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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 09:00
La révocabilité des élus : une mesure subversive

Source : Lésions politique Le zinc de Clément Sénéchal | 25 octobre 2014 - Le Pari de Gauche

Dresser l’inventaire des trahisons de François Hollande est périlleux tant il est interminable. Ce n’est toutefois pas inutile, dans la mesure où la plupart des grands médias rechignent à lire la politique sous l’angle du respect des promesses de campagne, puisqu’il impliquerait qu’ils se placent dans une perspective critique et trahissent la norme conservatrice et le relai aveugle de sa doxa qui régissent leur jeu (« Le spectacle se présente comme une énorme positivité indiscutable et inaccessible. Il ne dit rien de plus que « ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît ». L’attitude qu’il exige par principe est cette acceptation passive {…}. » nous rappelle Guy Debord). Mais de ces observations pouvoir tirer un geste politique dont le régime soit comptable, voici la vraie question.

 

Le crédit du pouvoir actuel souffre de quatre objections, au moins : François Hollande mène une politique néolibérale qui n’a rien de socialiste (et a ouvertement renié plusieurs points de son programme de candidat), son pouvoir a souffert de nombreuses affaires qui affectent gravement la promesse d’une République exemplaire, rien de tangible ne se passe sur le plan des « résultats » (le chômage progresse, la crise économique s’accentue), et les divers appareils de mesure de l’opinion, qu’il s’agisse des sondages, des atermoiements au sein du Parlement ou des élections intermédiaires (la dernière ayant, faut-il le rappeler, placé l’extrême-droite en tête pour la France) témoignent d’une popularité en berne.

 

 

- Mais que faire ? Rien.

Dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons rien faire. Rien faire contre Thévenoud, par exemple. Les règles du jeu institutionnel telles que définies actuellement condamnent à l’impuissance. La vie politique française est en effet organisée de telle manière que l’élection apparaît comme un talisman, une immunité démocratique qui place son titulaire à l’abri de la volonté populaire le temps de son mandat. Mais s’il veut être réélu, il ne peut faire n’importe quoi, il reste sous contrôle populaire, répondrez-vous. Oui, a minima. D’abord l’élection donne à l’élu un certain nombre de ressources cumulatives (financières, constitution d’un réseau, accès aux dossiers) qui lui permet de s’inscrire dans une guerre de position contre l’opposition. Par ailleurs, dans bien des cas peut se faire ressentir le besoin de démettre un élu dans le temps-même de son mandat, c’est-à-dire avant son terme. Ainsi, dans la Ve République, ce que le peuple a fait, il ne peut le défaire. Et l’élu se retrouve trop souvent dans une position d’extériorité, voire de séparation, vis-à-vis des électeurs (la quintessence de cette séparation étant bien entendu le statut actuel du chef de l’État). En démocratie, l’élection n’est pourtant qu’une délégation temporaire, pas une attribution définitive ; une commande, pas un blanc-seing.

 

Ainsi, la succession des immunités ne saurait faire l’obligation démocratique. L’élu qui déçoit se sait protégé par la similarité des pratiques de ses homologues : qu’on réélise le même ou un autre, aucun ne sera davantage contraint à partir du moment de son élection. Et sur le long terme, l’indignation vaine des citoyens laisse mécaniquement la place à l’indifférence propre à la dépossession démocratique. Un système qui repose sur la vertu individuelle plutôt que sur des mesures de contrôle adaptées ne peut être que dysfonctionnel. C’est ce que disait déjà Robespierre : compter sur les institutions plus que sur les hommes.

 

 

- La destitution du Président de la République : un leurre

Pourtant, un léger infléchissement semble se produire. Le Parlement a en effet adopté le mardi 21 octobre 2014 un projet de loi organique qui permet de destituer le président de la République en cas de « manquements graves » (un mouvement enclenché par la réforme constitutionnelle de 2008). Mais la mise en pratique de cette destitution confine à la gageure. D’abord la notion de « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat »est on ne peut plus floue. Ensuite, pour que cet impeachment à la française se produise, il faut le vote des deux tiers des députés, celui des deux tiers des sénateurs afin de réunir les deux chambres en Haute Cour, puis celui des deux tiers des députés et des sénateurs ensemble réunis en Haute Cour. Sachant que les députés de la majorité dépendent, du fait de l’inversion du calendrier électoral, directement du président de la République, cette hypothèse n’a aucune chance d’advenir. Surtout, seuls des parlementaires aujourd’hui peu représentatifs de la diversité du corps politique seront chargés de cet examen, alors-même que le président de la République est élu au suffrage universel direct.

 

 

- La révocabilité : une garantie démocratique élémentaire

Au-delà de ces gesticulations cosmétiques, il existe un instrument simple mais terriblement subversif pour restituer un lien organique entre les électeurs et leurs élus, afin que ces derniers se comportent non plus en propriétaires du pouvoir mais en commissaires du peuple. Il s’agit du référendum révocatoire, qui instaure la pratique du rappel des élus. Le diable est dans les détails et la simple légalisation de cette procédure chamboulerait profondément la vie démocratique de notre système politique.

 

Il est en effet temps de retrouver cette aspiration portée lors de la Révolution française, lorsque les sans-culottes, indignés par les prises de position libérales des girondins, manifestement contradictoires avec les engagements qui les avaient fait élire à la première Convention, se mobilisèrent pour leur destitution. Aujourd’hui, de nombreux États appliquent la révocabilité, comme les États-Unis (en 2013, 478 pétitions de rappel ont été lancées, dont 107 ont mené à un référendum révocatoire. 22 élus ont démissionné avant le référendum, 51 élus ont été effectivement révoqués), le Venezuela, l’Equateur ou la Bolivie.

 

 

- Comment ça peut marcher ?

Imaginons un système où le mode de scrutin proportionnel serait généralisé à l’ensemble des fonctions électives, afin de rendre plus fidèlement compte des équilibres politiques qui s’expriment.

 

Dans un premier temps, il faut que des citoyens se mobilisent et déposent une pétition, qui doit rassembler un nombre donné de signatures dans un temps imparti, dans laquelle est mentionnée la volonté d’organiser un référendum révocatoire à propos d’un élu (mettons que ce genre d’initiative ne puisse avoir lieu qu’une ou deux fois par mandat, le contrôle des élus ne devant pas non plus se changer en harcèlement).

 

Si un nombre suffisant d’inscrits (mettons entre 5 et 10%) rejoignent la pétition, alors un référendum révocatoire doit être organisé, une nouvelle campagne se dessine, qui figure un nouveau temps de politisation. Le référendum révocatoire instaure autant une logique de maintien que de sanction.

 

- En cas de suffrage uninominal, l’élu se maintient si la majorité absolue des voix exprimées soutient cette option lors du référendum (avec un seuil de participation, afin qu’il soit démis par plus d’électeurs qu’il n’y en avait eu pour l’élire, et que nul ne conteste la légitimité démocratique de la révocation).

- En cas de proportionnelle, avec des élus qui dépendent donc de listes, ce n’est pas beaucoup plus compliqué.

 

Deux possibilités :

  • soit l’élu doit recueillir la moitié en pourcentage des voix qui se sont exprimées en faveur de sa liste lors du premier suffrage,
  • soit il doit en recueillir la moitié mais en nombre de voix.

Tout l’enjeu est de trouver le bon équilibre entre contrôle et instabilité. Si les élus doivent être maintenus sous le joug vigilant des électeurs, ils doivent néanmoins être en capacité de travailler, sans quoi la volonté générale s’annihile d’elle-même et la démocratie se fige.

 

La campagne révocatoire doit par ailleurs être strictement encadrée par l’État, et l’élu mis en cause doit être en mesure de se défendre : toute la difficulté est en effet d’éviter que le référendum révocatoire ne devienne un jouet dans les mains des lobbies pour mener des cabales politiques. Peut-être que le lancement d’une telle campagne devrait être préalablement validé par une commission sur présentation de motifs rigoureux (comme c’est le cas aux États-Unis).

 

En cas de révocation, plusieurs choix :

  • Aux États-Unis par exemple, il est fréquent que la tenue d’un recall consiste en réalité à organiser de nouvelles élections : chaque parti propose des candidats, et l’élu mis en cause est révoqué s’il est battu par les autres candidats. Mais cela permet mal de relier le recall avec la mise en examen populaire d’une responsabilité individuelle. Quand François Hollande l’emporte face à Nicolas Sarkozy, est-ce le premier qui l’emporte ou le second qui est rejeté ? Par ailleurs, c’est mettre le référendum révocatoire dans un contexte de bataille partisane plus que d’appréciation de l’action réelle du mandataire particulier. En réalité, il s’agit d’une sorte d’élection anticipée plus que d’une révocation proprement dite.
  • Deuxième solution, si un élu est révoqué, alors une nouvelle élection est convoquée un peu plus tard, afin de le remplacer. Si les critiques du point ci-dessus peuvent également s’appliquer, reste que dans un premier temps, c’est bel et bien la responsabilité individuelle de l’élu qui est jugée.
  • Troisième solution : l’élu révoqué n’est pas remplacé. Le nombre d’élus diminue alors, qu’il s’agisse du Parlement, d’un conseil municipal, etc. Dans cette logique, l’élu révoqué handicape son camp, qui devra dès lors se passer de son travail comme de son suffrage. Mais c’est là un bon argument pour renforcer la solidarité au sein des formations politiques et faire en sorte que la probité devienne une valeur cardinale dans l’investiture des candidats à l’élection.

 

 

- Vertus républicaines

L’épée de Damoclès de la révocabilité des élus aurait plusieurs vertus indéniables, tant sur la pratique du candidat que sur celle de l’élu et sur celle du public.

 

D’abord, elle obligerait à accorder une plus grande importance au programme, au débat d’idées, à la confrontation idéologique. La régularité du mandat serait en effet jugée à l’aune du respect des programmes, qui devront être tout à la fois réalistes, cohérents et fouillés. Terminée la paresse des catalogues démagogiques. L’élu quant à lui aurait tout intérêt à ne pas renier ses promesses ni la vision du monde dans lesquelles elles s’inscrivent, sous peine de révocation.

 

L’élu serait alors ramené dans le giron de la volonté de ses électeurs, ce qui l’obligerait à garder une certaine indépendance vis-à-vis des influences particulières, des marchés ou des lobbies par exemple. On retrouverait un peu de la logique du mandat impératif sans toutefois subir son excessive rigidité (car il faut savoir  affronter l’aléa des événements qui tissent l’Histoire, comme le soulignait Lénine, qui s’opposait pour cette raison au mandat impératif). Elle contraindrait également l’élu à se tenir en permanence à l’écoute de la société durant tout le temps de son mandat et à se rapprocher tendanciellement de l’intérêt général. Il faut arrêter de croire à cette vieille lune de l’impopularité nécessaire de certaines décisions, qui n’est qu’un alibi trop commode pour dévier le politique vers des intérêts particuliers.

 

Voilà pour la conduite politique. Mais la révocabilité aurait aussi un impact certain sur la conduite individuelle : il obligerait en effet l’élu à observer une stricte éthique du pouvoir afin de se maintenir à bonne distance de toute forme de corruption, de conflit d’intérêts, de trafic d’influence et de toutes les formes de délinquance en col blanc qui marquent trop souvent la classe politique – d’autant plus qu’à l’ère de l’information, il devient de plus en plus difficile de tricher dans la discrétion. Certes, la justice est censée sanctionner ces comportements. Mais la justice a sa temporalité propre, qui ne coïncide pas forcément (et heureusement) avec celle du politique. Et puis son extension s’avère parfois inefficace, comme le prouve le cas Thevenoud. Le référendum révocatoire ne jugera pas le justiciable, il jugera l’élu, c’est-à-dire la continuité de la délégation politique qu’il porte et sans laquelle il n’est rien. Le peuple peut tout à fait juger qu’un élu en prise avec la justice n’est plus apte à exercer son mandat correctement, qu’il doit se concentrer à sa défense.

 

Enfin, la révocabilité aurait un effet certain de politisation du public. D’aucun se plaignent de la démocratie par intermittence, du désintérêt des citoyens une fois que les prébendes politiques sont distribuées. Mais comment pourrait-il en être autrement puisqu’ils n’ont plus aucun moyen de contrôler le mandat qu’ils ont confié ? Avec la révocabilité, l’élu reste toujours tributaire de l’action collective de ses administrés : le lien entre eux se resserre, il prend la forme d’une interdépendance permanente. Les électeurs restent actifs, d’autant plus attentifs à l’action publique qu’ils gardent entre leurs mains un pouvoir de décision considérable. Un rapport dialectique entre mandants et mandataires se rétablit.

 

 

- Votation citoyenne

Étrangement, la révocabilité des élus reste peu portée par la classe politique actuelle et ses différentes formations. Il s’agit pourtant d’une mesure démocratique élémentaire.

 

De son côté, le Parti de gauche vient de mener, avec succés, une grande campagne de votation citoyenne pour le droit de révoquer ses élus : du 8 au 11 novembre 2014, des urnes ont été disséminées dans toutes les grandes villes de France afin que chacun puisse se prononcer pour ou contre l’inscription de la révocabilité des élus dans la Constitution. C’est bien sûr l’une des grandes mesures que porte le Parti de gauche dans sa campagne pour la Constituante et la VIe République.

 

 

Alors que l’extrême-droite, sous toutes ses nuances, prospère sur la suspicion généralisée envers les élus, voire sur le dégoût de toute forme d’engagement politique, il serait temps de renouveler les règles du jeu qui régissent la distribution du pouvoir dans la société, si l’on ne veut pas que le vieux fond de sauce rance du « tous pourris » n’emporte avec lui toutes les digues de la démocratie active.

 

En 2006, dans son livre Devoirs de vérité, François Hollande se déclarait favorable à « un exercice de vérification démocratique » à mi-mandat. Nous y sommes.

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

- Fréjus, le FN opposé à la démocratie, à l’intervention des citoyens dans la vie politique

- Jean-Luc Mélenchon partisan du référendum révocatoire

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 09:00
Le programme du FN et les idées d'extrême droite sont opposés aux intérêts des salarié(e)s

Les absences de réponses aux questions sociales vécues par les salarié-e-s, les privé-e-s d’emploi, les retraité-e-s, les jeunes, ainsi que la crise avec ses conséquences dramatiques, fournissent un terreau exploité par l’extrême-droite. Les politiques d’austérité génèrent une aggravation du chômage, le développement des inégalités sociales, de la précarité, de la pauvreté et des processus d’exclusion. Cela accroît la désespérance sociale.

 

Engagée depuis quelques années avec l’arrivée de Marine Le Pen à sa tête, l’opération de banalisation du FN se poursuit, bénéficiant du concours de certains médias. Mais,derrière cette façade détournant à ses fins électoralistes certaines revendications du mouvement social, le FN reste un parti nationaliste, xénophobe, sexiste et raciste. Il agit de concert avec la nébuleuse de l’extrême-droite française actuellement à l’offensive (des manifestations réactionnaires et homophobes, en passant par les violences racistes de groupuscules, jusqu’au duo antisémite Dieudonné-Soral). C’est un piège dans lequel les salarié-e-s ne peuvent tomber, d’autant qu’il existe d’autres solutions pour sortir de la crise, comme répartir autrement les richesses, revitaliser les solidarités...

 

 

- La préférence nationale : un projet raciste
Faire de l’étranger un bouc émissaire est à l’opposé des valeurs de solidarité que nous portons et défendons au quotidien. Toutes les discriminations, notamment en raison de l’origine, sont pourtant interdites en France. Or, tous les amalgames de ces dernières années (en matière de sécurité, d’immigration, de religion, d’emploi...) ont fini par renforcer et diffuser dans notre société un discours de stigmatisation. La préférence nationale est au cœur du programme du FN. Elle exprime la volonté de réserver les emplois, les logements, les aides sociales aux détenteurs/trices de la nationalité française, en excluant une bonne partie des classes populaires.

 

 

- La fausse solution du capitalisme national
L’accélération des politiques d’austérité a généré une aggravation du chômage, un développement des inégalités sociales, de la précarité, de la pauvreté et de l’exclusion. Face à l’Europe et à la mondialisation libérales, contraires aux intérêts des salarié-e-s et aux besoins sociaux fondamentaux, les réponses protectionnistes du FN ne visent qu’à protéger le capitalisme national sans s’attaquer à l’antagonisme capital/travail et à la financiarisation de l’économie.


Contrairement aux FN, nous revendiquons un monde où les solidarités internationales priment en termes économiques, politiques et sociaux. Le capitalisme provoque l’accaparement des richesses par une minorité, c’est bien l’exploitation qui est en cause. C’est l’union à grande échelle des salarié-e-s, quels que soient leur nationalité et leur lieu de travail, qu’il convient de rechercher.

 

 

- Des discours démagogiques et opportunistes
En changeant son discours selon les saisons et les publics, le FN veut apparaître comme le soutien des salarié-e-s. Mais le FN est contre la réduction du temps de travail, qui constitue pour lui une «désorganisation des entreprises et une hausse injustifiée de la masse salariale» ; il est contre le Code du Travail «pour libérer le travail des entreprises de l’étatisme» ; il est bien sûr contre la grève qui est assimilée à une «prise d’otage» hostile à «l’intérêt national» ; et il est évidemment contre les syndicats assimilés à «un facteur de blocage de l’économie». Les élu-e-s FN à l’Assemblée nationale ne portent pas de propositions en faveur des salarié-e-s : aucune sur le Smic, la défense des retraites, l’éducation, la santé, une fiscalité plus juste !

 


- Les droits des femmes dévoyés
Le Front National a été obligé d’intégrer dans son discours le fait que les femmes ont obtenu certains acquis. Il va jusqu’à se prétendre le défenseur des femmes, en instrumentalisant la laïcité pour mieux agiter le fantasme du péril musulman ou celui de l’immigration. Les rangs du FN comptent les tenants d’une vision réactionnaire de la place des femmes, qui auraient avant tout vocation à être mères. On y retrouve les militant-e-s «pro-life» qui manifestent contre les centres IVG, les partisans du salaire maternel et ceux qui militent contre la déconstruction des stéréotypes à l’école. Nombre de ses adhérents-e-s et de ses satellites étaient présent-e-s dans les manifestations qui s’opposaient à l’égalité des droits entre hétérosexuel-les et homosexuel-les. Leur obsession identitaire et xénophobe : c’est avant tout la défense réactionnaire du mythe d’un occident blanc chrétien. Les acquis des femmes sont bien le fruit de luttes féministes, que le FN a toujours combattues !

 

 

- L’extrême-droite est aux antipodes des intérêts des salarié-e-s...
Aux antipodes d’une société solidaire, le projet du FN aboutit à aggraver la concurrence, à plus de dumping social et fiscal, à l’exacerbation des tensions xénophobes et nationalistes. Le Pen se présente comme la «candidate anti-système», en défense du peuple, des «laissés pour compte» de la crise, mais le projet politique qu’elle incarne est d’abord celui d’un nationalisme exacerbé qui ne remet en cause ni le capitalisme, ni le libéralisme, ni la course au profit, ni la concentration des richesses dans les mains d’une minorité.


Le FN, de l’échelon communal à l’échelon européen, ne distillera que division, repli sur soi et fragilisera le vivre ensemble !


L’extrême-droite dispose désormais de plus de 2000 conseiller-es municipaux et intercommunaux, à même de distiller et d’étendre sa sphère d’influence. Ce sont plus de 450 000 administré-e-s sur lesquels pèsent les conséquences pratiques des politiques d’extrême-droite : fin de la gratuité de la cantine pour les enfants les plus pauvres, heures de garderie refusées aux enfants de chômeurs, suppression des subventions aux centres sociaux des quartiers les plus défavorisés. Dans les villes gérées par l’extrême-droite, ce sont les classes populaires qui trinquent.


Le résultat du FN aux élections européennes (25%), le plaçant en tête, a provoqué un véritable choc. Aux élections sénatoriales, pourtant peu favorables au FN, près de 4 000 grands électeurs et électrices ont donné leur vote à l’extrême-droite, multipliant par près de quatre son potentiel électoral, lui permettant d’avoir ainsi deux élus.

 

Il faut s’organiser syndicalement, lutter en partant des revendications des salarié-e-s, faire progresser la démocratie et gagner de nouveaux droits et conquêtes sociales !


Notre campagne intersyndicale «Uni-e-s contre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques», initiée le 29 janvier 2014 à Paris, avec des centaines de syndicalistes, et plusieurs dizaines d’initiatives sur tout le territoire, entre dans une nouvelle phase pour contrer massivement l’extrême-droite. C’est en ce sens que nous avons créé l’observatoire national intersyndical des politiques et pratiques municipales de l’extrême-droite.

Le 19 novembre 2014

 

 

- Téléchargez le tract ICI

 

Pour en savoir plus :

- Lancement d’un observatoire national intersyndical des politiques et des pratiques municipales de l’extrême droite

 

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 09:00
 Les 15 mesures d'urgences sociales et écologiques du Parti de Gauche contre l'austérité et le productivisme

La crise provoquée par le capitalisme financier est profonde et totale. La population subit de plein fouet l’austérité généralisée : hausse dramatique du chômage, chute du pouvoir d’achat, diffi culté à se loger et se nourrir convenablement, etc.

A Berlin, comme à Paris, on nous explique que la seule politique possible est de poursuivre ce qui nous a menés au désastre environnemental et social. Avec en plus, la monarchie présidentielle de la 5e République qui piétine, chaque jour, la souveraineté populaire au profit du marché.

 

Sources : Le Parti de Gauche

- Aucune alternative n’est donc possible dans le cadre du système.

L’heure est plus que jamais au bouleversement, même si l’on ne sait sur quel versant s’ouvrira le volcan. Est-ce que cela tiendra jusqu’à l’élection présidentielle de 2017? Est-ce que la crise de régime accélérera les échéances ? Dans tous les cas, nous continuerons à travailler à notre objectif: la conquête du pouvoir pour appliquer notre programme. Ce programme c’est d’abord redonner au peuple sa souveraineté. C’est lui redonner son rôle politique central acquis depuis la Révolution de 1789. C’est lui qui a les clefs de la transformation.

 

Si nous disposons demain d’une majorité au suffrage universel, nous convoquerons une assemblée constituante pour rédiger la Constitution de la 6e République. C’est en effet impossible d’espérer engager un changement profond, de mener la révolution citoyenne, dans le cadre de la 5e République. Avec de nouvelles institutions et une nouvelle règledu jeu, nous portons une vision globale de la République sur le plan démocratique, social et écologique, pour répondre à la bataille pour des droits nouveaux et les libertés, la laïcité, pour l’émancipation sociale et culturelle du peuple.

 

En attendant les résultats de la constituante, notre gouvernement devra prendre des mesures urgentes à même d’engager la rupture avec le système financier, l’austérité et le productivisme.

  • La plupart de ces mesures s’opposent aux traités européens. Nous allons donc désobéir aux traités européens et plus généralement aux traités de libre échange, dont le GMT, ou des cadres internationaux (OTAN, FMI, OMC).
  • De même, nous romprons avec le pacte de stabilité et son étau budgétaire imposé par Bruxelles.

Nous convoquerons d’urgence un collectif budgétaire rectificatif pour dégager les moyens de notre politique de relance de l’activité.

 

Voici, dans ce nouveau cadre, quelles seraient les 15 premières mesures d’urgence, les plus emblématiques contre la finance, l’austérité et le productivisme. S’ajouteront bien sûr les abrogations immédiates des lois libérales prises depuis plusieurs années (ANI, CICE, Pacte de responsabilité...).

 


- Nous proposons de populariser immédiatement ces mesures dans de véritables campagnes de masse et dans les luttes.

 

  ICI les 15 mesures d'urgences sociales et écologiques préconisées par le Parti de Gauche contre l'austérité et le productivisme

 

 

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 10:00
Constituante : ce que ne règle pas le tirage au sort

Ce qu’il y a d’intéressant avec les périodes troubles, c’est qu’elles donnent leur chance à plein d’idées différentes.

Ce qu’il y a de chiant avec les périodes troubles, c’est que les critères d’évaluation de ces idées sont pas beaucoup plus clairs que la période qui les engendre.

 

 

Sources : PARLER A GAUCHE par John Gwendal le 15 octobre 2014

Bref, je vais parler du tirage au sort comme panacée politique, histoire de cadrer quelques points qui me semblent un peu importants.
Chouard part d’un constat que beaucoup peuvent aisément partager, d’autant plus qu’il est vrai : le système politique hérité des révolutions du XIXeme siècle et prolongé par le compromis social-démocrate, c’est à dire la démocratie libérale fondée sur la représentativité, n’est plus en mesure d’assurer un fonctionnement politique démocratique.


Il l’est d’autant moins qu’il a subi de très violentes attaques par les tenants du néolibéralisme, dont l’objectif final réside tout simplement dans la disparition de la démocratie politique pour aboutir à une « liberté de marché » qui lui serait supérieure.

 

Bref, le système politique est à bout de souffle, et ça commence à sérieusement se voir.
A partir de ce constat on peut donc tirer la nécessité de refonder radicalement notre pratique politique et notre façon de gérer les affaires publiques

 

Et c’est là que la partie drôle de l’article commence : Les propositions d’Etienne Chouard permettent-elles une refondation démocratique ? Couvrent-elles l’essentiel des problèmes ? Portent-elles en leur sein des conceptions vraiment démocratiques et humanistes ?

 

 

- La constitution ne peut pas tout résoudre, et n’est pas neutre.

La première chose qui m’embête chez Chouard, c’est sa croyance quasiment magique selon laquelle une bonne constitution résoudrait tous les problèmes. Certes, un système institutionnel bien pensé et formulé dans une constitution ad hoc est un élément indispensable à la vie démocratique. C’est entre autres dans la constitution qu’on définit le régime de pouvoirs publics, mais aussi privés, en définissant l’étendue de la propriété par exemple.

 

Toutefois, croire que la constitution est un outil suffisant pour générer une démocratie parfaite est bien naïf, et je vais prendre quelques exemples :

  • Des outils de contrôle judiciaire des politiques corrompus existent déjà : peine d’inéligibilité, cour de justice de la république, levée de l’immunité parlementaire. Toutefois, c’est la saisie de ces dispositifs qui est toujours laborieuse, et soumise à des personnes qui n’ont pas forcément intérêt à les activer. C’est là hors du champ direct de la constitution.
  • La vie démocratique dépend également beaucoup de la pluralité des médias. Celle-ci, pourtant, n’est pas qu’une question de répartition des fréquences télé, mais aussi du poids financier des médias et de leurs propriétaires. C’est là encore au delà du cadre purement constitutionnel.

Et ainsi de suite.

 

De plus, Chouard prétend qu’en faisant écrire la constitution par des citoyens tirés au sort, on aura alors un régime « qui satisfait tout le monde ». C’est au mieux naïf, au pire complètement inconscient de prétendre cela. Cela sous-entend que la définition fondamentale du fonctionnement d’un pays serait neutre, un simple « outil ». Alors que Chouard lui-même diagnostique un dévoiement des outils politiques au services de l’oligarchie, il jette ensuite cette analyse à la poubelle quand vient le moment d’élaborer une nouvelle règle, en croyant qu’elle peut être neutre.

 

Au contraire, la constitution est l’acte le plus politique qui puisse exister. Le basculement à la République, c’est par la constitution de 1793 qu’il s’est opéré. Une constitution traduit une volonté politique, majoritaire et organisée. C’est la pierre fondatrice d’une construction politique orientée, au sens noble : avec un objectif social assumé et revendiqué (la démocratie réelle est un de ces objectifs potentiels.). S’en remettre à des gens choisis au hasard pour décider de cette fondation revient à anéantir la capacité de faire de la constitution la base d’un régime politique (et donc citoyen), car au pire aucun consensus n’émergera, et au « mieux » le consensus sera alors forcément en faveur de la version la moins ambitieuse du changement démocratique.

 

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- Individualiser le pouvoir, c’est retomber dans l’ornière libérale, voire fasciste

Tirer des délégués au sort revient à individualiser totalement la fonction politique. Ça peut sembler anodin quand on voit qu’en France on vote déjà pour des noms et des personnalités autant si ce n’est plus que sur des programmes, mais ça ne l’est pas. En fait, ça revient même à nier la chose politique.

 

  • En effet, le tirage au hasard implique qu’on ne choisisse pas des représentants, mais qu’automatiquement, un tiré au sort représente tout le monde. Cela veut alors dire que les oppositions politiques n’ont pas de sens, puisque la croyance derrière cela tient au fait qu’émergera une bonne manière de gouverner. Sauf que cette bonne manière de gouverner n’est jamais mise en question et semble presque « naturelle ».

 

Au final, on se retrouve avec une négation totale de l’existence d’options politiques diverses. Pire, la diversité de ces options politiques est ramenée à une vulgaire lutte de pouvoir entre parties concurrentes de la caste dominante. C’est vrai pour une partie du spectre politique acquise au libéralisme et au capitalisme, mais ce n’est pas une règle généralisable. En niant l’existence de ces options différentes, le tirage au sort nie en réalité le choix de l’orientation du pays en tant que collectif, et s’en remet à une gestion « consensuelle » qui peut fortement rappeler les délires de « manager » ou de « gestionnaire » prônés par certains libéraux radicaux pour se débarrasser de la politique, et en particulier de la contestation politique de l’enrichissement illimité. D’un coup, celui qui veut évacuer l’oligarchie de la place publique se retrouve à vanter un outil qui exaucerait ses désirs les plus inavoués.

 

Pire encore, considérer qu’une représentation statistique de la population serait une bonne façon de former une assemblée ou un gouvernement implique quelque chose de plus subtil mais essentiel : cela place l’unité de la nation comme l’objectif ultime du gouvernement, à travers la recherche d’unité et de consensus chez les délégués. Quand on revient à la source mythologique de Chouard, la démocratie athénienne, on se rend vite compte que cette notion d’unité sacrée de la cité, contre les cités environnantes, est la base même de la vie politique. La politique athénienne est toute entière conditionnée par la politique de puissance (Athènes a combattu, vaincu et colonisé nombre de cités et de territoires, auxquels elle n’a pas exporté sa démocratie). Il est aussi assez significatif de voir que le développement de la démocratie athénienne est intimement lié aux guerres menées par la cité, contre les autres cités grecques ou contre la Perse.

 

Est-ce que l’unité d’une nation et sa politique de puissance sont les objectifs ultimes d’une politique ? Chez certains courants politiques, oui, mais ils sont généralement crispés le bras tendu.

 

  • Un autre effet pervers de cette conception « unitaire » de la société, c’est la négation totale des antagonismes qui peuvent exister en son sein. Laisser la désignation des législateurs au hasard suppose en effet que toutes les idées se valent, et même au delà, dans la bouche de Chouard cela suppose même que les idées sont nuisibles, et qu’il faut se choisir des gouvernants « qui n’ont aucune idée préconçue » sur la politique et le pouvoir.

 

C’est très dangereux sur au moins deux aspects : l’exclusion de ceux qui ne pensent pas dans ce cadre de l’unité absolue du peuple/nation/corps social, et la réduction du politique à de la vulgaire gestion.

 

Sur le premier point, c’est assez évident : si les gouvernants doivent arriver au pouvoir « sans idée préconçue », alors cela exclut de fait tous ceux qui s’intéressent à la conduite des affaires. Ambitieux, certes, mais aussi militants, ou simplement personnes intéressées. On touche là une contradiction majeure, dans le sens ou cette conception du tirage au sort exclut du pouvoir non seulement ceux qui pourraient le dévoyer, mais aussi tous ceux qui pourraient en faire un usage légitime et réfléchi. C’est même encore plus grave, car si le but ultime c’est la conduite apaisée de la société sous la bannière d’une unité consensuelle, cela signifie que refuser ce consensus, par exemple en estimant qu’il y a des parties de la société qui n’ont pas tous les mêmes intérêts, c’est de fait se retrouver exclu de la société. Encore une fois un grand pas de franchi dans le respect de la liberté individuelle, en somme.

 

Le second point, celui de la gestion, est encore plus simple : prétendre que les opinions politiques de dirigeants n’ont aucune importance, ce qui est sous-entendu par la désignation au hasard, cela veut dire en creux qu’il n’existe qu’une seule bonne façon de gouverner, et que cette bonne façon de gouverner peut émerger « naturellement ». Les partisans du tirage au sort ne sont pas les premiers à formuler cette hypothèse, elle est même très classique et répandue : c’est l’hypothèse de gouvernement libérale, qui considère qu’il n’y a qu’une seule façon de « gérer » la société, la « bonne gouvernance ». Quand on sait, et sur ce point Chouard le dit également, que c’est précisément cette hypothèse de gouvernement libérale qui décrédibilise toute alternative politique, peut-on croire 5 secondes que de rester dans cette conception du gouvernement, ce que font un peu sans le savoir les partisans du tirage au sort, produira des effets différents du système actuel ?

 

 

- L’impensé de la démocratie directe : le statut social.

Ces deux points nous amènent en dernière instance à l’oubli fondamental et à l’erreur d’analyse de Chouard. Persuadé que tout part de la politique « de chambre », il pose comme fondement de ses réflexions le fait que le système de la démocratie libérale a engendré une caste de gouvernants qui ne représentent que les plus riches, les puissants, au mépris du peuple et donc de la démocratie.

 

En posant clairement cette hypothèse par écrit on devrait rapidement voir ou ça cloche : toute l’histoire nous montre que ce sont les classes dominantes qui forgent les systèmes de gouvernement et pas le contraire (avec quelques concessions à leurs opposants pour garantir un minimum de paix). La féodalité a été forgée par la noblesse d’épée sur la base des stratégies de défense de chaque clan ou famille. La monarchie absolue a été fondée face à cette noblesse d’épée trop instable par quelques branches nobles qui avaient l’ascendant moral, militaire et financier pour s’imposer. Et enfin, la Révolution Française a eu lieu après 150 ans de montée en puissance de la bourgeoisie des villes, commerçants, banquiers et manufacteurs, qui avait alors pris la place de financiers du régime et a pu capitaliser politiquement sur la colère populaire.

 

On passera assez vite sur le fait que le caractère foncièrement élitiste et bourgeois du gouvernement aie été instauré en grande partie par Napoléon et la Restauration, c’est à dire par deux formes différentes de contre-révolution menées pour éviter à la partie populaire et radicale (le peuple de paris, les babouvistes) de continuer le processus de transformation sociale, mais il faut le noter car cela met par terre toute la justification « historique » des partisans du tirage au sort.

 

Bref, un tirage au sort sans transformation de l’ordre économique et social produirait-il une classe dirigeante différente ? Peut-être. Produirait-il des orientations politiques différentes ? Assurément pas tant que le pouvoir d’influence (lobbying, médias de masse, chantage économique) reste dans les mains de la même oligarchie.


Or, le but de la démocratie réelle n’est-il pas de permettre une politique d’intervention publique au service du peuple ? Peut-on parler de démocratie pour un système qui changerait le visage des personnes mais permettrait de faire perdurer la déviation de l’action publique en faveur de ceux qui ont déjà tout ?

 
 

- Peut-on utiliser le tirage au sort dans une perspective de libération sociale ?

A ce stade, normalement les partisans du tirage au sort vont rétorquer l’argument suivant : « On utilise déjà le tirage au sort pour les jurys d’assises ! ».

 

C’est vrai. Mais dans ce cas il faut aller jusqu’au bout, et savoir de quoi on parle : un jury a pour rôle d’étudier un dossier, avec l’aide de magistrats (les juges, mais aussi les avocats et le procureur, qui leur fournissent l’information lors de la procédure). De ce dossier il doit dire s’il pense l’accusé coupable ou non coupable.

 

Cela n’a aucun rapport avec la rédaction des lois !  Il ne s’agit même pas d’appliquer la loi existante non plus, mais simplement de déterminer, sur la base de l’information disponible, si l’accusé a commis ou non un crime. C’est ensuite aux juges de fixer la peine et tout l’attirail juridique.

 

Bref, c’est hors sujet. Ceci dit il faut se demander si le tirage au sort ne pourrait pas, malgré tout, participer à une meilleure démocratie.

 

On peut d’emblée voir trois effets vertueux :

  • la constitution de jurys « sociologiquement neutres »
  • l’impossibilité de faire carrière de fonctions tirées au sort
  • vertus d’éducation populaire à la participation politique, des citoyens ayant été tirés au sort pour une fonction pouvant alors trouver un intérêt aux affaires de la cité.
 

On l’a vu largement dans les parties précédentes, envisager le tirage au sort comme mode de désignation de ceux qui créent la loi aurait de multiples effets délétères, essentiellement par la négation de l’existence d’intérêts opposés. Cela signifie en revanche que c’est une option potentiellement intéressante dans des cas ou ces antagonismes sociaux n’ont pas cours.

 

On peut par exemple créer des jurys de contrôle citoyen qui ne seront alors pas dominés par l’un ou l’autre parti afin de contrôler l’action publique. On peut également envisager de coupler ce système aux scrutins électifs de listes, afin de résoudre le problème de la parité et du « placement ». Au lieu de définir des têtes de liste, ce qui crée des jeux de pouvoir à l’infini à l’intérieur des partis et corrompt la bataille politique en soi, on peut envisager une atténuation de ces effets en tirant au sort le nombre d’élus défini par le scrutin proportionnel, sur la liste. Cinq élus de tel parti ne seraient pas forcément les 5 premiers de liste, mais cinq tirés aléatoirement sur la liste. On peut même élargir encore en organisant des charges tournantes, etc.

 

Bref, il existe un éventail de domaines ou l’idée n’est pas sans intérêt, mais cela suppose trois restrictions :

  • que le tirage au sort se fasse au sein de groupes déterminés ayant une convergence d’intérêt réelle et non fantasmée (un parti politique, un conseil de surveillance citoyen local)
  • que le tirage au sort ne remplace pas l’acte de choix politique et de choix de l’orientation de société que constitue le vote, le choix de tel ou tel parti pour légiférer ou gouverner.
  • que le tirage au sort seul et pour lui-même ne remplace pas des mécanismes de contrôle de la vie politique assez stricts. D’ailleurs, pour revenir à la source mythique de ses partisans, c’est un principe qui avait déjà été bien compris par la démocratie athénienne.

 

Pour conclure, j’aimerais rappeler qu’il n’existe ni société sans violence, ni système politique « parfait », et que la meilleure façon de tendre vers la meilleure démocratie réelle, c’est de le garder toujours à l’esprit pour prévoir les moyens de dissiper et gérer violence et injustices résiduelles de tout système, même le plus démocratique et humaniste. Choisir les législateurs au hasard n’adresse aucune de ces nécessités.

 

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

- L'idée du tirage au sort des constituants fait son chemin mais elle n'est pas une solution pour renouveler notre démocratie.

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 10:00
Stop au matraquage des syndicats ! Ils ne pensent pas (forcément) comme nous

Pour Guillaume Etiévant, l'affaire Thierry Lepaon et les réactions qu'elle a suscitées, montrent que "le matraquage politique et médiatique contre le monde syndical" est en train de s'accentuer.

Selon le secrétaire national du PG à l’Economie, ce phénomène s'explique aisément : "La manœuvre se dévoile à la lecture des propositions du Medef dans les négociations interprofessionnelles sur le dialogue social, celles dont le Medef et le gouvernement espèrent qu’elles aboutiront à la suppression des seuils sociaux."

 

Source : Marianne par Guillaume Etiévant Secrétaire National du Parti de Gauche[1]

Lors de son passage télévisé sur TF1 le 6 novembre dernier, François Hollande était censé être face à des représentants des Français. Pourtant, contrairement à ce qui s’était passé lors du même événement sous la présidence de Nicolas Sarkozy, aucun syndicaliste n’a été invité. Une chef d’entreprise a bénéficié de longues minutes pour dérouler sa haine du code du travail et des syndicats, sous le regard bienveillant et approbateur de François Hollande, mais aucun représentant du monde syndical, c’est-à-dire aucun défenseur des salariés, n’a par contre été invité. Dans le même temps, le secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon se prend à longueur de journée des tombereaux d’injures politiques et médiatiques pour une fumeuse histoire d’appartement. Au-delà de sa personne, c’est évidemment la CGT qui est attaquée, et derrière elle l’ensemble des travailleurs.

 

A-t-on en revanche entendu les médias dominants réagir face aux politiques d’optimisation fiscale menées par Gattaz, le patron du Medef, syndicat des grandes entreprises, qui ont permis à son entreprise Radiall de diminuer considérablement son imposition en France alors que ses bénéfices explosent et que le groupe a touché l’an passé plus d’1 million d’euros de crédit impôt recherche et 876 000 euros de Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) ? Entend-on nos élites politiques et médiatiques s’émouvoir du fait que l’ex-patron de Sanofi, exilé à Boston, va toucher 6 millions d’euros d’indemnités de départ ?

 

 

- Le matraquage politique et médiatique contre le monde syndical est malheureusement habituel.

Il s’accentue ces temps-ci. On comprend pourquoi. La manœuvre se dévoile clairement à la lecture des propositions du Medef dans les négociations interprofessionnelles sur le dialogue social ouvertes le 9 octobre, celles dont le Medef et le gouvernement espèrent qu’elles aboutiront à la suppression des seuils sociaux. Le Medef propose notamment que l’obligation de mettre en place des Comités entreprises à partir du seuil de 50 salariés soit supprimée. Toutes les instances (CE, CHSCT, délégués du personnel, délégués syndicaux) seraient alors réunies en une seule appelée Conseil d’entreprise. Dans la proposition du Medef, cette nouvelle instance ne sera créée que si les salariés, par référendum interne à chaque entreprise de plus de 50 salariés, le choisissent.

 

On voit d’ici les pressions exercées sur les salariés par les employeurs pour qu’ils votent contre la présence des syndicats dans l’entreprise. On imagine l’effroyable inégalité qui régnerait alors sur le territoire de la République française entre les salariés travaillant dans des entreprises sans syndicats et les autres. Et on comprend mieux le dénigrement incessant que subit le monde syndical en ce moment. Plus les syndicats seront mal vus, jetés dans le bain du tous pourris avec les autres, moins les salariés ne verront d’intérêt à soutenir leur présence dans les entreprises. Et comme dans le même mouvement, l’Accord national interprofessionnel (ANI) de 2013 a déjà considérablement réduit leurs droits, beaucoup de salariés risquent de se soumettre au discours de leurs patrons affirmant préférer utiliser l’argent nécessaire à l’existence des Institutions représentatives du personnel (IRP) pour embaucher ou augmenter les salaires.

 

 

- Il n’y aura pourtant pas d’embauches et pas de hausses des salaires.

Il y aura, une fois de plus, des versements supplémentaires de dividendes. Il y aura, surtout, la grande masse des salariés qui sera jetée dans la précarité la plus totale. Sans délégué du personnel, vers qui vont pouvoir se tourner les salariés harcelés ou ceux qui subissent des pressions pour démissionner, ou ceux soumis à des licenciements abusifs ? Sans Comité d’entreprise, comment les salariés vont-ils pouvoir contrecarrer les discours patronaux, la justification des licenciements économiques et limiter la casse sociale lors des plans sociaux ? Et plus globalement, où en serions-nous aujourd’hui sans les syndicats ? Les congés payés, la journée de 8 heures, le salaire mensualisé, la sécurité sociale, et d’innombrables droits sont issus des batailles syndicales.

 

Nous ne le répèterons jamais assez. Il faut se syndiquer ; il faut défendre les syndicats ; il faut étendre leurs droits.

 

C’est ce que nous dirons une fois de plus le 15 novembre dans la rue, avec la grande manifestation contre Hollande et Valls. Nous nous mobiliserons, ce jour-là comme les autres, en l’honneur des syndicats, de leur lutte quotidienne, de leur histoire et de leur avenir.

 

Notes :

[1] secrétaire national du Parti de gauche à l’Economie et Travail.

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 10:00
Débat sur le tirage au sort en politique avec Étienne Chouard – Jacques Testart et Yves Sintomer

Sources : Le 4eme singe - posté dans Alternatives, Débat, Politique

- 1ère vidéo : Débat sur le tirage au sort en politique avec Étienne Chouard – Jacques Testart et Yves Sintomer

Nous attendions ce débat avec grande impatience et nous voilà enfin comblé. Ce débat, dont on aperçoit quelques passages dans le très bon documentaire « J’ai pas voté » (Seconde vidéo de ce billet) nous offre un approfondissement sur l’idée du tirage au sort en politique.

 

Étienne Chouard, Jacques Testard et Yves Sintomer, nous offre ici un débat riche d’enseignements sur cette idée qui, petit à petit, commence à faire sens pour beaucoup de citoyens d’électeurs…

 

Au menu :

00:25 Le tirage au sort ça change quoi dans une démocratie ?
06:22 Le citoyen peut-il faire de la politique ?
09:05 Comment on tire au sort aujourd’hui ?
13:13 Qui tire au sort ?
17:49 Une révolution du peuple est-elle possible ?
21:08 Que pensez-vous du printemps arabe ?
26:24 En France sommes nous en démocratie ?
31:24 Qu’est ce qui bloque la modernisation de la politique ?

 

Bon visionnage !

- 2ème vidéo : J’ai pas voté

Avez-vous l’impression de ne pas être entendu par le pouvoir politique ? Constatez-vous votre impuissance face à toutes ces lois qui s’imposent sans votre consentement ?

 

J’ai pas voté est un documentaire de Moise COURILLEAU et Morgan ZAHND. Celui-ci dresse un bilan de la profonde crise politique dans laquelle nous nous trouvons. Sur le plan strict du fonctionnement de notre régime politique, ce document bouscule nos représentations comme celles que nous apprenons dés le plus jeune âge à l’école, voter = démocratie.

 

Par ailleurs, au-delà de l’autopsie de la démocratie représentative française, cette vidéo propose des solutions ayant fait déjà leurs preuves ailleurs ou à une autre époque.

 

Avec comme intervenants :

  • Loïc BLONDIAUX, professeur de science politique
  • Hervé KEMPF, journaliste
  • Jean-Paul JOUARY, philosophe
  • Matthieu AUROUET, rédacteur « causeries-républicaines »
  • Raphaël LIOGIER, sociologue philosophe
  • Nicolas BRUNEL, rédacteur « causeries-républicaines »
  • Bernard MANIN, politologue
  • Jean LASSALE, député des Pyrénées-Atlantiques
  • Jacques TESTART, biologiste
  • Yves SINTOMER, sociologue professeur de sciences politiques
  • Etienne CHOUARD, professeur d’économie gestion

 

Un film « pédagogique » qui nous permet de comprendre la mécanique structurelle, c’est à dire les règles qui établissent le pouvoir, les fonctionnements et la distribution des rôles dans une société. Des éléments de compréhension essentiels pour tous, que l’on s’intéresse ou non à la politique car ils déterminent notre propre rôle au sein d’une communauté de règles.

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 10:00
La réponse à François Hollande et au Medef : c’est dans la rue, le 15 novembre !

 

Sources : Le Parti de Gauche

Le bilan à mi-mandat de François Hollande est catastrophique. Élu pour faire une politique inverse à celle de Nicolas Sarkozy, il applique à la lettre le programme du Medef. Les mêmes recettes ont engendré les mêmes maux : chômage à des niveaux historiques, casse industrielle, cadeaux aux actionnaires sans contrepartie, baisse des dépenses publiques… Dans ce pays les pauvres sont de plus en plus pauvres tandis que les plus riches accumulent toujours plus de richesses.

 

Enfin pour imposer cette politique d’austérité, François Hollande et Manuel Valls ont recours à une criminalisation accrue des mouvements sociaux, écologiques et citoyens. Pas de loi d’amnistie, syndicalistes condamnés pour leurs actions et la répression utilisée en lieu et place du dialogue jusqu’à conduire à la mort de Rémi Fraisse à Sivens.

 

C’est pourquoi, le collectif 3A appelle le 15 novembre à manifester à Paris et dans plusieurs grandes villes de France. Pour refuser la politique d’austérité, pour exiger des élus qu’ils rejettent le budget Hollande-Medef, pour défendre une alternative sociale, écologique, politique.

 

Depuis quelques jours la mobilisation pour le 15 novembre prend de l’ampleur. A la liste des 250 premiers signataires se sont ajoutés d’autres personnalités, partis politiques, associations et un nombre important de syndicats. On recense de très nombreux appels d’organisations territoriales et de signatures de militantes et de militants syndicaux de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de FO, de l’UNEF.


L’engagement de plusieurs associations (Copernic, APEIS, AC!, MNCP, CADTM, Convergences des services publics, Anecr, la Gauche par l’exemple, Féminisme enjeux, Femmes égalité, DAL, Acrimed, les ef-FRONT-é-e-s) s’accroît tous les jours.

 

Côté partis, Nouvelle Donne s’est ajoutée aux organisations du Front de Gauche, au NPA, à la Gauche d’EELV ou au club des socialistes affligés.

 

 

Toutes les informations relatives à la mobilisation

nationale :

  • toutes les informations sur la campagne ICI
  • tout le matériel de la campagne ICI
  • la liste des manifestations ICI

 

Pour en savoir plus :

- Une semaine de mobilisation générale

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 14:00
TTIP/TAFTA – Quand un groupe suédois d'énergie réclame 4,7 milliards d'€ à l'Allemagne pour l'abandon du nucléaire

Sources : Le blog de Françoise Diehlmann sur Médiapart le 26 octobre 2014

L'Allemagne a décidé la sortie du nucléaire pour 2022 en fermant progressivement ses 17 centrales encore en activité en 2011. Ceci risque de lui coûter très cher.

 

Voilà que le groupe suédois d'énergie, Vattenfall, qui est actionnaire et exploitant de deux centrales nucléaires allemandes se considère lésé par leur fermeture. Il a donc porté plainte devant le Centre International de Résolution des Disputes d'Investissements (ICSID). Ce centre ne se trouve ni à Francfort, ni à Münich, ni à Berlin, mais à Washington près de la Maison Blanche, dans un énorme bâtiment en granit, en verre et en marbre qui appartient à la Banque mondiale. ICSID est l'un des tribunaux d'arbitrage les plus puissants et les plus influents du monde. C'est l'endroit où les conflits entre les Etats et les multinationales montent en puissance.

 

Selon le Süddeutsche Zeitung, 185 procédures judiciaires mondiales ont lieu en ce moment auprès de l'ICSID. Le cas le plus connu en Allemagne porte donc le numéro ARB/12/12 : Vattenfall versus Federal Republic of Germany. Le litige : Vattenfall réclame à l'Allemagne exactement 4 675 903 975,32 € pour les conséquences financières dues au fait que le Gouvernement allemand a décidé de fermer en 2011 les deux centrales nucléaires de Brunsbüttel et Krümmel dans le Nord de l'Allemagne pour des raisons de sécurité dans la foulée de Fukushima.

 

Sylvia Kötting-Uhl, porte parole du groupe des Grünen sur les questions nucléaires a fait part de son indignation : « Vattenfall n'a honte de rien. Les centrales de Krümmel et Brunsbüttel ne fonctionnent plus depuis des années à cause des pannes de réacteur et sont un commerce à perte. Faire payer son modèle défaillant par les contribuables est inacceptable » (Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung).

 

Pour ce qui est des détails de la plainte de Vattenfall, c'est l'opacité la plus totale en Allemagne. Pas un seul parlementaire n'a eu connaissance du dossier. Seuls le Vice-Chancelier et ministre de l'économie, Sigmar Gabriel (SPD) et quelques fonctionnaires de son ministère le connaissent.

 

Selon le quotidien Selon le Tageszeitung , suite à une Selon le question du groupe des Grünen au Bundestag en septembre, sur la plainte du groupe suédois contre la République Fédérale d'Allemagne, Matthias Machning, secrétaire d'Etat à l'économie, a répondu que l'ensemble des coûts devraient s'élever à 9 millions d'Euros. Il ne s'agirait que de frais d'avocats, de traduction et de justice liée à la procédure devant un tribunal d'arbitrage international aux USA. Depuis le début de la procédure en 2012,  3,23 millions d'€ ont déjà été payés sur le budget fédéral.

 

9 millions ? Mais Sigmar Gabriel lors d'une audition de la commission économique du Bundestag a rendu public le mercredi 15 octobre le montant réclamé par Vattenfall, à savoir 4,7 milliards d'€. Rien à voir avec les quelques millions d'€ mentionnés un mois avant par son secrétaire d'Etat.

 

Ce cas montre une fois de plus que les accords de libre-échange TTIP/TAFTA prévoyant une large protection des investisseurs ne sont pas acceptables, a dénoncé de son côté Klaus Ernst, député du parti de Die Linke.

 

La question des tribunaux d'arbitrage est un élément central.dans les négociations sur les accords de libre échange entre les Etats-Unis et l'Union Européenne. Lors de son premier voyage aux Etats-Unis en tant que ministre de l'économie, Sigmar Gabriel, qu'on pourrait appeler aussi Mister Tafta, a insisté sur les grands avantages économiques de TTIP/TAFTA et, dans son discours à l'Université de Harvard, a mis en garde contre les débats hystériques sur le poulet chloré. « Je pense qu'il s'agit d'un projet historique qui répond aux grandes possibilités d'un nouvel agenda transatlantique » (Selon le Tageszeitung

 

L'abandon du nucléaire en Allemagne, à l'initiative des écologistes avec le feu vert des syndicats, porté aujourd'hui par l'ensemble du pays, a révolté les 4 opérateurs des 17 centrales nucléaires en activité. Les trois opérateurs à capitaux essentiellement privés : d'abord Vattenfall a saisi un tribunal d'arbitrage international, puis les allemands RWE et E.ON ont saisi la Cour constitutionnelle allemande, E.ON qui participe à 50% pour Krümmel réclamerait 8 milliards d'€ à l'Etat et RWE qui participe à 33% pour Brunsbüttel demanderait plus de 2 milliards d'€, selon Selon les Echos.

 

Tout ceci montre que nous devons tenir bon et augmenter notre mobilisation contre TTIP/TAFTA qui prévoit que les législations en vigueur des deux côtés de l’Atlantique se plient aux normes du libre-échange établies par et pour les grandes entreprises européennes et américaines, sous peine de sanctions commerciales pour le pays contrevenant, ou d’une réparation de plusieurs millions d’euros au bénéfice des plaignants. Ceci conduirait à une révision à la baisse des législations et normes européennes (sanitaires, sociales, environnementales).

 

Aussi, le syndicat IG Bau demande au ministre allemand de l'économie d'empêcher à tout prix ces tribunaux d'arbitrage qui permettent des plaintes d'investisseurs pas seulement contre l'Etat, mais aussi contre les Länder et les communes. Affaire à suivre....

 

 

- Pour bien comprendre les méfaits du TAFTA, cliquer sur l'image.

Pour en savoir plus :

- Mon dossier : TAFTA & TISA

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 08:24
Réflexions : articulation entre le mouvement pour la 6ème République et le Front de Gauche.

Institutions, mouvement social et partis : changement de connectique.

 

 

Sources :  Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Hervé Debonrivage lundi 27 octobre 2014.

 

- Préambule : quelques propos de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon : « La stratégie révolutionnaire du XXIe siècle  » L’Humanité. Entretien réalisé par Julia Hamlaoui le 13 Octobre, 2014

Pour l’article complet, cliquez ICI

 

Vous avez lancé un mouvement pour fédérer le peuple autour de la VIe République. Quelles doivent être ses lignes de force  ?

Jean-Luc Mélenchon  : La VIe République, c’était la proposition centrale du Front de gauche portée pendant toute la campagne présidentielle. Il ne s’agit pas d’un objet de communication. C’est la stratégie révolutionnaire de notre époque. Le Mouvement pour la VIe République n’est pas un parti, son objectif est de se vouer à rendre une idée majoritaire. La question ne concerne pas seulement les institutions. Elle porte sur les droits sociaux fondamentaux à partir desquels la société peut fonctionner, sur les droits écologiques fondamentaux autour desquels doit être organisée l’économie du pays.

 

C’est tout ce travail de réappropriation des objectifs généraux de la politique qui est proposé à travers la stratégie VIe République. La difficulté du maniement de cette idée c’est qu’il faut à la fois la mettre sur la table et la laisser ouverte. Ce n’est pas très important de dire comment moi je vois les choses. Même si je suis, pour ma part, par exemple, pour le vote obligatoire, le référendum révocatoire, limiter les droits de propriété privée du capital à un droit d’usage… Depuis la rentrée toute une série de personnalités ont dit d’accord. Voyez comment un mot d’ordre fédérateur du peuple peut aussi rassembler à gauche. C’est en ce sens qu’il faut le prendre  : partir des contenus pour aller à l’accord politique, et non l’inverse.

 

 

Comment envisagez-vous le rapport entre le Mouvement pour une VIe République et le Front de gauche  ?

Jean-Luc Mélenchon  : D’abord, le Front de gauche est le point d’appui de tout futur populaire dans ce pays. Il n’y a de choix qu’entre le Front de gauche ou la coalition Hollande-Valls. Quoi d’autre, sinon  ? Dans ce paysage, il ne peut pas être question de laisser se dessécher le Front de gauche. Il faut que nous nous retrouvions d’abord sur une stratégie électorale. Des A.C. doivent discuter de comment utiliser au mieux les élections cantonales alors que Valls et Hollande voudraient en faire un moment passif et politicien. Eux qui ne veulent même plus distribuer les professions de foi.

 

Mais il ne faut pas que le Front de gauche reste enfermé sur lui-même. Il faut donc sans cesse mettre en avant des perspectives de nature à fédérer le peuple et du coup, peut-être, rassembler à gauche. D’ailleurs, les militants du Front de gauche sont nombreux dans le mouvement VIe République. C’est une manière pour eux d’aller sur le terrain et surtout de répondre en positif au sentiment dominant de rejet de la politique.

Fin de l’extrait.

 

 

- 1 – Le mouvement pour la 6ième république.

La dynamique pour la sixième république avait été bien relancée avec la marche du 5 mai 2013 réunissant plus de 150 000 personnes malgré un accompagnement médiatique relativement faible. De nombreuses organisations associatives, syndicales et politiques de gauche avait participé à cette marche. La Marche du 5 mai 2013 pour la 6ème république avait été un succès comme le titrait le journal l'Humanité.

 

Maintenant l’ambition est plus large car il s’agit de mettre en mouvement un front du peuple qui serait constructeur d’une nouvelle constitution accouchant de la sixième république.

 

Un certain scepticisme non seulement médiatique mais émanant de l’Autre gauche et de la gauche socialiste s’est déjà fait entendre. Quelles forces pour animer ce mouvement ? La classe populaire des ouvriers et des employés est-elle motivée par une telle démarche ? Dit autrement, cette classe possède-t-elle encore une idée de ce que signifie "volonté générale" et "intérêt général" ?

 

Le mouvement Podemos qui inspire Mélenchon s’est développé en Espagne à partir d’un mouvement social important : celui des indignés contestant une austérité encore beaucoup plus violente qu’en France,, situation qui n’est donc pas vraiment comparable avec celle de notre pays, etc.

 

Une petite remarque d’abord : Mélenchon ne prétend pas faire une copie du modèle d’organisation centralisé de Podemos : il s’en inspire essentiellement par l’usage des réseaux sociaux et de l’existence de comités de réflexion et d’action citoyenne locaux. (appelés cercles).

 

Autre attitude dominante : celle des médias consistant à une banalisation de la thématique d’une nouvelle république et à l’idée que celle-ci est hors des préoccupations des Français.

 

On a un petit panorama de cette manière de voir ICI. Et de citer académiquement : " Les politiques adorent ça. L’avantage de ces débats, c’est que cela ne coûte pas un centime et pendant ce temps-là on ne parle pas emploi, retraite, fiscalité, gaz de schiste", tempère le constitutionnaliste Didier Maus, ancien professeur à l’université de Marseille."

 

Sans reprendre tous les arguments exposés dans mon article précédent : Le Parti de Gauche veut dépasser la structure partidair et s’appuie sur plusieurs observations et prévisions :

  • Un rejet des partis politiques et des institutions par au moins 80 pour cent du corps électoral.
  • L’existence d’un potentiel d’action important d’organisations et d’individualités, fondé sur des propositions élaborées pour un changement d’institutions. Nous reviendrons sur ce point

 

À la veille de la marche du 5 mai 2013, il est plaisant de rappeler que le rédacteur en chef de Mediapart écrivait : "Sur ce diagnostic d’une décadence de la Cinquième République et de l’exigence d’une République nouvelle, une majorité d’idées existe qui ne demande qu’à être convoquée et rassemblée. Aucune force politique n’est seule propriétaire de cette espérance qui traverse toutes les sensibilités républicaines et inspire nombre de programmes politiques. Du centre-droit à la gauche radicale, en passant par les socialistes et les écologistes, sans compter tout un peuple de citoyens sans affiliations particulières, l’attente est là, disponible et enthousiaste, au-delà des questions de numérotation ou de procédure. Pour conjurer la menace d’un nouveau 1958 et, surtout, relever notre pays, créer la confiance et dépasser ses divisions, le sortir de sa torpeur et de ses doutes, il n’y a qu’une seule voie, celle d’un sursaut démocratique, c’est-à-dire d’une réappropriation collective et égalitaire de notre destin commun, de son invention et de son enchantement." Source : L'heure de vérité 04 mai 2013 | Par Edwy Plenel

 

– L’existence de tensions sociales extrêmement fortes causées par la mise en œuvre de la politique d’austérité ultralibérale de la gauche élitaire au service de l’oligarchie financière, pouvant se manifester à tout moment par une explosion sociale de grande envergure. Ce n’est d’ailleurs pas seulement une possibilité envisagée par des responsables du PG mais aussi celle de deux tiers des Français selon un sondage de septembre 2014.

 

Contrairement à ce que dit Bernard Teper dans son article du magazine Respublica (n.761) Une VIème république, pour quoi faire ? la classe populaire des ouvriers et des employés dans sa majorité sait très bien ce que signifie "l’intérêt général" et a compris que la politique gouvernementale ne sert pas cet intérêt mais celui d’une caste de privilégiés. Et il existe une "volonté générale" d’en finir avec un système politique qui n’a de cesse que de lui demander des sacrifices.

 

Certes cette volonté ne s’exprime pas forcément clairement par un programme politique de rupture, mais c’est précisément le rôle des organisations de la gauche populaire de l’aider à cette formulation.

 

Dans une situation politique d’un système chaotique très sensible à de petites variations de tensions., faut-il attendre la tempête les bras croisés ? Donc mieux vaut se préparer à une telle explosion en proposant d’ores et déjà des issues par le haut ce qui ne signifie pas venues du haut ! Il faut créer dans ce chaos un attracteur.

 

 

Alors se pose la question : quel pourrait être cet attracteur générateur d’auto–organisation : le FdG ? Un rassemblement plus large de la gauche (du NPA et POI aux socialistes s’affirmant contre la politique d’austérité ?

Un front du peuple encore plus large de caractère non partidaire ?

 

 

 

 

 

 

En vérité, les trois, mais pas n’importe quand et n’importe comment.

  • Penser qu’un front du peuple pourrait surgir ex–nihilo sans intervention des militants du FdG relève du conte de fées pour ne pas dire de la farce. Il est bien connu que la plupart des mouvements sociaux à gauche ont été à l’initiative de cette force et des forces syndicales et associatives associées.
  • Mais la méthode consiste à ce que cette intervention du FdG dans le mouvement pour la 6ème république s’estompe progressivement pour laisser place à un mouvement plus large, s’estomper ne signifiant pas disparaître et ne compter au final que comme quantité négligeable, mais simplement constituer une force parmi d’autres, qui ne soit pas dominante et encore moins hégémonique.
  • Dans ce processus, contrairement à un schéma centraliste classique, le FdG ne devrait pas avoir pour objectif de devenir le centre du rassemblement : attracteur ne signifie donc pas centre de gravité. L’enjeu dépasse ici largement la dimension électorale.
  • [Je fais ici une petite incise. Une stratégie centraliste a conduit l’ensemble des forces de l’Autre gauche dans le mur en 2007 lorsque le PCF a voulu devenir le centre du rassemblement anti Sarkozy. En revanche, en 2012 en acceptant qu’un membre d’une autre organisation puisse représenter une alternative à gauche du PS, le PCF a permis de multiplier par 5 son score électoral. Il ne faut pas oublier les enseignements du passé.]

 

Une force parmi d’autres ? Mais quelles autres forces ? Nous allons revenir plus loin sur cette question.

Mais il nous faut maintenant réfléchir à la stratégie du FdG. La mise en ligne d’une pétition pour la 6ème république est un déclencheur qui a l’avantage d’une action non centrée exclusivement sur un parti et de permettre ensuite, lorsque le nombre de signatures sera suffisamment important, de mettre sur pied une assemblée citoyenne pour examiner sous quelle forme pourra se développer le mouvement. On peut cliquer icipour signer la pétition.

 

 

- 2 – Le rôle du Front de Gauche

A – Le FdG devrait tout d’abord s’occuper de lui-même.

a) De notre point de vue, comme nous l’avons développé dans un article précédent, le Front de gauche a tout intérêt à réaffirmer et éventuellement enrichir "L’humain d’abord" qui constitue son fondement politique et idéologique. D’autre part, il serait utile que l’ensemble des composantes du FdG se mettent d’accord

  • pour savoir si les propositions phares de Jean-Luc Mélenchon pour la 6ème république peuvent constituer quelques lignes directrices pour de nouvelles institutions. Il s’agit du référendum révocatoire, de la limitation du droit de propriété notamment concernant le capital, l’intégration de règles écologiques et du droit de disposer de sa personne, de la règle verte.
  • pour savoir si "Le bloc de constitutionnalité actuel incluant le préambule de la Constitution de 1946 et la charte de l’environnement, aux côtés de droits fondamentaux, précisent les formes d’organisation et de fonctionnement des institutions (qui) sont aussi à revoir " Comme l’affirme Martine Billard dans son texte intitulé  "Une campagne pour reconstruire une alternative" en ligne ICI.

 

Mais ce ne sont probablement pas les questions les plus difficiles à régler .

Cela permettrait au FdG d’acquérir ainsi un contenu de propositions qui lui soit propre et qui fasse consensus entre les différentes composantes. À partir de ces dispositions, il lui est possible de partir sur des bases claires pour négocier avec d’autres organisations. Je fais ici allusion à des propositions émanant du PG, mais la démarche serait évidemment la même pour toute autre proposition émanant de quelconque autre composante du FdG.

 

b) Il devrait pouvoir définir une cohérence stratégique unitaire sur le plan électoral entre ses propres composantes.

Sa crédibilité et sa lisibilité électorale en dépendent. Il a tout intérêt à surmonter ses divergences de stratégie d’alliance avec le PS. Une multitude d’arguments (voir notre article : le Front de Gauche en quête d'identité…) plaide pour une autonomie maximale par rapport au PS.

 

Comme le rappelle Gabriel Amard, secrétaire national du PG, chargé des élu-e-s et des radicalités concrètes et président de l’association nationale des élus du Parti de Gauche La gauche par l’exemple, il faut être "Pour une stricte et claire autonomie vis-à-vis du PS".

 

c) Il devrait pouvoir définir des modalités d’adhésion au Front de gauche sans obligation d’adhérer à l’un de ses partis et élaborer une charte de générale de fonctionnement..

 

d) Il devrait pouvoir définir des structures organisationnelles locales et nationales souples et cohérentes permettant de mutualiser les forces militantes de ses différents partis notamment dans l’utilisation des outils de l’Internet et de la diffusion de ses idées.

 

e) Il devrait pouvoir définir une stratégie combative de communication et d’information envers les médias et envers les citoyens.

 

f) Il devrait pouvoir définir une politique de formation de bon niveau pour les adhérents et militants du Front de gauche.

 

B – Les relations du FdG avec d’autres forces.

a) Sur le plan de l’action citoyenne.

  • Lutte contre les politiques d’austérité et les propositions de lois rétrogrades
  • toutes les actions locales en rapport avec la vie de la cité : problèmes urbains divers, services publics, etc.
  • actions de solidarité avec les mouvements sociaux locaux liés à la vie de l’entreprise
  • actions de solidarité avec les mouvements sociaux sociétaux. (Sans abris, discriminations diverses, etc.

 

Réfléchir et participer à la mise en réseau des acteurs de chaque champ et la mise en réseau entre champs. Montrer qu’un certain nombre de problèmes de chaque champ est en relation avec la nature des institutions. Ici les relations du FdG peuvent couvrir tout le spectre de l’extrême gauche aux écologistes et socialistes contestant la politique d’austérité en France et en Europe. Mais évidemment, les actions peuvent être communes avec les syndicats et un certain nombre d’associations et coopératives. Ce n’est pas ici le plan d’action le plus difficile

 

b) Sur le plan électoral.

La nature des accords va dépendre des décisions prises par la direction politique du PG en novembre 2014.

 

D’autre part, comme le rappelle Jean-Luc Mélenchon : ""Des assemblées citoyennes doivent discuter de comment utiliser au mieux les élections cantonales" et "partir des contenus pour aller à l’accord politique, et non l’inverse".

 

Il est évident que les programmes électoraux locaux doivent s’articuler sur les réalités sociales et économiques locales vues précédemment. Voir par exemple l’article : Vers des listes d’initiative citoyenne de résistance aux départementales et aux régionales (cliquez ICI) pour accéder au texte.

 

Dans son dernier livre, L’ère du peuple, Mélenchon insiste sur le rôle joué par les problèmes urbains dans la formation de la conscience politique. Par ailleurs, là encore il serait souhaitable d’être capable d’articuler le rôle des collectivités locales par exemple à la nature des institutions

 

c) Sur le plan de la concertation avec d’autres organisations et certaines personnalités concernant la réflexion sur les institutions pour une sixième république.

Il semble souhaitable d’examiner et, le cas échéant, capitaliser les réflexions engagées par d’autres organisations sur la question des institutions et d’une sixième république. Des tables rondes, des réunions de travail pour confronter les points de vue seraient utiles.

 

Prenons quelques exemples :

Le travail réalisé par la convention pour la sixième république (C6R) avec ses 30 propositions institutionnelles : cliquez ICI pour accéder au site et là pour accéder aux 30 propositions Rappelons que la C6r a été créé par Arnaud Montebourg le 2 mai 2001 avec l’éditeur et politiste Guy Birenbaum.

 

La présidence est actuellement assurée par Paul Alliès (dont le fils Stéphane est journaliste à Mediapart, chargé notamment des questions politiques relatives à l’Autre gauche) qui appartient au secrétariat national du PS..

 

L’association pour une constituante : cliquez ICI pour accéder au site. présidée par André Bellon.

 

Mouvance d’Étienne Chouard

Etienne Chouard s’est rendu célèbre par sa critique très étayée du traité constitutionnel européen de 2005. Il s’est beaucoup investi dans sa réflexion sur la constitution et milite pour que ce soient les citoyens qui rédigent leur propre constitution. Il est le promoteur d’ateliers de rédaction populaires de la constitution. Plusieurs sites très documentés ICI et ou encore ICI mettant en ligne un travail de réflexion très important sur cette question. On peut aussi cliquer sur les deux liens suivants Les gentils virus,et Le kiwi des gentils virus.

 

EELV  : Changer de régime avec une sixième république

 

François Bastien :

Une 6ème république pour 2017, c'est possible. Vous aurez des informations universitaires sur François Bastien ICI.

 

d) Sur le plan de l’action envers les médias locaux et nationaux.

Cela nécessite une réorganisation interne du FdG comme indiqué ci-dessus. L’utilisation des réseaux sociaux et de sites Internet à la hauteur des enjeux est nécessaire. La bataille médiatique devrait être l’enjeu central de la bataille politique.

 

Par exemple, un réseau de comités de vigilance et de protestation devrait être organisé à l’égard de tous les médias pour exiger que chaque média permette aux idées du FdG d’être diffusées au nom de la liberté d’information et d’expression. La stratégie d’effacement du FdG de l’espace politique devrait être combattue. Je répète que faute de ce travail essentiel, le FdG continuera de stagner électoralement . Les gens ne peuvent pas voter pour une organisation qu’ils ne connaissent pas ou connaissent mal. Des relations suivies avec les organisations syndicales de journalistes et de techniciens du monde médiatique devraient être établies.

 

 

En conclusion

  • Le FdG participe à la construction du front du peuple mais sans en être l’unique acteur et le centre. Son rôle essentiel est de vérifier si le contenu des institutions proposées est compatible avec les droits sociaux et économiques figurant notamment dans l’Humain d’abord. Il participe à leur élaboration pour aller dans ce sens.
  • La philosophie générale de l’action est de réussir à transformer la multitude en peuple Comme l’indique l’article Une 6ème République pour transformer la multitude en peuple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 09:59
Etat et Grand patronat : Delphine Batho publie Insoumise

Delphine Batho publie Insoumise, un ouvrage plutôt bien charpenté sur l’impossibilité d’être ministre de l’Ecologie dans un gouvernement tout acquis aux intérêts des financiers et des industriels.

 

Source : Politis.fr

Et de deux. Après Cécile Duflot, c’est au tour de Delphine Batho de planter sa plume dans le dos du pouvoir. Deux femmes, deux écolos, deux (ex)-ministres, deux destins presque similaires… Si ce n’est que l’une (Duflot) a quitté le gouvernement de son propre chef, tandis que l’autre (Batho) en a été brutalement limogée, le 2 juillet 2013, par Jean-Marc Ayrault, après une petite année de services.

 

Car il ne fait pas bon être une ministre de l’Ecologie convaincue dans le royaume de François Hollande. Un royaume où les magnats du nucléaire, du pétrole et des gaz de schiste trouvent porte grande ouverte à Bercy, à Matignon, et même à l’Elysée…

 

Décrire comment s’organise ce petit monde, c’est là l’intérêt d’Insoumise, ouvrage de meilleure facture que celui de l’ex ministre du Logement paru fin août. Dès les premières pages, l’éphémère locataire de l’Hôtel de Roquelaure annonce qu’elle y racontera « étape par étape, la façon dont l’influence des milieux financiers et industriels s’est installée au cœur du pouvoir ». La quadra, qui a encore une belle carrière politique devant elle, ne dit, bien sûr, pas la moitié de ce qu’elle sait.... Mais même incomplet, le témoignage est édifiant. Non seulement, par le récit des pressions exercées par les lobbies. Mais surtout, de celles que lui fit endurer le pouvoir lui-même pour faire passer les intérêts des puissances financières, au mépris de l’intérêt général.

 

 

- Dîners à Matignon

Au premier chef, il y a les Montebourg et Macron, ambassadeurs serviles des compagnies pétrolières qui lorgnent sur les sous-sols de l’Ile-de-France. Mais aussi l’Elysée qui relaie « en dolby stéréo » que le débat national sur la transition énergétique n’implique pas assez les entreprises – pourtant 130 à participer au débat ! –, ou encore « la pression lancinante des conseillers du président de la République concernant l’instruction des permis miniers »… Sans oublier l’inénarrable Jean-Marc Ayrault qui ne trouve rien de mieux que « reprendre les choses en main » en organisant, à Matignon, des dîners entre sa ministre de l’Environnement et… les patrons d’EDF, Total et Areva ! « Une fois qu’il a obtenu son dû sur le pacte de compétitivité, le patronat voulait son reste sur la politique énergétique », écrit Delphine Batho. Dont acte.

 

Phagocyté par la fameuse « promotion Voltaire », le pouvoir s’offre joyeusement aux mains d’un patronat avec qui, dans le fond, il partage les vues. Entre la connivence, les compromissions, et les conflits d’intérêts, voilà Batho cernée. Sur Henri Proglio, patron d’EDF et « ministre fantôme » (sic), elle dit : « Ce que je refusais, il l’obtenait du premier ministre directement ». Quant au président du groupe Vallourec, spécialisé dans la fabrication des tubes destinés à forer le gaz de schiste, il peut compter sur l’oreille attentive de son épouse, qui n’est autre que la directrice du cabinet de… François Hollande. Les lobbies, écrit Delphine Batho, « sont surtout forts de la faiblesse des gouvernants face à eux ». A moins qu’ils soient déjà juste à côté.

 

- Le livre est disponible  ICI Delphine Batho, Insoumise, Grasset, 2014, 272 pages, 18 euros.

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 01:02
Hyperincinérateur d'Echillais : le Parti de Gauche demande un référendum

Sources :  le blog du Parti de Gauche OUEST17 |

 

Communiqué du Parti de Gauche Ouest 17

 

Incinérateur de Rochefort, les populations doivent avoir le dernier mot.
 
Depuis des mois, les populations du pays Rochefortais mènent une action exemplaire pour s'opposer à la volonté d'une grande majorité d'élus locaux d'imposer la construction d'un Hyper incinérateur, technique totalement dépassée par les enjeux environnementaux actuels, les possibilités alternatives offertes par les technologiques actuelles (méthanisation, etc...) mais source de profits substantiels pour l'opérateur VINCI.
 
Comptant sur le soutien de la ministre de l'environnement, celle-ci à cédé face aux lobbys patronaux enterrant un peu plus ses ambitions en matière de transition énergétique.
 
  • C'est inacceptable. Le COMITE OUEST 17 du Parti de Gauche renouvelle son soutien actif aux opposants et à leur association « Pays Rochefortais Alert' »
 
Car l'incinérateur est une fabrique de poisons reconnue comme telle, hautement toxiques en ce qui concerne notamment les cendres des filtres.
 
 
- Pour le Parti de Gauche :
  • l'incinération est en 2014 une technique totalement dépassée du point de vue écologique et économique. En dépit du bon sens, elle détruit des matériaux qui devraient être recyclés et produit de nouvelles matières à stocker.
  • la collecte des déchets, le tri, le recyclage et les traitements doivent relever du domaine public non délégué (régies), être de proximité au niveau communale pour re-localiser et créer des cercles vertueux ou nos déchets, notamment organiques, pourraient produire de l'énergie (méthanisation) ou venir alimenter l'agriculture locale, pour que chacun prenne ses responsabilités sans craindre d'être les éboueurs de tous.
 
Il est en effet absurde de vouloir transporter en camions les déchets de 97 communes sur un seul point de traitement et de gaspiller ainsi de l'énergie, dégrader les routes et augmenter les risques d'accidents....
 
Car la création des déchets, tout comme leur gestion est source aujourd'hui de profits et de rentes dégagées par les industriels du secteur, et cette situation ne peut plus durer, il faut y mettre un terme.
 
 
- Notre méthode est celle de la planification écologique.
Son objet est de remettre l'humain , les populations concernées au centre des décisions en se fixant des objectifs communément partagés par le débat et en se donnant les moyens de cette mise en oeuvre par la décision souveraine des citoyens
 
Nous ne pouvons mener une politique qui passe d'une solution à une autre instantanément, mais d'ores et déjà mettre un terme à son extension est une exigence immédiate.
 
. Notre conception de la planification de la politique des déchets est basée sur plusieurs éléments :
  • La réduction à la source des déchets : objectifs contraignants d'amélioration des processus industriels, interdiction des sacs plastiques etc. Il s'agit là d'un aspect important de la reconversion industrielle et fait appel à toute la créativité de nos ingénieurs, techniciens et ouvriers. C'est une dynamique d'innovation ;
  • L'obligation de la réparation des objets qui peuvent l'être : augmentation forte de la durée des garanties (lutter contre l'obsolescence), obligation de récupération des objets par les constructeurs et de développer les filières de réparation.
  • Obligation d'intégrer dans les filières industrielles le recyclage des objets produits, du traitement de leurs déchets, en s'appuyant sur les compétences et les entreprises existantes s'il le faut.
 
- Notre objectif ?
Interdire l'incinération des déchets organiques et plus largement de tout ce qui pourrait être recyclé tout en rendant possible et obligatoire une gestion alternative de ces différents déchets. Il est effectivement aberrant et tout à fait contre-productif de ne pas réutiliser ces matériaux dans les processus de production compte tenu du coût et du poids environnemental et écologique de l'extraction des matières premières.
 
Ce projet s'inscrit dans le même processus que les autres grands projets inutiles, tels l'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes et le barrage du Testet à Sivens, dans lesquels se retrouvent toujours les mêmes grands groupes, notamment le vorace VINCI.
 
Le Parti de Gauche rappelle que des négociations sont en cours au niveau européen sur le Grand Marché Transatlantique (TTIP ou TAFTA, CETA, TISA). Si ceux-ci devait entrer en vigueur, cela mettrait fin à toute velléité d'opposition et de refus de ce genre de projet par les élus. En effet, ce serait un tribunal d'arbitrage privé qui pourraient statuer en faveur des groupes privés et pénaliser les collectivités locales ou l'état qui s'y opposeraient, et de surcroît avec de fortes amendes payées par les contribuables! (C'est le cas au Canada, en Australie, etc.)
 
La démocratie à sa place partout, tout le temps: au niveau local (consultations citoyennes), mais également au niveau national et européen.
 
 

C'est pour l'ensemble de ces raisons que le parti de Gauche, face à la volonté des élus d'imposer leur choix contre la volonté populaire, considèrent que le dernier mot doit revenir à la population et appelle au lancement d'un référendum sur les territoires concernés.

Hyperincinérateur d'Echillais : le Parti de Gauche demande un référendum

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Incinération

- Incinérateur d'Échillais : feu vert pour l'incinérateur

- Ainsi naissent les ZAD

 

- Lettre à Ségolène Royal : N’attendez pas les premières échauffourées entre des citoyens ex-pacifistes ! par Pays Rochefortais Alert'

lettre à Madame la Ministre de l'Ecologie par Pays Rochefortais Alert'

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 10:00
République : Acte VI mais avec quels acteurs ?

Sources : Le blog de Jean-Paul Jouary 13 Octobre, 2014 philosophe et essayiste
Les institutions de la Ve République sont désormais si clairement perçues comme antidémocratiques et génératrices de corruption que de toute part (sauf du côté des forces dont l’alternance tranquille est programmée par la logique de ces institutions) on s’est mis à revendiquer une « VIe République ». Chaque « frondeur » du Parti socialiste le propose, tout comme les écologistes et toutes les composantes du Front de gauche et le Front du peuple de Jean-Luc Mélenchon.


C’est une excellente chose, qui revient à demander que la France cesse d’être le pays développé le plus monarchique de la planète, le seul où le Président peut dissoudre le Parlement, nommer ou révoquer tous les ministres, déclarer une guerre, signer des traités et même supprimer toutes les libertés publiques selon l’article 16 de la Constitution, sans que personne ne puisse ni vraiment contrôler ni empêcher ces décisions, ni enfin que les citoyens puissent peser sur elles par voie référendaire. On ne peut sincèrement se déclarer démocrate et vouloir conserver cette Ve République.


Il n’est pas inutile de rappeler à ce propos quel fut l’esprit de sa conception et de ses modifications successives. Dans un pays où les grands groupes industriels et financiers formulaient le besoin d’un pouvoir plus centralisé qui fasse converger les richesses vers leurs propres intérêts privés, la vie politique était marquée par le poids important des forces progressistes, et tout particulièrement d’un parti communiste très influent. Il fallait donc à la fois ôter à ces forces tout pouvoir sur la définition de la politique économique et sociale, et structurer les modes de représentation politique de sorte que ces mêmes forces n’aient aucune chance d’accéder aux responsabilités les plus hautes. La Constitution de laVe République, dans le climat propice de la guerre d’Algérie et des menaces d’extrême droite qui l’accompagnaient, fut ainsi rédigée et modifiée dans un état d’esprit dont ne se cachait guère celui qui en dirigea la rédaction au nom du général de Gaulle, Michel Debré. Il conçut le mode de scrutin dans une logique de « lutte brutale mais claire », ajoutant que « la brutalité d’un mode de scrutin est l’expression d’une vue démocratique qui est bonne »[1].


Ainsi, en 1958 puis en 1962, tout fut subordonné au pouvoir présidentiel, dont l’élection au suffrage universel à deux tours engendra une nécessité tendancielles à la bi-polarisation au centre, à la marginalisation de toute opposition au système social en place. Le découpage électoral permit de fausser jusqu’à la caricature la représentation parlementaire et la réduire à une chambre d’enregistrement, le règlement du Parlement lui ôta la maîtrise de son propre ordre du jour et permit au Président d’imposer l’adoption de lois sans vote, au Conseil constitutionnel de devenir l’outil politique de destruction de toute avancée législative progressiste. Il restait à soumettre l’ensemble à une volonté supranationale, ce qui fut fait en consensus de la droite et d’une partie de la gauche par voie référendaire lorsqu’existait une majorité, ou contre l’expression référendaire lorsque les citoyens le refusaient (comme pour le Traité de Lisbonne). Contre toute velléité citoyenne de se donner tout de même une représentation progressiste et pour tout soumettre à la logique présidentielle, il restait aussi à coupler les élections présidentielle et législative, ce qui fut obtenu par Lionel Jospin alors premier ministre de Jacques Chirac.


Cet édifice institutionnel doit ainsi tout à quelques experts isolés et quelques élus servant de paravent contre l’expression directe des citoyens. Nul mieux que François Mitterrand en 1973 qualifia cette Constitution[2] : « démocratie tombée en monarchie », « possession du pouvoir par un seul homme », « coup d’Etat de tous les jours », Constitution « chiffon de papier », « monarque entouré de ses corps domestiques », « dictature », avec un Conseil constitutionnel « chapeau dérisoire d’une dérisoire démocratie », « Cour suprême du Musée Grévin », qu’ « une poignée d’avoine fait rentrer à l’écurie ». Juste après son élection, le même François Mitterrand aussitôt élu déclarait à propos de ces institutions : « elles sont bien faites pour moi »[3].


Depuis, d’élection en élection et au rythme de l’approfondissement d’une crise dont la majorité des citoyens fait les frais, chaque Président n’est élu que par l’abstention des déçus du Président précédent, et devient très vite l’homme le plus impopulaire du pays. Cette distorsion de plus en plus évidente entre le peuple et ceux qui prétendent le « représenter » porte en elle-même l’exigence croissante d’une nouvelle Constitution, d’une VIe République, d’une refonte de l’ensemble des institutions françaises. Et il ne manque pas de volontaires pour tenir le stylo.


Cependant : cette question d’une nouvelle Constitution peut être subordonnée à une autre question, sans doute plus fondamentale, et que Nelson Mandela se posa en termes neufs lorsqu’il passa du bagne au palais présidentiel. Cette question est celle-ci : comment procéder pour que le peuple lui-même se donne ses institutions, de sorte qu’en y obéissant il s’obéisse à lui-même ? Autrement dit, une fois programmé un Acte VI de notre théâtre républicain, il faut préciser clairement quels en seront les auteurs et les acteurs.


La France n’est pas l’Afrique du Sud, mais si par hasard il s’y trouvait quelque novation de portée universelle, il vaudra le coup d’y faire un petit détour…

Note :

[1] Michel Debré, Ces princes qui nous gouvernent, 1957, et Conférence à la Sorbonne de janvier 1984.
[
2] François Mitterrand, Le coup d’Etat permanent, 1973.
[
3] Dans le journal Le Monde du 2 juillet 1981.

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

 
République : Acte VI mais avec quels acteurs ?
Les institutions de la Ve République sont désormais si clairement perçues comme antidémocratiques et génératrices de corruption que de toute part (sauf du côté des forces dont l’alternance tranquille est programmée par la logique de ces institutions) on s’est mis à revendiquer une « VIe République ». Chaque « frondeur » du Parti socialiste le propose, tout comme les écologistes et toutes les composantes du Front de gauche et le Front du peuple de Jean-Luc Mélenchon.
C’est une excellente chose, qui revient à demander que la France cesse d’être le pays développé le plus monarchique de la planète, le seul où le Président peut dissoudre le Parlement, nommer ou révoquer tous les ministres, déclarer une guerre, signer des traités et même supprimer toutes les libertés publiques selon l’article 16 de la Constitution, sans que personne ne puisse ni vraiment contrôler ni empêcher ces décisions, ni enfin que les citoyens puissent peser sur elles par voie référendaire. On ne peut sincèrement se déclarer démocrate et vouloir conserver cette Ve République.
Il n’est pas inutile de rappeler à ce propos quel fut l’esprit de sa conception et de ses modifications successives. Dans un pays où les grands groupes industriels et financiers formulaient le besoin d’un pouvoir plus centralisé qui fasse converger les richesses vers leurs propres intérêts privés, la vie politique était marquée par le poids important des forces progressistes, et tout particulièrement d’un parti communiste très influent. Il fallait donc à la fois ôter à ces forces tout pouvoir sur la définition de la politique économique et sociale, et structurer les modes de représentation politique de sorte que ces mêmes forces n’aient aucune chance d’accéder aux responsabilités les plus hautes. La Constitution de laVe République, dans le climat propice de la guerre d’Algérie et des menaces d’extrême droite qui l’accompagnaient, fut ainsi rédigée et modifiée dans un état d’esprit dont ne se cachait guère celui qui en dirigea la rédaction au nom du général de Gaulle, Michel Debré. Il conçut le mode de scrutin dans une logique de « lutte brutale mais claire », ajoutant que « la brutalité d’un mode de scrutin est l’expression d’une vue démocratique qui est bonne »(1).
Ainsi, en 1958 puis en 1962, tout fut subordonné au pouvoir présidentiel, dont l’élection au suffrage universel à deux tours engendra une nécessité tendancielles à la bi-polarisation au centre, à la marginalisation de toute opposition au système social en place. Le découpage électoral permit de fausser jusqu’à la caricature la représentation parlementaire et la réduire à une chambre d’enregistrement, le règlement du Parlement lui ôta la maîtrise de son propre ordre du jour et permit au Président d’imposer l’adoption de lois sans vote, au Conseil constitutionnel de devenir l’outil politique de destruction de toute avancée législative progressiste. Il restait à soumettre l’ensemble à une volonté supranationale, ce qui fut fait en consensus de la droite et d’une partie de la gauche par voie référendaire lorsqu’existait une majorité, ou contre l’expression référendaire lorsque les citoyens le refusaient (comme pour le Traité de Lisbonne). Contre toute velléité citoyenne de se donner tout de même une représentation progressiste et pour tout soumettre à la logique présidentielle, il restait aussi à coupler les élections présidentielle et législative, ce qui fut obtenu par Lionel Jospin alors premier ministre de Jacques Chirac. 
Cet édifice institutionnel doit ainsi tout à quelques experts isolés et quelques élus servant de paravent contre l’expression directe des citoyens. Nul mieux que François Mitterrand en 1973 qualifia cette Constitution (2) : « démocratie tombée en monarchie », « possession du pouvoir par un seul homme », « coup d’Etat de tous les jours », Constitution « chiffon de papier », « monarque entouré de ses corps domestiques », « dictature », avec un Conseil constitutionnel « chapeau dérisoire d’une dérisoire démocratie », « Cour suprême du Musée Grévin », qu’ « une poignée d’avoine fait rentrer à l’écurie ». Juste après son élection, le même François Mitterrand aussitôt élu déclarait à propos de ces institutions : « elles sont bien faites pour moi »(3).
Depuis, d’élection en élection et au rythme de l’approfondissement d’une crise dont la majorité des citoyens fait les frais, chaque Président n’est élu que par l’abstention des déçus du Président précédent, et devient très vite l’homme le plus impopulaire du pays. Cette distorsion de plus en plus évidente entre le peuple et ceux qui prétendent le « représenter » porte en elle-même l’exigence croissante d’une nouvelle Constitution, d’une VIe République, d’une refonte de l’ensemble des institutions françaises. Et il ne manque pas de volontaires pour tenir le stylo. 
Cependant : cette question d’une nouvelle Constitution peut être subordonnée à une autre question, sans doute plus fondamentale, et que Nelson Mandela se posa en termes neufs lorsqu’il passa du bagne au palais présidentiel. Cette question est celle-ci : comment procéder pour que le peuple lui-même se donne ses institutions, de sorte qu’en y obéissant il s’obéisse à lui-même ? Autrement dit, une fois programmé un Acte VI de notre théâtre républicain, il faut préciser clairement quels en seront les auteurs et les acteurs.
La France n’est pas l’Afrique du Sud, mais si par hasard il s’y trouvait quelque novation de portée universelle, il vaudra le coup d’y faire un petit détour…
 
(1) Michel Debré, Ces princes qui nous gouvernent, 1957, et Conférence à la Sorbonne de janvier 1984.
(2)François Mitterrand, Le coup d’Etat permanent, 1973.
(3) Dans le journal Le Monde du 2 juillet 1981.
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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 12:11
Transition énergétique : une loi dangereuse, un gouvernement absurde

Sources :  Le blog de Jean-Luc Mélenchon membre du Parti de Gauche

Mardi 14 octobre, l’Assemblée nationale adopté le projet de loi « de transition énergétique pour la croissance verte ».

 

Les députés PS, PRG mais aussi Europe Ecologie-Les Verts ont voté pour.

 

Cette loi ne permet pas d’engager la transition énergétique dont le pays a besoin.
Elle contient même des dispositions dangereuses pour la souveraineté populaire en matière de politique énergétique.

 

La loi confirme et aggrave la confiscation de la politique énergétique par les

lobbys, EDF et le marché.

 

 

- Une loi qui manque d’ambition

Le projet de loi de Ségolène Royal vise une baisse de 50% de la consommation d’énergie d’ici 2050. Le scenario élaboré par l’association Negawatt démontre qu’il est possible de la réduire de 66% à cette échéance.

 

 

- Une loi qui acte la poursuite du nucléaire

  • La loi prévoit le maintien de la capacité actuelle de production électronucléaire à son niveau actuel de 63,2 gigawatts. Cela obligera seulement à fermer des réacteurs pour en ouvrir de nouveaux, pas pour réduire la production d’électricité nucléaire.
  • La loi n’autorise pas le gouvernement à fermer un réacteur. Elle laisse les pleins pouvoirs à EDF pour décider quel réacteur fermer au moment de la mise en route de l’EPR. Rien ne garantit donc la fermeture de la centrale de Fessenheim comme Hollande s’y est pourtant engagé en 2012.

La loi acte donc la poursuite du nucléaire sans que le peuple n’en ait jamais

discuté.

 

 

- La privatisation des barrages hydroélectriques engagée

  • La loi prévoit que les concessions des barrages hydroélectrique qui arrivent à échéance seront ouvertes la concurrence.
  • Les futures concessions seront confiées à des Sociétés d’économies mixtes, mêlant des capitaux publics (Etat, collectivités locales) et des capitaux privés.

Le gouvernement s’aligne sur les exigences de libéralisation de l’Union

européenne.

 

Dans le « programme national de réforme » envoyé à la Commission européenne en mai 2014, le gouvernement avouait déjà qu’« un renouvellement par mise en concurrence des concessions d’exploitation des installations hydroélectriques sera privilégié ».

 

Ségolène Royal retourne sa veste.

 

Dans l’élection présidentielle de 2007, elle proposait la création d’un « pôle public de l’énergie entre EDF et GDF ». Cette idée ne figure évidemment pas dans la loi. Mais Ségolène Royal ouvre même une nouvelle étape de la privatisation de l’énergie.

 

 

- Seuls les députés du Front de Gauche ont voté contre la privatisation des barrages.
Les députés PS, même « frondeurs », et les députés EELV ont voté pour la privatisation (le détail du vote).

 

EDF encore plus abandonné au privé ?

  • Selon Le Monde, le gouvernement étudie la vente d’une partie du capital d’EDF. Aujourd’hui l’Etat détient encore 84,5% du capital de l’entreprise. Mais le gouvernement veut obtenir 5 à 10 milliards de recettes en vendant ces actions. Il a déjà vendu des actions Orange, EADS, Safran… Mais pour atteindre l’objectif de 5 à 10 milliards de recettes, « vendre du EDF est le seul moyen » selon Le Monde.
  • Autre symbole, le gouvernement a nommé un nouveau président et proposé de nouveaux membres du Conseil d’administration d’EDF. Pour siéger au Conseil d’administration, le gouvernement a notamment proposé Laurence Parisot, l’ancienne présidente du MEDEF !

 

Ces deux décisions traduisent la volonté d’abandonner toujours plus EDF au privé alors que l’urgence écologique impose une reprise en main publique et citoyenne de cet outil pour engager une véritable transition énergétique.

 

 

- L’incohérence au pouvoir

En matière d’énergies renouvelables marines, Ségolène Royal propose de constituer une « filière d’excellence »

 

...mais le gouvernement a abandonné la filière « hydroliennes » d’Alstom à General Electric au printemps.

 

L’Etat n’aura pas de droit de veto dans la nouvelle filiale contrairement à ce qu’il a exigé pour les activités d’Alstom liées au nucléaire.

 

 

- Même incohérence en matière de transport

  • Le projet de loi fait du développement de la voiture électriquele levier quasi-unique de la réduction des émissions de gaz à effet de serre en matière de transport, sans se soucier des besoins de production électrique supplémentaire !
  • La loi est muette sur le rail alors que le développement du ferroutage est indispensable pour réduire les transports routiers. Le gouvernement renvoie à sa loi ferroviaire adoptée en juin qui entérine l’ouverture à la concurrence en matière ferroviaire. Or, depuis l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire, entre 2005 et 2012, la part du ferroviaire a baissé de 1 point (10,6% à 9,6% entre 2005 et 2012) quand la part de la route a augmenté 1,7 point (81,9% à 83,6% entre 2005 en 2012).
  •  

Le lendemain du vote de la loi par les députés, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron ne trouvait rien de mieux à faire que d’annoncer le développement de lignes de bus pour concurrencer des lignes de trains désormais hors de prix ou remplacer les lignes abandonnées ou fermées. Une mesquinerie sociale doublée d’une absurdité écologique !

 

Pendant que l’Assemblée débattait de la transition énergétique, Ségolène Royal a annoncé unilatéralement l’abandon de l’éco-taxe. Certes, l’éco-taxe était mal conçue depuis le départ, mais son abandon a été annoncé brutalement, sans aucune réflexion sur la fiscalité écologique ni sur les recettes nécessaires au financement de plus de 120 projets de transports en commun que l’écotaxe devait financer !

 

 

- La transition énergétique sacrifiée sur l’autel de l’austérité

La loi sur la transition énergétique ne masquera pas le manque criant de moyens financiers.


La ministre Ségolène Royal promet 10 milliards d’euros sur 3 ans.

C’est très insuffisant : selon l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME), il faudrait 30 milliards par an. Il n’y a plus d’argent ? C'est bien moins que les 40 milliards que Hollande à donné aux actionnaires avec le « pacte de responsabilité » ;

 

L’essentiel de l’argent promis par le gouvernement ne consistera pas en des investissements publics mais seulement en des « crédits d’impôts » accordés au fil de l’eau, notamment aux propriétaires de logement ;

 

Le budget de l’Ecologie est encore sacrifié dans le budget pour 2015. Le gouvernement prévoit une baisse de 5,8% en 2015, après la baisse de 6,5% en 2014. Le budget de l’Ecologie perdra 400 millions d’euros l’an prochain !

 

L’actualité du débat sur la transition écologique confirme plus que jamais la pertinence des propositions portées par Jean-Luc Mélenchon depuis la campagne présidentielle de 2012 :

  • Passer à la 6e République pour soumettre la politique énergétique à la souveraineté populaire et mettre fin à la confiscation du débat par les lobbys. Par exemple en organisant un référendum pour sortir du nucléaire.
  • Rompre avec l’Union européenne pour empêcher la privatisation des services publics de l’énergie et des transports
  • Sortir de l’austérité et faire les investissements publics massifs dans la transition énergétique. Ce serait une bonne manière d’engager une relance écologiquement soutenable de l’activité économique et de l’emploi.

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier nucléaire

- Le scandale des énergies renouvelables

- Ségolène Royal : La trahison énergétique

- Approches de la CGT sur la transition énergétique

- Développement humain durable, pour la CGT : Une loi de transition énergétique loin de l’amorcer !

Transition énergétique : une loi dangereuse, un gouvernement absurde
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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 09:00
La réforme territoriale, la mère des batailles ?

Sources :  Le blog de François Cocq secrétaire national du Parti de Gauche

« La réforme territoriale, c’est la mère des batailles » avouait Manuel Valls dans Les Echos le 1er juillet dernier.

 

Loin d’être une réforme de plus ou un changement purement technique, la mise en place d’un nouveau cadre institutionnel a toujours répondu à la volonté de proposer le réceptacle à une politique dédiée. Pour le dire succinctement, le contenant définit en grande partie le contenu. Ici, la logique de compétitivité et l’austérité nécessitent dans un même mouvement la mise à distance du peuple des cadres de décisions.

 

C’est ce double adéquationnisme qu’a engagé François Hollande. Pour le mener à terme, il est pareillement nécessaire pour lui de déconstruire l’existant. Or l’existant, c’est le cadre républicain qui assure unité et indivisibilité et son exigence d’égalité. L’existant déjà dévoyé, c’est la souveraineté populaire en passe d’être définitivement muselée. C’est donc ni plus ni moins qu’un processus déconstituant qu’a engagé le Président.

 

 

- Les documents de réflexion et de travail à votre disposition

Au regard des enjeux, je me suis depuis de longs mois attelé au suivi et à l’analyse du projet de réforme territoriale porté par François Hollande. Je mets ci-dessous à disposition les documents d’analyse que j’ai produit ainsi que les textes actuellement à l’étude. Tout cela est régulièrement actualisé et peut être complété et approfondi par les différentes notes de blog que vous trouverez sur ce site :

 

  • Le power point d’analyse :

télécharger ICI (document régulièrement actualisé)

 

  • Le projet de loi relatif à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales, et modifiant le calendrier électoral :

télécharger ICI, texte modifié en première lecture par l’Assemblée nationale : ICI

 

  • Le projet de loi portant nouvelle organisation de la République : à télécharger ICI

 

  • Affiche de la campagne du PG contre la réforme territoriale (octobre 2014) :

Hollande éclate la France, pour nous c’est NON ! à télécharger ICI

 

Notes argumentaires et réactions du Parti de Gauche :

- Une contribution argumentée prélable à la réception de la délégation du PG par le chef de l’Etat en mai 2014 ;

-  Une réaction du 03/06/2014 suite au refus de Manuel Valls de consulter le peuple par référendum ;

- Une réaction du 05/06/2014 après l’annonce de la nouvelle carte des régions par François Hollande ;

-  Une analyse du 11/06/2014 de l’article du projet de loi conférant un pouvoir règlementaire aux régions ;

- Une note du 2/07/2014 suite au rejet par l’Assemblée Nationale de la motion référendaire adoptée par le Sénat ;

 

- Un communiqué du 04/09/2014 suite à la première déclinaison concrète de la réforme des collectivités conjuguée à la réforme de l’Etat proposée par l’ARF pour se voir confiés l’école et le champ éducatif ;

- Une réaction suite au retour du projet de collectivité unique pour l'Alsace le 22/09/2014 ;

- Un communiqué du 11/09/2014 suite aux premières annonces concerant la réforme de l’Etat.

 

Sur le même sujet :

- Mon dossier réforme territoriale

- Hollande éclate la France

- Pierre Izard : « 62 % des habitants refusent la disparition de la Haute-Garonne »

- Vigilance extrême sur la réforme territoriale !

- Réforme des régions : finalement, ça va bien nous coûter plus cher

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 09:15
Comment peut-on être socialiste ?

Comment fonctionne le petit monde des militants et des élites PS ? En disséquant la « société des socialistes », Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki dressent le portrait à la fois sombre et pathétique d’un parti recroquevillé sur lui-même, au grand désespoir de ses militants.

 

Sources : La Société des socialistes[1]. le PS aujourd'hui, Rémi Lefebvre et Frédéric Sawiki[2]

- « Il faut avoir le cœur bien accroché pour rester au ps. »

Michel, l’auteur de ce propos, est bien placé pour le savoir : il est militant socialiste à Lille. Propos paradoxal, mais que le lecteur fera sans doute sien s’il lit jusqu’au bout le très riche essai que Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki ont consacré au Parti socialiste. Sans parti pris, les deux politistes dressent, à coups de statistiques, de rappels historiques et d’une enquête de terrain, un tableau clinique très sombre du principal parti de la gauche française. Partant de la conviction que « pour comprendre ce que font et disent les socialistes, il faut comprendre ce qu’ils sont et la société qu’ils forment », ils décrivent un parti de plus en plus hermétique, homogène socialement et ayant du mal à avoir une vision de la société et une ligne idéologique claires. Ils rejoignent en cela les critiques ordinairement adressées au PS, mais en montrant, grâce à leur vaste information, les mécanismes ordinaires, quotidiens, qui font de la « société socialiste » ce qu’elle est aujourd’hui.

 

Le début de l’ouvrage, qui retrace l’histoire du socialisme français, rappelle tout d’abord quelques faiblesses structurelles du PS. S’il a, sur les vingt-cinq dernières années, gouverné le pays pendant quinze ans, il est, parmi les partis sociaux-démocrates européens, l’un des plus faibles en termes de scores électoraux (27,8 % en moyenne au premier tour des législatives entre 1981 et 2005). Joue ici la spécificité de la situation française, notamment un Front national à 8-10 % des électeurs inscrits et une extrême gauche encore vivace. Reste que, contrairement à l’Allemagne ou à l’Angleterre, le socialisme français a toujours eu du mal à s’arrimer aux classes populaires (la CGT refusant notamment, dès la naissance de la SFIO en 1905, toute collaboration). Il n’a pas réussi à s’imposer à gauche comme l’avait fait le PC avant lui.

 


- Le socialisme français n’a donc jamais été complètement « populaire ».

Mais cela n’empêche pas le PS d’aujourd'hui d’être marqué par une fermeture inédite aux groupes sociaux situés en bas voire au milieu de l’échelle sociale. Au sein des élites notamment (élus, membres du Conseil national et des cabinets ministériels), qui, de plus en plus, ont été recrutées au sein des classes supérieures et, en large majorité, dans la fonction publique. Mais le constat vaut aussi pour les militants qui s’embourgeoisent, avec un très faible recrutement au sein des classes populaires (5 %), des salariés précaires (4 %) et des chômeurs (3 %). 59 % des adhérents appartiennent au secteur public. Le vieillissement est particulièrement inquiétant : l’âge moyen de l’adhérent socialiste est de 55 ans, et seuls 14 % d’entre eux ont moins de 40 ans.

 

Déjà peu représentative, la société des socialistes se replie un peu plus sur elle-même à cause de la rétractation des réseaux que le PS avait tissés au cours des années 1970 avec d’autres organisations ou mouvements, et qui lui offraient un « ancrage social » significatif. Ainsi du « monde » laïc et de ses figures de proue, les instituteurs, qui se font de plus en plus rares dans un PS où la cause laïque (lutte contre l’école privée et pour l’élitisme républicain) a été « ringardisée ». « Avant, la laïcité, c’était une fierté et une évidence… Maintenant c’est un défaut, on me traite de laïcarde », témoigne une élue socialiste. Idem pour le lien avec l’extrême gauche étudiante, qui avait pourtant fourni un certain nombre de figures actuelles du PS (Lionel Jospin, Julien Dray, Henri Weber…), mais que la pratique du pouvoir a défait, pour ne laisser place qu’à une « détestation croisée bien établie ». Le monde associatif s’est lui professionnalisé (la dimension militante passant au second plan) alors que le PS ne promouvait guère ceux qui militaient dans les deux sphères. Les syndicats, enfin, se tiennent désormais à distance du politique – la CFDT notamment qui, échaudée par ses expériences passées avec le PS, proclame sa neutralité (« ni de gauche, ni de droite »).



- R. Lefebvre et F. Sawicki insistent sur le fait que ce sont ces liens rompus et la faible implantation du PS qui « (accroissent) la volatilité de l’électorat socialiste

Cette réalité condamne le PS à faire fluctuer sa ligne idéologique ». Cela éclaire aussi les raisons de l’usage intensif des sondages : « Faute de réseaux puissants irriguant la société, les élites socialistes sont de fait conduites à s’appuyer sur des formes de production non “mobilisées” de l’opinion publique comme les sondages. » Et ce n’est sans doute pas non plus un hasard si la vision socialiste de la société dénie toute conflictualité sociale (« ouvrier » est un terme rare au PS) pour se nourrir avant tout des travaux sociologiques sur l’individu et les valeurs postmatérialistes (François de Singly, Marcel Gauchet) qui dessinent des individus « entrepreneurs de leur propre vie », selon l’expression, d’Alain Ehrenberg, qui fait florès.

 

De fait, les militants d’origine populaire se font rares, ce que les deux politistes expliquent aussi par la généralisation, au sein du PS, d’une « culture du débat » qui valorise la réflexion collective, la libre expression des militants. Or cette « intellectualisation », en faisant appel aux ressources culturelles personnelles, en technicisant le débat et en dévalorisant le rapport populaire au parti fait de remise de soi et de loyalisme, favorise la relégation des militants les plus modestes. Une militante ouvrière témoigne ainsi : « On n’avait pas besoin de discuter, de débattre parce qu’on avait tous les mêmes idées… Je vois bien dans les réunions maintenant, ils passent leur temps à faire des grands débats intellectuels, y en a qui sont jamais d’accord… »

 

Ce sont les pratiques les plus ordinaires du militantisme (tractage) qui sont ainsi dévalorisées mais aussi, par conséquent, les dimensions collectives et identitaires de l’appartenance partisane (nuits de collage d’affiches, fêtes de sections) qui se perdent. Etonnamment, le PS semble tolérer, voire encourager, un militantisme distancié. La conséquence en est que la dimension cynique des comportements prend une place prépondérante au sein du parti, où « le militant est un loup pour le militant », selon André (40 ans de parti). Un « univers hobbesien », donc, où l’on « ne s’aime pas, ou peu » et où « rapporter les prises de positions des militants aux positions dans l’espace partisan relève d’un quasi-réflexe (...) ». Certes, rappellent les auteurs, le cynisme en politique ne date pas d’aujourd’hui, mais la nouveauté est que la concurrence touche toute la communauté militante, du sommet jusqu’à la base, et que la « lutte pour les places », contrairement à d’autres milieux militants, y est peu déniée. Selon un militant de Villeneuve-d’Ascq, « y a pas beaucoup de fraternité dans le parti, c’est un milieu très dur. Les amitiés sont jamais durables. Y en a qui vendraient leur mère ».
 


- Difficile donc de « militer au ps et d’y rester tant intérêts, croyances et convictions, dispositions, ajustements à l’institution s’y articulent difficilement ».

Cela explique, selon les deux chercheurs, une certaine forme de « malheur militant » qui, dans les entretiens qu’ils ont menés, s’exprime à travers les registres de l’insatisfaction (« on ne s’y retrouve pas »), de la déception, de la frustration (« il n’est pas facile de militer »). Malgré tout, et malgré leur grande lucidité, les militants semblent peu enclins à la défection, sans doute parce que, toujours à cause de la rétractation des réseaux socialistes, il est désormais difficile de reconvertir son militantisme socialiste. On voit donc se multiplier les formes de « distance à l’engagement » : ne pas voter socialiste aux élections, voter « oui » à la Constitution européenne lors du référendum interne pour ne pas cautionner Laurent Fabius en se promettant de voter « non » dans l’urne, adhérer à Attac ou encore, dans un autre registre, afficher délibérément son cynisme et valoriser la distance critique en raillant « l’engagement total » du militant de base…

 

C’est au final un portrait quelque peu pathétique du PS que dessinent R. Lefebvre et F. Sawicki. Un PS incapable d’affirmer ce qu’est être socialiste aujourd’hui – « on ne sait plus pourquoi on est socialiste », répètent les militants – et donc « condamné à décevoir ». Y a-t-il néanmoins des raisons d’espérer ? Les deux chercheurs en voient dans l’histoire du PS qui, dans les années 1970, avait réussi sa rénovation en redonnant leur place aux militants, en limitant les mandats, en s’ouvrant aux autres organisations… Reste qu’un tel élan se fait attendre, au risque de faire perdre leurs dernières illusions aux militants. Un risque que résume cette formule attribuée à Pierre Mauroy : « Si les dégoûtés s’en vont, ne resteront plus que les dégoûtants. »

 

Notes

[1] Editions "Le Croquant", 2006, 255 p., 18,50 €. Xavier Molénat Mis à jour le 15/06/2011

[2] Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki sont professeurs de science politique à l’université Lille-II, membres du Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (Céraps). R. Lefebvre a dirigé (avec Christian Le Bart) La Proximité en politique. Usages, rhétoriques, pratiques, Presses universitaires de Rennes, 2005. F. Sawicki a notamment publié Les Réseaux du parti socialiste. Sociologie d’un milieu partisan, Belin, 1997.

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 09:15
Constituante et tirage au sort : roulette russe contre le front du peuple.

 

 

Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Hervé Debonrivage

- Les lois du hasard pour faire la Loi.

En raison de la crise de la représentation et même de la représentativité dans la sphère politique et notamment du fait que les assemblées parlementaires ne reflètent pas du tout la composition sociologique de la population, un certain nombre d’intellectuels dont notamment Étienne Chouard proposent le tirage au sort comme moyen de choisir les représentants du peuple pour former une assemblée constituante et écrire la constitution.

 

. Les arguments en faveur du tirage au sort sont développés sur les sites de Étienne Chouard : ICI  et  LÀ

. Pour avoir des informations sur cet auteur, on peut ICI 

. Sur le site du PG Midi-Pyrénées, un article a été publié défendant aussi cette position : Le Front de Gauche, problème de la quadrature du cercle.

. Nous reproduisons deux extraits d’articles publiés sur le site de l'Association pour une Constituante, l’un de André Bellon et l’autre de Marc Raoul Jennar qui montrent les dangers d’une telle "solution"qui, en réalité, en n’est pas une.

. Si vous voulez avoir des informations sur ces deux auteurs, cliquez ICI  et  LÀ

 

 

- Le paradis du hasard (par André Bellon)

Extrait. Le texte complet est accessible en cliquant ICI

La crise profonde de la démocratie que nous traversons génère des réactions aussi passionnées que discutables. Dans cet océan d’incertitudes et d’inquiétudes, la dernière trouvaille des réformateurs, se présentant comme une avant-garde des évolutions positives, serait d’exhumer la vieille idée du choix des représentants du peuple grâce au tirage au sort. La main de Dieu en quelque sorte ! Si l’Association pour une Constituante a mis dans ses statuts le principe et le respect du suffrage universel, ce n’est pas par fétichisme.[…]

 

[…] Prétendre, dans ce contexte, remplacer, pour la désignation des constituants, le choix des citoyens par celui du hasard est une illusion particulièrement perverse. Le tirage au sort des députés est, si on y regarde de plus près, le rêve de la classe dLe hasard irigeante. Des citoyens isolés, sans identités politiques, sans liens avec les citoyens, sans mandats et sans responsabilités devant les électeurs sont, en effet, une proie idéale pour toutes les technocraties. Il est d’ailleurs révélateur que les tenants de ce système évoquent subrepticement la nécessité de conseillers qui donneraient leurs précieux conseils aux nouveaux délégués, sortes de Robinsons politiques. La soumission heureuse en quelque sorte ! Histoire de rire un peu, observons aussi que les partisans du hasard en politique ne proposent pas de tirer au sort les membres et les présidents des conseils d’administration, des conseils de direction des entreprises, de la haute fonction publique et militaire.

 

L’entrée du hasard, par le tirage au sort, transforme la vie politique en une vie hasardeuse. De tels discours soumettent la vie publique aux aléas alors que les institutions sont censées protéger tout individu du hasard de la vie par des lois et des mécanismes redistributifs. Il en va de même de tout système politique, et des élections : si le hasard les gouverne, rien ne peut jamais être remis en cause, les critiques étant alors à adresser à la Providence. Affirmons toutefois que ce n’est pas sans raisons qu’un tel projet rencontre de l’audience et qu’on ne saurait le critiquer sans s’attaquer aux causes qui l’ont fait naître. Les partis politiques ont, pour l’essentiel, accepté la « pensée unique » qui domine aujourd’hui le monde et en mettent souvent même en œuvre les conséquences néfastes. Bien plus, leur fonctionnement disciplinaire archaïque empêche toute possibilité d’expression dissidente significative. Sanctionnant tous les écarts, ils ne sont souvent que des acteurs corrompus de la dégénérescence de la démocratie.

 

C’est donc tout le fonctionnement de la vie publique qui demande à être remis en chantier. Loin de reproduire encore l’identique, il faut trouver les moyens de désigner des constituants liés à leurs mandants dans une vraie dynamique du débat collectif.

 

On nous dira que le vote reproduira ce qui existe déjà. Répondons avec fermeté que cette affirmation pessimiste revient à dire qu’il est impossible de surmonter les forces aujourd’hui titulaires du pouvoir. Heureusement que les révolutionnaires de 1789 avaient plus d’audace. Sinon la Bastille serait toujours à sa place. Au lieu de s’en remettre au ciel pour régler les problèmes à notre place, rassemblons nous pour trouver les moyens d’une relation saine et démocratique entre les citoyens et leurs représentants. Les questions sont multiples : Sur quels critères doivent-ils être élus ? Quels rapports avec leurs mandants ? Comment donner un rôle au contrôle des élus ? Quelle place au référendum d’initiative populaire ?......................

 

C’est aujourd’hui que ce débat doit commencer, loin des futilités que nous imposent des échéances électorales imposées. La démocratie, la Constituante ne sont pas des détours de plus dans une société amorphe. Elle est le symbole et le moyen de la réaffirmation de la volonté des citoyens, de leur prise de leurs propres problèmes, de leur combat contre la soumission. André Bellon

Fin du premier article.

 

 

- Le tirage au sort : une chimère ! (Raoul Marc Jennar)

Extrait. Le texte complet est accessible en cliquant ICI

[…] Aujourd’hui, certains voient dans l’élection comme mode de désignation des représentants la source de tous les maux. Si on lit un des auteurs les plus acharnés à faire le procès de l’élection, celle-ci induirait "mécaniquement une aristocratie élective". "Avec l’élection, écrit-il, les riches gouvernent toujours, les pauvres jamais." Selon lui, "après deux siècles de pratique, on constate que l’élection pousse au mensonge, prête le flanc à la corruption, étouffe les résistances contre les abus de pouvoir et s’avère naturellement élitiste parce qu’elle verrouille l’accès au pouvoir du plus grand nombre au profit des riches." Et de proposer, en guise de remède, une chimère : le tirage au sort.

 

Je ne partage absolument pas cette approche des problèmes posés par la représentation et la solution proposée. A mon estime, ceux qui proposent le tirage au sort confondent causes et effets et fournissent ainsi une illustration de la confusion des esprits et du désarroi qui affectent bon nombre de citoyens, sincèrement attachés à la démocratie et désorientés par les dérives et les dévoiements qu’elle subit. Il y a confusion entre le principe de l’élection et celui de l’éligibilité, entre suffrage universel et modalités électorales de son application, entre mode de désignation des représentants et exercice de la représentation.

 

Renoncer à l’élection, c’est renoncer au principe du contrat social et du mandat qu’il met en place entre Le hasard le peuple et ceux qu’il choisit pour agir temporairement en son nom. On ne s’en remet pas au hasard pour choisir son représentant : on le choisit pour les valeurs qu’il défend, pour les orientations qu’il propose, pour la politique qu’il veut mettre en œuvre. On passe avec lui un contrat moral en lui confiant un mandat dont il devra rendre compte de la manière dont il l’a rempli. Le hasard n’a pas sa place dans un tel choix totalement conditionné par le débat d’idées dans lequel il s’inscrit.
 

Que déciderait aujourd’hui une telle assemblée sur le sort à réserver aux immigrés ou aux musulmans ? Quel serait le mandat d’un représentant tiré au sort ? En quoi un "élu" né du hasard serait-il plus indépendant, en particulier à l’égard des lobbies, qu’un élu issu d’un choix conscient et délibéré ? Quelle garantie aurait l’électeur d’une telle assemblée que la raison ne cède pas aux modes, aux pulsions, aux démagogies du moment ? En quoi, une assemblée issue du tirage au sort serait-elle davantage représentative qu’une assemblée élue selon la règle du scrutin proportionnel ? En quoi, un "élu" du tirage au sort serait-il davantage comptable de ses choix qu’un élu du suffrage universel ? De quelle manière le tirage au sort empêcherait-il que se constituent entre "élus" de la sorte des coalitions d’intérêts ? Les partisans du tirage au sort prétendent améliorer la démocratie en supprimant un de ses fondements : le libre choix d’un candidat par les citoyens. En fait, dans un tel système, le citoyen s’en remet au hasard en ignorant tout de celui qui le représentera. On prétend remédier aux maux qui affectent la représentation en la supprimant. On crée l’illusion d’une démocratie directe en confiant à des inconnus le sort du peuple.

 

Les maux que prétendent résoudre les partisans du tirage au sort sont réels. Leur remède n’en est pas un. C’est un placebo. Les solutions sont dans le travail que devrait effectuer une assemblée constituante pour réinventer une démocratie nouvelle, pour instaurer enfin la République. Trois maux affectent profondément le système représentatif : le mode de scrutin majoritaire, la personnalisation du débat politique et la professionnalisation de la représentation.

 

Le scrutin majoritaire, à un ou deux tours, est un véritable détournement du suffrage universel. Au motif qu’il assure des majorités stables - une affirmation qui ne se vérifie plus aussi automatiquement à mesure que les citoyens ne distinguent plus nettement ce qui différencie les projets politiques proposés - ce système refuse la présence dans une assemblée censée représenter le peuple tout entier de sensibilités certes minoritaires mais qui s’inscrivent dans la durée ou reflètent des préoccupations nouvelles. Ce système conduit progressivement au bipartisme, dont on voit, dans les pays où il est pratiqué, combien il favorise le système en place et ses conservatismes.

 

Les abus en France du mode de scrutin proportionnel, entre 1946 et 1958, ont convaincu à tort de la nocivité de ce système. Pourtant, encadré par des techniques qui ont fait leurs preuves ailleurs (taux plancher requis pour accéder à la représentation, motion de méfiance constructive indispensable au changement d’une coalition gouvernementale, etc.), la représentation proportionnelle, en permettant à tous les courants de la société réellement représentatifs de se retrouver dans les assemblées élues, conforte la confiance des citoyens dans le système représentatif, mais surtout favorise l’apport d’idées nouvelles et l’enrichissement du débat.

 

La personnalisation du débat politique remplace le choix des politiques par le choix des personnes. Elle résulte d’une part de la concentration des pouvoirs au sein d’une même personne (Président de la République, Président de région, Président de conseil général, Maire) et d’autre part de l’effondrement du politique face à l’économique. Le ralliement inconditionnel de la gauche dite de gouvernement au libre échange le plus débridé, qui conduit à la concurrence de tous contre tous, n’offre plus d’alternative crédible à la dictature des marchés. De telle sorte qu’on évolue vers un système politique où les choix se réduisent à des choix de personnalités certes porteuses d’accents différenciés, mais d’accord sur l’essentiel.

 

Entre un Valls et un Copé , quelle différence ? Quand on ne peut plus changer le cours des choses qu’à la marge, alors que les inégalités et les injustices sont criantes, alors que tout un système politico-économique est au service d’une minorité, c’est le système qu’on rejette. La démocratie représentative ne retrouvera un sens que si elle propose des alternatives et pas seulement des alternances.

 

La professionnalisation de la représentation a totalement perverti la notion de mandat. Et de ce fait remet en cause le contrat social. C’est un des maux qu’il faut combattre le plus vigoureusement. Cumuler des mandats et les indemnités qui les accompagnent, exercer pendant trois, quatre, cinq législatures le même mandat, ce n’est plus porter dans une assemblée les attentes du peuple, c’est exercer un métier. Il en résulte de nombreuses dérives conditionnées par le souci de la réélection et les habitudes nées de la pratique prolongée du mandat. Il importe de mettre fin à tout ce qui favorise cette professionnalisation.

 

Quant à la démocratie directe, après plus d’un siècle d’enseignement obligatoire, avec un niveau général d’éducation élevé, avec un accès renforcé aux informations, elle s’avère devenir un complément nécessaire de la démocratie représentative aux échelons où elle peut se pratiquer le plus facilement, celui de nos collectivités territoriales.

 

Au plan national, le référendum d’initiative populaire doit être retenu sans que le Parlement puisse y faire obstacle, pourvu qu’il écarte toute possibilité plébiscitaire et que les conditions de son application soient à l’abri d’initiatives démagogiques. Les solutions aux perversions de la démocratie représentative existent. Une assemblée constituante peut les apporter. Point n’est besoin de recourir à des remèdes qui seraient pires que les maux qu’on prétend combattre. Ce n’est pas en convoquant l’obscurantisme qu’on instaure la lumière.

Fin du second article.

 

On peut aussi se reporter à deux autres articles intéressants de ce site :

- 14 raisons pour élire une Assemblée constituante au suffrage universel direct

- Histoire des constituantes : CONSTITUANTES : Les ruptures

- On peut aussi se référer à un troisième article contre le tirage au sort par Johann Elbory (16/09/2014) : Pourquoi le tirage au sort est-il profondément antidémocratique ?

- Réaffirmer le politique : pour une Constituante élue

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

Constituante et tirage au sort : roulette russe contre le front du peuple.
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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 14:05
L'ère du peuple, par Jean-Luc Mélenchon

- L'ère du peuple....

« Que François Hollande soit menteur, fourbe, servile et que son projet soit glauque, est-ce une raison pour nous condamner à ne penser qu'à lui et au risque de la disparition de l'idée de gauche qu'il a usurpée ?

 

Je propose de voir plus loin que l'horizon désespérant du présent. Regardons le monde fascinant qui s'est constitué sous nos yeux, en quelques décennies.

 

Un monde plein d'êtres humains, couvert de villes, où l'occupation de la mer elle-même a débuté. Mais un monde engagé dans un changement climatique irr éversible et un bouleversement de la hiérarchie des puissances qui menacent l'existence même de la civilisation humaine.

 

Un monde où surgit un acteur nouveau : le peuple.

 

Les puissants se moquent de lui, le méprisent, lui bourrent le crâne et insultent tous ceux qui lui donnent la priorité.

 

Mais si les puissants n'ont plus peur de la gauche édentée par Hollande, ils ont plus peur que jamais du peuple. Sa révolution citoyenne peut tout changer, en commençant par faire entrer la France dans la 6e République. »

 

Le livre est disponible  ICI

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 13:34
Quelles forces politiques pour une VIe République ?

Bien des partis appelèrent de leurs vœux une VIe République. Aucun ne l’instaura une fois parvenu au pouvoir. Mais alors, quelles forces politiques (au pluriel) pour reconstruire sur le chaos laissé par la Ve ?

 

 

Le système des partis tel qu’il est géré dans le cadre des institutions de la Ve République aboutit de fait à une professionnalisation perverse de la représentation démocratique. Et de fait, ceux-là sont aujourd’hui beaucoup plus enclins à défendre leurs intérêts particuliers que l’intérêt général.

 

On l’a bien vu lors du déplorable dernier vote de confiance au gouvernement Valls II (le pompon aux abstentionnistes frileux, du PS à EELV), ou lors des dernières municipales avec les contorsions du PCF pour sauver ses vieux meubles.

 

Dès lors, toute velléité de rompre avec une constitution usée par des partis qui en sont la représentation ne peut aboutir qu’à un vague replâtrage sans autre souci que d’assurer leur pérennité. En même temps, attendre qu’un projet tout ficelé émane comme par miracle du "peuple" relève tout bonnement de l’inconscience hallucinatoire.

 

 

- L’exemple de Podemos

Entre le système de partis et une base populaire abandonnée à elle-même, le mouvement espagnol Podemos, issu du mouvement populaire des Indignés, tente aujourd’hui une voie intermédiaire. Rappelons que Podemos a réussi la gageure de devenir la quatrième force politique d’Espagne lors des dernières européennes, après seulement quelques mois d’existence.

 

L’originalité de Podemos est d’être organisée en "cercles", plus d’un millier actuellement réparti sur tout le territoire ibérique, ouverts aux militants, mais aussi aux citoyens-électeurs de base (plus de 100 000 "adhérents" par Internet), qui discutent d’arrache-pied à partir d’un canevas préétabli proposé par les promoteurs du mouvement.

 

Car Podemos a bien compris que le "peuple" ne pouvait discuter de façon constructive sur du vide. D’où un programme d’aujourd’hui 36 pages, déjà largement discuté, amendé et enrichi par les cercles, et qu’on peut trouver publié en espagnol et résumé en français sur la page Wikipedia du mouvement.

 

 

- L’initiative "Mouvement pour une 6e République"

C’est en s’inspirant de l’expérience Podemos que Jean-Luc Mélenchon a lancé le 11 septembre un Mouvement pour la 6e République. Son objectif : utiliser les nouvelles technologies de communication pour créer un nouveau "réseau social" à orientation résolument politique.

 

Jean-Luc Mélenchon : « La "toile" est la plus grande place publique de notre pays. Ici, place au peuple ! »

 

 

 

 

Sans être la panacée absolue (« les contacts humains n’y sont que virtuels », déplorent ses détracteurs), il est clair que les réseaux sociaux — dont on a pu mesurer l’importance lors de mouvements populaires comme les révolutions arabes — offrent infiniment plus de possibilités de rassemblement et d’organisation que du temps héroïques des bons vieux tracts et des "cellules" confinées.

 

De fait, le site dédié "Je signe pour la 6e République" annonce avoir récolté en quelques jours plus de 30 000 signatures. Et vise les 100 000. Reste le plus difficile : organiser toutes ces énergies. La "communauté m6rep" en appelle donc à l'entraide.

 

 

 

 

 

- Écueils à éviter

Mais l’objectif principal du Mouvement pour la 6e République est bien sûr d’œuvrer à l’éclosion d’une Constituante visant à élaborer les fondations d’une VIe République. Or, comme De Gaulle le démontra en son temps, mieux vaut disposer d’un projet ficelé sans attendre d’être élu.

 

Pourtant, plusieurs écueils restent à éviter :

  • être autre chose qu’un paravent commode aux ambitions d’un seul parti, fût-il "de Gauche" ;
  • ne pas rejeter les réflexions d’autres forces politiques de quelque bord qu’elles soient (Nouvelle Donne, Debout la République...), ni les travaux de ceux qui travaillent dans l’ombre à la question (Etienne Chouard, les "encyclopédistes du XXIe siècle" sur le blog de Paul Jorion...).

 

Créer une République consiste précisément à faire cohabiter des gens que rien ne rapproche a priori, sauf le sentiment commun d’appartenance à une même collectivité. Rappelons que le fameux Conseil National de la Résistance (CNR) réunissait des représentants de toutes obédiences.

 

 

- Je veux être acteur de la VIe République :

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 09:07
François Rebsamen : “Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie”

Un homme de gauche ? Certains y croient encore..... sauf au MEDEF !

 

Pour l’opposition, il porte le nom de “ministre du chômage”. s’est enfin installé de manière définitive dans les locaux historiques du ministère du Travail au 127 rue de Grenelle à Paris. Proche, très proche du Président de la République, il a accepté un poste clé du gouvernement de Manuel Valls, sans doute l’un des plus difficiles aussi.

 

Cet article a été initialement publiée vendredi 3 octobre 2014. Comme l’ont souligné de nombreux médias nationaux, l’interview de François Rebsamen a été retiré du site en milieu de matinée. Nous avons choisi de republier cette interview ce matin. Nous vous devons quelques explications.

Symboliquement pendu durant tout l’été par les intermittents du spectacle, il a fait une rentrée fracassante en septembre en s’attaquant aux “fraudeurs” de Pôle emploi. Désormais il revendique sa ligne libérale et reste intimement persuadé qu’il pourra être celui qui relancera durablement la croissance en France.

Quelques mois après son arrivée, nous sommes allés le rencontrer il y a quelques jours dans son ministère, à Paris.

 

Sources : Le MIROIR par Jérémie Lorand

- Le MIROIR : François Rebsamen bonjour. Depuis un mois, vous avez rejoint le siège historique du ministère du Travail, celui de la Rue de Grenelle. C’est là qu’ont été signés les fameux Accords de mai 68. C’est là que sont passés Pierre Bérégovoy et Martine Aubry. Une force pour étouffer la grogne ?

François Rebsamen : Pour la gauche, ce ministère est historique. Alors nous ne pouvons avoir qu’en référence ces grands ministres qui sont passés par là : Jean-Michel Jeanneney, en mai 68, Jean Auroux, qui a signé les accords du même nom, Pierre Bérégovoy, qui était un ami ou encore Martine Aubry, qui a marqué le monde du Travail avec la réforme des 35 heures. Lors de la passation avec Michel Sapin [l'ancien ministre du Travail, NDLR], j’ai souligné la beauté de ce ministère. Je n’en mesurais pas encore la difficulté.

 

 

- Le MIROIR : Justement, considérez-vous aussi qu’il s’agit du pire ministère du gouvernement ?

François Rebsamen : C’est surtout le ministère qui, tout au long du XXème siècle, a permis de former, d’organiser, de codifier le monde du travail, de protéger les travailleurs. C’est du ministère du Travail qu’émanent les grandes avancées sociales : Les Accords de Matignon en 1936, les seuils sociaux et la création des comités d’entreprise en 1945, sous le Général de Gaulle, la lutte contre le travail des enfants, contre le travail de nuit…

 

Désormais, nous sommes dans une autre phase : du ministère des avancées sociales, nous devenons ministère du dialogue social et des grandes protections collectives, nous devons désormais enregistrer des avancées sur les protections individuelles. C’est encore plus complexe. Il faut lutter contre le travail dissimulé, le travail illégal… C’est une forme d’esclavagisme humain et j’ai demandé aux inspecteurs du travail d’être plus vigilants sur cette question.

 

Il est très grave de voir des socialistes siffler un ministre lorsqu’il dit qu’il aime l’entreprise
 
 
- Le MIROIR : Lorsque vous êtes arrivé au ministère, François Hollande promettait d’inverser la courbe du chômage, désormais, vous refusez de commenter les chiffres mensuels. Pourquoi ce changement de communication ?

François Rebsamen : Tout simplement parce que ce n’est pas le bon référentiel. Malgré l’amitié que je porte à Michel [Sapin], il s’est totalement trompé. On ne juge pas le chômage mois par mois, mais sur des périodes plus longues : un trimestre, un semestre. Il s’est mis des boulets aux pieds et les a laissés à son successeur.

 

Je tente de renverser la compréhension des choses : le taux de chômage est différent du nombre d’inscrits et il permet les comparaisons internationales. Le taux de chômage en France métropolitaine est de 9,7% de la population active au sens du Bureau international du travail. C’est beaucoup, mais il y a déjà eu plus. Si on ne s’y attarde pas, les citoyens seront persuadés que nous avons un taux de chômage qui a explosé. Pour parler clair : je tente de m’enlever un boulet, assez plombant, en changeant de stratégie.

 

 

- Le MIROIR : Vous vous êtes finalement réjouis que le chiffre de 150 000 emplois d’avenir ait été atteint fin septembre. Des emplois subventionnés, n’est-ce pas artificiel pour enrayer la hausse du chômage ?

François Rebsamen : Ce n’est absolument pas artificiel. C’est même le contraire. À la différence des emplois jeunes qui s’adressait à un public qualifié, les emplois d’avenir sont proposés aux jeunes des quartiers issus de la politique de la ville. Ils sont 80% à ne disposer d’aucun diplôme, à être très loin de l’emploi. Les acteurs de l’insertion demandaient du temps : le contrat peut donc durer trois ans et le taux de rupture est très faible, proche des 10%. En revanche, le taux de réussite est certain, car le contrat propose une formation. Ceux qui vont sortir du dispositif, à la fin du contrat, seront qualifiés pour décrocher un emploi. En quelque sorte, nous préparons une partie de la génération de décrocheurs à aller vers l’emploi lorsque la croissance reviendra.

 

 

- Le MIROIR : Il y a tout de même 900 000 jeunes sans diplômes. Où trouver les marges de manœuvre ?

François Rebsamen : Nous faisons beaucoup de choses pour eux. De nombreux dispositifs existent. Parlons déjà de l’apprentissage. Dans les têtes, c’est une voie de garage alors qu’il faut le voir comme une voie d’excellence, qui permet la réussite. Les chefs d’entreprise adorent l’apprentissage, mais ne prennent personne en alternance. La prime qui avait été supprimée – c’était une erreur – est désormais doublée. Il n’y a donc plus d’excuse. À partir de l’année prochaine, nous allons développer la garantie jeune. Une procédure qui concernera les jeunes qui n’ont ni emploi ni stage, ni formation ni éducation, leur permettra de suivre un parcours d’insertion sociale. Il y a en aura 50 000 l’année prochaine.

 

Nous faisons donc feu de tout bois. Mais on ne remplace pas la croissance, il faut que la machine économique reparte. Ce qui crée l’emploi, c’est l’entreprise. Dès lors, nous pouvons préparer les jeunes, les former ou empêcher qu’ils sombrent.

 

 

- Le MIROIR : Ce que vous dites c’est que la pédagogie, que vous avez appelée de vos vœux lors de la première partie du quinquennat[1], n’est peut-être pas si simple ?

François Rebsamen : J’essaye d’être pédagogue. Nous sommes dans un pays qui a du mal à accepter les choses. Si nous voulons sauver le modèle social français, il doit être irréprochable : les droits et les devoirs de chacun doivent être bien définis. Les Français sont attachés à ce modèle social, mais il faut l’adapter. Ce sont ces adaptations que nous devons expliquer, détailler.

 

 

- Le MIROIR : Mais cette pédagogie n’est-elle pas trop tardive ? Nous sommes déjà à mi-mandat.

François Rebsamen : Il n’est jamais trop tard pour faire les choses. Le parti socialiste est en pleine mue idéologique. Moi je l’ai effectuée depuis longtemps. Il faut donc l’expliquer. Il est très grave de voir des socialistes siffler un ministre lorsqu’il dit qu’il aime l’entreprise. Franchement, c’est quoi le socialisme ? Ce n’est pas la richesse pour chacun. Ah bon, certains socialistes doutent que ce soit l’entreprise qui crée des richesses ? L’entreprise, c’est des salariés.

 

 

- Le MIROIR : Lors de la campagne des municipales, vous aviez affirmé qu’il ne fallait pas tout céder au Medef[2].

François Rebsamen : Alors le Medef c’est une chose. Ce n’est pas la vie des entreprises. J’ai trois niveaux d’interlocuteurs : le niveau interprofessionnel national, la posture, avecle Medef, la CGPME et les autres ; ensuite les branches et au bout les entreprises. Au niveau local, les entreprises et donc les salariés font vivre le territoire, le développe. Elles savent ce qu’on veut.

 

Lorsque je rencontre les branches, je leur rappelle que pendant dix ans, elles n’ont rien dit. C’est incroyable. Les entreprises ont perdu marges et compétitivité, sans rien dire. Et là, sous prétexte qu’il s’agit d’un gouvernement socialiste, elles viennent pleurer. Nous faisons un effort sans précédent pour redonner des marges aux entreprises : nous restituons 41 milliards d’euros, l’équivalent de deux points de PIB pour permettre l’investissement, la création d’emploi, l’apprentissage. En un mot nous demandons de préparer l’avenir.

 

 

- Le MIROIR : N’y avait-il pas un parasitage avec un Arnaud Montebourg parfois virulent envers les chefs d’entreprises.

François Rebsamen : Arnaud s’est investi dans sa mission. Il aime l’industrie, l’industrie lourde, l’industrie tricolore. Il préférait une entreprise allemande à une autre parce qu’elle était américaine. Arnaud Montebourg est un personnage complexe : il s’accrochait avec des patrons en arrivant puis les câlinait. Il a bien fait son boulot pour les entreprises en difficulté. Il s’est investi, mais avait une approche particulière. Un peu “olé olé” ! C’est un comédien, un avocat.

 

 

- Le MIROIR : Mais ça, François Hollande le savait lorsqu’il a nommé Arnaud Montebourg dans le gouvernement.

François Rebsamen : Oui, tout à fait. Les gens peuvent ensuite se révéler. Et je ne parle pas de ceux qui ont truandé comme Thomas Thévenoud. On ne pouvait pas laisser passer ces gamineries.

 

Je ne suis pas là pour stigmatiser les chômeurs, encore moins pour casser les droits sociaux, mais pour rappeler les règles
 
 
 
 
 
- Le MIROIR : Ces événements ont parasité la communication du gouvernement[3] dont la première promesse était d’inverser la courbe du chômage en 2017. Y croyez-vous encore ?

François Rebsamen : Les entreprises continuent de créer de l’emploi, mais pas assez pour faire face à l’afflux de nouveaux entrants sur le marché du travail comme les jeunes et les femmes. J’ai rencontré le patronat allemand lundi 29 septembre, je me suis fait un petit plaisir. Ils voulaient donner des leçons, mais oublient plusieurs choses : l’Allemagne connaît une baisse de sa démographie et a donc de moins en moins de jeunes entrant sur le marché du travail, elle n’encourage pas non plus les femmes à travailler. Notre système de protection du chômage est fort et permet d’éviter la pauvreté. Le taux de pauvreté des chômeurs français, au sens du BIT, est de 38%. Chez nos voisins allemands, il est de 62%.

 

Pôle emploi dispose de plusieurs dispositifs pour protéger les demandeurs d’emploi. Il y a donc des personnes qui ne recherchent pas d’emploi et qui sont comptabilisées dans les chiffres. Il s’agit par exemple de personnes en situation de préretraite, qui sont dispensées de recherche. Au sens du BIT, ils ne sont plus demandeurs d’emploi.

 

 

- Le MIROIR : La phrase que vous évoquez a en effet provoqué un tôlé[4], au sein même du parti socialiste. La regrettez-vous ?

François Rebsamen : Où ce fut un véritable tollé médiatique. Politique aussi. Ce qui n’a pas empêché 70% de la population d’approuver ce message. Ils ont conscience qu’il faut adapter notre système social, par ailleurs très protecteur. Les français considèrent qu’il faut renforcer les contrôles, assouplir les seuils, la législation, autoriser le travail le dimanche. Ils sont bien plus en avance que nous sur la nécessité d’un certain pragmatisme en économie.

 

Malheureusement, le parti socialiste, ou du moins son secrétariat national refuse toutes ces avancées. Il ne veut pas casser les tabous, se pose en garant de l’ordre social établi. Je ne suis pas là pour stigmatiser les chômeurs, encore moins pour casser les droits sociaux, mais pour rappeler les règles. Et c’est parfois dur. Je ne suis pas un ennemi de l’entreprise, je ne suis pas pour l’économie administrée ni pour les pays communistes. Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie, de la vie de l’entreprise. Avec des droits sociaux, avec une protection de l’individu.

 

Les citoyens des classes populaires se rendent bien compte que la droite ou la gauche ne sont pas prêtes à appliquer ces réformes alors ils se tournent vers les extrêmes. C’est ça que je veux éviter. Les socialistes ne vivent plus comme les gens : les élus ne connaissent pas le terrain. Ils ne savent pas comment la vie se déroule dans un HLM, dans le quartier de la Fontaine-d’Ouche, qui rassemble toutes les nationalités, dans sa diversité…

 

 

- Le MIROIR : Selon vous les élus sont donc totalement déconnectés du terrain ?

François Rebsamen : Ils ne l’ont surtout pas connu. Il faut être maire, conseiller municipal conseiller général pour connaître cette réalité. Valls la connaît. A Évry, il l’a vécu. Moi aussi. Beaucoup d’élus n’ont pas fait de combat politique. Dans les quartiers, ils auraient rencontré des citoyens qui touchent le Smic, qui triment et qui peuvent en voir d’autres profiter du système. Ils se disent “pourquoi eux et pas moi” ? Pourquoi c’est comme ça ? Il faut être rigoureux et proche.

 

 

- Le MIROIR : En sous-jacent vous semblez dire que ce qui peut marcher par exemple à Dijon, peut fonctionner partout.

François Rebsamen : Bien entendu. Le chômage a baissé de 8,7 à 8% à Dijon. Comment peut-il baisser dans notre ville et pas dans des endroits similaires ? Il faut se poser la question.

 

Je suis personnellement convaincu que les résultats seront plus rapides

 

 
 
 
- Le MIROIR : On a vu que le Conseil Constitutionnel a censuré les allégements de cotisations salariales. Elles devaient concerner 5,2 millions de salariés et 2,2 millions de fonctionnaires. Le motif du Conseil : Méconnaissance du principe d’égalité. Est-ce le cas ?

François Rebsamen : Les 41 milliards d’euros que nous avons débloqués doivent permettre de redonner des marges de compétitivité aux entreprises. Nous voulions essentiellement les réserver au secteur concurrentiel, mais le Conseil Constitutionnel en a décidé autrement : du coup, cette possibilité sera donnée à toutes les entreprises. Cette mesure va finir par porter ses fruits, le Président en est persuadé. Peut-être que ceci nous fera perdre la prochaine élection Présidentielle mais nous pensons que ceci est une nécessité pour le bien du pays. Si la droite et l’extrême droite reviennent, les entreprises se débrouilleront pour garder leur compétitivité. Quand on fait une politique de l’offre, on est obligé d’être en accord avec l’entreprise.

 

 

- Le MIROIR : Vous envisagez donc l’éventualité de perdre la Présidentielle ?

François Rebsamen : Je ne suis pas pessimiste. Je crois toujours en une victoire. S’il faut être le dernier auprès de François Hollande, je le serai, car la victoire j’y crois. Pour moi, François est le candidat idéal. Mais la réalité c’est qu’une politique de relance par l’offre est très longue à mettre en œuvre et à porter ses fruits.

 

Je suis personnellement convaincu que les résultats seront plus rapides : dès le premier semestre 2015 pour le CICE par exemple

 

 

- Le MIROIR : La dernière réforme que vous avez lancée est celle des seuils sociaux. Pourquoi faut-il les réformer ?

François Rebsamen : Le nombre d’entreprises de 48 ou de 51 salariés varie du simple ou double, il y a bien une raison. Il faut donc envisager un assouplissement des seuils sociaux. J’ai demandé aux partenaires sociaux de travailler ensemble pour faciliter cette réforme. 66% des entreprises de dix et vingt salariés n’ont pas de délégué du personnel alors que c’est une obligation. Et dans le tiers des entreprises qui en ont un, c’est le patron qui le choisit. Moi, ça m’interpelle.

 

Il y a des lourdeurs invraisemblables, des réunions inutiles… Le droit doit être réel et pas formel. Le dossier est désormais sur la table des partenaires sociaux. J’espère qu’ils arriveront à un accord avant la fin de l’année. Dans le cas contraire, le gouvernement prendra ses responsabilités.

 

Le vent souffle dans le bon sens pour Dijon et sa communauté urbaine

 

 
 
 
- Le MIROIR : Parlons un peu de Dijon. Vous avez transmis le flambeau à votre ami Alain Millot. Quel bilan tirez-vous de ces premiers mois ?

François Rebsamen : Il est patient, apaisant. C’est d’ailleurs ce que je lui ai dit lors du dernier conseil municipal. Je lui ai envoyé un message, ainsi qu’à Nathalie [Koenders, la première adjointe, NDLR] et Colette [Popard, adjointe au maire déléguée au logement, NDLR] : “Il est bien Alain, il est calme, il est pondéré, à l’écoute. Ça fait du bien au conseil; tout le contraire de moi, car je suis agacé par Vandriesse, Bourguignat, Bichot et je ne parle même pas de Cavin”.

 

 

- Le MIROIR : Alain Millot a surtout porté une réforme que vous aviez insufflée au Sénat : le passage en communauté urbaine du Grand Dijon[5].

François Rebsamen : Je suis très content d’avoir réussi mon coup. Ce passage en communauté urbaine va changer la dotation globale de fonctionnement (DGF) : de 34 euros par personne, nous allons désormais en toucher 60. Soit une enveloppe supplémentaire de six millions par an. 36 millions sur un mandat. Une marche est lancée vers l’unification des territoires dans le respect des uns et des autres. Il n’y a que la ville de Talant, pour des raisons politiques qui ne lui ont pas vraiment réussi d’ailleurs, qui n’a pas voté favorablement cette modification.

 

À terme, les territoires défensifs, comme Asnières-lès-Dijon, vont disparaître et nous allons poursuivre notre communauté de destin. Avec comme objectif de devenir une métropole, au cœur d’un bassin de 380 000 habitants, qui va tirer le département vers le haut.

 

 

- Le MIROIR : On attendait la sortie de votre livre sur le football pour la rentrée…

François Rebsamen : (Il pointe son bureau). Il est là. 80% de l’ouvrage était rédigé avant que je n’arrive au ministère du Travail, mais je n’ai pas eu le temps d’écrire la dernière partie, consacré à la coupe du monde de football de juin 2014. Mais il est bien là, dans un tiroir et sortira au moment de l’Euro 2016.

 

À l’origine je voulais écrire un livre sur mes “France-Brésil”, mais l’éditeur a jugé que je n’étais pas assez connu alors il s’agira toujours de football, mais à travers le prisme politique. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont critiqué cette démarche, mais la vérité c’est que l’ouvrage était en partie écrit avant d’arriver ici.

 

 

- Le MIROIR : Pour l’Euro 2016 donc. Et avec une équipe en résidence à Dijon ?

François Rebsamen : La France accueillera en effet la compétition et la ville a postulé pour accueillir une équipe. Le Président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, m’a confirmé que nous avions de grandes chances d’être retenus. D’ici là nous aurons avancé sur la construction de la tribune et sur tant d’autres projets comme la Cité de la gastronomie, la rénovation du Musée des Beaux-Arts, du chauffage urbain, sur la classification des climats au patrimoine mondial de l’Unesco. Le vent souffle dans le bon sens pour Dijon et sa communauté urbaine.

 

Notes

|1] François Rebsamen (PS) : Nous sommes la gauche et nous ne pouvons pas oublier de parler aux gens qui souffrent”

[2] François Rebsamen, résolument à gauche

|3] Thomas Thévenoud, kamikaze de la transparence

[4] Invité de Bruce Toussaint mardi matin, le ministre du Travail a fait part de son souhait que Pôle Emploi accentue ses contrôles, de façon à s'assurer que les chômeurs "recherchent bien un emploi".

[5] Communauté urbaine de Dijon : la machine est lancée

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Rédacteur

  • Pour une Révolution citoyenne par les urnes
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.

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