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23 janvier 2023 1 23 /01 /janvier /2023 15:07
Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...
Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...
Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...
Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...
Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...

Macron est un " propagateur de mensonges "... et manipulateur : 10 éditorialistes « influents », dont Nathalie Saint-Cricq (France télévision) son fils Benjamin Duhamel (BFMTV), ont été reçus secrètement par Emmanuel Macron à l’Élysée, avec un objectif... influencer discrètement l’opinion[2] !

 

Retraites : les 15 mensonges de Macron dans sa lettre aux syndicats du 10 mars 2023[0]

 

Et qu'on le fasse savoir : sur les retraites, le Rassemblement National est une arnaque[4] qui défend la retraite à 67 ans[11] !

 

Pour faire avaler la pilule aux Français qui sont massivement contre cette réforme, le chef de l’État et ses soutiens n’hésitent pas à utiliser toute une série d’arguments fallacieux, largement relayés par les médias de grande écoute. 

Avec un peut de recherche, les éléments de langage, l'argumentation du gouvernement et ses soutiens explosent en plein vol… car, plus les jours passent et plus ce pouvoir a décidé de se foutre de la gueule des salariés jusqu’au bout ! 

Un exemple : entre 60 et 64 ans, deux seniors sur trois n'ont pas d'emploi. Or, cette réforme des retraites va augmenter le nombre de senior sur le marché du travail. Cela va donc augmenter le chômage, et exercer une pression à la baisse sur les salaires.

 

 

Sources : Eric DURAND | mis à jour le 30/07/2023

- La réforme est nécessaire pour sauver notre système ? Mensonge !
C’est probablement l’argument numéro un du gouvernement  : " Si nous n’agissons pas très rapidement, le système risquerait de s’effondrer, rongé par un déficit structurel. "


Le problème pour la " macronie ", c’est que cette affirmation n'en est pas la raison officielle... car c'est ballot – il a écrit les vraies raisons dans des documents officiels... et il s'agit en réalité de financer la baisse des impôts pour les plus grosses entreprises, comme la suppression de la " cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), effective dés 2023 depuis l'adoption par 49.3 en octobre 2022[a][b], qui est l'une des composantes de la contribution économique territoriale (CET) avec la cotisation foncière des entreprises (CFE)[1] ". Elle est assise sur la valeur ajoutée produite au cours de la période de référence...

 

👉En définitive, la réforme des retraites (comme celles de l'assurance chômage) n'est rien d'autre qu'une compensation financière du coût pour les finances publiques des cadeaux fiscaux faits aux actionnaires (passés par 49.3). 

  • extrait du Projet de Loi de Finances 2023, page 9 ; 👇
  • extrait du Programme de Stabilité 2022-2027, page 16 👇
Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...
Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...

Pour en savoir plus dans le détail :

🔶 voir  l'intégrale du Projet de Loi de Finances 2023 adopté par 49.3 ICI 

🔶 voir  l'intégrale du Programme de Stabilité 2022-2027 ICI 

 

 

- ALERTE : quand la réforme des retraites sert d'alibi pour s'en prendre à la durée du travail et pas que...

 

Réforme des retraites : des députés macronistes veulent revenir sur les 35 heures

 

Proposition formulée par certains députés du MoDem, parti allié d'Emmanuel Macron, présidé par François Bayrou[4bis]...

  • La retraite à 64 ans ne leur suffit pas... ils veulent supprimer les 35 heures ;
  • Et demain, la fin des congés payés, de la Sécurité sociale ?

 

De leur côté, certains, comme Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, vont jusqu'à proposer la " suppression pure et simple de l'âge de départ à la retraite "[1bis]...

 

 

- Le purgatoire selon Elisabeth Borne 

64 ans : l'âge moyen où l'on subit des incapacités dans les gestes de la vie quotidienne (on ne peut plus se pencher, porter une charge...).

Travailler, et mourir avant la retraite : un quart des hommes et 13 % des femmes les plus pauvres meurent avant 62 ans[13].

  • Le projet du gouvernement, c'est donc la retraite pour celles et ceux qui ne pourront plus en profiter. 

 

 

 

- L'emploi des seniors

En 2021, une personne de 55 à 69 ans sur six ni en emploi ni à la retraite, une situation le plus souvent subie[13bis].

Les données de l'Insee confirment qu'avant l'âge de la retraite, les séniors subissent un fort niveau de chômage, pour raison de santé dans 50% des cas.

  • La réforme des retraites ne fera qu'empirer la situation.

 

En 2021, une personne de 55 à 69 ans sur six ni en emploi ni à la retraite, une situation le plus souvent subie

 

 

- Tiens en passant...

Rien ne justifie le report de l’âge de la retraite dans un pays qui n’a jamais été aussi riche qu’il est aujourd’hui… mais où tout le pognon part dans les mêmes poches : celles de ceux qui veulent vous voler votre retraite !

  • En 1982, quand la retraite à 60 ans fut mise en œuvre, le pays était 5 fois moins riche qu’aujourd’hui. Aujourd’hui il est 5 fois plus riche, mais tout part dans les caisses des patrons et actionnaires.
  • Dans les années 80, les multinationales payaient 50% d’impôts, puis 37% dans les années 90, puis entre 0 et 15% dans les années 2010, 2020. Voilà le pourquoi de la dette. 
  • Un travailleur aujourd’hui produit 3 fois plus que dans les années ou la retraite a été mise à 60 ans, balayant ainsi l’argument comme quoi il n'y aurait pas suffisamment d’actifs aujourd’hui, mais, antisociaux insatiables, cela ne leur suffit pas. 

 

 

 

- Contre réforme retraites par E. Macron " Ne recopiez pas le modèle suédois ! "

L'homme qui a fait la retraite à 65 ans en Suède appelle Emmanuel Macron à ne pas commettre la même erreur : " Ne recopiez pas le modèle suédois ! ".

  • Le taux de pauvreté des seniors à doublé en 9 ans ! Ça fait froid dans le dos !

 

-  Pourquoi les recettes du système de protection sociale, donc de retraites baissent ?

  • Parce que Emmanuel Macron a multiplié les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises sans contrepartie et asséché méthodiquement les sources de financement de la Sécurité sociale[5]... 
  • Parce que le taux de cotisation patronale au niveau du Smic est de 7 % pour les entreprises de plus de 20 salariés, en baisse de 14 points par rapport à 2010[6].

 

Le taux de cotisation patronale au niveau du Smic est de 7 %

 

  • Tiens, au fait !
    • En 2022, les allégements de cotisations sociales des employeurs du régime général (du privé) ont atteint un niveau record en 2022 représentent 73,6 milliards d’euros, en hausse de 13,1 % sur un an[5bis].

C'est le résultat de la politique suicidaire des bas salaires du gouvernement.... qui creuse le déficit des caisses de retraites, de sécurité sociale... 

Le montant de ces exonérations a presque triplé en 10 ans.

 

En 2022, les allégements de cotisations sociales des employeurs du régime général représentent 73,6 milliards d’euros, en hausse de 13,1 % sur un an sous l’effet de la dynamique des bas salaires

 

 

-  Histoire de remettre les pendules à l'heure !

Pas de pension retraite en dessous de 1200 euros brut ? Les macronistes sont très fiers de pouvoir l’annoncer. Sauf que… c’est une énorme douille, il n’y a rien derrière. Premièrement, c’était déjà dans la loi depuis 2003, il suffisait de l’appliquer. Surtout, c’est pour une carrière complète au SMIC. Donc cela ne concerne que 0,002% des salariés[6bis]. C’est ça le progrès pour Macron : voler deux années à tous les travailleurs et travailleuses du pays, en moyenne 36 210 euros par personne, et augmenter de moins de 100 euros une personne sur 50 000.

Pour en savoir plus, voir l'Institut La Boetie : retraites, les arguments pour convaincre

 

 

  • ENFIN, le 23 février la baudruche se dégonfle...

🔴 Après avoir :

  • fait croire à la retraite à 1 200€ pour tous ;
  • dit qu’elle ne concernerait que les carrières complètes ;
  • parlé de 1,8 million de retraités revalorisées ;
  • inventé le chiffre de 40 000 bénéficiaires,

Olivier Dussopt Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion de France avoue que cela concernera seulement 10000 à 20000 personnes... soit 1,2% à 2,5% des retraités[6ter]

 

  • Cliquer sur l'image 👇 pour accéder à l'intégralité de l'argumentaire
La retraite à 1200 euros concernera seulement "10.000 à 20.000" nouveaux bénéficiaires par an
La retraite à 1200 euros concernera seulement "10.000 à 20.000" nouveaux bénéficiaires par an

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-  Remise des pendules à l'heure pour démasquer les mensonges de Macron et ses sbires
Assemblée nationale 19 janvier 2023 : " Les dépenses de retraites ne dérapent pas, elles sont relativement maîtrisées, dans la plupart des hypothèses, elles diminuent plutôt à terme ", indique le président du Conseil d'orientation des retraites (COR) Pierre-Louis Bras.

 

 

-  Les retraites et l'emploi
La France est le pays d'Europe où les plus de 55 ans rencontrent le plus de difficultés à trouver un emploi (données Insee)... mais le Gouvernement veut fixer à 64 ans l'âge légal de départ à la retraite.

  • C'est cynique, hypocrite... et surtout injuste !

 

Emploi, chômage, revenus du travail  Édition 2021

 

 

-  Confirmation : reporter l’âge de départ à la retraite fait augmenter le chômage des seniors
En 2010, le report de l’âge légal de 60 à 62 ans et de l'âge du taux plein de 65 à 67 ans s’est traduit par une hausse de 100 000 de chômeurs (surface entre la courbe orange et bleue)

 

100 000 seniors de plus au chômage après la réforme des retraites de 2010

 

 

-  Vous voulez de l'argent pour financer un hypothétique déficit de notre système de retraite.... ?
Il y en a là : 👇
Sur les 10 dernières années, en moyenne, pour 100€ de richesses créées en France, 35€ ont été captés par les 1% des Français les plus riches, 32€ par les 9% suivants. Les 50% les plus précaires n’en ont capté que 8€.

 

 

 

-  Retraites : la raison de ne pas faire comme nos voisins européens ?
Les retraités sont plus pauvres dans les pays où l’âge de départ est plus élevé.
Simple, basique.

 

Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...

 

-  Une taxe de 2% sur la fortune des milliardaires français suffirait à financer un potentiel déficit de notre système de retraite...
Depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir, la fortune des milliardaires a doublé en France. À 42, ils se partagent désormais 544 500 000 000 €... dont, depuis 2020, 189 milliards d'euros..

  • 1% les plus riches ont capté 63% des richesses produites depuis le #Covid19 ;
  • 42 milliardaires se partagent l'équivalent du budget de l'État

S'il manque de l'argent au gouvernement pour sauver l'hôpital public, les EHPAD et éventuellement nos retraites, le pognon, il est là ! 👇

 

Retraites : une taxe de 2% sur la fortune des milliardaires français suffirait à financer le déficit

 

 

-  Le mur d’ignorance sur le financement des retraites bâti par les militants macronistes déguisés en éditorialistes de plateaux s’effondre.
Sur le plateau de BFM Business, Gilles Raveaud, économiste, maître de conférences à l’Institut d’études européennes à l’université Paris 8 démonte tous leurs mensonges en un temps record.

 

 

-  Toujours la double peine pour les femmes !
Déjà des pensions de misère aujourd'hui ... et les 1ères victimes de la retraite à 64 ans qui allongera encore plus pour les femmes que les hommes la durée de travail avant de pouvoir partir en retraite.... ce que reconnais Franck Riester, le ministre des Relations avec le Parlement[3]

  •  Toujours la double peine pour les femmes : c'est ça la " justice " à la sauce Macron

 

 

 

- Des mesures injustes et inégalitaires.
Régulièrement, on entend les défenseurs de ces réformes expliquer que « parce que l’on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps », sans tenir compte du fait que c’est notamment à mesure que le temps de travail dans la vie a reculé que l’espérance de vie a augmenté. De plus, les écarts d’espérance de vie sont de 6 ans entre un cadre et un ouvrier, et même de 13 ans entre les 5% les plus riches et les 5% les plus pauvres.

  • Il est bien foutu ce graphique.. au premier jour du départ à la retraite 25% des plus pauvres sont déjà morts... Par contre, il faut attendre l’âge de 80 ans pour que cette proportion soit atteinte pour les 5% les plus riches.

 

A l’âge de la retraite, 25% des plus pauvres sont déjà morts

 

 

- Face à l'intox, l'économiste Zemmour Michael répondait point par point aux arguments du gouvernement

La retraite à 65 ans est « une réforme brutale, pas nécessaire », selon l’économiste Michaël Zemmour. Avec Annie Jolivet, spécialiste de l’emploi des seniors, il décortique dans notre émission « À l’air libre » un projet dont les syndicats ne veulent pas, mais que le gouvernement pourrait imposer début 2023 avec un énième 49-3. ou un 47.1

 

 

- L'enjeu derrière la réforme des retraites est celui du partage des richesses produites

Le gouvernement essaie de nous faire peur avec les terribles déficits qui mettraient en péril notre système de #retraites, alors pour vous aider à y voir plus clair dans la valse des milliards, on vous rappelle quelques ordres de grandeurs

Il n'y a pas de problème de financement des retraites.
En revanche, il y a un problème avec ces politiques qui se moquent du peuple.

  • Au cas ou, l'argent existe ! 
    • 12 milliards : l'hypothétique déficit du système de retraites ;

    • 257 milliards : aides publiques versés aux (grandes) entreprises ;

    • 1 000 milliards : fortune des 500 + grandes fortunes françaises.

 

  • Au cas ou, l'argent existe ! 
    • Quand les start-up lèvent plus d'argent... que le besoin de financement des caisses de retraite
    • Oui, on peut trouver les 12 milliards nécessaires sans faire trimer les gens 2 ans de plus. 
13 milliards d’euros levés en 2022, un chiffre encourageant malgré le contexte

 

  • En France, la productivité horaire est l'une des plus élevées d'Europe, devant la plupart de nos voisins européens.
    • Retraite à 60 ans pour toutes et tous, réduction du temps de travail à 32 H... ces mesures permettrait une création massive d'emplois,... donc le financement de notre protection sociale sans impacter la productivité économique.
Où la productivité horaire est-elle la plus (et la moins) élevée ?

 

 

- Décidément la macronie est au abois : écoutez-le, on aurait pas dit mieux

Quand Franck Riester Ministre délégué auprès de la Première ministre, chargé des Relations avec le Parlement n'a pas bien lu les éléments de langage de son gouvernement et reconnaît que la réforme des retraites pénalisera encore plus les femmes[3]

 

- Des sous pour l'hypothétique déficit du système de retraites... il y en a
Le choix de Macron et Borne est clair : gaver les actionnaires au détriment des salaires.
Faire cotiser les dividendes comme les salaires dégagerait jusqu'à 48 Md€ par an pour les retraites.

  • Mettons à contribution les revenus du capital comme ceux du travail !

 

 

 

-  C'est l'heure de s'inviter à la table des très grands possédants (les ultra-riches) pour financer un hypothétique déficit de notre système de retraite....

Les inégalités de patrimoine sont très importantes en France. En 2021, la moitié des ménages les plus pauvres ne possèdent que 8 % des avoirs.... Où est la justice là dedans ?

  • C'est l'heure de s'inviter à la table des possédants.

Vous voulez de l'argent pour financer, il y en a là 👇

 

La moitié des ménages français possède 92 % du patrimoine

 

 

- Tous les jours de nouvelles découvertes !

Ils sont à deux doigts de se rendre compte que cette réformes des retraites va coûter plus chère qu'elle ne va en rapporter, c'est ballot pour une réforme " technique "...

  • En effet, le report de deux ans de l’âge de départ devrait se traduire par près de 100 000 chômeurs de 60 ans et plus supplémentaires selon une étude de l’Unédic portant sur la réforme de 2010[8bis] !...

📌 Vous comprenez pourquoi le gouvernement à limité les débats à l'Assemblée Nationale et refusé de répondre aux parlementaires insoumis qui cherchaient à démasquer le fond de cette contre-réforme des #retraites ?

 

Retraite : les seniors au chômage, le coût caché de la réforme

 

 

- Et pendant ce temps là, l'intergroupe de la NUPES de l'Assemblée et les groupes de gauche et des écologistes au Sénat publient leur livret de décryptage du projet de loi retraites !

Ce document vise à décrypter le projet de loi du gouvernement. Il donne les grands axes sur lesquels député·es et sénateurs·trices de nos groupes de gauche et écologistes se battront ensemble. Notre objectif commun est de faire reculer le gouvernement par la mobilisation sociale et la bataille parlementaire. Et de mettre en place la retraite à 60 ans !

 

  • Cliquer sur l'image 👇 pour accéder à l'intégralité de l'argumentaire

 

Projet Macron contre nos retraites, décryptage du texte de loi

 

  • Pour télécharger les fichiers au format PDF 👇

 

- Projet de la France insoumise pour une possible autre réforme des retraites !!

Contrairement à ce qu’ils s’imaginent, la résistance populaire face à cette réforme ne relève ni d’un malentendu, ni d’un manque de pédagogie.
La majorité du pays a parfaitement compris ce qui se joue :
il faudrait vivre pour travailler, et non plus travailler pour vivre.

 

Le modèle de société que nous lui opposons tient en une formule : la civilisation du temps libéré. Cela signifie, concrètement, de diminuer le temps de travail dans la semaine, dans l’année et dans la vie, grâce à l’application stricte des 35 heures pour aller vers les 32 heures, la sixième semaine de congés payés et la retraite à 60 ans avec 40 annuités.

 

  • Cliquer sur l'image 👇 pour accéder à l'intégralité de l'argumentaire

 

La France insoumise : projet pour une possible autre réforme des retraites !

 

 

- Qu'on le fasse savoir : sur les retraites, le Rassemblement National est une arnaque[4] !

Quand les députés du RN sont présents sur les retraites, ils veulent vider les caisses de retraite et fragiliser la sécurité sociale.

  • Comment ? En proposant la mise en place de primes, d'augmentation des salaires exonérés de toutes cotisations sociales[9]
    •  Le RN préfère mettre en place des primes sans cotisations que de taxer les ultras riches[9bis] (Pour rappel, une taxe de 2% sur la fortune des 42 milliardaires français suffirait à financer le déficit des retraites) ;
      • Le parlement rejette cette proposition[9ter].
    • Mais jamais le RN ne proposera de taxer le capital, et pour une bonne raison : car le RN compte bien sur l’oligarchie médiatique pour arriver au pouvoir en 2027 ;
    • Le RN a choisi son camp : ce n’est pas celui des 2 millions de manifestants, ni de 93% des actifs, mais celui des riches[8] sur la base d'un programme économique constituant une saignée pour les classes populaires[7] ;

 

Examen du texte de loi sur les retraites en commission : le RN ou l’opposition qui ne s’oppose pas.

  • Le groupe de Marine Le Pen a déposé 75 amendements sur le texte #retraites… contre 105 pour Renaissance[10] ;
  • Les deux seuls députés RN présents en commission ont voté contre l'amendement insoumis de rétablissement de la retraite à 60 ans, car, pour eux, " il n'est pas sérieux de prétendre que l'on peut rétablir la retraite à 60 ans[12]" !
  • Autrement dit, ils ont moins de choses à corriger dans le texte que les députés macronistes eux-mêmes !

 

CONCLUSION : Le RN, une arnaque sociale à démasquer avant qu’il ne soit trop tard :

 

🔴 Tout est dit ici : 

  • Quand les députés du RN sont présents sur les retraites, ils veulent vider les caisses de retraite et fragiliser la sécurité sociale 👇

 

 

Synthétiquement...

 

Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...
Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...
Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...
Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...

Notes :

[0] Retraites : les 15 mensonges de Macron dans sa lettre aux syndicats

[1] Qu’est-ce que la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) ?

[a] LA SUPPRESSION DÉFINITIVE DE LA COTISATION SUR LA VALEUR AJOUTÉE DES ENTREPRISES

[b] La suppression définitive de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises à l’horizon 2024

[1bis] Henri Guaino, l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a appelé à " supprimer l'âge de départ à la retraite "

[2] 10 éditorialistes « influents », dont Nathalie Saint-Cricq (France télévision) son fils Benjamin Duhamel (BFMTV), ont été reçus secrètement par Emmanuel Macron à l’Élysée, avec un objectif : influencer discrètement l’opinion

[3] RETRAITES: LE MINISTRE FRANCK RIESTER ADMET QUE LES FEMMES SONT "UN PEU PÉNALISÉES" PAR LE REPORT DE L'ÂGE LÉGAL

[4] Qu'on le fasse savoir : sur les retraites, le Rassemblement National est une arnaque !

[4bisRéforme des retraites : des députés macronistes veulent revenir sur les 35 heures

[5] Malgré les crises, le gouvernement n’a eu de cesse de distribuer des aides et de baisser les impôts des entreprises sans contrepartie, tout en mettant la Sécurité sociale à contribution.

[5bisEn 2022, les allégements de cotisations sociales des employeurs du régime général représentent 73,6 milliards d’euros, en hausse de 13,1 % sur un an sous l’effet de la dynamique des bas salaires

[6] Le taux de cotisation patronale au niveau du Smic est de 7 %

[6bisRetraites – Attention, énorme arnaque : la pension à 1200 euros brut minimum ne concerne que… 0,002% des salariés !

[6ter] La retraite à 1200 euros concernera seulement " 10.000 à 20.000 " nouveaux bénéficiaires par an

[7] Le programme économique du RN : une saignée pour les classes populaires

[8] Le RN a choisi son camp : celui des riches

[8bis] Retraite : les seniors au chômage, le coût caché de la réforme

[9] Le RN veut, via 2 propositions de loi, inciter les entreprises à augmenter les primes, les salaires en favorisant cette hausse par une exonération des cotisations sociales

[9bis] Retraite : le RN ridiculisé par un député LFI

[9ter] L’Assemblée nationale a rejeté, jeudi 12 janvier, une proposition de loi portée par le groupe RN, qui entendait inciter les entreprises à augmenter les salaires de 10 % via des baisses des cotisations patronales

[10Réforme des retraites : 7 000 amendements sur le projet de loi déposés en commission par les députés

[11] Sur France Info, Marine Le Pen défend la retraite à… 67 ans et ici Retraites : la vidéo qui démasque Marine Le Pen

[12] RN : " il n'est pas sérieux de prétendre que l'on peut rétablir la retraite à 60 ans "

[13] Travailler, et mourir avant la retraite : un quart des hommes et 13 % des femmes les plus pauvres meurent avant 62 ans

[13bis] En 2021, une personne de 55 à 69 ans sur six ni en emploi ni à la retraite, une situation le plus souvent subie

 

Pour en savoir plus :

- Retraites : réforme Macron, un recul social sans précédent

Retraites : l’heure de vérité... et de la mobilisation est venue !

- En Suède, le report de l'âge de départ à 65 ans a paupérisé les retraités. Vingt ans plus tard, son instigateur déconseille à Macron de suivre son exemple.

CGT : Le projet de réforme des retraites est une aberration à plusieurs titres et on vous explique comment on démonte un à un les arguments du gouvernement.

- Retraites : comment le gouvernement creuse lui-même le déficit

- Institut La Boétie :Retraites des arguments pour convaincre

- Retraites : 30% des seniors ne sont déjà plus en emploi à 62 ans, réduisons et partageons le temps de travail au lieu de le prolonger bêtement

Manon Aubry, députée européenne LFI rappelle qu'ailleurs en Europe, un report de l'âge légal de départ à la retraite s'est souvent accompagné d'un accroissement de la pauvreté des seniors.

- Retraites : les mensonges du gouvernement : Ce que nous apprend la propre étude d'impact du gouvernement

- Communiqué du groupe parlementaire LFI-NUPES : L’Assemblée nationale n’a pas voté la retraite à 64 ans

- Retraite : tout ça pour économiser seulement 2,8 milliards d’euros selon l’OFCE

- Retraites. Dupont & Dupond : vive la capitalisation ! Je dirais même plus : vive la capitalisation !

- Retraites : le lien entre âge de départ et chômage des seniors confirmé par une étude

- CGT : Comparer les systèmes de retraites dans le monde revient à comparer des choux et des carottes

 

- sur le RN et les retraites :

Qu'on le fasse savoir : sur les retraites, le Rassemblement National est une arnaque !

Retraites : sur BFMTV, Mathilde Panot démasque Jordan Bardella du RN

Qu'on le fasse savoir : sur les retraites, le Rassemblement National est une arnaque !

 Le programme économique du RN : une saignée pour les classes populaires

Le RN a choisi son camp : celui des riches

Sur France Info, Marine Le Pen défend la retraite à… 67 ans et ici Retraites : la vidéo qui démasque Marine Le Pen

- Que propose réellement Marine Le Pen : faire travailler les enfants pour partir à 60 ans... car si tu fais des études, c'est cuit, tu partiras à 67 ans

 

 

Retraites : des éléments pour mener la bataille, convaincre et GAGNER face aux mensonges du pouvoir macronien et ses complices...
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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 09:53

Cet article est reposté depuis Rue du Blogule Rouge Insoumis.

Un concept rare et progressiste : la retraite est un progrès social !

 

- Petit retour en arrière : " retraites : comprendre leur histoire pour mener le bataille "

« Les retraites du 15ème siècle à nos jours : une longue histoire, une bataille actuelle » : voici le titre d’une note publiée par L’institut La Boétie, fondation insoumise. Son objectif : retracer l’Histoire passionnante de notre système de retraites depuis plus de six siècles.

  • Y a-t-il eu des formes de retraites dès le Moyen-Âge ?
  • La Révolution industrielle du 19ème siècle a-t-elle été propice à la mise en place d’un système de solidarité intergénérationnelle ?
  • Comment expliquer le succès du mouvement social de 1995 ? Dans quelle dynamique s’inscrit l’actuelle attaque d’Emmanuel Macron contre notre système de retraites ?
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12 janvier 2023 4 12 /01 /janvier /2023 09:59
Retraites : l’heure de vérité... et de la mobilisation est venue !
Retraites : l’heure de vérité... et de la mobilisation est venue !
Retraites : l’heure de vérité... et de la mobilisation est venue !

La retraite à 64 ans : travaillez plus, pour gaver plus[1] !

 

... première action : signer la pétition 👉 ICI 

 

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, la secrétaire d’État à l’Économie sociale et solidaire, Marlène Schiappa, et même Emmanuel Macron ont un point commun : il y a peu, tout report de l’âge de départ à la retraite leur apparaissait comme une véritable arnaque[1bis].

 

 

Emmanuel Macron est " déterminé ", ne cesse-t-il d’affirmer. Il veut laisser son empreinte, avec cette réforme, lors de son dernier quinquennat. Il ne laissera pas s’éterniser les débats à l’Assemblée nationale soit il reçoit le soutien des Républicains, déjà quasiment acquis, soit il utilise le 49-3 (NDLR : voir il intègre la réforme dans un projet de budget de la Sécu rectificatif, cette option pourrait permettre à l’exécutif d’éviter d’avoir recours à un 49-3 en jouant sur les délais d’examen des lois de financement de la Sécu prévus à l’article 47-1 de la Constitution. Au bout de 20 jours de débat à l’Assemblée, le texte pourrait être transmis sans vote au Sénat[2]). 
Pourtant, cette réforme est rejetée par 8 Français sur 10. Toutes les organisations syndicales y sont opposées et sont déterminées à construire, ensemble, des mobilisations unitaires, avec grèves et manifestations, en janvier et février.
Cela fait trente ans que des réformes sont présentées comme le seul moyen de « sauver le système », soit en reculant l’âge de départ à la retraite, soit en augmentant le nombre des annuités de cotisations, soit, comme maintenant, en procédant à ces deux régressions cumulées.
Pourtant, dans son dernier rapport, sorti en septembre 2022, le Conseil d’orientation des retraites (COR) affirme : « Les résultats de ce rapport ne valident pas le bien-fondé des discours qui mettent en avant l’idée d’une dynamique non contrôlée des dépenses de retraite. »
Explications.

 

 

 PREMIER ARTICLE SUR LA RÉFORME MACRON... ICI 👉 : " Retraites : réforme Macron, un recul social sans précédent "

 

 

Sources : Yves Mestas | mis à jour le 18/02/2023

 

DEUXIÉME VOLET : L'HEURE DE VÉRITÉ... ET DE LA MOBILISATION SONT VENUES ! 👇

 

- Élisabeth Borne, Première ministre, vient d’annoncer le projet de réforme des retraites, dont le cœur est le report de l’âge de départ à la retraite à 64 ans et une accélération de l’allongement de la durée de cotisation à 43 annuités.
Réforme qui sera présenté en conseil des ministres le 23 janvier, puis mis en débat à l’Assemblée nationale début février, pour un vote avant la fin du premier trimestre.

  • Quand Emmanuel Macron trouvait "hypocrite" de décaler l'âge légal de départ à la retraite
    Pourtant, Emmanuel Macron, le 25 avril 2019, tenait des propos bien différents : « Quand on est peu qualifié, quand on a une carrière fracturée, bon courage déjà pour arriver à 62 ans ! C’est ça, la réalité de notre pays ! Et on va expliquer aux gens : travaillez plus longtemps, jusqu’à 64 ans ! Franchement ce serait hypocrite de décaler l’âge légal[3] »
  • Décembre 2022, changement du discours d’Emmanuel Macron, sur TF1 : « Sans cette réforme, notre système de retraite par répartition est en danger. »
  • Ainsi, outre Emmanuel Macron, le ministre du Travail, Olivier Dussopt, la secrétaire d’État à l’Économie sociale et solidaire, Marlène Schiappa, ont un point commun : il y a peu, tout report de l’âge de départ à la retraite leur apparaissait comme une véritable arnaque[1bis].

 

Alors, pourquoi ce revirement ?

Durant la campagne présidentielle 2022, le candidat Emmanuel Macron a signé le programme de stabilité envoyé à Bruxelles, qui spécifiait : « Ce programme de stabilité (est) en faveur (…..) de  la compétitivité des entreprises : c’est par exemple le cas de (…..) la baisse des impôts de production dès 2023. (…..) La maitrise des dépenses publiques repose principalement sur des réformes structurelles, la réforme des retraites notamment[4]. »

 

 

- Huitième réformes en trente ans
Depuis 1993, les attaques contre le système de retraite se succèdent, sous tous les gouvernements. C’est la huitième fois, depuis ternet ans, qu’un gouvernement entend réformer le système des retraites. Les discours se suivent et se ressemblent, depuis des décennies : « Il faut le réformer pour le sauver, car il est gravement déficitaire. » Cela fait donc trente ans que des réformes sont présentées comme le seul moyen de « sauver le système », soit en reculant l’âge de départ à la retraite, soit en augmentant le nombre des annuités de cotisations, soit, désormais, en procédant à ces deux régressions cumulées. Régulièrement, gouvernements, ministres, experts et médias inféodés expliquent qu’il faut faire une nouvelle réforme pour « sauver les retraites ». Mais ces réformes sont avant tout idéologiques.

 

 

- Que dit le Conseil d’orientation des retraites ?
Notre système de retraite serait donc en danger ? Ce n’est pas l’avis du Conseil d’orientation des retraites (COR). Créé en 2000, le COR est une structure rattachée à Matignon (Premier ministre), difficilement soupçonnable de positions gauchistes. Son rapport annuel est attentivement scruté par l’ensemble de la classe politique. Dans son dernier rapport de septembre 2022, nous pouvons lire : « Les résultats de ce rapport ne valident pas le bien-fondé des discours qui mettent en avant l’idée d’une dynamique non contrôlée des dépenses de retraite[5]. »

 

 

🔴 Remise des pendules à l'heure pour démasquer les mensonges de Macron et ses sbires :
Assemblée nationale 19 janvier 2023 : " Les dépenses de retraites ne dérapent pas, elles sont relativement maîtrisées, dans la plupart des hypothèses, elles diminuent plutôt à terme ", indique le président du Conseil d'orientation des retraites (COR) Pierre-Louis Bras. 👇

 

 

🔴 Pour l'’économiste Gilles Raveaud chez BFM Business : « Il n’y a pas de problème de financement des retraites. » 👇

 

L’économiste Gilles Raveaud chez BFM Business : « Il n’y a pas de problème de financement des retraites. »

 

Notre système de retraite a enregistré un excédent de 900 millions d’euros en 2021, malgré la crise sanitaire. Celui-ci est de 3,2 milliards d’euros pour 2022. Pour évaluer la situation des années à venir, le taux de chômage a son importance. Le gouvernement prévoyait un taux de chômage de 8,4% en 2027. Il a révisé ses chiffres et prévoit maintenant 5% de chômage pour 2027. Dans ces projections, le COR se base sur les estimations gouvernementales jusqu’en 2027. Au-delà, il établit ses propres hypothèses. Le COR prévoit, 7% de chômage en 2032 ; il est donc obligé de simuler une récession entre 2027 et 2032 dans ses calculs. Ce qui lui permet de faire, prudemment (notez le conditionnel), cette hypothèse : « La situation financière du système de retraite se détériorerait avec un déficit allant de -0,5% de PIB à -0,8% de PIB », dans les 10 prochaines années. Cela représente environ 10 milliards d’euros par an, soit moins de 3% du budget des retraites qui est de 340 milliards d’euros. Un déficit faible et contrôlé, selon le rapport du COR : « À plus long terme, de 2032 jusqu’à 2070, malgré le vieillissement progressif de la population française, la part des dépenses de retraite dans la richesse nationale serait stable ou en diminution. »

 

Retraites : l’heure de vérité... et de la mobilisation est venue !

Le haut-commissaire au Plan, François Bayrou, qui soutient le président Macron, évoque une autre piste que celle du gouvernement. Elle consisterait à augmenter d’un point les cotisations patronales retraite, qui passeraient de 16,5% à 17,5% du salaire brut, et rapporteraient 7,5 milliards d’euros[6].

 

Car, le faible déficit des retraites à venir n’est pas la conséquence d’une dynamique incontrôlée des dépenses, mais bien d’un manque de ressources. L’octroi de primes (non-soumises à cotisation) en concurrence des augmentations de salaires, comme la « prime Macron » par exemple, est monnaie courante, depuis plusieurs années. De même, les exonérations de cotisations sur les bas salaires accordées aux entreprises assèchent la ressource des rentrées de cotisations dans les caisses de retraites[7].

 

Capitalisation vs/ répartition : le vrai match de cette réforme

 

 

- Les séniors sont évincés du marché du travail avant 62 ans
En 2021, selon la Dares[8] (service statistiques du ministère du travail), le taux d’emploi des plus de 60 ans est de 35,5%. Les entreprises poussent les salariés âgés vers la sortie, via des dispositifs comme les plans de départ volontaire, les ruptures conventionnelles en fin de carrière… Un phénomène qui ne touche pas que les ouvriers ; les cadres grisonnants sont, eux aussi, dans le viseur des employeurs. Pour les ouvriers, à 61 ans, le taux d’emploi est de 28% ; pour les sans diplôme, le taux est de 25%. Autant d’assurés sociaux qui sont en salle d’attente du « ni ni », c’est-à-dire ni en emploi ni en retraite.

 

Cela signifie que plus de 60% d’entre eux sont, soit au chômage suite à licenciement, soit en maladie, soit en invalidité, soit au RSA. Comme le dit le rédacteur en chef du magazine Santé & travail, « pour eux, reculer l’âge de départ, c’est les laisser dans la perspective de toucher une retraite plus faible puisqu’ils auront moins cotisé ». Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), le taux de pauvreté des séniors ni en emploi ni en retraite atteint déjà, en effet, 32%[9] !

  • Les économies réalisées dans les caisses de retraites, ce sont les caisses de l’assurance-chômage, de l’assurance maladie et des minimas sociaux qui seront sollicitées pour les compenser.
Retraites : l’heure de vérité... et de la mobilisation est venue !

 

- La retraite à 64 ans génère-t-elle des économies ?
Le Trésor a calculé, fin janvier, les économies réalisées avec un passage progressif de l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans, à raison de trois mois de plus par an. Résultat, le solde du système s’améliorerait de 0,3% de produit intérieur brut (PIB), (environ 7,5 milliards d’euros à la valeur actuelle du PIB) d’ici 2027, et de 0,5% (12,5 milliards d’euros) d’ici 2032.

 

Une partie des économies réalisées sur les comptes des retraites sont annulées par l’augmentation des dépenses pour d’autres branches de la sécurité sociale ou pour les départements en charge d’une partie croissante de l’aide sociale[10]. Eloigner l’horizon de la retraite nécessite, pour certaines personnes, de rallonger les périodes de chômage, d’arrêt maladie ou de RSA. La Dares chiffre à 1,3 milliard d’euros les allocations chômage supplémentaires à verser avec un passage à 64 ans, tandis que la Drees évalue à 3,6 milliards d’euros la hausse du coût des autres prestations sociales ! Au total, cela représente environ 0,2% de PIB.

 

  • A contrario, le report de l’âge légal génère aussi des recettes pour les comptes publics. Tous ceux qui restent en emploi payent plus d’impôt sur le revenu et aussi de CSG, de même qu’ils continuent de cotiser aux différentes caisses… Le Trésor prévoit ainsi une hausse de 0,6% de PIB.

 

Au total, entre l’amélioration du solde des retraites (+0,5% de PIB), la hausse des dépenses des autres branches de la sécu (-0,2%) et les autres recettes (+0,6), le Trésor en conclut qu’un report de l’âge légal à 64 ans réduirait le déficit public de 0,9% de PIB dans 10 ans.

 

🔶 Retraites : la raison de ne pas faire comme nos voisins européens ? ▶️ Les retraités sont plus pauvres dans les pays où l’âge de départ est plus élevé. Simple, basique.

 

 

- Travailler plus longtemps, même pour les carrières longues et pénibles
🔴 Cette réforme reporte progressivement l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans, mais avec une accélération de la loi Touraine-Hollande[11] pour atteindre les 43 annuités de cotisations (172 trimestres) en 2027 au lieu de 2035. L’âge d’annulation de la décote restera à 67 ans.

  • La réforme s’appliquera ainsi, à partir du 1er septembre 2023 (voir le tableau, ci-dessous) :
  • Pour les personnes nées en 1961, départ possible à 62 ans et trois mois ;
  • Pour les personnes nées en 1964, départ possible à 63 ans ;
  • Pour les générations nées en 1968 et après, départ possible à 64 ans, à condition d’avoir 43 années de cotisations, soit 172 trimestres.

 

 

🔴 Les petites pensions des retraités actuels et des futurs retraités seraient revalorisées à hauteur de 100 € brut par mois, à compter du mois de septembre 2023... pour atteindre ultérieurement quasiment 1 200 € brut, soit 85% du SmicA condition d’avoir une carrière complète !

 

🔴 Les « carrières longues » et les « métiers pénibles » devront travailler plus longtemps, alors qu’il est déjà difficile aujourd’hui de bénéficier de ces reconnaissances. En 2022, seulement 125 784 personnes sont parties de manière anticipée à la retraite, grâce au dispositif « carrière longue », selon le ministère du Travail.

 

🔴 Actuellement pour profiter d’un départ anticipé pour « carrière longue », il faut avoir cotisé quatre ou cinq trimestres avant la fin de ses 18 ans, pour un départ à 58 ans, ou avoir cotisé quatre ou cinq trimestres avant la fin de ses 20 ans pour un départ à 60 ans.

 

🔴 Selon Élisabeth Borne, la réforme Macron sera « une amélioration pour les carrières longues ». En réalité, le départ sera toujours anticipé de deux, quatre ou six ans avant l’âge légal (64 ans), mais en travaillant donc deux ans de plus :

  • Ceux qui ont commencé à travailler à 14 ans, pourront partir à 58 ans ;
  • Ceux qui ont commencé à travailler à 15 ans, pourront partir à 59 ans ;
  • Ceux qui ont commencé à travailler à 16 ans, pourront partir à 60 ans, contre 58 ans actuellement ;
  • Et ainsi de suite…

 

 

🔴 Les « métiers pénibles » devront également travailler plus longtemps. Pourtant, en 2022 déjà, seulement 9596 personnes ont bénéficié du dispositif « pénibilité », selon le ministère du travail. Actuellement, un compte pénibilité existe, qui permet de bénéficier d’un départ anticipé au mieux de deux ans. Les critères de pénibilité qui sont pris en considération ne sont plus qu’au nombre de six ; ils étaient dix auparavant, mais quatre d’entre eux ont été supprimés en octobre 2017, soit cinq mois seulement après l’arrivée au pouvoir du président Macron. De quoi faire douter d’une réelle volonté d’améliorer ce dossier.

  • Pourtant de nombreux métiers devraient être mieux pris en compte : ouvriers de l’industrie ou du BTP, agents d’entretien, aides à domiciles, caissières…

 

 

🔴 Par ailleurs, les « régimes spéciaux » seraient supprimés. Les nouveaux embauchés à la RATP, dans la branche industries électriques et gazières (IEG) et à la Banque de France seront notamment affiliés au régime général pour la retraite, a précisé la cheffe du gouvernement. Ce « chiffon rouge » a toujours été utilisé par les gouvernements pour opposer les salariés les uns aux autres, monter l’opinion publique contre une catégorie de salariés, afin d’imposer une régression des droits existants ou futurs de l’ensemble des régimes. L’anticipation de départ à la retraite pour certaines fonctions professionnelles, pour des raisons de pénibilités, comme à la RATP, dans les IEG, à la SNCF, etc., devrait, au contraire, être étendue à de nombreux salariés du privé. Une exception au système général reste néanmoins prévue par le projet Macron pour les professions libérales, les avocats, ainsi que pour les marins, les salariés de l’Opéra de Paris et de la Comédie française.

  • Les fonctionnaires qui exercent des métiers pénibles (dits « de catégorie active ») verraient, en revanche, leur âge de départ lui aussi repoussé de deux ans. Concrètement, les pompiers, policiers ou infirmiers pourraient alors faire valoir leurs droits à la retraite à 54 ou 59 ans, selon le métier exercé, contre 52 et 57 ans actuellement.

 

Par William Martinet député France insoumise #nupes ⚠️ Retraite minimum à 1200€ ? Mensonge ! 🕐 2 minutes pour comprendre la dernière arnaque du gouvernement. #StopRetraiteMacron #ReformesDesRetraites

 

-  L’heure de vérité
Emmanuel Macron est déterminé, ne cesse-t-il d’affirmer. Il veut laisser son empreinte, avec cette réforme, lors de son dernier quinquennat. Il ne laissera pas s’éterniser les débats à l’Assemblée nationale :

  • soit il reçoit le soutien des Républicains, déjà quasiment acquis ;
  • soit il utilise le 49-3 ;
  • (NDLR : voir il intègre la réforme dans un projet de budget de la Sécu rectificatif, cette option pourrait permettre à l’exécutif d’éviter d’avoir recours à un 49-3 en jouant sur les délais d’examen des lois de financement de la Sécu prévus à l’article 47-1 de la Constitution. Au bout de 20 jours de débat à l’Assemblée, le texte pourrait être transmis sans vote au Sénat[2]). 

 

🔴 Pourtant, cette réforme est rejetée par 8 Français sur 10[12].

  • 60% des Français disent "soutenir" ou éprouver de la " sympathie " à l'égard de la mobilisation contre la réforme des retraites[13] ;
  • Le soutien à la mobilisation contre la réforme des retraites monte à 67% chez les employés, 65% chez les ouvriers et 68% chez les 50-64 ans[13] ;
  • 46% des personnes interrogées se disent prêtes " à se mobiliser " contre le projet du gouvernement " dans les prochaines semaines.[13] "

 

Toutes les organisations syndicales y sont opposées et sont déterminées à construire, ensemble, des mobilisations unitaires, avec grèves et manifestations, en janvier et février.

  • Réunis à la Bourse du travail, à Paris, les syndicats – la CFDT, Force ouvrière, la CFE-CGC, l’Unsa, Solidaires, la CFTC, la FSU et la CGT – ont appelé, mardi 10 janvier, les salariés à se mobiliser « fortement », lors d’une première journée de manifestations et de grève, le jeudi 19 janvier.

                              👇                                                                    Elles ont reçu le soutien politique de la #Nupes

COMMUNIQUÉ INTERSYNDICAL - RETRAITES : PREMIÈRE JOURNÉE DE MOBILISATION LE 19 JANVIER

👇                               

Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale - NUPES 11 janvier 2023

 

 

 

-  Une autre solution : le programme partagé de gouvernement de la NUPES[14]
📌 Garantir une retraite digne, ce qui signifie :

  • Restaurer le droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous après quarante annuités de cotisation avec une attention particulière pour les carrières longues, discontinues et les métiers pénibles ;
  • Maintenir l’équilibre des retraites en soumettant à cotisation patronale les dividendes, participation, épargne salariale, rachats d’actions, heures supplémentaires, en augmentant de 0,25% par an le taux de cotisation vieillesse et en créant une surcotisation sur les hauts salaires ;
  • Rétablir les facteurs de pénibilité supprimés par Emmanuel Macron ;
  • Porter à minima au niveau du SMIC revalorisé toutes les pensions pour une carrière complète, et le minimum vieillesse au niveau du seuil de pauvreté ;
  • Prendre en compte le revenu de solidarité active (RSA) pour valider des trimestres en vue de la retraite ;
  • Indexer le montant des retraites sur les salaires ;
  • Interdire au Fonds de réserve pour les retraites d’investir dans des secteurs polluants ;

📌 Augmenter les salaires et réduire les inégalités salariales dans l’entreprise :

  • Porter immédiatement le SMIC mensuel à 1 500 € net et accompagner les TPE/PME ;
  • Organiser une conférence sociale générale sur les salaires ainsi que dans chaque branche, qui aborderont notamment :
    • les augmentations de salaires, notamment pour les métiers occupés majoritairement par des femmes dans les secteurs du soin, du lien et du contact ;
    • les écarts de salaires : limiter l’écart de 1 à 20 entre le salaire le plus bas et celui le plus haut dans une entreprise ;
    • la répartition de la valeur : fixer un seuil minimal pour les revalorisations salariales, afin que la somme consacrée aux revalorisations salariales soit au moins égale à la croissance du retour à l’actionnaire (dividendes et rachats d’actions) ;
    • l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (salaires, formations, carrière, promotions…) : augmentation des sanctions financières et pénales (amendes, refus d’attribution de marchés publics), création de commissions de contrôle salarié dans les entreprises ;
    • la formation, les parcours professionnels et les conditions de travail ;
  • Revaloriser le traitement des fonctionnaires et dégeler le point d’indice ;
  • Interdire les parachutes dorés et les retraites chapeaux ;
  • Supprimer les stock-options.

 

« Pour nos retraites, une seule solution, faire front ensemble » : 250 syndicalistes appellent à la grève du 19 et à la marche du 21 janvier[15] !

 

Retraites : l’heure de vérité... et de la mobilisation est venue !

Notes :

[1La retraite à 64 ans : travaillez plus, pour gaver plus

[1bis] Quand les (futurs) macronistes fustigeaient la retraite à 64 ans

[2] Retraites : après le 49-3, découvrez le 47-1, l’autre arme du gouvernement pour faire passer la réforme à l’Assemblée

[3] Quand Emmanuel Macron trouvait "hypocrite" de décaler l'âge légal de départ à la retraite

[4] La maitrise des dépenses publiques repose principalement sur des réformes structurelles, la réforme des retraites notamment comme le Président de la République s'y est engagé au cours de la campagne électorale. L'effort de maîtrise est réparti entre l'État, les collectivités territoriales et la sécurité sociale.

[5Rapport annuel du COR septembre 2022 - Evolutions et perspectives des retraites en France

[6] Réforme des retraites : François Bayrou veut « éclairer » l ....

[7] Pouvoir d'achat : pourquoi les primes sont une arnaque ?

[8] En 2021, selon la Dares (service statistiques du ministère du travail), le taux d’emploi des plus de 60 ans est de 35,5%.

[9] Pauvreté : 32% des seniors sans emploi ni retraite vivent sous le seuil de pauvreté en France

[10] Quel est le rôle du département en matière d'aide sociale ?

[11] Aujourd'hui, sur la remise en cause de nos retraites, E. Borne dit entrer dans le cadre de la réforme Touraine de Hollande et du PS de l'époque

[12] SONDAGE EXPLOSIF : 80% des Français sont contre la retraite à 64 ans

[13] SONDAGE BFMTV - 60% DES FRANÇAIS APPROUVENT LA MOBILISATION CONTRE LA RÉFORME DES RETRAITES

[14Programme partagé de gouvernement de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale

[15] « Pour nos retraites, faire front ensemble » : 250 syndicalistes appellent à la grève du 19 et à la marche du 21 janvier

 

Pour en savoir plus :

- Petit guide contre les bobards de la réforme des retraites

- Retraite à 64 ans : Élisabeth Borne déclare la guerre sociale à 80% des Français

- Qui ne sera pas dans la rue le 19 janvier 2023 pour s’opposer à la retraite à 64 ans ?

- Scandale : 157 milliards d’aides pour le CAC40 et pas 10 milliards pour financer nos retraites ?

Capitalisation vs/ répartition : le vrai match de cette réforme

- Pour les salariés de plus de 60 ans, un taux de sortie de CDI plus bas dans les petites entreprises

- La réforme des retraites, un non-sens écologique

ATTAC. : les sept perfidies de la réforme des retraites 2023

Avertissement : 9 000 morts supplémentaires avant la retraite si Macron fait passer sa réforme

- Retraite à 64 ans : travaillez 2 ans de plus pour financer les cadeaux aux assistés d’en haut

- Femmes, pauvres, carrières incomplètes… quelles sont les premières victimes des inégalités entre les retraites ?

- Retraite à 64 ans : le coup fatal de Macron aux associations ?

- Retraites : une taxe de 2% sur la fortune des milliardaires français suffirait à financer un éventuel déficit

- Les retraites par leur histoire

- Communiqué du groupe parlementaire LFI-NUPES : L’Assemblée nationale n’a pas voté la retraite à 64 ans

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19 décembre 2022 1 19 /12 /décembre /2022 09:01
L’impérialisme et les impérialistes...

Seule l’action de ceux qui pensent qu’un autre monde est possible et agissent localement et globalement en ce sens permette qu’autre chose n’advienne que cet impérialisme (pas « super » du tout) et arrête ces impérialistes fauteurs de guerre...

 

 

Un spectre hante le monde en ces années vingt du vingt et unième siècle, celui de l’impérialisme, ou plus précisément de la guerre inter-impérialiste (et donc mondiale). C’est reparti « comme en 14 » ?

 

 

Sources : &ATTAC par Bernard Dreano[1] | 
-  Le super-impérialisme ?

Il faut d’abord revenir aux sens du mot. Quand on parle de l’impérialisme, on fait généralement allusion à une forme de l’économie capitaliste globalisée, un concept qui émerge au début du XXe siècle, dans les milieux marxistes et autres. Mais les impérialistes font plutôt référence aux activités politiques (et militaires) des grandes puissances, à leur emprise sur tout ou partie du monde (sous forme juridique « d’empires » comme les empires d’Europe centrale ou les empires coloniaux, ou non, comme la « république impériale » dominatrice des États-Unis). Les deux niveaux se distinguent, mais se recoupent aussi.

 

L'impérialisme: une étude Broché - 1er septembre 2005

Le premier qui parle d’impérialisme est sans doute l’économiste libéral britannique John A. Hobson, avec son livre de 1902 " Imperialism : A Study ", décrivant le système de l’oligarchie capitaliste. Des membres de la IIe internationale vont reprendre et approfondir ce concept, par exemple du côté des radicaux russes, les bolcheviks Lénine et Nicolas Boukharine, ou des réformistes sociaux-démocrates, l’Autrichien Rudolf Hilferding et l’Allemand Karl Kautsky (deux stars de la social-démocratie bien oubliées aujourd’hui).

  • Pour tous, l’impérialisme, c’est le capitalisme mondialisé avec la possession monopolisée des territoires d’une planète entièrement partagée, conséquence de la concentration de la production et du capital, de la fusion du capital bancaire et financier, de l’exportation massive de capitaux. Le « stade suprême du capitalisme » (Lénine) avant la crise finale de ce système et l’avènement du socialisme. Kautsky entrevoit la perspective d’un super-impérialisme, un monde « cartellisé », mais ouvert (libre-échangiste) permettant de passer pacifiquement au socialisme, tandis que la gauche (Lénine, Rosa Luxembourg) voit dans cette utopie la justification d’une soumission d’une aristocratie ouvrière profitant du système capitaliste mondialisé, au détriment des plus pauvres et des régions périphériques du monde.


À l’époque l’oligarchie, les « trusts » (on ne parle pas encore de multinationales), se développent à partir de bases nationales, dans les principales puissances où les États et les élites sont volontiers impérialistes au sens plus trivial du mot, c’est-à-dire imbus de supériorité « civilisationnelle », avides de conquêtes, et fortement militarisés. Il en résulte la Première Guerre mondiale, une guerre donc clairement inter-impérialiste[2].


À peine celle-ci terminée, le système financier mondial connait la crise de 1929 (qui part des États-Unis), immédiatement perçue comme LA crise majeure (sinon finale) de l’impérialisme.


Les conséquences de la Première Guerre mondiale et de la crise de 1929 provoquent la Seconde Guerre mondiale, une guerre inter-impérialiste comme la première, même si elle n’est pas que cela.

 


- La Seconde Guerre mondiale n’entraîne pas du tout l’effondrement du système capitaliste-impérialiste, mais débouche sur la tripartition du monde.

Incontestables triomphateurs, les États-Unis d’Amérique imposent leur domination sur le monde capitaliste (dit « libre »), grâce à leur force militaire, le privilège de leur monnaie associé à la prééminence des « institutions de Bretton Woods » (Fonds monétaire international et Banque mondiale) sur toutes les structures des nouvelles Nations unies, la puissance de leurs grandes entreprises, la diffusion de leurs biens culturels. Un impérialisme sous pilotage états-unien même si des contradictions demeurent, au sein duquel existent quelques « impérialismes secondaires », jouissant d’un relative autonomie d’action (on peut effectivement parler d‘impérialisme français[3][4]).


Face à ce bloc « occidental » s’affirme un camp (dit « socialiste »), qui échappe objectivement au système impérialiste au sens défini précédemment, car il n’est à l’évidence pas dominé par le capital financier, et qui se développe largement séparé du reste du monde. Mais où existent des tendances impérialistes, dominatrices et expansionnistes au deuxième sens du mot. Après leur rupture avec l’URSS en 1960-62 les Chinois décriront celles-ci comme « social-impérialisme ».

Mouvement des non-alignés

 

Dès 1920, Alexandre Zinoviev, le bolchevik, alors dirigeant de la toute jeune IIIe Internationale, avait proclamé au Congrès des peuples d’orient à Bakou, le « Djihad contre l’impérialisme ». C’est que, dès l’après-Première Guerre mondiale se levait le mouvement d’émancipation des peuples contre la domination impérialiste et coloniale. Elle allait s’amplifier après la Seconde Guerre mondiale, avec ce que l’économiste français Alfred Sauvy appelait « le tiers-monde », et s’incarner politiquement dans le Mouvement des non-alignés[5], des États refusant l’alignement sur les deux blocs et se réclamant peu ou prou de « l’anti-impérialisme ».

 


- Cette deuxième partie du XXe siècle connaît de très grandes mutations technologiques qui vont modifier le monde de la production et des échanges avec la troisième révolution industrielle (celle de l’électronique et de la bio-ingénierie)[6]

Les formes de l’impérialisme se modifient, une nouvelle division du travail s’organise au niveau mondial. Aux côtés des grandes entreprises multinationales traditionnelles (industrie, extraction) apparaissent progressivement de nouvelles entreprises géantes dans le numérique et le commerce. Surtout les échanges monétaires s’amplifient de manière exponentielle, accentuant la domination du capital financier transnational qui l’accompagne et la constitution d’une nouvelle oligarchie de super-riches.


André Gunder Frank, Samir Amin et d’autres décrivent ce monde comme un système avec son « centre » et ses périphéries (pays - ou secteurs à l’intérieur des pays, semi-périphériques et périphériques). Immanuel Walerstein fera la description la plus aboutie du système-monde[7], avec cette économie dite « de marché » mondialisée, gérée par le modèle néolibéral basé sur le libre-échange, c’est-à-dire la concurrence féroce et totalement faussée.


L’extension de ce modèle inégalitaire s’accentue à la fin du siècle. À partir de 1995, l’Organisation mondiale du commerce impose ses règles (de dérégulation) au détriment des droits des personnes, des communautés, des États et de la nature. Entretemps, le bloc soviétique, miné par ses contradictions internes et par la pression néolibérale s’est effondré.

 


- Cette fois-ci nous y sommes, est-ce le super-impérialisme ?

C’est ce que pense l’américain Francis Fukuyama, mais ce n’est pas du tout l’antichambre du socialisme mondial dans rêvait Kautsky, c’est la « fin de l’histoire » et le triomphe d’un modèle capitaliste auquel adhèrerait plus ou moins la planète entière. Le règne de « l’Empire », expliquent en 2000 Toni Negri et Michael Hardt[8], à direction américaine est un « ultra-impérialisme » où ce ne sont plus les États qui font la loi, mais les transnationales.

  • Les États les plus faibles se disloquent ;
  • dans l’ensemble les États, même ceux encore puissants, abandonnent leur rôle de médiateur entre l’économie nationale et les forces économiques externes, et deviennent des agences responsables d’adapter l’économie locale aux besoins du marché global.


Toutefois ce système monde est loin d’être ordonné, il est profondément injuste et violent, ce qui provoque dans les peuples révoltes, développement de mouvements de réaction identitaires, dislocation dans les sociétés et guerres. Il est surtout totalement incapable de répondre aux défis des crises écologiques qui menacent à court terme toute l’économie. L’hégémonie économico-politico-militaire du bloc « occidental » (les États-Unis, leurs alliés européens et de la zone Pacifique) est remise en cause, avec les échecs militaires, de l’Irak à l’Afghanistan ou à l’Afrique sahélienne, et surtout l’émergence d’autres puissances dans la nouvelle configuration de la division mondiale du travail, en particulier la Chine.

 

 
-  La guerre en Ukraine, première étape d’une guerre inter-impérialiste généralisée ?

  • Chronique de la « GUERRE GLOBALE » : tension extrême dans le DÉTROIT DE FORMOSE
    Cela signifie-t-il que nous sommes entrés dans une nouvelle phase, pouvant déboucher sur un conflit inter-impérialiste majeur comme au début du XXe siècle, avec comme moteur l’affrontement entre la Chine, puissance émergente et les États-Unis, puissance déclinante[9] ?
  • Et, dans ce contexte, la guerre engagée par la Russie contre l’Ukraine serait-elle un avant-goût de la conflagration générale, un peu comme les guerres balkaniques des années 1912-13 avant la mondiale de 1914 ?


La politique de la Fédération de Russie est, au début du XXIe siècle, clairement impérialiste au sens d’une politique de conquête (dans l’esprit de Poutine, de reconquête), de territoire et de zone d’influence, portée par une idéologie nationaliste suprématiste mêlant références néo-tsaristes et post-staliniennes. Les Ukrainiens sont victimes des impérialistes russes, ce qui ne signifie pas pour autant que la Russie, avec son État, et ses oligarques, soit encore une actrice impérialiste majeure au sein du « système monde », ce qu’était l’URSS entre 1945 et les années 1980. C’est une puissance moyenne (PIB de l’Italie), qui n’est riche que de ses ressources en matières premières et d’abord des hydrocarbures, et surtout disposant d’un appareil militaire surdimensionné (mais dont l’efficacité s’avère limitée) et d’un stock considérable d’armes nucléaires (argument politique, mais dont l’utilisation pratique est plus que problématique). Disposant de la capacité de paralyser l’ONU grâce à son droit de véto, Poutine espère compter sur des alliés inquiets de la puissance que conserve « l’Occident », ou soucieux de rompre avec « l’hégémonie » du super-impérialisme américain.


Le soutien de cet Occident, d’abord états-unien, aussi européen, aux Ukrainiens peut donner l’impression que la guerre inter-impérialiste est déjà en cours. D’autant qu’une rhétorique datant de la guerre froide, considérant cette guerre comme celle du monde « libre » contre le « totalitarisme » fleurit.

 


- Simple guerre locale d’agression impérialiste russe contre l’Ukraine ou (et ?) lever de rideau du grand affrontement ?

La situation n’est pas celle qui prévalait dans les années 1905-1914 sur plusieurs plans : les systèmes d’alliance ne sont pas stables comme ils l’étaient (plus ou moins) en Europe au début du XXe siècle ni comme les « blocs » de la guerre froide. L’interdépendance économique, qui existait au début du XXe siècle et que certains pensaient alors comme facteur de paix, est aujourd’hui beaucoup plus forte qu’à l’époque. Cependant, si la reproduction d’un scénario de type 1914 est peu probable, la situation est loin d’être rassurante pour autant.


La volonté de puissance chinoise d’une part, la volonté américaine de reprendre le contrôle d’autre part (cf. Trump), sont inquiétantes.

  • La course aux armements qui reprend un peu partout, quantitativement et qualitativement, est dangereuse.
  • La crise même du système monde impérialiste provoque crispations nationalistes et hystéries identitaires à une échelle inconnue depuis les années 1930.
  • Enfin, et surtout, la criminelle passivité des grandes puissances, États comme entreprises multinationales, face au changement climatique et à l’effondrement de la biodiversité, va provoquer, provoque déjà, des situations intolérables qui vont à court terme décupler conflits et violences…


...À moins que l’action de ceux qui pensent qu’un autre monde est possible et agissent localement et globalement en ce sens permette qu’autre chose n’advienne de cet impérialisme (pas « super » du tout) et arrête ces impérialistes fauteurs de guerre.

 

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15 octobre 2022 6 15 /10 /octobre /2022 13:17
+1470% d’augmentation des aides publiques consacrées à nos (grandes) entreprises en 40 ans

C’est un secret bien gardé à Bercy : le montant des " aides " publiques dont bénéficient les entreprises  : 157 milliards d'€ par an c'est le " pognon de dingue " que nous coûtent nos grandes entreprises[0] !

....et en 2023 on est passé à 211 milliards[9] !

 

 

Le coût du capital. Chaque année, l’État déverse au moins 157 milliards d’euros d’aides publiques aux (grandes) entreprises, sans aucune contrepartie[1]. Un pognon de dingue dénoncé aussi par la CGT[1bis]. Un chiffre choc révélé par des chercheurs du Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé)[2], à la demande de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires). Un chiffre qui représente au moins 41% du budget de l’État selon l'Ires[3]. Deux fois le budget de l’Éducation nationale. Un chiffre sous estimé, et en folle explosion.

Les chercheurs de l’Ires estiment à 8,4 % du PIB le montant total des aides publiques reçues par les entreprises[3] souvent inefficaces (CICE, CIR) et injustes (régime " mère-fille "[3bis])...
L’évolution du coût du capital en France donne en effet le tournis : il passe de moins de 10 milliards d’euros en 1980, à 157 milliards aujourd’hui. Une augmentation de 1470% ! Un chiffre qui serait de plus sous estimé, selon l’économiste Mathieu Cocq. Si on ajoute à ces 157 milliards d’aides publiques aux entreprises (qui vont essentiellement aux grands groupes du CAC40, pas aux PME), les « mesures déclassées » (des mesures qu’on décide de ne plus compter, considérant qu’il s’agit de la nouvelle norme fiscale), on arrive à plus de 200 milliards d’euros. 200 milliards chaque année ! Et ce, sans contrepartie sociale ni environnementale.

Alors que le débat public se focalise largement sur le « coût du travail », la fraude sociale (700 millions d’euros par an), les « assistés », la « gauche des allocs[4] », il est capital de démasquer les parasites d’en haut, les responsables de la crise sociale et climatiques, dont on ne parle jamais, qu’on ne voit jamais. Pourtant, eux, pour le coup, nous coûtent vraiment un pognon de dingue.

 

Sources :  l'Insoumission et alternatives-économiques | mis à jour le 12/07/2025

- +1470% d’augmentation des aides publiques consacrées à nos (grandes) entreprises en 40 ans
« Vous voyez ce que ça fait déjà un million Larmina ? ». Cette réponse sexiste du film OSS117 a au moins le mérite de poser la question de l’échelle de grandeur. Qui, parmi nos lecteurs, se représente ce que ça fait un milliard ? Déjà, qui se représente ce que ça fait un million ? Qui a un millier d’euros sur son compte à la fin du mois ? Certains grands groupes, arrosés de milliards d’argent public ont des milliards. L’argent du contribuable, votre argent.


Parlons milliards. En 1979, le montant des aides publiques aux entreprises représentait 9,72 milliards d’euros. Déjà beaucoup. Une étude du Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé), commandé par l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires) et par la CGT, va vous faire tourner la tête. Son manège à elle, c’est d’apporter au débat public le coût du capital. On parle à longueur d’antennes du « coût du travail », ou encore des « assistés » (d’en bas), mais jamais de ce que nous coûte ceux d’en haut.

  • Ce coût, il a explosé en 40 ans : un bond de plus 1470% ! Le coût du capital représentait en 2019… 156,88 milliards d’euros (cf graphique ci-dessous).

 

+1470% d’augmentation des aides publiques consacrées à nos (grandes) entreprises en 40 ans

 

- 157 milliards déversés sans aucune contrepartie éthique, sociale ni environnementale : faites ce que vous voulez mes Seigneurs, mais que ça ruisselle !
157 milliards c’est le chiffre que vous devez retenir pour vos futurs débats autour de la buche de noël avec votre oncle de droite. Tonton, le CAC40 que tu défends, qui crée de l’emploi, il nous coûte un pognon de dingue.

livret-10-Contre-parties.pdf

Et ces milliards et ces milliards, ils sont déversés sans aucune contrepartie (les exigences portées par les insoumis : " Pas d’argent magique sans contreparties éthiques, sociales et écologiques : nos 10 propositions pour conditionner les aides d’Etat aux grandes entreprises ! " étant rejetées par le gouvernement).

 

Vous pouvez être arrosés de milliards d’argent public, du contribuable, et « en même temps » reverser des milliards de dividendes et licencier. Mais Bruno Le Maire, notre gentil ministre de l’Économie vous enjoindra, les mains jointes et à genoux, d’être gentil et de partager un peu le magot.

 

Vous pouvez même lui dire à Tonton, que ce chiffre de 157 milliards, il est bien sous estimé. Nos grandes entreprises, nos grands seigneurs entrepreneurs, nous coûte encore plus d’oseille, si on on ajoute à ces 157 milliards les « mesures déclassées » (des mesures qu’on décide de ne plus compter, considérant qu’il s’agit de la nouvelle norme fiscale), on arrive à plus de 200 milliards d’€. 200 milliards chaque année !

 

+1470% d’augmentation des aides publiques consacrées à nos (grandes) entreprises en 40 ans

 

- 200 milliards d’euros[7]... 8% du PIB en 2019... 41% du budget de l’Etat.

📌 Cliquez sur l'image 👇 pour accéder au détail

Total des aides aux entreprises en France, en % du PIB et du budget de l'Etat

Alors tous les libéraux qui lisez, nombreux, l’insoumission, indignez vous ! Pour réduire la dette publique (surtout ne vous attaquez pas à la dette privée et aux bulles spéculatives, d’où sont venues toutes les dernières crises financières), il faut réduire, mesdames et messieurs les libéraux, les milliards d’euros déversés sur les grands groupes. De l’argent il y en a, dans l’argent gaspillé par l’État.

 

Pour financer, enfin, la bifurcation écologique de notre modèle économique, pour financer, enfin, un vrai plan de sauvetage de l’Hôpital Public et de l’Éducation nationale, des milliards, il y en.

 

Qu’on aille les chercher. Qu’on détourne, enfin, la grande diversion médiatique organisée par le capital, de la fraude sociale (700 millions d’euros), de la gauche des allocs, du « coût du travail », vers les parasites d’en haut. 63 milliardaires polluent plus que la moitié des Français. 5 milliardaires détiennent autant que 27 millions de Français. Le grand capital vous exploite vous, et détruit la planète. Et il nous coûte un pognon de dingue

 

  • Alors que le gouvernement veut faire des économies sur le dos des chômeurs, des retraités,... à quand le grand ménage dans les aides aux entreprises ?
  • Partagez pour faire comprendre aux " gens " que les adversaires du peuple ne sont pas dans les piquets de grève !

 

 

 

🔶   A MÉMORISER !

Le secteur privé coûte au contribuable bien plus cher que nombre de services publics.

C’est deux fois le budget de l’Education nationale, et cela représente 30% du budget de l’État en 2021.

 

La grande subvention : Le capitalisme français sous perfusion

 

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TIENS AU FAIT.....

 

- " Jour du dépassement capitaliste : à partir de ce 22 septembre 2022, vous travaillez pour... les actionnaires " titrait Marianne[5]

Comme tous les ans, le 22 septembre marque l’anniversaire de la proclamation, en 1792, de la République. Elle n’est alors pas encore « sociale », mais la Fraternité s’apprête à rejoindre l’Égalité et la Liberté dans la trinité républicaine.
Ironie du calendrier, cette année, la date coïncide avec le jour du dépassement capitaliste pour les salariés.

  • À partir de ce jour d’équinoxe, les salariés des multinationales françaises bosseront uniquement pour rémunérer les actionnaires des sociétés du CAC 40.
  • En dix ans, ils ont capté 45 jours supplémentaires... En détail ci-dessous...

 

"Jour du dépassement" capitaliste : à partir de ce 22 septembre, vous travaillez pour... les actionnaires

 

 

- Des entreprises qui contribuent de moins en moins à l'effort collectif

Au total, selon les calculs des experts de l’OFCE, l’écart n’a jamais été aussi grand entre le taux de prélèvements obligatoires des ménages et celui des entreprises, ces dernières contribuant de moins en moins au financement collectif tout en en bénéficiant de plus en plus[6].

 

ÉCONOMIE Le coût exorbitant des aides aux entreprises

 

 

- Alors que les investissements des entreprises stagnent, les aides publiques seraient-elles reversées en dividendes ?

Un capitalisme sous perfusion Mesure, théories et effets macroéconomiques des aides publiques aux entreprises françaises[8] ?

 

Un capitalisme sous perfusion Mesure, théories et effets macroéconomiques des aides publiques aux entreprises françaises

 

- 2023 : les aides publiques aux entreprises augmentent 3,3 fois plus vite que les aides sociales.

Un pognon de dingue : les aides publiques aux entreprises coûtent 211 milliards d’euros par an[9].

  • Prodigieux tant ces dispositifs manquent de transparence et de redevabilité, et génèrent des effets d’aubaine massifs.
  • Mieux : selon nos calculs, elles augmentent 3,3 fois plus vite que les aides sociales et 3 fois plus vite que le PIB. Les assistés ne sont peut-être pas là ou on le dit.

 

 

Notes :

[0Des chercheurs lillois chiffrent à au moins 157 milliards d’euros par an les aides publiques à destination des entreprises, ce qui en fait le premier poste du budget de l’État.  

[1Gavage d’argent public aux entreprises qui licencient : on continue sans contreparties ?

[1bis] Le capitalisme sous perfusion d'aides publiques

[2] Un capitalisme sous perfusion. Mesure, théories et effets macroéconomiques des aides publiques aux entreprises françaises

[341% du budget de l'Etat est consacré à des aides aux entreprises souvent inefficaces (CICE, CIR) et injustes (régime "mère-fille").
Les chercheurs de l’Ires estiment à 8,4 % du PIB le montant total des aides publiques reçues par les entreprises.

[3bisLe régime mère-fille est une option fiscale utilisée dans les groupes de société permettant de limiter les impacts fiscaux. La société mère jouit d'une exonération d'impôt sur les sociétés sur ces distributions à l'exception d'une quote-part de 5% pour les frais et les charges.

[4] La faute de Fabien Roussel secrétaire national du PCF

[5] " Jour du dépassement capitaliste : à partir de ce 22 septembre 2022, vous travaillez pour... les actionnaires " titrait Marianne

[6ÉCONOMIE Le coût exorbitant des aides aux entreprises

[7] 200 milliards : le coût exorbitant des aides publiques aux entreprises

[8] Un capitalisme sous perfusion Mesure, théories et effets macroéconomiques des aides publiques aux entreprises françaises ?

[9211 milliards d’euros par an d’aides aux entreprises et peu de contrôles ? Un rapport qui « choque l’opinion »

 

Pour en savoir plus :

- " CGT : Profits, il faut redistribuer les richesses aux travailleurs qui les créent "

- Vol au-dessus d’un nid de dividendes : Bernard Arnault, 1er assisté de la République

- Casse du siècle : Rodolphe Saadé, l’homme qui a pris 30 milliards d’euros en une année de Covid

- Carrefour : 8 millions d’euros pour Alexandre Bompard, l’équivalent de 300 années de travail d’un salarié

- Ces dix dernières années, Total a touché plus d’argent de l’Etat qu’il n’a payé d’impôts sur les sociétés en France. Malgré des bénéfices record et sans jamais être inquiété par le fisc.

- Le classement des super-profiteurs : ce tableau que les ultra-riches veulent cacher

- Patrick Drahi : super-profits, super-censure

- L’État néolibéral assure la sécurité sociale du capital

- La grande subvention : Le capitalisme français sous perfusion

- Un favoritisme fiscal que rien ne justifie : Le fléau de l’assistanat

- Budget 2025 : Bayrou veut faire les poches des Français, les grandes entreprises reçoivent 200 milliards d’euros par an

Le tour du bien-être des entreprises du capitalisme d'État en France: Réévaluer l'intervention de l'État dans l'économie française, 1945-2022

 

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11 août 2022 4 11 /08 /août /2022 19:43
87 % des héritages sont inférieurs à 100 000 euros

Ceux qui promettent de baisser les impôts de succession (LREM, LR, RN...) veulent donc baisser encore les impôts des + riches et augmenter les inégalités.

 

Un peu plus de la moitié des ménages héritent au moins une fois au cours de leur vie. 87 % des héritages reçus sont inférieurs à 100 000 euros. Des données qui éclairent le débat sur les frais de succession

 

 

Sources : Observatoire des inégalités | 

- 37 % des ménages ont reçu au moins un héritage au cours de leur vie, selon une étude de l’Insee (données 2018).

Le problème, c’est que ce chiffre comprend de très jeunes qui font baisser la moyenne. Parmi les plus âgés, 54 % des 60-69 ans et 53 % des 70 ans ou plus ont hérité. Au bout du compte, la part des ménages qui vont toucher au moins une fois un héritage dans leur vie ne dépasse pas de beaucoup les 50 %.

 

 

- Parmi les héritages reçus, deux tiers sont inférieurs à 30 000 euros et 87 % inférieurs à 100 000 euros.
Au sein de ceux-ci, le montant hérité peut être bien plus élevé, mais l’institut statistique n’en divulgue pas le détail. Pour l’immense majorité des héritiers, ces sommes permettent de changer de voiture, de disposer d’un apport pour un achat immobilier ou de s’offrir les congés dont ils rêvent, guère plus.


Ces données éclairent le débat sur les droits de succession. 100 000 euros, c’est exactement le montant de l’abattement appliqué aux successions de chacun des parents à chacun de ses enfants. Sous ce seuil, l’héritage n’est pas taxé. Les Français connaissent mal les droits de succession, car une très faible portion de la population y est soumise.

 

 

- Beaucoup de données manquent.
On ignore la part des ménages qui auront hérité d’un patrimoine important à la fin de leur vie[1]. Certains ménages peuvent avoir bénéficié de plusieurs successions qui, au total, représentent une somme supérieure à 100 000 euros. De plus, comme l’indique l’Insee, le montant transmis n’est pas connu pour 14 % des héritages. Il faudrait ajouter les donations reçues de son vivant qui concernent moins de 20 % des ménages, mais représentent un flux global presque aussi important que les héritages[2].

 

 

 

 

Notes :

[1] Les dernières données fiscales à ce sujet, à notre connaissance, remontent à 2006.

[2] « L’évolution de long terme des transmissions de patrimoine et de leur imposition en France », Clément Dherbécourt, Revue de l’OFCE n° 161, Sciences Po, 2019.

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28 juillet 2022 4 28 /07 /juillet /2022 21:56
Le partage de la valeur ajoutée : un enjeu économique et politique crucial
Le partage de la valeur ajoutée : un enjeu économique et politique crucial

Le débat actuel sur le pouvoir d’achat des Français repose avec une certaine acuité la question du partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits, entre revenus du travail et revenus du capital.

 

Introduction

Probablement conseillés par des cabinets de conseil en ingénierie sociale de manipulation, une fois de plus, les macroniens utilisent une expression employée par leurs adversaires politiques (la NUPES[1]) pour en falsifier le sens : en l’occurrence « partage de la valeur » réduite ici à l’octroi de primes « pouvoir d’achat » par les employeurs. On remarque tout de suite le caractère non structurel, c’est-à-dire non permanent, non universel et aléatoire de ce type de versement. Celui-ci est exempté des cotisations sociales et n’entre pas dans le calcul de la retraite.

En macroéconomie, lorsque l’on parle de partage de la valeur ajoutée, c’est le partage du PIB entre la somme des salaires et la somme des profits sachant que les cotisations sociales sont considérées comme salaires indirects et les pensions de retraite comme salaires différés. Comme il a été dit par plusieurs représentants de la Nouvelle Union Populaire[1], ces primes ne permettent même pas de neutraliser l’inflation en 2022.

Remarquons que ce procédé ne se réduit pas à une simple manœuvre politicienne de bas étage mais constitue un moyen redoutable de brouillage idéologique et « d’essorage sémantique » altérant le sens non seulement d’un mot mais d’un concept.

-  Le partage de la valeur ajoutée : un enjeu économique et politique crucial.
Nota : la valeur ajoutée représente les richesses produites dans les entreprises lorsqu’elles transforment les biens et les services pour leur production.
Le débat actuel sur le pouvoir d’achat des Français repose avec une certaine acuité la question du partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits, entre revenus du travail et revenus du capital....


🔎 Comment expliquer la déformation du partage de la valeur ajoutée depuis 30 ans ?

Le partage de la valeur ajoutée revient comme un thème majeur de recherche en économie. Les dernières décennies ont en effet été marquées par une déformation du partage de la valeur ajoutée au détriment du travail. Dans cette interview, Sophie Piton nous éclaire sur les différentes causes de cette tendance de long terme, aujourd'hui discutées par les économistes : le progrès technique, la mondialisation, le renforcement de la concentration, les changements de gouvernance dans les grandes entreprises.

Comment expliquer la déformation du partage de la valeur ajoutée depuis 30 ans ?

 

 

 

🟥 Pour accéder à l'interview de Sophie Piton, cliquez sur l'image  👉

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les « ordres de grandeur » sélectionnés dans les visuels de la CGT ci-dessous peuvent contribuer à faire comprendre que les décisions économiques sont des décisions politiques, et qu’il y a donc toujours une alternative.

 

Sources : CGT |  mis à jour le 20/09/2022

- Derrière les milliards dont nous abreuvent les gros titres de la presse se cachent des choix !

Très éloignés du quotidien de fin de mois difficiles de la masse des salariés, il nous est souvent compliqué d'en mesurer les conséquences sur notre vie. La CGT publie un petit dépliant qui devrait vous aider à rétablir, sur quelques grandes données économiques, les ordres de grandeur de ce " pognon de dingue " dont on parle et valider l'idée que le partage de la valeur ajoutée est un enjeu économique et politique crucial urgent.

 

Les chiffres donnés ici sont simplement des ordres de grandeur pour mettre les choses en perspective. Cela ne signifie pas qu’il y a un lien direct entre les données ou encore que l’on pourrait remplacer l’un par l’autre directement.

 

- Partage de la Valeur ajoutée : à qui profite la création de richesse

 

 

- La course aux profits : stop ou encore ?

 

 

- Cadeaux fiscaux : quel coût pour le budget de l'Etat ?

 

 

- Des dividendes toujours à la hausse : aux dépens de qui ?

 

 

- CAC 40 : l'indécence (même en temps de crise)

 

 

- Baisse de l'impôt sur la fortune : qui paie le manque à gagner ?

 

 

- Aides publiques aux entreprises : quel coût pour la collectivité ?

 

 

- Fraude et évasion fiscale : quels poids dans le déficit public ?

 

 

- Chiffres clés

 

  • Télécharger les documents c'est ICI

 

 

-  En finir avec le capitalovirus. L’alternative est possible !

Extraits de la conférence débat organisée par l’association Rencontres Marx Montpellier, soutenue par Les Amis du Monde diplomatique Montpellier et Attac Montpellier le mardi 10 mai 2022 à Montpellier avec Jean-Marie HARRIBEY coprésident du conseil scientifique d’ATTAC France, (...)

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 17:13
Les directives européennes appliquées par nos gouvernements successifs ont détruit un grand service public construit à la libération avec le CNR

Retraité d’EDF GDF depuis 15 ans, j’ai fait ma carrière professionnelle à Dijon. Durant 14 ans les adhérents CGT m'ont confié la responsabilité de la région Bourgogne pour EDF GDF, puis j’ai siégé au conseil d’administration de Gaz de France comme administrateur CGT représentant le personnel durant 8 ans, jusqu'à la privatisation en 2004. Voila pourquoi même à la retraite, je suis attentivement les évolutions de mon entreprise.
Politiquement , j’ai milité 23 ans au PCF, membre du secrétariat fédéral de Cote d’or du PCF, plusieurs fois candidat, mais les positionnements de la direction nationale du  PCF en 1998/99 favorable à l’ouverture du capital dans les entreprises publiques et le vote à l’AN sur l’ouverture à la concurrence du gaz et de l’électricité mon fait quitter le PCF. Depuis 2016 je suis militant de la France Insoumise.

 

Sources : par Yves Mestas[1] | mis à jour le 11/12/2022

- Le nucléaire civil a toujours suscité débat en France depuis la mise en œuvre du programme nucléaire

Il a des avantages et des inconvénients comme tous les moyens de production d’électricité.


La CGT a des positions divergentes sur le sujet. La FNME CGT Energie, défend farouchement la production nucléaire alors que la confédération est beaucoup plus nuancée. Surtout depuis 2020, P Martinez ayant signé avec 18 ONG (dont Greenpeace France, Attac….) un plan de sortie de crise[2] mixant sauvegarde de l’emploi et défense de la planète. Très critiqué par la fédération de l’Energie CGT.

 

A l’origine, pour justifier la construction du parc nucléaire français en 1973/74, suite au choc pétrolier, était mis en avant les arguments suivant : assurer l’indépendance en électricité du pays pour se substituer aux centrales thermiques (charbon, fioul). Assurer une production d’électricité pour répondre aux besoins à un coût compétitif (sans prendre en compte le démantèlement) et n’émettant pas de gaz à effet de serre.  D’autres éléments sont moins évoqués car plus négatifs : l’uranium est importé du Niger et du Kazakhstan[3], l’investissement est très lourd donc l’endettement très important pour l’entreprise et la gestion des déchets que personne ne veut près de son domicile.

 

 

- Sont venues se greffer, depuis 20 ans, des mesures qui pénalisent l’entreprise EDF.

L’ouverture à la concurrence votée en mars 1999 à l’AN et mise en œuvre progressivement (directive européenne). Depuis 10 ans, l’ARENh sous la pression de Bruxelles, EDF doit vendre à prix coûtant 25% de sa production nucléaire à ses concurrents au prix de 42€ le MWh. Mesure qui vient d’être réajustée par le gouvernement, s’inspirant des négociations du projet « Hercule » entre Le Maire et la commission européenne. Prochainement, EDF sera contrainte de vendre 40% de sa production nucléaire à ses concurrents au prix de 46.20 € le MWh. Tarif très bas vu les prix du marché. Pour mémoire, la commission européenne demandait que le nucléaire soit séparé du groupe EDF et que la totalité de la production nucléaire soit vendue aux concurrents européens. Peut-être un compromis entre la France et Bruxelles ou une étape transitoire ? Un processus de déréglementation auquel le mouvement syndical n’a pas pu s’opposer, quel que soit le gouvernement en place.

 

Une situation qui prive EDF d’une part importante de sa production nucléaire et contraint l’entreprise, selon les périodes, à acheter de l’électricité sur les marchés européens de l’énergie à des prix exorbitants. La formation des prix des marchés de gros du KWh électricité se fait maintenant sur le cours du marché en fonction du coût de production de la centrale la plus chère (gaz) décidée par Bruxelles en 2016. Conséquences, actuellement 4 réacteurs sont à l’arrêt pour des problèmes de sécurité (Chooz et Civaux) soit 10% de la production nucléaire. EDF doit faire fonctionner ses 2 centrales charbon et importer de l’électricité de Belgique, d’Allemagne et d’Espagne à environ 300€ le MWh (le 22 décembre 2021 près de 400€ le MWh), dans le même temps l’entreprise vend à ses concurrents 25% et demain 40% de sa production nucléaire !

 

 

- À cela s’ajoute un vieillissement du parc nucléaire français avec régulièrement des incidents et mise en arrêt de tranches.

Les deux tiers des réacteurs auront 40 ans de vie en 2027, soit la durée de vie pour laquelle ils ont été conçus. Le gouvernement et EDF souhaitent prolonger la durée de vie de ces réacteurs avec plus de maintenance de rénovations et le grand carénage, pour un coût estimé à environ 100 milliards d’euros. Autre problème, avec le réchauffement climatique et des étés de sécheresse, les cours d’eau sont bas, ce qui a contraint EDF à des arrêts de tranches.

 

Autre problème, les déboires de l’EPR de Flamanville. Il nous avait été vendu pour un budget de 3.4 milliards et livré pour fonctionnement en 2012. Suite à une multitude de mal façons et d’incidents, EDF vient d’annoncer un nouveau retard de démarrage pas avant fin 2023 et pour un budget actuel de 12.7 milliards[4], soit un coût multiplié par quatre. La Chine qui a mis ses deux premiers EPR en fonctionnement en 2018 et 2019, actuellement l’un est à l’arrêt pour fuite radioactive. Le sujet fait débat dans la campagne présidentielle avec des programmes de candidats pour la construction de 6/7 EPR de bords politiques très différents et d’autres sont pour une sortie progressive du nucléaire[5]. Quel que soit le président élu le sujet sera d’actualité dans le prochain quinquennat et va accentuer les fractures dans la société française.

 

 

- Voilà un descriptif qui devrait inciter à la réflexion syndicale 

Sécurité avec le vieillissement des centrales, dérèglementation qui pénalise l’entreprise techniquement et financièrement, le consommateur/client ne bénéficie plus du coût compétitif du nucléaire avec ce marché européen de l’énergie et l’ouverture à la concurrence qui devait faire baisser les tarifs, un EPR qui devient un gouffre financier et une production nucléaire financé par EDF qui est de plus en plus au service des concurrents.

 

Notes :

[1] Retraité, adhérent CGT depuis 1974, Ex-responsable CGT région Bourgogne EDF/GDF, Ex-membre du conseil d’administration de Gaz de France.

[2] Plus Jamais ça : 34 mesures pour un plan de sortie de crise

[3] En 2016, plus des deux tiers de la production mondiale d’uranium provenaient des mines de trois pays dont le Kazakhstan (39,4% de la production mondiale en 2016)

[4] EDF : le coût de Flamanville relevé de 12,4 à 12,7 milliards d'euros

[5] Comparateur de programmes

 

Pour en savoir plus :

- ÉLECTRICITÉ – Un hiver 2022/2023 sous haute tension !

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15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 11:03

 

Fin 2019, le déficit budgétaire de la France représentait 72,8 milliards d’euros, «une véritable catastrophe, un mal à éradiquer » pour de nombreuses voix. Un an et une crise sanitaire après, on annonçait que la dette représenterait au moins 220 milliards d’euros fin 2021. Les portes de l'enfer sont-elles pour autant ouvertes ?

 

- En savoir plus

L’exécutif n’a pourtant pas tardé à ressortir le spectre de la dette, prétexte idéal pour justifier ses politiques libérales : baisse des dépenses publiques, réformes « structurelles » qui sont autant d'attaques contre le monde du travail, etc. 

 

Cet ouvrage se veut un antidote à ces politiques. Pour commencer, il propose d’annuler la « dette Covid » (les sommes dépensées pour faire face aux conséquences de l’épidémie et détenues par la BCE). Et plus largement, il explique pourquoi et comment il est temps d’affirmer «  lâchez-nous la dette  », d’arrêter de brandir ce faux problème, tel un épouvantail permettant de faire passer les réformes les plus antisociales.  

 

Un exercice pédagogique et engagé d'autant plus indispensable que la question de la dette, souvent rebattue, devrait être au centre du débat économique des élections de 2022. 

 

Informations sur l’auteur :

Engagé de longue date, Éric Coquerel a cofondé avec Jean-Luc Mélenchon le Parti de gauche en 2008, puis, largement œuvré à la création du Front de gauche. Élu conseiller régional Ile-de-France en 2010, puis député France Insoumise en Seine-Saint-Denis depuis 2017, il est très présent dans les mobilisations, notamment dans les luttes des quartiers populaires et contre les discriminations racistes, il est un des députés les plus assidus de l’assemblée où il siège pour son groupe à la commission des finances..

 

-  Par : Eric Coquerel

Éditions : Les Editions de l'Atelier

Date de parution : 22 septembre 2021

Pages : 96

Disponibilité : chez l'éditeur Les Editions de l'Atelier

Format : 180 mm x 120 mm

Prix papier TTC : 9,80€

 

 

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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 18:07

 

Les trompettes de la renommée n’ont pas retenti dans l’enceinte médiatique lors de la parution du dernier livre de Jacques Généreux. Ce silence assourdissant est un bon indice de la dangerosité idéologique de cet ouvrage pour l’oligarchie en place et ses valets médiatiques.

** Jacques Généreux vient de publier en octobre 2021 aux éditions du Seuil un nouvel ouvrage intitulé : Quand la connerie économique prend le pouvoir.

 

 

- En savoir plus

Aucune crise ne semble altérer la détermination de nos dirigeants à perpétuer le monde d’avant en pire, car l’entendement des élites est durablement embrouillé par une religion néolibérale insensée inculquée à plusieurs générations d’énarques, de journalistes, de professeurs, etc.

 

Jacques Généreux approfondit ici la piste de recherche amorcée dans La Déconnomie[1]. En mobilisant la psychologie sociale et cognitive, il révèle la « banalité de la bêtise » et de sa forme entêtée, la connerie. Il montre comment celle-ci imbibe l’idéologie économique qui inspire la parole, l’arrogance et la politique de Macron, comme elle a inspiré la gauche et la droite européennes depuis trente ans. La connerie économique, c’est aussi la maladie d’une société dont toutes les sphères sont contaminées par le virus de la compétition (la politique, l’usine, le bureau, l’école, la recherche, les médias). Un virus qui stimule la bêtise et pervertit la démocratie en piège à cons.

 

 

- L’antidote existe.

C’est l’intelligence collective qui peut surgir de la délibération citoyenne. Sans installation de cette dernière au pouvoir, la meilleure des reconstructions sociales pourra toujours être anéantie par une prochaine génération d’abrutis.

 

Informations sur l’auteur :

Jacques Généreux, membre des Économistes atterrés et de l’Association française d’économie politique, enseigne l’économie à Sciences Po depuis près de quarante ans. Il a publié de nombreux best-sellers d’initiation à l’économie et des essais qui tentent de refonder l’économie et la politique sur les sciences de l’homme (La Dissociété, L’Autre Société, La Grande Régression).

 

-  Par : Jacques Généreux

Éditions : Les Editions Seuil

Date de parution : 07 Octobre 2021

Pages : 304

Disponibilité : chez l'éditeur Les Editions Seuil

Format : 20;5 cm x 15 cm 

Prix papier TTC : 19,00 €

 

Note :

[1] La Déconnomie

 

 

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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 16:53
L’histoire du libre-échange et du protectionnisme... et demain...
L’histoire du libre-échange et du protectionnisme... et demain...

...Pour aboutir à quoi : l'instauration d'un protectionnisme solidaire pour produire en France comme le propose l'Avenir en Commun[15] ?

 

La querelle entre libre-échange et protectionnisme naît pratiquement avec le capitalisme. Mais l’histoire nous montre qu’il y a eu alternance de ces deux options. Nous verrons quelles forces sociales les ont promues.

 

Sources : gauchemip.org & Durand Eric | 

- I. Naissance du concept de libre-échange

Le Lorrain, Port de mer au soleil couchant, 1639.

Jusqu’au début du XVIIIe siècle le mercantilisme a été la doctrine sur les échanges internationaux[1]. Son principe était qu’il fallait réduire au minimum les importations et accroître au maximum les exportations. Tout cela dans le but de concentrer dans le pays le maximum de métaux précieux qui étaient considérés comme étant à la base de la richesse nationale...

 

En 1760, les physiocrates Quesnay, Turgot préconisent le libre-échange. Mais son premier théoricien est Adam Smith (1723 - 1790) qui publie en 1776 recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations. Il est l’inventeur de la parabole de la main invisible, selon laquelle chaque individu, en ne suivant que ses fins propres « est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’est nullement dans ses intentions ». Contrairement à ce que disent aujourd’hui les néolibéraux, Smith n’était pas partisan du laisser-faire. Il allouait un rôle économique à l’Etat qui outre ses fonctions régaliennes devait prendre en charge les activités que les entrepreneurs ne pouvaient assumer. La première application de ses théories fut la signature du traité de commerce anglo-français de 1786. Ce traité favorisait l’exportation des vins du bordelais mais ce fut une catastrophe pour l’industrie française, moins développée que sa concurrente anglaise. Ce fut probablement une des causes de la Révolution française[2]. Le XVIIIe siècle se termina par un retour au protectionnisme à cause des espoirs déçus du traité de 1786 ainsi que de la guerre.

 

David Ricardo (1772 - 1823) est le véritable théoricien du libre-échange avec la théorie des « avantages comparatifs »[3]. Il affirme que le commerce enrichit les deux partenaires, car rapidement chacun fait ce pourquoi il est le plus doué. Pourtant, ces deux théoriciens oubliaient que l’Angleterre avait construit son industrie lainière dans les siècles précédents à l’abri de la concurrence hollandaise. Alors qu’au XVe siècle l’Angleterre exportait sa laine brute en Hollande, elle en avait ensuite fortement taxé ses exportations et avait pu construire son industrie.

 

 

- II. 1815 - 1914, ou le rôle moteur de la Grande Bretagne dans les périodes d’ouverture ou de fermeture au commerce international...

L’histoire économique du monde développé de 1815 à 1914 peut être découpée en cinq phases selon l’économiste belge Paul Bairoch (1930 - 1999) :

  • 1 - 1815-1846 : adoption graduelle de libre-échange au Royaume Uni, mais maintien du protectionnisme dans le reste de l’Occident ;

En 1815, le parlement anglais sous la pression de la noblesse terrienne vota les Corn Laws. Lors des bonnes récoltes les droits de douane étaient relevés et ils étaient abaissés lors des mauvaises. La gentry était ainsi assurée de revenus réguliers. Mais les ouvriers de l’industrie payaient cher les produits alimentaires, ce qui obligeait les industriels à leur payer des salaires relativement élevés. Avec le libre-échange, les industriels paieraient des salaires faibles, ce qui, compte tenu de la forte mécanisation rendrait leurs usines compétitives.

- Les intérêts de l’industrie, donc du libre-échange furent défendus par le Political Economy Club, fondé par David Ricardo et ses amis afin de promouvoir la nouvelle pensée économique.

- Ils profitèrent des mauvaises conditions climatiques de 1845, auxquelles s’ajouta la récolte catastrophique de pommes de terre en Irlande et le 6 juin 1846 les Corn Laws étaient abrogées[4].

  • 2 - 1846-1860 : efforts du Royaume-Uni pour étendre la politique libérale à l’Europe continentale ;

- de 1846 à 1860, l’Angleterre s’efforça de propager le libre-échange en Europe continentale.

L. Palmerston débats traité franco-britannique
  • 3 - 1860-1879 : phase libre-échangiste dans la plupart des pays européens ; mais maintien ou accentuation du protectionnisme dans les pays développés d’outre-mer ;

- 1860-1879 : phase libre-échangiste dans la plupart des pays d’Europe. En 1860, Napoléon III négocia secrètement un traité de commerce avec le Royaume-Uni (Traité Cobden-Chevalier) que la grande majorité des membres de la Chambre des députés qualifia de nouveau coup d’état[5]. Le reste de l’Europe continentale adopta le libre-échange, mais eut à subir une dépression de 1869 à 1873 qui fut plus forte que celle de 1929, en ce qui concerne le recul du PNB.

- En totale opposition avec le virage libéral de l’Europe, pratiquement tous les pays développés d’outremer renforcèrent ou adoptèrent le protectionnisme dans les années 1860-1880. Aux Etats-Unis, la guerre de Sécession (1861-1865) entre le Nord anti-esclavagiste et le Sud favorable au système esclavagiste est aussi une guerre entre le Nord protectionniste et le Sud libre-échangiste. 1879-1892, retour de l’Europe continentale au protectionnisme : l’Allemagne montre la voie avec la Realpolitik de Bismarck. La France, quant à elle, ne retourna au protectionnisme réel qu’avec le tarif dit « de Méline » de 1892[6].

  • 4 - 1879-1892 : retour de l’Europe continentale au protectionnisme ;
  • 5 - 1892-1914 : accentuation de la pression protectionniste au Royaume-Uni et renforcement du protectionnisme en Europe continentale et dans les pays de peuplement européen.

- 1892-1914 : tandis qu’au Royaume-Uni, Chamberlain militait sans succès pour le « Fair Trade » (qu’on peut traduire par commerce loyal ou équitable), opposé au « free trade », on assistait au renforcement du protectionnisme dans le reste du monde développé[7].

- Les Etats-Unis qui n’avaient pas pris part au mouvement de libre-échange, et au contraire, avaient relevé le niveau de leur protection, connurent une période de forte croissance, alors que l’Europe était en pleine dépression.

- Cette période est même une des plus prospères de l’histoire des Etats-Unis.

- En Europe continentale, il y eut reprise dès qu’une politique protectionniste fut décidée.

- D’ailleurs, au cours de la phase d’expansion économique 1889/1892 à 1913, la croissance a été de 0,9% par habitant au Royaume-Uni, resté fidèle au libre-échange tandis qu’en Europe continentale devenue protectionniste, elle était de 1,5%. Entre 1891/1893 et 1913, le volume des exportations européennes s’accrut de 3,9% par an, contre moins de 3% pendant la période de libre-échange[8].

 

 

- Conclusion sur le XIXe siècle

Trois enseignements peuvent être tirés de cette période :

  • I. Le libre-échange ne peut être efficace qu’entre pays ayant le même niveau de développement ;
  • II. les pays les moins avancés ont besoin du protectionnisme pour rattraper les plus développés. Les Etats-Unis d’Amérique furent protectionnistes de leur création à la fin de la seconde guerre mondiale, leur suprématie industrielle étant alors fermement assurée. Ulysses Grant, président des Etats-Unis de 1768 à 1876 avait anticipé cette évolution : « Pendant des siècles, l’Angleterre s’est appuyée sur la protection, l’a pratiquée jusqu’à ses plus extrêmes limites, et en a obtenu des résultats satisfaisants. Après deux siècles, elle a jugé commode d’adopter le libre-échange, car elle pense que la protection n’a plus rien à lui offrir. Eh, Messieurs, la connaissance que j’ai de notre pays me conduit à penser que dans moins de deux cents ans lorsque l’Amérique aura tiré tout ce qu’elle a à offrir, elle adoptera aussi le libre-échange[9]».

Il ne s’était pas trompé dans la prédiction, seulement sur le délai.

Le développement économique des pays s’est toujours fait à l’abri de frontières fermées, et les périodes d’ouverture, correspondent au désir des pays développées soit de s’assurer des approvisionnements de matières premières à bas coût, soit de s’assurer de débouchés au-delà de leur marché national (kicking away the ladder, théorie de « l’échelle tirée » de Friedrich List qui disait que les prêches britanniques en faveur du libre-échange faisaient penser à celui qui parvenu au sommet d’un édifice, renvoie l’échelle d’un coup de pied afin d’empêcher les autres de le rejoindre). List le promoteur du Zollverein, l’union douanière allemande dont les débuts datent de 1818, ne voyait aucune contradiction entre celui-ci, et la protection des industries naissantes, car il considérait que les états allemands avaient des niveaux de développement relativement proches[10].

  • III. A l’intérieur d’un pays, les luttes entre protectionnistes et libre-échangistes masquent des conflits de classe (en Angleterre, de 1815 à 1846 la noblesse terrienne contre la bourgeoisie industrielle, aux Etats-Unis à l’époque de la guerre de sécession, la classe colonialiste du Sud contre la bourgeoisie industrielle du Nord). La classe la plus pauvre d’un pays (les ouvriers anglais et les esclaves noirs américains) pâtit encore plus que les autres du libre-échange. Le libre-échange signifie la guerre économique et les pays qui le pratiquent cherchent à améliorer leur compétitivité en jouant sur les conditions de vie de leurs travailleurs.

 

 

Du GATT à l'OMC

- Problèmes des XXe et XXIe siècles.

Au XXe siècle, le monde connut une période de libre-échange débridé jusqu’à la crise de 1929. Devant la catastrophe, les états sortirent de la crise au moins partiellement grâce à des mesures protectionnistes. Certains économistes libre-échangistes ont accusé le protectionnisme d’avoir été la cause de la guerre, alors que le protectionnisme était seulement une réponse à la crise de 1929. Dans tous les pays industriels, le chômage avait diminué à la veille de la guerre.

 

Après la seconde guerre mondiale, il y eut une période protectionniste. Les Etats-Unis étaient devenus la principale puissance économique du monde et selon la prédiction d’Ulysses Grant, ils devinrent libre-échangistes[9]. A leur initiative, le GATT (signé le 30 octobre 1947 par 23 pays)[11] fut créé dont le but était la baisse des tarifs douaniers dans le monde. Cette entreprise mit un certain temps. La Communauté européenne à sa création pratiquait la préférence communautaire, tandis que les dragons asiatiques se développaient à l’abri de barrières douanières. En 1995, le GATT se transformait en OMC[12] et le monde entier s’est mis à l’heure du libre-échange.

 

  • Dans les pays occidentaux, le libre-échange entraîne les délocalisations vers les pays à bas salaires, dans les pays du Sud la destruction de l’agriculture locale par la concurrence des de l’agriculture mécanisée et subventionnée du Nord.

 

  • Le protectionnisme a mauvaise presse, il est accusé de protéger des activités non rentables, donc ringard. D’après certains économistes d’Attac, ce serait une réaction égoïste des pays industrialisés voulant conserver des situations acquises et empêcher le développement du tiers monde[13]. Pourtant les ouvriers occidentaux voient leurs emplois détruits par la concurrence des ouvriers du tiers monde dont les salaires sont 20 fois plus faibles pour la Chine. Ce pays ne ferait-il pas mieux de développer le niveau de vie de son peuple au lieu de se faire un avantage de ses faibles salaires ?

 

  • Des économistes comme Jacques Sapir et Maurice Lauré ont inventé la notion de protectionnisme altruiste et écologiste[14]. Pour répondre à l’accusation de xénophobie, ils proposent d’appliquer des droits de douane proportionnels à la différence des salaires du pays importateur et les salaires du pays exportateur. Ces droits de douane modulés par une taxe écologique seraient reversés au pays exportateur, afin qu’il améliore les droits sociaux de ses salariés et prenne en compte les contraintes écologique dans la production. Rappelons que le protectionnisme n’est pas l’autarcie.

 

 

---------------------------------------------------

 

 

- Pour les présidentielles de 2022 (comme pour celles de 2017) la France insoumise propose l'instauration d'un protectionnisme solidaire dans son programme l'Avenir en commun[15]

En partant du constat :

Instaurer un protectionnisme écologique et solidaire pour produire en France et assurer notre indépendance
  • des droits sociaux soumis au chantage permanent du dumping ;
  • un bilan écologique désastreux ;
  • une industrie dévastée ;
  • une agriculture désorganisée ;
  • des régions entières condamnées... 

le grand déménagement du monde doit cesser.

 

La France ne doit pas dépendre d’autres États pour ses productions essentielles : lorsqu’une crise éclate, il est déjà trop tard pour relocaliser la production. 
 

Le protectionnisme que nous souhaitons mettre en place n'est pas le même que celui prôné par l'extrême droite, nous souhaitons un protectionnisme solidaire, c'est à dire un protectionnisme écologique et social :

- Mesure clé : relocaliser d’urgence les productions essentielles à la vie de notre pays ;

 

- Pour un protectionnisme écologique, nous voulons mettre en place une taxation écologique aux frontières qui prend en compte les modes de production et de transport. Ainsi, nous taxerons les produits venant de pays éloignés et/ou étant produits avec du charbon par exemple, pour privilégier les circuits courts ;

 

- Pour un protectionnisme social, nous voulons déjà faire l’inventaire et l’évaluation des accords déjà appliqués et souhaitons interdire complètement les produits réalisés dans des conditions inacceptables, issus de l'esclavage comme au Pakistan ou en Inde, du travail d'enfants ou de pays n'ayant aucun droit syndical ;

 

- Nous souhaitons aussi arrêter immédiatement d'appliquer la directive des travailleurs détachés, en étendant les cotisations et le salaire sur le droit français. Aussi, nous voulons réaliser une taxation sociale aux frontières sur la base du droit social du pays exportateur, concernant le salaire minimum ou le droit à la retraite en l'absence d'accord entre le pays et la France ;

 

- Et aller plus loin : nous voulons réviser le Code des marchés publics pour favoriser les entreprises sociales et solidaires, écologiques et locales...

 

 

- Clémence Guetté vous présente chaque semaine une des mesures de notre programme " L'Avenir en commun " pour les élections présidentielles de 2022.

Cette semaine : Le protectionnisme solidaire ⤵️

 

Notes

[1] Mercantilisme

[2] Georges Weulersse. La physiocratie à l’aube de la Révolution, 1781 - 1792, p. 264.

[3] David Ricardo, né le 18 avril 1772 à Londres et mort le 11 septembre 1823 à Gatcombe Park, est un économiste et philosophe britannique, également agent de change et député.

[4] Paul Bairoch. Victoires et déboires. Histoire économique et sociale du monde du XVIe siècle à nos jours, t. 2, pp. 279-284.

[5] Par la clause de la nation la plus favorisée, on entend le principe que tout avantage qu’un pays accorde à n’importe quel autre pays doit être automatiquement accordé aussi au pays avec lequel on a signé une telle clause : si la France est liée à la Suisse par un traité comportant la clause de la nation la plus favorisée, et si elle réduit ses droits de douane sur le fromage hollandais, elle est tenue d’accorder les mêmes tarifs au fromage suisse (Traité Cobden-Chevalier)

[6] C’est à cette époque qu’il y eut une sophistication des tarifs. L’un dit autonome ou statutaire est un tarif établi et modifié par des lois, le second type est qualifié de conventionnel, c’est à dire qu’il peut être modifié ou établi avec d’autres pays (11 janvier 1892 : Méline fait voter la loi protectionniste du double tarif).

[7] idem, pp. 291-300.

[8] Paul, Bairoch. Mythes et paradoxes de l’histoire économique, pp. 233-234.

[9] Ulysses Grant, président des États-Unis de 1868 à 1876

[10] Ha-Joon Chang : « L’amnésie des économistes libéraux » in Manière de voir, Janvier-Février 2007, pp. 15-18.

[11] Le GATT est l'acronyme de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, conclu en 1947 et en vigueur jusqu'en 1994.

[12] Organisation mondiale du commerce

[13] Thomas Coutrot. Quelles alternatives au libre-échange ? Quelques éléments pour lancer un débat. Février 2006. par Christian Schneider

[14] Jacques Sapir : "Il faut accepter des formes de protectionnisme au sein de l'Europe"

[15] L'Avenir en commun

 

Pour en savoir plus :

Jean-Luc Mélenchon : “La lutte contre la délocalisation passe par du protectionnisme sélectif et solidaire”

- Pour en savoir plus : Le #20 des « Livrets de la France insoumise » aborde le thème du commerce et de l’industrie.

 

 

Et pour ceux qui veulent en savoir encore plus :

livret thématique produire en France
  • Le #20 des « Livrets de la France insoumise » de l'Avenir en commun version 2017 aborde le thème du commerce et de l’industrie.
  • Il a été préparé par un groupe de travail animé par Jean-Charles Hourcade, ancien directeur générale du fonds France Brevet et membre de l’Académie des technologies, et Antoine Pyra, socio-écononomiste.
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16 février 2021 2 16 /02 /février /2021 11:41
On en parle : partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits
On en parle : partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits

Où sont passés les salariés dans la répartition des richesses créées ?

Ce n'est pas le coût du travail qui est un problème mais celui du capital[4] !

Comment la baisse tendancielle du taux de profit explique le capitalisme d'aujourd'hui[5]

 

La création de richesses brutes d’une entreprise est appelée la valeur ajoutée (VA). Cette richesse créée est répartie sous trois formes : salaires pour les travailleurs, profits et dividendes pour les propriétaires du capital, et enfin l’impôt, prélevé par l’État. La lutte syndicale dans l’entreprise se cristallise autour de la question de partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail, c’est à dire autour de la répartition de la richesse créée à l’entreprise : salaire ou dividende ?

 

Sources : CGT - CGT Métallurgie - Regards.fr | mis à jour le 14/10/2022

- La part des salaires dans la Valeur ajoutée
Ces dernières années, la part du total des salaires dans le total de la valeur ajoutée, au niveau macroéconomique, a beaucoup évolué. Cette part salariale est restée stable dans les années 1960, et jusqu’à la crise du milieu des années 1970 qui la fait brusquement augmenter. Puis intervient au début des années 1980 un retournement de tendance qui conduit à une baisse régulière puis à une relative stabilisation à un niveau historiquement très bas. Le partage de la valeur ajoutée devient plus favorable au capital à partir des années 2000, cette situation s’explique par la transformation du rapport de forces entre classes sociales à cette période et la financiarisation de notre économie.


Ainsi, la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises est de 65,8 % en 2006 contre 74,2 % en 1982, soit un recul de 8,4 points. Selon la Commission européenne, la part des salaires dans l’ensemble de l’économie est passée de 66,5 % en 1982 à 57,2 % en 2006, soit une baisse de 9,3 points.

 

 

- La part des dividendes a beaucoup augmenté

Elle est passée de 4,6 % en 1998 à 9,5 % en 2013, soit un doublement en quinze ans. Cette augmentation s’est faite dans un premier temps au détriment des salariés. Entre 1998 et 2008, la baisse de la part de la rémunération des salariés (-5,9 points de pourcentage) est venue compenser l’augmentation des dividendes (+4,7 points de pourcentage).

 

Depuis la crise financière e 2008, la part des salaires dans la valeur ajoutée est remontée à 59% (+6 points). Pas parce que les salaires ont beaucoup augmenté mais parce que la valeur créée par l’entreprise était plus faible du fait de la crise, et que la part des salaires restant stable, relativement son poids a été plus élevée. Ceci s’explique clairement par les effets de la conjoncture économique : en général, lors d’une récession, les profits (- 10,2 % en 2009) baissent plus que les salaires (- 1,2 %).

 

 

- Une situation contrastée
Néanmoins, la situation n’est pas la même pour tous. Entre 1996-2006, on constate une envolée des très hauts salaires en France, les 0,1 % les mieux rémunérés avaient vu leur salaire mensuel brut progresser (inflation déduite) de 19 374 à 24 000 euros, un gain de 28 % soit 5 426 euros. Pour la plupart des 60 % des salariés les moins bien payés, le gain n’avait pas dépassé les 130 euros. Par ailleurs, entre 2009 et 2014, les dividendes ont augmenté de 58% et les grandes entreprises françaises se sont fortement financées auprès des marchés financiers, par le biais d’émissions d’actions. En conséquence, elles ont consacré jusqu’à la crise de 2008 une part croissante de leurs profits à rémunérer leurs actionnaires sous forme de dividendes ; et ce, au détriment de l’investissement et de l’emploi.


Pour l'année 2018 par exemple, les entreprises du CAC 40 ont gâté leurs actionnaires. Elles ont versé 46,8 milliards d’euros de dividendes, soit 48% de leurs résultats sur l’exercice écoulé. Ce chiffre est supérieur à celui de 2017 (45,1 milliards).

 

 

- Quelle est la tendance en Europe ?
D’après une estimation de la Confédération européenne des syndicats (CES), si la part des salaires dans le PIB de l’Union européenne était restée identique à ce qu’elle était au début des années 90, les salariés auraient gagné, en moyenne, 1764 € de plus en 2017. De fait, la part des salaires dans le PIB est en déclin dans tous les pays de l’UE depuis le milieu des années 1970. Les salaires comptaient pour 72 % du produit intérieur brut en 1975, leur part est tombée à moins de 63 % en 2017.
Le travail est à l’origine de la création des richesses. C’est un formidable atout pour l’économie française. Les salaires et les cotisations sociales sont primordiaux pour vivre, se soigner, bien vieillir.
Chaque augmentation de salaires gagnée améliore l’économie du pays et la pérennité de la sécurité sociale.

 

 

- Une autre vue qui représente les dividendes versés dans les entreprises en jours de travail de 1981 à 2012

En un seul coup d’œil, la dégradation produite par trente années de contre-réformes libérales se révèle dans sa brutalité : en 1981, les dividendes versés aux actionnaires représentaient 10 jours de travail par salarié dans les sociétés non financières, en 2012, ils en représentent 45 jours. Dit autrement, un salarié travaille 45 jours par an, soit 9 semaines, uniquement pour payer les dividendes des actionnaires[2].

 

Les modifications dans la répartition capital/travail sont observées depuis bien longtemps. Ainsi des études[3] sur la part des salaires dans la valeur ajoutée montrent une forte diminution de ceux-ci aux profits de la rémunération du capital. On sait aussi que la part des dividendes versés aux actionnaires est passée de 4% de la masse salariale en 1980 à 13% aujourd’hui (en 2012). Dans un livre très remarqué, Le capital au XXIème siècle, Thomas Piketty présente la dynamique de la répartition des revenus et des patrimoines depuis le XVIIIème siècle et démontre que le capitalisme contemporain est un capitalisme de rentiers.

 

La force du graphique produit par la CGT est sans doute de rendre cette réalité accessible à tous.

 

 

- Et les insoumis, ils en disent quoi ?
Ce n’est pas le coût du travail qui pose problème, mais le coût du capital ! 

Depuis 2009, les dividendes des actionnaires du #CAC40 ont augmenté trois fois plus vite que les salaires des employés. Ce n’est pas le coût du travail qui pose problème, mais le coût du capital[1] !

 

 

 

Le 7 mars 2018, Adrien Quatennens, député France insoumise, était l'invité de David Pujadas sur LCI. Au programme : "super riche, super profit : chance ou scandale ?"

 

- " Jour du dépassement capitaliste : à partir de ce 22 septembre 2022, vous travaillez pour... les actionnaires " titrait Marianne[6]

Comme tous les ans, le 22 septembre marque l’anniversaire de la proclamation, en 1792, de la République. Elle n’est alors pas encore « sociale », mais la Fraternité s’apprête à rejoindre l’Égalité et la Liberté dans la trinité républicaine.
Ironie du calendrier, cette année, la date coïncide avec le jour du dépassement capitaliste pour les salariés.

  • À partir de ce jour d’équinoxe, les salariés des multinationales françaises bosseront uniquement pour rémunérer les actionnaires des sociétés du CAC 40.
  • En dix ans, ils ont capté 45 jours supplémentaires... En détail ci-dessous...

 

"Jour du dépassement" capitaliste : à partir de ce 22 septembre, vous travaillez pour... les actionnaires


 

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 15:19
On en parle : annulation dette publique, inflation, échelle mobile des salaires...
On en parle : annulation dette publique, inflation, échelle mobile des salaires...
On en parle : annulation dette publique, inflation, échelle mobile des salaires...
On en parle : annulation dette publique, inflation, échelle mobile des salaires...

Coronavirus : E. Macron appelle à « annuler » les dettes des pays africains[1]...

 

...et en France, J.L. Mélenchon est le seul à vouloir abattre le mur de la dette, notamment pour financer la bifurcation écologique[5]et [5bis]...

 

ainsi, l'argument de l'impossibilité ne tient pas, Macron le proposant pour l'Afrique... !

 

 

En Préambule... (Extrait de " Pourquoi et comment annuler la dette des États européens ? "[4])

Peu de gens le savent parce qu’ils n’en entendent jamais parler. Mais la dette publique des États est moins importante que la dette privée. Cela se vérifie dans chaque pays, dans l’Union européenne et d’une façon générale dans le monde. Cette dette est évidemment la plus incertaine car les débiteurs peuvent disparaitre d’un jour sur l’autre par la faillite ou la mort. D’énormes secteurs de dettes privées sont ainsi à la merci de n’importe quel évènement privé parfois minuscule. Ce fut le cas des dettes immobilières en subprime aux États-Unis : un divorce raté de trop ruina d’un coup de longues chaînes de gens, par centaines de milliards comme par un effet de boule de neige. Idem pour la dette des étudiants qui reste une bombe à retardement aux USA.

 

Pourtant, c’est à l’État que les libéraux font leur reproche. Les arguments pleuvent. Les libéraux reprochent par exemple à la dette des États de peser sur le marché financier et de faire monter les taux pour l’emprunt et l’investissement privé. Ils lui reprochent de générer des remboursements qui créent des impôts, ce qu’ils ont en horreur. En effet ils pensent que l’argent privé doit rester dans les mains des « investisseurs » privés, plutôt qu’en impôts utilisés par l’État. Pour eux l’argent est toujours mieux utilisé et placé par le privé et plus efficacement que par le public. Pour finir, ils répandent le bruit, rabâché sur les plateaux de télé, qu’à partir d’un certain niveau, la dette publique étouffe l’économie. Par exemple on entend dire régulièrement qu’au-delà de 100% de dette par rapport à la richesse produite pendant un an (PIB) par le pays c’est la catastrophe (Mauvaise plaisanterie[3] ). Cela n’a jamais été prouvé. Mais par contre on connaît au moins un pays endetté à plus de 200 % et qui n’en est pourtant loin d’en être mort : le Japon[2].

 

 

Sources : Eric DURAND | mis à jour le 25/09/2022

- On nous dit : en 2017, Jean-Luc Mélenchon faisait le pari de l'inflation
" Les dangers de l'inflation "... c'est, en effet, quand nous débattons de " la dette " et des propositions de J.L. Melenchon en la matière, l'un des arguments que l'on nous ressort régulièrement.

 

Alors, oui, en 2017, il souhaitait que la Banque centrale européenne rachète toutes les dettes souveraines afin que les États «puissent à nouveau respirer ». Quitte à ce qu'il y ait de l'inflation ce « qui nous permettra d'une part de dévaloriser la capital dû et de permettre à tous les pays de retrouver de la respiration pour repartir de l'avant[6». Plus d'un an auparavant, en avril 2013, Jean-Luc Mélenchon avait défendu exactement la même position, dans l'émission " Des paroles et des actes sur France 2, face à l'économiste Jacques Attali ".

 

Or, la position de Jean-Luc Mélenchon risquait d'engendrer une hyperinflation (une hausse extrêmement rapide des prix) qui toucherait le pouvoir d'achat des plus modestes. Le rachat de la totalité des dettes souveraines pouvant se traduire par une inflation largement supérieure à 4 à 5 points.

 

Mais en France, face à ce risque, nous n'étions pas sans arme :

  • d'un côté nos concitoyens vivant d'allocations et autres aides, auraient bénéficié d'une revalorisation systématique ;
  • et pour les salariés,  le blocage des prix[6bis] et l'instauration ou la négociation d'une échelle mobile des salaires avec les organisations syndicales aurait permis d'y faire face

 

 

- En 2022, pour Jean-Luc Melenchon : coronavirus oblige, « Il faut annuler la dette »

Comment annuler la dette pour redémarrer l’économie : " Plutôt que de racheter aux banques privées des titres de dettes des États , la BCE les achèterait directement aux États. Elle les stockerait en dette perpétuelle à intérêt négatif[7] (c’est le cas des emprunts de long terme aujourd’hui). Les États retrouveraient leur capacité de financement pour de nouveaux emprunts et l’ancienne dette fondrait petit à petit, au fil de l’inflation dans les coffres de la Banque Centrale Européenne. Et ne serait jamais payée. Car bien sûr ces dettes ne seront jamais payées " déclare J.L. Melenchon le 15 décembre 2020[8].

 

  • Décryptage de la solution Melenchon (par Antoine Léaument pour LE BON SENS)
    • Pour faire face à la crise économique provoquée par la crise sanitaire du coronavirus, le gouvernement a décidé de creuser la dette, pour ultérieurement tenter de faire payer toute ou partie de la facture au peuple par une austérité renforcée et une baisse des dépenses publiques. Celle-ci va maintenant dépasser les... 115% du PIB selon le discours libéral (en réalité TAUX D'ENDETTEMENT de la France en 2020 : 👉 14,5 % du Pib annuel ! EXPLICATIONS 👉 [3]).
    • En tout état de cause, elle est devenue impayable, sauf à vouloir y consacrer tous les moyens de l'État pendant les cent prochaines années ce qui est impensable alors qu'il nous faut engager au plus vite la transition écologique et développer de nouveau nos services publics. C'est pourquoi Jean-Luc Mélenchon propose de l'annuler. EXPLICATIONS 👉 [9].

 

 

- Revenons à l’échelle mobile des salaires : " une revendication oubliée " selon Albert Ricchi[10]

En bref : L'échelle mobile des salaires consiste à augmenter les salaires en fonction de l'augmentation des prix afin de conserver le pouvoir d'achat des salariés face à l'inflation[11].

 

➡️ Explication...

Si ne pas être au chômage constitue une chance pour beaucoup, travailler donne de moins en moins la possibilité de vivre décemment, en particulier pour les salariés les moins qualifiés, en CDD, contrats d’intérim, CNE, travail à temps partiel subi, etc.

 

➡️ Aujourd’hui :

  • la France compte plus de 7 millions de pauvres (10 millions en 2020[12]), au sens des critères retenus par l’union européenne - 60% du revenu médian, soit environ 780 € par mois - et 2 540 000 personnes sont payées au SMIC[13] ;
  • 30 % des salariés à temps plein (hors intérim) touchent un salaire inférieur à 1,3 SMIC (moins de 1 630 € bruts par mois[13]). Moins mal lotis, mais loin d’être aisés, près de la moitié de l’ensemble des salariés, soit 8,5 millions de personnes, touchent entre 1,3 et 2 fois le SMIC (soit entre 1 630 € et 2 500 € bruts par mois)[13] ;

 

 

🔴   Depuis la suppression de l’échelle mobile des salaires au début des années 80, le niveau réel des salaires baisse régulièrement.

Un tel dispositif indexant les salaires sur l’indice des prix et visant à maintenir le pouvoir d’achat des salariés était une vieille revendication du mouvement syndical mais elle ne semble plus aujourd’hui d’actualité, ni pour les organisations syndicales, ni pour les partis politiques...

 

Chaque année, c’est à peu près le même scénario qui se produit :

  • les pouvoirs publics et le patronat proposent, dans les secteurs public et privé, un pourcentage d’augmentation des salaires inférieur à l’indice des prix ;
  • les organisations syndicales soumettant, quant à elles, un pourcentage supérieur.

 

Puis, dans un second temps, souvent après quelques manifestations ou grèves, les pouvoirs publics et le patronat, faisant mine de reculer, proposent un pourcentage d’augmentation supérieur à celui proposé initialement mais cependant toujours inférieur à l’inflation ! Ce scénario se reproduit ainsi, cahin-caha, depuis le début des années 80, alors que la protection du pouvoir d’achat des salariés devrait dépendre d’un mécanisme précis, s’appliquant de façon automatique chaque année, au même titre que l’indexation de certains avantages sociaux ou prestations familiales.

 

C’est le 13 juin 1982, sous la présidence de François Mitterrand, que la gauche a opéré un tournant historique [Jacques Delors (PS) était ministre des Finances, dans le deuxième gouvernement de Pierre Mauroy (PS)][14]. Voulant lutter contre l’inflation, le blocage des salaires et des prix fut imposé de juin à novembre. Ainsi, dans la fonction publique, l’Etat bloqua les salaires qui avaient suivi l’évolution des prix les années précédentes. Il incita ensuite les employeurs du secteur privé à faire de même, en les invitant à faire évoluer les salaires en fonction non de la hausse réelle des prix, mais du taux d’inflation " prévu " par le gouvernement.

Pour avoir accès à l'original, cliquer sur l'image
  • Les clauses d’indexation des salaires sur les prix furent une à une retirées des conventions collectives dans les années qui suivirent. Elles étaient de fait considérées comme illégales depuis une ordonnance d’Antoine Pinay en 1959, mais après mai 1968, elles réapparaissaient dans certaines conventions ;
  • Puis les lois Auroux ont réaffirmé leur interdiction dans le Code du travail, article L.141-9 : " Sont interdites, dans les conventions ou accords collectifs de travail, les clauses comportant des indexations sur le salaire minimum de croissance ou des références à ce dernier en vue de la fixation et de la révision des salaires prévus par ces conventions ou accords. " ;
  • En 1983, Jacques Delors, ministre de l’Economie et des Finances, décida de deux plans d’austérité[15] et le pouvoir d’achat des salariés commença à diminuer régulièrement, l’échelle mobile des salaires ayant été supprimée sans pour autant que le chômage diminue.
  • Enfin, la réforme des 35 heures, (mesure mise en place par le gouvernement Lionel Jospin à partir de l’année 2000 et obligatoire pour toutes les entreprises à compter du 1er janvier 2002, par deux lois votées en 1998 et 2000), a eu, de part ses modalités de mise en œuvre, contestées par la CGT pour conséquences de brider le pouvoir d'achat des milieux les plus populaires et d'entraîner une « smicardisation » de nombres de salariés (notamment dans la masse des entreprises ou ils ne sont pas syndicalement organisés, voire dans un syndicat de collaboration de classe) car la loi n'avait pas tranché cette question de la compensation salariale, renvoyant le sujet à la négociation[15bis].

 

➡️ Aujourd’hui

Outre la revalorisation annuelle du SMIC[16]), les salaires évoluent en pratique :

  • soit à l’occasion d’une négociation individuelle entre l’employeur et le salarié ;
  • soit au cours de négociations conclues entre les partenaires sociaux.

 

Lorsqu’un accord est conclu, un avenant s’ajoute à la convention collective et s’applique à tous les employeurs concernés, après parution d’un arrêté ministériel. Des accords peuvent également être prévus dans le cadre de l’entreprise. Ils se superposent alors aux conventions collectives, ce qui signifie qu’ils ne peuvent en aucun cas prévoir des salaires inférieurs à ceux déjà fixés par la convention collective.

 

Si les salaires les plus bas sont automatiquement réévalués en fonction du SMIC, ces augmentations n’entraînent pas, par contre, la réévaluation des salaires supérieurs à cette rémunération minimale. En effet, la loi interdit la réévaluation automatique des salaires en fonction du SMIC ou de tout autre indice. Cette pratique, renouvelée chaque année, tasse de plus en plus les grilles hiérarchiques vers le bas...

 

Mais la situation des salariés est aussi aggravée par un indice officiel des prix à la consommation qui ne reflète pas la réalité.

- Aujourd’hui, en vue des négociations salariales 2007, les directions d’entreprise s’appuient sur le chiffre officiel de l’inflation, environ 1,5%, pour négocier comme d’habitude a minima. En réalité, la hausse des loyers autorisée par le tout nouvel indice de référence des loyers (IRL) est de 3,19% et l’augmentation des prix des produits alimentaires se situe entre 1,7% et plus de 3,6%[13] !

- En fait, même si les prix des produits manufacturés restent maîtrisés (diminution de 0,10%), la mesure de l’inflation ne concerne que les prix à la consommation. Cet indice ne dit donc rien, par exemple, de la fiscalité, et gageons qu’entre impôts directs et indirects, la fiscalité augmentera de plus de 1,5%[13] !

- Enfin, même pour la consommation, quand un nouveau produit est mis en vente, l’augmentation de prix par rapport au produit ancien n’est pas intégré dans l’indice.

- L’indice des prix calculé par l’INSEE est d’autant plus fantaisiste qu’il n’a jamais intégré l’augmentation des prix camouflée par les « arrondis » opérés nettement à la hausse après le passage à l’euro et par un blocage ou une diminution de salaires liés au passage aux 35 heures dans la plupart des entreprises.

 

➡️  En ayant négligé le problème de la défense du pouvoir d’achat, tous les gouvernements successifs, depuis 1983, ont une lourde part de responsabilité dans les difficultés que rencontrent aujourd’hui des millions de personnes...

 

➡️   Afin d’enrayer l’érosion continue du pouvoir d’achat des salariés, il est donc urgent de réintroduire un système d’indexation des salaires à l’indice des prix, car l’inflation, même si elle est plus faible aujourd’hui que dans les années 80, touche en priorité les salariés et les couches sociales les plus fragiles.

 

 

- Echelle mobile des salaires, nous ne partons pas de rien

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Pour accéder au projet de loi législatif, cliquer sur l'image

Retrouvez le projet de Loi déposé par les députés communistes à l'Assemblée Nationale le 26 juin 2013

 

" Mesdames, Messieurs,

L’échelle mobile des salaires consiste à augmenter les salaires en fonction de l’augmentation des prix afin de conserver le pouvoir d’achat des salariés face à l’inflation.

 

Cette mesure de bon sens a été introduite en France en juillet 1952 sous la présidence de Vincent Auriol, par le Gouvernement Pinay.

 

Elle a malheureusement été supprimée en 1982 par Jacques Delors et Pierre Mauroy, qui marquait le début du tournant libéral de la rigueur et de la construction européenne.... "

 

Pour lire la suite, cliquez sur l'image 👉 

 

Notes :

[1] Coronavirus : Emmanuel Macron appelle à son tour à «annuler» les dettes des pays africains !

[2] L'endettement à 250 %, souci mineur du Japon

[3] 2020 : La dette à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise...

[4] Pourquoi et comment annuler la dette des États européens ?

[5En France, J.L. Mélenchon est le seul à vouloir abattre le mur de la dette, notamment pour financer la bifurcation écologique

[5bisComment annuler la dette pour redémarrer l’économie

[6] 2017 : Dette publique Jean-Luc Mélenchon faisait le pari de l'inflation

[6bis] Jean-Luc Mélenchon : LE BLOCAGE DES PRIX C’EST POSSIBLE TOUT DE SUITE !

[7] Coronavirus : J.L. Melenchon, transformer la dette,... en dette perpétuelle...

[8] Ce n'est pas à la jeune génération de payer la dette. Il faut mettre un terme à cette comédie ! Il faut annuler la dette publique détenue par la BCE.

[9Décryptage de la solution Melenchon (par Antoine Léaument pour LE BON SENS)

[10] L’échelle mobile des salaires : une revendication oubliée par Albert Ricchi 

[11] Échelle mobile des salaires

[12] PLUS DE 10 MILLIONS DE PAUVRES EN FRANCE EN 2020 : LES PRÉVISIONS ALARMANTES DU SECOURS CATHOLIQUE

[13] Chiffres 2007

[14] 13 juin 1982 : le blocage des prix et des salaires

[15] Tournant de la rigueur

[15bis] « Bosser moins, mais tous et mieux ! » : les 35 heures ont 20 ans

[16] Salaire minimum interprofessionnel de croissance

 

Pour en savoir plus :

- « Echelle mobile » ou « indexation » des salaires en France ? [article]

- Il faut envisager la dette de l’État comme un outil au service d’une politique d’investissement public ambitieuse, estime l’économiste Eric Berr

- Pour l’après-Covid, plus de 100 économistes demandent à la BCE d’annuler les dettes publique

- Mélenchon : " Mes solutions pour nous libérer d'un futur enchainé au remboursement sans fin de la dette "

- 150 économistes proposent comme Mélenchon l’annulation de la dette détenue par la BCE

ANNULATION DE LA DETTE ÉTUDIANTE AUX ÉTATS-UNIS : LA FIN D’UN TOTEM NÉOLIBÉRAL

- Europe : 18 ans après le « non » au TCE, l’annulation des dettes publiques, une priorité politique absolue

 

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 14:29
Vous avez dit “ islamo-gauchisme " ?... et si nous parlions de l'islamo-capitalisme !
Vous avez dit “ islamo-gauchisme " ?... et si nous parlions de l'islamo-capitalisme !
Vous avez dit “ islamo-gauchisme " ?... et si nous parlions de l'islamo-capitalisme !
Vous avez dit “ islamo-gauchisme " ?... et si nous parlions de l'islamo-capitalisme !
Vous avez dit “ islamo-gauchisme " ?... et si nous parlions de l'islamo-capitalisme !
  • Le concept d’islamo-gauchisme est « un épouvantail créé pour unir ceux et celles qui veulent stigmatiser les musulmans, s’opposer à la gauche sociale, délégitimer les sciences sociales[6] » et servir un tête à tête lREM/RN en 2022 ;
  • Alors que... la France est « complice » de la crise humanitaire au Yémen en armant les pays islamistes[1bis] ;
  • ... Et que pour le CNRS, l’« islamogauchisme » n’est pas une réalité scientifique[1ter]

 

L’assassinat de Samuel Paty, les victimes de l'attentat de Nice par des terroristes islamistes nous a tous bouleversés, profondément, intimement, dans notre chair. 

La lutte contre le terrorisme est une chose sérieuse : elle appelle à des débats sur les moyens humains et techniques du renseignement, la capacité de la police et de la Justice à remplir effectivement leurs missions, la politique étrangère et les alliances militaires de la France, etc. Elle demande aussi à une réflexion plus globale sur les manquements de notre République et le terreau qui permet aux fondamentalistes de “recruter” : la misère, la relégation, les inégalités, les discriminations, exacerbées par des décennies de politiques néolibérales. 

Mais rien de tout ça n’a été discuté. A la place, nous avons eu droit à des débats nauséabonds imposés par les droites et appuyés par les médias qui ne peuvent rester sans réponse. 

En commençant par répondre aux attaques en “ islamo-gauchisme[6] ” portées contre la France insoumise, coordonnées directement par l’Elysée et relayées par une extrême-droite qui n’en demandait pas tant. Que veut dire ce terme ? Personne ne le saura. Que reproche-t-on aux insoumis ? Personne ne nous le dira. Le but est de salir, d’insinuer un doute, pour intimider et empêcher toute critique des discours et des politiques du gouvernement (Manon Aubry, députée européenne France insoumise).

C'est pourquoi, moi, je vais vous parler de l'islamo-capitalisme, vous savez ce que c'est ? " C'est faire du business avec des monarchies réactionnaires, qui fouettent les opposants (Alexis Corbière député France insoumise) " !

 

Sources : Manon Aubry - Alexis Corbière | mis à jour le 23/12/2021

-Le point sur les échanges de la France avec les pays islamistes

  • Koweït[1] :
    • La France compte une vingtaine d’entreprises implantées au Koweït, telles que : Accor, Air Liquide, BNP Paribas, Bureau Veritas, CMA CGM, DCI, Egis, Eiffage, Engie, Ipsos, Saint-Gobain, Schneider Electric, Thalès, TechnipFMC, Veolia. Par ailleurs, plus de 50 autres entreprises françaises sont présentes au travers d’accords de franchise, parmi lesquelles Carrefour, Dior, Lactalis, L'Oréal, LVMH, Michelin, PSA, Renault.
    • En 2019, l'excédent commercial de la France avec le Koweït triple et s'établit à 312 M€, le 31ème à l'échelle mondiale, le Koweït gagnant 30 places par rapport à 2018. L'émirat koweïtien est notre 74ème partenaire commercial et demeure notre 4ème partenaire au sein de la péninsule arabique.

 

  • Qatar[2] :
    • A ce jour, plus de 120 implantations françaises sont recensées au Qatar (majoritairement des grands groupes, mais les PME/ETI se font plus nombreuses) ainsi qu’environ 80 franchises.
    • Les entreprises françaises affichent une forte présence au Qatar. Selon les données de la Banque de France, le stock d’IDE français au Qatar a été multiplié par trois depuis 2008, pour atteindre 2,7 Mds EUR en 2018 (0,2% du stock d’investissements français à l’étranger). Mesurés en flux, nos investissements directs au Qatar, négatifs en 2017 (dans un contexte de prix bas des hydrocarbures et de ralentissement économique), sont de nouveau positifs en 2018 à 1 Md EUR. Ces investissements sont principalement dirigés vers l’industrie pétro-gazière, l’industrie manufacturière et les services financiers.
    • En 2019, les échanges de biens entre la France et le Qatar ont poursuivi leur expansion et se sont élevés à 4,5 Mds EUR, en hausse de 28% par rapport à 2018. Notre solde vers le Qatar est largement excédentaire (3,2 Mds EUR en 2019), en progression de 24% par rapport à l’année 2018. Le Qatar constitue ainsi le 6ème excédent commercial de la France en 2019, devant les Emirats Arabes Unis.

 

  • Arabie saoudite[3] :
    • Délégation d’entreprises menée par MEDEF International en Arabie saoudite (27-29 janvier 2020) : l'importante délégation d’entreprises françaises menée par le MEDEF International en Arabie saoudite du 27 au 29 janvier 2020 a pu recueillir de nombreuses informations sur les opportunités qu’offre le marché saoudien, notamment liées aux grands projets, et sur la meilleure manière d’aborder ce marché. Elle a permis aussi aux sociétés participantes de nouer des contacts avec des décideurs publics et privés de haut niveau.
    • La France est toujours l'un des plus gros fournisseurs d'armes de l'Arabie Saoudite[9] [1bis].

 

  • Émirats arabes unis[4] :
    • Malgré une légère baisse des échanges bilatéraux en 2017, les EAU demeurent le deuxième partenaire commercial de la France dans le Golfe.
      Le volume des échanges commerciaux bilatéraux s’est établi à 4,5 Mds € en 2017, en repli de 3,3 % par rapport à l’exercice précédent. Ces chiffres placent la Fédération au 2ème rang de nos partenaires commerciaux au sein du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG), derrière l’Arabie Saoudite (8,6 Mds €).
    • Une présence économique forte et diversifiée[5]Les EAU accueillent le plus grand nombre d’implantations françaises au Moyen-Orient avec plus de 600 filiales employant environ de 30 000 collaborateurs (parmi lesquels près de 200 Volontaires Internationaux en Entreprise), dont la plupart relèvent de grands groupes du CAC 40 (qui implantent leur siège régional à Dubaï, notamment dans des zones franches) mais aussi de nombreuses ETI et PME. 
    • Décembre 2021, achat de 80 avions de chasse Rafale, de 12 hélicoptères Caracal et d'armements au fabriquant de missiles MBDA pour un montant total de 17 milliards d’euros, dont 14 pour les seuls Rafales selon l'Elysée [5bis].

 

  • Egypte[7] :
    • Les échanges commerciaux entre la France et l'Egypte ont atteint en 2019 leur plus haut niveau historique depuis 2012 à 3 mds€.
    • Notre excédent commercial avec l'Egypte est en forte progression (+68%) à 1,6 md€ en 2019 après une forte contraction en 2018 (937 M€).
    • Avec environ 160 filiales qui emploient directement plus de 50 000 personnes pour un chiffre d’affaires supérieur à 5 Mds €, les entreprises françaises ont su s’inscrire durablement dans le paysage économique égyptien avec une présence diversifiée :

- Construction & Industrie : Air Liquide, Vinci, Bouygues, Saint Gobain, Total, Arkema, Vicat, Lafarge-Holcim, Consolis etc…
- L’énergie : Groupe Total (Distribution, Total Eren), Engie, Voltalia, EDF EN, etc…
- Eau & Assainissement : Véolia, Suez etc…
- Les transports : Alstom, Colas Rail, ETF, Systra, Poma, Thalès, Valéo, NGE-TSO, etc…
- La production manufacturière d’équipements électriques, électroménager ou automobiles : Schneider Electric, Legrand, Nexans, Groupe Seb, Groupe Atlantic,  etc…
- L’agroalimentaire : Lactalis, Danone, Bel, Savencia, Lesaffre, Soréal, etc…
- L’industrie pharmaceutique et cosmétique : Servier, Ceva, L’Oréal, Sanofi, etc…
- Les services : Orange, Crédit Agricole, Axa, Téléperformance, ATOS, Cegedim, Gide, etc…
- La logistique : CMA-CGM, Bolloré, etc…
- La grande distribution : Carrefour, Décathlon, etc…
- Les franchises : Paul, Brioche Dorée, 5àSec, Fauchon, Yves Rocher, GoSport, Intersport etc…
- Le tourisme : Air France, Groupe Accor, etc…

  • Le principal fournisseur d’armes de l’Égypte... la France !

La France vend à l’Égypte des armes utilisées à des fins de répression interne. Après un premier rapport publié cet été par plusieurs ONG, Amnesty International accuse à son tour Paris de « bafouer le droit international »[8].

 

 

-Et pour ceux qui n'ont pas compris...

La publication d'Eric Zemmour[10] témoigne de l'hypocrisie de l'extrême droite, ça hurle à l'islamisme 24h/24 pour semer la peur, la division dans le pays, mais ça ne voit pas de problème quand on vend des armes (qui pourraient se retourner un jour contre la France) à ceux qui financent les terroristes

 

Bravo à Dassault, Thales et Safran pour la vente de 80 Rafales.

 

 

-L'islamo capitalisme, vous savez ce que c'est ?

Invité d'Audition publique ce 26 octobre 2020, le député La France insoumise Alexis Corbière a répondu aux accusations du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, selon lequel LFI serait liée à un « islamo-gauchisme ».

Notes :

[1] koweit : Relations bilatérales

[1bis] La France continue d'alimenter en armes le conflit au Yémen

[1terCNRS : L’« islamogauchisme » n’est pas une réalité scientifique

[2] Quatar : Relations bilatérales

[3] Arabie saoudite : Relations bilatérales

[4] Émirats arabes unis : Relations bilatérales

[5] La présence économique française aux Emirats arabes unis

[5bisAchat de matériel de guerre pour un montant total de 17 milliards d’euros.

[6] L’islamo-gauchisme : comment (ne) naît (pas) une idéologie

[7] Egypte : Relations bilatérales

[8] Le principal fournisseur d’armes de l’Égypte ? La France

[9La France est toujours l'un des plus gros fournisseurs d'armes de l'Arabie Saoudite

[10Zemmour/Le Pen : l'extrême droite véritable " roue de secours des puissants "

 

Pour en savoir plus :

- Exportations d'armes : Koweït, Qatar, Emirats, les trois principaux clients de la France en 2017

- Ventes d'armes : Une entente indigne entre la France et les Émirats arabes unis

La France de poursuivre ses livraisons de matériels de guerre aux principaux pays impliqués : l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

- Lafarge : financement de terrorisme et complicité de crimes

- Daech en Syrie : c’est un ancien candidat du RN qui négociait avec les terroristes pour le compte du cimentier Lafarge

- En Arabie saoudite, « la flagellation ne disparaît pas du droit »

- Haine anti-musulmans et procès en «islamo-gauchisme»: ça suffit !

- « Islamo-gauchistes » : une chasse aux sorcières médiatique

- Quand Jaurès parlait des " fanatiques de l'Islam "

- Toi qui m'appelles islamo-gauchiste, laisse-moi te dire pourquoi le lâche, c'est toi

- La France insoumise réprouve la visite d’État du maréchal Al-Sissi (Egypte) en France

- Loujain Al-Hathloul, militante des droits humains en Arabie saoudite, condamnée à cinq ans et huit mois de prison 

- Islamo-gauchisme et capitalo-fascisme

- "ISLAMOGAUCHISME" : LE PIÈGE DE L’ALT-RIGHT SE REFERME SUR LA MACRONIE

- “Islamo-gauchisme” : quand la macronie s’inspire du vocabulaire fasciste pour lancer son ultime chasse aux sorcières

- Hervé Kempf ; Islamo-gauchisme et capitalo-fascisme. Il faut cibler les causes du phénomène, à savoir ces alliances coupables et notre dépendance au pétrole qui en est le ressort

- Islamo-gauchisme ou islamo-vallsisme : Lorsque Manuel Valls était Premier ministre, la France a vendu des armes à l’Arabie saoudite.

- « L’islamo-gauchisme est une insulte qui sert à désigner tout ce qu’on n’aime pas, à condition que ce soit de gauche », Eric Fassin

- Ventes d'armes : ce que Macron veut cacher :

rapport parlementaire sur les ventes d’armes françaises

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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 09:41
2020 : La dette à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise...
2020 : La dette à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise...

STOP à l'enfumage !

👉 La dette atteindra 2 798 Mrd d'€ en 2021 soit 116,2% du PIB.
👉 Du jamais vu depuis la 2iéme guerre mondiale[
1]

...C'EST FAUX !

👉 TAUX D'ENDETTEMENT 2020 de la France 14,5 % du Pib annuel !

 

Sources : Eric DURAND | mis à jour le 25/09/2022

-Les titres provocateurs et des chiffres manipulés pour faire peur !
Les gouvernements se succèdent, la méthode reste la même.
Pour imposer des politiques de rigueur ou d'austérité, justifier la remise en cause des conquis sociaux, la casse des services publics, il faut marteler à coup d'éditoriaux, d'émissions, éminents " spécialistes " (tous issus des mêmes cercles patronaux et de la finance) à l'appui, que les français vivent au dessus de leur moyen..... et pour ça, tout est bon !

 

En deux mots, pour les défenseurs du système et autres experts, on vivrait (enfin le peuple... pas eux !) au dessus de nos moyens et il n'y aurait pas d'argent pour répondre aux attentes sociales (ex : revalorisation du RSA) !

 

 

-A présent, voyons ce qu’il en est de la dette française elle-même en août 2020
1️⃣ Tout d'abord la durée moyenne de la dette à la fin août 2020 est de : 8 ans et 6 jours[2] ;


2️⃣ On nous dit : « l’endettement public atteindra 2 798 Mrd d'€ en 2020 sur un PIB de 2 407 Mrd d'€, soit 116,2 % du PIB » ;


3️⃣ ✍️ ✍️ FAUX : car le PIB, c’est le PIB d’une année... et la dette, ça court sur plusieurs années (8 ans et 6 jours en août 2020) ;

  • L’honnêteté pour évaluer sérieusement la situation voudrait qu’on " rapporte la dette à ce qu’il faudrait payer si on devait la rembourser en fin de course ".


4️⃣ La durée moyenne d’un emprunt d’Etat étant selon l'Agence France Trésor de 8 ans et 6 jours : il convient donc de comparer le niveau d’endettement de la France au PIB du pays... pendant 8 ans et 6 jours, soit près de 19 256 Mrd d'€ ;

 

  • ✍️✍️ AINSI DONC : 2 798 Mrd d'€ de dette publique totale divisé par 2926 jours (8 ans et 6 jours) : cela fait 349,03 Mrd d'€ d’euros par an ;
  • Et une dette de 2 798 Mrd d'€ sur 8 ans ou de 349,03 Mrd d'€ par an, ça fait seulement 14,5 % du PIB de la France sur 8 ans..... ou.... 14.5 % du Pib annuel !

👉 moins que l'endettement de nombre de ménages qui parfois dépasse 30% des revenus !

 


-On est loin des 116,2 % du PIB agités pour affoler le monde et ôter toute idée revendicative aux plus pauvres qui s'enfoncent dans la misère !

  • Car il est stupide de rapporter toute la dette à la valeur d’une seule année de production. Pourquoi le fait-on ?
  • C’est d’autant plus absurde que le remboursement de la dette n’est pas exigible dans ce délai !
  • Il donc est absurde de comparer un stock pluriannuel à un flux annuel. C’est pourtant ce qui se fait à longueur de catéchismes médiatiques ;
  • Si votre banque vous demandait de rembourser tout d'un coup votre dette immobilière, vous auriez certainement un problème ?

 

- Une autre comparaison indispensable est de rapporter la dette aux avoirs du pays (Patrimoine économique national) !

Combien le pays possède-t-il ? C’est important pour savoir s’il a « les reins » solide face à la somme qu’il emprunte.

 

RAPPEL : le patrimoine économique national est composé[5] :

  • du patrimoine non financier dont :

- le capital naturel, valeur du stock des ressources renouvelables et non-renouvelables (terres agricoles, forêts, minéraux, gisements de gaz et de pétrole, ...) ;

-  les actifs produits : machines, équipements, structures, terrains urbains ;

- les ressources humaines ou la "valeur économique des individus".

  • du patrimoine financier net (solde des créances et dettes de l’ensemble des agents résidents vis-à-vis de l’étranger).

 

👉 Prenons l'année 2014 : combien le pays possédait-il ?

🔴 Montant du Patrimoine économique national en 2014 : 13 064 Mrd d'€ fin 2014[6]

... a rapporter au montant de la dette 2014 : 1 985 Mrd d'€ ([1985/13 064]*100)...

 

➡️ ➡️ Au total, la dette ne représentait en 2014 que 15,19% des avoirs de notre pays.

 

👉 Et pour 2018 : combien le pays possédait-il ?

🔴 Montant du Patrimoine économique national en 2018 : 15 482 Mrd d'€ fin 2018[3]

... a rapporter au montant de la dette 2018 : 2 315,3 Mrd d'€[4] ([2 315,3/15 482]*100)...

 

➡️ ➡️ Au total, la dette ne représentait en 2018 que 14,95% des avoirs de notre pays.

➡️ Pas de quoi engager une campagne permanente de culpabilisation du peuple si ce n'est pour tenter de le dissuader de faire valoir ses droits et exigences sociales !

 

 

-Vous n'avez pas tout compris ? Prenons l'exemple d'un citoyen lambda !
Cette personne (cas réel) achète une voiture en n'ayant pas d'autres emprunts en cours (Toyota Yaris hybride 4 portes) :

  • prix de la voiture neuve : 19 900 €
  • revenus annuels de cette personne (son PIB) : 26 400 €
  • Le taux d'endettement pour cette voiture rapporté à 1 an de revenu est de 19 900 € / 26 400 € = 75,37 %..... et là on à peur.... on n’achète pas la voiture !

    👉 Or le remboursement est effectué sur 36 mois
    ➡️ Le taux d'endettement réel pour cette voiture par rapport aux revenus est donc de :
    [revenus totaux sur 36 mois (26 400 €/12x36) = 79 200 €] / (19 900 € prix de la voiture) = 25,12 % et là on n'a plus peur.... on achète la voiture !

 

 

-Alors, ensemble, disons STOP à l'enfumage !

 

2020 : La dette à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise...
2020 : La dette à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise...
2020 : La dette à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise...

Pour en savoir plus :

- Charge de la dette pour 2020 et 2021 

- Coronavirus : J.L. Melenchon, transformer la dette,... en dette perpétuelle...

- 2014 : La dette agitée pour que le peuple ait peur : STOP à l'enfumage !

- " maturité de la dette " : Bruno Lemaire donne raison à J.L. Mélenchon

- Covid et dette publique : Retour au financement public via le Trésor

- « Comment la pandémie sert de prétexte pour relancer la spéculation financière »

- Pour la Sécurité sociale aussi, l’avenir ne peut pas être consacré au remboursement de la dette.

- Il faut envisager la dette de l’État comme un outil au service d’une politique d’investissement public ambitieuse, estime l’économiste Eric Berr

- L'économiste Thomas Porcher : « La dette a toujours été utilisée comme un épouvantail »

- CGT : La dette publique : un épouvantail bien utile

- Pour l’après-Covid, plus de 100 économistes demandent à la BCE d’annuler les dettes publiques

- Mélenchon : " Mes solutions pour nous libérer d'un futur enchainé au remboursement sans fin de la dette "

- Pourquoi et comment annuler la dette des États européens ?

- 150 économistes proposent comme Mélenchon l’annulation de la dette détenue par la BCE

- COMPARER LA DETTE AU PIB, "ÇA NE VEUT RIEN DIRE" : "Ces ratios n'ont aucun sens" - Dépenses publiques et PIB n'ont rien à voir - Un instrument idéologique

- Le montant de la dette publique a atteint des records, mais elle coûte deux fois et demie moins cher à financer qu’il y a vingt ans.

ce que nous en disions en 2014/2016

- En 2014 : 59% de la dette publique est illégitime

Comment ne pas rembourser la dette illégitime ?

- L'Avenir en commun, version 2016 : Réaliser un audit citoyen de la dette publique.

ANNULATION DE LA DETTE ÉTUDIANTE AUX ÉTATS-UNIS : LA FIN D’UN TOTEM NÉOLIBÉRAL

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 16:39
La fermeture de l’usine Bridgestone : tout sauf une surprise, fruit de l’impasse des politiques néolibérales
La fermeture de l’usine Bridgestone : tout sauf une surprise, fruit de l’impasse des politiques néolibérales

Le bal des hypocrites : Regarder les pleurer sur Bridgestone !

..., il faut reprendre le pouvoir, plutôt que de pleurer sur les conséquences du renoncement à tout pouvoir.

 

Depuis 30 ans ils regardent les usines partir. Depuis 30 ans ils laissent faire : zéro protection de l'industrie, zéro quota d'importation, zéro taxe aux frontières et aujourd'hui ils viennent faire les pleurnicheurs sur le parking de Béthune... Mais, comme le dit François Ruffin les traîtres, c'est eux !

 

Sources : Europe Solidaire Sans Frontières par GODIN Romaric, JARDINAUD Manuel | mis à jour le 04/0/2021

- La fermeture de l’usine Bridgestone : tout sauf une surprise
Le fabricant de pneus a annoncé la fermeture de son usine de Béthune avec 863 licenciements à la clé. Des politiques de tous bords s’émeuvent de cette « trahison ». Mais en contrepartie des aides publiques déversées depuis des années, (entre 2008 et 2016 620 000 d'€ d'aides régionales, en 2008, la CDA de Béthune a versé presque 1,2 million d'€ au groupe japonais, en complément du versement de 620.000 euros de la Région mentionné précédemment. A cela s'ajoute 500.000 € du FEDER (fonds européen) ainsi que 320.000 € de l'Etat. Au total, les aides publiques depuis 2008 avoisinent donc 2,6 millions d'euros et ce n'est pas tout. , 1,8 million d'€ de CICE en 2017[1] et autant en 3018[4]), rien n’était exigé de l’entreprise.

 

La fermeture annoncée, le 16 septembre, de l’usine de Bridgestone à Béthune (Pas-de-Calais) risque de priver d’emploi 863 salariés. Soit la totalité de l’effectif. Face au désastre social à venir, chacun y va de son cri d’orfraie. Et découvre une nouvelle fois les limites des politiques publiques de subventions et d’aides aux industriels.

 

 

🔴 Pour la direction du fabricant japonais de pneus, les données sont simples : le site de Béthune n’est plus adapté au marché des véhicules de tourisme.

Dans un communiqué au ton compassionnel pour les salariés concernés, elle met en cause une tendance économique mettant une pression sur les prix alors que « l’usine de Béthune est la moins performante parmi toutes les usines européennes de Bridgestone ».

 

Cette dernière phrase dit évidemment tout du dumping social en marche dans l’Union européenne (UE) où Bridgestone continue de développer ses implantations au détriment de territoires historiques comme dans le Nord.

 

Le député communiste Fabien Roussel a immédiatement dénoncé les millions d’euros investis par l’industriel en Europe de l’Est au détriment de l’usine française [2]. Selon lui, Bridgestone a dépensé 140 millions d’euros en Pologne et 190 millions d’euros en Hongrie pour moderniser sa production.

 

« Avec de l’argent de l’UE », précise l’élu. De fait, dans un exercice de vérification, le site du Figaro confirme que l’un des investissements a bénéficié d’une large subvention européenne. En Pologne, accepté en 2013, le projet « a bénéficié d’une subvention européenne à hauteur de 24 millions d’euros ». Bruxelles participe à la création de déséquilibres au sein de l’Europe en déversant une manne quand, de l’autre côté du continent, l’outil de production se meurt à petit feu.

 

La course aux subventions et aux aides diverses est devenue une spécialité de ces industriels qui bénéficient des largesses des pouvoirs publics pour maintenir l’emploi au maximum, dans des territoires souvent sinistrés. En jouant le chacun pour soi, au-delà des frontières.

 

Aujourd’hui, les politiques de tous bords s’émeuvent, de tribunes en interviews, d’une supposée trahison de Bridgestone qui n’aurait pas respecté ses engagements en contrepartie des aides publiques touchées au fil des ans. Contreparties qui, dans les faits, n’existent pas.

 

  • " L’État ne doit plus verser d’aides publiques aux grandes entreprises sans contrepartie. L’État doit exiger le remboursement des aides publiques de la part des licencieurs en série. L’État ne doit pas hésiter à envisager la nationalisation des sites industriels que les financiers désintègrent pour leurs profits ", déclare la France insoumise[3].

 

Selon plusieurs médias reprenant des sources syndicales, Bridgestone a récupéré 1,8 million d’euros en 2018 au titre du CICE. Depuis, c’est sous forme d’allégements de cotisations sociales que l’entreprise a pu bénéficier de cette forme de subvention que vient de largement étriller, quant à son efficacité, un rapport d’évaluation.

 

 

🔴 Mais comme toute société éligible, l’industriel n’avait aucune obligation en terme d’emploi.

Il avait d’ailleurs décidé de se passer des services d’une centaine d’intérimaires en 2019 sans que cela n’émeuve aucun personnel politique.

 

En outre, et cela a provoqué la colère de Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, l’équipementier a récupéré une subvention régionale de 120 000 euros en 2017 pour financer de la formation. L’ex-ministre du travail, pourtant au fait de la liberté laissée aux entreprises aidées, a eu des mots très durs : « Une fermeture complète de ce site, c’est un assassinat. Et c’est un assassinat prémédité, prévu de longue date. […] On a affaire à des menteurs. »

 

Malgré cela, et pour ne pas perdre sa crédibilité d’élu aux côtés des salariés, il a indiqué que, si le groupe est prêt à « discuter d’un projet d’investissement sur ce site », l’État et les collectivités mettront alors de l’argent sur la table.

 

  • Au risque que l’histoire se répète ?

Car c’est exactement ce qui s’est déroulé pour l’ancienne usine Whirlpool à Amiens (Somme), devenue WN, qui a été vendue en licenciant à nouveau en juillet 2019 après avoir mobilisé énergie et fonds publics pour sauver le site industriel. « Un fiasco généralisé pour ce qui devait être la reprise pérenne du site de Whirlpool », écrivait Mediapart à l’époque [5].

  • Du côté du gouvernement, même aveuglement, où l’on feint la surprise face à une telle pratique de la part de Bridgestone et où l’on ne retient pas les leçons du passé.

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État à l’industrie, et Élisabeth Borne, ministre du travail, ont été dépêchées sur place le 21 septembre. Pour Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, il s’agit d’une « trahison ». Pour le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, c’est une décision « révoltante ».

La première, au micro d’Europe 1 [6], indiquait peu après l’annonce de Bridgestone : « Je trouve incroyable que dans ce moment particulier, où il y a des moyens pour investir dans les salariés, dans de nouveaux équipements, on ne donne pas un avenir au site de Bridgestone. » Elle faisait ainsi allusion au dispositif d’activité partielle longue durée (APLD) notamment, censé être l’arme antichômage au cœur de la crise. L’entreprise a déjà bénéficié du chômage partiel, en fermant momentanément son usine pendant le confinement.

 

 

🔴 Pourtant, et quand bien même le fabricant de pneus accepterait de surseoir provisoirement à fermer son usine en recueillant de l’argent public, ses déclarations sont claires

« Il n’existe pas d’alternative qui nous permettrait de surmonter les difficultés auxquelles nous sommes confrontés en Europe. Cette étape est nécessaire pour pérenniser les activités de Bridgestone à long terme », a déclaré Laurent Dartoux, le président de Bridgestone EMIA. Façon de dire que l’avenir est bien ailleurs, en Asie par exemple[6 bis].

 

  • Le député François Ruffin (La France insoumise), qui a vu les mêmes causes produire les mêmes effets dans l’Amiénois (Goodyear, Continental, Whirlpool), a quant à lui vertement critiqué les outrances du pouvoir local et du gouvernement. « Ces politiques qui viennent jouer les pleurnicheurs […], il n’y en a pas un qui a commencé à mettre en œuvre une solution protectionniste. [...] Je considère que les traîtres, les cyniques, les menteurs, c’est le gouvernement. Ce sont les anciens ministres, les ministres qui ont ces propos-là », a-t-il dénoncé sur RMC (Voir ci dessous " Regarder les pleurer sur Bridgestone ").

 

À l’issue de la rencontre entre les ministres, la direction de Bridgestone et l’intersyndicale, un accord de méthode a été conclu afin d’expertiser des pistes alternatives à la fermeture du site. S’il échoue, l’usine éteindra définitivement ses machines avant l’été 2021.

 

 

- L’impasse des politiques néolibérales

Les mêmes qui prônent la liberté d’action pour les entreprises feignent de se lamenter de ses effets sur l’emploi. L’incapacité de lier les deux reflète l’aveuglement de cette politique de l’offre, version managériale du « ruissellement[7] ».

 

 

🔴 Derrière les larmes de crocodile et les indignations de façade, l’affaire Bridgestone révèle la faillite des politiques économiques menées depuis plus de 30 ans.

Des politiques soutenues, conçues et imaginées par les politiques qui se lamentent aujourd’hui sur le sort du site du fabricant de pneus japonais et qui pourraient se résumer en une seule phrase : faire confiance aux choix des entreprises.

 

Toute l’action publique a été fondée sur cette idée que, puisque ce sont les entreprises qui « créent des emplois », il faut leur donner les moyens de le faire, soit par des subventions directes, soit par de généreuses exonérations de cotisations sociales, soit par la baisse de la charge fiscale.

 

  • Cette vision était logique au regard de l’idéologie dominante et des méthodes qui en découlaient.

Tous les modèles macro-économiques sont « microfondés », autrement dit, ils sont la projection des comportements individuels des acteurs économiques au niveau d’une économie. Pour créer des emplois, il faudrait donc donner plus de moyens financiers d’embaucher aux entreprises. C’est, dans la vulgate politique, le fondement de la « politique de l’offre », qui consiste à penser que rendre le travail moins cher pour les employeurs les conduira à créer des emplois.

  • Cette pensée n’est donc rien d’autre qu’une forme de la théorie du « ruissellement[7] », qui s’appuie sur les entreprises.

Le calcul était le suivant : les exonérations, subventions et autres crédits d’impôts devaient retomber sur la population sous la forme d’une pluie d’emplois. Mais rien ne s’est produit comme prévu.

 

Dans un monde où la mobilité des capitaux est un totem, où la financiarisation des entreprises est généralisée, où la valeur actionnariale domine et où la production est un mal nécessaire, ces politiques, qui ne sont rien d’autre qu’une version naïve de la « main invisible » d’Adam Smith, sont vouées à l’échec. Les groupes internationaux agissent selon les « opportunités ». Ils viennent pour s’emparer de savoir-faire ou profiter de certaines « opportunités », et repartent dès qu’ils ont l’occasion d’accroître ailleurs leurs profits. Derrière le mirage de « l’attractivité » (la France a toujours été dans le trio de tête des pays les plus attractifs du monde), il y a une constante déception. Ces flux de capitaux repartent aussi vite qu’ils arrivent ; ils ne viennent pas pour assurer un développement mais pour opérer des razzias.

 

 

🔴 Jamais les promesses de ces politiques n’ont été tenues, ni le CICE, ni les exonérations de cotisations, ni les baisses d’impôts aux entreprises ni les réformes du marché du travail n’ont stoppé la dégradation de l’outil productif français.

Cette dégradation n’est pas une spécificité française, du reste. Malgré une politique fiscale et sociale ultra-agressive, le Royaume-Uni a connu le même phénomène de désindustrialisation massive depuis 40 ans.

 

  • On peut, certes, comme le font certains, prétendre que tout cela n’est pas suffisant.

Ce n’est pas assez d’avoir dépensé entre 2013 et 2019 134 milliards d’euros de CICE, d’avoir dépensé autant par an de subventions, d’avoir les taux de financement les plus bas de l’histoire, de promettre la baisse des impôts de production pour 10 milliards d’euros par an et celle de l’impôt sur les sociétés d’autant. Le tout dans un contexte où « l’optimisation fiscale » reste une pratique courante des grands groupes. On peut toujours le penser. Mais est-ce sérieux ?

  • En réalité, l’affaire Bridgestone vient appuyer à l’endroit précis de l’échec de ces politiques.

Car, enfin, voici une entreprise qui, non contente d’avoir bénéficié de toutes les aides, subventions et exonérations passées, pouvaient compter sur des promesses alléchantes : baisse des impôts sur la production et du taux d’impôt sur les sociétés, nouveau round de réforme du droit du travail, nouvelles aides directes dans le cadre du plan de relance. Mais rien n’y a fait. Les « anticipations rationnelles » de la multinationale l’ont conduite à fermer l’usine.

 

 

🔴 La vraie source de la colère des membres du gouvernement et de l’exécutif régional est donc avant tout la révélation de l’inanité de ces politiques qu’ils défendent depuis des décennies et qui sont prétendument créatrices d’emplois. 

En transférant aux entreprises seules la tâche de créer des emplois dans un contexte de mondialisation financiarisée, ils se retrouvent régulièrement les dindons de la farce. Car si les entreprises sont libres, dans leur intérêt, de créer des emplois, elles sont tout aussi bien libres d’en détruire.

 

 

🔴 Le piège se referme alors sur ces dirigeants qui touchent du doigt cette réalité que l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts des entreprises.

Lorsque l’on accepte le chantage à l’emploi comme un pilier de la politique économique, on transfère aux entreprises les principaux choix économiques et sociaux. On peut ensuite venir s’en plaindre, mais il y aurait là de quoi rire si la situation n’était pas aussi dramatique pour les salariés. Car ce sont bien les mêmes qui, par temps calme ou lors des grands discours théoriques, prétendent que l’économie, cela consiste à soutenir les entreprises.

  • N’est-ce pas Emmanuel Macron qui avait promis dans Forbes [8], le 1er mai 2018, la fin de « l’exit tax », cette taxe contre les fuites de capitaux, parce qu’elle découragerait les investissements ?
  • N’est-ce pas Jean Castex qui, lors de son discours de politique générale le 15 juillet, prétendait que « l’économie, c’est l’entreprise et l’initiative » [9] ; et que donc il fallait laisser faire ?
  • N’est-ce pas Bruno Le Maire qui refusait toute demande de contreparties aux baisses d’impôts sur la production parce que, comme il l’a dit aux Échos [10], « imposer des conditionnalités nous ferait perdre du temps pour la relance et conduirait à un échec » ?

Mais s’il n’y a pas de contreparties, c’est bien que les entreprises font toujours les bons choix. Pourquoi ensuite venir blâmer Bridgestone ? Parce que l’entreprise japonaise prouve déjà l’inefficacité du plan de relance par l’offre du gouvernement, venant démentir directement Bruno Le Maire, qui affirmait dans cette même interview que ce plan « produisait déjà ses effets » ?

 

 

🔴 Il est vrai que, parfois, ces choix ne sont pas désintéressés.

Que penser du délégué interministériel aux restructurations Marc Glita, qui a participé aux négociations avec Bridgetone et qui, soudainement, selon le site Contexte, devient conseiller [11] du patron de Plastic Omnium et de l’AFEP, l’association des grandes entreprises, Laurent Burelle, par ailleurs un des plus farouches partisans du refus de toute contrepartie au plan de relance ? Peut-on sérieusement la veille prétendre défendre les emplois contre une entreprise « voyou » et le lendemain défendre la liberté totale des entreprises d’utiliser les cadeaux fiscaux à leur guise ? Et peut-on croire à l’engagement de l’État dans ce cas pour défendre réellement les emplois menacés par sa propre politique ?

 

 

🔴 Concrètement, cette politique est un désastre.

Elle désarme la puissance publique, décrédibilise l’action syndicale et ne stoppe nullement la désindustrialisation. Il n’y a là rien d’étonnant. La désindustrialisation est un phénomène assez général en Occident, la production à faible valeur ajoutée ayant été transférée dans des pays à bas coûts. Quant au haut de gamme, l’Allemagne s’en est assuré le monopole par sa politique mercantiliste fondée sur la modération salariale. Les autres en sont réduits à des expédients : bulle immobilière, destruction de l’État-providence ou encore fuite en avant financière.

 

 

 

🔴 Pendant longtemps, on a pensé que tout cela n’était pas si grave.

C’était le discours sur la « destruction créatrice ». Sauf que, là encore, la promesse a perdu de sa superbe. En théorie, cette destruction créatrice concerne l’industrie : les emplois les moins productifs sont remplacés par des emplois plus productifs, plus nombreux grâce aux investissements. Mais le schéma n’est plus pertinent dans le capitalisme contemporain. Les gains de productivité sont minimes et le bas de gamme industriel, comme le haut de gamme, repose très largement sur une baisse relative du coût du travail. Comment en serait-il autrement ? Les investissements productifs sont coûteux et incertains, tandis que les marchés financiers et l’immobilier affichent de beaux rendements.

 

Le résultat de tout cela, c’est que les emplois créés ont été souvent d’assez mauvaise qualité : soit mal payés, soit précaires, soit fragmentés dans le temps. Les réformes du marché du travail, les subventions aux entreprises et autres baisses de cotisations sur les bas salaires ont encore aggravé le phénomène. Mais, progressivement, la numérisation et la destruction du droit du travail ont transformé pour beaucoup la tertiarisation en un cauchemar de précarité. On comprend que ces perspectives ne fassent pas rêver les ouvriers de Bridgestone et que même les hommes politiques n’osent plus défendre un tel mythe.

 

D’autant que la crise sanitaire est venue donner le coup de grâce à ce beau modèle. Les services connaissent avec les mesures sanitaires et les changements de comportement un choc négatif de productivité qui laisse présager de nouvelles pressions sur le travail. Parallèlement, les entreprises industrielles, elles, cherchent à maintenir leurs marges en accélérant les délocalisations, et ce ne sont pas les cadeaux fiscaux du gouvernement qui pourront freiner le phénomène.

 

 

🔴 Le cas Bridgestone est donc un nouveau symptôme de l’échec flagrant d’une politique économique qui transfère entièrement aux entreprises la création d’emplois et identifie leurs intérêts avec l’intérêt général.

Mais les choix micro-économiques ne sont que les conséquences des choix macro-économiques. La naïveté de la pensée du libre-échange, de la financiarisation et de la libre circulation des capitaux a produit des effets que les ouvriers de l’équipementier japonais peuvent amèrement constater, après tant d’autres. C’est bien pour cette raison que les rodomontades de politiques qui, partout, défendent le libre choix des entreprises comme créateur d’emplois ne sont pas sérieuses.

 

 

 

🔴 Le vrai enjeu, c’est bien celui du pouvoir.

Qui décide de quels emplois une société a besoin et de la manière d’assurer un niveau de vie décent à tous ? Le transfert de ces choix au seul marché, par ailleurs pas réellement libre dans les faits, tant la tendance oligopolistique du capitalisme contemporain est forte, conduit à un double effet : l’affaiblissement d’un État désarmé devenu l’idiot utile du capital et le creusement des inégalités de revenus et de conditions sociales.

 

Il semble donc urgent d’en finir avec ce « ruissellement » par les entreprises et le chantage à l’emploi. Et pour cela, il ne faut pas des hochets comme cette « charte des contreparties » proposée par Bruno Le Maire. Il faut un changement complet de logique.

 

Plutôt que de déverser des dizaines de milliards d’euros sur les entreprises, il faut assurer la création directe d’emplois dans la production et les services en rapport avec une définition démocratique des besoins, rendre l’intérêt de la délocalisation de certains sites moins attractif en renonçant à une mondialisation naïve et briser tout chantage à l’emploi par une vraie garantie de l’emploi et une assurance-chômage élargie. Bref, il faut reprendre le pouvoir, plutôt que de pleurer sur les conséquences du renoncement à tout pouvoir.

 

 

- Que faire contre les ayatollahs de la concurrence ?

Par François Ruffin, député France insoumise. Bridgestone, 5G, néonicotinoïdes, même combat ! Vous me croyez pas ? Vous allez voir : derrière tout ça, il n’y a qu’une seule et même injonction, à la concurrence. La course en avant, qui devient une course au néant.

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15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 13:10
Auteur : Benoît Borrits | 26 Juin 2020 | https://autogestion.asso.fr/virer-les-actionnaires-pourquoi-et-comment-sen-passer/

Auteur : Benoît Borrits | 26 Juin 2020 | https://autogestion.asso.fr/virer-les-actionnaires-pourquoi-et-comment-sen-passer/

Il y a urgence à mettre fin à la dictature de l'actionnariat !

 

Les gouvernements du monde entier déversent des aides massives pour les sociétés de capitaux (exonération de cotisations sociales, chômage partiel, prêts bonifiés…) au nom de la prétendue sauvegarde de l’économie et de l’emploi. Nos budgets publics sont donc massivement sollicités pour sauver le patrimoine des actionnaires sans aucune contrepartie : la reprise boursière en est le témoin le plus criant.

Cette crise sanitaire et économique ne fait que renforcer la tendance lourde à un ralentissement généralisé de la croissance mondiale qui, comme le livre Virer les actionnaires, pourquoi et comment s’en passer ? le démontre, empêche un quelconque compromis entre les classes sociales.

Pour le dire autrement, on peut vouloir une reprise du progrès social, il est urgent d’engager la transition écologique de nos sociétés mais ceci ne pourra se faire sans poser la question du départ des actionnaires et de la transformation des sociétés de capitaux en unités de production autogérées par leurs travailleur.ses et usager.ères.

Nous publions ici, avec l’aimable autorisation des Éditions Syllepse, l’introduction de ce livre écrit quelques mois avant la crise du covid-19.

 

Sources : ASSOCIATION AUTOGESTION | mis à jour le 17/09/2020

-  Le paysage politique semblait stable après la chute du mur de Berlin

Cet événement nous a été présenté comme le glas de toute alternative possible au capitalisme. S’il y avait toujours une gauche et une droite dans les pays de démocratie parlementaire, les différences entre les deux s’estompaient au point où certains théorisaient la fin de l’Histoire dans une combinaison heureuse de démocratie, de liberté et de croissance[1]. Dans les pays anciennement industrialisés, la réalité de ces trente dernières années s’est révélée bien différente. Le chômage de masse et la précarité n’ont cessé de croître. De nombreuses avancées sociales ont été remises en cause par des « réformes » successives présentées comme « inévitables ». Dans le même temps, ce système s’avère incapable de répondre aux enjeux écologiques et le réchauffement climatique nous menace à très court terme : nous assistons impuissants à la destruction méthodique de l’ensemble de nos écosystèmes.

 

 

-  La crise des subprimes de 2008 est révélatrice de l’instabilité fondamentale de ce système

Comme les salaires étaient insuffisants pour générer une demande satisfaisante pour les profits des entreprises, on a endetté des ménages à faibles revenus en leur proposant d’emprunter à taux élevés à des conditions intenables pour qu’ils deviennent propriétaires de leurs logements. C’était côté pile. Côté face, les banques ont revendu ces prêts sous forme de produits financiers à haut rendement – Collateralized Debt Obligation (CDO) – réputés sûrs du fait de l’adjonction d’un dérivé d’assurance – Credit Default Swap (CDS). Il est arrivé ce qui devait arriver : les ménages n’ont pu rembourser. Mais trop, c’est trop : les contreparties des dérivés d’assurance se sont avérées défaillantes alors que ces produits insolvables étaient dans tous les bilans des banques et des institutions financières. La banque Lehmann Brothers a fait faillite entraînant des pertes gigantesques dans tous les établissements financiers et bloquant les prêts à l’économie. Cette crise a entraîné la plus grande récession depuis 1929 et d’une certaine façon, et comme nous le verrons, le capitalisme ne sera plus jamais comme avant. Il a certes été sauvé mais les populations en ont payé le prix fort.

 

 

-  Ceci ne pouvait pas avoir d’effets sur le plan politique

Les anciennes forces dominantes – conservatrices et sociales-démocrates – vont toutes, sous des formes différentes et selon les pays, connaître des chutes de popularité sans précédent. En France, le Parti socialiste et les Républicains ne sont plus que des forces d’appoint. En Allemagne, il a été nécessaire d’établir une coalition entre les partis chrétien-démocrate et social-démocrate. L’hégémonie de ces partis est contestée par des forces dites populistes qui se présentent comme anti-système dont l’origine vient soit de l’extrême droite historique comme en France ou en Italie, soit de partis conservateurs comme en Hongrie ou aux États-Unis. En France, l’émergence d’Emmanuel Macron et de son nouveau parti En marche se présente comme le rempart contre ces courants tout en poursuivant le programme néolibéral sous couvert d’incarner la « révolution »[2]. Ceci nous rappelle étrangement un certain Matteo Renzi en Italie, venu de la démocratie chrétienne et qui intègre le Parti démocrate issu de l’ancien Parti communiste… Même jeunesse, même volonté de « réformes », même volonté de relancer l’économie du pays et de renouveler les institutions… pour décevoir et laisser la place à une improbable coalition de la Liga, issue d’un mouvement séparatiste nord-italien d’extrême droite, et du nouveau Mouvement cinq étoiles, qui a siphonné les voix de la gauche avec un discours mêlant démocratie radicale, écologie et rejet des immigrés et des syndicats.

 

 

-  Partout ce populisme progresse avec au moins un point commun : le refus de l’étranger

Aux États-Unis, c’est l’arrivée de Donald Trump à la présidence sous les couleurs du Parti républicain. Au programme, la contestation des conditions actuelles du libre-échange avec le retour de barrières protectionnistes censées recréer des emplois locaux et une chasse totalement inhumaine et sans précédent contre les immigrés, le tout sous un refus éhonté de l’évidence du réchauffement climatique. Au Royaume-Uni, il a pris la forme de la sortie de l’Union européenne à la suite d’un référendum dont les instigateurs, trop sûrs d’eux-mêmes, pensaient qu’il confirmerait le statu quo. Le pire est de penser que ce sont les couches populaires qui ont voté cette sortie, comme si elle allait résoudre leurs problèmes dans ce pays malmené par des années de thatchérisme et de blairisme. En attendant, la crise politique est à son comble et risque de réveiller des tensions historiques en Irlande. En Italie, c’est surtout l’extrême droite qui profite de cette coalition hétéroclite avec l’institutionnalisation d’un discours anti-immigrés et l’instauration d’une flat tax qui fera les choux gras des plus riches.

 

 

-  Libéralisme ou populisme ?

Tel semble désormais être l’alternative peu réjouissante qui nous est proposée. Certes, on constate ici et là l’émergence d’une troisième voie de gauche qui s’incarnerait par un renouveau social-démocrate assez net du côté des pays anglo-saxons, notamment aux États-Unis, ou par un renforcement de l’écologie politique qui s’explique, entre autres, par l’urgence de conjurer le réchauf­fement climatique. D’une façon générale, ces forces politiques ne remettent pas en cause le capitalisme : il s’agit d’introduire de la justice sociale et une reconversion écologique de l’économie par des redistributions, des législations et des incitations. Nous avons ici affaire à un paradoxe énorme. Sur ces trente dernières années, la social-démocratie a échoué dans son projet politique qui consiste à aménager le capitalisme dans un sens favorable à la classe salariée. Plus nous avançons dans le temps, plus on s’aperçoit que le capital est incapable d’accepter le moindre progrès social et plus les électeur/trices salarié·es ont assimilé la social-démocratie au consensus néolibéral au point qu’une fraction non négligeable de cet électorat s’est tournée vers l’extrême droite. Qu’est-ce qui ferait qu’aux États-Unis, un Parti démocrate conquis par son aile gauche sociale-démocrate réussirait là où leurs homologues européens ont échoué ? Comment expliquer que de nouvelles forces de gauche qui n’ont pas de programme de sortie du capitalisme, telles que Podemos en Espagne ou La France insoumise[6], réussiraient là où la social-démocratie traditionnelle a échoué ? Parce que les sociaux-démocrates ont trahi alors que ceux-ci ne faibliront pas ? La thèse de la trahison n’est guère crédible tant le renoncement a été général : les raisons de la faillite de la social-démocratie sont plus à trouver dans l’irréalisme de leurs programmes d’aménagement du capitalisme.

 

 

-  Concernant l’écologie politique, on peut tout autant s’interroger

La mise en œuvre de la reconversion écologique de l’économie impose des mesures de restrictions de certaines productions et consommations, de taxations et de redistributions à visées incitatives. Le capital n’y est jamais favorable : il rejette toute décision politique qui fixe des limites à sa valorisation. De ce point de vue, le projet actuel de l’écologie politique a ceci de commun avec celui de la social-démocratie qu’il ne remet pas en cause le capitalisme. L’écologie politique veut certes constituer un nouveau paradigme politique autour d’une écologie qui intégrerait la justice sociale. Ceci a beaucoup de sens, mais en l’état actuel de ses programmes, elle rencontrera les mêmes obstacles que la social-démocratie.

 

 

-  Dépasser le capitalisme ? Sortir du capitalisme ?

Combien de fois entend-on ces expressions au point où elles semblent parfois relever de la pure rhétorique. Pour nous,  la définition du capitalisme est simple : il s’agit d’une économie dominée par des sociétés de capitaux[2][3], à savoir des entreprises privées qui appartiennent à des personnes, physiques ou morales, extérieures à l’entreprise et qui ne les détiennent que dans le but de valoriser leur patrimoine. Il ne s’agit donc pas de l’économie marchande en tant que telle même si celle-ci, sans contrepoids politique, mène directement au capitalisme. Le capitalisme n’est pas non plus le néolibéralisme même si nous défendons que ce dernier est l’évolution naturelle et terminale du capitalisme. Sortir du capitalisme correspond donc à quelque chose de précis : évincer les actionnaires.

 

Comme nous allons le montrer dans ce livre (Virer les actionnaires, pourquoi et comment s'en passer ?), nous ne voulons pas évincer les actionnaires parce nous serions des gens au mieux radicaux, au pire méchants. Nous voulons les évincer parce que ce système est aujourd’hui incapable de nous apporter de nouveaux progrès – ce qu’il a su faire dans le passé sous la pression de luttes sociales – et de répondre à l’urgence écologique. L’objet premier de ce livre est de démontrer qu’il n’y a plus de possibilités de progrès social, de transition écologique de l’économie si nous maintenons les sociétés de capitaux.

 

 

-  Face à l’augmentation sans précédent des profits des entreprises, la tentation est grande – et facile – de penser qu’il suffirait que les entreprises gagnent un peu moins pour que tout aille mieux.

On avancera même que si les salaires étaient plus élevés, la population dépenserait plus auprès des entreprises et que cela pousserait celles-ci à investir pour répondre à cette demande nouvelle. Ceci a l’apparence d’un raisonnement infaillible d’autant que cela a fonctionné dans le passé. Pourtant cela ne marche pas à tous les coups et fonctionnera encore moins demain qu’hier. La raison ? Des changements structurels en termes de croissance et de taux d’intérêt.

 

 

- Ceci suppose de tordre le cou à une erreur fondamentale : une assimilation de la valeur de l’entreprise avec celle de son patrimoine net.

Le patrimoine net ou les fonds propres de l’entreprise – ces deux termes sont synonymes – se définit par la différence entre ce que l’entreprise possède – ses actifs – et ce qu’elle doit – ses dettes. Or une transaction sur une entreprise – qu’elle se fasse lors d’un rachat ou par l’échange quotidien de ses actions en bourse – ne se fait jamais sur la base de ses fonds propres. La valeur d’une action ou d’une entreprise est toujours déterminée, comme pour n’importe quel actif financier, par la valeur actualisée de ses revenus futurs. Pour une action, l’évaluation par le marché de ses dividendes futurs déterminera sa valeur. Autrement dit, la valeur d’une entreprise est purement spéculative : si tout le monde est convaincu que l’entreprise ne versera jamais aucun dividende dans le futur, alors cette entreprise ne vaut strictement rien, et ce, même si elle dispose d’un patrimoine net significatif. Inversement, si le marché estime que les dividendes à venir vont être fabuleux, sa valeur tend parfois vers le déraisonnable. Ceci se comprend aisément : le seul intérêt d’être propriétaire d’une entreprise est d’en recevoir des rémunérations.

 

 

- On peut trouver technique ce distinguo entre patrimoine net et valeur.

Il n’en reste pas moins que confondre les deux a des implications politiques fondamentales. Si on assimile à tort la valeur de l’entreprise à son patrimoine net, on considère alors qu’il est tout à fait acceptable pour des actionnaires que l’entreprise gagne moins : il est donc possible d’établir un compromis entre les classes. À l’inverse, si on fait ce distinguo, on comprend alors que si les profits sont moindres, ceci signifie que les perspectives de dividendes vont baisser et donc les valorisations des entreprises. Dit autrement, si l’entreprise gagne toujours de l’argent, les actionnaires, eux, vont en perdre. En soi, cela ne saurait nous émouvoir sauf que ceux-ci conservent le pouvoir et décident, par l’intermédiaire des directions qu’ils ont mises en place, du niveau de l’emploi et des investissements. Ils n’embaucheront et n’investiront que si leurs projets répondent aux critères financiers des marchés, à savoir un rendement supérieur au taux d’intérêt et à la prime de risque. Or en cas de baisse des profits, ce dernier paramètre ne pourra que bondir et raréfier les projets. Pour le dire plus crûment, les actionnaires vont pratiquer la grève des investissements… C’est ce que nous verrons dans le premier chapitre.

 

 

- Il est possible que ces notions apparaissent techniques, voire compliquées.

Ce premier chapitre et les suivants détailleront celles-ci de la façon la plus didactique qui soit. Afin de faciliter la compréhension de ces notions fondamentales, on signalera entre crochets […] des vidéos disponibles sur le site economie.org. Au nombre de treize, celles-ci sont regroupées en quatre sessions : l’entreprise, la finance, la monnaie et la macroéconomie. Il n’est pas forcément indispensable de les écouter dans la mesure où ce livre se suffit à lui-même mais celles-ci peuvent apporter un éclairage complémentaire sur un sujet donné. Ces vidéos n’ont qu’une vocation pédagogique et on pourra les écouter à son rythme si on souhaite approfondir certaines des notions évoquées dans ce livre.

 

 

- C’est dans cette confusion entre patrimoine net et valeur de l’entreprise que se trouve l’impasse de toutes les politiques sociales-démocrates et de l’écologie politique.

On veut pratiquer des politiques socialement et écologiquement nécessaires et on se heurte immédiatement au « mur d’argent » ou plus exactement au pouvoir du capital. L’actualisation des dividendes attendus qui nous donne la valeur de l’entreprise fait aussi appel à d’autres paramètres tels que le taux d’intérêt ou la croissance. La croissance mondiale se ralentit partout et, pour soutenir celle-ci, les banques centrales n’ont de cesse depuis plus de trente ans de baisser les taux d’intérêt. Depuis la récession de 2009, ceux-ci sont désormais proches de zéro, voire négatifs. Le taux d’intérêt représente la rémunération du capital sans risque. Si le taux d’intérêt est nul ou négatif, ceci signifie que le capital en tant que tel ne rémunère plus : il est alors nécessaire de prendre des risques pour obtenir une rémunération. Voilà une situation qui tranche largement avec celle qui a prévalu durant deux siècles durant lesquels la rente tournait autour de 5 %. N’est-ce pas un symptôme qui nous indique qu’il est désormais nécessaire de tourner la page du capitalisme ? En ne la tournant pas, nous nous trouvons alors face à un capitalisme de plus en plus féroce et intransigeant. Comme la valorisation du capital est purement spéculative et que les anticipations de résultats sont intégrées dans les cours, la hausse du capital ne peut donc se réaliser que par une pression accrue sur les salaires et le refus de toute hausse de la fiscalité. Le fait que le capital et les gouvernements libéraux ou populistes qui le soutiennent deviennent de plus en plus autoritaires ne saurait nous étonner dans ce contexte. Et quand bien même le capital réussirait dans ses desseins, ne serait-ce pas une victoire à la Pyrrhus ? Une pression accrue sur les salaires sape la demande adressée aux entreprises et nuit à la croissance. Et si tel n’est pas le cas, cette croissance nous mène tout droit à la catastrophe écologique. Tel est l’objet du second chapitre.

 

 

- Mais que proposent la gauche et les écologistes dans cette situation ?

La théorisation de la finance a commencé dans les années d’après-guerre pour n’être appliquée dans les entreprises que dans les années 1980 et 1990. Assez paradoxalement, celle-ci n’a pas été intégrée dans le camp progressiste qui continue de préconiser des recettes keynésiennes datant de l’entre-deux-guerres et des années 1950. Avec la chute du mur de Berlin, la gauche a mis en veilleuse sa volonté de transformation sociale en se rabattant sur des politiques qui étaient précédemment pratiquées par des conservateurs au moment où ces derniers abandonnent le keynésianisme pour lui préférer la violence du néolibéralisme. Incroyable paradoxe qui donne à la gauche son image délicieusement passéiste et ne la vaccine nullement contre quelques rares convergences très ponctuelles, néanmoins interpellantes, avec l’extrême droite. Le troisième chapitre questionnera donc le caractère progressiste du keynésianisme et l’insuffisance des politiques de redistribution.

 

 

- La critique est aisée mais l’art est difficile.

Dès lors, que substituer au capitalisme ? Le cœur du conflit entre le capital et le travail est le partage de la valeur ajoutée, à savoir ce qui est produit. Comme la valorisation du capital productif est basée sur les anticipations de dividendes, ceci signifie que si une configuration sociale et politique remet en cause ces dividendes, alors la valorisation du capital sera nulle et la question de la relève sera posée. Qui doit dès lors diriger les unités de production ? C’est ici que la pratique du Commun[4] nous est utile pour penser le dépassement du capitalisme et de la propriété productive[5] : ce sont les utilisateurs des moyens de production à savoir les travailleur·euses et les usager·ères de l’entreprise qui sont appelé·es à diriger celle-ci, à constituer un commun productif qui sera en interaction avec d’autres communs de financement des actifs et de sécurisation des revenus des salarié·es. Nous reviendrons sur ces questions dans le quatrième chapitre.

 

 

- Enfin le cinquième et dernier chapitre

Celui-ci décrira un scénario qui permet d’envisager cette transition entre le capitalisme et une société plus humaine qui permettra de garantir à toutes et tous un avenir digne dans un monde qui aura surmonté – hélas, non sans dégâts irréparables – les défis écologiques qui se posent à nous. Nous avons bien dit « permettra » car le monde que nous décrivons sera profondément démocratique et cela n’exonérera nullement la population de devoir faire les bons choix au bon moment. Mais, à l’inverse du capitalisme où l’horizon des possibles est bloqué par la nécessité d’assurer une valorisation au capital, cette société nous autorisera enfin à prendre les décisions qui s’imposent face au péril écologique. En tout état de cause, il ne s’agit que d’un scénario et comme tout scénario, il ne se déroulera jamais tel quel. Mais son objectif est de montrer qu’une transition pacifique est possible.

 

Le capitalisme a largement fait son chemin ; il est urgent d’en sortir.

 

Notes :
[1] Francis Fukuyama, La Fin de l’histoire et le dernier homme, Paris, Flammarion 2009.

[2Qu'est-ce que le «capitalisme populaire» prôné par Emmanuel Macron ?

[3Capitalisme, Libéralisme : quelles différences entre ces deux notions ?

[4] Pierre Dardot et Christian Laval, Commun : essai sur la révolution au 21e siècle, Paris, La Découverte, 2014

[5] Benoît Borrits, Au-delà de la propriété : pour une économie des communs, Paris, La Découverte, 2018.

[6] La France insoumise avec l'Avenir en commun mis à jour

 

Pour en savoir plus :

- Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

- De la nécessité de la fédération populaire

- Coronavirus : cause unique de la crise économique et financière, ou déclencheur et accélérateur d’une crise majeure du système capitaliste ?

- Barbara Stiegler : “ la crise sanitaire actuelle est le pur produit du néolibéralisme ”

- CGT : Les actionnaires ne connaissent pas la crise

Comment la baisse tendancielle du taux de profit explique le capitalisme d'aujourd'hui

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 20:32
Barbara Stiegler : “ la crise sanitaire actuelle est le pur produit du néolibéralisme ”

En cette journée de printemps Barbara Stiegler[1] est radieuse. Le succès qu’elle remporte actuellement n’enlève rien à la simplicité qui est naturellement la sienne. Avant le confinement, ses conférences faisaient déjà un carton.


Il y a deux ans, la spécialiste de Nietzsche s’installe à Bordeaux où elle enseigne depuis quinze ans, (elle y est responsable du master : soin, éthique et santé). A cette époque elle n’imagine pas à quel point la société va traverser de telles turbulences.


Et alors qu’elle découvre la capitale girondine son quotidien est confronté aux mobilisations citoyennes. Elle va s’en faire le témoin privilégié. Entretien par Marie Neuville 

 

 

Sources : france3 Aquitaine Entretien par Marie Neuville | mis à jour le 13/08/2021

-La crise sanitaire semble être le révélateur des failles du modèle néolibéral français de la santé publique. Vous l’aviez expliqué dans votre livre "Il faut s’adapter"[2]. Etait-ce prémonitoire ?

Barbara Stiegler : Je n’ai eu aucune prémonition, j’ai même pris tardivement la mesure de cette pandémie. Mais c’est vrai sur le fond, mon livre démontre l’écueil du modèle néolibéral, un choix qui entraîne l’explosion des mobilités, l’accélération des rythmes, la compétition effrénée pour les ressources, autant de facteurs qui conduisent à une destruction des systèmes, qu’ils soient sanitaires, éducatifs, sociaux ou qu’ils touchent des corps vivants et des écosystèmes.
Des crises comme celle-là vont se reproduire si on ne change pas.

 

 

-Pourquoi une telle improvisation dans la gestion de cette crise ?
Barbara Stiegler : C’est vrai que nous ne sommes pas dans un pays pauvre, nous sommes la 6e puissance économique mondiale ; les causes sont liées à une vision néolibérale de la manière de gouverner. 

 

  • La pénurie n’est pas involontaire, elle a été sciemment orchestrée par les dirigeants des entreprises pour s’adapter à la compétition mondiale. 

Le modèle néolibéral organise une société de flux basée sur des ressources rares. Une entreprise qui a des stocks perd des points.

 

Moins il y a de lits de matériels, de médicaments, de personnels, plus il y a d’agilité, d’innovation de dépassement, d’adaptation et cela est considéré comme moteur de progrès. C’est une façon de montrer que l’on est en avance au regard du monde d’avant.
Il faut être performant, moderne, autrement dit "Il faut s’adapter"  ! C’est avec cette injonction que s’est faite la gestion de l’hôpital.

 

  • Sauf qu’à flux tendu il est impossible de faire face à l’imprévu. Cette vision néolibérale est totalement contraire aux conditions de la vie et aux besoins fondamentaux des vivants. Et ce n’est pas valable que pour l’hôpital.

C’est aussi le cas dans le monde de la recherche et de l’enseignement, détruit par cette culture de l’optimisation et de l’innovation sur fond de pénurie.

 

 

-Vous dénoncez la médecine proactive, est-ce une erreur d’avoir voulu remplacer le bon vieux docteur ?
Barbara Stiegler : Dans la médecine classique, on tient compte du patient de sa plainte, de son mal. Mais cela est jugé archaïque et  dépassé. La médecine proactive, portée par les prouesses du numérique, tourne le dos à la médecine traditionnelle qui porte assistance à la personne malade.
La médecine dite " proactive " demande à l’individu de taire sa souffrance, de s’adapter, y compris dans un environnement dégradé et d’être comptable de la manière dont il optimise les risques.

 

Elle fait l’impasse sur ce qui est négatif, refuse d’avoir une vision critique sur les causes de nos pathologies.  Refusant de regarder en face la souffrance, la mort et le négatif, elle fantasme l’optimisation de la performance.

 

  • De plus cette médecine de l’innovation, focalisée sur les nouvelles technologies et le biomédical, est incapable de prévenir ce genre de crise sanitaire car elle est dépourvue de toute réflexion critique  sur les facteurs environnementaux des maladies et sur nos organisations sociales, qui sont pourtant des déterminants fondamentaux en santé publique.

 

A la lumière de ce modèle, ce virus venu d’Asie ne pouvait qu’être sous-évalué, il ne pouvait apparaître que comme une « grippette » n’ayant aucune incidence sur la puissance de notre système sanitaire.

 

Dans la vision néolibérale, la conduite des individus doit être  modelée par les recommandations des experts. Mais cette crise du coronavirus, comme la crise climatique, révèle le retard des gouvernants, dont les visions sont de plus en plus inadaptées aux réalités et dont les décisions sont de plus en plus éloignées du bon sens des populations.

 

  • C’est leur aveuglement du flux et leur phobie irrationnelle des stocks qui leur a, par exemple, fait détruire nos stocks de masques, nos contingents de lits et nos effectifs de soignants.

C’est le même aveuglement qui les conduit à supprimer des postes de chercheurs et d’enseignants capables d’avoir une vision sur le temps long, pour leur substituer une main d’œuvre précaire, fluide, adaptable.

 

Il y a en réalité beaucoup d’argent dans la santé et l’éducation mais affecté à une logique de flux, qui détruit la stabilité nécessaire réclamée par ces métiers.
Cette pression du flux conduit à installer la pénurie et la compétition partout, alors même qu’il y a une débauche de dépenses du côté du management, de l’évaluation, de la machine normative et réglementaire.

 

Dans ces métiers de santé, d’éducation et de recherche, nous passons de plus en plus de temps à l’évaluation, à l’optimisation, à la compétition et de moins en moins de temps à soigner, éduquer et faire de la recherche.  

  • C’est cela le néolibéralisme : un Etat très fort, tatillon et bureaucratique, avec, dans les entreprises des dirigeants et des managers qui donnent des caps, appliquent  des politiques intrusives, invasives, qui harcèlent.

C'est un Etat qui est dans le contrôle de tout, à la différence de l’ultra-libéralisme " trumpien " qui lui " laisse faire " et abandonne les populations aux forces sauvages du privé ou du marché. Ces deux formes de libéralisme, qui servent le marché de manière très différente, sont tout aussi dangereuses l’une que l’autre.

 

 

Barbara Stiegler : “ la crise sanitaire actuelle est le pur produit du néolibéralisme ”
Barbara Stiegler : “ la crise sanitaire actuelle est le pur produit du néolibéralisme ”
Barbara Stiegler : “ la crise sanitaire actuelle est le pur produit du néolibéralisme ”

-

Comment pouvons-nous parvenir à cette démocratie sanitaire que vous appelez de vos vœux ?
Barbara Stiegler : A l’hôpital mais pas seulement, dans tous les domaines, les premières lignes doivent reprendre la main.
Dans la santé, l’éducation, la recherche, les médias, les institutions culturelles….

  • Les politiques et managers ont transformé ces métiers qui formaient la base de nos démocraties, ils leur ont imposé des réformes permanentes, exigé de la flexibilité et de l’adaptabilité, c'est-à-dire en fait, une forme de soumission, en imposant l’idée que c’était aller dans le sens de l’histoire. 

 

Sauf que, mobilisations après mobilisations, la colère ne retombe pas, les élites continuent de se discréditer.

  • Au lieu de passer leur temps à dénoncer les fake news des réseaux sociaux et à expliquer que pouvoir rime avec savoir, les gouvernants gagneraient à reconnaître leur retard, ce décalage qui sape leur autorité.

 

C’est pourquoi les choix de santé publique, d’éducation, d’environnement doivent être l’affaire de tous et non des experts et des dirigeants.
Le néolibéralisme n’est pas seulement sur les places financières ou dans les entreprises il est en chacun de nous, dans nos minuscules façons de vivre, il est temps de retrouver notre puissance vitale et d’agir sur notre propre environnement local. 

 

  • Gilets jaunes, manifestations hospitalières, crise du corona virus, l’individu comprend qu’il n’est plus tout seul face à  son écran, face à son chef, face à sa hiérarchie et que les populations de citoyens peuvent elles aussi " s’armer " collectivement, par-delà les clivages de secteurs, de classes et de générations.

 

 

-On comptera les morts
Barbara Stiegler : J'avoue regarder le futur avec un mélange d’inquiétude et d’espérance, celui d’une philosophe qui a trouvé ici et maintenant une autre façon de respirer.
Même si elle sait que la lutte sera âpre et qu’il faudra tenir dans le temps, elle croit au réveil politique … En ce jour de printemps le ciel est clair et l’horizon dégagé. 

 

Lors des manifestations, on pouvait lire sur les banderoles des hospitaliers " vous comptez votre argent, on comptera les morts ". C’était il y a un an, aujourd’hui les soignants du terrain se disent prêts à reprendre les clés du camion.

 

Notes :

[1Barbara Stiegler

[2] « Il faut s’adapter » paru chez Gallimard en Février 2019

 

Pour en savoir plus :

- Economie. Le néo-libéralisme contaminé

- Covid-19 : Une crise globale, systémique, sans précédent

- Barbara Stiegler : « Les autorités détournent les questions sanitaires pour instaurer une société de contrôle »

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 13:31
Coronavirus : J.L. Melenchon, transformer la dette,... en dette perpétuelle...
Coronavirus : J.L. Melenchon, transformer la dette,... en dette perpétuelle...

Jean-Luc Melenchon : " Autant le dire clair : la crise sociale va être terrible ! " 


Si l’économie productive n’est pas réanimée, le choc de la récession va détruire des millions d’emplois dans le monde, désorganisant les chaînes longues d’interdépendances des capacités productives.

À conditions et méthodes capitalistes égales, la violence du choc économique va donc avoir un impact social de très grande magnitude. Ce qui s’est toujours traduit dans l’Histoire par de grosses secousses politiques. Je ne développe pas ici. Je veux attirer l’attention sur autre chose. Les observateurs sans naïveté savent que la compétition pour que la sortie de crise donne un avantage comparatif est commencée. C’est dire l’état d’esprit qui règne. La date de sortie de confinement des Allemands en est une illustration des plus criantes.

Il faut donc tenter deux opérations en même temps : retrouver du crédit en grande quantité et faire bifurquer le modèle de production pour écologiser et relocaliser les appareils de production pour réduire les bien trop longues chaînes d’interdépendance qui les constituent d’un bout à l’autre de la planète. Le contexte aura été utile si nous le faisons car il n’y a pas de meilleure préparation aux chocs qui vont suivre : celui d’autres épidémies désormais certaines, et celui du changement climatique. Sinon, souvenons nous que des deux précédentes impasses de l’économie capitaliste mondiale sont sorti deux guerres mondiales qui ont failli emporter la civilisation humaine (pour lire l'intégrale[2]) .

Ainsi, le 17 avril 2020 à l’Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon a affirmé que la dette des États ne pourrait pas être remboursée et qu’il fallait « abattre le mur de la dette ».

Il a aussi soutenu que face à une situation aussi dangereuse qui peut mener les États à la guerre ou à la banqueroute, l’Europe se dérobait. Il a dénoncé l’échec subi par notre pays sur la question des eurobonds et a expliqué que la banque centrale du Royaume-Uni prêtait directement au gouvernement britannique et que la banque centrale américaine avait carrément aboli le risque en rachetant les dettes publiques et privées.

Jean-Luc Mélenchon a infine proposé que la dette des États soit rachetée par la Banque centrale européenne pour être transformée en dette perpétuelle à intérêt nul afin que les États retrouvent leurs capacités de financement et préparent la transition écologique[1].

 

Source : Eric Durand | mis à jour le 25/09/2022

-

Commençons déjà par dresser l'état des lieux de la dette en 2020

Car aujourd'hui, elle est à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise... alors que Le ministre du Budget a annoncé l'installation d'un groupe de travail chargé de réfléchir au redressement, à terme, des finances publiques françaises, c'est à dire au retour de l'austérité[6] :

  • On nous dit en effet : la dette atteindra 2 798 Mrd d'€ en 2021 soit 116,2% du PIB. Du jamais vu depuis la 2iéme guerre mondiale[4]
  • C'EST FAUX !... TAUX D'ENDETTEMENT 2020 de la France 14,5 % du Pib annuel[5] !

 

 

-La dette perpétuelle, une vieille idée qui a déjà fait ses preuves

Le principal avantage d’une obligation perpétuelle est de ne pas avoir à rembourser le capital de la dette vu qu’il n’y a pas d’échéance, mais seulement à verser des intérêts calculés sur le capital (dans le cadre de la proposition de J.L. Melenchon à intérêt nul) et ce, théoriquement de façon illimitée.

  • L’idée d’une dette perpétuelle est loin d’être nouvelle.

En plus d’être un spécialiste des obligations à très long terme (50 voire 100 ans), le Royaume-Uni a déjà émis, à plusieurs reprises, des obligations perpétuelles. Certains titres de dette datant du 18ème siècle sont ainsi toujours actifs mais l’inflation a depuis rendu leur remboursement quasi-insignifiant. Lors de la première guerre mondiale, le gouvernement britannique a aussi émis le « War Loan », qui reste la plus importante dette perpétuelle du Royaume aujourd’hui, estimée à 2,5 milliards d’euros. Mais plus pour longtemps, puisque le Trésor britannique a décidé de racheter le 9 mars prochain l’intégralité de cette dette, qui versait 5 puis 3,5% d’intérêt par an. La majorité des 120,000 détenteurs en détiennent toutefois pour moins de 1.000 livres. Le gouvernement britannique veut en effet profiter des taux extrêmement bas à l’heure actuelle pour racheter ses vieilles dettes et n’exclut pas d’émettre de nouvelles obligations perpétuelles, qui deviennent encore plus intéressantes dans ces conditions.

  • La France n’est pas non plus une débutante dans le domaine.

Le premier véritable emprunt public émis en 1535 sous François 1er était une dette perpétuelle, alors appelée « rente ». En 1825, l’Etat français a émis une obligation perpétuelle de 3% qui a couru jusqu’en 1987, date à laquelle ces titres de dette, mis en Bourse, ont tous été rachetés par le Trésor. De la même manière, une dette perpétuelle émise à la Libération a été définitivement rachetée à la fin des années 80.

 

Samedi 18 avril à l'occasion de la première manif numérique en ligne Jean-Luc Mélenchon expliquait que la dette des États doit être rachetée par la Banque centrale européenne pour être transformée en dette perpétuelle à intérêt nul.

 

 

-Jean-Luc Melenchon : coronavirus, « Il faut annuler la dette »

Comment annuler la dette pour redémarrer l’économie : " Plutôt que de racheter aux banques privées des titres de dettes des États , la BCE les achèterait directement aux États. Elle les stockerait en dette perpétuelle à intérêt négatif (c’est le cas des emprunts de long terme aujourd’hui). Les États retrouveraient leur capacité de financement pour de nouveaux emprunts et l’ancienne dette fondrait petit à petit, au fil de l’inflation dans les coffres de la Banque Centrale Européenne. Et ne serait jamais payée. Car bien sûr ces dettes ne seront jamais payées " déclare J.L. Melenchon le 11 avril.

 

-Décryptage de la solution Melenchon (par LE BON SENS - Antoine Léaument)

Pour faire face à la crise économique provoquée par la crise sanitaire du coronavirus, le gouvernement a décidé de creuser la dette. Celle-ci va maintenant dépasser les... 115% du PIB. Elle est devenue impayable, sauf à vouloir y consacrer tous les moyens de l'État pendant les cent prochaines années. Impensable alors qu'il nous faut engager au plus vite la transition écologique et développer de nouveau nos services publics. C'est pourquoi Jean-Luc Mélenchon propose de l'annuler.

 

Dans cette vidéo, j'explique pourquoi la dette est d'abord un outil politique utilisé par les libéraux pour détruire les services publics et les remplacer petit à petit par le privé. Je montre aussi comment ils l'utilisent pour faire toujours plus de cadeaux fiscaux aux plus riches alors qu'il faudrait au contraire les imposer davantage. 

 

Je parle également de la politique dite de « quantitative easing » mise en place par la BCE pour racheter aux banques privées une partie de leurs titres de dettes, y compris des dettes d'État. Je présente enfin la proposition de Jean-Luc Mélenchon d'une annulation de la dette des États qui passerait en sa transformation en une dette perpétuelle à taux nul. Une proposition de bon sens désormais partagée même par des libéraux comme Alain Minc. 

Notes :

[1Coronavirus : le mur de la dette doit tomber !

[2] Pourquoi et comment annuler la dette des États européens ?

[4] Covid-19 : la France et le piège de la dette

[52020 : La dette à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise...

[6] Le ministre du Budget a annoncé l'installation d'un groupe de travail chargé de réfléchir au redressement, à terme, des finances publiques françaises, c'est à dire au retour de l'austérité

 

Pour en savoir encore plus :

Quand on parle de rapport dette/PIB (produit intérieur brut) de quoi parle-t-on ?

- En 2014 : La dette agitée pour que le peuple ait peur : STOP à l'enfumage ! Le principe de calcul de la dette par rapport au PIB est toujours d'actualité

- " maturité de la dette " : Bruno Lemaire donne raison à J.L. Mélenchon

- 2020 : La dette à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise...

- Coronavirus : cause unique de la crise économique et financière, ou déclencheur et accélérateur d’une crise majeure du système capitaliste ?

- Comment annuler la dette pour redémarrer l’économie ?

- J.l. melenchon : En Europe, le mur de la dette doit tomber »

- Excellente tribune qui démontre qu'il n'y a pas obstacle juridique à l'annulation des dettes publiques par la BCE.

- Annuler les dettes ? Un choix politique, pas magique

- 2020 : Emmanuel Macron appelle à son tour à «annuler» les dettes des pays africains ,.... elle est seulement suspendue 

- Pour la Sécurité sociale aussi, l’avenir ne peut pas être consacré au remboursement de la dette.

- Pour l’après-Covid, plus de 100 économistes demandent à la BCE d’annuler les dettes publique

- Pourquoi et comment annuler la dette des États européens ?

- Mélenchon : " Mes solutions pour nous libérer d'un futur enchainé au remboursement sans fin de la dette "

ANNULATION DE LA DETTE ÉTUDIANTE AUX ÉTATS-UNIS : LA FIN D’UN TOTEM NÉOLIBÉRAL

- Europe : 18 ans après le « non » au TCE, l’annulation des dettes publiques, une priorité politique absolue

 

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