Les jours fériés, le fruit d'une lutte de classes[9]...
Il faut renouer avec le progrès humain historique que constitue la réduction du temps de travail.
Après avoir volé deux ans de vie aux Français en repoussant la retraite à 64 ans[0], les macronistes s’attaquent désormais au 1er mai avec une proposition de loi visant à autoriser le travail dans certains secteurs[1] en ce jour symbolique, rendu férié par la mobilisation historique du mouvement ouvrier. Ce n’est pas la première fois : à l’été 2025, le gouvernement Bayrou avait annoncé vouloir supprimer 2 jours fériés pour faire des économies, avant d’être renversé.
L’obsession des macronistes pour supprimer des jours fériés n’est pas anecdotique : elle s’inscrit dans un combat plus large que mènent les classes dominantes pour réduire toujours plus le temps libre des travailleurs. Défendre les jours fériés, et en instaurer de nouveaux, c’est lutter pour une autre vision globale de la société : une société qui valorise le temps libéré et le collectif, plutôt que l’accumulation du capital. C’est donc un enjeu central pour la lutte des classes d’aujourd’hui.
Sources :Institut La Boétie | mis à jour le 27/06/2026
L’histoire des jours fériés : une lutte des travailleurs face aux classes dominantes L’instauration des jours fériés a toujours été politique
▶️Les premiers jours fériés inscrits dans la loi – il y a des jours chômés sous d’autres formes pendant l’ancien régime – apparaissent avec l’instauration de la République pour souder la nation autour de moments importants, comme la proclamation de la IIe République le 24 février après l’abdication du roi Louis-Philippe 1er.
Mais c’est sous la IIIe République que naissent la plupart des jours fériés que l’on connaît aujourd’hui : 14 juillet, Pâques, Pentecôte, etc. Déjà, la résistance patronale est immense, notamment dans l’industrie : beaucoup d’employeurs refusent d’octroyer ces jours fériés à leurs employés.
C’est seulement la mobilisation des syndicats et des associations qui permettra aux salariés de bénéficier effectivement de leurs droits.
▶️Le 8 Mai est aussi le fruit d’un conflit politique. Il n’est pas rendu férié directement après la guerre, car l’État ne souhaite pas reconnaître la spécificité de la victoire du 8 mai 1945 contre le nazisme, trop marquée par la résistance antifasciste et communiste.Il est reconnu férié seulement 8 ans après, en 1953, grâce aux mobilisations communistes et gaullistes.
Dans les années qui suivent, le 8 Mai férié est régulièrement supprimé puis rétabli, pour des raisons politiques et économiques. Par exemple : en 1959 De Gaulle décale la commémoration nationale au deuxième dimanche de mai[2], avec le même argument qu’aujourd’hui (en 2025, François Bayrou souhaite supprimer le 8-Mai férié pour augmenter la productivité de la France[3]) : trop de ponts et de jours fériés tueraient la productivité nationale.
🔴 Le 1er mai en particulier : une conquête sociale historique de la lutte ouvrière
▶️En s’attaquant au Premier mai, le Gouvernement s’attaque au jour férié le plus symbolique pour le camp des travailleurs.
À la fin du 19e siècle, le 1er mai devient une journée de mobilisation internationale pour la baisse du temps de travail, avec le mot d’ordre « 8 heures de travail, 8 heures de sommeil, 8 heures de loisirs », symbolisé par le triangle rouge aujourd’hui porté par les insoumis.
Dès 1889, la IIe Internationale socialiste, réunie à Paris, exige de proclamer ce jour férié. Certains militants mobilisés le 1er Mai y ont perdu la vie : c’est le cas de la militante ouvrière du coton Maria Blondeau, tuée le 1er Mai 1891 par des tirs de gendarmes à Fourmies, dans le Nord[4].
▶️ Les mairies communistes et socialistes répondent à l’appel de l’Internationale en mettant en place le 1er mai férié dans leurs propres services municipaux et vont défendre sa généralisation à l’ensemble du pays, en demandant pour la première fois un vote à la Chambre des députés. Le 1er mai est déclaré jour chômé le 23 avril 1919 en même temps qu'est ratifiée la journée de 8 heures[6].
▶️Pendant la Seconde guerre mondiale, le régime de Vichy vide de sa substance le 1er Mai en le transformant en « Jour du Travail » pour servir son agenda réactionnaire « Travail, Famille, Patrie ». À la Libération, c’est le Conseil national de la résistance qui inscrit le Premier Mai dans le marbre. En 1947 il devient officiellement férié. C’est donc à un droit conquis il y a près de 80 ans que les macronistes osent s’attaquer par 49.3 aujourd’hui.
S’attaquer aux jours fériés : la face émergée de l’iceberg des attaques contre le travail
Jusqu'à 10 heures d'écart entre les Européens
L’argument des libéraux pour nous faire travailler plus est faux
▶️ Les Français ne travaillent pas moins que leurs voisins, y compris du point de vue des jours fériés :
Avec 11 jours fériés par an, la France se situe en dessous de la moyenne européenne (12). À l’inverse Chypre (15), de l’Espagne, Malte, la Slovaquie (13), la Finlande, l’Autriche, le Portugal (13) ;
En additionnant jours fériés et congés payés, la France comptabilise 36 jours, contre 44 pour l’Espagne et Malte, 38 pour l’Autriche ou 37 pour le Luxembourg ;
Le temps de travail des Français n’est pas plus faible qu’en Europe : un salarié français travaille 1491 heures par an en moyenne. C’est plus que : les Allemands, les Danois, les Norvégiens, les Suédois, les Autrichiens, les Islandais, les Hollandais ou encore les Luxembourgeois[5] !
Un salarié français travaille en moyenne 37 heures par semaine. Mais cela cache des inégalités : 1 salarié sur 5 travaille plus de 48 heures par semaine. Pour ces travailleurs, supprimer un jour férié équivaut à supprimer l’une de leurs dernières bouées de sauvetage.
🔴 Nous sommes face à une offensive générale contre le monde du travail
▶️ La proposition de loi visant à autoriser le travail le 1er mai est un cheval de Troyes pour détricoter l’ensemble des conquis sociaux des travailleurs[1]. Le Gouvernement promet que le travail le 1er mai s’effectuera sur la base du volontariat des travailleurs. C’est faux :
on sait bien que le rapport hiérarchique au sein de l’entreprise conduira les travailleurs concernés à se plier à la volonté de leur patron.
Le but poursuivi est de généraliser le travail le 1er mai, de la même façon que la possibilité de travailler le dimanche introduit en 2015 sur la base du volontariat s’est finalement imposée comme une obligation pour beaucoup.
▶️ Les macronistes s’attaquent aux jours fériés comme ils s’attaquent au reste des droits des travailleurs : ordonnances Travail en 2016, réformes de l’assurance chômage, réforme des retraites, etc.En faisant cela, ils poursuivent un objectif cohérent : repousser toujours plus les limites de l’exploitation des travailleurs pour baisser la rémunération du travail et augmenter celle du capital.
Par exemple la proposition de suppression de deux jours fériés du gouvernement Bayrou, en nous faisant travailler 2 jours de plus sans hausse de salaire, nous aurait fait perdre environ 1% de rémunération annuelle.
Le temps libéré : ferment d’une société de l’intérêt général
Les bienfaits du temps libéré
▶️ Les jours fériés constituent pour les travailleurs un îlot de temps libéré de la sphère marchande, qu’ils peuvent consacrer à d’autres types d’activités :
Le repos et le travail pour soi : bricolage, réparation, jardinage...
Le temps collectif, les loisirs partagés : quand un jour est férié, le temps moyen passé entre amis augmente de 20 minutes en moyenne. Les jours fériés renforcent les liens sociaux et la solidarité : rendre visite aux personnes âgées, donner du temps à une association, etc. Ils favorisent l’organisation sociale, culturelle et même politique.
▶️ Le conflit sur les jours fériés reflètent deux visions opposées de la société : une société dictée par l’impératif marchand, la recherche de rentabilité, l’équilibre budgétaire... opposée à une société du temps libéré, de la solidarité, de l’épanouissement et de l’émancipation collective. Être révolutionnaire, c’est assumer que la joie et le bonheur sont des objectifs en tant que tels.
🔴 Relancer la réduction du temps de travail
▶️ Le temps de travail des salariés français n’a pas diminué depuis 2022. La dernière semaine de congés payés obtenue remonte à 40 ans, sous Mitterrand.Il faut renouer avec le progrès humain historique que constitue la réduction du temps de travail.
▶️ Pour reconquérir le temps volé par les dominants, le mouvement insoumis propose de[8] :
Rétablir les 35 heures réelles ;
Passer aux 32 heures dans les métiers pénibles et favoriser leur généralisation par la négociation collective ;
Généraliser une 6e semaine de congés payés pour tous ;
Rétablir la retraite à 60 ans avec 40 annuités ;
Instaurer de nouveaux jours fériés pour symboliser les conquêtes sociales de notre peuple et les grands moments de son histoire : par exemple le 4 février pour commémorer l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises[7]...
Le retour en force de la question de la vie chère dans les luttes populaires montrent qu’une des principales contradiction actuelle du capitalisme réside dans la crise de la reproduction sociale.
Ce système d’exploitation a besoin pour fonctionner de reposer sur un système de reproduction sociale à faible coût.
Les luttes contre la vie chère sont souvent écartées de la mémoire du mouvement ouvrier ou de l’histoire révolutionnaire. Elles y ont pourtant joué un rôle central. Les étudier fait apparaître l’importance des rapports de reproduction sociale, c’est-à-dire dont la fonction est de reproduire les forces de travail et leur famille dans les luttes populaires et les processus révolutionnaires. Cela met aussi au premier plan des sujets individuels
Sources :Institut La Boétie |
Les révoltes frumentaires du 18e siècle dans les causes de la Révolution française
Le 18e siècle français est traversé de révolte dite « frumentaires[1] » c’est-à-dire liées à l’augmentation des prix du grain: en effet, lorsque la récolte baisse de 25% en France - un événement régulier du fait de la dépendance de faibles rendements aux conditions climatiques, les prix peuvent augmenter de 80%.
▶️Les révoltes frumentaires suffisamment importantes et étendues pour être signalées ont lieu en 1725, 1726, 1738, 1741, 1757, 1761, 1762, 1770, 1771 et 1775 pour ne parler que de celles qui précèdent le déclenchement de la Révolution française.
▶️Les moyens d’actions sont l’émeute, le blocage des routes pour empêcher les exportations de grains, mais aussi le pillage des stock pour organiser l’acheminement des grains sur les marchés à un prix imposé considéré comme juste.
▶️ Le grain étant la marchandise de subsistance la plus centrale du 18e siècle, on considère généralement que le Roi est moralement obligé de garantir, par son intervention si nécessaire, que le peuple puisse y accéder. Dès lors qu’il failli à ce « pacte » non dit, le peuple est légitime à intervenir lui-même.C’est ce que l’historien marxiste britannique E.P Thompson a appelé « l’économie morale populaire ».
Le Fermier brûlé ou la famille pauvre (1734-1817)
🔴 Le cas de la guerre des farines de 1775 est symptomatique[0]. Louis XVI nomme à son arrivée sur le trône le libéral Turgot comme ministre, et celui-ci entreprend des réformes pour libéraliser le marché du grain, c’est-à-dire démanteler les différentes possibilités du roi d’intervenir, comme les « polices des grains ». Combinées à de mauvaises récoltes, ces réformes déclencheront d’importantes révoltes appelées « guerre des farines » et qui auront raison de Turgot.
▶️On retrouve les codes et la logique propres aux révoltes frumentaires dans un événement de 1789 que beaucoup d’historiens considèrent comme plus important que le 14 juillet : la marche des femmes parisiennes sur Versailles du 5 octobre. Ces femmes des classes populaires parisiennes ramènent la monarchie au milieu du peuple de la capitale en allant chercher « le boulanger, la boulangère et le petit mitron », c’est-à-dire le roi, la reine et le dauphin.
La vague révolutionnaire européenne de 1917-1920
Le 23 février 1917, à Petrograd,
En février 1917, à Pétrograd en Russie éclate une révolution qui renverse en moins de 10 jours le Tsar et devient quelques mois plus tard la révolution bolchévique. L’insurrection qui démarre ces événements est menée par des femmes ouvrières de Pétrograd qui se soulèvent d’abord contre la vie chère (« le pain » est la première de leurs revendications)[2].
▶️ La révolution bolchévique et la fin de la Première guerre mondiale vont déclencher une vague d'événements révolutionnaires (mais aucune autre révolution réussie) dans de nombreux pays européens.
Partout la même conjonction de facteurs a fait explosé les prix :
investissements dirigés vers les industries d’armement plutôt que de consommation pendant des années ;
lenteur de la démobilisation des hommes qui donc tardent à regagner les usines d’où les femmes sont déjà licenciées et des stocks militaires ;
engorgement du système de transports dû au transport des hommes mobilisés qui rentrent peu à peu chez eux.
Usine occupée à Milan, septembre 1920
▶️L’un des pays les plus touchés par cette vague révolutionnaire est l’Italie avec le « Biennio rosso» (les deux années rouges)[3]. Or, dès le printemps 1919, avant les occupations d’usine, commencent des mobilisations spontanées contre des boutiques, des marchés contre la vie chère. Ces révoltes spontanées de femmes vont ensuite être pérennisées sous des formes plus organisées par les syndicats ou le parti socialiste avec le développement de coopératives de consommation.
🔴 Si en France il n’y a pas de révolution à ce moment-là, une ville retient l’attention de la toute nouvelle Internationale comme cas exemplaire : celui de la ville du Havre. En 1919, se met en place des formes de pouvoir populaire à partir de la question du contrôle des prix. D’abord des manifestations de femmes sur le marché pour contrôler et imposer des prix. Puis une organisation entre une coopérative syndicale de dockers qui gère l’approvisionnement de la ville, des brigades de « ménagères » qui inspectent les marchands et une commission des prix créée par l’Union des syndicats du Havre.
La vie chère dans les révolutions citoyennes : l’exemple des gilets jaunes
" Les jaunes " à La Rochelle
Le mouvement des gilets jaunes en France[4] (2018-2019) réactualise la figure des luttes contre la vie chère. Il partage beaucoup de caractéristiques en commun avec d’autres mouvements internationaux de ces dernières années : présence des femmes, blocage de l’économie par la circulation plutôt que par la production, interpellation dirigée vers l’État et le gouvernement plutôt que les pouvoirs économiques, montée en généralité vers des revendications constituantes. Il peut en ce sens être étudié en tant que cas paradigmatique. On peut penser aussi aux importants mouvements sociaux des outre mers françaises ces dernières années.
▶️ Les revendications des gilets jaunes se sont construites autour de l’accès à des biens essentiels.C’est d’abord l’essence qui reprend la place du pain dans les luttes du 18e et du 19e siècles comme produit de base dont on attend de l’État qu’il en garantisse l’accès par son intervention. Ainsi, le mouvement est déclenché par la volonté d’augmenter une taxe sur le carburant. Mais très vite la question des produits des bases s’étend à l’alimentation, à l’énergie de chauffage, ou à la santé.
▶️Derrière la question de l’essence, il y a bien, au sens marxiste basique celle de la reproduction de la force de travail. En effet, dans les conditions modernes de la production, avoir une force de travail disponible à exploiter chaque jour nécessite pour le capitalisme qu’elle puisse chaque jour se rendre sur son lieu de travail.Les coûts associés à l’automobile sont très littéralement des coûts pour reproduire sa force de travail.
" Les jaunes " à Limoux
Conclusion Le mouvement des gilets jaunes et le retour en force de la question de la vie chère dans les luttes populaires montrent qu’une des principales contradiction actuelle du capitalisme réside dans la crise de la reproduction sociale. Ce système d’exploitation a besoin pour fonctionner de reposer sur un système de reproduction sociale à faible coût.Ainsi, pendant la plus grande partie de son existence, le capitalisme pouvait exploiter le travail car une grande partie du coût de la reproduction sociale était pris en charge par le travail gratuit des femmes. Mais plusieurs tendances, qu’elles viennent des luttes ou des logiques internes du capitalisme, produisent une augmentation de ces coûts de reproduction.
D’abord, les luttes d’émancipation des femmes ont remis en cause la viabilité d’un appareil de reproduction familiale qui reposait uniquement sur le travail domestique gratuit ;
Ensuite, la tendance du système à marchandiser de plus en plus de sphères d’activités sociales n’a pas épargné les secteurs du soin, des liens, etc... ;
Enfin, son caractère de plus en plus tributaire le conduit à s’accaparer des réseaux qui organisent la reproduction matérielle de la société - distribution alimentaire, transports - pour les transformer en monopoles privés et augmenter les prix.
🔴 Tout cela alimente une crise de la reproduction sociale.
Or, la capacité d’un système à assurer cette fonction - celle de reproduction - fait traditionnellement partie d’un contrat moral tacite entre dirigeants et dirigés qui, lorsqu’il est rompu, libère un espace révolutionnaire.
Bilan de Macron : une société fracturée avec des inégalités sous toutes leurs formes qui est le fruit de choix politiques !
Alors que le second et dernier mandat d’Emmanuel Macron entre dans sa dernière année, un bilan d’ensemble devient possible. Avec le recul, tous les indicateurs pointent dans la même direction : 10 de macronisme ont été avant tout marqués par une explosion des inégalités.
Sources :Institut La Boétie |
Une société plus inégalitaire que jamais
🔴 Niveau de vie
Depuis 2017, un million de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté, et vivent donc avec moins de 60 % du revenu médian chaque mois. En tout 10 millions de personnes vivent dans la pauvreté, soit 15% de la population : c’est un niveau historiquement haut. Et les conséquences s’inscrivent dans le temps long : en France, il faut 6 générations pour sortir de la pauvreté, soit 180 années.
En 2023, les 10 % les plus pauvres vivent en moyenne avec environ 6 700 euros par an, alors que les 10 % les plus riches disposent de 131 500 euros : près de 20 fois plus. Un écart qui se creuse de plus en plus au fil des années.
🔴 Patrimoine : la France est une société d’héritiers Une part croissante du patrimoine est désormais héritée plutôt qu’acquise, ce qui contribue à reproduire les inégalités entre générations.
Les 10 % les plus riches détiennent à eux seuls 47,1 % des richesses nationales, et leur patrimoine est en moyenne 163 fois supérieur à celui des 10 % les plus pauvres.
Depuis 2017, les 500 plus grandes fortunes françaises ont vu leur richesse plus que doubler, de 500 milliards d’euros à 1 170 milliards en quelques années. En 1996, leur fortune cumulée équivalait à 6 % de la richesse nationale. 30 ans plus tard, en 2024, c’est 42 % de la richesse nationale.
Sous Macron, la fortune des 53 milliardaires du pays a augmenté de 220 milliards d’euros : l’équivalent de 10 000 postes d’enseignants pendant 400 ans.
🔴 Appauvrissement généralisé : les retour des privations Les conditions de vie se dégradent pour une part croissante de la population :13,5 % de la population, soit environ 9 millions de personnes, se trouve en situation de privation matérielle et sociale, un niveau parmi les plus élevés observés depuis plus d’une décennie.
Cette dégradation se traduit concrètement par une incapacité croissante à satisfaire des besoins essentiels :
▶️En 2025, 11,4 % de la population ne peut pas chauffer correctement son logement : c’est 2 fois plus qu’en 2017 ; ▶️En 2025, 11,2 % de la population ne peut pas se permettre de consommer régulièrement des protéines (viande, poisson ou équivalent) : c’est 50 % de plus qu’en 2017 ; ▶️En 2025, 30 500 familles ont été expulsées de leur logement par la police. C'est unchiffre qui a augmenté de 25 % en une année et doublé en 10 ans.
Surtout, cette précarité ne concerne plus uniquement les populations les plus marginalisées. La part des personnes en emploi confrontées à des privations a augmenté, touchant toutes les catégories sociales, y compris les salariés. Ces privations touchent particulièrement certaines catégories : 35 % des chômeurs, 30 % des familles monoparentales, ou encore une part importante des ouvriers et employés. Les écarts sont également très marqués entre catégories sociales : 15 % des ouvriers sont en situation de privation, contre seulement 2 % des cadres.
🔴 Macron fait régresser le pays La France est devenue le troisième pays au monde qui compte le plus de millionnaires, derrière les États-Unis et la Chine.
Entre 2014 et 2024, le coefficient de Gini (principal indicateur des inégalités de revenus), a augmenté en France alors qu’il diminuait en moyenne dans l’Union européenne.
Le constat d’un recul historique est désormais partagé largement bien au-delà des cercles critiques traditionnels. En 2025, le Financial Times, loin d’être une officine insoumise, écrivait : « La France aujourd’hui, est une démocratie sociale sous-financée croisée avec une oligarchie […] C’est comme si 1789 n’avait jamais eu lieu ».
Des politiques publiques qui ont organisé l’augmentation des inégalités Cette aggravation n’a rien d’accidentel. Elle est le produit de choix politiques réfléchis. Derrière cette hausse des inégalités se dessine une dynamique : le macronisme a favorisé un enrichissement massif des plus aisés via un affaiblissement volontaire des mécanismes publics de redistribution.
🔴 La politique de l’offre : l’État se met au service du marché et des grandes fortunes Au nom du « ruissellement » économique, la politique économique des libéraux est taillée sur mesure pour les besoins du capital :
Suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ;
Baisse de l’impôt sur les sociétés de 33 % en 2017 à 25 % aujourd’hui ;
Mise en place de la flat tax : un impôt unique à 30 % sur les revenus du capital, qui remplace la progressivité fiscale et réduit fortement la contribution des plus riches
Les grandes entreprises captent l’essentiel des 200 milliards d’aides publiques aux entreprises, sans effet démontré sur l’investissement ou l’emploi[0]. Il y a bien en revanche un effet démontré sur les dividendes versés aux actionnaires : depuis 2020, il y a chaque année un nouveau record.
En 2017, les entreprises du CAC 40 comptabilisaient 45 milliards d’€ de dividendes versés et d’actions rachetées (opération spéculative pour augmenter la valeur de ses actions).
En 2025, c’est 107 milliards, soit plus de 2 fois plus !
🔴 Une politique anti-redistributive agressive : prendre aux pauvres pour donner aux riches ▶️ Même après les impôts et les aides sociales censés réduire ces écarts, les inégalités continuent d’augmenter… Les réformes fiscales et sociales récentes ont en réalité profondément modifié la logique du système : elles ont allégé la contribution des plus aisés tout en réduisant le soutien apporté aux plus modestes.
Pour financer ses baisses d’impôts aux multinationales et aux grandes fortunes, Macron a taillé dans les prestations sociales dont bénéficient les catégories populaires, par exemple :
Baisse de l’APL : – 5 € dès le début de son premier mandat ;
Le doublement de la franchise médicale ;
Réforme de l’assurance chômage ;
Réforme des retraites ;
Réduction des contrats aidés
▶️ On a également assisté à la montée des impôts proportionnels, comme la TVA ou la CSG.
Ces prélèvements sont appliqués à un taux fixe : cela crée mécaniquement une forme d’injustice fiscale, puisque ces impôts pèsent beaucoup plus lourd dans le budget des ménages modestes que dans celui des plus aisés. La CSG a augmenté de 370 % en 20 ans, la TVA de 25 %. Résultat : la TVA, qui pèse plus sur les pauvres, rapporte deux fois plus de recettes fiscales à l’État que l’impôt sur le revenu, qui lui est progressif.
👉Bilan :selon l’Insee, les réformes socio-fiscales récentes ont conduit à retirer en moyenne 300 euros aux plus modestes, tandis que 300 euros supplémentaires étaient accordés aux plus aisés[1]…
Le démantèlement des protections collectives et des services publics : un accélérateur d’inégalités
🔴 Santé et sécurité sociale : un système mis sous tension Depuis plusieurs décennies, et de manière accélérée sous le macronisme, les services publics ont été soumis à des politiques de restriction budgétaire. Dans la santé, près de 100 000 lits d’hôpitaux ont été supprimés depuis 2000, et des centaines de services d’urgence ont fermé partiellement ou totalement (DREES, Samu-Urgences de France).
▶️ Ce recul de l’offre hospitalière s’accompagne d’une dégradation de l’accès aux soins : plusieurs millions de personnes vivent désormais dans des zones sous-dotées en médecins et professionnels de santé, avec des délais de prise en charge croissants.
🔴 L’érosion organisée des services publics
Dans le domaine du logement, la construction de logements sociaux a fortement reculé, tandis que plus de 4 millions de personnes sont mal-logées.
Dans l’éducation, les moyens stagnent, tandis que les inégalités sociales de réussite se creusent : 73 % des enfants de cadres accèdent à l’enseignement supérieur, contre 41 % des enfants d’ouvriers.
Sur le marché du travail, les réformes ont accru la précarité : hausse des contrats courts, durcissement de l’assurance chômage, développement du « mal-emploi » qui touche plusieurs millions de personnes.
L’affaiblissement des services publics et des protections sociales a ainsi un effet direct : il amplifie les inégalités en réduisant les mécanismes qui permettaient de les contenir.
👉En conclusion :La hausse des inégalités, la concentration du patrimoine, la fiscalité favorable aux plus riches, la dégradation des conditions de vie et l’affaiblissement des services publics participent d’un même mouvement : celui d’un transfert massif de richesses vers les catégories les plus riches.
Le macronisme ne se contente pas d’accompagner les transformations économiques : il organise une recomposition de la société, au profit du capital et des catégories les plus favorisées.
Ce projet repose sur un double mouvement : un État qui se retire de ses fonctions redistributives et protectrices, tout en soutenant activement les acteurs économiques les plus puissants.Dès lors, les inégalités ne sont pas une dérive du système, mais l’un de ses résultats réfléchis.
▶️ En dix ans, le macronisme a profondément transformé le modèle social français en amplifiant les politiques de reproduction des inégalités et, désormais, il organise leur aggravation à tous les niveauxà savoir : revenus, patrimoine, conditions de vie et accès aux droits fondamentaux.
Ce basculement n’a rien d’inévitable, il est le fruit de la construction de choix politiques, il peut donc être déconstruit.
Municipales 2026 : un bilan remarquable pour la France insoumise, et qui a démontré que l'on peut gagner en 2027[0] !
La victoire n'est pas au centre, elle est en bas. Elle n'est pas dans la modération, elle est dans la mobilisation de tous ceux que le système a tout fait pour tenter de les faire taire.
Ensemble, nous pouvons tout changer !
En moins d'une semaine : du jamais vu !
Lors de la précédente élection présidentielle, où la même procédure avait été lancée, un tel nombre de soutiens avait été atteint en 4 jours. Cette année, à peine une journée aura suffi, signe d’une puissante dynamique autour de la candidature insoumise[1]. Continuez à soutenir et à faire soutenir sa candidatureICI ! !
Grâce à l’efficacité et l’organisation des insoumis, la résignation ne l’a pas emporté, la campagne est partie :
adoption de la feuille de route du mouvement insoumis ;
réunion de l’intergroupe de la France insoumise et décision de proposer la candidature de Jean-Luc Mélenchon ;
proposition d'une nouvelle alliance populaire aux autres forces de gauche, notamment les Écologistes et les communistes,
Jean-Luc Mélenchon s'adresse au peuple de France à travers une lettre ouverte pour convaincre les citoyens de le parrainer ;
un grand meeting de lancement de campagne présidentielle est déjà annoncé le 7 juin prochain, à Saint-Denis, à 15 heures.
« Nous sommes une équipe nombreuse avec un programme et un seul candidat », a rappelé Jean-Luc Mélenchon, le fondateur de la France insoumise.
À la suite de l’assemblée représentative du 12 avril dernier, 96,6 % des insoumis·es ont adopté la feuille de route du mouvement insoumis pour la préparation des échéances électorales de 2027[2].
Dans ce cadre, l’intergroupe de la France insoumise s’est réuni à Paris le dimanche 3 mai et a décidé de proposer la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’investiture populaire de 150 000 citoyen·nes[3]. 👇
Le 3 mai 2026, Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l'occasion d'un entretien avec Rémy Buisine sur Brut, le 3 mai 2026.
Cette émission de « Brut », a rassemblé 4,7 millions de téléspectateurs avec les extraits. Si on ajoute les replay c'est 8 490 000 vues. C’est le bilan moins de 48 heures plus tard.
Regardons le résultat politique concret immédiatement enregistré sous la forme des parrainages citoyens sollicités par Jean-Luc Mélenchon. En moins de 24 heures, nous avons rassemblé plus de 150 000 parrainages et 200 000 en 48 heures, un rythme 35 fois plus rapide qu’en 2021[6] !
Dans un communiqué publié le 5 mai, La France insoumise a proposé dans le cadre d'une " nouvelle alliance populaireaux autres forces de gauche, notamment les Écologistes et les communistes, " une campagne commune pour les élections présidentielle puis législatives autour d’un programme partagé de gouvernement.
Le 2 avril 2026 La France insoumise avait proposé la " constitution d’une nouvelle alliance populaire à toutes celles et ceux qui, élus sous l’étiquette du Nouveau Front Populaire, sont restés fidèles à son programme "[4],la France insoumise poursuit dans sa logique de rassemblement via une démarche qui s’inscrit dans une volonté de rassembler des soutiens autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon[5]. 👇
Jean-Luc Mélenchon s'adresse au peuple de France à travers une lettre ouverte publiée le 5 mai 2026.
Dans moins d’un an, ce sera le second tour de l’élection présidentielle. Vous en prévoyez l’importance. Vous connaissez le bilan destructeur du président qui s’en va. Liberté et partage des richesses ont tant souffert !
" Tournons la page " : c’est le sens de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle 2027 proposée par l’intergroupe de la France insoumise ;
Jean-Luc Mélenchon propose aux citoyens de le parrainer, et pour vous en convaincre, il résume son analyse du moment actuel etICI ! vous propose un futur différent.
Cette puissante dynamique insoumis est également la preuve que, face à ce champ de ruines, L'AVENIR EN COMMUN, le programme porté par Jean-Luc Mélenchon trace un chemin pour construire une vie meilleure en 2027.
L’Avenir en Commun est un Un programme historique qui se présente d’abord comme un programme électoral. Il a été composé, mis à jour, et retravaillé à l’occasion de différentes élections présidentielles. Son point de départ est le programme l’Humain d’abord, porté par les insoumis et les communistes dans l’élection présidentielle de 2012. Puis, sous sa nouvelle forme, il fut celui des Insoumis dans les campagnes présidentielles de 2017 et 2022. Sur cette base, furent rédigés ensuite les programmes de l’Union populaire lors des élections législatives de 2022 et 2024. Ainsi, s’est progressivement constitué autour de ce texte un bloc électoral de plusieurs millions de personnes mobilisées en faveur d’une rupture franche avec le monde néolibéral.
Notre programme est l'outil nécessaire pour continuer avec enthousiasme l’héritage français si c’est celui de la Grande révolution, des droits humains, de la lutte contre l’esclavage ou de la résistance au nazisme. Mais nous voulons aussi assumer l’héritage universel des luttes contre la domination coloniale.
Nous avons donc dressé un panorama des organisations pro Israéliennes aux États-Unis, en France et auprès des institutions internationales. Le résultat est impressionnant. Nous nous sommes gardés de tout jugement de valeur en positif ou négatif concernant l’action d’influence de ces organisations : ce n’est pas l’objet de ce texte qui est de nature en quelque sorte encyclopédique.
Organisations pro Israéliennes aux États-Unis
Les principales organisations et associations pro-israéliennes aux États-Unis sont des groupes de lobbying, d’advocacy[0] et de mobilisation qui défendent le renforcement de l’alliance États-Unis-Israël, l’aide militaire et économique américaine à Israël, et combattent l’antisémitisme ou les critiques perçues comme anti-israéliennes. Elles incluent des organisations juives et chrétiennes évangéliques. Elles ne sont pas toutes des « lobbies » au sens strict. (Certaines sont des 501(c)(3) ou (c)(4) sans enregistrement FARA comme agents étrangers, car elles représentent des citoyens américains). [Voir explications de cette nomenclature en annexe où l’on voit que le juridique vient au secours du politique]
▶️ Voici les plus importantes (focus sur les plus actives en lobbying, advocacy et influence)
Cufi
Christians United for Israel (CUFI) : Organisation chrétienne évangélique fondée en 2006 par John Hagee[2].
American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) : Le lobby « historique » bipartisan, très actif au Congrès[3].
American Jewish Committee (AJC) : Organisation juive centriste d’advocacy globale[4].
Zio de nist Organization of America (ZOA) : La plus ancienne (1897), plus à droite et activiste[5].
D’autres groupes notables existent en (J Street – plus progressiste et « pro-paix », Republican Jewish Coalition, Friends of the Israeli Défense Forces pour le fundraising militaire, StandWithUs, etc.), mais ils sont moins centraux dans les classements par taille/influence.
🔴 A - Classement par ordre d’importance numérique :
Les données proviennent de déclarations officielles, rapports fiscaux (Form 990), OpenSecrets et analyses récentes (2023-2025). Elles sont approximatives car certaines organisations ne publient pas tous les détails et les chiffres de « membres » incluent souvent des supporters ou donateurs. L’influence est qualitative mais largement documentée dans les analyses du lobbying pro-Israël.
AIPAC
🔴 B - Classement par nombre d’adhérents / supporters (base numérique) 1 .CUFI : Plus de 10 millions de membres/supporters (chiffre revendiqué en 2020 et maintenu ; plus grande organisation pro-Israël des États-Unis par la base populaire, surtout évangélique). 2 .AIPAC : Plus de 5 à 6 millions de membres/supporters (chiffre officiel revendiqué en 2025). 3 .ADL : Pas de « membres » au sens strict (organisation institutionnelle avec donateurs/supporters ; dizaines de milliers de contributeurs actifs). 4 .AJC et ZOA : Pas de chiffres massifs comparables (organisations d’advocacy élitiste ; ZOA plus petite).
CUFI domine nettement par la taille de sa base populaire (mobilisation grassroots[1] via églises)
🔴 C -Classement par budget (revenus/dépenses annuels approximatifs, données 2023-2025) Les budgets incluent revenus opérationnels, dons et (pour certains) dépenses de lobbying/PAC. Les super PAC affiliés (comme United Democracy Project pour AIPAC) multiplient l’or. Les évaluations sont en millions de dollars. (M) 1 . ADL :Revenus 163 M$ (2024), dépenses 130 M$ (très élevé grâce aux dons massifs post-7 octobre 2023). 2 .AIPAC (et affiliés) : Budget opérationnel de l’organisation 60-100 M$ + dépenses politiques via PAC/super PAC de plus de 100 M$ par cycle électoral (ex. : 127 M$ combinés en 2023-2024 via AIPAC PAC et UDP). Lobbying direct 3,3-3,8 M$ en 2024-2025. 3 .AJC : Revenus 50-75 M$ (données 2020-2021 ; probablement similaire aujourd’hui).
CUFI
4 .CUFI: Budget non public en détail ; lobbying modéré ( 240 000-400 000 $ par an). Focus sur mobilisation plutôt que dépenses massives. 5 .ZOA : Revenus 8,5 M$, dépenses 7,2 M$ (plus petite échelle).
L’ADL et AIPAC (avec ses bras politiques) sont les plus « lourds » financièrement.
🔴 D - Classement par influence sur le monde politique et militaire. L’influence se mesure par le lobbying direct au Congrès, les dons électoraux, la mobilisation de base, les relations bipartisanes et l’impact sur l’aide militaire américaine à Israël (3,8-4 milliards $/an + aides d’urgence). 1 . L’ AIPAC est traditionnellement considéré comme le plus puissant lobby pro-Israël. Elle influence maximale (bipartisane). Lobbying direct intense ( 3-4 M$/an), dons massifs via PAC/super PAC (influence sur des centaines de candidats), rédaction de textes législatifs, délégations au Congrès. Fort impact sur l’aide militaire, les sanctions contre l’Iran et la politique au Moyen-Orient. Très actif dans les primaires pour écarter les critiques d’Israël. 2 .CUFI : Très forte influence grassroots (surtout chez les républicains/évangéliques). Mobilise des millions d’électeurs pour inonder le Congrès d’appels/lettres. Soutien théologique et politique inconditionnel à Israël ; influence indirecte sur la base électorale militaire/politique.
AJC
3 .ADL : Influence importante via l’advocacy, la surveillance de l’antisémitisme, les relations médias et le lobbying modéré. Impact sur le discours public et politique (étiquetage des critiques d’Israël). Moins focalisé sur l’aide militaire que sur la défense globale d’Israël.
4 .AJC : Influence diplomatique et élitiste (relations internationales, intergroupes). Lobbying plus discret mais efficace dans les cercles de pouvoir ; soutien à l’aide US à Israël. 5 . ZOA : Influence moindre, plus activiste et à droite (campus, justice, lobbying limité 180 000 $ en 2024).
▶️ Synthèse globale d’importance (combinaison membres + budget + influence) : AIPAC arrive souvent en tête pour l’influence politique/militaire concrète malgré une base légèrement plus petite que CUFI. CUFI domine par la masse populaire. ADL par les ressources financières.
▶️ Ces groupes de coordonnent parfois via la Conférence of Presidents of Major American Jewish Organizations (51 groupes).Remarques : Les chiffres évoluent (surtout depuis 2023 avec la guerre à Gaza). Les données sont publiques via OpenSecrets, IRS Form 990 et sites officiels.
▶️J Street (pro-Israël mais critique de certaines politiques israéliennes) est plus petit et moins influent dans les classements traditionnels.
L’influence militaire passe principalement par le soutien à l’aide US (Iron Dome, armes, etc.), que ces groupes défendent activement au Congrès.
🔴 E - L’influence financière globale du lobby pro israélien sur le Sénat, le congrès, etc... Au cycle électoral 2023-2024 (les données les plus récentes et complètes disponibles, publiées par la Federal Election Commission en février 2025), le lobby pro-Israël (catégorie « Pro-Israel » sur OpenSecrets, qui regroupe les contributions des PACs et des individus affiliés à des groupes pro-Israël) a versé des contributions aux élus américains actuels de la manière suivante :
Sénateurs : 59 sénateurs (sur 100) ont reçu des contributions, pour un total d’environ 10 millions de dollars ;
Membres du Congrès (députés de la Chambre des représentants) : 400 membres (sur 435) ont reçu des contributions, pour un total d’environ 42,6 millions de dollars.
Ces montants correspondent aux contributions directes (PACs + dons individuels de 200 $ ou plus) reçues par les titulaires de mandat pendant ce cycle. Ils ne incluent pas les dépenses indépendantes (super PACs) ni les contributions aux candidats challengers ou aux campagnes présidentielles.
▶️ Précisions importantes :
La Chambre des représentants compte 435 membres (plus 5 délégués sans droit de vote), le total de 400 bénéficiaires reflète donc la très grande majorité des élus.
Au Sénat, le nombre est plus faible (59 sur 100) car les mandats sont de 6 ans et tous les sénateurs ne sont pas en campagne à chaque cycle, même si ces derniers peuvent recevoir des dons en continu.
▶️ Ces chiffres concernent uniquement le cycle 2023-2024.
Sur l’ensemble de leur carrière (1990-2024), la très grande majorité des élus actuels ont reçu des sommes cumulées plus élevées, mais les données par cycle sont la norme pour évaluer les « aides financières » récentes du lobby[6].
🔴 F - Le financement de la campagne électorale de Trump en 2024 par le lobby pro – israélien.
Quels sont les organisations pro israéliennes aux États-Unis qui ont participé au financement de la campagne électorale de Donald Trump et pour quel montant global pour ce type d’organisation ?
Quelle part en pourcentage cela représente-t-il du financement global de la campagne électorale présidentielle de Trump ?
L’implication des organisations et des grands donateurs pro-israéliens dans le financement de la campagne de Donald Trump pour l’élection de 2024 a été massive, portée principalement par quelques entités clés et des méga-donneurs individuels.
⚡Voici le détail des principales organisations et des montants engagés /
▶️ Principales organisations et donateurs.
Miriam Adelson
Le financement pro-israélien ne provient pas d’un bloc unique, mais de plusieurs structures agissant via des Super PAC (Comités d’action politique) :
1 .Miriam Adelson (et la famille Adelson) : Bien qu’il s’agisse d’une personne physique, elle incarne le pilier central du financement pro-israélien. En 2024, elle a injecté environ 100 à 106 millions de dollars dans le Super PAC pro-Trump nommé Preserve America. Son soutien était explicitement lié à des positions fortes sur Israël, notamment le soutien à l’annexion de la Cisjordanie[7].
2 .Republican Jewish Coalition (RJC) : Via son fonds RJC Victory Fund, l’organisation a engagé environ 15 millions de dollars pour soutenir la réélection de Trump et diffuser des publicités ciblant l’électorat juif dans les États clés[8].
3 .RAIPAC (American Israel Public Affairs Committee) : Traditionnellement, l’AIPAC ne finance pas directement les candidats à la présidentielle. Cependant, en 2024, l’AIPAC a dépensé un montant record de plus de 100 millions de dollars via son Super PAC United Democracy Project (UDP). L’essentiel de cette somme a été utilisé pour influencer les primaires du Congrès (pour éliminer les candidats critiques d’Israël), bénéficiant ainsi indirectement à l’alignement pro-israélien du camp républicain[9].
▶️Montant global estimé.
Si l’on cumule les contributions directes des grands donateurs idéologiques pro-israéliens (comme Adelson) et les dépenses des groupes de pression dédiés :
Le montant total identifié spécifiquement sous l’étiquette " pro-Israël " pour la dynamique Trump 2024 dépasse les 120 à 130 millions de dollars. À noter que ce chiffre peut varier selon que l’on inclut ou non les dons de donateurs milliardaires qui soutiennent Israël mais dont ce n’est pas l’unique motivation (ex : Blackstone ou certains fonds spéculatifs).
▶️Part en pourcentage du financement global.
Pour mettre ces chiffres en perspective par rapport au coût total de la campagne de Donald Trump (estimé entre 1 et 1,2 milliard de dollars, en incluant les comités officiels et les Super PAC affiliés) .
Poids relatif : Les fonds provenant de donateurs dont la priorité centrale est la politique pro-israélienne représentent environ 10 % à 12 % du financement total de sa campagne présidentielle.
▶️Impact stratégique : Bien que minoritaire en volume total, ce financement est crucial car il provient de "méga-donneurs".
À elle seule, Miriam Adelson a représenté une part substantielle (environ 8 à 10 %) des fonds extérieurs (Super PAC) de Trump, ce qui lui donne une influence politique disproportionnée sur ce dossier spécifique.
Note de contexte : Contrairement aux petits donateurs, ces financements massifs sont concentrés dans des structures qui permettent des dépenses publicitaires illimitées, ce qui a été un moteur essentiel de la visibilité de Trump en fin de campagne.
🔴 G - Le classement idéologique de ces organisations. Le classement idéologique des organisations juives aux États-Unis.
Ces classements reposent sur les positions historiques et actuelles dominantes des organisations (soutien explicite au sionisme, alignement révisionniste maximaliste, neutralité ou opposition au sionisme politique, ou critique fréquente des politiques gouvernementales israéliennes tout en étant souvent ancrées dans des valeurs juives progressistes). Il s’agit des principales organisations américaines liées à Israël dans ces catégories ; le paysage associatif est vaste et évolutif, avec des nuances internes possibles. Les dates correspondent aux fondations ou incorporations américaines documentées.
⚡Apportons maintenant des précisions sur les organisations ayant une idéologie sioniste révisionniste. Les organisations ou associations sionistes révisionnistes aux États-Unis sont les suivantes.
▶️Le sionisme révisionniste, fondé par Ze’ev Jabotinsky dans les années 1920, met l’accent sur un État juif fort (initialement sur les deux rives du Jourdain), une approche plus militante et nationaliste, et s’oppose souvent aux courants sionistes modérés ou socialistes. Aux États-Unis, ces groupes ont été actifs surtout pendant la période de l’entre-deux-guerres et de la Seconde Guerre mondiale, avec une présence plus limitée aujourd’hui, souvent sous forme de mouvements de jeunesse ou d’éducation sioniste[18].
▶️Organisations historiques (années 1930-1940) United Zionists-Revisionists of America (ou United Zionist Revisionists of America): Branche américaine directe du mouvement révisionniste mondial[18] Elle a publié des périodiques comme Zionews et milité pour un État juif maximaliste.
▶️New Zionist Organization of America (NZO) : Dirigée par Ben-Zion Netanyahu (père de Benjamin Netanyahu), elle suivait la ligne politique révisionniste et a mené des campagnes aux États-Unis pour une armée juive et contre le Livre blanc britannique. Elle était distincte de l’Irgun Delegation (groupe de soutien au mouvement paramilitaire révisionniste Irgun).
▶️ American League for a Free Palestine (créée en 1944) : Groupe lié aux révisionnistes, actif pour la création d’un État juif.
Ces organisations ont joué un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale pour sensibiliser l’opinion américaine et soutenir l’Irgun et le Betar
Betar US
▶️ Organisations et mouvements actuels Betar USA (ou Betar US) : C’est la branche américaine du Betar (Brit Yosef Trumpeldor), mouvement de jeunesse fondé en 1923 par Jabotinsky lui-même dans le cadre du sionisme révisionniste. Créée aux États-Unis en 1929, elle a été relancée en 2023-2024. Elle se décrit comme un mouvement sioniste « loud, proud et militant », défendant la légitimité d’Israël, la connexion juive à la Terre d’Israël et une approche « Jews Fight Back ». Elle compte des chapitres dans de nombreuses villes et promeut l’aliya (immigration en Israël). Son idéologie est explicitement révisionniste (fierté juive, discipline, souveraineté sur l’ensemble de la terre historique)[19].
▶️Herut North America (Herut NA) : Mouvement sioniste « unapologetically Zionist » qui se revendique directement de l’héritage de Jabotinsky et du parti Herut (héritier politique israélien des révisionnistes). Il se concentre sur l’éducation des jeunes juifs américains, la formation de leaders sionistes, l’unité juive et le soutien à Israël. Il participe aux élections du Congrès sioniste mondial et met l’accent sur les droits indigènes juifs et l’éducation sioniste[20].
ZOA
▶️Autres remarques : La Zionist Organization of America (ZOA) est souvent alignée sur des positions de droite pro-Likud (héritage révisionniste), mais elle n’est pas exclusivement ou officiellement « révisionniste »[5]. D’autres groupes pro-Israël de droite peuvent partager des vues similaires sans se revendiquer directement du révisionnisme jabotinskien. Le Betar USA et Herut North America restent les entités les plus directement liées à cette idéologie aujourd’hui, avec un focus sur l’activisme et l’éducation.
Les organisations sionistes révisionnistes considèrent qu’il faut agir pour construire le « Grand Israël » mais avec une position qui a évolué :
Hier, le " Grand Israël " incluait la Jordanie.
Aujourd’hui : Pour la majorité des organisations révisionnistes aux États-Unis, le concept se concentre désormais sur le maintien du contrôle total sur la Cisjordanie et de Gaza, ainsi que sur l’annexion du plateau du Golan, plutôt que sur la conquête de la Jordanie.
👉👉Et les informations évoluent : pour les détails les plus récents, consultez leurs sites officiels [19][20]
⚡ Pour avoir des informations précises sur les origines et l’évolution du sionisme aux États-Unis, on peut se référer à une vidéo d’avril 2026 : l’Amérique apocalyptique par Youssef Hidi, historien des religions et géo politologues
Les organisations pro-israéliennes en France. Les principales organisations pro-Israël en France sont souvent décrites comme un réseau varié (organisations communautaires juives, groupes parlementaires, associations bilatérales et lobbies d’influence). Elles promeuvent le renforcement des liens entre la France et Israël, défendent les positions israéliennes face aux critiques, luttent contre l’antisémitisme et organisent des échanges (voyages d’étude, dialogues).
▶️ Voici les organisations les plus citées en France :
CRIF
1 . CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) : Organe principal représentant la communauté juive de France (78 associations. Membres). Elle fut fondée à Lyon sous l’occupation en 1943. Il défend les intérêts des Juifs de France, combat l’antisémitisme et soutient activement Israël, souvent aligné sur des positions proches du Likoud (droite israélienne).
Il intervient publiquement sur la politique française vis-à-vis du Proche-Orient. Il est reconnu comme interlocuteur officiel par les différentes institutions françaises. Le président actuel du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) est Yonathan Arfi. Élu pour la première fois en juin 2022, il a été réélu pour un second mandat de trois ans le 15 juin 2025[21].
Perception et réalité : Bien qu’il soit l’interlocuteur politique officiel auprès des pouvoirs publics, ses critiques (comme contre l’UJFP) et certains sociologues soulignent qu’il ne représente qu’une fraction des Français juifs. La population juive en France est estimée à environ 440 000 à 500 000 personnes ; or, une grande majorité de ces personnes n’est adhérente à aucune des structures fédérées par le CRIF.
2 . ELNET (European Leadership Network – section France): Lobby pro-israélien créé en 2007, inscrit comme représentant d’intérêts auprès de l’Assemblée par envers Israël. Il se présente comme un « think tank du dialogue stratégique » entre la France et Israël, fondé sur des valeurs démocratiques partagées[22].
Fondation France-Israël
3 .Fondation France-Israël : Créée en 2005, elle promeut la coopération culturelle, économique, scientifique et éducative entre les deux pays, en créant des passerelles entre sociétés civiles[23].
🔴 Les groupes d’amitié parlementaire France-Israël et France – Palestine à l’Assemblée nationale et au Sénat Voici le détail et nous avons ajouté les membres de l’Assemblée nationale et du Sénat appartenant à l’association France – Palestine pour comparaison.
▶️ Association d’amitiés France – Israël
1 .Assemblée nationale nombre total de députés appartenant à l’association : 97 dont les membres du bureau sont : Constance Le Grip, David Habib, Philippe Latombe, Julien Odoul, Jérémie Patrier-Leitus, Éric Pauget, Dominique Potier, Caroline Yadan, Caroline Depasse.
Caroline Yadan
2 .Informations sur Caroline Yadan, qui avant de s'engager en politique (Députée EPR de la 8e circonscription des Français établis hors de France, et porte un texte destiné à mieux lutter contre l'antisémitisme... mais en fait, visant à porter atteinte à la liberté d’expression[49]), elle est responsable du pôle antisémitisme de la Licra[24]
3 .Sénat nombre total de sénateurs appartenant à l’association : 73 dont les membres du bureau sont : Roger Karoutchi, Alexandra Borchio Fontimp, Cécile Cukierman, Catherine Dumas, Christophe-André Frassa, Patrick Kanner, Pierre-Antoine Levi, Hervé Marseille, Hervé Maurey, Laurence Rossignol, Patricia Schillinger, Pierre-Jean Verzelen, Ronan Dantec, Ronan Le Gleut, Francis Szpiner, Rachid Temal.
▶️ Association d’amitiés France – Palestine
1 . Assemblée nationale nombre total de députés appartenant à l’association : 65 dont les membres du bureau sont : Richard Ramos, Elsa Faucillon, Jérôme Nury, Dominique Potier, Sabrina Sebaihi, Andrée Taurinya, Estelle Youssouffa, Farida Amrani, Soumya Bourouaha. 2. Sénat nombre total de sénateurs appartenant à l’association : 37 dont les membres du bureau sont : Gisèle Jourda, Nicole Duranton, Fabien Gay, Philippe Grosvalet, Loïc Hervé, Christine Lavarde, Raymonde Poncet Monge, Rachid Temal, Pierre-Jean Verzelen.
French-American Foundation
👉👉Remarque : c’est l’association d’amitiés France – États-Unis qui comportent le plus grand nombre de députés : 102 membres Ce résultat n’est pas étonnant lorsque l’on sait que par ailleurs, que 237 personnalités françaises ont été sélectionnées comme Young leader dans la French American fondation entre 2007 et 2025[25][26].
🔴 Des médias communautaires comme Radio J. Un réseau informel de personnalités médiatiques et politiques complète souvent ces structures lors des crises. Par exemple, sur France Culture, les missions du dimanche matin de 9h à 9h 40 : Talmudique.
🔴 Autres associations Le paysage institutionnel juif est pluriel et se divise principalement selon des axes religieux, sociaux ou politiques :
1 . Le Consistoire (Religieux) Consistoire Central de France: Créé par Napoléon, il gère le culte (synagogues, rabbins, abattage rituel). C’est l’instance religieuse officielle, actuellement présidée par Élie Korchia, avec Haïm Korsia comme Grand Rabbin de France[27].
FSJU
2 . Le FSJU (Social et Culturel) Fonds Social Juif Unifié: C’est le pilier de l’action sociale, éducative et culturelle. Il finance des écoles, des centres de jeunesse et des programmes d’aide sociale[28].
3 .Les mouvements cultuels non-consistoriaux Judaïsme En Mouvement (JEM): Issu de la fusion de l’ULIF et de la MJLF, il représente le courant libéral et progressiste[29].
4 .Mouvements Orthodoxes/Haredim : De nombreuses communautés indépendantes, notamment liées au mouvement Loubavitch (Habad)[30].
5 .Organisations politiques ou militantes UEJF (Union des Étudiants Juifs de France) : Très active sur les campus et dans la lutte contre l’antisémitisme[31].
UFPJ
6 .L’Alliance Israélite Universelle (AIU) : Orientée vers l’éducation et la diffusion de la culture juive[32].
7 .UJFP (Union des Juifs Français pour la Paix): Organisation antisioniste, elle est née en 1994 de la volonté d'une paix juste au Proche-Orient. Elle critique des positions du CRIF et incarne une ligne politique proche de la gauche[33].
🔴 Connexions avec les organisations aux États-Unis 1 . Le principal lobby pro-Israël américain est l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), puissant groupe de pression bipartisan qui influence le Congrès pour soutenir Israël. Les liens avec la France ne sont pas toujours directs ou financiers (pas de subsides avérés de l’AIPAC vers les groupes français selon certaines analyses anciennes), mais ils existent via des modèles et des financements[34].
2 . ELNET est explicitement comparé à « l’AIPAC européen ». Il reçoit une grande partie de son financement (millions de dollars) via son bras américain Friends of ELNET, alimenté par des donateurs pro-Israël américains qui soutiennent également l’AIPAC et d’autres causes conservatrices. ELNET a des bureaux aux États-Unis et des liens avec des conseillers israéliens[22].
Les organisations pro – israéliennes influençant la Commission européenne L’influence sur la Commission européenne (qui propose les lois et gère les accords commerciaux comme l’Accord d’association UE-Israël) passe par des lobbies bruxellois qui organisent des dialogues, des délégations de députés européens (MEP) en Israël et des rencontres avec les directions générales (Commerce, Recherche, etc.). Il n’existe pas d’équivalent unique à l’AIPAC, mais un réseau d’organisations actives :
ELNET
1 .ELNET (bureau Belgique – UE & OTAN) : Réseau européen avec un bureau dédié à Bruxelles. Il facilite des délégations, dialogues stratégiques et conférences pour les décideurs européens (parlementaires, leaders), afin de renforcer les relations UE-Israël sur la sécurité, le terrorisme, l’Iran et la normalisation régionale. Il mobilise explicitement les leaders de l’UE[22].
2 . ELnetwork.(Europe Israel Public Affairs): Seul lobby pro-Israël « 100 % laïc et non partisan » enregistré à Bruxelles. Il travaille directement au sein des institutions européennes pour renforcer les relations bilatérales UE-Israël (sécurité, paix au Moyen-Orient, droits de l’homme) et dialogue avec les parlementaires et fonctionnaires. Il est souvent comparé à l’AIPAC dans son mode de fonctionnement[35].
3 .Transatlantic Institute : (branche européenne de l’American Jewish Committee – AJC, organisation américaine majeure)[36].
4 .B’nai B’rith Europe : Organisent des voyages et des rencontres pour les eurodéputés[37].
European Jewish Association
5 .European Jewish Association (EJA), parfois liée à l’EIPA : Ces groupes mettent l’accent sur des valeurs partagées (démocratie, lutte contre l’antisémitisme et le terrorisme) et des intérêts stratégiques (commerce, innovation, sécurité). Leur influence se fait via des réseaux, des financements de déplacements et des plaidoyers auprès des institutions. Des enquêtes journalistiques les qualifient parfois de « lobby pro-Israël » ou d’« agents d’influence », tandis qu’elles se présentent comme des promoteurs de dialogue et de partenariats[38].
⚡Remarques générales
Ces organisations sont actives et visibles, surtout depuis les événements du 7 octobre 2023. Leur action est légale et déclarée (transparence des lobbies à l’Assemblée nationale et au registre de transparence de l’UE). Les analyses varient selon les sources : certaines les voient comme un « conglomérat politico-médiatique » puissant, d’autres comme des défenseurs légitimes d’un allié démocratique. Pour des détails actualisés, consultez leurs sites officiels (CRIF, ELNET, EIPA) ou le registre des lobbies de l’UE. Les informations ci-dessus reposent sur des sources publiques récentes (2024-2025).
Les organisations pro – israéliennes qui influence auprès des organisations internationales. Voici une présentation des organisations et réseaux qui exercent une influence ou une action de plaidoyer en faveur d’Israël auprès des instances internationales : 1)
1 .L’Organisation des Nations Unies (ONU) WJC (World Jewish Congress / Congrès Juif Mondial): Basé à New York, il est l’interlocuteur diplomatique majeur des communautés juives auprès des Nations Unies. Il dispose d’un statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC et intervient régulièrement au Conseil des droits de l’homme pour contrer les résolutions ciblant Israël[39].
2 . B’nai B’rith International : C’est l’une des plus anciennes organisations au monde. Elle possède des bureaux à New York et Genève et surveille de près l’activité des agences de l’ONU, luttant notamment contre l’antisémitisme institutionnel et le traitement jugé disproportionné d’Israël au sein des instances onusiennes[40].
3 .AJC (American Jewish Committee) : Bien que basé aux États-Unis, l’AJC mène une diplomatie mondiale active. Il entretient des relations suivies avec des dizaines de délégations diplomatiques auprès de l’ONU pour influencer les votes et promouvoir la reconnaissance du droit d’Israël à la sécurité[14].
4 .L'AIPAC ou (American Israel Public Affairs Committee) : Bien que son action principale vise le Congrès américain, l’AIPAC influence indirectement le FMI via la politique étrangère et économique des États-Unis, qui sont le premier contributeur du Fonds. Son action vise à s’assurer que les aides financières internationales ne soient pas détournées vers des entités hostiles à Israël[3][9].
5 .The Foundation for Defense of Democracies (FDD) : Ce think tank basé à Washington exerce une influence intellectuelle et technique sur les questions de sanctions financières et de lutte contre le financement du terrorisme, des thématiques qui recoupent les évaluations de conformité du FMI[41].
Israel-America Chambre de Commerce
6 .L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et Israel-America Chamber of Commerce[42] : Cette chambre de commerce travaille en lien avec des réseaux de lobbyistes à Washington et Bruxelles pour favoriser l’intégration d’Israël dans les accords commerciaux multilatéraux et s’opposer aux tentatives de boycott (BDS) qui pourraient être portées devant l’organe de règlement des différends de l’OMC. BlueBlox et cabinets de conseil spécialisés : L’influence à l’OMC passe souvent par des cabinets de juristes spécialisés qui conseillent l’État hébreu pour naviguer dans les règles du commerce mondial et protéger ses exportations de haute technologie.
7 .L’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) et ELNET Délégation permanente d’Israël auprès de l’OCDE : Contrairement aux ONG, l’action ici est essentiellement étatique. Israël utilise son statut de membre (depuis 2010) pour s’aligner sur les standards de gouvernance mondiaux, ce qui renforce sa légitimité internationale. Le soutien est ici assuré par les réseaux de conseillers économiques des pays alliés au sein des comités techniques.
ELNET (European Leadership Network)[22] : Cette organisation travaille à renforcer les liens stratégiques entre l’Europe et Israël. Elle facilite les échanges entre les décideurs politiques européens et israéliens, influençant indirectement la perception d’Israël au sein d’organisations comme l’OCDE basées à Paris.
Fédération générale des travailleurs de d'Israël
8 .Le Bureau International du Travail (BIT) et Histadrout (Fédération générale des travailleurs de la Terre d’Israël) : Membre actif de la Confédération Syndicale Internationale (CSI), la Histadrout représente les intérêts des travailleurs israéliens au BIT.Elle agit pour empêcher que l’organisation ne devienne une plateforme de condamnation politique unilatérale lors des conférences annuelles[43].
9 .ITUC (International Trade Union Confederation) - Réseaux affiliés: Au sein du BIT, l’influence pro-israélienne passe par des syndicats partenaires (notamment américains et certains européens) qui s’opposent aux motions de censure ou aux rapports trop critiques concernant les conditions de travail dans les territoires gérés par Israël.
10 .La Banque mondiale : L’influence pro-israélienne au sein de la Banque mondiale ne s’exerce pas par une organisation unique, mais via un réseau de structures gouvernementales et de groupes de pression internationaux, principalement basés aux États-Unis. Les États-Unis sont le premier actionnaire de la Banque mondiale. Par le biais du Trésor (Trésor Américain (U.S. Treasury), les administrations américaines (souvent sous l’influence de groupes comme l’AIPAC[3]) veillent à ce que les financements de la Banque mondiale ne soient pas alloués à des projets qu’Israël juge contraires à sa sécurité, ou à des entités liées à des organisations qu’il considère comme terroristes.
The Lawfare Project : Cette organisation juridique intervient pour s’assurer que les institutions financières internationales respectent les lois antiterroristes. NGO MonitorElle peut exercer une pression indirecte sur la Banque mondiale concernant ses mécanismes de transfert de fonds vers les Territoires palestiniens[44].
NGO Monitor : Bien que basée en Israël, cette organisation analyse de près les rapports et les financements de la Banque mondiale destinés aux ONG palestiniennes, cherchant à démontrer d’éventuels liens avec des groupes militants pour influencer les politiques d’allocation de la Banque[45].
13 .L’Organisation mondiale de la santé (OMS) : L’influence au sein de l’OMS est plus complexe car l’organisation est un terrain de débats diplomatiques intenses, notamment lors de l’Assemblée mondiale de la Santé.
UN Watch: Basée à Genève, cette organisation est extrêmement active pour dénoncer ce qu’elle considère comme un biais anti-israélien à l’OMS. Elle exerce une influence médiatique et diplomatique constante, notamment lors de l’adoption de résolutions annuelles sur les conditions de santé dans les territoires occupés[46].
B’nai B’rith International : Cette organisation dispose d’un statut consultatif auprès des instances de l’ONU et intervient régulièrement pour soutenir les positions sanitaires d’Israël et contrer les motions de blâme au sein de l’OMS[47].
▶️Quel apport financier d’Israël à l’OMS ?
L’apport financier d’un pays à l’OMS se divise en deux, les contributions fixées (obligatoires) et les contributions volontaires.
Contributions fixées (Assessed Contributions) : Pour le cycle budgétaire 2024-2025, la contribution annuelle d’Israël est d’environ 0,5 % du budget total des contributions fixées des États membres. Cela représente environ 2,5 à 3 millions de dollars par an.
Contributions volontaires : Celles-ci sont fluctuantes. Israël contribue ponctuellement à des programmes spécifiques, notamment sur l’innovation technologique en santé ou la gestion des urgences, mais il ne figure pas parmi les 20 plus gros contributeurs volontaires mondiaux.
👉Note :En 2026, les relations sont tendues. Suite au retrait des États-Unis de l’OMS début 2026, Israël a officiellement averti qu’il subissait des pressions internes pour réévaluer sa propre participation, dénonçant une " politisation " croissante de l’organisation.
Annexe
🔴 Sur le statut des associations pro israéliennes
▶️ Certaines de ces organisations pro-Israël aux États-Unis sont enregistrées comme des associations à but non lucratif américaines (statut 501(c)(3) ou 501(c)(4)) et n’ont pas besoin de s’enregistrer auprès du gouvernement américain comme agents d’un pays étranger » (FARA), parce qu’elles agissent au nom de citoyens américains, et non directement pour le gouvernement israélien. » 501(c)(3) ou 501(c)(4) : Ce sont deux catégories très courantes d’organisations sans but lucratif aux États-Unis (créées par le code fiscal américain, section 501). 501(c)(3) = associations caritatives, éducatives, religieuses (ex. : AIPAC a une branche 501(c)(3)). Les dons sont déductibles d’impôts. 501(c)(4) = associations de « bien-être social » qui peuvent faire plus de lobbying politique[48].
▶️ Elles sont 100 % légales et américaines, comme n’importe quelle ONG ou think tank aux USA. Sans enregistrement FARA : FARA = Foreign Agents Registration Act (loi de 1938). Cette loi oblige toute personne ou organisation qui agit pour le compte d’un gouvernement étranger (ici Israël) à s’inscrire officiellement comme « agent étranger » et à déclarer toutes ses activités et financements au ministère de la Justice américain. C’est très contraignant et stigmatisant (on doit mettre « agent d’Israël » sur tous ses documents publics). Comme agents étrangers : Donc ces organisations n’ont pas cette étiquette et n’ont pas ces obligations. Car elles représentent des citoyens américains : C’est la clé juridique. Même si elles défendent très fortement la politique d’Israël, elles disent : « Nous ne travaillons pas pour le gouvernement israélien. Nous travaillons pour des Américains (juifs ou non) qui veulent que leur gouvernement soutienne Israël. » Du coup, aux yeux de la loi américaine, ce sont des groupes de pression américains comme n’importe quel autre lobby (NRA pour les armes, AARP pour les retraités, etc.). Ils n’ont donc pas besoin de s’inscrire au FARA.
👉 En résumé ultra-simple :Ces organisations sont américaines, financées et dirigées par des Américains, même si leur cause est pro-Israël. Elles profitent donc du droit de lobbying américain normal et échappent à la réglementation stricte qui vise les vrais « agents d’un pays étranger ». C’est pour ça qu’on les voit souvent critiquées : certains disent qu’elles sont « de facto » très proches du gouvernement israélien, mais juridiquement elles sont protégées parce qu’elles sont composées et financées par des citoyens US.
🔴 Des éléments d’information sur le sionisme. Dans l’une de ses chroniques, l’historien des religions Youssef Hindi positionne le sionisme par rapport à la Torah.
Sionisme : que dit la Torah ?Avec cette chronique 58, on comprend alors que confondre antisémitisme et antisionisme est d’une absurdité absolue puisque de très nombreux juifs sont antisionistes : ce sont ceux qui respectent la tradition religieuse issue de la Torah et du talmud
Notes :
[0] L'Advocacy est un mode d'aide à l'expression par l'intervention d'un tiers, d'une personne qui s'estime victime d'un préjudice et/ou qui se sent mal écoutée et insuffisamment respectée par ses interlocuteurs institutionnels et/ou qui rencontre des obstacles à l'exercice de sa pleine citoyenneté.
[6] Sources : OpenSecrets.org (organisation non partisane qui suit les financements de campagne). Les données sont publiques et basées sur les déclarations à la FEC. Notez que le lobby pro-Israël inclut plusieurs groupes (AIPAC et affiliés, NorPAC, etc.), et non un seul organisme. Pour des données encore plus récentes (cycle 2025-2026 en cours), les montants partiels sont en hausse, mais les totaux complets ne sont pas encore finalisés.
Ça se vérifie sur toute la planète : c'est le comportement des sociaux démocrates se disant de la gauche " réformiste " et faisant des politiques de droite, qui, par leur trahison des engagements de gauche servent, par dégout, de point d'appui à la montée de l'extrême droite !
Depuis ses débuts, la sociale-démocratie vend la même escroquerie : concilier les intérêts des travailleurs avec les exigences du capitalisme. Elle promet des réformes, des avancées sociales et un progrès tranquille, mais dans les faits, elle sert toujours les mêmes maîtres : l’État bourgeois et le patronat.
En Europe, au cours de la dernière décennie, et au-delà, en particulier depuis la dissolution de l’Union soviétique, il y a eu une dissociation complète de ce qui est présenté comme la politique de gauche de toute opposition au capitalisme. Le Parti travailliste britannique franchit le pas la première, avec Tony Blair. Puis le mouvement se propage en Scandinavie, en Allemagne avec Gerhard Schröder, aux Pays-Bas, en Belgique, en Australie, aux USA avec le Parti démocrate. Et en France bien sûr, où l’une des mesures les plus emblématiques est le cadeau fait par François Hollande aux détenteurs de capitaux, avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) – 20 milliards d’euros par an sans obligation de création d’emplois à la clé[0].
Ils ont tous abandonné toute orientation vers la classe ouvrière ou préoccupation des questions sociales touchant les travailleurs. Ils ont substitué une orientation d’identité raciale et de genre aux questions de classe, ce qui est une base fausse et réactionnaire en politique[2].
Sources :Eric Durand | mis à jour le 04:04/2026
La raison principale de l’échec de la gauche sociale-démocratieà renouveler l’idéal démocratique et social, tient à son refus de s’opposer à l’hégémonie du capitalisme néolibéral.
En principe, comme l‘avait parfaitement montré le philosophe italien Norberto Bobbio, ce qui caractérise la gauche c’est sa sensibilité à la lutte contre les inégalités. Or, depuis une cinquantaine d’années, la gauche sociale-démocrate s’est montrée totalement impuissante face à l’explosion mondiale des inégalités, quand elle ne l'a pas accompagnée. A sa décharge, il convient de rappeler qu’elle n’était pas de taille. La gauche joue à l’échelle des pays, le capitalisme spéculatif à celle de la planète. C’est lui qui incarne la nouvelle raison du monde.
La gauche sociale-démocrate s’est donc dit qu’il fallait bien s’accommoder de plus fort que soi et jouer son jeu.Le cas de Syriza en Grèce est exemplaire. En 2015, incapable de résister aux diktats de la Commission européenne poussée par l‘Allemagne, ce parti bien ancré à gauche a perdu toute crédibilité auprès de ses électeurs et il est maintenant dirigé par un ancien de Goldman Sachs[1] et n’en finit plus de se décomposer.
🔴 Liste non exhaustive d'états ou les sociaux démocrates ont abandonné toute orientation vers la classe ouvrière ou préoccupation des questions sociales touchant les travailleurs et ont servi de marchepied à la percée de l’extrême droite :
2019 Salvador : le Salvador est gouverné par Nayib Bukele, un président qui a imposé un modèle autoritaire et policier :
Le 3 févier 2019, Nayib Bukele, ancien maire de San Salvador sous l'étiquette du parti de gauche FMLN, a été élu à l'âge de 37 ans à la présidence en promettant d'en finir avec le bipartisme droite-gauche qui durait depuis la fin de la guerre civile en 1992.
Il était en lice sous la bannière du petit parti conservateur Grande alliance pour l'unité nationale (Gana) qui l'a accueilli après son expulsion du FMLN. Le Salvador a connu un déclin démocratique après l'élection de Nayib Bukele à la présidence en 2019[8].
Benyamin Nétanyahou
2019 Israël : à l’issue des élections législatives du 17 septembre, Benyamin Nétanyahou, arrive au pouvoir[5]et, en 2022 compose un gouvernement avec des personnalités membres de partis d’extrême droite :
La gauche " travailliste " (parti politique de centre gauche dont tous les Premiers ministres d'Israël étaient issus, jusqu'en 1977) a joué un rôle central dans l’histoire d’Israël. Au cœur de la création de l’État en 1948, elle est restée majoritaire au Parlement pendant plus de trente ans. Depuis la fin des années 1970, et plus encore après l’assassinat d’Yitzhak Rabin en 1995, la gauche traversent une crise profonde et ne répond pas aux urgences :
construire une société juste et égalitaire avec les Palestiniens ;
contrer les assauts de la droite sioniste et des mouvements religieux qui, jadis minoritaires, sont désormais hégémoniques politiquement et culturellement...
En 2019 : la "
" a fait un score ridicule. C’est le prix d’une campagne assez violente en ce qui concerne le parti Meretz (socialiste) et complètement déconnectée de sa base concernant le Parti travailliste.
En 2022 : on retrouve au sein de son gouvernement des nationalistes procolonisation de Gaza, de la Cisjordanie et d'une partie du Liban, opposés à toute forme d’existence d’un État palestinien, ou encore des suprémacistes juifs, ouvertement racistes envers les Arabes[5bis].
Lenin Moreno
2021 Équateur : Guillaume Lasso, un homme d’affaires qui est le candidat du mouvement Créo, remporte le second tour de l’élection présidentielle équatorienne du 11 avril 2021 avec 52,4 % des votes :
L’élection du socialiste Lenin Moreno de l’Alliance pays, en 2017, marque une continuité avec la présidence précédente de Rafael Correa (2007-2017). Moreno opte toutefois pour des politiques plus conservatrices, particulièrement en matière d’économie, et adopte une approche plus libérale. La contestation à son endroit atteint un sommet en 2019 avec d’importantes manifestations et la proclamation de l’état d’urgence. La cote de popularité de Moreno, qui n’est pas sur les rangs pour le premier tour de la présidence suivante, le 7 février 2021, tombe en chute libre.
L’ex-banquier Guillermo Lasso, qui propose un programme de droite est élu le 11 avril 2021[7].
Le 16 mai 2023 Guillermo Lasso, se rendait à l’Assemblée nationale pour se défendre des accusations de corruption formulées par les députés. Pendant quarante-cinq minutes, le chef de l’État a plaidé sa« totale, évidente et incontestable innocence » ;
Le 17 mai, il annonçait la dissolution du Parlement, et organisait des élections anticipées en novembre 2023 ;
Et, le 23 novembre 2023, c'est Daniel Noboa, un Donald Trump tout en sourire, qui, à 35 ans, devient ainsi le plus jeune président de l'histoire du pays, et était réélu le 13 avril 2025[7bis].
Alberto Fernandez
2023 Argentine : le choix des Argentins d’élire un anarcho-capitaliste à la tête de l’État s’explique par le fait que le gouvernement sortant de centre-gauche leur a laissé un pays en ruine :
En 2019, Alberto Fernandez, le candidat de centre-gauche remporte l'élection présidentielle dès le premier tour[4]. Et en novembre 2023 :
face à un pays aux prises avec une inflation incontrôlée de 143 %, ou plus de 40 % des citoyens vivent dans la pauvreté, dont la moitié sont des enfants, à des familles doivent parfois payer leur épicerie en 12 versements pour arriver ;
face à la politique du gouvernement qui est un échec, et s’appuie sur une corruption endémique des institutions, qui sévit depuis des décennies....
c'est le candidat d’extrême droite, Javier Milei,qui arrive au pouvoir[6]
2024 Belgique : comme de nombreux pays à travers le monde, la Belgique était appelée à voter, en 2024, pour renouveler ses différentes instances de gouvernement. L’occasion d’y prendre le pouls de la vague réactionnaire qui déferle actuellement sur la planète :
En Belgique, le parti d’extrême droite N-VA (Nouvelle Alliance flamande) a confirmé, lors des municipales du 13 octobre, ses bons résultats engrangés aux européennes de juin. La formation nationaliste obtient la victoire à Anvers (37 %) et, dans toutes les provinces flamandes, elle obtient ou dépasse les 25 % (Gand, Courtrai…)[18] en réussissant à capter une partie non négligeable d’un électorat populaire jusqu’ici très largement acquis à la gauche. .
Dans le même temps, la Belgique francophone a encore accentué sa singularité lors des élections de 2024. En effet, on ne compte plus qu’un seul élu communal d’extrême droite au sud du pays.
En Belgique comme ailleurs, c’est surtout le rejet massif du système politique et économique actuel qui prime, un rejet sur lequel l’extrême-droite et la droite extrême parviennent – pour l’instant – à mieux capitaliser que la gauche, ce qui ne veut pas dire pour autant que leurs programmes politiques concrets suscitent une adhésion majoritaire, loin de là.
2025, États-Unis : les causes du renforcement de l’extrême-droite et de la victoire de Trump :
Joe Biden
Aux États-Unis, l'élection présidentielle de 2024 montre combien l'extrême-droite s'est renforcée durant la présidence du social-démocrate Joe Biden. Malgré les espoirs que Biden puisse réunir le pays sous sa présidence, l’expérience des masses n’en a pas été positive. Les États-Unis ont déversé énormément d’argent dans la guerre par procuration en Ukraine, alors que les services publics sont toujours sous-financés. Depuis 2023, Biden et les Démocrates armaient et supervisent un génocide en Palestine et les agressions de plus en plus fréquentes d’Israël contre le reste de la région.....et ce alors que l’inflation grandissante a rendu plus difficile pour les classes ouvrières et moyennes d’acheter les biens de consommation les plus nécessaires[3] ;
Que les Démocrates, et même les plus progressistes d’entre eux, n’aient fait que défendre le status quo, a laissé la place à la droite pour dénoncer à large échelle l’inflation et la guerre en Ukraine, et à Trump pour se présenter comme le candidat « contre la guerre ».
Bien que beaucoup aient voté Biden en se bouchant le nez dans l’espoir de battre le trumpisme, l’extrême-droite a quand même réussi à mener le jeu depuis 2020.
Résultat : Le 20 janvier 2025, Donald Trump devient président des États-Unis face à la vice-présidente sortante démocrate, Kamala Harris. (Joe Biden, s’était retiré de la campagne en juillet 2024 au profit de sa vice-présidente)[3bis].
Gabriel Boric
2025,Chili : grâce à un gouvernement de gauche qui déçoit, c'est le candidat d'extrême droiteJosé Antonio Kast, qui triomphe au second tour de l’élection présidentielle :
Le Chili éblouissait le monde en 2019, avec une immense révolte sociale qui avait failli renverser le régime et inaugurer une nouvelle ère. Cinq ans plus tard, c’est un candidat d’extrême droite, fils d’un ancien soldat nazi ayant émigré au Chili, qui prend le pouvoir[9].
Le Chili est sorti de la dictature militaire d’Augusto Pinochet en 1990.
Le gouvernement de droite libérale de l’époque est mis en échec. Le Régime est en crise : le mouvement arrache de nombreuses concessions, notamment des augmentations de salaires, des protections sociales et un système de santé public qui avaient été détruits durant la dictature de Pinochet ;
En mars 2022, Gabriel Boric, jeune candidat de gauche, est élu président de la république du Chili avec un programme de rupture ;
Le gouvernement de Gabriel Boric déçoit : il avait promis de grands changements et de barrer la route au fascisme. À la fin de son mandat, c’est le résultat inverse.
Alors qu’il était porté par un grand mouvement social, le dirigeant s’est enfermé dans une stratégie « responsable » et institutionnelle, un peu comme le PS en France et a :
reculé sur les réformes les plus importantes, s’est aligné sur le programme sécuritaire de la droite, a déployé l’armée dans le sud du pays contre le peuple Mapuche, et a même fait passer une loi intitulée Nain-Retamal, qui favorise l’impunité des policiers ;
Pour compenser, quelques avancées sociales ont tout de même été obtenues : le temps de travail a été diminué. Mais à chaque progrès, Boric a fait des concessions au patronat, par exemple en flexibilisant le travail. Il a augmenté les retraites, mais a renforcé le système de pensions privées. Un « en même temps » très loin des attentes du soulèvement de 2019[10].
Après une victoire historique en 2022, le centre gauche n'a rien incarné, tout promis et tout trahi: de la révolution citoyenne au partage des richesses. Résultat, c'est le candidat d'extrême droite José Antonio Kast, fils de nazi et admirateur de Pinochet, qui triomphe au second tour de l’élection présidentielle 2025[9].
Mette Frederiksen
2026,Danemark : aux législatives, les sociaux-démocrates qui ont droitisé leur politique pour rester au pouvoir, paient leur politique plus très à gauche :
Le parti de la Première ministre, Mette Frederiksen, est arrivé en tête des législatives du 24 mars, mais a réalisé son pire score depuis 1903, après quatre ans de coalition avec le centre droit et une politique répressive sur l’immigration car la gauche au pouvoir vire à l'extrême droite sur les réfugiés (zéro migrant)[11bis].
Les sociaux-démocrates réunissent 21,9 % des voix, soit leur niveau le plus bas depuis 1901. Le bloc de gauche, constitué de la formation de Mette Frederiksen et quatre autres mouvements, obtient 84 des 179 sièges du Parlement, donc pas la majorité absolue, qui est de 90 sièges.
La droite et l’extrême droite, qui réunissent six partis, ont remporté 77 sièges. Le Parti populaire danois, un parti d’extrême droite qui a longtemps pesé avant de chuter en 2022, a triplé son score, atteignant 9,1% des voix[11].
Allemagne
1930, Allemagne : la social démocratie allemande était en crise et engendre la percée nazie : L’âge d’or de la République de Weimar se termina à la fin de l’année 1929, lorsque la " Grande Dépression " frappa l’Allemagne. Le chômage augmenta rapidement.
Un consortium libéral-autoritaire, tissé de solidarités d'affaires, de partis conservateurs, nationalistes et libéraux, de médias réactionnaires et d'élites traditionnelles, a pris la main et perd tout soutien populaire : au fil des élections, il passe de presque 50 % à moins de 10 % des voix et se demande comment garder le pouvoir sans majorité, sans parlement, voire sans démocratie. Cet extrême centre se pense destiné à gouverner par nature : sa politique est la meilleure et portera bientôt ses fruits[12]...
Pour de nombreux Allemands, le gouvernement s’avérait incapable de gérer la crise. Sous ces conditions, le Parti nazi commença à gagner des voix..... et accéda au pouvoir en 1933[12bis] ;
🔴ET AUJOURD'HUI, que devient l'Allemagne ?L’AfD (parti allemand d'extrême droite[13]) progresse toujours lorsque les politiques au pouvoir ne parviennent pas à atténuer les insécurités sociales et économiques
L’Allemagne avait un gouvernement engagé, en principe, dans un processus de réformes socio-écologiques et était formé d’une alliance entre les libéraux (FDP) Parti libéral-démocrate, auquel a participé Robert Habeck, membre de l'Alliance 90/Les Verts (admirateur du démocrate américain Barack Obama), vice-chancelier et ministre fédéral de l'Économie et du Climat du 8 décembre 2021 au 6 mai 2025.
Figure du courant " realos " incarnant la ligne centriste des Verts,il a échoué à sortir le pays de la récession et à élargir la base électorale de son parti[15].
Lors des élections fédérales allemandes anticipées du 23 février 2025les verts obtiennent 11,61%, en net repli après les 14,8% obtenus aux élections nationales de 2021 ou le score de 20,5% lors du scrutin européen de 2019[15bis]..
🚩Cette coalition gouvernementale a connu des débuts prometteurs avec un programme intitulé « Oser plus de progrès » (Mehr Fortschritt wagen) proposant une combinaison d’engagements libéraux, écologiques et sociaux,mais l’agressivité croissante de l’impérialisme allemand sur la scène internationale se reflète également à l’intérieur du pays, résultat :
Les travailleurs et la jeunesse étaient appelés à compenser la chute des profits capitalistes par une baisse des salaires réels et un allongement du temps de travail, à financer la course à l’armement par des coupes dans les budgets sociaux et, de plus en plus, à servir dans l’armée allemande – potentiellement de manière obligatoire,comme le souhaitent de larges fractions de l’élite ;
La militarisation des frontières, la privation croissante de droits et la stigmatisation des réfugiés ont servi de diversion face à une politique gouvernementale hostile aux travailleurs et aux classes populaires, constituant une réponse réactionnaire aux flux migratoires provoqués par la guerre en Ukraine...
Le tout pour le plus grand plaisir de l'AfD qui a vu ses premières percées électorales en 2014 et s'est poursuivi comme en février 2025, ou l'AfD a obtenu un résultat historique[13bis].
👉👉 La leçon en a t-elle été tirée ? Non ! Un nouveau gouvernement a été constitué entre Chrétiens et sociaux-démocrates[14] pour poursuivre la même politique antisociale!
2025, Autriche : le 3 mars, un nouveau gouvernement issu d'une coalition tripartite prend ses fonctions en Autriche, après cinq mois de négociations laborieuses.
Conservateurs, sociaux-démocrates et libéraux gouvernent ensemble, dans un but clair : empêcher le parti nationaliste d’extrême droite FPÖ, arrivé en tête des élections législatives de septembre 2024 avec près de 29 % des voix, d’accéder au pouvoir[16].
...et à Vienne, le 27 avril 2025, le “ triomphe ” des sociaux-démocrates en tête aux élections municipales n’éclipse pas la percée de l’extrême droite (parti autrichien de la liberté (FPÖ) qui a triplé son score.
L’avancée de l’extrême droite dans la capitale autrichienne est d’autant plus inquiétante, que le FPÖ est pour la première fois arrivé en tête des élections législatives autrichiennes en 2024, avec presque un tiers des suffrages, mais il n’avait pas réussi à trouver des partenaires pour former un gouvernement[17].
Pedro Sanchez
2025, Espagne : Ancien bastion socialiste, la région rurale a confirmé sa bascule à droite et à l’extrême droite lors des élections régionales du 21 décembre, sur fond d’affaires fragilisant le PSOE (Parti socialiste espagnol).
Même si, en sept ans, la gauche espagnole s’est illustrée par ses politiques sociales, dont une revalorisation de 61 % du salaire minimum et une loi Travail réduisant une précarité endémique,ce scrutin a été le premier à traduire dans les urnes l’impact électoral des nombreuses affaires de corruption qui ont éclaboussé l’entourage du chef du gouvernement, Pedro Sanchez[19] qui mène un gouvernement sans majorité, dépendant du soutien d’une série de petites formations politiques pour toute initiative parlementaire.Particulièrement des indépendantistes catalans de droite du parti fondé par Carles Puigdemont.
👉 En réponse, Pedro Sanchez se radicalise et cherche l’unité face à la poussée de l’extrême droite : 4 formations ont annoncé le 21 févier 2026, leur rapprochement. Une alliance conçue afin d’éviter l’éparpillement et de peser davantage lors des prochaines échéances électorales[20].
2026, France : en France comme ailleurs l'extrême droite du RN se nourrit des colères sociales, de l’abandon ressenti par des millions de nos concitoyens plongés dans la précarité, sur fond de désindustrialisation, de relégation territoriale, de casse de nos services publics... le tout avec la complicité des sociaux démocrates à la sauce Hollande, Faure...
A l’arrivée du socialiste François Hollande à la Présidence de la publique,en 2012, le RN ne fait que 13.6 %,... et le 23 avril 2017, à l'issue du 1er tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen se qualifie pour le 2ième tour en terminant deuxième avec 21,3 % des voix.
👉 Pourquoi ?
Pour Philippe Martinez, ancienne figure et chef de file de la CGT, le socialiste François Hollande et son gouvernement :
ont trahi ses électeurs en élaborant la Loi travail. " Est-ce que Monsieur Hollande, dans son programme de candidat à la présidence de la République, avait indiqué aux citoyens qu'il allait casser le Code du travail ? " ;
il avait promis de s’attaquer “ à la finance ” ce qu’il a fait en agissant sur les " paradis fiscaux " ou les " Panama Papers " mais il n’aurait pas dû modifier le Code du travail, et ceux qui sont en colère aujourd’hui sont ceux qui l'ont élu président de la République ;
la politique de François Hollande est " la cause de nos problèmes encore aujourd'hui ", c’est-à-dire, de la montée de l’extrême droite ;
quand les responsables politiques " qui sont censés porter " les revendications sociales du pays “ font le contraire de ce qu'ils ont dit ” ils créent ainsi non seulement " de la désillusion " mais aussi " beaucoup de colère ", politique[21].
François Hollande avait bel et bien choisi une stratégie différente de celle de Tony Blair, en faisant du social-libéralisme sans le dire ou en le disant à demi-mots...
Résultat : l’orientation sociale-libérale du mandat Hollande a aggravé le fossé entre les socialistes et les classes populaires et le résultat des présidentielles de 2022 en témoigne avec les 1.75% d'Anne Hidalgo en faisant monter le RN qui tient un discours social de gauche pour faire une politique de droite dans les actes[22].
👉 👉ET ÇA CONTINUE !
Les socialistes doivent faire face à une double contrainte :
tenir un discours de vérité (c’est-à-dire leur impuissance en partie volontaire) et ne pas être élu ou mentir (c’est-à-dire promettre un changement structurel dont les partenaires européens ne veulent pas) et décevoir....
et pour y faire face, ils tentent de compenser la perte de leur ancrage populaire par un appui des classes moyennes à l’orientation sociale-libérale et, à cette fin, trahissent leurs engagements pris avec la #Nupes, le #NouveauFrontPopulaire, valident les pires budgets d'austérité de la Ve République[23] et la réforme des retraite à 64 ans[24].
Le PS français semble actuellement faire tout ce que le PS allemand a fait en 33. Ça l'a conduit à voter une motion de confiance à Hitler et finir dans les camps de concentration[25].
🔴Conclusion :la France est, un pays de gauche, où le peuple est de gauche, comme en témoignent les différentes mobilisations notamment autour de la réforme des retraites, mais quand un gouvernement se dit de gauche et fait une politique de droite, par dégout, il alimente le rejet des urnes et fait monter l’extrême droite !
António José Seguro
2026, Portugal : en sous catastrophe climatique, le vote contre l’extrême droite a mobilisé le Portugal, mais le nouveau président, António José Seguro, ne portait pas la voix d’un « camp de gauche » : sa carrière politique est marquée par l’adaptation de la social-démocratie au néolibéralisme[26]
António José Seguro a été élu, dimanche 8 février 2026, président de la République du Portugal avec 67 % des voix, battant largement le candidat néofasciste avec lequel il s’est disputé le deuxième tour, André Ventura (33 %).
👉À gauche, le soutien à Seguro ne s’est nourri d’aucun malentendu politique.Le nouveau président ne portait pas la voix d’un « camp de gauche » : sa carrière politique est marquée par l’adaptation de la social-démocratie au néolibéralismeet, en pleine campagne, après avoir annoncé son intention d’opposer un veto présidentiel au paquet de mesures sur le travail avancé par le gouvernement, le candidat s’en est lavé les mains, déléguant la promulgation de la nouvelle loi à un éventuel accord du gouvernement avec la centrale syndicale UGT (alignée sur le centre).
🔴Seguro n’exprime même pas un supposé « camp constitutionnel »
Seguro a été en échec lorsqu’il a accepté, à la tête du PS et sous la troïka, des mesures de baisse des pensions et qu’il s’est opposé aux député.es de gauche qui ont saisi le Tribunal constitutionnel et y ont fait annuler cette réduction.Il vient d’être élu grâce aux voix de nombreux partisans d’une révision régressive de la Constitution, issus de la même droite qui conclut des accords avec Chega au parlement (sur le travail et l’immigration) ou dans des collectivités locales comme celle de la capitale.Comme en France, beaucoup de ceux qui ont déclaré aujourd’hui leur soutien tactique à Seguro auraient voté pour Ventura si l’alternative avait été à gauche.
Compte tenu du parcours de Seguro, sa victoire ne constituera pas un obstacle aux réformes libérales du gouvernement,qui poursuivra son chemin entre l’ambiguïté des socialistes et le soutien intermittent des néofascistes.
La réponse de la gauche devra venir des résistances sociales et des discussions qui évitent la marginalité politique.La grève générale de décembre a indiqué la voie à suivre : plus de mobilisations dans les luttes et le terrain extraparlementaire, plus de convergence dans les solidarités contre la fascisation.
Parmi les 20 plus grandes villes, la seule perdue par la gauche est celle où il n’y a pas eu de fusion avec LFI ;
Il n’y a pas eu de déperdition des voix dans les cas des listes fusionnées, au contraire des fusions sans LFI ;
Dans les cas où LFI s’est maintenue seule, LFI progresse au second tour[0]...
et oui, on peut parler de percée insoumise aux élections municipales[2] !
Après avoir fêté cette année ses 10 ans, la France insoumise s’engageait pour la première fois pleinement dans une campagne d’élections municipales. Cela a nécessité une mobilisation intense des insoumis partout en France pendant plusieurs mois. La constitution de listes à l’image du peuple, la construction de programmes sérieux partant des besoins des habitantes et des habitants et le déploiement dans des centaines de campagnes municipales étaient des défis immenses pour notre jeune mouvement. Il faut saluer l’engagement extraordinaire partout en France des militants de la France insoumise, épaulé et aidé par le travail formidable des équipes nationales.
Au lendemain du second tour des élections municipales, retour sur les résultats de cette élection, et sur les bouleversements qu’elle provoque. C’est un travail important et nécessaire. Les commentaires de plateaux de télévision, trop souvent paresseux et automatique, n’ont pas permis d’y voir clair sur des scrutins aux réalités souvent très différentes.
À l’issue de cette campagne, le bilan est remarquable pour la France insoumise.
Elle fait son entrée dans plus de 400 conseils municipaux, soit plus de 16 millions de Français·es qui auront des conseillers municipaux insoumis. Elle l’emporte dans une dizaine de communes, dont 2 des 50 communes les plus peuplées de France (Roubaix et Saint-Denis).
🔴 Ces victoires ne sont pas anodines. Alors qu’environ 30 000 personnes en France vivaient dans une « mairie insoumise », elles seront désormais environ 550 000, soit une multiplication par 18. De véritables exploits ont été réalisés au Tampon, à Vaulx-en-Velin, à Vénissieux ou encore à Creil, où les candidats insoumis n’étaient pas en tête au premier tour. À Roubaix, 100 000 habitants, comme au Tampon, la victoire insoumise permet aussi de tourner la page de la droite. Ces victoires confirment la percée de la France insoumise dans les classes populaires qui étaient sorties du jeu politique et dans des villes et quartiers négligés et relégués par la vieille scène politique. Ainsi, l’intégralité des villes remportées par la France insoumise font partie des 80 communes les plus pauvres de France.
🔴 Ces victoires ne doivent pas éclipser les grandes performances qui ont eu lieu ailleurs.
Dans des grands centres urbains, d’abord : avec près de 47 % à Toulouse, 41 % à Limoges, 34 % à Lille malgré l’alliance contre-nature du PS avec les Verts, 25 % à Montpellier (hausse de 10 points entre les deux tours), 20 % à Rennes, 17 % à Metz, 15 % à Caen, etc.
Contrairement à ce que le récit médiatique laisse entendre, la France insoumise est également massivement présente dans les villes petites et moyennes : à Saint-Girons, la liste insoumise gagne 6 points entre les deux tours pour arriver à 23 %. À Belfort, elle gagne plus de 5 points pour arriver à 28 %.Les listes soutenues par la France insoumise font plus de 26 % dans les communes entre 5 000 et 50 000 habitants. Cette élection a aussi reconduit de nombreux sortants insoumis dans des petits villages et de nouveaux les ont rejoints.
🔴 Comme toujours, ce qui se passe dans les territoires ultramarins est passé sous silence.
Pourtant, à la Réunion par exemple, l’alliance de la France insoumise et du PLR d’Huguette Bello a engrangé les victoires et la France insoumise a remporté la victoire au Tampon, 4ème ville de la Réunion, en chassant la droite qui dirigeait la ville depuis 70 ans.
Avant même l’annonce des résultats, les éditorialistes avaient écrit le nouveau script soufflé par le Parti socialiste pour masquer ses défaites et ses fractures internes. Il fallait dire que la percée insoumise avait fait pschitt et que toutes les victoires de la gauche se faisaient grâce aux autres, mais que les défaites étaient de notre faute.
Ce récit ne résiste pas un seul instant à l’épreuve des faits.
🔴 Prenons d’abord le cas des grandes villes où la France insoumise a fait l’union derrière elle, Toulouse et Limoges.
Nous échouons à quelques pourcents. Il n’en fallait pas tant pour ressortir le refrain du plafond de verre et de la détestation de la France insoumise. Dans les deux cas pourtant, la gauche (que ce soit le PS ou les Verts) n’avait déjà pas réussi à l’emporter en 2014 et en 2020, sans que les insoumis ne puissent alors en être jugés responsables.
▶️À Toulouse, le total des voix de gauche au premier tour était certes plus important que le total des voix de droite. La situation était la même en 2020 et cela n’avait pas empêché la défaite de la liste d’union à gauche dirigée à l’époque par un écologiste. Cela ne signifie pour autant pas que les voix ne se reportent pas : le total de voix de la liste d’union augmente nettement, mais la droite a réussi à mobiliser des réserves de voix conséquentes. Ce fut déjà le cas à Toulouse par le passé, où l’électorat conservateur se surmobilise systématiquement au deuxième tour.En vérité, jamais une liste de gauche n’avait obtenu autant de voix au deuxième tour des élections municipales à Toulouse. Ainsi, la liste menée par François Piquemal fait progresser la gauche de 25 000 voix par rapport à 2020 et de 11 000 par rapport à 2014.
▶️ À Limoges, le scénario est le même qu’en 2020.
Le total gauche était similaire au premier tour et le score est semblable au second tour avec celui réuni par le candidat du PS en 2020.
Là encore, le nombre de voix récoltées a augmenté au second tour et rien n’accrédite la thèse d’une fuite des électeurs ou d’un barrage contre LFI. Au contraire, ces résultats confirment que le matraquage anti-LFI ne fonctionne pas. Faut-il rappeler que c’est le PS qui, après l’avoir dirigée pendant 60 ans, a perdu la ville en 2014 sans réussir à la reprendre en 2020 ?
Bien sûr, nous aurions espéré qu’à Toulouse une plus forte mobilisation permette de réussir ce que la gauche n’avait pas réussi jusque-là, ou qu’à Lille la tête de liste écologiste respecte le choix de ses colistiers et de ses militants pour faire gagner la gauche de rupture. Mais il faut noter que, malgré les campagnes de calomnies alimentées par le PS, malgré les ingérences étrangères et les fausses informations pendant l’entre-deux-tours, les insoumis ont dépassé d’autres forces de gauche au premier tour dans de très grandes villes et sont parvenus à réunir au second tour 47 % des voix à Toulouse, 41 % à Limoges ou encore 35 % à Lille. Ce sont d’immenses performances : quelle autre force politique a réussi autant après 10 ans d’existence ?
🔴 Vient ensuite le grief principal : la France insoumise ferait perdre les autres quand elle se rangerait derrière. Elle serait un « boulet pour la gauche » selon les mêmes qui, il y a une semaine, nous suppliaient pour une fusion. Là encore, ce récit ne résiste pas à l’épreuve des faits.
Ainsi, si l’on prend l’ensemble des fusions qui ont été faites avec d’autres forces de gauche, le score des listes fusionnées est égal au score des listes séparées.
Parmi les 20 plus grandes villes, une seule est perdue par la gauche, par refus de fusionner (Bordeaux).
Lyon a été sauvée par les écologistes grâce à la France insoumise mais la métropole est tombée en raison du refus de l’attelage EELV/PS/PCF de s’unir dans les circonscriptions métropolitaines.
Au total, dans les villes de plus de 100 000 habitants, la moitié des fusions de LFI derrière des têtes de liste PS ou EELV (4 villes sur 8) ont permis de l’emporter (Lyon, Nantes, Tours et Grenoble). Ce n’est pas le cas à Clermont-Ferrand, Brest ou Besançon (3 villes sur 8), ni à Strasbourg en raison de l’alliance honteuse entre le Parti socialiste et la droite de Horizons face à la gauche.
▶️ En vérité, la défaite dans ces 3 communes Clermont-Ferrand, Brest ou Besançon provient exclusivement du désaveu cinglant rencontré par les maires sortants dans ces communes.
Par rapport à 2020, le PS a chuté de 8 points à Clermont-Ferrand (comme la sortante écologiste à Strasbourg) et de 18,5 points à Brest, deux villes qu’il dirigeait depuis plusieurs décennies. La fusion n’a en fait été effectuée par le Parti socialiste que lorsque la situation de ses maires sortants était désespérée. Il n’est alors pas surprenant qu’elle n’ait pas toujours permis de renverser la vapeur. Il faut dire qu’elle s’est faite dans de telles conditions d’opportunisme qu’elle ne pouvait produire aucune dynamique de mobilisation : comment appeler à voter pour des candidats que vous avez copieusement insultés pendant plusieurs semaines, sous les coups de butoir de dirigeants nationaux du PS préférant passer leur entre-deux-tours à s’en prendre à la France insoumise qu’à combattre la droite et l’extrême droite ? Voilà qui furent en réalité les boulets des maires sortants socialistes en difficulté au soir du premier tour !
▶️ Pour aller plus loin....
Comment ne pas aussi poser la question de leur bilan, de la vague dégagiste qui les a frappés et des conséquences de la collusion des députés du Parti socialiste avec les politiques macronistes ?
Comment ne pas y voir un désaveu cinglant du vote pour le pire budget de la sécurité sociale de ces dernières années et des refus répétés de censure du gouvernement Lecornu ?
Comment ne pas comprendre que ce reniement du programme du Nouveau Front populaire a fait du PS une machine à perdre pour la gauche ?
Car les dynamiques sont très claires : le bloc de la gauche traditionnelle (PS/Verts) a perdu plus de 6 points au premier tour dans les villes de plus de 100 000 habitants par rapport à 2020 alors que les listes de la France insoumise ont au contraire augmenté leur résultat de 9,3 points dans ces mêmes communes.À nouveau, comme aux élections européennes, c’est la France insoumise qui fait progresser la gauche pour ces élections municipales.
Ce scrutin trace des perspectives. Un fort dégagisme s’est exprimé avec la défaite des trois-quarts des sortants au deuxième tour. L’abstention continue à gangréner la vie politique, même si elle a diminué là où les insoumis ont progressé. La macronie et les partis traditionnels reculent.
🔴 C’est vrai à gauche. Sur l’ensemble des villes de plus de 30 000 habitants, il n’y en a jamais eu moins dirigées par la gauche traditionnelle, qui en a perdu la moitié depuis 2008, alors même que le PS se présente désormais quasiment systématiquement dans des listes d’union. La direction du PS a donné un spectacle affligeant consistant à nous insulter pendant la campagne, nous prier de fusionner entre les deux tours puis recommencer à nous insulter à 20h01. De telles démonstrations d’incohérence et d’hypocrisie ne font que dégoûter le peuple, et les défaites socialistes en sont la démonstration.
🔴 Le problème de la gauche n’est donc pas la France insoumise, bien au contraire.
Celle-ci a en fait hérité d’une situation complexe : l’affaiblissement historique du socle électoral de la gauche, démoli par le quinquennat Hollande qui aura fait perdre environ 16 points à la gauche entre 2012 et 2017. Dans ce contexte, la gauche traditionnelle perd 7 villes parmi les 50 plus grandes, et c’est la gauche de rupture qui progresse au contraire en remportant 3 villes supplémentaires (2 pour la France insoumise, 1 pour le PCF).C’est donc elle qui incarne aujourd’hui l’espoir de la gauche de tourner la page de la macronie et de battre l’extrême droite.
▶️ Et battre l'extrême droite, c’est possible d’y parvenir.
Ainsi, la France insoumise a pris à nouveau sa part dans la bataille face à l’extrême droite lors de ces élections :
Dans 42 villes, nous faisons baisser le score du Rassemblement national par rapport aux précédentes élections grâce à notre hausse.
Dans 56 communes où nous sommes présents, le Rassemblement national a renoncé à se présenter alors qu’il était auparavant présent.
Dans 34 villes où nous présentons une liste après avoir été absents en 2020, nous faisons baisser le Rassemblement national.
Celui-ci recule dans les banlieues populaires et ne présente souvent plus de candidats. Dans de nombreuses petites communes où il tentait de s’implanter pour la première fois, fort de résultats nationaux importants, le barrage a tenu au deuxième tour.
▶️ Il progresse néanmoins en nombre de voix, mais moins qu’attendu. Il gagne environ 250 000 voix sur l’ensemble du pays au premier tour par rapport à 2014, alors que nous en gagnons 500 000 depuis 2014, où nous étions quasi-systématiquement alliés avec le PCF.Mais le Rassemblement national a échoué, malgré des victoires dans des villes moyennes et petites (principalement dans ses zones de force), à remporter la plupart de ses cibles.Il faut rappeler d’ailleurs que le RN avait déjà gagné d’assez nombreuses mairies en 2014 et que la progression par rapport à cette référence est plus faible que par rapport à 2020. Le RN stagne dans les communes de plus de 50 000 habitants alors que nous progressons partout.
Dans cette situation, il faut désormais que la gauche accélère sa progression portée par la gauche de rupture pour l’emporter en 2027. Nous avons fait regagner 4 points à la gauche après le désastre Hollande.Nous sommes le seul mouvement à avoir progressé à chacune des élections depuis 2017 : nous sommes passés de 11 à 22 % aux présidentielles, de 6 à 10 % aux européennes, de 0 à 6 villes de plus 50 000 habitants, de 17 députés au plus gros groupe de l’alliance remportant les législatives. Une progression dans tous les types d’élections depuis 10 ans n’est pas un hasard, c’est une lame de fond.
🔴 Le travail est loin d’être terminé. Pour l’emporter, nous devons renforcer encore la mobilisation des jeunes, des catégories populaires ou des exploités du capitalisme.C’est toujours dans l’abstention que se trouvent nos marges de progression. Car c’est là que nous pouvons effacer le différentiel de vote avec les franges plus conservatrices, qui est aujourd’hui le plafond de verre de l’intégralité de la gauche pour pouvoir gouverner le pays.
🔴 Il faut poursuivre le travail de dévoilement de l’extrême droite sur son caractère intrinsèquement raciste et antisocial[1]. La transformation progressive du RN en parti ultralibéral pourrait contribuer à l’affaiblir.La France insoumise possède déjà le plus haut potentiel électoral en dehors du RN selon les études d’opinion.La campagne présidentielle devrait permettre de le faire croître encore quand la confrontation des projets prendra le dessus sur le bashing médiatique incessant qui s’use de jour en jour. Cette campagne des élections municipales aura été une formidable démonstration de la neutralisation des calomnies médiatiques, agissant davantage comme un levier de mobilisation populaire plutôt que comme un instrument de délégitimation.
Pour cette grande bataille qui s’annonce, la France insoumise sort de ces municipales avec des milliers d’élus locaux de combat ainsi qu’avec plus de 10 000 militants supplémentaires. Ces forces seront essentielles dans la bataille. Il nous reste un an pour, comme le disait Jaurès, « fatiguer le doute du peuple par la persévérance de notre dévouement ».
▪️ Bally Bagayoko a remporté une victoire significative avec 50,77% à Saint-Denis-Pierrefitte ;
⚡ 2éme tour :
▪️ Alexis Chaussalet remporte le 2nd tour des élections municipales au Tampon, à La Réunion ;
▪️ Abdelkader Lahmar remporte le 2nd tour des élections municipales à Vaulx-en-Velin dans le Rhône ;
▪️ Aly Diouara remporte le 2nd tour des élections municipales à la Courneuve en Seine-Saint-Denis ;
▪️ Idir Boumertit remporte le 2nd tour des élections municipales à Vénissieux dans le Rhône ;
▪️ David Guiraud remporte le 2nd tour des élections municipales à Roubaix dans le Nord ;
▪️ Omar Yaqoob remporte le 2nd tour des élections municipales à Creil dans l'Oise ;
▪️ Hadi Mebarki remporte le 2nd tour des élections municipales à Saint-Fons dans le Rhône.
👍📣 Bravo, ils se battrons pour les travailleurs, la jeunesse et les quartiers populaires, au conseil et dans la rue !
Percée insoumise et bobards médiatiques Retrouvez le bilan de La France insoumise pour les élections municipales, par Manuel Bompard.
🔴Argumentaire de l'Institut La Boétie : Pourquoi peut-on parler de percée insoumise aux élections municipales ?
Pour construire une démocratie vertueuse : instaurer comme condition d’éligibilité à toutes les élections le casier judiciaire vierge de toute condamnation pour atteinte à la probité ou crime. S’engager à démettre de ses fonctions tout membre du Gouvernement mis en examen pour atteinte à la probité ou crime.
Rendre inéligible à vie toute personne condamnée pour corruption[2].
Le site Casier Politique[0] est une base de données des condamnations des personnalités politiques, classées par année, parti et infraction.
Ce site web est une initiative personnelle de Raphaël Jolive [artisan développeur, Ingénieur de recherche (Impact des systèmes & rayonnement)]
Pourquoi ?
Ils ne sont pas " tous " pourris, mais bien trop le sont.
Nous acceptons l'inacceptable.
En attendant de jouir un jour d'une véritable démocratie, nous devrions exiger que l'aristocratie élective qui gouverne soit irréprochable.
. Car enfin le trait le plus visible dans l'homme juste est de ne point vouloir du tout gouverner les autres, et de se gouverner seulement lui-même. Cela décide tout.
. Autant dire que les pires gouverneront
Comment ?
Le contenu de ce site est une extraction automatique de Wikipédia et Wikidata.
La liste des condamnations provient de la fusion :
. Des pages listées dans une catégorie wikipédia, filtrées sur les personnalités politiques françaises
. D'une requête SparQL sur Wikidata
Le contenu des pages Wikipédia est en suite récupéré :
L'info-box est parsée pour récupérer les partis dont cette personnalité a été membre
. Les blocs de texte contenant des mots clef en lien avec une condamnation sont conservés
. Ces blocs de texte sont parsé par un LLM pour en extraire la liste et les caractéristiques des condamnations
Le code source complet est mis à disposition sur Codeberg[1].
En attendant de jouir un jour d'une véritable démocratie, nous devrions exiger que l'aristocratie élective qui gouverne soit irréprochable.
Et ce n'est pas le cas !
🔴 Pour accéder à la base de données des condamnations des personnalités politiques, classées par année, parti et infraction,cliquez sur l'image ci-dessous👇👇
« Pour l’antifascisme » : l’actualité de la mort de Quentin Deranque[0]en février 2026, amène à replacer ce décès tragique dans un contexte précis et une perspective historique.
Partout en France, les salles des meetings insoumis débordent avec un afflux ininterrompu de nouveaux militants et sympathisants. Parmi leurs motivations premières : rejoindre le seul mouvement qui fait bloc face à l’extrême droite et ses violences, et la seule organisation politique capable de battre le fascisme.
Ce renforcement de LFI s’effectue deux semaines après le début de l’instrumentalisation de la mort du militant identitaire Quentin, par l’extrême droite[0]. L’objectif de cette opération politicienne à l’initiative des fascistes et avec les faveurs de l’officialité médiatique ? Diaboliser LFI pour tenter de neutraliser l’alternative au système dominant, qui progresse chaque jour un peu plus, et tenter d’effacer les violences de l’extrême droite.
Qu’est ce le fascisme ? Comment le combattre ? Publication de analyse de Jean-Christophe Sellin, co-coordinateur du Parti de Gauche et auteur de « Comprendre et vaincre le fascisme ».
Lyon, une histoire avec l’extrême droite Ici, l’extrême droite est historiquement plus forte qu’ailleurs. En effet, depuis un siècle, une partie de la bourgeoisie lyonnaise et des notables locaux ont souvent flirté sinon épousé le fascisme.
Le PPF de Jacques Doriot y tient son congrès en 1942 pour appeler à l’extermination des Juifs[1] ; le parti antisémite, royaliste et catholique intégriste l’Action Française (qui a récemment formé Quentin Deranque) y regroupe aussi ses forces.
Klaus Barbie a sévi à Lyon, arrêtant et torturant Jean Moulin en 1943, déportant entre autres les enfants juifs d’Yzieu avec beaucoup de complicités locales.
Lyon, c’est aussi le berceau de la droite intellectuelle nationaliste de l’après-guerre. Les universités Lyon II et III sont le réacteur de l’extrême droite radicale à partir des années 1970.
Jean-Christophe Sellin, aux « AMFIS », été 2025.
▶️ Le GRECE (Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne) y est créé[2]. Il regroupe des linguistes et professeurs de lettres comme Jean Haudry, Jean-Paul Allard, Jacques Marlaud, Bernard Notin, Jean Varenne et Pierre Vial, pour une conception racialiste blanche et la supériorité de l’identité européenne.
▶️ Haudry et Vial rentreront au Conseil scientifique du Front National.
▶️ Les négationnistes Roques et Faurisson sont, eux aussi, issus de ces laboratoires universitaires.
▶️ Bruno Gollnish, ancien numéro deux du FN, est aussi issu de l’institut d’études indo-européennes d’Haudry, qui tente de légitimer l’idée d’une race aryenne supérieure… Ça rappelle quelque chose.
🔴Décidément, cela fait beaucoup de professeurs qui donnent une légitimité « scientifique » racialiste à des milliers d’élèves pendant des décennies.
À partir de 2015, les dirigeants locaux de Génération identitaire et du Front National de la Jeunesse se déclarent « complémentaires ». Une convergence qui se reproduit ensuite au niveau national avec une porosité sur les listes électorales du FN/RN, chez les assistants parlementaires, les entreprises de conseil et de communication.
En 2018, Lyon est choisi par Marion Maréchal pour y fonder l’Institut des Sciences Sociales et Politiques (ISSEP), établissement privé d’enseignement supérieur destiné à former les cadres de la « jeunesse conservatrice ».
Depuis des années, des bars, des salles de sport et des locaux fascistes organisaient la violence sinon la terreur dans le Vieux Lyon avec ciblages au faciès ou anti-LGBT, des attaques de réunions et des manifestations démocratiques. La présence de la Jeune Garde a fortement contribué à réduire ces locaux et ces exactions. C’est un constat[3].
À quoi sert le fascisme ? Le fascisme est un mouvement politique global et réactionnaire au service du capital, contre l’égalité et la citoyenneté.
Il veut domestiquer les classes populaires en s’attaquant aux conquêtes sociales et aux libertés démocratiques dans leur ensemble.
Il épouse la volonté de changement des masses pour la canaliser dans une variante radicale du conservatisme de droite.
🔴Le fascisme ne se réduit pas nécessairement au racisme, même si, dans la période actuelle avec des réalités démographiques et géopolitiques nouvelles, l’utilisation du racisme est dominante pour diviser le peuple de manière perverse et artificielle.
▶️ Le fascisme représente un phénomène spécifique autonome et multiforme qui appelle une réponse politique précise et de haut niveau, car une puissante bataille idéologique et culturelle est à l’œuvre.
▶️ Des puissances médiatiques colossales comme les chaînes en continu de magnats industriels et de réseaux sociaux planétaires donnent une caisse de résonance au brouillage des repères, au retournement des principes et au renversement des paradigmes.
▶️ Les fascistes deviennent ainsi des victimes. Les colonisés sont caractérisés comme terroristes, l’Islam n’est plus une religion mais un mal de société et la France Insoumise est accusée de tous les maux. Voilà ce qui circule en boucle et en bandeau sur les médias Bolloré jusqu’au service public contaminé par la puanteur ambiante.
Ceux qui dédiabolisent l’extrême droite au sein du bloc bourgeois et diabolisent la France Insoumise sont des irresponsables. Irresponsables comme en décembre 1932 / janvier 1933 en Allemagne, comme le dit l’historien Chapoutot.
Quand on est républicain, quand on est de gauche, l’antifascisme est un impératif. C’est bien un impératif catégorique de remettre à l’ordre du jour un combat contre l’inacceptable en mettant des mots sur une réalité. En effet, toute une ambiance politico-médiatique nous explique que le fascisme n’existe plus, et que l’antifascisme serait un fantasme et une agitation stérile devant un ennemi qui n’existe plus.
🔴Oui, il y a des fascistes aujourd’hui et des expériences fascistes sont menées actuellement : donc le fascisme existe et l’antifascisme se doit d’exister.
▶️ L’antifascisme est une volonté de combattre le fascisme et de l’empêcher d’accéder au pouvoir. Il prend sa source dans le combat contre les fascismes historiques de Mussolini, Hitler, Franco, Salazar, mais aussi des dictatures latino-américaines.
▶️ L’antifascisme, c’est d’abord un acte d’auto-défense de millions de gens pour la survie mais aussi une volonté de vivre dans un monde de liberté.
▶️L’antifascisme est nourri et illustré par les récits des militant-e-s antifascistes et des centaines de milliers de réfugiés qui ont fui les dictatures et qui ont irrigué la société de leurs témoignages et de leurs expériences. Des enseignements objectifs en sont tirés.
🔴Et le fascisme aux États-Unis, en Israël et en Inde nous confirme que le danger est bien contemporain et nous mord déjà la nuque.
▶️Historiquement, le fascisme, c’est la destruction de toutes les libertés démocratiques (droit d’association, liberté de la presse, regroupement en syndicats indépendants du pouvoir, liberté de pensée et de création, liberté de conscience et de culte).
▶️ C’est aussi le racisme, et les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle. Le fascisme, c’est la négation de l’égalité femme-homme et notamment du principe que les femmes doivent librement disposer de leur corps.
▶️ Le fascisme, c’est enfin la volonté de nier la lutte de classe et de réprimer des syndicalistes. Le FN/RN ne manque jamais une occasion de dénoncer les grèves, les blocages d’usine et les mouvements sociaux. Il ne vote jamais les avancées sociales et la taxation du capital à l’Assemblée nationale. Il est le chien de garde du système capitaliste.
🔴Néanmoins, l’antifascisme ne peut se réduire à la lutte pour la démocratie dans la société telle qu’elle est, où souvent les droits et libertés ont déjà été grignotés ou attaqués. Ce serait une forme de statu quo insatisfaisant.
Jacques Chirac a certes battu Jean-Marie Le Pen au deuxième tour des présidentielles de 2002, mais en 1991, en stigmatisant les étrangers avec la formule « le bruit et l’odeur » et ayant mis en œuvre nombre de dispositions anti-immigrés, il avait préparé le terrain idéologique du fascisme.
Si l’antifascisme est né dans l’autodéfense ouvrière et démocratique, il se doit bien sûr de conforter cet aspect fondamental, mais il a surtout l’impératif d’être un mouvement large, pas seulement limité à quelques militants d’avant-garde antifas aguerris.
Il s’agit de lutter contre le fascisme dans tous ses aspects et pas seulement contre les fascistes.
Un autre monde (sans le fascisme) est possible Le mouvement antifasciste est le bien commun de toutes et tous ceux qui veulent faire vivre les droits et libertés démocratiques,le mouvement social, la solidarité, l’internationalisme contre chacune des politiques fascistes proposées ou en œuvre.
C’est aussi dans le positif que l’antifascisme doit se profiler, avec en perspective une société débarrassée de l’exploitation, de l’oppression et de la discrimination, donc du fascisme.
🔴L’antifascisme à construire est un vaste mouvement social et culturel, populaire et intellectuel à la fois.
Il doit donner à voir une autre réalité des rapports sociaux et humains, s’appuyant sur les associations, les luttes, les coopératives, les espaces de convivialité et de solidarité, les lieux de création, l’éducation populaire pour se former aux enjeux historiques et politiques.
Il est urgent de serrer les rangs et de mener une bataille culturelle en rupture avec l’ordre capitaliste, raciste et patriarcal établi. L’antifascisme est une contre-culture par rapport à l’idéologie dominante et au vent mauvais qui souffle sur la planète.
🔴 Depuis quarante ans, le rapport de force n’est pas en faveur du camp social et démocratique.
Cette dégradation objective du rapport de forces entre les classes sociales, c’est plus de 20 % de la valeur ajoutée passés des poches du Travail à celles du Capital. Cela s’est traduit sur les salaires, les statuts, la protection sociale et la dégradation des services publics.
La bombe à fragmentation libérale a atomisé les individus, des territoires et des solidarités. La dégradation des politiques d’intérêt général a une incidence culturelle.
L’idée du bien commun et de l’engagement collectif perd du terrain, laissant la place à une forme de résignation et d’individualisme.
Dans cette situation, la première chose à faire est de reprendre confiance dans la possibilité collective d’agir et de regagner des positions politiques et idéologiques pour renverser le rapport de forces. Bien sûr, l’activité du mouvement social et la lutte de classe sont essentielles pour unifier les classes populaires et les citoyens. L’unité du peuple sur ses besoins sociaux, ses préoccupations écologiques et ses exigences démocratiques est le meilleur rempart au fascisme.
Pour un front unique populaire La politique du front unique populaire permet de penser les interactions sociales dans leurs diversités, d’apporter matériellement des conditions et des méthodes de luttes à même de détruire le capitalisme et toutes ses manifestations, de la plus anodine à la plus brutale. Lors des combats contre la classe dominante et les forces réactionnaires, la division est un facteur de défaite.
▶️ C’est une dimension stratégique : le peuple, peu importe son origine ou ses croyances réelles ou supposées, peu importe son genre et son orientation sexuelle, s’unifie dans l’action contre la logique du capitalisme en crise.
▶️ Il est plus que nécessaire d’unifier les opprimé-es, qu’ils et elles vivent dans des villes ou des campagnes. La manière dont les luttes communiquent entre elles, se coordonnent et se centralisent est un facteur de déstabilisation du bloc bourgeois au pouvoir.
▶️ S’organiser, c’est déjà résister. Résister, c’est indiquer que la peur peut changer de camp.Il est aussi essentiel de mener une bataille culturelle pour la sixième République et de renforcer les rangs des luttes contre le racisme et toutes les formes d’oppressions où qu’elles soient.
L’objectif est de créer une alternative politique de gauche. Les circonstances sont à chaque fois uniques et différentes. Elles impliquent un programme approprié aux réalités et à leurs développements. Pour autant, la complexité et l’ampleur de la tâche ne doivent pas paralyser. Bien au contraire.
🔴 Voici les tâches pour un front unique populaire : • Former les militant-e-s et organiser des événements.
• Mettre en place des cadres de réflexions et d’action pour la laïcité.
• Participer aux initiatives nationales et locales pour l’égalité des droits, pour le droit des étrangers et la lutte contre les violences policières et pénitentiaires.
• Lancer et construire un front unique exemplaire antiraciste et antifasciste.
• Travailler nationalement comme localement et sur tous les plans aux conditions d’une autodéfense unitaire et démocratique.
Comme l’écrivait Daniel Guérin : « À partir du moment où le fascisme marche vers le pouvoir, le mouvement ouvrier ne dispose plus que d’une seule ressource : s’emparer avant lui du pouvoir.[5] »
🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴
Informations sur l’auteur :
Jean-Christophe SELLIN, co-coordinateur du Parti de Gauche Auteur de « Comprendre et vaincre le fascisme ». Professeur des écoles, responsable associatif, il a été élu du Conseil municipal de Toulouse, a été ancien élu conseiller régional des Midi-Prénées et a été co-fondateur du parti de gauche.
Il a été responsable de la coordination nationale de la « semaine nationale contre le racisme », organisée sous le haut parrainage du ministère de l’Éducation nationale de 1989 à 1992 en collaboration avec la Ligue de l’enseignement et de la formation permanente ainsi qu’avec SOS Racisme[4].
Comment faire ?
Clémence Guetté, Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Manuel Bompard, ont pris le temps d'écrire, pour raconter ce qu'est la France insoumise, loin des caricatures.
Il y a 10 ans, La France insoumise voyait le jour.
Le travail effectué depuis nous rend toutes et tous fiers.
C'est l'occasion de rendre hommage aux centaines de milliers d'insoumises et d'insoumis, qu'ils soient là depuis le premier jour ou entrés dans la lutte ces derniers mois. Ce mouvement est le vôtre. Il est l'outil de votre victoire future.
En 10 ans, nous avons amélioré notre score à chacune des élections auxquelles nous avons été candidats.
La gauche française, il y a 10 ans moribonde et dégoûtante, empêtrée dans les scandales, les trahisons et les déceptions, a trouvé un nouveau souffle. C'est déjà en cela une quasi-exception sur le continent.
En ne cédant rien sur notre programme de rupture, nous avons remis sur pied notre camp social.
Les dégoutés de la politiques, les révolutionnaires, les féministes, les écologistes, les travailleurs, les activistes, les jeunes, ont maintenant une force politique à laquelle ils peuvent faire confiance et qui ne les trahira pas. C'est notre fierté.
L'année prochaine aura lieu la plus grande bataille de notre histoire. L'élection présidentielle de 2027 sera celle de l'affrontement entre l'extrême droite et nous, pour qu'adviennent les jours meilleurs.
Cette brochure collective décrit la forme du mouvement Insoumis, son mode d’organisation, ses pratiques. Elle analyse comment il s’insère dans l’accomplissement du processus historique populaire spécifique de notre époque et dans la réalité du capitalisme de notre temps.
🔴 Nous sommes prêts pour tout changer. Nous pouvons l'emporter...
Pour " SAVOIR COMMENT FAIRE " en accédant au document, cliquez sur l'image ci-dessous👇👇
Ouf ! Même si cette fois ils n'ont pas gagné, partout dans le monde, les sociaux démocrates (socialistes) par leur trahison des engagements de gauche ont servi, par dégout, de point d'appui à la montée, à la victoire de l'extrême droite !
António José Seguro a été élu, dimanche 8 février 2026, président de la République du Portugal avec 67 % des voix, battant largement le candidat néofasciste avec lequel il s’est disputé le deuxième tour, André Ventura (33 %)[0].
L’extrême droite renforcée malgré sa défaite Malgré la défaite de Ventura, l’extrême droite sort renforcée de cette élection. Après être devenu le deuxième parti national lors des élections législatives de mai 2025, elle parvient désormais à égaler, au second tour, le nombre de voix obtenues en mai par les partis au pouvoir, grâce aux votes d’électeurs.trices qui n’avaient jamais voté pour le parti d’extrême droite Chega et qui avaient soutenu les candidats présidentiels du gouvernement (PSD) et du parti Iniciativa Liberal. Selon les études réalisées à la sortie des urnes, un.e électeurs.trices sur trois du candidat ultralibéral au premier tour (arrivé troisième avec 16 % des voix) a opté pour Ventura au second.
🔴Comme le montre l’expérience française, un gouvernement fondé sur le programme de la droite est le meilleur terreau pour la croissance électorale du néofascisme.
Malgré les différences politiques et de régime, rappelons qu’en 2017, face à Macron, Marine Le Pen a obtenu 34 % des voix au second tour ; en 2022, elle avait atteint 41 %, se préparant à disputer la majorité en 2027.
🔴 Que signifie cette victoire ?
Il s’agit avant tout d’une importante mobilisation du peuple qui rejette la proposition néofasciste. Il convient de souligner que les élections se sont déroulées alors que le Portugal est en « état de calamité », déclaré depuis début février. Des tempêtes dévastatrices ont fait une dizaine de morts et laissé une partie du pays inondée. Des approvisionnements essentiels (électricité, eau, télécommunications) sont à l’arrêt. Pour autant, le taux de participation est resté stable entre le premier et le second tour.
Aucune illusion à gauche À gauche, le soutien à Seguro ne s’est nourri d’aucun malentendu politique. Le nouveau président ne portait pas la voix d’un « camp de gauche » : sa carrière politique est marquée par l’adaptation de la social-démocratie au néolibéralisme et, en pleine campagne, après avoir annoncé son intention d’opposer un veto présidentiel au paquet de mesures sur le travail avancé par le gouvernement, le candidat s’en est lavé les mains, déléguant la promulgation de la nouvelle loi à un éventuel accord du gouvernement avec la centrale syndicale UGT (alignée sur le centre).
🔴Seguro n’exprime même pas un supposé « camp constitutionnel »
Seguro a été en échec lorsqu’il a accepté, à la tête du PS et sous la troïka, des mesures de baisse des pensions et qu’il s’est opposé aux députéEs de gauche qui ont saisi le Tribunal constitutionnel et y ont fait annuler cette réduction. Il vient d’être élu grâce aux voix de nombreux partisans d’une révision régressive de la Constitution, issus de la même droite qui conclut des accords avec Chega au parlement (sur le travail et l’immigration) ou dans des collectivités locales comme celle de la capitale.Comme en France, beaucoup de ceux qui ont déclaré aujourd’hui leur soutien tactique à Seguro auraient voté pour Ventura si l’alternative avait été à gauche.
Compte tenu du parcours de Seguro, sa victoire ne constituera pas un obstacle aux réformes libérales du gouvernement, qui poursuivra son chemin entre l’ambiguïté des socialistes et le soutien intermittent des néofascistes.
🔴La réponse de la gauche devra venir des résistances sociales et des discussions qui évitent la marginalité politique.
La grève générale de décembre a indiqué la voie à suivre : plus de mobilisations dans les luttes et le terrain extraparlementaire, plus de convergence dans les solidarités contre la fascisation.
Environ deux tiers des Français sont contre la sortie de l’union européenne mais seulement un tiers ont une image positive de son fonctionnement. Une explication probable de cette contradiction : la peur s’appuyant sur différentes raisons...[2].
Les Français veulent-ils que la France sorte de l’union européenne, oui ou non ?
a) Sondages récents sur le souhait de quitter ou rester dans l’UE Baromètre d’opinion publique européenne (déc. 2025) Question : Voulez-vous que votre pays reste membre de l’Union européenne ou la quitte ? 61 % des Français souhaitent que la France reste dans l’Union européenne. 27 % souhaitent que la France quitte l’Union européenne. 12 % ne savent pas / pas d’avis. Source : enquête publiée dans le Baromètre de l’Opinion publique européenne – Vague 4 (Décembre 2025[0])
b) Sondage Odoxa – Challenges / BFM Business (mai 2024) Si on demande aux Français s’ils sont pour ou contre la sortie de la France de l’UE : 62 % sont opposés à une sortie de l’Union européenne. 65 % sont opposés à une sortie de l’euro (étroitement lié à l’appartenance à l’UE[1]).
La France Insoumise et l’union européenne. Pour la France Insoumise, en 2027, l’Union européenne sera à la croisée des tournants. C’est l’année durant laquelle le nouveau budget pluriannuel de l’Union européenne et la nouvelle Politique agricole commune devront être adoptés et le marché carbone étendu aux particuliers pour le logement et le transport. 2027 sera l’année pour remettre en cause des politiques qui nuisent aux peuples européens et à la planète.
🔴 En effet, certaines règles européennes sont aujourd’hui incompatibles avec la mise en œuvre de notre programme : Les traités de libre-échange s’opposent au protectionnisme écologique :
La concurrence libre et non-faussée empêche la constitution de pôles publics et la sortie des biens communs du marché ;
Le carcan budgétaire nous enferme dans l’austérité et réduit notre capacité à investir dans la bifurcation écologique et sociale ;
La libre-circulation des capitaux nous empêche de reprendre le pouvoir sur le secteur financier La politique agricole commune promeut un modèle contraire à une agriculture paysanne, biologique et respectueuse du bien-être animal ;
L’absence d’harmonisation sociale et la directive sur le travail détaché mettent en concurrence les travailleurs ;
L’impunité des paradis fiscaux européens menace nos recettes fiscales et le consentement à l’impôt ;
L’Europe de la défense nous enferme dans les velléités belliqueuses de l’OTAN ;
Le statut de la Banque centrale européenne (BCE) nous oblige à mettre l’État dans la main des marchés financiers pour nous financer
Nous avons une stratégie complète pour lever ces blocages avec une méthode de gouvernement fondée sur le respect de la volonté populaire et l’esprit de coopération internationale.
▶️ Plan A – D’une part, nous proposons aux États et aux peuples européens la rupture concertée avec les traités actuels. Cela passera par la négociation de nouveaux textes compatibles avec les urgences climatiques et sociales et soumis à un référendum du peuple français pour approbation. Nous proposerons notamment :
la récupération par les États de leur souveraineté budgétaire ;
la modification du statut de la BCE ;
la mise en place de règles d’harmonisation sociale et écologique à l’intérieur de l’Union ;
la mise en place d’un protectionnisme écologique ;
le droit pour les États de venir en aide à des entreprises ou à créer des monopoles publics dans des secteurs stratégiques ;
le droit à l’eau comme droit fondamental pour tous les Européens.
▶️ Plan B – D’autre part, nous appliquerons dans tous les cas immédiatement notre programme au niveau national en assumant la confrontation avec les institutions européennes. Nous utiliserons pour cela tous les leviers pour faire valoir notre position au Conseil européen et désobéirons aux règles bloquantes à chaque fois que c’est nécessaire.
Ces deux stratégies s’alimentent mutuellement : c’est en agissant en éclaireur que nous pourrons entraîner les autres peuples européens !
Utiliser tous les leviers d’action face aux institutions européennes[4] et désobéir à chaque fois que c’est nécessaire pour mettre en œuvre notre programme.
🔴Pour accéder à l'intégralité de tous nos leviers et méthodes d’action face aux institutions cliquez sur l'image ci-dessous 👇👇
🔴On peut avoir des informations supplémentaires en consultant le plan : " notre stratégie pour l’Europe[5] ". Pour y accéder clique sur limage ci-dessous.👇👇
Pourquoi La France Insoumise préconise-t-elle plutôt la désobéissance aux traités plutôt qu’une sortie de l’UE ?
En voici les raisons :
▶️1 – Les Français sont majoritairement hostiles à cette sortie comme nous l’avons vu précédemment ;
▶️2 – Avec sortie ou sans sortie, de toutes façons, les responsables de La France Insoumise vont se heurter à des obstructions et du sabotage économique et financiers pour la mise en œuvre de leur programme : les forces du Capital et leurs valets médiatiques ne resteront pas passifs pour défendre leurs intérêts. La sortie de l’UE aggraverait encore ses difficultés. En restant dans l’UE La France Insoumise peut plus facilement organiser des alliances avec d’autres pays pour résister.
▶️ 3 – En sortant unitaire allemand de l’UE et en cas de difficultés économiques suite à cette sortie, l’opinion publique se retournerait immédiatement contre La France Insoumise en l’accusant de dogmatisme idéologique en refusant toute négociation ;
▶️4 – La France peut-elle exercer des pressions significatives sur la gouvernance de l’UE ? Oui. Rappelons que la France est la deuxième puissance économique européenne avec un PIB égal à 16,4 % du PIB de l’UE après l’Allemagne, 23,7 % et devant l’Italie 12,2 % et l’Espagne 8,9 %. Quand on menace de sanctions, jusqu’à présent elles ont été plus théoriques qu’effectives car l’application de l’article 7 demandes un vote à l’unanimité pour ne citer qu’un exemple.
Quelle stratégie de La France Insoumise face à une reconfiguration géopolitique mondiale ? La crise financière de 2008, la guerre en l’Ukraine opposant les pays de l’OTAN à la fédération de Russie, l’élection de Donald Trump ont précipité un mouvement en cours : la perte de l’hégémonie économique, financière, militaire et culturelle des États-Unis sur le monde et l’apparition d’un monde multipolaire s’incarnant notamment dans les Brics[6] et l’OCS[7].
Dans ce contexte instable, l’UE sans potentiel industriel et énergétique importants, se trouve en situation de rupture avec la fédération de Russie, en situation de dépendance et de conflit avec les USA, en situation de tension avec la Chine sur le plan commercial.
Comment un gouvernement dirigé par des insoumis fera-t-il face à cette situation complexe ?
Et quelles nouvelles relations devrait-on construire avec les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique ?
Quelles mesures devra-t-on proposer pour restaurer et améliorer le droit international et le fonctionnement de l’ONU ?
🔴 La France Insoumise a déjà abordé avec son programme l’Avenir en commun et ses livrets thématiques ces questions.
Rappelons que le programme l’Avenir en commun et le livret indiquent que la France devrait sortir de l’OTAN. Ironie de l’histoire : l’OTAN va devoir faire face à une crise pouvant conduire à sa dislocation en raison d’une part d’une défaite probable face à la puissance militaire et économique de la fédération de Russie et d’autre part face à des contradictions internes comme en témoigne la décision de Trump d’annexer le Groenland[8] et de mettre sous tutelle américaine le Canada.
🔴Pour des informations supplémentaires, reportez vous au livret " Pour une France indépendante souveraine et non alignée[9] ". Pour y accéder clique sur limage ci-dessous.👇👇
Le Conseil de paix de Donald Trump se veut être une substitution aux Nations unies, même si le président américain a dit avoir toujours vanté le " potentiel " de l'ONU[3].
Le « Board of Peace » pour Gaza de Trump : diplomatie de façade et remise en cause de l’ordre international[6].
Au sommet des « globalistes »[0] de Davos, Trump, très affaibli, a officiellement lancé son « Board of Peace » (Conseil pour la Paix[1]). Une alliance de 19 Etats qui, contrairement à ce qui était envisagé précédemment, ne se contentera pas de viser à reconstruire Gaza, mais prendra aussi d’autres conflits en cours ou à venir. Pour en faire partie, il faut verser 1 milliard de dollars à Trump.
Moins de 10% des pays de la planète ont décider de se lier à l’hubris américain qui veut recomposer l’ordre international. L’absence d’Israël, le pays le plus concerné par la reconstruction de Gaza après la Palestine, est notable. Trump et sa famille offrent leurs compétences au monde, après les avoir offertes aux Étasuniens. Ces compétences reposent exclusivement sur l’arnaque, la corruption, et la violence. Le Board of Peace n’est pas fait pour durer, mais peut-être que sa nouvelle manière de gérer les affaires internationales, elle, le pourrait. Depuis la victoire éclair au Venezuela et le kidnapping spectaculaire de son ancien président, Nicolas Maduro, les problématiques internationales sont prises à bras-le-corps par l’administration Trump.
Le Board of Peace (BoP) est un délire corporatiste d’Etat sous kétamine. Composé d’individus représentant aussi bien des intérêts privés qu’étatiques, il comprend un empereur (le président du BoP) à vie qui a droit de veto sur tout (Trump), et une cour (le comité exécutif du BoP) :
Nickolay Mladenov, ancien politicien polonais et rapporteur onusien :
et aussi un PDG d’entreprise milliardaire, Marc Rowan.
Le BoP contient un comité exécutif dédié à Gaza spécifiquement, où l’on retrouve les profils les plus invraisemblables, comme un haut responsable du renseignement égyptien, Yakir Gabay (un milliardaire israélien)[3].
Bref, le BoP mélange tous les profils, ravira ceux qui pensent que la politique internationale doit être re-dynamisée, la « sclérosée ONU » ayant fait son temps. Le droit international empêcherait la résolution rapide des conflits, donc pourquoi pas essayer autre chose.
La victime n°1: l’ONU et le droit international
L’ONU est l’anti-thèse du trumpisme. Système rationnel-légal, bureaucratique, il fait la part belle à la négociation. Bien que son Conseil de sécurité soit représentatif de l’ancienne hiérarchie mondiale, avec les 5 pays au droit de veto[4], et puisse être largement critiqué, il offre la possibilité de le critiquer. Mais ce qui est intéressant de rappeler au sujet de l’ONU, ce qu’il n’a peut-être pas réussi à mettre fin à de nombreuses guerres, mais a encouragé les États à se restreindre en matière de conflits depuis la création de l’ONU. Avant 2016, le nombre de conflits dans le monde était au plus bas.
Or, les conflits ne cessent, depuis quelques années, d’augmenter: le nombre de morts dans les conflits armés ne cesse d’augmenter[5] :
2023 et 2024 sont deux des 4 années les plus meurtrières depuis la fin de la Guerre Froide.
2025 a été pire encore.
L’ONU a rendu hors-la-loi le conflit comme résolution des différends ; l’organisation n’a certes jamais réussit à arrêter la plupart des conflits, mais elle a réduit leur nombre et promu une culture de paix, et calmé les ardeurs militaires en normalisant le commerce et le droit comme échanges privilégiés entre nations.
Trump ambitionne de remplacer l’idéal libéral onusien par une oligarchie internationale du BoP, aux valeurs conservatrices et rejetant la raison du succès des démocraties[3] : l’Etat de droit, le processus légal. Depuis la première administration Trump, la désaffection envers l’ONU par de nombreux pays n’est pas feinte ;
si la plus grande armée du monde s’en désintéresse totalement… pourquoi accorder le moindre intérêt à l’ONU ?
Pourquoi engager des ressources si c’est pour se faire critiquer, et ne rien résoudre ?
Est-ce que nous allons perdure l’ONU en raison du BoP ?
Mais nous pourrions tous, collectivement, être victime
Est-ce que des 19 membres aujourd’hui, nous verrons progressivement plus d’Etats prêter allégeance à l’Empereur Trump ? En politique, les certitudes sont dangereuses, et personne n’aurait parié en 2024 qu’un homme condamné pour viol, fraude électorale et fraude économique, poursuivit pour sédition et tant d’autres choses, puisse devenir à nouveau président des Etats-Unis.
🔴 Mais il faut précisément se débarrasser des réflexes qui nous portent à accorder tant de rationalité aux acteurs : Trump et sa famille sont des spécialistes en arnaques. Fausse université, faux téléphones portables, bibles signées, vodka, casinos… l’objectif unique de Trump a été de s’enrichir et augmenter son pouvoir personnel. Il n’a aucun respect pour sa fonction, ni pour la destinée américain. Il n’est pas un politicien, pas même un très bon homme d’affaire, mais il excellent toutefois dans un métier : celui de producteur. Trump sait se mettre en scène et inspirer des émotions radicales, qui ne laissent personne indifférent. Le président étasunien n’est pas intéressé par les compétences, c’est pourquoi il s’est entouré d’une cour pour son deuxième mandat. On peut ainsi acheter les faveurs de Trump en espèce sonnante et trébuchante, mais aussi en fidélité. L’expertise est balayée, Trump est un populiste opportuniste, c’est-à-dire qu’il remplace l’ancienne élite, celle des intellectuels et technocrates, par la sienne, familiale et amis milliardaires.
🔴 La marque de fabrique de Trump est de beaucoup parler, et ne rien savoir construire. Symbole de sa manière d’opérer, l’aile est de la Maison Blanche, promptement détruite sans plan pour reconstruire, et dont le budget n’a cessé d’augmenter au fil des mois, jusqu’à atteindre la somme 400 millions récemment. Ou encore, son arnaque lancée alors qu’il était déjà investi comme président, des téléphones portables « Trump » dorés, que ses fans attendent toujours de recevoir, presque une année après leur pré-commande. Le modus operandi de Trump a toujours été celui de détruire, car cela impressionne. Et construire, uniquement lorsqu’on ne peut pas filer à l’anglaise avec l’argent récolté
🔴 Le BoP n’est pas différent. Il s’agit cependant cette fois-ci une arnaque internationale, destinée à escroquer des pays cette fois-ci, et faire oublier les problèmes rencontrés dans les affaires intérieures. Il y aura inflation financière, Trump demandera toujours plus d’argent aux membres. La reconstruction de Gaza, pour peu qu’elle se concrétise, se fera avec des fonds douteux, avec du béton qui s’effondrera à la première intempérie. Trump n’a rien inventé, la Mafia le fait depuis toujours.
🔴 Mais cette arnaque trop invraisemblable pour être adaptée au cinéma pourrait aura des conséquences réelles sur l’ONU. Le désengagement des USA délégitimise l’organisation international, ou même l’engagement de la société civile à l’international. Ceux qui pensent que la voie suivie par les Etats-Unis est la même que précédemment, mais seulement moins hypocrite, se trompent : ils ont toujours eu des méthodes de gangster, mais oeuvraient pour un monde plus stable. La paix ou la démocratie ne sont aujourd’hui plus une préférence des Etats-Unis. Et le monde, sans le droit international, pourrait revenir à l’Etat qui était le sien avant le droit international.
C’est l’échec d’une politique obsédée par la baisse des cotisations !
Les petites entreprises au cœur de l’économie de proximité, disparaissent dans l’inaction gouvernementale !
Septembre 2025 : l’Union des entreprises de proximité (U2P) et la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) repoussent la proposition d’un grand rassemblement patronal unitaire contre la taxe Zucman[10] faite par le Mouvement des entreprises de France (Medef). L’événement fait date. Les petits patrons refusent de s’aligner derrière les gros et le font savoir. Les deux organisations patronales des très petites entreprises (TPE) et des petites et moyennes entreprises (PME) révèlent les clivages qui parcourent l’ensemble « patronat » prétendument homogène.
Découvrez le nouveau rapport de l’Institut La Boétie, signé par Eric Berr et Aurélie Trouvé
Il y a urgence : les TPE et PME du pays sont en train de disparaître les unes après les autres.
Les petites entreprises disparaissent dans l’inaction gouvernementale
Les petites entreprises sont au cœur de l’économie de proximité, l’immense majorité des entreprises françaises comptent moins de 10 personnes. Elles sont 4,3 millions au total[0] ;
Les petites entreprises sont le premier employeur du pays, les TPE et les PME cumulent près de 7 millions d’emplois salariés à temps plein[1] ;
Un niveau record de petites entreprises surendettées, 94 % des défaillances concernent une entreprise de moins de dix personnes, incluant les auto-entrepreneurs[2] ;
Focus sur les PME industrielles, premières victimes de la désindustrialisation des grands groupes, la désindustrialisation se poursuit. En 2025, la France a continué à perdre ses fleurons industriels ;
Focus sur le petit commerce : le capitalisme rase tout, la presse régionale n’en finit pas de tirer la sonnette d’alarme : les villes se vident de leurs petits commerces ;
L’étalement urbain contre les petits commerces alimentaires ;
Commerce en ligne : le capitalisme numérique contre les petites entreprises commerçantes.
Pourquoi les petites entreprises ont la vie impossible ?
▶️ Les vraies « charges » masquées qui pèsent sur les TPE et PME du pays, la vérité sur les cotisations sociales
Dans le débat public, l’ennemi des entreprises est tout trouvé : le « coût du travail » ! Ce discours ne résiste pourtant pas à l’épreuve des faits économiques. Mais il présente pour les grands patrons du pays plusieurs avantages.
La vérité sur les cotisations sociales : depuis quarante ans, les politiques économiques s’emploient méthodiquement à baisser le « coût du travail », en premier lieu par le biais d’allègements de cotisations sociales[3]
Les charges réelles sont ailleurs : ce sont les rentes (électricité, loyers, Frais bancaires, frais d’assurance, rentes numériques) !
▶️ Crédit bancaire : les banques contre les chefs des petites entreprises (accéder au crédit : un parcours du combattant, l’exploitation financière par le crédit).
▶️ Le règne économique des grandes entreprises
L’exploitation commerciale par la sous-traitance, le capitalisme néolibéral marque l’hyper développement de la sous-traitance[4] ;
Les grandes entreprises ont imposé le marché mondial.
▶️ L’injustice fiscale dans le monde de l’entreprise
Impôt sur les sociétés : la grande injustice. Aujourd’hui, non seulement le taux d’impôt sur les sociétés n’est pas progressif selon la taille de l’entreprise, mais il est en pratique plus élevé pour les petites entreprises.
Les TPE et PME versent 23 % de leurs bénéfices déclarés, contre 15 % seulement pour les grandes entreprises. Autrement dit, elles paient 50 % d’impôts en plus[5] !
Aides aux entreprises sans conditions : une aubaine pour les plus gros. Il existe aujourd’hui près de 2 000 aides différentes aux entreprises, versées essentiellement sans contrepartie, qui représentent 211 milliards d’euros par an. Les petites entreprises sont les grandes perdantes du fonctionnement actuel des aides aux entreprises.
C’est aussi le cas des entreprises de l’ESS, qui ne reçoivent que 7 % des aides publiques aux entreprises alors qu’elles représentent près de 14 % de l’emploi privé[6].
▶️ La consommation en panne
Les petites entreprises forment le cœur de l’économie de proximité du pays.
Les difficultés matérielles rencontrées par les petites entreprises aujourd’hui sont en grande partie le fait du ralentissement structurel de la consommation.
Les dépenses contraintes liées à l’existence, qui pèsent sur le pouvoir d’achat : il faut se nourrir, se vêtir, se soigner. Tout cela a considérablement augmenté.
Ces dépenses frôlent aujourd’hui les 30 % du revenu total en moyenne[7]. C’était 12 % seulement en 1960, et un peu plus de 20 % au début des années 1980.
Les salaires sont attaqués : baisse du salaire réel depuis 2017, gel total ou partiel du point d’indice des fonctionnaires pendant près de vingt ans, absence de revalorisation du salaire minimum au-delà de l’inflation.
Pour ne rien arranger, les politiques d’austérité s’attaquent aux dépenses de protection sociale. Les déremboursements de soins et la hausse des franchises médicales accroissent les dépenses des ménages[8].
▶️ Le manque de visibilité des chefs de petites entreprises
La visibilité est la valeur suprême de l’entreprise. Sans elle, l’investissement productif est entravé.
Les petites entreprises ont été très fragilisées par huit ans de macronisme, où les politiques économiques ont navigué à vue, sans aucune boussole.
Le secteur de la rénovation énergétique subit par exemple le va-et-vient des gouvernements successifs sur les aides à la rénovation versées par l’État aux particuliers : lorsque les ménages ne peuvent plus entreprendre les travaux ou refusent de se lancer de crainte de voir les aides interrompues en cours de route, les carnets de commandes se vident et les emplois sont menacés.
Pour les petits commerçants non plus, rien ne garantit un engagement stable de la puissance publique contre la concurrence déloyale que représente le commerce en ligne.
▶️ Le problème de la représentativité des chefs d’entreprises : l’avantage donné au Medef
Dans les médias et dans les cercles politiques, le Medef jouit d’une hégémonie certaine, et pourtant, parmi les trois organisations patronales reconnues comme représentatives, le Medef est celle qui compte le moins d’adhérents : 149 000 au total en 2025, contre 221 000 pour l’U2P et 243 000 pour la CPME[9].
Moins de 12 % des entreprises françaises sont adhérentes d’une organisation patronale représentative. L’écrasante majorité des chefs d’entreprise du pays ne sont donc pas représentés lors des négociations collectives qui déterminent la norme sociale et dans les organismes paritaires.
Le Medef est confortablement installé alors qu’il ne représente qu’une portion minoritaire de l’économie, très mobilisée et visible.
En résumé, les petites entreprises sont accablées par l’ensemble des structures économiques. Tous leurs besoins, du financement à la production elle-même jusqu’à l’écoulement des stocks, se heurtent à une organisation de l’économie alignée sur d’autres intérêts. Les grandes entreprises sont le centre de gravité du capitalisme contemporain
Un nouveau pacte productif a construire : l’économie de la nouvelle France par les petites entreprises
Les petites entreprises ont vocation à prendre leur part dans l’intérêt général humain. Leur santé économique dépend de l’état de la population, de ses revenus, de sa santé, de la qualité de sa formation, de ses modes d’organisation : en bref, de la satisfaction des besoins humains.
Notre modèle, l’économie des besoins, fonde le socle d’un possible nouveau pacte productif au service à la fois de l’activité économique des petites entreprises et des besoins humains.
La puissance publique doit reprendre le contrôle de la direction dans laquelle se déploie l’activité productive qu’elle aide.
🔴 Voilà des propositions de l'Institut La Boétie qui visent à explorer les grandes lignes possibles d’un pacte productif et de progrès social, incluant les dirigeants de micro, petites et moyennes entreprises sous forme de recommandations d’ordre général.
▶️Axe 1 –Réserver les aides publiques aux entreprises qui s’inscrivent dans la réalisation du plan ; ▶️ Axe 2 – Baisser et stabiliser les coûts de l’énergie des petites entreprises ; ▶️ Axe 3 –Émanciper les petites entreprises de la domination des grandes ; ▶️ Axe 4 –Redéfinir les règles de la représentativité patronale ; ▶️ Axe 5 –Protéger les petites entreprises du libre-échange ; ▶️ Axe 6 –Mettre en place un pôle public bancaire et rendre gratuite l’escompte ; ▶️ Axe 7 –Protéger les petits commerces ; ▶️ Axe 8 – Lutter contre l’ubérisation généralisée ; ▶️ Axe 9 –Rétablir la justice fiscale entre les entreprises ; ▶️ Axe 10 –Soutenir le pouvoir d’achat de la population ; ▶️ Axe 11 –Assurer des débouchés aux petites entreprises par la commande publique ; ▶️ Axe 12 – Sortir de la dépendance aux Big Tech ; ▶️ Axe 13 –Renforcer et transformer la formation initiale et continue pour avoir la main-d’œuvre la mieux qualifiée du monde ; ▶️ Axe 14 – Abolir le travail détaché en France.
🔴 Pour accéder à l'intégrale du rapport de l'institut La Boétie cliquez sur l'image ci-dessous 👇👇
Colloque « Le néolibéralisme est-il compatible avec les petites entreprises ? »
Le néolibéralisme est-il compatible avec les petites entreprises ?
Quels sont les vrais problèmes des petites entreprises ?
Les intérêts des petits patrons sont-ils alignés sur ceux des multinationales ?
Comment émanciper les petites entreprises du chaos du marché et de la domination des grands groupes ?
Quelles nouvelles règles de la représentativité patronale développer ?
Comment la planification écologique et le protectionnisme solidaire peuvent constituer le socle d'un pacte productif au service d'une nouvelle économie ?
- Clément Carbonnier, Toujours moins ! L’obsession du coût du travail ou l’impasse stratégique du capitalisme français, Éditions La Découverte, 2025. Voir aussi la note de lecture de l’Institut La Boétie consacrée à cet ouvrage : « Pourquoi baisser le coût du travail ne sert à rien ? », décembre 2025, URL : https://institutlaboetie.fr/pourquoi-baisser-le-cout-du-travail-ne-sert-a-rien-note-lecture-20251212/
Car oui, ce à quoi nous assistons en ce moment, ressemble bien à la fin de la domination de l’empire US sur le reste du monde et probablement par implosion, ce qui pourrait abréger son agonie. Il faut dire que les États-Unis d’Amérique étaient depuis au moins quatre-vingt ans la première puissance économique du monde, dominant de loin toutes les autres nations, surtout depuis l’implo
L’ère qui s’ouvre n’est pas celle d’un monde multipolaire équilibré, mais celle d’un système international hiérarchisé, rigide et polarisé, dans lequel la neutralité devient un luxe stratégique de plus en plus inaccessible.
La publication, début décembre 2025, de la « nouvelle doctrine de sécurité nationale » des États-Unis marque une rupture brutale par son caractère ouvertement militariste, autoritaire et idéologiquement réactionnaire[2].
À rebours de l’image d’un Trump imprévisible et chaotique, le second mandat du président américain révèle une architecture stratégique froide, méthodique et profondément transactionnelle. Entre encerclement de la Chine, subordination de l’Europe et verrouillage de l’Afrique du Nord, les États-Unis redessinent l’ordre mondial non plus autour du droit international, mais autour de rapports de force énergétiques, technologiques et militaires. Nous assistons à la naissance d’un nouvel âge : celui de l’hégémonie verrouillée.
Dans les années qui suivent l’élection présidentielle américaine de 2024, l’ordre mondial semble se déployer selon des règles nouvelles et moins visibles que celles du droit international : des rapports de force énergétiques, technologiques et militaires prennent le pas sur les coalitions et les normes. Le présent article s’attache à décrire ce basculement, non comme une prophétie abstraite, mais comme une dynamique plausiblement encastrée dans les choix et les pratiques d’une puissance qui a démontré, depuis son installation au sommet, une capacité à redessiner les contours de l’influence des États-Unis.
Ce texte avance l’hypothèse d’un “ Grand Basculement Géopolitique ” entre 2025 et 2028, où l’hégémonie américaine se déploie selon une logique de verrouillage et de segmentation de l’espace international. L’argument central est que le recours croissant à des instruments matériels et coercitifs, contrôle des flux énergétiques, réorganisation des chaînes de valeur, maîtrise des accès maritimes et des hubs stratégiques, peut conduire à une systématisation de la puissance en dehors d’un cadre multilatéral traditionnel. Dans ce cadre, l’Europe, déjà confrontée à une valse des loyautés et des dépendances, se voit redéfinir son autonomie stratégique :
la Chine et la Russie évoluent sous la pression d’une compétition qui se déplace des idéologies vers les conditions matérielles de la puissance ;
et l’Afrique du Nord occupe une position centrale, non plus périphérique, dans le dispositif de sécurité et d’économie régionale.
🔴La thèse porte sur trois axes : les mécanismes par lesquels Washington cherche à “ verrouiller ” des flux et des ressources
les coûts et les contraintes imposées à ses partenaires et adversaires ;
et les marges d’action possibles pour l’Europe et les autres acteurs structurants du système international.
L’objectif est moins d’établir une prédiction définitive que d’interroger les dynamiques de pouvoir qui semblent déjà avoir modelé une période charnière — une période où la stabilité internationale se mesure moins au respect des traités qu’à la capacité de contrôler les leviers matériels du pouvoir.
En dégageant les logiques internes de ce projet, l’article invite à réfléchir non seulement à ce qui pourrait advenir, mais aussi à ce que ces scénarios impliquent pour les choix stratégiques, économiques et moraux des États et des sociétés. Il convient enfin de rappeler que, même si les flux et les alliances peuvent paraître immuables, l’histoire géopolitique a toujours su réécrire les règles : la question est précisément de savoir qui aura l’influence suffisante pour le faire à l’échelle du XXIe siècle.
1.2025–2026 : Le retour du “ réalisme musclé ” L’année 2025 marque une rupture nette avec les illusions multilatérales de l’après-guerre froide. Washington n’agit plus comme l’architecte d’un ordre global, mais comme le gestionnaire brutal de zones d’intérêt vital.
🔴L’intervention décisive au Venezuela, début 2026, constitue un signal sans ambiguïté[0].
En mettant fin à l’ère Maduro, les États-Unis sécurisent les plus grandes réserves pétrolières mondiales tout en expulsant physiquement l’influence russe et chinoise du continent sud-américain. Il ne s’agit pas seulement d’énergie, mais de réaffirmer la doctrine Monroe dans sa version XXIᵉ siècle : tolérance zéro pour toute puissance rivale dans l’hémisphère occidental.
▶️ Cette séquence inaugure ce que l’on pourrait appeler l’An I du fait accompli stratégique.
2. L’encerclement de la Chine : de l’intégration à l’asphyxie Le cœur du projet trumpien n’est plus la négociation avec Pékin, mais son isolement progressif.
▶️ En Asie :les droits de douane atteignant 60 %, combinés à une militarisation accrue du détroit de Taïwan, forcent la Chine à une posture défensive coûteuse. L’objectif n’est pas la guerre ouverte, mais l’épuisement économique et stratégique.
▶️En Afrique : c’est sur ce continent que se joue la bataille décisive des ressources. En ciblant la Côte d’Ivoire (hub logistique et portuaire) et l’Afrique du Sud (minerais critiques)[1], Washington cherche à court-circuiter les Routes de la Soie. Privée de ses intrants industriels essentiels, l’économie chinoise perd son avantage structurel. La domination n’est plus idéologique : elle est logistique et minérale.
3.Afrique du Nord : le nouveau verrou stratégique La véritable innovation du second mandat de Trump réside dans la centralité accordée à l’Afrique du Nord. Longtemps considérée comme périphérique, elle devient le centre de gravité du corridor Europe-Afrique.
▶️ En renforçant sa présence militaire, navale et technologique de la Tunisie au Maroc, Washington contrôle :
les flux commerciaux transitant par Gibraltar,
les routes énergétiques algériennes et libyennes,
et, par ricochet, la survie industrielle de l’Europe.
Celui qui tient le robinet énergétique du Maghreb tient l’économie allemande et italienne. Cette réalité transforme les États-Unis en arbitres directs de la souveraineté européenne.
4.La subordination méthodique de l’Europe Loin d’être un allié émancipé, l’Union européenne apparaît comme la grande perdante de ce basculement.
▶️ L’arme migratoire :En influençant les accords sécuritaires et migratoires avec les pays nord-africains, Washington dispose d’un levier redoutable. Stabiliser ou déstabiliser les flux devient une variable d’ajustement diplomatique, contraignant Bruxelles à accepter des concessions commerciales et stratégiques majeures.
▶️ Le détournement des chaînes de valeur :Les États-Unis implantent des Zones Économiques Spéciales sous contrôle américain, notamment au Maroc et en Afrique de l’Ouest.
Résultat : le Maghreb cesse d’être l’arrière-cour industrielle de l’Europe pour devenir l’atelier externalisé de l’économie américaine, hors normes réglementaires européennes.
5.Russie marginalisée, Chine contenue La Syrie, la Somalie et l’arc méditerranéen ne sont plus des théâtres de “ guerres éternelles ”, mais des avant-postes de contrôle. La Russie est contenue loin des mers chaudes, la Chine empêchée d’accéder durablement à la Méditerranée. Un rideau de fer nouveau genre s’abat : commercial, numérique, énergétique et géographique.
6.La doctrine de la continuité La question n’est plus de savoir si ce projet survivra à Trump, mais comment. En trois ans, l’administration américaine a :
Purgé l’appareil d’État,
Verrouillé des traités bilatéraux de long terme,
Relocalisé une partie de son complexe militaro-industriel dans les zones clés.
Le successeur de Trump, même issu d’un camp opposé, héritera d’une hégémonie déjà installée, difficilement réversible sans coût systémique majeur.
Vers une hégémonie américaine de verrouillage systémique Le second mandat de Donald Trump ne constitue ni une anomalie historique ni une parenthèse populiste, mais l’expression la plus aboutie d’un basculement structurel du système international. Derrière une apparente brutalité décisionnelle se dessine une logique cohérente de réalisme offensif assumé, dans laquelle la stabilité ne repose plus sur le droit international ou la coopération multilatérale, mais sur la contrainte, la dépendance et le contrôle des flux stratégiques.
🔴Ce que Washington met en place entre 2025 et 2028 ne relève pas de la construction d’un nouvel ordre mondial normatif, mais de l’instauration d’un système de verrouillage hégémonique. Les États-Unis ne cherchent plus à diriger le monde par le consensus, mais à le fragmenter en zones de loyauté différenciées, reliées à leur centre par des chaînes énergétiques, technologiques, logistiques et sécuritaires étroitement contrôlées. Dans cette configuration, l’Afrique du Nord cesse d’être une périphérie instable pour devenir une infrastructure géopolitique centrale, essentielle à la fois à l’encerclement de la Chine, à la marginalisation de la Russie et à la subordination durable de l’Europe.
🔴L’Union européenne apparaît dès lors comme le paradoxe majeur de cette reconfiguration. Puissance économique de premier plan, elle se révèle incapable de convertir ses capacités en autonomie stratégique effective. Dépourvue de souveraineté énergétique, dépendante militairement et structurellement vulnérable sur le plan migratoire, elle se trouve objectivement intégrée au dispositif américain non comme partenaire égal, mais comme espace régulé placé sous protection conditionnelle.
🔴La Chine, quant à elle, est confrontée à une forme de conflictualité inédite. Plus qu’un affrontement militaire direct, elle subit une guerre de position structurelle, visant à l’exclure progressivement des nœuds logistiques, miniers et numériques indispensables à la reproduction de sa puissance économique. La rivalité sino-américaine se déplace ainsi du terrain idéologique vers le contrôle des conditions matérielles de la puissance.
🔴Pour l’Afrique du Nord, ce basculement revêt un caractère tragique. Il impose un choix étroit entre une croissance accélérée sous tutelle stratégique américaine et la recherche risquée d’une autonomie susceptible de transformer la région en principal théâtre de confrontation entre les grandes puissances du XXIᵉ siècle. Dans les deux cas, les marges de manœuvre se réduisent rapidement.
🔴Le monde post-2025 ne marque pas la fin de l’histoire, mais la fin de ses illusions. L’ordre libéral international n’a pas été renversé par ses adversaires : il a été méthodiquement abandonné par son principal architecte.
En définitive, l’ère qui s’ouvre n’est pas celle d’un monde multipolaire équilibré, mais celle d’un système international hiérarchisé, rigide et polarisé, dans lequel la neutralité devient un luxe stratégique de plus en plus inaccessible.
La loyauté supplante l’adhésion, la dépendance remplace la coopération, et la géopolitique retrouve sa nature première : la gestion brute des rapports de force.
On ne peut pas comprendre l’enlèvement de Nicolas Maduro si l’on ignore les masses financières colossales associées à un changement de régime à Caracas[4].
Politique intérieure américaine Au dos de chaque billet d’un dollar, la phrase Novus Ordo Seclorum (« Un nouvel ordre pour les siècles ») fait allusion au principe qui guide la nouvelle stratégie de sécurité des États-Unis
L’attaque contre le Venezuela et la capture du président Nicolás Maduro[0] annoncent le découplage des États-Unis de Trump de l’ordre international fondé sur des règles et la fin de l’ordre libéral dans son ensemble. Un nouvel ordre international est en train d’émerger, fondé sur l’usage de la force, le révisionnisme et la sécurité pour le continent américain.
Voici cinq clés pour comprendre les conséquences de l’intervention militaire et le nouvel ordre qu’elle inaugure.
Sources :The Conversation Juan Luis Manfredi | mis à jour le 24/01/2026 1. Élargissement des pouvoirs présidentiels Cette attaque consacre[0] cette nouvelle doctrine d’un président « impérieux », qui met en œuvre ses décisions sans attendre l’approbation du Congrès, la validation juridique ou l’avis des médias.
▶️ Avec l’affaiblissement des freins et contrepoids, la deuxième administration Trump est libre de présenter le nouvel ordre comme une question de sécurité pressante : les États-Unis étant en guerre contre le trafic de drogue (ou l’immigration) et menacés par de « nouvelles puissances » (euphémisme pour désigner la Chine), ils n’ont pas besoin de respecter les procédures ou les délais habituels.
▶️ Trump s’identifie aux présidents fondateurs historiques des États-Unis, tels que Washington, Lincoln et Roosevelt. Tous trois étaient des leaders charismatiques, et à l’approche du 250e anniversaire de la république américaine,ces comparaisons alimentent la rhétorique autoritaire de Trump.
🔴L’érosion du système politique et juridique américain est indéniable. Le président a approuvé un vaste ensemble de réglementations qui favorisent les mesures d’urgence, un état de crise permanent et la suppression de l’opposition politique et du système judiciaire. L’attaque contre le Venezuela est une nouvelle étape importante dans la reconfiguration des relations de la présidence avec les pouvoirs législatif et judiciaire, conformément à la tradition hamiltonienne d’un pouvoir exécutif fort et unificateur.
2. L’Amérique (latine) pour les Américains (des États-Unis) Sur la scène internationale, l’attaque contre le Venezuela fait progresser un programme diplomatique fondé sur la défense des intérêts nationaux. La notion d’« Amérique pour les Américains » a fait un retour en force : le Panama, le Mexique et le Canada ont tous été contraints de se plier à la volonté de Trump, tandis que l’administration continue de faire pression pour prendre le contrôle le Groenland[1].
▶️ En Amérique latine, les gouvernements de gauche du Brésil et de Colombie mènent l’opposition régionale aux États-Unis, tandis que le nouveau président chilien José Antonio Kast et l’Argentin Javier Milei sont les alliés idéologiques de Trump. L’ensemble du continent connaît un vaste mouvement en faveur des partis nationalistes de droite qui s’opposent à l’immigration.
▶️ Si la transition post-Maduro au Venezuela s’aligne sur ces valeurs, tout espoir d’unité nationale et de transition pacifique vers une démocratie pleine et entière disparaîtra.
3. Contrôle des ressources Une fois de plus, tout tourne autour du pétrole, mais pour des raisons différentes de celles qui prévalaient en Irak.Dans un monde où la mondialisation a cédé la place à la géoéconomie, les États-Unis veulent projeter leur puissance sur les marchés internationaux de l’énergie et leur réglementation. Les infrastructures, les ports et les minéraux du Venezuela sont essentiels pour y parvenir.
▶️ Les États-Unis ne veulent donc pas seulement que le pétrole vénézuélien alimente leur marché intérieur, ils veulent également imposer les prix internationaux et dominer l’offre. Leur nouvelle approche vise à aligner la souveraineté énergétique et le développement technologique sur le commerce et la sécurité.
▶️ Pax Silica[2] – l’alliance internationale dirigée par les États-Unis et signée fin 2025 pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement des technologies critiques telles que les semi-conducteurs et l’IA – inaugure une ère de diplomatie transactionnelle : des puces informatiques en échange de minéraux. Pour le « nouveau » Venezuela, ce sont ses réserves de pétrole qui lui permettront de prendre part à cette nouvelle dynamique de pouvoir.
4. Réalignement géopolitique La conception américaine de la notion de territoire nourrit une politique étrangère révisionniste fondée sur la souveraineté – similaire à celles de la Chine, d’Israël ou de la Russie – qui trouve ses racines dans le concept de « nomos », tel que défini par le philosophe allemand Carl Schmitt au milieu du XXe siècle. Il s’agit d’une vision du monde où la division des nations en « amis ou ennemis » prévaut sur une vision libérale régie par la coopération, le droit international, la démocratie et le libre marché.
▶️ Selon cette logique, des sphères d’influence émergent, les ressources sont réparties et les blocs de pouvoir s’équilibrent, comme le montrent les exemples ci-dessus :
sans opposition, la Chine dominerait l’Asie du Sud-Est ;
la Russie réduirait son effort de guerre en échange de 20 % de l’Ukraine et du contrôle de ses ressources matérielles et énergétiques ;
et Israël redessinerait la carte du Moyen-Orient et conclurait des accords commerciaux avec les pays voisins.
5. L’Europe, la démocratie et Hobbes Des idéaux comme la démocratie, l’État de droit et le libre-échange s’estompent rapidement, et faute de moyens efficaces, les choses ne se présentent pas bien pour l’Union européenne. Comme nous l’avons vu avec Gaza, l’UE a souvent de forts désaccords idéologiques avec d’autres grandes puissances, mais elle n’inspire pas suffisamment le respect pour faire quoi que ce soit. L’intervention militaire des États-Unis ressuscite le réalisme politique hobbesien, où la liberté est cédée à un souverain absolu en échange de la paix et de la sécurité.
🔴En quelques mots.. Dans le nouvel ordre de Trump, c’est l’autorité présidentielle – et non la vérité, les lois ou les valeurs démocratiques – qui a le dernier mot.
Politique intérieure américaine 2026 est une année électorale aux États-Unis, avec trente-neuf élections gouverneuriales et une série d’élections locales et régionales qui se dérouleront entre mars et novembre. ([NDLR] Un sondage révèle que deux tiers des Américains n’approuvent pas l'intervention au Venezuela qui a renversé Nicolás Maduro.[3])
🔴À travers son intervention au Venezuela, l’administration Trump débat en fait de la question de la succession.
Une faction, menée par JD Vance, souhaite éviter les problèmes à l’étranger et rénover son modèle économique industriel.
L’autre, menée par le secrétaire d’État Marco Rubio, est déterminée à reconstruire l’ordre international avec des États-Unis forts et dominants.
L’issue de l’opération vénézuélienne pourrait faire pencher la balance et déterminer qui succédera à Trump lors des élections présidentielles de 2028.
🔴L’attaque contre le Venezuela ne se résume pas à une opération d’ingérence dans la région Elle reflète également les mutations que connaît notre époque. Alors que le trumpisme international se limitait auparavant à des slogans désordonnés, il fait désormais ses premiers pas dans la stratégie militaire. L’époque du « pouvoir doux », des relations transatlantiques et de la paix en Ibéro-Amérique est révolue. Un nouvel ordre est en train de naître.
Les élections municipales 2026 arrivent... et nous sommes à un peu plus d'un an des présidentielles... nous avons besoin d’une campagne longue pour bâtir une majorité d’adhésions autour d’un programme.
Et pour gagner, il faut à la fois :
ramener des millions de dégoûté.es à la politique ;
pour y arriver, pratiquer la clarté face aux électeurs-trices... notamment sur le " qui dit quoi et qui fait quoi ", et en premier lieu en ce qui concerne le RN !
🔴 Le RN est dans la dérive croissante.... La condamnation de Marine Le Pen en 2025 a provoqué une déferlante de menaces de mort contre les juges siégeant à son procès... confirmant que le RN est bien le parti des « brebis galeuses » – comme l’avait minimisé Jordan Bardella le 3 juillet 2024[0]– (la démonstration en est faiteICI)...
🔴 Élus et cadres du RN ont laissé pulluler messages nauséabonds et illégaux (haineux, antisémites, racistes et islamophobes dans les groupes Facebook « La France avec Jordan Bardella » et « Résistance PATRIOTE !!!! »(la démonstration en est faiteICI)...
🔴 Politiquement, le RN entretient une « guerre des pauvres » pour diviser le peuple, dont le vote pour lui est une forme de manifestation... et chaque jour qui passe le démontre un peut plus : le RN est la roue de secours du système...👇
Les déclarations de Donald Trump sur le Groenland sont-elles un moyen de détourner l’attention d’autre chose ?
Groenland : Trump fait monter la pression sur l'UE enpromettant d'imposer des droits de douane de 10 % à huit pays européens, dont la France[14].
Le président états-unien a de nouveau suscité polémique et réprobation en réaffirmant sa volonté d’annexer le territoire autonome danois situé entre l’Atlantique Nord et l’océan Arctique[2]. L’Union européenne a exprimé sa solidarité envers le Groenland et le Danemark.
Noël à la sauce Trump Donald Trump a de nouveau réservé un drôle de cadeau de Noël au Groenland, l’île la plus grande au monde – près de quatre fois la France avec une superficie de plus de deux millions de kilomètres carrés – peuplée de 57 000 habitant·es, en grande majorité des Inuit·es. Un territoire situé au large des côtes canadiennes, entre l’Atlantique Nord et l’océan Arctique, dont il souhaite s’emparer pour des raisons stratégiques et économiques, « d’une manière ou d’une autre », avait-il lancé dans son discours sur l’état de l’Union en mars[0].
▶️Il y a un an, à peine élu et à quelques mois de son retour à la Maison-Blanche, il avait déjà suscité la polémique en s’adressant, dans son message de Noël 2024, « au peuple du Groenland, dont les États-Unis ont besoin pour des raisons de sécurité nationale et qui souhaite la présence américaine sur place : nous y serons ![1] ».
▶️Un an plus tard, [NDLR : le 21 décembre 2025] le président états-unien récidive dans la provocation en annonçant la nomination d’un envoyé spécial pour le Groenland, pays constitutif du royaume de Danemark et territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne(UE)[2].Il s’agit de l’actuel gouverneur de la Louisiane, le Républicain Jeff Landry, un allié fidèle de Donald Trump.
« Jeff comprend à quel point le Groenland est essentiel à notre sécurité nationale et défendra avec vigueur les intérêts de notre pays pour la sûreté, la sécurité et la survie de nos alliés, et même du monde entier », a-t-il écrit dimanche dans un message publié sur son réseau social Truth Social[2].
« Sécurité nationale » Interrogé lundi par les journalistes, Donald Trump a expliqué qu’il s’agissait d’une question de « sécurité nationale » et non de « ressources minières ». « Nous avons déjà tellement de gisements de minéraux, de pétrole et autres, a-t-il déclaré.Si vous regardez le Groenland, si vous regardez le long de ses côtes, vous verrez des navires russes et chinois partout. Nous en avons besoin pour notre sécurité nationale. Il nous le faut.[3] »
Landry, qui ne peut se targuer d’aucune expérience en matière de questions internationales et de diplomatie, s’est expliqué sur la chaîne de télévision trumpiste Fox News. « Il y a près d’un an, personne ne parlait du Groenland, a-t-il dit. Et tout d’un coup, Donald Trump arrive et dit : la doctrine Monroe existe bien, il est nécessaire de protéger les intérêts américains dans ces pays et dans l’hémisphère occidental [les Amériques selon la vision stratégique de Washington – ndlr]. »
Aaja Chemnitz, élue groenlandaise au parlement danois : " Le Groenland n’est pas à vendre. L’avenir du Groenland dépend de nous. "
Base spatiale de Pituffik
Situé entre l’Atlantique et l’Arctique, le Groenland appartient au royaume de Danemark, allié des États-Unis et membre de l’OTAN, mais bénéficie de son propre gouvernement et parlement dans le cadre de l’autonomie accordée en 1979 puis renforcée en 2009.
Le territoire, où les États-Unis disposent d’une base militaire à Pituffik[4] depuis les années 1950, suscite les convoitises des grandes puissances comme à l’époque de la guerre froide, à la fois pour des raisons stratégiques et économiques, car il dispose dans son sous-sol de richesses minières indispensables aux industries des nouvelles technologies, comme les métaux rares. Cependant les conditions extrêmes et l’opposition du gouvernement local pour des raisons environnementales ont empêché l’exploitation.
🔴 L’exemple de la Louisiane Affirmant que « les États-Unis ont toujours été un pays accueillant » [sic], Jeff Landry a mis en avant l’histoire de la Louisiane – un territoire baptisé par les colons français en l’honneur du roi de France Louis XIV.
▶️ « Nous représentons la liberté, la force économique, la protection, a-t-il affirmé. Personne ne le sait mieux que la Louisiane. Ma famille est installée en Louisiane depuis plus de trois cents ans. Nous avons vécu sous plus de drapeaux que quiconque sur le continent des États-Unis. Nous avons fini par nous installer sous le drapeau des États-Unis et c’est la raison pour laquelle la Louisiane a mieux vécu. C’est un sujet dont nous devons discuter avec les habitants du Groenland. »
🔴 Le Groenland n’est pas à vendre. L’avenir du Groenland dépend de nous.
« Il est le bienvenu au Groenland, nous sommes prêts à collaborer avec les États-Unis, mais tout cela doit se faire dans le respect de la souveraineté du Groenland et de ses habitants et, encore une fois, je le répète, le Groenland n’est pas à vendre. L’avenir du Groenland dépend de nous », réagit auprès de Mediapart Aaja Chemnitz, élue groenlandaise au parlement danois et membre de Inuit Ataqatigiit (IA, « La communauté du peuple »), appartenant à la gauche indépendantiste.
Ces derniers mois, Trump a multiplié les déclarations agressives à tel point que, selon les révélations du journal Politiken fin novembre, le ministère des affaires étrangères danois a mis en place, en raison du décalage horaire, une « veille de nuit » pour surveiller les déclarations et les mouvements du président états-unien pendant que le Danemark dort[5].
Elle commence à 17 heures, heure locale, tous les jours et, à 7 heures du matin, un rapport est produit et distribué au sein du gouvernement danois et des départements concernés sur ce qui a été dit et ce qui s’est passé, selon le quotidien danois.
On ne peut pas annexer un autre pays. Même en invoquant la sécurité internationale. Washington a montré aussi sa volonté d’accroître sa présence militaire dans l’Arctique face aux rivaux russe et chinois.
▶️En octobre, les garde-côtes états-uniens ont ainsi annoncé l’achat à la Finlande de quatre brise-glaces[6], renforçant ainsi la capacité des États-Unis à déployer des moyens militaires dans l’Arctique. L’accord a été dévoilé au moment où Donald Trump recevait à la Maison-Blanche le président finlandais Alexander Stubb.
▶️ Selon des déclarations d’un responsable américain à CNN, au total Washington souhaite acquérir 11 navires de ce type (Quatre seront construits en Finlande et sept aux États-Unis), pour un budget d’environ 6,1 milliards de dollars (plus de 5 milliards d’euros)[7].
🔴 Mais les ambitions hégémoniques de Trump rencontrent l’hostilité du Danemark et du Groenland. La première ministre danoise Mette Frederiksen et le premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen ont dénoncé, dans un texte commun lundi, les desseins de Trump : « On ne peut pas annexer un autre pays. Même en invoquant la sécurité internationale. » « Le Groenland appartient aux Groenlandais et les États-Unis ne doivent pas s’en emparer », affirme le communiqué conjoint[8].
Lors des élections législatives organisées en mars, la seule formation favorable à l’administration Trump avait été balayée[11].
▶️ Copenhague a également convoqué l’ambassadeur des États-Unis. « Je suis profondément indigné par cette nomination et par cette déclaration, que je trouve totalement inacceptables », a réagi le ministre danois des affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen dans un entretien avec la chaîne de télévision TV2 Danmark[9].
▶️ En août dernier, le représentant diplomatique des États-Unis avait déjà été convoqué après des informations selon lesquelles trois Américains proches du président Trump menaient des opérations d’influence secrètes au Groenland[10].
▶️ De leur côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, ont également insisté sur le fait que l’intégrité territoriale et la souveraineté étaient des « principes fondamentaux du droit international ». «Ces principes sont essentiels non seulement pour l’Union européenne, mais aussi pour les nations du monde entier. Nous sommes pleinement solidaires du Danemark et du peuple du Groenland[12]», ont-ils écrit sur X.
▶️ Emmanuel Macron, qui s’était rendu à Nuuk, capitale du Groenland en juin, a jugé mardi que le territoire autonome « appartient à son peuple » et que « le Danemark en est le garant ». « J’associe ma voix à celles des Européens pour exprimer notre pleine solidarité[13] », a-t-il écrit sur X.
Le 10 décembre, dans son évaluation annuelle des menaces, les services de renseignement militaire danois ont exprimé leurs inquiétudes au sujet des États-Unis, faisant référence à l’arme des droits de douane utilisée contre les pays alliés de Washington. Une première dans l’histoire des relations entre les deux pays.
Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.
La France insoumise
Pour une MAJORITÉ POPULAIRE, renforcer la France insoumise pour GAGNER !
🔴 La France insoumise et ses 71 députés sont au service des Françaises et des Français face à l'inflation et l'accaparement des richesses par l'oligarchie.
✅ La dissolution, nous y sommes prêts !
Avec la #Nupes, la France Insoumise propose l’alternative
📌Pourquoi La France insoumise, ses origines ? La France insoumise : comment ? La France insoumise : pour quoi faire ?
Autant de questions dont vous trouverez les réponses...✍️en cliquant ci-dessous 👇
N'attendez pas la consigne !
✅ Pour rejoindre la France insoumise et AGIR ENSEMBLE pour GAGNER : cliquez ci-dessous 👇
La chaîne télé de Jean Luc Melenchon : cliquez ci-dessous 👇
Le blogde Jean Luc Melenchon : cliquez ci-dessous 👇