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24 janvier 2026 6 24 /01 /janvier /2026 15:23
Janvier 2026, Trump a lancé son « Board of Peace » (Conseil pour la Paix à Gaza)... une arnaque trumpienne

Le Conseil de paix de Donald Trump se veut être une substitution aux Nations unies, même si le président américain a dit avoir toujours vanté le " potentiel " de l'ONU[3].

Le « Board of Peace » pour Gaza de Trump : diplomatie de façade et remise en cause de l’ordre international[6].

 

 

Au sommet des « globalistes »[0] de Davos, Trump, très affaibli, a officiellement lancé son « Board of Peace » (Conseil pour la Paix[1]). Une alliance de 19 Etats qui, contrairement à ce qui était envisagé précédemment, ne se contentera pas de viser à reconstruire Gaza, mais prendra aussi d’autres conflits en cours ou à venir. Pour en faire partie, il faut verser 1 milliard de dollars à Trump.

 

Moins de 10% des pays de la planète ont décider de se lier à l’hubris américain qui veut recomposer l’ordre international. L’absence d’Israël, le pays le plus concerné par la reconstruction de Gaza après la Palestine, est notable. Trump et sa famille offrent leurs compétences au monde, après les avoir offertes aux Étasuniens. Ces compétences reposent exclusivement sur l’arnaque, la corruption, et la violence. Le Board of Peace n’est pas fait pour durer, mais peut-être que sa nouvelle manière de gérer les affaires internationales, elle, le pourrait. Depuis la victoire éclair au Venezuela et le kidnapping spectaculaire de son ancien président, Nicolas Maduro, les problématiques internationales sont prises à bras-le-corps par l’administration Trump. 

 

 

Sources : Lost Highway | mis à jour le 05/02/2026

- L’arnaque

Le Board of Peace (BoP) est un délire corporatiste d’Etat sous kétamine. Composé d’individus représentant aussi bien des intérêts privés qu’étatiques, il comprend un empereur (le président du BoP) à vie qui a droit de veto sur tout (Trump), et une cour (le comité exécutif du BoP) :

  • Jared Kushner (son beau-fils) ;
  • Tony Blair[2] ;
  • Nickolay Mladenov, ancien politicien polonais et rapporteur onusien :
  • et aussi un PDG d’entreprise milliardaire, Marc Rowan.
  • Le BoP contient un comité exécutif dédié à Gaza spécifiquement, où l’on retrouve les profils les plus invraisemblables, comme un haut responsable du renseignement égyptien, Yakir Gabay (un milliardaire israélien)[3].

Bref, le BoP mélange tous les profils, ravira ceux qui pensent que la politique internationale doit être re-dynamisée, la « sclérosée ONU » ayant fait son temps. Le droit international empêcherait la résolution rapide des conflits, donc pourquoi pas essayer autre chose. 

 

 

- La victime n°1: l’ONU et le droit international

L’ONU est l’anti-thèse du trumpisme. Système rationnel-légal, bureaucratique, il fait la part belle à la négociation. Bien que son Conseil de sécurité soit représentatif de l’ancienne hiérarchie mondiale, avec les 5 pays au droit de veto[4], et puisse être largement critiqué, il offre la possibilité de le critiquer. Mais ce qui est intéressant de rappeler au sujet de l’ONU, ce qu’il n’a peut-être pas réussi à mettre fin à de nombreuses guerres, mais a encouragé les États à se restreindre en matière de conflits depuis la création de l’ONU. Avant 2016, le nombre de conflits dans le monde était au plus bas.

 

Or, les conflits ne cessent, depuis quelques années, d’augmenter: le nombre de morts dans les conflits armés ne cesse d’augmenter[5] :

  • 2023 et 2024 sont deux des 4 années les plus meurtrières depuis la fin de la Guerre Froide.
  • 2025 a été pire encore.

 

L’ONU a rendu hors-la-loi le conflit comme résolution des différends ; l’organisation n’a certes jamais réussit à arrêter la plupart des conflits, mais elle a réduit leur nombre et promu une culture de paix, et calmé les ardeurs militaires en normalisant le commerce et le droit comme échanges privilégiés entre nations

 

Trump ambitionne de remplacer l’idéal libéral onusien par une oligarchie internationale du BoP, aux valeurs conservatrices et rejetant la raison du succès des démocraties[3] : l’Etat de droit, le processus légal. Depuis la première administration Trump, la désaffection envers l’ONU par de nombreux pays n’est pas feinte ;

  • si la plus grande armée du monde s’en désintéresse totalement… pourquoi accorder le moindre intérêt à l’ONU ?
  • Pourquoi engager des ressources si c’est pour se faire critiquer, et ne rien résoudre ?
  • Est-ce que nous allons perdure l’ONU en raison du BoP ?

 

 

- Mais nous pourrions tous, collectivement, être victime

Est-ce que des 19 membres aujourd’hui, nous verrons progressivement plus d’Etats prêter allégeance à l’Empereur Trump ? En politique, les certitudes sont dangereuses, et personne n’aurait parié en 2024 qu’un homme condamné pour viol, fraude électorale et fraude économique, poursuivit pour sédition et tant d’autres choses, puisse devenir à nouveau président des Etats-Unis.

 

🔴 Mais il faut précisément se débarrasser des réflexes qui nous portent à accorder tant de rationalité aux acteurs : Trump et sa famille sont des spécialistes en arnaques.
Fausse université, faux téléphones portables, bibles signées, vodka, casinos… l’objectif unique de Trump a été de s’enrichir et augmenter son pouvoir personnel. Il n’a aucun respect pour sa fonction, ni pour la destinée américain. Il n’est pas un politicien, pas même un très bon homme d’affaire, mais il excellent toutefois dans un métier : celui de producteur. Trump sait se mettre en scène et inspirer des émotions radicales, qui ne laissent personne indifférent. Le président étasunien n’est pas intéressé par les compétences, c’est pourquoi il s’est entouré d’une cour pour son deuxième mandat. On peut ainsi acheter les faveurs de Trump en espèce sonnante et trébuchante, mais aussi en fidélité. L’expertise est balayée, Trump est un populiste opportuniste, c’est-à-dire qu’il remplace l’ancienne élite, celle des intellectuels et technocrates, par la sienne, familiale et amis milliardaires.

 

🔴 La marque de fabrique de Trump est de beaucoup parler, et ne rien savoir construire.
Symbole de sa manière d’opérer, l’aile est de la Maison Blanche, promptement détruite sans plan pour reconstruire, et dont le budget n’a cessé d’augmenter au fil des mois, jusqu’à atteindre la somme 400 millions récemment. Ou encore, son arnaque lancée alors qu’il était déjà investi comme président, des téléphones portables « Trump » dorés, que ses fans attendent toujours de recevoir, presque une année après leur pré-commande. Le modus operandi de Trump a toujours été celui de détruire, car cela impressionne. Et construire, uniquement lorsqu’on ne peut pas filer à l’anglaise avec l’argent récolté

 

🔴 Le BoP n’est pas différent.
Il s’agit cependant cette fois-ci une arnaque internationale, destinée à escroquer des pays cette fois-ci, et faire oublier les problèmes rencontrés dans les affaires intérieures. Il y aura inflation financière, Trump demandera toujours plus d’argent aux membres. La reconstruction de Gaza, pour peu qu’elle se concrétise, se fera avec des fonds douteux, avec du béton qui s’effondrera à la première intempérie. Trump n’a rien inventé, la Mafia le fait depuis toujours.

 

🔴 Mais cette arnaque trop invraisemblable pour être adaptée au cinéma pourrait aura des conséquences réelles sur l’ONU.
Le désengagement des USA délégitimise l’organisation international, ou même l’engagement de la société civile à l’international. Ceux qui pensent que la voie suivie par les Etats-Unis est la même que précédemment, mais seulement moins hypocrite, se trompent : ils ont toujours eu des méthodes de gangster, mais oeuvraient pour un monde plus stable. La paix ou la démocratie ne sont aujourd’hui plus une préférence des Etats-Unis. Et le monde, sans le droit international, pourrait revenir à l’Etat qui était le sien avant le droit international.

 

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21 janvier 2026 3 21 /01 /janvier /2026 14:10

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14 janvier 2026 3 14 /01 /janvier /2026 13:33
L’Ordre de Fer des USA : Le Grand Basculement Géopolitique (2025-2028)

L’ère qui s’ouvre n’est pas celle d’un monde multipolaire équilibré, mais celle d’un système international hiérarchisé, rigide et polarisé, dans lequel la neutralité devient un luxe stratégique de plus en plus inaccessible.

La publication, début décembre 2025, de la « nouvelle doctrine de sécurité nationale » des États-Unis marque une rupture brutale par son caractère ouvertement militariste, autoritaire et idéologiquement réactionnaire[2].

 

 

À rebours de l’image d’un Trump imprévisible et chaotique, le second mandat du président américain révèle une architecture stratégique froide, méthodique et profondément transactionnelle. Entre encerclement de la Chine, subordination de l’Europe et verrouillage de l’Afrique du Nord, les États-Unis redessinent l’ordre mondial non plus autour du droit international, mais autour de rapports de force énergétiques, technologiques et militaires. Nous assistons à la naissance d’un nouvel âge : celui de l’hégémonie verrouillée.

Dans les années qui suivent l’élection présidentielle américaine de 2024, l’ordre mondial semble se déployer selon des règles nouvelles et moins visibles que celles du droit international : des rapports de force énergétiques, technologiques et militaires prennent le pas sur les coalitions et les normes. Le présent article s’attache à décrire ce basculement, non comme une prophétie abstraite, mais comme une dynamique plausiblement encastrée dans les choix et les pratiques d’une puissance qui a démontré, depuis son installation au sommet, une capacité à redessiner les contours de l’influence des États-Unis.

 

 

Sources : Mustapha Stambouli (ancien expert auprès des Nations Unies) | mis à jour le 24/01/2026

- Ce texte avance l’hypothèse d’un “ Grand Basculement Géopolitique ” entre 2025 et 2028, où l’hégémonie américaine se déploie selon une logique de verrouillage et de segmentation de l’espace international.
L’argument central est que le recours croissant à des instruments matériels et coercitifs, contrôle des flux énergétiques, réorganisation des chaînes de valeur, maîtrise des accès maritimes et des hubs stratégiques, peut conduire à une systématisation de la puissance en dehors d’un cadre multilatéral traditionnel. Dans ce cadre, l’Europe, déjà confrontée à une valse des loyautés et des dépendances, se voit redéfinir son autonomie stratégique :

  • la Chine et la Russie évoluent sous la pression d’une compétition qui se déplace des idéologies vers les conditions matérielles de la puissance ;
  • et l’Afrique du Nord occupe une position centrale, non plus périphérique, dans le dispositif de sécurité et d’économie régionale.

 

🔴 La thèse porte sur trois axes : les mécanismes par lesquels Washington cherche à “ verrouiller ” des flux et des ressources

  • les coûts et les contraintes imposées à ses partenaires et adversaires ;
  • et les marges d’action possibles pour l’Europe et les autres acteurs structurants du système international.

L’objectif est moins d’établir une prédiction définitive que d’interroger les dynamiques de pouvoir qui semblent déjà avoir modelé une période charnière — une période où la stabilité internationale se mesure moins au respect des traités qu’à la capacité de contrôler les leviers matériels du pouvoir.


En dégageant les logiques internes de ce projet, l’article invite à réfléchir non seulement à ce qui pourrait advenir, mais aussi à ce que ces scénarios impliquent pour les choix stratégiques, économiques et moraux des États et des sociétés. Il convient enfin de rappeler que, même si les flux et les alliances peuvent paraître immuables, l’histoire géopolitique a toujours su réécrire les règles : la question est précisément de savoir qui aura l’influence suffisante pour le faire à l’échelle du XXIe siècle.

 

 

- 1. 2025–2026 : Le retour du “ réalisme musclé ”
L’année 2025 marque une rupture nette avec les illusions multilatérales de l’après-guerre froide. Washington n’agit plus comme l’architecte d’un ordre global, mais comme le gestionnaire brutal de zones d’intérêt vital.

 

🔴 L’intervention décisive au Venezuela, début 2026, constitue un signal sans ambiguïté[0].

En mettant fin à l’ère Maduro, les États-Unis sécurisent les plus grandes réserves pétrolières mondiales tout en expulsant physiquement l’influence russe et chinoise du continent sud-américain. Il ne s’agit pas seulement d’énergie, mais de réaffirmer la doctrine Monroe dans sa version XXIᵉ siècle : tolérance zéro pour toute puissance rivale dans l’hémisphère occidental.

 

▶️ Cette séquence inaugure ce que l’on pourrait appeler l’An I du fait accompli stratégique.

 

 

- 2.  L’encerclement de la Chine : de l’intégration à l’asphyxie
Le cœur du projet trumpien n’est plus la négociation avec Pékin, mais son isolement progressif.

▶️ En Asie : les droits de douane atteignant 60 %, combinés à une militarisation accrue du détroit de Taïwan, forcent la Chine à une posture défensive coûteuse. L’objectif n’est pas la guerre ouverte, mais l’épuisement économique et stratégique.

 

▶️ En Afrique : c’est sur ce continent que se joue la bataille décisive des ressources. En ciblant la Côte d’Ivoire (hub logistique et portuaire) et l’Afrique du Sud (minerais critiques)[1], Washington cherche à court-circuiter les Routes de la Soie. Privée de ses intrants industriels essentiels, l’économie chinoise perd son avantage structurel. La domination n’est plus idéologique : elle est logistique et minérale.

 

 

- 3. Afrique du Nord : le nouveau verrou stratégique
La véritable innovation du second mandat de Trump réside dans la centralité accordée à l’Afrique du Nord. Longtemps considérée comme périphérique, elle devient le centre de gravité du corridor Europe-Afrique.

 

▶️  En renforçant sa présence militaire, navale et technologique de la Tunisie au Maroc, Washington contrôle :

  • les flux commerciaux transitant par Gibraltar,
  • les routes énergétiques algériennes et libyennes,
  • et, par ricochet, la survie industrielle de l’Europe.

 

Celui qui tient le robinet énergétique du Maghreb tient l’économie allemande et italienne. Cette réalité transforme les États-Unis en arbitres directs de la souveraineté européenne.

 

 

- 4. La subordination méthodique de l’Europe
Loin d’être un allié émancipé, l’Union européenne apparaît comme la grande perdante de ce basculement.

▶️  L’arme migratoire : En influençant les accords sécuritaires et migratoires avec les pays nord-africains, Washington dispose d’un levier redoutable. Stabiliser ou déstabiliser les flux devient une variable d’ajustement diplomatique, contraignant Bruxelles à accepter des concessions commerciales et stratégiques majeures.

 

▶️ Le détournement des chaînes de valeur : Les États-Unis implantent des Zones Économiques Spéciales sous contrôle américain, notamment au Maroc et en Afrique de l’Ouest.

Résultat : le Maghreb cesse d’être l’arrière-cour industrielle de l’Europe pour devenir l’atelier externalisé de l’économie américaine, hors normes réglementaires européennes.

 

 

- 5. Russie marginalisée, Chine contenue
La Syrie, la Somalie et l’arc méditerranéen ne sont plus des théâtres de “ guerres éternelles ”, mais des avant-postes de contrôle. La Russie est contenue loin des mers chaudes, la Chine empêchée d’accéder durablement à la Méditerranée. Un rideau de fer nouveau genre s’abat : commercial, numérique, énergétique et géographique.

 

 

- 6. La doctrine de la continuité
La question n’est plus de savoir si ce projet survivra à Trump, mais comment. En trois ans, l’administration américaine a :

  • Purgé l’appareil d’État,
  • Verrouillé des traités bilatéraux de long terme,
  • Relocalisé une partie de son complexe militaro-industriel dans les zones clés.

Le successeur de Trump, même issu d’un camp opposé, héritera d’une hégémonie déjà installée, difficilement réversible sans coût systémique majeur.

 

 

- Vers une hégémonie américaine de verrouillage systémique
Le second mandat de Donald Trump ne constitue ni une anomalie historique ni une parenthèse populiste, mais l’expression la plus aboutie d’un basculement structurel du système international. Derrière une apparente brutalité décisionnelle se dessine une logique cohérente de réalisme offensif assumé, dans laquelle la stabilité ne repose plus sur le droit international ou la coopération multilatérale, mais sur la contrainte, la dépendance et le contrôle des flux stratégiques.

 

🔴 Ce que Washington met en place entre 2025 et 2028 ne relève pas de la construction d’un nouvel ordre mondial normatif, mais de l’instauration d’un système de verrouillage hégémonique.
Les États-Unis ne cherchent plus à diriger le monde par le consensus, mais à le fragmenter en zones de loyauté différenciées, reliées à leur centre par des chaînes énergétiques, technologiques, logistiques et sécuritaires étroitement contrôlées. Dans cette configuration, l’Afrique du Nord cesse d’être une périphérie instable pour devenir une infrastructure géopolitique centrale, essentielle à la fois à l’encerclement de la Chine, à la marginalisation de la Russie et à la subordination durable de l’Europe.

 

🔴 L’Union européenne apparaît dès lors comme le paradoxe majeur de cette reconfiguration.
Puissance économique de premier plan, elle se révèle incapable de convertir ses capacités en autonomie stratégique effective. Dépourvue de souveraineté énergétique, dépendante militairement et structurellement vulnérable sur le plan migratoire, elle se trouve objectivement intégrée au dispositif américain non comme partenaire égal, mais comme espace régulé placé sous protection conditionnelle.

 

🔴 La Chine, quant à elle, est confrontée à une forme de conflictualité inédite.
Plus qu’un affrontement militaire direct, elle subit une guerre de position structurelle, visant à l’exclure progressivement des nœuds logistiques, miniers et numériques indispensables à la reproduction de sa puissance économique. La rivalité sino-américaine se déplace ainsi du terrain idéologique vers le contrôle des conditions matérielles de la puissance.

 

🔴 Pour l’Afrique du Nord, ce basculement revêt un caractère tragique.
Il impose un choix étroit entre une croissance accélérée sous tutelle stratégique américaine et la recherche risquée d’une autonomie susceptible de transformer la région en principal théâtre de confrontation entre les grandes puissances du XXIᵉ siècle. Dans les deux cas, les marges de manœuvre se réduisent rapidement.

 

🔴 Le monde post-2025 ne marque pas la fin de l’histoire, mais la fin de ses illusions.
L’ordre libéral international n’a pas été renversé par ses adversaires : il a été méthodiquement abandonné par son principal architecte.

 

 

En définitive, l’ère qui s’ouvre n’est pas celle d’un monde multipolaire équilibré, mais celle d’un système international hiérarchisé, rigide et polarisé, dans lequel la neutralité devient un luxe stratégique de plus en plus inaccessible.

La loyauté supplante l’adhésion, la dépendance remplace la coopération, et la géopolitique retrouve sa nature première : la gestion brute des rapports de force.

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6 janvier 2026 2 06 /01 /janvier /2026 14:57
Le nouvel ordre mondial de Trump prend forme au Venezuela : 5 éléments clés pour comprendre les attaques militaires américaines....

On ne peut pas comprendre l’enlèvement de Nicolas Maduro si l’on ignore les masses financières colossales associées à un changement de régime à Caracas[4].

 

 

Politique intérieure américaine
Au dos de chaque billet d’un dollar, la phrase Novus Ordo Seclorum (« Un nouvel ordre pour les siècles ») fait allusion au principe qui guide la nouvelle stratégie de sécurité des États-Unis

L’attaque contre le Venezuela et la capture du président Nicolás Maduro[0] annoncent le découplage des États-Unis de Trump de l’ordre international fondé sur des règles et la fin de l’ordre libéral dans son ensemble. Un nouvel ordre international est en train d’émerger, fondé sur l’usage de la force, le révisionnisme et la sécurité pour le continent américain.

Voici cinq clés pour comprendre les conséquences de l’intervention militaire et le nouvel ordre qu’elle inaugure.

 

 

Sources : The Conversation Juan Luis Manfredi | mis à jour le 24/01/2026
- 1. Élargissement des pouvoirs présidentiels
Cette attaque consacre[0] cette nouvelle doctrine d’un président « impérieux », qui met en œuvre ses décisions sans attendre l’approbation du Congrès, la validation juridique ou l’avis des médias.

 

▶️ Avec l’affaiblissement des freins et contrepoids, la deuxième administration Trump est libre de présenter le nouvel ordre comme une question de sécurité pressante : les États-Unis étant en guerre contre le trafic de drogue (ou l’immigration) et menacés par de « nouvelles puissances » (euphémisme pour désigner la Chine), ils n’ont pas besoin de respecter les procédures ou les délais habituels.

 

▶️ Trump s’identifie aux présidents fondateurs historiques des États-Unis, tels que Washington, Lincoln et Roosevelt. Tous trois étaient des leaders charismatiques, et à l’approche du 250e anniversaire de la république américaine, ces comparaisons alimentent la rhétorique autoritaire de Trump.

 

🔴 L’érosion du système politique et juridique américain est indéniable.
Le président a approuvé un vaste ensemble de réglementations qui favorisent les mesures d’urgence, un état de crise permanent et la suppression de l’opposition politique et du système judiciaire. L’attaque contre le Venezuela est une nouvelle étape importante dans la reconfiguration des relations de la présidence avec les pouvoirs législatif et judiciaire, conformément à la tradition hamiltonienne d’un pouvoir exécutif fort et unificateur.

 

 

- 2. L’Amérique (latine) pour les Américains (des États-Unis)
Sur la scène internationale, l’attaque contre le Venezuela fait progresser un programme diplomatique fondé sur la défense des intérêts nationaux. La notion d’« Amérique pour les Américains » a fait un retour en force : le Panama, le Mexique et le Canada ont tous été contraints de se plier à la volonté de Trump, tandis que l’administration continue de faire pression pour prendre le contrôle le Groenland[1].

 

▶️ En Amérique latine, les gouvernements de gauche du Brésil et de Colombie mènent l’opposition régionale aux États-Unis, tandis que le nouveau président chilien José Antonio Kast et l’Argentin Javier Milei sont les alliés idéologiques de Trump. L’ensemble du continent connaît un vaste mouvement en faveur des partis nationalistes de droite qui s’opposent à l’immigration.

 

▶️ Si la transition post-Maduro au Venezuela s’aligne sur ces valeurs, tout espoir d’unité nationale et de transition pacifique vers une démocratie pleine et entière disparaîtra.

 

 

- 3. Contrôle des ressources
Une fois de plus, tout tourne autour du pétrole, mais pour des raisons différentes de celles qui prévalaient en Irak. Dans un monde où la mondialisation a cédé la place à la géoéconomie, les États-Unis veulent projeter leur puissance sur les marchés internationaux de l’énergie et leur réglementation. Les infrastructures, les ports et les minéraux du Venezuela sont essentiels pour y parvenir.

 

▶️ Les États-Unis ne veulent donc pas seulement que le pétrole vénézuélien alimente leur marché intérieur, ils veulent également imposer les prix internationaux et dominer l’offre. Leur nouvelle approche vise à aligner la souveraineté énergétique et le développement technologique sur le commerce et la sécurité.

 

▶️ Pax Silica[2] – l’alliance internationale dirigée par les États-Unis et signée fin 2025 pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement des technologies critiques telles que les semi-conducteurs et l’IA – inaugure une ère de diplomatie transactionnelle : des puces informatiques en échange de minéraux. Pour le « nouveau » Venezuela, ce sont ses réserves de pétrole qui lui permettront de prendre part à cette nouvelle dynamique de pouvoir.

 

 

- 4. Réalignement géopolitique
La conception américaine de la notion de territoire nourrit une politique étrangère révisionniste fondée sur la souveraineté – similaire à celles de la Chine, d’Israël ou de la Russie – qui trouve ses racines dans le concept de « nomos », tel que défini par le philosophe allemand Carl Schmitt au milieu du XXe siècle. Il s’agit d’une vision du monde où la division des nations en « amis ou ennemis » prévaut sur une vision libérale régie par la coopération, le droit international, la démocratie et le libre marché.

 

▶️ Selon cette logique, des sphères d’influence émergent, les ressources sont réparties et les blocs de pouvoir s’équilibrent, comme le montrent les exemples ci-dessus :

  • sans opposition, la Chine dominerait l’Asie du Sud-Est ;
  • la Russie réduirait son effort de guerre en échange de 20 % de l’Ukraine et du contrôle de ses ressources matérielles et énergétiques ;
  • et Israël redessinerait la carte du Moyen-Orient et conclurait des accords commerciaux avec les pays voisins.

 

 

- 5. L’Europe, la démocratie et Hobbes
Des idéaux comme la démocratie, l’État de droit et le libre-échange s’estompent rapidement, et faute de moyens efficaces, les choses ne se présentent pas bien pour l’Union européenne. Comme nous l’avons vu avec Gaza, l’UE a souvent de forts désaccords idéologiques avec d’autres grandes puissances, mais elle n’inspire pas suffisamment le respect pour faire quoi que ce soit. L’intervention militaire des États-Unis ressuscite le réalisme politique hobbesien, où la liberté est cédée à un souverain absolu en échange de la paix et de la sécurité.

 

🔴 En quelques mots..
Dans le nouvel ordre de Trump, c’est l’autorité présidentielle – et non la vérité, les lois ou les valeurs démocratiques – qui a le dernier mot.

 

 

- Politique intérieure américaine
2026 est une année électorale aux États-Unis, avec trente-neuf élections gouverneuriales et une série d’élections locales et régionales qui se dérouleront entre mars et novembre. ([NDLR] Un sondage révèle que deux tiers des Américains n’approuvent pas l'intervention au Venezuela qui a renversé Nicolás Maduro.[3])

 

🔴 À travers son intervention au Venezuela, l’administration Trump débat en fait de la question de la succession.

  • Une faction, menée par JD Vance, souhaite éviter les problèmes à l’étranger et rénover son modèle économique industriel.
  • L’autre, menée par le secrétaire d’État Marco Rubio, est déterminée à reconstruire l’ordre international avec des États-Unis forts et dominants.

L’issue de l’opération vénézuélienne pourrait faire pencher la balance et déterminer qui succédera à Trump lors des élections présidentielles de 2028.

 

🔴 L’attaque contre le Venezuela ne se résume pas à une opération d’ingérence dans la région
Elle reflète également les mutations que connaît notre époque. Alors que le trumpisme international se limitait auparavant à des slogans désordonnés, il fait désormais ses premiers pas dans la stratégie militaire. L’époque du « pouvoir doux », des relations transatlantiques et de la paix en Ibéro-Amérique est révolue. Un nouvel ordre est en train de naître.

Le nouvel ordre mondial de Trump prend forme au Venezuela : 5 éléments clés pour comprendre les attaques militaires américaines....
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26 décembre 2025 5 26 /12 /décembre /2025 18:32
https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/23/donald-trump-et-la-prise-du-groenland-nous-devons-lavoir-video/

https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/23/donald-trump-et-la-prise-du-groenland-nous-devons-lavoir-video/

Les déclarations de Donald Trump sur le Groenland sont-elles un moyen de détourner l’attention d’autre chose ?

Groenland : Trump fait monter la pression sur l'UE en promettant d'imposer des droits de douane de 10 % à huit pays européens, dont la France[14].

 

 

Le président états-unien a de nouveau suscité polémique et réprobation en réaffirmant sa volonté d’annexer le territoire autonome danois situé entre l’Atlantique Nord et l’océan Arctique[2]. L’Union européenne a exprimé sa solidarité envers le Groenland et le Danemark.

 

 

Sources : François Bougon | mis à jour le 18/01/2026

- Noël à la sauce Trump
Donald Trump a de nouveau réservé un drôle de cadeau de Noël au Groenland, l’île la plus grande au monde – près de quatre fois la France avec une superficie de plus de deux millions de kilomètres carrés – peuplée de 57 000 habitant·es, en grande majorité des Inuit·es. Un territoire situé au large des côtes canadiennes, entre l’Atlantique Nord et l’océan Arctique, dont il souhaite s’emparer pour des raisons stratégiques et économiques, « d’une manière ou d’une autre », avait-il lancé dans son discours sur l’état de l’Union en mars[0].

 

▶️ Il y a un an, à peine élu et à quelques mois de son retour à la Maison-Blanche, il avait déjà suscité la polémique en s’adressant, dans son message de Noël 2024, « au peuple du Groenland, dont les États-Unis ont besoin pour des raisons de sécurité nationale et qui souhaite la présence américaine sur place : nous y serons ![1] ».

 

▶️ Un an plus tard, [NDLR : le 21 décembre 2025] le président états-unien récidive dans la provocation en annonçant la nomination d’un envoyé spécial pour le Groenland, pays constitutif du royaume de Danemark et territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne (UE)[2]. Il s’agit de l’actuel gouverneur de la Louisiane, le Républicain Jeff Landry, un allié fidèle de Donald Trump.

  • « Jeff comprend à quel point le Groenland est essentiel à notre sécurité nationale et défendra avec vigueur les intérêts de notre pays pour la sûreté, la sécurité et la survie de nos alliés, et même du monde entier », a-t-il écrit dimanche dans un message publié sur son réseau social Truth Social[2].

 

- « Sécurité nationale »
Interrogé lundi par les journalistes, Donald Trump a expliqué qu’il s’agissait d’une question de « sécurité nationale » et non de « ressources minières ». « Nous avons déjà tellement de gisements de minéraux, de pétrole et autres, a-t-il déclaré. Si vous regardez le Groenland, si vous regardez le long de ses côtes, vous verrez des navires russes et chinois partout. Nous en avons besoin pour notre sécurité nationale. Il nous le faut.[3»

 

Landry, qui ne peut se targuer d’aucune expérience en matière de questions internationales et de diplomatie, s’est expliqué sur la chaîne de télévision trumpiste Fox News. « Il y a près d’un an, personne ne parlait du Groenland, a-t-il dit. Et tout d’un coup, Donald Trump arrive et dit : la doctrine Monroe existe bien, il est nécessaire de protéger les intérêts américains dans ces pays et dans l’hémisphère occidental [les Amériques selon la vision stratégique de Washington – ndlr]. »

 

 

- Aaja Chemnitz, élue groenlandaise au parlement danois : " Le Groenland n’est pas à vendre. L’avenir du Groenland dépend de nous. "

Base spatiale de Pituffik

Situé entre l’Atlantique et l’Arctique, le Groenland appartient au royaume de Danemark, allié des États-Unis et membre de l’OTAN, mais bénéficie de son propre gouvernement et parlement dans le cadre de l’autonomie accordée en 1979 puis renforcée en 2009.

 

Le territoire, où les États-Unis disposent d’une base militaire à Pituffik[4] depuis les années 1950, suscite les convoitises des grandes puissances comme à l’époque de la guerre froide, à la fois pour des raisons stratégiques et économiques, car il dispose dans son sous-sol de richesses minières indispensables aux industries des nouvelles technologies, comme les métaux rares. Cependant les conditions extrêmes et l’opposition du gouvernement local pour des raisons environnementales ont empêché l’exploitation.

 

🔴 L’exemple de la Louisiane
Affirmant que « les États-Unis ont toujours été un pays accueillant » [sic], Jeff Landry a mis en avant l’histoire de la Louisiane – un territoire baptisé par les colons français en l’honneur du roi de France Louis XIV.

 

▶️ « Nous représentons la liberté, la force économique, la protection, a-t-il affirmé. Personne ne le sait mieux que la Louisiane. Ma famille est installée en Louisiane depuis plus de trois cents ans. Nous avons vécu sous plus de drapeaux que quiconque sur le continent des États-Unis. Nous avons fini par nous installer sous le drapeau des États-Unis et c’est la raison pour laquelle la Louisiane a mieux vécu. C’est un sujet dont nous devons discuter avec les habitants du Groenland. »

 

🔴 Le Groenland n’est pas à vendre. L’avenir du Groenland dépend de nous.

« Il est le bienvenu au Groenland, nous sommes prêts à collaborer avec les États-Unis, mais tout cela doit se faire dans le respect de la souveraineté du Groenland et de ses habitants et, encore une fois, je le répète, le Groenland n’est pas à vendre. L’avenir du Groenland dépend de nous », réagit auprès de Mediapart Aaja Chemnitz, élue groenlandaise au parlement danois et membre de Inuit Ataqatigiit (IA, « La communauté du peuple »), appartenant à la gauche indépendantiste.

 

Ces derniers mois, Trump a multiplié les déclarations agressives à tel point que, selon les révélations du journal Politiken fin novembre, le ministère des affaires étrangères danois a mis en place, en raison du décalage horaire, une « veille de nuit » pour surveiller les déclarations et les mouvements du président états-unien pendant que le Danemark dort[5].

  • Elle commence à 17 heures, heure locale, tous les jours et, à 7 heures du matin, un rapport est produit et distribué au sein du gouvernement danois et des départements concernés sur ce qui a été dit et ce qui s’est passé, selon le quotidien danois.

 

 

- On ne peut pas annexer un autre pays. Même en invoquant la sécurité internationale.
Washington a montré aussi sa volonté d’accroître sa présence militaire dans l’Arctique face aux rivaux russe et chinois.

 

▶️ En octobre, les garde-côtes états-uniens ont ainsi annoncé l’achat à la Finlande de quatre brise-glaces[6], renforçant ainsi la capacité des États-Unis à déployer des moyens militaires dans l’Arctique. L’accord a été dévoilé au moment où Donald Trump recevait à la Maison-Blanche le président finlandais Alexander Stubb.

 

▶️ Selon des déclarations d’un responsable américain à CNN, au total Washington souhaite acquérir 11 navires de ce type (Quatre seront construits en Finlande et sept aux États-Unis), pour un budget d’environ 6,1 milliards de dollars (plus de 5 milliards d’euros)[7].

 

🔴 Mais les ambitions hégémoniques de Trump rencontrent l’hostilité du Danemark et du Groenland.
La première ministre danoise Mette Frederiksen et le premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen ont dénoncé, dans un texte commun lundi, les desseins de Trump : « On ne peut pas annexer un autre pays. Même en invoquant la sécurité internationale. » « Le Groenland appartient aux Groenlandais et les États-Unis ne doivent pas s’en emparer », affirme le communiqué conjoint[8].

 

 

- Lors des élections législatives organisées en mars, la seule formation favorable à l’administration Trump avait été balayée[11].

▶️ Copenhague a également convoqué l’ambassadeur des États-Unis. « Je suis profondément indigné par cette nomination et par cette déclaration, que je trouve totalement inacceptables », a réagi le ministre danois des affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen dans un entretien avec la chaîne de télévision TV2 Danmark[9].

 

▶️ En août dernier, le représentant diplomatique des États-Unis avait déjà été convoqué après des informations selon lesquelles trois Américains proches du président Trump menaient des opérations d’influence secrètes au Groenland[10].

 

▶️ De leur côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, ont également insisté sur le fait que l’intégrité territoriale et la souveraineté étaient des « principes fondamentaux du droit international ». « Ces principes sont essentiels non seulement pour l’Union européenne, mais aussi pour les nations du monde entier. Nous sommes pleinement solidaires du Danemark et du peuple du Groenland[12]», ont-ils écrit sur X.

 

▶️ Emmanuel Macron, qui s’était rendu à Nuuk, capitale du Groenland en juin, a jugé mardi que le territoire autonome « appartient à son peuple » et que « le Danemark en est le garant ». « J’associe ma voix à celles des Européens pour exprimer notre pleine solidarité[13] », a-t-il écrit sur X.

 

Le 10 décembre, dans son évaluation annuelle des menaces, les services de renseignement militaire danois ont exprimé leurs inquiétudes au sujet des États-Unis, faisant référence à l’arme des droits de douane utilisée contre les pays alliés de Washington. Une première dans l’histoire des relations entre les deux pays.

 

Notes :

[0Donald Trump veut récupérer le Groenland " d'une manière ou d'une autre "

[1Donald Trump réaffirme que " les Etats-Unis ont besoin du Groenland ", le Danemark répète que l’île " n’est pas à vendre

[2Trump nomme un envoyé spécial au Groenland, le Danemark convoque l'ambassadeur américain

[3Donald Trump et la prise du Groenland : « Nous devons l’avoir »

[4Groenland : que font les États-Unis sur la base de Pituffik

 [5Echaudé par les prétentions de l’Oncle Sam sur le Groenland : La diplomatie danoise met en place une cellule de veille nocturne

[6Proche de Donald Trump, le président de la Finlande va vendre ses énormes brise-glaces aux États-Unis

[7« Nous avons négocié un bon prix » : Trump va construire onze brise-glaces avec la Finlande

[8Donald Trump nomme un envoyé spécial pour le Groenland, territoire qu’il a menacé d’annexion ; le Danemark convoque l’ambassadeur américain

[9« Totalement inacceptable » : le Danemark fustige la décision de Trump après la nomination d’un envoyé spécial au Groenland

[10Groenland : après des révélations de la télé danoise sur l'ingérence américaine, le chargé d'affaires américain convoqué

[11Au Groenland, comment l'ombre de Donald Trump a pesé sur les législatives

[12Groenland : l'UE exprime sa «pleine solidarité» avec le Danemark en réponse aux visées américaines

[13] Groenland : Emmanuel Macron réaffirme le soutien de la France à la souveraineté danoise face aux ambitions des Etats-Unis

[14Groenland : Trump promet d'imposer des droits de douane de 10 % à huit pays européens, dont la France

 

Pour en savoir plus 

Les États-Unis et le Groenland depuis 1951...

L’Europe se prépare à offrir le Groenland à Trump sur un plateau

 

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28 septembre 2025 7 28 /09 /septembre /2025 10:02
Trump veut faire croire qu'il tente de modérer Netanyahou... et dans le même temps, les tanks israéliens s’enfoncent dans Gaza-ville et détruisent tout sur leur passage

Le plan Trump : une vision de paix ou une injustice cachée[0] ?... Le plan Trump pour Gaza n'est pas un plan de paix, mais une mascarade cynique donnant carte blanche à Netanyahou pour poursuivre le génocide.
Il ne prévoit aucune obligation pour Israël et perpétue la domination militaire & politique sur la Palestine
[5].

Netanyahu le confirme en disant qu’il n’a « pas du tout » accepté un État palestinien et que l’armée israélienne restera sur place[4]

 

 

La parole de Donald Trump ne vaut pas grand-chose et les assurances faites durant ses discours sur les questions internationales sont elles aussi sujettes à caution. La versatilité et l’incohérence décisionnaire croissante du président américain, comme sa récente volte-face sur l’Ukraine vient de le démontrer , n’a cependant pas empêché plusieurs journaux de la presse anglophone – essentiellement américaines- de donner un certain crédit à la dernière « trumperie » en date[1]...

En dans le même temps, dix jours après l’entrée des troupes israéliennes au sol dans le plus grand centre urbain du territoire, la catastrophe humanitaire prend de l’ampleur et les morts se comptent chaque jour par dizaines. L’avancée des troupes israéliennes dans Gaza-ville provoque un exode massif des Palestiniens vers le sud de l’enclave.

 

 

Sources : Agence Média Palestine | mis à jour le 30/01/2025

- L’armée israélienne détruit tout
Les troupes israéliennes avancent, et les quartiers de Gaza-ville sont détruits les uns après les autres. Le quartier de Tal Al-Hawa est devenu ces derniers jours une des cibles privilégiées des bulldozers israéliens. En 24 heures, l’armée israélienne a annoncé avoir bombardé 170 fois l’enclave palestinienne.

 

  • D’après Ibrahim Al-Khalili, reporter d’Al Jazeera sur place, “ l’armée israélienne est stationnée sur trois axes, dans la ville de Gaza : l’axe nord-ouest dans le camp de réfugiés de Shati et le quartier de Nassr, l’axe nord-est près du quartier de Sheikh Radwan, et l’axe sud près de Tal al-Hawa.
  • Le quartier de Sabra, qui a aussi subi de nombreuses attaques de l’armée israélienne, voit nombre de ses habitants encore piégés sous les décombres : “ Ils sont coincés là-bas car s’ils décident de sortir, ils risquent d’être pris pour cible par les forces israéliennes. Les scènes de Palestiniens pris pour cible et de maisons résidentielles rasées au-dessus de la tête des habitants se répètent. ”

 

 

- Des habitations aux centres de santé, aucun bâtiment n’est épargné dans la ville de Gaza.
Ces derniers jours, pas moins de sept infrastructures de santé ont été mises à l’arrêt de force en raison des attaques de l’armée israélienne. Parmi ces infrastructures, on trouve notamment l’hôpital pour enfants Al-Rantisi, ou encore l’hôpital international de l’œil, seul centre de santé public dédié à la vue dans cette zone[2].

  • Les bombardements accrus dans le quartier de Tal al-Hawa ont endommagé la station d’oxygène de l’hôpital Al-Quds, qui ne tient désormais plus que grâce à quelques équipements qui pourraient tomber en panne dans les prochains jours, a averti aujourd’hui le Croissant rouge palestinien.

 


- Le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza-ville se poursuit
D’après les dernières annonces du bureau des médias gazaoui, des centaines de milliers de Palestiniens ont fui la ville de Gaza ces dernières semaines. Conséquence de cet exode forcé massif, les gouvernorats gazaouis du sud et du centre se remplissent de réfugiés du nord à vue d’œil, et ont été déclarés pleins.

 

  • Dans sa déclaration, le bureau a expliqué : “ Il n’y a plus d’espaces vides ou sûrs pour accueillir davantage de personnes déplacées. ” Pendant ce temps, l’acheminement de tentes données dans l’enclave palestinienne continue d’être bloqué par l’armée israélienne, alors que les réfugiés s’entassent “ dans des conditions qui ne répondent pas aux exigences minimales de la dignité humaine ”.
  • Ces derniers jours seulement, des dizaines de milliers d’habitants de Gaza-ville ont pris la route pour fuir les tanks israéliens et les bombardements qui ravagent désormais la majeure partie de l’agglomération. Ces derniers partent sans savoir où aller, comme en témoigne Ahmed Salama, qui fuit le nord de la ville : “ Nous allons dans le centre de Gaza et nous ne savons pas où nous allons séjourner. La zone d’évacuation d’Al-Mawasi est surpeuplée de personnes déplacées. Il n’y a pas un seul endroit où s’installer. ”
  • Même chose pour Ahlam Aqel, elle-aussi déplacée de Gaza-ville : “ Nous sommes arrivés dans cette région isolée sans tentes ni installations. Nous ne pouvons pas nous approvisionner en eau. Les enfants ne trouvent rien à manger car nous sommes loin de tout le monde.

 

Dans une déclaration publiée mardi 23 septembre, le bureau des Nations Unies pour les droits humains dans les territoires palestiniens occupés a dénoncé “ l’escalade des attaques contre les civils et les infrastructures civiles dans la ville de Gaza, qui ont contribué à l’augmentation du nombre de personnes déplacées ” , mettant en garde contre “ le risque que ces déplacements deviennent permanents[3] ".

 


- La situation humanitaire toujours plus dramatique
Philippe Lazzarini, chef de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé hier que Gaza détenait un nouveau record morbide. Avec plus de 4000 enfants concernés depuis le 7 octobre 2023, l’enclave palestinienne a désormais le taux le plus élevé d’amputations infantiles au monde. Il a déclaré sur X : “ Les conséquences sur les enfants et l’enfance vont bien au-delà des blessures physiques et de la famine qui se propage. Les cicatrices des enfants sont profondes et invisibles : anxiété, cauchemars, agressivité, peur. Beaucoup sont contraints à mendier, à piller ou à travailler : une enfance perdue.”

 

En parallèle de ce constat terrifiant, l’OMS a aussi condamné la politique israélienne vis-à-vis de la famine déclarée il y a déjà près d’un mois par l’ONU dans la bande de Gaza. Pour l’OMS, le régime israélien n’a eu de cesse de nier cet état de famine depuis qu’il a été déclaré, tout en maintenant l’étau de son blocus sur la bande de Gaza. Depuis le 7 octobre 2023, 440 Palestiniens sont morts de faim dans l’enclave palestinien. 15600 malades sont toujours dans l’attente d’une évacuation pour recevoir des soins vitaux.

 

▶️ L’armée israélienne continue méticuleusement et en toute impunité de cibler les infrastructures de santé, les habitations et d’empêcher l’aide humanitaire d’être acheminée dans la bande de Gaza. Au 719ème jour de guerre génocidaire, le régime israélien a déjà tué 65502 personnes dans l’enclave palestinienne assiégée, d’après le dernier bilan du ministère de la Santé gazaoui. 

 

 

🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 

 

 

- Gaza : une carte pour visualiser les différentes phases du retrait militaire israélien selon le plan Trump[6]
Conformément au plan de paix de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, l’armée israélienne a entamé un retrait progressif de l’enclave palestinienne en trois phases. La première est achevée : mais les deux suivantes, sans calendrier défini, sont conditionnées par le désarmement du Hamas et le déploiement d’une force internationale.

 

Dans une troisième phase, là aussi sans aucun calendrier, l’armée israélienne devra se retirer davantage, tout en gardant le contrôle sur une “ zone tampon de sécurité ” d’environ un kilomètre tout le long de la frontière de la bande de Gaza – ce qui représente environ 17 % du territoire. Et ce, jusqu’à ce que l’enclave palestinienne soit “ réellement protégée contre toute menace terroriste résurgente ”.

 

Comme l’écrit Al-Jazeera, “ de nombreuses questions demeurent quant à la manière dont le plan sera mis en œuvre, aux frontières exactes du territoire palestinien, au calendrier et à l’ampleur des retraits israéliens, au rôle de la force internationale de stabilisation et aux implications à long terme pour les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie ”.

 

Décryptage. Gaza : une carte pour visualiser les différentes phases du retrait israélien selon le plan Trump

 

Notes :

[0Le plan Trump : une vision de paix ou une injustice cachée ?

[1La presse anglophone croit que Trump tente de modérer Netanyahou

[2La destruction des infrastructures médicales à Gaza : Une atteinte inacceptable à la santé publique

[3L’ONU avertit contre des déplacements de masse après de nouveaux ordres israéliens d’évacuation de la ville de Gaza

[4Plan de Trump pour Gaza : Netanyahu dit qu’il n’a « pas du tout » accepté un État palestinien et que l’armée israélienne restera sur place

[5Guerre Israël-Gaza : voici ce que contient le plan en 20 points de Donald Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza

[6] Gaza : une carte pour visualiser les différentes phases du retrait israélien selon le plan Trump

 

Pour en savoir plus :

- Situation humanitaire, mise à jour du 25 septembre 2025 #326 de l’OCHA – Bande de Gaza

Trump veut prendre le contrôle de Gaza !

- Le plan Trump pour Gaza dépossède les Palestiniens de leur destin

Cessez-le-feu à Gaza : soulagement et vigilance... " En l’état, la suite de ce « plan de paix » ne permet ni la formation d’un État de Palestine souverain, ni le respect des droits des Palestiniens, ni a fortiori de paix juste ni durable comme le confirme le maintien en détention de Marwan Barghouti. Aucun calendrier de retrait de l’armée israélienne de Gaza n’est envisagé. La Cisjordanie et Jérusalem-Est, où la colonisation israélienne n’a eu de cesse s’accélérer ces dernières années, sont ignorés. L’ONU, dont ce plan évacue des résolutions fondamentales, est ignorée au profit d’un « organe de transition » aux relents coloniaux et affairistes. "

- Amnesty International 27/11/2025 : Le génocide des Palestiniens commis par Israël à Gaza se poursuit sans relâche malgré le cessez-le-feu

Gaza, jour 787 : l’armée israélienne a bombardé Gaza 42 jours sur 53 depuis le début du « cessez-le-feu »

Comment le « plan de Trump » pour Gaza permet une nouvelle appropriation de terres par Israël- Comment le « plan de Trump » pour Gaza permet une nouvelle appropriation de terres par Israël

- Pour la première fois, en janvier 2026, Israël reconnait le bilan de 70 000 morts à Gaza avancé par le Hamas. Ce décompte n'inclut pas les personnes mortes de faim, ni d'aggravation de maladies, depuis le début de la guerre.

 

La destruction des infrastructures médicales à Gaza : Une atteinte inacceptable à la santé publique
La destruction des infrastructures médicales à Gaza : Une atteinte inacceptable à la santé publique

La destruction des infrastructures médicales à Gaza : Une atteinte inacceptable à la santé publique

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13 avril 2025 7 13 /04 /avril /2025 13:23
L'état et la place de l'Afrique dans le nouvel ordre mondial

L’Afrique se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, coincée entre des crises internes, une évolution des rapports de force internationaux et le lent délitement de l’ordre politique post-libéral. Sur l’ensemble du continent, les partis au pouvoir qui ont autrefois acquis une légitimité en tant que forces de libération nationale perdent peu à peu leur emprise ; pourtant, l’offre gouvernementale alternative de l’opposition reste fragmentée et peu convaincante.

 

 

Sources : Will Shoki | 

- Situation de l'Afrique en déclinaison

Les élections mozambicaines de 2024 sont l’un des exemples les plus frappants de ce déclin, le parti au pouvoir, le Frelimo, ayant proclamé sa victoire dans le prolongement d’un scrutin largement dénoncé comme frauduleux. Le chef de l’opposition, Venâncio Mondlane, se présentait sous la bannière du nouveau parti Podemos. Il a accusé le gouvernement d’avoir orchestré une manipulation électorale massive après que des comptages parallèles des voix eurent fait apparaître qu’il avait en réalité gagné. Le parti au pouvoir a répondu aux manifestations de masse par une répression violente[1]. Cela s’inscrit dans une tendance à la répression de la dissidence politique par des moyens de plus en plus autoritaires.

 

🔴 L’illégitimité croissante de ces gouvernements issus de l’après-guerre de libération ne se limite pas au Mozambique.

En Afrique du Sud, l’ANC[0] a perdu sa majorité absolue pour la première fois depuis 1994, ne recueillant qu’environ 40 % des voix aux élections de 2024. Après des décennies de domination politique, le parti se retrouve désormais dans une coalition précaire et extrêmement fragile avec l’Alliance démocratique (DA), son rival de longue date. Cela a contraint l’ANC à adopter une position gouvernementale plus centriste, limitant sa capacité à poursuivre les politiques que sa base traditionnelle pouvait attendre.

 

Alors que certains au sein de l’ANC considèrent cette coalition comme un compromis nécessaire pour maintenir la stabilité, d’autres y voient une trahison de la mission historique du parti, en particulier compte tenu de l’orientation politique néolibérale de la DA. Les conséquences de cette entente restent incertaines : la coalition durera-t-elle, provoquera-t-elle une nouvelle fracture au sein de l’ANC ou donnera-t-elle naissance à des mouvements d’opposition plus forts en dehors du processus électoral traditionnel ?

 

Le déclin de l’ANC s’inscrit dans une tendance plus large en Afrique australe.

  • Au Zimbabwe, le Zanu-PF reste bien ancré grâce à la répression plutôt qu’au soutien populaire, s’appuyant sur le pouvoir judiciaire et la commission électorale pour écarter toute concurrence sérieuse de l’opposition.
  • Parallèlement, le Swapo namibien et le BDP botswanais ont tous deux fait face à des défis électoraux sans précédent (le BDP ayant perdu une élection pour la première fois depuis l’indépendance), ce qui montre que même les partis au pouvoir autrefois stables ne sont plus assurés de victoires faciles.

Le délitement de ces mouvements suggère que les références à la lutte de libération, autrefois si efficaces, ne suffisent plus pour asseoir leur légitimité au pouvoir.

 

 

- Conflit
L'affaiblissement de ces gouvernements se déroule sur fond d'aggravation des conflits et d'instabilité ailleurs sur le continent

Comment le Darfour est devenu une calamité humanitaire et une crise des droits humains
Darfour devenu une calamité humanitaire, une crise des droits humains
  • Le Soudan : reste enfermé dans une guerre dévastatrice entre les forces armées soudanaises (SAF) et les forces paramilitaires de soutien rapide (RSF) du général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti »[2]. Il s’agit d’un conflit qui a déplacé des millions de personnes tout en s’internationalisant de plus en plus, l’Égypte et les Émirats arabes unis soutenant des camps opposés. La guerre a non seulement aggravé l'effondrement économique du Soudan, mais menace également la stabilité régionale, avec des retombées au Tchad, au Soudan du Sud et en Éthiopie
  • La République démocratique du Congo (RDC) : continue de lutter contre les insurrections armées, en particulier la résurgence du M23, dont le soutien du Rwanda a exacerbé les tensions régionales[3]. Les accusations d’ingérence transfrontalière mettent encore plus à rude épreuve les relations diplomatiques

Ces crises ne sont pas isolées : elles reflètent un échec plus profond de la gouvernance à travers l'Afrique, où l'État est souvent incapable de résoudre les griefs sociaux et économiques sans recourir à la violence.

 

 

- L'effet Trump

L’administration Trump a supprimé plus de 90 % des financements à l’étranger de l’Usaid

En plus de ces crises, l’Afrique est également confrontée à un ordre international en pleine mutation. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a déjà commencé à remodeler les relations entre les États-Unis et l’Afrique. On observe un mouvement vers une approche plus axée sur les transactions et un regain d’intérêt pour la sécurité au détriment du développement. L’une des premières mesures importantes de Trump en matière de politique étrangère a été de réduire considérablement l’aide étrangère, de démanteler l’USAID et de couper les financements de grands programmes dans le domaine de la santé, dont le PEPFAR[4]. Des millions de personnes se sont ainsi retrouvées privées d’accès au traitement du VIH et à d’autres services essentiels.

 

Les pays où les systèmes de santé sont déjà très en difficulté ont été les plus touchés, ce qui a exacerbé les crises de santé publique et pourrait avoir des effets déstabilisateurs à long terme. La justification de ces coupes budgétaires par l’actuelle administration s’enracine dans son principe général « America First »[5]. L’aide étrangère y est considérée comme une dépense inutile plutôt que comme un investissement stratégique dans la stabilité.

 

🔴 Et cela a coïncidé avec un durcissement de la politique américaine en matière d’immigration.

L’actuelle administration envisage une suppression généralisée des visas qui pourrait affecter des dizaines de pays africains, limitant les déplacements des étudiants, des travailleurs et des touristes. Cette politique rappelle les restrictions aux déplacements imposées par Trump lors de son premier mandat. Elle traduit un isolationnisme croissant des États-Unis vis-à-vis de l’Afrique, le continent étant davantage considéré comme un risque en matière de sécurité et de migration que comme un partenaire diplomatique ou économique.

 

 

- Trump et l'Afrique du Sud
L'hostilité de l'administration à l'égard de l'Afrique du Sud a été particulièrement frappante. Trump a expulsé l’ambassadeur sud-africain et imposé des sanctions. C'était en réponse aux politiques d'expropriation des terres de Pretoria et à ses positions de politique étrangère, en particulier ses efforts pour tenir Israël responsable de son génocide à Gaza[6]. L'administration marque cette sympathie pour le Hamas et l'Iran. 

 

Ces mesures punitives reflètent l'inconfort plus large de l'administration à l'égard des gouvernements qui contestent l'hégémonie américaine, en particulier ceux au sein des BRICS. En présentant les positions politiques de l'Afrique du Sud comme “ anti-américaines, ” Trump a effectivement rompu l'une des relations diplomatiques les plus importantes entre les États-Unis et une puissance africaine. Cela joue également dans l'accent plus large mis par son administration sur le privilège des États de droite alignés sur les autoritaires tout en isolant les gouvernements perçus comme étant de gauche ou indépendants.

 

 

- Les ressources des États-Unis, de la Chine et de l’Afrique

Dans le même temps, l’administration Trump poursuit un autre type d’engagement avec d’autres États africains, notamment dans le secteur des ressources. L'administration négocie actuellement un accord minerais contre sécurité avec la RDC[7]. Ils offrent une assistance militaire en échange d'un accès exclusif aux minéraux critiques, essentiels pour les industries américaines avancées, en particulier dans les domaines de la technologie et de la défense. L’accord accorderait aux entreprises américaines un contrôle étendu sur le cobalt et d’autres minéraux essentiels. Cela reflète un changement dans la stratégie américaine, passant de l’aide au développement à l’extraction économique directe ([NDLR : idem avec l'Ukraine[8]).

 

🔴 L'administration affirme que ce partenariat contribuera à stabiliser la RDC en fournissant une assistance en matière de sécurité.

Les critiques préviennent qu’il risque d’approfondir la dynamique néocoloniale en donnant la priorité à l’extraction des ressources plutôt qu’au véritable développement économique.

 

🔴 Dans le même temps, l'approche de la Chine à l'égard de l'Afrique change également.

Pendant deux décennies, Pékin a été le partenaire économique dominant du continent[9], finançant les infrastructures et le commerce à une échelle inégalée par aucune autre puissance extérieure[10]. Cependant, avec le ralentissement de l'économie intérieure de la Chine, sa volonté d'accorder des prêts à grande échelle aux gouvernements africains a diminué. Des pays comme la Zambie et le Kenya, lourdement endettés envers la Chine, ont déjà ressenti la pression de la stratégie de prêt recalibrée de Pékin. L’époque où la Chine offrait un crédit facile pour de grands projets d’infrastructure touche peut-être à sa fin, laissant les États africains dans une position précaire. De nombreux gouvernements, ayant structuré leur économie autour de la poursuite des investissements chinois, ont désormais du mal à s’adapter à cette nouvelle réalité. Ce changement laisse à l’Afrique moins d’options de financement extérieur, dans la mesure où les institutions financières occidentales ont également durci les conditions de prêt, en particulier pour les pays lourdement endettés.

 

 

- Une nouvelle politique possible ?
Pour les gouvernements africains, ces évolutions soulèvent des questions difficiles sur la stratégie politique et économique.

  • Le déclin des mouvements de libération nationale n’a pas encore abouti à l’émergence d’alternatives progressistes viables.
  • Les partis d’opposition de la région ont largement adopté des modèles de gouvernance néolibéraux plutôt que d’articuler de nouvelles visions de transformation économique.
  • Au lieu d’un changement décisif vers le renouveau démocratique, une grande partie du continent semble osciller entre une répression accrue de l’État et une opposition fragmentée.
  • De nombreux partis d’opposition, bien que critiquant ouvertement les gouvernements au pouvoir, n’ont pas réussi à proposer des programmes économiques qui rompent avec le paradigme néolibéral dominant.

Cela signifie que, même lorsque les partis au pouvoir sont confrontés à un déclin électoral, rien n’indique que leurs remplaçants modifieraient fondamentalement le paysage politique ou économique.

 

Même si les mouvements enracinés dans les luttes syndicales et populaires continuent de promouvoir le changement, leur capacité à remettre en question les structures de pouvoir bien établies reste incertaine. La faiblesse des alternatives de gauche en Afrique reflète aujourd’hui des tendances mondiales plus larges, où les forces socialistes et sociales-démocrates ont eu du mal à se réaffirmer dans un monde façonné par le capital financier et le pouvoir des entreprises

 

🔴 Cependant, certains signes indiquent que cela pourrait changer.

Sur tout le continent, des appels croissants à la souveraineté économique, des demandes en faveur de programmes de protection sociale plus solides et une résistance accrue aux diktats financiers extérieurs se multiplient[11]. Si ces luttes se fondent en formations politiques plus cohérentes, elles pourraient constituer la base d’un nouveau type de politique qui romprait à la fois avec les échecs des partis post-libération et avec les limites des forces d’opposition libérales.

 

🔴 L’ordre politique post-libération en Afrique s’effondre, mais la suite est loin d’être claire.

L’érosion de la légitimité du parti au pouvoir ne s’est pas encore traduite par une transformation systémique significative. Dans de nombreux cas, cela a simplement ouvert la porte à de nouvelles formes de manœuvres d’élite. En ce moment de transition, la véritable bataille ne porte pas seulement sur les élections mais sur la nature même de l'État, la gouvernance économique, et la place de l'Afrique dans un ordre mondial en mutation rapide.

 

Jusqu'à ce que des alternatives émergent qui remettent en question la dépendance du continent à l'égard de la finance mondiale, de l'extraction des ressources et d'une croissance tirée par la dette, l'Afrique restera enfermée dans des cycles d'instabilité, avec ou sans les anciens mouvements de libération à la barre.

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5 avril 2025 6 05 /04 /avril /2025 14:35
« Trump engage une crise globale du capitalisme » – L’analyse de Jean-Luc Mélenchon

« Tout est réuni pour que la politique de Trump produise à la fois une crise du capitalisme et une crise politique populaire... » Par cette porte inattendue, la « révolution citoyenne » peut surgir !

Alors quelle riposte efficace contre Trump[3] ?

 

 

Dans les colonnes de l'Insoumission, Jean-Luc Mélenchon analyse les crises et les chocs provoqués par la mise en application des mesures de droit de douane aux Etats-Unis d’Amérique qui cherchent par tous les moyens à conserver leur domination sur le monde. Le leader insoumis alerte sur les chocs majeurs, un choc récessif et inflationniste dans tous les pays, un choc financier, et un choc social qui s’ajoute comme conséquences des dévastations que les deux premiers vont produire, ainsi qu’un choc guerrier.

 

 

Sources : Jean-Luc Mélenchon | mis à jour le 12/04/2025

- « Condamner la politique absurde de Donald Trump ne signifie pas que nous serions d’une manière ou d’une autre ralliés à la doctrine du libre-échange » 

La mise en application des mesures de droits de douane aux États-Unis d’Amérique est dorénavant bien comprise comme un événement considérable.

  • Il s’agit ici de la re-fragmentation du système des échanges commerciaux mondiaux et par conséquent de tous les aspects de la production et de l’organisation des échanges et de la division internationale du travail.
  • Est mis à terre l’ordre sur lequel reposait toutes les mesures politiques, économiques et sociales depuis quarante ans au moins.

Il est impossible qu’un tel revirement survienne sans provoquer de considérables secousses.

 

🔴 Nous-mêmes, Insoumis, n’avons jamais été partisans du libre-échange.

  • Mais nous avons toujours considéré qu’il n’était pas possible de procéder à la hache pour mettre en place le protectionnisme nécessaire pour permettre à notre nation de retrouver par exemple sa souveraineté alimentaire et sanitaire. Et de même pour l’essentiel des produits industriels dont elle a besoin pour assurer ses industries de pointe comme le spatial, le numérique, le maritime, en imposant sur tous ces terrains d’actions économiques 100 pour-cent de droits de douane.
  • C’est pourquoi nous parlions de « protectionnisme solidaire », ce qui signifiait dans notre esprit un retour au bilatéralisme pour ce qui est de la négociation des droits de douane, en fonction des intérêts mutuels qui pouvaient être négociés dans cette circonstance, au cas par cas, pays par pays. Condamner la politique absurde de Donald Trump ne signifie pas que nous serions d’une manière ou d’une autre ralliés à la doctrine du libre-échange et de la « concurrence libre et non faussée ».

 

Mais nous ne pouvons accepter qu’en tel choc soit infligé à l’ensemble de l’économie mondiale. Et donc très directement à tous les peuples du monde. Surtout venant d’une puissance brutale qui n’a aucun autre objectif que de conforter sa puissance, et si possible de l’amplifier. Et dans tous les cas de l’imposer au reste du monde.

 

 

- « La certitude d’une aggravation des tensions sociales partout et des « lutte de classes ». »
Nous pouvons deviner au moins deux conséquences probables au vu des conditions dans lesquelles s’opère la politique de Monsieur Trump.

  • La première est que d’un côté les droits de douane des USA,
  • de l’autre les répliques dans tous les autres pays du monde ce sera autant d’inflation importée partout.

Et cette inflation vient s’ajouter à celle qui déjà s’est produite après la COVID du fait du rattrapage par les prix des retards d’accumulation des principales puissances capitalistes, grandes entreprises, banques et autres. Dans la période immédiatement précédente, aucune compensation salariale n’a été accordée d’une manière générale pour rattraper la ponction de l’inflation sur les salaires. Seuls quelques pays, seuls quelques activités dans quelques pays ont bénéficié de rattrapage.

 

Mais globalement, les peuples se sont appauvris. Le nouveau choc inflationniste va donc tomber sur un terrain déjà meurtri. Et dans une logique des rapports sociaux qui sont celles de la période du néolibéralisme triomphant. C’est-à-dire des rapports sociaux brutaux et totalement déséquilibrés. C’est donc la certitude d’une aggravation des tensions sociales partout et des « lutte de classes ». Qui en résulte d’une façon générale.

 

Dans de telles circonstances. Plus ces tensions interviendront dans des sociétés déjà déséquilibré du point de vue du fonctionnement de leur démocratie et de l’exaspération des tensions déjà présentes, plus évidemment, elles généreront de crises politiques. Jusque dans des formes majeures, comme celle de « révolutions citoyennes ». C’est-à-dire d’une volonté de reprise du contrôle par le grand nombre sur sa destinée.

 

 

- « Tout est réuni pour que la politique de Trump produise à la fois une crise du capitalisme et une crise politique populaire »
À côté de cet événement social, et peut-être avant lui l’autre conséquence de la politique douanière de Trump, c’est le déséquilibre qu’il introduit à l’intérieur de la sphère financière globale c’est-à-dire du choc qui lui inflige et qui peut produire par effet domino une contagion de paniques boursières. Et d’effondrement en chaîne de sociétés liées les unes aux autres, soit par des prêts interentreprises, soit par des prêts bancaires qu’elles ne peuvent plus honorer. Dans ces conditions, tout est réuni pour que la politique de Trump produise à la fois une crise du capitalisme et une crise politique populaire.

 

L’intéressé, Donald Trump lui-même a d’ores et déjà admis que sa politique aurait un effet récessif aux États-Unis d’Amérique. Mais évidemment, et par contagion, dans toutes les nations productives du monde qui verront leur commerce mutuel passer au ralenti d’une manière considérable.

 

À mes yeux, il n’y a aucune chance pour que les États-Unis dans un tel épisode et en 4 ans, de la durée d’un mandat présidentiel arrive à reconstituer une base productive industrielle au niveau auquel Trump voudrait la voir parvenir pour effacer le solde abyssal du déséquilibre du commerce extérieur nord-américain. Encore faut-il bien comprendre que ce déséquilibre a été le mode d’organisation de l’économie mondiale depuis 1971. C’est parce que les États-Unis achetaient à crédit partout qu’une animation du commerce et de la production avait lieu sans qu’on ne demande jamais aux États-Unis la contrepartie des dollars qu’ils émettaient pour combler leur déficit.

 

Un tel système ne durera pas et poussera sans aucun doute les nations qui ont été piégées par l’usage du dollar à devoir s’en passer et à se passer des relations avec les États-Unis d’Amérique. Mais rien de tout cela ne peut avoir lieu sans que tout commence par la récession. Or, d’ores et déjà, plusieurs économies, et non des moindres dans le monde, comme celle de l’Allemagne sont en récession. La France de son côté ne prévoit pas d’augmentation de sa croissance de plus de 0,7%, c’est à dire quasiment la stagnation.

 

Dès lors :

  •  les recettes fiscales seront en baisse.
  • Les dépenses sociales liées au chômage et à la mauvaise santé seront en hausse.
  • Et la mécanique qui a déjà ruiné le pays s’amplifiera puisqu’on refuse de mettre à contribution les grandes fortunes.

Tout cela ne peut que conduire au chaos comme celui qui se prépare avec par exemple le gel de 9 milliards des crédits votés dans le budget de l’État.

 

 

- Des chocs majeurs vers un choc guerrier
On ne sait combien de temps Donald Trump pourra continuer sur sa lancée sans rencontrer de résistance. La politique dont il a fixé les grandes orientations, à savoir :

  • la paix en Europe aux conditions de la Russie et sans la participation des Européens pour obtenir des garanties mutuelles avec les Russes se conclura donc dans des conditions instables et menaçantes pour le futur.
  • La paix au Moyen-Orient semble prendre chaque jour prendre un visage de bouleversement de la carte géopolitique que ce soit aux frontières du Liban, de la Syrie et sans doute ensuite plus loin comme avec l’Iran.

 

Mais fondamentalement, la préparation de la guerre[0] dans la mer de Chine n’aura pas cessé un seul jour depuis des mois et des mois. Les incidents sont quasi quotidiens. L’installation sur la pointe avancée des Philippines d’ogives nucléaires nord-américaine capable d’atteindre le continent et en particulier le territoire de la Chine[1] continentale, est une provocation. Elle fait penser à celle qui fut organisée contre la Russie soviétique quand les Américains installèrent en Turquie leurs missiles, a quoi les Russes répondirent par l’installation des leurs missiles à 150 km eux aussi de la frontière des États-Unis d’Amérique, à Cuba.

 

  • Il est absolument exclu d’imaginer que les Chinois, d’une quelconque manière, se laissent intimider par la puissance déclinante des États-Unis d’Amérique.
  • Il est également exclu de penser que les États européens, contrairement à ce que disent leurs discours, soient capables d’organiser une « défense européenne » souveraine.

Rien n’en prend le chemin. C’est par dizaines et dizaines que des avions F 35 sont commandés aux États-Unis d’Amérique par tous les pays d’Europe. Tous ces avions interviennent dans le cadre de l’Inter opérationnalité avec le matériel américain. C’est-à-dire sous le contrôle direct de la présidence des États-Unis d’Amérique qui peut décider quel avion décolle et quel avion ne décolle pas, quelle cible peut être visée et qu’elle ne peut pas l’être.

 

Et cela dans le même temps où la pression pour confisquer le Groenland au profit des États-Unis d’Amérique contre le Danemark n’a pas cessé un seul jour et semble se diriger, comme pour les autres objectifs fixés par Trump par une mise en œuvre matérielle concrète, à horizon très proche. Tout cela inflige donc des chocs majeurs :

  • un choc récessif et inflationniste dans tous les pays ;
  • un choc financier sur l’ensemble de la sphère numérique financière globale ;
  • un choc social s’ajoutant comme conséquences des dévastations que les deux premiers vont produire ;
  • et enfin un choc guerrier[2].

 

 

- La « révolution citoyenne » peut surgir par cette porte inattendue ouverte par l’absurdité de la politique des USA.
Ce qui compte n’est pas l’addition des crises, mais leur superposition. Et cette superposition, intervient elle-même dans un contexte d’aggravation des conséquences de la crise climatique globale. Il est donc prévisible, a moins d’un changement d’orientation majeur que cela conduise d’une façon générale à une crise de la civilisation humaine comparable à celles qui ont été le résultat des 2 premières guerres mondiales. Et par conséquent, toutes les sociétés seront mises au défi de savoir où elles veulent aller et quels moyens elles se donnent de le faire.

 

Il faudra s’aligner sans rechigner et sans discuter sur les désidératas des Nord-américains et payer le tribut qu’ils ont fixé à tous leurs alliés.

  • C’est-à-dire 5% de leur PIB consacré à des dépenses militaires pour acheter du matériel américain.
  • Ou bien s’inscrire dans une logique alternative c’est-à-dire de non-alignement aux côtés de tous ceux qui refusent de céder, qui refusent d’entrer dans une logique de confrontations violentes et guerrières avec l’une ou l’autre des puissances.

 

🔴 C’est à la fois un moment très dangereux et un moment plein d’opportunités.

Mais un moment dans lesquels les faux pas, les à-peu-près, et les faux-semblants ne peuvent produire que des désastres. Plus que jamais les Insoumis doivent se présenter comme l’alternative à la marche, à la ruine du monde cela dans notre pays avec le peuple qui le fait vivre.

  • Sans concession.
  • Sans arrangement.
  • Sans dilution de la clarté et de la cohérence des objectifs de son programme si l’on veut d’un « avenir en commun ».

La « révolution citoyenne » peut surgir par cette porte inattendue ouverte par l’absurdité de la politique des USA.

 

 

🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 

 

 

- Alors quelle riposte efficace contre Trump ?

 Beaucoup d’argent est en train de s’envoler en fumée, comme c’est toujours le cas lorsqu’il y a une crise financière du capitalisme. Je complète mon analyse parue ci-dessus puisque les événements confirment mon angle d’analyse.

 

Pour accéder au texte d'analyse complet sur la riposte à Trump cliquez sur l'image de Trump ci-dessous. 👇

 

Beaucoup d’argent est en train de s’envoler en fumée, comme c’est toujours le cas lorsqu’il y a une crise financière du capitalisme. Je complète mon analyse parue sur le site « l’Insoumission » puisque les événements confirment mon angle d’analyse.

 

La résistance de l'Union européenne à Trump se dégonfle à vue d'œil. Après la course aux négociations séparées, voici le renoncement collectif à la taxation des GAFAM. L'UE, c'est juste une publicité mensongère. Trump peut dormir tranquille, ses larbins continuent le service.

 

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3 avril 2025 4 03 /04 /avril /2025 13:40
Israël vient de faire la déclaration d’intention génocidaire la plus explicite à ce jour !

Israël : le " transfert " des Palestiniens hors de la bande de Gaza, un fantasme devenu projet[9] !

Les masques tombent : " Il n'y aura pas d'Etat palestinien, cet endroit nous appartient " affirme Benyamin Netanyahou[10]

 

 

Le ministre israélien de la défense, Israël Katz, a publié une déclaration[0] explicite d’intention génocidaire à l’égard de la population de Gaza, menaçant les civils de l’enclave d’une punition collective sous la forme d’une « dévastation totale » s’ils ne trouvent pas le moyen de renverser le Hamas et de libérer tous les otages israéliens.

 

 

Sources : Caitlin JOHNSTONE | mis à jour le 12/09/2025

- La déclaration de M. Katz[1se lit comme suit :

 

🔴 « Résidents de Gaza, ceci est votre dernier avertissement. Le premier Sinwar a détruit Gaza, et le second Sinwar entraînera sa ruine totale. L’attaque de l’armée de l’air israélienne contre les terroristes du Hamas n’était que la première étape. Ce qui suivra sera bien plus dur, et vous en supporterez tout le coût.

🔴 « L’évacuation de la population des zones de combat reprendra bientôt. Si tous les otages israéliens ne sont pas libérés et si le Hamas n’est pas chassé de Gaza, Israël agira avec une force que vous n’avez jamais connue auparavant.

🔴 « Suivez le conseil du président américain : rendez les otages et chassez le Hamas, et de nouvelles options s’ouvriront à vous, y compris la relocalisation dans d’autres parties du monde pour ceux qui le souhaitent. L’alternative est la destruction et la dévastation totale ».

 

 

"'Shalom Hamas' means Hello and Goodbye - You can choose

Lorsque Katz dit « Suivez le conseil du président américain », il fait référence à une déclaration faite par le président Trump le 5 mars, qui a fait essentiellement la même menace adressée « au peuple de Gaza », en disant : « Un bel avenir vous attend, mais pas si vous retenez des otages. Si vous le faites, vous êtes MORTS ! Prenez une décision intelligente. LIBÉREZ LES OTAGES MAINTENANT, OU IL Y AURA UN ENFER À PAYER PLUS TARD ! »

 

Lorsque j’ai critiqué le président américain pour ces remarques qui menacent explicitement les civils de Gaza, j’ai reçu un déluge de partisans de Trump me disant qu’il ne parlait pas vraiment de « la population de Gaza » comme il l’a dit, mais qu’il ne parlait plutôt que de ceux qui retiennent activement des otages. La déclaration de M. Katz montre clairement qu’ils avaient tort et que ceux d’entre nous qui ont appelé un chat un chat à l’époque avaient raison.

 

This is a message to the residents of Gaza: The first Sinwar destroyed Gaza, and the second Sinwar will bring its complete ruin

 

- Le ministre israélien de la défense ne fait que suivre la position de Trump et réitérer ce que tous ceux qui ne sont pas des partisans à œillères savaient que Trump disait il y a deux semaines.
Il le fait exactement de la même manière que Benjamin Netanyahou a suivi la position de Trump sur le nettoyage ethnique de Gaza le mois dernier en " approuvant avec enthousiasme[3] " le plan proposé par Trump pour " expulser définitivement tous les Palestiniens de l’enclave[4] ". Trump propose un plan, et les responsables israéliens le mettent en œuvre.

 

Les gouvernements américain et israélien menacent donc ouvertement l’ensemble de la population de la bande de Gaza du crime de guerre de " punition collective[5] " s’ils ne chassent pas le Hamas de Gaza, et annoncent en outre leur intention d’infliger une « dévastation totale » à cette population s’ils ne le font pas.

 

🔴 Il s’agit là de l’aveu le plus explicite possible d’une intention génocidaire.

 

Dans le cadre du procès pour génocide intenté à Israël devant la Cour internationale de justice[6], les procureurs sud-africains ont rassemblé une montagne de preuves[7] attestant de l’intention des responsables israéliens de commettre un génocide à Gaza. Ainsi, M. Netanyahou a qualifié la population de Gaza d’« Amalek », en référence à un récit biblique relatant l’histoire d’un peuple qui a été complètement anéanti sur ordre de Dieu, ou l’ancien ministre israélien de la défense, Yoav Gallant, a décrit les Palestiniens de Gaza comme des « animaux humains » tout en déclarant un « siège total » de l’enclave.

 

🔴 Raz Segal et Penny Green, d’Al Jazeera, ont écrit ce qui suit[8] à propos de l’affaire de la CIJ l’année dernière :

« Le crime de génocide comporte deux éléments - l’intention et l’exécution - qui doivent tous deux être prouvés lorsque des accusations sont portées... L’intention est généralement plus difficile à prouver lorsque des accusations de génocide sont portées ; le requérant doit être en mesure de prouver « l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel », selon les termes de la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide. Mais dans le cas d’Israël, l’intention a également été mise à nu par un grand nombre de preuves, comme l’a souligné l’équipe juridique sud-africaine ».

 

La déclaration de M. Katz est probablement l’aveu le plus clair et le plus explicite à ce jour. Il est difficile d’imaginer une déclaration d’intention génocidaire plus claire que la diffusion d’une vidéo adressée à une population civile la menaçant de « dévastation totale » si elle ne fait pas ce qu’on lui dit de faire.

 

  • Nous pouvons être sûrs que ces déclarations de Katz et de Trump ont été ajoutées aux dossiers de ceux qui espèrent pouvoir un jour poursuivre avec succès ces monstres pour crimes de guerre.
  • Nous pouvons également être sûrs qu’elles seront enregistrées dans ce qui sera finalement considéré comme l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de notre civilisation.

Notes :

[0Déclaration du ministre israélien de la défense, Israël Katz

[1NOUVEAU | Le ministre israélien de la Défense Katz

[2Déclaration faite par le président Trump de mars 2025 " Bonjour et au revoir "

[3Netanyahu " s'est engagé " dans le projet de Trump de prendre le contrôle de Gaza

[4Trump déclare qu'il n'y a pas de droit au retour pour les Palestiniens de Gaza dans le cadre de son plan

[5Peine collective est un punition ou sanction imposé à un groupe ou à une communauté entière

[6] Une procédure est engagée le 29 décembre 2023 devant la Cour internationale de justice en vertu de la Convention sur le génocide dans la bande de Gaza

[7CIJ - AFRIQUE DU SUD CONTRE ISRAËL - L'INTENTION GÉNOCIDAIRE D'ISRAËL (EXTRAIT COMPLET)

[8] L’intention dans l’affaire du génocide contre Israël n’est pas difficile à prouver : Une base de données de plus de 500 déclarations montrant l’incitation israélienne au génocide fournit de nombreuses preuves d’intention génocidaire

[9Israël : le " transfert " des Palestiniens hors de la bande de Gaza, un fantasme devenu projet

[10Israël : « Il n’y aura pas d’Etat palestinien, cet endroit nous appartient », promet Netanyahou

 

Pour en savoir plus :

D’un camp concentrationnaire, puis d’extermination, Gaza se transforme en plus grand cimetière du monde

- Gaza : plus de 320 enfants tués depuis la reprise des bombardements de Netanyahu

- « On y travaille » : Netanyahou donne un rapport à Trump sur l’avancée du nettoyage ethnique de Gaza (WSWS)

L'ONG israélienne BTS publie un rapport révélant les crimes de guerre commis dans la « zone de mort » à Gaza par l'armée israélienne

 

Israël vient de faire la déclaration d’intention génocidaire la plus explicite à ce jour !
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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 13:53
Visite de Macron à l’usine de poudre pour munitions Eurenco, à Bergerac (Dordogne), le 11 avril 2024

Visite de Macron à l’usine de poudre pour munitions Eurenco, à Bergerac (Dordogne), le 11 avril 2024

Le président du MEDEF Patrick Martin prend l’exemple du Danemark : « Le Danemark a décidé de reporter à 70 ans l’âge de départ à la retraite pour que l’économie finance l’effort de guerre[0] »

La CPME propose de passer à la semaine de 36 heures pour financer l’effort de défense[0bis]

 

 

Pour financer le projet de réarmement européen, le pouvoir[1][1bis] et le camp néolibéral[0] convoquent l’économie de guerre. Mais derrière cette appellation, ils pensent à tout autre chose qu’à une mobilisation des moyens économiques pour la sécurité du pays : imposer par la ruse leur agenda d’austérité sociale.

 

 

Sources : Martine Orange | mis à jour le 14/03/2025

- L’expression est désormais dans tous les discours. Elle sature même l’espace public. Du matin au soir, responsables politiques, économistes, observateurs géopolitiques convoquent « l’économie de guerre » pour souligner la gravité du moment.

L’appellation est si claire qu’elle ne paraît appeler ni précision ni contestation. L’humiliation publique du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, par Donald Trump et son vice-président, J. D. Vance[2], les doutes qui planent sur la solidité de l’alliance transatlantique alimentent un climat de peur et d’angoisse partout en Europe. Chaque État membre a compris l’urgence de se réarmer et d’affirmer la sécurité et l’indépendance du continent. Pourtant, dans aucun pays, en dehors de la France, on ne parle d’économie de guerre. Les autres États préfèrent évoquer des plans de réarmement, de renforcement de leurs capacités militaires, de sécurité.

 

🔴 Avec raison, selon un connaisseur du monde de la défense, irrité par le détournement des concepts, la « grandiloquence inutile » des débats en France : « Mais de quoi parle-t-on ? Nous ne sommes pas en guerre. Il ne s’agit pas de consacrer l’essentiel de nos ressources à la guerre comme en 1914 mais d’augmenter les dépenses militaires pour les porter à 3-3,5 % du PIB. Pendant toute la guerre froide jusqu’en 1994, la France a consacré 5 % de son PIB à sa défense. On ne parlait pas alors d’économie de guerre. »

 

 

- Une économie sous le contrôle de l’État
De nombreux travaux ont été menés par des historiens et des économistes sur les économies de guerre, un sujet malheureusement très fréquent dans l’histoire. Même s’il y a eu de nombreuses évolutions dans le temps, tous relèvent des caractéristiques précises dans les économies de guerre modernes.

 

🔴 Cela peut paraître une évidence, mais il faut quand même l’énoncer : une économie de guerre s’applique à un pays en guerre, comme en Ukraine actuellement. Le conflit entraîne des pénuries, des ruptures dans les approvisionnements (énergie, produits alimentaires, matières premières) qui amènent le pouvoir à mobiliser toutes ses ressources pour assurer sa défense et sa sécurité.

 

 

- L’économie de guerre, c’est la subordination de l’appareil productif et des importations à l’effort militaire.
Éric Dor, professeur d’économie à l’Ieseg School rappelle :

  • « La première grande mobilisation moderne, c’est la levée en masse au moment de la Révolution. Mais l’économie de guerre au sens actuel intervient avec l’industrialisation qui amène des guerres totales », explique Cédric Mas, historien militaire[3].
  • La guerre de 1914 est l’exemple le plus souvent cité : l’ensemble des moyens humains, économiques et financiers ont été alors mobilisés pour assurer la défense du pays. Alors qu’il n’existait pas d’impôt sur le revenu en France, l’épargne française fut requise pour payer l’effort de guerre, sous la direction de l’État.
  • Car à circonstances exceptionnelles, moyens et mesures exceptionnels. « La défense ne peut plus être faite en laissant le libre jeu au marché, à la concurrence », rappelle Cédric Mas. Les besoins militaires, les ruptures et les pénuries dans les approvisionnements amènent le pouvoir à prendre des mesures coercitives pour répondre aux demandes des armées et assurer la défense du pays et sa survie.
  • « Dans une économie en guerre, la production et la consommation se retrouvent organisées par l’État », résume Éric Monnet, directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’École d’économie de Paris[4].
  • « L’économie de guerre, c’est la subordination de l’appareil productif et des importations à l’effort militaire », complète Éric Dor, professeur d’économie à l’Ieseg School. En un mot, tout est décidé et orienté par l’État. L’économie devient totalement administrée, sous la conduite d’entités centralisées.

 

🔴 Cette prise en main par l’État des moyens économiques se traduit souvent par des dispositions complémentaires drastiques comme la fin de la liberté de circulation des capitaux, le rationnement de certains produits, un contrôle des prix, voire une fixation autoritaire des prix. Ces mesures sont souvent accompagnées de taxations exceptionnelles contre les « profiteurs de guerre ».

 

🔴 La seule énumération de ces mesures ne laisse aucun doute sur le sujet : ce n’est pas à ce cadre réglementaire que se réfèrent les responsables politiques et certains économistes lorsqu’ils convoquent actuellement l’économie de guerre dans leurs propos. La plus petite disposition qui marquerait les prémices d’un retour à une économie administrée leur ferait pousser des cris d’orfraie.

 

 

- Dans les pas du rapport Draghi
Le plan de réarmement européen n’imagine d’ailleurs pas cela.

Il s’inscrit, sans le dire explicitement, dans la continuité du rapport Draghi[5]. Présenté à l’automne, celui-ci pointait la nécessité d’une reprise en main rapide des États membres, d’une relance des investissements productifs et dans la recherche, sous peine de disqualification européenne face à la Chine et aux États-Unis. Nombre de responsables européens avaient applaudi, déclarant que le rapport Draghi devait devenir la « feuille de route » de l’Union européenne (UE). Avant d’ajouter : « Mais il y a le veto allemand. »

Friedrich Merz président fédéral de la CDU, futur chancelier

 

🔴 Le revirement stratégique du futur chancelier allemand, Friedrich Merz, appelant son pays et l’Union à devenir indépendants des États-Unis et à assumer la défense du continent[6] a provoqué un électrochoc. Brusquement, nombre de verrous qui pesaient sur la zone euro ont sauté :

  • Les dépenses d’investissement militaires, comme le demandait la France depuis deux décennies, pourraient ne plus être comptabilisées dans les règles du traité de Maastricht.
  • L’utilisation de fonds européens pourrait être rendue possible.

 

🔴 Surtout, l’Allemagne se dit prête à abandonner sa politique économique restrictive et à lancer un vaste plan de relance d’investissements dans la défense et les infrastructures stratégiques. Un changement attendu depuis quinze ans, mais qui reste conditionné à l’adoption d’une réforme constitutionnelle brisant les règles d’airain sur le déficit budgétaire.

 

🔴 Saisissant ce moment unique, la Commission européenne pousse les feux. Même si les chiffres annoncés sont loin des efforts préconisés par le rapport Draghi, ils s’inscrivent dans cet esprit. Ils entérinent un effort massif d’investissement pour la défense et les infrastructures stratégiques. Le rapport prévoit aussi un recours massif à l’épargne privée européenne, censée poser les fondements d’une union de l’épargne et des capitaux. Un succédané de l’Union bancaire que Mario Draghi et les responsables européens appellent de leur vœu.

 

- Les leçons du plan Biden
« Tel qu’il est présenté à ce stade, il pourrait s’apparenter à un vaste plan de relance industriel européen à partir de la défense », analyse Éric Monnet. Alors que les économies européennes sont en stagnation depuis une décennie, que le continent est menacé de déclassement industriel, l’idée de saisir l’urgence du moment et d’utiliser les dépenses militaires considérées comme un puissant levier de recherche, d’innovation et de soutien industriel, pour assurer à la fois la sécurité du continent et remettre l’économie européenne sur les rails, fait sens.

 

🔴 Est-ce un des objectifs poursuivis par l’UE ?

Beaucoup de flou, d’incertitudes, d’ambiguïtés demeurent. Au point que certains redoutent que, passé les déclarations martiales, celles-ci n’aboutissent qu’« à des paroles verbales », et qu’une fois de plus l’Europe ne soit pas au rendez-vous. Car au-delà des annonces, un cadre précis doit être dressé. En matière de défense, c’est la commande publique qui donne normalement l’impulsion.

  • Mais qui décidera, l’UE, les États ou les industriels ?
  • L’Union européenne est-elle prête à mettre entre parenthèses son principe de « libre concurrence » pour donner une préférence européenne, voire nationale dans certains cas ?
  • En un mot, y aura-t-il une organisation, une planification pour mener ce projet de réarmement européen ?

 

Les réponses à ces questions sont essentielles pour la suite.

Car les leçons du vaste plan de réindustrialisation lancé par Joe Biden au travers de plusieurs programmes (Inflation reduction Act, Chips Act, Renewable energy and efficency Act) doivent être tirées[7]. Malgré les centaines de milliards de dollars apportés par le Trésor américain, les retombées ont été jugées insuffisantes par les Américains. L’échec relatif de ce plan a participé à la réélection de Donald Trump.

 

🔴 Pour l’économiste James Galbraith, la déception du plan Biden découle d’une faute originelle : le refus d’intervention étatique. À la différence du New Deal lancé par Roosevelt, Joe Biden a refusé d’engager le pouvoir étatique et les ressources publiques pour définir, arrêter, contrôler les productions et les techniques nécessaires, préférant s’en remettre aux entreprises privées pour faire ces arbitrages. Or celles-ci décident des productions, des technologies à mettre en œuvre en fonction de leurs intérêts, du profit et du pouvoir qu’elles peuvent en escompter, pas en fonction de l’intérêt général.

 

🔴 Le plan européen risque d’être confronté aux mêmes ambiguïtés, faute d’éclaircissements.

À cela s’ajoute une autre inconnue, de taille :

  • l’appareil industriel européen est-il en capacité de répondre aux besoins de défense européens ? 
  • Face à l’urgence invoquée, les milliards que l’UE entend demander à l’épargne privée européenne ne vont-ils pas se transformer en achats massifs d’équipements américains ou autres, avec de faibles retombées pour le continent ?

 

 

- L’agenda inchangé du néolibéralisme

Alors que l’Europe pourrait s’engager dans une transformation existentielle, on attendrait des échanges sérieux, des éclaircissements approfondis. Des débats ont commencé dans d’autres pays sur les buts et les modalités de ce projet. En France, rien de tel.

 

La nécessité d’augmenter les dépenses militaires que les gouvernements successifs ont négligées pendant plus de vingt ans ne fait pas débat. La question de savoir comment mobiliser de nouvelles ressources dans un contexte de délabrement budgétaire et d’endettement massif après huit années de macronisme mérite, elle, d’être analysée, discutée, arbitrée. Et ne peut se satisfaire de réponses simplistes.

 

🔴 Mais pour le pouvoir, tout se résume pour l’instant à un seul slogan : l’économie de guerre[1bis]. La peur et l’urgence étant censées éteindre toutes les réflexions.

Par ruse, ce qui est présenté comme un impératif de sécurité se transforme en une guerre sociale.

  • « Il est difficile de parler d’austérité, de réforme. Tout cela ne passe plus auprès de la population. Mais le logiciel néolibéral reste inchangé. Comme au moment du covid, ils mobilisent le champ lexical militaire pour faire passer des mesures qui ne passeraient pas autrement », relève Cédric Mas[3].
  • Au nom de la défense de la nation face à l’impérialisme russe, le camp néolibéral est reparti sans attendre en campagne. « Augmenter le temps de travail, restreindre l’accès à l’assurance-chômage, partir en retraite plus tard, simplifier radicalement la vie des entreprises, libérer l’innovation sont désormais des impératifs sécuritaires », s’est empressé d’écrire l’économiste Nicolas Bouzou[8], régulièrement rémunéré par les entreprises du CAC 40 pour publier des études « positives ».

 

🔴 Depuis, c’est le concours Lépine des propositions de réformes, plus brutales et régressives les unes que les autres.

  • Tout y passe : l’âge et le financement de la retraite[0][0bis][10], la énième réforme de l’assurance-chômage, le temps de travail, les services publics, l’environnement...
  • Le tout sur fond de déréglementation absolue, de suppression des normes, des
    règles, des lois qui brident l’énergie, qui entravent la liberté du capital.

C’est-à-dire l’inverse d’une économie de guerre.

 

▶️▶️  Synthèse : Par ruse, ce qui est présenté comme un impératif de sécurité face à la montée des tensions géopolitiques avec la Russie et aux incertitudes américaines se transforme en une guerre sociale. Ce qui pourrait devenir un plan de relance militaire et industriel européen se décline à nouveau sous forme d’austérité et de régression, pour le seul profit du capital.

 

 

- L’indispensable adhésion
Sans aucune prise de distance, Emmanuel Macron a repris cet agenda, le même qu’il décline depuis huit ans. Tout en appelant à la mobilisation et à l’unité, il a tenu à souligner d’emblée que les augmentations de dépenses militaires seraient faites « sans impôt », mais avec des « réformes », appelant tous les corps sociaux à lui donner des idées[9].

 

Cette obstination du chef de l’État à défendre « quoi qu’il en coûte » tous les préceptes néolibéraux, qui ont pourtant démontré leurs failles, voire leur faillite, depuis plus d’une décennie ne peut que surprendre. Surtout pour un responsable qui ne cesse de prôner le changement, la mobilité intellectuelle face aux événements du monde.

 

🔴 Comment peut-il croire que ces régressions sociales qu’il avance depuis huit ans et qui suscitent un rejet grandissant pourront brusquement être acceptées sous le motif de la sécurité ?

  • Comment penser faire l’unité quand il exonère par avance, au mépris des fondements de la République, les puissances d’argent de toute contribution à la sécurité et à la défense du pays ?
  • Plus prosaïquement, comment espérer mobiliser l’argent des Français quand dans le même temps le gouvernement nourrit une insécurité sociale à tous les niveaux, qui ne peut qu’alimenter la défiance ?

 

▶️▶️  Á retenir : « Dans toutes les économies de guerre, il y a un élément indispensable pour soutenir la mobilisation des ressources et la cohésion d’un pays : c’est l’adhésion de la population. Sinon, cela se transforme en révolte ou en rejet. C’est ce qui s’est passé en 1918 en Russie », rappelle Éric Monnet. En plantant d’emblée un cadre déséquilibré, renforçant des inégalités déjà galopantes, Emmanuel Macron risque de ne jamais trouver cette adhésion.

 

 

🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴🔴

 

 

-  Jean-Luc Mélenchon revient sur la notion d’économie de guerre et sur les conséquences politiques et économiques des conflits armés à l’échelle mondiale, le 8 mars 2024.

 

-  Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l'occasion d'une conférence sur le moment politique, le 6 mars 2025.

Pour financer l'économie de guerre, les plus riches ne seront pas mis à contribution par l'impôt.
Mais pour ceux qui ont des actions dans l'industrie de l'armement, c'est la fête !
« On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels ! »

 

 

Notes :

[0Le président du MEDEF Patrick Martin prend l’exemple du Danemark : « Le Danemark a décidé de reporter à 70 ans l’âge de départ à la retraite pour que l’économie finance l’effort de guerre »

[0bisLa CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) propose de passer à la semaine de 36 heures pour financer l’effort de défense

[1Allocution d’Emmanuel Macron le 5 Mars 2025
" Face à la “menace russe”, le Président de la République a promis des " investissements supplémentaires" pour le budget de la défense. Macronisme oblige, le chef de l’Etat a précisé qu’il n’y aurait aucune augmentation d’impôts. Je le cite " Ce seront de nouveaux investissements qui exigent de mobiliser des financements privés, mais aussi des financements publics (...) Pour cela, il faudra des réformes, des choix, du courage "

[1bisEmmanuel Macron défendait déjà, à Bergerac en 2024, une économie de guerre qui « produit de la richesse »

[2] L'échange, sous l'œil des caméras, a pris la tournure d'une humiliation publique

[3Cédric Mas : Historien militaire et surtout citoyen

[4Éric Monnet est directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’École d’Économie de Paris. Son travail de recherche porte sur l’histoire des politiques monétaires, du système monétaire international et des systèmes financiers en France et en Europe au XXe siècle.

[5Mario Draghi remet son rapport sur la compétitivité européenne à Ursula von der Leyen

[6Friedrich Merz : une Europe indépendante en matière de défense

[7Etats-Unis : les hoquets de la relance industrielle de Biden

[8] La clé de l’autonomie militaire de l’Europe ? Un programme de puissance économique 

[9] Dépenses militaires : Macron promet des «investissements supplémentaires» sans augmenter les impôts

[10Le président du COR suggère un report de l’âge de la retraite au-delà de 64 ans, invoquant la nécessité d’un effort de défense accru

 

Pour en savoir plus

- Économie de guerre : de quoi parle-t-on ?

- Ukraine/Russie : Macron prépare la France à l’économie de guerre et aux sacrifices sociaux

- Guerre en Ukraine : l’Europe de la défense contre le non-alignement ?

Face aux défis que soulèvent la menace russe et l’agressivité commerciale américaine, le ministre délégué à l’Europe, Benjamin Haddad (Renaissance), assume de dire aux Français qu’il faudra travailler plus. Assurance chômage, taux d’emploi, retraites par capitalisation… Il faut, selon lui, accélérer les réformes.

 

De l’économie de guerre à la guerre sociale !
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6 mars 2025 4 06 /03 /mars /2025 20:02
« America First » et le grand chambardement des relations internationales

Selon Trump et ses acolytes, l’Amérique a dépensé d’énormes sommes d’argent pour protéger ses alliés, en particulier les pays riches parmi eux. Il est temps pour ceux-ci de rembourser la dette. La vérité historique, cependant, est très différente de cette représentation simpliste des choses.

 

 

Sources : Gilbert Achcar écrivain et universitaire du Liban | mis à jour le 07/03/2025

- La logique de « l’Amérique d’abord », adoptée par le mouvement néofasciste américain connu sous le nom de MAGA[0], peut sembler rationnelle à ceux qui ne sont pas familiers avec l’histoire économique des relations internationales.

Selon Trump et ses acolytes, l’Amérique a dépensé d’énormes sommes d’argent pour protéger ses alliés, en particulier les pays riches parmi eux, c’est-à-dire l’Occident géopolitique (l’Europe et le Japon en particulier) et les États pétroliers arabes du Golfe. Il est temps pour ceux-ci de rembourser la dette : tous ces pays doivent payer la facture en augmentant leurs investissements et leurs achats aux États-Unis, en particulier leurs achats d’armes (c’est ce que Trump entend par sa pression constante sur les Européens pour qu’ils augmentent leurs dépenses militaires). Tout cela s’inscrit naturellement dans la logique mercantile qui va de pair avec le fanatisme nationaliste qui caractérise l’idéologie néofasciste (voir « L’ère du néofascisme et ses particularités », 05/02/2025[1]).

 

🔴 De ce point de vue, les dépenses militaires étatsuniennes – qui ont effectivement dépassé non seulement celles des alliés de l’Amérique, mais ont presque égalé à un moment donné les dépenses militaires de tous les autres pays du monde réunis – ont été un sacrifice majeur au profit des autres.

  • Selon la même logique, l’important déficit de la balance commerciale étatsunienne n’est que le résultat de l’exploitation de la bonne volonté américaine par d’autres pays.
  • C’est pourquoi Trump veut le réduire en imposant des droits de douane à tous les pays qui exportent vers les États-Unis plus qu’ils n’en importent.
  • Ce faisant, il cherche également à augmenter les revenus de l’État fédéral afin de compenser sa réduction de ces mêmes revenus par des réductions d’impôts au profit des riches et des grandes entreprises.

 

 

- La vérité historique, cependant, est très différente de cette représentation simpliste des choses.

La Nouvelle Guerre froide. : États-Unis, Russie et Chine, du Kosovo à l'Ukraine Broché – Grand livre, 4 janvier 2024 de Gilbert Achcar

▶️ Tout d’abord : les dépenses militaires étatsuniennes après la Seconde Guerre mondiale ont été, et restent, un facteur majeur dans la dynamique spécifique de l’économie capitaliste américaine, qui s’est appuyée depuis lors sur une « économie de guerre permanente » (ceci est expliqué en détail dans mon livre La Nouvelle Guerre froide : les États-Unis, la Russie et la Chine, du Kosovo à l’Ukraine, 2023[2]). Les dépenses militaires ont joué et continuent de jouer un rôle majeur dans la régulation du cours de l’économie étatsunienne et dans le financement de la recherche et du développement technologiques (ce dernier rôle a été important dans la révolution des technologies de l’information et de la communication, un domaine qui a ramené les États-Unis à la pole position technologique après le déclin relatif de leurs industries traditionnelles).

 

▶️ Deuxièmement : la protection militaire que les États-Unis ont fournie à leurs alliés en Europe et au Japon, ainsi qu’aux États arabes du Golfe, fait partie d’une relation de type féodal, dans laquelle ces pays ont accordé de grands privilèges économiques au suzerain américain, en plus de leur participation au réseau militaire sous son commandement exclusif.

  • La vérité contredit complètement la description que font Trump et ses acolytes des relations des États-Unis avec leurs alliés comme étant basées sur leur exploitation par ces derniers.
  • La réalité est exactement le contraire, car Washington a imposé à ses alliés, en particulier aux pays riches parmi eux, un type de relations économiques à travers lequel il les a exploités, notamment en imposant son dollar comme monnaie internationale, de sorte que ces pays ont financé directement et indirectement le double déficit de la balance commerciale américaine et du budget fédéral. Les dollars du déficit commercial étatsunien, ainsi que diverses ressources en dollars de divers pays, sont continuellement revenus dans l’économie américaine, certains d’entre eux finançant directement le Trésor étatsunien.

 

- Ainsi, les États-Unis ont vécu, et continuent de vivre, bien au-dessus de leurs propres moyens.

Un fait qui est évident dans l’ampleur de leur déficit commercial, qui a approché les mille milliards de dollars en 2022[3], et la taille de leur énorme dette, qui dépasse 29 mille milliards de dollars, soit l’équivalent de 125 % de leur PIB[4].

 

Les États-Unis sont l’incarnation ultime d’un débiteur important et puissant qui vit aux dépens de riches créanciers dans une relation de domination du premier sur les seconds, au lieu de l’inverse.

 

Même envers l’Ukraine, les 125 milliards de dollars[5] que les États-Unis ont donnés à ce pays jusqu’à présent (loin des chiffres fantaisistes de Trump, quand il affirme que son pays a dépensé 500 milliards de dollars[6] à cet égard) sont équivalents à ce que l’Union européenne a fourni à elle seule[7] (or, le PIB de l’UE est inférieur d’environ 30 % à celui des États-Unis), sans compter ce que la Grande-Bretagne, le Canada et d’autres alliés traditionnels des États-Unis ont apporté. En fait, ce que les États-Unis ont dépensé pour financer l’effort de guerre ukrainien a servi leur politique visant à affaiblir la Russie en tant que rival impérial.

  • Washington est le principal responsable de la création des conditions qui ont facilité la transformation néofasciste en Russie et ont conduit à son invasion de son voisin.
  • Les États-Unis ont délibérément attisé l’hostilité envers la Russie et la Chine après la guerre froide afin de consolider la subordination de l’Europe et du Japon à leur hégémonie.

 

▶️ Cependant, lorsque Trump et ses acolytes reconnaissent la responsabilité des administrations américaines précédentes dans la création de la situation qui a conduit à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ils ne le font pas par amour de la paix comme ils le prétendent hypocritement (leur position sur la Palestine est la meilleure preuve de leur hypocrisie), mais plutôt dans le contexte de leur transition de la considération de la Russie comme un État impérialiste rival – une approche que Washington a poursuivie de manière croissante depuis les années 1990 malgré l’effondrement de l’Union soviétique et le retour de la Russie dans le giron du système capitaliste mondial – à la considération de Poutine comme leur partenaire en néofascisme, prêts à coopérer avec lui pour renforcer le courant d’extrême droite en Europe et dans le monde, en plus de bénéficier du grand marché et des grandes ressources naturelles de la Russie. Alors qu’ils voient dans les gouvernements libéraux de l’Europe un adversaire idéologique et un concurrent économique à la fois, ils voient en la Russie un allié idéologique qui ne peut pas rivaliser avec eux sur le plan économique.

 

 

- En revanche, la Chine, aux yeux de Trump et de ses acolytes, est le plus grand adversaire politique et concurrent économique et technologique.

Joe Biden a suivi la même politique, établissant une continuité entre le premier et le second mandat de Trump en ce qui concerne l’hostilité à l’égard de la Chine. Alors que l’équipe Trump peut espérer séparer Moscou de Pékin, tout comme la Chine s’est séparée de l’Union soviétique dans les années 1970 et s’est alliée aux États-Unis, Poutine ne prendra pas le risque de s’engager dans cette voie tant qu’il ne sera pas sûr de la permanence des néofascistes américains à la tête de leur pays.

 

La grande question est maintenant de savoir si l’axe libéral européen est prêt à prendre le chemin de l’émancipation de la tutelle étatsunienne, ce qui nécessite de mettre fin à son alignement derrière Washington dans l’hostilité envers la Chine et de consolider ses relations de coopération avec elle.

  • Cela exige également que les pays européens soient prêts à travailler dans le cadre du droit international et à contribuer au renforcement du rôle des Nations unies et des autres institutions internationales, deux choses que Pékin n’a cessé de réclamer.

 

 

- L’intérêt économique de l’Europe est clair à cet égard, bien sûr, en particulier l’intérêt de la plus grande économie européenne, l’économie allemande, qui entretient des relations étroites avec la Chine.

L’ironie est que la Chine s’associe maintenant aux Européens pour défendre la liberté du commerce mondial contre l’approche mercantile adoptée par Trump et ses acolytes, et pour défendre les politiques environnementales contre leur rejet, accompagné du déni du changement climatique, qui caractérise diverses variétés de néofascistes. Les positions acerbes exprimées par le nouveau Premier ministre allemand, Friedrich Merz, en critiquant Washington et en appelant à l’indépendance de l’Europe vis-à-vis des États-Unis[8], si elles aboutissent à une véritable tentative de suivre cette voie, pourraient se traduire dans l’attitude de l’Union européenne à l’égard de la Chine, d’autant plus que la position française penche dans la même direction.

 

🔴 Tout cela confirme la mort du système libéral atlantique et l’entrée du monde dans une phase houleuse de rebattage des cartes, dont nous ne sommes encore qu’au début. Les élections au Congrès américain de l’année prochaine joueront un rôle majeur pour promouvoir ou freiner ce processus, selon qu’elles conduisent à renforcer ou à affaiblir la domination néofasciste sur les institutions américaines. Pendant ce temps, le mouvement néofasciste américain a commencé à imiter ses homologues dans divers pays en sapant progressivement la démocratie électorale et en mettant la main sur les institutions de l’État américain dans le but de perpétuer son contrôle sur elles.

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24 janvier 2025 5 24 /01 /janvier /2025 23:49
Les 46 décrets du premier jour de Trump passés au crible

Depuis son entrée en fonction le 20 janvier dernier, le président américain, Donald Trump, multiplie les décrets sur une foule de sujets : immigration, justice, économie, identité de genre, environnement. 

 

 

Pour « rendre l’Amérique grande à nouveau », Donald Trump avait annoncé « un déluge » de décrets présidentiels dès le premier jour de sa présidence. De fait, ce 20 janvier, il a paraphé à tour de bras des dizaines d’« ordres exécutifs », de « proclamations » et de « memoranda ». Des mesures chocs, de nature juridique parfois légèrement différentes (et qui pourraient, pour certaines, être rapidement contestées), qui concrétisent la politique du nouvel homme fort des Etats-Unis, en donnant le ton d’un mandat placé sous le signe de la rupture radicale. 

 

 

Sources : Eric Durand |  mis à jour le 05/04/2025

- Quelle est la portée de ces décrets et comment vont-ils façonner la vie politique aux États-Unis ?
Un décret est « une extension du pouvoir exécutif du président », explique Christophe Cloutier-Roy, directeur adjoint de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand. « Dans sa définition la plus simple, un décret, c’est une consigne que donne le président à tout ce qui relève du pouvoir exécutif : fonctionnaires, militaires, bref tout ce qui relève du gouvernement fédéral. »

 

Les décrets présidentiels n’ont pas force de loi. Ils peuvent être soumis au jugement des tribunaux et infirmés s’ils ne respectent par les principes de la Constitution américaine. Mais ils sont très utiles pour agir rapidement et de façon très précise sur certaines questions.

 

« Les décrets sont bons pour obtenir des gains à brève échéance, estime M. Cloutier-Roy. Et c’est certainement bon pour Donald Trump, en début de mandat, de montrer à ses partisans qu’il est actif, qu’il remplit ses promesses et qu’il est mesure de faire avancer son programme. Beaucoup plus que de passer par le Congrès, où le processus légal est complexe, long et très incertain. »

 

Les décrets ont toujours fait partie de l’arsenal présidentiel. Là où le gouvernement Trump se démarque, c’est par le nombre et la teneur des décrets adoptés en tout début de mandat.

 

« La plupart des présidents qui entrent en poste avec leur parti au pouvoir au Congrès [comme c’est le cas pour Trump] sont plus économes dans l’utilisation du décret présidentiel », soutient Christophe  Cloutier-Roy, qui souligne la forte empreinte partisane qui marque les dizaines de décrets adoptés jusqu’à maintenant. « Ce sont des décrets fortement teintés politiquement aussi, ce n’est pas la liste d’épicerie d’un président qui entre en fonction. Déclarer l’état d’urgence à la frontière, remettre en question la citoyenneté américaine, ce sont des signaux forts qu’on envoie à la base partisane. »

 

 

- Voici, par ordre chronologique de signature, l’ensemble des textes signés au « day one » du second mandat de Donald Trump.

🔴 Nominations et drapeaux au vent
Le ballet des signatures a commencé à 13 h 15, dans une salle du Capitole, avec cinq textes, consistant :

  • pour les quatre premiers – à désigner les membres du nouveau cabinet présidentiel, les responsables des sous-cabinets ou des présidents de commission.
  • Le cinquième texte est une proclamation en vertu de laquelle les drapeaux hissés le jour d’une investiture doivent flotter au vent.

Joe Biden avait en effet ordonné que les drapeaux soient en berne durant tout un mois, suite à la mort de l’ancien président Jimmy Carter, le 29 décembre. Or, Trump ne souhaitait pas que sa présidence débute avec des drapeaux en berne.

 

🔴 Annulation de 78 décrets de l’ère Biden
Trump avait assuré en novembre « pouvoir défaire presque tout ce que Joe Biden a fait, par le biais d’un décret ».

De fait, le tout premier décret signé par le nouveau président devant la foule annule en bloc 78 décrets pris par son prédécesseur[0]. Parmi les textes retoqués :

  • la priorité à l’équité raciale dans l’élaboration des politiques du gouvernement fédéral ;
  • l’existence d’une « task force » chargée de réunir les familles séparées à la frontière du Mexique ;
  • la reconstruction du programme d’accueil des réfugiés ;
  • la prévention et la lutte contre la discrimination fondée sur l’identité de genre ou l’orientation sexuelle ;
  • la lutte contre la crise climatique dans le pays et à l’étranger ;
  • l’égalité pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queers et intersexuées.
  • Trump a également annulé la décision de Biden de retirer Cuba de la liste des Etats soutenant le terrorisme, réduisant à néant l’une des dernières mesures de politique étrangère du président démocrate.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Restauration de la liberté d’expression »
Le décret portant sur « la restauration de la liberté d’expression et la fin de la censure fédérale » interdit l’utilisation de fonds fédéraux pour toute action « visant à restreindre la liberté d’expression des citoyens américains »
[1]. Le texte impose au procureur général des Etats-Unis (en charge du département de la Justice) d’enquêter sur les éventuelles entorses du gouvernement Biden aux principes de la liberté d’expression, notamment les « pressions » qui auraient pu être exercées sur les plateformes de réseaux sociaux pour lutter contre la désinformation.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Fin de la militarisation du gouvernement fédéral »
Selon Trump, « le peuple américain a vu l’administration précédente s’engager dans une campagne systématique » contre « ses opposants politiques », notamment au travers de la poursuite « impitoyable de plus de 1 500 personnes » impliquées dans l’assaut sur le Capitole le 6 janvier 2021.
Dès lors, le nouveau président souhaite « examiner les activités de tous les départements et agences exerçant des pouvoirs d’exécution civils ou pénaux » et leur conduite sur les quatre dernières années. Des rapports d’enquête seront commandés et des « mesures correctives » prises.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Fin du télétravail dans l’administration fédérale »
Le décret met fin aux mesures de télétravail instaurées dans l’administration durant la pandémie de Covid. Le travail des employés fédéraux doit désormais être réalisé en présentiel[2].

 

🔴 20 janvier 2025 : « Gel des dispositions transmises au registre fédéral »
Donald Trump ordonne à tous les départements et toutes les agences :

  • de ne pas proposer ou publier de nouvelles dispositions, jusqu’à ce qu’un chef de département ou d’agence nouvellement désigné par lui-même n’ait examiné et approuvé le texte en question.
  • le retrait immédiat de tous les textes qui ont été envoyés au registre fédéral (en charge de la publication officielle des lois fédérales et des décrets) mais non encore publiés, afin qu’ils puissent être réexaminés et approuvés.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Gel des embauches de fonctionnaires »

Le onzième texte proclame un gel des embauches à des postes de fonctionnaires en lien avec la branche exécutive. Aucun poste civil vacant ne peut être pourvu, et aucun nouveau poste créé[3]. Seules exceptions prévues :

  • le personnel militaire,
  • les postes liés à l’application des lois sur l’immigration, en lien avec la sécurité nationale ou la sécurité publique,
  • et les postes liés aux prestations de sécurité sociale, aux assurances santé ou à l’aide aux anciens combattants.

L’administration doit présenter, sous quatre-vingt-dix jours, un plan de réduction des effectifs du gouvernement fédéral, suite à quoi ce gel des embauches sera caduc, excepté pour l’Internal Revenue Service (IRS, l’agence qui collecte notamment l’impôt sur le revenu).

 

🔴 20 janvier 2025 : « Logement, emploi, et coût des appareils électroménagers »
Le douzième texte porte sur la « crise du coût de la vie ». Donald Trump y ordonne aux responsables de tous les départements et toutes les agences de :

  • réduire le coût du logement et augmenter l’offre ,
  • d’éliminer les exigences contre-productives qui augmentent les coûts des appareils électroménagers,
  • de « créer des opportunités d’emploi pour les travailleurs américains »,
  • ou encore d’« éliminer les politiques climatiques nuisibles et coercitives qui augmentent les coûts des denrées alimentaires et des carburants ».

 

🔴 20 janvier 2025 « Retrait des Etats-Unis des accords de Paris sur le climat »

Le treizième texte acte le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris de 2015 sur le climat, avec effet immédiat[4].

  • Les agences fédérales doivent ainsi cesser tout engagement financier lié à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
  • Le décret révoque également le Plan international de financement climatique jusqu’alors en vigueur.
  • Enfin, il ordonne aux agences fédérales responsables d’accords internationaux sur l’énergie de donner « dorénavant la priorité à l’efficacité économique, à la promotion de la prospérité américaine, au choix du consommateur et à la modération fiscale ».

 

🔴 20 janvier 2025 : « Grâce accordée aux assaillants du Capitole »
Comme annoncé de longue date, Donald Trump a gracié plus de 1 500 personnes condamnées pour leur participation à l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, les qualifiant à nouveau d’« otages »
[5]. Il a ainsi commué les peines de 14 membres des milices Proud Boys et Oath Keepers, dont la plupart avaient été condamnés pour conspiration. Trump a également demandé au ministère de la Justice de rejeter « tous les actes d’accusation en cours » subsistant à l’encontre des personnes inculpées le 6 janvier.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Suspension du bannissement de TikTok »
Ce décret suspend le texte relatif aux « applications contrôlées par des adversaires étrangers » qui, depuis la veille, interdisait l’accès à l’application TikTok aux Etats-Unis[6]. Trump demande au procureur général de ne pas appliquer les dispositions de la loi pendant soixante-quinze jours, le temps qu’un accord d’achat soit conclu.

🔴 20 janvier 2025 : « Retrait des Etats-Unis de l’Organisation mondiale de la santé »
Par ce seizième décret, Trump retire les Etats-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)[7]. Il liste une série de raisons, comme la « mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19 » par l’OMS, des « paiements injustement onéreux » réclamés aux Etats-Unis ou encore le fait que la Chine paye moins que Washington. Le nouveau président républicain s’en était déjà pris à l’organisme dépendant des Nations unies en 2020, lors de la pandémie de Covid, et avait alors menacé de lui retirer son financement. Une mesure ensuite bloquée par Joe Biden.

 

Restauration d’une catégorie spéciale pour les fonctionnaires en lien avec l’exécutif. Le décret suivant rétablit un ordre exécutif de 2020, annulé par Biden en 2021. Il instaure une catégorie spécifique aux postes de la fonction publique liés à l’exécutif. Les fonctionnaires qui ont cette classification peuvent être plus facilement embauchés, mais aussi révoqués.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Responsabilité des anciens fonctionnaires en lien avec « l’ingérence électorale » et la « divulgation d’informations sensibles »
Par ce décret, Trump annule toutes les autorisations en matière de sécurité encore détenues par 51 anciens responsables des services de renseignement
[8] qui ont signé une lettre au cours de la campagne électorale de 2020 suggérant que les agents républicains ayant récupéré l’ordinateur de Hunter Biden faisaient « partie d’une campagne de désinformation russe ».

 

Le décret s’en prend également à un ennemi de longue date de Trump, John R. Bolton, son ancien conseiller à la sécurité nationale maintenant très critique à son égard. Donald Trump le prive de toute habilitation de sécurité. Ce 20 janvier, Biden avait prononcé une série de grâces anticipées en faveur de plusieurs élus et fonctionnaires, menacés par les représailles du 47e président des Etats-Unis.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Déclaration de l’urgence nationale à la frontière sud des Etats-Unis »
Le 19e texte signé par Trump proclame l’urgence nationale à la frontière entre le Etats-Unis et le Mexique, et y autorise le déploiement de forces armées (garde nationale comprise) pour soutenir les actions de sécurité intérieure[9]

  • Les barrières physiques doivent être renforcées, et les restrictions d’usages de drones dans les 8 kilomètres autour de la frontière y être levées aussitôt que possible.
  • Le secrétaire à la Défense et le secrétaire à la Sécurité intérieure doivent, en outre, prendre « toutes les mesures appropriées » pour empêcher l’entrée physique non autorisée d’étrangers.

Habilitations de sécurité pour le personnel du bureau exécutif du Président. Le 20e texte signé par le nouveau président entend résoudre ce qu’il définit comme un « retard inacceptable » de l’administration Biden concernant le « traitement des habilitations de sécurité des personnes recrutées pour travailler au sein du bureau exécutif du Président ». Donald Trump fournit ainsi une liste de personnes auxquelles il donne accès immédiatement aux informations « top secret ».

 

🔴 20 janvier 2025 : « L’Amérique d’abord »
Ce texte vise à « placer les intérêts des travailleurs et des entreprises des Etats-Unis au premier plan »[10]. Le secrétaire au Commerce et le secrétaire au Trésor doivent enquêter sur « les causes des déficits commerciaux persistants » des Etats-Unis et proposer des mesures correctives, telles qu’une révision des droits de douane. Si les pourcentages ne sont pas précisés, le candidat Trump a plusieurs fois évoqué les chiffres de 25 % pour les importations en provenance du Mexique et du Canada, et « jusqu’à 60 %» pour les produits chinois. Les « pratiques commerciales déloyales » des autres pays doivent être recensées, en vue là encore d’adopter des « mesures correctives ».

 

Le même texte ordonne en outre « l’examen de faisabilité » d’une autre annonce récente du candidat : la création de « l’External Revenue Service » (ERS), nouvelle agence chargée de collecter les revenus provenant de sources étrangères. Par ailleurs, les dispositions de l’Accord Etats-Unis-Mexique-Canada (USMCA), qui doit entrer en vigueur en 2026, doivent être réexaminées.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Le rôle de l’armée « clarifié »
Ce décret vise à « clarifier » le rôle de l’armée dans la protection de l’intégrité territoriale des Etats-Unis, en ajoutant que « la politique des Etats-Unis est de s’assurer que les forces armées des Etats-Unis donnent la priorité à la protection de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats-Unis le long de nos frontières nationales »[11]. Entendre : « sceller les frontières » et « repousser les formes d’invasions, y compris les migrations massives illégales » en employant « toutes les options disponibles ».

 

🔴 20 janvier 2025 : « Libérer l’énergie américaine »
Ce décret concrétise plusieurs promesses de campagne liées à la politique énergétique étasunienne, en abrogeant notamment de nombreux textes favorisant les énergies renouvelables[12]. Il annule ainsi, comme annoncé plusieurs fois au cours de la campagne électorale, le « mandat relatif aux véhicules électriques », une réglementation de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) impulsée par Biden limitant la pollution liée aux gaz d’échappement. Plus généralement, il met fin au « Green New Deal » étasunien – l’importante politique d’investissement pour la transition écologique initiée par Biden.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Suspension d’un programme d’admission des réfugiés »
Trump a signé un décret suspendant le programme américain d’admission des réfugiés (USRAP)[13], disposant que « les Etats-Unis n’ont pas la capacité d’absorber un grand nombre de migrants, et en particulier de réfugiés, dans leurs communautés d’une manière qui ne compromette pas la disponibilité des ressources pour les Américains ». Le décret suspend la réinstallation des réfugiés à partir du lundi 27 janvier. Il ordonne aux hauts responsables du ministère de la Sécurité intérieure et du département d’Etat de lui remettre un rapport tous les quatre-vingt-dix jours afin de lui permettre d’évaluer si le programme de réfugiés « est dans l’intérêt des Etats-Unis ».

 

🔴 20 janvier 2025 : Protection « du sens et de la valeur » de la citoyenneté américaine

▶️ Cet « executive order » vise à préciser les conditions du « droit du sol » définies par la Constitution[14]. Selon l’interprétation poussée par ce décret, la citoyenneté américaine ne peut pas être automatiquement accordée aux personnes nées aux Etats-Unis si leur mère était présente illégalement, si leur présence était temporaire au moment de la naissance, ou si le père n’était pas citoyen américain (ou résident permanent de manière légale). A noter que la contestation d’un tel décret devant les tribunaux est inévitable, du fait de sa contradiction présumée avec la Constitution. Le 23 janvier, un juge fédéral a suspendu temporairement le décret, le qualifiant de « manifestement inconstitutionnel[14bis] ».

 

▶️ Renforcement des frontières Dans le monde de Trump, « une nation sans frontières n’est pas une nation », comme le souligne un autre de ses décrets relatif à la sécurité aux frontières[15]. « Toutes les mesures appropriées » doivent alors être prises pour déployer et construire « des barrières physiques temporaires et permanentes le long de la frontière sud des Etats-Unis », et déployer un nombre de personnels suffisant.

 

Trump met également fin à la politique dite « catch and release » (attraper et relâcher), qui consiste à libérer les personnes sans statut légal en attendant qu’elles soient entendues par un tribunal de l’immigration. Ce texte prévoit également de rétablir la politique « Rester au Mexique », qui oblige certains demandeurs d’asile à la frontière sud à attendre au Mexique leur audience devant le tribunal américain de l’immigration.

 

▶️ « Les gens avant les poissons » Avec sa formule « à la Trump », le texte vise à reprendre les travaux lancés sous son premier mandat pour – supposément – permettre « à d’énormes quantités d’eau issue de la fonte des neiges et à de l’eau de pluie » de ruisseler vers le sud de la Californie[16]. Selon le nouveau président, l’impossibilité de maîtriser les incendies dans la région de Los Angeles serait liée au fait que de l’eau douce a été acheminée vers l’océan pour garantir la sauvegarde de plusieurs espèces de poissons. Un narratif vivement contesté par de nombreux experts.

 

▶️ Rétablissement de la peine de mort au niveau fédéral[17]. A travers ce nouvel executive order, Donald Trump veut rétablir l’application de la peine de mort au niveau fédéral, devenue rarissime, en chargeant le procureur général de « poursuivre l’application de la peine de mort pour tous les crimes dont la gravité exige son application ».

 

Le décret prévoit aussi l’application de la peine de mort dans tous les cas où une personne est reconnue coupable du meurtre d’un agent des forces de l’ordre et pour tous les crimes capitaux commis par des immigrés sans statut légal.

 

▶️ Directive relative à l’architecture des bâtiments civils[18]. Trump demande que lui soient soumises, sous deux mois, « des recommandations » quant aux politiques qui permettraient « que les bâtiments publics fédéraux soient visuellement identifiables » comme tels, dans le respect « du patrimoine architectural régional, traditionnel et classique », afin « d’améliorer et d’embellir les espaces publics et d’ennoblir les Etats-Unis ».

 

▶️ Licenciement facilité des cadres du Senior Executive Service (SES)[19]. Dans ce texte, Donald Trump s’en prend une nouvelle fois à la bureaucratie, et notamment aux « cadres supérieurs » du Senior Executive Service (SES), des fonctionnaires occupant des postes clés, juste en dessous des personnes nommées par le Président. Trump énonce que ces postes doivent pouvoir être attribués « selon le bon vouloir du Président ». Le licenciement des titulaires de ces postes est, par là même, facilité.

 

▶️ « Urgence énergétique nationale »[20]. Cet « executive order » donne mandat à plusieurs agences fédérales de faciliter l’identification, la location, l’installation, la production, le transport, le raffinage et la génération de ressources énergétiques permettant de satisfaire les besoins de tous les secteurs, des transports à l’agriculture en passant par la défense. Un prélude à l’octroi de nombreuses futures autorisations d’exploitation gazière ou pétrolière.

 

▶️ Gel de l’éolien en mer Le président Trump a ordonné au département du Trésor de geler les nouveaux baux éoliens « offshore » sur le plateau continental extérieur, ces terres submergées qui se trouvent au large des limites des eaux de l’Etat[21]. Le décret supprime l’ensemble des nouvelles concessions ou celles renouvelées pour l’éolien en mer, mais n’affecte pas les concessions existantes ni les concessions sur le plateau continental pour l’exploitation du pétrole et du gaz.

 

Trump charge également le ministère de l’Intérieur de mener un examen des incidences environnementales de cette source d’énergie.

 

▶️ Réévaluation de l’aide étrangère[22]. Le décret suspend pour quatre-vingt-dix jours les programmes d’aide au développement, afin d’évaluer leur efficacité et leur adéquation avec la politique étrangère des Etats-Unis.

 

▶️ Réorganisation du Conseil national de sécurité[23]. Afin de « relever les défis de la sécurité nationale » et refonder le « système d’élaboration, de prise de décision, de mise en œuvre et de suivi de la politique de sécurité nationale », Trump indique que le Conseil de sécurité nationale (National Security Council, ou NSC) devra être dédié à faire appliquer son agenda et être aligné avec ses mesures.

 

Ce texte prévaut sur toute ordonnance ou directive antérieure concernant cet organisme. Le conseiller à la Sécurité nationale, Mike Waltz, avait par ailleurs publiquement signalé ces derniers jours son intention de se débarrasser de toutes les personnes nommées pour des raisons non politiques, pour s’assurer que le conseil soit composé de ceux qui soutiennent le mieux l’agenda de Trump.

 

▶️ Position sur l’accord fiscal international de l’OCDE[24]. Le texte affirme que les dispositions de l’accord fiscal de l’OCDE, qui oblige notamment les Etats à taxer les bénéfices des entreprises à 15 % minimum, n’ont pas été acceptées au niveau du Congrès, et n’engagent donc pas les Etats-Unis.

 

▶️ Lutte contre « l’invasion »[25]. Ce décret ordonne aux agences fédérales d’utiliser « tous les moyens légaux pour assurer l’exécution fidèle des lois sur l’immigration des Etats-Unis contre tous les étrangers inadmissibles et expulsables ». Trump révoque par ailleurs plusieurs décrets pris par Joe Biden, notamment celui fournissant « un traitement sûr et ordonné des demandeurs d’asile à la frontière des Etats-Unis », ou celui établissant un « groupe de travail pour la réunification des familles ».

 

Le texte indique aussi que « toutes les ressources légalement disponibles » doivent être allouées pour « construire, exploiter, contrôler ou utiliser des installations pour détenir des étrangers amovibles ». En cas de manquement ou retard d’un pays étranger dans le cadre d’un rapatriement, Donald Trump n’exclut pas « l’émission de sanction ».

 

▶️ « Libérer le potentiel extraordinaire des ressources de l’Alaska »[26]. Cet " executive order " lève diverses restrictions qui limitaient l’exploitation du pétrole et du gaz dans différentes zones de l’Alaska. Il restaure différents baux d’exploitation dans le refuge faunique national de l’Arctique suspendus par l’administration Biden. Les dispositions du texte visent également à favoriser la production de gaz naturel liquéfié en Alaska.

 

▶️ L’octroi de visas en question[27]. Ce décret dispose que tous « les étrangers qui ont l’intention d’être admis, d’entrer ou qui se trouvent déjà à l’intérieur des Etats-Unis » seront « contrôlés et filtrés au maximum ». Trump veut également « évaluer tous les programmes de visas pour s’assurer qu’ils ne sont pas utilisés par des Etats étrangers ou d’autres acteurs hostiles pour nuire à la sécurité, à l’économie, à la politique, à la culture ou à d’autres intérêts nationaux des Etats-Unis ». Des « suspensions partielles ou totales de l’admission » de ressortissants sont notamment évoquées dans le décret, si les « informations relatives à l’examen et au filtrage [fournies par leur pays] sont insuffisantes ».

 

▶️ Une politique étrangère organisée autour de « l’Amérique d’abord »[28]. Trump demande au secrétaire d’Etat de publier « dès que possible » des orientations « visant à aligner les politiques, les programmes, le personnel et les opérations du département d’Etat sur une politique étrangère qui place l’Amérique et ses intérêts au premier plan ».

 

▶️ Le « Doge » d’Elon Musk[29]. Selon ce décret, le service numérique des Etats-Unis est rebaptisé Service Doge des Etats-Unis (USDS) et sera établi au sein du bureau exécutif du Président. Ce département de l’efficacité gouvernementale (Department of Government Efficiency) sera dirigé par Elon Musk, PDG de Tesla. Le décret précise que l’objectif du groupe est de « moderniser la technologie et les logiciels fédéraux » afin de faire des économies. Elon Musk a évoqué « jusqu’à 2 000 milliards de dollars » d’économie. Des syndicats d’employés du gouvernement, des groupes de surveillance et des organisations d’intérêt public ont déposé des recours dans les minutes qui ont suivi la signature de ce texte, alléguant que le Doge enfreint une loi de 1972 qui régit les comités consultatifs fédéraux.

 

▶️ Lois anti-trans[25]. Ce décret établit que le gouvernement fédéral reconnaît uniquement deux sexes, masculin et féminin, définis de manière définitive à la conception. L’ensemble des agences fédérales doivent désormais mener leurs politiques en fonction de ces définitions restrictives. Par ailleurs, les prisons, centres de détention et refuges « pour femmes » administrés au niveau fédéral, doivent être réservés aux personnes de sexe féminin, selon le cadre posé par le décret. Ce dernier interdit en outre le financement de transition de genre sur fonds fédéraux.

 

▶️ Fin des programmes de diversité et d’inclusion mis en place par Biden[30]. Dans ce texte, Donald Trump s’attaque aux programmes de « diversité, équité et inclusion » (DEI) mis en place sous l’administration Biden, qu’il considère comme un « gaspillage public et une discrimination honteuse ». Il met fin à tous ces programmes, y compris les mandats, politiques, programmes, préférences et activités de « diversité, équité, inclusion et accessibilité » au sein du gouvernement fédéral, citant à titre d’exemple les programmes de justice environnementale du ministère de l’Agriculture, ainsi que la formation à la diversité.

 

🔴 20 janvier 2025 : « Réforme du processus de recrutement fédéral »
Ce décret énonce en préambule que le recrutement au niveau fédéral ne devrait pas « être basé sur des facteurs inadmissibles », tels que des quotas favorisant la représentation raciale ou la parité. Trump ordonne la préparation, sous cent vingt jours, d’un programme de recrutement fédéral qui doit donner la priorité « à des personnes qui s’engagent à améliorer l’efficacité du gouvernement fédéral, qui sont passionnées par les idéaux de notre République américaine et qui s’engagent à faire respecter l’Etat de droit et la Constitution des Etats-Unis ».

 

🔴 20 janvier 2025 : Des cartels et gangs désignés comme « terroristes »[31]
Ce que Trump a annoncé dans son discours d’inauguration se matérialise dès le 20 janvier en décret : le Président définit les cartels de la drogue comme des organisations terroristes étrangères, afin d’accélérer l’expulsion des membres de groupes tels que Tren de Aragua, une organisation criminelle transnationale du Venezuela, ou encore du gang salvadorien MS-13. Selon Trump, ces cartels « opèrent à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des Etats-Unis » et « présentent une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des Etats-Unis ».

 

🔴 20 janvier 2025 : Restaurer des noms qui « honorent la grandeur de l’Amérique »[32]
Donald Trump veut rebaptiser, dans les trente jours, le golfe du Mexique et le mont Denali situé en Alaska. La mer qui borde le sud-est des Etats-Unis sera renommée « golfe d’Amérique » tandis que le mont Denali, le plus haut sommet d’Amérique du Nord, redeviendra le mont McKinley, nom qu’il portait avant que Barack Obama ne le change en 2015 pour refléter les traditions des Amérindiens de l’Alaska ainsi que la préférence de nombreux résidents de l’Alaska. Le changement de nom de ces deux éléments naturels « apporte du bon sens au gouvernement et renouvelle les piliers de la civilisation américaine », indique le décret. Toutefois, si changer le nom du mont Denali, qui se trouve entièrement sur le sol américain, semble possible, rebaptiser le golfe du Mexique – zone considérée comme relevant des eaux internationales – pourrait se heurter à quelques écueils.

 

🔴 20 janvier 2025 : Garantir la protection des Etats contre « l’invasion »[33]
Dans le 46e et dernier texte signé par Trump le 20 janvier et publié sur le site de la Maison Blanche, le Président rappelle l’article 4 de la Constitution, qui dispose que le gouvernement fédéral doit « protéger chacun [des Etats] contre l’invasion ». Mais il souligne que le gouvernement a échoué à cette mission, car une « invasion est en cours à travers la frontière sud des Etats-Unis ». Le 47e président suspend donc l’entrée physique des étrangers « impliqués dans une invasion aux Etats-Unis à travers la frontière sud », le tout jusqu’à ce que le Président décrète que « l’invasion a pris fin ».

 

 

🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 

 

 

- De la Chine à Gaza, comment Trump met le monde en danger de guerre totale ?
Quelles sont les plans et les motivations de Donald Trump ? Comment sa stratégie de prédation menace-t-il le monde d'une guerre totale ? Quelles menaces font peser les GAFAM sur la souveraineté numérique de la France ? Pourquoi la France renonce-t-elle au non-alignement pour préférer le suivisme atlantiste ?

 

 

Notes :

[0Le président Donald Trump a annulé 78 décrets de Joe Biden

[1États-Unis : la vision de Donald Trump sur la “ liberté d'expression ” se fait au détriment de la liberté de la presse

[2] États-Unis : Donald Trump signe un décret pour interdire le télétravail aux fonctionnaires fédéraux

[3Donald Trump gèle les embauches de fonctionnaires fédéraux

[4Les Etats-Unis se retirent de l'accord de Paris, un coup dur pour la politique climatique internationale

[5Trump accorde sa grâce présidentielle à plus de 1 500 assaillants du Capitole, une «insulte» à la justice pour Pelosi

[6TikTok obtient de Donald Trump soixante-quinze jours de sursis aux Etats-Unis

[7] " L'OMS nous a escroqués ": Donald Trump signe un décret pour sortir les États-Unis de l'agence de l'ONU

[8Trump suspend les autorisations de 50 anciens responsables du renseignement suite à une lettre de Hunter Biden

[9Immigration : Trump accentue son offensive à la frontière mexicaine avec l'aide de l'armée

[10Trump prépare un plan de guerre économique mondiale

[11États-Unis : Donald Trump s’attaque au droit du sol et à la diversité

[12Donald Trump décrète « l’urgence énergétique » et enterre de nouveau la lutte contre le dérèglement climatique pour « forer, forer »

[13] Trump suspend l’entrée de réfugiés aux États-Unis

[14En remettant en cause le droit du sol, Trump déstabilise l’identité américaine

[14bisLe 23 janvier, un juge fédéral a suspendu temporairement le décret, le qualifiant de « manifestement inconstitutionnel »

[15État d’urgence à la frontière, droit du sol : Trump lance sa vaste offensive anti-immigration

[16Aux Etats-Unis, l'administration Trump rétrograde la loi sur l'eau

[17Investiture de Donald Trump - Donald Trump signe un décret pour élargir l'application de la peine de mort

[18Aux États-Unis, Donald Trump impose par décret une architecture « traditionnelle et classique »

[19Limogeage de hauts responsables américains : le jeu de massacre de Trump

[20L'état d'urgence énergétique de Trump a des conséquences jusqu'en Europe

[21Le couperet tombe sur l'éolien en mer américain

[22] Mise en œuvre du décret présidentiel sur la réévaluation et la réorientation de l’aide extérieure des États-Unis

[23Trump a lancé une réorganisation du Conseil de sécurité nationale

[24Trump retire les États-Unis de l'accord mondial sur la taxation minimale des multinationales

[25États-Unis : Donald Trump signe une série de décrets anti-droits

[26Trump et l’énergie : une politique au service des industries fossiles

[27États-Unis : Donald Trump lance son offensive anti-migrants

[28« Je vais faire passer l’Amérique en priorité »

[29Donald Trump signe l’ordre exécutif créant le DOGE : son site arbore le logo de Dogecoin !

[30Les programmes de diversité, équité et inclusion (DEI) sont dans la ligne de mire de l’administration Trump. Un décret y a mis fin dans toutes les sphères du gouvernement fédéral.

[31Des cartels et gangs désignés comme « terroristes »

[32Après le Golfe du Mexique, Donald Trump relance la controverse avec le mont Denali

[33États-Unis. Trump fonde sa politique migratoire sur le fantasme de “ l’invasion ”

 

Pour en savoir plus :

- Le retour de Trump à la tête des USA, est un tournant politique inquiétant. Derrière ses promesses de " restaurer la grandeur de l’Amérique ", plusieurs mesures annoncées risquent d’affaiblir les protections sociales, de creuser davantage les inégalités

- Trump veut restaurer l’empire américain qui domine les affaires avec un ordre bâti pour assouvir ses intérêts

- Trumpisme et fascisme

- Salut nazi : Elon Musk, chef de file des trolls néofascistes

Comment la crise de l’abordabilité a profité à Trump

- La récente victoire de Donald Trump recouvre un énorme paradoxe. Elle va coûter très cher aux personnes de condition modeste qui ont cru devoir voter pour lui.

- « Contrôle » de Gaza, « Côte d’Azur du Moyen-Orient » : Trump veut achever le génocide commencé par Netanyahu

- Le 6 février 2025 Trump signe un décret pour sanctionner la Cour Pénale Internationale, le criminel de guerre Netanyahu visé par un mandat d’arrêt, applaudit

- Fascisme chrétien, milliardaires et trumpisme 

- Le coup d’État trumpiste, le fascisme à l’américaine dans une ère de déclin capitaliste et quelques pistes de résistance

- Trump : La fin du mythe du gentil Nord-Américain

- Menaces contre les droits des femmes et des minorités, censure et novlangue réactionnaire : la liste des méfaits de Trump s’allonge

- « Les mesures de Trump consistent en une déclaration de guerre contre la classe travailleuse ! » – Entretien avec Xavier Arrizabalo, membre du Comité pour l’alliance des travailleurs et des peuples

« Trump engage une crise globale du capitalisme » – L’analyse de Jean-Luc Mélenchon

Avec Trump, l’émergence d’un « capitalisme de malfrats »

 

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20 novembre 2024 3 20 /11 /novembre /2024 21:52
Des Etats-Unis à la France : Après la victoire de Trump, quelles leçons pour la gauche ?
Des Etats-Unis à la France : Après la victoire de Trump, quelles leçons pour la gauche ?

La précondition pour pouvoir gagner est d’affirmer clairement un programme de rupture, partant des besoins des classes populaires et se donnant les moyens politiques et économiques de les concrétiser.

Ce qui importe c’est comment les électrices et électeurs ressentent le projet dont le NFP est porteur.

 

 

La victoire de Trump est porteuse de leçons pour la gauche à condition de dépasser le niveau superficiel de l’analyse qui met l’accent sur le personnage et son comportement. Loin de s’y réduire, sa victoire, comme les autres montées de l’extrême droite, pose des questions qui, pour ne pas être nouvelles, sont plus que jamais d’actualité.

 

 

Sources : Pierre Khalfa |

- Il parait difficile dans le flot de commentaires qui a suivi la victoire de Trump d’y ajouter un point de vue tant soit peu original.

Néanmoins, il parait nécessaire d’y revenir pour essayer d’aller au-delà de l’écume de l’évènement. Il faut pour cela distinguer trois niveaux de réflexions.

 

🔴 Le premier, le plus superficiel, concerne les méthodes employées par Trump lors de la campagne électorale : tout a été dit sur le sujet : invectives, mensonges, démagogie, violence des propos. Trump a fait du Trump en portant à l’incandescence un discours de haine. Mais ce constat n’explique strictement rien.

  • Pourquoi cela a-t-il marché en 2024 et pas lors de l’affrontement avec Biden ?
  • Qu’est-ce qui lui a permis, non seulement de remporter les swings states, mais aussi, résultat a priori inconcevable, largement le vote populaire ?

 

🔴 Le deuxième niveau de réflexion a été parfaitement résumé par Bernie Sanders : « Cela n’a rien d’étonnant que le parti démocrate, qui a abandonné la classe ouvrière, voie que la classe ouvrière l’a abandonné ». Et d’ajouter : « nous n’avons même pas présenté de législation visant à augmenter le salaire minimum, malgré le fait que quelque 20 millions de personnes dans ce pays travaillent pour moins de 15 dollars de l’heure. Aujourd’hui, en Amérique, nous n’avons pas présenté de loi qui faciliterait l’adhésion des travailleurs aux syndicats. Nous ne parlons pas des régimes de retraite à prestations définies pour que nos personnes âgées puissent prendre leur retraite en toute sécurité. Nous ne parlons pas de la hausse du plafond de la sécurité sociale afin de prolonger sa solvabilité et d’augmenter les prestations. En fin de compte, si vous êtes un travailleur moyen, pensez-vous vraiment que le parti démocrate va se battre pour vous, qu’il va s’attaquer à des intérêts particuliers puissants et se battre pour vous ? Je pense que la réponse écrasante est non, et c’est ce qui doit changer ».

 

🔴 En fait donc Trump a bénéficié du décalage entre une bonne santé affichée de l’économie américaine et ce que vivait concrètement une grande partie des salarié.es des États-Unis. Comme l’explique Romaric Godin[1], « la croissance a changé de nature. Elle ne reflète plus aussi clairement le bien-être social […] l’accélération de la croissance a un coût social croissant ». Ainsi, la croissance économique s’est accompagnée d’une hausse importante des dépenses contraintes des ménages et des denrées alimentaires, alors même que le discours officiel de l’administration Biden était focalisé sur la maitrise de l’inflation. Pire même, la croissance économique a généré plus d’inégalités sociales rendant encore plus illusoire le « rêve américain » de promotion sociale et entretenant ainsi le cauchemar du déclassement. Dans cette situation, la désignation par Trump de boucs-émissaires a joué à plein.

 

 

- C’est là où la campagne menée par Harris a été catastrophique.
Non seulement elle n’a absolument pas tenu compte de cette situation, ni proposé de remèdes pour y faire face, mais elle a mené une campagne centrée sur la personnalité de Trump, pensant ainsi profiter d’un rejet de l’électorat. Si ce n’est sur la question de l’avortement, il est difficile de savoir ce qu’Harris a proposé pendant cette campagne. Elle est apparue, de fait, comme la candidate de la continuité, alors même qu’une majorité voulait un changement. Multipliant de plus les apparitions avec des vedettes de la chanson et des stars d’Hollywood, elle est apparue comme déconnectée des réalités sociales d’une partie même de son électorat. Enfin, son incapacité à prendre en compte la sensibilité de la communauté arabo-musulmane et son soutien sans fard à la politique israélienne lui a aliéné des votes dans un certain nombre d’États clefs, alors même qu’elle ne pouvait pas concurrencer Trump sur ce soutien et que la communauté juive était elle-même très divisée sur le sujet. Bref une campagne électorale tournée vers la droite, comme le montre les « signaux » envoyés notamment quand on l’a vue valoriser le port d’armes.

 

 

- Dans cette situation, Trump a réussi à dessiner une vision du futur pour les États-Unis
Une vision certes détestable, mais qui face au vide de la campagne d’Harris, a pu occuper l’espace de l’imaginaire collectif.

 

🔴 C'est là le troisième niveau de réflexion. Il faut revenir ici sur les transformations profondes qui se sont produites dans les sociétés occidentales ces dernières décennies.

  • Une révolution anthropologique est en cours qui remet en cause des centaines de siècles de rapports d’oppression et les représentations sociales correspondantes, que ce soit sur la place des femmes, de l’homosexualité ou des minorités discriminées et plus globalement sur la conception de la famille. Il serait naïf de croire qu’un tel processus puisse se faire sans résistance. En ce sens Trump représente probablement la forme la plus construite et la plus décomplexée de la contre-révolution dont l’objectif clairement assumé est celui d’un retour en arrière.
  • Il ne s’agit pas seulement d’une réaction conservatrice, le backlash, mais d’une volonté d’imposer un nouvel imaginaire social. Ce dernier fait certes la part belle aux masculinistes blancs mais est loin de s’y réduire au vu du résultat beaucoup moins important que prévu d’Harris chez les femmes et les minorités.
  • La victoire sans appel de Trump tient à la conjonction qu’il a réussi à opérer entre cet imaginaire dont on peut penser qu’il reste minoritaire aux États-Unis - comme le montrent les résultats d’un certain nombre de référendums sur l’avortement dans des États ayant voté Trump – avec l’angoisse du déclassement social d’une partie de l’électorat démocrate qui a ainsi basculé. Les caractéristiques individuelles du personnage étaient en symbiose avec le récit qu’il entendait imposer : homme fort, providentiel, volontariste capable de résoudre rapidement le problèmes.

 

 

- Quelles leçons peut-on en tirer pour la gauche en France ?
La première est que la précondition pour pouvoir gagner est d’affirmer clairement un programme de rupture, partant des besoins des classes populaires et se donnant les moyens politiques et économiques de les concrétiser. En ce sens, les tentatives à gauche des revenants du néolibéralisme, les Cazeneuve, Hollande, Delga, etc. qui, n’ayant rien appris ni rien oublié, rêvent de détruire le NFP et fantasment sur le retour à la domination d’une offre politique centriste, ne peuvent que mener à la catastrophe face à l’extrême droite. La débâcle d’Harris, après d’autres du même type, prouve une nouvelle fois que la gauche néolibérale est incapable de répondre aux défis du moment.

 

 

🔴 Cependant, cette précondition pour indispensable qu’elle soit, n’est pas suffisante.

Comme dans le cas de Trump, la force de l’extrême droite est de développer une vision du futur nourrissant un imaginaire social s’appuyant sur les angoisses diverses de l’électorat. Face au ressentiment qui nourrit l’extrême droite, le pire serait d’essayer de la battre sur son propre terrain en s’emparant de ses thèmes, croyant ainsi la cantonner alors que cela ne fait que la légitimer. Le laminage de la droite dite républicaine par le RN et l’épisode de la déchéance de nationalité par Hollande sont là en France pour nous le rappeler. Il faut au contraire être capable de porter l’espoir d’une société désirable en mettant en avant la recherche de l’égalité, l’exigence de la solidarité, la nécessité de la justice sociale et écologique, l’impératif de la démocratie.

 

 

🔴  Et de même que le profil de Trump correspond au projet politique qu’il porte, de même, la gauche doit adopter des comportements qui correspondent à son projet d’émancipation, la morale politique et le réalisme stratégique correspondant dans ce casLa question du programme effectif, c’est-à-dire le détail des mesures préconisées, pour importante qu’elle soit, n’est pas la plus décisive. Ce qui importe c’est comment les électrices et électeurs ressentent le projet dont le NFP est porteur. Ainsi, quand on propose un projet de rupture :

  • il faut rassurer et non pas inquiéter par des propos et des comportements brutaux, ce d’autant plus quand la société en question est angoissée quant à son avenir et que l’extrême droite essaie de se banaliser.
  • De plus, l’exigence démocratique ne peut être renvoyée à des jours meilleurs. Elle doit imprégner le rapport que les partis politiques entretiennent avec les classes populaires et avec leurs propres militant.es et adhérent.es.
  • Enfin une politique de gauche ne peut donner à voir simplement une concurrence entre les différentes forces politiques. Même s’il est naturel que chaque parti défende ses positions, la recherche permanente de l’hégémonie est un obstacle à la construction commune qui ne peut reposer que sur le respect de la diversité.
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6 novembre 2024 3 06 /11 /novembre /2024 13:56
Victoire de Trump : Trump a fait du Trump, Harris a fait du Hollande !

Élection de Donald Trump : " seule une gauche radicale et populaire peut l’emporter contre l’extrême droite "[2] !

La leçon à en tirer pour la gauche française se tient là, en écho à la victoire du Nouveau Front Populaire aux dernières élections législatives : " on ne peut combattre l’extrême droite et la droite fascisante qu’avec un programme de gauche, avec des propositions de rupture, avec des alternatives qui changeront réellement et profondément la vie des gens "[3].

 

 

Les USA ne pouvaient pas choisir la gauche : il n’y en avait pas. Quand il n’y a plus de gauche, il n’y a pas de limite à droite. Quand il n’y a pas de bataille de programme, l’élection devient un casting. La victoire de Trump est la conséquence imparable de cette situation. Le monde va monter en tension. Prudence et détermination. La France peut ouvrir un autre chemin. Un contre modèle. Non alignement, droit international, justice sociale, planification écologique. Sinon quoi[1] ?

 

 

Sources : Bastien Lachaud | mis à jour le 27/06/2025

- La victoire de Donald Trump, c’est celle de la fusion aboutie entre le capitalisme le plus prédateur et l’extrême-droite la plus débridée[0].
Une classe dominante prête à tout pour maintenir sur pied un système à bout de souffle et continuer à s’enrichir, qui attise la haine et dupe le peuple à grand coup de vérités alternatives et de racisme décomplexé propagé à l’infini par les chaines d’informations et les réseaux sociaux. 

 


- C’est aussi et d’abord la défaite du camp démocrate, qui a renoncé depuis longtemps à incarner une alternative à ce modèle.
On ne peut pas gagner une élection sans projet de transformation et sans autre idée que celle de faire « barrage » pour mieux continuer comme avant. On ne peut pas vaincre le capitalisme, l’impérialisme, le racisme, le patriarcat, la régression sociale et écologique, en renonçant à contester leur discours, et en transigeant avec celui-ci. 

 


- Cette élection est lourde de conséquences.

  • Pour des millions de personnes aux Etats-Unis, immigrés, minorités, femmes, les plus pauvres qui subiront de plein fouet les politiques régressives du trumpisme.
  • Pour le monde, quand l’élection de Trump ouvre la voie à la poursuite du génocide à Gaza, à la montée des tensions au Proche-Orient et dans la zone Asie-Pacifique.
  • Pour la planète elle-même, avec l’arrivée au pouvoir d’une administration climatosceptique au cœur du système capitaliste. 

 


- Pour nous, Français, insoumis, l’heure est comme toujours au combat.
Aux côtés des victimes du trumpisme aux Etats-Unis, vers lesquelles se tournent nos pensées, nos cœurs, notre solidarité d’internationalistes. Dans le monde, où nous avons la tâche de faire entendre une voix non-alignée, attachée au multilatéralisme, au règlement pacifique des conflits, à l’effort commun de l’humanité face au changement climatique et aux défis planétaires auxquels elle fait face. En France même, où notre devoir est de nous battre, pour refuser le face-à-face stérile mortifère entre une extrême-droite et un extrême-centre qui partagent le même socle, et incarner une alternative démocratique, sociale, écologiste et humaniste, pour en finir avec leur monde failli et ouvrir un autre chemin.

 

 

- Si tu te dégonfles, tu te Trump
Jean-Luc Mélenchon est revenu sur le résultat des élections présidentielles aux États-Unis le 6 novembre 2024.

 

 

- Deux visions de députés France insoumise/Nouveau Front Populaire

 

Les leçons des élections étasuniennes sont édifiantes.

 

Ce n’est pas Trump qui a gagné. C’est Harris qui a perdu, alors qu’elle avait en face d’elle un candidat d’une telle médiocrité qu’il lui garantissait le succès. Sa défaite est d’autant plus impardonnable.

 

 

🔴 L'alternative est là par les actes : 

Victoire pour la gauche de rupture à New York !
Félicitations à Zohran Kwame Mamdani qui réalise un score délirant au premier tour de la primaire démocrate pour la mairie de  New York et s’assure de l’emporter !
Face à l’extrême droite, seule une gauche claire, populaire et déterminée peut gagner.

 

In the words of Nelson Mandela: it always seems impossible until it’s done.

 

Notes :

[0Dossier Etats-Unis. « Trump et le trumpisme »

[1] Jean-Luc Mélenchon : Les USA ne pouvaient pas choisir la gauche : il n’y en avait pas.

[2] Élection de Donald Trump : seule une gauche radicale et populaire peut l’emporter contre l’extrême droite

[3Plongée au cœur des élections américaines, jour de vote et nuit de résultats !

 

Pour en savoir plus :

- Manuel Bompard : Kamala Harris perd (47 % pour elle – en recul de 4 points par rapport à 2020, et 50 % pour Trump – en progression de 6 points) chez les électeurs qui gagnent moins de 50 000 dollars par an. Elle ne devance Donald Trump que chez les électeurs ayant un revenu supérieur à 100 000 dollars par an

- Élection de Donald Trump : Trump a fait du Trump, Harris a fait du Hollande !

Les bourses européennes dans le vert avec la victoire de Trump

L’extrême droite de Donald Trump et Marine Le Pen

Trump ou le triomphe logique de la guerre des races néolibérale

Trump : la masculinité toxique a gagné

- « It’s the economy, stupid ! » : le véritable sens de la victoire de Donald Trump

- Le trumpisme " pas si loin d’une version américaine du fascisme " (Michael Walzer : « Il sera très difficile pour les progressistes de gagner des élections à l’avenir »)

- L’élection de Trump et des Républicains à sa botte - Le monde change de base comme à l’avènement d’Hitler en 1933

- Où en sont les « socialistes » aux États-Unis ?

- Investiture de Trump – Retour sur la candidature de Kamala Harris, une Démocrate trop Républicaine

 

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 09:54
Chronologie des interventions américaines dans le monde
Chronologie des interventions américaines dans le monde

USA le pays qui détient le plus de bases militaires dans le monde[16]... et " frappe " le plus dans le monde pour satisfaire ses ambitions politiques et économiques !

 

 

Voici une chronologie non-exhaustive des différentes interventions impérialistes des États-Unis dans le monde depuis le Manifest Destiny de 1845. Une idéologie de colonisation, sous la présidence de James Polk, selon laquelle les États-Unis ont pour mission divine d’apporter la démocratie et la civilisation vers l’Ouest, sur les terres amérindiennes.

Au début du XXème siècle, le président Théodore Roosevelt a repris le concept afin de justifier l’expansionnisme et l’interventionnisme des États-Unis hors de ses frontières quand les intérêts américains étaient menacés. Il déclara notamment : « Je crois que Dieu a présidé à la naissance de cette nation et que nous sommes choisis pour montrer la voie aux nations du monde dans leur marche sur les sentiers de la liberté. »

 

 

Sources : Eric Durand | mis à jour le 01/03/2026

  • 1846 : Mexique. A l’issue d’une guerre qu’ils avaient programmées et provoquées, les États-Unis s’emparent de la moitié du territoire mexicain. Ce territoire conquis s’appelle aujourd’hui : la Californie, le Nevada, l’Utah, l’Arizona, le Nouveau-Mexique, le Colorado (en partie).
  • 1852-1853 : Argentine. Les Marines  débarquent et s’installent à Buenos-Aires pour protéger les intérêts américains face à une révolution.
  • 1853 : Nicaragua. Protection des citoyens et intérêts américains pendant des troubles politiques.
  • 1853-1854 : Japon. « Plan d’ouverture du Japon » et expédition Perry qui conduit, avec les navires de guerre américains, à forcer le Japon à ouvrir ses ports aux États-Unis. Attendant une réponse du Japon l’autorisant à se rendre dans ce pays, le contre-amiral américain Perry, opère une démonstration navale de force et débarque par deux fois. Il obtient des autorités de Naha, sur l’île d’Okinawa, la gestion d’une concession minière. Il opère la même démonstration de force dans les îles de Bonin afin d’obtenir des facilités commerciales.
  • 1854 : Nicaragua. Pour venger une offense faite au ministre-président américain en poste au Nicaragua : destruction de la vile de Greytown (San Juan del Norte).
  • 1855 : Uruguay. Les armées américaines et européennes débarquent pour protéger les intérêts américains au cours d’une tentative de révolution à Montevideo.
  • 1859 : Chine. Intervention destinée à protéger les intérêts des États-Unis à Shanghai.
  • 1860 : Angola. Intervention en Afrique occidentale portugaise pour assurer la sécurité des citoyens et des biens américains pendant une révolte indigène à Kissembo.
  • 1890 - Dakota du Sud. Le massacre de Wounded Knee est une opération militaire qui s'est déroulée le 29 décembre 1890 à Wounded Knee dans le Dakota du Sud, aux États-Unis. Entre 150 et 300 Amérindiens de la tribu Lakota miniconjou (dont plusieurs dizaines de femmes et des enfants) sont tués par l'armée des États-Unis.
  • 1893 : Hawaii. Sous couvert officiel de protéger les vies et les biens des américains, cette intervention visa à mettre en place un gouvernement provisoire sous l’autorité de Sanford D. Dole.
  • 1894 : Nicaragua. Intervention militaire pour protéger les intérêts américains à Bluefields à la suite d’une révolution.
  • 1898 : Cuba. Sous prétexte de libérer l’île de la tutelle espagnole, les États-Unis s’installent et imposent une base militaire, la possibilités d’investissements financiers américains et un droit d’intervention dans les affaires intérieures du pays.
  • 1898 : Porto-Rico, Hawaii, Wake, Guam. Sous prétexte de défaire la tutelle espagnole, les États-Unis s’installent et imposent une base militaire, la possibilités d’investissements financiers américains et un droit d’intervention dans les affaires intérieures du pays.
  • 1898 : Philippines. L’archipel est vendu aux USA par l’Espagne (décembre 1898), les philippins se soulèvent contre les États-Unis (février 1899), les États-Unis envoie 70 000 militaires qui mettront trois ans pour mater le soulèvement (des milliers de pertes humaines).
  • 1903 : Colombie. Les États-Unis fomentent une révolution à l’issue de laquelle ils créent de toute pièce la République de Panama qui lui assure le contrôle du canal et des bénéfices qu’il génère.

🔴 1914-1918 : Première Guerre Mondiale.

  • 1915 : Haïti. Nouvelle intervention et occupation des troupes américaines pendant 19 ans.
  • 1916 : République Dominicaine. Quatrième intervention et maintien des troupes américaines pendant 8 ans.
  • 1926 : Nicaragua. Nouvelle intervention et expédition de 5000 militaires pour contrer une révolution.

🔴 1940-1945 : Deuxième Guerre Mondiale.

  • - 1945 : Début de la Guerre Froide entre les États-Unis et l’URSS.
  • - 1945 : Japon. Bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki.
  • 1945-46 : Chine. Bombardements.
  • 1946 : Philippines. Colonie américaine jusqu’à l’occupation japonaise, les Philippines accèdent à leur indépendance en 1946 en concédant aux États-Unis un droit illimité d’exploitation des ressources naturelles du pays au titre des dommages de guerre. Jusqu’en 1992 les États-Unis conservent 23 bases militaires et participent à la répression des opposants communistes ou musulmans.
  • 1947 : Grèce. Les États-Unis volent au secours de la dictature de colonels mise en place par les britanniques et menacée par la guérilla des gauchistes. Les États-Unis livrent 74 000 tonnes de matériels militaires et d’armements et envoient 250 « conseillers » militaires sur le terrain, assurant ainsi la victoire des forces de droite en 1949.
  • 1950 :  Porto Rico. Les troupes américaines qui stationnent en permanence écrasent un mouvement d’indépendance. Deux ans plus tard, Porto Rico se voit accorder le statut d‘État libre associé aux États-Unis.
  • 1950-1953 : Corée. Les forces armées de la Corée du Nord franchissent le 38ème parallèle et pénètrent en Corée du Sud. A la « demande » des Nations-Unies, les États-Unis acceptent d’aider à repousser l’agression armée. 2 millions de coréens trouvent la mort au cours de cette guerre.
  • 1950-53 : Chine. Nouveaux bombardements.
  • 1953 : Iran. Opération Ajax, un coup d’État orchestré par la CIA est mené par l’armée et les grands propriétaires fonciers après que les britanniques aient organisés le boycott des compagnies pétrolières iraniennes suite à leur nationalisation en 1951. Les États-Unis soutiennent pendant les 25 ans qui suivent l’homme fort du pays, le Shah d’Iran. Celui-ci s’enfuira en 1978 devant le raz-de-marée de la Révolution Islamique de l’ayatollah Khomeiney en exil. Deux ans plus tard, en 1980, la guerre entre l’Iran et l’Irak sera une aubaine pour les industries d’armements, notamment américaines.
  • 1954 : Guatemala. Opération PBSUCCESS, des mercenaires entraînés par la CIA au Honduras et au Nicaragua renversent, avec l’aide de l’aviation américaine, le gouvernement démocratique du président Arbenz Guzman remplacé par une junte militaire réclamée par Eisenhower.
  • 1958 : Liban. Des milliers de Marines sont envoyés à Beyrouth pour empêcher le renversement du gouvernement pro-américain et protéger les intérêts américains dans la région.
  • 1958 : Indonésie. Bombardements par les militaires et combattants islamistes appuyés par les États-Unis contre le gouvernement démocratique de Sumatra.
  • 1960 : Guatemala. Bombardements.
  • 1961 : Cuba. Opération Mongoose, armés et entraînés par la CIA, plus de 1000 exilés cubains débarquent dans la Baie des Cochons avec l’espoir de provoquer une rébellion contre le gouvernement castriste en place très populaire. Le soulèvement n’a pas lieu, les mercenaires sont rejetés à la mer, les États-Unis imposent un embargo à Cuba.
  • 1961-1972 : Vietnam. Pendant 11 ans, les États-Unis, prenant le relais de l’armée française, utilisent tout leur arsenal militaire y compris des armes chimiques pour venir à bout d’un mouvement révolutionnaire nationaliste d’indépendance. La plus longue guerre dans laquelle se sont embarqués les États-Unis causera la mort de plus d’un million de combattants vietnamiens, quatre millions de civils et près de 60000 soldats américains.
  • 1961-1972 : Laos et Cambodge. Bien qu’officiellement pas en guerre avec ces deux pays, les États-Unis y effectuèrent d’incessantes attaques aériennes et d’innombrables massacres de populations.
  • 1961 : Congo. Assassinat du premier ministre Patrice Lumumba par les services secrets belges soutenus par la CIA.
  • 1962 : Cuba. Crise des missiles.
  • 1964 : PanamaLes Marines qui protègent les intérêts américains du canal de Panama écrasent une révolte visant à nationaliser ce secteur stratégique. Après avoir protégé et utilisé le dictateur panaméen pour leurs attaques contre le Nicaragua sandiniste, les USA s’en débarrassent. 26 000 soldats américains envahissent le pays sous couvert de le faire comparaître devant les tribunaux américains pour trafic de drogue. Des centaines de civils périssent sous les bombardements.
  • 1964 : Brésil. Renversement du président Joao Goulart par un putsch militaire soutenu par la CIA et instauration de la dictature du maréchal Castelo Branco.
  • 1964 : Congo. Bombardements pour réprimer la révolte nationaliste de gauche soutenue par l’Organisation de l’Unité Africaine.
  • 1965 : Indonésie. Prétextant une tentative de putsch des communiste pourtant proche du pouvoir de Sukarno, une opération militaire sanglante dont les dirigeants sont téléguidés par la CIA est menée. Des centaines de milliers d’indonésiens sont victimes d’une chasse à l’opposant, la longue et meurtrière carrière de l’homme de paille américain Suharto commence pour culminer au Timor Oriental.
  • 1965 : République Dominicaine. Sous le couvert de l’Organisation des États Américains, les États-Unis interviennent militairement pour contrer une prétendue menace communiste et provoquent un coup d’État contre le président Juan Bosch élu démocratiquement. La bataille de Saint-Domingue fait quelque 10 000 victimes.
  • 1965 : Pérou. Bombardements.
  • 1967-69 : Guatemala. Formation des forces armées guatémaltèques du président Julio César Mendez Montenegro par les forces spéciales américaines pour contrer les attaques des rebelles gauchistes.
  • 1970 : Oman. Soutien logistique de la CIA et formation par des conseillers américains, les troupes iraniennes tentent d’envahir le sultanat pour contrer l’insurrection communiste dite Guerre du Dhofar.
  • 1970 : Moyen-Orient. Implication militaire des États-Unis auprès d’Israël dans les guerres qui ont lieu dans cette région du globe.
  • 1973 : Chili. Suite à la réforme agraire et aux nationalisations, les États-Unis, par l’intermédiaire de la CIA et de la firme ITT, fomentent un coup d’État militaire qui conduit à l’extermination du président élu de gauche Salvador Allende. Des milliers de morts, de femmes et d’enfants enlevés et torturés, et l’installation de la dictature d’extrême-droite du général Pinochet conseillé par la CIA.
  • 1975-1999 : Timor Oriental. Les États-Unis soutiennent sans faillir l’invasion et l’annexion conduite par l’Indonésie de Suharto. Un tiers de la population est décimée en près de 25 années. Alors qu’en 1999 lors d’un référendum, 80% de la population du Timor Oriental choisit l’indépendance, les États-Unis soutiennent les exactions et la terreur de milices téléguidées par l’armée indonésienne qui s’opposent à l’indépendance. Les États-Unis finissent par accepter, sous la pression internationale, l’idée d’une force de maintien de la Paix de l’ONU.
  • 1979-1989 : Afghanistan. Opération Cyclone, soutien logistique aux Moudjahidins du commandant Massoud pour contrer l’invasion de l’URSS. Soutien à Oussama Ben Laden appuyé par les services secrets pakistanais, l’ISI, dans le recrutement, la formation et l’envoi de combattants islamistes sur le front afghan.
  • 1980-1990 : Salvador. Les États-Unis s’engagent militairement aux côté des forces gouvernementales, de l’oligarchie au pouvoir et des escadrons de la mort de l’armée salvadorienne pour contrer la guérilla marxiste du FMLN. En 1980, l’archevêque Romero, très populaire chez les pauvres, est assassiné par des hommes proches de la CIA. En dix ans, la guerre civile a fait plus de 100 000 morts.
  • 1981-1988 : Nicaragua. Les États-Unis n’acceptent pas la série de réformes que les Sandinistes du président Daniel Ortega arrivés au pouvoir en 1979 engagent. Les États-Unis apportent leur soutien aux Contras basés au Honduras. En 1986, le scandale de l’Irangate révèle que le produit financier des ventes d’armes américaines à l’Iran a servi a financer les Contras.
  • 1982-1984 : Liban. Les troupes phalangistes du Liban soutenues par Israël et les États-Unis expulsent et massacrent des Palestiniens.
  • 1983 : Grenade. Opération Urgent Fury, embourbés au Liban, les États-Unis font une démonstration de force en envahissant la minuscule île de la Grenade prétextant de la sécurité de quelques citoyens américains et pour renverser le dirigeant Maurice Bishop suite à son coup d’Etat pacifique contre le régime autoritaire du Premier Ministre Eric Gairy. Huit ans plus tard, le Wall Street Journal qualifie cette démonstration d’« invasion des banques », l’île est devenue un paradis pour la fraude financière et l’évasion fiscale.
  • 1986 : Libye. Suite aux attentats anti-américains en Europe, l’aviation américaine bombarde des villes libyennes, faisant des centaines de victimes parmi les civils et les officiels.
  • 1986 : Les États-Unis sont condamnés pour « usage illégal de la force » contre le Nicaragua par la Cour internationale de justice de La Haye.
  • 1988 : Iran. Opération Praying Mantis de la marine américaine contre les deux plateformes pétrolières iraniennes, Sassan & Sirri, durant la guerre Iran-Irak et suite aux dégâts de la frégate USS Samuel B. Roberts causés par une mine iranienne.
  • 1989 : Philippines. L’aviation américaine prête main-forte aux forces gouvernementales pour contrecarrer un des nombreux coup d’État contre la présidente Corazon Aquino, farouche opposante aux communistes et aux indépendantistes musulmans.
  • 1989 : Panama. Opération Just Cause, le président George H.W. Bush ordonne la prise de contrôle du canal de Panama et renverse le dictateur militaire Manuel Noriega, agent double de la CIA, suite au prétexte de l’exécution d’un soldat américain par des soldats panaméens.
  • 1991 : Fin de la Guerre Froide entre les États-Unis et l’URSS.
  • 1991 : Irak. Allié précieux des États-Unis dans la région durant de longues années, le dictateur Saddam Hussein envahit le Koweït sans en référer à la superpuissance. Les États-Unis, n’acceptant pas de perdre le contrôle d’une partie des ressources pétrolières du Golfe, déclarent la guerre à l’Irak en janvier 1991 et mettent en place une coalition militaire internationale qui, avec le soutien de l’ONU, libère le Koweït. L’Irak est placé sous embargo.
  • 1993-1994 : Somalie. Fiasco des opérations Restore Hope I et II, en appui à l’ONU, pour mettre fin à la guerre civile du seigneur de guerre Mohamed Aidid.
  • 1994 : Haïti. Ayant occupé Haïti de 1915 à 1934 puis soutenus les deux effroyables dictatures de François et Jean-Claude Duvalier de 1957 à 1986, les États-Unis se montrent favorables au renversement par coup d’État, en 1991, contre le dictateur Raoul Cédras remplacé par le le président en exil Jean-Bertrand Aristide escorté par 22000 soldats américains. Parmi les militaires impliqués dans le coup d’État, le colonel François qui a été formé, comme les dictateurs latino-américains Noriega et d’Aubuisson, dans la même académie militaire américaine. Trois ans plus tard les États-Unis interviennent militairement pour remettre en scelle le président déchu.
  • 1995 : Yougoslavie. Bombardements en Bosnie-Herzégovine en soutien aux forces armées de l’ONU/OTAN.
  • 1996 : Somalie. Soutien de la CIA dans l’assassinat de Mohamed Aidid.
  • 1998 : Irak. Les États-Unis et l’Angleterre reprennent leurs bombardements sur l’Irak et se fixent comme objectif l’élimination physique de Saddam Hussein et la mise en place d’un gouvernement de remplacement.
  • 1998 : Soudan. Opération Infinite Reach, en riposte aux attentats terroristes contre les ambassades américaines de Nairobi au Kenya et de Dar-es-Salaam en Tanzanie, l’armée américaine détruit un complexe pharmaceutique d’Al-Shifa supposé servir de lieux de production d’armement chimique à des fins terroristes.
  • 1998 : Afghanistan, Opération Infinite Reach, bombardements massifs par la marine américaine de quatre camps d’entrainement dont Al Badr, El Farouq et Zawhar Kili, dirigés par Oussama Ben Laden, ex-agent de la CIA, lors d’un sommet de hauts responsables de plusieurs milices islamistes. L’attaque américaine provoqua la mort de cinq agents secrets pakistanais de l’ISI.
  • 1998 : Timor Oriental. Soutien logistique à l’ONU pour son indépendance.
  • 1999 : Yougoslavie. Au mois de mars, sous l’impulsion des États-Unis, l’OTAN bombarde le Kosovo et la Serbie ou s’opposent l’Armée de Libération du Kosovo qui depuis 1998 mène des opérations de guérilla et les forces de polices serbes qui, de leur côté, prennent en otage les populations civiles. Des centaines de bombes à uranium appauvri sont testées par les États-Unis. A noter que L’ambassadeur du Canada en Yougoslavie, James Bissett, écrivait en 2001 : « Depuis 1998, la Central Intelligence Agency (CIA) avec l’aide du Special Air Service (SAS) britannique livrait des armes à l’armée de libération du Kosovo (UCK) et leur assurait une formation militaire, dans le but d’une insurrection armée. […] et, une fois la région embrasée, l’intervention de l’OTAN deviendrait possible et justifiée »Voir ICI
  • 11 septembre 2001 : Début de la Guerre contre le Terrorisme. Lancement de l’opération Enduring Freedom à l’échelle du globe.
  • 2001 à 2021 : Afghanistan. Opération Active Endeavour, suite aux attentats du 11 septembre attribués à l’organisation Al-Qaïda dirigée par Oussama Ben Laden, les États-Unis forment une coalition internationale, implantent des bases au Pakistan et bombardent massivement le pays. Les Taliban sont renversés. Les États-Unis ne parviennent pas à imposer leur « protégé » (l’ancien roi), un gouvernement de transition est mis en place. Les prisonniers de guerre se voient déniés par les États-Unis de leurs droits internationaux reconnus par les conventions internationales, certains sont déportés sur la base militaire américaine de Guantanamo à Cuba et subissent un régime d’exception contraire aux principes internationaux et à la législation américaine elle-même. Derrière ces événements, les États-Unis légitiment leur allié dictateur du Pakistan, assurent peu à peu leur mainmise sur le transit des ressources naturelles régionales[1] [2].
  • 2002 : Irak, Iran et Corée du Nord. Les États-Unis placent ces pays au nombre des composantes de l’Axe du Mal, la nouvelle doctrine militaro-mystique de mise en place de « guerres préventives »  contre tous ceux qui ne s’alignent pas sur les États-Unis.
  • 2002 : Phillipines. Opération Enduring Freedom, soutien économique et militaire au gouvernement philippin contre les guérillas.
  • 2002 : Corne de l’Afrique. Opération Enduring Freedom.
  • 2002 : Géorgie. Opération Enduring Freedom, formation de plusieurs bataillons d’infanterie de l’armée géorgienne dans la vallée du Pankissi.
  • 2002 : Irak. Les États-Unis font pression sur la communauté internationale pour lancer un corps expéditionnaire en Irak visant au renversement de Saddam Hussein, à l’instauration d’un gouvernement favorable à leurs intérêts, à l’obtention des principales parts de marchés de la reconstruction du pays après bombardements, à l’octroi de concessions sur les immenses ressources pétrolières du pays. Fin 2002, les USA et leurs alliés anglais ont massés des dizaines de milliers de soldats suréquipés sur place, prêts à une offensive.
  • 2003 : Irak. Les États-Unis outrepassent les décisions de l’ONU et envahissent l’Irak dans la nuit du 19 au 20 mars, avec le soutien de l’Angleterre. Un déluge de feu s’abat sur le pays et la population dont déjà près de 500 000 personnes sont mortes en 10 ans du fait du blocus économique (800 missiles Tomahawk, 23 000 bombes à uranium, à fragmentation, mini-nucléaire). Un mouvement mondial d’opposition à la guerre et à l’agression militaire des États-Unis se développe en faveur de la paix et pour le respect du droit international. La majorité des pays de la planète condamnent l’agression américaine contre un pays souverain. Par cet acte les USA ouvre la voix dangereuse et criminelle à la doctrine de la guerre préventive permettant d’attaquer tout pays ne se soumettant pas à la conception impérialiste américaine.
  • 2003 : Sao Tomé-et-Principe. Intervention suite à une tentative de coup d’État militaire contre le président Fradique de Menezes.
  • 2004 : Haïti. Intervention militaire avec l’aide de la France pour chasser le président Jean-Bertrad Aristide.
  • 2004 à nos jours : Pakistan. Début de la guerre du Waziristan contre les nombreux mouvements de Taliban. Bombardements réguliers par des drones de l’armée américaine et de la CIA.
  • 2004 : Algérie. Soutien militaire au gouvernement dans sa lutte contre le GSPC devenu AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique).
  • 2004 : Kyrghizstan. Opération Enduring Freedom.
  • 2008 : Somalie. Bombardements de plusieurs camps islamistes d’Al-Shabaab supposés être liés à Al-Qaïda.
  • 2008-2009 : Palestine. Soutien financier et logistique à l’armée israélienne dont l’envoi de 3000 tonnes de munitions en prélude à l’opération Plomb Durci dans la Bande de Gaza contre le Hamas.
  • 2009-2010 : Yémen. Bombardements par l’aviation américaine de plusieurs camps de la rébellion zaïdites des Houthis soutenus par l’Iran et en conflit contre le gouvernement yéménite depuis 2004, dit Insurrection de Sa’dah.
  • 2011 : Lybie. Intervention militaire de 2011 en Libye.
  • 2014-2015 : Irak et Syrie. Guerre contre l'État islamique
  • 2017 : Venezuela. Le directeur de l’Agence Centrale de Renseignement des États-Unis (CIA), Michael Richard Pompeo, révéle publiquement la tenue de plusieurs réunions avec la Colombie et le Mexique pour évaluer les « manœuvres qui pourraient être appliquées depuis ces nations en vue d’obtenir un meilleur résultat » dans les efforts menés pour « changer le gouvernement du Venezuela »[0].

 

  • Après le coup d’État soutenu par les États-Unis en Bolivie contre Evo Morales en novembre 2019, voici un aperçu de tous les coups d’État auxquels les États-Unis ont participé en Amérique latine :  Cent ans de coups d'Etat en Amérique latine - Les Etats-Unis : la fabrique de coups d’Etat en Amérique latine​​​​​​​.
  • Janvier 2024 : Moyen-Orient. À défaut de faire pression sur Israël pour interrompre le carnage mené à Gaza, Joe Biden a préféré ouvrir un nouveau front au Yémen et bombarder les Houthis, qui prennent pour cible les navires de commerce d’Israël et de ses alliés dans le détroit de Bab-el-Mandeb[3].
  • Octobre/décembre 2024 : Syrie. Les États-Unis ont mené « des dizaines de frappes aériennes » dans le centre de la Syrie visant « plus de 75 cibles » de Daesh, a annoncé le Centcom, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient et, en octobre 2024 Les forces américaines ont mené des frappes aériennes contre plusieurs camps du groupe État islamique en Syrie[5].
  • Février 2025 : Somalie. Des frappes américaines réalisées samedi 1ᵉʳ février sur les monts Golis, dans la région du Puntland, ont tué plusieurs cadres du groupe Etat islamiqe[7].
  • Avril 2025 : Yémen. Des frappes aériennes menées par les États-Unis, les 17 et 18 avril, à l’intérieur et autour du port de Ras Issa, dans le nord-ouest du Yémen, auraient tué au moins 74 personnes et blessé près de 200 autres. Elles s'inscrivent dans le cadre d’une campagne militaire croissante menée par l’administration Trump contre les rebelles houthistes[8].
  • Juin 2025 : Iran. Dans la nuit de samedi 21 à dimanche 22, les États-Unis ont attaqué l’Iran en bombardant trois des principaux sites nucléaires iraniens. Des crimes de guerres qui s’ajoutent à ceux commis par le régime génocidaire israélien contre l’Iran depuis vendredi 13 juin. « Netanyahu et Trump mettent l’humanité en danger pour satisfaire leur besoin de domination »[4].
  • Septembre 2025 : Venezuela. Les États-Unis usent d’une rhétorique de « guerre contre la drogue » employée depuis maintenant cinquante ans pour tenter de liquider la gauche anti-impérialiste, mettre la main sur les ressources en pétrole, en commençant par détruisent des bateaux au large du Venezuela Dans le même temps, l’Équateur, à présent premier pays exportateur de cocaïne au monde, conserve les bonnes grâces de Washington[6][6bis]…
  • Octobre 2025 : Venezuela. Le président américain Donald Trump a indiqué mercredi 15 octobre avoir autorisé des actions clandestines de la CIA contre le Venezuela et envisagé des frappes sur le territoire vénézuélien[9],et affirme qu’il n’a pas besoin de l’aval du Congrès pour mener des frappes[9bis]. 
  • Décembre 2025 : Syrie. Les Etats-Unis ont lancé une opération militaire d’ampleur en Syrie contre Daesh, avec plus de 70 cibles frappées, en représailles à l’attaque ayant tué deux soldats américains et un interprète[10].
  • Décembre 2025 : Nigeria. Pour la première fois sous la présidence du républicain, Washington intervient militairement, « à la demande des autorités nigérianes », dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, accusé par la Maison Blanche de tolérer les massacres de chrétiens[11].
  • Janvier 2026 : VenezuelaAlors qu’une vaste armada américaine patrouille dans les Caraïbes, une violente explosion a secoué le port vénézuélien de Maracaibo le 24 décembre. Donald Trump (Qui ne cache pas son intention d’évincer du pouvoir le président vénézuélien, Nicolás Maduro.) l’a revendiquée comme une frappe américaine dans le cadre de son opération contre le narcotrafic, tandis que Caracas parle d’un accident industriel[12].
  • Janvier 2026 : Venezuela. Le 3 janvier, les Etats-Unis mènent des frappes militaires contre le Venezuela et kidnappent le président vénézuélien Nicolas Maduro et sa femme[13].
  • Février 2026 : Syrie. Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes sur l'Iran. Donald Trump a promis de « détruire » les capacités de missiles iraniennes et de « réduire à néant » sa marine. Selon lui, l'objectif américain est « d'éliminer des menaces imminentes " causées par Téhéran, qu'il accuse de tenter « reconstruire » de son programme nucléaire, déjà visé par des frappes américaines l'an dernier, mais aussi de vouloir « développer des missiles à longue portée » qui auraient été, à terme, capables d'atteindre le territoire américain. Premier résultat : au moins 51 morts dans une frappe sur une école dans le sud du pays[14]. Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique d’Iran depuis 1989, est tué à 86 ans samedi dans les frappes ciblées des Américains et israéliens[15].

Notes :

[0La CIA confirme publiquement qu’elle travaille au « changement de gouvernement au Venezuela ».

[1Afghanistan : 20 ans de guerre en travers de la gorge

[2Afghanistan, d’une défaite l’autre

[3FRAPPES AMÉRICAINES SUR LE YÉMEN : VERS UNE NOUVELLE GUERRE AU MOYEN-ORIENT 

[4] Attaque américaine contre l’Iran – Trump et Netanyahu menacent l’humanité

[5] Décembre 2024 : Les États-Unis ont mené " des dizaines de frappes aériennes " dans le centre de la Syrie ; octobre 2024 : Les forces américaines ont mené des frappes aériennes contre plusieurs camps du groupe État islamique en Syrie

[6] Menaces américaines au Venezuela : derrière la « guerre contre la drogue »

[6bisGuerre contre le Venezuela : comprendre la nouvelle doctrine Trump, par Carmen Navas

[7En Somalie, des frappes américaines ont neutralisé « des figures-clés » de l’Etat islamique, selon le gouvernement régional 

[8Yémen : l’ONU préoccupée par des frappes américaines sur un port pétrolier

[9] Le président américain Donald Trump a indiqué mercredi 15 octobre avoir autorisé des actions clandestines de la CIA contre le Venezuela et envisagé des frappes sur le territoire vénézuélien

[9bis] Tensions avec le Venezuela : Trump dit qu’il n’a pas besoin de l’aval du Congrès pour mener des frappes 

[10Syrie : L’administration Trump lance une offensive contre l’Etat islamique avec de « très lourdes représailles »

[11Nigeria : sur ordre de Donald Trump, les États-Unis mènent des frappes contre l'État islamique

[12Au Venezuela, la CIA cible un site portuaire, nouvelle escalade de la campagne de Donald Trump contre le régime de Nicolas Maduro.

[133 janvier 2026 : les Etats-Unis mènent des frappes militaires contre le Venezuela et kidnapent le président vénézuélien Nicolas Maduro et sa femme.

[14Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes sur l'Iran. Premier résultat : au moins 51 morts dans une frappe sur une école dans le sud du pays.

[15Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique d’Iran depuis 1989, a péri à 86 ans samedi dans les frappes ciblées des Américains et israéliens.

[16Liste des bases militaires des États-Unis dans le monde

 

Pour en savoir plus :

- Guerre économique et déstabilisation politique

- Les Etats-Unis envoient des équipements militaires aux Baltes

- Des conseillers militaires USA et Israël accusés d'aider l'ISIS : arrêtés (Sputniknews.com)

- Venezuela : Le crime se prépare

- Les Etats-Unis ont 222 années de guerres à leur actif... sur 239 ans d'existence !

- Cent ans de coups d'Etat en Amérique latine

- La guerre contre la démocratie (John Pilger – 2007)

- La CIA a pensé à se débarrasser de Fidel Castro... 638 fois !

- Depuis 1959, les États-Unis ont multiplié les actions contre Cuba

- Lorsque les Etats-Unis soutenaient les islamistes radicaux en Bosnie et au Kosovo

- Ce qui attend l’Amérique latine avec Trump

- Les Etats-Unis ont largué l’équivalent de trois bombes par heure dans le monde en 2016

- Les guerres secrètes des États-Unis mettent l’Afrique en danger

- Venezuela : l'administration Trump a discuté avec des rebelles pour renverser Maduro

- Entretien avec Rafael CORREA, ancien président de l'Équateur : « Ils veulent exterminer la gauche »

- Petit précis de déstabilisation en Bolivie

- Que cache la militarisation de l’Amérique Latine ?

- Un rapport indique que les Etats-Unis ont dépensé six mille milliards de dollars pour des guerres qui ont tué un demi-million de personnes depuis le 11 septembre 2001

- 6 mai 2020 : Au Venezuela, une " baie des Cochons en mode stupide " ?

- Retour historique sur l’Opération Condor et le rôle de la CIA

- 19/10/2025 Après le Venezuela, l’administration Trump menace d’intervenir en Colombie

 

 🔴 Liste des bases militaires des États-Unis dans le monde

En 2017, près de 200 000 hommes, soit 10 % du personnel militaire américain, sont déployés à l'étranger dans 800 bases militaires déclarées et 177 pays (en comptant le corps de garde des ambassades)

 

Liste des bases militaires des États-Unis dans le monde

 

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  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT  de 1978 à 2022.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.

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