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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 14:57
Susan George : “La mobilisation contre le traité transatlantique est difficile à cause du secret”

La militante altermondialiste[1] monte au front contre le TTIP, ou Tafta. Fin du principe de précaution, tribunaux privés… selon elle, ce traité fait peser des menaces sur la démocratie, l'écologie et le social en Europe.


Sources : Télérama.fr propos recueillis par Vincent Remy - Télérama n° 3364 le

Illustration de Jochen Gerner pour Télérama

C'est un des rares éléments positifs des élections européennes : les citoyens de la Communauté ont subitement découvert qu'une commission en fin de mandat négociait depuis un an un traité de libre-échange avec les Etats-Unis. Le TTIP ou Tafta, selon ses sigle et acronyme anglais, déterminera les futures normes du commerce international. L'omniprésence des multinationales dans les coulisses des négociations laisse craindre une « harmonisation » par le bas et une gestion des conflits par une justice privée. C'est la conviction de l'écrivaine franco-américaine Susan George, fondatrice d'Attac et plus récemment, avec Pierre Larrouturou, du parti Nouvelle Donne. A 79 ans, cette grande militante altermondialiste continue de monter au front. Elle analyse ici les menaces qui, selon elle, pèsent sur la démocratie.

 

 

- Télérama.fr : Le débat sur le TTIP-Tafta a émergé pendant la campagne des élections européennes. C'est un début de fonctionnement démocratique, non ?
Susan George : Qu'on débatte ou non, ces négociations restent antidémocratiques, parce que personne ne dispose des textes, pas même les députés européens. Nous ne pouvons délibérer qu'à partir d'hypothèses. Or, seuls les députés de la Commission du commerce international sont informés de temps à autre par le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, qui leur dit ce qu'il veut bien leur dire. A l'issue de chaque cycle de négociations, nous ne savons pas ce qui a été discuté, ces gens ne sont comptables de rien, c'est secret, et une fois le traité signé, il sera irréversible.

 

 

- Télérama.fr : Cela fait plus d'un an que les négociations ont commencé. Pourquoi le débat public n'a-t-il pas émergé plus tôt ?
Susan George : Déjà, avec l'AMI, l'Accord multilatéral sur l'investissement négocié secrètement entre 1995 et 1998 par les vingt-neuf pays de l'OCDE, nous avions eu beaucoup de mal à mettre le débat sur la table. La mobilisation est difficile à cause du secret, mais aussi parce que les médias considèrent que ces accords, « c'est trop compliqué pour les gens ». Et, de fait, dans les détails, c'est compliqué. Mais je peux démontrer, dans les grandes lignes, que ce projet de traité constitue un assaut frontal contre les pouvoirs législatif et judiciaire de tous les pays d'Europe. Un gouvernement qui voudra légiférer sur l'alimentation, la médecine, l'environnement, le social, pourra être attaqué devant des tribunaux privés par une entreprise estimant que ses profits actuels, ou même futurs, sont entamés par ces mesures.

 

“La régulation à l'américaine est fondéesur l'après-coup, et sur les procès.”

 

 

 

 

- Télérama.fr : Pourquoi l'Europe et les Etats-Unis négocient-ils aujourd'hui ?
Susan George : C'est une histoire de vingt ans. Ce traité pour la libéralisation des échanges est préparé depuis 1995 par les entreprises transnationales de part et d'autre de l'Atlantique. Il y a d'abord eu le Transatlantic Business Dialog, soixante-dix entreprises réunies secteur par secteur, automobile, aéronautique, chimie, dans le but « d'harmoniser » les normes, selon leurs mots. En Europe, BusinessEurope, dont Ernest-Antoine Seillière a été le président, est aussi très efficace. Et n'oublions pas la Table ronde des industriels européens, composée des PDG des compagnies les plus puissantes, qui ont apporté très souvent des plans à la Commission européenne. C'est beaucoup plus qu'un lobby, chacun de ces grands patrons peut avoir accès à tout instant au plus haut niveau politique. Ce que veut la Table ronde, c'est la « régulation » des échanges et des tribunaux d'arbitrage.

 

 

- Télérama.fr : Qu'entend-on par « régulation » ?
Susan George : Les Américains considèrent que nos méthodes sont antiscientifiques. En Europe, lorsqu'on a un doute raisonnable sur la nocivité d'un produit, on applique le principe de précaution. On l'a fait pour les OGM et certains pesticides. Mais les Américains considèrent que notre refus des OGM et des pesticides est une offense quasi criminelle. C'est cela qu'ils veulent changer. Ils veulent « réguler », c'est-à-dire, en fait, harmoniser par le bas. Eux aussi font de la régulation, ils ont des bureaux pour ça, pour chaque secteur industriel, mais en l'absence de preuve absolue de la nocivité d'un produit, ils laissent courir. Leur philosophie, c'est : s'il y a des dégâts, il y aura des litiges, et à travers ces litiges, on pourra éventuellement renforcer les régulations. Dans la pratique, General Motors a fini par rappeler un million de véhicules après un bon nombre d'accidents mortels. Une coalition de victimes d'accidents a obtenu des tribunaux qu'on réexamine les voitures. La régulation à l'américaine est fondée sur l'après-coup, et sur les procès.

 

Illustration de Jochen Gerner pour Télérama

 

 

- Télérama.fr : Comment savez-vous que ces questions sont en jeu dans les négociations du traité ?
Susan George : Soixante-quatre grandes fédérations de producteurs agricoles américains ont demandé à leurs négociateurs « un chapitre ambitieux fondé sur la science », ils veulent qu'on mette fin aux « restrictions non justifiables qui impactent négativement les exportations des Etats-Unis », aux barrières « qui empêchent la liberté d'exportation du maïs et du soja transformés, et qui imposent des exigences environnementales arbitraires ». Les Américains sont hostiles aux étiquettes sur les produits et, pour eux, le champagne ou les fromages sont des produits « génériques » qui n'ont pas besoin d'appellations d'origines contrôlées. Ils attaquent aussi la directive européenne sur les produits chimiques Reach. Aux Etats-Unis, pour la fracturation hydraulique qui permet d'exploiter les gaz de schiste, une entreprise n'est pas obligée de dire quel produit chimique elle injecte dans le sol.

 

“Toute firme qui estime que ses profits sont entamés par l'action d'un gouvernement pourra attaquer ce gouvernement.”

 

 

 

 

 

- Télérama.fr : Que faut-il craindre si le traité voit le jour ?
Susan George : Il faut comprendre que ce traité, qui s'appelle en anglais « Transatlantic Trade and Investment Partnership » (TTIP), portera peu sur le commerce (trade), parce que nos tarifs douaniers sont déjà très bas, mais bien sur l'investissement. Les investissements croisés entre l'Europe et les Etats-Unis représentent 3 000 milliards de dollars. Avec ce traité, toute firme qui estime que ses profits sont entamés par l'action quelconque d'un gouvernement pourra avoir recours à un système d'arbitrage privé, et attaquer ce gouvernement.

 

 

- Télérama.fr : Pourquoi les Etats se laissent-ils faire ?
Susan George : Les tribunaux d'arbitrage – qui sont des tribunaux privés – existent déjà dans de nombreux traités de commerce bilatéraux. Après l'enlisement des négociations mondiales qui ont suivi l'adoption en 1994 des accords de l'OMC, beaucoup d'Etats, poussés par leurs grandes entreprises, ont signé des traités bilatéraux. Et dans tous ces traités ou presque, il y a un chapitre « arbitrage ». Par exemple, Veolia environnement fait un procès au gouvernement égyptien, notamment parce que celui-ci a augmenté le salaire minimum, ce qui entame les profits de l'entreprise. Ce système d'arbitrage est aux mains de grands cabinets d'avocats, surtout britanniques et américains. Ça se passe toujours entre avocats : un avocat peut devenir arbitre puis, au procès suivant, se retrouver avocat. Les multinationales attaquent les Etats, et cela coûte très cher aux contribuables, puisque les avocats sont payés 1 000 dollars de l'heure, l'arbitre 3 000 dollars par jour, et ça peut durer très longtemps. C'est ainsi que l'Equateur a dû payer un milliard de dollars, soit 20 % de toutes ses dépenses de santé, à une compagnie pétrolière américaine qui s'estimait lésée par une zone de forage déclarée protégée.

 

 

- Télérama.fr : Qu'est-ce qui fonde ce recours à des tribunaux privés ?
Susan George : Ces derniers sont nécessaires, je veux bien l'admettre, quand des Etats peuvent être soupçonnés d'avoir des tribunaux publics corrompus, achetables. Mais peut-on dire ça des Etats-Unis et de l'Europe ? En tout cas, les avocats spécialisés prévoient dans les années à venir une explosion des litiges, ils sont ravis, ils ont eu un grand congrès à Noël à Bruxelles, le New York Times était là, ils ont mangé du foie gras au chocolat…

 

“En 1994, l'accord de l'OMC, c'était promis, allait doper l'emploi. 2,5 millions de paysans mexicains ont été ruinés.”

 

 

 

 

 

- Télérama.fr : Mais beaucoup de voix, celles des sénateurs français ou de Pascal Lamy (ex-directeur général de l'OMC), s'opposent aux tribunaux d'arbitrage pour le futur traité transatlantique…
Susan George : Pascal Lamy n'est pas chargé de cette négociation ! Cette négociation, ce sont les multinationales qui l'ont voulue, et elles veulent des tribunaux d'arbitrage. L'ONG Corporate Europe Observatory a réussi à savoir que sur les cent vingt-sept réunions préparatoires qu'a tenues la Commission européenne, 93 % étaient organisées pour les multinationales et leurs lobbies. 7 % seulement pour les associations de consommateurs, les syndicats…

 

 

- Télérama.fr : Comment expliquez-vous que le gouvernement français, socialiste, entre dans un tel processus ?
Susan George : Tous les gouvernements aujourd'hui plient devant la puissance des entreprises transnationales. Et puis, ils croient de façon erronée que cette libération absolue des échanges va créer de l'emploi. En 1994, l'accord de l'OMC, c'était promis, allait doper l'emploi. 2,5 millions de paysans mexicains ont été ruinés parce que le maïs subventionné des Etats-Unis est entré à flots. Maintenant, les Etats-Unis construisent un mur de plus en plus haut pour empêcher ces paysans d'entrer.

 

 

- Télérama.fr : Ce grand marché américano-européen va-t-il s'élargir au reste du monde ?
Susan George : Depuis plus de deux ans, les Etats-Unis mènent aussi des négociations avec onze pays du Pacifique, dont le Japon. Si les deux traités sont signés, ils vont couvrir 75 % du commerce et 65 % du PNB mondiaux. Aucun pays émergent, Brésil, Inde, Chine, ne sera dans ces accords, ils seront obligés de plier, les normes américaines s'imposeront, le commerce sera régulé dans l'intérêt des très grandes entreprises. Ce sera le triomphe du slogan « Approved once, accepted everywhere », c'est-à-dire « approuvé par nous, accepté partout ».

 

 

- Télérama.fr : Que pensez-vous de l'exception audiovisuelle obtenue par la France ?
Susan George : C'est minime. Où sont les exceptions travail, santé, alimentation, environnement, droits sociaux ? Ce projet est pourri dans tous les domaines, et il ne faut pas s'asseoir à cette table, accepter que les entreprises fassent notre législation et privatisent le juridique. Des gens sont morts pour qu'on ait des institutions judiciaires indépendantes, ils ne sont pas morts pour qu'on ait des juges privés payés 3 000 dollars par jour, et des compensations juteuses payées par les citoyens contribuables.

 

“On peut gagner grâce à la stratégie de Dracula. Si vous exposez le vampire à la lumière, il meurt.”

 

 

 

 

 

- Télérama.fr : Pensez-vous que la mobilisation peut monter en puissance ?
Susan George : Bien davantage de gens qu'il y a deux ou trois mois ont entendu parler du traité. Je commence à espérer. Mais la politique est devenue tellement compliquée ! C'est aujourd'hui une affaire pour les intellectuels. Quand j'ai commencé, on disait « US hors du Vietnam » ou « Arrêtez l'apartheid ». D'accord ou pas d'accord, chacun comprenait. Maintenant, si je dis « Votez contre le traité », il faut expliquer de quoi il s'agit.

 

 

- Télérama.fr : Mais on a le sentiment, dans notre société en réseau, qu'un mouvement peut partir de n'importe où, à n'importe quel moment, pour n'importe quelle cause…
Susan George : Cela ne part jamais de rien, toujours de quelques personnes bien informées. Pour le référendum sur la Constitution européenne, au cœur de la mobilisation, il y avait les collectifs d'Attac, un millier en France. Le terrain était préparé, les militants au travail. A un moment donné, si on a de la chance, ça fait tilt et tout le monde veut y être.

 

 

- Télérama.fr : Ça peut être le cas aujourd'hui ?
Susan George : On peut gagner comme on a gagné en 1998 sur l'AMI – accord qui menaçait les aides au développement et la protection de l'environnement –, grâce à ce que j'appelle la stratégie de Dracula. Si vous exposez le vampire à la lumière, il meurt. Cela s'est passé avec l'AMI, c'est vraiment nous qui avons eu sa peau, je m'en souviens bien car c'est une des très rares victoires de ma longue vie militante. Aujourd'hui, les lobbies font tout pour diminuer la conscience des citoyens. Etre au courant de tout ce que les multinationales développent de nocif pour l'humanité et l'environnement demande un temps énorme. Beaucoup de gens sont désespérés mais n'ont pas l'énergie d'être furieux. Nous essayons de les rendre un peu furieux. Dracula opère, il n'est pas mort, mais on peut retirer quelques clous de son cercueil…

 

Note :

[1] Née aux Etats-Unis, française depuis 1994, Susan George a toujours été une militante. Cofondatrice d'Attac (1998) et du Collectif Roosevelt (2012), elle est aujourd'hui proche du parti Nouvelle Donne.
 
Pour en savoir plus :
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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 15:19
Il est temps d'enterrer la A831 ! Non aux projets inutiles !

Mis en ligne le 25-07-2014 et à jour le 02-03-2015

A l'heure ou les défenseurs de ce projet d'autoroute vieux de 20 ans se mobilisent pour « arracher le morceau » du gouvernement Valls, il n'est pas inutile de rappeler qu'il ne fait pas l'unanimité comme en attestent les opposants politiques et associatifs.

 

 

- Des opposants sérieux forts d'arguments, de propositions de bon sens

  • Dans le milieu associatif, c'est Vivre Bien en Aunis créé en 1997, en réaction à la présentation du projet A 831 dans une parodie de concertation qui est à l'initiative invitant les décideurs politiques à envisager et privilégier d'autres moyens que la solution "autoroute".
  • Dans le milieu politique, c'est notamment le Parti de Gauche qui soutient le combat porté par Bien Vivre en Aunis.

 

 

- Quels sont les arguments développés par le Parti de Gauche ?

Tout d'abord, le Parti de Gauche est favorable à la création d'un véritable nouveau service public écologique de transports qui doit pouvoir réorienter le fonctionnement des autoroutes et l'utilisation de leurs profits.

 

Ainsi les citoyens qui ont supporté les investissements se réapproprieront les bénéfices.


 

 

 

- Quel constat :

Les 8 600 km d'autoroutes en France présentent un enjeu stratégique pour la collectivité en termes de ressources financières et de planification écologique. Ils sont pourtant aujourd'hui essentiellement gérés par 3 groupes privés (Vinci, Eiffage et l'espagnol Abertis). Leur privatisation conclue en 2006 par le gouvernement de Villepin s'est faite contre l'avis de la majorité des Français. Alors que les contribuables ont fait les investissements, ces groupes privés ramassent désormais la mise, augmentent les péages et l'État enregistre la perte financière. Or les droits de péage ne sont pas censés générer des profits, mais couvrir les frais d'entretien et les investissements du réseau (article 4 de la loi du 18 avril 1955).

 

Ils pourraient également, sous maîtrise publique, devenir un levier important de la planification écologique.

 

 

 

 

  • En 2008, le transport routier représente 31% des émissions totales de CO2 en France (+ 473% entre 1960 et 2008). Augmentation du trafic routier : + 646% entre 1960 et 2008 et + 26% entre 1990 et 2008 (source CITEPA).
  • En 2006, la privatisation a rapporté 14,8 milliards d'euros à l'État. D'ici à 2032, durée de la concession, ces sociétés devraient engranger 40 milliards de bénéfices.
  • En 2008, un rapport de la Cour des Comptes dénonce l'opacité et l'absence de lien entre coûts et tarifs (indexés sur l'inflation). Il note des écarts de prix kilométriques « incompréhensibles », de 1 à 14, les concessionnaires rusant avec la hausse globale moyenne convenue avec l'État en augmentant les tarifs des sections les plus fréquentées. Leur chiffre d'affaires péages augmente plus vite que le trafic. Ce rapport n'a eu aucun effet.

 

Quelles propositions :

  • Le retour en exploitation publique des autoroutes nationales permettrait de revoir les conditions de travail, le niveau de sécurité, les règles de fixation des tarifs, et de réinvestir les bénéfices des péages vers des investissements publics et créations d'emplois dans les transports collectifs, la navigation fluviale, le fret ferroviaire, les modes doux de déplacement ;
  • Un moratoire sur les projets autoroutiers ;
  • La mise en place d'une politique tarifaire avantageuse pour les ménages les plus dépendants de la voiture (et n'ayant pas de solution de remplacement via les transports en commun) pour se rendre au travail ;
  • La gratuité pour le covoiturage. Des aires dédiées seront mises en place ;
  • La conversion d'une partie des autoroutes en lignes ferroviaires.

 

 

- En ce qui concerne plus précisément la A831 Rochefort/Fontenay-le-Comte

  • L'autoroute A 831 : ça dure depuis  20 ans !
  • Quelques chiffres : 860 millions d'euros évolutifs (900 millions aujourd'hui) pour les 64 kilomètres d'autoroute entre Rochefort et Fontenay-le-Comte, dont 130 M€ de surcoût environnemental que les collectivités territoriales ont accepté de prendre en charge à hauteur de 50 % (65 M€) alors que l'État, par la voix de Nathalie Kosciusko-Morizet, a refusé de verser un euro de plus pour ce tronçon autoroutier.
  • Reste qu'il manquait en 2011, 65 millions pour boucler le financement de l'A 831.

 

Quand bien même le projet serait bouclé sur le plan budgétaire, le Parti de Gauche a, à plusieurs reprises affirmé son opposition à sa réalisation

 

 

 

 

 

Propositions formulées par le Parti de Gauche :

Prenant en compte les questions liées au respect des territoires et populations, à l'environnement, à la qualité de vie, au coût... le Parti de Gauche se prononce pour :

  • La non réalisation de ce projet ;
  • L'électrification de la ligne SNCF Bordeaux-Nantes avec la généralisation du cadencement, l'augmentation de l'offre ferroviaire entre Marans et la Rochelle ;
  • La multiplication des arrêts ferroviaires entre Niort/Surgères et La Rochelle (Le Thou [acquis] - La Jarrie - Aytré a créer) ;
  • La remise en état du réseau routier départemental et notamment des liaisonstransversales telles les D939 et D204 ; 
  • La réouverture de la ligne feroviaire Fontenay-le-Comte/Niort ;
  • La réalisation du contournement de Marans ;
  • Le développement du ferroutage pour les transports de fret et plus globalement apporte son soutien aux propositions alternatives portées par  Vivre Bien en Aunis .

 

 

- Ségolène Royal est de retour, la présidente de la région Poitou-Charentes ayant hérité d’un grand ministère regroupant l’écologie.

Quelle position y défendra t-elle sur ce sujet ?

- que les collectivités qui la veulent doivent la prendre en charge comme elle le défendait précédemment ?

- enterrera t-elle définivement le projet ce qui reviendrait à s'opposer à Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports et à se ranger à l'arbitrage de Manuel Valls ?

- ou cédera t-elle aux pressions du lobbyes pro-routier soutenu par la droite et les élus socialistes locaux ?

 

 

- Pour ma part, je ferai miennes les conclusions de Vivre Bien en Aunis

 

L'ensemble de ces alternatives nous fait penser que le projet de l'A831 a encore moins de pertinence aujourd'hui. Plus que jamais, nous sommes convaincus que ce projet est d'une autre époque, et qu'il n'est plus temps d'atermoyer : c'est bien sur un ensemble d'alternatives dûment raisonnées qu'il faut s'engager aujourd'hui, sans perdre plus de temps.

 

 

 

 

 

 

 

Mais, face à la mobilisation des défenseurs du projet, il me semble nécessaire de reprendre l'initiative et de rassembler publiquement tous les opposants pour rappeler notre exigence :

 

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Il est temps d'enterrer la A831 ! Non aux projets inutiles !

 

- Dernière heure

L'encre de ces lignes était à peine sèche que le quotidien Sud-Ouest annonce que Ségolène Royal Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie aurait, ce jour même tenu les propos suivants : "Ils peuvent manifester [NDLR : en parlant des défenseurs du projet] je ne donnerai pas le feu vert pour que soit transmis aux entreprises le dossier de consultation technique".

 

Alors, annonce officielle, interprétation ou intox ?

La vigilence impose d'attendre une décision officielle car en cas de désaccord entre deux ministère, Valls peut encore arbitrer en faveur des patrons du BTP sous le prétexte de la défense de l'emploi ! C'est d'ailleurs ce que veut faire Dominique Bussereau président du Conseil général de Charente Maritime.

 

Mais d'ores et déjà, elle a réussi à fédérer l'ensemble des élus locaux et départementaux UMP-PS-PRG contre elle et une décision, qui si elle se confirmait, correspondrait à l'intérêt général. Pour autant, les "garanties" exigées par Ségolène Royal de la part des élus locaux ne doivent-elles pas s'interpréter comme un premier recul de sa part ?

 

 

- Le feuilleton de la A831 continue

Pour les uns : Autoroute entre la Charente-Maritime et la Vendée : Munuels Valls ne dit pas non

Pour les autres : Ségolène Royal désavouée par Matignon sur le dossier d'A831

Régolène Royal défend la solution alternative du contournement de Marans, une option qu’il « conviendra de chiffrer », souligne Manuel Valls.

 

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AGIR maintenant pour enterrer la A831 ! Signez la pétition !

 

À l'attention : du Premier ministre, M. M. Valls ; de la Ministre de l'Ecologie, Mme S. Royal

L’autoroute A831, c’est un drôle de projet dont le principe a été décidé il y a 20 ans en compensation de l’abandon, pour raisons environnementales, de deux précédents projets de liaison qui devaient traverser le Marais Poitevin.

Ce barreau autoroutier de 64 km s’établirait entre Fontenay-le-Comte, dans le sud-Vendée, et Rochefort, en Charente-Maritime. Il traverserait le Marais Poitevin et le marais de Rochefort, deux grandes zones humides classées Natura 2000.


Une évaluation réalisée par la LPO à la demande du ministère de l’Écologie a démontré les insuffisances criantes des études d’environnement : le périmètre des études initiales a été sous-estimé ; la description des habitats naturels manque de précision ; la présence potentielle ou avérée d’espèces protégées est connue, alors qu’elles ne sont pas citées dans les études (c’est le cas pour le Vison d’Europe Mustela lutreola) ; les impacts potentiels ont été analysés par l’étude de tronçons successifs, ce qui n’a pas permis d’avoir une vision globale des incidences…

Conçue pour être confiée en concession à un opérateur privé, l’A831 représente un coût d’investissement estimé aujourd’hui à 960 M€ (15 M€ du km), qui seraient pris en charge pour partie par les collectivités territoriales (Départements de la Vendée et de la Charente-Maritime, Conseil régional des Pays de la Loire). L’État a fait savoir de son côté qu’il ne financerait pas ce projet retoqué en 2012 par la commission « Mobilité 21 », laquelle a estimé qu’il ne présentait pas de « bonnes performances » écologiques et sociétales.

Des parlementaires, le président de la région des Pays de la Loire, les présidents des conseils généraux de la Vendée et de la Charente-Maritime et des maires font pression sur le Gouvernement pour qu’il lance la procédure leur permettant d’obtenir la désignation d’un concessionnaire.


Nous demandons l'annulation du projet de l’A831 :

- pour permettre l'étude et le réalisation du contournement court de Marans ;
- pour concentrer les moyens financiers sur des projets de mobilité durable : navettes ferroviaires et autres offres de transports collectifs, transfert du fret routier vers le ferroviaire et les liaisons maritimes (« autoroutes de la mer ») ;
- pour préserver les zones humides remarquables que sont le Marais Poitevin et le Marais de Rochefort ;
- pour préserver les terres agricoles des plateaux, menacées d’artificialisation, et conserver leur potentiel de production au service des besoins nourriciers du territoire.

Nous vous remercions par avance de votre soutien.
- Vivre Bien en Aunis
- Coordination pour la défense du Marais Poitevin
- France Nature Environnement Pays de la Loire
- Poitou-Charentes-Nature

 

- Pour Sud-Ouest la A831, c'est un parcours semé d'embûches, raison de plus pour amplifier la mobilisation......

 

Signez la pétition  ICI

 

 

 

 

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Enterrer la A831.... mais pas faire n'importe quoi !

 

- Le contournement de Marans... OUI, mais pas dans le cadre d'un PPP !

Selon la Charente Libre du 9 Août 2014 Jean-François Macaire, le président de la Région sur la même ligne que Ségolène Royal, a écrit hier à Dominique Bussereau pour le presser de contourner Marans.

 

Il déclare avoir «fait estimer ce contournement par un grand groupe spécialiste des aménagements de ce type, dit-il. Il me la chiffre entre 35 et 40 millions d’euros. Évidemment que c’est de l’argent, mais un partenariat public-privé permettrait d’échelonner la dépense globale sur 25 ans. Il en coûterait 2,5 millions d’euros par an au Département, ce qui ne représente que 0,3 % de son budget annuel.» Pour l’édile, «ce serait de toute façon moins cher que ce que ça coûte à Marans d’avoir loupé la déviation il y a quaranteans»: une «mauvaise image» et un «ralentissement économique».

 

- Les PPP parlons en...

Pour le Sénat, la formule du contrat de partenariat par lequel le secteur public confie au secteur privé l'ensemble d'un projet, de son financement et sa construction à son exploitation, est « une bombe à retardement budgétaire », estime la commission des lois du Sénat dans un rapport d’information publié hier (le 16 juillet 2014, voir le rapport provisoire  ICI ).

 

Pour en savoir plus sur les PPP voir ICI

 

 

- Pour Manuel VALLS, si la A831 devait se faire, ce serait aux collectivités territoriales de payer !

Pour en savoir plus sur la prise de position du Premier Ministre : voir ICI

Et le conseil régional du Poitou/Charentes se déclare prêt à participer au financement de l'aménagement de la départementale 137 et notamment du contournement de Marans : voir ICI

  • La Rochelle ne doit pas verser un € dans cet investissement inutile !
  • La région Poitou/Charentes prête à participer au financement du contournement de Marans..... que va faire Bussereau avec le Conseil Général et J.F. Fountaine Maire de la Rochelle et président de la CDA ? du Chantage en jouant l'un contre l'autre ? Ce serait inacceptable !

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier A831

-

- Autoroute A831 entre Charente-Maritime et Vendée : Valls relance le projet

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 09:20
Martine Billard co-secrétaire nationale du Parti de Gauche «Notre responsabilité est de recréer de l’espoir»

Martine Billard, coprésidente du Parti de gauche avec Jean-Luc Mélenchon dresse le bilan de la récente séquence électorale.

Nous poursuivons notre tour d’horizon de la gauche sociale et écologiste avec Martine Billard, qui revient sur les désaccords entre son parti et le Parti communiste lors des municipales, et envisage les alliances possibles entre Front de gauche, écologistes et socialistes « frondeurs ».

 

Sources : Politis.fr interviewée par Denis Sieffert et Sarah Masson

- Politis.fr : Où en le Parti de gauche après les municipales et les européennes ?

Martine Billard : Les élections européennes ont indéniablement été un échec. Certes, le Front de gauche a maintenu son score, mais pas à la hauteur de l’exigence du moment et de nos espoirs. La principale cause reste la cacophonie autour des élections municipales, qui a évidemment eu un impact sur les européennes. On ne peut pas faire campagne main dans la main avec le Parti socialiste et, trois semaines plus tard, appeler à voter Front de gauche.

 

 

- Politis.fr : N’avez-vous pas trop dramatisé ce différend avec les communistes ?

Martine Billard : Nous étions dans une contradiction : soit nous acceptions tout, comme d’habitude, soit nous disions stop. Nous souhaitions des listes autonomes Front de gauche pour les élections municipales et nous avons tout fait pour établir ces listes. Nous avons même pris peu de têtes de liste afin d’en laisser davantage au Parti communiste ou à Europe Écologie-Les Verts (EELV). Cela, parce que nous pensions que la priorité était de faire en sorte que ces listes existent plutôt que de se battre pour les têtes de liste. Mais, à Paris, nous ne pouvions pas accepter que le Front de gauche apparaisse sur une liste avec le PS.

 

 

- Politis.fr : L’autre raison de ce demi-échec électoral n’est-elle pas que toute la gauche est éclaboussée par la politique gouvernementale ?

Martine Billard : Oui, à l’heure actuelle, nous sommes bien dans cette situation. Lors de la campagne, les électeurs les plus politisés nous disaient que cela ne changerait rien, comme en a témoigné la politique menée malgré le « non » au Traité constitutionnel européen en 2005. Les moins politisés manifestaient leur résignation face à la politique actuelle de ce qu’ils appellent « la gauche ». Il est donc vrai que le Front de gauche comme Europe Écologie-Les Verts ont été touchés par la désaffection citoyenne qui résulte de la politique du gouvernement.

 

 

- Politis.fr : Où en êtes-vous des contacts avec les autres forces de gauche « fréquentables » ?

Martine Billard : Il faut le reconnaître, nous sommes dans une période de tâtonnements. Notre responsabilité est de recréer de l’espoir et d’offrir des perspectives. Mais cela suppose de la clarté. Redevenir une alternative crédible aux yeux des citoyens suppose d’être ouvert et de discuter avec tous ceux qui sont critiques avec le gouvernement, y compris les « frondeurs » du PS, tout en étant très clairs sur le fond. Et le fond, c’est la critique de la politique du gouvernement. Sans cela, nous ne nous lancerons pas dans une aventure qui sèmerait la confusion tout en attisant la désespérance et la colère. À cet égard, je regrette que les parlementaires EELV aient voté la loi prévoyant la libéralisation du rail. On voit bien que l’intégration d’EELV à la majorité présidentielle a fait perdre aux élus tout sens critique.

 

 

- Politis.fr : Êtes-vous prêts à accepter l’intégration de nouveaux courants au Front de gauche, comme la gauche du PS et des Verts ?

Martine Billard : Nous pouvons les associer, mais je ne sais pas si une intégration serait pertinente.

 

 

- Politis.fr : Où en sont les relations avec le PC ?

Martine Billard : L’enjeu est de ne pas s’enfermer dans un tête-à-tête PG-PC. Nous avons clairement dit au Parti communiste que nous ne repartirons pas dans le même cirque que celui des élections municipales. Il faut qu’il fasse clairement un choix entre une totale autonomie et l’association avec le PS pour avoir des élus. Il y a des débats au sein même du PC, et tout le monde n’est pas d’accord. Nous comprenons l’importance d’avoir des élus, mais cette stratégie ne marche plus.

 

 

- Politis.fr : La gauche a toujours mis entre parenthèses ses critiques contre le PS quand il s’agissait de battre la droite. Ne pensez-vous pas que ce réflexe est en train de disparaître ?

Martine Billard : Effectivement. Le chantage du PS consistant à crier : « Attention, danger Front national, votez pour nous ! » ne marche plus. Et c’est la déroute qui attend le PS s’il continue. Aujourd’hui, les gens ne veulent plus sauver le PS. Il y a un vrai risque que Marine Le Pen arrive au pouvoir si elle parvient au second tour de la présidentielle face à un candidat de l’UMP ou à François Hollande, car les électeurs de gauche déçus par le PS ne voteront pas.

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 17:00
Manifestation contre l'austérité, le 12 avril 2014. (NICOLAS MESSYASZ/SIPA)

Manifestation contre l'austérité, le 12 avril 2014. (NICOLAS MESSYASZ/SIPA)

Source : Aude Lancelin, le Nouvel Observateur

Le PS mène-t-il encore une politique de gauche ? Pourquoi le Front de Gauche ne profite-t-il nullement de ses déboires électoraux ? Eric Fassin et Laurent Bouvet ont répondu aux questions de "l'Obs".

 

- Le NOUVEL Obs. : Le Premier ministre, Manuel Valls, a récemment évoqué une mort possible de la gauche. Etes-vous d'accord avec l'idée d'une singularité totale de la crise actuellement traversée par le PS ?

Laurent Bouvet : Les partis politiques sont mortels, les cas sont nombreux dans l'histoire. Toutefois le PS a connu, en un peu plus d'un siècle d'existence, de nombreuses crises dont il s'est toujours sorti. Aujourd'hui, le PS doit sans doute se refonder comme il l'a fait en 1969-1971. Les "deux corps" du PS sont en effet touchés. Son "corps immatériel", doctrinal, est entièrement à reconstruire. Le PS ne produit plus d'idées, de projet de société ou même d'orientations politiques fortes, identifiables, depuis un long moment. La nouveauté, c'est que désormais son "corps matériel", ses élus, ses militants, ses réseaux, ses affidés... est gravement touché. La perte de 30.000 élus aux municipales et de 25.000 militants depuis 2012 est un signe du délitement de l'ensemble organisationnel et réticulaire que représentait le PS.

 

Eric Fassin : Manuel Valls parle aux socialistes ; mais il choisit, pour une fois, de s'inquiéter de "la gauche". C'est une manière de ne pas évoquer la mort annoncée du PS. Il est vrai que le PS entraîne aujourd'hui toute la gauche dans son naufrage. La crise de la social-démocratie, c'est plutôt un renoncement idéologique qu'un échec politique - un peu partout en Europe : Blair et Schröder avant Valls. François Hollande "assume", dit-on, d'être social-démocrate. Mais le pacte de responsabilité n'a rien à voir avec la social-démocratie : au lieu d'arbitrer entre capital et travail, le président négocie avec le patronat en oubliant les syndicats ! Serait-il social-libéral ? En réalité, il n'est ni social ni libéral : il met l'Etat au service des banques et des marchés. Il est donc néolibéral. Mais beaucoup sont dans le déni. Regardez : en Europe, Hollande et Renzi ont soutenu Juncker ; et il est des éditorialistes qui ont salué un "virage à gauche salutaire" !

 


- Le NOUVEL Obs. : Outre les classes populaires, quelles sont les autres catégories de la population dont le décrochage explique la faiblesse actuelle du vote socialiste ?

Laurent Bouvet : Outre les classes populaires que le PS a "perdues" depuis longtemps, l'ensemble de son socle électoral s'est dilué depuis deux ans (partielles, municipales, européennes). Les choix économiques et "sociétaux" divisent profondément l'électorat de François Hollande de 2012. Ainsi, le vote PS à telle ou telle élection pour un électeur de gauche est devenu en soi un problème. Pour beaucoup d'électeurs des catégories moyennes et supérieures, les augmentations d'impôt jouent un rôle dissuasif comme on l'a vu dans les enquêtes faites à l'occasion des municipales. Pour les agents publics la baisse des dépenses publiques est vécue comme une menace sur leur activité même - sans parler des mesures sectorielles qui passent mal, comme les rythmes scolaires auprès des enseignants. S'est ajoutée à cela la démobilisation de certains électorats insatisfaits sur des questions plus spécifiques comme le mariage pour tous ou le genre.

 

Eric Fassin : L'électorat que perd le Parti socialiste, c'est d'abord l'électorat de gauche. Pourquoi voter pour un parti qui n'est plus de gauche ? On a voulu nous faire croire que le PS perdait le peuple pour garder les "bobos". Qu'il sacrifiait les classes populaires aux minorités, et qu'il s'occupait du mariage plutôt que du chômage. Mais ce gouvernement ne fait rien pour les banlieues ; ni contre les discriminations. Quant aux droits des minorités sexuelles, c'est fini ! Bref, on ne pourra plus dire que c'est à cause des questions "sociétales" qu'on ne s'occupe pas de la "question sociale"...

 


- Le NOUVEL Obs. : Les déboires du PS ne semblent pourtant aucunement profiter à la gauche de la gauche, comme l'a montré le résultat des dernières européennes. Comment l'expliquez-vous ? Pourquoi la France ne produit-elle pas de phénomène à la Syriza, parti de gauche radicale arrivé en première position en Grèce ?

Eric Fassin : C'est effectivement la grande question. Puisque François Hollande mène la même politique économique que Nicolas Sarkozy, on pourrait imaginer que la critique de la dérive néolibérale bénéficierait autant à la gauche de gauche qu'à l'extrême droite. Or ce n'est pas le cas. Pourquoi ? D'une part, le PS donne raison au FN qui dénonce l'"UMPS". Et l'alternance sans alternative alimente le rejet de la démocratie - par le vote d'extrême droite, mais aussi par l'abstention. Comment croire à la démocratie si l'élection ne change rien ?

 

D'autre part, le FN a fini par imposer son langage identitaire, non seulement à l'UMP, mais aussi au PS (qu'il s'agisse des immigrés, des musulmans ou des Roms). L'hégémonie économique, c'est le front UMP-PS ; mais l'hégémonie culturelle, c'est le front FN-UMP-PS. Dans ces conditions, pas facile de faire entendre autre chose. Le principal espoir, c'est "l'hypothèse Syriza" : l'effondrement complet du Pasok [le Parti socialiste grec, NDLR] a enfin ouvert un espace à gauche, et donc une alternative. Du coup, en Grèce, on s'abstient moins, on vote moins pour l'extrême droite, et on vote plus pour la gauche de gauche. Aujourd'hui, en France "l'hypothèque PS" obstrue le paysage de la gauche.

 

Laurent Bouvet : Le Front de Gauche tient un discours en décalage par rapport à son électorat. Son discours porte sur les conséquences néfastes de la mondialisation et du capitalisme, et s'adresse en priorité à leurs victimes (aux plus exposés et aux plus faibles). Or les solutions proposées pour y remédier (l'augmentation des dépenses publiques et le renforcement du rôle du service public) apparaissent comme pouvant profiter d'abord à des populations (les agents publics) moins exposées aux risques de la mondialisation (chômage ou délocalisation notamment). Ce hiatus entre discours, propositions et électorat est à mon sens au coeur des difficultés du Front de Gauche.

 

 

- Le NOUVEL Obs. : Vous semblez toutefois considérer, Laurent Bouvet, que le socialisme incarné par Valls est la bonne voie pour la gauche, notamment dans la reconquête du vote populaire. Que répondez-vous à ceux qui considèrent aujourd'hui que la gauche actuellement au pouvoir n'est rien d'autre qu'une "droite complexée" ?

Laurent Bouvet : Je ne sais pas si c'est la "bonne voie" pour la gauche ! Ce que je constate, plus modestement, c'est que la proposition politique de Manuel Valls - en gros le retour à une forme d'autorité dans la manière dont l'action publique est menée articulée à un projet économique ouvertement social-libéral - offre un choix clair aux socialistes et à la gauche en général, au regard d'une autre proposition, plus interventionniste sur le plan économique mais aussi plus libérale pour ce qui concerne les questions de société (incarnée par EELV notamment). Il faudra voir en 2017 comment ces deux propositions s'incarnent et laquelle l'emporte à gauche face à celles de la droite et de l'extrême droite.

 


- Le NOUVEL Obs. : La gauche est devenue électoralement dominante en 2012 à un moment où sa décomposition doctrinale était déjà très avancée. Qu'est-ce qui n'a pas été fait selon vous et quelle serait la thérapie de choc à adopter ?

Eric Fassin : L'hégémonie idéologique de la droite décomplexée repose sur une gauche complexée. Nos gouvernants se croient réalistes ; en fait, ils croient seulement que la réalité est de droite. Pour compenser, ils prétendent se rapprocher du peuple en s'en prenant aux Roms, par exemple. C'est parier sur l'idée que le peuple serait de droite. Il faut inverser la logique : revendiquer une idéologie de gauche. C'est ainsi qu'on pourra enfin espérer rencontrer un électorat de gauche.

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 16:55
Israël et le Hamas : ennemis ou partenaires ?

Sources : MEDIAPART par Leila Seurat

« Creuser l’écart entre le Hamas et le Fatah » : chercheure associée au CERI CNRS, Leila Seurat souligne ici la « convergence d'intérêts » entre l'organisation au pouvoir à Gaza et le grouvernement israélien, dont l'opération « Bordure protectrice » apparaît « comme une réponse à la formation d’un nouveau gouvernement palestinien d’union nationale ».

 

L’opération militaire israélienne « Bordure Protectrice » menée depuis le 7 juillet contre la bande de Gaza est présentée par Israël comme une réponse à l’enlèvement et à l’assassinat de trois adolescents israéliens qui, selon les sources officielles, aurait été commandité par le Hamas, ainsi que comme une réaction d’auto-défense face aux roquettes lancées depuis la bande de Gaza. Pour justifier ces « représailles », Israël continue d’inscrire son agression dans le cadre d’une lutte globale contre le terrorisme. Profitant de la nouvelle conjoncture régionale et ne craignant pas les comparaisons fallacieuses, Netanyahou a même été jusqu’à associer le Hamas au grand projet de l’État islamique nouvellement créé par Abou Bakr al-Baghdadi.

 

Loin d’une simple opération de représailles, cette nouvelle agression devrait être interprétée comme une réponse à la formation d’un nouveau gouvernement palestinien d’union nationale et s’inscrit donc dans la permanence de la stratégie israélienne destinée à creuser l’écart entre le Hamas et le Fatah, selon le vieil adage « diviser pour mieux régner ». Ces nouveaux affrontements participent aussi d’un intérêt pour le Hamas qui, malgré d’importantes concessions pour se réconcilier avec le Fatah, s’est vu refuser le paiement des salaires des fonctionnaires de Gaza non affiliés au Fatah. À l’heure ou le mouvement se trouve isolé au plan régional et affaibli à l’intérieur, une nouvelle attaque contre Gaza pourrait faire évoluer le statu quo en sa faveur.

 

 

- Les opérations « Plomb durci » (2008-2009) et « Piliers de Défense » (novembre 2012)  reflétaient déjà une convergence d’intérêts entre Israël et le Hamas.

En 2009, l’agression s’était déroulée dans un contexte d’élections législatives en Israël qui avait généré, de la part du Premier ministre Ehud Olmert, une surenchère à l’endroit du Hamas. Le Mouvement de la Résistance Islamique avait lui aussi eu « besoin » de cette guerre pour discréditer l’Autorité de Ramallah, prête à signer un accord avec Ehud Olmert, prévu lors du sommet d’Annapolis en novembre 2007. L’intensité des frappes avait permis au Hamas de dénoncer la « collusion » du Président Mahmoud Abbas avec l’ « ennemi sioniste ».

 

L’agression israélienne déclenchée le 14 novembre 2012 avec l’assassinat de l’un des chefs de la branche armée du Hamas, Ahmad al-Jaabari, qui pourtant était celui qui tentait de maintenir l’accalmie entre les deux protagonistes, s’explique également par une coïncidence d’intérêts entre les dirigeants israéliens et les membres de la Résistance Islamique. Cette opération, encore une fois menée dans un contexte d’élections en Israël, avait pour objectif d’affaiblir le Président palestinien, sur le point d’obtenir la reconnaissance par les Nations Unies de l’État de Palestine comme État non-membre, démarche qui embarrassait à la fois les Israéliens et le Hamas, désireux de minimiser le prestige potentiel que Mahmoud Abbas pourrait en tirer. L’autorisation accordée par Israël à Khaled Mechaal de se rendre à Gaza pour y célébrer sa « victoire » est l’illustration flagrante de cette connivence. 

 

 

- Israël n’a jamais cherché à détruire le Hamas.

Mais elle lui a bien au contraire octroyé des faveurs limitées, le laissant se réarmer suffisamment pour orchestrer, au moment propice, la montée en puissance d’une frayeur collective. Dès 2008, la trêve conclue entre Israël et le Hamas avait permis aux brigades al-Qassam d’augmenter leur capacité militaire, faisant entrer à Gaza des armes et des roquettes iraniennes Fajr 5 via les tunnels, trafic qui n’a pu échapper à la vigilance des autorités israéliennes.

 

 

- L’actuelle agression contre la bande de Gaza s’inscrit une nouvelle fois dans un contexte particulier où l’agenda israélien peut paradoxalement rejoindre celui du Hamas.

Elle intervient suite à la toute récente réconciliation entre le Fatah et le Hamas et la formation d’un nouveau gouvernement reconnu pour la première fois par les États-Unis et l’Union européenne. L’approbation du nouveau cabinet a provoqué la fureur des Israéliens, qui ont empêché les ministres résidant à Gaza de se rendre à Ramallah pour y prêter serment. L’Etat hébreu avait également refusé le retour des forces de sécurité de l’Autorité de Ramallah à la frontière entre Gaza et l’Égypte en dépit de l’effort du Président égyptien pour obtenir cette concession de la part du Hamas. Après la punition collective infligée aux Palestiniens de Cisjordanie, Israël attaque la bande de Gaza pour enterrer tout espoir de rapprochement entre les deux factions rivales, le Hamas et le Fatah.

 

 

- Au-delà des discours affichés, il serait pertinent de s’interroger une nouvelle fois sur la bienveillance conjoncturelle accordée au Hamas.

Comment expliquer que les brigades al-Qassam aient pu mener, le 8 juillet dernier, une opération contre une base israélienne à Ashkelon à partir de la mer, là où le blocus rend en théorie impossible tout mouvement le long des côtes, comme en témoignent les fréquents tirs de sommation contre les bateaux de pêcheurs qui se risquent à lancer leurs filets quelques mètres trop loin ?

 

Chef d’orchestre d’une partition bien maitrisée, Israël joue néanmoins un jeu dangereux en poussant de nouveau les Palestiniens à l’affrontement.

 

Pour en savoir plus :

- Le Hamas, un acteur politique incontournable

- Likoud-Hamas : la guerre des monstres

- Gaza: les "boucliers humains du Hamas", un mythe?

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 14:40
Communiqué du Front de gauche : Amplifier la solidarité avec le peuple palestinien, défendre le droit de manifester
Sources : par le Front de Gauche le lundi 21 juillet 2014
Ce week-end, la guerre engagée par le gouvernement israélien a franchi un pallier supplémentaire dans l’horreur. Il faut en finir avec cet engrenage meurtrier, ce qui suppose un arrêt immédiat des bombardements et le retrait des troupes israéliennes déployées dans Gaza.
 
Plus largement, il est grand temps de mettre un terme au blocus qui asphyxie Gaza depuis 7 ans, de libérer les prisonniers palestiniens, d’en finir avec la colonisation et de démanteler les colonies existantes en territoires occupés.
Israël doit enfin se conformer au droit international dans le cadre des résolutions des Nations Unies. Une paix juste et durable suppose l’existence de deux états dont un état palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale.
 
Dès aujourd’hui, la France devrait œuvrer à sanctionner durement le gouvernement Israélien en commençant par mettre tout son poids dans la balance pour que l’Union européenne suspende son accord d’association avec Israël qui accorde des avantages économiques à ce pays.
 
Malheureusement, le gouvernement français n’en prend pas le chemin. Au contraire, le président de la République, son premier ministre et sa diplomatie apportent leur soutien à l’agression israélienne. C’est d’autant plus inacceptable que François Hollande s’était engagé en 2012, à agir pour favoriser la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine, à soutenir la reconnaissance internationale de l’Etat Palestinien (engagement 59 du candidat François Hollande).
 
Le Front de gauche dénonce également la décision du gouvernement Valls qui a conduit à l’interdiction de la manifestation de samedi 19 juillet à Paris au motif d’incidents intervenus le dimanche précédant dont l’origine ainsi que le rôle de la Ligue de Défense Juive donnent lieu à des versions contradictoires.
 
Cette interdiction constitue une atteinte intolérable au droit de manifester ; elle témoigne aussi du choix du Premier Ministre d’une stratégie de la tension qui est insupportable car potentiellement dangereuse pour le débat et la démocratie !
 
Dans de nombreuses régions comme dans les grandes villes européennes, les manifestations se sont déroulées avec des cortèges massifs et sans heurts. Ce qui confirme que l’interdiction de manifester et le dispositif policier et sécuritaire déployé sont à l’origine des tensions.
 
Le Front de Gauche participera aux prochaines manifestations prévues en solidarité avec le peuple palestinien et appelle à la poursuite de la mobilisation et à son renforcement car il y urgence !
 
---------------------------------

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

- pour le Parti de Gauche, François Hollande est complice des crimes du gouvernement israélien

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 12:20
Les ressources énergétiques et naturelles sont au coeur des conflits internationaux

... et de coups d'états...

La plupart des conflits internationaux sont des « conflits verts », ayant pour cause le contrôle des ressources énergétiques.

 

L’écologie politique a, dit-on, une vision planétaire, du local au global.

Pourtant cette vision du monde, quand elle n'est pas déconnectée du néolibéralisme, ne prend que très peu en compte la nouvelle géopolitique issue de la mondialisation.

 

 

Sources : par Noël Mamère pour  Reporterre | mis à jour le 05/01/2026

- La question énergétique au cœur de tous les conflits

Ce que nous voyons au Proche et Moyen Orient, comme en Afrique, en Asie, en Ukraine, au Venezuela, devrait pourtant nous faire réfléchir. Dans tous les conflits de basse ou haute intensité, la question énergétique est devenue centrale. Ce n’est pas nouveau. Depuis le XIXe siècle la bataille pour le contrôle des ressources énergétiques a toujours été un des éléments déterminants de la course à la guerre.

 

Si la Grande guerre ne fut pas déclenchée, directement, pour une raison liée à l’environnement, elle n’en fut pas moins la résultante de multiples conflits entre puissances coloniales, telles que l’Allemagne, la France et l’Angleterre, quant au contrôle du monde et de ses ressources.

 

L’Angleterre avait compris que, pour développer son immense Empire, elle avait besoin du pétrole ; l’Allemagne misait sur l’acier et le charbon. C’est le dernier entrant dans la guerre, les Etats-Unis, qui emporta la mise en réalisant un accord stratégique avec le chef de la tribu musulmane conservatrice des Saoud, seigneurs et maîtres de l’Arabie saoudite.

 

 

- Le gaz, nouvelle source de conflits internationaux

Aujourd’hui, les conflits de l’Ukraine ou de l’Irak sont, une fois de plus, liés à la bataille énergétique. Le fait est que le gaz sera la principale source d’énergie du XXIe siècle, à la fois comme alternative à la baisse des réserves mondiales de pétrole et comme source d’énergie propre.

 

Par conséquent, le contrôle des zones gazières du monde par les anciennes et les nouvelles puissances, est à la base d’un conflit international dont les manifestations sont régionales. Gazprom est le bras armé de la Russie dans les différents conflits en cours. L’Ukraine est l’objet d’un bras de fer sur le gaz entre la Russie et les pays européens.

 

Faute d’avoir réorienté à temps leur politique de transition énergétique, ces derniers sont dépendants du bon vouloir de Poutine. Celui-ci a misé sur une stratégie d’influence dans tout le Caucase pour s’approprier le contrôle du gaz. Via Gazprom, il obtient la cession d’actifs de ces pays débiteurs (Moldavie, Ukraine, Kirghiztan, Biélorussie) contre le remboursement partiel de leurs dettes énergétiques.

 

Il pratique une politique tarifaire différentiée, préférentielle et versatile, selon la docilité des gouvernements de sa zone d’influence. Il instrumentalise les minorités ethniques pour peser indirectement dans les négociations (Russes en Ukraine, Abkhazes et Ossètes en Géorgie).


- Vladimir Poutine et George W. Bush, le 2 juillet 2007. -

 

- Le pétrole, butin de guerre

En Irak et en Syrie, l’Etat Islamique du « Calife Ibrahim » a mis la main sur de vastes champs pétroliers et entend les exploiter tel un butin de guerre[1].

 

Pour les peuples de cette région[2], le pétrole n’est pas une « manne » mais un mal qui corrompt les dirigeants et qui, au lieu de conforter les Etats, les affaiblit durablement. La guerre d’Irak voulue par Bush était d’abord une guerre pour le contrôle des ressources pétrolières de ce pays, afin d’empêcher la Chine d’avoir accès à des champs pétroliers indispensables à son développement. Elle déboucha en fait sur la déstabilisation de tous les Etats de la Région.

 

En Palestine, la bataille fait rage autour des ressources en eau. L’Etat d’Israël et les colons asphyxient la Palestine en ouvrant ou fermant le robinet selon leur bon vouloir.
En Afrique, la guerre du Mali n’est pas - contrairement au storytelling humanitaire que l’on nous raconte - une guerre dénuée d’enjeux économiques. La proximité des sites d’uranium du Niger, exploités par Areva, comme les ressources exploitables dans le Nord-Mali, sont au cœur de ce conflit.

 

 

- Le peuple de l’écologie doit prendre en compte ces nouveaux enjeux géopolitiques

Les conflits verts, c’est aussi la bataille autour des « terres rares », indispensables aux composants des matériaux et des technologies de l’avenir, qui ne fait que commencer, de la Mongolie à l’Amérique latine. La lutte contre « l’extractivisme » est en train de devenir un puissant facteur de rassemblement du peuple de l’écologie, partout dans le monde.

 

Les écologistes ne peuvent rester indifférents à ces nouveaux enjeux géopolitiques. Alors que la conférence climat, la Cop 2015, sera organisée l’année prochaine en France, je propose de placer ces nouveaux conflits au centre de notre réflexion. Nombreux seront les écologistes de tous les pays à venir en France. Nous devons en profiter pour mutualiser nos analyses et nos actions.

 

Ce que je vois à travers ma mission parlementaire sur l’Arctique et l’Antarctique me le confirme : nous sommes à la veille d’un bouleversement généralisé qui donnera naissance à un nouvel ordre mondial. Ne pas s’en préoccuper serait irresponsable.

 

Des habitants du quartier pauvre de Chandigarh, dans le nord de l'Inde, manifestent en portant des containers vides pour dénoncer le manque d'eau dans la région (REUTERS/Ajay Verma). Le Figaro, 31.07.2009 —

Des habitants du quartier pauvre de Chandigarh, dans le nord de l'Inde, manifestent en portant des containers vides pour dénoncer le manque d'eau dans la région (REUTERS/Ajay Verma). Le Figaro, 31.07.2009 —

Ces " guerres de l'eau " qui nous menacent

 

Réchauffement climatique, démographie galopante, urbanisation et industrialisation croissante... Ce cocktail explosif annonce à coup sûr une aggravation des tensions liées à l'approvisionnement en eau. Certains experts y voient le principal risque de conflits dans les années à venir.

 

Sources :  Les Echos par Richard Hiault le  30/08/2016

Août 2015 : des rebelles au régime syrien de Bachar Al Assad sabotent une source d'eau à quelques kilomètres au nord de Damas. Trois jours durant, la capitale syrienne est privée de 90 % de son approvisionnement en eau. Un mois plus tard : un raid de la coalition sunnite menée par l'Arabie saoudite au Yémen détruit une usine d'embouteillage d'eau dans une zone contrôlée par des rebelles chiites. Décembre 2015 : un raid de l'aviation russe en Syrie détruit les infrastructures de traitement des eaux au nord de la ville d'Alep... Jamais la base de données historiques de l'Institut du Pacifique recensant les conflits et les tensions autour de l'eau n'avait été aussi fournie. Et pour cause : Peter H. Gleick, cofondateur en 1987 de ce centre de réflexion entièrement dédié à la problématique de l'eau, a relevé un net accroissement de ce type d'attaque sur les dix dernières années. Certains experts n'hésitent plus à pronostiquer qu'au XXIe siècle l'« or bleu " prendra la place de l'« or noir » dans les conflits entre Etats. Pourtant, depuis l'aube de l'humanité, jamais une guerre de l'eau n'a opposé deux nations, à l'exception de celle entre deux cités-Etats, Lagash et Umma, au pays de Sumer en basse Mésopotamie... vers 2.500 avant J.-C.

 

L'avenir pourrait être tout autre. Frédéric Lasserre, professeur à l'Université Laval (Québec) et directeur de l'Observatoire de recherches internationales sur l'eau (ORIE), le confirme : « Si peu de guerres ont éclaté à cause de conflits sur l'eau, leur rareté passée n'est certainement pas gage du futur dans un monde affecté par les changements climatiques et où la population a augmenté à un rythme et jusqu'à un niveau jamais connu auparavant. » Le CNRS indique qu' « avoir accès à l'eau est devenu un enjeu économique puissant à l'échelle planétaire, qui pourrait devenir, dans le siècle à venir, l'une des premières causes de tensions internationales ».

 

Réchauffement climatique, démographie galopante, urbanisation et industrialisation croissante, le cocktail s'annonce explosif. Suffisamment pour qu'en 2015 le Forum économique mondial de Davos ait placé en tête des risques futurs, pour la première fois de son existence, les conflits liés à l'eau. En décembre prochain, le gouvernement marocain, qui accueille la COP22, a d'ailleurs choisi de placer cette thématique de l'eau au centre des débats. « Je ne suis pas surpris que le Maroc veuille aborder ce thème. C'est le premier pays qui ouvre ce que j'appelle la "diagonale de la soif" qui s'étend de Tanger jusqu'aux confins de la Chine du Nord-Est en passant par l'Inde, l'Asie centrale, le Proche et le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord », avance Franck Galland, directeur général de ES2 et auteur du « Grand Jeu. Chroniques géopolitiques de l'eau ».

 

En mai dernier, la Banque mondiale, dans un rapport spécial sur le réchauffement climatique, avait averti que « près de 1,6 milliard de personnes - presque un quart de l'humanité - vit dans des pays ayant une rareté physique en eau. Et d'ici à vingt ans, ce chiffre pourrait doubler ». Ce changement climatique va d'abord affecter le remplissage des réservoirs d'eau souterraine, soit directement via les pluies, soit indirectement via l'accroissement de la demande, en particulier pour l'irrigation qui, aujourd'hui totalise 70 % de la consommation d'eau souterraine, poursuit l'institution multilatérale. Les estimations suggèrent qu'avant trente ans le système global alimentaire nécessitera entre 40 % et 50 % d'eau supplémentaire. La demande d'eau par les municipalités et l'industrie va augmenter de 50 à 70 %, celle du secteur de l'énergie de 85 %. Au total : le monde pourrait faire face à un manque d'eau disponible d'environ 2.700 milliards de mètres cubes d'ici à 2030 avec une demande supérieure de 40 % aux disponibilités. Dans un article paru dans « Sciences humaines " en mars dernier, René-Eric Dagorn, historien et géographe, notait qu'avec le développement économique de la Chine, de l'Inde et du Brésil, la demande en eau est en train de croître de façon exponentielle : à elle seule, l'Asie en consomme désormais 3.500 km3/an (contre 2.000 km3 pour l'ensemble des autres régions de la planète).

 

 

- Un nouveau barrage sur le Nil

Dans la mesure où 40 % de la population mondiale est établie dans les 250 bassins fluviaux transfrontaliers du globe, les Etats sont bien obligés de coopérer. Sauf qu' « à ce jour, on recense environ 200 traités de coopération qui ne couvrent que 60 bassins fluviaux », remarque Alexande Taithe, chargé de recherche pour la Fondation pour la recherche stratégique. C'est bien peu. Les points chauds ne vont donc pas manquer.

 

A commencer par le bassin du Nil, oh ! combien vital pour l'Egypte. L'actuelle construction par l'Ethiopie du grand barrage Renaissance et de stations de retenues d'eau sur le Nil bleu irrite Le Caire. L'Egypte brandit un traité de 1929 lui attribuant les deux tiers des ressources en eau ainsi qu'un droit de veto sur tous les projets concernant le cours d'eau. Mais en 2010, six Etats (Ethiopie, Burundi, Tanzanie, Kenya, Rwanda et Ouganda) situés en amont du fleuve ont dénoncé ce droit de veto à travers un nouvel accord. Selon la presse locale, le président égyptien Al Sissi en aurait appelé à l'arbitrage du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, pour résoudre le différend en cours.

 

 

- La poudrière de l'Asie du Sud-Est

Autre point névralgique : l'Asie du Sud-Est, qui pourrait bien devenir une poudrière. Les besoins en énergie hydraulique de la Chine inquiètent autant que les projets de transfert d'eau du sud vers le nord du pays. « Le nord-est de la Chine recèle seulement 15 % des ressources en eau du pays pour 45 % de sa population totale. Pékin, avec moins de 500 mètres cubes d'eau par personne et par an est déjà en stress hydrique. D'où les projets du gouvernement pour pomper l'eau au sud afin de l'acheminer au nord-est grâce à de grands projets de canaux de dérivations ", explique Franck Galland. « Le premier à l'est de la Chine est déjà en place : un grand canal puisant son eau dans le fleuve Bleu et la ramenant dans la région de Pékin. La dérivation au centre est en passe d'être achevée prochainement. La troisième, a priori abandonnée, inquiétait le plus, et notamment l'Inde, puisqu'elle concernait directement les fleuves prenant leur source dans les contreforts tibétains de l'Himalaya », poursuit-il. Ce n'est pas pour rien que la Chine entend garder la main sur la région du Tibet, le « château d'eau de l'Asie ». L'Indus, le Gange, le Brahmapoutre et le Mékong y ont leur source. Puiser ou dériver l'eau de ces fleuves ne peut qu'aviver les tensions entre la Chine, l'Inde, le Bangladesh, voire le Pakistan. Les craintes sont d'autant plus justifiées que la Chine n'a pas ratifié la Convention des Nations unies sur les utilisations des cours d'eau internationaux à des fins autres que la navigation, souligne Jean-Christophe Victor dans son nouvel ouvrage « Le Dessous des cartes ", à paraître le 1er septembre. Le partage des eaux du Brahmapoutre apparaît comme l'une des sources de conflit potentiel les plus sérieuses. Pékin ne s'est pas non plus gêné de construire quantité de barrages en amont du Mékong qui termine sa course au sud du Vietnam. Or, le delta du Mékong est d'une importance cruciale pour ce dernier. Il concentre 20 millions de personnes et 25 % du PIB du pays. Pour assurer un juste partage des eaux du fleuve, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande et le Vietnam ont bien créé en 1995 un comité de gestion, la Commission du Mékong. Mais la Chine en est, là encore, absente. La situation dans la région est suffisamment inquiétante pour avoir motivé en 2012 un rapport spécial du Renseignement américain sur la sécurité des Etats-Unis à l'horizon des trente prochaines années. Washington s'interroge notamment sur l'intérêt et les risques d'être l'allié d'un Vietnam si fragile.

 

L'Asie du Sud-Est n'est pas la seule zone à risque : les nombreux conflits du Proche et Moyen-Orient en témoignent. La Turquie dispose d'un moyen de pression puissant grâce aux nombreux barrages qu'elle a érigés sur le cours supérieur de l'Euphrate. En 1974, la médiation de l'Arabie saoudite a évité de justesse un affrontement entre la Syrie et l'Irak, lorsque Damas avait unilatéralement entrepris le remplissage d'un barrage sur ce fleuve. En 1990, la Syrie et la Turquie ont également menacé d'en venir aux armes pour régler leur différend. En 1998, la Syrie a dû plier face aux menaces explicites d'Ankara. La Syrie, ravagée par la guerre civile, est aussi en conflit avec son voisin israélien pour le contrôle du plateau du Golan, annexé en 1981 par Israël. Une partie des affluents du Jourdain y trouvent leurs sources, et Israël y puise 35 % de son alimentation en eau.

 

Dans le golfe Persique, une crise est aussi possible au regard des tensions entre les sunnites d'Arabie saoudite et les chiites d'Iran. Riyad est conscient de sa dépendance aux usines de dessalement d'eau de mer situées juste en face de l'Iran. Une attaque de Téhéran sur ces points névralgiques aurait des conséquences désastreuses. D'où la construction en cours, par le régime saoudien, de gigantesques réservoirs stratégiques d'eau pour parer à cette éventualité.

 

 

- Gabegie dans l'« Arabie heureuse "

Pour l'heure, l'opposition entre Téhéran et Riyad se situe sur un autre terrain : le Yémen. Un pays ravagé par la guerre et qui risque purement et simplement de disparaître de la carte du monde. « Celui que l'on surnommait l'"Arabie heureuse" est victime de trente années de gabegie dans la gestion publique de l'eau. Tant et si bien qu'aujourd'hui, les habitants disposent de moins de 200 m3 d'eau par an en termes de ressources. A Sanaa, la quantité disponible tombe à 40 m3 selon les projections à 2030. Il est ainsi probable que la capitale devra être déplacée dans un futur proche », analyse encore Franck Galland. La Jordanie, pour l'heure épargnée par l'instabilité sociale, reste néanmoins très fragile. Pour alimenter la capitale, Amman, qui abrite une grande partie des 6,5 millions de Jordaniens, le gouvernement s'appuie sur un dispositif stratégique qui consiste à puiser l'eau à Disi, un aquifère, dont la quasi-totalité se situe en territoire saoudien. L'eau est ainsi convoyée sur plus de 300 kilomètres. Outre le fait que la Jordanie fait face à un problème de sécurisation contre d'éventuelles attaques terroristes du « pipeline » d'eau, le pays doit aussi composer avec l'Arabie saoudite, qui pourrait bien en faire un moyen de pression sur le Royaume hachémite.

 

Comme si le réchauffement climatique ne suffisait pas, l'éruption des printemps arabes en Afrique du Nord est venue compliquer un peu plus la donne dans des pays déjà sous stress hydrique. La fuite des ingénieurs spécialisés dans la gestion de l'eau a rendu la situation encore plus critique en Tunisie et en Libye. Bref, on n'a pas fini de parler de la « diagonale de la soif ".

 

Notes :

[1] Aux origines de Daech : la guerre du pétrole

[2] Dans une région dont la complexité sociale politique et religieuse est séculaire, des projets économiques contemporains ont cristallisé la situation : en 2010, l’Iran projette de construire un pipe-line qui passerait par l’Irak et la Syrie pour acheminer du pétrole et du gaz vers la méditerranée. Cela redistribuerait les cartes de la production pétrolière dans le golfe. Or le Gaz pour le Qatar, et le pétrole pour l’Arabie Saoudite, c’est vital.

 

Pour en savoir plus :

- Israël attaque Gaza pour s’approprier le gaz palestinien

- Palestine: "Le Pétrole de la Discorde" - ARTE Reportage / 29-11-2014

- L'ONU examine le rôle des ressources naturelles dans les conflits armés

- Annuaire suisse de politique de développement : Les conflits liés aux ressources naturelles. Résultats de recherches et perspectives

- Mondialisation et conflits de ressources naturelles

- Qu’ont en commun les guerres en Ukraine, à Gaza, en Irak, en Syrie et en Libye ?

- Gaz de schiste: Shell maintient sa présence en Ukraine

- France Inter dévoile la véritable raison de la guerre contre Bachar el-Assad

- Syrie : Les raisons d'un nouvel embrasement : La Syrie est enfin un corridor stratégique pour le transit de l'énergie, notamment depuis la découverte en Méditerranée de ressources pétrolières et gazières.

- Syrie : Assad obstacle au gazoduc Qatar-Turquie

- Israël, Palestine : l’apartheid de l’eau

- CENTRAFRIQUE : LA GUERRE DE L’EAU

- L’Europe à l’assaut des terres agricoles mondiales - et d’Ukraine

- La Syrie, otage d'une bataille pour l'énergie

Le Venezuela est la 1ére des des plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde à fin 2015

- Pourquoi l’avenir pétrolier des Etats-Unis dépend du Venezuela

- Le rôle des multinationales dans les violences en Afrique

- Le coup d’État en Bolivie intervient moins d’une semaine après la fin des négociations entre Morales et une multinationale allemande de commercialisation du lithium

- lithium : Nuages néocolonialistes au dessus de la Bolivie

- La Turquie a transformé le fleuve Euphrate en une arme de guerre qui tue le Rojava

- LA PROCHAINE GUERRE MONDIALE AURA-T-ELLE LIEU EN ARCTIQUE ?

- Cœur de l'Europe : Les dirigeants des grandes puissances jouent avec le feu

Venezuela : le pétrole, un facteur essentiel pour expliquer l'attaque américaine

 

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- La France au Mali pour du pétrole, explications

L'armée française est présente sur le territoire malien depuis depuis janvier 2013 soit disant suite à l'appel au secours du malien Mr TRAORE qui parait-il était inquiet ainsi tous les maliens que le pays ne soit entre les mains des islamiste. Comme par hasard ce même gouvernement français soutien les rebelles syriens qui ne sont que des islamistes radicaux pour renverser le pouvoir sur place.


Ce déploiement de l'armée n'est qu'une continuité de la politique occidentale (USA, la France, Royaume Uni...).


Cette intervention français était planifiée depuis de longue date,des années. La France ne vise ces intérêts (la richesse souterraine du Mali qui n'est pas encore exploitée).
Cela est plus que du néocolonialisme, c'est de l'impérialisme occidental.


Le NOUVEL ORDRE MONDIAL va t-il continuer à fabriquer des guerres de toute pièce à travers le monde, à renverser des régimes rien que pour leurs propres intérêts et ceux de leurs multinationaux comme ça été le cas en Irak,en Afghanistan..., et maintenant c'est le Mali, la Syrie, l'Egypte.

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 11:01
Rocard, Alevêque, Charb... 100 personnalités disent «non» au traité Transatlantique

Une centaine de personnalités ont rejoint l'appel lancé par le collectif «Stop Tafta», contre le traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Europe.

 

Sources : LeParisien.fr par Bérangère Lepetit

Devinette : quel sujet peut réunir à la fois la comédienne Mathilda May, le politique Michel Rocard, le dessinateur de Charlie Hebdo Charb ou encore l'humoriste Christophe Alevêque Le traité dit "de libre-échange" négocié actuellement très discrètement entre Bruxelles et les Américains et ce, depuis l'été 2013.

 

Dans un appel commun à l'initiative du « collectif STOP TAFTA », 100 personnalités du monde du spectacle, de la politique, de l'université et des médias se prononcent ce jeudi «contre le traité de libre-échange» dit Tafta (pour Trans-Atlantic Free Trade Agreement ).

Parmi eux, de nombreux politiques comme le leader du Front de Gauche
Jean-Luc Mélenchon, les députés (EELV) Yannick Jadot et Karima Delli, le fondateur du parti Nouvelle donne Pierre Larrouturou, mais aussi les actrices Marianne Denicourt, Marina Vlady, l'écrivain Gérard Mordillat, l'architecte Roland Castro ou les sociologues Dominique Méda, Monique Pinçon-Charlot et Pierre Pinçon.

«Ces négociations opaques se déroulent dans le dos des peuples d'Europe et d'Amérique du Nord», dénoncent notamment les signataires de l'appel. «Cet accord de libre-échange menace de mettre en péril ce qui rend nos sociétés encore vivables. C'est la raison pour laquelle nous appelons les parlementaires français et européens nouvellement élus à faire pression sur les Etats-membres et la Commission européenne afin d'interrompre les négociations du TAFTA.»



- Le texte suscite de nombreuses inquiétudes
Ce traité vise à mettre sur pied un gigantesque marché transatlantique représentant 40% du PIB mondial et plus de 800 millions de consommateurs. Bruxelles met de son côté en avant le coup de pouce à la croissance économique que pourrait représenter ce traité pour les Etats membres de l'Union européenne.

 

Mais le texte suscite de nombreuses inquiétudes, notamment concernant les produits de grande consommation fabriqués outre-Atlantique, comme le boeuf aux hormones, le «poulet au chlore» et le maïs Mon 810 (élaboré par l'Américain Monsanto) qui pourraient arriver plus facilement sur le marché européen avec les nouvelles normes mises en place et les abaissements de droits de douane.

«Aujourd'hui, un mouvement d'opinion est en train de naître contre le traité mais iI faut aujourd'hui amplifier le mouvement de contestation, assure Thomas Coutrot, porte-parole d'Attac. De plus en plus de collectivités territoriales, des villes mais aussi des conseils généraux se déclarent actuellement hors-Tafta. Nous souhaitons aussi cet été que des festivals, comme celui d 'Avignon, se déclarent hors-Tafta», poursuit-il.



- Alevêque : «Tout ça se fait sur notre dos»
Parmi les signataires, l'humoriste français Christophe Alevêque, que nous avons joint, joue ce mois de juillet un spectacle «Little boy» au festival d'Avignon. Il prendra la parole sur le Tafta. «Tout ça se fait sur notre dos, dans notre dos, sans aucun débat démocratique. On va être mis devant le fait accompli, ce n'était pas dans le programme de François Hollande», dénonce l'humoriste engagé. «On a l'impression que le marché tout-puissant est évangélique. Tout ça pour une croissance qui n'arrivera jamais!»

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«Le problème, c'est que l'humain, l'environnement, la culture, la protection sociale passent derrière le marché tout-puissant, fulmine aussi Christophe Alevêque qui a monté au printemps un spectacle intitulé «la dette». Ce sont les marchands à qui on a donné les clés de la maison. On rajoute des clés au trousseau. Nous, on n'en a plus du tout. Il faut des gardes-barrières. Un peu de contrôle. Que l'être humain soit davantage au centre des préoccupations. Pour l'instant, on lui dit juste de passer à la caisse et fermer sa gueule».

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- La liste des 100 premiers signataires
Christophe Alévêque, humoriste ; Geneviève Ancel, Dialogues en humanité ; Mariano Andor, collectif Rosia Montana ; Isabelle Attard, co-présidente Nouvelle Donne ; Clémentine Autain, Ensemble ; Geneviève Azam, porte-parole Attac ; Etienne Balibar, philosophe ; Alexandra Baudelot, Laboratoires d'Aubervilliers ; René Becker, président Terre de Liens ; Eric Beynel, Union syndicale Solidaires ; Martine Billard, co-présidente Parti de Gauche ; Pascal Blanchard, historien ; Nicolas Bouchaud, acteur ; Mona Bras, porte-parole UDB ; Dominique Cabrera, cinéaste ; Matthieu Calame, ingénieur agronome FPH ; Amélie Canonne, Aitec-Ipam ; Jean-Michel Carré, réalisateur/producteur Films Grain de Sable ; Bernard Cassen, Mémoire des luttes ; Roland Castro, architecte ; Charb, dessinateur Charlie hebdo ; Laura Chatel, secrétaire fédérale Jeunes Écologistes ; Eve Chiapello, sociologue ; Patricia Coler, déléguée générale UFISC ; Florent Compain, président Amis de la Terre ; Nathalie Coutinet, économiste les économistes atterrés ; Céline Curt, avocate ; Fanny Darbus, sociologue ; Jean-Marc De Boni, président du directoire La Nef ; Christian De Montlibert, sociologue ; Karima Delli, députée européenne EELV ; Marianne Denicourt, actrice ; Florence Denier-Pasquier, vice-présidente FNE ; Jean-Pierre Dubois, président d'honneur de la LDH ; Marc Dufumier, ingénieur agronome ; Eric Fassin, sociologue ; Gérard Filoche, ex inspecteur du travail ; Bruno Gaccio, scénariste et producteur ; Marcel Gauchet, historien, philosophe EHESS ; Susan George, écrivain ; François Gèze, éditeur ; Gaël Giraud, économiste, jésuite ; Pierre-William Glenn, réalisateur ; Vincent Glenn, réalisateur ; Cécile Gondard-Lalanne, Union syndicale Solidaires ; Roland Gori, psychanaliste appel des appels ; Bernadette Groison, secrétaire générale FSU ; Claude Gruffat, président Biocoop ; Jeannette Habel, co-présidente Copernic ; Kadour Haddadi, chanteur de HK et Les Saltimbanks ; Yannick Jadot, député européen EELV ; Béatrice et Jean-Paul Jaud, réalisateurs ; Esther Jeffers, économiste les économistes atterrés ; Raoul-Marc Jennar, essayiste ; Paul Jorion, anthropologue ; Pierre Khalfa, co-président Copernic ; Denez L’Hostis, président FNE ; Thomas Lacoste, cinéaste et éditeur La Bande Passante ; Laetitia Lafforgue, présidente Fédération nationale des arts de la rue ; Bernard Lahire, sociologue ; Bruno Lamour, président Collectif Roosevelt ; Pierre Larrouturou, co-président Nouvelle Donne ; Pierre Laurent, secrétaire national PCF ; Patrick Le Hyaric, député européen PCF ; Renée Le Mignot, MRAP ; Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris ; Annick Manteaux, Collectif stop-petrole-de-schiste-sud-77 ; Myriam Martin, Ensemble ; Françoise Martres, présidente Syndicat de la magistrature ; Margaret Maruani, sociologue ; Gustave Massiah, Aitec-Ipam ; Mathilda May, actrice ; Dominique Méda, philosophe et sociologue ; Jean-Luc Mélenchon, député européen, co-président PG ; Annie-Thebaud Mony, directrice de recherche Inserm ; Gérard Mordillat, réalisateur ; Antonio Negri, philosophe ; Frédéric Neyrat, philosophe ; Julien Noé, Enercoop ; Birthe Pedersen, vice-présidente Peuples Solidaires ; Henri Pena-Ruiz, philosophe ; Laurent Pinatel, porte-parole Confédération paysanne ; Michel Pinçon, sociologue ; Monique Pinçon-Charlot, sociologue ; Christine Poupin, NPA ; Philippe Poutou, NPA ; Ignacio Ramonet, journaliste Mémoire des luttes ; Frédérique Rigal, Collectif Roosevelt ; Marie-Monique Robin, réalisatrice ; Michel Rocard, ancien premier ministre ; Christian Salmon, écrivain ; Chloé Sécher, coordinatrice réseau culturel Actes if ; Laura Slimani, présidente MJS ; Bernard Stiegler, philosophe Ars Industrialis ; Jean-Pierre Thorn, cinéaste ; Louis-Georges Tin, maître de conférences ; Philippe Torreton, acteur ; Aurélie Trouvé, Attac ; François Veillerette, porte-parole Générations Futures ; Marie-Christine Vergiat, députée européenne ; Patrick Viveret, philosophe ; Marina Vlady, actrice ; Sophie Wahnich, historienne CNRS.

 

Rocard, Alevêque, Charb... 100 personnalités disent «non» au traité Transatlantique

- Toutes et tous hors Tafta !

Les citoyens d’Europe contre le traité transatlantique

 

ICI : Signez l’appel et déclarez-vous « hors TAFTA »


Pour en savoir plus :

- Traité transatlantique : quand l'Europe veut déréguler la finance mondiale

- Susan George : “La mobilisation contre le traité transatlantique est difficile à cause du secret”

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 10:05
Tisa* : des syndicats du monde entier appellent à cesser ces négociations commerciales secrètes

Source : d'après Basta! www.bastamag.net

Les réactions se multiplient du côté des syndicats depuis quelques jours pour dénoncer l’Accord sur le commerce des services (ACS, ou Tisa). Un traité en cours de négociation entre une cinquantaine de pays (lire notre enquête Tisa ces négociations commerciales secrètes qui visent à accélérer privatisations et dérégulations). En France, les syndicats CGT et Force ouvrière (FO) déplorent le silence du gouvernement concernant ces négociations, qui visent à ouvrir le « marché des services » à la concurrence internationale.

 

 

- Y a t-il matière a s'en étonner ?

Certainement pas quand on sait que droite - centre et socialistes ont voté ensemble pour entamer de telles négociations.

 

Le 27 juin, le Comité syndical européen de l'éducation (CSEE), qui représente 132 syndicats d’enseignants en Europe et 11 millions de salariés du secteur éducatif, a exprimé « ses plus vives inquiétudes face à l’intention de l’Union européenne d’inclure les services d’éducation dans le cadre des négociations en cours sur l’accord de libre-échange pour le commerce des services ». Pour son directeur, Martin Rømer, il y a dans ces négociations le risque « d’intensifier les pressions visant à commercialiser et privatiser le secteur de l’éducation » et « de restreindre drastiquement la possibilité pour les États (...) de limiter l’entrée des institutions et établissement scolaires privés ou lucratifs sur leur territoire et de réglementer leurs activités ».

 

 

- Un traité qui « dépasse l’entendement »

La fédération syndicale s’inquiète notamment de l’inclusion de la « clause de statu quo », dans cet accord (selon un document dévoilé par Wikileaks) : « Les gouvernements seront contraints de maintenir toutes leurs réglementations en vigueur en matière de libéralisation, si bien que leurs successeurs n’auront plus aucune possibilité d’introduire de nouvelles mesures permettant de limiter le commerce des services, analyse Martin Rømer. Cette situation est fondamentalement contraire à tout processus décisionnel démocratique »

 

Pour la Confédération syndicale internationale (CSI), « le projet d’accord dont débattent des représentants de gouvernements vise à affaiblir la réglementation des services financiers et à octroyer aux fonds spéculatifs, aux banques, aux compagnies d’assurance et autres prestataires financiers de nouveaux accès sur les marchés financiers » (communiqué Wikileaks du 27 juin). « Les gouvernements sont en train de négocier dans le plus grand secret des réglementations financières à la baisse », dénonce Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI. « Qu’ils veuillent aider les banques "trop grosses pour faire faillite" et conglomérats financiers à poursuivre leur expansion, cela dépasse l’entendement. »

 

 

- L’offre de la Commission européenne

Plusieurs fédérations syndicales internationales ont appelé à cesser les négociations de l’accord Tisa : l’Internationale des services publics (qui représente 669 syndicats du secteur des services publics), UNI Global Union (900 organisations syndicales et 20 millions d’adhérents dans le monde, dans les secteurs de la santé, des médias, des télécommunications ou des finances), IndustriALL (50 millions de travailleurs de l’industrie, des mines et de l’énergie) et l’UITA (Union internationale des travailleurs de l’alimentation et de l’agriculture, 383 organisations membres). En 2013, elles avaient déjà, avec plusieurs centaines d’organisations, affirmé leur ferme opposition aux négociations, dans une lettre adressée aux ministres du Commerce des pays concernés.

 

Malgré les demandes répétées des syndicats et ONG (voir la déclaration concertée de groupes de la société civile européenne travaillant contre les menaces du GMT [TAFTA]) pour une plus grande transparence, voire pour l’arrêt des discussions, le mandat de négociation donné à la Commission européenne n’a toujours pas été rendu public. Pour le commissaire au Commerce, Karel de Gucht, le secret sur les négociations est un choix « stratégique ». La Suisse, la Norvège et l’Islande ont pourtant publié leurs offres initiales de négociation (lire ICI. Dans ces conditions, comment savoir quels seront les secteurs qui pourront être soumis aux privatisations et à la concurrence internationale ? « Dans son offre, l’UE a introduit une série d’exceptions qui lui permettent de prendre toute mesure qu’elle juge utile dans un certain nombre de secteurs, notamment l’audiovisuel, l’éducation publique, la santé publique ou l’eau », assure, dans son langage bien à elle, la Commission. Impossible à vérifier, tant que l’offre initiale de l’Union européenne ne sera pas rendue publique.

 

Les services publics seront-ils protégés de toute menace de privatisation ? Là encore, réponse sibylline de la Commission : « L’UE a introduit une réserve horizontale lui permettant de sauvegarder des monopoles et des droits exclusifs d’exploitation dans le secteur public. La réserve est libellée comme suit : "les services reconnus d’utilité publique au niveau national ou local peuvent être soumis à des monopoles publics ou à des droits exclusifs octroyés à des opérateurs privés" » [1]. La transparence, c’est aussi une question de vocabulaire...

 

Notes

[1Source : FO Hebdo.

 

Pour aller plus loin :

- TISA : qui a voté quoi à Bruxelles (droite et socialistes la main dans la main) ?

- L’Accord sur le commerce des services (TISA) : l’autre traité que l’Union européenne négocie avec les Etats-Unis

- Un traité.... en cache un autre : vous avez aimé TAFTA ? Vous adorerez TISA !

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 11:03
Crédit photo : Michel Soudais

Crédit photo : Michel Soudais

- L’auteur
François Cocq, 35 ans, est enseignant.
- Conseiller municipal délégué à Champigny-sur-Marne (94), il est secrétaire général du Parti de Gauche depuis mars 2013.
- Il avait auparavant en responsabilité au sein de ce même parti le secteur de l’éducation.
- Il est par ailleurs président de l’AGAUREPS-Prométhée (Association pour la Gauche Républicaine et Sociale-Prométhée), lieu de réflexion et d’échange pour faire vivre la nécessité de transformation issue du socialisme révolutionnaire avec l’exigence et l’universalisme républicains.

- Depuis septembre 2012, il tient un blog politique dont sont issus les articles qui figurent dans le présent recueil.

 

- La publication

- Avant-propos -

«Je ne suis pas le Président socialiste». Pour abrupte qu’ellesoit, la déclaration de François Hollande le 28 mars 2013 lors de son grand oral médiatique est un aveu savamment orchestré. Lui Président, il poursuit l’action qu’il a menée pendant plus d’une décennie à la tête du Parti socialiste (PS) et depuis 30 ans dans les arcanes de la rue de Solferino, siège du PS.

 

Après avoir progressivement renié l’héritage du mouvement progressiste et de l’humanisme radical, après s’être à dessein détaché des luttes et acquis de la classe ouvrière, François Hollande et les siens veulent faire de leur accession au pouvoir le grand bond par dessus le socialisme : redistribution, souveraineté populaire, droit du travail, retraites, protection sociale, services publics..., il n’est rien qui soit à l’abri de la remise en cause. Jusqu’au nom lui même, «socialiste», qui leur pose problème comme en atteste la déclaration présidentielle.... pour lire la suite...

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 10:21

par Mike Whitney

- MIKE WHITNEY  vit dans l’État de Washington. Il est un contributeur à  Espoir: Barack Obama et sa politique de l’Illusion (AK Press). Hopeless est également disponible dans une  édition Kindle. Il peut être contacté à  fergiewhitney@msn.com .

- par MIKE WHITNEY – http://www.counterpunch.org/2014/04/23/putins-dilemma/ - Traduction Libre © Didier ARNAUD

Le dilemme de Poutine

Sources : Les-Crises.fr blog d'Olivier Berruyer

  • «La dernière décennie du XXe siècle a connu un changement tectonique dans les affaires mondiales. Pour la première fois, une puissance non-Eurasienne a émergé, non seulement comme un arbitre clé des relations de pouvoir en Eurasie, mais aussi comme pouvoir suprême dans le monde. » (p. xiii)
  • « Maintenant, une puissance non-Eurasienne est devenue prééminente en Eurasie. – Et la primauté mondiale de l’Amérique dépend directement de la durée et de l’efficacité de sa prépondérance maintenue sur le continent eurasiatique » (p.30) - (Extraits du livre Le Grand Echiquier : la Primauté Américaine et ses Impératifs Géostrastégiques, Zbigniew Brzezinski, Basic Books, 1997)
  • « On nous avait promis à Munich, après la réunification de l’Allemagne, aucune expansion de l’OTAN n’aura lieu à l’Est. Ensuite, l’OTAN s’est élargie en ajoutant les anciens pays du Pacte de Varsovie, les anciens pays de l’URSS, et j’ai demandé: “Pourquoi faites-vous cela ? ” Et ils m’ont répondu : ” Ce n’est pas votre affaire.” » – (Le président Russe Vladimir Poutine, conférence de presse à Moscou, avril 2014)

 

 

- Les États-Unis se trouvent dans une véritable phase de déclaration de guerre avec la Russie.

Les décideurs politiques à Washington ont déplacé leur attention depuis le Moyen-Orient vers l’Eurasie, où ils espèrent atteindre la partie la plus ambitieuse du projet impérial : établir des bases d’opérations avancées tout au long du flanc Ouest de la Russie, pour arrêter l’intégration économique entre l’Asie et l’Europe, et pour commencer l’objectif longtemps recherché de démembrer la Fédération de Russie. Tels sont les objectifs de la politique actuelle. Les États-Unis ont l’intention d’étendre leurs bases militaires en Asie centrale, de se saisir des ressources vitales et des corridors de pipelines, et d’encercler la Chine pour pouvoir contrôler sa croissance future. Cette poussière en Ukraine indique que la cloche de départ a déjà sonné et que l’opération est déjà entièrement en cours de déroulement. Comme nous le savons par expérience, Washington va poursuivre sa stratégie sans relâche tout en s’affranchissant de l’opinion publique, du droit international ou de la condamnation des adversaires et des alliés de la même façon. La seule superpuissance du monde n’a nul besoin d’écouter quiconque. Il s’agit d’un droit en soi.

 

Ce modèle, est bien sûr, infaillible. Il commence avec des sanctions de type doigts moralisateurs qui agitent l’économique, et de la rhétorique incendiaire, et puis rapidement, il se transforme en bombardements furtifs, attaques de drones, destruction massive des infrastructures civiles, des millions de réfugiés fuyant les villes et les villages décimés, des escadrons de la mort, du carnage humain en gros, de vastes destructions de l’environnement, et la lame stable en échec l’anarchie de l’État… Tout ceci étant accompagné par la répétition fade de la propagande étatique vomie de tous les porte-voix de l’entreprise dans les médias occidentaux.

 

 

- N’est-ce pas la façon dont les choses se sont déjà déroulées en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie ?

En effet, ils l’ont fait. Et maintenant, c’est au tour de Moscou. La survie de Poutine et celle de la Fédération de Russie dépend dans une très large mesure de sa capacité à saisir la nouvelle réalité rapidement et de s’adapter en conséquence. S’il décide d’ignorer les signes avant-coureurs qui sont tant espérés par Washington qui ne saurait être apaisé ou bien les hommes qui dictent la politique étrangère des États-Unis qui seraient peut-être persuadés d’abandonner le soi-disant «pivot vers l’Asie », il pourrait faire face à la même fin que Saddam Hussein ou Kadhafi. Donc, la première priorité est tout simplement d’accepter le fait que la guerre a commencé. Toutes ses futures décisions politiques doivent provenir de cette connaissance de base.

 

 Les bases américaines en Asie centrale en 2006 [1]

Les bases américaines en Asie centrale en 2006 [1]

- Alors qu’est-ce que Poutine sait déjà ?

  • Il sait que la CIA, le Département d’État des États-Unis et les pseudo-ONG américano-financées ont été directement impliqués dans le coup d’Etat de Kiev ;
  • Il sait (à partir de messages téléphoniques piratés) que c’était la main de Washington dans le choix des dirigeants de la junte ;

  • Il sait que la Maison Blanche et l’OTAN ont déjà sapé l’esprit de l’accord de Genève de vendredi en menaçant d’intensifier les sanctions économiques et en prévoyant de transférer davantage d’actifs militaires aux pays baltes, ainsi que 10.000 troupes terrestres américaines en Pologne et des navires de guerre américains supplémentaires en Mer Noire ;

  • Il sait que des décideurs politiques de haut rang des États-Unis l’ont diabolisé dans les médias en tant que nouvel Hitler, un surnom qui est immanquablement connoté d’objectifs d’agression par Washington ;

  • Et il sait aussi que l’équipe Obama grouille de néo-cons sanguinaires et de guerriers froids récalcitrants qui n’ont jamais abandonné l’idée de faire éclater la Russie en petits morceaux, de pouvoir piller ses ressources, et d’installer une marionnette des États-Unis à Moscou.

 

À cette fin, les médias occidentaux ont façonné un récit absurde en prétendant que la Crimée fait partie d’un plan « diabolique »  de Poutine pour reconstruire l’Union soviétique et revenir aux jours de gloire de l’Empire russe. Bien qu’il n’y ait aucun point à réfuter dans cette allégation risible, il convient de noter que de nombreux journalistes ont contesté l’exubérance des médias en analysant la couverture de propagande gérée par l’Etat.

 

 

- Voilà comment le journaliste américain Robert Parry l’a résumé dans un article récent :

«Au cours de mes quatre plus grandes décennies dans le journalisme, je n’ai jamais assisté à un tel spectacle de partialité et de tromperie aussi élaboré par les plus grands médias d’actualité grand public des États-Unis. Même à l’époque de Ronald Reagan … il y avait plus d’indépendance dans les principaux organes de presse. Il y a eu aussi beaucoup de bousculades des médias au large de la falaise de la réalité pendant la guerre du Golfe Persique de George HW Bush et de la guerre en Irak de George W. Bush, qui ont tous deux été manifestement coutumiers de fausses allégations qui ont pu être si facilement avalées par les grands organes de presse américains.

 

Mais il y a quelque chose de tout à fait orwellien dans la couverture actuelle de la crise en Ukraine, y compris le fait d’accuser les autres de «propagande» quand leurs explications… se révèlent beaucoup plus honnêtes et plus précises que ce que le corps de presse tout entier des États-Unis a mis en production…. La désinvolture de cette propagande … n’est pas seulement du journalisme de la honte, mais c’est aussi particulièrement imprudent de malversation au péril de la vie de nombreux Ukrainiens et de l’avenir de la planète. » (« Ukraine, à travers le miroir des Etats-Unis », Robert Parry, SmirkingChimp)

 

 

Malheureusement, le brouillard de la propagande générée par l’État permet de maintenir le public en grande partie dans l’obscurité sur les motifs réels du conflit actuel, ainsi que l’histoire sordide de l’hostilité américaine envers la Russie. Voici un court texte de présentation d’un article paru sur le site World Socialist Web Site qui aide à couper à travers la BS et qui fournit un peu plus d’éclairage sur ce qui se passe réellement :

 

« Lorsque l’Union soviétique s’est effondrée à la fin de 1991, Dick (Cheney) voulait obtenir non seulement le démantèlement de l’Union soviétique et de l’empire russe, mais celui de la Russie elle-même, de sorte qu’elle ne puisse plus jamais constituer à nouveau une menace pour le reste du monde, », écrit l’ancien secrétaire à la Défense, Robert Gates,  des États-Unis, dans ses mémoires récemment publiées. Gates faisait allusion à l’époque où Dick Cheney était ministre de la Défense, et plus tard vice-président américain.

 

 

- Ces déclarations éclairent sous un jour nouveau les dimensions géopolitiques du putsch récent en Ukraine.

Ce qui est en jeu, ce ne sont pas tant de simples questions de nationalité, et encore moins la lutte contre la corruption et pour la démocratie, mais bien au contraire une lutte internationale pour le pouvoir et l’influence qui remonte à un quart de siècle. “(Les dimensions géopolitiques du coup d'état en Ukraine, Peter Schwarz, World Socialist Web Site)

 

Le Conseiller en Sécurité Nationale du président Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski, constitue bien le principal architecte de la politique actuelle. Dans son désormais classique « Le Grand Echiquier.... La suprématie américaine et ses Impératifs Géostratégique », Brzezinski argumente que les États-Unis ont un besoin vital de devoir contrôler la masse continentale de l’Eurasie et d’en repousser ses rivaux potentiels, afin de maintenir sa position dominante en tant que seule et unique superpuissance au monde. Les critiques affirment que ce livre est un modèle pour une dictature mondiale, une revendication qui est bien difficile à contester étant donné l’accent particulièrement maniaque de Brzezinski sur ce qu’il qualifie « de la suprématie mondiale de l’Amérique. »

Le dilemme de Poutine

- Voici quelques extraits du texte qui éclairent bien les réflexions de l’auteur sur l’expansion US en Asie :

« L’Amérique est maintenant la seule superpuissance mondiale, et l’Eurasie devient l’arène centrale du globe. Par conséquent, ce qui va se passer tout autour de la distribution de l’énergie sur le continent Eurasien sera d’une importance décisive pour la primauté mondiale de l’Amérique et de l’héritage historique de l’Amérique. » (P.194) « Il s’ensuit que l’intérêt principal de l’Amérique est d’aider à s’assurer qu’aucune puissance unique ne soit en mesure de contrôler cet espace géopolitique et que la communauté internationale n’aura aucune entrave à son accès financier et économique ». (P148) …


« La consommation d’énergie dans le monde est appelée à augmenter considérablement au cours des deux ou trois prochaines décennies. Selon les estimations du Département de l’Énergie des Etats-Unis, ils s’attendent à ce que la demande mondiale augmentera de plus de 50 % entre 1993 et 2015, la hausse la plus significative de la consommation se produisant en Extrême-Orient. La dynamique de développement économique de l’Asie suscite déjà des pressions énormes pour l’exploration et l’exploitation de nouvelles sources d’énergie et les régions de l’Asie centrale et du bassin de la mer Caspienne sont connues pour contenir des réserves de gaz naturel et de pétrole qui éclipsent celles du Koweït, du Golfe du Mexique ou de la mer du Nord. » (p.125) … »…


« La manière dont l’Amérique gère « l’Eurasie » devient critique. L’Eurasie constitue le plus grand continent du monde et un axe géopolitique. La puissance capable de dominer l’Eurasie contrôlerait deux des trois régions les plus avancées et économiquement productives du monde. … Environ 75 % des habitants de la planète vivent en Eurasie, et la plupart de la richesse physique du monde se trouve concentrée là aussi, à la fois dans ses entreprises et dans son sous-sol.  L’Eurasie représente environ 60 % du PNB de la planète et environ les trois quarts des ressources énergétiques connues du monde entier » p.31) …
(Extraits de «
Le Grand Echiquier.... La suprématie américaine et ses Impératifs Géostratégique » – Zbigniew Brzezinski, Basic Books, 1997)

 

Pris dans son ensemble, « l’Échiquier » de Brzezinski revient finalement à une stratégie plutôt simple pour gouverner le monde. Tout ce que l’on doit faire, c’est de se saisir de l’approvisionnement énergétique critique et des lignes de transport en commun, d’écraser ses rivaux potentiels, et de subvertir les coalitions régionales, ou encore ce que Brzezinski désigne avec désinvolture, « empêcher les barbares de se mettre ensemble. »


Le plan comporte cependant des risques considérables, (la Russie détient pas mal d’armes nucléaires, après tout…), mais les risques sont largement compensés par la perspective de domination mondiale incontestée pour un avenir prévisible.

 

 

- Le problème avec la politique de Washington en Ukraine, c’est qu’elle laisse très peu d’options à Poutine.

  • S’il déploie des troupes pour défendre l’ethnie Russophone à l’Est, alors Obama va immédiatement exiger des sanctions économiques supplémentaires, une zone «d’exclusion aérienne», le déploiement de l’OTAN, et la coupure du gaz naturel et des produits pétroliers en Europe ;
  • D’un autre côté, si Poutine ne fait rien, alors les attaques contre les personnes russophones en Ukraine vont s’intensifier et les États-Unis vont fournir un soutien logistique militaire en secret aux extrémistes néo- nazis du ministère de l’Intérieur, tout comme ils l’ont déjà fait avec les terroristes djihadistes en Syrie et en Libye. Cela va entraîner l’Ukraine dans une guerre civile dévastatrice qui pourrait endommager l’économie de la Russie et saper la sécurité nationale.

 

 

- Quelle que soit l’option que vous pouvez envisager, la Russie perd dans tous les cas.

Le journaliste David Paul a résumé la situation dans un article du Huffington Post intitulé « Oubliez le baratin, Poutine tient une main perdante ». Il a expliqué :

« La formulation stratégique de Brzezinski est conçue pour améliorer la puissance américaine dans la région sur le long terme, et que Poutine arrive à trouver un moyen de se retirer ou bien qu’il choisisse d’envahir n’a finalement aucune importance. Quel que soit le choix que fait Poutine… en fin de compte il va servir les intérêts de l’Amérique, même si une guerre civile ukrainienne et une crise de l’énergie en Europe doivent faire partie du prix à l’arrivée. » (Huffington Post)

 

C’est tout le dilemme de Poutine, qui consiste à tenter de choisir le chemin qui est le moins susceptible d’aggraver la situation et de plonger plus profondément l’Ukraine dans l’abîme.

 

Pour l’instant, le choix semble évident, c’est juste qu’il faut tout simplement s’asseoir bien à l’abri, résister à la tentation de s’impliquer, et ne rien faire d’irréfléchi. Finalement, cette retenue pourra être considérée comme de la force et non plus de la faiblesse et il sera en mesure de jouer un rôle plus constructif en conduisant l’Ukraine vers la paix et la sécurité.

 

Notes :

[1] Les bases américaines en Asie centrale (Article paru dans la revue française de géopolitique Outre-Terre : Asie antérieure – Guerre à l’Iran ? ; numero 16, éditions Érès, 2006)

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 08:50

- En bref

En requalifiant le parti socialiste de « deuxième droite », la vidéo ci dessus, le livre montrent comment, dès le milieu des 1980, les socialistes ont accompli leur destin de parti réformateur en même temps que le programme de la première droite : adapter la société française au nouveau stade du capitalisme.

Le PS actuel "frondeurs ou pas", Hollande sont dans la continuité de cette politique.

 

 

- Résumé

"Le 10 mai 1981, François Mitterrand devient président de la République. Les illusions de la gauche tiennent jusqu'au fameux "tournant de la rigueur" en 1983.

 

Dès 1981, Jean-Pierre Garnier et Louis Janover faisaient partis des sceptiques sur la volonté de changement de cap. En 1986, ils co-écrivent "La deuxième droite" pour répondre à ceux qui s'auto-proclamaient "deuxième gauche", une gauche moderne, entrepreneuriale. Jean-Pierre Garnier est au moins d'accord sur un point avec Manuel Valls : il faut changer le nom du parti socialiste. J-P Garnier propose de le rebaptiser : le Parti de Solférino.

 

Un an après le retour aux affaires du PS, un an après le retour d'un François au château, l'analyse de J-P Garnier sonne comme un claquement de fouet... ça réveille ! A l'occasion de la sortie de la nouvelle édition du livre "La deuxième droite" chez les éditions Agone éditions Agone, et du premier anniversaire du retour aux affaires du Parti Solférinien, nous mettons à disposition ici, en libre circulation, une vidéo réalisée dans notre série des entretiens mutins (contre la pensée tiède). "

Les Mutins de Pangée

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 11:33
Barroso et Juncker

Barroso et Juncker

Source : éditorial de l'Humanité Dimanche

Décidément, les chefs d’État et de gouvernement européens ne veulent rien entendre, rien comprendre des puissantes alertes lancées par les citoyens, à l’occasion des élections européennes. Seulement un mois après leur résultat, les grandes et petites manoeuvres continuent de plus belle.

 

Pour remplacer M. Barroso à la tête de la Commission européenne, dirigeants de droite et socialistes choisissent comme un seul homme, à partir d’une sorte de mercato de répartition des postes, l’ancien premier ministre du Luxembourg de droite, fédéraliste, et chef de file des conservateurs du Parti populaire européen lors des élections européennes. Ainsi, on propose de remplacer un fédéraliste de droite, Barroso, par un libéral fédéraliste de droite, M. Jean-Claude Juncker. Celui-là même qui incarne, depuis un quart de siècle, l’actuelle construction ultralibérale de l’Union européenne et son cortège de souffrances infligées aux travailleurs, aux retraités, aux citoyens européens.

 

À la tête de ce que l’on appelle « l'Eurogroupe », c’est-à-dire la structure regroupant les pays qui ont l’euro pour monnaie, il était au coeur du dispositif de la dérégulation financière dans l’espace européen. On lui doit donc d’avoir joué un rôle de premier plan dans l’application des politiques d’austérité qui ont détruit les économies de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal, attaqué celles de l’Italie, de l’Irlande et de la France. Il est celui qui a largement contribué à construire, au coeur de l’Europe, l’un des plus grands paradis fiscaux du monde, le Luxembourg. Il en a été premier ministre de très nombreuses années et, à ce titre, il a chaque fois utilisé son droit de veto contre tout projet visant une fiscalité des mouvements de capitaux, la réglementation de la finance ou des banques. M. Juncker est bien le symbole de cette Europe et de cette monnaie unique qui ont failli. Il le reconnaissait lui-même il y a un peu plus d’un an quand il déclarait : « L’euro et moi-même sommes les seuls survivants du traité de Maastricht. » Quelle autre manière d’avouer qu’il est l’homme d’un autre temps et celui de l’échec. C’est pourtant de celui-là que M. Pierre Moscovici a pu dire « qu’il serait un bon président de la Commission européenne » !

 

Pourtant, ce choix est à mille lieues de l’expression populaire et du refus de vote aux élections européennes, marquées à la fois par une poussée de l’extrême droite et de la droite extrême, dite « eurosceptique », la progression d’une gauche alternative dans les pays du sud de l’Europe, un net recul des deux formations traditionnelles, les conservateurs de droite du Parti populaire européen et le Parti socialiste européen, qui se partagent les postes et veulent continuer à le faire au sein des institutions européennes. Ainsi, on assiste à ce spectacle affligeant où socialistes et écologistes soutiennent un candidat de droite à la présidence d’une Commission européenne, « rose-blanche », et la droite soutenant un socialiste à la présidence du Parlement. Et le même partage se fera pour la présidence permanente du Conseil européen. Ce dispositif d’une grande coalition dite « droite-gauche » au sein des institutions européennes, copie conforme de l’entente « démocratie chrétienne/sociauxdémocrates » au pouvoir à Berlin, n’est pas le seul reflet d’ambitions personnelles pour occuper les postes décisionnaires. Elle correspond fondamentalement aux demandes des puissances d’argent et du capital international. Ils veulent être certains de disposer du personnel politique jugé capable de faire survivre le système capitaliste enserré dans la tornade de sa crise.

 

C’est du reste un appel à ce type « d’union nationale » qu’ont lancé sept dirigeants patronaux, la semaine dernière, derrière le vocable « un partenariat au-delà des... postures » pour libérer la France de ce qu’ils appellent « les blocages structurels », c’est-à-dire l’ensemble des droits sociaux et démocratiques qui ont façonné « le modèle social français ». Ils réclament du pouvoir Valls-Hollande qu’il soit plus ferme contre les cheminots, les intermittents, les députés socialistes qui critiquent le pacte d’austérité, ceux du Front de gauche qui appellent à revenir à gauche, tous les élus qui refusent le charcutage territorial, ou même la décision du gouvernement qui a finalement abandonné le projet de gel du niveau des retraites inférieures à 1 200 euros.

 

- Junker incarne, depuis 25 ans, l'actuelle construction ultralibérale de l'Union Européenne et de son cortège de souffrances.

 

C’est dire si le combat est rude. Il appelle évidemment plus de débats pour un nouveau projet à gauche, plus de mobilisation unitaire pour résister et obtenir des améliorations immédiates, plus d’efforts pour rassembler celles et ceux qui ne se résignent pas aux situations actuelles en France et en Europe. C’est le sens de la préparation de la Fête de l’Humanité, qui aura lieu les 12, 13 et 14 septembre prochains.

 

L’enjeu d’un nouveau partage des richesses et d’une nouvelle manière de les produire, respectueuse des hommes et de la planète, devrait être placé au coeur d’une large action transformatrice. Et le nouveau Parlement européen serait bien inspiré de s’emparer du projet de la Confédération Européenne des Syndicats qui, en proposant de mobiliser une infime part des richesses produites dans un plan d’investissement audacieux et innovant, montre qu’il est possible de créer 11 millions d’emplois en Europe. Ce serait le moyen de tenir compte du résultat des élections européennes.

 

- Sur le même sujet, pour en savoir plus, lire aussi :

- Socialistes et droite libérale : Stupéfiante union sacrée au Parlement européen

- Commission européenne : Barroso et Juncker, anciens maoïste et trotskiste repérés par la CIA

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 15:02
Israël attaque t-il Gaza pour s’approprier le gaz et le pétrole palestinien ?

Sources : Le Grand Soir rédigé le 9-07-2014 par Nafeez AHMED "The GardIan" - modifié le 01-12-2014

Le ministre israélien de la défense a confirmé que l’opération militaire visant à "éradiquer le Hamas" a comme objectif de prendre le contrôle des réserves de gaz de Gaza.

 

Hier, (8 juillet) Moshe Ya’alon, actuel ministre israélien de la Défense et ancien chef d’état major des Forces de Défense Israéliennes a annoncé que l’Opération "Coussin de protection" était le début d’une large offensive contre le Hamas. L’opération "ne va pas durer seulement quelques jours" a-t-il dit, "nous nous préparons à étendre l’opération de toutes les manières possibles pour continuer à frapper le Hamas."

 

Ce matin, il a ajouté :

"Nos frappes continuelles causent de lourdes pertes au Hamas. Nous détruisons des armes, des infrastructures terroristes, des systèmes de commande et de contrôle, des institutions du Hamas, des bâtiments du régime, des maisons de terroristes et nous tuons des terroristes dans les différents niveaux de commande... La campagne contre le Hamas s’étendra dans les jours prochains et l’organisation paiera un lourd tribut."

 

 

- Retour en arrière sur des raisons non médiatisées

Mais en 2007, un an avant l’opération "plomb fondu", ce qui préoccupait Ya’alon, c’était les 40 milliards de m3 de gaz naturel, évalués à environ 3 milliards d’euros, découverts en 2000 au large de Gaza. Ya’alon rejetait l’idée que "le gaz de Gaza puisse devenir le vecteur d’un état palestinien viable au plan économique" comme étant "erronée".

 

Le problème selon lui était que :

"La vente du gaz palestinien à Israël n’engendrera pas assez de richesse pour profiter à une population palestinienne très appauvrie. Par contre, si l’on en juge par le passé, elle permettra de financer d’autres attaques terroristes contre Israël...

Une transaction sur le gaz avec l’Autorité Palestinienne [AP] devra, par définition, inclure le Hamas. Soit le Hamas pourra bénéficier des revenus engendrés, soit il sabotera le projet en lançant des attaques contre le Fatah, les installations de gaz et Israël – ou contre les trois à la fois... Il est clair que sans une opération militaire d’envergure pour mettre fin au contrôle du Hamas sur Gaza, on ne pourra procéder à aucun forage sans l’accord du mouvement islamique radical.."

 

L’opération "plomb fondu" n’a pas réussi à anéantir le Hamas, par contre elle a pris la vie de 1387 Palestiniens (dont 773 civils) et de 9 Israéliens (dont 3 civils).

 

 

- Terre, pétrole et gaz au coeur des conflits du moyen orient

Depuis la découverte de pétrole et de gaz dans les Territoires Occupés, la compétition pour les ressources s’installe de plus en plus au coeur du conflit, à cause, surtout, des problèmes énergétiques croissants d’Israël.

 

Selon Mark Turner, le fondateur de Research Journalism Initiative, le siège de Gaza et la pression militaire qui s’en est suivie avaient pour but "d’éliminer" le Hamas en tant que "entité politique viable à Gaza" pour induire un "climat politique" favorable à un accord sur le gaz. Cela impliquait de réhabiliter le Fatah vaincu, d’en faire le principal acteur politique en Cisjordanie et de "rééquilibrer le rapport de force entre les deux camps en armant les forces loyales à Abbas et en recommençant à lui octroyer une aide financière ciblée."

 

Les propos de Ya’alon de 2007 montrent que le cabinet israélien n’est pas seulement préoccupé par le Hamas – mais par le fait que si les Palestiniens parviennent à exploiter leurs gisements de gaz, la transformation économique qui en résultera pourrait alors augmenter considérablement leur pouvoir.

 

Israël a fait plusieurs découvertes successives d’importance ces dernières années – comme par ex. le gisement Leviathan estimé à 453 milliards de m³ – qui pourrait faire passer le pays d’importateur d’énergie à exportateur potentiel d’énergie avec l’ambition de livrer l’Europe, la Jordanie et l’Egypte. Le problème est que la plus grande partie des 3 450 milliards de mètres cubes de gaz et des 1,68 milliard de barils de pétrole du Bassin du Levant se trouve dans des eaux territoriales disputées par Israël, la Syrie, le Liban, Gaza et Chypres.

 

En plus de ces luttes régionales pour le gaz, Israël doit faire face à ses propres défis énergétiques, souvent méconnus. Ce ne sera sans doute pas avant 2020, par exemple, que le pays parviendra à mobiliser correctement la plus grande partie de ses ressources nationales.

 

 

- Mais c’est seulement la partie émergée de l’iceberg

Israël attaque t-il Gaza pour s’approprier le gaz et le pétrole palestinien ?

En 2012, dans une lettre – que le gouvernement israélien a gardée secrète– deux responsables scientifiques du gouvernement israélien ont prévenu le gouvernement que Israël, malgré toutes ses extraordinaires découvertes, n’avait pas encore la capacité d’exporter du gaz. Selon Ha’aretz, la lettre précisait que les ressources nationales israéliennes étaient de 50% inférieures à ce qui serait nécessaire pour procéder à des exportations dignes de ce nom et qu’en plus elles pourraient diminuer avec les années :

 

"Nous pensons qu’Israël aura augmenté sa consommation [nationale] de gaz naturel en 2020 et ne devrait donc pas exporter de gaz. Les estimations de l’Autorité de gaz Naturel sont inexactes. Il y a un fossé de 100 à 150 milliards de mètres cubes entre les projections de consommation qui ont été présentées au Comité et les projections plus récentes. Les réserves de gaz dureront sans doute moins de 40 ans !"

 

Comme Dr Gary Luft - un conseiller du Conseil de Sécurité de l’Energie Etasunienne - l’a écrit dans le Journal de la Sécurité Energétique, "avec l’accélération de la diminution des ressources nationales de gaz et sans une augmentation rapide des importations égyptiennes de gaz, Israël pourrait être confronté à une crise énergétique dans les années qui viennent... Si Israël veut pouvoir poursuivre ses projets de gaz naturel, il doit diversifier ses sources d’approvisionnement. "

 

Les nouvelles découvertes nationales d’Israël ne permettent pas de solutionner le problème dans l’immédiat parce que les prix de l’électricité ont atteint des records, ce qui accroît encore la nécessité de diversifier les approvisionnements. Ces problématiques sont la raison pour laquelle le premier ministre Netanyahou a déclaré le 11 février qu’il était temps de conclure un accord sur le gaz avec Gaza. Mais lorsqu’un nouveau cycle de négociations a été entamé avec l’Autorité Palestinienne, en septembre 2012, le Hamas a été exclu, et par conséquent il a rejeté l’accord comme illégitime.

 

Au début de l’année2014 , le Hamas a condamné l’accord que l’AP avait conclu avec Israël pour lui acheter 845 millions d’euros de gaz provenant du gisement Leviathan sur les 20 années qui suivront la mise en service du gisement. Simultanément, l’AP a rencontré plusieurs fois le British Gas Group pour exploiter les gisements marins de Gaza, mais en excluant le Hamas – et donc les Gazaouis – du processus. Ce plan est le bébé du délégué du Quartette du Moyen Orient, Tony Blair.

 

Mais l’AP a aussi sollicité la compagnie russe Gazprom pour la même chose et des entretiens ont eu lieu entre la Russie, Israël et Chypres, sans qu’on sache au juste ce qu’il en est sorti. On ne sait pas non plus comment l’AP se propose de contrôler Gaza qui est gouverné par le Hamas.

 

Selon Anais Antreasyan, du Journal des Etudes Palestiniennes de l’Université de Californie, la revue de langue anglaise la plus respectée de toutes celles qui traitent du conflit arao-israélien, l’étranglement israélien de Gaza a pour but de rendre "impossible l’accès des Palestiniens aux puits Marine-1 et Marine-2." Le plan à long terme d’Israël "consiste non seulement à empêcher les Palestiniens d’exploiter leurs propres ressources, mais aussi à intégrer les gisements de gaz de Gaza dans les installations de forage en mer israéliennes adjacentes." Tout cela fait partie d’une plus large stratégie consistant à : ".... séparer les Palestiniens de leur terre et de leurs ressources naturelles pour les exploiter et ainsi bloquer le développement de l’économie palestinienne. En dépit de tous les accords formels impliquant le contraire, Israël continue à gérer toutes les ressources naturelles qui sont nominalement sous la juridiction de l’AP, que ce soit l’eau, la terre, la mer ou les ressources en hydrocarbures.."

 

 

- Pour le gouvernement israélien le Hamas continue d’être le principal obstacle à la finalisation de l’accord gazier.

Comme le dit le ministre en exercice : "Notre expérience de la période d’Oslo nous a appris que les profits du gaz palestinien seraient sans doute utilisés pour financer le terrorisme contre Israël. Le Hamas n’est pas la seule menace... Il est impossible d’empêcher un groupe terroriste palestinien ou un autre de profiter peu ou prou de la manne gazière." La seule option, par conséquent, est une nouvelle "opération militaire pour éradiquer le Hamas."

 

Malheureusement pour l’armée israélienne, anéantir le Hamas passe par la destruction de ce qui est perçu comme la base civile du groupe – et c’est pourquoi les victimes civiles palestiniennes sont infiniment plus nombreuses que les victimes israéliennes. Les deux camps ne valent pas mieux l’un que l’autre, mais la capacité de destruction d’Israël est simplement beaucoup plus grande.

Israël attaque t-il Gaza pour s’approprier le gaz et le pétrole palestinien ?

Après l’opération "plomb fondu", le Comité Public contre la Torture en Israël (Pcati) de Jérusalem a découvert que l’armée israélienne avait adopté une doctrine de combat plus agressive basée sur deux principes :

- la doctrine "zéro perte" pour les soldats israéliens même si cela nécessitait de tirer tous azimuts dans des zones fortement peuplées ;

- la "doctrine dahiya" qui prône le bombardement des infrastructures civiles pour infliger de grandes souffrances à la population et les inciter à se révolter contre les opposants à Israël.

 

Cela a été confirmé dans les faits par la mission d’enquête diligentée par l’ONU à Gaza qui est arrivé à la conclusion que l’armée israélienne avait "délibérément fait un usage disproportionné de la force", contre les "infrastructures de soutien" de l’ennemi - "l’expression semble désigner la population civile", précise le rapport de l’ONU.

 

Les ressources ne sont pas la seule cause du conflit israélo-palestinien. Mais à une époque où l’énergie renchérit, la compétition pour le contrôle des énergies fossiles régionales influence de plus en plus des décisions qui ont le potentiel de déclencher une guerre.

 

Précision :

Le présent texte ne comprend pas les nombreux liens internes qui figurent dans l'édition originale en anglais que vous pouvez consulter ici.

 

 

- Sur la question du pétrole un enjeu explosif

En Israël, l’industrie pétrolière est l’une des plus secrètes du pays. Les caméras de télévision sont interdites sur les sites d’extraction. Peut-être parce que les cuves de pétrole brut et les tours de forage ne sont qu’à une centaine de mètres des territoires palestiniens ? Selon les géologues palestiniens 85 % des gisements exploités par Israël se trouveraient en dehors de ses frontières.

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 10:58
"Les socialistes dissidents doivent s'autonomiser" Jean-Luc Mélenchon

Le 3 mai 2014, Jean-Luc Mélenchon était l'invité d'i>télé.

Il a appelé les socialistes dissidents à "s'autonomiser" en créant un groupe politique à l'Assemblée nationale, ce qui permettrait de faire contrepoids à gauche à la ligne politique adoptée par Manuel Valls.

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 09:40
Une question qu’il faudra maintenant trancher une bonne fois

Marie-Noëlle Lienemann et la tambouille de « l’alternative à gauche »

 

Sources : Blog de Jean-Luc Mélenchon

Dans le registre des couteaux sans lame, on sent bien que la gamme va s’élargir bientôt fort vite. Après avoir voté le budget Valls, Marie-Noëlle Lienemann tenait une presse le 11 juillet avec l’ancien ministre Paul Quilès, flanqués de Pierre Laurent du PCF et Emmanuelle Cosse d’EELV.

 

Il s’agissait de faire connaitre un document « base de travail » pour « une stratégie alternative » à gauche. On a compris qu’il s’agissait d’un travail confidentiel mené de longue main. Pourtant, il y a une semaine, nous rencontrions, avec le même Pierre Laurent et tout le Front de Gauche, Emmanuelle Cosse et l’état-major des Verts. Ni Pierre Laurent ni Emmanuelle Cosse n’évoquèrent la prochaine parution de cette plateforme. Mais il est exact qu’Emmanuelle Cosse répondant à Clémentine Autain récusa sans ambiguïté que son projet soit de « créer une plateforme alternative ». Puis, répondant à Martine Billard, elle confirma que son intention était bien d’organiser un dialogue avec le PS lui-même. Son objectif assumé est de former « la passerelle entre l’autre gauche et le PS ». L’initiative Lienemann/Quilès a le même projet de façon concurrente.

 

- On sait où ça coince.

Détail révélateur, Lienemann se donne la peine d’informer que sa « porte n’est pas fermée » au Parti de Gauche, dont elle affirme qu’il « n’a pas souhaité s’associer aux travaux » de bricolage qu’elle conduit. Air connu. Cambadélis parle la même langue. L’objectif est le même : briser le Front de Gauche en isolant les irréductibles opposants à l’alliance avec le PS. Cela ne peut aboutir d’aucune manière. Le Front de Gauche n’est pas une étiquette, c’est une stratégie. Il est tout à fait possible de débaucher des composantes du cartel comme les élections municipales l’ont montré. La stratégie ne sera pas abandonnée pour autant, comme l’ont également montré les élections municipales.

 

Evidemment, comme dit le proverbe berbère : « la seconde fois que tu te fais avoir, c’est de ta faute ». Nous sommes prévenus. La samba des sénatoriales menées de nouveau sans vergogne au nom du Front de Gauche montre que l’addiction au PS est parfois irrémédiable. Elle recommencera avec les cantonales et les régionales, et ainsi de suite.

 

Nos devoirs pour la rentrée comportent donc une question qu’il faudra maintenant trancher une bonne fois pour que le peuple à son tour puisse trancher par ses bulletins de vote, le moment venu.

 

 

- Rappel :

Selon Jean-Luc Mélenchon, "Les socialistes dissidents doivent déjà s'autonomiser"

 

Le 3 mai 2014, Jean-Luc Mélenchon était l'invité d'i>télé.

Il a appelé les socialistes dissidents à "s'autonomiser" en créant un groupe politique à l'Assemblée nationale, ce qui permettrait de faire contrepoids à gauche à la ligne politique adoptée par Manuel Valls.

- L'analyse de Martine Billard co-secrétaire du Parti de Gauche

Sources : Blog de Martine Billard

Ces derniers jours ont été riches en rebondissements politiques dont certains surprenants et d'autres sinistres.

 

En début de semaine, le vote sur le collectif budgétaire de la sécurité sociale voyait cette fois-ci 35 députés PS s'abstenir, ainsi que 13 députés EELV et 1 députée apparentée EELV voter contre. On ne peut que regretter qu'ils n'aient pas tous voté contre ce qui aurait provoqué le rejet de ce budget qui prévoit entre autres le gel de plusieurs prestations sociales. C'est un petit pas par rapport à l'approbation du collectif budgétaire de la semaine précédente. Mais lorsqu'on voit que ce soir sénateurs PS et EELV ont tous adopté la loi qui organise l'ouverture du transport de voyageurs au secteur privé, on se dit que cette opposition est bien timide et surtout pas à la hauteur des enjeux .

 

Le problème n'est pas d'attendre le prochain congrès du PS pour y prendre la majorité, ce qui est fort honorable bien que je doute totalement du fait que le PS redevienne un parti de gauche. Je crois que l'évolution au centre, comme tous les autres partis de la social-démocratie européenne, est maintenant bien ancrée.

 

Il est urgent de répondre aux attentes de toutes celles et ceux qui n'en peuvent plus dans ce pays. Pour les plus riches, pas de problème, tout va bien pour eux, les 500 les plus fortunés ont vu leur patrimoine progresser de 15% sur un an et 67 d’entre eux ont un patrimoine qui dépasse le milliard d'euros. Cela ne les empêche pas de se plaindre constamment qu'ils sont étranglés par les impôts !

 

Au sénat, les parlementaires du PCF ont voté contre les collectifs budgétaires et la loi ferroviaire comme les députés l'avaient fait avant eux.

 

- Aussi, quelle n'est pas ma surprise de trouver le 8 juillet, le communiqué ci-dessous du PCF

 

Sénatoriales : Pourquoi le Parti Socialiste fait le mort ?

Suite aux résultats des municipales, la majorité du Sénat risque de passer à droite au lendemain des sénatoriales de septembre. Pour la première fois depuis 1945, le Sénat pourrait compter en son sein des sénateurs d’extrême-droite !

Comment expliquer le silence de la direction nationale du Parti Socialiste vis à vis de plusieurs forces de gauche dont le PCF sur la possibilité dans plusieurs départements de réélire un sénateur de gauche ou d’en gagner un du fait de la proportionnelle. Il n’est pas pensable que le Parti Socialiste préfère un Sénat avec une majorité de droite plutôt qu'une majorité de gauche, certes insoumise à des réformes gouvernementales.

Bien évidemment, un accord sur tout le territoire national est rendu extrêmement difficile en raison des divergences profondes au sein des forces de gauche. Le PCF n’en fait pas la demande : il demeure en revanche disponible pour examiner certaines situations départementales qui, selon le mode de scrutin (majoritaire ou nouvellement proportionnel dans 17 départements) permettraient de battre la droite.

Des accords départementaux sont encore possibles dans le respect mutuel et sans rien retrancher de nos différences et de nos divergences sur l’avenir de notre pays, sur des réformes gouvernementales et particulièrement celles des collectivités territoriales.

L’apport des cinq sénateurs et sénatrices du groupe CRC renouvelables est décisif dans l’objectif du maintien d’une majorité de gauche. Comment ne pas y voir un atout contre l’élection d’un(e) président(e) de droite et pour l’élection d’un(e) président(e) de gauche au Sénat ? Le 28 septembre, le PCF entend offrir le moyen de s’exprimer, par leur vote, à des milliers de grands électeurs de gauche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- J'avoue que les bras m'en tombent.

Il n'y a pas de majorité gouvernementale au sénat actuellement. Les sénateurs communistes votent assez souvent et à juste titre contre les projets de loi présentés par le gouvernement et encore ces dernières semaines contre les collectifs budgétaires et contre la loi ferroviaire. On ne voit donc pas quel serait l'intérêt du PS de faire élire des sénateurs du PCF qui ensuite vont aller voter contre lui. Et comme de plus, le PS sait qu'il va perdre des sénateurs et la majorité relative au sénat, il est bien décidé à ne partager aucun des postes qu'il pourrait sauver. Europe Ecologie l'a bien compris qui, devant le refus du PS de lui proposer une alliance lui permettant d'obtenir un ou plusieurs sénateurs, a décidé de présenter des listes autonomes.

 

- Pourquoi le PCF n'en fait-il pas autant ? Pourquoi une telle posture de quémandeur ?

Pourquoi ne choisit-il pas de présenter des listes du Front de Gauche partout, représentant bien sûr la diversité du FdG et non des listes PCF qu'on est prié de soutenir sans discuter sous peine d'être traité de diviseur. Voilà ce qui serait la bonne stratégie : des listes autonomes du Front de Gauche faisant campagne contre la réforme territoriale pour la 6ème République, contre la politique d'austérité et le Grand Marché Transatlantique et leurs conséquences sur les collectivités territoriales.

 

Le PCF se plaint du silence du PS mais a tout simplement oublié de discuter avec ses partenaires du FdG.

 

Pour le PG, c'est clair, nous sommes cohérents : aux sénatoriales, nous ne soutiendrons aucune liste avec le PS.
 

Aujourd'hui Pierre Laurent participait à une conférence de presse avec Marie-Noëlle Lienemann (PS) et Emma Cosse (EELV), pour lancer un "nouveau pacte majoritaire à gauche". A cette occasion il déclarait «ce rassemblement est impossible autour de l'actuelle politique gouvernementale».

 

Or ce soir, nous apprenons que Pierre Pierre Laurent se rendra à l'université d'été du PS à La Rochelle pour participer à une table ronde avec Jean-Christophe Cambadélis, Emma Cosse (EELV), Jean-Michel Baylet (PRG), Robert Hue (MUP) et Jean-Luc Laurent (MRC) dont "L'idée est d'avoir une discussion globale et stratégique sur l'unité de la gauche", selon Daniel Assouline."

 

- Quelle photo de famille, Unité de la gauche avec le PS qui mène la politique que nous subissons en ce moment ?

Avec Jean-Marie Le Guen qui n'a pas hésité à traiter de "pseudo-socialistes" les quelques députés PS qui osaient émettre des critiques sur la politique économique et sociale actuelle ?

 

Ce qui en restera n'est pas que Pierre Laurent voulait convaincre les militants PS présents de rompre avec la politique du gouvernement. Non, le symbole ce sera, ils sont tous ensembles pour s'entendre entre eux.

 

Voilà qui va réjouir toutes celles et ceux qui chaque jour se demandent ce que ce gouvernement va encore pouvoir inventer pour leur réduire le peu de droits qui leur restent. Discuter avec toutes celles et ceux notamment au PS qui sont critiques avec la politique gouvernementale, bien sûr. Mais là c'est autre chose : c'est une mise en scène pour montrer que le PS n'est pas isolé et que le gouvernement est soutenu.

 

Quelle erreur d'y aller !

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 15:49
Hollande, La République pour cible

Alors que s’ouvrait en mai 2013 la deuxième année de son quinquennat, François Hollande proclamait l’entrée dans l’An II. Pari osé pour un Président que de se référer 220 ans après et de manière subliminale à l’An II de la République, celui de la Convention montagnarde.


Toute comparaison ne vaut que si elle s’appuie sur des faits. Or la mise en perspective joue le rôle d’un révélateur implacable des renoncements de François Hollande. Autorégulation contre maximum général, réforme fiscale contre emprunt forcé, loi de refondation scolaire contre plan d’instruction publique, acte III de la décentralisation contre unité de la Nation, Ve République contre Constitution de 1793…


L’An II, par un permanent aller-retour entre aujourd’hui et la République montagnarde, fait apparaître la rupture idéologique de la politique de François Hollande avec l’héritage du mouvement progressiste et de l’humanisme radical, en même temps qu’il nous invite à nous replonger dans les sources du socialisme révolutionnaire.

 

- Pour commander : ici

- François Cocq est secrétaire général du Parti de Gauche.

- Francis Daspe est président de la Commission nationale Éducation du Parti de Gauche.

Ils sont également membres fondateurs de l’AGAUREPS-Prométhée (Association pour la gauche républicaine et sociale-Prométhée) dont ils occupent les fonctions de président et secrétaire général.
Ils ont publié dans la même collecti
on, "L'école du peuple".

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 11:55
Après l'abstention des "frondeurs" lettre.... à ma députée

Mr Silvestri Guy

17300 - Rochefort

à

                                                                                  Mme TALLARD Zuzanne

 Députée de la 2ème

circonscription de Charente-Maritime

                                                                                  Avenue Lafayette

                                                                                  17300 Rochefort

 

Rochefort le 9 juillet 2014

Madame la députée,

 

C’est en mon nom personnel et non en celui de mon organisation syndicale  que je m’adresse à vous aujourd’hui.

 

Grâce à votre abstention, et à celle d’un certain nombre de députés socialistes et écologistes, le pacte de responsabilité a été adopté par l’Assemblée Nationale hier.

 

Enfin Pierre Gattaz et l’ensemble des patrons français vont pouvoir souffler et montrer qu’ils feront un meilleur usage de l’argent public qu’ils ne l’on fait avec le CICE.

Enfin on va pouvoir dans notre pays s’attaquer au fléau que constitue le coût du travail.

 

Comme vous le savez je suis retraité et à écouter nos ministres je viens de m’apercevoir que tout au long de ma carrière, j’ai coûté cher à mon employeur. Quel ingrat j’ai été de revendiquer des augmentations de salaires, la réduction du temps de travail, l’amélioration des conditions de travail, la défense du service public SNCF, etc. En agissant de cette façon j’ai conduit mon pays dans la crise qu’il traverse actuellement et j’en suis vraiment affligé (comme certains socialistes).

 

Il y a encore quelques mois je ne comprenais pas pourquoi, en retraite, je ne touchais pas le même salaire qu’en activité alors que mes besoins étaient les mêmes. Aujourd’hui grâce aux explications argumentées des ministres, des membres du PS, et des experts télévisuels je comprends d’un seul coup que je n’ai pas à me plaindre puisque je touche plus de 1200€ par mois et qu’à ce titre je suis vraiment un privilégié. Heureusement grâce à votre abstention les choses vont rentrer dans l’ordre puisque le montant, exorbitant, de ma pension va être bloqué.

 

Avec vos camarades, les frondeurs ou les « socialistes affligés » vous m’avez fait peur, car si vous aviez voté contre ce pacte de responsabilité, la France aurait connu de très graves difficultés, alors qu’aujourd’hui, grâce aux efforts que vous allez imposer, ou plutôt demander aux salariés actifs et retraités, notre pays va retrouver la voix du développement.

 

Il y a encore quelques jours j’étais de ceux qui pensaient qu’il suffisait de s’attaquer au coût du capital et aux 235 milliards de dividendes versés aux actionnaires pour que notre économie aille mieux. Quel idiot je faisais, moi, qui certes connais parfois quelques difficultés de fin de mois, et peut être bientôt des difficultés pour finir ma vie dignement, mais ne connais pas les angoisses effroyables des actionnaires pour savoir si leur capital va être convenablement rémunéré.

 

Au cours de ces derniers jours j’ai appris que le « must » du courage c’était de s’abstenir, cela m’a ouvert les yeux et je pense que lors des prochaines consultations électorales je ferais comme vous et comme 40% des français, je m’abstiendrais, notamment si un candidat de votre parti est en compétition.

 

Restant à votre disposition, je vous prie d’agréer, Madame la députée, l’expression de mes plus sincères salutations.

 

 Guy Silvestri

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 09:11
Halte à la terreur et au massacre du peuple palestinien !

Depuis plusieurs jours une étape supplémentaire a été franchie dans la répression contre le peuple palestinien par l’armée israélienne. En l’espace de 24 heures plus de 30 palestiniens sont morts et plus de 200 blessés. Dans l’agression en cours, Israël est passé des meurtres à petite dose à des massacres à grand échelle. Face à cette agression meurtrière, les pays occidentaux, dont la France, gardent un silence éhonté et une passivité scandaleuse et insupportable.

 

- Nous organisations signataires et citoyens condamnons cette nouvelle agression et appelons à un rassemblement :

vendredi 11 juillet 2014 à 18 heures au vieux port de La Rochelle

(Statue Duperré)

 

- Premières Signatures locaux :

L’Association des Palestiniens en France(APF) – Mouvement de la Paix – Cuba Si – France Amérique Latine17 – Ensemble – PCF17 – Parti de Gauche - Front de Gauche - Ligue des droits de l’Homme

 

Voir :

 

Halte à la terreur et au massacre du peuple palestinien !
Hollande, son gouvernement sont officiellement complices d'un nouveau crime contre l'humanité !

Hollande, son gouvernement sont officiellement complices d'un nouveau crime contre l'humanité !

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  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT  de 1978 à 2022.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.

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