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15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 16:25
Nous mettre au service de l’innovation populaire

...ceux qui crient « unité, unité », sont prêts très vite à crier « tout sauf Jean-Luc Mélenchon ».

 

La donnée sociale va dominer dans les jours qui viennent. Mais la nécessité d’une perspective politique est un élément favorable à la réussite des mouvements populaires et sociaux. La France insoumise est à la croisée des chemins entre deux élections présidentielles. Elle doit choisir délibérément d’être aux côtés du peuple dans ce qu’il construit de plus judicieux.

 

Sources : Blog médiapart | le 15 novembre 2019

-  Les sondages d’intentions de vote sur la future présidentielle de 2022 ont ravivé nos sourires.

Jean-Luc Mélenchon est le « troisième homme[1] ». Et il est loin devant le candidat EELV comme des autres candidats de gauche.

 

C’est une bonne nouvelle, une très bonne nouvelle qui confirme que Jean-Luc Mélenchon est l’alternative la plus crédible au duo cauchemardesque du LREM/RN. Au-delà des campagnes menées contre lui, il continue toujours d’être reconnu comme un homme talentueux, d’expérience, apte à concourir pour la fonction présidentielle.

 

 

-  Mais 13 % ne suffisent pas pour accéder au deuxième tour d’une élection présidentielle. Alors que fait-on ?

On se rassure ? : « La dernière fois on est parti de 9 % » « celle d’avant de 3% ou 5 % », « la troisième fois c’est la bonne regardez Mitterrand ou Chirac » Et on attend le moment de mener campagne avec la certitude que celle-ci nous permettra de gagner.

 

Ou bien alors on réfléchit, on cherche comment se déployer pour créer les conditions d’une candidature qui soit acceptée largement et qui gagne.

 

Dans le sondage « présidentiel », les 7 % annoncés pour Yannick Jadot confirment que l’électorat répond dans les élections en fonction des questions qui lui sont posées. Pour les européennes la question d’un changement de pouvoir n’était à l’évidence pas posée alors on vote « écologie ». Mais s’agissant du choix d’un futur président de la république c’est autre chose. Et pourtant EELV continue de vouloir un candidat à l’élection présidentielle, comme le PCF, comme le PS. Et ceux qui crient « unité, unité », sont prêts très vite à crier « tout sauf Jean-Luc Mélenchon ».

 

Bien sûr ils ont droit à leur point de vue. Comme nous avons le droit de considérer que les sondages montrent que Jean-Luc Mélenchon est sans doute la meilleure candidature pour une alternative politique dans notre pays. Comment faire partager ce sentiment, voilà la question.

 

Faut-il pour cela que Jean-Luc Mélenchon sorte du cadre de l’affrontement quotidien avec le gouvernement ? Doit-il prendre du recul, être le « sage », le recours ? Lui-même le veut-il ?

 

 

-  Rassembler sur les contenus

Tout le monde s’accorde à dire que pour créer les meilleures conditions il faut « rassembler ». Pour cela, deux combats sont à mener : celui des contenus est celui de la fédération du peuple[2].

 

  • Réfléchissons aux contenus.

On entend beaucoup dire aujourd’hui que l’écologie serait le meilleur dénominateur commun de l’union et de la transformation sociale. Qu’il y aurait une sorte d’obligation morale à tout un chacun, qui alimenterait la nécessité d’unité.

  • Mais alors quid de la sociale ?

De la sociale c’est-à-dire : le SMIC, les salaires et plus particulièrement le salaire des femmes, le rétablissement de l’impôt sur la fortune, la fin des exonérations de cotisations sociales pour les entreprises du CAC 40, la gratuité de certains biens communs, la circulation de la richesse, la désobéissance à l’égard des traités européens lorsqu’ils entravent tout changement ?

  •  Et quid de la démocratie ?
    • De la démocratie c’est-à-dire de la défiance par rapport aux « politiques », par rapport aux représentants de la démocratie institutionnelle, parlementaires et corps constitués ?
    • La démocratie c’est-à-dire les gilets jaunes, les marcheurs pour le climat, « Extinction rébellion » (XR), les luttes sociales coordonnées hors syndicats, les grèves sans préavis, la violence du pouvoir dans la rue, dans les quartiers, les procureurs mis au service du pouvoir politique ?
    • La démocratie c’est-à-dire la sixième république les contre-pouvoirs la constituante etc. etc.

 

 

-  Social, écologie et démocratie inséparables

Les sondages pour les présidentielles ne nous renseignent-ils pas également sur les motivations de nos concitoyens et de nos concitoyennes.

L’inversion des chiffres entre la FI et EELV est spectaculaire : aux européennes FI= 6 % et EELV est à 13 %, dans le sondage pour 2022 Jean-Luc Mélenchon est à 13 % Yannick Jadot à 7 %

 

  • Alors l’écologie base principale du rassemblement unitaire ?
    • Il n’y a aucun doute sur l’urgence écologique sur le fait qu’elle est ressentie populairement mais il est de notre responsabilité de démontrer que sans rupture avec les logiques financières à court terme sans un contrôle « révocatoire » sur les élus il n’y a aucune garantie d’obtenir une belle révolution écologique. Et c’est la meilleure façon de nous distinguer de tous ceux qui vont vendre l’écologie à notre peuple comme il vendait la sociale auparavant.
    • « L’avenir en commun » fonctionne sur trois pieds : social écologie démocratie. Il convient d’actualiser le contenu de ces trois piliers mais pas de subordonner les uns aux autres.
    • Rassembler par les contenus c’est aussi poursuivre tous les combats menés par la gauche dans notre histoire sur la base des valeurs qui restent un patrimoine populaire commun dans la continuité de la devise de notre république « liberté égalité fraternité ». Dans la continuité aussi de l’humanisme d’un Jaurès qu’il faut combiner sans aucun doute à un marxisme vivant car ces deux philosophies fondent la république humaine et sociale que nous souhaitons.

 

...Et donc poursuivre, notamment, notre combat antiraciste sans faiblesse sans hésitation.

La marche du 10 novembre nous a rétabli dans une logique de solidarité avec toutes les victimes de racismes et dans la période la plus récente toutes les victimes de la haine anti musulmans. Mais le débat à gauche est plus que sensible. Sachons le maîtriser pour unir.

 

Toutes les victimes du racisme doivent être traitées de façon égale, en particulier par les pouvoirs publics. Mais cette reconnaissance ne s’est pas manifestée à l’occasion de l’attentat de Bayonne. Aucun ministre ne s’est déplacé.

 

  • Ce sentiment qu’il y aurait « deux poids deux mesures » est délétère et révoltant.

 

...Le combat contre le racisme est rassembleur quand il se mène contre tous les racismes.

Aucune victime ne doit être oubliée. Mais aucun ensemble de victimes ne peut seul prétendre au rassemblement le plus large à partir de ses seules discriminations et stigmatisations. Et la récupération politique doit être bannie.

 

Alors travaillons à favoriser le dialogue entre toutes les associations qui défendent les droits de l’homme et du citoyen, qui combattent tous les racismes, pour qu’elles coordonnent les actions communes proposées à toutes et tous.

 

Quant à la république elle sera le cadre du rassemblement de tout notre peuple quand tout notre peuple se sentira accueilli par elle notamment en termes d’égalité.

 

 

-  Fédérer le peuple

Nous l’avons dit rassembler n’est pas seulement une question de contenus.                                                   

La place du peuple est décisive pour la transformation sociale. Elle pourrait aussi l’être pour permettre de faire grandir la candidature la meilleure pour 2022.

 

La France insoumise n’a pas été créée pour être une organisation politique de plus. Elle se veut un outil au service de l’auto-organisation du peuple. Mais ce que nous avons souhaité d’autres l’ont fait. Tant mieux et sachons être humble face à l’imagination de notre peuple, essayons de lui être utile à partir de ce qu’il crée de meilleur.

 

Ce sont d’abord les gilets jaunes qui pendant un an ont expérimenté l’auto-organisation populaire. Mais d’autres mouvements, aussi, ont été marqués par leur refus de toute représentation autoproclamée. Les forces qui luttent pour un monde meilleur ou tout simplement pour se faire respecter comptent aujourd’hui principalement sur elles-mêmes. C’est le cas des marches pour le climat, de XR, mais aussi des nombreuses actions menées en dehors des cadres syndicaux comme dans le mouvement des urgences hospitalières dans celui des ateliers de maintenance de la SNCF, chez les pompiers et dans d’autres lieux encore.

 

Avec celles et ceux qui sont en « pole position »

Personne n’est à mettre en accusation mais tout le monde doit réfléchir à cette nouvelle donnée commune à toutes les luttes. En ce sens le communiqué de la CGT annonçant une intersyndicale au niveau national et des assemblées générales dans les entreprises le 6 décembre est une avancée que nous devons saluer comme telle.

 

Nous devons être dans la suite de nos efforts de 2017 et du premier semestre de 2018 au cours desquels nous appelions à la convergence des partis qui veulent transformer notre société, des syndicats et du mouvement associatif dans le respect du rôle de chacun. Nous sommes toujours prêts à nous mettre derrière 1 million de manifestants et en soutien comme toujours à toutes les luttes. Les gilets jaunes, les jeunes sur l’urgence climatique, les membres de XR, les coordinations qui animent des luttes ont gagné le droit d’être devant. Et nous sommes prêts à faire la grève, à la soutenir, dans la semaine et à manifester le plus nombreux possible le week-end.

 

La « fédération populaire » n’a de sens que si elle ne désigne pas un nouveau cartel de formations politiques. Le regroupement des partis est possible bien sûr mais la condition c’est qu’ils soient tous unanimes à être tout le temps au service des citoyennes et des citoyens jusqu’à leur donner la « pole position » de tout rassemblement.

 

C’est le sens des efforts de la France insoumise dans le cadre des élections municipales pour essayer dans le plus de villes possibles de porter cette implication citoyenne dans les listes qui seront constituées jusqu’à demander que 50 % des sièges soient réservés à ces militants sans parti.

 

Partout où nous pouvons faire cela, nous sommes observés. Des gilets jaunes nous l’ont dit.  Nous pourrions participer, en janvier, à Commercy, là où nous avons cette démarche, à leur nouvel évènement regroupant des listes et des initiatives citoyennes. 

 

 

-La constituante

Après tout si nous voulons fédérer le peuple constatons qu’ensemble, les syndicalistes, les gilets jaunes, les marcheurs pour le climat, les X R, ne sont pas loin sociologiquement d’être le peuple tout entier. La belle alliance ne se choisit pas entre les classes, elle fédère tout le peuple contre la caste qui profite de ce système. La conscience qu’il faut tout remettre à plat en politique grandit plus vite peut-être, que nous ne le croyons nous-mêmes.

 

Elle s’illustre dans une revendication : celle de repenser les règles démocratiques tous ensemble pour redéfinir l’intérêt général et les formes de pouvoir qui doivent le servir. Cela s’appelle un processus constituant.

 

L’heure est peut-être à engager un tel processus sans attendre la conquête du pouvoir. Beaucoup de gilets jaunes le proposent dans leurs assemblées. La jeunesse le souhaite par ses actes.

 

Toutes celles et ceux qui sont attachés à la protection de notre planète, de ses écosystèmes et à leurs devenir sont disponibles pour repenser la définition de l’intervention publique et individuelle afin de garantir leur devenir comme celui de leurs enfants.

 

Même s’il est difficile d’engager un tel processus constituant décentralisé et fédéré, avec le pouvoir actuel qui y est hostile ne s’agit-il pas d’un défi à relever ?

  • Nous pourrions appeler les groupes d’actions de la France insoumise à jouer un rôle dynamique dans cette élaboration populaire collective.
  • Dans ce processus le peuple qui nous manque peut se constituer. Et qui sait, il y reconnaîtra peut-être l’avenir en commun ou l’ère du peuple.

 

Notes

[1] SONDAGE – Mélenchon, meilleure chance de battre le duo Macron-Le Pen en 2022

[2] Fédération populaire : comment ça marche ?

 

Pour en savoir plus :

C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis !

- Jean-Luc Mélenchon : De la marée populaire à l’unité populaire

- Jean-Luc Mélenchon : le rêve du Front populaire

Jean-Luc Mélenchon : «Je lance un appel à la création d’une fédération populaire»

- Mélenchon veut unir la gauche : "La gauche, ça n'est pas le populisme", lui répond Faure du PS

- Jean-Luc Mélenchon : « L’imperium allemand a déséquilibré l’Europe » (Die Welt)

Pour l'amour des nôtres : La fédération populaire pour résister à l'air du temps

- Le peuple ? La gauche ? la planète ? Stratégie, imaginaire et théorie- Jean-Luc Mélenchon ou « la hautaine leçon du réel ».

 

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 10:44
Le M.C.R. appelle au rassemblement des citoyens et des forces progressistes... mais !

Une fédération populaire en gestation sur La Rochelle ? C'est possible et souhaitable, mais... !

 

" Rencontrons-nous pour construire un rassemblement citoyen, changer la donne & retrouver notre pouvoir d'agir ! " tel est le titre de l'appel du M.C.R. (mouvement Citoyen Rochelais[11]).

- L'enjeu est de taille ! Créer une alternative citoyenne à tous les Macron compatibles locaux et leurs amis.

- Pour son appel, le M.C.R. s'inspire largement de l'appel de Toulouse[1] (il aurait pu s'inspirer de l'initiative de Chateauroux[1bis]) et donne une indication de la direction qu'entend impulser le M.C.R. dans la construction de ce nécessaire rassemblement.

 

- Mais Toulouse n'est pas La Rochelle... et vice-versa !

➡️  A Toulouse, la démarche citoyenne, ouverte et participative d'Archipel Citoyen[1] au pour résultat que plusieurs formations politiques ont annoncé ces derniers mois avoir rejoint la dynamique : Europe écologie les Verts, emmené par Antoine Maurice ; l'association « Toulouse idées neuves » avec Romain Cujives ; des « dissidents » du Parti socialiste ; la France Insoumise ; le mouvement " Place publique "[2]...

 

  • A La Rochelle (les principales forces " à gauche ") :

➡️ les Macron compatibles et leurs soutiens, divisés, ont annoncé la couleur que se soit avec 0. Falorni (qui n'est pas reconnu " de gauche " par le PS)[3] [10] ou avec J.F. Fountaine (Maire en place) qui pour l'instant le garde pour lui (tout en ayant le soutien du PS qui le considère " de gauche ") ;

..... chacun des deux ayant été élu dans sa fonction avec les voix de la droite[2bis] [3bis] !

 

➡️ les socialistes sont profondément divisé entre pro Fountaine et pro Falorni[4] (voir ci-dessus) et une partie d'entre eux, membre du MRC[5] et du GR&S[6] se sont plus ou moins rapprochés de la France Insoumise ;

 

➡️ EELV à fait le choix de partir seul[7]..... pour, à l'issue du 1er tour, s'accoquiner avec le plus offrant des Macron compatibles[13] ;

 

➡️ le PCF fait campagne pour " rassembler la gauche[8] ", se félicite " de la résurgence du PS ", comme cela a été réaffirmé lors du meeting de M.L. Lienemann à Aytré le 5 septembre.

- A noter que pour le PS, O. Falorni n'est pas " de gauche " et J.F. Fountaine... si ![12] Le PCF ira t-il jusqu'à se " rassembler " avec J.F. Fountaine pour être cohérent avec ses propos ?  Mais, aujourd'hui, dans le monde des travailleurs pauvres ou pas, électeurs potentiels, .... qui se reconnait " de gauche "[14] ?

 

➡️ la France insoumise, conformément au texte « Municipales 2020 : le peuple aux commandes ! » adopté par les insoumis·es à l’issue de l’Assemblée représentative des 22 et 23 juin dernier, se fixe pour objectif « de participer à des listes citoyennes de type « fédération populaire » lors des prochaines élections[9][9bis].

- Lors des élections européennes de 2019, sur La Rochelle, la France insoumise à recueilli 7.54% avec des bureaux de vote atteignant 12%, voire 15% ou mieux encore 16.8% dans les quartiers populaires.

- Les premières décisions officielles relatives à la campagne seront prises lors de " l'Assemblée Communale rochelaise " du 27 septembre.

 

En conclusion : oui tout est possible à La Rochelle  !

Les potentialités d'un rassemblement citoyen large existent, MAIS.....

  • si fédérer le peuple, construire une alternative populaire, sont d'une urgente nécessité pour redonner de l'espoir, montrer concrètement qu'une autre politique est possible, cela ne se fera pas, comme l'affirme la France insoumise, par " ralliement " à un homme ou un mouvement providentiel, mais plutôt, en s'appuyant sur l'existant, donc le travail déjà effectué par le M.C.R., via une " co-construction " d'une alternative aux macron-compatibles locaux (programme, liste et son nom....), le M.C.R. jouant, dans ce cas là, le rôle d'outil fédérateur des citoyens et forces progressistes rochelaises.
  • EN CONCLUSION, comme l'affirme la France insoumise, pour rassembler et gagner..... il faut d'abord un accord politique et surtout discuter de la méthode !

 

Sources : Le Mouvement Citoyen Rochelais [voir pièce jointe] par Jaouad EL MARBOUH | mis à jour le 18 septembre 2019

-Appel du Mouvement Citoyen Rochelais [15]

 

Rencontrons-nous pour construire un
rassemblement citoyen, changer la donne &
retrouver notre pouvoir d'agir !

 

Dès 2018, le MCR s’est engagé dans la co-construction d’un Programme Participatif Citoyen Rochelais pour préparer les élections municipales de mars 2020.

 

À l’heure où les annonces se multiplient, le temps est venu de rassembler nos forces citoyennes  et de démontrer ô combien nous pouvons collectivement apporter plus d’espoir et d’ambitions aux Rochelaises et aux Rochelais qui aspirent à plus de vitalité et d’innovation ! À nouveau, nous nous présentons à toutes les forces locales qui partagent nos valeurs progressistes, et qui sont opposées aux politiques de la majorité sortante à recevoir positivement notre appel de rassemblement citoyens. Avec conviction, détermination et volonté, nous souhaitons vous associer à un rassemblement gagnant pour les municipales 2020. Si les uns préfèrent diviser pour mieux régner, le Mouvement Citoyen Rochelais, préfère multiplier pour mieux gouverner. D’où le nom de notre liste.

 

Nous aimons La Rochelle et son histoire. Nous éprouvons de la fierté pour notre cité, terre d’accueil et de fraternité. Nous aimons la mixité de ses quartiers populaires, la soif de vivre de ses habitants, les rires et les pleures de ses enfants. Nous ressentons ses joies, ses doutes, ses douleurs, les résignations de ses jeunes, et l’envie de ses aînés à être d’avantages compris et pris en compte.

 

 

-Aujourd’hui, les défis sont immenses.

La Rochelle doit les relever et nous vous proposons de le faire ensemble. « La Rochelle Unie ! ©» peut créer les conditions pour ne pas laisser à sa tête des élus qui sont installés depuis 20 ou 30 ans, et qui s’abandonnent régulièrement à leurs propres faiblesses, à leurs routines, à l'arbitraire et à leurs croyances erronées.

 

En cette saison électorale, certains préfèrent verdir leur discours plutôt que d’agir pour de bon face à l’urgence climatique et aux réels besoins des habitants. Nous vous proposons de « fédérer les citoyens »  et de bâtir avec vous une ville beaucoup plus humaine et bienveillante !

 

Nous n’acceptons plus de voir près de la moitié de nos concitoyens ne plus s’intéresser à la chose publique (54 % de participation aux élections municipales de 2014) et il nous appartient d’agir collectivement afin qu’ils prennent leur place pour pouvoir décider de ce qui les concerne.

 

« La Rochelle Unie ! ©» se propose d’être le trait d’union de la pensée et de l’action politique des citoyens.

 

 

-Rassemblés, tout est possible pour faire primer l’intérêt général sur l’intérêt particulier :

  • empêcher toute spéculation sur les besoins essentiels : se nourrir, se loger, accéder à l’énergie, se déplacer, s’éduquer et se cultiver, se sentir libre et en sécurité ;
  • faciliter l’accès aux services publics essentiels, aux biens communs, aux transports publics et aux logements.

 

 

-Nous pouvons, par une démarche collaborative, citoyenne nous fixer les objectifs :

  • de favoriser l’émancipation individuelle et collective par l’éducation, la laïcité, le sport et la culture ;
  • d’encourager la qualité de l’emploi et le développement économique dans tous les quartiers ;
  • de lutter de toutes nos forces pour la transition écologique, pour respirer un air sain et préserver la pluralité du vivant en milieu terrestre et aquatique ;
  • d’œuvrer pour que chaque décision municipale soit prise en fonction de son impact neutre ou positif sur le climat et la biodiversité.

 

Au lieu de pseudo-consultations de quelques personnes, nous voulons que notre ville devienne une démocratie permanente (DP) ancrée dans le quotidien de l’ensemble de ses habitants. Le Mouvement Citoyen Rochelais, considère que la vraie démocratie ne peut être efficace que si elle existe partout et en tout temps ! Aussi, nous comptons mettre en place des assemblées citoyennes décisionnaires, le référendum d’initiative local pour les projets d’envergures, une fête de la démocratie et le contrôle des élu·e·s pour veiller à leur exemplarité,...

 

Mais il n’y aura pas d’alternative aux politiques successives menées ces dernières années à La Rochelle et qui se traduisent notamment par une gentrification et une urbanisation à marche forcée sans rassemblement que nous voulons citoyen.

 

 

-C’est pourquoi, aujourd’hui, nous invitons :

 

Nous vous invitons à nous retrouver pour en débattre : -

  • vendredi 20 septembre 18 h 30
  • Salle Amos Barbot de L’Oratoire à La Rochelle

 

Notes :

[1] Appel de Toulouse

[1bis] CHÂTEAUROUX CITOYEN : La démarche

[2] Municipales à Toulouse. Archipel Citoyen : « C’est ici que se prépare l’alternative à Moudenc »

[2bis] Communiqué de presse de Dominique Morvant

[3] Municipales à La Rochelle : Olivier Falorni est candidat, "C’est la ville de ma vie"

[3bis] Royal - Falorni. Les raisons d’une défaite

[4] Universités d’été du PS à la Rochelle : Jean-François Fountaine est revenu

[5] Mouvement républicain et citoyen

[6] Gauche républicaine et socialiste

[7] Municipales à La Rochelle : Jean-Marc Soubeste va conduire une liste écologiste indépendante

[8] Le PCF appelle à " rassembler la gauche"

[9] France insoumise : campagne pour les élections municipales : mode d'emploi 

[9bisLes insoumis rochelais décident d’investir la campagne des élections municipales 2020

 

[10] En ce qui concerne O. Falorni :

La politique de J.F. Fountaine et sa majorité, tout le monde connait, et les rochelais, notamment les plus modestes, en subissent chaque jour les conséquences.
➡️ O. Falorni : qui se cache derrière le personnage médiatique, qui d'un côté critique l'équipe municipale en place, et de l'autre, se constitue une équipe avec une partie de ceux qui, actuellement aux affaires, élaborent, votent, soutiennent et mettent en oeuvre depuis 5 ans la politique de la majorité municipale dont ils sont membres ?
➡️ Il ne viendrait à personne de nier son engagement pour la laïcité, la cause animale, ou la fin de vie, bref sur des questions sociétales (et de l'en féliciter)..... mais sur les questions sociales, là les choses sont plus ambiguës, votant la confiance au gouvernement d'Edouard Philippe (ce qui en fait un Macron compatible), il est le plus souvent absent, voire il s'abstient, ce qui lui évite de se positionner, de s'engager....
➡️ Quelques éléments pour alimenter votre réflexion : "
Olivier Falorni : la culture de l'ambiguïté pour ratisser large et se mettre au service de la classe dominante "

[11] Mouvement Citoyen Rochelais

[12] Parti socialiste en Charente-Maritime : le point avant les municipales 2020

[13Municipales : “pragmatique”, Jadot prêt à des alliances avec la droite

 

[14] Si on faisait la clarté sur la notion de " rassemblement de la gauche " préconisé par le PCF

Mettons déjà les éléments connus sur la table :
1 - en juin 2019, seulement 15% des Français déclarent se reconnaître dans la notion de " Gauche "

2 - Ceux qui prêchent ce rassemblement " de la gauche " auraient-ils oublié :

➡️ que lors du 1er tour des présidentielles de 2017 les partis " de gauche " n'avaient recueillis au total que 9 978 128 voix sur un total de 36 054 394 exprimés,.... soit seulement 27,65% des exprimés ;
➡️ 
que lors des élections municipales de 2014 sur La Rochelle il n'y a eu que 54 % de participation... ce qui signifie que 46% des électeurs ne se reconnaissent pas dans les valeurs portées par les partis politiques.... gauche y comprise ;

3 - et aussi :

➡️ que lors des présidentielles de 2012, il y avait eu le 21 avril :  8 359 440  abstentionnistes soit 20,29% de l'électorat.
➡️ que lors des présidentielles de 2017, il y avait eu le 23 avril :  10 578 455  abstentionnistes soit 22,23% de l'électorat.
Ce qui signifie que 20,29 % de l'électorat en 2012 et 22,23% de l'électorat en 2017 ne se reconnaissent pas dans la notion de " gauche " partisane.

4 - " Rassembler la gauche " pour faire face au RN/FN :

➡️ C'est vrai que Macron, pour tenter d'éviter une alternative citoyenne pour 2022 (présidentielles) à choisi de braconner sur les terres de l'extrême droite.
➡️ Pourquoi ? Pour en faire le marche-pied de Le Pen. Il tente dès à présent de refaire le duo de 2017. 
➡️ Or, selon Gérard Mauger (directeur de recherche émérite au CNRS en sociologie qui a codirigé l'ouvrage collectif "Les classes populaires et le FN. Explications de vote"), la désindustrialisation, le coût humain de la mondialisation et la disparition des services publics sont les principaux ressorts du vote d'extrême droite, couplés avec les affaires qui exacerbent la détestation du personnel politique ;
➡️ Par ailleurs, " une majorité de ces électeurs votait auparavant pour la droite républicaine ", estime le chercheur, " tandis que ceux qui votaient à gauche et qui se sont sentis trahis se sont d'abord réfugiés dans l'abstention, plutôt que dans un vote d'extrême droite " ;
➡️ Emmanuel Macron commet donc une double erreur : ce ne sont essentiellement pas les classes populaires ayant quitté la gauche qui votent pour l'extrême droite et celles qui ont franchi le pas ne placent pas l'immigration en tête de leurs préoccupations (voir visuel ci dessous.

5 - En conclusion, RASSEMBLONS LE PEUPLE, PAS LES PARTIS qui ne représentent plus qu'eux mêmes !

➡️ C'est surtout à eux (abstentionnistes, citoyens " apolitiques", électeurs potentiels de gauche égarés au RN par dépit...) qu'il convient de donner la parole ;
➡️ C'est d'abord avec eux qu'il convient de construire une perspective, un espoir...  pour créer l'envie de s'engager dans la vie politique, parce-que nous ne représentons pas d'intérêts partisans, nous n'avons de compte à rendre à personne sinon à nous même et à ceux qui nous font confiance... que notre raison d'être et d'agir, c'est l'intérêt du peuple !

Fondons une fédération populaire pour renverser cette pseudo-dualité qu'on tente de nous imposer partout dans le pays !

 

[15] Appel du MCR

 

-Les priorités de nos concitoyens ne sont pas les thèses défendues par l’extrême droite, mais les questions sociales trahies par la " gauche " au pouvoir !

Le M.C.R. appelle au rassemblement des citoyens et des forces progressistes... mais !
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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 12:40
Jean-Luc Mélenchon : ET AINSI DE SUITE
Jean-Luc Mélenchon : ET AINSI DE SUITE

Un procès politique en France !

 

Depuis l'Amérique Latine, Jean-Luc Mélenchon écrit sur la politique, l'actualité et son procès à venir.

 

 

-En savoir plus

« Je ne dois pas accepter de me faire couper la gorge dans le vacarme confus de l’information spectacle qui va prévaloir. Je prends donc la plume.

 

Je vais prendre ma part du témoignage de notre époque puisque j’ai l’honneur d’être parmi les trois premiers députés Insoumis inculpés politiques depuis la guerre d’Algérie. Mais je vais le faire à ma façon. Sans m’en obséder. Sans assommer les lecteurs du livre que je prévois de faire avec ces lignes.

 

Et sans sombrer dans le juridisme qui est toujours l’engloutissement de la parole des victimes.


Je vais le faire au fil du clavier et parfois des rêveries qui m’atteignent chaque jour. Je vais écrire "à saut et gambades" comme disait Montaigne. Une chronique "consubstantielle à son auteur" comme il le disait de ses propres chroniques consignées dans Les Essais. Et je compte, de cette façon, réunir au moins une fois noir sur blanc quelques-unes de nos raisons de dénoncer ce qui nous est infligé.

 

Nous avons trop tardé à le faire. » Jean-Luc Mélenchon

 

 

-  Par : Jean-Luc Mélenchon

Éditions : Les Editions Plon

Date de parution : 19 septembre 2019

Pages : 192

Disponibilité : chez l'éditeur Les Editions Plon

Format : 132 x 201 mm

Prix papier TTC : 10,00 €

 

 

-  « Et ainsi de suite. Un procès politique en France » - Conf de presse de J.-L.Mélenchon sur son livre

Le jeudi 12 septembre 2019, Jean-Luc Mélenchon était en conférence de presse à la maison de l'Amérique latine pour faire dans un premier temps un retour sur son déplacement au Mexique (où il a rencontré le président Andrés Manuel López Obrador dit AMLO), en Argentine (où il a rencontré l'ex-présidente Cristina Kirchner), en Uruguay (où il a rencontré l'ex-président Pepe Mujica) et au Brésil (où il a rencontré l'ex président et prisonnier politique Luiz Inácio Lula da Silva).

 

Il est ensuite revenu en détail sur son nouveau livre « Et ainsi de suite. Un procès politique en France » et a détaillé les raisons pour lesquelles il estimait que la justice de notre pays ne pouvait plus être digne de confiance. Il a en particulier expliqué que la France insoumise avait subi un régime juridique et policier d'exception.  

 

 

-  40 minutes d’images cachées : le coup monté médiatico-judiciaire contre La France Insoumise

Capture d'écran de la vidéo de Quotidien

Capture d'écran de la vidéo de Quotidien

Alexis Corbière, député insoumis de Seine-Saint-Denis, a levé un gros lièvre à propos d’une lourde manipulation médiatique dans l’affaire des perquisitions contre le siège de la France Insoumise. Au cours de la conférence de presse du groupe parlementaire[1] il a révélé que depuis un an « Quotidien » joue le jeu de la police politique. Ce sont les images de la caméra de cette émission qui servent à illustrer (en boucle) la scène des perquisitions sur toutes les chaînes de télé. Nous y figurons dans le rôle des méchants violents. Ces images servent d’ailleurs dans le générique de l’émission, tous les soirs, depuis presque un an. Mais ce sont aussi ces images qui servent de base à nos accusateurs. Barthès s’était bien gardé de le dire au public jusque-là.

 

Au cours des auditions qui nous ont été imposées pendant des heures, chacun des six députés et des quatre militants d’abord convoqués ont été confrontés à l’une ou l’autre des images de « Quotidien » enregistrées ce jour-là. Pourtant, ces images, le juge a refusé de nous les transmettre. C’est là encore une des innombrables violations des droits de la défense dans cette affaire. Encore un des non moins nombreux vices de procédures de cette histoire si lamentablement menée par la police politique du pouvoir. Les champions de l’investigation et autre implacables redresseurs de tort se sont bien gardés d’en dire jamais un mot. Ils se sont contentés de recopier servilement les morceaux choisis fournis par ceux qui s’occupent dans les milieux judiciaires de « vendre » des fuites de presse à la criée.

  • Nous n’avons donc jamais pu prouver notre version des faits.

Maintenant, grâce aux révélations de Corbière, la vérité éclate. Il y a quarante minutes d’images cachées[2], pas moins ! Et ces images sont parlantes. Depuis un an « Quotidien » cachait ces moments où Corbière et moi rassurons les policiers et appelons au calme. C’est le contraire de ce que montrent depuis octobre derniers les 30 secondes que diffusent « Quotidien » et tous les moutons de Panurge de l’officialité médiatique.

 

 

-" Le temps des procès politiques doit cesser "

 

Non, la justice ne doit pas servir d’arme de persécution politique !

Jean-Luc Mélenchon : ET AINSI DE SUITE
Jean-Luc Mélenchon : ET AINSI DE SUITE

Pourtant c’est devenu le cas aujourd’hui presque partout dans le monde. Déjà, avec la criminalisation des lanceurs d’alerte, des syndicalistes, des militants écologistes et des participants aux manifestations interpellés arbitrairement, les droits des citoyens ont beaucoup reculé. Le maintien de l’ordre libéral coûte cher à la démocratie. A présent un seuil est en train d’être franchi. C’est ce que l’on appelle la tactique du « lawfare ». Il s’agit de l’instrumentalisation de la justice pour éliminer les concurrents politiques.

 

Le « lawfare » commence avec des dénonciations sans preuves, se prolonge dans d’obsédantes campagnes de dénigrement médiatique et oblige ses cibles à d’interminables justifications sans objet. Puis c’est la prison et les amendes. Le « lawfare » enferme les débats politiques dans les cours de justice. Pour finir, il fausse le déroulement des élections qui ne sont plus vraiment libres. Les exemples sont nombreux. Citons, en Amérique du Sud, le Brésilien Lula, condamné sans preuve et empêché de se présenter à l’élection présidentielle. Son « juge », Sergio Moro, est devenu depuis ministre de la Justice du président d’extrême droite Jaïr Bolsonaro. Mais aussi l’Equatorien Rafael Correa et l’Argentine Cristina Kirchner, persécutés sans trêve.

 

Citons, en Afrique, le Mauritanien Biram Dah Abeid, emprisonné sur une dénonciation sans preuve retirée au bout de plusieurs mois de détention. Et encore l’avocat égyptien Massoum Marzouk, opposant au régime de Sissi emprisonné sur le prétexte fallacieux de charges antiterroristes. Il y aussi le cas de Maurice Kamto, arrivé deuxième à la dernière élection présidentielle au Cameroun et emprisonné depuis janvier dernier, ou l’ancien député gabonais Bertrand Zibi, condamné à six ans de prison.

 

Citons, en Europe, le Français Jean-Luc Mélenchon, poursuivi sans preuve et jugé pour rébellion, ou le Russe Serguei Oudaltsov, dirigeant du Front de gauche, condamné à quatre ans et demi de prison pour avoir organisé des manifestations contre le pouvoir. Citons, en Asie, le Cambodgien Kem Sokha, principal leader de l’opposition emprisonné à la veille des élections législatives de 2017. Ou l’acharnement judiciaire aux Philippines contre la sénatrice Leila de Lima, figure de l’opposition.

 

De nombreuses voix se sont élevées dans le monde pour dénoncer cette situation : des groupements de juristes, des autorités religieuses comme le pape François, des figures de la défense des droits de l’Homme, des dirigeants syndicalistes ou politiques.

 

Notre déclaration commune salue ces protestations.

Nous invitons à la vigilance pour défendre les victimes de ce type d’opération quelle que soit leur appartenance politique. Nous appelons à la coopération mondiale des résistances juridiques. Nous demandons que soient dénoncés devant l’opinion publique les gouvernements et les magistrats comme le juge Sergio Moro, au Brésil, qui acceptent de jouer ce rôle néfaste aux libertés individuelles et politiques.

 

  • Pour lire l'appel, voir la liste des signataires, c'est ICI  !

 

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25 août 2019 7 25 /08 /août /2019 12:21
Pour la France insoumise rochelaise, ce sera : ni J.F Fountaine, ni O. Falorni ni aucun autre " Macron compatible "

Créer une alternative à tous les " Macron compatibles " voilà l'enjeu... et s’il faut à tout prix être un « camp », soyons celui de l’intérêt général !

 

Sources : La Rochelle insoumise le 25 août 2019

A La Rochelle, Christophe Bertaud – secrétaire de la section PS La Rochelle agglo – plaide pour " le plus large rassemblement à gauche possible ". Il rejette l’hypothèse d’une liste autonome, reconnaît avoir discuté avec " le cabinet de Jean-François Fountaine mais pas avec lui directement "..... Cyril Chappet (1er fédéral) quant à lui, exclut tout rapprochement avec Olivier Falorni : " Nous ne discutons qu’avec des partenaires de gauche. Ce n’est ni un partenaire, ni un homme de gauche "[1]...

 

En clair : le PS discute avec l'équipe de JF Fountaine qui, lui serait un homme de gauche.... puisqu'ils ne discutent pas avec O. Falorni qui ne serait " ni un partenaire, ni un homme de gauche ".... ça y est, vous avez compris ?

 

 

-Et la France insoumise rochelaise dans tout ça ?
Lors de la conférence de presse du 17 mai dernier[2], nous avons souligné que nous sommes disponibles et que " nous proposerons la co-construction d'un projet, porté et mis en œuvre dans le cadre d’un collectif citoyen qui pourrait être la création d’une « fédération populaire » de collectifs et de citoyen-es. C’est à débattre avec tous ceux et celles qui seront intéressé-es. " [...] que " Cet engagement se concrétisera en partant de la nécessité et avec la volonté de construire une alternative à tous les Macron compatibles " .

 

  • Créer une alternative à tous les " Macron compatibles " voilà en effet l'enjeu.... et ni J.F. Fountaine, ni O. Falorni ne répondent à cette exigence.

 

Or, quand on voit le PS plaider pour " le plus large rassemblement à gauche possible " et considérer Fountaine comme " de gauche ",... quand on voit " Ici, ici c'est La Rochelle à Gauche en 2020 " se féliciter de la résurgence du PS à La Rochelle, et appelle " la gauche à se rassembler avec tous ceux qui le souhaitent[3] "..... on voit bien que la réponse n'est pas de ce côté là !

 

 

 

-La Rochelle Insoumise reste disponible pour sortir de ce piège
Rassembler les partis ou rassembler les citoyens ?
Notre choix est connu, c'est rassembler les citoyens au delà des partis, et, à cette fin, nous réaffirmons ici la volonté et la disponibilité politique de la FI de faire converger toutes celles et tous ceux sur la base des fondamentaux ou principes énoncés le 17 mai dernier[2] pour créer une dynamique gagnante aux municipales.

 

La FI n’a que la volonté de rassembler, c’est une de ses finalités, pour porter et rendre crédible une troisième voie (rouge, vert, jaune, avec ou sans couleur…) dans une ville accessible à tous-tes et où il ferait bon vivre ensemble.

Notes :

[1] Parti socialiste en Charente-Maritime : le point avant les municipales 2020

[2Les insoumis rochelais décident d’investir la campagne des élections municipales 2020 

[3Le PCF : " Ici, ici c'est La Rochelle à Gauche en 2020 " se féliciter de la résurgence du PS à La Rochelle, et appelle " la gauche à se rassembler avec tous ceux qui le souhaitent "

Pour la France insoumise rochelaise, ce sera : ni J.F Fountaine, ni O. Falorni ni aucun autre " Macron compatible "
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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 20:24
Notre époque rappelle peut-être les années 1930, mais l’histoire ne doit pas nécessairement se répéter

Dans les années 1930, le capitalisme avait besoin d’une « solution de rechange ». Confronté à une désaffection de masse après le krach financier de 1929 ainsi qu’un mouvement communiste grandissant qui menaçait de nationaliser la propriété et d’exproprier les profits, le capital a dû faire face à une crise existentielle sans précédent.

 

Sources : EQUALTIMES par Nick Dearden[*]

 

-Le fascisme offrait une échappatoire.

Certes, certains « hommes forts » du fascisme pouvaient sembler vulgaires, offensants et erratiques, mais, du côté positif, de nombreux dirigeants du monde de la finance et de l’industrie ont argumenté qu’ils avaient au moins le pouvoir d’écraser la résistance et de mettre l’État au service de leurs intérêts économiques.

 

 

-Aujourd’hui, nous assistons à une répétition de l’Histoire.

Bien entendu, aucun mouvement communiste n’est sur le point de prendre le pouvoir dans le monde développé. Pourtant, le capitalisme est menacé comme il ne l’a pas été depuis 80 ans, accablé par sa propre logique. Faire partir la planète en fumée pour réaliser des profits de plus en plus importants à court terme ne peut continuer sans conséquences catastrophiques[1] que la plupart des gens ne toléreront pas. Pour les personnes avides de profit, même les mesures très modestes qui ont été adoptées pour lutter contre les changements climatiques sont une mauvaise nouvelle.

 

Le pillage des ressources publiques — qu’il s’agisse de l’espace public ou des services publics, par exemple — atteint ses limites actuelles. Le résultat ? Les pires inégalités[2] que le monde ait jamais connues. Les niveaux d’endettement, qui jusqu’à présent camouflaient cette inégalité, en sont à leur point de rupture. Cela ne pourra pas durer éternellement.

Une révolution technologique est en cours et promet l’automatisation de masse[3], ajoutant plusieurs millions de travailleurs aux centaines de millions de petits agriculteurs et paysans dont le capitalisme ne se soucie pas. Et les populations sont déjà furieuses.

 

 

-Que faire ?

Le rôle qu’assumaient auparavant les fascistes est aujourd’hui comblé par un groupe d’hommes forts autoritaires dont Donald Trump[4] est le chef de file. Des fascistes purs et durs sont de nouveau au pouvoir en Italie[5]. La Hongrie est essentiellement dirigée par un fasciste aussi, et ces forces-là ont enregistré quelques gains lors des élections européennes[6] du mois dernier.

 

Mais considérez les pays plus importants pour l’avenir du capitalisme. L’Inde est dirigée par Narendra Modi, un nationaliste hindou dont le mandat a été marqué par une vague croissante de crimes haineux, de meurtres, de lynchages, de passages à tabac en public et de viols collectifs, visant en particulier les musulmans et les groupes des castes inférieures. Le Brésil, autrefois point d’ancrage de la « marée rose » des gouvernements de gauche, est aujourd’hui dirigé par Jair Bolsonaro[7], un nostalgique de la dictature militaire, homophobe, raciste et misogyne qui qualifie de « terroristes » les groupes d’activistes. Les Philippines sont dirigées par Rodrigo Duterte[8], responsable du meurtre de 20.000 toxicomanes, qui a comparé sa guerre contre la drogue à l’extermination des Juifs par Hitler.

 

 

-

Exploitation tous azimuts

À l’instar des fascistes des années 1930, tous ces hommes forts sont arrivés au pouvoir en alimentant la division sociale. Les migrants, les musulmans, les homosexuels, les transsexuels, les sans-abri et les groupes de castes inférieures sont diabolisés, car on craint que ces personnes ne deviennent trop puissantes et ne mettent en danger le pouvoir des classes moyennes et populaires inférieures dominantes. Le féminisme est une cible privilégiée pour tous ces dirigeants ; il suffit d’observer la résurgence du message anti-avortement.

 

Une fois arrivés au pouvoir, comme dans les années 1930, ces hommes forts ont entrepris de saper et de démanteler les institutions de la démocratie libérale : tribunaux, parlements et médias. En dépit de toutes leurs imperfections, ces institutions bloquent le pouvoir des laquais de Trump et nous laissent un certain espace pour organiser la résistance. Mais le système économique ne peut supporter une réelle résistance en ce moment et ces espaces doivent donc être fermés si l’on souhaite que la « solution de rechange » du capitalisme soit une réussite.

 

 

-

Vient ensuite le cœur du programme : l’extrême tous azimuts des personnes et de la planète.

Il s’agit de M. Trump qui ouvre toutes les eaux côtières américaines au forage pétrolier offshore, de M. Bolsonaro qui ouvre l’Amazonie à l’exploitation minière ou de M. Modi qui libéralise l’économie indienne, fragilisant les petits exploitants agricoles et les économies traditionnelles. Il s’agit aussi de réductions sans précédent de l’impôt des sociétés, d’une déréglementation financière massive ou de la semi-criminalisation de l’activisme climatique. Tout va dans la même direction. Et c’est la raison pour laquelle les marchés boursiers ont été si positifs concernant ces nouveaux hommes forts.

 

Peut-être que Mark Zuckerberg de Facebook n’aime pas la rhétorique de M. Trump. Je pourrais le croire. Mais si les titans des géants de la technologie veulent que la quatrième révolution industrielle profite à leurs propres comptes de résultat plutôt que de mener à une restructuration radicale et démocratique de l’économie, une logique sous-tend les politiques de M. Trump ; et toute rhétorique qui lui permet de mener ces politiques à bien.

 

 

-

Il est également vrai que le comportement de ces dirigeants est empreint d’excentricités et de contradictions massives.

C’est le danger inhérent aux hommes forts – de par leur nature, ils ne peuvent pas être contrôlés. Nous ne prétendons pas que telle est la forme de société dans laquelle la plupart des capitalistes voudraient idéalement vivre, mais bien que le capitalisme mondial a de plus en plus besoin de cette forme de société pour prospérer et survivre.

 

Ces politiques « trumpiennes » ne se limitent pas aux pays déjà mentionnés. Elles empoisonnent le corps politique à l’échelle mondiale. Au Royaume-Uni, un sondage d’opinion réalisé le mois dernier a révélé que 54 % de la population était d’accord avec l’affirmation : « La Grande-Bretagne a besoin d’un dirigeant fort disposé à enfreindre les règles.[9» Seuls 23 % n’étaient pas d’accord. Dans une bonne partie de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique latine, ces politiques s’infiltrent dans le discours public là où nous pensions qu’elles avaient été reléguées aux oubliettes du passé. Et le « trumpisme » donne une nouvelle protection rhétorique aux dirigeants oppressifs de toute l’Afrique et du Moyen-Orient.

 

Mais M. Trump est le roi – le symbole de la manière dont ces politiques peuvent réussir, la pierre angulaire d’un réseau de financement et de recherche. C’est pour cette raison que nous devons nous opposer à lui lors de sa première visite d’État officielle au Royaume-Uni aujourd’hui.

 

 

-

Bien sûr, nous pouvons nous moquer de lui et nous devons de le faire.

Mais Hitler faisait aussi l’objet de moqueries satiriques dans les clubs du Berlin de la République de Weimar. Cela ne l’a pas arrêté. Nous devons comprendre ce qui se passe, nous y opposer physiquement et, à travers cette lutte, construire une politique alternative à même de reconquérir de vastes pans de la population active. Par-dessus tout, tirons une leçon clé de l’échec de la gauche allemande dans les années 1930.

 

Nous ne pouvons pas supposer que le « trumpisme » échouera et qu’il sera suivi d’un « après, c’est à notre tour ». M. Duterte a un taux de popularité d’environ 80 %. La victoire de M. Modi aux élections indiennes a été écrasante. M. Trump et M. Bolsonaro, malgré leur popularité moindre, ne peuvent être ignorés et pourraient potentiellement décrocher un deuxième mandat. La gauche doit mettre fin à son sectarisme. Il est urgent de nouer de vastes alliances et d’adopter des politiques radicales.

Nous pouvons gagner la lutte contre le changement climatique, utiliser l’intelligence artificielle pour construire un monde meilleur et limiter le pouvoir des entreprises, mais la seule façon d’y parvenir est de créer des réseaux ; aux niveaux local, national et international. Nous nous retrouvons dans une position plus fragile que ne l’était la gauche dans les années 1930. Mais nous avons fait quelques avancées, nous avons obtenu des réformes modérées pour lutter contre les changements climatiques, nous avons obtenu des droits civils tant attendus.

 

Il est possible que les années 1930 ne se reproduisent pas. Mais ce ne sera pas facile.

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3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 09:12
Pour sauver la gauche, faut-il sacrifier Mélenchon ?

Comme à la grande époque de Rocard[2], c’est a l'initiative de Clémentine Autain (députée FI) et de Elsa Faucillon (députée PCF des Hauts-de-Seine) l’heure du « big-bang[1] ». Pour les agitateurs et les agitatrices de ce « big-bang », il s’agit de tirer les leçons de l'échec des européennes en amorçant de nouvelles dynamiques, aussi bien à l’intérieur de la France insoumise qu’à l’extérieur.

Tout le monde semble disposé à dialoguer, de la formation de Benoît Hamon à celle d’Olivier Besancenot, mais tout le monde n’a pas répondu présent à l’appel de Clémentine Autain : le PS et la FI, par exemple, traînent des pieds. Une figure semblant, selon certains, empêcher le rassemblement des gauches, celle de l’incontournable Jean-Luc Mélenchon.

 

Sources : pour le visuel legrandsoir | modifié le 23 juillet 2020

-

Difficile à l'heure ou certains veulent reconstruire " l'union de la gauche " de pardonner à l'homme qui a eu raison trop tôt et contre trop de gens,... et ce, sans prendre de pincettes.

Trop clivant, trop populiste pour les uns, pas assez pour les autres, trop pro-EU ou trop anti-EU, il continue de servir de putching ball pour tous ceux qui voudraient voir disparaître avec lui ses critiques de la " gauche " et du monde politique européen, et prendre sa place en 2022 dans une croyance magique que les élections se porteront mieux sans lui.

 

Une leçon d’Histoire : l’analyse politique de classe, ne doit pas se limiter aux événements personnels qui tournent de manière virale, sur tous les écrans en vue d’éviter de regarder le réel en face. La question n’est pas Mélenchon ou pas Mélenchon, mais ce qu’il porte et représente à l’influx de l’Histoire…

 

 

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Erreur fatale pour l'intérêt suprême du peuple qui doit nous guider !
Car tous ceux qui pensent qu'avoir la tête de Mélenchon serait un préalable à une potentielle victoire de la " Gauche " se trompent. Encore une fois, la seule " gauche ", même rassemblée, n'est pas majoritaire dans notre pays[3]. Et je suis désolé de le dire à nos camarades de Génération.s, du PCF et d'autres organisations, mais seule la France Insoumise avec Mélenchon est en capacité de parler au-delà de la " gauche traditionnelle "[4].. tout simplement parce-que c'est sa raison d'être.

 

Il ne s'agit pas de dire " suivez notre panache blanc ", mais de ramener au vote les dégoûtés, les fâchés, tous ceux qui pensent que la politique ne peut rien changer. Qu'on l'aime ou pas, Mélenchon est un homme d'État. Dans la tradition de gauche, le dernier de son calibre a trépassé il y a bien longtemps.

 

" La gauche ", du PCF à Place publique[5] en passant par Plenel pourra-t-elle pardonner un jour à JLM ses 19% qu'elle est incapable d'obtenir elle même parce-qu'en son sein elle porte des vers libéraux qui la vide de sens ?

 

 

-

Mais alors, ou est le problème ?

Pour nos adversaires et amis de "göche" potentiels, c'est la stratégie politique de la France insoumise qui est le problème et J.L. Melenchon qui en est l'un des initiateurs devient la cible " à abattre ".

 

Je ne me joindrai pas à la horde des loups, je les combattrai parce-qu'il en va de l'avenir politique du pays !

 

Car pour moi, comme pour bien d'autres, ce n'est pas J.L. Mélenchon le problème, encore moins le programme de l'avenir en commun de la France Insoumise... cette courte vidéo d'Uzul ouvre les yeux sur pas mal de choses...

 

Notes

[2] PS : le retour du Big Bang

[1 Clémentine Autain va appeler à un «big bang» de la gauche radicale

[320,29 % de l'électorat en 2012 et 22,23% de l'électorat en 2017 ne se reconnaissent pas dans la notion de " gauche " partisane.

[4Lorsque l'on regarde la composition de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2017, les 2 plus gros contingents se déclarent de Gauche et du Centre (36% et 35%). Presque 20% ne se prononcent pas sur cet axe et 11% se déclarent de Droite.

[5] Place publique de Raphaël Glucksmann

 

Pour en savoir plus :

- Refonder la gauche ? Méfions nous des évidences de " l'union "

- Le peuple ? La gauche ? la planète ? Stratégie, imaginaire et théorie

- Clémentine Autain ne croit pas à la "fédération populaire" de Mélenchon

- Du Tribunal Inquisitoire à l’unité - Lettre ouverte aux « plus révolutionnaires que moi tu meurs »

- Adieu France Insoumise, éloge de Mélenchon

- Adrien Quatennens: "Ceux qui ne votent pas n'attendent pas que la gauche se rabiboche pour venir voter"

- Jean-Luc Mélenchon ou « la hautaine leçon du réel ».

- L’imposture de la « gauche rassemblée » !

- Comment refonder les clivages politiques ?... ou pas !

- Poursuite de la voie sans issue : A la fête de l’Humanité 2019, les communistes prônent l’union de la gauche aux municipales

- C'est reparti pour 2022 : Fédérer au sein des gauches et des écologistes : le temps nous oblige, vite

- La fédération populaire VS l’unité de la gauche ?

- LE GRAND RETOUR DE LA GAUCHE PLURIELLE

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6 juin 2019 4 06 /06 /juin /2019 13:04
Martine Billard : Après les européennes une nouvelle séquence !

Élections européennes : un vote de classe avant tout[12] ?

 

Lors de l'élection présidentielle de 2017 plus de 7 millions de voix soit 19,58% des suffrages se sont portés sur Jean-Luc Mélenchon. Cette candidature avait été mûrement pensée à partir du bilan de 2012 et de l'échec du Front de Gauche. Les différences de campagne ne sont pas seulement dues au fait que 2012 aurait été une campagne de « gauche » et 2017 une campagne populiste. Les contextes politiques étaient aussi très différents.

 

Sources : le Blog de Martine Billard, ancienne députée de Paris, oratrice nationale de la France Insoumise, mis à jour le 19 juin 2019

-

2012 une campagne Front de Gauche
Les européennes de 2009 ont été le baptême électoral du Front de Gauche avec 4 députés élus dont Jean-Luc Mélenchon pour une moyenne nationale de 6,05 %[1

 

A la présidentielle en 2012 Jean-Luc Mélenchon obtint près de 4 millions de voix soit 11,10 %[2]. La campagne avait été enthousiasmante avec des salles bien remplies, des drapeaux rouges partout, l'Internationale etc …. Par contre mettre l'écologie au cœur de la campagne avait été difficile vu les divergences avec le PCF notamment sur le nucléaire, l'éolien, Notre-Dame des Landes etc .. 

 

Au niveau international, c'est l'époque des révolutions citoyennes dans plusieurs pays d'Amérique Latine, le mouvement des places suite à la crise financière de 2008 avec Occupy Wall Street, Tahrir, la révolution tunisienne, le mouvement des Indignés en Espagne et l'espoir en Grèce d'un changement de politique avec la victoire de Syriza aux élections en 2015. La campagne de 2012 se déroule dans ce contexte de mobilisations à l'échelle internationale ainsi que des luttes de défense de l'outil de travail en France : Fralib à Marseille, les glaces Pilpa etc.

 

Les 10 ans de gouvernement Chirac puis Sarkozy avec des lois remettant en cause le code du travail, les retraites etc. explique la victoire de F. Hollande à la présidentielle et aux législatives où le FG obtint 6,91%[3] (1er tour) et 10 députés tous PCF ou liés au PCF.

 

Aux municipales de 2014 le PCF choisissait de partir avec le PS dans la majorité des grandes villes et provoquait ainsi une crise au sein du Front de Gauche avant son éclatement.

 

 

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La création de la France Insoumise et la présidentielle
La création de la France Insoumise en janvier 2016, au moment où la totalité des forces de gauche se prononçaient pour des primaires, répond au quinquennat Hollande et à l'échec du Front de Gauch

  • un rejet total du PS et une assimilation de la gauche au PS provoquant un rejet général ;
  • un discrédit des élus avec les différentes affaires (Cahuzac, Thévenoud ...) avec le leitmotiv « élus tous pourris, tous corrompus » ;
  • un PCF dépendant du PS et n'évoluant pas vers l'écologie et une gauche radicale émiettée ;
  • une classe ouvrière et employée précarisée et dispersée en petites unités et par là même de moins en moins syndiquée ;
  • une urgence écologique nécessitant de mettre cet enjeu au cœur de notre projet sans être brider par des compromis ;
  • la volonté de s'adresser à la fois aux classes populaires abstentionnistes bien loin des « totems » de la gauche comme les drapeaux rouges et l'Internationale et en même temps aux électeurs en déshérence du PS et de EELV écœurés par les 5 ans de gouvernement PS[4]...

 

En 2017, l'objectif était de s'adresser au plus grand nombre et plus seulement à l'électorat traditionnel de la gauche.

Mais le contexte était aussi très différent : les 5 ans de Hollande avec la loi travail de El Khomri notamment et la déchéance de nationalité, l'obstination à Notre-Dame des Landes ont fait exploser le PS. Hollande n'ayant pas osé se représenter et la primaire ayant désigné Benoît Hamon, leader des « frondeurs », comme candidat à la présidentielle a achevé la décomposition du PS. Du côté de la droite, l'emploi fictif et les costumes de Fillon ont ouvert une crise. Enfin EELV décidant de retirer sa candidature au profit de Hamon[5] a achevé de dessiner un panorama très particulier.

 

Dans ces conditions, la très bonne campagne de Jean-Luc Mélenchon, très écologique, le programme l'Avenir en commun, très bien noté par l'ensemble des réseaux associatifs, a permis le rassemblement d'électeurs derrière cette candidature qui apparaissait comme celle pouvant gagner.

 

Celles et ceux qui nous expliquent que le résultat de la présidentielle est strictement lié au type de campagne choisie sont dans le déni de réalité. Certes une campagne type 2012 en 2017 aurait donné un score inférieur à celui obtenu. Mais sans le contexte spécifique de 2017 même la très bonne campagne de Jean-Luc Mélenchon n'aurait pas donné un aussi bon score. L'intelligence a été de savoir tenir compte des circonstances.

 

 

-

Les législatives et l'après présidentielle
Dès le lancement de la France Insoumise, il était clair pour nous que les législatives, six semaines après la présidentielle, devraient se faire dans la même dynamique. Celles et ceux qui exigeaient des négociations locales et des alliances à géométrie variable ne comprennent pas le caractère nationale des législatives où les électeurs votent pour l'étiquette bien plus que pour le candidat. Il fallait donc y aller avec le même programme et une campagne nationale France Insoumise pour pouvoir continuer dans la lancée du score de la présidentielle. 

 

Nous avons obtenu près de 2 millions 500 000 voix soit 11,03%[6] donc moins que lors de la présidentielle. Pourquoi ?

Beaucoup plus d'abstention notamment dans les quartiers populaires, d'autant que la déception de celles et ceux qui avaient cru en la victoire en a amené beaucoup à s'abstenir sur le thème cela ne sert à rien. Et « des députés » pour résister n'était hélas pas suffisant pour convaincre ceux qui avaient beaucoup espéré. Il y avait aussi la présence de candidats communistes alors que le PC avait soutenu Mélenchon à la présidentielle ainsi que le fait que des socialistes et des écologistes qui avaient voté FI par refus de voter Hamon ou absence de candidat dans le cas de EELV ont voté pour les candidats de leur parti respectif aux législatives. 

Rien donc d'inexplicable pour cette différence de score entre présidentielle et législatives.

 

Nous avons cependant commis une erreur d'analyse en pensant que le score de référence était celui de la présidentielle et que celui des législatives était un accident. Cette erreur nous a amené à surestimer le rapport de force en faveur du changement radical.

 

Les élections partielles décevantes pour la FI auraient du être un signal d'alarme plus rapide et plus fort. Tout démontrait que nous n'arrivions à remobiliser ni l'électorat de la présidentielle ni celui des législatives. Mais la particularité de chaque partielle compliquait l'analyse.

 

Nous avions analysé correctement le programme de Macron comme un programme de régression sociale et de libéralisation à outrance de toute l'économie et un désintérêt pour tout ce qui relevait de l'écologie. A cela s'est vite ajouté la brutalisation des institutions et une aggravation du caractère autoritaire de la 5ème République.

 

Les mobilisations contre les ordonnances travail n'ont pas réussi à atteindre un niveau suffisant pour faire reculer Macron. Mais l'abandon de l'ISF et la hausse de la CSG l'ont définitivement classé comme président des riches. Ces choix fiscaux, qui n'étaient que la continuité de ceux déjà pratiqués par Hollande et Sarkozy, ont été la goutte qui a fait déborder la colère populaire et s'est traduit dans le mouvement des Gilets Jaunes.

 

  Le rejet voire la haine de Macron était tel qu'il n'était pas illogique de penser que cela motiverait des électeurs qui autrement ne se déplaceraient pas pour des européennes. De plus la France Insoumise avait le RIC dans son programme pour les européennes. Nous n'aurions pas fait ce choix que cela n'aurait rien changer car Macron a très vite compris qu'il avait intérêt à jouer la peur du RN. Et cela a fonctionné en partie.

 

Les semaines passant sans victoire des Gilets Jaunes et avec l'accentuation de la répression policière et judiciaire deux positions se sont fait jour en leur sein, le refus de participer aux élections ou un vote utile pour le RN, le seul apparaissant capable de finir devant la liste LRM. Plus globalement sommes nous entrés dans une période où le lien entre mobilisations sociales autres que écologistes et traductions électorales disparaît ? Nous avons donc perdu cette bataille du référendum anti Macron. 

 

 

-

Avons-nous changé d'orientation ? 

Le débat entre populistes et unité de la gauche[7] me semble totalement à côté de la plaque.

D'abord remettons les pendules à l'heure. La décision de Charlotte Girard de ne pas être élue et par là même de ne pas postuler à la tête de liste a laissé le comité électoral sidéré et déçu. Les propos comme quoi elle aurait été écartée sont donc abjects. 

 

Ensuite aucun candidat n'a été écarté parce qu'il aurait été « souverainiste ». Tous les candidats de la France Insoumise s'étaient engagés à défendre le même programme l'Avenir en commun. Il n'y a donc pas eu de sélection des candidatures en fonction du positionnement supposé sur la question de la souveraineté. Il a par contre été demandé aux candidats de se montrer solidaires entre eux et de la campagne. Faire porter la responsabilité de ce score décevant sur notre tête de liste Manon Aubry est indigne.

 

 

-

Nous aurions abandonné la sortie de l'euro/de l'Europe et le plan A/plan B ?
Il y a toujours eu une tension à ce sujet dans la France Insoumise. Pour certains le plan A n'était qu'une formalité avant de passer le plus vite possible à la sortie pendant que pour d'autres il s'agit réellement de construire un rapport de force pour désobéir aux traités de plus dans une Union Européenne qui a de moins en moins d'unité et donc de capacité à bloquer une résistance à ces politiques.

 

Mais la stratégie du plan A/plan B[8] nécessite d'être au pouvoir pour s'appliquer.

Cela ne pouvait donc être le mot d'ordre central d'une campagne pour élire des députés européens. Au passage l'UPR avec son message central sur le frexit n'obtient que 1,17% des voix et Florian Philippot qui comptait surfer sur l'abandon de la sortie de l'euro par le RN s'écrase à 0,71%. Mais peut-être ne savons nous pas toujours présenter concrètement ce que signifie désobéir aux traités alors qu'on peut donner des exemples pour rejeter le démantèlement de l'industrie ou la priorité à l'écologie et notamment aux circuits courts.

 

 

-

Nous n'aurions pas su parler aux abstentionnistes et aux Gilets jaunes ?
Les militants qui ont passé des soirées et des week-end à faire du porte à porte dans les quartiers populaires, celles et ceux qui étaient sur les ronds-points et dans les manifs de GJ du samedi apprécieront qu'on vienne leur expliquer que « La campagne de la France insoumise n’était pas orientée vers la grande masse abstentionniste».

 

Juste un petit rappel, en 2017 nous avons fait strictement la même campagne à la présidentielle et aux législatives et pourtant l'abstention est passée de 22,23% à 56,83 % entre la présidentielle et les législatives y compris dans les circonscriptions où nos députés ont été élus. Et si on regarde le taux d'abstention dans les villes très populaires du 93 il est dans certains cas supérieur d'1 à 2 points par rapport aux législatives et dans d'autres villes c'est l'inverse. Difficile donc d'en tirer des leçons.

 

De même la thèse selon laquelle notre recul serait lié à l'absence d'un projet émancipateur rassembleur n'est pas plus convaincante.

Pour le projet nous avions l'AEC. Pendant des mois nous avons eu de nouveau le droit aux dénonciations de sectarisme à l'encontre de la FI par les mêmes d'ailleurs qui défendaient l'impérieuse nécessité de présenter leur propre liste et qui dénonçaient notre populisme et notre volonté de désobéir aux traités. L'élection européenne est une élection nationale à la proportionnelle permettant à chaque force politique de concourir pour défendre son projet. Certes il y a le seuil des 5% à franchir pour obtenir des élus mais rien n'empêchait par exemple le PCF et Générations de faire liste commune, ils auraient vraisemblablement franchi la barre des 5% à eux deux. 

 

Mais pourquoi dans les derniers jours EELV est-il apparu comme le vote utile y compris pour des électeurs proches de la FI ?

L'écologie a été pour la première fois très présente dans une élection, on ne peut que s'en réjouir et nous y avons pris notre part. Le discours de LRM n'était pas crédible vu les actes de ce gouvernement, Génération's paraissait incapable de franchir les 5%. Ne restait donc que la FI et EELV et beaucoup ont hésité entre les 2 et on tranché dans les derniers jours voire dans l'isoloir. Les scores de EELV sont d'autant plus élevés que la ville est moins populaire alors que c'est exactement l'inverse pour la FI. Il y a bien un vote « bobo » pour EELV. L'existence d'un groupe Verts au parlement et la simplicité du slogan « Votez climat » en pleines manifestations pour le climat[11] a pu convaincre les hésitants que c'était le vote le plus efficace dans cette élection précise. Plus globalement 11 pays sur 28 ont vu les Verts passer la barre des 10%.

 

 

-

Ne pas confondre microcosme politique et ensemble des électeurs
A confondre les 2 on fait régulièrement des erreurs politiques.

Pour la grande masse des électeurs l'info principale sur l'élection vient des médias et de la profession de foi qu'ils reçoivent à quelques jours du vote. Peu de temps donc pour se faire une idée. L'image donnée par les médias va donc peser beaucoup dans les choix. La masse des électeurs s'intéresse assez peu au fonctionnement des partis contrairement au microcosme mais est très influencée par l'image qui en est donnée. D'où les dégâts liés à l'image de la perquisition.

 

Dans tous les pays, l'oligarchie se défend contre ceux qui veulent changer le système en diabolisant ses opposants.

La FI subit quotidiennement ces attaques dans le but de créer l'image d'un mouvement violent et dangereux. Et cela ne se limite pas à JL Mélenchon. François Ruffin y a eu aussi le droit. Aussi croire qu'il suffirait d'écarter JL Mélenchon pour retrouver son score de la présidentielle n'est pas sérieux. La FI est la force politique qui envoie le plus d'orateurs différents dans les médias, image de la construction de la relève à venir. De part l'électorat auquel nous nous adressons, nous devons gérer constamment la contradiction entre un électorat des classes populaires plutôt dégagiste et un électorat classe moyenne plus respectueux des institutions. Lors de l'élection européenne le premier est peu mobilisé contrairement au second qui fluctue selon le contexte.

 

 

-

Le problème est-il de reconstruire la gauche[9] ?
Mais quelle gauche ?

Celle qui a été aux manettes pendant 5 ans avec Hollande ? Celle qui a commencé les grandes manœuvres au PS avec Benard Cazeneuve présenté comme rassembleur et sauveur de la gauche ? Autant faire campagne pour que les classes populaires s'abstiennent à tout jamais et que le FN gagne l'élection la prochaine fois. 

 

Dans la « gauche altermondialiste» les appels se multiplient.

« Convergeons[10] », rassemblant des élus EELV, Génération's et des maires PCF demande à EELV, compte tenu de sa responsabilité historique accrue, d'être le pivot de la reconstruction d'un grand mouvement populaire et écologiste. Cela relève de l'appel désespéré car avec son score EELV n'acceptera une recomposition qu'à ses conditions et D Cormand et Y Jadot l'ont déjà exposé clairement dans toutes leurs interviews depuis dimanche soir. Pour eux ce rassemblement doit inclure CAP21 et même Borloo. Si on se contente des questions d'environnement, et non d'écologie, il arrive au moins avec CAP21 qu'on se retrouve dans certains combats comme les OGM par exemple. Mais quel pourraient être les points communs sur les questions sociales, de stratégie industrielle, de défense de l'intervention publique dans un tel attelage ?

 

Le deuxième appel « Big bang[9] » inclut pas mal de signataires communs avec « Convergeons » mais appelle à un autre cadre de rassemblement politique et citoyen plus que flou qui au passage d'ailleurs fait une croix sur la France Insoumise. Combien d'appels similaires avons-nous tous signé ces 20 dernières années ?

 

En politique les incantations ne servent à rien.

La réalité est que les rapports de force dans les différents pays se dégradent au détriment des classes populaires. Nous assistons à une offensive généralisée de l'ultra-libéralisme qui pour la mener à bien dispose des pouvoirs de l'état avec une répression de plus en plus violente à la fois policière et judiciaire et des médias aux mains de l'oligarchie au pouvoir. Dans nombre de pays il y a aujourd'hui moins de pluralisme des médias qu'il y a 30 ans. 

 

Mais indéniablement Macron a réussi son pari et peut espérer gagner de nouveau en 2022 avec le même schéma de second tour. Il nous reste donc 3 ans pour éviter ce cauchemar. 

 

Et cela ne peut se réduire à mobiliser l'électorat des centres villes, alors que le péri-urbain vote massivement RN et que les cités populaires s'abstiennent.

Il faut en plus remobiliser les classes populaires non racistes sur un projet où elles se sentent concernées. Un des motifs indiqués pour leur abstention est le fait que les élections européennes ne changent rien à leur quotidien. C'est donc sur ce terrain qu'il faut se battre : par la défense des services publics (hôpitaux, transports, école ..) et par l'exemple de luttes pour changer le quotidien (les pratiques de la FI à Marseille sont 1 bon exemple 13,81 % aux législatives 15,68% aux européennes). Les municipales peuvent être un moment important dans cette démonstration avec des listes émergeant des quartiers populaires et des propositions concrètes en direction des populations du péri-urbain.

 

L'autre élément important est la centralité de l'urgence écologique.

Elle est au cœur de notre projet et les Insoumis sont présents dans toutes les mobilisations. Mais nous devons encore renforcer cette présence notamment au niveau de la jeunesse et en enrichissant notre projet pour montrer clairement en quoi l'écologie populaire est concrètement différente du verdissement du capitalisme.

 

Enfin la FI doit évoluer.

Le système gazeux montre ses limites surtout dans un moment politique qui n'est plus à l'offensive. Nous devons trouver des formes d'organisation souple qui permettent des débats, une prise de décision collective, respectent celles et ceux qui n'ont pas envie de s'engager dans un parti, mais soit efficient pour proposer des initiatives.

 

 

Le résultat des européennes déçoit ?

Ce n'est pas une raison pour jeter le bébé, la FI, avec l'eau du bain. Il y a toujours besoin d'une force politique aux côtés des classes populaires pour répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratiques. 

 

 

Notes :

[1Résultats des élections européennes 2009

[2Résultats de l'élection présidentielle 2012

[3Résultats des élections législatives 2012

[4C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis !

[5Présidentielle: Yannick Jadot "retire" sa candidature au profit de Hamon

[6Résultats des élections législatives 2017

[7Refonder la gauche ? Méfions nous des évidences de " l'union "

[8] Nous proposons donc une stratégie de gouvernement en deux temps avec un plan A et un plan B en cas d'échec du plan A.

[9Autain et un millier de signataires appellent à un « big bang » à gauche

[10] Convergeons

[11« Votez climat dimanche » en pleines manifestations pour le climat :  

 1 - MOBILISATION - Avant le scrutin européen, les jeunes habitants du continent sont appelés à manifester, vendredi 24 mai dans des centaines de villes pour que " l'écologie soit le sujet central de ces élections "

2 - Un appel à mettre l'écologie au centre des élections européennes

3 - Il faut que "l'écologie soit le sujet central de ces élections", a réclamé Kristof Almasy, de Youth for climate, lors d'une conférence de presse à Paris

4 - Avant le scrutin européen prévu ce dimanche 26 mai, le mouvement Youth for Climate France appelle tout le monde à une marche intergénérationnelle et une « Grève Mondiale pour le Climat » afin que « l'écologie soit le sujet central de ces élections ».

[12] ÉLECTIONS EUROPÉENNES : UN VOTE DE CLASSE AVANT TOUT

 

Pour en savoir plus :

Débâcle aux européennes, contestations internes, Jean-Luc Mélenchon... Le numéro deux de La France insoumise est l'invité du grand entretien politique du « Point ».

- Le peuple ? La gauche ? la planète ? Stratégie, imaginaire et théorie

- « Pour une nouvelle dynamique, lançons un nouveau : Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras ! par Maud Assila

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4 juin 2019 2 04 /06 /juin /2019 14:00
Refonder la gauche ? Méfions nous des évidences de " l'union "
Refonder la gauche ? Méfions nous des évidences de " l'union "
Refonder la gauche ? Méfions nous des évidences de " l'union "

Ça y est c'est reparti !

 

- Comme après chaque élections les écuries défaites de gauche commencent à appeler à l'union " sans hégémonie ".... ce qui nécessite méfiance..... et réflexion car tout n'est pas à refaire ! 

- Force est de constater que seul 15% des Français déclarent se reconnaître dans la notion de " Gauche[19] " !

- Le sort de la gauche n’intéresse qu'elle même : " Fédérons le peuple sur des valeurs de gauche[18] " !

- L'enjeu : " ramener la gauche au peuple "... ou " ramener le peuple à la gauche[17] " ?

 

En effet, c’est fou le nombre d’individus qui, après avoir voulu « rassembler la gauche » en 2016, veulent aujourd'hui (si ce n'est eux, ce sont leurs successeurs) « refonder la gauche ». A cette époque là, je leur disais déjà : « C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis ! [15

 

Ainsi, c’est devenu un leitmotiv, une petite musique chantée en chœur – mais pas en cadence – par l’ensemble des héritiers de ce qui fut la galaxie PS[2]. Y compris chez ceux qui, comme Le Drian, ont tourné le dos à la « gauche » pour aller pantoufler dans un gouvernement dont le langage et les politiques sont clairement néolibérales.... et la " maladie " s'étend au PCF[4]. Elle s'étend aussi au sein de la France insoumise avec Clémentine Autain pour qui " TOUT SERAIT A REFAIRE " et lance son fameux « Big bang[3 - 13] » en appelant à un rassemblement politique et citoyen plus que flou[14] qui au passage d'ailleurs fait une croix sur la France Insoumise[12].

 

La préparation des élections européennes a ravivé ce discours et leurs résultats[1] à été l'occasion pour certains de croire que leur heure était venue. Il faut dire que le niveau de fragmentation de la gauche du spectre politique atteint des niveaux impensables il y a seulement quelques années. Alors qu’elle ne rassemble au total guère plus de 31,7% des voix[1] – et encore, en raclant les fonds de tiroir – la gauche historique fournit une bonne demie-douzaine de listes, dont, sauf l'exception d'EELV, aucune ne dépasse les 10% des votants. Mais il n’y a pas que ça : lorsqu’on regarde les chiffres, on s’aperçoit que l’ensemble de la gauche est en pleine déliquescence, avec des organisations qui voient leur audience baisser. C’est le cas du PS, du PCF,… mais aussi de LFI et de Génération.s. Nous avons aujourd’hui une gauche qui non seulement est fragmentée, mais dont les fragments se rabougrissent a vu d’œil. Et dans le reste de l’Europe, c’est plus ou moins la même chose. Le phénomène est donc trop global pour l’attribuer simplement aux erreurs stratégiques ou tactiques de tel ou tel dirigeant et notamment Jean-Luc Mélenchon.

 

Il y a une crise politique globale et en son sein, une crise de la gauche, et cette dernière est profonde au-delà des choix de campagnes et politiques des uns et des autres car pour nombre de nos concitoyens le mot " gauche " ne veut plus rien dire !

 

Sources : Refonder la gauche : mission impossibleMédiapart par RODOLPHE P. ; Arnaud Guvenatam | modifié le 02 juillet 2020

Même plus le temps d'avaler les résultats indigestes et déjà Ian Brossat et le PCF d'entonner le refrain de la " nécessaire union ", déjà Guillaume Balas[5] et Génération.s se mettent sur le registre. Côté écolo d'EELV, on " savoure " la victoire et on commence à se la jouer macron-compatible[6]. A la FI, c'est l'inénarrable Clémentine Autain qui charge lourdement Jean-Luc Mélenchon. Idem du côté d'Olivier Besancenot. Olivier Faure, celui PS-PP enjoint LFI de se coucher derrière lui alors que son score est plus bas. Dans les syndicats quelques bruissements aussi se font entendre pour qui sait tendre l'oreille.

 

-

Et les questions vont bon train ! Les affirmations aussi d'ailleurs visant J.L Melenchon !
Il y a ceux qui parlent de la FI sans y être mais et sans être des adversaires, ceux qui en parlent en y étant (membres de la FI)... le tout sans connaitre son fonctionnement autrement qu'a travers de ce qu'en disent les médias et nos adversaires. A tous ceux là, je leur dirai :

  • J.L. Melenchon n'est pas responsable de notre échec temporaire. La stratégie de la campagne des européennes n'est pas le choix d'un seul homme, elle est collective !
  • Est-il la bonne personne pour l'avenir ? Et quand on parle de l'avenir on se place à quelles échéances ? Ce qui est sur, c'est que JLM n'a d'autre fonction que celle de président du groupe des députés insoumis, et qu'a ce poste là.... il est à sa place et la tient... affirmant dignement " Je suis au combat et j’y resterai jusqu’à mon dernier souffle[10] "

 

Alors, non, Jean-Luc Mélenchon n'a pas échoué. La réussite totale n'est pas si facile à atteindre et bien peu raisonnables sont ceux qui croient qu'elle peut arriver d'un coup de baguette magique. La réussite totale ne viendra pas non plus de façon linéaire, avec une progression mathématique à chaque élection.

 

Et maintenant ? 

Nous pouvons perdre une bataille (celle des européennes) parce-que nous n'avons pas mesuré à sa juste valeur ce qui a bougé dans le pays, sous estimé tel ou tel aspect des mouvements d'opinion, commis une erreur tactique, voire par un discours anti-Macron, alimenté inconsciemment le vote protestataire RN... cela ne veut pas dire que l'on a perdu le combat et qu'il faut tout " refaire " afin que celui-ci continue..... et soit victorieux !

 

 

-

On nous dit : " L'unité, l'unité, l'unité. Les gens attendent l'UNITÉ ". Mais d'abord sur quoi et avec qui ? Un programme commun, une gauche plurielle, une synthèse hollandaise ?

Prenons l'écosocialisme[7] par exemple. L'idée semblerait aller de soi au moment du péril climatique et du niveau d'inégalités jamais atteint. Mais que met on derrière : L'indépendance énergétique par exemple ? Fort bien, les communistes militeront donc pour l'arrêt des centrales et les Verts pour un plan très incitatif et une économie mixte ? Une agriculture paysanne, bio et de filières courtes ? Le PS votera donc contre la PAC au parlement européen ? Désindustrialisation et décroissance ou relocalisation et made in France ? Protectionnisme ? Argh nationalisme répondront les socialos. (Sur)Taxe sur les carburants ? Bonne idée pour EELV toujours les mêmes qui paient clamera LFI.

 

  • Défense européenne, défense française, défense américaine ? Autant de chapelles que de gauches ;
  • Souveraineté nationale, fédéralisme européen, no border ? Autant de nuances d'Europe que d'électeurs de gauche... ;
  • Augmenter le SMIC ? Oui à 1500 net ici, 2000 brut là bas. Et si on favorisait d'abord le retour à l'emploi même sous payé dira t on chez les modérés ;
  • Qui de Trump, Poutine ou Xi Jinping choisir parmi les affreux ? Non le pire c'est Maduro ;
  • La mondialisation : une chance ? un potentiel ? un danger ? un ennemi ?... ;
  • La laïcité, le communautarisme aucun accord là dessus non plus ;
  • La liste à la Prévert est infinie. Autant de sujets de discorde ;
  • Alors quoi une union antiraciste pour le progrès sociétal et le droit des LGBT. Un village Potemkine, ça on sait faire. On peut appeler cela un Terra Nova aussi... ;

Seul un programme assumé et radical peut faire gagner la gauche. Un village Potemkine de plus, peut la propulser au pouvoir et la faire gouverner...à droite. Un programme, ce serait un bel Avenir En Commun non ?

 

 

-

On nous dit..... après le 26 mai, face au risque RFN/RN il faut construire un nouveau « cadre de rassemblement politique et citoyen » à gauche  !

Mais qui, jour après jour, avec les politiques suivies par la droite sous Sarkozy et ensuite par Hollande, a alimenté le vote FN ? Qui, aujourd'hui, instrumentalise le RN/FN (pour se présenter comme la seule issue possible en 2022)....  sinon Macron !  Les responsables de la montée du FN/RN sont les locataires successifs de l'Elysée, de Matignon et pour une part identique parmi ceux qui, au parlement, ont soutenu ou soutiennent leur politique et dont certains, aujourd'hui appellent au rassemblement de la gauche !

 

Alors, on cherche toujours à rassembler la " gauche " ou la " gôche " ?

  • Ceux qui prêchent ce rassemblement auraient-ils oublié que lors du 1er tour des présidentielles de 2017 les partis " de gauche " n'avaient recueillis au total que 9 978 128 voix sur un total de 36 054 394 exprimés, soit seulement 27,65% des exprimés[9].

Mais aussi :

  • Ceux qui prêchent ce rassemblement auraient-ils oublié que lors des présidentielles de 2012, il y avait eu le 21 avril :  8 359 440  abstentionnistes soit 20,29% de l'électorat.
  • Ceux qui prêchent ce rassemblement auraient-ils oublié que lors des présidentielles de 2017, il y avait eu le 23 avril :  10 578 455  abstentionnistes soit 22,23% de l'électorat.

Ce qui signifie que 20,29 % de l'électorat en 2012 et 22,23% de l'électorat en 2017 ne se reconnaissent pas dans la notion de " gauche " partisane.

 

- C'est surtout à eux (abstentionnistes, citoyens " apolitiques", électeurs potentiels de gauche égarés au RN par dépit...) qu'il convient de donner la parole ;

- C'est d'abord avec eux qu'il convient de construire une perspective, un espoir...  pour créer l'envie de s'inscrire sur les listes électorales, de s'engager dans la vie politique, parce-que nous ne représentons pas d'intérêts partisans, nous n'avons de compte à rendre à personne sinon à nous même.... que notre raison d'être et d'agir, c'est l'intérêt du peuple !

 

...En conclusion, RASSEMBLONS LE PEUPLE, PAS LES PARTIS qui ne représentent plus qu'eux mêmes !
 

 

-

En définitive, le « cadre de ce rassemblement politique et citoyen » existe pour une nouvelle séquence !

Qu'on se le dise !

La France insoumise n’a pas été conçue pour faire sa laine sur le dos d’une gauche traditionnelle en déclin. Elle n’a certainement rien à gagner à se contenter d’un rôle - fusse-t-il central - dans la sempiternelle recomposition de la gauche radicale[11].

 

Alors, et le « cadre de ce rassemblement politique et citoyen » ?

C'est la proposition de création d'une " Fédération populaire[8] " portée par J.L. Melenchon qui ne sera ni de droite ni de gauche (selon la définition de la sphère partisane et des médias), mais vise à rassembler tous les CITOYENS qui veulent être associés aux décisions, respectés et entendus par les institutions (ce sera le cas avec la VIe République), plus de justice sociale, plus d'écologie, plus de travail, qui veulent aussi la paix et la coopération plutôt que la guerre,... etc... à participer au mouvement d'une France qui refuse de mourir, qui refuse de se soumettre à l'argent roi !

 

Cette Fédération populaire ne tombera pas d'un coup de baguette magique !

C'est à chacun de nous, en tant qu'individu, de rassembler d'autres individus. C'est ça, fédérer le peuple, ça n'est pas recoller des mots usés : communisme, socialisme, gauche… même le mot "écologiste" est usé.

 

Nous avons trois ans pour empêcher que l'extrême finance et l'extrême droite (les deux facettes d'une même politique ultralibérale), tous deux mortifères, ne restent au pouvoir. Dispensons une vision du monde sans égoïsme, sans haine, sans rejet de l'autre, avec la nécessité de préserver la nature et d'arrêter de maltraiter le vivant.


Nous n'avons pas de temps à perdre à écouter les sirènes amères et finalement plus conservatrices, dans la forme de leur pensée, que le monde qu'elles disent vouloir combattre.

 

La « fédération populaire » proposée n'est pas un groupement d'appareils politiques. Elle doit regrouper les citoyens (les classes populaires et les classes moyennes plus favorisées), des syndicats, des formations politiques, des associations.... tous ceux qui n’appartiennent pas à l’oligarchie !.....

 

-

Et si l'on jetait un œil au clivage gauche/droite... pour ceux qui veulent " rassembler la gauche "

La perception du clivage Gauche/Droite dans la population doit nous faire comprendre que pour prendre le pouvoir, et donc être majoritaire, nous devons sortir d'une paresse de positionnement autour de cet axe.

 

L'IFOP livre donc ces statistiques sur l'état du clivage[19].

Force est de constater que seul 15% des Français se déclarent de " Gauche ". Sur ceux se déclarant de gauche, il existe des nuances allant de très à gauche à moyennement de gauche (l'arc allant de LO au PS pour faire gros).

 

Autant le dire tout net, si une seule force hypothétique arrivait à capter l'ensemble de la gauche, ça ne la qualifierait pas pour un second tour de présidentielle. C'est étonnant mais les gens se positionnent davantage au centre et à droite, dans des proportions captant 70% de la population.

 

Lorsque l'on regarde la composition de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2017, les 2 plus gros contingents se déclarent de Gauche et du Centre (36% et 35%). Presque 20% ne se prononcent pas sur cet axe et 11% se déclarent de Droite.

 

Le succès de la candidature Mélenchon est exactement là !... Une capacité à parler à l'ensemble de la société française !

 

Regardez Benoît Hamon, il réunit sur son nom 53% de gens se déclarant de gauche. Pour quel résultat ? 6,36%. Voilà aussi la caractéristique de la déroute Hamoniste : faire une campagne minoritaire.

 

 

-

Finalement, je ne pense même pas qu'il y ait une césure entre " progressistes " et " nationalistes ", mais une chose est sûre, les vieilles étiquettes et vieux clivages sectarisent et isolent.

Je vais prendre un exemple : l'encadrement des salaires de 1 à 20 dans une entreprise. Je me fiche que ce soit perçu " de Gauche ". Ce qui m'intéresse, c'est qu'une majorité des citoyens se disent que oui, l'accumulation sans limite est indécente et pas nécessaire. Qu'il est plus simple d'être heureux dans le partage que dans la compétition et un océan de malheur. La façon dont est présentée la chose est absolument centrale. Car cette proposition pourrait être défendue par le NPA ou LO. Mais s'il fallait convaincre avec le folklore de la IVème Internationale trotskiste, le vocable que seuls les plus militants des militants comprennent, ce serait le meilleur moyen de rendre cette proposition de bon sens totalement indésirable du plus grand nombre.

 

La radicalité des propositions de la France Insoumise ne pose aucun souci, au contraire. C'est le programme d'avenir pour notre pays. L'incarner le mieux possible permettra de rendre cette vision d'avenir majoritaire. Ayons confiance dans l'avenir !

 

Source : https://www.ifop.com/publication/le-positionnement-des-francais-sur-un-axe-gauche-droite/?fbclid=IwAR0A2qY_BdJ9Y7echgTOHz0qpTVGj1za8t4iT9zRHVS1xjnzZHzCCy5NK1g

Source : https://www.ifop.com/publication/le-positionnement-des-francais-sur-un-axe-gauche-droite/?fbclid=IwAR0A2qY_BdJ9Y7echgTOHz0qpTVGj1za8t4iT9zRHVS1xjnzZHzCCy5NK1g

Alors, mettons nous maintenant à la tâche pour la construire sans attendre les élections municipales car la « fédération populaire » se construit aussi dans l'action[16] !

 

Notes :

[1Résultats des élections européennes 2019

[2] « L’électorat de gauche ne demande qu’à se rassembler » déclare Olivier Faure

[3Autain et un millier de signataires appellent à un « big bang » à gauche

[4Brossat appelle la gauche à "retrouver le chemin du rassemblement" après les européennes

[5] Guillaume Balas : Mon intervention à la réunion publique un monde d'avance « COMMENT RASSEMBLER LA GAUCHE ? »  

[6- Nouvel épisode de droitisation en vue au PS et à EELV ?

[718 thèses pour l’écosocialisme

[8Jean-Luc Mélenchon : « Je lance un appel à la création d’une fédération populaire »

[9Résultats de l'élection présidentielle 2017

[10] Jean-Luc Mélenchon : Pendant que la poussière retombe

[11Raquel Garrido : La France insoumise peut-elle encore se relever ?

[12Martine Billard : Après les européennes une nouvelle séquence

[13]  Petit rappel historique : Le 17 février 1993, Michel Rocard avait appelé de ses vœux "un #bigbang de la gauche", une alliance informe du PS avec les centristes...et le PCF ! 1 an + tard, la liste PS qu'il conduit subit une défaite aux #europeennes avec 14,5% des suffrages exprimés.

[14]  Michet Tirone : " Je lis la tribune de Clémentine Autain. Je n'y vois jamais cité l'Avenir en Commun. Pourtant, elle en reprend les grandes lignes mais en faisant comme si ce programme n'avait jamais été écrit (« réinventer nos modèles et nos imaginaires"). Elle parle de la gauche, écrit une fois le mot « insoumis" mais sans jamais écrire le nom de notre mouvement : la France Insoumise. Elle reprend plusieurs fois le mot « fédérer » mais sans jamais écrire « fédérer le peuple" ".

[15] - Déjà le 25 octobre 2016, je disais : C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis !

[16] En matière d'action, Clémentine Autain n'a pas tout compris : Gilets jaunes : la députée LFI Clémentine Autain ne participera pas le 17 novembre

[19LE POSITIONNEMENT DES FRANÇAIS SUR UN AXE GAUCHE-DROITE

 

Pour en savoir plus :

- Européennes 2019 : des résultats à relativiser mais aussi à méditer…

- RAPPEL : Afin de revenir à la raison...comparons ce qui est comparable : ce résultat de 2014 à celui d'aujourd'hui ! Le Front de gauche incluait alors le PCF !...

- Nouvel épisode de droitisation en vue au PS et à EELV ?

- « L’électorat de gauche ne demande qu’à se rassembler » déclare Olivier Faure

- L'appel d'Olivier Besancenot pour unir les forces de gauche: "Je tends la main à tous"

- Clémentine Autain va appeler à un «big bang» de la gauche radicale

- Raquel Garrido : « Clémentine Autain a ouvert la discussion, alors discutons »

- Martine Billard : Après les européennes une nouvelle séquence

- Clémentine Autain : les lignes bougent « Je ne veux pas d'un cartel électoral. Je veux fédérer dans la société »

- Big bang, maxi flop

- L'ambigu Monsieur Jadot

- Le peuple ? La gauche ? la planète ? Stratégie, imaginaire et théorie

- Clémentine Autain ne croit pas à la " fédération populaire " de Mélenchon

- Adrien Quatennens: " Ceux qui ne votent pas n'attendent pas que la gauche se rabiboche pour venir voter "

- Municipales : “pragmatique”, Jadot prêt à des alliances avec la droite

- L’imposture de la « gauche rassemblée » !

- Poursuite de la voie sans issue : A la fête de l’Humanité 2019, les communistes prônent l’union de la gauche aux municipales

- Fédérer au sein des gauches et des écologistes : le temps nous oblige, vite. Par Clémentine Autain, députée (groupe LFI) , Guillaume Balas, coordinateur du mouvement Génération·s , Elsa Faucillon, députée (groupe communiste) et Alain Coulombel, membre d’EE-LV

- La fédération populaire VS l’unité de la gauche ?

 

 

-

Adrien Quatennens​ " Le sort de la gauche n’intéresse qu’elle-même. Fédérons le peuple[18] ! 

Adrien Quatennens​ député France insoumise : " Le sort de la gauche n’intéresse qu’elle-même. Fédérons le peuple ! " 🔴 « Les citoyens éloignés de la politique et les électeurs en colère qu’il nous faut convaincre se fichent éperdument du sort de la gauche. La France Insoumise est l’outil pour passer à la 6ème République et veut être utile à la fédération du peuple. »

-

Manuel Bompard : « Fédérer le peuple, c'est ramener la gauche au peuple[17] »

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17 mai 2019 5 17 /05 /mai /2019 13:26
Les insoumis rochelais décident d’investir la campagne des élections municipales 2020
Les insoumis rochelais décident d’investir la campagne des élections municipales 2020
Les insoumis rochelais décident d’investir la campagne des élections municipales 2020
Les insoumis rochelais décident d’investir la campagne des élections municipales 2020
Les insoumis rochelais décident d’investir la campagne des élections municipales 2020

 

Régulièrement consultés par vote en ligne, c'est après en avoir délibéré que les insoumis rochelais ont décidé de s'engager dans ce combat qui se concrétisera en partant de la nécessité et avec la volonté de construire une alternative à tous les macrons compatibles locaux.
Retrouvez, ci dessous l'intégralité du texte officiel publié ce matin à l'occasion d'un point de presse.

 

Sources : La Rochelle insoumise le 17 mai 2019

-Préambule : Synthèse de notre intervention 
Avant-propos : Nous avons choisi de faire ce point presse à Mireuil, quartier populaire, pour rappeler l’importance de ceux-ci dans la vie municipale de la Rochelle
- Notre propos concerne trois points qui sont liés entre eux et avec au cœur la question des municipales de 2020 : 

  • 1er point : le niveau local est lié aux enjeux européens. 
  • 2ème point : l’engagement de la FI dans ces enjeux municipaux 
  • 3ème point : notre méthode et démarche pour construire un projet municipal et communautaire (CDA) et avec qui.

 

 

-Retour sur le 1er point : « Les enjeux municipaux sont en lien direct avec les enjeux et les élections européennes car par exemple :
Les traités actuels visent à diminuer ce que l’on appelle la dépense publique dans les États et aboutissent à diminuer les ressources des communes via les DGF par exemple… (3%, pacte stabilité).

 

Cette Europe néolibérale actuelle favorise les traités commerciaux de libre échange qui peuvent empêcher des communes de mener leurs propres politiques locales (choix du fournisseur de cantine scolaire par exemple), et instauration d’un tribunal privé pour juger les conflits d’intérêts entre des politiques publiques et intérêts commerciaux privés (multinationales).

 

Les traités actuels sont imprégnés du dogme de la mise en concurrence libre et non faussée de tous contre tous empêchant que la coopération soit centrale.

 

C’est pourquoi pour ces raisons, entre autres, nous appelons les citoyens à ne pas s’abstenir. D’autre part cela revient au bout du bout à cautionner ce système et donner un blanc sein à Macron.

 

Nous disons aussi que le vote protestataire vers le RN des citoyens fâchés mais pas facho ne sert à rien, c’est un faux duel qui est construit alors que en fait c’est un duo. Ce vote ne fait que servir le système au bout du bout et ne permet pas de vraie alternative.

 

Ainsi nous appelons à voter Manon Aubry - France Insoumise pour envoyer des députés de combats pour une Europe sociale écologique et démocratique et qui fera le lien avec les enjeux locaux.

 

 

-Retour sur le 2éme point : La FI s’engage pour la première fois dans le processus des municipales de la Rochelle 2020 et de la CDA.

Cette décision de la FI s’est prise dans le cadre d’un processus de consultation et de fonctionnement démocratique avec les insoumis rochelais y compris dans la préparation collective de ce point presse.

 

Pour la FI, dans un contexte contingenté par l’austérité imposée par les traités et des années de baisse des dotations de l’Etat, les marges de manœuvres sont étroites. Mais l’exercice du pouvoir municipal est un levier pour créer tout de suite des rapports de force face au gouvernement, à l’Union Européenne et à la finance. Il est aussi et surtout un levier pour reprendre du pouvoir sur sa vie.

 

Une question peut servir de guide pour construire ce projet : Comment voulons-nous vivre ensemble à la Rochelle et au sein de la CDA ? « Voulons-nous une ville réservée aux classes supérieurs et aux touristes ou une ville accessible à tous et vivable pour tous ? ». Vous avez notre réponse dans la 2ème alternative de la question.

 

Nous avons trois principes pour construire ce projet et qui pour nous sont liés et en inter-action :

  • 1/ L’exigence de justice sociale et de solidarité.
  • 2/ La nécessaire transition écologique (active, non subie, non punitive)
  • 3/ l’exigence de démocratie locale.

 

Toutes les thématiques du projet municipal seront travaillés et filtrées par ces trois principes que ce soit sur les sujets : des gratuités (transport urbain, accès à l’eau potable,…), du logement (prix du foncier, de l’urbanisme….), de l’économie (industrie, mer, tourisme,…), de la cogestion citoyenne des biens communs (ex : l’eau en régie publique CDA), de la santé, de la culture, sport et éducation, des services publics,… ou les problèmes du Chômage, de la précarité,…

 

Dans le cadre de la démocratie locale par exemple nous portons le principe de référendums sur des choix stratégiques par exemple et de tout dispositif favorisant l’implication citoyenne.

 

Cet engagement se concrétisera en partant de la nécessité et avec la volonté de construire une alternative à tous les macrons compatibles locaux.

 

Cela nécessitera de travailler à des convergences programmatiques et ce sera notre 3iéme point.

 


-Retour sur le 3éme point : La co-construction d’un projet municipal dans la CDA avec toutes celles et ceux qui le souhaitent et sur la base de réflexions :

  • la commune est le lieu privilégié pour redevenir un lieu d’expression démocratique et un lieu d’apprentissage de l’action citoyenne ;
  • pour la France insoumise, initiatrice d’une démarche pour un projet municipal à La Rochelle, une nouvelle façon de faire la politique et la gestion de la cité (au niveau communal et CDA) doit être mise en place ;
  • gouverner autrement, en essayant d’innover une démarche différente de certaines pratiques politiques qui peuvent scléroser, est une nécessité absolue ;
  • pour nous, le programme doit émerger de la discussion, du travail convergent de collectifs associatifs, de mouvements citoyens et mouvements ou sensibilités politiques ;
  • des ateliers citoyens programmatiques vont être proposés dans les quartiers pour élaborer les propositions alternatives.

 

Ainsi nous proposerons que ce projet soit co-construit, porté et mis en œuvre dans le cadre d’un collectif citoyen qui pourrait être la création d’une fédération populaire de collectifs et de citoyen-es. C’est à débattre avec tous ceux et celles qui seront intéressé-es.

 

  • « Cette fédération[2] ou liste citoyenne » serait composée de citoyens, citoyennes, militants de mouvements politiques, collectifs, associations, militants syndicaux, gilets jaunes,… : nous insistons particulièrement sur ce principe[1].

 

Pour mettre en œuvre cette démarche, nous proposerons d’ici fin juin, une initiative publique où seront invités tous ceux et celles qui souhaitent travailler à ce projet communal citoyen, en incluant la dimension de la CDA . Projet basé rappelons-le sur la justice sociale et la solidarité, sur la nécessaire transition écologique et sur l’exigence de démocratie locale.

 


-Pour conclure 

Nous réaffirmons ici la volonté politique de la FI de faire converger toutes celles et tous ceux sur la base des fondamentaux ou principes énoncés pour créer une dynamique gagnante aux municipales.

 

La FI n’a que la volonté de rassembler, c’est une de ses finalités, pour porter et rendre crédible une troisième voie (rouge, vert, jaune, avec ou sans couleur…) dans une ville accessible à tous-tes et où il ferait bon vivre ensemble.

 

Notes :

[1] Ce qui signifie en clair, qu'être sous l'étiquette de la FI n'est pas un préalable et que cette liste pourra ne pas être sous l'étiquette de la France insoumise si cette « fédération ou liste citoyenne » le décide. 

[2] Fédération citoyenne ou populaire selon Jean-Luc Melenchon : " Prenons un exemple de ce processus de fédération populaire. Les élections municipales.
Le programme doit venir de l’action des collectifs citoyens dont les revendications doivent être réunies et inscrites dans la perspective globale écologique et sociale qui lui donne son sens. Les partis sont présents à travers leurs militants de terrain agissant dans ces collectifs et non « au nom du parti ». Ils se fédèrent sous un label commun pour appuyer la liste et soutenir sa campagne. La liste n’est donc pas celle des partis ou du personnage providentiel qui est tête de liste mais une fédération populaire de collectifs et de citoyens notoirement engagés dans les mouvements sociaux urbains. Voila pour les élections.... Au fond c’est un mix de personnalités engagées syndicalistes, associatifs et militants politiques ".

 

Pour en savoir plus :

- Municipales à La Rochelle : les Insoumis enclenchent "la dynamique"

 


-Les insoumis rochelais décident d’investir la campagne des élections municipales 2020 : l'intégrale

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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 07:28
Nouvel épisode de droitisation en vue au PS et à EELV ?

Sources : Blog de jean-Luc Mélenchon 14 mai 2019, mis à jour le 28/08/2020

-À mesure qu’on s’approche du vote du 26 mai et de ses résultats, les états-majors politiques des différents pays se préparent à la suite, c’est-à-dire le partage des postes à la tête du Parlement européen et de la Commission.

Au niveau des 28, la thèse dramatisante « les libéraux ou l’extrême droite » avance bien et fort. Elle justifie les magouilles les plus pitoyables sous couleur de résistance contre les fascistes. Loin des yeux des électeurs, elle permet déjà des arrangements en tous sens qui seront vendus comme autant d’héroïques « barrage à l’extrême droite ». Le parti des castors à échelle européenne.


Les Verts européens ont déjà dit qu’ils étaient prêts à négocier avec la droite et les macronistes. La nouveauté c’est qu’une série de dirigeants sociaux-démocrates en font autant depuis quelques jours. C’est le premier ministre (PS) du Portugal qui annonce son soutien au mouvement « Renaissance » que pilote Macron en compagnie des libéraux du groupe ALDE et de son président le belge Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre de ce royaume. Matéo Renzi, du parti démocrate, le répugnant italien qui a fini la liquidation de la « gauche » italienne, vient d’en faire autant. Mais surtout, le candidat officiel de tous les PS d’Europe pour la Commission européenne en fait autant. Le « Spitzenkandidat » de la social-démocratie, le social-ultra-libéral hollandais Frantz Timmermans « tend la main à Macron »

 

 

-Cet épisode de droitisation international n’est surprenant que vu depuis la France.

Sur la scène européenne c’est un scénario de grande coalition dont la matrice est dans le gouvernement allemand où collaborent en bonne intelligence le SPD et la CDU/CSU de Merkel. On cherchera en vain une seule protestation des PS d’Europe face à cet attelage. La « main tendue » du leader européen des socialistes est de la même eau. C’est assez pour pouvoir raconter la suite. En 2014 déjà, les socialistes français avaient essayé de dramatiser le sens du vote européen. Il fallait voter pour eux pour éviter l’élection de Juncker comme président de la Commission. À peine élu, les députés socialistes se renièrent et votèrent pour Juncker. Avec la droite. Et ils se partagèrent avec elle les postes dans la Commission et au Parlement européen.

 

 

-La même musique se prépare.

Encore faudrait-il que le PS obtienne plus de cinq pour cent des voix et qu’il ait des députés élus. Mais même sans cela, on voit se dessiner le sens des règlements de comptes qui suivront le vote désastreux qui les attend. Le PS regorge d’élus du type Dussopt, capable de voter contre le budget et d’être ministre macroniste trois jours plus tard. À l’Assemblée nationale, au Sénat et davantage encore sur le terrain municipal à l’orée des élections régionales. La « main tendue » ne sera pas seulement un épisode européen. Les macronistes ne s’en cachent pas. Ils veulent continuer le processus de siphonnage et de recyclage auquel ils ont déjà tant travaillé à la présidentielle.

 

 

-Le même objectif est poursuivi en direction d’EELV et de ses dirigeants.

Dès lors que huit sur dix des derniers dirigeants de cette formation ont déjà changé de camp, pourquoi cela serait-il impossible encore ? D’autant qu’en intégrant une figure aussi centrale que celle de Canfin en tête de leur liste, les macronistes ont envoyé un signal qui a été reçu cinq sur cinq dans la mouvance qui entoure Jadot. Et Jadot lui-même a déjà envoyé les signaux nécessaires avec ses déclarations sur l’écologie de marché. Et il a su profiter des circonstances pour faire des déclarations stupéfiantes qui sentaient fort la sympathie pour les causes macronistes. Ainsi quand il a entonné l’air de la « condamnation totale » de l’attaque de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Ou comme ce dimanche en réclamant cette pure idiotie : un « rapprochement entre le statut de la fonction publique vers celui des travailleurs du privé ». C’est à dire exactement ce que se prépare à faire Macron en passant sur le corps d’une des cathédrales de la gauche qu’est le statut de la fonction publique.

 

 

-On peut donc dire que le démantèlement final de l’ancienne majorité de François Hollande va se terminer le 26 mai.

Les derniers dégoûtants vont se rallier et les derniers dégoûtés iront continuer à pleurer leurs illusions perdues. Quand je dis « donnez de la force a une force », c’est à dire aider les insoumis au lieu de faire des votes de nostalgie, je sais qu’un fois de plus je lance une alerte et je propose une issue positive. La fédération populaire répondra à la désertion finale de tous ceux qui auront tout détruit depuis Hollande.

 

-Le double langage de la liste EELV

Alors que l'urgence climatique n'a jamais été aussi grande, EELV multiplie les incohérences et le double langage.

 

Votes pour l'austérité, démantèlement du statut des fonctionnaires, positionnements économiques fluctuants, abstention sur l'évasion fiscale, déclarations anti-gilets jaunes, futures alliances, proximité avec des groupuscules réactionnaires..

 

-Et pour ceux qui on encore un doute, l'intervention de trop d'Y. Jadot d'EELV, chez le MEDEF le 27 juillet 2020

Je m'attendais au pire, mais là, ça a dépassé toutes mes espérances !
J'ai rarement entendu une telle masse de stupidités économiques alignées en quelques secondes :

  • Le " capitalisme européen " qui serait différent et gentil, le concept " d'acheter européen " comme solution de " relocalisation " et de " résilience " ...
  • C'est quoi la différence entre le bon et le mauvais capitalisme ? Car pour Yannick Jadot, il y a plusieurs capitalismes : le capitalisme américain, le capitalisme chinois et le capitalisme européen qui lui est " bien pas comme les 2 autres capitalismes qui eux sont outrancier ".

et j'ai envie de lui dire : " pour un prétendant à la tête de la France, il faut bosser un peu en matière économique... et pas que ", ou la fermer.


Le tout sous les applaudissements du MEDEF pour celui qui était déjà leur chouchou pour les européennes de 2019[1] et cherche a renouveler l'opération en 2022 pour satisfaire ses ambitions !

Note :

[1] Y. Jadot chouchou pour les européennes de 2019

 

Pour en savoir plus :

Européennes: Stéphane Séjourné estime «probable» une alliance LREM/Verts/PS/PPE pour former une majorité

- Européennes : EELV en marche vers le centre

- En 2017 Yannick Jadot se retire de la course à la présidentielle et rallie Benoît Hamon le tout au détriment de la FI

- Pour Yannick Jadot, l’écologie doit aussi passer par l’économie de marché

- Jadot ne s’en cache pas : retour à l’écologie de marché par jean-Luc Mélenchon

- Marseille : pour Yannick Jadot, “il faut sauver l'Europe pour sauver le climat” laquelle, celle des traités ?

- Européennes: Yannick Jadot veut «dépasser les vieux clivages» politiques

- Yannick Jadot et EELV préfèrent-ils l’Union européenne à la France ?

- Cher David Cormand, la question des coalitions européennes n'est pas accessoire

- Cormand EELV se fâche mal

Emmanuel Macron et ses élus misent, en Europe, sur des alliances avec les socialistes et les Verts. Une ambition contestée avec véhémence par les élus français de ces deux familles, Raphaël Glucksmann et Yannick Jadot. Mais par la voix de leur leader Frans Timmermans, les socialistes européens ont fait savoir qu’ils envisageaient sans réticence une «alliance progressiste» avec les libéraux-centristes. C’est aussi le cas des puissants Grünen allemands, majoritaires dans le futur groupe des verts européens.

- Yannick Jadot entend bien bousculer les contours de la gauche.

- ÉCOLOGIE. JADOT VEUT VERDIR LE CAPITALISME PLUTÔT QUE S’Y ATTAQUER

- Ecologie "ni de gauche ni de droite" : la stratégie à l'allemande de Yannick Jadot ! Jodot prêt à soutenir la candidature du Français Michel Barnier, le très libéral vice-président du Parti populaire européen (PPE, droite)

- Jadot veut incarner "l'écologie de gouvernement", favorable à "la libre entreprise et l'économie de marché"

- L'ambigu Monsieur Jadot

- David Cormand : "Il n'y aura pas d'alliance avec la République en Marche car ils font une politique de droite."

- Municipales : “pragmatique”, Jadot prêt à des alliances avec la droite

- Commission européenne. Les Verts réclament quatre postes pour coopérer avec von der Leyen

- Alliance avec Villani: Jadot en extase, des Verts en colère

- La violence du ton de Julien Bayou vise-t-elle à masquer les désaccords internes à EELV ?

- Canfin, Jadot, Berger, L'Oréal, Coca-Cola... Tous unis pour une «relance verte européenne» et votent avec la droite et le RN/FN contre le prêt de la BCE aux états membres contre l'annulation d'une partie de la dette

- Communiqué | Covid-19 : le Parlement européen n’est pas à la hauteur de la situation (EELV, la droite, et le RN/FN font cause commune.

- Municipales 2020 à Nîmes : La tête de liste d’EELV et de la France insoumise s’associe au candidat soutenu par LREM

- Yannick Jadot roue de secours du MEDEF à la tête de la Ripoublique en 2022 ?

Nouvel épisode de droitisation en vue au PS et à EELV ?
Nouvel épisode de droitisation en vue au PS et à EELV ?
Nouvel épisode de droitisation en vue au PS et à EELV ?
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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 09:13
Le parti de Marine Le Pen vote à Bruxelles le contraire de ce qu’il prône à Paris
Le parti de Marine Le Pen vote à Bruxelles le contraire de ce qu’il prône à Paris
Le parti de Marine Le Pen vote à Bruxelles le contraire de ce qu’il prône à Paris
Le parti de Marine Le Pen vote à Bruxelles le contraire de ce qu’il prône à Paris
Le parti de Marine Le Pen vote à Bruxelles le contraire de ce qu’il prône à Paris
Le parti de Marine Le Pen vote à Bruxelles le contraire de ce qu’il prône à Paris
Le parti de Marine Le Pen vote à Bruxelles le contraire de ce qu’il prône à Paris
Le parti de Marine Le Pen vote à Bruxelles le contraire de ce qu’il prône à Paris

Soutien aux multinationales, désintérêt pour l’écologie, mépris pour les travailleurs… nous avons passé au crible le bilan des eurodéputés du Rassemblement national  : un démenti cinglant de leurs promesses de campagne.

 

Sources : L'Humanité le 10 mai 2019 par Maud Vergnol

 

-« On arrive  !  » C’est le slogan belliqueux choisi par le parti de Marine Le Pen pour les élections européennes.

Pourtant, avec 24 eurodéputés élus en 2014, le Front national (désormais Rassemblement national) était déjà la première délégation française au Parlement européen. Alors qu’ont-ils fait de leur mandat  ? La liste menée par Jordan Bardella, donnée en tête dans les sondages, se pique de vouloir renverser la table face à une Union européenne qui «  n’est plus qu’un cimetière de promesses trahies  », affirme Marine Le Pen. En la matière, elle sait de quoi elle parle, tant l’exercice du pouvoir de son parti a systématiquement démenti ses promesses électoralistes. Si elle se targue de défendre les intérêts des classes populaires, son action à Strasbourg raconte une tout autre histoire et révèle l’incroyable imposture idéologique d’un parti qui prétend protéger les plus faibles.

 

En octobre 2015, alors qu’un enfant européen sur quatre est aujourd’hui menacé de pauvreté ou d’exclusion sociale, le rapport Zuber rappelle les États à leurs responsabilités en matière d’accès à des services publics de qualité et préconise de renforcer «  l’efficacité, la quantité, les montants et la portée des aides sociales destinées spécifiquement aux enfants, mais également aux parents chômeurs ou aux travailleurs pauvres, comme les allocations-chômage et un revenu minimal adéquat  ». Que votent les eurodéputés FN  ? «  Contre…  » Le cas de la protection des lanceurs d’alerte est également symptomatique. «  Ce sont des personnes courageuses qui révèlent des agissements illégaux ou contraires à l’intérêt général  », affirme le parti d’extrême droite. Pourtant, le 24 octobre 2017, les eurodéputés FN s’opposent au rapport de Virginie Rozière, qui vise à protéger les lanceurs d’alerte. Pire, le 13 avril 2016, ils s’allient au PS et à LR pour voter en faveur de la directive «  Secret des affaires  », une bombe contre les lanceurs d’alerte et le droit d’informer, au profit des lobbies industriels et des multinationales.

 

 

 

-Quand le Rassemblement national se couche devant les multinationales

Sur la lutte contre l’évasion fiscale, le Rassemblement national n’a pas non plus brillé par sa combativité. Le 16 décembre 2015, après le scandale des LuxLeaks, une résolution est adoptée «  en vue de favoriser la transparence, la coordination et la convergence des politiques en matière d’impôt sur les sociétés au sein de l’Union  ». Les eurodéputés FN s’abstiennent… sans avoir porté le fer dans la bataille d’amendements pour donner plus de portée au texte. Idem sur la désindustrialisation. En 2016, l’annonce de la fermeture des usines Caterpillar en Belgique et Alstom à Belfort avait suscité le vote d’une résolution pour des solutions de lutte contre la désindustrialisation. À l’exception de Florian Philippot, tous les élus FN avaient voté contre.

 

 

 

-Même fiasco sur les accords de libre-échange, pourtant en contradiction totale avec le concept de «  localisme  » rabâché par la tête de liste Jordan Bardella.

Au printemps 2015, Marine Le Pen se présente comme la principale opposante au Tafta, affirmant qu’elle sera «  la force motrice du débat public  ». Pourtant, dix jours plus tard, lors d’un vote stratégique entérinant des mécanismes d’arbitrage qui instituent une justice privée à la solde des multinationales, la dirigeante d’extrême droite est aux abonnés absents. Même double discours en 2017, au sujet du fameux Ceta, l’accord de commerce entre l’Europe et le Canada. Si Marine Le Pen consent cette fois à se déplacer pour s’y opposer en plénière sous l’œil des caméras, elle ne mènera aucune bataille au sein de la commission Commerce international, dont elle est pourtant membre. En 2015, le Dieselgate, scandale industriel et sanitaire lié aux fraudes du groupe Volkswagen, fait l’effet d’une bombe. Le Parlement décide alors de lancer une commission d’enquête. Là encore, les élus FN s’y opposent. Pas touche aux intérêts de l’industrie automobile  !

 

Interdiction de la pêche électrique, de l’épandage de pesticides nocifs ou encore des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles… les eurodéputés FN ont toujours voté contre, en dépit de leur volonté affichée de repeindre en vert leur projet politique. Sur le glyphosate, alors que Marine Le Pen s’est publiquement prononcée contre son utilisation en janvier dernier, aucun eurodéputé de son parti n’a voté en faveur de l’amendement qui proposait d’interdire immédiatement «  la production, la vente et l’usage du glyphosate  ». Quant aux droits des femmes, là aussi, l’imposture du RN se révèle au grand jour. Qu’il s’agisse du congé maternité à 20 semaines partout dans l’UE ou de l’égalité salariale, ses eurodéputés ont voté contre tous les rapports présentés depuis 2014 renforçant les droits des femmes.

 

 

-Le RN a aussi été rattrapé par ses incessantes guerres intestines.

Entre exclusions et départs tonitruants chez les concurrents, en cinq ans, ses effectifs ont fondu de 24 à 15 élus. «  La postérité vous maudira !  » lançait Jean-Marie Le Pen, il y a un mois, pour sa dernière intervention à Strasbourg, après 35 années passées à siéger au Parlement. Le bilan de son parti politique en faveur des peuples européens ne passera pas non plus à la postérité.

 

Pour en savoir plus :

- Roland Dumas : Mitterrand a fait monter le Front National par tactique

- Au Parlement européen, les votes méprisants du FN et de Marine Le Pen à l’égard des travailleurs

- Le FN vote contre l'égalité hommes-femmes au Parlement

- Rassemblement national : mensonges ou fausses nouvelles pour convaincre et se faire élire.

- Le Pen, Salvini, Orban : ces projets populistes contraires aux intérêts des Gilets Jaunes

- Etat d'urgence: Marine Le Pen pour l'interdiction des manifestations

- PS, LR et FN unis pour approuver la directive sur le secret des affaires

- Les mille et une voies du vote Front national

- Egalité salariale, santé des travailleurs, droits des femmes : au Parlement européen, le FN vote contre ou s’abstient

- Europénnes 2019 : Deux têtes de liste, dont celle du RN ont refusé de s'engager à lutter contre la corruption

- UE Macron, extrême-droite unis contre les droits

- La stratégie du mensonge était bien au cœur de la campagne de Marine Le Pen

- Les extrêmes droites, mieux les connaître pour mieux les combattre

- Sécurité sociale Ces 14 milliards de fraude, annoncés par le RN... et qui n’ont jamais existé

Mes conclusions :

" F. Philippot, M. Le Pen, N. Dupont-Aignan... sont des chafouins de droite extrême qui comme tous les individus de droite extrême ou d'extrême droite ont un discours de gauche, des actes politiques de droite et se définissent ainsi " SOCIALEMENT JE SUIS DE GAUCHE, ÉCONOMIQUEMENT DE DROITE ET, NATIONALEMENT, JE SUIS DE FRANCE " ou dit autrement à une autre époque " " Unser Nationalsozialismus ist die Zukunft Deutschlands. Trotz diese Zukunft wirtschaftich rechtsorientiert wird, werden unsere Herzen links orientiert bleiben. Aber vor allem werden wir niemals vergessen, dass wir Deutschen sind ", Adolf Hitler (novembre 1932 discours de clôture du parti nazi NSDAP). 

 

 

 

-Le vrai visage du RN de Le PEN  

La fibre sociale du Rassemblement National : Soyez pauvres, soyez heureux! #RN #fibresociale

La fibre sociale du Rassemblement National : Soyez pauvres, soyez heureux! #RN #fibresociale

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 07:49
Jean-Luc Mélenchon : « Je lance un appel à la création d’une fédération populaire »

« Je lance un appel à la création d’une fédération populaire. Il faut se préparer sérieusement à gouverner autrement. »

 

« Le but, la fédération populaire entre les classes populaires et les classes moyennes plus favorisées qui n’appartiennent pas à l’oligarchie. »

 

« Fédération populaire : comment ça marche ? »

 

Ecologie, populisme, traités européens, colères, démocratie interne… A un mois des élections, le leader de La France insoumise s’explique. Et invite la gauche à se rassembler, sans «tambouilles», pour «se préparer à gouverner autrement».

 

Sources : Libération le 23 avril 2019 | modifié le 2 juillet 2020

-Libé. : Le fonctionnement de La France insoumise (LFI) est régulièrement mis en cause par certains militants. Il est dit que c’est un petit groupe qui décide de tout. Est-ce entièrement faux ?
Jean-Luc Mélenchon : C’est totalement faux. La France insoumise est absolument originale, en évolution constante. Aujourd’hui, c’est 4 000 comités qui fonctionnent en autonomie. Le temps long est géré par le siège du mouvement, avec des campagnes nationales décidées par les adhérents. Le groupe parlementaire gère le temps court des réactions à l’actualité. Les comités de secteurs thématiques gèrent l’action dans leur domaine en lien avec les députés. Quoi de mieux ?

 


-Libé. : Mais la direction n’est pas élue.
Jean-Luc Mélenchon : Il n’y a pas de direction.

 


-Libé. : Ah ! Il y a tout de même des gens qui décident.
Jean-Luc Mélenchon : Je viens de vous dire qui décide et comment. C’est dommage que personne ne s’intéresse sérieusement à notre fonctionnement réel ! Nous ne sommes pas un parti. Nous avons inventé autre chose. Du moment que vous restez dans ce cadre (il montre le programme du mouvement), tout est libre.

 


-Libé. : Un de vos colistiers aux européennes vient tout de même de quitter votre mouvement avec fracas, vous qualifiant de « dictateur »…
Jean-Luc Mélenchon : Je suis stupéfait. Je n’ai jamais eu aucun contentieux, ni personnel ni politique, avec Thomas Guénolé[1]. Je croyais même que nous étions amis. Il n’a jamais exprimé la moindre réserve envers le fonctionnement du mouvement. Au contraire. Ses outrances contre moi sont une diversion.

 


-Libé. : Vous voulez dire que sa réaction est liée aux accusations de harcèlement portées contre lui ?
Jean-Luc Mélenchon : Il me les reproche ! Mais j’en ignorais tout avant cet esclandre. L’affaire aurait eu lieu à Sciences-Po, et non à LFI. Je ne connais pas la plaignante. Elle n’est pas membre de LFI. Saisies par elle, les structures de La France insoumise ont fonctionné. Personne ne m’en a parlé. C’est une facilité de mettre mon nom dans n’importe quoi pour manœuvrer. C’est très violent. Rien ne m’aura été épargné.

 


-Libé. : Quel est le rôle de Sophia Chikirou, que Thomas Guénolé met en cause ?
Jean-Luc Mélenchon : Elle n’a aucun rôle dans le mouvement. Sophia Chikirou est responsable d’une société qui a conduit avec un brio absolu son travail de communication dans ma campagne présidentielle. Elle a une part éminente dans le résultat. Elle continue à être une conseillère extrêmement précieuse car elle a le plus l’expérience des élections générales : trois en Amérique du Sud et aux Etats-Unis, trois en Europe. Sa campagne pour l’emprunt populaire de LFI [pour financer les élections européennes, ndlr] est un triomphe : 2 millions collectés en dix jours. Mais comme c’est une femme, certains ne peuvent pas lui imaginer autre chose qu’un rôle «sulfureux», comme ils disent. Les rumeurs qui l’accablent sont du pur sexisme.

 


-Libé. : Vous parlez de mouvement « gazeux » pour qualifier LFI. Mais au-dessus du nuage de gaz, il y a un solide : c’est vous. Vous êtes Jupiter, au-dessus du nuage.
Jean-Luc Mélenchon : Au secours, encore Jupiter ! Certes, je suis le fondateur. Je joue donc un rôle particulier d’autorité morale, de clé de voûte. Mais c’est seulement en dernier recours.


-Libé. : LFI fonctionne un peut comme Enmarche.
Jean-Luc Mélenchon : Je ne sais pas comment ils fonctionnent. Je ne cours pas après le pouvoir de décision interne. Par exemple, je ne me suis pas occupé de la liste européenne. C’est une commission, tirée au sort à 60 %, qui l’a fait. Les insoumis c’est toute une série de visages. Pas LREM. Combien de formations ont autant de noms connus ? Tous incarnent un état d’esprit de l’opinion. Voyez notre liste : 60 % des candidats n’ont pas de carte du parti. Dont Manon Aubry, notre tête de liste. C’est un mix de militants associatifs, syndicaux et politiques de toutes sortes. Aucun parti ne fonctionne comme cela. Nous sommes par nous-mêmes une convergence politique neuve.

 


-Libé. : C’est aussi votre expérience des partis de gauche, qui se divisent en tendances, en fractions ?
Jean-Luc Mélenchon : Evidemment ! C’est mortifère. Je veux empêcher cela. Pas de tendances, de clans, de fractions. On a vu ce que cela pouvait donner en France et dans d’autres pays du monde…

 


-Libé. : Sur ce point, vous êtes plus proche de Lénine que de Jaurès…
Jean-Luc Mélenchon : Ah ? C’était une tout autre époque. La société était assez stable et les liens de représentation politique fonctionnaient. Le PCF représentait une grande partie de la classe ouvrière. Les socialistes, plutôt les classes moyennes. Tout cela a volé en éclats. Un acteur nouveau est né. C’est ce peuple urbanisé qui s’oppose à l’oligarchie. Voir les gilets jaunes ou l’Algérie. Son existence quotidienne dépend de l’accès aux réseaux collectifs. Cet accès est l’enjeu social central. La forme de notre mouvement correspond à cette analyse théorique globale. Ce que nous visons, nous, dans l’action, dans la lutte, au gouvernement demain dans la mise en œuvre du programme concret, c’est l’auto-organisation du peuple, la société mobilisée sur ses objectifs communs. La Constituante et les référendums d’initiative citoyenne couronnent cette méthode.

 


-Libé. : Il y a aussi une figure, un homme-symbole dont la personnalité charismatique rassemble politiquement. C’est le modèle sud-américain.
Jean-Luc Mélenchon : De Gaulle, Jaurès ou Mitterrand, c’est sud-américain

 


-Libé. : Le chavisme a mené au désastre, non ? Pourquoi soutenez-vous encore le régime de Maduro au Venezuela, qui a plongé son peuple dans la misère et usé de méthodes répressives ?
Jean-Luc Mélenchon : Je ne partage pas du tout votre résumé. Quoi qu’il en soit, vous et moi serons d’accord pour nous opposer à l’intervention militaire américaine et au blocus, non ? C’est la seule question qui nous concerne directement. Le reste, les Vénézuéliens sauront quoi faire.

 


-Libé. : Ce qu’on vous a reproché, c’est de jouer sur les affects, sur les émotions populaires, au détriment d’une conception rationnelle de l’action politique.
Jean-Luc Mélenchon : Oui, nous assumons le rôle des affects dans la stratégie politique. Mais quand avaient-ils disparu ? En fait, leur action était sournoise.

 


-Libé. : Certes, mais il faut les mettre au service d’un projet rationnel, pas d’un programme qui se révélera inapplicable.
Jean-Luc Mélenchon : On est bien d’accord. Je n’ai fait que cela ! Qui est capable de présenter aujourd’hui comme nous un programme complet et 40 livrets qui développent des propositions dans chaque domaine ? Avez-vous vu le travail législatif de nos 17 députés ?

 


-Libé. : Il y a donc 17 apôtres…
Jean-Luc Mélenchon : (Rires) Cela n’a rien à voir. Je ne suis pas ma caricature. Je ne vise pas le pouvoir sur un bac à sable. Le but est de gouverner ce pays et de changer le monde. Vous savez, ma vie est faite. Je veux assurer la pérennité d’un mouvement collectif qui laisse sa trace dans l’histoire du pays.

 


-Libé. : Certains disent : il hésite entre Jaurès et Beppe Grillo, le fondateur du Mouvement Cinq Etoiles en Italie.
Jean-Luc Mélenchon : C’est une formule injuste et injurieuse. D’autant que j’avais dit à mes amis italiens de gauche : « Faites attention, il y a une colère, un dégagisme, si vous ne montez pas sur la table, d’autres le feront. Vous laisserez la place à de vrais énergumènes dangereux. » C’est ce qui s’est passé. L’humanisme populaire a été quasi rayé de la carte en Italie. C’est ce que j’ai voulu éviter en France.

 

-Libé. : Mais vous stimulez aussi les affects, la colère, la dénonciation…
Jean-Luc Mélenchon : Et alors ? Ne soyez pas injuste. Je n’exprime pas que la colère. Il y a aussi la poésie, l’amour, la fraternité… Je l’ai fait souvent en meeting, j’ai aussi parlé de la beauté de la nature, des animaux, de la mer. Laissez-moi vous dire que certains m’ont regardé avec des yeux comme des soucoupes. Il y a trois piliers dans notre stratégie. Je l’ai décrit dès 2013, dans une interview croisée avec Ernesto Laclau, le penseur du populisme de gauche. Notre méthode reste la conflictualité. C’est elle qui crée de la conscience politique en déchirant le voile des prétendues évidences. Mais pour cela, on s’adresse d’abord à la raison, avec le programme. Ensuite, on convoque les sentiments. Il y a une affectivité spécifique à la famille politique humaniste. Nous cherchons à lui donner une forme politique, dans l’action. Et enfin, quand Marine Le Pen dit « vous êtes des Blancs chrétiens », je réponds « vous êtes des enfants des Lumières ». Les Lumières, au début, beaucoup ne comprenaient pas. Peut-être même que certains ont cru que je parlais d’EDF… Je résume : le but du mouvement n’est pas de construire un parti révolutionnaire, mais un peuple mobilisé avec les méthodes de l’éducation populaire.

 


-Libé. : Pour le public, vous êtes plutôt du côté de la colère que de l’amour, c’est-à-dire du populisme.
Jean-Luc Mélenchon : Ça, c’est la caricature médiatique. Mais tout le monde ne me voit pas comme ça. Ce n’est pas mon but de les lancer dans des actions insensées. J’ai toujours condamné sans appel la violence. Il y a un débat aujourd’hui sur la violence dans la société. Certains disent « regardez, les gilets jaunes ont obtenu 10 milliards grâce à la violence, voilà ce qu’il faut faire ! » La faute à qui ?

 


-Libé. : Vous vous sentez investi d’une responsabilité sur ce point ?
Jean-Luc Mélenchon : Bien sûr ! Celle de l’expérience ! Je dis : surtout, ne faites pas ça ! J’ai vu ce que cela donnait dans beaucoup de pays. Cela fait des morts. Beaucoup de morts. Et nous sommes toujours vaincus. On dit que je flatte les instincts vulgaires ? En quoi est-ce le cas quand j’explique des choses compliquées comme la planification écologique, la VIe République ou les 14 tranches d’impôts que nous voulons instaurer ? J’explique, je démontre, j’argumente. On m’en fait souvent le crédit, d’ailleurs. Ce sont souvent des ignorants qui m’accusent de populisme. Quand j’ai parlé du « bruit et de la fureur », on a pris ces mots au pied de la lettre. Je ne faisais que citer un livre de Faulkner qui reprenait une citation de Shakespeare. Mais ça, c’est passé au-dessus de leur tête. De même, quand j’ai dit que ma personne était sacrée, on s’est jeté là-dessus. Je voulais dire que ma qualité de député de la nation, de tribun du peuple, était sacrée, pas ma personne particulière !

 

 

-Libé. : Vous avez fait rire…
Jean-Luc Mélenchon : Je le comprends. A froid, ça paraît outrancier, ridicule. Mais je crois à la culture. Je ne méprise pas les gens. Je ne parle pas au rabais.

 

 

-Libé. : Puisqu’on parle de cette perquisition judiciaire, vous regrettez votre réaction ?
Jean-Luc Mélenchon : Ces perquisitions étaient une instrumentalisation politique de la justice. Un abus de pouvoir. Il y a eu 17 opérations policières en même temps contre nous. C’est sans précédent en politique. Il y a deux dossiers, l’un sur des assistants parlementaires, l’autre sur la présidentielle. Sur la campagne, je répète : je demande qu’on revoie publiquement les comptes de tout le monde. Ou même seulement les miens si les autres ne sont pas d’accord. Puis qu’on me dise ce qu’on me reproche. Nous avons déjà répondu à 2 000 questions ! Le compte a été validé. Malgré cela, il y a eu un signalement à la justice. Pourquoi ?

 

 

-Libé. : Et l’autre dossier ?
Jean-Luc Mélenchon : Une députée d’extrême droite dénonce 16 députés. Elle dit elle-même que c’est pour faire un pied de nez à la justice. Elle fait l’objet d’une plainte en dénonciation calomnieuse. La justice n’a rien fait. Et moi et mes dix anciens assistants sommes perquisitionnés comme des délinquants. C’est une persécution politique. C’est le modèle de ce que subissent dans tous les pays des gens comme moi. C’est le cas contre Lula, contre Rafael Correa…

 

 

-Libé. : Pas seulement contre vous. Sarkozy aussi a des procédures contre lui.
Jean-Luc Mélenchon : Alors tout est pareil ! C’est ça votre thèse ? On met tout sur le même plan ! Je vous le dis solennellement : je n’ai triché sur aucune des règles de la présidentielle. Je n’ai jamais, sous aucune forme, utilisé mes assistants parlementaires à autre chose que leur travail. Je dénonce la procédure européenne, devenue folle, qui prétend couper l’assistant parlementaire de l’activité politique de son employeur.

 

 

-Libé. : Regrettez-vous votre réaction pendant la perquisition ?
Jean-Luc Mélenchon : Je regrette de n’avoir pas vu la caméra de Quotidien. Les médias ont diffusé leurs images en boucle : une minute en gros plan extraite de longues heures de perquisition. Nous produirons le film complet : vous verrez que, pour l’essentiel du temps, nous blaguons, que c’est plutôt gentil, que nous ne sommes jamais entrés là où avait lieu la perquisition et que nous n’avons pas cherché à l’empêcher. J’ai demandé à entrer dans mon local, comme c’était mon droit. Rien d’autre.

 

 

-Libé. : Mais vous avez bousculé un officiel.
Jean-Luc Mélenchon : Faux. C’est eux qui nous ont bousculés et même jetés à terre.

 

 

-Libé. : Votre réaction verbale a choqué…
Mais pas l’abus de pouvoir dont nous avons été victimes ? Il est vrai que certains policiers se sont plaints d’une charge psychologique trop forte pour eux. Je leur recommande de changer de métier.

 

 

-Libé. : Pas de regrets, donc ?
Jean-Luc Mélenchon : Je suis juste un être humain sous le coup d’une agression sans précédent pendant plus de six heures, filmé à son insu.

 

 

-Libé. : Les médias filment l’événement…
Jean-Luc Mélenchon : La caste médiatique s’est sentie attaquée. Du coup, elle passe en boucle les images pour me flétrir sans rien expliquer de mes raisons d’agir.

 

 

-Libé. : Je ne crois pas à la caste médiatique.
Jean-Luc Mélenchon : Pourtant, elle existe. J’ai cru aussi à une indignation publique devant une opération policière contre un président de groupe d’opposition à l’Assemblée. En vain. Ce silence a envoyé un signal grave au pouvoir. Depuis, il instrumentalise la justice partout pour criminaliser l’action politique ou associative. Vous avez vu les condamnations à la chaîne de gilets jaunes ? D’ailleurs, les médias ont mis des semaines à réagir sur les violences exercées contre ceux-ci.

 

 

-Libé. : Nous les avons dénoncées.
Jean-Luc Mélenchon : C’est vrai… Au bout de dix semaines ! Entre-temps la violence d’Etat s’est banalisée.

 

Libé. : Parlons du fond et des projets en lice pour les prochaines européennes.
Jean-Luc Mélenchon : Ah, enfin ! La question centrale est celle des traités qui organisent l’Europe. Pour en sortir, il faut construire l’adhésion à un nouveau projet. Or l’évolution du capitalisme a atomisé la société, les formes habituelles de représentation ont explosé. Voyez où en sont les partis politiques traditionnels. Certes, il y a une conscience nouvelle qui rétablit l’idée de changement global, c’est la conscience écologique. Beaucoup ont compris que l’économie productiviste conduit à la catastrophe. Mais c’est un constat qui ne porte pas sa solution en lui-même. Car quels sont les moyens de remédier à la mise en danger de l’écosystème ? Certains pensent que c’est possible dans le cadre de l’économie de marché actuelle, que le système va finalement se réguler. Nous ne le croyons pas. Quand Jadot [le candidat d’Europe Ecologie-les Verts] fait l’éloge de l’écologie de marché, nous sommes en désaccord. Il y faut une intervention collective volontaire et énergique, une planification écologique de la transition.

 


-Libé. : Mais vous n’allez pas supprimer l’économie de marché. Vous en acceptez l’existence.
Jean-Luc Mélenchon : Nous sommes pour une économie mixte.

 


-Libé. : Dont une part s’organise sur la base du marché.
Jean-Luc Mélenchon : Oui. Mais nous dénonçons la marchandisation généralisée voulue par les traités européens. Nous préférons revendiquer l’intérêt général, l’action collective. Nous ne pourrons pas relever le défi écologique dans le cadre de la concurrence libre et non faussée, dans le cadre du libre-échange généralisé. La planification est de toute nécessité pour appliquer la règle verte : on ne prend plus à la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer.

 


-Libé. : La gauche est d’accord là-dessus, pour l’essentiel. Vous pourriez vous rassembler.
Jean-Luc Mélenchon : Oui et non. Certains sont restés productivistes, nucléaristes, d’autres continuent de faire l’éloge du marché partout. Au demeurant, je ne crois plus à l’ancien modèle de rassemblement des organisations. Nous devons certes nous rassembler, mais au service d’une tâche en commun : fédérer le peuple, réunir ses revendications, en faire un programme compatible avec l’impératif écologique et social.

 


-Libé. : Mais le peuple est divers… Il y a d’autres courants que le vôtre.
Jean-Luc Mélenchon : Vous avez vu où nous en sommes ? Le total de tous ces courants, cela représente à peine 30 %. Un tiers de la société !

 


-Libé. : Ces forces pourraient fournir un socle puis s’élargir…
Jean-Luc Mélenchon : Bien sûr ! Pour cela, il faut aller idéologiquement au bout de la mutation écologique et populaire qui est nécessaire. Il faut qu’on soit tous clairs. Pas de tambouille sur la question européenne, sur le nucléaire, sur la question décisive de la paix, de la sortie de l’Otan.

 


-Libé. : On a déjà réuni des gens qui n’étaient pas d’accord, de manière à rassembler la gauche. L’Union de la gauche l’a fait, le Front populaire…
Jean-Luc Mélenchon : Certes. Mais encore faudrait-il se respecter. J’ai fait moi-même, il y a un an dans votre journal[2], une proposition de Front populaire nouvelle manière. Les réponses ont été très méprisantes.

 


-Libé. : Et pourquoi, selon vous ?
Jean-Luc Mélenchon : Si vous lisiez votre journal, vous auriez vu que M. Duhamel a répondu.

 


-Libé. : Alain Duhamel, qui tient une chronique dans Libération, n’exprime pas la position de la gauche !
Jean-Luc Mélenchon : Certes, mais les autres ont répété en boucle son argument : il ne peut y avoir rassemblement qu’autour d’une force de centre gauche. Du coup, Olivier Faure a dit : c’est autour du PS que cela doit se faire. Une sorte de droit divin !

 


-Libé. : Avez-vous abandonné tout espoir d’unité ?
Jean-Luc Mélenchon : Je suis réaliste. Les européennes interviennent dans cette séquence : notre force doit recevoir l’aval populaire. Comme je l’ai reçu pendant la présidentielle. Là sera le centre de gravité pour la suite contre le macronisme.

 


-Libé. : Donc vous espérez toujours rassembler.
Jean-Luc Mélenchon : Le peuple, oui. Mais chaque fois que je l’ai proposé, la vieille gauche m’a envoyé balader. Elle n’accepte pas la réalité, c’est-à-dire notre centralité et celle du programme « l’Avenir en commun ». Mais si l’élection nous en donne la force, nous assumerons de nouveau notre responsabilité. Nous proposerons de nouveau une fédération populaire à construire dans les élections suivantes et dans les mouvements écologiques et sociaux.



-Libé. : Discuter et faire un compromis avec des gens qui ne pensent pas comme vous.
Jean-Luc Mélenchon : Ai-je jamais fait autre chose ? A l’Assemblée, on vote même des fois avec la droite. C’est le contenu qui compte, pas l’étiquette. Mais cela ne peut pas être une simple collection de signatures de partis. Je me répète : tout le monde doit se mettre au service de la fédération du peuple.

 


-Libé. : Vous lancez donc un appel à la discussion ?
Jean-Luc Mélenchon : C’est la deuxième fois que je le fais dans le même journal. Je lance un appel à la création d’une fédération populaire. Mais il faut aussi un engagement commun dans les mobilisations écologiques et sociales. Il faut se préparer sérieusement à gouverner autrement. Avec un programme concret de partage et de planification écologique. Notre programme est une bonne base de départ pour discuter partout. Mais il faut aussi clarifier les positions. Soutient-on ou non le mouvement des gilets jaunes ? Le PS se sépare-t-il du SPD qui participe à une coalition avec Merkel ? Pourquoi soutiennent-ils Frans Timmermans pour la présidence de la Commission sur des idées libérales ? Pourtant, à l’Assemblée nationale, les députés à la gauche de l’hémicycle votent ensemble les neuf dixièmes du temps. Pourquoi est-ce possible à l’Assemblée et impossible dès qu’on arrive devant un journaliste ?

 


-Libé. : Faisons une discussion dans le journal, avec tout le monde, au moins on verra quelles sont les lignes d’accord et de désaccord.
Jean-Luc Mélenchon : Pourquoi pas ? Chiche ! Aucun débat n’est impossible. Mais il ne faut jamais oublier le but, la fédération populaire entre les classes populaires et les classes moyennes plus favorisées qui n’appartiennent pas à l’oligarchie. C’est la grande question. Elle ne sera pas réglée par la guirlande des sigles de partis. Nous ne sommes plus dans les années 70. Le champ politique s’est effondré. Pas de mon fait. Ce sont les électeurs qui ont dissous le PS et nous ont portés en avant. Nous assumons notre situation. Pas les autres.

 

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Jean-Luc Mélenchon : « Je lance un appel à la création d’une fédération populaire »
Jean-Luc Mélenchon : « Je lance un appel à la création d’une fédération populaire »

La «fédération populaire» que je propose n'est pas un groupement d'appareils politiques. Elle doit regrouper des citoyens, des syndicats, des formations politiques, des associations....


Les commentaires que je lis à propos de mon entretien avec Laurent Joffrin dans Libération (ci-dessus) me montrent qu’un malentendu peut exister dans l’esprit de certains analystes à propos de ma proposition de « fédération populaire ». Sans doute est-ce le poids des routines intellectuelles de certains commentateurs mais aussi de mes propres limites à m’exprimer aussi clairement qu’il le faudrait. Certains ont donc pensé que je proposais une reprise de l’ancienne union de la gauche[5]. Ce n’est pas le cas. Je veux donc donner ici quelques précisions qui, je l’espère, éclaireront ceux que l’idée intéresse.


-Commençons par dire qu’il s’agit d’une idée neuve.

En effet une telle formule n’a jamais été mise en œuvre. Neuve mais pas nouvelle venant de moi car il s’agit de constituer ce que dans de nombreux textes antérieurs et dans le livre L’Ère du peuple[4] j’avais appelé « le front du peuple », puis il y a un an dans le même journal Libération « le nouveau Front populaire »[2].

 

Le constat de base est que l’implosion des anciennes structures sociales de notre pays sous la pression des politiques néolibérales s’est combinée avec l’effondrement des formes traditionnelles de la représentation politique populaire. L’idée est donc que ce n’est pas en partant des anciens partis et de leur coalition que l’on parviendra à construire une majorité populaire sur un projet alternatif pour notre société. En tous cas pour un projet à la hauteur des transformations du mode de production et d’échange que la crise climatique, notamment, met à l’ordre du jour. L’idée centrale tourne autour du mot « fédérer ».

 


-L’autre idée est que le processus visé n’est pas seulement électoral.

Il engage pour les élections, certes. Mais le reste du temps, il engage pour l’action concrète dans la société en appui aux mouvements sociaux qui travaillent celle-ci. C’est donc en partant du travail de fédération des revendications écologiques et sociales et des mouvements qui les portent que l’on construit une nouvelle majorité. Les partis qui le veulent se mettent au service de la réussite de ce processus. Ils aident à sa construction, ils se rassemblent sous un label commun en vue de le soutenir.

 


-Prenons un exemple de ce processus de fédération populaire. Les élections municipales.

Le programme doit venir de l’action des collectifs citoyens dont les revendications doivent être réunies et inscrites dans la perspective globale écologique et sociale qui lui donne son sens. Les partis sont présents à travers leurs militants de terrain agissant dans ces collectifs et non « au nom du parti ». Ils se fédèrent sous un label commun pour appuyer la liste et soutenir sa campagne. La liste n’est donc pas celle des partis ou du personnage providentiel qui est tête de liste mais une fédération populaire de collectifs et de citoyens notoirement engagés dans les mouvements sociaux urbains. Voila pour les élections. Au fond c’est la méthode qui a prévalu pour la formation de la liste insoumise aux élections européennes : un mix de personnalités engagées syndicalistes, associatifs et militants politiques.

 


-Autre versant de la construction d’une fédération populaire : l’action.

La encore, le modèle est dans la vie elle-même. C’est la participation personnelle d’une part et le soutien collectif d’autres part à des actions comme celle des assises de Commercy ou l’appel à la marche du 27 avril prochain par des organisations syndicales, des gilets jaunes et des organisations politiques.


J’espère que ces précisions éclairent mon propos et permettent un débat entre ceux qui se sentiront concernés par cette proposition de fédération populaire, sans la confondre avec autre chose.

 

Jean-Luc Mélenchon : « Je lance un appel à la création d’une fédération populaire »


-Manuel Bompard : « Fédérer le peuple, c'est ramener la gauche au peuple »

  • Manuel Bompard a été élu député européen de la France insoumise le 26 mai dernier. On fait le point avec lui sur les critiques qui émergent au sein de son mouvement quant à son avenir, sur la Fédération populaire, sur la gauche et sur le peuple. 
  • Sur la stratégie de la France insoumise
    - « On oppose deux termes dans le débat stratégique qui ne sont pas à opposer. »
    - « On doit d’abord s’adresser aux citoyennes et aux citoyens qui ne se retrouvent pas dans les organisations politiques et qui constituent le plus grand parti de France : les abstentionnistes. »
    « [Notre stratégie] ne nous empêche pas de converger avec des organisations politiques. »
    - « La gauche s’est coupée du peuple et il faut reconstruire ce lien. Il faut fédérer le peuple mais fédérer le peuple, c’est aussi ramener la gauche au peuple. »
    - « Le populisme ne tourne pas le dos aux organisations politiques si elle sont d’accord pour se mettre au service des constructions politiques nouvelles. »
    - « Il faut tourner le dos avec la formule de l’union de la gauche, c’est-à-dire des accords entre organisations politiques au sommet. »
  • Sur la Fédération populaire 
    « L’idée de la Fédération populaire, c’est de partir d’abord des revendications populaires et ensuite de permettre aux organisations politiques qui le souhaitent de se mettre en appui et en soutien des ces dynamiques-là. »

Notes :

[1] Il convient de remettre les pendules à l'heure. Guenolé n'est pas écarté parce-qu'il est accusé de harcèlement sexuel.... mais pour son article sur sa page facebook et ses déclarations à la presse. Pour ceux qui veulent la vraie chronologie:
- Pôle vigilance saisi le 3 mars pour harcèlement.
- Audition le 14 mars
- Rapport au comité le 15 mars.
- Guénolé saisit son avocat fin mars.
- Guénolé sort son communiqué anti-FI le 18 avril à 8h35. 
- 18 avril
1ére Déclaration du comité électoral de la France insoumise 
- 18 avril
Déclaration de la France insoumise 
- 18 avril
dernier communiqué du comité électoral 
- 21 avril
Ce qu'en dit Jean-Luc Mélenchon 
C'est assez clair ?

[2] Jean-Luc Mélenchon : le rêve du Front populaire

[3] Fédération populaire : comment ça marche ?

[4L'Ere du peuple

[5] rassemblements des partis " de gauche" qui lors des élections présidentielles de 2017 n'avaient recueillis au total que 9 978 128 voix sur un total de 36 054 394 exprimés, soit  27.65% des exprimés

 

Pour en savoir plus :

C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis !

- Jean-Luc Mélenchon : De la marée populaire à l’unité populaire

- Jean-Luc Mélenchon : le rêve du Front populaire

Jean-Luc Mélenchon : «Je lance un appel à la création d’une fédération populaire»

- Mélenchon veut unir la gauche : "La gauche, ça n'est pas le populisme", lui répond Faure du PS

- Jean-Luc Mélenchon : « L’imperium allemand a déséquilibré l’Europe » (Die Welt)

Pour l'amour des nôtres : La fédération populaire pour résister à l'air du temps

- Le peuple ? La gauche ? la planète ? Stratégie, imaginaire et théorie

- Clémentine Autain ne croit pas à la "fédération populaire" de Mélenchon

- Jean-Luc Mélenchon ou « la hautaine leçon du réel ».

- La fédération populaire VS l’unité de la gauche ?

 

Ça fait débat surtout quand on fait semblant de ne pas comprendre en parlant, pour certains de rassemblement de la " gauche " :

Fédération du peuple : chiche ! (par Clémentine Autain)

- Ian Brossat répond à Jean-Luc Mélenchon : "Personne ne peut jouer les gros bras à gauche"

- «Fédération populaire» : Benoît Hamon répond à Jean-Luc Mélenchon

- Mélenchon veut unir la gauche : "La gauche, ça n'est pas le populisme", lui répond Faure

- «Fédération populaire» : accueil en demi-teinte chez les roses et les verts

- Europe, Macron, communautarisme, 2022… notre grand entretien avec Jean-Luc Mélenchon

- Clémentine Autain ne croit pas à la "fédération populaire" de Mélenchon

TRIBUNE. Jean-Christophe Cambadélis aux électeurs de gauche : "Tout est pardonné"

- Comment refonder les clivages politiques ?... ou pas !

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11 avril 2019 4 11 /04 /avril /2019 12:59
13 avril 2019 : ensemble pour les libertés et le droit de manifester
13 avril 2019 : ensemble pour les libertés et le droit de manifester

Le Conseil constitutionnel vient de censurer l’interdiction administrative de manifester dans sa décision concernant la loi « anti-manifestant·e·s » mais valide toutes les autres dispositions attentatoires aux libertés fondamentales.

 

Face aux attaques répétées du gouvernement contre les droits fondamentaux à manifester, s’exprimer, s’organiser, les dérives autoritaires et les mesures liberticides, 50 organisations, des partis et mouvements politiques dont la France insoumise, mais aussi les gilets jaunes…, appellent l’ensemble des personnels à se mobiliser le samedi 13 avril pour les libertés publiques et le droit de manifester.

 

L'appel national en téléchargement

 

 

-Communiqué d'appel pour la Charente Maritime

13 avril 2019 : ensemble pour les libertés et le droit de manifester
13 avril 2019 : ensemble pour les libertés et le droit de manifester
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8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 08:40
Gilets Jaunes et Syndicats

Cet article ci-dessous me semble une excellente analyse de la situation, des enjeux et rapports de forces en action... 

 

Sources : INITIATIVES COMMUNISTES  par Jean-Pierre Page[1]

-

Voici plus de 11 semaines que les gilets jaunes rythment par leurs initiatives la vie politique et sociale française.
Le 26 janvier a été une grande journée de mobilisation à travers toute la France.  Elle a aussi été marquée par une répression sans précédent violente, délibérée et orchestrée.

 

Emmanuel Macron, son gouvernement, le Parlement, les partis politiques, les médias, les analystes commentent et se déterminent quotidiennement en fonction de ce mouvement inédit dans sa forme, ses objectifs et sa durée. La plupart d’entre eux ont été totalement pris au dépourvu et ont toujours autant de mal à le caractériser et plus encore à y faire face, fut-ce par la contrainte et les représailles! Dans les couloirs du pouvoir, on est chaque fin de semaine, proche du mode « panique ».

 

 

-

Les syndicats n'échappent pas à ce constat.

Pire,  bien que par leur rôle, ils se doivent d’être en phase avec les préoccupations et l’état d’esprit réel des travailleurs, ils n’ont pas vu venir cette vague  populaire qui a pris l’ampleur d’un tsunami social et politique. Celui-ci est sans précédent dans l’histoire française. Plutôt, que d’en tirer les conséquences, le choix des dirigeants syndicaux a été de se réfugier dans un rôle d’observateur, non sans espérer fut ce au prix d’un lâche soulagement de voir les choses en finir au plus vite.

 

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, considère toujours « que le mouvement des gilets jaunes n’est en rien capable, de réunir les gens, de les faire débattre entre eux, de hiérarchiser les revendications, de s’engager dans la recherche de solutions. Il n’a rien inventé affirme-t-il, ni est capable de mobiliser en masse. Nous devons éteindre collectivement l’incendie».[2]

 

On ne saurait pas être plus clair, chasser le naturel, il revient au galop ! En fait, et c’est bien là le problème, quand « tout remonte à la surface »[3] , les syndicats ne rêvent-ils pas de continuer à faire comme si de rien n’était! « Il faut que tout change pour que rien ne change »[4].

 

Pourtant et dorénavant tout le monde est au pied du mur et dans l’obligation de se déterminer par rapport à l’existence, aux débats et aux initiatives des gilets jaunes. Leur action est à ce point incontournable que non-content d’ébranler les bases d’un pouvoir politique qui se voulait conquérant, arrogant et sur de lui, elle révèle l’étendue d’une crise sans précédent autant sociale, politique, économique que démocratique. Elle renvoie également à la crise du syndicalisme et pas seulement à la représentation de celui-ci.

 

Macron, quant à lui, cherche à gagner du temps et à reprendre la main, mais de l’avis général les deux mois de débats, et d’enfumage dont il a pris l’initiative ne régleront rien. En guise d’exorcisme et d’incantations, il ne suffit pas d’affirmer qu’on ne changera pas de politique pour s’en persuader. C’est sans doute pourquoi les Français ne se font aucune sorte d’illusions sur les vertus de son « one-man-show », ce long monologue ou il bavarde sans écouter. Les gilets jaunes avec détermination ont décidé de poursuivre leur action contre vents et marées tout en déjouant les multiples pièges qu’on leur tend. Faisant preuve là, d’une rare intelligence politique !

Gilets Jaunes et Syndicats

Ils apprennent vite, tout en faisant face à une répression de masse, déchaînée et meurtrière[5]. Celle-ci est sans précédent depuis presque 60 ans. On se souvient du massacre de Charonne ou celui du 17 octobre 1961[6] qui coûta la vie a des centaines de travailleurs algériens ! Pourtant, le 6 décembre à la stupéfaction et la colère de nombreux militants,  les confédérations syndicales y compris la CGT ont été jusqu’à condamner comme coupables les victimes des représailles policières et« toutes formes de violences dans l’expression des revendications »[7] ! Fallait-il  donner de cette manière choquante une nouvelle justification au concept de « syndicalisme rassemblé » ? 50 ans plus tard Macron n’en demandait pas tant ! Faut il rappeler qu’en 1968 la CGT s’est honoré en appelant à la grève générale contre la répression à l’égard du mouvement étudiant. Depuis, l’initiative de la CGT Paris de saisir la justice contre l’utilisation criminelle de « flash-ball » par les forces de l’ordre, à montrer un rejet net de cette manière de renvoyer tout le monde dos à dos[8].

 

 

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Dans de telles circonstances, il y a urgence pour le Capital et la bourgeoisie, à trouver une issue à cette crise majeure, ils leur faut anticiper, car les problèmes s’enchaînent les uns après les autres! Alain Minc et Jacques Attali parmi d’autres s’inquiètent du creusement des inégalités.

Comme au sein d’une « Cupola mafieuse sicilienne», les « parrains » de Macron comprennent, que cette situation ne peut perdurer indéfiniment. Déjà, dans un temps très bref, moins de deux ans, elle a fragilisé à l’extrême le pouvoir du jeune banquier de chez Rothschild, dont ils avaient fait le choix .

 

Faut-il ajouter au tableau, que le mouvement peut faire tâche d’huile et devenir contagieux ! Déjà en Belgique, au Portugal, en Pologne, en Grand Bretagne, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Irlande, et même au Liban, en Afrique du Sud, en Irak, on revêt le gilet jaune de la colère populaire[9].

 

Dans ce contexte, les instances supranationales comme celle de l’Union européenne déjà à l’avenir incertain, voit celui-ci s’assombrir un peut plus à fortiori avec la perspective des prochaines élections européennes. Le moteur  franco-allemand se met à tousser au point que l’on se demande s’il ne va pas caler. Le traité d’Aix la Chapelle entre la France et l’Allemagne que viennent de signer dans l’urgence et le secret  Macron et Merkel consacre une capitulation française sur sa souveraineté au bénéfice d’une Europe des « Landers » et d’une armée allemande baptisée « européenne ». Comment ne pas remarquer que deux mois auparavant, par anticipation et sans consultations de leurs affiliés les syndicats français et le DGB allemand avaient décidé de soutenir ce grand  projet d’intégration européenne[10] sous le pavillon d’Outre-Rhin.

 

 

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Pour la France qui est encore admise comme 5e puissance mondiale, l’onde de choc internationale créée par le mouvement des gilets jaunes fait vaciller la crédibilité d’un système en question, plus encore que celle d’un président dont la suffisance et la morgue font dorénavant sourire, tant elle apparaît dérisoire.

A Paris, Macron, à la remorque de Trump soutient les putschistes de l’extrême droite vénézuélienne, il ne tarit pas d’admiration et d’éloges pour leurs manifestants et ordonne à Maduro de respecter la démocratie et des élections sous 8 jours. « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ! » Imaginons Nicolas Maduro, exigeant de Macron l’organisation d’élections en France sous 8 jours au risque de voir le Venezuela reconnaître Eric Drouet des Gilets jaunes comme le président en charge.

Gilets Jaunes et Syndicats

Par conséquent, il est difficile de contester que les enjeux se soient singulièrement aiguisés ! On ne choisit pas la période dans laquelle on vit, il faut être à la hauteur de ce qu’elle exige. Pour le mouvement syndical et particulièrement pour la CGT ce nouvel épisode des « luttes de classes en France » n’est pas sans risques. Le paradoxe, c’est qu’il n’est pas non plus  sans opportunités ! A condition, bien sur d’en avoir la volonté politique et de s’en donner les moyens si toutefois l’on veut  créer le rapport de force nécessaire pour gagner. Dans de telles circonstances la seule stratégie qui vaille est donc de  contribuer à fédérer et faire converger les luttes dans les entreprises avec celle des gilets jaunes.  L’objectif, (encore, faut-il avoir un objectif), doit être de bloquer les entreprises, les centres de productions stratégiques, tout autant que les voies de circulation,  faire pression sur le patronat ,le gouvernement et Bruxelles « là ou ça fait mal ! » .

 

 

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Nous n’en sommes pas tout à fait là, pourquoi ?

Il devrait aller de soit que le mouvement populaire agisse et parle d’une seule voix tant les objectifs légitimes de justice sociale, de démocratie et de respect sont  massivement partagés dans et hors les entreprises, c’est d’ailleurs ce que souligne la CGT. Les gilets jaunes quand ils ne sont pas retraités ou chômeurs sont aussi des salariés. Toutefois,  il ne suffit pas de répéter que les revendications sont voisines sinon identiques, quand toute la question est de savoir quelles conséquences pratiques l’on en tire en termes d’actions. Or, il aura fallu deux mois pour que la direction de la CGT finisse par accepter sous la pression d’un grand  nombre de ses organisations : syndicats, fédérations, régions et départements d’appeler nationalement à la grève et aux manifestations le 5 février. Il faut se féliciter que l’Assemblée des Assemblées de Commercy (Meuse) des gilets jaunes réunissant une centaine de délégations est adoptée un Appel qui soutient une grève reconductible à partir du 5 février[11].

 

Prenons acte positivement de cette importante décision de la CGT soutenu par des gilets jaunes, tout en ajoutant que la question qui se pose dorénavant est celle de la suite qui sera donnée et de quelle volonté l’on va faire preuve pour que cette journée se poursuive en grève générale reconductible.  Doit-on se satisfaire de grèves par procuration, s’accommoder de l’éparpillement des luttes, de leur pourrissement comme d’une fatalité ? Va-t-on reprendre le controversé chemin des « grèves saute-mouton » dont la faillite est consommée ? «Ne faut-il pas reconsidérer les vertus des grèves reconductibles » ? Philippe Martinez, a déclaré que « la mobilisation aux ronds-points, c’est bien, la mobilisation dans les entreprises, c’est mieux »[12]. Prenons-le au mot : Chiche ! Passons des paroles aux actes ! « La preuve du pudding, c’est qu’on le mange »[13]

 

  • En fait-tout cela ne renvoie t’il pas à la capacité des syndicats à anticiper, à apprécier de qui change, bouge à la qualité de leurs liens avec les travailleurs dans leur ensemble et leur diversité, à l’activité depuis le lieu de travail c’est à dire là où se noue la contradiction capital/travail, là où se concrétise l’affrontement de classes ? 
  • Ne faut-il pas par exemple, s’interroger sur la capacité des syndicats à prendre en compte le fait que nous sommes passés en quelques années d’une société de pauvres sans emplois à une société avec en plus des pauvres avec emplois, une société capitaliste dont les jeunes sont les premières victimes. *

A leurs côtés l’on trouve les retraités actifs et présents depuis longtemps dans les manifestations, ils se battent pour le droit de vivre dignement d’autant qu’ils sont de plus sont fréquemment les seuls soutiens matériels et financiers de leurs enfants et petits enfants frappés par la précarité et le chômage de masse. La France compte plus de 11 millions de demandeurs d’emplois et de travailleurs pauvres occasionnels. Dans le même temps, 40 milliardaires pèsent 265 milliards d’euros soit la richesse globale des 40% les plus pauvres. Les 15 ultras riches détiennent 22% de la richesse nationale et bénéficient avec Macron au pouvoir de 300 milliards de cadeaux fiscaux, dont 100 milliard s’évadent chaque année vers les paradis fiscaux.

Gilets Jaunes et Syndicats

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C’est ce que disent les cahiers de doléances, ils mettent en avant les inégalités criantes sociales et territoriales,  le besoin impératif de rétablir et revaloriser avec des moyens les services publics, en particulier ceux de proximité.

La contradiction capital/travail est posée fortement et l’on revendique l’exigence de justice sociale d’augmentation du salaire minimum à 1800 euros, la revalorisation des retraites et pensions, une fiscalité qui fait payer les riches et les entreprises, l’annulation de la CSG, le rétablissement de l’impôt sur la fortune ou encore l’abrogation du CICE ce crédit d’impôt aux entreprises remplacé par un allègement des charges sociales voulu dès le début de son mandat par Macron. En fait-tout cela traduit l’aspiration à une société française de notre temps, une société de progrès et non de régression sociale

 

Dans ces conditions, le pouvoir d’achat est une priorité vitale pour des millions de gens et leurs familles. Cette exigence légitime doit s’articuler avec une démocratie qui implique l’implication de chacun et chacune à tous les niveaux, la reconnaissance, le recours et l’usage de droits sans privilèges d’aucune sorte. Le peuple veut être entendu et respecté. Cette évidence s’est imposée devant l’unilatéralisme qui caractérise autant la vie dans les entreprises qu’hors les entreprises.  Le moment est venu d’y répondre, par de nouvelles formes de consultations et de prises de décisions comme le revendiquent les gilets jaunes! C’est ainsi pensent-ils que l’on fera reculer dans tous les domaines les injustices croissantes de la société française.

 

Car c’est le système capitaliste qui cadenasse les libertés, c’est le néo libéralisme mondialisé, qui impose la pensée unique et la voix de son Maitre, qui pille les richesses du travail, saccage la nature et l’environnement. Tout cela se fait au bénéfice d’une oligarchie corrompue de riches toujours plus riches, ou encore de ceux qui s’en sortent le mieux ! Faut-il continuer à parler de partage des richesses et des ressources, quand dans la réalité il s’agit de la recette du pâté d’alouettes où le travail enrichit le centile le plus riche de la population et que les inégalités explosent ?

 

La France est passée championne dans la distribution des dividendes aux actionnaires. 46,8 milliards d’euros ont ainsi été distribués en 2018, de loin supérieur à 2017 de plus de 12%. Les groupes automobiles et les entreprises de luxe, dit-on se sont particulièrement montrés généreux[14].

 

N’est-il pas remarquable que le mouvement des gilets jaunes coïncide avec l’inculpation et l’emprisonnement au Japon pour fraude fiscale de Carlos Ghosn le patron de Renault-Nissan au salaire de 15,6 millions d’euros par an. Cette rémunération « surréaliste », n’est-elle pas précédée par celle de Bernard Charles, de Dassault qui gagne 24,6 millions d’euros annuel devant Gilles Gobin de Rubis du groupe Rubis qui lui empoche 21,1 millions d’euros ? Ce sont ceux-là et près de 150 patrons de multinationales, avec qui voici quelques jours, Macron de manière provocatrice a festoyé au Château de Versailles. Comble de l’ironie jour pour jour avec la décapitation de Louis XVI. Ainsi, l’on semble être passer « d’une royauté à une autre. » !

Gilets Jaunes et Syndicats

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Dans un tel contexte, apparaissent bien dérisoires les arguties de certains dirigeants syndicaux sur les prétendues tentatives de récupération et l’influence de l’extrême droite raciste sur le mouvement des gilets jaunes, comme le répète à satiété les dirigeants de la CFDT et de la CGT.

A ce sujet, les propos affligeants, les rapports, les interviews ne manquent pas et témoignent d’un décalage saisissant comme d’une profonde ignorance de ce que représente un mouvement social ![15] Il est inquiétant de noter que certains dirigeants de la CGT ont cru bon, se saisir de ce contexte pour traquer les idées de ceux qui refusent la mise en conformité,  comme par exemple un regard critique sur l’Europe et l’Euro, le prêt-à-porter de la pensée dominante et de l’air du temps[16]. La pratique de l’amalgame à l’égard de l’historienne Annie Lacroix-Riz[17] accusée de complotisme, et de voisinage avec l’extrême droite a suscité une telle indignation que Philippe Martinez a du lui présenter des excuses et s’engager à retirer de la circulation une note infamante portant le sigle de la CGT[18]. Va-t-on dorénavant faire le tri chez les travailleurs, ou les militants exiger de leur part pour participer aux grèves et manifestations (comme on l’a vu) qu’ils présentent une identification politique ou un laissez passer conforme aux désidératas du dialogue et du partenariat social voulu par un syndicalisme d’accompagnement et de propositions en quête d’«union sacrée ».

 

N’y a t’il pas pour le mouvement syndical à réfléchir autrement et avec modestie sur lui-même sur ses insuffisances, son fonctionnement, ses retards, sur son approche des problèmes dans leur globalité, leur dimension européenne et internationale par ces temps de mondialisation néo-libérale à marches forcée. Se débarrasser enfin de cet esprit de suffisance, de condescendance, de donneurs de leçons qui minent la relation qui devrait être celle entre les syndicats, les travailleurs en général, les gilets jaunes en particulier, ceux dont les sacrifices de toutes sortes méritent le respect. Plutôt que porter sur eux des jugements de valeurs ne devrait-on pas faire preuve de plus de retenue ?

 

Car au départ,  il aura fallu une taxe sur les carburants suscitant la colère pour que cette fois ci, la goutte fasse déborder le vase des mécontentements accumulés, des colères légitimes, des rêves refoulés, des frustrations que l’on taisaient depuis si longtemps. « Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine ».

 

Si ne pas l’avoir compris ne peut être sans conséquence pour la classe politique, comment ne le serait-elle pas pour les syndicats. Comment s’étonner alors de l’ampleur de cette crise de confiance, car il faut bien reconnaître que ce mouvement des gilets jaunes s’est construit hors de l’intervention et de l’implication syndicale. Par conséquent, on ne saurait pas être surpris à entendre les critiques qui montent d’en bas, qui placent les syndicats et les politiques dans le même sac, et à qui l’on fait payer le prix fort des compromissions. Doit-on faire comme si cela n’existait pas. Déjà en son temps, Benoit Frachon parlait des « porteurs de serviettes, l’air affairé, le plus souvent trônant dans un bureau, parfois hypocritement installé par le patron »[19]. Qu’en est-il aujourd’hui ?

 

C’est vrai en France et ailleurs comme à une tout autre échelle. Ainsi la CES (Confédération Européenne des Syndicats) déjà totalement dévaluée démontre dans ces circonstances et une fois encore sa parfaite incapacité à saisir ce qui est essentiel ! Son silence est assourdissant ! C’est dire, son décalage  avec le monde réel, sans doute parce que sa fonction n’est rien d’autre que celle d’être un rouage des institutions bruxelloises.  Son fonctionnement et sa dépendance financière à cet égard semblent sans limites.

 

On parle beaucoup de l’ignorance dans laquelle Macron tient ce que l’on appelle les corps intermédiaires comme les syndicats. Ce qui est un fait,  mais l’institutionnalisation du syndicalisme, sa bureaucratisation, sa professionnalisation, ne l’a t’elle pas  rendu invisible et inaudible ? Comment alors être surpris de voir aujourd’hui beaucoup de salariés s’en détourner, questionner sa crédibilité, son utilité, son existence même et finir par voir ailleurs ? Pour se rassurer faudrait-il en l’appliquant au syndicalisme reprendre la formule de Brecht « puisque le peuple vote contre le gouvernement, ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d’en élire un autre »[20].

Gilets Jaunes et Syndicats

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Comment en est-on arrivé là ?

Peut-être faudrait-il se poser la question du pourquoi ? On ne peut évidemment pas se satisfaire de cette situation, elle appelle des réponses autres que la culpabilisation des militants sur lesquels repose l’existence de l’organisation syndicale à fortiori dans les entreprises. Cela ne saurait se réduire à la seule prise en charge des problèmes « de carreaux cassés » dont il faudrait s’inquiéter pour répondre à la crise du syndicalisme ! On a besoin sur ce sujet comme sur d’autres, d’une autre hauteur de vue.  A la lumière d'événements qui sont un formidable révélateur, il y a urgence pour le mouvement syndical de classe à tirer les leçons et à faire les bilans qui s’imposent. Il faut espérer que le prochain congrès national de la CGT[21] apportera des réponses convaincantes, une stratégie et une direction à la hauteur de cette situation. Faire preuve de lucidité ce n’est pas  s’accabler, c’est voir les faits, la réalité telle qu’elle est pour la transformer.

 

Évidemment ce mouvement des gilets jaunes est pétri de contradictions, il est  à l’image de notre société avec ses préjugés, ses faiblesses, ses erreurs, et même ses idées réactionnaires. Faut-il faire comme si cela n’existait pas ? Évidemment non ! Mais dans le même temps,  comment concevoir autrement une lutte de masse qui soit conséquente ?

 

Un grand nombre de gilets jaunes font l’expérience de l’action pour la première fois, la plupart d’entre eux n’a jamais participé à une grève, à une manifestation. On s’étonne de leur spontanéisme, de leur absence d’organisation ce qui semble être de moins en moins le cas, mais comment ne pas voir qu’entre son début et le point où il est arrivé aujourd’hui, ce mouvement a fait un véritable bond qualitatif en avant. C’est vrai, dans la définition de ses objectifs, dans ses méthodes comme dans son organisation. Non sans erreurs ? Certes et alors ? Le mouvement syndical a aussi la responsabilité de partager et faire partager son expérience de la lutte de classes avec tous ceux et toutes celles qui font le choix d’agir collectivement.

 

Pour un grand nombre de gilets jaunes, et même si c’est parfois confusément, ce qui est en question au fond c’est la nature de cette société inégale, brutale, prédatrice et criminelle. Cette société-là, c’est le capitalisme lui-même.  Qui va le dire ? Faut-il le considérer comme un horizon indépassable ou faut il au contraire l’abolir ? Pour le syndicaliste faudrait-il se plaindre d’une telle prise de conscience? On peut comprendre qu’un tel changement des esprits n’est pas sans déranger les tenant d’une adaptation du syndicalisme-partenaire d’un capitalisme à visage humain. Certains, comme la CFDT, préférant négocier le poids des chaines plutôt que d’exiger l’abolition de l’esclavage. Mais, ne doit-on pas voir dans ce mouvement des gilets jaunes une prise de conscience qui s’affirme,  celle  qui conduit à la conscience d’appartenir à une classe et par conséquent des opportunités à saisir ! N’y t’il pas là pour le syndicalisme une responsabilité à assumer pour qu’il en soit ainsi.

 

Aussi et comme cela est souvent le cas dans les grands mouvements sociaux, il y a urgence pour le mouvement syndical à prendre en compte combien les consciences ont progressé quant aux causes, aux responsabilités et à la nature  du système capitaliste lui-même


Ce constat renvoie à la « double besogne », cette double fonction qui doit être celle du syndicat: luttant tout à la fois pour les revendications immédiates comme pour le changement de société. Contrairement à ce qu’affirme Philippe Martinez[22], la CGT n’est pas trop « idéologique ». Cette singularité qui est la sienne, cette identité, elle se doit de la prendre en charge en toutes circonstances. Ne voit-on pas que la CGT paye aujourd’hui 25 années de recentrage, de désengagement du terrain de la bataille des idées, en fait de dépolitisation ?[23] . Ceci, la pénalise grandement aujourd’hui face à un mouvement qui va marquer durablement la période que nous vivons.

Gilets Jaunes et Syndicats

Ce débat nécessaire donne raison à ceux des militants de la CGT qui depuis longtemps alertent, se mobilisent et interpellent leur Confédération  sur la perspective « d’une explosion sociale », hors de toute intervention syndicale, tant la désespérance est à son comble[24]. Il est heureux de constater que parfois à contre-courant des positionnements officiels et de l’impuissance de nombreux dirigeants, ils  sont ceux qui ont fait le choix dès le début de se tourner vers le peuple en lutte, mêlant leurs gilets rouges à ceux des gilets jaunes comme on l’a vu dans bien des ville à Bourges, Créteil, Toulouse, Marseille, Lille, Paris, Montbéliard, Nantes, etc.

 

En fait,  cette insurrection sociale, à laquelle nous assistons, tire sa force dans sa capacité à fédérer le peuple : les ouvriers, les employés, les paysans, les classes moyennes, les petits artisans, les chômeurs, les retraités, les ruraux et les citadins, ceux des banlieues. Fait significatif les femmes sont au premier rang des manifestations, des blocages routiers, des parkings des centres commerciaux. Tout un peuple d’en bas est entré en révolte, la CGT devrait se comporter comme un poisson dans l’eau et considérer qu’en dernière analyse, « il est juste de se rebeller » !

 

 

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Voici plusieurs années, on parlait de fracture sociale, mais sans en tirer les conséquences.

Celle-ci n’a cessé de s’élargir, au point que ce à quoi nous assistons couvait depuis longtemps, en particulier dans la jeunesse. Cette génération sans perspective, tous ces laissé-pour-comptes réduits à monter à l’échafaud de l’exclusion sociale et parmi eux les précaires, ou encore les enfants d’immigrés de plusieurs générations. Ils sont aux avants-postes de cette bataille. Comment ne pas se trouver à leurs côtés ?

 

L’on sait maintenant qu’à la fracture sociale, il faut associer la fracture politique et démocratique. Elle révèle l’étendue d’une rupture entre le peuple et ses représentants, les institutions nationales et supranationales, les partis politiques, les syndicats, les parlementaires de droite comme de gauche, le gouvernement et singulièrement le chef de l’état sur qui se focalise l’ensemble du rejet exprimé à travers le mot d’ordre « Macron démission ». En une année la confiance dans le président de la République s’est effondrée de 23%. Jamais en France, un homme politique aura fait l’objet d’une telle détestation pour ne pas dire d’une haine. Un récent sondage[25] fait ainsi apparaître que 88% des Français ne font pas confiance aux partis politiques, 73% ne font pas confiance aux médias et 70% aux banques, 55% se déclarent prêt à participer à des manifestations pour défendre leurs idées,. Deux mois après le début de l’action des « Gilets jaunes » 57% continuent à leur apporter leur soutien. Plus de 70% des Français n’attendent rien du grand débat voulu par Macron.

 

Le mouvement des gilets jaunes est fondamentalement une révolte contre la situation intolérable qui est faite aux classes les plus défavorisée, à l’appauvrissement qui touche dorénavant les classes moyennes ceux qui arrivaient encore à s’en sortir, mais dont les fins de mois se terminent dès le 15 et qui n’ont d’autres alternatives que les privations pour presque tout. « Dans les fins de mois, le plus dur ce sont les 30 derniers jours ! » disait Coluche. Le combat des gilets jaunes est aussi une résistance contre ce recul de civilisation voulu par le Capital en crise.

 

Les politiques néo libérales des gouvernements successifs de droite comme de gauche, les injonctions de l’Union européenne  ont détricoté de manière systématique le tissu social. Macron dans un volontarisme aveugle a accéléré ce processus y associant l’insulte, la condescendance, l’humiliation et le mépris du peuple souverain.  La nature monarchique et de classe du régime est ainsi apparue dans toute sa brutalité. Il ne faut pas chercher plus loin le rejet de cette société inhumaine.

 

  • Il ne fait aucun doute que les « Gilets Jaunes » feront leur entrée au Panthéon des grands mouvements sociaux, annonciateur de ruptures avec le système dominant. Leur empreinte est indiscutable et marque déjà notre époque par la radicalité progressiste de leurs objectifs, par leur détermination, leur esprit d’initiative, les formes d’organisation dont ils ont fait le choix, la continuité qu’ils donnent à leur action. Ils ont réussi à gagner la sympathie et la solidarité d’une très large majorité de Français, mais aussi des peuples d’Europe et d’ailleurs.

 

  • Ils font la démonstration de cette exception française, celle d’un pays où comme disait Marx, « les luttes de classes se mènent jusqu’au bout ». La filiation des « Gilets Jaunes » est  bien celle qui trouve ses racines dans les « Jacqueries »[26], dans la grande Révolution de 1789 à 1793, de la Commune de Paris, des combats de la Libération et plus près de nous de 1968, 1995, et de ces milliers de luttes sociales et politiques souvent anonymes, de grèves, de manifestations innombrables. Macron n’a pas tort de reconnaître l’esprit « réfractaire »[27] frondeur et indocile des Français! Non sans raison les « Gilets Jaunes » le revendiquent ! Après tout, « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »[28]. 225 ans plus tard, les gilets jaunes légitiment et rappellent publiquement souvent d’ailleurs cette vision ambitieuse des révolutionnaires de 1793. L’honneur du mouvement ouvrier français et de la CGT en particulier est d’avoir toujours été fidèle à ces principes. C’est aussi à elle de les défendre !

 

Notes :

[1] Jean-Pierre Page est l’ancien responsable international de la CGT Membre de la Commission Exécutive Confédérale de la CGT, auteur de plusieurs livres dont « CGT: pour que les choses soient dites » (Delga-2018).

[2] « Certains syndicats fragilisent la démocratie » Laurent Berger, Le Figaro, 22 janvier 2019 et JDD du 26 janvier 2019.

[3] « Quand tout remonte à la surface », Serge Halimi, Le Monde diplomatique janvier 2019.

[4] Giuseppe Tomasi de Lampedusa (1896-1957), Le Guépard.

[5] Depuis le 17 novembre, on compte 11 morts, 200 blessés dont plusieurs manifestants seront amputés, plus de 8000 arrestations, des centaines de condamnation y compris à la prison ferme, des emprisonnements. Il faut remarquer toutefois l’initiative de la CGT Paris de saisir la justice contre l’utilisation incontrôlée de « flashball » par les forces de l’ordre.

[6] Le 17 octobre 1961 la police réprima à Paris une manifestation de travailleurs algériens qui avaient répondu à l’Appel du FLN.

[7] Déclaration commune « les syndicats condamnent la violence » CGT-CFDT-CGC-CFTC-FO-UNSA-FSU. 6 décembre 2018.

[8] Déclaration UD CGT de Paris sur la répression. 21 janvier 2019.

[9] « Ces pays en Europe ou les gilets jaunes ont défilé »JDD 18 décembre 2018

[10] Déclaration commune « L’Europe que nous voulons ! »Forum syndical franco- allemand (DGB+CFDT+CGT+CFTC+FO+UNSA) 8 et 9 novembre 2018.

[11] « L’appel pour le 5 février de l’Assemblée des Assemblées de Commercy »(Meuse), Syndicollectif ,28 janvier 2019.

[12] « La CGT est parfois trop idéologique ! » Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, Ouest France, 4 janvier 2019.

[13] Friedrich Engels (1820-1895)

[14] « CAC40 : 46,8 milliards  d’euros de dividendes versés en 2018 », Le Revenu, 9 mars 2018

[15] Intéressant de ce point de vue l’interview croisée et l’approche divergente de deux dirigeants de la CGT, Sonia Porot des Yvelines et Cedric Quintin du Val de Marne. NVO de janvier 2019 « Gilet jaune, du social au syndical »

[16] Rapport de Pascal Bouvier, commission exécutive confédérale de la CGT du 8 janvier 2019

[17] Au sujet d’Annie Lacroix Riz, voir le dossier complet que l’on peut consulter sur le site du Front Syndical de classe en date du 28 janvier 2019,

[18] CGT-Activité confédérale 009 du 14 janvier 2019, lettre de Philippe Martinez à Annie Lacroix Riz.

[19] « Parlons des porteurs de serviettes » Benoit Frachon (1883-1975), ancien Président de la CGT, l’Humanité, 1 er janvier 1949.

[20] Bartold Brecht (1898-1956)

[21] Le 52e congrès national de la CGT aura lieu du 13 au 17 mai 2019 à Dijon.

[22] Philippe Martinez : déjà cité.

[23] Stéphane Sirot, Regards, 21 septembre 2017

[24] « Le spectre des jacqueries sociales » Michel Noblecourt, Le Monde, mars 2013

[25] « CEVIPOF » (Centre d’étude de la vie politique française) pour qui le rejet de la classe politique a atteint un niveau historique. 11/01/2019

[26] « Les Jacqueries » révoltes paysannes dans l’Occident médiéval et l’Ancien régime. La « grande Jacquerie » de 1358 conduite par Jacques Bonhomme, fût violemment réprimée.

[27] En voyage officiel au Danemark en aout 2018, Macron avait affirmé que « les Français sont des Gaulois réfractaires au changement ».

[28] Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793

 

 

Pour en savoir plus :

- Les gilets jaunes et les « leçons de l’histoire »

5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
5 février à La Rochelle les #GiletsJaunes reçoivent le renfort des organisations syndicales CGT, FSU, SNUipp, Solidaire... en nombre tous ensemble dans l'action sur le dépôt pétrolier de La Rochelle, et à prés de 2000 en manifestation en ville.
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4 décembre 2018 2 04 /12 /décembre /2018 10:21
Gilets jaunes : les tergiversations de la CGT font débat en son sein

La CGT de Philippe Martinez est-elle indépendante des politiques ?

  • Certains disent : le " mouvement populaire n'est pas syndical " et alors les syndiqués ne font pas partie du peuple ? On gagnera en rassemblant, pas en divisant ou en renvoyant à une manif seuls !
  • D'autres disent encore : " regardons ailleurs, ce mouvement est manipulé par le RN ex FN ! "... Mais parmi les électeurs de la CGT, parmi ses adhérents il n'y a pas d'électeurs du RN ? Qui peut jurer le contraire ?
  • On nous dit aussi : " Pas question de manifester avec le RN "... on peut le comprendre, mais qui a vu une seule banderole ou sigle RN sur les point de lutte ?

Alors soyons clairs :
. la nature a horreur du vide !
. En dehors de quelques rares cas de racisme ou xénophobie condamnable montés en mayonnaise par la presse aux ordres, les exigences sont sociales et portées par des citoyens comme vous et moi et sans discours politique !
. C'est parce-que tous les salariés actifs, retraités chômeurs n'y sont pas en MASSE, que les syndicats n'y sont pas,... que Le Pen peut parader et tenter d'en revendiquer la paternité !

  • N'attendons pas le 14 décembre !
  • Allons y en masse en respectant l'absence d'étiquette ostentatoire et les quelques Lepénistes seront noyés dans la masse du peuple en colère !
  • NE LEUR LAISSONS PAS LE TERRAIN... et ne divisons pas sous prétexte que.....

 

Sources :  par Yves Mestas[1]

À la manifestation CGT du 1er décembre 2018 à Paris, Philippe Martinez est au coude à coude avec Fabien Roussel, secrétaire du PCF et Ian Brossat, tête de liste du PCF aux européennes (photo ci-jointe).

 

Pourtant P. Martinez, il y a quelques mois, refusait toutes manifestations avec des partis politiques au nom de « l’indépendance syndicale[2] [3]». Martinez serait-il en campagne pour les européennes ?

 

Ian Brossat qui conduira la liste PCF est adjoint à la mairie de Paris auprès de Mme Hidalgo. Une majorité municipale très composite, puisque nous retrouvons une alliance entre : des communistes, des socialistes et des écologistes qui ont soutenu Hollande, des centristes et des LREM qui soutiennent Macron.

 


- Un exemple d’alliances qui provoquent le rejet des politiques et qui s’expriment dans le mouvement des gilets jaunes.

Un mouvement remarquable que les syndicats, dont la CGT, sont incapables de construire. Un mouvement  qui ne veut pas de récupération politique et syndicale, une volonté d’indépendance qu’il faut respecter.

 

Pourtant la CGT de P. Martinez a été méprisante et insultante à l’égard de ce mouvement des GJ et des adhérents CGT qui y ont participé. Dans son communiqué du 29 octobre, il était écrit : « plusieurs partis d’extrême-droite semblent être à la manœuvre », « c’est dangereux pour le monde du travail ». Dans une note aux organisations CGT il est écrit : « la présence de la CGT dans des initiatives d’extrême-droite est contraire à notre démarche ». Et enfin, la déclaration de Martinez dans une vidéo du 17 novembre : « je ne me vois pas manifester aux côtés du patronat et du RN de Mme Le Pen [4