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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 09:00
Vladimir Poutine au sommet du club international Valdaï : «Ordre mondial, nouvelles règles ou pas de règles ?»

Sources : QUID.ma ACTUS&ANALYSES

Le président russe Vladimir Poutine a conclu les travaux de la 11ème session du Club de Valdaï qui s’est déroulée à Sotchi.

 

La session a été consacrée à l’« ordre mondial, nouvelles règles ou pas de règles». Les médias occidentaux ont ainsi ignoré quand ils n’ont pas déformé le discours de Poutine. Pour Dmitry ORLOV, de l’Oriental review « quoi que vous pensiez de Poutine, c’est probablement le discours politique le plus important depuis celui de Churchill, intitulé Rideau de fer, du 5 mars 1946. »

 

Dans un discours franc et puissant, Poutine a brutalement brisé le tabou occidental « en adressant ses propos directement au peuple, et dépassant ainsi les clans élitistes et les leaders politiques », ajoute l’Oriental review.

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 19:32
Reconnaissance de l'Etat palestinien : F. Hollande doit respecter la volonté du peuple portée par le parlement !

Le 27 novembre 2014 - modifié le 31 décembre 2014

- Aprés l'Assemblée Nationale, le Sénat dit "oui" à la reconnaissance de l'Etat palestinien

Après les députés qui, le 28 novembre se sont prononcés pour la reconnaissance d'un État palestinien par la France, ce sont les sénateurs qui avaient, le 11 décembre, à se prononcer sur le vote de cette résolution défendue par les socialistes, les écologistes et les communistes.

  • Le vote :

Nombre de votants : 323

Nombre de suffrages exprimés : 299

Majorité absolue : 150

- Pour l’adoption : 153 (majoritairement de gauche)

- Contre : 146 (centristes ; UMP)

Détail du vote (Analyse par groupes politiques) ICI

 

Seuls les groupes communiste républicain/citoyen et écologistes ont fait le plein pour la résolution, les socialistes se disperçant entre le vote pour, la non prise part au vote et l'abstention.

 

Même si le gouvernement n'est absolument pas tenu, d'un point de vue juridique, de réagir à l'adoption de cette résolution, Hollande doit avoir le courage de reconnaître la Palestine !

 

 

- Explication de vote des députés PCF Front de Gauche le 28 novembre

Le 2 décembre, François Asensi député GDR (PCF Front de Gauche) de la 11ème circonscription de Seine-Saint-Denis défend la reconnaissance de l'État palestinien par la France. C’est un impératif pour réparer l’injustice faite aux Palestiniens depuis plus de 60 ans et aboutir enfin à une coexitence pacifique au Moyen-Orient.

 

Il rappelle que le Front de Gauche avait déposé dès 2012 une proposition de résolution appelant à reconnaître l’Etat Palestinien, qu'il a lui-même interrogé le ministre des Affaires étrangères trois fois sur ce sujet lors des questions au gouvernement.

 

- L'Assemblée Nationale dit "oui" à la reconnaissance de l'Etat palestinien

  • L'Assemblée Nationale a adopté ce jour 2 décembre 2014 à une large majorité, en dépit de l'opposition de la droite, la résolution socialiste sur la reconnaissance de l'Etat palestinien
  • Le vote :

Nombre de votants : 506

Nombre de suffrages exprimés : 490

Majorité absolue : 246

- Pour l’adoption : 339 (15 communistes FdG ; 279 socialistes ; 18 écologistes ; 11 radicaux ; 4 centristes ; 9 UMP ; 3 non inscrits)

- Contre : 151 (1 socialiste ; 14 centristes ; 136 UMP)

 

La résolution invite simplement l'éxécutif à "reconnaître l'Etat de Palestine en vue d'obtenir un réglement définitif du conflit". C'est pourtant un acte historique que les députés français viennent d'accomplir car il ouvre la voie de la reconnaissance d'un État palestinien par la France.

 

 

- Les réactions au proche orient

La réaction d'Israël n'a pas tardé. Mardi, quelques minutes à peine après l'adoption par l'Assemblée nationale d'une résolution demandant la reconnaissance par la France d'un Etat de Palestine, le gouvernement israélien, via son ambassade en France, a expliqué que ce vote allait «éloigner les possibilités d'arriver à un accord» de paix avec l'Autorité palestinienne.

 

A l'inverse, de nombreux Palestiniens ont dit de leur satisfaction. Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a ainsi indiqué «remercier le Parlement et le peuple français». Hanane Achraoui, une dirigeante de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), a exprimé dans un communiqué «sa gratitude au peuple français» et appelé «le gouvernement français à traduire le vote de son Parlement en acte».

 

 

- Quels sont les pays qui ont déjà reconnu l'État palestinien ?

 

 

- 30 décembre 2014 : le Conseil de Sécurité de l'ONU se prononce

La Jordanie a présenté mardi 30 décembre au Conseil de sécurité un projet de résolution palestinien. Soumis au vote, ce projet n'a pas été adopté : 8 votes favorables (dont celui de la France), 2 contre et 5 abstentions.

- Explication de vote de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

- Israel-Palestine : les Etats-Unis bloquent l'espoir de paix à L'ONU

 

 

 - 7 janvier 2015 : l'ONU accepte la demande d'adhésion de la Palestine à la Cour pénale internationale

C'est une victoire pour la Palestine, qui prend désormais une place plus forte sur la scène internationale. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a accepté, mercredi 7 janvier, la demande d'adhésion des Palestiniens à la Cour pénale internationale (CPI).

Cette décision va permettre au tribunal de La Haye, qui a pour mission de poursuivre les auteurs de génocides, crimes contre l'humanité ou crimes de guerre, d'enquêter à partir du 1er avril (date effective de cette adhésion) sur les allégations de crimes commis dans les territoires palestiniens.
En savoir plus
ICI

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

- Le Parti de Gauche : La France doit reconnaître l’Etat de Palestine

- Appel du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens

- Palestine, Israël : entretien avec Julien Salingue

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 10:00
Débat sur le tirage au sort en politique avec Étienne Chouard – Jacques Testart et Yves Sintomer

Sources : Le 4eme singe - posté dans Alternatives, Débat, Politique

- 1ère vidéo : Débat sur le tirage au sort en politique avec Étienne Chouard – Jacques Testart et Yves Sintomer

Nous attendions ce débat avec grande impatience et nous voilà enfin comblé. Ce débat, dont on aperçoit quelques passages dans le très bon documentaire « J’ai pas voté » (Seconde vidéo de ce billet) nous offre un approfondissement sur l’idée du tirage au sort en politique.

 

Étienne Chouard, Jacques Testard et Yves Sintomer, nous offre ici un débat riche d’enseignements sur cette idée qui, petit à petit, commence à faire sens pour beaucoup de citoyens d’électeurs…

 

Au menu :

00:25 Le tirage au sort ça change quoi dans une démocratie ?
06:22 Le citoyen peut-il faire de la politique ?
09:05 Comment on tire au sort aujourd’hui ?
13:13 Qui tire au sort ?
17:49 Une révolution du peuple est-elle possible ?
21:08 Que pensez-vous du printemps arabe ?
26:24 En France sommes nous en démocratie ?
31:24 Qu’est ce qui bloque la modernisation de la politique ?

 

Bon visionnage !

- 2ème vidéo : J’ai pas voté

Avez-vous l’impression de ne pas être entendu par le pouvoir politique ? Constatez-vous votre impuissance face à toutes ces lois qui s’imposent sans votre consentement ?

 

J’ai pas voté est un documentaire de Moise COURILLEAU et Morgan ZAHND. Celui-ci dresse un bilan de la profonde crise politique dans laquelle nous nous trouvons. Sur le plan strict du fonctionnement de notre régime politique, ce document bouscule nos représentations comme celles que nous apprenons dés le plus jeune âge à l’école, voter = démocratie.

 

Par ailleurs, au-delà de l’autopsie de la démocratie représentative française, cette vidéo propose des solutions ayant fait déjà leurs preuves ailleurs ou à une autre époque.

 

Avec comme intervenants :

  • Loïc BLONDIAUX, professeur de science politique
  • Hervé KEMPF, journaliste
  • Jean-Paul JOUARY, philosophe
  • Matthieu AUROUET, rédacteur « causeries-républicaines »
  • Raphaël LIOGIER, sociologue philosophe
  • Nicolas BRUNEL, rédacteur « causeries-républicaines »
  • Bernard MANIN, politologue
  • Jean LASSALE, député des Pyrénées-Atlantiques
  • Jacques TESTART, biologiste
  • Yves SINTOMER, sociologue professeur de sciences politiques
  • Etienne CHOUARD, professeur d’économie gestion

 

Un film « pédagogique » qui nous permet de comprendre la mécanique structurelle, c’est à dire les règles qui établissent le pouvoir, les fonctionnements et la distribution des rôles dans une société. Des éléments de compréhension essentiels pour tous, que l’on s’intéresse ou non à la politique car ils déterminent notre propre rôle au sein d’une communauté de règles.

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 17:02
Les mutineries de 1917 du front.... à La Courtine

Cet article aborde les conditions de vie – et de mort – des soldats de l’armée française, pendant la première guerre mondiale, et notamment sur les mutineries qui éclatèrent en mai et juin 1917 dont celle des soldats russes du camp de La Courtine.

Ces événements sont trop peu connus, en France, alors qu’ils font partie, eux aussi, de notre histoire révolutionnaire. Notre principale source est le livre remarquable de l’historien américain Richard M. Watt : Trahison ? (Presses de la Cité, 1964).

 

Sources : La Riposte.org par Greg Oxley le 19 juillet 2009

Les mutineries de 1917 – 1ère partie
- See more at: http://www.lariposte.org/2009/07/les-mutineries-1917-1ere-partie/#sthash.K7htoIWu.dpuf

A la fin de l’année 1916, après deux ans et demi de carnage, l’armée française était saignée à blanc. Le nombre total de soldats français tués au champ de bataille, morts des suites de leurs blessures, prisonniers ou portés disparus s’élevait à 1 300 000. Selon l’Etat-major de 1914, la guerre devait être une guerre de mouvement, rapidement conclue grâce à la « théorie de l’offensive ». Les premières attaques avaient ressemblé à celles du siècle précédent. Sur fond de musique militaire, drapeaux au vent, baïonnettes fixées, les soldats sont menés par des officiers gantés de blanc contre le feu dévastateur des mitrailleuses allemandes. « Dès que l’infanterie française avance, écrivait un officier britannique, elle est arrosée de shrapnels, et les malheureux fantassins sont abattus comme des lapins. Ils sont très braves et ne cessent de revenir à la charge à travers un feu d’enfer, mais sans succès. Leurs officiers sont splendides ; ils précèdent leurs troupes d’une vingtaine de mètres, aussi calmes qu’à la parade. Mais jusqu’à présent, je n’en ai pas vu un seul parcourir plus de cinquante mètres sans être abattu. »

 

 

- Effervescence

La bataille de la Marne, en septembre 1914, arrête enfin l’avance allemande. Mais alors commence l’enlisement dans l’horreur indescriptible de la guerre des tranchées. Au cours de l’année 1915, toutes les tentatives d’ouvrir une brèche dans les lignes adverses, ou de gagner du terrain à une échelle militairement significative, se soldent par un échec. L’année suivante, ni l’hécatombe de Verdun, en février, ni l’offensive de la Somme, en avril, ne débouchent sur une percée. Le général Nivelles, qui remplace Joffre, avait obstinément refusé d’abandonner son « plan » pour l’offensive de la Somme, et ce bien que les Allemands, au courant de ses moindres détails, aient ordonné un repli stratégique qui le rendait caduc. Le résultat fut une nouvelle débâcle. Le seul élément du plan qui s’est déroulé conformément aux prévisions, c’est le courage et l’élan des « poilus ». Agonisant dans des trous d’obus et dans les barbelés, trop d’hommes meurent pour rien, une fois de plus. Trois ans de combats, de terribles souffrances et de massacres n’ont abouti qu’à une nouvelle saignée de masse, pour quelques collines de l’Aisne. Dans le vaste désordre qui règne, le long du Chemin des Dames, les soldats, trahis par l’incompétence et le cynisme réactionnaire de leurs chefs, savent que les soldats russes ne veulent plus de la guerre impérialiste, que la révolution a éclaté, en Russie, et que le Tsar a été renversé. Dans l’armée française, aussi, la mutinerie est désormais dans l’air.

 

La première division d’infanterie coloniale avait la réputation d’être solide et obéissante. Elle avait souvent été à la pointe des assauts. Revenant du front, dans la nuit du 21 au 22 avril 1917, ce sont pourtant ces troupes qui s’écrient : « A bas la guerre ! On nous a fait assassiner ! » Averti des « symptômes d’effervescence » de ce genre, Nivelles ne veut rien entendre. Soucieux de sauver ce qui lui reste de sa crédibilité, il ordonne de nouveaux assauts futiles.

 

Une mutinerie éclate finalement le 29 avril, dans le 2e bataillon du 18e régiment d’infanterie. Lors de l’offensive ordonnée par Nivelles, à peine 200 des 600 membres du bataillon ont survécu. Cantonnés près de Soissons, ils ne parviennent pas à se remettre de cette expérience. Ils espèrent un transfert sur le front d’Alsace, un secteur relativement calme. Mais le 29, moins de deux semaines après le massacre, de nouveaux officiers qu’ils ne connaissaient et ne respectaient pas les informent qu’ils vont remonter en ligne. Ils se révoltent, scandent des mots d’ordre contre la guerre. On appelle alors une section de gendarmes, qui réussit à les mettre en ligne, et, à deux heures du matin, ils sont en route pour le front. En chemin, les gendarmes arrêtent plus ou moins arbitrairement une vingtaine de soldats, qu’ils considèrent comme des meneurs de la révolte. Une douzaine d’entre eux sont incarcérés. Un « conseil de guerre » composé d’officiers est mis en place. Il leur faut des condamnations « pour l’exemple ». Les prisonniers sont déportés en Guinée française, à l’exception du caporal Moulia et des soldats Cordonnier, Didier, Garrel et La Placette, qui sont condamnés à mort.

 

Les exécutions ont lieu quelques jours plus tard. Seul Moulia a survécu. Le 12 juin, alors qu’on le menait au peloton d’exécution, un tir de barrage déclenché par l’artillerie allemande s’abat sur le secteur. Profitant de la confusion, Moulia parvient à se cacher dans les bois. Vingt ans plus tard, sa présence sera signalée en Amérique du Sud.

 

 

- « A bas la guerre ! Mort aux responsables ! »

La mutinerie du 2e bataillon du 18e régiment a donc été réprimée rapidement et sévèrement. Mais elle n’était que la première d’une longue série de révoltes d’une bien plus grande ampleur. La mutinerie suivante éclata dans la 2e division coloniale, elle aussi cantonnée à Soissons, cinq jours à peine après celle du 2e bataillon. La 2e coloniale venait de mener trois attaques ruineuses. Pourtant, le 3 mai, elle reçoit l’ordre de se rassembler dans les quartiers dévastés, au nord de la ville, pour remonter au front, une fois de plus. Le camp de la division est inondé de tracts condamnant la guerre et appelant au renversement du système qui en est responsable.

 

Après tant de désastres, tant de morts, les troupes ne sont pas pressées de se mettre en rang. Sentant l’humeur récalcitrante des hommes, les officiers doivent adopter un ton circonspect, plus persuasif que directif. De nombreux soldats se présentent sans fusil. « Que se passe-t-il, les gars ? Où sont vos armes ? » D’abord une voix solitaire, au fond de la masse : « On ne marche pas, mon lieutenant ! » D’autres voix se lèvent. « A bas la guerre ! Mort aux responsables ! » Ils gardent une attitude respectueuse envers les officiers, obéissent aux ordres, mais refusent de monter au front, quoi qu’il arrive. La révolte éclate. Pratiquement tous les régiments de la division y participent. 200 soldats envahissent le quartier général du commandant divisionnaire, en criant « On ne marchera pas ! » Les officiers tentent en vain de reprendre le contrôle de la troupe. Mais partout, ils rencontrent la même situation. Les soldats sont prêts à défendre les tranchées, mais ne veulent pas participer à de nouvelles attaques, aussi futiles que meurtrières.

 

Finalement, dans la soirée, les régiments se forment et partent prendre place dans les tranchées, convaincus qu’ils ne doivent pas laisser les troupes en première ligne mourir sous le feu ou d’épuisement, faute de relève. En apparence, cette deuxième mutinerie, comme celle du 18e régiment, a été maîtrisée assez facilement. Mais comme l’écrit Richard M. Watt, l’auteur de Trahison ?, il y a une différence importante, entre les deux événements : « Il y avait [cette fois-ci] trop d’hommes à punir. Pour cette raison, les soldats comprirent – avec une intense satisfaction – que, désormais, ils pourraient tenir tête à leurs officiers, défier la froide et inexorable discipline plus ou moins impunément, et pourraient même refuser d’attaquer. Bref, les troupes elles-mêmes décideraient de leur vie ou de leur mort. Tout étonnés de cette simple vérité qu’ils avaient jusqu’alors ignorée, nos poilus allèrent de l’avant pour la partager avec toute l’armée. »

 

 

- Les mutineries de mai 1917 avaient comme trait commun de s’être produites, presque sans exception, dans des divisions d’infanterie.

Cela s’explique sans doute par le fait que l’infanterie avait souffert dans des proportions infiniment plus grandes que les divisions d’artillerie ou de cavalerie, aussi bien lors de la débâcle de l’offensive du général Nivelles que dans les autres épisodes du carnage impérialiste. A partir de juin, cependant, les révoltes prennent une ampleur sans précédent et s’étendent rapidement à pratiquement tous les corps de l’armée. Dès les premiers jours du mois, les trois régiments de la 9e division se soulèvent. « Nous ne monterons pas en ligne », disent les soldats. Ils menacent ouvertement de tirer sur les officiers qui s’aviseraient de les arrêter. « On veut bien garder les tranchées, mais on n’attaquera plus. C’est trop bête de marcher vers des mitrailleuses intactes. On en a assez de se faire tuer sur des barbelés. »

 

Les soldats commencent à tirer des conclusions politiques. Les « papillons » et autres feuilles de propagande semés dans les casernes et les tranchées, dont l’impact semblait jusqu’alors relativement limité, sont lus et commentés. « Si nous marchons quelque part, ce sera contre la Chambre des Députés ! » Nivelles s’inquiétait de cette politisation, comme l’indique, entre autres, un mémorandum adressé au Ministre de Guerre, Hubert Lyautey :

  • « Les tracts. – Depuis plus d’un an, des tracts, brochures, journaux pacifistes parviennent aux armées. On en découvre davantage en quinze jours qu’on n’en saisissait en trois mois, en 1916… Ils sèment le doute quant à la justice de la cause pour laquelle les soldats se battent. Ils font l’apologie de l’Allemagne, affirment l’impossibilité de la victoire, et prétendent que la paix seule résoudra les problèmes du charbon et de la vie chère. D’aucuns renferment les plus dangereuses indications et les pires conseils… Ces factums entament l’esprit d’offensive des combattants, les énervent, les découragent.
  • « Les réunions de permissionnaires. – Pendant leur permission, un certain nombre de soldats assistent à des réunions où, sous prétexte de traiter des questions corporatives, les chefs syndicalistes et anarchistes exposent des théories pacifistes. De retour aux tranchées, ils répètent à leurs camarades les arguments qu’ils ont entendus.
  • « Militaires en relations avec les meneurs. – Certains soldats restent en correspondance suivie avec les individus qui semblent conduire la propagande. Les lettres qu’ils leur adressent accusent réception de journaux, tracts, feuilles volantes qu’ils avouent avoir communiqués ou répandus…
  • « Propositions. – Il y aurait lieu de saisir les tracts dans les imprimeries qui les tirent, d’interdire les réunions où les discussions ne se limitent pas à des questions strictement professionnelles, de supprimer le journal révolutionnaire russe Natchalo, d’empêcher les menées de Sébastien Faure, Merrheim, Hubert et de la douzaine d’agitateurs qui les appuient, de briser la propagande pacifiste et d’exiger un travail normal dans les usines de guerre et les arsenaux. »

 

En effet, entre Paris et le front, le Ministère de la guerre considérait qu’il ne restait plus que deux divisions sur lesquelles l’Etat-major pouvait absolument compter. A Paris, des mouvements de grève rajoutaient à la panique qui s’installait dans les milieux gouvernementaux. Poincaré fut saisi d’horreur à la vue d’une manifestation d’ouvrières des fabriques de munitions, qui ont bruyamment terminé leur marche devant les fenêtres du Palais de l’Elysée.

 

 

- A Dormans, des soldats se soulèvent en scandant : « A bas la guerre et vive la révolution russe ! »

Incapables de comprendre leur propre responsabilité dans l’effondrement de l’armée, les généraux ne veulent y voir que l’œuvre de quelques « conspirateurs ». S’adressant au député Henri Gallichet, qui venait de témoigner d’une mutinerie à Soissons, le général Franchet D’Esperey assure qu’il existe « un véritable complot organisé qui tend à dissoudre toute discipline… Les meneurs étaient en relation à Paris avec des agents louches de désordre. L’enquête a démontré que les promoteurs de la rébellion projetaient de s’emparer d’une gare et de se faire transporter par chemin de fer à Paris pour y soulever la population contre la guerre. La révolution russe doit servir de modèle… Les troupes sont tenues en état de surexcitation continuelle par les journaux remplis de détails sur les évènements de Russie, par les relations d’incidents parlementaires hostiles aux généraux, par les exagérations pessimistes… Pourquoi ferme-t-on les yeux ? Pourquoi ne réprime-t-on pas ? Cela cessera ou nous n’aurons plus d’armée, et l’ennemi, en cinq jours, pourrait être devant Paris ! »

 

Le nombre de désertions augmente en flèche. Alors qu’à peine 509 désertions avaient été signalées, en 1914, puis 2 433 en 1915 et 8 924 en 1916, leur nombre s’élevait déjà aux alentours de 15 000 sur les six premiers mois de 1917.

 

L’une des mutineries les plus importantes a lieu à proximité de Cœuvres, à quelques kilomètres de Soissons, le 2 juin, dans le 310e régiment d’infanterie. Le 30 mai, un autre régiment est passé par Cœuvres – en route, semblait-il, pour le front. Mais il était évident que les soldats n’avaient pas l’intention de s’y rendre. Ils sont passés devant les hommes du 310e, en criant : « A bas la guerre ! Faites comme nous et la guerre s’arrêtera ! La liberté ou la mort ! » Finalement, le régiment en rébellion est chassé de Cœuvres par une troupe de cavalerie et de mitrailleurs. Mais l’incident laisse sa marque sur les hommes du 310e, désormais en ébullition. Ici et là, ils entonnent L’Internationale.

 

Le lendemain, ils reçoivent l’ordre de quitter Cœuvres. Mais ils refusent. Ils élisent des délégués chargés de maintenir une « discipline révolutionnaire » dans le régiment – suivant en cela, comme bien d’autres régiments français, l’exemple des « soviets de députés des soldats » élus dans les régiments russes. Ils tiennent ainsi pendant quatre jours, avant de se rendre. Les deux-tiers des hommes sont incarcérés près de Soissons. Une quinzaine d’entre eux est condamnée aux travaux forcés. Seize hommes sont condamnés à mort. Mais cela n’a pas mis fin à la révolte dans l’armée française. Dans la deuxième semaine de juin, le 298e régiment d’infanterie lance une insurrection, prend le contrôle du village de Missy-aux-Bois et y établit son propre « gouvernement révolutionnaire ».

 

Dans ses mémoires, Poincaré relate que les insurgés ont écrit des lettres collectives à leurs officiers. Ils y disent qu’ils ne remonteront plus au front et exigent la conclusion d’une « paix immédiate et honorable ». Lorsque les officiers rejettent leur démarche, les soldats les expulsent de Missy-aux-Bois. Des barricades sont érigées autour de la ville. La « discipline révolutionnaire » s’impose à tous. Le commandant élu par les insurgés publie une déclaration pour expliquer à la population locale que les soldats « ne sont ni des voleurs, ni des assassins ». Il interdit toute forme de pillage ou de vol.

 

L’Etat-major ne peut pas tolérer cette insurrection. Dans le contexte de juin 1917, elle risque de déclencher une insurrection générale des poilus. Les autorités militaires décident donc de la réprimer dans le sang, si nécessaire. Une division de cavalerie encercle les insurgés et les prive de nourriture. Au bout de trois jours, isolés et affamés, ils se rendent. Plusieurs soldats, considérés à tort ou à raison comme les « meneurs », seront sommairement exécutés.

Les mutineries de 1917 du front.... à La Courtine

- 1917 : la mutinerie des soldats russes à La Courtine

En décembre 1915, Paul Doumer, futur Président de la République, se rend à Petrograd, dans un Empire Russe chancelant. La guerre fait rage et l’armée française connaît une pénurie d’hommes : le haut fonctionnaire français vient demander au Tsar Nicolas II un soutien en soldats pour les envoyer au front. La France veut 40 000 hommes, qui seront armés et équipés par elle. Peu attaché à la vie de ses sujets, Nicolas II accepte.

 

Partis de Vladivostok, les soldats Russes débarquent à Marseille le 20 avril 1916. Ils sont acclamés en héros par la population française, qui voit en eux une relève inattendue et inespérée. Dès leur arrivée, ils sont envoyés au front.

 

Tenus isolés de leurs compatriotes civils, les soldats ne savent pas ce qui se passe chez eux. On ne les utilise que pour servir de chair à canon : pendant l’offensive Nivelle, quatre mille appelés russes sur vingt mille trouveront la mort. Cette tuerie marque un tournant : après elle, les mutineries se généraliseront aussi bien dans l’armée française que dans l’armée allemande et parmi les appelés russes. Pour couper court à une rébellion latente, les Russes sont envoyés dans les Vosges et en Haute-Marne. C’est alors qu’ils sont informés des bouleversements que connaît leur pays : la révolution russe est en marche. Depuis le renversement de la monarchie tsariste par une grève générale insurrectionnelle, en mars 1917, une situation de « double pouvoir » existe. D’un côté, le gouvernement officiel, dont Kerenski sera le Ministre de la Guerre à partir d’avril, avant d’en devenir le chef en juillet ; de l’autre, les ouvriers et les soldats russes organisés dans des soviets (assemblées), qui manifestent de plus en plus d’impatience à l’égard du gouvernement, dont ils attendent des mesures énergiques contre la guerre et ses conséquences dramatiques.

 

 

- Les soldats russes retenus en France veulent être partie prenante de ce bouleversement révolutionnaire

Suivant l’exemple des soviets russes, des comités sont créés par des appelés mais aussi par des civils russes exilés. Dans les Vosges, la revue de troupe du premier mai 1917 tourne à la manifestation : les gradés se retrouvent face à des drapeaux sur lesquels le mot « liberté » a été écrit. Ce n’est là qu’un premier mouvement de rébellion ; d’autres vont suivre et le Ministère de l’Intérieur, qui s’inquiète de la possible influence du contingent russe sur les troupes françaises, décide alors de les transférer dans un lieu le plus éloigné possible de tout contact avec les populations civile et militaire. Ils seront ainsi transférés dans la Creuse, au camp de La Courtine, qui avait servi auparavant de camp de prisonniers.

 

La première Brigade arrive fin juin à La Courtine, et la deuxième le 5 juillet. Pour rallier cette dernière à sa cause, la première brigade organise une grande réunion dans la nuit du 5 au 6 juillet. Avec des mots rageurs et passionnés, ils appellent leurs camarades à la désertion pour ne plus combattre en France et rentrer auprès des leurs : « Dès notre arrivée en France, on a considéré le soldat russe non comme un homme, mais comme un objet utile et n’ayant pour seule valeur que sa capacité au combat. Mais au premier combat, une partie d’entre nous perd cette valeur et suit le sort déplorable d’un fardeau inutile jeté dans les hôpitaux. Pour éviter cela, il faut s’unifier et catégoriquement refuser d’aller au front. [...] Nous exigeons qu’on nous renvoie en Russie, d’où nous avons été chassés par la volonté de Nicolas le sanglant. Là-bas nous serons du côté de la liberté, du côté du peuple laborieux et orphelin. »

 

Cependant, la seconde brigade hésite à les rejoindre ; tous ne sont pas encore acquis à la cause révolutionnaire et ont sûrement peur des représailles. Leurs supérieurs agiront à temps pour éviter un ralliement massif : le 8 juillet, le Général Commandant du Corps Expéditionnaire Russe, craignant une mutinerie généralisée, décide de quitter le camp en compagnie de tous les officiers supérieurs et de dix mille hommes. Dix mille soldats « rebelles » restent donc seuls dans le camp. Pour la première fois, ils choisissent eux-mêmes leurs chefs. Après Baltaïs, qui négocie sans résultat avec les émissaires de Kerenski leur retour en Russie, c’est un Ukrainien, Globa, qui prend la tête des rebelles.

 

Pendant les négociations, les soldats aident la population dans ses travaux agricoles. Effrayé par l’influence des russes en pleine révolte sur la population locale, l’État-major français envoie début août trois mille soldats français encercler le camp. Les consignes sont strictes : utiliser la force en cas d’insubordination.

 

 

- A partir de là, la tragédie suit son cours inéluctable

Le 12 septembre, la population civile est évacuée. Le 14 septembre, le Général Commandant du Corps Expéditionnaire russe donne 48 heures aux mutins pour se rendre. Mais, le 16 septembre, aucun mutin ne s’y résout. Pendant que les musiciens jouent la Marseillaise et la Marche Funèbre de Chopin, les premiers obus atterrissent sur le camp, et les mutins se réfugient dans les casernes. Le lendemain, les coups de canons reprennent. Les redditions se multiplient, mais une centaine des plus déterminés, assiégés et bombardés, résiste. Enfin, le 19 septembre, les derniers mutins se rendent.

 

Le bilan officiel est de 9 morts chez les mutins. Le bilan officieux, établi par différents historiens, fait lui état d’au mLe bilan officiel est de 9 morts chez les mutins. Le bilan officieux, établi par différents historiens, fait lui état d’au moins une centaine de morts et de blessés. 81 meneurs seront incarcérés à l’Île d’Aix. Après la répression, il restera à La Courtine 7 500 soldats russes ne jouissant d’aucune liberté, et les comités seront dissous. « Libérés » sous réserve de travail forcé, ce n’est qu’en 1919 que ceux qui le désirent pourront rentrer chez eux en échange de prisonniers français.

 

Finalement, l’histoire aura laissé une ironie dans ces terribles évènements : venu jusqu’en Russie tsariste chercher des hommes à envoyer se faire massacrer en silence pour la cause impérialiste, le gouvernement français s’est trouvé avoir ramené sur son territoire des citoyens enthousiastes de la Russie révolutionnaire. De leur côté, Kerenski et son gouvernement ont payé leur lâcheté au prix fort. Quelques mois après avoir refusé le rapatriement aux mutins, le gouvernement de Kerenski s’est fait balayer par la nouvelle vague insurrectionnelle qui porta au pouvoir les soviets des travailleurs, soldats et paysans russes.

 

Pour en savoir plus :

- Figures de l'insupportable dans la Grande Guerre

- Colloque "Obéir/Désobéir. Les mutineries de 1917 en perspective", 9-10 novembre 2007

- lire ausi : Loin des tranchées : quand les multinationales européennes engrangeaient déjà les profits de la guerre

- Nicolas Offenstadt : "La question des fusillés de 14-18 n’a jamais cessé d’être posée"

- Mémoire d’enfer, l'éditorial de Patrick Apel-Muller

  • et aussi

- 51 fusillés bretons et toujours pas de réhabilitation

- Pourquoi la France est-elle le pays qui a le plus fusillé « pour l’exemple » pendant la Grande guerre ?

 

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Un rapport d'historiens, remis au ministre des Anciens combattants, préconise des pistes pour réintégrer dans la mémoire nationale ces soldats français.

 

Sources : Francetv info publié le

Certains ont refusé d'aller se battre. D'autres se sont mutinés. Un rapport d'historiens, remis mardi 1er octobre au ministre des Anciens combattants, Kader Arif, préconise des pistes pour réintégrer dans la mémoire nationale ces soldats français, souvent "fusillés pour l'exemple" par les leurs, entre 1914 et 1918. "On compte autour de 600 à 650 fusillés pour des faits relevant de la désobéissance militaire", recense ce rapport issu du groupe de travail animé par le président du Conseil scientifique de la Mission du Centenaire, Antoine Prost.

 

Cent ans après le début du premier conflit mondial, "un large consensus existe dans notre société pour estimer que la plupart n'étaient pas des lâches" mais de "bons soldats, qui avaient fait leur devoir et ne méritaient pas la mort", souligne le document. Ses auteurs rappellent le discours de Lionel Jospin, en 1998, à Craonne (Aisne), appelant à ce que ces soldats "plongés dans un désespoir sans fond [qui] refusèrent d'être des sacrifiés", réintègrent "notre mémoire collective nationale", ainsi que l'appel de Nicolas Sarkozy, dix ans plus tard à Verdun, défendant la mémoire des "fusillés pour l'exemple".

 

Le rapport avance en conclusion quatre scénarios possibles pour les pouvoirs publics. Les auteurs écartent les deux premières solutions, "ne rien faire" ou une "réhabilitation générale". La troisième solution, "la réhabilitation au cas par cas", constituerait une entreprise "très lourde", "d'un coût hors de proportion avec ses résultats probables". Les auteurs du rapport ne cachent pas leur préférence pour une quatrième solution : "une déclaration solennelle éventuellement renforcée d'un projet pédagogique". Mardi, le gouvernement a promis que ces soldats ne seraient pas des oubliés de l'histoire.

- Les fusillés "pour l'exemple" de 14-18 bientôt réhabilités ?

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Jean Luc Mélenchon Discours sur la guerre et la paix - 11 novembre 2013

 

 

- La Chanson de Craonne est une chanson antimilitariste écrite en 1917.

Elle a été écrite à partir de l'air de Bonsoir M'amour (Charles Sablon), chantée par Emma Liebel


Elle fut chantée par les soldats qui se sont mutinés (dans plus de soixante des cent divisions de l'armée française) après l'offensive très meurtrière et militairement désastreuse du général Nivelle au Chemin des Dames.


Cette chanson anonyme a sûrement plusieurs auteurs. Elle a continuellement évolué au cours de la guerre en fonction des lieux principaux de combat. Elle apparaît sous le nom de La Chanson de Lorette évoquant la bataille de Lorette à Ablain-Saint-Nazaire se déroulant entre octobre 1914 et octobre 1915. Ensuite, la chanson est transformée pour évoquer le plateau de Champagne au cours de l'automne 1915. En 1916, elle devient une chanson sur Verdun... plus de renseignements (dont les paroles retrancrites par Paul Vaillant Couturier)

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 09:30
La monnaie complémentaire locale, un outil pour définanciariser l'économie !

La Rochelle le 17 octobre 2014 | mis à jour le 14 mai 2016

- Histoire

La banque libre est l'environnement économique des monnaies locales. Les monnaies locales les plus connues de l'ère moderne sont les jetons de salaire émis par des entreprises pour payer les travailleurs, et les jetons de certains commerces pour favoriser la loyauté de leurs clients. Au dix-neuvième siècle et au début du vingtième, les défaillances des banques nationales durant les crises ont fréquemment créé une forte demande de liquidités, à laquelle satisfaisaient les monnaies de nécessité créées par les chambres de commerce, des municipalités, des entreprises et des commerçants. Ces monnaies étaient généralement destinées à être rachetées en monnaie nationale à une date ultérieure.

 

Quelques-unes de ces monnaies, néanmoins, menèrent à la mise en place d'un système monétaire à part entière. L'idée d'utiliser la banque libre pour produire une monnaie de rechange à usage communautaire remonte au moins aux coopératives d'épargne et de crédit allemandes, dans les années 1800. Les plus anciens émetteurs de monnaie locale toujours en usage sont la Banque Wir de Suisse et ce qu'on pourrait désigner comme les banques syndicales du Japon.

 

Le terme monnaie complémentaire est un hyperonyme de monnaie locale. Mais les deux termes sont souvent utilisés indifféremment. Dans l'usage courant, monnaie locale ne désigne pas une monnaie soutenue au niveau national, mais une monnaie à usage local exclusivement.

 

Ses défenseurs, comme Jane Jacobs, soutiennent que ce type de monnaie permet à une région économiquement morose, voire déprimée, de se remettre d'aplomb, en donnant aux habitants un moyen de paiement contre des biens et des services localement produits ou assurés. D'une manière générale, il s'agit de la fonction essentielle de toute monnaie. Cependant, les monnaies locales fonctionnent généralement dans des régions géographiques relativement petites et elles encouragent le recyclage en favorisant la réduction des émissions de carbone liées au transport et à la fabrication des biens. En ce sens, elles font partie de la stratégie économique de nombreux groupes écologiques orientés vers des pratiques de vie durable, comme par exemple le parti vert de l'Angleterre et du pays de Galles.

 

Les monnaies locales voient parfois le jour dans des situations de tourmente économique touchant la monnaie nationale. La crise économique argentine de 2002 en fournit un exemple : les certificats de reconnaissance de dettes, sans prise d'intérêt et en petites coupures, mis en circulation par les administrations locales adoptèrent rapidement, et avec succès, certaines des caractéristiques des monnaies locales.

 

Les opposants à ce concept affirment qu'une monnaie locale crée une barrière qui nuit aux économies d'échelle et à l'avantage comparatif, et que, dans certains cas, elle sert, tout comme les monnaies nationales traditionnelles, de moyen d'évasion fiscale. Quoi qu'il en soit, l'utilisation des monnaies locales pour doper les économies régionales est fermement défendue par l'Institut Instrodi des Pays-Bas.

 
 
- Une monnaie complémentaire "la" solution miracle pour sortir de la crise ?
Non ! Mais la MCL (Monnaie Complémentaire Locale) contribue, à son niveau, à libérer l'économie locale de la finance car lorsque vous payez en euros, une part énorme de cet argent s'en va vers la spéculation.
 
Une monnaie locale est, en sciences économiques, une monnaie non soutenue par un gouvernement national (qui n'a pas nécessairement cours légal), et destinée à n'être échangée que dans une zone restreinte. Les monnaies de ce type sont également appelées monnaies complémentaires. Elles prennent de nombreuses formes, aussi bien matérielles que virtuelles. Parler de monnaie locale, c'est s'inscrire dans un discours économique particulier.
 

Car la monnaie complémentaire locale permet :

- l’achat de biens produits localement et de services chez les commerçants qui adhèrent au système.

- de financer des projets locaux de développement durable pour aller vers une transition écologique tout en développant le lien social local.

 

Les MCL sont inutilisables pour cet usage :

  • Circulant plus rapidement, elles créent plus de richesses ;
  • Circulant localement, elles créent ces richesses dans l'économie locale en partenariat avec les acteurs associatifs et les collectivités locales, favorisant les circuits courts, en dehors de tout cadre spéculatif ;
  • Les euros tirés de la vente des MCL sont utilisés sous le contrôle citoyen, pour des projets éthiques.

 

Aujourd'hui, sur tout l'Hexagone, mais aussi en Allemagne[1] et en Amérique latine[2], éclosent ces monnaies locales.

 

 

- Quel objectifs ?

Le but n'est pas de concurrencer la monnaie européenne mais de créer une monnaie complémentaire qui puisse pallier les déficiences du système monétaire actuel, devenu incontrôlable.

 

  • Et à La Rochelle, pourquoi ne pas inciter la municipalité a procéder à une étude pour examiner si les conditions éthiques de création d'une monnaie locale sont avérées, promouvoir un tel outil, en proposant notamment la mise en place d'un fond de garantie financier municipal qui rendrait solvable cette initiative.
  • Pourquoi ne pas inciter les établissements bancaires mutualistes à contribuer à ce fond de garantie de ces monnaies. Cette démarche nécessite de s'appuyer sur une des activités associatives, artisanales ou coopératives bien vivantes, ainsi que sur une implication citoyenne forte.

 

Finalement, une MLC est un des outils qui permet de contribuer individuellement et collectivement à créer les conditions pour mieux vivre ensemble. L'esprit d'ouverture et de coopération de chacun participe aux réflexions et actions menées dans le réseau.
 

En Saintonge, une association milite pour un projet de ce type "La Beunéze" (effective depuis mai 2015), un autre projet est en cours sur l'Ile d'Oléron, alors.... CHICHE à La Rochelle !

 

Notes :

[1] Regiogeld – le réseau des monnaies locales en Allemagne

[2] Le boom des monnaies parallèles

 

 

- La carte de France des monnaies locales

 

- Le dernier film de Philippe Derudder :
"La monnaie,du pouvoir d'achat au pouvoir d'être"

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 09:10
Bernard Friot "Le salariat, c’est la classe révolutionnaire en train de se construire"

Les séries d'été de l'Humanité : Penser un monde nouveau. Le sociologue, auteur de l’Enjeu des retraites 
et de l’Enjeu du salaire, propose une alternative offensive pour le travail ainsi que pour le financement des retraites et de la Sécurité sociale.

 

Sources :  Les séries de l'Humanité : Penser un monde nouveau par Cécile Rousseau

Spécialiste des politiques du salaire et de l’emploi, 
Bernard Friot a commencé sa carrière en 1971 comme assistant puis maître 
de conférences en économie à l’IUT de l’université 
de Lorraine. En 2001, 
il est élu professeur 
de sociologie à l’université de Paris-Ouest Nanterre, avant de devenir professeur émérite en 2009. 
Sa thèse d’État d’économie porte sur la construction 
de la Sécurité sociale 
en France de 1920 à 1980. Il y conteste l’interprétation de 1945 qui fait de 
« la Sécurité sociale 
un élément nécessaire 
à la période fordiste 
du capitalisme ». Il insiste au contraire sur « le caractère anticapitaliste des institutions de socialisation 
du salaire ». Au moment 
où la souveraineté populaire est mise à mal par les banques et le patronat, 
ses réflexions l’amènent 
à développer « une approche du salariat comme voie de sortie du capitalisme ». Chercheur à l’IDHE (Institutions et dynamiques historiques de l’économie), 
il participe aux travaux 
de l’Institut européen 
du salariat. Son parcours universitaire se double 
d’un engagement politique, 
il est militant du PCF 
depuis près de quarante-
cinq ans. En 2010, 
alors que la réforme 
des retraites Fillon est très contestée, il propose 
une autre issue, en publiant, à La Dispute, l’Enjeu 
des retraites, puis, 
en 2012, l’Enjeu du salaire et Puissances du salariat. En 2013 est paru chez Peter Lang, avec Bernadette Clasquin, The Wage Under Attack : Employment Policies in Europe. Il fonde 
en 2011 une association d’éducation populaire, Réseau Salariat (reseausalariat.info).

 

 

- L'Humanité : Avec plus de 10 % de chômeurs 
en France, un marché du travail 
en crise, vous préconisez « la révolution par le salaire », alors que le salariat est considéré par beaucoup comme une aliénation…
Bernard Friot. Le salaire implique bien davantage qu’un lien de subordination et du pouvoir d’achat. S’en tenir là nous empêche de lire les dimensions anticapitalistes conquises dans le salaire entre les années 1930 et 1970, à savoir la qualification de la personne dans la fonction publique et la cotisation qui socialise déjà 45 % du salaire. Ces conquêtes, gagnées sous l’impulsion de la CGT et des communistes, sont des tremplins considérables pour une autre définition de la valeur économique et donc du travail. 40 % du PIB sont déjà produits dans le cadre des services publics et de la Sécurité sociale par les fonctionnaires, les retraités, les soignants, les parents et les chômeurs. Autant de personnes qui ne relèvent ni du marché du travail ni de la valorisation de la propriété lucrative par la production de marchandises. Cela ouvre un possible pour sortir du capitalisme. Le salariat, c’est la classe révolutionnaire en train de se construire en assumant ses conquêtes, en poussant plus loin l’affirmation de cette alternative. Une alternative au marché du travail par la généralisation du salaire à vie des fonctionnaires et des retraités. Mais aussi une alternative à la propriété lucrative et au crédit par la généralisation de la cotisation, pour financer l’investissement, et de la copropriété d’usage de tous les outils de travail. Enfin, une alternative à la mesure de la valeur par le temps de travail, par la généralisation de sa mesure, par la qualification des producteurs, comme c’est déjà le cas pour l’administration et la Sécurité sociale.

 

 

- L'Humanité : Pourquoi mettre la cotisation au cœur 
de ce système ?
Bernard Friot. Bernard Friot. La cotisation, grande invention révolutionnaire de la classe ouvrière, ne ponctionne pas le profit ni la rémunération de la force de travail, ces deux institutions du capital. Elle les remplace pour financer une croissance non capitaliste. L’augmentation des cotisations sociales est une revendication constante de la Libération aux années 1980 : elles passent alors de 16 à 66 % du salaire brut. Cette augmentation du taux de cotisation induit une création monétaire qui anticipe la valeur économique produite par des personnes qui n’ont ni employeurs ni actionnaires. La cotisation, c’est la légitimation de ce que nie le capital : nous sommes les seuls producteurs de la valeur. Cela doit être reconnu par un droit à un salaire attaché à la personne et non pas à l’emploi. Dans la convention du salariat, ce salaire, socialisé à 100 %, sera garanti à vie de dix-huit ans jusqu’à la mort, sur une échelle allant par exemple de 1 500 à 6 000 euros net mensuels, en fonction de la qualification. Par généralisation de la cotisation sociale, le salaire ne sera pas versé par l’entreprise : elle cotisera à une caisse qui, par mutualisation des valeurs ajoutées, pourra garantir les salaires. De même, une cotisation économique financera l’investissement et mettra fin à la propriété lucrative en laissant la place à une propriété d’usage des lieux de production par tous les salariés. Les caisses d’investissements et de salaires seront gérées par les salariés, comme l’ont été les caisses de Sécurité sociale jusqu’en 1960. La cotisation se substitue donc au marché du travail et au profit. Mais si elle continue à être présentée à tort comme de la solidarité, assez vite elle pourrait être menacée par la contribution sociale généralisée (CSG) et disparaître.

 

 

- L'Humanité : Justement, comment combattre cette montée en puissance de la CSG, notamment dans 
le financement des retraites ?
Bernard Friot. Il faut revenir aux fondamentaux, à Ambroise Croizat. En 1946, ministre du Travail communiste, il crée la Sécurité sociale. Il ne fait pas du passé table rase mais part des caisses d’assurances sociales existant depuis les années 1930. Son acte révolutionnaire, c’est de doubler le taux de cotisation (de 16 à 32 % du salaire brut) et de tripler le montant des allocations familiales qui sont alors le cœur de la Sécurité sociale. La moitié du salaire des familles populaires, ouvrières ou employées, va ainsi être constitué par ces allocations indexées sur le salaire. Est-ce qu’Ambroise Croizat ponctionne la valeur capitaliste pour financer l’activité des parents ? Pas du tout ! La hausse formidable du taux signifie qu’on attribue de la valeur économique au travail des parents. Et cela va être un élément déterminant de la croissance. Dans les années 1960, la chose se renouvelle, avec une augmentation considérable du taux de cotisation maladie qui finance la création des centres hospitaliers universitaires et le conventionnement de la médecine de ville. Le mouvement se poursuit dans les années 1970, avec la hausse du taux de cotisation vieillesse, qui reconnaît la valeur économique produite par les retraités. Généraliser la CSG en taxant les revenus financiers des entreprises pour financer les retraites, c’est s’inscrire dans la lecture capitaliste de la Sécurité sociale comme institution utile mais non productive. C’est surtout ce qu’il faut éviter. Au contraire, il faut augmenter le taux de cotisation pour financer les retraites.
 


- L'Humanité : Une nouvelle réforme des retraites drastique s’annonce à la rentrée, n’est-ce pas l’occasion de faire émerger d’autres idées ?

Bernard Friot. Oui cette occasion doit être saisie pour avancer les mots d’ordre suivants : retraite à 55 ans avec 100 % du meilleur salaire net, sans tenir compte des annuités (ou des points). Le financement sera assuré à la fois par la hausse des salaires et par la hausse du taux de cotisation (qui doit passer de 26 à au moins 34 % du brut) : c’est le cœur de la revendication. Si on dit retraite à 55 ans, ça oblige à expliquer que les retraités travaillent, sinon les gens vont s’étonner : « Attendez, on ne fait plus rien à 55 ans ? » La retraite, ce n’est pas la revendication du loisir après une longue vie de travail, c’est une seconde carrière libérée de l’emploi et de la mise en valeur du capital. Si l’on dit 100 % du meilleur salaire net sans tenir compte des annuités, ça oblige à expliquer que la pension s’est construite comme salaire continué et non pas comme contrepartie des cotisations passées, que justement la contrepartie des pensions est dans le travail actuel des retraités. C’est ça le salariat, être défini par le salaire comme droit politique, pas par le marché du travail, ni par les actionnaires.



- L'Humanité : Dans la convention du salariat, 
vous déconnectez l’emploi du salaire, 
vous distinguez la propriété lucrative 
de la propriété d’usage. C’est un moyen 
de se prémunir contre les dérives 
de certains patrons ?

Bernard Friot. C’est une garantie contre tout patron : nous devons être les copropriétaires d’usage de nos outils de travail. La propriété lucrative, elle, est totalement parasitaire, il faut s’en passer. Ici, il importe de mettre de notre côté nombre de patrons de PME, contre les actionnaires des marchés financiers que nous ne convaincrons évidemment jamais, eux. Je discutais récemment avec un chef d’entreprise du bâtiment. Il constitue la cinquième génération de patrons, il a dû assumer cet héritage, engager son patrimoine… Cette pratique de la propriété est désuète. La condition de la responsabilité, c’est la propriété, et c’est pourquoi il faut la diffuser à tous les producteurs. Nombre de patrons gagneront à être libérés de l’obsession de trouver des marchés pour payer les salaires, libérés aussi de leur patrimoine lucratif qui pèse souvent sur leur trajectoire. Ils deviendraient copropriétaires d’usage de l’entreprise avec les autres salariés. Le tissu économique, ce n’est pas que le CAC 40 ! Ce sont des libraires, des experts-comptables, des artisans, de petits industriels que nous pouvons mettre de notre côté. Reste aussi, bien sûr, à convaincre les salariés qu’ils peuvent être copropriétaires de leur entreprise.
 


- L'Humanité : Les salariés ne seront donc plus, par essence, obligés de travailler. Que répondez-vous 
aux critiques sur une supposée oisiveté généralisée, discours qu’on entend parfois 
pour parler des chômeurs ?

Bernard Friot. C’est le discours aliéné de ceux qui ont intégré cet incroyable appauvrissement de soi qu’est le marché du travail. Cela démarre dès la classe de sixième, on emmène nos gamins dans des salons d’orientation pour les conditionner progressivement, on fait des cours de CV pour inscrire leurs ambitions dans ce carcan. L’appauvrissement, c’est le fait de se conformer aux attentes des offreurs d’emplois. De plus en plus de trentenaires, de quadragénaires refusent le marché du travail et la valorisation d’un capital. Ils s’organisent pour en sortir en montant des sociétés coopératives (Scop), en s’investissant sur Internet. Certes, c’est encore du bricolage. Et pas toujours facile à vivre, notamment quand on utilise l’indemnisation du chômage pour créer de la valeur économique alternative. Ces expérimentations sont encore fragiles, faute d’un cadre légal. De même, les retraités doivent être encouragés dans la production de valeur économique. Les salariés des entreprises menacées de délocalisation ou de fermeture doivent être soutenus dans la reprise de leur outil de travail. Lorsque le mouvement ouvrier, notamment la CGT et le Parti communiste dont je fais partie, pourra faire le lien avec tous les collectifs sensibles à cette question, ce sera un progrès !
 


- L'Humanité : Comment créer ce déclic pour sortir 
du capitalisme ?

Bernard Friot. En nous appropriant notre histoire. La classe dirigeante tente de nous convaincre que la Sécu est simplement une ponction sur la valeur capitaliste pour financer de la solidarité. Or, au contraire, ça fait un siècle que le capitalisme est contesté de manière centrale par la socialisation du salaire. Je le répète, 800 milliards d’euros, soit 40 % du PIB, relèvent d’une production non capitaliste. Il s’agit d’assumer ces conquêtes de la classe ouvrière. Le Conseil national de la Résistance (CNR) et la Sécurité sociale doivent être abordés comme une actualité, et pas avec nostalgie. Des centaines de milliers de militants ont pris des risques considérables pour créer ces tremplins pour sortir du capitalisme. Il est temps que nous décidions qu’à leur suite nous avons à faire l’histoire. En face de nous, nous avons une classe dirigeante qui, elle, est organisée, se bat tout le temps, parce qu’elle est aux abois. Faute d’être capable de diriger la production de valeur économique de façon positive, elle met en place un appareil militaire et policier, elle habitue la population à la mise en cause des libertés publiques sous prétexte de lutte contre le terrorisme ou de guerre économique. Tant que nous ne serons pas explicitement candidats à la direction de la production de la valeur économique et organisés à la hauteur de cette ambition, nous nous battrons sur la défensive. Un retour à l’offensive suppose que nous nous appuyions sur les conquêtes de la classe ouvrière en les poussant plus loin à l’occasion de tous les conflits sociaux, concernant les retraites, les fermetures d’entreprises… Nous avons vu comment aborder dans cet esprit la question des pensions, salaire à vie à généraliser, et le caractère central de la mobilisation pour la hausse des salaires et du taux de cotisation sociale. Il y a aussi beaucoup à réfléchir sur la façon de mettre sur le tapis la question de la généralisation de la propriété d’usage de l’outil de travail et du logement. De même, les attaques contre la fonction publique doivent être contrées par la proposition de généralisation à tout travailleur de la logique du grade, c’est-à-dire de la qualification de la personne, contre celle de l’emploi qui qualifie le poste ou, aujourd’hui, les parcours professionnels. Sur ce point précisément de la « sécurisation des parcours professionnels », projet réformateur qui tente de faire du support des droits non plus le poste de travail mais le parcours professionnel, la revendication de Sécurité sociale professionnelle, portée par la CGT, en attribuant la qualification à la personne, peut nous faire avancer vers le salaire à vie et la suppression du marché du travail. Le tour de France que je fais pour des débats ou des formations avec l’association d’éducation populaire Réseau Salariat confirme l’énorme intérêt que rencontrent ces thématiques.

 

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- Salaire, retraite, l'employeur frappe toujours deux fois, Conférence de Bernard Friot organisée par Sud

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 23:29
11 octobre : les militants anti TAFTA au contact de la population pour expliquer et convaincre

11 octobre : les militants anti TAFTA au contact de la population pour expliquer et convaincre

Lire : Contre le Grand marché transatlantique, « une victoire est tout à fait possible »

 

 

- Le projet de traité de libre échange total entre les Etats-Unis et l’Union Européenne est actuellement négocié en catimini devant la commission européenne.

 

 

- Connu sous le nom de TAFTA, (Trans Altantic Free Trade Agreement) mais aussi sous celui de TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) cetraité organise « le Grand Marché Transatlantique ».

 

- Un traité qui consacrera la toute puissance du marché sur Toute autre norme ! TAFTA c’est la supériorité du libre-échange sur toute autre norme, sociale, sanitaire, environnementale !

 

 

SAMEDI 11 OCTOBRE à 14 H 30 Place de la Motte Rouge à La Rochelle .

 

 

 

 

11 octobre 2014  Journée européenne anti-TAFTA... à La Rochelle aussi !
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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 22:05
59% de la dette publique est illégitime

- Qu’est-ce que la dette publique ? A qui profite-t-elle ? Et comment peut-on vraiment la résorber ?

Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique publie un audit précis de la dette française. Thomas Coutrot nous éclaire sur cette dette qui sert parfois de prétexte aux pires décisions politiques..

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 09:45
Les États-Unis désirent ardemment une guerre pour sauver leur économie de la dette

La dette publique et privée des États-Unis a atteint de telles proportions qu’une simple action aléatoire peut ruiner l’économie mondiale. La situation actuelle montre que le pays cherche une solution, et celle-ci est une guerre, d’après les spécialistes.

 

 Sources : RT traduction par  News360 | mis à jour le 15 juin 2015

Pour obtenir leur récompense de guerre, les politiciens « faucons de guerre » et les militaires concentrent leurs regards vers la Russie, comme le montre la récente conférence de presse du Chef d’État Major des Armées des États-Unis, Martin Dempsey, d’après l’article de Vesti.ru. 

 

C’est la première fois que ce général de renom évite d’aborder les questions sur l’Afghanistan et sur l’Irak, où la progression de l’extrémisme islamique pose la possibilité d’un retrait partiel des troupes dans l’agenda du Pentagone. Le militaire s’est centré sur des thèmes tels que la Russie et ses Forces Armées y sur la baisse du budget militaire.

 

Suivant la ligne politique de Washington, le chef de l’État Major des Armées accuse le Gouvernement russe d’avoir décider d’appliquer la force militaire en Ukraine et avertit ensuite : « C’est le premier cas depuis 1939. Veuillez noter s’il vous plait que l’Armée des États-Unis n’a pas peur de la guerre ! Le pays peut penser différemment, mais nous exécuterons tous les ordres ».

 

« Ni les taux d’intérêts zéro, ni négatifs, ni l’assouplissement quantitatif n’ont résolus la crise, qui dure depuis six ans. Les injections de dollars et euros ont créé une augmentation galopante du prix des actions, mais elles n’ont stimulé ni la production ni la demande mondiale, elles n’ont pas fait diminuer le chômage non plus. L’économie mondiale s’est transformée en un casino gigantesque. En 2008 le volume des dérivés, les contrats spéculatifs à risque, était de cinq billions (5×109) de dollars et fin 2014 ce chiffre a atteint les 2 quadrillons (2×1015). Comment pouvons-nous résoudre cela ? », demande l’auteur de l’article Konstantin Siomin.

 

« Quand les bénéfices dans le système capitaliste tombent, il est nécessaire de les maintenir et de les augmenter de deux façons : en captant de nouveaux marchés et en obtenant un accès à des ressources naturelles moins chères », explique la politologue Veronika Krasheninnikova, directrice général de l’Institut de Recherche Politique Extérieure, et les initiatives citées par Vesti.ru.

 

 

- Les BRICS savent déjà

Le projet de loi n°2277 sur la « prévention de l’agression russe », présenté au Congrès des États-Unis par le sénateur républicain Bob Kocker, donne l’impression que les grandes compagnies du secteur de l’armement, comme Boeing, Lockheed Martin, Northrop Grumman ou General Dinamics, participent à son élaboration. Il cherchent à augmenter les dépenses budgétaires sous tous les prétextes.

 

En outre, vous pouvez vous rappeler de l’expérience de la Seconde Guerre Mondiale. Cette guerre a donné une impulsion à l’économie et spécialement au secteur financier, une impulsion si grande que les États-Unis purent mettre fin aux conséquences de la Grande Dépression tandis que l’Europe se trouvait en ruine.

 

Au début du mois de juillet 2014, les États-Unis ont confirmé publiquement qu’ils ne savent pas comment résoudre le problème de la dette américaine et du secteur bancaire. Lorsque la directrice générale du FMI, Christine Lagarde soulève la question à la présidente de la FED, Janet Yellen, la responsable américaine lui répond que la dette est un grand défi pour le Gouvernement et que « même s’il a été introduit des restrictions législatives, il est probable que la situation devienne hors de contrôle sans que nous nous en rendions compte. Cette situation serait un grand problème pour nous et il est clair que nous ne savons pas comment le résoudre ».

 

Mais la Chine et la Russie savent déjà comment fermer cette « fenêtre d’opportunité » pour les États-Unis, affirme l’auteur de l’article. « Cette fenêtre d’opportunité se ferme non seulement parce que la Russie et la Chine sont en train de renforcer leurs défenses. Créée durant le sommet du BRICS[1] mi-juillet, la Banque du Développement est perçue par l’Occident comme un affront direct à l’hégémonie du dollar et du FMI[...] Maintenant, en cas de crise, les membre du BRICS sont prêts à s’entraider par le moyen d’un Fond de Réserve d’Urgence. L’Occident est-il prêt à l’accepter ? demande l’auteur.

 

Note :

[1] BRICS : le camouflet des pays émergents à l’hégémonie américaine

 

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- Les USA ont provoqué plus de 201 conflits armés à eux seuls sur les 60 dernières années.

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 09:06
Israël : Racisme anti-Africains "Fier d'être racistes..."

Document réalisé en 2012 par David Sheen et Max Blumenthal : à l'origine ce court documentaire répondait à une commande de la section New York Times Docs, mais la chaîne n'a pas souhaité le diffuser...
" Le gouvernement israélien incite à la haine et à la violence, non seulement contre les Palestiniens depuis des décennies, mais également contre les immigrants africains. Racistes déchaînés, envahissant la rue, traitant de sales nègres ceux qui osent ne pas approuver...."

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 09:51
Marcel Paul, Ambroise Croizat. Chemins croisés d’innovation sociale.

Sources : le blog de michel Etievent

  • Marcel Paul. Etat civil : « enfant trouvé ». Raison sociale : ministre de la production industrielle à la Libération.
  • Ambroise Croizat. Etat civil : « fils de manœuvre ». Raison sociale : ministre du travail et de la sécurité sociale de 1945 à 1947.

 

Au fil de cet ouvrage, Michel Etiévent, historien, retrace entre documents inédits, les parcours féconds de Marcel Paul et d’Ambroise Croizat, deux personnages essentiels du vingtième siècle qui ont consacré leurs vies à l’invention sociale. Il suit l’extraordinaire chemin de Marcel Paul, enfant abandonné sur un banc, tour à tour secrétaire général de la fédération CGT de l’Energie, ministre communiste de la production industrielle du Général de Gaulle à Libération. Entre luttes, résistance, déportation, l’homme forge les plus grands acquis du siècle. Du conseiller de Paris, père des secours d’urgence et des crèches, au fondateur d’EDF-GDF et du statut des électriciens et gaziers, c’est une vie entière vouée à l’innovation sociale.

 

A ce chemin s’enchevêtre celui d’Ambroise Croizat, secrétaire de la Fédération CGT des métaux, député de Paris, ministre communiste du travail à la Libération. Bâtisseur de la sécurité sociale, créateur de la retraite pour tous, il laisse un héritage impressionnant : médecine du travail, comités d’entreprises, conventions collectives…Michel Etiévent entrelace les parcours de ces deux complices de luttes qui forgèrent ensemble ce qui fonde aujourd’hui l’identité sociale de notre pays. Avec ces biographies croisées, il nous livre le passionnant roman de deux hommes qui ont su donner au siècle le goût de la solidarité et de la dignité. Un livre brûlant d’actualité…

 

 

- Extrait article Laurent Etre "Humanité" 8 novembre 2008

"Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès" . ’est par ces mots qu’Ambroize Croizat, ministre du travail et de la Sécurité social de 1945 à 1947, infatigable militant de la dignité humaine et du monde du travail, acheva son dernier discours à l’assemblée nationale le 24 octobre 1950...

"je ne vous paie pas pour que vous m’indiquiez les articles du code m’interdisant de réformer, mais pour y trouver ceux qui vont me le permettre" lance Marcel Paul quelques années plus tôt, un jour de 1946, aux juriste de son ministère de la production industrielle.

Le "fils de manoeuvre" Croizat et Marcel Paul le "pitau" du nom que l’on donnait à l’aube du siècle dernier aux "enfants trouvés" ayant marqués leur siècle et l’histoire du mouvement ouvrier, c’est un certain engagement communiste, intransigeant que nous propose de redécouvrir Michel Etièvent, avec sa sensibilité d’écrivain, sa rigueur d’historien et sa conscience de journaliste en prise avec les enjeux et les luttes d’aujourd’hui.

 

Le livre est disponible  ICI

 

 

- Une conference sur Ambroise Croizat, et Marcel Paul

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 10:46

Une analyse réaliste sur les causes de la crise que nous vivons...... serait-il frondeur ?

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 12:57

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

Pourquoi une 6ème République ? Explications de Charlotte Girard
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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 13:34

Aujourd'hui plus que jamais une majorité de citoyens ont le sentiment que le monde politique n'a que faire de leurs opinions. La popularité des politiciens est au plus bas. Est-ce là un hasard ?

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 13:16
Si on parlait du......... coût du capital

À en croire le gouvernement et les médias, la crise économique que nous traversons serait due au « coût » du travail. Les Français seraient trop payés, ne travailleraient pas assez longtemps et auraient des acquis sociaux trop élevés qui limiteraient la compétitivité des entreprises.

 

Tout dément pourtant cette thèse patronale.

 

 

 

 

- Aujourd’hui, lorsque les entreprises font des profits, 80 % sont destinés à rémunérer les actionnaires.

- Un salarié travaille en moyenne vingt-six jours par an pour les actionnaires, contre neuf jours par an au début des années quatre-vingt.

 

C’est ce coût du capital exorbitant qui détruit l’emploi, qui jette les gens dans la rue, qui ravage la planète. En analysant le coût du capital et ses conséquences, les économistes qui ont contribué à cet ouvrage proposent une critique radicale du capitalisme d’aujourd’hui. Ils permettent ainsi de trouver les formules de son renversement.

 

- les auteurs de cet ouvrage :

- Guillaume Etiévant, expert auprès des comités d’entreprise et des organisations syndicales, est secrétaire national du Parti de Gauche à l’Économie et au Travail. Il est membre du bureau de la Fondation Copernic.

- Nolwenn Neveu, professeure agrégée de sciences économiques et sociales, est coprésidente de la commission économie du Parti de Gauche.

- Laurent Cordonnier, Benjamin Coriat, Michel Husson, Paul Jorion, Jean-Luc Mélenchon et Hadrien Toucel ont également contribué à cet ouvrage.

 

- Pour commander : ici

 

 

- Le travail n’est pas un coût, il a un prix..., le problème, c'est le capital !

Le 7 mars 2018, Adrien Quatennens était l'invité de David Pujadas sur LCI. Au programme : "super riche, super profit : chance ou scandale ?"
 

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 13:32

Mis en ligne le 26 août 2014

En pleine émission sur les sanctions russes, Xavier MOREAU entrepreneur et rédacteur pour Realpolitik TV balance un secret de polichinelle que très peu de médias ont osé dévoiler au grand public: la construction européenne a été officiellement financé par... les Etats-Unis.

 

Pour en savoir plus :

- Document dé-classifié de la CIA datant de février 1953. La preuve ULTIME que l'Union Européenne est une création Américaine (le lien mène vers le site officiel de la CIA).

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 21:20
Dette française : les aveux effarants de Michel Rocard sur la loi de 1973

Sources : BLOGPARES publié le 8 janvier 2013 par El Don

Fin décembre 2012, au micro d’Europe 1, dans l’émission « Médiapolis », face à des journalistes relativement atones au regard des propos tenus, Michel Rocard a été l’auteur de déclarations effarantes, quoique connues déjà de pas mal de monde, sur les causes de la dette française. Il ne fait que confirmer que la crise de la dette actuelle est bien une création et non le résultat de comportements dispendieux fautifs. Les pigeons ne sont pas ceux que l’on croit.

 

Sieur Rocard revient sur la fameuse loi bancaire de 1973, dite Pompidou ou Rothschild qu’il qualifie de « stupéfiante ». Cette loi , rappelons-le, interdit à la Banque Centrale de prêter directement à la France  et  l’oblige désormais à prêter d’abord à des banques privées qui reprêteront ensuite à l’Etat français, prélevant au passage des sommes considérables par une simple hausse des taux de crédit.

 

Selon Michel Rocard, « La Banque de France a financé l’Etat français sans intérêts depuis sa création en  1801 jusqu’en 1973 et si on en était resté là, notre dette ne serait aujourd’hui que de 16 ou 17 % du PNB »[...] « et non à 90,  91% du PNB ». Soit, pour le dire autrement, à trois fois rien et on en serait pas là comme aujourd’hui. Ni l’Union européenne puisque cette loi scandaleuse a été reprise par le traité de Maastricht.

 

Exit tous ces traités qui s’empilent depuis comme le TSCG, le MES le MES, et sans doute bien d’autres choses dont on rapporte quotidiennement les horreurs.

 

Comment ne pas être scandalisé voire indigné par cette loi et même par le ton  morne et blasé de Michel Rocard? Par ailleurs, n’en déplaise au triste auteur de cet article du monde destiné à ceux qui osent critiquer cette loi, Michel Rocard n’est pas un extrémiste de droite ni un extrémiste de gauche, pas plus que nous d’ailleurs.

 

 

- On fait quoi maintenant ? On continue la pigeonnade ou on arrête ?

embedded by Embedded Video

Reste à essayer de comprendre le pourquoi de cette loi pour le moins « scélérate » pour reprendre le qualificatif somme toute assez juste de Dupont-Aignan . Comment peut-on renoncer à des prêts à taux zéro et s’imposer des taux à 4, 5% au bénéfice de banques ou de marchés privés ?

 

Pour Etienne Chouard, la loi Pompidou retirant à l’Etat français le droit d’imprimer sa propre monnaie a été une opération à grande échelle menée par les élites et leurs grandes banques privées, qui aujourd’hui amène les plus riches à ne plus payer d’impôts. Selon lui, c’est un renversement des valeurs depuis la révolution citoyenne de 1789. C’est ce qu’Etienne  Chouard (et bien d’autres) appellent une contre-révolution.


- Enquête sur la Loi du 3 janvier de Pierre-Yves Rougeyron

Il montre, point par point, comment la France a été mise en esclavage par la dette avec juste un simple texte anodin. Il montre comment l'élite des hautes fonctionnaires a renoncé, pas à pas, à la Nation française, à son âme et à son indépendance. C'est l'histoire des manipulations successives, organisées et pilotées pour ne profiter qu'à une seule entité : les banques privées.

 

Grâce à cette loi, la France a été conquise sans bruit, sans une balle tirée et sans aucune résistance : chaque semaine, ce sont 4 nouveaux milliards, empruntés par l'État pour payer retraites, salaires et aussi... intérêts de la dette, qui s'ajoutent aux 1700 milliards déjà dus, alors qu'au même moment 800 emplois industriels sont détruits chaque jour. Ce livre est le récit de la pire trahison de l'Histoire de France.

 

Sur le même sujet, pour en savoir plus :

- Dette publique et "loi Rothschild" : le silence des médias

 

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 15:34
19 Août 1944 début de l'insurrection du peuple parisien pour se libérer sous le commandement d'Henri Rol-Tanguy

Animateur des Brigades internationales, au cœur de la Résistance pendant la libération de Paris, Henri Tanguy (1908-2002) fut l’une des figures héroïques de sa génération, l’un des hommes qui, sans tenir compte des revirements partisans, ont affronté le fascisme sans relâche.

 

Roger Bourderon s’attache ici aux trois visages de Rol-Tanguy, des usines Talbot, lieu de ses premiers combats militants, au PC souterrain de la place Denfert, quartier général de l’insurrection d’août 1944. Le communiste, entre jeune dans l’élite ouvrière des métallos, syndicaliste de choc. Le résistant : commissaire politique de la 14ͤ brigade internationale ; acteur majeur de la résistance armée de 1941 à 1944, devenu Rol en hommage à un camarade tombé en Espagne ; chef régional des FFI au moment de la libération de Paris, et comme tel, cosignataire de la capitulation allemande au côté de Leclerc. Le soldat : officier exemplaire des campagnes de France et d’Allemagne, relégué pour cause de guerre froide, de 1947 à 1962, au dépôt central des isolés à Versailles.

 

Fondée sur des archives et des témoignages inédits, cette biographie fait revivre une grande figure de combattant du XX ͤ siècle qui fut aussi un ardent militant de la mémoire de la guerre d’Espagne et de la Résistance. « De février 1937 au 8 mai 1945, j’ai toujours été au combat ; j’ai encore, dans le corps, une balle de mitrailleuse qui m’a frappé, le 18 juin 1938, sur le front de l’Ebre. »

 

Le livre est disponible  ICI

 

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Le 10 août 1944, c'est le début de la la grève insurrectionnelle des cheminots contre les nazis jusqu’aux grèves contre le libéralisme

 

 
 
 
Sources :  Le Parti de Gauche Midi Pyrénnées par Jacques Serieys - mise à jour 22 août 2014
 

Plan :

1) Les cheminots dans la Résistance

2) La grève insurrectionnelle de la Libération

3) Tous les 10 août : Commémoration de la grève insurrectionnelle du 10 août 1944

 

- 1) Les cheminots dans la Résistance

Créée à la veille de la guerre, le 1er janvier 1938, la Société Nationale des Chemins de fer français, représente alors la plus grosse entreprise de France avec ses 500 000 cheminots, munis d’une forte identité ouvrière collective : 8 cheminots sur 10 sont syndiqués.

 

Sous le régime de Vichy et l’Occupation, les cheminots vont subir de nombreuses attaques comme l’essai d’imposer un syndicat corporatif unique à travers la « Charte des cheminots », comme la réquisition de 10000 d’entre eux pour travailler en Allemagne.

 

Les cheminots forment pourtant la branche professionnelle la plus représentée dans la Résistance.

" En raison des facilités de circulation dont ils disposent et des multiples services qu’ils peuvent rendre aux organisations clandestines, les employés de la SNCF sont parmi les professions les plus sollicitées pour intégrer la Résistance organisée ou lui apporter une aide ponctuelle. Le recrutement est également favorisé par la force des solidarités professionnelles, syndicales ou politiques qui caractérise la corporation"

 

" Pendant l’occupation, les cheminots agissent en aidant d’abord les soldats français et britanniques prisonniers à passer en zone non occupée puis, avec le temps, ce type d’aide s’élargit aux aviateurs alliés, aux Juifs, aux réfractaires au travail en Allemagne, aux résistants entrés dans la clandestinité. Les cheminots jouent également un rôle-clé dans la diffusion de la presse clandestine, grâce à laquelle la plupart des grandes organisations clandestines développent leur influence(notamment le PCF en zone occupée et les grands mouvementsde zone sud). Quant au sabotage ferroviaire, les cheminots y contribuent surtout de façon indirecte, mais primordiale, en renseignant sur les transports allemands et en contribuant à la préparation du « plan vert » : le plan de paralysie du réseau ferroviaire simultané au débarquement de Normandie... C’est à partir du débarquement que la participation des cheminots au sabotage des voies et du matériel, par leurs conseils ou leur action directe, est amplement attestée". (exposition sur les cheminots et la Résistance, Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris Musée Jean Moulin dossier de presse)

 

Le bilan humain donné par l’historien Paul Durand est lourd : plusieurs centaines de cheminots fusillés, plus de 1 100 cheminots morts en déportation sur 2 480 déportés, 2 361 tués en service ou hors service.

 

Je ne peux terminer ce rappel sans insister sur une évidence synthétisée par François Mauriac, pourtant étranger socialement et politiquement à ce milieu "La classe ouvrière française, dans ses profondeurs, est seule à être restée fidèle à la patrie profanée."

 

 

- 2) La grève insurrectionnelle de la Libération

10 août 1944. Le comité central de grève des cheminots lance la grève insurrectionnelle contre l’occupant nazi et le régime de Vichy. Il s’agit là d’une des plus belles pages de l’histoire ouvrière internationale.

 

Voici l’exemple du dépôt de Montrouge :

Le 10 août, aux environs de neuf heures du matin, Georges Prunault, adjoint de Robert Herniot, responsable des comités populaires clandestins parmi les cheminots, prend la parole, protégé par un groupe de FTP : " Plus un train pour les nazis. " En quelques minutes, le résistant donne le signal de la grève générale avec occupation des locaux. Mais le dépôt reste sous la garde de soldats allemands. Aussi, le 13 août, une centaine de combattants commandée par le colonel Fabien l’attaque victorieusement. Les affrontements ont été particulièrement violents. Fabien lui-même est blessé à la jambe tandis que le FTP Maurice Delsupexhe est tué. ( L’Huma 19 août 2004);

 

Le syndicat CGT relaie largement l’appel. Le 10 août, après une manifestation de près de 1 000 personnes à Villeneuve-St-Georges, l’Union départementale du Val de Marne juge le climat effectivement favorable au déclenchement de la grève des cheminots en région parisienne.

 

A Vitry, Ivry, Montrouge, la population soutient les grèvistes.

Le 13 août, 3000 agents de la Compagnie du Métropolitain cessent également le travail. La grève se généralise ensuite créant de grosses difficultés pour les troupes hitlériennes en repli.

 

De plus, la réussite de la grève des cheminots et des traminots donne confiance à de nombreuses entreprises et professions qui entrent également dans la grève insurrectionnelle et vont participer en particulier aux combats pour la libération de Paris.

 

Cette grève insurrectionnelle dans une région parisienne encore occupée par les troupes du Reich a valu aux cheminots une distinction collective. A la Libération, ils ont reçu la Croix de guerre avec palme et la légion d’Honneur.

 

 

- 3) Tous les 10 août : Commémoration de la grève insurrectionnelle du 10 août 1944

Tous les 10 août, plusieurs sites ferroviaires commémoreront la grève insurrectionnelle du 10 Aout 1944.

 

Cette journée constitue un trait d’union entre la société et tous les cheminots, elle fait partie de notre histoire collective.

 

Ces dernières années, notre société a énormément souffert de ces divisions et oppositions qui ont affectées la cohésion sociale de notre pays.

 

Au-delà de s’atteler à recréer du lien social, nous avons la responsabilité collective d’entretenir ce devoir de mémoire et ainsi les transmettre aux prochaines générations.

Il ne faut surtout donc pas oublier que la corporation cheminote a payé un lourd tribut pendant l’occupation nazie avec notamment :

- 8938 cheminots qui ont laissé leur vie.

- 15977 cheminots qui ont été blessés pour faits de résistance

- 1157 qui sont morts en déportation.

L'Humanité du 23 août: Crédit :  Archives Humanité

L'Humanité du 23 août: Crédit : Archives Humanité

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Libération de Paris (24 au 26 août 1944) par les chars... espagnols de la nueve !

 

 

 

 

Le 24 août 1944, la 9ème compagnie du Régiment de marche du Tchad enfonce, Porte d’Italie, la ligne formée par la garnison allemande (environ 16000 à 20000h à ce moment-là).

 

Cette troupe d’élite de la 2ème DB est composée en particulier de 11 half-tracks. Son objectif consiste à trouer la résistance allemande pour aller renforcer les Parisiens insurgés qui ont pris l’Hôtel de Ville, en plein centre de la capitale. A 21h22, ils arrivent à destination.

 

Ces hommes-là étaient des républicains espagnols engagés dans l’armée française pour vaincre le fascisme. Pendant 60 ans, ils n’ont même pas été invités aux commémorations.

 

Premiers soldats de la France libre à entrer dans la capitale occupée, les Républicains Espagnols de "La Nueve" (la 9e) sont les héros oubliés de la victoire des Alliés contre l'occupation nazie. La Ville de Paris leur a rendu hommage le 24 février 2014 en remettant la Grande Médaille de Vermeil à trois de ses survivants.

 

Pour en savoir plus :

- 24 août 2014 hommage rendu aux combattants espagnols de la Nueve

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