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7 février 2024 3 07 /02 /février /2024 14:00
Guerre Israël/Gaza : la délinquance informationnelle totalitaire en déploiement

Couverture de la guerre au Proche-Orient et recomposition de l’« arc républicain »
Le journalisme français, un danger public

 

 

Délinquance informationnelle : de la crise sanitaire covid 19, à la guerre en Ukraine jusqu’au conflit israélo – palestinien, la manipulation informationnelle de masse totalitaire est en marche.

Je partage ici un article du Monde diplomatique qui montre avec éclat que les journalistes ne sont plus des professionnels ayant pour fonction de véhiculer d’une manière impartiale et neutre des informations fondées sur des faits mais sont devenus des propagandistes agressifs, des soldats de la guerre idéologique au service non seulement du gouvernement en place et des groupes financiers qui le soutiennent mais aussi des soldats exécutants l’ordre de diffuser les narratifs de la guerre cognitive mise au point par les différentes officines spécialisées en ingénierie sociale et communication travaillant pour la défense et le renseignement nord américain.

En cas de conflits armés, ces pseudo journalistes sont devenus des acteurs de la guerre psychologique pour conditionner l’opinion publique nationale et mondiale dans le sens voulu par les autorités politiques nord américaine. Parler dorénavant d’information n’a donc plus de sens plus exactement est une escroquerie, un abus de confiance, une tromperie. Ce militantisme guerrier n’est pas sans conséquence sur la vie des gens engagés dans ces conflits. Ces escrocs de l’information sont donc devenus dangereux par leur bellicisme passionnel. En interdisant tout débat approfondi et contradictoire dans un climat de sérénité, ils mettent en place un totalitarisme idéologique en contradiction totale avec leur prétention arrogante de défendre les droits de l’Homme.

Il faudra s’interroger un jour pour comprendre comment il a été possible de laisser envahir l’espace médiatique par des individus aussi médiocres intellectuellement, aussi fanatiques et aussi vassalisés.

 

 

Sources : Serge Halimi & Pierre Rimbert | mis à jour le 14/02/2024

- Depuis le 7 octobre dernier, les grands médias veillent à l’alignement des planètes autoritaires en France. Leur soutien inconditionnel à Israël s’accompagne de leur diffamation des opinions dissidentes, de leur mise en cause des libertés publiques et de leur chasse aux immigrés. Jusqu’où ira cette guerre idéologique ? Au service de qui ?

Un moment de folie médiatique a révélé en même temps que précipité un mouvement de bascule politique : dans les semaines qui ont suivi les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023, les principaux médias et le gouvernement français ont réalisé une double prouesse. Celle d’exclure de l’« arc républicain » La France insoumise (LFI), qui refusait d’absoudre d’avance les représailles militaires du gouvernement israélien à Gaza, et, symétriquement, celle d’y inclure le Rassemblement national (RN). Jugé indigne de gouverner par les classes dirigeantes qui appelaient à « faire barrage » contre lui, le parti fondé en 1972 par M. Jean-Marie Le Pen s’est trouvé subitement réhabilité et blanchi par son alignement sur les positions du gouvernement israélien de M. Benyamin Netanyahou. Sur CNews-­Europe 1, la journaliste Sonia Mabrouk en vint même à célèbrer en Mme Marine Le Pen « le rempart, la protection, le bouclier pour les Français juifs » (10 octobre 2023), tandis que Le Figaro (5-6 novembre 2023) et BFM TV (12 décembre 2023) alternaient un portrait louangeur de M. Jordan Bardella et des bandeaux triomphaux « Bardella à Matignon : 46 % des Français séduits ». Au même moment, la presse progressiste pilonne M. Jean-Luc Mélenchon dans les termes qu’elle réservait autrefois à M. Le Pen : il « accumule les dérapages rances » (L’Obs, 12 octobre 2023) à force de déclarations « imprégnées de stéréotypes antisémites » (Mediapart, 10 novembre 2023). « Antisémitisme : comment Jean-Luc Mélenchon cultive l’ambiguïté », titre un long article du Monde (4 janvier 2024) qui échoue à produire le moindre propos antisémite. En trois mois, ce quotidien aura consacré une demi-douzaine d’articles et plusieurs éditoriaux à la tentative d’assassinat symbolique du dirigeant de LFI.

 

« Le diable a changé de camp », constate Nicolas Beytout dans le quotidien patronal L’Opinion (12 octobre 2023) : « L’attaque du Hamas rebat les cartes. Les Insoumis sont plus faciles à haïr, le Rassemblement national plus difficile à combattre. » Dans les médias, l’arc républicain se confond alors avec l’arc israélien. Le 12 décembre, le journaliste de France Culture Brice Couturier révèle même dans un tweet le désir inavouable d’une fraction croissante des élites françaises : « Puisqu’il va falloir en passer par un épisode RN (tous les sondages le montrent), pourquoi pas dans le cadre d’une cohabitation ? Dissolution. À l’Élysée, Macron garde la main sur la politique étrangère (pas de rupture avec l’UE et l’OTAN), et il dissout au moment propice en 2026. »

 


- Inimaginable il y a encore dix ans, une extrême-droitisation aussi rapide du spectre politique hexagonal a évolué de pair avec la restriction des libertés d’expression, d’opinion, de manifestation.
À l’unisson du ministre de l’intérieur, les médias assimilent, par dessein idéologique ou par paresse intellectuelle, à de l’antisémitisme des manifestations ordinaires de soutien à la cause palestinienne, lesquelles sont d’abord interdites. « Des manifestations de soutien aux terroristes », corrige alors Bernard-Henri Lévy dans Le Point (9 novembre). Son admirateur, le journaliste Darius Rochebin, propose sur LCI l’« internement administratif des islamistes » (15 octobre 2023). La « loi immigration » votée par la majorité présidentielle, la droite et le RN viendra couronner cette séquence, le 19 décembre : le texte, qui institutionnalise la préférence nationale et durcit la répression des étrangers, a été promu par le ministère de l’intérieur comme un bouclier contre les « atteintes aux intérêts fondamentaux de l’État », les « activités à caractère terroriste », et la provocation à la violence — entendre celle de musulmans « islamistes » tentés de commettre des pogroms antisémites.

 

 

- Le séisme couvait — et s’était déjà manifesté ailleurs en Europe.
L’ironie veut cependant qu’en France un tel tournant autoritaire s’effectue sous la conduite conjointe d’une corporation journalistique qui s’autoproclame gardienne des libertés démocratiques et d’un gouvernement élu pour faire barrage à l’extrême droite. Et que l’une et l’autre justifient leurs agissements par la nécessité de soutenir le « droit d’Israël à se défendre » au moment où cet État multiplie les crimes de guerre dans l’espoir de précipiter l’exil ou la déportation de tout un peuple et d’empêcher ainsi qu’il devienne un jour souverain sur son territoire. L’ampleur des massacres commis à Gaza, la réprobation internationale qu’ils suscitent et le discrédit d’un journalisme occidental à la partialité caricaturale amèneront probablement certains protagonistes à espérer qu’on oubliera leur égarement et les dégâts qui en ont découlé. Raison de plus pour revenir en détail sur les deux temps de la guerre de l’information qui s’est ouverte le 7 octobre :

  • la médiatisation des massacres du Hamas, abondamment décrits comme une culmination historique de l’horreur,
  • puis celle, toute en retenue et en litotes, de la guerre totale menée par Israël contre les Palestiniens.

En quelques semaines, la France a fait l’expérience d’un journalisme de meute qui déteste autant le débat contradictoire que la liberté d’expression.

 

Organiser ainsi le calendrier détermine mécaniquement la nature de ce qui fera l’événement (le massacre d’Israéliens), le rôle tenu par les protagonistes (les terroristes du Hamas, les victimes israéliennes et les justiciers de l’armée), enfin le déroulement du scénario : à l’horreur (du 7 au 26 octobre) succède la « riposte », le « droit d’Israël à se défendre » (27 octobre au 10 décembre). Ces deux séquences concentrent l’essentiel de la médiatisa­tion. Au détriment de la troisième : la ­contestation internationale d’une guerre potentiellement génocidaire (depuis le début du mois de décembre) sensiblement moins couverte que la première séquence[1]. L’importance de cette dimension temporelle se perçoit facilement : si l’événement médiatique s’était construit autour des crimes ordinaires perpétrés par Israël dans les territoires occupés ou du blocus meurtrier de Gaza, le « droit des Palestiniens à se défendre » aurait pu s’imposer comme un sujet d’actualité légitime.

 

Ou pas… Car le regard journalistique sur le conflit israélo-palestinien s’articule autour d’un deuxième axe : l’occidentalisme. Alignées sur une diplomatie française et européenne de plus en plus atlantiste, les rédactions voient en Tel-Aviv l’allié qui partage la même vision du monde, les mêmes ennemis, la même conviction d’appartenir à une civilisation supérieure, celle des sociétés libérales. Au Proche-Orient fait rage « un combat des démocraties occidentales contre l’obscurantisme de l’islamisme radical », affirme la journaliste Laurence Ferrari dans une question-manifeste posée à Michel Onfray (Paris Match, 4 janvier 2023). « Parce que l’horreur a été commise, il faut qu’elle soit commise de l’autre côté ? » Lorsque M. Dominique de Villepin interroge ainsi l’animatrice de BFM TV Apolline de Malherbe (27 octobre 2023), il s’attire cette réplique : « Mais vous pensez comme quelle partie de l’humanité ? » — l’Occident éclairé ou ce Sud populeux où « la rue » ménage les terroristes. « J’aime Israël (…) parce que c’est un pays où souffle l’esprit européen », résume l’ancien directeur de Charlie Hebdo Philippe Val, désormais chroni­queur sur Europe 1 (9 octobre 2023), la radio extrêmement de droite de M. Vincent Bolloré.

 

 

- Comme ce fut le cas pour Kiev un an et demi plus tôt, les médias entérinent sans vérification ni recul la plupart des récits du gouvernement et de l’armée israéliens, dont les communicants parlent souvent parfaitement l’anglais et connaissent les codes journalistiques du public-cible.
En revanche, toute information issue du Hamas, y compris le décompte des victimes, se trouve frappée au coin du doute. Au-delà des multiples fake news de « Tsahal » (les quarante bébés décapités, les vingt enfants brûlés et exécutés, le nouveau-né rôti au four, la femme enceinte abattue et éventrée, le quartier général du Hamas sous l’hôpital Al-Shifa, etc.), dont le démenti tardif a moins d’écho et d’impact que l’information sensationnelle initiale, c’est le cœur même du récit officiel israélien que les médias français relaient : l’armée de la « seule démocratie du Proche-Orient » a pour mission de détruire un monstre inhumain fondu dans la population gazaouie ; le Hamas porte par conséquent la responsabilité principale de toutes les victimes du conflit.

 

Comme souvent en pareilles circonstances, ce genre de propagande n’a pas de meilleur interprète que Bernard-Henri Lévy. « Israël s’oblige à respecter le droit humanitaire, plaide l’essayiste sur LCI le 29 octobre 2023. Israël fait tout ce qui est en son pouvoir pour qu’il y ait loins de victimes civiles possible. Encore une fois, Israël lance des tracts, téléphone, envoie des messages de toutes sortes aux Gazaouis en disant “ Ne restez pas ! Ne restez pas les otages de ces salopards qui vous manipulent depuis quinze ans, partez, fuyez. ” Donc le droit humanitaire, il est dans la tête et dans les cœurs des Israéliens autant que dans la tête et les cœurs des téléspectateurs bien tranquilles de New York, de Paris ou de Berlin. » En somme, comme le précisera le 31 décembre M. Netanyahou, Israël mène une « guerre d’une moralité sans équivalent ».

 

 

- Au fil des jours, cette fable débitée sur toutes les chaînes d’information relativise la courbe ascendante des victimes palestiniennes...
Et maquille en riposte légitime ce qui a les apparences d’une tentative d’épuration ethnique. « Là, pour que ceux qui nous regardent, nous écoutent, compren­nent bien, le Hamas demande aux civils de ne pas bouger pour ensuite s’en servir comme… boucliers humains et s’en servir comme une sorte de propagande alors même que l’armée israélienne prévient et donne cet ordre d’évacuation. C’est… c’est bien ça l’objet de cette propagande du mouvement terroriste ? » demande Benjamin Duhamel, le 13 octobre 2023, sur BFM-RMC. Perplexe face à une présentation aussi lumineusement objective de la situation, son invité, le journaliste Georges Malbrunot, répond : « Oui… c’est grosso modo à peu près ça. »


Deux jours plus tard, Duhamel chapitre un député de LFI qui a, prudemment, évoqué l’idée d’un cessez-le-feu : « Avec le Hamas, François Ruffin ? Le Hamas est un mouvement terroriste ! Ça veut dire que vous dites : il faut qu’Israël négocie avec le Hamas ? » Puis il reprend : « Il y a quelque chose qui m’interpelle dans ce que vous dites. Est-ce que, au fond, vous faites partie de ceux qui, notamment au sein de La France insoumise, semblent renvoyer dos à dos d’un côté les attentats terroristes du 7 octobre et la riposte d’Israël ? »


Même son de cloche sur France Inter, mais un mois et douze mille morts plus tard (16 novembre) : « Si Israël veut atteindre ses objectifs de guerre plus rapidement, il va devoir tuer plus de civils puisque le Hamas se protège derrière les civils », justifie Pierre Servent, l’expert chouchou de la station publique. « Je ne vois pas comment une autre armée d’un État démocratique pourrait faire mieux », poursuit-il, en soulignant lui aussi « l’avertissement des populations, les couloirs humanitaires, un certain nombre de précautions réelles que Tsahal prend pour atteindre ses objectifs de guerre ». Tout le contraire, selon lui, du Hamas, affairé à « créer un événement tragique dans la bande de Gaza, qui va être monté en épingle ». C’est toutefois Europe 1 qui décroche le titre (très disputé) de porte-parole de M. Netanyahou à la radio. Au point de faire parfois rougir d’embarras son idole. Les soldats israéliens, affirme ainsi l’historien Georges Bensoussan sans être contredit par la journaliste Sonia Mabrouk, « ont apporté la vie et la survie, ils ont apporté du matériel médical » (Europe 1-CNews, 16 novembre 2023).

 

 

- Et puisque cette armée bienveillante nous ressemble, les journalistes français accompagnent un de leurs compatriotes quand il rejoint ses rangs.
Le 10 octobre 2023, dans la matinale de France Inter, Sonia Devillers héroïse « Yoval », un étudiant qui, quittant la France pour se battre en Israël, ne semble pas distinguer le Hamas de la population civile de Gaza. « Merci Yoval, bonne route ! », conclut la journaliste en guise de salut au soldat qui se prépare à envahir ce territoire palestinien. Sa consœur Judith Waintraub célèbre un autre paladin dans Le Figaro Magazine (24 novembre 2024) : Julien Bahloul, « né en France dont il est parti pour fuir l’antisémitisme », et qui « après cinq ans sur la chaîne de télévision i24News, remet l’uniforme pendant ses périodes de réserve, qu’il effectue en tant que porte-parole de Tsahal ».

 

Drames individuels et statistiques.

  • Si l’idée d’un traitement critique de ces Français partis se battre à Gaza ne s’impose pas aux rédactions des médias, publics ou privés, c’est que leur biais occidentaliste postule une hiérarchie entre, d’un côté, des démocraties menacées par l’islamisme allié aux grands démons du moment (la Russie, la Chine) et, de l’autre, le reste du monde. Nul journaliste n’admettra volontiers qu’il assigne une partie de la planète à un statut de sous-humanité. Mais, ce qui revient au même, beaucoup se refusent à mettre « sur le même plan des massacres qui ont été commis, avec des viols, des femmes qui ont été mutilées, et puis des bombardements aujourd’hui qui sont dans le cadre d’une riposte, certes avec des morts qui sont tout à fait inacceptables » (Sonia Mabrouk, Europe 1, 26 novembre 2023).

 

  • Selon que le clavier du journaliste décrit Tel-Aviv ou Gaza, le vocabulaire et la syntaxe humanisent ou déshumanisent le propos : Le Hamas « massacre » ou « tue » ses victimes israéliennes ; les Palestiniens « meurent » sans qu’on précise qui les fait périr. Comme après chaque attentat en Occident, la presse dresse le portrait individuel de victimes émouvantes tandis que les Palestiniens se trouvent souvent réduits dans les reportages à des ombres anonymes errant dans les décombres[2]. Morts-sujets auxquels on s’identifie comme les personnages d’un film, contre morts-objets qui tapissent un décor où le regard glisse sans accrocher.

 

- Près de quatre mois après le déclenchement du conflit, aucun grand média français n’a réalisé une enquête quantitative sur le traitement journalistique du conflit.
Aux États-Unis, The Intercept (9 janvier 2024) a analysé un vaste échantillon d’articles du New York Times, du Washington Post et du Los Angeles Times parus entre le 7 octobre et le 24 novembre 2023[3]. Les résultats ne devraient pas dépayser les lecteurs français. « Le terme de “carnage” a été utilisé 60 fois plus dans le cas de victimes israéliennes plutôt que palestiniennes, et celui de “massacre” 125 fois dans le premier cas et 2 fois dans le second. “Terrifiant” est employé 36 fois dans le cas de victimes israéliennes, 4 fois si elles sont palestiniennes. » Les auteurs relèvent par ailleurs « le manque d’attention médiatique réservée au nombre sans précédent d’enfants et de journalistes tués, alors que ces deux groupes suscitent en général la sympathie des médias occidentaux ». Enfin, alors que les assassinats de civils commis par le Hamas sont bien présentés comme le produit d’une stratégie intentionnelle, les journalistes dépeignent les meurtres de Gazaouis « comme s’il s’agissait d’une succession d’erreurs reproduites des milliers de fois ».

 

Le lexique chargé d’émotion pour les uns, distancié pour les autres, est également confirmé par l’étude d’un autre média occidental, la British Broadcasting Corporation (BBC)[4]. Les chercheurs ont passé au crible 90 % de la production en ligne de la BBC entre le 7 octobre et le 2 décembre 2023. Outre l’association presque systématique des mots « massacres », « meurtres » et « carnage » aux victimes israéliennes — les Palestiniens étant « tués » ou « morts » —, la recherche établit que les termes exprimant les relations familiales comme « mère », « grand-mère », « filles », « fils », « époux », etc., ont été beaucoup plus fréquemment utilisés pour décrire des Israéliens que des Palestiniens.

 

Cent jours après l’attaque du Hamas en Israël dont le bilan s’élève selon Tel-Aviv (15 décembre) à 1 139 morts dont 766 civils et 132 otages toujours retenus à Gaza, les militaires israéliens, équipés et financés par les États-Unis, avaient tué 23 000 Palestiniens (8 000 autres étant portés disparus), bombardé des hôpitaux, des écoles, des églises, les centres culturels, les archives, les routes, les infrastructures énergétiques, endommagé ou détruit 60 % des bâtiments, déplacé 85 % de la population, organisé méthodiquement une pénurie d’eau et de médicaments ainsi qu’une famine à grande échelle qui menace 40 % des survivants. C’est l’« une des campagnes punitives contre des civils les plus intenses de l’histoire », relève l’historien américain Robert Pape, l’ampleur des destructions surpassant celles d’Alep en Syrie, de Marioupol en Ukraine et même de villes allemandes par les bombardements alliés à la fin de la seconde guerre mondiale[5]. Or il ne s’agit pas d’un dérapage : l’opération a été précédée de déclarations officielles à tonalité génocidaire. À commencer par celles du président socialiste Isaac Herzog (« C’est une nation entière là-bas qui est responsable ») et du ministre de la défense Yoav Galant (« Gaza ne redeviendra jamais ce qu’il a été. Nous éliminerons tout »).


Et « Brice » interpelle France Inter Analyser un carnage israélien conforme au destin que les dirigeants de Tel-Aviv entendaient réserver à des « animaux humains » n’exigeait pas une puissante enquête pour en retracer l’origine, ni des cours de sémiologie avancée pour en saisir le sens. Mais les médias ont alors changé de stratégie. Après avoir disséminé sans relâche une histoire boiteuse résumant le destin palestinien au « terrorisme islamiste » et la politique israélienne à une série de « ripostes » à ces massacres, après avoir affiché une solidarité occidentale permettant d’humaniser l’allié et d’ensauvager l’adversaire, la plupart des journalistes français ont choisi de détourner le regard. Ils ont délibérément réduit la médiatisation du conflit afin de ne pas devoir poser des questions qui fâchent[6].

 

 

-  La logique et la justice auraient pourtant voulu que les régiments de commentateurs et de décideurs qui avaient proclamé en octobre qu’« Israël avait le droit de se défendre » soient à leur tour interpellés sur les conséquences de ce « droit » au regard du nombre de victimes qui en avait découlé.
Et qu’ils soient sommés de proposer des actions et des sanctions pour interrompre la tuerie. Ne pas parler de « terrorisme » palestinien avait valu une lapidation médiatique aux contrevenants. Cette fois, d’autres termes paraissaient découler de l’observation de la conduite israélienne de la guerre : « déportation », « nettoyage ethnique », voire « tentative génocidaire ». Les journalistes allaient-ils à présent retourner leurs armes et leurs commentaires contre certains des avocats d’un « soutien inconditionnel » à Israël, allaient-ils leur reprocher leur aveuglement alors que les massacres de civils, cette fois à Gaza, imposaient qu’on haussât le ton contre leur protégé ? Mme Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, M. Gérard Larcher, président du Sénat, M. Éric Ciotti, président des Républicains (LR), Mme Anne Hidalgo, maire de Paris, pour ne citer que ceux-là, auraient pu être soumis à la question comme les dirigeants insoumis quelques semaines plus tôt. « Approuvez-vous le nettoyage ethnique », « S’agit-il plutôt d’une déportation ? », « Pourquoi ne pas interdire la participation des athlètes israéliens, souvent réservistes de l’armée, aux Jeux olympiques ? », « Quand prendrez-vous enfin des sanctions contre Israël ? ». On sait — mais à vrai dire on avait déjà deviné — qu’il n’en serait rien. Même un journal comme Le Monde, qui s’est distingué par une couverture plus juste du conflit que la plupart de ses confrères, ne recommande toujours pas que l’État coupable de crimes de guerre en Palestine soit sanctionné par la « communauté internationale ».

 


- Lors de ses vœux du Nouvel An, le président Macron a consacré quinze mots aux 22 000 morts de Gaza.
Ce même 31 décembre 2023, Le Journal du dimanche est parvenu, malgré ses 48 pages, à ne publier aucun article sur le martyre palestinien. Deux semaines plus tard, deux dirigeants politiques aussi différents que MM. Raphaël Glucksmann et Éric Zemmour étaient longuement interrogés, l’un par France Inter, l’autre par Europe 1. Seul point commun entre ces deux émissions : cinquante minutes d’entretien, aucune consacrée à Gaza. M. Glucksmann parla bien d’hôpitaux attaqués — mais seulement de celui de Corbeil-Essonnes, victime de hackeurs russes.

 

 

- Quelques jours plus tôt, le 21 décembre, M. François Hollande était — une nouvelle fois — invité par France Inter. Après seize minutes d’entretien la guerre de Gaza n’avait toujours pas été abordée.

Un auditeur, « Brice », perturba alors le ronronnement de l’échange : « À partir de combien de dizaines de milliers de morts en Palestine va-t-on enfin décider de demander à tous vos intervenants s’ils condamnent sans ambiguïté les atrocités de l’armée israélienne ? Au début, pendant quelques jours vous égreniez le nombre de morts de chaque côté, et puis, je me rappelle bien Nicolas Demorand [présentateur de la matinale de France Inter], vous vous êtes arrêtés à 1 200, au moment où c’était à égalité. Là, maintenant, on est à vingt fois plus [de morts côté palestinien]. Donc il serait peut-être temps de demander à chacun s’il condamne sans ambiguïté tout ça. » Peine perdue. Le lendemain, le député insoumis François Ruffin était l’invité de France Inter ; à aucun moment les journalistes ne l’interrogèrent sur Gaza.


Du 8 au 21 octobre, dans les quinze jours qui suivent l’attaque du Hamas, tous les invités de la matinale de France Inter sauf deux sont interrogés sur les massacres ou expriment spontanément leur horreur : « On est obligés aujourd’hui si on veut se conduire bien de dire ce que ça nous fait à l’intérieur de nous, ce qu’on ressent », explique le comédien Vincent Lindon le 13 octobre. Deux mois plus tard, cette « obligation morale » a disparu. Du 8 au 21 décembre, alors qu’enfle un débat international sur les risques de génocide à Gaza, y compris au sein d’agences des Nations unies, seuls deux des invités de la matinale de France Inter sont questionnés sur le sujet. L’intervention de « Brice » portera ce nombre à trois…

 

On cumulerait à l’envi les preuves d’un journalisme biaisé en faveur d’Israël, comme la couverture en direct par France Info, le vendredi 12 janvier 2024, de la défense de Tel-Aviv contre les accusations d’actes de génocide alors que, la veille, les plaidoiries sud-africaines devant la Cour internationale de justice à La Haye n’avaient pas bénéficié du même traitement. Toutefois, la critique d’un « deux poids, deux mesures » qui suggère un déséquilibre justiciable d’un réglage ne suffit pas. Car ce traitement particulier du conflit israélo-palestinien participe d’une transformation plus large.

 

 

- En quatre mois, les dirigeants du « quatrième pouvoir » n’ont pas seulement alimenté un culturalisme qui, comme au temps des empires coloniaux, place l’Occident au pinacle de l’humanité.

Ils ont, dans leur grande majorité, entériné le point de vue de l’extrême droite israélienne et accompagné ou cautionné en France la marginalisation des opposants à la guerre en leur interdisant d’exprimer des solidarités hier encore évidentes. Ils ont ainsi précipité le baptême républicain du RN, en même temps qu’ils célèbrent le réarmement militaire et moral de la France au nom de la lutte contre la menace russe et le terrorisme islamiste. Le combat mené depuis quinze ans par les gouvernements libéraux contre les mouvements « populistes » et les régimes « illibéraux » a ici trouvé un renfort inattendu : la naissance et l’installation en France d’un journalisme autoritaire.

 

 

🔴  Annexe
Pour mieux comprendre la notion de « délinquance informationnelle » des médias occidentaux, il suffit d’écouter l’interview de ce spécialiste du renseignement ayant travaillé pour l’OTAN et les Nations unies qui est Jacques Baud au regard du droit international, il explique la légitimité et la légalité de l’intervention militaire russe en Ukraine.


Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a enregistré 3 393 civils tués et 9 020 blessés entre le 14 avril 2014 et le 24 janvier 2022. Parmi les victimes civiles, on compte 1 428 hommes, 861 femmes, 174 garçons et 130 filles. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a également suivi le conflit et a publié des rapports réguliers sur les victimes civiles. Le dernier rapport de l’OSCE, publié le 24 janvier 2022, fait état de 3 402 civils tués et 9 014 blessés. Il est important de noter que ces chiffres ne sont que des estimations. Le nombre réel de victimes pourrait être plus élevé. Il ne s’agit ici que des pertes civiles. Aucune information dans les médias occidentaux entre 2014 et février 2022 sur cette situation. Cette censure délibérée est expliquée par Jacques Baud.

 

 

Notes :

[1] Nombre d’articles et de séquences audiovisuelles répertoriés dans la presse française sur l’agrégateur Europresse.

[2] Cf. Pauline Perrenot, « À la Une du Parisien, la caricature du double standard », Acrimed, 21 décembre 2023.

[3] Cf. également les recherches de Holly Jackson sur un autre échantillon de presse américaine

[4] L’étude est résumée par Xander Elliards, « Study shows BBC “bias” in reporting on Palestinian and Israeli deaths », The National, Glasgow, 9 janvier 2024.

[5] Julia Frankel, « Israel’s military campaign in Gaza seen as among the most destructive in recent history, experts say », Associated Press, 11 janvier 2024.

[6] Cf. Alain Gresh et Sarra Grira, « Gaza, ­l’escorte médiatique d’un génocide », Orient XXI, 8 janvier 2024.

 

Pour en savoir plus :

- Nos idiots utiles dans la classe médiatique

 

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28 janvier 2024 7 28 /01 /janvier /2024 20:37
Boycott Apartheid Israël

Le Collectif Boycott Apartheid Israël promeut le boycott comme une arme politique, citoyenne et non-violente, pour faire pression sur le gouvernement israélien jusqu'à ce que cesse la politique de colonisation et d'apartheid imposées aux palestinien.

 


En 2005, 172 organisations de la société palestinienne lançaient un appel à une campagne de Boycott, Désinvestissement et de Sanctions (BDS[1])contre Israël. L’appel fixe trois objectifs : la fi n de l’occupation et de la colonisation de la Palestine, l’égalité des droits pour les Palestiniens d’Israël et l’application du droit au retour pour les réfugiés. L’AFPS[2] a souscrit à cet appel.
Ci-après une liste de produits, de services et d’entreprises que l’AFPS encourage à boycotter en raison de leurs liens avérés avec le régime d’apartheid israélien et les crimes qu’il commet à l’encontre du peuple palestinien. Cette liste n’est pas exhaustive.
Ces actions de boycott constituent un moyen essentiel pour exprimer notre indignation et notre refus face à l’horreur du génocide en train d’être commis à Gaza et dans toute la Palestine occupée. Ces actions doivent être poursuivies jusqu’à ce que les entreprises visées mettent un terme effectif à leur complicité.

 

 

Source : Eric Durand | 

 

Notes :

[1BDS - pour Boycott, Désinvestissement, Sanction - est un mouvement lancé il y a une vingtaine d’années contre Israël pour l’inciter à respecter le droit international et humanitaire. Il prend de l’ampleur en particulier dans les pays du Sud où les populations sont nombreuses à protester contre le traitement réservé aux Palestiniens à Gaza. La campagne cible les produits israéliens comme les fruits mais aussi une liste d’entreprises que le mouvement encourage à boycotter. On y retrouve par exemple les entreprises françaises Carrefour ou AXA. L'assureur avait été la cible d'une action du BDS devant son assemblée générale au printemps 2023. 

[2Association France Palestine Solidarité

 

Pour en savoir plus :

- BOYCOTTER ISRAËL SUR LE MODÈLE DE L’APARTHEID EN AFRIQUE DU SUD : L’APPEL DE NAOMI KLEIN

 

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10 décembre 2023 7 10 /12 /décembre /2023 19:10

Cet article est reposté depuis Rue du Blogule Rouge Insoumis.

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22 novembre 2023 3 22 /11 /novembre /2023 13:43

Publication de l'Association France Palestine Solidarité[1]

L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) rassemble des personnes attachées au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à la défense des droits humains. Elle a pour vocation le soutien au peuple palestinien notamment dans sa lutte pour la réalisation de ses droits nationaux. Elle regroupe près de 5000 adhérents, organisés en une centaine de groupes locaux en France.

Merci à la plateforme des ONG françaises pour la Palestine[2] pour la frise chronologique dont c'est inspiré, pour partie, cette publication, et si vous voulez aller plus loin, je vous invite à cliquer sur les catégories : Israël ; Palestine ; Moyen-Orient ; Paix de ce blog

 

 

Source : France Palestine Solidarité | mis à jour le 08/02/2024

2017 : l'État de Palestine est reconnu par 136 États

70,5 % des 193 États membres que compte l'Organisation des Nations unies reconnaissent la Palestine, mais ne l'est pas par les pays d'Amérique du Nord, ainsi que la plupart de l'Europe de l'Ouest, notamment les pays du G7. Les frontières de l'État de Palestine sont celles de la Cisjordanie, gouvernée partiellement depuis 1994 par l'Autorité palestinienne, et de la bande de Gaza, sous contrôle du Hamas depuis 2007. La capitale de l'État de Palestine est Jérusalem. Le siège du gouvernement palestinien se situe à Ramallah.

Le 6 décembre : Trump, foulant aux pieds les résolutions de l’ONU, reconnait Jérusalem comme capitale d’Israël.

2018 : loi qui définit Israël  comme " l'État nation du peuple juif "
Le 19 juillet :
 la Knesset vote la loi fondamentale qui inscrit dans la constitution israélienne la suprématie juive, l’apartheid à l’encontre des Palestiniens d’Israël et qui fait de la colonisation une valeur nationale. Les habitants palestiniens sont privés de leurs droits politiques.

2018 : les grandes marches du retour.
À partir du 30 mars
et tous les vendredis, la population de Gaza manifeste par milliers jusqu’au mur qui enferme Gaza. La répression fera 241 morts, plus de 25 000 blessés cette année là.

2021 : guerre " préventive " contre Gaza  
Le 13 avril :
 l’intervention de l’armée sur l'esplanade des Mosquées provoque des affrontements avec les Palestiniens de Jérusalem qui s’étendent aux villes mixtes d’Israël. Israël déclenche une guerre préventive éclair contre Gaza qui fera plus de 256 morts

Le 22 octobre : le gouvernement Bennett-Lapid déclare arbitrairement comme terroristes 6 ONG palestiniennes de Défense des Droits humains qui fournissent des preuves des crimes de l’occupation à la Cour pénale internationale. 

2022 :
Le 9 avril :
 l’armée israélienne mène plusieurs raids meurtriers dans le camp de réfugiés de Jénine : 1 mort et des blessés. 
En novembre 2022 : l’extrême droite israélienne la plus ultra entre au gouvernement
A l'issue des élections législatives, Nétanyahou constitue une coalition avec plusieurs partis de l'extrême droite religieuse, fasciste et suprématiste. Les agressions des colons contre les Palestiniens en Cisjordanie se multiplient et tournent au pogrom. La politique de nettoyage ethnique s’accentue à Jérusalem, contre  les villages bédouins de la vallée du Jourdain et des collines du sud d’Hébron.    

2023 : le pire massacre de l'histoire palestinienne
Les 3-4 juillet :
bombardement israélien du camp de Jénine, dans l'indifférence de la "communauté internationale". Il y a 12 morts, 3000 personnes chassées de leur maison.
Du 13 Octobre à décembre :
après l'attaque du Hamas en territoire israélien le 7 octobre, qui fait 1200 victimes selon le gouvernement israélien et capture 240 otages[3], l'armée israélienne entreprend la destruction massive de la bande de Gaza. Gaza est défigurée par les bombardements israéliens, comme Berlin l'était en 1945. En deux mois, il y a plus de 18 000 morts, dont plus de 7000 enfants et près de 5000 femmes. 10 000 Palestiniens sont emprisonnés en Israël.  

2024 : Netanyahou ordonne à l’armée israélienne de « préparer » une offensive sur Rafah
Le 7 février :
b Alors que des négociations se poursuivent autour d’un possible accord sur la libération des otages, Le Premier ministre israélien a déclaré mercredi 7 février avoir ordonné à l’armée de « préparer » une offensive sur Rafah, la ville la plus au sud de la bande de Gaza, estimant que la victoire sur le Hamas était « une affaire de mois », là où se sont réfugiées plus d’1 million de Gazaouites. Le génocide est en cours

 

-  Le bilan humain du conflit israélo-palestinien de 2008 à 2020 chiffré par l'ONU

 

Le bilan humain du conflit israélo-palestinien VIOLENCES AU PROCHE-ORIENT

 

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16 novembre 2023 4 16 /11 /novembre /2023 09:56
12 Novembre 2023 : « Le jour où l’extrême droite a été réhabilitée par la droite »
12 Novembre 2023 : « Le jour où l’extrême droite a été réhabilitée par la droite »

Je ne crois pas que la marche du 12 novembre à Paris ait la moindre conséquence sur la lutte contre l’antisémitisme !

Les macronistes sont tombés tous seuls dans le piège qui a déjà détruit LR[0]

 

 

Écrire en temps de guerre médiatique est un exercice un peu délicat, j’en conviens. Cela peut être imprudent. Un mot, pour peu qu’on le torde sans frein, peut être fatal. Des heures durant sur tant de médias il n’est question de moi que pour m‘insulter, m’attribuer le pire soit par des invités plus ou moins fanatisés soit par des « journalistes » suivant fidèlement des éléments de langage absolument identiques d’une rédaction à l’autre. Certains moments sont spécialement pénibles pour moi par la haine qu’ils expriment, les menaces qu’ils encouragent, ou l’injustice de ce qu’ils diffusent et les calomnies qu’ils rabâchent.
La pseudo exégèse de Mediapart pour porter ses insinuations d’antisémitisme m’a particulièrement choqué. Et le fait de savoir de qui vient cette bassesse n’enlève rien à leur indignité. Je tiens à le dire. Mais par tweet, j’ai pu accompagner l’actualité sans passer par la case déchiqueteuse de ces prétendues interviews pleines de haine et de mauvaise foi que subissent mes camarades. Le tweet permet à la fois de contrôler mot à mot et de placer à bon escient les chiffons rouges à destination des médias.
Je ne suis pas seul sous la douche à boues. En ce moment nuit et jour les insoumis sont pilonnés médiatiquement (attention cette expression est une image. NDR). Il faut le prendre pour ce que c’est : une guerre (c’est une image NDR) des mots. Pour construire des prises de conscience raisonnée, il faut rendre les coups avec efficacité : court, clair, net. Encore est-ce trop pour certains ! « Quand va-t-on lui couper le tweet », demande Marine Tondelier à mon sujet avec sa finesse bien connue.

 

 

Sources : Jean-Luc Mélenchon | mis à jour le

- Mais la conscience politique est bien un tout.

Certes l’actualité des crimes de guerre et la propagande des partisans du soutien inconditionnel au droit de Netanyahu à tuer tout le monde à Gaza, submerge tout. Mais les autres points de tensions de la société continuent pourtant leur vie sous les radars. Ils produiront leurs effets publics le moment venu. Ainsi en est-il des questions sociales qui étranglent la masse de notre peuple. Le moment venu évidemment une étincelle mettra le feu à la plaine (il s’agit d’une métaphore. NDLR).



- Je ne crois pas que la marche du 12 novembre à Paris ait la moindre conséquence sur la lutte contre l’antisémitisme.

Or, c’est un enjeu stratégique pour nous. En effet, les racismes sous toutes leurs formes sont un frein interne puissant contre l’unité populaire dont nous avons besoin. L’antisémitisme est une forme de racisme restant fondamentalement l’apanage de l’extrême droite. Celle-ci était pourtant l’invité très attendue par les organisateurs de la marche. Dès lors, l’union populaire contre l’antisémitisme dans une mobilisation commune devenait impossible à réaliser.


Là est la racine de l’échec populaire de la marche du dimanche 12. Oui, échec, car d’habitude quand il s’agit de mouvement de fond du pays, les proportions sont toutes autres. 200 000 contre l’agression du cimetière juif de Carpentras[1], 4 millions contre l’assassinat de la rédaction de « Charlie »[2].


Quand le peuple profond s’y met, ça donne 963 000 dans tout le pays pour une seule manifestation sur les retraites, selon les chiffres de la police (2,5 millions selon l’intersyndicale[3]). Mais à part la CFDT et l’UNSA, tout le reste du mouvement syndical et social français est resté en retrait. Une bonne partie de la communauté juive aussi a boudé l’événement comme le prouvent les chiffres annoncés. Bref, un gâchis total.

 


- Pourtant cette marche est un succès politicien.

« L’arc républicain » a franchi un pallier en s’affichant uni sur le terrain et en se validant les uns les autres. Le « monde d’avant » s’est reconstitué, affiché et a paradé, tout à sa joie des retrouvailles derrière sa banderole de tête. La droite, le PS Hollande, Cazeneuve, la Macronie amnistiaient l´extrême droite. En échange, celle-ci cesse le combat politique « antisystème ». Tous les rejetés des dix dernières années étaient là : deux anciens Présidents de la République battus, quatre anciens premiers ministres, tous rejetés, sans oublier deux anciens présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Pour ne citer que ceux-là.


Tous les partis de droite sans exception, toute l’extrême droite plus les groupuscules communautaires violents avaient mobilisé. Et avec eux toute « la gauche d’avant » franchissant elle aussi un palier comme le déclarait Fabien Roussel dans une interview sur place affirmant lancer là « le début de quelque chose de nouveau » entre les trois composantes. Bonjour le baptême ! À la base, l’enthousiasme n’a pas suivi. Le cordon sanitaire n’excédait pas trente manifestants débordés par un simple drapeau royaliste. Et dans les sections ce fut la Bérézina.


Comme dans cette assemblée parisienne où sur cinquante communistes un vota pour aller à la manif et quarante neuf pour le contraire. En région ce fut souvent pire. Donc : tous unis et seulement cent mille personnes si l’on accepte les chiffres des organisateurs. Autant que nous seuls, place de la République en 2017 et 2022, une place plus vaste et plus remplie que l’esplanade des Invalides.

 


- Tout cela a été pourtant préparé de longue main et s’est expérimenté au fil des mois dans les votes communs de la macronie et du RN à l’Assemblée Nationale, loin des yeux du grand public.

Voilà donc pour le prétendu « succès » claironné par tous les répondeurs automatiques.


🔴  « Un bide pour la lutte contre l’antisémitisme en dépit des moyens politico-médiatiques et institutionnels immenses déployés pour la faire réussir, un bide en nombre, un bide du fait du choix d’un périmètre politique incluant l’extrême droite »

 

En fait oui : un succès de manœuvre politicienne. La presse étrangère ne s’y trompe pas. La grand quotidien allemand Der Spiegel par exemple titre : « Pour les juifs de France, Le Pen devient acceptable ». Je ne le crois pas. Mais c’est l’illusion qu’il s’agissait de propager. Je crois au contraire que nous avons besoin d’une vraie mobilisation commune sous la houlette du mouvement social pour refuser d’être embrigadé dans un racisme contre un autre.


Et puisque j’ai déjà cité le Pape je cite à présent le recteur de la mosquée de Paris : « C’est l’heure du choix, déclare-t-il avec noblesse. Pas entre les musulmans et les juifs. Pas entre Israël et un État palestinien dont l’édification s’avère plus que jamais urgente. Non. Il faut choisir entre l’humanisme et l’horreur »[4].. Avant cela il avait protesté : « Les musulmans de France subissent des accusations abjectes qui les (…) rendent tous complices des pires dérives, qui ne sont pas les leurs » parlant de l’antisémitisme.

 


- En effet, cette marche du 12 novembre fut entourée et précédée de violences délibérées.

Violences verbales, islamophobie assumée. Mais aussi violences physiques de la LDJ[5] (Ligue de Défense Juive, NDLR), la milice du CRIF contre le rassemblement au Monument de la rafle du Vel’ d’Hiv’ organisé par les organisations politiques de la jeunesse de gauche avec les syndicats étudiants et lycéens. Mais aussi violences contre des journalistes de France info dénoncées par leur rédaction qui n’ont nommé pourtant ni leurs agresseurs ni « la manifestation aux abords de laquelle » ils ont été frappés.


Des députés ont été insultés et menacés de mort, les musulmans insultés à longueur d’interviews de Zemmour et de Meyer Habib pour ne parler que d’eux. Une ambiance haineuse et sectaire se débridait tout au long du cortège dès qu’un imprudent passait là et pas seulement aux abords des rangs des partisans de l’extrême droite dont c’était " le jour de gloire enfin arrivé[6] ".


Un violent sectarisme régnait. La poignée de socialistes, celle plus maigre encore de communistes et d’EELV ont essuyé leur lot d’injures et de crachats dès leur arrivée. Même Roussel qui avait pourtant annoncé une fois de plus la sortie du PCF hors de la Nupes pour se faire bien voir de la droite qui tenait la rue n’eut droit qu’à des quolibets. Ces trois chefs ont marché tête basse sans obtenir leur absolution du public ultra droitier qui les entourait. On imagine comment auraient été accueillis les Insoumis s’ils avaient eu la sottise de croire les bonnes paroles des initiateurs de cette manipulation ou d’écouter les conciliateurs qui espéraient les y pousser.

 

 

- Telle était cette marche. Un bide pour la lutte contre l’antisémitisme en dépit des moyens politico-médiatiques et institutionnels immenses déployés pour la faire réussir.

Un bide en nombre. Mais aussi un bide du fait du choix d’un périmètre politique incluant l’extrême droite dont nombre de dirigeants de la droite classique et de la macronie se sont réjouis comme le fit Edouard Philippe. Tout cela fut immédiatement capté par le grand nombre poussé alors à rester à l’écart de la marche.


🔴  « Cet évènement représente un palier dans la vie politique de notre pays »

 

Au demeurant, les macronistes eux-mêmes n’avaient pas le cœur à l’ouvrage. Car ils savaient comment les maniganceurs de cette marche avaient volontairement mis hors du jeu Emmanuel Macron lui-même. Lui fut très grossièrement sommé de rallier une démarche organisée par les siens, sans en être informé et d’approuver le périmètre politique et les mots d’ordre. Sagement et comprenant à temps la manœuvre qui dénaturait aussi gravement la fonction qu’il doit encore assurer quatre ans, il s’abstint de s’y joindre[0].


Aussitôt la machine médiatico-politique qui insulte et salit nuit et jour quand elle se met en meute se mit en mouvement contre lui, tous azimuts. Au point où le prétendu CRIF relaya mot pour mot les répliques de Netanyahou à Macron. Et cela le jour où celui-ci décidait de menacer de raser Beyrouth au Liban comme il rasait Gaza[7], tout en conseillant comme un parrain aux chefs d’États arabe de « garder le silence » « dans leur intérêt » !


Dans ce contexte le CRIF se sentit pousser des ailes et l’association loi de 1901 exigea « des clarifications de la France ». Pas moins ! Et toute la fachosphère médiatique se mit aussitôt à l’agonir d’injures et de menaces, jusqu’à des menaces de mort publiquement vociférées comme slogan dans la marche du 12 novembre.

 

 

- Sous cet angle, il est certain que cet évènement représente un palier dans la vie politique du pays.

En effet il parvient à dessiner ce que serait cet « arc républicain[7bis] » où le RN , les Zemmour et la droite seraient bien intégrés et seulement séparés de la « gauche d’avant », paraît-il, par un pauvre cordon symbolique bien maigrichon.


Les supplétifs de la « gauche d’avant » feraient bien de se méfier. Déjà la fameuse marche à l’appel du CRIF dans les beaux quartiers ne leur avait pas valu de compliments de la part des bénéficiaires de leur dévotion. Anne Hidalgo dut être exfiltrée sous les injures. Olivier Faure y manifesta tandis qu’on lui criait dessus : « Zemmour président ». Je plains ces gens.


Les voilà désormais ramenés à la case départ politique d’où la Nupes les avait tirés. Les revoilà marchant avec le Front National comme hier avec les « syndicats » de police[8]. Même veulerie sous la charge médiatique, même rêve d’être les « gentils » de la comédie se chargeant de dénigrer les opposants inconfortables que sont les LFI. Venir à cette marche leur convenait. Venir à celle où appelait toute la gauche sociale et syndicale quinze jours auparavant leur répugnait : aucun des trois n’y appela et aucun n’y vint. Avant de faire le contraire une semaine plus tard.

 


- Pour nous les Insoumis, le défi est désormais dans l’accélération du processus politique que nous affrontons et que le pays subit.

Nos repères ne doivent être en aucun cas les diktats et caprices de la sphère médiatique. Celle-ci est à présent extrêmement extérieure aux questions vivantes dans la société.


Le crime contre l’humanité que les dominants protègent par des diversions de toutes sortes ne pourra être effacé par aucun subterfuge. Notre première tâche est d’alimenter en masse les consciences à cette occasion, jour après jour et dans le détail dans tous les milieux. Il s’agit de construire une prise de conscience durable en faisant comprendre les raisons, les origines, les connexions de ce massacre et de l’introduction en France du schéma politique du « choc des civilisations ».


Il faut voir loin. La guerre générale qui menace au Proche-Orient et aux frontières de l’Europe nécessite un solide armement moral et politique du plus grand nombre. Car elle forme un tout avec l’écroulement social de notre société en voie de quart-mondisation et le délabrement général accéléré sous les coups du changement climatique. Tout cela doit être compris et les réponses comprises et partagées. À ce prix, notre peuple sera fort dans l’épreuve qui s’avance. Sinon il n’y a ni perspectives ni espoir.

 

  • Le futur de la République et d’une société délivrée de tous les racismes n’est pas dans le triste carré de tête des revenants vus à la marche de ce dimanche.
  • Ni non plus dans sa cohue en fin de cortège entre les Zemmour et le Pen.
  • Ni dans les piteux du cordon sanitaire.

Il est de nouveau dans une recomposition générale du paysage politique de la résistance. Il est de nouveau urgent de laisser s’épuiser toutes seules les formules démenties par la vie. Roussel ne veut pas de la Nupes, Faure non plus et le groupe parlementaire dont il est membre l’a déjà retiré de son nom. Leur signature, leurs engagements ne valaient rien.

 

  • Pouvons-nous l’ignorer ?
  • Subir de nouvelles invectives, outrances et mise en cause personnelles ?
  • Accepter de voir notre image abîmée par le spectacle de divergences aussi incompréhensibles que venimeuses ?

Nous n’avons pas eu besoin de tout cela pour parvenir au point où nous avons amené nos idées et notre programme dans la confiance populaire. Ne confions à personne le soin de faire le travail nécessaire.


Mieux vaut admettre combien notre confiance a été trompée que de continuer à espérer une aide qui nous sera toujours refusée avec mépris, ingratitude et méchanceté. L’enjeu n’est pas les bons points pour bonne conduite délivrés par l’officialité mais la survie de la démocratie dans un pays dévoré par l’autoritarisme du sommet, le sectarisme des intermédiaires et la désorientation des bases populaires.

 

🔴  Pour aller plus loin : Tribune – Jean-Luc Mélenchon : « Turbulences des sommets »

 

 

- Dans ce 167e numéro de la Revue de la semaine, Jean-Luc Mélenchon revient sur les dernières actualités.

Et, dans ce cadre, il :

  • commence par parler du conflit au Proche-Orient, pour rappeler l’importance des frontières dans les conflits internationaux.
  • revient sur la théorie du « choc des civilisations » de Samuel Huntington, soulignant ses limites conceptuelles et son utilisation pour justifier des politiques de domination. Au XXIème siècle, elle s’ajoute au concept de « guerre totale » et donne lieu à ce qu’on nomme « le nettoyage ethnique ». 
  • revient alors sur la nécessité d’un cessez-le-feu, ce qu’il soutient dès sa première déclaration suite aux attaques du 7 octobre 2023
  • souligne ensuite l'impact des conflits étrangers sur la politique nationale.
  • critique alors l’organisation de la marche contre l'antisémitisme du 12 novembre 2023, affirmant que l'absence de l'appel à la lutte contre tous les racismes a empêché beaucoup de monde de participer. Il souligne la nécessité d'une mobilisation massive contre tous les racismes, l’antisémitisme et l’extrême droite et appelle  les insoumis à manifester samedi 18 novembre à cet égard.

 

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5 novembre 2023 7 05 /11 /novembre /2023 14:46

Cet article est reposté depuis Rue du Blogule Rouge Insoumis.

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3 novembre 2023 5 03 /11 /novembre /2023 16:06
Nordine Raymond : " Fier d'être insoumis " !

Nordine Raymond candidat #Nupes (affilié à LFI) pour les législatives 2022 #Circo1702[1] s'adresse à nous :
" Très chers toutes et tous,
Une nouvelle fois je prends la plume pour vous exprimer mon analyse politique du moment que nous traversons.
Ça peut paraître long mais l'écriture permet justement de ne pas tomber dans les facilités des réponses hâtives que les médias nous réclament.
Une nouvelle fois merci à toutes et tous pour la force transmise. "

 

 

Source : Nordine Raymond |

- Voilà des semaines que les insoumis se font insulter. Pourquoi ?

Pour avoir refusé de parler de " terrorisme " au sujet des crimes de guerre commis par le Hamas. Avions-nous raison ? Cent fois oui ! Tout nous le démontre actuellement. Qualifier de " terrorisme " les attaques du Hamas, c’est cautionner la riposte sanglante d’Israël. Le terrorisme on ne le combat pas, on l’éradique. La lutte contre le terrorisme ne supporte aucune règle de droit international. Nous en avons fait l'amère expérience lors des interventions américaines en Afghanistan et en Irak créant les désastres que l'on connaît, notamment l'implantation de Daesh et le retour en force des Talibans. A l'époque, la France n'était pas alignée !

 

 

- Oui, l’attaque du Hamas était d’une atrocité sans nom.

  • Oui, la réponse d’Israël, avec la France qui se tait, est une abomination.
  • Oui, le Hamas est une organisation islamiste avec qui nous n’avons rien de commun.
  • Oui, le gouvernement d’Israël est d’extrême droite et de ce fait notre ennemi politique.
  • Oui, la politique coloniale d’Israël crée le terreau de la violence.
  • Oui, Netanyahu, pour d'obscures raisons, a préféré favoriser le Hamas que l'autorité palestinienne.
  • Oui, la politique d’Israël ne justifie pas les meurtres qu’elle a subi sur son territoire.

 

 

- Oui, il faut la paix, la libération des otages, le cessez-le-feu immédiat, un corridor humanitaire. Oui, il faut deux états qui coexistent, le respect des résolutions de l’ONU, les frontières de 67…
Si quelqu’un voit dans ce que je viens d’écrire quelque chose qui justifierait un procès médiatique, la mise au ban du camp républicain, les insultes et les menaces de mort : qu’il me le dise

 

La réalité, c’est que rien dans ce qui a été écrit par l’un des membres de La France Insoumise ne mérite la moitié de ce que l’on subit actuellement.

Surtout pas le premier tweet de Jean-Luc Mélenchon qui exprime notre compassion avec le peuple Israélien.

 

Toute la violence déchaînée contre Israël et à Gaza ne prouve qu'une chose : la violence ne produit et ne reproduit qu'elle-même. Horrifiés, nos pensées et notre compassion vont à toutes les populations désemparées victimes de tout cela. Le cessez-le-feu doit s'imposer. La France doit y travailler de toutes ses forces politiques et diplomatiques.  Les peuples palestinien et israélien doivent pouvoir vivre côte à côte, en paix et en sécurité. La solution existe, celle des deux Etats, conformément aux résolutions de l’ONU.

 

 

J’ai commencé par parler du conflit au Proche-Orient car les choses doivent être claires, rien n’est comparable entre ce que nous subissons ici et ce qu’ont subi les israéliens le 7 octobre et les palestiniens depuis des semaines.

 

 

- Avant de dire en quoi je suis fier d’être insoumis, quelques mots sur la doxa médiatique et ses éléments de langages actuels.
L’ensemble des médias + le RN / LR / Renaissance nous disent “ Israël a le droit de se venger ”. Ah bon c’est ça le Droit, la vengeance ? C’est exactement tout le contraire. Imaginons, même si ça fait mal, demain quelqu’un vient à tuer ma nièce, l’un des êtres que j’aime le plus sur Terre, sans plus de détails, juste la tuer. Aurais-je envie de me venger ? Sans doute. En aurais-je le droit ? Heureusement : non. Le Droit, c’est justement ne pas réagir par l’émotion guidée par les passions humaines. La justice, ce n'est pas la vengeance. Punir les agresseurs, c’est trouver la peine la plus adaptée pour qu’ils ne nuisent plus à la société. 

 

Si certains pensent que s'orienter vers un génocide, comme viennent de le déclarer des experts indépendants de l’ONU[2], est une réponse adéquate aux attaques du Hamas, alors je ne crois pas que je peux faire société avec ceux-là.

 


- Finissons-en sur le conflit : 
L’extrême droite prépare le terrain depuis des décennies à ce qu’elle rêverait de voir sur notre territoire : une guerre civile, reprenant ainsi l'absurde théorie du " choc des civilisations[3] ". Ils ne vivent que pour ça ! L’espoir de voir des français blancs et d’autres un peu trop marrons se foutre sur la gueule dans la rue. D’ailleurs ils surfent sur chaque fait divers qui pourrait aller dans leur sens (qu’importe bien souvent si ce sont des fakes-news). Ils sont bien trop heureux de ce qui se passe actuellement !

 

L’islamisme n’a rien à voir avec les musulmans.

Son développement a, en revanche, à voir avec la politique internationale des pays occidentaux. Comme l’extrême droite se base ici sur la haine de l’autre, l’islamisme se construit sur la haine de l’occident et de sa culture. Partout où l’islamisme s’est développé rapidement, les occidentaux y sont présents pour des intérêts économiques, soutiennent des dictatures, y ont fait la guerre…


J’ai presque envie de dire que l’islamisme est un fascisme comme les autres. Il se base sur la haine de l’autre, utilise le mensonge et la calomnie. Il est violent, réactionnaire, anti-femme, anti-gay, contre les libertés publiques… Bref, les islamistes et l’extrême droite sont des alliés objectifs : ce sont les deux faces de la même pièce

 

 

- Revenons-en au sujet : fier d’être insoumis ! 
Voilà des semaines qu’ils tapent tous ensemble donc : les médias et la classe politique de Renaissance au RN. Quand des universitaires, des intellectuels, des experts de la région disent ce que nous disons, les plateaux généralement les laissent parler, quand c’est un insoumis qui le dit alors : nous sommes antisémites.

 

Cette insulte m’est insupportable. Jamais je ne m'y habituerai.

Le combat contre l'antisémitisme est trop sérieux pour se laisser insulter par des gens qui s’en fichent pas mal le reste de l’année. L’antisémitisme est une idée abjecte, beaucoup trop présente dans nos sociétés malgré le passé récent. De plus, dévoyer ce mot abîme gravement la lutte impérieuse que nous devons mener.
Malgré cette insulte qui tétanise et qui fait mal aux tripes, le mouvement insoumis n’a rien cédé de ce que nous croyons juste : l’appel à une paix durable au Proche-Orient[4].

 

Il y a eu des jours compliqués, où on se faisait insulter sur les réseaux sociaux et où on recevait des menaces de mort. Certains camarades plus que d’autres, et il n’est jamais agréable de voir les gens que l’on estime être mis en danger pour ce qu’ils pensent. Pourtant, le mouvement n’a jamais faibli.

 

La rage nous a parfois traversé en voyant des images de l’Assemblée Nationale où la quasi-totalité des députés était levée et applaudissait à l’unisson “ le soutien inconditionnel à Israël ”. Particulièrement, de voir des députés d’un parti fondé par des SS[5] (mais qui portent de belles cravates !) qu’on respectabilise alors qu’on devrait à jamais les bannir du champ républicain. Pourtant, nous n’avons rien cédé.

 

 

- Dire qu’il a été facile pour nous de traverser ces dernières semaines serait un mensonge.

Déjà, devoir supporter les images des massacres commis par le Hamas puis l’armée Israélienne était anxiogène. En plus de cela, devoir supporter la calomnie et la vindicte était difficile. Pourtant, nous avons tenu bon.

 

On aurait pu espérer que certains " alliés " seraient montés au créneau pour nous défendre et ne pas laisser des militants de la paix être traités de la sorte. Au contraire, certains en ont profité pour tenter de détruire l’alliance qui avait créé un souffle d’espoir dans le peuple de gauche. Ils ont fait ce qu’ils savent le mieux faire : des coups bas qui créent du désespoir et s'aplatir devant la meute. Pourtant, nous avons supporté la traîtrise.

 

Je crois que de mémoire de militant je n’avais jamais vu le corps médiatico-politique aussi coupé de la réalité de la société.

Très vite, Darmanin a décidé d’interdire les manifestations pour la paix au Proche-Orient alors que du monde entier nous parvenaient les vidéos de foules immenses manifestant contre les massacres en Palestine. Les camarades avec qui nous sommes en contact à l’étranger nous le disaient : “ il n’y a que chez vous que ça se passe comme ça ”. La réalité politique du pays, c’est que les gens sont sur notre position au contraire de la classe politico-médiatique. Pourtant, nous avons appelé à rejoindre les manifestations pour le cessez-le-feu sans trembler de la main.

 

 

- Alors camarade insoumis, sympathisant, toi qui lis mes mots et sais la sincérité de mon engagement et de celui de mes camarades : retiens cette leçon. Il ne faut jamais plier de peur. Il ne faut jamais se décourager dans notre tâche ; celle de défendre une société de paix
Plus ils nous salissent, plus ils nous renforcent. Car le mouvement insoumis c’est aussi l’incroyable solidarité qui existe entre ses membres.

 

🔴 Pour finir ce billet, ces quelques vers de l’un de mes poèmes préférés d’Aragon : “ Un jour viendra, couleur orange ”.

“Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais je voyais l’avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porté sur nos rivages
Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l’a touché
Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche
Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l’enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles
Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d’idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou
Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche “


Force et honneur, la lutte continue !

 

 

- Je vous invite à écouter cette chanson de Barbara avec texte si juste

Le 9 mars 1974 BARBARA chante " Perlimpinpin " en s'accompagnant au piano Émissions TV, Archive tv, Archive télévision, tv replay live, live music, french tv Images d'archive INA (Institut National de l'Audiovisuel)

 

 

- Mais qui est Nordine Raymond ? " L'ami des gens " vu par un film documentaire de Nicolas Dattilesi

La caméra de Nicolas Dattilesi a suivi pendant 5 semaines la campagne électorale aux élections législatives de juin 2022 de Nordine Raymond (candidat pour La Nupes issu de La France Insoumise) sur la 2ème circonscription de Charente Maritime. (NDLR avec 27,50% et 14 928 électeurs, il lui a manqué 318 voix pour être au second tour[1]).

 

Le film qui en résulte est bien plus qu’un film de campagne.

  • Comme l’évoque une militante à Nordine, « une campagne ça se gagne avec la tête, le cœur et le ventre ! » Pour Nordine, il semble bien que ce soit essentiellement au niveau du cœur que tout se joue.
  • Un film sans complaisance qui dresse la portrait en mouvement du candidat, et qui propose un regard sur le militantisme. 
  • Un film humain avant tout !

 

Le film documentaire “ Nordine, l'ami des gens ” de Nicolas Dattilesi donne à voir tous les espoirs portés par des militants de la 2ème circonscription de la Charente Maritime, en matière de justice sociale et de protection de l'environnement. Un regard tendre et amusé pour ré-enchanter le débat politique et rendre compte de l'engagement d'une bande d'irréductibles assoiffés de progrès humains et environnementaux. 76 minutes que l'on ne voit pas passer tant les sujets pourtant graves qui y sont parfois questionnés, sont abordés ici avec la sincérité joyeuse de ceux qui veulent bâtir un autre monde des possibles.

 

On en est là... mais on ne lâche rien !

On en est là... mais on ne lâche rien !

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29 octobre 2023 7 29 /10 /octobre /2023 13:39
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21 octobre 2023 6 21 /10 /octobre /2023 08:30

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8 octobre 2023 7 08 /10 /octobre /2023 10:10

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7 Octobre 2023 : Riposte du Hamas depuis Gaza, contre les multiples attaques des colons et de l'armée israélienne

Il s'agit d'une guerre car les Palestiniens n’en peuvent plus.

Dans les faits, les accords d’Oslo n’existent plus...

Israël/Palestine : pour une paix juste et durable, stop à l'escalade !

 

Comment ne pas condamner l'attaque du Hamas contre Israël qui endeuille et dessert la cause palestinienne, mais.... au-delà de l’émotion ou la colère légitime devant les victimes civiles d’un conflit, et c’est évidemment vrai pour les victimes israéliennes et palestiniennes d'hier, d'aujourd'hui et demain, toute réaction politique doit tenir compte des événements et du contexte.

Car, en Palestine comme ailleurs, il faut contextualiser une situation pour la comprendre. L’accroissement exponentiel du nombre de colons israéliens, le régime d’apartheid dénoncé par de nombreuses ONG internationales et israéliennes réputées devraient être rappelés plus souvent… pour permettre de comprendre le pourquoi du comment ! 

 

 

Source : Alain Graux | mis à jour le 03/02/2024

- Sur le fond, au delà des propos médiatiques pro-israéliens

Cette attaque du Hamas (NDLR : le Hamas politique a été créé en douce par Israël[2][2bis]) se produit alors que l’occupation et la colonisation se poursuivent et que les Palestiniens ne se sont jamais retrouvés aussi seuls au moment où Israël entame une normalisation de ses relations avec l’Arabie saoudite et des pays arabes. Les territoires occupés s’embrasent car l’espoir de voir la création d’un État palestinien n’existe plus, que la communauté internationale parle mais n’agit pas. La bande de Gaza est sous blocus israélien depuis 17 ans, et, (NDLR : entre 2008 et 2022, Tel Aviv a mené cinq offensives militaires dans la bande de Gaza. Israël a non seulement tué des milliers de Palestiniens de façon indiscriminée, le plus souvent dans des zones civils, mais a délibérément détruit les infrastructures industrielles et agricoles de la bande de Gaza, a établi une zone tampon dans le territoire palestinien, et l’a finalement clôturé, la transformant en prison à ciel ouvert[3].

 

Ce n'est pas un conflit au sens classique du terme, c'est une armée super équipée face à un peuple qui résiste. Il y a un occupant et un occupé. Il y a une armée d’occupation qui avaient obtenu plus d’un an à l’avance le plan du Hamas visant à mener une attaque sans précédent contre Israël... et des résistants.

 

 

-  Chaque jour, il y a des Palestiniens assassinés par les colons israéliens, l'armée ou la police[4].
Le Hamas n'est pas ma tasse de thé, mais l’autorité palestinienne, aux mains du Fatah, est complètement corrompue. Dans cette situation, on peut aisément comprendre le désespoir des Palestiniens et en particulier de la jeunesse palestinienne pour laquelle il n’y aucun avenir autre que l’exil ou la soumission à un gouvernement israélien dominé par des extrémistes juifs qui veulent annexer leurs terres, détruisent leurs maisons ancestrales.

 

 

-  Et l'occident ?
Les pays occidentaux regardent ailleurs malgré des dizaines de résolutions de l'ONU[1] qui condamnent Israël et son occupation illégale, ses violences, tueries et vols de terres, discriminations de toutes sortes.

 

Les Israéliens agissent en toute impunité parce que les européens d'Europe ou d'Amérique se sentent coupables à l'égard des juifs et de la shoah. Le fait d'être un colon juif donne t-il le droit de tuer, de voler impunément, de violer les règlements internationaux ?

 

Là, comme ailleurs, la seule issue se sont des négociations, dans une conférence internationale avec les principaux acteurs pour aboutir à une paix juste et durable, et une solution qui respecte le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

 

 

-----------------------------

 

 

- Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise, Israël/Palestine : il faut un cessez-le-feu !

  • Je condamne l'attaque du Hamas contre Israël ;
  • Je veux d'abord dire ma compassion pour les familles des victimes, israéliennes comme palestiniennes ;
  • La position de la France ne doit pas s'aligner sur celle du gouvernement de l'extrême droite israélienne ;
  • Aucun des communiqués de la diplomatie française ne contient le mot " paix " ou " cessez-le-feu " or, il faut un cessez-le-feu ! ;
  • La France doit avoir une parole de paix et défendre une solution qui permet aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre en sécurité et en liberté ;
  • La seule solution viable pour la paix est celle de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, sur la base des frontières de 1967... "

[2bisQuand Israël favorisait le Hamas, par Charles Enderlin

[3] Les raisons d’une escalade de la violence

[4Le bilan humain du conflit israélo-palestinien de 2008 à 2020 chiffré par l'ONU

[5] Révélation du New York Times : des responsables israéliens avaient obtenu plus d’un an à l’avance le plan du Hamas visant à mener une attaque sans précédent contre Israël.

 

Pour en savoir plus :

- De 1947 à 2023, un conflit israélo-palestinien complexe et dans l’impasse

Terrible rappel à la réalité du journal israélien Haaretz sur une déclaration de Netanyahu en 2019 : « Quiconque veut contrecarrer la création d’un État palestinien doit soutenir le renforcement du Hamas et transférer de l’argent au Hamas. Cela fait partie de notre stratégie ».

 

- La #Palestine est un un territoire gruyère, dominé, occupé, colonisé : Un peuple, une colonisation. De l’occupation au morcellement

La #Palestine est un un territoire gruyère.

La #Palestine est un un territoire gruyère.

- Charles de Gaulle le 27 Novembre 1967 : L'état israélien organise l'occupation qui ne peut aller sans oppression, répression et la résistance qui s'organise est qualifiée de terroriste ... et c'est toujours d'actualité avec le résultat que l'on connait ! 

Conférence de presse du 27 novembre 1967

 

- Israël-Palestine : pour une paix juste et durable, stop à l’escalade ! Communiqué du groupe parlementaire de La France Insoumise-NUPES en date du 7 OCTOBRE 2023

- Israël-Palestine : Jean-Luc Mélenchon appelle à la paix et au cessez-le-feu

- Le bilan humain du conflit israélo-palestinien de 2008 à 2020 chiffré par l'ONU

VIOLENCES AU PROCHE-ORIENT Le bilan humain du conflit israélo-palestinien

 

- Communiqué de l’Union juive française pour la paix : " Ça suffit le concert des nations pro-israélien ! Résister à un occupant est légitime "

- Le #PartideGauche appelle à un cessez-le-feu immédiat pour une solution politique et le respect des droits nationaux du peuple palestinien

- Israël-Palestine : Macron s’aligne sur l’extrême droite israélienne contre les voix de la paix

- « Éradiquer Gaza mais aussi LFI » : l’arc des faiseurs de guerre contre les défenseurs de la paix

- Guerre entre Israël et le Hamas : pour Dominique de Villepin, " la solution à deux Etats, plus que jamais, est aujourd'hui la seule "

- Bande de Gaza : une succession de 15 années de guerres avec Israël

- Israël-Gaza : quelle est la différence entre un crime de guerre et un acte terroriste ?

- Israël-Palestine : le crime de guerre, une imputation bien plus grave que celle de terrorisme

- Gaza : la France a voté contre un « cessez-le-feu humanitaire » à l’ONU

« Peur, peine et solitude, des militants de la gauche israélienne anti-apartheid racontent ces 12 jours d’enfer qui plongent Israël, la Palestine et le moyen Orient dans une crise sans précédent…. »

SCANDALE - 111 millions d’euros d’armes françaises livrées à Israël : les bombes made in France participent-elles du « nettoyage ethnique » à Gaza ?

- " Netanyahou était informé de l'attaque du Hamas en préparation" : la grave accusation de l'opposition israélienne

- Un document des renseignements israéliens, authentifié par  le journal israélien Haaretz, planifie le nettoyage ethnique de Gaza en proposant comme solution de dégager les palestiniens de Gaza pour les placer dans le Sinaï en Égypte sous des tentes. 

Un document des renseignements israéliens, authentifié par  le journal israélien Haaretz, planifie le nettoyage ethnique de Gaza en proposant comme solution de dégager les palestiniens de Gaza pour les placer dans le Sinaï en Égypte sous des tentes.  Tout est préparé.

- Un an à l’avance, les autorités israéliennes étaient au courant d’une attaque du Hamas

- Le sénateur américain Sanders s'oppose à une aide financière de 10,1 milliards de dollars à Israël

- Le Conseil de sécurité a rejeté vendredi un projet de résolution exigeant notamment un cessez-le-feu humanitaire immédiat, en raison du veto des Etats-Unis, membre permanent du Conseil.

- Voilà pourquoi Israël a créé et financé le Hamas, savait un an à l'avance quil préparait une attaque et à laissé faire, entrepris un génocide sur Gaza et le détruire : 16 décembre 2023 BENJAMIN NETANYAHU SE DIT "FIER" D'AVOIR "EMPÊCHÉ" LA CRÉATION D'UN ÉTAT PALESTINIEN

- Palestine 2023 : Premières leçons d’une catastrophe

- 26 janvier 2024 : La Cour Internationale de Justice reconnait le risque génocidaire à Gaza

- Attaques du 7 octobre : en Israël, des membres de l'association juive ultraorthodoxe Zaka accusés d'avoir menti

 

 

-  Palestine: " Comment Gaza change la donne géopolitique internationale "

 

-  La seule issue se sont des négociations, dans une conférence internationale avec les principaux acteurs pour aboutir à une paix juste et durable, et une solution qui respecte le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes... via la construction de deux Etats

7 Octobre 2023 : Riposte du Hamas depuis Gaza, contre les multiples attaques des colons et de l'armée israélienne
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30 août 2023 3 30 /08 /août /2023 08:49

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8 novembre 2022 2 08 /11 /novembre /2022 14:59
Au centre, debout, Itamar Ben-Gvir, le 2 novembre 2022

Au centre, debout, Itamar Ben-Gvir, le 2 novembre 2022

Les lendemains d’élections ont montré que la société israélienne est devenue en partie religieuse et en grande partie raciste[1], la haine des Arabes étant son principal carburant, sans personne pour s’y opposer...

 

25 novembre 2022 : Israël Benjamin Netanyahu signe son premier accord de coalition avec l'extrême droite[0]... et, un mois plus tard, présente un programme « encourageant » la colonisation en Cisjordanie[7]...

 

et Macron veut « renforcer les liens » entre les deux pays (en soutenant donc ce régime d'apartheid et la violation des résolutions de l'ONU)[6]...

 

Tandis que les élections anticipées du 1er novembre 2022 ont vu les suprémacistes juifs faire une percée historique au Parlement, un nouveau visage de l’Etat hébreu se dessine. S’il se confirme dans la composition du prochain gouvernement, il devrait imposer à ses alliés occidentaux un réexamen de leurs relations avec Israël...

 

 

Sources : A l'encontre par Gideon Levy | mis à jour le 20/07/2023

- Que pensiez-vous qu’il allait se passer ?
Que pensait la gauche sioniste, qui a sombré dans le coma après les Accords d’Oslo de 1994[2] ? Qu’il était possible de revenir au pouvoir en sortant du coma ? Les mains vides ? Sans alternative et sans leadership ? Sur la seule base de la haine de Netanyahou ? En dehors de cela, cette gauche sioniste n’avait rien à offrir.

 

Personne ne devrait être surpris par ce qui s’est passé (l’obtention d’une majorité de sièges à la Knesset – 64 sur 120 – de la coalition menée par Benyamin Netanyahou du Likoud et Itamar Ben-Gvir du Otzma Yehudit[2bis]). Il ne pouvait en être autrement. Cela a commencé avec l’occupation (en 1967) – pardonnez cette mention ennuyeuse et clichée[3] – mais c’est alors que cela a vraiment commencé. Il fallait que cela débouche sur un gouvernement ouvertement raciste et de « transfert » des Palestiniens.

  • Cinquante ans de propagande contre les Palestiniens et de manœuvres de terreur à leur égard ne pouvaient pas aboutir à « un gouvernement de paix ».
  • Cinquante ans de soutien presque total à l’occupation, de la part de la gauche et de la droite sionistes, ne pouvaient se terminer autrement qu’avec Ben-Gvir comme héros populaire[4].
  • Une occupation sans fin ne pouvait que conduire au gouvernement Benyamin Netanyahou-Itamar Ben-Gvir.

Car si vous devez avoir une occupation, alors vous devez embrasser sa version authentique, celle qui ne s’en gêne le moins du monde, c’est-à-dire la version Ben-Gvir.

 

Il était tout simplement impossible de poursuivre les illusions – Juif et démocratique, occupation éclairée, occupation temporaire – et tout ce répertoire de phrases usées. Le temps de la vérité était arrivé, et c’est ce que Netanyahou et Ben-Gvir vont nous expliquer.

 

 

- Hier (2 novembre), Israël s’est réveillé à l’aube d’un nouveau jour, dans lequel tous les bavardages et les euphémismes appartiennent désormais au passé.
Désormais, l’occupation n’est plus que occupation. Il en va de même pour la suprématie juive en Israël. Désormais, le sionisme est promu au rang de racisme déclaré. Hier, la mort de la ligne verte, frontière établie le 4 juin 1967, (et surnommée « mur de la honte » (par analogie avec le Mur de Berlin) ou « mur d'annexion », voire également « mur de l'Apartheid »[5], par la gauche israélienne) a également été officiellement déclarée : l’occupation est ici et partout.

  • Quiconque pensait que ce qui se passe à Yitzhar (colonie israélienne au sud de la ville de Naplouse) ne reste qu’à Yitzhar ne faisait que se tromper ;
  • Quiconque pensait que Yesha (coopérative agricole établie dans le Néguev se réclamant initialement du sionisme de gauche) est là-bas et pas ici se trompait.

Depuis longtemps, maintenant, Yesha se rapproche à grands pas d’Israël, avec son nationalisme et son fondamentalisme enracinés. Pendant toutes ces années, personne ne s’est levé pour l’arrêter. Aujourd’hui, il est trop tard. Il y a deux jours, cette dynamique s’est conclue.

 

 

- Il est inutile de poursuivre, maintenant, une campagne de dénonciation.
Yair Lapid a siphonné les votes travaillistes, les travaillistes n’ont pas fusionné avec le Meretz (formation dite de gauche qui ne dispose plus de sièges à la Knesset), Balad (formation nationaliste palestinienne) n’a pas rejoint la liste commune. Tous ces éléments n’auraient été que des analgésiques temporaires pour une maladie incurable. Même si tout cela ne s’était pas produit, rien du tableau général n’aurait été différent : la société qui s’est formée dans ce pays est en partie religieuse et en grande partie raciste, la haine des Arabes étant son principal carburant, et il n’y avait personne pour s’y opposer.

 

 

- Ce qui s’est passé il y a deux jours n’a pas commencé il y a deux jours.
Peut-être que c’est Golda Meir (première ministre de mars 1969 à juin 1974, antérieurement ministre du Travail et de la Sécurité sociale de 1949 à 1956, puis des Affaires étrangères de 1956 à 1966) qui a commencé, peut-être Shimon Peres (plusieurs fois premier ministre, entre septembre 1984 et octobre 1986, entre novembre 1995 et juin 1996), mais quoi qu’il en soit, aucun de leurs successeurs n’a essayé de faire autrement pour endiguer la marée. Avez-vous vraiment pensé que Yair Lapid (ministre des Affaires étrangères de juin 2021 à fin juin 2022, puis premier ministre dès le 1er juillet 2022), un droitier modéré et creux, rempli de bonnes intentions, était capable d’offrir une alternative à Ben-Gvir ? Quelle alternative ? Tuer en douceur ? Embrasser Emmanuel Macron (lors de sa réception à l’Elysée le 22 août 2022) ? Maintenant, Israël a décidé qu’il préférait ne pas être gentil quand il s’agit de tuer. Le prochain gouvernement évitera au moins de faire de l’esbroufe.

 

 

- Pendant des années,...

  • une gauche et un centre à la dérive qui manquent de leadership et de courage ont désespérément essayé de se prosterner devant la droite et de lui ressembler. Il fallait que cela se termine avec Ben-Gvir et avec le nationaliste Shas (parti religieux ultraorthodoxe créé en 1984). Il n’y avait pas d’autre issue possible ;
  • les Israéliens ont parlé du « peuple élu », de l’Holocauste après lequel tout est permis, des Arabes qui veulent nous jeter à la mer, de notre droit à la terre en raison des récits bibliques, de l’Armée de défense d’Israël (Tsahal) comme l’armée la plus morale du monde, de David contre Goliath, des Arabes israéliens comme une cinquième colonne, du monde entier qui est contre nous et du fait que quiconque nous critique est un antisémite.

 

Que pensions-nous qu’il ressortirait de tout cela ? Ben-Gvir, en fait, a pris son temps. Il aurait pu faire son grand tabac il y a longtemps. C’est ce qui arrive quand vous avez un Bolsonaro et pas de Lula en face de lui. C’est ce qui arrive lorsque les cris de « Mort aux Arabes », qui seront désormais répétés dans les écoles lors de la réunion matinale, n’ont pas été accueillis par un seul cri de « Liberté pour les Arabes ». C’est là que ça a commencé, c’est là que ça se termine.

 

Notes :

[0]  En Israël Benjamin Netanyahu signe son premier accord de coalition avec l'extrême droite. Le nouveau ministre de la Sécurité publique, Itamar Ben-Gvir, a été condamné en 2007 pour incitation raciste contre les Arabes. Ils veulent la mort de la Palestine.

[1] Divers analystes ont qualifié l’évolution politique d’Israël comme étant marquée par un «ethno-nationalisme» dominant. « Qu’est-ce que l’ethnonationalisme ? » par Arthur Kemp, un texte fondamental

[2] QU'EST-CE QUE LES ACCORDS D’OSLO ?

[2bisOtzma Yehudit, anciennement Otzma LeYisrael, est un parti politique d'extrême droite10 israélien créé en novembre 2012

[3] Une des facettes de la réalité de l’occupation est aujourd’hui décrite ainsi, y compris par un quotidien tel que 24 heures, le 1er novembre 2022. Nous ne citerons que ce passage : « Des attaques aux formes très variées, parfois coordonnées entre différentes colonies ou avant-postes, avec la police et l’armée israéliennes à proximité, comme l’a confirmé un rapport de l’ONG israélienne Breaking the Silence publié l’été dernier. Sans compter les menaces des colons armés sur les Palestiniens et le harcèlement moral et psychologique au quotidien qui les poussent à partir. »

[4] Selon le Jerusalem Post du 2 novembre, selon des sources issues d’Otzma Yehudit, la formation d’Itamar Ben-Gvir et de Bazalel Smotrich, ce dernier veut « expulser par bateau et par avion ceux qui agressent des soldats de Tsahal », autrement dit tout Palestinien manifestant une résistance quelconque à l’occupation ou à une discrimination au sein de l’Etat hébreu, tout cela présenté sous l’angle d’une « lutte contre le terrorisme ». Ben Gvir a ajouté qu’il fallait expulser Ayman Odeh, Arabe israélien, dirigeant du Parti communiste et président de la coalition électorale Liste arabe unie. Parmi ses autres cibles, on retrouve les membres d’ONG « étrangères » qui analysent la réalité israélienne et dénoncent les diverses formes de répression touchant les Palestiniens. Ben Gvir vise le ministère de l’Intérieur et un ou deux ministères liés au secteur de «la sécurité».

[5] Le Mur d'apartheid

[6Macron a déjà, sans concertation, ni débat, donné la position de la France en félicitant Netanyahu pour sa victoire, et veut « renforcer les liens » entre les deux pays (en soutenant donc ce régime d'apartheid et la violation des résolutions de l'ONU)

[7] Dans un communiqué, le Premier ministre israélien a présenté les différents points qu’il souhaite mettre en place lors de son mandat

 

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/israel-macron-felicite-netanyahu-pour-sa-victoire-veut-renforcer-les-liens-entre-les-deux-pays-20221106?fbclid=IwAR0iUssQ1_kBuJjm7BnI7CpXcsnMUdpa-1ApV4M_KBmYeAHUXly98qBVk1I

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/israel-macron-felicite-netanyahu-pour-sa-victoire-veut-renforcer-les-liens-entre-les-deux-pays-20221106?fbclid=IwAR0iUssQ1_kBuJjm7BnI7CpXcsnMUdpa-1ApV4M_KBmYeAHUXly98qBVk1I

Pour en savoir plus :

- En 2016, un général de Tsahal comparait l’atmosphère en Israël à celle de l’Allemagne des années 1930 

- Peux-tu donner un aperçu de la situation politique en Israël, à l’approche de nouvelles élections ?

Nationalisme d’Etat et intégrisme nationaliste : le cas d’Israël

Après les élections législatives, le visage nouveau et inquiétant d’Israël

L’Afrique du Sud demande qu’Israël soit déclaré " État d’apartheid "

Cinq anciens ministres des Affaires étrangères accusent Israël de pratiquer une forme d'apartheid dont l'ancien chef de la Diplomatie française, Hubert Védrine.

Depuis janvier, plus de 650 structures où vivaient environ 750 Palestiniens ont été démolies par Israël...

- « Ces colons savent qu’ils peuvent agir en toute impunité »

- Les élections israéliennes ont reflété l’enracinement d’une extrême droite juive antidémocratique, raciste et décomplexée.

- Le gouvernement d'extrême droite en Israël, " une épreuve pour la démocratie "

- Israël : de retour au pouvoir, Netanyahou s’entoure d’alliés racistes et homophobes

- Israël. L’idée rance d’un homme fort pour la nation juive

Itamar Ben Gvir, condamné pour incitation à la haine et soutien à une organisation terroriste, devient officiellement ministre de la sécurité publique, aux côtés d’autres ministres xénophobes, racistes et homophobes

- Fruit d'un accord entre la droite et l'extrême-droite, Israël ne rejoindra finalement pas la Convention d'Istanbul sur les violences faites aux femmes.

- La Palestine assiégée : de la colonisation à l’apartheid

- Cisjordanie : Israël va légaliser neuf colonies

- Israël : la gauche atone en plein tournant illibéral

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5 août 2022 5 05 /08 /août /2022 13:35
Une proposition légitime de résolution du PCF assimilant Israël à " un régime d'apartheid " crée de hystérie au sein de la majorité gouvernementale LREM/RN/LR
Une proposition légitime de résolution du PCF assimilant Israël à " un régime d'apartheid " crée de hystérie au sein de la majorité gouvernementale LREM/RN/LR

Apartheid Israélien, il y a urgence à mettre fin au bal des Hypocrites... et en tout état de cause, « Critiquer l’exécutif israélien, ce n’est pas être antisémite »

 

Pour faire la clarté : L’apartheid est un terme afrikaans qui signifie « séparation » et désigne la politique dite " de développement séparé " instaurée par le Parti national afrikaner (NP) en 1948, dans une Union sud-africaine encore sous domination britannique[0].

A juste titre, la proposition de résolution du groupe parlementaire PCF #Nupes[1" condamne l'institutionnalisation par Israël d'un régime d'apartheid à l'encontre du peuple palestinien[0bis] " et veut faire reconnaître le boycott des produits israéliens par l'Assemblée nationale, avec le soutien de 38 députés PCF, PS et un écologiste et LFI de l'intergroupe #Nupes cosignateurs.

 

Les Palestiniens priés d’emprunter des bus différents des colons
Voilà qui justifie la résolution contre le régime d'apartheid israélien

 

Sources : Durand Eric  mis à jour le 11/08/2022

- Tout d'abord, pour expliquer l'agitation parlementaire, retour sur un concept non négociable " Non, antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes "... et pourtant remis en cause par la macronie

Tout part des propos de Manuel Valls (1er Ministre de François Hollande)[1bis], selon qui l’antisionisme est « tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël ». Prononcée le 7 mars 2016 lors du dernier dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des juifs de France)[2], organisme principalement consacré à la défense des gouvernements israéliens successifs auprès des autorités françaises,, cette accusation vise à faire peser un soupçon indistinct d’infamie sur les mouvements de solidarité avec les Palestiniens. et a été contestée, notamment par Pascal Boniface, Fondateur et directeur de l’Institut de recherches internationales et stratégiques (Iris)[2bis]

  • Et ils ne lâchent rien en la matière. Le 12 Novembre 2019 a été présenté à l’Assemblée nationale une résolution LREM visant à assimiler la critique du sionisme à un acte antisémite[3].
    • En réaction, 125 universitaires juifs lancent un appel à l’Assemblée Nationale : " Ne soutenez pas la proposition de résolution assimilant l’antisionisme à l’antisémitisme et approuvant la définition de l’IHRA "[4].
    • Le 3 décembre 2019, L'assemblée nationale adoptait la définition de l'antisémitisme de l'IHRA appelée « RÉSOLUTION MAILLARD (député LREM) [4bis] » (texte résolution n° 2403[5])... et dont le contenu fait débat. (Pour la Ligue des Droits de l'Homme, il s'agit d'UN TEXTE AMBIGU ET TRÈS CONTROVERSÉ[6]).
    • Précision : La résolution de l’Assemblée Nationale est un acte par lequel l’Assemblée émet un avis sur une question déterminée. Cette résolution est de faite, non contraignante mais constitue une restriction à la liberté d’expression, cela peut s’assimiler à un délit d’opinion[6].
    • Et aujourd'hui, dénoncer et combattre le régime d'apartheid israéliens ferait de nous des antisémites... nous ne céderons pas !

 

 

- C'est dans ce cadre que lors de la présentation de la résolution du PCF[1], le 2 août les masques sont définitivement tombés

En l'absence de majorité, dans un contexte socio-économique hyper tendu, ce 2 août, le gouvernement a abattu sa dernière carte face à l'opposition de gauche en la vouant aux gémonies de l'antisémitisme.

 

Ce fut d'abord le très sioniste soutien du gouvernement Netanyahou, M Habib[10] qui sonna la charge. Ses insultes auraient pu en " toucher une sans faire bouger l'autre ", tant l'homme est connu pour ces outrances pro israéliennes et islamophobes. Cependant, le garde des sceaux, qui au lendemain des législatives fut l'un des tous premiers à tendre la main à l'extrême droite, reprend à son compte les accusations. Puis Éric Dupond-Moretti qui a mis de l'huile sur le feu. Enfin ce fut au tour de Madame Borne, première ministre sans portefeuille ni pouvoir de tenter avec ses gros sabots de scinder l'opposition de gauche en déclarant que bien sûr PCF EELV et PS étaient dans le champ républicain tout en excluant LFI.

 

Dans cette ambiance particulièrement pesante où l'accusation d'antisémitisme est portée contre les députés et les partis de la NUPES, ce sont toutes les composantes de gauche que l’on veut délégitimer en les accusant d’antisémitisme. 

 

C'est ainsi que le député communiste Jean-Paul Lecoq, premier signataire de la résolution sur Israël[1] déposée par plusieurs élus de la Nupes, a vivement protesté. Et à l'initiative des députés de la France insoumise, la quasi-totalité des élus de gauche ont quitté l'hémicycle.

 

 

- Et c'est dans ce contexte que l'Union Juive Française pour la Paix dénonce : " l'Apartheid, le bal des Hypocrites[9] "
Selon elle (extrait), l’institutionnalisation de l’apartheid par Israël ne fait plus aucun doute pour les juristes internationaux, qu’ils opèrent dans les institutions officielles ou dans les grandes ONG...

  • Non, le crime d’apartheid ne se juge pas par l’identité de forme avec le régime imposé par le pouvoir blanc en Afrique du Sud[0], maintenant honni par tous quand il bénéficiait jusqu’à sa chute du soutien de bien des discoureurs d’aujourd’hui (notamment le soutien permanent d’Israël, soit dit en passant).
  • Oui par le refus du droit au retour des réfugiés, par les discriminations institutionnelles entre Juifs et Palestiniens en Israël même comme dans les territoires occupés, par le blocus de Gaza, Israël coche de nombreuses cases de l’énumération des caractéristiques d’un régime d’apartheid dans les différentes conventions internationales sur le crime d’apartheid.

 

Et le crime d’apartheid ne résume pas à lui seul tous les crimes de guerre et crimes contre l’humanité que commet Israël.

 

Nous avons déjà dénoncé la campagne de calomnies qui s’est immédiatement développée dès la publication de ce projet de résolution[1] : les défenseurs inconditionnels du sionisme, sans le moindre argument pour critiquer l’argumentation du projet de résolution, ont aussitôt brandi hors de toute décence l’argument de l’antisémitisme, dès lors que les fondements de la création d’Israël sont interrogés. Cette campagne d’une droite sioniste décomplexée (la LICRA, le CRIF, Goldnadel, Prasquier, Aurore Bergé, Sylvain Maillard, Meyer Habib[10]…) bénéficie du silence des autorités de l’État, occupées à recevoir avec les honneurs le commanditaire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, avant que cet après-midi même le Garde des Sceaux crée le buzz en relançant l’accusation inepte d’antisémitisme contre « l’extrême gauche ». Cette campagne se déroule au moment où précisément Israël est dans un temps fort de colonisation, notamment à Jérusalem Est, et dans un temps fort de discriminations légales visant à favoriser les expulsions et les départs des Palestiniens.

 

Cependant, nous devons dire un mot des critiques adressées au projet de résolution par ceux qui se veulent progressistes, mais veulent encore aujourd’hui protéger l’État d’Israël des accusations portées par le projet, en cherchant à tout prix et contre toute évidence à ne voir dans les crimes commis que le résultat des politiques des gouvernements de droite....

 

On voit le Centre Medem, faisant fi de ses origines antisionistes du Bund, dénoncer de même ce projet. Lui aussi fait semblant de croire que seul le régime sud-africain mérite le terme d’apartheid. Et il ose même reprocher au projet d’ignorer « (…) délibérément la participation active des citoyens arabes aux instances de la démocratie israélienne », faisant probablement référence au parti de la droite islamiste arabe un temps associé en roue de secours aux projets réactionnaires du gouvernement Bennett !

 

  • Non, la destruction des Juifs d’Europe n’autorise pas Israël à se parer de cette Histoire pour justifier d’être hors-la-loi commune. L’égalité des droits est un combat qui vaut pour toutes et tous. Il vaut pour ici comme pour là-bas. Nous le poursuivrons sans relâche.
Une proposition légitime de résolution du PCF assimilant Israël à " un régime d'apartheid " crée de hystérie au sein de la majorité gouvernementale LREM/RN/LR

Notes :

 [0L’apartheid est un terme afrikaans qui signifie « séparation » et désigne la politique dite " de développement séparé " instaurée par le Parti national afrikaner (NP) en 1948, dans une Union sud-africaine encore sous domination britannique

[0bisLes Palestiniens priés d’emprunter des bus différents des colons

[1Proposition de résolution de M. Jean-Paul Lecoq condamnant l'institutionnalisation par Israël d'un régime d'apartheid à l'encontre du peuple palestinien

[1bisManuel Valls

[2Dîner du Crif: pour Valls, «l'antisionisme est synonyme de l'antisémitisme»

[2bis] Fondateur et directeur de l’Institut de recherches internationales et stratégiques (Iris), Pascal Boniface publie un ouvrage pour répondre à ses détracteurs, parmi lesquels l’ancien premier ministre Manuel Valls, qui l’estampillent « antisémite » 

[3] PROPOSITION DE RÉSOLUTION visant à lutter contre l’antisémitisme

[4Sionisme et ainsi de suite… par Jean-Luc Mélenchon

[4bis] Le 28 mai 2019, le député Sylvain Maillard avait participé à une conférence aux côtés de Yossi Dagan, un leader militant des colons, qui préside une autorité de l’État Israélien en charge des colonies en Cisjordanie occupée.

[5Analyse du scrutin public n° 2338 sur la proposition de résolution visant à lutter contre l’antisémitisme

[6] DÉCRYPTAGE DE LA RÉSOLUTION DITE « RÉSOLUTION MAILLARD »

[9] Apartheid, le bal des Hypocrites

[10] Un député français (UDI) “porte-parole” de Benyamin Netanyahou à l’Assemblée nationale

 

Pour en savoir plus :

- Non, antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes

- Antisémitisme : en finir avec le poison de la rumeur par Manuel Bompard

- Dans un contexte particulièrement pesant où l'accusation d'antisémitisme est portée contre les députés et les partis de la NUPES, des communistes ont décidé de répondre à une tribune de Michel Onfray ciblant le PCF parue le 31 juillet dans le JDD.

- Corbyn n’est pas antisémite. Son vrai péché est de se battre contre l’injustice dans le monde, dont sa version israélienne.

- L’Afrique du Sud demande qu’Israël soit déclaré "État d’apartheid"

- Contre vents et marées, la résistance palestinienne, debout !

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 13:47
Poursuivons la mobilisation pour exiger la dissolution de la LDJ

- Au cours de l'été 2014 Israël lançait l'opération « Bordure protectrice », au cours de laquelle le nombre de civils palestiniens tués a atteint, un niveau sans précédent depuis la guerre des Six jours de juin 1967.

 

Alors qu'en France la mobilisation pour exiger qu'Israël cesse ses frappes sur Gaza s’amplifiait, la LDJ (Ligue de Défense Juive) multipliait les provocations et exactions.

 

Ainsi, suite au lancement de la campagne pour la dissolution de la Ligue de Défense Juive, par Jean-Jacques Candelier député communiste du Nord, le site qui accueillait la pétition "Wesign.it" subissait une attaque de grande ampleur et, les équipes techniques mobilisées peinaient pour garantir l'accès à la plateforme. 

 

Cette attaque par des soutiens de la Ligue de Défense Juive, confirmait la nécessité de se mobiliser contre ce groupuscule d'extrême droite qui sème la violence et cultive la haine. Pour exiger la dissolution de la Ligue de Défense Juive... une pétition était mise en ligne.

 

 

- Dans le même temps, pour la 7ème fois Facebook supprimait la page principale de la Ligue de Défense Juive, pour incitation à la haine et appel à la violence

Poursuivons la mobilisation pour exiger la dissolution de la LDJ

- Poursuivons l'action pour l'interdiction de la LDJ

Le 28 mars 2018, la LDJ (Ligue de Défense Juive) a chassé des représentants de la France Insoumise de la Marche Blanche organisée en hommage à Mireille Knoll aux cris sexistes et homophobes de : « Autain sale pute », « Insoumis enculés », « Mélenchon pédé »… Le groupuscule a ensuite participé au service d'ordre de madame Le Pen. La LDJ a ainsi récupéré et entaché – avec violence – cette manifestation organisée en l’honneur d’une personne décédée à laquelle le fils de madame Knoll avait pourtant invité « tout le monde » à participer pacifiquement.

 

La LDJ est une organisation d’extrême droite, branche française d’un mouvement créé aux Etats-Unis où il est classé depuis 2001 comme « organisation terroriste ». En Israël même, la Ligue est interdite depuis 2004, année où l’un de ses membres assassina 29 Palestiniens et blessa 125 personnes. En France, le groupuscule s’est fait maintes fois remarquer pour ses agressions et a déjà été condamné.

 

À l’heure actuelle, la LDJ jouit d’un statut flou qui ne l’empêche pas de s’en prendre à des élu-e-s du peuple et d’imposer sa propre marche brune au sein d’une Marche Blanche. Rappelons également que les propos sexistes et homophobes susmentionnés sont passibles de poursuites. Aussi, nous demandons à l’État d’agir en interdisant purement et simplement cette organisation criminelle, en bloquant les dons qui lui sont faits et en réprimant ses militants.

 

- Exigeons que l’État agisse en interdisant purement et simplement cette organisation criminelle

 

 

- Ligue de défense juive : milice ou bullshit ?

Bullshit est une expression d'anglais américain qui signifie littéralement « merde de taureau » ou « merde de bison », elle est l'équivalent de « foutaise », « connerie ». Elle sert à dénoncer un mensonge ou une exagération et la traduction la plus juste serait « c'est des conneries » dans la plupart des cas.

 

Le Média reçoit le fondateur de StreetPress qui s'est immergé avec la LDJ pour une enquête disponible sur leur site. Un entretien passionnant.

- En 2014, déjà des révélations explosives sur la LDJ

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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 15:44
Pascal Boniface : « Critiquer l’exécutif israélien, ce n’est pas être antisémite »

Fondateur et directeur de l’Institut de recherches internationales et stratégiques (Iris), Pascal Boniface publie un ouvrage pour répondre à ses détracteurs, parmi lesquels l’ancien premier ministre Manuel Valls, qui l’estampillent « antisémite ».

 

Sources : L'Humanité entretien réalisé par Pierre Barbancey

-

L'Humanité : Vous vous estampillez « antisémite » en titre de votre dernier livre. C’est tout de même grave. Pourquoi ?

Pascal Boniface : Comme le montre la couverture du livre, je suis, pour certains, tamponné « antisémite ». C’est une accusation particulièrement grave qui m’a pénalisé personnellement, professionnellement, qui a également atteint ma famille. Pourtant, personne n’a jamais pu citer un seul de mes propos ou de mes écrits qui justifierait cela. Sinon, je me serais retrouvé devant la justice. Il y a des lois en France qui encadrent très sévèrement les propos antisémites et les propos racistes. C’est ce paradoxe que j’essaie d’expliquer dans ce livre. Autre source d’interrogation, les grands médias n’ont jamais essayé d’entamer une réelle réflexion par rapport à ces accusations. Récemment encore, Manuel Valls a demandé que les ministères cessent tout contact avec l’Iris. C’est pourtant un « think tank » que je dirige, qui emploie trente salariés et qui est reconnu au niveau international. De tels propos de la part d’un ancien premier ministre auraient dû interpeller les médias sur la liberté d’expression. Si un ministre russe avait osé une telle demande, il y aurait eu une levée de boucliers contre une telle ingérence dans le débat public. Là, ce n’est pas le cas. Même Marianne, magazine qui a posé la question, n’a pas relevé cela. Il y a donc le fait que ce procès injustifié qui m’est fait n’a jamais suscité le désir d’une enquête approfondie.

 

 

-

L'Humanité : Est-ce que ces accusations formulées contre vous depuis seize ans se posent de la même manière aujourd’hui ? N’est-ce pas la moindre critique de la politique israélienne qui est ainsi remise en cause et taxée d’antisémitisme ?

Pascal Boniface : Il existe une sorte d’assimilation de la part de certains entre antisémitisme et antisionisme. Ils prônent la liberté de critiquer le gouvernement israélien mais cette liberté serait contestable puisque tous ceux qui émettent des critiques, s’ils ne sont pas Israéliens, seraient des antisémites. Depuis quelque temps s’installe un autre phénomène. Ceux qui plaident pour la fin de la discrimination à l’égard des musulmans, exprimant le vœu que ces derniers puissent s’exprimer en tant que tels, sont taxés de pro-islamistes, de faire de l’antisémitisme.

 

 

-

L'Humanité : Pourquoi de telles attaques aujourd’hui ? Est-ce pour empêcher tout débat ou pour clouer au pilori toute critique de la politique israélienne ?

Pascal Boniface : Lors des premières attaques contre moi, en 2001, certains ont pensé que c’était passager. Or, ça s’est amplifié. La raison ne l’a pas emporté. Les accusations d’antisémitisme sont encore plus importantes aujourd’hui qu’à l’époque. La critique s’adresse maintenant à toute personne qui se lève pour dénoncer la politique du gouvernement israélien. Elle est profondément enracinée, devenue presque un réflexe conditionné justement parce que le gouvernement israélien est de plus en plus critiquable et que le soutien à cette politique est de moins en moins défendable. J’entends les dénonciations de la présence de l’extrême droite au sein du gouvernement autrichien. Mais l’extrême droite est encore plus présente au sein du gouvernement israélien. Et personne ne soulève le problème.

 

Certains ministres israéliens ont fait des déclarations ouvertement racistes qui seraient condamnées en France. Or, ces propos ne sont pas dénoncés. Il existe une gêne et donc il faut trouver un bouc émissaire. Dans la mesure où il est de plus en plus difficile de soutenir l’occupation, pour le gouvernement israélien, il est plus aisé de faire croire que les critiques ne sont pas émises pour des raisons politiques mais par antisémitisme. C’est également une façon d’empêcher le débat.

 

 

-

L'Humanité : Vous allez jusqu’à penser qu’il existe un problème de libertés publiques ?

Pascal Boniface : Oui. On le voit bien avec les multiples demandes d’interdiction de débats, de meetings… Une sorte de terrorisme intellectuel est à l’œuvre. On veut faire peur aux gens. De fait, beaucoup de mes collègues universitaires ou certains journalistes disent que sur le conflit israélo-palestinien ils pensent comme moi mais ne le diront pas publiquement. C’est vrai aussi pour des femmes et des hommes politiques. Il faudrait un débat sur les raisons de ce chantage qui est dangereux parce qu’il banalise l’antisémitisme. Si la critique du gouvernement israélien est antisémite, on voit bien qu’on se trompe de cible. Je dis souvent à mes interlocuteurs que, dans la lutte contre l’antisémitisme, je suis leur allié, mais par contre je ne le suis pas dans la protection de l’actuel gouvernement israélien. Pour eux, la protection du gouvernement israélien devient plus importante que la lutte contre l’antisémitisme puisqu’on me traite en ennemi. L’occupation d’un territoire par un pays était difficilement acceptable au XXe siècle, elle l’est encore moins au XXIe.

 

- Par : Pascal Boniface

Éditions : Max Milo | éditions

ISBN :  978-2-31500-824-7

Pagination : 208

Format : Broché

Dimensions : 15cm X 21cm

Disponibilité : chez l'éditeur Max Milo | éditions

Prix papier TTC : 18 €

 

Pour en savoir plus :

- Non, antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 08:32
Alerte : non, antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes !

N'en déplaise à Macron, l’antisionisme n'est pas la forme moderne de l’antisémitisme !

Novembre 2023 : le Sénat français s’apprête à examiner une proposition de loi visant à réprimer pénalement « l’antisionisme »[4].

 

En 2016, selon Manuel Valls, l’antisionisme est « tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël ». Prononcée le 7 mars lors du dernier dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des juifs de France), organisme principalement consacré à la défense des gouvernements israéliens successifs auprès des autorités françaises, cette accusation vise à faire peser un soupçon indistinct d’infamie sur les mouvements de solidarité avec les Palestiniens.

Aujourd'hui, le projet apparaît incompatible avec les engagements internationaux de la France résultant en particulier de la Charte des Nations Unies de 1945, des conventions de Genève de 1949 et des autres instruments du droit international humanitaire, et de toutes les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les droits du peuple palestinien (dont les résolutions 194, 273, 2443).

 

 

Source : le Grand Soir par Michel Rony BRAUMAN[2] le 07/12/2023

- En 2016, selon Manuel Valls, l’antisionisme est « tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël ».

Prononcée le 7 mars lors du dernier dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des juifs de France), organisme principalement consacré à la défense des gouvernements israéliens successifs auprès des autorités françaises, cette accusation vise à faire peser un soupçon indistinct d’infamie sur les mouvements de solidarité avec les Palestiniens... voire à les criminaliser, comme on le constate avec la pénalisation des appels au boycott des produits israéliens en provenance des territoires occupés.

 

 

- Passons sur le fait qu’il est permis – et même valorisé – dans notre pays d’appeler à la guerre (en Irak, au Darfour, en Syrie, en Libye) mais illicite de protester par un boycott de consommation contre une politique coloniale.

Intéressons-nous plutôt aux rapports entre sionisme et antisémitisme, en nous souvenant en premier lieu que la majorité des juifs du monde, et notamment les Français, furent opposés au sionisme jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale et que même alors, la majorité des juifs d’Europe ne choisit pas la Palestine après la shoah. Pas plus que les juifs russes fuyant les pogroms à la fin du XIXe siècle, dont seul 1 % se rendit en « Terre promise ».

 

Quant aux juifs français engagés dans le soutien au capitaine Dreyfus, tous ne suivirent pas Théodore Herzl, fondateur du sionisme, qui fit de ce procès inique le déclencheur de son projet national. Lorsque Herzl affirmait que l’affaire Dreyfus marquait l’échec du modèle républicain d’intégration des juifs, d’autres voyaient dans le foyer national juif un « piège tendu par l’antisémitisme »[3]. Et c’est dans une logique tout impériale que Lord Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères lui apporta son soutien en novembre 1917, durant la Première Guerre mondiale.

 

 

- Que l’on puisse sans contradiction être prosioniste et antisémite devrait tomber sous le sens, puisqu’il s’agissait, dès l’origine, de débarrasser l’Europe de ses juifs, projet commun des uns et des autres avant que surgisse la folie hitlérienne.

La dimension biblique comptait dans ce soutien, les courants évangéliques anglais de l’époque, comme leurs homologues contemporains aux Etats-Unis, voyant dans le rassemblement des juifs en Palestine l’actualisation du récit de l’ancien testament et le prélude à l’avènement du Messie.

 

Les plus fervents et les plus radicaux des défenseurs d’Israël en toutes circonstances se recrutent d’ailleurs parmi ces évangéliques américains, lesquels véhiculent les plus classiques des stéréotypes antisémites tout en soutenant les plus durs des colons israéliens. L’avenir qu’ils réservent aux juifs laisse songeur quant aux alliances de l’Etat hébreu : selon l’interprétation évangélique de la Bible, les juifs devront en effet se convertir ou périr lors du Jugement dernier hâté par leur regroupement en Palestine.

 

 

- On peut certes être antisioniste par haine des juifs, qui pourrait le nier ?

Mais on peut n’être pas moins antisémite et un sioniste ardent, ce que notre Premier ministre semble ignorer. Estimer que la création d’Israël fut une décision funeste, y compris pour les juifs, relève de la liberté d’opinion, au même titre que l’opinion contraire. Telles sont, stricto sensu, les significations des mots antisioniste et sioniste. Les deux positions, regards opposés mais également légitimes sur un événement historique, peuvent se nourrir de l’antisémitisme, comme elles peuvent y être totalement étrangères.

 

Les saisies de terres, destructions de maisons, emprisonnements administratifs, extensions de colonies, voilà ce qui nourrit aujourd’hui la critique d’Israël et de sa politique du fait accompli. Si le sionisme historique est pluriel, sa forme contemporaine est monocolore, largement sous le contrôle des colons. Et l’antisionisme est pour beaucoup une simple opposition à la stratégie d’occupation des territoires palestiniens et aux exactions qui l’accompagnent.

 

Voilà ce que cherche à masquer le Crif, principal porte-voix du gouvernement israélien en France, désormais détrôné, en 2016 dans ce rôle par le Premier ministre (NDLR : rejoint en 2023 par le Sénat français qui s’apprête à examiner la proposition de loi n°21 d’un groupe de sénateurs visant à réprimer pénalement « l’antisionisme »[4]).

 

Notes :

[2]Rony Brauman est un ancien président de Médecins sans frontières, professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris.

[3] Voir l’article de Gilles Manceron, « Au croisement de trois histoires : antisémitisme, sionisme et droits des Palestiniens », Collectif Trop, c’est trop, 9 mars 2016.

[4Novembre 2023 : le Sénat français s’apprête à examiner une proposition de loi visant à réprimer pénalement « l’antisionisme ».

 

Pour en savoir plus :

- Pascal Boniface : « Critiquer l’exécutif israélien, ce n’est pas être antisémite »

- Sionisme et ainsi de suitepar Jean-Luc Mélenchon

- le CRIF (Ceux qui parlent au nom des Juifs de France - De la clandestinité aux feux médiatiques)

- DÉCRYPTAGE DE LA RÉSOLUTION DITE « RÉSOLUTION MAILLARD » adoptée le 03 décembre 2019.

- Décembre 2023 aux USA. La Chambre des représentants déclare que l'antisionisme est de l'antisémitisme avec seulement 14 voix contre (Article originel : The House of Representatives Rules That Anti-Zionism Is Antisemitism)

 

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 09:55
Ben White : Être Palestinien en Israël

Ce livre démolit de façon convaincante le mythe d’Israël “seule démocratie” du Moyen-Orient. Comme le montre Ben White, le traitement des Palestiniens en Israël est la preuve ultime qu’Israël est tout sauf démocratique.

 

Sources : La Guillotine

Je suis heureux de vous proposer sa deuxième publication des éditions La Guillotine. Après Europe-Israël : Une alliance contre-nature de David Cronin, traitant des relations ambivalentes entre l’Europe et Israël, cette fois il s’agit d’une investigation abordant un autre sujet peu éclairé. Alors que les Palestiniens en Israël s’imposent comme une composante incontournable de la réflexion politique et de l’action pour libérer la Palestine de l’apartheid et de la domination militaire sionistes, aucun livre en français n’expose systématiquement le régime de discrimination légalisée auquel ils sont soumis depuis la proclamation d’Israël. Or, le livre écrit par Ben White[1] comble largement ce déficit d’information.


La découverte du premier ouvrage de La Guillotine a amené Jean-Pierre Bouché de la Campagne BDS France (Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël jusqu’à ce qu’il respecte les droits fondamentaux du peuple palestinien) à me proposer la traduction de celui-ci. Cette publication est le résultat d’un dialogue permanent avec lui.

 

Ce livre traite d’une question clé ignorée par le “processus de paix” officiel et par les commentateurs les plus influents : celle de la minorité palestinienne à l’intérieur d’Israël. Malgré sa considérable population palestinienne en pleine croissance, ce pays se définit, non comme un État de ses citoyens, mais comme un État juif. White démontre que l’insistance à privilégier constamment un groupe ethnoreligieux sur un autre n’est pas compatible avec les valeurs démocratiques. à moins d’y remédier, cette politique ne peut que saper toute tentative de trouver une paix durable.Ce livre démolit de façon convaincante le mythe d’Israël “seule démocratie” du Moyen-Orient. Comme le montre Ben White, le traitement des Palestiniens en Israël est la preuve ultime qu’Israël est tout sauf démocratique.

 

- Par : Ben White

Éditions : La Guillotine

Nombre de pages : 160 p.

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur La Guillotine ou chez

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http://www.bdsfrance.org/

Dépot légal : mai 2015
Prix TTC : 10,00 €

 

Note :

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[1] Ben White est un journaliste dont les travaux ont été publiés dans The Guardian, The New Statesman, Al Jazeera et The Electronic Intifada. Il est l’auteur de Israeli Apartheid (Pluto Press, 2009).

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 09:09
Infographie : Idé

Infographie : Idé

La politique de Benyamin Netanyahou a un mérite : elle produit des résultats. Au fil des semaines, les colonies s’agrandissent, ancrant toujours davantage dans le paysage la marque de la domination d’un peuple sur un autre. Rien à négocier, et Tzipi Hotovely, la vice-ministre des Affaires étrangères, l’a dit tranquillement sur le ton de l’évidence : « Le monde doit réaliser que la Judée-Samarie restera sous la souveraineté de facto d’Israël. Ceci n’est pas une monnaie d’échange et ne dépend pas de la bonne volonté des Palestiniens. C’est la terre de nos ancêtres. »
 
Dans la cadre de cette politique, l'eau est aussi une arme qui s'ajoutant  aux privations dont son l'objet les palestiniens alimente la marche vers une 3e intifada.
 
Source : l'Humanité par Françoise Germain Robin | mis à jour le 22 octobre 2019
- En privant les Palestiniens du minimum vital en eau potable, 
Israël utilise une ressource inaliénable comme arme de guerre.

Dans un rapport parlementaire rendu public en 2012[1], le député socialiste Jean Glavany avait utilisé le terme « apartheid » pour caractériser la façon dont sont gérées les ressources dont disposent les deux populations d’Israël et de la Palestine. L’expression avait provoqué les foudres d’Israël. Elle décrit pourtant bien une situation qui n’a fait que s’aggraver depuis, notamment à Gaza avec les destructions de l’été 2014 et le renforcement du blocus. Les chiffres cités par ce rapport sont implacables : 2,3 millions de Palestiniens n’ont droit qu’à 70 millions de m3 par an, contre 222 millions de m3 pour les colons israéliens, qui sont moins d’un demi-million en Cisjordanie. Autrement dit, l’eau des nappes phréatiques de la Cisjordanie est littéralement volée au profit des colons, mais aussi des autres citoyens israéliens dont la consommation quotidienne se situe entre 270 et 400 litres par jour, contre 50 à 70 litres pour les Palestiniens, alors que l’OMS estime à 100 litres par jour le minimum vital. L’expert israélien des Amis de la Terre Moyen-Orient, Gidon Bromberg, le reconnaît : « Israël ne partage pas l’eau de façon équitable avec les Palestiniens. » Il donne cette explication : « Les Israéliens vivent à l’occidentale alors que les conditions climatiques devraient leur faire adopter des comportements plus adaptés à l’aridité du climat. » Il souligne aussi que les accords signés en 1995 (Oslo 2) sur le partage de l’eau étaient provisoires et n’ont pas été actualisés du fait de l’échec du processus de paix.

 

Une explication un peu courte quand on sait que, depuis sa création, Israël a tout fait, et surtout des guerres, pour s’accaparer les ressources aquifères de la région : en Syrie, avec l’occupation du Golan et de ses sources ; au Liban, où les incursions multiples visaient le fleuve Litani ; en Cisjordanie, où se trouve la principale nappe aquifère, le Jourdain et la mer Morte, surexploités et dont les rives ouest ont été accaparées, les Palestiniens n’y ayant même plus accès.

 

Yasser Arafat nous disait, à propos des négociations avec les dirigeants israéliens, du temps où les accords d’Oslo étaient encore de ce monde : « Ce qui est extraordinaire avec eux, c’est qu’ils vous volent votre voiture et après ils vous proposent de discuter pour vous vendre une roue. » C’était l’époque où Ariel Sharon disait aux jeunes aspirants colons : « Prenez les collines et contrôlez les sources. » À lire l’interview du ministre palestinien de l’Eau, Mazen Ghoneim (voir ci-contre), on voit qu’Israël applique toujours la même stratégie : après avoir accaparé la quasi-totalité des ressources en eau de la Palestine occupée, l’Autorité israélienne de l’eau vend le précieux liquide aux Palestiniens qui sans cela mourraient de soif. Notamment à Gaza où les bombardements de l’an dernier ont détruit les réseaux de distribution, la station d’épuration et les réservoirs installés sur les toits des immeubles.

 

Depuis 1967 d’ailleurs, la question de l’eau est une affaire militaire en Israël. Et il est vrai qu’elle revêt un aspect stratégique dans tous les pays qui souffrent de pénurie chronique, ce qui est le cas général au Moyen-Orient – à l’exception de la Turquie qui, maîtrisant les deux principaux fleuves, le Tigre et l’Euphrate, n’hésite pas à jouer de ce moyen de pression.

 

Peut-on espérer que les vastes projets de désalinisation de l’eau de mer entrepris par Israël ces dernières années aboutissent un jour à une détente sur le front de l’eau ? Quatre usines de désalement ont déjà été construites, dont la plus grande du monde à Sorek, au sud de Tel-Aviv. Mais elles ne fournissent que 20 % des 2 milliards de m3 consommés chaque année et on prévoit que ces besoins auront doublé d’ici dix ans ! La Banque mondiale, visiblement plus encline à parier sur Israël que sur la Palestine, a débloqué un demi-million de dollars en juillet dernier pour aider Tel-Aviv à « développer ses techniques de pointe dans le domaine ».

 

Note :

[1] Le rapport a été remis en décembre par le député français, mais c'est plus d'un mois après sa publication, avec la traduction de certains passages dans la presse israélienne, qu'il provoque un tollé en Israël

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

- Israël-Palestine : le rapport français explosif sur la question de l'eau

- Sébastien Boussois : "L’accord mer Morte : vrai projet ou cache-sexe ?"

- Mazen Groneim : « On se contente de gérer au mieux la pénurie »

Mais aussi :

- Israël-Palestine se résigner et attendre l’embrasement ?

- Tensions exacerbées en Cisjordanie

- Israël et la Palestine au bord du gouffre

- Regard d’une thérapeute palestinienne de Jerusalem-Est

- Israël: Nétanyahou s’engage à annexer la vallée du Jourdain

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 08:24
Le génocide (au moins sociocide*) des Palestiniens franchit une étape supplémentaire

 

Source :  Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées le 22 octobre 2015

- C - Israël/Palestine, et la désinformation dans les médias français

La manière dont les médias en France désinforment sur ce qu’il est en train de se passer en Palestine occupée est extrêmement préoccupante.

 

L’Agence Média Palestine a publié dans le Plus du Nouvel Observateur ce billet de Michèle Sibony pour dénoncer cette désinformation, et l’analyser.

 

"Que signifie l’énoncé brut des faits ? On peut penser qu’il ne signifie rien justement. Pourtant, cette absence est signifiante en elle-même.

 

Ce qu’elle dit d’abord et avant tout : "il n’y a rien à comprendre, nous sommes devant des violences gratuites". Le citoyen en déduit qu’ils s’entre tuent, point. Il n’y a donc rien à penser pour l’auditeur ou le téléspectateur, renvoyé à sa seule opinion, comme les Palestiniens et les Israéliens semblent l’être eux aussi dos à dos.

 

Mais – et c’est là le plus vicieux de la méthode car il s’agit bien d’une méthode, déjà éprouvée avec la crise syrienne à ses débuts –, ne pas donner à penser, c’est jouer la carte du dominant."

 

 

- B - 46 palestiniens, dont 10 enfants, tués depuis le 1er octobre

Le Ministère palestinien de la Santé déclarait lundi 19 octobre 2015 que le nombre de Palestiniens, tués par des tirs israéliens depuis le début du mois, a atteint le chiffre de 45, dont 10 enfants, ainsi qu’ un prisonnier politique mort faute de soins médicaux.

 

Le Ministère a dit que le plus jeune Palestinien assassiné avait 16 mois, que huit enfants ont été tués en Cisjordanie et deux dans la bande de Gaza.

 

Il a déclaré que 31 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée et à Jérusalem et 14 dans la Bande de Gaza, dont une mère et son nourrisson, ainsi qu’ un jeune homme dans la zone de Houra, dans le Néguev.

 

Quant aux Palestiniens blessés, le Ministère a dit que 1850 ont été atteints par des tirs à balles réelles et par des balles d’acier enrobées de caoutchouc, certains ont souffert de brûlures et d’autres ont été battus et agressés par des soldats et des colons, tandis que plus de 3500 ont souffert de l’inhalation de gaz lacrymogènes.

 

  • 410 Palestiniens ont reçu des tirs à balles réelles, 700 des balles d’acier enrobées de caoutchouc ; 160 ont été agressés par des soldats et des colons, et dix autres ont souffert de brûlures.
  • 290 Palestiniens ont reçu des tirs à balles réelles dans la Bande de Gaza, et 70 des balles d’acier enrobées de caoutchouc, tandis que des dizaines ont souffert des effets de l’inhalation de gaz lacrymogènes.

 

Le Ministère a déclaré que le grand nombre de Palestiniens atteints à balles réelles signifie clairement que l’armée d’Israël a recours à une force létale contre les Palestiniens.

 

Par ailleurs, les soldats ont mené 136 attaques contre des équipes médicales depuis le début du mois, blessant 165 membres du corps médical, tandis que 39 ambulances ont été frappées par des bombes de gaz et des grenades percutantes, et les soldats ont arrêté et retardé 32 fois des ambulances qui essayaient de transporter ou de ramasser des Palestiniens blessés.

 

Nom de ces personnes tuées par l’armée israélienne en octobre :

 

Cisjordanie et Jérusalem : Bande Gaza :

1. Mohannad Halabi, 19 ans, al-Bireh – Ramallah - 2. Fadi Alloun, 19ans, Jérusalem - 3. Amjad Hatem al-Jundi, 17 ans, Hébron - 4. Thaer Abu Ghazala, 19 ans, Jérusalem - 5. Abdul-Rahman Obeidallah, 11 ans, Bethléem - 6. Hoteifa Suleiman, 18 ans, Tulkarem - 7. Wisam Jamal, 20 ans, Jérusalem - 8. Mohammad al-Ja’bari, 19 ans, Hébron - 9. Ahmad Jamal Salah, 20 ans Jérusalem - 10. Ishaq Badran, 19 ans, Jérusalem - 11. Mohammad Said Ali ; 19 ans, Jérusalem - 12. Ibrahim Ahmad Mustafa Awad, 2 ans, Hébron - 13. Ahmad Abedullah Sharakka, 13 ans, camp de réfugiés d’Al Jelazoun – Ramallah - 14. Mostafa Al Khateeb, 18 ans, Sur-Baher – Jérusalem - 15. Hassan Khalid Manassra, 15 ans, Jérusalem - 16. Mohamed Nathmie Shamassnah, 22 ans, Kutneh – Jérusalem - 17. Baha’ Elain, 22 ans, village de Jabal AlMokaber – Jérusalem - 18. Mutaz Ibrahim Zawahra, 27 ans, Bethléem. Touché la poitrine à balles réelles pendant une manifestation - 19. Ala’ Abu Jammal, 33 ans, Jérusalem - 20. Bassem BassamSidr, 17 ans, Hébron - 21. Ahmad Abu Sh’aban, 23 ans, Jérusalem - 22. Ibraheem Dar-Youssif, 46 ans, village d’Al Janyia Ramallah (tué alors qu’il ramassait ses olives) - 23. Fadi Al-Darbi, 30 ans, Jénine – mort dans un camp de détention israéliens - 24. Eyad Khalil Al Awawdah, 26 ans, Hébron - 25. Ihab Hannani, 19 ans,Naplouse - 26. Fadel al-Qawasmi, 18 ans, Hébron - 27. Mo’taz Ahmad « ’Oweisat, 16 ans, Jérusalem - 28. Bayan Abdul-Wahab al-’Oseyli, 16 ns, Hébron - 29. Tariq Ziad an-Natsah, 22 ans, Hébron - 30. Omar Mohammad al-Faqeeh, 22 ans,, du village de Qotna - 31. Mohannad al-’Oqabi, 21 ans, Neguev - 32. HodaMohammad Danweesh, 65 ans, Jérusalem.

33. Shadi Hussam Doula, 20 ans - 34. Ahmad Abdul-Rahman al-Harbawi, 20 ans - 35. Abed al-Wahidi, 20 ans - 36. Mohammad Hisham al-Roqab, 15 ans - 37. Adnan Mousa Abu ‘Oleyyan, 22 ans - 38. Ziad Nabil Sharaf, 20 ans - 39. Jihad al-’Obeid, 22 ans -40. M arwan Hisham Barbakh, 13 ans - 41. Khalil Omar Othman, 15 ans - 42. Nour Rasmie Hassan, 30 ans - 43.  Rahah Yahhya Hassan, 2 ans – tuée avec sa mère dans une attaque aérienne - 44. Yihya abdul-Qader Farahat, 24 ans - 45. Shawqie Jaber Obed, 37 ans - 46. Mahmoud Hatem Hameeda, 22 ans

 

 

- A - Le gouvernement israélien seul responsable de la montée des tensions (Parti de Gauche)

Depuis des mois, les colons israéliens et l’extrême droite israélienne multiplient les intrusions sur l’esplanade des mosquées avec la protection de l’armée israélienne. Ces provocations, ajoutées à des actes de terreur comme l’incendie criminel du 31 juillet qui a provoqué la mort d’un bébé palestinien et de ses parents, suscitent la colère légitime de la part des Palestiniens, sous occupation militaire depuis 50 ans et confrontés, entre autres, à la croissance constante de la colonisation. Comment s’étonner, devant cette absence de perspective politique, que certains d’entre eux cèdent, hélas, à la vengeance personnelle ?

 

Le Parti de Gauche condamne les provocations encouragées par le gouvernement israélien de droite et d’extrême-droite. Il réclame la fin sans condition de toutes les violations du droit international commises par Israël. Il réaffirme le droit des Palestiniens à l’autodétermination, et à la pleine jouissance de leurs droits nationaux. Il appelle à la reconnaissance par la France de l’Etat de Palestine et au soutien du mouvement mondial de Boycott-Désinvestissement-Sanctions, moyens les plus adaptés pour peser sur la politique de l’Etat d’Israël.

 

Pour appeler à ce que la France reconnaisse enfin l’Etat palestinien, le collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens (dont le Parti de Gauche est membre), invite tous les démocrates épris de paix et de justice à participer à la journée d’action nationale et décentralisée qu’il organise le 10 octobre 2015. Pour Paris, le rendez-vous est donné samedi 10 octobre à 14h Place de la République, et le Parti de Gauche sera représenté par Danielle Simonnet, conseillère de Paris, Mickael Musto et Martine Sevegrand, groupe Palestine du Parti de Gauche.

 

Note

* La politique israélienne envers le peuple palestinien : un sociocide

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

- le site de l'Association France Palestine Solidarité

- UNESCO : Israël sommé de respecter les sites palestiniens, la France s'abstient lors du vote

- Selon Netanyahu, “Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs”

  • C) Israël/Palestine, et la désinformation dans les médias français
  • B) 46 palestiniens, dont 10 enfants, tués depuis le 1er octobre
  • A) Le gouvernement israélien seul responsable de la montée des tensions (PG)
Le génocide (au moins sociocide*) des Palestiniens franchit une étape supplémentaire
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Rédacteur

  • Pour une Révolution citoyenne par les urnes
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT  de 1978 à 2022.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.

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