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17 mars 2022 4 17 /03 /mars /2022 09:45
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, et le président russe, Vladimir Poutine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, et le président russe, Vladimir Poutine

La guerre en Ukraine : un objet historique multifacette

 

Dans un contexte où il est difficile de distinguer propagande de guerre et information impartiale, il nous a semblé utile de proposer ici quelques documents permettant d’élargir et d’approfondir notre champ de vision concernant le conflit militaire russo–ukrainien. Pour lire la suite cliquer ICI

 

 

Pour en savoir plus :

- 2015 : La crise russo-ukrainienne accouchera-t-elle d’un nouvel ordre européen ?

- « L’OTAN ne s’étendra pas d’un pouce vers l’est » par Philippe Descamps 

- On l’oublie un peu, mais la crise en Ukraine a surgi aussi sur fond d’enjeux économico-stratégiques mettant en cause le grand projet de M. Vladimir Poutine : l’Union économique eurasiatique (UEE), qui doit prendre effet en janvier 2015. 

- L’INVASION DE L’UKRAINE RENFORCE LA FRACTION MILITARISTE DES ÉLITES AMÉRICAINES

- Jean-Luc Mélenchon : " Pendant la guerre, le monde change sous les radars "

- NATIONALISME EN UKRAINE : MYTHE ET RÉALITÉ

- Ukraine, d’une oligarchie à l’autre

- Eric Toussaint docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France : Pourquoi annuler la dette de l’Ukraine ?

- UKRAINE : LES ÉTATS-UNIS COMPTENT FAIRE LA GUERRE « JUSQU’AU DERNIER UKRAINIEN »

- " Nous marchons vers la guerre comme des somnambules ", pour Henri Guaino

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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 11:58
Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !

La Russie a lancé son opération militaire en Ukraine  : Jean-Luc Mélenchon a prévenu pendant 10 ans[3bis] !

 

et Anne Hidalgo, Yannick Jadot, sont en campagne et s'agitent !
Un adversaire unique pour exister, qui à leurs yeux serait pro-Poutine
[1][2][2bis]... Jean-Luc Mélenchon !
Dans le même temps, les perroquets médiatiques répètent eux aussi en boucle la même chanson pour le salir !
Or, depuis des années (ci-dessous je remonte à 2012), Jean-Luc Mélenchon critique et s'oppose au poutinisme.
Ça suffit ! Mélenchon président défendra l'intérêt de la France, l'intérêt général humain, la paix !
Quand Jaurès refusait la guerre, on le traitait d’« agent du parti allemand
[3»... quand Jean-Luc Mélenchon défend une France non-alignée au service de la paix, les apprentis de la géopolitique pour les nuls, à la peine dans leur campagne électorale, le traitent de " pro-Poutine "...
L’acharnement de ceux qui utilisent la guerre pour taper sur Jean-Luc Mélenchon ne trompe pas les Français.
Si Poutine est évidemment responsable de la situation, une majorité de Français pense que l’OTAN aussi
[4]...
Le candidat de l'#UnionPopulaire, Jean-Luc Mélenchon est considéré comme le candidat le plus à la hauteur des événements.

 

 

Sources : Durand Eric | mis à jour le 27/03/2022

- Quand en 2014, Jean-Luc Mélenchon annonçait qu'il y aurait la guerre en Ukraine

 

- Quand le 17 mai 2018, Jean-Luc Mélenchon alertait sur le risque de guerre en Europe

Il soulignait que la paix est un objectif et une construction politique. Il rappelait l’importance de l’indépendance de la France pour pouvoir être utile au service de la paix. Il appelait à ne pas mettre le doigt dans l’engrenage qui pourrait conduire à une guerre entre l’OTAN et la Russie.

 

Une vidéo utile à revisionner aujourd'hui alors que la guerre de Poutine en Ukraine a montré la fragilité de la paix en Europe et la difficulté à y revenir une fois l'attaque lancée.

 

  • et plus globalement... Poutine, Russie, Ukraine : ce que dit Mélenchon depuis 10 ans (cliquez sur l'image)

 

Mélenchon : 10 ans d'alerte sur la Russie et l'Ukraine !

 

 

- Alors Jean-Luc Mélenchon ami, aficionado de Poutine ?

 

 

 

- Et maintenant que c'est la guerre, le 24 février, invité de l'émission spéciale de France 2 sur la situation en Ukraine Jean-Luc Mélenchon a fait une proposition simple pour sortir du conflit par le haut

4 ième jour de combat en Ukraine[6]  Plus de trois jours après le début de l’offensive lancée par Vladimir Poutine en Ukraine, des milliers de personnes fuient leur pays. D’autres ont décidé de prendre les armes ou même de faire face aux chars russes à mains nues.

 

En France, Jean-Luc Mélenchon (candidat aux élections présidentielles 2022) a expliqué que s'il était président de la République, il ferait la proposition d'un cessez-le-feu en Ukraine, d'un retrait des troupes russes et de l'engagement d'une discussion sur la neutralité de l'Ukraine

 

Cette proposition a été reprise ce vendredi 25 février par les proches du président de la République ukrainienne, monsieur Zelensky[7]. L'un de ses conseillers se dit notamment prêt à engager des discussions avec Poutine sur la neutralité de l'Ukraine. Côté russe aussi, ces discussions sont souhaitées, même si pour l'heure les conditions posées à l'Ukraine pour une discussion équivalent à une reddition pure et simple. 

 

On le voit : sur ce sujet encore, Jean-Luc Mélenchon propose une solution de règlement du conflit par le haut. En 2022, il faudra choisir un président de la République qui a été capable de prévoir les dangers qui pesaient sur la paix, et a proposé des solutions diplomatiques pour éviter le passage à un conflit armé comme on en connaît aujourd'hui.  

 

 

- Ukraine : Jean-Luc Mélenchon et Hubert Vedrine font la même proposition pour cesser la guerre

 

- Discours de Jean-Luc Mélenchon sur la guerre en Ukraine prononcé le 1er mars 2022 à l'Assemblée nationale

Face à la volonté de l'Ukraine d'entrer dans l'OTAN et le non positionnement de l'occident pour dire NON, Poutine a fait le choix de la guerre... pour Jean-Luc Mélenchon, le seul but qui doit nous guider, c’est la paix.

 

Jean-Luc Mélenchon a rappelé qu’il n’y a pas d’alternative.... c’est la guerre totale ou la diplomatie. Par conséquent, le choix est vite fait, la France doit prendre une initiative diplomatique radicale : " Il faut rendre la diplomatie plus profitable que la guerre.

 

  • Jean-Luc Mélenchon appelle à la " proclamation de la neutralité de l'Ukraine ", à laquelle le président #Zelensky s'est dit " officiellement prêt ".

 

- Mais au fait, qui sont les amis à Poutine ?

Il existe des photos des candidats et politiciens qui accusent de Jean-Luc Mélenchon de soutenir Poutine ou de lui faire des courbettes.

En revanche, on n’en a aucune de ou il figure...  par contre, en mai 2018, Jean-Luc Mélenchon a rencontré Sergueï Oudaltsov, leader du Front de gauche de #Russie, emprisonné durant 4 ans et demi à la suite des manifestations de 2012 pour des élections honnêtes.

 

À #Moscou, rencontre avec Sergueï Oudaltsov, leader du Front de gauche de #Russie, emprisonné durant 4 ans et demi à la suite des manifestations de 2012 pour des élections honnêtes

 

  • les amis à Poutine... c'est eux !

 

Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
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Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
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Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !

Notes :

[1] Anne Hidalgo : "Jean-Luc Mélenchon est devenu l'allié et le soutien de Vladimir Poutine" 

[2] Delphine Batho, porte-parole de la campagne de Yannick Jadot : " JEAN-LUC MÉLENCHON, JAMAIS EN RETARD D'UNE COMPLAISANCE VIS-À-VIS DE POUTINE "

[2bis] Présidentielle : comment Hidalgo et Jadot utilisent la crise ukrainienne pour attaquer Mélenchon

[3] Jaures agent du parti allemand 

[3bisUkraine : Mélenchon a prévenu pendant 10 ans !

[4] Si Poutine est évidemment responsable de la situation, une majorité de Français pense que l’OTAN aussi...

[5] Jean-Luc Mélenchon est considéré comme le candidat le plus à la hauteur des événements.

[6Crise ukrainienne : la Russie lance une opération militaire, l’Ukraine craint « une grande guerre en Europe »

[7Guerre en Ukraine : la présidence ukrainienne déclare avoir accepté des pourparlers avec la Russie à la frontière avec la Biélorussie

 

Pour en savoir plus :

- Jean-Luc Mélenchon : ce qu'il a vraiment dit sur la Russie, Poutine et la Syrie

- Les Européens hors jeu : Ukraine, pourquoi la crise

- Cœur de l'Europe : Les dirigeants des grandes puissances jouent avec le feu

- Jean-Luc Mélenchon : " Ukraine/Russie : l’UE n’a décidément rien compris "

- En octobre 2013, dans un texte écrit en commun, Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon appelaient à la libération des écologistes emprisonnés en Russie.

- Crise autour de l’Ukraine : l’alignement condamne à la figuration

- « J’ai toujours dit que si on menaçait la Russie, elle passerait les frontières », déclare Mélenchon

- Mélenchon : 10 ans d'alerte sur la Russie et l'Ukraine

Jean-Luc Mélenchon : La comédie ukrainienne

- Jean-Luc mélenchon " Macron : La comédie de Moscou "

- Guerre russe en Ukraine : depuis bientôt 10 ans, Jean-Luc Mélenchon lance l’alerte

- Dés 2017 Jean-Luc Mélenchon mettait en garde, et face au danger de guerre en Europe appelait à sortir de l'OTAN

- Jean-Luc Mélenchon " Je condamne la guerre de la Russie en Ukraine "

- Communiqué de Jean-Luc Mélenchon suite au déclenchement de la guerre russe en Ukraine.

- Crise en Ukraine : Mélenchon accuse l'OTAN d'attiser les tensions

- Ukraine : Mélenchon a prévenu pendant 10 ans

- Attaque de la Russie en Ukraine – Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

- Guerre russe en Ukraine : La France Insoumise renouvelle sa demande de débat à l’Assemblée nationale

- Jean-Luc Mélenchon : Ukraine - Cessez-le-feu, retrait russe : ce que la France doit proposer

- L'OTAN accroît les tensions en Europe, avec le Général Vincent Desportes 

Ukraine : Mélenchon défend la paix à l’Assemblée et marche dans les pas de Jaurès

- 2 Mars, Jean-Luc Mélenchon sur l'Ukraine : face à la menace nucléaire, l’urgence c’est la paix

- Jean-Luc Mélenchon le 2 mars 2022 " Ukraine : je veux construire le camp de la paix contre les va-t-en guerre "

- Jean-Luc Mélenchon : " Pendant la guerre, le monde change sous les radars "

Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
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30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 15:18
Cœur de l'Europe : Les dirigeants des grandes puissances jouent avec le feu

Révélation : Comment l’Occident a promis à l’URSS que l’OTAN ne s’étendrait pas à l’Est, par Roland Dumas, ex-ministre des affaires étrangères[0bis]

 

Les bruits de bottes aux portes de l’Europe affolent les chancelleries occidentales.
Deux interprétations s’opposent. Pour les uns, Moscou fait monter les enchères afin d’obtenir des concessions de la part de Washington et des Européens. D’autres au contraire estiment que le Kremlin veut pouvoir prétexter d’une fin de non-recevoir pour justifier un passage à l’acte en Ukraine. Dans tous les cas, la question se pose du moment choisi par Moscou pour engager ce rapport de forces. Pourquoi jouer ce jeu risqué, et pourquoi maintenant ?

Des éléments de réponse dans l'article ci dessous, (article traduit en anglais à partir de l’original arabe de Gilbert Achar publié dans Al-Quds al-Arabi, 25 janvier 2022 [traduction de l’anglais par la rédaction de A l’Encontre])

 

Sources : Alencontre par Gilbert Achcar | mis à jour le 25/05/2022

- Il n’est pas exagéré de dire que ce qui se passe actuellement au cœur du continent européen est le moment le plus dangereux de l’histoire contemporaine et le plus proche d’une troisième guerre mondiale depuis la crise des missiles soviétiques à Cuba en 1962[1].

Il est vrai que, jusqu’à présent, ni Moscou ni Washington n’ont fait allusion à l’utilisation d’armes nucléaires, même s’il ne fait aucun doute que les deux pays ont mis leurs arsenaux nucléaires en état d’alerte face aux circonstances actuelles. Il est également vrai que le degré d’alerte militaire aux Etats-Unis n’a pas encore atteint celui qu’il avait atteint en 1962. Mais le déploiement militaire russe aux frontières de l’Ukraine dépasse les niveaux de concentration de troupes à une frontière européenne observés aux moments les plus chauds de la «guerre froide», tandis que l’escalade verbale occidentale contre la Russie a atteint un stade dangereux accompagné de gesticulations et de préparatifs militaires qui créent une possibilité réelle de conflagration.

 

 

- Les dirigeants des grandes puissances jouent avec le feu.

Macron joue l'apaisement... à sa façon

Vladimir Poutine peut penser qu’il ne fait que déplacer la reine et la tour sur le grand échiquier afin de forcer l’adversaire à retirer ses pièces. Joe Biden peut croire qu’il s’agit d’une bonne occasion pour lui de redorer son image nationale et internationale, très ternie depuis son échec embarrassant dans l’organisation du retrait des forces étatsuniennes d’Afghanistan. Et Boris Johnson peut croire que les rodomontades prétentieuses de son gouvernement sont un moyen bon marché de détourner l’attention de ses problèmes politiques intérieurs. Il n’en reste pas moins que, dans de telles circonstances, les événements acquièrent rapidement leur propre dynamique au son des tambours – une dynamique qui dépasse le contrôle de tous les acteurs, pris individuellement, et risque de déclencher une explosion qu’aucun d’entre eux n’avait initialement souhaitée.

 

 

- En Europe, la tension actuelle entre la Russie et les pays occidentaux a atteint un degré jamais vu sur le continent depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les premiers épisodes de guerre qui s’y sont déroulés depuis lors, les guerres des Balkans dans les années 1990, n’ont jamais atteint le niveau de tension prolongée et d’alerte entre les grandes puissances elles-mêmes auquel nous assistons aujourd’hui. Si une guerre devait éclater en raison de la tension présente – même si elle ne faisait initialement que sévir sur le sol ukrainien – la situation centrale et la taille même de l’Ukraine suffisent à faire du danger de propagation de l’incendie à d’autres pays européens limitrophes de la Russie, ainsi qu’au Caucase et à l’Asie centrale, un péril grave et imminent.

 

 

- La cause principale de ce qui se passe aujourd’hui est liée à une série de développements

La première et principale responsabilité incombe au plus puissant qui en a eu l’initiative – c’est-à-dire, bien sûr, les Etats-Unis. Depuis que l’Union soviétique est entrée dans la phase terminale de son agonie sous Mikhaïl Gorbatchev, et plus encore sous le premier président de la Russie post-soviétique, Boris Eltsine, Washington s’est comporté envers la Russie comme un vainqueur impitoyable envers un vaincu qu’il cherche à empêcher de pouvoir jamais se redresser.

Cela s’est traduit par l’expansion de l’OTAN, dominée par les Etats-Unis, en y intégrant des pays qui appartenaient auparavant au Pacte de Varsovie dominé par l’URSS[2], au lieu de dissoudre l’Alliance occidentale parallèlement à son homologue orientale le 1er juillet 1991[3], amenant l'ambassadeur russe auprès de l'UE a dénoncer plusieurs vagues d'élargissement de l'OTAN vers l'Est[0] (VOIR AUSSI : Comment l’Occident a promis à l’URSS que l’OTAN ne s’étendrait pas à l’Est[2bis], par Roland Dumas, ex-ministre des affaires étrangères[0bis]), auquel il convient d'ajouter le non respect des accords de MinskI[1bis] et MinskII[1ter].

L'OTAN de sa création à l'intégration du Monténégro

 

Cela s’est également traduit par le fait que l’Occident a dicté une politique économique de « thérapie de choc » à l’économie bureaucratique de la Russie, provoquant une crise socio-économique et un effondrement d’énormes proportions.

 

 

- Ce sont ces prémisses qui ont le plus naturellement conduit au résultat

Prémisses contre lequel l’un des conseillers les plus éminents de Gorbatchev – un ancien membre du Soviet suprême et du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique –, Georgi Arbatov[4], avait mis en garde il y a trente ans, lorsqu’il avait prédit que les politiques occidentales à l’égard de la Russie conduiraient à « une nouvelle guerre froide[5] » et à l’émergence d’un régime autoritaire à Moscou, renouant avec la vieille tradition impériale de la Russie. C’est ce qui s’est produit avec l’arrivée au pouvoir de Poutine qui représente les intérêts des deux blocs les plus importants de l’économie capitaliste russe (dans laquelle se mêlent capitalisme d’Etat et intérêts privés) : le complexe militaro-industriel – qui emploie un cinquième de la main-d’œuvre industrielle russe, en plus des effectifs des forces armées – et le secteur pétrolier et gazier.

 

 

- Le résultat est que la Russie de Poutine pratique une politique d’expansion militaire qui va bien au-delà de ce qui prévalait à l’époque de l’Union soviétique.

A l’époque, Moscou n’a déployé de forces de combat en dehors de la sphère qui était tombée sous son contrôle à la fin de la Seconde Guerre mondiale que lors de l’invasion de l’Afghanistan à la fin de 1979, invasion qui a précipité l’agonie de l’URSS. Quant à la Russie de Poutine, après avoir retrouvé une vitalité économique, depuis le début du siècle, grâce à l’augmentation du prix des combustibles, elle est intervenue militairement hors de ses frontières à une fréquence comparable à celle des interventions militaires étatsuniennes avant la défaite au Vietnam, et entre la première guerre des Etats-Unis contre l’Irak en 1991 et la sortie peu glorieuse des forces étatsuniennes de ce pays, vingt ans plus tard. Les interventions et les invasions de la Russie ne se limitent plus à son « étranger proche », c’est-à-dire les pays adjacents à la Russie, qui étaient dominés par Moscou à travers l’URSS ou le Pacte de Varsovie. La Russie post-soviétique est intervenue militairement dans le Caucase, notamment en Géorgie[6], en Ukraine (Guerre du Donbass[7]) et plus récemment au Kazakhstan[8]. Mais elle mène également, depuis 2015, une guerre en Syrie[9] et intervient sous un déguisement qui ne trompe personne en Libye[10] et plus récemment en Afrique subsaharienne[11].

 

Ainsi, entre le regain de belligérance russe et la poursuite de l’arrogance des Etats-Unis, le monde se trouve au bord d’une catastrophe qui pourrait grandement accélérer l’anéantissement de l’humanité, vers lequel notre planète se dirige par le biais de la dégradation de l’environnement et du réchauffement climatique.

  • Nous ne pouvons qu’espérer que la raison l’emportera et que les grandes puissances parviendront à un accord répondant aux préoccupations de sécurité de la Russie et recréant les conditions d’une « coexistence pacifique » renouvelée qui réduirait la chaleur de la nouvelle guerre froide et l’empêcherait de se transformer en une guerre chaude qui serait une catastrophe énorme pour toute l’humanité.

 

-----------------------------------

 

🔴 Note personnelle à méditer...

 

1 - L'OTAN AU SERVICE DU MARCHÉ DE L'INDUSTRIE D'ARMEMENT ?

- L'OTAN un outil politico militaire au service du marché ?

Depuis la dissolution de l’Union soviétique en 1991, l’OTAN s’est transformée, à l’initiative des Etats -Unis, d’une organisation de sécurité défensive en une organisation expansionniste et militaire agressive. 

Aujourd'hui, l'objectif de l'OTAN, c'est t-il pas aussi de maintenir les tensions avec la Russie, l'extrême Orient avec la Chine pour justifier l'investissement public dans l'armement, alimenter le PIB, la croissance, l'industrie de l'armement, la finance ?

  • Selon l'institut international de recherche sur la paix de Stockholm, le total des dépenses militaires mondiales s'élève à 1 981 milliards de dollars en 2020, soit une augmentation de 2,6 % en termes réels par rapport à 2019, selon de nouvelles données publiées par le Stockholm International[12] ;
  • Armement.2020, année record pour les dépenses militaires dans le monde[13]

 

- Les Etats-Unis resteront pour longtemps encore le premier budget militaire du monde
L’administration américaine représente 36 % de l’effort militaire mondial, selon le rapport annuel de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm[14].

Au total, les dépenses militaires de l'alliance atlantique OTAN, représentent 70% des dépenses au monde[15], une large partie étant assurée par les Etats-Unis (70% en 2018[16]).

 

 

Répartition des dépenses militaires par pays en 2018 INFOGRAPHIE LE MONDE

 

Classement des 10 plus importants budgets militaires en 2018 INFOGRAPHIE LE MONDE

 

2 - L'ENJEU DU GAZ EN EUROPE... L'AUTRE DESSOUS DES CARTES EN UKRAINE ? 

- Les Etats-Unis veulent faire blocus contre le gaz russe pour nous vendre leur gaz de schiste liquéfié ainsi une celui de leurs amis Qataris.

L’Europe est plus que jamais le terrain de jeu de la guerre énergétique entre les Etats-Unis et la Russie. L’intrusion des américains sur le marché européen du gaz est récente, grâce à leur révolution du gaz de schiste. Les russes, eux, ont toujours été l’un des premiers fournisseurs de gaz des pays européens avec le Qatar ou l’Algérie, notamment pour la France[17].

 

Mais ce sont surtout les importations en provenance des Etats-Unis qui ont explosé. Elles ont presque triplé, passant de 2,7 millions de tonnes sur l’année 2018 à 7,6 millions sur les neuf premiers mois de 2019. Une poussée due au gigantesque essor du gaz de schiste américain depuis sept ans. "L’essentiel du gaz que les américains exportent est du gaz de schiste", explique un spécialiste du secteur. En France aussi, cette tendance est la même : les importations de gaz américains ont presque quadruplé depuis le début de l’année! Même si elles partaient de très bas[17]…

 

 

- En définitive, la crise Ukrainienne constitue des enjeux inavoués mais majeurs pour les États-Unis

Bien que situé à plus de 8000 km du théâtre d’opération ukrainien[6], les États-Unis sont loin de se désintéresser du conflit qui s’y déroule. Et pour cause : la question ukrainienne intéresse les Américains à au moins trois titres : Géopolitiques, commerciaux, énergétiques[18].

  • Géopolitiques, l’enjeu est ici clair : la crise ukrainienne fournit aux États-Unis une occasion rêvée de proroger la partition de l’Europe engagée dès 1944, à l’aube de la victoire alliée sur les forces de l’Axe.

 

  • Commerciaux : Ici c’est la question de la libéralisation des échanges avec l’UE qui est en jeu. Comme au temps de la guerre froide, l’arme commerciale vient en effet doubler l’arme économique tout en visant à parvenir au même but. Couper la Russie de l’Europe occidentale tout en renforçant la dépendance de cette dernière à l’égard des États-Unis.

 

  • Énergétiques via l’augmentation des capacités d’exportation : c’est un autre aspect caché – et de ce fait souvent méconnu – de la crise ukrai­nienne. Celle-ci pourrait en effet à terme permettre à l’industrie américaine d’aug­menter sensiblement ses capacités d’exportation de gaz naturel.

 

3 - L'Ukraine, c'est aussi :

Pourquoi l'Ukraine compte-t-elle économiquement pour le " marché " et donc l'occident et ce indépendamment des questions géopolitiques et de domination militaire dans une stratégie de nassage de la Russie... ?

  • Pour le savoir, regarder comment la nation indépendante, souveraine et démocratique de l'Ukraine se classe :

🥇1ère réserve européenne de minerais d'uranium ;
🥈2e réserve européenne de minerais de titane - 10e réserve mondiale ;
🥈2e réserve mondiale de minerais de manganèse (2,3 milliards de tonnes, soit 12% des réserves mondiales) ;
🥈2e réserve mondiale de minerais de fer (30 milliards de tonnes) ;
🥈2e réserve européenne de minerais de mercure ;
🥉3e réserve européenne de gaz de schiste (22 milliards de mètres cubes) - 13e réserve mondiale
📌 4e place mondiale en valeur totale des ressources naturelles
📌 7e réserve mondiale de charbon (33,9 milliards de tonnes)
❗️🇺🇦 L'Ukraine est un pays agricole - elle peut répondre aux besoins alimentaires de 600 millions de personnes :
🥇La plus grande superficie de terres arables d'Europe ;
🥉3e plus grande superficie de terre noire (tchornozem) dans le monde (25% du volume mondial) ;
🥇1er exportateur mondial de tournesol et d'huile de tournesol ;
🥈2e producteur mondial d'orge - 4ème exportateur mondial ;
🥉3e producteur mondial de maïs - 4e exportateur mondial ;
- 4e producteur mondial de pommes de terre ;
- 5e producteur mondial de seigle ;
- 5e place mondiale en production apicole - miel, cire, gelée royale, pollen, propolis, venin d'abeille (75 000 tonnes) ;
- 8e exportateur mondial de blé ;
- 9e producteur mondial d'œufs de poule ;
- 16e exportateur mondial de fromages
🇺🇦 L'Ukraine est un pays industrialisé :
🥇 1er producteur européen d'ammoniaque; 
🥈 2е plus grand réseau de gazoducs d'Europe et 4e mondial (142,5 milliards de mètres cubes de capacité de débit de gaz dans l'UE) ;
🥉 3e plus grand parc nucléaire européen - 8e mondial ;
🥉 3e plus long réseau ferroviaire d'Europe - 11e mondial (21 700 km) ;
🥉 3e producteur mondial de localisateurs et d'équipements de localisation (après les États-Unis et la France) ;
🥉 3e exportateur mondial de fer ;
💥 4e exportateur mondial de turbines pour centrales nucléaires ;
💥 4e fabricant mondial de lance-roquettes ;
💥 4e exportateur mondial d'argile ;
💥 4e exportateur mondial de titane ;
💥 8ème exportateur mondial de minerais et concentrés métallurgiques ;
💥 9e exportateur mondial dans l'industrie de l'armement ;
💥 10e producteur mondial d'acier (32,4 millions de tonnes).

 

En conclusion, l’UE est l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Ukraine, ce qui signifie qu’il existe plusieurs possibilités d’importer et d’exporter de l’UE vers l’Ukraine, et inversement[20]. 

 

- Les révélations de Roland Dumas : comment l’Occident a promis à l’URSS que l’OTAN ne s’étendrait pas à l’Est
Comme nous l'avons expliqué plus haut, la crise actuelle trouve son origine dans l’extension permanente de l’OTAN depuis la disparition de l’URSS. Et ci-dessous, Roland Dumas dévoile, confirme ce qui a été dit et promis à l’URSS en 1990, en échange de la réunification de l’Allemagne.

 

- L'OTAN accroît les tensions en Europe, avec le Général Vincent Desportes

Général Vincent Desportes, professeur de stratégie à Sciences Po et à HEC : Ukraine : 5ème jour de guerre

 

 

Notes

[0] L'ambassadeur russe auprès de l'UE dénonce plusieurs vagues d'élargissement de l'OTAN vers l'Est

[0bisComment l’Occident a promis à l’URSS que l’OTAN ne s’étendrait pas à l’Est, par Roland Dumas, ex-ministre des affaires étrangères

[1] La crise des missiles de Cuba est une suite d'événements survenus du 14 octobre au 28 octobre 1962

[1bis] Protocole de MinskI

[1terProtocole de MinskII du 11 février 2015

[2] Pourquoi l'OTAN continue à s'élargir vers l'est

[2bis] Des documents récemment déclassifiés révèlent que des dirigeants occidentaux - et non des moindres, comme le président américain George H.W. Bush et le secrétaire général de l'Otan de l'époque Manfred Wörner - avaient assuré au président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, que l'Alliance atlantique ne s'élargirait pas à l'est au delà de l'Allemagne de l'Est après la réunification allemande d'octobre 1990.

[3] Dissolution du pacte de Varsovie le 1er juillet 1991

[4] Georgy Arbatov

[5] «Eurasia Letter : A New Cold War», Georgi Aabatov, in Foreign Policy. No.95, Summer 1994 (pp. 90-103)

[6] Géorgie-Ossétie-Russie. Une guerre à toutes les échelles

[7] Guerre du Donbass

[8] Intervention russe au Kazakhstan : le Kremlin défend un partenaire clé

[9] Intervention militaire de la Russie en Syrie

[10] En Libye, ces mercenaires russes “ qui n’existent pas ”

[11] Sociétés militaires privées russes en Afrique subsaharienne

[12] Nouvelles données publiées aujourd'hui par le Stockholm International

[13] Armement.2020, année record pour les dépenses militaires dans le monde

[14] Les Etats-Unis resteront pour longtemps encore le premier budget militaire du monde

[15] Au total, les dépenses militaires de l'alliance atlantique OTAN, représentent 70% des dépenses au monde

[16]  Les dépenses militaires des Etats-Unis ont représenté en 2018 près de 70% des dépenses militaires totales de l'Otan. 

[17] LE GAZ DE SCHISTE AMÉRICAIN INONDE L’EUROPE

[18Russie-Ukraine Les enjeux gaziers du conflit

[19Roland Dumas a été notamment ministre des Relations extérieures de 1984 à 1986 et des Affaires étrangères de 1988 à 1993. Il a ensuite présidé le Conseil constitutionnel de 1995 à 2000.

[20L’UE est l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Ukraine, ce qui signifie qu’il existe plusieurs possibilités d’importer et d’exporter de l’UE vers l’Ukraine, et inversement. 

 

Pour en savoir plus :

- 2015 : La crise russo-ukrainienne accouchera-t-elle d’un nouvel ordre européen ?

- Fascisme de masse en Ukraine. Attention !

- Les européens s’étaient effectivement engagés à ce que l’OTAN ne s’étende pas vers l’est. Cet article contient les liens vers les sources de ces informations

- Ukraine et néo-nazis

- 9 avril 2015 : L’Ukraine se réclame de la tradition nazie

- L'Otan rejette l'exigence russe de renoncer à l'adhésion de Kiev

- Les ressources énergétiques et naturelles sont au coeur des conflits internationaux

Les Américains n’ont pas de partenaires. Ils n’ont que des vassaux. Sans sortie de l’OTAN, toute armée européenne ne sert qu’en supplétif de l’armée USA et au service de sa guerre froide.

- Loin de jouer l’apaisement et la voie diplomatique, les États-Unis répondent aux menaces russes par une stratégie d’escalade.

- Quels sont les objectifs de Vladimir Poutine  ?

- La Russie envahit, mais il n’y a pas de bons gars dans la guerre en Ukraine

- Reconstituer le puzzle de la guerre en Ukraine : c’est possible, mais cela demande du temps.

Quand en 2014, Jean-Luc Mélenchon annonçait qu'il y aurait la guerre en Ukraine

- « L’OTAN ne s’étendra pas d’un pouce vers l’est » par Philippe Descamps 

- On l’oublie un peu, mais la crise en Ukraine a surgi aussi sur fond d’enjeux économico-stratégiques mettant en cause le grand projet de M. Vladimir Poutine : l’Union économique eurasiatique (UEE), qui doit prendre effet en janvier 2015. 

- Jean-Luc Mélenchon : " Pendant la guerre, le monde change sous les radars "

- UKRAINE : LES ÉTATS-UNIS COMPTENT FAIRE LA GUERRE « JUSQU’AU DERNIER UKRAINIEN »

Entre 2015 et 2020, malgré l'embargo de l'UE, la France a fourni 152 millions d’euros de matériels pour des chars, des avions de chasse et des hélicoptères de combat aux Russes, révèle « Disclose ».

- " Nous marchons vers la guerre comme des somnambules ", pour Henri Guaino

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 15:14
Vert foncé : États ayant signé et ratifié ; Vert clair : États ayant signé, mais pas ratifié

Vert foncé : États ayant signé et ratifié ; Vert clair : États ayant signé, mais pas ratifié

Le rôle du traité Ciel ouvert comme instrument de renforcement de la confiance et de la sécurité a été miné par l'administration Trump !

Que fera Joe Biden, qui annonce la production de nouveaux décrets revenant sur des décisions prises par Trump ?... C'est notre sécurité globale qui est en cause !

 

Sources : Midi Insoumis, Populaire et Citoyen | modifié le 17/01/2021

- Les Etats-Unis de Trump se retirent officiellement du traité de désarmement sur les armés nucléaires de portée intermédiaire
Le 2 août 2019[1], les Etats-Unis sortaient officiellement du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), ouvrant de ce fait la voie à une nouvelle course aux armements.

 

Après six mois d’attente, la procédure de retrait de l’accord, lancée par Donald Trump en février 2019, est arrivé à son terme et débouchera donc sur la fin du traité bilatéral ratifié par les États-Unis en 1993.

 

Les Etats-Unis, s’ils ont assuré ne pas vouloir déployer de nouveaux missiles nucléaires en Europe, n’ont formulé aucune promesse quant au potentiel déploiement d’armes conventionnelles. Enfin, l’avenir du traité START[3] de réduction des arsenaux nucléaires stratégiques, qui arrive à échéance en février 2021, est également en question.

 

 

- Qu’est-ce que le Traité "" Ciel ouvert " dont les Etats Unis trumpistes se sont retirés en 2020 ?
C'est en 1989, que le président George Bush relançait l'idée d'un Traité « Ciel ouvert[2] ». Le Traité “ Ciel ouvert ” (« Open Skies » en anglais) est avant tout un traité militaire, basé sur la confiance.

 

Après des négociations entre les membres de l'OTAN et du Pacte de Varsovie (dissous en 1991), les discussions englobent au fil des années de plus en plus de pays, il est signé à Helsinki le 24 mars 1992. La Russie le signait en 2001, ce qui permettait l'entrée en vigueur du traité, ratifié par 35 pays, au 1er janvier 2002 , et compte actuellement trente-quatre États (depuis le retrait des USA). Il permet aux signataires des accords de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe de survoler leurs territoires respectifs pour vérifier leurs mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des uns et des autres.

 

 

- Les Etats-Unis se retirent officiellement du traité « Ciel ouvert » (23 novembre 2020)
Annoncé depuis le 21 mai 2020 par le président américain Donald Trump, le retrait des Etats-Unis du traité « Ciel ouvert », est devenu effectif et officiel le 22 novembre 2020.

 

Du fait de cette décision, les Etats-Unis ne pourront plus effectuer de vols d’observations non armés au-dessus du territoire russe ou de celui des autres pays signataires du traité « Ciel ouvert ». Ils ne pourront pas non plus, en théorie, bénéficier des renseignements transmis en vertu de l’accord. Cependant, il est possible que les Etats-Unis demandent des photographies aériennes de la Russie prises par d’autres membres de l’OTAN, tout en interdisant les vols russes équivalents au-dessus des installations militaires américaines.

 

Le chef de la diplomatie allemande a ensuite souligné qu’il regrettait la décision prise par l’administration Trump, estimant que le traité « Ciel ouvert » contribuait au renforcement de la confiance et à la promotion de la sécurité dans tout l’hémisphère nord « de Vladivostok à Vancouver[3bis]».

 

Moscou, en outre, voit d’un mauvais œil ce retrait américain : « Le retrait des Etats-Unis de ce traité signifie non seulement un coup porté aux fondements de la sécurité européenne mais aussi aux instruments de la sécurité militaire existants et aux intérêts essentiels de sécurité des alliés mêmes des Etats-Unis[4] », avait estimé fin mai 2020 le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko. « Ce n’est pas un traité bilatéral, mais multilatéral. Et une décision si brusque affectera les intérêts de tous les participants sans exception [4]», avait-il également regretté.

 

 

- La Russie annonce son retrait du traité Ciel ouvert en réaction au départ de Washington
Dans un communiqué de presse publié le 15 janvier 2021, le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé entamer son retrait du traité " Ciel ouvert " que les Etats-Unis avaient quitté fin novembre[5]. Ce texte permet de vérifier la réalité des limitations des armements des pays signataires.

 

Déplorant les « dommages » causés à « l’équilibre » de ce texte par le retrait américain, Moscou déplore en outre que ses « propositions concrètes correspondant aux dispositions fondamentales du traité », visant à « maintenir sa viabilité dans les nouvelles conditions », n’aient pas « reçu le soutien des alliés américains ».

 

Notes :

[1] Les États-Unis sortent du traité de désarmement INF conclu avec la Russie en 1987

[2] Traité Ciel ouvert

[3] Traités Start de réduction des armes stratégiques

[3bis] La sécurité européenne devient l’affaire de l’UE seulement

[4Retrait américain du traité "Ciel ouvert": un "coup" à la sécurité européenne, affirme Moscou

[5] Pourquoi la Russie se retire du traité " Ciel ouvert "

 

Pour en savoir plus :

- Communiqué des ministères des Affaires étrangères suite à l’annonce du gouvernement des États-Unis de son intention de se retirer du Traité ciel ouvert (22 mai 2020)

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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 13:46
Guerres et terrorisme : sortir du déni
Guerres et terrorisme : sortir du déni
Guerres et terrorisme : sortir du déni

Mais au fait, qui se souvient de la période ou les djihadistes étaient nos amis[1bis] ?

 

Moins de guerres et plus de justice déboucheront assurément sur moins de terrorisme ! 

 

Le lien entre les interventions militaires occidentales et certains attentats n’est jamais interrogé, déplore ce texte signé notamment par Virginie Despentes, Adèle Haenel, Annie Ernaux, Jean-François Bayart et Alexis Jenni.

 

Sources : BibliObs | modifié le 28/02/2021

- Il ne fait pas bon avancer quelques arguments posés au pays de la liberté d’expression.

Celle-ci est brandie à cor et à cris par ceux-là mêmes qui, dans le même temps, stigmatisent, injurient, intimident et menacent quiconque tenterait d’éclairer sous un jour différent la situation terrible que nous traversons.

 

Cette situation, qui a vu se succéder plusieurs assassinats abjects faits pour nous épouvanter, est de fait épouvantable. Mais au-delà de l’épouvante, il ne faudrait rien dire : aux yeux de ces détracteurs, les attentats commis par des terroristes fanatiques ne mériteraient aucune autre explication que cette tautologie : ils sont commis par des terroristes fanatiques. Toute personne proposant des éléments d’analyse et de compréhension est aussitôt vouée aux gémonies sur les réseaux sociaux, par des commentateurs et dans certains journaux qui se repaissent des attentats pour achalander leur boutique raciste et fourbir leurs appels à la guerre comme au choc de civilisations.

 

 

- Débattre de façon démocratique
C’est ce qui est arrivé ces jours-ci à Judith Bernard. Fondatrice du site d’entretiens « Hors-Série[1] » et dramaturge, Judith Bernard est régulièrement invitée dans l’émission « 28 minutes » sur Arte pour prendre part au débat sur l’actualité. C’était le cas le 30 octobre dernier. Le présentateur de l’émission Renaud Dély y posait cette question : « Pourquoi la France est-elle à nouveau visée par les attentats ?[2] »

 

Sans prétendre réduire l’explication des différentes attaques survenues, elle a répondu en mentionnant les guerres livrées par la France dans les mondes musulmans ; elle a rappelé que Daech était né dans le chaos social engendré par la guerre menée par les puissances occidentales en Irak. Elle a affirmé que ces guerres étaient contre-productives : en détruisant les structures et les institutions des pays qu’elles avaient frappés et en y faisant d’innombrables victimes, elles y avaient suscité des vocations terroristes.

 

Aussitôt, elle a été calomniée, menacée, accusée de complicité de crime et d’apologie du terrorisme. Au risque de subir les mêmes avanies, nous lui donnons raison. Et nous souhaitons que cet enjeu crucial soit débattu de manière démocratique, fondée, raisonnée et argumentée. Nous aimerions que les personnes soucieuses de bonne foi et d’honnêteté intellectuelle y prêtent attention.

 

 

- Ce que produisent nos guerres
Les guerres menées par notre pays sont soit passées sous silence soit glorifiées. Les chefs d’État successifs qui en décident sans aucune validation démocratique aiment s’afficher en chefs de guerre. Sans aucune validation démocratique en effet, puisque c’est là le fait du prince, comme le veulent les institutions de la Ve République. Le Parlement, qui n’a déjà pas beaucoup de pouvoir en général, n’a qu’à se taire. Se taire : c’est l’essentiel de ce qui se passe sur ces guerres.

 

Il faut donc puiser dans les travaux de chercheuses, chercheurs en politique internationale et d’ONG pour avoir davantage de prise sur ces situations dont la démocratie est exclue tout comme le droit à l’information. Parmi bien d’autres, on citera ceux d’Arund Kundnani, Robert Pape, James K. Feldman, Alex Braithwaite, Marie Cold-Ravnkilde, Katja Jacobsen, Vron Ware, Marielle Debos, Mathias Delori et Christophe Wasinski. Par ailleurs, un réseau de chercheuses et de chercheurs appelé OCTAV (Observatoire contemporain du terrorisme, de l’antiterrorisme et des violences[3]) a travaillé pendant trois ans sur le caractère relationnel et mimétique des violences « terroristes » et « anti-terroristes ».

 

Tous montrent non seulement bien sûr la violence inhérente à ces opérations militaires mais en outre leur absolue inefficacité quant aux finalités dont elles sont officiellement dotées lorsqu’elles se désignent comme « guerres antiterroristes ». Nombre de ces analyses avancent que le phénomène est celui du « pompier pyromane » : loin de combattre le terrorisme, il l’alimente en nourrissant le ressentiment.

 

 

- Approximation indécente
Que sont ici les victimes civiles des frappes, bombardements et guerres faites par notre pays, seul ou dans le cadre de coalitions internationales ? À peine des chiffres, rarement avancés. Ce sont des morts abstraites, invisibles, ignorées. 1 600 civils dans la seule ville de Raqqa entre 2017 et 2019, 4 000 ou 6 000 civils à Mossoul. En juillet 2016, quelques jours de bombardements incessants sur Manbij ont tué plus de 400 personnes civiles, parmi lesquelles une centaine d’enfants.

 

« Une centaine » : cette approximation en soi nous paraît indécente. On aimerait leur donner un visage et un nom, à ces femmes, ces hommes et ces enfants. Mais elles et ils demeurent trop loin de nous, bien que l’État dans lequel nous vivons soit responsable de leur mort. D’aucuns avancent la notion de « terrorisme de l’air », si l’on admet que le mot « terrorisme » renvoie à la violence faite à des civils sans défense. Dans tous les cas, les observatoires internationaux, parmi lesquels Amnesty International, évoquent de manière très ferme et très claire des violations du droit humanitaire et des crimes de guerre.

 

De leur côté, les euphémismes des puissants ne mentionnent, du bout des lèvres et des communiqués, que des « dégâts collatéraux ». « Bavures », lit-on parfois dans les journaux, comme quand « le Figaro » accorde à la catastrophe des bombardements sur Manbij une brève de six lignes. Il faut chercher ailleurs ces images et les regarder bien en face : voir ce que font les avions de la coalition, voir ces mains d’enfants tués qui dépassent des décombres, voir l’ampleur de l’horreur.

 

Alors que la coalition avait largué des milliers de bombes sur la ville d’Hanjib en Syrie, le colonel français François-Régis Legrier, engagé en Afghanistan puis en Irak, déclarait : « Nous avons détruit massivement les infrastructures et donné à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale, laissant derrière nous les germes d’une résurgence prochaine d’un nouvel adversaire. Nous n’avons en aucune façon gagné la guerre.[4] »

 

 

- Causalités multiples
Au-delà, on n’a pas suffisamment su, ici, les conséquences meurtrières qu’ont eues en Irak les guerres et l’embargo auxquels la France a pris sa part. Et là, les morts se comptent par centaines de milliers, parmi lesquels une majorité d’enfants. Dans la plus grande indifférence – ou avec la justification cynique de Madeleine Albright : « Nous le savons, mais cela valait la peine.[5] »

 

Assurément, tous les attentats ne sauraient s’expliquer par ces ingérences militaires et guerrières. Chaque situation a sa singularité et trouve aussi ses raisons multiples dans la trajectoire biographique, sociale et psychologique des individus qui les perpètrent. Bien sûr, le terrorisme djihadiste a son propre agenda, des stratégies déterminées par des contextes précis, une histoire nourrie des causalités complexes propres à chacun des pays où il prend racine et à chacun des pays où il frappe : aucune explication n’est mécanique et il ne faut se satisfaire d’aucune interprétation univoque ou réductrice.

 

Mais il est essentiel de ne jamais s’interdire l’examen de ces causalités, dans toutes leurs composantes, tant il est certain qu’on ne peut lutter contre un phénomène qu’en analysant précisément tout ce qui l’a rendu possible et a favorisé son essor. On ne répétera jamais assez (contrairement à Manuel Valls[6]) qu’expliquer n’est pas justifier, et que l’exercice de la lucidité et de la raison n’ont strictement rien de commun avec des inclinations légitimatrices.

 

 

- Rendre visible ce que fait la France
En l’occurrence, il nous importe de souligner la nécessité de s’informer et rendre visible ce que la France et l’armée française font. En notre nom. Prendre conscience de la terreur imposée à ces populations bombardées par les coalitions, sous l’effet de doctrines nommées « Choc et effroi » et leurs déclinaisons. Exiger que l’État rende des comptes et qu’il fournisse l’élémentaire information sur ce qu’il y ordonne. Soutenir pleinement celles et ceux qui, comme Judith Bernard, défendent ces positions et appeler à ce que de telles paroles ne soient plus criminalisées comme elle le sont en toute indignité. Car nous redoutons que, comme par le passé, la conduite de ces guerres extérieures n’entraîne une réduction des libertés à l’intérieur.

 

Il n’y a pas de réponse unique et monolithique au désastre humain qu’engendrent les attentats. Si la liberté d’expression a un sens, ce devrait être de garantir au moins la possibilité d’en débattre dans des conditions dignes et éclairées. Mais nous en avons la conviction : « moins de guerres et plus de justice déboucheront assurément sur moins de terrorisme ».


🔴Ce texte est une TRIBUNE dont vous trouverez la liste des signataires ICI.

 

Notes :

[1] site d’entretiens « Hors-Série »

[1bis] Quand les djihadistes étaient nos amis

[2] Covid-19 / Restriction des libertés / Menace terroriste : Le Club 28’ ! - 28 Minutes - ARTE

[3] O.C.T.A.V. : Groupe de travail sur le terrorisme et l’antiterrorisme

[4] La stratégie française contre Daech est-elle erronée ?

[5] Quand Madeleine Albright approuvait la mort de 500.000 enfants en Irak

[6] "Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser": depuis les attentats, Manuel Valls s’en prend à la démarche sociologique et au travail intellectuel.

 

Pour en savoir plus :

- Comment la France est devenue une cible « légitime » pour les groupes djihadistes

« Les attentats sont une conséquence de la politique française ambiguë contre le terrorisme »

- Terrorisme et Moyen-Orient : à la recherche des causes

- Daesh, la nouvelle armée secrète de l’OTAN ?

- Montebourg : "à partir du moment où vous décidez d’être justicier international, vous en payez le prix, vous êtes exposé".

- Petit à petit la réalité des implications occidentales et notamment françaises dans la création et la montée de DAESH perce dans les médias !

 

- De Villepin : « L’État Islamique, c’est l’enfant monstrueux de la politique occidentale »

 

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4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 09:03
Rony Brauman: « Les mensonges des guerres humanitaires »

Somalie, Kosovo, Afghanistan, Irak, Libye… Qu’est-ce qui peut définir une guerre « juste » ? Comment le mensonge et la propagande des États ont permis de s’émanciper de toute légalité et de tordre le droit international ? Ancien président de MSF, Rony Brauman[1] publie un essai, " Guerres humanitaires ? Mensonges et intox ".

 

-En savoir plus

« C’est toujours au nom d’un Bien que se déclenchent les guerres » rappelle Rony Brauman dans cette conversation avec Régis Meyran. Pour le célèbre Médecins sans Frontières, les guerres « humanitaires » récentes ne sont rien d'autre que des croisades morales fondées sur des mensonges.

 

Les exemples de propagande belliciste ne manquent pas : prétendu arsenal d’armes de destruction massive détenu par feu Saddam Hussein en Irak, question du génocide discutable au Kosovo, chiffres bidons de la famine en Somalie, faux massacre de manifestants en Lybie…

 

Sans être non-interventionniste par principe, Rony Brauman se montre extrêmement méfiant à l’égard de l’engouement guerrier dont nombre de dirigeants font preuve aujourd’hui, et n'hésite pas à critiquer les instances internationales : le conseil de sécurité de l'ONU ou la Cour pénale internationale représentent pour lui avant tout les intérêts des puissants. Contre un prétendu « droit d'ingérence », et en s’appuyant sur les critères de la « guerre juste », Brauman critique l'obsession occidentale d’imposer par la force les valeurs démocratiques.

 

C’est preuves à l’appui qu'il démonte les fausses raisons d'entrer dans des guerres prétendument « justes » sans jamais céder à une quelconque théorie du complot.

 

- Par : Rony Brauman

Éditions : Les Editions Textuel

Date de parution : 24 janvier 2018

Pages : 128

Disponibilité : chez l'éditeur Les Editions Textuel

Format : 110 x 120 mm

Prix papier TTC : 15,9 €

 

 

- Quelles ont été les machines à propagande construite pour justifier les guerres d'Irak ou de Libye? Rony Brauman s'en explique dans cet entretien.

 

Note :

[1] médecin, co-fondateur et ancien président de Médecins sans Frontières (1982-1994). Il est Directeur de Recherche à la Fondation Médecins sans Frontières et professeur à l’IEP de Paris. Il s’est notamment opposé à l’intervention militaire française en Lybie. Son livre paru chez Textuel Humanitaire, le dilemme (1996,réed. 2002) est le premier titre de la collection « Conversations pour demain ». On lui doit également Diplomatie de l’ingérence (Elytis, 2016) et Manifeste pour les Palestiniens (Autrement, 2014).

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 13:47
Poursuivons la mobilisation pour exiger la dissolution de la LDJ

- Au cours de l'été 2014 Israël lançait l'opération « Bordure protectrice », au cours de laquelle le nombre de civils palestiniens tués a atteint, un niveau sans précédent depuis la guerre des Six jours de juin 1967.

 

Alors qu'en France la mobilisation pour exiger qu'Israël cesse ses frappes sur Gaza s’amplifiait, la LDJ (Ligue de Défense Juive) multipliait les provocations et exactions.

 

Ainsi, suite au lancement de la campagne pour la dissolution de la Ligue de Défense Juive, par Jean-Jacques Candelier député communiste du Nord, le site qui accueillait la pétition "Wesign.it" subissait une attaque de grande ampleur et, les équipes techniques mobilisées peinaient pour garantir l'accès à la plateforme. 

 

Cette attaque par des soutiens de la Ligue de Défense Juive, confirmait la nécessité de se mobiliser contre ce groupuscule d'extrême droite qui sème la violence et cultive la haine. Pour exiger la dissolution de la Ligue de Défense Juive... une pétition était mise en ligne.

 

 

- Dans le même temps, pour la 7ème fois Facebook supprimait la page principale de la Ligue de Défense Juive, pour incitation à la haine et appel à la violence

Poursuivons la mobilisation pour exiger la dissolution de la LDJ

- Poursuivons l'action pour l'interdiction de la LDJ

Le 28 mars 2018, la LDJ (Ligue de Défense Juive) a chassé des représentants de la France Insoumise de la Marche Blanche organisée en hommage à Mireille Knoll aux cris sexistes et homophobes de : « Autain sale pute », « Insoumis enculés », « Mélenchon pédé »… Le groupuscule a ensuite participé au service d'ordre de madame Le Pen. La LDJ a ainsi récupéré et entaché – avec violence – cette manifestation organisée en l’honneur d’une personne décédée à laquelle le fils de madame Knoll avait pourtant invité « tout le monde » à participer pacifiquement.

 

La LDJ est une organisation d’extrême droite, branche française d’un mouvement créé aux Etats-Unis où il est classé depuis 2001 comme « organisation terroriste ». En Israël même, la Ligue est interdite depuis 2004, année où l’un de ses membres assassina 29 Palestiniens et blessa 125 personnes. En France, le groupuscule s’est fait maintes fois remarquer pour ses agressions et a déjà été condamné.

 

À l’heure actuelle, la LDJ jouit d’un statut flou qui ne l’empêche pas de s’en prendre à des élu-e-s du peuple et d’imposer sa propre marche brune au sein d’une Marche Blanche. Rappelons également que les propos sexistes et homophobes susmentionnés sont passibles de poursuites. Aussi, nous demandons à l’État d’agir en interdisant purement et simplement cette organisation criminelle, en bloquant les dons qui lui sont faits et en réprimant ses militants.

 

- Exigeons que l’État agisse en interdisant purement et simplement cette organisation criminelle

 

 

- Ligue de défense juive : milice ou bullshit ?

Bullshit est une expression d'anglais américain qui signifie littéralement « merde de taureau » ou « merde de bison », elle est l'équivalent de « foutaise », « connerie ». Elle sert à dénoncer un mensonge ou une exagération et la traduction la plus juste serait « c'est des conneries » dans la plupart des cas.

 

Le Média reçoit le fondateur de StreetPress qui s'est immergé avec la LDJ pour une enquête disponible sur leur site. Un entretien passionnant.

- En 2014, déjà des révélations explosives sur la LDJ

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 14:51
Selon une équipe de chercheurs de l’université de Berkeley, depuis 1980, l’augmentation des températures en Afrique subsaharienne a accru de 11/% le risque de guerres, comme au Darfour.

Selon une équipe de chercheurs de l’université de Berkeley, depuis 1980, l’augmentation des températures en Afrique subsaharienne a accru de 11/% le risque de guerres, comme au Darfour.

Climat... le réchauffement amplificateur de menaces nécessitant des réponses urgentes globales

 

Étudiés depuis quinze ans, les liens entre réchauffement global et risque de conflits restent sujets à débats scientifiques. Ils existent, mais gare au simplisme, alertent doublement beaucoup de chercheurs.

Mais dans le même temps, comme le propose les insoumis avec l'Avenir en commun[1] (version 2016 mise à jour), il nécessite des réponses urgentes comme :

  • mettre en œuvre la planification écologique (la France devant devenir un modèle en a matière ;
  • sortir des traités commerciaux comme l'OMC qui régissent le " commerce libre et non faussé " ;
  • instaurer un protectionnisme solidaire ;
  • étendre les protections du droit international à de nouveaux domaines ;
  • Instaurer l’indépendance de la France dans le monde au service de la Paix ;
  • ce qui revient dans le même temps s'attaquer aux causes des migrations...

 

Sources : l'Humanité par Marie-Noëlle Bertrand | mis à jour le 17/10/2021

« On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique.  » Début juillet, Emmanuel Macron déclenchait une volée de réactions, parfois vertes, parfois moqueuses, en prononçant ces mots en conclusion du sommet du G20. Quelques mois plus tôt, en 2016, Climate Diplomacy, une plate-forme d’échanges et de réflexions promue par le gouvernement allemand, avait publié un rapport analysant ce lien. Katharina Nett et Lukas Rüttinger, ses auteurs, y notifiaient que ces dernières années des «  organisations armées non étatiques  », telles que Boko Haram ou Daech, ont prospéré dans des régions touchées de plein fouet par le changement climatique, grâce, justement, aux conditions météorologiques exceptionnelles qui y règnent. Mais «  les liens entre changement climatique, conflits et fragilité étatique ne sont ni simples, ni linéaires  », soulignaient également les auteurs.

 

«  Les conséquences de plus en plus importantes du changement climatique ne provoquent pas forcément plus de fragilité étatique et de conflits  », concluait leur rapport. Ainsi, le président de la République n’avait-il pas tort sur le fond. Le péché résidait en revanche dans la forme, maladroite et trop prompte à simplifier une problématique complexe débattue depuis quinze ans.

 

Dans quelle mesure le réchauffement climatique aggrave-t-il, voire génère-t-il, les situations de conflits  ? La question a été posée sur le tapis pour la première fois en 2002. Discrètement, d’abord, dans un document allemand. Puis, avec un impact bien plus retentissant, dans un texte publié en 2003 par la CIA. Mais, depuis tout ce temps que le sujet est à l’étude, «  les recherches ont produit plus d’incertitudes que de certitudes sur la réponse à apporter  », relève Bastien Alex, chercheur et responsable du programme Climat, énergie et sécurité de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). «  Le changement climatique n’est pas une entité  », résume-t-il. «  Il peut jouer sur certains paramètres, mais ne déclenche pas en lui-même de violences.  »

 

 

- Les phénomènes migratoires, amplifiés par le réchauffement...

Depuis quelques années, pourtant, l’actualité rapporte des résultats de recherche tendant à attester d’un lien établi entre hausse ou aggravation des conflits et réchauffement global. Certains chiffres, même, sont d’une précision affûtée.

 

En juillet, la FAO relayait ainsi, lors de sa conférence bisannuelle, les résultats d’une étude américaine publiée en septembre 2016, avançant des données très arrêtées. Selon une équipe de chercheurs de l’université de Berkeley, depuis 1980, l’augmentation des températures en Afrique subsaharienne a accru de 11 % le risque de guerres dans cette zone. Si le réchauffement climatique n’est pas enrayé, ce risque pourrait augmenter de 54 % d’ici à 2030 à l’échelle du continent. Le texte avance aussi des données portant sur les phénomènes migratoires, amplifiés par le réchauffement  : en 2016, les changements climatiques auraient ainsi provoqué plus de 7 000 victimes, affecté la vie de 400 millions de personnes, engendré 20 millions de déplacés et causé des dégâts estimés à 100 millions de dollars.

 

Dirigés par Solomon Hsiang, les résultats ne font pas l’unanimité chez les scientifiques. Certes, «  le consensus est large pour affirmer que le bouleversement climatique va augmenter le risque de conflits et créer un monde subissant davantage de problèmes de sécurité  », rappelle François Gemenne, directeur exécutif du programme de recherche interdisciplinaire Politiques de la Terre à Sciences-Po. «  On peut d’ailleurs sérieusement penser qu’il a aggravé plusieurs conflits récents, tels ceux de la Syrie ou du Darfour.  »

 

Évaluer avec précision la mesure dans laquelle le changement climatique a agi, en revanche, est bien plus délicat, pour ne pas dire casse-gueule, quand il s’agit de réfléchir dans le futur.

 

De fait, la pratique oppose deux approches scientifiques, l’une dite quantitative, l’autre qualitative. La première consiste à tenter d’établir des corrélations entre les données climatiques et des données relatives à la sécurité d’une région. Jeune chercheur états-unien, Solomon Hsiang est regardé comme le «  pape  » de cette discipline. «  Son équipe a pu établir ce type de corrélations dans un grand nombre de situations conflictuelles  », dont elle a extrapolé les chiffres mentionnés plus haut, reprend François Gemenne. Le chercheur invite à rester prudent face à ces résultats. «  Ils servent essentiellement à attirer l’attention des journalistes et des pouvoirs publics  », prévient-il. «  Si l’idée est d’aider à la prise de conscience, d’accord. Mais du point de vue du chercheur, cela ne tient pas.  »

 

 

- « On est face à un enchevêtrement de facteurs très complexes  »

Les qualitativistes (s’il faut créer des cases) opposent à cette façon de faire une approche plus subtile, visant à établir des tendances. «  L’étude des liens entre les changements climatiques et l’émergence de conflits ne peut pas faire abstraction du contexte sociologique, démographique ou politique dans lequel le réchauffement se manifeste  », explique Bastien Alex. Difficiles à établir dans le présent, ces données s’avèrent d’autant plus ardues à projeter dans l’avenir. Quel sera le contexte politique du Sahel en 2080  ? Où en seront les ambitions agronomiques chinoises en 2050 ou les pratiques agricoles du Tchad d’ici vingt ans  ? Autant de questions compliquées, si ce n’est impossibles à résoudre et qui comptent pourtant rudement dans l’équation conflictuelle.

 

Dans un article publié dans le Monde diplomatique en août 2015, Agnès Sinaï, journaliste et fondatrice de l’Institut Momentum, rappelle ainsi comment l’effondrement du système agricole syrien a influé dans les tensions dramatiques qui ont suivi. Or, celui-ci résultait «  d’un jeu complexe de facteurs dont le changement climatique, une mauvaise gestion des ressources naturelles et la dynamique démographique  », écrit-elle.

 

Souvent présenté comme le premier cas de guerre climatique, le cas du Darfour n’est pas plus simple à décortiquer. «  On est face à un enchevêtrement de facteurs très complexes  », reprend Bastien Alex. «  Le climat y joue un rôle. Mais, sur le fond, ce conflit a été déclenché sous l’action des pouvoirs publics et de transformations économiques brutales inadaptées à la géographique culturale et agricole de la région. Au final, il est plus sûrement lié à une mauvaise gestion de la ressource et à des politiques de prédation ou d’instrumentalisation de certaines communautés qu’à des paramètres naturels  », assène-t-il.

 

 

- « L’usage stratégique du discours alarmiste n’est pas sans danger  »

Accentuée par les épisodes de sécheresse ou, à l’inverse, de pluies intenses, la raréfaction des ressources, première cause de heurts, ne peut ainsi être résumée aux seuls bouleversements de l’atmosphère. L’assèchement du lac Tchad ou celui de la mer d’Aral doivent beaucoup aux politiques de culture intensive du coton, rappellent les chercheurs dits qualitativistes… lesquels n’en insistent pas moins sur la nécessité de prendre en compte le facteur climat dans l’élaboration des politiques de sûreté nationale et internationale, et surtout de développement. Pourquoi, alors, se disputer sur de telles nuances, quand l’enjeu reste au final le même  ? Question de crédibilité, avance Bastien Alex.

 

«  Dire que le changement climatique est responsable de la guerre au Darfour revient à avancer une fausse information. Au final, c’est donner le bâton pour se faire battre à ceux qui cherchent à décrédibiliser le travail scientifique, climatosceptiques en tête.  » Surtout, cela conduit à dédouaner les vrais coupables de leurs responsabilités. «  Cet usage stratégique du discours alarmiste n’est pas sans danger  », insistent ainsi Alice Baillat et Lucile Maertens, toutes les deux chercheuses à Science-Po, dans une tribune publiée début juillet dans le magazine en ligne Reporterre. «  En simplifiant des liens de causalité complexes, il porte le risque de dépolitiser les causes de conflit, de déresponsabiliser les acteurs politiques et de stigmatiser les pays les plus vulnérables.  » Ainsi a-t-on entendu Bachar Al Assad présenter la sécheresse qui frappe la Syrie comme une manifestation directe du changement climatique, quand celle-ci résulte avant tout de décennies de gestion calamiteuse des ressources hydriques et d’irrigation intensive, relèvent les chercheuses. Ou encore le président soudanais Omar El Béchir, poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, invoquer le changement climatique comme une circonstance atténuante des actes commis sous son régime.

 

Notes :

[1] l'Avenir en commun (version 2021)

 

Pour en savoir plus :

- Comment le réchauffement climatique augmente les risques de guerre en Afrique

- Changement climatique et conflit : une relation compliquée

- Aux origines climatiques des conflits

- Le changement climatique est le terreau du terrorisme, constate un rapport d’experts

- Les ressources énergétiques sont aussi au coeur des conflits internationaux

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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 14:59
Les frontières et l’Europe

Sources : Blog Jean Luc Mélenchon

Pendant la campagne de l’élection présidentielle, j’ai proposé qu’existe une conférence permanente sur les frontières en Europe. À l’époque, le point de départ était la situation créée par l’adhésion de la Crimée à la Russie dans le cadre des événements de l’Ukraine. À l’époque, l’opinion de la caste était chauffée à blanc par le sentiment anti-russe. On ne pouvait parler de rien. Dans la mesure où j’avais été assimilé à un partisan de Vladimir Poutine, tout ce que je disais était immédiatement interprété dans la version la plus fantasque.

 

Bien sûr, depuis, la situation s’est bien stabilisée. Le gouvernement français et le président Macron ont pratiquement repris au mot près ce que je disais à propos des solutions à la situation en Syrie. La réception de Vladimir Poutine à Versailles est passée par là. Mais la question que je voulais poser demeure. Que fera-t-on en Europe quand des frontières bougent ? Assez stupidement, mes détracteurs de l’époque m’accusèrent de vouloir remettre en cause ces frontières. Naturellement, il n’en était rien. Puis je partais de l’idée que puisqu’elles avaient bougées, comme c’était le cas en Ukraine, alors la question se poserait de nouveaux à toute l’Europe. J’évoquais l’éventuelle sécession de l’Écosse et de la Catalogne, mais peut-être aussi demain de la Flandre et de la Wallonie. Depuis s’est ajouté la question de l’Irlande en raison du Brexit et du rétablissement de la frontière entre les deux Irlande. Et ainsi de suite.

 

La situation en Catalogne a ramené ma question sur le devant de la scène. On remarquera qu’elle se règle sans débat, par la force. L’Union européenne a dit qu’elle soutiendrait Madrid contre Barcelone. De son côté, la maire de Barcelone demande à l’Europe d’intervenir dans le litige. Naturellement, rien n’est prévu. On aurait tort de croire à une situation isolée. Naturellement la question de la Catalogne espagnole se pose dans les conditions particulières de l’Histoire de ce pays. Pour autant, selon moi, il est significatif que la crise éclate avec cette violence au moment où la mise en œuvre des directives européennes en Espagne ont tendu toutes les relations internes de ce pays. Autrement dit, les fractures actuelles repassent sur les vieilles cicatrices.

 

On aurait tort de croire qu’une telle configuration ne concerne que l’Espagne. On ne peut oublier qu’aux dernières élections législatives, le corps électoral en Corse a donné trois députés aux autonomistes sur quatre élus. Beaucoup d’esprits étroits oublient que l’Italie ou l’Allemagne sont des États-nations très récents. Et si l’on va vers les frontières de l’Est, on ne trouve que les Eurobéats français pour avoir oublié que la Slovaquie et la Tchéquie se sont séparées, d’une part, et, d’autre part, que l’interdiction d’enseigner dans une autre langue que l’ukrainien en Ukraine ne se contente pas de viser la minorité russe du Donbass mais également les Polonais, les Hongrois et quelques autres en Ukraine qui se vivent dorénavant comme des minorités opprimées.

 

C’est pourquoi j’écris de nouveau ces lignes. Le temps des polémiques et des injures absurdes inventées pour nuire dans une compétition électorale est dorénavant derrière nous. Peut-être peut-on à présent parler sérieusement d’un sujet qui finira par concerner la France, sa sécurité et son voisinage. S’il n’existe aucune voie pacifique proposée et encadrée par la communauté internationale, ces sortes de questions ne peuvent se régler autrement que par la force. Il n’y a pas d’entre-deux.

 

Poser la question, ce n’est pas souhaiter le problème, n’en déplaise à mes adversaires. Leur ignorance leur fait méconnaître que les accords d’Helsinki de 1975, toujours en vigueur, affirment que les frontières peuvent bouger dans le cadre d’un consentement des parties concernées. Ce consentement ne peut se constater sans que des règles aient été énoncées pour le vérifier. J’y reviens donc. Il existe un cadre commun de la Méditerranée à l’Oural : l’OSCE.

 

La question des frontières ne se limite pas aux aspects culturels du sujet. Elle implique directement et immédiatement la question de la sécurité des États dans ce qu’ils ont de plus intrinsèquement constitutifs. Les générations dirigeantes actuelles n’ont aucune perception sérieuse sur le sujet. Le dernier événement dans ce domaine est considéré par eux comme un sujet exotique. L’explosion de l’ancienne Yougoslavie ne semble avoir laissé aucune trace dans les esprits. Au lieu d’un pays, on en a dorénavant sept et un d’entre eux est une invention dont la création est un précédent explosif : le Kosovo. 400 000 personnes sont mortes dans cette aventure. N’est-il pas frappant que le président de la République n’en ait pas dit un mot dans cette étrange allocution de la Sorbonne ? Au contraire, il s’est engagé de façon plus aveuglée que jamais dans une vision d’intégration européenne anti-nationale. On l’a  entendu plaider à la fois la « souveraineté européenne » contre la souveraineté nationale, puis la disparition des commissaires européens « issus des grands pays » avant d’aboutir à une « défense européenne », liée a l’OTAN, des plus évaporées.

 

Pour ma part je n’oublie ni les permanences de l’Histoire, ni ce fait qu’elle a toujours été tragique en Europe. Il est temps de faire l’Histoire avant de se laisser défaire par elle.

 

Pour en savoir plus :

- Jean-Luc Mélenchon veut une « conférence sur la sécurité » en Europe

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 10:35
Brzezinski est mort, je ne vais pas, moi non plus le pleurer

Zbigniew Brzezinski est mort ce 26 mai 2017, à l’âge de 89 ans. Cet homme est l’instigateur de la guerre en Afghanistan, celui qui – pour la CIA – a inventé le concept moderne du djihad, en soutenant les opposants à Najibullah le Président afghan de l’époque.

 

Sources : Le Grand * Soir par Selma BENKHELIFA

L’Afghanistan était pourtant résolument tourné vers la modernité. Les femmes y travaillaient, les filles y allaient à l’Université. Le pays avait sa propre compagnie aérienne. Une agriculture florissante en faisait le premier exportateur de fruits d’Asie centrale.

 

 

- Mais Zbigniew Brzezinski est arrivé. Et le drame a commencé.

Dans une longue interview, il admet avoir écrit une note au président Carter selon laquelle si la CIA aidait les Moudjahiddines, traduisez les « soldats de la Religion », cela entraînerait une réaction des Soviétiques, qui voudraient soutenir le Président Najibullah.

 

L’idée n’était pas de réellement mettre les moudjahiddines au pouvoir, mais de créer une guerre civile qui forcerait l’intervention russe. Et l’idée a marché.

 

L’armée soviétique envahit l’Afghanistan, le 24 décembre 1979, quelques mois après la note de Brzezinski à Carter.

 

Heureux de son succès, Brzezinski écrira à Carter « Nous avons maintenant l’occasion de donner à l’URSS sa guerre du Vietnam. »

 

La guerre en Afghanistan n’a pas cessé depuis. Le pays exsangue ne s’est jamais remis des plaies causées par les combats fratricides qui l’ensanglantent encore aujourd’hui.

 

Des années plus tard, lorsqu’un journaliste du Nouvel Observateur interroge Brzezinski sur d’éventuels regrets, il répondra imperturbable :

« Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège Afghan et vous voulez que je le regrette ? »[1]

 

Le journaliste surpris insiste : « Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste,d’avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes ? »

 

Et Zbigniew Brzezinski répond : « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes où la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? »

 

Les « excités islamistes » ne font pas peur à la CIA, ni aux Présidents des États-Unis qui se sont succédé.

 

Ce sont tout au plus des mercenaires dont on se sert et puis qu’on jette quand ils ne sont plus utiles. Ce sont des terroristes parce qu’ils terrorisent les gens du commun, vous, moi, ceux et celles qui partent travailler en métro ou qui vont à un concert. Ils ont terrorisés les habitants de Kaboul, d’Alger et d’Alep. Ils ne terrorisent pas les puissants de ce monde, qui sont très satisfaits de les voir faire le sale boulot et les aider à justifier leurs guerres et leurs atteintes à nos droits.

 

 

- On pourrait penser que c’est de l’histoire ancienne, un cours sur la Guerre Froide, mais Brzezinski a continué à sévir des années durant.

Il a aussi été conseiller du Président Obama.

 

Alors comment ne pas faire le rapprochement entre ce que la CIA a fait pour manipuler l’URSS et pousser les Soviétiques dans une guerre en Afghanistan et ce qui se passe en Syrie ?

 

Nous sommes tous et toutes victimes de la même manipulation, de Bruxelles à Damas, de Kaboul à Manchester.

 

Brzezinski est mort, je ne vais pas le pleurer, je voudrais juste qu’on se rappelle le manipulateur pervers qu’il a été et sa responsabilité dans tant d’années de guerres et de barbarie. Si certains hommes ont rendu le monde meilleur, Brzezinski fait assurément partie de ceux qui l’ont rendu pire.

 

Pour en savoir plus :

- [1] Le Nouvel Observateur, 15/01/1998

Le Nouvel Observateur, 15/01/1998

Le Nouvel Observateur, 15/01/1998

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 08:28
Syrie, ALEP, Russie, France... J.L. Mélenchon... enfumage et réalités !

Oui, l’urgence est de sauver les populations civiles d’Alep.
Mais il n'y a pas de "bonnes victimes" que l'on médiatise parce qu’elles sont placées du côté de la ligne de front qui servent les intérêts de l'occident... et de mauvaises !

Qui osera aussi nous faire croire que l'offensive en cours à Mossoul (à laquelle les forces américaines et françaises participent sur le terrain et dans les airs) n'aura pas de conséquences désastreuses pour les populations civiles ?

Toutes les victimes qu'elle soient à ALEP OUEST ou à ALEP EST, à MOSSOUL en Irak, à SANAA au Yémen ou en Afghanistan doivent soulever la communauté internationale pour exiger des solutions politiques aux conflits vers la paix et la démocratie.

 

Sources :  L'indignation à géométrie variable : L'Heure du Peuple

- L'indignation à géométrie variable

La guerre en Syrie donne lieu à propos d’Alep à une campagne d’enfumage médiatique digne des plus grandes manipulations orchestrées par l’OTAN depuis la chute du mur de Berlin, de la guerre en Yougolsavie aux armes de destruction massive imaginaires de Sadam Hussein. La nouveauté est que la France est désormais en première ligne de cette guerre de l’information, en rupture avec toute son histoire d’indépendance par rapport aux logiques de guerre entre blocs. Les victimes civiles d’Alep servent ainsi de prétexte à nous faire prendre partie dans un conflit armé dont la ligne de front passe actuellement à travers cette ville. Or il n’y a pas des civils victimes qu’à Alep Est. Ceux d’Alep Ouest, sous administration syrienne, subissent depuis des mois le feu djihadiste depuis Alep Est, notamment nourri d’armes lourdes américaines livrées en masse à la « rébellion » syrienne depuis 2013. Le contexte syrien et régional plus large est tout autant occulté. La Turquie a envahi le nord de la Syrie, et les USA y construisent un aéroport militaire, avec comme unique boussole le tracé des oléoducs et gazoducs, dans l’illégalité internationale la plus totale. Quant à la France, elle bombarde la banlieue de Mossoul, ville irakienne de 1,2 millions d’habitants, et y déploie de l’artillerie au sol en vue d’une offensive de tous les dangers pour les civils. Américains et russes se livrent donc à une course de vitesse sur les fronts syriens et irakiens dont les civils sont partout les victimes innocentes.


Les campagnes occidentales pour les civils d’Alep sont d’autant plus hypocrites que les pourfendeurs des crimes de guerre en Syrie sont aussi ceux qui les pourvoient dans d’autres pays de la même région au même moment. France et États-Unis cautionnent ainsi depuis deux ans la guerre des monarchies du golfe contre la rébellion yéménite. Le bilan s’élève à 10 000 morts selon l’ONU, dont 3 900 civils tués, notamment par des Mirage 2000 et des chars Leclerc livrés aux pays du golfe par la France. Le week-end où Hollande dénonçait des crimes de guerre à Alep, 150 civils étaient tués par un missile tiré sur un mariage au Yemen.


Aucun défenseur de la paix ne doit donc être dupe de ces dénonciations à géométrie variable. Aucune solution de paix ne pourra être construite sans regard indépendant de celui des belligérants. Les civils syriens, irakiens et yéménites auraient tous à gagner à ce que s’affirme le nouvel indépendantisme français défendu par Jean-Luc Mélenchon. La France arrêterait ainsi d’attiser des guerres (Libye, Syrie, Mali, etc.) qui lui échappent et lui coûtent cher financièrement et humainement jusque sur son propre territoire. Cet effort d’indépendance n’est pas que l’affaire de l’État et de ses dirigeants mais commence aussi pour chaque citoyen dans son nécessaire rapport critique à l’information.

 

Crimes de guerre en Syrie qualifiés de «bavardages» : Mélenchon rectifie l'AFP [1]

Crimes de guerre en Syrie qualifiés de «bavardages» : Mélenchon rectifie l'AFP [1]

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Syrie - Daesh - Révélations incroyables sur France Inter !

Il y a quelques semaines, nous aurions du aller chercher de telles informations sur les chaînes russes, pour se faire alors dénigrer. Et pourtant, après une catastrophe parfois tout change! Du moins c'est l'impression qu'on peut avoir aujourd'hui...

 

- Guerre de Syrie, les intérêts cachés

Geopolitis explique les intérêts cachés de la guerre en Syrie. Ce documentaire date d'octobre 2013, date à laquelle on comptait déjà plus de 100 000 morts. Aujourd'hui le bilan s'élèverait à 250 ou 300 000 morts.

 

 

- Alep - L'intox monstrueuse dénoncée par Vanessa Beeley[1]

Le fait que Vanessa Beeley reprenne le mot "terroriste" pour qualifier les rebelles qui sévissent à Alep-Est vous semble peut-être surfait et propagandiste... Pourtant elle est bien allée sur le terrain et explique en détails pourquoi elle les appelle ainsi.

 

Note :

[1] Vanessa Beeley est un journaliste d' investigation britannique axée sur le Moyen - Orient

 

 

- Jean-Luc Mélenchon était l'invité de Michel Grossiord et Perrine Tarneaud sur « Public Sénat » le 20 octobre 2015.
La dernière partie de l'émission abordait la guerre en Syrie et la question des réfugiés.

 

 

- Sur le bras de fer diplomatique mené par François Hollande avec la Russie

Invité de Public Sénat le mardi 11 octobre 2016, Jean-Luc Mélenchon a répondu aux questions des journalistes concernant la situation en Syrie. Il a plaidé pour une coalition universelle pour la paix.

 

Jean-Luc Mélenchon a vivement condamné le bras de fer diplomatique mené par François Hollande avec la Russie, déclarant : « Je désapprouve absolument ce qu'il est en train de faire, qui est totalement contraire aux intérêts de la France ».

 

 

- Vladimir Poutine explique ce qui s’est réellement passé entre la France et la Russie

Au lendemain de l'annulation par Moscou d'une rencontre prévue à Paris entre François Hollande et Vladimir Poutine, le président russe a expliqué chronologiquement ce qui n’avait pas fonctionné dans les relations diplomatique entre les deux pays.
 

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 08:26
14-18 : “On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour des industriels”

A l'heure ou le président français et la chancelière allemande ont rendu hommage aux 300 000 victimes de cet épisode sanglant de la Première Guerre mondiale et loué l’entente entre les deux pays, il n'est pas inutile de revenir sur une réalité : il s'agissait d'une guerre d'intérêts capitalistes et une guerre des classes dominantes sur les pauvres.

L'argumentation développée concernant la Belgique, peut être déclinée en France....

 

Sources : INVESTIG'ACTION

- Un film de Michel Collon & Denise Vindevogel. (Belgique, 2014) .

Les médias n'ont de cesse, années anniversaire du déclenchement du conflit ou pas, de raconter " comment " a eu lieu la Première Guerre mondiale (dix millions de morts), mais pourquoi ? « Morts pour la patrie », proclament tous nos monuments officiels.


Mensonge ! 14-18, c’était déjà une guerre du fric. Non seulement chez les « méchants » (Allemagne, Autriche), mais aussi chez les « gentils (France, Angleterre, Belgique…), le véritable enjeu était : quelle puissance dominera le monde et contrôlera ses richesses ?

 

C’était aussi une guerre des classes dominantes contre les pauvres, contre leurs propres travailleurs exterminés froidement.

 

Michel Collon mène l’enquête avec trois historiens : Jacques Pauwels (« 14-18, une guerre de classe »), Anne Morelli (« Principes de la propagande de guerre ») et Lucas Catherine (« Des tranchées en Afrique »). Vous serez surpris par leurs révélations à contre-courant.

 

La question est donc : comment peut-on, aujourd’hui, répéter les médiamensonges d’il y a un siècle ? Serait-ce lié aux médiamensonges d’aujourd’hui ?


Un tout grand merci à Denise Vindevogel (montage), Jean-Jacques Mathy (images), Romain Dormal (son), ainsi qu’à Nicolas Castillo et Jean-Pierre Vanparys. Merci à vous de regarder cette vidéo entièrement. Pour comprendre à quel point on nous manipule, aussi sur l’Histoire.

 

C’était aussi une guerre des classes dominantes contre les pauvres, contre leurs propres travailleurs exterminés froidement.

Michel Collon mène l’enquête avec trois historiens : Jacques Pauwels (« 14-18, une guerre de classe »), Anne Morelli (« Principes de la propagande de guerre ») et Lucas Catherine (« Des tranchées en Afrique »). Vous serez surpris par leurs révélations à contre-courant.

La question est donc : comment peut-on, aujourd’hui, répéter les médiamensonges d’il y a un siècle ? Serait-ce lié aux médiamensonges d’aujourd’hui ?

 

Un tout grand merci à Denise Vindevogel (montage), Jean-Jacques Mathy (images), Romain Dormal (son), ainsi qu’à Nicolas Castillo et Jean-Pierre Vanparys. Merci à vous de regarder cette vidéo entièrement. Pour comprendre à quel point on nous manipule, aussi sur l’Histoire.

- See more at: http://www.investigaction.net/14-18-on-croit-mourir-pour-la/#sthash.5EYdmCAj.dpuf

 

- Chansons historiques de la guerre de 14 : la chanson de Craonne 1917

La Chanson de Craonne est une chanson antimilitariste écrite en 1917. Elle a été écrite à partir de l'air de Bonsoir M'amour (Charles Sablon), chantée par Emma Liebel


Elle fut chantée par les soldats qui se sont mutinés (dans plus de soixante des cent divisions de l'armée française) après l'offensive très meurtrière et militairement désastreuse du général Nivelle au Chemin des Dames.


Cette chanson anonyme a sûrement plusieurs auteurs. Elle a continuellement évolué au cours de la guerre en fonction des lieux principaux de combat. Elle apparaît sous le nom de La Chanson de Lorette évoquant la bataille de Lorette à Ablain-Saint-Nazaire se déroulant entre octobre 1914 et octobre 1915. Ensuite, la chanson est transformée pour évoquer le plateau de Champagne au cours de l'automne 1915. En 1916, elle devient une chanson sur Verdun... plus de renseignements (dont les paroles retrancrites par Paul Vaillant Couturier)

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 08:30
Pierre-Paul Savorgnan de Brazza remettant au roi Makoko le traité de protectorat ratifié par le gouvernement français en 1882 / © UniversalImagesGroup / Contributeur / Getty Images

Pierre-Paul Savorgnan de Brazza remettant au roi Makoko le traité de protectorat ratifié par le gouvernement français en 1882 / © UniversalImagesGroup / Contributeur / Getty Images

A la fin du XIXe siècle, la France rêve de mener en Afrique sa "mission civilisatrice". Mais derrière cette noble idée, c’est souvent une course entre Anglais et Français pour des enjeux économiques.

 

Source :  GEO le 02 mai 2016

Du haut de ses 300 mètres, la toute nouvelle tour Eiffel, achevée quelques semaines plus tôt, domine, sur le Champ-de-Mars, la foule qui se presse à l’Exposition universelle de Paris. En ce mois de mai 1889, le monument, le plus haut du monde à l’époque, est le symbole d’un triomphe : celui du progrès technologique, de la civilisation occidentale, et de la IIIe République. Mais la dame de fer n’est pas l’unique objet de fascination pour les 28 millions de visiteurs de l’exposition. Non loin de là, sur l’esplanade des Invalides, une section entière est consacrée à l’une des fiertés du nouveau régime républicain : ses conquêtes coloniales. Les pavillons de l’Algérie, de la Tunisie ou de la Cochinchine plongent le public dans l’ambiance de ces contrées exotiques. Et, clou du spectacle : dans des villages africains reconstitués, plusieurs centaines d’indigènes du Sénégal, du Soudan français (l’actuel Mali) ou du Gabon sont livrés à la curiosité des badauds, telles des bêtes dans un zoo. «D’un côté, la lumière, la modernité, les Droits de l’Homme, de l’autre la part d’ombre, la mise en scène des “villages de la sauvagerie” : c’est tout le paradoxe de la République de l’époque», note l’historien Pascal Blanchard, spécialiste des colonies françaises et cofondateur, avec Nicolas Bancel, de l’Association pour la connaissance de l’histoire de l’Afrique contemporaine (Achac).

 

La large place accordée aux colonies dans l’Exposition de 1889 n’est pas un hasard. Elle révèle l’importance que les dirigeants de la IIIe République prêtèrent, dans les années 1870-1880, à cet axe de leur politique. Certes, l’histoire coloniale française n’est pas née à cette époque, loin de là : «Elle remonte à l’Ancien régime, avec les comptoirs en Afrique et en Asie liés à la traite négrière et au commerce des produits tropicaux, les îles des Caraïbes, les possessions en Amérique du Nord...», rappelle l’historien Nicolas Bancel, lui aussi expert de ces questions.

 

Au XIXe siècle, cet empire avait commencé par reculer, avec la vente de la Louisiane en 1803 et l’indépendance de Saint-Domingue (actuelle Haïti) en 1804, avant de regagner du terrain sous la Restauration et le Second Empire, grâce à la conquête de l’Algérie à partir de 1830. La France met aussi la main sur de nouveaux territoires en Indochine, en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie et déjà en Afrique subsaharienne, où un début d’expansion est lancé vers l’intérieur du Sénégal et les côtes de la Guinée et du Gabon.

 

 

- Après la défaite de 1870, la France veut redorer son blason

En 1870, alors que vient d’être proclamée la IIIe République, l’ensemble restait toutefois modeste. Le nouveau régime allait poursuivre la dynamique initiée, la renforcer, et surtout lui fournir des arguments nouveaux pour rendre le colonialisme compatible avec les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité hérités de la Révolution.

 

Le contexte, d’abord, y incitait. Marquée par la perte de l’Alsace-Lorraine après la déroute militaire face à la Prusse en 1870, la France, humiliée, avait un besoin urgent de redorer son blason. Au même moment, son autre grand rival, le Royaume-Uni, brillait par son empire immense, qui continuait à s’étendre... Comme les Britanniques, les Français allaient chercher leur grandeur dans l’expansion territoriale – et y trouver à la fois un moyen de redressement de la fierté nationale et un exutoire pour le nationalisme frustré et l’esprit revanchard de l’après-1870. Ce sera le premier moteur du colonialisme républicain.

 

Mais il y a plus. Dans l’esprit de l’époque, la conquête ne devait pas se résumer à une mainmise sur les terres : elle devait aussi viser les peuples. Il s’agissait d’apporter aux régions d’Afrique ou d’Asie les bienfaits de la civilisation moderne, du progrès technique, de l’humanisme... En fait, de mener une «mission civilisatrice ». Cette nouvelle doctrine coloniale, née à partir du milieu du XIXe siècle, se voulait une poursuite de l’abolition de l’esclavage en 1794 puis 1848 (entre ces deux dates, Napoléon l’avait rétabli en 1802), sous les Ie et IIe Républiques. «Cette colonisation ne s’assumait pas comme une entreprise de domination, mais était conçue comme une œuvre de progrès, souligne l’historien Nicolas Bancel. Les hommes de la IIIe République ont repris et porté cette idée, qui les plaçait dans la continuité des républiques précédentes.» Et qui n’était pas incompatible avec le besoin de prestige national, au contraire : la diffusion d’un modèle de civilisation était aussi une façon de rayonner.

 

Cette conception imprègne le discours pro-colonial d’éminents intellectuels, tel Victor Hugo estimant en 1879 qu’«au XIXe siècle, le Blanc a fait du Noir un homme», ou l’économiste libéral Paul Leroy-Beaulieu, dont le livre de 1874 De la colonisation chez les peuples modernes, réédité jusqu’au début du XXe siècle, est la bible du colonialisme de l’époque. Elle inspire aussi les positions des grands leaders républicains, comme Léon Gambetta et Jules Ferry, qui se sont succédé à la présidence du Conseil au début des années 1880 et initiateurs de l’élan colonial de la IIIe République. Le second, surtout, en reste l’emblème. En juillet 1885, il prononça à la Chambre des députés un discours resté célèbre, déclinant les motifs de la colonisation : à la fois la grandeur nationale (la France «doit répandre [son] influence sur le monde, et porter partout où elle le peut sa langue, ses mœurs, son drapeau, ses armes, son génie») et la nouvelle mission civilisatrice : «Les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures.»

 

Cette idée d’une colonisation bienfaitrice – à laquelle certains croyaient dur comme fer – était bien sûr truffée d’ambiguïtés et de contradictions. D’abord parce qu’elle faisait bon ménage avec toute une série d’intérêts bien plus prosaïques. Notamment économiques. L’expansion coloniale, c’était la promesse d’immenses réserves de matières premières (le caoutchouc, le bois et le minerai d’Afrique, par exemple), de zones vierges pour les plantations et l’élevage, de nouveaux marchés, d’une main-d’œuvre encore plus corvéable qu’en Europe, le tout dans un vaste espace de libre-échange où ne flotterait que le seul drapeau tricolore... Ces perspectives alléchantes s’exprimaient à partir des années 1870-1880 dans un vaste lobby colonial, avec des relais jusqu’à la Chambre des députés. «C’est le discours que l’on retrouve dans des organisations comme le Comité pour l’Afrique française, dans les Sociétés de géographie, ou encore dans les milieux économiques des grands ports, comme Bordeaux, porte vers les Antilles et l’Afrique noire, explique Pascal Blanchard. Depuis la fin de la traite négrière, ces ports espéraient un nouvel âge d’or pour partir aux colonies, et celui-ci allait naître dans les années 1870.»

 

Tout le processus de colonisation était sous-tendu par une évidence : celle de l’inégalité des différentes «races» humaines. Parler de «races supérieures» et de «races inférieures», comme Jules Ferry devant la Chambre des députés en 1885, n’avait rien de choquant. «A l’époque, la question de la hiérarchie des races ne se discutait pas, cela faisait partie du sens commun», rappelle Nicolas Bancel. L’idée était validée et renforcée au XIXe siècle par un nouveau discours scientifique, de l’Essai sur l’inégalité des races humaines, du diplomate Joseph Arthur de Gobineau, en 1855, à certains travaux d’anthropologie qui déduisaient des traits physiques des Noirs (la taille du cerveau par exemple) leur statut de «primitifs ». Et elle se doublait de nouvelles théories évolutionnistes, considérant que les humains «sauvages» (les Africains, par exemple) n’étaient qu’un stade premier des «civilisés» (les Occidentaux). «Lorsque l’on exhibe des hommes noirs dans des villages à l’africaine à l’Exposition universelle de 1889, cela a aussi une logique pédagogique, note Pascal Blanchard. Le thème de l’Exposition est le progrès de l’humanité et on essaie de montrer ses différents stades de développement.»

 

C’est là un argument fort pour la colonisation républicaine. Il légitime la conquête au nom d’idéaux humanistes universels... en même temps qu’il permet de ne pas appliquer ces idéaux aux populations locales, puisque, en quelque sorte, elles ne sont pas encore pleinement humaines. Avant de les civiliser, on peut donc les dominer et décider pour elles. Dans son livre Marianne et les colonies (éd. La Découverte, 2003), l’historien Gilles Manceron qualifie ce tour de passe-passe d’«universalisme truqué» : «La République en France, surtout à partir des débuts de la Troisième, a formulé un discours spécifique qui a fait intervenir les droits de l’homme pour justifier la colonisation et, en réalité, a déformé le message des droits de l’homme pour lui faire autoriser leur violation.»

 

- Pour les nations européennes, la course au drapeau est lancée

L’Afrique noire allait devenir, en cette fin de XIXe siècle, le terrain privilégié de ce nouveau colonialisme, que la France allait étendre sur une large partie ouest du continent, du Sahara au Congo – sans oublier Madagascar. Au départ, dans les années 1870, l’essentiel de cette zone immense était encore vierge de toute présence occidentale et ne représentait pas de véritable enjeu. Pendant des siècles, les Européens s’étaient cantonnés aux côtes, où des intermédiaires locaux les approvisionnaient en esclaves et en produits exotiques, à l’image des Français au Sénégal, à Saint-Louis et à Gorée. Les explorations vers l’intérieur du pays avaient commencé avec le XIXe siècle, s’intensifiant à partir des années 1850, notamment dans la partie sud à l’initiative des Anglais. Les Français, sous l’impulsion du colonel Louis Faidherbe, menèrent dans les années 1850-1860 un début de conquête territoriale et de «mise en valeur» économique vers l’intérieur du Sénégal. Avec des troupes réduites, renforcées par des bataillons indigènes, Faidherbe s’enfonça dans le pays, établit des protectorats et réprima les soulèvements, comme celui des Peuls ou des Toucouleurs.

 

Ces opérations de pionniers n’étaient que des prémices de la ruée vers l’Afrique qui allait débuter dans les années 1870. Avec, cette fois, une logique déterminée de prise de contrôle brutale des terres et des ressources, sur fond d’une concurrence exacerbée entre les différentes puissances européennes, qui servait d’accélérateur, pointe Nicolas Bancel : «Il fallait planter le drapeau le plus loin possible, avant que les autres n’y parviennent. Pour les Français, la rivalité contre les autres pays européens, et surtout les Anglais, fut une dynamique forte de la conquête territoriale. Et comme les Anglais, qui assumaient davantage que les Français les motifs économiques et stratégiques de la conquête, avaient de l’avance, il fallait aller le plus vite possible pour conquérir un maximum de terres.» Jules Ferry, pour qualifier cette fièvre de conquête, utilisera l’expression de «course au clocher».

 

Sur le terrain, loin des grands discours et des belles théories édictées en métropole, l’élan de conquête se déploya de façon urgente et désordonnée, comme dans une sorte de Far West des Européens, où l’on progressait au péril de sa vie à travers d’immenses territoires inconnus, où l’initiative privée et la décision personnelle primaient souvent sur la direction politique.

 

- Entre 1819 et 1890, Paris signe 344 traités de souveraineté

On trouvait sur place des aventuriers cherchant à obtenir une terre pour eux-mêmes, des missions financées par des compagnies privées qui partaient en quête de matières premières et installaient des bases sur les rives des fleuves pour contrôler les voies d’acheminement... Et, bien sûr, l’armée, qui permit d’abord de dessiner une cartographie un peu plus précise de l’Afrique, et ensuite de délimiter les territoires explorés et donc conquis. C’est parmi les militaires que l’on trouve les plus célèbres acteurs français de cette phase de conquête. Comme Joseph Gallieni, qui sillonna dans les années 1880 l’ouest du continent, le Sénégal, le Mali, le Niger, avant de partir soumettre Madagascar. Et surtout l’officier de marine Pierre Savorgnan de Brazza. Cet explorateur d’origine italienne naturalisé français va permettre à son pays d’adoption de se tailler une vaste colonie en Afrique centrale. Avec une escorte composée d’une poignée d’hommes (un médecin, un naturaliste et une douzaine de fantassins sénégalais), Brazza s’enfonça, en 1875, au cœur du continent noir. Finançant la majeure partie de son expédition sur ses propres deniers, il remonta le fleuve Congo et y fonda, en 1882, un établissement français, qui deviendra Brazzaville, capitale de l’actuelle République du Congo. «L’ami des Noirs», comme le surnomme la presse française, réputé pacifique et respectueux, devint l’icône de la colonisation républicaine, venue non pas pour soumettre les peuples, mais pour les libérer – notamment de l’esclavage entre Africains (un homme sur quatre est en servitude à l’époque).

 

Il n’empêche que, même pour Brazza l’humaniste, l’exploration allait de pair avec la domination. Pour s’assurer la mainmise de la France sur les terres et les populations, la méthode principale fut d’abord celle du traité : lorsqu’un chef était identifié sur une région, on signait avec lui un texte par lequel il se plaçait sous la protection et l’autorité de la France. «La France conclut 344 traités de souveraineté ou de protectorat avec des chefs noirs» entre 1819 et 1890, dont les deux tiers après 1880, avance l’historien spécialiste de l’Afrique subsaharienne Henri Brunschwig, dans son livre de 1974 Le Partage de l’Afrique noire. Le plus célèbre est celui signé, en 1882, entre Brazza et le chef du peuple Makoko, par lequel la France s’assura la mainmise sur la rive droite du Bas-Congo.

 

Cette voie «diplomatique» pouvait prévoir diverses contreparties (l’argent ou encore le maintien en place du potentat local...), avait l’avantage d’être pacifique... mais était évidemment fort déséquilibrée, à l’avantage des colonisateurs. Henri Brunschwig précise : «Beaucoup [de traités] n’étaient pas juridiquement valables, soit que les explorateurs, qui n’avaient pas reçu d’instructions et de formulaires, n’eussent pas observé les règles en usage, soit que les chefs noirs n’eussent pas été, selon les normes européennes, aptes à contracter. (…) Souvent aussi les agents des compagnies, les explorateurs ou les aventuriers rédigeaient des accords pour les besoins de leur cause et trompaient volontairement les Noirs.»

 

Mais même faussée, la diplomatie avait ses limites. En cas de résistance, les colonisateurs passaient aux armes. «Il y avait plusieurs degrés d’opposition, explique Nicolas Bancel. La plupart des explorations se faisaient dans des zones sans pouvoir centralisé et sans armée constituée. L’opposition se limitait à l’échelle de villages, et quelques actes de violence pour l’exemple faisaient l’affaire. Mais on pouvait aussi se heurter à des royaumes ou des empires organisés et dotés d’un système de défense. Alors, la conquête se faisait dans l’affrontement. » Ce fut le cas pour les Français, face à l’empire Wassoulou de Samory Touré dans le Haut-Niger, à l’empire toucouleur d’Ahmadou Tall dans l’actuel Mali, ou dans les années 1890, au roi de Dahomey Behanzin, sans oublier Madagascar. Même si, en général, la résistance restait modeste : les Français étaient, sur le plan militaire, largement supérieurs. En revanche, ils ne mobilisaient pas les armées de la métropole : les troupes républicaines en action dans la conquête de l’Afrique étaient constituées principalement... de soldats noirs (pour beaucoup, des esclaves rachetés à leurs maîtres africains), encadrés par des officiers blancs. Une pratique inaugurée par Louis Faidherbe, créateur en 1857 du corps des tirailleurs sénégalais.

 

Dans les années 1880, la course s’accéléra en Afrique. Et d’autres acteurs étaient venus s’ajouter à la France et à l’Angleterre. Au moment où Brazza arrivait sur la rive nord du Congo, de l’autre côté du fleuve, l’explorateur Henry Morton Stanley, missionné par le roi de Belgique Léopold II, posait les bases du futur Congo belge, et fondait, en 1884, Léopoldville, qui deviendra la capitale Kinshasa en 1966. L’Allemagne également venait se mêler au jeu. C’est elle qui accueillit en 1885 la conférence de Berlin, suscitée par la rivalité pour le contrôle du bassin du Congo, où les Européens fixèrent les règles du partage qui allait se poursuivre jusqu’au début du XXe siècle. Aucune autorité africaine n’y fut invitée. Le partage de l’Afrique était exclusivement affaire des puissances européennes.

 

- La politique coloniale était loin de faire l’unanimité

En France, ces années 1880 virent aussi le début d’une vraie politique coloniale structurée, avec la création d’un sous-secrétariat d’Etat aux Colonies en 1882 (le ministère suivra dix ans plus tard, en 1892), la formalisation du Code de l’Indigénat, un ensemble de mesures discriminatoires (taxes, réquisitions, interdiction de circuler la nuit…), mais également l’émergence de tout un discours de propagande coloniale, qui reprenait le mythe de la «mission civilisatrice».

 

Cette propagande mettait en scène l’exotisme des contrées lointaines peuplées de sauvages et convainquait le grand public, au départ peu concerné, de la nécessité de ces colonies. Ce fut l’époque aussi où, après les premières conquêtes, émergea une vision de «l’Afrique française», note Pascal Blanchard : «On imaginait une continuité depuis l’Algérie jusqu’à Madagascar, une sorte d’axe Paris-Alger-Tombouctou-Antananarivo. Cela semblait géographiquement cohérent. Ce n’est pas un hasard si on envisagea, à cette époque, la construction d’un chemin de fer transsaharien [Méditerranée-Niger]... Cette vision restait une utopie, mais elle motiva toute une politique d’exploration et d’investissements sur le terrain.»

 

Enfin, cette époque fut, en France, celle des débats. Car la politique coloniale était alors loin de faire l’unanimité. En 1885, le gouvernement Ferry puis celui d’Henri Brisson en firent les frais à la Chambre des députés : le premier fut renversé en mars à cause de «l’affaire du Tonkin», une déconvenue militaire dans le nord de l’Indochine, tandis qu’en décembre, le second n’obtint qu’à quelques voix près les crédits supplémentaires pour l’occupation de cette même région. Les opposants à la colonisation se retrouvaient des deux côtés de l’échiquier politique. Ainsi des partis comme la droite monarchiste et l’ultra-droite nationaliste voyaient d’un mauvais œil la France disperser ses forces et son argent dans des aventures au bout du monde, alors que la priorité devait aller aux questions nationales – à commencer par la reprise de l’Alsace-Lorraine et la revanche contre l’Allemagne. Et les républicains radicaux, l’extrême-gauche de l’époque, dénonçaient l’entreprise de domination en cours.

 

Parmi eux, des noms aujourd’hui oubliés, comme le farouche anticolonialiste, journaliste et homme politique, Camille Pelletan, mais aussi une célébrité : Georges Clemenceau. Deux jours après le fameux discours-programme de Jules Ferry, en juillet 1885, qui s’inscrivait dans le cadre d’un débat sur la colonisation de Madagascar, Clemenceau mena la charge contre les droits des «races supérieures» avancés par son adversaire lançant un tonitruant : «Races supérieures ? Races inférieures, c’est bientôt dit !» Un discours lucide pour l’époque. Mais qui, face au rouleau compresseur de la «mission civilisatrice», deviendrait bientôt inaudible.

 

Repères

1659 Fondation de Saint-Louis, au Sénégal, sur la côte Atlantique.

1850 Début de la colonisation française en Afrique.

1877 Exploration de la Guinée, qui obtient le statut de colonie en 1891.

1880 L’explorateur Brazza pénètre en Afrique centrale et signe des traités de protectorats avec les chefs noirs. Colonisation du Congo.

1885 Discours de Jules Ferry sur les «races inférieures».

1889 L’Exposition coloniale est organisée à Paris, comme une vitrine de l’empire français.

1893 La Côte d’Ivoire devient officiellement une colonie française.

 1894 Le général Duchesne conquiert Madagascar à la tête de 21 000 hommes.

 

Pour en savoir plus :

- Rétrospective des interventions militaires Françaises en Afrique

- Les crânes oubliés de la conquête de l’Algérie

- Barbarie disent-ils…

- Quand l’Europe chrétienne colonialiste, France et Espagne en tête, donnait des leçons de décapitation et de barbarie aux musulmans

- Assassinat de Sankara : pourquoi la France refuse-t-elle une enquête ?
   - France insoumise : proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 08:29
Comment la France est devenue une cible « légitime » pour les groupes djihadistes

Il n’existe aucun rapport entre la politique française au Proche-Orient ou au Sahel et les attentats dont elle a été, et est encore la victime : telle est la doxa qui domine à Paris.

Ce ne seraient pas les guerres que la France mène « là-bas » qui provoqueraient des répliques meurtrières sur son sol, mais la haine de « nos valeurs », de « nos idéaux », voire du mode de vie hexagonal.

Ce ne serait pas non plus les "victimes collatérales" qui créeraient de nouvelles générations de futurs candidats potentiels au "martyr"(NDLR) [6].

Pourtant, toute l’histoire récente enseigne le contraire.

 

Sources : Orient XXI  par Alain Gresh&Jean-Pierre Séréni le 17 décembre 2015 modifié le 9 août 2017

Au temps des colonies, le scénario des expéditions militaires outre-mer était simple : la guerre se déroulait exclusivement sur le territoire de la victime et l’agresseur n’imaginait pas que ses villes et ses villages puissent être la cible de contre-attaques ennemies. Non sans raison. La supériorité de ses armements, sa maîtrise absolue des mers et l’absence de toute «  cinquième colonne  » active sur son sol l’interdisaient. Le Royaume-Uni et la France ont conquis la presque totalité du globe au XVIIIe et au XIXe siècle selon ce schéma très différent des guerres européennes où les destructions, les morts et les blessés n’épargnaient aucun pays ni aucune population civile en dehors de l’insulaire Royaume-Uni.

 

Désormais, il n’en va plus de même. Certes, la bataille reste toujours inégale, même si l’Organisation de l’État islamique (OEI) dispose d’un territoire, administre des millions d’habitants et défend ses frontières. Mais un équilibre de la terreur s’ébauche et les spécialistes parlent de «  guerre asymétrique  », les uns ayant des avions, des drones et des missiles, les autres maniant Internet, l’explosif et la «  kalach  ». «  Donnez-nous vos avions, nous vous donnerons nos couffins  », expliquait en substance Larbi Ben M’Hidi, l’un des chefs de l’insurrection algérienne arrêté en 1957 à ses bourreaux qui lui reprochaient de déposer des bombes camouflées dans des couffins[1].

 

Les ennemis de la France ou des États-Unis, que ce soient des États ou des organisations politico-militaires, ne sont plus impuissants au-dehors et peuvent désormais atteindre d’une façon ou d’une autre le territoire d’où partent les opérations qui les visent, comme on vient encore de le voir à San Bernardino en Californie où 14 civils ont payé de leur vie la vengeance d’un couple inspiré par l’OEI que l’US Air Force combat à plusieurs milliers de kilomètres|2].

 

 

- De la guerre Irak-Iran au conflit algérien et aux bombardements contre l’OEI

Moins de 25 ans après la fin de la guerre d’Algérie avec son long cortège de fusillades, de sabotages et d’attentats en métropole, la France fait à nouveau connaissance avec le terrorisme. Le 17 septembre 1986, au 140 de la rue de Rennes, à Paris, face au magasin populaire Tati, une poubelle municipale en fer explose  ; bilan : 7 morts et 55 blessés. C’est le dernier d’une série de 14 attentats commis en moins d’un an par un mystérieux «  Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient  ». L’intitulé cache le véritable objectif de son «  cerveau  », Fouad Ali Saleh, un Tunisien converti au chiisme, qui cherche moins à libérer ses camarades emprisonnés qu’à faire cesser le soutien militaire de Paris à l’Irak dans le conflit meurtrier qui l’oppose à la République islamique d’Iran depuis 1980.

 

Élu en mai 1981, François Mitterrand ne cache pas son penchant pro-irakien. Mais l’attentat de l’immeuble Drakkar à Beyrouth occupé par l’armée française (58 parachutistes tués) le 23 octobre 1983 et attribué à des groupes liés à Téhéran le pousse à autoriser la livraison de munitions aux forces armées iraniennes. Celles-ci sont équipées en petite partie de matériel français livré avant la chute du chah en 1979. Cinq cent mille obus de 155 et 203 mm sont acheminés vers l’Iran par le biais de pays sud-américains et balkaniques qui fournissent des certificats de complaisance. Avec la victoire de Jacques Chirac et de la droite aux élections parlementaires de 1986 commence la «  cohabitation  ». Le ministre de la défense, André Giraud, ordonne l’arrêt immédiat de toute livraison de munitions à destination de l’Iran et livre à la justice les protagonistes de ce qu’on appellera «  l’affaire Luchaire  »[3]. La réponse iranienne aura lieu rue de Rennes.

 

Depuis l’interruption des premières élections législatives libres en Algérie en décembre 1991, soldées par la victoire du Front islamique du salut (FIS), Mitterrand et son gouvernement oscillent entre le soulagement — les islamistes ne sont pas au pouvoir — et la dénonciation du putsch, contraire à leurs principes.

 

En mars 1993, Édouard Balladur devient premier ministre. En décembre 1994, un Airbus d’Air France est détourné à Alger et se pose à Marseille où le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) le prend d’assaut sans qu’il ait pu atteindre son objectif : s’écraser sur la Tour Eiffel. Charles Pasqua, nouveau ministre de l’intérieur, avait rompu avec l’attitude de son prédécesseur socialiste qui fermait les yeux sur les complicités agissantes dont bénéficiaient le Groupe islamique armé (GIA) en France dans la diaspora algérienne. Il avait lancé des opérations de répression, multiplié les perquisitions et les assignations à résidence contre les soutiens plus ou moins discrets du GIA, obligés alors de quitter la France pour la Suisse ou la Belgique.

 

Entre juillet et octobre 1995, une nouvelle vague de 8 attentats vise l’Hexagone. Le plus meurtrier, le 25 juillet 1995 à la station Saint-Michel du RER B à Paris, fait 8 morts et 55 blessés. Attribués au GIA, ces attentats font encore suite aux prises de position politique de Paris vis-à-vis de la guerre civile algérienne. Le nouveau président de la République, Jacques Chirac, élu en 1995, comprend parfaitement le message et se place en retrait par rapport à l’Algérie, celle du président Liamine Zeroual comme celle des islamistes.

 

Janvier 2015. Moins de 5 mois après le début des bombardements français sur l’Irak, Paris est à nouveau ensanglanté par le terrorisme. Si les deux agresseurs de Charlie Hebdo sont mus par l’intolérance religieuse la plus extrême, Amedy Coulibaly, celui de la supérette cacher de la porte de Vincennes prétend venger les victimes de l’intervention française dans son pays d’origine, le Mali. Le 13 novembre, moins de 3 mois après l’extension des bombardements à la Syrie, l’OEI revendique les fusillades meurtrières de l’Est parisien (130 morts, plus de 400 blessés)[4].

 

- Inflexions de la politique de Paris

Comme on le voit, les attentats, aussi condamnables soient-ils, ne peuvent se comprendre (et donc se combattre) que dans un cadre politique et diplomatique. Après le 11 septembre 2001, et surtout la guerre déclenchée par les États-Unis contre l’Irak en mars 2003, le sol européen est à nouveau un objectif : deux attentats majeurs frappent Madrid en mars 2004 et Londres en juillet 2005. Ils ne visent pas «  le mode de vie  » occidental, mais deux pays parmi les plus actifs de la coalition qui démolit l’Irak. La France est épargnée, sans doute grâce, entre autres, au discours anti-guerre du 14 février 2003 de son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin, au Conseil de sécurité des Nations unies.

 

On ne mesure pas à quel point les guerres menées par les Occidentaux dans le monde musulman nourrissent une haine qui dépasse très largement les cercles extrémistes. Les centaines de milliers de morts, les millions de réfugiés, les tortures d’Abou Ghraib, les «  dommages collatéraux  », les tirs de drones — tous concentrés sur les pays musulmans — alimentent la propagande de l’OEI dénonçant une guerre des «  Croisés  » contre l’islam et une impunité aussi injuste qu’unilatérale : aucun des responsables américains de la catastrophe irakienne n’a été jugé, ni même inquiété par la Cour pénale internationale (CPI).

 

Au Proche-Orient, la voix de la France a perdu cette petite musique qui faisait sa spécificité. Paris s’est aligné, après 2003, sur les États-Unis dans les dernières années de la présidence de George W. Bush, a entériné l’occupation de l’Irak, est intervenue militairement en Libye, au Mali, en RCA, et finalement en Irak puis en Syrie. Son appui va — sans réserve publiquement exprimée — à l’écrasement du Yémen par l’Arabie saoudite, à laquelle elle fournit de l’armement. Aucune autre puissance occidentale, à l’exception des États-Unis, n’est aussi présente militairement en terre d’islam. Et quand Paris fait entendre sa différence, c’est pour critiquer le président Barack Obama, jugé trop souple avec l’Iran sur le dossier nucléaire et insuffisamment interventionniste à ses yeux en Syrie.

 

Sans oublier l’infléchissement français sur le conflit israélo-palestinien. Depuis l’écrasement de la seconde intifada par les chars israéliens en 2002-2003, l’opinion a assisté, souvent en direct à la télévision, aux attaques massives contre Gaza en 2008, 2012 et 2014. À chaque fois, le gouvernement français, de droite comme de gauche, les a entérinées au nom du « droit dIsraël à se défendre   ». Comment le Quai d’Orsay, à l’instar de nombre d’intellectuels, peut-il prétendre que la rage contre l’Occident et contre la France ne résulte pas aussi du drame palestinien  ? Le général américain David Petraeus, alors chef du Central Command[5], était plus lucide :

 

" Les tensions israélo-palestiniennes se transforment souvent en violence et en confrontations armées à grande échelle. Le conflit provoque un sentiment anti-américain, à cause de la perception du favoritisme des États-Unis à l’égard d’Israël. La colère arabe sur la question palestinienne limite la puissance et la profondeur de nos relations avec des gouvernements et des peuples de cette zone et affaiblit la légitimité des régimes modérés dans le monde arabe. Pendant ce temps, Al-Qaida et d’autres groupes militants exploitent la colère pour mobiliser. "

 

 

L’oubli du lien entre la politique étrangère menée dans le monde arabe et le développement du djihadisme amène une cécité qui explique quinze ans d’échec de la «  guerre contre le terrorisme  ». Cette omission paralyse la réflexion stratégique et entraine la France dans un engrenage infernal dont elle ne peut que payer le prix fort[2] [4].

 

Note :

[1] Larbi Ben M’hidi, un symbole national

[2] mais aussi l'attentat de Nice en France en juillet 2016

[3] NDLR. Scandale de ventes occultes d’armes à l’Iran par la société d’armement Luchaire et de reversement de commissions occultes aux partis politiques français dans les années 1980.

[4] attentats 2015 en France :

- 7 et 9 janvier 2015 : les attentats de «Charlie Hebdo» et de l’Hyper Cacher

Les frères Chérif et Saïd Kouachi pénètrent au siège de Charlie Hebdo, dans le XIarrondissement, et abattent à la kalachnikov 12 personnes, dont les dessinateurs Wolinski, Cabu, Charb et Tignous, ainsi que deux policiers. Retranchés le surlendemain dans une entreprise de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), ils sont abattus par le GIGN. Le 8 janvier, Amédy Coulibaly tue une policière municipale et blesse un agent municipal à Montrouge (Hauts-de-Seine) puis prend plusieurs personnes en otages le lendemain, dans une épicerie casher de la Porte de Vincennes, à Paris XXe. Il tue 4 personnes et est abattu dans l’assaut du Raid.

- 13 novembre 2015 : 130 morts dans des attaques coordonnées

Trois attaques ont lieu durant la même soirée à Paris et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). A proximité du Stade de France, pendant un match amical opposant la France à l’Allemagne, trois kamikazes se font exploser, faisant une victime. Un peu plus tard dans la soirée, trois hommes mitraillent des terrasses de cafés et restaurants des Xe et XIe arrondissements de Paris. Dans ce même XIe arrondissement a lieu une longue prise d’otages, au Bataclan, où 1 500 personnes assistent au concert des Eagles of Death Metal. Le bilan total de cette nuit sanglante s’élève à 130 morts. Le lendemain, les attaques ont été revendiquées par l’Etat islamique.

[5] Le Central Command, le plus important des cinq commandements régionaux américains, couvre le Proche et Moyen-Orient. Discours prononcé devant le Sénat le 25 mars 2010.

[6] Au moins 56 civils tués dans des raids de la coalition en Syrie

 

 

- Point de vue

Que le Président de la République aille en Irak dans une période de crise, pourquoi pas. Mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est l’annonce du président Obama de la formation d’une grande coalition pour engager la troisième guerre d’Irak ; c’est une décision, je pèse mes mots, absurde et dangereuse. Pourquoi ? Parce que il serait temps que les pays occidentaux, l’Europe et les États-Unis, tirent les leçons de l’expérience depuis l’Afghanistan. Ça fait 13 ans nous avons multiplié les interventions militaires : Afghanistan, Irak, Libye, Mali, pour quel résultat ? Il y avait en 2001 un foyer de crise terroriste central. Aujourd’hui, il y en a près d’une quinzaine. C’est dire que nous les avons multipliés, je dis bien NOUS les avons multipliés. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui l’État Islamique, Daesh, comme le disent les anglo-saxons, c’est l’enfant monstrueux de l’inconstance et de l’arrogance de la politique occidentale. Guerre en 2003 irréfléchie, départ en 2011 précipité, et puis soutien jusqu’au bout au régime d’un Premier ministre irakien, monsieur Al-Maliki, qui a fait le jeu confessionnel en opposant les chiites aux sunnites. De la même façon, en Syrie, nous avons lâché les opposants, les rebelles syriens au milieu du guet faisant le jeu à la fois du régime de Bachar el-Assad, et en même temps des extrémistes djihadistes. Faut se rendre compte qu’aujourd’hui la montée en puissance de l’État Islamique à grande vitesse – ils étaient quelques milliers il y a quelques mois, aujourd’hui on en dénombre entre 20 et 30 000 – et bien c’est la conséquence de nos incohérences.

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 08:16
Août 1945 : Hiroshima, pourquoi ?

Hiroshima a changé le monde, mais n’a pas mis fin à la Seconde Guerre mondiale ; c’est l’entrée en guerre de l’Union soviétique qui l’a fait.

 

Source :  Le Grand Soir le 05 juin 2016 par Oliver STONE, Peter KUZNICK[1] modifié le 6 août 2020

La visite du président Obama à Hiroshima le 27 mai dernier a ravivé le débat public sur les bombardements atomiques américains du Japon – débat en grande partie occulté depuis que le Smithsonian Institute a annulé son exposition sur l’Enola Gay en 1995. Obama, conscient que les critiques sont prêtes à fuser s’il jette le moindre doute sur la rectitude de la décision du président Harry S. Truman d’utiliser des bombes atomiques, a choisi de garder le silence sur la question. C’est malheureux. Un inventaire national est largement dû.

 

La plupart des Etasuniensont appris que l’utilisation de bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945, fut justifiée parce que les bombardements ont terminé la guerre dans le Pacifique, évitant ainsi une coûteuse invasion étasunienne du Japon. Cette affirmation erronée est issue des manuels d’histoire du secondaire encore aujourd’hui[2]. Plus dangereusement, elle façonne la pensée des responsables gouvernementaux et des planificateurs militaires qui travaillent dans un monde qui possède encore plus de 15 000 armes nucléaires.

 

 

- Truman exultait à propos de la destruction d’Hiroshima, la qualifiant de « plus grande chose dans l’histoire ».

Les chefs militaires étasuniens ne partageaient pas son exubérance. Sept des huit officiers cinq étoiles de l’Amérique en 1945 – les généraux Dwight Eisenhower, Douglas MacArthur et Henry Arnold, ainsi que les amiraux William Leahy, Chester Nimitz, Ernest King et William Halsey – ont par la suite dénoncé les bombardements atomiques, affirmant qu’ils étaient soit militairement inutiles, soit moralement répréhensibles, ou les deux. Les bombes n’ont pas non plus réussi dans leur objectif accessoire : intimider les Soviétiques.

 

Leahy, qui était le chef d’état major de Truman, a écrit dans ses mémoires que les « Japonais étaient déjà vaincus et prêts à se rendre [...] L’utilisation de cette arme barbare à Hiroshima et à Nagasaki n’était d’aucune aide matérielle dans notre guerre contre le Japon ». MacArthur est allé plus loin. Il a dit à l’ancien président Hoover que si les États-Unis avaient assuré aux Japonais qu’ils pourraient garder l’empereur, ils auraient volontiers cédé à la fin mai.

 

 

- Ce ne fut pas l’annihilation atomique d’Hiroshima et de Nagasaki qui mit fin à la guerre du Pacifique.

Au lieu de cela, c’est l’invasion soviétique de la Mandchourie et d’autres colonies japonaises, qui commença à minuit le 8 août 1945 – entre les deux bombardements atomiques.

 

Pendant des mois, les services de renseignement alliés avaient rapporté que l’invasion soviétique allait terrasser le Japon. Le 11 avril, par exemple, l’état-major interarmes réuni avait prédit : « Si à un moment l’URSS devait entrer dans la guerre, tous les Japonais se rendraient compte que la défaite absolue est inévitable. »

 

Les Etasuniens, ayant brisé les codes secrets japonais, étaient au courant du désespoir fébrile du Japon de négocier la paix avec les États-Unis, avant que les soviétiques ne les envahissent. Truman lui-même décrit un câble japonais intercepté le 18 juillet 1945, comme le « télégramme de l’empereur jap demandant la paix ». En effet, Truman se rendit au sommet de la mi-juillet à Potsdam, pour s’assurer que les Soviétiques tiendraient leur promesse, faite à la conférence de Yalta, d’entrer dans la guerre du Pacifique. Quand Staline lui en a donné l’assurance, le 17 juillet, Truman écrivit dans son journal : « Il sera dans la guerre jap le 15 août, les Japs seront foutus quand cela se produira. » Truman a réitéré dans une lettre à sa femme le lendemain : « Nous allons finir la guerre un an plus tôt maintenant, pense aux enfants [américains] qui ne seront pas tués. »

 

En défaisant rapidement le corps d’armée japonais Guandong, en Manchourie, les Soviétiques ont ruiné diplomatiquement et militairement la fin de partie prévue par les Japonais : continuer d’infliger des pertes militaires aux États-Unis et obtenir l’aide de Staline pour négocier avec les Américains de meilleures conditions de reddition.

 

 

- Les bombardements atomiques, aussi terribles et inhumains qu’ils aient été, ont joué peu de rôle dans les calculs des dirigeants japonais pour se rendre rapidement.

Août 1945 : Hiroshima, pourquoi ?

Après tout, les États-Unis avait incendié plus de cent villes japonaises. Hiroshima et Nagasaki n’étaient que deux villes détruites de plus ; que l’attaque nécessite une bombe ou des milliers n’a pas beaucoup d’importance. Comme le général Torashirō Kawabe, chef d’état-major adjoint, l’a dit plus tard aux interrogateurs des États-Unis, la profondeur de la dévastation à Hiroshima et Nagasaki ne fut connue que « d’une manière progressive ». Mais, a-t-il ajouté, « en comparaison, l’entrée soviétique dans la guerre a été un grand choc ».

 

Quand on a demandé au Premier ministre Kantaro Suzuki, le 10 août, pourquoi le Japon avait besoin de se rendre aussi rapidement, il expliqua : « L’Union soviétique aura non seulement la Mandchourie, la Corée, Karafuto, mais aussi Hokkaïdo. Cela détruirait le fondement du Japon. Nous devons mettre fin à la guerre, si nous pouvons traiter avec les États-Unis. » Les dirigeants japonais ont également craint la propagation des soulèvements communistes, d’inspiration soviétique, et savaient que ceux-ci ne verraient pas d’un bon œil leurs préoccupations primordiales – la protection de l’empereur lui-même et du système impérial.

 

 

- Truman comprenait les enjeux. Il savait que l’invasion soviétique mettrait fin à la guerre.

Il savait aussi qu’en rassurant le Japon à propos de l’empereur, cela conduirait à la reddition. Mais il a décidé d’employer les bombes atomiques de toute façon.

 

Pendant son séjour à Potsdam, Truman reçut un rapport détaillant la puissance de la bombe testée le 16 juillet à Alamogordo, au Nouveau Mexique. Après cela, il « était un autre homme », selon Winston Churchill. Il a commencé à jouer au boss avec Staline. Et il a autorisé l’utilisation de la bombe contre le Japon. Si sa nouvelle assurance à Potsdam n’avait pas montré à Staline qui était le patron, Truman a supposé que Hiroshima certainement le ferait.

 

 

- Staline a reçu le message.

Les bombes atomiques étaient maintenant un élément fondamental de l’arsenal américain, et non pas seulement un dernier recours. Il a ordonné aux scientifiques soviétiques de jeter tout ce qu’ils avaient dans le développement d’une bombe soviétique. La course était engagée. Finalement, les deux parties ont accumulé l’équivalent de 1,5 million de bombes d’Hiroshima. Et comme le physicien du Manhattan Project, Isidor Isaac Rabi, l’a astucieusement observé, « soudain, le jour du jugement dernier était le lendemain et depuis, c’est tous les jours comme ça. »

 

Note :

[1] Article original paru dans le Los Angeles Times, traduit et édité par jj, relu par nadine pour le Saker Francophone

[2] et malheureusement pas eux seuls, c'est aussi la version officielle en France

 

Pour en savoir plus :

- Obama à Hiroshima : un hommage, pas des excuses

- Hiroshima sous les feux du révisionnisme

- 6 août 1945 : et si Hiroshima n'avait servi à rien ?

- 9 août 1945 : Après Hiroshima, bombe atomique sur Nagasaki... les véritables raisons

- Hiroshima Nagasaki : Deux bombes US pour la domination impérialiste du monde

- 75 ans après Hiroshima : comment l'histoire d'un crime de guerre a été réécrite

- 7 et 8 août 1945 En confrontant les archives japonaises, américaines et russes, l’historien américain Tsuyoshi Hasegawa démontre que « rien ne justifiait le recours à l’arme nucléaire »

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 08:00
21/28 mai : semaine 2016 pour la PAIX à La Rochelle

- Le programme :

 

21/28 mai : semaine 2016 pour la PAIX à La Rochelle

et surtout : la présence de Michel Collon

Michel Collon est écrivain et journaliste indépendant. Destiné à une belle carrière d’avocat, il délaisse le barreau pour l’usine où il s’engage dans la lutte syndicale. Après avoir milité durant de longues années au sein de diverses associations et collaboré pour le journal Solidaire, Michel se fait connaitre du grand public en 1992 avec "Attention, médias !", un ouvrage qui démonte les mensonges de la première guerre d’Irak. Un tournant dans le combat de l’ancien syndicaliste ? Pas vraiment. On pourrait plutôt parler d’une suite logique. En effet, l’exploitation des travailleurs, les guerres pour le fric et les manipulations médiatiques... Tout est lié. Et Michel n’aura de cesse de le démontrer tout au long de son travail : missions d’observation en Yougoslavie, en Irak, au Venezuela ou en Libye, livres sur l’Otan, Israël et Chavez, production de films sur le Kosovo, l’Amérique latine ou l’Afrique...

 

21/28 mai : semaine 2016 pour la PAIX à La Rochelle

- Pour en savoir plus,.... cliquez ICI

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 08:41
La France autorise l'installation de bases de l'Otan sur son territoire

Sources : Scoop.it! par HumdeBut

Le Parlement français a adopté, le 7 avril 2016, le Protocole sur le statut des quartiers généraux militaires internationaux créés en vertu du Traité de l’Atlantique-Nord.

 

50 ans après la décision du général de Gaulle de fermer les bases militaires étrangères, en l’occurrence étasuniennes, présentes en France, le Parlement vient d’adopter la loi rendant possible un retour des troupes de l’OTAN sur le sol français - See more at: https://www.lepartidegauche.fr/communique/retour-en-france-des-troupes-l-otan-l-oligarchie-atlantiste-unie-au-parlement-34590#sthash.M0f1ZW3y.0dBOy4eH.dpuf

Ainsi, 50 ans après la décision du général de Gaulle prise en 1966 de fermer les bases militaires étrangères, en l’occurrence étasuniennes, présentes en France, le Parlement vient d’adopter la loi rendant possible un retour des troupes de l’OTAN sur le sol français en autorisant l’installation de bases de l’Otan sur le territoire national.

 

Les groupes PS, UDI, Radicaux de gauche et la majorité des élus « Républicains », unis dans leur soumission à l’atlantisme, ont voté pour.

 

  • Pour accéder au dossier officiel, c'est ICI

 

 

- Pour une France indépendante, un seul candidat, Jean-Luc Mélenchon

L’armée française est engagée dans un nombre sans précédents de guerres. Comment sortir de la logique de guerre ? Comment restaurer l’indépendance de la France et quelles alliances nouer pour cela ? Formulez vos propositions en la matière :  ICI

 

Pour en savoir plus :

- OTAN : Hollande exécuteur testamentaire de Nicolas Sarkozy

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 09:48
Libye : La violence impérialiste n’a pas de fin ! Une seconde intervention en préparation ?

Hillary Clinton : « La guerre contre la Libye visait à empêcher la souveraineté économique de l’Afrique ![1] »

 

La générosité de l’Empire en matière de violence est sans limites. Après que les Etats-Unis aient menti au Conseil de sécurité des Nations Unies sur la soi-disant menace que Kadhafi représentait pour les « manifestants » de Benghazi, le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé l’usage de la force pour les protéger. La Russie et la Chine se sont abstenues au lieu d’opposer leur veto.

 

Sources : Le Grand Soir Traduction de Moon of Alabama : Dominique Muselet | mis à jour le 10 août 2020

Les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN (dont la France) ont violé la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Ils ont armé les « manifestants », bombardé le pays jusqu’à le réduire en miettes, et tué les principaux officiels du gouvernement dont Mouammar Kadhafi. La secrétaire d’Etat étasunienne, le monstre Clinton, s’en est glorifiée (vidéo) dans une célèbre réplique : « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort. »

 

C’est à cause de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU que le président russe Medvedev n’a pas pu se représenter pour un second mandat. Le président Poutine, qui à l’époque était Premier ministre et n’était responsable que de la politique intérieure, a dit que, lorsqu’il avait lu la résolution du Conseil de sécurité il avait trouvé, dans son libellé, des trous permettant à toute une armée de se frayer un passage. Medvedev avait fait une énorme erreur en la laissant passer. Le fait qu’il ait été obligé de partir, est le seul résultat positif de l’attaque de l’OTAN sur la Libye.

 

 

- Maintenant, les États-Unis veulent attaquer à nouveau la Libye.

  • Le général Joseph Dunford Jr., le président du Joint Chiefs of Staff, a déclaré aux journalistes vendredi que les responsables militaires « réfléchissaient à une action militaire décisive » contre l’État islamique ou ISIS en Libye où le groupe terroriste a environ 3 000 combattants selon des responsables occidentaux.
  • Des officiels de l’Administration disent que la campagne en Libye pourrait commencer dans quelques semaines. Ils pensent qu’elle sera menée avec l’aide de quelques d’alliés européens, comme la Grande-Bretagne, la France et l’Italie.

 

Il y aura, comme d’habitude, des frappes aériennes, des forces spéciales sur le terrain, des mercenaires, formés par les forces étasuniennes ou des sociétés privées, qui se transformeront en escadrons de la mort et terroriseront la population.

 

C’est le chaos en Libye, comme c’était prévisible et a été prédit ici quand la guerre en Libye a commencé....  et reconnu récemment par Alain Juppé . Il y a beaucoup de groupes armés et deux parlements et deux gouvernements rudimentaires, un dans l’est et un dans l’ouest. L’ONU vient juste d’essayer d’en créer un troisième, un gouvernement d’union nationale, et elle a échoué :

  • Le parlement de Libye, reconnu internationalement, a voté lundi pour rejeter le gouvernement d’union proposé dans le cadre d’un plan soutenu par les Nations Unies pour résoudre la crise politique et le conflit armé dans le pays. ... Depuis 2014, la Libye a eu deux parlements et deux gouvernements concurrents, l’un basé à Tripoli et l’autre dans l’est. Les deux sont soutenus par des alliances instables de groupes armés et d’anciens rebelles qui ont aidé à renverser Mouammar Kadhafi en 2011.

 

Une grande partie des « rebelles » payés par le Qatar et d’autres pour renverser le gouvernement libyen sont islamistes. Beaucoup sont allés de Libye en Syrie pour lutter contre le gouvernement syrien, et les États-Unis ont contribué à fournir des armes de Libye à ces terroristes étrangers en Syrie.

 

Il est peu probable que l’intérêt réel des États-Unis soit maintenant de combattre les quelques combattants étrangers de l’État islamique en Libye. La plupart des partisans de l’État islamique en Libye appartiennent à des tribus qui, auparavant, faisaient partie d’un gang islamiste local ou d’un autre. Ils ne sont pas une menace et d’autres forces locales peuvent les tenir en respect.

 

 

- Les États-Unis veulent avoir tout le pays sous leur contrôle indirect, mais jusqu’ici ils n’en ont que la moitié.

  • Les forces armées alliées au gouvernement de l’est sont dirigées par le général Khalifa Haftar, un ancien allié de Kadhafi. Il a également combattu les militants islamistes dans la ville orientale de Benghazi, et il est devenu l’une des figures les plus controversées de Libye. Il bénéficie d’un grand soutien dans l’est, mais il est méprisé par les forces alliées au gouvernement de Tripoli.

 

Haftar était autrefois avec Kadhafi mais a été écarté après avoir échoué dans une guerre avec le Tchad. Autour de 1990, il a essayé sans succès de renverser Kadhafi. Il est allé aux États-Unis, est devenu un citoyen américain et a travaillé pour la CIA. En 2011, il était de retour en Libye et a tenté à nouveau de renverser Kadhafi.

 

En 2011, les États-Unis n’ont pas réussi installer leur leader par procuration en Libye. Ils vont maintenant essayer à nouveau de prendre le contrôle total du pays et de ses ressources. Une fois installés en Libye, ils pourront asservir des pays d’Afrique du Nord.

 

Il est facile de voir que cela va engendrer plus de guerres, plus de terreur, et plus de réfugiés. La violence impériale est inépuisable.

 

La France de Hollande, va-t-elle s'embarquer dans cette aventure qui ne peut que, pour les terroristes, contribuer à légitimer leurs actions contre notre territoire et nos ressortissants ?

 

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 09:17
En 1991, la guerre en Irak a été la première guerre suivie en live à la télévision.

En 1991, la guerre en Irak a été la première guerre suivie en live à la télévision.

Il y a 25 ans, une coalition de 49 pays envahissait l’Irak. La guerre, l’embargo qui a suivi, une nouvelle guerre et une occupation ont laissé derrière eux un pays sans ressources. Mais l’Irak n’est pas mort. L’opposition et les protestations n’ont jamais cessé et sont l’antidote contre le militarisme et l’occupation.

 

Sources : Solidaire par Dirk Adriaensens le 15 janvier 2015

- La guerre du Golfe de 1991

Le 17 janvier 1991, 29 pays, parmi lesquels la Belgique et quelques pays arabes, envahissaient l’Irak. Le but était de chasser l’armée irakienne du Koweit, qu’elle avait envahi en août 1990. En 43 jours, une coalition internationale effectuait 100 000 bombardements aériens, lançait 450 roquettes Tomahawk et larguait 265 000 bombes. Une grande partie des infrastructures sociales et économiques d’Irak était détruites. Le pays était rejeté dans l’ère pré-industrielle pour une très longue période. 

 

En 1991, la guerre en Irak a été la première guerre suivie en live à la télévision. Les premiers bombardements sur Bagdad, le 17 janvier, ont été montrés en direct et de manière quasi triomphale sur CNN (photos ci-dessus). Beaucoup d’images infographiques ont également été utilisées pour illustrer les prétendues « frappes chirurgicales ». En réalité, celles-ci ont été bien moins précises que les images le laissaient croire. Elles ont coûté le vie à des milliers de gens, alors qu’on évoquait des « dommages collatéraux ».  

 

Le 26 février, l’Irak se retirait du Koweit. Les troupes qui se repliaient étaient également attaquées. Rien que là, on a compté 25 000 morts irakiens. Au total, 125 000 militaires irakiens ont trouvé la mort, contre 125 Américains. 

 

Après le retrait irakien du Koweit, le Conseil de sécurité des Nations Unies organisait un embargo jusqu’à ce que toutes les armes non-conventionnelles (chimiques, biologiques et atomiques) soient détruites. La commission des Nations unies UNSCOM était chargée de cette mission. Jusqu’au mois d’août, 340 équipes UNSCOM ont contrôlé 9 346 sites où des armes auraient pu être entreposées. Après ces contrôles, il n’y avait plus d’armes de destruction en Irak. L’embargo serait d’application jusqu’en mai 2003, après la chute du président Saddam Hussein. 

 

La guerre du Golfe a coûté 676 milliards de dollars, ce qui correspondait à ce moment-là à la moitié du montant de la dette du tiers-monde.

 

 

- Après la guerre militaire, la guerre économique : l’embargo 

Le nombre de morts dus à l’embargo est énorme. D’après les chiffres du ministère irakien de Santé publique (chiffre pour fin 2002), 1 806 915 victimes civiles, dont 750 000 enfants de moins de 5 ans, sont mortes à cause de l’étranglement économique. Avant la guerre du Golfe, l’Irak importait 70 % de sa nourriture : pour 2 à 3 milliards de dollars par an. Sous l’embargo, à peine la moitié entrait encore dans le pays. La production locale n’a pas non plus pu se rétablir. 

 

L’embargo a été une punition collective, imposée à toute la population irakienne pour exercer une pression sur le gouvernement irakien. Les changements que le pays subissait après dix ans de sanctions sont incommensurables. Les indicateurs de base (alphabétisation, santé, enseignement...) qui mesurent le niveau de bien-être des gens étaient en Irak avant l’embargo parmi les meilleurs du monde. En 2000, l’Irak régressait jusqu’au 20 % les plus bas. En dix ans, la mortalité infantile passait de l’une des plus basses au monde à l’une des plus hautes. 

 

Même quand la guerre du Golfe était officiellement terminée, il y avait encore des bombardements tous les jours sur une grande partie du pays. Entre 1991 et 2001, les forces armées américaines et britanniques ont effectué 280 000 vols de combat au dessus de l’Irak et tué des centaines de civils.

 

L’infrastructure était également gravement touchée. L’Irak a quand même réussi à reconstruire toute seule une partie importante de ses infrastructures vitales.

 

Highway of Death (l’autoroute de la mort) : l’attaque sur les troupes irakiennes qui se retiraient du Koweït vers l’Irak via l’autoroute côtière a fait à elle seule 25 000 morts. L’avant du convoi a été bombardé. Comme il y avait des champs de mines sur les côtés, impossible de prendre une autre voie. Des milliers de soldats irakiens réfugiés dans des tranchées ont été enterrés vivants dans le sable par des bulldozers. (Photo Joe Coleman / Wikimedia Commons)

 

- Les buts stratégiques des États Unis

Les États-Unis avaient cinq buts stratégiques pour le Moyen-Orient : 

  • Assurer le contrôle des réserves pétrolières du Moyen-Orient pour déterminer les quantités produites et faire baisser les prix. 
  • Maintenir les structures politiques de la région, surtout celles des Émirats et de l’Arabie saoudite qui assuraient le contrôle de l’Occident sur le pétrole. 
  • Détruire le potentiel économique et militaire de l’Irak.
  • Installer des bases militaires pour imposer les diktats de l’Occident.
  • Sécuriser la suprématie d’Israël sur tous les pays arabes.

Comme grand producteur de pétrole, l’Irak avait nationalisé ce secteur en 1972 et investissait les revenus de ce pétrole pour son propre développement. Les pouvoirs occidentaux et les compagnies pétrolières n’ont jamais pu l’accepter.

 

Dans les années 1990, la France et la Russie avaient conclu des accords avec l’Irak pour exploiter le pétrole irakien après la levée des sanctions. Ces contrats concernaient au total 1 100 milliards de dollars. Les États-Unis étaient exclus de l’accès au développement futur des plus grandes réserves de pétrole au monde (à un près). 

 

L’Occident avait aussi un problème par rapport à l’économie socialiste (socialisante) d’Irak. A la fin de l’année 2000, le gouvernement irakien décidait de ne plus travailler avec le dollar pour les opérations pétrolières parce qu’il était une « monnaie ennemie ». Toutes les transactions se faisaient, depuis la fin de 2000, en euros, et le siège des comptes pétroliers n’étaient plus situé aux USA mais à Paris. « Dans le monde réel (...), le seul facteur à la base de la prospérité américaine est le maintien du dollar comme monnaie de réserve mondiale. Ceci ne peut se faire que si les pays producteurs de pétrole gardent le dollar pour calculer le prix du pétrole. Le dernier clou au cercueil de Saddam Hussein a été sa décision de commencer à vendre son pétrole en euros », commente Richard Benson, analyste de Citibank et Chase Manhattan.

 

Tout cela était une raison suffisante pour les États Unis pour entreprendre une action déterminante et envahir une nouvelle fois l’Irak.

 

 

- Invasion illégale et occupation de l’Irak

Le 19 mars 2003, les États-Unis et la Grande-Bretagne attaquaient illégalement l’Irak. 41 000 vols de combat étaient effectués et 27 000 bombes étaient larguées. A peu près 200 000 soldats prenaient part aux opérations au sol. Les gouvernements des États-Unis et de la Grande-Bretagne n’avaient pas l’approbation du Conseil de sécurité des Nations Unies pour une telle attaque. Ils ont alors eu recours à des mensonges pour pouvoir envahir l’Irak : ce pays détiendrait des armes de destruction massive et aurait un lien avec les terroristes d’Al Qaïda ; et la guerre apporterait la démocratie en Irak... Le président Bush et ses ministres ont menti exactement 935 fois entre le 11 septembre 2001 et le 19 mars 2003 pour justifier leur invasion. Et cette désinformation a été coûteuse. En 2009, le ministère américain de la Défense a dépensé au moins 4,7 milliards de dollars pour « gagner les cœurs et les esprits » dans le pays et à l’étranger. 

 

 

- Le coût de la guerre : plus de 3 000 milliards de dollars

Le budget de la Défense des États-Unis a augmenté de 335 milliards de dollars en 2001 à 637 milliards de dollars en 2015. Le prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz a déclaré à ce sujet : « Une guerre gratuite n’existe pas. L’aventure de l’Irak a sérieusement affaibli l’économie américaine et la misère va bien plus loin que la crise des hypothèques. On ne peut pas dépenser 3 milliards de dollars pour une guerre ratée à l’étranger sans en ressentir le mal à l’intérieur du pays. » 

 

D’après Stiglitz, les États Unis dépensent en ce moment 5 milliards de dollars par an en Afrique : « 5 milliards d’euros, c’est environ 10 jours de combats. Cela vous donne une idée du gaspillage de moyens. »

 

 

- La destruction intentionnelle de l’État irakien 

Après 25 ans de guerre, d’embargo, d’occupation et de chaos, il est évident que la destruction de l’État irakien a été voulue sciemment par les États-Unis. Les architectes américains de cette guerre avaient déjà prédit depuis des années qu’une invasion de l’Irak provoquerait la fin de l’État irakien. Dans un rapport de 1996, des auteurs néoconservateurs décrivaient l’inévitable déclin de l’Irak après une invasion militaire, affirmant qu’un changement de régime mènerait à « un déchirement de l’Irak par la politique des seigneurs de guerre, des voleurs, des clans, des sectes et des familles importante. » Ces mêmes auteurs sont pourtant par la suite devenus les défenseurs les plus agressifs d’une invasion. Les effets désastreux du point de vue culturel et humain de la destruction de l’État irakien de 2003 à 2011 – déjà fort affaibli par la guerre du Golfe en 1991 et par les sanctions économiques – sont énormes. Plus d’un million et demi de citoyens ont perdu la vie, l’infrastructure sociale – électricité, eau potable, égouts et institutions publiques – était détruite, des académiciens et des professionnels étaient assassinés, à peu près 2,5 millions de personnes devenaient des réfugiés dans leur pays (IDP) et 2 764 000 personnes ont fui. 

 

 

- Socialement et écologiquement invivable 

La destruction sociale est inestimable. Le niveau de l’enseignement et de la santé se situent aujourd’hui encore loin en dessous de celui d’avant l’invasion. Les minorités nationales irakiennes (chrétiens, Assyriens, Mandéens...) sont au bord de l’éradication. Certaines de ces minorités religieuses et ethniques irakiennes ont cohabité en paix dans la région pendant plus de 2 000 ans. Les droits des femmes ont été complètement supprimés, comme le droit à la protection de la maternité, le permis de travail et les soins de santé. De grandes parties du pays sont devenues écologiquement invivables. Des régions entières sont contaminées par l’uranium appauvri et par d’autres pollutions militaires, des millions de tonnes de déchets ont été abandonnés et ont non seulement porté atteinte au système écologique fragile de façon irréversible mais ont également provoqué une forte augmentation des malformations génétiques et des cancers. Le bas niveau de l’eau des lacs et rivières a provoqué des catastrophes parce que l’absence d’égouts a rendu l’eau impropre à la consommation humaine et animale. 

 

Du point de vue économique, l’Irak est devenu un immense paradis du marché libre, où les Irakiens n’ont aucun pouvoir. 

 

 

- L’occupation crée l’opposition 

L’opposition contre l’occupation étrangère a commencé tout de suite après l’invasion. Des officiers de l’armée irakienne, avec l’appui de la population, ont commencé immédiatement une guérilla qui a débouché sur une véritable rébellion civile. L’opposition a mené en moyenne 185 attaques par jour contre les forces d’occupation (chiffre de juin 2007). Les voitures piégées et autres attaques kamikazes ne sont qu’une petite partie de toutes les attaques. 90% des attaques kamikazes en Irak ont été effectuées par des combattants étrangers liés à Al Qaïda en Irak, et non pas seulement par l’opposition, d’après les statistiques de l’armée américaine elle-même. Les troupes irakiennes de sécurité du gouvernement comptaient 330 000 hommes. En mars 2011 ils étaient 670 000. Ils étaient souvent utilisés comme unités de choc pour l’armée d’occupation et il n’est donc pas étonnant qu’ils aient également été visés par l’opposition. 

 

En 2008, 157 800 militaires américains, plus de 150 000 mercenaires, 41 000 membres de la « National Police » (précédemment les escadrons de la mort) et 144 000 personnes des services de surveillance devaient essayer de maîtriser l’opposition massive irakienne. 

 

 

- Les américains sèment les germes de conflits 

Quand, en juillet 2013, le diplomate américain Paul Bremer créait l’organe de direction provisoire, l’Iraqi Governing Council (IGC), il a sélectionné les gens sur base de leur provenance religieuse et ethnique,  mentionnant leur appartenance derrière leur nom. L’identité irakienne a été totalement effacée du dictionnaire des occupants. Au lieu de construire un État avec des droits et des devoirs égaux pour tous les citoyens, les arabes sunnites ont été marginalisés, et le gouvernement, surtout constitué de certains groupes chiites et kurdes, les a très mal traités. La poudrière en Irak a été créée par l’occupation américaine. 

 

Le 15 décembre 2001, une marche internationale pour la paix avait lieu à Bruxelles. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

- La sale guerre 

Quand les armées américaine et britannique ont été confrontées à une opposition sérieuse, ils ont changé drastiquement leur tactique. « La seule façon que nous avons de gagner, c’est de passer à des moyens conventionnels. Nous devrons jouer leur jeu. Guérilla versus guérilla, terrorisme versus terrorisme. Nous devons terroriser les Irakiens et les obliger à se soumettre », ont-ils estimé. Pendant la période qui a suivi, des rapports ont vu le jour à propos des escadrons de la mort et de purification ethnique. Les médias ont, eux, parlé de « violences sectaires ». Une partie de la violence était peut-être spontanée, mais il y a cependant des preuves écrasantes que la plus grande partie était le résultat des plans décrits par les divers experts américains en décembre 2003. 

 

La firme de sécurité américaine Blackwater USA a recruté des mercenaires venant du Chili, de Pérou, d’Argentine, de Colombie et du Guatemala. Dans ces pays, on a de l’expérience pour les sales guerres. Les militaires y étaient bien entraînés à fréquenter les éléments subversifs internes. Le but n’était pas d’identifier les vrais combattants de l’opposition, de les arrêter et de les assassiner mais d’atteindre la population civile. C’était une stratégie de terrorisme d’Etat pour couper le lien entre la population et l’opposition et pour briser l’appui de la population à la guérilla. 

 

Des milliers d’Irakiens ont disparu entre 2005 et 2007. Certains étaient attrapés par les milices et chargés sur des camions, d’autres avaient l’air de disparaître tout simplement. Au plus fort des assassinats sectaires, entre 50 et 180 corps étaient largués tous les jours dans les rues de Bagdad. Beaucoup étaient décapités ou abattus par balles et portaient des traces de torture. 

 

 

- « Retrait » des troupes d’Irak

Le 21 octobre 2011, le président américain Obama annonçait le départ des dernières troupes. L’opposition irakienne y a beaucoup contribué. Cependant, le retrait des troupes ne signifiait pas la fin de l’occupation. L’empreinte américaine est toujours solidement présente. Une mission complète américaine de 16 000 personnes était maintenue en Irak, dans la plus grande ambassade américaine du monde. De plus, les États-Unis maintiennent toujours des «conseillers» dans tous les ministères irakiens. 

 

 

- Opposition pacifique d’une partie de la société 

A côté de l’opposition armée l’Irak, des protestations pacifiques d’un mouvement ouvrier fort et de groupes d’intérêt de la classe moyenne sont nées dans les années après l’invasion. Les autorités ont réagi brutalement contre les grèves. Les syndicats indépendants sont interdits et les travailleurs n’ont pas droit à des négociations collectives ni à la grève. Pour museler les protestations, plus de 44 % du budget du régime est consacré à la « sécurité ». Entre-temps, le citoyen irakien vit 18h par jour sans électricité, n’a souvent pas d’eau potable (70%) ou d’équipements sanitaires (80%). A Bagdad, près des deux tiers des eaux usées coulent toujours directement dans les rivières. 

 

En 2011 et 2013, il y a eu des centaines de milliers de manifestants dans les rues. Leurs exigences : suppression de la peine de mort, renforcement des services de base, pas de division entre groupes ethniques et religieux, arrêt de la corruption, lutte contre le sectarisme sous toutes ses formes et maintien de l’unité nationale.

 

 

- Chaos, répression et néolibéralisme ont fait le succès de Daech

Après une année de protestations pacifiques, le Premier ministre irakien Maliki a envoyé son armée et ses milices armées contre les manifestants. Plusieurs villes ont été attaquées et bombardées par les troupes gouvernementales. De ce fait, les islamistes sunnites séparatistes ont commencé à gagner en influence. Malgré les contretemps subis par Daech au cours de l’occupation de l’Irak, le groupe parvenait déjà fin 2012 à porter le nombre de ses combattants actifs à environ 2 500. La terreur semée par Daech est effrayante, mais les méfaits des milices chiites et de l’armée gouvernementale, soutenus par l’étranger, le sont tout autant. A part l’Occident, les États du Golfe comme l’Arabie saoudite et l’Iran, la Turquie aussi commence à jouer un rôle en Irak.

 

Et, pendant ce temps, la population irakienne est prise entre l’enclume et le marteau. Le 15 juin 2015, au moins quatre millions d’Irakiens étaient des déplacés internes. 

Bagdad 2002. (Photo Solidaire, Antonio Gomez Garcia)
 

 

- La crise humanitaire dans un pays oublié

En 2015, par manque d’argent, les Nations unies ont gelé la plupart des programmes de santé en Irak. Lors d’un appel à donation portant sur au moins 60 milliards de dollars, à peine 5,1 millions sont rentrés. 

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dû fermer plus de 184 services de santé. Les réfugiés et les personnes déplacées n’ont de ce fait plus accès aux soins de première ligne, post-traumatiques, alimentaires et aux services de vaccination En Irak, au moins 8 millions de personnes, soit un tiers de la population, ont besoin aujourd’hui d’aide humanitaire. C’est 3 millions de plus que lors de la dernière enquête de mars 2015, avant l’arrêt des programmes santé des Nations unies.  

 

 

- 2015 : la population irakienne résiste à la terreur de Daech et à celle de son gouvernement 

Malgré la terreur semée par Daech, le peuple irakien ne s’avoue pas vaincu. Les protestations massives débutées le 31 juillet 2015 ont atteint un point culminant le 7 août. 

 

Pour la seule Bagdad, environ un demi-million de personnes ont défilé dans les rues en scandant des slogans contre le gouvernement corrompu. Des centaines de milliers d’autres ont manifesté dans les villes chiites du sud. Des slogans comme « Ni chiites, ni sunnites mais laïcité » et « Le régime religieux nous a trompés » montrent la vraie nature des protestations de la population irakienne. Celle-ci a exprimé sa profonde colère à propos de la pauvreté, de l’insécurité, du non-respect des droits fondamentaux et du gouvernement irakien corrompu et sectaire. 

 

Selon un récent sondage effectué pour la BBC, 66% de la population irakienne estime que le pays va dans la mauvaise direction. 90% croit qu’il est possible de dégager une solution diplomatique aux différends nationaux. 84% pense que Daech a une influence « fortement négative ». 56% est hostile aux attaques aériennes de la coalition. 

 

 

- Laissez l’Irak au peuple irakien 

Il y a actuellement diverses initiatives du monde associatif irakien et des anciens mouvements d’opposition en vue de résoudre les différends nationaux de façon pacifique. Ces tentatives de se mettre autour d’une table sont l’une après l’autre sabotées par le gouvernement irakien et ses conseillers étrangers. 

 

La vente d’armes augmente. L’Occident entame de nouvelles opérations terrestres et aériennes contre des villes syriennes et irakiennes. Cela ne fera que gonfler les rangs de Daech et accroître encore les risques d’actions terroristes en Europe et aux États-Unis. Le monde associatif et les mouvements d’opposition en Irak sont les seules forces qui peuvent venir à bout de Daech et des autres milices. 

 

L’Irak n’est pas morte. Ces dernières 25 années, la résistance et les protestations n’ont jamais cessé et constituent le contre-poison au militarisme et à l’occupation. Le peuple irakien veut reprendre son pétrole en mains propres et il veut une économie saine au service des gens et ce, dans un environnement paisible. L’intervention militaire n’est pas la solution. Celle-ci réside dans la nécessité d’écouter la société civile irakienne et de soutenir les initiatives en vue de la réconciliation. Une Irak vraiment démocratique, souveraine, est une condition absolue si on veut faire disparaître Daech.

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Rédacteur

  • Pour une Révolution citoyenne par les urnes
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.

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