Ouf ! Mais comme partout dans le monde, les sociaux démocrates (socialistes) par leur trahison des engagements de gauche ont servi, par dégout, de point d'appui à la montée, à la victoire de l'extrême droite !
António José Seguro a été élu, dimanche 8 février 2026, président de la République du Portugal avec 67 % des voix, battant largement le candidat néofasciste avec lequel il s’est disputé le deuxième tour, André Ventura (33 %)[0].
L’extrême droite renforcée malgré sa défaite Malgré la défaite de Ventura, l’extrême droite sort renforcée de cette élection. Après être devenu le deuxième parti national lors des élections législatives de mai 2025, elle parvient désormais à égaler, au second tour, le nombre de voix obtenues en mai par les partis au pouvoir, grâce aux votes d’électeurs.trices qui n’avaient jamais voté pour le parti d’extrême droite Chega et qui avaient soutenu les candidats présidentiels du gouvernement (PSD) et du parti Iniciativa Liberal. Selon les études réalisées à la sortie des urnes, un.e électeurs.trices sur trois du candidat ultralibéral au premier tour (arrivé troisième avec 16 % des voix) a opté pour Ventura au second.
🔴Comme le montre l’expérience française, un gouvernement fondé sur le programme de la droite est le meilleur terreau pour la croissance électorale du néofascisme.
Malgré les différences politiques et de régime, rappelons qu’en 2017, face à Macron, Marine Le Pen a obtenu 34 % des voix au second tour ; en 2022, elle avait atteint 41 %, se préparant à disputer la majorité en 2027.
🔴 Que signifie cette victoire ?
Il s’agit avant tout d’une importante mobilisation du peuple qui rejette la proposition néofasciste. Il convient de souligner que les élections se sont déroulées alors que le Portugal est en « état de calamité », déclaré depuis début février. Des tempêtes dévastatrices ont fait une dizaine de morts et laissé une partie du pays inondée. Des approvisionnements essentiels (électricité, eau, télécommunications) sont à l’arrêt. Pour autant, le taux de participation est resté stable entre le premier et le second tour.
Aucune illusion à gauche À gauche, le soutien à Seguro ne s’est nourri d’aucun malentendu politique. Le nouveau président ne portait pas la voix d’un « camp de gauche » : sa carrière politique est marquée par l’adaptation de la social-démocratie au néolibéralisme et, en pleine campagne, après avoir annoncé son intention d’opposer un veto présidentiel au paquet de mesures sur le travail avancé par le gouvernement, le candidat s’en est lavé les mains, déléguant la promulgation de la nouvelle loi à un éventuel accord du gouvernement avec la centrale syndicale UGT (alignée sur le centre).
🔴Seguro n’exprime même pas un supposé « camp constitutionnel »
Seguro a été en échec lorsqu’il a accepté, à la tête du PS et sous la troïka, des mesures de baisse des pensions et qu’il s’est opposé aux députéEs de gauche qui ont saisi le Tribunal constitutionnel et y ont fait annuler cette réduction. Il vient d’être élu grâce aux voix de nombreux partisans d’une révision régressive de la Constitution, issus de la même droite qui conclut des accords avec Chega au parlement (sur le travail et l’immigration) ou dans des collectivités locales comme celle de la capitale.Comme en France, beaucoup de ceux qui ont déclaré aujourd’hui leur soutien tactique à Seguro auraient voté pour Ventura si l’alternative avait été à gauche.
Compte tenu du parcours de Seguro, sa victoire ne constituera pas un obstacle aux réformes libérales du gouvernement, qui poursuivra son chemin entre l’ambiguïté des socialistes et le soutien intermittent des néofascistes.
🔴La réponse de la gauche devra venir des résistances sociales et des discussions qui évitent la marginalité politique.
La grève générale de décembre a indiqué la voie à suivre : plus de mobilisations dans les luttes et le terrain extraparlementaire, plus de convergence dans les solidarités contre la fascisation.
Environ deux tiers des Français sont contre la sortie de l’union européenne mais seulement un tiers ont une image positive de son fonctionnement. Une explication probable de cette contradiction : la peur s’appuyant sur différentes raisons...[2].
Les Français veulent-ils que la France sorte de l’union européenne, oui ou non ?
a) Sondages récents sur le souhait de quitter ou rester dans l’UE Baromètre d’opinion publique européenne (déc. 2025) Question : Voulez-vous que votre pays reste membre de l’Union européenne ou la quitte ? 61 % des Français souhaitent que la France reste dans l’Union européenne. 27 % souhaitent que la France quitte l’Union européenne. 12 % ne savent pas / pas d’avis. Source : enquête publiée dans le Baromètre de l’Opinion publique européenne – Vague 4 (Décembre 2025[0])
b) Sondage Odoxa – Challenges / BFM Business (mai 2024) Si on demande aux Français s’ils sont pour ou contre la sortie de la France de l’UE : 62 % sont opposés à une sortie de l’Union européenne. 65 % sont opposés à une sortie de l’euro (étroitement lié à l’appartenance à l’UE[1]).
La France Insoumise et l’union européenne. Pour la France Insoumise, en 2027, l’Union européenne sera à la croisée des tournants. C’est l’année durant laquelle le nouveau budget pluriannuel de l’Union européenne et la nouvelle Politique agricole commune devront être adoptés et le marché carbone étendu aux particuliers pour le logement et le transport. 2027 sera l’année pour remettre en cause des politiques qui nuisent aux peuples européens et à la planète.
🔴 En effet, certaines règles européennes sont aujourd’hui incompatibles avec la mise en œuvre de notre programme : Les traités de libre-échange s’opposent au protectionnisme écologique :
La concurrence libre et non-faussée empêche la constitution de pôles publics et la sortie des biens communs du marché ;
Le carcan budgétaire nous enferme dans l’austérité et réduit notre capacité à investir dans la bifurcation écologique et sociale ;
La libre-circulation des capitaux nous empêche de reprendre le pouvoir sur le secteur financier La politique agricole commune promeut un modèle contraire à une agriculture paysanne, biologique et respectueuse du bien-être animal ;
L’absence d’harmonisation sociale et la directive sur le travail détaché mettent en concurrence les travailleurs ;
L’impunité des paradis fiscaux européens menace nos recettes fiscales et le consentement à l’impôt ;
L’Europe de la défense nous enferme dans les velléités belliqueuses de l’OTAN ;
Le statut de la Banque centrale européenne (BCE) nous oblige à mettre l’État dans la main des marchés financiers pour nous financer
Nous avons une stratégie complète pour lever ces blocages avec une méthode de gouvernement fondée sur le respect de la volonté populaire et l’esprit de coopération internationale.
▶️ Plan A – D’une part, nous proposons aux États et aux peuples européens la rupture concertée avec les traités actuels. Cela passera par la négociation de nouveaux textes compatibles avec les urgences climatiques et sociales et soumis à un référendum du peuple français pour approbation. Nous proposerons notamment :
la récupération par les États de leur souveraineté budgétaire ;
la modification du statut de la BCE ;
la mise en place de règles d’harmonisation sociale et écologique à l’intérieur de l’Union ;
la mise en place d’un protectionnisme écologique ;
le droit pour les États de venir en aide à des entreprises ou à créer des monopoles publics dans des secteurs stratégiques ;
le droit à l’eau comme droit fondamental pour tous les Européens.
▶️ Plan B – D’autre part, nous appliquerons dans tous les cas immédiatement notre programme au niveau national en assumant la confrontation avec les institutions européennes. Nous utiliserons pour cela tous les leviers pour faire valoir notre position au Conseil européen et désobéirons aux règles bloquantes à chaque fois que c’est nécessaire.
Ces deux stratégies s’alimentent mutuellement : c’est en agissant en éclaireur que nous pourrons entraîner les autres peuples européens !
Utiliser tous les leviers d’action face aux institutions européennes[4] et désobéir à chaque fois que c’est nécessaire pour mettre en œuvre notre programme.
🔴Pour accéder à l'intégralité de tous nos leviers et méthodes d’action face aux institutions cliquez sur l'image ci-dessous 👇👇
🔴On peut avoir des informations supplémentaires en consultant le plan : " notre stratégie pour l’Europe[5] ". Pour y accéder clique sur limage ci-dessous.👇👇
Pourquoi La France Insoumise préconise-t-elle plutôt la désobéissance aux traités plutôt qu’une sortie de l’UE ?
En voici les raisons :
▶️1 – Les Français sont majoritairement hostiles à cette sortie comme nous l’avons vu précédemment ;
▶️2 – Avec sortie ou sans sortie, de toutes façons, les responsables de La France Insoumise vont se heurter à des obstructions et du sabotage économique et financiers pour la mise en œuvre de leur programme : les forces du Capital et leurs valets médiatiques ne resteront pas passifs pour défendre leurs intérêts. La sortie de l’UE aggraverait encore ses difficultés. En restant dans l’UE La France Insoumise peut plus facilement organiser des alliances avec d’autres pays pour résister.
▶️ 3 – En sortant unitaire allemand de l’UE et en cas de difficultés économiques suite à cette sortie, l’opinion publique se retournerait immédiatement contre La France Insoumise en l’accusant de dogmatisme idéologique en refusant toute négociation ;
▶️4 – La France peut-elle exercer des pressions significatives sur la gouvernance de l’UE ? Oui. Rappelons que la France est la deuxième puissance économique européenne avec un PIB égal à 16,4 % du PIB de l’UE après l’Allemagne, 23,7 % et devant l’Italie 12,2 % et l’Espagne 8,9 %. Quand on menace de sanctions, jusqu’à présent elles ont été plus théoriques qu’effectives car l’application de l’article 7 demandes un vote à l’unanimité pour ne citer qu’un exemple.
Quelle stratégie de La France Insoumise face à une reconfiguration géopolitique mondiale ? La crise financière de 2008, la guerre en l’Ukraine opposant les pays de l’OTAN à la fédération de Russie, l’élection de Donald Trump ont précipité un mouvement en cours : la perte de l’hégémonie économique, financière, militaire et culturelle des États-Unis sur le monde et l’apparition d’un monde multipolaire s’incarnant notamment dans les Brics[6] et l’OCS[7].
Dans ce contexte instable, l’UE sans potentiel industriel et énergétique importants, se trouve en situation de rupture avec la fédération de Russie, en situation de dépendance et de conflit avec les USA, en situation de tension avec la Chine sur le plan commercial.
Comment un gouvernement dirigé par des insoumis fera-t-il face à cette situation complexe ?
Et quelles nouvelles relations devrait-on construire avec les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique ?
Quelles mesures devra-t-on proposer pour restaurer et améliorer le droit international et le fonctionnement de l’ONU ?
🔴 La France Insoumise a déjà abordé avec son programme l’Avenir en commun et ses livrets thématiques ces questions.
Rappelons que le programme l’Avenir en commun et le livret indiquent que la France devrait sortir de l’OTAN. Ironie de l’histoire : l’OTAN va devoir faire face à une crise pouvant conduire à sa dislocation en raison d’une part d’une défaite probable face à la puissance militaire et économique de la fédération de Russie et d’autre part face à des contradictions internes comme en témoigne la décision de Trump d’annexer le Groenland[8] et de mettre sous tutelle américaine le Canada.
🔴Pour des informations supplémentaires, reportez vous au livret " Pour une France indépendante souveraine et non alignée[9] ". Pour y accéder clique sur limage ci-dessous.👇👇
Le Conseil de paix de Donald Trump se veut être une substitution aux Nations unies, même si le président américain a dit avoir toujours vanté le " potentiel " de l'ONU[3].
Le « Board of Peace » pour Gaza de Trump : diplomatie de façade et remise en cause de l’ordre international[6].
Au sommet des « globalistes »[0] de Davos, Trump, très affaibli, a officiellement lancé son « Board of Peace » (Conseil pour la Paix[1]). Une alliance de 19 Etats qui, contrairement à ce qui était envisagé précédemment, ne se contentera pas de viser à reconstruire Gaza, mais prendra aussi d’autres conflits en cours ou à venir. Pour en faire partie, il faut verser 1 milliard de dollars à Trump.
Moins de 10% des pays de la planète ont décider de se lier à l’hubris américain qui veut recomposer l’ordre international. L’absence d’Israël, le pays le plus concerné par la reconstruction de Gaza après la Palestine, est notable. Trump et sa famille offrent leurs compétences au monde, après les avoir offertes aux Étasuniens. Ces compétences reposent exclusivement sur l’arnaque, la corruption, et la violence. Le Board of Peace n’est pas fait pour durer, mais peut-être que sa nouvelle manière de gérer les affaires internationales, elle, le pourrait. Depuis la victoire éclair au Venezuela et le kidnapping spectaculaire de son ancien président, Nicolas Maduro, les problématiques internationales sont prises à bras-le-corps par l’administration Trump.
Le Board of Peace (BoP) est un délire corporatiste d’Etat sous kétamine. Composé d’individus représentant aussi bien des intérêts privés qu’étatiques, il comprend un empereur (le président du BoP) à vie qui a droit de veto sur tout (Trump), et une cour (le comité exécutif du BoP) :
Nickolay Mladenov, ancien politicien polonais et rapporteur onusien :
et aussi un PDG d’entreprise milliardaire, Marc Rowan.
Le BoP contient un comité exécutif dédié à Gaza spécifiquement, où l’on retrouve les profils les plus invraisemblables, comme un haut responsable du renseignement égyptien, Yakir Gabay (un milliardaire israélien)[3].
Bref, le BoP mélange tous les profils, ravira ceux qui pensent que la politique internationale doit être re-dynamisée, la « sclérosée ONU » ayant fait son temps. Le droit international empêcherait la résolution rapide des conflits, donc pourquoi pas essayer autre chose.
La victime n°1: l’ONU et le droit international
L’ONU est l’anti-thèse du trumpisme. Système rationnel-légal, bureaucratique, il fait la part belle à la négociation. Bien que son Conseil de sécurité soit représentatif de l’ancienne hiérarchie mondiale, avec les 5 pays au droit de veto[4], et puisse être largement critiqué, il offre la possibilité de le critiquer. Mais ce qui est intéressant de rappeler au sujet de l’ONU, ce qu’il n’a peut-être pas réussi à mettre fin à de nombreuses guerres, mais a encouragé les États à se restreindre en matière de conflits depuis la création de l’ONU. Avant 2016, le nombre de conflits dans le monde était au plus bas.
Or, les conflits ne cessent, depuis quelques années, d’augmenter: le nombre de morts dans les conflits armés ne cesse d’augmenter[5] :
2023 et 2024 sont deux des 4 années les plus meurtrières depuis la fin de la Guerre Froide.
2025 a été pire encore.
L’ONU a rendu hors-la-loi le conflit comme résolution des différends ; l’organisation n’a certes jamais réussit à arrêter la plupart des conflits, mais elle a réduit leur nombre et promu une culture de paix, et calmé les ardeurs militaires en normalisant le commerce et le droit comme échanges privilégiés entre nations.
Trump ambitionne de remplacer l’idéal libéral onusien par une oligarchie internationale du BoP, aux valeurs conservatrices et rejetant la raison du succès des démocraties[3] : l’Etat de droit, le processus légal. Depuis la première administration Trump, la désaffection envers l’ONU par de nombreux pays n’est pas feinte ;
si la plus grande armée du monde s’en désintéresse totalement… pourquoi accorder le moindre intérêt à l’ONU ?
Pourquoi engager des ressources si c’est pour se faire critiquer, et ne rien résoudre ?
Est-ce que nous allons perdure l’ONU en raison du BoP ?
Mais nous pourrions tous, collectivement, être victime
Est-ce que des 19 membres aujourd’hui, nous verrons progressivement plus d’Etats prêter allégeance à l’Empereur Trump ? En politique, les certitudes sont dangereuses, et personne n’aurait parié en 2024 qu’un homme condamné pour viol, fraude électorale et fraude économique, poursuivit pour sédition et tant d’autres choses, puisse devenir à nouveau président des Etats-Unis.
🔴 Mais il faut précisément se débarrasser des réflexes qui nous portent à accorder tant de rationalité aux acteurs : Trump et sa famille sont des spécialistes en arnaques. Fausse université, faux téléphones portables, bibles signées, vodka, casinos… l’objectif unique de Trump a été de s’enrichir et augmenter son pouvoir personnel. Il n’a aucun respect pour sa fonction, ni pour la destinée américain. Il n’est pas un politicien, pas même un très bon homme d’affaire, mais il excellent toutefois dans un métier : celui de producteur. Trump sait se mettre en scène et inspirer des émotions radicales, qui ne laissent personne indifférent. Le président étasunien n’est pas intéressé par les compétences, c’est pourquoi il s’est entouré d’une cour pour son deuxième mandat. On peut ainsi acheter les faveurs de Trump en espèce sonnante et trébuchante, mais aussi en fidélité. L’expertise est balayée, Trump est un populiste opportuniste, c’est-à-dire qu’il remplace l’ancienne élite, celle des intellectuels et technocrates, par la sienne, familiale et amis milliardaires.
🔴 La marque de fabrique de Trump est de beaucoup parler, et ne rien savoir construire. Symbole de sa manière d’opérer, l’aile est de la Maison Blanche, promptement détruite sans plan pour reconstruire, et dont le budget n’a cessé d’augmenter au fil des mois, jusqu’à atteindre la somme 400 millions récemment. Ou encore, son arnaque lancée alors qu’il était déjà investi comme président, des téléphones portables « Trump » dorés, que ses fans attendent toujours de recevoir, presque une année après leur pré-commande. Le modus operandi de Trump a toujours été celui de détruire, car cela impressionne. Et construire, uniquement lorsqu’on ne peut pas filer à l’anglaise avec l’argent récolté
🔴 Le BoP n’est pas différent. Il s’agit cependant cette fois-ci une arnaque internationale, destinée à escroquer des pays cette fois-ci, et faire oublier les problèmes rencontrés dans les affaires intérieures. Il y aura inflation financière, Trump demandera toujours plus d’argent aux membres. La reconstruction de Gaza, pour peu qu’elle se concrétise, se fera avec des fonds douteux, avec du béton qui s’effondrera à la première intempérie. Trump n’a rien inventé, la Mafia le fait depuis toujours.
🔴 Mais cette arnaque trop invraisemblable pour être adaptée au cinéma pourrait aura des conséquences réelles sur l’ONU. Le désengagement des USA délégitimise l’organisation international, ou même l’engagement de la société civile à l’international. Ceux qui pensent que la voie suivie par les Etats-Unis est la même que précédemment, mais seulement moins hypocrite, se trompent : ils ont toujours eu des méthodes de gangster, mais oeuvraient pour un monde plus stable. La paix ou la démocratie ne sont aujourd’hui plus une préférence des Etats-Unis. Et le monde, sans le droit international, pourrait revenir à l’Etat qui était le sien avant le droit international.
C’est l’échec d’une politique obsédée par la baisse des cotisations !
Les petites entreprises au cœur de l’économie de proximité, disparaissent dans l’inaction gouvernementale !
Septembre 2025 : l’Union des entreprises de proximité (U2P) et la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) repoussent la proposition d’un grand rassemblement patronal unitaire contre la taxe Zucman[10] faite par le Mouvement des entreprises de France (Medef). L’événement fait date. Les petits patrons refusent de s’aligner derrière les gros et le font savoir. Les deux organisations patronales des très petites entreprises (TPE) et des petites et moyennes entreprises (PME) révèlent les clivages qui parcourent l’ensemble « patronat » prétendument homogène.
Découvrez le nouveau rapport de l’Institut La Boétie, signé par Eric Berr et Aurélie Trouvé
Il y a urgence : les TPE et PME du pays sont en train de disparaître les unes après les autres.
Les petites entreprises disparaissent dans l’inaction gouvernementale
Les petites entreprises sont au cœur de l’économie de proximité, l’immense majorité des entreprises françaises comptent moins de 10 personnes. Elles sont 4,3 millions au total[0] ;
Les petites entreprises sont le premier employeur du pays, les TPE et les PME cumulent près de 7 millions d’emplois salariés à temps plein[1] ;
Un niveau record de petites entreprises surendettées, 94 % des défaillances concernent une entreprise de moins de dix personnes, incluant les auto-entrepreneurs[2] ;
Focus sur les PME industrielles, premières victimes de la désindustrialisation des grands groupes, la désindustrialisation se poursuit. En 2025, la France a continué à perdre ses fleurons industriels ;
Focus sur le petit commerce : le capitalisme rase tout, la presse régionale n’en finit pas de tirer la sonnette d’alarme : les villes se vident de leurs petits commerces ;
L’étalement urbain contre les petits commerces alimentaires ;
Commerce en ligne : le capitalisme numérique contre les petites entreprises commerçantes.
Pourquoi les petites entreprises ont la vie impossible ?
▶️ Les vraies « charges » masquées qui pèsent sur les TPE et PME du pays, la vérité sur les cotisations sociales
Dans le débat public, l’ennemi des entreprises est tout trouvé : le « coût du travail » ! Ce discours ne résiste pourtant pas à l’épreuve des faits économiques. Mais il présente pour les grands patrons du pays plusieurs avantages.
La vérité sur les cotisations sociales : depuis quarante ans, les politiques économiques s’emploient méthodiquement à baisser le « coût du travail », en premier lieu par le biais d’allègements de cotisations sociales[3]
Les charges réelles sont ailleurs : ce sont les rentes (électricité, loyers, Frais bancaires, frais d’assurance, rentes numériques) !
▶️ Crédit bancaire : les banques contre les chefs des petites entreprises (accéder au crédit : un parcours du combattant, l’exploitation financière par le crédit).
▶️ Le règne économique des grandes entreprises
L’exploitation commerciale par la sous-traitance, le capitalisme néolibéral marque l’hyper développement de la sous-traitance[4] ;
Les grandes entreprises ont imposé le marché mondial.
▶️ L’injustice fiscale dans le monde de l’entreprise
Impôt sur les sociétés : la grande injustice. Aujourd’hui, non seulement le taux d’impôt sur les sociétés n’est pas progressif selon la taille de l’entreprise, mais il est en pratique plus élevé pour les petites entreprises.
Les TPE et PME versent 23 % de leurs bénéfices déclarés, contre 15 % seulement pour les grandes entreprises. Autrement dit, elles paient 50 % d’impôts en plus[5] !
Aides aux entreprises sans conditions : une aubaine pour les plus gros. Il existe aujourd’hui près de 2 000 aides différentes aux entreprises, versées essentiellement sans contrepartie, qui représentent 211 milliards d’euros par an. Les petites entreprises sont les grandes perdantes du fonctionnement actuel des aides aux entreprises.
C’est aussi le cas des entreprises de l’ESS, qui ne reçoivent que 7 % des aides publiques aux entreprises alors qu’elles représentent près de 14 % de l’emploi privé[6].
▶️ La consommation en panne
Les petites entreprises forment le cœur de l’économie de proximité du pays.
Les difficultés matérielles rencontrées par les petites entreprises aujourd’hui sont en grande partie le fait du ralentissement structurel de la consommation.
Les dépenses contraintes liées à l’existence, qui pèsent sur le pouvoir d’achat : il faut se nourrir, se vêtir, se soigner. Tout cela a considérablement augmenté.
Ces dépenses frôlent aujourd’hui les 30 % du revenu total en moyenne[7]. C’était 12 % seulement en 1960, et un peu plus de 20 % au début des années 1980.
Les salaires sont attaqués : baisse du salaire réel depuis 2017, gel total ou partiel du point d’indice des fonctionnaires pendant près de vingt ans, absence de revalorisation du salaire minimum au-delà de l’inflation.
Pour ne rien arranger, les politiques d’austérité s’attaquent aux dépenses de protection sociale. Les déremboursements de soins et la hausse des franchises médicales accroissent les dépenses des ménages[8].
▶️ Le manque de visibilité des chefs de petites entreprises
La visibilité est la valeur suprême de l’entreprise. Sans elle, l’investissement productif est entravé.
Les petites entreprises ont été très fragilisées par huit ans de macronisme, où les politiques économiques ont navigué à vue, sans aucune boussole.
Le secteur de la rénovation énergétique subit par exemple le va-et-vient des gouvernements successifs sur les aides à la rénovation versées par l’État aux particuliers : lorsque les ménages ne peuvent plus entreprendre les travaux ou refusent de se lancer de crainte de voir les aides interrompues en cours de route, les carnets de commandes se vident et les emplois sont menacés.
Pour les petits commerçants non plus, rien ne garantit un engagement stable de la puissance publique contre la concurrence déloyale que représente le commerce en ligne.
▶️ Le problème de la représentativité des chefs d’entreprises : l’avantage donné au Medef
Dans les médias et dans les cercles politiques, le Medef jouit d’une hégémonie certaine, et pourtant, parmi les trois organisations patronales reconnues comme représentatives, le Medef est celle qui compte le moins d’adhérents : 149 000 au total en 2025, contre 221 000 pour l’U2P et 243 000 pour la CPME[9].
Moins de 12 % des entreprises françaises sont adhérentes d’une organisation patronale représentative. L’écrasante majorité des chefs d’entreprise du pays ne sont donc pas représentés lors des négociations collectives qui déterminent la norme sociale et dans les organismes paritaires.
Le Medef est confortablement installé alors qu’il ne représente qu’une portion minoritaire de l’économie, très mobilisée et visible.
En résumé, les petites entreprises sont accablées par l’ensemble des structures économiques. Tous leurs besoins, du financement à la production elle-même jusqu’à l’écoulement des stocks, se heurtent à une organisation de l’économie alignée sur d’autres intérêts. Les grandes entreprises sont le centre de gravité du capitalisme contemporain
Un nouveau pacte productif a construire : l’économie de la nouvelle France par les petites entreprises
Les petites entreprises ont vocation à prendre leur part dans l’intérêt général humain. Leur santé économique dépend de l’état de la population, de ses revenus, de sa santé, de la qualité de sa formation, de ses modes d’organisation : en bref, de la satisfaction des besoins humains.
Notre modèle, l’économie des besoins, fonde le socle d’un possible nouveau pacte productif au service à la fois de l’activité économique des petites entreprises et des besoins humains.
La puissance publique doit reprendre le contrôle de la direction dans laquelle se déploie l’activité productive qu’elle aide.
🔴 Voilà des propositions de l'Institut La Boétie qui visent à explorer les grandes lignes possibles d’un pacte productif et de progrès social, incluant les dirigeants de micro, petites et moyennes entreprises sous forme de recommandations d’ordre général.
▶️Axe 1 –Réserver les aides publiques aux entreprises qui s’inscrivent dans la réalisation du plan ; ▶️ Axe 2 – Baisser et stabiliser les coûts de l’énergie des petites entreprises ; ▶️ Axe 3 –Émanciper les petites entreprises de la domination des grandes ; ▶️ Axe 4 –Redéfinir les règles de la représentativité patronale ; ▶️ Axe 5 –Protéger les petites entreprises du libre-échange ; ▶️ Axe 6 –Mettre en place un pôle public bancaire et rendre gratuite l’escompte ; ▶️ Axe 7 –Protéger les petits commerces ; ▶️ Axe 8 – Lutter contre l’ubérisation généralisée ; ▶️ Axe 9 –Rétablir la justice fiscale entre les entreprises ; ▶️ Axe 10 –Soutenir le pouvoir d’achat de la population ; ▶️ Axe 11 –Assurer des débouchés aux petites entreprises par la commande publique ; ▶️ Axe 12 – Sortir de la dépendance aux Big Tech ; ▶️ Axe 13 –Renforcer et transformer la formation initiale et continue pour avoir la main-d’œuvre la mieux qualifiée du monde ; ▶️ Axe 14 – Abolir le travail détaché en France.
🔴 Pour accéder à l'intégrale du rapport de l'institut La Boétie cliquez sur l'image ci-dessous 👇👇
Colloque « Le néolibéralisme est-il compatible avec les petites entreprises ? »
Le néolibéralisme est-il compatible avec les petites entreprises ?
Quels sont les vrais problèmes des petites entreprises ?
Les intérêts des petits patrons sont-ils alignés sur ceux des multinationales ?
Comment émanciper les petites entreprises du chaos du marché et de la domination des grands groupes ?
Quelles nouvelles règles de la représentativité patronale développer ?
Comment la planification écologique et le protectionnisme solidaire peuvent constituer le socle d'un pacte productif au service d'une nouvelle économie ?
- Clément Carbonnier, Toujours moins ! L’obsession du coût du travail ou l’impasse stratégique du capitalisme français, Éditions La Découverte, 2025. Voir aussi la note de lecture de l’Institut La Boétie consacrée à cet ouvrage : « Pourquoi baisser le coût du travail ne sert à rien ? », décembre 2025, URL : https://institutlaboetie.fr/pourquoi-baisser-le-cout-du-travail-ne-sert-a-rien-note-lecture-20251212/
Car oui, ce à quoi nous assistons en ce moment, ressemble bien à la fin de la domination de l’empire US sur le reste du monde et probablement par implosion, ce qui pourrait abréger son agonie. Il faut dire que les États-Unis d’Amérique étaient depuis au moins quatre-vingt ans la première puissance économique du monde, dominant de loin toutes les autres nations, surtout depuis l’implo
L’ère qui s’ouvre n’est pas celle d’un monde multipolaire équilibré, mais celle d’un système international hiérarchisé, rigide et polarisé, dans lequel la neutralité devient un luxe stratégique de plus en plus inaccessible.
La publication, début décembre 2025, de la « nouvelle doctrine de sécurité nationale » des États-Unis marque une rupture brutale par son caractère ouvertement militariste, autoritaire et idéologiquement réactionnaire[2].
À rebours de l’image d’un Trump imprévisible et chaotique, le second mandat du président américain révèle une architecture stratégique froide, méthodique et profondément transactionnelle. Entre encerclement de la Chine, subordination de l’Europe et verrouillage de l’Afrique du Nord, les États-Unis redessinent l’ordre mondial non plus autour du droit international, mais autour de rapports de force énergétiques, technologiques et militaires. Nous assistons à la naissance d’un nouvel âge : celui de l’hégémonie verrouillée.
Dans les années qui suivent l’élection présidentielle américaine de 2024, l’ordre mondial semble se déployer selon des règles nouvelles et moins visibles que celles du droit international : des rapports de force énergétiques, technologiques et militaires prennent le pas sur les coalitions et les normes. Le présent article s’attache à décrire ce basculement, non comme une prophétie abstraite, mais comme une dynamique plausiblement encastrée dans les choix et les pratiques d’une puissance qui a démontré, depuis son installation au sommet, une capacité à redessiner les contours de l’influence des États-Unis.
Ce texte avance l’hypothèse d’un “ Grand Basculement Géopolitique ” entre 2025 et 2028, où l’hégémonie américaine se déploie selon une logique de verrouillage et de segmentation de l’espace international. L’argument central est que le recours croissant à des instruments matériels et coercitifs, contrôle des flux énergétiques, réorganisation des chaînes de valeur, maîtrise des accès maritimes et des hubs stratégiques, peut conduire à une systématisation de la puissance en dehors d’un cadre multilatéral traditionnel. Dans ce cadre, l’Europe, déjà confrontée à une valse des loyautés et des dépendances, se voit redéfinir son autonomie stratégique :
la Chine et la Russie évoluent sous la pression d’une compétition qui se déplace des idéologies vers les conditions matérielles de la puissance ;
et l’Afrique du Nord occupe une position centrale, non plus périphérique, dans le dispositif de sécurité et d’économie régionale.
🔴La thèse porte sur trois axes : les mécanismes par lesquels Washington cherche à “ verrouiller ” des flux et des ressources
les coûts et les contraintes imposées à ses partenaires et adversaires ;
et les marges d’action possibles pour l’Europe et les autres acteurs structurants du système international.
L’objectif est moins d’établir une prédiction définitive que d’interroger les dynamiques de pouvoir qui semblent déjà avoir modelé une période charnière — une période où la stabilité internationale se mesure moins au respect des traités qu’à la capacité de contrôler les leviers matériels du pouvoir.
En dégageant les logiques internes de ce projet, l’article invite à réfléchir non seulement à ce qui pourrait advenir, mais aussi à ce que ces scénarios impliquent pour les choix stratégiques, économiques et moraux des États et des sociétés. Il convient enfin de rappeler que, même si les flux et les alliances peuvent paraître immuables, l’histoire géopolitique a toujours su réécrire les règles : la question est précisément de savoir qui aura l’influence suffisante pour le faire à l’échelle du XXIe siècle.
1.2025–2026 : Le retour du “ réalisme musclé ” L’année 2025 marque une rupture nette avec les illusions multilatérales de l’après-guerre froide. Washington n’agit plus comme l’architecte d’un ordre global, mais comme le gestionnaire brutal de zones d’intérêt vital.
🔴L’intervention décisive au Venezuela, début 2026, constitue un signal sans ambiguïté[0].
En mettant fin à l’ère Maduro, les États-Unis sécurisent les plus grandes réserves pétrolières mondiales tout en expulsant physiquement l’influence russe et chinoise du continent sud-américain. Il ne s’agit pas seulement d’énergie, mais de réaffirmer la doctrine Monroe dans sa version XXIᵉ siècle : tolérance zéro pour toute puissance rivale dans l’hémisphère occidental.
▶️ Cette séquence inaugure ce que l’on pourrait appeler l’An I du fait accompli stratégique.
2. L’encerclement de la Chine : de l’intégration à l’asphyxie Le cœur du projet trumpien n’est plus la négociation avec Pékin, mais son isolement progressif.
▶️ En Asie :les droits de douane atteignant 60 %, combinés à une militarisation accrue du détroit de Taïwan, forcent la Chine à une posture défensive coûteuse. L’objectif n’est pas la guerre ouverte, mais l’épuisement économique et stratégique.
▶️En Afrique : c’est sur ce continent que se joue la bataille décisive des ressources. En ciblant la Côte d’Ivoire (hub logistique et portuaire) et l’Afrique du Sud (minerais critiques)[1], Washington cherche à court-circuiter les Routes de la Soie. Privée de ses intrants industriels essentiels, l’économie chinoise perd son avantage structurel. La domination n’est plus idéologique : elle est logistique et minérale.
3.Afrique du Nord : le nouveau verrou stratégique La véritable innovation du second mandat de Trump réside dans la centralité accordée à l’Afrique du Nord. Longtemps considérée comme périphérique, elle devient le centre de gravité du corridor Europe-Afrique.
▶️ En renforçant sa présence militaire, navale et technologique de la Tunisie au Maroc, Washington contrôle :
les flux commerciaux transitant par Gibraltar,
les routes énergétiques algériennes et libyennes,
et, par ricochet, la survie industrielle de l’Europe.
Celui qui tient le robinet énergétique du Maghreb tient l’économie allemande et italienne. Cette réalité transforme les États-Unis en arbitres directs de la souveraineté européenne.
4.La subordination méthodique de l’Europe Loin d’être un allié émancipé, l’Union européenne apparaît comme la grande perdante de ce basculement.
▶️ L’arme migratoire :En influençant les accords sécuritaires et migratoires avec les pays nord-africains, Washington dispose d’un levier redoutable. Stabiliser ou déstabiliser les flux devient une variable d’ajustement diplomatique, contraignant Bruxelles à accepter des concessions commerciales et stratégiques majeures.
▶️ Le détournement des chaînes de valeur :Les États-Unis implantent des Zones Économiques Spéciales sous contrôle américain, notamment au Maroc et en Afrique de l’Ouest.
Résultat : le Maghreb cesse d’être l’arrière-cour industrielle de l’Europe pour devenir l’atelier externalisé de l’économie américaine, hors normes réglementaires européennes.
5.Russie marginalisée, Chine contenue La Syrie, la Somalie et l’arc méditerranéen ne sont plus des théâtres de “ guerres éternelles ”, mais des avant-postes de contrôle. La Russie est contenue loin des mers chaudes, la Chine empêchée d’accéder durablement à la Méditerranée. Un rideau de fer nouveau genre s’abat : commercial, numérique, énergétique et géographique.
6.La doctrine de la continuité La question n’est plus de savoir si ce projet survivra à Trump, mais comment. En trois ans, l’administration américaine a :
Purgé l’appareil d’État,
Verrouillé des traités bilatéraux de long terme,
Relocalisé une partie de son complexe militaro-industriel dans les zones clés.
Le successeur de Trump, même issu d’un camp opposé, héritera d’une hégémonie déjà installée, difficilement réversible sans coût systémique majeur.
Vers une hégémonie américaine de verrouillage systémique Le second mandat de Donald Trump ne constitue ni une anomalie historique ni une parenthèse populiste, mais l’expression la plus aboutie d’un basculement structurel du système international. Derrière une apparente brutalité décisionnelle se dessine une logique cohérente de réalisme offensif assumé, dans laquelle la stabilité ne repose plus sur le droit international ou la coopération multilatérale, mais sur la contrainte, la dépendance et le contrôle des flux stratégiques.
🔴Ce que Washington met en place entre 2025 et 2028 ne relève pas de la construction d’un nouvel ordre mondial normatif, mais de l’instauration d’un système de verrouillage hégémonique. Les États-Unis ne cherchent plus à diriger le monde par le consensus, mais à le fragmenter en zones de loyauté différenciées, reliées à leur centre par des chaînes énergétiques, technologiques, logistiques et sécuritaires étroitement contrôlées. Dans cette configuration, l’Afrique du Nord cesse d’être une périphérie instable pour devenir une infrastructure géopolitique centrale, essentielle à la fois à l’encerclement de la Chine, à la marginalisation de la Russie et à la subordination durable de l’Europe.
🔴L’Union européenne apparaît dès lors comme le paradoxe majeur de cette reconfiguration. Puissance économique de premier plan, elle se révèle incapable de convertir ses capacités en autonomie stratégique effective. Dépourvue de souveraineté énergétique, dépendante militairement et structurellement vulnérable sur le plan migratoire, elle se trouve objectivement intégrée au dispositif américain non comme partenaire égal, mais comme espace régulé placé sous protection conditionnelle.
🔴La Chine, quant à elle, est confrontée à une forme de conflictualité inédite. Plus qu’un affrontement militaire direct, elle subit une guerre de position structurelle, visant à l’exclure progressivement des nœuds logistiques, miniers et numériques indispensables à la reproduction de sa puissance économique. La rivalité sino-américaine se déplace ainsi du terrain idéologique vers le contrôle des conditions matérielles de la puissance.
🔴Pour l’Afrique du Nord, ce basculement revêt un caractère tragique. Il impose un choix étroit entre une croissance accélérée sous tutelle stratégique américaine et la recherche risquée d’une autonomie susceptible de transformer la région en principal théâtre de confrontation entre les grandes puissances du XXIᵉ siècle. Dans les deux cas, les marges de manœuvre se réduisent rapidement.
🔴Le monde post-2025 ne marque pas la fin de l’histoire, mais la fin de ses illusions. L’ordre libéral international n’a pas été renversé par ses adversaires : il a été méthodiquement abandonné par son principal architecte.
En définitive, l’ère qui s’ouvre n’est pas celle d’un monde multipolaire équilibré, mais celle d’un système international hiérarchisé, rigide et polarisé, dans lequel la neutralité devient un luxe stratégique de plus en plus inaccessible.
La loyauté supplante l’adhésion, la dépendance remplace la coopération, et la géopolitique retrouve sa nature première : la gestion brute des rapports de force.
On ne peut pas comprendre l’enlèvement de Nicolas Maduro si l’on ignore les masses financières colossales associées à un changement de régime à Caracas[4].
Politique intérieure américaine Au dos de chaque billet d’un dollar, la phrase Novus Ordo Seclorum (« Un nouvel ordre pour les siècles ») fait allusion au principe qui guide la nouvelle stratégie de sécurité des États-Unis
L’attaque contre le Venezuela et la capture du président Nicolás Maduro[0] annoncent le découplage des États-Unis de Trump de l’ordre international fondé sur des règles et la fin de l’ordre libéral dans son ensemble. Un nouvel ordre international est en train d’émerger, fondé sur l’usage de la force, le révisionnisme et la sécurité pour le continent américain.
Voici cinq clés pour comprendre les conséquences de l’intervention militaire et le nouvel ordre qu’elle inaugure.
Sources :The Conversation Juan Luis Manfredi | mis à jour le 24/01/2026 1. Élargissement des pouvoirs présidentiels Cette attaque consacre[0] cette nouvelle doctrine d’un président « impérieux », qui met en œuvre ses décisions sans attendre l’approbation du Congrès, la validation juridique ou l’avis des médias.
▶️ Avec l’affaiblissement des freins et contrepoids, la deuxième administration Trump est libre de présenter le nouvel ordre comme une question de sécurité pressante : les États-Unis étant en guerre contre le trafic de drogue (ou l’immigration) et menacés par de « nouvelles puissances » (euphémisme pour désigner la Chine), ils n’ont pas besoin de respecter les procédures ou les délais habituels.
▶️ Trump s’identifie aux présidents fondateurs historiques des États-Unis, tels que Washington, Lincoln et Roosevelt. Tous trois étaient des leaders charismatiques, et à l’approche du 250e anniversaire de la république américaine,ces comparaisons alimentent la rhétorique autoritaire de Trump.
🔴L’érosion du système politique et juridique américain est indéniable. Le président a approuvé un vaste ensemble de réglementations qui favorisent les mesures d’urgence, un état de crise permanent et la suppression de l’opposition politique et du système judiciaire. L’attaque contre le Venezuela est une nouvelle étape importante dans la reconfiguration des relations de la présidence avec les pouvoirs législatif et judiciaire, conformément à la tradition hamiltonienne d’un pouvoir exécutif fort et unificateur.
2. L’Amérique (latine) pour les Américains (des États-Unis) Sur la scène internationale, l’attaque contre le Venezuela fait progresser un programme diplomatique fondé sur la défense des intérêts nationaux. La notion d’« Amérique pour les Américains » a fait un retour en force : le Panama, le Mexique et le Canada ont tous été contraints de se plier à la volonté de Trump, tandis que l’administration continue de faire pression pour prendre le contrôle le Groenland[1].
▶️ En Amérique latine, les gouvernements de gauche du Brésil et de Colombie mènent l’opposition régionale aux États-Unis, tandis que le nouveau président chilien José Antonio Kast et l’Argentin Javier Milei sont les alliés idéologiques de Trump. L’ensemble du continent connaît un vaste mouvement en faveur des partis nationalistes de droite qui s’opposent à l’immigration.
▶️ Si la transition post-Maduro au Venezuela s’aligne sur ces valeurs, tout espoir d’unité nationale et de transition pacifique vers une démocratie pleine et entière disparaîtra.
3. Contrôle des ressources Une fois de plus, tout tourne autour du pétrole, mais pour des raisons différentes de celles qui prévalaient en Irak.Dans un monde où la mondialisation a cédé la place à la géoéconomie, les États-Unis veulent projeter leur puissance sur les marchés internationaux de l’énergie et leur réglementation. Les infrastructures, les ports et les minéraux du Venezuela sont essentiels pour y parvenir.
▶️ Les États-Unis ne veulent donc pas seulement que le pétrole vénézuélien alimente leur marché intérieur, ils veulent également imposer les prix internationaux et dominer l’offre. Leur nouvelle approche vise à aligner la souveraineté énergétique et le développement technologique sur le commerce et la sécurité.
▶️ Pax Silica[2] – l’alliance internationale dirigée par les États-Unis et signée fin 2025 pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement des technologies critiques telles que les semi-conducteurs et l’IA – inaugure une ère de diplomatie transactionnelle : des puces informatiques en échange de minéraux. Pour le « nouveau » Venezuela, ce sont ses réserves de pétrole qui lui permettront de prendre part à cette nouvelle dynamique de pouvoir.
4. Réalignement géopolitique La conception américaine de la notion de territoire nourrit une politique étrangère révisionniste fondée sur la souveraineté – similaire à celles de la Chine, d’Israël ou de la Russie – qui trouve ses racines dans le concept de « nomos », tel que défini par le philosophe allemand Carl Schmitt au milieu du XXe siècle. Il s’agit d’une vision du monde où la division des nations en « amis ou ennemis » prévaut sur une vision libérale régie par la coopération, le droit international, la démocratie et le libre marché.
▶️ Selon cette logique, des sphères d’influence émergent, les ressources sont réparties et les blocs de pouvoir s’équilibrent, comme le montrent les exemples ci-dessus :
sans opposition, la Chine dominerait l’Asie du Sud-Est ;
la Russie réduirait son effort de guerre en échange de 20 % de l’Ukraine et du contrôle de ses ressources matérielles et énergétiques ;
et Israël redessinerait la carte du Moyen-Orient et conclurait des accords commerciaux avec les pays voisins.
5. L’Europe, la démocratie et Hobbes Des idéaux comme la démocratie, l’État de droit et le libre-échange s’estompent rapidement, et faute de moyens efficaces, les choses ne se présentent pas bien pour l’Union européenne. Comme nous l’avons vu avec Gaza, l’UE a souvent de forts désaccords idéologiques avec d’autres grandes puissances, mais elle n’inspire pas suffisamment le respect pour faire quoi que ce soit. L’intervention militaire des États-Unis ressuscite le réalisme politique hobbesien, où la liberté est cédée à un souverain absolu en échange de la paix et de la sécurité.
🔴En quelques mots.. Dans le nouvel ordre de Trump, c’est l’autorité présidentielle – et non la vérité, les lois ou les valeurs démocratiques – qui a le dernier mot.
Politique intérieure américaine 2026 est une année électorale aux États-Unis, avec trente-neuf élections gouverneuriales et une série d’élections locales et régionales qui se dérouleront entre mars et novembre. ([NDLR] Un sondage révèle que deux tiers des Américains n’approuvent pas l'intervention au Venezuela qui a renversé Nicolás Maduro.[3])
🔴À travers son intervention au Venezuela, l’administration Trump débat en fait de la question de la succession.
Une faction, menée par JD Vance, souhaite éviter les problèmes à l’étranger et rénover son modèle économique industriel.
L’autre, menée par le secrétaire d’État Marco Rubio, est déterminée à reconstruire l’ordre international avec des États-Unis forts et dominants.
L’issue de l’opération vénézuélienne pourrait faire pencher la balance et déterminer qui succédera à Trump lors des élections présidentielles de 2028.
🔴L’attaque contre le Venezuela ne se résume pas à une opération d’ingérence dans la région Elle reflète également les mutations que connaît notre époque. Alors que le trumpisme international se limitait auparavant à des slogans désordonnés, il fait désormais ses premiers pas dans la stratégie militaire. L’époque du « pouvoir doux », des relations transatlantiques et de la paix en Ibéro-Amérique est révolue. Un nouvel ordre est en train de naître.
Les élections municipales 2026 arrivent... et nous sommes à un peu plus d'un an des présidentielles... nous avons besoin d’une campagne longue pour bâtir une majorité d’adhésions autour d’un programme.
Et pour gagner, il faut à la fois :
ramener des millions de dégoûté.es à la politique ;
pour y arriver, pratiquer la clarté face aux électeurs-trices... notamment sur le " qui dit quoi et qui fait quoi ", et en premier lieu en ce qui concerne le RN !
🔴 Le RN est dans la dérive croissante.... La condamnation de Marine Le Pen en 2025 a provoqué une déferlante de menaces de mort contre les juges siégeant à son procès... confirmant que le RN est bien le parti des « brebis galeuses » – comme l’avait minimisé Jordan Bardella le 3 juillet 2024[0]– (la démonstration en est faiteICI)...
🔴 Élus et cadres du RN ont laissé pulluler messages nauséabonds et illégaux (haineux, antisémites, racistes et islamophobes dans les groupes Facebook « La France avec Jordan Bardella » et « Résistance PATRIOTE !!!! »(la démonstration en est faiteICI)...
🔴 Politiquement, le RN entretient une « guerre des pauvres » pour diviser le peuple, dont le vote pour lui est une forme de manifestation... et chaque jour qui passe le démontre un peut plus : le RN est la roue de secours du système...👇
Les déclarations de Donald Trump sur le Groenland sont-elles un moyen de détourner l’attention d’autre chose ?
Groenland : Trump fait monter la pression sur l'UE enpromettant d'imposer des droits de douane de 10 % à huit pays européens, dont la France[14].
Le président états-unien a de nouveau suscité polémique et réprobation en réaffirmant sa volonté d’annexer le territoire autonome danois situé entre l’Atlantique Nord et l’océan Arctique[2]. L’Union européenne a exprimé sa solidarité envers le Groenland et le Danemark.
Noël à la sauce Trump Donald Trump a de nouveau réservé un drôle de cadeau de Noël au Groenland, l’île la plus grande au monde – près de quatre fois la France avec une superficie de plus de deux millions de kilomètres carrés – peuplée de 57 000 habitant·es, en grande majorité des Inuit·es. Un territoire situé au large des côtes canadiennes, entre l’Atlantique Nord et l’océan Arctique, dont il souhaite s’emparer pour des raisons stratégiques et économiques, « d’une manière ou d’une autre », avait-il lancé dans son discours sur l’état de l’Union en mars[0].
▶️Il y a un an, à peine élu et à quelques mois de son retour à la Maison-Blanche, il avait déjà suscité la polémique en s’adressant, dans son message de Noël 2024, « au peuple du Groenland, dont les États-Unis ont besoin pour des raisons de sécurité nationale et qui souhaite la présence américaine sur place : nous y serons ![1] ».
▶️Un an plus tard, [NDLR : le 21 décembre 2025] le président états-unien récidive dans la provocation en annonçant la nomination d’un envoyé spécial pour le Groenland, pays constitutif du royaume de Danemark et territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne(UE)[2].Il s’agit de l’actuel gouverneur de la Louisiane, le Républicain Jeff Landry, un allié fidèle de Donald Trump.
« Jeff comprend à quel point le Groenland est essentiel à notre sécurité nationale et défendra avec vigueur les intérêts de notre pays pour la sûreté, la sécurité et la survie de nos alliés, et même du monde entier », a-t-il écrit dimanche dans un message publié sur son réseau social Truth Social[2].
« Sécurité nationale » Interrogé lundi par les journalistes, Donald Trump a expliqué qu’il s’agissait d’une question de « sécurité nationale » et non de « ressources minières ». « Nous avons déjà tellement de gisements de minéraux, de pétrole et autres, a-t-il déclaré.Si vous regardez le Groenland, si vous regardez le long de ses côtes, vous verrez des navires russes et chinois partout. Nous en avons besoin pour notre sécurité nationale. Il nous le faut.[3] »
Landry, qui ne peut se targuer d’aucune expérience en matière de questions internationales et de diplomatie, s’est expliqué sur la chaîne de télévision trumpiste Fox News. « Il y a près d’un an, personne ne parlait du Groenland, a-t-il dit. Et tout d’un coup, Donald Trump arrive et dit : la doctrine Monroe existe bien, il est nécessaire de protéger les intérêts américains dans ces pays et dans l’hémisphère occidental [les Amériques selon la vision stratégique de Washington – ndlr]. »
Aaja Chemnitz, élue groenlandaise au parlement danois : " Le Groenland n’est pas à vendre. L’avenir du Groenland dépend de nous. "
Base spatiale de Pituffik
Situé entre l’Atlantique et l’Arctique, le Groenland appartient au royaume de Danemark, allié des États-Unis et membre de l’OTAN, mais bénéficie de son propre gouvernement et parlement dans le cadre de l’autonomie accordée en 1979 puis renforcée en 2009.
Le territoire, où les États-Unis disposent d’une base militaire à Pituffik[4] depuis les années 1950, suscite les convoitises des grandes puissances comme à l’époque de la guerre froide, à la fois pour des raisons stratégiques et économiques, car il dispose dans son sous-sol de richesses minières indispensables aux industries des nouvelles technologies, comme les métaux rares. Cependant les conditions extrêmes et l’opposition du gouvernement local pour des raisons environnementales ont empêché l’exploitation.
🔴 L’exemple de la Louisiane Affirmant que « les États-Unis ont toujours été un pays accueillant » [sic], Jeff Landry a mis en avant l’histoire de la Louisiane – un territoire baptisé par les colons français en l’honneur du roi de France Louis XIV.
▶️ « Nous représentons la liberté, la force économique, la protection, a-t-il affirmé. Personne ne le sait mieux que la Louisiane. Ma famille est installée en Louisiane depuis plus de trois cents ans. Nous avons vécu sous plus de drapeaux que quiconque sur le continent des États-Unis. Nous avons fini par nous installer sous le drapeau des États-Unis et c’est la raison pour laquelle la Louisiane a mieux vécu. C’est un sujet dont nous devons discuter avec les habitants du Groenland. »
🔴 Le Groenland n’est pas à vendre. L’avenir du Groenland dépend de nous.
« Il est le bienvenu au Groenland, nous sommes prêts à collaborer avec les États-Unis, mais tout cela doit se faire dans le respect de la souveraineté du Groenland et de ses habitants et, encore une fois, je le répète, le Groenland n’est pas à vendre. L’avenir du Groenland dépend de nous », réagit auprès de Mediapart Aaja Chemnitz, élue groenlandaise au parlement danois et membre de Inuit Ataqatigiit (IA, « La communauté du peuple »), appartenant à la gauche indépendantiste.
Ces derniers mois, Trump a multiplié les déclarations agressives à tel point que, selon les révélations du journal Politiken fin novembre, le ministère des affaires étrangères danois a mis en place, en raison du décalage horaire, une « veille de nuit » pour surveiller les déclarations et les mouvements du président états-unien pendant que le Danemark dort[5].
Elle commence à 17 heures, heure locale, tous les jours et, à 7 heures du matin, un rapport est produit et distribué au sein du gouvernement danois et des départements concernés sur ce qui a été dit et ce qui s’est passé, selon le quotidien danois.
On ne peut pas annexer un autre pays. Même en invoquant la sécurité internationale. Washington a montré aussi sa volonté d’accroître sa présence militaire dans l’Arctique face aux rivaux russe et chinois.
▶️En octobre, les garde-côtes états-uniens ont ainsi annoncé l’achat à la Finlande de quatre brise-glaces[6], renforçant ainsi la capacité des États-Unis à déployer des moyens militaires dans l’Arctique. L’accord a été dévoilé au moment où Donald Trump recevait à la Maison-Blanche le président finlandais Alexander Stubb.
▶️ Selon des déclarations d’un responsable américain à CNN, au total Washington souhaite acquérir 11 navires de ce type (Quatre seront construits en Finlande et sept aux États-Unis), pour un budget d’environ 6,1 milliards de dollars (plus de 5 milliards d’euros)[7].
🔴 Mais les ambitions hégémoniques de Trump rencontrent l’hostilité du Danemark et du Groenland. La première ministre danoise Mette Frederiksen et le premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen ont dénoncé, dans un texte commun lundi, les desseins de Trump : « On ne peut pas annexer un autre pays. Même en invoquant la sécurité internationale. » « Le Groenland appartient aux Groenlandais et les États-Unis ne doivent pas s’en emparer », affirme le communiqué conjoint[8].
Lors des élections législatives organisées en mars, la seule formation favorable à l’administration Trump avait été balayée[11].
▶️ Copenhague a également convoqué l’ambassadeur des États-Unis. « Je suis profondément indigné par cette nomination et par cette déclaration, que je trouve totalement inacceptables », a réagi le ministre danois des affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen dans un entretien avec la chaîne de télévision TV2 Danmark[9].
▶️ En août dernier, le représentant diplomatique des États-Unis avait déjà été convoqué après des informations selon lesquelles trois Américains proches du président Trump menaient des opérations d’influence secrètes au Groenland[10].
▶️ De leur côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, ont également insisté sur le fait que l’intégrité territoriale et la souveraineté étaient des « principes fondamentaux du droit international ». «Ces principes sont essentiels non seulement pour l’Union européenne, mais aussi pour les nations du monde entier. Nous sommes pleinement solidaires du Danemark et du peuple du Groenland[12]», ont-ils écrit sur X.
▶️ Emmanuel Macron, qui s’était rendu à Nuuk, capitale du Groenland en juin, a jugé mardi que le territoire autonome « appartient à son peuple » et que « le Danemark en est le garant ». « J’associe ma voix à celles des Européens pour exprimer notre pleine solidarité[13] », a-t-il écrit sur X.
Le 10 décembre, dans son évaluation annuelle des menaces, les services de renseignement militaire danois ont exprimé leurs inquiétudes au sujet des États-Unis, faisant référence à l’arme des droits de douane utilisée contre les pays alliés de Washington. Une première dans l’histoire des relations entre les deux pays.
L’Assemblée nationale a adopté le décalage de l’application de la réforme des retraites Borne. Une « première victoire d’étape[0] », s’est félicité le PS... !
Il aura donc fallu près de trois ans pour passer au vote. Pour la première fois, mercredi 12 novembre, les députés ont pu se prononcer dans l’hémicycle sur la très impopulaire réforme des retraites[1] décalant l’âge minimum de départ à 64 ans. Et ils et elles ont voté à une large majorité pour la « suspension[2] » de la réforme Borne qui avait été entérinée par un 49-3 aux airs de coup de force en février 2023.
L’article 45 bis du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) – qui gèle l’âge minimum de départ à la retraite à 62 ans et neuf mois (plutôt que 63 ans) jusqu’au 1 janvier 2028 et maintient le taux plein à 170 trimestres cotisés (et non 171) – a été adopté à 255 voix pour et 146 contre[2]. Une « victoire » obtenue grâce à l’alliance, apparemment baroque, entre le Rassemblement national (RN), le Parti socialiste (PS) et Les Écologistes qui ont voté pour, mais aussi grâce aux troupes macronistes (EPR) et MoDem qui se sont majoritairement abstenues pour laisser passer le texte. Une défaite cuisante pour ceux qui avaient déployé, des mois durant, des trésors d’inventivité manœuvrière pour s’éviter un vote défavorable sur la mesure phare du second quinquennat d’Emmanuel Macron. Mercredi, le MoDem s’est lui aussi partagé entre quelques votes favorables – au nom d’une ligne de « compromis » avec le PS – et beaucoup d’abstentions – une position « un peu facile », concédait, sourire aux lèvres, le bayrouiste Jean-Paul Mattéi au sortir de l’hémicycle.
Le troisième groupe du dit « socle commun », Horizons, a en revanche clairement fait sécession et voté à l’unanimité contre la suspension. Un nouvel aveu éclatant de la prise de distance des soutiens d’Édouard Philippe vis-à-vis du camp macroniste. La droite Les Républicains (LR) s’est, elle, divisée en trois blocs, avec une majorité de votes contre, dont celui du président du groupe, Laurent Wauquiez.
La gauche divisée Après plusieurs heures de discussions, les députés écologistes ont majoritairement suivi le PS et voté pour. Mais là encore, quatre députés se sont abstenus, à commencer par la cheffe de file sur le budget de la Sécurité sociale (PLFSS) Sandrine Rousseau, les ex-Insoumis Alexis Corbière et Clémentine Autain, ainsi que Benjamin Lucas-Lundy, représentant de Génération·s.
À l’inverse, leur collègue de banc François Ruffin a assumé ne pas faire la fine bouche. « Nous prenons, comme toujours ! Nous grattons ce que nous pouvons gratter pour les gens sans attendre le grand soir. Notre devoir, nous, à gauche, c’est d’ouvrir ensemble un chemin de victoire, que les travailleurs retrouvent un peu d’espoir ! », a lancé le député de la Somme, sous les applaudissements nourris des bancs socialistes[2].
🔴La réalité👇
En définitive, seuls les Insoumis et les communistes (à l’exception de l’ancien socialiste Emmanuel Maurel) se sont clairement opposés au décalage de la réforme Borne. Dans le groupe de La France insoumise (LFI), ils étaient toutefois pas moins de onze députés à être absents au moment du vote de la mesure portée par le PS. Contactés, Ugo Bernalicis, retenu à domicile par une angine, et Aurélien Taché, lui aussi absent, ont toutefois indiqué qu’ils auraient voté contre la suspension.
Fondateur du parti antispéciste REV (Révolution écologique pour le vivant) et apparenté au groupe, Aymeric Caron est le seul à avoir assumé s’abstenir sur la suspension : « Il me semble illisible pour les électeurs et les électrices de justifier un vote contre une mesure qui est objectivement un très très léger mieux », justifie-t-il auprès de Mediapart.
Toute la séance a été marquée par des passes d’armes entre Insoumis et socialistes, engagés dans une intense bataille de communication sur le bien-fondé du décalage en question. Les premiers ont dénoncé une « arnaque ».
« Voter pour le décalage c’est voter pour la retraite à 64 ans ! Et nous n’acceptons pas que ce décalage se fasse au prix decoupes sur le dos des malades », a lancé Mathilde Panot[3].
« J’ai rarement vu une avancée sociale consistant à fairepayer les malades… Et ce que les députés ont votéaujourd’hui, c’est un calendrier de départ à la retraite à 64 ans », a abondé son collègue Hadrien Clouet[4].
🔴 Une position qui a déclenché la colère des socialistes, qui n’ont pas caché leur incompréhension à l’égard de l’attitude de LFI : « Je n’imaginais pas cela imaginable : voir un parti de gauche, LFI, voter contre la suspension de la réforme Borne… Au nom du “grand soir”, il ne faudrait surtout pas accepter une évolution immédiate et positive pour des millions de futurs retraités », s’est insurgé Olivier Faure sur le réseau social X. « Je préfère une amélioration tout de suite que des incantations pour demain », a embrayé son collègue Jérôme Guedj.
Quoiqu’il se soient dits « très fiers », les mêmes ont néanmoins pris soin de ne pas verser dans un triomphalisme clinquant à l’égard de cette « première victoire d’étape contre le totem de la macronie ». « Nous allons continuer de nous battre pour des moyens supplémentaires pour l’hôpital ou pour supprimer les franchises médicales », a ainsi promis le président du groupe, Boris Vallaud. Emboîtant le pas du Parti socialiste, la CFDT s’est également félicitée dans un communiqué « du premier coup d’arrêt donné à une réforme des retraites qu’elle a combattue depuis fin 2022 ».
(NDLR) Pour laCGT, les députés ont voté le " décalage " de l’application de la réforme des retraites et pas la " suspension ". Fidèle au mandat donné par les salarié·es, la CGT continuera à se battre jusqu'à l'abrogation de la réforme des retraites et portera ses propositions pour financer le retour de la retraite à 60 ans[5].
Questions sur le financement Mais la victoire des socialistes est bel et bien en trompe l’oeil. Il y a d’abord la question du financement de cette concession qui leur a été faite par Sébastien Lecornu. Tel que voté ce 12 novembre, le coût du décalage de la réforme des retraites s’élèvera en effet à 300 millions pour l’année 2026 et à 1,9 milliard d’euros pour 2027. Pour compenser, il fait peu de doute que l’exécutif va revenir à la charge pour que l’impact du décalage de l’application de la réforme Borne sur les comptes de la Sécurité sociale soit nul.
🔴 D’où les questions nourries au moment des débats venues des rangs de la gauche...
« Comment allez-vous financer ? », a lancé Sandrine Rousseau d'EELV à l’endroit des ministres présents aux bancs de l’Assemblée.
« À qui allez-vous faire les poches ? », a surenchéri Hadrien Clouet de LFI[7].
« Lorsque nous avons été reçus le 14 octobre par le président de la République à l’Élysée, il nous a proposé un décalage de trois mois de la réforme payé par les retraités et les assurés sociaux. Qui a tort, qui a raison dans cette histoire ? », a aussi questionné le communiste Stéphane Peu du PCF.
Et Sandrine Rousseau de relancer : « Comptez-vous passer par décret pour faire adopter le doublement des franchises médicales, la hausse des franchises buccodentaires, la réforme des affections de longue durée, des indemnités journalières et des arrêts maladie ? Car si tel était le cas vous feriez payer un simple décalage de trois mois de la réforme des retraites à tous les plus fragiles de la société… »
🔴 En réponse à ces questions, le gouvernement s’est montré peu prolixe.
« On n’a pas encore décidé », a d’abord maladroitement répondu le ministre du travail et des solidarités, Jean-Pierre Farandou, qui a ensuite précisé qu’il « faudra être très attentif au bout des discussions de lapartie dépenses du PLFSS à retrouver des équilibres ».
« Nous nous sommes engagés à ne pas utiliser le 49-3, je nesuis donc pas celle dans cet hémicycle qu’il faut interroger », a pour sa part botté en touche la ministre chargée des comptes publics, Amélie de Montchalin. Elle a tout de même rappelé la position initiale du gouvernement, qui était de financer le décalage de l’application de la réforme Borne par « une taxe sur les complémentaires santé en 2026et la sous-indexation renforcée des pensions de retraite en2027 ».
🔴 La plus convaincue sur la question du financement, mercredi 12 novembre, était en fait Sandrine Runel, la rapporteuse socialiste du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS). Selon elle, la question des moyens ne se pose plus, vu ce qui a été voté précédemment : « Le vote par l’Assemblée de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital dans la partie recettes du PLFSS rapportera 2,7 milliards d’euros. » Dès lors, selon elle, il n’y a pas de jeu de « dupes », car la mesure serait financée si le budget était voté en l’état.
Mais là encore : est-ce une victoire réellequand on sait que le programme du Nouveau Front populaire (NFP), sur lequel les député·es socialistes ont été élu·es il y a moins de dix-huit mois, demandait :
d’une part, « l’abrogationimmédiatement des décrets d’application de la réforme d’Emmanuel Macron passant l’âge de départ à la retraite à 64 ans » ;
et, d’autre part, «réaffirmer l’objectif commun du droit à la retraite à 60 ans » ?Deux phrases très éloignées, sur le fond, de ce qui a été voté mercredi 12 novembre.
(NDLR) …la " suspension " de la réforme des retraitesn’est qu’un gain minime aux yeux du grand public ; seule une minorité estime qu'il s’agit d’une victoire importante[6])
🔴 Par ailleurs, cette menue concession obtenue par le PS succède à de lourdes défaites sur la fiscalité du grand capital.
Rappelons cette phrase d’Olivier Faure en guise de menace de censure au gouvernement Lecornu : « Il faut taper sur les ultrariches et sur les superhéritages. » Ce qui n’a pas été le cas jusqu’ici.
La taxe Zucman et sa version « light » proposée par le PS ont été rejetées en bloc.
Et aucun impôt sur le patrimoine prenant en compte dans son champ les titres de sociétés possédées par des milliardaires n’a été voté jusqu’ici.
Autrement dit, les Bernard Arnault, Vincent Bolloré et consorts pourraient sortir quasiment indemnes du vote du budget 2026. Rien qui permette, à ce stade, au PS de sabler le champagne.
Budget, relations avec le Parti socialiste, « dégagisme » qui frappe toute autorité, hégémonie des thèmes de l’extrême droite dans le « bloc bourgeois »… Pour Mediapart, le fondateur de La France insoumise analyse la décomposition politique du pays et en appelle à une présidentielle anticipée.
Quand nous le rencontrons jeudi 30 octobre au siège de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon accuse le coup. Pour la première fois de son histoire, le parti de Marine Le Pen a fait adopter le matin même[0] un de ses textes à l’Assemblée nationale, avec les voix de la droite traditionnelle : une proposition de résolution pour dénoncer l’accord de 1968 avec l’Algérie.
Malgré la conjoncture, la bascule du débat public vers l’extrême droite et la fracturation de la gauche, le triple candidat à la présidentielle croit toutefois en la possibilité d’une refondation politique. Pour mettre fin au « chaos Macron », il plaide toujours pour une présidentielle anticipée : « C’est une course de vitesse pour nous face au Rassemblement national. Mais je suis optimiste. »
Face au moment qu’il définit comme « dégagiste », le leader de LFI estime que les Insoumis ont « gagné la confiance populaire » en maintenant leur stratégie, malgré les attaques[1]. Lui entend laisser aux autres les « intrigues politiciennes » pour développer son concept de « nouvelle France » : « Une façon de dire : nous ne sommes plus sur la défensive, ce pays est à nous tous », détaille-t-il.
Sources :Médiapartpar Sarah Benhaïda, Mathieu Dejean et Ellen Salvi | mis à jour le 04/11/2025 Mediapart :Quelle lecture faites-vous du vote de la résolution du Rassemblement national (RN) dénonçant l’accord France-Algérie de 1968, grâce à ses alliés actifs de droite et tacites du centre ? Jean-Luc Mélenchon :Ses auteurs m’inspirent un profond dégoût. Pour la France, le lien avec le Maghreb est un lien familial et culturel. La guerre sans fin avec l’Algérie est aussi une déchirure de notre peuple. Quelle tristesse ! Le racisme que tout cela contient, c’est avant tout une stratégie organisée pour diviser notre peuple. Il s’agit d’empêcher une majorité sociologique de devenir une majorité politique en « essentialisant » sa diversité.
Le vote montre combien la droite traditionnelle est assujettie au RN. C’est devenu un groupuscule, idéologiquement tétanisé, incapable de proposer à notre pays un nouveau projet tiré de son travail. Elle s’est donc vouée à épouser les thèmes du RN, dont le récit est désormais hégémonique dans le bloc bourgeois. La droite traditionnelle espère sauver comme ça les débris de ses appareils politiques. Mais comme le bloc libéral s’effondre, le RN a les mains libres. Son objectif n’est pas d’unir les droites, mais de les absorber.
Mediapart :Comment lutter contre ce mouvement ? Jean-Luc Mélenchon :En étant plus puissants qu’eux donc en menant la bataille, en ne reculant jamais, en essayant sans arrêt d’impliquer le plus grand nombre par l’éducation populaire. Les Insoumis ne sont pas une avant-garde révolutionnaire, mais un mouvement d’éducation populaire politique. Il faut éduquer tout le temps, par l’exemple, le discours, la lutte. Être englobants, insoumis, positifs.
Mediapart :Jeudi, à l’Assemblée, toute la gauche a été qualifiée de « parti de l’étranger », « parti de l’Algérie ». D’ordinaire, c’est LFI qui a droit à ce genre de qualificatifs… Comment réagissez-vous ? Jean-Luc Mélenchon :J’ai du mal à en parler parce que je ne veux pas donner prise à l’idée de régler des comptes personnels. Mais c’est odieux. On l’a déjà vu au moment des révoltes urbaines[2]. On m’a reproché à grands cris de ne pas appeler au calme. Les Insoumis appelaient à la justice. Sinon ? Le calme dans l’injustice ?
Pour beaucoup, la parole des Insoumis a une autorité morale. Donc elle est attendue par des milliers de jeunes esprits. À eux et aux autres, LFI montre la sortie par le haut de la situation de violence : la justice et l’abrogation de la loi « permis de tuer[3] ». On refuse le rôle de chien de garde de la bonne société qui a peur du peuple.
🚩 On fera avec ceux qui veulent tenir parole.
La gauche politicienne ne se rend même pas compte de la responsabilité qu’elle a prise en aidant la droite et ses médias à nous ostraciser. Droite et extrême droite avaient intérêt à déplacer la ligne de démarcation républicaine entre la gauche traditionnelle et nous, les Insoumis, pour pouvoir faire sa jonction avec le RN. Tout est devenu plus difficile. Non seulement nous devons porter le programme pour convaincre les gens, mais aussi réparer la démoralisation due aux tactiques honteuses de nos ex-partenaires et à leur dénigrements.
Pour gagner ceux qui ne votaient plus, il faut mériter la confiance populaire au contact du terrain. Nous faisons largement notre part. Les autres passent leur temps à des intrigues politiciennes. Ils ne respectent ni le programme signé ni les accords électoraux.
Et voici Carole Delga [la présidente socialiste du conseil régional d’Occitanie – ndlr] dans une partielle [une législative organisée en septembre dans la 5ᵉ circonscription des Français de l’étranger – ndlr] refusant même le vote de deuxième tour à gauche si c’est LFI ! Que faut-il faire pour leur plaire :
Déchirer le programme ?
Dire que la police ne tue pas ?
Proposer des coupes budgétaires comme eux et des combines avec Macron ?
Mediapart :Mais la gauche peut-elle l’emporter aux prochaines échéances électorales si elle est désunie ? Jean-Luc Mélenchon : Ce sera plus difficile, sans aucun doute. Mais seule l’union sur un programme de rupture écologique et sociale peut gagner ! À preuve, notre score de 2022, notre victoire de 2024 et tous les exemples à l’étranger. Nous avons fait une offre de fédération. Nous sommes des partenaires exigeants mais loyaux et constants. Certes, l’ancienne gauche rejette le programme partagé après avoir bien profité des candidatures communes. Mais on fera avec ceux qui veulent tenir parole.
🔴 Cela vaut pour toutes les élections. Pour la présidentielle, « la gauche » n’a été unie que deux fois : 1965 et 1974. En 2022, il nous a manqué 420 000 voix pour le deuxième tour. Il nous faut donc les gagner. On y travaille. Le deuxième tour suivant sera alors un autre monde politique.
🔴La réalité, c’est la tripartition du champ politique.Pour gagner, nous avons besoin de plus d’un million de voix supplémentaires dans la jeunesse et les quartiers populaires abstentionnistes.Là se trouvent plusieurs millions de désorientés et de dégoûtés contre la caste politico-médiatique. Un dégagisme croissant les anime et il s’agit d’en faire une force politique positive tournée vers un nouvel idéal écologique et social : la VIe République.
Nous avons gagné du terrain. Nous sommes sérieux, constants, disciplinés, nos élus sont bosseurs, nous ne sommes pas dévorés par la lutte des ego. Dans les moments difficiles, sous les coups les plus durs, les menaces de mort, les insultes, tous les médias contre nous, nos alliés nous abandonnant, nous avons tenu bon. Alors les Insoumis ont gagné la confiance populaire.
Mediapart :Pensez-vous que le précédent des législatives partielles divisées et sans report de vos alliés à gauche peut se reproduire ? Jean-Luc Mélenchon :Nous verrons bien. Il est possible que les socialistes fassent ce choix. À Paris et dans d’autres villes, ils ne veulent d’Insoumis ni au premier ni au deuxième tour. Pourtant, en 2022, à notre initiative, c’est la première fois de l’histoire de la gauche qu’il y a eu des candidatures uniques au premier tour des législatives. On est allé chercher le PS, qui avait réuni 1,75 % des voix à la présidentielle de 2022.
Comme ils avaient touché le fond sur leur ligne sociale-libérale, on s’est dit : ils sont ralliés à la ligne de rupture. Donc c’est la fin de l’ère de la compétition, l’ère de l’émulation commence. J’ai même proposé qu’on fasse un groupe unique à l’Assemblée. Heureusement qu’ils ont dit non !
Mediapart :Les quartiers populaires se sont mobilisés pour vous en 2022, puis en faveur du Nouveau Front populaire (NFP) en 2024. Pensez-vous qu’ils vont à nouveau faire cet effort alors que le résultat du vote de 2024 a été méprisé ? Jean-Luc Mélenchon :Oui, je le pense. Mais commençons par dire que c’est notre vocation de représenter les milieux populaires. On nous accuse de clientélisme, mais alors les mouvements socialiste et communiste ont fait du clientélisme depuis un siècle ! Oui, nous voulons représenter les prolétaires, les ubérisés, les filles qui ont fait des études et sont méprisées, les garçons qui sont paumés et veulent s’en sortir. C’est le peuple français.Mais ce n’est pas seulement celui du passé. La nouvelle France y est en nombre.
🚩 Il ne suffira pas de dire : “ Vous avez vu ? La gauche est unie. ” Les gens sont beaucoup plus exigeants que cela !
Dans les familles qui viennent des pays qui ont été colonisés, on en est à la deuxième ou troisième génération française. Et tous ces gens ont une culture politique faite de luttes de libération et contre le colonialisme. Ils ont une conscience politique. Ils calculent, réfléchissent. Leur culture familiale est politisée. Voilà pourquoi ils reviendront. Parce qu’ils comprennent tout. Et qu’ils ne se laissent plus instrumentaliser par la vieille gauche qui les a manipulés.
Ils ont bien vu le danger en 2024. À ce moment-là, bien des gens m’ont dit : « Nous, on va s’en aller parce que c’est trop dangereux pour nos enfants. » Pour moi, c’est un crève-cœur terrible d’entendre ça. Qui sont les vrais républicains français ? Nous ! Pas nos adversaires qui les menacent. C’est une bataille.Il ne suffira pas de dire : « Vous avez vu ? La gauche est unie. » Les gens sont beaucoup plus exigeants que cela !
Mediapart :Depuis les européennes de 2024, vous avez conçu le concept de « nouvelle France ». Pensez-vous que ce contre-récit soit plus efficace dans la lutte contre l’extrême droite que la logique de dénonciation ? Jean-Luc Mélenchon :Un contre-récit ? Pourquoi pas, on est en phase d’élaboration. L’intuition est venue en 2024 qu’une idée était mûre désormais. La première fois, c’était sur un parking où il y avait un meeting, à Évry en Essonne, où je me trouvais avec Antoine Léaument et Farida Amrani, députés insoumis du département. Antoine a dit ceci : «Il y en a marre des fascistes qui disent : “ On est chez nous ”, parce que nous, ici, on est chez nous. » Gros applaudissements.
Et Antoine continue : « Parce que nous, on est nés ici. » Applaudissements.
Et puis il se met à crier : « On est chez nous ! » Et à ce moment-là, tout le monde se met à crier : « On est chez nous ! » D’habitude, c’est un slogan facho.Mais là, tout d’un coup, cela prenait un sens républicain pour une assemblée bigarrée et racisée. Voilà le peuple français, le peuple républicain.
J’ai fait toute la campagne ensuite de 2024 sur ce thème, la « nouvelle France », partout où je suis passé. « Quand je suis né, une personne sur dix avait un grand-parent étranger. C’est un sur trois aujourd’hui », et j’ai commencé à dire : « Nous sommes la nouvelle France. »
La nouvelle France, c’est sa composition sociale, c’est son nombre, c’est le fait qu’elle est massivement instruite, connectée et urbanisée, même en milieu rural… Positive, tournée vers le futur. Un autre récit est possible. On ne demande plus la faveur d’être acceptés. On s’approprie nos droits.
Ici arrive aussi la question féministe. C’est en quelque sorte une bombe dans la bombe.Nous en sommes à la première ou deuxième génération de femmes qui pensent en dehors des concepts qui étaient majoritaires avant des libertés aussi importantes que l’accès à la contraception, à l’IVG, et toutes les questions qui faisaient d’une aptitude biologique un destin social. Au total, ce n’est plus seulement une question de refus des discriminations. C’est une appropriation du futur.
Le concept de nouvelle France est une façon de dire : nous ne sommes plus sur la défensive, ce pays est à nous tous. C’est donc aussi la bataille contre le sexisme et le retour du virilisme. Et contre le racisme. C’est un changement complet de la matrice. La phase où nous étions au fond de la tranchée est terminée, cette fois-ci, c’est nous qui sommes à l’offensive. Et ça englobe le déploiement de la France des nouvelles frontières : mer, espace, numérique et culture.
Mediapart :On a assisté ces dernières semaines, au moment de la condamnation puis de l’incarcération de Nicolas Sarkozy, à une bascule du débat public[4], avec des prises de parole dans tous les sens, des remises en question de l’État de droit, une forme de trumpisation des discours… Est-ce que ce climat général vous inquiète ? Que reflète-t-il, selon vous ? Jean-Luc Mélenchon :Oui, cela m’inquiète. Mais il faut voir le fond de tout cela. C’est une expression du dégagisme actuel. Tout ce qui constitue l’ordre établi est mis en cause. Tout et dans tous les sens.D’où l’importance d’ouvrir une issue politique globale positive. Un processus très profond travaille la société partout depuis des années. La France est dans la phase du dégagisme ouvert, inaugurée par les Gilets jaunes. Réponse ? Macron organise un débat public, puis en met le rapport aux archives ! Rien de plus !
🚩 Dans toute cette période, personne ne s’est interrogé sur le rôle de la prison. […] Ce régime est barbare, il ne règle rien, pour personne.
Depuis, le Gilet jaune est un fantôme qui hante la société politique française. Le dégagisme sans réponse frappe Emmanuel Macron lui-même à son tour. Notre succès en est une autre expression. LFI, qui travaille à faire partir Macron, a plus de monde dans ses rangs que jamais : il y a plus de 110 000 inscrits dans un groupe d’action et plus de 450 000 dans la liste de soutiens.
Mediapart :C’est votre interprétation des discours entendus ces dernières semaines ? Jean-Luc Mélenchon : C’était un tel flot contradictoire ! Voilà pourquoi je me suis mis en retrait sur Sarkozy. J’avais expliqué, au moment de la condamnation de Marine Le Pen[5], qu’une justice sans appel n’est plus une justice. Aussitôt, on a dit que je m’entendais avec elle ! Mais j’avais tort en partie. Car il y a des cas où l’exécution provisoire est une nécessité absolue, quand un prévenu met les autres en danger.
Mais je n’ai pas aimé non plus l’ambiance d’hallali des dernières semaines. Pour moi, la justice n’est pas la vengeance. Et d’un autre côté, je n’ai pas non plus aimé les discours des autres en mode : « La prison, ce n’est pas pour nous. »
Dans toute cette période, personne ne s’est interrogé sur le rôle de la prison. Ugo Bernalicis et Danièle Obono ont décidé de se rendre à la Santé pour parler des 190 % d’occupation. Ce régime est barbare, il ne règle rien, pour personne. Mais on le leur a reproché !
Mediapart :Une taxe sur les multinationales, une autre sur les « superdividendes »… Les amendements portés par LFI et adoptés à l’Assemblée ces derniers jours ont créé un vent de panique dans le camp présidentiel. Cette semaine a-t-elle marqué la fin du pas de deux entre le PS et les macronistes ? Jean-Luc Mélenchon : C’est la deuxième fois que nous faisons adopter des éléments centraux du contre-budget insoumis à l’Assemblée sans y avoir la majorité. Nous faisons la preuve que notre vision du parlementarisme a une réalité constructive : l’an passé, nous avions déjà dégagé 26 milliards avec l’impôt sur les multinationales comme aujourd’hui. Mais aussi 12 milliards avec celui sur les superprofits et 13 milliards avec la taxe Zucman intégrale. C’est une goutte d’eau encore dans les fortunes accumulées.
Aujourd’hui, nous arrivons à une caricature de la politique de l’offre soutenue par tous les libéraux, de Faure à Attal.Elle se limite à un exercice comptable. Le centre veut 40 milliards d’économies. Comment ? Par des coupes budgétaires. Le Rassemblement national, 60 milliards. Et les sociaux-démocrates du PS, 20 milliards.Les trois sont sur une ligne comptable : des coupes pour seul projet.
Le pacte entre socialistes et macronistes a été préparé par un discours opposant notre « tout le programme, rien que le programme » en 2024 et la méthode dite du « compromis ». Mais nous ne sommes pas à l’Assemblée pour « nous entendre » ! Nous y sommes pour prendre des décisions, après avoir été élus avec mandat sur un programme clairement énoncé. On propose, on vote, et on applique la décision prise. Mais Lecornu va-t-il respecter le vote acquis par la taxe sur les multinationales ?
Mediapart :Vous parlez de budget réduit à un « exercice comptable ». Les débats se cristallisent autour de la question de la dette et de la nécessité d’avoir un budget à l’équilibre. Ne faudrait-il pas abandonner cette vision comptable pour proposer un autre modèle économique ? Jean-Luc Mélenchon :La France est victime d’une méthode absurde : la financiarisation de la dette des États et des agences de notation rendues juges des nations. Depuis, la peur de la dette fournit un argument d’affolement. Or, la dette n’est une catastrophe que si on aggrave la situation par des coupes budgétaires.Car alors on tue la croissance, et donc les recettes fiscales pour le budget suivant. Et son déficit est mécaniquement accru.
Nous pensons qu’il faut augmenter les recettes car la priorité, c’est que le pays puisse investir.S’il dépense, la machine se relancera. Avec plus de production, il y aura plus de recettes fiscales et donc moins de déficit. Avec notre méthode, et nos recettes nouvelles, on gagne deux points de PIB en 2026, on réduit le déficit de 27 milliards et on baisse le chômage d’un point.
🚩 En un an, on peut remettre d’aplomb les comptes de la Sécurité sociale, qui est le cœur de notre contre-modèle.
Certes, personne ne peut relancer l’économie d’un pays dans le sens diamétralement opposé à celui du monde entier en l’espace d’un mandat présidentiel ! Mais il faut planifier et agir vite. En un an, on peut remettre d’aplomb les comptes de la Sécurité sociale, qui est le cœur de notre contre-modèle. Et révolutionner par extension bien d’autres sujets.
Actuellement, les économies envisagées dans le domaine de la santé se limitent à des coupes budgétaires.Personne n’annonce de lutte pour combattre l’épidémie de diabète, les maladies cardiovasculaires, le nombre de morts au travail – deux par jour –, la flambée des cancers, les nitrites dans l’alimentation… et par ce biais, de faire des économies. Car ces malheurs évitables coûtent des milliards.
Le début du changement de régime économique, c’est la fin du système de la maltraitance écologique et sociale des populations. Il faut changer de paradigme. Notre ligne d’action, c’est la relance écologique et sociale, la politique du carnet de commandes plein et de la visibilité économique planifiée.
Mediapart :La taxe Zucman, dont le PS avait fait un « casus belli », a été rejetée vendredi par l’Assemblée… Jean-Luc Mélenchon : Le sursis accordé par le PS à Sébastien Lecornu au prix de la fracturation de la gauche tourne une fois de plus au ridicule du PS, et permet encore le sauvetage de Macron. Il a révélé l’extrême amateurisme du PS dans la négociation sur les sujets techniques les plus élémentaires.
La taxe Zucman, la suspension de la réforme des retraites, le prétendu impôt sur la fortune, tout a tourné à la farce. Seule une élection présidentielle anticipée ramènera la dignité du débat, le sérieux des choix et permettra une refondation politique du pays.Comment imaginer prolonger encore deux ans cette agonie politique ?
Mediapart :Le groupe parlementaire LFI a déposé cette semaine une proposition de loi pour abroger un projet de loi du gouvernement qui va restreindre les découverts bancaires des particuliers à partir de novembre 2026, conformément à une directive européenne. Pourquoi ce texte est-il inacceptable, selon vous ? Jean-Luc Mélenchon : Macron a détourné une directive européenne pour assimiler les découverts bancaires à des crédits à la consommation. Cela n’a rien à voir. Onze millions de Français seront pris à la gorge chaque mois. Clémence Guetté lance une pétition officielle sur le site de l’Assemblée pour obtenir l’abrogation[6].
Le système redoute une nouvelle crise des subprimes. La dette privée est plus importante et dangereuse que la dette publique.Le risque d’effondrement revient, comme en 2008. La crise était partie du divorce d’un Américain qui ne pouvait plus payer la traite de sa maison. Aujourd’hui, entre les cryptomonnaies, la bulle financière sur l’IA, l’explosion des cours boursiers sans aucun rapport avec l’activité réelle, et la titrisation des dettes des entreprises, nous nous dirigeons vers une explosion pire que celle de 2008.
Mediapart :À 17 000 kilomètres de Paris, en Kanaky-Nouvelle-Calédonie[7], une autre mobilisation se réveille pour contrer les nouvelles tentatives de passage en force sur ce dossier. Un nouveau soulèvement est-il possible ? Jean-Luc Mélenchon :C’est presque une certitude. Les conditions économiques, culturelles et sociales sont pires qu’en 2024. Face à des personnes qui n’ont plus aucune perspective, aucun espoir, autour de qui tout est détruit, l’État français répond : « On ne reconstruira pas tant que vous ne vous tenez pas tranquille. »C’est la vieille logique coloniale. La paix d’abord et ensuite, nous verrons pour les droits. Ça n’a jamais marché.
Le peuple français a reconnu qu’en Nouvelle-Calédonie un peuple colonisait l’autre. Alors aucune solution n’est possible sans l’accord des Kanak. Si le FLNKS [Front de libération nationale kanak et socialiste – ndlr] vous dit non, alors c’est non. Ce n’est pas aux Kanak de justifier pourquoi ils ne sont pas d’accord. Donc, il faut trouver autre chose. Mais pas repousser de force les élections. Concrètement, ça veut dire qu’il faut discuter sans trêve ni pause, tout le temps.
🚩 L’éjection de Valls du gouvernement dit que Macron va de nouveau passer en force en Kanaky-Nouvelle-Calédonie.
Manuel Valls, ce n’est pas ma tasse de thé, mais il connaît le dossier. C’est un rocardien. Il a été aussi loin qu’il pouvait et il a convaincu les indépendantistes de « l’indépendance-association[8]». Du point de vue des Kanak, c’est un signal fort.L’éjection de Valls du gouvernement dit que Macron va de nouveau passer en force.
C’est lui le grand coupable de tout ce gâchis.Et c’est lui qui continue avec la même méthode, assisté de Sébastien Lecornu, qui partage sa brutalité. N’est-ce pas lui qui avait envoyé le Raid en Guadeloupe au moment des révoltes de 2021 ? Les chefs macronistes sont des violents, de plus en plus isolés, et ils montrent dans les situations difficiles un sentiment de toute-puissance très puéril.
Mediapart :Ce qui repose la question du régime de la Cinquième… Jean-Luc Mélenchon :Bien sûr. Cette crise est inéluctable. Emmanuel Macron, avec une désinvolture active, met le feu à tous les endroits délicats dont la plupart des hommes d’État veulent éviter qu’ils s’embrasent en même temps. Nous allons avoir une crise nationale, à partir de la Kanaky, de la Corse et des Caraïbes. Avec ça, une crise sociale et sanitaire avec la dévastation de la Sécurité sociale, et une crise économique, vu l’état dans lequel Macron a mis le pays.
Tout cela fusionne en un processus unique dans lequel des masses de gens deviennent dégagistes faute de confiance envers toute autorité.C’est une course de vitesse pour nous face au RN. Mais je suis optimiste.Car même les dominants du pays comprennent que tout ça va trop loin et que ce n’est pas La France insoumise qui est responsable de « la bordélisation », au contraire. On a dit que j’étais l’ingénieur du chaos, juste parce que nous appliquons une stratégie qui se traduit par des victoires électorales et parlementaires. C’est Macron le chaos. Qui d’autre en Europe a refusé de reconnaître le résultat d’élections législatives ?
Nous sommes la solution au chaos en demandant son départ et avec notre offre de VIe République. Même à droite, il y a des gens raisonnables qui en parlent. Il y a ceux pour qui il ne faut pas toucher au président de la République et donc aux institutions… mais justement, pour la stabilité de la démocratie,il faut vite mettre cet homme hors d’état de nuire, car il va tout détruire dans la pagaille. Tout le monde voit qu’il fait n’importe quoi au service des ultrariches.Mieux vaudrait que le changement de République se fasse dans la paix civile et par un processus démocratique.
Sarah Benhaïda, Mathieu Dejean et Ellen Salvi
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Tiens au fait : quel est ce nouveau peuple dont parle Mélenchon ?
Plongez au cœur des réflexions stratégiques de la gauche avec Julien Talpin, chercheur et coordinateur du livre de l'Institut La Boétie, " Nouveau peuple, la Nouvelle Gauche ".
Ce débat, enregistré à Toulouse, aborde la question centrale de l'unification des classes populaires hétérogènes face à la désindustrialisation et à la précarité. Comment transformer des "classes populaires au pluriel" en un "peuple" uni et conscient de ses intérêts communs ? La réponse passe par la lutte collective (Gilets Jaunes, mobilisations sociales) et le travail d'organisation.
L'analyse se concentre ensuite sur le tournant programmatique et politique de La France insoumise (LFI) ces sept dernières années. Un tournant marqué par la centralité de l'antiracisme, de la lutte contre les violences policières, et de l'islamophobie. La présence de LFI sur des mobilisations comme la marche contre l'islamophobie de 2019, les révoltes après la mort de Nahel, et la situation à Gaza, marque une rupture avec l'ancienne gauche qui avait invisibilisé les questions raciales.
Le succès électoral de LFI dans les quartiers populaires (69% pour Mélenchon en 2022) prouve la pertinence de cette approche.
Après lui avoir accordé un soutien inconditionnel, le monde patronal a définitivement tourné le dos à Emmanuel Macron. Au-delà de l’instabilité politique et institutionnelle, il lui reproche d’avoir permis de relancer le débat sur la politique de l’offre. Il prône un rapprochement rapide entre le RN et le reste de la droite pour diriger le pays.
Macron était leur candidat. Celui dans lequel ils avaient placé tous les espoirs dès 2016, qui allait enfin faire « les réformes nécessaires » à la France. Certains d’entre eux avaient même participé personnellement au financement de sa campagne. Désormais, ils lui ont tous tourné le dos. L’enthousiasme et l’élan qu’Emmanuel Macron avait suscités à ses débuts se sont transformés en un ressentiment et un rejet tenaces à l’égard du président de la République.
Figurant autrefois parmi les plus fidèles soutiens d’Emmanuel Macron, Alain Minc a résumé publiquement le sentiment général du monde des affaires : « Emmanuel Macron est le plus plus mauvais président de la Ve République.[1] » En privé, les jugements se font encore plus durs. « Macron ? Un irresponsable », tranche un patron de grand groupe. « Il n’y a rien à attendre de lui. Il est en dessous de tout », poursuit un autre, qui lui reproche le « chaos qu’il a créé ».
La rupture était déjà en germes après l’annonce de la dissolution de juin 2024. « Une décision inexplicable, totalement déconnectée. » Sortant de sa réserve, Bernard Arnault, le patron de LVMH érigé en statue du commandeur du monde des affaires, avait alors critiqué vivement le coup de poker du président, allant jusqu’à lui reprocher de ne l’avoir pas informé avant de prendre une telle décision. La nomination de Michel Barnier à Matignon avait un peu calmé leurs craintes : la gauche n’accédait pas au pouvoir. Tous les dangers de voir remettre en cause la politique de l’offre menée au cours des huit dernières années étaient écartés.
Sa chute puis le « calamiteux » gouvernement de François Bayrou avaient ravivé l’énervement. La confiance demandée par Bayrou, avec l’accord d’Emmanuel Macron, et qui a provoqué sa démission – « une faute inexcusable » –, a marqué la rupture définitive. « Depuis, ils ne veulent plus entendre parler de Macron. Ils le haïssent », constate un conseiller de plusieurs patrons du CAC 40.
L’intolérable débat sur la politique de l’offre Le monde des affaires a mille reproches à faire à Emmanuel Macron : « son irresponsabilité », le fait de « nourrir une instabilité politique et institutionnelle alors que l’économie est en train de caler », de « renforcer l’inquiétude dans le pays ». Pourtant, il y en a un qui écrase tous les autres, c’est la façon dont il a laissé mener le débat sur le déficit et l’endettement, ranimant des questionnements sur la politique de l’offre.
D’un coup, les possibles remises en cause des « acquis » obtenus par le patronat durant ses mandats ont paru possibles. Les questions sur le partage de la valeur, le pouvoir d’achat et l’équité fiscale ont surgi de partout, obtenant un soutien massif de l’opinion. Alors que depuis plus de trente ans, le monde des affaires tenait l’agenda économique, il a soudain mesuré qu’il était en train de perdre la main. « On a perdu le narratif économique », reconnaît un conseiller patronal. Et cela, pour le patronat, c’est impardonnable.
À les entendre, cette perte ne leur incombe pas, même si beaucoup considèrent que Patrick Martin, le patron du Medef, est « trop faible », « trop mou ». Elle incombe à Emmanuel Macron lui-même, qui « n’a pas su tenir ses troupes », qui n’est pas intervenu « pour cadrer le débat ». « Par calcul personnel, il a laissé Bayrou s’enfoncer. Il ne s’est pas soucié du reste. L’économie, les entreprises, il n’en a rien à foutre », s’énerve un patron.
Le RN ne se contente pas d'être une arnaque politique économique et sociale (la démonstration en est faiteICI)...
Le RN est dans la dérive croissante.... La condamnation de Marine Le Pen en 2025 a provoqué une déferlante de menaces de mort contre les juges siégeant à son procès[0]... confirmant que le RN est bien le parti des « brebis galeuses » – comme l’avait minimisé Jordan Bardella le 3 juillet 2024[0bis]
Juillet 2025 : Le RN et ses alliés menacés par une nouvelle affaire de détournements financiers au Parlement européen[54]
Selon Mme Marine Le Pen, Mr Jordan Bardella et autres Cadres actuels, le FN/RN est IRREPROCHABLE depuis leurs créations !...
Selon elles ou eux, je cite, " notre FN/RN, il n'y PAS PLUS HONNETE que nous comme parti politique Français " !...
Voici la liste non-exhaustive des condamnations de membres du Front National et du assemblement national. Cette liste a été réalisée en effectuant des recherches sur internet et grâce au travail de certains internautes, Il est possible que certains jugements aient évolués sans qu’ils n’en soient trouvés la trace.
Sources :Eric Durand |mis à jour le 09/02/2026 Voici ci-dessous la liste judiciaire de toutes les poursuites à l'égard du FN et ensuite à l'égard du RN (même si ça été un peu plus " calme " !...). Je n'ai rien inventé, chacun d'entre nous peut accéder à toutes ces informations !... si j'avais Mr Bardella et Mme Le Pen en face de moi, je poserais qu'une seule question !... C'est quoi pour vous un parti politique irréprochable ?...
🔴 Liste des condamnations effectives :
Le Front National 1992-1996 : condamné pour avoir vendu une investiture ;
Robert Lagier, Mario d’Ambrosio et Pierre Giglio 1995 : trois colleurs d’affiches du Front National ont été condamnés pour le meurtre d’Ibrahim Ali-Abdallah[6] ; Le Front National 2002 : condamné pour avoir utilisé de manière dévalorisante l’image d’une personne ; condamné pour avoir utilisé sur son site les clichés protégés de l’AFP[2] ;
Le Front National 2008 : condamné pour avoir utilisé sans autorisation, en la détournant, la célèbre photo du « Che au béret et à l’étoile »[3] ; Le Front National 2007-2013 : condamné à rembourser plus de 6,3 millions d’euros de dettes majorées de près de 600 000 € d’intérêts à Fernand Le Rachinel[4]. Le Front National 2009 : condamné à détruire ses tracts[1] ;
2009 : quatre membres du Front National, dont les noms n’ont pas été révélés, ont été condamnés pour coups et blessures après avoir attaqué un homme noir une fois le repas patriotique organisé par le FN terminé ; Le Front National 2010 : condamné à retirer ses affiches litigieuses[5] ; Alexandre Gabriac, 2007 : mis en examen pour ses liens étroits avec un commando d’extrême-droite ayant tenté de cambrioler un stand de tir à Saint-Andéol-le-Château, dont l’aventure s’est terminée par le meurtre du Gendarme ;
Ambrosse, 2009 : condamné pour apologie de crime contre l’humanité, injures à caractère raciste et violences volontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à 8 jours ; Alexandre Simonnot, 2006-2010 : condamné pour avoir détruit un préservatif géant à l’occasion de la journée mondiale contre le Sida[7] ; Antoinette Martinet, 1997 à 1998 : conseillère municipal FN à Maisons-Laffite, reconnue coupable de provocation à la haine, la violence et la discrimination (1 mois de prison avec sursis, 30 000 francs de dommages et intérêts, et 5 ans d’interdictions de droits civiques)[8]. Claude Jaffres, 1997 : conseiller régional FN, reconnu coupable d’abus d’autorité et usurpation de fonction (1 an d’emprisonnement avec sursis, 2 ans de privation de ses droits civiques, civils et familiaux). Il s’est fait passer pour un policier avec 3 membre du DSP et a contrôlé des jeunes gens lors du congrès du FN à Strasbourg[9] ; Bruno Gollnisch, 2004-2007 : condamné en première instance et par le Conseil d’État pour contestation de l’existence de crime contre l’humanité (négationnisme), la Cour de Cassation va pourtant casser sans renvoi l’arrêt de la cour d’appel ;
Bruno Gollnisch, 2008-2011 : condamné pour incitation à la haine raciale, le Parlement européen lève son immunité[10] ;
Alexandre Gabriac : jeune candidat du FN dans le canton de Grenoble, mimant le salut nazi[10bis], chef des Jeunesses nationalistes, sera écroué durant deux mois pour avoir organisé une manifestation interdite à Paris en 2012[10ter] ;
Bruno Gollnisch, 2025 : condamné, dans l'affaire des Attachés Parlementaires et complicité de détournements de fonds Européens (4 500 000€)[11] ; Bruno Mégret (Fondateur du MNR et membre du FN), 1998 : ancien délégué général du FN, condamné pour avoir tenu des propos sur l’inégalité des races[12] ;
Bruno Mégret et Catherine Mégret, 2002-2007 : condamnés pour détournement de fonds publics, après avoir envoyé aux frais de la commune de Vitrolles plusieurs milliers de lettres appelant à parrainer sa candidature pour l’élection présidentielle[13] ; Catherine Mégret, 1998-2001 : et sa Mairie de Vitrolles furent condamnés pour discrimination et incitation à la discrimination[14] ;
Cédric Bégin,1999-2002 : condamné pour détention sans autorisation de munitions et d’armes, condamné pour incitation à la haine raciale[15] ; Christophe Klein,1999-2002 : condamné pour provocation à la discrimination raciale[15] ; Claude Jaffrès,1997 : condamné pour abus d’autorité et usurpation de fonction[16] ; Daniel Simonpieri (FN puis UMP), 2011 : condamné pour favoritisme, fausses factures et emploi fictif. Condamné pour harcèlement moral[19]. Denis Monteillet,1995 : candidat FN aux municipales condamné pour avoir inscrit plusieurs personnes de son voisinage sur la liste présentée par son parti au municipales sans les avoir prévenues. Le Conseil d’Etat a annulé les élections des conseillers municipaux FN pour « liste irrégulière »[16] ; Emilien Bonnal,1985 : ex-candidat FN aux cantonales et municipales, a été reconnu coupable de meurtre, alors qu’il collait des affiches pour le FN, pour avoir tué Abdallah Moktari, 23 ans qui l’avait insulté, et est condamné à 8 ans de prison[20] ; Francis Watez,1995 : avocat et conseiller municipal FN, condamné pour incitation à la discrimination raciale pour avoir collé des affiches proclamant : « Musulmans, Barbaresques, Algériens, terroristes ou non, tous dehors » et « Refuser l’intégration de ces sauvages est un devoir national ». (2 ans d’inéligibilité et 50 000 F d’amende)[38] ; François Nicolas-Schmitt, 1997 : condamné pour détournement de fonds[16] ; Gilles Lacroix,1997-1997: condamné pour complicité de violence en réunion, avec arme et préméditation et pour complicité de destruction de biens ; Georges Theil, 2001 : condamné pour contestation de crimes contre l’Humanité. 2004-2006, et de nouveau condamné pour contestation de crimes contre l’humanité[21] ; Jacky Codvelle, 1990 : tête de liste FN aux municipales de 1989, condamné pour avoir mis le feu à la voiture du député du Rhône et maire PS de la ville, Jean Jacques Queyranne pour fêter le 14 juillet[38] ; Jacques Bompard, 2008-2010 : maire d’Orange, condamné à 5 ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt[18] ; Jacques Coutela, 2011 : mis en examen pour incitation à la haine raciale suite à son apologie d’Anders Behring Breivik, auteur des attentats d’Oslo[22] ; Jean Holtzer, 1990 : ex-candidat FN aux cantonales a été reconnu coupable de vol à main armé pour avoir braqué une banque (8 ans fermes). Cet ancien avocat général avait un jour réclamé la peine de mort pour une histoire identique[23] ; Jean-Claude Poulet, 1992 : avocat et conseiller municipal FN, condamné pour avoir battu sa femme pendant quinze ans pour « la stimuler au travail… Il fallait que je la stimule assez fréquemment »[38] ; Jean-Marc Maurice : 2004 à 2009- 2010 à 2011, 6 condamnations. Condamné pour outrage à agent dépositaire de l’autorité publique, vol, escroquerie, banqueroute, travail dissimulé et non déclaré, abus de bien sociaux[24] ; Jean-Marie Le Chevallier : condamné pour subornation de témoin dans l’affaire du meurtre de son directeur de cabinet[25] ; Jean-Yves Douissard,1999-2002 : condamné pour incitation à la haine raciale[15] ;
Jean-Yves Le Gallou, 1991-1998 :président du groupe FN au conseil régional d’Ile-de-France, condamné pour provocation à la haine raciale[27] ;
Joël Klein, 2004 : ancien conseillé régional FN, condamné par le tribunal correctionnel de Lyon à six mois de prison ferme et 10.000 euros d’amendes pour contestation de crimes contre l’humanité, conformément au réquisitoire du procureur. Le 14 octobre 2004, lors d’une interview à TV8 Mont-Blanc enregistrée dans les couloirs du conseil régional de Rhône-Alpes, Georges Theil avait dénoncé “le fantasme” des chambres à gaz[38] ;
Robert Lagier 1995-1998 :Le 21 février 1995, en pleine campagne présidentielle, Ibrahim Ali, un jeune Marseillais originaire des Comores était tué d'une balle dans le dos par trois hommes qui collaient des affiches pour le FN. Le meurtrier, Robert Lagier a été condamné en juin 1998 à 15 de réclusion criminelle. Des peines de dix ans et de deux ans de prison avaient été prononcées à l'encontre des deux autres colleurs d'affiches qui l'accompagnaient, l'un pour avoir aussi tiré et l'autre pour avoir porté une arme de poing[40] ;
Patrick Bassot : élu FN dans le Vaucluse 2012, a été condamné à 3.500 € d’amende pour « incitation à la discrimination, à la haine et à la violence à l’encontre des immigrés »[31] ;
Marcel Mazières : candidat FN aux élections municipales de 1995 à Aix, reconnu coupable de 5 000 F d’amende, 5 000 F de dommages et intérêts et affichage du jugement pendant un mois à la porte du lycée. Il a en effet envoyé au professeur de philosophie de son fils une lettre anonyme. Extrait : ” vous transformez nos classes en goulag politique, votre aspect physique est disgracieux et, apprenant que vous êtes homo, cela est risible. “[38] ;
Marc Georges : ex-député FN, reconnu coupable de blessure par balle d’un jeune homme (18 mois de prison ferme)[38] ;
Marie Thérèse Philippe 1997 : élue FN de Pontoise, reconnu coupable en novembre 1997 de posséder dans sa voiture, entre les deux tours d’élections municipales partielles avec ses quatre colleurs d’affiches, un pistolet à grenailles[38] ;
Pierre Van Dorte,1989 : conseiller municipal FN, condamné pour avoir tiré à l’aide de son fusil à pompe sur un groupe de jeunes d’origines maghrébine en blessant au dos l’un d’eux parce qu’il faisait trop de bruit[35]. Le FN lui paye ses 15 000F de caution. 15 mois avec sursis ;
Pascal-Bernard de Leersnyder : conseiller régional FN, reconnu coupable de violence sur mineur pour avoir appris l’allemand au fils de sa compagne à coup de poing (jusqu’au sang) et pour lui avoir plongé la tête dans les WC (“Il n’était pas digne de la salle de bains”). 13 mois de prison dont 10 fermes[38] ;
Katherine d’Herblais : conseillère régionale en picardie du FN, doit 400 000 F de préjudice a un garde chasse devant se réfugier dans une voiture pour protéger sa carotide après que ses deux dogues allemands égorgèrent 48 brebis et en blessèrent une centaine d’autres [38] ;
Guillaume d’Herbais (beau-frère de Jean-Marie Le Chevallier): reconnu coupable d’abus de biens sociaux condamné à 2 ans de prison[38] ;
Marc Lyoen : responsable FN, reconnu coupable d’emploi de clandestins[38] ;
Roger Fabrègues :candidat municipal FN, reconnu coupable de trafic de drogue (23/07/1999). Il avait profité d’un voyage au Maroc pour importer du haschisch(2 ans de prison). Il a fait appel[38] ;
Eric Delcroix, 1996 : candidat FN, reconnu coupable de “contestation de crimes contre l’humanité” en 1996. Auteur de la Police de la pensée contre le révisionnisme, un ouvrage révisionniste et antisémite[38] ;
Xavier Voute, 1997 :conseiller municipal à Paris condamné à 3000 F d’amende pour avoir aspergé de gaz lacrymogène des militants de Ras l’Front (mouvement anti-FN)[39] ;
Philippe Bernard, 2004-2008 : ancien secrétaire départemental du FN dans le Nord, a écopé en 2013 de deux ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité pour escroquerie et abus de confiance dans une affaire de financement électoral[17] ;
Sylvain Ferrua,1996 : condamné pour proxénétisme 1 ans avec sursis et 50000 F d’amende[38] ;
Louis de Noëll, 1997 : Secrétaire départemental du FN, reconnu coupable de détournement de fond (?/10/1997). Il avait utilisé de l’argent de la société dont il est le gérant pour s’acheter un appartement à Paris, un autre à Perpignan et une villa sur la mer. 1 an avec sursis et 50 000F d’amende[38] ;
Le Front National 2012 : La Cour de cassation a rejeté les pourvois du RN et de proches de Marine Le Pen dans ce dossier dit aussi « des kits de campagne », utilisés par les candidats frontistes lors des législatives de 2012, rendant ainsi définitive les condamnations. En appel, le RN avait été condamné à une amende de 250.000 euros pour recel d’abus de biens sociaux[26] ;
Raynald Liekens,1984-1987 : condamné à perpétuité pour le meurtre d’une juive. Il a déclaré : « Elle était plus gentille avec moi que personne ne l’avait été jusque-là. Mais, quand j’ai appris qu’elle était juive, j’ai décidé de la tuer car les juifs sont les ennemis de la race blanche »[36] ;
Patrick Binder, 2004-2005 :condamné pour injures racistes en public[32] ;
Tanguy Deshayes, 2008-2009 :tête de liste du Front national aux municipales à Paris en 2007, mis en examen pour menaces de mort, il a confirmé en être l’auteur et a été condamné par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand à six mois de prison avec sursis et à mille euros d’amende[41]. Quelques années auparavant il avait été condamné pour bagarre ainsi que pour port d’arme[41bis] ;
Yannick Lecointre, 2010-2011 :candidat du FN sur le canton de Thiron-Gardais, a été condamné pour trafic de drogue (transport, détention, acquisition, cession et emploi non autorisés de stupéfiants)[43] ;
Patrick Binder, 2010-2011 :condamné pour injure publique et provocation à la haine raciale[32bis] ;
Richard Jacob, 2013-2014 : ancien élu FN à la mairie d'Auxerre il est condamné pour outrage, rébellion pour des violences à l'encontre de partisans du mariage gay[37] ;
Tanguy Deshayes, 2008-2016:tête de liste FN aux élections municipales de Paris, mis en examen pour menaces de mort, il a confirmé en être l’auteur, et a été condamné par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand à six mois de prison avec sursis et à mille euros d’amende[42] ;
Philippe Vardon, 2014-2018 : condamné à une amende de 750 € pour des violences suite à un coup de poing[33] ;
🚩Jean-Marie Le Pen... :
Redressement de 1,4 Millions de Francs), reconnu coupable d’apologie de crime de guerre dont la déportation pour l’édition d’un disque sur lequel on peut entendre « un hymne du parti nazi » et « Vive Hitler » ;
reconnu coupable d’antisémitisme insidieux ;
reconnu coupable de banalisation d’actes jugés constitutifs de crimes contre l’humanité(11/10/1989) pour avoir qualifié les chambres à gaz de « point de détail » de la 2ème guerre mondiale ;
reconnu coupable de captation d’héritage, 5000F à verser ;
reconnu coupable d’agression d’un candidate socialiste, 3 mois avec sursis, 20 000F d’amende, 2 ans d’inéligibilité ;
reconnu coupable d’avoir tenu des propos sur l’inégalité des races avec B.Megret. Condamné à verser 10 000F a L’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France) et à publier à ses frais le jugement dans 3 hebdomadaires (30 000F par publication)... (listage de ses nombreuses condamnations par la justice[48])
🚩Marine Le Pen...
2008-2011 : à la suite d'une plainte en diffamation déposée par l'ancien membre du FN Christian Baeckeroot pour des faits datant de 2008, Marine Le Pen et Louis Aliot sont condamnés pour diffamation le 27 janvier 2011, par la cour d'appel de Versailles, à verser 5 000 € de dommages intérêts à Christian Baeckeroot et 4 500 € en frais de procédures. Le pourvoi en cassation formé par Marine Le Pen, Louis Aliot et Jean-Marie Le Pen est rejeté le 11 octobre 2011 et la Cour de cassation fixe en plus à 2 000 € les frais de procédure dus à Christian Baeckeroot[28] ;
2023 : Marine Le Pen est condamnée à 500 € d'amendes avec sursis pour diffamation envers la Cimade, qu'elle accusait d'organiser une « filière d’immigration clandestine en provenance des Comores » à Mayotte. Le 11 septembre 2024, la peine est confirmée en appel[29] ;
2025 arrive à un niveau jamais atteint à la suite d'une plaintepour détournements de fonds Européens(l'affaire des assistants parlementaires européens) pour un montant évalué à 4 100 000 €. Le 31 mars, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Marine Le Pen à une peine d'inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate et quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme aménageable sous bracelet électronique[30].
Le RN est en outre condamné à 2 millions d'euros d'amende, dont 1 million ferme[30bis].
Le Parlement européen a réclamé au parti d'extrême droite et aux personnes condamnées lors de ce procès des assistants parlementaires du RN le paiement de dommages-intérêts. La note s'élève à plus de 3,5 millions d'€[44].
et dans le même temps,le Conseil d'État a définitivement invalidé 55.000 d'€ de dépenses de campagne de Jordan Bardella lors des élections européennes de 2019[46].
Conformément au droit, Marine Le Pen a fait appel. Elle est donc, à ce jour, de nouveau " présumée innocente "...
2025 :après sa condamnation à cinq ans d'inéligibilité fin mars, Marine Le Pen est destituée de son poste de conseillère départementale du Pas-de-Calais[34]. décision validée par le tribunal administratif de Lille, mais Marine Le Pen va faire appel[34bis].
👉Toujours dans cette affaire de détournements de fonds publics européens pour un montant évalué à 4 100 000€), Marie-Christine Arnautu, Marie-Christine Boutonnet, Myléne Troszczynski, Catherine Griset, Louis Aliot, Nicolas Bay[52], Fernand Le Rachinel, Dominique Bilde, Thierry Legier, Julien Odoul (déjà condamné pour injures raciales), Yann Le Pen (encore la Famille Le Pen), Wallerand de St Just et Charles Van Houtte, toutes et tous, ont été condamnés (ées) pour complicités dans ce système de détournement sciemment organisé par Marine Le Pen[30ter]... (" une institution "...)
et dans le même temps...,
comme Marine Le Pen Louis, Aliot, Julien Odoul et Bruno Gollnisch, ont fait appel, soit fin mars 2025, 13 personnes sur les 25 condamnés et donc, jusqu'à " preuve du contraire ", ils et elles sont de nouveau présumés(ées) innocents(es) tant que ce second procès n'aura pas cours... mais à n'en pas douter de nouvelles sanctions définitives sont à venir lors de ce second procès ;
et les 12 autres, en ne faisant pas appel, ils reconnaissent la réalité des actes qui leur sont reprochés et la justice de leur condamnation.
2025 : Andréa Kotarac, porte parole du RN était lui aussi payé comme assistant au Parlement européen lors de la campagne présidentielle de 2022[45] : sera t'il poursuivi ? Affaire à suivre...
Marine Le Pen, Décembre 2025 : condamnée définitivement par la Cour de cassation à 500 € d’amende avec sursis pour diffamation envers la Cimade. En 2022, la cheffe du RN avait accusé l’association d’aide aux migrants d’organiser « la filière d’immigration clandestine en provenance des Comores » et d’être, « parfois », « complices des passeurs »[60].
En conclusion :
J'imagine que toutes ces Personnes le savent... Quand ce procès en appel sera effectif, ce vol de fonds Européens a été documenté et prouvé et donc, TOUTES LES CONDAMNATIONS SERONT MAINTENUES.
Le problème pour tous ces justiciables n'est pas de savoir s'ils ou elles seront innocentés (ées), ça ils et elles le savent, mais de savoir QUELLES NOUVELLES PEINES SERONT A PURGER (dont l'inéligibilité pour 5 ans de Marine Le Pen) !...
🔴Une autre question se pose : cela leur servira t-il de leçon ?...
L'avenir le dira, mais j'en doute... le RN, fruit du FN, est une arnaque et restera une arnaque qui viole, instrumentalise le peuple et la République !
Et c'est reparti !
🔴 Liste des soupçons, procédures lancées et condamnations effectives :
Franck Allisio, 2025 : La justice a ouvert une enquête contre Franck Allisio président du groupe RN de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur pour détournement de biens publics[49] ;
Laurent Jacobelli, 2025:député et porte-parole du RN, 500 € d’amende requis pour outrage, injure à caractère raciste et diffamation pour des évènements remontant à octobre 2023[50] ;
Romain Brument, 2025: conseiller métropolitain et conseiller d’arrondissement RN dans les 13e-14e de Marseille, condamné à 4 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Marseille. Son ex-épouse a décrit des violences physiques et psychologiques récurrentes. Il n’a pas fait appel de son jugement[51] ;
Sébastien Chenu, fin juin 2025:député du RN, il est condamné aux prud'hommes à verser plus de 10 000 € à son ancienne assistante parlementaire, Caroline Varlet, pour un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Son CDD a été requalifié en CDI, et le temps partiel a été requalifié en temps complet. Il a indiqué avoir déjà fait appel de la décision[53].
Juillet 2025 :Le parquet européen a annoncé avoir ouvert une enquête sur le RN et ses alliés pour détournements financiers au Parlement européen. Le groupe Identité et démocratie, dont faisait partie le Rassemblement national, aurait utilisé illégalement 4,3 millions d’euros de crédits de fonctionnement, selon un rapport confidentiel révélé par « Le Monde » et ses partenaires, qui dénonce des appels d’offres et des dons réalisés en infraction avec les règles de l’institution[54].
Juillet 2025 : Le 16 juillet, le Tribunal de l’Union européenne rejette le recours des héritières de Jean-Marie Le Pen contre une décision exigeant de l’ancien leader du Front national qu’il rembourse environ 300 000 € pour des frais de mandat indus au Parlement européen[55]
Jordan Bardella, Octobre 2025 : Champagne, chauffeur privé… il est encore retoqué sur ses frais de campagne aux Européennes.La justice a confirmé que le contribuable n’avait pas à rembourser une partie des dépenses de la tête de liste du Rassemblement national lors du scrutin de 2024. Plusieurs centaines de milliers d’euros de coûts « excessifs » ou « sans finalité électorale »[56].
David Rachline, Décembre 2025 : ancien vice-président du RN, Maire de Fréjus, poursuivi pour prise illégale d'intérêt et soupçonné de corruption, démissionne de la vice-présidence du RN[57].
Déjà mis en cause dans deux enquêtes pour « prise illégale d’intérêts » et « corruption », David Rachline est poursuivi dans une nouvelle affaire, soupçonné d’avoir favorisé l’attribution de contrats à une société de sécurité détenue par l’un de ses intimes[57bis].
Jordan Bardella,Décembre 2025 :il est visé par une plainte déposée au PNF pour favoritisme et détournement de fonds publics.
Après des révélations du Canard Enchaîné, l'association AC Corruption a déposé une plainte auprès du Parquet National Financier. Elle concerne la rémunération de Pascal Humeau, engagé comme " média-traineur " du président du Rassemblement national[58]. Le parquet national financier confirme " analyser " la plainte pour détournement de fonds publics citant Jordan Bardella[58bis].
Jean-Michel Moulun, Décembre 2025 :Après avoir reconnu l’assassinat d’une septuagénaire, Jean-Michel Moulun, ancien boxeur, ex-candidat du FN aux municipales d'Hautmont en 2014, a été condamné mercredi 11 décembre à la prison à perpétuité par la cour d’assises de Montpellier[59].
Franck Sinisi, Janvier 2026 :Franck Sinisi, ancien conseiller municipal FN (aujourd’hui RN) à Fontaine (Isère) a été interpellé et placé en garde à vue mardi 13 janvier. Il est suspecté d’avoir déposé des os de porcs et du saucisson devant la mosquée de la commune en septembre dernier[61].
Marie-France Lorho, Janvier 2026 :Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné ce lundi 26 janvier Yann Bompard, maire d’Orange (Vaucluse), à une peine de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et à 18 mois de prison avec sursis pour avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire. Poursuivie des mêmes chefs, la députée RN Marie-France Lorho écope, elle, de 18 mois de prison avec un sursis simple, de 10 000 € d'amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire[62].
Franck Pralonb, Février 2026 :candidat RN et tête de liste aux élections municipales 2026 à Vernon (Eure), il se retire de la course après avoir produit " un document inexact ", selon ses termes, pour s'inscrire sur les listes électorales. Deux plaintes ont été déposées : une plainte par l'assureur du candidat et une autre par la Ville de Vernon pour faux[63].
Appli : « Les Jours » recensent toutes les casseroles des députés RN Racisme, antisémitisme, condamnations judiciaires… Cette trombinoscope expose les brebis galeuses du Rassemblement national à l’Assemblée nationale.
Le pouvoir ne tiendra sa politique d'austérité à l'encontre des plus pauvres et au service des plus riches que tant que nous serons " à genoux ", résignés..., le #10septembre levons nous !
Y a-t-il encore quelqu’un pour défendre le bilan d’Emmanuel Macron dont le RN[0] et le PS[1], qui nont pas voté les censures déposées contre le gouvernement Bayrou, portent la responsabilité.
En huit ans d’exercice du pouvoir, Emmanuel Macron aura fait vivre à la France une période de libéralisme inégalitaire et antisocial.
STOP ! Il faut une élection présidentielle anticipée comme le demande LFI[2].
Sources :Eric Durand| 🔴 Alors le bilan.....👇
Comment a évolué la pauvreté en France ?
La France compte 5,4 millions de pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian[3] et 9,8 millions si l’on utilise le seuil de 60 %, selon les données 2023 (dernière année disponible) de l’Insee. Dans le premier cas, le taux de pauvreté est de 8,4 % et, dans le second, de 15,4 %.Quel que soit le seuil utilisé, la pauvreté augmente en France depuis le milieu des années 2000....depuis l’arrivée de Macron !
Pour en savoir plus cliquez sur l'image !👇
Comment a évolué le nombre de riches et la répartition des richesses en France ?
Près de 3 millions de millionnaires en France : les ultra-riches toujours plus nombreux[6].Les 10 % les plus riches captent un quart de l’ensemble des revenus. Les 10 % les plus pauvres captent quant à eux 3 % de l’ensemble des revenus, un chiffre qui stagne depuis plus de 20 ans.
Depuis 2019, la fortune des milliardaires français a augmenté de plus de 24 milliards d’euros au total, soit 13 millions d’euros par jour.
Une personne parmi les 1% les plus riches gagne en 6 jours ce qu’une personne parmi les 50% les plus pauvres gagne en 1 an.
Les 1 % des Français⸱es les plus riches ont ponctionné près de 20 milliards d’euros au pays du Sud en 2023 – soit près de 2,3 millions d’euros par heure – par l’intermédiaire d’un système financier largement plus favorable aux pays riches du Nord.
Sous Macron, les 500 personnes les plus riches de France ont doublé leurs fortunes[7] !
Pour en savoir plus cliquez sur l'image !👇
Plus personne dans la rue avant la fin de l'année : la promesse d'Emmanuel Macron
Macron à dit, Macron a dit !👇
Macron à fait !👇
Le nombre de personnes sans-domicile fixe (SDF) en France est passé du simple au double en l'espace de dix ans (donc essentiellement Sous Macron),), selon les plus récentes estimations publiées cette année par la Fondation Abbé Pierre[8] :
Entre 2012 et 2023, le nombre de SDF en France a ainsi augmenté d'environ 130 %. La dernière enquête « sans-domicile » de l'Insee en 2012 estimait à 143 000 le nombre de personnes privées de domicile. Aujourd'hui, on peut estimer que ce chiffre s'élève au moins à 330 000[8].
L’année 2024 a été « presque blanche » en matière de politique du logement, malgré des signaux « au rouge », dont le nombre record de 735 morts de la rue, alerte lundi 3 février la Fondation pour le logement des défavorisés, quidénonce « l’attentisme » du gouvernement de Macron[9].
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2159 enfants, dont 503 de moins de trois ans, ont dormi dehors dans la nuit du 18 au 19 août en France. Ce chiffre, révélé par l’UNICEF et la Fédération des acteurs de la solidarité, illustre une réalité insoutenable : jamais depuis l’après-guerre notre pays n’avait connu une telle explosion du sans-abrisme . Depuis 2022, le nombre d’enfants contraints de dormir à la rue a bondi de 30 %[17].
Macron a mené une politique économique qui a insécurisé notre pays
La politique économique réactionnaire et dangereuse d'Emmanuel Macron · Une dangereuse politique de classe. Le retour de l'obsession de la dette qui a-t-il détruit l'économie française[9bis].
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Macron : 8 ans de réformes destructrices pour l’éducation
Depuis son élection en 2017, Emmanuel Macron a enchaîné les déclarations sur l’Éducation nationale. Au fil du temps et de ses Ministres, de nombreuses réformes ont vu le jour, bouleversant – négativement – le système éducatif de notre pays et mettant de côté nombre de jeunes.
Sélection, renforcement des inégalités sociales, attaque du cadre national des épreuves, tant de conséquences qui se regroupent autour d’un seul et même projet de société[10].
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Macron a gavé les entreprises et fait exploser la dette
En dix ans, la politique de l’offre et les baisses de prélèvements ont plombé les finances publiques de 454 milliards d’euros. Sans cela, la dette pèserait 93,8 % du PIB, et non 109 % comme aujourd’hui, a calculé Vincent Drezet, porte-parole d’Attac[11].
Quoi qu’en dise le premier ministre, François Bayrou, le niveau de dépense publique est resté, depuis 2008, globalement stable, pandémie exceptée. La hausse de la dette s’explique donc pour beaucoup par la baisse des recettes.... et la hausse des cadeaux aux entreprises qui ont explosé à +1470% d’augmentation en 40 ans[12]sans contrepartie.
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Comment Macron a sacrifié la santé des Français
Force est de constater que les deux premières années du dernier quinquennat ont contribué à affaiblir notre système de santé publique.Ce bilan repose sur trois principales défaillances :
la poursuite du démantèlement de l’hôpital public (La suppression de 5 700 lits d’hospitalisation en pleine épidémie du covid invite à relativiser « l’effort de guerre » et le « quoiqu’il en coûte ») ;
la détérioration des conditions de travail des soignants ;
ainsi que les difficultés accrues d’accès aux soins pour les citoyens.
Une telle période a permis de percer à jour le logiciel de gouvernance d’Emmanuel Macron, pour qui les limites de la démocratie sanitaire commencent là où la prétendue rationalité du chiffre s’impose....résultat la santé n’aura plus rien de « public », puisque seules les personnes suffisamment aisées, ou ne souffrant pas de pathologies impliquant une prise en charge trop onéreuse, pourront y avoir accès[13].
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Écologie et climat : le bilan catastrophe d'Emmanuel Macron
Emmanuel Macron accumule les décisions anti-climat au gré de son mandat. L’ONU l’avait consacré “ champion de la terre ” en 2018 pour ses discours vibrants. Champion des promesses, c’est sûr, mais pas des actes.Le mépris du président pour l’écologie transparaît dans un bilan catastrophique. Comment s’y prend-il pour toujours faire le contraire de ce qu’il dit[14] ?
Traduisons-le :
Le monde après-Covid : E. Macron arrive à faire pire qu’avant ;
Glyphosate : la grande trahison d’Emmanuel Macron ;
Réchauffement climatique : Emmanuel Macron aggrave le retard français ;
CETA : quand E. Macron juge “bon” un accord climaticide ;
Charbon, hydrocarbures… quand E. Macron travestit la réalité ;
Mercosur : Emmanuel Macron prêt à signer un accord d’ici la fin de l’année, mais sous conditions[15] ;
Loi Duplomb : Emmanuel Macron promulgue le texte après la censure partielle du Conseil constitutionnel[16]...
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🔴 Face à ce bilan deux solutions complémentaires.....
👉la mobilisation du peuple #BloquonsTout #10septembre2025...
" Bloquons tout " et le gouvernement sera obligé d'écouter les gens : retraites, Gaza, salaires, éducation nationale, hôpitaux, Ukraine, santé, chômage, et surtout, 6e Réublique, ISF... !
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👉 et la mobilisation politique pour le faire partir ! 👇
Les coups de menton contre l’Algérie montrent qu’il n’en va pas de même dans des domaines où les brûlures de l’Histoire devraient avoir engendré plus d’expérience et de leçons qu’on ne le voit...
La stratégie du choc avec le gouvernement algérien ne mènera nulle part[1], « il n’y a pas d’avenir durable pour la France sans ou contre le Maghreb et ses peuples ».
Après Ségolène Royal[0], c’est au tour de Jean-Luc Mélenchon de s’exprimer sur l’escalade des tensions entre l’Algérie et la France provoquée par les nouvelles mesures anti-algériennes du président Emmanuel Macron.
Dans un long article publié le samedi 9 août sur son blog[1], le leader de La France Insoumise (LFI) laisse exploser sa colère contre le président Macron. Une preuve supplémentaire que les décisions de ce dernier dans la gestion de la crise franco-algérienne ne font pas l’unanimité en France.
« Après avoir fait expulser la France de presque toute l’Afrique[2], Macron a décidé d’accompagner les provocations de son ministre de l’Intérieur contre l’Algérie au moment où celui-ci fait la danse du ventre aux nostalgiques de la colonisation et aux arabophobes », assène Jean-Luc Mélenchon qui est l’une des personnalités politiques de premier plan en France à plaider pour une autre relation, apaisée, avec l’Algérie.
Sources :Jean-Luc Mélenchon| Jean Luc Mélenchon : « Le désastre algérien est servi »
Jean-Luc Mélenchon pointe « l’agressivité[3] » des gouvernants français qui « affligent, inquiètent et désespèrent ». « Le désastre algérien est servi », constate avec amertume le leader des Insoumis.
« Après avoir fait expulser la France de presque toute l’Afrique, Macron a décidé d’accompagner les provocations de son ministre de l’Intérieur contre l’Algérie au moment où celui-ci fait la danse du ventre aux nostalgiques de la colonisation et aux arabophobes », dénonce Jean-Luc Mélenchon qui pointe les « conséquences désastreuses » du « chemin d’absurdités » pris par Macron et Retailleau pour l’Algérie et la France ainsi que pour les deux peuples, algérien et français.
« L’Algérie est le mirage mortel des rêves de puissance des impuissances politiques des dirigeants français depuis 1830 et l’invasion de l’Algérie », assène le leader de La France Insoumise qui aborde frontalement le rôle néfaste des partisans de l’Algérie française dans la crise entre les deux pays.
Mélenchon plaide pour un rapprochement entre la France et le Maghreb Pour Jean-Luc Mélenchon, les « coups de menton » contre l’Algérie montrent qu’il « n’en va pas de même dans des domaines où les brûlures de l’Histoires devraient avoir engendré plus d’expérience et de leçons qu’on ne le voit ».
Il ajoute que la « stratégie du choc » avec le gouvernement algérien « ne mène nulle part ». « Elle renouvelle les mirages lamentables du passé », déplore-t-il.
Le leader des Insoumis enchaîne en mettant en garde contre un divorce avec le Maghrebauquel pousse la Macronie qui commet ainsi une « faute » dont la France « ne se relèvera pas aussi facilement que le croient ses élites gouvernementales obtuses et les divers lobbys à l’œuvre chacun pour leur petite cuisine »....Jean-Luc Mélenchon affirmait déjà, en 2012 que, « la France a besoin du Maghreb[4] ».
Jean-Luc Mélenchon rappelle dans la foulée ce qu’il a dit à Marseille lors d’un rassemblement populaire en 2016 : « Il n’y a pas d’avenir durable pour la France sans ou contre le Maghreb et ses peuples », et affirme que la politique de Retailleau à laquelle Macron « s’est soumis est une violence insupportable ».
🔴Et conclue :
«Elle ne mène nulle part sinon à de nouvelles déroutes et blessures. Et surtout à de profondes et inutiles déchirures dans notre peuple tel qu’il est, dans la France telle qu’elle est comme « Nouvelle France » qui doit travailler avant tout à son unité et à maîtriser son déploiement vers le monde ».
Nous ne voulons pas la guerre avec l’Algérie
Le 16 janvier 2025, Jean-Luc Mélenchon, a exprimé une vive indignation face à la campagne politique et médiatique agressive orchestrée par l'État français à l'encontre de l'Algérie, de sa diaspora et de ses intérêts en France. Il a sévèrement dénoncé la position du gouvernement français, l'accusant d'aggraver les tensions alors qu'il aurait été plus judicieux de privilégier le dialogue et la concertation avec le pays voisin au sud de la Méditerranée.
Élus et cadres du parti d’extrême droite ont laissé pulluler messages nauséabonds et illégaux dans le groupe Facebook « La France avec Jordan Bardella[0] ».
En Janvier 2026, découverte de « Résistance PATRIOTE !!!! », un autre groupe Facebook où se partagent messages haineux, antisémites et islamophobes, et dont font partie six députés du Rassemblement national, parmi lesquels Mélanie Disdier, eurodéputée[9].
Jusqu’à ce que Les Jours mettent leur nez dans le groupe Facebook privé « La France avec Jordan Bardella », ses quelque 11 500 membres étaient invités à chanter les louanges du président du Rassemblement national (RN), à commenter les actualités du parti et, surtout, à la retenue. Jusqu’à la semaine dernière, ce groupe était géré par plusieurs cadres, ex-candidats et collaborateurs parlementaires de la formation lepéniste. Pour l’intégrer, il fallait simplement indiquer si l’on était adhérent du parti d’extrême droite ou non. Une fois à l’intérieur, les règles paraissaient claires : « Il est formellement interdit de harceler les membres du groupe, de discriminer les opposants politiques et journalistes sur leur origine, couleur, religion, orientation
sexuelle, apparence physique. Tout membre se donnant [sic] à de la discrimination sera sanctionné. »
Sauf que la stricte modération annoncée était à géométrie très variable. Si les partisans d’Éric Zemmour s’en voyaient, par exemple, quasi systématiquement exfiltrés lorsqu’ils proposaient l’union des droites, les appels à la haine et à la violence, les propos antisémites, homophobes, islamophobes et racistes étaient, eux, nettement moins régulés. Les Jours ont découvert qu’ils étaient légion sous la plume de ces militants et sympathisants d’extrême droite. Et qu’au milieu de tout cela, neuf députés du RN en étaient membres. Sans jamais réagir. Enfin, jusqu’à ce que nous les contactions dans le cadre de cette enquête et que plusieurs d’entre eux ne quittent « La France avec Jordan Bardella ». Puis qu’à leur tour, les administrateurs du groupe paniquent, allant jusqu’à le renommer en « Pour la France » afin d’effacer tout lien avec le RN. Avant de courageusement s’en carapater, sans demander leur reste ni répondre à nos questions.
Le pôle national de lutte contre la haine en ligne a ouvert une enquête sur des propos postés sur un groupe Facebook, dont faisaient partie des cadres et élus du Rassemblement National, notamment neuf députés[8].
Sources :Les Jours| mis à jour le 12/01/2026 Les neuf députés avaient l’obligation légale de signaler les dizaines et dizaines de propos illicites postés sur le groupe. Aucun ne semble l’avoir fait ! Il y avait pourtant de quoi s’émouvoir bien avant que Les Jours ne s’en mêlent. Sous le post d’un administrateur qui partage, il y a quelques mois, un visuel de Marine Le Pen et Jordan Bardella, on lit par exemple ce type de commentaires[1] : « Il y a que ça pour redresser ma France et virer tous ces sionistes qui vivent sur le cul des Français. »
🔴Le 8 avril dernier, sous une publication relative à un Gabriel Attal critiquant le RN, l’homophobie est débridée.
Un premier réagit : « Attal… c’est comme anal… tout dans le cul… » Un deuxième complète : « Une salope le Attal ». « Comment un homosexuel peut-il dire des propos indignes contre la plus sérieuse des femmes politiques françaises ?, s’interroge un troisième. Marine Le Pen est 10 millions de fois supérieure à cet individu mal dans sa peau. » Le lendemain, sous une vidéo de salariés du « média » d’extrême droite Frontières hués par des collaborateurs de La France insoumise (LFI), un contributeur rédige : « Il nous manque un mec à petite moustache. Tout serait fini très vite. Désolé j’ai oublié son prénom. » La référence à Adolf Hitler est sans équivoque. À l’instar de l’antisémitisme qui transpire de cet autre commentaire, en date du 6 mai, il y a moins d’un mois : « Déjà, les sionistes dehors ! Vous n’avez pas à commander le peuple ! Et toute la merde planétaire que vous avez fait rentrer pour hybrider la France, elle dégage avec vous ! » Aucun des auteurs de ces posts n’a été exclu du groupe, aucun de ces messages n’a été modéré. Et malgré les tentatives précipitées des administrateurs pour effacer leurs traces, tous sont encore visibles à ce jour.
Quant aux neuf députés identifiés par Les Jours, ils ont rejoint « La France avec Jordan Bardella » entre septembre 2023 et janvier 2024, avec leur profil Facebook personnel. Il s’agit, dans l’ordre chronologique, de :
Nicolas Dragon(député de l’Aisne),
Christian Girard (Alpes-de-Haute-Provence),
René Lioret (Côte-d’Or),
Caroline Colombier (Charente),
Nathalie Da Conceicao Carvalho (Essonne),
Pascal Markowsky (Charente-Maritime) – bien connu des lecteurs et lectrices des Jours[2],
Pascale Bordes (Gard),
Laurence Robert-Dehault (Haute-Marne),
et Monique Griseti (Bouches-du-Rhône).
Aucun de ces députés n’a répondu à nos questions, à l’exception de Nicolas Dragon dont la réaction, reçue, après la publication de cette enquête, est à lire ci-dessous. En recevant nos demandes d’entretien, Caroline Colombier, Pascal Markowsky et Pascale Borde se sont enfuis du groupe Facebook.
🔴À l’exception de René Lioret et Pascal Markowsky qui ont « liké » et/ou commenté des posts, aucun n’a interagi sur « La France avec Jordan Bardella ».
Mais tous, s’ils en ont eu connaissance, avaient l’obligation légale de signaler les dizaines et dizaines de propos illicites relevés par Les Jours, au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale[3]. Ce qu’aucun ne semble avoir fait. À noter que trois de ceux-là, Christian Girard, Caroline Colombier et Pascal Markowsky, étaient déjà membres du groupe ouvertement raciste dont Les Jours avaient révélé l’existence, aux côtés de douze autres députés du RN (lire l’épisode 12, « Racisme et appels au meurtre : 15 députés RN dans un groupe Facebook privé nauséabond[4] »). Après nos articles, ce groupe-ci avait fait l’objet de signalement et de plainte en justice (lire l’épisode 16, « RN : une plainte déposée contre onze membres du groupe Facebook privé raciste[5] »).
Parmi les dix-huit administrateurs du groupe, on trouve des cadres, des excandidats et des collaborateurs parlementaires du RN À l’époque où ces élus intègrent « La France avec Jordan Bardella », les posts et commentaires racistes sont si nombreux qu’il paraît difficile de les manquer. Deux de nos neuf députés, Nicolas Dragon et Christian Girard, en sont par exemple membres quand, le 29 septembre 2023, un certain Phi Lippe publie sur le mur du groupe une image barrée du texte suivant : « J’adore les transports en commun, ça me rappelle l’Afrique. Île-de-France bientôt baptisée Île d’Afrique. » Celle-ci recueille 56 réactions positives. Le lendemain, sous un visuel raciste vilipendant « l’invasion de punaises de lit » due à l’immigration, l’internaute Charles G. propose de les renommer « les africanaises de lit ».
🔴Trois jours plus tard, René Lioret, alors conseiller régional de Bourgogne-Franche- Comté, intègre à son tour « La France avec Jordan Bardella », imité dans la foulée par la députée Caroline Colombier. Quelques jours passent et, le 12 octobre, sous une publication relative à l’islam :
un utilisateur écrit : « Le grand remplacement ? ? L’argent de la CAF pour la guerre ? ? » ;
un autre annonce qu’il « faut anéantirl’islam » ;
un dernier se fait menaçant : « Je propose à mes compatriotes d’êtrevigilants, attentifs et s’entraîner. »
Alors que Nathalie Da Conceicao Carvalho et Pascal Markowsky viennent de rejoindre le groupe, le même Charles G., qui s’excitait contre les punaises de lit, écrit à propos de musulmans en train de prier : « La valise ou le cercueil… au choix. » En décembre 2023, les députées Pascale Bordes et Laurence Robert-Dehault, tout juste membres, ont le loisir de lire ce texte publié sur le mur du groupe par un « contributeur star », c’est-à-dire très actif et mis en valeur : « La France est devenue une fosse à purin où toute la merde des autres cultures est venue polluer la nôtre. »
Aucun de ces messages n’entraînera de réaction de ces élus. Pas plus que des modérateurs.
🔴 Guillaume Bres, le fondateur de « La France avec Jordan Bardella », qui indique sur le réseau social « travailler » pour le parti d’extrême droite, n’en est pas à son coup d’essai. Cet ancien candidat suppléant du RN aux départementales 2021 en Savoie a l’habitude de ces espaces numériques : il se vante partout d’être le responsable d’un autre groupe Facebook, sobrement intitulé « Jordan Bardella », qui affiche plus de 80 000 membres. Sur ce groupe-ci, la modération, dont la page Facebook officielle du RN est partie prenante, est chirurgicale.
À l’inverse, donc, de « La France avec Jordan Bardella », que Guillaume Bres lance pourtant en août 2023 avec tous les atours d’un groupe officiel, puisque ce dernier s’entoure de plusieurs membres du parti pour réguler les ardeurs de ses bientôt 11 500 brebis. Parmi les dix-huit administrateurs du groupe figuraient par exemple :
Kylian Couteau et Sandrine Démaret, respectivement collaborateur et collaboratrice parlementaires des députés José Beaurain (Aisne) et Marc de Fleurian (Pas-de-Calais) ;Michel Massy, le responsable communication du RN sur l’île de la Réunion ;
Michel Massy, le responsable communication du RN sur l’île de la Réunion ;
Rémi Garnier, conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes et élu municipal à Saint-Baldoph, en Savoie ;
Gérôme Corblin, ancien candidat aux départementales de 2021 en Savoie ;
ou encore Nathalie Germain, cadre du parti en Isère et ex-candidate à la mairie de Bourgoin-Jallieu en 2020ainsi qu’aux législatives de 2022.
🔴 Jusqu’à ce qu’ils quittent tous leurs fonctions d’administrateurs et, pour certains, le groupe, en recevant nos questions, ces modérateurs de renom forment donc une petite armée aussi aveugle qu’inefficace. Et lorsqu’enfin, ils sévissent contre les membres les plus problématiques, à l’image du « Phi Lippe » précité, dégagé après nombre de messages racistes, ils ne prennent pas la peine d’effacer leurs posts, les laissant à la vue de tous. À l’été 2024, plusieurs des chefs s’agacent cependant du nombre de dérapages. Le couperet tombe : à partir de cette date, seuls les administrateurs seront autorisés à poster sur le mur de « La France avec Jordan Bardella ». Les simples membres, eux, ne peuvent plus qu’y réagir. Mais cette nouvelle règle n’empêchera nullement les propos haineux rédigés en commentaires par ces sympathisants et militants du RN qui n’auront de cesse franchir les limites de la loi, en toute impunité.
🔴 Le racisme est donc extrêmement présent sur le groupe, confinant parfois aux appels à la violence et au meurtre. En avril 2024, un membre estime que les attaques au couteau sont « toujours réalisé[es] par la même faune ». Ce même mois, sous un article traitant d’un viol par une personne en situation irrégulière sur le territoire français, l’une propose « une révolution méchante contre ces étrangers », un autre de « le castrer sans anesthésie », quand un troisième écrit « toujours les mêmes sales races qui se croient tout permis ». Un dernier appelle à prendre les armes : « Équipez-vous, ça vous servira dans ces cas-là. » Quelques mois plus tard, sous une publication liant immigration et délinquance, un membre inscrit : « Autorisation de tir à vue. » Les Jours sont également tombés sur le photomontage d’une femme en burqa disant à E.T. l’extraterrestre : « On est pareil », lequel répond : « Non, moi j’ai compris qu’il fallait que je rentre chez moi. » Fin 2023, un militant se présentant sur son profil Facebook comme travaillant pour le RN à Arras partage le détournement raciste d’un album de Tintin intitulé Allocs en stock. Aucun ne sera évincé.
🔴 En mars 2024, Rachida Dati est visée par une succession de commentaires racistes sous un post évoquant ses déboires judiciaires. Francine M. écrit : « Déjà comme ministre de la Culture française, ils auraient pu choisir quelqu’un qui a la même culture que la France. » Pierre H. enchérit : « On peut dire ce que l’on veut, je persiste et signe, c’est dans leurs gènes, il y a rien à faire. » « Leur origine ressort, c’est dans le sang », conclut Louis M. qui, loin d’être sanctionné, obtient même le like d’un des administrateurs.
🔴 En mai, c’est au tour de l’ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira, d’être ciblée Elle est sous le feu de remarques nauséabondes : « Taubira s’est décrochée de son arbre pour dire de telles conneries », demande un membre quand, plus tard, l’un d’entre eux partage l’image d’un singe tenant une banane, accompagné d’un mot : « Tobira ».
🔴 L’antisémitisme, pourtant grand repoussoir d’un RN un brin tatillon sur son passé, n’est pas plus contrôlé. Outre les exemples évoqués plus haut, il se révèle particulièrement véhément après l’attaque terroriste du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023.
Le 1 décembre, l’administrateur Guillaume Bres publie un article sur Élisabeth Borne. L’ancienne Première ministre, dont le père fut rescapé des camps d’Auschwitz et de Buchenwald, récolte cette insulte : « La sioniste de merde ».
Le mois suivant, un autre estime que « la France est dirigée par les juifs sionistes », à l’image de celui qui entendra, plus tard, « virer tous ces sionistes qui vivent sur le culdes Français ».
Quelques semaines après, un troisième parle des « richesmondialistes des USA chapeautés par ceux d’Israël ».
À cet instant, neuf députés de la nation en sont membres. Aucun ne réagit. Pas plus que les cadres du RN chargés de la modération.
Ces derniers expulseront toutefois une femme qui écrit, à propos des accointances nazies des fondateurs du RN[6] : « Tout le monde sait que les SS du RN étaient des patriotes qui voulaient nous protéger de l’invasion US et russe. » Mais laissent tranquille cet homme qui, sous le même post, rédige : « Ils nous font chier avec leurs histoire de SS qui ont fondé le Front national, bientôt ils vont nous reprocher que Charles Martel a arrêté les Arabes à Poitiers. »
Un nom « La France avec Jordan Bardella » peut en cacher un autre. C’est le cas du groupe Facebook privé intitulé « Résistance Patriote !!!![10] », qui rassemble plus de 23 600 adhérents.Renommé ainsi en février 2025, cet espace numérique s’appelait jusqu’à cette date « CONTRE l’invasion migratoire et L’_I_S_L_A_M ». Sachant cela, peu de doutes quant à l’obédience et aux opinions politiques de ses membres. D’autant moins que pour l’intégrer, il faut se soumettre à cette simple question : « Que pensez-vous de l’islam ? » Pour deviner la tonalité de la réponse attendue, il suffit enfin de jeter un œil à la bannière du groupe sur laquelle est écrit : « J’ai entendu une voix, celle de Charles Martel », accompagnée du logo de Reconquête!, le parti d’Éric Zemmour.
🔴 Sur ce groupe privé où se côtoient des partisans du polémiste multicondamné et d’autres, bien plus nombreux, du Rassemblement national (RN), les publications racistes, antisémites, islamophobes ainsi que les appels à la haine et à la violence sont quasi quotidiens depuis sa création en 2017, et s’entremêlent avec des posts en faveur du RN.
Parmi les membres du groupe figurent par exemple trois députés et trois eurodéputés RN :
Mr. Philippe Lottiaux- Var (4e circonscription) - député du groupe RN ;
Mr. Lionel Tivoli - Alpes-Maritimes (2e circonscription) - député du groupe RN;
Mr. Timothée Houssin, est le député RN de la 5 e circonscription de l' Eure ;
Mme. Mélanie Disdier, conseillère municipale de Caudry depuis 2003, conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais de 2004 à 2010 puis des Hauts-de-France de 2015 à 2024. Elle est élue députée européenne RN en 2024 ;
Mr. Jean-Paul Garraud, ancien député UMP de la 10e circonscription de la Gironde de 2002 à 2012, tête de liste aux élections municipales à Libourne en 2008 et 2014, et conseiller régional d'Aquitaine de 2010 à 2015, il est élu député européen sur la liste du RN en 2019 et en 2024 ;
Mme. Julie Rechagneux, candidate RN à la Mairie de Bordeaux pour 2026, en 2024, elle est élue députée européenne sur la liste du RN.
Le député LFI Thomas Portes a annoncé saisir la justice[11].
Homophobie systématique dès qu’il s’agit de Gabriel Attal, sexisme pour Sandrine Rousseau. Avec Macron et les élus LFI, les appels au meurtre sont fréquents L’une des cibles préférées du groupe reste le président de la République, Emmanuel Macron, traité à plusieurs reprises « d’enculé », de « pourriture », de « crapule ». Et là encore, la modération paraît variable.
En mars 2024, l’auteur d’un commentaire le qualifiant de « crevure qui encule les Français » sera dégagé du groupe, mais pas celui qui écrit qu’il « mérite une balle cette saloperie »…
Pas de sanction non plus pour l’internaute qui estime à son sujet que « c’est une merde qu’on doit écraser ».
🔴 Les insultes visant Emmanuel Macron ont parfois des relents homophobes.
Au printemps 2024, en réaction à un photomontage du président de la République en tenue militaire accompagné de la mention « Allez gamin, montre que t’en as ! », un contributeur indique : « Il en a plus souvent aux fesses que devant ! ! » Un second : « Il en n’a que quand ses copains de couleur, bien baraqués, les lui prêtent. » Il y a deux mois, une photo du locataire de l’Élysée recueille cette insulte : « Macron petit PD. »
🔴 Les attaques ciblant Gabriel Attal, autre bouc émissaire régulier du groupe, sont, elles, systématiquement homophobes. En plus de celles précitées, on peut lire sous une photo de lui postée le 11 janvier 2024 : « C’est vraiment la cage aux folles. » Le 28 janvier suivant, un photomontage détournant l’affiche du film Tais-toi ! et figurant l’ancien Premier ministre maintenu par Jordan Bardella est publiée : « Mais oui tais-toi Tatal », réagit un membre. « Tenu comme ça, Attal va mouiller son caleçon », grince un deuxième. Certaines responsables politiques, comme la députée éco-féministe Sandrine Rousseau, font l’objet d’un sexisme décomplexé : « Elle est pas finie… et elle a dû être bercée trop près du mur ! Honte à cette tache », « finie à l’urine », « pauvre femme, les parents ne connaissaient pas la contraception »...
🔴 Quant aux élus LFI, ils essuient indifféremment insultes et appels au meurtre.
En octobre dernier, l’administrateur en chef Guillaume Bres lui-même qualifie Jean-Luc Mélenchon de « merde de gauchiste ».
Il y a un mois et demi, sous un visuel expliquant que LFI menace la liberté de la presse, deux internautes se lâchent : « Ilfaut absolument éradiquer ce parti, et toutes ces racailles islamistes qui le dirigent, » écrit le premier.
Et aucune pitié contre ces larves. « Il faut éradiquer ces merdes »,précise le second.
Aucun ne sera sanctionné. Pas plus que celui qui, en avril dernier, appelait Adolf Hitler à la rescousse dans les jardins de l’Assemblée nationale. En revanche, lorsqu’un certain Yannick C. a le malheur de poster « RN et Reconquête doivent s’unir », il est excommunié manu militari de « La France avec Jordan Bardella ».
🔴 Et aussi...
En octobre 2023, à une membre qui demande pourquoi le RN et le parti de Zemmour ne s’allieraient pas – et qui sera virée pour cette question –, l’une des administratrices explique : « Le créateur de groupe ainsi que la plupart des administrateurs font partie du Rassemblement national. […] Nous sommes très rigoureux sur la tenue du groupe et revendiquer une union de droite n’est pas dans la ligne politique. […] Merci de comprendre que nous respectons scrupuleusement la politique du Rassemblement national. » Un mois plus tard, sous une publication relative à l’immigration, un membre commente en toute impunité : « Quand viendra le moment, on saura se débarrasser des sauvages. » Tandis qu’un autre prévient : « Défendez-vous contre les envahisseurs. » À cet instant, huit députés sur les neuf épinglés en sont déjà membres. Aucun ne réagit à ces propos. Par respect scrupuleux de la politique du RN ?
Mise à jour du 3 juin 2025 à 12 h 16. Si Nicolas Dragon reconnaît avoir été membre du groupe, il assure, au lendemain de la publication de notre enquête, ne pas savoir comment, peut-être « sur proposition de quelqu’un par le biais d’une invitation à rejoindre tel groupe comme [il] en reçoi[t] des dizaines et des dizaines par semaine ». « Je n’étais pas au courant de ce qui se dit ou se partage sur ce groupe, je n’y vais jamais tout simplement, je n’ai pas le temps disponible pour le faire, nous explique le député de l’Aisne, qui est le seul des neuf députés à avoir répondu aux « Jours ». Je vais donc quitter ce groupe, compte tenu de ce que j’ai pu découvrir. Je ne crois pas que des élus ou cadres du Rassemblement national approuvent cela, ou laissent faire, bien au contraire. » Il nous indique enfin avoir signalé les propos au dernier administrateur disponible. Les 18 précédents, qui s’étaient illustrés par leur modération a minima, s’en étant en effet carapaté en recevant nos questions.
Mise à jour du 3 juin 2025 à 18 h 42. À la suite de notre enquête, le député Thomas Portes (La France Insoumise) a saisi Laure Beccuau, la procureure de la République de Paris, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale[7]. Dans ce signalement, consulté par « Les Jours », l’élu dénonce les « propos islamophobes, antisémites, homophobes, racistes, appels à la haine, à la violence, voire au meurtre » publié dans le groupe Facebook « La France avec Jordan Bardella » qui, « en très grande majorité, n’ont fait l’objet d’aucune modération », ajoute-t-il, s’appuyant sur nos révélations avant de lister les neuf députés RN qui en étaient membres. Leur présence dans ce groupe « sans qu’ils n’en dénoncent les dérives, peut être analysée comme une abstention fautive ou une tolérance de fait à l’égard de discours manifestement haineux », estime-il. Thomas Portes enjoint enfin la procureure de la République de Paris de « faire cesser ces agissements, en poursuivre les auteurs, et évaluer les responsabilités encourues, notamment par les représentants élus ayant eu connaissance de ces faits sans les dénoncer ».
Dans le cadre de son “ nouveau chapitre ” historique, l’Allemagne s’est transformée en une sorte de shtetl juif. Les descendants des nazis adoptent des symboles juifs, admirent le sionisme et s’attaquent aux juifs qui critiquent Israël – le tout bien sûr, au nom de la lutte contre l’antisémitisme.
Lors de ma première année à Berlin, j’ai entendu un enfant raconter cette “ blague ” : “ Quelle est la différence entre les juifs et les musulmans ? Les juifs, eux, y sont déjà passés. ” Ce n’était pas drôle à l’époque, et ça l’est encore moins aujourd’hui, car comme dans toute blague, il y a un fond de vérité. Ici, cette vérité touche aux fantasmes meurtriers de la majorité blanche et aux peurs des minorités. L’enfant qui a raconté cette blague était juif, petit-fils de survivants de la Shoah qui ressentent aujourd’hui un certain soulagement, car ils “ y sont déjà passés ”.
Texte écrit par Iris Hefetz et publié en hébreu le 30.06.2025 sur le site de la revue Mekomit, traduit par les membres de Tsedek! avec son autorisation. Iris Hefetz est psychanalyste et membre de l’organisation « La Voix Juive pour une Paix Juste au Moyen-Orient ».
Sources :Iris Hefetz | L’Allemagne d’il y a 23 ans était une autre Allemagne. C’était encore une société et un État antimilitaristes et antinationalistes, qui respectaient dans une certaine mesure leur Constitution et le droit international. À l’époque, un million de personnes avait défilé contre la guerre illégale des États-Unis en Irak à laquelle l’Allemagne avait refusé de participer. C’était une société dans laquelle de nombreuses personnes avaient personnellement vécu les conséquences du régime nazi, et les séquelles de ce projet mégalomane, ainsi que de la guerre froide. Les pancartes contre la course à l’armement face à l’URSS affluaient en masse à Berlin.
Konrad Adenauer
🔴 L’Allemagne d’après la défaite nazie était un lieu en ruines. Son premier chancelier, Konrad Adenauer, déclara dans une interview télévisée :
“ Nous avons causé un tel tort aux juifs, commis contre eux des crimes si horribles, qu’il fallait les expier ou les réparer d’une certaine manière, si nous voulions regagner le respect des peuples du monde. ”
Puis il ajouta un point crucial :
“ Le pouvoir des juifs – même aujourd’hui, surtout en Amérique – ne doit pas être sous-estimé. C’est pourquoi j’ai consciemment et modérément investi tous mes efforts dans la réconciliation entre le peuple allemand et le peuple juif. ” Cette déclaration antisémite, qui attribue un pouvoir aux juifs, reflète une vision toujours vivace aujourd’hui. Elle s’accorde avec le fait qu’Adenauer employait Hans Globke, un nazi ayant contribué à rédiger les lois de Nuremberg, comme secrétaire général de son cabinet (avec l’approbation de Ben Gourion, qui avait signé l’accord de réparations).
L’identification - elle-même antisémite - entre Israël et les juifs est aujourd’hui plus forte que jamais et caractérise particulièrement la politique de l’Allemagne post-réunification. Si autrefois les juifs étaient perçus comme des “ autres ” menaçants qu’il fallait anéantir, aujourd’hui – après que l’Allemagne a exterminé une grande partie des juifs d’Europe et certains d’Afrique du Nord –les juifs sont devenus des accessoires convoités. Autrefois, pour qu’une Allemande puisse “se libérer” de son passé nazi, elle devait aller dans un kibboutz comme volontaire, trouver un kibboutznik séduisant, se convertir selon les règles strictes, et mettre au monde des enfants qui rejoindraient l’armée, faisant d’elle une “ bonne juive ”.
Noa Tishby en Allemand Aujourd’hui, ce long parcours n’est plus nécessaire. La majorité des Allemands s’est convertie au sionisme, se passant de la circoncision ou de toute démarche religieuse.Une partie de la “ gauche ” allemande est composée d’hommes en quête d’une identité qu’ils ont su trouver dans l’image d’Israël. Ils parlent comme Noa Tishby, s’enveloppent dans des drapeaux de l’Etat israélien ou de son armée, assistent à des spectacles de danses folkloriques pour fêter les relations diplomatiques, et sauvent les juifs de “ l’antisémitisme ”.
🔴 Selon des données publiées dans le magazine israélien berlinois Spitz (article supprimé par la suite), plus de la moitié des plaintes pour actes antisémites en Allemagne proviennent par exemple d’Allemands chrétiens, dont les grands-parents étaient nazis, qui se disent agressés par des juifs manifestant contre Israël.
Il semblerait que les petits-enfants de nazis sont très sensibles aux “ attaques antisémites ” censées les viser, surtout si elles viennent de juifs ou d’Israéliens. Cela blesse leurs sentiments et trouble leur identité. Le journaliste d’Haaretz Itay Mashiach[0], qui a enquêté sur les chiffres prétendument élevés de l’antisémitisme en Allemagne, a découvert qu’ils sont largement manipulés, sans transparence, souvent basés sur des échanges de mails avec une seule personne – chaque mail étant compté comme un “ incident antisémite ”.
M. Zimmermann, 01/2024.Avishag Shaar-Yashuv
🔴 Autre exemple : le professeur d’histoire Moshe Zimmermann a déclaré devant le parlement du Land de Saxe que la leçon tirée de la Shoah se devait d’être universelle - et qu’elle serait donc valable aussi pour Israël. L’Office fédéral de surveillance de l’antisémitisme a décidé que cette déclaration équivalait à comparer Israël au régime nazi, et l’a classé comme “ incident antisémite ”. Comme ces institutions sont conscientes du fait qu’elles se ridiculisent, elles n’ont pas précisé qu’il s’agissait d’un juif israélien (issu d’une famille de survivants de la Shoah allemande) mais le décrivent comme un simple “ orateur ”. C’est aussi le cas pour tout juif ayant manifesté contre le génocide à Gaza depuis le 7 octobre avec une pancarte s’identifiant comme tel : tous les membres de l’organisation Jüdische Stimme (Voix Juive pour la Paix[1]) et d’autres non affiliés ont été arrêtés et ont fait l’objet d’accusations (d’incitation ou d’usage de symboles inconstitutionnels) qui ont par la suite été levées. J’ai moi-même été arrêtée cinq fois. Ces cas nourrissent les statistiques des “ incidents antisémites en Allemagne ”.
🔴La célèbre « culture du souvenir » allemande, originellement portée par des membres de la société civile - des personnes fouillant dans les archives familiales et de quartier et confrontant leurs proches qui niaient souvent avec véhémence les crimes de leurs parents et grands-parents - a beaucoup changé. A la place de ces projets individuels et marginaux, cette culture de la mémoire s’est institutionnalisée en un projet étatique doté de moyens financiers importants. La chute du mur n’a pas seulement été un moment de joie : pour beaucoup elle a aussi suscité l’angoisse. C’était la fin de la punition infligée à l’Allemagne pour sa folie meurtrière qui avait conduit à deux guerres mondiales et à des millions de morts en Europe. Cette marque d’infamie a été effacée aux yeux de l’Allemagne, qui s’est alors engagée dans un nouveau chapitre.
🔴 L’une des étapes fut la création du Mémorial aux juifs assassinés d’Europe, en plein cœur de Berlin. Elle fut initiée par une Allemande chrétienne du nom d’Edith Rosh, qui a changé son prénom en Lea. La communauté juive institutionnelle n’a pas été impliquée dans ce projet, et Rosh l’a clairement fait savoir au chef de la communauté : “ Cela ne vous concerne pas, ce sont les descendants des agresseurs qui construisent le mémorial, pas les juifs. Mais ce serait bien si vous pouviez acquiescer d’un signe de tête. Le peuple allemand érigera un mémorial afin que tout le monde comprenne que nous avons traité notre histoire ”. Puis elle a ajouté cette phrase : “ Nous, les Allemands, devons poser un signe clair et visible, fournir une preuve publique du fait que nous assumons la responsabilité de notre passé, et que nous avons l’intention d’écrire un nouveau chapitre de notre histoire.”
Le Shtetl juif, version Allemande Dans le cadre de ce “ nouveau chapitre ”, l’Allemagne s’est transformée en une sorte de shtetl juif. Il n’existe aucun autre endroit au monde où l’on peut entendre autant de musique klezmer, adaptée à l’oreille allemande. Les prénoms les plus courants en Allemagne ces dernières décennies sont des prénoms hébraïques et juifs. Une liste aléatoire d’étudiants semble tout droit sortie de Mea Shearim : Samuel, Yaakov, Esther, Yehudit, Léa, Rahel, Rivka, Hanna — et bien sûr, le prénom juif par excellence pour les femmes : Sarah. Les Chrétiens ont enfanté leurs propres juifs, comme si ces derniers n’avaient jamais été exterminés.
🔴 L’État allemand a commencé à financer la conversion de chrétiens au judaïsme dans un cadre réformé, recréant ainsi le judaïsme libéral allemand qui avait été anéanti - une “ nouvelle judaïté ” évidemment bien plus désirable que celle des ultra-orthodoxes, qualifiés d’” Ostjuden ”. Des départements d’études juives ont poussé comme des champignons après la Shoah, avec un corps enseignant composé presque entièrement de chrétiens convertis formant des rabbins au sein des universités[2] (comme on y forme aussi les pasteurs protestants, ou les médecins, qui passent ensuite des examens d’État). Les écoles rabbiniques ont envoyé des rabbins dans tous les recoins de l’armée et de la police, et l’Allemagne s’en est vantée — bien qu’il n’y ait même pas un seul minyan dans l’armée ou la police allemande, pas même pour Yom Kippour.
🔴 Il s’agit d’un Luftgeschäft - une entreprise fictive - visant à améliorer l’image de l’Allemagne, en lui permettant de redevenir ce qu’elle était avant la Seconde Guerre mondiale : autrement dit, nier la Shoah en créant l’illusion d’un retour à une vie juive d’avant-guerre. C’est pour cette raison qu’être juif est devenu quelque chose de très convoité en Allemagne. Tellement convoité, que les suppléments des journaux sont remplis de scandales :
▪️on découvre fréquemment qu’un grand rabbin s’était en fait fait passer pour juif ;
▪️ deux auteurs juifs se disputent afin de savoir “ qui est juif ”, parce que l’un n’a qu’un seul grand-père juif qui a été dans un camp de concentration, et l’autre a deux parents juifs ;
Berliner Zeitung
▪️ Le dernier scandale[3] a éclaté lorsque l’auteure Deborah Feldman a découvert par hasard que le rédacteur en chef du journal de la communauté juive institutionnelle en Allemagne - financé par l’État - se présentait comme juif et utilisait ce statut pour discréditer toute personne qui ne soutiendrait pas Israël. Il affirmait que la famille de sa mère iranienne avait jadis été juive et qu’elle avait adhéré à la foi bahaïe en Iran uniquement à cause des persécutions antisémites (histoire fortement invraisemblable, puisque les bahaïs sont beaucoup plus persécutés que les juifs en Iran).
🔴 Donc, il y a en Allemagne de nombreux “ faux Jjuifs ” - des chrétiens convertis au sionisme - qui “ protègent la vie juive en Allemagne ”. Et qui vient perturber ce récit ?
Ce sont les juifs non sionistes, ceux qui refusent que le duo Allemagne–Israël parle en leur nom. Aujourd’hui, environ un tiers des personnes licenciées, interdites de parole dans les espaces publics ou soumises à un boycott silencieux pour “antisémitisme” en Allemagne, sont des juifs[4].Des Allemands d’origine chrétienne ou avec un histoire familiale nazie traitent des juifs d’antisémites.
Récemment, la cheffe de la police de Berlin a déclaré dans une interview au journal libéral Die Zeit[5] qu’elle déconseillait aux juifs et aux homosexuels de se rendre dans certains quartiers de Berlin, à forte population immigrée. Lorsqu’on lui a demandé si elle disposait de données empiriques pour justifier cette mise en garde, elle a répondu que “ heureusement, rien ne s’était produit ”, mais que tout de même, des policiers allemands étaient victimes d’attaques à caractère antisémite lors des manifestations pro-palestiniennes. Cela inclut bien sûr tous les juifs qui ont été arrêtés par la police et parfois même battus. Les images de ces violences policières circulent de manière virale à travers le monde[6], et exposent la réalité de “ la protection de la vie juive en Allemagne ”. En vérité, les “ nouveaux juifs ” sont les policiers allemands.
🔴 En Allemagne, les juifs sont censés soutenir la société à majorité blanche et raciste qui persécute à la fois les musulmans mais aussi les migrants. L’Allemagne, comme la plupart des pays occidentaux, est dépendante de l’immigration. Après de nombreuses années de faible natalité, elle manque de travailleurs dans presque tous les secteurs. Un quart des employés du système de santé allemand, qui souffre déjà d’une pénurie de personnel, sont des migrants ou des personnes ayant un “ arrière-plan migratoire ” (terme de la bureaucratie allemande selon lequel - comme dans les lois de Nuremberg - ceux qui ont un grand-père ou une grand-mère migrants appartiennent à cette catégorie).
🔴 Cela a poussé l’ancienne chancelière Angela Merkel à accueillir en Allemagne une grande vague d’immigration, principalement en provenance de Syrie[7], ce qui a été un succès sur le plan de l’emploi. La politique économique de l’Allemagne s’étant ces dernières décennies orientée vers le néolibéralisme (ce qui creuse les écarts entre riches et pauvres, fragilise la classe moyenne et affecte les services publics privatisés puis rachetés, etc.), cette immigration permet de désigner un bouc émissaire classique : après avoir exterminés les juifs, ce sont désormais les musulmans et les arabes qui sont visés. Des études font état d’une discrimination évidente envers les non-blancs, surtout à des postes d’influence. Les Allemands blancs n’ont pas de problème avec les médecins musulmans, les avocats arabes ou les ingénieurs noirs. Il y a un problème quand ils accèdent à des positions de pouvoir : de députés, d’enseignants, de politiciens, de juges. Dans ces cas-là, des oppositions se font entendre.
Les persécutions et les discriminations se sont nettement aggravées depuis les attentats du 11 septembre, et, si l’on pensait que la situation s’était un peu calmée, la politique des élites allemandes après le 7 octobre a détruit la société allemande unifiée.
Israélisation de la politique
L’Allemagne connaît une israélisation de sa politique : après de nombreuses années avec un gouvernement de coalition, le programme de l’ensemble des partis a dérivé vers la droite (vous savez comment c’est, il faut faire des compromis, influencer de l’intérieur, etc.). La motivation principale des politiciens est de conserver leur pouvoir, tandis que les lobbies font leur travail.
🔴 Autrefois, l’Allemagne se caractérisait par une vie politique austère, des débats parlementaires sans éclat et des fonctionnaires absorbés par la rédaction de lois sophistiquées. Mais ces dernières années, le Parlement est le théâtre de scènes d’enthousiasme collectif. Tous, de gauche comme de droite dans cette unité blanche allemande tant convoitée, applaudissent suite à une mesure adoptée contre le mouvement BDS qui implique de contourner la constitution allemande, ou s’emballent après avoir validé un dépassement budgétaire destiné à investir des millions d’euros dans l’armement. Selon eux, l’Allemagne “ a travaillé sur son passé ” et peut ouvrir un nouveau chapitre. Comme l’a dit le chancelier allemand, “ l’Allemagne fait son comeback ”.
🔴 L’identification à Israël accompagne l’Allemagne dans son retour vers un État militaire.
Elle contribue à briser le tabou du nationalisme ;
elle participe aussi à la réhabilitation de l’image de l’homme allemand, qui, dans les années suivant la guerre, avait tenté de ne plus être “ allemand ” en mettant en avant des traits plus doux - une éducation non autoritaire des enfants, le fait de fumer (les nazis y étaient opposés), le tricot, le port de salopettes dans des communautés de gauche, et parfois même le soutien à la cause palestinienne.
Tout cela est désormais dépassé. L’Allemagne est en crise économique depuis au moins deux ans. Son industrie automobile s’effondre et se transforme en industrie de l’armement. Les actions des entreprises d’armement allemandes montent en flèche, et des “ experts en sécurité ” parlent dans les studios et les journaux de la formidable et sophistiquée armée israélienne comme un modèle à suivre.
F. Merz, 17 juin 2025, à Kananaskis, au Canada
🔴 Récemment, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré qu’Israël “ fait pour nous le sale boulot[8] ” en référence à une attaque contre l’Iran. Roderich Kiesewetter,l ’expert en sécurité de son parti a affirmé : “ Nous sommes aussi prêts à mourir pour Israël[9]”. C’est ainsi que l’Allemagne – pays où la collectivisation était tabou – construit un “ nous ” et prépare la société à la conscription obligatoire (qui existe dans la loi mais n’est pour le moment pas appliquée). Ces déclarations antisémites sur des juifs qui feraient le “ sale boulot ” pour l’Allemagne ne sont pas nouvelles, et qualifier le meurtre de civils de “ sale boulot ” rappelle le discours de Posen prononcé par Himmler, ou le propos de Rudolf Höss lors des procès de Nuremberg.L’Allemagne fait son come-back.
🔴 Ce retour en force implique, comme en Israël, des attaques contre les organisations de la société civile. Et cela se traduit par :
des attaques contre des avocats et des tribunaux ;
la violence policière pour réprimer les manifestations de la gauche contre les néonazis qui défilent déjà en plein cœur de Berlin, ou les manifestations pro-palestiniennes (un nouveau rapport du commissaire aux droits de l’homme de l’Union européenne en fait état[10) ;
la qualification de l’organisation “ Derniè]re Génération ” — qui lutte contre la crise climatique et dont les militants se sont physiquement collés à la chaussée sur des autoroutes — comme organisation terroriste ;
la persécution politique des organisations pro-palestiniennes ;
les attaques contre la liberté d’expression (interdiction d’entrée à des intervenants, y compris des citoyens européens ou des employés de l’ONU qui parlent de la question palestinienne, présence de policiers lors des conférences où ils s’expriment, usage d’agents secrets dans les universités “ pour protéger la vie juive en Allemagne ”) ;
des artistes qui avaient trouvé refuge en Allemagne, parce qu’on pouvait y étudier gratuitement et obtenir des bourses généreuses pour des projets artistiques, commencent à partir. L’Allemagne a adopté la définition de l’antisémitisme de l’IHRA[11][12] et les artistes qui reçoivent une bourse doivent la signer, et si leur projet est jugé non conforme à cette définition, ils doivent alors rembourser l’argent.
En bref, tout l’arsenal des États autoritaires est mis en œuvre sous couvert de lutte contre l’antisémitisme.
🔴 En même temps :
des politiciens tels que le chancelier parlent du “ drapeau juif ” en désignant le drapeau d’Israël ;
et des journalistes (du journal Der Spiegel, à deux reprises déjà) ont écrit à propos d’événements qu’ils avaient eu lieu à “ l’ambassade juive à Berlin ”.
Par ailleurs, certains policiers ont été surpris en train d’échanger dans des groupes de discussion où circulaient des propos néonazis, tandis que le pays est dirigé par des descendants de nazis, dont certains revendiquent cet héritage ou choisissent de garder le silence (le chancelier actuel est resté silencieux sur le passé nazi de son grand-père[13], celui d’Annalena Baerbock, ancienne ministre des Affaires étrangères, et les grands-pères de Beatrix von Storch du parti d’extrême droite étaient soldats dans l’armée allemande, et l’un d’eux fut ministre nazi des Finances).
Il est probable que les attaques actuelles contre la société civile ne soient pas liées au conflit israélo-palestinien, mais que la “ lutte contre l’antisémitisme ” serve de levier pour promouvoir un agenda politique de droite, à un moment où les migrants arrivés en Allemagne lors de la vague de 2015 deviennent citoyens et gagnent en influence politique.L’Allemagne leur fait comprendre[14], aux millions de Syriens, Turcs, Afghans, qu’ils peuvent bénéficier de ce qu’elle a à offrir à condition qu’ils soient “ de bons migrants ”, c’est-à-dire s’ils acceptent d’être des sujets sans droits politiques. Comme en Israël : soyez de bons Palestiniens, occupez-vous du folklore, du houmous ou de la musique orientale, la majorité blanche s’occupe du programme politique.
🔴 L’Allemagne est entrée dans une course à l’armement et fournit à Israël au moins un tiers des armes utilisées pour le génocide à Gaza[15]. On y observe également une montée significative de la droite[16] et des tendances autoritaires qui se sont clairement renforcées au fil des années. Malgré tout cela, à la différence d’autres pays occidentaux adoptant des politiques comparables, l’opposition demeure très timide. Suite à une campagne d’épuration dans la presse, il n’y reste essentiellement que des journalistes qui font la promotion d’Israël et amplifient ses discours. Il y a là une politique d’incitation et de répression de toute activité et voix critique envers la politique israélienne,et ce n’est que récemment, après les dernières élections, que des politiciens s’opposant clairement au génocide mené par Israël sont entrés au parlement.
🔴 Pourtant, une majorité écrasante de la société allemande s’oppose de manière constante à la fourniture d’armes à Israël[17]. Et malgré toute la propagande pro-israélienne et les drapeaux israéliens qui flottent au-dessus de chaque bureau gouvernemental en Allemagne,73 % des individus pensent qu’Israël commet un génocide à Gaza, même si les manifestations contre ce génocide mobilisent peu.L’obéissance de l’élite blanche, et la coopération des universitaires et des artistes qui (comme d’habitude) restent silencieux ou s’identifient ouvertement au système, est assourdissante.
Ugo Palheta sociologue, maître de conférences à l’université de Lille et chercheur au Cresppa-CSU.
Sociologue spécialiste des extrêmes droites, Ugo Palheta analyse dans son dernier ouvrage l’accélération du processus de « fascisation » en France. Comment le fascisme gagne la France est une version largement remaniée et augmentée d’un premier opus, la Possibilité du fascisme, paru en 2018. Ugo Palheta y note une progression des thèses racistes et xénophobes, tout en réfutant l’inéluctabilité d’une victoire prochaine du Rassemblement national[0]. À condition de « renouer avec l’antifascisme ». Il appelle à un sursaut et à un débat stratégique au sein de la gauche.
Sources :l'Humanité | Diego Chauvet :Qu’est-ce qui a changé depuis « la Possibilité du fascisme » paru en 2018 pour justifier cette nouvelle édition ? Ugo Palheta :Le changement tient surtout à l’amplification de dynamiques que j’avais identifiées à l’époque, et pour commencer la progression électorale du Rassemblement national (RN). En 2018, on croyait encore que le RN avait atteint un plafond de verre. Après le débat raté de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron en 2017 et les mauvais scores du parti aux législatives qui avaient suivi, beaucoup pensaient que l’extrême droite était durablement affaiblie. En réalité, elle a depuis poursuivi une dynamique de renforcement. Aujourd’hui, elle constitue le seul bloc en expansion dans un paysage politique tripolaire, aux côtés du pôle néolibéral-autoritaire (Macronie-LR) et du pôle de gauche.Autre amplification majeure : le durcissement autoritaire de l’État.
Cela avait commencé sous Nicolas Sarkozy et François Hollande, mais cela a pris une ampleur inédite avec Emmanuel Macron :
répression brutale des mobilisations (gilets jaunes, quartiers populaires, Sainte-Soline…)[1]
Ce basculement s’accompagne de la banalisation et de la radicalisation du racisme d’en haut[3].
Non seulement les politiques anti-immigrés ont été considérablement durcies par les droites au pouvoir, mais les partis et médias dominants n’ont cessé de construire l’islam et les musulmans comme ennemi de l’intérieur[4]. Les deux meurtres récents visant explicitement des musulmans nous rappellent une fois de plus que ce racisme tue.
Diego Chauvet :Pourquoi le discours sécuritaire et xénophobe de la droite et du centre ne siphonne-t-il pas l’électorat de l’extrême droite ? Ugo Palheta :En fait, ces stratégies ne neutralisent pas l’extrême droite.Au contraire, elles banalisent ses idées et les rendent hégémoniques. Prenons 2007 : Nicolas Sarkozy a capté une partie de l’électorat du Front national, mais ça n’a été que provisoire. En reprenant les thèmes de l’extrême droite, les partis traditionnels déplacent le centre du débat public vers ses obsessions[5] : immigration, islam, insécurité. Être hégémonique pour une force politique, c’est, notamment, parvenir à imposer les termes du débat, donc que les autres forces débattent ou légifèrent à partir de ce qui fait « problème » pour vous. Ainsi, quand la droite ou le centre gauche reprennent les obsessions de l’extrême droite, ils contribuent à bâtir les conditions de son hégémonie. À court terme, ils peuvent grappiller des points aux élections mais, à moyen et long terme, c’est l’extrême droite qui rafle la mise.
Diego Chauvet :Vous notez également une part de responsabilité de la gauche. Quelle est-elle ? Ugo Palheta :Le premier problème, c’est que la gauche dite de gouvernement a elle-même mené des politiques destructrices socialement :
austérité sous François Mitterrand (la « rigueur »)[6] ;
Ces choix ont généré précarité, insécurité sociale, concurrence généralisée.Mais, si cette insécurité sociale a pu favoriser l’extrême droite, c’est que les politiques néolibérales, de droite comme de gauche, se sont accompagnées de discours et de politiques anti-immigrés et plus tard islamophobes.Si bien que les incertitudes et les peurs croissantes (de la précarité, du déclassement, etc.) ont été politisées selon un schéma xénophobe et raciste, orientées vers des boucs émissaires fournis notamment par toute l’histoire coloniale de ce pays : immigrés, musulmans, quartiers populaires.
🔴La gauche n’a pas troqué les immigrés contre la classe ouvrière.
Elle a durci son discours et ses politiques d’immigration au moment même où elle abandonnait les travailleurs. Mais il y a eu aussi des reculs idéologiques : outre l’acceptation de l’idée qu’il y aurait « trop d’immigrés », tout le discours historique de gauche autour de l’exploitation et de la lutte des classes a disparu dans ces années au profit d’une rhétorique vaguement « citoyenniste » ou contre l’exclusion, qui ne désignait plus aucun ennemi et épargnait ainsi la bourgeoisie. Or ce vide a été comblé par les récits identitaires de l’extrême droite : la nation menacée, l’islam contre la République, l’étranger comme ennemi intérieur.
Diego Chauvet :Vous évoquez un basculement de l’État social vers un État pénal. En quoi cela relève-t-il d’une fascisation plutôt que d’un simple durcissement sécuritaire ? Ugo Palheta:On parle souvent de « dérive », mais cela atténue la portée du phénomène. Mon hypothèse, c’est que ce qui se cherche ou se prépare n’est pas juste un État capitaliste démocratique un peu plus répressif, mais un État d’exception :
En outre, certains groupes – Roms, migrants, musulmans – subissent d’ores et déjà un traitement d’exception. Ce qui commence à la marge finit par s’appliquer à tous, sous la forme d’un État policier[12].
🔴Cette évolution repose aussi sur une alliance renforcée entre autoritarisme et pouvoir économique.
Des secteurs entiers du capital – industries fossiles, sécurité, armement, Big Tech, agrobusiness – parient désormais sur des stratégies autoritaires.Bien sûr, ce durcissement a pour objectif d’imposer la refonte néolibérale des rapports sociaux et de relancer l’accumulation du capital, mais il a aussi des visées banalement électorales : si, dès 2017, Macron a opéré un virage autoritaire et raciste[11], c’était pour capter l’électorat de droite, élargir sa base sociale et ainsi se maintenir au pouvoir en 2022.
Diego Chauvet :Cette fascisation ne résulte-t-elle pas d’une stratégie réussie de la part du RN ? Ugo Palheta: Le RN a mené une stratégie bien pensée de respectabilisation (dite « dédiabolisation »), mais certaines conditions ont favorisé leur succès.
D’abord, cette stratégie n’aurait jamais fonctionné à ce point sans un haut niveau de complicité politique et médiatique, acceptant l’idée même que le RN d’aujourd’hui n’aurait plus rien à voir avec le FN d’autrefois.
En outre, le RN prospère sur un terreau d’instabilité et d’incertitudes produit par des politiques néolibérales, face à une gauche impuissante ou carrément complice là encore.
Dans ce contexte, un électorat s’est structuré à partir des années 1980, composé pour l’essentiel de gens qui n’ont jamais été politisés à gauche et qui sont imprégnés profondément par des rhétoriques de droite et d’extrême droite (mêlant refus du prétendu « assistanat » et refus de l’immigration).
Pour revenir au FN-RN, Marine Le Pen a cherché à se démarquer des déclarations antisémites et négationnistes de son père (qu’elle avait toujours acceptées jusque-là), tout en conservant l’essentiel de son idéologie. Elle a aussi habilement ajouté plusieurs notes à sa gamme ethno-nationaliste, par exemple en instrumentalisant la cause des femmes à des fins racistes (les immigrés et les musulmans seraient responsables de la persistance du patriarcat et des violences de genre) ou encore la lutte contre l’antisémitisme, prétendant que les ennemis des juifs seraient aujourd’hui les musulmans et la gauche.
Diego Chauvet :Faut-il considérer la progression de l’extrême droite comme inéluctable ? Peut-on encore infléchir cette dynamique ? Ugo Palheta: Le récit de l’inéluctabilité est lui-même un facteur de défaite. En juillet 2024, l’ensemble des sondages donnaient le RN largement gagnant[13]. Pourtant, ce n’est pas ce qui s’est passé. Certes, il a progressé, mais c’est la gauche qui a obtenu une majorité relative grâce notamment à une forte mobilisation militante[14]. Cela montre que la mécanique peut être brisée. « Ceux qui luttent peuvent perdre, mais ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu », écrivait Brecht.
Un certain volontarisme est nécessaire, même si l’action en elle-même ne suffit pas : nous avons aussi besoin d’un débat stratégique sérieux pour savoir comment employer nos forces, quelles alliances sont nécessaires pour vaincre et changer la société. Ce livre ne propose donc pas un constat désespéré ou une énième lamentation. Il vise à réveiller les consciences, mais surtout à comprendre comment nous en sommes arrivés là et, à partir de là, à définir une stratégie.
Diego Chauvet :Justement, quel est cet antifascisme avec lequel vous appelez à renouer ? Ugo Palheta:D’abord, cela suppose de refuser la normalisation du RN, sa banalisation.Employer le terme de fascisme, c’est rompre avec un récit anesthésiant et nommer clairement le danger.On le voit avec Netanyahou, Poutine ou Trump, l’extrême droite, ce ne sont pas que des discours, ce sont des actes: massacres (jusqu’au génocide à Gaza), arrestations et expulsions arbitraires, assassinats ciblés, etc.
🔴Renouer avec l’antifascisme, c’est donc d’abord défendre notre camp social, qui inclut l’antiracisme, le féminisme, l’écologie sociale, toutes les luttes contre les dominations.
Cette autodéfense est concrète : face aux agressions d’extrême droite, mais aussi pour protéger les droits fondamentaux des plus vulnérables. Mais l’antifascisme ne peut se limiter à la défense. Il doit redevenir un moteur politique, un point de ralliement. L’été dernier, un front commun a brièvement émergé à partir du ciment que constitue l’antifascisme et il faut prolonger cette dynamique :parce que l’extrême droite s’en prend à tout le monde, il nous faut l’unité des mouvements d’émancipation contre elle.
🔴Le problème, c’est que cela est resté cantonné aux élections.
Le Nouveau Front populaire n’a pas donné lieu à des campagnes de terrain durables, faute de volonté commune et de travail collectif. Or la gauche est forte quand elle fait vivre les luttes, toutes les luttes : dans les quartiers, les villages, les universités et bien sûr les lieux de travail.
🔴Il faut enfin livrer une bataille culturelle.
Pas seulement démonter les mensonges du RN, mais convaincre qu’une politique alternative est possible.
Beaucoup partagent nos idées mais n’y croient plus.
Il faut restaurer cette confiance, mais aussi articuler les propositions d’urgence à un horizon positif.
Ne pas se contenter de dire non aux politiques néolibérales ou répressives, mais formuler le projet d’une société libérée de l’exploitation, du racisme, du patriarcat.
C’est ce que le mouvement ouvrier a longtemps su faire : relier les luttes immédiates à un projet global de transformation.
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Informations sur l’auteur :
Ugo Palheta, sociologue, maître de conférences à l'université de Lille, est l'auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels Défaire le racisme, affronter le fascisme (avec Omar Slaouti, La Dispute, 2022) ou La Nouvelle Internationale fasciste (Textuel, 2022). Il est également codirecteur de la revue en ligne Contretemps et anime un podcast sur les extrêmes droites intitulé " Minuit dans le siècle ".
Patrick Kanner, sénateur socialiste " Le Parti Socialiste est rentré dans une logique groupusculaire dans un climat crépusculaire[obis]"
Le premier secrétaire sortant a été réélu avec 50,9 % des suffrages exprimés, dans un congrès qui n’a bénéficié d’aucune réelle dynamique. Faible participation, effectifs en recul, clivages surjoués : le Parti socialiste n’est pas sorti de sa convalescence.
C’est une victoire au goût amer, mais une victoire quand même.
Olivier Faure est arrivé en tête du vote des adhérent·es du Parti socialiste (PS), jeudi 5 juin, avec 50,9 % des suffrages exprimés. Il devance de peu son adversaire Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen (Seine-Maritime), qui a engrangé 49,1 %. Les résultats doivent être ratifiés entre les 13 et 15 juin à Nancy (Meurthe-et-Moselle), où se terminera le congrès.
« Dès demain, nous poursuivrons le travail commencé en 2018 pour amplifier la dynamique, avec un Parti socialiste ancré au cœur de la gauche », a déclaré Olivier Faure sur X[0]. Pour ses partisan·es, sa reconduction au poste de premier secrétaire est un soulagement d’autant plus grand que sa défaite aurait mis un terme à la tentative – déjà fragile – de construction d’une candidature commune de la gauche et des écologistes pour la présidentielle de 2027.
Jusqu’au bout, Olivier Faure s’est posé en passerelle de l’union de la gauche, en s’affichant notamment aux côtés de François Ruffin[1] à Amiens (Somme) – qui s’est dit favorable à une primaire –, rappelant par là même que le scrutin interne du PS dépassait cette année ses frontières. « On a assumé une forme d’honnêteté auprès des militants. On souhaite une candidature commune et on ne fera pas un préalable du fait que ce soit une candidature socialiste », explique Johanna Rolland, maire de Nantes (Loire- Atlantique) et numéro deux du PS.
Mais le 81 congrès du PS a surtout mis en lumière la grande faiblesse d’un ancien parti de gouvernement, toujours partagé entre la nostalgie de sa « splendeur » passée et l’acceptation de sa relégation au rang d’une organisation modeste, affaiblie par ses résultats aux dernières élections présidentielles – 6,3 % en 2017 ; 1,7 % en 2022. Et qui ne peut plus prétendre à jouer les premiers rôles.
Une victoire limitée Le résultat du vote sur les textes d’orientation (TO) témoignait déjà de cette indétermination[2] :
le TO du premier secrétaire sortant avait obtenu 42,21 % des suffrages exprimés ;
celui de Nicolas Mayer-Rossignol, 40,38 %.
Alors qu’Olivier Faure revendiquait, fin 2024, dix mille nouvelles adhésions que l’on pouvait interpréter comme une adhésion à sa ligne unitaire, et qu’il pouvait mettre à son crédit le doublement du groupe socialiste après les législatives de 2024, il n’a bénéficié d’aucune dynamique dans ce congrès.Son résultat est très similaire à celui du congrès de Marseille (Bouches-du-Rhône), en 2023, lors duquel il avait obtenu 50,83 %[3]des suffrages exprimés.
De son côté, Nicolas Mayer-Rossignol espérait inverser la vapeur après avoir fusionné avec le courant d’Hélène Geoffroy, la maire de Vaulx-en-Velin (Rhône). Il n’en a rien été.
Quant à Boris Vallaud, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, sa candidature a échoué à briser l’étau entre les deux pôles qui s’étaient déjà affrontés au congrès de Marseille[4].
🔴« En fait, tous les trois ont perdu », analyse le politiste Pierre-Nicolas Baudot, spécialiste du PS.
Nicolas Mayer-Rossignol est moins fort que ce que la fusion des deux courants aurait dû produire ;
Boris Vallaud est arrivé troisième, donc il a été éliminé ;
et Olivier Faure n’a pas davantage mobilisé qu’à Marseille, il a simplement un peu moins perdu que les autres.
« Aujourd’hui, le PS n’arrive plus à faire circuler ses mots d’ordre dans la société. » pour Pierre-Nicolas Baudot, politiste
S’il a accepté les propositions faites par le patron des député·es socialistes durant la campagne[5] – gouvernance moins verticale, nouvelle école de formation militante… –, le premier secrétaire devra encore compter sur son avis et celui de ses soutiens sur des sujets aussi cruciaux que les alliances et les investitures aux prochaines échéances électorales : municipales et sénatoriales de 2026, comme présidentielle de 2027.
Le courant de Boris Vallaud a par ailleurs souhaité une gouvernance large, qui ne se fasse pas sans Nicolas Mayer- Rossignol. Celui-ci avait hérité en 2023 du titre de premier secrétaire délégué, un rôle globalement factice. « Dans les conditions qu’on a posées, il y a cette nécessité d’élargir. Le texte d’orientation de Nicolas Mayer-Rossignol doit rentrer dans la direction nationale pour qu’on sorte de cette logique bloc contre bloc, même si une sensibilité l’a emporté », explique-t-on dans l’entourage de Boris Vallaud.
🔴« Il y a déjà eu des coalitions à la direction du parti, il a même fonctionné ainsi pendant les années 2000-2010 : tous les sous-courants se répartissaient les ressources, sauf l’aile gauche. Mais le camp de Nicolas Mayer-Rossignol n’aura aucun intérêt à travailler collectivement pour un parti dirigé par une autre écurie que la sienne. C’est tout le problème du fonctionnement clanique », décrypte le politiste Pierre-Nicolas Baudot.
L’avenir des gauches s’est joué dans un parti rétréci C’est bien là l’enseignement principal de ce congrès : alors qu’il est en perte d’influence électorale, les logiques anciennes de professionnalisation et de présidentialisation perdurent au PS, éclipsant tout débat d’idées[6]. Si en 2023 la conflictualité entre le camp d’Olivier Faure et celui de Nicolas Mayer-Rossignol pouvait encore s’expliquer par un différend sur l’alliance avec La France insoumise (LFI), ce n’est plus le cas cette année.
🔴 Pourtant, les rapports sont toujours aussi tendus.
Rappelons que la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, a menacé de quitter le PS en cas de victoire du premier secrétaire sortant[7]. Interrogé par Le Parisien sur le risque de scission, Nicolas Mayer-Rossignol ne l’a pas complètement écarté : « C’est toujours un danger. Les partis sont mortels, il ne faut pas l’oublier. Mais je ne le souhaite pas du tout.[8] »
La raison à ce climat éruptif est prosaïque : «Le PS est un parti recroquevillé sur lui-même, de professionnels de la politique qui ont en ligne de mire la gestion de ses ressources électorales », explique Pierre-Nicolas Baudot. Le corps électoral du parti s’est tellement tari que le poids des responsables locaux et des collaborateurs et collaboratrices d’élu·es est devenu disproportionné. D’où le « fétichisme des petites différences » qui renforce l’antagonisme entre courants internes.
Tout montre que cette dynamique interne accompagne voire participe à la dévitalisation du PS. Le nombre d’adhésions est en recul par rapport au congrès de Marseille – 39 000 cette année, contre 40 000 en 2023 –, même si c’est sous François Hollande que la chute a été vertigineuse. Et la participation a été faible au premier comme au second tour du scrutin – 24 700 votant·es environ –, malgré les efforts de la direction pour en dramatiser l’enjeu.
Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat, a ainsi déploré[9] : « C’est le plus petit nombre d’adhérents depuis 1945. Nous sommes entrés dans une logique groupusculaire, dans un climat crépusculaire. On a une galaxie socialiste très puissante et le paradoxe, c’est que nous avons maintenant un petit parti. »
🔴 Enfin, l’abîme entre le PS et le mouvement social, ses organisations et ses préoccupations n’a jamais été aussi profond.
« À l’époque de son hégémonie à gauche, le PS mobilisait par ses réseaux, ses militants étaient aussi à la CFDT ou à la LDH, il y avait donc un lien mécanique entre certains de ses slogans et le fait de voter PS. Aujourd’hui, le PS n’arrive plus à faire circuler ses mots d’ordre dans la société », ausculte Pierre-Nicolas Baudot.
Si un obstacle vers une candidature commune de la gauche et des écologistes à la prochaine présidentielle est levé avec la reconduction d’Olivier Faure, [NDLR : sans LFI] ses effets demeurent limités. Rien ne garantit à ce stade un sursaut d’estime ou d’adhésion massif dans l’opinion publique, capable d’enrayer la progression du Rassemblement national (RN).
Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.
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