Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 08:15
Grèce, France, Europe : l'austérité tue, la démocratie meurt.

RÉSISTONS! MANIFESTATION À PARIS 15 H

SAMEDI 20 JUIN - rendez-vous STALINGRAD

 

Sources :  Avec les Grecs le 12 juin 2015

En Grèce et dans de nombreux pays européens, les puissances de l’austérité bafouent les droits fondamentaux des populations et la démocratie pour protéger les intérêts financiers. Elles érigent des murs aux frontières et provoquent ainsi de terribles catastrophes humaines. Aujourd’hui, les institutions européennes et gouvernements tentent de faire plier la Grèce, d’étouffer les voix qui proposent une autre Europe, celle de la dignité, de la solidarité, de la justice sociale.

 

Du 20 au 27 juin se tiendra une grande semaine de mobilisation européenne. Ensemble, à Rome, à Berlin, à Londres, à Athènes, à Madrid, à Bruxelles, à Paris et dans de nombreuses autres villes, nous répondrons à l’appel des mouvements grecs « Unis contre l’austérité et l’injustice sociale ».

 

 

- A l’appel du mouvement social grec :

« Le peuple grec en votant en faveur d’un gouvernement de gauche pour les soutenir, a décidé de briser le consensus néolibéral. La solidarité et le soutien populaire massif permettront d’atteindre le meilleur résultat dans l’affrontement entre notre camp et l’élite politique et économique européenne. Luttons pour une Europe de la dignité et de la solidarité et contre une Europe de profit, une Europe forteresse. Nous appelons toutes les forces sociales et politiques à  participer à la semaine de solidarité et à construire des coalitions nationales puissantes pour soutenir la lutte européenne contre l’austérité. »

 

En France, un appel à mobilisation a été lancé par des personnalités, organisations associatives, syndicales, politiques, sous forme d’une pétition ayant rassemblé plus de 20 000 signatures « La Grèce, une chance pour l’Europe ».

 

 

- La Grèce, une chance pour l’Europe :

« Nous demandons instamment à François Hollande de s’opposer à l’étranglement financier de la Grèce, ce double déni de démocratie par lequel il renie ses engagements devant les Français et nie le droit des Grecs à décider de leur destin. Nous appelons nos députés, élus de juin 2012, à se rappeler pourquoi et pour quoi ils ont été élus. Nous participerons aux actions conjointes organisées à la mi-juin à l’initiative des mouvements sociaux européens, à partir de nos villages et quartiers, de nos lieux de travail et d’étude, pour dire ensemble: nous sommes avec les Grecs pour la dignité et la justice, pour une autre Europe, »

 

Des actions, débats, rassemblements se tiendront partout en France. Nous vous invitons à prendre part à leur organisation, voire à en initier dans vos quartiers, villes ou villages.

 

A Paris, une manifestation aura lieu samedi 20 juin. Départ 15h  de Stalingrad pour la place de la République où se tiendront ensuite des assemblées citoyennes et un rassemblement festif.

 

Mobilisons-nous pour arrêter le massacre des droits et de la démocratie. Et pour dire aux institutions et dirigeants européens : non, vous ne nous représentez pas, votre Europe n’est pas la nôtre !

 

 

- Collectif Avec les Grecs    

ALG : ATTAC, Bloco des Esquerda France, CADTM, Collectif Roosevelt, Compagnie Erinna / Grèce Résistante, Club des socialistes affligés, Economistes Atterrés, EELV, Ensemble, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Grèce-France Résistance, GU, Jeunes écologistes, Les Amis du Monde diplomatique, Les effronté-e-s, Nouvelle Donne, NPA, PCF, PCOF, PG, Marches européennes, Mémoire des luttes, République et socialisme, Solidarité France-Grèce Santé, Syriza Paris, Transform!

 

 

-  CAC  Collectif pour un audit citoyen de la dette publique

Assos et collectifs : AC!, Act up-Paris, Aitec, Amis de la Terre, Attac, CADTM, CEDETIM-IPAM, Collectif National des Droits des Femmes, Collectif Richesse, Coopérative DHR, Économistes Atterrés, Fondation Copernic, Utopia, LDH, Marches Européennes, Marche Mondiale des Femmes France, RECit, Réseau Éducation Populaire.

 

Diapositive1

 

- Syndicats :

Confédération CGT, Fédération des Finances CGT, Fédération syndicale unitaire (FSU), Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, Sud Banque populaire – Caisse d’épargne (Sud BPCE), Union syndicale Solidaires.

 

 

- En soutien :

Alternatifs, Europe Ecologie Les Verts (EELV), Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Mouvement politique d’éducation populaire (MPEP), Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Nouvelle Donne, Parti de Gauche (PG), Parti Communiste Français (PCF), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti pour la Décroissance.

 

Nous arrivons au point culminant de cette séquence politique et nous devons réussir cette semaine d’action européenne, et notamment la Manifestation du 20 juin à Paris. C’est l’occasion d’élargir la mobilisation, d’engager toutes nos forces militantes et de toucher un public plus large.
 

- Il importe donc de diffuser très largement le tract ci dessous, par mail et en

version papier sur les lieux de diff prévues par vos organisations d’ici le 20 juin. - Au-delà, merci d’organiser la présence militante et citoyenne la plus large pour les évènements de cette semaine du 20 juin. 

 

 

 

 

 
 

- Vous trouverez ci-dessous les deux versions du tract pour la semaine européenne de soutien à la Grèce du 20 au 26 prochain. 

  • Le premier ICI  est destiné à la région parisienne et annonce la Manifestation du Samedi 20 juin à Paris. Le parcours est confirmé : départ Place Stalingrad à 15h vers la Place de la République.
  • Le deuxième ICI est destiné aux autres villes et régions : il est possible de le remplir avec le lieu et l’horaire de l’événement qui y sera prévu entre le 20 et le 26. 

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Grèce : le coup d’État ne sera pas télévisé

- Trois paires de claques : la Grèce en route vers la sécession

- Grèce : Une commission d’audit recommande la suspension du remboursement de la dette grecque

- Parti de Gauche : A Berlin, Bruxelles et Paris… Les austéritaires contre la démocratie

Partager cet article
Repost0
29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 08:05
« Détruire le droit du travail n’a jamais créé d’emplois! »

Spécialiste de droit social, Pascal Lokiec[1] a récemment publié « Il faut sauver le droit du travail!». Affirmant qu’« il faut adapter le travail à l’homme, non plus l’homme au travail, et donc accorder au droit du travail la place centrale qui doit être la sienne dans nos sociétés modernes », il y explique les enjeux qui sous-tendent le processus actuel et les dangers que celui-ci recèle. Il en livre ici les principaux aspects.

 

Sources :  l'Humanité par : Pascal Lokiec

Trop volumineux, excessivement complexe, entrave à l’emploi, frein à la compétitivité des entreprises et à la croissance ... Le Code du travail croule sous les griefs qui émanent, traditionnellement, du MEDEF, mais aussi de l’actuel gouvernement qui lui a emboîté le pas. Celui-ci, entre louvoiements et coups de sonde, poursuit son offensive législative contre le droit du travail sous prétexte de « simplification».

 

 

- Tirer sur le Code du travail est devenu un sport national.

Quand ce n’est pas l’obésité du code, ce sont ses règles fondamentales qui sont mises en accusation: le SMIC, le licenciement, les 35 heures, la représentation du personnel, le repos dominical, etc. Et souvent de façon caricaturale, comme l’illustre le cas de ce boulanger des Landes dont les soutiens feignent d’ignorer que l’obligation de fermeture hebdomadaire ne vise pas à protéger les salariés mais à égaliser les conditions de la concurrence entre les petites boulangeries et celles, comme la sienne (22 salariés), qui ont suffisamment de personnel pour tourner 7 jours sur 7. Une fois de plus, le droit du travail a bon dos!
 
 

- Le prétexte de La simplification

Le procès du droit du travail est parti d’un débat, souvent excessif, sur la complexité du Code du travail et la nécessité de simplifier un certain nombre de règles, en particulier pour les patrons de TPE dépourvus de compétences juridiques en interne: fiches de paie, modalités de calcul des seuils ... Le débat a toutefois rapidement dérapé vers une remise en cause des protections. Il suffit d’examiner les réponses préconisées au nom de la simplification pour comprendre que l’enjeu est ailleurs.Qui peut croire qu’en déléguant l’essentiel de la réglementation à des accords collectifs et en élaborant des règles différentes d’une entreprise à l’autre, on va simplifier quoi que ce soit ? De la même manière, le projet de loi Rebsamen, qui aboutira, dans nombre d’entreprises, à fondre le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) dans une instance unique de représentation du personnel, va bien au-delà de la simplification lorsqu’on sait l’importance des questions de santé et sécurité au travail.
 
 
Qui peut croire qu’en privilégiant les accords d’entreprise plutôt que la loi, on va simplifier quoi que ce soit ?

 

 
 
 

- La protection, ennemie de L’emploi ?

La logique qui sous-tend l’essentiel des projets de réforme actuels est aujourd’hui pleinement assumée: la protection de ceux qui ont un emploi serait nuisible à ceux qui n’en ont pas. Cette équation, qui n’a jamais pu être vérifiée, est pourtant d’une fragilité évidente. C’est la situation économique qui commande l’emploi, pas le droit du travail! Le droit français a d’ailleurs fait une large place à la flexibilité depuis 10 ans, y compris dans la dernière loi de sécurisation de l’emploi. Avec un impact nul sur le taux de chômage et une inquiétante augmentation des risques psychosociaux (stress, burn-out, suicide, etc.).
 
Ajoutons qu’on a tout à perdre à rogner sur les protections si l’on considère que c’est sur la qualité des produits et services, non sur les prix, que la France possède un avantage compétitif. À moins de nier tout lien entre bien-être des salariés et productivité!
 
 

- Contre Le dumping social, des règles communes

On aurait surtout tort d’occulter une donnée fondamentale: la protection des salariés est l’envers de la subordination sur la base de laquelle fonctionne notre société capitaliste. Contrairement aux contrats ordinaires (contrat de vente, de bail, etc .), le contrat de travail fait du salarié un subordonné, soumis aux ordres et directives de l’employeur, à son pouvoir de contrôle (possibilité de lire les mails et SMS, par exemple) et de sanction.
 
La subordination a deux conséquences majeures qui expliquent l’essentiel du besoin de protection.
 
Premièrement, la volonté du salarié est affaiblie, surtout lorsque la subordination est couplée à une situation de dépendance économique, c’est-à-dire lorsque le salarié a besoin de son emploi pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Il est bien évident que le fait qu’il soit volontaire pour travailler le dimanche ou pour être à temps partiel en dessous de la limite légale des 24 heures ne suffit pas. Il faut des garde-fous, à commencer par ce qu’on appelle l’ordre public social. C’est l’idée que la loi définit un certain nombre de droits et obligations auxquels nul ne peut déroger en défaveur des salariés, fût-ce par accord individuel ou collectif. Dans un État de droit, la loi est et doit rester le principal instrument de protection des parties faibles. Elle l’est pourtant de moins en moins, avec le poids sans cesse plus important accordé aux accords collectifs d’entreprise. On ne peut se satisfaire du constat qu’en vertu du projet de loi Macron les contreparties financières au repos dominical pourront varier d’une entreprise à l’autre, avec le risque de voir se développer la concurrence par les coûts sociaux.
 
Ne faut-il pas, au contraire, soumettre les entreprises à des règles sociales communes afin d’éviter un dumping social qui ne dit pas son nom ?
 
Deuxièmement, le salarié n’est pas un autoentrepreneur ou un soustraitant, sur qui pèsent les risques économiques. Les salaires ne sauraient fluctuer, sauf à la marge, au gré de la situation financière de l’entreprise, de même que le contrat de travail ne doit pas pouvoir être rompu du seul fait de la perte d’un marché, comme le prévoit pourtant le projet du MEDEF d’un « contrat de travail sécurisé». C’est pourquoi l’idée d’accords de maintien de l’emploi offensifs, c’est-àdire d’accords permettant d’augmenter le temps de travail sans majoration salariale en cas de grosses commandes ou de lancement de nouveaux produits, est tout simplement contraire au pacte qui fonde la relation de travail.
 
La protection des salariés est l’envers de la subordination sur la base de laquelle fonctionne notre société capitaliste.
 
 
 

- Une conception dégradée de la règle de droit

Pour répondre efficacement aux accusations contre le droit du travail, il faut surtout changer de raisonnement et cesser de ne juger la règle de droit que sur ses effets (sur l’emploi, sur l’économie, etc.).
 
D’abord, l’évaluation des effets d’une règle de droit est une opération délicate, souvent vouée à l’échec. Si l’inversion de la courbe du chômage se produit en 2016, qui pourra se targuer qu’elle est due aux réformes en cours, non à une conjoncture très favorable en raison de la baisse conjuguée de l’euro, du prix du pétrole et des taux d’intérêt ? Surtout, certaines règles sont nécessaires, indépendamment de leurs effets, parce qu’elles répondent à des valeurs essentielles dans un État de droit. Autrement dit, les droits fondamentaux de la personne (droit au respect de la vie personnelle, droit à l’emploi, droit à la santé et la sécurité, etc.) doivent être préservés, fût-ce au prix du renoncement à une mesure que l’on estime, à tort ou à raison, économiquement efficace! On en est arrivé, pour rendre possible la création du contrat de travail unique, à envisager la dénonciation d’une convention de l’Organisation internationale du travail! Le président Hollande lui-même soutient désormais que l’entreprise doit être en mesure de calculer à l’avance ce que lui coûtera un licenciement injustifié! Il y a là une conception dégradée du droit en général, du droit du travail en particulier, qui n’augure rien de bon pour l’avenir de nos sociétés modernes.
 

- « Il faut sauver le droIt du travail! » de Pascal Lokiec.

Editions odile Jacob, 2015, 176 pages, 19,90 euros.

Le livre est disponible ICI

 
 
Note :
[1] Pascal Lokiec est professeur à l'Université Paris X - Nanterre, spécialiste de droit social.
 
Pour en savoir plus :
 

Partager cet article
Repost0
19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 08:00
La BCE au nom de l’Europe, contre les peuples

Sources :  La Commission économique du Parti de Gauche le 20 avril 2015 par Nolwenn Neveu

« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » assénait en janvier le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker. En réalité il ne peut tout simplement pas y avoir de démocratie dans le cadre des traités européens. L’hallucinant chantage auquel a été soumis le gouvernement Syriza, dix jours à peine après son accession au pouvoir en Grèce a sanctifié la toute-puissance de la Banque Centrale Européenne en matière de politique économique. La BCE, seule institution fédérale européenne, et la moins démocratique, entend désormais, sans aucun mandat populaire, décider des politiques mises en œuvre par des gouvernements souverainement élus.

 

 

- Une banque centrale au service des banques privées

Ce n’est pas au nom, ni dans l’intérêt des peuples que la BCE agit. Elle en a depuis longtemps fait la preuve. Ses décisions et ses actes servent aveuglément les intérêts des banques et de la finance, au détriment des populations. Depuis le début de la crise financière la BCE a déployé des trésors d’imagination pour secourir et enrichir les banques privées, allant jusqu’à bouleverser ses pratiques, elle qui se montre si rigide sur ses statuts lorsqu’il s’agit de venir en aide aux Etats ruinés. A titre d’exemple, alors même que sous couvert des traités elle refuse de prêter aux Etats, la BCE a conduit, entre 2011 et 2012, des opérations de refinancement des banques privées à hauteur de 1000 md€ et à des taux d’intérêts dérisoires. Non contente d’accorder des prêts à taux réduit (jusqu’à 0.25% quand les Etats de la Zone Euro empruntaient sur les marchés à des taux de 4 à 5%) la BCE procéda à un rachat massif auprès des institutions financières de titres de dettes souveraines des pays de la Zone Euro, à des prix supérieurs à celui du marché –le tout sans exiger aucune contrepartie. Et en janvier dernier, la Banque centrale européenne a dévoilé son nouveau plan, qui prévoit le rachat de 1 000 milliards d’euros de dette sur le marché secondaire jusqu’à fin 2016. Parallèlement, elle refuse toujours d’acheter directement aux Etats des titres de dette.

 

La BCE pourrait pourtant aisément résoudre le problème des dettes souveraines en transformant ces créances en obligations perpétuelles avec des taux d’intérêt fixes et sans remboursement de capital – comme le propose la Grèce. Elle pourrait également faire le choix d’annuler simplement les créances qu’elle détient et racheter les titres détenus par d’autres Etats afin de les annuler. Au lieu de cela, elle exige des Etats, au nom d’un supposé intérêt européen, une rigueur budgétaire aberrante au regard de leur situation économique. Laquelle rigueur devant leur permettre de rembourser une dette qui provient pour une large partie, il faut le rappeler, des plans de sauvetage du secteur bancaire et de la récession provoquée par la crise financière.

 

 

- Persécution économique

Pour décrire l’énormité de la violence imposée aux Etats à travers l’acharnement austéritaire, F. Lordon parle de « persécution économique ». Les pays de la zone euro, déjà dévastés par la spéculation des marchés, ont de surcroit dû se soumettre à des programmes d’austérité aussi drastiques que criminels. Ces programmes ont anéanti toute possibilité de reprise dans la zone euro et en ont fait la région la plus déprimée au monde. Véritables fléaux, ces programmes imposés par la troïka, BCE en tête, ont enfoncé dans la crise l’Europe et tout particulièrement la Grèce. De 2009 à 2014, la réduction des dépenses publiques a été de 28 % en Grèce. Les déficits ont été réduits au prix d’un désastre social et économique. En 2014, le PIB de la Grèce était inférieur de plus de 25 % à son niveau de 2007, il a chuté de 4.7% sur la seule année 2014. En 2014 le taux de chômage était de 26%, le taux de pauvreté avait augmenté de plus de 100%, portant à 46% la proportion de Grecs vivant en dessous du seuil de pauvreté, la mortalité infantile a augmenté de 43%.

 

Par son vote du 25 janvier 2015 le peuple grec a souverainement exigé la fin de cette persécution. Il réclamait la mise en place d’un programme, celui de Syriza, visant à sortir le pays de la crise humanitaire dans laquelle il est plongé : remboursement de la dette conditionné à la croissance économique, abaissement de l’obligation de surplus budgétaire de 4.5% à 1.5% sur 5 ans pour permettre la relance, taxation des plus riche, lutte contre l’évasion fiscale, plan de reconquête de l’emploi et de développement économique. La réaction ne s’est pas fait attendre : sans qu’aucun mandat ne lui ait été donné en ce sens, la BCE s’est brutalement soustraite à ses fonctions de Banque Centrale vis-à-vis de la Grèce en décidant d’interrompre la garantie de refinancement des titres bancaires Grecs. En menaçant ainsi de couper les liquidités à la Grèce, la BCE use d’une coercition parfaitement illégitime pour empêcher un gouvernement démocratiquement élu d’appliquer son programme.

 

Les négociations du mois de février entre la Grèce et l’Union européenne auraient sans doute connu une issue très différente si le gouvernement Tsipras  avait davantage anticipé un tel chantage et préparé une alternative pour peser dans la négociation. Pour l’heure, faute d’avoir conçu une échappatoire crédible pour échapper au piège tendu par la BCE, ce gouvernement se trouve empêché de mettre en œuvre l’essentiel de son programme.

 

 

- Préparer l’alternative

Si nous parvenions au pouvoir, nous serions probablement confrontés à une situation similaire. Il nous faut donc concevoir les alternatives qui nous permettraient d’appliquer notre programme.

Pour obtenir une refonte des traités européens permettant aux Etats d’appliquer des politiques favorables aux peuples, nous aurions à mener une bataille passant par la désobéissance aux traités et l’abrogation de la supériorité du droit européen sur le droit national.  Si malgré notre politique de désobéissance les gouvernements attachés au fonctionnement technocratique de l’Union européenne continuaient à bloquer une révision des traités, nous serions prêts à assumer l’éclatement de la zone euro.

 

Pour peser dans les négociations, il faudra effectivement affirmer la possibilité d’une réforme unilatérale des statuts de la Banque de France lui permettant d’acheter des obligations d’État en son nom. Cette réquisition de la Banque de France serait accompagnée d’un contrôle strict des mouvements de capitaux. Cette désobéissance aux traités conduirait certains à demander notre exclusion de la zone euro, même si cela n’est pas prévu par les traités européens. Nous proposerions alors aux autres pays de l’actuelle zone euro un changement radical de structure monétaire, par l’instauration d’une monnaie commune. Cette monnaie aurait un taux de change unique vis-à-vis des monnaies extérieures à la zone euro, mais chaque pays membre de la zone conserverait une monnaie nationale. Ce sont alors d’autres  solidarités qui naitraient, fondées sur un nouveau rapport de forces.

 

Nolwenn Neveu

Article paru dans A Gauche, l´hebdomadaire du Parti de Gauche

 

Pour en savoir plus :

- sur les analyses de la commissionn économique du Parti de Gauche

- sur les propositions de la commission économique du Parti de Gauche

Partager cet article
Repost0
14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 08:07
Syriza, Podemos… Restructuration ou annulation de la dette illégitime ?

Le samedi 28 mars 2015, au Forum social mondial de Tunis, le CADTM organisait un atelier intitulé « Syriza, Podemos… Restructuration ou annulation de la dette illégitime ? » et qui comptait sur la participation d’Éric Toussaint, porte parole du CADTM international, ainsi que des eurodéputés Miguel Urban Crespo de Podemos en Espagne, Marie-Christine Vergiat du Front de Gauche en France et Helmut Scholz de Die Linke en Allemagne.

 

Sources :  Le Grand Soir Jérôme Duval & Maud Bailly

Syriza, Podemos… Restructuration ou annulation de la dette illégitime ?

Éric Toussaint : Restructurations de dette : de l’Allemagne de 1953 à la Grèce d’aujourd’hui

 

- Des restructurations au bénéfices des créanciers...

Eric Toussaint a avant tout précisé la signification de la restructuration de dette à travers différents exemples historiques. Entre 1950 et 2010, se sont succédées pas moins de 600 restructurations de dettes publiques. Seules quelques unes ont été favorables aux pays endettés et cela s’est produit à chaque fois dans des circonstances exceptionnelles.

 

 

- ... contrairement à l’accord de Londres de 1953, favorable à l’Allemagne de l’Ouest

Afin d’illustrer ces rares cas, Eric Toussaint a mentionné l’exemple de l’Allemagne occidentale à la sortie de la seconde guerre mondiale. L’accord historique sur la dette allemande signé à Londres en 1953 a permis aux vainqueurs de la guerre d’octroyer une réduction drastique de la dette de plus de 60 % et d’accorder dans l’immédiat un moratoire de 5 ans. Qui plus est, n’ont pas été prises en considération les dettes qui auraient dû être réclamées à l’Allemagne en guise de réparation pour les crimes de guerre nazis, notamment lors de l’occupation de la Grèce. Cet accord comportait des clauses très favorables à la RFA : la possibilité de suspendre les paiements pour en renégocier les conditions si nécessaire ; un service de la dette qui devait rester inférieur à 5 % des revenus tirés des exportations ; des taux d’intérêts inférieurs à 5 % ; la possibilité de rembourser dans sa monnaie nationale (le deutschemark, alors que celui-ci n’avait alors quasiment aucune valeur sur le plan international) ; l’engagement des créanciers à acheter des produits allemands ; une compétence des tribunaux allemands en cas de litige... L’ensemble de ces conditions favorables ont permis de relancer économiquement l’Allemagne de l’Ouest face à l’Union soviétique et ses alliés, dans un contexte de guerre froide.

 

En somme, hormis les quelques rares cas de restructurations qui ont été favorables aux débiteurs parce que les créanciers y voyaient un intérêt géostratégique, tous les autres processus de restructuration ont simplement servi à rétablir la solvabilité d’un pays débiteur en rendant la dette soutenable pour s’assurer qu’il continue à payer. La charge de la dette a le plus souvent été réduite par un rééchelonnement de l’échéancier (rallongement dans le calendrier des remboursements du capital à effectuer). Il n’y a donc aucune remise en question de l’illégitimité de la dette. D’ailleurs, le Club de Paris (qui regroupe les riches pays créanciers) s’en est fait une spécialité pour traiter les dettes bilatérales des pays endettés.

 

 

- Espoirs en Grèce ? Mesures anti-austéritaires et audit de la dette

En Grèce, déjà avant la victoire historique de Syriza dans les urnes le 20 janvier dernier, le parti de gauche « radicale » affichait clairement sa volonté de résoudre le problème du surendettement. Il proclamait vouloir restructurer la dette, aboutir à une réduction radicale de son montant (d’environ 60 %) dans le cadre d’une grande conférence internationale sur le modèle de l’accord de Londres de 1953 et de mettre en place un audit permettant d’en identifier les parts illégitimes et illégales. Une fois parvenu au pouvoir, Syriza a mis l’accent sur l’arrêt des politiques d’austérité et l’annonce d’une série de mesures sociales emblématiques : rétablissement de l’électricité pour 300 000 foyers pauvres qui en avaient été privés, fermeture des centres de détention pour « sans-papiers », octroi de la nationalité grecque aux immigrés de deuxième génération, relèvement du salaire minimum, réembauche des fonctionnaires licenciés, suppression des taxes foncières particulièrement pénalisantes pour les couches moyennes et populaires, relèvement du seuil de non-imposition... Or, l’accord du 20 février entre la Grèce et ses créanciers multilatéraux stipule que la Grèce respectera scrupuleusement le calendrier des remboursements, ce qui risque de compromettre à court terme la poursuite du programme social de Syriza.

 

Lors d’une conférence de presse le 17 mars 2015, la présidente du Parlement grec, Zoé Konstantopoulou, a annoncé la constitution d’une Commission d’audit de la dette publique grecque. Cette commission, coordonnée sur le plan scientifique par Éric Toussaint, n’est pas un simple exercice comptable, mais elle a pour but d’identifier les dettes illégitimes, odieuses, illégales et/ou insoutenables qu’il s’agit de répudier, sur base d’arguments solides et juridiques. La décision politique appartiendra quant à elle au gouvernement grec. Les travaux de cette commission vont donc interpeller la Commission européenne et autres créanciers, ainsi que ceux qui ont profité en Grèce des politiques de la Troika et de la restructuration effectuée en 2012. L’enjeu est de taille, non seulement pour la Grèce, mais également pour tous les peuples qui souffrent des politiques d’austérité au nom d’un endettement excessif.

Syriza, Podemos… Restructuration ou annulation de la dette illégitime ?

- Miguel Urban : restructuration ou annulation de la dette espagnole ? Sujet d’un vif débat au sein de Podemos

En Espagne, la question de la dette a soulevé un débat intense au sein de Podemos. La dette publique espagnole qui était de 35 % du PIB avant la crise, atteint désormais les 100 % du PIB. Cette explosion est en grande partie due à la socialisation des dettes privées, résultant principalement des sauvetages des banques et autres grandes infrastructures comme les autoroutes privées. Rien que pour les intérêts de la dette, l’État a dû rembourser 35 milliards d’euros en 2014 ; 25 % de la dette publique espagnole est détenue par les banques. La dette est ici comme ailleurs un outil de contrôle qui compromet la souveraineté populaire.

 

La question du non paiement de la dette ne fait pas encore l’objet d’un véritable débat de société. Deux initiatives en ce sens méritent néanmoins d’être signalées : la rencontre des partis de gauche du pourtour de la Méditerranée à l’occasion du Forum social mondial de 2013 à Tunis, en vue de se coordonner en faveur du non paiement de la dette. Par ailleurs, en Espagne, le débat se poursuit au sein de la Plateforme d’Audit Citoyen de la Dette (PACD).

 

Dans le Manifeste de création de Podemos, la suspension de paiement de la dette, l’audit citoyen et le revenu universel sont avancés comme mesures phares. Celles-ci ont ensuite été reprises lors de la campagne pour les élections européennes dans le programme politique élaboré de manière participative avec près de 15 000 militants. Après le succès électoral de Podemos aux élections européenne du 25 mai 2014, où ils remportent 5 sièges au Parlement européen avec près de 8 % des suffrages exprimés (plus de 1 200 000 votes), les médias lisent le programme de Podemos. La question de la dette est un thème central et prioritaire : lors de son Congrès, une motion parmi les 5 adoptées sur un total de 250 porte sur la dette et sa restructuration.

 

Depuis octobre, le futur programme politique de Podemos pour les élections régionales en mai et générales à la fin de l’année 2015, est en discussion. Selon Miguel Urban, il existe le risque que le débat entre « restructuration » et « non paiement unilatéral » se cantonne à un débat d’experts entre économistes. Il s’agit là d’un défi : les citoyens et les mouvements sociaux doivent s’emparer de cette question cruciale.

 

Malgré des positions différentes, il existe des lignes convergentes quant aux conditions nécessaires pour accompagner ce processus de gestion de la dette, qu’il s’agisse de restructuration ou d’annulation : la mise en place d’un audit citoyen de la dette et une coordination avec les pays du sud de l’Europe, accompagnés d’une mobilisation sociale pour soutenir les mesures prises, de souveraineté et de transparence démocratique. Ces facteurs permettront de renforcer notre positionnement, que ce soit dans des négociations ou des actes unilatéraux.

 

Miguel Urban affiche sa position : c’est toutefois la suspension unilatérale de paiement de la dette qui sera un levier décisif pour faire basculer le rapport de force avec les créanciers – à l’instar de ce qu’a réalisé le gouvernement argentin en 2001, sous la pression populaire. La question de la dette est une question politique, de justice, de démocratie et de souveraineté populaire. Ce débat se poursuivra donc certainement même après l’adoption du programme politique de Podemos. Ce dernier, ainsi que les mouvements sociaux, ont une responsabilité fondamentale pour le transformer en débat populaire, tant l’enjeu de l’issue à donner sur cette question est important, non seulement pour l’Espagne et la Grèce, mais pour tous les peuples d’Europe et d’ailleurs.

Syriza, Podemos… Restructuration ou annulation de la dette illégitime ?

- Helmut Scholz : « There are alternatives » : déconstruire les mentalités et repenser l’Union européenne

En Europe et ailleurs, constate l’eurodéputé allemand Helmut Scholz, les politiques austéritaires prescrites par la Troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne et Fonds monétaire international) sont non seulement injustes – en ce qu’elles portent atteinte aux droits économiques et sociaux –, mais elles se sont également révélées inefficaces en termes de réduction de la dette publique puisqu’elles tendent bien au contraire à la creuser. Face à ce double échec, force est aujourd’hui de convenir qu’il est totalement aberrant de poursuivre sur la voie de l’austérité, même si c’est le choix des élites en Europe et dans le monde. Il revient à la gauche de proposer des alternatives qui fonctionnent. Dans cette perspective, il s’agit au préalable de déconstruire deux axiomes de notre mentalité européenne en matière de dette. Premièrement, l’idée qu’une dette serait mauvaise par nature ; or, le problème n’est pas tant les dépenses, sinon d’envisager d’où viendront les recettes. Deuxièmement, le célèbre « TINA » : cette conviction qu’« il n’y a pas d’alternatives » (There is no alternatives) qui a détruit toute capacité d’agir au niveau d’un Etat démocratique. Dans le débat sur la dette grecque au sein de la société allemande, nombreux sont les citoyens qui sont aujourd’hui convaincus de l’analyse critique des faits, mais ils n’ont néanmoins pas confiance dans les solutions et les alternatives proposées.

 

Quelles sont donc les pistes d’alternatives en matière de gestion de la dette publique ? Helmut Scholz suggère de s’inspirer des travaux de Giannis Milios, conseiller de Syriza, qui propose une suspension de paiement des intérêts et du capital de la dette durant cinq ans afin de consacrer cette part, la plus importante du budget de l’Etat grec, à des mesures anti-austéritaires pour faire face à la crise humanitaire. L’eurodéputé allemand rejoint également les deux conférenciers précédents dans l’importance qu’il accorde à la mise en place un audit citoyen de la dette en Grèce. Le pays ne peut pas non plus se soustraire à la question épineuse de son maintien ou non au sein de l’Eurozone, en même temps qu’il se doit d’articuler les réponses face à la crise à l’échelle européenne. En effet, au-delà du simple cas de la Grèce, la réflexion doit être menée sur le plan européen : Comment repenser nos traités européens sur base de la crise d’aujourd’hui, afin d’apporter des solutions de sortie et d’éviter que de telles crises ne se reproduisent à l’avenir ? Quel devrait être le rôle de la Banque centrale européenne ? Quel processus d’intégration européenne souhaitons-nous ? En somme, de quel Europe voulons-nous ?

Syriza, Podemos… Restructuration ou annulation de la dette illégitime ?

- Marie-Christine Vergiat : La dette tunisienne et l’impératif d’un audit des créances européennes

Au-delà de la problématique des dettes publiques des pays européens, il y a la question des créances européennes sur les pays dits du Sud. Penchons-nous donc avec Marie-Christine Vergiat sur le pays qui héberge le Forum social mondial 2015 : la Tunisie. L’eurodéputée française du Front de gauche est un des fers de lance de l’appel de parlementaires européens et nationaux en mars 2011 qui, conjointement avec le CADTM, ont exigé la suspension immédiate du remboursement des créances européennes sur la Tunisie (avec gel des intérêts) et la réalisation d’un audit de ces mêmes créances. Cette initiative est née au lendemain de la révolution tunisienne, alors que le dictateur Ben Ali venait d’être chassé du pouvoir, et que l’urgence pour le pays revenait à mobiliser ses ressources financières pour faire face aux priorités sociales et pour mettre en place une transition démocratique. Et non pour payer une dette largement illégitime. L’origine de la dette tunisienne puise ses racines dans la colonisation : une dette dite coloniale fut léguée au pays au lendemain de son indépendance en 1956. Et aujourd’hui, la dette est utilisée comme instrument de néo-colonisation économique du pays. Qui plus est, une grande part de cette dette peut être qualifiée d’odieuse au sens du droit international, puisqu’elle a profité au « clan Ben Ali » et non au peuple tunisien, sous couvert d’une corruption galopante.

 

Si Marie-Christine Vergiat envisage la solution pragmatique d’une reconversion de la dette tunisienne afin de soulager le pays, le CADTM met en garde contre la conséquence d’une telle mesure en termes d’effacement d’une partie de l’ancienne dette sans prendre en compte la question de son illégitimité. En outre, avertit Maria Elena Saludas d’ATTAC-CADTM Argentine, il ne faut pas reproduire l’erreur de l’Argentine aujourd’hui victime des fonds vautours et qui, dans le cadre des restructurations de dette en 2005 et 2010, a concédé que soit insérée une clause qui octroie à la juridiction étatsunienne la compétence en cas de litige.

 

La question tunisienne, conclut l’eurodéputée française, est fondamentale pour les peuples du Maghreb, à l’instar de la question grecque pour les peuples d’Europe. Mais bien sûr, nous rappelle un étudiant tunisien, au-delà de la Tunisie ou de la Grèce, c’est bien un même « système dette » qui étrangle les peuples, et qui constitue un puissant mécanisme de transfert des richesses et un outil de domination politique au profit d’une minorité. Face à ce « système dette », scande Éric Toussaint, il s’agit de poser des actes souverains unilatéraux qui s’appuient sur le droit international et la défense des droits humains : suspension de paiement de la dette, contrôle des mouvement des capitaux et des banques, audit citoyen, annulation de la part illégitime de la dette et « restructuration » de la part restante. Face à l’injustice, la désobéissance est une obligation.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Grèce : quel premier bilan pour la gauche, après cent jours de gouvernement ?

- Gouvernement Grec : Le programme de Thessalonique est en ordre de marche

Partager cet article
Repost0
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 08:05
Un rapport de l’ADEME démontre la possibilité de couvrir la totalité des besoins électro–énergétiques en énergies renouvelables.

Une bombe verte dans le pays le plus nucléarisé du monde.

 

Source : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Hervé Debonrivage

La présentation de la bombe de l'ADEME a provoqué la mise en action d’une procédure de désamorçage par le gouvernement (gauche élitaire) de manière à ce que ce rapport fasse pschittt. Passez, il n’y a n’a rien à lire ! Mais la plupart des médias ne sont pas dupes. Voici un extrait de revue de presse.

 

Le rapport est disponible sur Mediapart (seulement pour les abonnés). Le rapport de l’Ademe n’y est pas téléchargeable en format PDF par un hyperlien. On ne trouve pas non plus disponible sur le site de l'ADEME.

 

Le rapport est disponible sur Mediapart (seulement pour les abonnés).

 

 

- 1 - Pour le Club Technique de la Gazette des communes du 17/03/2015 : l’Ademe garde pour elle son scénario 100% énergies renouvelables

"Le colloque de l’Ademe sur la transition énergétique organisé mi-avril 2015 a déprogrammé une présentation très attendue. Celle d’une étude exploratoire imaginant un mix électrique 100 % renouvelable d’ici 2050. Un revirement qui interroge...

 

Le président de l’Ademe, Bruno Léchevin, avait promis début février 2015 que le scénario évaluant les modalités d’un mix électrique 100 % EnR en 2050 allait « secouer un peu ». Objectif affiché : permettre un débat riche et porteur de solutions nouvelles et innovantes… Sauf que l’étude, annoncée pour le colloque sur la transition énergétique de l’Agence de l’environnement organisé les 14 et 15 avril prochains, a finalement disparu du programme. A l’Ademe, on avance des explications techniques liées à des résultats peu concluants. « Les outils de modélisation utilisés montrent une trop forte sensibilité aux hypothèses », explique un porte-parole de l’agence. Un travail complémentaire devrait permettre de présenter le scénario tant attendu au deuxième semestre.

 

Ménager la chèvre et le chou - Au delà de ces arguments, difficile de ne pas faire le lien entre ce report et les sorties répétées de la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal. Si les députés ont voté le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte prévoyant un plafond de 50 % d’électricité nucléaire à l’horizon 2025, les sénateurs ont refusé d’entériner cette date.

 

Alors que le texte va être à nouveau étudié par les deux chambres, la ministre est soucieuse de ménager la chèvre et le chou et ne cesse de marteler que rééquilibrage ne signifie pas abandon. Pas question donc à ce jour d’envisager une hypothétique sortie du nucléaire. Pour l’Ademe, ces quelques soucis techniques arrivent à point nommé pour ne pas froisser son autorité de tutelle…"

 

 

- 2 - Selon le Nouvel Observateur du 09/04/2015 : "100% d’électricité renouvelable en 2050 : le rapport qui dérange"

"Un rapport de l’Ademe qui envisageait la possibilité de remplacer l’électricité nucléaire par un bouquet 100% renouvelable, a été enterré. Que dit-il au juste ?

 

On le sait, l’inhumation de rapport est un sport prisé des élites politiques françaises. En général, ce sont les ministres qui se chargent d’"oublier" dans un coin un texte qui énonce des vérités trop enquiquinantes. Parfois, ce sont les rapporteurs eux-mêmes qui se coupent le sifflet. C’est ce qui est arrivé à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

 

L’inopportun rapport devait être rendu public le 15 avril par l’établissement public spécialisé dans les questions environnementales. Les journalistes l’attendaient, certains même l’avaient réclamé en primeur. Las ! "Le Monde" a révélé que cette étude, passablement technique pour le profane et qui a nécessité plus d’un an de travail, a été reportée pour "affiner les implications économiques et technologiques". Traduction : elle dérange quelqu’un au sein de l’exécutif – on n’est pas encore sûr de savoir qui – et sera donc parfaite pour caler un meuble branlant. Mais que dit-elle donc de si gênant ? Nos confrères de "Mediapart" ont réussi à mettre la main dessus, voici ce qu’on peut y lire :"

 

Voici les têtes de paragraphe rédigées par le Nouvel Observateur :

  • La production d’électricité "verte" pourrait atteindre trois fois nos besoins
  • Nous pourrions nous passer du nucléaire
  • Ça ne reviendrait pas beaucoup plus cher
  • Les aléas climatiques auraient peu d’impact


 

- 3 - Médiapart du 08/04/2015 titre... "Energie : le rapport caché sur une France 100% renouvelable"

Mediapart s’est procuré le rapport commandé par l’Ademe sur une France 100 % renouvelable en 2050 : le potentiel énergétique est colossal, et ne coûterait pas beaucoup plus cher que de maintenir le nucléaire. Mais visiblement, il dérange puisque sa publication a été repoussée. Nous le publions en intégralité pour ouvrir le débat que l’administration a voulu refermer.

 

Les 14 et 15 avril prochains, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), placée sous la tutelle des ministères de l’écologie et de la recherche, organise un colloque sur les énergies renouvelables dans la production d’électricité en France. Il s’intitule « 40 % d’électricité renouvelable en 2050 : la France est-elle prête ? ». À l’origine, devait y être présentée en avant-première une étude de l’Ademe sur un scénario beaucoup plus radical : une France en 2050 dont 100 % de l’électricité serait produite par des sources renouvelables : hydraulique, éolien, photovoltaïque, géothermie, bois, méthanisation, énergies marines… Ce rapport, très attendu, était annoncé depuis des mois par l’Ademe et son président, Bruno Léchevin.

 

Mais la séance de présentation de ce document a été retirée du programme à quelques jours de la réunion, comme l’a évoqué Le Monde dans son édition du 4 avril et comme l’avait déjà révélé La Gazette des communes le 17 mars.

 

« Cette étude exploratoire avait été annoncée, mais des travaux complémentaires sur certains points doivent être menés, afin de consolider l’étude », explique l’Ademe, jointe par Mediapart.  Pourtant, ce rapport de 119 pages est bel et bien finalisé – dès la page de garde, le lecteur pourra lire la mention « rapport final ». Mediapart se l’est procuré et le publie ci-dessous. Fruit de 14 mois de travail, extrêmement précis et argumenté, il explique que rien n’empêche qu’en France 100 % de l’électricité provienne de sources renouvelables en 2050. Il révèle également, calculs détaillés à l’appui, que ce scénario ne coûterait pas beaucoup plus cher aux consommateurs que le maintien du nucléaire à 50 % de la production électrique, seuil fixé par François Hollande pour 2025. Alors que la loi de transition énergétique, en cours de vote au Parlement, devrait entériner cet objectif de 50 % du nucléaire, le rapport de l’Ademe est explosif. Il prend le contre-pied de l’idée si souvent reprise par les élus et par le gouvernement, selon laquelle le maintien de l’atome dans le mix énergétique français est l’option de loin la moins onéreuse pour les comptes publics.

 

 

- 4 - En consultant le site de EELV du 08/04/2015 qui fait référence à ce rapport : on peut y lire

"…Ce rapport vient donc confirmer celui du député écologiste Denis Baupin sur le coût réel du nucléaire : le nucléaire, entre maintenance du parc, gestion des déchets et du démantèlement et explosion des coûts prévus pour l’EPR, représente des investissements colossaux qui détruisent le mythe d’une énergie peu onéreuse, sans même parler du risque majeur qu’elle fait peser sur la population en cas d’accident grave.

 

Pour les écologistes, plutôt que de chercher à en minimiser la diffusion, le gouvernement doit se saisir de ce rapport de l’ADEME pour accentuer les efforts en matière de transition énergétique. Ce n’est qu’en étant exemplaire que la France pourra aborder la Conférence-Climat avec l’espoir d’obtenir un accord ambitieux, contraignant et universel.

Julien Bayou et Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux"

 

Malheureusement la volonté des acteurs de ce site pour faire connaître aux citoyens le rapport semble dans les faits extrêmement limitée , car il n’est pas téléchargeable en PDF sur le site de EELV. Gauche élitaire ou gauche populaire ?

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier nucléaire

Partager cet article
Repost0
29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 08:05
Les pauvres fraudent dix fois moins que les riches

Au moins 15% de notre déficit extérieur résulte de la fraude fiscale des entreprises[1]

 

Sources : BASTAMwww.bastamag.net par Nolwenn Weiler

Une famille de cinq personnes au RSA gagnerait plus qu’une famille de même taille avec un salaire au Smic : ce calcul, complètement bidon, posté sur Facebook a eu un succès fou. Un calcul sérieux montre au contraire qu’une famille au Smic s’en sort un peu moins mal avec un « reste à vivre » (après les dépenses contraintes : loyer, électricité, transport...) de 1406 euros par mois contre 801 euros pour un foyer similaire au RSA, selon les calculs refaits par l’association ATD Quart Monde et Rue 89.

 

Qu’importe. L’idée selon laquelle les plus précaires abuseraient du système, aux dépens de « ceux qui travaillent », est décidément bien ancrée. Et allègrement relayée par certains politiques. Il y a deux ans Laurent Wauquiez déclarait ainsi que « un couple qui ne travaille pas, qui est au RSA, en cumulant les différents système des minima sociaux, peut gagner plus qu’un couple dans lequel une personne gagne un Smic. Ce n’est pas logique, c’est la société française qui tourne à l’envers ».

 

 

- Combattre les idées reçues

ATD Quart Monde s’attaque frontalement à ces idées reçues avec une campagne. L’association montre qu’un couple ayant deux enfants et un Smic doit se débrouiller avec 1881 euros par mois (toutes aides sociales comprises). Alors qu’une famille de même taille avec un RSA dispose de seulement 1341 euros par mois. Précisons que la moitié seulement des ayant-droits au RSA le réclament, ce qui entraîne une « économie » annuelle d’environ 5 milliards d’euros.

 

« La fraude aux prestations sociales, évaluée à environ trois milliards d’euros, concernerait 1% des particuliers », rappelle ATD Quart Monde. 90% de ces trois milliards sont récupérés. Des sommes fort éloignées de la fraude aux prélèvements sociaux, estimée entre 8 et 12 milliards. Cette fraude concernait en 2007 10% des entreprises, selon le Conseil des prélèvements obligatoires. Quant à la fraude fiscale, elle coûte chaque année 30 milliards d’euros à l’État français, selon un rapport du Sénat rendu public en juillet 2012.

 

Note :

[1] étude de la Banque de France

 

Pour en savoir plus :

- Les jeunes au RSA sont loin d’être des assistés selon l’Insee

- Au moins 15% de notre déficit extérieur résulte de la fraude fiscale des entreprises

Partager cet article
Repost0
20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 08:00
25/04/2015, LA ROCHELLE ensemble pour dire : Non au Nucléaire, Oui à la transition énergétique

Pour en savoir plus :

- mon dossier nucléaire

Partager cet article
Repost0
16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 08:39
« L’automatisation ne détruit pas le travail mais l’emploi salarié »
L’automatisation d’aujourd’hui prend non seulement la forme de bras robotiques, mais aussi d’intelligences artificielles. Selon plusieurs études, 50 % des métiers seraient automatisables d’ici dix ou vingt ans. Une évolution qui pourrait se révéler violente sans contrôle social et politique.
 
Sources :  l'Humanité par Pierric Marissal Lundi, 16 Mars, 2015

Depuis bientôt un an, dans le fonds de pension de Hong Kong spécialisé dans la biotechnologie Deep Knowledge Ventures, le conseil d’administration est présidé par Vital, un algorithme. Cette intelligence artificielle trône parmi les patrons en costumes, décide des investissements, rédige des rapports financiers, des cas cliniques ou encore des analyses sur l’état des brevets. Elle fait tout cela en quelques secondes, en s’appuyant sur d’énormes bases de données mises à jour en temps réel. Vital fonctionne un peu à la manière d’Ambush, Cobra, Guerilla ou Ninja, ces intelligences artificielles agressives, en charge de spéculer sur les marchés financiers et qui mettent, petit à petit, les traders et analystes financiers au chômage technologique.

 

Les emplois automatisables ne sont plus seulement les plus pénibles et répétitifs, mais concernent aussi des métiers qualifiés. Les études se multiplient et convergent : l’université d’Oxford, le Massachusetts Institute of Technology ou l’Institut Bruegel envisagent que jusqu’à 50 % des métiers seront automatisables à l’horizon 2025-2035 : télémarketeurs, analystes, secrétaires, dockers, employés de banque, réceptionnistes, arbitres sportifs, chauffeurs, caissiers, comptables, ouvriers assembleurs, conducteurs de trains…

 

« Il y a toujours eu des destructions d’emplois liées à l’évolution technologique, rappelle Yann Le Pollotec, responsable de la révolution numérique au PCF. Mais ces processus étaient beaucoup plus lents qu’aujourd’hui. Il y a eu déjà des phases d’accélération, par exemple au XIXe siècle en Angleterre, qui avaient créé un chômage foudroyant. Mais on restait dans un rythme de remplacement, de création destructrice, dirait Schumpeter. Aujourd’hui, nous sommes dans une autre situation, tout cela va beaucoup plus vite et changer de métier, se former, demande beaucoup de temps. » C’est d’autant plus vrai que l’automatisation et la numérisation entraînent aussi une baisse importante du nombre d’heures de travail nécessaires pour accomplir une tâche. « Cela concerne les emplois qualifiés, experts comptables, journalistes, médecins ou 
avocats, explique Yann Le Pollotec. On numérisait 25 % de la production d’informations humaines en 2000, on en est aujourd’hui à 98 % en France. Avec cet océan de données et à l’aide d’algorithmes pour naviguer dedans, là où il fallait trente avocats mobilisés pour analyser un dossier, rechercher de la documentation, des jurisprudences… il n’en faut plus que trois aujourd’hui. Le métier d’avocat ne disparaît pas, il faudra toujours plaider, mais il y en aura besoin de beaucoup moins. »

 

Troisième facteur aggravant pour l’emploi, ces nouvelles technologies ont tendance à faire de plus en plus travailler le consommateur au profit de celui qui vend le service. Cette habitude est déjà prise à la pompe à essence, ou au supermarché par exemple : avec les caisses automatiques, le consommateur fait le travail des caissiers et des pompistes. Mais bien davantage encore : lorsqu’on passe une commande chez Amazon ou qu’on tape une requête dans Google, on travaille gratuitement pour ces fournisseurs de services. On donne nos données, on nourrit les algorithmes qui permettent aux moteurs de proposer des suggestions… Les entreprises du numérique font travailler gratuitement les consommateurs, qui, lorsqu’ils commandent sur Amazon, ont l’impression d’économiser de l’argent mais détruisent des emplois.

 

Une nouvelle étude du très libéral Boston Consulting Group, publiée le 10

février, se félicite que ces évolutions technologiques vont faire économiser à échelle mondiale 16 % du coût du travail en coupant dans la main-d’œuvre, à court terme.

 

Dans son article paru dans l’ouvrage collectif Le capitalisme a-t-il un avenir ? (éditions La Découverte), le sociologue Randal Collins explique que ce nouveau chômage technologique représente avant tout un véritable risque pour la classe moyenne qui occupe ces métiers qualifiés et relativement bien payés. Pour lui, ne subsisterait, en termes d’emploi, que ce qui ferait appel aux qualités propres à l’Homme, comme la créativité et l’imagination… Mais leur nombre est restreint. Resteraient également les métiers qui serviront à entretenir ces cerveaux, qui seront sous-prolétarisés. Des emplois non qualifiés devraient ainsi subsister, très mal payés, ceux qui coûteraient plus cher à automatiser. Le salaire de l’homme est en concurrence avec le coût d’investissement du robot. Et dans cette course à la compétitivité, l’humain n’est pas sûr de gagner. Foxconn, le principal sous-traitant d’Apple, a commencé à remplacer ses ouvriers chinois par des robots sur ses lignes de montage. Son objectif est de mettre à la porte la majorité de ses salariés, soit un million d’ouvriers, qui ne sont pourtant payés qu’à peine plus de 300 euros par mois. Autre exemple, 
Microsoft a remplacé tous ses vigiles et gardiens de sécurité par des robots mobiles d’1,50 mètre, munis de caméras, de capteurs et de détecteurs de mouvements et de sons.

 

« Cela pose de vraies contradictions au capital, constate Yann Le Pollotec. Pour fonctionner, il a besoin de clients qui consomment. Si le chômage explose, la consommation s’effondre. Il y a bien eu un moment le levier du crédit, mais, on l’a vu aux États-Unis avec la crise des subprimes, il a ses limites. » S’ils sont heureux de couper dans leurs coûts de main-d’œuvre, certains patrons s’inquiètent de cette fuite en avant, Bill Gates en tête. Certains libéraux proposent ainsi l’instauration d’un revenu universel de base, un genre de RSA, pour tenter de faire perdurer le système malgré tout. « Parmi les solutions plus progressistes, il y a celle que nous, au Parti communiste, mettons en avant, c’est la sécurité emploi-formation, explique Yann Le Pollotec. Comme l’automatisation ne détruit pas le travail mais l’emploi salarié, l’idée est d’utiliser la richesse et le gain de productivité permis par les robots pour développer les services publics et le secteur des biens communs. »

 

  • Une autre idée intéressante, avancée notamment par le philosophe Bernard Stiegler, est le revenu universel de contribution, qui propose qu’à partir du moment où on contribue d’une manière ou d’une autre à l’intérêt général, on perçoive un revenu décent et proportionnel à la contribution apportée à la société. Cela s’inspire des bons côtés du régime des intermittents du spectacle. Pour Yann Le Pollotec, « la réduction du temps de travail peut aussi améliorer la situation, mais cela ne suffira pas. Alors qu’avec un juste partage de la richesse et une maîtrise sociale et politique de ces technologies, on peut aller vers une société de l’abondance ».
Partager cet article
Repost0
9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 08:09
L’asservissement par la dette : « la plupart des américains sont des esclaves et ils l’ignorent »

Sources :  Arrêt sur Info Michael Snyder Traduction Guillaume Borel

- La plupart des américains passent leur vie à travailler pour d’autres, à rembourser leurs dettes à d’autres personnes et à exécuter des tâches que d’autres leurs ont confié.

Nous n’aimons pas nous considérer comme des serviteurs ou des esclaves, mais c’est ce que la vaste majorité d’entre nous est. Le mécanisme de notre aliénation est juste devenu plus complexe avec le temps. L’emprunteur devient de fait le serviteur de son créancier et la plupart d’entre nous entrent dans la spirale de la dette très tôt dans la vie adulte. En fait, ceux qui font des études supérieures pour « recevoir une éducation » vont probablement entrer dans la vie active avec une quantité phénoménale de dette. Et il ne s’agit là que du commencement du processus d’accumulation de la dette. Aujourd’hui, si vous additionnez les prêts hypothécaires, les prêts à la consommation et les prêts étudiants, les ménages américains ont une dette moyenne de 203163$. Les ménages cumulent une dette totale supérieure à 11 billions de dollars. Et alors que la plupart des américains ne le réalisent pas, la somme totale que nous aurons remboursé à la fin de notre vie sera bien plus importante que celle que nous avons emprunté. En fait, lorsque vous avez recours au crédit à la consommation, vous pouvez facilement au final avoir remboursé plusieurs fois la somme que vous avez emprunté. [NDT : du fait du paiement des intérêts]

 

Nous nous tuons donc au travail pour payer toute cette dette, et la vaste majorité d’entre nous ne travaille pas dans son propre intérêt. A l’inverse, notre travail rend les entreprises possédées par d’autres personnes plus rentables. Alors, si nous gaspillons les meilleures années de notre vie à réaliser du profit pour le compte d’autrui, que fait de nous le service de la dette que nous devons à d’autres et qui les enrichit ?

 

Les termes de serviteur et d’esclave ont aujourd’hui une connotation très négative et on les utilise rarement.

 

A la place, nous utilisons le mot « employé » qui nous renvoie une meilleure image de nous-même.

 

 

- Mais y a t-il une telle différence en réalité ?

Voici la définition que Google donne du mot « serviteur » :

« Une personne qui exécute des tâches pour le compte d’autrui, particulièrement une personne employée à domicile pour des tâches domestiques ou comme servant. »

 

Voici comment Google définit le mot « esclave » :

« Une personne qui est la propriété légale d’autrui et forcée de lui obéir. »

 

Et voici la définition de Google pour « employé » :

« Une personne employée en échange d’un salaire ou d’un traitement, particulièrement à un niveau non-exécutif »

 

La plupart d’entre nous n’est pas la « propriété légale » d’une autre personne au sens littéral, mais dans un sens plus large nous devons tous répondre aux ordres de quelqu’un.

 

Il y a toujours quelqu’un à qui nous devons obéir.

 

Et nous avons tous des obligations que nous devons honorer sous peine d’en affronter les conséquences.

 

Sur ce point, les américains sont aujourd’hui plus dépendants que jamais vis à vis du système. Le nombre des petites entreprises indépendantes est tombé à un plus bas historique et le pourcentage d’américains travaillant à leur compte est tombé à un niveau sans précédent ces dernières années. Dés le plus jeune âge nous sommes conditionnés pour travailler dur de manière à avoir un « bon travail » et être des rouages efficaces du système.

 

 

- Mais est-ce là tout le sens de la vie ? Etre le rouage efficient d’un système qui profite à d’autres ?

Peut-être pensez-vous que rien de ceci ne s’applique à votre cas personnel. Mais si quelqu’un vous demande ce que vous possédez réellement, qu’allez-vous lui répondre ?

 

Etes-vous le propriétaire de votre véhicule ? La plupart des américains ne le sont pas.

Aujourd’hui le montant moyen des prêts pour l’acquisition d’un véhicule est de 27000$ et beaucoup d’entre eux ont une durée de six ou sept ans.

Et qu’en est-il de votre maison ? En êtes vous vraiment propriétaire ?

Ce n’est pas le cas non plus pour la plupart des américains.

 

En fait les banques sont bien davantage les propriétaires de nos maisons et de nos propriétés que nous.

 

Mais, même dans le cas où vous avez intégralement remboursé le prêt de votre maison, cela signifie t-il que vous en êtes vraiment propriétaire ?

Pas forcément si vous considérez ce qui peut vous arriver si vous ne payez pas vos taxes de propriété.

S’ils peuvent effectivement saisir votre bien en cas de non paiement des taxes de propriété, le possédez-vous vraiment ?

Cela mérité réflexion.

 

 

- Et qu’en est-il de tous vos biens ? Les possédez-vous ?

Mais un grand pourcentage d’entre nous s’est placé dans les conditions de l’esclavage afin d’acquérir les biens matériels qui nous entourent. Aujourd’hui, le ménage américain moyen qui possède au moins une carte de crédit est endetté en moyenne de 15950$ en crédits à la consommation. Et si vous n’honorez pas vos traites, les sociétés de crédit vont lâcher leurs chiens à vos trousses.

 

Avez-vous déjà rencontré un spécialiste du recouvrement ?

Ils peuvent être très brutaux. Ils utilisent la brutalité comme méthode de travail. En fait ils sont si doués que les sociétés de recouvrement de créances sont en très bonne santé financière.

 

Le paragraphe suivant provient d’un article de CNN :

« Yachts. Hôtels particuliers. Dîners extravagants. La vie est belle pour les fondateurs d’une des plus importantes société de recouvrement de créances gouvernementales.La société,Linebarger Goggan Blair & Sampson, est chargée de recouvrer les créances d amendes de péage, de tickets de stationnement et les arriérés de ta.xes

Alors que les des contrats gouvernementaux qui les autorise à poursuivre les débiteurs pour lesettes sont au départ souvent minimes, la firme basée à Austin prélève des frais élevés qui peuvent augmenter la facture de centaines, voir de milliers de dollars.

Après avoir transformé une petite société juridique du Texas à la fin des années 70 en une firme centrale de recouvrement de la dette fédérale, les fondateurs et les cadres de direction brassent maintenant des millions de dollars.»

 

Et je n’ai pas encore mentionné le montant de notre dette collective. Nous avons volontairement choisi de nous asservir au niveau local, régional, et national.

 

Il est déjà assez triste que nous nous infligions cela à nous même, mais nous faisons de même avec les futures générations d’américains avec la plus grande montagne de dettes de l’histoire de la planète. Le paragraphe suivant est tiré de mon précédent article intitulé : « Barack Obama affirme que ce dont l’Amérique a réellement besoin c’est de beaucoup plus de dette »

« Lorsque Barack Obama a prêté serment, la dette nationale était de 10,6 billions de dollars. Aujourd’hui elle dépasse les 18 billions de dollars. Et avant même qu’on nous affirme que les déficits allaient être réduits, la dette nationale a augmenté de plus d’un billion de dollar lors de l’exercice fiscal 2014. Mais ce n’est pas assez pour Obama.Il a affirmé que nous devions sortir de cette période « d’austérité stupide » et voler de l’argent à nos enfants et nos petits enfants encore plus vite. De plus, Obama veut encore augmenter les taxes. Son budget prévoit 2 billions de dollars de revenus supplémentaires provenant de l’augmentation des taxes sur la prochaine décade. Il présente toujours cette hausse des taxes comme « des hausses d’impôts pour les riches » mais elles finissent toujours par toucher également la classe moyenne. Mais le fait que le congrès adopte ou non le nouveau budget d’Obama n’est pas le point le plus important. La réalité du problème c’est que les démocrates et les républicains sont également responsables de ce désastre. Les générations futures font d’ors et déjà face à la plus grande montagne de dettes de l’histoire et les deux partis veulent encore faire grimper cette montagne. Leur seul point de désaccord concerne la vitesse à laquelle cette montagne doit grandir. C’est une honte nationale, mais la plupart des américains en sont venus à trouver ça normal. Si nos enfants et nos petits-enfants en ont l’opportunité, ils nous maudiront pour ce que nous avons fait. »

 

Alors pouvons-vous vraiment nous qualifier de « patrie des braves et terre de la liberté » ?

N’est-ce pas la vérité que la majorité d’entre nous est aujourd’hui profondément asservie ?

Partager cet article
Repost0
6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 08:00
Comment comprendre l’économie ?

- Si vous ne comprenez rien à l'économie... une bonne explication, bien claire

Riches, pauvres, patrons, employés… les concepts sont nombreux. Voici un court résumé, sorte de cours d’économie 101, qui fait le tour de la question.

 

Vous verrez, c’est… plus clair.

 

Partager cet article
Repost0
28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 10:10
Quand l'austérité tue !

Sources : éditions autrement par David Stuckler & Sanjay BasuPréface des Économistes atterrés[1]

Pour répondre à la crise, de nombreux pays ont fait Le choix de l'austérité. S'appuyant sur l'analyse de statistiques internationales de santé publique, David Stuckler et Sanjay Basu examinent les conséquences de ces décisions politiques pour les populations. À force de coupes sombres dans les aides sociales et la prévention, les maladies prolifèrent, les suicides augmentent, la consommation de drogues et d'alcool progresse et l'espérance de vie diminue.


En Grèce, le taux d'infection par le VIH et le nombre de suicides ont explosé. À l'inverse, dans les pays nordiques, les mesures de soutien aux plus vulnérables ont des effets positifs, humainement et économiquement.


Refusant le discours dominant, les auteurs explorent les vices du système et prouvent par les chiffres que l'austérité a un coût humain : elle rend malade et tue.

 

 

- Le livre est disponible ICI

 

Note :

[1] Traduit de l'anglais (américain) par Samuel Sfez

Partager cet article
Repost0
7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 09:00
Entrez dans le monde des banques françaises, là où la finance a un visage

Voici un livre enquête qui vous fera découvrir la face obscure des grandes banques françaises. Pour la première fois des journalistes et des économistes évaluent le coût exorbitant, mais passé sous silence, de leurs activités. De l’évasion fiscale à la spéculation sur les matières premières, de la « finance de l’ombre » aux produits dérivés opaques, des projets polluants aux emprunts « toxiques », ce livre co-écrit par Basta ! et Attac, dresse un panorama complet des effets néfastes de la finance toute puissante. Il sort en librairie le 11 février. Vous pouvez également le commander en ligne, ce qui vous permet de soutenir financièrement Basta ! (voir « Où acheter le Livre noir des banques ? »).

 

Sources : BASTAMwww.bastamag.net

 En 2008, la folie spéculative des banques a provoqué une crise qui ne cesse, depuis, de s’aggraver. Les banques n’ont dû leur salut qu’aux centaines de milliards d’euros injectés par les États et les banques centrales. Que s’est-il passé depuis ? Que sont devenues les grandes promesses de régulation du secteur bancaire ? Pourquoi les responsables politiques ont-ils accepté, sans exception, de maintenir un système qui privatise les profits et socialise les pertes ? Quelles réformes sont nécessaires ? Ce livre retrace l’histoire de conflits d’intérêts, de collusions et d’aveuglements incroyables. Entrons dans le monde des banques françaises. Là où la finance a un visage. Celui d’une oligarchie bancaire grassement rémunérée, complice d’un hold-up planétaire.

 

 

- Pourquoi ce livre ?

Ce livre enquête (372 pages, 19 chapitres), écrit par des économistes et journalistes, déconstruit radicalement le discours officiel selon lequel, depuis 2008, des réformes salutaires auraient été menées à bien par les pouvoirs publics et par les banques, celles-ci contribuant désormais à la sortie de crise et au bien-être de la société…


Nous avons voulu évaluer le prix exorbitant, mais passé sous silence, des activités des banques françaises. Nous avons cherché à comprendre comment la finance organise une gigantesque captation de richesse, en toute impunité. Et pourquoi depuis sept ans, rien – ou presque – n’a changé.


Les banques sont toujours de véritables et dangereuses bombes à retardement. Nous avons voulu tracer des pistes pour une reprise en main. Pour chacun des chantiers dont il est question dans cet ouvrage, des mesures simples et efficaces sont à la portée des gouvernements, de nos élus. A notre portée. Pour reprendre le contrôle, il est nécessaire de comprendre le fonctionnement du système bancaire, d’en percevoir la structure, de saisir la logique de ses acteurs. Pour que la démocratie ne s’arrête pas à la porte des salles de marché. Et pour éviter un prochain cataclysme financier, aux impacts sociaux, économiques et environnementaux désastreux.

 

 

- Où acheter le Livre noir des banques ?

Le Livre noir des banques sera dans toutes les bonnes librairies dès le 11 février. Vous pouvez aussi en commander un exemplaire à partir du formulaire suivant. Si vous achetez directement votre livre en ligne via ce formulaire, le bénéfice intégral de cette vente sera reversé à Basta ! Chaque exemplaire commandé en ligne vous coûtera 22 € (21,50 € + 0,50 € de frais de port). Commander ICI

 

 

- Ils en parlent : le Livre noir des banques dans les médias

- Les bonnes feuilles publiées par le Nouvel Obs, 5 février 2015.

« Sept ans après la crise des subprimes, les grandes promesses de régulation ont-elles été tenues ? L’association Attac et le site Basta ! dressent le bilan inquiétant dans un livre dont l’Obs publie les bonnes feuilles. »

 

 

- Qui sont les partenaires ?

Le Livre noir des banques a été écrit par des journalistes de Basta ! et des économistes de l’association Attac, qui milite pour la justice sociale et environnementale, et conteste radicalement le pouvoir pris par la finance sur les peuples et la nature. Son site internet.

 

Pour en savoir plus sur les banques françaises :

Une sélection de nos articles sur les banques :
- Réforme bancaire : comment le gouvernement s’est écrasé devant le monde de la finance
- « Face à la dimension criminelle de la crise, les élites sont aveugles, incompétentes, complices »
- Emprunts toxiques : l’État préfère défendre les banques plutôt que les collectivités flouées
- Délits et crimes financiers : pourquoi les banquiers ne vont jamais en prison

- Pascal Canfin : pourquoi il ne faut jamais croire les banques
- Quand les banques françaises financent allègrement les gaz de schiste

- « Le système financier est comme une centrale nucléaire mal contrôlée »
- Crédit agricole, la « banque verte » qui soutient les énergies sales et la destruction de montagnes »

- Bonus, mensonges et lobbying : comment les banques européennes résistent à toute régulation
- Prix des aliments et des matières premières : les banques inventent l’hyper-spéculation

 

Les dossiers Bastamag

Capitalisme Que faire face à la crise financière ?

Partager cet article
Repost0
24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 09:00
La Grèce endettée au profit des industries militaires étrangères ?

Ah, la Grèce, ses plages, ses eaux turquoises, ses villages perchés…

Soudain, trois chasseurs F-16 déchirent le ciel. La Libye n’est pas loin.

Au large, les sous-marins made in Germany patrouillent.

 

Source : INVESTIG'ACTION par Cécile Chams et Fotoula Loannidis le 12 mars 2012 mis à jour le 26/02/2015

Avec une population équivalente à la Belgique, la Grèce consacre 7,6 milliards d’euros à son armement, soit 3,2% de son PIB[1] (chiffres 2009). C'est près du double des dépenses militaires de la Belgique (4 milliards d’euros, 1,2% du PIB). En pourcentage, le budget militaire de la Grèce est ainsi le plus élevé des pays de l’Union Européenne et le second, après les États-Unis, des pays membres de l’Otan. La Grèce dépasse ainsi le Royaume-Uni (2,7%), la France (2,5%), l’Allemagne (1,4%) et la Belgique (1,2%) et vient derrière les États-Unis (4,7%).[2]

 

 

- Le budget militaire le plus élevé de l’Union Européenne

La Grèce est aussi le premier importateur d’armes de l’Union Européenne. Au cours des cinq dernières années, elle a importé pour 3,4 milliards d’euros d’armes conventionnelles. Le pays se classe ainsi, sur la même période, au 5e rang des pays importateurs d’armes dans le monde, derrière l’Inde, la Chine, la Corée du Sud et le Pakistan. La Turquie vient en 11e position. La Grèce achète principalement des armes à l’Allemagne (1,3 milliards d’euros les 5 dernières années), aux États-Unis (977 millions d’euros) et à la France (730 millions). C’est ainsi le 1er client militaire de l’Allemagne et le 3e de la France.[3] L’achat d’avions de combat représente 38% de ses importations militaires. Le pays a acquis ainsi 26 F-16 aux États-Unis et 25 Mirages 2000 pour 1,6 milliard d’euros à la France. Des contrats sont en cours d’exécution, comme celui de 4 sous-marins commandés à l’Allemagne pour 1,2 milliard d’euros et la livraison de six frégates polyvalentes FREMM françaises pour un montant de 2,5 milliards d'euros[4].

 

 

- L'Allemagne tire profit des tensions régionales

Il est intéressant de noter que l’Allemagne est aussi le principal fournisseur d’armes de la Turquie (860 millions d’euros) sur un total de 1,9 milliards d’euros d’importation. La Turquie est ainsi le 3e client de l’Allemagne[5].

 

Selon Jean-Paul Hébert, « le facteur essentiel de ces dépenses très importantes est la course aux armements avec la Turquie : mais la différence de population (72 millions contre 11) permet à ce dernier pays d’engager une part plus restreinte de ses ressources dans les dépenses militaires. Cet investissement excessif dans le militaire répond à la fois à un long antagonisme historique mais aussi à une course à la taille critique dans l’OTAN, dont les deux pays sont membres. » [6]

 

  • Ainsi, l'aide financière française et allemande envers la Grèce va contribuer à la poursuite des contrats avec les industries d'armement de ces deux pays.
  • Une des causes de la dette grecque est sans aucun doute, le doublement de ses emprunts pour l'achat d'armes (passés de 80 à 160 milliards dollars) auprès de l'Allemagne, des États-Unis et de la France entre 2000 et 2010.

 

 

- Ventes d'armements et corruption

Vente d’armes rime souvent avec corruption, que ce soit en Belgique (rappelez-vous l’affaire Agusta) ou en Grèce. La brigade financière grecque a ainsi révélé le versement par la firme allemande Ferrostaal de 120 millions d’euros à des politiciens et responsables grecs pour faciliter l’achat des quatre sous-marins à l'Allemagne.[7

 

Elève zélé de l’Otan, la Grèce participe activement aux guerres en Afghanistan et en Libye.

Depuis la Grèce, des avions et des navires de guerre de divers pays membres de l’Otan, dont la Belgique, ont bombardé la Libye. Une frégate et un radar aérien de l’armée hellénique ont été impliqués dans les opérations. Le Parti communiste de Grèce (KKE), par la voix de sa secrétaire générale, Aleka Papariga, a clairement dénoncé, dès le début, l’engagement du pays dans cette guerre. « La Yougoslavie, l’Irak, l’Afghanistan et aujourd’hui la Libye – pour la quatrième fois, la Grèce, sous la responsabilité du gouvernement grec, prend part à un crime important. Ce crime est une guerre impérialiste, injuste et sale, dans le but de s’emparer d’une part des ressources pétrolières, ce qui ne fera qu’intensifier la crise et provoquer de nouveaux tourments pour tous les peuples de la région. »[8] Des manifestations ont été organisées par le KKE, le Comité grec pour la paix (EEDYE) et le Front militant des travailleurs (PAME) pour exiger la fermeture immédiate des bases aériennes de Souda (Crète) et d’Aktio (Nord-Ouest du pays), qui joue un rôle majeur dans cette guerre. Ce sont à nouveau les travailleurs grecs qui payeront la facture de cette participation guerrière.

 

Il est intéressant de comparer le budget militaire de la Grèce avec les dépenses consacrées à la santé publique ou à l’éducation. Selon les chiffres de l’OCDE, en 2007, la Grèce a consacré 5,9% de son PIB à la santé publique, alors que la France, l’Allemagne ou la Belgique en consacrent plus de 7,3%. En matière d’éducation, la Grèce a consacré 4% de son PIB en 2005, selon l’Unesco.[9] Alors que la France, l’Allemagne ou la Belgique y consacrent de 4,5 à 6,5%.

 

On peut aussi se rappeler la gestion calamiteuse des grands incendies de l’été 2007. 84 personnes sont mortes et 2 700 km2 de forêts détruits, notamment parce que le pays manquait cruellement de moyens pour éteindre les incendies criminels. Si la Grèce avait acheté des canadairs plutôt que dans les F-16 ou les Mirages…

Source : Solidaire

Source : Solidaire

Note :

[[1] PIB = Produit Intérieur Brut, somme des richesses produites par un pays en un an.

[2] Stockolm International Peace Research Institute (SIPRI), http://sipri.or

[3] SIPRI Arms Transfers Database, 2006-2010.

[4] RIA Novosti, 28 janvier 2011.

[5] SIPRI Arms Transfers Database, 2006-2010.

[6] CIRPES, Centre Interdisciplinaire de Recherches sur la Paix et d’Etudes Stratégiques, Le débat stratégique, N° 109 - Mai 2010. http://www.cirpes.net/article328.html

[7] Kathimerini, 27 mars et 4 mai 2011.

[8] KKE, 21 mars 2011. http://inter.kke.gr/News/news2011/2011-03-21-libya

[9] http://www.uis.unesco.org/Library/Documents/ged07-fr.pdf

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Quelle menace militaire pèse donc sur la Grèce ?

- Une annulation de la dette grecque n'aurait pas d'effet sur les impôts en France

- Contrats de défense : nouveau scandale à 62 millions impliquant des entreprises allemandes

- Armement et corruption : le ministre de la défense souhaite rouvrir tous les dossiers

- Désintox : la dette grecque, 900 euros par Français ? Faux ! Entre 0 et 10 euros ? Juste !

Partager cet article
Repost0
17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 09:00
Banque mondiale : une institution antidémocratique au service du grand capital

Source : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Jacques Serieys

- La Banque mondiale : baratin et réalité

La décision de créer la Banque mondiale a été prise à Bretton Woods le 22 juillet 1944 pour voir le jour le 27 décembre 1945.

 

Elle comprend aujourd’hui cinq institutions :

  • Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), seule composante en 1944 ;
  • Association internationale de développement (AID), dont les prêts sont réservés aux pays les moins développés ;
  • Société financière internationale (SFI), pour financer les prêts et les investissements réalisés par les entreprises dans les pays "à risque" ;
  • Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI)
  • Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI), fondée en 1988, pour la sécurisation des prêts.

 

Institution spécialisée de l’ONU, elle prétend intervenir financièrement en faveur de la croissance économique sur des critères seulement économique.

 

“ La Banque et ses responsables n’interféreront pas dans les affaires politiques d’un quelconque membre et il leur est interdit de se laisser influencer dans leurs décisions par le caractère politique du membre ou des membres concernés. Seules des considérations économiques peuvent influer sur leurs décisions et ces considérations seront soupesées sans parti pris, en vue d’atteindre les objectifs (fixés par la Banque) stipulés dans l’art. I ”. (Article IV, section 10)

 

En fait, cette prétendue Banque mondiale constitue une véritable arme sophistiquée au service du capitalisme financier transnational et des USA.

 

 

- La Banque mondiale arme sophistiquée au service du capital financier, des multinationales et des USA

Ainsi, en 1944 1947, elle refuse toute aide à la France qui met en place la Sécurité sociale et les retraites par répartition. Le 5 mai 1947, les quatre ministres communistes sont exclus du gouvernement qui, dès lors, fait profession de soumission à Washington. Le 9 mai 1947, la Banque mondiale octroie à la France le plus gros prêt qu’elle ait jamais consenti.

 

Le même type de pression se note dans le Brésil des années 1958 à 1964. En 1956, le modéré Kubitschek est élu président de la république sur le mot d’ordre "50 ans de progrès en 5 ans". Il entre en négociation avec le FMI afin de recevoir un prêt de 300 millions de dollars. Vu les conditions imposées par le FMI et la Banque mondiale, il se passe du prêt que les USA lui "accordent" ; il finira assassiné. Son successeur (1961), João Goulart, est mal vu par les entreprises américaines pour avoir fait doubler le salaire minimum dans le Rio Grande do Sul en 1946 ; sitôt en fonction, le gouvernement US, les espions US, les institutions au service des USA comme la Banque mondiale font tout pour le faire battre électoralement (soutien financier massif à la droite lors des municipales de 1962), le déstabiliser et le renverser. Lorsque Goulart commence à parler de réforme agraire et de nationalisation des raffineries de pétrole, le gouvernement de Washington s’acoquine avec les généraux brésiliens pour le renverser. Le lendemain du coup d’état militaire réussi, les USA reconnaissent leur gouvernement totalitaire ; quant à la Banque mondiale et au FMI, ils reprennent aussitôt leurs prêts.

 

En juillet 2005, Rafael Correa, ministre de l’Économie, veut réformer l’utilisation des ressources pétrolières dont une partie, au lieu de servir au remboursement de la dette, devrait servir aux dépenses sociales, notamment pour les populations indiennes. En représailles, la Banque mondiale bloque un prêt de 100 millions de dollars et les pressions de Washington contraignent Correa à démissionner.

 

 

- Banque mondiale et dictatures

La Banque mondiale a surtout servi à épauler financièrement des régimes totalitaires installés par les USA pour plier les salariés et les peuples aux intérêts de leurs grandes entreprises et du dollar.

 

Parmi les grands pays concernés, nous venons de voir le cas du Brésil.

 

Nous pourrions citer tout autant :

  • l’Indonésie de Soeharto (1965 à 1988) ;
  • le Zaïre de Mobutu (1965 à 1997) ;
  • les Philippines sous Marcos ;
  • le Nicaragua du dictateur Somoza ;
  • l’Afrique du Sud de l’Apartheid ;
  • la Thaïlande ;
  • le Chili de Pinochet ;
  • l’Argentine de Videla ...

 

Ni l’énorme corruption de ces Etats qui fait passer les prêts dans les poches des pions de Washington, ni les mesures fascistes qu’ils prennent ne troublent la Banque mondiale qui continue à les féliciter et les financer.

 

 

- Les politiques de la Banque mondiale

Eric Toussaint, président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde de Belgique et docteur en sciences politiques, les analyse ainsi :

 

Les choix de la Banque et de son jumeau, le FMI, de 1947 jusqu’à l’effondrement du bloc soviétique (1991), sont largement déterminés par les critères suivants :

• éviter le maintien de modèles autocentrés ;

• soutenir financièrement de grands projets (Banque mondiale) ou des politiques (FMI) qui permettent d’augmenter les exportations des principaux pays industrialisés ;

• refuser d’aider des régimes considérés comme des menaces par le gouvernement des Etats-Unis et d’autres actionnaires importants ;

• tenter de modifier la politique de certains gouvernements des pays dits socialistes afin d’affaiblir la cohésion du bloc soviétique. C’est dans ce cadre qu’un soutien a été apporté à la Yougoslavie qui s’est retirée du bloc dominé par Moscou à partir de 1948 ou à la Roumanie à partir des années 1970 au moment où Ceausescu exprimait des velléités d’éloignement à l’égard du Comecon et du Pacte de Varsovie ;

• soutenir des alliés stratégiques du bloc capitaliste occidental, des États-Unis en particulier (exemples : l’Indonésie de 1965 à aujourd’hui, le Zaïre de Mobutu de 1965 à 1997, les Philippines sous Marcos, le Brésil de la dictature à partir de 1964, le Nicaragua du dictateur Somoza, l’Afrique du Sud de l’Apartheid) ;

• tenter d’éviter ou de limiter, autant que faire se peut, un rapprochement des gouvernements des PED avec le bloc soviétique ou la Chine : essayer par exemple d’éloigner l’Inde et l’Indonésie du temps de Soekarno de l’URSS ;

• tenter, à partir de 1980, d’intégrer la Chine dans le jeu d’alliances des États-Unis.

 

Plus généralement, et ceci concerne la France de François Hollande :

Pour mener cette politique, la Banque mondiale et le FMI appliquent une tactique généralisée : ils sont plus souples à l’égard d’un gouvernement de droite (moins exigeants en termes d’austérité antipopulaire) s’il est confronté à une forte opposition de gauche qu’à l’égard d’un gouvernement de gauche confronté à une forte opposition de droite. Concrètement, cela signifie que ces institutions vont mener la vie dure à un gouvernement de gauche confronté à une opposition de droite de manière à l’affaiblir et à favoriser l’accession de la droite au pouvoir. Selon la même logique, elles seront moins exigeantes à l’égard d’un gouvernement de droite confronté à une opposition de gauche afin d’éviter de l’affaiblir et d’empêcher la gauche d’accéder au pouvoir. L’orthodoxie monétariste est à géométrie variable : les variations dépendent bien de facteurs politiques et géostratégiques.

 

Le FMI et la Banque mondiale n’hésitent pas à appuyer des dictatures quand ils (et d’autres grandes puissances capitalistes) le trouvent opportun. Les auteurs du Rapport mondial sur le développement humain réalisé par le PNUD (édition 1994) l’écrivent noir sur blanc : “ De fait, l’aide versée par les États-Unis pendant les années 1980 est inversement proportionnelle au respect des droits de l’homme. Les donateurs multilatéraux ne semblent pas non plus encombrés de telles considérations. Ils semblent en effet préférer les régimes autoritaires, considérant sans ciller que ces régimes favorisent la stabilité politique et sont mieux à même de gérer l’économie. Lorsque le Bangladesh et les Philippines ont mis fin à la loi martiale, leur part respective dans l’ensemble des prêts de la Banque mondiale a diminué ”

 

 

- Banque mondiale : l’heure de rendre des comptes (par ATTAC)

Elle doit rendre des comptes sur de nombreux points dont voici une liste non exhaustive :

- pendant la guerre froide, la Banque mondiale a utilisé l’endettement dans un but géopolitique et systématiquement soutenu les alliés du bloc occidental, notamment des régimes dictatoriaux (Pinochet au Chili, Mobutu au Zaïre, Suharto en Indonésie, Videla en Argentine, régime d’apartheid en Afrique du Sud, etc.) qui ont violé les droits humains et détourné des sommes considérables, et elle continue de soutenir des régimes de même nature (Déby au Tchad, Sassou Nguesso au Congo, Biya au Cameroun, Musharraf au Pakistan, etc.) ;

- au virage des années 1960, la Banque mondiale a transféré à plusieurs pays africains nouvellement indépendants (Mauritanie, Gabon, Algérie, Congo-Kinshasa, Nigeria, Kenya, Zambie, etc.) les dettes contractées par leur ancienne métropole pour les coloniser, en totale contradiction avec le droit international ;

- une très grande quantité des prêts octroyés par la Banque mondiale a servi à mener des politiques qui ont provoqué des dégâts sociaux et environnementaux considérables (grands barrages souvent inefficaces, industries extractives comme des mines à ciel ouvert et des oléoducs, agriculture d’exportation et abandon de la souveraineté alimentaire, etc.), dans le but faciliter l’accès à moindre coût aux richesses naturelles du Sud ;

- après la crise de la dette de 1982, la Banque mondiale a soutenu les politiques d’ajustement structurel promues par les grandes puissances et le FMI, conduisant à une réduction drastique des budgets sociaux, la suppression des subventions aux produits de base, des privatisations massives, une fiscalité qui aggrave les inégalités, une libéralisation forcenée de l’économie et une mise en concurrence déloyale des producteurs locaux avec les grandes multinationales, mesures qui ont gravement détérioré les conditions de vie des populations et vont dans le sens d’une véritable colonisation économique ;

- la Banque mondiale a mené une politique qui reproduit la pauvreté et l’exclusion au lieu de la combattre, et les pays qui ont appliqué à la lettre ses prétendus remèdes se sont enfoncés dans la misère ; en Afrique, le nombre de personnes devant survivre avec moins de 1$ par jour a doublé depuis 1981, plus de 200 millions de personnes souffrent de la faim et pour 20 pays africains, l’espérance de vie est passée sous la barre des 45 ans ;

- malgré les annonces tonitruantes, le problème de la dette des pays du tiers-monde reste entier car loin d’une annulation totale, la Banque mondiale se contente d’écrémer la partie supérieure de la dette de quelques pays dociles sans toucher au mécanisme lui-même ; au lieu de représenter la fin d’une domination implacable, l’allégement de dette n’est qu’un rideau de fumée qui dissimule en contrepartie des réformes économiques draconiennes, dans la droite ligne de l’ajustement structurel.

 

Nous ne pouvons tirer qu’une conclusion : la banque mondiale doit disparaître le plus rapidement possible.

 

Partager cet article
Repost0
12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 09:00
Photo [1]

Photo [1]

Les grandes entreprises françaises ne seront pas soumises à un « devoir de vigilance » vis-à-vis de leurs sous-traitants.

Cette proposition de loi issue d’une poignée de députés socialistes et écologistes sera, au mieux, vidée de son contenu, au pire jetée à la poubelle.

Le projet de loi Macron obligeait de son côté les entreprises à être gérées « dans le respect de l’intérêt général économique, social et environnemental ».

Cette définition a disparu de la loi pendant que journalistes et lanceurs d’alertes sont criminalisés au nom du « secret des affaires ».

Pourtant, l’opinion publique est largement favorable à une meilleure régulation des multinationales.

 

Sources : BASTAMAG par Olivier Petijean

La Commission des lois de l’Assemblée a rejeté la semaine dernière la proposition de loi sur le « devoir de vigilance » des multinationales porté par trois députés socialistes et écologistes. Le projet visait à combler un vide juridique en responsabilisant les sociétés-mères françaises quant aux atteintes graves aux droits humains occasionnées par leurs activités dans d’autres pays (lire notre entretien avec Dominique Potier, l’un des initiateurs du projet). Désastre du Rana Plaza pour Auchan et Carrefour, naufrage de l’Erika ou pollutions pétrolières au Nigeria pour Total... autant d’exemples des difficultés à placer les multinationales françaises – et étrangères – face à leurs responsabilités lorsqu’un drame se produit, et à obtenir justice pour les victimes [2].

 

La proposition de loi était officiellement soutenue par les quatre groupes parlementaires socialiste, écologiste, communiste et radical. Manuel Valls ne s’y était pas opposé. Elle avait reçu le soutien actif des associations françaises regroupées au sein du Forum citoyen pour la responsabilité sociétale des entreprises (CCFD-Terre Solidaire, Sherpa, Amis de la terre, Peuples solidaires, Amnesty, Éthique sur l’étiquette...). Mais le jour du passage en commission, les représentants socialistes ont choisi de ne pas la soutenir. Les députés UMP s’y sont clairement opposés, arguant de la nécessité de ne pas « asphyxier » les entreprises françaises à coup de réglementations et de ne pas nuire à leur compétitivité internationale [3].

 

Les grandes entreprises françaises et leurs représentants officiels, Medef et AFEP (Association française des entreprises privées, organe des grands groupes) n’ont jamais caché leur hostilité à l’inscription de ce « devoir de vigilance » dans la législation. Pourtant, certains des porteurs de la proposition de loi faisaient le pari qu’elle obtiendrait le soutien du gouvernement car celui-ci aurait besoin d’un « marqueur à gauche » pour contre-balancer l’accumulation de mesures « pro-entreprises » de ces derniers mois. Mauvais calcul apparemment.

 

 

- Néo-conservatisme

Répétant le tour de passe-passe du pacte de responsabilité – où les « contreparties » exigées des entreprises pour les divers allégements fiscaux et sociaux dont elles bénéficient ont fini par s’évaporer purement et simplement –, le gouvernement français semble finalement opter pour une loi unilatéralement favorable aux directions d’entreprises. En plus d’entériner l’impunité juridique des multinationales françaises, députés et gouvernement ont introduit dans la loi Macron, au nom du « secret des affaires », des dispositions extrêmement régressives, dignes d’un paradis fiscal, en matière de droit à l’information et de contrôle démocratique des pouvoirs économiques (lire notre article).

 

Le gouvernement a aussi supprimé l’une des seules dispositions progressistes de la loi Macron dans sa version initiale, qui redéfinissait totalement la notion d’entreprise dans le droit civil français en stipulant que celles-ci devaient être gérées « dans le respect de l’intérêt général économique, social et environnemental ». Autant de dispositions qui pourraient paraître plutôt abstraites par comparaison avec d’autres aspects controversés de la loi Macron, mais qui pourraient être au moins aussi importantes à long terme. À travers ces reculs en série, les dirigeants socialistes ne se contentent plus de « concessions » à la vision du monde néo-conservatrice qui se cache derrière le mot d’ordre de la compétitivité : ils cherchent désormais à graver cette vision du monde dans le droit.

 

 

- Une opinion publique en faveur de la régulation des multinationales

Le projet de loi sur le « devoir de vigilance » des multinationales sera tout de même discuté en plénière à l’Assemblée le jeudi 29 janvier, quoique son sort paraisse d’ores et déjà scellé. Un projet alternatif serait en préparation du côté des députés socialistes et du ministère de l’Économie, dont les associations dénoncent déjà la faiblesse : il ne contiendrait en effet que des dispositions non contraignantes, inférieures à ce que la plupart des grandes entreprises ont déjà mis en place [4]. Le Forum citoyen a donc relancé sa pétition appelant François Hollande à « mettre fin à l’impunité des multinationales » en soutenant la proposition de loi dans sa version initiale.

 

À l’appui de ces revendications, les associations peuvent se prévaloir d’un sondage d'opinion commandé pour l’occasion et réalisé par l’institut CSA [5], dont les résultats sont sans appel. 95 % des personnes interrogées estiment que les catastrophes industrielles comme le Rana Plaza ou les désastres environnementaux comme l’Erika pourraient être facilement évités si les multinationales prenaient plus de précautions. Et 76% déclarent que les multinationales devraient être « tenues responsables devant la justice des accidents graves provoqués par leurs filiales et sous-traitants ». Députés et gouvernement suivront-ils l’opinion publique, ou persisteront-ils dans la voie de l’obscurantisme économique ?

 

Note :

[1] L’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza, le 24 avril 2013 au Bangladesh, a tué 1127 ouvriers et ouvrières du textile. Des sous-traitants y travaillaient pour les marques Mango, Benetton, The Children’s Place ou Primark. Des étiquettes de vêtements Carrefour (marque Tex), Auchan (marque In Extenso) et Camaïeu ont été retrouvées dans les décombres / CC Jaber Al Nahian

[2] Certaines associations du Forum citoyen avaient tenté de contourner l’absence de règles juridiques sur la responsabilité des sociétés mères en matière de droits humains en les attaquant pour « pratique commerciale trompeuse », en arguant du fait que ces entreprises utilisaient leurs codes de conduite et leurs politiques de responsabilité sociale comme arguments publicitaires. La justice vient de classer sans suite les deux plaintes qu’elles avaient déposé contre Auchan (pour son implication dans le drame du Rana Plaza) et Samsung (pour des cas de travail des enfants dans ses usines chinoises).

[3] Lire les explications de Novethic.

[4] Voir le communiqué de presse de l’association Sherpa.

[5] Par Internet, auprès d’un échantillon de 1 000 interviewés.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Macron

Partager cet article
Repost0
9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 09:00
CICE : le secret un peu honteux des grandes entreprises françaises

Des millions d'euros sont accordés aux groupes tricolores sous forme de crédit d'impôt compétitivité. Seuls quelques-uns l'admettent.

 

Sources :  JDN l'économie demain par Justine Gay le 26 mars 2014 | mis à jour le 24 septembre 2015

Du temps, il en aura fallu au JDN pour convaincre quelques-uns des fleurons de l'économie française de dévoiler le montant du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) dont ils bénéficient. Du temps et d'innombrables relances. 

 

Pourtant, pour la petite histoire, c'est un homme du sérail, Henri Lachmann, ex-PDG de Schneider Electric, qui a aiguisé notre curiosité : "Qu'on ne me dise pas que les caissières de Carrefour contribuent à la compétitivité de la France", nous avait-il lancé lors d'une interview à l'automne dernier.

 

L'ancien patron s'insurgeait alors contre le mode de calcul de ce crédit d'impôt destiné à alléger le coût du travail qui, parce qu'il est assis sur le montant des rémunérations inférieures à 2,5 Smic (3 613,45 euros brut par mois en 2014), profite surtout aux entreprises issues de secteurs d'activité à forte concentration de métiers peu qualifiés, pas forcément exposés à la concurrence internationale qui plus est.

 

Ironie du sort, Schneider, qu'Henri Lachmann a dirigé pendant près de 10 ans, fait partie des 33 groupes sur les 49 contactés qui ont refusé de se prêter au jeu. Ils ne sont donc que 16 à nous avoir livré le montant de leur CICE au titre de 2013 et encore moins à nous avoir indiqué une estimation de la ristourne à imputer sur l'impôt dont ils s'acquitteront l'année suivante.

CICE : le secret un peu honteux des grandes entreprises françaises

Ces 16 grandes entreprises françaises cumulent une réduction d'impôt de 828,9 millions d'euros au titre de 2013, soit 8,3% du CICE, son coût total ayant été chiffré à 10 milliards d'euros. Un avantage fiscal qui devrait s'élever à 1,24 milliard d'euros pour ces mêmes entreprises lors du prochain exercice, puisque le taux du CICE passera de 4% de la masse salariale inférieure à 2,5 Smic au titre de 2013 à 6% au titre de 2014. Il ne représentera plus que 6,2% du CICE total, qui atteindra alors 20 milliards d'euros. Cela à condition que le montant et la structure de la masse salariale de nos 16 entreprises restent inchangés.

 

  • 16 entreprises totalisent à elles seules 8,3% du crédit d'impôt compétitivité emploi

 

Alors, quels autres enseignements peut-on tirer de ce faible échantillon de répondants ? D'abord que l'Etat fait un cadeau aux siens : les 6 premiers bénéficiaires sont des entreprises publiques ou avec une forte présence de l'Etat au capital. La Poste  arrive en tête, avec une baisse d'impôts de 297 millions d'euros en 2014 qui devrait bondir à 445,5 millions d'euros en 2015, selon nos estimations. Viennent ensuite la SNCF (118 millions d'euros au titre de 2013), PSA (80 millions d'euros), Orange (79 millions d'euros), EDF (68 millions d'euros) et Air France-KLM (40 millions d'euros, dont 28 pour Air France et 12 pour ses filiales).

 

A noter que les groupes dans lesquels l'Etat détient une participation se sont montrés plus coopératifs que les structures 100% privées. Les premiers ont répondu à 64% contre seulement 24% pour les secondes.

 

  • Parmi les répondants, les 6 premiers bénéficiaires sont des entreprises publiques ou avec une forte présence de l'Etat au capital

 

Les sociétés les plus silencieuses seraient-elles celles qui bénéficient le plus du CICE ? Pas forcément. Sur les trois banques interrogées, aucune n'a accepté de divulguer le montant de son crédit d'impôt, alors que la finance est censé être le secteur qui profite le moins du dispositif : selon le comité de suivi du CICE, seuls 35,1% de sa masse salariale est concernée, contre 89,9% dans l'hébergement-restauration par exemple. Sans surprise, Kering et LVMH, aussi spécialistes du luxe que du mutisme, ne se sont pas montrés plus loquaces.

 

A contrario, les deux géants du transport que sont Air France-KLM et la SNCF ont bien voulu indiquer au JDN le montant du crédit d'impôt qui leur était accordé.

 

Leurs homologues de l'énergie ont été presque aussi transparents : sur les trois interrogés, seul GDF SUEZ a refusé de nous communiquer son CICE. Dans l'hypothèse d'une masse salariale comparable à celle d'EDF, il est possible de l'estimer à 57 millions d'euros au titre de 2013 et à 85,5 millions d'euros au titre de 2014[2].

 

Un calcul similaire nous permet d'évaluer la réduction d'impôt accordée à Carrefour à 84 millions d'euros au titre de 2013 (126 millions pour 2014), à structure de masse salariale comparable à celle d'Auchan cette fois-ci[3]. C'est le mieux que nous puissions donner à Henri Lachmann.

 

Notes :

[1]  Estimation du JDN – et non de l'entreprise – à structure et montant de masse salariale constants

[2] Effectifs pris en compte dans ce calcul : 129 328 salariés d'EDF en France au 31 décembre 2012, d'après le site Internet du groupe, et 108 500 collaborateurs pour GDF Suez en France au 31 décembre 2011, selon un document de l'entreprise.

[3]   Effectifs pris en compte dans ce calcul : 52 000 salariés en CDI chez Auchan France, selon les chiffres publiés par LSA en mars 2013 et 115 000 collaborateurs chez Carrefour France, d'après les chiffres publiés par la direction emploi et carrières de Carrefour France en novembre 2011.

 

Méthodologie

Les entreprises interrogées pour ce dossier sont celles du Cac 40 ainsi que les sociétés non cotées présentes dans le classement Global 500 du magazine américain Fortune.

Les 33 entreprises n'ayant pas souhaité communiquer le montant de leur CICE au titre de 2013 sont les suivantes, classées par ordre alphabétique : Accor, Air Liquide, Airbus Group, Alcatel-Lucent, Alstom, ArcelorMittal, BNP Paribas, Bouygues, BPCE, Capgemini, Carrefour, CNP Assurances, Crédit agricole, Danone, Essilor International, Foncière Euris, GDF Suez, Gemalto, Kering, Legrand, LVMH, Michelin, Publicis Groupe, Renault, Saint-Gobain, Schneider Electric, Société générale, Sodexo, Solvay, Unibail-Rodamco, Vallourec, Vinci, Vivendi.

 

Pour en savoir plus :

- Les milliards envolés du crédit impôt recherche

- Crédit Impôt Recherche : la grande arnaque par le Parti de Gauche

- Renault : « Le contribuable finance les licenciements »

- Le CICE ? Il augmente le cash des entreprises, pas l’investissement

CICE : le secret un peu honteux des grandes entreprises françaises
Partager cet article
Repost0
6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 09:00
La BCE tente un coup d’État contre la Grèce

Les Économistes atterrés dénoncent la décision de la BCE qui viole la démocratie, renie ses propres engagements à tout faire pour éviter la déflation et pour sauver la zone Euro et fait le lit des forces politiques réactionnaires qui prospèrent toujours sur fond de crise totale. Ils appellent tous les démocrates à s’opposer avec la dernière énergie à cette décision inique de la BCE. Les choix du peuple Grec doivent être respectés.

 
Source : LES ECONOMISTES ATTERES le 05 février 2015 par Les Economistes Atterés

L’illusion d’une Banque centrale européenne pratiquant un assouplissement monétaire pour sortir la zone euro de la déflation n’a duré que deux semaines. Hier, la BCE a unilatéralement décidé de ne plus accepter les titres publics grecs en contrepartie des liquidités accordées aux banques, tout particulièrement aux banques grecques. Ainsi, Mario Draghi met en péril la zone Euro, rompant son engagement à « tout faire pour préserver l’Euro ».

 

Les banques grecques qui continuent à acheter des obligations de l’État, ne pourront donc plus les utiliser pour se refinancer auprès de la BCE. Elles pourront certes utiliser d’autres instruments, des titres privés. Mais ceux-ci risquent de devenir rares et surtout l’Etat grec aura de plus en plus de mal à trouver des fonds pour sortir de l’étau de la Troïka. C’est la sanction que la BCE inflige au nouveau gouvernement grec pour avoir osé envisager mettre fin à une austérité ayant saigné aux quatre veines le peuple grec.

 

Cette décision irresponsable, dogmatique et punitive, prise pour des raisons politiques, par des technocrates non-élus, aboutit à déstabiliser le système bancaire grec et de la zone euro. Elle est en contradiction flagrante avec l’article 127 du TFUE qui indique que « Sans préjudice de l’objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l’Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union, tels que définis à l’article 3 du traité sur l’Union européenne ». Et cet article 3 indique que l’UE « œuvre pour le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée […] qui tend au plein emploi et au progrès social ».

 

La décision de la BCE va aggraver les difficultés d’élaboration et de mise en œuvre d’une politique alternative permettant de sortir de la crise. En coupant l’économie grecque de l’alimentation en monnaie reconnue dans toute la zone euro, elle sèmera la panique parmi la population grecque, sachant que les banques seront ainsi mises en grande difficulté pour répondre à sa demande. La BCE cherche-t-elle à susciter une panique bancaire ?

 

Le risque est bien celui d’un chaos économique et social, mais aussi celui du chaos politique. Avant même que soient ouvertes les négociations avec le nouveau gouvernement grec, la BCE envoie un signal à tous les pays membres de la zone euro : la démocratie ne compte plus. Les Grecs peuvent voter, leur vote est nul et non avenu. Tout nouveau gouvernement est contraint par les engagements pris par le précédent. On savait déjà que les institutions européennes n’avaient que faire des choix populaires depuis le contournement des référendums portant sur la conception des politiques à mener, on l’expérimente maintenant dans la mise en œuvre des politiques.

 

 Ce coup de force de la BCE va se retourner contre l’ensemble des peuples européens. Refuser de mettre en cause les politiques d’austérité c’est condamner la plupart des pays de l’UE au marasme. Le comble de l’absurde est atteint puisque même les pays en apparence prospères comme l’Allemagne, ne pourront éternellement vivre des déficits des autres.

 

- Télécharger le communiqué des ÉCONOMISTES ATTERÉS : ICI

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier : La dette.... la dette ?

- Mon dossier Grèce

- Manifestation à Paris en réaction aux pressions de la BCE sur la Grèce

- Une annulation de la dette grecque n'aurait pas d'effet sur les impôts en France

- Putsch de la BCE : le gouvernement grec ne doit pas plier !

- Nous sommes avec la Grèce et l’Europe

- Alexis Tsipras se retrouve au pied du « mur de l’argent »

- Leçon grecque : plus aucun changement possible sans clash systémique

- Thomas Piketty: « on a fait de l’argent avec la dette grecque »

- Michel Sapin: «L’annulation de la dette grecque est une aberration, la renégociation est sur la table»

- Pour le FN, la Grèce doit rembourser sa dette

La BCE tente un coup d’État contre la Grèce
Partager cet article
Repost0
31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 10:33
Le programme de Syriza pour la Grèce

Programme Grec de Gouvernement : ce que fera un gouvernement Syriza
Transform! publie le programme de gouvernement de Syriza, dévoilé par Alexis Tsipras, le 15 septembre 2014, lors de la Foire Internationale de Salonique

 

Source : Le Parti de Gauche le 18 décembre 2014

- Le contexte de négociation

Nous exigeons la tenue immédiate d’élections parlementaires, ainsi qu’un mandat de négociation non équivoque, dans le but :

  • D’annuler la majeure partie de la valeur nominale de la dette publique, de sorte qu’elle devienne viable dans le contexte d’une « Conférence sur la Dette Européenne ». Cela s’est produit pour l’Allemagne, en 1953. Cela peut également se produire pour le Sud de l’Europe, et pour la Grèce.
  • D’inclure une « clause de croissance » dans le remboursement de la part restante, de façon à ce que la croissance, et non le budget, la finance.
  • D’inclure un délai de carence significatif pour le paiement des intérêts de la dette, de façon à consacrer ces fonds à l’aide à la croissance.
  • D’exclure l’investissement public des restrictions prévues par le Pacte de Croissance et de Stabilité.
  • D’aboutir à un « New Deal Européen » d’investissement public, financé par la Banque Européenne d’Investissement.
  • D’obtenir un assouplissement quantitatif de la part de la Banque Centrale Européenne, sous la forme d’achats directs d’obligations souveraines.
  • Enfin, nous déclarons qu’en ce qui nous concerne, le sujet du prêt de guerre auquel la Banque de Grèce fut contrainte, lors de l’occupation Nazie, n’est pas clos. Nos partenaires le savent. Dès que nous serons au pouvoir, ceci deviendra la position officielle du pays.


Sur la base de ce plan, nous nous battrons pour obtenir une solution viable au problème de dette de la Grèce, de sorte que notre pays soit en capacité de rembourser la dette restante à partir de la création de richesses nouvelles, et non du déficit budgétaire, qui absorbe les recettes de la société. Au moyen de ce plan, nous mènerons le pays, en toute sécurité, vers son redressement et la reconstruction de son appareil productif, en :

  • Augmentant immédiatement l’investissement public, d’au moins 4 milliards d’euros.
  • Réparant progressivement toutes les injustices causées par le Mémorandum.
  • Rétablissant progressivement, les niveaux de salaires et de pensions de retraite, de façon à accroître la consommation et la demande.
  • Accordant des incitations à la création d’emplois aux petites et moyennes entreprises ; subventionnant les dépenses énergétiques de l’industrie, en échange d’une clause de création d’emplois et de respect de l’environnement.
  • Investissant dans le savoir, la recherche, les nouvelles technologies, de façon à faire rentrer au pays les jeunes scientifiques, qui ont émigré en masse au cours des dernières années.
  • Reconstruisant l’État-providence, rétablissant le respect de la loi, créant un état méritocratique.


Nous sommes prêts à négocier, et nous œuvrons à la construction des alliances les plus larges possibles en Europe. Une fois de plus, le gouvernement Samaras en place, est prêt à accepter les décisions des créditeurs. 
L’alliance avec le gouvernement allemand, est la seule qu’il cherche à consolider. Telle est notre différence, et tel se présente, en fin de compte le dilemme : une négociation européenne, menée par un gouvernement Syriza, ou l’acceptation des termes imposés par les créditeurs à la Grèce, par le gouvernement Samaras. Négociation ou pas.

 

 

- Croissance ou austérité. Syriza ou la Nouvelle Démocratie. Cela dit, que se passera-t-il d’ici la fin des négociations ?

  • Avec SYRIZA, vers un Plan National de Reconstruction pour la société grecque.
  • Nous assumons nos responsabilités, et nous nous engageons auprès du peuple grec, à mettre en œuvre un Plan de National de Reconstruction, qui remplacera le Mémorandum dès nos premiers jours d’exercice du pouvoir, avant la fin des négociations, et quel qu’en soit le résultat. Le Plan National de Reconstruction se concentre sur quatre piliers principaux, visant à remédier à la désintégration économique et sociale, à reconstruire l’économie, à sortir de la crise.

 

 

Les quatre piliers du plan national de reconstruction

 

• Faire face à la crise humanitaire
• Redémarrer l’économie, promouvoir la justice fiscale
• Retrouver le plein emploi
• Transformer le système politique, afin d’approfondir la démocratie



- PREMIER PILIER : Faire face à la crise humanitaire. Coût total estimé 1 milliard 882 millions d’euros
Notre programme, visant à faire face sans attendre à la crise humanitaire, et d’un coût estimé à environ 2 milliards d’euros, correspond à une grille détaillée d’interventions de première urgence, qui permettront d’élever un bouclier de protection en faveur des couches sociales les plus vulnérables.

  • Électricité gratuite pour 300000 foyers, qui vivent à l’heure actuelle sous le seuil de pauvreté ; jusqu’à 300 kWh par mois et par famille, soit 3600 kWh par an. Coût total 59,4 millions d’euros.
  • Programme de repas subventionnés pour 300000 familles sans revenus. La mise en place se fera par l’intermédiaire d’une agence publique de coordination, en coopération avec les autorités locales, l’Église, et les organisations en charge de la solidarité. Coût total 756 millions d’euros.
  • Programme de promesse de logement. L’objectif à atteindre est la fourniture de 30000 appartements, dans un premier temps (30, 50, 70 m²), grâce à un système de loyers subventionnés, à 3 euros le m². Coût total : 54 millions d’euros.
  • Restitution de la prime de Noël, en tant que treizième mois, à 1262920 retraités dont la pension est inférieure ou égale à 700 euros par mois. Coût total 543,06 millions d’euros.
  • Soins médicaux, et pharmaceutiques gratuits, pour les chômeurs sans assurance. Coût total 350 millions d’euros.
  • Carte spéciale, donnant accès aux transports publics pour les chômeurs de longue durée, et pour les personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté.
  • Annulation du nivellement de l’impôt spécial à la consommation, sur le gazole domestique et automobile. Ramener pour les foyers le prix de base du chauffage au fuel à 0,90 euros par litre, au lieu des 1,20 en vigueur actuellement. Un bénéfice est attendu.



- DEUXIÈME PILIER : Redémarrer l’économie, promouvoir la justice fiscale. Coût total estimé : 6,5 milliards d’euros. Gain estimé 3 milliards d’euros.
Le deuxième pilier est centré sur des mesures destinées à redémarrer l’économie.
La priorité est donnée au soutien à l’économie réelle par la suppression d’impôts, au soulagement les citoyens qui plient sous le fardeau de la finance, à l’injection de liquidités, ainsi qu’à l’accroissement de la demande. 
Les impôts trop élevés, que paient la classe moyenne et ceux qui ne pratiquent pas l’évasion fiscale, prennent une partie importante des citoyens au piège d’une situation qui menace directement leur statut face à l’emploi, leurs biens privés, aussi modestes soient-ils, et jusqu’à leur existence physique, ainsi que le prouve le nombre sans précédent de suicides.


Règlement des obligations financières envers l’État et le fonds de sécurité sociale en 84 versements. 
Gain estimé : 3 milliards d’euros. Les mesures suivantes faciliteront la collecte des recettes annuelles que nous avons prévues (entre 5 et 15% du total dû) :

  • Arrêt immédiat des poursuites judiciaires, ainsi que des saisies/confiscations de comptes bancaires, résidences principales, salaires, etc … ; émission d’un certificat de décharge pour toutes les personnes concernées par la procédure de règlement-livraison.
  • Suspension, pour une durée de douze mois, des poursuites judiciaires, et de leurs mesures de mise en application, contre les débiteurs dont l’absence de revenus est prouvée, et qui prennent part à la procédure de règlement-livraison.
  • Abrogation du classement anticonstitutionnel des obligations financières impayées à l’État, parmi les infractions relevant du flagrant délit.
  • Abolition de l’acompte de 50% obligatoire sur la dette impayée, comme prérequis pour bénéficier d’une audience devant un tribunal. Un juge décidera du montant de l’acompte. Celui-ci s’élèvera à 10 – 20%, selon la situation pécuniaire du débiteur.


Abolition immédiate de l’impôt unifié sur la propriété (ENFIA), en vigueur actuellement. Création d’un impôt sur les propriétés étendues. Ajustement immédiat, à la baisse, du prix au m² des zones de propriété.
Coût estimé : 2 milliards d’euros. Cet impôt sera progressif, et son seuil d’exemption sera élevé. À l’exception des résidences de luxe, il ne s’appliquera pas aux résidences principales.
De plus, ne seront pas concernées les propriétés de petite taille, ni celles de taille moyenne.

 

Réinstauration du seuil de l’impôt annuel sur le revenu à 12000 euros. Augmentation du nombre de tranches du barème fiscal, afin de garantir une imposition progressive. Coût estimé : 1,5 milliard d’euros.

 

Dégrèvement sur les dettes personnelles, au moyen de la restructuration des créances en souffrance, par les individus, et par les entreprises. Ces nouvelles lois sur le dégrèvement comprendront : l’exonération partielle, au cas par cas, de la dette encourue par les personnes qui se trouvent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté, ainsi que le principe général du réajustement de la dette impayée, de sorte que le service total de ses intérêts aux banques, à l’état, et aux fonds de sécurité sociale, n’excède pas le tiers des revenus du débiteur.

  • Nous mettons en place une organisation publique intermédiaire, chargée de la gestion de la dette privée, non pas en tant que structure de défaisance, mais à la fois comme gestionnaire des arriérés auprès des banques, et comme contrôleur bancaire, pour ce qui concerne la mise en œuvre des accords conclus.
  • Dans les jours prochains, SYRIZA déposera un projet de loi visant à étendre à l’infini la suspension des saisies de résidences principales, dont la valeur est inférieure à 300000 euros.
  • Ce projet comprendra également l’interdiction de vendre, ou de transférer, les droits sur les emprunts ou sur les prix du foncier, afin de confier des emprunts à des entreprises ou institutions financières non bancaires.
  • Mise en place d’une banque publique de développement, ainsi que de fonds communs de créances. Capital de démarrage ; 1 milliard d’euros.
  • Rétablissement du salaire minimum, à 751 euros. Coût nul.



- TROISIÈME PILIER : Plan national de retour au plein emploi. Coût estimé 3 milliards d’euros.
Notre plan de deux ans de retour au plein emploi, prévoit d’avoir pour effet une augmentation nette de 300000 emplois, dans tous les secteurs de l’économie – le privé, le public, le social. Un plan de ce type s’avère indispensable, si nous voulons intégrer les chômeurs de longue durée, en particulier les plus de 55 ans, mais aussi les jeunes chômeurs, dont la croissance économique n’affecterait pas le plus grand nombre. Notre plan réserverait des fonds à l’extension de l’assurance-chômage à de nouveaux bénéficiaires.

  • Remise en place du cadre institutionnel de protection des droits du travail, que les gouvernements signataires du Mémorandum, ont saccagé.
  • Réinstauration des soi-disant « répercussions » des accords collectifs ; des accords collectifs eux-mêmes, ainsi que de l’arbitrage.
  • Abolition de toute réglementation autorisant les licenciements massifs, injustifiables, ou encore la « location » d’employés. Coût nul.
  • Programme de création de 300000 emplois. Coût estimé la première année : 3 milliards d’euros.



- QUATRIÈME PILIER : Transformation du système politique, afin de renforcer la démocratie. Coût total estimé : 0 euro.
Dès la première année de gouvernement SYRIZA, nous engagerons le processus de reconstruction institutionnelle et démocratique de l’État. Nous donnerons les pleins pouvoirs aux institutions de la démocratie représentative, et nous introduirons de nouvelles institutions de démocratie directe.

  • Organisation de l’État en régions. Amélioration de la transparence, de l’autonomie économique, et du fonctionnement effectif des municipalités comme des régions. Nous donnerons les pleins pouvoirs aux institutions de démocratie directe, et en mettrons en place de nouvelles.
  • Donner du pouvoir à la participation démocratique citoyenne. Mise en place d’institutions nouvelles, comme la législation d’initiative populaire, le droit populaire de veto, le référendum d’initiative populaire.
  • Donner les pleins pouvoirs au Parlement, limitation de l’immunité parlementaire, abrogation du régime particulier des députés, qui frappe d’illégalité les poursuites judiciaires à leur encontre.
  • Réglementation du paysage audiovisuel, par le respect de conditions préalables, et l’adhésion à des critères stricts en matière de sécurité sociale, d’imposition, de financement. Remise en place de l’ERT (Télévision et radio Publiques), qui repartira de zéro.


Lors de l’estimation du coût du plan non négociable de mesures immédiates visant à restructurer la société, nous avons calculé le coût total du programme immédiat d’endiguement de la crise humanitaire, ainsi que les pertes fiscales liées à l’abolition de mesures fiscales monstrueuses. Il sera couvert de la manière suivante :

  • Avant tout, les procédures de règlement-livraison, et de compensation, devraient rapporter au minimum 20 milliards, sur un total de 68 milliards en arriérés, sur une période de sept ans. Cela reviendrait à ajouter 3 milliards d’euros aux recettes de l’État, la première année.
  • Deuxièmement, en s’attaquant avec vigueur à l’évasion fiscale ainsi qu’à la contrebande (en carburants, cigarettes, par exemple), ce qui requiert la résolution, la volonté politique, de s‘attaquer aux intérêts oligarchiques.
  • Pour ce qui concerne le capital de démarrage de l’organisation publique intermédiaire, ainsi que le coût de mise en place d’une banque publique de développement, et d’une structure de défaisance, le tout s’élevant à 3 milliards, nous les financerons à partir du soi-disant « coussin de sécurité » d’environ 11 milliards d’euros du Fonds Hellénique de Stabilité Financière, prévu pour le système bancaire.
  • Pour ce qui concerne le coût total du plan de retour au plein emploi, qui s’élève à 5 milliards d’euros, dont 3 correspondent au coût de la première année de mise en œuvre. Au cours de cette première année, le financement se fera grâce à : 1 milliard, provenant des « projets de ponts » du Cadre National de Référence Stratégique 2007-2013 ; 1,5 milliards provenant de son équivalent 2014-2020, et 500 millions d’autres instruments européens spécialisés dans l’aide à l’emploi

 

De plus, en raison de l’effort considérable qu’il faudra fournir pour rétablir le niveau des pensions de retraite, notre gouvernement ne mettra pas en vente les biens publics, mais en transférera une partie vers les fonds de sécurité sociale.


Il s’agit là de l’éventail minimum de mesures à prendre pour remédier aux conséquences catastrophiques de la Participation du Secteur Privé (PSI), pour les fonds de pension et les porteurs individuels d’obligations, et pour rétablir progressivement le niveau des pensions de retraite.

 

  • Coût total estimé du « PROGRAMME de SALONIQUE » : 11, 382 M.€
  • Recettes totales estimées : 12 M.€

Sur le même sujet :

- Mon dossier Grèce

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Blog INSOUMIS.
  • : INFORMER pour MOBILISER et AGIR ENSEMBLE
  • Contact

La France insoumise, L'AVENIR EN COMMUN

-N'attendez pas la consigne !

✅ Rejoignez la France insoumise (cliquez ci-dessous) 👇

-" NOUS SOMMES POUR " le site de la campagne des présidentielles 2022

Ensemble, tout est possible !
Nous sommes déjà plus de 183 000, rejoignez nous
 ( pour nous rejoindre, cliquez ci-dessous) 👇

 

-

" L’AVENIR EN COMMUN ", programme de campagne 2022

✅ Visitez  le programme de 2022 (cliquez ci-dessous) 👇

" L’avenir en commun " est en version téléchargeable ICI

 

-

Le JOURNAL de L'INSOUMISSION (cliquez ci-dessous) 👇

 

- La chaîne télé de Jean Luc Melenchon (cliquez ci-dessous) 👇

Pour vous abonner gratuitement, cliquez ICI

Recherche

La France insoumise à l'Assemblée Nationale

 Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇

Sur les réseaux sociaux  :

Facebook  - Twitter

Pour ne pas avoir à subir un duel Macron/Le Pen en 2022 : LEVONS NOUS EN MASSE !


 

🔴  Pour une VIe République, refonder notre démocratie... levons nous en masse !

 

👉 Ensemble, nous les mettrons en échec, un outil est à votre disposition : ✍️ https://noussommespour.fr/

 

Le site du Parti de Gauche

 Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇

 

Manifeste pour l'Ecosocialisme

 Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇

 

Mouvement pour la 6e République

 Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇

 

Des outils pour combattre le FN et l'idéologie d'extrême droite française

 Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇


🔴  et aussi : Observatoire national pour « mettre sous surveillance » l’extrême droite

 Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇