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23 janvier 2026 5 23 /01 /janvier /2026 09:58
Petites entreprises en péril : à qui la faute ?

C’est l’échec d’une politique obsédée par  la baisse des cotisations !

Les petites entreprises au cœur de l’économie de proximité, disparaissent dans l’inaction gouvernementale ! 

 

 

Septembre 2025 : l’Union des entreprises de proximité (U2P) et la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) repoussent la proposition d’un grand rassemblement patronal unitaire contre la taxe Zucman[10] faite par le Mouvement des entreprises de France (Medef). L’événement fait date. Les petits patrons refusent de s’aligner derrière les gros et le font savoir. Les deux organisations patronales des très petites entreprises (TPE) et des petites et moyennes entreprises (PME) révèlent les clivages qui parcourent l’ensemble « patronat » prétendument homogène.

Découvrez le nouveau rapport de l’Institut La Boétie, signé par Eric Berr et Aurélie Trouvé
Il y a urgence : les TPE et PME du pays sont en train de disparaître les unes après les autres.

 

 

Sources : Institut La Boétie | mis à jour le 25/01/2025

- Les petites entreprises disparaissent dans l’inaction gouvernementale

  • Les petites entreprises sont au cœur de l’économie de proximité, l’immense majorité des entreprises françaises comptent moins de 10 personnes. Elles sont 4,3 millions au total[0] ;
  • Les petites entreprises sont le premier employeur du pays, les TPE et les PME cumulent près de 7 millions d’emplois salariés à temps plein[1] ;
  • Un niveau record de petites entreprises surendettées, 94 % des défaillances concernent une entreprise de moins de dix personnes, incluant les auto-entrepreneurs[2] ; 
  • Focus sur les PME industrielles, premières victimes de la désindustrialisation des grands groupes, la désindustrialisation se poursuit. En 2025, la France a continué à perdre ses fleurons industriels ;
  • Focus sur le petit commerce : le capitalisme rase tout, la presse régionale n’en finit pas de tirer la sonnette d’alarme : les villes se vident de leurs petits commerces ;
    • L’étalement urbain contre les petits commerces alimentaires ;
    • Commerce en ligne : le capitalisme numérique contre les petites entreprises commerçantes.

 

 

- Pourquoi les petites entreprises ont la vie impossible ?

▶️ Les vraies « charges » masquées qui pèsent sur les TPE et PME du pays, la vérité sur les cotisations sociales

  • Dans le débat public, l’ennemi des entreprises est tout trouvé : le « coût du travail » ! Ce discours ne résiste pourtant pas à l’épreuve des faits économiques. Mais il présente pour les grands patrons du pays plusieurs avantages.
  • La vérité sur les cotisations sociales : depuis quarante ans, les politiques économiques s’emploient méthodiquement à baisser le « coût du travail », en premier lieu par le biais d’allègements de cotisations sociales[3]
  • Les charges réelles sont ailleurs : ce sont les rentes (électricité, loyers, Frais bancaires, frais d’assurance, rentes numériques) !

 

▶️ Crédit bancaire : les banques contre les chefs des petites entreprises (accéder au crédit : un parcours du combattant, l’exploitation financière par le crédit).

 

▶️ Le règne économique des grandes entreprises

  • L’exploitation commerciale par la sous-traitance, le capitalisme néolibéral marque l’hyper développement de la sous-traitance[4] ;
  • Les grandes entreprises ont imposé le marché mondial.

 

▶️ L’injustice fiscale dans le monde de l’entreprise

  • Impôt sur les sociétés : la grande injustice. Aujourd’hui, non seulement le taux d’impôt sur les sociétés n’est pas progressif selon la taille de l’entreprise, mais il est en pratique plus élevé pour les petites entreprises.
    • Les TPE et PME versent 23 % de leurs bénéfices déclarés, contre 15 % seulement pour les grandes entreprises. Autrement dit, elles paient 50 % d’impôts en plus[5! 
  • Aides aux entreprises sans conditions : une aubaine pour les plus gros. Il existe aujourd’hui près de 2 000 aides différentes aux entreprises, versées essentiellement sans contrepartie, qui représentent 211 milliards d’euros par an.
    Les petites entreprises sont les grandes perdantes du fonctionnement actuel des aides aux entreprises.
  • C’est aussi le cas des entreprises de l’ESS, qui ne reçoivent que 7 % des aides publiques aux entreprises alors qu’elles représentent près de 14 % de l’emploi privé[6].

 

▶️ La consommation en panne

  • Les petites entreprises forment le cœur de l’économie de proximité du pays.
  • Les difficultés matérielles rencontrées par les petites entreprises aujourd’hui sont en grande partie le fait du ralentissement structurel de la consommation.
  • Les dépenses contraintes liées à l’existence, qui pèsent sur le pouvoir d’achat : il faut se nourrir, se vêtir, se soigner. Tout cela a considérablement augmenté.
    • Ces dépenses frôlent aujourd’hui les 30 % du revenu total en moyenne[7]. C’était 12 % seulement en 1960, et un peu plus de 20 % au début des années 1980.
  • Les salaires sont attaqués : baisse du salaire réel depuis 2017, gel total ou partiel du point d’indice des fonctionnaires pendant près de vingt ans, absence de revalorisation du salaire minimum au-delà de l’inflation.
  • Pour ne rien arranger, les politiques d’austérité s’attaquent aux dépenses de protection sociale. Les déremboursements de soins et la hausse des franchises médicales accroissent les dépenses des ménages[8].

 

▶️ Le manque de visibilité des chefs de petites entreprises 

  • La visibilité est la valeur suprême de l’entreprise. Sans elle, l’investissement productif est entravé. 
  • Les petites entreprises ont été très fragilisées par huit ans de macronisme, où les politiques économiques ont navigué à vue, sans aucune boussole.
  • Le secteur de la rénovation énergétique subit par exemple le va-et-vient des gouvernements successifs sur les aides à la rénovation versées par l’État aux particuliers : lorsque les ménages ne peuvent plus entreprendre les travaux ou refusent de se lancer de crainte de voir les aides interrompues en cours de route, les carnets de commandes se vident et les emplois sont menacés.
  • Pour les petits commerçants non plus, rien ne garantit un engagement stable de la puissance publique contre la concurrence déloyale que représente le commerce en ligne.

 

▶️ Le problème de la représentativité des chefs d’entreprises : l’avantage donné au Medef

  • Dans les médias et dans les cercles politiques, le Medef jouit d’une hégémonie certaine, et pourtant, parmi les trois organisations patronales reconnues comme représentatives, le Medef est celle qui compte le moins d’adhérents : 149 000 au total en 2025, contre 221 000 pour l’U2P et 243 000 pour la CPME[9].
  • Moins de 12 % des entreprises françaises sont adhérentes d’une organisation patronale représentative. L’écrasante majorité des chefs d’entreprise du pays ne sont donc pas représentés lors des négociations collectives qui déterminent la norme sociale et dans les organismes paritaires.
  • Le Medef est confortablement installé alors qu’il ne représente qu’une portion minoritaire de l’économie, très mobilisée et visible.
  • En résumé, les petites entreprises sont accablées par l’ensemble des structures économiques. Tous leurs besoins, du financement à la production elle-même jusqu’à l’écoulement des stocks, se heurtent à une organisation de l’économie alignée sur d’autres intérêts. Les grandes entreprises sont le centre de gravité du capitalisme contemporain

 

 

- Un nouveau pacte productif a construire : l’économie de la nouvelle France par les petites entreprises

Les petites entreprises ont vocation à prendre leur part dans l’intérêt général humain. Leur santé économique dépend de l’état de la population, de ses revenus, de sa santé, de la qualité de sa formation, de ses modes d’organisation : en bref, de la satisfaction des besoins humains.

  • Notre modèle, l’économie des besoins, fonde le socle d’un possible nouveau pacte productif au service à la fois de l’activité économique des petites entreprises et des besoins humains.
  • La puissance publique doit reprendre le contrôle de la direction dans laquelle se déploie l’activité productive qu’elle aide.

 

🔴 Voilà des propositions de l'Institut La Boétie qui visent à explorer les grandes lignes possibles d’un pacte productif et de progrès social, incluant les dirigeants de micro, petites et moyennes entreprises sous forme de recommandations d’ordre général.

 

▶️ Axe 1 – Réserver les aides publiques aux entreprises qui s’inscrivent dans la réalisation du plan ;
▶️ Axe 2 – Baisser et stabiliser les coûts de l’énergie des petites entreprises ;
▶️ Axe 3 – Émanciper les petites entreprises de la domination des grandes ;
▶️ Axe 4 – Redéfinir les règles de la représentativité patronale ;
▶️ Axe 5 – Protéger les petites entreprises du libre-échange ;
▶️ Axe 6 – Mettre en place un pôle public bancaire et rendre gratuite l’escompte ;
▶️ Axe 7 – Protéger les petits commerces ;
▶️ Axe 8 – Lutter contre l’ubérisation généralisée ;
▶️ Axe 9 – Rétablir la justice fiscale entre les entreprises ;
▶️ Axe 10 – Soutenir le pouvoir d’achat de la population ; 
▶️ Axe 11 – A
ssurer des débouchés aux petites entreprises par la commande publique ; 
▶️ Axe 12 – Sortir de la dépendance aux Big Tech ;
▶️ 
Axe 13 – Renforcer et transformer la formation initiale et continue pour avoir la main-d’œuvre la mieux qualifiée du monde ;
▶️ Axe 14 – Abolir le travail détaché en France.

 

🔴 Pour accéder à l'intégrale du rapport de l'institut La Boétie cliquez sur l'image ci-dessous 👇👇

 

Rapport – « Petites entreprises en péril : à qui la faute ? » Le rapport choc de l'Institut La Boétie !

 

▶️ Pour télécharger le document cliquez  ICI

 

 

🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 

 

 

- Colloque « Le néolibéralisme est-il compatible avec les petites entreprises ? »

  • Le néolibéralisme est-il compatible avec les petites entreprises ? 
  • Quels sont les vrais problèmes des petites entreprises ?
  • Les intérêts des petits patrons sont-ils alignés sur ceux des multinationales ?
  • Comment émanciper les petites entreprises du chaos du marché et de la domination des grands groupes ?
  • Quelles nouvelles règles de la représentativité patronale développer ?
  • Comment la planification écologique et le protectionnisme solidaire peuvent constituer le socle d'un pacte productif au service d'une nouvelle économie ?

 

Notes :

[0Insee, « Les entreprises en France. Édition 2023 », 6 décembre 2023

[1] Les TPE et les PME cumulent près de 7 millions d’emplois salariés à temps plein.

[294 % des défaillances concernent une entreprise de moins de dix personnes, incluant les auto-entrepreneurs 

[3Toujours moins ! - Clément Carbonnier - Éditions La Découverte

[4] Le capitalisme néolibéral marque l’hyper développement de la sous-traitance

[5] Les TPE et PME versent 23 % de leurs bénéfices déclarés, contre 15 % seulement pour les grandes entreprises

[6Timothée Duverger « Les entreprises de l’ESS sont moins subventionnées que celles du privé marchand », Alternatives économiques, 30 septembre 2025

[7Observatoire des inégalités, « Les dépenses contraintes, un effort différencié selon les ménages », 4 juillet 2024

[8Céline Mouzon, « Pourquoi les Français dépensent-ils de plus en plus pour leur santé ? », Alternatives Économiques, 15 octobre 2025 

[9Selon les derniers chiffres de 2025 du Haut conseil du dialogue social. Voir Ministère du Travail et des Solidarités, « La mesure de l’audience des organisations syndicales et patronales », 23 octobre 2024

[10La taxe Zucman, préconisée par l’économiste Gabriel Zucman, est une proposition de nouvelle imposition mondiale minimale, sur le patrimoine des grandes fortunes, pour, d'après ses promoteurs, corriger l'optimisation fiscale et rétablir un principe d’égalité devant l’impôt.

 

Pour en savoir plus :

- Clément Carbonnier, Toujours moins ! L’obsession du coût du travail ou l’impasse stratégique du capitalisme français, Éditions La Découverte, 2025. Voir aussi la note de lecture de l’Institut La Boétie consacrée à cet ouvrage : « Pourquoi baisser le coût du travail ne sert à rien ? », décembre 2025, URL : https://institutlaboetie.fr/pourquoi-baisser-le-cout-du-travail-ne-sert-a-rien-note-lecture-20251212/ 

- Grégory Rzepski, « Les patrons piquent une crise », Le Monde diplomatique, décembre 2025

L’État fait désormais cadeau de 211 milliards d’euros par an au rand patronat, selon un récent rapport d’une commission d’enquête sénatoriale[3], principalement en niches fiscales et allègements de cotisations sociales.

- Les insoumis et le patronat des PME proposent ensemble de changer les règles de la représentativité patronale !

 

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8 décembre 2025 1 08 /12 /décembre /2025 16:46
À l’Assemblée, le 6 décembre 2025, J-L Mélenchon se pose en défenseur de la laïcité républicaine

Jean-Luc Mélenchon éparpille façon puzzle l’indigence des députés de droite et d’extrême droite. Une éclatante démonstration de force pour Jean-Luc Mélenchon et le mouvement insoumis. 

 

 

Ce samedi 6 décembre, Jean-Luc Mélenchon acceptait de se présenter devant la « commission d’enquête » anti-LFI destinée à faire croire à l’existence de liens entre la France insoumise et des groupes terroristes.

Le chef de file de LFI a voulu balayer toutes les accusations d’antisémitisme et de complaisance envers les réseaux religieux portées contre son mouvement politique.

 

 

Sources : Martine Orange | 

- Cette audition du 6 décembre était attendue de pied ferme.

  • Par la droite, qui avait suivi l’idée de Laurent Wauquiez, chef de file du parti Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale, de créer cette commission d’enquête sur les liens supposés entre les représentants et des réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste.
  • Et par les Insoumis, déterminés à démonter les accusations de complaisance envers les mouvements islamistes radicaux, portées par leurs adversaires politiques.

 

🔴 D’emblée, Jean-Luc Mélenchon décide de planter le décor.
« Nous avions décidé de vous boycotter. D’abord parce que l’intitulé de la commission était insupportable, on y mettait en cause notre parti », reconnaît-il dans son propos liminaire. Avec Marine Tondelier, présidente des Écologistes, il est le seul responsable politique à avoir été convoqué par cette commission.

 

Puis le chef de file explique les raisons qui l’ont incité à se présenter finalement : « Votre commission a déjà produit les documents qui nous innocentent absolument. Aucun responsable des services de renseignement ne dit qu’il y a un lien entre nous et les islamistes. »

 

▶️ En face, le président de la commission d’enquête, Xavier Breton (LR), et le rapporteur, Matthieu Bloch (LR), marchent sur des œufs. Ils prennent toutes les précautions oratoires pour rappeler que « cette commission n’est pas un tribunal », « ne vise pas un parti politique en particulier ». Son seul objet serait donc de lutter contre « l’entrisme islamiste » en France.

 

 

- Mais qu’est-ce que l’entrisme islamiste ? Quelle définition juridique lui donner pour le qualifier et le sanctionner ?
À cette question posée par le rapporteur, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, auditionné après l’Insoumis, coprésident de l’institut La Boétie, est incapable de répondre précisément. Il parle :

  • de la nécessité d’élargir les moyens de renseignement ;
  • de pouvoir suivre les personnes suspectes, de créer une nouvelle catégorie de fiché·es S ;
  • de mettre sous contrôle les associations, y compris sportives, soupçonnées de prosélytisme islamiste ;
  • d’analyser les candidatures des élections municipales.

Autant de moyens qui permettraient selon lui d’établir les faits et, après, d’imposer des sanctions et des mesures de prévention. Mais rien qui permette d’écrire une loi, même s’il a le projet de déposer un texte au printemps.

 

🔴 Ce flou juridique pèse sur toute l’audition de Jean-Luc Mélenchon

Il joue sur du velours tout au long de ses interventions, partant dans de grandes digressions historiques et philosophiques.  Déterminé à se montrer sous son meilleur jour, le chef de file de La France insoumise (LFI) avait décidé d’abandonner le ton vindicatif et les formules provocatrices dont il fait souvent usage. Il n’est là qu’en tant que simple « intellectuel », soucieux de défendre « la laïcité républicaine », rappelant que son parti n’accepterait jamais « l’entrisme religieux ».

 

▶️ « Nous avons avant tout besoin de science et de compréhension de ce que nous affrontons. C’est ça que les terroristes espèrent, qu’on s’entretue entre nous, c’est aussi vieux que la guerre de religion entre catholiques et protestants ! », souligne-t-il. Aujourd’hui, l’islamophobie – il en revendique le terme – a saisi les esprits en France, installant un climat délétère dans le pays. Il s’attarde sur l’inquiétante confusion en train de s’ancrer entre islam, islamisme, et terrorisme islamiste, alors que des millions de musulmanes et de musulmans vivent aujourd’hui en France.

 

▶️ « Je reconnais l’existence de cette menace terroriste et il faut tout faire pour la combattre […]. Mais pourquoi ne s’inquiéter que des Frères musulmans ? », s’interroge-t-il, en référence à un rapport commandé par Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, et rendu public par son successeur, Bruno Retailleau, au printemps. Avant de s’étonner que personne ne s’attarde sur « l’ingérence extérieure » des Émirats arabes unis, « visant à provoquer un débat public contre le Qatar [principal soutien financier des Frères musulmans – ndlr] ».

 

Lors de son audition, Gérald Darmanin enfonce pourtant le clou, parlant d’un projet d’entrisme « salafo-frériste », avec le soutien d’ingérences extérieures portées notamment par le Koweït et la Turquie. Il se félicite de l’aide apportée par l’Arabie saoudite et les Émirats dans ce combat.

 

 

- Confusion et amalgames
Au fur et à mesure des questions adressées à Jean-Luc Mélenchon, la confusion qui règne dans le débat public, relayée par les médias et les partis de droite et d’extrême droite s’inspirant du trumpisme, devient de plus en plus patente. Naturellement, on parle du voile.

  • Pourquoi Jean-Luc Mélenchon, farouche adversaire du voile en 2015, a-t-il changé d’avis depuis ?
  • Pourquoi le député Thomas Portes était-il en Égypte à la frontière de Gaza aux côtés d’Abu Amir Eleiwa, qui dirige une association proche des Frères musulmans, le 6 octobre 2023, veille du massacre du 7- Octobre ?
  • Pourquoi LFI a-t-elle participé à la manifestation du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), dissous en 2020, durant laquelle des « slogans antisémites » fusèrent, selon une question de la commission ?

 

▶️ Balayant toutes les accusations antisémites dont LFI fait l’objet, Jean-Luc Mélenchon évite toute ambiguïté : « Je veux que chaque juif du plus modeste village de ce pays sache que, s’il a un problème, les Insoumis seront à ses côtés pour le défendre. »

 

▶️ Avant de rappeler que les membres de droite de la commission, lors des manifestations contre le mariage pour toutes et tous, avaient aussi côtoyé des intégristes islamistes sans qu’il leur en soit fait reproche. Et de porter l’estocade : « Si vous voulez interroger des gens qui ont des liens avec les terroristes, interrogez des membres du Rassemblement national », en se référant à certaines auditions passées de responsables du renseignement.

 

Que reste-t-il de ces auditions ? Pas grand-chose.

Juste l’impression d’une commission d’enquête mal conçue, mal ficelée, élaborée pour n’être que la caisse claire du débat politique que veulent installer la droite et l’extrême droite.

 

Martine Orange

 

🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 

 

 

- Face à la commission d’enquête anti-LFI, leçon d’histoire de la pensée républicaine !

Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l’occasion d’une audition devant la commission d'enquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste, le 6 décembre 2025.

 

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18 septembre 2025 4 18 /09 /septembre /2025 07:23
Du FN au RN : le parti des donneurs de leçons... est devenu celui des plus condamné.es de France !

Le RN ne se contente pas d'être une arnaque politique économique et sociale (la démonstration en est faite ICI)...

 

Le RN est dans la dérive croissante.... La condamnation de Marine Le Pen en 2025 a provoqué une déferlante de menaces de mort contre les juges siégeant à son procès[0]... confirmant que le RN est bien le parti des « brebis galeuses » – comme l’avait minimisé Jordan Bardella le 3 juillet 2024[0bis]

 

Juillet 2025 : Le RN et ses alliés menacés par une nouvelle affaire de détournements financiers au Parlement européen[54]

 

 

Selon Mme Marine Le Pen, Mr Jordan Bardella et autres Cadres actuels, le FN/RN est IRREPROCHABLE depuis leurs créations !...
Selon elles ou eux, je cite, " notre FN/RN, il n'y PAS PLUS HONNETE que nous comme parti politique Français " !...
Voici la liste non-exhaustive des condamnations de membres du Front National et du assemblement national. Cette liste a été réalisée en effectuant des recherches sur internet  et grâce au travail de certains internautes, Il est possible que certains jugements aient évolués sans qu’ils n’en soient trouvés la trace.

 

Du FN au RN : le parti des donneurs de leçons... est devenu celui des plus condamné.es de France !

Sources : Eric Durand | mis à jour le 06/03/2026
- Voici ci-dessous la liste judiciaire de toutes les poursuites à l'égard du FN et ensuite à l'égard du RN (même si ça été un peu plus " calme " !...).
Je n'ai rien inventé, chacun d'entre nous peut accéder à toutes ces informations !... si j'avais Mr Bardella et Mme Le Pen en face de moi, je poserais qu'une seule question !... C'est quoi pour vous un parti politique irréprochable ?...

 

🔴 Liste des condamnations effectives :

 ⁇ ️ Le Front National 1992-1996 : condamné pour avoir vendu une investiture ;

 ⁇ ️ Robert Lagier, Mario d’Ambrosio et Pierre Giglio 1995 : trois colleurs d’affiches du Front National ont été condamnés pour le meurtre d’Ibrahim Ali-Abdallah[6] ;
 ⁇ ️ Le Front National 2002 : condamné pour avoir utilisé de manière dévalorisante l’image d’une personne ; condamné pour avoir utilisé sur son site les clichés protégés de l’AFP[2] ;

 ⁇ ️ Le Front National 2008 : condamné pour avoir utilisé sans autorisation, en la détournant, la célèbre photo du « Che au béret et à l’étoile »[3] ;
 ⁇ ️ Le Front National 2007-2013 : condamné à rembourser plus de 6,3 millions d’euros de dettes majorées de près de 600 000 € d’intérêts à Fernand Le Rachinel[4].
 ⁇ ️ Le Front National 2009 : condamné à détruire ses tracts[1] ;

 ⁇ ️ 2009 : quatre membres du Front National, dont les noms n’ont pas été révélés, ont été condamnés pour coups et blessures après avoir attaqué un homme noir une fois le repas patriotique organisé par le FN terminé ;
 ⁇ ️ Le Front National 2010 : condamné à retirer ses affiches litigieuses[5] ;
 ⁇ ️ Alexandre Gabriac, 2007 : mis en examen pour ses liens étroits avec un commando d’extrême-droite ayant tenté de cambrioler un stand de tir à Saint-Andéol-le-Château, dont l’aventure s’est terminée par le meurtre du Gendarme ; 

 ⁇ ️ Ambrosse, 2009 : condamné pour apologie de crime contre l’humanité, injures à caractère raciste et violences volontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à 8 jours ;
 ⁇ ️ Alexandre Simonnot, 2006-2010 : condamné pour avoir détruit un préservatif géant à l’occasion de la journée mondiale contre le Sida[7] ;
 ⁇ ️ Antoinette Martinet, 1997 à 1998 : conseillère municipal FN à Maisons-Laffite, reconnue coupable de provocation à la haine, la violence et la discrimination (1 mois de prison avec sursis, 30 000 francs de dommages et intérêts, et 5 ans d’interdictions de droits civiques)[8].
 ⁇ ️ Claude Jaffres, 1997 : conseiller régional FN, reconnu coupable d’abus d’autorité et usurpation de fonction (1 an d’emprisonnement avec sursis, 2 ans de privation de ses droits civiques, civils et familiaux). Il s’est fait passer pour un policier avec 3 membre du DSP et a contrôlé des jeunes gens lors du congrès du FN à Strasbourg[9] ;
 ⁇ ️ Bruno Gollnisch, 2004-2007 : condamné en première instance et par le Conseil d’État pour contestation de l’existence de crime contre l’humanité (négationnisme), la Cour de Cassation va pourtant casser sans renvoi l’arrêt de la cour d’appel ;

 ⁇ ️ Bruno Gollnisch, 2008-2011 : condamné pour incitation à la haine raciale, le Parlement européen lève son immunité[10] ;

 ⁇ ️ Alexandre Gabriac : jeune candidat du FN dans le canton de Grenoble, mimant le salut nazi[10bis], chef des Jeunesses nationalistes, sera écroué durant deux mois pour avoir organisé une manifestation interdite à Paris en 2012[10ter] ;

 ⁇ ️ Bruno Gollnisch, 2025 : condamné, dans l'affaire des Attachés Parlementaires et complicité de détournements de fonds Européens (4 500 000€)[11] ; 
 ⁇ ️ Bruno Mégret (Fondateur du MNR et membre du FN), 1998 : ancien délégué général du FN, condamné pour avoir tenu des propos sur l’inégalité des races[12] ;

 ⁇ ️ Bruno Mégret et Catherine Mégret, 2002-2007 : condamnés pour détournement de fonds publics, après avoir envoyé aux frais de la commune de Vitrolles plusieurs milliers de lettres appelant à parrainer sa candidature pour l’élection présidentielle[13] ;
 ⁇ ️ Catherine Mégret, 1998-2001 : et sa Mairie de Vitrolles furent condamnés pour discrimination et incitation à la discrimination[14] ;

 ⁇ ️ Cédric Bégin,1999-2002 : condamné pour détention sans autorisation de munitions et d’armes, condamné pour incitation à la haine raciale[15] ;
 ⁇ ️ 
Christophe Klein,1999-2002 : condamné pour provocation à la discrimination raciale[15] ;
 ⁇ ️ 
Claude Jaffrès,1997 : condamné pour abus d’autorité et usurpation de fonction[16] ;
 ⁇ ️ 
Daniel Simonpieri (FN puis UMP), 2011 : condamné pour favoritisme, fausses factures et emploi fictif. Condamné pour harcèlement moral[19].
 ⁇ ️ 
Denis Monteillet,1995 : candidat FN aux municipales condamné pour avoir inscrit plusieurs personnes de son voisinage sur la liste présentée par son parti au municipales sans les avoir prévenues. Le Conseil d’Etat a annulé les élections des conseillers municipaux FN pour « liste irrégulière »[16] ;
 ⁇ ️ 
Emilien Bonnal,1985 : ex-candidat FN aux cantonales et municipales, a été reconnu coupable de meurtre, alors qu’il collait des affiches pour le FN, pour avoir tué Abdallah Moktari, 23 ans qui l’avait insulté,  et est condamné à 8 ans de prison[20] ;
 ⁇ ️ 
Francis Watez,1995 : avocat et conseiller municipal FN, condamné pour incitation à la discrimination raciale pour avoir collé des affiches proclamant : « Musulmans, Barbaresques, Algériens, terroristes ou non, tous dehors » et « Refuser l’intégration de ces sauvages est un devoir national ». (2 ans d’inéligibilité et 50 000 F d’amende)[38] ;
 ⁇ ️ 
François Nicolas-Schmitt, 1997 : condamné pour détournement de fonds[16] ;
 ⁇ ️ 
Gilles Lacroix,1997-1997 : condamné pour complicité de violence en réunion, avec arme et préméditation et pour complicité de destruction de biens ;
 ⁇ ️ 
Georges Theil, 2001 : condamné pour contestation de crimes contre l’Humanité. 2004-2006, et de nouveau condamné pour contestation de crimes contre l’humanité[21] ;
 ⁇ ️ 
Jacky Codvelle, 1990 : tête de liste FN aux municipales de 1989, condamné pour avoir mis le feu à la voiture du député du Rhône et maire PS de la ville, Jean Jacques Queyranne pour fêter le 14 juillet[38] ;
 ⁇ ️ 
Jacques Bompard, 2008-2010 : maire d’Orange, condamné à 5 ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt[18] ;
 ⁇ ️ 
Jacques Coutela, 2011 : mis en examen pour incitation à la haine raciale suite à son apologie d’Anders Behring Breivik, auteur des attentats d’Oslo[22] ;
 ⁇ ️ 
Jean Holtzer, 1990 : ex-candidat FN aux cantonales a été reconnu coupable de vol à main armé pour avoir braqué une banque (8 ans fermes). Cet ancien avocat général avait un jour réclamé la peine de mort pour une histoire identique[23] ;
 ⁇ ️ 
Jean-Claude Poulet, 1992 : avocat et conseiller municipal FN, condamné pour avoir battu sa femme pendant quinze ans pour « la stimuler au travail… Il fallait que je la stimule assez fréquemment »[38] ;
 ⁇ ️ 
Jean-Marc Maurice : 2004 à 2009- 2010 à 2011, 6 condamnations. Condamné pour outrage à agent dépositaire de l’autorité publique, vol, escroquerie, banqueroute, travail dissimulé et non déclaré, abus de bien sociaux[24] ;
 ⁇ ️ 
Jean-Marie Le Chevallier : condamné pour subornation de témoin dans l’affaire du meurtre de son directeur de cabinet[25] ;
 ⁇ ️ 
Jean-Yves Douissard,1999-2002 : condamné pour incitation à la haine raciale[15] ;

 ⁇ ️ Jean-Yves Le Gallou, 1991-1998 : président du groupe FN au conseil régional d’Ile-de-France, condamné pour provocation à la haine raciale[27] ;

 ⁇ ️ Joël Klein, 2004 : ancien conseillé régional FN, condamné par le tribunal correctionnel de Lyon à six mois de prison ferme et 10.000 euros d’amendes pour contestation de crimes contre l’humanité, conformément au réquisitoire du procureur. Le 14 octobre 2004, lors d’une interview à TV8 Mont-Blanc enregistrée dans les couloirs du conseil régional de Rhône-Alpes, Georges Theil avait dénoncé “le fantasme” des chambres à gaz[38] ;

 ⁇ ️ Robert Lagier 1995-1998 : Le 21 février 1995, en pleine campagne présidentielle, Ibrahim Ali, un jeune Marseillais originaire des Comores était tué d'une balle dans le dos par trois hommes qui collaient des affiches pour le FN. Le meurtrier, Robert Lagier a été condamné en juin 1998 à 15 de réclusion criminelle. Des peines de dix ans et de deux ans de prison avaient été prononcées à l'encontre des deux autres colleurs d'affiches qui l'accompagnaient, l'un pour avoir aussi tiré et l'autre pour avoir porté une arme de poing[40] ;

 ⁇ ️ Patrick Bassot : élu FN dans le Vaucluse 2012, a été condamné à 3.500 € d’amende pour « incitation à la discrimination, à la haine et à la violence à l’encontre des immigrés »[31] ;

 ⁇ ️ Marcel Mazières : candidat FN aux élections municipales de 1995 à Aix, reconnu coupable de 5 000 F d’amende, 5 000 F de dommages et intérêts et affichage du jugement pendant un mois à la porte du lycée. Il a en effet envoyé au professeur de philosophie de son fils une lettre anonyme. Extrait : ” vous transformez nos classes en goulag politique, votre aspect physique est disgracieux et, apprenant que vous êtes homo, cela est risible. “[38] ;

 ⁇ ️ Marc Georges : ex-député FN, reconnu coupable de blessure par balle d’un jeune homme (18 mois de prison ferme)[38] ;

 ⁇ ️ Marie Thérèse Philippe 1997 : élue FN de Pontoise, reconnu coupable en novembre 1997 de posséder dans sa voiture, entre les deux tours d’élections municipales partielles avec ses quatre colleurs d’affiches, un pistolet à grenailles[38] ;

 ⁇ ️ Pierre Van Dorte,1989 : conseiller municipal FN, condamné pour avoir tiré à l’aide de son fusil à pompe sur un groupe de jeunes d’origines maghrébine en blessant au dos l’un d’eux parce qu’il faisait trop de bruit[35]. Le FN lui paye ses 15 000F de caution. 15 mois avec sursis ;

 ⁇ ️ Pascal-Bernard de Leersnyder : conseiller régional FN, reconnu coupable de violence sur mineur pour avoir appris l’allemand au fils de sa compagne à coup de poing (jusqu’au sang) et pour lui avoir plongé la tête dans les WC (“Il n’était pas digne de la salle de bains”). 13 mois de prison dont 10 fermes[38] ;

 ⁇ ️ Katherine d’Herblais : conseillère régionale en picardie du FN, doit 400 000 F de préjudice a un garde chasse devant se réfugier dans une voiture pour protéger sa carotide après que ses deux dogues allemands égorgèrent 48 brebis et en blessèrent une centaine d’autres [38] ;

 ⁇ ️ Guillaume d’Herbais (beau-frère de Jean-Marie Le Chevallier) : reconnu coupable d’abus de biens sociaux condamné à 2 ans de prison[38] ;

 ⁇ ️ Marc Lyoen : responsable FN, reconnu coupable d’emploi de clandestins[38] ;

 ⁇ ️ Roger Fabrègues : candidat municipal FN, reconnu coupable de trafic de drogue (23/07/1999). Il avait profité d’un voyage au Maroc pour importer du haschisch(2 ans de prison). Il a fait appel[38] ;

 ⁇ ️ Eric Delcroix, 1996 : candidat FN, reconnu coupable de “contestation de crimes contre l’humanité” en 1996. Auteur de la Police de la pensée contre le révisionnisme, un ouvrage révisionniste et antisémite[38] ;

 ⁇ ️ Xavier Voute, 1997 : conseiller municipal à Paris condamné à 3000 F d’amende pour avoir aspergé de gaz lacrymogène des militants de Ras l’Front (mouvement anti-FN)[39] ;

 ⁇ ️ Philippe Bernard, 2004-2008 : ancien secrétaire départemental du FN dans le Nord, a écopé en 2013 de deux ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité pour escroquerie et abus de confiance dans une affaire de financement électoral[17] ;

 ⁇ ️ Sylvain Ferrua,1996 : condamné pour proxénétisme 1 ans avec sursis et 50000 F d’amende[38] ;

 ⁇ ️ Louis de Noëll, 1997 : Secrétaire départemental du FN, reconnu coupable de détournement de fond (?/10/1997). Il avait utilisé de l’argent de la société dont il est le gérant pour s’acheter un appartement à Paris, un autre à Perpignan et une villa sur la mer. 1 an avec sursis et 50 000F d’amende[38] ;

 ⁇ ️ Le Front National 2012 : La Cour de cassation a rejeté les pourvois du RN et de proches de Marine Le Pen dans ce dossier dit aussi « des kits de campagne », utilisés par les candidats frontistes lors des législatives de 2012, rendant ainsi définitive les condamnations. En appel, le RN avait été condamné à une amende de 250.000 euros pour recel d’abus de biens sociaux[26] ;

 ⁇ ️ Raynald Liekens,1984-1987 : condamné à perpétuité pour le meurtre d’une juive. Il a déclaré : « Elle était plus gentille avec moi que personne ne l’avait été jusque-là. Mais, quand j’ai appris qu’elle était juive, j’ai décidé de la tuer car les juifs sont les ennemis de la race blanche »[36] ;

 ⁇ ️ Patrick Binder, 2004-2005 : condamné pour injures racistes en public[32] ;

 ⁇ ️ Tanguy Deshayes, 2008-2009 : tête de liste du Front national aux municipales à Paris en 2007, mis en examen pour menaces de mort, il a confirmé en être l’auteur et a été condamné par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand à six mois de prison avec sursis et à mille euros d’amende[41]. Quelques années auparavant il avait été condamné pour bagarre ainsi que pour port d’arme[41bis]  ;

 ⁇ ️ Yannick Lecointre, 2010-2011 : candidat du FN sur le canton de Thiron-Gardais, a été condamné pour trafic de drogue (transport, détention, acquisition, cession et emploi non autorisés de stupéfiants)[43] ;

 ⁇ ️ Patrick Binder, 2010-2011 : condamné pour injure publique et provocation à la haine raciale[32bis] ;

 ⁇ ️ Richard Jacob, 2013-2014 : ancien élu FN à la mairie d'Auxerre il est condamné pour outrage, rébellion pour des violences à l'encontre de partisans du mariage gay[37] ;

 ⁇ ️ Tanguy Deshayes, 2008-2016 : tête de liste FN aux élections municipales de Paris, mis en examen pour menaces de mort, il a confirmé en être l’auteur, et a été condamné par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand à six mois de prison avec sursis et à mille euros d’amende[42] ;

 ⁇ ️ Philippe Vardon, 2014-2018 : condamné à une amende de 750 € pour des violences suite à un coup de poing[33] ;

 

🚩 Jean-Marie Le Pen... :

 ⁇ ️ Redressement de 1,4 Millions de Francs), reconnu coupable d’apologie de crime de guerre dont la déportation pour l’édition d’un disque sur lequel on peut entendre « un hymne du parti nazi » et « Vive Hitler » ;

 ⁇ ️ reconnu coupable d’antisémitisme insidieux ;

 ⁇ ️ reconnu coupable de banalisation d’actes jugés constitutifs de crimes contre l’humanité (11/10/1989) pour avoir qualifié les chambres à gaz de « point de détail » de la 2ème guerre mondiale ;

 ⁇ ️ reconnu coupable de captation d’héritage, 5000F à verser ;

 ⁇ ️ reconnu coupable d’agression d’un candidate socialiste, 3 mois avec sursis, 20 000F d’amende, 2 ans d’inéligibilité ;

 ⁇ ️ reconnu coupable d’avoir tenu des propos sur l’inégalité des races avec B.Megret. Condamné à verser 10 000F a L’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France) et à publier à ses frais le jugement dans 3 hebdomadaires (30 000F par publication)... (listage de ses nombreuses condamnations par la justice[48])

 

Du FN au RN : le parti des donneurs de leçons... est devenu celui des plus condamné.es de France !
Du FN au RN : le parti des donneurs de leçons... est devenu celui des plus condamné.es de France !

🚩 Marine Le Pen...

 ⁇ ️ 2008-2011 : à la suite d'une plainte en diffamation déposée par l'ancien membre du FN Christian Baeckeroot pour des faits datant de 2008, Marine Le Pen et Louis Aliot sont condamnés pour diffamation le 27 janvier 2011, par la cour d'appel de Versailles, à verser 5 000 € de dommages intérêts à Christian Baeckeroot et 4 500 € en frais de procédures. Le pourvoi en cassation formé par Marine Le Pen, Louis Aliot et Jean-Marie Le Pen est rejeté le 11 octobre 2011 et la Cour de cassation fixe en plus à 2 000 € les frais de procédure dus à Christian Baeckeroot[28] ;

 ⁇ ️ 2023 : Marine Le Pen est condamnée à 500 € d'amendes avec sursis pour diffamation envers la Cimade, qu'elle accusait d'organiser une « filière d’immigration clandestine en provenance des Comores » à Mayotte. Le 11 septembre 2024, la peine est confirmée en appel[29] ;

 

 ⁇ ️ 2025 arrive à un niveau jamais atteint à la suite d'une plainte pour détournements de fonds Européens (l'affaire des assistants parlementaires européens) pour un montant évalué à 4 100 000 €
Le 31 mars, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Marine Le Pen à une peine d'inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate et quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme aménageable sous bracelet électronique[30].

  • Le RN est en outre condamné à 2 millions d'euros d'amende, dont 1 million ferme[30bis].
  • Le Parlement européen a réclamé au parti d'extrême droite et aux personnes condamnées lors de ce procès des assistants parlementaires du RN le paiement de dommages-intérêts. La note s'élève à plus de 3,5 millions d'€[44].
  • et dans le même temps, le Conseil d'État a définitivement invalidé 55.000 d'€ de dépenses de campagne de Jordan Bardella lors des élections européennes de 2019[46].

Conformément au droit, Marine Le Pen a fait appel. Elle est donc, à ce jour, de nouveau " présumée innocente "...

 ⁇ ️ 2025 : après sa condamnation à cinq ans d'inéligibilité fin mars, Marine Le Pen est destituée de son poste de conseillère départementale du Pas-de-Calais[34]. décision validée par le tribunal administratif de Lille, mais Marine Le Pen va faire appel[34bis].

 

👉 Toujours dans cette affaire de détournements de fonds publics européens pour un montant évalué à 4 100 000€), Marie-Christine Arnautu, Marie-Christine Boutonnet, Myléne Troszczynski, Catherine Griset, Louis Aliot, Nicolas Bay[52], Fernand Le Rachinel, Dominique Bilde, Thierry Legier, Julien Odoul (déjà condamné pour injures raciales), Yann Le Pen (encore la Famille Le Pen), Wallerand de St Just et Charles Van Houtte, toutes et tous, ont été condamnés (ées) pour complicités dans ce système de détournement sciemment organisé par Marine Le Pen[30ter]... (" une institution "...)

 ⁇ ️ et dans le même temps...,

  • comme Marine Le Pen Louis, Aliot, Julien Odoul et Bruno Gollnisch, ont fait appel, soit fin mars 2025, 13 personnes sur les 25 condamnés et donc, jusqu'à " preuve du contraire ", ils et elles sont de nouveau présumés(ées) innocents(es) tant que ce second procès n'aura pas cours... mais à n'en pas douter de nouvelles sanctions définitives sont à venir lors de ce second procès ;
  • et les 12 autres, en ne faisant pas appel, ils reconnaissent la réalité des actes qui leur sont reprochés et la justice de leur condamnation.

 ⁇ ️ 2025 : Andréa Kotarac, porte parole du RN était lui aussi payé comme assistant au Parlement européen lors de la campagne présidentielle de 2022[45]sera t'il poursuivi ? Affaire à suivre...

 ⁇ ️ Marine Le Pen, Décembre 2025 : condamnée définitivement par la Cour de cassation à 500 € d’amende avec sursis pour diffamation envers la Cimade. En 2022, la cheffe du RN avait accusé l’association d’aide aux migrants d’organiser « la filière d’immigration clandestine en provenance des Comores » et d’être, « parfois », « complices des passeurs »[60].


 

- En conclusion :

  • J'imagine que toutes ces Personnes le savent... Quand ce procès en appel sera effectif, ce vol de fonds Européens a été documenté et prouvé et donc, TOUTES LES CONDAMNATIONS SERONT MAINTENUES.
  • Le problème pour tous ces justiciables n'est pas de savoir s'ils ou elles seront innocentés (ées), ça ils et elles le savent, mais de savoir QUELLES NOUVELLES PEINES SERONT A PURGER (dont l'inéligibilité pour 5 ans de Marine Le Pen) !...

🔴 Une autre question se pose : cela leur servira t-il de leçon ?...
L'avenir le dira, mais j'en doute... le RN, fruit du FN, est une arnaque et restera une arnaque qui viole, instrumentalise le peuple et la République !

 

 

- Et c'est reparti !

🔴 Liste des soupçons, procédures lancées et condamnations effectives :

 ⁇ ️ Franck Allisio, 2025 : La justice a ouvert une enquête contre Franck Allisio président du groupe RN de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur pour détournement de biens publics[49] ;

 ⁇ ️ Laurent Jacobelli, 2025 : député et porte-parole du RN, 500 € d’amende requis pour outrage, injure à caractère raciste et diffamation pour des évènements remontant à octobre 2023[50] ;

 ⁇ ️ Romain Brument, 2025 : conseiller métropolitain et conseiller d’arrondissement RN dans les 13e-14e de Marseille, condamné à 4 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Marseille. Son ex-épouse a décrit des violences physiques et psychologiques récurrentes. Il n’a pas fait appel de son jugement[51] ;

 ⁇ ️ Sébastien Chenu, fin juin 2025 : député du RN, il est condamné aux prud'hommes à verser plus de 10 000 € à son ancienne assistante parlementaire, Caroline Varlet, pour un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Son CDD a été requalifié en CDI, et le temps partiel a été requalifié en temps complet. Il a indiqué avoir déjà fait appel de la décision[53].

 ⁇ ️ Juillet 2025 : Le parquet européen a annoncé avoir ouvert une enquête sur le RN et ses alliés pour détournements financiers au Parlement européen. Le groupe Identité et démocratie, dont faisait partie le Rassemblement national, aurait utilisé illégalement 4,3 millions d’euros de crédits de fonctionnement, selon un rapport confidentiel révélé par « Le Monde » et ses partenaires, qui dénonce des appels d’offres et des dons réalisés en infraction avec les règles de l’institution[54].

 ⁇ ️ Juillet 2025 : Le 16 juillet, le Tribunal de l’Union européenne rejette le recours des héritières de Jean-Marie Le Pen contre une décision exigeant de l’ancien leader du Front national qu’il rembourse environ 300 000 € pour des frais de mandat indus au Parlement européen[55]

 ⁇ ️ Jordan Bardella, Octobre 2025 : Champagne, chauffeur privé… il est encore retoqué sur ses frais de campagne aux Européennes. La justice a confirmé que le contribuable n’avait pas à rembourser une partie des dépenses de la tête de liste du Rassemblement national lors du scrutin de 2024. Plusieurs centaines de milliers d’euros de coûts « excessifs » ou « sans finalité électorale »[56].

 ⁇ ️ David Rachline, Décembre 2025 : ancien vice-président du RN, Maire de Fréjus, poursuivi pour prise illégale d'intérêt et soupçonné de corruption, démissionne de la vice-présidence du RN[57].

  • Déjà mis en cause dans deux enquêtes pour « prise illégale d’intérêts » et « corruption », David Rachline est poursuivi dans une nouvelle affaire, soupçonné d’avoir favorisé l’attribution de contrats à une société de sécurité détenue par l’un de ses intimes[57bis].

 ⁇ ️ Jordan Bardella, Décembre 2025 : il est visé par une plainte déposée au PNF pour favoritisme et détournement de fonds publics.
Après des révélations du Canard Enchaîné, l'association AC Corruption a déposé une plainte auprès du Parquet National Financier. Elle concerne la rémunération de Pascal Humeau, engagé comme " média-traineur " du président du Rassemblement national[58].
 Le parquet national financier confirme " analyser " la plainte pour détournement de fonds publics citant Jordan Bardella[58bis].

 ⁇ ️ Jean-Michel Moulun, Décembre 2025 : Après avoir reconnu l’assassinat d’une septuagénaire, Jean-Michel Moulun, ancien boxeur, ex-candidat du FN aux municipales d'Hautmont en 2014, a été condamné mercredi 11 décembre à la prison à perpétuité par la cour d’assises de Montpellier[59].

 ⁇ ️ Franck Sinisi, Janvier 2026 : Franck Sinisi, ancien conseiller municipal FN (aujourd’hui RN) à Fontaine (Isère) a été interpellé et placé en garde à vue mardi 13 janvier. Il est suspecté d’avoir déposé des os de porcs et du saucisson devant la mosquée de la commune en septembre dernier[61].

 ⁇ ️ Marie-France Lorho, Janvier 2026 : Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné ce lundi 26 janvier Yann Bompard, maire d’Orange (Vaucluse), à une peine de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et à 18 mois de prison avec sursis pour avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire. Poursuivie des mêmes chefs, la députée RN Marie-France Lorho écope, elle, de 18 mois de prison avec un sursis simple, de 10 000 € d'amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire[62].

 ⁇ ️ Franck PralonbFévrier 2026 : candidat RN et tête de liste aux élections municipales 2026 à Vernon (Eure), il se retire de la course après avoir produit " un document inexact ", selon ses termes, pour s'inscrire sur les listes électorales. Deux plaintes ont été déposées : une plainte par l'assureur du candidat et une autre par la Ville de Vernon pour faux[63].

 ⁇ ️ Stéphane RavierFévrier 2026 : le sénateur ancien maire RN d'arrondissement de Marseille, a été condamné ce mardi à trois mois de prison avec sursis, accompagnés d'un an d'inéligibilité ainsi que d'une amende de cinq mille euros. La justice a considéré qu'ils avaient sciemment méconnu les règles de la commande publique et ne pouvaient se prévaloir de leur incompétence en la matière[64]. 

 ⁇ ️ Sandrine D'AngioFévrier 2026 : la nièce de Stéphane Ravier, qui avait succédé à son oncle au poste de maire du 7e secteur de Marseille en 2017, a été condamnée à cinq mille euros d'amende, dont deux avec sursis, et un an d'inéligibilité. Sandrine d'Angio figure sur la liste du député RN et candidat à la mairie de Marseille, Franck Allisio[64].  

 ⁇ ️ Eric BernardFévrier 2026 : Menaces de mort contre Jean-Luc Mélenchon et des élus LFI « On a fait un groupe de commando et on va en abattre (…) Ils vont crever ». Eric Bernard, un militant d’extrême droite condamné. Déjà condamné par le passé, notamment pour détention d’armes, il est à nouveau condamné à deux mois d’emprisonnement, aménagés sous bracelet électronique[65].  

 ⁇ ️ Emmanuel TachéFévrier 2026 : Le conseil des prud'hommes a condamné, jeudi 19 février, le député RN de la 16ème circonscription des Bouches-du-Rhône, Emmanuel Taché à verser près de 135 000 euros à son assistant parlementaire, Nicolas Tellier. Ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Taché se fait rattraper par la justice.

  • Au mois de septembre dernier, l'élu d'extrême droite a été sommé d'abandonner la particule " de La Pagerie " qu'il avait accolée à son patronyme. La justice avait estimé que cela entachait le nom de la vraie famille Tascher de La Pagerie.
  • Le tribunal de Lille lui avait également ordonné de verser 5000 euros de dommages et intérêts aux trois requérantes, descendantes de la véritable lignée Tascher de la Pagerie, ainsi qu'à publier la condamnation sur ses réseaux sociaux[66].

 

Notes :

[0Condamnation de Marine Le Pen : un suspect de 76 ans arrêté pour avoir menacé la juge

[0bis] Législatives 2024 : quand les « brebis galeuses » du RN forment un troupeau

[1] Le FN condamné à détruire des tracts montrant un projet de mosquée

[2JUSTICE : Jean-Marie Le Pen et le FN condamnés pour avoir utiliser des photos de l'AFP sur leurs sites Internet

[3] Photo du Che: le FN condamné à payer

[4Le FN condamné définitivement à payer 6,2 millions

[5] Le Pen condamné à retirer des affiches de sa campagne

[625 ans après, vibrant hommage à Ibrahim Ali tué par des colleurs d'affiches du Front national

[7] Un élu FN condamné pour destruction d'un préservatif géant

[8RACISME : Antoinette Martinet, élue municipale (FN) à Maisons-Laffitte (Yvelines), condamnée à un mois de prison avec sursis pour « provocation à la haine raciale »

[9Les quatre faux policiers du Front national, dont Claude Jaffres, conseiller général d'Auvergne, condamnés à un an de prison avec sursis

[10Propos anti-islam: le Parlement européen lève l'immunité de Bruno Gollnisch

[10bisJeune candidat du Front national dans le canton de Grenoble, mimant le salut nazi

[10terAlexandre Gabriac : le chef des Jeunesses nationalistes, sera écroué durant deux mois pour avoir organisé une manifestation interdite à Paris en 2012

[11Bruno Gollnisch a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis et un an ferme ce lundi 31 mars lors du procès des assistants parlementaires européens du Rassemblement National.

[12Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret ont été condamnés, mercredi 25 novembre, par le tribunal de grande instance de Nanterre pour leurs propos sur l'« inégalité des races »

[13La cour d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé, mercredi 28 novembre, la condamnation de Catherine et Bruno Mégret (MNR)

[14Catherine Mégret de nouveau condamnée : sa prime à la naissance a été jugée «discriminatoire»

[15Un élu FN condamné pour provocation raciale

[16Claude Jaffrès, conseiller régional FN d'Auvergne condamné en 1997 pour abus d'autorité et usurpation de fonction

[17Philippe Bernard, ancien secrétaire départemental du Front national dans le Nord, a été condamné à deux ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité pour escroquerie

[18Jacques Bompard, le maire d’Orange, condamné à 5 ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt

[19L'ex-maire de Marignane (Bouches-du-Rhône) Daniel Simonpieri, condamné en 2011 à un an de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité dans une affaire de favoritisme

[20En septembre 1985, Abdallah Mokhtari, vingt-trois ans, était tué par un policier municipal, membre actif du Front national, condamné vendredi à huit ans de prison

[21Georges Theil condamné à trois reprises

[22Départementales: le FN désigne de nouveau Coutela, malgré son "apologie de Breivik"

[23Et l'ancien magistrat candidat RN aux cantonales et aux législatives devint braqueur...

[24Arras : Jean-Marc Maurice (FN) condamné à 1 an de prison pour abus de biens sociaux

[25Jean-Marie Le Chevallier condamné à un an de prison avec sursis

[26Affaire des kits de campagne : En pleine campagne des législatives, le RN définitivement condamné

[27Le 4 avril 1991, Jean-Yves Le Gallou, président du groupe FN au conseil régional d’Ile-de-France, est condamné à 6 000 francs d’amende pour « provocation à la haine raciale »

[28] Plainte en diffamation déposée par l'ancien membre du FN Christian Baeckeroot : MARINE LE PEN ET LOUIS ALLIOT DÉFINITIVEMENT CONDAMNÉS

[29Marine Le Pen condamnée en appel à 500 euros d’amende pour diffamation envers la Cimade

[30] L'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du FN (25 personnes concernées)

[30bisLe RN est en outre condamné à 2 millions d'euros d'amende, dont 1 million ferme

[30terProcès du FN : la liste complète des sanctions prononcées à l’encontre de Marine Le Pen et des 23 autres prévenus

[31Le conseiller général frontiste, Patrick Bassot, condamné

[32Le leader régional du FN condamné pour injures racistes

[32bisPatrick Binder condamné pour haine raciale 

[33L'élu FN Philippe Vardon condamné à une amende de 750 € pour des violences suite à un coup de poing

[34Marine Le Pen est destituée de son poste de conseillère départementale du Pas-de-Calais

[34bisCondamnation de Marine Le Pen : la justice confirme la déchéance de son mandat de conseillère départementale

[35Coups de feu sur un fils d'immigrés à Gennevilliers Un élu du Front national est inculpé et écroué

[36A la cour d'assises des Alpes-Maritimes Réclusion à perpétuité pour Reynald Liekens

[37Propos homophobes et violences : huit mois de prison et deux ans d'inéligibilité pour Richard Jacob

[38La vérité sur le Front National !

[39VIOLENCES : Xavier Voute a été condamné pour avoir aspergé de gaz lacrymogène quatre militants du mouvement Ras l'Front

[40Vingt ans après, le meurtre raciste du jeune Marseillais d'origine comorienne Ibrahim Ali reste une plaie ouverte

[41Le Parisien Tanguy Deshayes, militant FN, a été condamné par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand à six mois de prison avec sursis et à mille euros d’amende

[41bis] Tanguy Deshayes, tête de liste du Front national aux municipales à Paris en 2007, a avoué avoir envoyé une lettre de menaces de mort à un éleveur du Puy-de-Dôme pour des raisons politiques.

[42Le Parisien Tanguy Deshayes, militant FN, a été condamné par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand à six mois de prison avec sursis et à mille euros d’amende

[43Yannick Lecointre a été condamné, le 15 juillet 2010, pour transport, détention, acquisition, cession et emploi non autorisés de stupéfiants

[44] Condamnation du RN: le Parlement européen réclame 3,5 millions de dommages-intérêts

[45Andréa Kotarac, porte parole du RN était lui aussi payé comme assistant au Parlement européen...

[46Le Conseil d'État a définitivement invalidé 55.000 euros de dépenses de campagne de Jordan Bardella lors des élections européennes de 2019

[47Procès des assistants parlementaires du RN : seulement 13 condamnés sur 25 ont fait appel, dont Marine Le Pen et Louis Aliot

[48] Mort de Jean-Marie Le Pen : on a listé ses nombreuses condamnations par la justice

[49] La justice a ouvert une enquête contre Franck Allisio président du groupe RN de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur pour détournement de biens publics

[50Procès du député RN Laurent Jacobelli : 500 euros d’amende requis pour outrage, injure à caractère raciste et diffamation pour des évènements remontant à octobre 2023

[51Romain Brument, conseiller métropolitain et conseiller d’arrondissement RN dans les 13e-14e, s’est vu infliger 4 mois de prison avec sursis devant le tribunal correctionnel de Marseille

[52Nicolas Bay perd son mandat régional après sa condamnation dans l'affaire des assistants du RN

[53Le député RN Sébastien Chenu condamné à verser plus de 10 000 € pour licenciement abusif

[548 Juillet 2025 : Le parquet européen annonce avoir ouvert une enquête sur l'ancienne famille politique du RN au Parlement européen, soupçonnée de diverses irrégularités financières au Parlement européen

[55Le recours des héritières de Jean-Marie Le Pen contre une décision exigeant de l’ancien leader du Front national qu’il rembourse environ 300 000 € pour des frais de mandat indus au Parlement européen, a été rejeté, mercredi 16 juillet, par le Tribunal de l’Union européenne

[56La justice a confirmé que le contribuable n’avait pas à rembourser une partie des dépenses de la tête de liste du RN lors du scrutin de 2024.

[57David Rachline, maire de Fréjus, poursuivi pour prise illégale d'intérêt et soupçonné de corruption, démissionne de la vice-présidence du RN

[57bisDavid Rachline, maire RN de Fréjus, de nouveau poursuivi par la justice, cette fois pour favoritisme

[58Jordan Bardella visé par une plainte déposée au PNF pour favoritisme et détournement de fonds publics. [58bisLe parquet national financier confirme "analyser" la plainte pour détournement de fonds publics citant Jordan Bardella

[59«Elle était sûre d’elle et arrogante» : un ancien boxeur, ex-candidat du FN aux municipales, condamné pour avoir décapité son ancienne employeuse 

[60Marine Le Pen condamnée par la Cour de cassation pour diffamation envers la Cimade, une association d’aide aux migrants

[61Un ancien élu d’extrême droite soupçonné d’avoir déposé des os de porcs devant une mosquée en Isère

[62] Emploi fictif : la députée RN du Vaucluse Marie-France Lorho est condamnée à dix-huit mois de prison avec sursis et rendue inéligible.

[63À Vernon, le candidat RN produit un " document inexact " et fait l'objet de deux plaintes : une plainte par l'assureur du candidat et une autre par la Ville de Vernon pour faux.

[64Le sénateur d'extrême droite Stéphane Ravier condamné à trois mois de prison et un an d'inéligibilité

[65" Il voulait commettre un assassinat politique " ou simple " coup de sang " ? : l’auteur des menaces de mort contre Mélenchon et d’autres élus LFI condamnè

[66Le député RN Emmanuel Taché condamné à verser près de 135 000 euros à son ancien assistant parlementaire, Nicolas Tellier

 

Pour en savoir plus :

👉 Actualité, crime et extrême droite

Mort de Jean-Marie Le Pen : on a listé ses nombreuses condamnations par la justice

- 2004, Marine Le Pen dénonçait les détournements de fonds publics par les partis politiques

- Assistants parlementaires fictifs du RN : Jordan Bardella perd un procès contre « Libération »

- Avec leur imprimerie, Pascal Markowsky député RN du 17 et l'eurodéputée Séverine Werbrouck multiplient et surfacturent des commandes payées avec l’argent du contribuable... résultat : leur société a fait plus de 40 000 euros de marge

- Le Conseil d'État a définitivement invalidé 55.000 euros de dépenses de campagne de Jordan Bardella lors des élections européennes de 2019

Bons SNCF détournés, accident avec une voiture de service : Matthieu Valet, un commissaire à casseroles sur la liste RN

- Résultat de la condamnation du RN en 2025 : L’eurodéputée Malika Sorel quitte la délégation du Rassemblement national au Parlement européen

- Le député (ex-RN) Daniel Grenon condamné à une amende de 3 000 euros pour propos discriminatoires envers les binationaux maghrébins fait appel de sa condamnation

- Des juges d’instruction enquêtent depuis juillet 2024 sur des prêts accordés par des particuliers au parti du Rassemblement national (RN), a indiqué le 14 mai 2025 le parquet de Paris

- Le financement de la campagne de Jordan Bardella aux européennes de 2024 dans le viseur des autorités (Une partie de ces prêts pourrait contrevenir au code électoral)

La mairie de Perpignan, fief du RN Louis Aliot, perquisitionnée pour des marchés publics présumés irréguliers

- La députée RN Caroline Parmentier, épinglée pour des propos racistes et pétainistes, rendait aussi hommage à un nazi

- Dans le cadre de l’information judiciaire ouverte concernant des soupçons de financement illégal de plusieurs campagnes électorales, les juges saisissent de l’argent chez des imprimeurs proches du RN

- Entre 2019 et 2021, Jordan Bardella a touché 133 000 € du Parlement européen pour apprendre à sourire

- Dans la boucle WhatsApp du candidat RN de Grasse, du racisme, de l’islamophobie… et un député RN, le député des Alpes-Maritimes Lionel Tivoli

Affaire Epstein : Le Pen et le RN financés par le milliardaire pédocriminel ?

Le 17 février 2026, Serge Laplanche, militant #RN de longue date bien connu à Châteauroux, ancien candidat FN aux législatives en 1993, a ouvert le feu sur des policiers, dans le quartier Beaulieu, avant de se retrancher chez lui et d'être interpellé par les forces spéciales du Raid...

Pourquoi Marine Le Pen et Louis Aliot sont mentionnés dans le dossier Epstein ?

 

 

🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴

 

 

-  Appli : « Les Jours » recensent toutes les casseroles des députés RN
Racisme, antisémitisme, condamnations judiciaires… Cette trombinoscope expose les brebis galeuses du Rassemblement national à l’Assemblée nationale. 

 

👉 Pour en savoir plus clique sur l'image 👇

 

Appli : « Les Jours » recensent toutes les casseroles des députés RN Racisme, antisémitisme, condamnations judiciaires… Notre trombinoscope expose les brebis galeuses du Rassemblement national à l’Assemblée nationale.

 

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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 13:35

Les coups de menton contre l’Algérie montrent qu’il n’en va pas de même dans des domaines où les brûlures de l’Histoire devraient avoir engendré plus d’expérience et de leçons qu’on ne le voit...

 

La stratégie du choc avec le gouvernement algérien ne mènera nulle part[1], « il n’y a pas d’avenir durable pour la France sans ou contre le Maghreb et ses peuples ».

 

 

Après Ségolène Royal[0], c’est au tour de Jean-Luc Mélenchon de s’exprimer sur l’escalade des tensions entre l’Algérie et la France provoquée par les nouvelles mesures anti-algériennes du président Emmanuel Macron.

Dans un long article publié le samedi 9 août sur son blog[1], le leader de La France Insoumise (LFI) laisse exploser sa colère contre le président Macron. Une preuve supplémentaire que les décisions de ce dernier dans la gestion de la crise franco-algérienne ne font pas l’unanimité en France.

« Après avoir fait expulser la France de presque toute l’Afrique[2], Macron a décidé d’accompagner les provocations de son ministre de l’Intérieur contre l’Algérie au moment où celui-ci fait la danse du ventre aux nostalgiques de la colonisation et aux arabophobes », assène Jean-Luc Mélenchon qui est l’une des personnalités politiques de premier plan en France à plaider pour une autre relation, apaisée, avec l’Algérie.

 

 

Sources : Jean-Luc Mélenchon |
- Jean Luc Mélenchon : « Le désastre algérien est servi »

Jean-Luc Mélenchon pointe « l’agressivité[3] » des gouvernants  français qui « affligent, inquiètent et désespèrent ». « Le désastre algérien est servi », constate avec amertume le leader des Insoumis.

 

« Après avoir fait expulser la France de presque toute l’Afrique, Macron a décidé d’accompagner les provocations de son ministre de l’Intérieur contre l’Algérie au moment où celui-ci fait la danse du ventre aux nostalgiques de la colonisation et aux arabophobes », dénonce Jean-Luc Mélenchon qui pointe les « conséquences désastreuses » du « chemin d’absurdités » pris par Macron et Retailleau pour l’Algérie et la France ainsi que pour les deux peuples, algérien et français.

 

« L’Algérie est le mirage mortel des rêves de puissance des impuissances politiques des dirigeants français depuis 1830 et l’invasion de l’Algérie », assène le leader de La France Insoumise qui aborde frontalement le rôle néfaste des partisans de l’Algérie française dans la crise entre les deux pays.

 

 

- Mélenchon plaide pour un rapprochement entre la France et le Maghreb
Pour Jean-Luc Mélenchon, les « coups de menton » contre l’Algérie montrent qu’il « n’en va pas de même dans des domaines où les brûlures de l’Histoires devraient avoir engendré plus d’expérience et de leçons qu’on ne le voit ».

 

Il ajoute que la « stratégie du choc » avec le gouvernement algérien « ne mène nulle part ». « Elle renouvelle les mirages lamentables du passé », déplore-t-il.

 

Le leader des Insoumis enchaîne en mettant en garde contre un divorce avec le Maghreb auquel pousse la Macronie qui commet ainsi une « faute » dont la France « ne se relèvera pas aussi facilement que le croient ses élites gouvernementales obtuses et les divers lobbys à l’œuvre chacun pour leur petite cuisine ».... Jean-Luc Mélenchon affirmait déjà, en 2012 que, «  la France a besoin du Maghreb[4] ».

 

Jean-Luc Mélenchon rappelle dans la foulée ce qu’il a dit à Marseille lors d’un rassemblement populaire en 2016 : « Il n’y a pas d’avenir durable pour la France sans ou contre le Maghreb et ses peuples », et affirme que la politique de Retailleau à laquelle Macron « s’est soumis est une violence insupportable ».

 

🔴 Et conclue :

« Elle ne mène nulle part sinon à de nouvelles déroutes et blessures. Et surtout à de profondes et inutiles déchirures dans notre peuple tel qu’il est, dans la France telle qu’elle est comme « Nouvelle France » qui doit travailler avant tout à son unité et à maîtriser son déploiement vers le monde ».

 

 

 

- Nous ne voulons pas la guerre avec l’Algérie
Le 16 janvier 2025, Jean-Luc Mélenchon, a exprimé une vive indignation face à la campagne politique et médiatique agressive orchestrée par l'État français à l'encontre de l'Algérie, de sa diaspora et de ses intérêts en France. Il a sévèrement dénoncé la position du gouvernement français, l'accusant d'aggraver les tensions alors qu'il aurait été plus judicieux de privilégier le dialogue et la concertation avec le pays voisin au sud de la Méditerranée.

 

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7 août 2025 4 07 /08 /août /2025 21:02
Bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki : 80 ans d’hypocrisie !

Il y a 80 ans, 6 et 9 août 1945 : Hiroshima et Nagasaki. Le jour même, les deux bombardements firent respectivement 70 000 et 40 000 victimes. Les déflagrations créèrent des ondes de choc mortelles accompagnées de températures avoisinant 4 000 degrés[9].

 

 

Aujourd’hui, plus de 30 ans après la dissolution de l’Union soviétique, et 80 ans après le largage de la bombe « Little Boy », l’onde de peur continue à se faire ressentir. 13 865 bombes nucléaires sont encore détenues par neuf pays alors que quelques centaines pourraient suffire à détruire la vie sur Terre[0].

 

 

Sources : The Conversation |
- En août 2025, cela fera 80 ans que l’avion Enola Gay bombarda la ville d’Hiroshima. Alors que des commémorations sont prévues, le discours « deux poids, deux mesures » des chefs d’État sur les armes nucléaires vide les hommages de leur sens.
« Enola Gay, aujourd’hui, maman est fière de son petit garçon. Ce baiser que tu donnes, il ne s’effacera jamais » : ce refrain entonné par Andy McCluskey, leader du groupe Orchestral Manœuvres in the Dark, berça l’année 1980. Tube planétaire, la chanson « Enola Gay[1] » soulignait une des blessures les plus profondes du XXe siècle. Au moment de sa sortie, en pleine guerre froide, les bombardements des villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki continuaient à faire trembler le monde.

 

🔴 Aujourd’hui, 34 ans après la dissolution de l’Union soviétique, et 80 ans après le largage de la bombe « Little Boy », l’onde de peur continue à se faire ressentir.

13 865 bombes nucléaires sont encore détenues par neuf pays alors que quelques centaines pourraient suffire à détruire la vie sur Terre[0].

Des États qui possèdent l’arme interdisent à d’autres d’enrichir de l’uranium. Quant à la Belgique, qui se positionne pour le désarmement, elle abrite « secrètement » des ogives nucléaires sur son territoire[2].

 

 

- Un discours en forme de crypte
Après les bombardements, alors que l’on négociait la mise en place du tribunal de Nuremberg, les autorités des États-Unis ont imposé une censure à tout ce qui touchait à Hiroshima. Les journalistes japonais n’avaient pas le droit de parler de la destruction de la ville. Des films et photos pris lors du bombardement furent saisis. La majorité des images d’Hiroshima qui circulaient ne permettaient pas de distinguer clairement cette attaque de celles menées avec des bombes explosives « classiques ». Les photos qui représentaient les effets de l’arme atomique sur les corps humains, causés par le souffle, les incendies et la radioactivité, étaient également assez rares. De fait, le récit et la mise en image imposées par les autorités masquaient l’horreur provoquée par la « bombe A ».

 

🔴 Il en va de même pour le discours sur la dissuasion nucléaire qui a vu le jour au cours de la guerre froide.
Les dégâts humains et matériels des bombardements contre le Japon étaient systématiquement recensés par les militaires, transformant ces opérations en cruelles expérimentations. Dès lors, la rhétorique de la dissuasion a fondé sa crédibilité sur les morts d’Hiroshima et Nagasaki[3]. Néanmoins, les experts prenaient soin, dans leurs écrits publics, de ne pas rendre trop visibles les souffrances endurées par les victimes. Le discours de la dissuasion jouait le rôle de crypte ; il rappelait la mort tout en cachant le cadavre. Au cours de la guerre froide, l’atome militaire se trouvait aussi illustré par les photos des champignons des essais nucléaires qui ont fini par esthétiser l’arme. En dépit des pollutions causées par plus de 2 000 tests[4], la bombe était donc embellie.

 

 

- Deux poids, deux mesures
L’année 2017 est marquée par un basculement dans le domaine des armes nucléaires. De nombreux États signent un traité sur leur interdiction[5]. Sur les 122 pays signataires, aucun ne possède la bombe, et on n’y trouve aucun membre de l’OTAN (NDLR : la France a voté contre[6]).

Ce traité expose au grand jour l’hypocrisie et l’incohérence des États :

  • ils dénoncent l’horreur d’Hiroshima tout en affirmant que l’arme nucléaire est la panacée pour garantir leur sécurité.
  • En même temps, ils nient à d’autres États, tels que l’Iran ou la Corée du Nord, le droit de pouvoir développer leurs propres arsenaux.

L’arme « suprême » serait réservée à un club restreint d’États dont la devise est « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

 

🔴 La perception de la détention de l’arme nucléaire se fait selon des règles à géométrie variable.

Certains analystes y voient même une conception raciste des rapports internationaux. La possession de ces armes serait l’apanage d’États (« occidentaux », voire « blancs », si possible) supposés rationnels et capables de jouer le jeu de la dissuasion. Perçus comme « fous », « irrationnels », « immoraux », « politiquement immatures », les autres ne sont pas considérés comme des possesseurs (potentiels) légitimes. Le summum en la matière est atteint lorsque le régime blanc en Afrique du Sud démantèle son arsenal[7] craignant qu’il ne tombe en de « mauvaises mains » à la fin du régime d’apartheid. Ces catégories, il est vrai, ont aussi fait l’objet de récupérations dans le Sud, par exemple par l’Inde et le Pakistan dans le contexte de leurs rivalités nucléaires[8].

 

 

- Au bord du gouffre, nous resterons
En réalité, la notion de dissuasion, le cœur de l’argumentaire des zélateurs de l’arme, a permis de maquiller le fait, largement attesté par la crise des missiles de Cuba de 1962[10], que les armes nucléaires sont d’abord génératrices de tensions. Avec l’installation des rampes de missiles à Cuba, les États-Unis craignaient que la technologie qu’ils avaient créée ne se retourne contre eux. Faisant fi de tout bon sens, les experts des questions de sécurité ont affirmé ensuite que les armes avaient permis d’éviter une guerre. Par un tour de passe-passe intellectuel, ces experts sont en fait parvenus à faire transformer une des causes de la crise en son remède.

 

La mémoire d’Hiroshima et de Nagasaki a été soumise à un intense travail de mise en forme, pour ne pas dire de discipline, mené par les militaires, les experts et les décideurs politiques. La peur qu’engendre l’arme, fondée sur les bombardements japonais, a été et continue d’être, pour eux, une ressource politique précieuse.

  • C’est notamment cette peur qui a servi à l’administration G. W. Bush pour justifier sa guerre contre l’Irak en 2003, alors même que cet État ne détenait pas d’armes nucléaires ;
  • C'est en partie cette peur qui qui a servi d'alibi à l’armée israélienne pour justifier son attaque de l’Iran le 13 juin 2025 en frappant des sites de stockages de matières radioactives par l’intervention conjointe de 200 avions de combats[14] ;
  • C'est encore cette peur qui, (après que Donald Trump ait décidé en 2018 le retrait des Etats-Unis de l’accord[11] sur le nucléaire iranien[12]) a justifié que, dans la nuit du 21/22 juin 2025, les États-Unis attaquent l’Iran en bombardant trois des principaux sites nucléaires iraniens[13]. Le risque nucléaire iranien n’est qu’un prétexte comme l’étaient les imaginaires armes de destruction massive de Sadam Hussein lors de la guerre en Irak en 2003. 

 

Après 80 ans, il n’est donc pas uniquement important de commémorer ce qui s’est passé à Hiroshima et à Nagasaki, mais aussi de s’interroger sur le sens politique à donner à cet événement.

 

Notes :

[0] Quels sont ces neuf pays qui possèdent la bombe atomique ?

[1Orchestral Manoeuvres In The Dark - Enola Gay

[2Depuis 1963, la Belgique abrite entre quinze et vingt bombes nucléaires étasuniennes (type B61) ; et Un rapport des parlementaires de l'OTAN confirme la présence d'armes nucléaires en Belgique

[3Hiroshima/Nagasaki : 210 000 morts, Washington ne s'est jamais excusé

[4Les incidences environnementales et sanitaires des essais nucléaires effectués par la France entre 1960 et 1996 et éléments de comparaison avec les essais des autres puissances nucléaires

[5Un traité d’interdiction des armes nucléaires adopté à l’ONU

[6] A l’ONU, la France vote contre un traité d’interdiction des armes nucléaires

[7Comment l’Afrique du Sud a pu mettre au point « sa » bombe nucléaire

[8Menace mondiale pour un conflit nucléaire Inde/Pakistan

[9Il y a 80 ans, 6 et 9 août 1945 : Hiroshima et Nagasaki

[10Quels étaient les enjeux de la crise des missiles de Cuba ?

[11Donald Trump annonce en 2018 le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien

[12] 2015 : accord de Vienne sur le nucléaire entre les USA et l'Iran...

[13Attaque américaine contre l’Iran – Trump et Netanyahu menacent l’humanité 

[14] Netanyahu attaque l’Iran et menace le monde d’une guerre générale

 

Pour en savoir plus :

Depuis les bombardements à Hiroshima et Nagasaki, 80 ans sans diminution des risques de guerre nucléaire

 

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14 juin 2025 6 14 /06 /juin /2025 17:45
Face à l'extrême droite, la gauche de rupture se fédère en Europe...
Face à l'extrême droite, la gauche de rupture se fédère en Europe...
Face à l'extrême droite, la gauche de rupture se fédère en Europe...

Ce Congrès a marqué une étape essentielle dans la construction d’une gauche de rupture féministe, écologiste, ancrée dans les luttes sociales aux côtés des syndicats et de la société civile, déterminée à faire face à l’extrême droite et à ses discours de haine

 

 

L'Alliance de la gauche européenne a été fondée le 29 août 2024[1] pour fédérer les forces écologistes et féministes de gauche afin d'agir concrètement contre le capitalisme, de résister à l'extrême droite sur le terrain et de se mobiliser pour remporter de nouvelles victoires et former des gouvernements à travers l'Europe.
L'Alliance a tenu son premier congrès au Palais des congrès d'Alfandega à Porto (Portugal) les 13 et 14 juin
[0]. Les dirigeants et délégués de tous les partis membres se sont réunis pour adopter des décisions et des orientations pour le travail de l'Alliance de la gauche européenne et partager leur vision commune pour renforcer la gauche en Europe. Les alliés politiques d'Europe et d'ailleurs, ainsi que les syndicats, la société civile et les militants, sont invités à rencontrer l'Alliance de la gauche européenne et à rejoindre nos idées et nos forces pour un avenir meilleur.

 

 

Sources : Eric Durand | mis à jour le 11/12/2025

- Histoire de cette force politique
L'Alliance de la gauche européenne pour les peuples et la planète a été fondée par 7 partis européens : L'Alliance rouge-verte du Danemark, le Bloc de gauche du Portugal, La France Insoumise (LFI) de France, le Parti de gauche de Suède, l'Alliance de gauche de Finlande, La Gauche ensemble de Pologne et Podemos d'Espagne. 

 

🔴 Origines
Mis à part La Gauche ensemble, ces partis fondateurs sont tous membre du mouvement Maintenant le peuple (MLP) lancé en 2018[2]. L'Alliance rouge-verte, LFI, le Bloc de gauche et l'Alliance de gauche étaient d'autre part membres du Parti de la gauche européenne (PGE[3]) jusqu'à la fondation de l'Alliance[4].
 

Les raisons de sa création se trouvent derrière les divergences au sein du PGE sur la question de la guerre en Ukraine et les tensions issues de la surreprésentation des partis communistes dans les organes décisionnaire du parti.

 

En amont des élections européennes de juin 2024, ces tensions se sont exacerbées. Le 16 février 2024, en marge de la conférence de MLP à Copenhague, la majorité des membres du mouvement se sont accordé pour quitter le PGE et créer un nouveau parti européen après les élections " Maintenant le peuple "[2].

 

🔴 Fondation
Le 29 aout 2024, l'Alliance de la gauche européenne pour les peuples et la planète demande son admission en tant que parti politique européen auprès de l’Autorité pour les partis politiques européens et les fondations politiques européennes. Le 27 septembre 2024, l'Alliance est officiellement admise en tant que parti politique européen.

 

Forte de 18 députés européens à la suite des élections européennes, l'Alliance de la gauche européenne est le principal parti politique du Groupe de la gauche au parlement européen (GUE/NGL[4]), devant le Parti de la gauche européenne et ses 16 députés. Malgré ses divergences avec le PGE[5], l'Alliance n'a pas l'intention de quitter leur groupe parlementaire commun. 

 

 

- Le Congrès fondateur de la " european left alliance " s'est tenu à Porto les 13 et 14 juin 2025[0].
Des partis politiques de gauche, écologistes et féministes de toute l’Europe unissent leurs forces, pour les peuples et la planète !

  • Lors du congrès, les 7 membres fondateurs sont rejoint par deux nouveaux membres associés, le parti basque " Euskal Herria Bildu[6] " et le " Parti socialiste de gauche[7] " norvégien.
  • Sont également présent d'autres partis de gauche européens, comme " Die Linke[8], " Sinistra Italiana[9] ", " Dei Lenk[10] ", " Mozemo[11] ", " Budoucnost[12] " et " Demos[13] ", qui auraient été approchés pour rejoindre l'Alliance. Celle-ci nourrit en effet l'ambition de s'élargir, notamment en accueillant de nouveaux partis d'Europe centrale et de l'est.
  • Le 11 décembre 2025 " Sinistra Italiana[14] " rejoint l’European Left Alliance ! En moins d’un an, l’ELA rassemble déjà les forces de gauche de toute l’Europe pour construire une gauche de rupture et déterminée à faire reculer l’extrême droite et le néolibéralisme.

 

🔴 L'Alliance de la gauche européenne annonce aussi lors du congrès :

  • la création d'une fondation européenne tournée vers la réflexion intellectuelle et programmatique ;
  • le lancement d’une grande initiative citoyenne collective européenne contre le génocide à Gaza, visant à suspendre l'accord d'association entre l'UE et Israël,  qui marquera la première action d’une stratégie globale d’ELA : être résolument tourné vers l’action.

 

🔴 Ces partis politiques de gauche se rassemblent pour :

  • Agir pour stopper le génocide du peuple palestinien à Gaza ;
  • Taxer les riches et financer l’avenir ;
  • Combattre les autocrates et les impérialistes ;
  • Construire un front féministe et antiraciste européen contre l’extrême droite ;
  • Mettre en œuvre une transition écologique fondée sur la justice sociale ;
  • Unifier la gauche européenne, de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud

European left alliance ', est un outil politique pour changer les sociétés, résister aux fascistes et aux capitalistes, construire la révolution citoyenne et raviver l’espoir d’un avenir meilleur !

 

 

- Discours d’ouverture de Manon Aubry le 13 juin 2025
Très fière d’ouvrir le 1er congrès fondateur de l’Alliance de Gauche Européenne !
Depuis notre coalition " Maintenant le Peuple ", nous avons maintenant construit notre parti européen.
Avec un objectif : battre l’extrême-droite et les libéraux qui détruisent nos vies !

 

 

 

Notes :

[0Premier congrès de l'Alliance de la gauche européenne : Pour une gauche plus forte face à l'extrême droite

[1L'Alliance de la gauche européenne pour les peuples et la planète a été fondée par 7 partis européens le 29 août 2024 

[2Maintenant le peuple ! Alliance européenne de partis rouges verts au sein du PGE

[3] Parti de la gauche européenne

[4Groupe de la gauche au parlement européen (GUE/NGL)

[5] Parti de la gauche européenne

[6] Euskal Herria Bildu, en français : « Réunir le Pays basque »

[7Parti socialiste de gauche norvégien

[8] Die Linke, en français « La Gauche », est un parti politique allemand

[9] Sinistra Italiana - Sinistra Ecologia Libertà, abrégé en (SI-SEL) est un parti politique fondé le 19 février 2017 à Rimini

[10La Gauche (en luxembourgeois : Déi Lénk) est un mouvement politique luxembourgeois de gauche à gauche radicale fondé en 1999 par des dissidents du Parti communiste luxembourgeois (KPL) et d'autres personnes des courants politiques, syndicaux et associatifs de gauche

[11Nous pouvons! (croate : Možemo!) est un parti politique croate de gauche et écologiste. Il a été formé le 10 février 2019[1] par des mouvements locaux afin de se présenter aux élections législatives nationales et aux élections européennes

[12Budoucnost (lit. « Futur ») est un mouvement politique de gauche fondé en République tchèque en mai 2020

[13Le Parti Démocratie et Solidarité (roumain : Partidul Democrației și Solidarității), également connu sous son abréviation et son nom court Demos

[14La Gauche italienne est un parti politique fondé le 19 février 2017 à Rimini.

 

Pour en savoir plus :

Manon Aubry : « La mobilisation en Europe continuera jusqu’à ce que cesse le martyre des Palestiniens »

- Organiser la gauche de rupture : La France Insoumise et le cycle des luttes en France

 

Face à l'extrême droite, la gauche de rupture se fédère en Europe...
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22 mai 2025 4 22 /05 /mai /2025 12:53
Jean-Luc Mélenchon, s'exprime lors de la réunion « De la France à New York : combattre la droite, construire la gauche » organisée par les Democratic Socialists of America à Brooklyn, New York, le 22 avril 2025.
Jean-Luc Mélenchon, s'exprime lors de la réunion « De la France à New York : combattre la droite, construire la gauche » organisée par les Democratic Socialists of America à Brooklyn, New York, le 22 avril 2025.

Jean-Luc Mélenchon, s'exprime lors de la réunion « De la France à New York : combattre la droite, construire la gauche » organisée par les Democratic Socialists of America à Brooklyn, New York, le 22 avril 2025.

Le chef de file de la France Insoumise veut sortir son pays d'une compétition binaire entre le centre néolibéral et une extrême droite montante.

 

 

La France Insoumise a construit sa puissance électorale et fait tomber une extrême droite en pleine ascension.
La politique française est rarement prévisible — et aujourd’hui ne fait pas exception. En vue de la prochaine élection présidentielle, non seulement l’actuel président Emmanuel Macron ne peut pas se représenter, mais la cheffe de file de longue date dans les sondages, Marine Le Pen, a également été déclarée inéligible après une condamnation pour détournement de fonds le 31 mars dernier.
Pour Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France Insoumise, l’espoir est que ce bouleversement puisse modifier l’orientation politique de la France et permettre au pays de sortir de l’affrontement binaire entre le centre néolibéral et une extrême droite en pleine ascension. L’ampleur des manifestations contre la réforme des retraites de Macron, suivie de la percée du Nouveau Front Populaire lors des élections législatives de l’été dernier, montrent que la gauche est encore dans la course. Pourtant, son avenir reste incertain.
Le discours de Mélenchon, axé sur le conflit social, est polarisant et suscite des réactions hostiles non seulement de la part de ses adversaires de droite, mais aussi d’une grande partie de la gauche libérale. Pourtant, son mouvement s’est souvent révélé être la force de gauche la plus capable de mobiliser un électorat de masse. Lors de la dernière élection présidentielle, en 2022, Mélenchon a recueilli 22 % des voix — un score quasiment inédit pour un candidat ouvertement anticapitaliste dans l’Europe actuelle.
Fin avril 2025, Mélenchon était à New York, où il a été accueilli avec enthousiasme lors d’une série de conférences et de débats. Sa visite coïncidait avec la publication de " Now, the People !
[
0] "— un guide, que j’ai traduit en anglais, consacré à ce qu’il appelle la « révolution citoyenne » au XXIe siècle. Dans cet ouvrage, il analyse les nouvelles formes de solidarité issues de la civilisation urbaine moderne et examine la nécessité de reprendre collectivement le contrôle des ressources face à la catastrophe environnementale croissante.
Je me suis entretenu avec lui sur les raisons de sa visite, sa vision de l’administration Trump à l’international, et sur la manière dont la gauche peut élargir sa base électorale.

 

 

Sources : David Broder 14 mai 2025 |
- David Broder : Vous avez déclaré lors d’un meeting avec DSA le 22 avril 2025, que les socialistes démocrates aux États-Unis se battent non seulement pour le bien des Américains, mais aussi pour celui des peuples ailleurs dans le monde. Comment la poussée vers la droite aux États-Unis s’articule-t-elle avec le virage à droite en Europe, et en France en particulier ?

Jean-Luc Mélenchon : Trump, dès son retour au pouvoir, a adressé au monde un véritable manifeste politique. Il s’agit d’abord d’un négationnisme climatique. Sa première décision dans le bureau de la Maison Blanche a consisté à retirer les Etats-Unis d’Amérique des Accords de Paris[1]. Le changement climatique est le premier problème auquel fait face l’Humanité. Tout le temps que nous passons à parler d’autre chose ou regarder ailleurs est une perte de notre temps. Et le Président des Etats-Unis le nie.

 

Ce n’est pas rien. D’autant plus que c’est aussi nier une nouvelle compréhension de notre condition humaine : tous les êtres humains dépendent du même écosystème pour survivre, donc il existe bien un intérêt général humain et nous sommes bien tous semblables. Ce qui justifie notre égalité en droit. Mais cette universalité de la condition humaine, Trump l’a aussi niée. Pour lui, il y a les états-uniens par filiation, et les autres. Voilà pourquoi il a suspendu le droit du sol.

 

Ce double négationnisme Trump l’affirme de la manière la plus puissante et grossière, mais il est en partage avec les extrêmes droites des deux côtés de l’Atlantique. Celle des Etats-Unis a la différence de disposer du plus grand arsenal militaire de l’histoire de l’Humanité. Et par conséquent, son impérialisme, son escalade contre la Chine est un danger pour nous tous.

 

 

- David Broder : L’administration Trump a imposé, puis suspendu, d’importants droits de douane, y compris envers les pays de l’Union européenne. En quoi cela constitue-t-il un changement de paradigme dans l’ordre néolibéral occidental — et que ferait un gouvernement de gauche en France en réponse ?
Jean-Luc Mélenchon : Trump est le Président d’un aveu : le marché libre ne fonctionne pas ! Depuis des décennies, les néolibéraux nous répètent qu’il n’y a rien au-dessus de la concurrence libre et non faussée et du libre-échange pour organiser le bonheur collectif. Mais voilà que leur dernier enfant terrible vient dire que l’Etat doit lui-même fixer les prix par des droits de douane ! C’est extraordinaire. Tout l’édifice idéologique néolibéral s’effondre. Même si, bien entendu, le néolibéralisme a toujours fonctionné en vérité comme une intervention de l’Etat pour organiser le marché et la concurrence, jamais cette intervention n’avait été aussi spectaculaire.

 

Ceci étant dit, je trouve la réponse de l’Union européenne absolument stupide :

  • Le concept de “ représailles ” menant à une escalade des droits de douanes est absurde, car elle va importer de l’inflation, comme aux Etats-Unis.
  • L’autre proposition formulée par la présidente de la Commission européenne, celle d’une “ zone de libre échange total ” entre l’Union européenne et les Etats-Unis est tout aussi néfaste. Cela reviendrait à abdiquer notre capacité, en tant qu’européens, à édicter des normes écologiques, sociales, culturelles pour nous même.
     

Les insoumis ont suggéré plutôt, si l’on veut trouver des méthodes de riposte à la guerre commerciale de Trump :

  • de  frapper où cela fait mal, c’est-à-dire, par exemple en taxant réellement les Big Tech américaines.
  • D’autre part, il faut mettre en place une politique de substitution des importations et exportations depuis et vers les Etats-Unis.
  • Négocions avec la Chine, ce sera plus fécond !
  • Et si l’on doit mettre une place un protectionnisme, nous avons toujours dit qu’il devait être “ solidaire ”. Nous ajoutons aujourd’hui pour bien nous démarquer du chaos trumpiste qu’il devrait également être « négocié ».

 

 

- David Broder : Aux États-Unis, on observe une répression inquiétante des manifestations pro-palestiniennes, allant jusqu’à l’arrestation et l’enlèvement de militants. En quoi cela trouve-t-il un écho en France ? Quelle est l’importance de la « liberté d’expression » pour la gauche ?
Jean-Luc Mélenchon : J’ai été très marqué durant mon séjour par les témoignages de la répression. Le leader de la mobilisation à Columbia enlevé en pleine rue : ce sont les méthodes que l’on a connu dans les dictatures sud-américaines. La situation est donc sérieuse, elle est grave. Elle correspond à une volonté de réduire au silence les oppositions internes les plus résolues à l’impérialisme, et aussi à une manière de tester une méthode de répression.

 

En France, nous n’en sommes pas encore arrivés à cette étape. Mais les militants que nous avons rencontré à New York ont aussi insisté sur la responsabilité du centre-gauche Démocrate qui dans la période précédente a accepté et même participé à toutes les étapes de la diabolisation du mouvement pro-palestine et à l’escalade dans la répression. C’est bien entendu le cas en France aussi, avec les interdictions universitaires dont j’ai été l’objet dans les universités de Lille, Rennes et Bordeaux ou les poursuites contre Rima Hassan et notre présidente de groupe parlementaire Mathilde Panot pour “ apologie du terrorisme ”.

 

 

- David Broder : Il semble qu’une large alliance soit en train de se former dans la politique européenne, allant du centre gauche libéral à une partie de l’extrême droite, en faveur du réarmement et même d’un endettement collectif européen à cette fin. Le « keynésianisme militaire » est-il l’avenir de la croissance économique en Europe ?
Jean-Luc Mélenchon : C’est surtout l’expression d’un tribut impérial imposé par les Etats-Unis de Trump. Il a exigé que les dépenses militaires des pays européens augmentent à 5% du PIB. C’est à cela que correspond l’effervescence en ce moment autour du “ réarmement ” en Europe et l’emprunt commun décidé par les 27. Mais que vont faire la plupart des pays européens avec cet argent ? Acheter des armes américaines !

 

Il n’y a que la France qui dispose d’une industrie de défense a peu près autonome sur le continent. D’ailleurs, beaucoup de pays ont déjà annoncé de nouvelles commandes de matériel américain. Or, acheter ce matériel, c’est accepter sa position de vassalité. Un avion de chasse F-35, par exemple, ne peut pas décoller s’il n’y a pas de permission des Etats-Unis. Il ne s’agit donc en aucun cas d’un “ keynésianisme militaire ” mais d’un tribut ponctionné par l’Empire sur l’Europe pour financer sa course à la guerre.

 

 

- David Broder : Lors des élections législatives de l’été dernier, le Nouveau Front Populaire était le bloc le plus important, mais n’a pas été autorisé à gouverner. Quelle est, selon vous, la stratégie du camp Macron pour rester au pouvoir, et que peuvent faire vous-même et les autres forces de gauche pour le vaincre ?
Jean-Luc Mélenchon : Le Nouveau Front Populaire a gagné les élections législatives de juillet 2024. Et cela, alors que pendant la campagne électorale, 27 sondages sur 27 commandés prédisaient la victoire de l’extrême droite. Cela montre qu’il n’y a pas de fatalité à cela. Mais ensuite, Emmanuel Macron a décidé de ne tenir aucun compte du résultat des élections qu’il avait lui-même convoqué. C’est tout simplement inouï. Notre ligne était de ne pas laisser passer cela. Nous ne pouvons pas accepter un tel viol des principes républicains les plus élémentaires. C’est pourquoi nous avons proposé avec les insoumis une motion de destitution. Et c’est pourquoi, nous avons, avec succès, censuré le gouvernement de Michel Barnier en novembre dernier. Cela s’est fait sur proposition des insoumis. La gauche en France a fait tomber un gouvernement de droite sans avoir besoin de dresser aucune barricade !

 

À partir de là, notre proposition à nos alliés du Nouveau Front Populaire a été de continuer la même tactique avec le gouvernement de François Bayrou. Rendez vous compte : Monsieur Bayrou est issu du plus petit parti de la coalition d’Emmanuel Macron qui a perdu les élections ! Mais le problème a été que le Parti socialiste a décidé de rompre avec le Nouveau Front Populaire. À quatre reprises, il a refusé de voter la censure contre le gouvernement Bayrou avec qui il a négocié la nuit en secret un accord politique. C’est le PS qui a sauvé Macron[2]. Le peuple français a immédiatement payé cette erreur avec un budget austéritaire doublé de nouvelles coupes prévues de 40 milliards d’euros pour l’hôpital, l’école, les droits des chômeurs, etc... Nous, Insoumis, nous sommes mis à distance de ces arrangements pourris . Le plus important est de ne pas apparaître comme, à nouveau, une gauche menteuse, qui s’apprête à trahir ses engagements. Nous voulons incarner au contraire l’honnêteté dans ce champ politique constitué de mensonges[3].

 

 

- David Broder : Certaines figures de votre mouvement parlent d’un « quatrième bloc » constitué des abstentionnistes, distinct des trois autres : le bloc populaire de gauche, le bloc nationaliste/extrême droite, et le bloc macroniste/centre-droit. Qu’est-ce qui, concrètement, empêche ces abstentionnistes de voter pour votre force alternative, et que faut-il faire de plus pour les convaincre ?
Jean-Luc Mélenchon : Nous avons déjà fait du bon travail. Dans la jeunesse et dans les quartiers populaires, nous avons réussi à augmenter la participation déjà.

  • La moitié des jeunes votent pour nous et 70 % des quartiers populaires. Mais il reste du chemin à faire. Laissez-moi déjà dire que cette stratégie est essentielle pour nous.
  • Nous construisons les bases populaires pour un programme de rupture, plutôt que d’essayer d’aller grignoter sur le bloc centriste ou d’extrême droite.
  • C’est grâce à cette méthode que nous avons repoussé l’extrême droite en juin dernier. De sorte qu’on peut dire sans exagérer qu’en France, les quartiers populaires et la jeunesse ont sauvé la République.

 

Pour atteindre ce résultat, nous avons assumé un discours de rupture, et gagné nos galons en ne reculant pas face aux injonctions du système ! Par exemple sur la Palestine ou la lutte contre l’islamophobie. Nous avons été insultés, poursuivis, diffamés, mais auprès de la jeunesse et des quartiers populaires, nous avons prouvé notre courage, notre sincérité. Ce sont des choses qui comptent. Il y a dans ces moments une osmose qui se forme entre un mouvement politique et certains secteurs sociaux. D’autre part, nous avons aussi déployé un militantisme de terrain considérable. Nous avons mené à grande échelle une campagne d’inscription sur les listes électorales. Pour les quartiers populaires, nous menons des actions d’utilité immédiate comme des collectes alimentaires ou de fournitures scolaires. Toutes ces méthodes et bien d’autres sont au cœur de cette stratégie de conquête du quatrième bloc[4].

 

 

- David Broder : Vous avez échangé avec Bernie Sanders et d’autres figures de la gauche américaine. Que peuvent apprendre ces différentes gauches internationales les unes des autres ? Pourquoi votre message dépasse-t-il les frontières de la France ?
Jean-Luc Mélenchon : J’ai rompu avec la tradition détestable de la gauche européenne qui arrivait sur les Amériques pour donner des leçons et dire aux autres quoi faire. Plutôt, j’aime aller voir sur le terrain pour apprendre, et soutenir concrètement.

 

Avant d’aller aux Etats-Unis, je suis allé au Mexique et au Québec pour apporter un soutien moral et concret aux deux voisins menacés par Trump. Puis, il m’a paru important également d’apporter un soutien à la gauche américaine qui va devoir résister depuis l’intérieur !

 

De mon point de vue, l’émergence d’une gauche de rupture autonome du parti démocrate est la seule voie pour vaincre Donald Trump. J’ai dit à mes interlocuteurs mon analyse : Trump a gagné car il n’y avait pas de candidat de gauche face à lui [NDLR : cela doit nous servir de leçon en France]. Tous en étaient d’accord. C’est pourquoi je pense que ce qu’entreprend Bernie Sanders en ce moment est très important.

 

 

🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴

 

-  Combattre Trump et l’extrême droite, construire la gauche - Meeting avec DSA à New York
Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l'occasion d'un meeting à New York avec Tiffany Cabán et Jamaal Bowman organisé par les Democratic Socialists of America (DSA), le 22 avril 2025

 

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18 avril 2025 5 18 /04 /avril /2025 12:49
La double dette d’Haïti, œuvre de Pascale Monnin. © P. Monnin

La double dette d’Haïti, œuvre de Pascale Monnin. © P. Monnin

Dans un immeuble anonyme de Paris, Pierre-Yves Bocquet a consulté les archives de la Caisse des Dépôts et Consignations. Les découvertes qu'il y a faites sont consternantes.
Pierre-Yves Bocquet est directeur adjoint de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME). Il a été en 2014 le conseiller mémoire de François Hollande, alors président de la République. Cela fait des années qu’il s’intéresse au sujet de la double dette d’Haïti. Il a raconté pour le « Nouvel Obs », sa dernière découverte aux archives de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC)
Le reliquat de l’argent d’Haïti était allé dans les caisses du Trésor public français : voilà ce que disaient les quelques notes, vieilles de plus d’un siècle, que je tenais entre les mains. C’est donc cela, que ressentent les chercheurs en histoire quand ils font une découverte ?
Tressaillir, en ouvrant une chemise en papier de couleur, en sortir la liasse de vieux papiers jaunis qu’elle contient, parcourir les lignes qu’ont tracées des gens morts depuis longtemps et, tout à coup, y lire ce qu’on est venu chercher : la pièce manquante du puzzle, celle qui révèle le sens de l’image incomplète, la clé de l’énigme irrésolue.

 

 

Sources : Pierre-Yves Bocquet | mis à jour le 07/06/2025

- Le récit d’une découverte
Je suis dans un immeuble anonyme du quai Anatole-France, à Paris, dans une petite pièce sans fenêtre d’un bâtiment de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), l’institution vénérable qui, depuis plus de deux cents ans, effectue les missions financières de confiance de l’Etat français. Pour le meilleur – la Sécurité sociale est en partie née dans les livres de la Caisse, qui géra quelques-uns des premiers systèmes de retraites publiques dès le XIXe siècle – et pour le pire – quand une ancienne puissance coloniale, défaite par ceux qu’elle avait réduits en esclavage, rançonna pendant des décennies le petit Etat qu’ils s’étaient donné. Et aspirant sa richesse avec cette constance et cette efficacité qui font la réputation des administrations françaises lorsqu’il est question d’argent.

 

Je suis dans cette petite pièce sans fenêtre car je suis venu y consulter les traces écrites de l’une des plus grandes injustices de l’histoire : l’indemnité faramineuse que la France du roi Charles X a imposée en 1825 à la République d’Haïti, son ancienne colonie alors appelée Saint-Domingue, pour reconnaître son indépendance, qu’elle avait pourtant gagnée vingt et un ans plus tôt au terme d’une guerre coloniale sanglante contre les troupes que Napoléon Bonaparte y avait envoyées.

 

 

- Des boîtes pleines de notes et de procès-verbaux

Cette indemnité, d’un montant de 150 millions de francs-or (ramenés en 1838 à 90 millions de francs-or), représentait plusieurs années de la production nationale de la jeune république – essentiellement le café cultivé par une population formée par les anciens esclaves émancipés et leurs descendants. Cette somme exorbitante était destinée à leurs anciens maîtres, ces riches propriétaires terriens de l’Ancien Régime, dont beaucoup n’avaient même jamais mis les pieds à Saint-Domingue, qui avaient vu leur fortune s’évanouir quand les esclaves qui en faisaient le prix (que vaut une plantation sans personne pour la cultiver ?) se sont révoltés et ont brisé les chaînes du système qui les opprimait.

 

Je suis dans cette petite pièce sans fenêtre car je suis venu y toucher du doigt la réalité de cette « rançon », que la CDC a gérée avec son efficacité coutumière pendant un siècle exactement ; et je suis venu y chercher une réponse à une de ces questions que je me pose depuis des années, sans avoir trouvé de réponses complètes et définitives dans les articles et ouvrages que j’ai lus :

  • puisque Haïti a payé intégralement la somme que la France lui avait imposée, cet argent a-t-il été totalement dépensé ?
  • Et s’il est resté un écart entre les sommes perçues – jusqu’en 1888 – et les sommes distribuées aux descendants des anciens colons (car en 1888 ces derniers étaient tous morts depuis longtemps), où est allée cette différence ?
  • Qui en a bénéficié ?
  • A-t-il été restitué « aux habitants actuels de la partie française de Saint-Domingue » à qui, selon les termes de l’ordonnance de Charles X, ces millions avaient été extorqués, ou d’autres s’en sont-ils enrichis ?

 

Pénétrer dans les archives de la CDC pour trouver une réponse à ces questions, c’était pour moi, pour la première fois de ma vie, faire un travail d’historien. Je peux dire que je suis né dans l’histoire, fils de deux professeurs d’histoire-géographie, ayant grandi dans une maison remplie de livres d’histoire, dans une région pleine de lieux de mémoire (champs de bataille, monuments aux morts, forteresses, musées), dans une famille où mes parents, qui avaient connu la Seconde Guerre mondiale, nous ont élevés, mon frère et moi, dans les récits de leurs souvenirs de cette période qui fut la plus effrayante de leur vie. Mais, après avoir quitté Sciences-Po, c’est la carrière de haut fonctionnaire que j’ai embrassée, dans le secteur social, pendant laquelle j’ai inspecté, évalué, administré en tant qu’inspecteur général des affaires sociales. 

 

Et puis, un jour, j’ai retrouvé professionnellement l’histoire, celle qui se fait et celle qu’étudient les historiens, lorsque je suis devenu en 2014 conseiller mémoire du président de la République François Hollande ; et je travaille aujourd’hui à sa transmission, dans une institution mémorielle que j’ai aidée à créer, sous la présidence de l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.

 

 

- C’est dans ce cadre que je me suis intéressé à l’indemnité d’Haïti de 1825, parce que cette année 2025 en marquera le deuxième centenaire.
Depuis plusieurs années, j’ai donc cherché à comprendre cette histoire passablement embrouillée, comme le sont toujours les histoires postcoloniales mal dénouées.

 

Un point m’a plus particulièrement intéressé, sans doute parce qu’il m’a rappelé le genre de questions sur lesquelles j’ai eu à travailler comme inspecteur général des affaires sociales : la façon dont la CDC avait géré le recouvrement de cette indemnité, et de l’emprunt que Haïti avait souscrit en 1825 pour en payer la première annuité – ce qu’on a appelé la « double dette » d’Haïti, jusque dans les livres de comptes de la Caisse où cette étrange appellation a subsisté jusqu’en 1925.

 

C’est cela que je suis venu regarder, dans la petite pièce aveugle du quai Anatole-France : les traces concrètes, matérielles, de ce grand transfert de richesses qui a duré pendant trois quarts de siècle, depuis les Caraïbes jusqu’à Paris. Et les traces étaient bien là, devant mes yeux, dans ces boîtes pleines de notes, de procès-verbaux, de documents divers qui tout à coup prenaient sens et se mirent à me parler, à mesure que je les parcourais, avec d’infinies précautions pour ne pas les déchirer.

 

 

 

- Des caisses cerclées de fer, remplies de pièces d’or et d’argent
Ils me racontaient une histoire qui me faisait penser (dans sa matérialité et non dans sa signification) à cette séquence au début de « Casino » de Martin Scorsese où l’on voyait l’argent liquide circuler de la chambre forte du casino à Las Vegas à l’arrière-boutique d’une épicerie italienne de Kansas City, passer d’une caisse à un sac, d’un sac à un coffre, d’un coffre à une mallette transportée ensuite à pied, en voiture, en avion.

  • L’histoire que racontaient les papiers de la Caisse des Dépôts remplaçait les billets verts par des monnaies d’or et d’argent de toute la Caraïbe, piastres, doublons espagnols ou colombiens, aigles américains, qu’on avait rassemblées à Port-au-Prince ou Cap-Haïtien, chargées dans des caisses cerclées de fer, embarquées dans un bateau français, déchargées et pesées à Brest sous la surveillance du receveur général des finances, transportées jusqu’aux locaux de la Caisse des Dépôts, rue de Lille dans le 6e arrondissement, à deux pas de là où j’étais, où les caisses étaient de nouveau pesées, puis descellées en présence de responsables de la Caisse et du gouvernement français.
  • Les pièces étaient alors comptées, en plusieurs jours car il y en avait parfois des centaines de milliers, puis dûment enregistrées sur un bordereau, comme l’un de ceux que j’ai en main et sur lequel la plume d’un agent avait noté le poids des caisses (1 968 kilogrammes pour la livraison de mai 1841) et le nombre des monnaies qu’elles contenaient (85 961 pièces d’or).

 

Restait ensuite à convertir ces piles de pièces d’or étrangères en bons francs français pour payer aux pauvres colons esclavagistes ce qu’on leur avait promis : ce serait chose faite après une mise en vente dans les locaux de la CDC dont la tenue était annoncée par voie d’affiches, dont les archives de la Caisse avaient conservé quelques exemplaires, vieux de près de deux cents ans. Sur l’un d’entre eux, on lisait que, dans ces opérations, le gouvernement d’Haïti était représenté par Jacques Laffitte, sans doute le financier français le plus célèbre de cette première moitié du XIXe siècle, qui avait été banquier, gouverneur de la Banque de France et même ministres des Finances au début du règne de Louis-Philippe.

 

Ce que l’affiche ne dit pas, c’est à quoi pensait le financier en voyant passer ces pièces d’or venues de l’autre côté de la mer tandis qu’on les mettait à l’encan.

  • Pensait-il aux paysans haïtiens dont chacune de ces pièces représentait un peu de la sueur qu’ils avaient versée pour gagner cette somme qu’ils ne toucheraient jamais ?
  • A l’absurdité de ces transports d’argent à travers l’océan pour enrichir des gens en France qui n’avaient plus aucun lien avec Haïti depuis des décennies ?
  • Ou juste à sa propre situation, lui qui avait cru faire une bonne affaire en prêtant son argent à Haïti et qui se retrouvait près de vingt ans plus tard à devoir compter des pièces d’or pour espérer un jour être remboursé ?

 

Les papiers de la CDC ne disent rien de tout cela. Ils racontent par contre comment, de décennie en décennie, il y a toujours eu des agents pour compter, vérifier, recompter et noter d’une belle écriture à la plume combien d’argent Haïti devait encore payer pour solder sa double dette.

  • A partir de 1847, les caisses de pièces de monnaies ont cessé d’arriver jusqu’à la rue de Lille ; transférer des tonnes d’or dans un bateau français à Port-au-Prince créait chaque année des émotions en Haïti, et les deux gouvernements décidèrent de mettre en place un système plus simple basé sur des traites à payer, qui permettait à la Caisse des Dépôts de récupérer les sommes dues directement auprès des clients français d’Haïti, sans obliger à cette manutention douloureuse pour le jeune Etat pauvre et fragile…

 

 

- Une belle mécanique parfaitement rodée
Et c’est ainsi que, en France, les gouvernements et les régimes pouvaient passer, cela ne remettait jamais en cause la méticulosité de la Caisse qui savait toujours dire, quarante ans, cinquante ans, soixante ans après l’ordonnance de 1825, combien le malheureux peuple haïtien devait encore aux anciens colons esclavagistes d’avant 1789 et à leurs ayants droit de plus en plus lointains et anonymes…

 

🔴 Il n’y eut que la Commune de Paris pour ébranler cette belle efficacité, car une partie des archives de la Caisse était partie en fumée lors des grands incendies de la Semaine sanglante. Les flammes avaient notamment détruit les registres sur lesquels étaient notés les noms des bénéficiaires des titres que la CDC avait émis en 1840 quand, pour simplifier la gestion de l’indemnité, une loi l’avait transformée en titres au porteur similaires à une obligation de l’Etat haïtien (à cette différence près que, de cet emprunt d’Etat-là, le gouvernement d’Haïti n’avait rien touché). Les agents de la CDC étaient donc dans l’incapacité de savoir à qui était allé l’argent d’Haïti avant 1870, et à qui la Caisse devait encore des sommes.

 

🔴  Mais il aurait fallu bien plus que cela pour arrêter cette belle mécanique désormais parfaitement rodée. Dans les archives de la CDC, on trouve en effet des notes des années 1870, 1880 et 1890, un siècle après le déclenchement de la révolution haïtienne, qui calculaient avec la plus grande précision combien Haïti devait encore à la France – à la France républicaine, non plus à la France réactionnaire de la Restauration –, sur les différents aspects de sa double dette : les indemnités restant à régler aux ayants droit des anciens colons, le capital et les intérêts du prêt de 1825 et même, à partir de 1873, des pénalités de retard, que la France a imposées et obtenues d’Haïti, à hauteur de plus de 5 millions de francs au total, prélevés sur les paiements effectués jusqu’en 1888 par le gouvernement d’Haïti.

Il faudra néanmoins que le ministère français des Affaires étrangères informe la CDC en 1893 que, après avoir conduit une mission à Port-au-Prince, il considérait que la double dette d’Haïti était éteinte pour que la CDC en donne acte au gouvernement haïtien, auquel elle continuait de réclamer des sommes.

 

 

Tout cela était écrit dans les papiers conservés dans les boîtes rangées dans la petite pièce aveugle du quai Anatole-France.

  • Il restait néanmoins un mystère : une fois les sommes encaissées, inscrites dans les livres de la Caisse, elles devaient être distribuées.
  • Mais il fallait pour cela les réclamer : cela était-il encore le cas à la fin du XIXe siècle, cent ans après la révolution qui avait balayé la société coloniale esclavagiste de Saint-Domingue ?

 

Les papiers de la Caisse montraient que oui : des personnes se manifestaient toujours à la suite des avis de versement que la CDC faisait paraître au « Journal officiel » et dans diverses publications suivies, sans doute, par les notaires et rentiers français qui étaient les seuls à se souvenir encore à cette époque de l’indemnité de Saint-Domingue et de l’emprunt de 1825. Et, oui, il y eut bien un reliquat entre les sommes versées par Haïti et la somme des montants réclamés par les indemnitaires. Pas très élevé : entre 600 000 francs et 1,2 million de francs au début du XXe siècle, soit entre 0,5 % à 1 % des 112 millions de francs que Haïti avait versés pour sa double dette, entre 1825 et 1888.

 

 

- Quand le Trésor public s’enrichit
C’était la réponse que j’étais venu chercher dans la petite pièce aveugle du quai Anatole-France. Elle était dans une chemise à la couleur verte passée, classée dans un gros dossier baptisé « Prescription trentenaire », qui contenait les notes de la CDC à propos de l’application de la loi de 1895 qui définissait la position à prendre sur les dépôts et sommes consignés depuis plus de trente ans et qui n’avaient fait l’objet d’aucun mouvement dans cette période. Les notes montraient que les services de la Caisse n’avaient aucun doute sur l’applicabilité de ce texte aux sommes qu’elle conservait au titre de la double dette d’Haïti : ce solde devait revenir au Trésor public français.

 

🔴 Dès 1893, après confirmation que le gouvernement d’Haïti avait bien réglé tout ce qu’il devait depuis 1825 et 1838, lorsque les sommes résiduelles liées à la double dette furent réunies sur une seule ligne dans le bilan de la Caisse, un calendrier avait été défini :

  • les sommes liées à l’indemnité, issues des derniers paiements d’Haïti à ce titre opérés en 1878, seraient frappées par la déchéance trentenaire en 1908 ;
  • celles relatives à l’emprunt, dont les dernières opérations avaient eu lieu en 1893, le seraient en 1923.

 

🔴 Et c’est bien ce que racontaient les notes que je consultais ce jour-là, extraites de la chemise à la couleur vert passé : en 1907 et 1908, la CDC et le ministre des Finances de l’époque (Joseph Caillaux) avaient échangé des courriers à propos du montant élevé des sommes reversées par la Caisse au Trésor Public au titre de la déchéance trentenaire, et la Caisse avait expliqué que ce montant était lié à la déchéance du montant résiduel du compte de l’indemnité de Saint-Domingue : près de 600 000 francs de dépôts, augmentés de trente ans d’intérêts représentant 800 000 francs, et 600 000 francs de consignations plus anciennes, soit un total de 2 millions de francs, qui auraient été alors versés à l’Etat français.

 

🔴 J’ai demandé à l’archiviste de la CDC qui m’avait ouvert les dossiers de regarder s’il pouvait trouver la trace de ce versement ; ses recherches se sont avérées pour le moment infructueuses. Mais j’ai bien retrouvé la trace de la diminution du montant de la ligne « Fonds affectés au règlement de la double dette du gouvernement d’Haïti » dans le bilan de la CDC pour 1907, de 564 47, 37 francs à 29 000 francs. Et en 1924, on trouve bien un versement ultime de 13 000 francs sur cette même ligne, après lequel elle a totalement disparu des livres de Caisse des Dépôts et Consignations, qui aura ainsi géré la double dette d’Haïti pendant exactement un siècle.

 

 

 ⁇ ️ Que nous apprennent tous ces mouvements bien techniques ?
Tout d’abord, que les archives peuvent encore parler. Certaines historiennes (Gusti-Klara Gaillard-Pourchet et Frédérique Beauvois) ont évoqué la déchéance trentenaire dans leurs travaux très précieux sur la double dette. Mais je n’avais jamais vu d’évaluation chiffrée de son application, ou cela m’aura échappé : et si cet article permet de mieux diffuser des travaux aujourd’hui méconnus, j’en serais très heureux. La CDC elle-même ne s’est pas penchée sur cette question, sur laquelle elle est pourtant régulièrement interpellée. En 1966, lorsqu’elle a célébré son 150e anniversaire en publiant un luxueux livre d’histoire signé du journaliste économique Roger Priouret, un chapitre entier est consacré à sa gestion de la double dette d’Haïti, mais rien n’est dit de la clôture de cette histoire.

 

 ⁇ ️ Le point pourrait sembler anecdotique : il ne l’est pas, car il montre que, à la fin de l’histoire, c’est le Trésor public français qui s’est enrichi du reliquat de la double dette d’Haïti. Cette somme qui n’avait pas été versée aux ayants droit des colons auxquels elle était exclusivement destinée n’a pas été rendue à Haïti. Il n’en a même jamais été question, dans aucun des documents que j’ai consultés. Pendant un siècle, l’Etat français n’avait cessé de rappeler qu’il n’était pas partie à ces opérations, qui ne concernaient que d’une part les anciens colons et leurs ayants droit et d’autre part l’Etat haïtien. Mais lorsqu’il a fallu décider du sort du trop-versé par Haïti, personne n’a songé que cette somme appartenait aux habitants d’Haïti, selon les termes mêmes de l’ordonnance de Charles X. Elle est allée couvrir les dépenses courantes de l’Etat français, où elle a disparu définitivement.

 

 ⁇ ️ Deux millions de francs de 1907 représentent en valeur actuelle exactement 9 133 220, 62 €. Quoi que l’on pense de la légitimité des demandes de restitution des montants injustement extorqués à Haïti par la France au titre de la double dette de 1825, cette somme-là appartient incontestablement au peuple haïtien et devrait lui être rendue. Ce n’est pas le seul geste que la France devrait faire à l’égard d’Haïti, si elle se décide à reconnaître enfin le caractère injuste de l’ordonnance de 1825. Mais celui-là pourrait être le premier.

 

 

🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 

 

 

- Interpellé sur la double dette coloniale d'Haïti, le 17 avril 2025, E. Macron appuie sur le bouton " Commission d'historiens " après avoir, 6 mois plus tôt, traité les responsables haïtiens " d'être complètement cons ".

Emmanuel Macron reconnaît une " injustice initiale " mais évite les réparations. Le président français Emmanuel Macron a reconnu, ce jeudi, une " forme d'injustice initiale " concernant la dette imposée par la France à Haïti en 1825 pour la reconnaissance de son indépendance[0].

 

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3 avril 2025 4 03 /04 /avril /2025 13:40
Israël vient de faire la déclaration d’intention génocidaire la plus explicite à ce jour !

Israël : le " transfert " des Palestiniens hors de la bande de Gaza, un fantasme devenu projet[9] !

Les masques tombent : " Il n'y aura pas d'Etat palestinien, cet endroit nous appartient " affirme Benyamin Netanyahou[10]

 

 

Le ministre israélien de la défense, Israël Katz, a publié une déclaration[0] explicite d’intention génocidaire à l’égard de la population de Gaza, menaçant les civils de l’enclave d’une punition collective sous la forme d’une « dévastation totale » s’ils ne trouvent pas le moyen de renverser le Hamas et de libérer tous les otages israéliens.

 

 

Sources : Caitlin JOHNSTONE | mis à jour le 12/09/2025

- La déclaration de M. Katz[1se lit comme suit :

 

🔴 « Résidents de Gaza, ceci est votre dernier avertissement. Le premier Sinwar a détruit Gaza, et le second Sinwar entraînera sa ruine totale. L’attaque de l’armée de l’air israélienne contre les terroristes du Hamas n’était que la première étape. Ce qui suivra sera bien plus dur, et vous en supporterez tout le coût.

🔴 « L’évacuation de la population des zones de combat reprendra bientôt. Si tous les otages israéliens ne sont pas libérés et si le Hamas n’est pas chassé de Gaza, Israël agira avec une force que vous n’avez jamais connue auparavant.

🔴 « Suivez le conseil du président américain : rendez les otages et chassez le Hamas, et de nouvelles options s’ouvriront à vous, y compris la relocalisation dans d’autres parties du monde pour ceux qui le souhaitent. L’alternative est la destruction et la dévastation totale ».

 

 

"'Shalom Hamas' means Hello and Goodbye - You can choose

Lorsque Katz dit « Suivez le conseil du président américain », il fait référence à une déclaration faite par le président Trump le 5 mars, qui a fait essentiellement la même menace adressée « au peuple de Gaza », en disant : « Un bel avenir vous attend, mais pas si vous retenez des otages. Si vous le faites, vous êtes MORTS ! Prenez une décision intelligente. LIBÉREZ LES OTAGES MAINTENANT, OU IL Y AURA UN ENFER À PAYER PLUS TARD ! »

 

Lorsque j’ai critiqué le président américain pour ces remarques qui menacent explicitement les civils de Gaza, j’ai reçu un déluge de partisans de Trump me disant qu’il ne parlait pas vraiment de « la population de Gaza » comme il l’a dit, mais qu’il ne parlait plutôt que de ceux qui retiennent activement des otages. La déclaration de M. Katz montre clairement qu’ils avaient tort et que ceux d’entre nous qui ont appelé un chat un chat à l’époque avaient raison.

 

This is a message to the residents of Gaza: The first Sinwar destroyed Gaza, and the second Sinwar will bring its complete ruin

 

- Le ministre israélien de la défense ne fait que suivre la position de Trump et réitérer ce que tous ceux qui ne sont pas des partisans à œillères savaient que Trump disait il y a deux semaines.
Il le fait exactement de la même manière que Benjamin Netanyahou a suivi la position de Trump sur le nettoyage ethnique de Gaza le mois dernier en " approuvant avec enthousiasme[3] " le plan proposé par Trump pour " expulser définitivement tous les Palestiniens de l’enclave[4] ". Trump propose un plan, et les responsables israéliens le mettent en œuvre.

 

Les gouvernements américain et israélien menacent donc ouvertement l’ensemble de la population de la bande de Gaza du crime de guerre de " punition collective[5] " s’ils ne chassent pas le Hamas de Gaza, et annoncent en outre leur intention d’infliger une « dévastation totale » à cette population s’ils ne le font pas.

 

🔴 Il s’agit là de l’aveu le plus explicite possible d’une intention génocidaire.

 

Dans le cadre du procès pour génocide intenté à Israël devant la Cour internationale de justice[6], les procureurs sud-africains ont rassemblé une montagne de preuves[7] attestant de l’intention des responsables israéliens de commettre un génocide à Gaza. Ainsi, M. Netanyahou a qualifié la population de Gaza d’« Amalek », en référence à un récit biblique relatant l’histoire d’un peuple qui a été complètement anéanti sur ordre de Dieu, ou l’ancien ministre israélien de la défense, Yoav Gallant, a décrit les Palestiniens de Gaza comme des « animaux humains » tout en déclarant un « siège total » de l’enclave.

 

🔴 Raz Segal et Penny Green, d’Al Jazeera, ont écrit ce qui suit[8] à propos de l’affaire de la CIJ l’année dernière :

« Le crime de génocide comporte deux éléments - l’intention et l’exécution - qui doivent tous deux être prouvés lorsque des accusations sont portées... L’intention est généralement plus difficile à prouver lorsque des accusations de génocide sont portées ; le requérant doit être en mesure de prouver « l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel », selon les termes de la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide. Mais dans le cas d’Israël, l’intention a également été mise à nu par un grand nombre de preuves, comme l’a souligné l’équipe juridique sud-africaine ».

 

La déclaration de M. Katz est probablement l’aveu le plus clair et le plus explicite à ce jour. Il est difficile d’imaginer une déclaration d’intention génocidaire plus claire que la diffusion d’une vidéo adressée à une population civile la menaçant de « dévastation totale » si elle ne fait pas ce qu’on lui dit de faire.

 

  • Nous pouvons être sûrs que ces déclarations de Katz et de Trump ont été ajoutées aux dossiers de ceux qui espèrent pouvoir un jour poursuivre avec succès ces monstres pour crimes de guerre.
  • Nous pouvons également être sûrs qu’elles seront enregistrées dans ce qui sera finalement considéré comme l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de notre civilisation.

Notes :

[0Déclaration du ministre israélien de la défense, Israël Katz

[1NOUVEAU | Le ministre israélien de la Défense Katz

[2Déclaration faite par le président Trump de mars 2025 " Bonjour et au revoir "

[3Netanyahu " s'est engagé " dans le projet de Trump de prendre le contrôle de Gaza

[4Trump déclare qu'il n'y a pas de droit au retour pour les Palestiniens de Gaza dans le cadre de son plan

[5Peine collective est un punition ou sanction imposé à un groupe ou à une communauté entière

[6] Une procédure est engagée le 29 décembre 2023 devant la Cour internationale de justice en vertu de la Convention sur le génocide dans la bande de Gaza

[7CIJ - AFRIQUE DU SUD CONTRE ISRAËL - L'INTENTION GÉNOCIDAIRE D'ISRAËL (EXTRAIT COMPLET)

[8] L’intention dans l’affaire du génocide contre Israël n’est pas difficile à prouver : Une base de données de plus de 500 déclarations montrant l’incitation israélienne au génocide fournit de nombreuses preuves d’intention génocidaire

[9Israël : le " transfert " des Palestiniens hors de la bande de Gaza, un fantasme devenu projet

[10Israël : « Il n’y aura pas d’Etat palestinien, cet endroit nous appartient », promet Netanyahou

 

Pour en savoir plus :

D’un camp concentrationnaire, puis d’extermination, Gaza se transforme en plus grand cimetière du monde

- Gaza : plus de 320 enfants tués depuis la reprise des bombardements de Netanyahu

- « On y travaille » : Netanyahou donne un rapport à Trump sur l’avancée du nettoyage ethnique de Gaza (WSWS)

L'ONG israélienne BTS publie un rapport révélant les crimes de guerre commis dans la « zone de mort » à Gaza par l'armée israélienne

 

Israël vient de faire la déclaration d’intention génocidaire la plus explicite à ce jour !
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15 mars 2025 6 15 /03 /mars /2025 13:33
« Algérie, sections armes spéciales » : un regard sur la guerre chimique menée entre 1956 et 1962

Pour accéder au documentaire complet sur l’utilisation des armes chimiques par la France pendant la guerre d’Algérie cliquez sur le lien ci-dessous.👇

L’historien Christophe Lafaye a pu recenser 440 opérations françaises impliquant l’utilisation d’armes chimiques en Algérie, principalement dans les montagnes de Kabylie et des Aurés. « Mais il y en a eu beaucoup plus, et sur tout le territoire algérien », affirme-t-il, estimant qu’il y a eu au total entre 5.000 et 10.000 actions de ce type, « offensives » lorsque des combattants y étaient cachés, ou pour les empêcher de s’y établir[0].

 

 

" Algérie, sections armes spéciales ", tel est le titre du documentaire réalisé par Claire Billet, mis en image et en son par Olivier Jobard, diffusé en ce moment sur le site internet de France TV[1]. La France a utilisé des armes chimiques létales, interdites par le protocole de Genève de 1925, dans sa guerre contre le Front de libération nationale (FLN) en Algérie de 1956 à 1962. Elle avait pourtant été la première des 135 nations à signer l’accord contre ces armes, abondamment utilisées pendant la Première Guerre mondiale.

Il devait être diffusé dimanche 16 mars au soir sur France 5, mais a été déprogrammé. Cette décision a créé une polémique[5], alors que les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie sont fortes.

Ce documentaire présente pour la première fois – en s’appuyant sur des témoignages, des archives publiques accessibles et privées, en France et en Algérie – l’étendue de la guerre chimique menée par la France coloniale en Algérie entre 1956 et 1962. Les conséquences de l’usage des gaz toxiques sont encore perceptibles de nos jours par les populations algériennes. Entretien croisé avec Claire Billet, la réalisatrice du film, et Christophe Lafaye, dont les travaux historiques ont nourri l’enquête.

 

 

Sources : Fabrice Riceputi historien, chercheur associé à l’Institut d’histoire du temps présent |

- Mediapart : Quelle est l’origine de ce film documentaire ?

Claire Billet : Ce film a pu exister d’une guerre à une autre. L’historien Christophe Lafaye et moi avons en commun l’expérience de l’Afghanistan. J’étais correspondante de presse durant six ans là-bas et je concentre depuis plus d’une décennie mon travail sur les  conséquences des guerres et des conflits. Ça faisait longtemps que je voulais travailler sur la mémoire de la guerre d’indépendance algérienne. Et en 2020, j’ai spontanément appelé Christophe Lafaye. Il faisait des recherches inédites sur l’usage des armes chimiques par l’armée française durant la guerre d’Algérie. En particulier dans les grottes et les lieux souterrains.

 

Ça me semblait fou qu’un tel pan de notre histoire soit inconnu, soixante ans plus tard. C’est inacceptable pour moi que l’histoire ne soit pas écrite et pas dite. En existait-il des traces ? À l’Ecpad [Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense – ndlr], le service des archives audiovisuelles de l’armée, les agents m’ont aidée dans mes recherches. Ils étaient bienveillants mais démunis : quelques photos et quelques films existent, sans informations précises. Durant la guerre d’Algérie, tout ce qui touchait aux armes chimiques avait été gardé hors du champ des caméras militaires : les masques, les combinaisons, les munitions et les opérations chimiques n’ont pas été filmés.

 

En fouillant le Net et les archives filmiques, je me suis aperçue qu’avant de réaliser " Ascenseur pour l’échafaud ", le cinéaste Louis Malle s’est rendu en Algérie pour un projet de fiction adapté du roman " La Grotte " de Georges Buis, qui raconte une bataille souterraine. Dans les archives du cinéaste, conservées à la Cinémathèque française, je n’ai retrouvé aucune bobine. Volker Schlöndorff [réalisateur du Faussaire – ndlr] était assistant du réalisateur à l’époque et il m’a transmis ses notes : ils ont filmé mais on ne sait pas où sont les bobines.

  • Louis Malle n’a jamais fait son film. Dans un de ses carnets de repérage, un nom de famille avait été griffonné : celui d’un ancien combattant que l’historien Christophe Lafaye a rencontré, parmi de nombreux autres. Il témoigne dans le film aujourd’hui. En fouillant le Net, un nouveau nom d’ancien combattant français est apparu car il avait édité un recueil à compte d’auteur où il évoquait l’usage d’armes chimiques. Il m’a dit qu’il n’avait jamais parlé de la guerre et que personne ne lui avait posé de questions. Il est aussi dans le film.

 

 

 

 

 

 

 

 

🔴 Je voulais faire parler leurs mémoires.

  • En France, nous sommes partis à la rencontre des derniers anciens combattants qui acceptaient de s’exprimer publiquement. Ces hommes nous ont ouvert leurs archives réchappées de la censure. La revue XXI et Léna Mauger nous ont soutenus à l’époque. Et France TV a acheté le film. Grâce aux maisons de production française et algérienne Solent et Thala Films, nous avons pu organiser le tournage en Algérie.
  • Nous sommes partis à la recherche des derniers témoins et victimes de cette guerre chimique. Nous nous sommes appuyés sur des localisations d’opérations de ce gaz toxique, le CN2D, celles que Christophe Lafaye a réussi à recenser, celles mentionnées par nos personnages, et aussi sur des articles de la presse algérienne. Le périple aurait pu nous conduire dans toutes les régions montagneuses d’Algérie. Nous avons choisi de nous concentrer sur la Haute-Kabylie et les Aurès.

 

 

- Mediapart : Pourquoi parler de ce sujet si tardivement, plus de soixante ans après la fin de la guerre d’indépendance algérienne ?
Christophe Lafaye : Cela fait maintenant plus de vingt ans que les historiennes et les historiens qui travaillent sur cette guerre coloniale en ont fait ressortir les violences spécifiques. Les chercheurs universitaires ont parlé de la torture, des massacres de populations, des viols, des exécutions sommaires, des disparitions, des déplacements de populations, etc. Mais la guerre chimique est un sujet qui est passé relativement inaperçu.

 

J’ai découvert ce sujet lors de la réalisation de ma thèse. Je travaillais sur l’armée française en Afghanistan, qui réutilisait des retours d’expérience d’Algérie pour son entraînement.

  • En 2011, j’ai suivi la préparation opérationnelle de sapeurs spécialisés, qui mettaient en œuvre certaines techniques de combats souterrains développées en Algérie. Les moyens chimiques étaient absents car la France avait ratifié le traité sur l’interdiction des armes chimiques en 1993. Néanmoins, j’ai découvert l’existence des sections « armes spéciales » qui ont opéré de 1956 jusqu’à la fin de la guerre.
  • Quatre ans plus tard, j’ai rencontré par hasard à Besançon Yves Cargnino, un ancien combattant d’une de ces sections qui, du fait de son service, a subi de graves dommages aux poumons. Nous avons réalisé des entretiens et il m’a présenté d’autres anciens combattants.

 

🔴 Les premiers à avoir rompu le silence en France sont les anciens combattants qui ont publié des témoignages, le plus souvent à compte d’auteur.

Mais les historiens ne s’en sont pas saisis à l’époque. Ensuite, il faut savoir que les archives sur la guerre d’Algérie ont été ouvertes en 2012 avant d’être refermées en 2019. En 2021, j’ai décidé que la guerre chimique en Algérie serait le sujet de mon mémoire d’habilitation à diriger les recherches. Il fallait lever le voile sur cette histoire et stimuler de nouvelles recherches en France et en Algérie.

 

 

- Mediapart : Pourquoi la France a-t-elle mené cette guerre chimique, et peut-on estimer le nombre de morts ?
Christophe Lafaye : En 1956, la France est confrontée à une montée en puissance de l’Armée de libération nationale (ALN) et à un problème tactique : l’utilisation par les résistants des grottes et des souterrains, qui leur donne l’avantage en cas d’assaut. Pour le résoudre, l’état-major des armes spéciales expérimente le recours aux armes chimiques.

 

 

 

 

 

 

 

Dans le film, nous détaillons toutes les étapes : depuis l’expérimentation à partir de 1956, à son autorisation politique par le gouvernement français, suivie du développement sauvage des unités de sections armes spéciales et de sa rationalisation en 1959 jusqu’à la fin de la guerre. L’objectif de ces unités était double.

  • D’abord offensif : gazer avec du CN2D des grottes occupées afin de pousser les rebelles à en sortir. S’ils n’évacuaient pas, ils mouraient asphyxiés.
  • Et préventif : contaminer régulièrement les grottes inoccupées pour rendre leur usage impossible.
     

🔴 J’estime entre 5 000 et 10 000 le nombre de combattants algériens tués par armes chimiques.

Ghar Ouchetouh (Batna), l’histoire oubliée d'une innommable atrocité colonialiste le 22 mars 1959 (APS, 2012)
Grotte de Ghar Ouchetouh

Par ailleurs, les Algériens ont un usage ancestral de ces grottes, elles ont toujours servi de lieu refuge. Il n’y avait donc pas que des combattants qui s’y dissimulaient. Comme ce fut le cas à Ghar Ouchetouh les 22 et 23 mars 1959[2], où 118 habitants ont été tués par intoxication. Par la suite, des membres de ces unités spéciales sont morts des suites de l’usage de ce gaz. Yves Cargnino en témoigne avec force dans le documentaire : « On a tué par les gaz et ça me tue encore maintenant.[3] »

 

 

- Mediapart : Qui a pris la décision d’emploi de ces armes chimiques ?
Christophe Lafaye : Il y a une convergence de points de vue entre les hommes politiques de cette époque et le haut commandement militaire. À la demande de l’état-major de la 10e région militaire (RM), l’état-major du commandement des armes spéciales (CAS) est invité à fournir une étude pour déterminer comment ces armes peuvent répondre à un certain nombre de problèmes tactiques. La demande est transmise au général Charles Ailleret, chef du CAS.

 

🔴 Une lettre retrouvée à Vincennes indique que le ministère des armées a encadré l’usage de ces armes chimiques

Il y est mentionné : « Sur les propositions du Commandement des Armes Spéciales faites pour répondre à des demandes du Général commandant la 10e région militaire [le général Henri Lorillot] […], certains procédés chimiques pourront être employés au cours des opérations en Algérie. »

  • Une arme chimique est une arme utilisant au moins un produit chimique toxique pour les êtres humains. Cette lettre autorise leur utilisation. « Ces procédés ne devront mettre en œuvre que des produits normalement utilisés dans les différents pays pour le maintien de l’ordre, c’est-à-dire limités à l’utilisation du bromoacétate d’éthyle, de la chloroacétophénone et de la diphénylaminochlorarsine ou de corps possédant des propriétés très voisines. » ;
  • Le ministre conclut prudemment : « Ils ne devront être employés qu’à des concentrations telles qu’elles ne puissent entraîner aucune conséquence grave pour des individus soumis momentanément à leurs effets. » ;
  • Le général Lorillot accuse réception de cette lettre le 21 mai 1956 en reprenant mot pour mot son contenu et en y ajoutant cette précision : « Ces corps [chimiques] ne devraient être employés qu’à des doses qui ne soient pas susceptibles d’entraîner de conséquences physiologiques […], sauf si [les individus] s’obstinaient volontairement à y séjourner pendant de longs délais. » Les essais en cours durant l’année 1956 ont sûrement dû déjà laisser transparaître la létalité des gaz.

 

Ces documents confirment les informations données par le colonel Olivier Lion : « Les “sections de grotte” utilisèrent des projectiles chargés de lacrymogènes pour neutraliser les occupants de refuges souterrains. » Mais devant la faible persistance des agents chimiques lacrymogènes classiques pour empêcher la réutilisation des grottes, le gaz CN2D est élaboré. Son utilité opérationnelle est due à son extrême agressivité pour mettre hors de combat les individus à l’intérieur des cavités mais aussi à sa persistance. De multiples vecteurs de diffusion (grenades, chandelles, roquettes, bombes, etc.) sont mis au point.

 

 

- Mediapart : Quels gaz ont été utilisés et quels étaient leurs effets ?
Christophe Lafaye : Le CN2D est un composé de gaz CN (chloroacétophénone) et de DM (adamsite) dérivé de l’arsenic. Un autre composé servait à transporter les particules de gaz très profondément dans l’organisme. C’est la combinaison de ces éléments fortement dosés qui aboutit à la création d’un gaz qui peut rapidement se révéler mortel en milieu clos.

 

  • Certaines archives laissent aussi apparaître la possible utilisation d’autres gaz toxiques. Mais en l’état actuel des sources accessibles en France et en Algérie, il est difficile de confirmer ces soupçons.

 

 

- Mediapart : Qui utilisait ces gaz toxiques en opérations ?
Christophe Lafaye : À la fin de l’année 1956, la France décide de constituer des unités spécialisées. Il y a d’abord la création de la batterie armes spéciales (BAS) du 411e régiment d’artillerie antiaérienne. Entre 1957 et 1959, 119 équipes de grottes ont été mises sur pied et entraînées par la BAS pour mener cette guerre chimique.

 

 

 

 

 

 

 

 

À partir de la mi-1959, ces moyens furent rationnalisés lors du redécoupage des zones d’opérations en Algérie. Dorénavant, chaque zone devait disposer d’une section armes spéciales parfaitement entraînée et équipée. Elle devait à la fois mener les actions offensives contre l’Armée de libération nationale et le traitement régulier des grottes pour empêcher leur réutilisation.

 


- Mediapart : Qui sont les victimes de ces gaz toxiques ?
Christophe Lafaye : Les Algériens et les Français en ont été victimes, c’est toute l’horreur de cette guerre chimique. En théorie, la doctrine de combat souterrain de l’armée française éditée en 1959 recommandait aux soldats de faire une reconnaissance de grotte, d’aller au contact, négocier une éventuelle reddition et si cela n’était pas possible d’employer les armes chimiques pour les contraindre à sortir.

 

🔴 Dans la pratique, face au danger de mort, les choses se passaient de manières différentes.

Dès qu’il y avait un soupçon, la section armes spéciales pouvait envoyer dans le trou tout ce qu’elle avait en munitions chimiques pour être sûre du résultat. Tout dépendait, en fait, du commandement. Dans ces conditions, les gaz ont fait des victimes chez les indépendantistes algériens mais aussi dans les populations civiles retranchées dans les grottes. C’est ainsi que des crimes de guerre ont été commis.

 

🔴 Une dimension supplémentaire du drame est que ces grottes servaient aussi de lieux de détention pour les militaires français prisonniers du FLN.

Un peu moins de 700 militaires français sont encore portés disparus en Algérie. Ils ont pu être des victimes collatérales de ces opérations. Enfin, les soldats des sections armes spéciales exposés à ces gaz ont pour certains développé des pathologies pulmonaires, des cancers de l’estomac, des leucémies, des cancers de la peau…

  • Difficile, toutefois, de lier systématiquement ces maladies à l’utilisation des gaz alors même que leur utilisation en Algérie était gardée secrète. Pour y voir plus clair, il faudrait terminer d’ouvrir toutes les archives militaires en France et confronter ces sources avec des enquêtes de terrain en Algérie.

- Mediapart : Des archives sont-elles encore inaccessibles en France ?
Christophe Lafaye : Les archives du service historique de la défense ont été assez largement ouvertes entre 2012 et 2019. Soudain, au mois de décembre 2019, gros cataclysme, les archives contemporaines du ministère de la défense ont été fermées à cause d’un conflit juridique. Les archivistes et les historiens ont formé des recours devant le Conseil d’État, qui a tranché en leur faveur en juin 2021[4].

 

  • Mais le ministère des armées a contre-attaqué et pris de nouvelles mesures qui compliquent encore la situation, en créant des archives sans délai de communication. Lorsque je suis revenu en 2021, des refus ont systématiquement été opposés à mes demandes de communication de pièces que j’avais pu consulter pour certaines auparavant, en invoquant l’article L-213-2 de la loi de 2008 sur les archives incommunicables.
  • En vertu de cet article, certaines archives sont incommunicables au motif qu’elles seraient susceptibles de permettre de concevoir, fabriquer, utiliser et localiser des armes de destruction massive. Maintenant, on me referme des journaux de marche, des comptes rendus d’opérations, des procès-verbaux de création d’unités en invoquant cet article

 

 

 

 

 

 

 

🔴 En fait, le ministère des armées veut protéger sa réputation pendant la guerre d’Algérie, quitte à tordre les textes de loi.

Mais sur ce sujet comme sur d’autres, l’armée a obéi aux ordres politiques ! Il faut revenir à la raison, ces pratiques ne sont pas dignes de ce grand ministère régalien. Un grand pays se doit d’assumer son histoire avec ses zones d’ombre et de lumière. Les historiennes et historiens doivent rendre accessible cette histoire aux citoyens et permettre un débat public fondé sur des faits, un savoir construit et sourcé pouvant être interrogé, et non sur de simples opinions.

 

🔴 Il y a aussi des raisons sociologiques

On est militaire de génération en génération chez certains officiers supérieurs. Les archives racontent une partie de l’histoire familiale de certains d’entre eux et la peur du scandale persiste, malgré quatre lois d’amnistie. C’est compréhensible. Pourtant, l’objectif des historiens n’est pas d’indexer des personnes. D’ailleurs, on anonymise les témoins qui sont toujours vivants et qui le souhaitent. Ce qui nous intéresse, c’est plutôt de comprendre comment s’est construite la décision politique, comment elle a été mise en œuvre et quelles sont ses conséquences.

 

 

- Mediapart : Est-ce justement dans l’objectif de mieux pénétrer l’espace public que vous êtes passé de la forme écrite au documentaire ?
Christophe Lafaye : Il est primordial de vulgariser les travaux scientifiques pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Les résultats des recherches peuvent permettent de faire bouger la perception de la guerre d’Algérie et du colonialisme en France. Il faut savoir à ce sujet que si les États se chicanent entre eux, ce n’est pas du tout le cas des sociétés civiles.

 

Entre universitaires algériens et français, nous échangeons sans cesse. Les témoins algériens qui interviennent dans le documentaire, lorsqu’on leur demande : « Qu’attendez-vous de la France ? », répondent : « Ni excuses, ni argent, simplement la vérité. Nous sommes prêts à tourner la page. » Les petits pas de la France dans la reconnaissance de ces crimes de guerre ne suffisent plus. Je crois sincèrement dans le génie des sociétés civiles en France et en Algérie et dans la fraternité des peuples pour réaliser cette tâche de réconciliation.

 

 

- Mediapart : Le documentaire a été programmé à la diffusion sur France 5 avant d’être déprogrammé[5]. Comment analysez-vous cette séquence surprenante ?
Claire Billet : J’étais aussi surprise que vous, j’ai pensé que ça allait mettre de l’huile sur un feu bien sensible. France Télévisions m’a dit ce qu’il y a dans le communiqué de presse : « Le documentaire est déprogrammé en raison de l’actualité au profit d’une soirée dédiée à Poutine et Trump. » Je suis journaliste et réalisatrice, je comprends les contraintes d’actualité qui bouleversent les grilles des programmes. Les bruits de bottes se rapprochent, c’est inquiétant. Il ne faut pas oublier que ce documentaire a été financé par France TV, qu’il existe grâce à France TV, et qu’il est en ligne et visible sur leur plateforme.

 

 

🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 

 

 

- Algérie, sections armes spéciales

L'armée française a fait usage de gaz chimiques interdits durant la guerre d'Algérie. Les responsables de l'époque ont ordonné, testé puis utilisé à grande échelle des gaz toxiques pour éliminer les combattants de l'Armée de Libération Nationale cachés dans des grottes dans des zones de montagne. Avec la torture et le déplacement des populations, la guerre chimique est le dernier élément d'une série de brèches dans les engagements internationaux de la France que celle-ci a bafoués pour mener sa guerre coloniale. Enquête inédite sur ce scandale qui demeure encore largement méconnu aujourd'hui.

 

 

Notes :

A. Décision n°1152 DN/CAB/EMP du cabinet du ministre des Armées du 8 juin 1956, carton 15T582 du service historique de la défense (partiellement accessible suite à la décision de la commission d’accès aux documents administratifs (CADA) de décembre 2021).

B. Décision d’autorisation des armes chimiques en 10e région militaire du général Lorillot du 21 mai 1956, carton GGA 3R 347-348 des Archives nationale d’outre-mer (ANOM), consulté en juillet 2023.

C. Lion Olivier, « Des armes maudites pour les sales guerres ? L'emploi des armes chimiques dans les conflits asymétriques », revue Stratégique, 2009/1, n° 93, p 491-531.

[0L’historien Christophe Lafaye a pu recenser 440 opérations françaises impliquant l’utilisation d’armes chimiques en Algérie, principalement dans les montagnes de Kabylie et des Aurés. « Mais il y en a eu beaucoup plus, et sur tout le territoire algérien », affirme-t-il, estimant qu’il y a eu au total entre 5.000 et 10.000 actions de ce type, « offensives » lorsque des combattants y étaient cachés, ou pour les empêcher de s’y établir.

[1Algérie, sections armes spéciales

[2Ghar Ouchetouh, une grotte enfoncée dans un flanc abrupt d'un détour des gorges de Taghit, dans l'actuelle commune de Taxlent (Batna), est un haut lieu de la résistance du peuple algérien durant la Révolution de Novembre

[3Guerre d’Algérie : Yves Cargnino témoigne des agressions chimiques dans les grottes

[4Communiqué de presse : le rapporteur public du Conseil d’État désavoue le gouvernement dans l’affaire des archives « secret défense » et prend position sur le projet de loi PATR

[5] À France Télévisions, la déprogrammation d’un documentaire sur la guerre d’Algérie sème l’émoi

 

Pour en savoir plus :

- Le négationnisme français des crimes coloniaux

- La véritable histoire de la conquête française de l’Algérie

- La reconnaissance juridique de la notion de crime de guerre en Algérie

Jean-Michel Aphatie : « La culture de la négation de l’histoire domine dans les médias »

Dans les grottes d’Algérie l’armée française n’a gazé que des poux

Affiche du documentaire « L’Algérie… sections armes spéciales », réalisé par Claire Billet (2025)

Affiche du documentaire « L’Algérie… sections armes spéciales », réalisé par Claire Billet (2025)

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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 13:53
Visite de Macron à l’usine de poudre pour munitions Eurenco, à Bergerac (Dordogne), le 11 avril 2024

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Le président du MEDEF Patrick Martin prend l’exemple du Danemark : « Le Danemark a décidé de reporter à 70 ans l’âge de départ à la retraite pour que l’économie finance l’effort de guerre[0] »

La CPME propose de passer à la semaine de 36 heures pour financer l’effort de défense[0bis]

 

 

Pour financer le projet de réarmement européen, le pouvoir[1][1bis] et le camp néolibéral[0] convoquent l’économie de guerre. Mais derrière cette appellation, ils pensent à tout autre chose qu’à une mobilisation des moyens économiques pour la sécurité du pays : imposer par la ruse leur agenda d’austérité sociale.

 

 

Sources : Martine Orange | mis à jour le 14/03/2025

- L’expression est désormais dans tous les discours. Elle sature même l’espace public. Du matin au soir, responsables politiques, économistes, observateurs géopolitiques convoquent « l’économie de guerre » pour souligner la gravité du moment.

L’appellation est si claire qu’elle ne paraît appeler ni précision ni contestation. L’humiliation publique du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, par Donald Trump et son vice-président, J. D. Vance[2], les doutes qui planent sur la solidité de l’alliance transatlantique alimentent un climat de peur et d’angoisse partout en Europe. Chaque État membre a compris l’urgence de se réarmer et d’affirmer la sécurité et l’indépendance du continent. Pourtant, dans aucun pays, en dehors de la France, on ne parle d’économie de guerre. Les autres États préfèrent évoquer des plans de réarmement, de renforcement de leurs capacités militaires, de sécurité.

 

🔴 Avec raison, selon un connaisseur du monde de la défense, irrité par le détournement des concepts, la « grandiloquence inutile » des débats en France : « Mais de quoi parle-t-on ? Nous ne sommes pas en guerre. Il ne s’agit pas de consacrer l’essentiel de nos ressources à la guerre comme en 1914 mais d’augmenter les dépenses militaires pour les porter à 3-3,5 % du PIB. Pendant toute la guerre froide jusqu’en 1994, la France a consacré 5 % de son PIB à sa défense. On ne parlait pas alors d’économie de guerre. »

 

 

- Une économie sous le contrôle de l’État
De nombreux travaux ont été menés par des historiens et des économistes sur les économies de guerre, un sujet malheureusement très fréquent dans l’histoire. Même s’il y a eu de nombreuses évolutions dans le temps, tous relèvent des caractéristiques précises dans les économies de guerre modernes.

 

🔴 Cela peut paraître une évidence, mais il faut quand même l’énoncer : une économie de guerre s’applique à un pays en guerre, comme en Ukraine actuellement. Le conflit entraîne des pénuries, des ruptures dans les approvisionnements (énergie, produits alimentaires, matières premières) qui amènent le pouvoir à mobiliser toutes ses ressources pour assurer sa défense et sa sécurité.

 

 

- L’économie de guerre, c’est la subordination de l’appareil productif et des importations à l’effort militaire.
Éric Dor, professeur d’économie à l’Ieseg School rappelle :

  • « La première grande mobilisation moderne, c’est la levée en masse au moment de la Révolution. Mais l’économie de guerre au sens actuel intervient avec l’industrialisation qui amène des guerres totales », explique Cédric Mas, historien militaire[3].
  • La guerre de 1914 est l’exemple le plus souvent cité : l’ensemble des moyens humains, économiques et financiers ont été alors mobilisés pour assurer la défense du pays. Alors qu’il n’existait pas d’impôt sur le revenu en France, l’épargne française fut requise pour payer l’effort de guerre, sous la direction de l’État.
  • Car à circonstances exceptionnelles, moyens et mesures exceptionnels. « La défense ne peut plus être faite en laissant le libre jeu au marché, à la concurrence », rappelle Cédric Mas. Les besoins militaires, les ruptures et les pénuries dans les approvisionnements amènent le pouvoir à prendre des mesures coercitives pour répondre aux demandes des armées et assurer la défense du pays et sa survie.
  • « Dans une économie en guerre, la production et la consommation se retrouvent organisées par l’État », résume Éric Monnet, directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’École d’économie de Paris[4].
  • « L’économie de guerre, c’est la subordination de l’appareil productif et des importations à l’effort militaire », complète Éric Dor, professeur d’économie à l’Ieseg School. En un mot, tout est décidé et orienté par l’État. L’économie devient totalement administrée, sous la conduite d’entités centralisées.

 

🔴 Cette prise en main par l’État des moyens économiques se traduit souvent par des dispositions complémentaires drastiques comme la fin de la liberté de circulation des capitaux, le rationnement de certains produits, un contrôle des prix, voire une fixation autoritaire des prix. Ces mesures sont souvent accompagnées de taxations exceptionnelles contre les « profiteurs de guerre ».

 

🔴 La seule énumération de ces mesures ne laisse aucun doute sur le sujet : ce n’est pas à ce cadre réglementaire que se réfèrent les responsables politiques et certains économistes lorsqu’ils convoquent actuellement l’économie de guerre dans leurs propos. La plus petite disposition qui marquerait les prémices d’un retour à une économie administrée leur ferait pousser des cris d’orfraie.

 

 

- Dans les pas du rapport Draghi
Le plan de réarmement européen n’imagine d’ailleurs pas cela.

Il s’inscrit, sans le dire explicitement, dans la continuité du rapport Draghi[5]. Présenté à l’automne, celui-ci pointait la nécessité d’une reprise en main rapide des États membres, d’une relance des investissements productifs et dans la recherche, sous peine de disqualification européenne face à la Chine et aux États-Unis. Nombre de responsables européens avaient applaudi, déclarant que le rapport Draghi devait devenir la « feuille de route » de l’Union européenne (UE). Avant d’ajouter : « Mais il y a le veto allemand. »

Friedrich Merz président fédéral de la CDU, futur chancelier

 

🔴 Le revirement stratégique du futur chancelier allemand, Friedrich Merz, appelant son pays et l’Union à devenir indépendants des États-Unis et à assumer la défense du continent[6] a provoqué un électrochoc. Brusquement, nombre de verrous qui pesaient sur la zone euro ont sauté :

  • Les dépenses d’investissement militaires, comme le demandait la France depuis deux décennies, pourraient ne plus être comptabilisées dans les règles du traité de Maastricht.
  • L’utilisation de fonds européens pourrait être rendue possible.

 

🔴 Surtout, l’Allemagne se dit prête à abandonner sa politique économique restrictive et à lancer un vaste plan de relance d’investissements dans la défense et les infrastructures stratégiques. Un changement attendu depuis quinze ans, mais qui reste conditionné à l’adoption d’une réforme constitutionnelle brisant les règles d’airain sur le déficit budgétaire.

 

🔴 Saisissant ce moment unique, la Commission européenne pousse les feux. Même si les chiffres annoncés sont loin des efforts préconisés par le rapport Draghi, ils s’inscrivent dans cet esprit. Ils entérinent un effort massif d’investissement pour la défense et les infrastructures stratégiques. Le rapport prévoit aussi un recours massif à l’épargne privée européenne, censée poser les fondements d’une union de l’épargne et des capitaux. Un succédané de l’Union bancaire que Mario Draghi et les responsables européens appellent de leur vœu.

 

- Les leçons du plan Biden
« Tel qu’il est présenté à ce stade, il pourrait s’apparenter à un vaste plan de relance industriel européen à partir de la défense », analyse Éric Monnet. Alors que les économies européennes sont en stagnation depuis une décennie, que le continent est menacé de déclassement industriel, l’idée de saisir l’urgence du moment et d’utiliser les dépenses militaires considérées comme un puissant levier de recherche, d’innovation et de soutien industriel, pour assurer à la fois la sécurité du continent et remettre l’économie européenne sur les rails, fait sens.

 

🔴 Est-ce un des objectifs poursuivis par l’UE ?

Beaucoup de flou, d’incertitudes, d’ambiguïtés demeurent. Au point que certains redoutent que, passé les déclarations martiales, celles-ci n’aboutissent qu’« à des paroles verbales », et qu’une fois de plus l’Europe ne soit pas au rendez-vous. Car au-delà des annonces, un cadre précis doit être dressé. En matière de défense, c’est la commande publique qui donne normalement l’impulsion.

  • Mais qui décidera, l’UE, les États ou les industriels ?
  • L’Union européenne est-elle prête à mettre entre parenthèses son principe de « libre concurrence » pour donner une préférence européenne, voire nationale dans certains cas ?
  • En un mot, y aura-t-il une organisation, une planification pour mener ce projet de réarmement européen ?

 

Les réponses à ces questions sont essentielles pour la suite.

Car les leçons du vaste plan de réindustrialisation lancé par Joe Biden au travers de plusieurs programmes (Inflation reduction Act, Chips Act, Renewable energy and efficency Act) doivent être tirées[7]. Malgré les centaines de milliards de dollars apportés par le Trésor américain, les retombées ont été jugées insuffisantes par les Américains. L’échec relatif de ce plan a participé à la réélection de Donald Trump.

 

🔴 Pour l’économiste James Galbraith, la déception du plan Biden découle d’une faute originelle : le refus d’intervention étatique. À la différence du New Deal lancé par Roosevelt, Joe Biden a refusé d’engager le pouvoir étatique et les ressources publiques pour définir, arrêter, contrôler les productions et les techniques nécessaires, préférant s’en remettre aux entreprises privées pour faire ces arbitrages. Or celles-ci décident des productions, des technologies à mettre en œuvre en fonction de leurs intérêts, du profit et du pouvoir qu’elles peuvent en escompter, pas en fonction de l’intérêt général.

 

🔴 Le plan européen risque d’être confronté aux mêmes ambiguïtés, faute d’éclaircissements.

À cela s’ajoute une autre inconnue, de taille :

  • l’appareil industriel européen est-il en capacité de répondre aux besoins de défense européens ? 
  • Face à l’urgence invoquée, les milliards que l’UE entend demander à l’épargne privée européenne ne vont-ils pas se transformer en achats massifs d’équipements américains ou autres, avec de faibles retombées pour le continent ?

 

 

- L’agenda inchangé du néolibéralisme

Alors que l’Europe pourrait s’engager dans une transformation existentielle, on attendrait des échanges sérieux, des éclaircissements approfondis. Des débats ont commencé dans d’autres pays sur les buts et les modalités de ce projet. En France, rien de tel.

 

La nécessité d’augmenter les dépenses militaires que les gouvernements successifs ont négligées pendant plus de vingt ans ne fait pas débat. La question de savoir comment mobiliser de nouvelles ressources dans un contexte de délabrement budgétaire et d’endettement massif après huit années de macronisme mérite, elle, d’être analysée, discutée, arbitrée. Et ne peut se satisfaire de réponses simplistes.

 

🔴 Mais pour le pouvoir, tout se résume pour l’instant à un seul slogan : l’économie de guerre[1bis]. La peur et l’urgence étant censées éteindre toutes les réflexions.

Par ruse, ce qui est présenté comme un impératif de sécurité se transforme en une guerre sociale.

  • « Il est difficile de parler d’austérité, de réforme. Tout cela ne passe plus auprès de la population. Mais le logiciel néolibéral reste inchangé. Comme au moment du covid, ils mobilisent le champ lexical militaire pour faire passer des mesures qui ne passeraient pas autrement », relève Cédric Mas[3].
  • Au nom de la défense de la nation face à l’impérialisme russe, le camp néolibéral est reparti sans attendre en campagne. « Augmenter le temps de travail, restreindre l’accès à l’assurance-chômage, partir en retraite plus tard, simplifier radicalement la vie des entreprises, libérer l’innovation sont désormais des impératifs sécuritaires », s’est empressé d’écrire l’économiste Nicolas Bouzou[8], régulièrement rémunéré par les entreprises du CAC 40 pour publier des études « positives ».

 

🔴 Depuis, c’est le concours Lépine des propositions de réformes, plus brutales et régressives les unes que les autres.

  • Tout y passe : l’âge et le financement de la retraite[0][0bis][10], la énième réforme de l’assurance-chômage, le temps de travail, les services publics, l’environnement...
  • Le tout sur fond de déréglementation absolue, de suppression des normes, des
    règles, des lois qui brident l’énergie, qui entravent la liberté du capital.

C’est-à-dire l’inverse d’une économie de guerre.

 

▶️▶️  Synthèse : Par ruse, ce qui est présenté comme un impératif de sécurité face à la montée des tensions géopolitiques avec la Russie et aux incertitudes américaines se transforme en une guerre sociale. Ce qui pourrait devenir un plan de relance militaire et industriel européen se décline à nouveau sous forme d’austérité et de régression, pour le seul profit du capital.

 

 

- L’indispensable adhésion
Sans aucune prise de distance, Emmanuel Macron a repris cet agenda, le même qu’il décline depuis huit ans. Tout en appelant à la mobilisation et à l’unité, il a tenu à souligner d’emblée que les augmentations de dépenses militaires seraient faites « sans impôt », mais avec des « réformes », appelant tous les corps sociaux à lui donner des idées[9].

 

Cette obstination du chef de l’État à défendre « quoi qu’il en coûte » tous les préceptes néolibéraux, qui ont pourtant démontré leurs failles, voire leur faillite, depuis plus d’une décennie ne peut que surprendre. Surtout pour un responsable qui ne cesse de prôner le changement, la mobilité intellectuelle face aux événements du monde.

 

🔴 Comment peut-il croire que ces régressions sociales qu’il avance depuis huit ans et qui suscitent un rejet grandissant pourront brusquement être acceptées sous le motif de la sécurité ?

  • Comment penser faire l’unité quand il exonère par avance, au mépris des fondements de la République, les puissances d’argent de toute contribution à la sécurité et à la défense du pays ?
  • Plus prosaïquement, comment espérer mobiliser l’argent des Français quand dans le même temps le gouvernement nourrit une insécurité sociale à tous les niveaux, qui ne peut qu’alimenter la défiance ?

 

▶️▶️  Á retenir : « Dans toutes les économies de guerre, il y a un élément indispensable pour soutenir la mobilisation des ressources et la cohésion d’un pays : c’est l’adhésion de la population. Sinon, cela se transforme en révolte ou en rejet. C’est ce qui s’est passé en 1918 en Russie », rappelle Éric Monnet. En plantant d’emblée un cadre déséquilibré, renforçant des inégalités déjà galopantes, Emmanuel Macron risque de ne jamais trouver cette adhésion.

 

 

🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴

 

 

-  Jean-Luc Mélenchon revient sur la notion d’économie de guerre et sur les conséquences politiques et économiques des conflits armés à l’échelle mondiale, le 8 mars 2024.

 

-  Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l'occasion d'une conférence sur le moment politique, le 6 mars 2025.

Pour financer l'économie de guerre, les plus riches ne seront pas mis à contribution par l'impôt.
Mais pour ceux qui ont des actions dans l'industrie de l'armement, c'est la fête !
« On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels ! »

 

 

Notes :

[0Le président du MEDEF Patrick Martin prend l’exemple du Danemark : « Le Danemark a décidé de reporter à 70 ans l’âge de départ à la retraite pour que l’économie finance l’effort de guerre »

[0bisLa CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) propose de passer à la semaine de 36 heures pour financer l’effort de défense

[1Allocution d’Emmanuel Macron le 5 Mars 2025
" Face à la “menace russe”, le Président de la République a promis des " investissements supplémentaires" pour le budget de la défense. Macronisme oblige, le chef de l’Etat a précisé qu’il n’y aurait aucune augmentation d’impôts. Je le cite " Ce seront de nouveaux investissements qui exigent de mobiliser des financements privés, mais aussi des financements publics (...) Pour cela, il faudra des réformes, des choix, du courage "

[1bisEmmanuel Macron défendait déjà, à Bergerac en 2024, une économie de guerre qui « produit de la richesse »

[2] L'échange, sous l'œil des caméras, a pris la tournure d'une humiliation publique

[3Cédric Mas : Historien militaire et surtout citoyen

[4Éric Monnet est directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’École d’Économie de Paris. Son travail de recherche porte sur l’histoire des politiques monétaires, du système monétaire international et des systèmes financiers en France et en Europe au XXe siècle.

[5Mario Draghi remet son rapport sur la compétitivité européenne à Ursula von der Leyen

[6Friedrich Merz : une Europe indépendante en matière de défense

[7Etats-Unis : les hoquets de la relance industrielle de Biden

[8] La clé de l’autonomie militaire de l’Europe ? Un programme de puissance économique 

[9] Dépenses militaires : Macron promet des «investissements supplémentaires» sans augmenter les impôts

[10Le président du COR suggère un report de l’âge de la retraite au-delà de 64 ans, invoquant la nécessité d’un effort de défense accru

 

Pour en savoir plus

- Économie de guerre : de quoi parle-t-on ?

- Ukraine/Russie : Macron prépare la France à l’économie de guerre et aux sacrifices sociaux

- Guerre en Ukraine : l’Europe de la défense contre le non-alignement ?

Face aux défis que soulèvent la menace russe et l’agressivité commerciale américaine, le ministre délégué à l’Europe, Benjamin Haddad (Renaissance), assume de dire aux Français qu’il faudra travailler plus. Assurance chômage, taux d’emploi, retraites par capitalisation… Il faut, selon lui, accélérer les réformes.

 

De l’économie de guerre à la guerre sociale !
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1 mars 2025 6 01 /03 /mars /2025 21:08

Pourquoi l’Ukraine est en train de perdre la guerre contre la Russie ? Comment les deux camps pensent et mènent leurs opérations ? Quelles ont été les erreurs de part et d’autre ? Comment l’Occident a contribué à la défaite ukrainienne ?...

 

 

Pour répondre à ces questions et à bien d’autres, Jacques Baud (né le 1er avril 1955 , est un ancien colonel de l'armée suisse, analyste stratégique, spécialiste du renseignement et du terrorisme[1]) s’appuie sur des informations officielles, des documents américains, occidentaux et russes. Il explique la manière dont la Russie comprend et conduit la guerre. Il montre combien l’incapacité des Occidentaux à comprendre cette réalité et leur détermination à affaiblir la Russie s’est retournée contre l’Ukraine. Après les best-sellers Poutine, le maître du jeu ?, Opération Z et Ukraine entre guerre et paix dont le travail d’analyse a été salué dans le monde entier et dont les ouvrages ont été traduits dans plusieurs pays, l’auteur revient sur la guerre en Ukraine. Il expose la manière dont la Russie l’a menée et comment l’image qu’en ont donné les Occidentaux a conduit l’Ukraine vers l’échec.

Jacques Baud revient jour par jour sur la montée des tensions entre la Russie, l’Ukraine et l’Occident…jusqu’au lancement de l’opération de l’armée russe en Ukraine. Ce rappel utile montre que la guerre aurait pu être écourtée dès 2022 ! 

 

 

Sources : Eric Durand 

- Rappel : En Russie, l'invasion du 24 février 2022 est officiellement appelée « opération militaire spéciale ».

L'invasion de l'Ukraine par la Russie est un conflit (une guerre) déclenché le 24 février 2022 par ordre du président russe Vladimir Poutine, à partir de la Russie, de la Biélorussie et des territoires ukrainiens occupés par les Russes[a] depuis la guerre russo-ukrainienne de 2014[b], à savoir la Crimée (annexée par la Russie) et les républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk.

  • L'invasion intervient huit ans après le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne qui suit l'annexion de la Crimée par la Russie[c] ;
  • Ainsi que le début de la guerre du Donbass à partir du printemps 2014[d] ;

ces actions sont nées de l'opposition russe au mouvement Euromaïdan de 2013-2014[e].

 

En 2021, les tensions s'intensifient[f], dégradant fortement les relations entre l'OTAN et la Russie[g], d'abord par le renforcement du dispositif militaire russe à la frontière ukrainienne avec la Russie et la Biélorussie ainsi qu'en Crimée sous occupation russe, 

 

 

- Retour en arrière : Jacques Baud revient jour par jour sur la montée des tensions entre la Russie, l’Ukraine et l’Occident… jusqu’au lancement de l’opération de l’armée russe en Ukraine. Ce rappel utile montre que la guerre aurait pu être écourtée dès 2022 !  

🔴 1er juillet 2021
Le parlement ukrainien a adopté la ” Loi sur les peuples autochtones d'Ukraine[2] . Elle définit quels sont les peuples autochtones de l'Ukraine et les droits dont ils bénéficient. Un député du parti présidentiel, explique: “ après l'adoption de cette loi, les citoyens ukrainiens de nationalité russe n'auront pas les mêmes. " L'Ukraine est ainsi devenue le premier pays à adopter une loi raciale après les lois raciales de Nuremberg des années 1930[3].

🔴 3 février 2021
 Zelensky promulgue un décret interdisant huit médias d'opposition dont trois chaînes de télévision[
4].
 

🔴 24 mars 2021
 Zelensky promulgue un décret pour reconquérir la Crimée, ce qui suppose la neutralisation préalable du Donbass[
5]. Il commence à déployer des troupes et à déplacer des chars vers le sud du pays et le long de la ligne de contact avec les républiques autoproclamées du Donbass. Plusieurs services de renseignements occidentaux relèvent les indices d'une offensive ukrainienne dans le Donbass.


▶️ Simultanément ...

  • L’OTAN lance la série d’exercices " Defender Europe 21 " à proximité de la frontière russe[6]. Les Russes constatent que les vols de reconnaissance de l’OTAN à la frontière ukrainienne et dans la mer Noire se multiplient de manière inquiétante.
  • Cette situation explique les exercices de l’armée russe au printemps 2021. La Russie teste la disponibilité opérationnelle de ses troupes et montre qu’elle suit l’évolution de la situation.

 

🔴 19 janvier 2022

Le Congrès américain adopte la loi prêt-bail 2022 (S.3522 - Ukraine Democracy Defense Lend-Lease Act of 2022 [7]) afin de fournir des armes à l'Ukraine en vue d'une “ agression en cours ”.
 

🔴 11 février 2022
Lors d'une conférence de presse, Biden affirme que la Russie attaquera l'Ukraine le 16 février[
8]. Le tabloïd britannique Sun évoque même une attaque avec 200 000 hommes (le double des effectifs évoqués jusque-là), et précise qu'elle aura lieu à 1h du matin, tandis que d'autres annoncent 3 h du matin !

 

🔴 14 février 2022
Le département d'État américain ferme son ambassade de Kiev[
9], ordonne la destruction des ordinateurs et des moyens de transmissions et déplace son personnel à Lvov, près de la frontière polonaise.
 

🔴 15 février 2022
 Zelensky annonce que le 16 février sera le “ Jour de l’Unité ”[
10], défini par le Times de Londres comme " une nouvelle fête introduite comme une marque de défi contre les troupes russes ”. Il demande à la population de descendre en masse dans les rues le lendemain. Les médias occidentaux se préparent à filmer l'événement.

 

🔴 16 février 2022
Le streaming de Reuters montre une place Maidan désespérément vide, que les internautes prendront vite en dérision. Manifestement, les Ukrainiens ne sont pas pressés de manifester leur unité contre la Russie !

 

Les observateurs de l'OSCE enregistrent une augmentation significative des violations du cessez-le-feu le long de la ligne de contact[11]. Le nombre d'explosions est multiplié par 10 et la carte qu'ils produisent montre qu'elles touchent essentiellement la population civile du Donbass. Pour la Russie, cette intensification brutale des tirs d'artillerie est un indicateur du déclenchement imminent d'une offensive terrestre.

 

🔴 17 février 2022
Les tirs d'artillerie s’intensifient encore et atteignent 20 fois le niveau “ habituel ” le long de la ligne de contacts. Les Occidentaux accusent immédiatement les “ pro-russes ”. Un projectile qui a touché une école maternelle à Stanitsa Louganskaya est qualifié d'attaque “ sous fausse bannière ” par Johnson et Stoltenberg[
12]. L’orientation de l'impact tend à indiquer que le tir viendrait des lignes ukrainiennes.

▶️ L'attribution du tir aux forces autonomistes est d'autant moins crédible que les troupes ukrainiennes empêchent les observateurs de l'OSCE d'accéder au bâtiment, comme ils l'indiquent dans leur rapport journalier.
 

🔴 24 février 2022
 Dans l'allocution où Poutine[
13] explique sa décision d'attaquer l'Ukraine, il a clairement indiqué les deux objectifs de cette opération: la “ démilitarisation ” et la “ dénazification ” de la menace contre la population du Donbass. Il précise que les objectifs de la Russie ne sont pas d’ordre géographique ou territorial.
 

🔴 25 février 2022
Zelensky a signalé son intérêt pour une solution négociée et c’est ce que cherchent les russes[
14]. En revanche, l’UE et les forces néo-nazies au sein de l’appareil de l’Etat tentent d’empêcher toute forme de négociation.
 

🔴 27 février 2022
 L'UE arrive avec un paquet d'armes de 450 millions €[
15pour inciter l'Ukraine à se battre. Avec la “ bénédiction ” des pays de l'ouest, ceux qui sont en faveur d'une négociation sont éliminés !
 

🔴 5 mars 2022
Kireyev, un des négociateurs ukrainiens, assassiné par le service secret ukrainien (SBU)[
16] car jugé trop favorable à la Russie et considéré comme traître.
 

🔴 7 mars 2022
 Alors que les négociations avec l’Ukraine n'ont fait aucun progrès, la Russie ajoute la reconnaissance du retour de la Crimée à la Russie et l'indépendance des deux Républiques du Donbass à sa liste des revendications. Elle précise que sa position pourrait changer si l'Ukraine ne souhaitait pas négocier.


🔴 10 mars 2022
Dmitry Demyanenko, ex-chef adjoint de la direction principale du SBU pour Kiev et sa région, lui aussi jugé trop favorable à un accord avec la Russie, assassiné par des membres du bataillon spécial Mirotvorets (“ Pacificateur ”)[17]. Cette milice est associée au site web Mirotvorets qui publie une liste des “ennemis de l’Ukraine”
 

🔴 20 mars 2022
Le Conseil de Sécurité nationale interdit 11 partis politiques[
18]. Un chef du principal parti d’opposition a été arrêté.
 

🔴 21 mars 2022
 Zelensky fait une offre qui va dans le sens de la Russie
 

🔴 23 mars 2022
Comme en février, l’UE revient deux jours plus tard avec un paquet de 500 millions d'euros pour des achats d'armes[
19]. L'Angleterre et les États-Unis font pression sur Zelensky pour qu'il retire son offre. Les négociations d’Istanbul s'enlisent
 

🔴 27 mars 2022
 Le contenu de la proposition de Zelensky à la Russie est dévoilé. L'Ukraine s'engage à être neutre avec des garanties internationales et à rester exempté d'armes nucléaires, ne pas reprendre les territoires de la Crimée et de Sébastopol par la force. Les régions de Donetsk et de Lougansk sont considérées comme des “zones séparées”, ne pas rejoindre des alliances militaires et renoncer au déploiement de bases et de contingents militaires étrangers, ainsi qu'au déroulement d'exercices militaires sur son territoire sans le consentement d'États garants, y compris la Russie
 

🔴 28 mars 2022
 La Russie est favorable à la proposition de Zelensky. Elle ne s’oppose pas à la volonté de l'Ukraine d’adhérer à l’UE. Après les propositions ukrainiennes, la Russie offre de réduire sa présence autour de Kiev
 

🔴 8 avril 2022
 Borrell, ministre des Affaires étrangères de l’UE, déclare: “500 millions d'euros d'aide supplémentaire de l’UE sont en train d'être débloqués. Cette guerre doit être gagnée sur le champ de bataille”
 

🔴 9 avril 2022
 Lors d'une visite impromptue à Zelensky, Johnson, lui apporte 2 messages: “Il faut faire pression sur Poutine, pas négocier avec lui. Et deuxièmement, si vous êtes prêt à signer des accords de garantie avec lui, nous ne le sommes pas”
 

🔴 24 avril 2022
 Alors qu'aucun progrès n'a été enregistré dans les négociation, les russes adaptent leur objectif. Le ministère de la Défense annonce que le nouvel objectif est de prendre le contrôle de la partie sud de l'Ukraine jusqu'à la Transnistrie
 

🔴 Juillet 2022
 En sus de la liste de Mirotvorets, le gouvernement ukrainien a établi une liste noire d'intervenants internationaux qui “promeuvent des narratifs en accord avec la propagande russe”, où figurent des membres du Congrès américain, des politiciens, des journalistes

 

- Jacques Baud - " Les américains ne veulent pas être face à face avec la Russie "

 

- Jacques Baud - " Les américains voient leur intérêt national dans une lutte contre la Chine "

 

Notes 

[aTerritoire ukrainien temporairement occupé

[bGuerre russo-ukrainienne, elle a commencé en février 2014, à la suite de la révolution ukrainienne de 2014 

[cAnnexion de la Crimée par la Russie en 2014

[dLa guerre du Donbass est une guerre hybride opposant, d'avril 2014 à février 2022, le gouvernement ukrainien à des séparatistes prorusses et à la Russie

[e] Euromaïdan ou Eurorévolution est le nom donné aux manifestations proeuropéennes en Ukraine, ayant débuté le 21 novembre 2013

[fPrélude à l'invasion de l'Ukraine par la Russie

[gRelations entre l'OTAN et la Russie

[1Wikipédia : Jacques Baud a été membre du renseignement stratégique suisse, spécialiste des pays de l’Est et ancien chef de la doctrine des opérations de la paix des Nations Unies. Au sein de l’OTAN, il a participé à des programmes en Ukraine, notamment après la révolution de Maïdan, en 2014 et 2017. En plus de ses ouvrages majeurs sur le conflit en Ukraine, il est l’auteur de plusieurs livres sur le renseignement, la guerre et le terrorisme, dont Gouverner par les fake news, Vaincre le terrorisme djihadiste et L’Affaire Navalny, tous parus aux éditions Max Milo.

[2] Le projet de loi repose sur le cadre complexe de définitions visant à distinguer la notion de peuples autochtones d'Ukraine d'autres catégories
[3] En déposant ce 18 mai un projet de loi1 sur les peuples autochtones d'Ukraine, qui ne prend pas en compte les peuples européens qui ont historiquement constitué l'Ukraine

[4Ukraine: le président Zelensky fait fermer trois chaînes de télévision pro-russes

[5Il faut remonter au 24 mars 2021. Ce jour-là, Volodymyr Zelensky promulgue un décret pour la reconquête de la Crimée et commence à déployer ses forces vers le sud du pays.

[6L'exercice militaire Defender Europe 21 commence

[7La Loi de 2022 sur le prêt-bail pour la défense de l'Ukraine (Ukraine Democracy Defense Lend-Lease Act of 2022) est un programme analogue à celui initialement mis en œuvre par les États-Unis, en mars 1941

[8Les États-Unis ont affirmé vendredi que la Russie pourrait envahir l'Ukraine avant la fin des Jeux olympiques de Pékin prévue le 20 février

[914 février 2022 : les Etats-Unis déplacent leur ambassade et exhortent leurs ressortissants à quitter le pays

[1016 février : la deuxième journée de l’unité en Ukraine

[11L'OSCE a fait état de 222 violations du cessez-le-feu jeudi sur la ligne de front dans la région de Donetsk

[12Dans l’est de l’Ukraine, les séparatistes russes et Kiev s’accusent mutuellement de bombardements

[13Discours du Président de la Fédération de Russie - 24 février 2022

[14] Les négociations de paix entre la Russie et l'Ukraine débutent le 27 février 2022 immédiatement après le déclenchement du conflit

[15] Guerre en Ukraine : l'UE débloque 450 millions d'euros pour fournir des armes à Kiev

[16Le Service de sécurité ukrainien (SBU) abattu Denís Kiréyev, membre de la délégation de négociation ukrainienne

[17Le même sort est réservé à Dmitry Demyanenko, ex-chef adjoint de la direction principale du SBU pour Kiev et sa région, assassiné le 10 mars

[18Le président ukrainien a annoncé la suspension de onze partis politiques ukrainiens

[19L'Union européenne débloque 500 millions d'euros pour développer son industrie de défense et aider l'Ukraine face à l'invasion russe

 

 

Pour en savoir plus :

- Opération Z :  Après le best-seller " Poutine : maître du jeu ? ", dont le travail d’analyse a été salué dans le monde entier, Jacques Baud revient dans ce livre " Opération Z " sur les causes profondes de la guerre en Ukraine et les raisons qui ont poussé Vladimir Poutine à intervenir le 24 février 2022.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie est un conflit déclenché le 24 février 2022 par ordre du président russe Vladimir Poutine, à partir de la Russie

- Jean-Luc Mélenchon : La fin du mythe du gentil Nord-Américain

 

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30 janvier 2025 4 30 /01 /janvier /2025 21:25
2025 : L’Avenir en commun réactualisé... nous sommes prêt·es à gouverner !

« L’Avenir en commun » est « le programme d’une nouvelle France : celle du peuple éliminé de tout pouvoir aujourd’hui, et celle qui peut naître à partir de ses exigences », écrivent Jean-Luc Mélenchon, Clémence Guetté et Hadrien Clouet[1

C’est une étape qui marque le début de la campagne présidentielle pour nous […] nous voulons montrer que nous sommes prêts », déclare Jean-Luc Mélenchon devant la presse[0        

 

 

Dans une ambiance studieuse, le mardi 28 janvier 2025, les insoumis ont franchi une étape centrale dans la vie de leur mouvement et leur préparation des futures échéances électorales. Le programme actualisé « L’Avenir en commun », édition 2025, a été présenté publiquement en conférence de presse au siège de LFI. « L’affirmation d’un sérieux » a introduit Jean-Luc Mélenchon, rappelant le caractère unique du programme insoumis « sans équivalent » dans le pays et validé par plus de 7 millions d’électeurs aux élections présidentielles. Un socle et une matrice puissants, capables d’unir des personnes de toutes convictions anticapitalistes.   

 

 

Sources : La France insoumise | mis à jour le 18/02/2025

- « L’Avenir en commun », le programme de LFI, présente 831 mesures pour une « nouvelle France »
« L’Avenir en commun » prend sa source dans le programme de Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle de 2012, « L’ère du peuple ».

  • En 2017, complété et solidifié, il devient « L’Avenir en commun », qui sera également le programme de LFI pour la présidentielle de 2022.
  • Sur sa base, furent rédigés les programmes de la NUPES et du Nouveau Front Populaire pour les élections législatives de 2022 et 2024.

 

🔴 La source de ce programme ? La société elle-même. Associations, syndicats, collectifs, scientifiques… Ils sont nombreux à avoir contribué à la rédaction de « L’Avenir en commun ». 

 

Le travail sur la version actualisée du programme a commencé il y a tout juste un an : 143 mesures ont été ajoutées et 120 précisées.

 

 

- Présentation du programme L'Avenir en commun - édition 2025
Revivez la présentation du programme actualisé " L'Avenir en commun ", le 28 janvier 2025, avec Jean-Luc Mélenchon, Clémence Guetté, Manuel Bompard, Mathilde Panot, Eric Coquerel, Aurélie Trouvé et Hadrien Clouet          

     

- Table des matières de « L’Avenir en commun » :  CLIQUEZ sur chaque image pour en savoir plus !  👇

 

Introduction programme la France insoumise 2025

 

programme la France insoumise 2025 Faire la révolution citoyenne

 

programme la France insoumise 2025 L’harmonie des êtres humains entre eux

 

programme la France insoumise 2025 L’harmonie des êtres humains avec la nature

 

programme la France insoumise 2025 Ordonner le monde

 

🔴  Pour en savoir plus autour du programme

 

▶️ Cliquez pour savoir " Comment a été conçu le programme "

 

▶️ Cliquez pour accéder aux Réponses aux associations et collectifs "

 

▶️ Cliquez pour accéder au Simulateur d’impôt "

 

▶️ Cliquez pour accéder au " Simulateur d’héritage "

 

▶️ Cliquez pour accéder aux " Adaptations "

 

▶️ Cliquez pour accéder au " Chiffrage du programme "

 

 

🔴  CLIQUEZ sur l'image pour  👇 accéder à l'intégralité du dossier programme

 

Programme La France insoumise 2025
Programme La France insoumise 2025

 

🔴  CLIQUEZ ICI pour télécharger le programme

 

 

- Clémence Guetté face aux streameur·ses ! - Émission Spéciale Programme

Nous sommes prêts ! Clémence Guetté Vice-présidente de l'Assemblée nationale et députée LFI-NFP face aux streameur·ses. Échange autour du projet politique insoumis avec Wissam, Cassandre, Mouffette, Travata et Jonathan Ruff-Zahn Cofondateur de Tsedek.

 

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24 janvier 2025 5 24 /01 /janvier /2025 23:49
Les 46 décrets du premier jour de Trump passés au crible

Depuis son entrée en fonction le 20 janvier dernier, le président américain, Donald Trump, multiplie les décrets sur une foule de sujets : immigration, justice, économie, identité de genre, environnement. 

 

 

Pour « rendre l’Amérique grande à nouveau », Donald Trump avait annoncé « un déluge » de décrets présidentiels dès le premier jour de sa présidence. De fait, ce 20 janvier, il a paraphé à tour de bras des dizaines d’« ordres exécutifs », de « proclamations » et de « memoranda ». Des mesures chocs, de nature juridique parfois légèrement différentes (et qui pourraient, pour certaines, être rapidement contestées), qui concrétisent la politique du nouvel homme fort des Etats-Unis, en donnant le ton d’un mandat placé sous le signe de la rupture radicale. 

 

 

Sources : Eric Durand |  mis à jour le 05/04/2025

- Quelle est la portée de ces décrets et comment vont-ils façonner la vie politique aux États-Unis ?
Un décret est « une extension du pouvoir exécutif du président », explique Christophe Cloutier-Roy, directeur adjoint de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand. « Dans sa définition la plus simple, un décret, c’est une consigne que donne le président à tout ce qui relève du pouvoir exécutif : fonctionnaires, militaires, bref tout ce qui relève du gouvernement fédéral. »

 

Les décrets présidentiels n’ont pas force de loi. Ils peuvent être soumis au jugement des tribunaux et infirmés s’ils ne respectent par les principes de la Constitution américaine. Mais ils sont très utiles pour agir rapidement et de façon très précise sur certaines questions.

 

« Les décrets sont bons pour obtenir des gains à brève échéance, estime M. Cloutier-Roy. Et c’est certainement bon pour Donald Trump, en début de mandat, de montrer à ses partisans qu’il est actif, qu’il remplit ses promesses et qu’il est mesure de faire avancer son programme. Beaucoup plus que de passer par le Congrès, où le processus légal est complexe, long et très incertain. »

 

Les décrets ont toujours fait partie de l’arsenal présidentiel. Là où le gouvernement Trump se démarque, c’est par le nombre et la teneur des décrets adoptés en tout début de mandat.

 

« La plupart des présidents qui entrent en poste avec leur parti au pouvoir au Congrès [comme c’est le cas pour Trump] sont plus économes dans l’utilisation du décret présidentiel », soutient Christophe  Cloutier-Roy, qui souligne la forte empreinte partisane qui marque les dizaines de décrets adoptés jusqu’à maintenant. « Ce sont des décrets fortement teintés politiquement aussi, ce n’est pas la liste d’épicerie d’un président qui entre en fonction. Déclarer l’état d’urgence à la frontière, remettre en question la citoyenneté américaine, ce sont des signaux forts qu’on envoie à la base partisane. »

 

 

- Voici, par ordre chronologique de signature, l’ensemble des textes signés au « day one » du second mandat de Donald Trump.

🔴 Nominations et drapeaux au vent
Le ballet des signatures a commencé à 13 h 15, dans une salle du Capitole, avec cinq textes, consistant :

  • pour les quatre premiers – à désigner les membres du nouveau cabinet présidentiel, les responsables des sous-cabinets ou des présidents de commission.
  • Le cinquième texte est une proclamation en vertu de laquelle les drapeaux hissés le jour d’une investiture doivent flotter au vent.

Joe Biden avait en effet ordonné que les drapeaux soient en berne durant tout un mois, suite à la mort de l’ancien président Jimmy Carter, le 29 décembre. Or, Trump ne souhaitait pas que sa présidence débute avec des drapeaux en berne.

 

🔴 Annulation de 78 décrets de l’ère Biden
Trump avait assuré en novembre « pouvoir défaire presque tout ce que Joe Biden a fait, par le biais d’un décret ».

De fait, le tout premier décret signé par le nouveau président devant la foule annule en bloc 78 décrets pris par son prédécesseur[0]. Parmi les textes retoqués :

  • la priorité à l’équité raciale dans l’élaboration des politiques du gouvernement fédéral ;
  • l’existence d’une « task force » chargée de réunir les familles séparées à la frontière du Mexique ;
  • la reconstruction du programme d’accueil des réfugiés ;
  • la prévention et la lutte contre la discrimination fondée sur l’identité de genre ou l’orientation sexuelle ;
  • la lutte contre la crise climatique dans le pays et à l’étranger ;
  • l’égalité pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queers et intersexuées.
  • Trump a également annulé la décision de Biden de retirer Cuba de la liste des Etats soutenant le terrorisme, réduisant à néant l’une des dernières mesures de politique étrangère du président démocrate.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Restauration de la liberté d’expression »
Le décret portant sur « la restauration de la liberté d’expression et la fin de la censure fédérale » interdit l’utilisation de fonds fédéraux pour toute action « visant à restreindre la liberté d’expression des citoyens américains »
[1]. Le texte impose au procureur général des Etats-Unis (en charge du département de la Justice) d’enquêter sur les éventuelles entorses du gouvernement Biden aux principes de la liberté d’expression, notamment les « pressions » qui auraient pu être exercées sur les plateformes de réseaux sociaux pour lutter contre la désinformation.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Fin de la militarisation du gouvernement fédéral »
Selon Trump, « le peuple américain a vu l’administration précédente s’engager dans une campagne systématique » contre « ses opposants politiques », notamment au travers de la poursuite « impitoyable de plus de 1 500 personnes » impliquées dans l’assaut sur le Capitole le 6 janvier 2021.
Dès lors, le nouveau président souhaite « examiner les activités de tous les départements et agences exerçant des pouvoirs d’exécution civils ou pénaux » et leur conduite sur les quatre dernières années. Des rapports d’enquête seront commandés et des « mesures correctives » prises.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Fin du télétravail dans l’administration fédérale »
Le décret met fin aux mesures de télétravail instaurées dans l’administration durant la pandémie de Covid. Le travail des employés fédéraux doit désormais être réalisé en présentiel[2].

 

🔴 20 janvier 2025 : « Gel des dispositions transmises au registre fédéral »
Donald Trump ordonne à tous les départements et toutes les agences :

  • de ne pas proposer ou publier de nouvelles dispositions, jusqu’à ce qu’un chef de département ou d’agence nouvellement désigné par lui-même n’ait examiné et approuvé le texte en question.
  • le retrait immédiat de tous les textes qui ont été envoyés au registre fédéral (en charge de la publication officielle des lois fédérales et des décrets) mais non encore publiés, afin qu’ils puissent être réexaminés et approuvés.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Gel des embauches de fonctionnaires »

Le onzième texte proclame un gel des embauches à des postes de fonctionnaires en lien avec la branche exécutive. Aucun poste civil vacant ne peut être pourvu, et aucun nouveau poste créé[3]. Seules exceptions prévues :

  • le personnel militaire,
  • les postes liés à l’application des lois sur l’immigration, en lien avec la sécurité nationale ou la sécurité publique,
  • et les postes liés aux prestations de sécurité sociale, aux assurances santé ou à l’aide aux anciens combattants.

L’administration doit présenter, sous quatre-vingt-dix jours, un plan de réduction des effectifs du gouvernement fédéral, suite à quoi ce gel des embauches sera caduc, excepté pour l’Internal Revenue Service (IRS, l’agence qui collecte notamment l’impôt sur le revenu).

 

🔴 20 janvier 2025 : « Logement, emploi, et coût des appareils électroménagers »
Le douzième texte porte sur la « crise du coût de la vie ». Donald Trump y ordonne aux responsables de tous les départements et toutes les agences de :

  • réduire le coût du logement et augmenter l’offre ,
  • d’éliminer les exigences contre-productives qui augmentent les coûts des appareils électroménagers,
  • de « créer des opportunités d’emploi pour les travailleurs américains »,
  • ou encore d’« éliminer les politiques climatiques nuisibles et coercitives qui augmentent les coûts des denrées alimentaires et des carburants ».

 

🔴 20 janvier 2025 « Retrait des Etats-Unis des accords de Paris sur le climat »

Le treizième texte acte le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris de 2015 sur le climat, avec effet immédiat[4].

  • Les agences fédérales doivent ainsi cesser tout engagement financier lié à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
  • Le décret révoque également le Plan international de financement climatique jusqu’alors en vigueur.
  • Enfin, il ordonne aux agences fédérales responsables d’accords internationaux sur l’énergie de donner « dorénavant la priorité à l’efficacité économique, à la promotion de la prospérité américaine, au choix du consommateur et à la modération fiscale ».

 

🔴 20 janvier 2025 : « Grâce accordée aux assaillants du Capitole »
Comme annoncé de longue date, Donald Trump a gracié plus de 1 500 personnes condamnées pour leur participation à l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, les qualifiant à nouveau d’« otages »
[5]. Il a ainsi commué les peines de 14 membres des milices Proud Boys et Oath Keepers, dont la plupart avaient été condamnés pour conspiration. Trump a également demandé au ministère de la Justice de rejeter « tous les actes d’accusation en cours » subsistant à l’encontre des personnes inculpées le 6 janvier.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Suspension du bannissement de TikTok »
Ce décret suspend le texte relatif aux « applications contrôlées par des adversaires étrangers » qui, depuis la veille, interdisait l’accès à l’application TikTok aux Etats-Unis[6]. Trump demande au procureur général de ne pas appliquer les dispositions de la loi pendant soixante-quinze jours, le temps qu’un accord d’achat soit conclu.

🔴 20 janvier 2025 : « Retrait des Etats-Unis de l’Organisation mondiale de la santé »
Par ce seizième décret, Trump retire les Etats-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)[7]. Il liste une série de raisons, comme la « mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19 » par l’OMS, des « paiements injustement onéreux » réclamés aux Etats-Unis ou encore le fait que la Chine paye moins que Washington. Le nouveau président républicain s’en était déjà pris à l’organisme dépendant des Nations unies en 2020, lors de la pandémie de Covid, et avait alors menacé de lui retirer son financement. Une mesure ensuite bloquée par Joe Biden.

 

Restauration d’une catégorie spéciale pour les fonctionnaires en lien avec l’exécutif. Le décret suivant rétablit un ordre exécutif de 2020, annulé par Biden en 2021. Il instaure une catégorie spécifique aux postes de la fonction publique liés à l’exécutif. Les fonctionnaires qui ont cette classification peuvent être plus facilement embauchés, mais aussi révoqués.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Responsabilité des anciens fonctionnaires en lien avec « l’ingérence électorale » et la « divulgation d’informations sensibles »
Par ce décret, Trump annule toutes les autorisations en matière de sécurité encore détenues par 51 anciens responsables des services de renseignement
[8] qui ont signé une lettre au cours de la campagne électorale de 2020 suggérant que les agents républicains ayant récupéré l’ordinateur de Hunter Biden faisaient « partie d’une campagne de désinformation russe ».

 

Le décret s’en prend également à un ennemi de longue date de Trump, John R. Bolton, son ancien conseiller à la sécurité nationale maintenant très critique à son égard. Donald Trump le prive de toute habilitation de sécurité. Ce 20 janvier, Biden avait prononcé une série de grâces anticipées en faveur de plusieurs élus et fonctionnaires, menacés par les représailles du 47e président des Etats-Unis.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Déclaration de l’urgence nationale à la frontière sud des Etats-Unis »
Le 19e texte signé par Trump proclame l’urgence nationale à la frontière entre le Etats-Unis et le Mexique, et y autorise le déploiement de forces armées (garde nationale comprise) pour soutenir les actions de sécurité intérieure[9]

  • Les barrières physiques doivent être renforcées, et les restrictions d’usages de drones dans les 8 kilomètres autour de la frontière y être levées aussitôt que possible.
  • Le secrétaire à la Défense et le secrétaire à la Sécurité intérieure doivent, en outre, prendre « toutes les mesures appropriées » pour empêcher l’entrée physique non autorisée d’étrangers.

Habilitations de sécurité pour le personnel du bureau exécutif du Président. Le 20e texte signé par le nouveau président entend résoudre ce qu’il définit comme un « retard inacceptable » de l’administration Biden concernant le « traitement des habilitations de sécurité des personnes recrutées pour travailler au sein du bureau exécutif du Président ». Donald Trump fournit ainsi une liste de personnes auxquelles il donne accès immédiatement aux informations « top secret ».

 

🔴 20 janvier 2025 : « L’Amérique d’abord »
Ce texte vise à « placer les intérêts des travailleurs et des entreprises des Etats-Unis au premier plan »[10]. Le secrétaire au Commerce et le secrétaire au Trésor doivent enquêter sur « les causes des déficits commerciaux persistants » des Etats-Unis et proposer des mesures correctives, telles qu’une révision des droits de douane. Si les pourcentages ne sont pas précisés, le candidat Trump a plusieurs fois évoqué les chiffres de 25 % pour les importations en provenance du Mexique et du Canada, et « jusqu’à 60 %» pour les produits chinois. Les « pratiques commerciales déloyales » des autres pays doivent être recensées, en vue là encore d’adopter des « mesures correctives ».

 

Le même texte ordonne en outre « l’examen de faisabilité » d’une autre annonce récente du candidat : la création de « l’External Revenue Service » (ERS), nouvelle agence chargée de collecter les revenus provenant de sources étrangères. Par ailleurs, les dispositions de l’Accord Etats-Unis-Mexique-Canada (USMCA), qui doit entrer en vigueur en 2026, doivent être réexaminées.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Le rôle de l’armée « clarifié »
Ce décret vise à « clarifier » le rôle de l’armée dans la protection de l’intégrité territoriale des Etats-Unis, en ajoutant que « la politique des Etats-Unis est de s’assurer que les forces armées des Etats-Unis donnent la priorité à la protection de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats-Unis le long de nos frontières nationales »[11]. Entendre : « sceller les frontières » et « repousser les formes d’invasions, y compris les migrations massives illégales » en employant « toutes les options disponibles ».

 

🔴 20 janvier 2025 : « Libérer l’énergie américaine »
Ce décret concrétise plusieurs promesses de campagne liées à la politique énergétique étasunienne, en abrogeant notamment de nombreux textes favorisant les énergies renouvelables[12]. Il annule ainsi, comme annoncé plusieurs fois au cours de la campagne électorale, le « mandat relatif aux véhicules électriques », une réglementation de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) impulsée par Biden limitant la pollution liée aux gaz d’échappement. Plus généralement, il met fin au « Green New Deal » étasunien – l’importante politique d’investissement pour la transition écologique initiée par Biden.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Suspension d’un programme d’admission des réfugiés »
Trump a signé un décret suspendant le programme américain d’admission des réfugiés (USRAP)[13], disposant que « les Etats-Unis n’ont pas la capacité d’absorber un grand nombre de migrants, et en particulier de réfugiés, dans leurs communautés d’une manière qui ne compromette pas la disponibilité des ressources pour les Américains ». Le décret suspend la réinstallation des réfugiés à partir du lundi 27 janvier. Il ordonne aux hauts responsables du ministère de la Sécurité intérieure et du département d’Etat de lui remettre un rapport tous les quatre-vingt-dix jours afin de lui permettre d’évaluer si le programme de réfugiés « est dans l’intérêt des Etats-Unis ».

 

🔴 20 janvier 2025 : Protection « du sens et de la valeur » de la citoyenneté américaine

▶️ Cet « executive order » vise à préciser les conditions du « droit du sol » définies par la Constitution[14]. Selon l’interprétation poussée par ce décret, la citoyenneté américaine ne peut pas être automatiquement accordée aux personnes nées aux Etats-Unis si leur mère était présente illégalement, si leur présence était temporaire au moment de la naissance, ou si le père n’était pas citoyen américain (ou résident permanent de manière légale). A noter que la contestation d’un tel décret devant les tribunaux est inévitable, du fait de sa contradiction présumée avec la Constitution. Le 23 janvier, un juge fédéral a suspendu temporairement le décret, le qualifiant de « manifestement inconstitutionnel[14bis] ».

 

▶️ Renforcement des frontières Dans le monde de Trump, « une nation sans frontières n’est pas une nation », comme le souligne un autre de ses décrets relatif à la sécurité aux frontières[15]. « Toutes les mesures appropriées » doivent alors être prises pour déployer et construire « des barrières physiques temporaires et permanentes le long de la frontière sud des Etats-Unis », et déployer un nombre de personnels suffisant.

 

Trump met également fin à la politique dite « catch and release » (attraper et relâcher), qui consiste à libérer les personnes sans statut légal en attendant qu’elles soient entendues par un tribunal de l’immigration. Ce texte prévoit également de rétablir la politique « Rester au Mexique », qui oblige certains demandeurs d’asile à la frontière sud à attendre au Mexique leur audience devant le tribunal américain de l’immigration.

 

▶️ « Les gens avant les poissons » Avec sa formule « à la Trump », le texte vise à reprendre les travaux lancés sous son premier mandat pour – supposément – permettre « à d’énormes quantités d’eau issue de la fonte des neiges et à de l’eau de pluie » de ruisseler vers le sud de la Californie[16]. Selon le nouveau président, l’impossibilité de maîtriser les incendies dans la région de Los Angeles serait liée au fait que de l’eau douce a été acheminée vers l’océan pour garantir la sauvegarde de plusieurs espèces de poissons. Un narratif vivement contesté par de nombreux experts.

 

▶️ Rétablissement de la peine de mort au niveau fédéral[17]. A travers ce nouvel executive order, Donald Trump veut rétablir l’application de la peine de mort au niveau fédéral, devenue rarissime, en chargeant le procureur général de « poursuivre l’application de la peine de mort pour tous les crimes dont la gravité exige son application ».

 

Le décret prévoit aussi l’application de la peine de mort dans tous les cas où une personne est reconnue coupable du meurtre d’un agent des forces de l’ordre et pour tous les crimes capitaux commis par des immigrés sans statut légal.

 

▶️ Directive relative à l’architecture des bâtiments civils[18]. Trump demande que lui soient soumises, sous deux mois, « des recommandations » quant aux politiques qui permettraient « que les bâtiments publics fédéraux soient visuellement identifiables » comme tels, dans le respect « du patrimoine architectural régional, traditionnel et classique », afin « d’améliorer et d’embellir les espaces publics et d’ennoblir les Etats-Unis ».

 

▶️ Licenciement facilité des cadres du Senior Executive Service (SES)[19]. Dans ce texte, Donald Trump s’en prend une nouvelle fois à la bureaucratie, et notamment aux « cadres supérieurs » du Senior Executive Service (SES), des fonctionnaires occupant des postes clés, juste en dessous des personnes nommées par le Président. Trump énonce que ces postes doivent pouvoir être attribués « selon le bon vouloir du Président ». Le licenciement des titulaires de ces postes est, par là même, facilité.

 

▶️ « Urgence énergétique nationale »[20]. Cet « executive order » donne mandat à plusieurs agences fédérales de faciliter l’identification, la location, l’installation, la production, le transport, le raffinage et la génération de ressources énergétiques permettant de satisfaire les besoins de tous les secteurs, des transports à l’agriculture en passant par la défense. Un prélude à l’octroi de nombreuses futures autorisations d’exploitation gazière ou pétrolière.

 

▶️ Gel de l’éolien en mer Le président Trump a ordonné au département du Trésor de geler les nouveaux baux éoliens « offshore » sur le plateau continental extérieur, ces terres submergées qui se trouvent au large des limites des eaux de l’Etat[21]. Le décret supprime l’ensemble des nouvelles concessions ou celles renouvelées pour l’éolien en mer, mais n’affecte pas les concessions existantes ni les concessions sur le plateau continental pour l’exploitation du pétrole et du gaz.

 

Trump charge également le ministère de l’Intérieur de mener un examen des incidences environnementales de cette source d’énergie.

 

▶️ Réévaluation de l’aide étrangère[22]. Le décret suspend pour quatre-vingt-dix jours les programmes d’aide au développement, afin d’évaluer leur efficacité et leur adéquation avec la politique étrangère des Etats-Unis.

 

▶️ Réorganisation du Conseil national de sécurité[23]. Afin de « relever les défis de la sécurité nationale » et refonder le « système d’élaboration, de prise de décision, de mise en œuvre et de suivi de la politique de sécurité nationale », Trump indique que le Conseil de sécurité nationale (National Security Council, ou NSC) devra être dédié à faire appliquer son agenda et être aligné avec ses mesures.

 

Ce texte prévaut sur toute ordonnance ou directive antérieure concernant cet organisme. Le conseiller à la Sécurité nationale, Mike Waltz, avait par ailleurs publiquement signalé ces derniers jours son intention de se débarrasser de toutes les personnes nommées pour des raisons non politiques, pour s’assurer que le conseil soit composé de ceux qui soutiennent le mieux l’agenda de Trump.

 

▶️ Position sur l’accord fiscal international de l’OCDE[24]. Le texte affirme que les dispositions de l’accord fiscal de l’OCDE, qui oblige notamment les Etats à taxer les bénéfices des entreprises à 15 % minimum, n’ont pas été acceptées au niveau du Congrès, et n’engagent donc pas les Etats-Unis.

 

▶️ Lutte contre « l’invasion »[25]. Ce décret ordonne aux agences fédérales d’utiliser « tous les moyens légaux pour assurer l’exécution fidèle des lois sur l’immigration des Etats-Unis contre tous les étrangers inadmissibles et expulsables ». Trump révoque par ailleurs plusieurs décrets pris par Joe Biden, notamment celui fournissant « un traitement sûr et ordonné des demandeurs d’asile à la frontière des Etats-Unis », ou celui établissant un « groupe de travail pour la réunification des familles ».

 

Le texte indique aussi que « toutes les ressources légalement disponibles » doivent être allouées pour « construire, exploiter, contrôler ou utiliser des installations pour détenir des étrangers amovibles ». En cas de manquement ou retard d’un pays étranger dans le cadre d’un rapatriement, Donald Trump n’exclut pas « l’émission de sanction ».

 

▶️ « Libérer le potentiel extraordinaire des ressources de l’Alaska »[26]. Cet " executive order " lève diverses restrictions qui limitaient l’exploitation du pétrole et du gaz dans différentes zones de l’Alaska. Il restaure différents baux d’exploitation dans le refuge faunique national de l’Arctique suspendus par l’administration Biden. Les dispositions du texte visent également à favoriser la production de gaz naturel liquéfié en Alaska.

 

▶️ L’octroi de visas en question[27]. Ce décret dispose que tous « les étrangers qui ont l’intention d’être admis, d’entrer ou qui se trouvent déjà à l’intérieur des Etats-Unis » seront « contrôlés et filtrés au maximum ». Trump veut également « évaluer tous les programmes de visas pour s’assurer qu’ils ne sont pas utilisés par des Etats étrangers ou d’autres acteurs hostiles pour nuire à la sécurité, à l’économie, à la politique, à la culture ou à d’autres intérêts nationaux des Etats-Unis ». Des « suspensions partielles ou totales de l’admission » de ressortissants sont notamment évoquées dans le décret, si les « informations relatives à l’examen et au filtrage [fournies par leur pays] sont insuffisantes ».

 

▶️ Une politique étrangère organisée autour de « l’Amérique d’abord »[28]. Trump demande au secrétaire d’Etat de publier « dès que possible » des orientations « visant à aligner les politiques, les programmes, le personnel et les opérations du département d’Etat sur une politique étrangère qui place l’Amérique et ses intérêts au premier plan ».

 

▶️ Le « Doge » d’Elon Musk[29]. Selon ce décret, le service numérique des Etats-Unis est rebaptisé Service Doge des Etats-Unis (USDS) et sera établi au sein du bureau exécutif du Président. Ce département de l’efficacité gouvernementale (Department of Government Efficiency) sera dirigé par Elon Musk, PDG de Tesla. Le décret précise que l’objectif du groupe est de « moderniser la technologie et les logiciels fédéraux » afin de faire des économies. Elon Musk a évoqué « jusqu’à 2 000 milliards de dollars » d’économie. Des syndicats d’employés du gouvernement, des groupes de surveillance et des organisations d’intérêt public ont déposé des recours dans les minutes qui ont suivi la signature de ce texte, alléguant que le Doge enfreint une loi de 1972 qui régit les comités consultatifs fédéraux.

 

▶️ Lois anti-trans[25]. Ce décret établit que le gouvernement fédéral reconnaît uniquement deux sexes, masculin et féminin, définis de manière définitive à la conception. L’ensemble des agences fédérales doivent désormais mener leurs politiques en fonction de ces définitions restrictives. Par ailleurs, les prisons, centres de détention et refuges « pour femmes » administrés au niveau fédéral, doivent être réservés aux personnes de sexe féminin, selon le cadre posé par le décret. Ce dernier interdit en outre le financement de transition de genre sur fonds fédéraux.

 

▶️ Fin des programmes de diversité et d’inclusion mis en place par Biden[30]. Dans ce texte, Donald Trump s’attaque aux programmes de « diversité, équité et inclusion » (DEI) mis en place sous l’administration Biden, qu’il considère comme un « gaspillage public et une discrimination honteuse ». Il met fin à tous ces programmes, y compris les mandats, politiques, programmes, préférences et activités de « diversité, équité, inclusion et accessibilité » au sein du gouvernement fédéral, citant à titre d’exemple les programmes de justice environnementale du ministère de l’Agriculture, ainsi que la formation à la diversité.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Réforme du processus de recrutement fédéral »
Ce décret énonce en préambule que le recrutement au niveau fédéral ne devrait pas « être basé sur des facteurs inadmissibles », tels que des quotas favorisant la représentation raciale ou la parité. Trump ordonne la préparation, sous cent vingt jours, d’un programme de recrutement fédéral qui doit donner la priorité « à des personnes qui s’engagent à améliorer l’efficacité du gouvernement fédéral, qui sont passionnées par les idéaux de notre République américaine et qui s’engagent à faire respecter l’Etat de droit et la Constitution des Etats-Unis ».

 

🔴 20 janvier 2025 : Des cartels et gangs désignés comme « terroristes »[31]
Ce que Trump a annoncé dans son discours d’inauguration se matérialise dès le 20 janvier en décret : le Président définit les cartels de la drogue comme des organisations terroristes étrangères, afin d’accélérer l’expulsion des membres de groupes tels que Tren de Aragua, une organisation criminelle transnationale du Venezuela, ou encore du gang salvadorien MS-13. Selon Trump, ces cartels « opèrent à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des Etats-Unis » et « présentent une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des Etats-Unis ».

 

🔴 20 janvier 2025 : Restaurer des noms qui « honorent la grandeur de l’Amérique »[32]
Donald Trump veut rebaptiser, dans les trente jours, le golfe du Mexique et le mont Denali situé en Alaska. La mer qui borde le sud-est des Etats-Unis sera renommée « golfe d’Amérique » tandis que le mont Denali, le plus haut sommet d’Amérique du Nord, redeviendra le mont McKinley, nom qu’il portait avant que Barack Obama ne le change en 2015 pour refléter les traditions des Amérindiens de l’Alaska ainsi que la préférence de nombreux résidents de l’Alaska. Le changement de nom de ces deux éléments naturels « apporte du bon sens au gouvernement et renouvelle les piliers de la civilisation américaine », indique le décret. Toutefois, si changer le nom du mont Denali, qui se trouve entièrement sur le sol américain, semble possible, rebaptiser le golfe du Mexique – zone considérée comme relevant des eaux internationales – pourrait se heurter à quelques écueils.

 

🔴 20 janvier 2025 : Garantir la protection des Etats contre « l’invasion »[33]
Dans le 46e et dernier texte signé par Trump le 20 janvier et publié sur le site de la Maison Blanche, le Président rappelle l’article 4 de la Constitution, qui dispose que le gouvernement fédéral doit « protéger chacun [des Etats] contre l’invasion ». Mais il souligne que le gouvernement a échoué à cette mission, car une « invasion est en cours à travers la frontière sud des Etats-Unis ». Le 47e président suspend donc l’entrée physique des étrangers « impliqués dans une invasion aux Etats-Unis à travers la frontière sud », le tout jusqu’à ce que le Président décrète que « l’invasion a pris fin ».

 

 

🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 

 

 

- De la Chine à Gaza, comment Trump met le monde en danger de guerre totale ?
Quelles sont les plans et les motivations de Donald Trump ? Comment sa stratégie de prédation menace-t-il le monde d'une guerre totale ? Quelles menaces font peser les GAFAM sur la souveraineté numérique de la France ? Pourquoi la France renonce-t-elle au non-alignement pour préférer le suivisme atlantiste ?

 

 

Notes :

[0Le président Donald Trump a annulé 78 décrets de Joe Biden

[1États-Unis : la vision de Donald Trump sur la “ liberté d'expression ” se fait au détriment de la liberté de la presse

[2] États-Unis : Donald Trump signe un décret pour interdire le télétravail aux fonctionnaires fédéraux

[3Donald Trump gèle les embauches de fonctionnaires fédéraux

[4Les Etats-Unis se retirent de l'accord de Paris, un coup dur pour la politique climatique internationale

[5Trump accorde sa grâce présidentielle à plus de 1 500 assaillants du Capitole, une «insulte» à la justice pour Pelosi

[6TikTok obtient de Donald Trump soixante-quinze jours de sursis aux Etats-Unis

[7] " L'OMS nous a escroqués ": Donald Trump signe un décret pour sortir les États-Unis de l'agence de l'ONU

[8Trump suspend les autorisations de 50 anciens responsables du renseignement suite à une lettre de Hunter Biden

[9Immigration : Trump accentue son offensive à la frontière mexicaine avec l'aide de l'armée

[10Trump prépare un plan de guerre économique mondiale

[11États-Unis : Donald Trump s’attaque au droit du sol et à la diversité

[12Donald Trump décrète « l’urgence énergétique » et enterre de nouveau la lutte contre le dérèglement climatique pour « forer, forer »

[13] Trump suspend l’entrée de réfugiés aux États-Unis

[14En remettant en cause le droit du sol, Trump déstabilise l’identité américaine

[14bisLe 23 janvier, un juge fédéral a suspendu temporairement le décret, le qualifiant de « manifestement inconstitutionnel »

[15État d’urgence à la frontière, droit du sol : Trump lance sa vaste offensive anti-immigration

[16Aux Etats-Unis, l'administration Trump rétrograde la loi sur l'eau

[17Investiture de Donald Trump - Donald Trump signe un décret pour élargir l'application de la peine de mort

[18Aux États-Unis, Donald Trump impose par décret une architecture « traditionnelle et classique »

[19Limogeage de hauts responsables américains : le jeu de massacre de Trump

[20L'état d'urgence énergétique de Trump a des conséquences jusqu'en Europe

[21Le couperet tombe sur l'éolien en mer américain

[22] Mise en œuvre du décret présidentiel sur la réévaluation et la réorientation de l’aide extérieure des États-Unis

[23Trump a lancé une réorganisation du Conseil de sécurité nationale

[24Trump retire les États-Unis de l'accord mondial sur la taxation minimale des multinationales

[25États-Unis : Donald Trump signe une série de décrets anti-droits

[26Trump et l’énergie : une politique au service des industries fossiles

[27États-Unis : Donald Trump lance son offensive anti-migrants

[28« Je vais faire passer l’Amérique en priorité »

[29Donald Trump signe l’ordre exécutif créant le DOGE : son site arbore le logo de Dogecoin !

[30Les programmes de diversité, équité et inclusion (DEI) sont dans la ligne de mire de l’administration Trump. Un décret y a mis fin dans toutes les sphères du gouvernement fédéral.

[31Des cartels et gangs désignés comme « terroristes »

[32Après le Golfe du Mexique, Donald Trump relance la controverse avec le mont Denali

[33États-Unis. Trump fonde sa politique migratoire sur le fantasme de “ l’invasion ”

 

Pour en savoir plus :

- Le retour de Trump à la tête des USA, est un tournant politique inquiétant. Derrière ses promesses de " restaurer la grandeur de l’Amérique ", plusieurs mesures annoncées risquent d’affaiblir les protections sociales, de creuser davantage les inégalités

- Trump veut restaurer l’empire américain qui domine les affaires avec un ordre bâti pour assouvir ses intérêts

- Trumpisme et fascisme

- Salut nazi : Elon Musk, chef de file des trolls néofascistes

Comment la crise de l’abordabilité a profité à Trump

- La récente victoire de Donald Trump recouvre un énorme paradoxe. Elle va coûter très cher aux personnes de condition modeste qui ont cru devoir voter pour lui.

- « Contrôle » de Gaza, « Côte d’Azur du Moyen-Orient » : Trump veut achever le génocide commencé par Netanyahu

- Le 6 février 2025 Trump signe un décret pour sanctionner la Cour Pénale Internationale, le criminel de guerre Netanyahu visé par un mandat d’arrêt, applaudit

- Fascisme chrétien, milliardaires et trumpisme 

- Le coup d’État trumpiste, le fascisme à l’américaine dans une ère de déclin capitaliste et quelques pistes de résistance

- Trump : La fin du mythe du gentil Nord-Américain

- Menaces contre les droits des femmes et des minorités, censure et novlangue réactionnaire : la liste des méfaits de Trump s’allonge

- « Les mesures de Trump consistent en une déclaration de guerre contre la classe travailleuse ! » – Entretien avec Xavier Arrizabalo, membre du Comité pour l’alliance des travailleurs et des peuples

« Trump engage une crise globale du capitalisme » – L’analyse de Jean-Luc Mélenchon

Avec Trump, l’émergence d’un « capitalisme de malfrats »

 

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23 janvier 2025 4 23 /01 /janvier /2025 20:33
Augmentations de salaire : connaitre ses droits et s’organiser avec un syndicat

Des augmentions de salaire en Brut, c’est plus de Net pour tout le mois et plus de Brut pour toute la vie ! 

 

 

Alors que les salaires demeurent toujours la préoccupation première de la population, comment comprendre sa fiche de paie et les droits associés, et l'utilité de s'organiser avec un syndicat pour revendiquer et gagner des augmentations !

 

 

Sources : Thomas Vacheron Secrétaire confédéral de la CGT 

- Tout travail mérite salaire  ?
Sous les régimes d’esclavagisme, de servitude ou de travail forcé, les tâches étaient rétribuées par de la nourriture (couramment de la sous-alimentation) ou un logement de subsistance. Il a fallu des siècles de drames sociaux et de luttes pour que les travailleur·ses ne soient plus la propriété d’un maître. Cela s’est concrétisé par le fait de vendre leur force de travail à qui voulait l’acheter. Tâcherons, journaliers, manœuvres, manouvriers, ouvriers… le temps a été long pour que, enfin, on soit mal payé pour travailler.

 

 

🔴 C’est le travail qui crée la richesse
Même le site du ministère « economie.gouv.fr[0] » reconnaît que seul le travail crée la richesse, en indiquant que « la richesse produite lors du processus de production, la valeur ajoutée, traduit le supplément de valeur donné par l'entreprise par son activité (le travail) aux biens et aux services […]. Elle se répartit ensuite entre revenus du travail, revenus du capital […] ». Il n’y a donc pas de création de richesse sans travail.

 

🔴 Pas de travail sans travailleur·ses
C’est par celles et ceux qui réalisent le travail qu’est donc créée cette valeur ajoutée. Elle est partagée entre d’un côté ceux qui n’ont que leur force de travail manuelle et intellectuelle pour vivre, et de l’autre ceux qui sont propriétaires des moyens de production, détenant les capitaux de l’entreprise. Or, même l’argent réinvesti par les propriétaires d’entreprises provient en fait de la richesse créée par les travailleur·ses.

 

🔴 La richesse est produite par les salarié·es
Dans notre action syndicale comme dans le débat public, il nous faut toujours rappeler que ce sont les travailleur·ses qui créent la richesse. Pour déconstruire la propagande patronale et pour que les salarié·es prennent conscience de leur place et de leur force dans le processus de production et de l’entreprise, il est nécessaire de préciser qu’un patron sans salarié·es ça n’existe pas, mais que des salarié·es sans patron peuvent produire, comme dans les SCOP par exemple. Dans la réalité, la quasi-totalité des salarié·es travaillant dans le privé sont toujours moins payés que ce qu’ils et elles produisent.

 

 

- Tout salaire mérite travail » disait Gattaz, ancien « patron des patrons ». Cela insinue que l’actionnaire ne mérite rien ?
La plus-value se fait sur le salaire, elle est la variable entre ce qui va au travail ou au capital. Cette répartition de la richesse produite par le travail se fait entre les profits pour quelques-uns et les salaires pour tous les autres. Partout dans le monde, même si elle est éclatée, la force sociale qui se développe le plus et qui devient majoritaire c’est le salariat (près de 90% des 30 millions d’actifs de ce pays sont des salarié·es).

 

 

▶️ Les salaires sont la bataille centrale, puisque les augmenter revient à partager les profits en faveur des travailleur·ses.

 

🔴 Le niveau de salaire détermine le partage entre le capital et le travail
En rémunérant une heure de travail en dessous de la valeur de ce qu’elle permet de produire, elle rapporte du profit. Les dirigeants d’entreprise s’approprient ainsi une partie du travail : la plus-value[1], que Marx appelle « surtravail ». « Une demi-journée de travail » permet au salarié de « reproduire sa force de travail » (le salaire), tout le reste de la journée il travaille gratuitement pour « l’employeur ».

 

🔴 La part du travail dans « la valeur ajoutée » a diminué au profit du capital
Plus ils nous parlent de partage de la valeur, plus il leur profite. Ce n'est pas le travail qui coûte cher mais le capital. La France est championne d’Europe des dividendes versés aux actionnaires avec 68,7 milliards[2] d’Euros distribués l’an dernier à moins de 3 % de la population du pays[3]. Les chiffres sont vertigineux : depuis 2010, la richesse des 500 plus grandes fortunes françaises a augmenté de 1000 milliards d’Euros[4] ! C’est justement autant que l’augmentation de la dette du pays qu’ils veulent nous faire payer... Cette hyper-concentration des richesses captées sur notre travail est dramatique : évitement et évasion fiscale fragilisant les services publics et participant au délitement de la société, saccage environnemental, pressions des donneurs d’ordre sur leurs sous-traitants où le profit n’est réalisé que sur le moins disant social et la précarisation des salarié·es…

 

🔴 Les profits grimpent les salariés trinquent : le Smic français est seulement le 6ème d’Europe
La France, pourtant 2ème économie d’Europe, n’a que le 6ème niveau de SMIC, qui a connu la plus faible hausse dans l’UE en 10 ans ! Du fait d’un patronat radicalisé, depuis le 1Er novembre 2024, 86 branches professionnelles concernant plus de 4 millions de salarié·es ont au moins un coefficient en-dessous du SMIC. À 1801€ Brut (1426 € Net), le SMIC français est bas et ne permet pas de vivre de son travail. Et il n’y a jamais eu autant de travailleur·ses au salaire minimum… en témoigne la « smicardisation » du pays[5] dont près de 60% sont des femmes. Pour que le salaire minimum ne représente pas juste un revenu de survie, la CGT revendique une revalorisation immédiate du SMIC à 2000 € Brut mensuel.

 

🔴 Malgré un SMIC très bas, son écart avec le salaire médian n’a jamais été aussi faible
Une baisse de près de 3% en moyenne des salaires réels en 3 ans (INSEE) comparée à l’inflation, elle-même sous-évaluée[6], entraine le tassement de toutes nos fiches de paie. Cela conduit à la faiblesse historique de l’écart entre le SMIC (1426€ Net) et le salaire médian (2200€ Net). Le problème n’est pas que le SMIC soit indexé sur les prix, mais que tous les autres salaires ne le soient pas. Pour stopper le tassement des salaires et « partager la valeur », indexons les salaires sur les prix (échelle mobile des salaires[5bis]) pour ne plus perdre en niveau de vie et augmentons les salaires pour vivre dignement !

 

 

- Il n’y a pas de charges, pas d’allègements, pas de prélèvement : le salaire net c’est pour le mois, le salaire brut c’est pour la vie !
Avec un salaire versé sur le compte en banque déjà trop faible pour boucler la fin du moins, nous avons les yeux rivés sur le salaire dit « Net ». Pendant ce temps, le salaire dit « Brut » ou « salaire socialisé », c’est-à-dire avec les cotisations sociales incluses, peut être facilement attaqué : On ne se rend pas compte de son importance sauf confronté à la maladie, au chômage, aux congés parentaux ou à la retraite. Il nous faut défendre le salaire Brut, partie intégrante de notre salaire.

 

 

🔴 L’importance du salaire Brut
Le salaire est composé du Net pour le mois et du Brut pour la vie[7]. Intensification du travail, des cadences, des horaires, pressions… nous subissons dans notre vie de salarié·es les accidents de travail, l’invalidité, un salarié sur deux le licenciement… Chacune des lignes du bulletin de paie est là pour répondre à ces aléas. Mais les cotisations servent aussi aux moments de joie que sont nos congés paternité, maternité ou nos retraites ! Et pour tout cela, nous cotisons « au pot commun » en fonction de nos moyens pour en bénéficier selon nos besoins, pour « demain ». C’est cette merveilleuse victoire collective qu’est la Sécurité sociale, financée sur le travail (qui crée la richesse), donc sur le salaire, qui permet à toutes et tous de bénéficier de la solidarité et d’échapper à la pauvreté. Ce salaire socialisé c’est aussi de l’entraide intergénérationnelle qui participe à faire société.

 

🔴  Le Net, le Brut et les truands…
Les mêmes qui parlent de « Plan de Sauvegarde de l’Emploi » quand tous les salarié·es d’une entreprise sont licenciés, disent qu’il faut rapprocher le Brut du Net, « alléger » ou exonérer les cotisations, pour en fait baisser nos salaires puis nos pensions… toujours aux bénéfices du patronat quitte à nous fragiliser face aux malheurs et réduire nos bonheurs… Faire reculer le Brut, c’est pas Net[8] ! C’est le profit à tout prix pour le capital contre le travail.

 

🔴 Changer les mots pour enlever nos droits
Les offensives sur nos salaires socialisés commencent en distinguant artificiellement un « Brut salarial » et « Brut patronal » ou cotisations dites salariales et patronales. Changer les mots pour gommer ce qui est à nous : notre salaire issu de notre travail ! Pour diminuer le salaire, patronat et gouvernement attaquent ce qui se voit le moins au quotidien en « allégeant les charges » disent-ils, donc en diminuant nos salaires en les exonérant de cotisations sociales. Ils ont même inventé les injustes CSG et CRDS pour passer de la cotisation vers l’impôt et faire payer aux salarié·es les cadeaux qu’ils font aux directions d’entreprises.

 

🔴 Exonérer les cotisations sociales pour compresser les salaires : sortir du cercle vicieux
Plus les salaires sont faibles et proches du SMIC, plus les aides publiques aux entreprises privées sont importantes. Le tassement de tous les salaires n’est donc pas dû au salaire minimum dont le montant est faible mais notamment parce que, depuis 1993 sous le gouvernement Balladur, il y a eu un empilement de dispositifs d’exonérations de cotisations sociales concentrés entre le SMIC et le salaire médian, ce qui a écrasé leur écart donc compressé les salaires. La CGT exige la sortie du cercle vicieux des exonérations de cotisations[9], qui incitent aux bas salaires, à la sous-traitance en cascade, au low-cost et participent à la désindustrialisation. Ces exonérations représentent chaque année 80 milliards d’Euros de perte de recette pour notre sécurité sociale, non entièrement compensés par l’Etat, qui sont finalement payés par les plus modestes à travers l’impôt le plus injuste qu’est la TVA.

 

🔴 Les primes d’aujourd’hui sont la déprime de demain...
La généralisation des primes occasionnelles non cotisées se substitue aux salaires[10]. Nous devons aussi mener la bataille contre ces rémunérations à l’objectif, la productivité, la présence ou au mérite… Plutôt que ces « pourboires », des millions de salarié·es veulent vivre de leur travail. Ces primes accroissent l’individualisation et le contrôle des travailleur·ses, cassant les collectifs de travail, poussant à la compétition plutôt qu’à la complémentarité et la solidarité, et rendent les salarié.es responsables des aléas de l’activité économique (censés être supportés par l’employeur et justifiant, dans leur idéologie, la rémunération du capital). S’en suit une double peine : en plus de pertes de salaire en cas de maladie ou de grève, ces primes, souvent supprimées dès les premières heures d’absence, mettent une pression supplémentaire sur les salarié·es pour qu’ils ne s’arrêtent jamais… quelles qu’en soient les conséquences sur leur santé et celle de leurs collègues ou sur le recours effectif au droit de grève…

 

 

- Connaître ses droits pour les défendre et les améliorer
Le droit ne s’invente pas il s’apprend. Mais le droit le moins connu, le moins appris, le moins compris, le moins étudié, le moins enseigné et qui pourtant régit la vie de 22 millions de salarié·es du privé, c’est le droit du travail. Les médias n’en parlent jamais, seuls les syndicats font de l’éducation populaire sur le droit du travail et la sécurité sociale.

 

 

🔴 Supprimer des lignes du bulletin de paie pour mieux supprimer les droits qui y sont attachés
Depuis 1931, le document obligatoire qui récapitule les éléments de droits et de salaires, c’est cet essentiel « bout de papier », parfois dématérialisé, qu’est la fiche de paie
[11]. En haut : nom et adresse, numéro de sécurité sociale, convention collective, puis poste occupé, qualification, ancienneté et congés payés. Dans le haut du tableau central du document, il y a le salaire Brut, socialisé, c’est-à-dire avec les cotisations sociales.

 

Maintenant, pour être sûrs que les travailleur·ses ne puissent pas comprendre leur fiche de paie, dont les droits sont issus du Conseil National de la Résistance (CNR), les différents gouvernements l’ont complexifiée, puis « simplifiée » afin de la rendre encore moins lisible l’objectif étant de masquer chaque ligne de cotisation sociale sur notre bulletin de salaire aujourd’hui, pour nous enlever nos droits demain.

 

🔴 C’est nous qui travaillons, produisons, cotisons… c’est à nous de décider
Après 1945 des élections des caisses de sécurité sociale sont mises en place, notamment par la volonté d’Ambroise Croizat cégétiste et ministre communiste, pour gérer le salaire socialisé, avec ¾ des sièges pour les organisations syndicales et ¼ pour les organisations patronales afin de représenter leur proportion de l’époque dans la population, jusqu’aux ordonnances de 1967 qui les suppriment. Ces élections ont été restaurées par la gauche en 1983 (avec l’abaissement de l’âge de la retraite de 65 à 60 ans) sans être renouvelées ensuite.

 

La dépossession de notre « salaire brut » par son étatisation a été actée par le gouvernement Jupé en 1995, date à partir de laquelle le budget de la sécurité sociale est voté au parlement lors du Projet de Loi de la Sécurité Sociale (PLFSS).

🔴 Renforcer la négociation collective pour lutter contre la baisse des salaires
Les attaques pour affaiblir la négociation collective d’entreprise et de branche ont aussi conduit à baisser les salaires. La loi « travail » Valls-El Khomri[12] et pire encore les ordonnances Macron-Pénicaud[13] ont amplifié le rapport de force en faveur du patronat en diminuant le nombre de représentant·es des salarié·es avec la mise en place des CSE et les possibilités de les défendre. Ces lois ont accentué la pression en facilitant les licenciements, bien visibles avec les centaines de plans de suppressions d’emplois en cours, en réduisant à la fois les critères pour établir des difficultés économiques et les sanctions pour les entreprises… Ces déréglementations ont aussi instauré des mesures « supplétives » qui permettent de réduire les droits en dérogeant à la hiérarchie des normes[14], par exemple de diminuer les salaires en baissant la majoration des heures supplémentaires de 25 à 10 % par accord collectif ou référendum patronal, c’est-à-dire en contournant la majorité des syndicats !

 

🔴 Le salaire c’est pour la vie
Dans cette bataille idéologique mais concrète dans nos entreprises et nos services, la CGT défend partout des augmentations générales de salaires brut plutôt que des primes occasionnelles non cotisées en bas de la fiche de paie : des augmentions de salaire en Brut, c’est plus de Net pour tout le mois et plus de Brut pour toute la vie. En France, plus de 50% du PIB est lié à la consommation, augmenter les salaires c’est relancer l’économie ! Contre la privatisation de notre protection sociale, vue par certains comme un juteux marché, développons le syndicalisme pour que le rapport de force soit du côté des salarié·es.

 

 

- Améliorer nos pratiques syndicales pour augmenter les salaires
Inconnues dans la population, les pratiques syndicales dans des secteurs privés précarisés ou féminisés de petites et moyennes entreprises sont bien illustrées dans le livre de Baptiste Giraud « réapprendre à faire grève[15] », avec toutes les difficultés concrètes auxquelles sont confrontés les syndicats pour organiser le salariat tel qu’il est, comme il est. Il n’y a pas de grève sans syndicat. Là où il y en a, les syndicalistes sont pris en ciseaux entre une part croissante d’insatisfaction au travail mais, aussi, une difficulté pour les salariés à se mettre en grève pour exprimer ce mécontentement. Comme l’a fait une partie du syndicalisme nord-américain, l’enjeu est d’avoir une méthode pour transformer cette situation en revendications et actions collectives.

 

 

🔴 Les salarié·es n’imaginent pas ce que le syndicalisme fait pour elles et eux, et ce que l’on pourrait faire de mieux ensemble
C’est par la confrontation et le débat sur les situations concrètes que nous pouvons dans les entreprises porter des revendications d’augmentations générales de salaire, appuyées par le soutien des salarié·es.

  • Proposer un autre discours et une autre issue au fatalisme, imposé par les directions d’entreprises et souvent intégré par les salarié·es parfois légitimement désabusés.
  • Montrer que d'autres solutions sont possibles, d'autres partages de la valeur.

Autrement dit, faire émerger des revendications qui sont suivies et portées par le plus grand nombre de salarié·es. C’est par exemple le cas dans le département où je suis syndiqué, avec les travailleurs d’une entreprise de moins de 50 salariés G’Imprim[16] qui ont fait grève contre des primes occasionnelles non cotisées et pour des augmentations générales de salaires.

 

🔴 Pour faire du syndicalisme la volonté ne suffit pas, il faut de la méthode
Les revendications syndicales partent des besoins et du niveau de conscience des salarié·es, qui s’affinent en fonction de la réalité du secteur, de l’entreprise, de la situation sociale… Ces réalités ne sont pas statiques mais dynamiques et dialectiques, évoluant avec le rapport de force à construire ou à entretenir en permanence. La force des travailleur·ses c’est leur nombre mais elle n’a d’effet que s’ils sont organisés. La radicalité c’est le rapport de force, le nombre, donc la massification de la mobilisation. C’est pour cela que la CGT met à disposition des outils comme un Tuto salaire « s’organiser avec la CGT pour gagner des augmentations de salaires[17] ». L’objectif est d’être majoritaire dans toutes les phases de l’action syndicale, de la consultation des besoins des salarié·es, en passant par les pétitions, les débrayages voire les grèves. Dans tous les cas et à chaque étape, c’est faire le point et chercher à élargir l’action pour s’appuyer sur le plus grand nombre.

 

🔴 Organiser le salariat pour gagner
Contre la parcellisation du salariat, nos pratiques d’unité d’action syndicale sur des revendications fédératrices (par exemple dans l’entreprise sur les salaires, ou nationalement sur les retraites) vont dans le sens de tout mettre en œuvre pour tendre au ralliement majoritaire des salarié·es. Cette stratégie permanente de chercher à être hégémonique dans les élections, les actions, les débrayages et les grèves c’est la construction concrète du rapport de force. Elle est nécessaire pour limiter le risque non seulement d'une forte répression patronale et des licenciements qui l’accompagnent, mais aussi celui de l'échec d'une mobilisation minoritaire que les délégués devraient supporter pendant longtemps et découragerait les salarié·es à s’engager... Le syndicalisme majoritaire comme j’ai essayé de le pratiquer aussi dans mon entreprise[18] est une des conditions de nos victoires.

 

🔴 Cela fait 130 ans que les salarié·es se sont dotés de l’outil CGT pour s’organiser et défendre leurs intérêts
À l’échelle de l’histoire sociale nous sommes jeunes ! Pourtant aucune organisation collective dans le pays n’a autant d’ancienneté et d’importance en nombre d’adhérent·es. Pour durer notre syndicalisme s’est en permanence adapté pour être utile en fonction de l’analyse concrète des situations concrètes. Le secteur de la société où il y a le moins de démocratie c’est l’entreprise, là où les richesses sont produites. Le syndicalisme est le seul contrepouvoir à l’intérieur mais il a aussi des effets à l’extérieur comme on a pu le voir lors des législatives de 2024 contre l’extrême droite. Par la construction des revendications et de mobilisations les salarié·es prennent à chaque fois conscience des antagonismes entre le capital et le travail. Ils et elles mesurent le rapport de force nécessaire, déterminé par le nombre, organisé, pour inverser la situation en faveur des travailleur·ses. Le syndicat n’est pas un choix mais un besoin !. 

 

 

 

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

 

 

- L’inflation et la lutte des classes ont été au menu des universités d’été de La France insoumise (LFI) 2022 à Valence.
Jean-Luc Mélenchon a profité de cette conférence pour partager une démonstration sur l’impact de la hausse des prix sur la mobilisation du peuple

 

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17 janvier 2025 5 17 /01 /janvier /2025 13:30
Fruit du non vote de la censure du gouvernement Bayrou par le PS le 16/01/2025 - scrutin n°526

Fruit du non vote de la censure du gouvernement Bayrou par le PS le 16/01/2025 - scrutin n°526

100 ans de trahisons socialiste[0ter]... Olivier Faure et le PS continuent à jouer aux girouettes permanentes : en 2023 ils disaient d'une façon et en 2025/2026 ils font l'inverse !

Le PS est devenu la bouée de secours des macronistes et sort de la gauche pour se rassembler avec le centre droit en vue des présidentielles de 2027 !

 

 

En 2017, Olivier Faure espérait (déjà !) une grande coalition, allant du Parti socialiste à la droite[0], « qui tienne compte de l'électorat très composite (...) (venu) faire obstacle à Marine Le Pen ». Il la souhaite encore et s'est ainsi dit, suite à la censure du gouvernement Barnier, prêt à discuter avec les macronistes et la droite[1], sur la base « de concessions réciproques ». Il s’est même dit prêt à faire « des compromis sur tous les sujets ». Hormis quelques sièges de députés, l’union avec le PS ne peut rien apporter de bénéfique. Le recul du PS sur ses engagements : une situation qui était prévisible[0bis]. Le rejet de ce parti, parfois perçu comme une posture sectaire ou un refus obstiné de l'unité, découle pourtant directement de l'expérience : celle de ses choix politiques, de sa manière de gouverner et de l’espoir, vivace, de voir le peuple l'écarter des outils de construction d'une véritable alternative de rupture de gauche : celle d'une fédération populaire portée par LFI[1bis] en s'élargissant au 4e bloc[1ter].

 

 

Sources : Eric Durand | mis à jour le 04/03/2026

- En France, la vie politique est structurée par les partis et, pour certains, par l'intérêt individuel des élus qui les composent.

On le voit encore une fois depuis quelques mois, avec la création du NFP et les négociations pour avoir les places éligibles aux législatives, puis les négociations pour tenter d’aboutir à un choix commun de premier ministre NFP et enfin aujourd’hui avec toute la gauche “ de gouvernement ”, qui va boire la soupe de Macron, à part LFI. L’intérêt des partis est supérieur à celui des idées qu’ils prétendent défendre. Cette simple affirmation est une évidence pour la majorité de la population, qui affiche une juste défiance à la fois spontanée et réfléchie au personnel politique. Mais les militants politiques, et c’est bien normal, s’engagent initialement souvent avant tout pour des idées, des convictions, et sont donc sans cesse déçus par les élus et les dirigeants des partis politiques, qui visent avant tout la poursuite de leur carrière et des rémunérations qui l’accompagnent. 

 

 

- Pour le PS, les idées ne sont qu'un outil pour gagner les élections

Le Parti socialiste en est la plus pure illustration. Entre ses discours quand il est en campagne électorale et ce qu'il pratique une fois qu'il est au pouvoir, il y a un monde. Les idées ne sont pour lui qu'un outil parmi d'autres pour gagner des élections. Il joue le jeu classique et cynique des sociaux-démocrates qui consistent à faire des promesses antilibérales dans un cadre de parfaitement libéral, comme nous avançons déjà l'occasion de l'époque de l'écriture : « cela a l'avantage de montre une bonne volontaire en faisant mine de vouloir mettre en place ce pour quoi sur un été élu, puis de faire constater à tous l'échec de ces politiques alors même que celles-ci ne pouvaient qu'échouer dans ce contexte. C'est une des manœuvres de la bourgeoisie, aussi grossière qu'efficacité, pour “ naturaliser ” une fois de plus le capitalisme[2] ».

 

C’est pour cela que nous détestons le Parti socialiste.

Ce n’est pas un préjugé, ce n’est pas un « refus d’unité », ça n’est pas un caprice qui empêcherait la gauche de gouverner. C’est que tout gouvernement où le PS aura une position déterminante mènera une politique de droite et c’est l’expérience qui le démontre. Quand il gouverne, le PS ne fait pas qu’accompagner le libéralisme, il accélère la destruction de notre modèle social, tout en ayant promis le contraire.

 

🔴 En particulier, Mitterrand et ses gouvernements ont libéralisé massivement l’économie. 

Le storytelling de gauche sur l’expérience mitterrandienne consiste souvent à considérer que les socialistes ont fait des réformes de gauche jusqu’en 1983, que cela a créé trop de problèmes économiques et qu’ils ont ensuite arrêté les réformes (le fameux “ tournant ” de la rigueur).  En réalité, ce “ tournant ” était prévu dès le départ comme le montre le discours de politique générale du premier ministre Pierre Mauroy du 8 juillet 1981[3] où il affirme notamment :  “ Cette démarche, que je viens d’inscrire dans la durée, sera conduite dans la rigueur. Cela signifie la rigueur budgétaire. Cela signifie que nous défendrons le franc et le maintiendrons dans le système monétaire européen. ” La soumission à l’Europe au détriment de la population française était déjà très claire. Le PS a par la suite réformé massivement tout au long des années 1980, en faveur du capital : il a mis fin au contrôle des crédits et des taux d’intérêts et a déréglementé les marchés financiers. Il a légalisé les produits dérivés à l’origine de la crise de 2008. Il a soutenu le traité de Maastricht qui nous a fait perdre notre indépendance monétaire et nous a livrés pieds et poings liés aux emprunts auprès des marchés financiers. Et dans le même temps, il a désindexé les salaires des prix.

 

 

🔴 Lionel Jospin va garder cette cohérence libérale quand il devient Premier ministre en 1997

  • Il privatise à tout va[4] (France Télécom, CIC, Crédit Lyonnais, les autoroutes ASF, le futur EADS, Air France, etc.) et en fait bénéficier les entreprises privées d’exonérations massives de cotisations sociales lors de la mise en œuvre des 35 heures.
  • Le PS va également autoriser les grandes entreprises du CAC 40 à racheter jusqu’à 10 % de leurs actions et diminuer la fiscalité sur les plus-values boursières des actions.

 

A l’époque, il avait pourtant largement les moyens de faire autrement : la gauche était au pouvoir dans de nombreux pays européens, ce qui aurait permis de négocier des traités plus favorables aux salariés. La croissance était au beau fixe, ce qui permettait de dégager de larges marges de manœuvre financières. L’épisode le plus symptomatique fut sans doute celui de la “ cagnotte[5] ”. En 1999, l’économie française connaît un taux de croissance dépassant les prévisions (3% au lieu de 2 %), ce qui crée l’équivalent d’environ quinze milliards d’euros de rentrées fiscales supplémentaires. Après avoir tenté maladroitement de cacher cette “ cagnotte ” pendant des mois aux Français, le gouvernement a finalement choisi, plutôt que de l’orienter vers les plus pauvres, de l’utiliser pour baisser la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, soit celle qui est payée par les plus riches !  

 

🔴 En 2012, après dix ans de disette, le PS revient aux plus hautes responsabilités.
François Hollande a été élu sur un programme qu’il a peu à peu gauchisé pendant la campagne électorale, sous pression de la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages[6]. “ Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance ”, a-t-il clamé lors de son discours au Bourget de janvier 2012. 👇

 

 

Une fois élu, il ne fait ensuite que conforter les intérêts de la finance et du patronat.
Il nomme immédiatement Emmanuel Macron secrétaire général adjoint de son cabinet, puis ministre de l’Economie en 2014[7].

  • Il met en œuvre de multiples lois de déréglementation du droit du travail, facilitant les licenciements boursiers, plafonnant les indemnités de licenciement illicites, et permettant à des accords d’entreprise de déroger au droit du travail en défaveur des salariés. (NDLR : Pour Philippe Martinez secrétaire général de la CGT : « Le bilan de Hollande est négatif »[8])
  • Les cadeaux au patronat atteignent dans le même temps des sommets, avec en particulier le CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi) versé aux entreprises pour un montant global de 20 milliards d’euros par an, sans contrepartie.

 

Le mandat de Hollande a été aussi un tournant sur le maintien de l’ordre[9], les manifestants étant systématiquement matraqués à partir de 2014, et sur l’immigration[10].
Rappelons-nous de la pauvre Leonarda Dibrani[11], enfant de 15 ans arrêtée par la police à la sortie de son autobus scolaire en 2013 pour l’expulser au Kosovo, avant que, vu le tollé médiatique, François Hollande tente de reculer en l’autorisant elle seule, sans sa famille, à revenir en France, une aberration contraire à la Convention internationale des droits de l’enfant. Le PS a achevé également, pendant cette période, sa conversion à l’islamophobie, comme le raconte Aurélien Bellanger dans son ouvrage " Les derniers jours du Parti socialiste[12] ".

 

 

-  Se débarrasser du PS en faisant tomber les masques !
Pourquoi croire que le PS d’aujourd’hui fera différemment ? Par quel miracle ?
Olivier Faure, le nouveau héros du PS, est présenté comme un homme neuf, vierge de tout soupçon, qui n’aurait rien à voir avec les errements du passé. Pourtant, il était déjà « conseiller spécial » de Hollande puis de Jean-Marc Ayrault en 2012. Olivier Faure a toujours été au cœur du dispositif socialiste qui a lancé les offensives décrites ci-dessus.

 

  • En 2015 : il estimait que les mesures « anti-terroristes » liberticides de Manuel Valls étaient un « choix de d’efficacité »... et a voté absolument toutes les lois de régression sociale de François Hollande.
  • En 2016 : il soutenait la Loi Travail et répétait que Valls était un formidable ministre, qui avait raison d’utiliser le 49.3. La même année, selon Le Figaro, il envisageait « de se rallier à Emmanuel Macron dans la perspective de l’élection présidentielle de 2017[12a] ».
  • En 2018 : il parle d’une « colonisation à l’envers » dans certains quartiers, pour désigner l’immigration. Une autre manière d’insinuer l’idée raciste de « grand remplacement ».
  • En 2018 : En avril 2018, le média Les Jours relève que 27,2% des votes d’Olivier Faure au Parlement sont « en accord avec En marche »[12b].
  • En mai 2021 : Olivier Faure se rend à une manifestation d’extrême droite organisé par le syndicat policier Alliance[12c]. Il estime que la police doit avoir « un droit de regard » sur les décisions de justice. Autrement dit, il réclame l’instauration d’une dictature policière sans contre-pouvoirs. Le Pen n’avait pas osé aller aussi loin. Depuis, il a radouci son discours pour plaire à ses alliés de circonstance. 

 

 

-  Pour servir le peuple et faire tomber les masques ne rien lâcher

🔴 1er mai 2022 : création de la Nupes[13].

Après un deuxième scrutin présidentiel consécutif où aucun candidat de gauche n'a été présent au second tour en raison notamment du refus d'une Fédération Populaire[14] pour rassembler la gauche (et donc d'une candidature pour chaque parti au 1er tour, cette coalition est de présenter des candidatures communes aux élections législatives de 2022 qui suivent la réélection d'Emmanuel Macron à un second mandat présidentiel.

  • La Nupes porte un programme de rupture[15], feuille de route partagée d'un futur gouvernement. Il est le fruit d’un travail collectif associant plusieurs organisations politiques, sur la base de programmes eux-mêmes élaborés en associant des milliers de citoyennes et citoyens, acteurs associatifs, syndicaux, environnementaux, politiques.

 

▶️ Fin 2023, la fracture de la Nupes s'annonce

Début 2023 la France insoumise avait engagé des discussions avec l’ensemble de ses partenaires au plan national pour les sénatoriales de 2023[16], fait des propositions[19] et critique avec véhémence la constitution de listes d'union entre le PS, le PCF et EÉLV pour les sénatoriales de 2023, du 24 septembre 2023, excluant ainsi LFI[17]. Elle y voit, à juste titre, la volonté de rompre l'alliance.

  • Le choix de division fait par les socialistes, écologistes et communistes et l’éparpillement des listes coûtent aux composantes de la NUPES une demi-douzaine de sièges et aident à la progression de l’extrême droite au Sénat[18].

 

▶️ Début 2024, la fin de la Nupes se concrétise lors des élections européennes :

" Sans union aux européennes, la Nupes éclatera " prévenait la France insoumise en juin 2023[19] Cette alliance n'est pas qu'un accord électoral, c'est une coalition et nous devons en faire un mouvement politique d'ampleur. Il nous faut pour cela de la cohérence, de la stabilité et de la lisibilité. Le seul moyen d'y parvenir, c'est d'avoir une liste commune à l'ensemble des prochaines échéances électorales " et plaide pour une liste commune[20].

  • Face au choix de division porté par les socialistes, écologistes et communistes, la France Insoumise est même prête à laisser la tête de liste à EELV pour une liste commune[21] . Unie aux élections européennes, la NUPES pouvait l’emporter face à Macron et Le Pen[22]... il n'en sera rien : la Nupes est morte !

 

🔴 10 juin 2024 : Le Nouveau Front Populaire est né[23].

Face à l’ultra-droitisation du pays, la France insoumise reste attachée à la stratégie de l'union avec l'objectif de déjouer les calculs politiciens de Macron qui comptait sur une gauche désunie et isolée pour produire une nouveau débat limité à un nouveau face à face entre son parti et le RN dans chaque circonscription[23] à l'occasion des législatives 2024 faisant suite à sa dissolution de l'Assemblée Nationale annoncée par Macron le 9 Juin 224[24], à l'issue élections européennes .

 

Pour créer le NFP, une soirée de négociations a d’ailleurs suffit : le PS, les programmes, il ne les applique pas, de toute manière. A terme, le but de Faure n’est pas de combattre Macron, mais de le remplacer avec éventuellement Hollande. Il veut que le PS retrouve son rôle historique central : incarner une alternance politique acceptée par la bourgeoisie et défendant ses intérêts en prétendant le contraire.

  • Pour que le Parti Socialiste ait 66 investitures, 97 circonscriptions de l’accord de la #NUPES leur ont été cédées par La France insoumise[24is].

 

Extrait du discours d'Olivier Faure, du Campus du Parti Socialiste à Blois, le 31 août 2024

 

▶️ A l'issue des législatives, suite au refus de la macronie de, conformément à la constitution, désigner un ou une iére ministre issu-e de la plus grande coalition parlementaire, le NFP : une Motion de censure est déposée par le NFP... et l'Assemblée nationale renverse le gouvernement de Michel Barnier[25].

 

▶️ Suite à la dissolution du gouvernement de Michel Barnier, Macron constitue le gouvernement Bayrou allant d'ex membres du PS (comme Manuel Valls nommé aux Outre-mer, François Rebsamen, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation ou Juliette Méadel, ministre déléguée chargée de la ville...) à la droite extrême avec Bruno Retailleau au ministère de l'Intérieur, en passant par le retour de Gérald Darmanin, nommé à la justice, mais aussi d’Élisabeth Borne[26].

  • Suite au refus de la macronie de, conformément à la constitution, désigner un ou une iére ministre issu-e de la plus grande coalition parlementaire, le NFP : la France insoumise met une motion de censure sur la table...
    • Elle est soutenue pas les écologistes les communistes et quelques socialistes[27] ;
    • Le PS et le RN ne la votent pas[28]... ! Résultat :

👉 une politique d'austérité encore pire que celle du budget du gouvernement Barnier va être mise en œuvre !

👉 le PS trahi son serment du 8 juin 2023, le Nouveau Front Populaire et s'en auto exclue... mais grâce au vote des écologistes et communistes le Nouveau Front Populaire est toujours là !

 

 

🚩 Rappel au #PS et électeurs socialistes...
👍 Le 8 juin 2023, la #Nupes a fait un serment : tout faire pour abroger la retraite à 64 ans et mettre en place la retraite à 60 ans[29]

 

« Nous faisons le serment d’agir sans relâche pour rassembler une majorité qui mettra fin à cette réforme injuste » – Le serment du 8 juin

 

🚩 100 ans de trahisons socialiste[0ter]... et ça continue jour après jour !

 

🔴 Ici 👇 on apprend que c’est celui qui a mis le PS à moins de 2% et nous a donné Macron qui a négocié la non censure du budget d'austérité de Bayrou.... avec Bayrou

C’est vrai que c’est un expert en engagements non tenus. Si les socialistes le suivent ils auront peut être la clef pour maintenir le macronisme jusqu’en 2027 mais ensuite la porte électorale leur sera fermée.

 

« Les socialistes ont la clé jusqu’en 2027 », affirme François Hollande

 

  • 22 janvier 2025 : comme pour la censure, le #PS est parti seul pour l'élection du Rapporteur Général de la Sécurité Sociale à l'Assemblée.

Tout le #NFP s'est uni pour élire le candidat écologiste. Les socialistes ont voté pour Jérôme Guedj, l'anti-#NFP.
📍  Résultat, la droite a gagné.... le #PS est au service de qui ?

 

Comme pour la censure, le PS est parti seul pour l'élection du Rapporteur Général de la Sécurité Sociale à l'Assemblée. Tout le NFP s'est uni pour élire le candidat écologiste. Les socialistes ont voté pour Jérôme Guedj, l'anti-NFP. Résultat, la droite a gagné.

 

  • 03 février 2025 : le PS décide, main dans la main avec le RN, de ne pas censurer le gouvernement Bayrou… ce coup-ci !

La décision du PS de ne pas voter la censure[30] consomme son ralliement au gouvernement Bayrou (pour l’instant sans participation).

  • Mais qui s’en souvient : le refus du recours au 49.3 était une des lignes rouges du PS au début de sa danse du ventre devant Bayrou !
  • Et qui le rappellera : le vote de la censure est une motion de défiance opposée au refus du gouvernement de demander un vote de confiance à l’Assemblée.

 

[Info Public Sénat] Budget : le PS décide de ne pas censurer le gouvernement Bayrou… ce coup-ci

 

  • 05 février 2025 : le Parti Socialiste et le RN refusent de censurer le budget 2025 austéritaire du gouvernement François Bayrou[31] et refusent de censurer le budget de la Sécurité sociale[32] qui est pire que celui de Barnier... aux mêmes causes les mêmes effets !

Par cette décision de non censure du budget 2025 (non suivie par 6 députés PS qui ont voté la motion de censure) :

▶️ le PS et le RN cautionnent la pire cure d'austérité du 21e siècle qui va être imposée au peuple : les coupes massives dans les budgets de l’écologie, du logement, de la recherche, de la culture, de l’éducation nationale, du sport, de l’agriculture ; hausse des tarifs de l’électricité ; baisse de l’indemnisation maladie des fonctionnaires et de la prime d’activité ; taxe sur les micro-entrepreneurs.

▶️ le PS rompt unilatéralement et sans aucune discussion collective préalable le cadre du Nouveau Front Populaire créé pour proposer une alternative au macronisme et non pour sauver ses gouvernements illégitimes.

. Par cette décision de non censure sur la partie 2 du budget de la Sécurité sociale, le PS et le RN valident 3 milliards d'économies dans la santé et une hausse des taxes sur les apprentis qui gagnent moins que le SMIC.

 

Analyse du scrutin n°693 Scrutin public n°693 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 90 députés.

 

🔴 Je refuse ce retour aux pratiques de la vieille gauche à la Hollande qui trahit ses engagements et renie sa parole donnée et s'allie par les faits et actes avec l'extrême droite et vous livre la liste des coupables : Retrouvez les noms des députés PS et RN qui ont sauvé Bayrou de la censure[33].

 

  • 09 février 2025 : Hollande est parvenu à faire du PS un parti inutile pour les gens et utile pour la macronie.

Un nouveau concept du génie Hollande : déposer une motion de censure pour ne pas faire tomber le gouvernement.  

  • Chaque fois qu'il parle, il nous rappelle que c'est lui qui a installé Macron à Bercy.
  • Aujourd'hui, c'est lui qui lui permet de se maintenir à l'Elysée.

 

François Hollande, sur la motion de censure que va déposer le PS: "Cette motion n'est pas faite pour faire tomber le gouvernement, mais pour s'opposer à la politique gouvernementale"

 

🔴 Et pire François Hollande veut deux candidats de gauche à l’élection présidentielle.
Soyons clair, ça veut dire qu’il veut l’extrême droite au pouvoir.
On ne peut pas gagner si on refait comme en 2022[34].

 

  • 10 février 2025 : Aujourd’hui le PS main dans la main avec le RN n’ont pas censuré le gouvernement Bayrou.

Ils sauvent une fois de plus la macronie et laissent passer un budget de la sécurité sociale amputé de 3.7 milliards d’euros. Un budget aux conséquences mortifères. 👇

 

Première séance du lundi 10 février 2025 Scrutin public n°739 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 70 députés.

 

🔴 Seulement UN député socialiste et apparentés a voté la Motion de censure, devinez quoi ?
Il est député du parti basque " Euskal Herria Bai " mais apparenté socialiste.
Donc le seul député socialiste qui n’a pas trahit les électeurs n’est pas vraiment socialiste : bravo monsieur Peio DUFAU !

 

  • 12 février 2025 : Aujourd’hui, une nouvelle fois, le PS main dans la main avec le RN n’ont pas censuré le gouvernement Bayrou[36].

Le refus du PS et du RN, se déclarant pourtant tous deux inscrits dans l’opposition, de voter la censure a permis le passage en force des budget de la Sécurité sociale venant après le budget de l’État avec leurs conséquences dramatiques.

 

En refusant de censurer pour la 5e fois en un mois, le PS a confirmé une nouvelle orientation politique, renouant avec le hollandisme et rompant avec celle du Nouveau Front Populaire[35] (seul Euskal Herria Bai  député du parti basque " Euskal Herria Bai " mais apparenté socialiste la voté).

 

  • Pour voir le détail du vote en cliquant sur l'image 👇
Première séance du mercredi 12 février 2025 Scrutin public n°791 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 73 députés.

 

  • 19 février 2025 : motion de censure du PS :... le pistolet à eau a fonctionné[37], le gouvernement Bayrou est toujours là  !

Cette motion est à la censure ce que le PS est à la gauche : une contrefaçon.
Deux semaines après l’avoir sauvé, le PS n'a toujours pas œuvré pour le faire chuter, on avait été prévenu par François Hollande qui avait annoncé : « il ne s'agit pas de faire tomber le gouvernement... si le RN annonçait la voter, il faudrait que nous ne la votions pas ». 

 

François Hollande, sur la motion de censure que va déposer le PS: "Cette motion n'est pas faite pour faire tomber le gouvernement, mais pour s'opposer à la politique gouvernementale"

 

🔴 C'est une censure pour faire semblant venant d'une fausse opposition qui a validé, pour l'année 2025, la pire cure d'austérité de la 5ème République ! Le capitaine de pédalo a inventé la motion de censure « pistolet à eau » !

 

  • 30 mars 2025 : Une nouvelle arnaque du PS : la retraite à 63 ans

Menacé d’éclatement, le PS hésite à censurer le gouvernement sur les retraites. Pour éviter une dissolution, les socialistes implorent François Bayrou de lâcher un compromis — même symbolique — pour sauver la face… et leur été. Il s’agirait en l’espèce de la retraite à 63 ans.

 

Réforme de retraites : le PS veut «un petit truc» de Bayrou pour ne pas le censurer

 

🔴 L’article du Journal du Dimanche affirme que « pour les socialistes, arracher les 63 ans permettrait de moucher les insoumis, promoteurs du “ tout ou rien ”, et de renouer avec la culture d’une gauche responsable…[38] ».

 

  • 14 avril 2025 : Le PS promettait de censurer le gouvernement Bayrou s'il ne revenait pas sur la réforme des retraites... on connait la suite !

Et maintenant il accepte 40 milliards d'austérité si les riches en paient un tout petit bout.
En fait, le #PS c'est le parti qui trahit même quand il n'est pas au pouvoir !

 

Pour Olivier Faure, il y aura "censure" s'il n'y a pas de contribution des plus riches pour trouver 40 milliards d'euros dans le budget

 

 

⚠️ Résultat des trahisons.... 👇

Fruit du non vote de la censure du gouvernement Bayrou par le PS le 16/01/2025 - scrutin n°526

 

🔎 Et le phénomène s'amplifie dans tous les domaines !

 

  • 5 avril 2025 : Quel grand parti démocratique que le PS... qui se vante " Le Parti socialiste a défendu le sionisme avant même de prendre le nom qu’il porte aujourd’hui[39] ".

La preuve, à la veille du congres du PS on peut même faire des motions de réconciliation entre " socialisme et sionisme ", soutenir le génocide sans rien risquer !

 

Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
  • 15 mai 2025 : Le PS au Sénat vote la reprise du chantier de l’autoroute A69[40bis], jugé illégale par le tribunal administratif[40].]

19 juin 2024 : programme du NFP signé par le PS : « Décréter un moratoire sur les grands projets d’infrastructures autoroutières ».

  • Le vote POUR du Parti Socialiste est une trahison complète du programme du NFP pour SE METTRE AU SERVICE des promoteurs autoroutiers !

 

Autoroute A69 : Le Sénat tente de contourner la justice avec une loi permettant la reprise des travaux

 

  • 4 juin 2025 : Une nouvelle fois, le PS rejoint la macronie et le RN dans le maintien d'un gouvernement d'extrême droite, qui ruine le portefeuille, la santé et les droits des Français (voir l'objet de la censure[41]).

En ne votant pas la #MotionDeCensure[41a], le PS, main dans la main avec la macronie la droite et le RN, devient complice d'une #LoiPesticides qui passera en force par un 49-3 déguisé, permettant l’autorisation de pesticides qui risquent de provoquer un scandale sanitaire comme l’amiante ou le chlordécone.

 

Scrutin public n°2222 sur la motion de censure, déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution, par Mme Aurélie Trouvé et 57 députés.

 

  • 14 juin 2025 : Pour Jérôme Guedj, député PS, Jean-Luc Mélenchon serait devenu " un salopard antisémite[42]"

Il parait que le PS est opposé à la « brutalisation de la vie politique ».

Il faudrait songer à faire de la politique autrement qu’en crachant midi et soir sur la France insoumise.

Mais manifestement c’est le programme pour 2027 de la gôche qui diffame la force motrice de gauche qui leur a permis de sauver des sièges de députés et d'avoir un groupe parlementaire !

 

 

  • 31 Août 2025 : 25 août, François Bayrou sollicite un vote de confiance qui aura lieu le 8 septembre[43]

Aujourd'hui, nous avons un Parti socialiste qui :
- refuse de respecter le programme qu'ils ont pourtant signé il y a un an, notamment sur la retraite à 60 ans ;
- n'envisage pas de ministre insoumis dans un gouvernement de gauche
[43a]...

- se dit " à la disposition " d'Emmanuel Macron pour " discuter des conditions " d'une entrée au gouvernement[43b]...

- affirme " Je suis à la disposition du chef de l'État à tout moment pour discuter des conditions dans lesquelles nous pourrions occuper les places gouvernementales qui sont occupées par la majorité relative de Bayrou."[43c]

et présente un contre-budget du PS de renoncement[44] !

 

Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !

 

🔴 Ben voila ! Pour Olivier Faure et le PS : pas de ministres insoumis de LFI... rejet du programme du NFP... donc pas un gouvernement de gauche... mais les voix des député-e-s pour soutenir son gouvernement oui. Il se met à disposition de Macron pour assurer la continuité du macronisme. C’est limite grossier. #PlusJamaisPS     

 

  • 09 Octobre 2025 : Les Socialistes (dont Raphaël Glucksmann) en complicité avec les républicains et macronistes ont sauvé Von Der Leyen en votant main dans la main contre la censure de la Commission Européenne[45déposée par la gauche européenne.  

Seulement 3% des socialistes européens, dont aucun français, ont voté pour la motion de censure : la préfiguration d’une grande coalition française ?

 

Socialistes, républicains et macronistes ont sauvé Von Der Leyen en votant main dans la main contre la censure de la Commission 🇪🇺.  Une préfiguration d’une grande coalition française ?  Heureusement les écologistes 🇫🇷 ont désobéi à leur consigne de groupe et voté à nos côtés.

 

  • 14 Octobre 2025 : Le Parti Socialiste demandait la suspension intégrale et complète de la réforme des retraites : or alors qu'il n’y aura qu’une temporisation (suspension) dans la réforme des retraites (la proposition du Premier Ministre revenant à inscrire dans la loi le redémarrage de la réforme Borne au 1er janvier 2028)... le PS ne votera pas la censure du gouvernement, Sébastien Lecornu toujours en sursis[46]

Avec cette proposition, la génération née en 1964 gagnerait 3 mois sur l’âge de départ à la retraite alors qu’elle pourrait gagner 9 mois avec l’abrogation soutenue par une majorité de députés à l’Assemblée nationale. Pour toutes les autres générations, rien ne change puisque le pouvoir élu en 2027 pourra faire ce qu’il souhaite.

  • À ce prix là, le Parti Socialiste rejoint le centre doit et s’apprête à sauver Macron et valider un budget n’a rien à voir avec le programme du Nouveau Front Populaire[47].

 

le PS ne votera pas la censure du gouvernement, Sébastien Lecornu toujours en sursis[46]

 

  • 16 Octobre 2025 : Ce jeudi 16 octobre 2025, grâce au PS, le Premier ministre illégitime et minoritaire a été sauvé par manque de 18 voix sur la motion de censure déposée par la France insoumise[48].

Par cette décision, la direction du Parti Socialiste vient de sauver Emmanuel Macron en prétendant avoir obtenu le décalage de la réforme des retraites qui n’est en réalité qu’une arnaque. Les électeurs du Nouveau Front Populaire avaient pourtant clairement choisi le programme indiquant dès sa 2e ligne que le mandat de leurs élus serait de rompre avec le système Macron et contenant en son sein l’abrogation de la retraite à 64 ans.

  • Le Parti Socialiste n’a pas trahi, il est juste fidèle à son histoire[49] avec quelles conséquences ? 👇

 

Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
Voilà pourquoi je déteste le Parti Socialiste !
  • 12 Novembre 2025 : Retraites... en votant le texte gouvernemental[50], résultat des tambouilles entre eux, les socialistes décident de couper un doigt aux salariés pendant que les macronistes veulent en couper deux avec l’arnaque du décalage de la retraite à 64 ans

PS, macronistes et RN votent le décalage (ce n'est pas une suspension, c'est un décalage, même Macron le reconnait[51]), résultat  :

  • retraite à 64 ans pour les nés après 1969, pensions en baisse pour tous.
  • Tous les retraités vont payer votre vote par la baisse de leurs pensions.

 

 

 

  • 2 Décembre 2025 : Le projet de loi de fin de gestion (PLFG) 2025, qui prévoit 10 MILLIARDS D'EUROS D'AUSTÉRITÉ, a été adopté DE DEUX VOIX grâce à l'abstention, les socialistes et les écologistes[52]

« Compromis », « responsabilité », « stabilité » : ça coûte cher au peuple. Très cher… Les élèves, les étudiants•es, les agriculteurs, les travailleurs du monde de la culture qui voient leur budget coupé vous remercient et sauront en tirer les leçons politiques : en 2026 et 2027, on les dégage

 

Première séance du mardi 2 décembre 2025 Scrutin public n°4442 sur l'ensemble du projet de loi de fin de gestion pour 2025 (texte de la commission mixte paritaire).

 

 

  • 9 Décembre 2025 : C'est fait... l'alliance PS-macronistes-LR vient de voter l'ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026de la Sécurité sociale[53].

En votant ce budget des horreurs, le PS bascule officiellement dans la majorité gouvernementale et la coalition autour de Lecornu..
Ils portent la responsabilité, avec le gouvernement, des coupes dans la santé et de l’augmentation des coûts pour les assurés.

Et pensée pour tous les Français qui leur ont fait confiance l'année dernière.

 

Analyse du scrutin n°4696 Deuxième séance du mardi 9 décembre 2025 Scrutin public n°4696 sur l'ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (nouvelle lecture).

 

 

  • 14 Janvier  2026 : Scrutin public n°4986 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 57 députés.

Le PS s'abstient sur la motion de censure contre Lecornu et le #Mercosur[54], et sauve encore ce Gouvernement.

Le PS est la bouée de secours des macronistes... soutien aux agriculteurs.

 

Scrutin public n°4986 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 57 députés.

 

 

  • 23 Janvier  2026 : Le Parti Socialiste s'abstient sur la motion de censure n°5154 des Insoumis, Ultramarins, Communistes et Écologistes (seulement 5 d'entre eux l'ont voté sur 69).

19 voix seulement ont manqué pour que cette motion de censure soit adoptée[55]. Par leur abstention, ils vont permettre à Sébastien Lecornu d'imposer 35 MILLIARDS de coupes dans les services publics et la suppression de la prime de Noël.

 

Scrutin public n°5154 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot, Mme Cyrielle Chatelain, M. Stéphane Peu et 108 députés.

 

  • 2 février  2026 : Le Parti Socialiste s'abstient sur la nouvelle motion de censure n°5193 des Insoumis, Ultramarins, Communistes et Écologistes (seulement 5 d'entre eux l'ont voté sur 69)[56].

Le PS, c’est une usine à trahisons qui simule la colère le jour et lèche les bottes du pouvoir le soir pour ne pas perdre ses sièges. Le PS est devenu la bouée de secours des macronistes et sort de la gauche pour se rassembler avec le centre droit en vue des présidentielles de 2027 !

 

Analyse du scrutin n°5193 Scrutin public n°5193 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Cyrielle Chatelain, Mme Mathilde Panot, M. Stéphane Peu et 110 députés.

 

  • 27 Janvier  2026 : en s'abstenant sur la nouvelle motion de censure n°5284 des Insoumis, Ultramarins, Communistes et Écologistes (seulement 5 d'entre eux l'ont voté sur 69)[57] le Parti Socialiste valide le budget d’austérité 2026 .

Avec la non-censure, le PS s’isole un peu plus de la gauche. Les rares frondeurs socialistes disent leur malaise et  des militants rendent leur carte, sidérés par ce retour en arrière avant les élections municipales.

 

Première séance du lundi 2 février 2026 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par M. Stéphane Peu, Mme Mathilde Panot, Mme Cyrielle Chatelain et 110 députés.

 

  • 3 Mars  2026 : Le Parti socialiste n’en finit plus de sombrer. Les refus successifs de censurer le gouvernement Lecornu ont révélé au grand jour son changement d’alliance, au profit d’Emmanuel Macron. Ce 3 mars, dans une résolution du Bureau national votée à l'unanimité, Olivier Faure a renvoyé dos à dos les fascistes et les antifascistes[58].

Pas un jour ne passe sans que le parti à la rose se rapproche de l’axe réactionnaire. Aujourd’hui, la reprise par la direction du Parti Socialiste, répondant aux appels de Jordan Bardella, du discours le plus nauséabond de l’extrême droite est une faute d’une gravité absolue alors que notre pays subit une offensive fasciste d’une ampleur inédite et un glissement de la macronie et de la droite vers les idées de l’extrême droite[59].

 

Le PS appelle les militants insoumis à se désolidariser des propos de Jean-Luc Mélenchon, ce dernier dénonce d'"intolérables accusations d'antisémitisme"

 

 

🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 

 

 

 

#PlusJamaisPS

 

 

Notes :

[0Le patron du PS, Olivier Faure, a «hété» à rejoindre Emmanuel Macron en 2016

[0bisTRIBUNE : Le recul du PS sur ses engagements : une situation qui était prévisible

[0ter100 ans de trahisons socialiste (des origines à nos jours)

[1] Le Parti socialiste, reçu à l'Elysée, se met en rupture avec La France insoumise

[1bisJean-Luc Mélenchon : « Je lance un appel à la création d’une fédération populaire »

[1terCagé, Piketty : à la conquête du 4ème bloc ?

[2Pourquoi Mitterrand ne nous manque pas

[3Déclaration de politique générale de M. Pierre Mauroy, Premier ministre, devant l'Assemblée nationale le 8 juillet 1981, publiée dans Le Monde le 10 juillet 1981

[4Lionel Jospin : le retour de la momie sociale-démocrate

[5Le gouvernement Jospin, de l'embellie à la désillusion

[6Sondage : Mélenchon, le candidat qui incarne le plus le changement

[7Emmanuel Macron, de « Mozart de l'Elysée » à ministre de l'économie

[8Pour Philippe Martinez secrétaire général de la CGT : « Le bilan de Hollande est négatif »

[9Paris 14 juin 2016, j'y étais, j'ai vu, j'accuse... Gazer, mutiler, soumettre : la police au service du néolibéralisme autoritaire, je l'ai vue à l'œuvre !  

[10La loi immigration, ni tournant, ni trahison : une continuité politique

[11L'affaire Leonarda

[12Aurélien Bellanger dans son ouvrage " Les derniers jours du Parti socialiste "

[12aEn 2016 Olivie Faure envisageait de se rallier à Emmanuel Macron dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017

[12b] En avril 2018, le média Les Jours relève que 27,2% des votes d’Olivier Faure au Parlement sont « en accord avec En marche »

[12c] Olivier Faure se rend à une manifestation d’extrême droite organisé par le syndicat policier Alliance.

[13Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes)

[14] Jean-Luc Mélenchon : « Je lance un appel à la création d’une fédération populaire »

[15Programme partagé de gouvernement de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale

[16Les prochaines élections sénatoriales auront lieu en septembre 2023

[17Sénatoriales : La France insoumise dénonce un "enterrement de la Nupes" avant une possible alliance PS-EELV-PCF

[18Élections sénatoriales : le refus de l’union autour de la NUPES aura coûté à la gauche près de 10 sièges

[19LFI propose de créer des structures locales de la Nupes, de lancer une agora, de bâtir des alliances électorales aux sénatoriales et aux européennes

[20Européennes 2024 : La France insoumise plaide pour une liste commune 

[21La France Insoumise est même prête à laisser la tête de liste à EELV pour une liste commune

[22Sondage : unie aux élections européennes, la NUPES peut l’emporter face à Macron et Le Pen

[23Le Nouveau Front Populaire est né

[24Dissolution : Emmanuel Macron annonce la dissolution de l'Assemblée nationale 

[24bis] Législatives 2024 : LFI, PS, Verts, PCF, combien de candidats les partis du Nouveau Front populaire présenteront-ils ? 

[25Motion de censure : l'Assemblée nationale renverse le gouvernement de Michel Barnier

[26Gouvernement Bayrou : qui sont les 35 nouveaux ministres ?

[27ASSEMBLÉE NATIONALE 14 janvier 2025 : MOTION DE CENSURE présentée par Mme Mathilde PANOT et 57 de ses collègues communistes et écologistes

[28Scrutin public n°526 sur la motion de censure, déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution, par Mme Mathilde Panot et 57 députés.

[298 juin 2023, la #Nupes a fait un serment

[30Budget 2025: le PS et le RN ne voteront pas la motion contre le gouvernement Bayrou

[31Scrutin public n°693 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 90 députés.

[32Scrutin public n°694 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 91 députés.

[33La liste des coupables. Retrouvez les noms des députés PS et RN qui ont sauvé Bayrou de la censure

[34] François Hollande veut deux candidats de gauche à l’élection présidentielle

[35Déclaration de la coordination nationale et de l’intergroupe parlementaire de la France insoumise

[36Aujourd’hui, une nouvelle fois, le PS main dans la main avec le RN n’ont pas censuré le gouvernement Bayrou.

[37Scrutin public n°842 sur la motion de censure, déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution, par M. Boris Vallaud et 65 députés.

[38La dernière arnaque du PS : la retraite à 63 ans

[39Nous, les Amis d’Israël, connaissons les mesures absolument uniques qu’Israël met en place pour limiter les pertes civiles et alléger la souffrance des populations

[40A69 : le tribunal administratif de Toulouse juge le projet illégal

[40bisAutoroute A69 : Le Sénat tente de contourner la justice avec une loi permettant la reprise des travaux

[41Objet de la motion de censure du 4 juin 2025 et résultat du vote 

[41aScrutin public n°2222 sur la motion de censure, déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution, par Mme Aurélie Trouvé et 57 députés

[42Pour Jérôme Guedj, député PS, Jean-Luc Mélenchon serait devenu " un salopard antisémite "

[4325 août, François Bayrou sollicite un vote de confiance qui aura lieu le 8 septembre

[43aOlivier Faure n'envisage pas de ministre insoumis dans un gouvernement de gauche...

[43b] Olivier Faure se dit " à la disposition " d'Emmanuel Macron pour " discuter des conditions " d'une entrée au gouvernement

[43cOlivier Faure " Je suis à la disposition du chef de l'État à tout moment pour discuter des conditions dans lesquelles nous pourrions occuper les places gouvernementales qui sont occupées par la majorité relative de Bayrou."

[44Le contre-budget du PS, un budget de renoncement

[45Motion de censure : Ursula von der Leyen dans une passe difficile

[46Retraites : le PS ne votera pas la censure du gouvernement, Sébastien Lecornu toujours en sursis

[47À ce prix là, le Parti Socialiste s’apprête à sauver Macron et à valider un budget n’a rien à voir avec le programme du Nouveau Front Populaire.

[48Scrutin public n°3058 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 86 députés.

[49Le Parti Socialiste n’a pas trahi, il est juste fidèle à son histoire

[50] Scrutin public n°3684 sur l'article 45 bis (examen prioritaire) du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture)

[51Ce n'est pas une suspension, c'est un décalage, même Macron le dit

[52Le projet de loi de fin de gestion (PLFG) 2025, a été adopté DE DEUX VOIX grâce à l'abstention des socialistes et écologistes

[53l'alliance PS-macronistes-LR vient de voter l'ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026de la Sécurité sociale

[54Scrutin public n°4986 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution

[55Analyse du scrutin n°5154 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution

[56] Analyse du scrutin public n°5193 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Cyrielle Chatelain, Mme Mathilde Panot, M. Stéphane Peu et 110 députés.

[57Analyse du scrutin n°5284 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par M. Stéphane Peu, Mme Mathilde Panot, Mme Cyrielle Chatelain et 110 députés.

[58] Dans une résolution du Bureau national votée à l'unanimité, le Parti socialiste appelle les militants de La France insoumise à se désolidariser des propos de Jean-Luc Mélenchon, pour les élections municipales.

[59« Nous dénonçons l’irresponsabilité totale de la direction du Parti Socialiste »

 

Pour en savoir plus :

- « Je démissionne du Parti socialiste » – Après la non-censure, le PS face à la fronde massive de ses élus et de ses militants

Décryptage – Censure du 16 janvier 2025 : comment François Bayrou a enfumé le Parti Socialiste

- Hollande et la gauche du rien

La mystification de la retraite par points défendue par le Parti Socialiste

- Taxe sur les apprentis, hausse des prix de l’électricité – Découvrez le programme actualisé du RN et du PS après leur refus de censurer Bayrou en février 2025

- Parti socialiste : Trahir et détruire

- « Nous constatons avec regret que le PS a confirmé son changement d’alliance »

À l’Assemblée, la censure « en mousse » des socialistes vire à l’humiliation 👇

Emmanuel Todd : historien, anthropologue, démographe, essayiste français

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12 janvier 2025 7 12 /01 /janvier /2025 18:47
Entretien avec Michaël Löwy : Jean-Luc Mélenchon « a largement contribué à populariser la notion d’écosocialisme et a un discours élaboré sur l’écologie »

Michael Löwy (1938) est une figure intellectuelle incontournable de la gauche dans le monde. Après un pèlerinage intellectuel à travers plusieurs pays, du Brésil au Royaume-Uni en passant par Israël, c’est en France que Michael Löwy s’est installé en 1969, invité par Nicos Poulantzas. Fin philosophe révolutionnaire, il a présenté une thèse sur György Lukács en 1975 et s’est passionné tant pour le marxisme que pour le surréalisme.

Parallèlement à sa vie intellectuelle, Michael Löwy est un homme engagé politiquement. Il a milité dans la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), mouvement emblématique du trotskisme en France, et aussi, de l’autre côté de l’Atlantique, aux côtés de l’aile gauche du Partido dos Trabalhadores (PT) et du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST) du Brésil. Récemment, il a commencé à collaborer avec l’Institut La Boétie, le think tank de La France Insoumise, fondé en 2020 par Jean-Luc Mélenchon.

Pensant bienveillant, Michael Löwy s’efforce de créer une synthèse intellectuelle entre le marxisme et la pensée écologiste, dans le but de construire une nouvelle théorie politique : l’écosocialisme. Cette approche cherche à combiner le pragmatisme scientifique du marxisme avec les préoccupations utopiques des écologistes. Entretien.

 

 

Sources : L'insoumission | 

- Diario Red / Insoumission[1] : Vous collaborez actuellement avec l’Institut La Boétie, (think tank à La France Insoumise) après un long parcours dans les organisations de la gauche trotskiste révolutionnaire. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous rapprocher de La France Insoumise ?

Michael Löwy : À mon avis, la gauche trotskiste révolutionnaire a intérêt à collaborer avec des partis de gauche comme La France Insoumise, dans la mesure où ils constituent les principales forces incarnant une dynamique anticapitaliste dans la société. Dans le cas de Jean-Luc Mélenchon, nous avons affaire à un leader politique qui a largement contribué à populariser la notion d’écosocialisme et qui a un discours élaboré sur l’écologie.

 

Il a fait avancer nos thèses dans la bataille des idées. Par conséquent, il n’y a pas de contradiction entre se rapprocher de partis comme La France Insoumise et rester dans la tradition de la gauche trotskiste révolutionnaire.

 

 

- Diario Red / Insoumission : Que peut apporter la pensée marxiste à l’écologie ?
Michael Löwy : Le marxisme est une théorie nécessaire pour tout projet de transformation sociale, car il nous permet de comprendre scientifiquement ce qu’est le capitalisme et les raisons pour lesquelles, en raison de la logique d’accumulation du capital, il génère une exploitation sans limites de l’homme et de la nature. Pour cette raison, le marxisme est une arme pour lutter contre les « falsificateurs de l’écologie », en particulier les promoteurs du capitalisme vert, qui redoublent d’efforts pour démontrer une thèse impossible : la compatibilité de l’écologie avec le capitalisme.

 

De plus, le marxisme est un outil intellectuel pour comprendre ce que pourrait être une alternative au capitalisme. Il élabore ses contours, défendant la constitution d’une économie qui priorise une production destinée à satisfaire les besoins sociaux à travers une planification démocratique, par opposition aux marchandises destinées au marché.

 

J’insiste particulièrement sur cette notion, car elle est consubstantielle à toute perspective écologique : une société durable ne pourra pas continuer à produire n’importe quoi à des fins d’échange sur un marché, comme c’est le cas aujourd’hui. La préservation de la vie humaine sur Terre exige la production de biens en fonction de leur utilité sociale et environnementale, en opposition à l’irresponsabilité totale qui règne dans la production actuelle.

 

🔴 Par conséquent, nous devons transformer le marxisme en un « éco-marxisme » et le socialisme en un « éco-socialisme », et mettre en œuvre une politique de planification qui intègre la notion de limites écologiques.

 

 

- Diario Red / Insoumission : Comment peut-on construire une planification économique démocratique ?
Michael Löwy : Il est nécessaire de rompre avec le modèle soviétique de planification. À mon avis, l’excessive verticalité du système et l’absence de démocratie ont conduit à son incapacité à répondre réellement aux besoins de la population, et, en conséquence, à sa chute. Les décisions sur la manière et les raisons de produire doivent être prises de manière participative. Comment y parvenir ?

 

Nous devons partir du principe de subsidiarité : les décisions qui peuvent être prises au niveau local ou micro-local doivent être réalisées à cette échelle. Cela favorisera l’autogestion et multipliera la prise de décisions au niveau direct. De nombreuses institutions qui opèrent uniquement au niveau local pourraient être gérées directement par leur personnel.

 

Cependant, les activités de certaines administrations et entreprises nécessitent la mobilisation d’une région ou même de tout un pays. Dans ces cas, je défends un principe de représentativité : les décisions sur ce qui doit être produit et consommé doivent être prises par le peuple, par des représentants élus et des référendums.

 

🔴 Il est important de comprendre que l’économie n’est pas un fait naturel, mais un fait politique. Les grandes décisions économiques, concernant ce qui doit être produit et consommé, doivent être prises au niveau politique. Il ne s’agit pas d’éliminer complètement le marché, mais de lui donner sa place adéquate, notamment pour garantir la gratuité de certains services essentiels et, finalement, dépasser la politique de l’offre et son irresponsabilité sociale et écologique.

 

 

- Diario Red / Insoumission : Vous vous intéressez au rôle révolutionnaire de l’utopie. Soutenez-vous les socialistes utopiques si critiqués par Marx ?
Michael Löwy : Je m’inspire du penseur Miguel Abensour, qui souligne que Marx ne critique pas les socialistes utopiques pour le contenu de leurs utopies, qu’il trouvait en réalité fascinantes, mais pour leur vision parfois erronée du politique.

 

Beaucoup de socialistes utopiques pensaient qu’il suffisait de gagner le cœur de quelques riches philanthropes pour réaliser leurs projets et les étendre à toute la société. Ce que Marx critiquait essentiellement chez Fourier ou Proudhon, c’était qu’ils ignoraient des questions politiques centrales : quelle classe sociale devra réaliser cette société utopique ? Quel sera le processus de transition vers une nouvelle société ?

 

Face à des penseurs qui, parfois, défendaient le retrait de la société pour entrer dans des phalanstères et qui, parfois, ressentaient de la nostalgie pour des formes de travail écrasées par le machinisme industriel, Marx pose la nécessité d’un processus révolutionnaire mené jusqu’au bout par une classe sociale ascendante : le prolétariat, qu’il définit comme les travailleurs ne possédant pas leurs moyens de production.

 

Cependant, cela n’empêchait pas Marx de s’intéresser sincèrement aux idées des socialistes utopiques, qui furent l’une des trois principales sources d’inspiration de sa pensée, avec l’idéalisme allemand hégélien et les économistes classiques anglais.

 

Cette vision erronée de la notion d’utopie chez Marx a conduit de nombreux marxistes à rejeter a priori toute politique de l’utopie. Pour ma part, je pense que l’idée d’utopie est nécessaire à tout projet politique révolutionnaire.

 

Le penseur marxiste utopique Ernst Bloch, que je cite fréquemment, disait que la force du marxisme réside dans la combinaison d’un « courant froid », une lecture scientifique du capitalisme, avec un « courant chaud », la vision utopique d’une société sans classes, basée sur la justice et l’égalité, où nous serions libérés de la surexploitation, du productivisme et du fétichisme de la marchandise, et par conséquent du consumérisme. Selon moi, le « courant froid » doit être un moyen pour atteindre le « courant chaud ».

 

 

- Diario Red / Insoumission : Vous parlez d’une transformation des forces productives en forces destructrices, en opposition au marxisme classique, en vous inspirant des thèses de Walter Benjamin. Ne risquez-vous pas de tomber dans une condamnation a priori du progrès technique, comme le font de nombreux penseurs écologistes décroissants ?
Michael Löwy : Je pense que nous devons éviter toute simplification à propos du progrès technologique et adopter une vision dialectique. La catégorie « progrès technique » ne signifie rien en soi : le progrès technique n’est pas unique, il est multiple, et peut donc être défini de diverses manières.

 

Laissons de côté les simplifications et les discours binaires : nous pouvons observer qu’il existe des avancées techniques majoritairement positives, comme celles de la médecine, et d’autres négatives, comme la voiture individuelle ou l’extraction pétrolière.

 

🔴 Pourquoi cette différence entre des réalisations qui sont considérées comme faisant partie d’un même ensemble, le progrès technique ?
Pour une raison simple : je pars du principe que le véritable problème n’est pas la technique, mais le capitalisme. Le capitalisme crée une technologie qui lui est propre et qui est à son service. Prenons l’exemple de l’automobile individuelle : un produit qui, à l’origine, ne répondait à aucun besoin social réel, a fait l’objet d’une véritable fétichisation comme produit de consommation ostentatoire, et a réorganisé la société au bénéfice du capitalisme contemporain.

 

Il est donc nécessaire de dépasser une illusion entretenue par le marxisme le plus orthodoxe : l’écosocialisme démontre que nous ne pouvons pas nous approprier toute la technologie et tout l’appareil de production existant pour les mettre au service des travailleurs, car une partie de ces derniers existe uniquement pour satisfaire les besoins spécifiques du capitalisme. Que changerait-il en termes de politique écologique si un puits pétrolier en haute mer était sous le contrôle des travailleurs ?

 

 

- Diario Red / Insoumission : L’écosocialisme est-il alors synonyme de décroissance ?
Michael Löwy : Ce n’est pas si simple. Soyons clairs : l’écosocialisme implique une forme de décroissance dans la mesure où il remet en question l’existence même d’une partie de notre appareil productif et de notre production. Pourquoi ? Parce que le capitalisme ne produit pas des choses pour répondre à des besoins, mais uniquement en fonction de leur capacité à être échangées sur le marché, de leur valeur d’échange.

 

🔴 Par exemple, le fait que tous nos appareils électroménagers deviennent obsolètes après quelques années ne répond pas à nos besoins en tant que consommateurs, mais à l’objectif d’augmenter la circulation des valeurs d’échange sur le marché, de stimuler les ventes et la concurrence, au détriment de toute responsabilité environnementale. La mise en œuvre d’un système écosocialiste qui dépasse le capitalisme impliquerait donc l’élimination de tout le gaspillage de ressources humaines et naturelles causé par l’irresponsabilité de l’économie capitaliste, ce qui entraînerait inévitablement une forme de décroissance.

 

Cependant, la décroissance en elle-même ne sera jamais un projet de société. En effet, il existe des formes de décroissance capitalistes, comme les mesures malthusiennes ou la destruction d’activités jugées « insuffisamment rentables », qui sont souvent nécessaires au bien-être de la société.

 

🔴 Par conséquent, il existe un danger que la question de la décroissance soit posée par les classes dominantes sans aucune critique du capitalisme, créant une société encore plus aliénée. La décroissance est également une notion complexe qui ne peut être résumée par des lieux communs ou des idées uniformes. Elle ne peut être pensée simplement comme une diminution du PIB, mais comme une manière de réorganiser la production.

 

Nous devons sérieusement nous poser ces questions : quelle partie de l’appareil productif doit être démantelée et quelle partie doit être développée ? Par exemple, je pense que les énergies fossiles et la publicité font partie des activités qui doivent décroître. En revanche, les investissements dans les transports publics doivent augmenter, car les voitures individuelles sont destinées à disparaître.

 

 

- Diario Red / Insoumission : Vous êtes brésilien. Les discours écosocialistes et les formes de décroissance qu’ils impliquent sont-ils audibles dans un pays et un continent qui désirent à tout prix se développer et croître économiquement ?
Michael Löwy : Malgré la présence de réseaux écosocialistes actifs au sein des forces de gauche, notamment au Brésil, il faut reconnaître que la vision dominante en Amérique latine, dans toutes les forces politiques, reste développementaliste. Il est évident que l’Amérique latine doit se développer ; ce n’est pas la question. La véritable question est : quel type de développement le continent a-t-il besoin ? À mon avis, il ne faut pas y reproduire les erreurs du développement des pays du Nord.

 

🔴 Le modèle de développement suivi en Amérique latine est le suivant : produire des matières premières non transformées destinées au marché mondial, avec des conséquences désastreuses sur le plan écologique. Les tentatives de diversification industrielle en Amérique latine, comme le développement d’une industrie automobile ou aéronautique, sont également conditionnées par les exigences du marché mondial.

Ces productions sont-elles une priorité pour les Sud-Américains, dont la majorité n’a ni voiture ni accès aux avions ? Il est nécessaire de penser un autre modèle de développement, ce qui implique de produire pour la population et non pour le marché mondial.

 

Par exemple, mon pays, le Brésil, détruit la forêt amazonienne pour produire une quantité de soja et de viande qui dépasse largement la demande nationale, voire régionale : la surproduction agricole pour satisfaire le marché mondial et le secteur de la viande conduit nécessairement à l’accélération de la déforestation de l’Amazonie… Avec le temps, cela pourrait provoquer l’assèchement des fleuves qui coulent vers le sud du pays et qui alimentent la production agricole… Une véritable catastrophe !

 

Dans cet écocide, l’extrême droite est en première ligne, avec l’ex-président Bolsonaro, qui voulait éradiquer la forêt « parce qu’elle ne sert à rien » et mettre fin aux modes de vie indigènes. Le peuple brésilien ne se nourrit pas de soja, mais principalement de riz, de haricots, de farine et de poulet.

 

🔴 Par conséquent, l’agriculture doit être orientée en priorité vers le marché intérieur et viser une production biologique. Il n’y a pas d’autre solution pour stopper le désastre écologique en cours. Cela a été compris par le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST), qui est aujourd’hui le principal producteur de riz biologique du pays.

 

Comme pour le progrès technique, la question du développement doit être abordée selon une approche dialectique et non comme une perspective uniforme. Il existe un développement capitaliste, destructeur, et un développement nécessaire dont l’Amérique latine a besoin : plus de services publics, d’électricité, d’approvisionnement en eau, d’assainissement, etc.

 

L’Amérique latine peut être pionnière en matière de progrès technique respectueux des équilibres naturels, contrairement aux sociétés occidentales. Dans ce combat, la gauche, les paysans, les indigènes et une partie de l’Église jouent un rôle fondamental.

 

 

- Diario Red / Insoumission : Quels sont les principaux obstacles à une politique écologiste et écosocialiste en Amérique latine, et au Brésil en particulier ?
Michael Löwy : Je pense que la gauche latino-américaine a souffert d’une idéalisation du pétrole. Le contrôle de celui-ci était perçu comme un moyen d’acquérir plus de souveraineté économique par rapport aux États-Unis, mais il a fini par affaiblir les économies du continent, dévaster l’environnement et attiser les ambitions des oligarchies étrangères.

 

Cependant, je constate quelques signaux positifs. Au sein du gouvernement de Lula, la ministre de l’Environnement, Marina Silva, s’oppose à l’exploitation pétrolière dans l’estuaire de l’Amazone. Lula n’a pas encore pris de décision sur le sujet, mais il est important que cette position ait été exprimée.

 

🔴 La seconde menace est le libre-échange et la surdépendance au marché mondial, dont j’ai exposé la relation de cause à effet avec la déforestation de l’Amazonie. Il est certain que la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur[2] est une très mauvaise nouvelle pour la préservation de l’environnement en Amérique latine.

 

Notes :

[1L’Insoumission et le média espagnol Diario Red (Canal Red) s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours en France, en Espagne et en Amérique du Sud. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et de Diario Red.

[2UE-Mercosur : un accord mortel pour les agriculteurs et l'environnement

 

Point en savoir plus :

- JEAN-LUC MÉLENCHON : CLIMAT - Je lance l'alerte : le temps est compté !

- « L’urgence écologique doit être au point de départ de ma campagne »

 

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7 janvier 2025 2 07 /01 /janvier /2025 17:36
Le 11 juillet 2024

Le 11 juillet 2024

« Nous voulons négocier » – Le PS tue le NFP en négociant avec Bayrou, Valls, Retailleau et Darmanin[a]

 

 

La tentative de discussion avec l’Élysée a galvanisé le PS, réunifié autour de la rupture stratégique avec Jean-Luc Mélenchon. Chez les Écologistes, en revanche, les zigzags de la direction ont brouillé les lignes. Et au PCF, la crise est ouverte avec Fabien Roussel.

 

 

Sources : Mathieu Dejean et Pauline Graulle le 10 décembre 2024 | mis à jour le 15/01/2025

- Emmanuel Macron aura au moins réussi une chose : semer la zizanie à gauche.
En invitant toutes les forces politiques ayant « indiqué se placer dans une logique de compromis » à une réunion à l’Élysée mardi 10 décembre – à l’exception de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN) –, le président de la République a mis un nouveau coup de boutoir dans la fragile alliance du Nouveau Front populaire (NFP).

 

En fin d’après-midi, les dirigeants des trois partis de gauche – Parti socialiste (PS), Parti communiste français (PCF) et Les Écologistes – sont sortis bredouilles de leur rendez-vous avec le chef de l’État. « Il faut… arrêter les réunions à l’Élysée », a même conclu la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale[0], Cyrielle Chatelain, estimant que deux options s’offraient désormais à Emmanuel Macron : nommer un premier ministre issu de la force arrivée en tête aux législatives de juin ou s’exposer à une nouvelle motion de censure.

 

Un épilogue aux airs de retour à la case départ, après une semaine de tensions à gauche sur la meilleure manière d’aborder l’après-censure, laissant les partis jusqu’ici coalisés dans le NFP éparpillés façon puzzle. Au lendemain de la chute de Michel Barnier, les socialistes ont été les premiers à accepter de se rendre à une réunion à l’Élysée pour discuter d’un accord de non-censure d’un gouvernement de gauche, entraînant derrière eux Les Écologistes et le PCF. De quoi ouvrir un gouffre au sein du NFP, LFI excluant toute logique de compromis avec le pouvoir.

 

Ces derniers jours, les passes d’armes entre les différents responsables de gauche se sont multipliées.

  • « Qu’allez-vous faire dans cette galère ? Vous êtes sur le point de vous asseoir à la table des négociations avec Gabriel Attal et Laurent Wauquiez ! », exhortait mardi le député LFI Paul Vannier[1],
  • tandis que Jean-Luc Mélenchon regrettait que le PS, le PCF et les Écologistes fassent une « coalition pour négocier avec les droites[2] ».
  • Un peu plus tôt, le communiste André Chassaigne, président du groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée, et l’Insoumis Éric Coquerel s’invectivaient sur BFM, le premier accusant le second d’être « favorable au chaos »[3].

 

 

- Crise ouverte au PCF…
L’annonce de la réunion élyséenne de mardi, en présence du parti Les Républicains (LR), a également fracturé l’intérieur des mouvements de gauche. Le matin même, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a provoqué un tollé en semblant faire de l’abrogation de la réforme des retraites une monnaie d’échange avec le pouvoir. « Si, nous, on reste bloqués sur l’abrogation […], on n’avancera pas[4] », a déclaré l’ancien député, qui fait l’objet d’une enquête[5] du Parquet national financier (PNF).

 

« On dirait le clergé décadent négociant les évangiles », a réagi le député communiste Nicolas Sansu[6], qui s’était déjà ému la veille d’une première salve de déclarations de Fabien Roussel s’éloignant de l’abrogation[7]. En catastrophe, le groupe GDR a annulé sa conférence de presse hebdomadaire à la suite des remous provoqués par cette déclaration – et ce n’est pas la seule[8] qui pose problème en interne.

Huit député·es du groupe GDR et une douzaine de sénateurs et sénatrices communistes se sont retrouvé·es dans la foulée au Sénat et en visioconférence avec le secrétaire national du PCF pour faire le point dans une ambiance tendue. Ni le député Stéphane Peu ni le sénateur Pascal Savoldelli n’ont défendu Fabien Roussel. « Unanimement, nous avons dit qu’il fallait arrêter de remettre en cause l’idée de l’abrogation de la réforme des retraites. On veut préserver l’unité du NFP quoi qu’il arrive », rapporte Nicolas Sansu. « Fabien s’est fait recadrer mais évidemment, il en fera bien ce qu’il veut », raconte un autre participant lassé de la godille politique de son chef de file.

 

De quoi creuser encore le fossé entre le secrétaire national et le groupe à l’Assemblée, composé quasiment pour moitié d’ultramarins rétifs à toute concession aux macronistes. Dans l’autre moitié, communiste « pur jus », là aussi, ça grince : « Fabien Roussel a parlé d’un accord de non-censure d’un gouvernement qui va jusqu’à LR, mais on n’en a jamais parlé dans le groupe », rapporte la députée PCF Elsa Faucillon, qui ne « voi[t] pas comment le groupe communiste à l’Assemblée survivrait » si la Place du Colonel-Fabien actait un accord dans le dos des parlementaires.

 

En dehors des député·es communistes, des cadres du PCF rapportent aussi, à la veille d’une « conférence nationale » (un mini-congrès) qui aura lieu samedi, une ambiance interne explosive. « Quand on dit qu’il y a une ligne rouge, il ne faut pas la dépasser. Quelque part, Fabien la dépasse, et je ne suis pas d’accord avec ça », déplore Raphaëlle Primet, coprésidente du groupe communiste au conseil de Paris. Le courant unitaire du PCF, Alternative communiste, a quant à lui publié une lettre ouverte au secrétaire national l’appelant à « passer le relais » : « Fabien, permets-nous de te le dire avec gravité : cette voie [celle du “terrain d’entente avec Emmanuel Macron” – ndlr] est une trahison.[9] »

 

 

- … et remous chez les Écologistes
Chez Les Écologistes, c’est aussi avec des yeux ronds que bien des militant·es ont observé les variations stratégiques de Marine Tondelier. Le 1 décembre, elle publiait un appel à une candidature commune de la gauche en 2027 avec Lucie Castets[10]. Mais quelques heures avant la motion de censure, la voilà qui appelait unilatéralement à des discussions avec l’ensemble des partis ayant participé au front républicain aux législatives, provoquant la perplexité de responsables du NFP.

 

L’aile gauche du parti, en particulier, n’est pas convaincue. L’appel de l’ancienne ministre de l’écologie Cécile Duflot, directrice de l’ONG Oxfam, à une « coalition climat et sociale qui doit aller des Écologistes au bloc central », sans le RN ni LFI[11], a remis de l’huile sur le feu, certains écologistes craignant que les négociations avec Emmanuel Macron ne débouchent sur une séparation avec LFI. « Ce n’est pas à une ONG de se positionner pour souhaiter une coalition allant de LR au PCF, en excluant le RN et LFI qui, par ce fait, sont assimilés, quoi que vous en disiez. Le périmètre partidaire ne vous regarde pas », a répliqué la sénatrice écologiste Raymonde Poncet[12].
 

La liste de onze propositions prioritaires faisant office de base de discussion n’a également pas fait l’unanimité chez les Écologistes. De même que les réactions, plutôt optimistes, de Marine Tondelier et Cyrielle Chatelain à leur première rencontre avec Emmanuel Macron le 9 décembre. Marine Tondelier s’était dite « satisfaite de plusieurs choses[13] » et Cyrielle Chatelain avait répondu positivement à la proposition de « nouvelle méthode » faite par Emmanuel Macron.

 

« C’est une chose de dire à Macron qu’en cas de premier ministre NFP, on s’engage à ne pas utiliser le 49-3, et qu’on ne peut pas appliquer tout le programme ; ç’en est une autre de discuter d’une plateforme programmatique. Il y a eu un recadrage après leur première réunion », rapporte le député Hendrik Davi, qui siège dans le groupe écologiste à l’Assemblée.

 

Membre du bureau exécutif des Écologistes, Alain Coulombel se dit toutefois convaincu de la solidité des dirigeantes du parti : « On ne va pas renouveler l’expérience Emma Cosse, qui disait qu’elle n’entrerait jamais au gouvernement, pour finalement le faire. » Les tensions internes au NFP ont cependant été jugées suffisamment préoccupantes pour que deux petits partis proches des Écologistes, L’Après de Clémentine Autain et Alexis Corbière, et Génération·s publient, ce 10 décembre, des communiqués appelant à ne pas « tomber dans le piège d’Emmanuel Macron[14] ».

 


- Au PS, démelenchonisation express et unité retrouvée
Il n’y a guère que le PS que la période semble galvaniser. « Parfait accord autour de la délégation qui rencontrera le président de la République ! », triomphait le député Pierre Pribetich, proche de François Hollande, au sortir de la réunion hebdomadaire du groupe à l’Assemblée, mardi matin. À l’autre bout du spectre socialiste, le « fauriste » Laurent Baumel se félicitait lui aussi de l’unité retrouvée à la faveur de l’échappée en solitaire du PS au lendemain de la motion de censure : « On est dans une phase de désinféodation de Jean-Luc Mélenchon, et là-dessus, comme sur le fait que personne ne participera à une coalition avec la droite, tout le monde est d’accord », soulignait l’ancien frondeur.

 

Au point que, fait inédit au moins depuis le calamiteux congrès de Marseille[15] (Bouches-du-Rhône), un communiqué signé par tous les représentants des courants socialistes, y compris par les ennemis jurés du premier secrétaire, a été publié lundi pour fixer dans le marbre les « exigences [des socialistes] pour construire un nouveau chemin [...] permettant de trouver une issue à cette situation de blocage préjudiciable aux Françaises et aux Français ».

 

La semaine dernière n’a pourtant pas été un fleuve tout à fait tranquille pour le PS. Les hésitations d’Olivier Faure, sur France Info[16], où il a semblé évoquer des « concessions réciproques », dans un accord comprenant la droite de Laurent Wauquiez, ont fait tordre le nez à certains de ses proches. Il a clarifié le lendemain.
 

Quelques jours plus tard, la formule absconse de Boris Vallaud à la question d’un journaliste de LCP lui demandant si la présence de Bruno Retailleau au gouvernement pouvait constituer une ligne rouge a aussi pu laisser songeur : « Bruno Retailleau qui mène la politique de Bruno Retailleau, ce n’est pas possible pour nous[17] », a ainsi éludé le président du groupe socialiste, dans une vidéo abondamment relayée - et moquée - par certains Insoumis. « Il ne voulait surtout pas avoir l’air d’entrer dans la discussion en demandant la tête d’untel ou d’untel », déminait, mardi, son entourage, glissant que dans le fond, « bien sûr, Retailleau, c’est no way ».

 

Autrement troublantes, les nuances sémantiques entre les député·es du même groupe. Jérôme Guedj, revendiquant une « suspension » de la réforme des retraites, son collègue Arthur Delaporte revendiquant, lui, « l’abrogation » de la loi Dussopt... De là à voir se dessiner en creux les fissures qui pourraient vite réapparaître dans le parti ? « La stratégie du PS est bonne, mais mal exécutée : les gens parlent trop, ils se font les porte-parole de Macron », commente un écologiste.

 

Mardi matin, Laurent Baumel ne disait, dans le fond, pas vraiment autre chose : « En réalité, s’il y a cette impression un peu brouillonne, c’est qu’on n’est pas tous carrés sur ce que signifie concrètement nouer un “accord de non-censure”. Pour certains, comme moi, cela signifie une vraie reparlementarisation : ne pas censurer un gouvernement, quel qu’il soit, dès lors qu’il n’utilise pas le 49-3. Pour d’autres, la censure dépendra des avancées qu’on peut obtenir. Mais là-dessus, le débat devient complexe, y compris au PS, car il y a une infinité de nuances. »

 

En attentant, le parti d’Olivier Faure a décidé d’une politique de petits pas. Quelques heures avant la réunion à l’Élysée, un membre de l’équipe dirigeante du groupe à l’Assemblée se montrait combatif : « Il faut arracher tout ce qu’on peut arracher sur les retraites, la revalorisation des salaires… Les macronistes n’ont jamais été aussi faibles, Marine Le Pen est à poil. Et on a réussi à isoler les Insoumis et à fédérer autour de notre ligne les communistes et les Verts », résumait-il, se fiant un peu vite aux déclarations de dirigeants de partis pas forcément en phase avec leur propre base.

 

 

- Analyse radicalement inverse pour Jean-Luc Mélenchon.
« Je continue à avoir l’espoir qu’ils [le PS, les écologistes et les communistes - ndlr] n’aient pas la bêtise d’aller au bout de cette démarche [...]. Je parle au nom de millions de gens de toutes opinions, mais aussi de socialistes, de communistes, d’écologistes qui ne veulent pas participer à cette mascarade », a-t-il lancé lundi soir, lors d’un meeting à Redon (Ille-et-Vilaine), convaincu d’être à la fin le seul et unique rassembleur....  En tout état de cause " La négociation du PS avec le gouvernement Macron-Bayrou n'engage que lui " déclarait-il le 6 janvier 2025[18].

 

🔴  Et pour mémoire : Le 8 juin 2023, les forces de gauche ont prêté serment de continuer à lutter contre la retraite à 64 ans et pour la retraite à 60 ans.

 

« Nous faisons le serment d’agir sans relâche pour rassembler une majorité qui mettra fin à cette réforme injuste » – Le serment du 8 juin

 

Notes :

[a« Nous voulons négocier » – Le PS tue le NFP en négociant avec Bayrou, Valls, Retailleau et Darmanin

[0] Nomination d'un Premier ministre: " Il faut arrêter les réunions à l'Élysée ", déclare Cyrielle Chatelain, députée EELV

[1] " Qu’allez-vous faire dans cette galère ? Vous assoir à la table des négociations avec Attal et Wauquiez… J’appelle mes camarades socialistes, écologistes et communistes à ne pas tomber dans le piège tendu par le Président de la République. "

[2] Jean-Luc Mélenchon : " Le PS/ PCF / EELV  en coalition pour négocier avec les droites : retour vers le passé. Tristesse. "

[3Consultations à l'Élysée: échange tendu entre Éric Coquerel (LFI) et André Chassaigne (PCF) après l'annonce d'une nouvelle réunion

[4] Retraites : Réforme des retraites "Il faut trouver un terrain d'entente sinon on n'avancera pas", dit Fabien Roussel

[5Le Parquet national financier a ouvert une instruction, vendredi, concernant les soupçons d’emploi fictif du candidat PCF à la présidentielle lorsqu’il était assistant parlementaire

[6Sansu Nicolas : N'a t il pas lu le communiqué  du Pcf ? On dirait le clergé décadent négociant les évangiles... Ça suffit. Abrogation abrogation

[7] Sansu Nicolas : " J’apprends à la télé qu’on lâcherait l’abrogation de la réforme des retraites Macron contre une conférence sociale !!! Pas ça ! Les députés GDR n’ont jamais proposé ça ! "

[8] Ce n’est pas la seule déclaration de Fabien Roussel qui pose problème en interne comme en atteste la réaction du député Pouria Amirshahi

[9] 1000 communistes de carte ou de cœur adressent une lettre ouverte à Fabien Roussel

[10Lucie Castets et Marine Tondelier appellent à une candidature commune à gauche pour 2027.

[11] Cécile Duflot : « Mon option est la constitution d’une coalition climat et sociale qui doit aller des écologistes au bloc central »

[12Ce n'est pas à une ONG à se positionner pour souhaiter une coalition allant de LR au PCF, en excluant le RN et LFI qui par ce fait sont assimilés quoi que vous en dites

[13Marine Tondelier s’était dite « satisfaite de plusieurs choses »

[14L’Après : « Ne tombons pas dans les pièges de Macron » !

[15Congrès du PS : malgré l’accord, rien ne sera simple pour Olivier Faure

[16"Je suis prêt à entrer en discussions", avance Olivier Faure avant sa venue à l'Elysée

[17Gouvernement Bayrou: pour Boris Vallaud (PS), Bruno Retailleau "ne peut pas rester" pour faire une nouvelle loi immigration

[18] 06 janvier 2025 Jean-Luc Mélenchon : La négociation du PS avec le gouvernement Macron-Bayrou n'engage que lui

 

Pour en savoir plus :

- Le 11 juillet 2024 : Olivier Faure : J’ai fait le choix du rassemblement de la gauche depuis que je suis Premier secrétaire, et je n’en bougerai pas.

- 6 janvier 2025 : " Nous voulons une négociation " Olivier Faure s'exprime à la sortie des négociations pour le budget à Bercy

- 7 janvier 2025 : Le PS est " ouvert au compromis " avec le gouvernement sur la question budgétaire, affirme son Premier secrétaire Olivier Faure.

- 08 janvier 2025 Jean-Luc Mélenchon :  Aucun accord de non censure du PS et de EELV ne nous concernera jamais.

- Jean-Luc Mélenchon : La nuit des longues fourchettes 

- Jean-Luc Mélenchon : Le jour des petites cuillères... L’annonce des socialistes avait été noyée dans l’habituel flot de paroles confuses qu’est la manière socialiste elle-même

- Jean-Luc Mélenchon : L’après Bayrou est servi

- Censure : lâché par Bayrou, le PS s’enfonce dans la crise

 

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4 janvier 2025 6 04 /01 /janvier /2025 09:36

Comme d’habitude, notre président nous a devancé dans ses vœux pour la nouvelle année, qui s’annonce politiquement au moins aussi riche que la précédente. On en parlera dans notre première rubrique et on reviendra ensuite sur la composition de notre nouveau gouvernement de soi-disant cadors, avant de se pencher sur leurs derniers faits d’armes.

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  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT  de 1978 à 2022.
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