapté aux pays les plus touchés par la crise. Une étude prospective récente [14] portant sur la Grèce compare plusieurs stratégies de sorties de crise (« plan Marshall », moratoire sur les intérêts de la dette, émission de nouveaux titres de la dette) et montre que, compte tenu de la faible élasticité-prix du commerce extérieur grec, la meilleure stratégie est celle de l’Etat employeur en dernier ressort, qui a des « effets immédiats dur le niveau de vie tout en réduisant l’impact sur la dette extérieure. »

 

Certes, cela suppose d’inverser la logique capitaliste, selon laquelle il faut être rentable pour être employable. C’est d’ailleurs le fond des analyses dominantes du chômage : ce dernier s’expliquerait toujours par un « coût du travail » trop élevé par rapport à la productivité individuelle des travailleurs les moins qualifiés, ou par rapport aux normes salariales s’établissant sur le marché mondial. De ce point de vue, les allégements de « charges » ont pour fonction de rendre rentables, donc employables, une partie des candidats à l’emploi. Mais le potentiel de créations d’emplois que l’on peut attendre de telles mesures est faible, coûteux, voire nul. Le principe de l’Etat comme employeur en dernier ressort remet au contraire les choses à l’endroit : il y a des millions de personnes qui cherchent un emploi d’un côté, des besoins à satisfaire de l’autre.

 

Pourquoi la société devrait-elle se priver de cet apport potentiel ? Un calcul de coin de table montre qu’un million d’emplois publics payés au salaire moyen coûterait à l’Etat 16,4 milliards d’euros [15] , à comparer par exemple aux 30 milliards d’euros accordés aux entreprises sans aucune garantie de création d’emplois.

 

Le deuxième grand retournement serait de renouer avec la réduction du temps de travail dans le secteur privé. La réduction de la durée du travail a, contrairement au discours patronal, fait ses preuves. Près de deux millions d’emplois ont été créés entre 1997 et 2002, et la courbe de l’emploi a franchi une spectaculaire marche d’escalier qui n’a pas été redescendue ensuite. [16]

 

 

- La peau de chagrin de la social-démocratie

Utopisme, surenchère, calculs de coins de table et politique de gribouille : on voit bien à quoi s’exposent de telles propositions. Ces réactions trop prévisibles posent cependant une question de fond :

  • pourquoi ce qui a fonctionné pendant des décennies [la recherche du plein emploi et la réduction du temps de travail] apparaissentt aujourd’hui comme autant d’inaccessibles mirages ?
  • Pourquoi des pistes qui auraient pu être en d’autres temps qualifiées de réformistes ou social-démocrates sont-elles dorénavant tenues pour ultra-radicales ?

 

Une explication de ce paradoxe nécessiterait une analyse de fond de la crise et de la période qui l’a précédée [17] . On peut l’esquisser de la manière suivante : depuis le milieu des années 1970, la productivité du travail a fortement ralenti. Or, c’étaient les gains de productivité élevés qui avaient permis la mise en place en France et en Europe d’un capitalisme relativement régulé et susceptible de redistribuer ces gains de productivité sous forme de créations d’emplois, de baisse de la durée du travail et de développement de l’Etat social. La source s’étant tarie, le capitalisme néo-libéral n’avait comme recours qu’une baisse de la part des salaires, la montée de la précarité du travail, et un grignotage de l’Etat social. La crise a fait éclater cette configuration fondamentalement instable et laisse les sociétés embourbées dans une récession chronique qui s’accompagne du maintien ou du creusement des inégalités, de l’enkystement du chômage de masse et de l’effet corrosif des réformes dites structurelles. Et cet épuisement des gains de productivité implique aussi un rétrécissement continu du champ social-démocrate parce que sa base matérielle s’est réduite comme une peau de chagrin.

 

On se trouve donc à la croisée des chemins. Le choix est entre une gestion « paramétrique » de la configuration héritée des décennies néo-libérales et une bifurcation systémique vers un autre modèle de développement. Le véritable levier qui permet de passer d’une orientation à l’autre est, contrairement au postulat fondamental de François Hollande, une modification significative de la répartition des revenus, et non la quête illusoire d’un taux de croissance élevé.

 

Compte tenu de la configuration néo-libérale, il n’y a en effet aucune garantie qu’un retour de la croissance conduise à une répartition plus égalitaire, et l’expérience montre que la défense des droits de tirage acquis sur la richesse par une étroite couche sociale est en soi un facteur récessif.

 

La question de la répartition est donc la question-clé que l’on peut rapporter aux deux leviers de créations d’emplois évoqués plus haut. La viabilité de la réduction du temps de travail suppose de revenir sur la captation des gains de productivité par les rentiers et la création ex nihilo d’emplois publics implique une réforme fiscale et un financement du déficit public en dehors des marchés financiers.

 

Mais le critère le plus décisif est la compatibilité avec la perspective d’une transition écologique. Il devrait être clair de ce point de vue que le « socialisme de l’offre » ne répond pas à ce critère. En donnant la priorité à la compétitivité et à l’équilibre budgétaire, il barre la route au financement public d’investissements utiles et donne la priorité à un projet assez vain de reconquête des parts de marché perdues. La priorité à l’emploi esquissée plus haut est au contraire compatible avec la nécessaire bifurcation vers un autre modèle de développement moins productiviste et plus centré sur la satisfaction des besoins sociaux. Elle ne conduit d’ailleurs pas forcément à la décroissance mais à un autre contenu de la croissance.

 

 

- Les ruptures nécessaires

Pour mettre en œuvre une telle orientation et sortir par le haut de la crise, il faudrait au fond, pour reprendre une forte formule de Patrick Artus : « accepter un rendement plus faible des placements, une rentabilité plus faible du capital [18] . » Ce principe, abstrait mais profondément juste, permet de mesurer l’ampleur du défi. Et l’on pourrait le décliner en répétant qu’aucune alternative n’est possible si on ne lève pas l’hypothèque de la dette et si on laisse inchangée la répartition des revenus. Les nécessaires ruptures ont donc deux cibles principales qui n’en sont au fond qu’une seule : il s’agit de revenir sur les privilèges accumulées par une couche sociale étroite et dont le maintien est en quelque sorte garanti constitutionnellement par les institutions et les traités européens.

 

Il faut alors distinguer deux points de vue. D’un côté, on peut raisonnablement considérer que ces ruptures sont totalement hors de portée dans la conjoncture politique et sociale actuelle. Mais, si de telles ruptures ne sont pas amorcées, alors il est tout aussi raisonnable de penser que la perspective des années à venir restera marquée par le chômage de masse et la régression sociale.

 

La limite fondamentale du social-libéralisme est alors la suivante : il se refuse à amorcer les ruptures nécessaires parce qu’elles impliqueraient un degré d’affrontement social qu’il n’est pas disposé à assumer. Et le capitalisme ne dégage plus (en tout cas en Europe) les gains de productivité qui constituaient la base matérielle de la social- démocratie [19].

 

 

- Un programme « à trois étages »

On peut alors se risquer à esquisser les grandes lignes d’un programme de transformation sociale qui devrait aller bien au-delà d’une politique « de demande », autrement dit une relance par la consommation. Il combinerait trois « étages » qui doivent s’emboîter :

 

1 - Le premier est celui de la rupture, qui poursuit trois objectifs : se donner les moyens d’une autre politique en se protégeant des mesures de rétorsion prévisibles, réparer les dégâts de la crise, et construire d’emblée une double légitimité. Légitimité sociale par l’amélioration immédiate des conditions d’existence de la majorité en donnant la priorité aux bas revenus (Smic et minima sociaux) ; légitimité européenne en rompant avec l’euro-libéralisme, non pas à la recherche d’une issue nationale, mais au nom d’un projet alternatif susceptible d’être étendu à l’ensemble de l’Europe.

 

2 - Le deuxième étage est celui de la bifurcation. Il vise à enraciner le processus de transformation notamment par des créations massives d’emploi (réduction du temps de travail et créations ex nihilo d’emplois utiles) et par la mise en place d’un nouveau statut du salarié. C’est le moyen d’enclencher le grand renversement qui doit déconnecter les emplois de la rentabilité dont ils peuvent être porteurs. Dans ce processus, la légitimité sociale peut se renforcer par les droits nouveaux des travailleurs notamment sous forme d’un contrôle sur les modalités de la réduction du temps de travail et sur la réalité des emplois créés.

 

3 - Enfin, le troisième étage est celui de la transition vers un nouveau mode de développement, fondé sur trois ensembles de principes :

  • démarchandisation et extension des services publics ;
  • relocalisations et nouvelles coopérations internationales ;
  • planification écologique et nouvelle politique industrielle.

 

Ces trois « étages » doivent être présents dès le départ, tout en prenant en compte les rythmes différents. Ainsi, la revalorisation du Smic et des minima sociaux est une mesure qui peut et doit être prise immédiatement. Mais elle n’est pas suffisante en soi et doit être combinée avec la mise en place d’un mode de satisfaction non marchand des besoins sociaux. Prenons l’exemple du logement : on sait que l’explosion des loyers est l’une des principales causes de la dégradation du niveau de vie.

 

Dans ces conditions, faut-il indexer les salaires sur les loyers ou encadrer ces derniers et entreprendre un programme de construction de logements ? Clairement, il faut basculer d’une logique de préservation immédiate du pouvoir d’achat à une logique d’offre de logements à des prix décents tout en sachant qu’elle ne peut avoir d’effets instantanés.

 

Cette démarche a le mérite d’apporter une réponse cohérente et adaptée à la nouvelle période ouverte par la crise. Elle peut, encore une fois, sembler utopique ou exagérément radicale. Mais, d’un autre côté, le projet social-libéral d’adaptation aux règles du jeu actuelles est suicidaire et c’est pourquoi Hollande semble condamné à suivre la même trajectoire que celle de Zapatero en Espagne. Seul un sursaut pourrait permettre de faire dévier cette trajectoire : un « retournement » n’y suffira pas.

 

 

 
 
 
 

Notes

[1] « Quelle politique économique pour la gauche ? », entretien avec François Hollande, L’économie politique n°40, octobre 2008.

[2] » Dès décembre 2011, sa conseillère Karine Berger (alors directrice marchés et marketing chez Euler Hermes) chiffrait - déjà - à 50 milliards d’euros l’effort budgétaire à consentir

[2] François Hollande, «  La dette est l’ennemie de la gauche et de la France  », LeMonde.fr , 16 juillet 2011.

[3] Marc Joanny et Jean-Baptiste Vey, «  Hollande pour un effort budgétaire de 50 milliards en 2012-2013  » décembre 2011, latribune.fr , 18 novembre 2011.

[4] Discours de François Hollande au Bourget , 22 janvier 2012.

[5] The left was in government for 15 years in which we liberalised the economy and opened up the markets to finance and privatisations. There is no big fear , «  François Hollande seeks to reassure UK and City of London  », The Guardian , 14 février 2012.

[6] Les mises en garde n’ont pas manqué ; voir par exemple le Manifeste des économistes atterrés , Octobre 2011.

[7] Commission européenne, Prévisions d’hiver 2014 : la reprise gagne du terrain , 25 février 2014.

[8] Cédric Durand et Dany Lang, «  L’Etat, employeur en dernier ressort  », Le Monde Economie , 7 janvier 2013.

[9] Hyman P. Minsky, «  The Strategy of Economic Policy and Income Distribution  », Annals of the American Academy of Political and Social Science , vol. 409, 1973 ; Stabilizing an Unstable Economy , McGraw-Hill, 2008 [1986].

[10] Economic growth is desirable, and the growth rate is determined by the pace of private investment .

[11] “The real problem fundamental yet essentially simple... [is] to provide employment for everyone ”, Keynes, Collected Writing , volume XXVII, 1980, p. 267, cité par Alan Nasser, «  What Keynes Really Prescribed  », CounterPunch , vol.19, n°19, 2012.

[12] “The whole of the labor of the unemployed is available to increase the national wealth. It is crazy to believe that we shall ruin ourselves financially by trying to find means for using it and that safety lies in continuing to maintain idleness”, Keynes, Collected Writing , volume XIX, 1981, p. 881, cité par Alan Nasser.

[13] Pour des propositions plus récentes et quelques exemples d’expériences, voir : Pavlina R. Tcherneva « Full Employment : The Road Not Taken  », Levy Economics Institute, March 2014.

[14] Dimitri B. Papadimitriou, Michalis Nikiforos, Gennaro Zezza «  Prospects and policies for the Greek economy  », Levy Economics Institute, February 2014.

[15] Ce calcul tient compte des prestations économisées, des recettes fiscales supplémentaires et des frais de fonctionnement induits. Voir Anne Debrégeas, «  Combien coûte un million d’emplois publics  », juillet 2013.

[16] Michel Husson et Stéphanie Treillet, «  La réduction du temps de travail : un combat central et d’actualité  », ContreTemps n° 20, 2014 ; Michel Husson, «  Unemployment, working time and financialisation : the French case  », Cambridge Journal of Economics , 2013.

[17] Michel Husson, «  Le capitalisme embourbé  », dans Hadrien Buclin, Joseph Daher, Christakis Georgiou et Pierre Raboud (dir.), Penser l’émancipation , Offensives capitalistes et résistances collectives , La Dispute, 2013.

[18] Patrick Artus, «  Et maintenant, que faut-il faire  ? », Natixis, Flash n° 42, 29 janvier 2008.

[19] Michel Husson, «  Economie politique du social-libéralisme  », Mouvements n 69, printemps 2012.

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 11:30
Le changement des institutions est une question majeure. Il faut aller vers une VIe République

Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche répondait le 21 août à une interview du journal L’Opinion

 

Sources : Le Parti de Gauche le propos recueillis par Béatrice Houchard de L'Opinion

- Quel bilan le Parti de gauche s’apprête-t-il à tirer de cette année électorale ?

Nous devons faire preuve de lucidité, sans langue de bois : force est de constater qu’après nos succès de 2012 et les 11% de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, nous avons connu cette année des échecs avec le Front de Gauche, dus à des raisons politiques assez identifiables.

 

 

- A savoir l’alliance des communistes avec les socialistes dans plusieurs villes ?

C’est la plus notable. Elle a entraîné plus qu’un brouillage dans la perception de ce qu’est le Front de Gauche. Avec le niveau de l’abstention et l’extrême-droite qui arrive en tête aux Européennes, nous sommes face à une catastrophe politique. On ne peut pas, pour sauver des positions acquises, se lier à de vieilles stratégies qui ne fonctionnent plus.

 

 

- Le Front de gauche est-il mort ?

En politique, c’est un mot qu’il ne faut jamais employer… Pour nous, le Front de gauche n’est pas un label. C’est une stratégie politique, proposant une indépendance claire avec le Parti socialiste. Celui-ci est l’incarnation électorale de la politique du gouvernement, qui produit des effets détestables. On ne peut pas s’allier avec ceux dont on combat la politique. Si le Front de gauche est transformé en magot électoral par certains, qui utilisent la force propulsive et la chaleur de la flamme de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, s’empressant de la refroidir par la suite pour quelques positions marginales en négociant avec le PS, ça ne peut plus durer. A contrario, la gravité de la situation exige que l’on fasse preuve d’audace politique.

 

 

- Que pouvez-vous faire pour sortir de cette spirale d’échec ?

D’abord, ne pas placer dans l’angle mort de notre analyse qu’à chaque échéance électorale, l’abstention ne cesse d’augmenter. On ne peut pas changer la société sans la mobilisation des citoyens, particulièrement dans les milieux populaires, qui sont le plus éloignés du débat civique. On dit que les ouvriers sont acquis aux idées de Marine Le Pen, mais c’est faux. Ce qui les caractérise surtout, c’est qu’ils s’abstiennent.

 

 

- Comment inverser la tendance ?

Bien sûr, il faut un changement de politique économique. Mais il n’arrivera pas sans changement des institutions. Il faut aller vers une VIe République par une Assemblée Constituante. Par exemple, est-il normal que les candidats qui ont animé le débat présidentiel de 2012 ne soient même pas présents au Parlement, où le PS et l’UMP détiennent au final 80% des sièges avec seulement moins 40% des voix des électeurs inscrits au premier tour ? Il y a un énorme problème de légitimité. Il faut faire en sorte que la démocratie ne soit pas un mot creux.

 

 

- Quelle seraient vos mesures-phares ?

Face à l’abstention, pourquoi pas le vote obligatoire dès 16 ans avec prise en compte du vote blanc ? Et pour que le peuple ne soit plus tenu à distance entre chaque rendez-vous électoraux, on pourrait envisager la possibilité d’une révocation des élus à mi-mandat, par exemple si 20% des électeurs le demandent. Cela existe déjà dans certains pays notamment d’Amérique Latine.

 

 

- Y compris pour le président de la République, qui arrive justement à mi-mandat ?

Bien sûr. A tous les niveaux, le système actuel donne un sentiment d’irresponsabilité. Les gens se disent que voter ne sert plus à rien. Lorsque François Hollande a été élu, il avait dit qu’il renégocierait le traité européen Sarkozy-Merkel. Il ne l’a pas fait. En revanche, il n’avait pas annoncé qu’il allongerait la durée de cotisation pour les retraites ou qu’il ferait une succession de cadeaux aux patrons. Les citoyens restent hébétés devant un tel spectacle.

 

 

- On a bien compris que Jean-Luc Mélenchon ne se retirait pas de la vie politique. Va-t-il néanmoins prendre un peu de champ ?

Jean-Luc Mélenchon va continuer à jouer un rôle majeur. C’est à la fois un dirigeant mais aussi un intellectuel en politique. Il a mis à profit ses vacances studieuses pour réfléchir sur qui se passe en France et dans le monde. Il veut prendre de la hauteur, pour continuer d’être à la hauteur des évènements qui s’annoncent. Mais c’est vrai qu’il veut qu’émergent au Parti de Gauche d’autres visages, que la réalité collective apparaisse. Nos adversaires seront déçus, mais il ne va pas réaliser leur rêve de ne plus le voir dans le combat politique…

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 12:00
Gendarmes mobiles : un danger pour la république ?

Une enquête IFOP confirme un pourcentage Front National très supérieur à la moyenne dans les bureaux de vote proches des casernes de la gendarmerie mobile, lors des élections présidentielles 2012.

 

Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Jacques Serieys | mis à jour le 8 août 2020

- Satory, un lieu de triste mémoire

La présence de l’armée en ce lieu date du moment où tous les poltrons de la guerre de 1870 ont décidé d’écraser le peuple parisien qui avait résisté face à l’armée allemande. Les régiments de Versaillais sont donc partis de là pour assassiner lâchement des dizaines de milliers de braves gens. C’est au camp de Satory que des milliers de communards furent détenus (dont Louise Michel) dans des conditions ignobles sans abri ni soin d’où un grand nombre de morts (certains abattus et inhumés sur place). C’est également ici que quelques grands républicains ont été exécutés en temps de paix comme le colonel Rossel, 27 ans (fusillé le 28 novembre 1871), celui qui avait dénoncé tôt la « trahison envers la patrie et le peuple » des dirigeants de droite et chefs militaires choisissant la défaite pour mieux restaurer un ordre conservateur, celui qui s’était échappé du camp de Metz vendu au roi de Prusse par le maréchal Bazaine, celui qui avait choisi ensuite de combattre aux côtés de "ceux qui ne s’avouent pas vaincus", « du côté du peuple ».

 

 

- Le vote de la gendarmerie mobile à Satory

Actuellement, le camp de Satory abrite plusieurs unités de l’armée ( Structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres (SIMMT), Service industriel de maintien en condition opérationnelles des matériels terrestres de l’armée de terre (SIMTer), Section technique de l’armée de terre (STAT), la 3e Base de Soutien au Commandement (3e BSC) et l’élite de la gendarmerie, particulièrement :

- le Groupement blindé de gendarmerie nationale ayant un rôle de choc, de formation et de conseil au bénéfice de l’ensemble de la gendarmerie.

- le GSIGN (groupement de sécurité et d’intervention de la gendarmerie nationale) dont le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN).

 

Les gendarmes mobiles et leurs familles représentent près de 100% d’un seul bureau de vote en France : le bureau n°10 (Clément Ader) de Versailles Satory, situé à proximité du camp de Satory. Le quartier compte environ 5000 habitants dont 1500 gendarmes.

 

En 2012, les résultats du premier tour sont les suivants :

M. Le Pen N. Sarkozy F. Bayrou F. Hollande J. - L. Mélenchon
46,1% 22,9% 11,7% 11% 3,6%

 

 

 

 

Ce vote ne représente pas une exception (52,94% pour le FN en 2011).

Le quartier de Satory compte un autre bureau comptant des personnels de la Défense plus divers dans lequel le pourcentage du FN est légèrement moins élevé.

 

 

- Le vote de la gendarmerie mobile en France

L’IFOP a réalisé une enquête remarquable pour conclure « tous les bureaux abritant une caserne de la gendarmerie mobile affichent un vote pour Marine Le Pen à la présidentielle très nettement supérieur à la moyenne de leur ville (ou arrondissement pour Paris et Lyon). Dans tous les cas étudiés dans cette présente analyse (sauf une exception), le bureau où se trouve la caserne est même le bureau de la ville qui accorde le plus fort vote à Marine Le Pen. Ce constat assez impressionnant se vérifie dans tous les types d’environnement et quel que soit le contexte sociologique et politique... En fonction du nombre de gendarmes affectés dans la caserne, le poids de la communauté gendarmique dans le corps électoral du bureau de vote variera assez sensiblement et mathématiquement, plus les gendarmes mobiles et leurs familles seront nombreux et plus la spécificité électorale de leur bureau de vote sera marquée. La spécificité du vote des gendarmes mobiles ne ressort pas uniquement lorsque l’on compare les résultats électoraux de leur bureau de vote avec la moyenne de la ville, les écarts apparaissent également avec les bureaux de vote limitrophes de la caserne ».

 

Même lorsque le pourcentage d’électeurs gendarmes mobiles ne représente que 15% à 50% du corps électoral, cette affirmation se confirme. Notons par exemple le score FN dans les bureaux suivants auxquels sont rattachés des escadrons de gendarmerie mobile :

- Hyères : 42,1% ; - Dijon : 30,8% ; - Toulouse : 27,7% ; - Drancy : 32,9% ; - Amiens : 23,8% ; - Maisons-Alfort : 24,5% ; - Lyon Bron : 24,9% ; - Aubervilliers : 21,8% ; - Mont de Marsan : 20,2% ; - Melun : 24% ; - Orléans : 19,8%

 

L’IFOP note un autre point important. Le vote pour l’UMP au premier tour dans ces bureaux est aussi fort sinon plus que la moyenne nationale et locale. C’est la gauche qui est presque inexistante.

 

Dernier argument approuvant le constat d’un vote Front National aussi fort au plan national qu’à Satory, l’IFOP a réalisé une estimation statistique (non remise en cause par les statisticiens comme par la gendarmerie) du vote FN en 2012 dans la gendarmerie mobile au plan national.

 

Le résultat est le suivant :

M. Le Pen N. Sarkozy F. Bayrou F. Hollande Extrême gauche
46% 31% 8% 10% 0,5%
moyenne nationale moyenne nationale moyenne nationale moyenne nationale moyenne nationale
17,9% 27,2% 9,1% 28,6% 1,7%

 

 

 

 

 

 

 

 

- Ce vote FN de la gendarmerie mobile correspond-il au vote de l’ensemble de la gendarmerie et des forces de maintien de l’ordre ?

Plusieurs éléments statistiques vont dans le sens d’une réponse positive à cette question.

 

L’enquête de l’IFOP ne concerne pas seulement les gendarmes mobiles mais aussi les fameux Gardes républicains.

 

8% à 10% des gendarmes de Satory quittent ce camp chaque année sans que cela change la sympathie générale pour le Front National.

 

L’Essor, journal de la gendarmerie nationale, considère que le sur-vote FN se retrouve généralement dans la gendarmerie, y compris rurale : « Les conclusions de cette étude  peuvent-elles être étendues à tous les gendarmes ? Globalement sans doute, mais dans des proportions qui restent à préciser  ». Car l’Ifop a observé ce qu’il appelle un "sur-vote frontiste" chez les gardes républicains (casernés à Paris et à Nanterre), très net, mais moindre que chez les GM. S’agissant de la gendarmerie départementale, les outils de l’Ifop ne lui ont pas permis d’établir des mesures précises. Mais on ne voit pas pour quelles raisons les gendarmes de cette subdivision de l’Arme aurait un comportement très différent.

 

- Enfin l’Ifop s’est demandé si ce "tropisme frontiste" valait aussi pour les autres forces en charge du maintien de l’ordre. « S’agissant des gardiens de prisons, sur la base de l’analyse de plusieurs bureaux de vote où avec leurs familles ils représentent une part significative des personnes inscrites sur les listes électorales, la réponse est oui : 2 fois plus d’électeurs pour Marine Le Pen à Fresnes, dans le bureau 6 qu’en moyenne sur la ville... »

 

 

- Comment expliquer ce vote "gendarmistique" ?

L’IFOP avance comme cause : « Le vécu professionnel, l’esprit de corps et les valeurs qui y sont rattachées aboutissent donc à une expression électorale vraiment très spécifique et très différente de celle du reste des Français. »

Enquête à suivre.... et à complèter....

 

Pour en savoir plus :

- Dans l’armée aussi l’heure est à la 6e République

- IFOP - Gendarmes mobiles et gardes républicains : un vote très bleu-marine

- Les gendarmes mobiles sensibles au vote FN

- Cantonales : les gendarmes de Satory ont voté pour le FN, avec une très forte abstention (actualisé)

- Gendarmerie mobile

- Enquête post-électorale : Les gendarmes mobiles votent Le Pen

- Exclusif : Marine Le Pen a été plébiscitée en 2012 par les gendarmes mobiles !

- La militarisation des apparelis policiers

- Des nazis dans la police

- Le patron de la gendarmerie veut brouiller les réseaux sociaux lors des manifestations

- Analyse des scrutins du 1er tour des élections régionales : Le FN fait carton plein dans les casernes des gendarmes mobiles et des gardes républicains !

- [Présidentielle 2017 - 1er tour] L’important score du FN dans les casernes de gendarmes mobiles et gardes républicains

- Comment le parti de Marine Le Pen avance ses pions dans la police

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 09:20
Martine Billard : « Il faut une grande clarification pour que le Front de gauche prenne son envol »

L’attitude du PCF, qui s’allie parfois au PS brouille la ligne politique !

 

INTERVIEW - La coprésidente du Parti de gauche pointe l’attitude du PCF, qui s’allie parfois au PS ce qui, à son sens, brouille la ligne politique…

Le Parti de gauche fait sa rentrée politique ce jeudi, avec ses « remue-méninges » de Grenoble (jusqu’à dimanche), dans un climat morose.

Aux municipales, le Front de gauche s’est désagrégé avec les alliances entre le PCF et le PS et les piques entre les deux partis se sont multipliés. Exténué, Jean-Luc Mélenchon a dressé un constat d’«échec» du Front de gauche, disant par ailleurs ne plus vouloir apparaître en première ligne. 20 Minutes fait le point sur le Parti de gauche, le Front de gauche et leur avenir avec Martine Billard, la coprésidente du PG.

 

Sources : 20 minutes.fr le 19/08/2014

- 20 minutes : Pour la première fois, PG et PCF font leur université d’été séparément… Un symbole du malaise actuel ?

Martine Billard : On a eu des difficultés, on s’y est pris un peu tard après les européennes. Mais c’est vrai que ce n’est pas seulement une histoire de timing, l’ambiance n’a pas été au beau fixe dernièrement. On a jugé qu’il serait plus productif qu’on se retrouve à la rentrée, le 6 septembre, pour discuter entre nous. Nous avons besoin de travailler, de voir où nous en sommes pour voir où nous voulons aller. Ce qui est sûr, c’est que nous ne voulons plus nous retrouver, à la veille d’une échéance électorale, dans la même situation qu'avant les municipales, sans clarté sur la ligne politique.

 

 

- 20 minutes : Jugez-vous comme Jean-Luc Mélenchon que le le Front de Gauche est "en échec" ?

Martine Billard : Par rapport aux objectifs que nous nous étions fixés, 2014 a été une mauvaise année. Nous n’avons pas progressé, nous n’avons pas élargi et approfondi le Front de gauche. Le manque d’unité d’expression politique du Front de gauche au niveau national a en effet fragilisé le mouvement. On ne peut pas critiquer le gouvernement, à juste titre, voter contre ses textes, à juste titre, et ensuite publier des déclarations qui appellent à l’union entre le PCF et le PS. Si aux municipales, ça n’avait été que quelques cas locaux… Mais 52% des listes du PCF étaient avec le PS… Le PCF est un parti historique, on savait quelles étaient ses habitudes mais on ne pensait pas qu’il repartirait sur les mêmes schémas. A Grenoble, à Rennes, nous avons été avec les écologistes, et ça a fonctionné.

 

 

- 20 minutes : Comment relancer le Front de gauche ?

Martine Billard : Le PCF doit lever son ambiguïté avec le PS pour redonner confiance à ses partenaires. Il faut une grande clarification pour que le Front de gauche prenne son envol. Nous ne voulons pas être la marge de manœuvre que le PC utilise seulement quand le PS ne veut plus de lui. On a l’impression d’être utilisé dans les négociations du PC avec le PS et on le voit en ce moment avec les sénatoriales. On ne peut pas construire une force avec une telle absence de confiance et un problème de ligne politique;

 

Et puis, il faut qu’on ouvre grand les portes du Front de gauche pour dépasser le cartel d’organisations que nous sommes actuellement. Il faut convaincre des militants de nous rejoindre et continuer à discuter, à travailler, avec des frondeurs du PS, avec EELV, avec le NPA, Nouvelle donne, tous ceux qui s’opposent à la politique du gouvernement, pour construire l’espoir d’une majorité alternative.

 

 

- 20 minutes : N’y a-t-il pas un problème de personnalité, avec un Jean Luc Mélenchon qui serait jugé trop clivant, qui aurait trop personnalisé ?

Martine Billard : Jean-Luc Mélenchon a été notre candidat à la présidentielle, la principale élection de la Ve République: qu’il le veuille ou non, cette élection polarise, personnalise. C’est le système français. Mais choisir un candidat à la présidentielle en espérant qu’il fasse un bon score, utiliser ce bon score pour ses petites affaires et le rejeter ensuite, ce n’est pas correct. Avec sa personnalité, Jean-Luc Mélenchon nous a beaucoup aidés à la construction du Front de gauche il y a cinq ans.

 

 

- 20 minutes : Comment vous analysez ces critiques ?

Martine Billard :