Comme d’habitude, notre président nous a devancé dans ses vœux pour la nouvelle année, qui s’annonce politiquement au moins aussi riche que la précédente. On en parlera dans notre première rubrique et on reviendra ensuite sur la composition de notre nouveau gouvernement de soi-disant cadors, avant de se pencher sur leurs derniers faits d’armes.
Mayotte : le cyclone Chido du 14 décembre 2024 détruit[0], le sous-développement tue[1]...
Abandon des Mahorais et changement climatique : le cyclone Chido est aussi un phénomène politique[0bis]
Mayotte, petite île de l’océan Indien, symbolise à elle seule la collision brutale entre histoire coloniale, fractures sociales et désastres environnementaux. Département français depuis 2011, elle est un territoire en crise, où la misère humaine et les catastrophes naturelles s’entrelacent dans une spirale infernale.
Les événements récents – séismes, tornades, montée des eaux (NDLR : cyclone Chido)– ne sont que la face visible d’un effondrement plus global[1bis]. Ils révèlent une vulnérabilité accumulée sur des décennies, amplifiée par des promesses non tenues, des inégalités criantes et une gestion déconnectée des réalités locales
En 1974, Mayotte se sépare des Comores à l’issue d’un référendum où les Mahorais choisissent de rester français[2]
Ce choix, né du désir d’échapper à l’instabilité politique des Comores indépendantes, place l’île dans une situation paradoxale : elle devient un territoire français entouré de voisins économiquement fragiles. Cette appartenance à la République française, vue comme une chance à l’époque, isole Mayotte[3] de son propre environnement géographique et culturel. Rapidement, cette singularité engendre des tensions avec les autres îles de l’archipel, notamment l’île comorienne d’Anjouan[4], d’où proviennent chaque année des milliers de migrants.
L’intégration comme département[5], survenue en 2011, devait marquer une nouvelle ère pour Mayotte. Les Mahorais espéraient voir leur île se développer et accéder à des droits égaux à ceux des métropolitains c’est-à-dire que s’y applique pleinement les lois françaises et européennes, à la différence d’une collectivité territoriale. Mais cette départementalisation s’est révélée un leurre. La croissance fulgurante de la population, (76 000 habitants en 1991, 300 000 habitants en 2023[6]), dépasse largement la capacité des infrastructures et des services publics à répondre aux exigences, tout en exacerbant l’obsolescence des équipements, faute d’entretien.
Effondrement des services publics
L’éducation, en particulier, est le symbole de cet échec. Avec des classes surchargées, des enseignants en sous-effectifs et des écoles délabrées, le système scolaire est incapable de répondre aux besoins d’une jeunesse nombreuse et en quête d’avenir. Cet effondrement du système éducatif alimente un sentiment d’abandon et de mépris parmi les Mahorais.Ils constatent chaque jour que la promesse d’égalité républicaine[7] reste une illusion.
Les infrastructures sanitaires et sociales sont tout aussi défaillantes. Les femmes comoriennes qui bravent les flots pour accoucher à Mayotte afin que leurs enfants acquièrent la nationalité française, contribuent à une pression démographique croissante. Mais ces enfants, bien que nés sur le sol français[8], grandissent souvent dans des conditions indignes. Ils alimentent les bidonvilles, des espaces d’exclusion où se forment des bandes de jeunes livrés à eux-mêmes, vecteurs de violences et d’émeutes récurrentes. À leur majorité, en vertu du droit du sol, ces enfants peuvent acquérir la nationalité française.
La colère gronde dans une population qui se sent méprisée, prise en étau entre un État central distant et des besoins locaux criants.Mais ce mépris ne se limite pas aux politiques sociales : il se manifeste aussi dans la gestion de l’environnement [NDLR notamment en ce qui concerne la question de l'eau[9]). Mayotte est une île en pleine dégradation écologique, où les bidonvilles, sans réseaux d’assainissement, rejettent leurs déchets dans une mer polluée, comme j’ai pu l’étudier dans le cadre d’une mission pour l’association Littocean[10]. La destruction des mangroves (due à un développement urbain incontrôlé et au changement climatique) et en conséquence des récifs coralliens, essentiels pour limiter l’érosion et les submersions marines, témoigne de l’incapacité à relier environnement et développement.
Une gestion écologique devenue symbole technocratique
À cela s’ajoute un paradoxe criant : tandis que les populations locales luttent pour survivre, des moyens considérables sont mobilisés pour protéger l’écosystème marin par le biais du parc naturel de Mayotte. Ce parc, destiné à préserver la biodiversité exceptionnelle des récifs coralliens, devient un symbole d’une gestion technocratique[11] déconnectée des réalités humaines.Les Mahorais, exclus de ce projet, perçoivent cette conservation comme une nouvelle forme de colonialisme : une « colonisation bleue » où la priorité est donnée à la nature, administrée par l’État français, au détriment des habitants. Ce fossé entre la préservation de l’environnement et les besoins des communautés accentue le sentiment d’abandon[12] et l’idée que Mayotte n’est qu’un territoire périphérique, instrumentalisé pour des objectifs extérieurs et géopolitiques, traité comme une colonie et non comme un territoire français à part entière
Dans ce contexte, le changement climatique agit comme un catalyseur. Il intensifie les phénomènes naturels extrêmes, tels que les cyclones[0] ou les sécheresses, et exacerbe les inégalités. L’élévation du niveau de la mer menace directement les habitations précaires situées sur les littoraux, tandis que les ressources en eau, déjà insuffisantes, s’amenuisent. Les catastrophes naturelles[13] se multiplient, mais elles ne sont pas de simples fatalités : elles frappent un territoire déjà fragilisé, où chaque événement climatique devient un désastre humain par manque de préparation.
Un avenir impensable et tragique
Face à cette accumulation de crises, c’est le rapport au temps qui interroge. À Mayotte, l’idée même d’un avenir semble inatteignable. Les Mahorais vivent dans un présent sans repères, où les mêmes drames – émeutes, violences, destructions – se répètent sans fin. François Hartog, dans sa réflexion sur le présentisme[14], décrit cet état où le passé perd sa valeur, où le futur est inconcevable, et où seul le présent s’impose, figé dans l’urgence et l’incapacité d’anticiper.
Mayotte incarne cette temporalité brisée.
L’île n’a pas de nostalgie d’un âge d’or, car son histoire est marquée par des fractures successives : colonisation, séparation des Comores, départementalisation ratée.
Elle n’a pas non plus de projet d’avenir, car les conditions de vie, les inégalités et les crises structurelles la maintiennent dans un état d’urgence permanent.
Ce présentisme exacerbé renforce le sentiment d’impuissance, rendant impossible toute perspective de reconstruction ou de progrès.
🔴 La situation actuelle de Mayotte peut être qualifiée d’hypercriticité[15] : un état où les tensions sociales, politiques et environnementales atteignent un point de rupture, où chaque élément, même mineur, peut précipiter un effondrement global.
Ce terme désigne non seulement l’accumulation des vulnérabilités, mais aussi l’incapacité à s’en extraire. " L’hypercriticité ", c’est l’impossibilité de penser au-delà de l’urgence, l’incapacité de construire des ponts entre les crises pour trouver des solutions globales. À Mayotte, cet état est visible dans chaque aspect de la vie :
dans l’école qui échoue à offrir un avenir,
dans les bidonvilles qui s’étendent,
dans la mer qui rejette les déchets de l’île et engloutit peu à peu ses côtes,
dans l’accès à l’eau et à un environnement sain, dans la pression démographique et ses conséquences écologiques.
▶️Cette crise révèle une conjonction inédite entre deux histoires :
celle, humaine, de la globalisation, avec ses migrations, ses inégalités et ses fractures coloniales ;
et celle, planétaire, d’une Terre abîmée par la dégradation accélérée des écosystèmes.
Comme l’explique Dipesh Chakrabarty dans " Une planète, plusieurs mondes[16] ", ce croisement marque une rupture : à Mayotte, cette rencontre s’incarne dans une « planète des pauvres », où les damnés de la Terre subissent de plein fouet l’amplification de ces dynamiques destructrices. Ici, les vulnérabilités humaines et écologiques se confondent dans un cycle sans précédent, soulignant la nouveauté tragique de cette crise.
▶️Toutefois, " l’hypercriticité " peut aussi être un point de départ.Elle force à regarder en face l’ampleur des problèmes et à repenser radicalement les relations entre les hommes, leur territoire et leur futur.
Si Mayotte continue sur cette voie, elle risque de devenir un archétype de l’effondrement insulaire, un avertissement pour d’autres territoires.
Mais si elle parvient à dépasser ce présentisme, à prendre en compte l’histoire passée, à s’attaquer aux urgences présentes tout en imaginant un avenir collectif mettant en avant la double identité mahoraise française et comorienne pour en faire un exemple d’hybridité culturelle réussie, elle pourrait, paradoxalement, transformer sa fragilité en force, en inventant un modèle résilient face aux défis du XXIe siècle.
Le temps, à Mayotte, n’a pas encore retrouvé son cours, mais il n’est pas trop tard pour le remettre en mouvement.
Bernard Kalaora, Professeur honoraire, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)
Quand le discours sur les crises élude les malfaçons du système
La démocratie va mal. Ce serait la faute des institutions, des réseaux sociaux, de l’individualisme. De la « radicalité des extrêmes », voire de l’impuissance devant la violence économique, qu’il faudrait adoucir. Or le capitalisme se fonde sur la division entre l’économique et le politique, ce qui le rend fondamentalement antidémocratique. ( article de Nancy Fraser, composé à partir de l’ouvrage " Le capitalisme est un cannibalisme ", à paraître aux éditions Agone (Marseille) le 15 janvier 2025 et ont elle est l'auteure).
Cette crise de la démocratie à laquelle nous sommes confrontés ne tire pas ses origines de la seule sphère politique.
On ne pourra la surmonter en refondant le sens civique, en cultivant le bipartisme, en renforçant l’« ethos démocratique », en ranimant le « pouvoir constituant », en libérant la force de l’« agonisme »… Ni autonomes ni simplement sectoriels, les maux démocratiques actuels constituent l’aspect spécifiquement politique de la crise généralisée qui engloutit l’ensemble de notre ordre social. Ils ont leur origine dans les fondements mêmes de cet ordre — dans ses structures institutionnelles et ses dynamiques constitutives. Ils ne peuvent être appréhendés que dans une vision critique de la totalité sociale, que nombre d’observateurs identifient au néolibéralisme, non sans raison. Maisil importe de situer le néolibéralisme comme une déclinaison du capitalisme : et toute forme de capitalisme est sujette aux crises politiques et hostile à la démocratie, car recelant une contradiction qui l’y prédispose.
Loin d’être une anomalie, la crise actuelle est la forme que prend cette contradiction.
Réduire le capitalisme à un système économique, et la crise capitaliste à des dysfonctionnements économiques, c’est omettre d’autres contradictions, et les crises qu’elles engendrent : quand les impératifs économiques entrent en conflit avec les conditions d’arrière-plan non économiques dont la bonne santé est essentielle à la poursuite de l’accumulation. Ces conditions sont multiples. Mais la contradiction qui peut être considérée comme à l’origine de la crise démocratique actuelle — étroitement mêlée aux autres impasses du système — porte sur les pouvoirs publics. Leur maintien est une condition de l’accumulation continue du capital, pourtant le capital tend à déstabiliser ces pouvoirs publics dont il dépend.
L’accumulation est inconcevable en l’absence d’un cadre juridique protégeant l’entreprise privée et les échanges marchands. Elle dépend dans une large mesure des pouvoirs publics :
pour garantir les droits de propriété, faire respecter les contrats et trancher les litiges ;
pour réprimer les rébellions, maintenir l’ordre et gérer les dissensions ;
pour soutenir les régimes monétaires ; pour prendre des mesures en vue de prévenir ou de gérer les crises ;
enfin, pour codifier et appliquer les hiérarchies de statut, comme celles qui distinguent les citoyens des « étrangers ».
Ce sont les systèmes juridiques qui ont créé des espaces en apparence dépolitisés, au sein desquels des acteurs privés servent leurs intérêts « économiques » à l’abri de toute ingérence « politique ».
De même, ce sont les États territoriaux qui ont mobilisé la « force légitime » pour réprimer la résistance aux expropriations (notamment coloniales) par lesquelles les rapports de propriété capitalistes ont été créés et maintenus. Après avoir ainsi constitué l’économie capitaliste, ces pouvoirs politiques ont pris des mesures pour accroître la capacité du capital à accumuler des profits. Ils ont construit et entretenu des infrastructures, compensé les « défaillances du marché », orienté le développement, dopé la reproduction sociale, atténué les crises économiques et géré les retombées politiques connexes.
L’espace plus large dans lequel s’inscrivent ces États a été organisé pour faciliter la circulation du capital : non seulement avec le concours de la puissance militaire, mais aussi grâce à des dispositifs politiques transnationaux comme le droit international, les régimes supranationaux et les accords négociés entre grandes puissances qui pacifient plus ou moins (mais toujours en faveur du capital) un espace mondial parfois vu comme à l’état de nature. Essentiel à son fonctionnement, le pouvoir politique fait partie intégrante de l’ordre social institutionnalisé qu’est le capitalisme. Mais son maintien est en tension constante avec l’impératif d’accumulation du capital. Il faut en chercher la cause dans la topographie institutionnelle propre au capitalisme, qui sépare l’« économique » et le « politique ». Chacun se voit assigner sa propre sphère, avec son appareil et son modus operandi particuliers. Le pouvoir d’organiser la production est privatisé et confié au capital. La tâche de gouverner les ordres « non économiques » — dont ceux qui fournissent les conditions externes de l’accumulation — incombe au pouvoir public, à qui revient d’employer les moyens « politiques » de la loi. Dans le capitalisme, l’économique est donc non politique, et le politique non économique.
La gouvernance sans gouvernement
Une séparation qui, en soumettant de vastes aspects de la vie sociale à la « loi du marché » (c’est-à-dire aux grandes entreprises), nous prive de la capacité de décider collectivement ce que nous voulons produire et en quelle quantité, sur quel principe énergétique et selon quels modes de relations sociales.
Elle nous prive également des moyens de décider de l’emploi du surplus social produit collectivement, de la relation que nous voulons avec la nature et les générations futures, de l’organisation du travail de reproduction sociale et de son rapport à la production.
En raison de sa structure même, le capitalisme est donc fondamentalement antidémocratique.
Or le capital, par nature, essaie de jouer sur les deux tableaux.
D’un côté, il vit aux crochets des pouvoirs publics, profitant des régimes juridiques, des forces répressives, des infrastructures et des organismes de régulation.
De l’autre, l’appât du gain pousse régulièrement certains segments de la classe capitaliste à se rebeller contre l’État, dont ils blâment l’infériorité par rapport aux marchés, et qu’ils cherchent à affaiblir. Dans ces cas-là, lorsque les intérêts à court terme l’emportent sur la survie à long terme, le capital menace de détruire les conditions politiques mêmes de son existence.
Cette contradiction constitue une tendance aux crises qui n’est pas située « à l’intérieur » de l’économie, mais plutôt à la frontière qui sépare et relie en même temps l’économie et la gouvernance. Inhérente au capitalisme en soi, cette contradiction d’« inter-règnes » pousse toutes les formes de société capitaliste aux crises politiques.
Précisons : il n’y a pas de société capitaliste « en soi » ; le capitalisme n’a existé que dans des modes ou des régimes d’accumulation historiquement situés. Et, loin d’être donnée une fois pour toutes, la division constitutive entre l’« économique » et le « politique » peut toujours être contestée et modifiée. C’est surtout en temps de crise que la frontière cristallise les luttes entre les acteurs sociaux — qui parviennent parfois à en changer le tracé.
Ainsi, au cours du XXe siècle, le capitalisme géré par l’État, qui succédait au régime du « laissez-faire », a fait usage du pouvoir public afin d’endiguer la crise ou de la ralentir. Forts du système de contrôle des capitaux mis en place en 1945 sous hégémonie américaine par les accords de Bretton Woods, les États ont, d’une manière générale, discipliné le capital pour son propre bien, et étendu le champ de l’action politique tout en la domestiquant, par des mesures permettant d’intégrer des couches potentiellement révolutionnaires en revalorisant leur citoyenneté et en les impliquant dans le système. La stabilité a ainsi été rétablie pour plusieurs décennies, mais la hausse des salaires et la généralisation des gains de productivité dans l’industrie manufacturière du centre ont incité le capital à déployer de nouveaux efforts pour affranchir le marché de la régulation politique. Dans le même temps, une nouvelle gauche dénonçait à l’échelon mondial les oppressions, exclusions et prédations sur lesquelles reposait l’ensemble de l’édifice. Une longue crise s’est ensuivie, au cours de laquelle ce dispositif a été discrètement supplanté par le régime actuel du capitalisme financiarisé.
Ce dernier a remodelé une fois de plus la relation.
Les banques centrales et les institutions financières mondiales ont remplacé les États dans leur rôle d’arbitres d’une économie de plus en plus mondialisée. Ce sont elles qui édictent désormais la plupart des principales règles régissant les relations entre travail et capital, citoyens et États, centre et périphérie, et — point crucial — entre débiteurs et créanciers.
Le régime précédent avait permis aux États de subordonner les intérêts à court terme des entreprises privées à l’objectif à long terme d’une accumulation soutenue. À l’inverse, le régime actuel permet au capital financier de contraindre les États et les citoyens dans l’intérêt immédiat des investisseurs privés.
Coup double :
d’un côté, les institutions étatiques qui étaient (un peu) à l’écoute des citoyens sont de moins en moins à même de répondre à leurs besoins ;
de l’autre, les banques centrales et les institutions financières mondiales sont « politiquement indépendantes » — libres d’agir au profit des investisseurs et des créanciers.
Le capitalisme financiarisé est l’ère de la « gouvernance sans gouvernement » — l’ère de la domination sans la feuille de vigne du consentement. Cela a eu pour principal effet de vider le pouvoir de l’État de sa substance à tous les niveaux. Des questions autrefois considérées comme relevant de l’action politique démocratique sont désormais des « domaines réservés » confiés aux « marchés ». Les auxiliaires du capital n’hésitent pas à s’en prendre au pouvoir des États ou aux forces politiques qui pourraient le contester, en annulant par exemple des élections, ou des référendums qui rejettent l’austérité, comme en Grèce en 2015. Le fameux « déficit démocratique » fait en réalité partie intégrante de la crise généralisée du capitalisme financiarisé. Et comme toute crise généralisée, elle comporte une dimension hégémonique
Aucun engorgement dans les circuits d’accumulation, aucun blocage dans le système de gouvernance ne mérite le terme de « crise » au sens propre. Ce n’est que lorsque des membres de la société perçoivent que les graves difficultés qu’ils rencontrent surviennent, non pas en dépit, mais à cause de l’ordre établi, lorsqu’une masse critique décide que l’ordre peut et doit être transformé par l’action collective, lorsqu’une impasse objective se dote d’une voix subjective, ce n’est qu’alors que l’on peut parler de « crise » au sens de « tournant historique majeur » qui impose de prendre une décision.
C’est la situation d’aujourd’hui. Les dysfonctionnements politiques du capitalisme financiarisé ne sont plus « simplement » objectifs, ils ont trouvé un corrélat subjectif.
Dans de nombreuses parties du monde, des populistes de droite ont réussi à séduire des électeurs de la classe ouvrière appartenant à la majorité en promettant de « reprendre » leur pays au capital mondial, aux immigrés « envahisseurs » et aux minorités ethniques ou religieuses.
Leur contrepartie de gauche a réussi des percées importantes dans la société civile en militant pour les « 99 % » et contre un système « truqué » qui favorise la « classe des milliardaires ».
L’émergence de cette double vague populiste a marqué un bouleversement majeur. L’illusion du bon sens néolibéral mise à mal, le champ de la réflexion politique s’est élargi. On est entré dans une nouvelle phase : d’un « simple » agrégat d’impasses systémiques, on est passé à une véritable crise d’hégémonie, portée par un conflit ouvert sur la frontière actuelle entre économie et gouvernance. Ainsi, l’idée selon laquelle la planification est de très loin inférieure aux marchés concurrentiels ne va plus de soi. Ce courant a pris de l’ampleur avec la pandémie de Covid-19, qui a démontré la nécessité du pouvoir public. Si nous vivions dans un monde rationnel, le néolibéralisme ne serait plus qu’un souvenir.
Un vernis émancipateur Mais nous vivons dans un monde capitaliste, par définition gangrené par l’irrationnel. On ne peut donc pas s’attendre à ce que la crise actuelle soit résolue rapidement ou sans heurts. Les populistes de droite n’ont pas de solutions à offrir aux problèmes de leurs partisans ; mis sur le devant de la scène, ils sont les hommes de paille de ceux qui ont créé ces problèmes, et qui se tiennent derrière. Ce qui peut durer, tant que personne ne tire le rideau pour dévoiler l’imposture. Et c’est précisément ce que l’opposition progressiste n’a pas réussi à faire. Loin de démasquer les puissances derrière le rideau, les courants dominants de la « résistance » sont depuis longtemps compromis avec elles.
Aux États-Unis par exemple, c’est le cas des ailes libérales-méritocratiques de mouvements sociaux qui défendent le féminisme, l’antiracisme, les droits de la communauté LGBTQ (lesbiennes, gays, bisexuels, trans et queer) et l’écologie. Sous l’hégémonie libérale, ils ont été pendant des années des acteurs de second plan dans un bloc néolibéral progressiste qui comptait aussi des branches « visionnaires » du capital mondial (informatique, finance, médias, divertissement). Les progressistes ont donc aussi servi d’hommes de paille, mais autrement : en plaquant un vernis de charisme émancipateur sur l’économie politique prédatrice du néolibéralisme. Cette alliance contre-nature a si bien associé féminisme, antiracisme, etc., au néolibéralisme que bien des gens finiront par rejeter les premiers en même temps que le second. C’est pourquoi le principal bénéficiaire, du moins jusqu’à présent, a été le populisme réactionnaire de droite. Factice querelle entre deux bandes de pantins, l’une rétrograde, l’autre progressiste — et derrière le rideau, les puissants prospèrent.
Reste que des crises comme celle-ci représentent des moments décisifs où la possibilité d’agir sur la forme même de la vie sociale est à portée de main. Une question se pose alors : qui guidera le processus de transformation sociale, dans l’intérêt de qui et à quelles fins ? Ce processus a été engagé plusieurs fois par le passé — et a principalement profité au capital. Cela va-t-il se reproduire ? Si l’on s’en tient aux leçons de morale, en enjambant joyeusement les préoccupations des « déplorables », comme les appelait Mme Hillary Clinton en 2016, faute de reconnaître leurs griefs légitimes (si fourvoyés soient-ils), on passe à côté de la lutte pour la construction d’une contre-hégémonie. Qui nous met au défi d’identifier le véritable coupable, et de démanteler l’ordre dysfonctionnel et antidémocratique qu’est le capitalisme.
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🔴 Pour compléter la lecture de l’article précédent, on peut se reporter à deux vidéos intéressantes sur ce thème.
👉 Barbara Stiegler professeur de philosophie à l’université de Bordeaux.) a été invité sur le site QG (Quartier Populaire) pour parler de la nature de la démocratie et de son livre : « Démocratie, manifeste » (édition du bord de l’eau)
. Titre de l’émission : «Le système électif est mort : rendez-nous la démocratie ! ».
👉 Sur ce même thème, on peut visionner un interview intéressant ( sur le site Élucid) de Barbara Stiegler
. Titre de l’émission : « La démocratie et le néolibéralisme ».
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Informations sur l’auteure :
Nancy Fraser : Corps Philosophe, auteure de l’ouvrage Le capitalisme est un cannibalisme, à paraître aux éditions Agone (Marseille) le 15 janvier 2025 et à partir duquel cet article est composé.
Résumé de l'ouvrage : Central dans les débats sur la reproduction sociale, le racisme, l'État et l'écologie, cet ouvrage est utile à tout lecteur qui souhaite comprendre les crises actuelles. Nancy Fraser y suit le capital de crise en crise pour développer l’idée que, dans les sociétés capitalistes, l'économie s'appuie sur des « zones non marchandes » telles que le « travail domestique » non rémunéré, la nature, la politique et le racisme (en tant que mécanisme justifiant l'expropriation). Son argumentation permet de faire dialoguer Karl Marx, Rosa Luxemburg avec des voix issues du féminisme marxiste (comme Eli Zaretsky, Lise Vogel, Nancy Flobre,...), du marxisme noir et de l'écomarxisme (comme James O'Connor et Jason Moore). Affirmer l'intersectionnalité de la race, du genre et de la classe n'est pas suffisant pour les décortiquer en tant que caractéristiques du capitalisme. L'oppression fondée sur le sexe estelle une caractéristique structurellement nécessaire du capitalisme ? La discrimination fondée sur la race estelle intégrée dans la reproduction du capitalisme racial ?
« Tu es restée bien silencieuse le 7 octobre. »
Quelques semaines après l’attaque du Hamas contre des soldats et des civils israéliens, il y a un an, une de mes connaissances racontait sur Facebook avoir reçu ce message d’une amie. Je n’ai pas échappé non plus à ce flicage de l’expression de la sympathie pour les victimes israéliennes, la mienne ayant été jugée trop tardive. Horrifiée, je l’étais ; mais j’étais aussi tétanisée, et désespérée.
🔴 Tétanisée, parce que je voyais combien le choc provoqué par le massacre du Hamas était immédiatement instrumentalisé, y compris par une surenchère d’allégations mensongères « bébés décapités », « femme enceinte éventrée », « bébé placé dans un four », afin de mieux exciter la soif de vengeance. Il a été utilisé pour justifier les bombardements sur Gaza, qui ont commencé dès le 7 octobre, puis ce qui n’allait pas tarder à devenir le génocide du peuple palestinien. Israël a « transformé le traumatisme en arme de guerre », comme Naomi Klein vient de le décrire dans un article époustouflant [0].
🔴 Et désespérée, parce que je comprenais brusquement une chose : la justice pour les Palestiniens, que ne cessaient d’attendre – sans doute naïvement – toutes les personnes qui, comme moi, suivent avec attention la situation en Israël-Palestine depuis trente ans ou plus,cette justice ne viendrait jamais.
Les bombardements sur Gaza et la décimation de familles entières, en particulier en 2008-2009 et en 2014[1] ;
La répression de la Grande marche du retour, en 2018, au cours de laquelle les snipers israéliens, en plus de tuer 223 manifestants, ont pulvérisé des rotules à la chaîne ;
le meurtre d’Ahmad Erekat[1bis], en 2020, et tant d’autres exécutions sommaires ;
l’assassinat de la journaliste Shireen Abu-Akleh, en mai 2022, puis l’attaque de son convoi funéraire par la police israélienne, qui a presque renversé son cercueil (Abu-Akleh était chrétienne) [2] ;
Nora Sub Laban expulsée de sa maison de famille à Jérusalem, en juillet 2023, après des années de bataille judiciaire, et l’emménagement immédiat de colons qui ont jeté les meubles dans la rue et accroché des drapeaux israéliens aux fenêtres...
rien de tout cela – pour ne citer que quelques faits marquants – n’avait ému l’opinion ou la classe politique.
Absente au cours des années précédentes, l’émotion du grand public a déferlé comme une vague le 7 octobre, puis elle a aussitôt reflué, alors que la descente aux enfers définitive des Palestiniens commençait.
Que l’humanité et la sacralité de la vie ne soient accordées, sur un même territoire, qu’à une partie de la population est un scandale qui n’en finit plus de me bouleverser. Le découpage minutieux par lequel les médias et les dirigeants occidentaux distinguent les victimes dignes d’être pleurées de celles qui ne méritent pas une seconde d’attention me fait penser à ces vieilles photos de l’URSS sur lesquelles la censure effaçait soigneusement les contours des dignitaires tombés en disgrâce.
C’est d’autant plus révoltant que cela brouille totalement la réalité du rapport de forces. On en vient à avoir l’impression que ce ne sont pas les Palestiniens qui sont sous la botte, opprimés, dépossédés, expulsés et tués depuis des décennies, mais les Israéliens. Une amie qui a fait ses études en Allemagne me racontait qu’une autre étudiante lui avait un jour dit très sérieusement : « Tout de même, les Palestiniens ont envahi Israël. » D’où, aussi, les comparaisons aberrantes entre Israël et l’Ukraine – alors qu’Israël est dans le rôle de la Russie (à cette différence près que la Palestine, territoire occupé et morcelé, n’est pas un État souverain comme l’Ukraine).
Depuis un an, celles et ceux qui continuent de suivre la situation en Palestine, essentiellement à travers les journalistes palestiniens présents sur les réseaux sociaux, voient tous les jours des images qui leur retournent l’estomac. Tous les jours, tous les jours, tous les jours :
les immeubles pulvérisés ;
les enfants blessés allongés sur le sol d’un hôpital ;
les corps vivants ou morts coincés sous les décombres ;
les blessés dont les bras ou les jambes pendent, presque détachés du reste de leur corps ;
les cadavres alignés dans des linceuls, les proches hagards de douleur ;
la jubilation mauvaise des soldats israéliens pillant et saccageant les intérieurs de familles déplacées ou tuées ;
les enfants agonisants, squelettiques, en raison du blocus sur la nourriture et l’eau annoncé par le ministre de la défense israélien Yoav Gallant dès le 9 octobre 2023. Je reste aussi hantée par les images, vues à deux reprises, d’enfants au visage intact, mais à la boîte crânienne explosée, béante, complètement vide.
Et enfin, ce matin, les images insoutenables de Palestiniens prisonniers des flammes[3bis] après le bombardement d’abris de fortune installés dans la cour de l’hôpital Al-Aqsa.
Au cours de l’année écoulée, Israël a commis à Gaza l’équivalent d’un massacre du 7 octobre chaque semaine
▶️ En octobre, le journaliste Wael Al-Dahdouh apprenait en direct, pendant qu’il travaillait, la mort de sa femme et de deux de ses enfants (en décembre, il a vu son cameraman, Samer Abu Daqqa, mourir à ses côtés, puis, en janvier, il a perdu un autre fils, Hamza Al-Dahdouh, également journaliste).
▶️ En novembre, il y a eu la vieille femme tuée par un sniper alors qu’elle tenait la main de son petit-fils, le petit Taim Abd Al-Aati, qui agitait un drapeau blanc. Ce même mois, les cadavres décomposés des bébés prématurés de l’hôpital Al-Nasr, que le personnel a été forcé d’abandonner dans leurs couveuses par l’armée israélienne.
▶️ En janvier, le meurtre de Hind Rajab, six ans, qui a vu les siens mourir autour d’elle quand leur voiture a été prise pour cible par un char, et qui a supplié les secours de venir la sauver avant d’être à son tour tuée, de même que deux ambulanciers qui tentaient de l’atteindre. (En avril, les étudiants de l’université Columbia à New York, qui occupaient leur campus, ont renommé le Hamilton Hall « Hind’s Hall » en son honneur ; c’est également le titre que le rappeur américain Macklemore a donné à sa chanson en soutien au mouvement étudiant pour la Palestine.)
▶️ En février, le corps de Sidra Hassouna, petite fille de sept ans, accroché au mur sur lequel il avait été projeté par la déflagration. Le « massacre de la farine », quand l’armée israélienne a ouvert le feu sur les Palestiniens affamés par le blocus qui se pressaient autour d’un convoi d’aide alimentaire, tuant au moins 118 d’entre eux. À l’hôpital Nasser, un prisonnier, Jamal Abu Al-Ola, envoyé par les soldats, les mains liées, pour dire aux patients et au personnel d’évacuer, puis abattu sous les yeux de sa mère.
▶️ En mars, Razan Muneer Arafat, onze ans, dans un fauteuil roulant, pleurant à chaudes larmes ses jambes perdues.
▶️ En mai, le cadavre sans tête d’Ahmad Al-Najar, dix-huit mois, décapité quand l’armée israélienne a bombardé des tentes de personnes déplacées à Rafah, faisant quarante-cinq victimes, la plupart brûlées vives.
▶️ En juin, le massacre de Nuseirat, lorsque des soldats israéliens ont tué plus de 270 civils palestiniens pour libérer quatre otages – une opération fêtée comme un « grand succès » dans les chancelleries et les médias occidentaux.
▶️ En juillet, Muhammed Bhar, jeune homme atteint du syndrome de Down, déchiqueté par un chien de l’armée ; les soldats l’ont laissé agoniser, en empêchant ses proches de lui porter secours.
▶️ En août, le journaliste Ismail Al-Ghoul, dans sa voiture visée par un tir de drone, vêtu de son gilet « presse », la tête arrachée – tué avec son cameraman Rami Al-Rifi, ce qui portait alors à 165 le nombre de journalistes tués à Gaza en moins d’un an.
▶️ En septembre, un fœtus sanguinolent tiré des décombres d’un immeuble. Un père embrassant le pied arraché de sa petite fille – tout ce qu’il restait de son corps. Un soldat rigolard fumant une cigarette tandis qu’une mosquée brûle dans son dos. Une effarante accumulation de crimes de guerre, qu’Al-Jazeera a tenté de répertorier dans un documentaire récent [4].
🔴Au cours de l’année écoulée, selon les calculs de Joseph Confavreux dans un article de Mediapart, Israël a commis à Gaza l’équivalent d’un massacre du 7 octobre chaque semaine[5]. Et pourtant… Rien de tout cela ne semble s’être imprimé dans les esprits des gens autour de nous – pas plus que tout ce qui a précédé ne s’y était imprimé. Pour tout le monde, seul existe le massacre du 7 octobre en Israël.
Cette insensibilité explique la grossièreté de ces intervieweurs occidentaux qui reçoivent des Palestiniens endeuillés, ayant perdu plusieurs membres de leur famille (parfois des dizaines), et qui leur lancent d’un seul souffle : « Toutes mes condoléances, est-ce que vous condamnez le meurtre de civils par le Hamas ? ».
Un sommet d’obscénité a été atteint ce 7 octobre avec l’interview sur BFMTV du journaliste Rami Abou Jamous, qui témoigne chaque semaine sur Orient XXI de l’enfer qu’est devenu Gaza. Il n’a été interrogé que sur le Hamas et le 7 octobre[6]. On parle d’un homme épuisé et traumatisé, dont – pour ne citer qu’un exemple – la belle-sœur a été grièvement blessée par un quadricoptère (un petit drone) qui l’a poursuivie jusque sous sa tente de déplacée[7].
Arwa Mahdawi : « Les mêmes personnes qui nous sommaient de désavouer la violence salivent sur notre mort et célèbrent le meurtre à une échelle inimaginable » Au fil des mois, déjà, on avait pu mesurer l’ampleur du « deux poids, deux mesures ». Les massacres, les viols[8] : au vu de l’indignation générale soulevée, à juste titre, quand des Israélien·nes en ont été victimes, on avait pu en déduire, naïvement, que ces crimes étaient condamnables en eux-mêmes. Mais l’indifférence, voire l’approbation, rencontrées quand des Palestinien·nes en sont victimes à leur tour nous force à en déduire que ce qui est réellement terrifiant, ce n’est pas d’être violé·e, décapité·e, massacré·e : c’est de l’être par des Arabes. Les mêmes personnes qui s’étranglaient d’indignation à l’idée que le Hamas se soit attaqué à des civils reprennent sans sourciller la rhétorique raciste des « boucliers humains » ou des « victimes collatérales » concernant les morts palestiniens.
Des témoignages de viols au moyen de barres de métal brûlantes et d’autres objets émanent de la prison israélienne de Sde Teiman - information enterrée tout à la fin d’un article du New York Times [9]. Pourtant, quand, fin juillet, dix soldats ont été arrêtés pour avoir violé en réunion un prisonnier – lequel a été hospitalisé –, viol dont la vidéo a fuité, des manifestants d’extrême droite, parmi lesquels des ministres, ont pris d’assaut la prison pour les faire libérer.
Le ministre Itamar Ben-Gvir a clamé que tout était permis, même le viol, face à l’ennemi palestinien.
Son collègue Bezalel Smotrich a exigé une enquête, non pas sur le viol lui-même, mais sur la fuite de la vidéo.
Les soldats ont finalement été libérés, et l’un d’eux a été invité sur les plateaux de télévision pour se défendre [10].
L’idée selon laquelle les crimes du 7 octobre justifient une vengeance aveugle, cruelle, sans limite, sur toute une population (soit exactement ce qui était condamnable dans l’attaque du 7 octobre elle-même), a normalisé les discours sanguinaires, voire génocidaires. La Une jubilante du New York Post après l’attaque des bipeurs au Liban, alors que cette attaque a fait des milliers de victimes civiles, qui ont eu des bras, des yeux arrachés, au point que les hôpitaux libanais ont été débordés par l’afflux des blessés, l’illustre bien. De même que la décomplexion des appels au meurtre sur les plateaux de télévision français. « Qu’ils crèvent tous. Israël fait le travail de l’humanité ici », a par exemple osé déclarer Louis Sarkozy sur LCI le 26 septembre[10bis].
🔴« Nous, Palestiniens, n’avons pas le droit d’ouvrir nos bouches sans que quelqu’un nous demande de dénoncer la violence et de condamner le Hamas. Puis on nous ordonne de la fermer et de rester silencieux tandis que les mêmes personnes qui nous sommaient de désavouer la violence salivent sur notre mort et célèbrent le meurtre à une échelle inimaginable », écrit la journaliste palestinienne-américaine Arwa Mahdawi[11].
Lina Mounzer : « Nos quartiers ne sont pas des endroits où nous avons joué, grandi, élevé des enfants et rendu visite à des amis : ce sont des “ bastions ” » Une analyse de la presse américaine publiée par le média indépendant The Intercept en janvier dernier a montré que des termes chargés d’émotion, comme « massacre » ou « horrible », étaient réservés aux victimes israéliennes[12]. On observe le même phénomène dans la presse française, par exemple avec ce titre du Monde : « 7 octobre 2023 : une journée atroce, une année tragique » (5 octobre 2024 ; c’est moi qui souligne). L’atrocité, ce sont les crimes du Hamas, et eux seuls ; ce qui a suivi est simplement « tragique » – autrement dit : ce n’est réellement la faute de personne. L’analyse de The Intercept mettait aussi en lumière la façon dont les journaux américains multiplient les contorsions pour éviter de nommer le perpétrateur israélien, ce qui produit des titres en forme de haïkus étranges, dont l’insurpassable et énigmatique « Lives ended in Gaza[12bis] » – « Des vies ont pris fin à Gaza » –, dans le New York Times (2 mars 2024).
Ancienne responsable du bureau du New York Times à Jérusalem, Jodi Rudoren assume ce choix lexical : « Il y a eu un massacre le 7 octobre. Des atrocités ont été commises. Elles étaient barbares. La réponse a été… intense [sic], elle a impliqué beaucoup de mort, de destruction et de déplacement, mais je ne suis pas sûre que “massacre”, “atrocités” et “barbare” soient des termes appropriés, en tout cas pas pour la guerre dans son ensemble (…). Vous parlez de deux choses très différentes, qui nécessitent des adjectifs différents[13]. » Je l’avoue, ces mots, et la décontraction avec laquelle ils sont prononcés, me donnent envie de hurler.
🔴Le post du dessinateur libanais Mazen Kerbaj (ci-dessous 👇) traduit, je crois, l’état d’esprit de beaucoup.
Dans un article brillant, l’autrice libanaise Lina Mounzer a parfaitement décrit le désespoir que l’on peut ressentir devant ces yeux qu’aucune souffrance palestinienne ou libanaise ne semble assez grande pour dessiller. « Nos quartiers ne sont pas des endroits où nous avons joué, grandi, élevé des enfants et rendu visite à des amis : ce sont des “ bastions ”, écrit-elle. Les corps de nos hommes ne sont pas les poitrines bien-aimées contre lesquelles nous nous appuyons, ni les mains que nous tenions ou par lesquelles nous étions tenus, ni les bras forts qui nous portaient, ni les lèvres douces qui nous embrassaient pour nous souhaiter une bonne nuit. Ce sont des “ suspects ”, des “ militants ”, des “ terroristes ”, et leur mort est toujours justifiable parce qu’ils sont des hommes et nos hommes sont mauvais, et c’est comme ça que ça a toujours été, c’est comme ça que nous avons toujours été pour eux.[14] »
Elle observe : « L’Occident cherche à préserver l’image de sa propre humanité en effaçant complètement la nôtre. Comment peuvent-ils être coupables de meurtre si ceux qu’ils tuent ne sont que des “ terroristes ” ou des “ animaux humains ” ? En fait, non seulement ils ne sont pas coupables de meurtre, mais ils sont des héros qui nettoient le monde. Je ne sais pas quel langage il est possible d’employer avec des gens qui ne vous verront jamais comme un être humain. Qui entendront toujours un animal braire lorsque vous parlez.[14] »
Le soutien massif à Israël dans un paysage politique et médiatique français qui penche de plus en plus nettement vers l’extrême droite – une évolution très loin de se cantonner aux médias Bolloré – n’a guère de quoi étonner.Nous avons globalement quitté la normalité (si relative qu’elle ait pu être) : il faut rappeler que, depuis quelques mois, nous ne vivons plus en démocratie. Cela implique de s’exposer à quelques désagréments quand on a la mauvaise idée de vouloir plaider la cause des Palestiniens. Dernier cas en date : celui de Yannis Arab, doctorant en histoire et auteur de plusieurs ouvrages sur la Palestine, arrêté et perquisitionné par la gendarmerie le 8 octobre pour « apologie du terrorisme[14bis] ».
Pour ma part, j’y suis résignée. Ce que peuvent penser de moi des gens qui défendent un génocide m’est complètement indifférent. Ma seule préoccupation est désormais de ne pas décevoir ou trahir celles et ceux – chrétien·nes, juif·ves, musulman·es, athées ou croyant·es – dont je partage la sensibilité sur ce sujet. Comme l’écrit encore Lina Mounzer, le niveau de violence mis en œuvre par Israël dès octobre 2023 était « si bouleversant qu’il a immédiatement divisé le monde en deux : entre ceux qui savaient ce qui se passait et ceux qui le niaient ».
Les anglophones ont un acronyme pour cela : PEP, ou « progressive except for Palestine » – « progressiste, sauf sur la Palestine » Ce qui est réellement douloureux, cependant, c’est de se heurter aux mêmes préjugés, au même hermétisme, chez des journalistes et des personnalités de gauche, dont on se sent politiquement proche, que l’on estime, avec qui l’on est par ailleurs d’accord sur à peu près tout. Les anglophones ont un acronyme pour cela : PEP, ou « progressive except for Palestine » – « progressiste, sauf sur la Palestine».
Ainsi, dans une interview à Télérama, en avril, à l’occasion de la publication de son livre sur le choc du 7 octobre, l’avocat Arié Alimi expédiait en quatre lignes la question des agissements de l’armée israélienne à Gaza : « Soyons clairs, je suis aussi révolté par une forme d’insensibilité à ce qui est en train de se passer à Gaza ; par le fait qu’aujourd’hui, il y a un risque plausible de génocide – et de plus en plus de traces laissent penser qu’un jour cette qualification sera retenue [15][15bis]. » Pardon, mais si on pense sincèrement qu’un génocide risque de se dérouler, cela ne justifierait-il pas d’en faire son sujet principal ?
De même, plus récemment, dans sa critique du livre remarquable de Didier Fassin, Une étrange défaite, qu’elle disqualifie d’un « Bof », Valérie Lehoux reproche à l’auteur d’user de procédés malhonnêtes pour « mieux affirmer que le drame gazaoui est un génocide – il est tout à fait possible que la justice le reconnaisse un jour comme tel – qu’il est honteux de ne pas arrêter ». Elle aussi admet donc l’hypothèse d’un génocide… mais, à nouveau, entre tirets, sans en tirer aucune conséquence[16].Un génocide est donc moins grave qu’un massacre ?
La conviction profonde selon laquelle il est moins grave de s’en prendre à des colonisés qu’à des colons Autre exemple, qui me semble révélateur des hésitations d’une gauche par ailleurs impeccable sur tant de sujets.Dans l’article de Joseph Confavreux déjà cité plus haut, et par ailleurs excellent, quelques lignes me font sursauter : « Certes, d’un point de vue anthropologique, le théâtre de la cruauté déployé par le Hamas durant les massacres d’octobre dernier n’est pas similaire, terme à terme, avec les actes commis par l’armée israélienne depuis un an[16bis]. »
Je me frotte les yeux. Si la mutilation de dix enfants par jour en moyenne, les parents tués devant leurs enfants et inversement, l’agonie durant des heures ou des jours sous les décombres d’un immeuble (des milliers de cadavres y sont ensevelis), les enfants visés à la tête par des snipers [17], les civils désarmés poursuivis et pulvérisés par des tirs de drone, le fait de priver toute une population d’eau et de nourriture (mais aussi de produits d’hygiène, de sorte que les maladies de peau se propagent), de diffuser ses crimes de guerre sur TikTok avec des musiques entraînantes, ne relèvent pas également d’un « théâtre de la cruauté », et cette fois à l’échelle de tout un peuple, j’aimerais vraiment savoir comment il faut les qualifier.
Quelques jours après la parution de l’article, ce passage a été modifié. On lit désormais : « Les façons de mettre à mort, les projets plus larges dans lesquels les meurtres s’inscrivent, l’intentionnalité de tuer des civils, la volonté d’effrayer et/ou d’éliminer une population sont aussi à prendre en compte. Tout ne se mesure pas avec le décompte macabre des cadavres. » J’avoue que j’y perds mon latin. Faut-il en déduire que l’armée israélienne n’a pas de « projet plus large » ? Qu’elle n’a pas de volonté de « tuer des civils » ou « d’effrayer et/ou d’éliminer une population » ? Que tous ces crimes relèvent d’une touchante maladresse?
Difficile de ne pas déceler ici la conviction profonde selon laquelle il est moins grave de s’en prendre à des colonisés qu’à des colons. Cela me rappelle ce que m’avait raconté il y a quelques mois l’une de mes amies, qui est algérienne et qui enseigne dans une université américaine. Alors qu’elle évoquait le cas d’un colon violemment battu lors d’une révolte au XIXe siècle en Algérie, ses étudiants s’étaient mis à pousser des exclamations horrifiées. Exaspérée, elle leur avait lancé : « Mais enfin, je viens de vous parler d’enfumades[17bis] et d’autres atrocités, et vous n’avez pas bronché ! »
Une incapacité à renoncer à l’image vertueuse d’Israël L’indulgence irréelle manifestée envers l’armée israélienne procède aussi, je crois, d’une réticence persistante à renoncer à l’image d’Israël comme un État vertueux, peuplé de gens cultivés, progressistes, démocrates, humanistes, en refusant de voir que ces Israéliens, s’ils existent bien, sont aujourd’hui une toute petite minorité, dans un pays que des décennies de racisme institutionnalisé et d’impunité internationale ont mené au fanatisme, avant que le 7 octobre le radicalise encore davantage.
Ainsi, beaucoup de gens veulent croire que les manifestations parfois massives contre le gouvernement Netanyahou qui se déroulent en Israël ces temps-ci concernent aussi les crimes commis à Gaza, alors que ce n’est pas le cas. « Netanyahou est peut-être méprisé par la moitié de la population, mais sa guerre contre Gaza ne l’est pas, et, selon des sondages récents, une majorité substantielle d’Israéliens pensent que sa riposte est appropriée, voire qu’elle n’est pas allée assez loin », écrivait Adam Shatz en juin[18].
Partout s’exprime cette « obsession de la symétrie » que Joss Dray et Denis Sieffert pointaient déjà il y a plus de vingt ans[19].
Si on dit un peu de mal des Israéliens, alors on s’empresse d’en dire aussi des Palestiniens pour faire bonne mesure ;
Si on dit un peu de bien des Palestiniens, alors on s’empresse d’en dire aussi des Israéliens.
On ne manque pas de souligner qu’un deuil est toujours une tragédie, qu’une vie vaut une vie, que chaque vie est précieuse, que « les chiffres ne disent pas tout », en renvoyant à leur supposée mesquinerie ceux qui pointent la folle disproportion du bilan des victimes entre le camp de l’occupé et celui de l’occupant.
Est-il vraiment si difficile d’appeler à l’arrêt des massacres, au lieu d’aligner des propos creux sur « la valeur de chaque vie », « l’empathie » ou « la paix » ? Oui, bien sûr, sur le plan intime et privé, c’est vrai : un deuil est toujours une tragédie. Mais on ne devrait pas se servir de cette vérité pour occulter une réalité politique. Cette réalité n’est pas celle de « deux peuples qui se déchirent depuis très longtemps pour une même terre sans qu’on y comprenne grand-chose », comme on l’entend si souvent, mais celle d’un État qui pratique le nettoyage ethnique et le massacre depuis sa création, qui occupe un autre peuple militairement et qui s’emploie actuellement à le rayer de la surface de la Terre sans rencontrer aucun frein.
À l’heure où j’écris, le massacre continue imperturbablement à Gaza ;
la Cisjordanie est elle aussi à feu et à sang ;
le tourbillon de souffrances infligées à la Palestine s’étend au Liban ;
Israël bombarde Beyrouth, rase des villages entiers au Sud-Liban, attaque les casques bleus de l’ONU[19a].
Est-il vraiment si difficile d’appeler à l’arrêt de tout cela, au lieu d’aligner des propos creux sur « la valeur de chaque vie », « l’empathie » ou « la paix » ? Comme le rappelait Rob Grams, rédacteur en chef adjoint de la revue Frustration, sur X, l’empathie pour les otages israéliens est « tout à fait présente, médiatique, officielle. Celle pour les Palestiniens est criminalisée[19b]». Est-il si difficile de le souligner ? «Pourquoi Gaza a-t-elle disparu derrière des sophismes, des approximations, des murmures désolés ? », interroge à raison l’écrivain palestinien Karim Kattan[19c].
« Mourir en un seul morceau est devenu un luxe à Gaza » Même si l’on s’en tient au plan intime et privé, ces déclarations bien-pensantes négligent une autre différence de taille.
Les Israéliens qui ont perdu un proche l’année dernière ont la possibilité de vivre leur deuil, qui est respecté et partagé dans tout l’Occident et au-delà. (Même les soldats d’une armée génocidaire sont honorés dans les médias occidentaux comme des héros.).
Les Palestiniens, traumatisés par des deuils multiples, obligés d’assurer quotidiennement leur survie, n’en ont pas les moyens. Certains n’ont pas de corps à pleurer : leurs proches ont disparu dans une prison, ou sont restés ensevelis sous les décombres de leur immeuble. Parfois, ils sont contraints de rassembler leurs restes dans des sacs en plastique. (Cette année, on a aussi vu, en mars, le garçon qui transportait dans son sac à dos le corps de son petit frère[19d].)
Parmi les enfants rencontrés à Gaza par la journaliste et écrivaine Susan Abulhawa (toujours dans le documentaire d’Al-Jazeera), certains lui ont confié qu’ils voulaient mourir, mais qu’ils espéraient seulement rester entiers. « Mourir en un seul morceau est devenu un luxe à Gaza », confirme Mariam Mohammed Al Khateeb [20]. Le 25 septembre, l’armée israélienne – qui a par ailleurs ravagé plusieurs cimetières, à Gaza mais aussi au Liban – a envoyé à Gaza un camion contenant des dizaines de corps, sans aucun document permettant de les identifier. Les proclamations vertueuses sur la valeur égale des vies, auxquelles je n’ai rien à redire, me semblent un peu vaines si on ne commence pas par dénoncer cette situation.
L’Orient vu comme un espace abstrait, insignifiant, appropriable ; comme une annexe de la scène européenne L’image bienveillante d’Israël que conservent beaucoup de gens à gauche procède pour une large part du fait qu’ils transposent telle quelle la réalité de l’oppression historique subie par les juifs en Europe dans le contexte du Proche-Orient[21]. Par là, ils reproduisent à leur insu la désinvolture du rapport colonial à une terre étrangère, l’habitude de la traiter comme un espace abstrait, insignifiant, appropriable ; comme une annexe de la scène européenne.
C’est cette désinvolture qu’Edward Saïd, dans L’Orientalisme, mettait en exergue chez Lamartine lors de son voyage en Orient, entrepris en 1833. L’écrivain français envisageait ce voyage comme un « grand acte de [s]a vie intérieure » : il s’agissait de projeter des fantasmes, plutôt que de rencontrer une autre réalité. Saïd observe : « Ses pages sur la pensée arabe, sur laquelle il disserte avec une confiance suprême, ne laissent paraître aucune gêne quant à son ignorance totale de la langue. ».
Le voyageur s’enthousiasme : « Cette terre arabe est la terre des prodiges, tout y germe, et tout homme crédule ou fanatique peut y devenir prophète à son tour. » Il traite l’Orient comme une « province personnelle », selon les mots de Saïd, qui résume plus loin : « La Palestine était considérée – par Lamartine et par les premiers sionistes – comme un désert vide qui attendait de fleurir ; les habitants qu’il pouvait avoir n’étaient, pensait-on, que des nomades sans importance, sans véritable droit sur la terre et, par conséquent, sans réalité culturelle ou nationale. »
Après avoir toujours clamé que la Palestine n’existait pas, certains colons israéliens affirment aujourd’hui que « le Liban n’existe pas[21bis] » et rêvent d’y implanter des colonies. L’automne dernier, peu après le 7 octobre, j’ai encore été effarée par la façon dont des gens pouvaient discuter, sur X, du pays arabe où il conviendrait d’expulser les Palestiniens. Il ne leur venait pas à l’idée, visiblement, que les Palestiniens étaient chez eux sur leur terre. Cela me donnait une furieuse envie d’envoyer mes interlocuteurs vivre sous une tente dans une banlieue de Turin ou de Copenhague – au hasard ; après tout, tous ces gens sont des Européens, ce sont plus ou moins les mêmes, non ?
Croire qu’on peut réparer l’écrasement d’un peuple en cautionnant l’écrasement d’un autre
Ainsi, en espérant réparer l’écrasement d’un peuple, nos amis de gauche pro-israéliens cautionnent, sans même s’en apercevoir, l’écrasement d’un autre. Dans un livre saisissant, l’universitaire américain d’origine palestinienne Saree Makdisi souligne ce fait qui dit tout : depuis le Mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, dédié aux victimes de la Shoah, on aperçoit les ruines du village palestinien de Deir Yassin, théâtre d’un massacre en avril 1948, lors de la fondation de l’État d’Israël, qui vit l’expulsion de quelque 750 000 Palestiniens[22] – la Nakba, ou « catastrophe », toujours en cours, aujourd’hui plus que jamais.
« Si des juifs avaient simplement voulu vivre en Palestine, cela n’aurait pas été un problème, écrivait soixante-dix ans après, en 2018, la juriste palestinienne-américaine Noura Erakat. En fait, juifs, musulmans et chrétiens avaient coexisté pendant des siècles dans tout le Moyen-Orient. Mais les sionistes voulaient la souveraineté sur une terre où d’autres gens vivaient. Leur ambition requérait non seulement la dépossession et le déplacement des Palestiniens en 1948, mais aussi leur exil forcé, leur effacement juridique et le déni qu’ils aient jamais existé[23]. ».
Comme le remarque Saree Makdisi, les innombrables élus démocrates américains qui clament leur attachement à un État « juif et démocratique » oublient – ou feignent d’oublier – la contradiction contenue dans cette formule :
soit Israël est un État juif, qui, pour se maintenir comme tel, doit opprimer, expulser, tuer, et dans ce cas il n’a rien de démocratique ;
soit il est réellement démocratique, et alors il doit accorder les mêmes droits et les mêmes libertés aux populations musulmanes et chrétiennes présentes sur son sol.
La forêt plantée pour dissimuler les ruines du village palestinien de Saffourieh, détruit en 1948 lors de la Nakba. Photo : Jason Bechtel, Interface Peace-Builders, 2010
Si la vision vertueuse d’Israël persiste à gauche, c’est aussi en raison des stratégies de relations publiques mises en œuvre par cet État afin de dissimuler son racisme structurel, que détaille Saree Makdisi dans son livre. Il raconte notamment comment, dès 1948, sous l’égide du Fonds national juif (FNJ), Israël a planté des arbres afin de recouvrir les ruines des villages palestiniens détruits – stratégie qui continue aujourd’hui avec les villages bédouins dans le Néguev.
Kamala Harris en 2017 : « Quand je me suis rendue en Israël pour la première fois, j’ai vu que l’ingéniosité israélienne avait réellement fait fleurir le désert » Le paysage naturel palestinien, avec ses oliviers, ses figuiers de barbarie et ses citronniers, a été éradiqué à coup d’herbicides et remplacé par des monocultures de conifères qui donnent à certains lieux des allures de paysage alpin. Depuis 1967, environ 800 000 oliviers ont été déracinés sur les territoires occupés cette année-là (ces derniers temps, cependant, la tendance est à l’appropriation plutôt qu’à la destruction[24]. Et quand un hôte de marque arrive dans le pays, on l’invite à planter un arbre : un geste pacifiste, écologiste, humaniste, dont personne ne songerait à questionner l’innocence.
C’est peu dire que cette stratégie de séduction fonctionne. En 2017, lors d’une conférence de l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), Kamala Harris déclarait : « Ayant grandi dans la baie de San Francisco, je me souviens avec tendresse de ces boîtes du Fonds national juif que nous utilisions pour collecter les dons afin de planter des arbres pour Israël. Des années plus tard, quand je me suis rendue en Israël pour la première fois, j’ai vu les fruits de ces efforts, et que l’ingéniosité israélienne a réellement fait fleurir le désert. »
14/05/2018. Inauguration ambassade USA à Jérusalem
Le livre de Saree Makdisi vient de paraître[22], mais il a été écrit avant le 7 octobre 2023. Dans sa conclusion, l’auteur observe que, « à l’époque des Trump, Bolsonaro, Duterte, Modi et cie », les autorités israéliennes semblent estimer qu’elles peuvent abandonner leurs campagnes de communication destinées à se concilier le public occidental progressiste, et assumer désormais ouvertement leur racisme. Ce que confirment les bonnes relations entre Netanyahou et Trump – qui, durant son mandat, fit déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem[24bis], un geste hautement symbolique.
De fait, en persistant dans leur soutien à Israël, Joe Biden et Kamala Harris ignorent le tournant pro-palestinien de plus en plus marqué qui s’opère dans l’électorat démocrate, tandis que la droite, et en particulier la droite évangélique, violemment islamophobe (et antisémite !), s’affirme, elle, comme fanatiquement pro-israélienne. Il est dommage, alors, que tant de progressistes français s’accrochent encore à leur sympathie pour Israël. Sympathie qui est d’ailleurs le pire service à rendre y compris à Israël lui-même, enfermé dans une spirale sans issue de haine et de folie destructrice.
« Nous avons découvert l’étendue de notre déshumanisation, à tel point qu’il n’est plus possible de fonctionner dans le monde de la même façon » Cela ne m’amuse pas particulièrement de critiquer mes amis politiques. Mais je le fais parce que je crois que nous avons besoin de serrer les rangs.Le génocide en Palestine opère aussi comme une scène sur laquelle se joue, par procuration, le passage à l’acte d’un racisme anti-Arabes qui travaille à peu près toutes les sociétés occidentales. Avec l’afflux de doubles nationaux dans l’armée israélienne[25], la Palestine semble être devenue le stand de tir de tous les islamophobes de la Terre. En soutenant le carnage (ce génocide est américain au moins autant qu’israélien), les dirigeants occidentaux envoient aussi un clair message d’abandon, pour ne pas dire plus, à leurs citoyens d’origine arabe.
« Le niveau de traumatisme créé chez les Palestiniens-Américains par la normalisation du meurtre de leurs proches a laissé une communauté en lambeaux », écrit le journaliste Azad Essa[26]. « C’est comme être dans une relation abusive avec le monde », témoigne Nada al-Hanooti, qui vit à Dearborn, la ville américaine (dans le Michigan) où cette communauté est le plus présente[27]. Lina Mounzer lui fait écho : « Demandez à n’importe quel·le Arabe quelle prise de conscience a été la plus douloureuse cette année, et il ou elle vous répondra : nous avons découvert l’étendue de notre déshumanisation, à tel point qu’il n’est plus possible de fonctionner dans le monde de la même façon[28]. »
🔴La hantise de beaucoup – et notamment de Francesca Albanese[29], la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens – semble être que la violence déchaînée, en plus de détruire la Palestine, ne s’arrête ni aux limites de ce territoire, ni à celles des communautés arabes. La légitimation d’un tel degré de barbarie devrait inquiéter tout le monde. Et rend d’autant plus urgente une clarification des positions de la gauche.
Le paysage médiatique français semble aujourd’hui en bien mauvaise posture. D’autant que nos hommes politiques, ces dernières années, semblent puiser dans les chaînes privées nombre de leurs éléments de langage.
L’équipe d’Off-investigation est heureuse de vous présenter « Médias de la haine : objectif, guerre civile ? ». Signé Gauthier Mesnier et Emma Feyzeau, cet épisode démonstrateur de notre troisième saison documentaire, s’intéresse cette année aux coulisses des médias, a été diffusée en accès libre le dimanche 10 novembre sur Off investigation et sur leur chaîne Youtube.
Xénophobie sans limites, mépris décomplexé des pauvres, violence outrancière et immodérée contre la gauche… Personne ne semble pouvoir arrêter le grand n’importe quoi sur les plateaux télés des milliardaires. Comment en est-on arrivé là ? Mi-octobre 2016, devant le siège de Canal +, cela fait 15 jours que les journalistes d’I-Télé, la chaîne info du groupe, sont en grève[1]. Leurs revendications ? Pouvoir travailler en toute indépendance vis-à-vis du nouvel actionnaire du groupe, Vincent Bolloré. Depuis quelques semaines, il veut imposer en vitrine de leur chaine d’info un animateur controversé, Jean-Marc Morandini, alors accusé de harcèlement sexuel.
A l’issue de cinq semaines de grève et face à l’obstination de Bolloré, les trois quarts de la rédaction quittent la chaîne[2]. Pour faire rentrer dans le rang les derniers récalcitrants, la nouvelle direction emmenée par Serge Nedjar, un fidèle de Bolloré, va déployer un management brutal et autoritaire. Pour Off Investigation, des journalistes de l’époque ont accepté de témoigner de ce management par la peur. Tous ont requis l’anonymat pour évoquer des humiliations publiques, remontrances, harcèlement professionnel qu’ils estiment avoir subi. Après cette reprise en main d’I-Télé qui deviendra CNews début 2017, toutes les chaînes d’information privées se trouvent désormais entre les mains de puissants milliardaires, tous classés à droite, voire à l’extrême droite.
Cartographie des principaux propriétaires de presse en France, en 2017 (DR Marthe Aubineau)
Ils ne vont pas tarder à instrumentaliser leurs médias pour soutenir la politique pro-business du nouveau président Emmanuel Macron, quitte à pointer du doigt certaines catégories de la population qu’il conviendrait de mépriser, voire de mettre sous pression.
Cibler les précaires Le mépris des précaires est devenu la grande spécialité des chaînes d’information des milliardaires.
Ainsi est-il devenu fréquent de s’en prendre aux chômeurs, qui « profiteraient de notre système ».
Autre tendance : minimiser les mobilisations sociales. L’exemple le plus marquant est celui du mouvement des gilets jaunes. Lorsqu’ils montent à Paris, avec des revendications radicales, le pouvoir vacille. Le paysage médiatique, aussi. Un véritable mépris de classe s’observe alors sur les plateaux de télé, envers ceux que l’on n’hésite pas à qualifier de « crétins », dont les revendications sont « débiles », et « méprisables ».
Dans le même temps, les chaînes d’information font la part belle aux discours réclamant l’ordre et la répression, alors que la réponse policière au mouvement fera un mort, et plus de 600 blessés.
Cibler les étrangers Apeurés par la colère d’un peuple uni, les médias des milliardaires vont tout faire pour le diviser. Quitte à cibler pour cela « l’autre » : l’étranger. A la fin de la révolte des Gilets jaunes, Vincent Bolloré recrute sur CNews Eric Zemmour, polémiste d’extrême droite. Sur la chaîne, le futur candidat aux élections présidentielles jouira d’une liberté totale. Ainsi en septembre 2020, Eric Zemmour essentialise les mineurs isolés, les accusant d’être tous des « voleurs », des « assassins » et des « violeurs ».
Encouragé pour la présidentielle à venir, le polémiste se verra également dérouler le tapis rouge sur un autre média Bolloré, C8. Sur le plateau de Touche Pas à Mon Poste, c’est 45% du temps d’antenne politique que l’animateur Cyril Hanouna donnera à Eric Zemmour durant quelques mois !
Sur les chaînes du groupe Bolloré, outre l’immigration, c’est la thématique de l’islam et des musulmans qui fait figure d’autre grande favorite. A la fin de l’année 2023, la ligne éditoriale xénophobe de CNews booste ses audiences. Alors, sur les autres chaînes d’information, on lui emboite le pas. Sur BFMTV, et LCI, les intervenants d’extrême droite se succèdent. Les propos islamophobes, également.
Cibler les défenseurs de la cause palestinienne Depuis le 7 octobre 2023, c’est au tour des Palestiniens de faire l’objet d’un traitement médiatique particulièrement défavorable sur les plateaux de télé. Pendant plusieurs mois, toutes les tentatives de remettre en cause la légitimité des bombardements israéliens sur Gaza génèrent d’intenses campagnes de dénigrement sur les chaînes d’info. Un véritable tribunal politico-médiatique qui ne dit pas son nom s’acharne sur de nombreuses voix qui s’élèvent pour évoquer la souffrance des palestiniens. Ce tribunal est composé de présentateurs, éditorialistes, chroniqueurs, politiques ou encore philosophes qui défendent le prétendu « bien-fondé » de l’offensive israélienne.
Dans ce conflit à l’origine de plusieurs dizaines de milliers de morts, la palme de la propagande revient probablement au patron de BFMTV, Patrick Drahi. Celui qui détient aussi SFR, Libération, L’Express, contrôle également I24 News, une chaîne francophone israélienne, remarquée dans l’hexagone pour d’inquiétants appels génocidaires[3].
Face à cette propagande pro-israélienne supportant peu la contradiction, une partie de la gauche française va s’insurger. Et en payer le prix…Fin 2023 (NDLR et durant toute l'année 2024), pour discréditer la France Insoumise, à l’occasion de la guerre Israël-Gaza, les chaînes des milliardaires vont tenter de faire croire que la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon serait intrinsèquement antisémite, laissant déferler sur ses représentants des torrents de haine.
Des reporters contre la haine Le paysage médiatique français semble aujourd’hui en bien mauvaise posture. D’autant que nos hommes politiques, ces dernières années, semblent puiser dans les chaînes privées nombre de leurs éléments de langage. Est-ce irrémédiable ? Face à la concentration des médias entre les mains d’une poignée de milliardaires, et à la montée en puissance de discours haineux sur leurs chaînes, des voix s’élèvent.
Parmi elles, celle de l’ONG Reporters Sans Frontières[4] (RSF) qui a saisi le Gendarme de l’audiovisuel, l’ARCOM (ancien CSA), sur la chaîne CNews afin de dénoncer des « manquements à son obligation de pluralisme[5]».
🔴 A la fin du documentaire, le journaliste et président du prix Albert Londres Hervé Brusini apporte une touche d’espoir à ce sombre tableau :« On ne peut pas vivre qu’avec la haine et la colère. On ne peut pas vivre qu’avec la négation. On ne peut pas vivre dans l’obscurantisme, le journalisme est un pourvoyeur de lumière […]. Ils ne peuvent que gagner quelques petits épisodes, Mais pas le grand récit, pas le grand roman, pas la grande histoire. La grande histoire, c’est nous, c’est pas eux.»
Sur des questions comme la sécurité, l’immigration ou l’identité, on peut s’interroger sur ce qui distingue la droite dite « républicaine » et l’extrême droite incarnée par le Rassemblement national. La « fusion » idéologique est-elle achevée ? Comment comprendre le processus historique de rapprochement ? Comment se positionne le premier ministre Michel Barnier ?
Depuis quelques mois, Les Républicains (LR) se sont rapprochés du Rassemblement national (RN)
Pour les uns en faisant alliance avec lui ; pour les autres en acceptant son soutien parlementaire ;
Pour beaucoup en reprenant ses discours et ses propositions.
Principal acteur de ce rapprochement, Éric Ciotti, alors président de LR, dévoilait et justifiait sa décision de faire alliance avec le RN aux élections législatives anticipées de juin 2024 par ce simple constat : « nous disons la même chose[0] ».
Son choix n’a pas entraîné une hémorragie au sein de LR même si un groupe « ciottiste » a pu se constituer avec 16 députés, pour plus de la moitié originaire du Sud-Est. Maisla plupart de ses anciens compagnons, prompts à condamner sa traitrise, disent, eux aussi, souvent la même chose que le RN : 170 des 177 parlementaires LR ont apporté leur soutien à Bruno Retailleau[1], ministre de l’Intérieur, qui remettait en cause le caractère intangible de l’État de droit à propos du traitement de l’immigration.
Dans l’histoire de la Ve République, la distance prise par la droite vis-à-vis de l’extrême droite a varié mais la frontière entre les deux camps n’a jamais été totalement étanche, elle laissait circuler des idées et quelques personnalités même si jusqu’à présent aucune stratégie d’alliance ou de soutien n’avait été adoptée.
1976-2002 : La circulation des hommes et des idées L’histoire débute dans les années 70. Le Front national (FN), l’ancien RN, est créé, en 1972, à partir du mouvement nationaliste d’extrême droite[2], et de l’organisation Ordre Nouveau, successeur d’Occident interdit en 1968. Quelques années plus tard, les droites se structurent autour d’une composante post-gaulliste incarnée par Jacques Chirac et le Rassemblement pour la République (RPR) créé en 1976 et des composantes libérales et démocrates-chrétiennes fédérées au sein de l’Union de la Démocratie française (UDF) en 1978.
À l’examen de cette longue période, on ne peut ériger une statue à Jacques Chirac en qualité de gardien du cordon sanitaire contre l’extrême droite comme on a eu tendance à le faire, après 2002, au motif qu’il avait incarné la défense républicaine face à Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Mais il serait tout aussi faux d’accuser un RPR, parti bonapartiste attaché à l’autorité du chef, d’être plus complaisant avec l’extrême droite qu’une UDF, orléaniste et plus libérale. En réalité,durant cette longue période, la circulation entre droites (RPR et UDF) et extrêmes droites n’est pas exceptionnelle.
L’entrée dans le post-gaullisme floute les frontières générées par l’opposition d’une partie de la droite à l’indépendance de l’Algérie. Du milieu des années 70 au début des années 80 (avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981), toute une génération, engagée par anticommunisme et défense de l’Algérie française à l’extrême droite(en particulier, à Occident puis Ordre Nouveau) ou, dans une optique plus conservatrice, au Centre Nationale des Indépendants et Paysans (CNIP)se recycle dans différentes organisations.Elle rejoint le FN bien sûr mais aussi le Parti Républicain, composante de l’UDF, (Gérard Longuet, Alain Madelin, Jean-Yves Le Gallou, père de la notion de préférence nationale, Henri Novelli, etc.) et le RPR (Yvan Blot, Henri de Lesquen, Patrick Devedjan, William Abitbol, proche de Charles Pasqua, Pierre-Marie Guastavino, etc.) ; le Club de l’Horloge, créé en 1974 ou le Figaro Magazine, créé en 1978, constituant des espaces d’échanges et de circulation.
Le chiraquisme a selon les conjonctures mis sa distance ou repris les thèmes du FN. Aux élections législatives de 1993, par exemple, le programme du RPR, en matière d’immigration, affirmait que le seuil de tolérance était depuis longtemps franchi, stigmatisait la polygamie et annonçait qu’il faudrait reconsidérer certains aspects de notre système de solidarité sociale et réformer le code de la nationalité. Mais aux régionale de 1998, quand des présidents de régions (Rhône-Alpes, Languedoc Roussillon, Picardie et Bourgogne) ont été élus avec les voix du FN, cela concernait l’UDF et non le RPR.
2002–2024 : la dialectique rapprochement/déclin La création de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP)[3] ouvre une nouvelle période qui commence par ce que l’on peut rétrospectivement considérer comme une parenthèse. L’UMP naît après le 21 avril et la qualification de Jean-Marie Le Pen au 2e tour de l’élection présidentielle. Il est dirigé par Alain Juppé (son directeur général est Edouard Philippe).
L’UMP accueille, à sa fondation, un certain nombre de personnalités appartenant au mouvement de la droite souverainiste dont certains la quitteront d’ailleurs assez rapidement, à l’instar de Nicolas Dupont Aignan qui en 2017 conclura un « accord de gouvernement » avec Marine Le Pen. Mais le parti se présente comme un « grand parti européen » et marque sa distance vis-à-vis du FN.
À partir de novembre 2004 et l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence du parti puis en 2007 de la République, l’objectif affiché est de récupérer les électeurs partis au FN. Cette période de cooptation des thèmes de l’extrême droite sur les questions d’identité nationale, d’immigration est bien connue. Elle se déroule en deux étapes : lors de la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy promeut le thème de l’identité nationale, de l’ordre, en particulier à l’école, mais se déclare aussi favorable à des formes de discrimination positive. Face aux mauvais scores aux élections régionales de 2010, il se radicalise.
Au même moment, se crée au sein de l’UMP un sous-groupe parlementaire d’une trentaine de députés, la Droite populaire, dont les chefs de file, sont Thierry Mariani, député du Vaucluse, rallié eu RN en 2019, et Lionnel Luca, député des Alpes-Maritimes. Ces députés – dont beaucoup ont été marqués par la guerre d’Algérie – promeuvent les thèmes de prédilection du FN (restriction des droits des immigrés, contrôle de la justice, défense de la police, lutte contre la « théorie du genre », réaffirmation de la symbolique nationale et catholique et célébration de la mémoire anti-communiste et colonial).
🔴 La science politique a étudié la manière dont la droite européenne a réagi à la percée de l’extrême droite. Elle a établi le processus de contagion de ses idées sur les partis les plus proches (mais pas seulement, la gauche n’y échappe pas complètement) et les effets de légitimation qu’il engendrait :
en reprenant les thèmes de l’extrême droite, la droite les rend légitimes mais entretient aussi sur le long terme la montée de celle-ci.
Dans le cas français, le succès du siphonnage des voix du FN par Sarkozy à l’élection présidentielle est toujours pris comme référence mais il a été de courte durée.
Le FN perd un million de voix entre les élections présidentielles de 2002 (4, 8 millions) et 2007 (3, 8) mais dès 2012, le rebond se manifeste (6,4) et la montée se confirme en 2017 (7,6) et 2022 (8,1).
Après 2012, l’UMP devenu LR s’effondre progressivement[4] en termes de sympathisants (de 2013 à 2021, elle en perd les deux tiers, d’adhérents, d’électeurs et de députés et donc de dotation financière. À partir de 2017, sa situation s’aggrave puisqu’il se trouve en concurrence avec le macronisme qui siphonne à son tour ses électeurs et ses dirigeants de centre droit, ceux qui restent sont les plus à droite et sont de plus en plus nombreux à penser comme le RN sur les sujets de société liés à l’immigration, l’ordre et l’autorité.
Aujourd’hui, le gouvernement Barnier reprend largement l’agenda du RN sur ces questions mais le rapport de force s’est inversé : LR se trouve dominé numériquement et semble avoir abandonné le projet d’incarner une alternative à l’extrême droite.
[5] Florence Haegel est professeure à Sciences Po. Ses recherches actuelles s’inscrivent dans les domaines d’étude des partis politiques et des formes de socialisation et participation politiques. S’agissant du premier domaine, ses travaux concernent à la fois l’analyse des systèmes et des clivages partisans et celle des organisations partisanes. Ils s’intéressent précisément à la droite partisane française dans une perspective de comparaison européenne. S’agissant du deuxième domaine, elle s’intéresse à la fois aux pratiques de discussion politiques, aux réactions des citoyens à l’égard de l’Europe et plus récemment aux enjeux que soulève la participation des plus démunis. Elle est par ailleurs directrice du département de science politique de Sciences Po et responsable du master « sociologie politique comparée » au sein du parcours doctoral en science politique à l’Ecole doctorale de Sciences Po
Élection de Donald Trump : " seule une gauche radicale et populaire peut l’emporter contre l’extrême droite "[2] !
La leçon à en tirer pour la gauche française se tient là, en écho à la victoire du Nouveau Front Populaire aux dernières élections législatives : " on ne peut combattre l’extrême droite et la droite fascisante qu’avec un programme de gauche, avec des propositions de rupture, avec des alternatives qui changeront réellement et profondément la vie des gens "[3].
Les USA ne pouvaient pas choisir la gauche : il n’y en avait pas. Quand il n’y a plus de gauche, il n’y a pas de limite à droite. Quand il n’y a pas de bataille de programme, l’élection devient un casting. La victoire de Trump est la conséquence imparable de cette situation. Le monde va monter en tension. Prudence et détermination. La France peut ouvrir un autre chemin. Un contre modèle. Non alignement, droit international, justice sociale, planification écologique. Sinon quoi[1] ?
La victoire de Donald Trump, c’est celle de la fusion aboutie entre le capitalisme le plus prédateur et l’extrême-droite la plus débridée[0]. Une classe dominante prête à tout pour maintenir sur pied un système à bout de souffle et continuer à s’enrichir, qui attise la haine et dupe le peuple à grand coup de vérités alternatives et de racisme décomplexé propagé à l’infini par les chaines d’informations et les réseaux sociaux.
C’est aussi et d’abord la défaite du camp démocrate, qui a renoncé depuis longtemps à incarner une alternative à ce modèle. On ne peut pas gagner une élection sans projet de transformation et sans autre idée que celle de faire « barrage » pour mieux continuer comme avant. On ne peut pas vaincre le capitalisme, l’impérialisme, le racisme, le patriarcat, la régression sociale et écologique, en renonçant à contester leur discours, et en transigeant avec celui-ci.
Cette élection est lourde de conséquences.
Pour des millions de personnes aux Etats-Unis, immigrés, minorités, femmes, les plus pauvres qui subiront de plein fouet les politiques régressives du trumpisme.
Pour le monde, quand l’élection de Trump ouvre la voie à la poursuite du génocide à Gaza, à la montée des tensions au Proche-Orient et dans la zone Asie-Pacifique.
Pour la planète elle-même, avec l’arrivée au pouvoir d’une administration climatosceptique au cœur du système capitaliste.
Pour nous, Français, insoumis, l’heure est comme toujours au combat. Aux côtés des victimes du trumpisme aux Etats-Unis, vers lesquelles se tournent nos pensées, nos cœurs, notre solidarité d’internationalistes. Dans le monde, où nous avons la tâche de faire entendre une voix non-alignée, attachée au multilatéralisme, au règlement pacifique des conflits, à l’effort commun de l’humanité face au changement climatique et aux défis planétaires auxquels elle fait face. En France même, où notre devoir est de nous battre, pour refuser le face-à-face stérile mortifère entre une extrême-droite et un extrême-centre qui partagent le même socle, et incarner une alternative démocratique, sociale, écologiste et humaniste, pour en finir avec leur monde failli et ouvrir un autre chemin.
Si tu te dégonfles, tu te Trump Jean-Luc Mélenchon est revenu sur le résultat des élections présidentielles aux États-Unis le 6 novembre 2024.
Deux visions de députés France insoumise/Nouveau Front Populaire
🔴L'alternative est là par les actes :
Victoire pour la gauche de rupture à New York !
Félicitations à Zohran Kwame Mamdani qui réalise un score délirant au premier tour de la primaire démocrate pour la mairie de New York et s’assure de l’emporter ! Face à l’extrême droite, seule une gauche claire, populaire et déterminée peut gagner.
Une nouvelle ventilation des forces se dessine sous la poussée d’une pression dégagiste qui ne se dément pas !
L’Institut La Boétie organisait ce jeudi une présentation du livre de Vincent Tiberj aux arts et métiers : « La droitisation française mythe et réalités»[1]. Pour les insoumis il s’agit d’un travail fondamental.
Avant cela nous avions eu déjà le même regard sur la tribune de Tristan Haute « élargir les bases socio-électorales de la gauche : nécessités, difficultés et incertitudes[2] » parue dans « Contretemps ».
Les deux documentent une direction de travail essentielle dans nos raisonnements d’Insoumis. En effet, elle apporte la confirmation argumentée d’une thèse centrale de la stratégie électorale et politique de notre Mouvement. Évidemment ce n’était pas le but de ces auteurs. Il nous appelle plutôt à déduire par nous-mêmes des modes opératoires à partir de leur travail. Mais avait-il prévu que nous adoptions leur raisonnement et leurs arguments ? C’est pourtant le cas.
Pour Tiberj, la droitisation par le bas de l’échelle sociale est un mythe démenti par les enquêtes qualitatives sur les opinions à propos des valeurs et principes auxquels déclarent adhérer les gens. Mais celle des élites sociales et médiatiques est un fait avéré. Cependant, malgré une société plus ouverte, plus tolérante, et une ouverture culturelle en progression, la France est bel et bien le théâtre d’une progression des votes et des thèmes de droite et d’extrême droite.
🔴 La cause de cet apparent paradoxe ?
L’ambiance de conservatisme créé par un milieu politique et médiatique de plus en plus enclin au point de vue extrême-droitisé. Il réussit à imposer son propre cadrage du débat public. « C’est par les luttes pour l’agenda politique et par la manière dont on en parle sur la scène politique et médiatique que la droitisation s’impose » résume Vincent Tiberj. La maîtrise de cette « mise en scène », au sens littéral du terme, procure une impression générale assez dominante pour être confondue avec un fait général. Si les citoyens ne sont pas largement convertis à une vision de droite de la société, ce sont les élites politiques, intellectuelles et médiatiques françaises qui portent ce processus[3]. D’où le choix du terme « droitisation par le haut ».
🔴 Mais alors pourquoi, s’il s’agit seulement d’une droitisation de la sphère politico-médiatique et non des citoyens, les urnes se droitisent-elles ?
Vincent Tiberj appelle cela le paradoxe français.Pour lui, en réalité les résultats électoraux reflètent de moins en moins les choix et les opinions des citoyens. Il est alors faux de conclure à une droitisation de la société française, dit-il uniquement à partir des résultats électoraux.
En effet l’abstention est aujourd’hui trop massive et trop socialement distribuée pour cela. Elle est de plus en plus marquée dans les catégories populaires et dans les nouvelles générations. Du coup elle laisse davantage de poids électoral aux boomers, aux cadres, aux fractions aisées, etc. Ceux-ci soutiennent rarement la redistribution et l’ouverture culturelle.
Avec l’évolution démographique, ce mouvement est donc amené à s’amplifier. Si on laisse aller, les résultats des urnes seront toujours moins représentatifs de la population.
Cette argumentation, ici résumée à l’extrême, forme aussi le cœur de l’analyse stratégique Insoumise[4]. Elle s’articule avec la description de Palombarini[5] de l’espace politique en trois blocs formant la réalité électorale de notre pays : bloc populaire, bloc bourgeois central, bloc d’extrême droite. Comment étendre le bloc populaire ? Notre cible est l’élargissement par le ralliement des abstentionnistes.
Il y avait débat entre nous : peut-on à ce sujet parler d’un « bloc » comme on le fait pour les trois autres ?
Son hétérogénéité et son absence d’expression n’en fait-il pas un non-sujet politique par définition ? Sur cette question, le travail de Vincent Tiberj et celui de Tristan Haute confirment et formalisent nos observations de terrain. Pour nous, en situant socialement l’abstention, on modifie la qualité de l’observation sur l’espace des « abstentionnistes ». On se donne le moyen d’y détecter clairement la population visée par notre objectif électoral. Je dis bien « socialement ». Ici ce n’est pas la géographie qui produit la forme du lien social et politique ! C’est très exactement l’inverse. Un quartier n’est ni pauvre ni riche en dehors de personnes qui y vivent.
🔴 La loupe sociale permet une recherche : où rencontrer ces abstentionnistes qui doivent faire l’objet de notre ciblage ?
La résidence en habitat logement social donne accès à une population définie par ses revenus en bas de l’échelle des moyens et des salaires. Cela recoupe un modèle connu et opérationnel de discriminations et d’assignations pour les populations concernées.
De même pour le deuxième marqueur du nouvel âge du capitalisme : la précarité et tout ce qui va avec. Elle est bien concentrée dans une classe d’âge active mais électoralement très absente : les jeunes.
Dans les deux cas la « localisation » sociale est pertinente car elle recoupe aussi des segments de pratiques sociales et culturelles également aussi identitaires que les critères purement sociaux même quand ils n’y sont pas directement reliés. Le travail de Tristan Haute et de Vincent Tiberj valide cette méthode d’observation. Surtout il étend pour nous, profondément, l’analyse de ce que nous avions pressenti.Le bloc abstentionniste n’est pas un « bloc « au sens idéologique, cela est sûr. Mais il s’agit clairement d’un espace d’expansion pour nous à partir du moment où on opère une « localisation » sociale du travail de contact à entreprendre. La thèse Tiberj permet de penser trouver dans ces secteurs aussi, compte tenu de l’état général de la société qu’il décrit, sur un état hautement prédisposé au programme Insoumis. Dans ces conditions, passer à la conquête des espaces abstentionnistes est donc à la fois pertinent et efficace pour l’élargissement du « bloc populaire » tel que décrit par Palombarini.
Survol des trois blocs et de leur évolution L’emprise des trois blocs électoraux évolue d’une élection à l’autre. Cette évolution peut et doit être maîtrisée autant que possible.
Pour nous : renforcer notre espace et fracturer celui de nos adversaires.
Pour eux : la même chose dans l’autre sens, n’en doutons pas.
Mais au bout du compte les urnes font la décision. J’ai dit : la décision.Pas la réalité ultime… On va voir que cette distinction est le cœur de la thèse de Tiberj. Ce que l’on voit aujourd’hui dans les compteurs après dépouillement semble toujours aller dans la même direction. Une nouvelle ventilation des forces se dessine sous la poussée d’une pression dégagiste qui ne se dément pas.
🔴 Le bloc « central », à l’œil nu, est en état de dilution avancée, pour finir principalement en direction du bloc d’extrême-droite. Celui-ci polarise toujours plus l’espace de la droite désormais totalement « post gaulliste ». Ce bloc central, c’est celui de la mouvance macroniste au sens large (EPR, MODEM, Horizon) et jusque dans les rangs de la droite classique chez Les Républicains. Le ralliement d’une partie des Républicains au RN à la dissolution en est un temps fort. Mais à mesure que le glissement s’opère se détruisent pour ses composantes les raisons d’être ensemble. Ce bloc est alors lourdement fissuré au point d’être au bord d’une balkanisation complète.
🔴 Le bloc d’extrême droite se renforce de cet appoint. Le ralliement à lui du groupe LR autour de Ciotti en atteste. Mais la prégnance des thèmes de ce bloc sur la coalition macroniste est non moins évidente et les motifs publics de sa fracturation en attestent. Le thème de l’immigration en est un exemple.
🔴 Le pôle populaire est celui de la « gauche » unie (Nupes puis NFP). La dynamique du « bloc central », des supposés « macronistes de gauche » vers lui est quasi nulle.
Le bloc populaire n’est pas homogène.
Ni par le programme ni par les bases politiques qu’il mobilise, ni par les milieux qu’il influence.
Il est certes unifié dans une stratégie électorale de candidature commune au premier tour sur un programme de rupture. Mais il est également assez lourdement bloqué par l’appétit du « centre gauche » pour une stratégie de rassemblement avec le reste du Centre[6]...Dès lors, en tant que coalition, il ne produit quasi aucune dynamique. Au contraire....
Ce « centre gauche » refuse d’essayer de rallier au programme et à l’union les électeurs qu’il voudrait influencer. Il veut séduire en reprenant à son compte les critiques du reste du centre droit à propos du programme et de la composante centrale de l’union : le Mouvement insoumis, ses porte-paroles, ses façon d’agir.Il est donc un agent direct et public agissant pour la dislocation de ce bloc.Ce qui revient à dire que la pression sur cette coalition s’opère aussi en direction de la droite. « En pratique, écrit Tristan Haute, certain-es proposent de s’adresser davantage aux déçues du « macronisme », ce qui nécessiterait selon elles et eux d’amoindrir les ambitions économiques du programme du NFP en matière de rémunération et de protection sociale en faisant des « compromis » sur ces questions. D’autres proposent, pour élargir les bases électorales du NFP, poursuit le sociologue, de s’adresser aux classes populaires salariées ou retraitées, blanches et rurales qui se seraient détournées de la gauche au profit du RN. Cela nécessiterait de mettre au second plan les discours et mesures programmatiques en matière de discrimination, d’immigration, voire d’environnement ou d’aide sociale. » « Les tenantes de ces positionnements en partie contradictoires, note Tristan Haute, sont d’autant plus audibles dans le débat public qu’ils et elles s’accordent sur la nécessité électorale d’affaiblir la place de LFI au sein du NFP, voire de l’en écarter. »
Autrement dit le« centre gauche » : bénéficie d’intenses relais médiatiques. Ces derniers les utilisent sans vergogne pour contrer l’ennemi commun qu’est le mouvement insoumis aux yeux de la droite et de l’extrême-droite. Du coup sa force de répulsion pour les secteurs les plus engagés de la gauche sociale joue aussi un rôle négatif avéré. Il fait douter de la viabilité et des objectifs réels de l’alliance.
Les modes opératoires Pourtant, le seul effet de progression électorale avérée dans ce contexte, vient de la stratégie insoumise de conquête des « espaces d’abstention socialement situés ». Ainsi en 2024 en prévision des élections européennes, les insoumis ont engagé plusieurs mois de campagne d’inscription sur les listes électorales dans les quartiers populaires et dans les universités. Le résultat est probant ! Une analyse de Manuel Bompard dans son blog le dit. C’est clair : " la progression du nouveau Front Populaire qui a permis la victoire de la gauche aux législatives suivant la dissolution a une origine. Elle a eu lieu là où les nouvelles inscriptions ont été les plus nombreuses. Et cela avait déjà produit auparavant les progressions les plus fortes de la liste FI à l’élection européennes[7]". La comparaison des résultats avec la précédente élection européenne confirme ce que montre la superposition des performances que je viens d’évoquer. Au total LFI a gagné un million de voix d’une élection à l’autre aux européennes. L’inverse se produit dans le paquet de centre gauche. Le nombre des voix du PS, des Verts auxquels on doit ajouter les voix de Benoît Hamon à la précédente élection, montre que quatre cent quarante mille voix sont perdues ! La progression de Glucksmann est donc juste un siphonage incomplet des voix du centre gauche existant six ans auparavant.
🔴 La stratégie insoumise mise sur le quatrième bloc, celui des abstentionnistes des quartiers populaires et de la jeunesse. Cette stratégie inclut deux préalables :
un programme de rupture avec le système économique dominant ;
et des candidatures communes dès le premier tour pour crédibiliser les chances de succès sur le mode « la force va à la force ». C’est pourquoi cette stratégie trouve dans l’analyse de Vincent Tiberj une confirmation de son bien-fondé.
Dans cette approche, les abstentionnistes ne sont pas vus comme des « sans avis ». Ce point doit être précisé.
Ce sont des « déçus », à la fois par « l’offre politique » de gauche, et par le système représentatif lui-même vu comme malhonnête.
Mais ils sont aussi « désorientés » comme le disaient les textes insoumis sur le sujet. Cela signifie que les prises de position assumées par les émetteurs habituels de la gauche par exemple sont contraire aux habitudes et aux réflexes traditionnels de leurs électeurs. Les évolutions du PC ou du PS sur l’immigration, les violences policières, la politique internationale par exemple ne correspondent plus à ce à quoi ils ont éduqué leurs propres bases. On vérifie alors combien les chemins tracés par le passé ne sont pas effacés. La masse abstentionniste n’est donc pas un ensemble sans contenu ni construction politique. Elle contient des avis, des valeurs, des prises de position. Ils forment autant de points d’appui pour le travail de ralliement à opérer.
🔴 Le PS et le PC sont des émetteurs répulsifs dans « la gauche populaire » et radicale au moins aussi violents que le sont les insoumis dans les milieux de « la suite dorée de la bourgeoisie » comme la nommait Karl Marx. Dès lors, ils sont « retenus » par des verrous identifiables. Le déverrouillage peut s’opérer sur des points clef. Par exemple d’abord une attitude et une constance antisystème clairement identifiable et assumée. Ou bien une capacité à tenir bon une position contre toute la nomenklatura médiatico politique. Et ainsi de suite.
👉Ici le programme des radicalités concrètes est central.
Il propose des solutions aux problèmes de survie des gens du commun. Mais il ne suffit pas. La bataille se joue aussi dans les affects politiques. Les liens qui se créent dans les luttes et avec elles, les solidarités internationales, les expressions de compassion et d’entre-aide formatent ces affects depuis toujours en milieux populaires. C’est cet effet d’inclusion que visent les campagnes du Mouvement insoumis de type « caisse de grève », collecte de denrées alimentaires ou de fournitures scolaires, caravane populaire et ainsi de suite.
🔴 Au total la thèse de Vincent Tiberj ajoute à notre compréhension du momentet, partant de là, à notre détermination.
Ici le vote n’est pas le meilleur sondage d’opinion disponible. Il est en décalage avec l’opinion réelle de la société. L’abstention explique le phénomène et souligne son caractère politiquement significatif. Elle est donc bien l’aire d’expansion du vote de gauche. On sait comment et pourquoi.
🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴
Droite d'en haut, gauche d'en bas ? Dialogues autour de livre « La Droitisation française » À l’occasion de la sortie du livre de Vincent Tiberj, " La Droitisation française. Mythe et réalités " , l’Institut La Boétie organisait des dialogues exceptionnels entre chercheur·ses et politiques intitulés « Droite d'en haut, gauche d'en bas ? », jeudi 24 octobre, avec Vincent Tiberj, Héloïse Nez, professeure en sociologie, Tristan Haute, chercheur en sciences politiques, Marlène Benquet, co-animatrice du département de sociologie de l’Institut La Boétie et Jean-Luc Mélenchon, co-président de l’Institut La Boétie.
L'idée d’une droitisation généralisée de la société est omniprésente dans la parole médiatique et politique. Pseudo-enquêtes d’opinion, montée électorale du RN, paniques morales réactionnaires : tout pousse à croire que les Français seraient passés à droite.
Pourtant, le dernier ouvrage du sociologue Vincent Tiberj, Droitisation française. Mythe et réalités défend une toute autre thèse : non, les Français ne se sont pas droitisés. Ils sont même de plus en plus ouverts et tolérants, et alignés sur des valeurs de gauche. En revanche, on assiste à une droitisation très nette du champ médiatique, intellectuel et politique : une droitisation « par le haut ».
La discussion, appuyée sur le constat de Vincent Tiberj, s'attachait à comprendre le paradoxe entre l’évolution de la société française et celle de sa représentation institutionnelle, qui semblent aller dans des sens contraires. Au processus de « droitisation par le haut » s’oppose-t-il une « gauchisation par le bas » ? Ce décalage entre la société et sa superstructure peut-il s’expliquer par une sous-mobilisation, électorale et au-delà, des groupes populaires ?
Ces dialogues ont ainsi éclairé le lien entre valeurs, mobilisations et représentations dans la France contemporaine afin d’apporter des pistes de stratégie face à ce « paradoxe français ».
Le film de montage d'Aymeric Caron, député France insoumise, diffusé à l'Assemblée nationale le 29 mai dernier (avant la dissolution)
« Ce film est écrasant, effroyable… Voilà ce qu’est vraiment la supposée “ guerre contre le Hamas ”.
Cette réalité terrible doit être montrée crûment. Il est bon que ce film puisse être vu.
On aimerait qu’il soit vu en Israël. » Rony Brauman (Médecin, essayiste, ex-président de Médecins Sans Frontières)
Le film vu par les Mutins de Pangée Attention, si vous décidez d’appuyer sur le bouton de lecture, vous ne sortirez pas indemne de ce visionnage. Personne n’a envie de voir des images aussi effroyables, mais elles témoignent de ce qui se passe à Gaza depuis l’attaque du 7 octobre 2023.
🔴Un cauchemar « C’est un rêve ou une réalité ? » demande une petite fille abasourdie par ses blessures. C’est un cauchemar, sans aucun doute, et rien ne peut le justifier, ni les crimes du 7 octobre ni la détention des otages israéliens par le Hamas. Condamner tous les crimes du 7 octobre, d’avant et d’après, condamner l’antisémitisme et toutes les formes de racisme, c’est le sens commun. Il semble cependant qu’il faille le préciser. Toute personne normalement constituée souhaite que les otages survivants puissent un jour retrouver leurs familles et que s’arrête immédiatement le massacre à Gaza. Mais aller jusqu’au bout de la démarche, c’est voir les choses en face, voir ce qui se passe à Gaza depuis le 7 octobre, ce que fait l’armée israélienne, ce que ne montrent pas les chaînes de télévision.
🔴Des journalistes documentent Reporters Sans Frontières a dénoncé la mort d’une centaine de journalistes, tués à Gaza par l’armée israélienne entre le 7 octobre 2023 et début juin 2024, souvent délibérément ciblés, comme l’ont été des soignants et du personnel humanitaire, parmi les dizaines de milliers de gens bombardés ou visés par des snipers, mutilés, déplacés, affamés, harcelés, torturés, des familles entièrement décimées (dont au moins 40 % sont des enfants), dans leurs habitations, dans la rue, dans des écoles, dans des hôpitaux, dans des ambulances, dans des camps de réfugiés… Le bilan s’alourdit en permanence, il est mis à jour par les ONG. L’Unicef alertait dès le début : « La bande de Gaza est aujourd’hui l’endroit le plus dangereux au monde pour un enfant. » (voir site de l'Unicef[1])
Ce film de montage a été réalisé par le journaliste et député Aymeric Caron avec l’aide d’une équipe, qui a identifié, trié et daté ces images, contacté des journalistes sur place. Sans autres commentaires que les titres et légendes qui datent et donnent les sources des images envoyées depuis Gaza comme des bouteilles à la mer par des filmeurs et des filmeuses, journalistes qui continuent à travailler dans des conditions terribles alors qu’aucun de leurs collègues étrangers n’est autorisé à entrer dans cette zone de crime de 360 km2. Leurs images se percutent avec des prises de paroles israéliennes, officielles et dissidentes, ainsi que des vidéos postées sur les réseaux par des soldats israéliens.
Le film contient beaucoup d’images du journaliste palestinien Motaz Azaiza, aujourd’hui en exil, et qui vient de recevoir le prix Liberté à Caen, décerné par la région Normandie avec l’Institut international des droits de l’homme et de la paix (Le Monde, 17 juin 2024[2])
🔴Une première séance à l’Assemblée nationale Le député Aymeric Caron a d’abord organisé une séance à l’Assemblée nationale pour ses collègues de tous les groupes parlementaires, le 29 mai dernier[3]. Seulement 17 députés ont assisté à cette projection, quelques journalistes étaient présents. Aymeric Caron a alors précisé qu’il souhaitait mettre son film « à disposition de tous ceux qui veulent le voir ». Nous l’avons aussitôt contacté pour en parler. Nous nous sommes bien sûr demandé s’il fallait vous montrer ces images sur CinéMutins. Après réflexions, discussions, consultations, nous avons voulu vous laisser la libre décision de visionner ce film (ou pas), en libre accès, après vous avoir averti de la nature de ces images, le réalisateur ayant ajouté un carton au début du film.
🔴Un film qu’on voudrait voir s’arrêter Préalablement, il a fallu donc visionner le film et nous l’avons jugé terrible, insoutenable… mais nécessaire. Car, au-delà de tous les discours et de « la guerre des mots » qui montrent le visage assez délirant de l’environnement politico-médiatique dans lequel on baigne en France, ces images documentent les crimes de guerre perpétrés, dans une démocratie, par l’autoproclamée « armée la plus morale du monde ». Des crimes commis avec des armes fournies en grande partie par les États-Unis et l’Union européenne, l’Allemagne surtout et même la France comme l’ont révélé Disclose et Marsactu en mars 2024 (en savoir plus[4]).
Dès les premières minutes de visionnage, on voudrait que le film s’arrête, que ça cesse immédiatement… que cessent les crimes, que cesse le feu, que tout ça n’ait jamais existé.
🔴Qui peut encore nier ou justifier ces crimes après avoir vu ces images ?
Nous ne trouvons pas les mots à opposer à la mauvaise foi où le poids d’une photo ne pèse plus bien lourd au milieu de la masse d’images qu’il faut digérer chaque jour, où les réalités sont niées avec aplomb, voire même, carrément justifiées ouvertement avec mépris, insultes et menaces, par des criminels de guerre et leurs complices, qui osent salir les morts qu’ils engendrent, mais aussi la mémoire des victimes de l’antisémitisme dans l’histoire, en usant de cette grave accusation à tous propos dans le but de faire taire toute contestation. Ces images témoignent pour que ça cesse, avant tout.Face à ceux qui continuent à soutenir ces crimes, face aux discours de haine, de vengeance et de déshumanisation, plutôt que de se laisser entrainer dans une forme de surenchère verbale, nous préférons opposer ce miroir sans tain. Bon courage.
Emmanuel Macron ayant fait de l’addition de deux défaites une victoire, les voilà au pouvoir. Pour combien de temps ?
« Il faudra s’en débarrasser aussitôt que possible », prévient Jean-Luc Mélenchon[7]
Emmanuel Macron a nommé samedi le gouvernement le plus à droite depuis douze ans. Derrière Michel Barnier, toutes les droites y figurent, quitte à bafouer les résultats du 7 juillet. La nomination de Didier Migaud à la justice fait figure de caution de gauche. Pour le reste, le coup de barre est aussi clair que l’édifice paraît bancal.
C’est une bonne situation, ça, ministre de Michel Barnier ? « Vous savez, je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation », répondraient sûrement les trente-neuf membres du nouveau gouvernement, paraphrasant Édouard Baer campant Otis dans Astérix : Mission Cléopâtre. Après tout, la vie, « c’est d’abord des rencontres, des gens qui [tendent] la main », poursuit, dans ce film, le scribe.
Au vu de la composition gouvernementale annoncée, samedi 21 septembre par un communiqué de l’Élysée[3], Michel Barnier a beaucoup tendu la main. Le nouveau chef du gouvernement offre à une vingtaine de parlementaires (anciens ou actuels) et de maires leur première expérience ministérielle, à parité entre les deux forces désormais associées au pouvoir, l’ancienne majorité et la droite Les Républicains (LR).
🔴Du côté de la droite d’opposition, c’est Noël en septembre.
Dans un parti qui s’était accoutumé aux débâcles électorales, le gouvernement « Barnier 1 » offre une superbe occasion de goûter au pouvoir à toute une brochette d’élu·es qui observait les trains passer depuis douze ans.
🔴Vieux routier de la droite, Michel Barnier a régalé toutes les chapelles de sa famille.
L’aile la plus conservatrice est là, incarnée par Bruno Retailleau[4], le président du groupe LR au Sénat, qui vivra au ministère de l’intérieur une première expérience gouvernementale dont il a rêvé pendant tout le quinquennat Sarkozy ;
Nouvelle secrétaire d’État à la consommation, Laurence Garnier[5], connue pour ses positions contre la constitutionnalisation de l’avortement ou le mariage homosexuel, incarne également cette droite dure, tout comme Patrick Hetzel, nommé à l’enseignement supérieur et à la recherche ;
Bruno Retailleau emmène également un de ses proches à Beauvau, Othman Nasrou, secrétaire d’État à la citoyenneté et à la lutte contre les discriminations ;
Privé de l’intérieur, Laurent Wauquiez reste à l’extérieur mais il place deux de ses compagnons de route au sein de l’exécutif :
le député Alexandre Portier (réussite scolaire et de l'enseignement professionnel) [NDLR : un ministre délégué défenseur de l’enseignement privé[5bis]] ;
et son ancien vice-président à la région Auvergne-Rhône-Alpes Nicolas Daragon (sécurité du quotidien).
Autre figure de LR, Xavier Bertrand pourra compter sur son ami François Durovray, président du conseil départemental de l’Essonne et nouveau ministre des transports, pour incarner son courant ;
Gérard Larcher, le puissant président du Sénat, a obtenu que son amie Sophie Primas soit nommée ; elle hérite du commerce extérieur ;
Valérie Pécresse se félicitera de l’arrivée d’Agnès Canayer, un soutien de longue date, au ministère de la famille ;
Et Michel Barnier ne s’est pas oublié, puisque sa fidèle Marie-Claire Carrière-Gée devient ministre déléguée à la coordination gouvernementale – une nouveauté.
Bizarre : les « macronistes de gauche » sont là : pour que la liste soit complète, il faut y ajouter deux figures du parti récompensées de leur fidélité :
Annie Genevard, secrétaire générale de LR, nommée ministre de l’agriculture ;
et François-Noël Buffet, influent président de la Commission des lois au Sénat, qui hérite du portefeuille de l’outre-mer.
Jamais la scène politique n’avait donné à voir le rassemblement d’un tel nuancier des droites depuis la création de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), en 2002.
Et encore : à l’époque, les centristes de François Bayrou avaient boudé le grand rassemblement impulsé par Jacques Chirac. Cette fois-ci, ils sont bien là ! Après une interminable réunion, vendredi, où plusieurs figures du MoDem tentaient d’acter la non-participation de leur parti à ce nouvel exécutif, le choix contraire a été fait.
Jean-Noël Barrot, jusque-là chargé de l’Europe, est promu ministre des affaires étrangères ;
Geneviève Darrieussecq fait son retour au gouvernement, pour s’occuper des questions de santé, et Marina Ferrari passe du numérique au tourisme.
🔴En tout, ce sont sept ministres du gouvernement Attal qui conservent des fonctions ministérielles.
Après avoir hurlé à la dérive droitière depuis des semaines, Agnès Pannier-Runnachera accepté le portefeuille de la transition écologique et de l’énergie ;
Sébastien Lecornu, Rachida Dati et Catherine Vautrin retrouvent leurs vieux compagnons, comme on disait à l’époque du RPR, même si cette dernière s’occupera à présent des territoires ;
Quant à Guillaume Kasbarian, libéral parmi les libéraux, il s’occupera de la fonction publique.
Décidé à n’oublier aucune sous-famille de sa nouvelle coalition, Michel Barnier a distribué les postes avec méthode.
Le Parti radical ?
Il propulse Nathalie Delattre, sa sénatrice et secrétaire générale, aux relations avec le Parlement (ce qui ne manquera pas de faire tiquer au Palais-Bourbon, plus explosif que jamais et dont elle n’a jamais été membre).
L’Union des démocrates et indépendants (UDI) ?
Elle aura trois ministres : Valérie Létard (logement), François Gatel (commerce, ruralité) et Fabrice Loher (pêche et mer).
Tout cela donne un gouvernement foisonnant, à défaut d’être très cohérent. Dans les derniers jours, beaucoup de choses ont bougé, pour mille raisons différentes :
un ténor qui s’insurge contre l’absence d’un proche ;
Emmanuel Macron qui émet de sérieuses réserves sur une nomination, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qui fait remonter des soucis dans les déclarations d’intérêt de futurs ministres.
Des élus locaux ont aussi alerté Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée, ou les têtes de l’exécutif elles-mêmes, sur le profil « sulfureux » de tel ou tel ministre pressenti.
La caution Migaud Au milieu de ce va-et-vient désordonné, certaines nominations semblent avoir été décidées à la dernière minute.
À l’Éducation nationale, le profil d’Anne Genetet intrigue.
Députée des Français de l’étranger, médecin de formation, l’élue a travaillé sur la fiscalité des expatriés et sur leur protection sociale, sur les Uber Files et sur les ingérences étrangères ;
elle est membre de la commission de la défense après avoir siégé à celle des affaires étrangères ;
elle s’est intéressée à la gestion du corps diplomatique. Mais sur l’éducation nationale, rien ou si peu.
Comme à chaque remaniement, d’autres se lamenteront longtemps d’avoir loupé le train Barnier.
Stéphanie Rist aurait pu devenir ministre des solidarités si son suppléant n’avait pas refusé de siéger à l’Assemblée nationale ;
Et Violette Spillebout, Mathieu Lefèvre et d’autres députés du groupe Ensemble pour la République (EPR) ont cru leur heure venue ;
tandis que Gérald Darmanin a pensé, quant à lui, que sa proximité avec Emmanuel Macron allait lui sauver la peau.
🔴Le handicap, grand absent du remaniement
L’absence de ministère dédié à la question du handicap est l’une des principales surprises de la nouvelle architecture gouvernementale. Au lendemain des Jeux paralympiques et des énièmes promesses d’inclusivité, le signal inquiète les associations spécialisées.
« Scandaleux, a tonné samedi soir sur X le Collectif Handicaps, qui en regroupe une cinquantaine. Même pas un secrétaire d’État. Ainsi 12 millions de personnes ne méritent pas un ministère. Le collectif condamne ce choix, inadmissible et incompréhensible. »
Le nouveau ministre des solidarités, Paul Christophe (Horizons), s’est empressé d’écrire un message sur le même réseau social. « J’ai toujours eu à cœur de défendre les droits fondamentaux des personnes handicapées et une société plus inclusive, a-t-il écrit. Ce n’est pas demain que cela va changer ! Je m’y engage. »
Mais le train Barnier était-il le bon ?
Lancé deux mois et demi après les élections législatives, il entrevoit avec inquiétude la prochaine gare, celle du budget. Faute de majorité absolue à l’Assemblée nationale, le nouveau chef du gouvernement devra procéder à la même litanie de 49-3 que ses prédécesseurs.
Et ensuite ?
La gauche et ses 193 députés ont déjà promis de le censurer[7] ;
sitôt que le Rassemblement national (RN) décidera d’en faire de même, la fine équipe Barnier tombera.
🔴Vu l’aspect bancal de l’ensemble, la présence de Didier Migaud interroge
Qu’est-ce qu’est donc allé faire l’ancien député socialiste dans cette galère ? Nommé garde des Sceaux, l’actuel président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) va quitter ses fonctions. Dans un gouvernement aussi à droite, il va vivre au rythme des pressions de Beauvau et des sections de Bercy, au vu de l’austérité budgétaire qui se prépare.
Sa présence a toutefois un mérite : elle permet à Michel Barnier de tenir sa promesse, celle selon laquelle la « gauche » serait représentée dans son équipe. Après avoir essuyé une dizaine de refus (au bas mot), l’ancien commissaire européen a fini par obtenir l’accord de l’ex-socialiste.
Le voilà exhibé en numéro 2 du gouvernement, une façon presque caustique de souligner l’incongruité de sa présence.
Le premier conseil des ministres aura lieu lundi, a annoncé Alexis Kohler depuis l’Élysée. Très vite, les équipes techniques vont devoir changer les plaques, les en-têtes et lancer de massives réimpressions d’urgence. Tout à sa volonté de marquer son territoire, Michel Barnier a changé les intitulés de la plupart des ministères :
La « cohésion des territoires » devient le « partenariat avec les territoires » ;
la culture se voit flanquée du patrimoine ;
la santé de l’accès aux soins :
et les armées des anciens combattants.
Tout cela va coûter cher, en attendant le prochain remaniement, le prochain premier ministre et les prochaines reformulations. D’ici là, c’est toute une génération d’élu·es macronistes et de droite qui se retrouvent, après s’être détestés puis rapprochés, avec pour nouveau point commun d’avoir perdu les élections du 7 juillet. Emmanuel Macron ayant fait de l’addition de deux défaites une victoire, les voilà au pouvoir. Pour combien de temps ?
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Le gouvernement Macron-Barnier : le plus à droite de l'histoire
Rappel du résultat des législatives anticipées[1][2] pour ceux qui n'auraient pas tout suivi :
1 - Coalition NFP 193 députés ; 2 - Coalition macroniens 166 députés ; 3 - Coalition RN Ciotti 142 députés ; 4 - LR 47 députés
PS : depuis ces résultats du 7 juillet, macron a perdu 4 députés. 2 sont allés chez Horizons et 2 chez les non inscrits.
Michel Barnier a composé le gouvernement le plus à droite de la Ve République.
Critères d'entrée : homophobie, racisme, conflits d'intérêts, compatibilité avec le RN...
Des ministres qui vont nous mener la vie dure... jusqu'à la censure
Des milliardaires construisent des bunkers entièrement autonomes ou veulent coloniser Mars[2] : prévision de l’apocalypse climatique, sociale ou féodalisme ?
Lorsqu’on pense aux « survivalistes » – ces hommes et ces femmes qui se préparent à la fin du monde –, viennent principalement à l’esprit des images d’Américains paranoïaques ou de sécessionnistes adeptes des armes à feu et vivant déjà aux marges de la société.
Mais l’apparente déraison de ces « preppers » semble saisir depuis peu une tout autre catégorie de la population, celle des ultra-riches, issus de la Silicon Valley, de start-up new-yorkaises ou de hedge funds californiens.
Censés afficher leur confiance en l’avenir ( technologique ) de l’homme et un rapport raisonnable à notre futur, ils commencent en réalité à stocker vivres et munitions, à acheter des terrains reculés et à se faire construire des bunkers de luxe.
Ce qu’ils craignent est toutefois moins la fin du monde que la fin de leur monde : la grande revanche des « exclus » de la modernité américaine, les pauvres, les Noirs, les Latinos[1]…
Source :Durand Eric|
Depuis quelques années, les bunkers ultra-luxueux et entièrement autonomes sont en vogue chez les milliardaires. Alors que certains pourraient y voir une prédiction d’un avenir apocalyptique, des analystes suggèrent plutôt une forme de féodalisme. Autrement dit, ils chercheraient à créer des écosystèmes autonomes dont ils contrôlent tous les aspects, et ce tout en étant en accord avec les communautés locales.
En décembre 2023, il a été rapporté que Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a acheté des milliers d’hectares de terrain sur l’île de Kauai, à Hawaï[3]. Il serait en train d’y installer un immense complexe qu’il a baptisé " Ko’olaou Ranch ", et dont la construction coûterait plus de 260 millions de dollars. S’étendant sur 5 500 000 mètres carrés, l’immense domaine ultrasécurisé est entièrement entouré d’un mur de deux mètres de haut et surveillé en permanence par de nombreux agents de sécurité.
D’après les plans révélés par Wired[4], le domaine inclut plusieurs grandes villas reliées par des tunnels souterrains, au moins 11 cabanes de luxe perchées dans les arbres et reliées par des ponts suspendus et un terrain de foot. Un gigantesque bunker sous-terrain serait également en construction dans le ranch. Diverses installations sont dédiées au dessalement, à la purification et au stockage de l’eau.
Zuckerberg a également révélé dans l’une de ses publications sur Instagram, qu’il y élevait son propre bétail en les nourrissant avec des noix de macadamia provenant des plantations du ranch. Étant donné que chaque vache consomme entre 2 et 5 tonnes de nourriture par an, cela représente des centaines d’hectares de plantation.
D’autres milliardaires, dont Oprah Winfrey, Frank VanderSloot (PDG de Melaleuca) et Bill Gates ont également acheté de milliers d’hectares de terrain pour y construire de gigantesques propriétés à Hawaï et ailleurs sur le territoire américain.
D’autres, comme Peter Thiel (fondateur de PayPal), préfèrent investir à l’étranger, notamment en Nouvelle-Zélande.
Le point commun entre les projets de ces milliardaires est la présence de bunkers fortifiés ainsi que de systèmes d’approvisionnement leur permettant une autonomie quasi totale. Alors que ces infrastructures sont toujours plus en vogue dans la culture populaire, les raisons de leur construction ont tendance à motiver toutes sortes d’hypothèses. « Les gens ne se demandent pas seulement ‘pourquoi Mark Zuckerberg construit-il un bunker privé contre l’apocalypse à Hawaï ?’, mais aussi ‘que savent les [milliardaires] ? ’ et ‘que va-t-il se passer en 2024 qu’ils ne nous disent pas ? ’ », ont écrit dans un article de " The Conversation[5] " des experts de l’Université du Queensland.
D’après les plans de leurs constructions, ces grandes fortunes semblent en effet vouloir se préparer à une catastrophe mondiale.
Cependant, selon les experts, la réalité serait beaucoup plus subtile et ambitieuse : la construction d’écosystèmes entièrement autonomes au sein desquels les terres, l’agriculture, les infrastructures et le travail sont tous contrôlés et gérés par une seule personne. Cette vision aurait donc plus d’éléments en commun avec un seigneur féodal qu’avec un capitaliste moderne.
Alors, pourquoi les millionnaires se préparent-ils à la fin du monde ? Les super-riches savent que l’effondrement est pour bientôt ! Les milliardaires et millionnaires de la Silicon Valley, les fondateurs des fameuses start-ups en hypercroissance sont de plus en plus nombreux à l’avouer et à l’assumer.
Ils se préparent à un bouleversement majeur dans les prochaines années[6].
Achat d’îles isolées ;
construction de bunkers ;
villes ultras-sécurisées ;
plans d’évacuation ;
recrutement d’anciens militaires…
Quand on a les moyens, on ne compte pas !
Qui sont vraiment ces riches qui se préparent à l’apocalypse ? Contrairement aux anciennes générations de dirigeants d’entreprise, ce sont des « Self-made man » (« qui s’est fait tout seul », en français). Ils ne doivent leur fortune qu’à leur grande " intelligence " et à leur " sens des affaires ". Ces ultra-riches, milliardaires ou « seulement » multi-millionnaires sont ceux qui ont créé le monde ultra connecté dans lequel nous vivons.
Récupération massive des données personnelles ;
Reconnaissance faciale ;
Automatisation massive de la production et des services…
Ce sont eux qui sont en train de créer leur propre monde du futur.
Pourquoi ceux qui créent le futur le redoutent-ils ? Quand on crée un système, on connaît ses forces, mais aussi ses faiblesses. Ils connaissent mieux que personne les dangers du monde ultra connecté et ultra dépendant à la technologie dans lequel nous vivons.
Ils savent qu’un simple bug informatique ou une coupure d’électricité généralisée peut causer des ravages dans les pays industrialisés.
🔴La crainte d’un crash technologique
Il y a 50 ans, en cas de coupure d’électricité, il suffisait d’allumer des bougies pour que la vie reprenne son cours... Aujourd’hui, tout s’arrête : les transports, les hôpitaux, l’approvisionnement alimentaire, la sécurité…
Dans les villes, où la population est ultra concentrée, les dégâts seront terribles.
Imagine un bug dans le système de paiement de ta banque ;
Un scénario de fin du monde rarement pris comme exemple et qui ne semble pas critique ;
Si un bug majeur était détecté dans le système informatique des banques (elles utilisent quasiment toutes la même technologie), l’économie mondiale serait tout simplement paralysée ;
Plus personne n’aura confiance dans les données qui sont stockées sur les serveurs.
🔴La monnaie n’a plus aucune valeur, l’économie s’effondre
Si plus personne n’a confiance dans les données des banques.
Un billet de 500 € vaudra autant qu’un emballage de sandwich.
Voici la définition de la monnaie fiduciaire selon Wikipédia :
« La monnaie fiduciaire est la monnaie comprenant les pièces et les billets de banque, c’est un instrument financier dont la valeur nominale est supérieure à la valeur intrinsèque : la confiance (fiducia en latin) que lui accorde l’utilisateur comme valeur d’échange, moyen de paiement, et donc comme monnaie, repose sur un principe de garantie défendu par une institution centralisatrice. »
Conséquences ?
Impossible de retirer de l’argent en liquide de son compte bancaire ;
Impossible de payer avec une carte de crédit ;
Impossible de payer les salaires ;
Impossible pour les entreprises de payer leurs fournisseurs ;
Sans moyen de paiement informatique, l’économie s’effondre complètement.
🔴La crainte de troubles sociaux
En plus des risques technologiques, il y a une autre peur latente dans l’esprit de ces super-riches... C’est celle des troubles sociaux de grande ampleur.
Ces troubles,ils en seront la cause, mais surtout,ils seront les premières victimes de cet inévitable effondrement.
En effet, ce sont eux qui, en automatisant le travail, détruisent des millions d’emplois. Ces milliardaires ont mis en place les modèles économiques qui réduisent à la misère les classes sociales les plus vulnérables ;
Ce sont également eux qui, en coulisses, aident les États à mettre en place des outils de contrôle des masses
Récupération et analyse des données, vidéosurveillance avec reconnaissance faciale, manipulation de l’opinion…
Ça a longtemps été un fantasme, mais ces technologies sont aujourd’hui dans nos rues.
Une tendance vers le féodalisme ? Dans le système féodal de l’Europe médiévale, le roi possédait la quasi-totalité des biens, que ce soit les terres ou les habitations. Les droits de propriété des habitants dépendaient ainsi de leur relation avec ce roi. Les paysans vivaient et cultivaient généralement sur des terrains concédés par le roi à un seigneur local. Il arrivait même que les outils qu’ils utilisaient ne leur appartienne pas.
Selon les experts de l’Université de Queensland, ce que font les milliardaires comme Zuckerberg à Hawaï évoque ce féodalisme. Bien que l’homme d’affaires est soupçonné d’avoir joué de ses relations pour obtenir ses terres, la communauté locale a néanmoins accepté son installation et lui a confié la gestion de ses terres. « Il s’agit d’un modèle économique qui mène directement au féodalisme », ont écrit les chercheurs.
La stratégie d’installation de Zuckerberg est ainsi basée sur la coopération avec les locaux. Bien que les terres lui appartiennent désormais, son installation a offert des opportunités d’emploi et de développement économique pour les natifs. En outre, le PDG de Meta et sa femme incluent également des projets de conservation de la biodiversité indigène, ainsi que des fermes de curcuma et de gingembre bio. Dans cette vision, l’écosystème élaboré par Zuckerberg est entièrement autonome et chaque membre y apporte sa contribution (chacun y voyant un intérêt).
En revanche, l’installation de Thiel en Nouvelle-Zélande n’a pas aussi bien été acceptée par les locaux.Le fondateur de PayPal projetait notamment de construire un bâtiment souterrain sophistiqué ressemblant à un bunker et s’étendant sur plus de 73 700 mètres carrés, sur l’île d’Aotearoa. Le projet a été rejeté en raison de conflits d’intérêts avec le conseil local. Les autorités souhaitaient probablement protéger les intérêts des natifs ou autochtones qui, dans de nombreux pays (dont Hawaï), sont souvent exclus de leurs terres ancestrales pour des raisons économiques, telles que l’installation d’individus fortunés.
« Ce qui émerge parmi les milliardaires est plutôt la conviction que la survie ne dépend pas (seulement) du fait de se cacher dans un trou en béton armé creusé dans le sol, mais (aussi) du développement et du contrôle de son propre écosystème », indique le groupe d’analystes.
Conclusion
Sur le fond, ces milliardaires prévoyants ne sont pas dupes, ils sont conscients que la situation n’est pas viable sur le long terme.
Ils vivent dans la crainte que la population se révolte.
Contre le système actuel.
Contre eux.
Prépare-toi !
Quand les ultra-riches veulent échapper à la fin du monde dans laquelle ils nous mènent
Quand les plus pauvres suffoqueront sous 40°C dans un épais nuage de pollution, où seront les ultra-riches ? A priori dans leurs bunkers. Ce marché est florissant à mesure que la crise climatique et autres tensions géopolitiques s’accélèrent.
Le patron de Facebook (Meta) est en première ligne : il est en train de construire secrètement un bunker sur l’île hawaïenne Kauai.
Jean-Luc Mélenchon se dit opposé à un gouvernement de " façade républicaine ". Si c’était le cas, Le Pen gagnerait dix points d’un seul coup !
De quoi est malade la politique en France ? De politiciens qui disent une chose et en font une autre après. Ce mensonge permanent doit cesser[6].
Le leader de la France insoumise a répété, dans le journal italien La Repubblica[0], la nécessité, selon lui, que la gauche arrive à Matignon. Sinon, « la cocotte-minute va exploser ». Il pense qu’il « vaut mieux laisser le Nouveau Front Populaire[9] gouverner »
Nous ne devons pas commettre l’erreur d’accepter un gouvernement de front républicain[1]
Jean-Luc Mélenchon a rappelé ce dimanche sa position ferme concernant la situation politique française, dans une interview publiée dans le quotidien transalpin La Repubblica. Selon lui, en faisant le choix d’un front républicain, « Le Pen gagnerait d’un seul coup dix points ».
Le leader de la France insoumise a appelé ensuite à la démission d’Emmanuel Macron s’il refusait de nommer le candidat du Nouveau Front populaire (NFP) à Matignon. « Dans ce cas, il n’y aura qu’une seule façon démocratique pour lui de sortir de la crise institutionnelle : partir, revoter et élire son remplaçant » a-t-il dit, avant de cingler : « Si tout le monde bloque tout, la cocotte-minute va exploser. »
« Il vaut mieux laisser le Front populaire gouverner », a poursuivi Jean-Luc Mélenchon.
Celui-ci a aussi voulu calmer les inquiétudes de certains quant à la lenteur du NFP à désigner un Premier ministre. « La discussion se poursuit, a-t-il indiqué, douze jours après le vote. Les Allemands et les Espagnols ont mis des mois à former un gouvernement.»
Mais comment appliquer « tout le programme, rien que le programme » sans majorité absolue[2] ? C’est la question alors posée par la correspondante à Paris du journal Anais Ginori.Le leader de la France insoumise répond simplement que « c’est le jeu de la démocratie », avant de dire que « si les autres députés ne veulent pas que nous appliquions notre programme, qu’ils nous défient au Parlement. »
Macron n’a pas « accepté le résultat du vote Jean-Luc Mélenchon a poursuivi en critiquant la position du président de la République. Selon lui, il « a dissous l’Assemblée nationale pour demander une clarification politique ». Mais « si Emmanuel Macron avait accepté le résultat du vote, comme c’est le cas dans d’autres démocraties, il aurait déjà appelé l’un des nôtres au poste de Premier ministre ».
Le leader Insoumis a enfin évoqué le « second tour des élections présidentielles » 2027. À ce moment, « nous verrons quel projet les Français préfèrent : le mien ou celui de Le Pen » a-t-il déclaré. Et de conclure : « Mais je n’ai pas encore dit que je serai candidat ».
Jean-Luc Mélenchon est intervenu sur BFMTV le 19 juillet 2024
Il a expliqué l’orientation de LFI quant au choix d’un premier ministre pour le gauche :
1 - s’engager sur le programme ;
2 - si Macron choisit de faire censurer le gouvernement, nous censurerions immédiatement après le gouvernement de droite ;
3 - Macron n’aurait plus d’autre choix que de démissionner.
Il ne dit pas cela pour pousser le président à convoquer des présidentielles avant 2027 mais parce que la logique de la crise est celle-là.
🔴 A juste titre,Jean-Luc Mélenchon démasque Hollande et le PS
Depuis les législatives, les tensions entre LFI et le PS restent vives, notamment sur les négociations concernant un nom à proposer pour le poste de Premier ministre. La France Insoumise, avec le PCF et les Verts soutient la candidature de la présidente du conseil régional de La Réunion, Huguette Bello[3].
Les socialistes ont quant à eux proposé l’économiste et spécialiste du climat Laurence Tubiana[5],...
Rappel des faits concernant Laurence Tubiana :
- A travaillé avec Hollande en 2012 ;
- a été un temps proposée par Macron et Edouard Philippe comme ministre et tête de liste aux européennes de 2019 ; - Veut élargir le Nouveau Front Populaire à la Macronie, comme en témoigne le texte auquel elle a joint sa signature le 12 juillet 2024[4]
Nous refusons cet affront fait au mépris de millions d'électeurs ayant voté pour le #NouveauFrontPopulaire.
La députée LFI Sophia Chikirou a notamment affirmé le 15 juillet que " le hollandisme c’est comme les punaises de lit : tu as employé les grands moyens pour t’en débarrasser, tu y as cru quelque temps et tu as repris une vie saine (à gauche) mais en quelques semaines, ça gratte à nouveau et ça sort de partout[7]..." Une sortie peu appréciée par les socialistes, mais que Jean-Luc Mélenchon a défendu auprès de La Repubblica : " Chikirou n’a pas parlé de Hollande mais de hollandisme ".
Jean-Luc Mélenchon vise à nouveau le PS : " Pourquoi devrais-je céder ? Pour devenir comme les socialistes ? Il y en a déjà assez..."
Evoquant la prochaine élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a estimé que le choix d’un gouvernement aujourd’hui aura des conséquences sur le score du RN. " À ce moment-là, nous dirons au pays : ’ Vous choisissez, mais ne pensez pas que c’est un choix sans conséquences ’. Si le pays vote pour un fasciste, nous aurons un gouvernement fasciste. "
🔴 Conclusion :" C’est pourquoi, aujourd’hui, nous ne devons pas commettre l’erreur d’accepter un gouvernement de ’ façade républicaine ’. Si c’était le cas, Le Pen gagnerait dix points d’un seul coup ", a-t-il assuré.
Participer à une coalition avec la macronie ? Autant demander de s'embarquer sur le Titanic après la collision !
Le Nouveau Front Populaire[8] a gagné ! Avec la proposition de Lucie Castets[10] comme première ministre, il va gouverner. E. #Macron doit la nommer maintenant.
Tarder est irresponsable ! Nous avons besoin d'un gouvernement qui prépare la rentrée et le budget.
Le RN entretient une « guerre des pauvres » dont le vote pour lui est une forme de manifestation[8]... et pour la CGT aussi " le RN ment et on le prouve[39] "
Chaque jour qui passe le démontre un peut plus : le #RN est la roue de secours du système... car pour Sébastien Chenu, vice-président du RN et député du Nord, proposer la destitution d'E. Macron « n'a aucun sens »[7].
Depuis 2017, Macron a agi comme un véritable marche pied pour l’extrême droite[0]. Du lexique infamant renvoyant dos-à-dos l’extrême droite et la France insoumise, à la loi Immigration reprenant parmi les propositions les plus racistes défendues par Jean-Marie Le Pen et saluée comme une victoire idéologique par Marine Le Pen, l’extrême centre a définitivement choisi Hitler plutôt que le Front populaire.
Cependant, malgré 7 années de dérive droitière du Président Macron et son parti Renaissance, le 7 juillet 2024, le peuple a refusé le programme aussi raciste que favorable aux riches présenté par Jordan Bardella[1].
PREMIER ARTICLE SUR LE COMPORTEMENT POLITIQUE DU RN
08 juillet 2024 :Le lendemain des élections législatives, le RN se dévoile officiellement
Finalement,les élus RN au Parlement européen siègeront dans le nouveau groupe d’extrême-droite formé par le premier ministre hongrois pro-Poutine, les « Patriotes pour l’Europe ». Le RN n’avait pas voulu l’annoncer avant le second tour, de peur de relancer le soupçon de sympathies pro-russes[2].
11 juillet 2024 : Marine Le Pen annonce que le RN " censurera tout gouvernement " comprenant des ministres LFI ou écologistes
Avis à tous les électeurs du RN qui ont cru les salades sociales de l’extrême-droite : "si le NFP fait voter l’abrogation de la retraite à 64 ans, les élus de le Pen seront du côté de ceux qui s’y opposeront[3]". Rien de neuf sous le soleil. Le Pen et sa bande s’étaient déjà alliés à Macron pour voter contre la hausse du SMIC[4].
Ceux qui ont cru à leurs promesses voient maintenant la réalité!
26 août 2024 : À l’Élysée, le RN d’accord avec la Macronie et LR pour faire barrage au NFP
Reçus à l’Élysée, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont confirmé à Emmanuel Macron qu’ilsvoteraient une motion de censure contre le Nouveau Front populaire.
Le Pen veut donc aider Macron à garder le pouvoir pour appliquer son programme. Ses électeurs sont donc prévenus : Le Pen préfere Macron au partage des richesses, à l'abrogation de la réforme des retraités, à la refondation de nos services publics, à l'augmentation du SMIC, et à la justice sociale... Macron et Le Pen sont les meilleurs alliés au service du système, le parti de la trahison du peuple. 👇
27 août 2024 : le RN ne votera pas la destitution de Macron portée par La France insoumise[6]
Les masques tombent lors du passage le 27 août sur France Bleu Belfort Montbéliard de Guillaume Bigot (Député RN du Territoire de Belfort) pour évoquer la position du RN sur le gouvernement qu’Emmanuel Macron ne veut toujours pas nommer !
Interrogé pour savoir si le RN voterait la destitution, il répond :
- « Non,bien sûr que non ! » [1'39"]
- « demander la destitution, c'est mettre à bas l'autorité du Président de la République » [2'54"] 👇
🔴confirmé par Sébastien Chenu le 29 août[7], pour qui,proposer la destitution d'Emmanuel Macron « n'a aucun sens » !
Conclusion : Ce parti se dit d'opposition, mais Macron et Le Pen jouent main dans la main... Voter RN c’est voter Macron... et vice versa. Le chaos c’est eux !
01 octobre 2024 : le RN ne censurera pas le gouvernement Barnier
En direct, Marine Le Pen révèle son alliance avec Emmanuel Macron :
« Nous refusons de censurer a priori votre gouvernement pour lui donner une chance »
02 octobre 2024 :Le RN vote pour sauver Macron !
Ce matin, pour la première fois de l’histoire de la Vème République, a eu lieu un débat et un vote sur la destitution de Macron en Commission des lois.
Évidemment le RN a voté contre la destitution de Macron[9] comme il refuse de voter la censure contre le gouvernement Barnier.
🔴 Qui peut encore croire qu'ils sont autre chose que les alliés de la Macronie ?
10 octobre 2024 :double scandale en un jour !
▶️ Marine Le Pen empêche l'examen de la motion de destitution & enterre donc la possibilité de mettre un terme au règne de Macron.
Grâce à l'abstention de Marine Le Pen, représentante du groupe RN, l'inscription de la proposition de résolution visant à engager une procédure de destitution à l'encontre d'Emmanuel Macron à l'ordre du jour de l'hémicyclea été rejetée par la Conférence des présidents de l'Assemblée[10].
🔴 Le RN est décidément la bouée de sauvetage de Macron et permet la poursuite de sa politique de malheur.
▶️ en refusant de voter la motion de censure du gouvernement Barnier,Marine Le Pen se met de nouveau au service de Macron !
Le gouvernement Barnier est l'exécuteur des basses œuvres du macronisme décomplexé que la majorité des Français a rejeté, et veut :
. réduire le déficit par 60 milliards d’économies, mais jamais en allant chercher l'argent là où il est.
. imposer 15 milliards en moins sur la Sécu' et 40 milliards de réduction des budgets déjà insuffisants des ministères et des collectivités.
Son premier acte sera budgétaire... et cette motion de censure déposée par le NFP vise à l'empêcher de nuire... et le RN ne la vote pas[11] !
🔴 En un jour, Marine Le Pen et le RN ont sauvé Macron de la destitution et Barnier de la censure !
17 octobre 2024 : Honteux ! Le RN vote avec la Macronie contre tous les amendements pour le retour et le renfort de l'Impôt Sur la Fortune
Aujourd’hui en commission des finances, les députés Rassemblement national ont montré qu’ils restent d'immenses guignols. Après de grandes déclarations sur la justice fiscale… ils s'opposent à toutes les propositions permettant de rétablir l'ISF.
21 octobre 2024 : Le RN est une supercherie permanente !
Depuis plusieurs semaines le RN dit qu'il veut " proposer l'abrogation de la réforme des retraites[12]", or ce jour, en commission des Affaires Sociales, le RN vient de voter contre l'amendement du NFP visant à abroger la réforme des retraites de Macron et à ramener l'âge de départ à la retraite à 62 ans[13].
🔴 Pourquoi ?Parce que la mesure était financée par une augmentation des cotisations sociales sur les salaires de plus de 4000 € par mois.
▶️Mais... surpris ? 👇
En février 2023 sur France info, Marine Le Pen défendait la retraite à 67 ans[14] ;
et le 25 juin 2024, sur TF1, Jordan Bardella défendait la retraite à 66 ans[15]...
Conclusion : Le RN et les retraites, récit d’une grande arnaque[16] !
25 octobre 2024 : le #RN et la #Macronie une fois de plus main dans la main pour rejeter les amendements en faveur du rétablissement et du renforcement de l'ISF.
Bardella, Le Pen, et tous le RN les meilleurs alliés de Macron !
28 octobre 2024 : Jordan Bardella se déclare " favorable " au passage à trois jours de carence, au lieu d'un actuellement, dans la fonction publique lors d'un arrêt maladie
Le mal-travail des agent•es publics est un vrai sujet pour qui veut bien le voir :
. Bardella, la béquille de Macron, s'est exprimée, mais ignore t'il que quand on est malade, ça ne doit pas coûter de l’argent, et donc que le gouvernement ferait mieux de travailler sur les accidents du travail donc : sur la cause des arrêts et sur les conditions de travail ?
. Le second, Manuel Bompard (LFI) est dans l’opposition...et il s'y oppose !
29 octobre 2024 : Réforme des retraites : l'arnaque du RN continue sur le #BudgetSecu2025 !
❌ Le Pen et ses députés votent CONTRE l'abrogation de la réforme des retraites pour le 3ÈME FOIS !
29 octobre 2024 : Grâce à l'alliance du RN avec la macronie, le volet " recettes " du budget 2025 est rejeté par l'Assemblée pour le plus grand plaisir des ultras riches
❌ Le budget pour plus de justice sociale et écologique que le Nouveau Front Populaire avait réussi à construire par des votes de l’assemblée est donc rejeté.
Par leur vote et donc leur faute :
les 4000 postes de professeurs supprimés, des coupes dans le budget Outre-Mer ou de l’écologie, ne seront pas discutés ;
si vos factures d'électricité augmentent encore cet hiver, dites merci à Bardella et Le Pen, par leur vote ils ont, entre autre, remis en cause la suppression de la hausse de taxe sur l’électricité qu'avait fait adopter le NFP ;
ont aussi été supprimés : la TVA à 0% pour les Outre-Mer, la pérennisation de l'impôt minimum sur les multinationales, la taxe de solidarité sur les dividendes, l'impôt « Zucman » sur le patrimoine des milliardaires, la taxe sur les rachats d'actions...
Marine Le Pen et Macron s'allient pour refuser de préserver les classes moyennes et populaires et, en compensation, faire contribuer les multinationales et les plus grandes fortunes.
Conclusion :c’est le crépuscule de la Macronie et la fin du RN comme parti d’opposition.
18 novembre 2024 : « Pas de condamnation pour être candidat RN » : la fable de Jordan Bardella démentie par les faits
Jordan Bardella président du Rassemblement national a assuré lundi sur BFMTV qu'il fallait "ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire" pour être candidat du parti : " C'est toujours la politique que nous avons suivie, à la différence près que quand les faits ont 30 ans, certains ne figurent pas sur le casier judiciaire et donc il y a des gens qui par duperie dissimulent un passé qui n'a pas été affiché sur le casier judiciaire en question ", a-t-il expliqué.
▶️Pourtant au moins une dizaine de cas de parlementaires ou de personnalités investies qui dérogent à la règle ont été recensées dont Marine Le Pen et le parti lui-même[18].
15 janvier 2025 : une motion de censure a été déposée par les insoumis, soutenue par les écologistes et les communistes : « Le Rassemblement national a indiqué qu'il ne votera pas de censure dans l'immédiat, laissant une chance à François Bayrou[19] »
C'est une opération de dévoilement répétée : le RN, qui ne note pas la motion de censure, [20] est la béquille de la Macronie.
04 février 2025 : Le RN ne devrait pas voter la censure sur le budget pour ne pas aggraver "l'instabilité", a estimé le patron du parti Jordan Bardella
Le RN va donc sauver Bayrou et la politique de Macron et, à cause du RN :
le prix de l’électricité va augmenter immédiatement pour 10 millions de personnes et en 2026 pour tout le monde
les arrêts maladie des fonctionnaires, des policiers, des pompiers et des militaires ne seront plus payés qu’à 90%
le budget du ministère de l’agriculture va baisser de 13%, soit 1500 euros en moins par exploitation agricole
40000 travailleurs pauvres vont être privés de la prime d’activité
05 février 2025 :le RN refuse de censurer le budget 2025 austéritaire du gouvernement François Bayrou[22]et refuse de censurer le budget de la Sécurité sociale[23]qui est pire que celui de Barnier... aux mêmes causes les mêmes effets !
. Par cette décision de non censure du budget 2025 le RN : cautionne la pire cure d'austérité qui va être impose au peuple : les coupes massives dans les budgets de l’écologie, du logement, de la recherche, de la culture, de l’éducation nationale, du sport, de l’agriculture ; hausse des tarifs de l’électricité ; baisse de l’indemnisation maladie des fonctionnaires et de la prime d’activité ; taxe sur les micro-entrepreneurs.
. Par cette décision de non censure sur le la partie 2 du budget de la Sécurité sociale, le RN valide 3 milliards d'économies dans la santé et une hausse des taxes sur les apprentis qui gagnent moins que le SMIC.
10 février 2025 :aujourd’hui le RN main dans la main avec le PS n’ont pas censuré le gouvernement Bayrou.
Ils sauvent une fois de plus la macronie et laissent passer un budget de la sécurité sociale amputé de 3.7 milliards d’euros. Un budget aux conséquences mortifères. 👇
12 février 2025 :une nouvelle fois, le RN main dans la main avec le PS, n’a pas censuré le gouvernement Bayrou[24].
Le refus du RN et du PS, se déclarant pourtant tous deux inscrits dans l’opposition, de voter la censure a permis le passage en force des budget de la Sécurité sociale venant après le budget de l’État avec leurs conséquences dramatiques.
Pour voir le détail du vote en cliquant sur l'image 👇
19 février 2025 :le Rassemblement National vient de sauver Richard Ferrand, candidat de Macron pour la présidence du Conseil Constitutionnel.
Après avoir :
- refusé de censurer le gouvernement macroniste à 5 reprises ;
- laissé passer le pire budget du pays depuis 25 ans ;
- couvert les mensonges de Bayrou à propos du scandale de Bétharram ... le RN, permet en s'abstenant à Richard Ferrand, de passer à 1 seule voix[26]....
▶️Richard Ferrand, cet ancien président de l’Assemblée nationale,très proche d’Emmanuel Macron, qui, en juin 2023, estimait qu’il serait de bon ton de changer la Constitution, et notamment remettre ne cause la " limitation du mandat présidentiel dans le temps[25] ".
Aujourd'hui, quel pacte Le Pen a-t-elle conclu avec le camp macroniste[26] ?
19 février 2025 :le Rassemblement National l'avait dit, il l'a fait : pour plaire à Macron, il na pas voté la motion de censure déposée par le PS qui constituait un pistolet à eau.
Le RN « ne s’interdit rien pour l’avenir » mais « n’a pas encore décidé de se servir du marchepied constitué par le bloc de gauche » pour censurer, a lancé le député RN Kévin Pfeffer.... Le RN continue à défendre son allié du moment : le couple Bayrou/Macron et le pire budget d'austérité de la 5ème République[27] !
26 mars 2025 :ils affirment matin midi et soir que le RN n'était pas et n'est pas un Parti raciste. Mais c'est leur ADN comme le démontre Jordan Bardella invité avec Marion Maréchal par le gouvernement d'extrême droite raciste et génocidaire israélien à Jérusalem.
Au moins c’est affiché clairement : c’est la haine islamophobe qui rassemble suprémacistes blancs & suprémacistes israéliens, quitte à mettre l’antisémitisme sous le tapis le temps de massacrer le plus d’arabes possible. Jordan Bardella y montre le vrai visage du RN !
31 mars 2025 :Marine Le Pen, 9 eurodéputés (ainsi que leurs 12 assistants) du Rassemblement National ont été condamnés ce jour pour détournement de fonds publics[29]. Leur condamnation est assortie d’une peine d’inéligibilité applicable immédiatement pour l’essentiel d’entre eux.
Les faits qui sont déclarés avérés sont particulièrement graves. Ils contredisent entièrement le slogan « tête haute, mains propres » sur lequel ce parti a longtemps cherché à prospérer.... Marine Le Pen allant, en avril 2013, jusqu'à réclamer " l'inéligibilité à vie " pour les politiques condamnés[30].
▶️Ils bénéficient du soutien des extrêmes plantaires : Après Elon Musk, Viktor Orban, Matteo Salvini, le porte-parole du Kremlin, qui ont tous apporté leur soutien à Marine Le Pen, c'est au tour de Washington de réagir et de juger l'exclusion de candidats " préoccupante "[31].
16 avril 2025 :Une énième preuve de l’arnaque du RN a été rendue publique : Bardella vient de promettre à Pierre Gattaz, ancien patron du Medef que le RN ne défendrait plus la retraite à 60 ans, ni à 62 ans[32].
Néanmoins, est-ce une surprise ?
Pas vraiment, étant donné que le même Jordan Bardella, plaidait pour une retraite à 66 ans lors des législatives de 2024.... et Marine Le Pen considérait, le 1er février 2023, que « La retraite à 67 ans c’est déjà mieux que ce qui existe actuellement[33] ».
▶️« Qui peut encore faire confiance à ces gens ? Le RN est l’ennemi du peuple, de ses intérêts et de son unité »
05 Mai 2025 :En commission des affaires sociales, le RN vient de voter avec la Macronie contre la proposition de loi visant à étendre l’aide médicale d’Etat à Mayotte. C'est à dire, la loi qui s'applique partout ailleurs en France.
Pour le RN, reconstruire Mayotte... c'est NON ! La traiter comme un département... c'est NON !
15 Mai 2025 :Marine Le Pen justifie la décision de Benyamin Nétanyahou (1e ministre d'extrême droite israélien) qui intensifie les bombardements sur la bande de Gaza, y organise une « famine délibérée ».
Marine Le Pen demande donc que la France aide un gouvernement accusé de génocide par les instances internationales et dont le Premier ministre est sous mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale.
Le RN soutien le génocide en cours à Gaza,...le RN est toujours du plus mauvais côté de l’histoire. C’est une tradition, ne l’oubliez jamais.
🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴
▶️Et si n parlait agriculture et monde rural.....
Cet argumentaire de 2024 👇 repose sur un décryptage des votes européens et de la législature 2022-24 sur les questions agricoles et alimentaires, fait par les membres du Collectif Nourrir[34].
🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴
4 juin 2025 : Une nouvelle fois, le RN rejoint la macronie et le PS dans le maintien d'un gouvernement qui ruine le portefeuille, la santé et les droits des Français (voir l'objet de la censure[35]).
Le RN n'a que faire de la santé du peuple !
▶️ En ne votant pas la #MotionDeCensure[35a], le RN, devient complice d'une #LoiPesticides qui passera en force via un 49-3 déguisé, permettant l’autorisation de pesticides qui risquent de provoquer un scandale sanitaire comme l’amiante ou le chlordécone.
12 juin 2025 :La « taxe Zucman » sur le patrimoine des ultrariches a été rejetée par le Sénat
Une proposition de loi pour taxer de seulement 2% les 0,01 % des plus riches, c'est déjà trop pour le RN. Les 4 sénateurs RN s'abstiennent sur la taxe Zucman[36]. Le RN choisit son camp, pas celui du travail.
1er juillet 2025 :Le gouvernement Bayrou survit à la motion de censure du PS grâce au RN[37]
Si Bayrou est toujours là, c'est à cause de Le Pen qui ne vote pas la censure.
Si Macron est encore là, c'est à cause de Le Pen qui n'a pas voté la destitution.
Le vernis “ anti-système ” craque à chaque vote décisif : le RN protège le pouvoir.
▶️ Le Pen est la béquille et Bardella le paillasson de la macronie.
8 juillet 2025 :Grâce aux voix du RN l’Assemblée nationale a adopté la loi Duplomb[38]
A la solde de la FNSEA, ils ont œuvré pour l’adoption d’un texte au service d’un modèle productiviste obsolète,aux contours éminemment favorables à l’agro-industrie, au détriment des exigences écologiques, sanitaires et à la santé publique.
23 septembre 2025 :Taxe Zucman : sur l’imposition des riches, le RN s’aligne sur la Macronie et le Medef
Une fois n’est pas coutume, le RN se soumet à l’absence de contrôle aux frontières. Interrogé mercredi sur LCI sur le fait que les contribuables qui seraient assujettis à la taxe Zucman pourraient partir, Jean-Philippe Tanguy a pris acte que la porte est grand ouverte pour les fortunés, sans demander que soient érigées des barrières.« Évidemment qu’ils peuvent partir, puisque ce sont les plus favorisés. (…) Il y a une liberté des capitaux dans le monde construit par Macron ou ses prédécesseurs », a déclaré le monsieur économie du RN[40].
Le Rassemblement National est l'allié des milliardaires qui contournent l'impôt et imposent au peuple des sacrifices pour le faire payer à leur place. 👇
08 octobre 2025 :Grâce à l’abstention de Marine Le Pen et 4 députés RN lors du vote en bureau de l'Assemblée Nationale sur la motion de destitution de E. Macron, celle-ci est rejetée[41], et ils bloquent tout débat parlementaire !
Alors que, 70% des Français sont pour le départ de Macron dont 90% des électeurs RN, Le Pen et sa bande sauvent à nouveau Macron.
20 octobre 2025 :Depuis le début de l’examen du budget 2026 en commission des finances, par ses votes[42], le RN démontre qu'il est en mission commandée par l’oligarchie financière aux côtés des macronistes.
▪️ Le RN est contre la taxe Zucman ;
▪️ Le RN est contre la taxation des super-héritages ;
▪️ Vous gagnez moins de 4000 euros ? Le RN et les macronistes veulent augmenter vos impôts ;
▪️ Refus de l’impôt renforcé et climatique ;
▪️ Refus de la contribution exceptionnelle sur le bénéfice des grandes entreprises ;
▪️ Taxer de 10% les dividendes ? Le refus net du RN main dans la main de la macronie et plein d'autres votes en faveur des milliardaires que le RN cherchent à cacher...
▶️ Les fascistes du Rassemblement national s’allient aux députés du « socle commun » pour protéger leur ami commun, Emmanuel Macron, l’homme de l’oligarchie financière via un projet de budget 2026 néolibéral et raciste[43]. Protéger les oligarques, c’est s’assurer de leurs bonnes grâce et de leurs renvois d’appareils médiatiques.
31 octobre 2025 :La taxe Zucman, c'est fin : quand il s’agit de protéger les ultra-riches d’un petit pas pour la justice fiscale, les droites et l’extrême droite font bloc pour servir le MEDEF.
Les macronistes, la droite et l'extrême droite RN viennent de rejeter toute taxe sur les milliardaires. Même une petite taxe, minimale de 2%[44]. Pourtant c'est 86% des Français qui y sont favorables.
La priorité pour le RN n’est pas de trouver de nouvelles recettes mais de s'enfoncer dans l'austérité !
12 Novembre 2025 :Retraites... en votant le texte gouvernemental[45]issu des magouille ente le PS et Lecornu, le RN décide de couper un doigt aux salariés pendant que les macronistes veulent en couper deux avec l’arnaque du décalage de la retraite à 64 ans :
RN, PS, macronistes votent le décalage (ce n'est pas une suspension, c'est un décalage, même Macron le reconnait[46]), résultat :
retraite à 64 ans pour les nés après 1969, pensions en baisse pour tous.
Tous les retraités vont payer votre vote par la baisse de leurs pensions.
▶️ Avec leur vote, nouvelle démonstration que le RN est bien une fausse opposition, la béquille de la macronie, l'assurance vie du système !
18 Novembre 2025 :le RN a déposé un amendement rejeté par le parlement visant à supprimer l’aide humanitaire de la France pour #Gaza[47].
Que la France se souvienne que ce parti a toujours été et sera toujours du côté des génocidaires.
🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴
Pour son premier livre, l'Institut La Boétie s'attaque à l'extrême droite !
Après avoir organisé le colloque " Extrême-droite : le dessous des cartes en octobre 2023[5] ",vu par près de 200 000 personnes, l'Institut poursuit son travail d'analyse sur ce sujet crucial pour notre camp.
Intitulé « Extrême droite. La résistible ascension », l'ouvrage réunit des auteurs parmi les plus grands spécialistes de l'extrême droite en France, avec une préface de l’historien Johann Chapoutot et une postface de Clémence Guetté, le tout sous la direction du sociologue Ugo Palheta.
Ses 16 contributions proposent une analyse des dynamiques qui ont poussé une partie croissante des élites à se ranger derrière l'extrême droite, de la façon et des médias par lesquels ont été imposés les discours sexistes, racistes et LGBTI-phobes qui portent l'extrême-droitisation, et décryptent les réseaux qui ont porté et conforté ce glissement.
« Battre l’extrême droite » : l’Institut La Boétie organise 2 grandes tables rondes sur la stratégie à adopter
À l’occasion de la sortie de son premier livre, Extrême droite : la résistible ascension, paru le 6 septembre, l’Institut La Boétie vous invite à revivre les dialogues exceptionnels entre chercheur·ses et politiques intitulés « Comment battre l’extrême droite ? », du jeudi 19 septembre 2024.
6 : Gilles Bourdouleix, candidat aux législatives 2024 dans le Maine-et-Loire, poursuivi pour apologie de crime contre l’humanité pour avoir déclaré, en 2013, à propos de gens du voyage installés sur un site de sa commune, qu’« Hitler n’en a peut-être pas tué assez », sa condamnation a finalement été annulée en 2015 par la Cour de cassation, qui a estimé que l’élu n’avait pas souhaité rendre publics ces propos.
Il y a une règle de météo politique : quand le vent souffle fort il emporte aussi les girouettes[6]... dont " on en connait le point de départ mais pas le point d’arrivée[13] ".
Derrière l’ouvriérisme de François Ruffin, on retrouve son incapacité à concevoir les classes populaires comme hétérogènes et les habitants des quartiers populaires comme des travailleurs y compris prolétarisés. Ouvrir un livre de sociologie n’est pourtant pas un luxe (François Elek)[0]…
Nous savions qu’ils étaient en train de trahir et c’est pourquoi certains n’ont pas été investis. Tant pis pour les chatouilleux de la com’ qui espéraient pouvoir annoncer une nouvelle division qui viendrait perturber l’union. Mais l’union de qui en fait ?
L’union factice et temporaire de ceux qui avaient déserté la NUPES pour faire cavaliers seuls ?
Ou l’union des électeurs pour faire un énième barrage ultime contre l’extrême droite ?
Ou peut-être l’union des électeurs autour d’un programme de rupture ?
Ne serions-nous pas précisément dans ce mélange hybride, qui « rassemble » de Poutou à Hollande et qui oppose dans le même temps le soliste Ruffin du parti de Picardie (qu'il a fondé en 2017 et enregistré en 2021[0bis]) à Jean-Luc Mélenchon, l’homme des 22% de la France insoumise aux présidentielles de 2022 ?
Ce front populaire qui n’a pas permis à Roussel d’être élu, alors que les insoumis se sont plus mobilisés que les communistes au 1er tour, est plus que jamais un révélateur du rejet de certaines pratiques politiques malgré une mobilisation hors norme de nos concitoyens.
La politique de rupture de la ligne Mélenchon se traduit par un succès lorsque l’on compte le nombre d’insoumis élus au 1er tour, soit 20[1]. Les médias, en chœur avec la droite, l’extrême-droite et la macronie ne sont pas parvenus, malgré les moyens hors normes déployés pour nous calomnier, à freiner l’élan populaire de LFI qui poursuit sa dynamique depuis les Européennes ! Un million d’électeurs en plus malgré les insultes et la violence du débat public.
J’ai d’ailleurs une pensée particulière pour ce que vit au quotidien notre nouvelle députée Rima Hassan, harcelée et menacée de viol et de mort par les soldats de Tsahal dans le silence complaisant et général des médias et de nos soi-disant alliés temporaires. Il est là le nouvel antisémitisme.
Les féministes qui étaient à l’affut pour fustiger Adrien ou pour dénoncer les violences du Hamas n’ont pas un mot de solidarité ou d’indignation pour dénoncer cette violence quotidienne !
On imagine, à la lecture de ces messages horribles, envoyés par des soldats de l’armée la plus morale du monde, ce que peuvent subir les femmes Palestiniennes qui sont en proies à ces criminels de guerre.
Mais c’est un sujet trop sensible ou trop dangereux pour Sandrine Rousseau, Marine Tondelier ou Clémentine Autain (pour ne citer que les plus emblématiques !) qui semblent plus préoccupées par un avenir politiquement correct que par un engagement courageux, mais certes plus risqué pour soutenir Rima! la sororité a ses limites, la dignité aussi !
Ainsi sommes-nous, tous, obligés de naviguer dans ce nid de frelons pour avoir une chance de partager notre miel avec les plus nécessiteux ! Nous devons supporter que chacun s’en donne à cœur joie pour insulter celui (Jean-Luc Mélenchon)qui les terrorise tous, le boulet antisémite, dictateur et colérique qui mène 8 millions d’électeurs à la baguette !
Cet homme serait coupable de tout ce qui ne va pas dans ce pays, à gauche, à droite, mais aussi de la montée de l’extrême droite… Quand on pense qu’il n’a jamais gouverné, c’est plutôt cocasse[7]!
Voilà que Ruffin, le soliste de Picardie, nousexplique que Jean-Luc serait le repoussoir, coupable de son échec au 1er tour,...
même s’il s’est affiché à ses côtés 👇 pour aller gratter des voix, dans la circonscription d’Amiens qu’il a manifestement désertée après avoir été élu !
Verso du tract de 1er tour de François Ruffin
Si les macronistes votent pour lui, il aura une chance de s’en sortir, c’est l’ironie de la traitrise, il est macron compatible... (NDLR : et réélu avec le soutien macronien[3] !
Ruffin réélu avec le soutien de toute la macronie (verso de son tract de second tour)
Car en macronie, il y a le bon Lfiste et le mauvais Lfiste, c’est un mauvais sketch des inconnus qui ne fait rire que l’extrême droite dont les frontières se sont bien affirmées depuis la dissolution, de LR à Macron en passant par le Modem ! Telle sera l’union extrême des droites, dans le pire de scenarios ! D’abord Ruffin envisage une coalition avec Macron sur la base de trois éléments de notre programme et le lendemain il se défend de s’allier avec eux pour faire dit-il un « gloubi boulga ».
Un jour il nous explique : «il n’y aura pas de duel avec mon ami Mélenchon, nos forces s’additionnent pour faire mieux[4]» (je cite)...
et trois jours avant le scrutin, il explique qu’il ne siègera pas avec la France Insoumise car il a trop de désaccords avec Jean-Luc et qu’il veut un « divorce à l’amiable » sans casser de vaisselle (comprenez : votez pour moi quand même )[5], et annonce " Ma place ne sera pas dans le groupe LFI si je suis élu[5bis] " !
L’homme n’est pas fiable, c’est le propre de ceux qui sont fragiles devant la griserie du pouvoir et de ceux qui ont ce besoin insatiable de lumière !
La politique est une valse qui donne le tournis à ceux qui ne connaissent que leur petits pas et qui tournent en rond sans se soucier de leur partenaire, ils finissent par terre, hagards, perdus et solitaires au milieu de tous ! Oui ils vont probablement tous, non pas nous trahir, car nous sommes prêts, mais se trahir et trahir probablement le programme qu’ils défendent aujourd’hui et bien sûr trahir une nouvelle fois leur mandants !
Mais nous continuerons à avancer, à lutter et à gagner voix par voix, en porte à porte et dans les urnes, le cœur et le bon sens des citoyens Français qui comptent sur nous pour tenir bon, pour nous obstiner, à l’image de ce vieil humaniste, têtu et combatif en qui ils se reconnaissent parce qu’il leur donne l’espoir que c’est encore possible de faire de la politique noble et au service de la cité !
C’est bien à la fin du bal que l’on paye les musiciens et nous avons le bon chef d’orchestre pour les faire valser !
🔴 « François Ruffin, l'ascension d'un opportuniste » avec Mérième ALAOUI Arthur de Laborde avec Mérième ALAOUI, Journaliste indépendante, passée par RTL, Le Point mais aussi par Le Courrier de l'Atlas, auteur de « François Ruffin, l'ascension d'un opportuniste » aux éditions Robert Laffont.
🔴 François Ruffin : abcès crevé - solde de tout compte ! Il fallait que je vide mon sac sur Ruffin, lequel je n'ai absolument jamais apprécié dans sa démarche politique vis-à-vis de la FI même s'il a des qualités indéniables de metteur en scène.
Maintenant, pour moi ce sujet sera clos à moins que ce monsieur ne revienne encore nous insulter.
🔴 « François Ruffin, l’ascension d’un opportuniste » : la stratégie du coup d’éclat permanent passée au crible
Le livre, la journaliste Mérième Alaoui
Ses réseaux, ses méthodes, son plan caché pour l'Élysée...En quelques années seulement, François Ruffin, député de la Somme, électron libre de l'extrême gauche, a imposé son style et ses idées. Sa posture d'élu "proche du peuple" qui se paie au Smic et s'exprime sans filtre détonne...
François Ruffin est un homme politique pressé.En quelques années, cet électron libre de la gauche est passé du statut d’agitateur à celui de député omniprésent sur les réseaux sociaux et dans les médias. « Insoumis » sans être un fidèle de Jean-Luc Mélenchon, il a su bâtir méthodiquement son espace politique propre. Aucune biographie ne lui avait encore été consacrée.Dans " François Ruffin, l’ascension d’un opportuniste[8] ", Mérième Alaoui, journaliste indépendante, livre un portrait à la fois intime et politique, où l’on découvre l’ambition précoce du « député-reporter », mais aussi ses failles et contradictions...
...Et le 14 septembre 2024, François Ruffin est défendu par Michaël Delafosse (Maire de Montpellier - Président de la Métropole), représentant l’aile droite du PS. Celle qui manifeste avec le RN à Montpellier. La boucle est bouclée.
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🔴 Les magouilleurs étaient déjà en action en 2023 !
Imaginez un.e candidat.e vouloir une investiture au sein de Renaissance pour être un " trait d'union " contre la ligne Macron.... Dans n'importe quel parti politique, un.e candidat.e qui demanderait une investiture pour être un " trait d'union " contre la stratégie de celui qui porte le parti depuis des années... et le " remplacer[8bis] " serait immédiatement exclu.... cela na pas été fait !
Et pourtant, après avoir, le 6 novembre 2023 été mise en retrait du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale pour quatre mois, en 2024, Raquel Garrido voulait une nouvelle investiture de LFI pour, de l'intérieur, continuer " contrer la ligne sectaire des mélenchonistes ".
🔴 Les masques de la valse continuent à tomber !
Le 12 Juillet 2024Alexis Corbière, Raquel Garrido, Clémentine Autain, Hendrik Davi, et Danielle Simonnet (ex député.es LFI) annoncent officiellement[9] qu'ils ont créé leur propre mouvement politique " l'Après[10]" le 21 mai 2024 voir pièce ci-dessous).... dans l'objectif des présidentielles et législatives 2027 👇... mais dont ils n'ont fait l'annonce officielle que le 12 juillet 2024.
« L’après » c’était déjà avant.
Ils ont lancé leur structure partisane en mai donc avant les élections européennes 2024. Et après ils se sont étonnés de ne pas avoir été investis par la FI aux législatives (qu'ils ont pourtant trahie en maintenant leur candidature sous l'étiquette du " Nouveau Front Populaire ", sauf Raquel Garrido au second tour et Clémentine Autain) !
En définitive :
Ils avaient tout prévu pour 2027 ;
Sauf la dissolution de l'Assemblée Nationale en 2024 décidée par Macron (merci à Macron, ça a fait tomber les masques) ;
Pour rappel : - Danielle Simonnet s'est fait élire au détriment de Verzeletti Celine, candidate officielle du Nouveau Front Populaire ;
- Alexis Corbière s'est fait élire au détriment de Sabrina AliBenali, candidate officielle du Nouveau Front Populaire ;
- Hendrik Davi s'est fait élireau détriment de Allan Popelard, candidate officielle du Nouveau Front Populaire ;
- Raquel Garrido a perdu face à Aly Diouara, candidat officielle du Nouveau Front Populaire ;
en violation des dispositions du Comité de respect des principes de la France insoumise sur les élections législatives de 2024[12]
🔴 La chute des masques de la valse continue et se traduit par les actes politiques !
10 février 2025 :Clémentine Autain a pris la décision de ne pas censurer le GVT Bayrou[14].
- Elle a donc voté en faveur de son budget (cliquer sur limage pour vérifier le non vote), qui pourtant est plus violent et austéritaire que celui de BARNIER.
- Avec le PS et le RN, elle apporte donc son soutien à l'application de la politique de la droite macrolepeniste.
[1] 20 députés France insoumise élu.es au 1er tour : Manuel Bompard (4e circonscription des Bouches-du-Rhône) ; Sébastien Delogu (7e des Bouches-du-Rhône) ; François Piquemal (4e de Haute-Garonne) ; Nathalie Oziol (2e de l'Hérault) ; Andy Kerbrat (2e de Loire-Atlantique) ; Sophia Chikirou (6e de Paris) ; Rodrigo Arenas (10e de Paris) Sarah Legrain (16e de Paris) ; Danièle Obono (17e de Paris) ; Aymeric Caron (18e de Paris) ; Aurélien Saintoul (11e des Hauts-de-Seine) ; Aurélie Trouvé (9e de Seine-Saint-Denis) ; Eric Coquerel (1ère de Seine-Saint-Denis) ; Nadège Abomangoli (10e de Seine-Saint-Denis) ; Bastien Lachaud (6e de Seine-Saint-Denis) ; Clémentine Autain (11e de Seine-Saint-Denis) ; Mathilde Panot (10e du Val-de-Marne) ; Clémence Guetté (2e du Val-de-Marne) ; Paul Vannier (5e du Val-d'Oise) ; Carlos Martens Bilongo (8e du Val d'Oise)
Stratégie électorale dangereuse ou conviction nauséabonde profonde ?... En 2024, le RN atteint l’avant-dernière marche grâce à Macron[1]
Emmanuel Macron adopte la rhétorique d’extrême-droite. La polémique « Pétain » de ce weekend suite au tweet de Mathilde Panot, est l’occasion d’effectuer une série de rappels factuels. Une série de déclarations d’Emmanuel Macron avec lesquels la macronie est visiblement mal à l’aise.
8 années d’appels du pied, de sourires complices et de clins d’œil appuyés : La République “construite sur un malentendu” ; « le grand absent de la politique est la figure du roi » ; « Pétain “grand soldat” ; rhétorique maurrassienne “pays réel” contre “pays légal” ; Napoléon “le premier des romantiques”, “infiniment libre” ; reprise du concept fasciste de « nation organique » le jour de l’anniversaire de la prise de la Bastille.
Chez Thierry Solère, les dîners secrets de la macronie et du RN Le conseiller officieux d’Emmanuel Macron a reçu ces derniers mois à plusieurs reprises Marine Le Pen et Jordan Bardella, en présence notamment d’Edouard Philippe ou du ministre des Armées, en toute discrétion. Thierry Solère aurait rempli un rôle d‘agent de liaison entre le camp présidentiel et le RN.
🔴Choix de Michel Barnier comme Premier ministre : Le Pen affirme que " Macron a tenu compte des critères du RN "
Marine Le Pen et Jordan Bardella ont fait part de leur volonté de ne pas renverser d'emblée le futur gouvernement de Michel Barnier, dans la presse ce samedi 7 septembre. La cheffe de file des députés RN assure aussi qu'Emmanuel Macron a tenu compte de leurs critères pour choisir son chef du gouvernement.
Les Nations Unies considèrent la Nouvelle-Calédonie comme un « territoire non autonome », c'est-à-dire un territoire dont la population ne s'administre pas encore complètement elle-même[1].
La Nouvelle Calédonie s’embrase, le Gouvernement s’en moque, il est responsable du chaos[9] !
Pour sauver le processus de décolonisation débuté il y a près de quarante ans, l’exécutif doit comprendre que la réforme du corps électoral sur laquelle il s’est fracassé est une question de survie pour les Kanaks, liée à leur minoration démographique, au cœur de la domination française depuis le XIXe siècle.
Manque d’écoute et de considération, passage en force législatif, envoi du GIGN et du Raid, couvre-feu, état d’urgence… Alors que cinq personnes ont été tuées (trois Kanaks et deux gendarmes) et de nombreuses autres blessées dans les affrontements survenus à Nouméa et ses environs au cours des derniers jours, l’exécutif est aspiré par la spirale de violence qu’il n’a pas su désamorcer, voire qu’il a contribué à réveiller.
Les tirs à balles réelles, sur fond d’incendies, de barrages routiers et de pillages, font ressurgir le spectre de la guerre civile entre indépendantistes et loyalistes dont le point culminant a été atteint en mai 1988 avec la mort de dix-neuf Kanaks et de deux militaires lors de l’assaut de la grotte d’Ouvéa. Déjà, l’enjeu du corps électoral était au cœur de ce que l’on a hypocritement appelé les « événements ».
En raison de sa désinvolture et de son impréparation, tant l’histoire semble se répéter, l’exécutif fait prendre à la France le risque de réduire en cendres près de quarante ans d’un patient processus de décolonisation, qui avait permis jusque-là, dans un savant apprentissage des forces en présence, de maintenir la paix civile en Nouvelle-Calédonie et dont certains, y compris parmi les officiels, ont longtemps espéré qu’il symbolise la première décolonisation « réussie », c’est-à-dire sans violences, de notre pays.
Aujourd’hui, le fil des échanges et de l’équilibre sur lequel s’est construit le destin commun en Nouvelle-Calédonie semble cassé, malgré les appels au calme qui se font entendre de toutes parts, côté loyaliste et côté indépendantiste.
Emmanuel Macron en porte la responsabilité, au regard des fautes accumulées par l’exécutif.
Plutôt que d’entendre les alertes des indépendantistes lancées depuis des mois sur les conséquences d’un élargissement du corps électoral susceptible de marginaliser les Kanak·es dans la répartition des sièges dans les provinces, l’exécutif a choisi de les mépriser.
Plutôt que de persister dans la nécessité d’un dialogue, tout complexe soit-il, il a choisi de passer en force son projet à l’Assemblée nationale (NDLR : adopté avec la complicité du RN[2]).
Plutôt que de saisir la gravité du moment en tirant les leçons des expériences passées, le président refuse de faire une pause sur le fond de la réforme contestée, recourt à l’état d’urgence – inscrit dans la loi en 1955 pour faire face aux « événements » d’une autre ex-colonie, l’Algérie – et envoie les troupes.
Des blessures ravivées Après avoir alimenté le chaos, il promet une réponse « implacable » à l’embrasement des rues. Pour faire bonne figure face à la brutalité de sa stratégie, il « invite » désormais les délégations calédoniennes à venir discuter à Paris, tout en prévenant qu’il maintiendrait la réunion du congrès à Versailles « avant la fin juin » pour entériner la révision constitutionnelle si aucun accord n’était trouvé d’ici là.Des négociations avec un ultimatum… pas sûr que les intéressés apprécient.
Le ministre de l’intérieur le dit à sa manière, encore moins policée : « La République ne tremblera pas. Oui au dialogue comme l’a dit le premier ministre, autant qu’il faudra, où il le faudra, avec qui il faudra, mais jamais la République ne doit trembler devant les kalachnikovs », a affirmé Gérald Darmanin, après avoir salué la mémoire du gendarme décédé sans un mot pour les autres victimes.
Compte tenu de son implication dans le processus décolonial, l’État français devrait pourtant le savoir : on ne met pas fin impunément à un héritage de conquête, d’asservissement et de ressentiment sans rompre avec les méthodes brutales et expéditives qui ont façonné le passé.
Loin de l’apaisement escompté, le chef de l’État ravive douloureusement les blessures d’une histoire de domination jamais complètement refermée, malgré les accords de Matignon de 1988[3], consécutifs à la tragédie d’Ouvéa, puis les accords de Nouméa de 1998,dont le préambule a, pour la première fois, officiellement reconnu le fait colonial de la République française : " Lorsque la France prend possession de la Grande Terre, que James Cook avait dénommée « Nouvelle-Calédonie », le 24 septembre 1853, elle s'approprie un territoire selon les conditions du droit international alors reconnu par les nations d'Europe et d'Amérique, elle n'établit pas des relations de droit avec la population autochtone. Les traités passés, au cours de l'année 1854 et les années suivantes, avec les autorités coutumières, ne constituent pas des accords équilibrés mais, de fait, des actes unilatéraux. "[4].
Ces accords ont manifesté la volonté partagée de « tourner la page de la violence et du mépris pour écrire ensemble des pages de paix, de solidarité et de prospérité », comme l’État avait obtenu de l’inscrire dans le marbre. Il semble, au regard de la situation actuelle, que l’exécutif ait oublié de lire la page jusqu’au bout, avant de la tourner. Car même si le « non » aux référendums d’autodétermination l’a emporté trois fois, le processus de décolonisation, contrairement à ce qu’il aimerait croire, n’est pas achevé pour autant. Selon ce qui a été dit et écrit,un accord global sur l’avenir institutionnel de cet archipel du Pacifique, toujours considéré par l’ONU comme un territoire non autonome à décoloniser[1],doit encore être conclu.
On ne se débarrasse pas ainsi d’un substrat colonial qui imprègne encore le présent du pays, sans l’avoir regardé en face. Sur une terre où les habitant·es et les institutions ont su faire preuve d’intelligence collective et d’accommodements raisonnables, la gestion managériale et policière, sans passé ni futur, de ce dossier brûlant est vouée non seulement à l’échec, mais aussi au drame.
🔴 « Le temps viendra où le désir de dominer, de dicter sa loi, de bâtir son empire, la fierté d’être le plus fort, l’orgueil de détenir la vérité, seront considérés comme un des signes les plus sûrs de la barbarie à l’œuvre dans l’histoire des humanités » : ces lignes des écrivains Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau (ici et là) devraient résonner aux oreilles d’Emmanuel Macron. Écrites en 2007, elles ne faisaient pas référence à la situation calédonienne, mais répondaient au sinistre « débat » sur l’« identité nationale », dont on mesure, rétrospectivement, à quel point il a réactivé de vieilles matrices racistes.
Les fautes du président
Comment en est-on arrivé à ce qui pourrait se transformer en point de non-retour ? Depuis l’Hexagone, Nouméa a paru s’embraser en un rien de temps, alors que les débats parlementaires touchaient à leur fin.
Mais la colère couvait depuis bien plus longtemps.
La faute originelle du chef de l’État remonte à 2021 quand l’exécutif a exigé le maintien du troisième référendum sur l’indépendance, pourtant boycotté par les indépendantistes.
En dépossédant les premiers concernés de l’expression de leur voix, le scrutin perdait de facto toute légitimité.
La confiance perdue, les relations avec les principales composantes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) se sont considérablement tendues, jusqu’à entraver la reprise des discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
En 2022, les indépendantistes ont perçu comme un manque évident d’impartialité de l’État la nomination au gouvernement de Sonia Backès, fer de lance de la droite loyaliste. Ces derniers temps, leur courroux a fini par se fixer sur la personne de Gérald Darmanin, qui a repris le dossier en main, en rupture avec la tradition de le confier à Matignon, et dont les manœuvres politiciennes cadrent mal avec la recherche du consensus et le crédit à la parole donnée au centre de la culture politique en Nouvelle-Calédonie.
L’étincelle finale est ainsi venue du projet de réforme porté par le ministre de l’intérieur.Depuis la révision constitutionnelle de 2007, découlant de l’accord de Nouméa, seules les personnes inscrites sur les listes électorales avant la date de l’accord pouvaient voter aux élections provinciales – une dérogation à la loi française visant à atténuer le poids des nouveaux venus et à permettre aux Kanak·es de continuer d’influer sur le cours des décisions les concernant.
Au mépris de cet engagement, Gérald Darmanin, désireux de tourner la fameuse page de l’Histoire, a jugé que ce principe n’était « plus conforme aux principes de la démocratie »[5]. Après avoir boycotté le troisième référendum en raison du non-respect de la période de deuil kanak post-Covid, les indépendantistes ont instantanément vu le dégel du corps électoral comme une mise en minorité supplémentaire, les Kanak·es ne représentant plus que 41 % de la population selon le dernier recensement.
Une question de survie La question est existentielle pour eux : faute de majorité démographique, leur destin politique leur échappe, eux qui soutiennent ultra-majoritairement le chemin de l’indépendance, face aux héritiers des colons blancs, et aux Calédonien·nes d’origine européenne en général, faisant le choix inverse. Et ils ont de quoi se méfier des intentions de l’État tant la France, dès qu’elle s’est installée en Océanie, en a fait un enjeu stratégique au service de sa politique de colonisation et de remplacement.
Dès la prise de possession de l’île en 1853 sur ordre de Napoléon III, les spoliations foncières, les déplacements et le travail forcé de la population autochtone ont eu pour effet de la réduire numériquement.Au recensement de 1921, il ne restait plus que 27 100 Kanak·es, soit environ 80 % de moins qu’en 1774.
Dans les années 1950, après la fin de l’indigénat en 1946, alors que les mouvements de décolonisation s’intensifiaient partout dans le monde, la France, à contre-courant, a amplifié sa stratégie de peuplement en Nouvelle-Calédonie. Après avoir déporté des bagnards, des communards et des Algériens dans la deuxième moitié du XIXe siècle, elle a, dans la foulée de la Seconde Guerre mondiale, considéré l’immigration comme une nécessité pour maintenir sa présence dans cette partie du globe.
Puis, au cours des années 1970, avec le boom du nickel,cette vague de « migrants économiques », principalement venus des îles Wallis et Futuna, a fait basculer le peuple kanak dans la minorité numérique.
La circulaire du premier ministre Pierre Messmer du 19 juillet 1972 est des plus explicite : « La présence française en Calédonie ne peut être menacée, sauf guerre mondiale, que par une revendication nationaliste des populations autochtones, appuyées par quelques alliés éventuels dans d’autres communautés ethniques venant du Pacifique. À court et moyen terme, l’immigration massive de citoyens français métropolitains ou originaires des départements d’outre-mer devrait permettre d’éviter ce danger, en maintenant ou en améliorant le rapport numérique des communautés. À long terme, la revendication nationaliste autochtone ne sera évitée que si les communautés non originaires du Pacifique représentent une masse démographique majoritaire.[6] » Voilà, tout est dit.
Dans le même temps, les revendications kanakes deviennent si fortes que l’État ne peut plus les ignorer. Les indépendantistes estiment qu’outre les Kanak·es, celles et ceux qu’ils appellent les « victimes de l’Histoire », c’est-à-dire les personnes forcées par l’administration coloniale de venir s’installer dans l’archipel, devraient être autorisé·es à s’exprimer sur l’avenir du pays. Les bases d’une négociation en vue de l’autodétermination sont jetées en 1983 lors d’une table ronde organisée à Nainville-les-Roches, en Essonne.
🔴 Dès lors, la question du corps électoral est posée. Elle ne cessera de l’être, notamment en 1988, mais aussi lors du premier référendum d’autodétermination en 2018… jusqu’à aujourd’hui.
Nouvelle-Calédonie : le gouvernement est responsable du chaos
Suivez en intégralité le passage de Mathilde Panot, députée LFI le 17 mai au micro d’Apolline de Malherbe... le gouvernement doit faire un geste fort pour l’apaisement en retirant son texte[8] !
« Ce ne sont pas les organisations indépendantistes kanaks qui sont " mafieuses " comme le prétend Darmanin, ce sont les quelques familles de colons qui avec dix groupes familiaux contrôlent 80% de l'économie de la Nouvelle-Calédonie.[7]»
Membre de la liste d'ouverture France insoumise/Union Populaire[2][3]: antiracisme, écologie et lutte des classes
Cette liste est l’aboutissement de plusieurs mois d’échanges avec différentes organisations et collectifs et personnalités extérieures à notre mouvement, et de l’étude de plus de 1600 candidatures insoumises. Elle est à l’image du peuple, dans toute sa richesse et sa diversité, et incarne les combats emblématiques de l’insoumission.
🔴Nordine Raymond a grandi à Rochefort dans le quartier populaire de Libération, nom fort approprié pour celui qui ne va jamais cesser de s'engager au nom d'un idéal d'émancipation. Il aime les actes concrets, ce qui permet demain à une personne dans la rue de ne pas dormir dehors !
🔴 Nordine Raymond était au centre social local à son adolescence, proche du Mouvement des jeunes socialistes jusqu'à ses excès de déception du PS, puis le NPA et enfin LFI. C'est le parcours cohérent d'une personne attachée à la protection sociale, à l'éducation, à l'humain.
🔴 Aujourd'hui, petit restaurateur, Nordine Raymond a été candidat #Nupes (affilié à LFI) pour les législatives 2022 #Circo1702[1]
Nous sommes la liste de rupture avec l’Europe libérale. Notre tâche maintenant est à la fois simple et ardue :mobiliser l'électorat populaire pour déjouer l'infernal duo Macron / Le Pen, qui eux se satisferont très bien d'une abstention massive.
Pour cela, nous aurons besoin de l'aide de toutes celles et de tous ceux qui ont cru et qui croient encore au programme et à la démarche de rassemblement de la NUPES.
Découvrez le portrait de Nordine Raymond candidat sur la liste de l’Union populaire pour les élections européennes du 9 juin prochain. Restaurateur, ancien candidat de la France Insoumise aux élections législatives pour la circonscription de Rochefort en Charente Maritime, candidat en 16e position sur la liste UNION POPULAIRE menée par Manon Aubry pour les élections européennes 2024, Nordine Raymond a une longue expérience de militantisme politique et associatif. Avec lui nous parlons de son parcours et de ses combats.
Son premier combat une fois élu : mettre fin aux pesticides de synthèses.
Européennes 2024 : Moi, candidat avec Nordine Raymond (La France Insoumise)
Quelles sont les visions de la liste conduite par Manon Aubry sur l'agriculture qui vient de connaître une grave crise, le pacte vert et l'écologie, les transports ferroviaires, les méga camions, l'immigration chance ou menace ?
France Télévisions a posé toutes ces questions à Nordine Raymond, candidat originaire de Rochefort en Charente-Maritime, potentiellement éligible selon le score de sa liste.
Couverture de la guerre au Proche-Orient et recomposition de l’« arc républicain »
Le journalisme français, un danger public
Délinquance informationnelle : de la crise sanitaire covid 19, à la guerre en Ukraine jusqu’au conflit israélo – palestinien, la manipulation informationnelle de masse totalitaire est en marche.
Je partage ici un article du Monde diplomatique qui montre avec éclat que les journalistes ne sont plus des professionnels ayant pour fonction de véhiculer d’une manière impartiale et neutre des informations fondées sur des faits mais sont devenus des propagandistes agressifs, des soldats de la guerre idéologique au service non seulement du gouvernement en place et des groupes financiers qui le soutiennent mais aussi des soldats exécutants l’ordre de diffuser les narratifs de la guerre cognitive mise au point par les différentes officines spécialisées en ingénierie sociale et communication travaillant pour la défense et le renseignement nord américain.
En cas de conflits armés, ces pseudo journalistes sont devenus des acteurs de la guerre psychologique pour conditionner l’opinion publique nationale et mondiale dans le sens voulu par les autorités politiques nord américaine. Parler dorénavant d’information n’a donc plus de sens plus exactement est une escroquerie, un abus de confiance, une tromperie. Ce militantisme guerrier n’est pas sans conséquence sur la vie des gens engagés dans ces conflits. Ces escrocs de l’information sont donc devenus dangereux par leur bellicisme passionnel. En interdisant tout débat approfondi et contradictoire dans un climat de sérénité, ils mettent en place un totalitarisme idéologique en contradiction totale avec leur prétention arrogante de défendre les droits de l’Homme.
Il faudra s’interroger un jour pour comprendre comment il a été possible de laisser envahir l’espace médiatique par des individus aussi médiocres intellectuellement, aussi fanatiques et aussi vassalisés.
Depuis le 7 octobre dernier, les grands médias veillent à l’alignement des planètes autoritaires en France. Leur soutien inconditionnel à Israël s’accompagne de leur diffamation des opinions dissidentes, de leur mise en cause des libertés publiques et de leur chasse aux immigrés. Jusqu’où ira cette guerre idéologique ? Au service de qui ?
Un moment de folie médiatique a révélé en même temps que précipité un mouvement de bascule politique : dans les semaines qui ont suivi les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023, les principaux médias et le gouvernement français ont réalisé une double prouesse. Celle d’exclure de l’« arc républicain » La France insoumise (LFI), qui refusait d’absoudre d’avance les représailles militaires du gouvernement israélien à Gaza, et, symétriquement, celle d’y inclure le Rassemblement national (RN). Jugé indigne de gouverner par les classes dirigeantes qui appelaient à « faire barrage » contre lui, le parti fondé en 1972 par M. Jean-Marie Le Pen s’est trouvé subitement réhabilité et blanchi par son alignement sur les positions du gouvernement israélien de M. Benyamin Netanyahou. Sur CNews-Europe 1, la journaliste Sonia Mabrouk en vint même à célèbrer en Mme Marine Le Pen « le rempart, la protection, le bouclier pour les Français juifs » (10 octobre 2023), tandis que Le Figaro (5-6 novembre 2023) et BFM TV (12 décembre 2023) alternaient un portrait louangeur de M. Jordan Bardella et des bandeaux triomphaux « Bardella à Matignon : 46 % des Français séduits ». Au même moment, la presse progressiste pilonne M. Jean-Luc Mélenchon dans les termes qu’elle réservait autrefois à M. Le Pen : il « accumule les dérapages rances » (L’Obs, 12 octobre 2023) à force de déclarations « imprégnées de stéréotypes antisémites » (Mediapart, 10 novembre 2023). « Antisémitisme : comment Jean-Luc Mélenchon cultive l’ambiguïté », titre un long article du Monde (4 janvier 2024) qui échoue à produire le moindre propos antisémite. En trois mois, ce quotidien aura consacré une demi-douzaine d’articles et plusieurs éditoriaux à la tentative d’assassinat symbolique du dirigeant de LFI.
« Le diable a changé de camp », constate Nicolas Beytout dans le quotidien patronal L’Opinion (12 octobre 2023) : « L’attaque du Hamas rebat les cartes. Les Insoumis sont plus faciles à haïr, le Rassemblement national plus difficile à combattre. » Dans les médias, l’arc républicain se confond alors avec l’arc israélien. Le 12 décembre, le journaliste de France Culture Brice Couturier révèle même dans un tweet le désir inavouable d’une fraction croissante des élites françaises : « Puisqu’il va falloir en passer par un épisode RN (tous les sondages le montrent), pourquoi pas dans le cadre d’une cohabitation ? Dissolution. À l’Élysée, Macron garde la main sur la politique étrangère (pas de rupture avec l’UE et l’OTAN), et il dissout au moment propice en 2026. »
Inimaginable il y a encore dix ans, une extrême-droitisation aussi rapide du spectre politique hexagonal a évolué de pair avec la restriction des libertés d’expression, d’opinion, de manifestation. À l’unisson du ministre de l’intérieur, les médias assimilent, par dessein idéologique ou par paresse intellectuelle, à de l’antisémitisme des manifestations ordinaires de soutien à la cause palestinienne, lesquelles sont d’abord interdites. « Des manifestations de soutien aux terroristes », corrige alors Bernard-Henri Lévy dans Le Point (9 novembre). Son admirateur, le journaliste Darius Rochebin, propose sur LCI l’« internement administratif des islamistes » (15 octobre 2023). La « loi immigration » votée par la majorité présidentielle, la droite et le RN viendra couronner cette séquence, le 19 décembre : le texte, qui institutionnalise la préférence nationale et durcit la répression des étrangers, a été promu par le ministère de l’intérieur comme un bouclier contre les « atteintes aux intérêts fondamentaux de l’État », les « activités à caractère terroriste », et la provocation à la violence — entendre celle de musulmans « islamistes » tentés de commettre des pogroms antisémites.
Le séisme couvait — et s’était déjà manifesté ailleurs en Europe. L’ironie veut cependant qu’en France un tel tournant autoritaire s’effectue sous la conduite conjointe d’une corporation journalistique qui s’autoproclame gardienne des libertés démocratiques et d’un gouvernement élu pour faire barrage à l’extrême droite.Et que l’une et l’autre justifient leurs agissements par la nécessité de soutenir le « droit d’Israël à se défendre » au moment où cet État multiplie les crimes de guerre dans l’espoir de précipiter l’exil ou la déportation de tout un peuple et d’empêcher ainsi qu’il devienne un jour souverain sur son territoire. L’ampleur des massacres commis à Gaza, la réprobation internationale qu’ils suscitent et le discrédit d’un journalisme occidental à la partialité caricaturale amèneront probablement certains protagonistes à espérer qu’on oubliera leur égarement et les dégâts qui en ont découlé. Raison de plus pour revenir en détail sur les deux temps de la guerre de l’information qui s’est ouverte le 7 octobre :
la médiatisation des massacres du Hamas, abondamment décrits comme une culmination historique de l’horreur,
puis celle, toute en retenue et en litotes, de la guerre totale menée par Israël contre les Palestiniens.
En quelques semaines, la France a fait l’expérience d’un journalisme de meute qui déteste autant le débat contradictoire que la liberté d’expression.
Organiser ainsi le calendrier détermine mécaniquement la nature de ce qui fera l’événement (le massacre d’Israéliens), le rôle tenu par les protagonistes (les terroristes du Hamas, les victimes israéliennes et les justiciers de l’armée), enfin le déroulement du scénario : à l’horreur (du 7 au 26 octobre) succède la « riposte », le « droit d’Israël à se défendre » (27 octobre au 10 décembre). Ces deux séquences concentrent l’essentiel de la médiatisation. Au détriment de la troisième : la contestation internationale d’une guerre potentiellement génocidaire (depuis le début du mois de décembre) sensiblement moins couverte que la première séquence[1]. L’importance de cette dimension temporelle se perçoit facilement : si l’événement médiatique s’était construit autour des crimes ordinaires perpétrés par Israël dans les territoires occupés ou du blocus meurtrier de Gaza, le « droit des Palestiniens à se défendre » aurait pu s’imposer comme un sujet d’actualité légitime.
Ou pas… Car le regard journalistique sur le conflit israélo-palestinien s’articule autour d’un deuxième axe : l’occidentalisme.Alignées sur une diplomatie française et européenne de plus en plus atlantiste, les rédactions voient en Tel-Aviv l’allié qui partage la même vision du monde, les mêmes ennemis, la même conviction d’appartenir à une civilisation supérieure, celle des sociétés libérales. Au Proche-Orient fait rage « un combat des démocraties occidentales contre l’obscurantisme de l’islamisme radical », affirme la journaliste Laurence Ferrari dans une question-manifeste posée à Michel Onfray (Paris Match, 4 janvier 2023). « Parce que l’horreur a été commise, il faut qu’elle soit commise de l’autre côté ? » Lorsque M. Dominique de Villepin interroge ainsi l’animatrice de BFM TV Apolline de Malherbe (27 octobre 2023), il s’attire cette réplique : « Mais vous pensez comme quelle partie de l’humanité ? » — l’Occident éclairé ou ce Sud populeux où « la rue » ménage les terroristes. « J’aime Israël (…) parce que c’est un pays où souffle l’esprit européen », résume l’ancien directeur de Charlie Hebdo Philippe Val, désormais chroniqueur sur Europe 1 (9 octobre 2023), la radio extrêmement de droite de M. Vincent Bolloré.
Comme ce fut le cas pour Kiev un an et demi plus tôt, les médias entérinent sans vérification ni recul la plupart des récits du gouvernement et de l’armée israéliens, dont les communicants parlent souvent parfaitement l’anglais et connaissent les codes journalistiques du public-cible. En revanche, toute information issue du Hamas, y compris le décompte des victimes, se trouve frappée au coin du doute. Au-delà des multiples fake news de « Tsahal » (les quarante bébés décapités, les vingt enfants brûlés et exécutés, le nouveau-né rôti au four, la femme enceinte abattue et éventrée, le quartier général du Hamas sous l’hôpital Al-Shifa, etc.), dont le démenti tardif a moins d’écho et d’impact que l’information sensationnelle initiale, c’est le cœur même du récit officiel israélien que les médias français relaient : l’armée de la « seule démocratie du Proche-Orient » a pour mission de détruire un monstre inhumain fondu dans la population gazaouie ; le Hamas porte par conséquent la responsabilité principale de toutes les victimes du conflit.
Comme souvent en pareilles circonstances, ce genre de propagande n’a pas de meilleur interprète que Bernard-Henri Lévy. « Israël s’oblige à respecter le droit humanitaire, plaide l’essayiste sur LCI le 29 octobre 2023. Israël fait tout ce qui est en son pouvoir pour qu’il y ait loins de victimes civiles possible. Encore une fois, Israël lance des tracts, téléphone, envoie des messages de toutes sortes aux Gazaouis en disant “ Ne restez pas ! Ne restez pas les otages de ces salopards qui vous manipulent depuis quinze ans, partez, fuyez. ” Donc le droit humanitaire, il est dans la tête et dans les cœurs des Israéliens autant que dans la tête et les cœurs des téléspectateurs bien tranquilles de New York, de Paris ou de Berlin. » En somme, comme le précisera le 31 décembre M. Netanyahou, Israël mène une « guerre d’une moralité sans équivalent ».
Au fil des jours, cette fable débitée sur toutes les chaînes d’information relativise la courbe ascendante des victimes palestiniennes... Et maquille en riposte légitime ce qui a les apparences d’une tentative d’épuration ethnique. « Là, pour que ceux qui nous regardent, nous écoutent, comprennent bien, le Hamas demande aux civils de ne pas bouger pour ensuite s’en servir comme… boucliers humains et s’en servir comme une sorte de propagande alors même que l’armée israélienne prévient et donne cet ordre d’évacuation. C’est… c’est bien ça l’objet de cette propagande du mouvement terroriste ? » demande Benjamin Duhamel, le 13 octobre 2023, sur BFM-RMC. Perplexe face à une présentation aussi lumineusement objective de la situation, son invité, le journaliste Georges Malbrunot, répond : « Oui… c’est grosso modo à peu près ça. »
Deux jours plus tard, Duhamel chapitre un député de LFI qui a, prudemment, évoqué l’idée d’un cessez-le-feu : « Avec le Hamas, François Ruffin ? Le Hamas est un mouvement terroriste ! Ça veut dire que vous dites : il faut qu’Israël négocie avec le Hamas ? » Puis il reprend : « Il y a quelque chose qui m’interpelle dans ce que vous dites. Est-ce que, au fond, vous faites partie de ceux qui, notamment au sein de La France insoumise, semblent renvoyer dos à dos d’un côté les attentats terroristes du 7 octobre et la riposte d’Israël ? »
Même son de cloche sur France Inter, mais un mois et douze mille morts plus tard (16 novembre) :« Si Israël veut atteindre ses objectifs de guerre plus rapidement, il va devoir tuer plus de civils puisque le Hamas se protège derrière les civils », justifie Pierre Servent, l’expert chouchou de la station publique. « Je ne vois pas comment une autre armée d’un État démocratique pourrait faire mieux », poursuit-il, en soulignant lui aussi « l’avertissement des populations, les couloirs humanitaires, un certain nombre de précautions réelles que Tsahal prend pour atteindre ses objectifs de guerre ». Tout le contraire, selon lui, du Hamas, affairé à « créer un événement tragique dans la bande de Gaza, qui va être monté en épingle ». C’est toutefois Europe 1 qui décroche le titre (très disputé) de porte-parole de M. Netanyahou à la radio. Au point de faire parfois rougir d’embarras son idole. Les soldats israéliens, affirme ainsi l’historien Georges Bensoussan sans être contredit par la journaliste Sonia Mabrouk, « ont apporté la vie et la survie, ils ont apporté du matériel médical » (Europe 1-CNews, 16 novembre 2023).
Et puisque cette armée bienveillante nous ressemble, les journalistes français accompagnent un de leurs compatriotes quand il rejoint ses rangs. Le 10 octobre 2023, dans la matinale de France Inter, Sonia Devillers héroïse « Yoval », un étudiant qui, quittant la France pour se battre en Israël, ne semble pas distinguer le Hamas de la population civile de Gaza. « Merci Yoval, bonne route ! », conclut la journaliste en guise de salut au soldat qui se prépare à envahir ce territoire palestinien. Sa consœur Judith Waintraub célèbre un autre paladin dans Le Figaro Magazine (24 novembre 2024) : Julien Bahloul, « né en France dont il est parti pour fuir l’antisémitisme », et qui « après cinq ans sur la chaîne de télévision i24News, remet l’uniforme pendant ses périodes de réserve, qu’il effectue en tant que porte-parole de Tsahal ».
Drames individuels et statistiques.
Si l’idée d’un traitement critique de ces Français partis se battre à Gaza ne s’impose pas aux rédactions des médias, publics ou privés, c’est que leur biais occidentaliste postule une hiérarchie entre, d’un côté, des démocraties menacées par l’islamisme allié aux grands démons du moment (la Russie, la Chine) et, de l’autre, le reste du monde. Nul journaliste n’admettra volontiers qu’il assigne une partie de la planète à un statut de sous-humanité. Mais, ce qui revient au même, beaucoup se refusent à mettre « sur le même plan des massacres qui ont été commis, avec des viols, des femmes qui ont été mutilées, et puis des bombardements aujourd’hui qui sont dans le cadre d’une riposte, certes avec des morts qui sont tout à fait inacceptables » (Sonia Mabrouk, Europe 1, 26 novembre 2023).
Selon que le clavier du journaliste décrit Tel-Aviv ou Gaza, le vocabulaire et la syntaxe humanisent ou déshumanisent le propos : Le Hamas « massacre » ou « tue » ses victimes israéliennes ; les Palestiniens « meurent » sans qu’on précise qui les fait périr.Comme après chaque attentat en Occident, la presse dresse le portrait individuel de victimes émouvantes tandis que les Palestiniens se trouvent souvent réduits dans les reportages à des ombres anonymes errant dans les décombres[2]. Morts-sujets auxquels on s’identifie comme les personnages d’un film, contre morts-objets qui tapissent un décor où le regard glisse sans accrocher.
Près de quatre mois après le déclenchement du conflit, aucun grand média français n’a réalisé une enquête quantitative sur le traitement journalistique du conflit. Aux États-Unis, The Intercept (9 janvier 2024) a analysé un vaste échantillon d’articles du New York Times, du Washington Post et du Los Angeles Times parus entre le 7 octobre et le 24 novembre 2023[3]. Les résultats ne devraient pas dépayser les lecteurs français. « Le terme de “carnage” a été utilisé 60 fois plus dans le cas de victimes israéliennes plutôt que palestiniennes, et celui de “massacre” 125 fois dans le premier cas et 2 fois dans le second. “Terrifiant” est employé 36 fois dans le cas de victimes israéliennes, 4 fois si elles sont palestiniennes. » Les auteurs relèvent par ailleurs « le manque d’attention médiatique réservée au nombre sans précédent d’enfants et de journalistes tués, alors que ces deux groupes suscitent en général la sympathie des médias occidentaux ». Enfin, alors que les assassinats de civils commis par le Hamas sont bien présentés comme le produit d’une stratégie intentionnelle, les journalistes dépeignent les meurtres de Gazaouis « comme s’il s’agissait d’une succession d’erreurs reproduites des milliers de fois ».
Le lexique chargé d’émotion pour les uns, distancié pour les autres, est également confirmé par l’étude d’un autre média occidental, la British Broadcasting Corporation (BBC)[4]. Les chercheurs ont passé au crible 90 % de la production en ligne de la BBC entre le 7 octobre et le 2 décembre 2023. Outre l’association presque systématique des mots « massacres », « meurtres » et « carnage » aux victimes israéliennes — les Palestiniens étant « tués » ou « morts » —, la recherche établit que les termes exprimant les relations familiales comme « mère », « grand-mère », « filles », « fils », « époux », etc., ont été beaucoup plus fréquemment utilisés pour décrire des Israéliens que des Palestiniens.
Cent jours après l’attaque du Hamas en Israël dont le bilan s’élève selon Tel-Aviv (15 décembre) à 1 139 morts dont 766 civils et 132 otages toujours retenus à Gaza, les militaires israéliens, équipés et financés par les États-Unis, avaient tué 23 000 Palestiniens (8 000 autres étant portés disparus), bombardé des hôpitaux, des écoles, des églises, les centres culturels, les archives, les routes, les infrastructures énergétiques, endommagé ou détruit 60 % des bâtiments, déplacé 85 % de la population, organisé méthodiquement une pénurie d’eau et de médicaments ainsi qu’une famine à grande échelle qui menace 40 % des survivants. C’est l’« une des campagnes punitives contre des civils les plus intenses de l’histoire », relève l’historien américain Robert Pape, l’ampleur des destructions surpassant celles d’Alep en Syrie, de Marioupol en Ukraine et même de villes allemandes par les bombardements alliés à la fin de la seconde guerre mondiale[5]. Or il ne s’agit pas d’un dérapage : l’opération a été précédée de déclarations officielles à tonalité génocidaire. À commencer par celles du président socialiste Isaac Herzog (« C’est une nation entière là-bas qui est responsable ») et du ministre de la défense Yoav Galant (« Gaza ne redeviendra jamais ce qu’il a été. Nous éliminerons tout »).
Et « Brice » interpelle France Inter Analyser un carnage israélien conforme au destin que les dirigeants de Tel-Aviv entendaient réserver à des « animaux humains » n’exigeait pas une puissante enquête pour en retracer l’origine, ni des cours de sémiologie avancée pour en saisir le sens. Mais les médias ont alors changé de stratégie. Après avoir disséminé sans relâche une histoire boiteuse résumant le destin palestinien au « terrorisme islamiste » et la politique israélienne à une série de « ripostes » à ces massacres, après avoir affiché une solidarité occidentale permettant d’humaniser l’allié et d’ensauvager l’adversaire, la plupart des journalistes français ont choisi de détourner le regard.Ils ont délibérément réduit la médiatisation du conflit afin de ne pas devoir poser des questions qui fâchent[6].
La logique et la justice auraient pourtant voulu que les régiments de commentateurs et de décideurs qui avaient proclamé en octobre qu’« Israël avait le droit de se défendre » soient à leur tour interpellés sur les conséquences de ce « droit » au regard du nombre de victimes qui en avait découlé. Et qu’ils soient sommés de proposer des actions et des sanctions pour interrompre la tuerie. Ne pas parler de « terrorisme » palestinien avait valu une lapidation médiatique aux contrevenants. Cette fois, d’autres termes paraissaient découler de l’observation de la conduite israélienne de la guerre : « déportation », « nettoyage ethnique », voire « tentative génocidaire ». Les journalistes allaient-ils à présent retourner leurs armes et leurs commentaires contre certains des avocats d’un « soutien inconditionnel » à Israël, allaient-ils leur reprocher leur aveuglement alors que les massacres de civils, cette fois à Gaza, imposaient qu’on haussât le ton contre leur protégé ? Mme Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, M. Gérard Larcher, président du Sénat, M. Éric Ciotti, président des Républicains (LR), Mme Anne Hidalgo, maire de Paris, pour ne citer que ceux-là, auraient pu être soumis à la question comme les dirigeants insoumis quelques semaines plus tôt. « Approuvez-vous le nettoyage ethnique », « S’agit-il plutôt d’une déportation ? », « Pourquoi ne pas interdire la participation des athlètes israéliens, souvent réservistes de l’armée, aux Jeux olympiques ? », « Quand prendrez-vous enfin des sanctions contre Israël ? ». On sait — mais à vrai dire on avait déjà deviné — qu’il n’en serait rien. Même un journal comme Le Monde, qui s’est distingué par une couverture plus juste du conflit que la plupart de ses confrères, ne recommande toujours pas que l’État coupable de crimes de guerre en Palestine soit sanctionné par la « communauté internationale ».
Lors de ses vœux du Nouvel An, le président Macron a consacré quinze mots aux 22 000 morts de Gaza. Ce même 31 décembre 2023, Le Journal du dimanche est parvenu, malgré ses 48 pages, à ne publier aucun article sur le martyre palestinien. Deux semaines plus tard, deux dirigeants politiques aussi différents que MM. Raphaël Glucksmann et Éric Zemmour étaient longuement interrogés, l’un par France Inter, l’autre par Europe 1. Seul point commun entre ces deux émissions : cinquante minutes d’entretien, aucune consacrée à Gaza. M. Glucksmann parla bien d’hôpitaux attaqués — mais seulement de celui de Corbeil-Essonnes, victime de hackeurs russes.
Quelques jours plus tôt, le 21 décembre, M. François Hollande était — une nouvelle fois — invité par France Inter. Après seize minutes d’entretien la guerre de Gaza n’avait toujours pas été abordée.
Un auditeur, « Brice », perturba alors le ronronnement de l’échange : « À partir de combien de dizaines de milliers de morts en Palestine va-t-on enfin décider de demander à tous vos intervenants s’ils condamnent sans ambiguïté les atrocités de l’armée israélienne ? Au début, pendant quelques jours vous égreniez le nombre de morts de chaque côté, et puis, je me rappelle bien Nicolas Demorand [présentateur de la matinale de France Inter], vous vous êtes arrêtés à 1 200, au moment où c’était à égalité. Là, maintenant, on est à vingt fois plus [de morts côté palestinien]. Donc il serait peut-être temps de demander à chacun s’il condamne sans ambiguïté tout ça. » Peine perdue. Le lendemain, le député insoumis François Ruffin était l’invité de France Inter ; à aucun moment les journalistes ne l’interrogèrent sur Gaza.
Du 8 au 21 octobre, dans les quinze jours qui suivent l’attaque du Hamas, tous les invités de la matinale de France Inter sauf deux sont interrogés sur les massacres ou expriment spontanément leur horreur : « On est obligés aujourd’hui si on veut se conduire bien de dire ce que ça nous fait à l’intérieur de nous, ce qu’on ressent », explique le comédien Vincent Lindon le 13 octobre. Deux mois plus tard, cette « obligation morale » a disparu.Du 8 au 21 décembre, alors qu’enfle un débat international sur les risques de génocide à Gaza, y compris au sein d’agences des Nations unies, seuls deux des invités de la matinale de France Inter sont questionnés sur le sujet. L’intervention de « Brice » portera ce nombre à trois…
On cumulerait à l’envi les preuves d’un journalisme biaisé en faveur d’Israël, comme la couverture en direct par France Info, le vendredi 12 janvier 2024, de la défense de Tel-Aviv contre les accusations d’actes de génocide alors que, la veille, les plaidoiries sud-africaines devant la Cour internationale de justice à La Haye n’avaient pas bénéficié du même traitement.Toutefois, la critique d’un « deux poids, deux mesures » qui suggère un déséquilibre justiciable d’un réglage ne suffit pas. Car ce traitement particulier du conflit israélo-palestinien participe d’une transformation plus large.
En quatre mois, les dirigeants du « quatrième pouvoir » n’ont pas seulement alimenté un culturalisme qui, comme au temps des empires coloniaux, place l’Occident au pinacle de l’humanité.
Ils ont, dans leur grande majorité, entériné le point de vue de l’extrême droite israélienne et accompagné ou cautionné en France la marginalisation des opposants à la guerre en leur interdisant d’exprimer des solidarités hier encore évidentes. Ils ont ainsi précipité le baptême républicain du RN, en même temps qu’ils célèbrent le réarmement militaire et moral de la France au nom de la lutte contre la menace russe et le terrorisme islamiste.Le combat mené depuis quinze ans par les gouvernements libéraux contre les mouvements « populistes » et les régimes « illibéraux » a ici trouvé un renfort inattendu : la naissance et l’installation en France d’un journalisme autoritaire.
🔴Annexe Pour mieux comprendre la notion de « délinquance informationnelle » des médias occidentaux, il suffit d’écouter l’interview de ce spécialiste du renseignement ayant travaillé pour l’OTAN et les Nations unies qui est Jacques Baud au regard du droit international, il explique la légitimité et la légalité de l’intervention militaire russe en Ukraine.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a enregistré 3 393 civils tués et 9 020 blessés entre le 14 avril 2014 et le 24 janvier 2022. Parmi les victimes civiles, on compte 1 428 hommes, 861 femmes, 174 garçons et 130 filles. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a également suivi le conflit et a publié des rapports réguliers sur les victimes civiles. Le dernier rapport de l’OSCE, publié le 24 janvier 2022, fait état de 3 402 civils tués et 9 014 blessés. Il est important de noter que ces chiffres ne sont que des estimations. Le nombre réel de victimes pourrait être plus élevé. Il ne s’agit ici que des pertes civiles. Aucune information dans les médias occidentaux entre 2014 et février 2022 sur cette situation. Cette censure délibérée est expliquée par Jacques Baud.
Notes :
[1] Nombre d’articles et de séquences audiovisuelles répertoriés dans la presse française sur l’agrégateur Europresse.
[2] Cf. Pauline Perrenot, « À la Une du Parisien, la caricature du double standard », Acrimed, 21 décembre 2023.
[5] Julia Frankel, « Israel’s military campaign in Gaza seen as among the most destructive in recent history, experts say », Associated Press, 11 janvier 2024.
Le national-socialisme porté par le RN est le fruit du capitalisme en décomposition et vise à opposer au capitalisme « mondialiste », sans racines et parasitaire, un capitalisme national, « enraciné » et industriel pour assurer sa survie[11] !
Ils se prétendent dans l'opposition au pouvoir, ils en sont les complices !
Nouvelles illustrations du double discours du Rassemblement National : la bataille des agriculteurs pour vivre de leur travail... et seulement la moitié des élus RN vote pour le droit à l’IVG dans la Constitution[7]
janvier 2024 :Le Pen et la bataille des agriculteurs pour pouvoir vivre de leur travail
Depuis des semaines, les #AgriculteursEnColeres luttent pour le droit de vivre dignement de leur travail[1]. Côté Macronie, aucune réponse. Et au RN ?
Derrière un soutien de façade, leurs votes trahissent une véritable croisade contre les travailleurs agricoles[0]. 👇
25 janvier 2024 : Pourquoi le RN s’est absenté lors du vote sur l’accord de libre-échange entre le Chili et l’Union européenne ?
En plein mouvement #AgriculteursEnColere qui dénonce les accords de libre-échange, 80% des députés UE ont approuvé l'accord UE-Chili le mercredi 25 janvier... Ont voté POUR : les libéraux dont Renaissance, le PPE, alliés de les Republicains, les S&D, l'extrême-droite(et le RN était absent) !
Alors, quelles sont les conséquences du traité de libre-échange avec le Chili : transporter des pommes sur 10 000 kilomètres[4] ?
🔴Le RN, #Bardella hypocrites et menteurs !
Le 23 novembre 2021, le RN a voté main dans la main avec les macronistes pour la Politique agricole commune 2023-2027 sans prix garantis pour les paysans, sans encadrement des marges de la grande distribution, sans aide pour les petits agriculteurs.
Alors que les agriculteurs se mobilisent pour vivre dignement de leur travail, que fait le Parlement européen ? Tous les groupes politiques qui y siègent (Renaissance, RN, Socialistes et autres libéraux), à l’exception des insoumis, ont voté pour de nouveaux accords de libre-échange avec le Chili et le Kenya[2]
26 février 2024 :Prix planchers pour les agriculteurs : Bardella se dit contre, panique au RN
« Une trappe à pauvreté », voici comment Jordan Bardella a qualifié, au salon de l’agriculture, l’instauration de prix planchers pour les agriculteurs, se positionnant vivement contre. Une improvisation qui n’a pas tardé à provoquer chaos et confusion dans les entrailles du RN. Marine Le Pen l’a sèchement recadré pour ce revirement programmatique[5].
29 février 2024 :Le Parlement européen vient de voter 2 nouveaux accords de libre-échange, avec le Kenya et le Chili !
Une provocation et un coup fatal à nos paysans en lutte :les groupes européens du RN, des macronistes, et du PS ont voté en majorité POURun nouveau débridage des échanges commerciaux (Plus précisément, le groupe de la gauche radicale, mené par Manon Aubry, est le seul à avoir voté en bloc contre les deux traités. Certes les écologistes, les sociaux-démocrates, et l’extrême droite française ont tous voté contre. Mais leurs groupes respectifs se sont divisés : 100% du groupe de gauche (LFI) a voté contre, MAIS SEULEMENT ; 27% du groupe écologiste ; 5% du groupe socialiste ; 45% du groupe d'extrême droite (auquel appartient le RN) ont voté contre)[6].
Le double comportement du RN concerne tous les domaines
29 janvier 2024 :à l'Assemblée nationale comment le RN se prononce pour la défense du logement stable et durable , ça donne ça...
Une première grande victoire pour les habitants permanents vis à vis des locations de courte durée de type #airbnb,malgré l'opposition du #RN, la proposition de loi sur la règlementation/fiscalité des meublés de tourisme a été votée à l'Assemblée et adoptée. Elle contribuera à limiter les marges, donc les profits du marché Airbnb.
4 février 2024 : Conditionnement du RSA : Bardella « parfaitement d’accord » avec Macron
Invité de l’émission « Dimanche en politique » le 4 février 2024, Jordan Bardella a affirmé être « parfaitement d’accord » avec le conditionnement du RSA à 15 heures « d’activité », défendu par Emmanuel Macron et Gabriel Attal. Autrement dit, au travail forcé pour espérer obtenir la bagatelle que constitue le RSA : « Je pense qu’il faut des contreparties aux prestations sociales de ce type qui sont versées », a expliqué le président du parti d’extrême droite.
5 février 2024 :à l'Assemblée nationale, le RN alliè des LR complice d'Attal, refusent de voter la motion de " défiance ".
Déposée par les quatre groupes de gauche, protestant notamment contre le fait que Gabriel Attal n'a pas sollicité de vote de confiance de l'Assemblée à la suite de son discours de politique générale, la motion n'a recueilli que 124 voix[3]. En l'absence du soutien des députés LR et RN, elle échoue donc loin des 289 voix nécessaires pour faire tomber le gouvernement.
28 février 2024 :à Bruxelles, la même bande : RN, LR et macronistes protège la finance
Pour faire baisser la dette Bruno Le Maire nous impose 10 milliards € d'austérité.
Une solution simple existe : la BCE doit transformer en dette perpétuelle à taux nul la dette des Etats qu'elle détient !
Mais aussi : Instaurer un ISF européen, ou encore créer une véritable taxe sur les transactions financières qui s'attaquerait également aux produits dérivés, prolonger la taxe sur les super-profits afin qu'elle soit permanente et s'applique à tous les secteurs !
🔴Mais qui protège les riches ?Mais main dans la main, à Bruxelles, RN, LR et macronistes refusent...
4 avril 2024 :le RN, l’imposture de ceux qui se disent défenseurs de l’agriculture française
Le 30 novembre 2023, les macronistes avaient rejeté (à 6 voix près[8]) la proposition de prix planchers formulée par La France insoumise...
Mais le 4 avril 2024 au soir,le parlement a adopté ces prix planchers pour les agriculteurs!
Et le RN, il était ou et ceux qui étaient là ont voté quoi ? 12 députés RN présents sur l’ensemble de leur groupe, 12 sur 88...et ils s'abstiennent[8bis] ! 🔴Voilà l’imposture de ceux qui se disent défenseurs de l’agriculture française.
11 juin 2024 : s'il arrive au pouvoir,...
❌ le RN, n'abrogera pas la réforme des retraites d'Emmanuel Macron
Le 9 juin 2024, suite aux élections européennes, Emmanuel Macron annonce la dissolution de l'Assemblée Nationale[9].
Interrogé sur RTL au sujet de la réforme des retraites, le Président du Rassemblement national Jordan Bardella est revenu sur ses promesses d'abroger cette loi s'ils arrivent au pouvoir[10] (loi rejetée par 90 % des actifs et adoptée en force par un recours à l'article 49.3).
« Nous avons des économies à faire », a déclaré Jordan Bardella en justifiant son accord avec Emmanuel Macron.
🔴Jordan Bardella valide ainsi le vol de deux ans de vie pour tous les Français, décision actée par Emmanuel Macron contre l'avis de 93% des actifs, de l'Assemblée national, et du plus grand mouvement social depuis 1968.
❌ le RN, liquidera la Poste pour la remplacer par Amazon
Jean-Philippe Tanguy, député RN, élu de la commission des finances, qui avait déjà joué un rôle trouble dans le scandale de la vente d’Alstom à General Electric, a en effet répondu au journal l’Opinion : « l’État verse 300 millions pour le service public postal. On peut très bien trouver un arrangement en reportant cela sur Amazon ou autre »[12].
C’est donc très clair : Le RN a l’intention de remplacer la Poste, un service public universel et essentiel dans la ruralité, par une multinationale états-unienne.
❌ le RN,sur TF1, le 25 juin, le Bardella défend la retraite à 66 ans…
Jordan Bardella fait face à Gabriel Attal, Premier ministre macroniste en sursis, et Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise. La position du candidat du Rassemblement national sur les retraites, devant plusieurs millions de téléspectateurs, est attendue... et là, en direct sur TF1, le président du parti lepéniste, se retrouve à défendre la retraite… à 66 ans[13]...
🔴L'arnaque sociale du RN une nouvelle fois dévoilée aux yeux de tous les Français. Et pour celles et ceux qui ont la mémoire courte, en février 2023, Marine Le Pen défendait la retraite à 67 ans[14].
Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.
La France insoumise
Pour une MAJORITÉ POPULAIRE, renforcer la France insoumise pour GAGNER !
🔴 La France insoumise et ses 71 députés sont au service des Françaises et des Français face à l'inflation et l'accaparement des richesses par l'oligarchie.
✅ La dissolution, nous y sommes prêts !
Avec la #Nupes, la France Insoumise propose l’alternative
📌Pourquoi La France insoumise, ses origines ? La France insoumise : comment ? La France insoumise : pour quoi faire ?
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