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4 décembre 2020 5 04 /12 /décembre /2020 14:16
Radicalisation policière : le poids de l’extrême droite dans les forces de l’ordre
Radicalisation policière : le poids de l’extrême droite dans les forces de l’ordre

Et si on s'intéressait au syndicalisme d’extrême droite dans la Police[23] !

Et dans le même temps, elle s'infiltre dans la justice, dans l'armée...

 

 

Préambule :

Les policiers titulaires et stagiaires qui composent la police sont des fonctionnaires de l'État. Elle naît le 14 août 1941 , sous le régime de Vichy, par un décret signé par Pétain, texte d'application de la loi du 23 avril 1941 portant création de la Police nationale[0].

Le 14 mai 1941, à Paris, plus de 6 000 juifs étrangers sont arrêtés par la police française lors d’une opération présentée à l’origine comme un vaste contrôle d’identité. La plupart vont mourir en déportation[1bis].

Introduction :

Le site Quartiers libres avait, 2017, publié un article très complet sur le poids et l’influence des idées d’extrême droite dans l’esprit et la pratique des membres des forces de l’ordre. Je le reproduis ci dessous en le complétant

Le syndicalisme d’extrême droite dans la police : dans le numéro d’octobre de Ripostes Syndicales, (bulletin téléchargeable d’infos du groupe de travail sur l’antifascisme de Solidaires), on peut lire un intéressant dossier qui présente différentes initiatives de l’extrême droite, passées et présentes. Ce panorama est plus significatif, à notre sens, que le symbole du Punisher sur certains uniformes policiers, et ce d’autant moins que ce personnage Marvel, aux méthodes certes expéditives, est également à ses heures chasseur de nazis[6].

2019,.. quand, le 26 septembre 2019, un rassemblement de policiers s’est tenu devant le siège de la France insoumise à l’appel du syndicat Alliance, cette mobilisation constitue pour le chercheur Christian Mouhanna « une première » et « un symptôme inquiétant ». « Cela signifie que la police n’accepte plus aucune critique et veut s’immiscer dans le jeu politique. Ils peuvent ne pas être d’accord mais vouloir faire pression comme ça, c’est assez insupportable », développe-t-il[10].

 

Sources : Quartiers libres | mis à jour le 28/06/2021

- Les forces de l’ordre, et plus spécifiquement la police nationale, sont souvent résumées comme un appendice des institutions, « le bras armé de l’État »

Cette description commune dans les milieux militants empêche de voir les dynamiques politiques propres aux forces de l’ordre. L’analyse du comportement des forces de l’ordre à l’aune des décisions du gouvernement du moment ne permet pas à elle seule d’expliquer l’augmentation des violences policières que nous subissons.

 

Il existe évidemment un contexte, celui du monopole de la violence délivré à l’État, associé à celui des orientations sécuritaires et racistes des gouvernements qui tous deux permettent et couvrent les violences policières que nous connaissons aujourd’hui, mais cela ne peut pas être la seule explication aux comportements policiers actuels.

 

Violence légitime de l’État et poids des politiques gouvernementales, masquent les multiples dynamiques politiques qui travaillent chaque policier et qui s’articulent autour du nationalisme, du " républicanisme ", des valeurs d’ordre et du sécuritaire. Thématiques qui forment aujourd’hui l’ossature de nombreux mouvements d’extrême droite en France.

 

Cette influence idéologique de l’extrême droite dont on voit les manifestations concrètes dans les votes des forces de l’ordre[1] et que traduit la surreprésentation du Front National dans des bureaux de vote à proximité de casernes de gendarmes par exemple mais aussi et surtout dans les oppositions de plus en plus affichées et franches à l’encontre des autres institutions (syndicats, justice, gouvernement, partis institutionnels).

 

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Source : Cevipof

 

- De plus en plus de policiers revendiquent un rôle politique au sein même de l’exercice de leur métier
Bien sûr de par sa fonction au sein de la société : garantes de l’ordre et de l’application des lois et détentrices du monopole de la violence d’état, les forces de l’ordre sont plus sujettes à attirer des gens qui ont ce type de convictions. Il ne faut donc pas s’étonner de la surreprésentation d’un vote de droite et d’extrême droite en son sein et de l’intérêt que lui ont porté les mouvements et les militants d’extrême droite. Les faits divers policiers regorgent d’exemple de ces histoire d’amour entre fafs et policiers comme en témoigne l’affaire des trafiquants d’armes d’extrême droite qui ont fournis les armes au terroriste du 13 novembre grâce a la protection que leur offrait leur amis des forces de l’ordre[2]. Si les liens d’amitiés entre militants d’extrême droite et policiers sont monnaie courante, la police est aussi travaillée plus en profondeur par les organisations de l’extrême droite radicale.

Claude Hermant, militant nationaliste, trafiquant d’armes et indic de police.

 

 

- L’extrême droite a toujours été présente et active politiquement dans la Police comme en témoigne l’histoire du PNFE
Organisation  néonazie (1985) dont la devise « France d’abord, blanche toujours » résume son programme et sa vison du monde. Le PNFE (Parti National Français et Européen[3]) a privilégié un recrutement au sein des policiers membres du syndicat policier d’extrême droite FPIP[4] – Fédération Professionnelle Indépendante de la Police. Le PNFE dans les années 1980 va être à l’origine d’une campagne d’attentats et de violences qui culmine avec un attentat à la bombe contre un foyer de travailleurs immigrés(1988) qui fait un mort et douze blessés[5]. Le terrorisme d’extrême droite a frappé en France et a recruté prioritairement dans la Police. Les campagnes de recrutement de l’extrême droite à destination des forces de l’ordre ne sont pas nouvelle et continuait comme avec l’Œuvre Française (aujourd’hui dissoute) qui elle privilégiait par exemple le recrutement de militaires. 

 

Attentat du PNFE foyer Sonacotra, en 1988.

 

- Même le FN s’est un temps doté de son relais policier officiel avec  la création du syndicat Front National Police (FNP)
Reconnu en 1995 par le ministère de l’Intérieur, le FNP[7] fut le premier syndicat mis en place par le Front national il réalisa 7,4 % des voix aux élections professionnelles de 1995. Il siégea à l’instance paritaire de la police nationale. En 1998 le syndicat est invalidé par la Cour de cassation[8] sur réquisition des autres syndicats policiers. Le tribunal lui reproche son objectif de « diffuser l’idéologie d’un parti politique » et le fait que son président doit statutairement « être informé de l’appartenance politique de ses adhérents ».

 

Le taux de syndicalisation étant très élevé au sein de la police et sachant que les syndicats jouent un grand rôle dans les promotions, après la dissolution du FNP de nombreux policiers ouvertement d’extrême droite se sont syndiqués auprès d’une grande centrale plutôt qu’un syndicat minoritaire d’extrême droite.

 

 

- Tout cela a concouru a faire basculer vers l’extrême droite la majorité des policiers aujourd’hui

Les ingrédients sont donc réunis pour que l’on assiste à une droitisation des forces de l’ordre dans ses convictions mais surtout dans ses pratiques. Une radicalisation des forces de l’ordre qui se transforme en problème politique et qui accentue le danger physique pour les classes populaires et le mouvement social. Face à nous nous n’avons plus sous l’uniforme seulement un gardien de l’ordre établi mais aussi très souvent des acteurs politiques qui rêvent d’un autre monde, bien à plus à droite. 

 

La dangerosité des forces de l’ordre dans le maintien de l’ordre capitaliste n’est plus à démontrer : elles ont largement fait leur preuve tout au long de leur histoire.

 

 

- Cependant l’histoire nous enseigne que leur dangerosité est démultipliée lorsqu’elles se posent en tant qu’acteur politique

En 1958, le coup d’État qui a permis l’avènement du pouvoir gaulliste[9] dans le cadre des nouvelles institutions de la Vème République s’est appuyé sur l’armée et la police[9bis]. Si la séquence militaire de ce coup d’État gaulliste est relativement bien connu au travers du rôle de l’armée le 13 Mai à Alger avec la prise du Gouvernement Général et la création d’un Comité de Salut Public, le rôle joué par les forces de police est lui moins connu. 

 

Manifestation policière, le 13 mars 1958.

 

 

Le 13 mars 1958[11], une manifestation de policiers a eut lieu à l’appel des syndicats contre les attaque du FLN. De cette manifestation un cortège « sauvage » marchent vers l’assemblée nationale aux cris de « Les députés au poteau ! », « À bas les députés ! » ou encore « Vendus, salauds ! Nous foutrons une grenade au Palais Bourbon »[9bis]. Ce dérapage contrôlé des forces de l’ordre par les réseaux gaullistes permettra de mettre la pression sur l’assemblée nationale qui s’auto-sabordera quelques semaines plus tard permettant ainsi le passage de la IVeme République vers la Veme, régime fabriqué sur mesure par de Gaulle.

 

Le nouveau régime sera marqué par l’accentuation de la torture y compris en métropole dans les commissariats et par le massacre colonial du 17 octobre 1961 à Paris et sa banlieue et celui à l’encontre des opposants communistes en février 1962 à Charonne[12]. Cette séquence nous enseigne que la police alors acquise au gaullisme a contribué à renverser la 4eme République et a gagner en retour le droit de mener « son combat » contre le FLN en important en métropole les techniques contre-insurrectionnelles pratiquées en Algérie. Les policiers français en métropole ont pu alors se livrer à des violences de très haute intensité sur « leur » ennemi de l’époque : les populations algériennes acquises à l’indépendance et leurs soutiens. Ces violences ont structuré les rapports policiers/population bien au-delà de la guerre d’Algérie en particulier pour les enfants de l’immigration dans les années 70/80 où les crimes racistes et policiers étaient nombreux.

 

 


- Au regard de l’histoire et des discours policiers actuels se posent la question de qui est considéré aujourd’hui comme l’Ennemi de la police ?

Le tiercé dans le désordre de la haine policière : la jeunesse des quartiers populaires, le militant de la gauche extra-parlementaire, de la France insoumise, les populations immigrées et/ou étrangères.

 

La banalisation des crimes policiers du quotidien dans les quartiers populaires (viol de Théo, meurtre d’Adama Traore …) mais aussi à l’encontre des migrants comme la violente répression à l’encontre du mouvement social contre la loi travail[13] (et les gilets jaunes en 2018/2019[14] [14bis]) ont provoqué ces dernières années  des morts mais aussi des milliers de blessés, des mises en examen, des incarcérations. Cette répression et l’entrain qu’ont mis les policiers a l’exercer témoigne de cette radicalisation dans la violence des forces de l’ordre tout autant que de la sous traitance gouvernementale par la terreur policière des questions sociales et raciales en France. Les forces de l’ordre comme sous-traitant politique, fonction qui n’est pas nouvelle pour les quartiers populaires mais qui le devient pour tout le reste la société.

 

Deux événements ont marqué symboliquement cette irruption policière comme acteur politique. Le 18 mai 2016 un rassemblement est organisé à l’appel de syndicats de police comme Alliance et le FPIP contre « la haine anti-flics ». Ce rassemblement dont l’impact a été masqué médiatiquement par l’affaire de la voiture brûlée du Quai Valmy a été un moment clé. On a assisté lors de ce rassemblement de policier au coming out de l’extrême droite policière : Marion Maréchal Le Pen et Gilbert Collard, les deux députés Front National ont participé à ce rassemblement sans la moindre opposition des policiers dits républicains et au contraire ont reçu un accueil chaleureux et ont multiplier les selfies avec les policiers présents[15]. De nombreux policiers à visage découvert dans le cadre d‘un rassemblement officiel ont affiché leurs sympathies frontistes.

 

G. Collard et M. M. Le Pen à la manif syndicat Alliance
M. M. Le Pen syndicat FPIP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Les manifestations policières illégales d’octobre 2016 dans lesquelles se mêlaient de multiples revendications matérielles et politiques sont la séquence politique la plus importante.

Lors de ces nuits d’octobre 2016, des policiers, cagoulés et armés dans des manifestations sauvages ont organisé un coup de pression politique. Ces manifestations ont débordé les syndicats et ont été un moyen d’expression et surtout de critiques à l’encontre de leur hiérarchie, de la justice et du gouvernement. Des slogans type « les francs-mac en prison » qui appartiennent au registre de l’extrême droite classique comme la présence avérée de militants d’extrême droite ont témoigné, si besoin en était, de la radicalisation politique de la Police nationale. Alliance, syndicat classé pourtant bien à droite, par la voix de son secrétaire générale a parlé d’infiltration et de manipulation de l’extrême droite, reconnaissant par là une radicalisation de la base policière.

 

À gauche, le même slogan du FN à 20 ans d’intervalle : Jean-Marie Le Pen (avec Marion Maréchal bébé) en 1992, et Wallerand de Sain-Just en 2015. À droite, un visuel du FN pour les réseaux sociaux.

 

- Le discours véhiculé et entretenu dans les réseaux sociaux communautaires des forces de l’ordre les présentent comme le dernier rempart de la France face aux racailles, aux islamistes, aux gauchiste, au laxisme…

Nombreux sont les policiers qui sur ces forums et fb parlent de guerre civile avec les thématiques de Grand Remplacement et de la présence d’un ennemi intérieur dont ils seraient les seuls à pouvoir venir a bout. Des policiers n’hésitent plus à menacer publiquement de mort des militants politiques ou de simple journaliste comme en témoigne les menaces et violences qu’ont subi entre autre les journalistes Nnoman Cadoret[16] et Gaspard Glanz (Taranis News)[17]. 

 

Ces dernières séquences traduisent une accélération de l’autonomisation et de la radicalisation politique de fractions importante des forces de l’ordre. Face au fantasme d‘une faiblesse et d’un laxisme des institutions républicaines, l’idée d’une rupture politique avec le « cadre républicain démocratique » existant fait tranquillement son chemin dans la police.

 

Les différentes législations d’exception (Etat d’urgence, loi sur la légitime défense…) et le large consensus de soutien inconditionnel qui émane de la classe politique conforte cette dynamique d’une autonomisation et radicalisation politique des forces de l’ordre, en particulier dans la Police Nationale.

 

  • C’est cette autonomisation et radicalisation politique qui permet l’augmentation de la répression violente du mouvement social comme celle des quartiers populaires.
  • Ce n’est donc plus seulement à l’aune de la couleur politique des pouvoirs en place que le comportement des forces de l’ordre doit se comprendre mais aussi à celui des dynamiques politiques internes de l’institution et de l’hégémonie de plus en assumée de la radicalité politique d’extrême droite au sein de la police. Ce simple constat doit permettre à chacun et chacune de se prémunir des dangers qui en découlent et des risques que nous courrons face à la radicalisation policière.

 

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- Comment régler le moindre dysfonctionnement quand on est à ce point dans le déni ?

UNITÉ SGP POLICE @UNITESGPPOLICE le 05/12/2020

Le 4 décembre, Emmanuel Macron a annoncé le lancement en janvier prochain d’une plateforme nationale de signalement des discriminations et a aussi évoqué l’existence de « policiers violents »[18].

 

Les policiers disposent d'un droit syndical mais l'essence même de leur métier les empêche d'interrompre leurs activités. Selon la loi du 29 septembre 1948, « toute cessation concertée du service peut être sanctionnée »[19].

 

Cette réaction au propos d'E. Macron, ici " d'Unité CGP Police " est surtout totalement illégale et anti-républicaine :  " Nous sommes violents, n’interpellez plus ! Nous sommes racistes, ne contrôlez plus ! Blocage total !!! "

 

 

 

 

 

 

 

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- Face aux appels aux meurtres, que fait le gouvernement ?

Page Facebook " Hors service " qui appelle au meurtre
  • Suite aux manifestations du 5 décembre contre la Loi dite de " Sécurité globale ", le 6 décembre, l’association pro-police " Hors service ", a publié sur sa page facebook un appel à " ouvrir le feu " sur les manifestants et de ne plus les épargner[20] !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Le 9 décembre 2020, des membres de cette organisation policière " Hors service " menacent Jean-Luc Melenchon de mort, qui déclare : " J'ai saisi le commandant qui assure la sécurité de l'assemblée nationale. Je vous informe. Quelle autre protection ? Jlm "
Appel au meurtre contre les " premiers de cordée " par L. Boussières

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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- Face aux factieux qui ne respectent rien, que fait le gouvernement ?

Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image
  • Après avoir agressé le siège insoumis[22], les factieux d'Alliance Police attaquent le domicile de la maire de Rennes la nuit du 17 décembre. Le préfet Lallement félicite ses petits, Darmanin et Le Pen apprécient.
  • Comment prétendre faire respecter la loi et l'uniforme quand ceux qui sont censés le faire font ça ? Il faut se réveiller avant qu'il ne soit trop tard

 

 

 

 

 

Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image

 

  • Nouvelle manifestation illégale des factieux de  Rennes :
  • RAPPEL : Article R434-29  du code de Sécurité Intérieur : « Le policier est tenu à l’obligation de neutralité. Il s’abstient, dans l’exercice de ses fonctions, de toute expression ou manifestation de ses convictions religieuses, politiques ou philosophiques."

 

 

 

 

 

 

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- L'extrême droite infiltre t-elle aussi la justice ?

On peut légitimement se poser la question !

En effet, la cour d’appel de Grenoble a, le 16 décembre 2020, prononcé la relaxe générale dans l’affaire de la très médiatique opération anti-migrants montée par Génération identitaire dans les Alpes en 2018[21].

 

Une banderole de Defend Europe lors d'une opération anti-migrants dans les Alpes, le 21 avril 2018. Photo Romain Lafabregue. AFP

 

 

- L'extrême droite infiltre aussi l'armée

Croix gammées, saluts nazis, insignes et tatouages faisant référence au IIIe Reich, voici un ensemble d’ignominies qui devraient ne figurer que dans les livres d’Histoire, et qui pourtant existent dans les rangs des militaires français. C’est ce que montre une enquête de Médiapart[24], publiée le mardi 16 mars 2021, qui vient compléter une première investigation menée en juillet 2020[25] par le journal en y rajoutant plus de 50 nouveaux cas de néonazis dans l’armée.

 

  • Le gouvernement : une réaction sans action

L’enquête de Médiapart interpelle : comment le gouvernement a-t-il pu laisser passer de telles horreurs au sein même de l’armée ? Les preuves étaient pourtant là, directement accessibles sur les réseaux sociaux. Si des journalistes peuvent les voir, peut-on croire que ce n’est pas le cas de la Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD) ?

 

La ministre des Armées, Florence Parly, s’est exprimée sur les révélations de Médiapart. La ministre a jugé « très graves » les faits montrés par le site d’informations, désignant ces comportements comme « totalement inadmissibles ». Elle a également indiqué que « toutes les idéologies néfastes, nauséabondes, révisionnistes, extrémistes sont proscrites dans les armées ». En effet, dans l’armée française qui est républicaine, le code du soldat institué en 1999 stipule que le militaire doit « servir la France et les valeurs universelles dans lesquelles elle se reconnaît ». Il n’y a donc pas de place pour l’idéologie nazie, interdite en France.

 

Ces révélations n’ont pas tardé de faire réagir. Le groupe parlementaire insoumise à l’Assemblée nationale, a appelé à agir « pour mettre fin à toutes les petites lâchetés et à la complaisance dont bénéficie parfois l’extrême-droite jusque dans la majorité » tout en précisant que « l’armée française doit être républicaine ou bien elle n’est plus l’armée des Français.[26] »

 

Et ça continue !

Trois sous-officiers, dont un chauffeur du ministère des Armées, ont été interpellés en janvier 2021 dans le cadre du démantèlement d’un réseau de trafic d’armes présumé et l'un d'entre eux, chauffeur du ministère des Armées mis en examen pour trafic d’armes, destinées à l’ultradroite et « association de malfaiteurs »[27].

 

- Et pour finir, retour sur plus de 70 ans d'Histoire de la police en France.
Alors que plus d'un jeune sur deux dit ne pas avoir confiance en la police et que les mouvements sociaux semblent sur le point de s'intensifier en 2021, Michel Kokoreff, sociologue et professeur à l'université Paris 8 publie " Violences policières  : généalogie d’une violence d’État " aux éditions Textuel. Il propose une généalogie des violences policières depuis la seconde guerre mondiale.

 

Peut-on parler d’une escalade de la violence, ces violences sont-elles systématiques ou ne sont-elles le fait que de quelques policiers

Du massacre de Charonne, aux émeutes de 2005 en passant par mai 68 ou les manifestations des Gilets jaunes, le sociologue identifie des continuités et des ruptures dans les pratiques policières.

A travers son approche sociologique, fruit d'un travail de plus de vingt ans d'observation des pratiques policières et des banlieues. 

Son constat est sans appel, les Français qui ont une bonne image de la police sont ceux qui ne sont pas en contact avec cette police au quotidien, et les violences policières sont un phénomène " récurrent et ancien ". 

 

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- Adrien Quatennens député France insoumise : « Nous voulons refonder la police de fond en comble »

[7] Syndicats Front national

[8En avril 1998 le syndicat est invalidé par la Cour de cassation

[9] 13 mai 1958, le coup d'état à l'origine de la Ve République

[9bisQuand les forces de l'ordre défient le palais Bourbon (13 mars 1958). Les policiers manifestants, l'arène parlementaire et la transition de régime

[10] Manifestation de policiers devant le siège de FI : « Une première » et « un symptôme inquiétant » pour le chercheur Christian Mouhanna

[11] Quand les forces de l'ordre défient le palais Bourbon (13 mars 1958)

[12] 8 février 1962, Charonne à Paris : un crime d'État pour l'exemple

[13] Paris 14 juin, j'y étais, j'ai vu, j'accuse...

[14] FRANCE : « GILETS JAUNES, HISTOIRE D’UNE RÉPRESSION D’ETAT », UN DOCUMENTAIRE POUR COMPRENDRE

[14bis] Le syndicat France Police reconnaît qu'il lui était demandé d'« écraser » le mouvement des Gilets Jaunes.

[15] Manif contre la «haine anti-flics» à Paris: voici ce qu'on a vu et entendu

[16] Nnoman Cadoret : https://www.facebook.com/nnomansland/videos/1888902958053281

[17] Gaspard Glanz (Taranis News) : http://www.lesinrocks.com/2017/06/news/gaspard-glanz-de-taranis-news-se-dit-victime-dun-harcelement-judiciaire/

[18] En colère après une annonce de Macron, des syndicats appellent les policiers à cesser les contrôles

[19] Loi n° 48-1504 du 28 septembre 1948 relative au statut spécial des personnels de police.

[20Que sait-on de l’association pro-police Hors service, qui appelle à «ouvrir le feu» ?

[21] Opération anti-migrants dans les Alpes : les identitaires relaxés en appel

[22] Rassemblés devant le siège de LFI à l’appel du syndicat Alliance, des policiers ont fustigé l’attitude « inadmissible » du chef de file du parti. Mardi, Jean-Luc Mélenchon a, en effet, qualifié les forces de l’ordre de « barbares ».

[23] Et si on s'intéressait au syndicalisme d’extrême droite dans la Police !

[24] Une filière néonazie au sein de l’armée française

[25] Des néonazis font carrière dans l’armée française

[26] Néonazis dans les armées : après la consternation nous exigeons l’éradication

[27Un chauffeur du ministère des Armées mis en examen pour trafic d’armes, destinées à l’ultradroite

 

Pour en savoir plus :

- En France, l’extrême droite s’arme… pour ressusciter les milices d’Hitler ?

- Les policiers et militaires votent de plus en plus pour le FN

- Ces policiers qui votent Le Pen

- Extrême droite : l'Allemagne veut faire le ménage dans la police

- Policiers en colère Attention danger... En plein état d'urgence, des centaines de policiers en armes ont défilé dans 25 villes, en toute illégalité

- À Perpignan, le RN a aussi conquis la bourgeoisie

- Quand l’extrême droite prolifère dans la police

- La symbolique fasciste à la mode dans la police

- Racisme : quand des policiers gardois se lâchent sur Facebook

- Des syndicats de police qui appellent à désobéir au président de la République

- Forces de l’ordre ou forces aux ordres : les policiers dans le piège des politiques méritent mieux que ce rôle de rempart contre le changement, qu’on essaye de leur faire jouer.

- Quand la France exportait en Argentine ses méthodes de torture et de répression expérimentées en Indochine et en Algérie

- À l’approche des quatre années de mandat, nous continuons notre " bilan du quinquennat et du danger que le Président fait peser sur la République, aujourd'hui sur : la police "

- Le syndicat de police " Syndicat France Police – Policiers en colère " appelle à tirer sur le peuple

- La police nationale : terreau de plus en plus fertile à l’extrême droite ?

Ce qu'en dit la France insoumise :

- Pour une police républicaine, il faut faire cesser les violences et le racisme qui s’y perpétuent

- Violences policières : les propositions de la France insoumise

- Insigne d’extrême droite porté par des policiers : scandale au conseil municipal de Pierrefitte

- La loi de sécurité globale : vers l’État policier

- Jean-Luc Melenchon : Sécurité, il faut refonder la police

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