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17 juin 2022 5 17 /06 /juin /2022 21:03
Meeting Mélenchon Parc des expos ©Blandine Le Cain

Meeting Mélenchon Parc des expos ©Blandine Le Cain

Jean-Luc Mélenchon 13/07/2022 : « Une nouvelle histoire de la gauche commence[4] »

« Le Monde » : la Nupes rate la victoire entre 0,13 et 0,25 % du total des voix[1]

 

La Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES) vient de réussir un exploit : devenir la première force d’opposition lors du premier tour des élections législatives, avec 26,11% des voix, face à un président réélu. Évènement historique dans l’histoire de la Ve République, ce score a également une signification.
En unissant sous une même bannière l’ensemble des partis traditionnels de gauche, la NUPES a imposé dans le paysage politique une ligne de rupture avec le social-libéralisme.
Loin d’une trahison ou d’une soumission, comme l’ont prétendu bon nombre de commentateurs en reprenant les cris d’orfraie de leurs prédécesseurs lors de la campagne de François Mitterrand en 1981, il s’agit néanmoins d’un tournant majeur.
À ce titre,...

 

Sources :  LVSL - Article initialement publié dans El País/Agenda Publíca par Victor Woillet. 

- Il convient de revenir non seulement sur sa portée, mais également sur son origine historique.

Si les rapprochements avec la « gauche plurielle » (i.e. le gouvernement de cohabitation mené par Lionel Jospin de 1997 à 2002) ou encore le Front populaire de 1936 peuvent avoir leur pertinence, l’origine stratégique de ce qu’opère Jean-Luc Mélenchon aujourd’hui est ailleurs. En effet, de nombreuses fois, pour expliquer ce qu’il a souhaité faire avec l’Union Populaire, le représentant de la France insoumise s’est référé à François Mitterrand. Pourtant, une telle analogie ne va pas de soi. 

 

 

- Faire l'union à la base

De ses propres mots, Jean-Luc Mélenchon a qualifié la stratégie derrière l’Union Populaire « d’union à la base » lorsque celle « au sommet » est impossible. Pour comprendre à quoi le représentant de la France insoumise fait référence à travers ces éléments de discours, il faut avoir à l’esprit ce que François Mitterrand a lui-même effectué en son temps. Après avoir mis en ballottage De Gaulle lors de la présidentielle de 1965, Mitterrand constitue une première union de la gauche regroupant l’ensemble des forces anti-communistes (la SFIO, le Parti Radical et le Convention des institutions républicaines). Si cette coalition marque un tournant, notamment lors des législatives de 1967, le Parti communiste français se maintient à des scores extrêmement élevés et obtient 21,3 % des voix lors de l’élection présidentielle de 1969. 

 

Il faut attendre 1972, après le Congrès d’Épinay, pour qu’une nouvelle forme d’union puisse voir le jour. En associant, par la signature du Programme Commun, les communistes à l’union de la gauche, Mitterrand élargit grandement sa base électorale et ne se contente plus d’une union « au sommet ». Ce choix fait d’ailleurs suite à la visite de Mitterrand lui-même au Chili alors gouverné par « l’Unité Populaire » de Salvador Allende, ce qui lui vaudra le surnom « d’Allende français ». 

 

Même si l’union vole en éclat en 1977 à la suite des positions de Mitterrand sur la défense nationale, le tournant a eu lieu. En 1981, grâce au CERES animé notamment par Chevènement et Didier Motchane, François Mitterrand conserve la tête du PS malgré les critiques de la « deuxième gauche » de Michel Rocard. Pour la présidentielle de la même année, si le Programme Commun n’est plus là, les « 110 propositions » qui constituent le programme de Mitterrand alors en reprennent le fond. Arrivé au second-tour de la présidentielle, les communistes se ravisent et finissent par rejoindre la candidature de Mitterrand. Ayant réussi l’union par la base, en élargissant son assise électorale et en intégrant de nombreuses revendications portées par les communistes (la retraite à 60 ans, la nationalisation de nombreux secteurs de l’économie, la diminution du temps de travail…), le sommet suit…

 

 

- Un tournant politique, condition du changement historique
Telle est la logique dans laquelle Jean-Luc Mélenchon se situe lorsqu’il fonde l’Union Populaire dans le cadre de la présidentielle de 2022. Si ce rapprochement discursif et stratégique peut faire l’objet de critiques sur le plan historique, il révèle un élément frappant : la relatéralisation de la gauche française. Le « tournant de la rigueur » budgétaire opéré par le gouvernement de Pierre Mauroy en 1982-1983 ne devait initialement être qu’une « pause », pour reprendre l’expression de Léon Blum en 1937, dans l’agenda des réformes d’inspiration keynésienne défendues face à la situation monétaire d’alors. Ce qui fut présenté comme une pause, une nécessité face à la conjoncture s’est en réalité avéré bien plus long. C’était le début de la « parenthèse néolibérale » française qui n’a jamais réellement été refermée depuis.

 

 

- Cette parenthèse a notamment favorisé les tenants de la « deuxième gauche » au sein du Parti socialiste, autour de Michel Rocard, Pierre Mauroy ou encore Jacques Delors.
Ces derniers, bien plus libéraux que les artisans du Programme Commun, ont occupé de nombreuses places dans les instances partisanes mais aussi institutionnelles. En 1988, après la réélection de Mitterrand, Michel Rocard est nommé Premier ministre. En mars 1990, il s’allie à Lionel Jospin. Un an plus tard, même s’il perd son poste de Premier ministre, il devient premier secrétaire du PS. Lors du gouvernement de coalition de 1997-2002 mené par Lionel Jospin, la « deuxième gauche » rocardienne fait partie du gouvernement d’union des gauches au même titre que ses opposants historiques.

 

 

- Avec le vote majoritaire pour le « non » au référendum pour une constitution européenne en 2005, une première union de la gauche de circonstance apparaît

Cette union de la gauche de circonstance s’oppose aux héritiers de la « deuxième gauche » française qui sont alors particulièrement représentés au sein du Parti socialiste.
Jean-Luc Mélenchon en est l’un des artisans. En 2008, cette union informelle trouve une première tentative de débouché politique : le Parti de Gauche[2], fondé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ainsi que d’autres élus issus des rangs du PS ou des Verts. Dès lors, cette formation n’a cessé d’incarner l’opposition aux représentants d’une gauche favorable au néo-libéralisme et aux contraintes budgétaires, de François Hollande à Emmanuel Macron.  

 

 

- En 2012 puis en 2017 (avec le Front de gauche[3]), Jean-Luc Mélenchon, rejoint par les communistes, a représenté ce courant de la gauche antilibérale au sein du paysage politique français.

Fort de son score à la présidentielle de 2022, attestant d’une base électorale en faveur d’un programme net de rupture avec le néo-libéralisme et les contraintes budgétaires européennes, Jean-Luc Mélenchon a opéré un tournant dans le paysage politique français : la fin de la parenthèse néolibérale qui restait béante jusqu’à maintenant.

 

Deux conditions demeurent cependant pour que ce tournant politique et discursif profond prenne la forme d’un tournant historique :

  • Premièrement le succès de cette union de la gauche française lors du second tour des élections législatives le 19 juin, mais surtout la politique menée par le gouvernement qui accéderait alors au pouvoir.
  • Dans un contexte inflationniste touchant l’ensemble des matières premières, la lutte à mener contre le chômage et en faveur d’un investissement massif dans de nombreux secteurs nécessaires à la transition écologique sera particulièrement âpre, mais elle pourrait bien constituer un véritable signal pour le reste de la gauche européenne et entériner la fin d’une parenthèse qui a tant duré.

 

--------------------------------

 

13/07/2022 - Jean-Luc Mélenchon :

« Par des cheminements intellectuels, la radicalisation de la société va se poursuivre[4]. » ;

« Le sort des élections se joue dans la conjonction des classes populaires et des classes moyennes[4]. » ;

« L’ordre géopolitique va basculer en même temps que l’ordre climatique[5]. »

 

Jean-Luc Mélenchon : « Une nouvelle histoire de la gauche commence » Jean-Luc Mélenchon : « Je lutterai jusqu’à mon dernier souffle. »

 

 

Notes :

[1« Le Monde » : la Nupes rate la victoire entre 0,13 et 0,25 % du total des voix

[2] Le Parti de Gauche

[3] Front de gauche

[4] Jean-Luc Mélenchon : « Une nouvelle histoire de la gauche commence »

[5] Jean-Luc Mélenchon : « Je lutterai jusqu’à mon dernier souffle. »

 

Pour en savoir plus :

- sur les débats récents à propos du  « tournant de la rigueur » de 1983, lire sur LVSL cet article de Neil Warner.

- Jean-Luc Mélenchon : " Après le séisme "

- Législatives 2022 : quel camp peut vraiment se dire « social-démocrate » ?

- Jean-Luc Mélenchon : " « Le Monde » : la Nupes rate la victoire entre 0,13 et 0,25 % du total des voix "

- Recomposition politique en France : Trois blocs et deux perdants

- « Plutôt Le Pen que Mélenchon » : quand le retournement du barrage républicain était prédit par Frédéric Lordon

Georges Marchais, Robert Fabreloeil, Roland Leroy, Francois Mitterrand, la signature Programme commun 1972

Georges Marchais, Robert Fabreloeil, Roland Leroy, Francois Mitterrand, la signature Programme commun 1972

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14 juin 2020 7 14 /06 /juin /2020 19:20
Éco. quoi ? Écosocialisme ! Mais de quoi parle t-on ?
Éco. quoi ? Écosocialisme ! Mais de quoi parle t-on ?
Éco. quoi ? Écosocialisme ! Mais de quoi parle t-on ?

L’écosocialisme comme alternative politique, sociale et écologique à l’impasse capitaliste[4] ?

 

2020, le Parti de Gauche engage de nouvelles assisses pour l’écosocialisme[9]

 

Qu’est-ce que l’écosocialisme et comment l’envisager en pratique, notamment du point de vue de la planification ?

 

Face à l’urgence climatique, sociale et démocratique, face aux politiques d’austérités, aux logiques de délocalisation et de libre-échange, de perte d’indépendance des Etats, l’écosocialisme se présente comme un concept unificateur et une alternative politique puissante pour notre civilisation.

 

La crise sanitaire actuelle (coronavirus[2]) est bien la conséquence du mode capitaliste d’exploitation, de production, de consommation et d’échanges. Son caractère prédateur a martyrisé la nature, la biodiversité et a bouleversé notre rapport au vivant, aux espèces animales et végétales. Les effets sont amplifiés par les pressions austéritaires, les coupes sombres sur les services publics, la santé et   les conséquences sociales sont considérables. Cette crise a clairement démontré que le capitalisme est incompatible avec l’intérêt général de l’avenir de la vie sur terre et de la planète elle-même.

 

Le Parti de Gauche[1] travaille à faire de l’écosocialisme une doctrine centrale face au capitalisme contemporain, mais aussi pratique pour présenter des solutions, des campagnes concrètes aux mouvements populaires et formations politiques françaises et internationales.

 

Au-delà et en deçà d’un programme de gouvernement, une ligne d’horizon doit être visible pour tous : un projet de société fondé sur une conception de l’Humain qui ne soit pas contradictoire avec les données de la science contemporaine.

 

Sources : Eric Durand | mis à jour le 29 septembre 2020

-

Qui l'eût cru ?

  • Le système capitaliste incompatible avec la lutte contre le réchauffement climatique pour 52% des Français ;
  • 81% favorables au "refus d'accorder les aides de l'Etat aux entreprises polluantes sans contreparties écologiques contraignantes"... ce que propose la France insoumise[8].

Enquête réalisée en ligne entre le 27 mai et le 1er juin 2020 auprès d'un échantillon représentatif de 1.003 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas[7].

 

C'est Yannick Jadot et EELV qui vont faire la tête, eux pour qui, l’écologie doit aussi passer par l’économie de marché Jadot voulant, à l'occasion des élections européennes, incarner " l'écologie de gouvernement ", favorable à " la libre entreprise et l'économie de marché "

 

 

-Pour Corinne Morel Darleux : l’écosocialisme, réponse à l’impasse capitaliste[3]

Cliquer sur l'image pour accéder au manifeste à télécharger

Nous savons dorénavant que l’émancipation humaine ne peut être atteinte par la croissance sans fin : l’écosystème ne le permet pas. Ce constat nous oblige à repenser le système de production et d’échanges, et plus globalement l’ensemble de l’organisation sociale et politique. Dans ces conditions, nous proposons un nouvel énoncé de notre stratégie pour le futur de l’humanité : l’écosocialisme.

 

Ses méthodes sont la radicalité concrète, la planification écologique et la révolution citoyenne. Il est fondé sur la répartition des richesses, la prise en compte des contraintes écologiques, le refus des dominations et des oppressions de toutes sortes, la souveraineté populaire et le caractère démocratique, républicain et laïque de l’État.

 

  • L’écosocialisme est la jonction d’une écologie anticapitaliste et d’un socialisme débarrassé du productivisme, dans un projet de société alternatif porteur d’espérance.

Il n’est pas une utopie à laquelle le réel devrait se conformer, mais la réponse humaine raisonnée à la double impasse capitaliste et productiviste. Nos pensées et actions politiques sont radicales : elles vont à la racine des causes.

- Nous combattons donc les moteurs du système : le consumérisme sacrant l’accumulation matérielle, le creusement des inégalités sociales ; le productivisme qui épuise les écosystèmes, la mondialisation qui permet le dumping social et environnemental.

- Nous désignons les vrais coupables : l’oligarchie financière, les idéologues de la concurrence « libre et non faussée » et du libre-échange.

 

  • Nous devons sortir des mystifications socialistes et écologistes.

- Notre écologie à nous est sociale, liée aux combats historiques de la gauche. Elle est incompatible avec le libéralisme, qui, sous couvert de développement durable, fait perdurer la recherche du profit maximal, la dynamique impérialiste et le « court-termisme ».

- Elle réfute l’impasse sociale-démocrate qui voudrait que toute redistribution passe d’abord par la relance de la croissance. Les richesses existent, il n’y a pas lieu d’attendre pour les redistribuer. Et ce modèle d’expansion infinie est un suicide de notre civilisation. Nous n’attendons donc ni la croissance à tous crins ni les « bénéfices » de l’austérité, et ne croyons ni à l’une ni aux autres.

 

  • Notre projet implique, au contraire, une économie au service des besoins sociaux qui rompe avec la doxa libérale.

- Elle passe par la désobéissance aux directives de l’Europe libérale et engage la révision en profondeur du système productif par les « 4 R » : relocalisation, réindustrialisation, reconversion industrielle et redistribution du travail. Pour pallier les limites du PIB à mesurer le « bien-vivre », elle instaure la règle verte comme critère systématique d’empreinte écologique.

- L’écosocialisme est un combat internationaliste et universaliste, il reconnaît la dette écologique et sociale de l’industrialisation effrénée, et ses effets sur le climat, le pillage des ressources naturelles, l’accaparement des terres et la responsabilité des règles imposées par la Troïka.

 

  • Nous devons réaliser un « compromis inédit entre bleus de travail et souci de la planète 1 » .

- Des salariés en lutte sont porteurs de projets alternatifs impliquant déjà les principes de la planification écologique : prise en compte du temps long, contrôle des travailleurs et des usagers, maîtrise publique.

- Si la collectivité et l’État sont à refonder dans une VIe république assurant la souveraineté populaire, ils restent indispensables pour planifier la rupture, construire un cadre émancipateur et garantir l’égalité d’accès. Les biens communs comme l’eau, l’énergie, les services publics, qui jouent un rôle social et écologique essentiel, doivent être nationalisés en repensant l’articulation entre État, syndicats, associations et usagers.

 

  • Il faut lutter et résister pour inventer à travers des alternatives concrètes et des actions de désobéissance civique non-violente.

- En parallèle, il nous faut mener le combat idéologique par l’éducation populaire pour « décoloniser l’imaginaire » et dénoncer la vision d’un individu-consommateur docile. Nous en combattons les bras armés que sont la publicité, avec son cortège de marchandisation des corps et de sexisme, la mode et les médias, avec leur injonction d’achat permanente.

 

  • La remise en cause du système ne peut résulter d’une simple alternance électorale et de décisions venues d’en haut.

- Elle exige que les majorités parlementaires écosocialistes conjuguent leur action avec des mouvements d’implication populaire dans tous les domaines. Cette réappropriation de l’initiative politique dans le but de déterminer quel est l’intérêt général, c’est ce que nous nommons la révolution citoyenne.

- Elle est indispensable pour éviter que le désespoir et la colère ne basculent du côté de la haine, et pour faire fleurir la révolution écosocialiste.»

 

L'écologie politique ne saurait passer sous silence la nécessaire rupture avec le capitalisme sans s’attaquer aux logiques productivistes qui dévastent, non seulement l’environnement, mais aussi les conditions d’existence de milliards d’êtres humains.

 

-Pour Jacques Généreux[6] aux Assises pour l'écosocialisme : " l’écosocialisme est la quatrième voie ! "

  • Les 1er et 2 décembre 2012[5] le Parti de Gauche organisait des assises pour l'écosocialisme, retrouvez ci-dessous son intervention en vidéo

A cette occasion, il a expliqué, avec son talent pédagogique habituel, comment il concevait une société de développement humain, autrement dit, une société écosocialiste

 

L’écosocialisme est la quatrième voie qui consiste à considérer simultanément l’existence de tous les liens  : ceux existants entre individus, entre individus et société, entre les individus et la Terre, entre les communautés et la société. L’individu n’est plus prisonnier d’une communauté car il multiplie la diversité de ses liens sociaux. Être avec soi et être avec les autres ne sont pas contradictoires mais elles sont deux tendances qui se nourrissent l’une de l’autre. De la même manière, solidarité et autonomie ne sont pas antagoniques.

 

  • Une société écosocialiste n’est donc pas fondée sur la compétition mais sur la coopération.

Si la compétition doit exister, elle ne peut être que ludique et en aucune manière être source de pouvoir. Une telle société attache plus d’importance à l’accumulation des liens qu’à l’accumulation des biens. La transition écologique nécessite une expansion sans précédent des services publics mais aussi une décroissance de l’accumulation des biens matériels.

 

-Pour François Delapierre : L'écosocialisme est une bataille culturelle pour faire sauter les verrous idéologiques

  • Intervention de François Delapierre aux Assises pour l'écosocialisme  de 2013

 

- Congrès de Bordeaux du parti de gauche de mars 2013,  présentation du manifeste écosocialiste

  • Lors de son congrès de Bordeaux en mars 2013, le Parti de gauche adopte un manifeste pour l'écosocialisme composé de 18 thèses, rattachant ainsi le Parti de gauche au courant écosocialiste. Ce manifeste présenté par Corinne Morel Darleux revendique un « socialisme débarrassé de la logique productiviste », ainsi qu'une « écologie farouchement anticapitaliste »

 

-A télécharger :

 

Cliquer sur l'image pour accéder au manifeste à télécharger

 

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 08:01
Le Parti de Gauche propose une alternative à la Loi Travail et à son monde

Nous exigeons le retrait de la Loi El Khomri, qui va pourrir nos vies. Elle obéit aux exigences de Bruxelles et des traités européens en appliquant la politique de l’offre : baisse du «coût du travail», flexibilisation du marché du travail… Comme les autres lois du même genre adoptées depuis 30 ans, elle ne créera aucun emploi et augmentera la précarité.

A l’inverse, nous portons une alternative radicale et concrète, pour en finir avec le chômage, la misère et la précarité. Notre vie, notre travail, notre créativité valent mieux que ce qu’impose le système actuel.

En finir avec le chômage et la précarité, nous, on peut !

 

Sources :  Le Parti de Gauche par Paul Deboutin et Elyse Lethuillier le 6 mai 2016

- Des salaires décents pour relancer l’activité

Si un patron embauche un salarié, ce n’est pas parce qu’il ne coûte pas cher, mais parce qu’il a quelque chose à produire. C’est la demande qui crée de l’emploi, en stimulant le carnet de commande.

 

  • Pour relancer la demande, il faut garantir à tou-te-s un niveau de vie décent : augmenter le SMIC à 1.700€ brut, mais aussi augmenter le salaire des fonctionnaires pour rattraper le pouvoir d’achat perdu en 5 ans de gel du point d’indice, et augmenter le montant des indemnités chômage et la durée d’indemnisation ainsi que le RSA : aucun des minima sociaux ne devrait être inférieur au SMIC. Cela remplira le carnet de commande des entreprises, entraînant la création de 240 000 emplois.
  • Assurons aussi à tou-te-s des emplois stables : pour lutter contre la précarité, nous titulariserons les milliers de précaires de la fonction publique, nous encadrerons strictement le recours aux contrats courts et précaires (pas plus de 5% de CDD dans les effectifs d’une entreprises, 10% dans les PME et selon les secteurs) aux stages (pas plus de 6 mois, rémunération d’au moins 50% du SMIC) et le recours à la sous-traitance ne devra qu’être exceptionnel et justifié.
  • Nous renforcerons les effectifs et les missions de l’inspection du travail pour garantir les droits des salarié-e-s dans l’entreprise : égalité salariale femmes/hommes plus fortement encadrée, lutte contre les discriminations par l’instauration d’une loi sur les CV anonymes, etc. Face au développement des nouvelles formes de l’économie via le numérique, un encadrement très strict sera opéré pour empêcher le développement du recours aux contrats d’auto-entrepreneurs.
  • Un salaire maximum sera instauré : dans une entreprise, le plus haut salaire ne pourra être plus de 20 fois supérieur au plus bas. Si les dirigeants veulent s’augmenter, ils devront également augmenter leurs salariés. A cela s’ajoutera un revenu maximum de 300 000€ par an, pour permettre à l’argent de circuler dans l’économie réelle plutôt que de s’accumuler (taxation à 100% au-delà de 300.000€/an).

 

 

- L’investissement public pour stimuler l’activité

Plutôt que de tailler dans la dépense publique, l’investissement public doit être largement utilisé afin de stimuler l’activité économique. Son utilisation à la fois massive et ciblée permettra de réorienter la production vers les besoins réels de la population et de planifier la transition écologique pour répondre à l’urgence qui menace notre écosystème. L’investissement public participera ainsi au financement de grands projets dans plusieurs secteurs économiques, comme :

  • la construction de 200 000 logements par an, principalement dans l’habitat social (création de 100 000 emplois) ;
  • la création de 100 000 nouvelles places en crèche ;
  • la mise en place d’un nouveau modèle agricole, tourné vers une agriculture paysanne, biologique et de proximité (création de 300 000 emplois selon la Confédération paysanne) ;
  • le soutien à l’économie sociale et solidaire pour combler les 150 000 postes vacants ;
  • la transition énergétique : développement des énergies renouvelables, isolation énergétique des bâtiments, sobriété (création de 600 000 emplois selon le scénario Négawatt) ;
  • l’économie de la mer (production de plastiques à base d’algues, hydroliennes…)

 

 

- Le renforcement des services publics pour créer du travail

Sarkozy et Hollande ont fracassé les services publics. Il est impératif de revenir sur les 190 000 suppressions de postes opérées depuis 2007 !

 

Au-delà, les besoins sont énormes. De nombreux secteurs manquent de moyens humains pour assurer un service public de qualité dans de bonnes conditions de travail. Nous voulons créer 1 million d’emplois publics, avec un recrutement progressif et une formation de qualité. Ces nouveaux postes viendront renforcer les écoles, les universités, les hôpitaux, les crèches, la police, la défense, la justice, les services sociaux, les douanes et les services fiscaux.

 

Le gouvernement a augmenté de plus de 30 milliards par an de cadeaux aux entreprises et actionnaires du CAC40 via le CICE et le Pacte de responsabilité, sans aucune exigence de création d’emploi et sans aucun résultat. A titre de comparaison, cela correspond à plus d’1,5 millions de SMIC annuels bruts : il serait bien plus efficace de financer directement 1 million d’emplois publics !

 

 

- Avec le protectionnisme, reconstruire un appareil de production national

Avec la libéralisation de l’économie, la compétition exacerbée et le dumping social et fiscal ont ravagé l’appareil productif français. Les délocalisations sont responsables, selon l’Insee, de 36 000 destructions d’emplois par an entre 2000 et 2005, et de 60 000 par an depuis la crise de 2008.

 

Il faut remettre de l’ordre dans ce chaos. Le protectionnisme commercial (quotas, droits de douane…) permettra de réorienter la consommation vers des produits fabriqués localement. La mise en place de normes sociales et écologiques valorisera les produits sains et de haute qualité.

 

Le protectionnisme a également un rôle à jouer dans la définanciarisation de l’économie (contrôle des mouvements de capitaux…). Celle-ci permettra à l’argent d’être réinvesti dans l’économie réelle, tout en réduisant la pression concurrentielle qui étouffe les PME-TPE.

 

 

- Partager le travail pour vivre mieux !

Depuis Balladur, les exonérations de cotisations sociales sont utilisées pour baisser le “coût” du travail. Elles représentent un coût cumulé de 300 milliards € selon la Cour des Comptes, sans impact positif réel pour l’emploi. Il est temps d’arrêter cette gabegie d’argent public.

 

Il faut plutôt partager le temps de travail, qui est aujourd’hui inégalitaire : 80% des temps partiel concernent des femmes. De plus, les 35 heures ne sont pas réellement appliquées: il y a de nombreuses dérogations possibles, régulièrement étendues depuis 2002. De ce fait, la durée moyenne de travail des salariés à temps plein est de 39,5 heures. Nous généraliserons les 35 heures dans des conditions favorables aux salariés, c’est-à-dire sans créer de surcharge de travail.

 

Puis, nous devrons aller vers les 32 heures et la semaine de 4 jours, en conditionnant les aides aux entreprises à des créations réelles de postes. Il sera indispensable d’augmenter en parallèle le pouvoir des salariés dans l’entreprise pour que la baisse du temps de travail ne conduise pas à une flexibilisation de l’emploi ni à une intensification du travail individuel. Pas de partage du travail sans démocratie dans l’entreprise !

 

Plus globalement, la place de l’emploi dans nos vies doit être revue pour penser l’émancipation individuelle et collective. Plaçons au coeur du débat la reconquête du temps libre, avec une 6ème semaine de congés payés, la retraite à 60 ans, ou encore une allocation d’autonomie pour les jeunes en étude ou en formation. C’est garantir à chacun-e d’entre nous un temps personnel réel. C’est aussi valoriser d’autres activités et d’autres formes de travail que l’emploi comme, par exemple, les divers engagements citoyens (associatif, syndical, politique…).

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 09:25
 Le revenu de base, nouvel horizon pour le mouvement social ?

« Sans revenu, point de citoyen » s’exclamait en 1792 le philosophe Thomas Paine du haut de la tribune de l’Assemblée Nationale

 

Sources : Le Parti de gauche51 le 15 juin 2013 | mis à jour le 24/10/2021

Allons mes camarades, imaginons un monde dans lequel chaque être humain serait reconnu par la société pour ce qu’il est et non pour ce qu’il peut apporter.
Reconnu à la naissance comme un être disposant du droit inaliénable à une vie décente et donc à un revenu, reconnu comme un élément essentiel de la société.

 


- La Déclaration universelle des Droit de l’homme de 1948 reconnait un certain nombre de droits aux individus, l’article 22 stipule :

Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.

 

Mais conditionne la réalisation de ces droit à un travail (article 23) :

  1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
  2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
  3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
  4. Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

 

- L’article 25, alinéa 1 précise ces droits et évoque la possibilité d’un revenu de substitution en cas de chômage, maladie, veuvage…

Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté

philadelphie-déclaration

 

Signature de la Déclaration de Philadelphie

Signature de la Déclaration de Philadelphie

 

 

- Une idée ancienne
Pourtant l’idée d’un revenu universel ne date pas d’hier, déjà en 1516 Thomas More dans son recueil De optimo rei publicae statu, deque nova insula Utopia (Utopia) imagine une société idéale, égalitaire et rationnelle dans laquelle la propriété privée est inconnue, les Utopistes travaillent six heures par jour, gagnent tous le même salaire,  prennent leur repas en commun et passent leur temps libre à des loisirs comme les échecs ou l’apprentissage des belles lettres…


Cette idée d’un revenu garanti est reprise par deux siècles plus tard, par Thomas Paine (1737-1809), figure marquante des révolutions américaines et françaises qui propose une dotation forfaitaire donnée à chaque homme et chaque femme dès l’âge adulte, justifiée par une redistribution égale de la valeur de la terre (« justice agraire »), concrétisant ainsi l’idée du juriste hollandais Grotius (1583-1645) selon laquelle la terre est la propriété commune de l’espèce humaine. On retrouve cette idées dans la notion de dividende universel qui consiste que chaque humain est copropriétaire des biens produits par l’ensemble de la société et qu’à ce titre chaque « actionnaires » doit recevoir une part de la richesse produite sous forme de dividende.


Karl Marx revient sur cette idée dans les « Grundrisse » , dans la perspective d’une réappropriation des conditions sociales de la production « … où le revenu distribué cesse d’être fonction de la quantité de travail fournie, pour devenir fonction de la quantité de richesse que la société décide de produire… », Marx imagine le développement d’une société où l’humanité sera sortie du salariat et où les machines seules assureront la création de richesses, qui seront reversées sous la forme d’un revenu socialisé universel, au début du XXème siècle l’idée est relancée par le philosophe britannique Bertrand Russell et a été largement développée au cours de ces dernières années par des penseurs comme André Gotz.


Tout au long des derniers siècle l’idée de fournir un revenu ou un salaire à chaque individu composant la société sans contrepartie directement mesurable sous forme d’une activité professionnelle s’est répandue même si elle fait l’objet de blocage très puissants de nature économique, culturel, psychologique ou politique…Des expérience ont été menées ici où là dans le monde à partir des années 60 (Programme Mincome au Canada,  l’Alaska Permanent Fund en Alaska (le seul état Américain où les inégalités reculent) ou plus récemment l’expérience de Otjivero - Omitara en Namibie).

 

 

- Principe du salaire universel

  • Le revenu de base est un droit inaliénable, reconnu à chacun, nul ne peut en contester l’octroi, c’est un revenu versé mensuellement, en espèce (et non en nature) et d’un montant suffisant pour se passer d’un travail.
  • Il est inconditionnel, sa délivrance se fait sur une base individuelle (le citoyen), elle est automatique et ne nécessite aucune justification ou contrôle de ressource ni contrepartie (d’activité ou d’inactivité, de maladie ou de handicap), il est versé de la naissance à la mort.
  • Il est cumulable avec d’autres revenus (salaire par exemple).

 

- Attention aux faux amis

Des personnalités de droite comme Christine Boutin ou Dominique de Villepin se sont déclarés favorables au revenu d’existence.
C’est qu’il y a bien deux manières de concevoir la proposition du revenu de base : d’un côté, la voie libérale ou néolibérale, de l’autre, la voie progressiste, anticapitaliste ou anti-utilitariste.

 

  • Dans les années 60, aux Etats-Unis, l’économiste ultra libéral Milton Friedman (Capitalisme et Liberté) a proposé l’instauration d’un impôt négatif (sorte de crédit d’impôt remboursable pour les plus pauvres) en vue de simplifier l’Etat social (ou plutôt de l’éliminer), s’inspirant ainsi d’une idée avancée par Cournot au XIXe siècle. Friedman proposait en contrepartie d’un revenu d’existence d’un montant trés faible, la suppression du salaire minimum et de tous les dispositifs de protection sociale, afin disait-il de ne pas entraver le « bon » fonctionnement du marché de l’emploi. L’administration Nixon a repris en partie sa proposition dans l’idée de remplacer le programme d’assistance aux plus pauvres par un revenu garanti assorti de compléments financiers pour les travailleurs. Le plan adopté en 1970 par la Chambre des représentants a cependant été rejeté de justesse par le Sénat nordaméricain.
  • Gortz a débusqué cette imposture en démontrant que cette conception du revenu universel revenait de fait à une subvention déguisée aux entreprises leur permettant d’embaucher des chômeurs à vil prix et permettant ainsi le démantèlement du droit social. A suivre André Gorz, il faut être attentif à deux conceptions du revenu d’existence qui cohabitent dans la pensée contemporaine, parfois chez les mêmes auteurs. L’une voit « le moyen de soustraire la vie à l’imaginaire marchand et à la mise au travail total ». L’une voit au contraire dans le revenu de base une « rémunération du temps hors travail » considérant que « la vie toute entière est devenue productive » et que la production capitaliste doit tirer profit « de toutes les capacités, compétences et ressources que les personnes développent dans leur vie ». Si la première conception est une attaque contre la valeur travail et ne rémunère rien (elle rejoint ainsi la position anti-utilitariste), la seconde légitime le travail invisible source de productivité et de plus-value. « Toute la productivité de soi est rabattue sur le travail économique » et « tout le monde contribue à la production sociale par le seul fait de vivre en société. »
  • Dans les années 1980, de nombreux débats ont eu lieu aux Pays-Bas et au Royaume-Uni sur cette question. En Allemagne, c’est Thomas Schmid (Befreiung von falscher Arbeit 1984) qui a lancé la discussion. Le terme de « revenu de citoyen » (Bürgergeld) a alors été avancé. Plusieurs publications sur la question, venant d’intellectuels proches du parti des Verts, ont vu le jour en Allemagne à fin des années 80 et milieu des années 1990. En France, le revenu d’existence, l’allocation universelle ou revenu minimum inconditionnel ont été défendu par des sociologues ou des philosophes comme André Gorz, Jean-Marc Ferry ou encore le Mouvement anti-utilitariste dans les Sciences sociales (M.A.U.S.S.).

 

- Pourquoi un revenu de base ? Les fondements.

On ne dira jamais assez à quel point la déclaration de 1948 fut un immense progrès qui s’inscrivait dans l’esprit de la Déclaration de Philadelphie (1944) signée quelque années auparavant et qui évoquait même dans son article III la possibilité d’un revenu de base mais la Déclaration Universelle des Droit de l’Homme ne remet pas en cause le modèle d’organisation sociale reposant sur la salariat et la répartition inégale de la richesse, pas plus qu’elle ne précise les modalités de mise en place des droits qu’elle entend promouvoir, rappelant juste la nécessité d’une sécurité sociale et la garantie de droits économiques.


La notion bien vague de « droit à une niveau de vie suffisant » laisse libre cours à toutes les interprétations et récupérations possibles de l’esprit de la charte.

 Le revenu de base, nouvel horizon pour le mouvement social ?

Nous constatons l’échec de notre civilisation à assurer à chaque être humain des conditions de vie dignes alors même que le progrès technique, le formidable accroissement des connaissance scientifiques n’a jamais produit autant de richesse.


Les gains extraordinaires de la productivité ont engendré le chômage de masse, une existence précaire pour un nombre sans cesse croissant individus, des inégalités révoltantes et un salariat résigné, en proie à une grave crise de sens, soumis à la dure loi du rendement capitaliste qui est de plus en plus déconnectée des réalités humaines.


Ne soyons pas naïf, le chômage ne baissera pas ou de façon très marginale, l’économie sera toujours en crise et la sacro-sainte croissance ne reviendra jamais car elle est un non-sens économique et une aberration écologique non souhaitable.


Ces invocations ne servent qu’a dissimuler une faillite, celle du productivisme et de ses appendices que sont le capitalisme financiarisé et le communisme totalitaire.
Cette économie qui fait le malheur des gens alors qu’elle pourrait faire leur bonheur, cette économie dénuée de finalité, de morale et de sens, traverse une crise sans précédent qui dépasse les simples considérations d’ordre économique.


C’est une crise de sens, une crise qui touche au cœur nos représentations mentales, la place du travail dans une vie, la notion de reconnaissance, de valeur du travail et son utilité.
Nous sommes collectivement en proie à un paradoxe existentiel, celui qui nous pousse à nous resituer et à reconstruire nos représentations et c’est au pied du mur de la réalité que nous évoluerons contraints ou enthousiastes et que nous imaginerons de nouvelle façons d’organiser nos existences et la vie des sociétés.


C’est sur ces bases que nous pouvons nous interroger : Comment concilier l’économie et la société ? comment réconcilier l’homme et son milieu naturel ? travailler à t’il toujours un sens ? l’exploitation est-elle une fatalité et qu’est-ce qui justifie les injustices si elles ne permettent même pas d’assurer des conditions de vie décentes au plus grand nombre ? Et la place de la liberté dans tout ça.

 

 

- C’est à ces interrogations que le revenu de base se pose en recours.

  • Ce concept à d’abord été pensé pour éradiquer la première des injustices, la pauvreté, la cruelle, l’ignoble, celle qui abaisse l’être humain et le pousse à la violence et aux conduites antisociales.
  • Il a ensuite été imaginé pour permettre l’émancipation économique et politiques des individus car sans autonomie économique les conditions de la liberté ne peuvent êtres garanties, c’est d’ailleurs l’une des faiblesse de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui n’a pas été capable de préciser et d’imposer l’autonomie économique comme un élément fondateur et nécessaire de la liberté individuelle. Sans autonomie économique reconnue comme un préalable il n’est pas possible à l’individu d’exprimer sa pleine capacité de citoyen, le citoyen cède la place au salarié lié par un lien de subordination à son employeur et guidé par la nécessité de se nourrir, de se chauffer, de se déplacer… Nous avons là une des raison de la sclérose de nos démocraties car sans citoyens point de démocratie vivante et dynamique.
  • Le revenu de base est aussi un appel à transformer radicalement notre rapport à la production et à la consommation en permettant à l’individu de se construire autour d’autres principes de vie librement choisis et assumés et de se libérer de la dualité salariat/consommation. Cette transformation, ce nouveau paradigme doit permettre de dégager des marges de manœuvre afin de concevoir un horizon au delà de l’accumulation mécanique et compulsive de marchandises qui débouche sur la nécessité de se vendre au plus offrant sur le marché du travail.
  • La nécessité de se détacher de ce mode d’existence, de cette aliénation est un impératif écologique car nos mode de consommation et de production impactent gravement notre écosystème. Un tel revenu doit permettre à chacun de choisir la place que doit avoir le travail dans sa vie et dans la société, ce revenu doit permettre aux citoyens émancipés de définir par la délibération le contenu de la production et ses finalités, supplanter la valeur d’échange par la valeur d’usage.
  • Le revenu de base n’est pas le refus du travail, mais une redéfinition profonde de son exercice et de ses finalités.
  • Le revenu de base à aussi des fondements économiques, en redonnant du pouvoir d’achat à des catégories dépourvues.

 

Comment le financer ?


- Comment le financer ?

 Le revenu de base, nouvel horizon pour le mouvement social ?

Tout d’abord il faut savoir que le revenu de base est presque une réalité dans nos sociétés car un partie parfois non négligeable de nos revenus est déconnectée de notre activité salariée (revenus de substitution, retraite, prestations familiales etc), ce qui revient à convertir ces revenus et à les réaffecter au financement du revenu de base.


A l’échelle de la France il s’agit ici de se dire qu’il va falloir distribuer environs 900 euros à 65 000 000 d’habitants (et 400 euros aux mineurs).


Notez tout d’abord que les besoins administratifs pour gérer cette distribution sont quasiment nuls car c’est un revenu inconditionnel ne nécessitant pas un travail administratif évolué. Cette tâche pourrait même être confiée à des structures existantes : caisses de retraites (c’est déjà leur activité), Sécurité sociale (ils connaissent tout le monde et ont l’habitude de faire des versements) ou Trésor public (qui gère les finances publiques).


Un certain nombre de prestations sociales deviennent également caducs avec ce revenu de base : Allocations familiales, RSA, ARS, PAJE, allocations logement, allocations soutien familiale, allocation parent isolé, Allocation d’adoption, allocation de solidarité aux personnes âgées, Assurance vieillesse des parents au foyer, Allocation personnalisé d’autonomie, allocation spécifique de solidarité, allocation d’insertion, allocation équivalent retraite, assurance chômage (aide au retour à l’emploi), retraite, bourses d’études, congés maternités…Les coûts de fonctionnement énormes de ces dispositifs seront économisé et seront utilisés de manière plus utile au financement du revenu de base.


Le revenu de base permettra aussi d’économiser sur les dépenses de santé car les gens seront moins soumis aux accidents du travail, au stress et aux maladies professionnelles, des économies très importantes seront aussi à prévoir en matière de sécurité par la baisse de la criminalité (ces effets ont été observés dans les expérimentations qui ont eu lieu à travers le monde).


Le complément pourra être trouvé dans des recettes nouvelles. De nombreux économistes ont étudiés les différentes pistes de financement et leur faisabilité,  on citera :

  • La compensation salariale : À partir d’un certain seuil de revenu, les salariés « remboursent » progressivement le montant du revenu de base ; pour la population économiquement non active, on fera jouer l’effet de substitution (suppression de prestations en fonction du besoin aujourd’hui en vigueur). C’est la solution politiquement la plus anodine, parce que la plus conservatrice. Elle se limite à affronter la pauvreté et ne change que très peu les conditions cadre de l’économie.

 

  • Les cotisations sur salaire : c’est le principe de financement du système actuel, basé uniquement sur le salariat. Financer le revenu de base entièrement par les cotisations sur salaires.

 

  • La fiscalité directe (impôt sur le revenu) : C’est une possibilité, à condition de ne pas imposer le revenu de base. En Suisse, concrètement, ce serait l’Impôt Fédéral Direct (IFD) qui devrait alors être choisi. Cette option implique une baisse quasi équivalente des impôts cantonaux – ce qui n’est pas irréaliste dans la mesure où les dépenses sociales des cantons et des communes sont largement remplacées par le revenu de base.

 

  • La fiscalité indirecte (TVA) : Financer le revenu de base par une taxe sur la valeur ajoutée sensiblement augmentée (au moins à un taux moyen de 30%, ce qui correspond à la part du revenu de base dans le PIB) est une option « révolutionnaire » qui, bien qu’elle soit la plus conforme aux changement d’orientation de l’économie opéré par le revenu de base, risque tout d’abord de rebuter. Néanmoins, si en contrepartie on supprime les prélèvements obligatoires sur salaire (cotisations) et que les partenaires sociaux jouent le jeux dans les négociations salariales, le prix de revient de la production de biens et services ne devrait pas changer de manière tragique. Sous l’impulsion du revenu de base, la fixation des rémunérations nettes par le jeu de l’offre et de la demande devrait à la fois assurer le fonctionnement de l’activité économique et provoquer une revalorisation des bas salaires – le tout sans réglementation contraignante impliquant des risques de fraude. En outre, le financement de la protection sociale par la TVA présente trois avantages de poids :
    1. Le financement du revenu de base est réparti sur tous les facteurs participant à la création de valeur – le facteur travail n’est plus pénalisé. Il en résulte une baisse de coût relative pour les activités à faible valeur ajoutée, mais à haute valeur sociale (économie sociale et solidaire ; services de proximité, soins aux personnes âgées, réparation de biens de consommation durable et autres). Ces activités, aujourd’hui subventionnées, pourraient alors « tourner » de manière financièrement autonome.

    2. Le financement de la protection sociale par la TVA constitue une réponse idéale au dumping social (délocalisation) que nous connaissons aujourd’hui. Ce n’est plus le pays producteur, mais le pays consommateur qui finance cette protection et applique ses standards aux importations.

    3. Le financement par la TVA, pour les mêmes raisons, poussera davantage à l’adoption du revenu de base sur un plan international.

 

  • La création monétaire.

 

Bien entendu il est possible d’imaginer des formes combinées des ces solutions, certaines pistes sont d’inspiration libérales, elles n’auront bien évidement pas leur place dans la création d’un revenu de base d’inspiration écosocialiste.

 

 

- La position du Parti de gauche sur le sujet

 Le revenu de base, nouvel horizon pour le mouvement social ?

Nous n’avons pas encore de position arrêtée sur le sujet mais nous en débattons.

 

J’espère pour ma part que ce thème trouvera la place centrale qui lui revient dans notre projet écosocialiste par ce qu’il porte de radicalité concrète. J’aimerais qu’on ne laisse pas les libéraux nous imposer leur version dénaturée et réactionnaire du revenu de base, à nous de réfléchir, de débattre et d’imaginer le monde de demain…

 

 

Explications de : Corinne Morel-Darleux, Conseillère Régionale Rhône Alpes et Secrétaire nationale à l'écologie du Parti de Gauche, nous explique où en est l'idée du revenu universel au sein de son parti, et exprime son soutien à l'Initiative Citoyenne Européenne pour un Revenu de Base.

 

  • Et vous comment l’imaginez-vous cet avenir ? Que feriez-vous de votre vie si vous étiez débarrassé de la peur du lendemain grâce au revenu de base ? Dites le moi dans vos commentaires
  •  

    Un film pour mieux comprendre le revenu de base

    - Un film pour mieux comprendre le revenu de base

    « Un revenu, c'est comme l'air sous les ailes de l'oiseau ! ». C'est ainsi que commence le film. Est-ce que ce revenu devrait être inconditionnel pour chacun ? Est-ce possible, un droit civique économique ?

Important : Une initiative citoyenne européenne (ICE) en faveur du revenu de base a été officiellement lancée en janvier 2013 conjointement avec les réseaux militants et associatifs de 15 autres pays.

  • Pour la signer rendez vous ICI

 

Pour en savoir plus

- Revenu de base: une analyse marxiste

- Namibie. Les miracles du revenu minimum garanti

- André Gorz

(1988), Métamorphoses du travail.Critique de la raison économique, Paris : Edition Galilée
(1993) « Bâtir la civilisation du temps libéré », in Manière de voir n° 18 », Paris : Le Monde diplomatique

- Yoland Bresson
             Une clémente économie ; au-delà du revenu d’existence, Edition L’Esprit Frappeur

              Précis d’utopie réaliste, Un revenu pour tous, Baptiste Mylondo, Les Editions Utopia

- Mouvement Français pour un Revenu de Base

- Le revenu garanti et ses faux amis

- Revenu de base, salaire à vie : les enjeux

- GARANTIE PUBLIQUE D’EMPLOI : DÉFENDRE LES COMMUNS CONTRE L’INDIVIDUALISME DU REVENU UNIVERSEL

- ENTRE REVENU UNIVERSEL ET EMPLOI GARANTI, UNE TROISIÈME VOIE ?

 Le revenu de base, nouvel horizon pour le mouvement social ?
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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 09:23
Le Front de Gauche, entre constat d’échec et recherche de solutions,.... se cherche une suite

Et maintenant ? Quasiment unanimes sur les difficultés qu’ils affrontent, entre divisions et absence de dynamique, les responsables du Front de gauche se sont retrouvés le 15 décembre pour réfléchir à la gauche de demain.

 

Source : l'Humanité du 16 décembre 2015 | et du 15 décembre 2015 mis à jour le 16 janvier 2016

- S’il n’est pas enterré, les dirigeants de ses principales formations, 
réunis en coordination[1], s’accordent à dire qu’il doit être dépassé.

« Le Front de gauche enterré par ses responsables  », «  Régionales fatales pour le Front de gauche  », «  Le Front de gauche en voie de dislocation  »… Depuis lundi, les faire-part de décès se multiplient dans la presse. Réunie le 15 décembre, la coordination du Front de gauche n’a pourtant pas acté sa fin mais son nécessaire dépassement, à en croire ses participants. «  Le projet, à la création du Front de gauche, était de travailler à un rassemblement majoritaire pour une autre politique de gauche. De ce point de vue, déjà avant les régionales mais plus encore après, il y a échec  », estime Marie-Pierre Vieu, membre de la direction du PCF. Un constat que chacun estime qu’il serait «  ridicule de nier  ». «  Un enterrement voudrait dire que ses forces n’ont plus vocation à voir comment elles peuvent écrire quelque chose pour la suite. Mais le Front de gauche ne suffit pas  », répond, pour sa part, Éric Coquerel, le coordinateur du Parti de gauche (PG).

 

 

- Un sentiment d’urgence plane

Si le point de départ peut se résumer en un «  On ne peut pas continuer comme ça  », la suite s’écrit surtout pour l’heure en questions  : «  Pourquoi n’y est-on pas parvenu  ? Comment dépasse-t-on le Front de gauche  ? Y aura-t-il une candidature commune de tout notre espace politique à la présidentielle  ? Comment parler à la fois à tous ceux qui se sont abstenus dans les quartiers populaires et à ceux qui ont utilisé un bulletin PS sans partager la politique gouvernementale  ? Comment répondre à la fois à la nécessité de rassemblement et à l’exaspération sociale  ?  » liste notamment le dirigeant du PG. Le tout dans un contexte loin d’être simple, avec la volonté de plus en plus affirmée d’une partie du PS de voir se créer un grand pôle de gauche s’étirant vers le centre. «  On est face à une tentative d’en finir avec la gauche tout entière. Nous, on veut se mettre à son service  », relève Marie-Pierre Vieu.

 

Une volonté commune se dessine au Front de gauche, celle de «  refonder la gauche  ». Reste à savoir comment. «  De multiples initiatives ont été prises. M6R, Chantiers d’espoir, Mouvement commun… Aucune n’a fait la démonstration de son efficacité  », constate Pierre Khalfa, d’Ensemble, qui voit «  deux conditions à remplir  : être clair avec le bilan des politiques menées depuis quatre ans et associer les citoyens car la refondation ne résultera pas d’accords d’appareils  ».

 

Un sentiment d’urgence plane, mais l’heure est à la réflexion. Chacune des formations doit réunir ses instances dans les prochains jours avant une nouvelle rencontre commune, la semaine prochaine, qui devrait arrêter les initiatives de la rentrée.

 

 

- Le Front de gauche entre constat d’échec et recherche de solutions

L’heure est au débat au sein du Front de gauche – sur son propre avenir, mais surtout sur l’avenir de la gauche et du pays –, sept ans après son lancement en 2008 avec l’objectif d’ouvrir une autre voie à gauche. Après les résultats des élections, le constat d’échec est globalement partagé. Malgré un FN écarté des exécutifs régionaux, «  le danger persiste et rien ne doit faire oublier la gravité de ce qui vient de se passer  », a déclaré Pierre Laurent dès les résultats du second tour connus. «  Nous sommes effectivement dos au mur. Je ne parle pas seulement de l’autre gauche, qui est dans un état de catastrophe avancé (...), je parle du camp progressiste et humaniste en général, car pour l’instant une vague brune déferle sur l’Europe  », a estimé, de son côté, Jean-Luc Mélenchon, dans les Inrocks.

 

Le diagnostic est d’abord celui de la responsabilité de la politique gouvernementale. «  Si le FN est passé depuis le début du quinquennat Hollande de 18 % à 30 %, c’est bien qu’il existe une exaspération  » liée à «  l’obstination de ne pas changer une politique qui échoue  », a analysé, hier, le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, jugeant que «  des apprentis sorciers jouent avec le feu  » en vue de 2017 «  pour arracher une victoire au second tour face au FN  ».

 

Aucun de ses dirigeants n’entend cependant exonérer le Front de gauche de ses propres difficultés. «  On est illisible. C’est une série d’échecs depuis les législatives de 2012. On est redevenu un cartel de partis  », a de nouveau estimé le coordinateur du Parti de gauche, Éric Coquerel. Si, sur France Info, hier matin, Olivier Dartigolles a jugé que le Front de gauche «  s’est planté  » et doit «  tout revoir du sol au plafond  », il ajoute que «  cela ne signifie pas que ses objectifs initiaux n’étaient pas les bons  ».

 

 

- Des grandes lignes se dessinent déjà

Sur le plan électoral, le résultat est mince. Au total, la coalition compte désormais 40 élus régionaux (29 PCF, 7 PG, 3 Ensemble et 1 République et socialisme), contre 126 élus en 2010 (95 PCF, 17 PG, 7 GU, 7 apparentés).

  • «  Le problème est beaucoup plus profond. Soit il y a un sursaut et quelque chose de neuf qui se crée, soit on risque de se marginaliser  », alerte Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble.
  • Néanmoins, les grandes lignes se dessinent déjà. «  Les prochaines semaines doivent ouvrir un débat sur la refondation de la gauche, et non pas de la gauche de la gauche  », avance Olivier Dartigolles, tout en prenant «  au sérieux  » la demande d’«  inflexion  » de la politique gouvernementale venue de Jean-Christophe Cambadélis.
  • «  Il faut refonder la gauche  », juge également Clémentine Autain. Sa formation a d’ailleurs appelé dès dimanche soir à des candidatures communes en 2017 de ceux qui «  aspirent à une alternative politique de rupture avec le libéralisme  ».
  • Côté PG, 2017 est aussi au centre des attentions. «  Il faut que (l’élection présidentielle) soit l’heure du peuple contre l’oligarchie  », a prévenu Jean-Luc Mélenchon, appelant à «  un véritable front populaire  ».
  • Et Éric Coquerel (PG) de préciser  : «  Si on veut éviter le pire, il faut préparer 2017 en construisant un mouvement, en arrêtant de se diviser, en étant capable de s’adresser au plus grand nombre, d’incarner les principes républicains.  »

 

Note :

[1] le 15 décembre 2015

 

Pour en savoir plus :

- J. L. Mélenchon : De Podemos au Front de gauche : cartel de partis ou mouvement global inclusif ?

- En 2016, PCF et PG veulent tourner la page du Front de gauche

- «La présidentielle doit servir à créer un nouveau rassemblement à gauche» Eric Coquerel, coordinateur du Parti de gauche

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 09:06
Jean-Luc Mélenchon : Front de gauche, et "l’autre gauche" sont dos au mur !

Le soir du second tour des élections régionales, au siège du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon nous a fait part de son analyse du vote FN, de son désarroi face à l’éclatement du Front de Gauche, et de sa vision de l’avenir de "l’autre gauche". Entretien.

 

Sources : Les InROCKS le 2 14/12/2015 | 09h50

- Les InROCKS : les élections régionales 2015 ont été marquées par la montée du Front national, qui a monopolisé les débats et a conduit à la disparition de la gauche au deuxième tour dans deux grandes régions. Comment éviter que le score du FN augmente encore la présidentielle de 2017 ? 

Jean-Luc Mélenchon : Il faut réussir à re-latéraliser le champ politique. La tactique de Manuel Valls consiste à détruire la gauche au profit d’un nouvel agglomérat du type “Parti démocrate” en Italie, qui fédère tous les centristes. En l’occurrence, ça a été efficace aux régionales puisque dans l’entre-deux tours l’UDI a pris ses distances avec les Républicains. Et ce soir Valls a de nouveau mis en avant le thème de la lutte commune contre l’extrême droite et le jihadisme. Face à cela, Mme Le Pen a donné une latéralisation : les mondialistes contre les patriotes. Moi j’ai dit : le peuple contre l’oligarchie. Ce sont nos marqueurs, et c’est ainsi que nous allons aborder les prochaines batailles démocratiques.

 

Il se peut que la présidentielle souffre de ce qui vient de se passer, et qu’elle se déroule, elle aussi, dans une ambiance de peur et de méfiance. C’est ce que veut François Hollande : il rêve d’un deuxième tour où il suffit qu’il soit là, c’est-à-dire d’un deuxième tour où elle est là. La présidentielle pourrait donc commencer directement sous le signe du chantage. Mais il est aussi possible que les gens ne soient pas dupes, puisqu’on leur a déjà fait le coup deux fois. Ils pourraient tout aussi bien se dire, à l’inverse : “Je n’abandonne pas mes convictions au premier tour à la porte du bureau de vote, car je ne les retrouve pas en sortant”. Glorieuse incertitude des élections.

 

 

- Les InROCKS : La gauche sort considérablement affaiblie de ces élections, en dépit du fait que le FN n’a remporté aucune région…

Jean-Luc Mélenchon : Nous sommes effectivement dos au mur. Je ne parle pas seulement de l’autre gauche, qui est dans un état de catastrophe avancé – je ne sais même pas si elle est guérissable, du fait de cette épouvantable manie des appareillons –, je parle du camp progressiste et humaniste en général, car pour l’instant une vague brune déferle sur l’Europe. Le dernier vote qui a eu lieu dans un pays européen, en Pologne, a vu l'élimination de la gauche, qui n’a plus un seul élu au Parlement. J’espère que ce cycle va s’inverser avec les élections espagnoles.

 

 

- Les InROCKS : Certains à gauche vous reprochent de ne pas aller assez loin dans la critique de la mondialisation et de l’Europe, ce qui expliquerait l’échec du Front de gauche à capter le mécontentement populaire face au Front national. Pensez-vous qu’il faut aller plus loin ? 

Jean-Luc Mélenchon : On a passé notre temps à critiquer l’Europe. Nous sommes les seuls à construire un Comité du un plan B pour l'Europe ; en 2009 il n’y a que moi qui ai mis dans ma profession de foi la lutte contre le grand marché transatlantique ; à l’élection présidentielle j’ai été le seul à parler du mécanisme européen de stabilité financière voté en février ; c’est aussi nous qui avons convoqué la manifestation contre la signature du Traité européen. Il est injuste de dire que nous ne faisons rien sur ce terrain.

 

De même, concernant le FN, c’est moi qui ai proposé d’opter pour une ligne d’attaque “Front contre Front”. J’ai gagné mille voix en trois semaines à Hénin-Beaumont [lors des élections législatives de 2012, ndlr]. Qu’en a-t-on retenu ? Que j’étais en échec et que la ligne n’était pas la bonne. Pourtant tout le reste jusqu’à présent n’a produit que des bavardages. Il est normal qu’il y ait débat, mais tout le monde doit balayer devant sa porte. Et si je dois le faire, je ne balaye pas les détritus des autres.

 

 

- Les InROCKS : La stratégie “Front contre Front” est-elle encore pertinente aujourd’hui ? 

Jean-Luc Mélenchon : La dimension du combat contre le Front national a complètement changé. On s’adapte au fur et à mesure. Il y a quinze ans, j’étais pour l’interdiction du Front national et je faisais campagne avec Charlie Hebdo. Nous n’étions pas nombreux, et on nous expliquait déjà qu’il ne fallait pas s’y prendre comme cela, qu’il fallait critiquer, etc. Qu’est-ce que ça a donné ? Ils sont à 30 %, ils sont à la porte du pouvoir ! J’aimerais que tous ceux qui ont fait des critiques à ce moment-là balayent devant leur porte.

 

marine

Quand vous voyez la Une de Marianne qui dit “Plus que 18 mois pour éviter ça!”, avec Mme Le Pen en présidente de la République, les journalistes sont persuadés entre eux que les gens vont pleurer des grosses larmes et prendre conscience du danger. Or c’est l’effet inverse qui se produit sur des millions de gens qui se disent : “Ah bon ? On est près de gagner ? Alors allons-y !” Si vous me mettez en Une en disant “Plus que 18 mois pour éviter ça!”, les anciens ressortiront de leur tombe pour voter pour moi. Les journalistes en général ne comprennent rien à la psychologie de masse.

 

 

- Les InROCKS : Comment interprétez-vous le vote FN ?

Jean-Luc Mélenchon : Certains prétendent que c’est la petite France aigre qui vote FN. Non ! Les gens ont voté FN pour tout faire sauter. Ils n’ont pas fait ça par erreur, ils ne se sont pas trompés, et parfois même ils n’ont rien contre les Arabes et les musulmans. Ils votent FN juste pour tout faire sauter, parce que la bonne société leur a dit : “Ce dont nous avons plus peur que tout, c’est de Mme Le Pen”.

 

Si le pays essuie encore un choc comme celui reçu le 13 novembre, nous allons avoir encore plus de mal à nous faire entendre. Avant le 13 novembre, l’unique objet des discussions était le niveau auquel serait Mme Le Pen. A partir du 13 novembre, le sujet a été d’un côté à quel point l’immigration et les musulmans sont dangereux, et de l’autre à quel point Mme Le Pen est dangereuse.

 

Le cynisme du pourvoir c’est qu’il joue avec ça. Il se vante d’avoir obtenu le retrait de ses candidats dans deux régions et d’avoir fait pression en vain dans une troisième. Eux-mêmes reconstruisent un paysage qui est entièrement centré autour de Mme Le Pen.

 

 

- Les InROCKS : Quel bilan tirez-vous de la campagne pour le Front de gauche ? 

Jean-Luc Mélenchon : Tous les pires pronostics se sont réalisés pour nous au premier tour : une bataille de chiens entre communistes et verts pour avoir les têtes de liste de l’opposition de gauche – résultat, il n’y a plus d’opposition de gauche du tout –, et des campagnes concurrentes illisibles. C’est une catastrophe. J’étais personnellement pour une campagne nationale, avec un état-major national, une répartition des têtes de liste, des mots d’ordre communs, etc. Mais on m’a fait prévaloir je ne sais quelle réalité des territoires, qui est une vue fumeuse et complètement idéologique. Il n’y a aucun territoire qui existe entre Guéret et Biarritz : le seul territoire qui les sépare, c’est la France. Qu’on ne vienne pas me faire croire que les gens ont pris conscience d’une réalité régionale qui n’existe pas. On a mené une campagne qui n’était même pas au niveau d’une campagne cantonale. Il faut que cela cesse.

 

 

- Les InROCKS : Le Front de gauche (FDG) ne survivra donc pas dans sa forme actuelle aux élections régionales ? 

Jean-Luc Mélenchon : Non, ça c’est clair. Les gens sont braves, ils veulent bien voter FDG, mais quand ils vont dans le bureau de vote il y a deux bulletins sur lesquels il y a le logo FDG : que voulez-vous qu’ils y comprennent ? Nous avons eu un mal de chien à construire le FDG, et maintenant qu’il est identifié par tout le monde, on le vide de son contenu. Pourquoi ? Pour une série d’élections locales dans lesquelles les appareillons misent 100 % de leur existence, car les cadres de ces organisations sont pour la plupart des élus régionaux.

 

C’est totalement démoralisant quand on fait le tour. Les Verts ont bien manœuvré : ils ont fait un chantage partout où ils voulaient la tête de liste, et partout où on ne la donnait pas ils partaient séparément. Ensuite ils ont ramassé tous les votes, puisque les régions où nous sommes unis avec eux ont été comptées pour eux. On nous attribue ainsi 4,5 % des voix, en nous enlevant trois ou quatre régions.

 

J’ai cru à la bonne foi des Verts, qui me disaient qu’ils étaient d’accord pour faire un label national d’opposition de gauche. Ils n’en ont rien fait. Je voulais déposer ce label au ministère de l’Intérieur pour qu’on soit comptabilisés ensemble dans la catégorie “opposition de gauche”, mais le ministère de l’Intérieur a remis les gens dans des cases. Cela fait beaucoup de déceptions les unes derrière les autres. Il faut reformuler une proposition politique qui tienne compte de tout cela.

 

Je commence à penser que, bien sûr, le rassemblement des sigles est indispensable, mais que bâtir sa réflexion politique à partir de ça serait une erreur totale : ce qui a un sens politique c’est la combinaison d’une masse de gens qui ne vont pas voter, et d’une masse de gens qui votent de manière insurrectionnelle contre le système et utilisent n’importe quel bulletin de vote qui leur passe à portée de main. Croire qu’il suffirait d’afficher je ne sais quelle union des groupuscules pour satisfaire aux besoins d’union du peuple français contre l’oligarchie est une vue de l’esprit.

 

-----------------------------

 

- Trois jours après le premier tour des élections régionales, Jean-Luc Mélenchon prend la parole.

- Au siège du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon tire les leçons du second tour des élections régionales

Jean-Luc Mélenchon : Front de gauche, et "l’autre gauche" sont dos au mur !
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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 10:18
Déclaration du Parti de Gauche à l’issue du second tour des régionales

Sources :  le Parti de Gauche

- A l’issue de ces Régionales, la France est dans un très mauvais état.

La mobilisation de millions de concitoyen-ne-s ayant choisi un bulletin de vote opposé à leurs convictions a permis d’éviter le pire, que le FN remporte des régions. Cela ne saurait cacher la progression en voix du FN dont les thèmes auront marqué toute cette campagne, avec parfois même le concours du gouvernement, dans un climat de mensonges, de peur, de surenchère sécuritaire et xénophobe.

 

Ailleurs les triangulaires ont permis, le plus souvent avec un écart réduit, la victoire tantôt aux listes LR, tantôt aux listes conduites par le PS. Ces dernières ont évité la déroute en bénéficiant de la mobilisation d’un électorat qui, malgré tout, s’est servi de ce bulletin pour empêcher une droite, aiguillonnée par le FN, d’aggraver encore plus la situation. Cela n’a pas été suffisant en Ile-de-France où le rejet de la politique gouvernementale a lesté la liste de Bartolone, quand la liste de Pécresse a profité d’un bon report d’une partie de l’électorat du FN, notamment des supporters de la Manif pour Tous. Le PS aurait tort de se satisfaire d’avoir conservé 5 régions sur les 12 de France métropolitaine. Ce résultat n’est en aucun cas un vote d’adhésion pour la politique menée par le gouvernement.

 

 

- Le bilan de Manuel Valls est terrible.

Il a décidé d’anéantir toute représentation de gauche dans deux régions, sans utilité autre que ses calculs politiciens pour 2017 comme le démontre le résultat maintenu de Jean-Pierre Masseret en ACAL qui n’ a pas empêché la défaite de Philippot. Le bilan social du gouvernement est celui d’un pays défiguré par un chômage et une pauvreté record, quand les dividendes des actionnaires ne cessent de croître. Un Etat affaibli par la baisse des dépenses publiques, une activité économique en berne, un accord COP21 en trompe l’oeil et qui n’est absolument pas à la hauteur de l’urgence climatique. Le bilan moral est aussi sans appel : en reprenant la mesure du FN de déchéance de la nationalité, il a de fait validé la bataille culturelle menée par l’extrême droite xénophobe. Avec la poursuite de cette politique le pire est devant nous.

 

 

- Si François Hollande agissait en homme d’Etat,...

il prendrait acte de la situation et renverrait Manuel Valls afin de de rompre radicalement avec la politique austéritaire de l’offre qui conduit le pays vers l’abime. Il proposerait la seule loi d’urgence qui vaille, celle d’un collectif budgétaire donnant la priorité au pacte social et écologique sur le pacte de stabilité.

 

 

- Si le PS agissait en parti de gauche,...

le sursaut invoqué hier par Jean-Christophe Cambadélis serait celui de se tourner vers un Front Populaire pour mettre en mouvement le peuple à l’opposé du social-libéralisme qui a gangréné son parti depuis des années. La situation est en effet aussi grave que celle des années 30.

 

 

- Mais nous n’avons pas d’illusions. Il faut donc plus que jamais travailler à une autre voie.

Dès les législatives de 2012, l’autre gauche n’aura jamais su faire fructifier ni même simplement rassembler l’élan populaire qui s’était porté derrière la candidature présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Chaque élection intermédiaire a brouillé plus encore nos messages, par un refus de nationaliser les enjeux, quand le FN lui n’a cessé de se construire dans une stratégie de conquête du pouvoir.

 

 

- L’abstention qui reste massive révèle bien cette insurrection froide qui n’a pas trouvé encore sa voie.

Le FN continue sa progression, mais il n’a pas gagné. La colère du peuple doit trouver une expression positive, notre responsabilité est immense pour y contribuer.

 

Il est désormais impératif d’être audacieux et de défricher d’autres formules politiques que celles qui ont échoué pour mettre en mouvement.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier élections régionales 2015

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 21:45
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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 09:59
Front de Gauche : l’état d’imbroglio permanent

Sources : L'ére du Peuple le blog de Jean Luc Mélenchon le 2 decembre 2015

- Comme il semble loin le moment où l’on envisageait la stratégie à mettre en œuvre pour les élections régionales !

La vérité c’est que depuis lors, et surtout depuis les massacres du 13 novembre, nous sommes entrés dans un autre monde. À cette heure, l’ethnicisme, l’idéologie sécuritaire, et toute la panoplie des fondamentaux de la droite et de l’extrême droite tiennent le haut du pavé dans les esprits. Et les sondages amplifient cette perception de la réalité. La nouveauté qui aggrave la débandade de nos idées c’est que l’idéologie sécuritaire a pris pied dans nos rangs.

 

En empruntant une partie des propositions de l’extrême droite et en s’alignant sur les mots de la droite, le PS et son gouvernement ont brisé une digue décisive. Le nombre de ceux qui peuvent préférer l’original à la copie a été gratuitement augmenté dans une perspective étroitement électoraliste d’ailleurs parfaitement illusoire. En effet, c’est ce qui se produit quand, dans l’angoisse d’une situation comme celle que nous vivons, ceux dont c’est le devoir et l’honneur de proposer un cap s’abaissent à valider des trouvailles aussi nauséabondes par exemple que la déchéance de la nationalité pour les binationaux. Car dans l’instant, et avant toute mesure effective, ils transforment en suspects des millions de gens du fait de leurs origines plus ou moins lointaines et pas toujours voulues.

 

Mais cela ne nous émancipe pas de nos propres responsabilités. L’autre gauche est une nouvelle fois en ordre dispersé dans ses réactions aux évènements. Le message de résistance à l’air du temps est dilué jusqu’au point d’être quasi inaudible. De mon côté, je m’efforce, autant que je peux, d’exprimer ce que nous savons et ressentons en marchant au pas de ce qui peut être entendu par un pays traumatisé et anxieux. Mais comment échapper à la question que m’a posé, sur "France 3 ", madame Françoise Fressoz du journal Le Monde : « comment comptez-vous peser si vous êtes déjà si divisés entre vous comme sur le vote à propos de l’état d’urgence ».

 

 

- Sur le sujet, pourtant, mon opinion est faite depuis toujours.

Je ne crois, ni n’ai jamtais cru que ce type de dispositif favorise la sécurité collective. Dans un pays qui a déjà adopté dix lois antiterroristes en dix ans, dont trois du fait de l’actuel président, il y avait mieux à faire que de légiférer dans l’urgence sur l’urgence. Mais j’ai cru de mon devoir de ne pas déclencher sur le sujet une polémique qui aurait aggravé les divisions et méconnu le vrai trouble qu’ont ressenti ceux qui ont voté l’état d’urgence.

 

En toute hypothèse, il y a avait trois positions dans les rangs de l’opposition de gauche. Le vote « contre » porté par trois socialistes et trois Verts, le vote « pour » et même… l’abstention ! Comme si un sujet où se débat l’équilibre toujours difficile entre liberté et sécurité on pouvait s’en remettre aux autres du soin de décider. Pour ce qui concerne les parlementaires « Front de Gauche », c’est-à-dire communistes pour la quasi-totalité, il n’y aura pas eu ni un amendement ni un vote « contre » à l’Assemblée et au total les votes « pour » auront été majoritaires face aux vote abstention. Sur la poursuite des bombardements en Syrie, tous se sont abstenus sans une seconde de discussion avec la coordination du Front de Gauche.

 

Quoiqu’il en soit, j’ai dit depuis longtemps combien je déplore que les groupes prennent leurs décisions sans concertation avec la coordination politique du Front de Gauche. Une nouvelle fois, il m’aura fallu découvrir dans la presse ce qui se vote et qui le fait. Sans réclamer aucun privilège, un peu de contact avec moi serait fraternel et bienvenu car c’est à moi qu’on demande ensuite d’expliquer et de commenter dans des médias qui se régalent de mon embarras. L’imbroglio d’une séquence commencée dans l’approbation sans réserve de l’état d’urgence (le groupe étant absent de la réunion de la commission des lois où se discutaient les amendements) et s’achevant dans l’abstention majoritaire au Sénat dans le groupe sénatorial « communiste citoyen et républicain » est une nouvelle démonstration de l’incohérence et de la panne stratégique sur laquelle débouche cette incroyable « indépendance des groupes et des élus ». Cette indépendance n’a jamais existé dans le passé de toutes les familles politiques de la gauche depuis l’origine de nos organisations et n’existe nulle part au monde dans les partis de gauche. J’y suis fermement opposé. Et je compte bien qu’il en aille autrement pour la prochaine législature avec ceux qui porteront la même étiquette politique que moi.

 

 

- L’imbroglio est partout.

Et surtout au pire endroit, c’est-à-dire face au suffrage universel. Les élections régionales nous voient arriver dans une cohue illisible nationalement. Et cela au moment où il y a le plus besoin de clarté de détermination et d’unité de l’opposition de gauche si elle veut être entendue par les gens normaux qui veulent des responsables qui assument leurs positions et non de confus psalmodiateurs de messages partidaires.

 

J’ai participé à la réunion où le PG a fixé sa ligne d’action. Je peux témoigner que mes amis ont abordé les élections régionales avec l’idée de permettre l’émergence et la visibilité de « l’opposition de gauche ». Il s’agissait de ne pas laisser passer l’opportunité d’élargir ce que le Front de Gauche a voulu incarner depuis le début. C’est-à-dire l’existence d’une alternative à gauche à la politique du PS. Cette possibilité semblait bien ouverte avec la sortie du gouvernement d’EELV. De plus, notre principal allié dans le Front de gauche, le PCF, affirmait sans relâche la nécessité « d’élargir le rassemblement ». Le terrain semblait facile à bâtir ou à déminer. D’autant que dans le même temps, les uns et les autres déclaraient vouloir profiter de la circonstance pour se donner les moyens d’une « implication citoyenne » approfondie.

 

Mais entre les déclarations de chacun et la réalité, le même vieux gouffre s’est ouvert dans la meilleure tradition politicienne. Seuls mes amis, pleins d’une confondante naïveté, renoncèrent sans contrepartie à quelque tête de liste que ce soit pensant favoriser partout le rassemblement en montrant l’exemple. Leur insistance à faire adopter des chartes éthiques est remarquable dans un tel contexte. Le reste fut une foire d’empoigne locale, un chantage permanent à la division de la part de partenaires obnubilés par la tête de liste, sans la moindre coordination nationale pour essayer d’équilibrer la représentation de chacun. Pour affronter une élection forcément nationale, puisque les nouvelles régions n’ont aucune homogénéité locale, rien de plus ridicule que cette façon de laisser la ligne nationale résulter des arrangements, amitiés et détestations, locaux. Avec la poussée du Front national et la pression du « vote utile », rien de pire que cet éparpillement puéril sans vision d’ensemble. C’est dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie que l’irresponsabilité a atteint son pic. La chance se présentait d’une liste commune de toute l’opposition de gauche puisque EELV avait accepté la fusion avec le FDG. Elle aurait pu se présenter comme une alternative au PS et donc comme un rude challenger face au FN. Mais l’ordre du monde est bien gardé. La liste d’union rassemblée autour d’EELV et du PG avec Sandrine Rousseau s’est vu opposer une liste identitaire du PCF déclenchant une polémique gratuite dans nos rangs en raison de son appropriation du sigle « Front de Gauche ».

 

 

- Au final, le tableau est affligeant.

Impossible d’aller dans une émission de télé ou de radio en étant capable de dire comment s’appellent nos listes puisqu’autant de « territoires », autant de noms plus poétiques les uns que les autres, choisis sans concertation entre régions. Localement, l’annexion des listes par la couleur de la tête de liste est faite sans vergogne par la presse locale qui de toute façon n’entend déjà rien aux subtilités au-delà du tripartisme bovin que le PS lui a vendu comme la nouvelle grille de lecture du monde politique en France. Et comment lui en vouloir quand nous sommes réduits à l’état de confettis. Le paradoxe est donc à son comble. Car des listes d’opposition de gauche, autonomes du PS, seront présentées devant les électeurs dans l’ensemble des régions. Le PS se retrouve, lui, isolé dans toutes les régions. C’est la première fois. Mais en face il n’y a pas d’alternative cohérente sauf dans quelques régions où l’on a su se regrouper pour agir ensemble mais où on souffre durement de l’absence de référence nationale.

 

 

- Je fais un rapide tableau d’ensemble.

Je sais combien il restera assez largement incompréhensible et assommant à lire pour mes lecteurs. Mais il faut bien le faire. Finissons-en. L’unité de l’opposition de gauche n’est complète que dans deux régions: en Midi-Pyrénées/Languedoc Roussillon et PACA. Cette construction, unissant notamment le FDG et EELV, a pour objectif de nous permettre d’être en tête de la gauche au soir du 1er tour. Cela constituerait un événement politique. Mais comment y parvenir sans visibilité nationale au moment où toute la campagne est devenue totalement nationale ? Deux autres régions voient également un rassemblement entre le PG, EELV, la Nouvelle Gauche Socialiste et Nouvelle Donne. Mais là, le PCF a décidé de présenter sa propre liste. C’est le cas dans le Nord Pas de Calais Picardie et en Auvergne Rhône-Alpes. Dans six autres, le Front de Gauche uni incarnera seul ce rassemblement puisque EELV y a choisi de faire cavalier seul : Île-de-France, Bretagne, Normandie, Aquitaine Poitou-Charentes Limousin, Alsace Champagne-Ardenne Lorraine, Bourgogne Franche-Comté.

 

Pour terminer ce puzzle, le PG sera absent dans deux régions (Centre et Pays-de-Loire) et plusieurs départements faute de n’avoir trouvé d’accord ni avec le PCF ni avec EELV, qui partent seuls, chacun de leur côté.

 

 

- Bilan de ce galimatias : l’opposition de gauche existe en fait. Mais pas en liste.

Le soir de l’annonce des résultats nous allons être humiliés. Notre score sera éclaté entre trois ou quatre type de listes. Le score du Front de Gauche devra porter la croix des listes du seul PCF captant cette appellation. Et il sera diminué du nombre des voix des listes ou nous partons avec EELV tout le Front de gauche ou seulement le PG.

  • Un sac de nœuds illisible nationalement et parfois même localement.
  • Un gâchis total !
  • Un boulet au pied pour des mois et des mois en pleine crise politique !
  • Pour moi, c’est un crève-cœur.
  • Je peux le dire tranquillement : c’est la dernière fois.
  • On ne m’y recollera plus.
  • J’en ai assez de devoir rendre des comptes pour des situations qui m’ont été imposées de force et que je désapprouve totalement.
  • Les déclarations unitaires suivies de noirs sectarismes, les « constructions originales » qui sont des feuilles de vignes sur les vieilles pratiques bureaucratiques, rien de tout cela ne correspondait déjà à la période précédente.

Dans le contexte, c’est tout simplement le néant groupusculaire assuré.

 

Pour en savoir plus :
-
Mon dossier Front de Gauche et Front du Peuple

- Le Front de gauche se remettra-t-il des élections régionales ?

- par Jean-Luc Mélenchon : Quelle poisse !

Front de Gauche : l’état d’imbroglio permanent
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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 09:36
Le PG engagé dans des listes de rassemblement  pour une opposition de gauche et des régions citoyennes

Sources : Le Parti de Gauche par Danielle Simonnet et Eric Coquerel, coordinatrice et coordinateur du Parti de Gauche et regards.fr

Le PG a abordé les élections régionales avec l’ambition de faciliter au maximum le rassemblement de l’opposition de gauche tout en allant le plus loin possible dans l’implication citoyenne. Fin août nous écrivions dans ce but à tous nos partenaires potentiels, nos alliés du FDG, EELV, Nouvelle Donne, le NPA, la NGS, en indiquant les marqueurs permettant de faire accord. Il s’agissait de l’autonomie vis-à-vis du PS, d’un programme de rupture avec l’austérité et le productivisme, des assemblées citoyennes représentatives permettant une co-construction de la campagne avec les partis, les appels citoyen et toutes celles et tous ceux voulant s’y investir, d’une charte éthique (comprenant notamment le non cumul des mandats), et du refus de tout préalable pour le 2ème tour dans un sens ou dans l’autre.

 

Le PG a donné la priorité à cette unité, au-delà même de nos intérêts de partis. Voilà pourquoi nous n’avons pas de têtes de liste régionales, nos partenaires ayant posé la leur comme condition. Pour notre part, dès lors qu’il y avait accord sur le fond, nous avons refusé de risquer la division pour une question de tête de liste.

 

Alors que toutes les listes sont désormais connues, nous observons une première réussite : des listes d’opposition de gauche, autonomes du PS, seront présentées devant les électeurs dans l’ensemble des régions. En divisant la gauche par la politique austéritaire et productiviste du gouvernement, le PS se retrouve, lui, isolé dans toutes les régions. C’est la première fois. C’est le résultat du rejet de la politique de droite du gouvernement qui grandit à gauche et dans le peuple plus généralement. Son utilisation de la peur du FN, notamment en NPDC-Picardie et en PACA, pour essayer d’imposer un rassemblement derrière lui n’a pas fonctionné.

 

 

- Au final, le PG s’engagera dans des listes d’opposition de gauche et pour des régions citoyennes dans dix régions.

- Dans quatre d’entre elles, cette alliance va jusqu’à EELV :

  • L’unité de l’opposition de gauche est complète dans deux régions : en Midi-Pyrénées/Languedoc Roussillon et PACA. Cette construction, unissant notamment le FDG et EELV, peut nous permettre d’être en tête de la gauche au soir du 1er tour. Cela constituerait un événement politique.
  • Deux autres régions voient également un rassemblement entre le PG, EELV, la NGS et Nouvelle Donne (même si malheureusement le PCF a décidé de partir seul). C’est le cas dans le Nord Pas de Calais Picardie et en Auvergne Rhône-Alpes (dans cette dernière région la liste comprend également Ensemble).

 

- Dans six autres le Front de Gauche incarnera seul ce rassemblement puisque EELV a cette fois choisi de faire cavalier seul :

  • Ile-de-France, Bretagne, Normandie, Aquitaine Poitou-Charentes Limousin, Alsace Champagne-Ardennes Lorraine, Bourgogne Franche-Comté.

 

Le PG ne sera absent que dans deux régions (Centre et Pays-de-Loire) faute d’avoir trouvé, ni avec le PCF ni avec EELV, qui partent seuls, chacun de leur côté, un accord sur ses marqueurs.

 

 

- Nous avons progressé par rapport à 2010 même si nous regrettons de ne pas être parvenus à rassembler tous les acteurs concernés dans toutes les régions.

Le meeting du 12 novembre à Montpellier réunissant notamment Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Pierre Laurent, Clémentine Autain sera le symbole des listes de large rassemblement.

 

Nous voulons ainsi démontrer qu’il n’y a pas de fatalité au tripartisme et qu’une alternative est possible.

 

LES DIX LISTES OPPOSITION DE GAUCHE ET POUR UNE REGION CITOYENNE SOUTENUES PAR LE PG

 

- Listes incluant EELV :

  • Midi Pyrénées – Languedoc Roussillon

Nom de la liste : Nouveau monde en commun !
Tête de liste : Gérard Onesta
Soutenue par : le FDG (PG, E!, PCF), EELV, NGS, Régions et Peuples Solidaires
Têtes de liste départementales PG : Guilhem Serieys (Aveyron) et Muriel Ressiguier (Hérault)

  • PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur)

Nom de la liste : La région coopérative Sociale-Ecologiste-Citoyenne
Têtes de listes : Sophie Camard en binôme avec Jean-Marc Coppola
Soutenue par : EELV, FDG, NGS
Porte-Parole PG : Hélène Le Cacheux (5ème sur les Bouches-du-Rhône)

  • AURA (Auvergne-Rhône-Alpes)

Nom de la liste : Le Rassemblement
Tête de liste : Jean-Charles Kohlhaas en binôme avec Corinne Morel-Darleux
Soutenue par Ensemble !, EELV, NGS, ND, PG
Têtes de listes départementales PG : Corinne Morel Darleux (Drôme) et Andréa Kotarac (Lyon)

  • Nord Pas de Calais / Picardie

Nom de la liste : Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire. Le Rassemblement
Tête de liste : Sandrine Rousseau
Soutenu par EELV, PG, ND, NGS et des collectifs citoyens
Têtes de liste départementales PG : Laurent Matejko (Nord Pas De Calais), Marie-Laure Darrigade (Picardie)

 

- Avec le seul FDG :

  • ALCAL (Alsace Lorraine Champagne Ardenne)

Nom de la liste : Nos Vies d’abord
Tête de liste : Patrick Peron
Soutenu par le FDG, NGS, MRC, Région Citoyenne
Têtes de listes départementales PG : Sylvain BROUSSE (67), Dominique Cholez (88)

  • Aquitaine – Poitou Charente – Limousin

Nom de la liste : L’humain d’abord
Tête de liste : Olivier Dartigolles
Soutenue par le FDG et la NGS
Têtes de liste départementales PG : Laurence Pache (Creuse), Isabelle Godeau (Deux Sèvres)

  • Bourgogne – Franche Comté

Nom de la liste : L’alternative à gauche
Tête de liste : Nathalie Vermorel
Soutenue par le FDG, le MRC, la NGS, de collectifs citoyens

  • Bretagne

Nom de la liste : Pour une Bretagne sociale et écologiste - L’Humain d’abord !
Tête de liste : Xavier Compain
Soutenu par le FDG et des collectifs citoyens
Tête de liste départementale PG : Catherine Boudigou (Finistère)

  • Ile-de-France

Nom de la liste : Nos vies d’abord !
Tête de liste : Pierre Laurent en trinôme avec Clémentine Autain et Eric Coquerel
Soutenus par le FDG, Région Citoyenne (la fabrique coopérative, le rassemblement citoyen)
Têtes de liste départementales PG : Eric Coquerel (Paris) et Raquel Garrido (Hauts-de-Seine)

  • Normandie

Nom de la liste : Un vent de colère, un souffle d’espoir
Tête de liste : Sébastien Jumel
Soutenue par le FDG
Tête de liste PG : Jean-Claude Marie (Orne)

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 09:26
Sommet pour un Plan B en Europe les 14 et 15 novembre à Paris

Sources : le Parti de Gauche

- Le plan B est un sommet internationaliste dont la première session se tiendra le 14-15 novembre à Paris.

Sabine Lösing (Die Linke, Allemagne) « il s’agit d’installer un processus permanent autour de discussions sur l’euro et l’UE qui existent déjà en Europe. Depuis trop longtemps, les gauches européennes ont sacralisé l’euro, inhibant tout débat et reléguant toute critique à du nationalisme, un argument inique. Une monnaie ne doit pas rester aux mains des puissants. Une monnaie est un contrat social et le fruit d’un équilibre des forces. Elle porte donc nécessairement aux contradictions. Ce sommet est l’occasion d’avoir ce débat contradictoire pour trouver de nouvelles voies en Europe ».

 

 

- Le plan B « n’est pas une vision isolée dans des frontières nationales.

C’est un projet fondamentalement internationaliste pour les peuples européens » a indiqué Marina Albiol, chef de la délégation Izquierda Unida au Parlement européen.

 

 

- Le sommet de novembre réunira politiques, économistes, intellectuels et ONG en faveur d’un plan B.

A l’image du Forum de Sao Paulo qui a porté 11 forces progressistes au pouvoir en Amérique latine, le plan B doit poser sur table toutes les propositions nécessaires pour une nouvelle voie pour les peuples européens, a indiqué Jean-Luc Mélenchon à la conférence de presse. « La variété de nos propositions est une force pour répandre dans tous les pays l’idée d’un Plan B. La sortie de l’euro n’est qu’un des plans sur la table. Il n’y a pas un plan mais des plans B ».

 

 

- Un réseau d’élus européens en cours de construction

Les députés européens signataires de la tribune entendent lancer un réseau parlementaires. Il se compose pour le moment de : Marina Albiol et Javier Couso (Izquierda Unida, Espagne), Nikolaos Chountis (Unité Populaire, Grèce), Rina Ronja Kari (Mouvement populaire contre l’UE, Danemark), Sabine Lösing (Die Linke, Allemagne), Fabio de Masi (Die Linke, Allemagne), Miloslav Ransdorf (KSCM, République Tchèque)

 

 

- - Retrouvez le programme complet du Sommet pour un plan B des 14 et 15 novembre ICI

 

 

Pour en savoir plus sur l’actualité du sommet :

- le site web : https://www.euro-planb.eu
- le compte twitter https://twitter.com/Euro_PlanB
- la page Facebook https://www.facebook.com/EuroPlanB/

 

Pour en savoir plus :

- Rompre : Eric Coquerel Co-coordinateur politique du Parti de Gauche

- Contribution de la Commission Economie du Parti de Gauche pour le sommet du Plan B en Europe des 14 et 15 novembre 2015 à Paris.

- Le Plan B contre l'UE: refonder l'Europe avant la ruine

Suivez l’actualité du sommet via :

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- See more at: https://www.lepartidegauche.fr/mobilisation/sommet-pour-un-plan-b-en-europe-les-14-15-novembre-paris-33738#sthash.C5KEZkUN.dpuf

Sommet pour un Plan B en Europe les 14 et 15 novembre à Paris
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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 08:15
Régionales 2015 : Appel du FDG Aquitaine - Limousin - Poitou/Charentes à EELV

Lundi 14 septembre 2015,

 

A l’attention d’Europe-Ecologie-Les Verts
Région Aquitaine – Limousin – Poitou Charentes

 

Chers amis,

Les élections régionales de décembre 2015 vont se tenir dans un contexte économique et social extrêmement dégradé et préoccupant. Le discrédit de la politique Hollande-Valls, déclinée par le parti socialiste dans l’ensemble des régions, fait le lit de la droite et de l’extrême droite. Comme partout en Europe, la doctrine libérale est à l'oeuvre au service des intérêts de la finance. La crise climatique et écologique s'amplifie sans que les gouvernements prennent la mesure de l'urgence qu'il y a à agir. Cela rend plus que jamais nécessaire de construire un projet politique en rupture avec les logiques libérales mises en oeuvre dans le pays.

 

Nous pensons que ces élections régionales doivent donc être une nouvelle étape du rassemblement d'une gauche qui combat l’austérité et veut construire une véritable alternative politique pour engager la transition écologique et répondre aux besoins sociaux de nos concitoyens. L’enjeu est d’autant plus important que ces élections se dérouleront dans le cadre d’une « réforme » territoriale imposée sans concertation qui va accentuer les logiques de métropolisation et de concurrence entre les territoires, entre les salariés, au service de la guerre économique, au détriment des plus défavorisés.

 

Dans ce contexte, nous appelons de nos voeux le rassemblement le plus large possible des forces politiques opposées à la politique gouvernementale et engagées dans des démarches citoyennes. Déjà dans un certain nombre de régions, des discussions sont engagées, et des accords FDG-EELV sont en passe d'être conclus.


Cette dynamique est positive et nous souhaitons l'amplifer. Afn de peser pour affrmer une voie alternative, une seule solution : nous rassembler !"

 

C'est pourquoi nous faisons la proposition d'une rencontre entre le FdG et EELV à l'échelle de la future grande région.


Fraternelles salutations,


Pour le Front de Gauche,
Sebastien Laborde Parti Communiste Français
Laurence Pache Parti de Gauche
Stéphane Lajaumont Ensemble

 

--------------------------------------------------

 

- La réponse d'EELV

Pour en savoir plus :

- Mon dossier élections régionales 2015

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 08:24
17 septembre 2015 : Agir pour l'abrogation de la réforme du collège
17 septembre 2015 : Agir pour l'abrogation de la réforme du collège

Sources : Le Parti de Gauche, la UNSEN CGT 'Educ'Action, la CGT17

- Pour la CGT

La création du collège unique a permis la massification de l’enseignement en France, mais jamais les moyens (budgétaires et/ou pédagogiques) qui lui ont été alloués, n’ont permis de passer à la phase de démocratisation.

 

Le collège, pivot de notre système éducatif, ne permet donc pas de rompre avec la reproduction sociale et demeure un outil de tri social et d’orientation subie en fin de 3e, malgré les efforts des personnels y travaillant.


Pire, laissé à l’abandon depuis des années, il a contribué à l’accroissement des inégalités sociales et scolaires... lire la suite dans le 4 pages "Spécial" Réfome du collège : Analyse et propositions de la CGT-Educ'action  (mai 2015)

 

 

 

- Pour le Parti de Gauche, la réforme du collège, c'est la grande casse

Tant elle est rejetée que cette politique ne peut plus s’administrer que par la force. Après avoir piétiné le Parlement pour imposer la loi Macron par le recours à l’article 49-3, le gouvernement a choisi de brutaliser les enseignants et leurs organisations syndicales en adoptant par décret, au lendemain d’une journée de grève suivie à plus de 50%, la réforme du collège.

 

Saisissant l’occasion pour revenir à ses fondamentaux réactionnaires, notamment le retour au roman traditionnaliste du pays en guise d’enseignement de l’histoire, la droite s’est un temps élevée contre la réforme mais cette opposition de l’UMP n’a pas duré. Il est vrai que la réforme du collège de Najat Vallaud Belkacem s’inspire de celle initiée au lycée par le sarkozyste Châtel et qu’en matière éducative aussi c’est bien davantage un prolongement qu’une rupture qui marque la politique actuelle. Leur dénominateur commun est l’austérité dont les réformes pédagogiques ne sont plus que des habillages. Le socle commun mis en place par Fillon a ainsi été conservé et la loi Carle en faveur de l’école privée, votée par la précédente majorité, est toujours en vigueur.


En dépit des manœuvres de ce gouvernement libéral-autoritaire, l’opposition à la réforme du collège n’a cessé de s’élargir. L’éviction du président de la FCPE lors du dernier congrès de la principale fédération de parents d’élèves du pays tient notamment aux positionnements de sa direction en faveur de la réforme. Dans le même temps, une deuxième journée de grève, le 11 juin, a été suivie par un tiers des enseignants en collège, un niveau élevé dans un contexte peu propice à la mobilisation en raison de l’imminence du brevet et de la tenue des conseils de classe de fin d’année.

 

 

- Service public en péril

La réforme du collège c’est d’abord la fin de l’égalité de traitement des élèves. En confiant 20% des moyens horaires au bon vouloir du chef d’établissement et le soin d’affecter des volumes horaires disciplinaires par cycle (5e-4e-3e) et non plus par niveau d’enseignement (5e;4e;3e), le gouvernement introduit une rupture fondamentale avec le principe de grille horaire nationale sur lequel reposent programmes et diplômes nationaux. Demain, il sera possible, dans deux collèges différents, de voir dispensé dans l’un trois heures hebdomadaire de français en 5e quand dans l’autre les élèves du même niveau recevront une heure et demie de ce même enseignement chaque semaine.


Après la réforme des rythmes scolaires au primaire, Hollande poursuit le processus de territorialisation du service public d’éducation. A l’unité du cadre républicain, il substitue une mosaïque de situations locales plaçant les familles dans une situation de dépendance vis à vis du choix des établissements dans lesquels leurs enfants seront scolarisés. Il met en péril la continuité du parcours éducatif des élèves amenés à changer d’établissement au cours de leur scolarité au collège.


L’institution d’un enseignement à géométrie variable s’annonce aussi comme le préalable à la mise en concurrence. Chaque collège tentera d’attirer à lui les élèves en « vendant » aux parents sa singularité. En instituant une logique de l’ « offre » dans le domaine éducatif, la réforme du collège préfigure la constitution d’un véritable marché scolaire et avec lui le creusement des inégalités.

 

 

- Collège au rabais

Le projet de Najat Vallaud Belkacem organise également le démantèlement des enseignements disciplinaires et avec lui des savoirs, méthodes et de la culture qui y sont associés. Il prévoit en effet, pour doter les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) institués par la réforme, de leur attribuer 20% des moyens horaires de l’établissement. Austérité oblige, ces moyens ne sont pas créés. Ils sont prélevés sur l’existant, les horaires auparavant affectés aux disciplines. Dans chaque collège, des arbitrages locaux conduiront ici à prendre aux mathématiques, là aux langues vivantes, ailleurs à la physique-chimie pour mettre en place les EPI, ateliers fourre tout, répondant à de vagues catégories (« développement durable », « corps, santé, sécurité » etc.) et dispensé par des enseignants non formés à cette fin. Ainsi, dans le cadre de l’EPI « Langues et cultures de l’Antiquité », un professeur d’histoire-géographie pourrait être amené à enseigner la langue latine.

 

Si l’interdisciplinaire a des vertus – et qu’il est en réalité déjà pratiqué dans les classes – mis au cœur des apprentissages il peut conduire à l’aggravation des difficultés des élèves les plus fragiles. Pour être approprié, pour en développer le goût, l’interdisciplinaire nécessite la maîtrise des bases disciplinaires. La ministre dit vouloir mettre fin à l’ « ennui » des élèves grâce aux EPI. Elle prépare en réalité des abîmes de perplexité pour le plus grand nombre des collégiens et la satisfaction de quelques uns, déjà doté du capital culturel leur permettant d’accéder à l’intelligibilité de la démarche.

 

Placée au cœur de la réforme, la mise en concurrence des disciplines au sein des collèges menace par ailleurs l’existence de certaines comme le latin et le grec. Elle conduit à la marginalisation d’autres enseignements : les arts plastiques et l’éducation musicale. Au total, les collégiens se verront retirés près de 400 heures d’enseignement disciplinaire de la 5e à la 3e.

 

Ce projet de collège au rabais, instituant le rabougrissement généralisé des savoirs à travers la réduction des contenus disciplinaires, s’inscrit dans la conception d’un enseignement fondé sur les compétences, étroites et périssables, au détriment des qualifications larges et durables. Cette vision est portée en France depuis les années 1980 par le MEDEF qui a d’ailleurs voté pour la réforme du collège au Conseil supérieur de l’éducation où il siège. Elle n’a d’autre ambition que de former des individus employables et jetables en lieu et place de citoyens émancipées, autonomes et cultivées et de travailleurs qualifiés. Le Parti de Gauche, partisan de l’école du peuple, école de l’égalité et de l’émancipation, s’inscrit donc dans l’opposition résolue à ce projet de collège au rabais.

 

 

- Le collège que nous voulons

Pour répondre véritablement aux enjeux éducatifs au collège, faire face à la croissance de la démographie scolaire et endiguer le décrochage des élèves en difficulté, le Parti de Gauche propose :

 

  • l’instauration d’un plan de recrutement massif permettant de revenir sur les postes supprimés sous Sarkozy et non récrées sous Hollande ;
  • la baisse des effectifs par classe et la généralisation des dédoublements ;
  • la mise en place d’une carte scolaire garantissant la mixité sociale ;
  • la restauration des horaires disciplinaires perdus et leur cadrage national ;
  • garantir de la liberté pédagogique des enseignants et s’appuyer sur l’expérience des mouvements pédagogiques dans le cadre du développement de la formation initiale et continue.
Réforme du collège
 
La grande casse

Tant elle est rejetée que cette politique ne peut plus s’administrer que par la force. Après avoir piétiné le Parlement pour imposer la loi Macron par le recours à l’article 49-3, le gouvernement a choisi de brutaliser les enseignants et leurs organisations syndicales en adoptant par décret, au lendemain d’une journée de grève suivie à plus de 50%, la réforme du collège.

Saisissant l’occasion pour revenir à ses fondamentaux réactionnaires, notamment le retour au roman traditionnaliste du pays en guise d’enseignement de l’histoire, la droite s’est un temps élevée contre la réforme mais cette opposition de l’UMP n’a pas duré. Il est vrai que la réforme du collège de Najat Vallaud Belkacem s’inspire de celle initiée au lycée par le sarkozyste Châtel et qu’en matière éducative aussi c’est bien davantage un prolongement qu’une rupture qui marque la politique actuelle. Leur dénominateur commun est l’austérité dont les réformes pédagogiques ne sont plus que des habillages. Le socle commun mis en place par Fillon a ainsi été conservé et la loi Carle en faveur de l’école privée, votée par la précédente majorité, est toujours en vigueur.
En dépit des manœuvres de ce gouvernement libéral-autoritaire, l’opposition à la réforme du collège n’a cessé de s’élargir. L’éviction du président de la FCPE lors du dernier congrès de la principale fédération de parents d’élèves du pays tient notamment aux positionnements de sa direction en faveur de la réforme. Dans le même temps, une deuxième journée de grève, le 11 juin, a été suivie par un tiers des enseignants en collège, un niveau élevé dans un contexte peu propice à la mobilisation en raison de l’imminence du brevet et de la tenue des conseils de classe de fin d’année.

Service public en péril

La réforme du collège c’est d’abord la fin de l’égalité de traitement des élèves. En confiant 20% des moyens horaires au bon vouloir du chef d’établissement et le soin d’affecter des volumes horaires disciplinaires par cycle (5e-4e-3e) et non plus par niveau d’enseignement (5e;4e;3e), le gouvernement introduit une rupture fondamentale avec le principe de grille horaire nationale sur lequel reposent programmes et diplômes nationaux. Demain, il sera possible, dans deux collèges différents, de voir dispensé dans l’un trois heures hebdomadaire de français en 5e quand dans l’autre les élèves du même niveau recevront une heure et demie de ce même enseignement chaque semaine.
Après la réforme des rythmes scolaires au primaire, Hollande poursuit le processus de territorialisation du service public d’éducation. A l’unité du cadre républicain, il substitue une mosaïque de situations locales plaçant les familles dans une situation de dépendance vis à vis du choix des établissements dans lesquels leurs enfants seront scolarisés. Il met en péril la continuité du parcours éducatif des élèves amenés à changer d’établissement au cours de leur scolarité au collège.
L’institution d’un enseignement à géométrie variable s’annonce aussi comme le préalable à la mise en concurrence. Chaque collège tentera d’attirer à lui les élèves en « vendant » aux parents sa singularité. En instituant une logique de l’ « offre » dans le domaine éducatif, la réforme du collège préfigure la constitution d’un véritable marché scolaire et avec lui le creusement des inégalités.

Collège au rabais

Le projet de Najat Vallaud Belkacem organise également le démantèlement des enseignements disciplinaires et avec lui des savoirs, méthodes et de la culture qui y sont associés. Il prévoit en effet, pour doter les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) institués par la réforme, de leur attribuer 20% des moyens horaires de l’établissement. Austérité oblige, ces moyens ne sont pas créés. Ils sont prélevés sur l’existant, les horaires auparavant affectés aux disciplines. Dans chaque collège, des arbitrages locaux conduiront ici à prendre aux mathématiques, là aux langues vivantes, ailleurs à la physique-chimie pour mettre en place les EPI, ateliers fourre tout, répondant à de vagues catégories (« développement durable », « corps, santé, sécurité » etc.) et dispensé par des enseignants non formés à cette fin. Ainsi, dans le cadre de l’EPI « Langues et cultures de l’Antiquité », un professeur d’histoire-géographie pourrait être amené à enseigner la langue latine.

Si l’interdisciplinaire a des vertus – et qu’il est en réalité déjà pratiqué dans les classes – mis au cœur des apprentissages il peut conduire à l’aggravation des difficultés des élèves les plus fragiles. Pour être approprié, pour en développer le goût, l’interdisciplinaire nécessite la maîtrise des bases disciplinaires. La ministre dit vouloir mettre fin à l’ « ennui » des élèves grâce aux EPI. Elle prépare en réalité des abîmes de perplexité pour le plus grand nombre des collégiens et la satisfaction de quelques uns, déjà doté du capital culturel leur permettant d’accéder à l’intelligibilité de la démarche.

Placée au cœur de la réforme, la mise en concurrence des disciplines au sein des collèges menace par ailleurs l’existence de certaines comme le latin et le grec. Elle conduit à la marginalisation d’autres enseignements : les arts plastiques et l’éducation musicale. Au total, les collégiens se verront retirés près de 400 heures d’enseignement disciplinaire de la 5e à la 3e.

Ce projet de collège au rabais, instituant le rabougrissement généralisé des savoirs à travers la réduction des contenus disciplinaires, s’inscrit dans la conception d’un enseignement fondé sur les compétences, étroites et périssables, au détriment des qualifications larges et durables. Cette vision est portée en France depuis les années 1980 par le MEDEF qui a d’ailleurs voté pour la réforme du collège au Conseil supérieur de l’éducation où il siège. Elle n’a d’autre ambition que de former des individus employables et jetables en lieu et place de citoyens émancipées, autonomes et cultivées et de travailleurs qualifiés. Le Parti de Gauche, partisan de l’école du peuple, école de l’égalité et de l’émancipation, s’inscrit donc dans l’opposition résolue à ce projet de collège au rabais.

 

 Le collège que nous voulons

Pour répondre véritablement aux enjeux éducatifs au collège, faire face à la croissance de la démographie scolaire et endiguer le décrochage des élèves en difficulté, le Parti de Gauche propose :


-l’instauration d’un plan de recrutement massif permettant de revenir sur les postes supprimés sous Sarkozy et non récrées sous Hollande
-la baisse des effectifs par classe et la généralisation des dédoublements
-mise en place d’une carte scolaire garantissant la mixité sociale
-la restauration des horaires disciplinaires perdus et leur cadrage national
-garantir de la liberté pédagogique des enseignants et s’appuyer sur l’expérience des mouvements pédagogiques dans le cadre du développement de la formation initiale et continue

- See more at: https://www.lepartidegauche.fr/dossier/reforme-college-la-grande-casse-32797#sthash.g19mbMcp.dpuf

 

Pour en savoir plus : 

- Architecture de la réforme décret, arrêté et annonces liées + commentaires CGT

- Comparaison entre l’existant et le projet de grilles horaires de la réforme du collège

- Bilan annonces faites par la ministre en dehors du décret et de l’arrêté

- Le tract de la CGT-Éduc'action sur la réforme du collège

- tract du Parti de Gauche : Fini le collège unique, place au collège inique !

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 08:51
Régionales : le Parti de gauche espère s’allier dans cinq régions avec EELV

Sources : Parti de Gauche Midi-Pyrénées - L'Humanité - Politis mis à jour le 10 septembre 2015

Alors que la crise n’en finit pas de déchirer Europe Ecologie-Les Verts, le Parti de gauche espère tirer profit des prochaines clarifications au sein du parti écologiste pour se renforcer en vue des élections régionales. Eric Coquerel a estimé samedi que son parti pourrait s’allier avec EELV dans au moins cinq régions pour le scrutin de décembre, affirmant sentir « une appétence » de la part de la base militante du parti écologiste en pleine crise.

 

Les régions Rhône-Alpes-Auvergne, PACA, Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Bourgogne Franche-Comté sont « les plus engagées » dans le processus, a précisé le coordinateur général du parti fondé par Jean-Luc Mélenchon lors d’un point-presse à l’université d’été du parti, à Toulouse. Des discussions pourraient par ailleurs reprendre en Bretagne, dans le Centre, les Pays-de-la-Loire et l’Ile-de-France, région à laquelle le parti « ne renonce pas », a-t-il déclaré.

 

Des binômes plutôt qu’un ralliement « On va vivre deux semaines absolument décisives, au cours desquelles il peut tout se passer », a estimé M. Coquerel, qui pense que la crise à EELV pourrait accélérer « dans un grand nombre de régions » le « choix stratégique » des écologistes. François de Rugy et Jean-Vincent Placé, qui ont tous deux claqué la porte de la formation écologiste cette semaine, s’étaient vivement opposés à la possibilité d’une alliance avec la gauche radicale pour les régionales., participant selon eux de la « dérive gauchiste » d’un parti devenu un « astre mort ».

 

Les leaders du PG sont cependant restés prudents, rappelant le refus de tout « ralliement » aux écologistes et leur préférence pour des « binômes » avec une tête de liste et un porte-parole de chaque parti.

 

 

- Les accords EELV-PG-PCF-Ensemble... avancent... lentement

  • En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, l’ensemble de ces forces se retrouvent autour d’une plate-forme qui vise à écrire le programme régional à partir de «  propositions citoyennes  », avant qu’une liste commune ne soit arrêtée en septembre. La rédaction d’un pré-projet fait cependant apparaître des difficultés.

L’évènement politique c’est la CHARTE ÉTHIQUE et

DÉMOCRATIQUE de Midi-Pyrenées-Languedoc-Roussillon..... voir ICI

 

  • En Provence Alpes Côte d’Azur, les Verts, Ensemble et le PG ont signé une déclaration commune début août et le PCF doit, lui, statuer lors d’une conférence régionale début septembre.

 

  • Dans le Nord, un texte, «  Tous unis contre l’austérité  », rassemble le Front de gauche et a été soumis aux écologistes, mais les discussions avec eux n’ont pas avancé depuis mi-juillet.

 

  • En Auvergne-Rhône-Alpes, le Parti de gauche (PG) et Ensemble, devraient sceller un accord avec EELV. Des difficultés sont apparues avec le PCF quant aux candidatures de la sénatrice Cécile Cukierman et du député André Chassaigne, désignés chefs de file par le PCF alors qu’EELV rechigne pour des raisons de cumul des mandats. «  Nous sommes tous deux conseillers régionaux sortants. Il ne s’agit pas d’une course au mandat mais d’un gage d’efficacité et du respect de la décision des communistes  », estime Cécile Cukierman qui reste ouverte à de nouveaux échanges et est déterminée à poursuivre son combat «  pour une région solidaire, rempart à l’austérité  » explique André Chassaigne.

 

Après la rupture des discussions avec les écologistes, les militants du Parti Communiste Français (PCF) de la future région Auvergne-Rhône-Alpes ont refusé le rassemblement anti-austéritaire à la gauche du PS et choisi la division en décidant que leur parti ferait liste à part au premier tour des régionales, selon les résultats d’un scrutin interne.

 

  • Dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, l’accord entre le Front de Gauche et EELV paraissait près de la signature lorsque le quotidien Le Monde a publié un article sur le sujet ce 9 août 2015 (ci-dessous en italique). Cependant, la direction du PS et d’EELV pèsent contre ce processus et rien n’a avancé depuis.

 

C’est un petit poucet qui rêve de devenir un géant vert orné d’un bonnet rouge. Sandrine Rousseau, porte-parole nationale d’Europe-Ecologie Les Verts (EELV), refuse de voir la nouvelle région Nord - Pas-de-Calais - Picardie aux mains de Marine Le Pen (FN) ou Xavier Bertrand (LR), grands favoris de l’élection de décembre prochain. « Quand j’entends Xavier Bertrand dire “il faut mettre les gens au travail”, comme si c’étaient des fainéants, c’est scandaleux ! », lance-t-elle. La conseillère régionale écologiste a donc chaussé ses bottes pour battre la campagne autour d’une idée : faire une alliance avec le Front de gauche et constituer la seule alternative crédible dans une région qui pourrait basculer à l’extrême droite.

 

  • En région Ile de France, des contacts fréquents ont eu lieu pour avancer vers une liste commune et paraissent commencer à avancer en cette fin août 2015. EELV a désigné Emmanuelle Cosse comme tête de liste et le PCF Pierre Laurent. La région est dirigée par le PS depuis 17 ans. Le président sortant, Jean-Paul Huchon, a été évincé au profit de Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale et ancien président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

 

 

En façade, l’unité semble quasi parfaite. « Nous devons proposer un rassemblement le plus large possible de l’opposition de gauche », lance Eric Coquerel pour le Parti de gauche (PG). « Nous allons faire une magnifique liste tous ensemble », renchérit Pierre Laurent pour le Parti communiste (PCF). Deux représentants d’EELV, Jérôme Gleizes et Francine Bavay, sont même venus en éclaireurs défendre leur idée d’un rassemblement le plus large possible à la gauche du PS.

 

Le Front de gauche tenait lundi 7 septembre à Paris une soirée de « travail » et de lancement de la campagne pour les régionales en Île-de-France. À trois mois du premier tour, aucun accord n’a encore permis de déboucher sur la constitution d’une liste. Le temps du « rassemblement citoyen » et de la construction du projet a, il est vrai, retardé les discussions entre partis.

 

Mais comme en région Auvergne Rhône-Alpes, l’application du non-cumul des mandats pose problème... revient également l’éternelle question des alliances avec le Parti socialiste.

 

  • En région Centre, les contacts actuels paraissent rendre possible un accord

 

  • En Bretagne, « l'ambition des communistes est d’avoir des listes Front de gauche qui rassemblent toutes les énergies citoyennes (…) et la gauche alternative et sociale a vocation à rencontrer la gauche écologiste. Ils sont en discussion avec EELV et nous devons nous revoir », a indiqué au Télégramme Xavier Compain, chef de file (PCF), avec Sylvie Larue (Ensemble).

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier élections régionales 2015

- Élections régionales 2015 : Une lettre du Parti de Gauche

- Mélenchon : « Vers la moitié des 13 régions en alliances du Front de gauche, d’EELV et de mouvements citoyens »

 

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 08:26
Parti de Gauche : " Avec la 6e République, reprenons vraiment le pouvoir ! "

Nous subissons depuis plus de 4 ans la politique d’un président élu pour en finir avec l’ère Sarkozy qui continue pourtant la même politique : restrictions budgétaires, destruction des services publics et de notre système de protection sociale, privatisations, casse des acquis sociaux, courbettes européennes, etc. Hollande est illégitime parce qu’il fait le contraire de ce pour quoi il a été élu.

Face à un pouvoir usé et discrédité, rien dans le système actuel de la 5e République ne nous permet d’inverser le cours des choses. Le peuple ne donne réellement son avis qu’une fois tous les 5 ans, le reste du temps, il n’est jamais écouté et est prié de subir les décisions dictées depuis le palais présidentiel… et en silence de préférence.

Pour que ça change, reprenons le pouvoir et vite, passons à la 6e République !

 

Sources :  le Parti de Gauche par Sylvie Aebischer et Boris Bilia

- 1) L’impasse démocratique de la 5e ou le vol de la souveraineté

Comment en sommes-nous arrivés là ? Toutes les institutions de la 5e République organisent la mise à distance du peuple. Le temps politique est concentré autour de l’élection présidentielle du « monarque présidentiel ». Doté de larges pouvoirs, irrévocable, le président de la République est la pièce centrale de cette démocratie d’apparat. Le parlement n’exerce aucun contre-pouvoir face au président et le gouvernement est l’exécutant de la volonté présidentielle. Les citoyens n’ont aucun droit de regard sur la politique menée entre les élections qui ne sont jamais que la consécration de la captation du pouvoir par les professionnels de la politique. Pas étonnant que l’abstention progresse d’élection en élection… et que les affaires à répétition manifestent l'épuisement de ce système !

 

Le droit à la liberté politique et économique

Mais la captation du pouvoir va plus loin : la France s’inscrit dans un système de relations internationales contraignantes qui restreignent gravement la souveraineté du peuple c’est-à-dire sa capacité à décider librement de son destin. L’union européenne a constitutionnalisé les politiques libérales de privatisation des services publics et l’euro. C’est même la Commission européenne qui valide aujourd’hui les projets de budgets des États membres ! Certains choix économiques tels que le protectionnisme solidaire ou les nationalisations sont impossibles dans ce cadre, c’est la définition même de la suppression de la liberté, un réel vol de souveraineté.

 

Dans son fonctionnement actuel, l’euro repose sur des politiques monétaires limitant l’intervention des États dans l’économie. Au niveau international, l’OMC, le FMI et les accords multilatéraux comme le GMT ou le Tisa jouent exactement le même rôle en imposant le carcan libéral et sa doctrine économique : quel que soit le choix du peuple, le gouvernement est censé mener toujours la politique du Medef. La sortie de ce cadre est possible si le peuple le décide !

 

Mais ce carcan des traités arrange bien l’oligarchie politico-économique en place afin de mettre en scène leur soumission consentie à ces politiques parce qu’ils en partagent les fondements. Quant aux médias, majoritairement sous intérêts privés, ils organisent la restriction du champ des possibles en mettant en scène un bipartisme reposant sur les mêmes évidences économiques… où le diable de confort du système qu’est Marine Le Pen joue parfaitement son rôle de garde-fou des aspirations démocratiques et progressistes du peuple français. Le vote utile est à la politique, ce que le «There is no Alternative» est à l’économie : une imposture pour protéger le système oligarchique.

 

• Une nouvelle hiérarchie des normes

Comment sortir de l’austérité alors qu’elle est encadrée par la Commission européenne et le traité de Lisbonne ? Il faut réhabiliter la souveraineté populaire par l’institution d’une nouvelle hiérarchie des normes en France. Il est urgent d’assurer à la fois la prééminence des droits économiques, sociaux et environnementaux sur les illégitimes traités européens libéraux. En outre, le recours obligatoire au référendum pour tout changement de la constitution ou adoption de traité international comprenant des transferts de souveraineté permettra de rester dans ce cadre démocratique et souverain.

 

La question que nous devons nous poser est bien qui doit décider ? Qui a le pouvoir ? Le Medef ou le peuple ? Quelques politiciens ou le grand nombre ? Quelques technocrates européens non élus ou les 99% ? Reprenons le pouvoir et pour ça c’est tout le système qu’il faut changer, en réécrivant les règles du jeu autour d’une 6e République réellement démocratique, sociale et écologique.

 

 

- 2) Un processus constituant pour l’implication citoyenne

• L’objectif de la mise en mouvement du peuple

La 6e République que nous prônons est d’abord une méthode : remettre le peuple en marche pour qu’il exerce réellement sa souveraineté. Seule une assemblée constituante pourra définir librement les règles de fonctionnement de la future constitution : le système nous opprime, il est temps de changer les règles du jeu !

 

Mais écrire une constitution n’est pas un débat d’experts, le texte proposé devra être l’aboutissement d’un processus populaire de masse. Et qui sera alimenté par débat public organisé parallèlement aux travaux de l’assemblée constituante avec la participation des citoyens, des organisations sociales et politiques au travers de toutes formes de rencontres publiques (forums, états-généraux, assemblées populaires, …). C’est seulement si le peuple s’approprie les enjeux de la constituante, si le processus constituant devient le fruit d’un vrai mouvement populaire que le débat ne sera pas confisqué par ceux qui veulent se passer du peuple.

 

• Des citoyens tous investis, des représentants désintéressés

Dans ce processus pour la 6e République, c’est le débat et la confrontation des projets qui permettront de garantir une constitution défendant réellement l’intérêt général. Le Parti de Gauche soutient plusieurs principes institutionnels afin de garantir que le peuple conservera bien le pouvoir.

 

Le peuple doit d’abord pouvoir exercer un contrôle de ses élus qui doivent lui rendre des comptes. C’est le principe du référendum révocatoire : tout représentant qui ne respecte pas les engagements pour lesquels il a été élu doit pouvoir être révoqué par le peuple. On peut imaginer que, comme dans certains États des Etats-Unis ou au Vénézuela, si à mi mandat une partie suffisante du corps électoral le demande un référendum révocatoire soit organisé. Ainsi le vote n’est plus une délégation totale, ni une remise de soi : le peuple garde le dernier mot.

 

Nous proposerons aussi des réflexions pour que le peuple soit régulièrement consulté sur les décisions importantes. Il doit aussi avoir un droit de de pétition et d’initiative législative. Mais l’implication citoyenne doit aller au-delà des élections, c’est à tous les échelons que l’on doit faire place au peuple : dans les entreprises, dans les services publics… La démocratie passe notamment par un statut du bénévole et du militant, sur la base du partage du temps de travail, qui favoriserait l’engagement politique et associatif des citoyens.

 

Il est urgent de mettre en place des mécanismes permettant d’arrêter la professionnalisation de la vie politique qui éloigne les élus des préoccupations du peuple et fait que leurs décisions politiques peuvent être plus guidées par leur carrière et non par l’intérêt général. Ainsi un statut de l’élu permettra les allers-retours entre le mandat politique et le monde du travail. Cela sera rendu d’autant plus indispensable que l’interdiction du cumul des mandats et notamment une limite des mandats dans le temps permettra une implication du plus grand nombre et une démocratisation des représentants politiques. Les rémunérations devront également être encadrées et transparentes et le contrôle des promesses de campagne sera favorisé.

 

 

- 3) Vers des droits nouveaux : garantir au peuple de garder le pouvoir

Pour que la démocratie soit effective, le peuple doit pouvoir exercer son pouvoir dans toutes les strates de la cité. Pour cela, les institutions doivent mettre en place des garde-fous face au pouvoir économique. C’est pour nous une condition essentielle pour que les citoyens puissent décider librement de leur avenir. Et c’est possible en inscrivant des droits nouveaux dans la constitution qui ne pourront pas être remis en cause.

• Une 6e République sociale

Permettre au peuple d’exercer réellement sa souveraineté implique de revoir l’ordre juridique qui fonde aujourd’hui la suprématie des intérêts privés sur les droits humains fondamentaux.

 

Les propositions économiques et sociales progressistes se heurtent aujourd’hui à l’ordre institutionnel actuel qui consacre le droit de propriété, mais aussi la liberté d’entreprendre et la liberté du commerce comme des normes supérieures. Or le peuple n’a jamais débattu de ces principes qui fondent tout l’ordre juridique : assumons le débat ! Nous proposons au contraire comme principe fondateur que l’intérêt général prime sur les intérêts particuliers et garantir à tous les membres d’une société les moyens d’exister. Ainsi nous reconnaîtrions le droit au logement et le droit au travail comme des droits supérieurs au droit de propriété. Le droit de propriété pourrait être redéfini comme un droit d'usage soumis au respect des droits fondamentaux d'autrui et de l'intérêt général.

 

Il s’agit aussi de repenser l’exercice du pouvoir dans les entreprises. Comment lutter contre le chômage et augmenter les salaires tant que les actionnaires sont tout-puissants dans les entreprises ? Les salariés seront aussi citoyens dans les entreprises : il est urgent de doter les comités d’entreprises d’un droit de veto sur les grandes orientations de l’entreprise, de créer un droit de préemption pour que les salariés puissent reprendre leur entreprise sous forme coopérative…

 

• Une 6e République écologique

Comment engager la transition énergétique sans libérer la politique des lobbys ? Parce que les enjeux climatiques ne peuvent être pris en compte dans une économie régie par une vision de court terme, nous proposons d’établir une « règle verte » qui fixera un cadre pour solder la « dette écologique ». Il s’agit de ne pas consommer plus de ressources que l’écosystème ne peut en reproduire sur une période équivalente, ni de rejeter plus de déchets qu’il ne peut en absorber. Une fois inscrite dans la constitution, cette règle permettra de s’opposer aux puissances financières qui saccagent notre environnement. Il faudra également soumettre les grandes questions comme l’avenir du nucléaire à la décision des citoyens !

 

Une nouvelle République du XXIe siècle pourra reconnaitre des biens publics comme universels telles que l’eau, l’énergie et toutes les ressources naturelles de manière générale. Ces biens communs seraient ainsi soustraits au marché pour permettre leur gestion collective sur le long terme. Il en va de même avec l’interdiction du brevetage du vivant afin de de soustraire la biodiversité des néfastes échanges marchands.

 

• Une 6e République pour de nouveaux droits personnels

Il n’y a pas de liberté collective sans garantie profonde des libertés individuelles. La 6e République pourrait être l’occasion de garantir de nouveaux droits individuels comme le droit à la fin de vie dans la dignité, le droit de disposer librement de son corps et le droit à une santé pérenne. L’extension de la loi laïque de 1905 à tout le territoire de la République sera également un cap logique dans l’émancipation collective et le respect de chacun.

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 08:14
Le Parti de Gauche lance un appel : "Pour un sommet internationaliste du plan B"

Sources : le Parti de Gauche le 18/08/2015 par Eric Coquerel Co-coordinateur politique

- Le 3ème mémorandum imposé à la Grèce en échange d’un nouveau prêt de 86 milliards d’Euros a donc été adopté à la fois par le parlement Grec et par les pays de l’Eurogroupe.

Nous l’avons analysé dès sa sortie : il est pire que celui soumis au vote du référendum du 5 juillet. Il est même pire que les mémorandums précédents contre lesquels la victoire de Syriza s’était bâtie. Il va donc accroître l’austérité dans une Grèce sous perfusion, privée de tout moyen de relancer son activité économique. Impossible dans ces conditions d’éviter l’aggravation de la récession.

 

 

- Jusqu’au bout les responsables allemands auront menacé de ne pas valider l’accord.

Comme s’ils faisaient un cadeau mirifique à la Grèce. Pour justifier ce jeu de massacre, des responsables de l’Eurogroupe auront, la mine grave, expliqué que « les sommes prêtées sont conséquentes ». Que dire quand on sait que l’évasion fiscale coûte 1000 milliards d’euros aux peuples de l’UE sans émouvoir un instant ses mêmes instances dirigeantes ?

 

 

- Les sommes en jeu n’expliquent donc pas la rigidité de l’Eurogroupe vis à vis de la Grèce : il s’agit de questions politiques.

Il leur fallait punir et humilier le gouvernement de la gauche radicale en Grèce coupable de s’être opposé six mois durant à l’ordo-libéralisme et d’avoir indiqué la possibilité d’une nouvelle voie en Europe. Il fallait non seulement l’amener à la capitulation mais réclamer de lui qu’il fasse au moins mine de se soumettre à la logique politique de ses vainqueurs. D’où cette phrase dans l’accord reconnaissant dans la politique menée par Athènes les seules raisons de la situation du pays. Toute proportion gardée, les procès de Moscou ont eu recours à de pareilles méthodes…

 

 

- Il fallait aussi placer la Grèce en situation de rembourser les intérêts et les créances des financiers.

C’est d’ailleurs, une fois encore, à cela que servira la quasi-totalité des 86 milliards peut-être prêtés. Nous disons "peut-être" car comme le montre l’analyse de Romaric Godin dans un de ses excellents articles pour la Tribune, l’Eurogroupe peut à tout moment interrompre le goutte à goutte… (à lire ici)

 

 

- Derrière l’accord, il y aussi des promesses d’affaires juteuses.

L’obligation faite à la Grèce de privatiser plusieurs secteurs la contraint à brader (le couteau sous la gorge on ne vend jamais très cher) des pans entiers et rentables de son économie pour le bonheur de grands groupes et/ou puissances étrangères : électricité, eau, aéroports ou encore les ports du Pirée ou de Thessalonique,etc…. Les deux derniers exemples sont éclairants. Le tourisme dans les îles fait des 14 aéroports régionaux privatisés des opérations extrêmement rentables. On s’étonnera à peine que la mise ait été raflée par l’entreprise allemande Fraport pour seulement 1,2 milliard d’euros

 

Quant au port d’Athènes, il est le premier au monde en terme de trafic maritime (et le 10ème toutes catégories)… Derrière cet accord c’est donc un véritable dépeçage de la Grèce en cours : un colonisation de fait.

 

 

- Alexis Tsipras a du compter sur les voix de son opposition pour faire passer son plan au parlement, de plus en plus de députés de Syriza lui ayant fait défaut.

On aura compris pourquoi. Ce sont les mêmes raisons qui avaient poussé, le 13 juillet, le PG à demander aux parlementaires français de voter contre, bientôt suivi par les partis de l’autre gauche en France et la plupart en Europe. Le bilan, on l’a vu, est en effet catastrophique. Il l’est aussi d’un point de vue démocratique puisque l’accord voté revient sur le mandat du gouvernement Syriza. Pour le moment, Alexis Tsipras garde dans son pays encore un crédit certain. Il est en effet, justement, considéré comme un responsable politique honnête dans un milieu largement corrompu. La colère du peuple grec se tourne davantage vers les pays jugés les plus responsables de cette situation, l’Allemagne évidemment en tête. Cela ne durera sans doute pas quand les conséquences concrètes de ce 3ème mémorandum se feront sentir dans un pays déjà exsangue. La bonne nouvelle c’est qu’au sein de Syriza, le débat a lieu. L’heure de la résignation n’a pas sonné pour l’autre gauche grecque. On suivra donc attentivement son congrès en septembre. Et il serait étonnant que la magnifique résistance du peuple grec contre la Troïka tout au long de ces six mois se soit évaporée. Difficile d’en dire plus aujourd’hui, mais incontestablement la question grecque n’est pas derrière mais devant nous. L’irresponsabilité économique du 3ème mémorandum laisse de toutes façons le problème entier.

 

 

- Pour autant, nous ne ferons pas dans la langue de bois

Pour l’autre gauche européenne cette défaite est une rude nouvelle. Les avancées des uns sont en effet des points d’appui pour tous les partis de l’autre gauche en Europe. La superbe résistance du gouvernement Tsipras constituait un tremplin pour Podemos en Espagne dès les prochaines législatives et pour nous ensuite. Et ainsi de suite. Sa capitulation est donc une mauvaise nouvelle. Elle le sera encore plus si nous ne sommes pas capable d’en tirer des leçons et, donc, des propositions.

 

 

C’est pourquoi nous mettons aujourd’hui sur la table un

sommet du plan B.

 

 

 

 

  • Cette proposition part d’un constat : l’échec de Tsipras vient, justement, de l’absence de plan B.

En entrant dans les négociations sans plan crédible de sortie de l’Euro-Mark au cas où l’Eurogroupe n’accepterait aucun compromis, les négociateurs grecs se mettaient, malgré leur ténacité et le soutien toujours plus massif de leur peuple, en grande difficulté. Yanis Varoufakis l’a très bien expliqué depuis. L’échec de Tsipras, c’est celle d’une ligne qui espère réformer l’UE, même radicalement, en tablant in fine sur le bon vouloir des autres pays européens. Si on considère le rapport de force en défaveur de la Grèce (seulement 14ème pays de l’UE sur le plan économique, la Grèce compte en outre beaucoup sur les importations), Tsipras et ses négociateurs ont d’ailleurs plutôt bien joué cette phase en tablant au maximum sur les contradictions internes à l’UE et en recherchant l’appui de la France. En mobilisant aussi son peuple comme l’a montré le référendum.

  • Toute cette période a eu l’immense mérite de déciller les yeux à beaucoup sur l’intransigeance de Mme Merkel et des pays satellites de l’Allemagne.

Mais également sur la réalité de l’UE. Je devrais plutôt dire sa fiction. Il s’avère en effet que derrière la façade de l’UE, la géopolitique entre les puissances européennes reste prédominante. Et dans cette tectonique européenne c’est l’Allemagne qui impose ses vues. On ne construit en réalité pas l’UE mais une Europe allemande. Avant juillet, affirmer cette vérité vous valait d’être traité de germanophobe, aujourd’hui elle est monnaie courante. Or comprendre la situation à laquelle vous devez faire face est déjà la base pour espérer la transformer. Parler d’Europe allemande n’est pas pointer du doigt une nation tout entière mais l’ordo-libéralisme que promeuvent ses dirigeants au nom des intérêts de son électorat et plus précisément de ses possédants : celle d’un Euro fort et d’une politique monétariste propre à assurer la croissance allemande par une politique d’exportation agressive tout en rassurant ses rentiers. Et parce que les traités de l’UE sont conçus pour cette politique, on a la confirmation que rien ne sera possible dans le cadre actuel. On ne peut réformer, il faut agir pour casser ce carcan. C’est la condition même pour sortir les peuples européens de l’ornière austéritaire et relancer un projet coopératif entre eux.

  • En se privant de tout recours au plan B, confronté à un terrible blocus financier de son pays, Alexis Tsipras ne pouvait espérer même ébrécher le mur.

Mais force est de constater que le gouvernement grec a été bien seul dans ce qui reste à ce jour la première tentative d’un gouvernement européen de résister à l’Europe austéritaire. A l’inverse, face à lui l’oligarchie était, elle, bien unie. Alors que l’enjeu était grand pour les peuples d’Europe, nous n’avons jamais été plus de quelques milliers a manifester notre solidarité au cours de la période. Pire, nous n’avons pas été en capacité d’aider M. Tsipras sur le fond, sur les négociations, sur les solutions à trouver, sur la manière d’échafauder un plan B crédible aux yeux du peuple et dont les conséquences ne menacent pas d’être pires que la soumission. Le PGE aurait pu jouer ce rôle. Il n’a pas été en capacité de le faire, sans doute parce qu’envisager, ne serait-ce que comme moyen de pression, de sortir de l’Euro ne fait pas partie de ses scénarios dominants.

 

L’heure est venue pourtant de tourner la page.

 

 

 

 

Depuis plusieurs années le PG travaille sur un scénario « plan A/plan B » (à savoir : l’action d’un gouvernement mixant désobéissance/négociation avec les traités pour transformer radicalement l’UE - le plan A, avec celui de sortie de l’Euro en cas d’intransigeance en face - le plan B). Depuis les conclusions de notre forum de juin 2010 animé par Jacques Généreux (« gouverner face aux banques ») qui en traçaient déjà les perspectives sans le nommer, jusqu’à la plateforme de notre Congrès de juillet dernier précisant encore davantage ce que pourrait être ce scénario, en passant par les différentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon et les travaux de notre commission économie animée par Guillaume Etiévant, le PG a largement contribué à le populariser.

 

 

- Aujourd’hui des responsables politiques européens l’évoquent clairement (tels Yanis Varoufakis ou Oskar Lafontaine).

Il faut donc travailler à le crédibiliser toujours plus. Mais on ne peut le faire chacun dans notre coin. Notre vision du plan B est internationaliste. Il ne s’agit pas de s’en tirer au mieux dans chacun de nos pays en comptant sur les marges de manœuvre plus ou moins fortes que sa puissance économique, son poids démographique lui donnent. Bien sûr, il est plus aisé de concevoir un plan B en France en sachant que le chantage qui a été exercé sur la Grèce serait moins efficace vis-à-vis de la 2ème puissance économique de l’UE. Mais à l’inverse, il sera beaucoup moins facile aux partisans de ce scénario que nous sommes d’accéder au pouvoir pour le réaliser si un à un nos partenaires de l’autre gauche en capacité de gouverner finissent par accepter les diktats de Bruxelles et Berlin. Voilà pourquoi, dès maintenant, en prévision de ce qui peut se passer en Espagne, en Irlande mais pourquoi pas de nouveau en Grèce selon l’évolution de la situation politique, il faut travailler concrètement tous ensemble à un plan B tenant compte des caractéristiques de chaque pays.

 

 

- C’est là notre proposition : un sommet internationaliste du plan B dès le dernier trimestre 2015.

Il réunirait toutes les forces de l’autre gauche de l’UE acceptant de travailler et de réfléchir concrètement à ce scénario, des personnalités, des économistes, des syndicalistes, des militants associatifs, altermondialistes.

 

  • Il pourrait évidemment voir associer des forces de pays non membres de l’UE mais voisins, y compris de l’autre côté de la Méditerranée, intéressés par cette internationalisme concret.
  • Il faut aller vite. Nous allons donc soumettre cette idée dans les jours à venir à des personnalités politiques de premier plan de nos différents pays afin qu’ils la fassent leur et appellent à ce sommet.
  • Ce qui vient de se passer en Grèce ne sera pas vain, et même utile, si nous sommes ainsi capables de réagir. Il est plus que temps de franchir un cap.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Le débat pour un "Plan B" à la fête de l'Humanité 2015

Le 12 septembre à la Fête de l'Humanité, Stefano Fassina (député, ancien vice-ministre de l’Economie et des Finances en Italie), Oskar Lafontaine (ancien ministre des Finances en Allemagne, co-fondateur de Die Linke Allemagne), Yanis Varoufakis (député, ancien ministre des Finances en Grèce) et Jean-Luc Mélenchon organisaient un débat pour un plan B en Europe.

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 08:28
Élections régionales 2015 : Une lettre du Parti de Gauche

Lettre ouverte aux organisations du Front de Gauche, d’EELV, Nouvelle Donne et NGS

 

Le SEN du PG écrit à toutes les forces avec lesquelles il se retrouve en discussion dans les régions pour des rassemblements citoyens. Ses représentants porteront ces questions dans les débats des universités d’été qui commencent en cette fin de semaine.

 

Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,

 

Alors que s’avance la rentrée scolaire, la situation de notre pays ne s’est pas améliorée. Le gouvernement continue sa politique économique austéritaire qui aggrave la crise sociale et empêche la mise en oeuvre d’une véritable politique écologique digne de ce nom. Les discours sur la nécessité de réorienter l’économie pour plus d’écologie sont régulièrement contredits par les faits et ce alors que la France va accueillir la COP21. La crise démocratique s’approfondit et nombreux sont celles et ceux qui n’ont plus aucune espérance dans leur représentation politique. Le parti socialiste continue tel un bateau ivre. La droite et l’extrême-droite sont en embuscade.


C’est dans ce contexte terrible que s’annoncent les prochaines élections régionales. Il est plus que jamais nécessaire qu’une alternative émerge. Ces élections peuvent y contribuer. Les partis qui, comme les nôtres, ont en commun de refuser la politique du gouvernement ont une responsabilité première.

 

D’autant que dans beaucoup de régions, tous ensemble souvent, séparément parfois, nos partis soutiennent des rassemblements nouveaux qui voient le jour et offrent une perspective d’espoir. Ceux-ci regroupent les militant-e-s de nos différentes organisations, souvent dans le cadre de démarches nouvelles et plus larges d’implication citoyenne dans la construction de cette alternative.

 

Ces constructions plus ou moins avancées se sont faites jusqu’à maintenant région par région. Face à la gravité exceptionnelle de la situation, il faut accélérer ce processus y compris en contribuant à débloquer les situations là où c’est nécessaire. Le temps est venu d’une discussion nationale pour soutenir et développer ces rassemblements dans un maximum de régions. A nous de proposer des dispositifs permettant une lisibilité nationale de ces listes que nous devons construire ensemble.

 

 

- Nous pensons que ces rassemblements doivent se faire autour d’un label national commun construit autour des principes suivants :

  • L’autonomie par rapport au gouvernement et la défense de politiques nouvelles, en rupture avec l’austérité, au service du progrès social et de la transition écologique et s’appuyant sur une démocratie renouvelée en rupture avec les pratiques présidentielles des régions.
  • Une charte éthique et démocratique d’engagement, incluant notamment le refus du cumul à commencer par celui entre un mandat régional et un mandat national, afin de mettre en oeuvre concrètement une exemplarité politique seule à même de renouer le lien avec les citoyens du pays.
  • La mise en place d’assemblées représentatives au plan départemental et régional associant des représentants des collectifs citoyens et des mouvements politiques, syndicaux ou associatifs s’engageant dans ces rassemblements.
  • Une représentation équilibrée et diverse des différentes sensibilités de notre rassemblement et des acteurs et actrices engagées de nos territoires notamment en ce qui concerne les têtes de liste que nous pourrions proposer ensemble dans cet esprit.

 

Pour en discuter ensemble, nous vous proposons donc de nous rencontrer dans les prochains jours. Il y a urgence pour que les prochaines élections régionales ne soient pas un nouvel acte manqué de l’émergence d’une alternative citoyenne au service de l’écologie, de la solidarité et de la démocratie.

 

Salutations écosocialistes,

Paris le 20 Août 2015

Pour le Secrétariat exécutif national du PG, Eric Coquerel et Danielle Simonnet, coordinateurs politiques

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier élections régionales 2015

- Régionales : "Un rendez-vous central pour les écologistes"

- Sandrine Rousseau (EE-LV) : “Avec le Front de gauche, il existe de nombreuses convergences”

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 08:27
Le revenu de base : un sujet qui mérite réflexion

Source : le Parti de Gauche52 | mis à jour le 24/10/2021

Comme à son habitude le Comité Haute-Marne du Parti de Gauche invite à consacrer la période estivale à prendre le temps de réfléchir à des sujets que l'on effleure seulement le reste de l'année.

 

A travers deux vidéos, nous proposons d'aborder le revenu de base. Cette proposition n'est pas significative d'une adhésion du Parti de Gauche à cette idée car elle fait débat dans notre parti. Mais notre volonté est de partager ce débat, car les arguments développés dans chacune des deux vidéos attestent de l'intérêt qu'il y a à porter au principe d'un revenu de base, aux conséquences anticapitalistes de son application.

 

-Ils en débattent : Bernard Friot/Baptiste Mylondo... salaire à vie et revenu de base

Intégralité du débat entre Bernard Friot et Baptiste Mylondo "Salaire à vie et revenu de base : quelles différences, quelles convergences ?

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 18:45
Communiqué du Parti de Gauche : "Plus que jamais, Solidarité avec la Grèce"

Sources :  le Parti de Gauche par Eric Coquerel

Hier devant le parlement grec, Alexis Tsipras a présenté un plan comportant des concessions en contrepartie d’un financement et d’une restructuration de la dette. Malgré cette proposition, non contents du blocus financier qu’ils ont organisé, Berlin et ses affidés, dont le patron de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, abordent les réunions du week-end en faisant de la surenchère. Manifestement l’Allemagne ne veut pas d’un accord mais la capitulation totale de la Grèce même au prix d’un Grexit.

 

Maintenant ça suffit ! L’avenir de la Grèce et des autres peuples européens ne peut dépendre du bon vouloir des conservateurs allemands. Plus que jamais nous affirmons notre solidarité avec la Grèce. Le plan du gouvernement Tsipras et la restructuration de la dette doivent être validés en l’état. Beaucoup de choses vont dépendre de la France : nous demandons à François Hollande de passer des paroles aux actes et d’apporter son plein soutien aux propositions de la Grèce.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

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Rédacteur

  • Pour une Révolution citoyenne par les urnes
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.

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