Maisons détruites après les bombardements israéliens qui ont visé un quartier résidentiel du camp de réfugiés d’Al Shati, ville de Gaza, 29 octobre 2025.
Dans un rapport publié le 27/11/2025, Amnesty International dénonce la poursuite du #génocide dans l’enclave de #gaza, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu[9]
Pour la première fois, en Janvier 2026 Israël reconnait le bilan de 70 000 morts à Gaza avancé par le Hamas. Ce décompte n'inclut pas les personnes mortes de faim, ni d'aggravation de maladies, depuis le début de la guerre[10].
Entretien avec Gilbert Achcar à l’occasion de la sortie de son dernier livre " Gaza, génocide annoncé – Un tournant dans l’histoire mondiale "
Gilbert Achcar est un chercheur franco-libanais et écrivain. Depuis 2007, il est professeur à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l'Université de Londres, donnant des cours sur les questions de développement et de relations internationales.
Joseph Daher : Bien loin des illusions qu’il promeut, en quoi le « plan de paix » pour Gaza en vingt points du président Trump[0]constitue-t-il une nouvelle étape pour liquider la question palestinienne et les droits du peuple palestinien ? Quel devrait être selon toi, les bases fondamentales d’un véritable « plan de paix » pour assurer les droits du peuple palestinien ? Gilbert Achcar :La première caractéristique de ce « plan de paix » est qu’il est le plus bâclé de l’histoire du conflit israélo-arabe, comme je l’ai décrit tout récemment dans Le Monde diplomatique (novembre 2025[1]). C’est pourquoi il y a un grand scepticisme quant à sa réalisation, d’autant plus qu’il fait l’objet d’interprétations divergentes de la part des principaux protagonistes.
🔴 Ce qui est très clair, c’est que ce « plan Trump » fait fi du droit à l’autodétermination du peuple palestinien.
Il envisage un maintien à long terme de l’occupation israélienne à Gaza – dans un « périmètre de sécurité » le long de la frontière de l’enclave, à tout le moins – et place le reste du territoire sous la tutelle quasi coloniale d’un conseil d’administration dit « Conseil de paix », présidé par Donald Trump lui-même.
Ce Conseil est censé compter parmi ses membres l’ex-premier ministre britannique Tony Blair[2], partenaire des États-Unis dans l’invasion de l’Irak en 2003 et dont le CV inclut les tutelles inspirées des mandats coloniaux de la Société des Nations (ancêtre de l’ONU), tant au Kosovo qu’en Irak.
De droit du peuple palestinien à l’autodétermination et d’État palestinien, il n’est question que sous la forme d’une hypothèse d’avenir qui ne sera envisagée que si l’Autorité palestinienne (AP) est « réformée » au goût d’Israël et des États-Unis. Quand on sait que l’AP actuelle est déjà honnie par la très grande majorité des Palestinien·nes parce qu’elle est perçue comme soumise à l’occupant, on peut imaginer à quoi ressemblerait une AP « réformée » dans ce sens.
🔴Pour qu’un règlement pacifique des rapports israélo-palestiniens puisse voir le jour de manière convaincante et durable, il devrait prendre comme principe de base les droits du peuple palestinien
Concrètement : l’autodétermination, le retour et la compensation des réfugié·es, et l’égalité des droits. En somme, il faudrait mettre fin au sionisme en tant qu’entreprise coloniale fondée, comme toute entreprise de cette nature, sur un mépris raciste des indigènes et axée autour d’un État défini sur une base ethnico-religieuse en tant qu’État « juif ». Alors seulement sera-t-il possible pour la population judéo-israélienne de coexister pacifiquement et égalitairement avec la population palestinienne.
Dans cette perspective, il faudrait :
la libération de tou·tes les prisonnier·es palestinien·nes détenu·es par Israël ;
le retrait total et inconditionnel de l’armée israélienne de tous les territoires occupés depuis 1967, c’est-à-dire la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et Gaza (ainsi, bien sûr, que les autres territoires arabes occupés, en Syrie et au Liban) ;
l’évacuation des colons sionistes ;
le démantèlement du mur de séparation ;
ainsi qu’une véritable égalité en droits pour les palestinien·nes qui détiennent la citoyenneté israélienne – aujourd’hui citoyen·nes de deuxième classe dans l’État d’Israël.
Plus immédiatement, à Gaza, outre le retrait de l’occupant, il faudrait imposer à Israël et à son parrain étasunien des réparations massives, permettant de reconstruire et réhabiliter le territoire ravagé par la guerre génocidaire et très destructrice qu’y a menée l’armée israélienne.
Au lieu de cela, Donald Trump, ses fils et leur business familial, son gendre Jared Kushner, son ami Steve Witkoff et son propre fils, tous promoteurs immobiliers, envisagent de faire passer les monarchies pétrolières arabes à la caisse pour financer une reconstruction dont ils tireraient de gros bénéfices. C’est dire à quel point nous sommes loin d’un véritable « plan de paix » même s'il a été adopté par le Conseil de sécurité de l'ONU qui a voté en faveur du déploiement d'une force internationale à Gaza le 17/11/2025[6][8].
Joseph Daher :Tu parles dans ton livre d’un « génocide annoncé » en discutant de la tragédie que vivent les Palestinien·nes depuis le 7 octobre 2023, en insistant notamment sur la nature de colonie de peuplement du projet politique sioniste. Peux-tu nous en résumer les grandes lignes ? Gilbert Achcar :La guerre génocidaire à Gaza s’inscrit en droite ligne dans une histoire qui commence avec la fondation du mouvement sioniste à Bâle à la fin du 19e siècle[3] autour d’un projet conçu comme entreprise auxiliaire de l’expansion coloniale européenne, alors à son apogée. Plusieurs des colonialismes de peuplement qu’a connu l’histoire ont été fauteurs de génocide : il n’est qu’à penser à l’Amérique du Nord et à l’Australasie pour prendre deux exemples bien connus.
🔴Le racisme inhérent à l’entreprise coloniale est ainsi toujours potentiellement génocidaire.
Pour que ce potentiel se réalise, surtout à notre époque, il lui faut des conditions politiques particulières. Celles-ci se rapportent à un autre potentiel inhérent à l’entreprise coloniale, qui est sa tendance à dériver vers l’extrême droite.
Comme l’avaient prévu de nombreux intellectuel·les critiques du sionisme, cette tendance n’a pas tardé à se réaliser dans l’État d’Israël. Après une première période dans laquelle cet État était gouverné par l’aile social-démocrate du mouvement sioniste,l’aile néofasciste, le Likoud, est arrivée au pouvoir en 1977 et s’y est maintenu quasiment en continu depuis lors.
Le gouvernement actuel de Benyamin Netanyahou est une coalition entre le Likoud et des groupes encore plus droitiers, qu’un spécialiste israélien de la Shoah n’a pas hésité à qualifier de néo-nazis dans le quotidien Haaretz.
Joseph Daher : Dans ton livre, tu parles des perspectives de stratégie de libération pour le peuple palestinien, en insistant notamment sur deux points fondamentaux basés sur la lutte de masses et le cadre régional, peux-tu développer ? Gilbert Achcar :Comme toute stratégie, celle visant la libération doit se fonder sur une considération du terrain et des rapports de force.Elle doit se fonder sur la spécificité des conditions.Or, la résistance palestinienne née en 1964 avec l'OLP[4] s’est longtemps inspirée de la lutte de libération algérienne, sans prêter attention aux grandes différences entre l’Algérie où les colons européens étaient minoritaires et la Palestine où la population judéo-israélienne est très majoritaire au sein des frontières officielles de l’État d’Israël et dans un rapport près de l’équivalence avec les Palestinien·nes sur l’ensemble du territoire compris entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée.
🔴Quant à la disproportion des forces militaires, elle est extrême.
C’est pourquoi une stratégie qui vise à vaincre le sionisme militairement est vouée à l’échec et ne peut aboutir qu’à l’aggravation du malheur palestinien – aujourd’hui à son comble avec le génocide qui a suivi l’opération du 7 octobre 2023, avec de surcroît la menace accrue d’une nouvelle épuration ethnique complétant la Nakba de 1948[5].
Au vu des conditions spécifiques de la lutte palestinienne, elle ne peut triompher qu’en parvenant à gagner à sa cause une majeure partie de la population judéo-israélienne, comme les Noir·es étasunien·nes ne sont parvenu·es à remporter des victoires qu’au moyen d’un mouvement de masse non-violent pour les droits civiques. C’est pourquoi je souligne que pour qu’une stratégie fasse sens pour la lutte palestinienne, elle doit viser à détacher du sionisme une partie croissante de la population judéo-israélienne.La stratégie du Hamas produit l’effet contraire.
Joseph Daher : Finalement, quelles sont les taches de la gauche au niveau international dans le soutien à la cause palestinienne ? Gilbert Achcar :C’est là l’autre levier potentiel dont dispose la lutte palestinienne et qu’il lui faut développer. Il lui faut s’appuyer sur la solidarité internationale.Or, l’horreur de la guerre génocidaire menée par Israël à Gaza a fini par susciter un grand mouvement de solidarité avec les Palestinien·nes dans les pays occidentaux eux-mêmes, soutiens traditionnels de l’État sioniste[7].Cela est d’autant plus important que cette solidarité se manifeste également dans le principal soutien d’Israël que sont les États-Unis – et surtout de la part des Juif·ves américain·nes, de la jeunesse judéo-américaine en particulier.
🔴Mais pour cultiver cette solidarité, il faut également une stratégie qui sache s’appuyer sur les valeurs démocratiques et humanistes qui font la supériorité morale des opprimé·es sur leurs oppresseurs.
La gauche internationale doit contribuer au renforcement d’une telle stratégie, en augmentant son engagement dans le mouvement pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) plus que jamais à l’ordre du jour face à un État génocidaire.
Il faut continuer d’exiger des États la rupture des relations diplomatiques et commerciales, et des relations militaires à plus forte raison, avec l’État d’Israël. Accentuer cette pression est un élément essentiel d’un véritable plan de paix.
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Informations sur l’auteur :
Gilbert Achcar est un chercheur franco-libanais et écrivain. Depuis 2007, il est professeur à la School of Oriental and African Studies de l'Université de Londres, donnant des cours sur les questions de développement et de relations internationales.
Fils d'un industriel, Gilbert Achcar étudie au lycée français de Beyrouth, où il s'engage dans la Jeunesse étudiante chrétienne. Opposé à la guerre du Vietnam et soutien du mouvement palestinien, il indique devenir marxiste en 1967, à partir de la guerre des Six Jours. Il rompt toutefois avec le Parti communiste et rejoint un groupe communiste dissident, refusant à la fois le nationalisme arabe et stalinisme.
Il a vécu au Liban jusqu'en 1983, date de son arrivée en France. Jusqu'en 2003, il a été professeur de sciences politiques et de relations internationales à l'université de Paris VIII. Il est ensuite parti poursuivre son travail au Centre Marc Bloch de Berlin.
En 2025, dans la continuité de 77 ans d'histoire ponctuée de conflits[0],cette nouvelle guerre génocidaire à Gaza, dont les enjeux sont multiples, dure depuis plus de 24 mois.
Notre responsabilité est importante dans la trajectoire de la résistance internationale et les rochelais assument.
77 ans après la Nakba[2] (la grande catastrophe) qui a vu l'expulsion de 800 000 Palestiniens de leur terre ancestrale vers le Liban, la Syrie, l'Egypte, Gaza et la Cisjordanie... Israël plonge dans la dérive totale pour l'accomplissement du projet sioniste, celui du " grand Israël[1] ".
Résultat : après deux ans de guerre 65 000 morts reconnus, mais combien sous les gravats... Dix fois plus selon des experts militaires qui ont répondu à la commission d'enquête mandatée par l'ONU, terrible estimation reprise par Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l'ONU pour la Palestine... et plus de 167.000 ont été blessés à Gaza (les civils représentent plus de 80 % des victimes). Affaiblis par la famine, privés d’aide humanitaire, tués par les frappes de l'armée israélienne et harassés par les déplacements forcés successifs, les Gazaouis désespérés n’entrevoient aucun avenir. Seuls un cessez-le-feu immédiat, un accès humanitaire sans entrave, la libération de tous les otages et des personnes détenues de manière arbitraire par Israël, et la reconnaissance d'un état palestiniens pourront mettre fin aux souffrances des civils... et solidairement, toutes les semaines les rochelais sont mobilisés...
Sources :Eric Durand| mis à jour le 28/02/2026
Les rochelais rassemblés autour du collectif pour la paix en Palestine de Charente-Maritime ne se tairont pas ! Nous continuons à dénoncer le génocide en cours du peuple palestinien et nous exigeons le respect du droit international en Palestine et la liberté des Peuples à disposer d'eux-mêmes.
🔴 L’enjeu des mobilisations pour nous
La première raison est évidente, il s’agit d'enjeux humanitaires et humains, avec les centaines de milliers de morts causées par la guerre, et la menace raciste et fasciste incluse dans ce conflit basé sur un nettoyage ethnique et une idéologie suprémaciste. Nous voulons à tout prix arrêter ce génocide par tous les moyens dont nous disposons. Cela permet de se battre concrètement contre le fascisme et le racisme là-bas, mais aussi ici, car il y a partout des répercussions à cette guerre et l’augmentation du racisme et de l’islamophobie en France explique en partie le changement de paradigme diplomatique de la France par rapport à la situation sur place.
La deuxième raison est un enjeu plus global, nous nous inscrivons dans un soutien inconditionnel au peuple palestinien et à la résistance. Ce n’est pas parce que nous soutenons la résistance aux massacres subis par les Palestinien·nes que nous défendons le projet politique du Hamas. Mais nous considérons que c’est aux Palestinien·nes de choisir leur direction, de se donner les moyens d’en changer, et que notre soutien inconditionnel est la meilleure façon de les y aider.
👉🚩 Le soutien de #Macron au gouvernement Israélien coupable de crimes de guerre est insupportable.
A La Rochelle le 28 OCTOBRE 2023 comme à Marseille, Paris, Londres, partout en France et dans le monde, des millions de voix s’élèvent pour la paix en #Palestine.
👉🚩« Stop au génocide, levée du blocus »
Plus d'enfants sont morts à Gaza que dans toutes les zones de conflit du monde.
❌ Malgré les tornades et la pluie, on est là aujourd'hui 4 novembre 2023 à La Rochelle pour appeler à un cessez-le-feu immédiat à Gaza.
👉🕊️Aujourd'hui 11 Novembre 2023, à La Rochelle on est plus de 400 dans la rue pour appeler à un #CessezLeFeu immédiat à #Gaza.
👉🚩 Aujourd'hui 18 novembre 2023, partout en France (100 000 personnes), et y compris à La Rochelle 👇, aux côtés de plus d'une centaine d'organisations, les insoumis marchent pour que se taisent les bombes, que soient libérés les otages, contre la guerre, pour la paix au Proche-Orient, pour la fin des massacres à Gaza via un cessez-le-feu immédiat. #CessezLeFeu #PourLaPaix #Palestine #Gaza
👉🚩 Aujourd'hui, 24 novembre 2023, à La Rochelle nouvelle marche rochelaise pour la Paix, la Justice en Palestine et un cessez-le-feu permanent.
👉🚩 A La Rochelle aujourd'hui, 2 décembre 2023, plus de 150 rochelais, comme partout en France, comme partout dans le monde, les peuples veulent le cessez-le-feu permanent, la paix et la fin de la colonisation en Palestine.
👉🚩A l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 on ne lâche rien ! Présent•es à la manifestation pour un cessez-le-feu immédiat et permanent en Palestine de ce samedi 16 décembre 2023, pour continuer d'exprimer notre soutien au peuple palestinien, demander un cessez-le-feu immédiat, la levé du blocus à Gaza et l'arrêt des politiques israéliennes d'apartheid et de colonisation !
👉🚩 A l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 on ne lâche rien !
Le samedi 23 décembre 2023 nous sommes présent•es à la manifestation pour un cessez-le-feu immédiat et permanent en #Palestine !
👉🚩 Cet après-midi du 6 JANVIER 2024, " place des petits bancs ", nouveau rassemblement rochelais pour la PAIX en Palestine, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 : on ne lâche rien !
👉🚩 Cet après midi, 13 janvier 2024 un nouveau rassemblement a eu lieu " Place de la Motte rouge " à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 : pour les palestiniens, on ne lâche rien !
👉 Le " die in " (symbolisation des morts etdes mortes) s'est tenu sur le port, avec en fond sonore le vacarme des bombardements israéliens, suivi d'une minute de silence.
👉🚩 Cet après midi, 20 janvier 2024 un nouveau rassemblement a eu lieu " Place de la Motte rouge " à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 : pour les palestiniens, on ne lâche rien !
👉🚩 Pour la PAIX en Palestine, le samedi27 janvier 2024, à La Rochelle on ne lâche rien, répondant à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 pour la Palestine !
👉🚩 Pour la PAIX en Palestine, le samedi 3 FÉVRIER 2024, à La Rochelle, on est là à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 pour la Palestine !
👉🚩 Le 10 FÉVRIER 2024, toujours présents à la manifestation rochelaise de soutien & solidarité avec le peuple palestinien à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 pour la Palestine !
👉🚩 “ Il faut que, pas un jour ne passe, qui puisse donner l’impression que vous soyez complices ou silencieux. A bas le silence ! Ça ne peut être que celui des cimetières, nous sommes les vivants ! ” Nouvelle mobilisation à La Rochelle place de la motte rouge le 9 mars 2024 pour réclamer un Cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza.
👉🚩 #PALESTINE #GAZA : poursuivons l'exigence d'un cessez le feu permanent !
📍 Le samedi 16 mars 2024, les rochelais disent haut et fort " STOP GÉNOCIDE GAZA " !
👉🚩Cet après midi du22 MARS 2024à La Rochelle, nouvelle manifestation pour la #Palestine : le massacre et le génocide doivent s'arrêter. Cessez-le-feu immédiat et durable !
👉🚩 “ Il faut que, pas un jour se passe, qui puisse donner l’impression que nous soyons complices ou silencieux. A bas le silence ! Ça ne peut être que celui des cimetières, nous sommes les vivants ! ” Aujourd'hui 13 avril 2024, nouvelle mobilisation à La Rochelle place de la motte rouge et dans les rues, pour réclamer un Cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza, pour une paix juste et durable entre palestiniens et israéliens.
👉🚩 Nous n’arrêtons pas la mobilisation populaire, malgré la volonté politique de faire taire les porteurs de la parole de la Paix.
Nous nous sommes retrouvés le samedi 20 avril 2024, au pied de la Grande roue - Place du Commandant de la Motte Rouge pour défiler à La Rochelle malgré l'interdiction préfectorale d'accéder au port.
👉🚩 Israël lance son offensive dans le sud de #Gaza en bombardant Rafah : STOP !
⚡ On s'est retrouvé le samedi11 MAI 2024 Place de la Motte rouge à LA ROCHELLE...
👉🚩 Une centaine d'étudiants et personnes de mouvements associatifs et politiques rassemblés devant la Bibliothèque Universitaire de La Rochelle le 14 MAI 2024, à l'appel du comité jeunes pour le #CessezLeFeu en #Palestine...
👉🚩 Un minimum de 40 000 civils tués à #Gaza, sous nos yeux ! Les rochelais poursuivent la mobilisation pour exiger le cessez-le-feu, la reconnaissance de l’État de Palestine, des sanctions contre le gouvernement #Netanyahou en se retrouvant le 8 juin 2024 à la Grande roue - Place du Commandant de la Motte Rouge de La Rochelle
👉🚩 Pour la Palestine, le Liban... la paix au Moyen-Orient, nouvelle mobilisation le samedi 2 NOVEMBRE 2024 à La Rochelle
👉🚩 Israël l'agresseur, doit arrêter de bombarder et de massacrer la population libanaise. Pour la Palestine, le Liban... le Moyen-Orient, le samedi 9 NOVEMBRE 2024 à La Rochelle
👉 54 ème fois dans les rues de La Rochelle. Et aussi longtemps qu'il le faudra !
👉🚩 Mobilisation rochelaise le 23 NOVEMBRE 2024 pour la Palestine, le Liban... le Moyen-Orient
👉🚩 Le samedi 21 DÉCEMBRE 2024, de 17H00 à 18H30 à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation sur le port et dans les rues de La Rochelle
👉🚩 Le samedi 4 JANVIER 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle, pour la paix au Moyen-Orient
👉🚩 Le samedi 11 JANVIER 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle, pour la paix au Moyen-Orient avec une partie en marche silencieuse car " se taire c'est dire autrement " !
👉🚩 Pour la PAIX en Palestine, le samedi 18 JANVIER 2025, à La Rochelle on ne lâche rien, répondant à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 pour la Palestine !
👉🚩 Le samedi 1er FÉVRIER 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle
👉🚩 Le samedi 15 FÉVRIER 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle...
👉🚩 Le samedi 1er MARS 2025, nouvelle mobilisation à La Rochelle, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17...
👉🚩 Le samedi 15 MARS 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle...
👉🚩 Le samedi 22 MARS 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, une centaine de citoyens mobilisés à La Rochelle !
👉🚩 Le samedi 19 AVRIL 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle
👉🚩 Le samedi 26 AVRIL 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, sous la pluie, nouvelle mobilisation à La Rochelle
👉🚩 Nous continuons à dénoncer le génocide en cours du peuple palestinien !
🚩 Le samedi 3 MAI 2025 à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, 78éme mobilisation à La Rochelle
👉🚩 Le #CollectifpourlaPaixenPalestine17 ne se tait pas !
Le samedi10 MAI 2025, nouvelle mobilisation à La Rochelle à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17
👉🚩 Le samedi 17 MAI 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle mobilisation à La Rochelle...
👉 🚩 Le samedi 24 MAI 2025, à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17, nouvelle manifestation à La Rochelle contre l'offensive terrestre massive de l'armée israélienne sur tout le territoire de Gaza.
👉 📢 La France doit agir immédiatement pour empêcher la destruction totale du peuple Palestinien.
📌 Nouvelle mobilisation le samedi 31 MAI 2025 à La Rochelle à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17
👉 🚩 23 JUILLET 2025, RASSEMBLEMENT CITOYEN SPONTANÉ ET PACIFIQUE à La Rochelle
En plein été, le gouvernement israélien élimine les Palestiniens en les affamant, à #Gaza des enfants meurent de faim chaque jour sous les yeux du monde.En plein été, le gouvernement israélien élimine les Palestiniens en les affamant.
👉 🚩 Les rochelais à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 refusent de regarder ailleurs et poursuivent la mobilisation le samedi2 AOÛT 2025 à La Rochelle.
👉 🚩 Les rochelais à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 refusent de regarder ailleurs et poursuivent la mobilisation le samedi 30 AOÛT 2025 à La Rochelle.
👉 🚩 Le samedi 6 SEPTEMBRE 2025 à place des Petits Bancs à La Rochelle une centaine de citoyens mobilisés pour exprimer notre solidarité
👉 🚩 Le samedi 20 SEPTEMBRE 2025 après midi à La Rochelle manifestation de soutien au peuple palestinien
👉🚩 Pour la 100ème fois " Gaza ! Gaza ! La Rochelle est avec toi ! ". Le samedi 27 SEPTEMBRE 2025 après midi à La Rochelle nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien
👉🚩 URGENT - Flottilles arrêtées : rassemblements dans tout le pays pour la protection de la flottille de la liberté !
⚡ Les équipages de la Global Sumud Flotilla ont été arrêtés par l'armée de Netanyahu dans les eaux internationales ce soir.
📍 Mobilisation le 2 octobre 2025, Statue Duperré sur le port de La Rochelle, pour demander la libération immédiate des équipes et la fin du génocide à Gaza.
👉🚩 Le samedi 4 OCTOBRE 2025 sur le port et dans les rues de La Rochelle, nous manifestons notre soutien au peuple palestinien ! 📍 Pour la fin du génocide à Gaza ;
📍 Pour des sanctions immédiates contre Israël ;
📍 Pour la libération immédiate de la #GlobalSumudFlotilla ;
📍 Pour ouvrir Gaza !
👉🚩 Le lundi 6 OCTOBRE 2025 les parlementaires insoumis et les autres français détenus illégalement par Israël sont enfin libres !
⚡ Gloire à elles et eux. Et honte à la France qui les laisse sans aucune solution pour les rapatrier.
📍 Stop au génocide à Gaza, les rochelais vont poursuivre la mobilisation !
👉🚩 Le samedi 11 OCTOBRE 2025 dans les rues de La Rochelle, nous restons mobilisés et manifestons notre soutien au peuple palestinien ! 📍 Après la reconnaissance de l’État de Palestine, l’urgence demeure :
▪️ Retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza, libération de toutes les personnes détenues, dans le cadre d’un cessez-le-feu immédiat et durable.
▪️ Réouverture immédiate de tous les points de passage, et la reprise massive de l’aide humanitaire à Gaza sous le contrôle de l’ONU et des ONG internationales, et l’accès de Gaza aux soignants et journalistes internationaux.
▪️ Arrêt par la France de toute coopération militaire : livraison d’armes, munitions, équipements militaires à Israël, et interdiction de leur transit sur son territoire.
▪️ Reprise immédiate des opérations pour faire sortir des Palestinien-nes de Gaza, notamment des étudiants, des universitaires, des artistes, et leur accueil en France.
▪️ L'engagement par la France de sanctions diplomatiques contre Israël, la remise en cause des accords commerciaux, universitaires et de recherche avec Israël.
▪️ La mise en œuvre par la France des mandats de la CPI et l’ouverture d’enquêtes sur les Franco-israéliens susceptibles d’avoir commis des crimes de guerre.
▪️ La suspension de l’Accord d’Association entre l’Union européenne et Israël.
👉🚩 Le samedi 18 OCTOBRE 2025 nous restons mobilisés dans les rues de La Rochelle à l'appel du #CollectifpourlaPaixenPalestine17 , et manifestons notre soutien au peuple palestinien !
👉🚩 Une nouvelle fois " Gaza ! Gaza ! La Rochelle est avec toi ! ". Le samedi 25 OCTOBRE 2025 après midi à La Rochelle nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien : La Rochelle ne se taira pas !
👉🚩 Une nouvelle fois " Gaza ! Gaza ! La Rochelle est avec toi ! ". Le samedi 1er NOVEMBRE 2025 après midi à La Rochelle nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien : La Rochelle ne se taira pas !
👉🚩 Une nouvelle fois " Gaza ! Gaza ! La Rochelle est avec toi ! ". Le samedi 8 NOVEMBRE 2025 après midi à La Rochelle nouvelle manifestation pour soutenir les droits du peuple palestinien :
▪️ L'auto-détermination du peuple palestinien qui doit être l’acteur de son propre destin et le droit au retour des réfugiés palestiniens
▪️ La fin de l’occupation, de la colonisation, de l’apartheid
▪️ Des sanctions contre Israël
▪️ Un cessez-le-feu définitif et la fin du génocide
👉📢🚩 Ce samedi 15 NOVEMBRE 2025 à La Rochelle nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien : #CessezLeFeu #PourLaPaix #Palestine #goodvibesazaGenocide
👉🚩 Ce samedi 22 NOVEMBRE 2025 à La Rochelle nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien : #CessezLeFeu #PourLaPaix #Palestine #goodvibesazaGenocide
👉📢🚩 Ce samedi 29 NOVEMBRE 2025 à La Rochelle, sous une pluie battante et drue,nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien : contre le génocide, contre le plan colonial de Trump, pour la libération de la Palestine #CessezLeFeu #PourLaPaix #Palestine #goodvibesazaGenocide
👉🚩 Ce samedi 13 DÉCEMBRE 2025 à La Rochelle,nouvelle manifestation de soutien au peuple palestinien : contre le génocide, contre la colonisation de la Cisjordanie, pour la libération de la Palestine #CessezLeFeu #PourLaPaix #Palestine #goodvibesazaGenocide
👉🚩Cesamedi 27Décembre2025marchedeslumièrespour le peuple Palestinien :Stop au génocide toujours en cours et à la colonisation de la Cisjordanie, tous ensemble pour la PAIX !
👉🚩 Ce samedi 03 Janvier 2026 à La Rochelle, nous poursuivons notre soutien au peuple palestinien et dénonçons l'agression du Vénézuela par Trump !
⚡ Le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) dénonce l'impunité d’Israël, impunité des colons : il faut que cela cesse !
👉 Pour les droits du peuple palestinien, nous exigeons :
▪️ un cessez-le-feu pérenne, le retrait de l’armée israélienne et l’ouverture de tous les points de passage à l’aide humanitaire
▪️ La fin de l’occupation, de la colonisation et de la politique d’apartheid
▪️ Le droit au retour des réfugiés palestiniens
▪️ Le retrait immédiat de l’armée israélienne du Liban, et la pérennisation du cessez-le-feu
▪️ La libération des plus de 9.000 prisonniers politiques palestiniens/otages détenus au mépris du droit international, depuis des dizaines d’années pour beaucoup d’entre eux, et des milliers de Palestiniens de Gaza enlevés, disparus, ou transférés dans des centres de détention et de torture
▪️ Un soutien matériel et politique à l'UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, honteusement attaquée par Israël
▪️ Un soutien sans ambiguïté à la Cour Pénale Internationale, et l’engagement d’appliquer ses décisions sans restriction ni réserve
▪️ La protection des journalistes palestiniens et l’ouverture de Gaza à la presse internationale
▪️ La fin de l’impunité de l’État d’Israël, et des sanctions tant qu’il ne respecte pas le droit international :
o la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël,
o Un embargo sur toutes les livraisons d’armes, de munitions et de composants militaires àdestination d’Israël,
o des sanctions diplomatiques,
▪️ L’engagement de poursuites contre les franco-israéliens, notamment les soldats et les colons, impliqués dans des crimes de guerre
▪️ La construction d’un avenir de paix entre les peuples palestinien et israélien fondé sur l’égalité des droits
▪️ Le respect de la liberté d’expression, de manifestation, de réunion., en particulier en France, où la solidarité avec le peuple palestinien est constamment attaquée
▪️ La lutte contre le racisme sous toutes ses formes dont l’antisémitisme, le refus de toute instrumentalisation de cette lutte et de tout amalgame.
#CessezLeFeu #PourLaPaix #Palestine #goodvibesazaGenocide
👉🚩 Ce samedi 10 Janvier 2026 à La Rochelle, nous poursuivons notre soutien au peuple palestinien !
⚡ Le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) dénonce l'impunité d’Israël, impunité des colons : il faut que cela cesse !
👉🚩 À La Rochelle on ne lâche rien comme en témoigne notre mobilisation en soutien au peuple palestinien ce samedi 17 Janvier 2026.
👉🚩 On est là, on est la... ce samedi 31 Janvier 2026 à La Rochelle, nous poursuivons notre soutien au peuple palestinien !
👉🚩 On est là, même sous la pluie on est la,ce samedi 07 février 2026 à La Rochelle, nous poursuivons notre soutien au peuple palestinien !
👉🚩 Ce samedi 28 février 2026 à La Rochelle, nous poursuivons nos mobilisations POUR LA PAIX AU MOYEN-ORIENT et le soutien au peuple palestinien !
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🇵🇸 Nous, à La Rochelle, on ne lâchera pas ! Alors que Netanyahu affirme que l’armée israélienne " restera dans la majeure partie de Gaza " et que le plan de paix de Trump ne prévoit pas la création d’un État palestinien[3], rejoignez nous, ensemble on peut imposer à Macron de faire respecter le droit international.
Le plan Trump : une vision de paix ou une injustice cachée[0] ?... Le plan Trump pour Gaza n'est pas un plan de paix, mais une mascarade cynique donnant carte blanche à Netanyahou pour poursuivre le génocide.
Il ne prévoit aucune obligation pour Israël et perpétue la domination militaire & politique sur la Palestine[5].
Netanyahu le confirme en disant qu’il n’a « pas du tout » accepté un État palestinien et que l’armée israélienne restera sur place[4]
La parole de Donald Trump ne vaut pas grand-chose et les assurances faites durant ses discours sur les questions internationales sont elles aussi sujettes à caution. La versatilité et l’incohérence décisionnaire croissante du président américain, comme sa récente volte-face sur l’Ukraine vient de le démontrer , n’a cependant pas empêché plusieurs journaux de la presse anglophone – essentiellement américaines- de donner un certain crédit à la dernière « trumperie » en date[1]...
En dans le même temps, dix jours après l’entrée des troupes israéliennes au sol dans le plus grand centre urbain du territoire, la catastrophe humanitaire prend de l’ampleur et les morts se comptent chaque jour par dizaines. L’avancée des troupes israéliennes dans Gaza-ville provoque un exode massif des Palestiniens vers le sud de l’enclave.
L’armée israélienne détruit tout Les troupes israéliennes avancent, et les quartiers de Gaza-ville sont détruits les uns après les autres. Le quartier de Tal Al-Hawa est devenu ces derniers jours une des cibles privilégiées des bulldozers israéliens. En 24 heures, l’armée israélienne a annoncé avoir bombardé 170 fois l’enclave palestinienne.
D’après Ibrahim Al-Khalili, reporter d’Al Jazeera sur place, “ l’armée israélienne est stationnée sur trois axes, dans la ville de Gaza : l’axe nord-ouest dans le camp de réfugiés de Shati et le quartier de Nassr, l’axe nord-est près du quartier de Sheikh Radwan, et l’axe sud près de Tal al-Hawa. ”
Le quartier de Sabra, qui a aussi subi de nombreuses attaques de l’armée israélienne, voit nombre de ses habitants encore piégés sous les décombres : “ Ils sont coincés là-bas car s’ils décident de sortir, ils risquent d’être pris pour cible par les forces israéliennes. Les scènes de Palestiniens pris pour cible et de maisons résidentielles rasées au-dessus de la tête des habitants se répètent. ”
Des habitations aux centres de santé, aucun bâtiment n’est épargné dans la ville de Gaza. Ces derniers jours, pas moins de sept infrastructures de santé ont été mises à l’arrêt de force en raison des attaques de l’armée israélienne. Parmi ces infrastructures, on trouve notamment l’hôpital pour enfants Al-Rantisi, ou encore l’hôpital international de l’œil, seul centre de santé public dédié à la vue dans cette zone[2].
Les bombardements accrus dans le quartier de Tal al-Hawa ont endommagé la station d’oxygène de l’hôpital Al-Quds, qui ne tient désormais plus que grâce à quelques équipements qui pourraient tomber en panne dans les prochains jours, a averti aujourd’hui le Croissant rouge palestinien.
Le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza-ville se poursuit D’après les dernières annonces du bureau des médias gazaoui, des centaines de milliers de Palestiniens ont fui la ville de Gaza ces dernières semaines. Conséquence de cet exode forcé massif,les gouvernorats gazaouis du sud et du centre se remplissent de réfugiés du nord à vue d’œil, et ont été déclarés pleins.
Dans sa déclaration, le bureau a expliqué : “ Il n’y a plus d’espaces vides ou sûrs pour accueillir davantage de personnes déplacées. ” Pendant ce temps, l’acheminement de tentes données dans l’enclave palestinienne continue d’être bloqué par l’armée israélienne, alors que les réfugiés s’entassent “ dans des conditions qui ne répondent pas aux exigences minimales de la dignité humaine ”.
Ces derniers jours seulement, des dizaines de milliers d’habitants de Gaza-ville ont pris la route pour fuir les tanks israéliens et les bombardements qui ravagent désormais la majeure partie de l’agglomération. Ces derniers partent sans savoir où aller, comme en témoigne Ahmed Salama, qui fuit le nord de la ville : “ Nous allons dans le centre de Gaza et nous ne savons pas où nous allons séjourner. La zone d’évacuation d’Al-Mawasi est surpeuplée de personnes déplacées. Il n’y a pas un seul endroit où s’installer. ”
Même chose pour Ahlam Aqel, elle-aussi déplacée de Gaza-ville : “ Nous sommes arrivés dans cette région isolée sans tentes ni installations. Nous ne pouvons pas nous approvisionner en eau. Les enfants ne trouvent rien à manger car nous sommes loin de tout le monde. ”
Dans une déclaration publiée mardi 23 septembre, le bureau des Nations Unies pour les droits humains dans les territoires palestiniens occupés a dénoncé “ l’escalade des attaques contre les civils et les infrastructures civiles dans la ville de Gaza, qui ont contribué à l’augmentation du nombre de personnes déplacées ” , mettant en garde contre “ le risque que ces déplacements deviennent permanents[3] ".
La situation humanitaire toujours plus dramatique Philippe Lazzarini, chef de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé hier que Gaza détenait un nouveau record morbide. Avec plus de 4000 enfants concernés depuis le 7 octobre 2023, l’enclave palestinienne a désormais le taux le plus élevé d’amputations infantiles au monde. Il a déclaré sur X : “ Les conséquences sur les enfants et l’enfance vont bien au-delà des blessures physiques et de la famine qui se propage. Les cicatrices des enfants sont profondes et invisibles : anxiété, cauchemars, agressivité, peur. Beaucoup sont contraints à mendier, à piller ou à travailler : une enfance perdue.”
En parallèle de ce constat terrifiant, l’OMS a aussi condamné la politique israélienne vis-à-vis de la famine déclarée il y a déjà près d’un mois par l’ONU dans la bande de Gaza. Pour l’OMS, le régime israélien n’a eu de cesse de nier cet état de famine depuis qu’il a été déclaré, tout en maintenant l’étau de son blocus sur la bande de Gaza. Depuis le 7 octobre 2023, 440 Palestiniens sont morts de faim dans l’enclave palestinien. 15600 malades sont toujours dans l’attente d’une évacuation pour recevoir des soins vitaux.
▶️ L’armée israélienne continue méticuleusement et en toute impunité de cibler les infrastructures de santé, les habitations et d’empêcher l’aide humanitaire d’être acheminée dans la bande de Gaza. Au 719ème jour de guerre génocidaire, le régime israélien a déjà tué 65502 personnes dans l’enclave palestinienne assiégée, d’après le dernier bilan du ministère de la Santé gazaoui.
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Gaza : une carte pour visualiser les différentes phases du retrait militaire israélien selon le plan Trump[6] Conformément au plan de paix de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, l’armée israélienne a entamé un retrait progressif de l’enclave palestinienne en trois phases. La première est achevée : mais les deux suivantes, sans calendrier défini, sont conditionnées par le désarmement du Hamas et le déploiement d’une force internationale.
Dans une troisième phase, là aussi sans aucun calendrier, l’armée israélienne devra se retirer davantage, tout en gardant le contrôle sur une “ zone tampon de sécurité ” d’environ un kilomètre tout le long de la frontière de la bande de Gaza – ce qui représente environ 17 % du territoire. Et ce, jusqu’à ce que l’enclave palestinienne soit “ réellement protégée contre toute menace terroriste résurgente ”.
Comme l’écrit Al-Jazeera, “ de nombreuses questions demeurent quant à la manière dont le plan sera mis en œuvre, aux frontières exactes du territoire palestinien, au calendrier et à l’ampleur des retraits israéliens, au rôle de la force internationale de stabilisation et aux implications à long terme pour les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie ”.
- Cessez-le-feu à Gaza : soulagement et vigilance... " En l’état, la suite de ce « plan de paix » ne permet ni la formation d’un État de Palestine souverain, ni le respect des droits des Palestiniens, ni a fortiori de paix juste ni durable comme le confirme le maintien en détention de Marwan Barghouti. Aucun calendrier de retrait de l’armée israélienne de Gaza n’est envisagé. La Cisjordanie et Jérusalem-Est, où la colonisation israélienne n’a eu de cesse s’accélérer ces dernières années, sont ignorés. L’ONU, dont ce plan évacue des résolutions fondamentales, est ignorée au profit d’un « organe de transition » aux relents coloniaux et affairistes. "
Le Caire, janvier 2024. Un boulanger sort sa dernière fournée Jozef Macak Traduit de l’anglais par Philippe Agret Cet article, dont le titre original est « Bread for berries » a été publié sur Synaps le 7 avril 2025
En quelques décennies, la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord est devenue totalement dépendante des importations pour nourrir sa population. Une évolution accélérée par les choix faits par les élites du Nord et du Sud.
Le pain est au cœur de la vie quotidienne dans l’ensemble du monde arabe.
Il est sorti des fours et des échoppes le long des routes, empilé sur la table des repas, et même brandi lors de manifestations, où il symbolise l’incapacité de l’État à répondre aux besoins les plus élémentaires. Le pain se présente sous différentes formes et dimensions, des baguettes tunisiennes à la pita, en passant par le moelleux samoun irakien en forme de losange. Mais ces pains partagent de plus en plus une chose en commun : le blé bon marché déversé d’Europe et de Russie.
Il n’en a pas toujours été ainsi. Autrefois, la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord (Middle East and North Africa, MENA) comptait sur son propre blé : des variétés résistantes et nutritives cultivées depuis des millénaires dans l’est et le sud du bassin méditerranéen. En réalité, le monde arabe avait largement dépassé l’autosuffisance.Il avait innové et exporté, contribuant à ce que le pain trouve sa place dans les régimes diététiques et sur les tables d’Europe et, plus tard, du monde entier.
Le « grenier de Rome » En effet, c’est dans le Croissant fertile — des rivages méditerranéens de la Palestine et du Liban jusqu’à la Syrie, la Turquie et l’Irak contemporains — que l’humanité a appris à faire pousser les céréales. Les anciens Égyptiens cultivaient le blé et l’orge le long des rives du Nil et dans le Delta.
L’Égypte, le Levant et l’Afrique du Nord étaient réputés comme le « grenier de Rome », en raison de l’approvisionnement procuré aux vastes possessions de l’empire.
De même, la plaine fertile de Hauran, dans le sud de la Syrie, au nord de la Jordanie, était l’une des grandes zones céréalières de l’empire ottoman.
Cette autosuffisance fait partie de l’histoire ancienne. En 2021, la région MENA comptait cinq des quinze premiers États importateurs de blé au monde. Même des petits pays comme la Jordanie et la Tunisie parviennent à en importer suffisamment pour figurer dans le top 50. Les données de l’Observatoire de la complexité économique (OEC)[ L’OEC présente des visualisations de données sur le commerce international] permettent de visualiser cette dépendance au sein des principaux importateurs de la région, en cartographiant la facture totale des importations de blé de chaque pays, ses principaux fournisseurs, son rang parmi les importateurs de blé et la part du blé dans les importations de chaque pays.
🔴La dépendance à l’égard des importations[0] a un coût élevé.
Année après année, les États arabes à court de liquidités, dépensent leurs réserves limitées en devises étrangères pour importer des denrées de base qu’ils cultivaient autrefois pour eux-mêmes. Leur capacité à nourrir leurs sociétés est désormais déterminée par la volatilité des marchés mondiaux. Ainsi, la carte ci-dessus utilise des données datant de 2021, un an avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les données de l’année suivante montreraient un bouleversement majeur des chaînes d’approvisionnement en blé de la région, qui a été profondément ressenti en 2022 et 2023.
🔴Cette carte comporte également une omission notable.
Pour créer une visualisation la plus claire possible, nous n’avons montré que les importations du seul blé, à l’exclusion des données sur la farine de blé. D’où l’absence de l’Irak, de la Syrie et de la Palestine, qui n’importent pas de grandes quantités de blé mais dépendent massivement de la farine importée.
En 2021, l’Irak et la Syrie étaient respectivement les deuxième et sixième plus grands importateurs de farine au monde.
Le Yémen arrivait en troisième position, ce qui ajouterait à la facture déjà lourde du blé représentée sur la carte.
La dépendance vis-à-vis de la farine, plutôt que du blé non transformé, est répandue dans les États déchirés par des conflits dans la région et au-delà, ce qui confirme les dommages infligés à la production locale des meuneries.
Nourrir la population ou nourrir l’Europe Qu’est-il arrivé ? Comment est-on passé d’une zone productrice de blé à une région consommatrice ? Il est tentant de blâmer le changement climatique et la pénurie d’eau[1], qui sont effectivement de mauvais augure pour l’agriculture régionale. Aujourd’hui, cependant, de nombreux États arabes disposent toujours de conditions favorables pour faire pousser du blé. La croissance démographique incontrôlée et l’urbanisation rapide offrent des explications plus convaincantes mais ce n’est qu’une partie du tableau.
Le principal problème est que les gouvernements de la région ont pour la plupart cessé d’organiser l’agriculture de manière à nourrir leurs sociétés.Au milieu du siècle dernier, les États arabes nouvellement indépendants ont investi massivement dans l’autosuffisance alimentaire et la redistribution des terres, des richesses et des services en faveur de la paysannerie. Mais cela a commencé à changer dans les années 1970 et 1980, au moment où la région adoptait des réformes néolibérales. Confrontés à l’augmentation de la dette et à la pression des prêteurs internationaux, comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), la plupart des États arabes ont décidé de privatiser des services clés, de réduire le soutien aux petits producteurs et de favoriser les grandes exploitations agricoles privées, orientées vers des cultures de rente destinées à l’exportation.
🔴C’est en Égypte qu’on le voit le plus clairement.
L’une des sociétés agraires les plus vieilles de l’histoire dépense aujourd’hui plus que tout autre pays au monde pour importer du blé. L’Égypte est également de loin le premier importateur mondial de fèves pour son foul[2], le plat emblématique de sa cuisine. Ce qui ne veut pas dire que les Égyptiens ont cessé de cultiver : simplement que les politiques étatiques de l’État ont évolué vers la promotion des exportations à forte valeur ajoutée[3]. Les données de l’OEC permettent de visualiser ce changement. Nous avons comparé la valeur des importations de blé de l’Égypte à une sélection de ses principales exportations agricoles. Les barres verticales représentent la valeur totale de chaque importation ou exportation. Les flèches indiquent le principal partenaire commercial de chaque produit.
🔴Les résultats montrent à quel point l’Égypte a évolué vers l’importation de denrées de base et l’exportation de cultures de rente[4].
En 2021, elle figurait parmi les 12 premiers exportateurs mondiaux d’agrumes, de pommes de terre, de fraises et de coton. Toutes ces plantes sont irriguées, et certaines sont notoirement gourmandes en eau. Les vendre à l’étranger revient de facto à les vendre avec l’eau dont elles ont eu besoin, c’est-à-dire exporter ce qu’on appelle parfois « l’eau virtuelle ».Cela s’accorde mal avec l’aggravation de la crise hydraulique dans ce pays et le fait que toutes ces exportations sont encore insignifiantes par rapport aux importations égyptiennes de blé.
Les profiteurs des deux côtés de la Méditerranée À l’autre bout de la région, le Maroc est confronté à une situation similaire. Le royaume chérifien est à la fois un important importateur de blé et un méga-producteur de fruits. Il est l’un des principaux exportateurs mondiaux de tomates et d’agrumes, ainsi que de fruits de luxe gloutons en eau comme le melon, les baies et les avocats.
Ces échanges — fruits marocains contre céréales européennes — fonctionnent très bien pour les exportateurs privés des deux côtés de la Méditerranée, et pour les consommateurs européens qui savourent des fruits bon marché. Mais au détriment du combat contre la sécheresse qui perdure depuis des années au Maroc et qui a forcé l’État à rationner l’eau des stations de lavage auto et des hammams publics.
🔴Les relations commerciales du Maroc révèlent également ce que l’on pourrait appeler un courant néocolonial dans les échanges alimentaires méditerranéens: son principal partenaire commercial, la France, se trouve être l’ancienne puissance coloniale, qui continue de bénéficier des ressources naturelles du Maroc sous la forme de fruits grands consommateurs d’eau.
Le goût pour les avocats israéliens En Méditerranée orientale, Israël est passé maître dans la science de l’agriculture à haute valeur ajoutée.Il s’appuie sur une technologie de pointe et sa propre forme de colonialisme via l’exploitation illégale de la terre et de l’eau en Palestine et sur le plateau du Golan occupé. Ses exportations de fruits sont surtout destinées à des États européens, comme la France et les Pays-Bas, qui ont soutenu sa guerre à Gaza. Avec le Maroc, Israël est l’autre État de la région MENA à profiter du goût de l’Europe pour les avocats. Des sociétés israéliennes et marocaines se sont même associées pour cultiver des avocats sur le sol marocain avec de l’eau marocaine, par l’intermédiaire d’une coentreprise créée après la normalisation des relations entre les deux pays en 2020.
Toutefois, les ventes d’avocats israéliens sont dérisoires comparées à l’exportation d’un produit nettement moins attractif : les aliments pour animaux vendus sur le marché captif des Territoires palestiniens occupés. Ces derniers dépendent du bon vouloir des Israéliens, même pour produire des aliments localement. Depuis le 7 octobre 2023, Israël exerce son contrôle sur le flux des produits alimentaires de base afin d’amener régulièrement Gaza au bord de la famine.
🔴Si Israël fixe les termes de ses relations avec ses voisins, la Jordanie n’a pas un tel luxe.
Les petites rivières locales charrient les miettes de l’agriculture israélienne et, dans une moindre mesure, syrienne. En conséquence, Amman, la capitale, amène de l’eau de l’aquifère d’Al-Dissi[5], que la Jordanie partage avec un royaume voisin bien plus étendu et plus fort : l’Arabie saoudite. Cette dernière avale aussi indirectement l’eau de la Jordanie via l’élevage de bétail et la culture de fruits consommateurs d’eau, exportés ou introduits en contrebande par de grandes entreprises jordaniennes à travers la frontière saoudienne.
🔴La situation difficile de la Jordanie reflète donc celle de l’Égypte et du Maroc, à plus petite échelle.
Tandis que la population jordanienne est assujettie au pain subventionné fabriqué avec du blé européen bon marché, ses plus gros agriculteurs font pousser des pêches et des nectarines qu’ils expédient vers le marché saoudien plus riche. Ils exploitent à leur gré des eaux souterraines de haute qualité sans se préoccuper des quotas stricts qui entravent les petits producteurs.
Les pâturages de l’Arabie saoudite Cela dit, on pourrait arguer que le secteur agricole le plus hostile à la nature est celui de l’Arabie saoudite.Le royaume désertique n’a pas de rivières, ne reçoit quasiment pas de précipitations, et épuise depuis des décennies ses eaux souterraines fossiles à un rythme alarmant. Et pourtant, il possède de loin la première industrie laitière de la région MENA qui exporte chaque année pour plus d’un milliard de dollars. Almarai — l’entreprise laitière saoudienne dont le nom signifie « pâturages » — est une marque familière dans une grande partie du monde arabe.
Mais les vaches laitières, et le fourrage nécessaire pour les nourrir sont parmi les plus dépensières en eau de l’agrobusiness. Plutôt que de réduire ses activités, Almarai a même raflé des droits sur des terres et de l’eau dans des endroits aussi improbables que l’Arizona et l’Argentine.
Outre les produits laitiers, l’Arabie saoudite était en 2021 le premier exportateur mondial de dattes. Ce fruit a une longue et riche histoire dans le royaume des Saoud, en particulier dans ses oasis orientales. Aujourd’hui, toutefois, irriguer les dattes revient à puiser dans de rares réserves d’eau. Et, comme pour les produits laitiers, les revenus tirés de ces exportations sont ridicules par rapport aux ventes gargantuesques d’énergie du royaume.
🔴Alors, pourquoi exporter autant d’eau ?
La réponse tient probablement à deux facteurs, qui s’appliquent autant aux dattes saoudiennes qu’aux nectarines jordaniennes, aux fraises égyptiennes ou aux avocats marocains.
Premièrement, même si les revenus de chaque production — quelques centaines de millions de dollars par an, en gros — sont marginaux dans la balance commerciale d’un pays, ces récoltes rapportent de l’argent à ceux qui exportent.Les intérêts particuliers vont des cultivateurs locaux bien connectés aux multinationales de l’agroalimentaire, dont les régimes arabes sont soucieux d’attirer les investissements. Dans la MENA — comme dans d’autres régions soumises au stress climatique telles que le sud de l’Europe ou l’Ouest américain —, ces puissants acteurs seront les derniers à souffrir d’une mauvaise gestion de l’eau rare.
Deuxièmement,il y a la présomption que, quoi qu’il arrive, la région trouvera bien le moyen de sortir d’une crise de l’eau qui s’aggrave. Riche en pétrole,le Golfe a mené pendant des décennies grand train au-delà de ses moyens hydrologiques, grâce à la désalinisation coûteuse et polluante de l’eau de mer. De telles solutions technologiques séduisent les dirigeants ailleurs dans la région, même dans des États comme la Jordanie et l’Égypte qui n’ont pas les moyens de les appliquer à une telle grande échelle.
🔴Évidemment, une pareille pensée magique n’est pas confinée au monde arabe.
Elle imprègne les politiques environnementales à l’échelle mondiale, y compris au sein des riches États occidentaux qui sont les plus comptables de la crise actuelle et les mieux placés pour y faire face. Mais tôt ou tard, notre climat imposera des changements sur ce que nous mangeons et où nous le produisons. La question est de savoir si nous nous y préparons de manière à protéger les plus vulnérables, ou si nous nous accrochons à un système qui sert ceux qui en ont le moins besoin.
[2] FOUL : Plat national égyptien à base de fèves, consommé généralement pour le petit déjeuner. Il est servi chaud et les fèves sont consommées broyées ou intactes.
Les ministres israéliens déclarent de plus en plus ouvertement que le prétexte d'une guerre pour « sauver les otages » est en train d'être abandonné.... et, si la France reconnaît la Palestine « Nous répondrons en annexant les colonies de Cisjordanie[6] » !
et... alors que la France n'a toujours reconnu la Palestine, le 29 mai 2025, un ministre d’extrême-droite annonce la création de 22 nouvelles colonies juives en Cisjordanie[8]...
Un jour après que le cabinet israélien a voté l'approbation d'un plan pour l'occupation militaire totale de Gaza, le déplacement interne de sa population et la prise en charge des approvisionnements alimentaires par les Forces de défense israéliennes (FDI), le ministre des finances Bezalel Smotrich a clairement indiqué qu'il s'agissait de l'étape suivante dans le nettoyage ethnique total de Gaza[0].
Sources :World Socialist Web Site (Article paru en anglais le 7 mai 2025) | mis à jour le 09/07/2025
Bezalel Smotrich s’est engagé à ce que : D'ici un an, [...] Gaza sera entièrement détruite, les civils seront envoyés [...] dans le sud, dans une zone humanitaire [...] et de là, ils commenceront à partir en grand nombre vers des pays tiers[0].
🔴 Cette proposition de destruction de Gaza, d'occupation militaire et de nettoyage ethnique de sa population est en fait le plan opérationnel de la « guerre » d'Israël à Gaza, qui a été lancée sous le prétexte de l'attaque du Hamas et de la prise d'otages du 7 octobre 2023.
🔴 Afin de fournir une couverture politique au génocide planifié, le président américain Joe Biden, le Parti démocrate [NDLR : et le gouvernement français] et les médias ont prétendu qu'Israël menait une guerre contre le Hamas, visant à restituer les otages, alors même qu'ils fournissaient à Israël des milliers de bombes d’une tonne dont la seule utilité était de détruire des pâtés de maisons entiers.En février, le président américain Donald Trump a annoncé publiquement la politique actuelle, à savoir la démolition totale de la bande de Gaza. Israël et les États-Unis allaient « raser le site », déplacer sa population et annexer le territoire[1].
🔴Le plan annoncé lundi 5 mai par le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou[2][2bis], comme l'a clairement expliqué Smotrich[0], marque la mise en œuvre à grande échelle de cette vision.Les Palestiniens de Gaza seront rassemblés, déplacés dans des camps de concentration dans le sud du territoire, puis forcés à traverser le désert jusqu'en Égypte ou embarqués sur des bateaux.
Ce plan sera présenté comme une relocalisation « volontaire », dans le contexte d'un blocus total de la nourriture, de l'eau et de l'électricité dans la bande de Gaza. Mais il ne sera « volontaire » que parce que rester dans un endroit sans nourriture sera une condamnation à mort.
Bien sûr, ce sera une condamnation à mort pour les otages restés à Gaza, qui mourront de faim avec le reste de la population palestinienne. Mais les ministres israéliens déclarent de plus en plus ouvertement que le prétexte d'une guerre pour « sauver les otages » est en train d'être abandonné.
Comme l'a déclaré Smotrich à l'Agence France-Presse (AFP) : Israël n'a pas l'intention de se retirer des territoires capturés par Tsahal, pas même dans le cadre d'un accord de libération d'otages. En réponse au projet d'occupation totale de la bande de Gaza, le Hamas a déclaré qu'il n'engagerait plus de négociations avec Israël.
Basem Naim, haut responsable du Hamas, a déclaré à l'AFP :
« Il ne sert à rien d'engager des pourparlers ou d'envisager de nouvelles propositions de cessez-le-feu tant que la guerre de la faim et la guerre d'extermination se poursuivent dans la bande de Gaza.[3] »
Le plan israélien d'occupation et de nettoyage ethnique de Gaza a été accueilli par le silence du Parti démocrate israélien : Hakeem Jeffries, chef de la minorité parlementaire, Chuck Schumer, chef de la minorité sénatoriale, Joe Biden, ancien président, Barack Obama et Nancy Pelosi, ancienne présidente de la Chambre des représentants, sont restés muets.
Depuis le 2 mars, Israël bloque totalement l'entrée de la nourriture, de l'eau et de l'électricité dans la bande de Gaza, ce qui a entraîné une augmentation de la malnutrition. Un sac de farine, vendu auparavant 5 dollars, coûte désormais jusqu'à 500 dollars.
Israël utilise délibérément la famine comme arme de guerre. Le mois dernier, le ministre israélien de la défense, Israël Katz, a déclaré :
« La politique d'Israël est claire : aucune aide humanitaire n'entrera à Gaza, et le blocage de cette aide est l'un des principaux moyens de pression empêchant le Hamas de l'utiliser comme un outil auprès de la population. [...] Personne ne prévoit actuellement d'autoriser l'entrée de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, et rien n'est prévu à cet effet. »
Environ 69 % de la bande de Gaza a été incorporée dans une zone tampon israélienne ou fait l'objet d'ordres d'évacuation, laissant la population restante de Gaza, qui a été déplacée à de multiples reprises, piégée dans des enclaves de plus en plus petites.
Dans une déclaration faite cette semaine, le Croissant-Rouge palestinien (CRP) a indiqué que « la nourriture était complètement épuisée, tant sur les marchés que dans les centres de distribution »[4].
Dans sa dernière mise à jour humanitaire, le Croissant-Rouge palestinien a déclaré : « La population est à nouveau exposée à un risque extrême de famine » et « il est impossible de répondre aux besoins quotidiens minimums de plus d'un million de personnes déplacées »[4].
Dans une déclaration, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué : «Les besoins des civils à Gaza sont actuellement écrasants » et «en vertu du droit humanitaire international, Israël a l'obligation d'utiliser tous les moyens disponibles pour veiller à ce que les besoins fondamentaux de la population civile sous son contrôle soient satisfaits. »
Dans un communiqué publié mardi, l'UNICEF a fait remarquer : «Au cours du mois dernier, plus de 75 % des ménages ont signalé une détérioration de l'accès à l'eau : ils n'ont pas assez d'eau à boire, ne peuvent pas se laver les mains lorsque c'est nécessaire et sont souvent obligés de choisir entre se doucher, faire le ménage et cuisiner.»[5]. L’organisme ajoute : «La malnutrition est également en hausse. Plus de 9000 enfants ont été admis pour traitement de la malnutrition aiguë depuis le début de l'année. Des centaines d'autres enfants ayant désespérément besoin d'un traitement ne peuvent y accéder en raison de l'insécurité et des déplacements. Depuis le 18 mars, les hostilités se sont intensifiées, entraînant le déplacement de 390 000 personnes qui n'ont nulle part où aller en toute sécurité. »[5].
Aya al-Skafy, une habitante de la ville de Gaza, a déclaré à Al Jazeera que son bébé était mort la semaine dernière de malnutrition :«Elle avait quatre mois et pesait 2,8 kg. En raison de sa malnutrition sévère, elle souffrait d'acidité sanguine, d'insuffisance hépatique et rénale, et de nombreuses autres complications. Elle a aussi perdu ses cheveux et ses ongles à cause de la malnutrition ».
Mohammed al-Seikaly, un autre habitant de la ville de Gaza, a déclaré à Reuters :« Il ne reste plus rien dans la bande de Gaza qui n'ait été frappé par des missiles et des barils explosifs. [...] Je demande devant le monde entier : « Que reste-t-il à bombarder ?»[7].
🚩Gaza : les images authentifiées de l’opération sans précédent menée par Israël à Rafah
Israël : le " transfert " des Palestiniens hors de la bande de Gaza, un fantasme devenu projet[9]!
Les masques tombent : " Il n'y aura pas d'Etat palestinien, cet endroit nous appartient " affirme Benyamin Netanyahou[10] !
Le ministre israélien de la défense, Israël Katz, a publié une déclaration[0] explicite d’intention génocidaire à l’égard de la population de Gaza, menaçant les civils de l’enclave d’une punition collective sous la forme d’une « dévastation totale » s’ils ne trouvent pas le moyen de renverser le Hamas et de libérer tous les otages israéliens.
🔴 « Résidents de Gaza, ceci est votre dernier avertissement. Le premier Sinwar a détruit Gaza, et le second Sinwar entraînera sa ruine totale. L’attaque de l’armée de l’air israélienne contre les terroristes du Hamas n’était que la première étape. Ce qui suivra sera bien plus dur, et vous en supporterez tout le coût.
🔴 « L’évacuation de la population des zones de combat reprendra bientôt. Si tous les otages israéliens ne sont pas libérés et si le Hamas n’est pas chassé de Gaza, Israël agira avec une force que vous n’avez jamais connue auparavant.
🔴« Suivez le conseil du président américain : rendez les otages et chassez le Hamas, et de nouvelles options s’ouvriront à vous, y compris la relocalisation dans d’autres parties du monde pour ceux qui le souhaitent. L’alternative est la destruction et la dévastation totale ».
Lorsque Katz dit « Suivez le conseil du président américain », il fait référence à une déclaration faite par le président Trump le 5 mars, qui a fait essentiellement la même menace adressée « au peuple de Gaza », en disant : «Un bel avenir vous attend, mais pas si vous retenez des otages. Si vous le faites, vous êtes MORTS ! Prenez une décision intelligente. LIBÉREZ LES OTAGES MAINTENANT, OU IL Y AURA UN ENFER À PAYER PLUS TARD ! »
Lorsque j’ai critiqué le président américain pour ces remarques qui menacent explicitement les civils de Gaza, j’ai reçu un déluge de partisans de Trump me disant qu’il ne parlait pas vraiment de « la population de Gaza » comme il l’a dit, mais qu’il ne parlait plutôt que de ceux qui retiennent activement des otages. La déclaration de M. Katz montre clairement qu’ils avaient tort et que ceux d’entre nous qui ont appelé un chat un chat à l’époque avaient raison.
Le ministre israélien de la défense ne fait que suivre la position de Trump et réitérer ce que tous ceux qui ne sont pas des partisans à œillères savaient que Trump disait il y a deux semaines. Il le fait exactement de la même manière que Benjamin Netanyahou a suivi la position de Trump sur le nettoyage ethnique de Gaza le mois dernier en " approuvant avec enthousiasme[3] " le plan proposé par Trump pour " expulser définitivement tous les Palestiniens de l’enclave[4] ". Trump propose un plan, et les responsables israéliens le mettent en œuvre.
Les gouvernements américain et israélien menacent donc ouvertement l’ensemble de la population de la bande de Gaza du crime de guerre de " punition collective[5] " s’ils ne chassent pas le Hamas de Gaza, et annoncent en outre leur intention d’infliger une « dévastation totale » à cette population s’ils ne le font pas.
🔴Il s’agit là de l’aveu le plus explicite possible d’une intention génocidaire.
Dans le cadre du procès pour génocide intenté à Israël devant la Cour internationale de justice[6], les procureurs sud-africains ont rassemblé une montagne de preuves[7] attestant de l’intention des responsables israéliens de commettre un génocide à Gaza.Ainsi, M. Netanyahou a qualifié la population de Gaza d’« Amalek », en référence à un récit biblique relatant l’histoire d’un peuple qui a été complètement anéanti sur ordre de Dieu, ou l’ancien ministre israélien de la défense, Yoav Gallant, a décrit les Palestiniens de Gaza comme des « animaux humains » tout en déclarant un « siège total » de l’enclave.
🔴Raz Segal et Penny Green, d’Al Jazeera, ont écrit ce qui suit[8]à propos de l’affaire de la CIJ l’année dernière :
« Le crime de génocide comporte deux éléments - l’intention et l’exécution - qui doivent tous deux être prouvés lorsque des accusations sont portées... L’intention est généralement plus difficile à prouver lorsque des accusations de génocide sont portées ; le requérant doit être en mesure de prouver « l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel », selon les termes de la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide. Mais dans le cas d’Israël, l’intention a également été mise à nu par un grand nombre de preuves, comme l’a souligné l’équipe juridique sud-africaine».
La déclaration de M. Katz est probablement l’aveu le plus clair et le plus explicite à ce jour. Il est difficile d’imaginer une déclaration d’intention génocidaire plus claire que la diffusion d’une vidéo adressée à une population civile la menaçant de « dévastation totale » si elle ne fait pas ce qu’on lui dit de faire.
Nous pouvons être sûrs que ces déclarations de Katz et de Trump ont été ajoutées aux dossiers de ceux qui espèrent pouvoir un jour poursuivre avec succès ces monstres pour crimes de guerre.
Nous pouvons également être sûrs qu’elles seront enregistrées dans ce qui sera finalement considéré comme l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de notre civilisation.
« Tu es restée bien silencieuse le 7 octobre. »
Quelques semaines après l’attaque du Hamas contre des soldats et des civils israéliens, il y a un an, une de mes connaissances racontait sur Facebook avoir reçu ce message d’une amie. Je n’ai pas échappé non plus à ce flicage de l’expression de la sympathie pour les victimes israéliennes, la mienne ayant été jugée trop tardive. Horrifiée, je l’étais ; mais j’étais aussi tétanisée, et désespérée.
🔴 Tétanisée, parce que je voyais combien le choc provoqué par le massacre du Hamas était immédiatement instrumentalisé, y compris par une surenchère d’allégations mensongères « bébés décapités », « femme enceinte éventrée », « bébé placé dans un four », afin de mieux exciter la soif de vengeance. Il a été utilisé pour justifier les bombardements sur Gaza, qui ont commencé dès le 7 octobre, puis ce qui n’allait pas tarder à devenir le génocide du peuple palestinien. Israël a « transformé le traumatisme en arme de guerre », comme Naomi Klein vient de le décrire dans un article époustouflant [0].
🔴 Et désespérée, parce que je comprenais brusquement une chose : la justice pour les Palestiniens, que ne cessaient d’attendre – sans doute naïvement – toutes les personnes qui, comme moi, suivent avec attention la situation en Israël-Palestine depuis trente ans ou plus,cette justice ne viendrait jamais.
Les bombardements sur Gaza et la décimation de familles entières, en particulier en 2008-2009 et en 2014[1] ;
La répression de la Grande marche du retour, en 2018, au cours de laquelle les snipers israéliens, en plus de tuer 223 manifestants, ont pulvérisé des rotules à la chaîne ;
le meurtre d’Ahmad Erekat[1bis], en 2020, et tant d’autres exécutions sommaires ;
l’assassinat de la journaliste Shireen Abu-Akleh, en mai 2022, puis l’attaque de son convoi funéraire par la police israélienne, qui a presque renversé son cercueil (Abu-Akleh était chrétienne) [2] ;
Nora Sub Laban expulsée de sa maison de famille à Jérusalem, en juillet 2023, après des années de bataille judiciaire, et l’emménagement immédiat de colons qui ont jeté les meubles dans la rue et accroché des drapeaux israéliens aux fenêtres...
rien de tout cela – pour ne citer que quelques faits marquants – n’avait ému l’opinion ou la classe politique.
Absente au cours des années précédentes, l’émotion du grand public a déferlé comme une vague le 7 octobre, puis elle a aussitôt reflué, alors que la descente aux enfers définitive des Palestiniens commençait.
Que l’humanité et la sacralité de la vie ne soient accordées, sur un même territoire, qu’à une partie de la population est un scandale qui n’en finit plus de me bouleverser. Le découpage minutieux par lequel les médias et les dirigeants occidentaux distinguent les victimes dignes d’être pleurées de celles qui ne méritent pas une seconde d’attention me fait penser à ces vieilles photos de l’URSS sur lesquelles la censure effaçait soigneusement les contours des dignitaires tombés en disgrâce.
C’est d’autant plus révoltant que cela brouille totalement la réalité du rapport de forces. On en vient à avoir l’impression que ce ne sont pas les Palestiniens qui sont sous la botte, opprimés, dépossédés, expulsés et tués depuis des décennies, mais les Israéliens. Une amie qui a fait ses études en Allemagne me racontait qu’une autre étudiante lui avait un jour dit très sérieusement : « Tout de même, les Palestiniens ont envahi Israël. » D’où, aussi, les comparaisons aberrantes entre Israël et l’Ukraine – alors qu’Israël est dans le rôle de la Russie (à cette différence près que la Palestine, territoire occupé et morcelé, n’est pas un État souverain comme l’Ukraine).
Depuis un an, celles et ceux qui continuent de suivre la situation en Palestine, essentiellement à travers les journalistes palestiniens présents sur les réseaux sociaux, voient tous les jours des images qui leur retournent l’estomac. Tous les jours, tous les jours, tous les jours :
les immeubles pulvérisés ;
les enfants blessés allongés sur le sol d’un hôpital ;
les corps vivants ou morts coincés sous les décombres ;
les blessés dont les bras ou les jambes pendent, presque détachés du reste de leur corps ;
les cadavres alignés dans des linceuls, les proches hagards de douleur ;
la jubilation mauvaise des soldats israéliens pillant et saccageant les intérieurs de familles déplacées ou tuées ;
les enfants agonisants, squelettiques, en raison du blocus sur la nourriture et l’eau annoncé par le ministre de la défense israélien Yoav Gallant dès le 9 octobre 2023. Je reste aussi hantée par les images, vues à deux reprises, d’enfants au visage intact, mais à la boîte crânienne explosée, béante, complètement vide.
Et enfin, ce matin, les images insoutenables de Palestiniens prisonniers des flammes[3bis] après le bombardement d’abris de fortune installés dans la cour de l’hôpital Al-Aqsa.
Au cours de l’année écoulée, Israël a commis à Gaza l’équivalent d’un massacre du 7 octobre chaque semaine
▶️ En octobre, le journaliste Wael Al-Dahdouh apprenait en direct, pendant qu’il travaillait, la mort de sa femme et de deux de ses enfants (en décembre, il a vu son cameraman, Samer Abu Daqqa, mourir à ses côtés, puis, en janvier, il a perdu un autre fils, Hamza Al-Dahdouh, également journaliste).
▶️ En novembre, il y a eu la vieille femme tuée par un sniper alors qu’elle tenait la main de son petit-fils, le petit Taim Abd Al-Aati, qui agitait un drapeau blanc. Ce même mois, les cadavres décomposés des bébés prématurés de l’hôpital Al-Nasr, que le personnel a été forcé d’abandonner dans leurs couveuses par l’armée israélienne.
▶️ En janvier, le meurtre de Hind Rajab, six ans, qui a vu les siens mourir autour d’elle quand leur voiture a été prise pour cible par un char, et qui a supplié les secours de venir la sauver avant d’être à son tour tuée, de même que deux ambulanciers qui tentaient de l’atteindre. (En avril, les étudiants de l’université Columbia à New York, qui occupaient leur campus, ont renommé le Hamilton Hall « Hind’s Hall » en son honneur ; c’est également le titre que le rappeur américain Macklemore a donné à sa chanson en soutien au mouvement étudiant pour la Palestine.)
▶️ En février, le corps de Sidra Hassouna, petite fille de sept ans, accroché au mur sur lequel il avait été projeté par la déflagration. Le « massacre de la farine », quand l’armée israélienne a ouvert le feu sur les Palestiniens affamés par le blocus qui se pressaient autour d’un convoi d’aide alimentaire, tuant au moins 118 d’entre eux. À l’hôpital Nasser, un prisonnier, Jamal Abu Al-Ola, envoyé par les soldats, les mains liées, pour dire aux patients et au personnel d’évacuer, puis abattu sous les yeux de sa mère.
▶️ En mars, Razan Muneer Arafat, onze ans, dans un fauteuil roulant, pleurant à chaudes larmes ses jambes perdues.
▶️ En mai, le cadavre sans tête d’Ahmad Al-Najar, dix-huit mois, décapité quand l’armée israélienne a bombardé des tentes de personnes déplacées à Rafah, faisant quarante-cinq victimes, la plupart brûlées vives.
▶️ En juin, le massacre de Nuseirat, lorsque des soldats israéliens ont tué plus de 270 civils palestiniens pour libérer quatre otages – une opération fêtée comme un « grand succès » dans les chancelleries et les médias occidentaux.
▶️ En juillet, Muhammed Bhar, jeune homme atteint du syndrome de Down, déchiqueté par un chien de l’armée ; les soldats l’ont laissé agoniser, en empêchant ses proches de lui porter secours.
▶️ En août, le journaliste Ismail Al-Ghoul, dans sa voiture visée par un tir de drone, vêtu de son gilet « presse », la tête arrachée – tué avec son cameraman Rami Al-Rifi, ce qui portait alors à 165 le nombre de journalistes tués à Gaza en moins d’un an.
▶️ En septembre, un fœtus sanguinolent tiré des décombres d’un immeuble. Un père embrassant le pied arraché de sa petite fille – tout ce qu’il restait de son corps. Un soldat rigolard fumant une cigarette tandis qu’une mosquée brûle dans son dos. Une effarante accumulation de crimes de guerre, qu’Al-Jazeera a tenté de répertorier dans un documentaire récent [4].
🔴Au cours de l’année écoulée, selon les calculs de Joseph Confavreux dans un article de Mediapart, Israël a commis à Gaza l’équivalent d’un massacre du 7 octobre chaque semaine[5]. Et pourtant… Rien de tout cela ne semble s’être imprimé dans les esprits des gens autour de nous – pas plus que tout ce qui a précédé ne s’y était imprimé. Pour tout le monde, seul existe le massacre du 7 octobre en Israël.
Cette insensibilité explique la grossièreté de ces intervieweurs occidentaux qui reçoivent des Palestiniens endeuillés, ayant perdu plusieurs membres de leur famille (parfois des dizaines), et qui leur lancent d’un seul souffle : « Toutes mes condoléances, est-ce que vous condamnez le meurtre de civils par le Hamas ? ».
Un sommet d’obscénité a été atteint ce 7 octobre avec l’interview sur BFMTV du journaliste Rami Abou Jamous, qui témoigne chaque semaine sur Orient XXI de l’enfer qu’est devenu Gaza. Il n’a été interrogé que sur le Hamas et le 7 octobre[6]. On parle d’un homme épuisé et traumatisé, dont – pour ne citer qu’un exemple – la belle-sœur a été grièvement blessée par un quadricoptère (un petit drone) qui l’a poursuivie jusque sous sa tente de déplacée[7].
Arwa Mahdawi : « Les mêmes personnes qui nous sommaient de désavouer la violence salivent sur notre mort et célèbrent le meurtre à une échelle inimaginable » Au fil des mois, déjà, on avait pu mesurer l’ampleur du « deux poids, deux mesures ». Les massacres, les viols[8] : au vu de l’indignation générale soulevée, à juste titre, quand des Israélien·nes en ont été victimes, on avait pu en déduire, naïvement, que ces crimes étaient condamnables en eux-mêmes. Mais l’indifférence, voire l’approbation, rencontrées quand des Palestinien·nes en sont victimes à leur tour nous force à en déduire que ce qui est réellement terrifiant, ce n’est pas d’être violé·e, décapité·e, massacré·e : c’est de l’être par des Arabes. Les mêmes personnes qui s’étranglaient d’indignation à l’idée que le Hamas se soit attaqué à des civils reprennent sans sourciller la rhétorique raciste des « boucliers humains » ou des « victimes collatérales » concernant les morts palestiniens.
Des témoignages de viols au moyen de barres de métal brûlantes et d’autres objets émanent de la prison israélienne de Sde Teiman - information enterrée tout à la fin d’un article du New York Times [9]. Pourtant, quand, fin juillet, dix soldats ont été arrêtés pour avoir violé en réunion un prisonnier – lequel a été hospitalisé –, viol dont la vidéo a fuité, des manifestants d’extrême droite, parmi lesquels des ministres, ont pris d’assaut la prison pour les faire libérer.
Le ministre Itamar Ben-Gvir a clamé que tout était permis, même le viol, face à l’ennemi palestinien.
Son collègue Bezalel Smotrich a exigé une enquête, non pas sur le viol lui-même, mais sur la fuite de la vidéo.
Les soldats ont finalement été libérés, et l’un d’eux a été invité sur les plateaux de télévision pour se défendre [10].
L’idée selon laquelle les crimes du 7 octobre justifient une vengeance aveugle, cruelle, sans limite, sur toute une population (soit exactement ce qui était condamnable dans l’attaque du 7 octobre elle-même), a normalisé les discours sanguinaires, voire génocidaires. La Une jubilante du New York Post après l’attaque des bipeurs au Liban, alors que cette attaque a fait des milliers de victimes civiles, qui ont eu des bras, des yeux arrachés, au point que les hôpitaux libanais ont été débordés par l’afflux des blessés, l’illustre bien. De même que la décomplexion des appels au meurtre sur les plateaux de télévision français. « Qu’ils crèvent tous. Israël fait le travail de l’humanité ici », a par exemple osé déclarer Louis Sarkozy sur LCI le 26 septembre[10bis].
🔴« Nous, Palestiniens, n’avons pas le droit d’ouvrir nos bouches sans que quelqu’un nous demande de dénoncer la violence et de condamner le Hamas. Puis on nous ordonne de la fermer et de rester silencieux tandis que les mêmes personnes qui nous sommaient de désavouer la violence salivent sur notre mort et célèbrent le meurtre à une échelle inimaginable », écrit la journaliste palestinienne-américaine Arwa Mahdawi[11].
Lina Mounzer : « Nos quartiers ne sont pas des endroits où nous avons joué, grandi, élevé des enfants et rendu visite à des amis : ce sont des “ bastions ” » Une analyse de la presse américaine publiée par le média indépendant The Intercept en janvier dernier a montré que des termes chargés d’émotion, comme « massacre » ou « horrible », étaient réservés aux victimes israéliennes[12]. On observe le même phénomène dans la presse française, par exemple avec ce titre du Monde : « 7 octobre 2023 : une journée atroce, une année tragique » (5 octobre 2024 ; c’est moi qui souligne). L’atrocité, ce sont les crimes du Hamas, et eux seuls ; ce qui a suivi est simplement « tragique » – autrement dit : ce n’est réellement la faute de personne. L’analyse de The Intercept mettait aussi en lumière la façon dont les journaux américains multiplient les contorsions pour éviter de nommer le perpétrateur israélien, ce qui produit des titres en forme de haïkus étranges, dont l’insurpassable et énigmatique « Lives ended in Gaza[12bis] » – « Des vies ont pris fin à Gaza » –, dans le New York Times (2 mars 2024).
Ancienne responsable du bureau du New York Times à Jérusalem, Jodi Rudoren assume ce choix lexical : « Il y a eu un massacre le 7 octobre. Des atrocités ont été commises. Elles étaient barbares. La réponse a été… intense [sic], elle a impliqué beaucoup de mort, de destruction et de déplacement, mais je ne suis pas sûre que “massacre”, “atrocités” et “barbare” soient des termes appropriés, en tout cas pas pour la guerre dans son ensemble (…). Vous parlez de deux choses très différentes, qui nécessitent des adjectifs différents[13]. » Je l’avoue, ces mots, et la décontraction avec laquelle ils sont prononcés, me donnent envie de hurler.
🔴Le post du dessinateur libanais Mazen Kerbaj (ci-dessous 👇) traduit, je crois, l’état d’esprit de beaucoup.
Dans un article brillant, l’autrice libanaise Lina Mounzer a parfaitement décrit le désespoir que l’on peut ressentir devant ces yeux qu’aucune souffrance palestinienne ou libanaise ne semble assez grande pour dessiller. « Nos quartiers ne sont pas des endroits où nous avons joué, grandi, élevé des enfants et rendu visite à des amis : ce sont des “ bastions ”, écrit-elle. Les corps de nos hommes ne sont pas les poitrines bien-aimées contre lesquelles nous nous appuyons, ni les mains que nous tenions ou par lesquelles nous étions tenus, ni les bras forts qui nous portaient, ni les lèvres douces qui nous embrassaient pour nous souhaiter une bonne nuit. Ce sont des “ suspects ”, des “ militants ”, des “ terroristes ”, et leur mort est toujours justifiable parce qu’ils sont des hommes et nos hommes sont mauvais, et c’est comme ça que ça a toujours été, c’est comme ça que nous avons toujours été pour eux.[14] »
Elle observe : « L’Occident cherche à préserver l’image de sa propre humanité en effaçant complètement la nôtre. Comment peuvent-ils être coupables de meurtre si ceux qu’ils tuent ne sont que des “ terroristes ” ou des “ animaux humains ” ? En fait, non seulement ils ne sont pas coupables de meurtre, mais ils sont des héros qui nettoient le monde. Je ne sais pas quel langage il est possible d’employer avec des gens qui ne vous verront jamais comme un être humain. Qui entendront toujours un animal braire lorsque vous parlez.[14] »
Le soutien massif à Israël dans un paysage politique et médiatique français qui penche de plus en plus nettement vers l’extrême droite – une évolution très loin de se cantonner aux médias Bolloré – n’a guère de quoi étonner.Nous avons globalement quitté la normalité (si relative qu’elle ait pu être) : il faut rappeler que, depuis quelques mois, nous ne vivons plus en démocratie. Cela implique de s’exposer à quelques désagréments quand on a la mauvaise idée de vouloir plaider la cause des Palestiniens. Dernier cas en date : celui de Yannis Arab, doctorant en histoire et auteur de plusieurs ouvrages sur la Palestine, arrêté et perquisitionné par la gendarmerie le 8 octobre pour « apologie du terrorisme[14bis] ».
Pour ma part, j’y suis résignée. Ce que peuvent penser de moi des gens qui défendent un génocide m’est complètement indifférent. Ma seule préoccupation est désormais de ne pas décevoir ou trahir celles et ceux – chrétien·nes, juif·ves, musulman·es, athées ou croyant·es – dont je partage la sensibilité sur ce sujet. Comme l’écrit encore Lina Mounzer, le niveau de violence mis en œuvre par Israël dès octobre 2023 était « si bouleversant qu’il a immédiatement divisé le monde en deux : entre ceux qui savaient ce qui se passait et ceux qui le niaient ».
Les anglophones ont un acronyme pour cela : PEP, ou « progressive except for Palestine » – « progressiste, sauf sur la Palestine » Ce qui est réellement douloureux, cependant, c’est de se heurter aux mêmes préjugés, au même hermétisme, chez des journalistes et des personnalités de gauche, dont on se sent politiquement proche, que l’on estime, avec qui l’on est par ailleurs d’accord sur à peu près tout. Les anglophones ont un acronyme pour cela : PEP, ou « progressive except for Palestine » – « progressiste, sauf sur la Palestine».
Ainsi, dans une interview à Télérama, en avril, à l’occasion de la publication de son livre sur le choc du 7 octobre, l’avocat Arié Alimi expédiait en quatre lignes la question des agissements de l’armée israélienne à Gaza : « Soyons clairs, je suis aussi révolté par une forme d’insensibilité à ce qui est en train de se passer à Gaza ; par le fait qu’aujourd’hui, il y a un risque plausible de génocide – et de plus en plus de traces laissent penser qu’un jour cette qualification sera retenue [15][15bis]. » Pardon, mais si on pense sincèrement qu’un génocide risque de se dérouler, cela ne justifierait-il pas d’en faire son sujet principal ?
De même, plus récemment, dans sa critique du livre remarquable de Didier Fassin, Une étrange défaite, qu’elle disqualifie d’un « Bof », Valérie Lehoux reproche à l’auteur d’user de procédés malhonnêtes pour « mieux affirmer que le drame gazaoui est un génocide – il est tout à fait possible que la justice le reconnaisse un jour comme tel – qu’il est honteux de ne pas arrêter ». Elle aussi admet donc l’hypothèse d’un génocide… mais, à nouveau, entre tirets, sans en tirer aucune conséquence[16].Un génocide est donc moins grave qu’un massacre ?
La conviction profonde selon laquelle il est moins grave de s’en prendre à des colonisés qu’à des colons Autre exemple, qui me semble révélateur des hésitations d’une gauche par ailleurs impeccable sur tant de sujets.Dans l’article de Joseph Confavreux déjà cité plus haut, et par ailleurs excellent, quelques lignes me font sursauter : « Certes, d’un point de vue anthropologique, le théâtre de la cruauté déployé par le Hamas durant les massacres d’octobre dernier n’est pas similaire, terme à terme, avec les actes commis par l’armée israélienne depuis un an[16bis]. »
Je me frotte les yeux. Si la mutilation de dix enfants par jour en moyenne, les parents tués devant leurs enfants et inversement, l’agonie durant des heures ou des jours sous les décombres d’un immeuble (des milliers de cadavres y sont ensevelis), les enfants visés à la tête par des snipers [17], les civils désarmés poursuivis et pulvérisés par des tirs de drone, le fait de priver toute une population d’eau et de nourriture (mais aussi de produits d’hygiène, de sorte que les maladies de peau se propagent), de diffuser ses crimes de guerre sur TikTok avec des musiques entraînantes, ne relèvent pas également d’un « théâtre de la cruauté », et cette fois à l’échelle de tout un peuple, j’aimerais vraiment savoir comment il faut les qualifier.
Quelques jours après la parution de l’article, ce passage a été modifié. On lit désormais : « Les façons de mettre à mort, les projets plus larges dans lesquels les meurtres s’inscrivent, l’intentionnalité de tuer des civils, la volonté d’effrayer et/ou d’éliminer une population sont aussi à prendre en compte. Tout ne se mesure pas avec le décompte macabre des cadavres. » J’avoue que j’y perds mon latin. Faut-il en déduire que l’armée israélienne n’a pas de « projet plus large » ? Qu’elle n’a pas de volonté de « tuer des civils » ou « d’effrayer et/ou d’éliminer une population » ? Que tous ces crimes relèvent d’une touchante maladresse?
Difficile de ne pas déceler ici la conviction profonde selon laquelle il est moins grave de s’en prendre à des colonisés qu’à des colons. Cela me rappelle ce que m’avait raconté il y a quelques mois l’une de mes amies, qui est algérienne et qui enseigne dans une université américaine. Alors qu’elle évoquait le cas d’un colon violemment battu lors d’une révolte au XIXe siècle en Algérie, ses étudiants s’étaient mis à pousser des exclamations horrifiées. Exaspérée, elle leur avait lancé : « Mais enfin, je viens de vous parler d’enfumades[17bis] et d’autres atrocités, et vous n’avez pas bronché ! »
Une incapacité à renoncer à l’image vertueuse d’Israël L’indulgence irréelle manifestée envers l’armée israélienne procède aussi, je crois, d’une réticence persistante à renoncer à l’image d’Israël comme un État vertueux, peuplé de gens cultivés, progressistes, démocrates, humanistes, en refusant de voir que ces Israéliens, s’ils existent bien, sont aujourd’hui une toute petite minorité, dans un pays que des décennies de racisme institutionnalisé et d’impunité internationale ont mené au fanatisme, avant que le 7 octobre le radicalise encore davantage.
Ainsi, beaucoup de gens veulent croire que les manifestations parfois massives contre le gouvernement Netanyahou qui se déroulent en Israël ces temps-ci concernent aussi les crimes commis à Gaza, alors que ce n’est pas le cas. « Netanyahou est peut-être méprisé par la moitié de la population, mais sa guerre contre Gaza ne l’est pas, et, selon des sondages récents, une majorité substantielle d’Israéliens pensent que sa riposte est appropriée, voire qu’elle n’est pas allée assez loin », écrivait Adam Shatz en juin[18].
Partout s’exprime cette « obsession de la symétrie » que Joss Dray et Denis Sieffert pointaient déjà il y a plus de vingt ans[19].
Si on dit un peu de mal des Israéliens, alors on s’empresse d’en dire aussi des Palestiniens pour faire bonne mesure ;
Si on dit un peu de bien des Palestiniens, alors on s’empresse d’en dire aussi des Israéliens.
On ne manque pas de souligner qu’un deuil est toujours une tragédie, qu’une vie vaut une vie, que chaque vie est précieuse, que « les chiffres ne disent pas tout », en renvoyant à leur supposée mesquinerie ceux qui pointent la folle disproportion du bilan des victimes entre le camp de l’occupé et celui de l’occupant.
Est-il vraiment si difficile d’appeler à l’arrêt des massacres, au lieu d’aligner des propos creux sur « la valeur de chaque vie », « l’empathie » ou « la paix » ? Oui, bien sûr, sur le plan intime et privé, c’est vrai : un deuil est toujours une tragédie. Mais on ne devrait pas se servir de cette vérité pour occulter une réalité politique. Cette réalité n’est pas celle de « deux peuples qui se déchirent depuis très longtemps pour une même terre sans qu’on y comprenne grand-chose », comme on l’entend si souvent, mais celle d’un État qui pratique le nettoyage ethnique et le massacre depuis sa création, qui occupe un autre peuple militairement et qui s’emploie actuellement à le rayer de la surface de la Terre sans rencontrer aucun frein.
À l’heure où j’écris, le massacre continue imperturbablement à Gaza ;
la Cisjordanie est elle aussi à feu et à sang ;
le tourbillon de souffrances infligées à la Palestine s’étend au Liban ;
Israël bombarde Beyrouth, rase des villages entiers au Sud-Liban, attaque les casques bleus de l’ONU[19a].
Est-il vraiment si difficile d’appeler à l’arrêt de tout cela, au lieu d’aligner des propos creux sur « la valeur de chaque vie », « l’empathie » ou « la paix » ? Comme le rappelait Rob Grams, rédacteur en chef adjoint de la revue Frustration, sur X, l’empathie pour les otages israéliens est « tout à fait présente, médiatique, officielle. Celle pour les Palestiniens est criminalisée[19b]». Est-il si difficile de le souligner ? «Pourquoi Gaza a-t-elle disparu derrière des sophismes, des approximations, des murmures désolés ? », interroge à raison l’écrivain palestinien Karim Kattan[19c].
« Mourir en un seul morceau est devenu un luxe à Gaza » Même si l’on s’en tient au plan intime et privé, ces déclarations bien-pensantes négligent une autre différence de taille.
Les Israéliens qui ont perdu un proche l’année dernière ont la possibilité de vivre leur deuil, qui est respecté et partagé dans tout l’Occident et au-delà. (Même les soldats d’une armée génocidaire sont honorés dans les médias occidentaux comme des héros.).
Les Palestiniens, traumatisés par des deuils multiples, obligés d’assurer quotidiennement leur survie, n’en ont pas les moyens. Certains n’ont pas de corps à pleurer : leurs proches ont disparu dans une prison, ou sont restés ensevelis sous les décombres de leur immeuble. Parfois, ils sont contraints de rassembler leurs restes dans des sacs en plastique. (Cette année, on a aussi vu, en mars, le garçon qui transportait dans son sac à dos le corps de son petit frère[19d].)
Parmi les enfants rencontrés à Gaza par la journaliste et écrivaine Susan Abulhawa (toujours dans le documentaire d’Al-Jazeera), certains lui ont confié qu’ils voulaient mourir, mais qu’ils espéraient seulement rester entiers. « Mourir en un seul morceau est devenu un luxe à Gaza », confirme Mariam Mohammed Al Khateeb [20]. Le 25 septembre, l’armée israélienne – qui a par ailleurs ravagé plusieurs cimetières, à Gaza mais aussi au Liban – a envoyé à Gaza un camion contenant des dizaines de corps, sans aucun document permettant de les identifier. Les proclamations vertueuses sur la valeur égale des vies, auxquelles je n’ai rien à redire, me semblent un peu vaines si on ne commence pas par dénoncer cette situation.
L’Orient vu comme un espace abstrait, insignifiant, appropriable ; comme une annexe de la scène européenne L’image bienveillante d’Israël que conservent beaucoup de gens à gauche procède pour une large part du fait qu’ils transposent telle quelle la réalité de l’oppression historique subie par les juifs en Europe dans le contexte du Proche-Orient[21]. Par là, ils reproduisent à leur insu la désinvolture du rapport colonial à une terre étrangère, l’habitude de la traiter comme un espace abstrait, insignifiant, appropriable ; comme une annexe de la scène européenne.
C’est cette désinvolture qu’Edward Saïd, dans L’Orientalisme, mettait en exergue chez Lamartine lors de son voyage en Orient, entrepris en 1833. L’écrivain français envisageait ce voyage comme un « grand acte de [s]a vie intérieure » : il s’agissait de projeter des fantasmes, plutôt que de rencontrer une autre réalité. Saïd observe : « Ses pages sur la pensée arabe, sur laquelle il disserte avec une confiance suprême, ne laissent paraître aucune gêne quant à son ignorance totale de la langue. ».
Le voyageur s’enthousiasme : « Cette terre arabe est la terre des prodiges, tout y germe, et tout homme crédule ou fanatique peut y devenir prophète à son tour. » Il traite l’Orient comme une « province personnelle », selon les mots de Saïd, qui résume plus loin : « La Palestine était considérée – par Lamartine et par les premiers sionistes – comme un désert vide qui attendait de fleurir ; les habitants qu’il pouvait avoir n’étaient, pensait-on, que des nomades sans importance, sans véritable droit sur la terre et, par conséquent, sans réalité culturelle ou nationale. »
Après avoir toujours clamé que la Palestine n’existait pas, certains colons israéliens affirment aujourd’hui que « le Liban n’existe pas[21bis] » et rêvent d’y implanter des colonies. L’automne dernier, peu après le 7 octobre, j’ai encore été effarée par la façon dont des gens pouvaient discuter, sur X, du pays arabe où il conviendrait d’expulser les Palestiniens. Il ne leur venait pas à l’idée, visiblement, que les Palestiniens étaient chez eux sur leur terre. Cela me donnait une furieuse envie d’envoyer mes interlocuteurs vivre sous une tente dans une banlieue de Turin ou de Copenhague – au hasard ; après tout, tous ces gens sont des Européens, ce sont plus ou moins les mêmes, non ?
Croire qu’on peut réparer l’écrasement d’un peuple en cautionnant l’écrasement d’un autre
Ainsi, en espérant réparer l’écrasement d’un peuple, nos amis de gauche pro-israéliens cautionnent, sans même s’en apercevoir, l’écrasement d’un autre. Dans un livre saisissant, l’universitaire américain d’origine palestinienne Saree Makdisi souligne ce fait qui dit tout : depuis le Mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, dédié aux victimes de la Shoah, on aperçoit les ruines du village palestinien de Deir Yassin, théâtre d’un massacre en avril 1948, lors de la fondation de l’État d’Israël, qui vit l’expulsion de quelque 750 000 Palestiniens[22] – la Nakba, ou « catastrophe », toujours en cours, aujourd’hui plus que jamais.
« Si des juifs avaient simplement voulu vivre en Palestine, cela n’aurait pas été un problème, écrivait soixante-dix ans après, en 2018, la juriste palestinienne-américaine Noura Erakat. En fait, juifs, musulmans et chrétiens avaient coexisté pendant des siècles dans tout le Moyen-Orient. Mais les sionistes voulaient la souveraineté sur une terre où d’autres gens vivaient. Leur ambition requérait non seulement la dépossession et le déplacement des Palestiniens en 1948, mais aussi leur exil forcé, leur effacement juridique et le déni qu’ils aient jamais existé[23]. ».
Comme le remarque Saree Makdisi, les innombrables élus démocrates américains qui clament leur attachement à un État « juif et démocratique » oublient – ou feignent d’oublier – la contradiction contenue dans cette formule :
soit Israël est un État juif, qui, pour se maintenir comme tel, doit opprimer, expulser, tuer, et dans ce cas il n’a rien de démocratique ;
soit il est réellement démocratique, et alors il doit accorder les mêmes droits et les mêmes libertés aux populations musulmanes et chrétiennes présentes sur son sol.
La forêt plantée pour dissimuler les ruines du village palestinien de Saffourieh, détruit en 1948 lors de la Nakba. Photo : Jason Bechtel, Interface Peace-Builders, 2010
Si la vision vertueuse d’Israël persiste à gauche, c’est aussi en raison des stratégies de relations publiques mises en œuvre par cet État afin de dissimuler son racisme structurel, que détaille Saree Makdisi dans son livre. Il raconte notamment comment, dès 1948, sous l’égide du Fonds national juif (FNJ), Israël a planté des arbres afin de recouvrir les ruines des villages palestiniens détruits – stratégie qui continue aujourd’hui avec les villages bédouins dans le Néguev.
Kamala Harris en 2017 : « Quand je me suis rendue en Israël pour la première fois, j’ai vu que l’ingéniosité israélienne avait réellement fait fleurir le désert » Le paysage naturel palestinien, avec ses oliviers, ses figuiers de barbarie et ses citronniers, a été éradiqué à coup d’herbicides et remplacé par des monocultures de conifères qui donnent à certains lieux des allures de paysage alpin. Depuis 1967, environ 800 000 oliviers ont été déracinés sur les territoires occupés cette année-là (ces derniers temps, cependant, la tendance est à l’appropriation plutôt qu’à la destruction[24]. Et quand un hôte de marque arrive dans le pays, on l’invite à planter un arbre : un geste pacifiste, écologiste, humaniste, dont personne ne songerait à questionner l’innocence.
C’est peu dire que cette stratégie de séduction fonctionne. En 2017, lors d’une conférence de l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), Kamala Harris déclarait : « Ayant grandi dans la baie de San Francisco, je me souviens avec tendresse de ces boîtes du Fonds national juif que nous utilisions pour collecter les dons afin de planter des arbres pour Israël. Des années plus tard, quand je me suis rendue en Israël pour la première fois, j’ai vu les fruits de ces efforts, et que l’ingéniosité israélienne a réellement fait fleurir le désert. »
14/05/2018. Inauguration ambassade USA à Jérusalem
Le livre de Saree Makdisi vient de paraître[22], mais il a été écrit avant le 7 octobre 2023. Dans sa conclusion, l’auteur observe que, « à l’époque des Trump, Bolsonaro, Duterte, Modi et cie », les autorités israéliennes semblent estimer qu’elles peuvent abandonner leurs campagnes de communication destinées à se concilier le public occidental progressiste, et assumer désormais ouvertement leur racisme. Ce que confirment les bonnes relations entre Netanyahou et Trump – qui, durant son mandat, fit déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem[24bis], un geste hautement symbolique.
De fait, en persistant dans leur soutien à Israël, Joe Biden et Kamala Harris ignorent le tournant pro-palestinien de plus en plus marqué qui s’opère dans l’électorat démocrate, tandis que la droite, et en particulier la droite évangélique, violemment islamophobe (et antisémite !), s’affirme, elle, comme fanatiquement pro-israélienne. Il est dommage, alors, que tant de progressistes français s’accrochent encore à leur sympathie pour Israël. Sympathie qui est d’ailleurs le pire service à rendre y compris à Israël lui-même, enfermé dans une spirale sans issue de haine et de folie destructrice.
« Nous avons découvert l’étendue de notre déshumanisation, à tel point qu’il n’est plus possible de fonctionner dans le monde de la même façon » Cela ne m’amuse pas particulièrement de critiquer mes amis politiques. Mais je le fais parce que je crois que nous avons besoin de serrer les rangs.Le génocide en Palestine opère aussi comme une scène sur laquelle se joue, par procuration, le passage à l’acte d’un racisme anti-Arabes qui travaille à peu près toutes les sociétés occidentales. Avec l’afflux de doubles nationaux dans l’armée israélienne[25], la Palestine semble être devenue le stand de tir de tous les islamophobes de la Terre. En soutenant le carnage (ce génocide est américain au moins autant qu’israélien), les dirigeants occidentaux envoient aussi un clair message d’abandon, pour ne pas dire plus, à leurs citoyens d’origine arabe.
« Le niveau de traumatisme créé chez les Palestiniens-Américains par la normalisation du meurtre de leurs proches a laissé une communauté en lambeaux », écrit le journaliste Azad Essa[26]. « C’est comme être dans une relation abusive avec le monde », témoigne Nada al-Hanooti, qui vit à Dearborn, la ville américaine (dans le Michigan) où cette communauté est le plus présente[27]. Lina Mounzer lui fait écho : « Demandez à n’importe quel·le Arabe quelle prise de conscience a été la plus douloureuse cette année, et il ou elle vous répondra : nous avons découvert l’étendue de notre déshumanisation, à tel point qu’il n’est plus possible de fonctionner dans le monde de la même façon[28]. »
🔴La hantise de beaucoup – et notamment de Francesca Albanese[29], la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens – semble être que la violence déchaînée, en plus de détruire la Palestine, ne s’arrête ni aux limites de ce territoire, ni à celles des communautés arabes. La légitimation d’un tel degré de barbarie devrait inquiéter tout le monde. Et rend d’autant plus urgente une clarification des positions de la gauche.
Je ne crois pas que la marche du 12 novembre à Paris ait la moindre conséquence sur la lutte contre l’antisémitisme !
Les macronistes sont tombés tous seuls dans le piège qui a déjà détruit LR[0]
Écrire en temps de guerre médiatique est un exercice un peu délicat, j’en conviens. Cela peut être imprudent. Un mot, pour peu qu’on le torde sans frein, peut être fatal. Des heures durant sur tant de médias il n’est question de moi que pour m‘insulter, m’attribuer le pire soit par des invités plus ou moins fanatisés soit par des « journalistes » suivant fidèlement des éléments de langage absolument identiques d’une rédaction à l’autre. Certains moments sont spécialement pénibles pour moi par la haine qu’ils expriment, les menaces qu’ils encouragent, ou l’injustice de ce qu’ils diffusent et les calomnies qu’ils rabâchent. La pseudo exégèse de Mediapart pour porter ses insinuations d’antisémitisme m’a particulièrement choqué. Et le fait de savoir de qui vient cette bassesse n’enlève rien à leur indignité. Je tiens à le dire. Mais par tweet, j’ai pu accompagner l’actualité sans passer par la case déchiqueteuse de ces prétendues interviews pleines de haine et de mauvaise foi que subissent mes camarades. Le tweet permet à la fois de contrôler mot à mot et de placer à bon escient les chiffons rouges à destination des médias. Je ne suis pas seul sous la douche à boues. En ce moment nuit et jour les insoumis sont pilonnés médiatiquement (attention cette expression est une image. NDR). Il faut le prendre pour ce que c’est : une guerre (c’est une image NDR) des mots. Pour construire des prises de conscience raisonnée, il faut rendre les coups avec efficacité : court, clair, net. Encore est-ce trop pour certains ! « Quand va-t-on lui couper le tweet », demande Marine Tondelier à mon sujet avec sa finesse bien connue.
Certes l’actualité des crimes de guerre et la propagande des partisans du soutien inconditionnel au droit de Netanyahu à tuer tout le monde à Gaza, submerge tout. Mais les autres points de tensions de la société continuent pourtant leur vie sous les radars. Ils produiront leurs effets publics le moment venu. Ainsi en est-il des questions sociales qui étranglent la masse de notre peuple. Le moment venu évidemment une étincelle mettra le feu à la plaine (il s’agit d’une métaphore. NDLR).
Je ne crois pas que la marche du 12 novembre à Paris ait la moindre conséquence sur la lutte contre l’antisémitisme.
Or, c’est un enjeu stratégique pour nous. En effet, les racismes sous toutes leurs formes sont un frein interne puissant contre l’unité populaire dont nous avons besoin.L’antisémitisme est une forme de racisme restant fondamentalement l’apanage de l’extrême droite. Celle-ci était pourtant l’invité très attendue par les organisateurs de la marche. Dès lors, l’union populaire contre l’antisémitisme dans une mobilisation commune devenait impossible à réaliser.
Là est la racine de l’échec populaire de la marche du dimanche 12. Oui, échec, car d’habitude quand il s’agit de mouvement de fond du pays, les proportions sont toutes autres. 200 000 contre l’agression du cimetière juif de Carpentras[1], 4 millions contre l’assassinat de la rédaction de « Charlie »[2].
Quand le peuple profond s’y met, ça donne 963 000 dans tout le pays pour une seule manifestation sur les retraites, selon les chiffres de la police (2,5 millions selon l’intersyndicale[3]). Mais à part la CFDT et l’UNSA, tout le reste du mouvement syndical et social français est resté en retrait. Une bonne partie de la communauté juive aussi a boudé l’événement comme le prouvent les chiffres annoncés. Bref, un gâchis total.
Pourtant cette marche est un succès politicien.
« L’arc républicain » a franchi un pallier en s’affichant uni sur le terrain et en se validant les uns les autres.Le « monde d’avant » s’est reconstitué, affiché et a paradé, tout à sa joie des retrouvailles derrière sa banderole de tête. La droite, le PS Hollande, Cazeneuve, la Macronie amnistiaient l´extrême droite. En échange, celle-ci cesse le combat politique « antisystème ». Tous les rejetés des dix dernières années étaient là : deux anciens Présidents de la République battus, quatre anciens premiers ministres, tous rejetés, sans oublier deux anciens présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Pour ne citer que ceux-là.
Tous les partis de droite sans exception, toute l’extrême droite plus les groupuscules communautaires violents avaient mobilisé. Et avec eux toute « la gauche d’avant » franchissant elle aussi un palier comme le déclarait Fabien Roussel dans une interview sur place affirmant lancer là « le début de quelque chose de nouveau » entre les trois composantes. Bonjour le baptême ! À la base, l’enthousiasme n’a pas suivi. Le cordon sanitaire n’excédait pas trente manifestants débordés par un simple drapeau royaliste. Et dans les sections ce fut la Bérézina.
Comme dans cette assemblée parisienne où sur cinquante communistes un vota pour aller à la manif et quarante neuf pour le contraire. En région ce fut souvent pire. Donc : tous unis et seulement cent mille personnes si l’on accepte les chiffres des organisateurs. Autant que nous seuls, place de la République en 2017 et 2022, une place plus vaste et plus remplie que l’esplanade des Invalides.
Tout cela a été pourtant préparé de longue main et s’est expérimenté au fil des mois dans les votes communs de la macronie et du RN à l’Assemblée Nationale, loin des yeux du grand public.
Voilà donc pour le prétendu « succès » claironné par tous les répondeurs automatiques.
🔴« Un bide pour la lutte contre l’antisémitisme en dépit des moyens politico-médiatiques et institutionnels immenses déployés pour la faire réussir, un bide en nombre, un bide du fait du choix d’un périmètre politique incluant l’extrême droite »
En fait oui : un succès de manœuvre politicienne.La presse étrangère ne s’y trompe pas. La grand quotidien allemand Der Spiegel par exemple titre : «Pour les juifs de France, Le Pen devient acceptable ». Je ne le crois pas.Mais c’est l’illusion qu’il s’agissait de propager. Je crois au contraire que nous avons besoin d’une vraie mobilisation commune sous la houlette du mouvement social pour refuser d’être embrigadé dans un racisme contre un autre.
Et puisque j’ai déjà cité le Pape je cite à présent le recteur de la mosquée de Paris : « C’est l’heure du choix, déclare-t-il avec noblesse. Pas entre les musulmans et les juifs. Pas entre Israël et un État palestinien dont l’édification s’avère plus que jamais urgente. Non. Il faut choisir entre l’humanisme et l’horreur»[4].. Avant cela il avait protesté : « Les musulmans de France subissent des accusations abjectes qui les (…) rendent tous complices des pires dérives, qui ne sont pas les leurs » parlant de l’antisémitisme.
En effet, cette marche du 12 novembre fut entourée et précédée de violences délibérées.
Violences verbales, islamophobie assumée.Mais aussi violences physiques de la LDJ[5] (Ligue de Défense Juive, NDLR), la milice du CRIF contre le rassemblement au Monument de la rafle du Vel’ d’Hiv’ organisé par les organisations politiques de la jeunesse de gauche avec les syndicats étudiants et lycéens. Mais aussi violences contre des journalistes de France info dénoncées par leur rédaction qui n’ont nommé pourtant ni leurs agresseurs ni « la manifestation aux abords de laquelle » ils ont été frappés.
Des députés ont été insultés et menacés de mort, les musulmans insultés à longueur d’interviews de Zemmour et de Meyer Habib pour ne parler que d’eux. Une ambiance haineuse et sectaire se débridait tout au long du cortège dès qu’un imprudent passait là et pas seulement aux abords des rangs des partisans de l’extrême droite dont c’était " le jour de gloire enfin arrivé[6] ".
Un violent sectarisme régnait. La poignée de socialistes, celle plus maigre encore de communistes et d’EELV ont essuyé leur lot d’injures et de crachats dès leur arrivée. Même Roussel qui avait pourtant annoncé une fois de plus la sortie du PCF hors de la Nupes pour se faire bien voir de la droite qui tenait la rue n’eut droit qu’à des quolibets. Ces trois chefs ont marché tête basse sans obtenir leur absolution du public ultra droitier qui les entourait.On imagine comment auraient été accueillis les Insoumis s’ils avaient eu la sottise de croire les bonnes paroles des initiateurs de cette manipulation ou d’écouter les conciliateurs qui espéraient les y pousser.
Telle était cette marche.Un bide pour la lutte contre l’antisémitisme en dépit des moyens politico-médiatiques et institutionnels immenses déployés pour la faire réussir.
Un bide en nombre. Mais aussi un bide du fait du choix d’un périmètre politique incluant l’extrême droite dont nombre de dirigeants de la droite classique et de la macronie se sont réjouis comme le fit Edouard Philippe. Tout cela fut immédiatement capté par le grand nombre poussé alors à rester à l’écart de la marche.
🔴« Cet évènement représente un palier dans la vie politique de notre pays »
Au demeurant, les macronistes eux-mêmes n’avaient pas le cœur à l’ouvrage. Car ils savaient comment les maniganceurs de cette marche avaient volontairement mis hors du jeu Emmanuel Macron lui-même. Lui fut très grossièrement sommé de rallier une démarche organisée par les siens, sans en être informé et d’approuver le périmètre politique et les mots d’ordre. Sagement et comprenant à temps la manœuvre qui dénaturait aussi gravement la fonction qu’il doit encore assurer quatre ans, il s’abstint de s’y joindre[0].
Aussitôt la machine médiatico-politique qui insulte et salit nuit et jour quand elle se met en meute se mit en mouvement contre lui, tous azimuts. Au point où le prétendu CRIF relaya mot pour mot les répliques de Netanyahou à Macron. Et cela le jour où celui-ci décidait de menacer de raser Beyrouth au Liban comme il rasait Gaza[7], tout en conseillant comme un parrain aux chefs d’États arabe de « garder le silence » « dans leur intérêt » !
Dans ce contexte le CRIF se sentit pousser des ailes et l’association loi de 1901 exigea « des clarifications de la France ». Pas moins !Et toute la fachosphère médiatique se mit aussitôt à l’agonir d’injures et de menaces, jusqu’à des menaces de mort publiquement vociférées comme slogan dans la marche du 12 novembre.
Sous cet angle, il est certain que cet évènement représente un palier dans la vie politique du pays.
En effet il parvient à dessiner ce que serait cet « arc républicain[7bis]» où le RN , les Zemmour et la droite seraient bien intégrés et seulement séparés de la « gauche d’avant », paraît-il, par un pauvre cordon symbolique bien maigrichon.
Les supplétifs de la « gauche d’avant » feraient bien de se méfier.Déjà la fameuse marche à l’appel du CRIF dans les beaux quartiers ne leur avait pas valu de compliments de la part des bénéficiaires de leur dévotion. Anne Hidalgo dut être exfiltrée sous les injures. Olivier Faure y manifesta tandis qu’on lui criait dessus : « Zemmour président ». Je plains ces gens.
Les voilà désormais ramenés à la case départ politique d’où la Nupes les avait tirés. Les revoilà marchant avec le Front National comme hier avec les « syndicats » de police[8]. Même veulerie sous la charge médiatique, même rêve d’être les « gentils » de la comédie se chargeant de dénigrer les opposants inconfortables que sont les LFI. Venir à cette marche leur convenait. Venir à celle où appelait toute la gauche sociale et syndicale quinze jours auparavant leur répugnait : aucun des trois n’y appela et aucun n’y vint. Avant de faire le contraire une semaine plus tard.
Pour nous les Insoumis, le défi est désormais dans l’accélération du processus politique que nous affrontons et que le pays subit.
Nos repères ne doivent être en aucun cas les diktats et caprices de la sphère médiatique. Celle-ci est à présent extrêmement extérieure aux questions vivantes dans la société.
Le crime contre l’humanité que les dominants protègent par des diversions de toutes sortes ne pourra être effacé par aucun subterfuge. Notre première tâche est d’alimenter en masse les consciences à cette occasion, jour après jour et dans le détail dans tous les milieux. Il s’agit de construire une prise de conscience durable en faisant comprendre les raisons, les origines, les connexions de ce massacre et de l’introduction en France du schéma politique du « choc des civilisations ».
Il faut voir loin. La guerre générale qui menace au Proche-Orient et aux frontières de l’Europe nécessite un solide armement moral et politique du plus grand nombre.Car elle forme un tout avec l’écroulement social de notre société en voie de quart-mondisation et le délabrement général accéléré sous les coups du changement climatique. Tout cela doit être compris et les réponses comprises et partagées. À ce prix, notre peuple sera fort dans l’épreuve qui s’avance.Sinon il n’y a ni perspectives ni espoir.
Le futur de la République et d’une société délivrée de tous les racismes n’est pas dans le triste carré de tête des revenants vus à la marche de ce dimanche.
Ni non plus dans sa cohue en fin de cortège entre les Zemmour et le Pen.
Ni dans les piteux du cordon sanitaire.
Il est de nouveau dans une recomposition générale du paysage politique de la résistance. Il est de nouveau urgent de laisser s’épuiser toutes seules les formules démenties par la vie. Roussel ne veut pas de la Nupes, Faure non plus et le groupe parlementaire dont il est membre l’a déjà retiré de son nom.Leur signature, leurs engagements ne valaient rien.
Pouvons-nous l’ignorer ?
Subir de nouvelles invectives, outrances et mise en cause personnelles ?
Accepter de voir notre image abîmée par le spectacle de divergences aussi incompréhensibles que venimeuses ?
Nous n’avons pas eu besoin de tout cela pour parvenir au point où nous avons amené nos idées et notre programme dans la confiance populaire.Ne confions à personne le soin de faire le travail nécessaire.
Mieux vaut admettre combien notre confiance a été trompée que de continuer à espérer une aide qui nous sera toujours refusée avec mépris, ingratitude et méchanceté. L’enjeu n’est pas les bons points pour bonne conduite délivrés par l’officialité mais la survie de la démocratie dans un pays dévoré par l’autoritarisme du sommet, le sectarisme des intermédiaires et la désorientation des bases populaires.
Dans ce 167e numéro de la Revue de la semaine, Jean-Luc Mélenchon revient sur les dernières actualités.
Et, dans ce cadre, il :
commence par parler du conflit au Proche-Orient, pour rappeler l’importance des frontières dans les conflits internationaux.
revient sur la théorie du « choc des civilisations » de Samuel Huntington, soulignant ses limites conceptuelles et son utilisation pour justifier des politiques de domination. Au XXIème siècle, elle s’ajoute au concept de « guerre totale » et donne lieu à ce qu’on nomme « le nettoyage ethnique ».
revient alors sur la nécessité d’un cessez-le-feu, ce qu’il soutient dès sa première déclaration suite aux attaques du 7 octobre 2023.
souligne ensuite l'impact des conflits étrangers sur la politique nationale.
critique alors l’organisation de la marche contre l'antisémitisme du 12 novembre 2023, affirmant que l'absence de l'appel à la lutte contre tous les racismes a empêché beaucoup de monde de participer. Il souligne la nécessité d'une mobilisation massive contre tous les racismes, l’antisémitisme et l’extrême droite et appelle les insoumis à manifester samedi 18 novembre à cet égard.
Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.
La France insoumise
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