Maisons détruites après les bombardements israéliens qui ont visé un quartier résidentiel du camp de réfugiés d’Al Shati, ville de Gaza, 29 octobre 2025.
Dans un rapport publié le 27/11/2025, Amnesty International dénonce la poursuite du #génocide dans l’enclave de #gaza, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu[9]
Pour la première fois, en Janvier 2026 Israël reconnait le bilan de 70 000 morts à Gaza avancé par le Hamas. Ce décompte n'inclut pas les personnes mortes de faim, ni d'aggravation de maladies, depuis le début de la guerre[10].
Entretien avec Gilbert Achcar à l’occasion de la sortie de son dernier livre " Gaza, génocide annoncé – Un tournant dans l’histoire mondiale "
Gilbert Achcar est un chercheur franco-libanais et écrivain. Depuis 2007, il est professeur à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l'Université de Londres, donnant des cours sur les questions de développement et de relations internationales.
Joseph Daher : Bien loin des illusions qu’il promeut, en quoi le « plan de paix » pour Gaza en vingt points du président Trump[0]constitue-t-il une nouvelle étape pour liquider la question palestinienne et les droits du peuple palestinien ? Quel devrait être selon toi, les bases fondamentales d’un véritable « plan de paix » pour assurer les droits du peuple palestinien ? Gilbert Achcar :La première caractéristique de ce « plan de paix » est qu’il est le plus bâclé de l’histoire du conflit israélo-arabe, comme je l’ai décrit tout récemment dans Le Monde diplomatique (novembre 2025[1]). C’est pourquoi il y a un grand scepticisme quant à sa réalisation, d’autant plus qu’il fait l’objet d’interprétations divergentes de la part des principaux protagonistes.
🔴 Ce qui est très clair, c’est que ce « plan Trump » fait fi du droit à l’autodétermination du peuple palestinien.
Il envisage un maintien à long terme de l’occupation israélienne à Gaza – dans un « périmètre de sécurité » le long de la frontière de l’enclave, à tout le moins – et place le reste du territoire sous la tutelle quasi coloniale d’un conseil d’administration dit « Conseil de paix », présidé par Donald Trump lui-même.
Ce Conseil est censé compter parmi ses membres l’ex-premier ministre britannique Tony Blair[2], partenaire des États-Unis dans l’invasion de l’Irak en 2003 et dont le CV inclut les tutelles inspirées des mandats coloniaux de la Société des Nations (ancêtre de l’ONU), tant au Kosovo qu’en Irak.
De droit du peuple palestinien à l’autodétermination et d’État palestinien, il n’est question que sous la forme d’une hypothèse d’avenir qui ne sera envisagée que si l’Autorité palestinienne (AP) est « réformée » au goût d’Israël et des États-Unis. Quand on sait que l’AP actuelle est déjà honnie par la très grande majorité des Palestinien·nes parce qu’elle est perçue comme soumise à l’occupant, on peut imaginer à quoi ressemblerait une AP « réformée » dans ce sens.
🔴Pour qu’un règlement pacifique des rapports israélo-palestiniens puisse voir le jour de manière convaincante et durable, il devrait prendre comme principe de base les droits du peuple palestinien
Concrètement : l’autodétermination, le retour et la compensation des réfugié·es, et l’égalité des droits. En somme, il faudrait mettre fin au sionisme en tant qu’entreprise coloniale fondée, comme toute entreprise de cette nature, sur un mépris raciste des indigènes et axée autour d’un État défini sur une base ethnico-religieuse en tant qu’État « juif ». Alors seulement sera-t-il possible pour la population judéo-israélienne de coexister pacifiquement et égalitairement avec la population palestinienne.
Dans cette perspective, il faudrait :
la libération de tou·tes les prisonnier·es palestinien·nes détenu·es par Israël ;
le retrait total et inconditionnel de l’armée israélienne de tous les territoires occupés depuis 1967, c’est-à-dire la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et Gaza (ainsi, bien sûr, que les autres territoires arabes occupés, en Syrie et au Liban) ;
l’évacuation des colons sionistes ;
le démantèlement du mur de séparation ;
ainsi qu’une véritable égalité en droits pour les palestinien·nes qui détiennent la citoyenneté israélienne – aujourd’hui citoyen·nes de deuxième classe dans l’État d’Israël.
Plus immédiatement, à Gaza, outre le retrait de l’occupant, il faudrait imposer à Israël et à son parrain étasunien des réparations massives, permettant de reconstruire et réhabiliter le territoire ravagé par la guerre génocidaire et très destructrice qu’y a menée l’armée israélienne.
Au lieu de cela, Donald Trump, ses fils et leur business familial, son gendre Jared Kushner, son ami Steve Witkoff et son propre fils, tous promoteurs immobiliers, envisagent de faire passer les monarchies pétrolières arabes à la caisse pour financer une reconstruction dont ils tireraient de gros bénéfices. C’est dire à quel point nous sommes loin d’un véritable « plan de paix » même s'il a été adopté par le Conseil de sécurité de l'ONU qui a voté en faveur du déploiement d'une force internationale à Gaza le 17/11/2025[6][8].
Joseph Daher :Tu parles dans ton livre d’un « génocide annoncé » en discutant de la tragédie que vivent les Palestinien·nes depuis le 7 octobre 2023, en insistant notamment sur la nature de colonie de peuplement du projet politique sioniste. Peux-tu nous en résumer les grandes lignes ? Gilbert Achcar :La guerre génocidaire à Gaza s’inscrit en droite ligne dans une histoire qui commence avec la fondation du mouvement sioniste à Bâle à la fin du 19e siècle[3] autour d’un projet conçu comme entreprise auxiliaire de l’expansion coloniale européenne, alors à son apogée. Plusieurs des colonialismes de peuplement qu’a connu l’histoire ont été fauteurs de génocide : il n’est qu’à penser à l’Amérique du Nord et à l’Australasie pour prendre deux exemples bien connus.
🔴Le racisme inhérent à l’entreprise coloniale est ainsi toujours potentiellement génocidaire.
Pour que ce potentiel se réalise, surtout à notre époque, il lui faut des conditions politiques particulières. Celles-ci se rapportent à un autre potentiel inhérent à l’entreprise coloniale, qui est sa tendance à dériver vers l’extrême droite.
Comme l’avaient prévu de nombreux intellectuel·les critiques du sionisme, cette tendance n’a pas tardé à se réaliser dans l’État d’Israël. Après une première période dans laquelle cet État était gouverné par l’aile social-démocrate du mouvement sioniste,l’aile néofasciste, le Likoud, est arrivée au pouvoir en 1977 et s’y est maintenu quasiment en continu depuis lors.
Le gouvernement actuel de Benyamin Netanyahou est une coalition entre le Likoud et des groupes encore plus droitiers, qu’un spécialiste israélien de la Shoah n’a pas hésité à qualifier de néo-nazis dans le quotidien Haaretz.
Joseph Daher : Dans ton livre, tu parles des perspectives de stratégie de libération pour le peuple palestinien, en insistant notamment sur deux points fondamentaux basés sur la lutte de masses et le cadre régional, peux-tu développer ? Gilbert Achcar :Comme toute stratégie, celle visant la libération doit se fonder sur une considération du terrain et des rapports de force.Elle doit se fonder sur la spécificité des conditions.Or, la résistance palestinienne née en 1964 avec l'OLP[4] s’est longtemps inspirée de la lutte de libération algérienne, sans prêter attention aux grandes différences entre l’Algérie où les colons européens étaient minoritaires et la Palestine où la population judéo-israélienne est très majoritaire au sein des frontières officielles de l’État d’Israël et dans un rapport près de l’équivalence avec les Palestinien·nes sur l’ensemble du territoire compris entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée.
🔴Quant à la disproportion des forces militaires, elle est extrême.
C’est pourquoi une stratégie qui vise à vaincre le sionisme militairement est vouée à l’échec et ne peut aboutir qu’à l’aggravation du malheur palestinien – aujourd’hui à son comble avec le génocide qui a suivi l’opération du 7 octobre 2023, avec de surcroît la menace accrue d’une nouvelle épuration ethnique complétant la Nakba de 1948[5].
Au vu des conditions spécifiques de la lutte palestinienne, elle ne peut triompher qu’en parvenant à gagner à sa cause une majeure partie de la population judéo-israélienne, comme les Noir·es étasunien·nes ne sont parvenu·es à remporter des victoires qu’au moyen d’un mouvement de masse non-violent pour les droits civiques. C’est pourquoi je souligne que pour qu’une stratégie fasse sens pour la lutte palestinienne, elle doit viser à détacher du sionisme une partie croissante de la population judéo-israélienne.La stratégie du Hamas produit l’effet contraire.
Joseph Daher : Finalement, quelles sont les taches de la gauche au niveau international dans le soutien à la cause palestinienne ? Gilbert Achcar :C’est là l’autre levier potentiel dont dispose la lutte palestinienne et qu’il lui faut développer. Il lui faut s’appuyer sur la solidarité internationale.Or, l’horreur de la guerre génocidaire menée par Israël à Gaza a fini par susciter un grand mouvement de solidarité avec les Palestinien·nes dans les pays occidentaux eux-mêmes, soutiens traditionnels de l’État sioniste[7].Cela est d’autant plus important que cette solidarité se manifeste également dans le principal soutien d’Israël que sont les États-Unis – et surtout de la part des Juif·ves américain·nes, de la jeunesse judéo-américaine en particulier.
🔴Mais pour cultiver cette solidarité, il faut également une stratégie qui sache s’appuyer sur les valeurs démocratiques et humanistes qui font la supériorité morale des opprimé·es sur leurs oppresseurs.
La gauche internationale doit contribuer au renforcement d’une telle stratégie, en augmentant son engagement dans le mouvement pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) plus que jamais à l’ordre du jour face à un État génocidaire.
Il faut continuer d’exiger des États la rupture des relations diplomatiques et commerciales, et des relations militaires à plus forte raison, avec l’État d’Israël. Accentuer cette pression est un élément essentiel d’un véritable plan de paix.
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Informations sur l’auteur :
Gilbert Achcar est un chercheur franco-libanais et écrivain. Depuis 2007, il est professeur à la School of Oriental and African Studies de l'Université de Londres, donnant des cours sur les questions de développement et de relations internationales.
Fils d'un industriel, Gilbert Achcar étudie au lycée français de Beyrouth, où il s'engage dans la Jeunesse étudiante chrétienne. Opposé à la guerre du Vietnam et soutien du mouvement palestinien, il indique devenir marxiste en 1967, à partir de la guerre des Six Jours. Il rompt toutefois avec le Parti communiste et rejoint un groupe communiste dissident, refusant à la fois le nationalisme arabe et stalinisme.
Il a vécu au Liban jusqu'en 1983, date de son arrivée en France. Jusqu'en 2003, il a été professeur de sciences politiques et de relations internationales à l'université de Paris VIII. Il est ensuite parti poursuivre son travail au Centre Marc Bloch de Berlin.
En 2025, dans la continuité de 77 ans d'histoire ponctuée de conflits[0],cette nouvelle guerre génocidaire à Gaza, dont les enjeux sont multiples, dure depuis plus de 24 mois.
Notre responsabilité est importante dans la trajectoire de la résistance internationale et les rochelais assument.
77 ans après la Nakba[2] (la grande catastrophe) qui a vu l'expulsion de 800 000 Palestiniens de leur terre ancestrale vers le Liban, la Syrie, l'Egypte, Gaza et la Cisjordanie... Israël plonge dans la dérive totale pour l'accomplissement du projet sioniste, celui du " grand Israël[1] ".
Résultat : après deux ans de guerre 65 000 morts reconnus, mais combien sous les gravats... Dix fois plus selon des experts militaires qui ont répondu à la commission d'enquête mandatée par l'ONU, terrible estimation reprise par Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l'ONU pour la Palestine... et plus de 167.000 ont été blessés à Gaza (les civils représentent plus de 80 % des victimes). Affaiblis par la famine, privés d’aide humanitaire, tués par les frappes de l'armée israélienne et harassés par les déplacements forcés successifs, les Gazaouis désespérés n’entrevoient aucun avenir. Seuls un cessez-le-feu immédiat, un accès humanitaire sans entrave, la libération de tous les otages et des personnes détenues de manière arbitraire par Israël, et la reconnaissance d'un état palestiniens pourront mettre fin aux souffrances des civils... et solidairement, toutes les semaines les rochelais sont mobilisés...
Sources :Eric Durand| mis à jour le 31/01/2026
Les rochelais rassemblés autour du collectif pour la paix en Palestine de Charente-Maritime ne se tairont pas ! Nous continuons à dénoncer le génocide en cours du peuple palestinien et nous exigeons le respect du droit international en Palestine et la liberté des Peuples à disposer d'eux-mêmes.
🔴 L’enjeu des mobilisations pour nous
La première raison est évidente, il s’agit d'enjeux humanitaires et humains, avec les centaines de milliers de morts causées par la guerre, et la menace raciste et fasciste incluse dans ce conflit basé sur un nettoyage ethnique et une idéologie suprémaciste. Nous voulons à tout prix arrêter ce génocide par tous les moyens dont nous disposons. Cela permet de se battre concrètement contre le fascisme et le racisme là-bas, mais aussi ici, car il y a partout des répercussions à cette guerre et l’augmentation du racisme et de l’islamophobie en France explique en partie le changement de paradigme diplomatique de la France par rapport à la situation sur place.
La deuxième raison est un enjeu plus global, nous nous inscrivons dans un soutien inconditionnel au peuple palestinien et à la résistance. Ce n’est pas parce que nous soutenons la résistance aux massacres subis par les Palestinien·nes que nous défendons le projet politique du Hamas. Mais nous considérons que c’est aux Palestinien·nes de choisir leur direction, de se donner les moyens d’en changer, et que notre soutien inconditionnel est la meilleure façon de les y aider.
👉🚩 Le soutien de #Macron au gouvernement Israélien coupable de crimes de guerre est insupportable.
A La Rochelle le 28 OCTOBRE 2023 comme à Marseille, Paris, Londres, partout en France et dans le monde, des millions de voix s’élèvent pour la paix en #Palestine.
👉🚩« Stop au génocide, levée du blocus »
Plus d'enfants sont morts à Gaza que dans toutes les zones de conflit du monde.
❌ Malgré les tornades et la pluie, on est là aujourd'hui 4 novembre 2023 à # La Rochelle pour appeler à un cessez-le-feu immédiat à Gaza.
👉🕊️Aujourd'hui 11 Novembre 2023, à La Rochelle on est plus de 400 dans la rue pour appeler à un #CessezLeFeu immédiat à #Gaza.
👉🚩 Aujourd'hui 18 novembre 2023, partout en France (100 000 personnes), et y compris à # La Rochelle 👇, aux côtés de plus d'une centaine d'organisations, les insoumis marchent pour que se taisent les bombes, que soient libérés les otages, contre la guerre, pour la paix au Proche-Orient, pour la fin des massacres à Gaza via un cessez-le-feu immédiat. #CessezLeFeu #PourLaPaix #Palestine #Gaza
👉🚩 Aujourd'hui, 24 novembre 2023, à La Rochelle nouvelle marche rochelaise pour la Paix, la Justice en Palestine et un cessez-le-feu permanent.
👉🚩 A La Rochelle aujourd'hui, 2 décembre 2023, plus de 150 rochelais, comme partout en France, comme partout dans le monde, les peuples veulent le cessez-le-feu permanent, la paix et la fin de la colonisation en Palestine.
👉🚩A l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 on ne lâche rien ! Présent•es à la manifestation pour un cessez-le-feu immédiat et permanent en #Palestine de ce samedi 16 décembre 2023, pour continuer d'exprimer notre soutien au peuple palestinien, demander un cessez-le-feu immédiat, la levé du blocus à Gaza et l'arrêt des politiques israéliennes d'apartheid et de colonisation !
👉🚩 A l'appel du#CollectifpourlaPaixenPalestine17 on ne lâche rien !
Le samedi 23 décembre 2023 nous sommes présent•es à la manifestation pour un cessez-le-feu immédiat et permanent en #Palestine !
👉🚩 Cet après-midi du 6 JANVIER 2024, " place des petits bancs ", nouveau rassemblement #rochelais pour la PAIX en Palestine, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 : on ne lâche rien !
👉🚩 Cet après midi, 13 janvier 2024 un nouveau rassemblement a eu lieu " Place de la Motte rouge " à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 : pour les palestiniens, on ne lâche rien !
👉 Le " die in " (symbolisation des morts etdes mortes) s'est tenu sur le port, avec en fond sonore le vacarme des bombardements israéliens, suivi d'une minute de silence.
👉🚩 Cet après midi, 20 janvier 2024 un nouveau rassemblement a eu lieu " Place de la Motte rouge " à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 : pour les palestiniens, on ne lâche rien !
👉🚩 Pour la PAIX en Palestine, le samedi27 janvier 2024, à La Rochelle on ne lâche rien, répondant à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 pour la Palestine !
👉🚩 Pour la PAIX en Palestine, le samedi 3 FÉVRIER 2024, à La Rochelle, on est là à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 pour la Palestine !
👉🚩 Le 10 FÉVRIER 2024, toujours présents à la manifestation rochelaise de soutien & solidarité avec le peuple palestinien à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 pour la Palestine !
👉🚩 “ Il faut que, pas un jour ne passe, qui puisse donner l’impression que vous soyez complices ou silencieux. A bas le silence ! Ça ne peut être que celui des cimetières, nous sommes les vivants ! ” Nouvelle mobilisation à La Rochelle place de la motte rouge le 9 mars 2024 pour réclamer un Cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza.
👉🚩 #PALESTINE #GAZA : poursuivons l'exigence d'un cessez le feu permanent !
📍 Le samedi 16 mars 2024, les rochelais disent haut et fort " STOP GÉNOCIDE GAZA " !
👉🚩Cet après midi du22 MARS 2024à La Rochelle, nouvelle manifestation pour la #Palestine : le massacre et le génocide doivent s'arrêter. Cessez-le-feu immédiat et durable !
👉🚩 “ Il faut que, pas un jour se passe, qui puisse donner l’impression que nous soyons complices ou silencieux. A bas le silence ! Ça ne peut être que celui des cimetières, nous sommes les vivants ! ” Aujourd'hui 13 avril 2024, nouvelle mobilisation à La Rochelle place de la motte rouge et dans les rues, pour réclamer un Cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza, pour une paix juste et durable entre palestiniens et israéliens.
👉🚩 Nous n’arrêtons pas la mobilisation populaire, malgré la volonté politique de faire taire les porteurs de la parole de la Paix.
Nous nous sommes retrouvés le samedi 20 avril 2024, au pied de la Grande roue - Place du Commandant de la Motte Rouge pour défiler à La Rochelle malgré l'interdiction préfectorale d'accéder au port.
👉🚩 Israël lance son offensive dans le sud de #Gaza en bombardant Rafah : STOP !
⚡ On s'est retrouvé le samedi11 MAI 2024 Place de la Motte rouge à LA ROCHELLE...
👉🚩 Une centaine d'étudiants et personnes de mouvements associatifs et politiques rassemblés devant la Bibliothèque Universitaire de La Rochelle le 14 MAI 2024, à l'appel du comité jeunes pour le #CessezLeFeu en #Palestine...
👉🚩 Un minimum de 40 000 civils tués à #Gaza, sous nos yeux ! Les rochelais poursuivent la mobilisation pour exiger le cessez-le-feu, la reconnaissance de l’État de Palestine, des sanctions contre le gouvernement #Netanyahou en se retrouvant le 8 juin 2024 à la Grande roue - Place du Commandant de la Motte Rouge de La Rochelle
👉🚩 Pour la Palestine, le Liban... la paix au Moyen-Orient, nouvelle mobilisation le samedi 2 NOVEMBRE 2024 à La Rochelle
👉🚩 Israël l'agresseur, doit arrêter de bombarder et de massacrer la population libanaise. Pour la Palestine, le Liban... le Moyen-Orient, le samedi 9 NOVEMBRE 2024 à La Rochelle
👉 54 ème fois dans les rues de La Rochelle. Et aussi longtemps qu'il le faudra !
👉🚩 Mobilisation rochelaise le 23 NOVEMBRE 2024 pour la Palestine, le Liban... le Moyen-Orient
👉🚩 Le samedi 21 DÉCEMBRE 2024, de 17H00 à 18H30 à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation sur le port et dans les rues de La Rochelle
👉🚩 Le samedi 4 JANVIER 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle, pour la paix au Moyen-Orient
👉🚩 Le samedi 11 JANVIER 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle, pour la paix au Moyen-Orient avec une partie en marche silencieuse car " se taire c'est dire autrement " !
👉🚩 Pour la PAIX en Palestine, le samedi 18 JANVIER 2025, à La Rochelle on ne lâche rien, répondant à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 pour la Palestine !
👉🚩 Le samedi 1er FÉVRIER 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle
👉🚩 Le samedi 15 FÉVRIER 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle...
👉🚩 Le samedi 1er MARS 2025, nouvelle mobilisation à La Rochelle, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17...
👉🚩 Le samedi 15 MARS 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle...
👉🚩 Le samedi 22 MARS 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, une centaine de citoyens mobilisés à La Rochelle !
👉🚩 Le samedi 19 AVRIL 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle - Place des petits bancs...
👉🚩 Le samedi 26 AVRIL 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, sous la pluie, nouvelle mobilisation à La Rochelle
👉🚩 Nous continuons à dénoncer le génocide en cours du peuple palestinien !
🚩 Le samedi 3 MAI 2025 à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, 78éme mobilisation à La Rochelle
👉🚩 Le #CollectifpourlaPaixenPalestine17 ne se tait pas !
Le samedi10 MAI 2025, nouvelle mobilisation à La Rochelle à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17
👉🚩 Le samedi 17 MAI 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle...
👉 🚩 Le samedi 24 MAI 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle manifestation à La Rochelle contre l'offensive terrestre massive de l'armée israélienne sur tout le territoire de Gaza.
👉 📢 La France doit agir immédiatement pour empêcher la destruction totale du peuple Palestinien.
📌 Nouvelle mobilisation le samedi 31 MAI 2025 à La Rochelle à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17
👉 🚩 23 JUILLET 2025, RASSEMBLEMENT CITOYEN SPONTANÉ ET PACIFIQUE à La Rochelle
En plein été, le gouvernement israélien élimine les Palestiniens en les affamant, à #Gaza des enfants meurent de faim chaque jour sous les yeux du monde.En plein été, le gouvernement israélien élimine les Palestiniens en les affamant.
👉 🚩 Les rochelais à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 refusent de regarder ailleurs et poursuivent la mobilisation le samedi2 AOÛT 2025 à La Rochelle.
👉 🚩 Les rochelais à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 refusent de regarder ailleurs et poursuivent la mobilisation le samedi 30 AOÛT 2025 à La Rochelle.
👉 🚩 Le samedi 6 SEPTEMBRE 2025 à place des Petits Bancs à La Rochelle une centaine de citoyens mobilisés pour exprimer notre solidarité
👉 🚩 Le samedi 20 SEPTEMBRE 2025 après midi à La Rochelle manifestation de soutien au peuple palestinien
👉🚩 Pour la 100ème fois " Gaza ! Gaza ! La Rochelle est avec toi ! ". Le samedi 27 SEPTEMBRE 2025 après midi à La Rochelle nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien
👉🚩 URGENT - Flottilles arrêtées : rassemblements dans tout le pays pour la protection de la flottille de la liberté !
⚡ Les équipages de la Global Sumud Flotilla ont été arrêtés par l'armée de Netanyahu dans les eaux internationales ce soir.
📍 Mobilisation le 2 octobre 2025, Statue Duperré sur le port de La Rochelle, pour demander la libération immédiate des équipes et la fin du génocide à Gaza.
👉🚩 Le samedi 4 OCTOBRE 2025 sur le port et dans les rues de La Rochelle, nous manifestons notre soutien au peuple palestinien ! 📍 Pour la fin du génocide à Gaza ;
📍 Pour des sanctions immédiates contre Israël ;
📍 Pour la libération immédiate de la #GlobalSumudFlotilla ;
📍 Pour ouvrir Gaza !
👉🚩 Le lundi 6 OCTOBRE 2025 les parlementaires insoumis et les autres français détenus illégalement par Israël sont enfin libres !
⚡ Gloire à elles et eux. Et honte à la France qui les laisse sans aucune solution pour les rapatrier.
📍 Stop au génocide à Gaza, les rochelais vont poursuivre la mobilisation !
👉🚩 Le samedi 11 OCTOBRE 2025 dans les rues de La Rochelle, nous restons mobilisés et manifestons notre soutien au peuple palestinien ! 📍 Après la reconnaissance de l’État de Palestine, l’urgence demeure :
▪️ Retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza, libération de toutes les personnes détenues, dans le cadre d’un cessez-le-feu immédiat et durable.
▪️ Réouverture immédiate de tous les points de passage, et la reprise massive de l’aide humanitaire à Gaza sous le contrôle de l’ONU et des ONG internationales, et l’accès de Gaza aux soignants et journalistes internationaux.
▪️ Arrêt par la France de toute coopération militaire : livraison d’armes, munitions, équipements militaires à Israël, et interdiction de leur transit sur son territoire.
▪️ Reprise immédiate des opérations pour faire sortir des Palestinien-nes de Gaza, notamment des étudiants, des universitaires, des artistes, et leur accueil en France.
▪️ L'engagement par la France de sanctions diplomatiques contre Israël, la remise en cause des accords commerciaux, universitaires et de recherche avec Israël.
▪️ La mise en œuvre par la France des mandats de la CPI et l’ouverture d’enquêtes sur les Franco-israéliens susceptibles d’avoir commis des crimes de guerre.
▪️ La suspension de l’Accord d’Association entre l’Union européenne et Israël.
👉🚩 Le samedi 18 OCTOBRE 2025 nous restons mobilisés dans les rues de La Rochelle à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 , et manifestons notre soutien au peuple palestinien !
👉🚩 Une nouvelle fois " Gaza ! Gaza ! La Rochelle est avec toi ! ". Le samedi 25 OCTOBRE 2025 après midi à La Rochelle nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien : La Rochelle ne se taira pas !
👉🚩 Une nouvelle fois " Gaza ! Gaza ! La Rochelle est avec toi ! ". Le samedi 1er NOVEMBRE 2025 après midi à La Rochelle nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien : La Rochelle ne se taira pas !
👉🚩 Une nouvelle fois " Gaza ! Gaza ! La Rochelle est avec toi ! ". Le samedi 8 NOVEMBRE 2025 après midi à La Rochelle nouvelle manifestation pour soutenir les droits du peuple palestinien :
▪️ L'auto-détermination du peuple palestinien qui doit être l’acteur de son propre destin et le droit au retour des réfugiés palestiniens
▪️ La fin de l’occupation, de la colonisation, de l’apartheid
▪️ Des sanctions contre Israël
▪️ Un cessez-le-feu définitif et la fin du génocide
👉📢🚩 Ce samedi 15 NOVEMBRE 2025 à #LaRochelle nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien : #CessezLeFeu #PourLaPaix #Palestine #goodvibesazaGenocide
👉🚩 Ce samedi 22 NOVEMBRE 2025 à #LaRochelle nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien : #CessezLeFeu #PourLaPaix #Palestine #goodvibesazaGenocide
👉📢🚩 Ce samedi 29 NOVEMBRE 2025 à #LaRochelle, sous une pluie battante et drue,nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien : contre le génocide, contre le plan colonial de Trump, pour la libération de la Palestine #CessezLeFeu #PourLaPaix #Palestine #goodvibesazaGenocide
👉🚩 Ce samedi 13 DÉCEMBRE 2025 à #LaRochelle,nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien : contre le génocide, contre la colonisation de la Cisjordanie, pour la libération de la Palestine #CessezLeFeu #PourLaPaix #Palestine #goodvibesazaGenocide
👉🚩Cesamedi 27Décembre2025marchedeslumièrespour le peuple Palestinien :Stop au génocide toujours en cours et à la colonisation de la Cisjordanie, tous ensemble pour la PAIX !
👉🚩 Ce samedi 03 Janvier 2026 à #LaRochelle, nous poursuivons notre soutien au peuple palestinien et dénonçons l'agression du Vénézuela par Trump !
⚡ Le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) dénonce l'impunité d’Israël, impunité des colons : il faut que cela cesse !
👉 Pour les droits du peuple palestinien, nous exigeons :
▪️ un cessez-le-feu pérenne, le retrait de l’armée israélienne et l’ouverture de tous les points de passage à l’aide humanitaire
▪️ La fin de l’occupation, de la colonisation et de la politique d’apartheid
▪️ Le droit au retour des réfugiés palestiniens
▪️ Le retrait immédiat de l’armée israélienne du Liban, et la pérennisation du cessez-le-feu
▪️ La libération des plus de 9.000 prisonniers politiques palestiniens/otages détenus au mépris du droit international, depuis des dizaines d’années pour beaucoup d’entre eux, et des milliers de Palestiniens de Gaza enlevés, disparus, ou transférés dans des centres de détention et de torture
▪️ Un soutien matériel et politique à l'UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, honteusement attaquée par Israël
▪️ Un soutien sans ambiguïté à la Cour Pénale Internationale, et l’engagement d’appliquer ses décisions sans restriction ni réserve
▪️ La protection des journalistes palestiniens et l’ouverture de Gaza à la presse internationale
▪️ La fin de l’impunité de l’État d’Israël, et des sanctions tant qu’il ne respecte pas le droit international :
o la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël,
o Un embargo sur toutes les livraisons d’armes, de munitions et de composants militaires àdestination d’Israël,
o des sanctions diplomatiques,
▪️ L’engagement de poursuites contre les franco-israéliens, notamment les soldats et les colons, impliqués dans des crimes de guerre
▪️ La construction d’un avenir de paix entre les peuples palestinien et israélien fondé sur l’égalité des droits
▪️ Le respect de la liberté d’expression, de manifestation, de réunion., en particulier en France, où la solidarité avec le peuple palestinien est constamment attaquée
▪️ La lutte contre le racisme sous toutes ses formes dont l’antisémitisme, le refus de toute instrumentalisation de cette lutte et de tout amalgame.
#CessezLeFeu #PourLaPaix #Palestine #goodvibesazaGenocide
👉🚩 Ce samedi 10 Janvier 2026 à #LaRochelle, nous poursuivons notre soutien au peuple palestinien !
⚡ Le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) dénonce l'impunité d’Israël, impunité des colons : il faut que cela cesse !
👉🚩 À #LaRochelle on ne lâche rien comme en témoigne notre mobilisation en soutien au peuple palestinien ce samedi 17 Janvier 2026.
👉🚩 On est là, on est la... ce samedi 31 Janvier 2026 à #LaRochelle, nous poursuivons notre soutien au peuple palestinien !
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🇵🇸 Nous, à La Rochelle, on ne lâchera pas ! Alors que Netanyahu affirme que l’armée israélienne " restera dans la majeure partie de Gaza " et que le plan de paix de Trump ne prévoit pas la création d’un État palestinien[3], rejoignez nous, ensemble on peut imposer à Macron de faire respecter le droit international.
Le plan Trump : une vision de paix ou une injustice cachée[0] ?... Le plan Trump pour Gaza n'est pas un plan de paix, mais une mascarade cynique donnant carte blanche à Netanyahou pour poursuivre le génocide.
Il ne prévoit aucune obligation pour Israël et perpétue la domination militaire & politique sur la Palestine[5].
Netanyahu le confirme en disant qu’il n’a « pas du tout » accepté un État palestinien et que l’armée israélienne restera sur place[4]
La parole de Donald Trump ne vaut pas grand-chose et les assurances faites durant ses discours sur les questions internationales sont elles aussi sujettes à caution. La versatilité et l’incohérence décisionnaire croissante du président américain, comme sa récente volte-face sur l’Ukraine vient de le démontrer , n’a cependant pas empêché plusieurs journaux de la presse anglophone – essentiellement américaines- de donner un certain crédit à la dernière « trumperie » en date[1]...
En dans le même temps, dix jours après l’entrée des troupes israéliennes au sol dans le plus grand centre urbain du territoire, la catastrophe humanitaire prend de l’ampleur et les morts se comptent chaque jour par dizaines. L’avancée des troupes israéliennes dans Gaza-ville provoque un exode massif des Palestiniens vers le sud de l’enclave.
L’armée israélienne détruit tout Les troupes israéliennes avancent, et les quartiers de Gaza-ville sont détruits les uns après les autres. Le quartier de Tal Al-Hawa est devenu ces derniers jours une des cibles privilégiées des bulldozers israéliens. En 24 heures, l’armée israélienne a annoncé avoir bombardé 170 fois l’enclave palestinienne.
D’après Ibrahim Al-Khalili, reporter d’Al Jazeera sur place, “ l’armée israélienne est stationnée sur trois axes, dans la ville de Gaza : l’axe nord-ouest dans le camp de réfugiés de Shati et le quartier de Nassr, l’axe nord-est près du quartier de Sheikh Radwan, et l’axe sud près de Tal al-Hawa. ”
Le quartier de Sabra, qui a aussi subi de nombreuses attaques de l’armée israélienne, voit nombre de ses habitants encore piégés sous les décombres : “ Ils sont coincés là-bas car s’ils décident de sortir, ils risquent d’être pris pour cible par les forces israéliennes. Les scènes de Palestiniens pris pour cible et de maisons résidentielles rasées au-dessus de la tête des habitants se répètent. ”
Des habitations aux centres de santé, aucun bâtiment n’est épargné dans la ville de Gaza. Ces derniers jours, pas moins de sept infrastructures de santé ont été mises à l’arrêt de force en raison des attaques de l’armée israélienne. Parmi ces infrastructures, on trouve notamment l’hôpital pour enfants Al-Rantisi, ou encore l’hôpital international de l’œil, seul centre de santé public dédié à la vue dans cette zone[2].
Les bombardements accrus dans le quartier de Tal al-Hawa ont endommagé la station d’oxygène de l’hôpital Al-Quds, qui ne tient désormais plus que grâce à quelques équipements qui pourraient tomber en panne dans les prochains jours, a averti aujourd’hui le Croissant rouge palestinien.
Le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza-ville se poursuit D’après les dernières annonces du bureau des médias gazaoui, des centaines de milliers de Palestiniens ont fui la ville de Gaza ces dernières semaines. Conséquence de cet exode forcé massif,les gouvernorats gazaouis du sud et du centre se remplissent de réfugiés du nord à vue d’œil, et ont été déclarés pleins.
Dans sa déclaration, le bureau a expliqué : “ Il n’y a plus d’espaces vides ou sûrs pour accueillir davantage de personnes déplacées. ” Pendant ce temps, l’acheminement de tentes données dans l’enclave palestinienne continue d’être bloqué par l’armée israélienne, alors que les réfugiés s’entassent “ dans des conditions qui ne répondent pas aux exigences minimales de la dignité humaine ”.
Ces derniers jours seulement, des dizaines de milliers d’habitants de Gaza-ville ont pris la route pour fuir les tanks israéliens et les bombardements qui ravagent désormais la majeure partie de l’agglomération. Ces derniers partent sans savoir où aller, comme en témoigne Ahmed Salama, qui fuit le nord de la ville : “ Nous allons dans le centre de Gaza et nous ne savons pas où nous allons séjourner. La zone d’évacuation d’Al-Mawasi est surpeuplée de personnes déplacées. Il n’y a pas un seul endroit où s’installer. ”
Même chose pour Ahlam Aqel, elle-aussi déplacée de Gaza-ville : “ Nous sommes arrivés dans cette région isolée sans tentes ni installations. Nous ne pouvons pas nous approvisionner en eau. Les enfants ne trouvent rien à manger car nous sommes loin de tout le monde. ”
Dans une déclaration publiée mardi 23 septembre, le bureau des Nations Unies pour les droits humains dans les territoires palestiniens occupés a dénoncé “ l’escalade des attaques contre les civils et les infrastructures civiles dans la ville de Gaza, qui ont contribué à l’augmentation du nombre de personnes déplacées ” , mettant en garde contre “ le risque que ces déplacements deviennent permanents[3] ".
La situation humanitaire toujours plus dramatique Philippe Lazzarini, chef de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé hier que Gaza détenait un nouveau record morbide. Avec plus de 4000 enfants concernés depuis le 7 octobre 2023, l’enclave palestinienne a désormais le taux le plus élevé d’amputations infantiles au monde. Il a déclaré sur X : “ Les conséquences sur les enfants et l’enfance vont bien au-delà des blessures physiques et de la famine qui se propage. Les cicatrices des enfants sont profondes et invisibles : anxiété, cauchemars, agressivité, peur. Beaucoup sont contraints à mendier, à piller ou à travailler : une enfance perdue.”
En parallèle de ce constat terrifiant, l’OMS a aussi condamné la politique israélienne vis-à-vis de la famine déclarée il y a déjà près d’un mois par l’ONU dans la bande de Gaza. Pour l’OMS, le régime israélien n’a eu de cesse de nier cet état de famine depuis qu’il a été déclaré, tout en maintenant l’étau de son blocus sur la bande de Gaza. Depuis le 7 octobre 2023, 440 Palestiniens sont morts de faim dans l’enclave palestinien. 15600 malades sont toujours dans l’attente d’une évacuation pour recevoir des soins vitaux.
▶️ L’armée israélienne continue méticuleusement et en toute impunité de cibler les infrastructures de santé, les habitations et d’empêcher l’aide humanitaire d’être acheminée dans la bande de Gaza. Au 719ème jour de guerre génocidaire, le régime israélien a déjà tué 65502 personnes dans l’enclave palestinienne assiégée, d’après le dernier bilan du ministère de la Santé gazaoui.
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Gaza : une carte pour visualiser les différentes phases du retrait militaire israélien selon le plan Trump[6] Conformément au plan de paix de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, l’armée israélienne a entamé un retrait progressif de l’enclave palestinienne en trois phases. La première est achevée : mais les deux suivantes, sans calendrier défini, sont conditionnées par le désarmement du Hamas et le déploiement d’une force internationale.
Dans une troisième phase, là aussi sans aucun calendrier, l’armée israélienne devra se retirer davantage, tout en gardant le contrôle sur une “ zone tampon de sécurité ” d’environ un kilomètre tout le long de la frontière de la bande de Gaza – ce qui représente environ 17 % du territoire. Et ce, jusqu’à ce que l’enclave palestinienne soit “ réellement protégée contre toute menace terroriste résurgente ”.
Comme l’écrit Al-Jazeera, “ de nombreuses questions demeurent quant à la manière dont le plan sera mis en œuvre, aux frontières exactes du territoire palestinien, au calendrier et à l’ampleur des retraits israéliens, au rôle de la force internationale de stabilisation et aux implications à long terme pour les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie ”.
- Cessez-le-feu à Gaza : soulagement et vigilance... " En l’état, la suite de ce « plan de paix » ne permet ni la formation d’un État de Palestine souverain, ni le respect des droits des Palestiniens, ni a fortiori de paix juste ni durable comme le confirme le maintien en détention de Marwan Barghouti. Aucun calendrier de retrait de l’armée israélienne de Gaza n’est envisagé. La Cisjordanie et Jérusalem-Est, où la colonisation israélienne n’a eu de cesse s’accélérer ces dernières années, sont ignorés. L’ONU, dont ce plan évacue des résolutions fondamentales, est ignorée au profit d’un « organe de transition » aux relents coloniaux et affairistes. "
Il y a 80 ans, 6 et 9 août 1945 : Hiroshima et Nagasaki. Le jour même, les deux bombardements firent respectivement 70 000 et 40 000 victimes. Les déflagrations créèrent des ondes de choc mortelles accompagnées de températures avoisinant 4 000 degrés[9].
Aujourd’hui, plus de 30 ans après la dissolution de l’Union soviétique, et 80 ans après le largage de la bombe « Little Boy », l’onde de peur continue à se faire ressentir. 13 865 bombes nucléaires sont encore détenues par neuf pays alors que quelques centaines pourraient suffire à détruire la vie sur Terre[0].
Sources :The Conversation| En août 2025, cela fera 80 ans que l’avion Enola Gay bombarda la ville d’Hiroshima. Alors que des commémorations sont prévues, le discours « deux poids, deux mesures » des chefs d’État sur les armes nucléaires vide les hommages de leur sens. « Enola Gay, aujourd’hui, maman est fière de son petit garçon. Ce baiser que tu donnes, il ne s’effacera jamais » : ce refrain entonné par Andy McCluskey, leader du groupe Orchestral Manœuvres in the Dark, berça l’année 1980. Tube planétaire, la chanson « Enola Gay[1] » soulignait une des blessures les plus profondes du XXe siècle. Au moment de sa sortie, en pleine guerre froide, les bombardements des villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki continuaient à faire trembler le monde.
🔴Aujourd’hui, 34 ans après la dissolution de l’Union soviétique, et 80 ans après le largage de la bombe « Little Boy », l’onde de peur continue à se faire ressentir.
13 865 bombes nucléaires sont encore détenues par neuf pays alors que quelques centaines pourraient suffire à détruire la vie sur Terre[0].
Des États qui possèdent l’arme interdisent à d’autres d’enrichir de l’uranium. Quant à la Belgique, qui se positionne pour le désarmement, elle abrite « secrètement » des ogives nucléaires sur son territoire[2].
Un discours en forme de crypte Après les bombardements, alors que l’on négociait la mise en place du tribunal de Nuremberg, les autorités des États-Unis ont imposé une censure à tout ce qui touchait à Hiroshima. Les journalistes japonais n’avaient pas le droit de parler de la destruction de la ville. Des films et photos pris lors du bombardement furent saisis. La majorité des images d’Hiroshima qui circulaient ne permettaient pas de distinguer clairement cette attaque de celles menées avec des bombes explosives « classiques ». Les photos qui représentaient les effets de l’arme atomique sur les corps humains, causés par le souffle, les incendies et la radioactivité, étaient également assez rares. De fait, le récit et la mise en image imposées par les autorités masquaient l’horreur provoquée par la « bombe A ».
🔴Il en va de même pour le discours sur la dissuasion nucléaire qui a vu le jour au cours de la guerre froide. Les dégâts humains et matériels des bombardements contre le Japon étaient systématiquement recensés par les militaires, transformant ces opérations en cruelles expérimentations. Dès lors, la rhétorique de la dissuasion a fondé sa crédibilité sur les morts d’Hiroshima et Nagasaki[3]. Néanmoins, les experts prenaient soin, dans leurs écrits publics, de ne pas rendre trop visibles les souffrances endurées par les victimes. Le discours de la dissuasion jouait le rôle de crypte ; il rappelait la mort tout en cachant le cadavre.Au cours de la guerre froide, l’atome militaire se trouvait aussi illustré par les photos des champignons des essais nucléaires qui ont fini par esthétiser l’arme. En dépit des pollutions causées par plus de 2 000 tests[4], la bombe était donc embellie.
Deux poids, deux mesures L’année 2017 est marquée par un basculement dans le domaine des armes nucléaires. De nombreux États signent un traité sur leur interdiction[5]. Sur les 122 pays signataires, aucun ne possède la bombe, et on n’y trouve aucun membre de l’OTAN (NDLR : la France a voté contre[6]).
Ce traité expose au grand jour l’hypocrisie et l’incohérence des États :
ils dénoncent l’horreur d’Hiroshima tout en affirmant que l’arme nucléaire est la panacée pour garantir leur sécurité.
En même temps, ils nient à d’autres États, tels que l’Iran ou la Corée du Nord, le droit de pouvoir développer leurs propres arsenaux.
L’arme « suprême » serait réservée à un club restreint d’États dont la devise est « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».
🔴La perception de la détention de l’arme nucléaire se fait selon des règles à géométrie variable.
Certains analystes y voient même une conception raciste des rapports internationaux. La possession de ces armes serait l’apanage d’États (« occidentaux », voire « blancs », si possible) supposés rationnels et capables de jouer le jeu de la dissuasion. Perçus comme « fous », « irrationnels », « immoraux », « politiquement immatures », les autres ne sont pas considérés comme des possesseurs (potentiels) légitimes. Le summum en la matière est atteint lorsque le régime blanc en Afrique du Sud démantèle son arsenal[7] craignant qu’il ne tombe en de « mauvaises mains » à la fin du régime d’apartheid. Ces catégories, il est vrai, ont aussi fait l’objet de récupérations dans le Sud, par exemple par l’Inde et le Pakistan dans le contexte de leurs rivalités nucléaires[8].
Au bord du gouffre, nous resterons En réalité, la notion de dissuasion, le cœur de l’argumentaire des zélateurs de l’arme, a permis de maquiller le fait, largement attesté par la crise des missiles de Cuba de 1962[10], que les armes nucléaires sont d’abord génératrices de tensions. Avec l’installation des rampes de missiles à Cuba, les États-Unis craignaient que la technologie qu’ils avaient créée ne se retourne contre eux. Faisant fi de tout bon sens, les experts des questions de sécurité ont affirmé ensuite que les armes avaient permis d’éviter une guerre. Par un tour de passe-passe intellectuel, ces experts sont en fait parvenus à faire transformer une des causes de la crise en son remède.
La mémoire d’Hiroshima et de Nagasaki a été soumise à un intense travail de mise en forme, pour ne pas dire de discipline, mené par les militaires, les experts et les décideurs politiques. La peur qu’engendre l’arme, fondée sur les bombardements japonais, a été et continue d’être, pour eux, une ressource politique précieuse.
C’est notamment cette peur qui a servi à l’administration G. W. Bush pour justifier sa guerre contre l’Irak en 2003, alors même que cet État ne détenait pas d’armes nucléaires;
C'est en partie cette peur qui qui a servi d'alibi à l’armée israélienne pour justifier son attaque de l’Iran le 13 juin 2025 en frappant des sites de stockages de matières radioactives par l’intervention conjointe de 200 avions de combats[14] ;
C'est encore cette peur qui, (après que Donald Trump ait décidé en 2018 le retrait des Etats-Unis de l’accord[11] sur le nucléaire iranien[12]) a justifié que, dans la nuit du 21/22 juin 2025, les États-Unis attaquent l’Iran en bombardant trois des principaux sites nucléaires iraniens[13].Le risque nucléaire iranien n’est qu’un prétexte comme l’étaient les imaginaires armes de destruction massive de Sadam Hussein lors de la guerre en Irak en 2003.
Après 80 ans, il n’est donc pas uniquement important de commémorer ce qui s’est passé à Hiroshima et à Nagasaki, mais aussi de s’interroger sur le sens politique à donner à cet événement.
Les ministres israéliens déclarent de plus en plus ouvertement que le prétexte d'une guerre pour « sauver les otages » est en train d'être abandonné.... et, si la France reconnaît la Palestine « Nous répondrons en annexant les colonies de Cisjordanie[6] » !
et... alors que la France n'a toujours reconnu la Palestine, le 29 mai 2025, un ministre d’extrême-droite annonce la création de 22 nouvelles colonies juives en Cisjordanie[8]...
Un jour après que le cabinet israélien a voté l'approbation d'un plan pour l'occupation militaire totale de Gaza, le déplacement interne de sa population et la prise en charge des approvisionnements alimentaires par les Forces de défense israéliennes (FDI), le ministre des finances Bezalel Smotrich a clairement indiqué qu'il s'agissait de l'étape suivante dans le nettoyage ethnique total de Gaza[0].
Sources :World Socialist Web Site (Article paru en anglais le 7 mai 2025) | mis à jour le 09/07/2025
Bezalel Smotrich s’est engagé à ce que : D'ici un an, [...] Gaza sera entièrement détruite, les civils seront envoyés [...] dans le sud, dans une zone humanitaire [...] et de là, ils commenceront à partir en grand nombre vers des pays tiers[0].
🔴 Cette proposition de destruction de Gaza, d'occupation militaire et de nettoyage ethnique de sa population est en fait le plan opérationnel de la « guerre » d'Israël à Gaza, qui a été lancée sous le prétexte de l'attaque du Hamas et de la prise d'otages du 7 octobre 2023.
🔴 Afin de fournir une couverture politique au génocide planifié, le président américain Joe Biden, le Parti démocrate [NDLR : et le gouvernement français] et les médias ont prétendu qu'Israël menait une guerre contre le Hamas, visant à restituer les otages, alors même qu'ils fournissaient à Israël des milliers de bombes d’une tonne dont la seule utilité était de détruire des pâtés de maisons entiers.En février, le président américain Donald Trump a annoncé publiquement la politique actuelle, à savoir la démolition totale de la bande de Gaza. Israël et les États-Unis allaient « raser le site », déplacer sa population et annexer le territoire[1].
🔴Le plan annoncé lundi 5 mai par le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou[2][2bis], comme l'a clairement expliqué Smotrich[0], marque la mise en œuvre à grande échelle de cette vision.Les Palestiniens de Gaza seront rassemblés, déplacés dans des camps de concentration dans le sud du territoire, puis forcés à traverser le désert jusqu'en Égypte ou embarqués sur des bateaux.
Ce plan sera présenté comme une relocalisation « volontaire », dans le contexte d'un blocus total de la nourriture, de l'eau et de l'électricité dans la bande de Gaza. Mais il ne sera « volontaire » que parce que rester dans un endroit sans nourriture sera une condamnation à mort.
Bien sûr, ce sera une condamnation à mort pour les otages restés à Gaza, qui mourront de faim avec le reste de la population palestinienne. Mais les ministres israéliens déclarent de plus en plus ouvertement que le prétexte d'une guerre pour « sauver les otages » est en train d'être abandonné.
Comme l'a déclaré Smotrich à l'Agence France-Presse (AFP) : Israël n'a pas l'intention de se retirer des territoires capturés par Tsahal, pas même dans le cadre d'un accord de libération d'otages. En réponse au projet d'occupation totale de la bande de Gaza, le Hamas a déclaré qu'il n'engagerait plus de négociations avec Israël.
Basem Naim, haut responsable du Hamas, a déclaré à l'AFP :
« Il ne sert à rien d'engager des pourparlers ou d'envisager de nouvelles propositions de cessez-le-feu tant que la guerre de la faim et la guerre d'extermination se poursuivent dans la bande de Gaza.[3] »
Le plan israélien d'occupation et de nettoyage ethnique de Gaza a été accueilli par le silence du Parti démocrate israélien : Hakeem Jeffries, chef de la minorité parlementaire, Chuck Schumer, chef de la minorité sénatoriale, Joe Biden, ancien président, Barack Obama et Nancy Pelosi, ancienne présidente de la Chambre des représentants, sont restés muets.
Depuis le 2 mars, Israël bloque totalement l'entrée de la nourriture, de l'eau et de l'électricité dans la bande de Gaza, ce qui a entraîné une augmentation de la malnutrition. Un sac de farine, vendu auparavant 5 dollars, coûte désormais jusqu'à 500 dollars.
Israël utilise délibérément la famine comme arme de guerre. Le mois dernier, le ministre israélien de la défense, Israël Katz, a déclaré :
« La politique d'Israël est claire : aucune aide humanitaire n'entrera à Gaza, et le blocage de cette aide est l'un des principaux moyens de pression empêchant le Hamas de l'utiliser comme un outil auprès de la population. [...] Personne ne prévoit actuellement d'autoriser l'entrée de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, et rien n'est prévu à cet effet. »
Environ 69 % de la bande de Gaza a été incorporée dans une zone tampon israélienne ou fait l'objet d'ordres d'évacuation, laissant la population restante de Gaza, qui a été déplacée à de multiples reprises, piégée dans des enclaves de plus en plus petites.
Dans une déclaration faite cette semaine, le Croissant-Rouge palestinien (CRP) a indiqué que « la nourriture était complètement épuisée, tant sur les marchés que dans les centres de distribution »[4].
Dans sa dernière mise à jour humanitaire, le Croissant-Rouge palestinien a déclaré : « La population est à nouveau exposée à un risque extrême de famine » et « il est impossible de répondre aux besoins quotidiens minimums de plus d'un million de personnes déplacées »[4].
Dans une déclaration, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué : «Les besoins des civils à Gaza sont actuellement écrasants » et «en vertu du droit humanitaire international, Israël a l'obligation d'utiliser tous les moyens disponibles pour veiller à ce que les besoins fondamentaux de la population civile sous son contrôle soient satisfaits. »
Dans un communiqué publié mardi, l'UNICEF a fait remarquer : «Au cours du mois dernier, plus de 75 % des ménages ont signalé une détérioration de l'accès à l'eau : ils n'ont pas assez d'eau à boire, ne peuvent pas se laver les mains lorsque c'est nécessaire et sont souvent obligés de choisir entre se doucher, faire le ménage et cuisiner.»[5]. L’organisme ajoute : «La malnutrition est également en hausse. Plus de 9000 enfants ont été admis pour traitement de la malnutrition aiguë depuis le début de l'année. Des centaines d'autres enfants ayant désespérément besoin d'un traitement ne peuvent y accéder en raison de l'insécurité et des déplacements. Depuis le 18 mars, les hostilités se sont intensifiées, entraînant le déplacement de 390 000 personnes qui n'ont nulle part où aller en toute sécurité. »[5].
Aya al-Skafy, une habitante de la ville de Gaza, a déclaré à Al Jazeera que son bébé était mort la semaine dernière de malnutrition :«Elle avait quatre mois et pesait 2,8 kg. En raison de sa malnutrition sévère, elle souffrait d'acidité sanguine, d'insuffisance hépatique et rénale, et de nombreuses autres complications. Elle a aussi perdu ses cheveux et ses ongles à cause de la malnutrition ».
Mohammed al-Seikaly, un autre habitant de la ville de Gaza, a déclaré à Reuters :« Il ne reste plus rien dans la bande de Gaza qui n'ait été frappé par des missiles et des barils explosifs. [...] Je demande devant le monde entier : « Que reste-t-il à bombarder ?»[7].
🚩Gaza : les images authentifiées de l’opération sans précédent menée par Israël à Rafah
Israël : le " transfert " des Palestiniens hors de la bande de Gaza, un fantasme devenu projet[9]!
Les masques tombent : " Il n'y aura pas d'Etat palestinien, cet endroit nous appartient " affirme Benyamin Netanyahou[10] !
Le ministre israélien de la défense, Israël Katz, a publié une déclaration[0] explicite d’intention génocidaire à l’égard de la population de Gaza, menaçant les civils de l’enclave d’une punition collective sous la forme d’une « dévastation totale » s’ils ne trouvent pas le moyen de renverser le Hamas et de libérer tous les otages israéliens.
🔴 « Résidents de Gaza, ceci est votre dernier avertissement. Le premier Sinwar a détruit Gaza, et le second Sinwar entraînera sa ruine totale. L’attaque de l’armée de l’air israélienne contre les terroristes du Hamas n’était que la première étape. Ce qui suivra sera bien plus dur, et vous en supporterez tout le coût.
🔴 « L’évacuation de la population des zones de combat reprendra bientôt. Si tous les otages israéliens ne sont pas libérés et si le Hamas n’est pas chassé de Gaza, Israël agira avec une force que vous n’avez jamais connue auparavant.
🔴« Suivez le conseil du président américain : rendez les otages et chassez le Hamas, et de nouvelles options s’ouvriront à vous, y compris la relocalisation dans d’autres parties du monde pour ceux qui le souhaitent. L’alternative est la destruction et la dévastation totale ».
Lorsque Katz dit « Suivez le conseil du président américain », il fait référence à une déclaration faite par le président Trump le 5 mars, qui a fait essentiellement la même menace adressée « au peuple de Gaza », en disant : «Un bel avenir vous attend, mais pas si vous retenez des otages. Si vous le faites, vous êtes MORTS ! Prenez une décision intelligente. LIBÉREZ LES OTAGES MAINTENANT, OU IL Y AURA UN ENFER À PAYER PLUS TARD ! »
Lorsque j’ai critiqué le président américain pour ces remarques qui menacent explicitement les civils de Gaza, j’ai reçu un déluge de partisans de Trump me disant qu’il ne parlait pas vraiment de « la population de Gaza » comme il l’a dit, mais qu’il ne parlait plutôt que de ceux qui retiennent activement des otages. La déclaration de M. Katz montre clairement qu’ils avaient tort et que ceux d’entre nous qui ont appelé un chat un chat à l’époque avaient raison.
Le ministre israélien de la défense ne fait que suivre la position de Trump et réitérer ce que tous ceux qui ne sont pas des partisans à œillères savaient que Trump disait il y a deux semaines. Il le fait exactement de la même manière que Benjamin Netanyahou a suivi la position de Trump sur le nettoyage ethnique de Gaza le mois dernier en " approuvant avec enthousiasme[3] " le plan proposé par Trump pour " expulser définitivement tous les Palestiniens de l’enclave[4] ". Trump propose un plan, et les responsables israéliens le mettent en œuvre.
Les gouvernements américain et israélien menacent donc ouvertement l’ensemble de la population de la bande de Gaza du crime de guerre de " punition collective[5] " s’ils ne chassent pas le Hamas de Gaza, et annoncent en outre leur intention d’infliger une « dévastation totale » à cette population s’ils ne le font pas.
🔴Il s’agit là de l’aveu le plus explicite possible d’une intention génocidaire.
Dans le cadre du procès pour génocide intenté à Israël devant la Cour internationale de justice[6], les procureurs sud-africains ont rassemblé une montagne de preuves[7] attestant de l’intention des responsables israéliens de commettre un génocide à Gaza.Ainsi, M. Netanyahou a qualifié la population de Gaza d’« Amalek », en référence à un récit biblique relatant l’histoire d’un peuple qui a été complètement anéanti sur ordre de Dieu, ou l’ancien ministre israélien de la défense, Yoav Gallant, a décrit les Palestiniens de Gaza comme des « animaux humains » tout en déclarant un « siège total » de l’enclave.
🔴Raz Segal et Penny Green, d’Al Jazeera, ont écrit ce qui suit[8]à propos de l’affaire de la CIJ l’année dernière :
« Le crime de génocide comporte deux éléments - l’intention et l’exécution - qui doivent tous deux être prouvés lorsque des accusations sont portées... L’intention est généralement plus difficile à prouver lorsque des accusations de génocide sont portées ; le requérant doit être en mesure de prouver « l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel », selon les termes de la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide. Mais dans le cas d’Israël, l’intention a également été mise à nu par un grand nombre de preuves, comme l’a souligné l’équipe juridique sud-africaine».
La déclaration de M. Katz est probablement l’aveu le plus clair et le plus explicite à ce jour. Il est difficile d’imaginer une déclaration d’intention génocidaire plus claire que la diffusion d’une vidéo adressée à une population civile la menaçant de « dévastation totale » si elle ne fait pas ce qu’on lui dit de faire.
Nous pouvons être sûrs que ces déclarations de Katz et de Trump ont été ajoutées aux dossiers de ceux qui espèrent pouvoir un jour poursuivre avec succès ces monstres pour crimes de guerre.
Nous pouvons également être sûrs qu’elles seront enregistrées dans ce qui sera finalement considéré comme l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de notre civilisation.
Hillary Clinton : « La guerre contre la Libye visait à empêcher la souveraineté économique de l’Afrique ![1]»
En France : « Déclaration du Gouvernement sur l’intervention des forces armées en Libye et débat sur cette déclaration », séance du 21 mars 2011 à l’Assemblée nationale avec Fillon, Juppé, Ayrault etc. « tous ensemble, tous ensemble…[2] »
Le 19 mars 2011, les forces EU/OTAN commençaient le bombardement aéronaval de la Libye. La guerre fut dirigée par les États-Unis, d’abord via le Commandement Africa, puis par l’OTAN sous commandement des EU.
Le 19 mars 2011, les forces EU/OTAN commençaient le bombardement aéronaval de la Libye.
En sept mois, l’aviation EU/OTAN effectue 30 mille missions, dont 10 mille d’attaque, avec plus de 40 000 bombes et missiles. L’Italie – avec le consensus multi-partisan du Parlement (Partito democratico au premier rang) – participe à la guerre :
avec 7 bases aériennes (Trapani, Gioia deL Colle, Sigonella, Decimomannu, Aviano, Amendola et Pantelleria) ;
avec des chasseurs bombardiers Tornado, Eurofighter et d’autres, avec le porte-avions Garibaldi et d’autres navires de guerre.
Avant même l’offensive aéro-navale, avaient été financés et armés en Libye des secteurs tribaux et groupes islamistes hostiles au gouvernement, et infiltrées des forces spéciales notamment qataris, pour propager les affrontements armés à l’intérieur du pays.
Ainsi est démoli cet État africain qui, comme l’expliquait la Banque mondiale en 2010, maintenait « de hauts niveaux de croissance économique »
Ces « hauts niveaux de croissance économique » se traduisaient par une augmentation annuelle du PIB de 7,5%, et enregistrait « de hauts indicateurs de développement humain » parmi lesquels l’accès universel à l’instruction primaire et secondaire et, pour plus de 40% aux universités. Malgré les disparités, le niveau de vie moyen était en Libye plus haut que dans les autres pays africains. Environ deux millions d’immigrés, en majorité africains, y trouvaient du travail.
L’État libyen, qui possédait les plus grandes réserves pétrolifères de l’Afrique plus d’autres en gaz naturel, laissait des marges de profit limitées aux compagnies étrangères.
Grâce à l’exportation énergétique, la balance commerciale libyenne avait un excédent annuel de 27 milliards de dollars.
Avec de telles ressources, l’État libyen avait investi à l’étranger environ 150 milliards de dollars.
Les investissements libyens en Afrique étaient déterminants pour le projet de l’Union africaine de créer trois organismes financiers : le Fonds monétaire africain, avec siège à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, avec siège à Abuja (Nigeria) ; la Banque africaine d’investissement, avec siège à Tripoli. Ces organismes auraient servi à créer un marché commun et une monnaie unique de l’Afrique.
Ce n’est pas un hasard si la guerre OTAN pour démolir l’État libyen commence moins de deux mois après le sommet de l’Union africaine
Car, le 31 janvier 2011, ce sommet de l'Union Africaine avait donné son feu vert pour la création dans l’année du Fonds monétaire africain.
Le prouvent les e-mails de la secrétaire d’État de l’administration Obama, Hillary Clinton, mis en lumière ensuite par WikiLeaks : États-Unis et France voulaient éliminer Kadhafi avant qu’il n’utilise les réserves en or de la Libye pour créer une monnaie pan-africaine alternative au dollar et au franc CFA (la monnaie imposée par la France à 14 de ses ex-colonies).
Ceci est prouvé par le fait que, avant qu’en 2011 n’entrent en action les bombardiers, ce sont les banques qui entrent en action : elles séquestrent les 150 milliards de dollars investis à l’étranger par l’État libyen, dont la plus grande partie disparaît.Dans la grande rapine se distingue Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires étasunienne, dont Mario Draghi a été vice-président.
Aujourd’hui en Libye les entrées de l’export énergétique se trouvent accaparées par des groupes de pouvoir et des multinationales, dans une situation chaotique d’affrontements armés.
Le niveau de vie moyen de la majorité de la population s’est effondré. Les immigrés africains, accusés d’être « des mercenaires de Kadhafi », ont été emprisonnés jusque dans des cages de zoo, torturés et assassinés.
La Libye est devenue la principale voie de transit, aux mains de trafiquants d’êtres humains, d’un chaotique flux migratoire vers l’Europe qui a provoqué beaucoup plus de victimes que la guerre de 2011.
À Tawerga, les milices islamistes de Misrata soutenues par l’OTAN (celles qui ont assassiné Kadhafi en octobre 2011) ont accompli un véritable nettoyage ethnique, contraignant presque 50 000 citoyens libyens à fuir sans pouvoir y revenir.
De tout cela est responsable aussi le Parlement italien qui, le 18 mars 2011, engageait le Gouvernement à « adopter toute initiative (c’est-à-dire l’entrée en guerre de l’Italie contre la Libye) pour assurer la protection des populations de la région ».
« Tu es restée bien silencieuse le 7 octobre. »
Quelques semaines après l’attaque du Hamas contre des soldats et des civils israéliens, il y a un an, une de mes connaissances racontait sur Facebook avoir reçu ce message d’une amie. Je n’ai pas échappé non plus à ce flicage de l’expression de la sympathie pour les victimes israéliennes, la mienne ayant été jugée trop tardive. Horrifiée, je l’étais ; mais j’étais aussi tétanisée, et désespérée.
🔴 Tétanisée, parce que je voyais combien le choc provoqué par le massacre du Hamas était immédiatement instrumentalisé, y compris par une surenchère d’allégations mensongères « bébés décapités », « femme enceinte éventrée », « bébé placé dans un four », afin de mieux exciter la soif de vengeance. Il a été utilisé pour justifier les bombardements sur Gaza, qui ont commencé dès le 7 octobre, puis ce qui n’allait pas tarder à devenir le génocide du peuple palestinien. Israël a « transformé le traumatisme en arme de guerre », comme Naomi Klein vient de le décrire dans un article époustouflant [0].
🔴 Et désespérée, parce que je comprenais brusquement une chose : la justice pour les Palestiniens, que ne cessaient d’attendre – sans doute naïvement – toutes les personnes qui, comme moi, suivent avec attention la situation en Israël-Palestine depuis trente ans ou plus,cette justice ne viendrait jamais.
Les bombardements sur Gaza et la décimation de familles entières, en particulier en 2008-2009 et en 2014[1] ;
La répression de la Grande marche du retour, en 2018, au cours de laquelle les snipers israéliens, en plus de tuer 223 manifestants, ont pulvérisé des rotules à la chaîne ;
le meurtre d’Ahmad Erekat[1bis], en 2020, et tant d’autres exécutions sommaires ;
l’assassinat de la journaliste Shireen Abu-Akleh, en mai 2022, puis l’attaque de son convoi funéraire par la police israélienne, qui a presque renversé son cercueil (Abu-Akleh était chrétienne) [2] ;
Nora Sub Laban expulsée de sa maison de famille à Jérusalem, en juillet 2023, après des années de bataille judiciaire, et l’emménagement immédiat de colons qui ont jeté les meubles dans la rue et accroché des drapeaux israéliens aux fenêtres...
rien de tout cela – pour ne citer que quelques faits marquants – n’avait ému l’opinion ou la classe politique.
Absente au cours des années précédentes, l’émotion du grand public a déferlé comme une vague le 7 octobre, puis elle a aussitôt reflué, alors que la descente aux enfers définitive des Palestiniens commençait.
Que l’humanité et la sacralité de la vie ne soient accordées, sur un même territoire, qu’à une partie de la population est un scandale qui n’en finit plus de me bouleverser. Le découpage minutieux par lequel les médias et les dirigeants occidentaux distinguent les victimes dignes d’être pleurées de celles qui ne méritent pas une seconde d’attention me fait penser à ces vieilles photos de l’URSS sur lesquelles la censure effaçait soigneusement les contours des dignitaires tombés en disgrâce.
C’est d’autant plus révoltant que cela brouille totalement la réalité du rapport de forces. On en vient à avoir l’impression que ce ne sont pas les Palestiniens qui sont sous la botte, opprimés, dépossédés, expulsés et tués depuis des décennies, mais les Israéliens. Une amie qui a fait ses études en Allemagne me racontait qu’une autre étudiante lui avait un jour dit très sérieusement : « Tout de même, les Palestiniens ont envahi Israël. » D’où, aussi, les comparaisons aberrantes entre Israël et l’Ukraine – alors qu’Israël est dans le rôle de la Russie (à cette différence près que la Palestine, territoire occupé et morcelé, n’est pas un État souverain comme l’Ukraine).
Depuis un an, celles et ceux qui continuent de suivre la situation en Palestine, essentiellement à travers les journalistes palestiniens présents sur les réseaux sociaux, voient tous les jours des images qui leur retournent l’estomac. Tous les jours, tous les jours, tous les jours :
les immeubles pulvérisés ;
les enfants blessés allongés sur le sol d’un hôpital ;
les corps vivants ou morts coincés sous les décombres ;
les blessés dont les bras ou les jambes pendent, presque détachés du reste de leur corps ;
les cadavres alignés dans des linceuls, les proches hagards de douleur ;
la jubilation mauvaise des soldats israéliens pillant et saccageant les intérieurs de familles déplacées ou tuées ;
les enfants agonisants, squelettiques, en raison du blocus sur la nourriture et l’eau annoncé par le ministre de la défense israélien Yoav Gallant dès le 9 octobre 2023. Je reste aussi hantée par les images, vues à deux reprises, d’enfants au visage intact, mais à la boîte crânienne explosée, béante, complètement vide.
Et enfin, ce matin, les images insoutenables de Palestiniens prisonniers des flammes[3bis] après le bombardement d’abris de fortune installés dans la cour de l’hôpital Al-Aqsa.
Au cours de l’année écoulée, Israël a commis à Gaza l’équivalent d’un massacre du 7 octobre chaque semaine
▶️ En octobre, le journaliste Wael Al-Dahdouh apprenait en direct, pendant qu’il travaillait, la mort de sa femme et de deux de ses enfants (en décembre, il a vu son cameraman, Samer Abu Daqqa, mourir à ses côtés, puis, en janvier, il a perdu un autre fils, Hamza Al-Dahdouh, également journaliste).
▶️ En novembre, il y a eu la vieille femme tuée par un sniper alors qu’elle tenait la main de son petit-fils, le petit Taim Abd Al-Aati, qui agitait un drapeau blanc. Ce même mois, les cadavres décomposés des bébés prématurés de l’hôpital Al-Nasr, que le personnel a été forcé d’abandonner dans leurs couveuses par l’armée israélienne.
▶️ En janvier, le meurtre de Hind Rajab, six ans, qui a vu les siens mourir autour d’elle quand leur voiture a été prise pour cible par un char, et qui a supplié les secours de venir la sauver avant d’être à son tour tuée, de même que deux ambulanciers qui tentaient de l’atteindre. (En avril, les étudiants de l’université Columbia à New York, qui occupaient leur campus, ont renommé le Hamilton Hall « Hind’s Hall » en son honneur ; c’est également le titre que le rappeur américain Macklemore a donné à sa chanson en soutien au mouvement étudiant pour la Palestine.)
▶️ En février, le corps de Sidra Hassouna, petite fille de sept ans, accroché au mur sur lequel il avait été projeté par la déflagration. Le « massacre de la farine », quand l’armée israélienne a ouvert le feu sur les Palestiniens affamés par le blocus qui se pressaient autour d’un convoi d’aide alimentaire, tuant au moins 118 d’entre eux. À l’hôpital Nasser, un prisonnier, Jamal Abu Al-Ola, envoyé par les soldats, les mains liées, pour dire aux patients et au personnel d’évacuer, puis abattu sous les yeux de sa mère.
▶️ En mars, Razan Muneer Arafat, onze ans, dans un fauteuil roulant, pleurant à chaudes larmes ses jambes perdues.
▶️ En mai, le cadavre sans tête d’Ahmad Al-Najar, dix-huit mois, décapité quand l’armée israélienne a bombardé des tentes de personnes déplacées à Rafah, faisant quarante-cinq victimes, la plupart brûlées vives.
▶️ En juin, le massacre de Nuseirat, lorsque des soldats israéliens ont tué plus de 270 civils palestiniens pour libérer quatre otages – une opération fêtée comme un « grand succès » dans les chancelleries et les médias occidentaux.
▶️ En juillet, Muhammed Bhar, jeune homme atteint du syndrome de Down, déchiqueté par un chien de l’armée ; les soldats l’ont laissé agoniser, en empêchant ses proches de lui porter secours.
▶️ En août, le journaliste Ismail Al-Ghoul, dans sa voiture visée par un tir de drone, vêtu de son gilet « presse », la tête arrachée – tué avec son cameraman Rami Al-Rifi, ce qui portait alors à 165 le nombre de journalistes tués à Gaza en moins d’un an.
▶️ En septembre, un fœtus sanguinolent tiré des décombres d’un immeuble. Un père embrassant le pied arraché de sa petite fille – tout ce qu’il restait de son corps. Un soldat rigolard fumant une cigarette tandis qu’une mosquée brûle dans son dos. Une effarante accumulation de crimes de guerre, qu’Al-Jazeera a tenté de répertorier dans un documentaire récent [4].
🔴Au cours de l’année écoulée, selon les calculs de Joseph Confavreux dans un article de Mediapart, Israël a commis à Gaza l’équivalent d’un massacre du 7 octobre chaque semaine[5]. Et pourtant… Rien de tout cela ne semble s’être imprimé dans les esprits des gens autour de nous – pas plus que tout ce qui a précédé ne s’y était imprimé. Pour tout le monde, seul existe le massacre du 7 octobre en Israël.
Cette insensibilité explique la grossièreté de ces intervieweurs occidentaux qui reçoivent des Palestiniens endeuillés, ayant perdu plusieurs membres de leur famille (parfois des dizaines), et qui leur lancent d’un seul souffle : « Toutes mes condoléances, est-ce que vous condamnez le meurtre de civils par le Hamas ? ».
Un sommet d’obscénité a été atteint ce 7 octobre avec l’interview sur BFMTV du journaliste Rami Abou Jamous, qui témoigne chaque semaine sur Orient XXI de l’enfer qu’est devenu Gaza. Il n’a été interrogé que sur le Hamas et le 7 octobre[6]. On parle d’un homme épuisé et traumatisé, dont – pour ne citer qu’un exemple – la belle-sœur a été grièvement blessée par un quadricoptère (un petit drone) qui l’a poursuivie jusque sous sa tente de déplacée[7].
Arwa Mahdawi : « Les mêmes personnes qui nous sommaient de désavouer la violence salivent sur notre mort et célèbrent le meurtre à une échelle inimaginable » Au fil des mois, déjà, on avait pu mesurer l’ampleur du « deux poids, deux mesures ». Les massacres, les viols[8] : au vu de l’indignation générale soulevée, à juste titre, quand des Israélien·nes en ont été victimes, on avait pu en déduire, naïvement, que ces crimes étaient condamnables en eux-mêmes. Mais l’indifférence, voire l’approbation, rencontrées quand des Palestinien·nes en sont victimes à leur tour nous force à en déduire que ce qui est réellement terrifiant, ce n’est pas d’être violé·e, décapité·e, massacré·e : c’est de l’être par des Arabes. Les mêmes personnes qui s’étranglaient d’indignation à l’idée que le Hamas se soit attaqué à des civils reprennent sans sourciller la rhétorique raciste des « boucliers humains » ou des « victimes collatérales » concernant les morts palestiniens.
Des témoignages de viols au moyen de barres de métal brûlantes et d’autres objets émanent de la prison israélienne de Sde Teiman - information enterrée tout à la fin d’un article du New York Times [9]. Pourtant, quand, fin juillet, dix soldats ont été arrêtés pour avoir violé en réunion un prisonnier – lequel a été hospitalisé –, viol dont la vidéo a fuité, des manifestants d’extrême droite, parmi lesquels des ministres, ont pris d’assaut la prison pour les faire libérer.
Le ministre Itamar Ben-Gvir a clamé que tout était permis, même le viol, face à l’ennemi palestinien.
Son collègue Bezalel Smotrich a exigé une enquête, non pas sur le viol lui-même, mais sur la fuite de la vidéo.
Les soldats ont finalement été libérés, et l’un d’eux a été invité sur les plateaux de télévision pour se défendre [10].
L’idée selon laquelle les crimes du 7 octobre justifient une vengeance aveugle, cruelle, sans limite, sur toute une population (soit exactement ce qui était condamnable dans l’attaque du 7 octobre elle-même), a normalisé les discours sanguinaires, voire génocidaires. La Une jubilante du New York Post après l’attaque des bipeurs au Liban, alors que cette attaque a fait des milliers de victimes civiles, qui ont eu des bras, des yeux arrachés, au point que les hôpitaux libanais ont été débordés par l’afflux des blessés, l’illustre bien. De même que la décomplexion des appels au meurtre sur les plateaux de télévision français. « Qu’ils crèvent tous. Israël fait le travail de l’humanité ici », a par exemple osé déclarer Louis Sarkozy sur LCI le 26 septembre[10bis].
🔴« Nous, Palestiniens, n’avons pas le droit d’ouvrir nos bouches sans que quelqu’un nous demande de dénoncer la violence et de condamner le Hamas. Puis on nous ordonne de la fermer et de rester silencieux tandis que les mêmes personnes qui nous sommaient de désavouer la violence salivent sur notre mort et célèbrent le meurtre à une échelle inimaginable », écrit la journaliste palestinienne-américaine Arwa Mahdawi[11].
Lina Mounzer : « Nos quartiers ne sont pas des endroits où nous avons joué, grandi, élevé des enfants et rendu visite à des amis : ce sont des “ bastions ” » Une analyse de la presse américaine publiée par le média indépendant The Intercept en janvier dernier a montré que des termes chargés d’émotion, comme « massacre » ou « horrible », étaient réservés aux victimes israéliennes[12]. On observe le même phénomène dans la presse française, par exemple avec ce titre du Monde : « 7 octobre 2023 : une journée atroce, une année tragique » (5 octobre 2024 ; c’est moi qui souligne). L’atrocité, ce sont les crimes du Hamas, et eux seuls ; ce qui a suivi est simplement « tragique » – autrement dit : ce n’est réellement la faute de personne. L’analyse de The Intercept mettait aussi en lumière la façon dont les journaux américains multiplient les contorsions pour éviter de nommer le perpétrateur israélien, ce qui produit des titres en forme de haïkus étranges, dont l’insurpassable et énigmatique « Lives ended in Gaza[12bis] » – « Des vies ont pris fin à Gaza » –, dans le New York Times (2 mars 2024).
Ancienne responsable du bureau du New York Times à Jérusalem, Jodi Rudoren assume ce choix lexical : « Il y a eu un massacre le 7 octobre. Des atrocités ont été commises. Elles étaient barbares. La réponse a été… intense [sic], elle a impliqué beaucoup de mort, de destruction et de déplacement, mais je ne suis pas sûre que “massacre”, “atrocités” et “barbare” soient des termes appropriés, en tout cas pas pour la guerre dans son ensemble (…). Vous parlez de deux choses très différentes, qui nécessitent des adjectifs différents[13]. » Je l’avoue, ces mots, et la décontraction avec laquelle ils sont prononcés, me donnent envie de hurler.
🔴Le post du dessinateur libanais Mazen Kerbaj (ci-dessous 👇) traduit, je crois, l’état d’esprit de beaucoup.
Dans un article brillant, l’autrice libanaise Lina Mounzer a parfaitement décrit le désespoir que l’on peut ressentir devant ces yeux qu’aucune souffrance palestinienne ou libanaise ne semble assez grande pour dessiller. « Nos quartiers ne sont pas des endroits où nous avons joué, grandi, élevé des enfants et rendu visite à des amis : ce sont des “ bastions ”, écrit-elle. Les corps de nos hommes ne sont pas les poitrines bien-aimées contre lesquelles nous nous appuyons, ni les mains que nous tenions ou par lesquelles nous étions tenus, ni les bras forts qui nous portaient, ni les lèvres douces qui nous embrassaient pour nous souhaiter une bonne nuit. Ce sont des “ suspects ”, des “ militants ”, des “ terroristes ”, et leur mort est toujours justifiable parce qu’ils sont des hommes et nos hommes sont mauvais, et c’est comme ça que ça a toujours été, c’est comme ça que nous avons toujours été pour eux.[14] »
Elle observe : « L’Occident cherche à préserver l’image de sa propre humanité en effaçant complètement la nôtre. Comment peuvent-ils être coupables de meurtre si ceux qu’ils tuent ne sont que des “ terroristes ” ou des “ animaux humains ” ? En fait, non seulement ils ne sont pas coupables de meurtre, mais ils sont des héros qui nettoient le monde. Je ne sais pas quel langage il est possible d’employer avec des gens qui ne vous verront jamais comme un être humain. Qui entendront toujours un animal braire lorsque vous parlez.[14] »
Le soutien massif à Israël dans un paysage politique et médiatique français qui penche de plus en plus nettement vers l’extrême droite – une évolution très loin de se cantonner aux médias Bolloré – n’a guère de quoi étonner.Nous avons globalement quitté la normalité (si relative qu’elle ait pu être) : il faut rappeler que, depuis quelques mois, nous ne vivons plus en démocratie. Cela implique de s’exposer à quelques désagréments quand on a la mauvaise idée de vouloir plaider la cause des Palestiniens. Dernier cas en date : celui de Yannis Arab, doctorant en histoire et auteur de plusieurs ouvrages sur la Palestine, arrêté et perquisitionné par la gendarmerie le 8 octobre pour « apologie du terrorisme[14bis] ».
Pour ma part, j’y suis résignée. Ce que peuvent penser de moi des gens qui défendent un génocide m’est complètement indifférent. Ma seule préoccupation est désormais de ne pas décevoir ou trahir celles et ceux – chrétien·nes, juif·ves, musulman·es, athées ou croyant·es – dont je partage la sensibilité sur ce sujet. Comme l’écrit encore Lina Mounzer, le niveau de violence mis en œuvre par Israël dès octobre 2023 était « si bouleversant qu’il a immédiatement divisé le monde en deux : entre ceux qui savaient ce qui se passait et ceux qui le niaient ».
Les anglophones ont un acronyme pour cela : PEP, ou « progressive except for Palestine » – « progressiste, sauf sur la Palestine » Ce qui est réellement douloureux, cependant, c’est de se heurter aux mêmes préjugés, au même hermétisme, chez des journalistes et des personnalités de gauche, dont on se sent politiquement proche, que l’on estime, avec qui l’on est par ailleurs d’accord sur à peu près tout. Les anglophones ont un acronyme pour cela : PEP, ou « progressive except for Palestine » – « progressiste, sauf sur la Palestine».
Ainsi, dans une interview à Télérama, en avril, à l’occasion de la publication de son livre sur le choc du 7 octobre, l’avocat Arié Alimi expédiait en quatre lignes la question des agissements de l’armée israélienne à Gaza : « Soyons clairs, je suis aussi révolté par une forme d’insensibilité à ce qui est en train de se passer à Gaza ; par le fait qu’aujourd’hui, il y a un risque plausible de génocide – et de plus en plus de traces laissent penser qu’un jour cette qualification sera retenue [15][15bis]. » Pardon, mais si on pense sincèrement qu’un génocide risque de se dérouler, cela ne justifierait-il pas d’en faire son sujet principal ?
De même, plus récemment, dans sa critique du livre remarquable de Didier Fassin, Une étrange défaite, qu’elle disqualifie d’un « Bof », Valérie Lehoux reproche à l’auteur d’user de procédés malhonnêtes pour « mieux affirmer que le drame gazaoui est un génocide – il est tout à fait possible que la justice le reconnaisse un jour comme tel – qu’il est honteux de ne pas arrêter ». Elle aussi admet donc l’hypothèse d’un génocide… mais, à nouveau, entre tirets, sans en tirer aucune conséquence[16].Un génocide est donc moins grave qu’un massacre ?
La conviction profonde selon laquelle il est moins grave de s’en prendre à des colonisés qu’à des colons Autre exemple, qui me semble révélateur des hésitations d’une gauche par ailleurs impeccable sur tant de sujets.Dans l’article de Joseph Confavreux déjà cité plus haut, et par ailleurs excellent, quelques lignes me font sursauter : « Certes, d’un point de vue anthropologique, le théâtre de la cruauté déployé par le Hamas durant les massacres d’octobre dernier n’est pas similaire, terme à terme, avec les actes commis par l’armée israélienne depuis un an[16bis]. »
Je me frotte les yeux. Si la mutilation de dix enfants par jour en moyenne, les parents tués devant leurs enfants et inversement, l’agonie durant des heures ou des jours sous les décombres d’un immeuble (des milliers de cadavres y sont ensevelis), les enfants visés à la tête par des snipers [17], les civils désarmés poursuivis et pulvérisés par des tirs de drone, le fait de priver toute une population d’eau et de nourriture (mais aussi de produits d’hygiène, de sorte que les maladies de peau se propagent), de diffuser ses crimes de guerre sur TikTok avec des musiques entraînantes, ne relèvent pas également d’un « théâtre de la cruauté », et cette fois à l’échelle de tout un peuple, j’aimerais vraiment savoir comment il faut les qualifier.
Quelques jours après la parution de l’article, ce passage a été modifié. On lit désormais : « Les façons de mettre à mort, les projets plus larges dans lesquels les meurtres s’inscrivent, l’intentionnalité de tuer des civils, la volonté d’effrayer et/ou d’éliminer une population sont aussi à prendre en compte. Tout ne se mesure pas avec le décompte macabre des cadavres. » J’avoue que j’y perds mon latin. Faut-il en déduire que l’armée israélienne n’a pas de « projet plus large » ? Qu’elle n’a pas de volonté de « tuer des civils » ou « d’effrayer et/ou d’éliminer une population » ? Que tous ces crimes relèvent d’une touchante maladresse?
Difficile de ne pas déceler ici la conviction profonde selon laquelle il est moins grave de s’en prendre à des colonisés qu’à des colons. Cela me rappelle ce que m’avait raconté il y a quelques mois l’une de mes amies, qui est algérienne et qui enseigne dans une université américaine. Alors qu’elle évoquait le cas d’un colon violemment battu lors d’une révolte au XIXe siècle en Algérie, ses étudiants s’étaient mis à pousser des exclamations horrifiées. Exaspérée, elle leur avait lancé : « Mais enfin, je viens de vous parler d’enfumades[17bis] et d’autres atrocités, et vous n’avez pas bronché ! »
Une incapacité à renoncer à l’image vertueuse d’Israël L’indulgence irréelle manifestée envers l’armée israélienne procède aussi, je crois, d’une réticence persistante à renoncer à l’image d’Israël comme un État vertueux, peuplé de gens cultivés, progressistes, démocrates, humanistes, en refusant de voir que ces Israéliens, s’ils existent bien, sont aujourd’hui une toute petite minorité, dans un pays que des décennies de racisme institutionnalisé et d’impunité internationale ont mené au fanatisme, avant que le 7 octobre le radicalise encore davantage.
Ainsi, beaucoup de gens veulent croire que les manifestations parfois massives contre le gouvernement Netanyahou qui se déroulent en Israël ces temps-ci concernent aussi les crimes commis à Gaza, alors que ce n’est pas le cas. « Netanyahou est peut-être méprisé par la moitié de la population, mais sa guerre contre Gaza ne l’est pas, et, selon des sondages récents, une majorité substantielle d’Israéliens pensent que sa riposte est appropriée, voire qu’elle n’est pas allée assez loin », écrivait Adam Shatz en juin[18].
Partout s’exprime cette « obsession de la symétrie » que Joss Dray et Denis Sieffert pointaient déjà il y a plus de vingt ans[19].
Si on dit un peu de mal des Israéliens, alors on s’empresse d’en dire aussi des Palestiniens pour faire bonne mesure ;
Si on dit un peu de bien des Palestiniens, alors on s’empresse d’en dire aussi des Israéliens.
On ne manque pas de souligner qu’un deuil est toujours une tragédie, qu’une vie vaut une vie, que chaque vie est précieuse, que « les chiffres ne disent pas tout », en renvoyant à leur supposée mesquinerie ceux qui pointent la folle disproportion du bilan des victimes entre le camp de l’occupé et celui de l’occupant.
Est-il vraiment si difficile d’appeler à l’arrêt des massacres, au lieu d’aligner des propos creux sur « la valeur de chaque vie », « l’empathie » ou « la paix » ? Oui, bien sûr, sur le plan intime et privé, c’est vrai : un deuil est toujours une tragédie. Mais on ne devrait pas se servir de cette vérité pour occulter une réalité politique. Cette réalité n’est pas celle de « deux peuples qui se déchirent depuis très longtemps pour une même terre sans qu’on y comprenne grand-chose », comme on l’entend si souvent, mais celle d’un État qui pratique le nettoyage ethnique et le massacre depuis sa création, qui occupe un autre peuple militairement et qui s’emploie actuellement à le rayer de la surface de la Terre sans rencontrer aucun frein.
À l’heure où j’écris, le massacre continue imperturbablement à Gaza ;
la Cisjordanie est elle aussi à feu et à sang ;
le tourbillon de souffrances infligées à la Palestine s’étend au Liban ;
Israël bombarde Beyrouth, rase des villages entiers au Sud-Liban, attaque les casques bleus de l’ONU[19a].
Est-il vraiment si difficile d’appeler à l’arrêt de tout cela, au lieu d’aligner des propos creux sur « la valeur de chaque vie », « l’empathie » ou « la paix » ? Comme le rappelait Rob Grams, rédacteur en chef adjoint de la revue Frustration, sur X, l’empathie pour les otages israéliens est « tout à fait présente, médiatique, officielle. Celle pour les Palestiniens est criminalisée[19b]». Est-il si difficile de le souligner ? «Pourquoi Gaza a-t-elle disparu derrière des sophismes, des approximations, des murmures désolés ? », interroge à raison l’écrivain palestinien Karim Kattan[19c].
« Mourir en un seul morceau est devenu un luxe à Gaza » Même si l’on s’en tient au plan intime et privé, ces déclarations bien-pensantes négligent une autre différence de taille.
Les Israéliens qui ont perdu un proche l’année dernière ont la possibilité de vivre leur deuil, qui est respecté et partagé dans tout l’Occident et au-delà. (Même les soldats d’une armée génocidaire sont honorés dans les médias occidentaux comme des héros.).
Les Palestiniens, traumatisés par des deuils multiples, obligés d’assurer quotidiennement leur survie, n’en ont pas les moyens. Certains n’ont pas de corps à pleurer : leurs proches ont disparu dans une prison, ou sont restés ensevelis sous les décombres de leur immeuble. Parfois, ils sont contraints de rassembler leurs restes dans des sacs en plastique. (Cette année, on a aussi vu, en mars, le garçon qui transportait dans son sac à dos le corps de son petit frère[19d].)
Parmi les enfants rencontrés à Gaza par la journaliste et écrivaine Susan Abulhawa (toujours dans le documentaire d’Al-Jazeera), certains lui ont confié qu’ils voulaient mourir, mais qu’ils espéraient seulement rester entiers. « Mourir en un seul morceau est devenu un luxe à Gaza », confirme Mariam Mohammed Al Khateeb [20]. Le 25 septembre, l’armée israélienne – qui a par ailleurs ravagé plusieurs cimetières, à Gaza mais aussi au Liban – a envoyé à Gaza un camion contenant des dizaines de corps, sans aucun document permettant de les identifier. Les proclamations vertueuses sur la valeur égale des vies, auxquelles je n’ai rien à redire, me semblent un peu vaines si on ne commence pas par dénoncer cette situation.
L’Orient vu comme un espace abstrait, insignifiant, appropriable ; comme une annexe de la scène européenne L’image bienveillante d’Israël que conservent beaucoup de gens à gauche procède pour une large part du fait qu’ils transposent telle quelle la réalité de l’oppression historique subie par les juifs en Europe dans le contexte du Proche-Orient[21]. Par là, ils reproduisent à leur insu la désinvolture du rapport colonial à une terre étrangère, l’habitude de la traiter comme un espace abstrait, insignifiant, appropriable ; comme une annexe de la scène européenne.
C’est cette désinvolture qu’Edward Saïd, dans L’Orientalisme, mettait en exergue chez Lamartine lors de son voyage en Orient, entrepris en 1833. L’écrivain français envisageait ce voyage comme un « grand acte de [s]a vie intérieure » : il s’agissait de projeter des fantasmes, plutôt que de rencontrer une autre réalité. Saïd observe : « Ses pages sur la pensée arabe, sur laquelle il disserte avec une confiance suprême, ne laissent paraître aucune gêne quant à son ignorance totale de la langue. ».
Le voyageur s’enthousiasme : « Cette terre arabe est la terre des prodiges, tout y germe, et tout homme crédule ou fanatique peut y devenir prophète à son tour. » Il traite l’Orient comme une « province personnelle », selon les mots de Saïd, qui résume plus loin : « La Palestine était considérée – par Lamartine et par les premiers sionistes – comme un désert vide qui attendait de fleurir ; les habitants qu’il pouvait avoir n’étaient, pensait-on, que des nomades sans importance, sans véritable droit sur la terre et, par conséquent, sans réalité culturelle ou nationale. »
Après avoir toujours clamé que la Palestine n’existait pas, certains colons israéliens affirment aujourd’hui que « le Liban n’existe pas[21bis] » et rêvent d’y implanter des colonies. L’automne dernier, peu après le 7 octobre, j’ai encore été effarée par la façon dont des gens pouvaient discuter, sur X, du pays arabe où il conviendrait d’expulser les Palestiniens. Il ne leur venait pas à l’idée, visiblement, que les Palestiniens étaient chez eux sur leur terre. Cela me donnait une furieuse envie d’envoyer mes interlocuteurs vivre sous une tente dans une banlieue de Turin ou de Copenhague – au hasard ; après tout, tous ces gens sont des Européens, ce sont plus ou moins les mêmes, non ?
Croire qu’on peut réparer l’écrasement d’un peuple en cautionnant l’écrasement d’un autre
Ainsi, en espérant réparer l’écrasement d’un peuple, nos amis de gauche pro-israéliens cautionnent, sans même s’en apercevoir, l’écrasement d’un autre. Dans un livre saisissant, l’universitaire américain d’origine palestinienne Saree Makdisi souligne ce fait qui dit tout : depuis le Mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, dédié aux victimes de la Shoah, on aperçoit les ruines du village palestinien de Deir Yassin, théâtre d’un massacre en avril 1948, lors de la fondation de l’État d’Israël, qui vit l’expulsion de quelque 750 000 Palestiniens[22] – la Nakba, ou « catastrophe », toujours en cours, aujourd’hui plus que jamais.
« Si des juifs avaient simplement voulu vivre en Palestine, cela n’aurait pas été un problème, écrivait soixante-dix ans après, en 2018, la juriste palestinienne-américaine Noura Erakat. En fait, juifs, musulmans et chrétiens avaient coexisté pendant des siècles dans tout le Moyen-Orient. Mais les sionistes voulaient la souveraineté sur une terre où d’autres gens vivaient. Leur ambition requérait non seulement la dépossession et le déplacement des Palestiniens en 1948, mais aussi leur exil forcé, leur effacement juridique et le déni qu’ils aient jamais existé[23]. ».
Comme le remarque Saree Makdisi, les innombrables élus démocrates américains qui clament leur attachement à un État « juif et démocratique » oublient – ou feignent d’oublier – la contradiction contenue dans cette formule :
soit Israël est un État juif, qui, pour se maintenir comme tel, doit opprimer, expulser, tuer, et dans ce cas il n’a rien de démocratique ;
soit il est réellement démocratique, et alors il doit accorder les mêmes droits et les mêmes libertés aux populations musulmanes et chrétiennes présentes sur son sol.
La forêt plantée pour dissimuler les ruines du village palestinien de Saffourieh, détruit en 1948 lors de la Nakba. Photo : Jason Bechtel, Interface Peace-Builders, 2010
Si la vision vertueuse d’Israël persiste à gauche, c’est aussi en raison des stratégies de relations publiques mises en œuvre par cet État afin de dissimuler son racisme structurel, que détaille Saree Makdisi dans son livre. Il raconte notamment comment, dès 1948, sous l’égide du Fonds national juif (FNJ), Israël a planté des arbres afin de recouvrir les ruines des villages palestiniens détruits – stratégie qui continue aujourd’hui avec les villages bédouins dans le Néguev.
Kamala Harris en 2017 : « Quand je me suis rendue en Israël pour la première fois, j’ai vu que l’ingéniosité israélienne avait réellement fait fleurir le désert » Le paysage naturel palestinien, avec ses oliviers, ses figuiers de barbarie et ses citronniers, a été éradiqué à coup d’herbicides et remplacé par des monocultures de conifères qui donnent à certains lieux des allures de paysage alpin. Depuis 1967, environ 800 000 oliviers ont été déracinés sur les territoires occupés cette année-là (ces derniers temps, cependant, la tendance est à l’appropriation plutôt qu’à la destruction[24]. Et quand un hôte de marque arrive dans le pays, on l’invite à planter un arbre : un geste pacifiste, écologiste, humaniste, dont personne ne songerait à questionner l’innocence.
C’est peu dire que cette stratégie de séduction fonctionne. En 2017, lors d’une conférence de l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), Kamala Harris déclarait : « Ayant grandi dans la baie de San Francisco, je me souviens avec tendresse de ces boîtes du Fonds national juif que nous utilisions pour collecter les dons afin de planter des arbres pour Israël. Des années plus tard, quand je me suis rendue en Israël pour la première fois, j’ai vu les fruits de ces efforts, et que l’ingéniosité israélienne a réellement fait fleurir le désert. »
14/05/2018. Inauguration ambassade USA à Jérusalem
Le livre de Saree Makdisi vient de paraître[22], mais il a été écrit avant le 7 octobre 2023. Dans sa conclusion, l’auteur observe que, « à l’époque des Trump, Bolsonaro, Duterte, Modi et cie », les autorités israéliennes semblent estimer qu’elles peuvent abandonner leurs campagnes de communication destinées à se concilier le public occidental progressiste, et assumer désormais ouvertement leur racisme. Ce que confirment les bonnes relations entre Netanyahou et Trump – qui, durant son mandat, fit déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem[24bis], un geste hautement symbolique.
De fait, en persistant dans leur soutien à Israël, Joe Biden et Kamala Harris ignorent le tournant pro-palestinien de plus en plus marqué qui s’opère dans l’électorat démocrate, tandis que la droite, et en particulier la droite évangélique, violemment islamophobe (et antisémite !), s’affirme, elle, comme fanatiquement pro-israélienne. Il est dommage, alors, que tant de progressistes français s’accrochent encore à leur sympathie pour Israël. Sympathie qui est d’ailleurs le pire service à rendre y compris à Israël lui-même, enfermé dans une spirale sans issue de haine et de folie destructrice.
« Nous avons découvert l’étendue de notre déshumanisation, à tel point qu’il n’est plus possible de fonctionner dans le monde de la même façon » Cela ne m’amuse pas particulièrement de critiquer mes amis politiques. Mais je le fais parce que je crois que nous avons besoin de serrer les rangs.Le génocide en Palestine opère aussi comme une scène sur laquelle se joue, par procuration, le passage à l’acte d’un racisme anti-Arabes qui travaille à peu près toutes les sociétés occidentales. Avec l’afflux de doubles nationaux dans l’armée israélienne[25], la Palestine semble être devenue le stand de tir de tous les islamophobes de la Terre. En soutenant le carnage (ce génocide est américain au moins autant qu’israélien), les dirigeants occidentaux envoient aussi un clair message d’abandon, pour ne pas dire plus, à leurs citoyens d’origine arabe.
« Le niveau de traumatisme créé chez les Palestiniens-Américains par la normalisation du meurtre de leurs proches a laissé une communauté en lambeaux », écrit le journaliste Azad Essa[26]. « C’est comme être dans une relation abusive avec le monde », témoigne Nada al-Hanooti, qui vit à Dearborn, la ville américaine (dans le Michigan) où cette communauté est le plus présente[27]. Lina Mounzer lui fait écho : « Demandez à n’importe quel·le Arabe quelle prise de conscience a été la plus douloureuse cette année, et il ou elle vous répondra : nous avons découvert l’étendue de notre déshumanisation, à tel point qu’il n’est plus possible de fonctionner dans le monde de la même façon[28]. »
🔴La hantise de beaucoup – et notamment de Francesca Albanese[29], la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens – semble être que la violence déchaînée, en plus de détruire la Palestine, ne s’arrête ni aux limites de ce territoire, ni à celles des communautés arabes. La légitimation d’un tel degré de barbarie devrait inquiéter tout le monde. Et rend d’autant plus urgente une clarification des positions de la gauche.
Le film de montage d'Aymeric Caron, député France insoumise, diffusé à l'Assemblée nationale le 29 mai dernier (avant la dissolution)
« Ce film est écrasant, effroyable… Voilà ce qu’est vraiment la supposée “ guerre contre le Hamas ”.
Cette réalité terrible doit être montrée crûment. Il est bon que ce film puisse être vu.
On aimerait qu’il soit vu en Israël. » Rony Brauman (Médecin, essayiste, ex-président de Médecins Sans Frontières)
Le film vu par les Mutins de Pangée Attention, si vous décidez d’appuyer sur le bouton de lecture, vous ne sortirez pas indemne de ce visionnage. Personne n’a envie de voir des images aussi effroyables, mais elles témoignent de ce qui se passe à Gaza depuis l’attaque du 7 octobre 2023.
🔴Un cauchemar « C’est un rêve ou une réalité ? » demande une petite fille abasourdie par ses blessures. C’est un cauchemar, sans aucun doute, et rien ne peut le justifier, ni les crimes du 7 octobre ni la détention des otages israéliens par le Hamas. Condamner tous les crimes du 7 octobre, d’avant et d’après, condamner l’antisémitisme et toutes les formes de racisme, c’est le sens commun. Il semble cependant qu’il faille le préciser. Toute personne normalement constituée souhaite que les otages survivants puissent un jour retrouver leurs familles et que s’arrête immédiatement le massacre à Gaza. Mais aller jusqu’au bout de la démarche, c’est voir les choses en face, voir ce qui se passe à Gaza depuis le 7 octobre, ce que fait l’armée israélienne, ce que ne montrent pas les chaînes de télévision.
🔴Des journalistes documentent Reporters Sans Frontières a dénoncé la mort d’une centaine de journalistes, tués à Gaza par l’armée israélienne entre le 7 octobre 2023 et début juin 2024, souvent délibérément ciblés, comme l’ont été des soignants et du personnel humanitaire, parmi les dizaines de milliers de gens bombardés ou visés par des snipers, mutilés, déplacés, affamés, harcelés, torturés, des familles entièrement décimées (dont au moins 40 % sont des enfants), dans leurs habitations, dans la rue, dans des écoles, dans des hôpitaux, dans des ambulances, dans des camps de réfugiés… Le bilan s’alourdit en permanence, il est mis à jour par les ONG. L’Unicef alertait dès le début : « La bande de Gaza est aujourd’hui l’endroit le plus dangereux au monde pour un enfant. » (voir site de l'Unicef[1])
Ce film de montage a été réalisé par le journaliste et député Aymeric Caron avec l’aide d’une équipe, qui a identifié, trié et daté ces images, contacté des journalistes sur place. Sans autres commentaires que les titres et légendes qui datent et donnent les sources des images envoyées depuis Gaza comme des bouteilles à la mer par des filmeurs et des filmeuses, journalistes qui continuent à travailler dans des conditions terribles alors qu’aucun de leurs collègues étrangers n’est autorisé à entrer dans cette zone de crime de 360 km2. Leurs images se percutent avec des prises de paroles israéliennes, officielles et dissidentes, ainsi que des vidéos postées sur les réseaux par des soldats israéliens.
Le film contient beaucoup d’images du journaliste palestinien Motaz Azaiza, aujourd’hui en exil, et qui vient de recevoir le prix Liberté à Caen, décerné par la région Normandie avec l’Institut international des droits de l’homme et de la paix (Le Monde, 17 juin 2024[2])
🔴Une première séance à l’Assemblée nationale Le député Aymeric Caron a d’abord organisé une séance à l’Assemblée nationale pour ses collègues de tous les groupes parlementaires, le 29 mai dernier[3]. Seulement 17 députés ont assisté à cette projection, quelques journalistes étaient présents. Aymeric Caron a alors précisé qu’il souhaitait mettre son film « à disposition de tous ceux qui veulent le voir ». Nous l’avons aussitôt contacté pour en parler. Nous nous sommes bien sûr demandé s’il fallait vous montrer ces images sur CinéMutins. Après réflexions, discussions, consultations, nous avons voulu vous laisser la libre décision de visionner ce film (ou pas), en libre accès, après vous avoir averti de la nature de ces images, le réalisateur ayant ajouté un carton au début du film.
🔴Un film qu’on voudrait voir s’arrêter Préalablement, il a fallu donc visionner le film et nous l’avons jugé terrible, insoutenable… mais nécessaire. Car, au-delà de tous les discours et de « la guerre des mots » qui montrent le visage assez délirant de l’environnement politico-médiatique dans lequel on baigne en France, ces images documentent les crimes de guerre perpétrés, dans une démocratie, par l’autoproclamée « armée la plus morale du monde ». Des crimes commis avec des armes fournies en grande partie par les États-Unis et l’Union européenne, l’Allemagne surtout et même la France comme l’ont révélé Disclose et Marsactu en mars 2024 (en savoir plus[4]).
Dès les premières minutes de visionnage, on voudrait que le film s’arrête, que ça cesse immédiatement… que cessent les crimes, que cesse le feu, que tout ça n’ait jamais existé.
🔴Qui peut encore nier ou justifier ces crimes après avoir vu ces images ?
Nous ne trouvons pas les mots à opposer à la mauvaise foi où le poids d’une photo ne pèse plus bien lourd au milieu de la masse d’images qu’il faut digérer chaque jour, où les réalités sont niées avec aplomb, voire même, carrément justifiées ouvertement avec mépris, insultes et menaces, par des criminels de guerre et leurs complices, qui osent salir les morts qu’ils engendrent, mais aussi la mémoire des victimes de l’antisémitisme dans l’histoire, en usant de cette grave accusation à tous propos dans le but de faire taire toute contestation. Ces images témoignent pour que ça cesse, avant tout.Face à ceux qui continuent à soutenir ces crimes, face aux discours de haine, de vengeance et de déshumanisation, plutôt que de se laisser entrainer dans une forme de surenchère verbale, nous préférons opposer ce miroir sans tain. Bon courage.
Faut-il traiter d’antisémites et condamner ces huit rescapés des camps d’extermination pour leurs comparaisons entre les politiques sionistes et celles des Nazis ? Chris Knight, anthropologiste et militant britannique pose la question, en publiant les citations ci-dessous.
Marika Sherwood, survivante du ghetto de Budapest.
« (...) Peu de temps après (en 1956), j’ai appris que les Israéliens rassemblaient les Palestiniens dans des camps de concentration. Je ne pouvais pas y croire. Les Israéliens n’étaient-ils pas des Juifs ? Ne venions-nous/ne venaient-ils pas de survivre au plus grand pogrom de notre histoire ? Les camps de concentration – souvent appelés par euphémisme, « colonies de peuplement » - n’étaient-ils pas la principale caractéristique de ce pogrom ? Comment ces Juifs israéliens pouvaient-ils opprimer d’autres gens ? Dans mon imagination de romantique, les Juifs d’Israël étaient des socialistes, des gens qui discernaient le bien du mal. C’était manifestement inacceptable. J’avais l’impression qu’on m’avait laissé tomber, comme si on m’avait volé une partie de ce que je pensais être mon héritage. …
Il me faut dire au gouvernement israélien qui prétend parler au nom de tous les Juifs, qu’il ne parle pas en mon nom. Je ne garderai pas le silence face à la tentative d’annihilation des Palestiniens, la vente d’armes aux régimes répressifs partout dans le monde et la tentative d’étouffer la critique d’Israël dans les médias au niveau mondial, quand on voit ce gouvernement remuer le couteau dans la plaie - traduisons ‘ culpabilité ’ - afin d’obtenir des concessions économiques de la part des pays occidentaux. Naturellement, la position géopolitique d’Israël a une incidence grandissante en ce moment. J’empêche Israël de confondre les termes « antisémite » et « antisioniste » : On ne peut pas laisser passer ça."
🔴 Dr. Marika Sherwood, ‘ How I became an anti-Israel Jew ’ (Voilà comment je suis devenue une Juive anti-Israël), Middle East Monitor, 7/3/18[0]...Je ne suis pas antisémite, mais je suis antisioniste[1]
Israël Shahak, survivant du ghetto de Varsovie et du camp de concentration de Bergen-Belsen.
« Pour survivre, Israël doit renoncer au désir de domination. Il deviendra alors un bien meilleur pays pour les Juifs eux-mêmes.En Israël, beaucoup comparent aisément le pays avec l’Allemagne. Non seulement l’Allemagne d’Hitler et des Nazis, mais aussi l’ancien Empire germanique voulait dominer l’Europe. Ce qui s’est passé au Japon, après l’attaque contre la Chine, c’est qu’ils voulaient dominer une vaste zone de l’Asie. Lorsque l’Allemagne et le Japon renoncèrent à leur souhait de domination, ils devinrent des sociétés bien plus sympathiques pour les Japonais et les Allemands eux-mêmes. "
🔴 Dr. Israel Shahak, Middle East Policy Journal, été 1989, no.29[2]... " Le racisme de l'état d'Israël " aux éditions Guy Authier[3]
Hajo Meyer, était un survivant d’Auschwitz.
« Ça me fait mal d’observer les parallèles entre mes expériences dans l’Allemagne d’avant 1939 et celles que souffrent les Palestiniens de nos jours. Je ne peux pas m’empêcher d’entendre les échos nazis de « sang et sol », dans la rhétorique des colons fondamentalistes, qui revendiquent le droit sacré à toutes les terres de la Judée-Samarie biblique.
Les divers aspects de punition collective infligée au peuple Palestinien – ghettoïsation forcée derrière un « mur de sécurité », destruction de maisons au bulldozer, déprédation de champs, bombardement d’écoles, de mosquées et d’édifices gouvernementaux, blocus économique qui prive les gens d’eau, de nourriture, de médicaments, d’éducation et de nécessités de base pour survivre dans la dignité – tout ceci me pousse à me rappeler les privations et les humiliations dont j’ai fait l’expérience dans ma jeunesse. Toutes ces oppressions qui durent depuis un siècle, signifient des souffrances inimaginables pour les Palestiniens. »
🔴 Dr. Hajo Meyer, ‘ An Ethical Tradition Betrayed ’, Huffington Post, 27/1/10[4].
Gabor Mate, survivant du Ghetto de Budapest.
« Jeune homme élevé à Budapest, enfant qui avait survécu au génocide nazi, j’ai été hanté pendant des années par une question qui résonnait dans ma tête avec une telle force que, parfois, elle tournait : ‘ Comment cela fut-il possible ? Comment le monde permit-il de telles horreurs ? ’ Question naïve d’un enfant. Maintenant, j’en sais plus : La réalité est là. Que ce soit au Vietnam, au Rwanda ou en Syrie, l’humanité demeure les bras croisés, complice, inconsciente ou impuissante, comme toujours. À Gaza en ce moment, on trouve le moyen de justifier le bombardement des hôpitaux, l’extermination de familles en train de manger, le meurtre de jeunes qui jouent au foot sur une plage… On ne peut pas comprendre Gaza hors contexte, c’est à dire le nettoyage ethnique continu, le plus long de tous, du siècle dernier et du présent, la tentative continue de détruire la nation palestinienne.Les Palestiniens utilisent des tunnels ? Mes héros de même : les combattants mal équipés du Ghetto de Varsovie. Contrairement à Israël, les Palestiniens n’ont ni hélicoptères Apache, ni drones télécommandés, avions de combat chargés de bombes, artillerie laser : Avec leur défiance inefficace, ils lancent des roquettes primitives qui provoquent de la terreur pour des civils innocents israéliens, mais rarement des blessures. Vu l’énorme inégalité de forces, il n’existe aucun parallèle de culpabilité. …
Qu’allons-nous donc faire, nous, gens ordinaires ? Je prie qu’on écoute notre cœur. Le mien me dit que ‘ plus jamais ça ’ n’est pas une expression exclusive : Le meurtre de mes grands-parents à Auschwitz ne justifie pas la dépossession incessante des Palestiniens. La justice, la vérité, la paix, ce n’est pas l’apanage d’une seule tribu. Le ‘ droit d’Israël à se défendre ’ - indiscutable en principe – ne justifie pas l’extermination de masse. »
🔴 Dr. Gabor Mate, ‘ Beautiful Dream of Israel has become a Nightmare ’ (Le Beau Rêve d’Israël s’est transformé en Cauchemar), Toronto Star, 22/7/14[5].
Marek Edelman, était un survivant du Ghetto de Varsovie et un des chefs du soulèvement du Ghetto.
« Pendant la guerre, nous, on n’aurait jamais pensé que les Sionistes restaient volontairement passifs quant à la destruction des Juifs, afin de mieux justifier la fondation de l’état d’Israël… Mais de nos jours, même les historiens reconnus s’expriment à haute voix sur la façon dont certains Sionistes installés en Palestine exploitaient politiquement l’Holocauste ! … Le premier chef du gouvernement israélien, Ben Gourion estimait que, plus ça irait mal pour les Juifs d’Europe, plus ça irait mieux pour Israël. Il a mis ce projet en œuvre… Ben Gourion s’est lavé les mains de la Diaspora… Dès la conférence du parti Mapai en décembre 1942, il a déclaré que la tragédie des Juifs d’Europe ne les concernait pas - lui et ses associés – directement. C’étaient les paroles d’un chef qui était d’accord pour sacrifier la vie de millions de Juifs pour élaborer un état juif. Je ne dis pas qu’il aurait pu sauver des milliers d’êtres humains, mais il aurait pu combattre pour ces milliers de gens. Il s’en est abstenu. J’ignore si c’était voulu. »
🔴Dr Marek Edelman, 2016. Being On the Right Side : Everyone in the Ghetto Was a Hero (Du Bon Côté : Dans le Ghetto, Ils étaient tous des Héros), pages 223, 448[6].
Zeev Sternell, survivant du ghetto de Przemysl, en Pologne.
« La gauche n’est plus capable de maîtriser l’ultra-nationalisme qui s’est développé ici, en Israël – le genre dont la branche européenne a contribué à éliminer presque tous les Juifs européens. Les entretiens que Ravit Hecht du Haaretz a effectués avec les politiques de la droite israélienne, Smotrich et Zohar, (les 3 décembre 2016 et 28 octobre 2017) devraient être distribués dans tous les médias, en Israël et partout dans le monde juif. On voit en eux non seulement un fascisme israélien grandissant, mais aussi un racisme qui ressemble au Nazisme dans son enfance.
Comme toute idéologie, la théorie raciale nazie s’est développée au cours des années. Au début, elle a uniquement privé les Juifs de leurs droits civils et humains. Il est possible que, sans la Seconde Guerre Mondiale, le ‘ problème juif ’ se fût terminé simplement avec l’expulsion ‘ volontaire ’ des Juifs des terres du Reich. Après tout, la plupart des Juifs d’Autriche et d’Allemagne ont pu partir à temps. Il est possible que ce soit un avenir à prévoir pour les Palestiniens. » :
🔴Prof. Zeev Sternhell, ‘ Opinion in Israel, Growing Fascism and a Racism Akin to Early Nazism ’, Haaretz, 19/1/18[7].
Primo Levi était un survivant d’Auschwitz.
« En ce qui concerne le Premier Ministre Menachem Begin, ‘ Fasciste ’ est une définition pour moi acceptable. À mon avis, même Begin serait d’accord. C’était l’élève de Jabotinsky, qui représentait l’aile droite du Sionisme et qui se disait fasciste. C’était l’un des interlocuteurs de Mussolini. Assurément, Begin était son élève. Voilà toute l’histoire de Begin…. L’Holocauste est la défense préférée de Begin : Je n’y attribue aucune validité. »
🔴Primo Levi, The Voice of Memory : Primo Levi Interviews (La voix de la Mémoire : Entretiens avec Primo Levi), 1961-1987, pp. 285-286. La citation date de 1982[8].
Rudolf Vrba, survivant de Majdanek et d’Auschwitz
Il s’est évadé d’Auschwitz en 1944[9], pour prévenir les Juifs hongrois au sujet du programme nazi d’extermination. Malheureusement, certains chefs sionistes pensaient différemment.
« Le mouvement sioniste européen a joué un rôle très important dans l’extermination de masse des Juifs. Je crois vraiment que, sans la coopération des Sionistes, ça aurait été une tâche bien plus difficile…. Les Sionistes disaient que nous ne sommes pas tchécoslovaques, ni allemands ni français : Nous sommes juifs et nous devons, en tant que juifs, retourner dans notre pays, en Israël ou Palestine, et fonder notre état. …
S’ensuivit la Loi de Nuremberg, loi divulguée par un État dit civilisé – l’Allemagne nazie – qui affirmait que les Juifs ne faisaient pas partie de l’Europe, mais de la Palestine…Donc, ensemble, le Nazisme et le Sionisme partageaient la même chose : Ils proclamaient tous les deux que les Juifs n’appartiennent pas à l’Europe, mais à la Palestine. …
Donc, naturellement, les Allemands ont dit aux Sionistes : ‘ Vous voyez, les Juifs ne nous font peut-être pas confiance, mais ils vous croiront ’, car ils ont compris qu’on leur avait, en fait, dit la vérité : que vous faites partie de la Palestine, que vous êtes ici des étrangers ’. … C’est comme cela qu’une clique sioniste, a formé les conseils juifs (appelés ‘ Judenräte ’) pour " gérer les affaires juives ", soutenue par l’argent d’hommes d’affaires juifs importants, prêts à tolérer la discrimination contre l’ensemble de la population juive qui n’était ni riche, ni sioniste – qui tout simplement, ne faisait pas partie de la clique. …
Par conséquent, :
je ne me fiais pas à eux, malgré le fait que les Nazis leur avaient donné des droits, suite aux lois de Nuremberg. Je les jugeais fascistes, tout simplement, dès le début, créatures méprisables qui s’associent aux fascistes et qui en bénéficient, ne subissant pas la discrimination infligée aux autres. …
Je n’avais pas plus confiance dans les Nazis que dans les conseils juifs sionistes. Assurément, je me suis rendu compte que les Sionistes et les Nazis sont mes ennemis à part égale : Tous les deux, ils veulent me faire partir avec 25 kilos de bagages, vers un endroit inconnu, et laisser ma mère chez elle, sans défense. …
Les jeunes, piliers de la résistance, ont toujours entre 16 et 30 ans. Chaque soldat sait qu’ils sont les meilleurs éléments pour le combat. … J’étais sidéré par le fait que les Sionistes qui se disaient protecteurs des Juifs, avaient décidé en premier lieu, de laisser partir un groupe de résistants potentiels qui, en dernier lieu, pourraient protéger les familles, en employant la force, si nécessaire.… « Je suis juif. Toutefois – plutôt à cause de cela – j’accuse certains chefs juifs d’une des actions les plus horribles de la guerre. »
Ce petit groupe de collaborateurs savait ce qui se passait dans les chambres à gaz d’Hitler et ont sauvé leur propre vie en achetant leur silence. Parmi eux, se trouvait le Docteur Rudolf Kastner, à la tête du conseil qui parlait au nom de tous les Juifs hongrois…
Prisonnier numéro 44070 à Auschwitz – numéro resté sur mon bras – j’ai calculé minutieusement les statistiques des exterminations … J’ai emporté ces affreuses statistiques lors de mon évasion en 1944, et j’ai pu prévenir les chefs sionistes hongrois trois semaines à l’avance qu’Eichmann avait l’intention d’envoyer un million de leurs Juifs dans ses chambres à gaz. … Kastner est allé dire à Eichmann : ‘ Je connais vos projets. Sauvez des Juifs que je pourrais choisir, et je me tairai. ’ Non seulement Eichmann a accepté, mais il a déguisé Kastner en S.S. et l’a emmené à Belsen pour chercher certains de ses amis. Et ce marchandage ne s’en est pas arrêté là.
Kastner a payé Eichmann plusieurs milliers de dollars. Avec cette petite fortune, Eichmann a pu acheter sa liberté lors de la défaite de l’Allemagne, et s’installer en Argentine… »
« Pourquoi le Docteur Kastner a-t-il trahi les siens, alors qu’il aurait pu en sauver beaucoup en les prévenant, en leur donnant l’occasion de se battre, d’organiser un deuxième ‘Soulèvement de Varsovie’ – ce que craignait Eichmann ? …
Était-il donc possible que l’humeur défaitiste du Docteur Kastner ait été renforcée par le souvenir des paroles prononcées par le Docteur Chaim Weizmann, premier président d’Israël, lorsqu’il a parlé à un congrès sioniste à Londres en 1937 ?
Voici très précisément le discours de Chaim Weizmann : " J’ai dit à la Commission royale britannique que les espoirs des six millions de Juifs d’Europe visaient l’émigration. On m’a demandé : ‘ Pouvez-vous emmener six millions de Juifs en Palestine ? ’ J’ai répondu que non. Les vieux disparaitront. Les autres subiront ou non leur destin. Ils ne sont que poussière, économique et morale, dans un monde cruel … seule une partie survivra … Ils devaient l’accepter. … S’ils voient les choses et souffrent, ils trouveront leur voie - Beacharit Hayamim [‘Lorsque viendra le Messie, tous les morts ressusciteront’] – quand viendra le temps … Je souhaite que soit préservée notre unité nationale, car c’est tout ce que nous possédons. "
‘ Seule une branche survivra …’. Kastner, comme Hitler, croyait-il en une race supérieure, une nation juive formée d’élites, pour les élites, par les élites ?
Était-ce sa façon d’interpréter le sombre discours du Docteur Chaim Weizmann ?
Dans l’affirmative, qui allait choisir la branche ?
Qui allait décider quels grains constitueraient le tas de poussière économique, dont le destin serait d’attendre la venue du Messie ? …
Ma famille, je suppose, était la poussière qui allait être balayée jusque dans les fours par les Nazis qui utilisaient les chefs juifs comme balais … »
🔴 "Oral history interview with Rudolf Vrba’ , World at War TV Series (Un Monde en Guerre, série télévisée), de 1972. Première partie. Passages de 32/45 minutes).
🔴 Dr. Rudolf Vrba, Daily Herald, février 1961 (tiré du livre de Ben Hecht, Perfidy - publié en 1962 - p. 231).
🔴 Dr. Rudolf Vrba, I Escaped from Auschwitz (Je me suis évadé d’Auschwitz) [2002], pp. 281-2.
🔴 Les opinions de Rudolf Vrba étaient toujours sujets à controverse, mais même les journaux sionistes tels que le ‘Jewish News’, (15/12/16) et le ‘Jerusalem Post’, (16/2/17) ont, ces dernières années, publié de sérieuses critiques du rôle de Kastner dans l’Holocauste. Pour en savoir plus sur toute cette controverse, voir : Tony Greenstein, Weekly Worker, (1/6/17) et Ruth Linn, ‘Rudolf Vrba and the Auschwitz Reports : Conflicting Historical Interpretations’ (2011) .
" L’un des aspects les plus inquiétants de la définition de l’Holocauste par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, c’est la suggestion que, si l’on compare la politique israélienne actuelle à celle des Nazis, c’est forcément de l’antisémitisme. Il est vrai que de telles comparaisons sont parfois grossières et sans fondement historique, mais dans la plupart des cas, il semble exagéré de l’attribuer à de l’antisémitisme, même si on n’est pas toujours d’accord avec la conclusion", conclut Chris Knight. (Dulwich et West Norwood CLP : circonscription électorale du Parti travailliste).
[9] Rudolf Vrba, né sous le nom de Walter Rosenberg, (11 septembre 1924 à Topoľčany, Slovaquie - 27 mars 2006 à Vancouver, Canada), est un des seuls Juifs à s'être évadé du camp d'Auschwitz. Interné dans le camp de concentration en juin 1942, il est témoin de l'extermination en masse des Juifs à Auzchwitz-Birkenau
Le Collectif Boycott Apartheid Israël promeut le boycott comme une arme politique, citoyenne et non-violente, pour faire pression sur le gouvernement israélien jusqu'à ce que cesse la politique de colonisation et d'apartheid imposées aux palestinien.
En 2005, 172 organisations de la société palestinienne lançaient un appel à une campagne de Boycott, Désinvestissement et de Sanctions (BDS[1])contre Israël. L’appel fixe trois objectifs : la fi n de l’occupation et de la colonisation de la Palestine, l’égalité des droits pour les Palestiniens d’Israël et l’application du droit au retour pour les réfugiés. L’AFPS[2] a souscrit à cet appel.
Ci-après une liste de produits, de services et d’entreprises que l’AFPS encourage à boycotter en raison de leurs liens avérés avec le régime d’apartheid israélien et les crimes qu’il commet à l’encontre du peuple palestinien. Cette liste n’est pas exhaustive.
Ces actions de boycott constituent un moyen essentiel pour exprimer notre indignation et notre refus face à l’horreur du génocide en train d’être commis à Gaza et dans toute la Palestine occupée. Ces actions doivent être poursuivies jusqu’à ce que les entreprises visées mettent un terme effectif à leur complicité.
Source :Eric Durand | mis à jour le 27/09/2025
🔴Boycotter Israël, c’est refuser l’apartheid et le génocide à Gaza.
👉 Vérifiez vos achats : les codes-barres commençant par 729 = produits israéliens. Comme le gouvernement Français, ne soyons pas complices, organisons le boycott. #BDSIsrael
L’antériorité de l’adhésion à l’OTAN sur l’adhésion à l’UE démontre que les pays candidats ne voient cette dernière que comme le pendant politico-économique de la première
L’hypothétique « convergence » risque de prendre encore des décennies, surtout en cas de nouvel élargissement
Tous les États membres devront payer davantage et recevoir moins...
La guerre en Ukraine a relancé le processus d’élargissement de l’UE vers l’Est et les Balkans à un rythme effréné. Motivée par des raisons géopolitiques, à savoir endiguer la puissance russe sur le continent européen, cette expansion soulève pourtant d’immenses questions économiques et politiques. En intégrant en son sein des États pauvres, l’Union européenne encouragerait en effet une nouvelle vague de délocalisations et de dumping social et soumettrait les agriculteurs du continent à une terrible concurrence. En outre, le seul moyen d’éviter des blocages politiques d’une Europe à 34 ou 35 serait de renforcer le fédéralisme, en rognant encore davantage les pouvoirs de décision des États-membres. Un scénario délétère poussé par les élites européennes en dehors de tout mandat démocratique.
Course à l’échalotte = course en duo où le second doit tenir le premier par le col et le fond du pantalon sans le lâcher . C’est bien ce qui se passe actuellement surtout avec l’actualité du Proche-Orient sur tous nos médias, aux mains des milliardaires ou à celles du pouvoir. Ils font le forcing pour faire courir l’opinion.
En relayant prioritairement la communication de l’armée
Les pays du Sud Global savent très bien que les sanctions économiques sont des actes de guerre économique
Nous devons essayer de comprendre la logique des États occidentaux. Ce qu’ils font repose néanmoins sur un plan à long terme, un plan qui a échoué dans le passé, mais qui est en train de se réaliser. Ce plan consiste, d’abord, à réorganiser tout le Moyen‑Orient pour sécuriser l’accès au pétrole pour les pays du Nord global ; et, ensuite, à créer les conditions pour une guerre avec la Chine[19].
Érosion de l’hégémonie du dollar, « mutinerie » des pays du Sud contre la politique étrangère occidentale, montée en puissance des BRICS, guerre économique des États-Unis envers la Chine… Le système international né de la fin de la Guerre Froide, dominé par l’hyperpuissance américaine, est en train de s’effondrer et de laisser place à un nouvel ordre mondial multipolaire.
Plutôt que de prendre acte de cette nouvelle donne et de diversifier ses liens avec le reste du monde, l’Europe s’aligne toujours plus sur Washington. Mais est-il encore possible de mettre en place une politique altermondialiste, alors que les BRICS se comportent parfois eux-mêmes de manière impérialiste ?
Peter Mertens, secrétaire général du Parti du Travail de Belgique[1], l’affirme, à condition de prendre un tournant radical dans notre politique étrangère. Entretien réalisé par William Bouchardon et Amaury Delvaux, avec l’aide de Laëtitia Riss.
Le Vent Se Lève :Vous êtes secrétaire général du Parti de Travail de Belgique (PTB), aux côtés de Raoul Hedebouw, et vous venez de publier " Mutinerie ". Comment notre monde bascule (à paraître en français aux éditions Agone début mars 2024[2], ndlr) afin d’analyser les recompositions du système international. Dans quelle mesure votre parcours au sein du PTB a-t-il nourri l’élaboration de ce livre ?
Peter Mertens :J’ai été président du Parti du Travail de Belgique (PTB) entre 2008 et 2021, date à laquelle Raoul Hedebouw a pris ma succession. Avec d’autres membres, j’ai participé au nécessaire renouveau du parti (tout en conservant un socle idéologique marxiste, ndlr) à partir du milieu des années 2000, où nous étions alors un petit parti avec des tendances sectaires. Ce renouveau nous a pris plus de 10 ans.Notre analyse était la suivante : " nous devions construire un rapport de force et un parti de la classe travailleuse, capable de peser en Belgique ".
Avec la croissance du parti, il y a beaucoup plus de travail, c’est pourquoi nous avons dédoublé le leadership du parti : Raoul Hedebouw est le président et le porte-parole principal et j’en suis le secrétaire général. Comme nous étions concentrés sur la construction du rapport de force en Belgique, nous étions moins occupés avec ce qui se passait à l’étranger. Désormais, nous sommes en train de remettre nos tâches internationalistes à la hauteur des défis d’aujourd’hui. Et sur ce terrain, nous sommes en contact avec de nombreux mouvements et partis à la gauche de la social-démocratie, en Europe et ailleurs dans le monde.
C’est grâce à ce leadership collectif et à ces rencontres que j’ai pu écrire ce livre, qui n’est pas juste un projet individuel. Je m’appuie aussi sur le service d’étude de notre parti, dirigé par notre directeur politique David Pestieau. Lui et son équipe m’ont aidé à rechercher des documents exhumés dans mon livre, notamment les textes de l’OTAN et de l’Organisation Mondiale du Commerce.
Le Vent Se Lève :Ces organisations occidentales sont au cœur du système international qui a été hégémonique jusqu’à récemment. Le titre de votre livre fait cependant référence à une contestation grandissante du règne de l’hyperpuissance américaine. Comment expliquez-vous que les pays du Sud soient de plus en plus réticents à s’aligner sur la position américaine ?
Peter Mertens :Le titre du livre vient d’une déclaration de Fiona Hill, une ex-membre du National Security Council américain (organe qui conseille directement le Président américain en matière de défense et d’affaires étrangères, ndlr). Selon elle, l’abstention de la plupart des pays du Sud Global sur les sanctions contre la Russie était une « mutinerie »[2bis]. Soyons clairs : la majorité de ces États ont condamné l’invasion illégale de la Russie sur le territoire ukrainien, ce qui est logique vu que nombre d’entre eux ont été envahis de multiples fois et connaissent bien l’importance de la souveraineté.
Toutefois, concernant les sanctions, ils n’ont pas suivi Washington. C’est là aussi logique : un pays sur dix sur la planète subit, sous une forme ou une autre, des sanctions de la part de Washington. Ces pays savent très bien que les sanctions économiques sont des actes de guerre économique.Or, dans la majorité des cas, les conséquences de ces sanctions sont supportées par les peuples des pays en question et ces mesures n’ont aucun effet sur le régime politique en place.
Ici, en Europe, nous ne nous en sommes pas rendus compte ; l’eurocentrisme nous aveugle. Le regard de la majorité des peuples du Sud Global sur les événements internationaux est pourtant très différent de la vision développée en Europe. J’ai récemment discuté avec beaucoup de personnes issues du Sud Global et j’ai constaté des moments de fractures profonds avec l’Occident.
La première fracture est la guerre des États-Unis contre l’Irak en 2003, qui était illégale et basée sur un mensonge[3]. Au Moyen-Orient, en Afrique, en Amérique Latine et en Asie, c’est un moment charnière majeur.
La crise financière de 2008 constitue le deuxième moment charnière. En Europe, cette crise nous a contraint à sauver les banques avec l’argent public et a eu pour conséquence l’austérité. Pour les pays du Sud, cette crise a été plus profonde encore et a montré la fragilité de l’hégémonie du dollar américain, autour duquel est organisé tout le commerce international.
Le Vent Se Lève : Renaud Lambert et Dominique Plihon s’interrogent en effet sur la fin du dollar[4] dans le dernier numéro du Monde Diplomatique. De nouveaux accords commerciaux sont, par ailleurs, conclus dans d’autres monnaies et les banques centrales commencent à diversifier le panier de devises qu’elles ont en réserve. Est-ce une des conséquences de la guerre en Ukraine ?
Peter Mertens :Cette érosion du dollar débute avec la crise financière de 2008.C’est à ce moment-là que l’idée des BRICS[5] est réellement née, bien qu’il existe également d’autres raisons historiques à son émergence. Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud se sont rassemblés car ils veulent faire du commerce sur une autre base que celle du néo-colonialisme, en mettant en place un système financier proposant des alternatives de paiements au dollar. C’est pour cela qu’ils ont créé une banque d’investissement dirigée par Dilma Rousseff, l’ancienne présidente du Brésil. Certes, le dollar reste hégémonique, mais cela constitue malgré tout une nouvelle donne.
Parmi leurs sanctions contre la Russie, les autorités américaines ont débranché la Russie du système international de paiement SWIFT, dont le siège est en Belgique. L’usage de cette puissante arme de guerre économique a entraîné une panique dans beaucoup de pays du Sud, car ils ont réalisé qu’elle pouvait aussi être utilisée contre eux. Avec ce genre de sanction, les États-Unis peuvent prendre otage les pays avec leur propre argent ! Cela a sans doute incité certains pays à vouloir rejoindre les BRICS. Lors de leur dernier congrès à Johannesburg fin août, les BRICS ont accueilli 6 nouveaux membres (l’Argentine, l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Ethiopie, l’Egypte et les Emirats Arabes Unis, ndlr), sur un total de 40 pays candidats[6]. C’est un vrai saut qualitatif.
De ce point de vue, la guerre en Ukraine est en effet un autre moment charnière, en raison des sanctions. J’en citerai encore deux autres :
D’abord, la COP de Copenhague en 2009, où les pays occidentaux ont refusé de prendre des mesures fortes pour le climat et pour aider les pays pauvres face au changement climatique.
Enfin, le refus des pays occidentaux de lever les brevets sur les vaccins contre le Covid-19, qui a marqué une fracture profonde face à un problème mondial.
Depuis le 7 octobre, la guerre contre la Palestine constitue un nouveau point de rupture, dont l’impact est potentiellement le plus important. L’axe guerrier États-Unis-Israël pratique une violence extrême, pensant être au-dessus de toutes les lois internationales et pouvoir se permettre n’importe quoi. Mais cet axe est plus isolé que jamais. Partout dans le monde, le deux poids deux mesures est devenu évident. Entre 2003 et 2023, il y a donc eu plusieurs moments de fractures majeurs entre l’Occident et le reste du monde ! Et pourtant, la grande majorité de l’establishment et des médias vivent encore dans la période d’avant 2003.
Le Vent Se Lève :Outre le dollar et leur armée, les États-Unis disposent également d’une puissance technologique redoutable, qu’ils utilisent pour faire avancer leurs intérêts. Les GAFAM espionnent ainsi le monde entier, tandis que de nouvelles rivalités autour des microprocesseurs se mettent en place avec la Chine. Est-il possible d’échapper à l’emprise des États-Unis en matière technologique ? Peter Mertens :Je pense qu’il faut regarder en face la puissance économique des BRICS : en termes de PIB mondial, ils pèsent désormais plus que le G7 (qui regroupe ce qui était les 7 pays les plus industrialisés au monde, ndlr). Cette puissance économique constitue une différence avec le mouvement des non-alignés des années 60-70. A l’époque, les États-Unis ont pu tuer le mouvement des non-alignés grâce à la dette. Puis l’URSS s’est effondrée et ils se sont retrouvés sans rivaux sérieux. Mais désormais, la situation est différente, notamment en raison du poids économique de la Chine. La réaction des États-Unis est claire : ils lui ont déclaré la guerre économique. J’emploie le mot guerre de manière délibérée : la guerre commerciale prépare la guerre militaire[7]. Les bateaux de l’OTAN qui encerclent la Chine et les sanctions prises par les États-Unis contre Pékin font partie de la même stratégie.
Dans mon nouveau livre, je cite longuement Alex W. Palmer, un spécialiste américain des microprocesseurs. En 2022, deux dates sont importantes selon ce chercheur : le 24 février 2022 avec l’invasion de la Russie en Ukraine et le 7 octobre 2022, date à laquelle les USA ont pris les mesures pour interdire presque tout développement des microprocesseurs en Chine.
D’après lui, ces mesures sont un acte de guerre économique inédit, dont l’objectif est de détruire tout développement économique en Chine[8]. Les États-Unis veulent désormais entraîner l’Europe dans leur guerre économique contre la Chine. Récemment, Joe Biden a convoqué le premier ministre néerlandais Mark Rutte à Washington pour lui ordonner de cesser l’exportation vers la Chine des machines fabriquées par la firme hollandaise ASML, qui sont essentielles pour la fabrication des semi-conducteurs de dernière génération. Le premier ministre hollandais a accepté sans contrepartie.
Les États-Unis sont inquiets de l’avance de la Chine dans les secteurs de technologies de pointe. Il y a de quoi : sur les 90 domaines les plus avancés au niveau des sciences et technologies, la Chine mène la danse dans 55 d’entre eux[10]. Les États-Unis ne l’ont pas vu venir. C’est pour cela qu’ils réagissent désormais par le protectionnisme et la guerre économique. Jack Sullivan (influent conseiller à la sécurité nationale auprès de Joe Biden, ndlr) l’affirme de manière assez transparente : « C’est fini le globalisme d’avant ; il faut du protectionnisme ; c’est fini avec le néolibéralisme ; c’en est fini avec l’accès de la Chine au marché international. »
On constate la même dynamique sur les ressources énergétiques, qui ont toujours formé l’infrastructure du système capitaliste.Au XIXe siècle, c’était le charbon, puis au XXe le pétrole. De l’arrivée de British Petroleum en Irak en 1902 aux guerres du Golfe, d’innombrables guerres ont été menées pour le pétrole. Désormais, c’est la guerre des batteries qui est lancée : tout le monde se rue sur le lithium et les ressources essentielles pour l’électrification. Là aussi, les États-Unis se montrent très agressifs vis-à-vis de la Chine et des BRICS. Malgré tout, je pense que les États-Unis ne parviendront pas à restreindre la montée en puissance de la Chine.
Le Vent Se Lève :Hormis cette opposition à l’hégémonie américaine, il est tout de même difficile de voir ce qui rassemble les BRICS. Par ailleurs, il existe de réelles tensions entre des pays au sein de ce bloc, notamment entre la Chine et l’Inde. Peut-on vraiment attendre quelque chose d’un groupe aussi hétérogène ?
Peter Mertens :Aucune valeur ne réunit les BRICS ! C’est une association de pays strictement pragmatique, car c’est comme ça que l’ordre mondial fonctionne. La gauche a souvent une lecture erronée car elle pense en termes de morale et de « valeurs ». Or, l’impérialisme et les forces anti-impérialistes ne pensent pas en ces termes mais plutôt en termes de pouvoir politique et économique. Les BRICS ne sont pas un projet de gauche, mais un projet pragmatique visant à servir les intérêts de ces pays, en créant une alternative au dollar et au Fonds Monétaire International et en cherchant à favoriser le commerce Sud-Sud.
Je ne suis évidemment pas dupe. L’Inde connaît de grandes tensions avec la Chine et Modi est un homme d’extrême-droite. Ses trois grands amis étaient Jair Bolsonaro, Donald Trump et Boris Johnson. Il est responsable de l’assassinat de plus de 750 paysans[11] lors de la plus grand révolte de l’histoire indienne de la paysannerie et a laissé des razzias racistes contre les musulmans avoir lieu.
De même en Arabie Saoudite : c’est le despotisme total.Il n’y a aucune liberté pour la classe travailleuse et pour les femmes. Il n’empêche que l’entrée de l’Arabie Saoudite dans les BRICS marque un tournant. En 1971, avec les pétrodollars, les États-Unis ont promis à l’Arabie Saoudite d’avoir toujours des armes et une stabilité politique en échange de pétrole bon marché. Désormais, l’Arabie Saoudite vend son pétrole à la Chine non plus en dollars, mais en yuans ! Bien sûr que c’est un régime haïssable. Mais en matière de politique internationale, on ne peut pas juste réagir émotionnellement en fonction de « valeurs », il faut analyser l’échiquier mondial avec réalisme. Et la réalité est que les BRICS défient le système construit autour du dollar. Personnellement, bien que je ne soutienne pas les régimes de certains pays des BRICS, je considère leur émergence comme une bonne nouvelle parce qu’elle défie l’unilatéralisme et l’hégémonie américaine pour la première fois depuis 1991.
Mais en parallèle de la mutinerie menée par les BRICS, il y a également une mutinerie au sein de ces pays. En Inde, je suis avec attention les luttes des paysans, des femmes et de la classe travailleuse contre le régime de Modi[11]. De même, l’Afrique du Sud connaît une corruption énorme, le fossé entre riches et pauvres y est considérable et le régime politique est fortement critiqué par la population. Lula est un progressiste, mais son gouvernement n’est pas pour autant socialiste[12]. Et contre les concessions faites aux grands propriétaires fonciers au Brésil, je soutiens ceux qui luttent pour les droits des paysans, comme le Mouvement des Paysans sans Terre.
Le Vent Se Lève :Dans votre livre, vous rappelez l’histoire du mouvement tiers-mondiste, à partir notamment de la conférence de Bandung en 1955. Ce mouvement était porteur d’espoir pour un rééquilibrage des relations internationales et de l’économie mondiale. Croyez-vous à la résurgence de l’altermondialisme et sur quelles bases ? Les tentatives consistant à faire revivre cet esprit de « non-alignement », notamment de la part de Lula, vous semblent-elles prometteuses ? Peter Mertens :Je crois que la tentative opérée par les BRICS de permettre un commerce dans d’autres monnaies que le dollar relève surtout du pragmatisme. Mais cette démarche est déjà un acte progressiste en soi. Regardons en face la situation depuis les années 50-60 :la dette des pays du Tiers Monde doit être payée en dollars. Cela signifie que ces pays doivent privilégier des monocultures tournées vers l’exportation, plutôt que des productions au service de leurs propres populations, afin d’obtenir des dollars. Et quand ils ont des difficultés à refinancer leur dette, le Fonds Monétaire International (FMI) ne leur octroie des prêts qu’à condition de couper dans les services publics, les salaires et les pensions et de privatiser davantage. Tout cela ne fait que les rendre plus dépendants des États-Unis et de l’Europe. C’est un mécanisme néocolonial ! Désormais, pour la première fois, les pays du Tiers Monde peuvent refinancer leur dette, indépendamment du FMI, grâce à la banque des BRICS. Certes, ce n’est pas un emprunt socialiste mais au moins c’est un mécanisme honnête et sans conditions. Quand bien même ce n’est un progrès en direction du socialisme, cela reste un progrès pour les pays du Sud Global, qui doit être soutenu.
Certes, cela ne suffit pas pour construire un altermondialisme de gauche.C’est pourquoi nous devons aussi soutenir les mouvements de gauche dans ces pays, afin de peser sur l’agenda politique. On peut tout à fait soutenir le MST au Brésil pour mettre la pression sur Lula, tout en reconnaissant qu’il joue un rôle important pour nos idées au niveau international. De la même manière, je soutiens le NUMSA, le syndicat des métallos sud-africains, qui lutte contre la corruption considérable au sein du gouvernement de l’ANC, tout en étant en accord avec la politique extérieure de l’Afrique du Sud. Bien sûr que la gauche a des valeurs à défendre, mais je refuse d’interpréter toute la complexité du monde actuel uniquement en termes de valeurs. L’altermondialisme passe aussi par une forme de pragmatisme sur les enjeux internationaux.
Le Vent Se Lève :L’Union européenne tend à s’aligner sur les États-Unis, contrairement à ce qu’affirment nos dirigeants. S’ils prétendent réguler l’action des GAFAM, ou encore bâtir une « autonomie stratégique » en matière internationale ou de réindustrialisation, la réalité est que nous sommes de plus en plus dépendants des Américains, y compris dans des domaines où cela était encore peu le cas, comme les énergies fossiles. Comment peut-on retrouver une véritable autonomie ? Cela implique-t-il une rupture avec l’Union européenne ? Peter Mertens :Ce qui s’est passé en Europe suite à la guerre en Ukraine, surtout en Allemagne, est grave. Quelques semaines après le début du conflit, le Bundestag a renié sa politique de non-militarisation de l’économie vieille de 75 ans et a investi plus de 100 milliards d’euros dans le budget de la défense[13]. Tout ce qui existait en termes de liens avec la Russie, notamment de la part de la social-démocratie allemande – dont les liens de Schröder avec Gazprom (l’ancien chancelier allemand a ensuite siégé au conseil d’administration de la compagnie russe, ndlr) sont le symbole le plus évident – a été détruit. Il s’agit d’un bouleversement considérable : la mémoire des comportements barbares des nazis, qui étaient presque arrivés à Moscou, a longtemps conduit à une politique de coopération entre l’Allemagne et la Russie, plutôt que d’agressivité. En quelques semaines à peine, les États-Unis ont réussi à briser cela.
Cette coupure brutale avec la Russie a suscité des remous au sein des grandes entreprises allemandes : les grands patrons de BASF, de Bosch ou Siemens ont demandé au gouvernement allemand de ne pas rompre les liens avec Gazprom, car ils souhaitaient continuer de bénéficier du gaz russe bon marché. En se rendant dépendante du gaz américain, beaucoup plus cher, l’Allemagne est rentrée en récession. En prenant des sanctions contre la Russie, l’Europe a donc pris des sanctions contre elle-même et s’est tirée une balle dans le pied. De surcroît, avec l’Inflation Reduction Act (IRA), les États-Unis tentent d’attirer sur leur territoire des firmes européennes, notamment de technologie de pointe, grâce à d’importantes subventions et remises d’impôts. La réaction de l’Union Européenne à cette offensive américaine a été très faible. Aucune politique industrielle européenne autonome n’émerge[14].
Les États-Unis veulent maintenant répliquer cela avec la Chine. C’est une folie : non seulement ils auront beaucoup de mal à se couper de la Chine, mais l’Europe en aura encore plus :nous échangeons avec la Chine 850 milliards d’euros de marchandises chaque année[15] !J’ajoute que la neutralité carbone en Europe dépend pour l’instant de la technologie chinoise. Aussi surprenant que cela puisse paraître, je suis d’accord avec les patrons de Bosch, Siemens, Volkswagen et Mercedes quand ils demandent de ne pas reproduire avec la Chine ce que l’Europe a fait avec la Russie. Dans le conflit inter-impérialiste entre capitalistes, j’espère que la bourgeoisie européenne se comportera de manière sérieuse et dira non à la bourgeoisie américaine qui veut nous entraîner dans de nouveaux conflits.
Bien sûr, je n’ai aucune illusion : la bourgeoisie européenne ne veut pas une Europe progressiste, mais cherche au contraire à imposer aux peuples européens une nouvelle dose d’austérité. Elle entend également conserver des relations néo-coloniales avec une partie du monde, bien que le rejet de la France en Afrique ne cesse de grandir[16].Mais c’est la même dialectique que pour les BRICS : on ne peut pas raisonner uniquement en termes de « gentils » et de « méchants », il y a de nombreuses contradictions sur lesquelles il faut jouer.Donc je soutiens les capitalistes allemands dans leur opposition aux États-Unis, mais continue de défendre une Europe socialiste, contre les intérêts de ces grandes entreprises.
Le Vent Se Lève :Il est vrai que les sanctions prises à l’encontre de la Russie ont renforcé la dépendance de l’Europe vis-à-vis des États-Unis. Pensez-vous qu’il soit possible de réorienter l’Union européenne vers une politique socialiste ? Ou faut-il rompre avec les traités européens et construire de nouveaux cadres de coopération ? Peter Mertens :Ma position sur cette question est liée à l’histoire belge : nous sommes un petit pays qui a été créé pour jouer le rôle d’État-tampon entre l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Un changement de société au niveau de la seule Belgique, ça n’existe pas! ! Je plaide donc pour une autre société, une autre industrialisation et une autre forme de commerce à l’échelle continentale. Cela passera, selon moi, par plus d’échanges entre ceux qui luttent et qui résistent dans toute l’Europe pour créer une rupture au sein de l’Union Européenne.
Mais cela suppose que nous soyons à la hauteur. J’en ai assez de la dépression collective de la gauche européenne qui passe son temps à se lamenter de la percée de l’extrême-droite ! Quand je vais en Amérique latine ou en Inde, eux aussi s’inquiètent de la montée du fascisme, mais surtout ils le vivent et ils luttent. Bien sûr que l’extrême-droite progresse et nous menace. Mais pour reconquérir une partie de la classe travailleuse tentée par le vote fasciste, on ne peut pas se contenter de se plaindre. La droite et l’extrême-droite s’appuient sur une narratif dépressif, selon lequel la classe travailleuse n’existe pas et l’immigration va nous détruire.
Face à cela l’extrême-droite), il faut recréer un narratif autour de la lutte des classes et rebâtir une conscience commune chez les travailleurs. Les mobilisations sociales massives que nous avons connu récemment en Angleterre, en Allemagne et en France sont des points d’appui. Comme la grève des ouvriers de l’automobile aux États-Unis, avec une belle victoire à la clé[17] ! Et puis nous devons être là où sont les gens, c’est-à-dire avant tout dans les quartiers populaires et sur les lieux de travail, pas seulement avec les intellectuels. Ce n’est que comme cela que nous pourrons arrêter la tentation fasciste au sein de la classe travailleuse.
Par exemple, avec notre programme Médecine pour le peuple (initiative de médecine gratuite dans les quartiers populaires[18], ndlr), on touche des personnes qui votent pour le Vlaams Belang (extrême-droite indépendantiste flamande, ndlr). Plutôt que de les exclure, nous discutons avec eux et tentons de les convaincre. Les gens sentent si vous êtes honnêtes et convaincus du discours que vous portez. Donc il faut un langage clair et franc, comme celui de Raoul Hedebouw, qui permet d’attirer vers nous des gens en colère en raison de leur situation précaire et de politiser cette colère. Si l’on se contente des livres, on ne changera rien. Il faut aussi des gens sur le terrain.
Publication de l'Association France Palestine Solidarité[1] (NDLR : mise à jour régulièrement par mes soins)
L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) rassemble des personnes attachées au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à la défense des droits humains. Elle a pour vocation le soutien au peuple palestinien notamment dans sa lutte pour la réalisation de ses droits nationaux. Elle regroupe près de 5000 adhérents, organisés en une centaine de groupes locaux en France.
Merci à la plateforme des ONG françaises pour la Palestine[2] pour la frise chronologique dont c'est inspiré, pour partie, cette publication, et si vous voulez aller plus loin, je vous invite à cliquer sur les catégories : Israël ; Palestine ; Moyen-Orient ; Paix de ce blog
Source :France Palestine Solidarité | mis à jour le 30/01/2026
2017 : l'État de Palestine est reconnu par 136 États
70,5 % des 193 États membres que compte l'Organisation des Nations unies reconnaissent la Palestine, mais ne l'est pas par les pays d'Amérique du Nord, ainsi que la plupart de l'Europe de l'Ouest, notamment les pays du G7. Les frontières de l'État de Palestine sont celles de la Cisjordanie, gouvernée partiellement depuis 1994 par l'Autorité palestinienne, et de la bande de Gaza, sous contrôle du Hamas depuis 2007. La capitale de l'État de Palestine est Jérusalem. Le siège du gouvernement palestinien se situe à Ramallah.
Le 6 décembre :Trump, foulant aux pieds les résolutions de l’ONU, reconnait Jérusalem comme capitale d’Israël.
2018 : loi qui définit Israël comme " l'État nation du peuple juif " 🔴Le 19 juillet : la Knesset vote la loi fondamentale qui inscrit dans la constitution israélienne la suprématie juive, l’apartheid à l’encontre des Palestiniens d’Israël et qui fait de la colonisation une valeur nationale.Les habitants palestiniens sont privés de leurs droits politiques.
🔴À partir du 30 mars, les grandes marches du retour. Tous les vendredis, la population de Gaza manifeste par milliers jusqu’au mur qui enferme Gaza. La répression fera 241 morts, plus de 25 000 blessés cette année là.
2021 : guerre " préventive " contre Gaza 🔴Le 13 avril : l’intervention de l’armée sur l'esplanade des Mosquées provoque des affrontements avec les Palestiniens de Jérusalem qui s’étendent aux villes mixtes d’Israël. Israël déclenche une guerre préventive éclair contre Gaza qui fera plus de 256 morts.
🔴Le 22 octobre : le gouvernement Bennett-Lapid déclare arbitrairement comme terroristes 6 ONG palestiniennes de Défense des Droits humains qui fournissent des preuves des crimes de l’occupation à la Cour pénale internationale.
2022 : 🔴Le 9 avril : l’armée israélienne mène plusieurs raids meurtriers dans le camp de réfugiés de Jénine : 1 mort et des blessés. 🔴En novembre 2022 : l’extrême droite israélienne la plus ultra entre au gouvernement A l'issue des élections législatives, Nétanyahou constitue une coalition avec plusieurs partis de l'extrême droite religieuse, fasciste et suprématiste. Les agressions des colons contre les Palestiniens en Cisjordanie se multiplient et tournent au pogrom. La politique de nettoyage ethnique s’accentue à Jérusalem, contre les villages bédouins de la vallée du Jourdain et des collines du sud d’Hébron.
2023 : le pire massacre de l'histoire palestinienne 🔴Les 3-4 juillet :bombardement israélien du camp de Jénine, dans l'indifférence de la "communauté internationale". Il y a 12 morts, 3000 personnes chassées de leur maison. 🔴Du 13 Octobre à décembre :après l'attaque du Hamas en territoire israélien le 7 octobre, qui fait 1200 victimes selon le gouvernement israélien et capture 240 otages[3], l'armée israélienne entreprend la destruction massive de la bande de Gaza. Gaza est défigurée par les bombardements israéliens, comme Berlin l'était en 1945. En deux mois, il y a plus de 18 000 morts, dont plus de 7000 enfants et près de 5000 femmes. 10 000 Palestiniens sont emprisonnés en Israël.
2024 : Netanyahou ordonne à l’armée israélienne de « préparer » une offensive sur Rafah, le Parlement Israélien adopte une résolution s'opposant à « la création d'un État palestinien », la Cour internationale de justice estime que l’occupation des territoires palestiniens par Israël depuis 1967 est « illégale » 🔴Le 7 février : Alors que des négociations se poursuivent autour d’un possible accord sur la libération des otages, Le Premier ministre israélien a déclaré mercredi 7 février avoir ordonné à l’armée de « préparer » une offensive sur Rafah, la ville la plus au sud de la bande de Gaza, estimant que la victoire sur le Hamas était « une affaire de mois », là où se sont réfugiées plus d’1 million de Gazaouites. Le génocide est en cours…
🔴 Dans la nuit du 17/18 juillet 2024 le Parlement Israélien a adopté une résolution s'opposant à « la création d'un État palestinien » :Pour la première fois de son histoire, le parlement israélien a adopté hier à une écrasante majorité une résolution s'opposant à la solution des deux états - la Palestine aux côtés de l'Etat hébreu - comme voie de règlement négociée du conflit.
Selon cette résolution, « la Knesset s'oppose fermement à la création d'un État palestinien à l'ouest du Jourdain » c'est-à-dire en Cisjordanie (territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967) ou dans la bande de Gaza[5].
Cette résolution symbolique, proposée par un député de droite de l'opposition, a recueilli le soutien de 68 élus de la coalition au pouvoir et de l'opposition. Neuf députés ont voté contre.
🔴 Le 19 juillet : La Cour internationale de justice, plus haute juridiction de l'ONU, a estimé que l'occupation par Israël de territoires palestiniens depuis 1967 était « illégale », ajoutant qu'elle devait cesser « le plus rapidement possible »[6].
Pour la CIJ, la présence continue d’Israël dans les territoires palestiniens occupés est illicite. Évoquant des discriminations systématiques qui peuvent relever “ d'une ségrégation ou d'apartheid ”, la CIJ déclare qu'Israël est tenu d'abroger toute loi discriminatoire à l'égard du peuple palestinien.
La CIJ a déclaré que les attaques violentes de colons qu’Israël ne cherche ni à prévenir ni à punir, la confiscation des terres, qui constituent des annexions de facto, et l'exploitation des ressources naturelles des territoires palestiniens occupés par Israël sont contraires au droit international.
La CIJ exige également la réparation intégrale des personnes physiques et morales spoliées par la colonisation, la restitution des terres, des biens et des avoirs confisqués depuis 1967, sans oublier le droit au retour des réfugié·es palestinien·nes.
S'appuyant notamment sur les conventions de Genève, la CIJ précise qu'Israël demeure tenu de respecter le droit du peuple palestinien à son autodétermination, tandis que tous les États doivent reconnaître comme illicite la situation dans les territoires palestiniens occupés.
🔴 Le 12 septembre 2025 : L'Assemblée générale de l'ONU a adopté à une large majorité la « déclaration de New York », sur la mise en œuvre de la solution à deux États, mais en exclue sans équivoque le Hamas.
Et la déclaration, déjà co-signée en juillet par 17 États dont plusieurs pays arabes, lors de la première partie d’une conférence de l’ONU sur la solution à deux États, va plus loin : «dans le contexte de l’achèvement de la guerre à Gaza, le Hamas doit cesser d’exercer son autorité sur la bande de Gaza et remettre ses armes à l’Autorité palestinienne, avec le soutien et la collaboration de la communauté internationale, conformément à l’objectif d’un État de Palestine souverain et indépendant »[7].
🔴 Le 16 septembre 2025 : La commission d'enquête de l'ONU conclut qu'Israël commet bien un #génocide à #Gaza.
Le rapport de la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations Unies montre qu'Israël a commis un génocide à Gaza : « Il est clair qu'il existe une intention de détruire les Palestiniens de Gaza par des actes qui répondent aux critères énoncés dans la Convention sur le génocide. »[8].
🔴En janvier 2026, pour la première fois, Israël reconnait le bilan de 70 000 morts à Gaza avancé par le Hamas.Ce décompte n'inclut pas les personnes mortes de faim, ni d'aggravation de maladies, depuis le début de la guerre[9].
Le bilan humain du conflit israélo-palestinien de 2008 à 2020 chiffré par l'ONU
La conquête de la Palestine - Carte de la Palestine occupée
- Un crime collectif commis avec la complicité de la France et de 62 autres pays, indique l’ONU dans le rapport A/80/492 sur la complicité de génocide 👇Traduction en Français
Même si Macron ne veut pas (ni BFM, ni la télé publique), la France a montré sa solidarité avec les Palestiniens de Gaza. Figure-toi, l’ami, qu’en cherchant des infos sur la manifestation pour un cessez-le feu à Gaza, j’en suis venu à zapper sur BFMTV. Justement, le journaliste de plateau expliquait les circonstances de cette manif et donnait la parole à un journaliste sur le terrain
Nordine Raymond candidat #Nupes (affilié à LFI) pour les législatives 2022 #Circo1702[1] s'adresse à nous :
" Très chers toutes et tous,
Une nouvelle fois je prends la plume pour vous exprimer mon analyse politique du moment que nous traversons.
Ça peut paraître long mais l'écriture permet justement de ne pas tomber dans les facilités des réponses hâtives que les médias nous réclament.
Une nouvelle fois merci à toutes et tous pour la force transmise. "
Voilà des semaines que les insoumis se font insulter. Pourquoi ?
Pour avoir refusé de parler de " terrorisme " au sujet des crimes de guerre commis par le Hamas. Avions-nous raison ? Cent fois oui ! Tout nous le démontre actuellement. Qualifier de " terrorisme " les attaques du Hamas, c’est cautionner la riposte sanglante d’Israël. Le terrorisme on ne le combat pas, on l’éradique. La lutte contre le terrorisme ne supporte aucune règle de droit international. Nous en avons fait l'amère expérience lors des interventions américaines en Afghanistan et en Irak créant les désastres que l'on connaît, notamment l'implantation de Daesh et le retour en force des Talibans.A l'époque, la France n'était pas alignée !
Oui, l’attaque du Hamas était d’une atrocité sans nom.
Oui, la réponse d’Israël, avec la France qui se tait, est une abomination.
Oui,le Hamas est une organisation islamiste avec qui nous n’avons rien de commun.
Oui, le gouvernement d’Israël est d’extrême droite et de ce fait notre ennemi politique.
Oui, la politique coloniale d’Israël crée le terreau de la violence.
Oui,Netanyahu, pour d'obscures raisons, a préféré favoriser le Hamas que l'autorité palestinienne.
Oui, la politique d’Israël ne justifie pas les meurtres qu’elle a subi sur son territoire.
Oui, il faut la paix, la libération des otages, le cessez-le-feu immédiat, un corridor humanitaire. Oui, il faut deux états qui coexistent, le respect des résolutions de l’ONU, les frontières de 67… Si quelqu’un voit dans ce que je viens d’écrire quelque chose qui justifierait un procès médiatique, la mise au ban du camp républicain, les insultes et les menaces de mort : qu’il me le dise !
La réalité, c’est que rien dans ce qui a été écrit par l’un des membres de La France Insoumise ne mérite la moitié de ce que l’on subit actuellement.
Surtout pas le premier tweet de Jean-Luc Mélenchon qui exprime notre compassion avec le peuple Israélien.
J’ai commencé par parler du conflit au Proche-Orient car les choses doivent être claires, rien n’est comparable entre ce que nous subissons ici et ce qu’ont subi les israéliens le 7 octobre et les palestiniens depuis des semaines.
Avant de dire en quoi je suis fier d’être insoumis, quelques mots sur la doxa médiatique et ses éléments de langages actuels.
L’ensemble des médias + le RN / LR / Renaissance nous disent “ Israël a le droit de se venger ”. Ah bon c’est ça le Droit, la vengeance ? C’est exactement tout le contraire. Imaginons, même si ça fait mal, demain quelqu’un vient à tuer ma nièce, l’un des êtres que j’aime le plus sur Terre, sans plus de détails, juste la tuer. Aurais-je envie de me venger ? Sans doute. En aurais-je le droit ? Heureusement : non. Le Droit, c’est justement ne pas réagir par l’émotion guidée par les passions humaines. La justice, ce n'est pas la vengeance. Punir les agresseurs, c’est trouver la peine la plus adaptée pour qu’ils ne nuisent plus à la société.
Si certains pensent que s'orienter vers un génocide, comme viennent de le déclarer des experts indépendants de l’ONU[2], est une réponse adéquate aux attaques du Hamas, alors je ne crois pas que je peux faire société avec ceux-là.
Finissons-en sur le conflit : L’extrême droite prépare le terrain depuis des décennies à ce qu’elle rêverait de voir sur notre territoire : une guerre civile, reprenant ainsi l'absurde théorie du " choc des civilisations[3]". Ils ne vivent que pour ça ! L’espoir de voir des français blancs et d’autres un peu trop marrons se foutre sur la gueule dans la rue. D’ailleurs ils surfent sur chaque fait divers qui pourrait aller dans leur sens (qu’importe bien souvent si ce sont des fakes-news). Ils sont bien trop heureux de ce qui se passe actuellement !
L’islamisme n’a rien à voir avec les musulmans.
Son développement a, en revanche, à voir avec la politique internationale des pays occidentaux. Comme l’extrême droite se base ici sur la haine de l’autre, l’islamisme se construit sur la haine de l’occident et de sa culture. Partout où l’islamisme s’est développé rapidement, les occidentaux y sont présents pour des intérêts économiques, soutiennent des dictatures, y ont fait la guerre…
J’ai presque envie de dire que l’islamisme est un fascisme comme les autres. Il se base sur la haine de l’autre, utilise le mensonge et la calomnie. Il est violent, réactionnaire, anti-femme, anti-gay, contre les libertés publiques… Bref, les islamistes et l’extrême droite sont des alliés objectifs : ce sont les deux faces de la même pièce.
Revenons-en au sujet : fier d’être insoumis !
Voilà des semaines qu’ils tapent tous ensemble donc : les médias et la classe politique de Renaissance au RN. Quand des universitaires, des intellectuels, des experts de la région disent ce que nous disons, les plateaux généralement les laissent parler, quand c’est un insoumis qui le dit alors : nous sommes antisémites.
Cette insulte m’est insupportable. Jamais je ne m'y habituerai.
Le combat contre l'antisémitisme est trop sérieux pour se laisser insulter par des gens qui s’en fichent pas mal le reste de l’année.L’antisémitisme est une idée abjecte, beaucoup trop présente dans nos sociétés malgré le passé récent. De plus, dévoyer ce mot abîme gravement la lutte impérieuse que nous devons mener. Malgré cette insulte qui tétanise et qui fait mal aux tripes, le mouvement insoumis n’a rien cédé de ce que nous croyons juste : l’appel à une paix durable au Proche-Orient[4].
Il y a eu des jours compliqués, où on se faisait insulter sur les réseaux sociaux et où on recevait des menaces de mort. Certains camarades plus que d’autres, et il n’est jamais agréable de voir les gens que l’on estime être mis en danger pour ce qu’ils pensent. Pourtant, le mouvement n’a jamais faibli.
La rage nous a parfois traversé en voyant des images de l’Assemblée Nationale où la quasi-totalité des députés était levée et applaudissait à l’unisson “ le soutien inconditionnel à Israël ”. Particulièrement, de voir des députés d’un parti fondé par des SS[5] (mais qui portent de belles cravates !) qu’on respectabilise alors qu’on devrait à jamais les bannir du champ républicain. Pourtant, nous n’avons rien cédé.
Dire qu’il a été facile pour nous de traverser ces dernières semaines serait un mensonge.
Déjà, devoir supporter les images des massacres commis par le Hamas puis l’armée Israélienne était anxiogène. En plus de cela, devoir supporter la calomnie et la vindicte était difficile. Pourtant, nous avons tenu bon.
On aurait pu espérer que certains " alliés " seraient montés au créneau pour nous défendre et ne pas laisser des militants de la paix être traités de la sorte. Au contraire, certains en ont profité pour tenter de détruire l’alliance qui avait créé un souffle d’espoir dans le peuple de gauche. Ils ont fait ce qu’ils savent le mieux faire : des coups bas qui créent du désespoir et s'aplatir devant la meute. Pourtant, nous avons supporté la traîtrise.
Je crois que de mémoire de militant je n’avais jamais vu le corps médiatico-politique aussi coupé de la réalité de la société.
Très vite, Darmanin a décidé d’interdire les manifestations pour la paix au Proche-Orient alors que du monde entier nous parvenaient les vidéos de foules immenses manifestant contre les massacres en Palestine. Les camarades avec qui nous sommes en contact à l’étranger nous le disaient : “ il n’y a que chez vous que ça se passe comme ça ”. La réalité politique du pays, c’est que les gens sont sur notre position au contraire de la classe politico-médiatique. Pourtant, nous avons appelé à rejoindre les manifestations pour le cessez-le-feu sans trembler de la main.
Alors camarade insoumis, sympathisant, toi qui lis mes mots et sais la sincérité de mon engagement et de celui de mes camarades : retiens cette leçon. Il ne faut jamais plier de peur. Il ne faut jamais se décourager dans notre tâche ; celle de défendre une société de paix. Plus ils nous salissent, plus ils nous renforcent. Car le mouvement insoumis c’est aussi l’incroyable solidarité qui existe entre ses membres.
🔴 Pour finir ce billet, ces quelques vers de l’un de mes poèmes préférés d’Aragon : “ Un jour viendra, couleur orange ”.
“Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais je voyais l’avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porté sur nos rivages
Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l’a touché
Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche
Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l’enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles
Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d’idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou
Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche “
Force et honneur, la lutte continue !
Je vous invite à écouter cette chanson de Barbara avec texte si juste
Le 9 mars 1974 BARBARA chante " Perlimpinpin " en s'accompagnant au piano Émissions TV, Archive tv, Archive télévision, tv replay live, live music, french tv Images d'archive INA (Institut National de l'Audiovisuel)
Mais qui est Nordine Raymond ? " L'ami des gens " vu par un film documentaire de Nicolas Dattilesi
La caméra de Nicolas Dattilesi a suivi pendant 5 semaines la campagne électorale aux élections législatives de juin 2022 de Nordine Raymond (candidat pour La Nupes issu de La France Insoumise) sur la 2ème circonscription de Charente Maritime. (NDLR avec 27,50% et 14 928 électeurs, il lui a manqué 318 voix pour être au second tour[1]).
Le film qui en résulte est bien plus qu’un film de campagne.
Comme l’évoque une militante à Nordine, « une campagne ça se gagne avec la tête, le cœur et le ventre ! » Pour Nordine, il semble bien que ce soit essentiellement au niveau du cœur que tout se joue.
Un film sans complaisance qui dresse la portrait en mouvement du candidat, et qui propose un regard sur le militantisme.
Un film humain avant tout !
Le film documentaire “ Nordine, l'ami des gens ” de Nicolas Dattilesi donne à voir tous les espoirs portés par des militants de la 2ème circonscription de la Charente Maritime, en matière de justice sociale et de protection de l'environnement. Un regard tendre et amusé pour ré-enchanter le débat politique et rendre compte de l'engagement d'une bande d'irréductibles assoiffés de progrès humains et environnementaux. 76 minutes que l'on ne voit pas passer tant les sujets pourtant graves qui y sont parfois questionnés, sont abordés ici avec la sincérité joyeuse de ceux qui veulent bâtir un autre monde des possibles.
Il s'agit d'une guerre car les Palestiniens n’en peuvent plus.
Dans les faits, les accords d’Oslo n’existent plus...
Israël/Palestine : pour une paix juste et durable, stop à l'escalade !
Comment ne pas condamner l'attaque du Hamas contre Israël qui endeuille et dessert la cause palestinienne, mais.... au-delà de l’émotion ou la colère légitime devant les victimes civiles d’un conflit, et c’est évidemment vrai pour les victimes israéliennes et palestiniennes d'hier, d'aujourd'hui et demain, toute réaction politique doit tenir compte des événements et du contexte.
Car, en Palestine comme ailleurs, il faut contextualiser une situation pour la comprendre. L’accroissement exponentiel du nombre de colons israéliens, le régime d’apartheid dénoncé par de nombreuses ONG internationales et israéliennes réputées devraient être rappelés plus souvent… pour permettre de comprendre le pourquoi du comment !
Sur le fond, au delà des propos médiatiques pro-israéliens
Cette attaque du Hamas (NDLR : le Hamas politique a été créé en douce par Israël[2][2bis]) se produit alors que l’occupation et la colonisation se poursuivent et que les Palestiniens ne se sont jamais retrouvés aussi seuls au moment où Israël entame une normalisation de ses relations avec l’Arabie saoudite et des pays arabes. Les territoires occupés s’embrasent car l’espoir de voir la création d’un État palestinien n’existe plus, que la communauté internationale parle mais n’agit pas.La bande de Gaza est sous blocus israélien depuis 17 ans, et, (NDLR : entre 2008 et 2022, Tel Aviv a mené cinq offensives militaires dans la bande de Gaza. Israël a non seulement tué des milliers de Palestiniens de façon indiscriminée, le plus souvent dans des zones civils, mais a délibérément détruit les infrastructures industrielles et agricoles de la bande de Gaza, a établi une zone tampon dans le territoire palestinien, et l’a finalement clôturé, la transformant en prison à ciel ouvert[3].
Ce n'est pas un conflit au sens classique du terme, c'est une armée super équipée face à un peuple qui résiste. Il y a un occupant et un occupé. Il y a une armée d’occupation qui avaient obtenu plus d’un an à l’avance le plan du Hamas visant à mener une attaque sans précédent contre Israël... et des résistants.
Chaque jour, il y a des Palestiniens assassinés par les colons israéliens, l'armée ou la police[4]. Le Hamas n'est pas ma tasse de thé, mais l’autorité palestinienne, aux mains du Fatah, est complètement corrompue. Dans cette situation, on peut aisément comprendre le désespoir des Palestiniens et en particulier de la jeunesse palestinienne pour laquelle il n’y aucun avenir autre que l’exil ou la soumission à un gouvernement israélien dominé par des extrémistes juifs qui veulent annexer leurs terres, détruisent leurs maisons ancestrales.
Et l'occident ? Les pays occidentaux regardent ailleurs malgré des dizaines de résolutions de l'ONU[1] qui condamnent Israël et son occupation illégale, ses violences, tueries et vols de terres, discriminations de toutes sortes.
Les Israéliens agissent en toute impunité parce que les européens d'Europe ou d'Amérique se sentent coupables à l'égard des juifs et de la shoah. Le fait d'être un colon juif donne t-il le droit de tuer, de voler impunément, de violer les règlements internationaux ?
Là, comme ailleurs, la seule issue se sont des négociations, dans une conférence internationale avec les principaux acteurs pour aboutir à une paix juste et durable, et une solution qui respecte le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
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Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise, Israël/Palestine : il faut un cessez-le-feu !
Je condamne l'attaque du Hamas contre Israël ;
Je veux d'abord dire ma compassion pour les familles des victimes, israéliennes comme palestiniennes ;
La position de la France ne doit pas s'aligner sur celle du gouvernement de l'extrême droite israélienne ;
Aucun des communiqués de la diplomatie française ne contient le mot " paix " ou " cessez-le-feu " or, il faut un cessez-le-feu ! ;
La France doit avoir une parole de paix et défendre une solution qui permet aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre en sécurité et en liberté ;
La seule solution viable pour la paix est celle de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, sur la base des frontières de 1967... "
- Terrible rappel à la réalité du journal israélien Haaretz sur une déclaration de Netanyahu en 2019 : « Quiconque veut contrecarrer la création d’un État palestinien doit soutenir le renforcement du Hamas et transférer de l’argent au Hamas. Cela fait partie de notre stratégie ».
- Un document des renseignements israéliens, authentifié par le journal israélien Haaretz, planifie le nettoyage ethnique de Gaza en proposant comme solution de dégager les palestiniens de Gaza pour les placer dans le Sinaï en Égypte sous des tentes.
Palestine: " Comment Gaza change la donne géopolitique internationale "
La seule issue se sont des négociations, dans une conférence internationale avec les principaux acteurs pour aboutir à une paix juste et durable, et une solution qui respecte le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes... via la construction de deux Etats
La tentative étasunienne de détruire la Syrie, qui dure depuis 12 ans, a échoué.
Les pays voisins, dont la plupart se sont rangés du côté de la guerre menée par l’Occident pour renverser Assad, rétablissent leurs relations diplomatiques. Lors du sommet de la Ligue arabe à Djeddah cette année, auquel le président Assad a assisté pour la première fois depuis la suspension de la Syrie en 2011, il a été accueilli par ses anciens ennemis, notamment les dirigeants saoudiens et émiratis. La France (dirigeant colonial de la Syrie de 1919 à 1946[1]) a menacé les pays de la Ligue arabe pour leur insubordination et a qualifié Assad d’« ennemi de son peuple », mais une telle désapprobation, partagée par les États-Unis et le Royaume-Uni, a été largement ignorée (People’s Dispatch, 25 mai 2023). ). Au lieu de cela, Assad a déclaré lors du sommet que « le passé, le présent et l’avenir de la Syrie sont l’arabisme » (Sam Heller, Foreign Affairs, 14 août 2023).
En effet, la Ligue arabe – à l’exception des régimes les plus pro-étasuniens comme le Qatar – a depuis appelé au retrait de toutes les troupes étrangères non autorisées de Syrie – faisant référence aux forces étasuniennes et turques qui occupent illégalement la Syrie plutôt qu’aux Russes et aux Iraniens qui y sont présents. à l’invitation de la Syrie (People’s Despatch, 16 août 2023).
Le refus de la Syrie de se plier aux exigences occidentales en a fait une cible pour un changement de régime. L’ancienPremier ministre israélien Ehud Olmert a récemment déclaré à un journaliste télé : « S’il [Assad] avait fait la paix avec moi en décembre 2008, ils n’auraient pas souffert de la guerre civile » (Kevork Almassian, Twitter, 18 août 2023). En soulignant « l’erreur » d’Assad, Olmert admettait implicitement que la guerre syrienne, qui a tué jusqu’à présent 500 000 personnes, a été infligée à la Syrie délibérément, plutôt que d’être le résultat spontané d’un soulèvement populaire comme le décrivent les médias occidentaux.
Dans une récente interview majeure accordée à Sky News Arabia (9 août 2023), Assad était d’accord avec Olmert dans la mesure où « en théorie, la guerre aurait pu être évitée si nous nous étions soumis à toutes les exigences imposées à la Syrie sur diverses questions, au premier rang desquelles c’était l’abandon des droits et des intérêts syriens ». Mais une telle reddition aurait causé des dégâts bien plus importants par la suite, a-t-il déclaré.
L’approche inébranlable de la souveraineté nationale était partagée par la majorité des Syriens : un sondage YouGov de 2012 montrait que 55 % d’entre eux soutenaient Assad (Guardian, 17 janvier 2012) dans sa lutte contre les projets étasuniens de partition sectaire de la Syrie, comme ils l’avaient fait avec l’Irak. Les plans de partition prévoyaient une « principauté salafiste » à la frontière irakienne, selon un document divulgué par l’Agence étasunienne de renseignement de défense datant de 2012, ainsi qu’un mini-État kurde dans le nord-est.
Le scepticisme quant aux affirmations occidentales selon lesquelles ils agissent dans l’intérêt de la démocratie et dans la lutte contre le terrorisme s’est confirmé au cours de la guerre.
L’Opération Timber Sycamore, le programme secret de formation des terroristes de la CIA basé en Jordanie de 2012 à 2017, a financé et entraîné les terroristes combattant en Syrie[3] (Washington Post, 19 juillet 2017).
L’Armée syrienne libre, opposition dite « modérée », était composée d’extrémistes comme la brigade Khalid ibn Al Waleed, qui a diffusé la décapitation de prisonniers non armés par un enfant à la machette[4].
David McCloskey, ancien expert de la CIA sur la Syrie, a admis que les responsables étasuniens savaient depuis le début que « les groupes affiliés à Al-Qaïda et les groupes jihadistes salafistes étaient le principal moteur de l’insurrection » (Aaron Maté, Monthly Review, 23 avril 2022). Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale de Biden, a écrit dans un courriel adressé à sa patronne de l’époque, Hillary Clinton : « AQ [Al-Qaïda] est de notre côté en Syrie » (Wikileaks, 12 février 2012[2]).
Les intérêts réels des États-Unis peuvent être vus dans le fait qu’ils occupent illégalement une vaste zone de territoire riche en pétrole et fertile en agriculture dans le nord-est de la Syrie, avec environ 1 000 soldats étasuniens soutenus par des avions de combat et par son mandataire (essentiellement) l’armée kurde, l’armée des EU. Les Forces de défense syriennes (FDS), qui fournissent l’infanterie principale et combattent actuellement leurs anciens alliés dans sa zone de contrôle, les tribus arabes locales autour de l’Euphrate qui résistent à la répression des FDS. Une petite enclave étasunienne à la frontière syro-irakienne abrite des combattants de l’Etat islamique sous protection étasunienne.
Pendant ce temps, la Turquie occupe une bande importante à l’extrême nord et au nord-ouest, où, aux côtés de ses troupes comptant entre 5 000 et 10 000 hommes, Hayat Tahrir al-Sham (HTS), une fusion d’Al-Qaïda et d’autres milices islamistes, a gouverné sous diverses noms depuis 2017 en tant que mandataire turc.
🔴Au total, un tiers de la Syrie reste aux mains de l’ennemi.
(NDLR : La Turquie et la Russie ont conclu hier un accord sur le contrôle de la frontière turco-syrienne. Des patrouilles de militaires russes et syriens assureront la surveillance de la bande frontalière où l'armée turque avait mené son offensive, alors qu'Ankara a confirmé qu'elle n'avait plus besoin d'intervenir dans la région après le retrait des forces kurdes. Notre infographie, basée sur une carte du quotidien allemand Handelsblatt, fait le point sur la situation politique et militaire en Syrie en date du 22 octobre.)
Conséquences économiques de la résistance
Le refus catégorique de la Syrie d’adoucir sa position anti-israélienne ou de désavouer ses alliés, l’Iran et la Russie, signifie que la guerre continue, même si les combats sont limités.La guerre économique constitue désormais le principal danger – sous la forme de sanctions occidentales brutales.En conséquence, la croissance du PIB devrait diminuer cette année de 3,5 %, comme l’année dernière.90 % des Syriens vivent en dessous du seuil de pauvreté[5]. Le revenu mensuel moyen est passé de 500 dollars en 2011 à seulement 20 ou 30 dollars. Même le récent doublement du salaire minimum par Assad ne suffira pas à sortir les gens de la pauvreté causée par la mainmise occidentale. L’industrie pharmaceutique syrienne, autrefois florissante, a été durement touchée par les sanctions et, par conséquent, les prix des médicaments sont désormais exorbitants.
Tout cela signifie que si près d’un demi-million de réfugiés sont retournés dans les zones exemptes de conflit, six autres millions – principalement en Turquie, au Liban, en Jordanie et en Irak voisins – ne peuvent pas se permettre de rentrer chez eux. En outre, 6,8 millions de Syriens sont déplacés à l’intérieur du pays – plus de 2 millions vivent dans des camps où les conditions sont extrêmement difficiles (BBC, 2 mai 2023).
Privée de force de son territoire le plus productif, la Syrie est désormais un importateur net d’énergie et de nourriture, et les pétroliers iraniens qui tentent de livrer du pétrole à la Syrie se heurtent au sabotage (supposé israélien par l'Iran[6]) au large des côtes syriennes.
Reculs pour les États-Unis et les puissances occidentales
Malgré la relative faiblesse de la Syrie, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont subi un revers stratégique en ne parvenant pas à renverser Assad et à démembrer le pays.
Premièrement, la survie de la Syrie a renforcé la Russie, dont la renaissance en tant que puissance – après la défaite de l’URSS et la course aux biens publics sous Eltsine – a commencé en 2008 avec l’écrasement de la révolution colorée en Géorgie. Si cette brève guerre a marqué un tournant, c’est l’intervention de la Russie en Syrie en 2015, notamment grâce à l’utilisation de sa puissance aérienne contre les islamistes soutenus par l’Occident, qui a empêché la chute d’Assad et rétabli l’influence russe au Moyen-Orient[7].
Deuxièmement, la position régionale de l’Iran a été consolidée. L’Iran a envoyé des milliers de miliciens combattre pour la Syrie, dans le cadre d’une alliance qui remonte à 1981, lorsque la Syrie, seule, soutenait l’Iran contre l’Irak de Saddam[8].
Troisièmement, l’échec de la stratégie occidentale de changement de régime en Syrie a privé Israël de la pleine hégémonie sur tous ses voisins arabes. Les bombardements presque quotidiens d’Israël sur Damas et ailleurs en Syrie n’ont ni déstabilisé le gouvernement ni chassé les alliés iraniens de la Syrie, l’un des principaux objectifs d’Israël. Bien que la Syrie ne soit pas assez forte pour répondre de la même manière, l’Iran a averti Israël qu’il ferait face à d’éventuelles représailles (US News, 30 août 2023).
Le Hezbollah a également été renforcé.Après son rôle dans la prise d’Al Qusayr au printemps 2013, l’un des tournants de la guerre, le Hezbollah s’est développé et sa force d’élite Radwan à la frontière israélienne avec le Liban est désormais bien armée avec des armes de précision fournies par la Syrie. Les combats aux côtés de l’armée syrienne majoritairement sunnite ont aidé le Hezbollah, majoritairement chiite, à développer une politique non sectaire (Elijah J. Magnier, 7 septembre 2023).
De plus, l’affaiblissement de la puissance étasunienne en Syrie a rendu l’Arabie saoudite moins fiable en tant qu’allié des États-Unis. Les Saoudiens, qui soutenaient le changement de régime en Syrie, ont vu les États-Unis faire face à une résistance déterminée, tandis que les coûteux systèmes de défense antimissile qu’ils avaient achetés aux États-Unis ne pouvaient pas les protéger des attaques de drones des Ansarallah (Houtis) du Yémen sur leurs installations pétrolières. Compte tenu de ces revers et de ces défaites sur le terrain au Yémen[9], les Saoudiens ont été contraints de demander la paix à Ansarallah[10], et le rapprochement Iran-Saoudite, négocié par la Chine, est devenu une option souhaitable.
Pour la Turquie, membre de l’OTAN, qui affronte les États-Unis et la Russie, la survie de la Syrie représente un problème. La Turquie a besoin de la coopération syrienne pour poursuivre le PKK/YPG kurde – l’épine dorsale des FDS – qu’elle considère comme une menace terroriste. Mais la Syrie insiste pour que la Turquie quitte le territoire syrien avant toute négociation. L’importante population – et politiquement problématique pour Erdogan – de réfugiés syriens en Turquie a besoin de paix pour pouvoir rentrer chez elle, mais l’occupation du nord de la Syrie par la Turquie implique la poursuite de la guerre. Les récentes sanctions américaines contre deux groupes islamistes qu’ils finançaient autrefois et qui sont désormais sous contrôle turc en Syrie ont été un nouveau coup dur, une expression du mécontentement étasunien face au ciblage par la Turquie du mandataire américain, les FDS.
Pendant ce temps, sur le front diplomatique, les États-Unis ont été critiqués publiquement par des groupes de défense des droits de l’hommetels que le Conseil norvégien pour les réfugiés (Agence de presse Mehr, 8 août 2023) pour avoir annulé la dérogation aux sanctions humanitaires qu’ils avaient accordée à la Syrie après le tremblement de terre majeur de février. Le fait d’avoir accordé une dérogation « humanitaire » ponctuelle ne fait que montrer la nature inhumaine des sanctions américaines le reste du temps.
Survie – et l’avenir
Même si l’économie syrienne a été dévastée par la guerre, sa résistance l’a empêchée de suivre le sort de la Libye, où la guerre de l’OTAN a démantelé la société tout entière[11].
Dans sa récente interview avec Sky Arabia, Assad a comparé sa position à celle de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi, qui ont tous deux fait des compromis avec l’Occident avant d’être éliminés. Assad, devenu président en 2000, a joué très tôt un rôle de realpolitik en autorisant la Syrie à participer au programme de « restitutions extraordinaires » de la CIA, qui s’est poursuivi même après que la Syrie a été surnommée l’un des États de « l’axe du mal » en 2002. La politique de coopération tactique Cette opération – la Syrie avait soutenu la première guerre des EU en Irak – n’a finalement donné à la Syrie aucune protection contre l’agression étasunienne. C’est plutôt la résistance résolue d’Assad à Israël et son rejet croissant du contrôle étasunien qui l’ont rendu « véritablement populaire » – selon un rapport du Guardian (26 mai 2007) sur les élections de 2007 – unissant le peuple syrien contre la menace d’une partition sectaire et du mouvement islamiste. terreur émanant de l’Irak voisin.
La priorité désormais du gouvernement Assad est de récupérer tout le territoire syrien, en particulier ses ressources pétrolières et agricoles. Sans sa propre richesse productive, elle ne pourra pas faire face à la crise économique.
Il en va de même pour le progrès démocratique. Les efforts antérieurs visant à établir une assemblée constituante pour réconcilier les groupes opposés en Syrie ont échoué à cause de la guerre. Un comité constitutionnel composé de cinquante représentants nommés par le gouvernement, cinquante de l’opposition et cinquante représentants de la société civile nommés par l’ONU[12] doit se réunir à Oman plus tard cette année, soutenu par la Russie, l’Iran et la Turquie, les participants au processus de paix d’Astana. le seul cadre de paix viable à ce jour.
Mais la violence continue, soutenue par les États-Unis, fait obstacle aux progrès constitutionnels. En août, l’Etat islamique a tué des dizaines de soldats syriens à Deir-ez-zor, dans l’est de la Syrie[13]. De telles attaques de l’Etat islamique sont facilitées par les États-Unis, qui assurent la protection du groupe.
Dans un climat aussi peu propice aux réformes, les manifestations qui ont lieu depuis le 20 août dans la ville druze de Suweida, dans le sud de la Syrie, et à Deraa (où ont débuté les manifestations de 2011) contre la hausse du coût de la vie, tout en exprimant des préoccupations économiques légitimes, fournissent aux États-Unis de nouvelles opportunités de déstabilisation. Les FDS mandataires étasuniens ont déjà lancé des appels croissants à la sécession de la région druze (Cradle, 29 août 2023). En 2011, les manifestations contre la hausse des prix du blé liée à la sécheresse ont rapidement dégénéré en guerre à grande échelle.
La reprise économique est essentielle pour prévenir une reprise du conflit, et cela nécessite la fin de l’occupation étasunienne et turque et la levée des sanctions. La Confédération générale des syndicats de Syrie a condamné le « terrorisme économique » du blocus occidental et a appelé à une unité renforcée entre les syndicats arabes (The Syrian Observer, 1er septembre 2021).
Jusqu’à présent, la Syrie n’a pas reçu les investissements dont elle a cruellement besoin.Il n’est pas étonnant que les puissances occidentales imposent des sanctions punitives à quiconque s’engage en Syrie. La Russie et l’Iran ont donné respectivement 7 et 23 milliards de dollars (The Diplomat, 3 juin 2021), et la Syrie a rejoint l’initiative chinoise la Ceinture et la Route en janvier 2022[14][14bis]. Mais les entreprises chinoises se sont montrées prudentes quant à leur implication dans un pays toujours ciblé par les États-Unis. Assad a toutefois adopté une vision positive de la direction à prendre après la récente adhésion de l’Iran au groupe des BRICS[15], qui a renforcé le multilatéralisme (Almasirah, 1er septembre 2023).
En conclusion, à force de rester en place et de reprendre le contrôle d’une grande partie du pays, Assad a affaibli la puissance des EU au Moyen-Orient. Les interventions militaires de la Russie et de l’Iran ont joué un rôle important pour y parvenir, tout comme l’armée syrienne, nombreuse et « institutionnellement loyale » (Jack Sargeant, LSE Blog, 10 août 2020).C’est avant tout la défense populaire de l’unité nationale et d’une république laïque et religieusement tolérante qui a garanti la survie du pays face à une guerre longue et amère.
Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.
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