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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 09:50
Jean-Luc Mélenchon : "La sécurité collective a besoin de notre liberté individuelle !"

Après les attaques terroristes survenues à Paris et à Saint-Denis le 13 novembre 2015 : contribuer à l'unité de notre peuple et affronter les bouffées sécuritaires...

 

Sources :  L'ERE DU PEUPLE

- Dans ces moments d’Histoire, des milliers de consciences comprennent l’importance de la politique dans la vie des peuples.

Selon la vieille formule : si tu ne t’occupes pas de politique, la politique, elle, s’occupe de toi. Ne nous contentons pas d’analyser les erreurs sans fin des dirigeants politiques qui nous amenés à cette situation. Demandez-vous : « étais-je de ceux pour qui peu importait que l’on décide sans mandat international, et sans vote de l’assemblée nationale d’aller bombarder des gens dans un pays lointain ? »

  • Avez-vous méprisé ou rabroué ceux qui vous mettaient en garde ?
  • Avez-vous participé au concert de ceux qui accablaient grossièrement les lanceurs d’alerte en les assimilant à des agents de l’ennemi ?
  • L’horrible nuit du 13 novembre vous aura appris que la guerre n’est pas un jeu vidéo mais un acte politique dont l’onde de choc finit toujours par atteindre tous ceux qui y participent.

 

 

- Décider une guerre est une question sérieuse.

Il ne faut pas l’abandonner à un seul homme. Les formes prévues pour en décider ne sont pas un embarras, un ralentissement insupportable de l’action qui porte préjudice à son efficacité. C’est au contraire une garantie que nous nous donnons pour agir à bon escient et en se préparant à assumer les conséquences de nos actes. La liberté de pensée, de parole et de décision des représentants du peuple est une garantie pour notre sécurité.


A présent les mêmes trouvent peut-être sans importance que le Président dise que nous sommes en guerre sans nous dire où et contre qui et sans respecter les formes prévues par la Constitution pour le faire (article 35). Et pour eux peu importerait peut-être aussi que l’Etat d’urgence soit prolongé de trois mois sans qu’il soit dit une seule fois pour quel bénéfice attendu dans l’action et sans tenir aucun compte des inconvénients que cette situation comporte également et en plus grande proportion.

  • Et sans doute tiennent-ils pour un détail formaliste que la Constitution interdise qu’on la modifie quand l’état d’urgence a été proclamé.
  • Peut-être acceptent-ils aussi sans état d’âme de croire, puisqu’on le leur répète, que sacrifier un peu de liberté individuelle n’est rien si l’on augmente par ce moyen la sécurité collective. Et sans doute s’agacent-ils déjà qu’on ose dire qu’il n’en est rien et que cela n’a jamais produits autre chose que de nouveaux désastres politiques là où on l’appliqué.

 


- Beaucoup sont, comme nous-mêmes, chaudement partisans de la trêve des polémiques en période de deuil national.

Alors comment comprendre que le premier à la rompre soit le chef de l’Etat, contraignant tout le monde a la polémique ? Car c’est bien ce qu’il vient de faire solennellement devant le congrès du parlement à Versailles en lançant un projet de réforme constitutionnelle.

 

Toucher à la Constitution c’est évidemment toucher au cœur de tous les débats politiques et les allumer tous en même temps. En tous cas les partisans que nous sommes d’une Assemblée Constituante sont placés dans l’obligation de protester.

 

Car c’est une nouvelle mise à l’écart de toutes les questions que nous avons soulevé sur ce doit être le travail de constituants et de toutes les questions que nous souhaitons voir entrer dans le texte fondamental. Il faudrait mettre de côté cette question pourtant si décisive ? Admettons.

 

Mais comment accepter que des sujets aussi polémiques, par exemple, que la déchéance de la nationalité et quelques autres directement empruntées à l’extrême droite et que combattait hier toute la gauche et même une partie de la droite soient désormais prise en charge sans autre explication par le Président ? Puisque nous n’avons pas changé d’avis en même temps que les mots changeaient de bouche, ne sommes-nous pas contraints de notre côté de répéter avec la même passion nos arguments contre une telle fausse bonne idée dont la dangerosité a été mille fois démontrée ?

 


- Est-ce de la désinvolture, de l’inconscience ou bien un calcul cynique de lancer ces débats en plein deuil national, les morts n’étant pas encore enterrés et sous le régime de l’état d’urgence ?

Serait-ce encore un excès de formalisme de s’en soucier ?

Je veux dire combien nous nous sentons abusés de voir qu’à la bonne volonté et à la pondération des propos, à l’amnistie provisoire que nous avons prononcé sur les responsabilités de la situation il soit répondu à la faveur d’une circonstance solennelle par une aussi grossière nouvelle transgression des lignes de fond de la famille progressiste en France.

 

Et comment supporter en silence que François Hollande inflige une telle défaite sans combat à la doctrine républicaine de cette famille ? Cette situation qui devrait si vigoureusement renforcer nos principes et nos valeurs se dénoue par une nouvelle victoire idéologique de nos pires adversaires ! Sans aucun gain prévisible ni sur le plan sécuritaire ni sur le plan électoral.

 

 

- Echanger de la liberté contre une amélioration de la sécurité est le pari que firent les auteurs du « Patriot Act » aux Etats Unis.

De cette expérience les observateurs savent désormais que si la réduction des libertés a été payée comptant, les gains de sécurité n’ont pas été le résultat des moyens nouveaux. La cause du « terrorisme » ce sont les guerres régionales dans lesquelles nos pays ont les bras enfoncés jusqu’aux épaules.

 

La riposte aux attaques est donc nécessairement sur deux fronts :

  • l’un pour faire cesser la guerre ;
  • l’autre pour garantir la cohésion de notre pays c’est-à-dire l’unité de son peuple et fer le terrain de la guerre sur le terrain, heureusement, les russes ont fait ce qu’il fallait pour que les américains n’aient d’autres choix que de se rendre à la raison et d’accepter, en l’absence de la France et sans la consulter, de constituer une seule coalition sous mandat de l’ONU avec l’objectif d’organiser des élections sans le préalable paralysant du départ de El Assad.

 

François Hollande a immédiatement obtempéré et annoncé son ralliement dans des termes qui sont exactement l’inverse de sa déclaration à la tribune de l’ONU. On peut donc considérer que les choses avancent en ce qui concerne l’approche de la fin de la guerre en Syrie. Même si cela ne règle pas tout ce qui est nécessaire pour qu’elle s’arrête aussi en Irak d’où viennent l’argent et le matériel de guerre.

 

 

- Mais pour ce qui est du front de la lutte contre les attentats dans nos frontières, il en va tout autrement.

Le soudain appétit de François Hollande pour les mesures du Front National et la mise en scène d’un « super état d’urgence » permanent, cette volteface opérée, rédigée et prononcée entre vendredi une heure du matin et lundi 16 heures sentent l’improvisation, le coup de com. et l’astuce politicienne davantage qu’une pensée construite et argumentée, soucieuse d’efficacité concrète.

 

  • A notre tour nous allons devoir lutter sur deux fronts : contribuer à l’unité de notre peuple et affronter les bouffées sécuritaires.
  • C’est un chemin de crête que le nôtre. Mais notre devoir de long terme est de rester ceux qui affirment que la sécurité collective est plus forte quand les libertés fondamentales de chacun sont garanties.

 

------------------------------------------

 

- Pourquoi la déchéance de nationalité est une fausse bonne idée.

Déclaration de Hollande
 
La reconnaissance d’erreurs et la constitutionnalisation d’un Patriot Act
- See more at: https://www.lepartidegauche.fr/communique/declaration-hollande-la-reconnaissance-d-erreurs-la-constitutionnalisation-d-un-patriot-act-33822#sthash.zMaL9YC6.dpuf

Jean-Luc Mélenchon : "La sécurité collective a besoin de notre liberté individuelle !"
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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 09:36
Le PG engagé dans des listes de rassemblement  pour une opposition de gauche et des régions citoyennes

Sources : Le Parti de Gauche par Danielle Simonnet et Eric Coquerel, coordinatrice et coordinateur du Parti de Gauche et regards.fr

Le PG a abordé les élections régionales avec l’ambition de faciliter au maximum le rassemblement de l’opposition de gauche tout en allant le plus loin possible dans l’implication citoyenne. Fin août nous écrivions dans ce but à tous nos partenaires potentiels, nos alliés du FDG, EELV, Nouvelle Donne, le NPA, la NGS, en indiquant les marqueurs permettant de faire accord. Il s’agissait de l’autonomie vis-à-vis du PS, d’un programme de rupture avec l’austérité et le productivisme, des assemblées citoyennes représentatives permettant une co-construction de la campagne avec les partis, les appels citoyen et toutes celles et tous ceux voulant s’y investir, d’une charte éthique (comprenant notamment le non cumul des mandats), et du refus de tout préalable pour le 2ème tour dans un sens ou dans l’autre.

 

Le PG a donné la priorité à cette unité, au-delà même de nos intérêts de partis. Voilà pourquoi nous n’avons pas de têtes de liste régionales, nos partenaires ayant posé la leur comme condition. Pour notre part, dès lors qu’il y avait accord sur le fond, nous avons refusé de risquer la division pour une question de tête de liste.

 

Alors que toutes les listes sont désormais connues, nous observons une première réussite : des listes d’opposition de gauche, autonomes du PS, seront présentées devant les électeurs dans l’ensemble des régions. En divisant la gauche par la politique austéritaire et productiviste du gouvernement, le PS se retrouve, lui, isolé dans toutes les régions. C’est la première fois. C’est le résultat du rejet de la politique de droite du gouvernement qui grandit à gauche et dans le peuple plus généralement. Son utilisation de la peur du FN, notamment en NPDC-Picardie et en PACA, pour essayer d’imposer un rassemblement derrière lui n’a pas fonctionné.

 

 

- Au final, le PG s’engagera dans des listes d’opposition de gauche et pour des régions citoyennes dans dix régions.

- Dans quatre d’entre elles, cette alliance va jusqu’à EELV :

  • L’unité de l’opposition de gauche est complète dans deux régions : en Midi-Pyrénées/Languedoc Roussillon et PACA. Cette construction, unissant notamment le FDG et EELV, peut nous permettre d’être en tête de la gauche au soir du 1er tour. Cela constituerait un événement politique.
  • Deux autres régions voient également un rassemblement entre le PG, EELV, la NGS et Nouvelle Donne (même si malheureusement le PCF a décidé de partir seul). C’est le cas dans le Nord Pas de Calais Picardie et en Auvergne Rhône-Alpes (dans cette dernière région la liste comprend également Ensemble).

 

- Dans six autres le Front de Gauche incarnera seul ce rassemblement puisque EELV a cette fois choisi de faire cavalier seul :

  • Ile-de-France, Bretagne, Normandie, Aquitaine Poitou-Charentes Limousin, Alsace Champagne-Ardennes Lorraine, Bourgogne Franche-Comté.

 

Le PG ne sera absent que dans deux régions (Centre et Pays-de-Loire) faute d’avoir trouvé, ni avec le PCF ni avec EELV, qui partent seuls, chacun de leur côté, un accord sur ses marqueurs.

 

 

- Nous avons progressé par rapport à 2010 même si nous regrettons de ne pas être parvenus à rassembler tous les acteurs concernés dans toutes les régions.

Le meeting du 12 novembre à Montpellier réunissant notamment Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Pierre Laurent, Clémentine Autain sera le symbole des listes de large rassemblement.

 

Nous voulons ainsi démontrer qu’il n’y a pas de fatalité au tripartisme et qu’une alternative est possible.

 

LES DIX LISTES OPPOSITION DE GAUCHE ET POUR UNE REGION CITOYENNE SOUTENUES PAR LE PG

 

- Listes incluant EELV :

  • Midi Pyrénées – Languedoc Roussillon

Nom de la liste : Nouveau monde en commun !
Tête de liste : Gérard Onesta
Soutenue par : le FDG (PG, E!, PCF), EELV, NGS, Régions et Peuples Solidaires
Têtes de liste départementales PG : Guilhem Serieys (Aveyron) et Muriel Ressiguier (Hérault)

  • PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur)

Nom de la liste : La région coopérative Sociale-Ecologiste-Citoyenne
Têtes de listes : Sophie Camard en binôme avec Jean-Marc Coppola
Soutenue par : EELV, FDG, NGS
Porte-Parole PG : Hélène Le Cacheux (5ème sur les Bouches-du-Rhône)

  • AURA (Auvergne-Rhône-Alpes)

Nom de la liste : Le Rassemblement
Tête de liste : Jean-Charles Kohlhaas en binôme avec Corinne Morel-Darleux
Soutenue par Ensemble !, EELV, NGS, ND, PG
Têtes de listes départementales PG : Corinne Morel Darleux (Drôme) et Andréa Kotarac (Lyon)

  • Nord Pas de Calais / Picardie

Nom de la liste : Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire. Le Rassemblement
Tête de liste : Sandrine Rousseau
Soutenu par EELV, PG, ND, NGS et des collectifs citoyens
Têtes de liste départementales PG : Laurent Matejko (Nord Pas De Calais), Marie-Laure Darrigade (Picardie)

 

- Avec le seul FDG :

  • ALCAL (Alsace Lorraine Champagne Ardenne)

Nom de la liste : Nos Vies d’abord
Tête de liste : Patrick Peron
Soutenu par le FDG, NGS, MRC, Région Citoyenne
Têtes de listes départementales PG : Sylvain BROUSSE (67), Dominique Cholez (88)

  • Aquitaine – Poitou Charente – Limousin

Nom de la liste : L’humain d’abord
Tête de liste : Olivier Dartigolles
Soutenue par le FDG et la NGS
Têtes de liste départementales PG : Laurence Pache (Creuse), Isabelle Godeau (Deux Sèvres)

  • Bourgogne – Franche Comté

Nom de la liste : L’alternative à gauche
Tête de liste : Nathalie Vermorel
Soutenue par le FDG, le MRC, la NGS, de collectifs citoyens

  • Bretagne

Nom de la liste : Pour une Bretagne sociale et écologiste - L’Humain d’abord !
Tête de liste : Xavier Compain
Soutenu par le FDG et des collectifs citoyens
Tête de liste départementale PG : Catherine Boudigou (Finistère)

  • Ile-de-France

Nom de la liste : Nos vies d’abord !
Tête de liste : Pierre Laurent en trinôme avec Clémentine Autain et Eric Coquerel
Soutenus par le FDG, Région Citoyenne (la fabrique coopérative, le rassemblement citoyen)
Têtes de liste départementales PG : Eric Coquerel (Paris) et Raquel Garrido (Hauts-de-Seine)

  • Normandie

Nom de la liste : Un vent de colère, un souffle d’espoir
Tête de liste : Sébastien Jumel
Soutenue par le FDG
Tête de liste PG : Jean-Claude Marie (Orne)

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 09:23

"...... On se demande si le pire, en prenant ce type de mesures (celles annoncées par François Hollande le 16 novembre 2015[1]), est de donner raison à la droite et à l’extrême droite en abondant dans son sens de la restriction drastique des libertés individuelles et collectives ou si c’est son inefficacité certaine. On peut même le craindre : sa contre-productivité.

En effet, combien parmi ceux qui seront inquiétés sans jugement par les policiers se “radicaliseront“-ils ?..."

 

Sources : Rue du Blogule Rouge

- À la suite des attentats de Paris du 13 novembre 2015, on a vu fleurir sur les réseaux sociaux une photo de profil :

Prier ou réfléchir ?

Mais, beaucoup plus intelligente et efficace était celle-ci :

Prier ou réfléchir ?

“Ne priez pas pour Paris, réfléchissez !“

 

- Car, après la période de deuil, il va bien falloir agir pour que de tels faits ne se reproduisent plus et au préalable réfléchir !

Il est légitime de se demander si c’est bien ce qu’a fait le Président de la République lorsqu’il a déclaré, joignant ainsi sa voix à toutes celles des journalistes et des inconscients qui l’avaient fait avant lui : “Nous sommes en guerre“ devant le Congrès des parlementaires qu’il avait aussitôt (2 jours à peine plus tard) réuni à Versailles. A-t-il vraiment pesé son propos ?

 

“En guerre“, mais contre qui ? Entre-t-on en guerre contre des assassins (le terme a été par ailleurs utilisé par le Président lui-même) ? Non, on les poursuit, on les arrête, eux ou leurs complices et on les juge. Ce terme de “guerre“, compréhensible lorsqu’il fut prononcé sous le coup de l’émotion du moment suscitée par l’ampleur de la tuerie à Paris, mais non par sa nature d’attentat terroriste, peut-il s’appliquer à un autre objet qu’un conflit violent entre états ? Non, bien sûr et c’est bien pourquoi le chef de l’État a aussitôt désigné un “état“ responsable : l’EI. C’est à lui que nous allons faire la guerre et d’ailleurs, on a déjà commencé ! (Ah ! Bon ? La France est déjà entrée en guerre sans l’accord des parlementaires comme le prévoit sa Constitution ?)

 

Parlons donc de cette guerre : tous les militaires, tous les politiques, tous les journalistes, s’accordent à dire qu’elle ne pourra jamais être gagnée seulement par des bombardements aériens. Qu’annonce Hollande ? Des bombardements aériens sur Rakka, ville de 200 000 habitants, sur laquelle l’aviation française, sans faire, paraît-il, aucune victime civile ( !?), a déversé une vingtaine de bombes pour détruire un camp d’entraînement, un poste de commandement et on ne sait quoi d’autre. Peut-on savoir combien ce bombardement a-t-il provoqué de ralliements supplémentaires au Jihad ? Il en ira de même de tous les bombardements effectués par les Américains, les Français ou les Russes, fussent-ils coalisés.

 

 

- Alors, que faire pour atteindre le but de guerre fixé par Hollande : détruire l’institution “État Islamique“ ?

Tout le monde sait qu’il existe plusieurs possibilités à court et à moyen terme :

  • Dans un premier temps :

Armer et aider les Kurdes qui combattent l’EI sur le terrain. Encore faudrait-il pour cela empêcher la Turquie, membre comme nous de l’OTAN, de les bombarder et de tenter par tous les moyens de les détruire.

 

Laisser Achar El Assad à la tête de la Syrie et aider l’armée syrienne qu’il dirige à combattre l’EI. Hollande l’a exclu car c’est un tyran qui martyrise son peuple, pas du tout, par exemple, comme le roi d’Arabie, à qui on peut vendre des armes sans état d’âme.

 

  • Discuter avec Américains Iraniens et Russes pour coordonner les actions. Cela, François Hollande l’a évoqué, même prudemment.

Tarir les moyens financiers de l’EI qui sont dus essentiellement au commerce du pétrole[4]. On ne peut pas parce que ce pétrole passe en contrebande par la Turquie ? Sans blague ? Qui l’achète ? Qui est en état de le faire et de raffiner ce pétrole pour ensuite le “distribuer“ ? N’est-il pas évident que si les Etats-Unis, l’Europe et la Russie en avaient tous vraiment la volonté, ils seraient en capacité d’assécher rapidement la manne pétrolière qui permet à l’EI d’acheter des armes [2] ?

 

Dans un deuxième temps, il faudra bien parvenir à une solution qui permette aux peuples de la région de vivre en paix durablement. Il sera nécessaire alors de négocier avec tous les protagonistes de la zone moyenne-orientale.... Au lieu de ça, nous allons continuer (intensifier ?) les bombardements aériens…

 

 

- Que faire alors aussi pour nous prémunir du danger terroriste sur notre sol ?

D’abord, augmenter le nombre de policiers et de soldats. Mais surtout, le Président l’a dit et répété : "même si nous préférerions un état de droit, nous serons mieux en sécurité avec l’état d’urgence. On va même le prolonger à trois mois". En voilà une trouvaille ! On va pouvoir enfin perquisitionner sans s’inquiéter de ces juges qui ne sont là que pour mettre des bâtons dans les roues des policiers. On va pouvoir enfin mettre en garde à vue des suspects, etc.

 

On se demande si le pire, en prenant ce type de mesures, est de donner raison à la droite et à l’extrême droite en abondant dans son sens de la restriction drastique des libertés individuelles et collectives ou si c’est son inefficacité certaine. On peut même le craindre : sa contre-productivité. En effet, combien parmi ceux qui seront inquiétés sans jugement par les policiers se “radicaliseront“-ils ?

 

Comme l’a formulé Marc Trévidic, l’ancien juge anti-terroriste, n’aurait-il pas fallu plutôt renforcer de manière massive le système judiciaire et éviter les dérives à la Guantanamo ?[3]

 

Finalement, le plus grave n’est-il pas qu’on soit en train de rendre victorieux les terroristes ? Il leur a “suffi“ d’assassiner lâchement et froidement autant de personnes qu’ils ont pu, pour provoquer la réunion du Congrès, une annonce de changement constitutionnel, l’abandon de l’état de droit, la mise sous surveillance policière de la population, c’est-à-dire autant qu’un état de guerre ! N’était-ce pas ce qu’ils recherchaient ?

 

Si en plus la France pouvait se déchirer en une guerre civile, une guerre de religion, par exemple, tous leurs vœux ne seraient-ils pas alors exaucés ?

 

Note :

[1] Révision de la Constitution, moyens renforcés pour la sécurité... Les mesures annoncées par Hollande devant le Congrès

[2] Qu'attendons-nous pour couper l'oxygène à l'Etat islamique, son approvisionnement en argent et en armes ?

[3] Marc Trevidic : « D’autres attentats sont à prévoir »

[4] Jean-Charles Brisard : "L’Etat islamique contrôle 140 succursales bancaires gérant 1,1 milliard de dollars"

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier terrorisme

- David Van Reybrouck « Monsieur le Président, vous êtes tombé dans le piège ! »

- Déclaration de Hollande : La reconnaissance d’erreurs et la constitutionnalisation d’un Patriot Act

- Attentats à Paris : interner les fichés pour terrorisme n'est "pas une bonne mesure", selon Marc Trévidic

- Qu'attendons-nous pour couper l'oxygène à l'Etat islamique, son approvisionnement en argent et en armes ?

- Ne pas sous-estimer l’idéologie génocidaire de Daech

Déclaration de Hollande
 
La reconnaissance d’erreurs et la constitutionnalisation d’un Patriot Act
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Déclaration de Hollande
 
La reconnaissance d’erreurs et la constitutionnalisation d’un Patriot Act
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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 09:09
« Les attentats sont une conséquence de la politique française ambiguë contre le terrorisme »

- La France et les Etats-Unis ont soutenu les terroristes en Afghanistan, maintenant cela s’est retourné contre la France, explique Michel Collon[1] dans une interview à RT

- Dans le même temps, pour René Backman dans Médiapart face à la crise syro-irakienne, comme devant le conflit israélo-palestinien, la France a subordonné ses choix politiques à des impératifs commerciaux, des fidélités d’un autre âge et des coups de sang, le tout sans vision stratégique.

 

Sources : Le Grand* Soir par Michel Collon

- INVESTIG'ACTION : Plus d’une dizaine de pays, notamment la France, prennent part aux bombardements contre l’Etat islamique. Si c’est vraiment Daesh qui a perpétré ces attaques à Paris, pourquoi ont-ils choisi la France comme cible ?

Michel Collon : D’abord, la France a soutenu le terrorisme avec les Etats-Unis, mais maintenant ces terroristes ont leur propre agenda, ils sont allés trop loin. Parce qu’il existe une résistance en Syrie, au Moyen-Orient, il y a une intervention russe… C’est pour ça qu’ils réalisent maintenant que l’Occident avait une politique très ambiguë à l’égard du terrorisme, lorsque Laurent Fabius estimait par exemple que le Front al-Nosra faisait du bon travail.

 

 

Je crois que maintenant ces gens se sentent trahis et se retournent contre la France.

 

Mais ce n’est pas quelque chose de nouveau. Cette histoire a commencé en 1979, quand M. Brzezinski, qui était à la tête de la diplomatie américaine, a armé, formé et envoyé Ben Laden, et ce type de terroristes, en Afghanistan. Et puis, ils ont aussi utilisé ce type de terrorisme en Yougoslavie, en Irak, dans la Caucase, en Libye, en Syrie. C’est une politique générale et malheureusement, l’attitude des Etats-Unis de bombarder les terroristes est très récente et très limitée. Nous avons vraiment besoin d’une analyse équilibrée de ce phénomène.

 

 

- INVESTIG'ACTION : Le groupe terroriste a promis de faire payer la France pour ses frappes aériennes en Syrie et en Irak. Les autorités françaises auraient-elles pu mieux se préparer ?

Michel Collon : Je ne suis pas un spécialiste du renseignement… Le problème n’est pas seulement de savoir si l’on peut arrêter ce type particulier des terrorisme. Encore une fois, je ne suis pas un spécialiste. Mais je pense que la préparation dont nous avons besoin est différente. Le problème, c’est qu’en France et en Europe occidentale, il n’y a pas de véritable débat sur la politique que mène Israël à l’égard des Palestiniens. Il n’y a pas de réelle politique pour savoir si nous – la France, la Belgique et d’autres – avons le droit de créer des murs dans des pays comme la Libye et la Syrie. Avons-nous le droit de décider de qui doit diriger ces pays ? Avons-nous le droit de soutenir le terrorisme pour obtenir un changement de régime ?

 

On ne débat pas de cela en France, ni de la question d’Israël, ce qui fait que beaucoup de gens, des jeunes malheureusement, ne font plus confiance aux médias, pas plus qu’il ne croient à la possibilité d’un débat et à la possibilité d’exprimer une voix démocratiquement dans ce débat. C’est comme ça qu’ils sont manipulés par des gens, tout le monde sait qui les manipule, ce sont les Saoudiens, des gens de ce type qui leur mettent des idées stupides qui n’ont rien à voir avec l’islam [dans la tête] et qui les utilisent comme des marionnettes. C’est la seule façon de faire de la prévention contre ce type d’événements.

 

Note :

- [1] Michel Collon

 

Pour en savoir plus :

- Hollande a conduit une politique aventureuse au Proche-Orient

- L’attentat contre Charlie Hebdo : l’occultation politique et médiatique des causes, des conséquences et des enjeux

- Terrorisme musulman : à qui la faute ?

- Laurent Fabius veut armer les terroristes en Syrie

- Ce que révèle la crise syrienne... Affaissement des Etats, diffusion du djihadisme

- Attentats de Paris : Bachar al-Assad accuse la France d'avoir contribué à "l'expansion du terrorisme"

- La vraie nature de Daech

- Enquête. Ce que veut vraiment l’Etat islamique

- “La France est en guerre” – ben oui, depuis longtemps, crétins…

- Alain Chouet : « Nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis 30 ans le phénomène djihadiste »

- Comment échapper à la logique qui a conduit aux tueries d’hier soir à Paris, quand celles-ci l’alimentent, comment lui substituer un sursaut civique pour enrayer la spirale d’une guerre qui nous atteint aujourd’hui de plein fouet ?

- Pierre Laurent PCF : "Il faut des objectifs de paix"

- Comment la France est devenue une cible « légitime » pour les groupes djihadistes

- De Villepin : « L’État Islamique, c’est l’enfant monstrueux de la politique occidentale »

- Petit à petit la réalité des implications occidentales et notamment françaises dans la création et la montée de DAESH perce dans les médias ! 

 

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 09:24
Terrorisme musulman : à qui la faute ?

L’Occident fabrique des monstres musulmans

 

Sources : Le Grand Soir par Andre VLTCHEK

Il y a cent ans, il aurait été inimaginable de voir deux hommes musulmans entrer dans un café ou un transport en commun, puis se faire exploser, en tuant des dizaines. Ou de massacrer l’équipe d’un magazine satirique à Paris ! C’eut été inconcevable.

 

Quand vous lisez les mémoires de Edward Said, ou que vous parlez à des vieux à Jérusalem-Est, il est clair que la grande partie de la société palestinienne était résolument laïque et modérée. On se souciait de la vie, de la culture et même de la mode, plus que de dogmes religieux.

 

On pourrait dire la même chose à propos de nombreuses autres sociétés musulmanes, dont celles de la Syrie, de l’Irak, de l’Iran, de l’Egypte et de l’Indonésie. Les vieilles photos parlent d’elles-mêmes. C’est pourquoi il est si important d’étudier les anciennes images encore et encore, avec soin.

 

L’islam n’est pas seulement une religion ; c’est aussi une énorme culture, une des plus grandes de la Terre, qui a enrichi notre humanité avec certaines des réalisations scientifiques et architecturales les plus importantes, et d’innombrables découvertes dans le domaine de la médecine. Les musulmans ont écrit de la poésie magnifique, et composé de la belle musique. Mais surtout, ils ont développé certains des premières structures sociales dans le monde, dont d’énormes hôpitaux publics et les premières universités au monde, comme l’Université Al Quaraouiyine à Fès, au Maroc.

 

L’idée de « social » était naturel chez de nombreux politiciens musulmans, et si l’Occident n’avait pas brutalement interféré en renversant les gouvernements de gauche et en mettant sur le trône les alliés fascistes de Londres, Washington et Paris, presque tous les pays musulmans, dont l’Iran, l’Egypte et l’Indonésie, seraient probablement socialistes aujourd’hui, sous la houlette de dirigeants très modérés et majoritairement laïcs.

 

 

- Dans le passé, de nombreux dirigeants musulmans se sont levés contre le contrôle du monde par l’occident.

De grandes figures comme le président indonésien, Ahmet Sukarno, étaient proches des partis et des idéologies communistes. Sukarno a même forgé un mouvement anti-impérialiste mondial, le mouvement des non-alignés, qui a été clairement défini au cours de la Conférence de Bandung en Indonésie, en 1955.

 

C’était un contraste frappant avec la chrétienté conservatrice, orientée vers les élites, qui prévalait chez nous avec ses dirigeants fascistes et ses colonialistes, avec ses rois, ses commerçants et ses grandes oligarchies.

 

Pour l’Empire, l’existence et la popularité des dirigeants musulmans progressistes, marxistes, régissant le Moyen-Orient ou l’Indonésie riche en ressources naturelles, était quelque chose de tout à fait inacceptable. S’ils consacraient leurs richesses naturelles à améliorer la vie de leurs populations, qu’allait-il en rester pour l’Empire et ses sociétés ? Il fallait l’arrêter par tous les moyens. L’Islam devait être divisé et infiltré par des radicaux et des cadres anti-communistes et ceux qui se fichent pas mal du bien-être de leur peuple.

 

 

- Presque tous les mouvements radicaux de l’islam d’aujourd’hui, partout dans le monde, sont liés au wahhabisme.

Le wahhabisme, une secte réactionnaire ultra-conservatrice de l’Islam, qui contrôle la vie politique de l’Arabie Saoudite, le Qatar et d’autres fidèles alliés de l’Occident dans le Golfe.

 

  • Pour citer le Dr Abdullah Mohammad Sindi :

« Selon les archives historiques, il est très clair que, sans l’aide des Britanniques, ni le wahhabisme, ni la Maison des Saoud n’existeraient aujourd’hui. Le wahhabisme est un mouvement fondamentaliste d’inspiration britannique dans l’Islam. Grâce à sa défense de la Maison des Saoud, les États-Unis soutiennent également le wahhabisme directement et indirectement indépendamment des attaques terroristes du 11 Septembre, 2001. Le wahhabisme est violent, d’extrême-droite, ultra-conservateur, rigide, extrémiste, réactionnaire, sexiste, et intolérant ... »

 

L’Occident a donné son plein appui aux wahhabites dans les années 1980. Ils ont été utilisés, financés et armés, après que l’Union Soviétique eut été attirée dans l’Afghanistan et dans une guerre acharnée qui a duré de 1979 à 1989. À la suite de cette guerre, l’Union Soviétique s’est effondrée, épuisée à la fois économiquement et psychologiquement.

 

Les Moudjahidine, qui combattaient les Soviétiques ainsi que le gouvernement de gauche à Kaboul, ont été encouragés et financés par l’Occident et ses alliés. Ils sont venus des quatre coins du monde musulman, pour livrer une « guerre sainte » contre les "infidèles communistes".

 

  • Selon les archives du Département d’Etat des Etats-Unis :

« Des contingents de soi-disant Arabes afghans et de combattants étrangers voulaient mener le djihad contre les communistes athées. Parmi eux était un jeune Saoudien nommé Oussama ben Laden, dont le groupe arabe a fini par devenir al-Qaïda »,

 

Parmi les groupes radicaux musulmans créés et injectés dans divers pays musulmans par l’Occident, on trouve al-Qaïda, mais aussi, plus récemment, ISIS (également connus comme ISIL – ou Etat Islamique - NdT). ISIS est une armée extrémiste qui est née dans les « camps de réfugiés » sur les frontières turco-syriennes et jordano-syriennes, et qui a été financée par l’OTAN et l’Occident pour lutter contre le gouvernement syrien (laïc) de Bachar al-Assad.

 

Ces implants radicaux ont servi à plusieurs fins. L’Occident les utilise comme des sous-traitants dans les guerres menées contre ses ennemis - les pays qui sont encore à travers du chemin de la domination totale du monde par l’Empire. Ensuite, à un moment donné, lorsque ces armées extrémistes « échappent à tout contrôle » (elles le font toujours), elles pourront servir d’épouvantails et comme justification de la « guerre contre le terrorisme », ou, comme lorsque ISIS a pris la ville de Mossoul, comme une excuse pour un réengagement des troupes occidentales en Irak.

 

Des histoires sur les groupes musulmans radicaux ont été constamment exposées sur les premières pages des journaux et des magazines, ou montrées sur les écrans de télévision, rappelant aux lecteurs « à quel point le monde est vraiment dangereux », « combien l’intervention de l’Occident est importante », et par conséquent, combien la surveillance est importante, combien les indispensables mesures de sécurité le sont ainsi que les énormes budgets de « défense » et les guerres contre d’innombrables Etats voyous.

 

 

- D’une civilisation pacifique et créative, qui penchait vers le socialisme, les nations musulmanes et l’Islam lui-même se sont retrouvés soudainement désorientés, dupés, déjoués, infiltrés par des implants religieux et idéologiques étrangers et transformés par les idéologues et les propagandistes occidentaux en une « menace considérable », les summums et les symboles du terrorisme et de l’intolérance.

La situation est totalement grotesque, mais personne ne rit - trop en sont morts ; trop a été détruit !

 

L’Indonésie est l’un des exemples historiques les plus frappants du fonctionnement de ces mécanismes de destruction des valeurs musulmanes progressistes[4].

 

Dans les années 1950 et au début des années 1960, les Etats-Unis, l’Australie et l’Occident en général étaient de plus en plus « préoccupés » par la position progressiste, anti-impérialiste et internationaliste du président Sukarno, et de la popularité croissante du Parti communiste indonésien (PKI). Mais ils étaient encore plus préoccupés par la version éclairée, socialiste et modérée de l’Islam indonésien, qui était clairement en train de se rapprocher des idéaux communistes.

 

Les idéologues et « décideurs » chrétiens anti-communistes, dont le fameux jésuite Joop Beek, infiltrèrent l’Indonésie. Ils y mirent en place des organisations clandestines, idéologiques et paramilitaires, pour aider l’Occident à planifier le coup d’Etat qui pendant et après 1965 a coûté la vie de 1 à 3 millions d’êtres humains.

 

Façonnée en occident, la propagande anti-communiste et anti-intellectuelle propagée de manière extrêmement efficace par Joop Beek et ses cohortes a également contribué à un lavage de cerveau de nombreux membres de grandes organisations musulmanes, les poussant à rejoindre le meurtre des progressistes, immédiatement après le coup d’Etat, ignorants qu’ils étaient que ce n’était pas seulement le communisme qui avait été choisi comme la principale cible de la « cinquième colonne » chrétienne et pro-occidentale à l’intérieur de l’Indonésie, ou plus précisément, que la cible était l’Islam libéral et progressiste.

 

Après le coup d’Etat de 1965, le dictateur fasciste parrainé par l’Occident, le général Suharto, a employé Joop Beek comme son principal conseiller. Il s’est également appuyé idéologiquement sur les « étudiants » de Beek. Economiquement, le régime lui-même était lié à des magnats des affaires, principalement chrétiens, dont Liem Bian Kie.

 

Dans le pays musulman le plus peuplé de la planète, l’Indonésie, les musulmans furent mis à l’écart, leurs partis politiques « non fiables » interdits pendant la dictature, et à la fois le politique (de manière couverte) et l’économie (de manière ouverte) sont passés sous le contrôle strict d’une minorité chrétienne pro-occidentale. À ce jour, cette minorité a son réseau complexe et venimeux de guerriers anti-communistes, de cartels et de mafias d’affaires très soudés, de médias et « structures éducatives » y compris d’écoles religieuses privées, ainsi que des prédicateurs religieux corrompus (beaucoup ont joué un rôle dans les massacres de 1965), et d’autres collaborateurs à la fois avec le régime local et mondial.

 

L’islam indonésien a été réduit à une majorité silencieuse, majoritairement pauvre et sans aucune influence notable. Il ne fait la une des journaux que lorsque ses militants frustrés vêtus de blanc saccagent des bars, ou lorsque ses extrémistes, dont beaucoup sont liés aux Moudjahidine et la guerre soviéto-afghane, font sauter des discothèques, hôtels ou restaurants à Bali et à Jakarta.

 

  • Ou le font-ils vraiment ?

L’ancien Président de l’Indonésie et religieux musulman progressiste, Abdurrahman Wahid (forcé à démissionner par les élites), m’a dit un jour : « Je sais qui a fait sauter l’Hôtel Marriott à Jakarta. Ce n’était pas une attaque des islamistes ; c’était les services secrets indonésiens, pour justifier leur existence et leur budget, et pour plaire à l’Occident ».

 

 

- L’impérialisme occidental n’a pas tellement forgé une alliance avec les factions radicales mais qu’il les a plutôt créées

C'est le propos que m'a tenu, à Londres, mon ami et leader intellectuel musulman progressiste, Ziauddin Sardar.

 

  • Et M. Sardar de continuer :

« Il faut comprendre que le colonialisme a fait beaucoup plus que simplement endommager les nations et les cultures musulmanes. Il a joué un rôle majeur dans la suppression et la disparition éventuelle de la connaissance et de l’apprentissage, de la pensée et de la créativité, de cultures musulmanes. Le rencontre coloniale a commencé par l’appropriation de la connaissance et de l’apprentissage de l’Islam, qui est devenu la base de la « Renaissance européenne » et des « Lumières » et s’est soldé par l’éradication de cette connaissance et de l’apprentissage à la fois des sociétés musulmanes et de l’histoire elle-même. Il l’a fait à la fois par l’élimination physique - la destruction et la fermeture des établissements d’enseignement, l’interdiction de certains types de connaissances autochtones, éliminant penseurs et érudits locaux - et en réécrivant l’Histoire comme l’histoire de la civilisation occidentale qui englobe toutes les histoires mineures des autres civilisations ».

 

De l’espoir né après la Seconde guerre mondiale à l’obscurité totale du présent – quel chemin long et terrible ce fut ! Le monde musulman est maintenant blessé, humilié et confus, presque toujours sur la défensive.

 

Il est mal compris par les étrangers, et souvent même par ses propres gens qui sont fréquemment obligés de compter sur les vues occidentales et chrétiennes du monde.

 

Ce qui rendait la culture de l’Islam si attrayante - la tolérance, l’apprentissage, la préoccupation pour le bien-être des personnes - a été amputé de la sphère musulmane, détruite de l’étranger. Il n’en est resté que la religion.

 

 

- Aujourd’hui, la plupart des pays musulmans sont gouvernés par des despotes, par les cliques militaires ou corrompus. Tous étroitement liés à l’Occident et son régime et intérêts globaux.

Comme ils l’ont fait dans plusieurs grandes nations et empires de l’Amérique centrale et du Sud, ainsi qu’en Afrique, les envahisseurs et les colonisateurs occidentaux ont réussi à anéantir totalement de grandes cultures musulmanes... qui furent remplacées par la cupidité, la corruption et la violence.

 

Il semblerait que tout ce qui est basé sur des bases différentes, non-chrétiennes, est en train d’être réduit en poussière par l’Empire. Seules survivent les cultures les plus grandes et les plus coriaces.

 

Chaque fois qu’un pays musulman tente de revenir à son essence, de fonctionner d’une manière socialiste ou à vocation sociale - que ce soit l’Iran, l’Egypte, l’Indonésie, ou beaucoup plus récemment l’Irak, la Libye ou la Syrie[1] - il se voit sauvagement torturé et détruit.

 

La volonté de son peuple est brisé sans ménagement et les choix démocratiquement exprimés sont renversés.

 

Pendant des décennies, la Palestine s’est vue refuser la liberté, ainsi que ses droits humains fondamentaux. Israël et l’Empire crachent sur son droit à l’autodétermination. Le peuple palestinien est enfermé dans un ghetto, humilié et assassiné. Pour certains d’entre eux, la religion est tout ce qui leur reste.

 

Le « printemps arabe » a déraillé et s’est éteint presque partout, de l’Egypte à Bahreïn, et les anciens régimes et les militaires sont de retour au pouvoir.

 

Comme les peuples africains, les Musulmans paient un prix terrible pour être nés dans des pays riches en ressources naturelles. Mais ils sont aussi brutalisés pour avoir, avec la Chine, la plus grande civilisation de l’histoire, celle qui a éclipsé toutes les cultures de l’Occident.

 

 

- Le christianisme a pillé et brutalisé le monde entier.

L’Islam, avec ses grands Sultans tels que Saladin, a résisté aux envahisseurs, en défendant les grandes villes d’Alep et de Damas, Le Caire et Jérusalem. Mais dans l’ensemble, il était plus intéressé par la construction d’une grande civilisation que par le pillage et les guerres.

 

Maintenant presque personne en Occident ne connaît Saladin ou les grandes réalisations scientifiques, artistiques ou sociales du monde musulman. Mais tout le monde est « bien informé » à propos de ISIS. Bien sûr, tout ce qu’ils connaissent d’ISIS est que c’est un « groupe extrémiste islamique », et ignorent qu’il s’agit d’un des principaux outils utilisés par les Occidentaux pour déstabiliser le Moyen-Orient.

 

Tandis que la France est en deuil pour la mort des journalistes dans les bureaux de la revue satirique Charlie Hebdo (indéniablement un crime terrible !), à travers toute l’Europe c’est encore l’islam qui est décrit comme brutal et militant, et non l’Occident avec sa doctrine chrétienne fondamentaliste post-croisade, qui ne cesse de renverser et d’abattre tous les gouvernements et systèmes modérés, laïcs et progressistes dans le monde musulman, en laissant les musulmans à la merci des fanatiques dérangés.

 

 

- Au cours des cinq dernières décennies, environ 10 millions de musulmans ont été assassinés parce que leurs pays ne servaient pas les intérêts de l’Empire, ou parce qu’ils n’étaient pas serviles, ou tout simplement parce qu’ils représentaient un obstacle.

Les victimes étaient Indonésiennes, Irakiennes, Algériennes, Afghanes, Pakistanaises, Iraniennes, Yéménites, Syriennes, Libanaises, Egyptiennes et citoyens du Mali, de la Somalie, de Bahreïn et de nombreux autres pays.

 

L’Occident a identifié les monstres les plus horribles, leur a jeté des milliards de dollars, les a armés, leur a donné une formation militaire de pointe, puis les a lâchés.

 

Les pays qui cultivent le terrorisme, l’Arabie saoudite[3] et le Qatar[2], sont quelques-uns des plus proches alliés de l’Occident[5], et n’ont jamais été punis pour l’exportation de l’horreur partout dans le monde musulman.

 

De grands mouvements musulmans sociaux comme le Hezbollah, qui est actuellement engagé dans un combat à mort contre ISIS, mais qui a également galvanisé le Liban au cours de sa lutte contre l’invasion israélienne, sont sur les « listes terroristes » compilées par l’Occident. Cela explique beaucoup de choses à ceux qui veulent bien y prêter attention.

 

Vu du Moyen-Orient, il semble que l’Occident, comme pendant les croisades, vise à la destruction absolue des pays musulmans et de la culture musulmane.

 

Quant à la religion musulmane, l’Empire n’en tolère que la version servile - celle qui accepte le capitalisme extrême et la position mondiale dominante de l’Occident. Le seul autre type tolérable de l’Islam est celui qui est fabriqué par l’Occident lui-même et par ses alliés dans le Golfe - désigné pour lutter contre le progrès et la justice sociale ; celui qui dévore ses propres enfants.

 

 

Note personnelle

[1] ce qui prête évidemment à discussion est, sur ce point de vu là fort contestable pour la Syrie, la Libye ou l'Irak (DURAND Eric)

[2] Avec le Qatar, le Rafale remporte un nouveau succès à l'exportation

[3] La France signe avec l'Arabie saoudite pour 10,3 milliards d'euros de contrats

[4] Indonésie 1965 : un million de communistes massacrés

[5] Alain Chouet : « Nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène djihadiste »

 

 

- Dominique de Villepin : "N'oublions pas que l'Etat islamique, nous l'avons enfanté"

 

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 17:25
« Se rendre utile pour faire face » | Jean-Luc Mélenchon

Réaction de Jean-Luc Mélenchon aux attaques terroristes survenues à Paris et à Saint-Denis le 13 novembre 2015.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 09:26
Sommet pour un Plan B en Europe les 14 et 15 novembre à Paris

Sources : le Parti de Gauche

- Le plan B est un sommet internationaliste dont la première session se tiendra le 14-15 novembre à Paris.

Sabine Lösing (Die Linke, Allemagne) « il s’agit d’installer un processus permanent autour de discussions sur l’euro et l’UE qui existent déjà en Europe. Depuis trop longtemps, les gauches européennes ont sacralisé l’euro, inhibant tout débat et reléguant toute critique à du nationalisme, un argument inique. Une monnaie ne doit pas rester aux mains des puissants. Une monnaie est un contrat social et le fruit d’un équilibre des forces. Elle porte donc nécessairement aux contradictions. Ce sommet est l’occasion d’avoir ce débat contradictoire pour trouver de nouvelles voies en Europe ».

 

 

- Le plan B « n’est pas une vision isolée dans des frontières nationales.

C’est un projet fondamentalement internationaliste pour les peuples européens » a indiqué Marina Albiol, chef de la délégation Izquierda Unida au Parlement européen.

 

 

- Le sommet de novembre réunira politiques, économistes, intellectuels et ONG en faveur d’un plan B.

A l’image du Forum de Sao Paulo qui a porté 11 forces progressistes au pouvoir en Amérique latine, le plan B doit poser sur table toutes les propositions nécessaires pour une nouvelle voie pour les peuples européens, a indiqué Jean-Luc Mélenchon à la conférence de presse. « La variété de nos propositions est une force pour répandre dans tous les pays l’idée d’un Plan B. La sortie de l’euro n’est qu’un des plans sur la table. Il n’y a pas un plan mais des plans B ».

 

 

- Un réseau d’élus européens en cours de construction

Les députés européens signataires de la tribune entendent lancer un réseau parlementaires. Il se compose pour le moment de : Marina Albiol et Javier Couso (Izquierda Unida, Espagne), Nikolaos Chountis (Unité Populaire, Grèce), Rina Ronja Kari (Mouvement populaire contre l’UE, Danemark), Sabine Lösing (Die Linke, Allemagne), Fabio de Masi (Die Linke, Allemagne), Miloslav Ransdorf (KSCM, République Tchèque)

 

 

- - Retrouvez le programme complet du Sommet pour un plan B des 14 et 15 novembre ICI

 

 

Pour en savoir plus sur l’actualité du sommet :

- le site web : https://www.euro-planb.eu
- le compte twitter https://twitter.com/Euro_PlanB
- la page Facebook https://www.facebook.com/EuroPlanB/

 

Pour en savoir plus :

- Rompre : Eric Coquerel Co-coordinateur politique du Parti de Gauche

- Contribution de la Commission Economie du Parti de Gauche pour le sommet du Plan B en Europe des 14 et 15 novembre 2015 à Paris.

- Le Plan B contre l'UE: refonder l'Europe avant la ruine

Suivez l’actualité du sommet via :

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- See more at: https://www.lepartidegauche.fr/mobilisation/sommet-pour-un-plan-b-en-europe-les-14-15-novembre-paris-33738#sthash.C5KEZkUN.dpuf

Sommet pour un Plan B en Europe les 14 et 15 novembre à Paris
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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 09:18
 Olivier Dartigolles : Aides régionales aux entreprises, parlons en !

Olivier Dartigolles tête de liste Front de Gauche pour les élections régionales de 2015, région (ALPC) Aquitaine - Limousin - Poitou/Charentes.

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 09:38
COP21 : les peuples doivent prendre le pouvoir

Sources : le Parti de Gauche par Mathieu Agostini

En décembre 2015 se tiendra, au Bourget, sous l’égide de l’ONU, la 21e conférence internationale sur le climat (COP21). L’enjeu est d’importance : contenir un dérèglement climatique qui menace les hommes, nos sociétés et nos conditions de vie sur terre. L’objectif est connu : il s’agit de limiter dans le temps nos émissions de GES (Gaz à effet de serre) afin d’empêcher une augmentation moyenne de la température de 2°C sur le globe.

 

Il faut d’abord noter la remise en cause au cours du temps de l’objectif de 1,5°C, jugé inatteignable, pour le fixer à 2°C. Adopté par tout le monde, ce demi-degré Celsius signifie la disparition de larges morceaux du globe sous l’eau à commencer par les États insulaires. Et pourtant, même cet objectif des 2°C va, comme nous le montrons plu loin, être petit à petit remis en cause, avec la COP21 participant vraisemblablement de cette régression. Enfin, contre les puissants qui veulent transférer leur responsabilité sur les pays pauvres et les peuples, rappelons que 60% des émissions de GES émises depuis la révolution industrielle sont du fait direct de 90 multinationales (Chevron, Exxon, BP, Shell etc.).

 

En tant que pays hôte, la France pilote les négociations diplomatiques. Les critiques portées contre le gouvernement ne sont donc pas des effets de manches mais une analyse directe de son comportement au regard des enjeux.

 

 

- L’oligarchie aux manettes

François Hollande a lancé la mobilisation pour la COP21…depuis le bunker du G7 avant de s’envoler pour le circuit des 24H du Mans. Au même moment avaient lieu à Bonn une négociation climatique intermédiaire sous l’égide de l’ONU. Les puissants d’un côté, le reste des pays de l’autre. Pendant que Bonn s’enlisait, Hollande ventait un accord historique : une promesse d’avoir des objectifs ambitieux – ça ne coûte rien – et l’annonce qu’ils se donnent près d’un siècle pour décarbonner l’économie mondiale. Sachant que l’enjeu pour les pays développés serait de réduire de l’ordre de 80 à 90% leurs émissions de GES d’ici…2050. L’objectif du G7 est un pied de nez aux négociateurs onusiens.

 

L’oligarchie financière a définitivement pris le pouvoir sur les négociations climatiques, qu’elle utilise pour faire avancer ses fausses solutions et développer le nucléaire au profit d’un pseudo « capitalisme vert » (marché carbone, compensation, géo‐ingénierie, REDD etc.). Le cas du marché européen des droits à polluer est à ce titre révélateur : pour satisfaire l’appétit vorace des spéculateurs, tout est transformé en marchandise. Cela se traduit directement dans les financements pour l’organisation de la COP21 : Axa, BNP, LVMH, Suez, EDF, Nissan…

 

 

- Remise en cause des principes fondateurs

Quel que soit la volonté des gouvernants de laisser une trace dans ce long processus, si un accord est trouvé, le ministre Laurent Fabius a déjà annoncé que ce ne sera pas un accord historique ! De son côté, Laurence Tubiana, représentante de la France dans les négociations, tempérait les attentes en affirmant « À Paris, nous ne serons pas en capacité d’être dans un scenario de limitation du réchauffement à 2 °C. » Voilà l’objectif des 2°C qui commence à être doucement remis en cause.


Quelle en est la raison ? Les pays développés savent qu’ils ne s’engageront jamais pour des objectifs ambitieux. Si l’échec de Copenhague est un souvenir pour les peuples, c’est un acte pour les puissants. Aussi, depuis 2009 les pays développés s’efforcent de revenir sur les acquis des négociations climatiques issus du processus de Kyoto. La question centrale est : qui paye et sur qui pèsent ces contraintes ? Le protocole de Kyoto était un accord contraignant basé sur le principe de responsabilité commune mais différenciée. C’est à dire que tous les pays sont collectivement responsables mais les pays développés, ayant profité de larges émissions de GES, ont une responsabilité plus forte et première. Inacceptable pour les États-Unis mais aussi la Chine, le Canada… Renverser la responsabilité au sein d’un accord non contraignant est l’enjeu de la COP21 pour les puissants.

 

Le processus a démarré à la COP de Lima (2014). Sous l’influence de la Banque Mondiale, des États-Unis, de la Chine et grâce à la préparation avisée du gouvernement français, plusieurs actes ont été posés. D’abord le glissement sémantique d’accord contraignant vers un « accord universel ». C’est la stratégie d’Obama dite du « Name&Shame ». Chacun est libre de se fixer des objectifs et ne pèse plus sur les pays comme contrainte et la honte de ne pas avoir atteint les objectifs. Deuxième éléments, les pays développés conditionnent aujourd’hui leurs objectifs aux engagements des pays en développement. C’est l’attaque directe contre la notion de responsabilité commune mais différenciée en faisant peser sur ces pays en développement la dette écologique accumulée à leur égard.

 

 

- Les peuples doivent faire irruption.

Dans ce contexte, nous devons appuyer le développement d’un mouvement social des peuples pour la justice climatique. Cela passe par notre implication dans les mouvements qui se développent.


De nombreuses et importantes mobilisations pour la justice climatique s’organisent. Les immenses manifestations en septembre 2014 à New York et dans le monde montrent la capacité des populations à se mobiliser. De plus cette mobilisation se fait sur des bases plus radicales. C’est ainsi qu’une banderole « Changeons le système et pas le climat » ouvrait la manifestation de Lima.


Pour la préparation de la COP 21 au Bourget, syndicats, ONG, associations et réseaux, se mobilisent au sein de la « Coalition Climat 21 ». Son but est de contribuer à la création d’un rapport de force favorable à une action climatique ambitieuse et juste, et à la transformation durable de toutes les politiques publiques afférentes. Nous nous félicitons de l’existence d’une coalition d’organisations aussi multiples, venant d’horizons aussi divers, et qui s’engagent dans une démarche collective. Le Parti de Gauche soutient donc la Coalition Climat 21.

 

Pour autant, nous estimons qu’il y a un espace important pour porter la lutte contre « les fausses solutions », le marché carbone, le nucléaire, la marchandisation du vivant, la nécessité d’un modèle social plus sobre qui tourne le dos au libéralisme et au productivisme. En France, le mouvement « Alternatiba » est parti de Bayonne fin 2013, à l’initiative de nos camarades de l’association basque Bizi, comme outil de mobilisation citoyenne et populaire. Le mouvement Alternatiba consiste à investir des centre-ville pour les transformer durant une ou deux journées en « Villages des alternatives ». A Bayonne, comme ensuite à Nantes, Lille et Bordeaux, ce sont entre 10.000 et 15.000 personnes qui se sont déplacées à chaque fois. Entre 50 et 60 projets Alternatiba sont programmés dans toute la France durant cette année 2015.

 

Ce mouvement d’ampleur préfigure l’irruption dans les négociations des peuples organisés pour changer le système.


 

 

 

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier COP21

- Changement climatique : Une nécessaire révolution agricole

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 09:12
Charte éthique : les candidats FdG de la région (ALPC) Aquitaine - Limousin - Poitou/Charentes s'engagent !
- Dans le cadre des élections régionales, la liste Front De Gauche Aquitaine Limousin Poitou-Charentes s'engage :
  • Pour l'égalité Homme-Femme
  • Pour la laïcité
  • Contre la corruption, en signant en tant qu'élu la charte Anticor
  • Pour le non cumul des mandats
  • Contre le clientélisme (marchés publics)
  • Contre les paradis fiscaux
  • Pour la consultation directe des citoyens en cas de grand projet d'aménagement
  • Pour les referendums d'initiative citoyenne
  • Pour la protection des lanceurs d'alerte

 

- Vous trouverez l'intégralité de la charte en téléchargement ci dessous :

Charte éthique : les candidats FdG de la région (ALPC) Aquitaine - Limousin - Poitou/Charentes s'engagent !
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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 09:04
David Graeber : « Le néolibéralisme nous a fait entrer dans l’ère de la bureaucratie totale »

Paperasse et formulaires ont envahi nos vies, et de plus en plus de gens pensent que leur travail est inutile, n’apportant aucune contribution au monde. Malgré ce que martèlent les ultralibéraux, ce n’est pas la faute de l’Etat et de ses fonctionnaires, mais celle des marchés et de leur financiarisation.

« Toute réforme pour réduire l’ingérence de l’État aura pour effet ultime d’accroître le nombre de règlementations et le volume total de paperasse », explique ainsi David Graeber, anthropologue états-unien et tête de file du mouvement Occupy Wall Street, dans son nouvel ouvrage Bureaucratie. Il appelle la gauche à renouveler sa critique de cette « bureaucratie totale » avec laquelle nous nous débattons au quotidien.

 

Sources : BASTAMAG par Rackel Knaebel et Agnès Rousseaux  le 19 octobre 2015 | mis à jour le 13/07/2020

- Basta ! : Vous dites que nous sommes désormais immergés dans une ère de « bureaucratie totale ». Quels en sont les signes ?

David Graeber  [1] : Il suffit de mesurer le temps que nous consacrons à remplir des formulaires. Quelqu’un a calculé que les citoyens états-uniens passent en moyenne six mois de leur vie à attendre que le feu passe au vert. Personne n’a calculé combien de temps nous passons à remplir des formulaires ! Peut-être une année entière… C’est la première fois dans l’histoire que nous atteignons ce niveau de bureaucratie.

 

Le nombre d’occurrences du mot « bureaucratie » augmente dans les livres jusqu’en 1974, puis diminue. Mais les mots que l’on associe généralement aux procédures bureaucratiques, comme « paperasse », « documents à fournir », ou « évaluation de rendement », augmentent de manière continue et dramatique. Nous sommes donc encerclés par des procédures bureaucratiques, mais nous ne les identifions plus comme telles. C’est ce que j’ai essayé d’analyser dans mon livre.

 

 

- Basta ! : Le sociologue Max Weber affirmait déjà que le 19e siècle avait inauguré l’ère bureaucratique. En quoi la situation est-elle nouvelle ?

David Graeber  : La différence, c’est que la bureaucratie est si totale que nous ne la voyons plus. Dans les années 1940 et 1950, les gens se plaignaient de son absurdité. Aujourd’hui, nous n’imaginons même plus une manière d’organiser nos vies qui ne soit pas bureaucratique ! Ce qui également nouveau, c’est la création de la première bureaucratie planétaire. Un système d’administration que personne n’identifie pourtant comme une bureaucratie, car il est surtout question de libre-échange. Mais qu’est-ce que cela signifie réellement ? La création de traités internationaux et d’une classe entière d’administrateurs internationaux qui régulent les choses, tout en appelant ce processus « dérégulation ».

 

La bureaucratie n’est plus seulement une manière de gérer le capitalisme. Traditionnellement, le rôle de l’État est de garantir les rapports de propriété, de réguler pour éviter l’explosion sociale. Mais la bureaucratie est désormais devenue un moyen au service des structures d’extraction de profits : les profits sont extraits directement par des moyens bureaucratiques. Aujourd’hui, la majorité des profits n’ont rien à voir avec la production, mais avec la finance. Même une compagnie comme General Motors fait plus de profits en finançant l’achat de voitures par le crédit, que par la production de voitures. La finance n’est pas un monde irréel complètement déconnecté de l’économie réelle, où des gens spéculent et font des paris, gagnent de l’argent à partir de rien. La finance est un processus qui extrait des rentes pour certains, en se nourrissant de la dette des autres. J’ai essayé de calculer la part des revenus des familles états-uniennes directement extraite pour alimenter le secteur de la finance, des assurances et de l’immobilier. Impossible d’obtenir ces chiffres !

 

Tout cela est permis par la fusion progressive de la bureaucratie publique et privée, depuis les années 1970 et 1980. Cela s’opère par une collusion bureaucratique entre le gouvernement et la finance privée. Les 1% (les plus riches) dont parle le mouvement Occupy Wall Street, sont des gens qui accaparent les profits tout en finançant également les campagnes électorales, influençant ainsi les responsables politiques. Le contrôle du politique est aujourd’hui essentiel dans cette dynamique d’accaparement des profits. Et la bureaucratie est devenue un moyen au service de ce processus, avec la fusion de la bureaucratie publique et privée, saturée de règles et de règlements, dont l’objectif ultime est d’extraire du profit. C’est ce que j’appelle l’ère de la « bureaucratie totale ».

 

 

- Basta ! : Les gens opposent souvent bureaucratie étatique et libéralisme économique. Mais « il faut mille fois plus de paperasse pour entretenir une économie de marché libre que la monarchie absolue de Louis XIV », écrivez-vous. Le libéralisme augmente donc la bureaucratie ?

David Graeber  : C’est objectivement vrai. Regardez ce qui se passe ! La statistique la plus impressionnante concerne la Russie après la chute de l’Union soviétique. D’après la Banque mondiale, entre 1992 et 2002, le nombre de fonctionnaires a augmenté de 25 % en Russie [2]. Alors que la taille de l’économie a substantiellement diminué, et qu’il y avait donc moins à gérer. Les marchés ne s’auto-régulent pas : pour les maintenir en fonctionnement, il faut une armée d’administrateurs. Dans le monde néolibéral actuel, vous avez donc davantage d’administrateurs. Pas seulement dans le gouvernement, mais aussi dans les compagnies privées.

 

 

- Basta ! : Ce qu’on entend souvent par bureaucratie, ce sont aussi des structures sociales fiables et pérennes, qui font que le société fonctionne, comme la Sécurité sociale…

David Graeber  : Beaucoup d’institutions sociales que l’on associe aujourd’hui à l’Etat-Providence ont été créées « par le bas ». Je l’ai découvert en discutant avec des Suédois : aucun des services sociaux suédois n’a été créé par le gouvernement. Toutes les cliniques, bibliothèques publiques, assurances sociales, ont été créées par des syndicats, des communautés de travailleurs. Le gouvernement a ensuite voulu les gérer à un niveau centralisé, bureaucratique, expliquant que ce serait plus efficace. Évidemment, une fois que l’État en a pris le contrôle, il peut privatiser ces services. C’est ce qui arrive.

 

 

- Basta ! : Vous faites aussi le lien entre le développement de la bureaucratie et celui des bullshits jobs (« job à la con » ) [3] que vous avez analysés dans un précédent travail. Tous les « bureaucrates » font-ils des « jobs à la con » ?

David Graeber  : Pas tous ! Mon idée sur les bullshit jobs est de demander aux gens quelle est la valeur de leur travail. Je ne veux absolument pas dire à quelqu’un : « Ce que vous faites n’est pas utile ». Mais si une personne me dit que son travail n’apporte rien d’utile, je la crois. Qui peut mieux le savoir qu’elle-même ? Suite à mon travail sur les bullshit jobs, l’agence anglaise de statistique YouGov a fait un sondage. Résultat : 37 % des gens interrogés pensent que leur travail est inutile et n’apporte aucune contribution au monde [4].

 

J’ai été étonné d’un tel résultat ! Le plus grand nombre de personnes qui pensent que leur travail est inutile se trouve dans le secteur administratif. Peu de chauffeurs de bus, de plombiers ou d’infirmières pensent que leur travail est inutile. Beaucoup de bullshits jobs sont « bureaucratiques », autant dans le secteur privé que public. Un exemple ? Ces gens qui vont à des réunions et écrivent des compte-rendus pour d’autres gens qui vont à des réunions et écrivent des compte-rendus. Quand mon article a été publié sur le web, je n’imaginais pas que les gens feraient de telles confessions sur leur travail : « Je donne des ordres pour déplacer les photocopieuses d’un côté à l’autre », ou « Mon job est de reformater des formulaires allemands dans des formulaires anglais et tout un bâtiment fait ça »… C’est incroyable. Presque tous ces jobs se trouvaient dans le secteur privé.

 

 

- Basta ! : Comment expliquez-vous alors que nous soyons si attachés à la bureaucratie, que nous n’arrivons pas à remettre en question ce processus et que nous continuons même à alimenter son développement ?

David Graeber  : J’ai analysé cela avec l’analogie de « la peur du jeu ». Il y a quelque chose de très attirant dans le jeu, qui est une expression de la liberté de chacun, mais aussi quelque chose d’effrayant. Si les gens aiment tant les jeux, c’est parce que c’est la seule situation où vous savez exactement quelles sont les règles. Dans la vie, nous sommes constamment investis dans des jeux, dans des intrigues, au travail ou entre amis. C’est comme un jeu, mais vous n’êtes jamais sûr de savoir qui sont les joueurs, quand cela commence ou s’arrête, quelles sont les règles, qui gagne. Dans une conversation avec votre belle-mère, vous savez bien qu’il y a des règles, mais vous ne savez pas trop lesquelles, ce que vous pouvez dire ou non. Cela rend la vie difficile. Nous sommes effrayés par l’arbitraire.

 

On ne veut pas du pouvoir qu’il soit arbitraire. Une école de pensée aux États-Unis, le républicanisme civique, dit que la liberté signifie savoir quelles sont les règles : quand l’État peut vous contraindre et quand il ne peut pas. Partant de là, il faut créer toujours plus de régulations pour être plus libre. Paradoxalement, dans les sociétés qui se considèrent comme libres, beaucoup d’aspects sont régulés par la coercition, par la violence

.

- Basta ! : La bureaucratie est-elle le symptôme d’une société violente ?

David Graeber  : La bureaucratie n’est pas stupide en elle-même. Elle est le symptôme de la violence sociale, qui elle est stupide. La violence structurelle – qui inclut toutes les formes d’inégalités structurelles : patriarcat, relations de genres, relations de classes…– est stupide. Là où il y a une inégalité de pouvoir, il y a aussi une forme d’ignorance et d’aveuglement. La bureaucratie semble stupide en elle-même, mais elle ne cause pas la stupidité, elle la gère ! Même quand la bureaucratie est bienveillante, sous la forme de l’État social, elle reste basée sur une forme d’aveuglement structurel, sur des catégories qui n’ont pas grand chose à voir avec ce dont les gens font l’expérience. Quand les bureaucrates essaient de vous aider, ils ne vous comprennent pas, ils ne veulent pas vous comprendre, et ne sont pas même autorisés à vous comprendre.

 

 

- Basta ! : Vous écrivez que la critique de la bureaucratie aujourd’hui vient de la droite et pas de la gauche. Et que les populistes ont bien compris que la critique de la bureaucratie était rentable d’un point vue électoral…

David Graeber  : C’est un des problèmes qui a inspiré mon livre. Pourquoi est-ce la droite qui tire tous les avantages de l’indignation populaire contre la bureaucratie, alors que c’est la droite qui est à l’origine d’une grande partie de cette bureaucratie ? C’est ridicule ! Aux États-Unis, la droite a découvert que si vous taxez les gens d’une manière injuste, et qu’ensuite vous leur dites que vous allez baisser les impôts, ils vont voter pour vous. Il y a quelque chose de similaire avec la bureaucratie en général. La gauche est tombée dans ce piège, avec la manière dont elle défend l’idée d’un État social tout en faisant des compromis avec le néolibéralisme. Elle finit par embrasser cette combinaison des forces du marché et de la bureaucratie. Et la droite en tire tout l’avantage avec ses deux ailes – d’un côté les libertariens, qui aiment le marché mais critiquent la bureaucratie, de l’autre, l’aile fasciste, qui a une critique du marché. La droite concentre toute la rage populiste sur ce sujet. Et la gauche finit par se retrouver à défendre les deux, marché et bureaucratie. C’est un désastre politique.

 

 

- Basta ! : Comment le mouvement altermondialiste a-t-il renouvelé cette critique de gauche de la bureaucratie ?

David Graeber  : Le mouvement altermondialiste cherche à identifier les structures bureaucratiques qui n’étaient pas censées être visibles. Mais pas seulement pour les dévoiler, également pour montrer à quel point ces structures ne sont pas nécessaires, qu’il est possible de faire les choses autrement d’une manière non-bureaucratique. Pourquoi les procédures démocratiques sont-elles aussi importantes dans le mouvement altermondialiste ? Parce qu’il essaie de créer des formes de décision non-bureaucratiques. Dans ce mouvement, il n’y a pas de règle, il y a des principes. C’est une négation pure de la bureaucratie. Bien sûr, ces processus ont aussi tendance à se bureaucratiser si l’on n’y fait pas attention, mais tout est fait pour l’éviter. Mon travail sur la bureaucratie vient de mon expérience d’activiste dans le mouvement altermondialiste.

 

 

- Basta ! : Mais le mouvement altermondialiste se bat aussi pour plus de régulation, par exemple dans le secteur financier…

David Graeber  : Le mouvement altermondialiste se bat pour des régulations différentes ! Et nous ne devrions pas tomber dans le piège de croire que nos adversaires sont favorables aux dérégulations. Vous ne pouvez pas avoir une banque non-régulée, c’est absurde : les banques sont entièrement basées sur des régulations. Mais des régulations en faveur des banques ! Quand on parle de re-régulation, cela signifie mettre les consommateurs au centre plutôt que les banques. Nous devons sortir de ce langage « plus ou moins de régulation ». Le néolibéralisme crée plus de régulations que les systèmes économiques précédents.

 

 

- Basta ! : Voyez-vous la même critique de la bureaucratie dans l’expérience de démocratie directe en cours au Rojava, au Kurdistan syrien ?

David Graeber  : L’exemple syrien est vraiment intéressant. J’ai fait partie d’une délégation d’universitaires en décembre dernier, qui a observé sur place leur processus démocratique. Ils sont vraiment en train de créer une société non-bureaucratique (lire notre article). C’est le seul endroit que je connaisse où il y a une situation de pouvoir « dual » où les deux côtés ont été créés par les mêmes personnes. Avec, d’un côté, des assemblées populaires de base, et de l’autre des structures qui ressemblent à un gouvernement et à un Parlement. Des structures nécessaires, car pour coopérer avec les institutions internationales, il faut une sorte de gouvernement bureaucratique institutionnel effectif, sinon elles ne vous prennent pas au sérieux. Mais au Rojava, quiconque porte une arme doit en répondre face à la base avant d’en répondre au structures du « haut ». C’est pourquoi ils disent que ce n’est pas un État, car ils ne réclament pas le monopole de la violence coercitive.

 

 

- Basta ! : Peut-on imaginer un État sans bureaucratie ?

David Graeber  : L’État est une combinaison de trois principes aux origines historiques totalement différentes : premièrement, la souveraineté, le monopole de la force dans un territoire donné. Deuxièmement, l’administration, la bureaucratie, le management rationnel des ressources. Et troisièmement, l’organisation du champ politique, avec des personnages en compétition parmi lesquels la population choisit ses dirigeants. En Mésopotamie, il y avait beaucoup de bureaucratie mais aucun principe de souveraineté. L’idée de responsables politiques en compétition vient de sociétés aristocratiques. Et le principe de souveraineté vient des Empires. Ces trois principes ont fusionné ensemble dans l’État moderne. Nous avons aujourd’hui une administration planétaire, mais elle n’a pas de principe de souveraineté et pas de champ politique. Ces principes n’ont rien à faire ensemble a priori, nous sommes juste habitués à ce qu’ils le soient.


 

- Basta ! : Comment expliquez-vous que, dans l’imaginaire social, les marchés, le libéralisme, apparaissent comme les seuls antidotes à la bureaucratie ?

David Graeber  : C’est le grand piège du 20e siècle : cette idée qu’il n’y a qu’une alternative – les marchés ou l’État – et qu’il faut opposer les deux. Pourtant historiquement, les marchés et les États ont grandi ensemble. Ils sont bien plus similaires qu’ils ne sont différents : les deux ont l’ambition de traiter les choses de la manière la plus rationnelle et efficace possible.

 

Je me souviens d’une interview d’un général sud-africain au moment où Nelson Mandela est arrivé à la présidence du pays. On lui demandait : « Vous ne trouvez pas un peu étrange de recevoir des ordres de quelqu’un que vous avez combattu pendant 20 ans ? ». Il a répondu : « C’est un honneur en tant que militaire de recevoir des ordres, quelle que soit la personne qui les donne. » En fait, ce n’est pas un comportement spécialement militaire, mais bureaucratique. Parce que ça ne se passerait pas comme ça dans une armée médiévale. Être un bureaucrate, cela signifie faire ce qu’on vous demande, et séparer les moyens et les fins. Cette séparation est devenue une base de la conscience moderne. Seules deux institutions – marché et État – opèrent de cette manière.

 

Propos recueillis par : Rachel Knaebel et Agnès Rousseaux

Photo : CC Christian Schnettelker

 

Notes :

[1Docteur en anthropologie, économiste, ancien professeur à l’Université de Yale, David Graeber est actuellement professeur à la London School of Economics. Il est selon le New York Times l’un des intellectuels les plus influents actuellement. Et est l’un des initiateurs du mouvement Occupy Wall Street.

[2De 1 million à 1,25 million.

[3Lire l’article ici (en anglais).

[4Voir les résultats de ce sondage ici.

 

Pour en savoir plus :

- Lire aussi sur Basta ! : David Graeber : « La façon la plus simple de désobéir à la finance, c’est de refuser de payer les dettes »

 David Graeber, Bureaucratie : l’utopie des règles, Éditions Les Liens qui libèrent, 2015.

David Graeber : « Le néolibéralisme nous a fait entrer dans l’ère de la bureaucratie totale »
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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 09:41
COP 21 : Un COuP de plus pour rien ? (du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris)

La montagne accouchera d'une souris.... le capitalisme industriel et agricole n'a rien craindre !

 

Alors que les changements climatiques, liés aux bouleversements dus aux « errements » humains dans son évolution s’intensifient et sont de plus en plus visibles, il est un fait que le devenir même de l’ensemble des espèces vivantes est menacé.

 

Sources : Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Georges Andrieux, PG 12

La nécessité d’une réelle transition énergétique n’est plus un voeu pieux mais une réalité incontournable que les responsables politiques, financiers et économiques devraient, doivent, s’emparer au plus vite.

 

Explications :

  • La consommation mondiale d’énergie représente 390 tonnes d’équivalent pétrole (tep) chaque seconde, soit 12,274 Millions de tonnes d’équivalent pétrole Mtep) par an (+ 2,5% en 2011). Le pétrole reste la source d’énergie numéro 1, et représente 33,1% de la consommation énergétique mondiale, mais c’est la part la plus petite depuis fort longtemps pour le pétrole tandis que la part du charbon atteint 30,3%, un record depuis 1969. Elle pourrait quintupler d’ici 2060 ! Elle a augmenté de plus de 40% entre 1990 et 2008. Les autres estimations place la consommation mondiale d’énergie à 12,2 milliards de tep.

 

  • La consommation énergétique mondiale va exploser : on estime que les besoins énergétiques mondiaux vont représenter de 570 à 600 hexajoules par an en 2020.

 

  • Selon une étude de l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) la génération d’électricité provenant des renouvelables représentera 25% du mix électrique total en 2018. La croissance de la production atteindra 4% entre 2012 et 2018 à 685TW/h soit +6% par an. Elle a déjà progressé de 8.5% en 2012.

 

  • Les énergies renouvelables, l’hydroélectricité en tête de file, représentent 8% du mix électrique (contre 2% à 4% entre 2006 et 2011). L’étude de l’AIE prévoit une augmentation de cette part à 11% en 2018.

 

  • Les experts ont élaboré 3 prévisions pour estimer la croissance de la consommation énergétique mondiale. Les besoins vont au moins doubler et pourrait même quadrupler. C’est ainsi que la zone Asie-Pacifique absorbe aujourd’hui plus de 30% de la consommation mondiale contre moins de 20% au début des années soixante-dix. Corrélativement, le poids relatif des régions développées diminue (USA de 28 à 20%, Union Européenne de 19 à 15%).

 

  • Les experts tablent sur une croissance moyenne de l’ordre de 1,7% par an pour les prochaines décennies ce qui conduit à prévoir le doublement de la demande mondiale soit une consommation de 20 milliards de tep dans les années 2040 – 2050.

 

  • Dans la production mondiale d’énergie primaire, 11,2 milliards de tep/an, le pétrole est la source la plus importante avec 35,2% du total.

 

  • Le gaz et le charbon ont des poids respectifs de 25% et 21% en 2008 (30,3% en 2001). En 2004, + de 80% de la production mondiale d’énergie est basée sur ces 3 combustibles fossiles. Si l’on ajoute que l’électricité nucléaire n’utilise actuellement que la fission de l’Uranium 235, 87,4% de la production mondiale d’énergie primaire est basée sur des ressources non renouvelables (selon certaines sources : 80,4 % de cette production provenait de la combustion d’énergies fossiles. Le reste de la production d’énergie provient du nucléaire et des énergies renouvelables (bois de chauffage, hydroélectricité, éolien, agrocarburants,...).

 

  • Les ressources ou réserves énergétiques mondiales - conventionnelles et prouvées - d’énergies non renouvelables (fossiles et uranium) pouvaient être estimées en 2008 à 965 milliards de tonne d’équivalent pétrole (tep), soit 85 ans de production actuelle. Cette durée est très variable selon le type d’énergie : 44 ans pour le pétrole conventionnel, 183 ans pour le charbon.

 

 

 

Il devient vital, face à de telles perspectives dont l’échéance est variable selon l’évolution de la consommation mondiale, de prendre des initiatives fortes dans la recherche de nouvelles énergies, de nouveaux modes de production basés sur la demande et non la surenchère de l’offre destructrice de notre écosystème plus que fragile. Les « grands » de notre monde ont le pouvoir de prendre ces orientations :

 

- De mobiliser les grands laboratoires de recherche, les secteurs de pointe technologiques, les centres d’expertise et de développement en ce sens.

- D’encourager les synergies de ces pôles de compétences dans le but de permettre à l’Humanité de poursuivre son développement, nécessaire, mais basé sur un triptyque environnement protégé/production durable/arrêt de la surconsommation énergétique.

- De contraindre l’ensemble des acteurs politiques, économiques et financiers à réorienter leurs objectifs, non plus sur un unique principe « capitalistique » mais sur un concept socio-écologique répondant aux besoins de la population mondiale et ceux des autres espèces vivantes.

 

L’homme ne peut se prévaloir, du fait de sa place en haut de l’échelle de l’intelligence sur Terre, de faire tout et n’importe quoi ! La planète n’appartient pas à lui seul, et même, mais aussi aux autres règnes (animal, végétal et minéral) dont il a un indispensable besoin. Ils lui sont nécessaire à son alimentation, à son bien-être et à son enrichissement global. Par exemple, il est urgent, d’interdire la commercialisation du nouveau pesticide tueur d’abeilles qui vient d’obtenir l’accord de la Commission Européenne en violation du droit européen. Il ne peut encore se permettre de défigurer la surface de notre globe, en fouillant son sous/sol à la recherche de nouveaux gisements de pétrole (sous les calottes glaciaires, dans les zones reculées des 5 continents, …). Cette logique ne rime plus à rien si ce n’est de permettre aux lobbies pétroliers de la péninsule arabe, américains mais pas qu’eux, de maintenir leurs marges de dividendes sur le dos de l’Humanité elle-même ! Le système spéculatif boursier est tributaire des valeurs dépendant du pétrole. On voit bien là leur nécessité de maintenir la valeur financière pétrole au plus haut, bien au-delà de sa valeur énergétique pure, contestée et contestable, tout comme le nucléaire d’ailleurs.

 

Plus que jamais il est urgent de mettre en place un programme politique novateur, radicalement tourné vers la découverte d’énergies durables, non polluantes, afin de répondre aux enjeux de demain tout en refusant les lois mortifères du business et de la finance internationale. Un nouveau recul de prise de décisions hypothéquerait les chances d’offrir un avenir pérenne aux générations futures.

 

  • Les listes régionales présentées par les forces de gauche non socialistes sont porteuses de telles initiatives. Elles recueillent un écho très large, bien au-delà de ces « terres » habituelles, malgré le black-out médiatique exercé contre ses candidat-e-s.
  • Il est fort possible que les scores qu’elles obtiendront soient la surprise des scrutins des 6 et 13 décembre prochains.
  • Ce sera bon pour l’humain, bon pour notre planète et tout ce qui vit dessus.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier COP21

- Le kit pour comprendre le réchauffement climatique

- COP21 : Les peuples doivent prendre le pouvoir

COP 21 : Un COuP de plus pour rien ? (du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris)
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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 09:02
Raquel Garrido : Guide citoyen de la 6e République

Pourquoi et comment en finir avec la

monarchie présidentielle

 

Pour Raquel Garrido[1] nous vivons sous un régime qui relève de la monarchie élective. Mais comment passer à la 6e République ? Pour y voir plus clair, ce guide répond aux questions les plus basiques. Qui rédigera la nouvelle constitution : un comité de sages ou le peuple souverain par l’intermédiaire d’une assemblée constituante ?

 

Pourquoi instaurer le droit de révoquer les élus ? Faut-il rendre le vote obligatoire, et à partir de 16 ans ? Comment lutter contre l’influence des sondages et des médias ? Dans quelle mesure faut-il redéfinir la propriété ? Comment intégrer l’impératif écologique ? Et faut-il, finalement, conserver un président de la République ?...
 
Avec des arguments clairs, des références internationales et historiques, Raquel Garrido, avocate engagée, livre une réflexion personnelle, pour que chacun puisse se forger son opinion et participer à la nouvelle proclamation de nos grands droits et libertés.

 

- Par : Raquel Garrigo

Éditions : Fayard

Nombre de pages : 136 p.

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Fayard
Prix TTC : 10,00 €

 

Note :

[1] Avocate de Jean-Luc Mélenchon. Elle a été, de 2011 à 2015, Secrétaire Nationale et porte-parole du Parti de Gauche, parti dont elle est cofondatrice, et signataire du Mouvement pour la 6e République (iwww.m6r.fr).
 

 

Pour en savoir plus :

- le blog politique de Raquel Garrigo

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 08:09
Mythes et réalité du vote FN

Les grands médias expliquent régulièrement les bons résultats du FN par une prétendue adhésion massive des jeunes et des travailleurs aux idées d’extrême-droite. La France connaîtrait une « droitisation » de sa population. Cette thèse est parfois reprise par les directions des syndicats et des partis de gauche. Par exemple, elle a été avancée par des dirigeants du Front de Gauche pour expliquer ses échecs répétés depuis la percée électorale de Mélenchon en 2012. Qu’en est-il en réalité ?

 

Source :  Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Andreas Coste, groupe Révolution le 21 octobre 2015

- L’abstention : premier parti de France

La thèse de la droitisation de la classe ouvrière s’appuie notamment sur des résultats électoraux, des sondages et des enquêtes. Nous reprendrons ici les résultats d’une longue étude Ispos réalisée au lendemain des élections européennes de juin 2014. La donnée la plus frappante, c’est le haut niveau de l’abstention – en particulier chez les jeunes (73 %), les « ouvriers » (65 %) et des « employés » (68 %) [1]. Les bons scores du FN dans ces trois catégories de l’électorat sont donc très relatifs. Si on tient compte des abstentionnistes, le score du FN passe de 40 à 13 % sur l’ensemble de la classe ouvrière ; il tombe de 30 à 8 % sur chez les 18-30 ans. On est loin d’une « adhésion massive » !

 

Les jeunes et les travailleurs sont les plus touchés par la crise et l’austérité, réclamée à grands cris par la bourgeoisie, ses médias et les partis à son service. Leur abstention prend donc un sens particulier. Selon la même enquête, l’abstention s’explique par une hostilité au gouvernement Hollande (16 %) et aux responsables politiques en général (26 %), mais surtout par la conviction que les élections « ne changeront rien » (32 %). Cette hostilité au « système » ne bénéficie qu’en partie à la démagogie du FN, qui a beau jeu de fustiger une classe politique incapable d’enrayer la régression sociale et empêtrée dans des scandales à répétition. A ce stade, l’opposition au système se traduit surtout par une passivité – provisoire – des masses, faute d’alternative radicale et crédible au capitalisme en crise. Le FN ne fait que combler les espaces vides et progresse là où il n’y a pas d’adversaire.

 

La crise ouvre certes la possibilité d’une croissance relative du vote FN, sans pour autant parler d’adhésion massive chez les ouvriers et les jeunes. Le fait qu’une minorité d’entre eux vote pour l’extrême droite n’est d’ailleurs pas un phénomène nouveau. En 1984, l’extrême droite obtenait déjà 9 % des voix des jeunes électeurs, alors que l’abstention était bien plus faible.

 

 

- Qui vote FN ?

Le FN exprime la ligne la plus dure de la bourgeoisie. Il lui permet de diviser la classe ouvrière suivant des lignes ethniques, religieuses, etc. Mais la capacité du FN à capter la colère populaire a des limites. Du fait de ses liens historiques avec le fascisme, le FN est perçu à juste titre par une majorité de jeunes comme un danger et un ennemi à combattre – comme l’ont démontré les manifestations de masse qui ont ponctué chacune de ses ascensions, ces dernières décennies.

 

L’électorat de base du FN, comme sa base militante, reste majoritairement composé des classes intermédiaires, des petits-bourgeois et commerçants frappés par la crise – ou craignant de l’être bientôt. Son électorat est essentiellement vieux. Par exemple, 40 % des électeurs du FN aux élections européennes de 2014 avaient plus de 60 ans. Le vote pour le FN est d’abord un vote contestataire et de dépit : 69 % des électeurs FN l’ont fait « pour s’opposer au gouvernement » – et non pour soutenir son programme. Ceci se reflète dans les scores très volatiles du FN ces deux dernières décennies.

 

 

- Danger fasciste ?

Le FN est un danger qu’il faut combattre énergiquement. S’agit-il pour autant d’un danger fasciste ? Nous ne le pensons pas. La base de masse du fascisme est la petite-bourgeoisie. Jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la petite-bourgoisie – petits paysans, artisans, commerçants, etc. – constituait encore une nette majorité de la population active en France. Ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui : le salariat (la classe ouvrière) représente 90 % de la population active. La petite paysannerie, en particulier, a été pratiquement liquidée, réduite à moins de 5 % de la population active. Autrement dit, le fascisme n’a plus de base de masse ; il n’existe aucune force sociale massive pour mener une politique de guerre civile contre la classe ouvrière – la définition marxiste du fascisme.

 

Marine Le Pen et ses sbires en sont bien conscients. Or ils veulent le pouvoir, ils veulent entrer à l’Assemblée nationale et dans les ministères. C’est pour cela qu’ils insistent sur la « dédiabolisation » du FN. C’est pour cela que la fille a récemment exclu le père. Si à l’avenir le FN participe à un gouvernement de coalition avec la droite « traditionnelle », il mènera une politique pro-capitaliste classique (coupes, contre-réformes, cadeaux au grand patronat), sous le masque de la démocratie bourgeoise. Mais cela provoquera une explosion de la lutte de classe – et, au passage, un effondrement de la base électorale du FN, dont le caractère pro-capitaliste et pro-austérité apparaîtrait au grand jour.

 

Cette perspective, cependant, n’a rien d’inéluctable. La période actuelle se caractérise par une extrême volatilité politique. On doit s’attendre à de brusques oscillations politiques vers la droite et vers la gauche. Nul doute que le FN a encore un potentiel de croissance électorale chez les électeurs de la droite traditionnelle (UDI-Républicains) et dans la masse des abstentionnistes. Mais le potentiel est nettement plus important de l’autre côté de l’échiquier politique, c’est-à-dire pour une force de gauche s’opposant fermement aux politiques d’austérité. Au Front de Gauche d’incarner cette alternative et, ainsi, d’enrayer la progression du FN.

 

Note

[1] Cette distinction entre « ouvriers » et « employés » n’a aucune pertinence, à notre avis, ces deux catégories constituant, ensemble, ce que nous appelons la classe ouvrière (le salariat). Mais cela ne change pas grand-chose aux résultats de l’étude.

 

Pour en savoir plus :

- Gendarmes mobiles : un danger pour la république ?

- Pourquoi le Front national est-il l’ennemi du monde du travail ?

- Valérie Igounet, historienne : “Il faut attaquer politiquement le FN en déconstruisant calmement son discours”

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 08:25
Grèce : quel bilan ? quelles perspectives ? Entretien avec Panayotis Lafazanis, dirigeant d’Unité Populaire, ex-ministre

« Unité populaire a allumé un feu souterrain »

 

La formation dissidente de Syriza a essuyé un revers électoral en échouant à entrer au Parlement. Mais son chef de file Panayotis Lafazanis veut croire en la constitution d’un "front de gauche" capable de porter le débat sur la sortie de l’euro.

 

Sources : Regards propos recueillis par Fabien Perrier 23 septembre 2015

Le 21 août, l’annonce avait fait du bruit : un pan important de Syriza quittait le parti pour former Unité populaire. Peu à peu, le mouvement a rassemblé des figures emblématiques de la gauche grecque : Panayotis Lafazanis, Kosas Isychos, Dimitris Stratoulis, Manolis Glezos ou encore Zoe Konstantopoulou. Même Yanis Varoufakis avait indiqué l’avant-veille du scrutin qu’il voterait pour deux candidats d’Unité populaire en lesquels il avait confiance pour avoir travaillé avec eux. Un appel au vote indirect. Rien n’y aura fait : UP n’obtient que 2,87% des voix, et ne peut donc entrer au Parlement (le seuil étant de 3%). Entretien avec Panayotis Lafazanis, chef de file d’Unité populaire.

 

 

- Regards : Comment expliquez-vous l’échec d’Unité Populaire (UP) qui n’entre pas au Parlement ?

Panayotis Lafazanis : Dès l’annonce des élections, UP a annoncé sa constitution et s’est lancé dans une bataille difficile. Mais il aurait fallu que nous affrontions ces bêtes sauvages en trois semaines ! Nous avions comme adversaire les forces européennes et celles de l’intérieur qui s’opposent à tout changement. Il nous manque malheureusement 7.000 voix pour entrer au Parlement car nous avons eu du mal à communiquer avec le peuple grec et à lui transmettre notre message. Jusqu’à la dernière minute, nous avons dû nous faire connaître en tant qu’Unité populaire. Nous rencontré des difficultés pour exprimer notre vision de la sortie de l’euro. Mais ce débat a été ouvert dès l’annonce de la tenue d’élections. De surcroît, nous avons été victimes d’attaques qui terrorisaient les électeurs.

 

 

- Regards : L’abstention vous a-t-elle pénalisés ?

Panayotis Lafazanis : Elle a été très forte, augmentant de sept points par rapport à janvier. Elle a sauvé Tsipras. Ces électeurs n’étaient pas avec Alexis Tsipras, avec les mémorandums. Ce sont des gens déçus. Ils considèrent que nous ne pouvons plus rien faire à partir du moment où Tsipras est là et a trahi leurs aspirations. Si ces électeurs avaient voté, le scrutin aurait été très différent pour notre parti.

 

 

- Regards : En restant dans le gouvernement d’Alexis Tsipras, vous l’avez aussi cautionné. Ne l’avez-vous pas quitté trop tard ?

Panayotis Lafazanis : Certains nous font ce reproche. Mais personne n’aurait compris que nous partions plus tôt du gouvernement. Nous aurions été accusés de lui retirer le tapis sous les pieds, alors qu’il était en pleine négociation, et de le faire chuter. Nous nous sommes inscrits dans Syriza pour que ne soit pas signé un nouveau mémorandum appliqué à la Grèce. Après la signature du troisième mémorandum, le 13 juillet, la division était la suite logique.

 

 

- Regards : Vous prônez la sortie de l’euro. La population n’a-t-elle pas peur d’une catastrophe en cas de retour à une monnaie nationale ?

Panayotis Lafazanis : L’euro, c’est la catastrophe assurée ! Bien sûr, le peuple grec n’a pas encore tous les éléments pour comprendre le sens d’une sortie de l’euro. Le débat sur cette sortie et ses conséquences vient juste d’être lancé, grâce à Unité populaire. Bien que tous les autres partis invoquent des arguments différents, tous préfèrent l’euro. Désormais, la discussion commencée en pleine campagne électorale ne peut être arrêtée. Comme nous avons remis cette question au centre des débats, notre image sera donc très vite différente dans l’espace politique et la société. Le résultat électoral a allumé un feu, même si ce n’est pour l’instant qu’un feu souterrain.

 

 

- Regards : Mais comment porter ce débat sur l’euro ? Vous n’êtes plus représenté à la Vouli...

Panayotis Lafazanis : Il existe d’autres lieux de débat. Cette discussion se fera dans les quartiers, dans les entreprises, dans les usines, dans tous les endroits de la vie quotidienne. Et bien sûr, nous la mènerons aussi sur Internet et dans tous les espaces permettant une discussion objective sur le sujet. Comme le sujet est désormais sur la table, plus personne ne peut bâillonner la discussion. Le dilemme de ce pays n’est pas de choisir entre Syriza, les Grecs indépendants, le Pasok... – bref, entre les membres d’une grande famille politique avec ses petits différends intrafamiliaux – mais de suivre le mémorandum ou d’emprunter une voie anti-mémorandaire, directement reliée à l’euro ou à la monnaie nationale.

 

 

- Regards : Sur cette question, Unité populaire semble divisé. Manolis Glezos ou Zoe Konstantopoulou ne prônent pas la sortie...

Panayotis Lafazanis : Évidemment, nous avons des avis parfois différents. Unité populaire n’est pas un parti monolithique : c’est un front de gauche, avec des personnalités progressistes ; c’est un front radical, anti-austérité, à horizon socialiste. Le principal courant d’Unité populaire considère que ce programme ne peut être appliqué dans l’eurozone. La monnaie n’est pas un fétiche, ni une fin en soi. Mais pour appliquer cette politique radicale, il nous faut notre propre monnaie.

 

 

- Regards : La société grecque vient toutefois de reconduire Alexis Tsipras à la tête du pays. La politique que vous défendez a-t-elle un espace ?

Panayotis Lafazanis : Bien sûr ! Avant la signature du troisième mémorandum, Syriza avait d’ailleurs un programme de ce type. C’est en proposant une opposition radicale et en défendant un programme de changements radicaux que Syriza s’est implanté sur la scène politique. Cette orientation n’est pas étrangère à la société grecque. Il n’y a d’ailleurs aucune autre voie de sortie de crise. Le libéralisme a échoué dans l’Europe tout entière. L’alternative ne peut être ni le fascisme, ni l’extrême droite.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 08:15
PHOTO/Photo A. M. Charente Libre

PHOTO/Photo A. M. Charente Libre

FOUNTAINE nous mène en bateau !

 

Sources : blog du Syndicat CGT personnels de la ville, de la CDA, du CCAS de la Rochelle le 12 octobre 2015 | modifié le 17 octobre 2015

Extraits :

La Rochelle : personnels territoriaux, les raisons de la colère !
La Rochelle : personnels territoriaux, les raisons de la colère !
La Rochelle : personnels territoriaux, les raisons de la colère !

 

- Ainsi, 1 an et demi après son élection, le Maire-Président de nos trois collectivités a déjà fortement mis à mal les conditions de travail des agents et ne compte pas en rester là.

Les pistes d'ores et déjà  travaillées par nos élus et fortement inspirées par le rapport de la cour des comptes rendu fin juin, se donnent pour unique objectif d'effectuer des économies budgétaires sur le dos du personnel. Ce sont les fruits de l'austérité qui s'amplifie à La Rochelle comme dans toutes les collectivités locales et dont ici les personnels et nos concitoyens sont les victimes.

 

Projet paradoxal puisque ce même rapport de la cour des comptes décrit la situation financière de nos collectivités comme étant "saine et apaisée".

 

Il n'existe aucune obligation d'appliquer les préconisations du rapport de la chambre régionale des comptes !

La responsabilité du moindre recul social incombera donc entièrement à l'équipe municipale en place.

 

Pour toutes ces raisons les syndicats CGT, SUD solidaires et CFDT de la CDA de La Rochelle ont organisé une réunion d'information syndicale le 15 septembre dernier.

 

L'élan de colère et d'inquiétude a poussé les 500 agents jusque devant le bureau du Maire-Président ou une délégation a été reçu.

 

La tentative de prise de parole de Jean-François FOUNTAINE, c'est faite sous les huées du personnel en colère. Les conclusions du rendez-vous ... "il y aura des négociations d'engagées à la mi-octobre". Preuve en est que le Maire-Président et son équipe ont bel et bien dans l'idée de remettre en cause notre temps de travail. Lui qui se réclame de l'héritage de Michel CREPEAU s'attache aujourd'hui à détricoter tout ce qu'il a pu mettre en place sur nos collectivités.

 

Soyons clair, les agents et le service public ne doivent pas faire les frais des politiques d'austérité !

 

 

 

 

 

- Face à la volonté du maire de remettre en cause leur "conquis sociaux" au nom de l'austérité, les personnels se sont invités au conseil municipal du 29 septembre

Le maire de La Rochelle et son équipe, défenseurs de la mise en oeuvre des politiques d'austérité veulent gérer les collectivités locales comme une entreprise ! Ça ne marchera pas !

 

Ainsi, avant même que la séance de conseil ne débute, un public compact se pressait autour des tables des conseillers, des agents de la Ville, de l’agglomération et du CCAS visiblement très remontés contre le maire et son équipe.

 

Certains portaient des masques blancs "signe de l’anonymat dans lequel nous nous sentons relégués", signalait le tract SUD et CGT donné aux conseillers. D’autres jetaient à travers la salle des avions en papier faits avec la lettre que Jean-François Fountaine avait récemment adressé au personnel.

  • Quand le dialogue social ne marche pas, que l'on n'est ni écouté, ni entendu.... ça donne ça... 1er épisode !

La Rochelle : personnels territoriaux, les raisons de la colère !
La Rochelle : personnels territoriaux, les raisons de la colère !

- Conseil municipal du 12 octobre, la colère s'exprime à nouveau...

Le comportement du maire de la Rochelle et président de la CDA est révélateur de son attitude vis à vis des salariés et des représentants du personnel. J.F. Fountaine n'aime pas les contestataires ! Au fait, quelle vie syndicale y avait-il chez Fountaine-Pajot quand il en assurait la direction ?

 

Quand on veut gèrer une ville, comme on gère une fabrique de bateau, en méprisant le personnel, le résultat est prévisible ! Le Maire a peur pour sa chemise, fuit le conseil, les personnels municipaux et leurs syndicats assurent ! Le Conseil municipal du 12 octobre a été reporté à une date ultérieure.

  • Quand le dialogue social ne marche pas, que l'on n'est ni écouté, ni entendu.... ça donne ça... 2éme épisode !

 

La Rochelle : personnels territoriaux, les raisons de la colère !
La Rochelle : personnels territoriaux, les raisons de la colère !

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- Personnels territoriaux de La Rochelle : les raisons de la colère vues par Canal+

La Rochelle : personnels territoriaux, les raisons de la colère !
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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 08:06

Le Front de gauche uni et ouvert : comme en région parisienne, EELV n’a pas voulu d’un accord avec le Front de Gauche qui assume en conséquence de porter seul une campagne citoyenne et anti-austéritaire.

 

Accord Politique en vue des régionales 2015 dans la région (ALPC) Aquitaine - Limousin - Poitou/Charentes

Accord Politique en vue des régionales 2015
dans la région ALPC

 

Les formations signataires (Ensemble, Parti Communiste Français, Parti de gauche)  s’engagent à impulser ensemble une liste commune en vue des élections régionales de décembre 2015.

 

Les élections régionales de décembre 2015 vont se tenir dans un contexte économique et social extrêmement dégradé et préoccupant. Le discrédit de la politique Hollande-Valls, déclinée par le parti socialiste dans l’ensemble des régions, fait le lit de la droite et de l’extrême droite. Comme partout en Europe, la doctrine libérale est à l’œuvre au service des intérêts de la finance. Les phénomènes climatiques inhabituels, ni passagers ni naturels, sont bien une conséquence du système dans lequel nous vivons. Cela rend plus que jamais nécessaire de construire un projet politique en rupture avec les logiques libérales mises en œuvre dans le pays. Ces élections doivent donc être une nouvelle étape de ce rassemblement d’une gauche qui combat l’austérité et veut construire une véritable alternative politique. L’enjeu est d’autant plus important que ces élections se dérouleront dans le cadre d’une « réforme » territoriale imposée sans concertation qui va accentuer les logiques de métropolisation et de concurrence entre les territoires, entre les salariés, au service de la guerre économique, au détriment des plus défavorisés.

 

  • Nous voulons mettre en œuvre des politiques régionales alternatives à celles qui sont menées aujourd’hui, en rupture avec les politiques d’austérité et de compétitivité. Pour cela nous voulons battre la droite et l’extrême droite mais aussi tous ceux qui mènent une politique de droite. En effet, la population de notre grande région n’a rien à gagner aux politiques libérales ou à voir s’implanter un parti d’extrême droite porteur d’une idéologie raciste et antisociale.
  • Nous voulons modifier les rapports de force à gauche de sorte que la volonté inflexible de résister à la finance devienne majoritaire à gauche. Parce que pour nous être de gauche c’est être pour la satisfaction des besoins sociaux, pour la planification écologique, pour la démocratie des lieux de travail aux institutions. En un mot, parce que nous sommes pour l’humain, d’abord.

 

Nos candidats auront pour objectif de rendre visible et crédible une alternative sociale, écologique et démocratique de gauche. Cela nécessite de rassembler une gauche anti-austérité unitaire et large dans son périmètre et en même temps exigeante sur son contenu et sans ambiguïté sur son projet politique.


Dans la région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes les politiques libérales sont mises en oeuvre par le président de l’Association des Régions de France Alain Rousset et à ce titre chantre de la compétitivité et de l’austérité. Si notre liste s’oppose radicalement aux programmes de la droite et de d’extrême-droite, elle s’affrontera à la politique du candidat Alain Rousset sur nombre d’axes majeurs de son programme.

 

Nous proposons de nouvelles pratiques politiques, une autre conception du rassemblement, de l’action politique elle même. Nous voulons redonner du sens à l’action collective, porter jusque dans l’assemblée les aspirations populaires à vivre mieux. Nous refusons le scenario annoncé  d’une droite revancharde, ultra libérale face à un Parti socialiste cherchant à aménager la cure d’austérité imposée à notre peuple, avec en arbitre un Front National préparant l’élection présidentielle.

 

Alors que nombre de nos concitoyens se réfugient dans l’abstention ou dans un vote de colère, il s’agit, dans notre démarche, de rassembler et de mener campagne avec tous ceux qui, au-delà des partis, se reconnaissent dans cette gauche anti-austérité et écologiste  en favorisant une co-élaboration du programme, des listes et de la campagne, dans le cadre d’assemblées citoyennes représentatives.

 

Pour ces raisons, Ensemble!, le PCF et le Parti de gauche. présentent des candidats sous l’appellation commune « Xxxxxxxxxxxx » qui porteront en toute indépendance aux deux tours de scrutin d’autres choix de développement pour notre pays et notre région, sur la base d’orientations fortes en rupture avec les logiques libérales actuelles. La lutte contre les inégalités, les réponses aux urgences  sociales et écologiques, l’exigence démocratique et donc le combat pour l’instauration d’une constituante pour une Sixième République qui permette par ses institutions l’expression et la mise en œuvre de la volonté du peuple souverain, seront au centre de leurs préoccupations.


Les candidat-e-s présentés sur notre liste signeront une  charte éthique qui montrera notre volonté de renouveler les pratiques politiques (respect des engagements de campagne et implication citoyenne, signature de la charte anticor, non cumul des mandats…)

 

 

- Les points clefs  de notre programme

1 - Rompre avec l’austérité et développer les solidarités

  • défendre et renforcer les services publics sur l’ensemble du territoire.
  • défendre un enseignement public général, technique, professionnel et agricole de qualité non soumis aux intérêts économiques immédiats : soutenir l’enseignement public professionnel et limiter l’apprentissage, qui doit rester un dispositif secondaire ;
  • ne pas financer les établissements privés au-delà de ce que nous impose aujourd’hui la loi
  • engager la reconquête par le service public de la formation professionnelle…

 

2 - Agir pour l’égalité territoriale et contre la métropolisation

  • engager un réaménagement du territoire en s’opposant à tout ce qui renforce la métropolisation  ou la compétition entre les territoires.
  • favoriser le transport pour tous, par le développement des trains du quotidien (TER, trains d’équilibre du territoire) la mobilisation contre la fermeture de dessertes et de gares, la gratuité des transports, que nous opposons au tout LGV et aux bus Macron.
  • Nous voulons travailler les alternatives aux LGV et nous refuserons leur financement par les collectivités.

 

3 - Pour l’emploi : une économie répondant aux besoins sociaux et engageant la transition écologique

  • relocaliser les productions en favorisant les circuits courts et la coopération pour permettre un emploi de qualité
  • planifier la transition écologique pour une activité humaine respectueuse de l’environnement, par la défense des terres agricoles et le soutien à une agriculture paysanne de proximité et en empêchant les fermes-usines ; par le développement des transports publics partout et pour toutes et tous, par le développement du fret public, par la baisse de la consommation de ressources énergétiques importées (pétrole, gaz, uranium) et la promotion de la production d’énergies renouvelables.
  • favoriser l’appropriation sociale collective des entreprises par les salariés et soutenir l’ESS
  • conditionner les aides économiques à leur utilité sociale, démocratique ou environnementale dès le premier euro.
  • Pas d’aides économiques aux multinationales, qui distribuent des dividendes à leurs actionnaires, ni à leurs filiales présentes sur le territoire régional.
  • Aider les sous traitants à ne plus dépendre d’un unique donneur d’ordre.

 

4 - Pour la démocratie, des lieux de travail aux institutions

  • nous nous opposons à la loi NOTRe qui casse le principe de l’égalité républicaine, les territoires  et la démocratie locale en éloignant les citoyens des lieux de décision.
  • apporter un soutien actif aux luttes sociales, démocratiques et environnementales : nous refusons toute neutralité de la collectivité en la matière. Nous mettrons en place de véritables consultations publiques pour tous les grands projets d’aménagement du territoire.
  • Créer à l’échelle des bassins d’emploi des structures associant les salariés, leur représentants les élus, aux critères d’attribution, au suivi et au contrôle des aides publiques.
  •  Redonner du sens à la fonction élective.
  • engager des pratiques financières honnêtes.
  • rendre compte en continu du mandat
  • impliquer les citoyens.
  • réinventer la démocratie dans l’Assemblée.

 

 

- La constitution des listes

Elle permettra :

  • - une démarche d’élaboration collective des listes, permettant une représentation large et ouverte sur le mouvement social, associatif et citoyen
  • - une répartition équitable et respectueuse de l’influence de chacun et de la nécessaire visibilité du pluralisme des composantes signataires sur l’ensemble des 3 régions actuelles

 

 

- Sur une éventuelle fusion

Nous voulons créer les conditions d’une majorité pour une alternative à l’austérité. Pour cela nous voulons changer les rapports de force politiques en donnant plus de poids au rassemblement de toutes celles et ceux qui refusent les politiques d’austérité.

 

La liste du FDG a pour ambition de diriger la future grande région pour la mise en œuvre de politiques pour et avec les citoyens.

Nous voulons faire du neuf.  Il ne s’agit pas de recommencer une union de la gauche, alors que l’orientation que nous portons est contradictoire à celle portée par le parti socialiste. Une fusion au second tour n’a rien d’automatique. Nous envisageons la possibilité de nous maintenir si les conditions du premier tour nous le permettent. Mais le mode de scrutin peut nous conduire à une fusion qui permette une juste représentation du vote de nos électeurs, conforme au résultat du premier tour, pour porter notre projet dans l’assemblée.


Le principe qui guidera nos discussions sera dans tous les cas l’indépendance des élus de notre liste qui n’est pas négociable pour tous les votes dans l’assemblée y compris le vote du budget.
Par ailleurs, nous assurons qu’il n’y aura pas de tri de la part de la liste arrivée en tête entre les candidats de la liste qui fusionne. De même l’exigence de la parité doit être assumée par les deux listes qui fusionnent et il doit y avoir un strict respect des résultats du premier tour.

 

Par ailleurs, les conditions et les modalités d’une éventuelle fusion doivent être discutées publiquement :

  • même si la loi prévoit que c’est la tête de liste régionale qui décide de la fusion, cette décision sera prise en toute clarté collectivement avec l’accord de l’ensemble des forces composant notre liste selon des conditions discutées préalablement
  • tous les débats avec les listes susceptibles de fusionner avec nous seront menés publiquement, pour que cela n’apparaisse pas comme des arrangements entre amis.

 

 

- La question des exécutifs

Dans cette élection, notre volonté est de porter des projets de transformation sociale, écologique et  démocratique réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées, nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux. Notre participation est donc absolument liée aux conditions qui la rendent possible. Il s’agit de la capacité à mettre en œuvre les points essentiels de notre programme. Que les choses soient claires : nos élus ne participerons pas à un exécutif régional qui continuerait les politiques actuellement mises en œuvre (austérité, métropolisation, compétition et concurrence entre les territoires). L’examen de ces conditions nécessitera une discussion collective des différentes composantes signataires avant toute discussion avec d’autres partis se réclamant de la gauche.

 

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 08:04
Syriza : une victoire de la soumission ou de la résistance ?

L’interprétation du scrutin grec du 20 septembre 2015 est difficile, et reste suspendue à ce qu’Alexis Tsipras fera de ce succès électoral. Mais ce dernier comporte des enseignements importants et immédiats pour toute la gauche d’alternative en Europe.

 

Source : Regards.fr par Clémentine Autain | 23 septembre 2015

Le pari d’Alexis Tsipras est gagné. En initiant de nouvelles élections législatives, le leader grec appelait les électrices et électeurs à réaffirmer leur soutien au gouvernement. Alors que Syriza avait été élu pour tenir deux objectifs qui se sont révélés inconciliables – ne pas accepter un nouveau mémorandum ET ne pas sortir de la zone euro –, le peuple grec a validé l’option choisie par Tsipras. Il l’a fait sans l’enthousiasme des précédentes élections et avec une abstention croissante, 56,57 % de participation contre 63,87 % en janvier 2015, soit sept points de moins. Mais il l’a fait, évitant le grand bond en arrière qu’auraient constitué une victoire de la droite et une forte percée d’Aube dorée (lire aussi "Soirée de victoire douce-amère pour Syriza à Athènes"[1]).

 

Union populaire, dissidence de Syriza, pour qui la signature d’un troisième mémorandum était évitable à condition d’assumer la sortie de la zone euro, n’a pas convaincu. L’implication à ses côtés de personnalités telles que Yannis Varoufakis, Zoe Kostantopoulou ou Manolis Glezos n’y a rien fait. Pour UP, la barre des 3% qui permet d’être représenté au Parlement n’a même pas été franchie. Fort de ses 35% des voix, Syriza peut néanmoins écarter l’hypothèse d’une alliance avec le Pasok.

 

 

- Pas de sortie de l’euro sans soutien populaire.

Ce vote des Grecs est-il un vote de résistance ou de soumission ? Il n’est pas simple de répondre à cette question, d’autant que le sens d’un vote n’est jamais univoque. Mais la résistance opposée par Alexis Tsipras à la Troïka constitue sans aucun doute l’une des raisons de sa victoire. Négociant avec un pistolet sur la tempe, héritant d’une situation économique, sociale et financière exsangue dans un pays qui ne pèse que 2% du PIB européen, Alexis Tsipras a tenté. Il a affirmé un autre point de vue sur les solutions à même de redresser le pays et d’endiguer les inégalités. Il a impliqué son peuple par un référendum pour mener le rapport de force.

 

Bien seul, sans État partenaire et sans mobilisation européenne digne de ce nom, il a tenu tête là où tous les autres gouvernements de la zone euro se moulent les uns après les autres, sans broncher, dans les normes libérales des traités et de l’austérité. Cette attitude a donné de la fierté au peuple grec : c’est sans doute l’une des clés de réussite de Tsipras. S’il a perdu le bras de fer face à l’Eurogroupe, il est allé au combat.

 

L’alternative proposée par Unité populaire, le saut dans l’inconnu d’une sortie de l’euro, les Grecs n’en ont pas voulu. Tsipras avait donc raison de penser que son peuple n’était pas prêt à cette ultime confrontation. Or, qu’elle soit juste ou non sur le fond économique et politique, cette sortie ne peut se faire qu’à la condition que le peuple soit pleinement impliqué dans ce choix, qu’il soit convaincu qu’une telle voie est la bonne. L’une des leçons de ce scrutin est qu’il est inopérant politiquement de penser que l’on peut avoir raison contre le point de vue des masses populaires. On peut donc s’interroger : les dirigeants de l’UP n’ont-ils pas quitté Syriza sur la base d’une analyse fausse de l’état de conscience du pays ? En focalisant sur la sortie l’euro, ils n’ont pas convaincu. Ils ont ainsi couru le risque de la marginalisation de leur courant politique (lire aussi "Panayotis Lafazanis : « Unité populaire a allumé un feu souterrain »[2]").

 

 

- Point de départ ?

Une chose est sûre : l’histoire n’est pas finie. Et l’enjeu d’interprétation de cette séquence ne concerne pas que les Grecs. Il en va de l’ensemble des courants de la gauche d’alternative en Europe. François Hollande ou Martin Schulz ont eu tôt fait de souhaiter à Tsipras la bienvenue dans la social-démocratie. Tsipras ayant finalement accepté un troisième mémorandum doit se retrouver classé de leur côté, espèrent-ils. Le bras de fer gagné par l’Eurogroupe doit faire tâche d’huile et rappeler qu’il n’y a pas d’alternative aux politiques d’austérité. Or, non seulement ce n’est pas sa famille politique mais la bataille qu’il a menée, aucun dirigeant de la social-démocratie européenne ne l’a menée.

 

Ce qu’a réussi Tsipras, c’est une démonstration politique. Elle peut être interprétée comme désespérante parce qu’il a échoué à éviter un nouveau mémorandum. Elle peut aussi être vue comme un point de départ, celui d’une prise de conscience nouvelle à l’échelle européenne sur la nature actuelle de l’Union européenne, la dureté et la détermination de ses dirigeants.

 

Cette prise de conscience a eu le mérite d’ouvrir une période de grande agitation intellectuelle et politique : des voies nouvelles se cherchent pour sortir du carcan des traités européens, du néolibéralisme et de l’austérité. Dans toute la gauche radicale européenne, on discute de mesures unilatérales, des façons de se protéger, des moyens d’organiser la confrontation sociale et politique avec la Troïka, de la non application de tout ou partie des traités, des formes accrues de coopération nécessaire entre les pays et les forces politiques qui refusent la logique imposée. Il s’agit de ce point de vue d’un tournant historique.

 

 

- Une solution politique

La suite n’est pas écrite : Alexis Tsipras, qui a aussi gagné parce qu’il est un homme neuf en politique, non corrompu, apparaissant comme sincère et honnête dans ses choix, avec une méthode, la consultation de son peuple, là où les autres dirigeants leur écrasent la tête, continuera-t-il à se battre comme il le promet ? Réussira-t-il à dégager quelques marges de manœuvre pour appliquer une politique différente de ses prédécesseurs, à combattre la corruption ou l’emprise de l’Église, à bâtir d’un État digne de ce nom, à s’emparer pleinement d’autres enjeux, sur le contenu de l’éducation, la démocratie sociale, la lutte contre le sexisme, etc. ? Ou se moulera-t-il dans les normes dominantes, laissant périr l’espoir déjà entamé et quittant les rives de la gauche d’alternative ?

 

Nul ne le sait. Nous n’avons aucun intérêt à présager du pire par anticipation. S’il faut être lucide sur les difficultés qui vont être les siennes, notamment parce qu’il va devoir concrètement privatiser le port du Pirée ou baisser les pensions, il serait dramatique de dilapider plus encore tout espoir et de rejeter Tsipras dans les bras d’une gauche qui ne l’est plus.

 

La gauche radicale française a pris sa part dans la campagne électorale grecque. Sans doute imprudemment. Elle est en tout cas apparue divisée. Jean-Luc Mélenchon avec le Parti de gauche a soutenu avec vigueur Unité populaire, et a enthousiasmé les foules au stand de la fête de L’Humanité en invitant Yannis Varoufakis. Pierre Laurent avec le PCF a, de son côté, soutenu sans sourciller Alexis Tsipras. Une position unifiée se cherche. Elle doit éviter un double écueil : d’une part, celui du repli national et de la focalisation sur la sortie de la zone euro ; d’autre part, la continuité des slogans et de la stratégie, comme si l’expérience grecque n’invitait pas à muscler les discours et les propositions. La solution n’est pas institutionnelle, mais politique. Et elle suppose de savoir articuler un rapport de forces national et européen. La ligne de crête est étroite. Mais pour réussir, elle doit être tenue.

 

Notes :

[1Soirée de victoire douce-amère pour Syriza à Athènes

[2] Panayotis Lafazanis : « Unité populaire a allumé un feu souterrain »

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

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