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4 mai 2022 3 04 /05 /mai /2022 13:50
2022 : On y va !

1936/2022 le peuple écrit de nouveau l’Histoire !

 

1936 a été une date-clef dans l’organisation de la classe ouvrière, dans le développement de la conscience de classe chez une majorité de salariés[1]

La reconstruction d’un rapport de forces et la conscience que celui-ci peut changer la donne mérite une réappropriation, non seulement de connaissances historiques, mais d’une culture de « mise en commun » de forces atomisées ou disséminées.

Aujourd'hui, la nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale, héritière du Front Populaire, prend vie.

La lutte pour pour la conquête sociale et écologique reprend avec Jean-Luc Mélenchon qui en est l'initiateur car " Nous sommes le mouvement de la révolution citoyenne en France.[2] "

 

 

Sources :  Fabrice Aubert | mis à jour le 16/10/2022

- Petit rappel historique

Jean-Luc MELENCHON, après avoir vécu l’expérience de l’échec du Parti Socialiste, part et crée un nouveau parti politique le « Parti de Gauche[3] » pour une République écosocialiste qui va lui permettre de fonder le « Front de Gauche ».

Candidat du Front de Gauche aux Présidentielles de 2O12, après une très bonne campagne il finit à 12 %.
Devant les hésitations stratégiques du P.C.F qui hésite entre rupture avec le P.S et stratégie à la carte, permettant de réaliser des alliances de circonstance, Mélenchon quitte le Front de Gauche et contribue à créer les Insoumis.

 

En 2017, candidat aux Présidentielles, il finit à 19 % et aux législatives sans accords avec les autre forces politiques de gauche, les insoumis obtiennent 17 Députés, qui font un remarquable travail législatif d’opposition et de propositions.

 

En 2022, soutenu par les militants (150.000 signatures), il décide alors de présenter à nouveau sa candidature et il finit à 22 % dans le cadre d’une désunion totale à gauche (5 candidatures). Et à 420.000 voix près il était au second tour. Aujourd’hui dans le cadre d’une alliance d’union populaire avec les autres forces de gauche, les sondages donnent entre 27 à 34 % selon les configurations.

 

 

- Printemps populaire

Loin de renoncer, s’appuyant à la fois sur le débat catastrophique du deuxième tour, du sentiment de dégout et de frustration engendré par cette élection, démocratique en « trompe l’œil » (pas de débat, sondages manipulés, propagande effrénée des thématiques de Le Pen, situation de guerre etc) et surtout sur les résultats analysés du premier tour, Jean-Luc Mélenchon lance l’idée et la démarche politique du « troisième tour ». De fait il transforme des Législatives anonymes de 577 circonscriptions, en troisième tour des Présidentielles, avec ce slogan : « Elisez moi premier ministre », ce qui en termes de démarche politique, est tout simplement à la fois intelligent et révolutionnaire : 

  •  Intelligent car cela revient juste à donner une valeur politique de l’article 20 de la Constitution, qui rappelle que : « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. » et que donc toute majorité législative oblige le Président à nommer comme premier ministre, le responsable du groupe majoritaire à l’Assemblée Nationale. Il transforme une simple opération administrative d’exécution constitutionnelle, en nouvelle bataille politique, sur le fond du programme.
  • Révolutionnaire du fait que si cette majorité est obtenue, elle permet de renverser l’ordre des pouvoirs, et faire de l’assemblée Nationale, le véritable lieu du pouvoir. Le Président n’ayant plus dans le cadre d’une « cohabitation » qu’à couper les rubans des inaugurations.

 

 

- Hégémonie ou tortue sage ?

Dénoncé comme hégémonique (« domination sans partage ») Mélenchon et les insoumis proposent, malgré les profondes dissensions des Présidentielles, un accord de gouvernement dans le cadre d’une alliance intégrant les Verts, le P.C.F, le N.P.A et le P.S pour obtenir une majorité de députés aux législatives de Juin. Au vu de l’accord trouvé avec EELV, sur 100 circonscriptions, on voit que la volonté d’Hégémonie n’existe pas, et qu’il faut remercier au contraire « Tortue Sagace » de sa ténacité à tenir bon sur un programme « l’avenir en commun » et une stratégie : « l’Union Populaire »[4].
 

 

- L'intelligence militante

Observons en chiffres bruts que la démarche initiée par le Camarade Mélenchon porte ses fruits. Passé de 12 % en 2012 à 22 % en 2022 et possible victoire de l’Union Populaire aux législatives aujourd’hui donné entre 27 et 34 et ce sans que la campagne n’est commencée, est quelque chose d’Historique qui renvoie à la période Historique du « Front Populaire » de 1936 et ce justement, dans le cadre d’une situation de crise et de guerre encore plus grave qu’en 1936.

 

Il ne faut donc dans ces conditions pas parler d’hégémonie, mais d’intelligence militante, " intelligence militante ", au sens où ce qui se déroule sous nos yeux est le résulté d’une démarche politique construite, patiemment et qui s’appuie sur une analyse de l’Histoire, de ses contradictions et de la situation actuelle dont Mélenchon, quel que soient les critiques faites à son égard et sur lui, fut le patient maitre d’ouvrage et maitre d’œuvre au cours de ces 20 dernières années.

  • Si l’union Populaire, devient majoritaire en Juin à l’Assemblée Nationale et impulse la politique du Pays (blocage des prix, SMIC à 1.400 euros net, retraite à 60 ans (40 annuités), Allocation d’études, 6ème semaine de congés payés, 6ème république), il faudra alors se rappeler en permanence à quelle démarche on doit ces progrès sociaux…

 

- Mélenchon l'intelligence historique

Alors il faut le dire, ce qui se passe aujourd’hui et qui renoue avec le passé historique (« Le front populaire ») on le doit à un homme dont l’entêtement patient est en train de se matérialiser en possible historique. Il faudra toujours s’en rappeler.
 

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- Législatives : on peut encore changer le cours de l'histoire

Dimanche 1er mai, Jean-Luc Mélenchon était l’invité de l’Émission « On est en direct », et à cette occasion, il a : 

  • parlé de l’état de pauvreté dans lequel est le pays et dont Macron ne se rend pas compte ;
  • rappelé qu’alors que le président avait dit qu’il pourrait y avoir un référendum sur la retraite à 65 ans, Bruno Le Maire avait quant à lui dit qu’il n’exclurait pas un 49-3 sur le sujet ; 
  • rappelé aussi qu’au sortir de l’élection présidentielle, il existe 3 blocs politiques : le bloc libéral de M. Macron, le bloc d’extrême droite et le bloc populaire ;
  • dit qu’il fallait y ajouter le bloc de l’abstention et a exhorté les abstentionnistes à entrer dans l’action politique pour trancher entre ces 3 blocs. 


Revenant sur la possibilité d’un accord avec les forces du bloc populaire, Jean-Luc Mélenchon a :

  • expliqué comment trancher des sujets comme la désobéissance aux règles européennes et la sortie du nucléaire ;
  • rappelé que cette élection pouvait permettre de trancher de grands sujets comme la crise de l’eau et a affirmé que l’Union populaire avait les moyens de remporter cette élection.

 

2022 : On y va !
2022 : On y va !
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3 mai 2022 2 03 /05 /mai /2022 12:49
1. LIVRET-Conférence-C.indd
Une brochure écrite par Jean-Luc Mélenchon

 

" Nous sommes le mouvement de la révolution citoyenne en France. "

 

L’élection présidentielle de 2022 a été pour le pays un moment politique intense. Non pas, comme c’est le cas avec les élections présidentielle lors des périodes de stabilité, parce qu’elle aura purgé de grands conflits qui traversent la société.

C’est le contraire, son second tour n’a rien réglé des grands sujets de notre époque. Mais elle a fait émerger un nouveau paysage politique, achevé en quelque sorte une recomposition à l’œuvre depuis 2017. Nous en avons été les acteurs de premier plan et non des observateurs extérieurs. Pourtant, une fois la poussière retombée, nous devons nous efforcer d’un travail théorique et d’analyse.

 

Sources :  Le Blog de Jean-Luc Mélenchon

En effet, le raisonnement théorique permet le raisonnement stratégique et les conclusions tactiques. Pour citer un grand nom parmi d’autres, Kant dit : « la théorie sans la pratique est absurde ». Et il ajoute : « la pratique sans la théorie est aveugle ».

 

 

- Car l’analyse des résultats d’une élection est toujours un enjeu idéologique.

Les chiffres ne parlent pas d’eux-mêmes. Il faut les mettre en rapport les uns avec les autres, les comparer, les additionner, les mettre en perspective pour qu’ils prennent du sens. Ainsi, faire parler les chiffres n’est pas un exercice neutre. C’est pourquoi, pour une force comme la nôtre, il est impossible de laisser aux autres le soin d’interpréter les résultats d’une élection comme la présidentielle 2022.

 

Cette analyse se place dans le cadre qui a été depuis le début celui de notre action : la théorie de l’ère du peuple et de la révolution citoyenne. Nous sommes le mouvement de la révolution citoyenne en France. C’est-à-dire du processus politique de rupture du peuple, entendu comme nouvel acteur central de la modernité.

  

1. LIVRET-Conférence-C.indd
Une brochure écrite par Jean-Luc Mélenchon

- Nous avons vu ce type de révolution dans de nombreux endroits du monde et nous avons pu en apprendre les principales caractéristiques.

Elles ne ressemblent pas aux révolutions du passé. Ce sont des révolutions qui mettent au coeur de leurs objectifs la reprise du contrôle sur sa vie. C’est pourquoi elles embrassent non seulement les questions sociales mais aussi démocratiques, écologiques et de liberté individuelle. La révolution féministe, par exemple, est pleinement inscrite dans ce processus puisqu’elle exprime une synthèse entre les questions sociales, environnementales et individuelles de la politique.

 

Ainsi, nous ne pouvons pas agir d’une manière conséquente par rapport à nos objectifs sans une compréhension théorique claire du monde dans lequel nous vivons, de ce qui le met en mouvement, des principes autoorganisateurs qui font les sociétés et les orientent. L’analyse électorale du premier et du second tour sont intéressantes non seulement pour comprendre mais donc aussi pour agir. Elles nous aident à définir notre cap pour la prochaine séquence de notre combat.

 

  • Ce document (Les 3 blocs et l'avenir de l'Union Populaire) doit être lu comme une contribution à tout cela.

Il a été constitué à partir de la conférence donnée le 21 avril 2022 à la Maison de la Chimie et des graphiques qui y ont été présentés. Un ultime chapitre a été ajouté sur le second tour, à partir de ma déclaration du 24 avril 2022.

 

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- Ci dessous l'état des lieux de la 1ére circonscription de Charente Maritime

 

Les 3 blocs et l’avenir de l’Union populaire par Jean-Luc Mélenchon

 

- Macron, Mélenchon, Le Pen : quel avenir pour les trois blocs ? 

Retrouvez la conférence des AMFIS 2022 intitulée : « Macron, Mélenchon, Le Pen : quel avenir pour les trois blocs ? », avec :
• Stathis Kouvélakis, philosophe
• Nadège Abomangoli, députée LFI-NUPES
• Jérôme Legavre, député LFI-NUPES

 

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30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 21:10
Législatives. Jean-Luc Mélenchon : « La lutte reprend : on peut conquérir le pouvoir »

Car, avec ce troisième tour, la lutte reprend : « Ne laissons pas les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron »

 

Le candidat FI, qui a réuni 22 % des voix au premier tour de la présidentielle[1], appelle la gauche à bâtir une « fédération » pour remporter la majorité aux scrutins des 12 et 19 juin.

Dans l’entre-deux-tours, le candidat de l’Union populaire a lancé un appel à faire des élections législatives le « troisième tour » de la présidentielle et à l’« élire premier ministre ». Marine Le Pen désormais battue, Jean-Luc Mélenchon, qui fait « le pari qu’il n’y aura pas de prime au président si mal élu », estime nécessaire d’« unifier le maximum de forces » pour l’emporter. Alors qu’un accord est en cours de négociation à gauche[2], il détaille les objectifs de la France insoumise.

 

Sources : l'Humanité

- L'Huma : Vous appelez les citoyens à vous élire premier ministre. Comment les convaincre qu’une victoire est possible aux législatives ?
Jean-Luc Mélenchon : La présidentielle a recomposé le paysage politique en faisant émerger trois blocs politiques à peu près égaux : le bloc libéral, qui inclut la droite traditionnelle, celui d’extrême droite et enfin ce que nous avons appelé le bloc populaire. Ce dernier est le résultat d’une stratégie, dont le début est dans le Front de gauche de 2012, d’une construction patiente qui a aggloméré successivement plusieurs pans de la population autour d’une idée portée par « l’Avenir en commun ». C’est un bloc social, celui des déshérités, et un bloc cohérent sur les mesures de rupture avec le capitalisme. La présidentielle n’a pas fait naître une véritable majorité politique. Tous les voyants de la crise démocratique restent allumés, comme tous ceux de la crise écologique et sociale. Ça fait beaucoup. Ceux qui ont porté ma candidature ressentent une frustration d’avoir raté la marche du second tour à 420 000 voix. Nous aurions pu le faire si nous avions été organisés comme avant dans une alliance avec les communistes. Mais ce n’est pas une frustration résignée. Car, avec ce troisième tour, la lutte reprend : on peut conquérir le pouvoir. L’enjeu est immense : tous ceux qui attendaient l’augmentation du Smic ou la retraite à 60 ans en savent quelque chose. Le dernier élément clé, c’est notre capacité à démontrer qu’on fait tout ce qu’on peut pour unifier le maximum de forces.

 

 

- L'Huma : Les macronistes persiflent sur un tel scénario de cohabitation avec vous, expliquant que c’est impossible compte tenu de la logique du calendrier électoral de la Ve République. Que leur opposez-vous ?

Jean-Luc Mélenchon : C’est vrai quand l’élu gagne à la loyale avec un vrai choix. Mais c’est la troisième fois qu’on fait le coup au pays du vote par contrainte. En 2007, trois quarts des électeurs étaient représentés par les candidats du second tour, là c’est à peine un tiers des inscrits. L’abstention a progressé et le gagnant a perdu presque 2 millions de voix par rapport à l’élection précédente. C’est un gouffre.

Je fais le pari qu’il n’y aura pas de prime au président si mal élu.

 

 

- L'Huma : Certains vous reprochent de personnaliser les législatives et ainsi de participer aux travers de la Ve République…
Jean-Luc Mélenchon : J’ai même entendu dire que c’était dévaloriser les élections législatives que de les qualifier de troisième tour de la présidentielle. C’est exactement l’inverse : il s’agit d’élever l’enjeu d’une élection considérée comme une formalité administrative au niveau de la présidentielle. C’est déjà un peu de la VIe République dans la Ve.

 


- L'Huma : À quoi ressembleraient vos premiers jours à Matignon ?
Jean-Luc Mélenchon : La retraite à 60 ans, le refus du RSA-travail forcé, la réduction des écarts de salaires, l’allocation dignité, la garantie d’autonomie des étudiants… Il s’agirait aussi, en discussion avec le président de la République, d’obtenir soit un processus constituant, soit, si c’est impossible, le RIC (référendum d’initiative citoyenne – NDLR) et le référendum révocatoire par la négociation entre les deux Chambres. Les marqueurs essentiels de la présidentielle se retrouvent dans le programme des législatives. Et cela non parce que nous voudrions être « hégémoniques », mais parce que nous avons passé vingt mois de campagne à convaincre, jour après jour, par des milliers de rencontres.

 

 

- L'Huma : Quelles seraient vos marges de manœuvre dans le cadre d’une cohabitation avec Emmanuel Macron ?
Jean-Luc Mélenchon : La Ve République est l’enfant de circonstances : on sortait d’un régime d’Assemblée, d’une crise nationale épouvantable liée à la décolonisation et de Gaulle a mis ses œufs dans plusieurs paniers.

Si bien que la Constitution donne à la fois un rôle absolument extravagant au chef de l’État mais elle confère aussi beaucoup de pouvoir au premier ministre.

L’article 20 dit même qu’il « détermine et conduit la politique de la nation ».

 


- L'Huma : Deux mois après l’invasion russe, la guerre en Ukraine s’enlise et fait craindre le pire. Quelles initiatives prendre en faveur de la paix ?
Jean-Luc Mélenchon : La guerre, dont Poutine porte la responsabilité entière, est un tremblement de terre géopolitique dont on n’a pas encore mesuré toutes les conséquences. Dans un premier temps, il faut obtenir de la Russie la fin des combats et l’évacuation du territoire ukrainien. Les sites nucléaires doivent aussi être protégés, et le premier ministre peut proposer d’y envoyer les casques bleus, et, s’il le faut, tous français. Ensuite, on ne peut pas parler de sanctions économiques sans dire les moyens de s’en protéger nous-mêmes. Nous ne pouvons nous passer ni de gaz ni de pétrole. Il faut donc penser des alternatives, par exemple avec l’Algérie pour un pacte blé contre pétrole et gaz. Nous avions affirmé, nous, Français, que jamais plus l’Europe ne serait le théâtre d’une guerre et que la dissuasion nous en protégerait. Mais la guerre a lieu, et nous n’avons rien pu faire ! Un énorme défi nous est lancé. Ma politique reste celle d’un non-aligné. Les Français n’ont pas intérêt à aller s’enferrer dans tous les combats du monde sans avoir décidé par eux-mêmes ce qui est le plus conforme à leur intérêt.

 

 

- L'Huma : Vous appelez à « élargir l’Union populaire ». Que proposez-vous concrètement aux autres forces politiques ?
Jean-Luc Mélenchon : Le vote a tranché au moins une question : qui de la rupture ou de l’accompagnement du néolibéralisme est majoritaire à gauche. Ça donne un cap, une orientation générale. Et les citoyens ont autant voté pour le programme que pour un candidat. « L’Avenir en commun[3] » est un programme de rupture. Il est héritier des luttes de la société française. C’est un prolongement de « l’Humain d’abord », programme du Front de gauche en 2012. Sa mise à jour à travers les combats parlementaires s’est faite souvent avec des votes convergents des socialistes, et dans 98 % des cas des communistes. Les différences entre notre programme et celui des communistes ne sont pas si importantes qu’elles justifient la séparation imposée par la campagne présidentielle.

 

Ensuite, ce n’est pas un accord électoral que nous proposons, même s’il est inclus. C’est un accord programmatique sans lequel il ne peut y avoir d’accord électoral. Nous voulons un programme qui nous permette de gouverner. Ce que nous proposons n’est pas l’ancienne union de la gauche. Il s’agissait alors d’un parti dominant sans aucune structure de médiation avec les autres. Nous proposons que chacun ait un groupe parlementaire, et en même temps un intergroupe. Et un Parlement commun sur le mode de l’Union populaire actuelle. Une fois d’accord, on peut ainsi continuer à tenir la ligne pendant cinq ans.

  • Avec le vocable « union de la gauche », on reste enfermé dans la logique de la collection des logos et du commandement politique vertical.
  • L’Union populaire est une démarche sur un programme. Elle donne une méthode qui permet à chaque organisation de rester elle-même et au peuple d’entrer en action. Je parle ici d’une fédération, ou d’une confédération, qui crée un cadre commun, un programme partagé, un Parlement commun.

 


- L'Huma : En 2017, vous estimiez que le rassemblement des forces de gauche représentait un repoussoir. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Jean-Luc Mélenchon : Rien. Mais notre score a tranché. Il faut tourner la page et jeter la rancune à la rivière. Ou bien les masses tranchent les problèmes par le vote, ou bien on reste coincé dans les conflits. Ce ne sont pas nos arguments qui changent la réalité, c’est la pratique. Si les communistes aujourd’hui acceptent l’accord qu’on leur propose, ils sont les bienvenus et on travaillera ensemble.

 

 

- L'Huma : Cette présidentielle confirme une recomposition politique en trois blocs. Élément majeur de ce scrutin, le centre de gravité de la gauche s’est déplacé d’un social-libéralisme à une gauche de transformation sociale. Comment analysez-vous cette première victoire idéologique et comment la faire fructifier ?
Jean-Luc Mélenchon : En 2017, on avait déjà gagné. Mais comme tout avait l’air accidentel, y compris le surgissement de Macron, beaucoup n’ont pas vu ce que signifiait l’effondrement des deux partis traditionnels qu’étaient LR et le PS. En France, l’un des pays au centre du capitalisme mondial, la gauche radicale a été à deux doigts d’arriver au second tour. Ce progrès n’est pas définitif, mais le scénario à l’italienne de l’éradication de la gauche de rupture est derrière nous. D’autant que, dans l’intervalle, les sociaux-libéraux ont perdu la capacité d’entraînement de la société. La composition sociale du centre gauche l’empêche d’entraîner les classes populaires dans une illusion collective libérale du mieux-être pour demain. C’est aussi une raison pour laquelle l’alliance avec les communistes est si importante. La culture communiste est une culture de rupture avec le capitalisme. Nous avons ce socle en commun, et il est très important qu’il soit le plus fort possible.

 

En ce qui concerne la gauche, elle a toujours existé, et elle existera toujours. Toute ma vie est liée à la gauche. Mais j’ai proposé de laisser ce mot en friche, c’est-à-dire d’attendre qu’il manifeste une nouvelle fécondité. Nous n’y sommes pas encore. Ce qui faisait notre force auparavant, c’étaient des masses concentrées : des ouvriers dans des usines, des statuts de la fonction publique regroupant des millions de personnes. Un acteur nouveau joue ce rôle central aujourd’hui : le peuple. Avec des penseurs communistes, on s’est un peu accrochés sur le concept de peuple. Mais je veux en discuter. Le XXIe siècle a besoin d’une théorie matérialiste de la révolution citoyenne, objectif commun de nos deux organisations.

 

 

- L'Huma : Douze millions d’électeurs ne sont pas allés voter au premier tour. Une partie des classes populaires, notamment celles des territoires ruraux ou désindustrialisés, s’est davantage tournée vers l’abstention et l’extrême droite…
Jean-Luc Mélenchon : Il y a en effet un quatrième bloc abstentionniste. Il contient différentes composantes : les mal-inscrits – plusieurs millions tout de même –, et d’autres qui ne votent pas en estimant que ça ne sert à rien. Que leur vote n’a jamais changé leur vie. Difficile de leur donner tort. La gauche des 35 heures commence à dater. Le programme commun, c’est Vercingétorix pour les plus jeunes. Nous avons un travail acharné à mener. Je n’adhère pas au concept de « France périphérique », selon laquelle les citoyens sont réductibles à leur adresse. Comme ils ne le sont pas à leur religion. Ils sont tout cela à la fois et bien d’autres choses. Quant à l’extrême droite, beaucoup de citoyens pensent qu’elle est le plus gros bâton pour taper Macron. Il faut être présent sur le terrain comme nous contre l’imposture sociale du RN[4]. Cessons de mythifier les classes sociales en leur attribuant une pensée automatique. En effet, le vote Le Pen au second tour a représenté pour certains un « vote de classe ». Ils ont été encouragés à ça. Notamment par ceux qui ont aboyé avec les loups contre les musulmans ou nié les violences policières ! Ils ont aussi mené une guerre stupide contre les outils intellectuels nous montrant comment la question des discriminations religieuses pouvait croiser celle de la classe sociale : l’intersectionnalité, tournée en dérision par des ignorants. Ils n’ont jamais lu Frantz Fanon ! Rompre les consensus pourris, comme ceux-là, cela fait partie de nos tâches. L’intersectionnalité est un outil pour comprendre le réel, comme le matérialisme.

 

- L'Huma : Serez-vous candidat aux élections législatives ?
Jean-Luc Mélenchon :  Je ne cherche pas à créer un faux suspense mais j’hésite encore. Je n’ai pas besoin d’être député pour être premier ministre. Six sur 24 depuis 1958 ne l’étaient pas. Pour l’immédiat, gagner les législatives, c’est ce qui m’intéresse.

 

Législatives. Jean-Luc Mélenchon : « La lutte reprend : on peut conquérir le pouvoir »
Législatives. Jean-Luc Mélenchon : « La lutte reprend : on peut conquérir le pouvoir »
Législatives. Jean-Luc Mélenchon : « La lutte reprend : on peut conquérir le pouvoir »

Notes :

[1Présidentielles 2022 : ne cédons pas à la déception... la lutte continue !

[2] Législatives. La gauche sera-t-elle unie en juin ?

[3] L'Avenir En Commun

[4] Didier Eribon : « Mélenchon a mobilisé un électorat qui ne votait plus »

 

Pour en savoir plus sur :

Une fuite des électeurs à colmater d’ici le troisième tour

- Courrier à l’attention du Nouveau Parti Anticapitaliste

- Courrier à l’attention du Parti Communiste Français

- Courrier à l’attention d’Europe Écologie - Les Verts

- Dans un communiqué, le #PS dit vouloir « faire naître une nouvelle espérance en construisant, à l’occasion des élections législatives, un large rassemblement de la gauche et de l'écologie, populaire et citoyen »

- Législatives 2022 : Mélenchon exhorte ses électeurs à « arrêter » Macron pour ne pas «lui laisser les pleins pouvoirs»

- Union de la gauche aux législatives: «Pour le moment, tout flotte» mais Jean-Luc Mélenchon se dit « optimiste »

- Législatives : le PS suspend les négociations avec LFI et attend plus de " pluralité "

- LÉGISLATIVES: MÉLENCHON APPELLE SES PARTENAIRES À GAUCHE À SORTIR DE LA " CULTURE DE LA DÉFAITE "

  • Les accords

- Accord entre la France insoumise et Génération.s pour les élections législative 2022

- Accord entre la France insoumise et EELV pour les élections législative 2022

- Accord entre la France insoumise et le PCF pour les élections législative 2022

Accord entre la France insoumise et le Parti socialiste pour les élections législatives 2022

- Premier bilan politique des législatives

 

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19 avril 2022 2 19 /04 /avril /2022 21:29
L’union populaire : une stratégie globale

 

Le sociologue Didier Eribon, qui a soutenu la campagne de Jean-Luc Mélenchon, analyse les causes de la poussée de l’extrême droite, et les défis qui attendent La France insoumise pour reconstituer durablement une pensée de gauche.

 

 

Dans Retour à Reims (Fayard, 2009)[1], récemment adapté au cinéma par Jean-Gabriel Périot, le philosophe et sociologue Didier Eribon analyse, à travers le récit intime de sa famille, le glissement du vote de la classe ouvrière du communisme vers le Front national (FN), puis le Rassemblement national (RN). Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle, le 10 avril, confirme selon lui l’inscription dans le temps d’un « vote de classe » favorable à l’extrême droite.

Une partie des causes de ce basculement est à chercher dans la conversion au néolibéralisme du Parti socialiste (PS), qui a « créé de la colère, de l’abstention, et finalement le vote » des classes populaires qu’il devait représenter contre lui – c’était l’objet de son essai, D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française (Léo Scheer, 2007). Le score piteux du PS (1,75 %) marque à ce titre « l’aboutissement d’un processus entamé au début des années 1980 », et qui a abouti à l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, explique-t-il.

Il estime cependant que la dynamique de Jean-Luc Mélenchon[2] (qu’il a soutenu publiquement), plébiscité dans les quartiers populaires, peut être de nature à faire dérailler l’anéantissement « programmé » de la gauche.

 

Sources : Didier Eribon | mis à jour le 29/11/2022

- Le premier enseignement de ce premier tour de l’élection présidentielle, c’est que l’extrême droite obtient plus de 30 % des voix, et qu’elle s’installe pour la deuxième fois consécutive au deuxième tour de ce scrutin. Comment interprétez-vous ce phénomène structurant de la vie politique française ?

Didier Eribon : Je crois que malheureusement le vote à l’extrême droite est bien installé. Cela s’est produit progressivement, depuis le milieu des années 1980. Au départ, c’était en grande partie un vote de protestation. Quand j’ai demandé à ma mère pourquoi elle avait voté Le Pen pour la première fois, elle m’a dit : « Pour donner un coup de semonce ». La deuxième fois, c’était sans doute pour donner un deuxième coup de semonce. Et la troisième fois, cela devient le vote naturel qui a remplacé celui d’autrefois pour la gauche.

 

Cela signifie que c’est toute la perception du monde qui change. Les conversations quotidiennes, le rapport aux autres, aux partis politiques, à ses propres aspirations personnelles. Le vote n’est pas seulement un acte électoral.

 

C’est aussi une sorte de culture au sens très large du terme. Comme je le disais dans Retour à Reims, dans ma famille, on ne votait pas seulement pour le Parti communiste français (PCF) : c’était toute une culture qui allait avec. On parlait le langage du Parti communiste. Il y avait une culture communiste, qui s’est délitée, laissant les individus à l’état d’abandon politico-idéologique.

 

C’est, bien sûr, lié à la transformation du monde du travail. Quand ma mère était ouvrière, dans les années 1970 et 1980, aux Verreries mécaniques champenoises, il y avait 1 700 ouvriers, dont 500 étaient membres de la CGT. C’était une force mobilisable, et souvent mobilisée, une force collective considérable.

 

L’usine a fermé dans les années 1980. Les enfants et petits-enfants de ces ouvriers n’ont pas retrouvé de travail dans ce type d’usines, qui fermaient les unes après les autres.

 

Quand ils ne sont pas chômeurs, ou au RSA, ou occupant des emplois temporaires, ils travaillent maintenant beaucoup dans la logistique, dans les entrepôts d’Amazon. Or, si vous êtes livreur, que vous travaillez dans un entrepôt, où la syndicalisation est difficile et risquée, il est évident que vous n’avez plus le même rapport à la politique. Vous étiez une force collective, vous êtes devenu un individu isolé.

 

  • Les gens privés de cette culture politique, et du mode d’expression qu’elle leur conférait, se sont reconstitué individuellement et collectivement une autre culture et un autre moyen de s’exprimer : le vote pour le FN, puis le RN. Pour eux, c’est une manière de se constituer collectivement comme sujet politique.

 

C’est ainsi que Marine Le Pen obtient des scores impressionnants dans l’Aisne, le Pas-de-Calais, le Nord, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle, etc., c’est-à-dire les anciens bastions ouvriers, miniers, qui avaient été les berceaux du mouvement ouvrier français, et qui sont désormais désindustrialisés, précarisés, désespérés.

 

Si c’est une autre forme de vote ouvrier, de vote des catégories populaires, on peut donc dire que c’est un vote de classe. Ce qui est inquiétant, c’est que ce vote de classe s’est durablement inscrit dans le paysage politique. Il faut alors essayer de comprendre pourquoi. Et on ne peut pas comprendre ce qui se passe si on ne fait pas l’histoire dans le temps long, en remontant à la fin des années 1970.

 

 

- Dans votre livre sorti en 2007, D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française, vous situez l’origine de ce que nous vivons au tournant idéologique effectué par le Parti socialiste (PS) dans les années 1980. Pensez-vous qu’avec le score réalisé par le PS à cette élection, 1,75 %, on est arrivés au bout de cette séquence politique ?

Didier Eribon : On assiste à l’aboutissement d’un processus entamé au début des années 1980. La démarche critique, politique et intellectuelle a certes reflué par des effets structuraux après l’effervescence des années 1960 et 1970. Mais il y a eu aussi une volonté intellectuelle mise en œuvre par des think tanks dont l’objectif explicite était de défaire tout ce qui faisait que la gauche était la gauche, en démantelant la pensée de gauche, la pensée critique : Foucault, Bourdieu, Derrida étaient – déjà ! – les cibles principales.

 

Des cénacles se sont créés, comme la fondation Saint-Simon, créée par François Furet, avec des universitaires, des patrons de l’industrie et de la banque comme Roger Fauroux, Jean Peyrelevade, des journalistes, etc.

 

Ils ont activement organisé ce basculement vers la droite du champ politico-intellectuel en combattant la pensée de gauche – François Furet n’avançait pas masqué, puisque sa référence était Raymond Aron. Le Parti socialiste (PS) a été l’un des acteurs et des vecteurs de ce glissement organisé vers la droite. Si vous remplacez la notion de classe sociale, l’idée de mobilisation sociale et l’idée pourtant élémentaire qu’un parti de gauche doit s’appuyer sur ces réalités et sur ces processus, et doit représenter les ouvriers, les précaires, les chômeurs, et porter leur voix dans l’espace public, si tout cela est ignoré, repoussé et combattu idéologiquement, qui va se reconnaître dans ces partis de gauche ?

 

Pierre Bourdieu m’avait dit au milieu des années 1990 : « Ce pur produit de l’ENA [École nationale d’administration] qu’est François Hollande, se faisant élire à Tulle, ça veut dire le FN à 20 % dans dix ans. »

 

  • Que des technocrates élus sous l’étiquette PS dans des régions ouvrières développent des politiques néolibérales destructrices pour les vies des gens qui les ont élus, cela crée de la colère, de l’abstention, et finalement le vote contre ces gens-là.

 

Si les partis de gauche ne représentent plus, ne soutiennent plus, ne se font plus les porte-voix des ouvriers, des précaires, dans la sphère publique, alors ceux qui sont ainsi abandonnés ne votent plus à gauche, ils s’abstiennent ou votent FN. J’ai observé comment quasiment toute ma famille est passée en moins de dix ans d’un vote communiste à un vote FN.

 

En écrivant Retour à Reims, je me suis aperçu, par exemple, que c’était devenu aussi naturel pour un de mes frères de voter FN que pour mes parents de voter communiste autrefois. Il n’y a pas eu de transmission d’héritage politique, si ce n’est un héritage de révolte, de colère contre la situation qui est faite aux subalternes, et du vote comme moyen collectif de protestation. Le contenu du vote a changé, mais le geste est le même.

 

  • Si la gauche avait été du côté de Bourdieu au moment de la grande grève de décembre 1995, et pas du côté des cénacles qui la dénonçaient et qui insultaient les grévistes et les intellectuels qui la soutenaient, si elle avait soutenu et représenté les mouvements sociaux au lieu de les combattre, nous n’en serions pas là.

 

Les journalistes ont aussi une part de responsabilité. Libération employait contre Bourdieu des vocables que ce journal n’employait même pas contre Le Pen. Dans The Class Ceiling : Why It Pays to Be Privileged, de Sam Friedman et Daniel Laurison, il y a un tableau qui montre que les professions dont l’accès est le plus réservé aux classes supérieures, c’est la médecine puis le journalisme. Cette homogénéité ne peut pas ne pas avoir de conséquences. Cela explique évidemment le soutien de la presse à Emmanuel Macron en 2017 : l’affinité des habitus l’emporte sur les différences de surface.

 

 

 

- Finalement, nous aurions pu vivre en France un scénario à l’italienne, c’est-à-dire une disparition de la gauche ?

Didier Eribon : C’était programmé, en effet. Le PS a renoncé depuis longtemps à faire vivre la pensée de gauche. À la parution de mon livre sur la révolution conservatrice, Christian Paul m’avait dit vouloir créer des ateliers pour réinventer cette pensée. Le premier invité était Alain Finkielkraut, et le deuxième était Marcel Gauchet. Réinventer la gauche avec des idéologues aussi réactionnaires ! Vous voyez où on en était.

 

Il est évident que quelque chose se jouait à ce moment-là. Le PS s’est de plus en plus dissocié à la fois des classes populaires d’un côté, et des intellectuels de gauche de l’autre. C’est devenu un parti d’énarques dont les références intellectuelles se situent très, très, très à droite.

 

Ça a commencé sous Jospin, et l’aboutissement de tous ces processus a été la présidence Hollande, élu contre Sarkozy. Son secrétaire général adjoint était Emmanuel Macron, devenu son ministre de l’économie.

 

Rétrospectivement, on se dit : si le ministre de l’économie d’un gouvernement qui se disait de gauche à ce moment-là était Emmanuel Macron, comment aurait-il pu être possible que les classes populaires se reconnaissent dans le PS ? Le divorce, qui était déjà bien entamé, allait devenir un gouffre. C’était évident. Hollande n’a même pas pu se représenter.

 

Puis la droite a soutenu Macron, aux côtés de tous les hiérarques socialistes, préoccupés par leurs postes : on a vu Olivier Véran et Muriel Pénicaud gouverner avec Bruno Le Maire et Gérald Darmanin. S’ils peuvent cohabiter dans un même gouvernement, c’est qu’ils pensent tout simplement la même chose. Ils sont les mêmes : des représentants des classes supérieures qui regardent le monde social d’en haut et imposent leurs décisions. Tout cela a provoqué chez les électeurs de gauche un sentiment profond de révolte, de fureur même…

 

  • L’effondrement du PS est l’aboutissement de cette droitisation. Et l’aboutissement logique de cette séquence, c’est Macron, l’enfant idéologique de François Hollande et de la technocratie néolibérale qu’il avait épousée en noces publiques en édictant la loi Travail, et autres mesures du même genre.

 

 

Macron est l’incarnation de cette séquence historique. Il n’a pas de talent particulier : il est un effet, un produit de ces processus historiques. Il n’y a plus besoin d’un PS néolibéral, oxymore qui se retrouve condensé dans sa personne. Et la vraie droite et la fausse gauche réunies dans leur programme commun.

 

C’était le projet de la fondation Saint-Simon dans les années 1980. Réunir droite et gauche au « centre », ce qui veut dire à droite.

Au fond, Furet et Rosanvallon étaient les prédécesseurs de Blanquer et Vidal, avec leur assaut contre la pensée critique, qui représentait à leurs yeux une menace pour la « cohésion sociale », le « pacte social », la « rationalité gouvernementale », la « modernité économique », et toutes ces notions qui ressortissent à une perception bourgeoise, conservatrice et autoritaire de la vie politique. Bourdieu était leur cible principale. On voit aujourd’hui le beau résultat de leurs agissements délétères.

 

 

 

- Jean-Luc Mélenchon a-t-il réussi à faire dérailler durablement ce scénario à l’italienne programmé depuis les années 1980 ? Est-il de nature à desserrer l’étau qui nous enferme dans l’alternative entre l’extrême droite et l’extrême libéralisme de Macron ?

Didier Eribon : C’est l’autre phénomène le plus frappant de cette élection de 2022 : la dynamique qu’a su créer Jean-Luc Mélenchon en mobilisant les énergies à gauche, sur un programme élaboré. Ce succès est insuffisant, mais tout de même incroyable. Il faut s’interroger sur ce que ça peut signifier pour les possibilités futures de recréer une dynamique de gauche.

 

Sartre dit, dans un entretien, qu’il y avait une puissante force collective de transformation sociale en mai 1968, qui s’est effondrée quand chacun s’est retrouvé dans l’isoloir, le 30 juin. Le régime gaulliste a été sauvé par les votes des millions de travailleurs dont les grèves l’avaient si brutalement ébranlé.

 

Au fond, le PS des années 1980, 1990, 2000 a rêvé, comme la droite, d’un 30 juin permanent, c’est-à-dire de la fin de la protestation sociale et la soumission des gouvernés aux décisions des gouvernants. Ce à quoi il est urgent et nécessaire d’opposer un « Mai 68 » permanent ou en tout cas un « esprit de 68 ».

 

Je pense que les mouvements sociaux de ces dernières années ont réinventé une dimension collective de la perception de soi. La violence de la répression subie par ces mouvements a accentué cette dimension collective. Et, cette fois-ci, Mélenchon a su faire passer l’idée qu’une dynamique de gauche était encore possible dans les manifestations, mais aussi à travers le vote, pensé comme un acte de regroupement, de reconstitution d’une force qui va compter, qui va peser. On n’est plus les objets de la décision politique, on redevient des sujets.

 

Olivier Masclet a écrit un livre important sur la manière dont la gauche n’a jamais su s’intéresser aux énergies dans les quartiers populaires (La gauche et les cités. Enquête sur un rendez-vous manqué, 2006 – ndlr[3]). La gauche a méprisé, oublié les habitants de ces quartiers. Ils ne vont plus voter. Mélenchon a su les respecter, les défendre, les soutenir et leur faire considérer qu’ils pouvaient se faire entendre dans l’espace public par le moyen de leur vote.

 

On voit ce qui s’est passé à Marseille, à Roubaix, ou en Seine-Saint-Denis : une bonne partie du vote des quartiers populaires s’est portée sur son nom. Il a mobilisé un électorat qui ne votait plus. Mélenchon, malgré toutes les critiques que je peux lui faire, a réussi à recréer une dynamique de gauche.

 

 

- Mais est-ce durable ? Mélenchon a fait des scores importants dans l’ancienne ceinture rouge de la banlieue parisienne, où le PCF n’existe plus. Mais La France insoumise (LFI) n’a pas les structures partisanes du PCF de la grande époque…

Didier Eribon : Il est entouré d’une équipe de gens très talentueux, dont j’admire le travail et l’engagement. Maintenant, il est vrai qu’ils n’ont pas beaucoup de mairies, ni d’implantation dans des structures stables comme le PCF ou le PS, dans les régions ouvrières du Nord, en avaient autrefois. J’imagine que les Insoumis s’en préoccupent. À lire aussi Jean-Luc Mélenchon a rassemblé plus de 22 % des suffrages au niveau national et réalisé une percée spectaculaire dans les grandes villes et les banlieues alentour[4].

 

Quand le meeting, la manifestation, l’élection s’arrêtent, il faut faire perdurer la mobilisation dans le « pratico-inerte », selon le mot de Sartre, rappelé par Geoffroy de Lagasnerie dans Sortir de notre impuissance politique : c’est-à-dire dans la vie quotidienne, sur les lieux de travail, dans les quartiers, etc.

 

Ce n’est pas simple. Et je ne donne pas de leçons. Je sais que cela ne se décrète pas. Il faut aussi que des gens le veuillent et le puissent, alors qu’ils ont des préoccupations quotidiennes plus urgentes. Le vote ouvrier (blanc et non diplômé) du Nord et de l’Est est d’ailleurs allé globalement davantage à Marine Le Pen, alors que celui des jeunes urbains des villes universitaires (Nantes, Grenoble…) est allé à Mélenchon. Ce sont des blocs importants, dans les deux cas, la question étant pour la gauche de savoir comment les rapprocher, les réconcilier.

 

 

 

- Cette composition de son électorat ne donne-t-elle pas finalement raison au rapport de Terra Nova sorti en 2011 (« Gauche : quelle majorité électorale pour 2012[5] »), dans lequel on lisait : « La classe ouvrière n’est plus le cœur du vote de gauche, elle n’est plus en phase avec l’ensemble de ses valeurs. » L’électorat de Mélenchon, urbain, jeune, diplômé, ne confirme-t-il pas ce rapport, malgré lui ?

Didier Eribon : Pour moi, ça ne donne pas du tout raison à Terra Nova, car leur rapport concluait qu’il ne faut plus s’occuper des classes populaires, qu’elles seraient définitivement perdues. Si vous voulez seulement vous occuper du féminisme, de l’écologie et du mouvement LGBT (et je n’ai pas besoin de préciser à quel point ces mouvements sont importants à mes yeux), délaissant les questions sociales, vous laissez des pans entiers de la société en déshérence politique, sans cadre pour se penser, et qui finissent par voter FN, ou qui continueront à le faire...

 

Ce rapport était un signe supplémentaire que la bourgeoisie socialiste cherchait à justifier son effacement des questions ouvrières. David Gaborieau, un sociologue qui travaille sur les métiers de la logistique et les entrepôts d’Amazon, montre bien qu’il y a une classe ouvrière nouvelle, qui ne ressemble pas à celle des années 1950 ou 1960.

 

Il suffit de voir le film de Ken Loach, Sorry We Missed You, pour le comprendre. La classe ouvrière aujourd’hui, c’est, pour une bonne part, le livreur Amazon et l’aide à domicile. Mais sans la grande usine, comment se mobiliser ? Il n’y a plus de lieu où peut se créer la solidarité de classe.

 

  • Au lieu de les effacer du paysage intellectuel et organisationnel de la gauche, il faut au contraire les y intégrer en multipliant et renforçant les organisations syndicales et politiques qui offrent à cette nouvelle classe ouvrière les moyens de se penser comme sujet politique collectif.

 

 

- Vous plaidez pour le retour d’un discours de classe ?

Didier Eribon : La classe ouvrière est une réalité économique et objective. Mais c’est aussi une production discursive performative. Il y a des classes sociales, parce que Marx a dit qu’il y avait des classes, et la théorie, en proposant une perception du monde, façonne la réalité et notamment celle des luttes.

 

Il faut repenser, retravailler ces cadres théoriques qu’on ne peut jamais tenir pour acquis et définitifs. La réalité change. La théorie doit changer. La grande tâche de LFI est d’élaborer un tel cadre théorique, qui donne un cadre politique pour se penser soi-même comme une force collective de gauche.

 

Quand le PCF faisait ses meilleurs scores (plus de 20 % des voix), c’étaient à peu près 30 % à 40 % des ouvriers qui votaient pour lui, et les autres, c’étaient des enseignants, des employés, le monde de la culture, etc... Pourtant, ce parti se présentait comme le parti de la classe ouvrière et, d’une certaine manière, il l’était effectivement. Il l’était pour mes parents, ma famille, des millions d’autres, même si de nombreux ouvriers votaient à droite.

 

Le cadre discursif produit performativement le creuset, le foyer politique, dans lequel un « bloc », pour parler comme Gramsci, constitué de catégories différentes, peut s’agréger.

 

Et je ne pense pas que le concept central puisse en être la notion de « peuple ». Je n’adhère pas à l’idée d’un « populisme de gauche », même dans la version éminemment sophistiquée et séduisante qu’en propose mon amie Chantal Mouffe.

 

L’idée de « peuple » ne peut pas venir remplacer l’idée de classe, même s’il s’agit d’articuler les « équivalences » entre différents mouvements – classe, genre, race, écologie... La notion de « peuple » peut paraître combler les manques de la notion de classe mais elle revient à dire qu’une demande sociale ne devient politique que si elle se réfère à une notion commune de « peuple » et se transcende dans cette notion.

 

Il me semble qu’il faut au contraire penser la multiplicité, la spécificité et l’autonomie des mouvements, chacun ayant ses traditions, ses revendications, ses formes d’organisation, ses divergences internes… Disons que ce serait déployer une activité critique généralisée, tant théorique que pratique, pour défaire les différentes formes instituées de pouvoir et de domination.

 

La notion de « peuple » construit la politique en référence à une identité fictive, alors que, selon moi, il faut ancrer la politique dans les expériences et les identités vécues, les oppressions concrètes…. Et il incombe aux organisations politiques telles que LFI d’essayer de « travailler avec » tous ces mouvements pour proposer des débouchés politiques effectifs. Cela s’appelle la gauche. Une démarche de gauche.

 

 

- À l’aune de la campagne de Mélenchon en 2022, peut-on dire que le « moment populiste » de 2017 est terminé ?

Didier Eribon : Je ne sais pas. Il peut prendre d’autres formes. Ou resurgir plus tard ou ailleurs. Et cela peut toujours avoir des effets mobilisateurs. Mais l’essentiel pour moi n’est pas là. Je crois qu’opposer le « peuple » à la « caste », ou à l’ « oligarchie », n’est pas une stratégie pertinente ni viable à long terme.

 

On voit ce que ça a produit en Espagne, où les fascistes de Vox sont à 18 %, en prétendant défendre le « peuple », et Podemos à 10 ou 11 %. L’idée de peuple est dangereuse à manipuler. Marine Le Pen peut très bien elle aussi opposer le « peuple » à « l’oligarchie ». Si « peuple » est un « signifiant vide », comme le disent Laclau et Mouffe, on peut hélas y mettre ce qu’on veut, et cela ne correspond pas toujours aux souhaits agréables de ces deux auteurs.

 

Il est plus difficile pour l’extrême droite de se réclamer d’une idée de « classe ouvrière » organisée, de mobilisations sociales ancrées dans une perspective de justice sociale, de solidarité collective, de protection sociale, d’égalité, de développement des droits sociaux…

 

Un des défis de LFI est de construire un cadre qui puisse rendre compte des transformations de la classe ouvrière : la précarisation, le chômage… Comment s’adresser au père ou à la mère d’Édouard Louis, qui sont au RSA et qu’on menace de radier s’ils ne reprennent pas un travail, alors qu’ils ont le dos brisé, les articulations usées, et qui ont souvent voté FN ? Il faut justement leur donner un moyen de s’exprimer qui ne passe pas par le vote Le Pen. Un programme social comme celui de LFI (l'Avenir en Commun[6])peut contribuer à ce changement.

 

Je suis frappé quand on dit de Mélenchon qu’il est de gauche radicale. Mélenchon a un projet social-démocrate classique. Dans " L’Esprit de 45[7] ", Ken Loach montre bien ce qu’était le projet des travaillistes britanniques après la Deuxième Guerre mondiale : création de services publics dans tous les secteurs, nationalisations… C’est ce projet, largement réalisé, que la droite s’est acharnée à détruire par la suite avec le thatchérisme, et qu’aujourd’hui on considérerait comme extrémiste, quasiment soviétique.

 

  • Mélenchon ne pourrait même pas envisager d’aller si loin. Celui qui a un programme extrémiste, c’est Macron, il est du côté du thatchérisme, de la violence sociale du néolibéralisme.

 

 

- L’électorat de Mélenchon se divise sur l’attitude à avoir au deuxième tour. Il a donné pour consigne de ne pas donner une seule voix à l’extrême droite, mais ça ne suffira peut-être pas…

Didier Eribon : Tous mes amis ont voté pour Mélenchon et, évidemment, personne ne songe, même une seule seconde, à voter Marine Le Pen. Cela va de soi. Certains vont se résigner à voter Macron, malgré le dégoût profond qu’il leur inspire…

 

Mais nous ne sommes pas représentatifs de l’électorat de Mélenchon, et il est possible que la colère contre Macron soit si forte que certains dans d’autres catégories sociales soient prêts à faire n’importe quoi pour le lui faire savoir.

 

 

Plusieurs de mes amis vont s’abstenir. Et c’est ce que je vais faire aussi. Il m’est difficile de voter pour quelqu’un qui, à chaque fois que j’ai voulu exprimer mon opinion, m’a envoyé la police la plus violemment répressive, m’a asphyxié dans des nuages de gaz lacrymogène, a terrorisé des gens pour qu’ils ne manifestent plus. Selon l’Observatoire des street-médics[8], il y a eu 28 000 blessés dans les manifestations entre fin 2018 et début 2020. Le bilan du macronisme est effarant.

 

Et puis, il ne faut pas inverser les responsabilités. J’ai soutenu les grèves de 1995, j’ai manifesté contre la loi Travail, contre les réformes des retraites, j’ai soutenu l’hôpital public, j’ai prévenu que la destruction des services publics et l’appauvrissement et la précarisation des plus pauvres allaient faire monter l’extrême droite.

 

Depuis 30 ans, je « fais barrage ». J’ai écrit avant le premier tour de 2017 que voter Macron aurait pour résultat inéluctable de faire monter Le Pen. J’avais raison. Ceux qui nous ont combattus, insultés, réprimés sont les responsables de la situation actuelle. Les responsables, ce sont ceux qui ont installé le macronisme, soutenu cette politique ! Pas moi !

 

J’ajoute que ceux qui voulaient faire barrage à Marine Le Pen avaient un moyen très simple : voter pour Mélenchon au premier tour. Il lui a manqué un point. Et je n’oublie pas que ceux qui viennent donner des leçons aujourd’hui allaient jusqu’à proclamer que, en cas de deuxième tour entre Mélenchon et Le Pen, ils s’abstiendraient, ou même iraient jusqu’à voter Le Pen. Je n’invente rien !

 

  • Et ils viennent nous dire désormais que s’abstenir, c’est être complice de Le Pen, alors qu’ils étaient prêts à voter pour elle, il y a encore quelques jours ? On croit rêver.

- La possible victoire de Marine Le Pen, alors qu’on sait ce qu’elle ferait si elle arrivait au pouvoir, ne vous oblige-t-elle pas, justement, à faire barrage malgré tout ?

Didier Eribon : Je pense vraiment qu’il y a fort peu de chances pour que Le Pen puisse gagner cette élection. Le risque est très faible, quasiment inexistant. On essaie de nous faire peur pour augmenter le score de Macron afin qu’il puisse ensuite affirmer que son projet a été soutenu par un grand nombre d’électeurs.

 

Et dès qu’il sera élu, il reprendra sa politique de démolition, et accueillera tous ceux qui voudront protester avec des charges policières, des grenades lacrymogènes, des « balles de défense », provoquant à nouveau blessures et mutilations.

 

  • Ce n’est donc pas seulement que je ne veux pas voter pour Macron, c’est que je ne peux pas. La politique de classe qu’il incarne me révulse. Il a fait barrage aux mouvement sociaux, aux revendications syndicales, aux demandes sociales.
  • Il a fait barrage aux libertés publiques, à la démocratie. Il nous dit qu’il va changer, qu’il va écouter, mais c’est évidemment une obscène plaisanterie. Comment pourrait-il changer ?
  • Non, sauf dans le cas tout à fait improbable où les sondages indiqueraient qu’il existe un danger réel, je ne voterai pas pour lui.

 

 

--------------------------------

 

- François Ruffin, député France insoumise

Les campagnes de la Somme ont voté, hors Amiens, à 61% pour Marine Le Pen. Alors, on fait quoi ? On les abandonne au RN ? Non, on relève le gant, ici et ailleurs. Sur le papier, électoralement, je suis mort ! Et pourtant, on va ressusciter, et pourtant, à la fin, c'est nous qu'on va gagner !

 

 

- Retrouvez la conférence des #AMFIS2022 intitulée : « Qui a voté pour l’extrême droite en 2022

 « Qui a voté pour l’extrême droite en 2022 ? », avec :
• Alexis Corbière, député LFI-NUPES
• Boris Bilia, statisticien et co-animateur d’Intérêt général
• Gala Kabbaj, chercheuse, en charge du programme Stratégies contre l’extrême droite de Transform!
• Lucie Delaporte, journaliste à Mediapart, spécialiste de l’extrême droite

 

Didier Eribon : « Mélenchon a mobilisé un électorat qui ne votait plus »
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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 22:42
Présidentielles 2022 : ne cédons pas à la déception... la lutte continue !

Il ne faut pas donner une seule voix à madame Le Pen, et... les législatives seront le 3éme tour des présidentielles ! !

 

 

Sources : Patrick Job |  Mis à jour le 23/04/2022

- Une nouvelle page du combat s'ouvre.
Résultats du premier tour des élections présidentielles à 11 h 37 le 11/04/2022[1] :

Macron 27,84% ; Le Pen : 23,15% ; Mélenchon : 21,95 % ; Zemmour : 7,07% ; Pécresse : 4,78% ; Jadot : 4,63% ; Lassalle : 3,13%  ; Roussel : 2,28% ; Dupont-Aignant : 2,06% ; Hidalgo : 1,75% ; Poutou : 0,77% ; Arthaud : 0,56%

M. Jean-Luc MÉLENCHON : 7 714 949 voix pour 21,95 % (il a manqué 421 420 voix, soit 1,2% pour être au 2iéme tour victime d'une abstention de 11 892 648 d'électeurs en hausse de 1 314 193 voix et 2.91 % sur 2017)

 

  • Rappel des résultats du premier tour des présidentielles de 2017

M. Jean-Luc MÉLENCHON : 7 059 951 voix pour 19,58 % (il avait manqué 618 540 voix pour être au 2iéme tour malgré une abstention de 10 578 455 électeurs)

Résultats de l'élection présidentielle 2017

 

- Pour 1.46 %, (soit 504 306 voix) Jean-Luc Mélenchon, 3ème , ne participera donc pas au deuxième tour.

Exit les propositions de l'AEC. C'était le pronostic préféré des sondeurs et des médias au service des milliardaires.

  • Pour autant, pas une voix insoumise n'ira au deuxième tour au fascisme !
  • Pas une voix de l'Union Populaire pour Le Pen et le Rassemblement National !
  • Pas de xénophobie. Pas de préférence nationale !

 

Pourtant, les propositions contenues dans l'Avenir en commun, la lutte réelle contre le réchauffement climatique, un meilleur partage des richesses, la retraite à 60 ans, l'augmentation du SMIC, l'éradication de la grande pauvreté, la défense et l'extension des services publics, etc. étaient majoritaires dans le pays.

 

Pourtant, notre campagne ne nous laisse aucun regret et au contraire une grande fierté. Au quotidien, des milliers de discussions dans les porte à porte, sur les marchés, des distributions de tracts, des collages d'affiches. Nos meetings, grands ou petits, avec ou sans notre candidat, ont été tous de grandes réussites. Ils avaient permis de lancer une belle dynamique qui aurait pu aller au bout.

 

Pourtant, Jean-Luc Mélenchon, notre candidat, bien qu'il ait été comme d'habitude, caricaturé, son image tordue pour en faire un personnage agressif, toujours à la bouche ouverte et grimaçante, éructant, accusé de tous les maux, antisémite, islamo-gauchiste, ami des dictateurs, clivant, à l'ego sur-dimensionné, a été un excellent porte-parole des intérêts populaires, un très bon tribun.

 

 

- Alors que s'est-il passé ?

Il l'a dit,... il ne l'a pas fait !

Nous n'avons tout simplement pas su convaincre assez d'électeurs d'aller voter pour nos propositions. Peut-être encore trop ont-ils pensé qu'elles n'étaient pas réalisables. Nos opposants libéraux ne l'ont-ils pas répété jusqu'à plus soif : une autre politique que la leur, ce n'est pas réaliste !

  • Est-ce pourtant la fin de l'histoire ?

Préparons-nous à souffrir dorénavant mille maux supplémentaires.

Il n'y aura dorénavant personne parmi nos futurs gouvernants, que ce soient des “Macron“ ou des “Le Pen“  pour lutter contre le dérèglement climatique. Personne à agir pour une meilleure répartition des richesses. Nous devrons travailler plus, plus longtemps et bénéficier de moins en moins de services publics. L'hôpital, l'Enseignement, seront encore plus privatisés. La police sera chargée des basses œuvres et la démocratie continuera de se dégrader.

  • Laisserons-nous faire ?

Évidemment non ! Les luttes sociales continueront.

Elles devront même s'amplifier face aux désastres annoncés. Elles compteront sur l'appui des députés de l'Union populaire que vous allez devoir envoyer à l'Assemblée Nationale le plus nombreux possible.

Une force nouvelle est née en effet : l'Union populaire sur laquelle doivent pouvoir s'appuyer les nécessaires luttes à venir .

 

Pour cela, votez et faites voter partout pour les candidats de l'Union Populaire aux élections législatives de juin.

 

 

- Sociologie de l'électorat selon l'âge, rapporté au nombre d'électeurs

On a tout sous les yeux !
Les jeunes 18/34 ans sont ceux qui ont le plus voté pour le candidat de l'#UnionPopulaire, Jean-Luc Mélenchon (voir la ligne rouge)
Or, selon la ligne en jaune qui concerne l'abstention, témoigne que ce sont les mêmes 18/34 ans qui se sont le plus abstenus pour le plus grand plaisir du couple Macron/Le Pen.

 

 

 

🔴 Pour accéder à UNE ANALYSE détaillée DES RÉSULTATS DU 1ER TOUR DES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES 👉 ICI

 

 

-  La lutte continue ! - Discours de Jean-Luc Mélenchon après le 1er tour

Une nouvelle page du combat s'ouvre. Vous l’aborderez, nous l’aborderons dans la fierté du travail accompli.

Cette force immense que nous avons construite de nos mains tant de fois sous le mépris et les insultes, mais elle est là. Et pour chaque étape, elle est là si vous décidez de la préserver, de l'entourer comme vous l'avez fait jusqu'à cette heure en dépit de tout.

 

Ce matin, il faisait beau à Marseille. Sur la mer fuyante, les rayons du soleil bondissaient d'une vague à l'autre. Ce matin, tandis que je me préparais à entrer dans cet événement dont je ne savais rien, me sont arrivés bientôt les échos de l'Oyapock, frontière française sur le Brésil. Et puis ceux du Maroni. Et puis ceux de la Martinique. Et puis ceux de la Guadeloupe. Et puis ceux de la Réunion. Qui dès le premier tour, dès le premier tour, m’élisaient pour leur Président. Et j'ai vu dans leurs décisions ce qu'elles signifiaient pleinement et entièrement. L'état dans lequel se trouvent la patrie et son peuple sur tous les points du territoire : un état d'exaspération et le sentiment d'être entré dans un état d'urgence écologique, social et maintenant, encore une fois, nous le voyons ce soir, un état d'urgence politique. 

 

Car le tableau, le tableau que vous avez sous les yeux, tel qu'il a été voulu non de notre fait, ni même du fait du peuple français, mais des institutions de la cinquième République et de cet étrange système de tirage au sort qui aboutit à vous demander de choisir entre deux maux dont vous vous sentez à la fois qu'ils sont terribles pour vous mêmes et qu'ils ne sont pas de même nature. Et chacun d'entre vous se trouve mis au pied du mur de sa conscience, de la décision qu'il doit prendre. C'est la condition humaine d'être sans cesse confronté à des décisions qui sont souvent difficiles à prendre. 

 

  • Eh bien, la dernière fois, que s'est-il passé ? Je vous ai dit ce que je vous redirai. Non, je connais votre colère, mes compatriotes, vous tous dont j'ai parlé il y a quelques instants. Je connais votre colère. Ne vous abandonnez pas à ce qu'elle vienne à vous faire commettre des erreurs qui seraient définitivement irréparables.
  • Tant que la vie continue, le combat continue ! Et c'est mon devoir de vous dire, comme étant le plus ancien d'entre vous, que la seule tâche qu'on a à se donner, c'est celle qu’accomplit le mythe de Sisyphe : la pierre retombe en bas du ravin, alors on la remonte.
  • Vous n'êtes ni faibles, ni sans moyens. Vous êtes en état de mener cette bataille, et la suivante, et la suivante autant qu'il y en aura. Regardez-moi : je n'ai jamais lâché prise, je n'ai jamais cédé, je n'ai jamais baissé le regard et c'est de cette façon-là que nous avons construit cette force.

 

Alors maintenant, c'est à vous de faire. Dans la bataille qui arrive, nous avons constitué le pôle populaire. Parce qu'il était là, toutes sortes de gens ont pu prendre appui dessus pour faire un vote et nous amener jusqu'à ce point.

 

Les batailles arrivent devant vous. Ne commettons pas l'erreur de nous fourvoyer à peine entrés sur le chemin.

Nous savons pour qui nous ne voterons jamais. Et pour le reste, comme je vous l'ai dit il y a cinq ans. Vous souvenez-vous qu'il y a eu quelques dégâts après notre déclaration ? Pour qui prendrait-on les Français ? Ils sont incapables de savoir quoi faire ? Ils sont capables de décider ce qui est bon pour le pays. Jamais nous ne perdrons notre confiance dans la démocratie. Donc vous ne devez pas donner une voix à madame Le Pen.

 

Alors je le sais bien, je répète parce que des fois, il arrive que même quand je dis les choses, c'est comme si je ne les avais pas dites. Alors je recommence à cet endroit du film : il ne faut pas donner une seule voix à madame Le Pen. Il ne faut pas donner une seule voix à madame Le Pen. Il ne faut pas donner une seule voix à madame Le Pen. Voilà, je crois que le message pour cette partie a été entendu. Alors maintenant, qu'allons nous faire ? On va ouvrir la page et les 310 000 personnes qui m'ont parrainé donneront leur point de vue. 

 

Ceci posé, ne nous cachons pas la violence de la déception. La violence de la déception, elle est d'abord en pensant à tout ce qui aurait été entrepris et qui ne le sera pas. Et ceci plus que le reste me cuit. Ce que je me préparais à faire, ce que je croyais immédiatement à portée de main, les belles équipes dont nous disposons et qui étaient prêtes à se déployer pour assumer toutes les tâches qu'il y avait à assumer.

  • Oui, c'est une déception. Mais en même temps, comment se cacher ?
  • Je suis comme vous, entre les deux. Comment se cacher aussi la fierté du travail accompli ?
  • Le Pôle populaire existe. Si nous n’y étions pas, que resterait-il ? Qu’aurions-nous ? Rien.
  • Et nous avons construit cette force(...). La lutte continue. La lutte continue.

 

Présidentielles 2022 : ne cédons pas à la déception... la lutte continue !
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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 11:58
Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !

La Russie a lancé son opération militaire en Ukraine  : Jean-Luc Mélenchon a prévenu pendant 10 ans[3bis] !

 

et Anne Hidalgo, Yannick Jadot, sont en campagne et s'agitent !
Un adversaire unique pour exister, qui à leurs yeux serait pro-Poutine
[1][2][2bis]... Jean-Luc Mélenchon !
Dans le même temps, les perroquets médiatiques répètent eux aussi en boucle la même chanson pour le salir !
Or, depuis des années (ci-dessous je remonte à 2012), Jean-Luc Mélenchon critique et s'oppose au poutinisme.
Ça suffit ! Mélenchon président défendra l'intérêt de la France, l'intérêt général humain, la paix !
Quand Jaurès refusait la guerre, on le traitait d’« agent du parti allemand
[3»... quand Jean-Luc Mélenchon défend une France non-alignée au service de la paix, les apprentis de la géopolitique pour les nuls, à la peine dans leur campagne électorale, le traitent de " pro-Poutine "...
L’acharnement de ceux qui utilisent la guerre pour taper sur Jean-Luc Mélenchon ne trompe pas les Français.
Si Poutine est évidemment responsable de la situation, une majorité de Français pense que l’OTAN aussi
[4]...
Le candidat de l'#UnionPopulaire, Jean-Luc Mélenchon est considéré comme le candidat le plus à la hauteur des événements.

 

 

Sources : Durand Eric | mis à jour le 09/03/2025

- Quand en 2014, Jean-Luc Mélenchon annonçait qu'il y aurait la guerre en Ukraine

 

- Quand le 17 mai 2018, Jean-Luc Mélenchon alertait sur le risque de guerre en Europe

Il soulignait que la paix est un objectif et une construction politique. Il rappelait l’importance de l’indépendance de la France pour pouvoir être utile au service de la paix. Il appelait à ne pas mettre le doigt dans l’engrenage qui pourrait conduire à une guerre entre l’OTAN et la Russie.

 

Une vidéo utile à revisionner aujourd'hui alors que la guerre de Poutine en Ukraine a montré la fragilité de la paix en Europe et la difficulté à y revenir une fois l'attaque lancée.

 

  • et plus globalement... Poutine, Russie, Ukraine : ce que dit Mélenchon depuis 10 ans (cliquez sur l'image 👇)

 

Mélenchon : 10 ans d'alerte sur la Russie et l'Ukraine !

 

 

- Alors Jean-Luc Mélenchon ami, aficionado de Poutine ?

 

 

 

- Et maintenant que c'est la guerre, le 24 février, invité de l'émission spéciale de France 2 sur la situation en Ukraine Jean-Luc Mélenchon a fait une proposition simple pour sortir du conflit par le haut

4 ième jour de combat en Ukraine[6]  Plus de trois jours après le début de l’offensive lancée par Vladimir Poutine en Ukraine, des milliers de personnes fuient leur pays. D’autres ont décidé de prendre les armes ou même de faire face aux chars russes à mains nues.

 

En France, Jean-Luc Mélenchon (candidat aux élections présidentielles 2022) a expliqué que s'il était président de la République, il ferait la proposition d'un cessez-le-feu en Ukraine, d'un retrait des troupes russes et de l'engagement d'une discussion sur la neutralité de l'Ukraine

 

Cette proposition a été reprise ce vendredi 25 février par les proches du président de la République ukrainienne, monsieur Zelensky[7]. L'un de ses conseillers se dit notamment prêt à engager des discussions avec Poutine sur la neutralité de l'Ukraine. Côté russe aussi, ces discussions sont souhaitées, même si pour l'heure les conditions posées à l'Ukraine pour une discussion équivalent à une reddition pure et simple. 

 

On le voit : sur ce sujet encore, Jean-Luc Mélenchon propose une solution de règlement du conflit par le haut. En 2022, il faudra choisir un président de la République qui a été capable de prévoir les dangers qui pesaient sur la paix, et a proposé des solutions diplomatiques pour éviter le passage à un conflit armé comme on en connaît aujourd'hui.  

 

 

- Ukraine : Jean-Luc Mélenchon et Hubert Vedrine font la même proposition pour cesser la guerre

 

- 22 février 2022 : Les Russes doivent quitter l'Ukraine

Le jeudi 24 février 2022, Jean-Luc Mélenchon réagissait à l'invasion russe en Ukraine.

  • Il a dénoncé un évènement qui « change le cours de l’Histoire en Europe », et constitue un recul alors que le recours à la force n’était plus considéré comme un des moyens de régler les conflits en sur le vieux continent. Il a appelé à ne pas mollir dans le soutien à l’Ukraine.
  • Il a répété sa position : le non-alignement de la France. Il a expliqué qu'un pays non-aligné pouvait être un acteur de paix, sans que cela signifie la neutralité de la France. 
  • Il a appelé à un retrait des Russes de l'Ukraine, à un cessez-le-feu et à la tenue d'une discussion sur la sécurité en Europe dans le cadre de l'OSCE. Il a aussi dit que les sanctions contre la Russie pouvaient avoir du sens mais qu'elles seraient sans doute inutiles compte tenu de leur inefficacité dans le passé, notamment après la crise en Crimée.
  • Il a expliqué qu'il fallait accepter d'entrer dans le vif du sujet : discuter des garanties pour la sécurité de la Russie et des Européens, même si cela avait pour préalable le retrait russe de l'Ukraine. 
  • Il a dit que le peuple français devait décider des orientations géopolitiques du pays dans l'élection présidentielle. Il a rappelé le choix qu'il propose : une France non-alignée menant une politique altermondialiste au service de la paix.

 

 

- Discours de Jean-Luc Mélenchon sur la guerre en Ukraine prononcé le 1er mars 2022 à l'Assemblée nationale

Face à la volonté de l'Ukraine d'entrer dans l'OTAN et le non positionnement de l'occident pour dire NON, Poutine a fait le choix de la guerre... pour Jean-Luc Mélenchon, le seul but qui doit nous guider, c’est la paix.

 

Jean-Luc Mélenchon a rappelé qu’il n’y a pas d’alternative.... c’est la guerre totale ou la diplomatie. Par conséquent, le choix est vite fait, la France doit prendre une initiative diplomatique radicale : " Il faut rendre la diplomatie plus profitable que la guerre.

 

  • Jean-Luc Mélenchon appelle à la " proclamation de la neutralité de l'Ukraine ", à laquelle le président #Zelensky s'est dit " officiellement prêt ".

 

- Mais au fait, qui sont les amis à Poutine ?

Il existe des photos des candidats et politiciens qui accusent de Jean-Luc Mélenchon de soutenir Poutine ou de lui faire des courbettes.

En revanche, on n’en a aucune de ou il figure...  par contre, en mai 2018, Jean-Luc Mélenchon a rencontré Sergueï Oudaltsov, leader du Front de gauche de #Russie, emprisonné durant 4 ans et demi à la suite des manifestations de 2012 pour des élections honnêtes.

 

À #Moscou, rencontre avec Sergueï Oudaltsov, leader du Front de gauche de #Russie, emprisonné durant 4 ans et demi à la suite des manifestations de 2012 pour des élections honnêtes

 

  • les amis à Poutine... c'est eux !

 

Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
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Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !

Notes :

[1] Anne Hidalgo : "Jean-Luc Mélenchon est devenu l'allié et le soutien de Vladimir Poutine" 

[2] Delphine Batho, porte-parole de la campagne de Yannick Jadot : " JEAN-LUC MÉLENCHON, JAMAIS EN RETARD D'UNE COMPLAISANCE VIS-À-VIS DE POUTINE "

[2bis] Présidentielle : comment Hidalgo et Jadot utilisent la crise ukrainienne pour attaquer Mélenchon

[3] Jaures agent du parti allemand 

[3bisUkraine : Mélenchon a prévenu pendant 10 ans !

[4] Si Poutine est évidemment responsable de la situation, une majorité de Français pense que l’OTAN aussi...

[5] Jean-Luc Mélenchon est considéré comme le candidat le plus à la hauteur des événements.

[6Crise ukrainienne : la Russie lance une opération militaire, l’Ukraine craint « une grande guerre en Europe »

[7Guerre en Ukraine : la présidence ukrainienne déclare avoir accepté des pourparlers avec la Russie à la frontière avec la Biélorussie

 

Pour en savoir plus :

- Jean-Luc Mélenchon : ce qu'il a vraiment dit sur la Russie, Poutine et la Syrie

- Les Européens hors jeu : Ukraine, pourquoi la crise

- Cœur de l'Europe : Les dirigeants des grandes puissances jouent avec le feu

- Jean-Luc Mélenchon : " Ukraine/Russie : l’UE n’a décidément rien compris "

- En octobre 2013, dans un texte écrit en commun, Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon appelaient à la libération des écologistes emprisonnés en Russie.

- Crise autour de l’Ukraine : l’alignement condamne à la figuration

- « J’ai toujours dit que si on menaçait la Russie, elle passerait les frontières », déclare Mélenchon

- Mélenchon : 10 ans d'alerte sur la Russie et l'Ukraine

Jean-Luc Mélenchon : La comédie ukrainienne

- Jean-Luc mélenchon " Macron : La comédie de Moscou "

- Guerre russe en Ukraine : depuis bientôt 10 ans, Jean-Luc Mélenchon lance l’alerte

- Dés 2017 Jean-Luc Mélenchon mettait en garde, et face au danger de guerre en Europe appelait à sortir de l'OTAN

- Jean-Luc Mélenchon " Je condamne la guerre de la Russie en Ukraine "

- Communiqué de Jean-Luc Mélenchon suite au déclenchement de la guerre russe en Ukraine.

- Crise en Ukraine : Mélenchon accuse l'OTAN d'attiser les tensions

- Ukraine : Mélenchon a prévenu pendant 10 ans

- Attaque de la Russie en Ukraine – Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

- Guerre russe en Ukraine : La France Insoumise renouvelle sa demande de débat à l’Assemblée nationale

- Jean-Luc Mélenchon : Ukraine - Cessez-le-feu, retrait russe : ce que la France doit proposer

- L'OTAN accroît les tensions en Europe, avec le Général Vincent Desportes 

Ukraine : Mélenchon défend la paix à l’Assemblée et marche dans les pas de Jaurès

- Ukraine : Mélenchon propose la neutralité de Kiev

- 2 Mars, Jean-Luc Mélenchon sur l'Ukraine : face à la menace nucléaire, l’urgence c’est la paix

- Ukraine nucléaire – Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

- Jean-Luc Mélenchon le 2 mars 2022 " Ukraine : je veux construire le camp de la paix contre les va-t-en guerre "

- Jean-Luc Mélenchon : " Pendant la guerre, le monde change sous les radars "

- Jean-Luc Mélenchon se désole de l’opacité autour des questions miliaires et de l’absence d’un dialogue sur les décisions prises par l’exécutif. Et demande un débat hebdomadaire au Parlement sur la crise.

- Jean-Luc Mélenchon : La Guerre d’Ukraine doit finir

- Tribune cosignée par Jean-Luc Mélenchon. Guerre en Ukraine : « Nous appelons à redoubler d’efforts diplomatiques pour établir un cessez-le-feu »

« À cette heure, si elle aboutit sur un accord avec la Russie, la manœuvre entreprise par Trump à propos de l’Ukraine sera un coup terrible pour l’Europe. »

- 1 mars 2025 : Tourner la page, c’est passer à la paix générale immédiate pour qu’un autre futur soit possible.

- 2 mars 2025 : UKRAINE. Je renoue déjà avec les joies de la télévision française et de ses chaînes en continu. 

- Jean-Luc Mélenchn : Si tu veux la paix, organise-la !

 

Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 15:34
Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !

Il faut augmenter les salaires pour pouvoir payer le bio...

Le modèle agricole doit changer de A à Z.

 

Primaire populaire, inflation, salaires, retraites, dette Covid…

 

Sources : Sud-Ouest |

- SUD OUEST : Une centaine d’artistes a appelé les candidats de gauche à participer à la primaire populaire. Vous qui ne souhaitez pas y être associé, que pensez-vous de cette initiative ?

Jean-Luc Mélenchon : Je suis choqué par la violence de ces procédés, comme mettre M. Jadot, Mme Hidalgo ou moi-même candidats contre notre gré. Je n’en dis pas plus. Trois cent mille personnes me parrainent, des dizaines de syndicalistes et personnalités. Donc je ne me sens pas concerné par cette initiative.

 

 

- SUD OUEST : Face à l’inflation, vous proposez le blocage des prix alimentaires. Comment défendre cette mesure et une juste rémunération des producteurs ?

Jean-Luc Mélenchon : Il n’y a pas de contradiction. Pour un euro que dépense le consommateur, 8 centimes vont à l’agriculteur. Le blocage sera donc répercuté sur la grande distribution qui baissera ses marges. Nous appliquerons un coefficient multiplicateur qui limitera par combien elle peut multiplier le coût de production réel à la vente. Et il n’y aura pas de vente à perte. Le blocage des prix a déjà été fait par Michel Rocard en 1991[1] sur les carburants et par Emmanuel Macron en 2020 sur les masques et le gel hydroalcoolique.

 

 

- SUD OUEST : Les produits bios sont plus chers. Comment les rendre plus accessibles ?

Jean-Luc Mélenchon : Il faut augmenter les salaires pour pouvoir payer le bio. Le modèle agricole doit changer de A à Z. L’actuel a épuisé la terre et contaminé 99 % des Français aux pesticides. Je veux supprimer le ministère de l’agriculture et le remplacer par un ministère de la production alimentaire. Produire n’importe quoi pour le marché mondial, c’est fini. Il faut produire bien pour manger tous et manger mieux.


 

- SUD OUEST : Dans le Sud-Ouest, les éleveurs de volailles sont confrontés à l’influenza aviaire[2]. Que leur proposez-vous ?

Jean-Luc Mélenchon : C’est la quatrième vague de grippe aviaire. Les élevages hyperintensifs, au-delà de la souffrance animale, facilitent les zoonoses[3], c’est-à-dire le passage des virus des animaux sauvages aux animaux domestiques puis aux êtres humains. Il faut les interdire. Pour l’instant, en France, il n’y a pas d’exemple de passage du virus de la grippe aviaire à l’être humain, mais en Asie oui. Les producteurs doivent se reconvertir. L’État doit le financer.

 

 

- SUD OUEST : Face à l’envolée des prix de l’énergie, le gouvernement a mis en place un bouclier tarifaire. L’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence a touché ses limites ?
Jean-Luc Mélenchon : La démonstration est faite que le marché créé le chaos.

 

 

- SUD OUEST : Emmanuel Macron propose de miser sur le nucléaire avec le développement de mini-réacteurs…
Jean-Luc Mélenchon : Le nucléaire ne nous rend pas indépendants. Nous n’avons pas d’uranium en France[4]. Nous allons le chercher au Kazakhstan, dont le régime a montré ses limites, ou au Niger. D’ici à 2030, le nucléaire sera plus cher que les autres sources d’énergie. Je rétablirai notre indépendance énergétique grâce aux énergies en mer ou à l’hydraulique sur les rivières. Macron veut installer des mini-réacteurs nucléaires ? Qui en voudra près de chez soi ?

 

 

- SUD OUEST : L’éolien est aussi controversé…

Jean-Luc Mélenchon : L’éolien terrestre a du mal à être accepté. Et les gens ont raison de considérer importante la beauté d’un paysage. Mais dans la baie de Saint-Nazaire où ont été installés les premiers modèles d’éoliennes offshore, il n’y a pas de problèmes. Elles se trouvent au large. La mer contient 64 fois l’énergie dont nous avons besoin à terre. C’est incontournable.

 

 

- SUD OUEST : Vous plaidez la hausse du smic. Mais quid des autres salaires ?
Jean-Luc Mélenchon : On a 9 millions de pauvres et 8 millions de personnes à l’aide alimentaire. On ne peut pas vivre avec les revenus actuels. En France, cinq personnes détiennent autant que 27 millions. Il faut donc partager la richesse. Je suis pour la hausse du smic à 1 400 euros net. Quant aux autres salaires, je convoquerai en urgence les négociations annuelles obligatoires avec deux ajustements : elles auront lieu au niveau des branches et non des entreprises et devront être obligatoirement conclusives. Il faudra aussi bloquer les loyers.

 

 

- SUD OUEST : Un des marqueurs de la gauche, c’est la dépense publique. Le « quoi qu’il coûte » d’Emmanuel Macron, c’est une approche de gauche ?

Jean-Luc Mélenchon : Ce n’est pas le marché mais l’État qui a sauvé l’économie. C’est grâce au financement du chômage technique que l’appareil productif ne s’est pas effondré. Monsieur Macron a découvert un keynésianisme[5] assez classique.

 

 

- SUD OUEST : Le gouvernement maintient qu’il faudra rembourser la dette du « quoi qu’il en coûte »…

Jean-Luc Mélenchon : C’est absurde. Comment rembourser la dette ? Avec 10 milliards d’euros d’excédent budgétaire chaque année, il faudrait 270 ans. Avec 1,5 % de croissance, 248 ans. Prétendre qu’on va un jour rembourser cette dette est juste un prétexte à diminuer l’intervention de l’État. C’est pourtant le levier de développement le plus puissant. Ma proposition : annuler la dette déjà rachetée par la Banque centrale européenne[6]. Pas un épargnant privé ne serait lésé.

 

 

- SUD OUEST : La crise sanitaire prouve-t-elle qu’il y a une alternative à l’austérité ?
Jean-Luc Mélenchon : L’austérité ne sert à rien sinon à répandre du malheur. On me demande combien coûte mon programme, j’y répondrai. Mais quel est le coût du malheur ? Combien ça coûte de reculer l’âge de la retraite pour la santé ? Je rétablirai la retraite à 60 ans.

 

 

- SUD OUEST : Un candidat à la présidentielle peut-il affirmer « La République, c’est moi » ou « ma personne est sacrée » ?
Jean-Luc Mélenchon : ​​​​​​​La preuve ! Ces deux formules ont eu un très grand succès, on en a fait des t-shirts et des mugs. Comme l’a rappelé, il y a peu, le président de l’Assemblée nationale à propos des menaces de mort qui ont pesé sur les députés, les élus sont statutairement inviolables[7][8]. Ces deux phrases rappelaient dans un moment de grande tension des principes fondateurs de l’État républicain.

 

 

- SUD OUEST : Samedi, vous avez mis en cause un institut de sondage affirmant qu’il était lié au chef de l’État, ce qui est faux. Depuis vous avez effacé ce tweet. Une erreur ou vous craignez une manipulation ?
Jean-Luc Mélenchon : Un sondage qui oublie de préciser qu’il exclut de son résultat tous ceux qui ne sont pas sûrs à 100 % d’aller voter 3 mois avant est à mes yeux une manipulation. Il exprime le rêve d’une élection dont les milieux populaires très hésitants aujourd’hui s’excluraient eux-mêmes.
 

Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !
Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !
Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !
Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !

- Et pour aller plus loin....

Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !
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Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !

 

- Et à votre disposition

 

L'HARMONIE DES ÊTRES HUMAINS ENTRE EUX ET AVEC LA NATURE.

 

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 09:42
Mélenchon 2022... l'insoumission à l'Europe : " Je ne nous laisserai pas dépouiller... je ne cèderai pas "

Jean-Luc Mélenchon :

. « Nous désobéirons à toutes les dispositions des traités qui sont contradictoires à notre programme »...

. « Les conditions sont mûres pour un grand changement en Europe »... « j'appliquerai mon programme quoi qu’il arrive[1] »

 

Qui croit encore sincèrement aux grandes promesses d’une Europe sociale, écologique et démocratique qui nous sont chantées à chaque élection présidentielle ?

Bien peu. Vingt ans de casse des services publics et des droits des travailleurs, de pollution massive, de mise en concurrence sauvage et de privatisation à tout va n’ont fait qu’opposer les institutions européennes aux peuples du continent.

L’histoire réelle de l’Union européenne est celle d’une profonde déception et, depuis 2005, d’une usurpation. En effet, si depuis l‘Europe des six, cette union originelle a changé de nature politique, de géographie, de sens géopolitique, à de nombreuses reprises, un seuil a été franchi dans l’histoire récente. Depuis le « non » au référendum en 2005 par deux des peuples fondateurs, transformé en France en « oui » par un congrès parlementaire de forfaiture, l’Union européenne telle que nous la connaissons aujourd’hui est une construction illégitime face à la souveraineté du peuple français.

L’élection présidentielle de 2022 nous impose d’aborder sérieusement notre relation à l’Union européenne et notre stratégie.

 

Sources : l'Insoumission | mis à jour le 30/01/2022

- Désobéir à l’Union Européenne : l’opt-out comme moyen de pression
Il est clair qu’une bonne partie du programme l’Avenir en Commun n’est pas applicable dans le cadre des traités européens. Mais Jean-Luc Mélenchon est très clair de ce point de vue-là : « La ligne rouge absolue, c’est l’application dans tous les cas de notre programme. Nous utiliserons donc la clause « opt-out » quand les traités sont contraires aux engagements du programme. » C’est-à-dire que la France ne se pliera pas aux exigences de Bruxelles de Berlin et pourra bloquer de nombreuses décisions grâce à son droit de vote.

  • Dans le cadre de cette stratégie, il ne s’agira cependant pas de sortir de l’euro, et donc d’aller vers un « chaos économique et politique ».

 

 

- L’Europe : facteur de division à gauche ?
Il est évident que les positions de l’Union Populaire (NDLR et donc de l'Avenir en commun[2]) et des autres candidatures à gauche ne sont pas conciliables. Pour le moment. Puisque leurs promesses sont incompatibles avec les traités européens, Jean-Luc Mélenchon pense qu’il « peut les convaincre« , surtout qu’il propose à la fois « une politique et le moyen de la mettre en oeuvre ».

 

 

- Du respect des droits de l’homme et de l’État de droit dans l’Union Européenne

Sans réserve, Jean-Luc Mélenchon condamne le non-respect de l’Etat de droit par la Hongrie ou la Pologne[3], « car leurs mesures car elles sont contraires à l’identité française sur les droits de l’homme » . Sur la question de l’immigration, Jean-Luc Mélenchon met en cause directement la responsabilité de l’Union Européenne : « L’UE est directement responsable de l’appauvrissement des gens qui émigrent ». Les migrants doivent faire l’objet d’une répartition équitable entre les pays, pour éviter que certains pays aient en assumer toute la charge, l’insupportable réglementent Dublin. Certains pays doivent assumer leurs responsabilités, comme le Royaume-Uni dont la France n’a « pas à être le garde-frontière ».

 

 

- Défense européenne et rapports avec la Russie
Jean-Luc Mélenchon a pu rappeler dans cette interview l’un de ses mesures-clés : la sortie de l’OTAN, d’autant que, « l’Europe de la défense, [elle], ne peut pas exister ». « La France, qui dispose de la dissuasion nucléaire[4] », doit rester une grande puissance indépendante, non-alignée et altermondialiste. Elle doit « produire son propre armement sans dépendre des importations américaines« . Le candidat de l’Union populaire a pu rappeler que la politique n’était pas dans notre intérêt, et qu’il ne fallait pas s’étonner des troupes russes massées à la frontière de l’Ukraine, dans cette ambiance de nouvelle guerre froide. C’est empreint de cette vision qu’il fait la proposition d’un référendum sous l’égide de l’ONU sur la question de la Crimée.

 

 

- Globalement, nous proposons donc une autre voie : respecter scrupuleusement la souveraineté populaire en Europe et imposer en toute circonstance un principe de non-régression écologique et sociale.

Appliquer le programme quoi qu'il en coûte
A consulter, l'Avenir en commun : notre stratégie en Europe

Notre objectif est simple : le mieux-disant en matière de progrès écologique et social : notre engagement est clair : appliquer notre programme, d’un bout à l’autre.

 

Pour cela, notre stratégie européenne repose sur l’analyse lucide des obstacles posés par les règles européennes à l’application de notre programme et propose une méthode pour lever ces blocages. Elle implique à la fois la construction d’un rapport de force et des mesures unilatérales de désobéissance.

 

L’histoire entière de l’Union européenne est faite de ces rapports de force et coopérations à géométrie variable : il est temps de s’en servir nous aussi pour se donner les moyens de mettre en œuvre notre programme. Faute de quoi, ce serait se condamner aux mensonges électoraux et aux trahisons des précédents gouvernements.

 

Nos adversaires l’ont bien compris et ont toujours su trouver des failles pour obtenir ce qu’ils voulaient : le peuple français a également les moyens de faire respecter sa volonté, en s’appuyant sur le mandat populaire qui aurait été donné à l’ambition que nous proposons avec notre programme l’Avenir en commun.

 

👉 A votre disposition : téléchargement de " Notre stratégie pour l'Europe👇

 

- Le mardi 18 janvier 2022, Jean-Luc Mélenchon tenait une conférence de presse sur les questions européennes.

Un discours net précis instructif et sans concession... ou vous sera notamment expliqué le pourquoi de l'évolution depuis le concept de " Plan A[5]... Plan B[6] " dont il " garde la trame ".

Entretien paru dans Le Monde
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14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 20:38
QUE FAIRE ? Jean-Luc Mélenchon : « Il y a bascule : c’est maintenant que ça se joue »

" Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau ![0] "...

 

Depuis plus de dix ans, Jean-Luc Mélenchon prône la « révolution citoyenne ». La formulation vient de Rafel Correa, élu président de l’Équateur en 2007 : durant son investiture, l’intéressé l’avait présentée comme un « changement radical » visant à tourner la page du néolibéralisme.

 

  • Après avoir rassemblé près de quatre millions de voix autour de sa candidature à la présidentielle de 2012, le leader du Front de gauche a cofondé le mouvement La France insoumise : en 2017, ce sont sept millions de Françaises et de Français qui ont voté pour celui dont le programme est, notamment, axé sur le « partage des richesses », la « planification écologique », la « sortie des traités de l’Union européenne » et la fin de la Ve République.
  • Il n'adhère pas au PCF en raison du refus de celui-ci de condamner l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie en 1968 pour mettre fin au printemps de Prague[1], un événement qui, selon ses propos, le marque plus politiquement que Mai 68 et fut l'une des causes de son adhésion à l'OCI
  • Dirigeant local, dans sa jeunesse, de l’Organisation communiste internationale — une formation trotskyste —, Mélenchon avait rallié le Programme commun porté par le Parti communiste et le Parti socialiste, avant de quitter ce dernier pour ressusciter ce qu’il appelait alors « l’autre gauche ». C’est désormais « le peuple » que son mouvement entend mobiliser.

 

Sources : Revue-Ballast | mis à jour le 11/01/2022

- Ballast : Depuis 2009, vous appelez à la « révolution citoyenne ». C’est une stratégie qui rompt à la fois avec le modèle révolutionnaire historique et la gauche social-démocrate. Sur quoi se fonde-t-elle ?
Jean-Luc Mélenchon : Une stratégie doit avoir une base matérielle dans la société. Dès lors, une stratégie révolutionnaire doit commencer par répondre à la question : qui est l’acteur révolutionnaire ? De la réponse à cette question dépendent les formes d’organisation et d’action. J’ai appartenu pendant longtemps à une école de pensée pour qui le salariat était l’acteur exclusif de la révolution. On allait donc à sa rencontre. Nous pensions l’action en fonction du lieu et de l’organisation du travail des salariés. Je prends l’exemple de la révolution prolétarienne car c’est dans cet espace conceptuel que la pensée sur les révolutions est la plus fournie.

 

Depuis la victoire de la révolution bolchevik, nous disposons d’un ample matériel de discussion. Tous les dirigeants du mouvement ouvrier se sont exprimés, ont écrit ou parlé sur le sujet. Par contre, en 1789, l’étude du processus révolutionnaire n’était pas au cœur des préoccupations des révolutionnaires eux-mêmes. Ici et là, dans un discours ou deux de Robespierre ou de Saint-Just, on trouve quelques considérations sur la forme de l’action révolutionnaire ou sur ses développements. Par exemple, la fameuse affirmation de Saint-Just toujours si exacte : « Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau. » Ou son évaluation : « La Révolution est glacée[1] ». Ce sont des analyses sur l’état de la révolution permettant la pensée stratégique. Pourtant, le rôle de l’action des sections de sans-culottes[3] n’occupe aucune place dans la pensée des dirigeants. Or ce sont elles qui imposent un triple pouvoir : monarchie et système féodal/assemblée/sections. Dans les sections se trouve une forme de vérité sur l’acteur révolutionnaire de 1789. Évidemment, aujourd’hui, cet acteur ne peut être le même qu’à l’époque, ni à celle de la révolution prolétarienne.

 

L’organisation générale de la production, la division du travail, la part des branches d’activité : tout est changé. Le capitalisme, puis le capitalisme financier, ont notamment réduit la paysannerie à la portion congrue. Elle a été liquidée comme classe sociale. Ce n’est pas une petite évolution ! Autrefois, on ne pouvait élaborer une théorie de la révolution socialiste sans prendre en compte les paysans. Un nombre considérable de congrès de gauche se sont déroulés sur le thème de l’alliance avec la paysannerie. Et qui dit paysannerie dit propriété d’un moyen de production : la terre elle-même. Ce n’était pas un petit défi ! Aujourd’hui, nous faisons face à une grande homogénéisation sociale. Les libéraux pensent que nous sommes tous connectés et emmaillotés par le marché. En fait, nous sommes tous dépendants des réseaux collectifs et cette dépendance institue un acteur social nouveau. C’est la thèse centrale de ce que j’appelle « l’ère du peuple[4] ». L’acteur révolutionnaire de notre époque est le peuple.

 

 

- Ballast : Comment le définissez-vous, justement ?
Jean-Luc Mélenchon : Le peuple se définit comme l’ensemble de tous ceux qui ont besoin des grands réseaux collectifs pour produire et reproduire leur existence matérielle : eau, énergie, transports, etc. La nature de la relation à ces réseaux, privés ou publics, détermine la forme et le contenu des luttes, et d’une façon générale la lutte révolutionnaire. On réclame l’accès ou on dénonce l’impossibilité d’accès à tel ou tel réseau : ainsi, quand on augmente le prix du carburant, on ne peut plus se déplacer, donc on n’a plus accès aux réseaux — ça donne les gilets jaunes. Un autre exemple : l’augmentation du prix des transports en commun, ça donne la révolution chilienne en 2019[5]. On pourrait multiplier les exemples avec le Venezuela, l’Équateur ou le Liban.

 

La coupure d’accès aux réseaux agit comme un déclencheur intersectionnel de toute la pile des contradictions qui, jusque-là, allaient chacune dérivant dans leur coin. Mais il y a aussi dans ce peuple une caractéristique contre-intuitive : plus il y a de monde, plus il y a de peuple, plus il y a dans le même temps individuation. Le peuple de la révolution citoyenne se tient à l’intersection de ces deux grandes idées : le collectif par nécessité, l’individuation par réalité. Elles se rejoignent dans la volonté d’auto-contrôle. La révolution citoyenne dit partout : « Nous voulons contrôler. » Que ce soit au Soudan ou au Liban, nous observons ces mêmes dynamiques internes. À cette étape, compte tenu du nombre d’observations faites depuis le début du millénaire, nous pouvons dire que nous disposons d’une phénoménologie[6] de la révolution citoyenne.

 

 

- Ballast : Quels sont les contours de cette phénoménologie ?
Jean-Luc Mélenchon : Nous avons pu dégager quatre marqueurs. Premièrement, l’acteur populaire se désigne lui-même comme « peuple ». Il revendique le terme dans ses slogans. Deuxièmement, cette auto-désignation s’accompagne toujours de symboles qui viennent conforter l’acteur et sa légitimité. C’est une affaire de visibilité : gilet jaune, jaquette violette, une couleur, une fleur. C’est un facteur anthropologique plus fort qu’il n’en a l’air. Cela remplit la même fonction que l’uniforme ou la scarification. Troisièmement, le peuple auto-désigné mobilise systématiquement le drapeau national.

 

 

- Ballast : Doit-on l’entendre comme une forme de nationalisme ?
Jean-Luc Mélenchon : Non. On peut même dire que ça n’a rien a voir.

 

 

- Ballast : L’extrême gauche, dans sa grande majorité, l’analyse pourtant ainsi.

Jean-Luc Mélenchon : J’invite mes camarades d’extrême gauche à briser le mur qu’ils ont eux-mêmes construit. Le drapeau national n’est pas synonyme de nationalisme chauvin. C’est une confusion. Je vous mets au défi de trouver un rassemblement populaire à portée révolutionnaire où l’on ne trouve pas, du Soudan à l’Amérique latine, le drapeau national. Le peuple s’empare du drapeau national pour dire aux dirigeants : « Nous sommes le pays, pas vous. » Une autre façon de dire « Tout est à nous ». C’est un symbole démocratique et dégagiste. La Révolution française de 1789 crie à Valmy[7] « Vive la nation ! », par opposition à « Vive le roi ! ». C’est autant une revendication qu’une affirmation identitaire très politique : la nation, c’est le peuple souverain. De même pour la Commune de Paris face aux Prussiens.

 

Du fait de son contenu et de sa revendication de souveraineté citoyenne, le processus de la révolution citoyenne remet en cause la légitimité de ceux qui sont aux commandes. C’est un phénomène de transcroissance[8] du processus révolutionnaire, passant du terrain social au terrain démocratique. Léon Trotsky avait bien décrit ça dans les conditions de la révolution prolétarienne. Au fond, dans les révolutions, il n’y a qu’une question posée : « Qui exerce le pouvoir ? » C’est pourquoi la révolution citoyenne se présente comme un double pouvoir. Celui des ronds-points face à celui de l’État. Pour finir, l’identité sociale du gouvernant suffit à résumer la société qui se met en place.

 

 

- Ballast : Vous revendiquez l’échelle nationale comme l’espace de la transformation sociale et vous cherchez à construire une identité émancipatrice « nationale-populaire », au sens du communiste Antonio Gramsci[9]. Vous ne vous bornez pas seulement à constater ce sentiment patriotique…
Jean-Luc Mélenchon : La nation est aujourd’hui l’horizon de la souveraineté populaire. On peut en rêver d’autres, transnationaux, mais ils sont aujourd’hui inexistants. On ne peut pas uniquement penser la démocratie dans des termes abstraits, sans réalité matérielle. La démocratie a sa possibilité d’exercice de masse inscrite dans l’État-nation à l’instant où nous parlons. Le sentiment patriotique dont je me réclame est celui-ci : il est lié à l’idée républicaine, à l’idée de la souveraineté populaire comme pierre angulaire de la nation. En France, plus qu’à d’autres endroits, il est facile d’identifier le projet national à notre camp. Nous avons un drapeau et un hymne issus d’une révolution populaire. Notre devise dit « Liberté, Égalité, Fraternité ». La nation, chez nous, procède de la République — et non l’inverse. Cela signifie qu’être français n’est pas une religion, une couleur de peau ou même une langue. La nation française peut accueillir la créolisation[10] puisque son unité repose sur des principes. D’ailleurs, on retrouve les symboles nationaux dans tous les grands moments récents de pouvoir populaire en France : la Révolution française, bien sûr, mais aussi la Commune de Paris ou la Résistance et la Libération. On a parfois du mal à sortir d’une image faussée des événements.

 

 

- Ballast : Prenons la Commune de Paris.
Jean-Luc Mélenchon : Toute l’extrême gauche la célèbre. Karl Marx la tenait pour « la forme politique enfin trouvée qui permettait de réaliser l’émancipation économique du travail[11] ». C’était une révolution citoyenne ! Les communards voulaient tout contrôler. Ma thèse, d’ailleurs, c’est qu’il n’a jamais existé que des révolutions citoyennes. Elles ont utilisé des méthodes différentes et présenté des programmes différents selon le niveau de développement des forces productives. Il faut se départir d’une version mécaniste du marxisme où le prolétariat accomplit par nécessité le destin du développement des forces productives, comme une sorte de simple accoucheur de l’Histoire dont le parti est le forceps. Cette explication du processus révolutionnaire est trop sommaire. D’ailleurs, il n’y a même pas chez Marx de description de ce qu’est un processus révolutionnaire ! La seule fois où il en parle, c’est pour comparer la révolution à un phénomène naturel, une éruption volcanique. À défaut, notre camp a longtemps pris la révolution de 1917 comme archétype. Ce qui a conduit à surévaluer l’importance du parti. Je n’y crois pas. Le moment clef de cette révolution est la discussion de dernière minute entre Lénine et Trotsky pour savoir qui va faire le coup d’État. Le parti, dit Lénine. Il redoute les conciliateurs de son entourage, lesquels ne jurent que par « la démocratie socialiste » en lien avec les gouvernants. Le Congrès panrusse des Soviets[12], dit Trotsky. La révolution d’Octobre est l’expression d’une légitimité démocratique : celle des Soviets. Pour moi, le moment est fondateur !

 

 

- Ballast : Qu’avez-vous à reprocher à la conception léniniste du parti ?

Jean-Luc Mélenchon : Son succès vient de la victoire du parti bolchevik dans la guerre civile russe. Mais, au départ, il s’agit bien d’une révolution citoyenne. Que veulent les Russes en 1917 ? Que la guerre s’arrête. Ils ne comprennent pas pourquoi les dirigeants ne mettent pas un terme à un conflit impossible à gagner ou à perdre. Ils ne veulent plus mourir pour rien. L’événement déclencheur de la révolution russe, ce sont les trois jours de suite de manifestation des femmes — contre l’avis de tous les partis révolutionnaires. L’effondrement de la cosaquerie[13], qu’on a envoyée pour leur tirer dessus, provoque, par effet domino, l’effondrement de l’État tsariste. Le parti bolchevik finira par emporter la mise uniquement parce qu’il est le seul, d’un bout à l’autre, à vouloir arrêter la guerre. Puis la révolution russe bascule elle-même dans la guerre civile lorsque les bolcheviks décident de dissoudre l’Assemblée constituante. Ce n’est pas une petite question. Il faut lire les écrits de Rosa Luxemburg[14]. Elle comprend que le processus d’agitation démocratique est une condition de la durée et de l’accomplissement de la révolution.

 

Les bolcheviks pensent que la direction du parti est suffisante. Cette conception avait été très bien critiquée par Trotksy dès 1905. Il nomme ça le « substitutisme[15] » : le parti remplace la classe, le comité central remplace le parti et le secrétaire général finit par remplacer le comité central. C’est exactement ce qui s’est passé. C’est la cause de la rupture du congrès de Tours[16]. Il faut d’ailleurs lire le discours de Léon Blum[17]. Qu’y dit-il ? Qu’il est favorable à la prise du pouvoir « par tous les moyens, y compris les moyens légaux ». Il dit également qu’il est « bien sûr » favorable à la dictature du prolétariat. Donc, qu’est-ce qui le différencie, en tant que socialiste, de ceux qui deviendront les communistes ? Une seule chose : la manière de diriger le parti. À mes yeux, l’extrême gauche reste captive d’une mythologie révolutionnaire qui n’est pas le cœur des événements politiques : barricades, affrontements armés ponctuels entre les possédants et la masse des déshérités. Or ça ne s’est jamais passé ainsi. Relire l’ensemble des révolutions à l’aune des critères que nous avons posés dans le cadre d’analyse de la révolution citoyenne permet en revanche une meilleure compréhension de la réalité d’un processus révolutionnaire.

 

 

- Ballast : Vous remontez ainsi jusqu’à quelle révolution ?
Jean-Luc Mélenchon : Même au XIVe siècle chez Étienne Marcel, on peut repérer ces mécanismes[18] ! Pour décrire la dynamique interne des révolutions citoyennes, deux concepts empruntés au trotskysme sont utiles. Il y a d’abord le mécanisme de « révolution permanente[19] ». Le processus révolutionnaire produit un effet d’auto-entraînement : « Puisqu’on a fait ça, pourquoi on ne ferait pas ça ? » Ensuite, il y a le phénomène de transcroissance des revendications sociales en revendications démocratiques, ou l’inverse. C’est pourquoi les révolutions citoyennes débouchent sur des assemblées constituantes. Pour continuer à emprunter à Trotsky, on pourrait dire que L’Avenir en commun[20] est un programme de transition : il rompt avec la société actuelle sans dire quelle société il compte instaurer, en faisant confiance à l’Histoire pour répondre à la question. Ce n’est pas une ruse propagandiste. C’est un alignement sur la dynamique réelle des processus révolutionnaires citoyens.

 

 

- Ballast : Et quelle est donc la quatrième caractéristique de la révolution citoyenne ?
Jean-Luc Mélenchon : L’anonymat. Personne n’est autorisé à représenter les autres. Il n’y a pas de centre de décision. Tout mandat est révocable sur-le-champ. Ce peut d’ailleurs être la difficulté fatale de ce type de mouvements. Cette caractéristique est liée au haut degré de connexion qu’on y repère également : tout le monde a un smartphone. Souvenez-vous que la taxe sur les échanges WhatsApp a déclenché la rupture populaire et la révolution au Liban en 2019[21]. Cette omniprésence du réseau numérique, on la repère systématiquement depuis les révolutions citoyennes du Maghreb. Cela ne signifie pas que le numérique provoque la révolution. L’outil est investi par la réalité du monde en réseau, c’est elle qui s’exprime à travers des outils.

 

 

- Ballast : Vous parlez de « difficulté fatale ». Contrairement à une large partie de la gauche radicale, soucieuse d’horizontalité démocratique, vous considérez que le ou la leader occupe une fonction stratégique et progressiste. Pourquoi ?

Jean-Luc Mélenchon : Il y a un rôle démocratique du leader. Le tribun met en mots les idées des autres. Il les représente à la tribune. Et, souvent, le fait d’entendre ses idées, ses expériences, ses affects prononcés sous une forme articulée et intelligible produit un effet non négligeable de catharsis. Le discours du tribun va rendre visible le caractère partagé de ce que l’on pensait personnel. Il fait passer de l’individuel au collectif. L’action du leader peut conduire à une mise en mouvement et, donc, à une réappropriation populaire du politique.

 

Prenons l’archétype du leader populiste de gauche : Chávez dans les années 2000. Beaucoup de Vénézuéliens des barrios [quartiers populaires, ndlr] découvraient la politique avec Chávez à la télévision et finissaient par créer des conseils de quartiers. Le contact avec le leader avait un effet d’approfondissement de la démocratie. La méfiance ou le déni de ce phénomène vient d’une vision du combat politique comme quelque chose de désincarné. Mais c’est l’inverse. Il n’y a pas d’un côté les vilains affects et de l’autre le pur monde des idées rationnelles. Les affects et les idées sont les deux aspects d’une seule et même réalité. Les affects sont les idées en mouvement chez chaque individu. La relation affective au leader n’est pas forcément un fanatisme obscurantiste et autoritaire. Cela peut aussi être une façon pour les personnes engagées de se représenter la force collective à laquelle ils s’identifient. Et dans ce cas, c’est un moteur démocratique puissant. Dans les faits, toutes les organisations sont identifiées par un leader. Mais nous n’en finissons plus de payer les crimes du culte de la personnalité qui s’est observé dans le stalinisme et le maoïsme…

 

 

- Ballast : Pour répondre à cet ensemble de caractéristiques et d’évolutions, comment en venez-vous à passer du parti (le Parti de gauche) au mouvement (La France insoumise), comme forme d’organisation ?

Jean-Luc Mélenchon : En tâtonnant à partir de notre analyse matérialiste des nouvelles conditions des révolutions, « l’ère du peuple », et de la phénoménologie de la révolution citoyenne. Restait à saisir de quelle manière sa victoire serait possible et quels pourraient en être les points d’appui. Le mode d’organisation dépend des conditions matérielles d’existence et d’organisation de l’acteur révolutionnaire lui-même. L’ère du parti correspondait à celle du chemin de fer, du téléphone filaire et de l’imprimerie. Le journal est au cœur du parti. C’est lui qui dit la vérité ou provoque l’étincelle. Il doit édifier, rendre les événements compréhensibles et unifier le prolétariat dans la bonne ligne et la bonne stratégie. Le journal suppose un organe de direction qui décide de ce qu’il y a dedans. Il imprime un rythme particulier, quotidien et, du coup, en retard d’une journée sur les événements. Sa diffusion repose sur le chemin de fer. Le parti correspond à une classe organisée et hiérarchisée par le travail, concentrée dans des lieux précis — les usines — raccordés par le journal et le chemin de fer. En face de quoi, l’ennemi avait ses propres appareils idéologiques, sa propre organisation, sa propre centralisation : le contremaître, le curé. Mais, désormais, le nouvel acteur social dispose d’une autre organisation et surtout d’une interconnexion rendue possible par le numérique. Il n’est pas composé uniquement du prolétariat ouvrier mais aussi des chômeurs, des ouvriers, des retraités, des étudiants. Le combat politique, lui, dispose maintenant de vidéos à diffusion instantanée. De notre côté, nous avons donc développé une application : Action Populaire[22].

 

La plateforme est le mouvement et le mouvement est la plateforme. C’est une situation historique assez inédite : le centre politique est relié individuellement avec chacun de ses membres et les membres du mouvement sont reliés entre eux horizontalement. Le mouvement correspond à la forme de l’acteur, et il a les moyens de cette forme. Elle s’exprime pleinement par la plateforme numérique.

 

 

- Ballast : Le mouvement permet-il une plus grande diversité idéologique parmi les militants ?
Jean-Luc Mélenchon : Notre ligne, c’est l’action. C’est elle qui fédère, et non la théorie. Tu es marxiste ou chrétien, musulman ou juif, ça ne concerne pas le mouvement. Ce qui compte c’est ce qu’on va faire ensemble. Point. Notre démarche s’apparente ici à la tradition trade-unioniste des syndicats, fédérant sur des mandats. Voilà pourquoi nous ne croyons plus à la forme bolchevik du parti « d’avant-garde », qui sera toujours substitutif.

 


- Ballast : Le marxisme et l’anarchisme appellent depuis toujours, en dépit de divergences quant à la temporalité, au dépérissement et à la destruction de l’État. C’est un mot d’ordre que vous ne reprenez jamais. Vous en êtes même un fervent partisan. Pourquoi ?
Jean-Luc Mélenchon : L’État d’aujourd’hui, il est vrai, est la structure d’organisation d’un modèle social et de sa conservation. Qu’on veuille en finir avec l’État sous sa forme actuelle ne me choque pas. Ce qui me pose problème, c’est qu’on ne me dise pas quoi mettre à la place. Car nous avons besoin d’un grand outil collectif d’exécution des décisions : l’État, donc. Prenons la planification écologique. Comment voulez-vous l’entreprendre sans un État ? J’entends en revanche discuter la place singulière de la machine de l’État dans le processus décisionnaire.

 

 

- Ballast : Vous avez l’image d’un jacobin centralisateur.

Jean-Luc Mélenchon : Yannick Jadot m’a qualifié de jacobin dirigiste rouge-vert à propos de la planification écologique. Puis il a fini par dire lui-même qu’il fallait un « État décidant des orientations » pour la faire. Ce n’est pas ma version. Je pense que la planification écologique et ses objectifs doivent émaner des communes, des organisations syndicales, des coopératives et même des organisations patronales — puisque nous mettons en place une économie mixte, non entièrement socialisée. Évidemment, l’Assemblée nationale aura aussi un rôle à jouer dans le processus. Mais non comme la technostructure qui impose tout. Je suis pour l’extinction de cette forme particulière d’État. Et plus spécialement encore de l’État construit par monsieur Macron : c’est la pire version de l’État. Il est rabougri sur les fonctions régaliennes et, pour le reste, il nie sa spécificité en confiant la direction des administrations centrales à des cadres du secteur privé. Je suis toujours aussi allergique aux récitations girondines.

 

Mais nous avons été amenés à repenser le rapport entre la forme de l’État et des institutions à partir du cas corse. Disons même que nous sommes repartis à zéro. Quand la Corse désigne trois députés autonomistes sur quatre et élit deux fois de suite une assemblée à majorité autonomiste et indépendantiste, même si vous aimez d’amour fou l’idée républicaine et révolutionnaire de l’État unitaire, il faut s’interroger. Face à pareil résultat, que faire ? déployer la force ? pas question. Envoyer la troupe, je ne le ferai jamais. Car si on le fait, on a déjà perdu.

 

L’expérience de la Nouvelle-Calédonie le montre. Alors prenons acte : la France n’est plus un État unitaire du point de vue de l’organisation de son administration. La Polynésie française a son gouvernement ; le territoire de la Nouvelle-Calédonie ne correspond à aucune autre structure comparable ; la Martinique a une assemblée territoriale alors que la Guadeloupe et la Réunion en comptent deux. Personne ne peut prétendre construire la France du XXIe siècle sans tenir compte de ça. Donc pour les Corses, je suis prêt à accepter le statut d’autonomie prévu par l’article 74 de la Constitution[23].

 

 

- Ballast : Au début des années 2000, le sous-commandant Marcos[24] affirmait que « le centre du pouvoir n’est plus dans les États nationaux ». Qu’il ne servait donc plus à rien de « conquérir le pouvoir ». Est-ce la raison pour laquelle, en dépit de l’intérêt qu’on vous connaît pour les expériences progressistes latino-américaines[25], vous ne parlez jamais de l’expérience zapatiste au Chiapas[26] ?
Jean-Luc Mélenchon : D’abord, je dois rappeler à vos lecteurs que cet intérêt s’explique par le fait que c’est en Amérique latine que la chaîne du néolibéralisme a rompu, et nulle part ailleurs dans le monde. Ensuite, il est vrai que je connais moins l’expérience zapatiste. Je me suis d’abord intéressé à la formation, au Brésil, du Parti des travailleurs[27] [en 1980, ndlr]. Il résultait d’un front de petits partis et a donné naissance, dans toute l’Europe, à des répliques. Syriza en Grèce, Izquierda Unida en Espagne, Die Linke en Allemagne. Et, en France, le Front de gauche. Ce modèle s’est répandu, contrairement au modèle zapatiste. Même si j’admets que celui-ci a pu féconder des formes libertaires ici et là, notamment au sein des mouvements zadistes : il est une réanimation du courant anarchiste, autrefois extrêmement puissant, que ce soit en Espagne ou en France. La victoire marxiste n’y a pas été aussi totale qu’on le raconte.

 

[Stéphane Burlot | Ballast]

 

- Ballast : Mais pourquoi avoir, depuis votre jeunesse trotskyste, dirigé votre attention sur les formations de masse et non sur les expériences plus marginales de sécession, d’autonomie ?
Jean-Luc Mélenchon : Je vous le dis franchement : je ne critique pas ces expériences. Que chacun avance sur son chemin. Dans tous les cas, ça féconde l’espace global. J’ai connu la lutte révolutionnaire sous la forme où tout dépendait de la définition d’une — et une seule — ligne et de la — et la seule — stratégie victorieuse. Ce n’est plus ma conception. Je crois à un autre mécanisme, « intersectionnel » en quelque sorte. D’abord, construire ou s’appuyer sur des hégémonies culturelles à bords flous : elles finissent par former des grandes plaques qui s’articulent les unes aux autres puis produisent, comme propriété émergente, un désir d’accomplissement sur lequel s’appuie la stratégie révolutionnaire. Raison pour laquelle, dans le cadre de la présente campagne présidentielle, je ne dis pas de mal des autres — à part des sociaux-démocrates, mais c’est à la portée de tout le monde. (rires) Je crois que chacun élargit la plaque sur laquelle il se trouve.

  • Prenons un exemple qui vous paraîtra très éloigné : Montebourg. Il n’empêche. Quand il plaide pour la souveraineté, ça alimente la critique du capitalisme mondialisé qui, lui, ne fonctionne que sur la délocalisation et l’allongement des chaînes de production. C’est positif, nonobstant mes critiques sur le caractère profondément insoutenable de ses récents propos sur les immigrés.
  • Deuxième exemple : Jadot. Il se déclare en faveur du protectionnisme. Très bien. J’embraie : le protectionnisme est impossible dans le cadre des traités européens. Il faut donc choisir. Mais sa déclaration contribue à l’hégémonie de nos thèmes.

Contrairement aux zapatistes, je considère qu’il faut conquérir le pouvoir d’État par les élections. Cela peut permettre de faire avancer de manière décisive les conditions d’existence du peuple. Aussi bien sous l’angle du ventre que de la tête. Seuls les pouvoirs de gauche répandent l’éducation, laquelle élève le niveau de compréhension et de conscience de la société. Je crois à ça et refuse de renoncer à cette conquête.

 

 

- Ballast : La conquête du pouvoir d’État compte elle-même deux lignes divergentes au sein du mouvement pour l’émancipation. La vôtre, électorale et non-violente, et celle qui promeut l’affrontement physique avec les forces du capital et de l’État. Vous avez toujours clamé votre hostilité à la violence. Les gilets jaunes ont pourtant amené plus d’un citoyen à se dire que, tout compte fait, seule la violence permet de se faire entendre…

Jean-Luc Mélenchon : Mon rôle est de répéter, en effet, fort de l’expérience de nos camarades en Amérique latine, que la violence révolutionnaire conduit à l’échec. Bien sûr, il y a l’exception cubaine. Mais les tentatives de sa reproduction ont toutes échoué et cette histoire s’est soldée avec la mort du Che.

Mais je tire d’abord mon enseignement de la lutte contre Pinochet : si les meilleurs d’entre nous tombent les armes à la main, et ce sont toujours eux qui disparaissent les premiers, il ne restera que les moins actifs pour mener la révolution. Le MIR[28], dont j’ai été membre en France, a compté des combattants héroïques et ceux-là sont morts dans des proportions effroyables. Or, à mes yeux, les individus sont centraux dans l’Histoire. Quand, dans le cadre d’une révolution, il ne reste plus que des bureaucrates qui n’ont pour aspiration que de voir tout s’arranger, quel qu’en soit le prix, vous n’avez plus de force révolutionnaire. Les militants qui étaient prêts à risquer leur vie étaient aussi ceux qui savaient combien il est vital pour les révolutionnaires d’être parmi le peuple comme un poisson dans l’eau.

Ceci posé, je distingue deux choses :

  • la violence comme stratégie révolutionnaire ;
  • et la violence qui surgit au cours d’épisodes de lutte.

Et je suis d’accord avec votre observation : oui, des gens ont dit que casser, il n’y a que ça qui paie. Car c’est bel et bien ce qui s’est produit avec les gilets jaunes : le gouvernement a lâché dix milliards d’euros. Mais ce n’était pas une stratégie pensée, théorisée. La violence a été sporadique. Je reste donc sur ma position. D’autant plus que la violence isole le processus révolutionnaire en le divisant. Quand surgit la violence en manifestation, on ne vient plus avec les landaus et les enfants. On constate aussi le retrait des femmes. Or la présence des femmes, en masse, est un élément central de la révolution citoyenne. Mais j’ajoute : jamais vous ne me trouverez en train de hurler avec les loups.

  • Je ne supporte pas l’injonction à condamner ceux que l’on désigne comme violents.
  • Je refuse de contenter l’effarouchement bourgeois.

La violence est d’abord celle des maîtres. Le bourgeois condamne-t-il, lui, la violence sociale ? L’œil arraché ? C’est pourquoi aussi je n’ai pas critiqué les ZAD sur ce terrain. Je tiens le même raisonnement pour Cuba. Je ne crois pas du tout au parti unique : à mes yeux c’est une forme très inefficace de gouvernement du peuple. Il faut de la contradiction. Du reste, il n’est pas marxiste d’imaginer une société sans contradictions. Pour autant, j’assure que les Cubains ont accueilli, soigné et protégé nos camarades. Je répète donc partout : je critiquerai Cuba, si besoin, dès que les États-Unis d’Amérique lèveront leur embargo.

 

 

- Ballast : En 2014, lors d’un hommage que vous avez rendu à Jaurès, vous avez décrit l’écosocialisme[29] comme la doctrine qui devrait guider le siècle à venir. On a pourtant constaté que vous ne mobilisez plus cette notion. Pour quelle raison ?
Jean-Luc Mélenchon : C’est vrai. Je trouve que le mot « socialisme » introduit une confusion. Il faut passer des heures à dire ce qu’il est et ce qu’il n’est pas.

 

 

- Ballast : Du fait du Parti socialiste ?
Jean-Luc Mélenchon : En France, oui. Et lorsque vous allez dans les pays qui ont vécu sous l’autorité du pacte de Varsovie et de l’URSS[30], c’est imprononçable. Bien sûr, je n’ai pas de problème avec le concept ; j’en suis même un héritier. Mais hériter, c’est aussi se projeter. Aujourd’hui, je préfère me décrire comme « collectiviste ». L’esprit public a massivement intégré l’idée de bien commun. Même la jeunesse qui n’est pas de notre bord se revendique de l’écologie. C’est une différence colossale d’avec les années 1990, où on ne pouvait pas prononcer le mot « capitalisme » sans que tout le monde rigole. C’est une évolution considérable. Ce collectivisme spontané correspond à mes yeux à la situation de crise résultant du dérèglement climatique. J’en ai trouvé l’analyse du côté de Pablo Servigne[31] et de son livre, L’Entraide. Certes, il est de tradition anarchiste et non « populaire de gauche ». Mais je me ressource souvent auprès d’auteurs anarchistes. Leur critique décapante m’aide volontiers à réfléchir.

 

 

- Ballast : C’est la raison pour laquelle, en fondant le Parti de gauche, vous revendiquiez l’héritage libertaire « à votre manière » 

Jean-Luc Mélenchon : Je le revendique et j’y crois ! Le message de Servigne est essentiel : si on entre dans la crise avec la mentalité de la société libérale, elle sera empirée. D’où le mot « collectivisme » : il vise à développer l’alternative « Tous ensemble ou chacun pour soi ». Le mot ne me paraît pas contradictoire avec l’écosocialisme. C’est un « mot-obus », dont j’ai emprunté la méthode à Paul Ariès[32] — lui a mis en circulation « décroissance ». J’ai commencé à le tester à l’Assemblée : ça a bien hué du côté de la droite. (rires) On me dit parfois que « collectivisme » sonne encore pire que « socialisme » : je fais le pari inverse. Il colle bien avec un certain esprit de l’époque. Et comme on ne l’emploie plus depuis longtemps, il est mûr pour réapparaître ! Mon rôle, c’est de transférer les braises vers le nouveau foyer. On a sorti les braises de sous la cendre et on a repris la guerre du feu un peu plus loin. En ce sens, on peut même dire que nous avons sauvé les braises.

 

 

- Ballast : Vous avez l’habitude de dire qu’une société ne peut pas fonctionner sur le mode de l’assemblée générale permanente. Cela signifie-t-il pour autant que la démocratie représentative soit le terminus de l’émancipation ? Ne peut-on pas concevoir des formes de démocratie plus directe et moins parlementaire ?
Jean-Luc Mélenchon : C’est un débat posé à chaque séquence révolutionnaire. Il est clair que nous ne pouvons pas en rester à la démocratie représentative telle qu’on la pratique. À La France insoumise, nous avons provisoirement tranché en disant que ce sera à l’Assemblée constituante nouvellement élue de penser le prochain système institutionnel. Il y a deux visions possibles de la Constituante : révolutionnaire ou avant-gardiste. Autrement dit, prendre acte du résultat populaire ou dire à l’avance de quel régime elle devra accoucher. Il nous faut composer avec deux choses : garantir un système institutionnel stable et permettre au peuple d’intervenir en toute occasion. Cette possibilité permanente, c’est l’objectif du RIC[33] et du référendum révocatoire, que nous proposons. La discussion que nous avons là était également impossible dans les années 1990 ! Avoir mis dans le débat public l’idée de Constituante et d’implication populaire permanente, vous n’imaginez pas quelle victoire c’est. Nous commençons à reconstituer une hégémonie collectiviste. Cela étant, nous sommes 67 millions dans ce pays : nous ne pourrons pas voter à main levée à la manière des cantons suisses d’autrefois ni rejouer la pratique des assemblées de village traditionnel. Les outils modernes pèseront peut-être dans ce débat. La question du vote obligatoire se posera également.

 

 

- Ballast : Vous y êtes favorable, n’est-ce pas ?
Jean-Luc Mélenchon : Oui, libre à 16 ans et obligatoire à partir de 18 ans. Et avec prise en compte du vote blanc. Et s’il y a 50 % de votes blancs, l’élection est nulle. En Équateur, ils ont expérimenté de nouvelles modalités. On pourrait apprendre. Les Européens ont l’habitude d’aller aux quatre coins du monde pour expliquer comment on doit faire le socialisme alors qu’ils ont été infoutus de le mettre en place dans un seul pays de l’Union européenne ! Je fais donc confiance aux initiatives qui émergeront.

 

 

- Ballast : Vous avez rappelé votre défense de l’économie mixte et vous évoquez régulièrement la dimension « financière » du capitalisme. Quel est votre horizon : abolir le mode de production capitaliste, en France, ou le borner autant que faire se peut dans une économie mondialisée ?

Jean-Luc Mélenchon : Quand je parle du capitalisme financier, je ne veux pas dire la dimension financière du capitalisme mais le capitalisme dans sa forme actuelle. Le capitalisme n’existe pas en général mais seulement sous des formes historiques données. Depuis les années 1980, nous vivons dans un type particulier de capitalisme où le capital financier commande au reste. Donc j’assume la dimension anticapitaliste de ce que j’ai à faire. Mais L’Avenir en commun[20] est un programme de transition. Il ne propose pas l’abolition de la propriété privée, mais il rompt nettement avec la société du néolibéralisme. La suite n’est pas écrite. Mais, clairement, il ouvre la possibilité d’une société économique qui repose davantage sur la propriété collective que sur la propriété privée, sur la planification que sur le marché, et qui part des besoins plutôt que de l’offre.

 

 

- Ballast : L’économiste Frédéric Lordon[34] s’est fendu d’un travail d’anticipation. Il imagine La France insoumise au pouvoir et prédit : vous ne tiendrez pas deux semaines face à l’Union européenne et à la finance. « Ce sera une tempête spéculative dont on ne peut pas imaginer la force. […] Ce sera 1983[35] fois cinq cents. » Il ne voit donc que deux éventualités : vous « affaler » comme Tsípras[36] ou « la guerre à outrance » contre le capital. Qu’en dites-vous ?

Jean-Luc Mélenchon : Je vais vous citer une phrase de Trotsky reprise par Chávez[37] : « La révolution avance sous le fouet de la contre-révolution. » Je suis en position de force. Si nous ne payons pas, la vie continuera. Nous continuerons à nous lever le matin, à emmener les enfants à l’école et à accomplir toutes les sorties et les activités de la vie sociale, quelle que soit la monnaie qui circule. En face, par contre, ils prennent un risque. Car eux n’auront plus rien si nous refusons de payer. Donc s’ils sont raisonnables, je le serai. Mais je ne cèderai pas. Tsípras n’a même pas essayé de résister. En Argentine, Kirchner[38] n’avait pas cédé, et pourtant ce n’était pas un bolchevik ! Puis Macri[39] a accepté qu’on lui fasse les poches. Je ne nous laisserai pas dépouiller. Je résisterai, je serai légitime à le faire[40]. Et les gens le comprendront. Quels que soient l’agresseur et la forme de l’agression, il lui en cuira.

 

 

- Ballast : Vous n’êtes donc pas inquiet ?
Jean-Luc Mélenchon : Non.

 

 

- Ballast : Face à la progression fascisante que nous vivons actuellement et à la tentation factieuse qui existe au sein de la police et de l’armée, le député Ugo Bernalicis[41] a fait savoir que vous aviez « bien conscience de la situation ». Vivons-nous une période de bascule ?
Jean-Luc Mélenchon : Il y a une bataille. Les plus dynamiques l’emporteront. Mais si nous en sommes là, c’est parce que l’ancienne gauche a explosé en vol. Le réformisme a tenu jusqu’à Lionel Jospin, puis ça a été fini. Le PS a cessé d’assumer la conflictualité sociale. Je m’en souviens puisque j’y étais. On nous vendait une stratégie centriste à la Clinton. Puis les sociaux-démocrates ont répété partout vouloir « faire barrage » à l’extrême droite. Mais ça n’a jamais fait une ligne politique ! Ça tient une demi-élection, et aujourd’hui plus personne ne croit à ça. Tout le monde se moque des congrès de castors.

 

Les sociaux-démocrates n’ont rien fait de la majorité qu’ils ont obtenue, un temps, en Europe : ils ont fait la concurrence libre et non faussée ! Ils ont applaudi des deux mains aux traités. Notre camp n’avait plus de tête : comment s’étonner que d’autres occupent la place puisque la gauche avait abandonné le combat ? Cette bataille entre « eux » et « nous » n’est pas nouvelle : les communistes et les nazis aussi s’arrachaient les suffrages et le leadership ouvrier.

 

  • Partout la gauche a coulé. Mais en France, les Insoumis ont relevé notre camp. Nous sommes aujourd’hui dos au mur, et ce dans toute l’Europe. Oui, il y a bascule. C’est maintenant que ça se joue.

 

 

Notes :

[0" Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau ! "...

[1Il n'adhère pas au PCF en raison du refus de celui-ci de condamner l'invasion de la Tchécoslovaquie

[2] « La Révolution est glacée ; tous les principes sont affaiblis ; il ne reste que des bonnets rouges portés par l’intrigue. L’exercice de la terreur a blasé le crime, comme les liqueurs fortes blasent le palais », lit-on ainsi dans les notes de Saint-Just, en 1794, après l’exécution des révolutionnaires « exagérés » (hébertistes) et « indulgents (dantonistes).

[3] Sans-culottes

[4] L'ère du peuple, par Jean-Luc Mélenchon

[5] Manifestations de 2019-2021 au Chili

[6] Observation et description des phénomènes et de leurs modes d’apparition, considéré indépendamment de tout jugement de valeur.

[7] Bataille de Valmy

[8] Trotsky distingue trois aspects de la « révolution permanente » : le premier (opposé à l’étapisme) est la permanence du processus révolutionnaire ou la « transcroissance » de la révolution démocratique en révolution socialiste, pour les pays dits « arriérés ». Le deuxième (opposé à l’étatisme bureaucratique) est la permanence de la révolution socialiste elle-même. Le troisième (opposé au socialisme dans un seul pays) renvoie à la nécessaire extension (sous peine de dégénérescence) de la révolution à l’échelle internationale en raison du caractère mondial de l’économie.

[9Antonio Gramsci

[10] L’écrivain antillais Édouard Glissant la définissait ainsi, en 2005 : « La créolisation, c’est un métissage d’arts, ou de langages qui produit de l’inattendu. C’est une façon de se transformer de façon continue sans se perdre. C’est un espace où la dispersion permet de se rassembler, où les chocs de culture, la disharmonie, le désordre, l’interférence deviennent créateurs. C’est la création d’une culture ouverte et inextricable, qui bouscule l’uniformisation par les grandes centrales médiatiques et artistiques. »

[11La guerre civile en France Association Internationale des Travailleurs

[12] Congrès panrusse des Soviets

[13] Cosaquerie

[14] L’abécédaire de Rosa Luxemburg

[15] Trotsky et le substitutisme

[16] Congrès de Tours

[17] Léon Blum | Discours au Congrès de Tours

[18] Étienne Marcel

[19] Révolution permanente

[20] L'Avenir en commun

[21] Manifestations de 2019-2021 au Liban

[22] Action populaire

[23] article 74 de la Constitution

[24] L’abécédaire du sous-commandant Marcos

[25] Amérique latine : les gauches dans l’impasse ?

[26] 25 ans plus tard : le zapatisme poursuit sa lutte

[27] Parti des travailleurs (Brésil)

[28] Mouvement de la gauche révolutionnaire (Chili)

[29] L'Avenir En Commun un programme écosocialiste ?

[30] Pacte de Varsovie

[31] Pablo Servigne

[32] Paul Ariès

[33] Référendum d'initiative citoyenne

[34] Frédéric Lordon : « La multitude mobilisée en masse est l’unique solution »

[35] 1983 le Tournant de la rigueur

[36] Aléxis Tsípras

[37] Comandante Chávez: A toda Revolución, le hace falta el látigo de la contrarrevolución 'Chaque révolution a besoin du fouet de la contre-révolution)

[38] Néstor Kirchner

[39] Mauricio Macri

[40] NOTRE STRATÉGIE EN EUROPE Appliquer notre programme quoi qu’il en coûte

[41] Ugo Bernalicis

 

Pour en savoir plus :

- Le populisme de gauche, loin alors d’être démagogique, peut coïncider avec la progression de valeurs et d’idées humanistes, promouvant une logique de solidarité entre les êtres humains. 

- JEAN-LUC MÉLENCHON ET LA FRANCE INSOUMISE : AMBITION PRÉSIDENTIELLE ET GUERRE DE POSITION

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2 janvier 2022 7 02 /01 /janvier /2022 14:23
La centrale nucléaire de Braud-et-Saint-Louis les pieds dans l’eau après la tempête fin décembre 1999

La centrale nucléaire de Braud-et-Saint-Louis les pieds dans l’eau après la tempête fin décembre 1999

Au moment ou la Commission européenne s’apprête, avec le soutien de la France, à classer le nucléaire comme énergie verte[0]... carte sur table à l'adresse de ceux qui défendent le nucléaire au nom de la réduction de l'empreinte carbone du pays !

 

A souligner que les raisons de sortir du nucléaire sont multiples :

  • l'indépendance énergétique : il n'y a pas d'uranium en France, nous l'importons ;
  • la  vétusté des installations : deux d'entre elles (Fessenheim et Bugey) ont plus de 40 ans, treize autres ont plus de 30 ans, parmi lesquelles Tricastin, Gravelines, ou encore Blayais et Paluel ;
  • le manque de sécurité vis à vis des risques extérieurs[01] ;
  • la gestion des déchets : il n’existe toujours pas de solution durable et sûre pour gérer les déchets nucléaires[03] ;
  • le coût de la remise à niveau des installations qui pourrait contribuer à financer la transition énergétique ;
  • la militarisation de l'espace[2] à laquelle participe la France[02] et qui fait des centrales nucléaires des cibles potentielles (il suffirait d’un tir sur la centrale de Nogent et il n’y aurait plus de France. Nous serions totalement désorganisés par le déménagement de 12 millions de personnes) ;
  • le changement climatique qui menace nos installations nucléaires....👇

Lorsque l’on parle de l’énergie nucléaire et de l’évolution du climat, c’est généralement dans un certain contexte : elle peut nous fournir suffisamment d’énergie en remplacement des combustibles fossiles. Et sur le plan de la productivité, les centrales atomiques ont leur mot à dire. Mais l’énergie nucléaire n’est certainement pas le pari le plus sûr pour l’avenir. L’élévation du niveau de la mer et d’autres effets du changement climatique menacent déjà le fonctionnement de cette industrie.

 

 

Le débat sur le nucléaire civil en France

-Introduction : le Nucléaire c'est 1000 incidents par an en France
1000 incidents par an sur les installations nucléaires, en France[2bis]. Ce sont les chiffres de l’Agence de Sûreté Nucléaire, qui les répertorie. Son classement va d’un niveau 0 (incidents mineurs) à un niveau 7 (« accident majeur »), correspondant aux catastrophes de Fukushima et Tchernobyl.

 

Des incidents… parfois dissimulés ou minimisés. Ainsi, un cadre de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) a déposé plainte contre EDF[2ter]. Ses accusations sont graves. Il accuse sa direction de l’avoir écarté « pour avoir dénoncé la dissimulation d’incidents de sûreté ». Il dénonce plusieurs cas d’incidents dissimulés. Le plus flagrant a eu lieu en 2018, lorsqu’une inondation a eu lieu dans l’un des bâtiments électriques de la centrale. Ses supérieurs l’auraient dissuadé de prévenir l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Un mois et demi plus tard sortait un rapport traitant de l’incident : celui-ci était largement minimisé.

 

  • En mars 2023, une importante fissure découverte à la centrale nucléaire de Penly[3bis], complique encore plus la situation d’EDF... et la pertinence du nucléaire.

 

 

Sources : newsmonkey | mis à jour le 06/07/2026

-Pourquoi le réchauffement climatique et l’énergie nucléaire ne font pas bon ménage ?

On attribue souvent à l’énergie nucléaire le mérite d’assurer la sécurité énergétique en période de changement climatique. De plus, les centrales sont peu émettrices de CO2. Mais, ironiquement, ce sont précisément les effets de ce changement climatique qui les sapent.


La grande majorité des centrales nucléaires en activité aujourd’hui ont été mises en service bien avant que la science du changement climatique ne soit bien établie. Deux centrales nucléaires sur cinq se trouvent sur la côte, et au moins 100 ont été construites à quelques mètres seulement au-dessus du niveau de la mer. L’énergie nucléaire est littéralement en première ligne du changement climatique – et pas dans le bon sens.

 

Des données scientifiques récentes indiquent que le niveau mondial des mers augmentera davantage et plus rapidement que ne le laissaient supposer les prédictions précédentes[3]. Dans les décennies à venir, alors que les phénomènes météorologiques extrêmes deviendront plus fréquents et plus destructeurs, les vents forts et la faible pression atmosphérique provoqueront des ondes de tempête plus importantes qui pourraient menacer les installations côtières.

 

 

-Environ 516 millions de personnes se trouvent dans un rayon de 80 km autour d’une centrale nucléaire en service
Les centrales nucléaires doivent puiser dans de grandes sources d’eau pour refroidir leurs réacteurs, c’est pourquoi elles sont souvent construites près de la mer. Celles situées plus à l’intérieur des terres seront confrontées aux mêmes problèmes d’inondation dans un monde qui se réchauffe. Et les sécheresses et les incendies de forêt[4] de plus en plus graves ne font qu’accroître la menace.

 

L’élévation du niveau de la mer et d’autres effets du changement climatique menacent déjà le fonctionnement de l’industrie nucléaire. Au Moyen-Orient, par exemple, l’eau de mer devient trop chaude pour refroidir correctement les réacteurs nucléaires. En France et aux États-Unis, les rivières se sont tellement asséchées que les centrales nucléaires ont dû être fermées à des moments où leur puissance était nécessaire de toute urgence.

 

Dans le monde, environ 516 millions de personnes vivent dans un rayon de 80 kilomètres autour d’une centrale nucléaire en activité et 20 millions de personnes vivent dans un rayon de 16 kilomètres. Ces personnes sont confrontées aux risques pour la santé et la sécurité de tout futur accident nucléaire. Les efforts visant à construire des installations capables de résister au changement climatique augmenteront considérablement les coûts déjà importants liés à la construction, à l’exploitation et au démantèlement des centrales nucléaires, sans parler des déchets radioactifs..

 

 

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60% de la capacité nucléaire est menacée par l’élévation du niveau des mers, les tempêtes violentes et les pénuries d’eau de refroidissement

On attribue souvent à l’énergie nucléaire le mérite d’assurer la sécurité énergétique en période de changement climatique. Mais, ironiquement, ce sont précisément les effets de ce changement climatique qui la sapent. Les inondations, sécheresses[5] et tempêtes extrêmes, autrefois rares, deviennent de plus en plus fréquentes, rendant de plus en plus obsolètes les mesures de protection prises par l’industrie, élaborées à une époque antérieure.

 

Les risques climatiques pour les centrales nucléaires ne seront ni linéaires ni prévisibles. L’élévation du niveau des mers, les tempêtes et les fortes précipitations affectant les défenses des eaux côtières et intérieures, les barrières naturelles et artificielles atteindront leurs limites.

 

La Commission de réglementation nucléaire américaine[6] a déjà conclu que la grande majorité de ses sites nucléaires n’ont jamais été conçus pour résister aux effets climatiques futurs auxquels ils seront confrontés, et beaucoup ont déjà subi des inondations (en France ce fut le cas de la centrale du Blayais en 1999[7]).

 

Un récent rapport de l’US Army War College[8] indique également que les centrales nucléaires risquent fort d’être fermées temporairement ou définitivement en raison des menaces climatiques. En effet, 60% de la capacité nucléaire américaine est menacée par l’élévation future du niveau des mers, les tempêtes violentes et les pénuries d’eau de refroidissement. Il n’existe pas encore d’analyse de ce type pour l’Europe....

 

  • Mais les experts du climat ont, en septembre 2019, présenté leur rapport sur les océans, les régions polaires et les glaciers, selon lequel le niveau marin pourrait monter de plus d’un mètre et les inondations côtières se multiplier d’ici la fin du siècle (rapport du GIEC)[9]. D'autres scénarios argumentés considèrent que la catastrophique montée des océans ne sera pas pour dans trente ou cinquante ans, que ça ne se passera pas dans un siècle..., non, c’est pour 2030, autant dire demain[10].
  • Sans céder au catastrophisme, un courant océanique majeur de l'Atlantique menace de se détraquer, et c'est inquiétant... notamment parce-que le niveau de l'océan Atlantique connaîtra une forte hausse[11]. 

 

 

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En France, Jean-Luc Mélenchon rétablit la réalité de la situation :

“ Je voudrais débarrasser la question du nucléaire d’un aspect idéologique qui n’a rien à y faire. Je ne suis pas pour sortir du nucléaire parce que je ne supporterais pas le nucléaire. Le sujet, c’est que c’est très dangereux[12] ”. Nous sommes un pays d'une petite superficie. Je m'oppose à ce qu'on reste dans ce danger. Je veux qu'on en sorte.

 

  • " Plusieurs centrales nucléaires sont dans des zones qui vont être inondées : à Blaye, estuaire de la Gironde, ou Gravelines, dans le Nord[1][1ter]. "

« Mesdames et messieurs, s’il arrive pour notre malheur, qu’il se passe quoi que ce soit à la centrale de Gravelines, il faudra quitter Lille, Roubaix, Calais pour 10 000 ans. S’il arrive quoi que ce soit à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine qui est en amont de la capitale [Paris], il faudra évacuer 12 millions de personnes et ne pas revenir dans le secteur avant 20 000 ans », a dit le leader de la France insoumise, évoquant d’abord des accidents liés à l’âge et l’entretien des centrales[1bis] ».

 

  • " Ce que montre la militarisation de l’espace... autant de raison de démanteler le réseau des centrales françaises qui sont autant de cibles destructrices pour notre pays[2]. "

L’espace était démilitarisé par un accord signé notamment par la France et les États-Unis. Les Américains ont décidé de le déchirer et de créer un état-major de l’Espace. Macron en a fait autant.

« La menace militaire vient dorénavant de l’espace. Nous sommes de cibles. Nous présentons 58 cibles à portée de l’espace. Voilà pourquoi on ne peut pas continuer comme ça[1bis] ». 

 

  • " La guerre en Ukraine, un danger pour notre pays[18]. "

Cet événement sur lequel nous avions alerté en temps utile[19] nous rappelle que le nucléaire civil est une cible militaire possible et facile d’atteinte dans les guerres. En France, 40 millions d’habitants vivent en zone de contamination possible à moins de cent kilomètres d’une centrale. C’est 60 % de la population de notre pays. Dans l’immédiat, en temps de guerre en Europe, je demande le renforcement des mesures militaires et civiles de protection des sites nucléaires de notre pays...

 

Ukraine nucléaire – Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • A méditer en ce qui concerne l'indépendance énergétique de la France :

 

Le débat sur le nucléaire civil en France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2017, Jean-Luc Mélenchon dénonçait la dictature au Khazakstan... La macronie, elle, la félicitait[13].

  • Et en Août 2021 " Macron et le Président Tokaïev convenaient de renforcer encore le partenariat entre la France et le Kazakhstan, notamment dans le domaine économique.[14] " ;
  • Vive le nucléaire nous dit Macron : En 2016, plus des deux tiers de la production mondiale d’uranium provenaient des mines de trois pays dont le Kazakhstan (39,4% de la production mondiale) et alimente la France à partir des mines de Muyunkum et Tortkuduk[15]... et ce alors que la dictature poursuit son œuvre avec l’escalade de la violence et de la répression[16]... mais chut !

 

Pourquoi le réchauffement climatique et l’énergie nucléaire ne font pas bon ménage et Jean-Luc Mélenchon veut en sortir ?
Pourquoi le réchauffement climatique et l’énergie nucléaire ne font pas bon ménage et Jean-Luc Mélenchon veut en sortir ?
Pourquoi le réchauffement climatique et l’énergie nucléaire ne font pas bon ménage et Jean-Luc Mélenchon veut en sortir ?
Pourquoi le réchauffement climatique et l’énergie nucléaire ne font pas bon ménage et Jean-Luc Mélenchon veut en sortir ?
Pourquoi le réchauffement climatique et l’énergie nucléaire ne font pas bon ménage et Jean-Luc Mélenchon veut en sortir ?
Pourquoi le réchauffement climatique et l’énergie nucléaire ne font pas bon ménage et Jean-Luc Mélenchon veut en sortir ?
Pourquoi le réchauffement climatique et l’énergie nucléaire ne font pas bon ménage et Jean-Luc Mélenchon veut en sortir ?
Pourquoi le réchauffement climatique et l’énergie nucléaire ne font pas bon ménage et Jean-Luc Mélenchon veut en sortir ?

 

 

- Mélenchon défend l’éolien en mer : bientôt moins cher que le nucléaire

Le débat sur le nucléaire civil en France

L’éolien sera 30 % moins cher que le nucléaire d’ici 2030...
Lors de son déplacement au Croizic, le 15 janvier 2022, Jean-Luc Mélenchon a rappelé qu’avec le vieillissement du parc nucléaire français, les temps d’arrêts des centrales sont de plus en plus longs et de plus en plus fréquents. Le facteur de charge des éoliennes en mer est désormais équivalent à celui du nucléaire, c’est-à-dire 60 %. Il a aussi rappelé que les scientifiques étaient désormais certains que d’ici 2030 l’énergie éolienne serait 30 % moins cher que le nucléaire[17].

 

Le candidat de l’Union Populaire à l’élection présidentielle a vanté les changements apportés par une bifurcation sur l’éolien : « fabriquer, installer, entretenir, aller et venir, construire les bateaux nécessaires, former du personnel, ce sera un monde nouveau avec des activités nouvelles ». Et Jean-Luc Mélenchon conclut : « On sait le faire, ce n’est qu’une décision politique. Tout est dans la politique à cette heure. »

 

 

- Et un outil à votre disposition

 

Organiser le 100% d'énergies renouvelables en 2050 et la rénovation énergétique

 

 

-

Nucléaire : Macron un président sous influence

Sûreté, coûts, souveraineté, pollution... Mathilde Panot, députée france insoumise, rétablit la vérité sur le nucléaire dans le dernier épisode d'Expression Direct.

 

 

 

Notes :

[0LA COMMISSION EUROPÉENNE S’APPRÊTE À CLASSER LE NUCLÉAIRE COMME ÉNERGIE VERTE

[01un rapport de l’ONG Greenpeace pointe avec inquiétude la vulnérabilité des centrales françaises face au risque d’attaques extérieures

[02Un état-major de l’espace pour l’OTAN a été installé à Toulouse.

[03] En France, il n’existe toujours pas de solution durable et sûre pour gérer les déchets nucléaires

[1] Jean-Luc Melenchon : Plusieurs centrales nucléaires sont dans des zones qui vont être inondées : à Blaye, sur l’estuaire de la Gironde, ou Gravelines, dans le Nord

[1bis] Jean-Luc Melenchon : La question du nucléaire n'est pas une question idéologique mais une affaire de danger pour les êtres humains. 

[1terCLIMAT : VOICI LES VILLES DE FRANCE QUI DEVRAIENT ÊTRE ENGLOUTIES PAR LA MONTÉE DES EAUX

[2] Jean-Luc Melenchon : Ce que montre la militarisation de l’espace... autant de raison de démanteler le réseau des centrales françaises qui sont autant de cibles destructrices pour notre pays.

[2bis1000 incidents par an sur les installations nucléaires

[2ter] un cadre de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) a déposé plainte contre EDF.

[3le niveau mondial des mers augmentera davantage que ne le laissaient supposer les prédictions précédentes.

[3bis] L’importante fissure découverte à la centrale nucléaire de Penly complique encore plus la situation d’EDF

[4] les sécheresses et les incendies de forêt de plus en plus graves ne font qu’accroître la menace

[5] Le point de basculement est proche: les chaleurs extrêmes feront bientôt plus de morts que les vagues de froid

[6] la grande majorité de ses sites nucléaires n’ont jamais été conçus pour résister aux effets climatiques futurs

[7Inondation de la centrale nucléaire du Blayais en 1999

[8] Récent rapport de l’US Army War College

[9rapport du GIEC

[10Le niveau des océans pourrait s'élever de 25m dés 2030

[11] Climat : un courant océanique majeur de l'Atlantique menace de se détraquer, et c'est inquiétant

[12Le sujet, c’est que le nucléaire c’est très dangereux

[13] Le président du groupe « La France insoumise » a rappelé quelles étaient les conditions de vie de l'opposition dans ce pays et combien Nazerbaïev était un tyran qui pratique la torture, l'emprisonnement et la répression. Il a dénoncé l'hypocrisie de ceux qui, en France, parlent dans ce pays de « progrès démocratiques ». 

[14Août 2021 " Macron et le Président Tokaïev convenaient de renforcer encore le partenariat entre la France et le Kazakhstan, notamment dans le domaine économique.

[15] En 2016, plus des deux tiers de la production mondiale d’uranium provenaient des mines de trois pays dont le Kazakhstan (39,4% de la production mondiale en 2016)

[16] Au Kazakhstan, l’escalade de la violence et de la répression

[17] Mélenchon défend l’éolien en mer : bientôt moins cher que le nucléaire

[18Ukraine nucléaire – Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

[19] Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !

 

Pour en savoir plus :

- Le débat sur le nucléaire civil en France

- L'alternative au nucléaire : Scénario négaWatt 2022

Jean-Luc Mélenchon : « Éviter le black-out nucléaire » – Tribune dans le JDD

- « Des milliards et des milliards d’euros », voilà ce que coûtera… l’enfouissement des déchets nucléaires

- LA DISPONIBILITÉ DES CENTRALES NUCLÉAIRES FRANÇAISES AU PLUS BAS

- NUCLÉAIRE. 4 QUESTIONS APRÈS LA FUITE À LA CENTRALE DU TRICASTIN (DRÔME)

- L’Écosse a utilisé les énergies renouvelables pour 97% de ses besoins électriques en 2020

- Stéphane Lhomme, le directeur de l'Observatoire du nucléaire : « Mali : la France " a absolument besoin d'être là pour protéger ses mines d'uranium au Niger " »

- Le débat sur le nucléaire civil en France

- Nucléaire : une information judiciaire ouverte après la plainte visant EDF pour des « dissimulations » d’incidents à la centrale du Tricastin

- Surchauffe au coeur de la machine nucléaire : la série podcast

- Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement : « Le nucléaire est l’une des énergies les plus coûteuses »

- Yves Mestas – Relance du nucléaire à marche forcée

- juin 2023 : Appel de scientifiques contre un nouveau programme nucléaire

- Plus de 1000 scientifiques lancent un appel contre la relance du nucléaire en France

- Les Français plus que jamais favorables à l'énergie nucléaire

- (GÉO)POLITIQUE : LE NUCLÉAIRE, UNE ÉNERGIE ANTIDÉMOCRATIQUE ET NÉOCOLONIALE

- Jean-Luc Mélenchon : " le nucléaire en temps de guerre ce n’est pas seulement la bombe atomique. Le nucléaire civil est notre plus grande vulnérabilité "

- Juin 2025 : La température de la Garonne atteint 28 °C : la centrale de Golfech contrainte de mettre à l’arrêt l’unité n.1

- Août 2025 : La " présence massive " de méduses provoque l'arrêt automatique de quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines

- Canicule et risques nucléaires – Mélenchon avait prévenu

La centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, a été mise à l'arrêt ce lundi 22 juin 2026 peu avant minuit en raison de l'alerte rouge canicule.

Déchets radioactifs immergés dans l'Atlantique : une mission scientifique pour documenter les interactions avec les écosystèmes

 

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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 14:07
L'intégrale du Programme de #Mélenchon2022 en 6 épisodes audio

Lecture intégrale du programme de L'Avenir en Commun, le programme porté par Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle de mars 2022. Il comporte 694 mesures, organisées autour de trois grands thèmes: la démocratie, l'écologie et la lutte contre les inégalités sociales. Bonne écoute !

Au départ, Jean-Luc Mélenchon a lancé ce projet pour que les personnes non-voyantes et mal-voyantes puissent avoir accès au programme, mais je pense qu'il peut être utile à tous ceux qui préfèrent écouter le programme que le lire.

Merci à Jean-Edouard et Emmanuelle pour la lecture des citations, à Loïza pour la lecture des sondages, et à Marie pour la musique.

 

 

- Introduction de Jean-Luc Mélenchon

 

 

- Partie 1 : Vivre libre et citoyens

 

 

- Partie 2 : S'adapter au système de la nature

 

 

- Partie 3 : Unir pour bien vivre

 

 

- Partie 4 : Humaniser les personnes et la société

 

 

- Partie 5 : Ordonner le monde

 

Pour en savoir plus et être acteur de la campagne :

- Inscrivez-vous sur les listes électorales : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1367

- Site de campagne de Jean-Luc Mélenchon : https://melenchon2022.fr

- Le programme de l'Avenir en Commun : https://melenchon2022.fr/programme/

- La chaîne YouTube de Jean-Luc Mélenchon : https://www.youtube.com/user/PlaceauPeuple

- Pour participer à la campagne de Mélenchon, rejoignez Action Populaire, la plateforme militante : https://actionpopulaire.fr

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 13:55
L'Avenir En Commun un programme écosocialiste ?
L'Avenir En Commun un programme écosocialiste ?
L'Avenir En Commun un programme écosocialiste ?

Jean-Luc Mélenchon : « Assez de bavardage écologique : contraintes et sanctions sont nécessaires... Sans obstacles, les multinationales poursuivent leur saccage »[0!

 

 

Jean-Luc Mélenchon : " Trente ans de conférences internationales et de rapports scientifiques ont sonné l’alarme climatique. Pour quel résultat ? 60% d’émissions de CO2 supplémentaires en 26 ans. Le changement climatique est commencé. Il est irréversible. On ne se bat plus en réalité que pour empêcher davantage de dégâts. Car de nouveaux points de non-retour climatiques seront franchis très bientôt. En effet les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître et un réchauffement de 4 degrés à la fin du siècle semble assuré. "[0]

 

 

Sources : Eric Durand & Matthieu Le Quang | mis à jour le 11/01/2025

- Introduction

Face à l’urgence climatique, sociale et démocratique, face aux politiques d’austérités, aux logiques de délocalisation et de libre-échange, de perte d’indépendance des Etats, l’écosocialisme[1] se présente comme un concept unificateur et une alternative politique puissante pour notre civilisation, et, en France est porté par une seule force politique, le Parti de Gauche[2].

 

La crise sanitaire actuelle (coronavirus[3]) est bien la conséquence du mode capitaliste d’exploitation, de production, de consommation et d’échanges. Son caractère prédateur a martyrisé la nature, la biodiversité et a bouleversé notre rapport au vivant, aux espèces animales et végétales. Les effets sont amplifiés par les pressions austéritaires, les coupes sombres sur les services publics, la santé et   les conséquences sociales sont considérables. Cette crise a clairement démontré que le capitalisme est incompatible avec l’intérêt général de l’avenir de la vie sur terre et de la planète elle-même.

 

Au-delà et en deçà d’un programme de gouvernement, une ligne d’horizon doit être visible pour tous : un projet de société fondé sur une conception de l’Humain qui ne soit pas contradictoire avec les données de la science contemporaine.

 

 

 

-

Qui l'eût cru ? Les français écosocialistes sans le savoir !

  • Le système capitaliste est incompatible avec la lutte contre le réchauffement climatique pour 52% des Français ;
  • 81% favorables au "refus d'accorder les aides de l'Etat aux entreprises polluantes sans contreparties écologiques contraignantes"... ce que propose la France insoumise[4]

Enquête réalisée en ligne entre le 27 mai et le 1er juin 2020 auprès d'un échantillon représentatif de 1.003 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas[5].

 

 

 

- Caractéristiques générales de l’écosocialisme (selon Matthieu Le Quang)
Si l’écosocialisme se positionne comme héritier de la longue tradition socialiste, il cherche à apprendre des erreurs du passé et condamne particulièrement ce qu’on a appelé le « socialisme réel » c’est-à-dire la tentative d’application des thèses marxistes dans l’ex-Union Soviétique. Il y a donc une volonté de refonder le socialisme en prenant en compte l’écologie et en le libérant ainsi de ses scories productivistes.

 

L’urgence écologique ne peut pas laisser de côté les grandes inégalités sociales et, inversement, les exigences d’équité sociale ne doivent pas être pensées indépendamment des impératifs écologiques. Il faut donc à la fois repenser les rapports des êtres humains avec la nature et transformer les rapports des êtres humains entre eux : « L’enjeu planétaire de ce processus de transformation radicale des rapports des humains entr’eux et avec la nature est un changement de paradigme civili­sa­tionnel, qui concerne non seulement l’appareil productif et les habitudes de consommation, mais aussi l’habitat, la culture, les valeurs, le style de vie. »[6] Ce programme ambitieux de changement de société ne peut se faire sans une planification qui doit être à la fois écologique, sociale et démocratique. Cette planification a pour but de penser simultanément le court terme et le long terme, de ne pas les opposer, afin de mettre en place une transition qui soit la plus courte et la moins douloureuse possible.

 

 

- Une planification écologique

  • La planification écologique doit abandonner la notion de « maîtrise humaine de la nature »[7] et réorganiser la production en fonction des besoins sociaux et de la protection de l’environnement. Cela doit passer notamment par la subordination de la valeur d’échange à la valeur d’usage. On doit aller vers la réorientation écologique de l’économie et de l’appareil de production avec un changement radical de mentalité qui aurait comme objectif la baisse de la consommation, ce qui entraînerait de manière simultanée la baisse de la production. Cette baisse est d’autant plus nécessaire que la production de nouveaux objets suppose aussi la production de déchets liés à ces objets. Si les techno-scientistes pensent que le problème du réchauffement climatique va se résoudre avec de nouvelles technologies et les sciences, le pic pétrolier nous démontre que ces technologies ne pourront pas tout remplacer. D’autant plus que ce pic pétrolier commence à s’enchevêtrer aussi avec le déclin des réserves mondiales de métaux (or, argent, uranium, cuivre, zinc, etc.)[8].

 

  • Cette planification doit penser la transition vers une société post-pétrolière, une société qui ne dépendrait plus des énergies fossiles, ce qui ne signifie pas qu’elle n’utilisera plus de pétrole ou autre ressource naturelle non renouvelable. Il parait nécessaire de se préparer dès maintenant à cette société post-pétrolière, davantage à cause des changements climatiques drastiques, dont est en grande partie responsable l’utilisation du pétrole, que pour l’inévitable épuisement des réserves pétrolières. En d’autres termes, il s’agit à partir de maintenant de laisser le plus de réserves de pétrole sous terre au lieu de les exploiter.[9] Sans cela, l’adaptation va coûter de plus en plus chère et va amener de plus grands risques. Ce qui démontre la nécessité d’une planification écologique afin de préparer les conditions pour une transition non traumatisante.

 

  • La réduction de plus en plus importante des réserves de matières premières exige une réduction drastique de la consommation d’énergie mais aussi de la consommation d’objets matériels. Le capitalisme se base sur la production et la consommation d’énergies non renouvelable, en bénéficiant en plus d’un prix d’exploitation infime, même si celui-ci est de plus en plus élevé en ce qui concerne le pétrole et le gaz. La réorientation de la production énergétique vers le développement des énergies renouvelables ne devrait pas tenir compte du coût économique plus important de ces énergies, mais considérer leur apport pour l’environnement et les êtres humains en baissant les émissions de gaz à effet de serre. L’important est de diversifier ces sources d’énergies renouvelables (éolienne, solaire, bioénergie, géothermie, hydrolien, biomasse, eau, etc., selon les pays) pour ne pas dépendre des aléas possibles liés seulement à l’une d’entre elles, et de bien planifier leur complémentarité. L’imprévisibilité et la variabilité naturelle de ces sources entrainent une génération fluctuante d’électricité. Il faut aussi tenir compte des impacts de ces énergies sur l’environnement, l’agriculture, l’eau, la production, l’emploi et la planification urbaine. Il existe une interaction entre tous ces secteurs au moment de penser la planification énergétique. La décentralisation de ces projets est un impératif afin de ne pas reproduire les grands projets qui sont souvent nocifs en termes environnementaux.

 

Cette réorientation énergétique, qui passe aussi par l’interdiction des centrales nucléaires (et donc la planification de la fermeture des centrales en fonctionnement), permettra la décarbonisation de l’économie et des transports. En effet, ces deux secteurs sont basés sur l’utilisation des énergies telles que le pétrole, le charbon ou le gaz, émettrices de gaz à effet de serre. Au niveau des transports, en plus de décourager l’utilisation de la voiture individuelle dans les déplacements quotidiens, la société écosocialiste devra promouvoir les transports publics bon marché ou gratuits. La gratuité ou non de ces transports devra faire l’objet d’une décision démocratique de la population.

 

 

 

- Une planification sociale

  • La planification sociale suppose la propriété collective des moyens de production, une égalité sociale et la fin des inégalités économiques. Les différentes crises actuelles nous obligent à penser de nouvelles émancipations collectives des dominés tout en les articulant avec les exigences de protection de l’environnement. Comme le constate Hervé Kempf, « le système social qui régit actuellement la société humaine, le capitalisme, s’arc-boute de manière aveugle contre les changements qu’il est indispensable d’opérer si l’on veut conserver à l’existence humaine sa dignité et sa promesse »[10]. La lutte contre l’oligarchie démontre que les classes sociales, et donc la lutte des classes, n’ont pas disparu.

 

  • La réappropriation des moyens de production et la transformation des rapports sociaux est un des débuts pour l’émancipation collective. Les formes de propriété peuvent être publiques, collectives, coopératives voire privées. Ici il ne faut pas tomber dans l’erreur commise par les socialismes réels qui ont compris « propriété collective » comme étatisation de certaines entreprises, la plupart considérées comme stratégiques, alors que l’Etat peut aussi être un puissant instrument de domination.

 

  • Selon Roger Rashi, l’écosocialisme doit « chercher à révolutionner les rapports sociaux ainsi que les forces productives. En d’autres termes, il se doit de changer la façon de travailler et de vivre (ce qui constitue les rapports sociaux) ainsi que la façon de produire et d’agir sur la nature (autrement dit, les forces productives). »[11] Cette transformation des rapports sociaux passe par le fait de changer radicalement les forces productives et donc de passer du « travail mort », symbolisé par la mécanisation de multiples secteurs comme l’agriculture par exemple, à un « travail vivant » qui permettrait de créer des emplois et d’humaniser les rapports de travail. L’appareil productif n’est pas neutre : en plus de viser à l’expansion illimitée du marché, il essaie de contrôler la vie des personnes en organisant leur temps de travail et même leur temps libre. La lutte contre le travail qui domine la vie ne signifie pas la fin du travail, mais penser à un travail solidaire, un travail libre dans une volonté de construire collectivement les nouvelles forces de production.

 

  • La transformation du travail mort en travail vivant générera de nouvelles sources d’emploi qui devra se combiner avec une réduction du temps de travail, comme possible réponse au chômage. Cette réduction du temps de travail a pour corollaire l’augmentation du temps libre. Dans une société capitaliste, le temps libre est pris en charge par la société de consommation[12] et le marché. Selon Michael Löwy, « l’écosocialisme est fondé sur un pari, qui était déjà celui de Marx : la prédominance, dans une société sans classes, de « l’être » sur « l’avoir », c’est à dire la réalisation personnelle, par des activités culturelles, ludiques, érotiques, sportives, artistiques, politiques, plutôt que le désir d’accumulation à l’infini de biens et de produits. »[13]

 

  • Un indicateur de richesse alternatif au PIB et autres indicateurs économiques capitalistes pourrait être la mesure du temps. Selon René Ramírez, « le thermomètre le plus adéquat pour mesurer le Bien Vivre d’une société est celui qui nous permet de connaître combien de temps sa population vit en bonne santé en faisant ce qu’elle désire faire ; ou combien de temps dans la journée est dédié à la production de socialisation (être avec des ami-e-s, la famille, communauté politique), pour contempler de l’art, le produire et s’en délecter, pour s’auto-connaître, pour donner et recevoir de l’amour ; ou combien d’année de vie gagne un territoire en évitant la perte de forêt native ou grâce à la reforestation de son environnement naturel »[14]. Avec la mesure du temps libre, bien vécu ou vécu en plénitude, on sort de la logique économique capitaliste où la richesse se mesure à partir de l’accumulation de biens matériels ou immatériels, pour étudier plus particulièrement « la génération/jouissance de biens relationnels »[15].

 

  • La notion de « bien relationnel » doit être pensée en dehors de la logique capitaliste. Selon Bolívar Echeverría, un bien est un objet pratique qui s’intègre dans un processus social de production et de consommation et de reproduction d’un sujet social. Cet objet pratique peut être « n’importe quel élément de la nature, qu’il soit physique, chimique, vital, psychique ; n’importe quel fait, qu’il soit matériel ou spirituel, etc., n’importe quelle parcelle de réalité extérieure ou intérieure, n’importe quel bout de matière, qu’importe sa matérialité »[16]. Le but d’un bien est de satisfaire un besoin, c’est un élément de la richesse objective d’un sujet social qui possède une valeur d’usage pour la consommation.

 

  • Les êtres humains et les sociétés ont des besoins vitaux qui vont au-delà des besoins sociaux basiques (eau, alimentation, habitat, santé, éducation, etc.) et qui se satisfont dans les relations sociales. La reproduction de la vie passe par la sociabilité avec les autres êtres humains, la participation politique, la contemplation, les loisirs gratuits, etc. Les biens relationnels sont ainsi des biens dont l’accès à leur consommation ne passe pas nécessairement par la médiation de l’argent. Reprendre le contrôle de son temps, c’est aussi reprendre le contrôle de sa vie et s’émanciper des relations marchandes afin de participer à ces activités non marchandes.

 

  • Selon René Ramírez[17], les biens relationnels sont surtout des biens immatériels dont la production et la consommation sont conditionnées par les conditions matérielles de la société c’est-à-dire lorsque les besoins matériels de base sont satisfaits (même si leur insatisfaction n’empêche pas la génération et jouissance de biens relationnels dans certains cas). En s’appuyant sur une éthique aristotélicienne, Ramírez décrit quatre types d’activités pour la production et consommation de biens relationnels : le travail émancipateur, la contemplation (culture, art, récréation, sport, lecture, la réflexion, la contemplation de la nature, etc.), la création de société (les relations familiales, l’amitié, l’amour) et la vie publique (participation politique, associative, syndicale, activité sociale, etc.). Ainsi l’être humain est un être social qui partage son temps avec les autres, ce qui implique la génération d’espaces de rencontre, de débats, de délibération, la participation dans des actions collectives, la récupération de l’espace public. Ces activités ne peuvent que radicaliser la démocratie.

 

- Une planification démocratique

  • La planification écologique et sociale ne peut se faire que de manière démocratique afin d’obtenir le soutien de la grande majorité de la population. Michael Löwy affirme que l’écosocialisme implique une éthique démocratique afin de ne pas laisser l’avenir de la société et les décisions importantes dans les mains de l’oligarchie et de technocrates. Ces décisions démocratiques doivent se prendre sur les objectifs de la société, sur les buts et les nécessités de la production, afin de sortir du productivisme : « les grandes décisions concernant la production et la distribution ne sont pas prises par les « marchés » ni par un Politburo, mais par la société elle-même, après un débat démocratique et pluraliste, où s’opposent des propositions et des options différentes »[18].

 

  • Cette transformation impliquera forcément une décroissance de la consommation et donc le renoncement à un certain nombre de biens et habitudes ancrés dans la vie quotidienne de la population. Cela ne se fera pas sans résistance si ces besoins créés par le capitalisme ne sont pas remplacés par d’autres désirs. Le concept de « socialisme gourmand » développé par Paul Ariès appelle à cette prise de conscience que l’émancipation sociale et la transition vers le socialisme ne peut s’effectuer si elle est synonyme de manque. Selon lui, « il ne s’agit plus de combler un manque mais de développer les liaisons sociales » à partir d’un socialisme qui veut « chanter la vie au temps présent »[19].

 

  • Un thème fondamental qui mérite réflexion est celui de la gratuité et plus particulièrement de la gratuité des services de base correspondant aux besoins sociaux : eau, énergie, santé, éducation, etc. Selon Paul Ariès, penser la gratuité bouleverserait les consciences et amènerait à des comportements antiproductivistes et anticonsuméristes. Toutefois cette gratuité ne serait que pour le bon usage de ces services c’est-à-dire celui qui correspond aux nécessités humaines. Le mésusage ou la surconsommation devront faire l’objet d’un renchérissement, voire d’une interdiction si le peuple l’a décidé démocratiquement.[20] L’exemple type est celui de l’utilisation de l’eau : si nous avons besoin de l’eau pour boire, cuisiner et assurer l’hygiène quotidienne, et que donc cet usage devrait faire l’objet de gratuité, cela est moins vrai pour le fait de remplir sa piscine qui correspond à un mésusage. Ce thème de la gratuité, du renchérissement ou de l’interdiction du mésusage doit faire l’objet d’un débat et d’une prise de décision démocratiques.

 

  • La société écosocialiste ne peut donc reposer que sur une véritable démocratie qui dépasse la seule démocratie représentative. Cela n’est pas possible sans l’instauration d’une participation active au sein d’une réelle démocratie participative et l’instauration de différents mécanismes pour que les élus rendent des comptes à intervalles réguliers, pour que les citoyens puissent participer à l’élaboration des lois et proposer des projets de lois et pour que ces lois soient soumises régulièrement au vote à travers le référendum ou des consultations populaires.

 

- EN CONCLUSION...

L’écosocialisme est la jonction d’une écologie anticapitaliste et d’un socialisme débarrassé du productivisme, dans un projet de société alternatif porteur d’espérance.

  • Il est la réponse humaine raisonnée à la double impasse capitaliste et productiviste ;

Nous combattons donc les moteurs du système : le consumérisme sacrant l’accumulation matérielle, le creusement des inégalités sociales ; le productivisme qui épuise les écosystèmes, la mondialisation qui permet le dumping social et environnemental.

Nous désignons les vrais coupables : l’oligarchie financière, les idéologues de la concurrence « libre et non faussée » et du libre-échange.

 

 

 

Alors, pour moi, aujourd'hui, en, France, l'écosocialisme, c'est L'AVENIR EN COMMUN et Jean-Luc Mélenchon qui le porte !

 

L'écologie politique ne saurait passer sous silence la nécessaire rupture avec le capitalisme sans s’attaquer aux logiques productivistes qui dévastent, non seulement l’environnement, mais aussi les conditions d’existence de milliards d’êtres humains :

  • Notre projet vise une économie au service des besoins sociaux qui rompt avec la doxa libérale et qui passe par la désobéissance aux directives de l’Europe libérale ;
  • Notre projet impulse la réalisation d'un « compromis inédit entre bleus de travail et souci de la planète » en s'appuyant sur l'action populaire des salariés et autres citoyens porteurs de projets alternatifs au libéralisme car la remise en cause du système ne peut résulter d’une simple alternance électorale et de décisions venues d’en haut.

 

Jean-Luc Mélenchon : « Assez de bavardage écologique : contraintes et sanctions sont nécessaires... Sans obstacles, les multinationales poursuivent leur saccage » !

 

Notes :

[0] Assez de bavardage écologique : contraintes et sanctions sont nécessaires !

[1] Écosocialisme

[2] Le Parti de Gauche

[3Coronavirus

[4Pas d’argent magique sans contreparties éthiques, sociales et écologiques

[5Le système capitaliste incompatible avec la lutte contre le réchauffement climatique pour 52% des Français

[6] Michael Löwy, 2009, « Scénarios du pire et alternative écosocialiste », Nouveaux Cahiers du Socialisme.

[7] Daniel Tanuro, 2012, L’Impossible capitalisme vert, Paris, La Découverte, 2ndeédition (2010), p. 207.

[8] Voir l’article de Matthieu Auzanneau sur le blog Oil Man : « Raréfaction des métaux : demain, le “peak all” », 8 mai 2012.

[9] Voir Matthieu Le Quang, 2012, Laissons le pétrole sous terre ! L’initiative Yasuni-ITT en Equateur, Paris, Omniscience ; 2016, « La trajectoire politique de l’initiative Yasuní-ITT en Équateur : entre capitalisme vert et écosocialisme », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, n° 130, p. 105-121

[10] Hervé Kempf, 2007, Comment les riches détruisent la planète, Paris, Seuil, p. 8.

[11] Roger Rashi, 2008, « Capitalisme de désastre ou écosocialisme », Nouveaux Cahiers du Socialisme, mars.

[12] La base de la société de consommation et donc du capitalisme est la publicité qui devra être remise en cause et remplacée par l’information fournie par les associations de consommateurs. La publicité qui pousse à la consommation et à créer des besoins illusoires devra être fortement régulée voire interdite.
[13] Michael Löwy, 2009, « Scénarios du pire et alternative écosocialiste », Nouveaux Cahiers du Socialisme, août.

[14] René Ramírez Gallegos, 2012, La vida (buena) como riqueza de los pueblos. Hacia una socioecología política del tiempo, Quito, IAEN, INEC, p.15.

[15] René Ramírez Gallegos, 2012, La vida (buena) como riqueza de los pueblos. Hacia una socioecología política del tiempo, Quito, IAEN, INEC, p.Idem, p. 16.

[16] Bolívar Echeverría, 1998, op. cit., p.13.

[17] René Ramírez Gallegos, 2012, op. cit.

[18] Michael Löwy, 2011, op. cit., p. 124.

[19] Paul Ariès et Simon Lecomte, « Entretien autour du socialisme gourmand », Le Sarkophage, 17 mars/19 mai 2012, p. 10

[20] Paul Ariès, 2007, Le Mésusage. Essai sur l’hypercapitalisme, Lyon, Parangon.

 

Pour en savoir plus :

- Jean-Luc Mélenchon: Il est temps de mettre fin à la dictature du court-termisme

- Éco. quoi ? Écosocialisme ! Mais de quoi parle t-on ?

- « La planification c’est pas Staline c’est de Gaulle » : la victoire idéologique de Mélenchon

- « La lutte contre la dégradation de l’environnement est aussi une lutte anti-impérialiste »  Thomas Sankara

- Les mots de la campagne : La «planification écologique» de Jean-Luc Mélenchon, un sillon bien creusé

- Martine Billard : le climat ne sera pas sauvé par des yakafokon mais par une planification écologique qui s’émancipe réellement des politiques libérales et porte une vision globale des solutions pour éviter de proposer des solutions inapplicables ou entraînant d’autres dégâts que ceux censés être supprimés. 

Entretien avec Michaël Löwy : Jean-Luc Mélenchon « a largement contribué à populariser la notion d’écosocialisme »

 

L'Avenir En Commun un programme écosocialiste ?
L'Avenir En Commun un programme écosocialiste ?
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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 08:56
Carte sur table : J.L. Mélenchon est-il favorable à l'immigration ?

- Au delà du titre, la question est " reconnaît-il la liberté de circulation aux hommes et la possibilité de travailler et vivre sur un territoire "  et pourquoi ?

- Car seuls les capitalistes du « marché libre et non faussé » militent pour un monde sans frontières, sans frontière pour les marchandises et les profits... mais pas pour les hommes !


AVERTISSEMENT AU LECTEUR : J’ai 63 ans et Je suis économiste, formé à l’Université de « sciences économiques » d’Aix en Provence. J’ai eu la chance dans mon cursus universitaire iconoclaste de pouvoir suivre une licence dont la thématique principale, portait sur les « pays en voie de développement », terme pudique, qui déjà, en fait traitait des « Pays sous-développés » dont essentiellement les pays d’Afrique. J’ai donc eu la possibilité de me pencher sur les causes des migrations qui existaient déjà au début des années 80. Ce que j’écris ici, doit beaucoup à cette période qui combine à la fois apprentissage (écoute attentive des enseignants) et aussi recherches personnelles. La motivation de ce papier est liée au fait que je ne supporte plus les discours de haine portés et promus en boucle sur les médias, par des responsables politiques irresponsables, promus par des médias tout autant irresponsables et qui jamais dans ce cadre n’abordent le fond des questions posées. J’espère par ce papier, contribuer à amener de la sagesse humaine, celle de Sapiens.


INTRODUCTION : Comme je sais que la lecture est devenue de moins en moins facile, j’expose ici directement ma thèse répondant à la question posée dans le sous-titre. Du fait de sa philosophie (l’humanisme), de sa politique (le collectivisme et non l’individualisme) et de ses propositions (le programme « l’Avenir en commun[1] »), Jean-Luc MELENCHON est le candidat qui permettra de réduire ce qui est appelé « immigration » et qu’il faut véritablement appeler : « nomadisme salarial de survie », qui est une véritable sauvagerie, dont les causes profondes sont à rechercher dans le « Capitalisme mondialisé » et non dans les individus comparant les différents codes du travail et droits sociaux. Aucun océan ou mer, et aucun mur, mirador ou barbelé ne peut empêcher un peuple appauvri de partir. Tous les discours sur la dénonciation de l’immigration, au-delà de la haine portée est inefficace car ne portant pas sur les causes profondes et réelles des migrations humaines.

 

 

Sources : Fabrice Aubert le 30 octobre 2021 | mis à jour le 16/08/2022

- Des migrations pour masquer les problématiques sociales

Avant que d’attaquer le fonds, soulignons que cette question de l’immigration mise en permanence en avant dans les médias, n’a comme objectif politique principal que de faire oublier les questions sociales de notre Pays (salaires, emplois, Industrie, écologie, chômage, précarités, pauvretés, santé, hôpitaux, services publics etc…). De tout temps d’ailleurs, un pouvoir qui se sent menacé, du fait de ses échecs politiques patents, va faire émerger des questions qui permettent d’esquiver les vraies problématiques et reporter sur des individus (hier les juifs, aujourd’hui les musulmans) les causes des difficultés profondes. Je précise et soulignes que je suis athée, je n’aime donc aucune religion.

 

Enfin dernière remarque, aborder la question migratoire, n’est pas chose aisée, car vu l’âpreté des discussions sur ce sujet, il est facile de tomber soit du côté « pro-migration, on est tous frères et on abolit les frontières », soit du côté « obscur de la force », de la dénonciation du « tout migratoire » du « grand remplacement », expliquant la promotion médiatique permanente de Zemmour et Le Pen[2] qui ne développent que la haine, du fait de leur discours de peur. De ce fait, la position politique de Mélenchon est une ligne de crête, difficile à tenir, mais qui est la seule à permettre de combiner l’humanisme et construire des réponses politiques adaptées, répondant aux problématiques posées.

 

 

- Toutes et tous migrants//

Depuis que l’humain est sur terre, il n’a cessé de migrer. Zemmour et Le Pen ont des racines africaines, puisque sur ce point, à moins de croire au « créationnisme Américain », tous les scientifiques sont d’accords pour dire que les premières formes de vie humaine sont apparues en Afrique. Et que cela soit « Homo erectus », « Neandertal » ou « Sapiens », les humains ont entamé des migrations qui vont les conduire à occuper tout l’espace terrestre,

 

Ces premiers mouvements migratoires étant dus à trois raisons essentielles :

  • La pulsion humaine qui pousse toujours l’humain à chercher et à découvrir (aujourd’hui l’espace) ;
  • Les questions climatiques, de modifications qui le poussent à partir ;
  • L’épuisement de son environnement qui le pousse à partir vers d’autres territoires non encore exploités, expliquant le nomadisme (l’homme ne sait pas encore gérer son environnement et l’ayant « brulé » est obligé de partir (nomadisme), ce qui renvoie d’ailleurs à notre propre période historique (changement climatique).

 

Observons qu’à cette époque, il n’y a pas de code du travail ni de religion monothéiste, appuyée sur des textes écrits, fondateurs de croyances. L’Humain se déplace librement, tant qu’il ne rencontre pas d’obstacle naturel (montagne, fleuve) et c’est justement en rencontrant ces obstacles, qu’il va commencer à y répondre en concevant et construisant des premiers outils (ex-bateaux).

 

De ces faits, les migrations sont dans la « nature » de l’homme d’autant plus à l’époque où les nations et frontières n’existent pas, les humanoïdes vivent dans des tribus, première forme de société, où de plus le couple et le mariage n’existent pas et les enfants sont ceux de la tribu, pas d’un couple. La femme est d’ailleurs l’égale de l’homme, elle chasse, pêche au même titre que les hommes. De fait, il y a une certaine forme de communisme au sens où les classes sociales fondées sur les rapports de propriété, n’existent pas. Tout appartient à la tribu, obligé du fait des contraintes naturelles, à tout mettre en commun et à partager. Les chasseurs individuels du type Rahan n’existent pas, car dans un environnement hostile, la meilleure des sécurités individuelles est la sécurité collective, hier la tribu, aujourd’hui la sécurité sociale communiste. De ce fait, la tribu est un système collectif de protection et d’éducation de la naissance à la mort.

 

 

- Du nomadisme à la sédentarité

Avec le temps, l’apprentissage de l’environnement, la découverte de l’agriculture, la création d’outils, de nomades, les tribus vont devenir sédentaires, s’installant souvent à côté de cours d’eau, de rivières, de lacs ou de mers (l’eau indispensable à la vie). De vie imposées dans des cavernes, les humains construisent des villages et autour des villages se réalisent l’agriculture et l’élevage permettant aux humains de pouvoir vivre sans avoir à se déplacer. L’homme devient alors sédentaire et un début de division du travail et de la nécessité d’organiser la tribu (politique) s’impose pour la gestion du village (chef, druide etc.).

 

 

- Du commerce, des échanges et de la guerre

Marseille ville de plus de 2.600 ans, est le produit de cette histoire d’échanges commerciaux. Marseille fut créée par des marins grecs trouvant la rade superbe, y créèrent un port de commerce. Le commerce basé sur l’échange est de ce fait source de migrations. Le Commerce en situation de capitalisme naissant (le capitalisme est un processus), dans une logique de concurrence (déjà), généra les premières guerres de domination commerciale. 

 

 

- La guerre de Troie

Ainsi la guerre de Troie, n’eut pas lieu du fait de la belle Hélène, mais du fait que le port de Troie concurrençait durement le commerce des ports grecs. Il fallait épuiser et réduire l’adversaire, la guerre de Troie eut lieu : 

  • « Ainsi la guerre de Troie — celle de la réalité, sinon celle d'Homère, qui nous fournit seulement les indices de cette hypothèse — nous apparaît, non pas seulement comme un poème de l'honneur et de l'héroïsme, mais aussi comme une entreprise considérable, dont les causes profondes ont dû être des causes économiques ; son objet essentiel paraît bien avoir été, comme aujourd'hui, de délivrer l'Occident de la menace que la mainmise des Orientaux sur les détroits constitue pour le libre-échange, et de s'en assurer le libre usage.


Guerre économique, lutte pour la liberté des détroits, ce sont là des analogies assez frappantes avec ce qui se poursuit en ce moment et ce qui s'est passé dans l'histoire autour des Dardanelles[3]. 

Où l’on voit déjà que commerce guerre et migrations sont liées…et on n’est qu’au début du processus…

 

 

- Du commerce triangulaire

Les sociétés se développant, et avec la création de la monnaie, les systèmes techniques se modernisant, notamment les navires, en 1492, un certain Christophe COLLOMB « découvre » l’Amérique et ses indiens à la peau rouge, humanoïdes, partis d’Afrique, il y avait fort longtemps (voir début).

 

Les Vikings ont posé le pied en Amérique en 1021, 500 ans avant C. Colomb

A défaut de découvrir, ce que les vikings avaient déjà découvert[4], Collomb s’approprie au nom de l’Espagne, une terre qui n’est pas la sienne, et ce au nom de l’évangélisation (Dieu justification morale de la domination). Alors afin d’extraire les richesses du sol et du sous-sol de l’Amérique les « capitalistes commerçants », développèrent ce qui est désormais appelé le « commerce triangulaire[5] ». Il s’agissait de partir de d’Europe et notamment de France (port de Bordeaux et de Nantes), avec des bateaux chargés de pacotilles, d’aller en Afrique et acheter des esclaves noirs avec la pacotille, puis de traverser l’atlantique grâce aux alizés (vents du commerce), et décharger les esclaves en Amérique, pour ramener en Europe les marchandises demandées par la bourgeoisie (étoffe, soierie, tabac etc…). 

 

  • Observons donc que de fait, l’immigration des noirs d’Afrique en Amérique, est la conséquence d’une obligation imposé aux africains. Il n’y eut aucune volonté véritable des africains à vouloir se téléporter en Amérique pour y devenir esclaves…
  • Observons que cette migration des africains est la conséquence directe des logiques commerciales, du « moindre coût » tel, que le rêve le capitalisme.

 

 

- De la colonisation et de la guerre

La colonisation opérée par les puissances Européennes et notamment françaises, en Afrique, avait aussi comme objectif la conquête et l’appropriation de territoires, en vue d’imposer leur puissance sur l’échelon mondial. Au-delà il s’agissait de pouvoir user et abuser des richesses minières et de main d’œuvre de l’Afrique. Il s’agit donc bien encore, de raisons économiques d’exploitation qui expliquent les colonisations

  • « Mais au-delà de ces aspects techniques, c’est un nouveau contexte économique international qui incite à la colonisation. La décennie 1880 marque une nouvelle phase de l’industrialisation de l’Europe et, au-delà, un nouveau chapitre de l’histoire du capitalisme global. La mécanisation de l’industrie du textile arrive à maturité et cette industrie doit se trouver de nouveaux débouchés commerciaux ; les machines à vapeur permettent de nouveaux gains de productivité, et l’agriculture commence aussi à utiliser des machines qui diminuent les besoins en main d’œuvre. Les grandes plantations d’Amérique n’ont plus autant besoin d’esclaves qu’auparavant.[6» 

 

Et c’est du fait de cette concurrence entre nations européenne pour la possession des colonies, qu’au-delà des raisons économiques continentales (confrontation France-Allemagne[7]), que la première guerre mondiale fut déclenchée, engendrant la « grande boucherie »…développée par les généraux au nom de la Patrie, comme la guerre de Troie fut déclenchée au nom de la belle Hélène.

 

 

- Décolonisation ou néo-colonialisme ?

Passons rapidement sur la seconde guerre mondiale dont les causes profondes sont à rechercher dans la crise de 1929 (crise du Capitalisme), parti des Etats Unis (déjà) et des choix politiques visant à faire payer au peuple allemand, les conséquences des choix de leurs dirigeants. Le monde tirant les enseignements de la guerre, se reconstruit enfin, sur des principes plus sociaux (création du système monétaire de Bretton Woods, interventions publiques dans l’économie, reconnaissance des droits syndicaux) et pacifiques (création de l’O.N.U). Cependant les questions tournant autour des colonies ne sont pas abordées expliquant par la suite les guerres Révolutionnaires visant les décolonisations (Algérie, Vietnam). Une fois actée l’indépendance politique des anciens pays coloniaux, nous sommes rentrés, notamment vis-à-vis de l’Afrique, dans une période de néo-colonialisme, période dans laquelle la monnaie et l’économie se substituent aux canons[8]

 

 

- Marseille les trente glorieuses et la décolonisation

Marseille, déjà citée dans cet article, est un concentré de la période dites des trente glorieuses (1944-1971). Marseille fut capitale mondiale de l’alumine[9] en 1910. Marseille et le Département des Bouches du Rhône se sont donc développés sur l’industrie et les ouvriers qui formaient la population productive de la ville et du Département. Mais une grande partie de ce développement s’explique cependant par la possession des colonies. La Bourgeoisie Marseillaise utilisant la facilité concurrentielle des territoires occupées militairement, importa les matières premières obtenues à vil prix, qui retravaillées dans l’Hinterland (zones bordant le port) développèrent les industries (agroalimentaires, savonnerie) et l’industrie maritime (construction, entretien et réparation navale) nécessaires au développement du port et de la ville. La décolonisation brisa l’avantage comparatif colonial. Mise devant ce fait accompli, la Bourgeoisie Marseillaise abandonna l’investissement industriel et se réfugia sur la spéculation immobilière, expliquant les politiques de « façade maritime » fondé sur le « tout tourisme » expliquant les tours du business et les hôtels de luxe, sans que le « ruissellement promis » ne se réalise sur la population prise en otage…entre les logiques de business et les pauvretés des quartiers abandonnés par l’Etat.

 

 

- Les migrants pour faire baisser les salaires

Si les luttes de classe de notre Pays (1944-1968) ont permis l’amélioration des conditions salariales et de travail des salariés, le Capital, dans une volonté de revanche de ce qu’il a dû céder, va chercher à faire baisser les salaires en important des anciennes colonies, une main d’œuvre moins chère et moins revendicative dormant chez des marchands de sommeil[10] (encore du commerce). 

 

C’est donc bien le Patronat Français (et pas la C.G.T) qui, pour des raisons de profit capitaliste importe les travailleurs migrants, la puissance publique (L’Etat) se chargeant de les « parquer » dans les quartiers, pour en faire des ghettos de pauvres, surtout avec la crise.

 

 

- La « mondialisation des rapports sociaux »

Le Capitalisme mondialisé en réduisant les droits sociaux collectifs et en organisant la concurrence des salaires à l’échelle mondiale a développé l’immigration. Le « tout marchandise » et « tout concurrence » oblige le monde du travail à se déplacer sans cesse à la recherche de l’emploi perdu et de l’activité détruite, des américains se déplaçant d’est en ouest en caravane, aux prolétaires de la Métropole qui, chaque jour, pour gagner leur vie, subissent les affres des bouchons sans fin (Marseille) cause de stress, de pollutions et d’accidents.

 

 

- Les causes des migrations actuelles

Jamais les africains n’ont voulu migrer, toujours ils ont eu à subir des migrations forcées qu’elles soient celles des esclaves d’Amérique ou aujourd’hui où il servent d’esclaves aux possédants Européens, effectuant toujours les tâches, que personne ne veut faire, vu les conditions de travail et les salaires de survie imposés. Car ce sont les « blacks » d’Afrique payés au « black » qui sont dans les cuisines des restaurants des possédants blancs.


Les causes des migrations actuelles sont à rechercher :

  • dans la guerre économique menée par le Capital mondialisé et les guerres de domination des Etats-Unis (Afghanistan, Syrie, Lybie, Irak etc.) de la volonté de domination de l’Empire ;
  • Sans compter les migrations à venir, conséquences du réchauffement climatique. Et aucun mur ne pourra empêcher, dans ces conditions des populations humaines à la recherche d’espaces de survie de pouvoir migrer.

 

 

- L’humanisme de Jean-Luc Mélenchon

Alors oui, au nom de notre histoire, de celle de l’humanité profonde qui nous vient de Neandertal et de Sapiens, nos semblables qui débarquent sur nos rivages dans des conditions épouvantables doivent être accueillis dans la dignité à moins de vouloir transformer la méditerranée en mer de sang

 

 

- L’immigration est un enracinement

Mais au-delà de cette humanité, J.L. Mélenchon traite la question avec sérieux et ne veut pas combattre les effluves des migrations, mais les causes[12]. Car toute migration est d’abord un déracinement, si déracinement, il y a donc violence d’origine et, ne pas traiter les causes, revient à ne rien régler, mais à gérer l’immigration comme un support politique que l’on sort tous les 5 ans (Présidentielles). Le problème tient dans les logiques de développement inégal, conséquence du Capitalisme mondialisé. 

 

 

- Sortir du libre échange

Ce sont les logiques de « libre échange » imposé par le capitalisme mondialisé et sa priorité du commerce d’abord, qui sont cause de l’appauvrissement des Nations et des peuples et l’Afrique a déjà subi cela, lorsque le F.M.I a mis en place le P.A.S (Programme d’Ajustement Structurel) qui ont débouché sur l’aggravation de la situation des peuples africains[13], expliquant d’ailleurs pour partie l’émergence des réseaux mafieux déguisés derrière un discours religieux[14]. C’est donc encore là notre rapacité vis-à-vis des africains qui expliquent le système des bandes terroristes en Afrique, d’où l’échec de l’opération Barkhane[15]. 

  • On ne règle pas une problématique de développement et d’indépendance politique par des opérations militaires.

 

 

- Commerce libre ou commerce équitable ?

Ce modèle du commerce libre fut tellement décrié au vu de ses résultats, qu’une logique de commerce équitable (café) a commencé à se mettre en œuvre. Si, besoin de « commerce équitable », c’est donc bien que le « libre échange » ne permettait en aucun cas de favoriser le développement (et il faudrait discuter du concept d’équitable, qui n’est pas égal). Dans le marché fondé sur le profit, il ne peut y avoir de commerce égal. 

 

  • Seules les coopérations publiques peuvent permettre de construire des échanges égaux car non commerciaux et fondés sur le long terme et non sur celui du court terme des marchés.

 


- Pour le protectionnisme solidaire

Une des propositions phares de « l’Avenir en commun » est le développement du protectionnisme solidaire[16], revenant à refuser de « commercer » sur des produits et Pays, qui ne respectent pas des règles sociales et environnementales. Il faut donc rompre avec les accords de libre-échange mondialisé (A.M.I-A.L.E.N.A) qui mettent le commerce au-dessus de toutes les lois humaines (tribunaux d’arbitrage)[17].

 

 

 

- Désobéir aux traités européens
Pour sortir du libre-échange et du commerce libre qui de plus impose le glyphosate (au moins pour les produits importés) il faut désobéir aux traités Européens, fondés sur l’application, stricte des accords de libre-échange, donc de la poursuite de l’exploitation, voilà ce qui est aussi au cœur de l’avenir en commun. En désobéissant aux traités, observons que J.L. Mélenchon réhabilite sur le fonds la logique des frontières, des règles et de la loi de la Nation, comme porteuses et émanation de l’intérêt général humain universel[18].
 
Seuls les capitalistes du « marché libre et non faussé » militent pour un monde sans frontières, sans frontière pour les marchandises et les profits. C’est donc bien le Capitalisme mondialisé qui détruit et contourne les lois humaines : « Parler de mondialisation, c’est évoquer l’emprise du capitalisme sur l’espace économique mondial. Cette emprise ne se réduit pas au triomphe d’un bloc d’États sur un autre, ni même à celui d’un système économique sur ses concurrents. Elle tend en effet à transcender la logique d’un système interétatique à laquelle elle substitue une logique de réseaux transnationaux. La mondialisation est avant tout un processus de contournement, de délitement et, pour finir, de démantèlement des frontières physiques et réglementaires qui font obstacle à l’accumulation du capital à l’échelle mondiale. Elle consacre le retour en force d’une régulation marchande qui tend à se diffuser à l’ensemble de la vie économique, dans un double mouvement qui va de l’international vers le national et du monde financier vers le monde du travail[19] ». 

 

 

- Synthèse

 

En synthèse, le programme « l’Avenir en commun[1] » est un programme humaniste qui vise à répondre aux besoins des peuples en cherchant à sortir du Capitalisme mondialisé, fondé sur le « tout marché » et « tout concurrence », qui sont causes des inégalités de développement entre Pays et entre peuples qui sont les causes profondes des migrations, expliquant mon approche en termes de « nomadisme salarial mondialisé ».

Et tant que le « capitalisme mondialisé » s’imposera, alors l’humain sera sa variable d’ajustement expliquant les migrations faisant jouer aux humains le rôle de variable d’ajustement du « profit d’abord ».

  • La priorité est donc, par « l’avenir en commun », dont Jean-Luc Mélenchon est notre porte parole, de se sortir de la dictature du « capitalisme mondialisé ». 

 

Pour une politique migratoire humaniste et réaliste
Pour une politique migratoire humaniste et réaliste

◀️ A VOTRE DISPOSITION pour entrer

◀️ dans le détail du programme

◀️ l'Avenir en commun sur ce thème

Ce livret qui a été rédigé par un groupe de travail coordonné par Aurélie Gries, cheffe de service socio-éducatif et membre de l’Association nationale des villes et territoires accueillants (ANVITA) et Mickaël Idrac, chercheur spécialiste des migrations.

Carte sur table : J.L. Mélenchon est-il favorable à l'immigration ?
Carte sur table : J.L. Mélenchon est-il favorable à l'immigration ?
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Carte sur table : J.L. Mélenchon est-il favorable à l'immigration ?
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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 11:11
Programme de l'Union populaire 2022 " L’avenir en commun "
Programme de l'Union populaire 2022 " L’avenir en commun "
Programme de l'Union populaire 2022 " L’avenir en commun "

L’Avenir en commun, réponse concrète aux enjeux de notre époque

En vente en librairie pour 3€ à partir du 18 novembre !

 

Commençons par le dire : ce n’est pas de cette vie-là dont avaient rêvé pour nous les générations dévouées à nous ouvrir le présent. La pandémie du coronavirus a souligné les tares d’un monde absurde, cruel et laid dominé par le capitalisme financier.... 

Ce programme n’est pas la propriété de la France insoumise. Il continue d’appartenir à tous ceux qui militent depuis des années pour les idées qu’il contient. Et aux sept millions de personnes qui lui ont donné leur bulletin de vote. Il constitue une partie décisive de l’histoire de notre grande famille qui a toujours placé au sommet de ses normes l’entraide, le partage et la confiance dans la diffusion du savoir et de l’égalité (Jean-Luc Mélenchon)[1]....

 

Sources : Mélenchon2022 - Clémence Guetté | mis à jour le 24/02/222

Si cette version de L’Avenir en commun s’inscrit dans la continuité du programme de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection de 2017, elle a été améliorée, précisée par un large travail d’auditions : associations, collectifs, syndicats, mouvements sociaux, citoyens engagés.

 

C’est ce travail qui nous permet aujourd’hui de présenter une version actualisée, qui se distingue notamment sur deux points :

  • D’abord, l’Avenir en commun est le seul programme à apporter des réponses concrètes à l’ensemble des préoccupations des Français : démocratie, pouvoir d’achat, bifurcation écologique, lutte contre les discriminations.
  • Ensuite, sur tous ces sujets, il contient des mesures uniques, qui ne sont présentes chez aucun autre candidat.

 

 

- Des mesures uniques

Concernant l’enjeu démocratique, Jean-Luc Mélenchon propose une mesure phare : " passer à la 6e République par la convocation d’une Assemblée Constituante ". Plusieurs candidats proposent des réformes de la Ve République, comme Anne Hidalgo ou Marine Le Pen. De leur côté, Fabien Roussel et Arnaud Montebourg envisagent le passage à une VIe République, mais ils ne proposent pas au peuple d’écrire la Constitution lui-même. C’est pourtant la condition nécessaire pour sortir de l’impasse démocratique dans laquelle nous sommes.

 

De la même façon, si l’écologie est dans tous les programmes, L’Avenir en Commun est le seul à proposer d’inscrire dans la Constitution le principe de la « règle verte », selon laquelle on ne prélève pas davantage à la nature que ce qu’elle est en état de reconstituer.

 

Dans notre programme, l’écologie n’est pas un vain mot : nous expliquons comment nous allons mettre en place la planification écologique pour répondre à ce défi majeur de notre temps. Ainsi, nous lancerons un plan massif de 200 milliards d’euros d’investissements écologiquement et socialement utiles. Nous sommes les seuls à proposer ces investissements indispensables : pour Jadot, on trouve des chiffres variables selon les sources mais toujours inférieurs ; Roussel, lui, propose seulement 140 milliards.

 

Sur les enjeux sociaux également, l’Avenir en Commun est le plus complet et comporte de nombreuses propositions originales. Par exemple la création d’une garantie d’emploi : tout chômeur de longue durée pourra se voir proposer d’être embauché au moins au SMIC revalorisé dans un secteur d’urgence.

 

  • Ces réponses concrètes, nous les appliquerons dès notre arrivée au pouvoir.
  • Nous publierons, dans les semaines à venir, des plans présentant la façon dont nous allons les mettre en place.

 

 

- Notre programme l'Avenir en commun est né en 2016

L'année suivante, plus de 7 millions de Français ont voté pour le voir appliqué[2].

  • Remis sur la table en 2019[3], il a été enrichi du travail parlementaire et de nombreuses contributions citoyennes (Nous avons reçu près de 5 000 contributions libres et 10 000 réponses à des questionnaires joints aux Cahiers de l’Avenir en commun entre janvier et juillet 2021[4]).
  • Comparer notre programme l’Avenir en commun (version de travail de novembre 2020) aux propositions de partis politiques, d’associations, de syndicats, et de collectifs citoyens[5].

 


↪️ Découvrez notre travail programmatique dans cette vidéo.

 

- Le programme « L’Avenir en commun » est davantage qu’un ensemble de mesures concrètes.
Disponible en ligne, il apporte surtout une vision du monde pour le futur. 

 

L'HARMONIE DES ÊTRES HUMAINS ENTRE EUX ET AVEC LA NATURE.

 

 

  • Les livrets de l’Avenir en commun complètent le programme de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle, disponible en librairie ou en ligne.

 

LES LIVRETS DE L'AVENIR EN COMMUN

 

  • Les plans de l’Avenir en commun complètent le programme de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle, disponible en librairie ou en ligne

 

LES PLANS DE L'AVENIR EN COMMUN

 

Programme de l'Union populaire 2022 " L’avenir en commun "
Programme de l'Union populaire 2022 " L’avenir en commun "
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1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 09:30
L'intégrale des coulisses de la campagne de #Mélenchon2022

En 17 épisodes à la date du 9 avril 2022 : " 2022 : Nos pas ouvrent le chemin " raconté dans une série documentaire... pensée pour qu'ils sortent au fur et à mesure de la campagne présidentielle[1]

 

Une élection présidentielle, c’est remettre l’ouvrage sur le métier. 
Qui, mieux que Jean-Luc Mélenchon pouvait nous ouvrir les portes sur les coulisses de son engagement tant personnel que politique ? Personne.

Ainsi, avec la série « 2022 : Nos pas ouvrent le chemin », nous vous proposons d’entrer dans les coulisses de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, avec des images inédites. Vous y découvrirez, épisode après épisode, toute une partie du travail collectif réalisé pour faire vivre cette campagne et remporter la victoire en 2022.

« Ce documentaire c’est notre plus belle manière de militer, montrer que les insoumis sont des militants qui veulent changer le monde ». Un pari sacrément réussi.

 

 

Sources : Jean-Luc Melenchon | Mis à jour le 09/04/2022

- Ce 1er épisode est consacré à son entrée en campagne, le 8 novembre 2020.

  • Pourquoi avoir choisi ce moment ?
  • Comment la pandémie du Covid-19 a impacté les décisions prises autour de cette campagne ?
  • Quel est le processus de mise à jour du programme « L’Avenir en commun » ?
  • Pourquoi construire cette campagne autour d’un site internet permettant de recueillir des parrainages citoyens ?
  • D’où vient l’idée d’affiches décalées avec des couleurs vives ?
  • C’est à toutes ces questions que cet épisode se propose notamment de répondre.

 

- Ce 2ième épisode est consacré au mois de décembre 2020.

Il revient sur le contexte politique expliquant les raisons de l’engouement autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi sur le déplacement sur l’île de la Réunion à l’occasion du 20 décembre, date anniversaire de l’abolition de l’esclavage sur l’île.

 

Cet épisode revient aussi sur le groupe parlementaire, grande spécificité de cette campagne et sur les prochaines étapes de la campagne présidentielle.

 

 

- Ce 3ième épisode est consacré aux mois de janvier et de février 2021.
Il revient sur l'examen à l'Assemblée nationale du projet de loi sur le séparatisme attaquant la laïcité et la loi de 1905 et la lutte des députés insoumis pour sauvegarder la séparation des églises et de l'État. 

 

Cet épisode montre les coulisses de la préparation d'un discours de Jean-Luc Mélenchon à la tribune de l'Assemblée nationale et les coulisses du premier Forum Thématique consacré aux questions de démocratie et de libertés.

 

Enfin, ce troisième épisode offre des images inédites de la préparation et de l'émission Balance Ton Post de Cyril Hanouna à laquelle Jean-Luc Mélenchon a participé, et explique les raisons de sa participation.

 

 

- Ce 4ième épisode est consacré aux mois mars et d’avril 2021

Il revient sur l’examen à l’Assemblée nationale de la " loi Climat ", sur la votation citoyenne organisée par Mathilde Panot et les insoumis pour placer la question de l’eau au centre de la campagne présidentielle et sur le déplacement de Jean-Luc Mélenchon en Bolivie.

 

Dans cet épisode, vous retrouverez aussi des images inédites des coulisses du meeting en réalité augmentée sur l’eau et de déplacements à Marseille et au bord de la Durance. 

 

Vous pouvez y découvrir les témoignages de Loïc Prud’homme, député, et de Mathilde Panot, vice-présidente du groupe parlementaire de La France insoumise..

 

- Ce 5ième épisode est consacré aux mois de mai et de juin 2021

Il revient sur la séquence programmatique liée aux questions sociales mais aussi sur le sursaut de l'extrême-droite entamé par un tribune de militaires factieux et poursuivi par les menaces d'un YouTuber d'extrême-droite vis à vis des insoumis. Dans cet épisode, vous retrouverez aussi des images inédites des coulisses du meeting d'Aubin et des déplacements de Jean-Luc Mélenchon en soutien aux salariés d'entreprises en lutte.

 

- Ce 6ième épisode est consacré aux mois de juillet et d'août 2021

Il revient sur le déplacement de Jean-Luc Mélenchon et d'une délégation insoumise au Burkina Faso. Là-bas, Jean-Luc Mélenchon a tenu une conférence sur la francophonie et a rencontré le Président du pays pour aborder la question de la sécurité au Sahel, puis que la sœur de Thomas Sankara pour discuter autonomie alimentaire. Dans cet épisode, vous retrouverez aussi des images inédites des coulisses du meeting de Château-Arnoux-Saint-Auban et des AMFiS, ainsi que d'autres déplacement de Jean-Luc Mélenchon.

 

- Ce 7ième épisode est consacré aux mois de septembre et d'octobre 2021

Il s'ouvre sur le retour des AMFiS et la montée en puissance médiatique d'Eric Zemmour. On suit Jean-Luc Mélenchon en déplacement en soutien aux salariés en grève de Transdev puis en conférence en Belgique avec Raoul Hedebouw du PTB sur la montée de l'autoritarisme en Europe.

 

Ensuite, l'épisode revient sur le débat entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour, avec les coulisses de la préparation. Enfin, l'épisode aborde la Convention de l'Union Populaire qui s'est tenue à Reims les 16 et 17 octobre.

 

- Ce 8ième épisode est consacré aux mois d'octobre et novembre 2021

Il s'ouvre sur le déplacement de Jean-Luc Mélenchon en Guyane où il y a rencontré Gabriel Serville, président de l'Assemblée de Guyane, puis les élèves du lycée Bertène Juminer. Il visite ensuite le Centre Spatial Guyannais et assiste au décollage d'Ariane 5. De retour en métropole, l'épisode revient sur les coulisses du premier #AlloMélenchon, puis nous suivons Jean-Luc Mélenchon à la rencontre d'habitants vivants dans la précarité énergétique. Enfin, l'épisode se termine sur le meeting de lancement du Parlement Populaire, le 5 décembre, à la Défense.

 

- Ce 9ième épisode est consacré au déplacement de Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Manuel Bompard à la Guadeloupe et à la Martinique en décembre 2021

Il s'ouvre sur l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon à Pointe-à-Pitre où il s'est rendu au CHU pour rencontrer des soignants en lutte contre l'obligation vaccinale. Avec la délégation insoumise, il se rend ensuite à une réunion avec des habitants pour échanger sur les difficultés d''accès à l'eau potable. Jean-Luc Mélenchon donne ensuite un meeting au Gosier, et échange avec des journalistes. Pour la fin de son déplacement à la Guadeloupe, le candidat à l'élection présidentielle se rend à Petit Canal sur les Marches aux Esclaves pour rendre hommage aux victimes de l'esclavage et rappeler la leçon de l'esclavage qui est la victoire de la liberté, de la créolisation et de l'égalité.

 

Arrivé à la Martinique, Jean-Luc Mélenchon visite un moulin hydroélectrique à Gros-Morne pour étudier son fonctionnement. Puis nous le suivons dans le quartier populaire de Volga Plage à la rencontre des habitants. Enfin, l'épisode se termine par un hommage à Aimé Césaire.

 

- Ce 10ième épisode est principalement consacré aux préparatifs du meeting immersif de Nantes, mais il montre aussi d’autres moments forts du mois de janvier.
Il s'ouvre sur la bataille à l’Assemblée nationale contre le pass vaccinal, puis aborde la niche parlementaire de la France insoumise.

 

On suit ensuite Jean-Luc Mélenchon qui discute avec deux jeunes étudiants après une manifestation des personnels de l’Éducation nationale. Puis le candidat à l’élection présidentielle va voir la première éolienne flottante de France avant de visiter le musée de l’imprimerie de Nantes.

 

Enfin, l'épisode revient sur le meeting immersif de Nantes, avec les 24 dernières heures de préparation.

 

- Ce 11ième épisode est principalement consacré aux coulisses de l'émission “Élysée 2022” sur France 2, mais il montre aussi d’autres moments forts du mois de janvier et de février

Il s'ouvre sur l’émission de Cyril Hanouna “Face à Baba” sur C8, puis aborde le déplacement et le meeting de Bordeaux. Ensuite, nous suivons Jean-Luc Mélenchon rencontrant la Fondation Abbé Pierre lors de la présentation de leur rapport annuel sur le mal-logement. Puis le candidat à l’élection présidentielle va à la rencontre d'étudiants à Tours afin de discuter de leurs situations.

 

Nous découvrons ensuite les coulisses de “Élysée 2022” avec un happening surprise de Jean-Luc Mélenchon. Enfin, l'épisode revient sur la préparation du meeting de Montpellier.

 

 

- Ce 12ième épisode revient sur le déplacement de Jean-Luc Mélenchon à Digne-les-Bains pour sa participation à l'émission La France dans les yeux, sur BFM TV

Après l'émission il s'est rendu à Éourres puis à rencontré des maires de communes rurales pour amener le thème de la ruralité dans la campagne présidentielle. Ensuite, Jean-Luc Mélenchon s'est rendu au Parlement de l'Union populaire pour un échange avec ses membres.

 

- Ce 13ième épisode revient sur le déplacement de Jean-Luc Mélenchon à la Réunion, bouleversé par le déclenchement de la guerre en Ukraine par la Russie

Il montre comment le candidat a répondu à cet évènement tragique sur le fond, tout en poursuivant sa campagne présidentielle, notamment en abordant, à La Réunion, la question de l’agriculture. L’épisode traite également de la préparation du meeting pour la paix qui a eu lieu à Lyon quelques jours plus tard et a réuni plus de 15 000 personnes.

 

- Ce 14ième épisode revient sur la préparation de l'émission de chiffrage de « L’Avenir en commun », le programme de Jean-Luc Mélenchon.

Puis, on suit les derniers instants en loge avec le candidat avant son passage dans l'émission « La France face à la guerre ».

 

L'épisode traite également d'une réunion de campagne animée par Manuel Bompard, le directeur de campagne, et d'une rencontre inopinée entre Jean-Luc Mélenchon et des enfants à la sortie de sa rencontre avec l'Association des Maires de France.

 

- Ce 15ième épisode revient sur les meetings du 20 mars à Paris et du 27 mars à Marseille

L’épisode s’ouvre sur une réunion du Parlement de l’Union Populaire où Jean-Luc Mélenchon est intervenu pour faire un bilan d’étape de la campagne présidentielle.

 

On assiste ensuite à la préparation de la place de la République, à Paris, la nuit précédant la marche et le meeting pour la 6e République.

 

Puis on suit le candidat de l’Union Populaire lors de cet évènement. Au lendemain du 20 mars, Manuel Bompard anime une réunion  avec l’équipe de campagne.

 

Puis, on suit Jean-Luc Mélenchon en coulisse avant ses interventions au JT de 20 heures de TF1 et au 19h45 de M6 où il parle notamment de l’importance du meeting politique dans une campagne électorale. L’épisode se termine sur le meeting de Marseille.

 

- Ce 16ième épisode revient sur le meeting de Toulouse du 3 avril 2022.

L’épisode s’ouvre sur la préparation par le secrétariat général de campagne des 84 réunions publiques qui auront lieu les 6 et 7 avril.

 

Puis, Jean-Luc Mélenchon fait un point avec l'équipe de campagne pour un bilan avant le sprint final. Ensuite, Jean-Luc Mélenchon se rend au Couvent des Bernardins, à Paris, pour rencontrer les différentes professions qui s'activent sur le chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

 

Enfin, on suit le candidat de l'Union Populaire dans les derniers instants de préparation de son discours au meeting de Toulouse, avant son passage sur scène.

 

- Ce 17ième épisode revient sur le multi-meeting en hologrammes du 5 avril 2022.

L’épisode s’ouvre sur la préparation du meeting avec les derniers tests techniques.

Puis, Jean-Luc Mélenchon fait un point avec une partie de l'équipe après le meeting.

 

Ensuite, le candidat de l'Union Populaire prépare son passage au JT de 20h de TF1, avant de tourner une FAQ diffusée sur sa chaîne YouTube.

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1 juillet 2021 4 01 /07 /juillet /2021 12:57
Jean-Luc Melenchon  : après l'union de la gauche, vite L'UNION POPULAIRE !
Jean-Luc Melenchon  : après l'union de la gauche, vite L'UNION POPULAIRE !
Jean-Luc Melenchon  : après l'union de la gauche, vite L'UNION POPULAIRE !
Jean-Luc Melenchon  : après l'union de la gauche, vite L'UNION POPULAIRE !
  • L’union populaire est une stratégie globale[4] , basée sur une énergie de rassemblement  : les électeurs vont choisir un programme, une sincérité, une crédibilité... C’est le cap de la campagne que nous engageons ... éclairage sur ce qu’est l’Union Populaire[3] ;
  • « Si les quartiers populaires votent, nous serons au second tour[2] »

 

 

" ...Au demeurant, les élections régionales et cantonales ont montré à la fois que les partisans affichés de l’union n’en voulaient pas, même aux conditions les plus avantageuses pour eux.

Par exemple quand nous avons proposé pour les six dernières listes à constituer aux régionales cinq têtes de liste à EELV contre une pour les insoumis. La réponse fut vindicative et insultante. Et dans la foulée EELV décidait de nous exclure de la liste de résistance en PACA. On connait l’immense succès de cette manœuvre.

EELV est évoqué ici car c’est le groupe politique qui a le plus berné les médias sur ses intentions « unitaires ». Mais l’observation s’étend a tout le champ de la gauche traditionnelle. Nulle part, quelle que soit la formule et la combinaison, l’union n’a été possible sauf dans les Hauts-de-France. Là, l’union s’est faite à notre initiative. Mais la dynamique n’a pas été au rendez-vous. Il faut dire que le militantisme EELV non plus.

Il est donc raisonnable de ne plus consacrer une minute à une illusion aussi morbide que cette prétendue « union de la gauche...[1] ».

 

Sources : Jean-Luc Melenchon | mis à jour le 19/12/2021

- Ouf ! L’insupportable suspens prend fin
On n’avait plus d’ongle à ronger, plus de cheveux à s’arracher, et plus de mains à se tordre d’angoisse. Ce matin trente juin, Éric Piolle annonçait sa candidature à l’élection présidentielle. Ce soir ce fut Yannick Jadot. Avant cela, David Cormand, influent ancien secrétaire national des Verts avait asséné : « une candidature commune d’EELV et du PS n’aurait pas de sens ». Avant-hier Olivier Faure avait non seulement répété qu’il y aura une candidature du PS mais qu’elle seule serait en « état-de-rassembler-bla bla bla ». Le contraire de ce avec quoi il avait réussi à berner pendant des mois (presque) tout le petit monde des commentateurs et autres choristes de l’unité à tout prix. Le contraire des réunions « pour la candidature commune » convoquées par Jadot lui-même et stoppées sans crier gare et sans question à ce sujet de qui que ce soit. Et puis, Anne Hidalgo vient de reprendre à zéro sa campagne de lancement : elle « réfléchit », « prépare un groupe pour un projet », réunit des soutiens de notables. Après avoir dit qu'on verrait bien en février prochain...

 

Ainsi se confirme en fait ce que tout le monde savait depuis des mois et des mois : il y aura une ou plusieurs candidatures issues du pôle écolo, dans et hors la primaire de ce parti. Et il y aura au moins une candidature du PS. Tout le monde le savait. Tout le petit monde ! Mais le feuilleton de cette comédie devait avoir lieu. Chacun joua de gré ou de force le rôle que lui assignait la petite galaxie du commentaire pllitique pourtant bien au courant de la situation réelle.


Pour ma part c’est en le sachant que j’ai pris ma propre décision d’être candidat en novembre dernier. Je ne m’en suis jamais caché. On me demanda seulement doctement si ce n’était pas « trop tôt », question de fond, on le sait bien !! Quand leur demandera-t-on si ce n'est pas, trop tard de se déclarer candidat seulement huit mois avant l'élection, sans programme et sans équipe ?

 


- Puis je fus rendu responsable de la « division »

Enfin commença la petite musique selon laquelle je serais « le problème à gauche » dont il faudrait « se débarrasser » selon les mots délicats de l’ancienne bras droit de Julien Dray devenue depuis l’égérie du club islamophobe, le « Printemps Républicain ».

  • Alors mesdames, messieurs, le problème c’est toujours moi ?
  • Pas les 3 ou quatre autres candidatures dans chaque famille et qui s’annoncent en concurrence assumées dans votre merveilleux espace fraternel de la gauche traditionnelle ?
  • Moi... et pas votre sectarisme venimeux qui vous a fait exclure tous ceux que vous pouviez aux deux tours des élections régionales ?

 


- Le problème ? Oui il y a en a un pour vous quand il s’agit de moi !

C’est que je cote deux fois plus que chacune de vos candidatures dans les sondages, même quand on m’inflige une abstention différentielle de trois ou quatre points de plus qu’à vous sans le dire ! Problème parce que l’annonce de Jadot provoque 14 retweets en tout et pour tout une demi-heure après son annonce de candidature sur TF1 quand j’avais provoqué 30 000 signatures de parrainage dans le même délai ! Je ne me vante pas : je sais bien que je suis encore loin du compte pour franchir la barre d’accès au deuxième tour.

  • Mais pourquoi refuser de m’aider ?
  • Pourquoi relayer la moindre infamie possible contre moi ?
  • Il y a un problème parce que j’ai un programme clair et charpenté dans le détail que tout le monde peut connaître. Et il a encore donné lieu déjà à quatre numéros d’une revue vendue à dix mille exemplaires de moyenne chacun depuis janvier. Et vous ?
  • Un problème parce que je dispose avec 23 parlementaires aguerris, connus de millions de Français de quoi faire un gouvernement en état de fonctionner. Et vous ?

 


- Le problème le voici : pourquoi avez-vous un problème avec moi ?

  • Mon rejet des manifs de flics factieux auxquelles vous avez participé ?
  • L’islamo-gauchisme dont Darmanin et Vidal m’accusent ?
  • Le complotisme dont m’accuse le CRIF et le Printemps Républicain ?
  • Êtes-vous devenus seulement le miroir des modes du bashing permanent qui tient lieu désormais d’info en continu à mon sujet ?
  • Avez-vous vu ces cent vingt mille tweeteurs exprimer à visage découvert leur lassitude d’être traités « d’ennemis de la République » et affichant leur soutien aux insoumis ?
  • Comprenez-vous le sens d’une telle vague sans précédent ?
  • Celle de la dignité de nos choix et de notre indignation d’être traités de cette façon odieuse ?

 


- Alors je fais un pari. Je vous crois.

Je crois que vous avez en tête mieux que vous même ou vos logos. Je crois que vous acceptez d’assumer que nos programmes ne sont pas les mêmes. Je ne parlerai pas pour vous. je m’en tiens à nous. Nous sommes le mouvement de la rupture avec les règles du jeu de ce monde qui épuise les êtres humains et la nature. La rupture ! Et vous ?

 

Puisque l’union de la gauche n’existera pas parce que les programmes sont faiblement compatibles et que nous le savons tous depuis des mois, tournons la page dans la dignité d’un divorce par consentement mutuel ! Sans casser la vaisselle ni accabler nos voisins de nos éclats de voix. À mes yeux, aujourd’hui le temps n’est plus celui de « l’union de la gauche » de François Mitterrand et Georges Marchais, l’un et l’autre d’heureuse mémoire pour maints d’entre nous. Mais désormais si loin de toute actualité, si pleine de piques, d’hypocrisie et de haines recuites depuis les mystifications de « l’ennemi de la finance » avec qui vous avez gouverné !

 

 

- Pour les Insoumis, pour moi, l’heure est à l’union populaire.

C’est à dire au rassemblement majoritaire du peuple. Comment ?

Avec le programme qui rend possible cette union et donc cette majorité. Faisons confiance à l'intelligence que nous sollicitons chacun de notre côté. Les électeurs vont choisir un programme, une sincérité, une crédibilité. C’est le cap de la campagne que nous engageons.

 

--------------------------

 

- Qu'est ce que l'Union Populaire ? - #AMFIS2021

Jean-Luc Melenchon  : après l'union de la gauche, vite L'UNION POPULAIRE !

Notes :

[1Jean-Luc Melenchon : Évaluer le tableau politique de 2022 (II)

[2] « Si les quartiers populaires votent, nous serons au second tour » – Interview dans « Le Dauphiné »

[3Éclairage sur ce qu’est l’Union Populaire

[4] Jean-Luc Mélenchon : " L’union populaire : une stratégie globale "

 

Pour en savoir plus :

- Jean-Luc Mélenchon : « Je lance un appel à la création d’une fédération populaire »

A méditer : “ Union des gôches ”: Mélenchon est relou..

- Certains me disent : la France insoumise, oui, mais Mélenchon, non !

- ENTRETIEN. Jean-Luc Mélenchon : « Les campagnes politiques sont de plus en plus sales »

- Jean-Luc Mélenchon : « Il ne peut y avoir de réelle souveraineté populaire sans puissance »

- Mélenchon annonce une stratégie « d’union populaire » autour de mesures plébiscitées par les Français

On ne peut plus d'actualité. En 2017 : JLM " Avec la force du peuple, tout est possible ! "

- A méditer : Mélenchon : casse bonbons ?

- UNION POPULAIRE : MÉLENCHON VEUT FÉDÉRER LE PEUPLE

- Union populaire : la stratégie de Mélenchon pour gagner en 2022. Et gouverner

- MÉLENCHON PEUT GAGNER EN 2022. VOICI POURQUOI.

- Jean-Luc Mélenchon : « Il y a bascule : c’est maintenant que ça se joue ! »

 

- Tableau politique de 2022

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19 juin 2021 6 19 /06 /juin /2021 13:05
Jean-Luc Mélenchon : « Il ne peut y avoir de réelle souveraineté populaire sans puissance »
Jean-Luc Mélenchon : « Il ne peut y avoir de réelle souveraineté populaire sans puissance »
Jean-Luc Mélenchon : « Il ne peut y avoir de réelle souveraineté populaire sans puissance »
Jean-Luc Mélenchon : « Il ne peut y avoir de réelle souveraineté populaire sans puissance »
Jean-Luc Mélenchon : « Il ne peut y avoir de réelle souveraineté populaire sans puissance »

La révolution citoyenne...

Jean-Luc Melenchon en 2017 : " Avec la force du peuple, tout est possible ![5] "

« J’invite mes camarades d’extrême gauche à briser le mur qu’ils ont eux-mêmes construit. Le drapeau national n’est pas synonyme de nationalisme chauvin.[6] »

 

 

Jean-Luc Mélenchon a été invité par la revue Tlatelolco à écrire un texte de haute volée sur la notion de "puissance" comme objectif politique pour le peuple, quand elle s'applique à sa volonté d'agir pour le bien commun, pour sa souveraineté, pour sa liberté. Tlatelolco est une nouvelle revue de pensée critique latino-américaine qui rassemble quelques personnalités intellectuelles de la région pour repenser la démocratie en Amérique latine. Elle est dirigée par John M. Ackermann, professeur à l'Université nationale autonome du Mexique, né américain, naturalisé mexicain.

 


Sources : Jean-Luc Melenchon | mis à jour le 16/09/2021
- « Qu’est-ce que la puissance ?

La capacité de faire et, le cas échéant, de faire sans qu’une entrave puisse l’empêcher. La puissance est en ce sens un état de la souveraineté du peuple. Elle en est l’attribut autant que le moyen. Il n’est de souveraineté accomplie que dans la puissance sans entrave. Et il n’est de souveraineté qui ne soit un acte de puissance sur l’ordre des choses au sein duquel elle prend place. Ces principes ne sont pas si abstraits qu’il y parait. Ils proclament ce que l’expérience montre : la souveraineté du peuple est affaire de rapport de force. Elle n’est jamais octroyée, elle n’est jamais concédée. Les puissants ne s’y résignent jamais. Sans cesse recommencée, la lutte pour la souveraineté du peuple consiste à en conquérir puis à en maintenir la puissance. C’est d’ailleurs l’objet initial de la Révolution citoyenne dont je me réclame[1]. Elle ne triomphe qu’en acquérant les moyens de puissance du peuple qui lui permet de vaincre les entraves qui le retiennent hors du pouvoir sur son histoire. 

 

Si nous somme victorieux dans les urnes en 2022, on pourrait qualifier la ligne de conduite de notre gouvernement comme un programme de souveraineté élargie. Il travaillerait en effet à élargir le pouvoir du peuple aux domaines dont il est actuellement exclu et à lever partout les dominations le limitant. Je le répète : la souveraineté populaire désigne ici la capacité du peuple à disposer librement de tout ce qui concerne sa vie collective. 

 

 

- Capacité d’agir
À la volonté populaire, il faut donc faire correspondre les moyens de la réaliser. Ceux qui, comme moi, ont observé, pour apprendre d’eux, les gouvernements de la vague démocratique en Amérique latine savent que le déficit de puissance fut le principal obstacle à surmonter. 

 

Entrons donc à présent dans les aspects concrets que nos conceptions impliquent. Affirmons que les meilleurs programmes sont condamnés à rester une liste de vœux pieux sans les capacités disponibles pour le réaliser. Ces capacités sont la disponibilité populaire, le caractère collectif de la prise de décision, le niveau d’éducation et de qualification, le capital industriel accumulé, la qualité des services publics, la solidité de l’Etat, ses capacités de financement ou la sûreté du territoire. Il est impossible de faire l’impasse sur ces éléments. Combien de gouvernements de transformation sociale dans des pays que des impérialismes avaient maintenu dans une forme de sous-développement ont dû composer parce qu’ils trébuchaient face à la difficulté de réunir les moyens de réalisation d’une décision ? 

 

La France est dans une situation bien différente. Nous sommes la 6ème puissance économique du monde. Notre niveau d’éducation est très élevé. Les ouvriers, les techniciens, les ingénieurs français disposent de qualifications de pointe issues d’une extraordinaire accumulation de travail humain. L’Etat est ancien et bien établi. Il sait lever l’impôt et faire respecter la loi. Son armature et son maillage géographique permettent d’envisager bien des politiques de lutte contre la pauvreté ou de relocalisation des activités économiques et agricole. Cependant, nous devons avoir conscience aussi du recul de la puissance française. Elle est démantelée brique par brique par le néolibéralisme depuis au moins 20 ans :

  • Saccage des services publics ;
  • libre-échange ;
  • désindustrialisation et mise en concurrence des entreprises nationales ont sérieusement entamé dans bien des domaines nos capacités.

Cette impuissance croissante s’est cristallisée dans le krach sanitaire. Pour lutter contre l’épidémie, le pouvoir a eu recours à des solutions archaïques reposant sur des privations de libertés. La première raison d’une telle débâcle réside dans les politiques de réduction de budget dont l’hôpital public a souffert pendant des années.

 

Pendant cette crise, nous avons aussi découvert que nous dépendions désormais d’importations principalement asiatiques pour 80% de nos médicaments. Nous avons mis des semaines et des semaines avant d’avoir assez de masques car notre industrie textile a en partie disparue au fil des délocalisations et parce que le gouvernement libéral refaisait les réquisitions de ce qui en reste. La liste pourrait continuer encore longuement. Si nous arrivons aux commandes, il nous faudra bien assumer de reconstruire une certaine puissance en matière sanitaire par le pôle public du médicament, la fin du libre-échange sur des produits essentiels, les investissements massifs dans l’hôpital. Sans cela, aucun de nos objectifs de santé publique ne sera possible. 

 

 

- Puissance industrielle et bifurcation écologique 
Les parlementaires insoumis ont synthétisé toutes ces demandes dans la revendication centrale d’un retour à la planification [2]. L’échec du système de la main invisible et de l’équilibre spontané à partir du seul signal prix, est criant. Il a abouti à la destruction des forces productives et à l’impuissance à répondre aux besoins sociaux. La planification ambitionne de faire revenir les champs de la production, de l’échange et de la consommation dans le giron démocratique. Elle confie à la délibération la coordination entre les forces concourant à la production et à la distribution et l’anticipation sur le futur en fonction d’objectifs donnés. Elle peut se concevoir comme une appropriation collective du temps.

 

La planification est donc l’instrument naturel de la bifurcation écologique puisqu’elle s’occupe précisément de la viabilité de l’avenir. Mais elle n’est rien si elle ne peut s’appuyer sur une industrie forte, des infrastructures et des qualifications. Autant d’éléments qui font notre puissance ou notre impuissance. Ainsi, dans les grands chantiers à mettre place, il y a par exemple celui de l’eau. Le changement climatique modifie et dérègle le cycle de l’eau. Mais il est consubstantiel à l’existence même des sociétés humaines. Il doit donc concentrer toute notre attention. L’une des tâches consiste par exemple à rénover en profondeur notre réseau de canalisations. Il laisse s’échapper un litre sur cinq actuellement. Mais bien sûr, pour pouvoir remplacer les tuyaux, il faut avant cela les fabriquer.

 

Nous avons en France l’une des meilleures usines du monde pour cela, à Pont-à-Mousson. L’industriel qui la possède cherche à la vendre. Des chinois et un fond de pension américain sont sur les rangs. Est-ce du nationalisme de refuser ce passage sous contrôle étranger, prélude à la délocalisation ? Non, car la conservation de cette puissance industrielle est le préalable à la planification écologique. Tout comme la vente de la branche énergie d’Alstom à l’américain General Electric fut une catastrophe non seulement du point de vue du capitalisme français mais surtout de celui des grands défis d’intérêt général de notre peuple. 

 

 

- La liberté d’agir pour le bien commun
La notion de puissance a beaucoup à voir avec celle d’indépendance. Je suis un indépendantiste français convaincu. Non par nostalgie chauvine mais parce que je veux voir respecter les décisions démocratiques du peuple français. En premier lieu, cela suppose de lever toute menace extérieure qui contraindrait ses décisions ou l’empêcherait de se transformer en actes concrets. L’indépendance n’est rien d’autre en fait que notre liberté. C’est encore à la fois une condition de la puissance et un attribut de celle-ci. C’est pourquoi à mes yeux les questions de défense sont aussi centrales. Notre autonomie en matière militaire, c’est-à-dire notre capacité à défendre seuls l’intégrité de notre territoire est une condition incontournable de la démocratie effective. Cela implique la rupture avec l’alliance atlantique mais aussi une industrie nationale distincte des complexes américains ou d’autres Etats. Il ne faut pas confondre cette volonté d’indépendance avec du bellicisme ou du nationalisme. La liberté des français peut aussi être celle d’agir pour le bien commun. En mer, dans l’espace, dans le monde numérique, la France peut être la voix du droit civilisateur contre les compétitions guerrières. Elle peut défendre la non-exploitation des grands fonds ou des astres, la conception des grands écosystèmes océaniques ou forestiers comme bien communs de l’Humanité ou le recul des pratiques du capitalisme de surveillance sur la toile. Elle le peut grâce à sa puissance. 

 

 

- Aujourd’hui, la puissance est un objectif politique.

Elle est confisquée parce que le pouvoir populaire l’est tout autant. Elle ne sera pas restituée sans un profond bouleversement des priorités politiques du pays ni sans la refondation d’institutions capable de reconstituer la souveraineté populaire. C’est l’objet des révolutions citoyennes qui agitent notre époque. Aider à son accomplissement en France est le fil rouge de mon combat politique depuis plus de 10 ans[1]. C’est de nouveau l’horizon que je fixe pour l’élection présidentielle de 2022[3].

 

Mais que signifie réellement l’expression Révolution citoyenne ?

  • Elle n’est pas faite pour ranimer un folklore romantique qui signalerait une radicalité superficielle ;
  • Elle ne cherche pas non plus à marier les contraires pour amoindrir la charge symbolique d’un mot dans certains esprits ;
  • Elle donne à la fois le contenu de notre politique et son moyen.

Il s’agit d’une « révolution » puisque son programme change la nature de la propriété en mettant en avant la logique des biens communs et celle du pouvoir dans la cité et dans l’entreprise. Elle dite « citoyenne » car elle se fait par la voie démocratique à travers un processus constituant. La souveraineté populaire, l’autre nom de la démocratie, est à la fois l’objectif et le moyen de la révolution citoyenne.

 

C’est à sa puissance effective qu’est vouée son projet politique : l’harmonie entre les êtres humains et avec la nature, philosophie générale proposée par l’Avenir en Commun[4].

 

-----------------------------

 

-

La révolution citoyenne au coeur de la démarche politique de la France insoumise

Le 25 juin 2015, Jean-Luc Mélenchon tenait une conférence sur le thème : « Révolution citoyenne et mouvements citoyens – De Podemos aux assemblées citoyennes ». Il a expliqué comment la théorie de la Révolution citoyenne partait de l'augmentation du nombre d'être humains sur la planète pour définir un intérêt général humain, et comment découlait de cette analyse la nécessité de sortir du système capitaliste productiviste. Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé que la 6e République n'était pas un slogan mais une stratégie révolutionnaire pour que le peuple retrouve sa souveraineté en refondant ses institutions.

 


 

Notes :

[1Révolution citoyenne ?

[2] Face à la crise climatique, la planification écologique

[3Mélenchon 2022 : nouvelle étape dans la stratégie de la révolution citoyenne

[4] L’AVENIR EN COMMUN

[5] On ne peut plus d'actualité. En 2017 : JLM " Avec la force du peuple, tout est possible ! "

[6] Révolution citoyenne : entretien avec Jean-Luc Mélenchon

 

Pour en savoir plus :

- « L’insoumission est un nouvel humanisme » Jean-Luc Mélenchon

- Jean-Luc Mélenchon : « Je lance un appel à la création d’une fédération populaire »

- De la nécessité de la fédération populaire

- Fédération populaire : comment ça marche ?

- L’union populaire : une stratégie globale

- Jean-Luc Mélenchon : « La construction d’un peuple révolutionnaire n’est pas un dîner de gala »

- La révolution citoyenne : une globalisation de la conscience politique des peuples

- L’ère des révolutions citoyennes

- L’ouragan abstentionniste arrache tous les toits

- Après l’union de la gauche, vite l’union populaire !

- Mélenchon annonce une stratégie « d’union populaire » autour de mesures plébiscitées par les Français

- « Le peuple est l’acteur de l’Histoire » - J.-L. Mélenchon au festival du journalisme

- Candidat à l’élection présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon explique comment la « révolution citoyenne » redonnerait au peuple les moyens d’exercer sa souveraineté au profit de l’intérêt commun.

DOSSIER : Les vertiges de la puissance
- Michaël Fœssel « Un pouvoir autoritaire mise sur le sentiment d’impuissance des citoyens »
- Gafam, un impérialisme numérique
- Suède : l’anti-puissance
- Lola Lafon « Si on est puissant, c’est qu’en bas il y a des impuissants »
- Charlotte Girard, La puissance comme souveraineté
- Elsa Faucillon, Puissance des imaginaires

Jean-Luc Mélenchon : « Il ne peut y avoir de réelle souveraineté populaire sans puissance »
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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 13:47
Après le 1er mai 2021, il y a urgence à refonder la police !

Les images de la violence à l'encontre de la CGT le 1er mai, ont fait le tour de France soulevant l'indignation du monde ouvrier et d'une partie du monde politique, notamment de gauche.
Syndiqué CGT, j'apporte moi aussi mon soutien à la CGT et aux camarades blessés à Paris.
La lutte sociale et les revendications du 1er Mai ont toujours besoin d’un mouvement de masse.

Mais, aujourd'hui, il faut aller au fond du pourquoi et du comment... (interrogations déjà soulevées lors du mouvement citoyen des gilets jaunes dont les victimes ont été nombreuses, et précédemment lors de la main contre la manif du 14 juin 2016 à Paris contre la Loi Valls/ El Khomri auquel j'ai participé et ou à l'issue, j'accuse " Gazer, mutiler, soumettre : la police au service du néolibéralisme autoritaire, je l'ai vue à l'œuvre ! "[1].

 

Sources : Eric Durand | mis à jour le 07/06/2023

- Partant du principe que la violence divise, fait peur, dissuade de participer à l'action, casse les mouvements populaires de masse

  • Qui sont les violents, au service se qui ?
  • Pourquoi le Préfet Lallement est incapable d'assurer, ou ne veut pas assurer... et sur ordre de qui la sécurité des manifestations pour permettre aux citoyens de défiler tranquillement ? D'ailleurs, en 2016, un CRS ne dénonçait-il pas déjà la responsabilité du gouvernement dans les violence[2] ;
  • N'est-on pas face à des groupuscules (Black bloc ou autres d'extrême droite) manipulés pour se mettre au service du système en utilisant la violence en complicité de fait avec des forces de police qui " laissent faire " parce-qu' elles n'ont pas d'ordre d'agir, amenant la CGT à La CGT-police a critiquer la gestion du maintien de l'ordre [3]  ;
  • Mais pas que : le syndicat de police Alliance s'interrogeait en 2016, sur les consignes de non-intervention reçues face aux casseurs et accusait le gouvernement de vouloir décrédibiliser les mouvements sociaux [4] et la situation n'a fait que j'aggraver depuis ; 
  • Par ailleurs, gardien de la paix au renseignement territorial, secrétaire général de la CGT police, Alexandre Langlois, affirmait en 2016 « Tout est mis en place pour que ça dégénère » [5] ;
  • N'est-on pas face à une instrumentalisation des forces de maintien de l'ordre pour casser les luttes sociales ? Ou dit autrement n'assistons nous pas à une « politique néolibérale du désordre » liée à la transformation de notre modèle social [6] ? 
  • OUI, comme en 2016, en 2018/2019, ce 1er mai 2021 confirme que " Les casseurs sont instrumentalisés par le pouvoir " [7] ; 

 


- Alors, forces de l’ordre ou forces aux ordres

Les policiers dans le piège des politiques méritent mieux que ce rôle de rempart contre le changement, qu’on essaye de leur faire jouer. En la matière je vous invite à consulter le Rapport de la Mission civile sur les actions de maintien de l’ordre depuis le début des manifestations contre la loi travail de 2016, qui confirme la dangereuse dérive que nous vivons sous l'ère de la monarchie républicaine macronienne [8].

 

Dans ce schéma, sur Paris, le préfet de police Lallement est loin de chercher à calmer le jeu et de faire respecter les droits et libertés démocratiques

  • Didier Lallement, qui, en 2015, ambitionne le poste de préfet de police de Paris, est nommé à ce poste le 20 mars 2019. Il est décrit par son entourage professionnel comme un « préfet impitoyable » et autoritaire, choisi par le gouvernement pour « une reprise en main musclée de la préfecture de police » [17]
  • Fin avril 2019, un rapport de l'Observatoire girondin des libertés publiques (qui regroupe différentes associations, telles que la Ligue des droits de l'homme, le Syndicat des avocats de France, Médecins du monde ou Greenpeace), qualifie de « politique d'intimidation » les stratégies de maintien de l'ordre de Didier Lallement à l'égard des manifestations, dont celles des Gilets jaunes, lorsqu'il était préfet de Gironde[18]. Le rapport dénonce notamment l'usage de sommations « purement formelles », la mise en place de pelotons voltigeurs à motos (dissous en 1986 après l'affaire Malik Oussekine), ainsi que l'usage jugé abusif des nasses, ce qui aurait entraîné des traitements dégradants et des problèmes de santé chez certains manifestants[19].
  • Le 8 mars 2020, à l'occasion de la journée des droits des femmes, la police réprime à Paris une marche féministe. Les violences sont dénoncées non seulement par les féministes et des personnalités politiques de gauche. Le sénateur de Paris Philippe Dominati (LR), émet des doutes sur la doctrine du maintien de l’ordre de Didier Lallement[20].
  • En décembre 2020, une enquête pour « faux témoignage » est lancé par le parquet de Nanterre contre le préfet de police de Paris ainsi que cinq hauts magistrats, suite à des signalements du président de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire, le député LFI Ugo Bernalicis. Il est soupçonné d’avoir tenu des propos mensongers lors de son audition devant la commission d’enquête, lorsqu'il a déclaré ne pas avoir «trouvé les organisateurs» de manifestations policières illégale en juin sur la place de l'arc de triomphe[21] [22].

 

👉 En conclusion, pour la France insoumise, le préfet Lallement doit partir, son limogeage est demandé[23] [24].

 

 

- D'un autre côté

  • La sécurité et la lutte contre la violence ne sont-elles pas le " cheval de bataille politique de la droite et de l'extrême droite " (SONDAGE. Pour 86% des Français, la lutte contre l'insécurité serait importante dans leur vote en 2022 ) [9] ?
  • Que leur resterait-il comme raison d'être s'il n'y avait pas de violence, y compris lors de mouvements sociaux ?
  • Ne contribue t-il pas en catimini à l'organisation, l'instrumentalisation de cette violence pour pouvoir ensuite faire la " propagande " en jouant sur la détresse du peuple [10]? 
  • La police infiltrée par l'extrême droite[11] œuvre n'agit-elle pas pour entretenir l'insécurité et la peur au bénéfice de " l'enjeu majeur " pour le RN de Le Pen [12] ?
  • Tout en remettant en cause le droit de manifester (elle n'est pas à une contradiction prêt) ! [13]

 

👉 Sur la manifestation parisienne du 1er mai de cette année réaction de la CGT :

Invité à commenter ces faits sur le plateau de Public Sénat le 3 mai, le secrétaire général Philippe Martinez pointait de son côté l’extrême droite[25] rappelant que les affrontements place de la Nation ont fait “ 21 blessés dont 4 graves ” selon un bilan du syndicat[26].

 

Précisant : “ Le mode opératoire ”, avec “ quelque chose de prémédité ” et les “ slogans racistes, homophobes, xénophobes ” entendus place de la Nation sont “caractéristiques de cette violence d’extrême droite”, a estimé Philippe Martinez mercredi. “ On est en train d’analyser les images, les photos, certains sont connus sur les réseaux sociaux pour leur appartenance, leur soutien au milieu d’extrême droite effectivement ”, a-t-il assuré.... et c'est la raison pour laquelle la CGT exige la révocation du préfet Lallement après les violences[26].

 

✍️ En définitive, j'accusais à l'issue de la manif du 14 juin 2016[1], le gouvernement Hollande, Valls, Cazeneuve d'utiliser les vieilles ficelles inventées par la droite hier au pouvoir :
- en se servant des forces de l'ordre à des fins de provocation ;
- en laissant entrer les casseurs et en laissant faire la casse en ne donnant pas d'ordres ;
pour ine-fine interdire l'expression du mouvement social et tenter de passer sa loi en force...
j'ai maintenu cette accusation ayant vécu de l'intérieur le mouvement des gilets jaunes,.... et le 1er mai 2021 la valide malheureusement.

 

 

- Les insoumis ne laisserons pas faire : RÉSISTANCE et force de proposition !
Dans ce contexte dangereux pour notre démocratie, la France insoumise entend refonder la police et notamment :

  • réécrire le code de déontologie et insister sur son importance lors de la formation des forces de police, et rétablir les missions de défense des libertés et de la République supprimées par Manuel Valls en 2014[14] ;
  • refaire la police républicaine (point 12)[15] ;
  • A votre disposition le #2 des « Livrets de la France insoumise » aborde les thèmes de la sécurité et la sûreté[16] ;

 

Et Jean Luc Melenchon confirme la volonté politique de la France insoumise de refonder la police 

Notes :

[1] J'accuse " Gazer, mutiler, soumettre : la police au service du néolibéralisme autoritaire, je l'ai vue à l'œuvre ! "

[2Responsabilité du gouvernement dans les violences : un CRS donne raison à Mélenchon.

[3La CGT-police critique la gestion du maintien de l'ordre

[4syndicat policier majoritaire Alliance : Un syndicat de policiers dénonce les consignes reçues pendant les manifs

[5CGT police : « Tout est mis en place pour que ça dégénère »

[6N'assistons nous pas à une « politique néolibérale du désordre » liée à la transformation de notre modèle social

[7" Les casseurs sont instrumentalisés par le pouvoir", accuse la CGT Police

[8Forces de l’ordre ou forces aux ordres : les policiers dans le piège des politiques méritent mieux que ce rôle de rempart contre le changement, qu’on essaye de leur faire jouer : Rapport de la Mission civile sur les actions de maintien de l’ordre depuis le début des manifestations contre la loi travail, dangereuse dérive 

[9SONDAGE. Pour 86% des Français, la lutte contre l'insécurité serait importante dans leur vote en 2022

[10Dominique Martin, Membre du Bureau politique du Front National explique à des militants comment faire la "propagande" en jouant sur la détresse du peuple

[11] Radicalisation policière : le poids de l’extrême droite dans les forces de l’ordre

[12] « La sécurité est un sujet majeur » : Marine Le Pen fait sa rentrée, ce dimanche, à Fréjus

[13] Etat d'urgence : Marine Le Pen pour l'interdiction des manifestations

[14] Réécrire le code de déontologie et insister sur son importance lors de la formation des forces de police, et rétablir les missions de défense des libertés et de la République supprimées par Manuel Valls en 2014

[15] Refaire la police républicaine

[16] Livrets de la France insoumise

[17] Lallement, le nouveau préfet qui fait flipper les flics

[18] Bordeaux : la politique de maintien de l'ordre dénoncée par un rapport de l'OGLP

[19] Maintien de l’ordre: à Bordeaux, la «politique d’intimidation» du préfet

[20] Le préfet Lallement dans la tourmente

[21] Enquête pour "faux témoignage" : ce qui est reproché au préfet Didier Lallement

[22] Le préfet Didier Lallement et plusieurs hauts magistrats visés par une enquête pour « faux témoignage »

[23] Communiqué du groupe parlementaire de La France insoumise en date du 9 janvier 2020.

[24] Pour en savoir plus

[25] Violences du 1er-Mai contre la CGT: Philippe Martinez cible " l'extrême droite "

[26] La CGT exige la révocation du préfet Lallement après les violences du 1er Mai

 

Pour en savoir plus :

- Un syndicat de policiers dénonce les consignes reçues pendant les manifs

- Oui, le port du matricule est obligatoire pour les policiers et les gendarmes

- UNE CRÉATION ORIGINALE FRANÇAISE : « LA POLICE SPECTACLE »

Juin 2023 : Les chiffres de l’IGPN, un iceberg des violences policières

 

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22 février 2021 1 22 /02 /février /2021 00:01
Loi sur le " séparatisme " : seul le groupe France insoumise s'oppose unanimement à ce texte stigmatisant
Loi sur le " séparatisme " : seul le groupe France insoumise s'oppose unanimement à ce texte stigmatisant
Loi sur le " séparatisme " : seul le groupe France insoumise s'oppose unanimement à ce texte stigmatisant
Loi sur le " séparatisme " : seul le groupe France insoumise s'oppose unanimement à ce texte stigmatisant

Séparatismes : Le macronisme nous fait courir le risque d’accélérer “ l’archipélisation ” d’un pays toujours plus divisé[1]

 

Le faux débat Le Pen/Darmanin et la névrose anti-musulmans s'inscrivent dans cette stratégie dangereuse pour notre démocratie[1ter]

 

Quand les nazis accusaient les juifs de séparatisme... exactement ce que disent Darmanin et Le Pen vis à vis des musulmans[1bis]

 

Dans le film de propagande nazie « Le péril juif » (1940), la Bête immonde accusait les Juifs de séparatisme du fait qu’ils ne se mettraient pas « au service d’objectifs communs ». Le film pointait l’incompatibilité entre les valeurs aryennes et les pratiques cultuelles juives qui étaient présentées comme des lois... Exactement ce que disent Darmanin et Le Pen[1bis].

Dans le même temps, Darmanin, est pointé du doigt pour le caractère antisémite de l'ouvrage qu'il a publié en février dernier, intitulé « le Séparatisme islamiste - Manifeste pour la laïcité » et qui s’inscrit dans le cadre de la loi sur le séparatisme[6].

A noter : 1ére lecture du texte gouvernemental, vote unanime honteux au Sénat contre la tenue des groupes de parole comme prétexte à dissolution des organisations qui les pratiquent avec le soutien des sénateurs du PCF et EELV ![7]...

 

Sources : l'Ère du peuple | mis à jour le 27/11/2022

- Pour une fois, le rouleau compresseur médiatique du covid qui dure depuis un an en écrasant tout le reste de l’actualité a du bon
Le débat parlementaire contre le séparatisme n’intéresse personne et ne sort pas des murs de l’Assemblée. Le pays se voit donc épargné des heures de meurtrières tirades infamantes contre les musulmans. Quel moment lamentable.  Mais dans l’hémicycle, c’est une torture. On « débat » actuellement sous le régime du « temps programmé ». Mais il faut beaucoup se taire. Car nous n’avons que 3H35 de temps de parole attribuées pour la discussion de 51 articles et 400 alinéas. La droite LR, pour sa part, dispose de 9h heures. LREM 7h45 (temps de parole du ministre et des rapporteurs en plus). Le modem 3H15. L’UDI 2H25 Le PCF 3h30 et le PS 4h20. Les présidents de groupe ont droit à une expression personnelle supplémentaire d’une heure. Nous devons donc subir le flot des interventions des autres sans broncher pour conserver un temps de parole sur chacun des articles les plus sensibles. Les non-inscrits (50 minutes) ont été purement et simplement privés de temps parole avant même la fin de la discussion de l’article 1. Ce n’est pas normal ni souhaitable.

 

 

- Je ne reviens pas ici sur le contenu des débats

Nos interventions sont en ligne en vidéo. Pour ma part j’ai bénéficié de la présence de 8000 auditeurs présents sur Facebook et YouTube en permanence pendant mon discours sur la motion de rejet du texte. Près de 400 000 personnes ont regardé la vidéo depuis. Mes camarades, Alexis Corbière, Ugo Bernalicis, Éric Coquerel, Jean Hugues Ratenon ont fait de magnifiques interventions. Alexis et moi avons parlé au milieu d’un hourvari permanent de cris et hurlements. À leur banc, les ministres participaient activement à la tactique de déstabilisation des orateurs par leur rires et bavardages. Cela, le téléspectateur ne le voit pas ni ne l’entend. Ils nous voient seulement forcer la voix pour dominer le vacarme et parfois ils s’en étonnent auprès de nous : « pourquoi criez-vous ? ».

 

 

- Certes on a vu pire

Le 2 février, Mathilde Panot avait été grossièrement insultée en séance[2]. L’alcool avait fait son œuvre, semble-t-il, chez certains marcheurs. Jaurès avait droit aussi à ces interruptions permanentes et on a même vu une occasion où un député est monté à la tribune pour le frapper tandis qu’il parlait[3]. Heureusement, nous n’en sommes pas là. Puis la réplique du ministre (Darmanin) et celle du rapporteur (de Rugy) se fit sur un mode très personnel, politicien et offensant. On a vite vu où serait l’angle des éléments de langage. Comme je défends la liberté du culte, et que je l’ai déjà fait contre la fermeture des lieux de culte, je serai un « porte-parole du cléricalisme ». Ni plus ni moins. Que j’ai félicité la conférence des évêques de France pour avoir dit que la loi de 1905 était « une loi de liberté » fait ricaner des bancs d’ignorants qui ne savent rien de la bataille de l’époque ou le pape avait appelé a ne pas appliquer cette loi[4]. Face au public d’un beuglant, quelle musique s’entend ?

 

 

- En fait, je n’attends rien de Darmanin et De Rugy, et surtout pas de la culture historique républicaine

Les deux procèdent par amalgames, insinuations et contrepèteries sur fond d’une culture contre-républicaine qu’ils ne peuvent me cacher. L’un nous rebat les oreilles avec son grand-père musulman et l’autre avec la chouannerie. Leur mépris pour les autres et leurs railleries à deux sous sont une honte visible. Car pour le reste, à l’honneur des collègues, dans les échanges entre députés, personne n’est aussi vulgaire et agressif dans les prises de parole. Nous n’avons jamais répliqué dans le même registre quand bien même admettez que ces deux-là auraient pourtant de quoi faire parler… Mais c’est désolant de voir des esprits hier si libres, répéter sur tous les tons les absurdités cuisinées de longue main dans l’extrême droite. Ainsi de madame Caroline Fourest désormais murée dans un fanatisme qui lui interdit de partager les principes qu’elle défendait hier : l’État chez lui, l’Église chez elle et la liberté de culte pour tous. La liberté de conscience est à ce prix.

 

 

- La société n’a pas à être laïque.... l’espace public ne l’est donc pas.

Cependant la société peut être de culture laïque. C’est même souhaitable. C’est à dire être à la fois respectueuse de l’engagement de chacun et refusant un point de vue imposé par le culte majoritaire ou un pouvoir. Par contre l’État est les services publics le sont par nécessité et sans exception. Je ne sais pas ce qu’il faudrait ajouter à cela. C’est en tous cas la position historique de l’école de pensée dans la tradition de 1905. La traduction de ces principes est très concrète.

  • Par exemple : elle exclut la police des habillements dans l’espace public et, à l’inverse, la présence des élus en écharpe dans les manifestations religieuses.

 

 

- Dans le débat...

  • Nous avons donc été dans un premier temps assimilé à des défenseurs des religion et même du cléricalisme quand nous refusions la police du vêtement contre le port du voile ;
  • Puis nous fumes repeints en « laïcards » ennemi des religions. Par les mêmes !!!! au moment où nous demandions que les élus ne cautionnent pas, par leur présence, les manifestations religieuses. Et dans chacune de ces postures contradictoires ce furent les mêmes lazzis, les mêmes moqueries. Le débat semblait patauger dans la mauvaise foi. Mais tout autant dans la bêtise la plus crasse. Les mêmes qui meuglaient en cadence contre le foulard dans l’espace public ne trouvaient rien à redire à la qualité de chanoine de Latran du président de la République ou à la participation des élus à des cérémonies comme celle de reconnaissance à la vierge pour la délivrance de la peste de 1630 !!! Au contraire, ils se posèrent soudain en défenseur de l’Église. Mais qui l’attaquait ? Personne. Au point qu’un de ces brillants amis des Lumières, l’instant d’avant, se risqua à dire que nous n’avions pas à discuter pour savoir si la vierge avait ou non protégé la ville de la peste ! Non ce n’étaient pas des républicains qui parlaient mais des croisés. Les brillantes plumes fermaient la marche de cette croisade. Dans Le Figaro une nouvelle fois la technique de prétendus « anciens cadres » de LFI , évidemment anonymes compte tenu du risque qu’il y a nous critiquer, viennent dire que Coquerel parle comme il le fait par électoralisme. Car, bien-sûr, il est bien connu qu’il n’y a aucun calcul électoral dans la propagande contre les musulmans. Nous parlons des 500 communes sans école publique ? Des élus dans les manifestations religieuses ? C’est que nous serions gênés par la question de l’islam, psalmodie Marianne. Le journal est désormais converti à l‘intérêt du débat sur les certificats de virginité et la lutte contre la polygamie et reste sans voix sur la question du Concordat ou des immeubles de rapport. Dommage que Macron ne soit pas imam d’honneur de la mosquée du Caire, on aurait été mieux compris dans ces colonnes-là.

 

Le résultat des simagrées du pouvoir est simple :

  • moins de liberté pour les associations ;
  • un serment pour tous ceux qui touchent des subventions ;
  • une latitude plus grande pour les préfets de dissoudre, contrôler et ainsi de suite.

Où est le terrorisme islamiste là-dedans ? Nulle part évidemment. On finit par se demander si c’était vraiment le sujet. La « démocratie défaillante » en France défaille un peu plus. Mais qui a la liberté de le dire à part la presse étrangère ?

 

 

- 1er février 2021 : Jean-Luc Mélenchon s’exprime sur la loi séparatisme à l’Assemblée nationale
Il intervention contre le projet de loi dit de renforcement « des principes républicains » et a dénoncé une loi inutile et dangereuse qui va semer de la division dans le peuple français en stigmatisant les musulmans. 

 

Après avoir rappelé que le gouvernement a réussi à mettre d'accord contre cette loi tous les cultes, le député insoumis a interpellé la majorité sur les défis qui sont devant nous. La pandémie, le dérèglement climatique, les 800 plans sociaux, les 10 millions de pauvres, l'augmentation du gaz, des péages, de l'électricité, les millions de personnes à l'aide alimentaire... Alors que le Parlement va discuter pendant deux semaines du voile, de la polygamie, des certificats de virginité, du contenu des cantines scolaires ou de la mixité dans les horaires des piscines. 

 

Il a enfin dénoncé ensuite l'hypocrisie du gouvernement, a a parlé des différents séparatismes qui existent bel et bien dans notre pays dont il n'est pourtant pas question dans cette loi : le séparatisme social des riches, le séparatisme religieux du Concordat, le séparatisme institutionnel de l'Union européenne.

 

Il a fait valoir que l'État est indifférent aux religions et que c'est le gage de notre liberté. Puis il a dénoncé l'amalgame insupportable entre islam et islamisme. Il a pris à partie l'Assemblée en demandant aux députés quand les musulmans avaient manqué à l'appel de la patrie et a conclu son discours en disant que la France est grande parce qu'elle fait France de tout bois et que l'amour de la République, comme tout amour, ne vaut rien sous la menace.

 

- 16 février 2021 : l'Assemblée adopte, en première lecture, le projet de loi relatif aux " Principes Républicains "

Ce texte qui s'attaque officiellement au " séparatisme ", mais constitue une loi de stigmatisation inutile des musulmans. Les députés France insoumise qui n'ont eu de cesse que de défendre la laïcité et la République Sociale, de dénoncer la suspicion généralisée ont unanimement voté contre[5].

 

A noter qu'à l'image des élus RN qui se sont abstenus, plus divisés, huit élus du groupe communiste se sont abstenus, 7 ont voté contre et 1 pour[5] [5bis].

 

 

- Loi sécurité globale : les macronistes votent définitivement cette nouvelle loi de la honte anti républicaine.
Après que députés et sénateurs se soient accordés sur la proposition de loi dite de " Sécurité globale, à l’Assemblée Nationale, la majorité macroniste vient de faire adopter définitivement en seconde lecture cette loi de la honte. Les députés du groupe insoumis ont voté contre, mais ils étaient bien seuls à s'y opposer (6 député(es) PS sur 29 ont voté contre, les 23 autres absent(es) ; 2 député(es) PCF ont voté contre, les 14 autres absent(es)[8].

 

Ainsi, Macron et sa clique adoptent une nouvelle loi, qui accroitra l’arbitraire policier et entraine notre pays dans une dérive autoritaire Ils n’ont écouté ni l'opposition de la France insoumise, ni les alertes des organisations de défense des droits de l’homme. Petit à petit, ils détruisent les libertés publiques. C’est ainsi que meurent les démocraties.

 

En 2022, avec Jean-Luc Mélenchon, nous abrogerons cette loi scélérate et restaurerons les libertés publiques ![9] "

 

 

- 23 juillet 2021 (2ème lecture), Jean-Luc Mélenchon, à l’Assemblée nationale, s’oppose à la loi sur le « séparatisme » qu’il dénonce comme « une loi contre républicaine » qui vise uniquement les musulmans.

Le président du groupe « La France insoumise » a critiqué un texte qui introduit une notion fumeuse de « séparatisme » quand les séparatismes réels comme le Concordat d’Alsace-Moselle ou le statut de Charles X en Guyane. Il a dénoncé la manière qu’avait eu Emmanuel Macron de s’afficher à Lourdes, mais aussi le fait qu’avant les élections régionales, le CRIF et le Consistoire israëlite de France avaient appelé à ne pas voter pour les insoumis.

 

Jean-Luc Mélenchon a rappelé que durant l’année 2020, les actes anti-musulmans avaient augmenté de 50%. Il a, enfin, dénoncé le fait qu’en plein pandémie, on ait débattu de polygamie (déjà interdite), des certificats de virginité (déjà interdits), du voile, du burkini, des drapeaux étrangers et des youyous dans les mariages.

Loi sur le " séparatisme " : seul le groupe France insoumise s'oppose unanimement à ce texte stigmatisant

Notes :

[1] Séparatismes : Le macronisme nous fait courir le risque d’accélerer “ l’archipélisation ” d’un pays toujours plus divisé

[1bis] QUAND LES NAZIS ACCUSAIENT LES JUIFS DE SÉPARATISME…

[1terLe Pen et Darmanin : faux débat et névrose anti-musulmans

[2] Scandale : Mathilde Panot insultée en plein hémicycle par un député LREM

[3] Un député de droite monte même à la tribune et frappe Jaures tandis qu'il...

[4] Le pape Pie X condamne la loi, considérant qu'il s'agit d'une rupture

[5] Analyse du scrutin n° 3421, deuxième séance du 16/02/2021 : scrutin public sur l'ensemble du projet de loi confortant le respect des principes de la République (première lecture).

[5bis] Loi contre le séparatisme : Colère des militants communistes face à l’abstention de certains de leurs députés

[6Gérald Darmanin accusé d’antisémitisme pour son livre sur « le séparatisme islamiste »

[7] Loi séparatisme 1ére lecture : les sénateurs adoptent un « amendement UNEF » permettant de dissoudre les associations faisant des réunions non mixtes racisées

[8] Analyse du scrutin n° 3658 Première séance du 15/04/2021 https://www2.assemblee-nationale.fr/scrutins/detail/(legislature)/15/(num)/3658

[9] Loi sécurité globale : les macronistes votent une nouvelle loi de la honte

 

Pour en savoir plus :

- Face à toutes les haines : la laïcité... “ L’Eglise chez elle, et l’État chez lui ”

- Religion et politique : un couple infernal à séparer de toute urgence !

- Jean-Luc Mélenchon : " Nous combattons l'islam politique...avec les musulmans "

- Séparatisme : Mélenchon dénonce la «mise en scène» politicienne de Macron

- Patrick Le Hyaric : « Séparatisme » : une entorse inquiétante à la loi de 1905

- Jean-Luc Mélenchon, invité ce samedi de l'émission "On n'est pas couché" de Laurent Ruquier, réagit après l'attaque terroriste de Paris.

- Jean-Luc Melenchon : De quoi la lutte contre l’« islamo-gauchisme » est le nom ?

- Laïcité, "séparatisme", République : décryptage du projet de loi par Alexis Corbière, député France insoumise

- A Corbière : Une République sociale, démocratique et laïque : combat que nous mènerons jusqu'au bout !

- Jean-Luc Melenchon : Vous stigmatisez les musulmans avec une loi inutile et dangereuse

- Débat parlementaire contre le séparatisme : un moment lamentable

- CGT : Le 16 février 2021, le texte de loi « confortant le respect des principes de la République » était adopté par l’Assemblée nationale. Présenté comme le texte des libertés, il est dans les faits uniquement répressif.

- Lettre unitaire ouverte aux sénatrices et sénateurs sur le « projet de loi confortant les principes républicains »

- Mina Idir, secrétaire départementale PCF dans le Vaucluse : « Que dire de ma colère quand je vois que notre secrétaire national parle comme l’extrême droite et valide leurs propos, les reprend », dénonce avec véhémence Mina Idir.

- Contrôler le culte au nom de la laïcité ou le paradoxe de la loi française sur " le séparatisme "

- Jean-Luc Mélenchon soutient une une résolution communiste contre le racisme

L'expulsion de l’imam Hassan Iquioussen, père de 5 enfants majeurs, n'était pas possible avant la loi luttant contre le séparatisme promulguée en août 2021. Né en France, il avait la nationalité française jusqu'à ce qu'elle lui soit retirée à sa majorité.

- La loi séparatisme est utilisée pour… bâillonner les militants pour le climat

- Comment la loi « Séparatisme » permet aux préfectures de frapper les associations au porte-monnaie

- 2ième lecture assemblée nationale :

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  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT  de 1978 à 2022.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.

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