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11 juillet 2025 5 11 /07 /juillet /2025 13:50
Se convertir au sionisme : comment les descendants des nazis sont devenus les “ nouveaux juifs ”

Dans le cadre de son “ nouveau chapitre ” historique, l’Allemagne s’est transformée en une sorte de shtetl juif. Les descendants des nazis adoptent des symboles juifs, admirent le sionisme et s’attaquent aux juifs qui critiquent Israël – le tout bien sûr, au nom de la lutte contre l’antisémitisme.
Lors de ma première année à Berlin, j’ai entendu un enfant raconter cette “ blague ” : “ Quelle est la différence entre les juifs et les musulmans ? Les juifs, eux, y sont déjà passés. ” Ce n’était pas drôle à l’époque, et ça l’est encore moins aujourd’hui, car comme dans toute blague, il y a un fond de vérité. Ici, cette vérité touche aux fantasmes meurtriers de la majorité blanche et aux peurs des minorités. L’enfant qui a raconté cette blague était juif, petit-fils de survivants de la Shoah qui ressentent aujourd’hui un certain soulagement, car ils “ y sont déjà passés ”.
Texte écrit par Iris Hefetz et publié en hébreu le 30.06.2025 sur le site de la revue Mekomit, traduit par les membres de Tsedek! avec son autorisation. 
Iris Hefetz est psychanalyste et membre de l’organisation « La Voix Juive pour une Paix Juste au Moyen-Orient ».

 

 

Sources : Iris Hefetz |
- L’Allemagne d’il y a 23 ans était une autre Allemagne.
C’était encore une société et un État antimilitaristes et antinationalistes, qui respectaient dans une certaine mesure leur Constitution et le droit international. À l’époque, un million de personnes avait défilé contre la guerre illégale des États-Unis en Irak à laquelle l’Allemagne avait refusé de participer. C’était une société dans laquelle de nombreuses personnes avaient personnellement vécu les conséquences du régime nazi, et les séquelles de ce projet mégalomane, ainsi que de la guerre froide. Les pancartes contre la course à l’armement face à l’URSS affluaient en masse à Berlin.

 

Konrad Hermann Joseph Adenauer , né le 5 janvier 1876 à Cologne et mort le 19 avril 1967 à Rhöndorf, est un homme d'État allemand.
Konrad Adenauer

🔴 L’Allemagne d’après la défaite nazie était un lieu en ruines. Son premier chancelier, Konrad Adenauer, déclara dans une interview télévisée :

  • Nous avons causé un tel tort aux juifs, commis contre eux des crimes si horribles, qu’il fallait les expier ou  les réparer d’une certaine manière, si nous voulions regagner le respect des peuples du monde. ”
  • Puis il ajouta un point crucial :
    Le pouvoir des juifs – même aujourd’hui, surtout en Amérique – ne doit pas être sous-estimé. C’est pourquoi j’ai consciemment et modérément investi tous mes efforts dans la réconciliation entre le peuple allemand et le peuple juif. ” Cette déclaration antisémite, qui attribue un pouvoir aux juifs, reflète une vision toujours vivace aujourd’hui. Elle s’accorde avec le fait qu’Adenauer employait Hans Globke, un nazi ayant contribué à rédiger les lois de Nuremberg, comme secrétaire général de son cabinet (avec l’approbation de Ben Gourion, qui avait signé l’accord de réparations).

 

L’identification - elle-même antisémite - entre Israël et les juifs est aujourd’hui plus forte que jamais et caractérise particulièrement la politique de l’Allemagne post-réunification. Si autrefois les juifs étaient perçus comme des “ autres ” menaçants qu’il fallait anéantir, aujourd’hui – après que l’Allemagne a exterminé une grande partie des juifs d’Europe et certains d’Afrique du Nord – les juifs sont devenus des accessoires convoités. Autrefois, pour qu’une Allemande puisse “ se libérer  de son passé nazi, elle devait aller dans un kibboutz comme volontaire, trouver un kibboutznik séduisant, se convertir selon les règles strictes, et mettre au monde des enfants qui rejoindraient l’armée, faisant d’elle une “ bonne juive ”.

 

 

- Noa Tishby en Allemand
Aujourd’hui, ce long parcours n’est plus nécessaire. La majorité des Allemands s’est convertie au sionisme, se passant de la circoncision ou de toute démarche religieuse. Une partie de la “ gauche ” allemande est composée d’hommes en quête d’une identité qu’ils ont su trouver dans l’image d’Israël. Ils parlent comme Noa Tishby, s’enveloppent dans des drapeaux de l’Etat israélien ou de son armée, assistent à des spectacles de danses folkloriques pour fêter les relations diplomatiques, et sauvent les juifs de “ l’antisémitisme ”.

 

🔴 Selon des données publiées dans le magazine israélien berlinois Spitz (article supprimé par la suite), plus de la moitié des plaintes pour actes antisémites en Allemagne proviennent  par exemple d’Allemands chrétiens, dont les grands-parents étaient nazis, qui se disent agressés par des juifs manifestant contre Israël.

Il semblerait que les petits-enfants de nazis sont très sensibles aux “ attaques antisémites ” censées les viser, surtout si elles viennent de juifs ou d’Israéliens. Cela blesse leurs sentiments et trouble leur identité. Le journaliste d’Haaretz Itay Mashiach[0], qui a enquêté sur les chiffres prétendument élevés de l’antisémitisme en Allemagne, a découvert qu’ils sont largement manipulés, sans transparence, souvent basés sur des échanges de mails avec une seule personne – chaque mail étant compté comme un “ incident antisémite ”.

 

Moshe Zimmermann, Israeli historian: ‘Jewish nationalism tends to consider everything that does not belong to its nation as the enemy’
M. Zimmermann, 01/2024.Avishag Shaar-Yashuv

🔴 Autre exemple : le professeur d’histoire Moshe Zimmermann a déclaré devant le parlement du Land de Saxe que la leçon tirée de la Shoah se devait d’être universelle - et qu’elle serait donc valable aussi pour Israël.
L’Office fédéral de surveillance de l’antisémitisme a décidé que cette déclaration équivalait à comparer Israël au régime nazi, et l’a classé comme “ incident antisémite ”. Comme ces institutions sont conscientes du fait qu’elles se ridiculisent, elles n’ont pas précisé qu’il s’agissait d’un juif israélien (issu d’une famille de survivants de la Shoah allemande) mais le décrivent comme un simple “ orateur ”. C’est aussi le cas pour tout juif ayant manifesté contre le génocide à Gaza depuis le 7 octobre avec une pancarte s’identifiant comme tel : tous les membres de l’organisation Jüdische Stimme (Voix Juive pour la Paix[1]) et d’autres non affiliés ont été arrêtés et ont fait l’objet d’accusations (d’incitation ou d’usage de symboles inconstitutionnels) qui ont par la suite été levées. J’ai moi-même été arrêtée cinq fois. Ces cas nourrissent les statistiques des “ incidents antisémites en Allemagne ”.

 

🔴 La célèbre « culture du souvenir » allemande, originellement portée par des membres de la société civile - des personnes fouillant dans les archives familiales et de quartier et confrontant leurs proches qui niaient souvent avec véhémence les crimes de leurs parents et grands-parents - a beaucoup changé.
A la place de ces projets individuels et marginaux, cette culture de la mémoire s’est institutionnalisée en un projet étatique doté de moyens financiers importants. La chute du mur n’a pas seulement été un moment de joie : pour beaucoup elle a aussi suscité l’angoisse. C’était la fin de la punition infligée à l’Allemagne pour sa folie meurtrière qui avait conduit à deux guerres mondiales et à des millions de morts en Europe. Cette marque d’infamie a été effacée aux yeux de l’Allemagne, qui s’est alors engagée dans un nouveau chapitre.

 

🔴 L’une des étapes fut la création du Mémorial aux juifs assassinés d’Europe, en plein cœur de Berlin.
Elle fut initiée par une Allemande chrétienne du nom d’Edith Rosh, qui a changé son prénom en Lea. La communauté juive institutionnelle n’a pas été impliquée dans ce projet, et Rosh l’a clairement fait savoir au chef de la communauté : “ Cela ne vous concerne pas, ce sont les descendants des agresseurs qui construisent le mémorial, pas les juifs. Mais ce serait bien si vous pouviez acquiescer d’un signe de tête. Le peuple allemand érigera un mémorial afin que tout le monde comprenne que nous avons traité notre histoire ”. Puis elle a ajouté cette phrase : “ Nous, les Allemands, devons poser un signe clair et visible, fournir une preuve publique du fait que nous assumons la responsabilité de notre passé, et que nous avons l’intention d’écrire un nouveau chapitre de notre histoire.

 

 

- Le Shtetl juif, version Allemande
Dans le cadre de ce “ nouveau chapitre ”, l’Allemagne s’est transformée en une sorte de shtetl juif. Il n’existe aucun autre endroit au monde où l’on peut entendre autant de musique klezmer, adaptée à l’oreille allemande. Les prénoms les plus courants en Allemagne ces dernières décennies sont des prénoms hébraïques et juifs. Une liste aléatoire d’étudiants semble tout droit sortie de Mea Shearim : Samuel, Yaakov, Esther, Yehudit, Léa, Rahel, Rivka, Hanna — et bien sûr, le prénom juif par excellence pour les femmes : Sarah. Les Chrétiens ont enfanté leurs propres juifs, comme si ces derniers n’avaient jamais été exterminés.

 

🔴 L’État allemand a commencé à financer la conversion de chrétiens au judaïsme dans un cadre réformé, recréant ainsi le judaïsme libéral allemand qui avait été anéanti - une “ nouvelle judaïté ” évidemment bien plus désirable que celle des ultra-orthodoxes, qualifiés d’” Ostjuden ”.
Des départements d’études juives ont poussé comme des champignons après la Shoah, avec un corps enseignant composé presque entièrement de chrétiens convertis formant des rabbins au sein des universités[2] (comme on y forme aussi les pasteurs protestants, ou les médecins, qui passent ensuite des examens d’État). Les écoles rabbiniques ont envoyé des rabbins dans tous les recoins de l’armée et de la police, et l’Allemagne s’en est vantée — bien qu’il n’y ait même pas un seul minyan dans l’armée ou la police allemande, pas même pour Yom Kippour.

 

🔴 Il s’agit d’un Luftgeschäft - une entreprise fictive - visant à améliorer l’image de l’Allemagne, en lui permettant de redevenir ce qu’elle était avant la Seconde Guerre mondiale : autrement dit, nier la Shoah en créant l’illusion d’un retour à une vie juive d’avant-guerre.
C’est pour cette raison qu’être juif est devenu quelque chose de très convoité en Allemagne. Tellement convoité, que les suppléments des journaux sont remplis de scandales :

▪️ on découvre fréquemment qu’un grand rabbin s’était en fait fait passer pour juif ;

▪️ deux auteurs juifs se disputent afin de savoir “ qui est juif ”, parce que l’un n’a qu’un seul grand-père juif qui a été dans un camp de concentration, et l’autre a deux parents juifs ;

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Berliner Zeitung

▪️ Le dernier scandale[3] a éclaté lorsque l’auteure Deborah Feldman a découvert par hasard que le rédacteur en chef du journal de la communauté juive institutionnelle en Allemagne - financé par l’État - se présentait comme juif et utilisait ce statut pour discréditer toute personne qui ne soutiendrait pas Israël. Il affirmait que la famille de sa mère iranienne avait jadis été juive et qu’elle avait adhéré à la foi bahaïe en Iran uniquement à cause des persécutions antisémites (histoire fortement invraisemblable, puisque les bahaïs sont beaucoup plus persécutés que les juifs en Iran).

 

🔴 Donc, il y a en Allemagne de nombreux “ faux Jjuifs ” - des chrétiens convertis au sionisme - qui “ protègent la vie juive en Allemagne ”.
Et qui vient perturber ce récit ?

  • Ce sont les juifs non sionistes, ceux qui refusent que le duo Allemagne–Israël parle en leur nom. Aujourd’hui, environ un tiers des personnes licenciées, interdites de parole dans les espaces publics ou soumises à un boycott silencieux pour “antisémitisme” en Allemagne, sont des juifs[4]. Des Allemands d’origine chrétienne ou avec un histoire familiale nazie traitent des juifs d’antisémites.
  • Récemment, la cheffe de la police de Berlin a déclaré dans une interview au journal libéral Die Zeit[5] qu’elle déconseillait aux juifs et aux homosexuels de se rendre dans certains quartiers de Berlin, à forte population immigrée. Lorsqu’on lui a demandé si elle disposait de données empiriques pour justifier cette mise en garde, elle a répondu que “ heureusement, rien ne s’était produit ”, mais que tout de même, des policiers allemands étaient victimes d’attaques à caractère antisémite lors des manifestations pro-palestiniennes. Cela inclut bien sûr tous les juifs qui ont été arrêtés par la police et parfois même battus. Les images de ces violences policières circulent de manière virale à travers le monde[6], et exposent la réalité de “ la protection de la vie juive en Allemagne ”. En vérité, les “ nouveaux juifs ” sont les policiers allemands.

 

🔴 En Allemagne, les juifs sont censés soutenir la société à majorité blanche et raciste qui persécute à la fois les musulmans mais aussi les migrants.
L’Allemagne, comme la plupart des pays occidentaux, est dépendante de l’immigration. Après de nombreuses années de faible natalité, elle manque de travailleurs dans presque tous les secteurs. Un quart des employés du système de santé allemand, qui souffre déjà d’une pénurie de personnel, sont des migrants ou des personnes ayant un “ arrière-plan migratoire ” (terme de la bureaucratie allemande selon lequel - comme dans les lois de Nuremberg - ceux qui ont un grand-père ou une grand-mère migrants appartiennent à cette catégorie).

 

🔴 Cela a poussé l’ancienne chancelière Angela Merkel à accueillir en Allemagne une grande vague d’immigration, principalement en provenance de Syrie[7], ce qui a été un succès sur le plan de l’emploi.
La politique économique de l’Allemagne s’étant ces dernières décennies orientée vers le néolibéralisme (ce qui creuse les écarts entre riches et pauvres, fragilise la classe moyenne et affecte les services publics privatisés puis rachetés, etc.), cette immigration permet de désigner un bouc émissaire classique : après avoir exterminés les juifs, ce sont désormais les musulmans et les arabes qui sont visés. Des études font état d’une discrimination évidente envers les non-blancs, surtout à des postes d’influence. Les Allemands blancs n’ont pas de problème avec les médecins musulmans, les avocats arabes ou les ingénieurs noirs. Il y a un problème quand ils accèdent à des positions de pouvoir : de députés, d’enseignants, de politiciens, de juges. Dans ces cas-là, des oppositions se font entendre.

 

Les persécutions et les discriminations se sont nettement aggravées depuis les attentats du 11 septembre, et, si l’on pensait que la situation s’était un peu calmée, la politique des élites allemandes après le 7 octobre a détruit la société allemande unifiée.

 

- Israélisation de la politique

L’Allemagne connaît une israélisation de sa politique : après de nombreuses années avec  un gouvernement de coalition, le programme de l’ensemble des partis a dérivé vers la droite (vous savez comment c’est, il faut faire des compromis, influencer de l’intérieur, etc.). La motivation principale des politiciens est de conserver leur pouvoir, tandis que les lobbies font leur travail. 

 

🔴 Autrefois, l’Allemagne se caractérisait par une vie politique austère, des débats parlementaires sans éclat et des fonctionnaires absorbés par la rédaction de lois sophistiquées.
Mais ces dernières années, le Parlement est le théâtre de scènes d’enthousiasme collectif. Tous, de gauche comme de droite dans cette unité blanche allemande tant convoitée, applaudissent suite à une mesure adoptée contre le mouvement BDS qui implique de contourner la constitution allemande, ou s’emballent après avoir validé un dépassement budgétaire destiné à investir des millions d’euros dans l’armement. Selon eux, l’Allemagne “ a travaillé sur son passé ” et peut ouvrir un nouveau chapitre. Comme l’a dit le chancelier allemand, “ l’Allemagne fait son comeback ”.

 

🔴 L’identification à Israël accompagne l’Allemagne dans son retour vers un État militaire.

  • Elle contribue à briser le tabou du nationalisme ;
  • elle participe aussi à la réhabilitation de l’image de l’homme allemand, qui, dans les années suivant la guerre, avait tenté de ne plus être “ allemand ” en mettant en avant des traits plus doux - une éducation non autoritaire des enfants, le fait de fumer (les nazis y étaient opposés), le tricot, le port de salopettes dans des communautés de gauche, et parfois même le soutien à la cause palestinienne.

Tout cela est désormais dépassé. L’Allemagne est en crise économique depuis au moins deux ans. Son industrie automobile s’effondre et se transforme en industrie de l’armement. Les actions des entreprises d’armement allemandes montent en flèche, et des “ experts en sécurité ” parlent dans les studios et les journaux de la formidable et sophistiquée armée israélienne comme un modèle à suivre.

 

F. Merz, 17 juin 2025, à Kananaskis, au Canada

🔴 Récemment, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré qu’Israël “ fait pour nous le sale boulot[8] ” en référence à une attaque contre l’Iran.
Roderich Kiesewetter,l ’expert en sécurité de son parti a affirmé : “ Nous sommes aussi prêts à mourir pour Israël[9] ”. C’est ainsi que l’Allemagne – pays où la collectivisation était tabou – construit un “ nous ” et prépare la société à la conscription obligatoire (qui existe dans la loi mais n’est pour le moment pas appliquée). Ces déclarations antisémites sur des juifs qui feraient le “ sale boulot ” pour l’Allemagne ne sont pas nouvelles, et qualifier le meurtre de civils de “ sale boulot ” rappelle le discours de Posen prononcé par Himmler, ou le propos de Rudolf Höss lors des procès de Nuremberg. L’Allemagne fait son come-back.

 

🔴 Ce retour en force implique, comme en Israël, des attaques contre les organisations de la société civile.
Et cela se traduit par :

  • des attaques contre des avocats et des tribunaux ;
  • la violence policière pour réprimer les manifestations de la gauche contre les néonazis qui défilent déjà en plein cœur de Berlin, ou les manifestations pro-palestiniennes (un nouveau rapport du commissaire aux droits de l’homme de l’Union européenne en fait état[10) ;
  • la qualification de l’organisation “ Derniè]re Génération ” — qui lutte contre la crise climatique et dont les militants se sont physiquement collés à la chaussée sur des autoroutes  — comme organisation terroriste ;
  • la persécution politique des organisations pro-palestiniennes ;
  • les attaques contre la liberté d’expression (interdiction d’entrée à des intervenants, y compris des citoyens européens ou des employés de l’ONU qui parlent de la question palestinienne, présence de policiers lors des conférences où ils s’expriment, usage d’agents secrets dans les universités “ pour protéger la vie juive en Allemagne ”) ;
  • des artistes qui avaient trouvé refuge en Allemagne, parce qu’on pouvait y étudier gratuitement et obtenir des bourses généreuses pour des projets artistiques, commencent à partir. L’Allemagne a adopté la définition de l’antisémitisme de l’IHRA[11][12] et les artistes qui reçoivent une bourse doivent la signer, et si leur projet est jugé non conforme à cette définition, ils doivent alors rembourser l’argent.

En bref, tout l’arsenal des États autoritaires est mis en œuvre sous couvert de lutte contre l’antisémitisme.

 

🔴 En même temps :

  • des politiciens tels que le chancelier parlent du “ drapeau juif ” en désignant le drapeau d’Israël ;
  • et des journalistes (du journal Der Spiegel, à deux reprises déjà) ont écrit à propos d’événements qu’ils avaient eu lieu à “ l’ambassade juive à Berlin ”.
  • Par ailleurs, certains policiers ont été surpris en train d’échanger dans des groupes de discussion où circulaient des propos néonazis, tandis que le pays est dirigé par des descendants de nazis, dont certains revendiquent cet héritage ou choisissent de garder le silence (le chancelier actuel est resté silencieux sur le passé nazi de son grand-père[13], celui d’Annalena Baerbock, ancienne ministre des Affaires étrangères, et les grands-pères de Beatrix von Storch du parti d’extrême droite étaient soldats dans l’armée allemande, et l’un d’eux fut ministre nazi des Finances).

 

Il est probable que les attaques actuelles contre la société civile ne soient pas liées au conflit israélo-palestinien, mais que la “ lutte contre l’antisémitisme ” serve de levier pour promouvoir un agenda politique de droite, à un moment où les migrants arrivés en Allemagne lors de la vague de 2015 deviennent citoyens et gagnent en influence politique. L’Allemagne leur fait comprendre[14], aux millions de Syriens, Turcs, Afghans, qu’ils peuvent bénéficier de ce qu’elle a à offrir à condition qu’ils soient “ de bons migrants ”, c’est-à-dire s’ils acceptent d’être des sujets sans droits politiques. Comme en Israël : soyez de bons Palestiniens, occupez-vous du folklore, du houmous ou de la musique orientale, la majorité blanche s’occupe du programme politique. 

 

🔴 L’Allemagne est entrée dans une course à l’armement et fournit à Israël au moins un tiers des armes utilisées pour le génocide à Gaza[15].
On y observe également une montée significative de la droite[16] et des tendances autoritaires qui se sont clairement renforcées au fil des années. Malgré tout cela, à la différence d’autres pays occidentaux adoptant des politiques comparables, l’opposition demeure très timide. Suite à une campagne d’épuration dans la presse, il n’y reste essentiellement que des journalistes qui font la promotion d’Israël et amplifient ses discours. Il y a là une politique d’incitation et de répression de toute activité et voix critique envers la politique israélienne, et ce n’est que récemment, après les dernières élections, que des politiciens s’opposant clairement au génocide mené par Israël sont entrés au parlement.

 

🔴 Pourtant, une majorité écrasante de la société allemande s’oppose de manière constante à la fourniture d’armes à Israël[17].
Et malgré toute la propagande pro-israélienne et les drapeaux israéliens qui flottent au-dessus de chaque bureau gouvernemental en Allemagne, 73 % des individus pensent qu’Israël commet un génocide à Gaza, même si les manifestations contre ce génocide mobilisent peu. L’obéissance de l’élite blanche, et la coopération des universitaires et des artistes qui (comme d’habitude) restent silencieux ou s’identifient ouvertement au système, est assourdissante.

 

Se convertir au sionisme : comment les descendants des nazis sont devenus les “ nouveaux juifs ”

Notes :

[0En Allemagne, une chasse aux sorcières fait rage contre les critiques d'Israël. Nombreux sont ceux qui commencent à en avoir assez

[1] Voix juives pour une paix juste au moyen Orient

[2] Rabbin militaire de la Bundeswehr. Plus de rabbins que de soldats ?

[3] Deborah Feldman : Les curmatoires de la vie allemandes. Dans le magazine Die Weltb'hne, l'auteur à succès traite des pièges de l'identité juive. Une impression originale

[4The German Questions w/Emily Dische-Becker

[5Berlin : Le président de la police met en garde les Juifs et les homosexuels contre des endroits dangereux

[6] Un manifestant juif antisioniste affronte la police allemande

[7A l'initiative d'Angela Merkel, le pays a accueilli plus d'un million de réfugiés de Syrie ou d'Irak de 2015 à 2016

[8« Israël fait le sale boulot pour nous tous » : pourquoi cette phrase du chancelier allemand n’est pas qu’un dérapage

[9Roderich Kiesewetter, député du Bundestag : « Nous sommes prêts à défendre la sécurité d’Israël au péril de nos vies. » 

[10] L'Observatoire européen des droits de l'homme suscite des inquiétudes quant à la liberté d'expression en Allemagne dans le contexte des manifestations de Gaza 

[11] La définition déformée de l'antisémitisme protège Israël de toute critique. L'IHRA a été créée en tant qu'organisation internationale pour lutter contre l'antisémitisme, mais ses définitions actuelles du terme sont devenues un outil pour museler toute critique à l'égard d'Israël. Au lieu de s'excuser de l'occupation, Israël est devenu un accusateur.

[12] L'IHRA Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste

[13Merz peut-il rester silencieux en tant que chancelier? Le grand-père de Friedrich Merz a essayé d'inclure sa propre inclusion dans le NSDAP – et est devenu membre auparavant plus connu. 

[14La police allemande cible-t-elle délibérément le mouvement de solidarité pro-palestinien ?

[16] L'extrême droite incarnée par l'AfD s'impose comme la principale force d'opposition en Allemagne, après les élections fédérales anticipées. En Allemagne de l'Est, un homme sur quatre a voté pour le parti d'extrême droite

[17La guerre au Moyen-Orient : 80 % des Allemands critiquent les actions israéliennes dans la bande de Gaza

 

Pour en savoir plus :

Juifs rescapés de la shoah, opposants à l’ultranationalisme d’Israël

- Pourquoi le gouvernement allemand soutient le génocide à Gaza ?

 

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12 mai 2024 7 12 /05 /mai /2024 17:31
Juifs rescapés de la shoah, opposants à l’ultranationalisme d’Israël

Faut-il traiter d’antisémites et condamner ces huit rescapés des camps d’extermination pour leurs comparaisons entre les politiques sionistes et celles des Nazis ? Chris Knight, anthropologiste et militant britannique pose la question, en publiant les citations ci-dessous.

 

 

Source : DESOBEISSANCE CIVILE | mis à jour le 23/10/2024

-  Marika Sherwood, survivante du ghetto de Budapest.

Marika Sherwood

« (...) Peu de temps après (en 1956), j’ai appris que les Israéliens rassemblaient les Palestiniens dans des camps de concentration. Je ne pouvais pas y croire. Les Israéliens n’étaient-ils pas des Juifs ? Ne venions-nous/ne venaient-ils pas de survivre au plus grand pogrom de notre histoire ? Les camps de concentration – souvent appelés par euphémisme, « colonies de peuplement » - n’étaient-ils pas la principale caractéristique de ce pogrom ? Comment ces Juifs israéliens pouvaient-ils opprimer d’autres gens ? Dans mon imagination de romantique, les Juifs d’Israël étaient des socialistes, des gens qui discernaient le bien du mal. C’était manifestement inacceptable. J’avais l’impression qu’on m’avait laissé tomber, comme si on m’avait volé une partie de ce que je pensais être mon héritage. …

 

Il me faut dire au gouvernement israélien qui prétend parler au nom de tous les Juifs, qu’il ne parle pas en mon nom. Je ne garderai pas le silence face à la tentative d’annihilation des Palestiniens, la vente d’armes aux régimes répressifs partout dans le monde et la tentative d’étouffer la critique d’Israël dans les médias au niveau mondial, quand on voit ce gouvernement remuer le couteau dans la plaie - traduisons ‘ culpabilité ’ - afin d’obtenir des concessions économiques de la part des pays occidentaux. Naturellement, la position géopolitique d’Israël a une incidence grandissante en ce moment. J’empêche Israël de confondre les termes « antisémite » et « antisioniste » : On ne peut pas laisser passer ça."

 

🔴 Dr. Marika Sherwood, ‘ How I became an anti-Israel Jew ’ (Voilà comment je suis devenue une Juive anti-Israël), Middle East Monitor, 7/3/18[0]... Je ne suis pas antisémite, mais je suis antisioniste[1]

 

 

-  Israël Shahak, survivant du ghetto de Varsovie et du camp de concentration de Bergen-Belsen.

Israël Shahak

« Pour survivre, Isra­­­ël doit renoncer au désir de domination. Il deviendra alors un bien meilleur pays pour les Juifs eux-mêmes. En Israël, beaucoup comparent aisément le pays avec l’Allemagne. Non seulement l’Allemagne d’Hitler et des Nazis, mais aussi l’ancien Empire germanique voulait dominer l’Europe. Ce qui s’est passé au Japon, après l’attaque contre la Chine, c’est qu’ils voulaient dominer une vaste zone de l’Asie. Lorsque l’Allemagne et le Japon renoncèrent à leur souhait de domination, ils devinrent des sociétés bien plus sympathiques pour les Japonais et les Allemands eux-mêmes. "

 

🔴 Dr. Israel Shahak, Middle East Policy Journal, été 1989, no.29[2]... " Le racisme de l'état d'Israël " aux éditions Guy Authier[3]

 

 

- Hajo Meyer, était un survivant d’Auschwitz.

« Ça me fait mal d’observer les parallèles entre mes expériences dans l’Allemagne d’avant 1939 et celles que souffrent les Palestiniens de nos jours. Je ne peux pas m’empêcher d’entendre les échos nazis de « sang et sol », dans la rhétorique des colons fondamentalistes, qui revendiquent le droit sacré à toutes les terres de la Judée-Samarie biblique.

 

Les divers aspects de punition collective infligée au peuple Palestinien – ghettoïsation forcée derrière un « mur de sécurité », destruction de maisons au bulldozer, déprédation de champs, bombardement d’écoles, de mosquées et d’édifices gouvernementaux, blocus économique qui prive les gens d’eau, de nourriture, de médicaments, d’éducation et de nécessités de base pour survivre dans la dignité – tout ceci me pousse à me rappeler les privations et les humiliations dont j’ai fait l’expérience dans ma jeunesse. Toutes ces oppressions qui durent depuis un siècle, signifient des souffrances inimaginables pour les Palestiniens. »

 

🔴 Dr. Hajo Meyer, ‘ An Ethical Tradition Betrayed ’, Huffington Post, 27/1/10[4].

 

 

-  Gabor Mate, survivant du Ghetto de Budapest.

« Jeune homme élevé à Budapest, enfant qui avait survécu au génocide nazi, j’ai été hanté pendant des années par une question qui résonnait dans ma tête avec une telle force que, parfois, elle tournait : ‘ Comment cela fut-il possible ? Comment le monde permit-il de telles horreurs ? ’ Question naïve d’un enfant. Maintenant, j’en sais plus : La réalité est là. Que ce soit au Vietnam, au Rwanda ou en Syrie, l’humanité demeure les bras croisés, complice, inconsciente ou impuissante, comme toujours. À Gaza en ce moment, on trouve le moyen de justifier le bombardement des hôpitaux, l’extermination de familles en train de manger, le meurtre de jeunes qui jouent au foot sur une plage… On ne peut pas comprendre Gaza hors contexte, c’est à dire le nettoyage ethnique continu, le plus long de tous, du siècle dernier et du présent, la tentative continue de détruire la nation palestinienne. Les Palestiniens utilisent des tunnels ? Mes héros de même : les combattants mal équipés du Ghetto de Varsovie. Contrairement à Israël, les Palestiniens n’ont ni hélicoptères Apache, ni drones télécommandés, avions de combat chargés de bombes, artillerie laser : Avec leur défiance inefficace, ils lancent des roquettes primitives qui provoquent de la terreur pour des civils innocents israéliens, mais rarement des blessures. Vu l’énorme inégalité de forces, il n’existe aucun parallèle de culpabilité. …

 

Qu’allons-nous donc faire, nous, gens ordinaires ? Je prie qu’on écoute notre cœur. Le mien me dit que ‘ plus jamais ça ’ n’est pas une expression exclusive : Le meurtre de mes grands-parents à Auschwitz ne justifie pas la dépossession incessante des Palestiniens. La justice, la vérité, la paix, ce n’est pas l’apanage d’une seule tribu. Le ‘ droit d’Israël à se défendre ’ - indiscutable en principe – ne justifie pas l’extermination de masse. »

 

🔴 Dr. Gabor Mate, ‘ Beautiful Dream of Israel has become a Nightmare ’ (Le Beau Rêve d’Israël s’est transformé en Cauchemar), Toronto Star, 22/7/14[5].

 

 

-  Marek Edelman, était un survivant du Ghetto de Varsovie et un des chefs du soulèvement du Ghetto.

« Pendant la guerre, nous, on n’aurait jamais pensé que les Sionistes restaient volontairement passifs quant à la destruction des Juifs, afin de mieux justifier la fondation de l’état d’Israël… Mais de nos jours, même les historiens reconnus s’expriment à haute voix sur la façon dont certains Sionistes installés en Palestine exploitaient politiquement l’Holocauste ! … Le premier chef du gouvernement israélien, Ben Gourion estimait que, plus ça irait mal pour les Juifs d’Europe, plus ça irait mieux pour Israël. Il a mis ce projet en œuvre… Ben Gourion s’est lavé les mains de la Diaspora… Dès la conférence du parti Mapai en décembre 1942, il a déclaré que la tragédie des Juifs d’Europe ne les concernait pas - lui et ses associés – directement. C’étaient les paroles d’un chef qui était d’accord pour sacrifier la vie de millions de Juifs pour élaborer un état juif. Je ne dis pas qu’il aurait pu sauver des milliers d’êtres humains, mais il aurait pu combattre pour ces milliers de gens. Il s’en est abstenu. J’ignore si c’était voulu. »

 

🔴 Dr Marek Edelman, 2016. Being On the Right Side : Everyone in the Ghetto Was a Hero (Du Bon Côté : Dans le Ghetto, Ils étaient tous des Héros), pages 223, 448[6].

 

 

-  Zeev Sternell, survivant du ghetto de Przemysl, en Pologne.

Zeev Sternhell

« La gauche n’est plus capable de maîtriser l’ultra-nationalisme qui s’est développé ici, en Israël – le genre dont la branche européenne a contribué à éliminer presque tous les Juifs européens. Les entretiens que Ravit Hecht du Haaretz a effectués avec les politiques de la droite israélienne, Smotrich et Zohar, (les 3 décembre 2016 et 28 octobre 2017) devraient être distribués dans tous les médias, en Israël et partout dans le monde juif. On voit en eux non seulement un fascisme israélien grandissant, mais aussi un racisme qui ressemble au Nazisme dans son enfance.

 

Comme toute idéologie, la théorie raciale nazie s’est développée au cours des années. Au début, elle a uniquement privé les Juifs de leurs droits civils et humains. Il est possible que, sans la Seconde Guerre Mondiale, le ‘ problème juif ’ se fût terminé simplement avec l’expulsion ‘ volontaire ’ des Juifs des terres du Reich. Après tout, la plupart des Juifs d’Autriche et d’Allemagne ont pu partir à temps. Il est possible que ce soit un avenir à prévoir pour les Palestiniens. » :

 

🔴 Prof. Zeev Sternhell, ‘ Opinion in Israel, Growing Fascism and a Racism Akin to Early Nazism ’, Haaretz, 19/1/18[7].

 

 

-  Primo Levi était un survivant d’Auschwitz.

« En ce qui concerne le Premier Ministre Menachem Begin, ‘ Fasciste ’ est une définition pour moi acceptable. À mon avis, même Begin serait d’accord. C’était l’élève de Jabotinsky, qui représentait l’aile droite du Sionisme et qui se disait fasciste. C’était l’un des interlocuteurs de Mussolini. Assurément, Begin était son élève. Voilà toute l’histoire de Begin…. L’Holocauste est la défense préférée de Begin : Je n’y attribue aucune validité. »

 

🔴 Primo Levi, The Voice of Memory : Primo Levi Interviews (La voix de la Mémoire : Entretiens avec Primo Levi), 1961-1987, pp. 285-286. La citation date de 1982[8].

 

 

-  Rudolf Vrba, survivant de Majdanek et d’Auschwitz

Babelio Rudolf Vrba

Il s’est évadé d’Auschwitz en 1944[9], pour prévenir les Juifs hongrois au sujet du programme nazi d’extermination. Malheureusement, certains chefs sionistes pensaient différemment.

 

« Le mouvement sioniste européen a joué un rôle très important dans l’extermination de masse des Juifs. Je crois vraiment que, sans la coopération des Sionistes, ça aurait été une tâche bien plus difficile…. Les Sionistes disaient que nous ne sommes pas tchécoslovaques, ni allemands ni français : Nous sommes juifs et nous devons, en tant que juifs, retourner dans notre pays, en Israël ou Palestine, et fonder notre état. …

  • S’ensuivit la Loi de Nuremberg, loi divulguée par un État dit civilisé – l’Allemagne nazie – qui affirmait que les Juifs ne faisaient pas partie de l’Europe, mais de la Palestine… Donc, ensemble, le Nazisme et le Sionisme partageaient la même chose : Ils proclamaient tous les deux que les Juifs n’appartiennent pas à l’Europe, mais à la Palestine. …
  • Donc, naturellement, les Allemands ont dit aux Sionistes : ‘ Vous voyez, les Juifs ne nous font peut-être pas confiance, mais ils vous croiront ’, car ils ont compris qu’on leur avait, en fait, dit la vérité : que vous faites partie de la Palestine, que vous êtes ici des étrangers ’. … C’est comme cela qu’une clique sioniste, a formé les conseils juifs (appelés ‘ Judenräte ’) pour " gérer les affaires juives ", soutenue par l’argent d’hommes d’affaires juifs importants, prêts à tolérer la discrimination contre l’ensemble de la population juive qui n’était ni riche, ni sioniste – qui tout simplement, ne faisait pas partie de la clique. …

 

Par conséquent, :

  • je ne me fiais pas à eux, malgré le fait que les Nazis leur avaient donné des droits, suite aux lois de Nuremberg. Je les jugeais fascistes, tout simplement, dès le début, créatures méprisables qui s’associent aux fascistes et qui en bénéficient, ne subissant pas la discrimination infligée aux autres. …
  • Je n’avais pas plus confiance dans les Nazis que dans les conseils juifs sionistes. Assurément, je me suis rendu compte que les Sionistes et les Nazis sont mes ennemis à part égale : Tous les deux, ils veulent me faire partir avec 25 kilos de bagages, vers un endroit inconnu, et laisser ma mère chez elle, sans défense. …

 

Les jeunes, piliers de la résistance, ont toujours entre 16 et 30 ans. Chaque soldat sait qu’ils sont les meilleurs éléments pour le combat. … J’étais sidéré par le fait que les Sionistes qui se disaient protecteurs des Juifs, avaient décidé en premier lieu, de laisser partir un groupe de résistants potentiels qui, en dernier lieu, pourraient protéger les familles, en employant la force, si nécessaire.… « Je suis juif. Toutefois – plutôt à cause de cela – j’accuse certains chefs juifs d’une des actions les plus horribles de la guerre. »

 

Ce petit groupe de collaborateurs savait ce qui se passait dans les chambres à gaz d’Hitler et ont sauvé leur propre vie en achetant leur silence. Parmi eux, se trouvait le Docteur Rudolf Kastner, à la tête du conseil qui parlait au nom de tous les Juifs hongrois…

 

Prisonnier numéro 44070 à Auschwitz – numéro resté sur mon bras – j’ai calculé minutieusement les statistiques des exterminations … J’ai emporté ces affreuses statistiques lors de mon évasion en 1944, et j’ai pu prévenir les chefs sionistes hongrois trois semaines à l’avance qu’Eichmann avait l’intention d’envoyer un million de leurs Juifs dans ses chambres à gaz. … Kastner est allé dire à Eichmann : ‘ Je connais vos projets. Sauvez des Juifs que je pourrais choisir, et je me tairai. ’ Non seulement Eichmann a accepté, mais il a déguisé Kastner en S.S. et l’a emmené à Belsen pour chercher certains de ses amis. Et ce marchandage ne s’en est pas arrêté là.

 

Kastner a payé Eichmann plusieurs milliers de dollars. Avec cette petite fortune, Eichmann a pu acheter sa liberté lors de la défaite de l’Allemagne, et s’installer en Argentine… »

  • « Pourquoi le Docteur Kastner a-t-il trahi les siens, alors qu’il aurait pu en sauver beaucoup en les prévenant, en leur donnant l’occasion de se battre, d’organiser un deuxième ‘Soulèvement de Varsovie’ – ce que craignait Eichmann ? …
  • Était-il donc possible que l’humeur défaitiste du Docteur Kastner ait été renforcée par le souvenir des paroles prononcées par le Docteur Chaim Weizmann, premier président d’Israël, lorsqu’il a parlé à un congrès sioniste à Londres en 1937 ?

 

Voici très précisément le discours de Chaim Weizmann : " J’ai dit à la Commission royale britannique que les espoirs des six millions de Juifs d’Europe visaient l’émigration. On m’a demandé : ‘ Pouvez-vous emmener six millions de Juifs en Palestine ? ’ J’ai répondu que non. Les vieux disparaitront. Les autres subiront ou non leur destin. Ils ne sont que poussière, économique et morale, dans un monde cruel … seule une partie survivra … Ils devaient l’accepter. … S’ils voient les choses et souffrent, ils trouveront leur voie - Beacharit Hayamim [‘Lorsque viendra le Messie, tous les morts ressusciteront’] – quand viendra le temps … Je souhaite que soit préservée notre unité nationale, car c’est tout ce que nous possédons. "

  • ‘ Seule une branche survivra …’. Kastner, comme Hitler, croyait-il en une race supérieure, une nation juive formée d’élites, pour les élites, par les élites ?
  • Était-ce sa façon d’interpréter le sombre discours du Docteur Chaim Weizmann ?
  • Dans l’affirmative, qui allait choisir la branche ?
  • Qui allait décider quels grains constitueraient le tas de poussière économique, dont le destin serait d’attendre la venue du Messie ? …

Ma famille, je suppose, était la poussière qui allait être balayée jusque dans les fours par les Nazis qui utilisaient les chefs juifs comme balais … »

 

🔴 "Oral history interview with Rudolf Vrba’ , World at War TV Series (Un Monde en Guerre, série télévisée), de 1972. Première partie. Passages de 32/45 minutes).

🔴  Dr. Rudolf Vrba, Daily Herald, février 1961 (tiré du livre de Ben Hecht, Perfidy - publié en 1962 - p. 231).

🔴 Dr. Rudolf Vrba, I Escaped from Auschwitz (Je me suis évadé d’Auschwitz) [2002], pp. 281-2.

🔴 Les opinions de Rudolf Vrba étaient toujours sujets à controverse, mais même les journaux sionistes tels que le ‘Jewish News’, (15/12/16) et le ‘Jerusalem Post’, (16/2/17) ont, ces dernières années, publié de sérieuses critiques du rôle de Kastner dans l’Holocauste. Pour en savoir plus sur toute cette controverse, voir : Tony Greenstein, Weekly Worker, (1/6/17) et Ruth Linn, ‘Rudolf Vrba and the Auschwitz Reports : Conflicting Historical Interpretations’ (2011) .

 

" L’un des aspects les plus inquiétants de la définition de l’Holocauste par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, c’est la suggestion que, si l’on compare la politique israélienne actuelle à celle des Nazis, c’est forcément de l’antisémitisme. Il est vrai que de telles comparaisons sont parfois grossières et sans fondement historique, mais dans la plupart des cas, il semble exagéré de l’attribuer à de l’antisémitisme, même si on n’est pas toujours d’accord avec la conclusion", conclut Chris Knight. (Dulwich et West Norwood CLP : circonscription électorale du Parti travailliste).

 

Juifs rescapés de la shoah, opposants à l’ultranationalisme d’Israël

Notes :

[0] Marika Sherwood : Comment je suis devenu un juif anti-Israël

[1] Marika Sherwood : Je ne suis pas antisémite, mais je suis antisioniste

[2Entretien avec Israel Shahak dirigé par Anne Joyce (du Middle East Policy Council Journal : Midle East Policy, été 1989, numéro 29)

[3Le racisme de l'état d'Israël du Dr. Israël Shahak aux éditions Guy Authier

[4] Hajo Meyer "Je suis peiné par les parallèles que j’observe entre mes expériences en Allemagne avant 1939 et celles subies par les Palestiniens aujourd’hui. Je ne peux m'empêcher d'entendre des échos du mythe nazi du « sang et de la terre » dans la rhétorique du fondamentalisme des colons."

[5Dr. Gabor Mate, BEAU RÊVE D'ISRAËL EST DEVENU UN CAUCHEMAR

[6] Marek Edelman, Marek Edelman. Être du bon côté. Livre de poche – 1er juillet 2016

[7] Zeev Sternell, En Israël, un fascisme croissant et un racisme semblable au nazisme primitif

[8Primo Levi, La voix de la Mémoire : Entretiens avec Primo Levi

[9Rudolf Vrba, né sous le nom de Walter Rosenberg, (11 septembre 1924 à Topoľčany, Slovaquie - 27 mars 2006 à Vancouver, Canada), est un des seuls Juifs à s'être évadé du camp d'Auschwitz. Interné dans le camp de concentration en juin 1942, il est témoin de l'extermination en masse des Juifs à Auzchwitz-Birkenau

 

Pour en savoir plus :

- Un descendant de survivants de la Shoah prône la paix à Gaza

- L'Holocauste comme prétexte de l'annexion

- Avant la 2e Guerre mondiale, le père de Netanyahu, Benzion Netanyahu, a été le secrétaire du fasciste Vladimir Jobotinsky, ayant reçu le soutien politique et financier de Mussolini. Et, il s'est rapproché d'Abba Ahiméir, proposant de fonder le sionisme sur le " modèle fasciste ".

 

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