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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 08:22
Jean-Luc Mélenchon et les Communistes

Entretien avec Jean-Luc Mélenchon réalisé à la Fête de l’Humanité, à la Courneuve le 10 septembre 2016 par Christian Audouin, directeur de l’Echo du Centre (quotidien communiste du Limousin) et Manuel Meïer, rédacteur en chef du Patriote de l’Ariège (hebdomadaire communiste du département).

La Fête de l’Humanité nous a donné l’occasion de mener à bien un projet que nous portions depuis plusieurs mois : donner la parole à Jean-Luc Mélenchon dans un organe de presse communiste. Le but affiché était qu’il puisse s’adresser aux électeurs communistes et du Front de gauche qui, en grand nombre, ont été froissés par la méthode choisie pour démarrer sa campagne. L’attente était grande. Cet entretien, réalisé conjointement avec l’Echo du centre, quotidien communiste du Limousin, s’est déroulé dans un espace à part de la Fête, le samedi à midi. Il a d’ores et déjà eu des répercussions bien au-delà de nos frontières politiques et départementales.

 

Sources :  Le blog du Parti de Gauche Midi-Pyrénées

- Le Patriote : La manière dont tu as démarré la campagne a heurté un certain nombre de communistes, car ce n’est pas dans notre culture de nous y prendre de cette manière-là. Est-ce que tu peux revenir sur cette première période ?

Jean-Luc Mélenchon : Oui, volontiers. D’abord je souhaiterais que l’on dépersonnalise la discussion. Parce-que je trouve que depuis sept mois, on a excessivement personnalisé la critique de ma campagne, en la concentrant sur moi comme individu. C’est très mauvais, ça crée une ambiance trop tendue et au fond qui n’a pas de solution, car comme individu je ne changerai pas.

 

  • Le fond de l’affaire est politique depuis le début : nous avons eu un entretien, Pierre Laurent et moi, au mois de décembre de l’année 2015...

A cette occasion, je lui ai dit : « Pierre, je pense que nous avons le besoin d’une campagne de longue durée pour ancrer, car la situation va être très volatile ». Je le pressentais. Je savais qu’il y aurait une extraordinaire agitation, à la limite de la dislocation au sein du Parti socialiste. Nous savions tous qu’il y aurait une primaire à droite. Donc on pouvait assez facilement comprendre que la scène politique serait tellement agitée qu’elle pourrait être très rapidement illisible. Pas illisible par nous, militants, nous y voyons toujours clair. Mais illisible pour la masse des Français, c’est à eux qu’il faut penser, qui sont déjà dans un état de désorientation extrême. C’est-à-dire que des gens de gauche ne reconnaissent plus la gauche dans l’étiquette du gouvernement, ça ne veut plus rien dire pour eux. Si François Hollande c’est la gauche, si la loi El Khomri c’est la gauche, bon alors, qu’est-ce que la droite ? Et des gens de droite qui disent : « Mais nous, ce n’est pas ça notre vision de la Patrie, de la République de se brouiller en permanence avec l’autre partie de la population, celle qui est musulmane, ou que sais-je encore, les pauvres qui sont des profiteurs, d’après les gens de droite ». Beaucoup de gens de droite ne se reconnaissent pas là-dedans.

 

  • Donc il y a en profondeur une désorientation du peuple français.

C’est la raison pour laquelle il faut être clair dès le début, en disant d’abord « on va parler à tout le monde et pas seulement à ceux de gauche ». Bref, je vais être aussi synthétique que possible, Pierre m’a dit : « ça ne peut pas fonctionner s’il n’y a pas un rassemblement de la gauche ». Je ne crois pas du tout à cette thèse. Je le lui ai dit. Je ne crois pas que ce soit en rassemblant des étiquettes, des partis et des états-majors, qu’on va créer un enthousiasme populaire suffisant pour passer la barre. Je crois même le contraire. Si on donne l’impression qu’on est retournés dans les magouilles et les ententes en demi-teinte, on va encore aggraver la désorientation. Donc nous avons besoin de partir de loin. Nous nous sommes quittés sur un constat de désaccord de stratégie politique. Pierre a établi son calendrier pour le mouvement communiste, et j’ai établi le mien pour ce que j’allais entreprendre.

 

  • Et c’est comme ça que j’ai décidé de démarrer le 11 février.

Pourquoi cette date-là, je peux le dire maintenant, parce que nous étions dans un moment où apparaissait en même temps la candidature de Marine le Pen et où Sarkozy, s’exprimant quelques jours auparavant, avait clairement fait comprendre qu’il était candidat. Donc la scène était entièrement occupée par la droite. Et nous, notre famille politique, on serait là en train, de se disputer les uns avec les autres, parce que une primaire c’est fondamentalement un exercice mortel de surenchères les uns sur les autres. J’ajoute donc à cette occasion, que le système des primaires n’est qu’apparemment démocratique. Il ne l’est pas en réalité. C’est un tamis social. Seuls les centre-ville urbains et aisés participent dans la plus grande partie des cas à des élections primaires. Et une infime partie de l’électorat. Par exemple les primaires américaines… Tout le monde a dit « ah, c’est formidable, c’est une culture… ». 9% des électeurs ont voté dans toutes les primaires, c’est-à-dire démocrates et républicaines. C’est rien du tout. Et chez nous où il n’y a pas cette tradition, c’est encore moins. Par conséquent, je ne prends que cet aspect des primaires, je ne crois pas à cette méthode. Et d’ailleurs, ceux qui ont lancé l’idée d’une primaire de toute la gauche, Cohn-Bendit et le journal Libération, ne sont pas des références pour nous, en tout cas. Et d’entrée de jeu, Cohn-Bendit a dit : « Une primaire, c’est parfait parce que c’est le seul mode de désignation où Mélenchon et Pierre Laurent n’ont aucune chance ». Comme ça c’est clair.... Et à peine n’avait-on même pas commencé, que déjà Julien Bayou disait « Ah oui, mais attention, si le candidat qui l’emporte est contre l’Europe, alors ça posera un problème », parce que pour lui être critique à l’égard de l’Union européenne, c’est être contre l’Europe. Ce n’est pas sérieux.

 

  • Donc j’ai démarré le 11 février.

Mais je demande aux communistes de faire appel à leur mémoire : c’est exactement la même méthode qu’en 2011, exactement la même, avec un mois de retard. Le 21 janvier 2011, j’ai proposé ma candidature. Tout seul. En tout cas en apparence. Comme cette fois-ci, je la propose tout seul et hors-cadre de partis. Pas « contre » les partis, « hors-cadre » de partis. Moi-même je suis membre d’un parti politique. Je l’ai été toute ma vie. J’ai été membre du Parti socialiste puis membre du Parti de gauche. Je n’ai pas cessé d’être membre de mon parti, je cotise. Donc je ne suis pas contre les partis, je n’ai pas cette sottise… Je suis « hors-cadre ». Pourquoi hors-cadre ? Parce qu’il faut que tout le monde puisse investir la campagne. Je ne peux pas me présenter en disant que je suis l’homme de quatre, cinq, six, sept partis. Non. Voilà pourquoi, à la fois je propose ma candidature, et je crée le mouvement d’appui à ma candidature, " La France insoumise[1] ". Vient qui veut : membres de partis, pas membres de partis, des gens qui ont voté autrement, des gens qui n’ont pas voté dans les précédentes élections…

 

  • Il faut faire cette ouverture grand-angle.

Et nous, qui sommes des militants, engagés politiquement toute notre vie, nous devons apprendre à traiter avec l’informel, avec l’état du pays tel qu’il est. Ce n’est pas à nous de n’accepter que le peuple qui nous convient, celui qui a l’habitude de se référer aux partis politiques. Non, il y a plein de gens qui ne sont adhérents à rien. Et alors on leur dit « non, vous ne comptez pas » ? Bien sûr que non. Donc c’est exactement le même calendrier, sauf que j’ai un mois de retard. J’ai proposé ma candidature le 21 janvier 2011, tout seul, je ne l’ai pas fait au nom du Parti de gauche, je ne l’ai pas fait au nom du Parti communiste. Le Parti communiste a engagé une procédure interne, mais bien plus tôt que cette fois-ci. Et les communistes ont tranché et ils ont voté à la date du 18 juin. Le 18 juin de l’année 2011, les communistes avaient pris leur décision, et le 18 juin, le soir, j’étais sur TF1 pour annoncer que dorénavant j’étais candidat investi par, à l’époque, le Parti de gauche, le Parti communiste et la Gauche unitaire. C’est ça le cadre de l’union.

 

  • Ce n’est pas la même chose aujourd’hui : nous savons que les cartels de partis sont condamnés.

Parce que nous avons fait fonctionner le Front de gauche comme un cartel de partis. C’est l’expérience concrète qui nous montre que ce n’est pas la bonne méthode. Ça ne veut pas dire qu’on renie ce qui a été fait par le Front de gauche. Mais nous devons porter plus loin l’expérience acquise. L’expérience acquise, c’est que non seulement il faut intégrer tous ceux qui ne veulent pas prendre la carte d’un parti mais qui veulent participer aux campagne, mais aussi tous ceux qui n’avaient jamais pensé faire de la politique. Voici le cran supérieur. Ensuite, les communistes ont leur calendrier. Je m’incline. Je l’accepte. M’avez-vous entendu une seule fois dire « ce n’est pas bien, je ne suis pas d’accord ». ou exprimer des regrets, dire « moi j’aimerais avoir l’aide des communistes aujourd’hui, des militants communistes », mais je vais vous dire les choses comme elles sont : il y a déjà des milliers de communistes engagés dans la France insoumise, qui créent des groupes d’appui, qui collent des affiches et qui discutent surtout, qui discutent avec leurs voisins, leurs collègues de travail, parce que c’est comme ça qu’on va gagner. Et je le dis parce que je viens de dire « coller les affiches », mais ce n’est pas le plus important. Le plus important, c’est le contact personnel. Chaque personne doit se faire une liste de dix autres personnes à convaincre et à accompagner jusqu’au jour du vote.

 

  • Donc nous sommes dans le même calendrier, avec la même forme, avec les mêmes mots

Croyez-moi, je les ai pesés et c’était les mêmes que la fois précédente : « Je propose ma candidature ». Et puis au moment où on est arrivés à plus de cent mille appuis, il ne faut pas non plus prendre les gens pour des imbéciles, ils ont bien compris que j’étais candidat. Et bien, je l’ai dit. Quand ? Le 5 juin. Où ? Place Stalingrad où avait commencé la campagne la fois d’avant. On a appelé le rassemblement après la fin du congrès communiste. Le congrès communiste s’achève vers 13h, 13h30, le rassemblement commence à 15h. Il n’y a jamais eu de chevauchement. Je n’ai pas compris pourquoi on me faisait ce mauvais procès. J’observe d’ailleurs qu’on ne fait pas le même aux frondeurs qui se réunissent à la Rochelle pendant que nous sommes tous ici à la Fête de l’Huma qui est l’endroit où toute la gauche a l’habitude de se retrouver. Donc, pourquoi l’ai-je mis à cette date-là ? Parce qu’il y avait le congrès communistes et que je pouvais penser que dans le congrès communiste, comme la fois d’avant, une décision serait prise qui permettrait de converger. Elle ne l’a pas été.

 

Mais qui peut penser que je vais mener un calendrier de campagne en expliquant aux gens « écoutez, rien n’est sûr, attendez que, je ne sais pas quand, le 5 novembre, les communistes commencent leur procédure interne… ». Car que je connais les statuts du Parti communiste. Le 5 novembre, ce n’est pas la prise de décision. Le 5 novembre, ça va être la décision qui va déclencher la procédure interne. Nous allons donc attendre le mois de décembre pour entrer en campagne, au milieu de la confusion des primaires socialistes ? Il n’en est pas question !

 

  • Par conséquent mon calendrier suit son cours... et en cours de route bienvenu à tout le monde

 Regardez la démarche du programme. Le programme, je ne pars pas de rien. Je suis stupéfait de voir que l’on puisse agir comme s’il n’y avait pas eu de programme la dernière fois. Il y a un programme : l’Humain d’abord. Il a recueilli quatre millions de voix. Il faut l’actualiser depuis 2012. C’est un mot qui dans le passé nous a amenés à quelques déboires. Qui va actualiser ? Et bien d’abord nos électeurs puisque ce sont eux qui l’ont voté la dernière fois, ceux qui veulent s’engager dans la campagne, tous ceux qui veulent s’engager. Il y a eu plus de trois milles contributions. Je ne dis pas que ce soit un chiffre extraordinaire, mais trois milles contributions. On a fait deux synthèses en cours de route, pour montrer aux gens où on en était, et rebondir. Nous avons fait des auditions de spécialistes. Et là nous sommes entrés dans un dialogue avec les groupements politiques qui décident de participer à la France insoumise :

  • Le groupe des socialistes dissidents, de la Nouvelle gauche socialiste, a déposé un document de 75 pages de propositions ;
  • Le Parti de gauche a amené ses 1000 fiches ;
  • Des communistes qui participent à la campagne amènent leurs contributions.

On discute. Mais ce n’est pas une discussion de parti à parti, d’organisation à organisation. On essaie de voir comment tout ça, par rapport à la formule actualisée du programme l’Humain d’abord, ça colle ou pas. On ne peut pas coller bout à bout ce que tout le monde veut, ce n’est pas possible. Il faut qu’il y ait une cohérence. Moi je suis très attaché à la cohérence économique, à la cohérence écologique du programme et à la cohérence républicaine.

 

  • Donc tout ça compte beaucoup.

Cette méthode va s’achever à l’occasion de la convention du mois d’octobre, qui se tient les 15 et 16 octobre. Pourquoi se tient-elle à ce moment-là ? Mais parce que j’ai des délais pour imprimer le livre pour qu’il soit prêt pour les cadeaux de Noël. Nous à Noël, on va offrir le programme de la campagne. Alors je vous dis un scoop, j’ai quand même quelques petits privilèges comme candidat, au moins celui de choisir quelques-uns des slogans… C’est moi qui ai choisi la France insoumise. Je cherchais une expression qui soit dans l’esprit de celle de 2012. Vous vous rappelez, on avait fait « la France, la belle, la rebelle », c’était pris dans la chanson de Jean Ferrat. Et on cherchait un mot qui corresponde au moment dans lequel on est. C’est l’insoumission qui brise l’ordre établi, le consentement à l’ordre, la résignation. Et la dernière période a été remplie d’insoumis, lanceurs d’alerte, ouvriers et ouvrières qui résistent dans leur entreprise. Bref, j’ai choisi « la France insoumise » parce que je trouvais que ça parlait à tout le monde à la fois : aux syndicalistes, mais aussi à l’homme ou à la femme qui se lève chaque matin pour maintenir la cohésion de la famille, pour aller au boulot ou pour amener les gosses à l’école alors qu’il n’y a plus de boulot, parce qu’il faut tenir bon. Voilà, j’aimais ça.

 

  • Le programme, on ne va pas le rappeler l’Humain d’abord, quoique c’était magnifique

Mais, par respect pour ceux qui auraient voté « l’Humain d’abord » ou les organisations qui auraient adopté « l’Humain d’abord  et qui ne se retrouveraient pas dans ma campagne, je le comprends, je n’ai pas envie d’avoir des polémiques avec les uns et les autres, on va donc changer le titre. Je vais proposer que ça s’appelle « L’Avenir en commun[2] ». « L’Avenir en commun » parce que c’est quelque chose que je partage avec les communistes et notamment les réflexions de leur dernier congrès. Nous autres, le grand courant collectiviste et progressiste, nous devons de nouveau et mieux motivé que jamais, faire partager l’idée que l’Humanité doit d’abord se préoccuper de ce qu’elle a en commun, à commencer par l’écosystème, le seul qui permette sa survie. Car l’écosystème est mis en danger par le productivisme. Et le productivisme est, lui, animé par la politique de l’offre du capitalisme financier. La planète va mourir, la civilisation humaine va mourir sous les coups du capitalisme financier et du productivisme. C’est pourquoi il s’agit d’appeler chaque personne à réfléchir, quoiqu’elle ait voté dans le passé, l’appeler à réfléchir en tant qu’être humain. Réfléchissez : notre avenir, nous l’avons en commun. Que vous soyez riche ou pauvre.

 

  • Et vous autres, les riches, vous feriez bien de vous poser des questions.

Vous ne le resterez pas longtemps, riches, à ce tarif là, avec des événements climatiques extrêmes. Et à quoi bon être riches, à quoi bon ? Pourquoi avoir pour rêve d’être milliardaire, comme propose Macron ? En quoi est-ce un rêve honnête ? Vous savez bien que celui qui a un milliard, il n’a qu’un rêve : en avoir un deuxième. A quoi ça sert ? Et celui qui est millionnaire ne peut avoir qu’un rêve : avoir un deuxième million. Pour quoi faire ? Pour quoi faire ? Quel est le sens de cette accumulation ? Est-ce que vous êtes plus heureux quand vous passez d’un million à deux millions ? Est-ce que vous aimez d’avantage ? Est-ce que vous êtes aimé d’avantage ? Et puis pour quoi faire ? Pour acheter quoi ? Pour vivre comment ? Je pense que la richesse doit être interpelée aussi dans son immoralité fondamentale. Eux, ils pensent que la cupidité est un aiguillon de l’activité humaine. Reconnaissons que l’intérêt est un aiguillon, mais pas la cupidité, pas l’accumulation. Nous devons interpeler le sens moral de la richesse.

  • Voilà pourquoi je pense qu’il faut appeler notre programme « l’Avenir en commun » : dans chaque personne, ne voyons d’abord que l’être humain. Au fond, c’est aller au bout de la logique de l’Humain d’abord. L’Humain d’abord dit « bon, on commence par ça ». Justement commençons par ça. Nous avons l’avenir en commun. Je vais essayer d’expliquer ça, je le fais à la Fête de l’Huma. C’est à la Fête de l’Huma que je l’annonce.
  • Alors on me dit : « c’est toujours toi qui décides ». Il en faut bien un. Comment vous croyez que ça se passe d’habitude ? Il y a des gens qui parlent. Et à la fin les autres qu’est-ce qu’ils prennent ? Un communiquant pour décider. Pas moi. Je suis un militant politique, c’est moi qui fixe tous les mots d’ordre. En 2012, on discute, et puis à la fin on tranche.

 

  • Je ne dis pas que c’est génial.

Je ne vous dis pas que tout le monde est d’accord et dit « ah c’est formidable », la France insoumise, il n’y a rien au-dessus. On aurait pu appeler ça autrement. Mais maintenant c’est parti. Il faut arrêter l’ergotage permanent, couper les cheveux en quatre tout le temps. Les gens ont besoin de comprendre. Ils ne comprennent rien si nous mêmes on est les premiers à dire « ah ce qu’on a trouvé ça ne vaut rien. Finalement il y avait mieux que ça ». Alors on me propose des titres à rallonge. Je vous donne cet exemple parce que je sais que je m’adresse à des militants. L’enjeu du militantisme, c’est l’engagement des autres, leur conscience, l’éducation collective. Si les partis ont une fonction, c’est bien celle-là, d’être la mémoire des luttes, d’être les porteurs de l’expérience et d’être des éclaireurs, pas une avant-garde. A mon avis. Il y a des camarades qui sont avant-gardistes, je le comprends. Eclairer, ça veut dire : vous mettez la lumière qui permet de se repérer à chacun individuellement. Pas le guide suprême qui dit « allez on va tous par là ». Non regardez bien, les gens, observez ce que nous vous disons, et ensuite tirez vos conclusions. Mais écoutez ce qu’on vous dit. Ne vous laissez pas bourrer le crâne par la télé et par les grands médias. Ecoutez. Vous choisirez à la fin. Mais entendez ce que nous avons à dire.

 

  • Et vous voyez bien comment l’ennemi concentre ses coups 

Son premier objectif c’est d’empêcher qu’on entende, c’est de vous mettre une mauvaise étiquette. Ils décident qu’ils me mettent à l’extrême gauche, mais je ne suis par d’extrême gauche. Ce n’est pas que je méprise l’extrême gauche. C’est que je ne suis pas d’extrême gauche. Il y a une extrême gauche. Ce n’est pas juste de faire croire que l’extrême gauche c’est moi. Non, l’extrême gauche c’est Nathalie Arthaud, c’est Philippe Poutou, c’est aussi le Parti communiste par certains aspects. Mais moi je ne suis pas membre du NPA, de Lutte ouvrière, et mon programme ce n’est pas ça. Donc ce n’est pas juste déjà de leur enlever le droit à l’existence, on les invisibilise si on fait comme ça. Et puis après on m’invisibilise en me classant dans une catégorie qui n’est pas la mienne, je nai rien à faire là-dedans.

 

  • Vendredi 9 septembre, je suis allé à un truc qui s’appelle " Produire en France ".

Vous savez ce que retient le Figaro ? Que, soi-disant, on aurait dit qu’on était tous les meilleurs pour produire en France. Mais pas du tout, c’était pas ça la compétition. Et que moi j’aurais proposé surtout des nationalisations. Ils m’ont mal écouté. Ils m’ont très mal écouté. On va remettre les choses au point. Moi j’ai dit aux patrons qui étaient là : je ne viens pas pour vous dire ce qui va vous faire plaisir, je perdrais mon temps. Je viens vous dire ce qu’il va falloir que vous fassiez pour vous rendre utiles à la Patrie. Il n’y en a pas un qui a sifflé. Personne n’a dit « mais qu’est-ce que c’est que cette manière de nous parler ? ». Je dis « pour tenir les comptes de vos entreprises, vous êtes assez grands, sinon, ce n’est pas la peine de faire patron. Mais moi je vais vous dire ce dont le pays a besoin. Est-ce que vous êtes capables de prendre votre place là-dedans ? Nous avons besoin de 400 000 personnes pour faire de l’agriculture paysanne relocalisée, 300 000 pour l’économie de la mer, 900 000 pour sortir du nucléaire. Alors ? Où je les trouve ? Ils n’y sont pas aujourd’hui, il faut les former. Et vous, vous êtes prêts à être les entreprises qui vont suivre ? Moi je vous donne de la visibilité, je vous donne de la stabilité et de la sécurité. Et vous vous n’allez pas faire que pleurer, pleurnicher que vous avez trop de charges, trop de ceci, trop de cela. C’est bon, quoi. En tout cas si vous voulez faire ça, allez en voir un autre. Mais si vous voulez entendre ce qu’on vous dit, vous verrez que votre avenir y a son intérêt, parce que nous allons faire une société d’économie mixte, on ne va pas faire le socialisme en cinq ans ». Qui est-ce qui propose de le faire en cinq ans ? Qu’il vienne, qu’on m’explique quelle est la stratégie pour faire ça ! Moi j’en ai une : l’Assemblée constituante, pour faire la transition.

 

Bon voilà, alors merci si ce message arrive aux communistes, je serais enchanté, je sais qu’il n’est pas loin de leurs propres convictions, et pour le reste, ils vont décider. Et leur décision s’imposera à qui ? Aux communistes, pas à moi.

 

 

- Le Patriote : A la manière dont, à Toulouse il y a quinze jours, tu as dit que tu avais deux cents signatures de parrainage, et qu’il t’en manquait qui auraient dû t’arriver de partenaires, j’ai compris que le Parti communiste n’avait pas encore ouvert les vannes…

Jean-Luc Mélenchon : Non. En effet, c’est une bataille. Je la mène. Je trouve qu’elle est intéressante en tant que combat, et j’appelle les militants à réfléchir à ça : sans cesse de nos faiblesses faisons une force. Je préfèrerais avoir mille signatures tranquille. Je ne les ai pas. Qu’est-ce que je fais alors ? Je me prends la tête dans les mains ? Je me mets à pleurer ? Et je gémis et me lamente ? Non, j’affronte ! C’est extrêmement pédagogique.

 

Ça permet aux gens de comprendre que dans ce pays pour pouvoir être candidat, il faut d’abord avoir l’autorisation de notables qui n’ont rien demandé. Donc ça aide à la construction d’une conscience politique plus affinée. Maintenant, bon, on a dépassé les deux cents. Dans ces plus de deux cents, il y a un peu plus de 33, 34 élus communistes. D’ailleurs cette nuit il y en eu d’autres. Et aujourd’hui dans la journée certains vont venir me voir…

 

Mais oui, il y a eu de la rétention de signatures. Et puis il y a beaucoup d’élus communistes qui disent : « Bon ben, moi j’attends la décision du Parti ». Je le comprends. Ca me coûte, parce que si je les avais, on serait plus tranquilles. Et surtout, la banque prêterait des sous. Parce que la campagne sera remboursée : je pense évidemment faire beaucoup plus de 5%. Donc à partir de là, j’ai besoin. Je ne peux pas faire une campagne qu’avec des bénévoles et des retraités, ce qui est le cas aujourd’hui. Attention, les bénévoles ne sont pas des amateurs. Mais il y a quand même quelques permanents qui doivent être dans la campagne, il y a du matériel à gérer…

 

Donc, qu’est-ce qu’on fait ? On lance la campagne de parrainages et on lance la campagne pour les dons. Et on va gagner comme ça. Il n’y a pas de martingale, il n’y a pas de solution raccourcie, miraculeuse. Les communistes, ils viendront et il n’y aura pas qu’eux. Je pense que d’ici au 5 novembre on sera très avancés vers les cinq cents signatures. Et alors après encore plus, à mesure qu’on va avancer dans la campagne. Puis, je vais aller voir le Président de l’Union des maires, monsieur Baroin, et je vais lui dire : « mais monsieur, vous êtes de droite, vous, sauf erreur, vous êtes le Président de l’Union des maires. Alors qu’est-ce que passez votre temps à parler de démocratie et de tout ça, et vous faites de la rétention. Je vous demande en tant que Président de l’Union des maires d’appeler les maires à une réflexion, parce qu’ils ne sont pas là pour empêcher les gens d’être candidats, mais pour empêcher qu’à l’élection des candidatures folkloriques apparaissent. C’est ça leur mission ». J’ai fait quatre millions de voix la dernière fois, je ne suis pas une candidature folklorique. Je représente un courant d’opinion dans le pays. Vous pouvez signer pour moi, que vous soyez sans étiquette, que vous soyez communistes, socialistes. Les socialistes, ils vissent à double tour, ils menacent leurs élus, leur font peur. Vous verrez, à la fin c’est nous qui aurons le dernier mot, parce que contre des militants et des gens engagés, il est rare qu’il y ait une force suffisante pour nous empêcher de passer. Ça se fera.

 

Je préfèrerais que ça se fasse avec les élus communistes, c’est évidemment mon souhait. Vous imaginez bien que je préfère être parrainé par une majorité de communistes que par une majorité de droite, mais je prendrai les signatures de là où elles viennent. Et ça m’ennuierait que les communistes arrivent les derniers, ça ne le ferait pas.

 

Notes :

[1] La France insoumise

[2] L'Avenir en commun 2017en pdf ou l'AEC en ligne

 

Pour en savoir plus :

- Mélenchon considéré par les sympathisants de gauche comme le meilleur candidat pour 2017

- Jean-Luc Mélenchon : « Le rassemblement de la “gauche” empêcherait le peuple de se fédérer »

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 08:13
Clémentine AUTAIN apporte un soutien exigeant à la candidature de Jean Luc Mélenchon…

Pour Clémentine Autain, pas d’autre solution que Jean-Luc Mélenchon

 

Après la communiste Marie-George Buffet, c’est au tour de Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble, d’appeler à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Dans un mail à ses troupes, envoyé le 14 septembre et que Le Monde a pu consulter, l’élue de Sevran (Seine-Saint-Denis) appelle à « ne pas attendre Godot, prendre parti et agir ». Pour elle, « un seul candidat s’est déclaré pour porter le projet de notre gauche de rupture » : « C’est Jean-Luc Mélenchon, qui fut notre candidat en 2012. »

 

Sources : Bally' Bagayoko | le 15 septembre 2016

- Dans un mail à vocation interne mais qui a circulé sur les réseaux sociaux, Clémentine Autain soutient la candidature de Jean-Luc Mélenchon en 2017 tout en estimant nécessaire « un cadre commun de campagne ».

« Ne pas attendre Godot, prendre parti et agir.» La séquence de la présidentielle et des législatives de 2017 est désormais ouverte. Nous devons prendre nos responsabilités. La bataille idéologique et politique va être difficile pour notre gauche : comment être absent ou rester l’arme au pied face au bateau ivre gouvernemental et aux droites dures qui menacent les esprits et les urnes ? La situation peut toujours être modifiée par des événements exceptionnels mais, en cette rentrée, les données de l’équation sont sur la table. Et nous sommes loin du tableau de recomposition que nous avions appelé de nos vœux en lançant les Chantiers d’espoir. Les « frondeurs » s’entêtent dans une primaire de toute la gauche, comme si les défenseurs du gouvernement et ses opposants pouvaient se retrouver derrière un même candidat en 2017. Ils prennent le risque de légitimer une candidature de François Hollande ou d’Emmanuel Macron. EELV a choisi de faire cavalier seul en organisant sa propre primaire : ses militants défendront donc leurs couleurs de façon autonome à la présidentielle. La gauche d’alternative ne saurait attendre indéfiniment d’éventuels partenaires pour agir. Or, à neuf mois de la présidentielle, un seul candidat s’est déclaré pour porter le projet de notre gauche de rupture avec le néolibéralisme, le consumérisme, la Ve République, l’austérité… C’est Jean-Luc Mélenchon, qui fut notre candidat en 2012.

 

Nos désaccords avec la démarche et certains partis pris de Jean-Luc Mélenchon sont connus – sur la Syrie, les réfugiés, le Brexit, François Mitterrand, la conception du rassemblement, etc. Son projet n’est pas un copié-collé du nôtre, sinon nous serions dans la même organisation. Je ne propose donc pas de nous rallier aux « Insoumis » mais de contribuer à faire entendre la voix d’une gauche de transformation sociale et écologiste dans cette campagne. Pour cela, comme nous ne proposons pas nous-même de candidat-e, nous devons en soutenir un. Or, quelle personnalité déclarée volontaire pour 2017 représenterait mieux nos idées que Jean-Luc Mélenchon ? Je n’en vois pas. De nombreux ex ministres du gouvernement Hollande/Valls sont aujourd’hui candidats, déclarés ou putatifs. Mais comment pourraient-ils mieux nous représenter ? Il eut fallu qu’ils produisent des actes de rupture et qu’un rassemblement inédit émerge : rien de tout cela ne se produit. Nous devons donc regarder en face la réalité de cette présidentielle qui s’annonce. Peut-être aurions-nous pu faire émerger une autre candidature de rassemblement mais nous ne l’avons pas fait. Il nous faut maintenant éviter une situation d’éclatement : Mélenchon, fort aujourd’hui de plus de 10% des intentions de vote, ne se retirera pas et il serait catastrophique que notre espace politique, celui du Front de Gauche, compte plusieurs candidats – nous avons vu le résultat calamiteux en 2007 de ce type d’atomisation.

 

A l’oral ou par des contributions, j’entends défendue ici et là l’idée selon laquelle nous aurions le temps, que nous finirons bien par soutenir Mélenchon mais qu’il ne sert à rien de nous presser. Cette hypothèse pose au moins deux graves problèmes. En attendant, nous défendons une ligne politique qui n’a aucune réalité pratique. Défendre une orientation qui est dans les faits inapplicables conduit à la langue de bois. Cela nous fragilise, nous délégitime tant nous apparaissons hors sol. Je partage l’idée qu’il faut continuer à défendre notre propre ligne. Mais soutenir Jean-Luc Mélenchon pour 2017 n’empêche en rien de continuer à dire notre horizon et à défendre nos partis pris en termes de méthodes et de contenus. Par ailleurs, face à nos adversaires de droite et au regard du brouillage infernal des lignes de fractures politiques à gauche, nous devons répondre présent vis-à-vis du grand nombre. La candidature de Jean-Luc Mélenchon a des inconvénients politiques mais un atout majeur : il trace le sillon d’une gauche en rupture avec trente ans de politiques néolibérales et productivistes. Pour ma part, je veux clairement m’arrimer à ce fil politique. Il n’est pas question de tripatouiller des alliances de courte vue pour en revenir aux promesses de François Hollande ou à la gauche plurielle mais de rester fidèle au projet de construction d’une alternative ancrée dans la gauche critique, porteuse d’une nouvelle espérance sociale et écologiste.

 

 

- "Ne pas choisir aujourd’hui, c’est prendre le risque de la confusion et de l’inutilité"

C’est aussi laisser Jean-Luc Mélenchon tracer sa route sur les seules intuitions et convictions de sa mouvance politique. Nous devons faire irruption, sur nos propres bases politiques, en bataillant pour la construction d’un cadre commun de campagne. L’appel « front commun » montre que nous ne serions pas les seuls à viser cette démarche. Notre tache est dans le même temps de préparer sérieusement les élections législatives, décisives pour affronter la séquence qui s’ouvrira après les échéances électorales de 2017. Si nous voulons peser sur la recomposition politique, nous devons être dans la vie politique. C’est pourquoi nous ne devons pas attendre Godot mais prendre parti et agir, au service d’une gauche franche.

 

Pour en savoir plus :
-
Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 08:16
J.L. Melenchon : MONTEBOURG NOUS SERT !

Sources : page Facebook de J.L. Mélenchon

- L’annonce de la candidature de Montebourg et le contenu qu’il y met, sont de bonnes nouvelles.

Ce sont d’abord de terribles confirmations depuis l’intérieur du PS de la condamnation du bilan du quinquennat de François Hollande de la part d’un de ses ex principaux ministres et de l’un de ses soutiens essentiels au deuxième tour de la précédente primaire des socialistes. Elle confirme ainsi la critique que nous en avons fait inlassablement pendant cinq ans : « Le bilan du quinquennat n’est pas défendable » a asséné le nouveau candidat d’entrée de jeu.

 

 

- Cette candidature après celle de Benoit Hamon fonctionnera donc d’abord comme un affichage permanent de l’échec de François Hollande.

Mais ce n’est pas tout. Les thèmes choisis élargissent l’audience de notre discours : sixième république, relocalisation industrielle, et surtout dénonciation des traités européens. Je sais parfaitement bien les limites de tout cela. Je connais l’ambiguïté du personnage et la limite de la méthode qu’il déploie. Je vois bien les limites du contenu de ses propositions. Je sais aussi que sa fonction de rabatteur pour le compte de François Hollande a déjà été maintes fois prouvée.

 

 

- Mais nous sommes entrés dans cette campagne comme dans un combat « culturel » d’abord.

Le vote est dans six mois. D'ici là, quelles idées vont dominer la société et la scène politique ? Avec sa candidature, après celle de Benoit Hamon et Marie- Noelle Liennemann, la scène n’est plus uniquement occupée par des libéraux qui se concurrencent dans les surenchères droitières et ethnicistes. Cela vient en renfort de notre travail qui trouve une raison de plus de s’intensifier.

 

 

- Mes amis tenez-vous à distance du sectarisme politique et du meurtre rituel des voisins de palier politique. Montebourg nous sert !

Sa « Mélenchonisation » partielle aide à la propagation de certaines de nos idées. Au bout du compte, les gens qui auront été convaincus par lui pourront quand même voter pour ces idées là en utilisant le bulletin de vote à mon nom. Il faut donc plutôt le pousser à persévérer dans le travail de démolition des certitudes aveuglées qui continuent à dominer le PS.

 

Il faut faciliter la désorganisation du PS qu’il propage en laissant planer le doute sur sa candidature au primaire ou en solo hors parti car il délégitime la primaire (et donc son résultat) avant même qu’elle ait lieu. Tirez donc plutôt argument du fait que nos diagnostics sont confirmés par ceux-là même que nous avons combattus. Non pour flétrir et peindre le tableau noir en encore plus noir.

 

Mais parce que cela permet de conclure : « à présent essayons autre chose, essayons le programme de la France insoumise et le mouvement politique ouvert qu’elle impulse

 

 

- "Chez Montebourg il y a du Made in Mélenchon" - Alexis Corbière

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 08:30
J. L. Mélenchon : « Le choix de l’insoumission »

Date de parution 08 septembre 2016

 

Sources : L'Ere du peuple et les éditions du Seuil

- En bref

S’entretenir avec Jean-Luc Mélenchon, c’est raconter un engagement politique dont l‘histoire commence en 1968 et traverse les heures chaudes de la gauche au pouvoir et dans l’opposition, des mouvements sociaux, des décolonisations, de la chute du Mur et de l’émergence de la globalisation du capitalisme. Autant d’expériences marquantes pour qui veut rester ancré dans la quête d’un autre futur possible pour le monde. Une exigence plus forte que tous les conforts de situation auxquels il a renoncé en quittant le PS en 2008. Ici l’insoumission est autant un programme qu’un choix de vie personnel.

 

Ce livre écrit avec le journaliste Marc Endeweld nous fait découvrir le parcours d’un homme passionnément engagé, élu, ministre, brillant orateur et écrivain, qui politise tout ce qu’il touche. On y croise des personnages et des situations qui ont bouleversé la fin du siècle précédent et l’aube de celui-ci. On y saisit aussi la vision de la France et du monde qui inspire un projet politique pour les temps qui viennent.

 

Engagé dans la construction d’un nouveau mouvement politique en France pour mener une révolution citoyenne, Jean-Luc Mélenchon obtint plus de 11% et quatre millions de suffrages à l’élection présidentielle de 2012. Combien en 2017, pour celui qui se veut désormais le porte-parole des « insoumis » ?

 

 

- En savoir plus (par J.L. Mélenchon sur son blog)

À la rentrée de septembre paraitra au Seuil un « entretien biographique » que nous avons intitulé : « Le choix de l’insoumission ». C’est le journaliste Marc Endeweld qui mène le dialogue. Comme il est amusant de penser que son précédent ouvrage était consacré à Emmanuel Macron ! Quant à la forme, ce livre change donc des précédents dont j’ai pris la responsabilité puisque je ne n’y suis maître ni des thèmes choisis ni de ceux mis de côté. Tant mieux.

 

  • Car je dois dire que c’est un rude exercice que de revenir sur l’histoire de tant d’années consacrées à l’engagement politique.

De plus il est tout à fait évident qu’il faut trier beaucoup dans la masse des évènements petits et grands auxquels j’ai participé de façon plus ou moins centrale. Et comme il ne pouvait être question d’en faire le catalogue des gens que j’ai rencontré et pratiqué, il y en a tant en Europe et dans le monde, il a fallu s’en tenir à l’essentiel de ce qui intervenait directement dans mon parcours. Mais à l’inverse, c’est toujours étrange de se voir enjamber des années, des gens et des circonstances sans s’y arrêter. Je ne le regrette pas. Je pense que les choix de mon interrogateur sont les bons. Ils sont radicalement « extérieurs » et n’impliquent pas de connivence ou de complaisances autres que celles qui surgissent naturellement de la conversation entre deux personnes qui s’intéressent à leur sujet.

 

  • Car ce fut une conversation. Longue. Dense. Ses questions m’ont aussi agacé, parfois, cela va de soi !

Peut-être le sentirez-vous entre les lignes… Je ne sais pas comment il a supporté l’exercice mais je suis certain qu’il a bien gagné ses vacances. Je ressortais de nos séances également épuisé et bizarrement tourneboulé par ces heures passées à raconter tant de choses personnelles. L’engagement politique a occupé toute ma vie. Le fil rouge qui l’a mené ne s’est jamais rompu et pas davantage le ressort qui tend ma manière d’être du fait de cet engagement. Le sentiment étrange et que toute personne peut avoir en se retournant sur son passé pour le raconter aux siens s’aggrave chez moi du souvenir précis de la fuite en avant du monde dans lequel je me suis impliqué depuis l’âge de 16 ans.

 

  • Ce livre est destiné à éclairer l’histoire des idées que je défends par le récit du parcours au cours duquel elles se sont forgées.

Il m’a paru important de faire connaitre ma détermination actuelle comme le résultat d’un parcours de vie et d’expériences et non comme une posture de campagne. Ma cohérence vient de loin. Elle mêle les leçons de plusieurs décennies d’implication sur plusieurs continents, plus d’une dizaine de pays, de rencontre avec autant de chefs d’États, de gouvernements et de partis engagés dans la vie démocratique ou dans la lutte armée, et plusieurs milliers de femmes et d’hommes engagés anonymes, parlant quatre ou cinq langues, vivant ou morts de tant de façons différentes.

 

Mieux vaut savoir que je suis donc de ce fait hors de portée des intimidations du présent et des pressions habituelles du monde des importants des medias et de la communication que j’ai vu à l’œuvre dans assez de circonstances et de lieux pour en connaître les ressorts et l’inépuisable arrogance. Cet entretien ne fonctionne donc pas comme une justification des choix qui émaillent mon parcours mais comme un bilan raisonné pour en tirer tout le suc. En tant que tel, l’objet est un défi. Car dans notre temps d’infantilisation de tous les débats, de bipolarisation de toute question en noir et blanc, de vindicte ou d’adoration également sans nuance, l’art des bilans soupesé est bien perdu.

 

  • Publier cet entretien m’a semblé être une contribution utile pour le combat que j’entreprends en étant candidat à l’élection présidentielle de 2017 dans le but de changer le cours de l’histoire de notre pays.

J’ai cru tout au long de mon engagement que ce grand retournement du cours de l’histoire était aussi nécessaire que juste. Ce que le monde a fait de lui-même confirme qu’il ne tient aucune des promesses au nom desquelles les choix progressistes ont été écartés. Penser de plus loin que depuis la dernière « Une » sensationnaliste du jour, du titre en teasing d’un article en ligne ou du dernier matraquage audiovisuel est une ardente obligation qui s’impose comme un devoir de musculation permanente pour notre cause.

 

  • Je crois en effet qu’il faut enraciner notre campagne dans une participation de chaque personne qui s’y engagera avec le devoir de garder les yeux grands ouverts.

Car nous entreprenons bien davantage qu’une campagne électorale. Il s’agit de construire en commun une conscience et une pratique commune à des millions de personnes. Cela non seulement en vue de leur vote mais en préparation de leur implication personnelle dans le processus qui suivrait notre victoire. Ce que j’ai nommé « la révolution citoyenne » n’est pas un slogan mais un programme concret de gouvernement qui ne peut se mener à la façon traditionnelle du haut vers le bas.

 

  • Je conclus en replaçant ce livre dans le contexte éditorial qui l’inclut.

Car ce livre d’entretien prend place dans un ensemble de parutions qui s’épaulent l’une l’autre. Le choix de l’insoumission, est un entretien biographique. Le livre rend compte d’un parcours. Ce n’est ni un livre programme, ni un livre de confidences intimes. Il est destiné à vous permettre de savoir si selon vous je suis ou non capable d’accomplir ce que j’annonce et de tenir bon au vu de ce qu’a été mon parcours et du bilan que j’en fais. Je vous envoie mon CV en quelque sorte. Mais cela n’a de sens qu’en relation avec le reste.

 

Le livre L'Ere du peuple reste l’énoncé du projet auquel se réfère mon action. Déjà vendu à 60 000 exemplaires, il existe dorénavant dans une édition sérieusement remaniée en poche au prix très accessible de trois euros. De son côté, Le Hareng de Bismark, vendu à 70 000 exemplaires, va faire l’objet d’une nouvelle édition en poche aussi cette fois-ci. Je vais le replacer dans le contexte du « plan b » face à l’implosion en cours du modèle libéral de construction européenne. Car à mes yeux, vous le savez, la doctrine « ordolibérale » qui gouverne l’Europe et l’a transformée en une camisole de force contre les peuples a son origine, sa continuité et ses impératifs à Berlin dans un choix communs à la droite et au PS allemands.

 

Au mois de décembre paraîtra la version éditée du programme qui fait suite à L'Humain d'abord de 2012. Le texte sera issu des contributions en ligne, depuis février dernier, des auditions menées par Jacques généreux et  Charlotte Girard depuis mai et des propositions des organisations politiques participantes à « la France insoumise » en septembre et octobre et enfin du vote de la première Convention de « la France insoumise ».

 

Je dis que ces livres s’épaulent. Mais en premier lieu ils font appel à la réflexion, à la connaissance, à la possibilité pour chacun non pas d’adhérer tout ce qui s’y trouve mais de décider si au total la personne qui les aura lu peut s’inclure dans le combat proposé compte tenu du nombre de ses points d’accords sur le projet, la méthode et la capacité du candidat à les mettre en œuvre compte tenu de son expérience.

 

Mon projet avec cette parution c’est qu’en me rapprochant de qui me découvrira de cette façon, je puisse du même coup être mis à distance critique raisonnée par chacun.

 

 

- Le livre est disponible ICI

 

Pour en savoir plus :

- J.L. Mélenchon : « Je veux faire de la présidentielle un référendum sur les traités européens »

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 08:40
Pas Mélenchon. Ah non ? Et qui alors ? Attendons que les médias vous le disent !

Mélenchon se la jouerait homme providentiel et sa candidature serait par la même à bannir. Vous êtes nombreux a estimer qu’il faudrait un homme ou une femme qui ne soit pas « providentiel ». Avez-vous tout compris de ce qu’est l’élection du Président de la République sous la 5eme République ?

 

Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées  par M Garand

- Pas Mélenchon. Ah non ? Et qui alors ? Attendons que les médias vous le disent !

Accepterez-vous de réfléchir sur un point : sous cette république, comme sous toute d’ailleurs, pour en sortir, il faut prendre le pouvoir suivant les règles imposées, ou alors c’est le coup d’État. Même De Gaulle pour basculer la 4ème, a tout de même mis un peu les formes, bien que ce fût, au final, une forme de coup d’État.

 

Hé oui, la médiatico-monarchie de la 5ème République suppose que les candidatures ne soient pas seulement "légales", il faut qu’elles soient en plus légitimes, comme sous tout régime monarchique, celui qui prend le pouvoir doit avoir une forme de légitimité :

Et qui d’après vous construit la légitimité d’une candidature sous la 5ème ? Les partis institués avec le concours des médias. En prenant le parti, on devient chef de "famille ducale", donc Prince et donc légitime pour être fait roi.

 

Si dans une « famille » plusieurs « frères ennemis » prétendent devenir Prince, par la grâce des primaires, les médias sont alors sollicités par la famille et viennent à son secours, pour désigner celui qui sera légitime… parce que désigné par leurs sondages à eux. Voilà qui évite de se poser trop de questions de programme politique, les médias aimant mieux discourir sur la "personnalité" des candidats et leur capacité à faire vendre du papier ou de l’espace publicitaire, voire à faire le "buzz".

 

Je veux bien que la candidature de Melenchon gène certains aux entournures, et pour tout dire, si notre foutue 5ème République autorisait l’émergence de mouvements nouveaux et donc de personnalités nouvelles, à l’instar de ce que les constitutions espagnoles et grecques rendent possible et ont permis, je serais assez partisan d’une candidature d’une femme, ou d’un homme, représentant ce nouveau mouvement.

 

 

- Mais comment ne voyez-vous pas que c’est justement ce que la 5ème interdit,...

avec de nos jours la complicité accrue des médias, et ce n’est pas un hasard, elle a été fabriqué pour ça, pour des hommes (ou femmes) providentiels, ou présentés comme tel par les médias, et pour interdire à toute force nouvelle d’émerger.

 

"Entre nous et les communistes, il n’y a rien" avait déclaré Malraux, se félicitant par avance que les institutions de la 5ème ne permettraient jamais l’arrivée au pouvoir des communistes : ainsi la droite gaulliste tiendrait le manche du pouvoir ad vitam æternam.

 

  • Vous aura t-il échappé que c’est l’effondrement du PCF et l’émergence d’un PS le dominant à gauche qui a changé la donne avec l’aide de la bataille interne à droite (Chirac contrant Giscard en 81) : le tout a permis une alternance, laquelle s’avéra d’ailleurs très vite ne pas être une réelle alternative aux politique libérales, loin s’en faut !
  • Ne voyez-vous pas que c’est le calcul de Hollande et de l’état major solférinien du PS ? Tout tient entre eux et le Front National. Un FN dominant à droite, le rêve pour des socialistes n’ayant que la volonté de tenir le pouvoir, quitte en faire la politique de la droite.
  • Ne voyez-vous pas comment une force politique , car il faut bien l’appeler ainsi, telle que le FN, même en prospérant sur l’incurie de la 5ème et en flattant le fond de xénophobie, de racisme et de reste de colonialisme mal digéré par une part dramatiquement toujours importante de nos concitoyens, atteignant tout de même 1/3 des électeurs, que cette force n’est quasi pas représentée dans les organes de pouvoir de ce pays ? Le PCF lui était arrivé à presque 30% , mais avec une bien plus forte présence grâce aux régime parlementaire de la 4ème et son mode électoral.

 

La 5ème a été conçue pour éviter notamment la « menace communiste » en instituant un régime bipolaire dans lequel une des polarité est considérée impossible.

 

Expliquez moi comment le courant que représente la France insoumise, et qui existe dans l’opinion tout autant qu’en Espagne ou en Grèce, ne peut émerger en France ? La réponse est dans les institutions de la 5ème.

 

Pour sortir de ce système, il convient nécessairement, même si on peut le regretter, de se battre avec les armes que le système impose ? Un peu comme au judo, il faut, de plus, utiliser la force adverse pour le faire tomber. Il faut utiliser la force des médias opposants pour bousculer le système. Nous n’avons pas le choix des armes : Ou alors choisir l’autre modalité, le coup d’état. Qui en veut ici ?

 

 

- Seule une personnalité promue providentielle par les médias peut prendre la 5ème pour la basculer.

Vous pouvez retourner les choses de tout les cotés, vous en reviendrez, hélas, toujours à ce désolant constat. Mais il faut faire avec cette réalité.

 

Si vous avez mieux que Melenchon à nous proposer, personnellement je suis preneur, car je suis bien conscient que les médias vont le dézinguer un max, avec le concours "d’amis", comme certains ici,... les médias en auront la tâche facilitée

 

« Je voudrais être le dernier président de la 5e République et rentrer chez moi sitôt qu’une Assemblée constituante, élue pour changer de fond en comble la Constitution, ait aboli la monarchie présidentielle et restauré le pouvoir de l’initiative populaire. La 6e République commencera et ce sera une refondation de la France elle-même. »

 

L’homme providentiel qui annonce se retirer dès qu’il a changé les institutions, pour notamment nous débarrasser de la nécessité de passer par un homme providentiel, je prends : il n’y en a pas tant que ça !

 

Mais dites moi, à supposer qu’un autre que Melenchon montre son nez avec autant de talent pour affronter la meute médiatique et arriver à la tenir en respect, croyez-vous que les dits médias lui feraient un cadeau ? Ho si bien sûr, le temps de s’appuyer sur lui pour dézinguer Melenchon, et ce travail fait… ce serait à son tour de se faire dézinguer

 

 

- Et les primaires ?

alors rien de mieux que les médias pour jouer ce jeu de massacre et de promotion d’hommes providentiels. Par sondages, on vous dit quel est le candidat à présenter, en dehors de toute question de programme, et puis, ceci fait, on les démolit au besoin, ou au contraire, on les rend « providentiels ».

 

M. Hollande fut présenté comme providentiel, quand DSK ne pouvait plus tenir ce rôle, pour en tenir un autre tout aussi juteux pour la presse d’ailleurs : Hollande vendu « homme providentiellement normal" afin de nous débarrasser de l’agité Sarko.

 

 

- Et souvenez-vous de 2007 :

Royal été la chouchou providentielle des médias pour les primaires socialistes, la candidate providentielle qui pouvait terrasser Sarko, et du coup les socialistes, qui se croyaient en train de jouer au tiercé, se sont basés sur les pronostics médiatiques pour en faire leur candidate. C’était au dire des médias et d’après leurs sondages, la seule des candidats au primaires capable de battre Sarko, alors pourquoi auraient-ils voté pour un autre de nos rusé socialistes ?

 

Les primaires ne servent qu’à faire devenir réalité les sondages bricolés par les médias.

 

Ceci fait, dés qu’elle fut désignée candidate, les sondages ont subitement "constaté" qu’elle serait battue par Sarko. Ah bon

 

Melenchon vous gène ? alors des noms SVP !

 

J’attends des noms et je suis sûr que je ne suis pas le seul à vous attendre à ce tournant là.

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 08:30
Loi travail : pas de motion de censure de gauche le 21 juillet... et maintenant ?

- La loi travail définitivement adopté sans débats et sans vote

Le 20 juillet, veille de la prorogation de l’état d’urgence, et six jours après l’attentat de Nice, le gouvernement a fait définitivement adopter  la version finale de la loi travail sans vote.

 

La loi, qui a suscité une forte contestation sociale pendant plus de quatre mois (et dont ce site s'est fait l'écho), est désormais adoptée alors que sondages après sondages, le rejet de cette loi régressive est massif et sans appel.

 

Dernier en date, le sondage Odoxa-FTI paru le 18 juillet, relève que 7 français sur 10 sont « mécontents de l’adoption définitive du projet de loi travail » et plus de la moitié d’entre eux « souhaite que les manifestations contre le texte se poursuivent ».

 

 

- Il n'y a pas eu de motion de censure

Il aurait fallu réunir 58 signatures de députés pour que puisse être déposée une motion de censure. Le texte sur la Loi travail a été adopté lors de chaque passage à l'Assemblée nationale sans majorité parlementaire, avec l'utilisation de l'article 49-3, c'est à dire sans vote des parlementaires.

 

Le dépôt d'une motion de censure à l'encontre de ce gouvernement a échoué à chaque fois. En effet, le 20 juillet, ils n'ont été que 28 à signer les 3 textes des motions de censure (voir tableau ci-dessous). On retrouve les députés communistes - Front de Gauche, quelques écologistes, quelques "frondeurs" PS, mais bizarrement certains n'ont signé qu'une fois, mais jamais en nombre suffisant pour atteindre les 58 signatures. Ne me dites pas qu'ils se sont arrangés volontairement . Vous croyez que c'est le genre au PS ?

 

 

- Quant à Olivier Falorni

Le député de la 1ére circonscription de Charente Maritime (La Rochelle/Ré) jouant au chat et à la souris avec la " fronde ", il n'a jamais participé au vote d'une motion de censure considérant parfaitement suicidaire dans les temps ambiants, qu’on ait une dissolution...... laissant passer le texte !

 

Loi travail : pas de motion de censure de gauche le 21 juillet... et maintenant ?

- Et maintenant.... la lutte continue

Ceux qui pensaient en avoir fini avec la loi travail, depuis son adoption définitive, le 20 juillet, se trompent. La bataille engagée contre ce texte se poursuit...

  • Tout d'abord, devant le Conseil constitutionnel. Plusieurs recours ont été transmis à la haute juridiction, jeudi et vendredi (la saisine doit être signée par 60 élus pour être recevable).

- L’un émane de 61 députés de gauche au motif d’un non-respect du débat parlementaire. 

- l'autre a été déposé par les députés du groupe Les Républicains (LR) et du groupe Union des démocrates et indépendants (UDI). Le deuxième a été rédigé par des sénateurs LR.

Le Conseil Constitutionnel a tranché en censurant cinq mesures mineures et en rejetant le recours formulé par les 61 députés de gauche.

  • Les sept organisations syndicales et de jeunesse opposées à la loi Travail, dont la CGT, Force ouvrière, Solidaires et la FSU, appellent à une « journée d'actions interprofessionnelle et d'initiatives de grèves et manifestations » le 15 septembre pour demander l'abrogation de ce texte.

 

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 08:10
Entretien avec Jean-Luc Mélenchon le 3 juillet 2016

Brexit, Podemos, avenir de l’Europe et des États-nations, loi sur le travail et violences policières… Le candidat Mélenchon analyse l’actualité européenne et sociale, s’explique sur sa stratégie et dévoile ses premiers axes de campagne en vue de 2017.

Un mois après le lancement de sa campagne place de la Bataille-de-Stalingrad à Paris, l’ancien candidat du Front de gauche de 2012 s’installe dans son nouveau costume de candidat de « la France insoumise » de 2017, ce « parti sans mur » auquel il croit désormais. Jean-Luc Mélenchon n’a plus à composer avec les contraintes de cartel, et s’est lancé à l’assaut de l’Élysée en assumant d’être « hors parti ». Dans un entretien à Mediapart, il réagit aux actualités européennes et sociale récentes, et affirme l’importance, aux côtés de l’écologie, de la nation et du souverainisme populaire dans sa réflexion programmatique.

 

Sources : Le site du Parti de Gauche Midi-Pyrénées le 5 juillet 2016

- Une semaine après le Brexit, comment expliquez-vous le fait que, contrairement à 2005 en France, il n’y ait pas eu de « Non de gauche » ?

En 2005, c’est parce qu’une partie de la gauche et de nombreux socialistes se sont engagés à ciel ouvert que le terrain de la critique de l’Europe libérale n’a pas été abandonné aux seuls nationalistes d’extrême droite. Du coup, le débat dans la société a pu aussi devenir un débat dans le mouvement socialiste qui comptait bien l’étouffer. Cela dit toute l’importance d’assumer publiquement ses convictions. Si Jeremy Corbyn [le chef de file des travaillistes britanniques - ndlr] était vraiment partisan du Brexit, il fallait qu’il l’assume. Car il affronte maintenant ce à quoi il croyait échapper : une crise de son organisation. Il s’est coupé de l’appui des milieux populaires qui ont voté, sans lui, contre les prises de position de la droite de son parti. C’est donc une erreur totale d’avoir abandonné à la droite extrême et à l’extrême droite l’électorat de gauche hostile à l’Europe libérale. Aussi, faute de point d’appui, je ne me suis pas impliqué sur place dans ce débat.

 

Cela dit, la question reste entière de savoir quelle doit être la position de gauche en Angleterre. Car elle n’est pas dans la zone euro, n’applique pas la plupart des règles communautaires et elle a même posé son « opt out » sur la plupart des seuils sociaux des traités européens. Et qu’elle soit dedans ou dehors, l’Angleterre s’est toujours opposée à toute avancée vers une Europe sociale… Mais je ne m’attendais pas à ce que disparaisse la voix de la gauche. Une occasion historique de tourner la page du blairisme est perdue. Car la question de l’Europe met à nu et à vif la contradiction existant entre la gauche fidèle à son programme progressiste historique et les usurpateurs qui sont les gérants enthousiastes de l’ordre établi. Il ne faut jamais manquer une occasion d’isoler ces derniers dans le peuple. C’est du vote populaire que doit venir la défaite du « social libéralisme ». Pas des intrigues des congrès truqués du PS.

 

 

- Le vote a des conséquences sur la direction du vent qui souffle sur l’Europe. Après les moments grecs ou espagnols, où le refus de l’austérité se faisait sentir, c’est désormais celui des replis identitaires…

Le bilan est en effet très contrasté. Je récuse le concept de repli identitaire qui stigmatise la résistance sociale contre la perte des acquis sociaux du pays. Le point positif, c’est que la question européenne va être centrale dans la campagne présidentielle. En 2012, je ne suis pas arrivé à faire entrer ce débat dans l’agenda de la campagne. Je m’étais fait couper l’herbe sous le pied par le fait que François Hollande avait dit très tôt qu’il renégocierait le traité de stabilité accepté par Sarkozy (TSCG). Par conséquent, bien des gens se sont dit “en réalité ils disent la même chose”. Alors mon point de vue est apparu comme une méfiance exagérée. En réalité, François Hollande savait déjà qu’il ne renégocierait rien et trahirait tous ceux qui ont voté pour lui. La première marche du Front de gauche après 2012 a été contre l’adoption de ce traité par le parlement à Versailles…

 

Hollande n’a pas changé. Encore samedi dernier quand nous avons été reçus à l’Élysée avec mes camarades du PG, François Hollande et Jean-Marc Ayrault nous ont dit que leur projet après le Brexit, c’est une intégration plus avancée de certains pays à l’intérieur du cadre déjà existant. Leurs priorités : un cadre budgétaire contraignant dans la zone euro et une défense commune. Ce sont des éléments de désintégration de la puissance de la nation française et de son contrôle populaire. Je précise que quand je parle de “nation”, je parle du peuple français.

 

 

- Vous allez mener campagne sur la sortie des traités ?

Pour l’instant, on voudrait nous enfermer dans la dialectique du diable. Soit on est hostile à l’Europe actuelle et on est immédiatement assigné xénophobe ou anti-européen. Soit on est favorable à l’idée d’une union continentale, et on doit immédiatement avaler la mondialisation heureuse, les politiques d’équilibres budgétaires, la règle d’or, l’Otan et la guerre avec la Russie. Aucun esprit libre ne peut trouver son compte dans une alternative pareille. C’est ce qui m’a amené à tracer la feuille de route avec un plan A et un plan B. Le plan A prévoit qu’on rediscute des traités. Tout le monde doit en sortir en Europe. Si c’est refusé, il ne faut céder à aucune des menaces, chantages ou violences habituelles de l’Europe allemande. Il faut être prêt à sortir de cette camisole de force. La nouvelle assemblée devra fixer le mandat de négociation et le peuple français sera ensuite appelé à se prononcer sur le résultat de la négociation. D’un bout à l’autre du processus le peuple décidera.

 

Après le Brexit, s’il y a de nouvelles représailles, elles ne seront pas contre la liberté du commerce et la finance – la City est bien trop importante pour eux, mais contre les États-nations. D’un point de vue français dans l’histoire longue, que l’Irlande soit réunifiée ou l’Écosse indépendante, fût-ce sous le prétexte de rester dans l’UE, c’est très confortable. Mais attention à la boîte de Pandore qu’on ouvre ! Car ensuite viendront tout aussi légitimement la Catalogne, la Flandre belge… En Europe, certaines nations sont des constructions récentes. Les royaumes sont par nature hétéroclites. Et les eurolâtres sont très friands de la mise en cause des États-nations. Après la destruction des acquis sociaux, la pente vers la destruction de la souveraineté nationale des peuples est déjà bien prise. Est-on prêt à voir bouleverser toutes les frontières en Europe ?

 

 

- Marine Le Pen demande désormais un référendum sur la sortie de l’UE, et non plus de la seule zone euro. On voit mal comment le sujet ne sera pas porté médiatiquement pendant la campagne présidentielle. Comment allez-vous y répondre ?

Je vais mener une bataille de conviction. Elle sera compliquée, comme le sont toutes celles qui demandent un peu de subtilité et nécessitent de sortir du noir et blanc. Mme Le Pen s’est collée à la distance d’une feuille de papier à cigarettes d’à peu près tout ce que nous disons sur le sujet. Elle sait bien l’importance de l’enjeu : qui va prendre la tête de la critique de l’UE ? Car ceux-là organiseront le futur au moment où tout le système va s’écrouler. Qui dirigera alors ? Les “éthnicistes nationalistes” ou les humanistes républicains ?

 

La position de Mme Le Pen est un nationalisme très étroit, qui renonce à toute politique européenne. Moi, je resterai ancré dans la stratégie “Plan A/Plan B”. Ma position, ce n’est ni l’allégeance aveugle, ni l’enfermement, revenant à renoncer à toute ambition pour mon pays. Pour quelles raisons abandonnerions-nous le continent à la domination du gouvernement allemand ? Ce serait historiquement irresponsable. L’Europe du Sud peut renverser la table si nous, la France, nous avons un projet clair et proposé en pleine lumière à tous les peuples d’Europe. On verra alors dans l’Europe de l’Est nombre de pays vouloir desserrer l’étau dans lequel ils sont.

 

 

- En 2012, vous représentiez le Front de gauche. Cette fois, vous vous présentez au nom de la “France insoumise”, sans le mot gauche…

Depuis 2012, on s’est présenté parfois comme la « vraie gauche » à cause de l’écœurement que la « gauche officielle » soulevait. Mais cela nous relègue, dans le système médiatique, à l’extrême gauche. Or nous ne sommes pas des extrémistes. Et puis je reste persuadé que, plutôt que nous épuiser dans une bataille d’étiquettes qui ne parle pas à la société, nous avons intérêt à toucher les profondeurs du pays, qui ne se reconnaissent ni dans la gauche de François Hollande ni dans la droite de Nicolas Sarkozy, mais qui pourraient être entraînés par notre discours sur l’indépendantisme français, la souveraineté populaire, la planification écologique, le progrès humain et le mix particulier que j’opère de tout cela. Il faut surmonter le blocage des étiquettes pour pouvoir fédérer largement le peuple et la société autour d’objectifs communs. Il faut aussi entraîner l’électorat de gauche qui a basculé dans le vote FN ou l’abstention. Plutôt que la gauche de Hollande et la droite de Sarkozy, je préfère donc opposer les nucléaristes aux partisans des énergies renouvelables, les “eurolâtres” aux “euroréalistes”, et ainsi de suite…

 

 

- À propos de la loi sur le travail, comment appréhendez-vous la possibilité d’une défaite du mouvement social ?

D’abord commençons par interroger le concept de « défaite ». L’affaire n’est pas encore pliée et la séquence du 49-3, si elle a lieu, ne sera pas indolore pour ce gouvernement. Dans ce cas, les députés de gauche doivent voter la censure, d’où qu’elle vienne, pour bloquer la loi. Jusqu’à la fin, François Hollande peut considérer que l’exercice est finalement trop coûteux politiquement. Et qu’assurer la victoire idéologique aux méthodes de Monsieur Valls coûte trop cher à sa campagne de réélection.

 

 

- Ce n’est pas parti pour…

Qui sait ? Les révolutions de palais sont la spécialité du PS hollandais. Qui aurait pu prévoir que Montebourg et Hamon allaient comploter pour remplacer Ayrault par Valls ? Qui pouvait imaginer qu’une fois le triumvirat installé, Valls réglerait leur compte à ses deux complices en trois mois. Le règne de la cour, c’est le hollandisme réel. Le dernier qui a parlé a raison. Il est donc tout à fait imaginable que François Hollande change son fusil d’épaule.

 

Si tel n’est pas le cas, la bataille n’est pas finie pour autant. Et je prends l’engagement que si je suis élu, j’abrogerai la loi El Khomri et je rétablirai la hiérarchie des normes sociales. Ceux qui croient que le peuple est un troupeau de gens sans cervelle ni mémoire se trompent lourdement. L’onde de choc des grands mouvements sociaux a toujours eu des conséquences politiques : Mai-68 avec 1981, décembre 1995 avec 1997.

 

D’ailleurs, le mouvement contre la loi El Khomri a déjà eu un effet oxygénant. Pendant quatre mois, on a parlé d’autre chose que de terrorisme ou d’islam. Et puis les leaders syndicaux du front du refus ont été extraordinaires. Jean-Claude Mailly [FO – ndlr] et Philippe Martinez [CGT – ndlr], Éric Beynel [Solidaires – ndlr] et tous les autres ont résisté à toutes les provocations qui leur ont été faites. Les confédérations ont joué leur rôle : la lutte a pu se dérouler sur plusieurs tableaux sans que toutes les forces soient continuellement jetées dans la bataille. C’est le syndicalisme confédéré dans ce qu’il a de meilleur.

 

Cette bataille a aussi été une école extraordinaire pour la formation et l’élargissement de ce qui va être le protagoniste de ma campagne : le « parti sans murs ». Cette masse de gens de tous âges, de toute condition, qui partage une vision commune anti-capitaliste et anti-productiviste, et une culture commune humaniste à bord flou. Pour ce parti sans murs, le cycle de la loi El Khomri ne s’achèvera que dans l’élection présidentielle de 2017.


 

- Après cinq mois de campagne, et par rapport à 2012, votre liberté de parole, en dehors des contraintes du Front de gauche, compense-t-il à vos yeux le déficit probable de structuration militante, de financement, de parrainages ?

Je veux d’abord commencer par ce qui est le plus important : cette campagne a pour moi une signification qui va au-delà de l’aspect purement électoral et immédiat. L’enjeu, c’est aussi l’installation d’un nouveau progressisme écologiste et social, d’un nouvel humanisme politique en France comme courant à vocation majoritaire.

 

Le vieux courant progressiste s’est effondré sur lui-même. Il a laissé des pièces et des morceaux très divers que des politiciens assemblent sans imagination ni cohérence pour aller aux élections. La première tâche consiste à reformuler notre cadre programmatique au sens historique du terme. Je ne parle pas ici de l’ensemble des mesures à mener lorsqu’on est élu, mais du projet pour changer l’histoire de la civilisation humaine, après le rêve socialiste. J’ai répondu à cette question par un cheminement spécifique qui s’est traduit dès le lendemain de 2012, avec les assises de l’éco-socialisme et la publication de mes livres La Règle verte puis L’Ère du peuple. C’est pour moi un changement de paradigme articulé autour du « peuple » comme acteur de l’histoire, la planification écologique, et une stratégie révolutionnaire appuyée sur la convocation d’une assemblée constituante.

 

Pour moi, l’écologie politique est le pivot du nouveau projet historique de l’humanisme progressiste. C’est le point de départ du raisonnement. Il n’y a qu’un écosystème compatible avec la vie humaine et cet écosystème est mis en danger. Par exemple, nous savons que les événements climatiques extrêmes sont déjà là, qu’ils vont s’amplifier, que leur progression ne sera pas linéaire. Ils nous mettent au pied du mur : tous ensemble ou chacun pour soi ? La rupture essentielle à opérer est donc avec le productivisme. Mais le productivisme est un tout où le social, l’écologie et la démocratie et la culture sont encastrés dans le système global que forme le nouvel âge du capitalisme financiarisé.

 

 

- Au regard de ces cinq premiers mois de campagne, êtes-vous confiant sur les dix mois qui restent ?

Il y aura sans aucun doute beaucoup de bourrasques et de péripéties. C’est pourquoi je m’acharne à ancrer notre force profondément dans le terrain. Mais le calendrier est désormais stabilisé autour des dates des primaires du PS et de LR. Cambadélis [le premier secrétaire du PS – ndlr], qui est un homme méthodique, a attendu patiemment que tous les velléitaires s’épuisent. Quand il a mis en place « la Belle alliance », la photo était calamiteuse, et l’attelage calamiteux. Mais il est parvenu à imposer son cadre d’action. Il est vrai qu’il a été servi d’une manière incroyable par la pusillanimité des Verts et du PCF, un jour oui un jour non. Désormais les cibles cessent de virevolter. Il faut les laisser faire le ménage dans leurs rangs.

 

De mon côté, on peut dire que ces cinq mois ont été très positifs pour la démarche que j’ai enclenchée. D’une part, il y a la constitution d’une force, avec plus de 100 000 signatures d’appui à ma candidature. D’autre part, il y a la formation d’un mouvement dont on a vu la force dans le rassemblement place Stalingrad le 5 juin. Une convergence forte de 2 000 syndicalistes a émergé. Et enfin un « espace politique » s’est constitué aussi avec des organisations socialistes et communistes, un rassemblement de syndicalistes. La seule difficulté reste la collecte des parrainages. Nous n’en sommes qu’à 170 signatures alors qu’il en faut 500…

 

 

- C’est si compliqué d’obtenir les parrainages pour la présidentielle ?

On découvre. En 2012, cela s’est fait tout seul, mais plus tard dans l’année, c’est vrai. Entre-temps, il y a eu les municipales, des majorités ont changé. Mais cette bataille n’est pas gagnée d’avance. Dans certains départements qu’il dirige, le PS fait une police féroce. D’autres anciens alliés espèrent encore que je me plante, pour pouvoir revenir aux arrangements ou à leurs colloques dans les catacombes. Des signaux extrêmement négatifs sont aussi arrivés. Le pire de tous, c’est que le PCF, dès le mois de septembre, aura désigné tous ses candidats aux législatives. Là, il n’est plus question de primaire, ni de « larges convergences » ni de « cadre collectif » ou que sais-je !

 

J’en déduis que la discussion est close. Dont acte. « La France insoumise » investira des candidats dans toutes les circonscriptions. J’espère que beaucoup d’insoumis, femmes et hommes syndicalistes, lanceurs d’alerte, intellectuels, accepteront de porter ces couleurs. Peut-être même des candidats communistes se proposeront-ils. D’une déception peut venir un bien. Car, au fond, vouloir élire un président et une majorité parlementaire, c’est une même démarche. Pour l’avoir ignoré la dernière fois et aussi pour avoir investi 80 % des candidats d’un même parti, nous avons perdu la moitié de nos voix entre les deux élections.

 

 

- Mais dans les mois qui viennent, les communistes vont devoir se retrouver derrière vous, ou aller à la primaire de la Belle alliance, ce qui a été plus ou moins écarté lors du Congrès. Vous allez devoir vous reparler…

Ce n’est pas un problème. Ma porte est ouverte. Mon intention n’est pas d’abuser d’une position qui est devenue aujourd’hui la plus confortable. Mais elle n’est pas tombée du ciel ! Nous sommes allés la chercher avec les dents, sur une ligne stratégique et un programme certes en cours d’élaboration mais fermement charpentés par « l’humain d’abord ». Nous avons acquis notre position par la constance, le travail méthodique, le partage des tâches. Je suis donc bien sûr totalement ouvert. Mais il y a un cadre ! Certes il est mis en partage mais dans le respect de ceux qui l’ont constitué : c’est « la France insoumise ».

 

(Les extraits ci-dessus représentent moins de la moitié de l’entretien donné par Jean-Luc Mélenchon à Médiapart le 3 juillet. Pour prendre connaissance de l’article original complet en édition abonné, cliquez ICI)

 

Pour en savoir plus :
-
Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

- Les frondeurs achetés par la primaire par Francois Cocq  

- 2017 : Pierre Laurent (PCF) prêt à une candidature commune avec Montebourg 

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 08:55
BREXIT : La gauche britannique a déserté !

Ne nous y trompons pas, en dépit des apparences, le vote britannique en faveur du Brexit n’est pas dû principalement à la haine de l’étranger, mais aux horreurs du modèle social britannique, présenté comme l’exemple à suivre par les libéraux français de droite et ceux prétendument de gauche.

 

Source :  Le blog de Robert Mascarell | mis à jour le 15/05/2024

Ce modèle bâti sur une précarisation généralisée et effrayante de la société, en général, des travailleurs, en particulier. Le chômage y est soi-disant insignifiant. A quel prix ! Des CDD zéro heure. Une indemnisation du chômage pendant six mois seulement. À l’issue de ces six mois, obligation de prendre le pseudo-emploi proposé. Voilà, comment sont truquées les statistiques du chômage en Grande Bretagne !

 

C’est pour parvenir à détruire les conquêtes sociales des travailleurs britanniques que les capitalistes ont décidé d’importer massivement des travailleurs immigrés. Le malheur, c’est que la disparition des syndicats, écrabouillés par l’épouvantable Maguy Thatcher, et la trahison du parti travailliste depuis des décennies, ont conduit les travailleurs britanniques à se tromper de cible et donc à faire des travailleurs immigrés les boucs-émissaires de leurs souffrances. Et comme les immigrés entrent en Grande Bretagne par les canaux européens, le peuple s’est saisi du référendum pour rejeter l’Europe.

 

Résultat, les bénéficiaires de la victoire du Brexit ne sont que les dirigeants des partis xénophobes et racistes.

 

La gauche a été aux abonnés absents. Même notre ami Jérémy Corbyn s’est trompé de combat. Lui qui, normalement, était contre cette Europe, a finalement appelé à y rester. Sa justification ? A tout prendre, le modèle social européen est moins pire que le modèle social britannique. C’est vrai, mais c’est dérisoire. Entre la peste et le choléra, on choisit de se battre sur des idées de gauche, donc pour une Europe sociale et non pour cette Europe du fric.

 

Les travailleurs britanniques ne s’y sont pas trompés. Même ceux qui ne sont ni racistes ni xénophobes ont été obligés de mélanger leurs voix avec ceux-ci. Ils ont majoritairement voté pour le Brexit, mais au seul appel des xénophobes et des racistes. La gauche a déserté, elle a laissé tomber les travailleurs.

 

 

- Le vendredi 24 juin 2016, Jean-Luc Mélenchon parlait du vote des Britanniques en faveur d’une sortie de l’Union européenne ou (Brexit).

Il a dénoncé le système européen actuel qui ne fonctionne que pour les ultrariches et a réaffirmé que 2017 serait une année clé pour trancher par un vote démocratique les questions européennes.

 

Ia rappelé ses propositions et réaffirmé qu’en cas d’échec des négociations avec les autres États membres, il serait prêt à appliquer un plan B comprenant la sortie de la France de l’Union européenne par référendum.

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 08:03
Les racines de l’Europe... et celles de la France !

Sources :  Le blog de Raoul-Marc Jennar

-  A la manière de toutes les pensées totalitaires, les Eglises dites du Livre réécrivent l’Histoire.

Comme l’Eglise catholique a inventé que le Colisée de Rome fut le lieu de massacres de chrétiens des premiers temps de cette religion, ce qui est totalement faux et la présence d’une croix en ce lieu est une imposture, elle prétend imposer l’idée – relayée par la droite catholique – que les racines de l’Europe seraient judéo-chrétiennes.

Rien n’est plus faux.

 

 

-  Les racines philosophiques de l’Europe n’ont strictement rien de chrétiennes.

Les racines de l’Europe sont en Grèce et en Italie : Héraclite, Pythagore, Socrate, Platon, Aristote, Cicéron, Sénèque, Marc-Aurèle…Et tant d’autres penseurs dont les interrogations et les débats n’ont rien perdu de leur pertinence en ce 21e siècle.

Du VIIe siècle avant notre ère au IVe siècle de notre ère, plus de mille années d’une pensée riche pendant lesquelles le christianisme est absent de l’espace européen puisqu’il ne s’impose qu’au IVe siècle de notre ère par un décret impérial.

 

Alors, cessons cette fable des racines chrétiennes de l’Europe. A preuve, le mot même d’évangélisation qui commence avec Paul de Tarse au Ier siècle de notre ère prouve qu’il a fallu conquérir les âmes et les coeurs pour que le christianisme s’impose. Et qu’il a fallu la loi impériale et  ensuite des méthodes comme l’inquisition (prétendument « sainte ») pour qu’il se maintienne.

  • Avant le césaro-papisme qui trouve sa source au IVe siècle, la pensée n’était pas enchaînée par un monothéisme totalitaire.
  • A moins de pervertir le terme de « racine », le judéo-christianisme n’est qu’un greffon dogmatique sur une pensée riche et libre qui le précède. Et rien d’autre.

 

 

-  Les « racines chrétiennes » de la France ? – Petite leçon d’Histoire par J.L. Mélenchon

Le 12 juillet 2018, Jean-Luc Mélenchon a donné une petite leçon d'Histoire à Éric Ciotti, qui voulait intégrer dans la Constitution une référence aux « racines chrétiennes » de la France.

 

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 08:29
6e République - Ce qu'en disait « L'Humain d'abord »

Voici ce que disait en 2012 le programme L'Humain d'abord, qui a rassemblé 4 millions de voix à l'élection présidentielle, sur la convocation d'une Assemblée constituante et le passage à une 6e République. 

 

Sources :  Le blog de JLM2017

- Chapitre « Convoquer l’Assemblée constituante de la VIe République »

Les institutions actuelles ont éloigné le pouvoir du peuple, provoquant une grave crise démocratique. L’abs­tention bat des records. La vie politique tend à se réduire à une compétition présidentielle opposant tous les cinq ans des candidats qui se distinguent avant tout par leurs styles personnels, arbitrée par des médias principalement voués au libéralisme. Entre deux élections, le pouvoir gouverne sans le peuple voire contre lui comme nous l’avons vu ces dernières années sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Dans cette situation, les intérêts privés les plus puissants s’en donnent à cœur joie. C’est l’oli­garchie qui gouverne. Pour restaurer une démocratie véri­table, il est temps de fonder une nouvelle République.

 

1 - Agir tout de suite

  • Convocation d’une Assemblée constituante Abrogation de la réforme territoriale de 2010

  • Rétablissement de la proportionnelle à toutes les élec­tions

  • Création du Conseil national des médias 

2 - Agir pour un changement durable

  • Fondation d’une VIe République parlementaire, sociale et participative 

 

Une Constitution démocratique, des lieux de travail aux institutions

Pour s’assurer le contrôle de sa destinée, le peuple doit reprendre le pouvoir. Nous voulons de nouvel­les institutions pour garantir la souveraineté popu­laire, assurer la primauté de l’intérêt général sur les intérêts financiers, permettre une implication popu­laire continue dans tous les actes de la vie profession­nelle, sociale et politique par l’inscription de nouveaux droits pour les citoyen(ne)s et les salarié(e)s.

  • La Constitution que nous défendons réaffirmera les droits sociaux : droit à l’emploi et au travail, à la santé, au logement, à l’éducation, à la protection sociale.

  • Elle renforcera les pouvoirs du citoyen là où il tra­vaille, en reconnaissant la citoyenneté d’entreprise : nous instaurerons des droits nouveaux pour les salariés dans l’entreprise, et le statut des grandes entreprises sera redéfini en tenant compte de leur responsabilité sociale. Le pouvoir économique ne sera plus entre les mains des seuls actionnaires, les salariés et leurs représentants seront appelés à participer aux choix d’investissement des entreprises en tenant compte des priorités sociales, éco­logiques et économiques démocratiquement débattues. L’avis favorable des représentants du personnel ou des comités d’entreprise sera obligatoire pour toutes les déci­sions stratégiques. Nous instaurerons un droit de veto suspensif sur les licenciements et l’obligation d’examiner les contre-propositions présentées par les syndicats.

 

Dans les entreprises publiques, le droit des usagers sera reconnu et exercé. Le droit de grève et de se syn­diquer, la liberté d’expression seront confortés. Les CE se verront reconnaître des droits étendus d’expertise, de contrôle, de proposition et de décision. Les délégués syndicaux interentreprises dans les TPE seront reconnus, et nous agirons pour l’extension des droits des « Comités de groupe » au niveau des groupes européens. La hié­rarchie des normes sera rétablie (pas d’accord d’entre­prises moins favorables que les accords de branche). Une véritable médecine du travail dotée de moyens de prévention, d’analyse et de décision sera développée.

 

Nous mettrons immédiatement en place une citoyenneté de résidence. Les résidents extra­communautaires bénéficieront du droit de vote aux élections locales.

 

Contre le présidentialisme, nous défendrons le régime parlementaire et restaurerons la balance des pouvoirs. Nous voulons rétablir la primauté de l’Assemblée nationale sur l’exécutif. Les pouvoirs exorbitants du pré­sident de la République doivent être supprimés dans le cadre d’une redéfinition générale et d’une réduction de ses attributions. Le gouvernement sera responsable devant l’Assemblée nationale. Nous proposerons la suppression du Sénat ou sa réforme profonde pour devenir une cham­bre relais des collectivités locales et des initiatives citoyen­nes. La proportionnelle sera rétablie pour toutes les élections. La parité sera garantie par la loi, le cumul des mandats strictement limité en nombre et dans le temps.

 

Nous garantirons l’indépendance de la justice à l’égard du pouvoir exécutif en instaurant un Conseil supérieur de la justice à la place du Conseil supérieur de la magistrature, pour moitié élu par les magistrats, pour moitié nommé par le Parlement. Il sera responsable devant le Parlement. Ce Conseil supérieur de la justice décidera des nominations de l’ensemble des magistrats. Les insti­tutions du maintien de l’ordre et de la justice seront réfor­mées conformément au respect des droits fondamentaux tels que formulés dans la nouvelle Constitution.

 

La Constitution que nous voulons garantira l’indé­pendance des médias à l’égard du pouvoir politique et des puissances d’argent. Les présidents des chaînes publiques seront nommés par leur conseil d’administra­tion, dans lesquels les représentants du personnel cons­titueront 50 % des membres. Nous améliorerons les conditions de travail des journalistes pour permettre une information indépendante, pluraliste et de qualité.

 

Le droit des citoyens à intervenir dans le dévelop­pement de la recherche sera inscrit dans la Consti­tution. Nous garantirons la création de forums citoyens des sciences et de la technologie, dotés du pouvoir d’enquête, dès lors que les populations concernées en feront la demande. Leur composition sera représentative de tous les acteurs de la vie publique. Travaillant aux côtés des instances de recherche existant dans les terri­toires, leur travail, évalué par des scientifiques, donnera lieu à un rapport annuel examiné par l’Assemblée natio­nale. Le gouvernement sera tenu d’y répondre.

 

Nous créerons un ministère de l’Éducation popu­laire et des libertés associatives. Nous remplacerons la circulaire Fillon du 18 janvier 2010 qui impose aux associations les critères de gestion des entreprises pri­vées, par une loi qui confortera les possibilités d’agir des associations au service de l’intérêt général et pré­servera les libertés associatives.

 

Nous définirons à tous les niveaux une politique de sou­tien financier au monde associatif, transparente et privi­légiant les aides au fonctionnement plutôt que les aides à projet qui mettent en concurrence les associations.

 

Nous renforcerons les pouvoirs des instances regrou­pant les associations au plan national (CNDA et CPCA) qui prendront une place prépondérante dans la gestion d’un observatoire national de la vie associative.

 

L’implication populaire permanente

Nous voulons renforcer et amplifier la souveraineté directe du peuple. La démocratie participative sera ins­crite dans la Constitution et des lois déclineront ce prin­cipe pour donner les moyens, les outils, les espaces pour sa mise en œuvre. Elle s’appliquera à l’élaboration des lois, à la mise en œuvre des grandes politiques publiques et à la gestion des collectivités territoriales, notamment au moyen de budgets participatifs.

 

Un statut de l’élu(e) dans toutes les collectivités (com­munes, départements, régions, assemblées nationale et européenne) sera garanti ainsi qu’un statut du bénévole.

 

Une nouvelle instance nationale pluraliste char­gée du contrôle de constitutionnalité sera créée en lieu et place du Conseil constitutionnel actuel, les citoyens ayant pouvoir de la saisir.

 

Nous créerons de nouveaux domaines d’inter­vention populaire. Le référendum, ou toute autre forme de consultation populaire directe, pourra être initié par voie de pétition réunissant un pourcentage conséquent de la population.

 

Tout changement du périmètre des services publics sera décidé après consultation du peuple.

 

L’initiative d’une loi sera ouverte aux citoyennes et aux citoyens, aux organisations syndicales et aux associations.

 

L’organisation du territoire

La réforme de 2010 des collectivités territoria­les sera abrogée.

 

Le principe général de responsabilité selon lequel l’État est le garant de l’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire devra être réaffirmé et consolidé (péréqua­tion financière, garantie de l’application des droits, égalité de traitement, etc.). Personne ne sera laissé pour compte.

 

La décentralisation sera organisée en fonction du prin­cipe de proximité permettant d’optimiser les décisions publiques dans le sens d’une plus grande satisfaction de l’intérêt général tout en définissant le rôle respectif de l’État et des différents échelons territoriaux en France et en Europe. Elle refusera la mise en concurrence des territoires et s’appuiera sur le développement des coopérations.

 

Dans les territoires d’Outre-mer, nous favoriserons un nouveau modèle de développement pour un progrès humain endogène en rupture avec le modèle actuel de dépendance inégalitaire et appuierons les coopéra­tions régionales au service d’alternatives mondiales (co­développement, chantiers écologiques d’intérêt universel).

 

L’autonomie des collectivités territoriales devra être assurée grâce à l’actualisation du principe de libre administration contenu dans la Constitution et à une réforme de la fiscalité locale faisant participer les actifs matériels et financiers des entreprises.

 

Un processus constituant, une Assemblée constituante

Pour respecter pleinement la souveraineté populaire et poser les bases de la République démocratique et sociale que nous voulons construire, nous engagerons un processus constituant, mettant au cœur l’engage­ment citoyen et le débat public.

 

Une Assemblée constituante distincte de la nouvelle Assemblée nationale, ayant pour mandat de rédiger un projet de Constitution nouvelle pour une VIe République, sera élue au suffrage universel, dès 2012. Elle sera élue à la proportionnelle intégrale sans seuil, avec la parité. Les parlementaires en exercice ne pourront s’y présenter et les élu(e)s de la Constituante ne pourront être candi­dats aux élections suivantes. Les modalités de l’élection et du débat public seront établies après consultation des organisations sociales.

 

Le texte proposé sera l’aboutissement d’un grand débat public réunissant citoyens, organisations socia­les et politiques qui, sous des formes à définir (assem­blées populaires, États généraux, forums citoyens, etc.), relayé par les médias, devra permettre au peuple lui-même de s’en approprier les enjeux.

 

Ce projet de Constitution nouvelle, une fois voté par l’Assemblée constituante, sera soumis à réfé­rendum populaire.

 

Raquel Garrido : Guide citoyen de la 6e République

Raquel Garrido : Guide citoyen de la 6e République

- Chapitre « La République pour de vrai »

La République proclame l’égalité des citoyens. Elle ne se résume donc pas à un ensemble d’institutions, comme le régime politique républicain ou l’école répu­blicaine. Elle constitue bien davantage un projet à réa­liser : celui de l’égalité des citoyens, de la souveraineté de la communauté politique, de la liberté dans le respect de l’intérêt général. C’est pourquoi nous devons sans cesse nous assurer que le réel corresponde à l’idéal et notam­ment que les institutions contribuent bien à réaliser ces objectifs. Ce n’est souvent plus le cas aujourd’hui. Les discriminations perdurent voire s’aggravent. Les attein­tes aux libertés se multiplient. Il est devenu nécessaire de réaliser une refondation républicaine de notre pays conforme à sa devise de Liberté, d’Égalité et de Frater­nité.

                                                                                             

1- Agir tout de suite

  • Réaffirmation de la loi de 1905 sur la laïcité

  • Instauration d’une négociation annuelle des partenai­res sociaux pour le respect de l’égalité professionnelle entre femmes et hommes

  • Abrogation des lois LOPPSI, HADOPI et des lois sécuritaires et liberticides

  • Régularisation des sans-papiers

  • Bilan annuel sur les discriminations

  • Abrogation de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) de 2001 pour mettre en place des règles alternatives n’impliquant pas la réduction des dépenses publiques

  • Abrogation de la RGPP et plan de création d’emplois publics (dans l’enseignement, la santé, la justice, la police…)

  • Doublement du montant de l’aide de l’État aux actions de prévention et d’aide sociale, à destination des collectivités et des associations 

2 - Agir pour un changement durable

  • Création du ministère des Droits des femmes et de l’Égalité

  • Loi-cadre de lutte contre les violences faites aux femmes

  • Loi de lutte contre le sexisme

 

La laïcité, pilier de la République et condition du vivre ensemble

La laïcité est un pilier de la République une et indivisible, un principe vivant et porteur de droits inaliénables garantis à tout membre de la société, français ou étranger : la séparation du politique et du religieux, la liberté de conscience et de culte, l’éga­lité des citoyens en tout domaine sans discrimination d’aucune sorte ; la neutralité de l’État à l’égard de tou­tes les convictions philosophiques, religieuses ou poli­tiques.

 

Concernant les religions, le gouvernement français agira pour qu’aucune d’entre elles ne soit mise à l’index au prétexte de la laïcité, comme le fait régu­lièrement le Front national à propos de la religion musulmane.

 

Nous réaffirmons le bien-fondé et l’actualité de la loi de 1905 sur la laïcité. Toutes les modifica­tions ultérieures de la loi de 1905 affectant ces principes seront abrogées. Pour nous, cette loi fon­damentale de notre République a vocation à s’appli­quer à tout le territoire national.

 

Aucun financement public ne sera octroyé à la cons­truction de nouveaux établissements scolaires privés ou à la rénovation de ceux qui existent déjà. Toute ségrégation de genre ou communautaire de l’espace public sera interdite (par exemple le choix du sexe du médecin à l’hôpital public). Le président de la Répu­blique renoncera définitivement à son titre de cha­noine de Saint-Jean-de-Latran.

 

Nous défendrons la laïcité dans les institutions euro­péennes et refuserons le financement public des reli­gions et organisations confessionnelles. Nous interdirons les sectes.

 

Dans les relations internationales comme dans notre pays, la laïcité est une condition de la paix, car elle permet le respect du droit de chaque peuple et de cha­que être humain indépendamment de ses convictions religieuses. Nous débarrasserons donc la politique internationale de la France de ses références à la théo­rie nord-américaine du choc des civilisations qui cher­che à diviser le monde en fonction des appartenances religieuses.

 

Égalité femmes-hommes : se débarrasser du patriarcat

Nous mettrons en place un ministère des Droits des femmes et de l’Égalité, placé auprès du Premier (ou de la Première) ministre, doté de moyens, et appuyé par des délégué(e)s interministériel(le)s chargé(e)s de la mise en œuvre de l’égalité sociale et économique.

 

Nous organiserons une négociation annuelle entre les partenaires sociaux sur le respect de l’égalité professionnelle (embauche, salaires, retraites, pro­motions) au niveau des branches et des entreprises. Les atteintes à l’égalité professionnelle seront combat­tues et les sanctions renforcées.

 

La « Directive (clause) de l’Européenne la plus favorisée » 

Soutenue par l’association Choisir la cause des femmes et par le Front de Gauche, elle consiste à harmoniser par le haut les droits des femmes européennes, en adoptant au niveau communautaire les lois nationales les plus pro­gressistes : lois néerlandaises sur la contraception et les droits des homosexuel(le)s, française sur le viol, belge sur la parité, suédoises sur l’avortement et le congé parental, danoise sur l’éducation sexuelle…

Contre-exemples : les lois polonaise et irlandaise sur l’avortement, cette dernière l’interdisant de fait par la reconnaissance des « droits de l’enfant non-né ». Adoptée le 18 février 2010, une résolution de l’Assemblée nationale ne demande encore qu’un rapport informatif. Il est temps de passer aux actes !

 

À partir de la loi contre les violences faites aux fem­mes votée en juillet 2010, nous ferons adopter une loi-cadre sur ces questions incluant les propositions éla­borées par les associations du mouvement féministe. Nous donnerons les moyens nécessaires à l’application de cette loi en matière d’éducation, de prévention et d’information, ainsi qu’aux mesures à prendre en faveur des victimes de violence.

 

Un texte de loi anti-sexiste sera élaboré, définissant moyens et sanctions, condamnant les discriminations et insultes à caractère sexiste, ainsi que la banalisation et l’omniprésence de la pornographie et l’instrumen­talisation des corps à des fins marchandes.

 

Nous agirons auprès de nos partenaires européens pour que la « Directive de l’Européenne la plus favo­risée » voie le jour.

 

L’immigration n’est pas un problème

La haine des étrangers, la chasse aux immigrés défi­gurent notre République : il faut en finir !

 

Les flux migratoires se développent dans le monde, ils mêlent des motivations diverses. La France ne doit pas les craindre, elle ne doit pas mépriser l’immense apport humain et matériel qu’ils lui ont déjà procuré. Non, la présence des immigrés en France n’est pas un problème.

 

L’immigration zéro est un mythe qui divise et affai­blit notre pays. Même s’ils seront peut-être moins importants que dans le passé, la France continuera à connaître comme tous les pays du monde des flux migratoires. Il faut donc mener des politiques refusant de ghettoïser la société, qui ne soient pas guidées par l’obsession du refoulement des étrangers.

 

Nous rétablirons la carte unique de 10 ans et le droit au regroupement familial, conditions d’une vie digne. Nous abrogerons les lois successives sur l’immigration adoptées par la droite depuis 2002 et nous procéde­rons à une refonte du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Nous régu­lariserons les sans-papiers dont le nombre a augmenté du seul fait des réformes de la droite. Nous décrimi­naliserons le séjour irrégulier, nous fermerons les cen­tres de rétention, nous rétablirons le droit au séjour pour raison médicale.

 

Nous respecterons scrupuleusement le droit d’asile qui sera déconnecté des politiques migratoires.

 

Notre vision de l’avenir de la France s’appuiera sur un nouveau Code de la nationalité, fondé sur le respect intégral et automatique du droit du sol dès la nais­sance et sur un droit à la naturalisation permettant à tous les étrangers qui le souhaitent d’acquérir la natio­nalité française au-delà de cinq ans de résidence.

 

La lutte contre toutes les discriminations

Nous adopterons une loi pour l’égalité qui éradi­quera toute discrimination. Les droits du PACS seront renforcés. Le droit au mariage et à l’adoption sera reconnu aux couples homosexuels. Les femmes les­biennes auront accès à la procréation médicalement assistée.

 

Une loi en faveur des personnes en situation de han­dicap répondra à leurs besoins de façon impérative : mise en accessibilité du bâti, accompagnement de l’accueil à l’école publique, intégration professionnelle, revenu de remplacement égal au SMIC brut pour les personnes reconnues incapables de travailler.

 

Nous restaurerons la Haute Autorité de lutte contre les discriminations en renforçant son rôle et en la décentralisant, et nous remettrons en place également les médiations, et notamment la fonction du Défenseur des enfants.

 

Nous agirons fermement contre les discriminations à l’encontre des salariés étrangers. La violation des droits sociaux des travailleurs étrangers, dont sont notamment victimes les sans-papiers, fragilise l’ensemble des travailleurs et leurs droits sociaux.

 

Tout le champ des discriminations sera pris en compte (lieux publics, école, travail, logement, accès aux biens et services…), qu’elles soient fondées sur l’engagement syndical ou politique, qu’elles soient racistes, sexistes, fondées sur les convictions religieuses, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, qu’elles stigmatisent des jeunes, des immigrés, des gens du voyage, des person­nes en situation de handicap, qu’elles touchent à l’âge ou à l’origine sociale.

 

Un bilan annuel sera présenté au Parlement, suivi de décisions pour mieux faire appliquer les lois prévues à cet effet.

 

La sécurité : une affaire de solidarité nationale

Prévention, dissuasion, sanction : la lutte pour la sécurité ne saurait être efficace sans reposer sur ces trois exigences.

 

Nous abrogerons la loi LOPPSI 2 et les lois sécu­ritaires attentatoires à nos libertés, protégerons les citoyens face au fichage généralisé et à la vidéo-surveillance. Nous assurerons à tous et à toutes les moyens d’une défense de qualité en élargissant et en revalorisant l’aide juridictionnelle et les indemnités des avocats présents pendant la garde à vue.

Les dispositifs de lois anti-jeunes et criminalisant les familles en difficulté seront abrogés.

 

Une loi contre la corruption et les conflits d’inté­rêt sera adoptée pour sanctionner la « délinquance en col blanc ».

 

Nous devrons impérativement stopper la baisse des effectifs de la police et recruter. Les forces de police devront conduire leur action dans le cadre d’une déontologie fondée sur le respect des personnes, elles bénéficieront d’une formation en ce sens et de meilleures conditions de travail. Nous procéderons à l’intégration de toutes les polices de sécurité publique dans un service public unifié.

 

Il en sera de même pour le ministère de la Justice qui est l’un des premiers sinistrés de la RGPP avec le rétablissement d’une carte des tribunaux sur l’ensem­ble du territoire et le lancement d’un vaste plan d’humanisation de l’univers carcéral.

 

Il faudra revoir de manière drastique la répartition des forces de police sur le territoire national : les com­munes populaires sont aujourd’hui les premières à souffrir de la « rationalisation » des effectifs à l’échelle des départements et un effort conséquent devra être opéré pour répondre à leurs besoins, effort relayé par un plan de construction de locaux et d’ouverture de commissariats.

 

Nous redonnerons toute sa place à la police de proximité.

L’aide de l’État aux actions de prévention et d’aide sociale, destinée aux collectivités territoriales et au mouvement associatif, sera doublée, sous forme de subventions ou d’investissements directs de l’État dans les services publics les plus touchés.

https://www.m6r.fr/

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- Chapitre « Partager les richesses et abolir l’insécurité sociale (extraits)

Un service public de l’information et de la culture, soustrait du pouvoir de l’argent et des pressions poli­tiques, sera le garant du pluralisme et de l’exercice de la citoyenneté.

  

 

- Chapitre « L’émancipation humaine en tête » (extraits)

Nous proposerons une loi contre les concentrations dans la presse, les médias et l’audiovisuel, pour les libé­rer des logiques financières et du diktat de l’audimat, afin de leur permettre d’accomplir leurs missions au service du pluralisme de l’information et de la culture. Nous créerons un Conseil national des médias com­posé d’élus, de représentants des professionnels et des usagers, chargé de veiller au respect de la responsabilité publique et nationale, et de favoriser la création de coo­pératives de presse. Nous refonderons un Pôle public des médias et garantirons l’existence de médias asso­ciatifs et de la presse d’opinion. 

https://www.m6r.fr/

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 08:31
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
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5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
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5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
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5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017

 

- Le dimanche 5 juin était organisé un défilé de la France insoumise avec prise de parole de Jean-Luc Mélenchon.

  • Pour ceux qui ne veulent que visionner le discours de J.L. Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon a pris la parole à la fin du défilé pour dire son opposition à la loi El Khomri et à son monde : celui de l’accumulation de richesses pour quelques uns et la souffrance au travail pour le grand nombre. Il a proposé un nouvel horizon pour la France : 6e République, planification écologique, sortie des traités européens, partage des richesses…

  • Pour ceux qui veulent revivre l’évènement intégral en vidéo (défilé des insoumis et prise de parole de J.L. Mélenchon).
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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 08:39
photos Louis Camelin

photos Louis Camelin

Dimanche, Jean-Luc Mélenchon lance sa campagne pour l’élection présidentielle 2017. Refus de la primaire, présidentialisation, insoumission, divisions à gauche, programme, méthode : il explique sa démarche.

 

Sources :  Regards.fr

- Regards. : Dimanche prochain, le 5 juin, vous lancez votre campagne présidentielle par un rassemblement place Stalingrad. En vous engageant dans ce processus, n’aggravez- vous pas la présidentialisation de la vie politique ?

Jean-Luc Mélenchon : Je connais bien cette critique depuis l’élection du président de la République au suffrage universel en 1965. Mais je constate que cette élection s’est installée dans notre pays, qu’elle est devenue une culture collective et je crois que nous pouvons et devons l’utiliser. Quand commence un match de foot, il vaut mieux ne pas le jouer comme une partie de volley… Une campagne politique comme la présidentielle est globale et totale. Elle transforme tous ceux qui y participent. Cette idée est largement partagée quand il s’agit de la lutte sociale. Cela vaut aussi pour le combat électoral. Une élection transforme ceux qui votent autant que ceux qui s’engagent dans la campagne. Faire campagne électorale c’est vouloir convaincre et entrainer. Ce n’est pas une petite chose secondaire. Gagner des bulletins de vote, c’est gagner des consciences.

 

 

- Regards. : Onze mois avant l’échéance, n’est-ce pas prématuré ?

Jean-Luc Mélenchon : Mais la campagne a déjà commencé à LR, à l’extrême droite et au PS ! En février, j’ai voulu lancer la mobilisation politique de notre famille pour vivre 2017 comme une chance et non comme un piège. Je m’inscris dans la longue durée pour construire le rapport de forces dont nous avons besoin. La durée est le moyen de notre enracinement. C’est nécessairement de longue haleine. Il est vrai qu’en donnant ce rendez-vous du 5 juin, je n’anticipais pas, alors, le contexte politique avec le mouvement social en cours contre la loi El Khomri et les mobilisations des Nuits debout. C’est là un propulseur d’énergie qui tombe particulièrement bien. Car de quoi s’agit-il ? Certainement pas de vendre un produit, de "prendre des parts du marché politique ou électoral". Notre sujet est la construction d’un mouvement politique de plusieurs millions de personnes. Ce dont il est question, c’est de la révolution citoyenne. Ce processus ne fait que commencer, même s’il s’inscrit déjà dans une histoire dont 2012 fut un moment de franchissement de seuil.

 

« J’analyse le système de la primaire comme un tamis social et politique destructeur. Une primaire de toute la gauche ne peut être qu’une source de confusions démoralisantes. »

 

 

- Regards. : Mais vous décidez seul de votre candidature et de son tempo...

Jean-Luc Mélenchon : Factuellement, rien n’est plus faux. J’ai cherché à discuter avec les dirigeants du Front de gauche de ce que nous pouvions faire dès le mois de décembre. Je n’ai pas été écouté. Je ne veux pas mettre de l’huile sur le feu en rappelant ces faits, mais je voudrais bien que chacun assume ses désaccords sans les transformer en problèmes personnels : il n’est pas vrai que j’ai agi dans mon coin sans crier gare. À présent, je travaille déjà en équipe, avec l’appui de plusieurs secteurs politiques et sociaux, sans oublier le renfort de plusieurs milliers de communistes, de socialistes et de syndicalistes. Bien sûr, il y a une dimension personnelle de la décision. Encore heureux !

 

 

- Regards. : Cette décision découle-t-elle de votre refus d’une primaire ?

Jean-Luc Mélenchon : Le point de départ de ma décision est mon refus[1] et celui du Parti de gauche d’entrer dans la primaire. Depuis 2007, j’analyse le système de la primaire comme un tamis social et politique destructeur. Aujourd’hui davantage encore, une primaire de toute la gauche ne peut être qu’une source de confusions démoralisantes. Quand on mesure à quel point la parole politique du Front de gauche a déjà été discréditée, cette confusion pourrait effacer toute notre influence de la carte ! Le PCF a milité pour ces primaires de toute la gauche et Ensemble a commencé par s’y associer plus ou moins. Le PCOF, Socialisme et république et le PG les ont rejetées. Personne ne m’a consulté, nous n’en avons jamais discuté collectivement. J’ai donc annoncé ma décision de ne pas m’y plier dès le mois de décembre. Et j’ai proposé ma candidature à un moment calculé en équipe : au lendemain de la déclaration de candidature de Marine Le Pen et de l’entrée au gouvernement d’écologistes, en plein débat sur la déchéance de nationalité. La droite dominait le débat, Hollande flirtait avec le programme du FN et divisait encore davantage les écolos en embauchant Emmanuelle Cosse. Ma proposition de candidature se présentait comme un sursaut contre l’effacement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Regards. : Pierre Laurent vient de déclarer qu’il souhaitait une « candidature commune d’alternative à gauche ». Comprenez-vous cet appel comme un premier pas vers un rapprochement ?

Jean-Luc Mélenchon : Je comprends surtout que la direction communiste ne croit plus aux primaires. J’avais donc raison de ne pas m’être enferré dans cette histoire et de n’avoir pas perdu ces quatre mois en intrigues. J’ai mis ce temps à profit pour construire : 110.000 appuis et 1.000 groupes de base. À présent, Pierre Laurent dit vouloir éviter l’éclatement de la gauche d’alternative pour accéder au second tour de la présidentielle. Je ne comprends pas. Les frondeurs ont beaucoup voté et soutenu le gouvernement Hollande-Valls et ils forment de nombreux clans concurrents ; les écologistes sont totalement atomisés. Aucun ne renonce à une candidature de leur parti.

 

« Je suis prêt à faire équipe. Chacun peut prendre sa place dans la lutte dès l’instant où il y a de la clarté dans l’objectif et sur la méthode. »

 

 

- Regards. : Comment interprétez-vous la position du Parti communiste, et quelle est la vôtre à son égard ?

Jean-Luc Mélenchon : Je trouve pénible que le PCF abandonne la méthode du rassemblement qu’a été le Front de Gauche pour des partenariats aussi incertains. La proposition de Pierre Laurent n’a donc pas de réalité politique. Je crains que les communistes ne se retrouvent très isolés à l’arrivée. Alors que le combat a besoin d’eux, de leurs idées, de leur engagement. Je suis prêt à faire équipe. Chacun peut prendre sa place dans la lutte dès l’instant où il y a de la clarté dans l’objectif et sur la méthode. Et de la cohérence entre ce qu’on dit et ce qu’on fait. Comme si nous n’avions pas les bases d’une candidature ; comme si nous n’avions pas déjà réuni quatre millions de voix et comme si nous n’avions pas déjà un programme partagé. Je déplore cet a priori sans motif à mon égard. Mais il est de mon de devoir d’avancer sans attendre le bon vouloir de qui que ce soit.

 

 

- Regards. : Pourquoi ne pas avoir accepté de participer à une primaire sur les bases du Front de gauche ?

Jean-Luc Mélenchon : Parce que personne ne l’a jamais proposé. Ce dont il a été publiquement question, cela a été d’une primaire de toute la gauche. Et maintenant, il est trop tard pour revenir en arrière. En revanche, il est injuste de dédaigner la main que je tends. Cela m’affecte. Je ne comprends pas que la critique prenne toujours ce tour personnel, souvent au-delà du trait ! Qu’il est triste de voir tant d’amis d’hier espérer mon échec et ajouter leurs croche-pieds aux coups que me donnent nos adversaires. Heureusement qu’il y a l’accueil amical que me réservent des milliers de militants et sympathisants communistes, malgré l’acrimonie de leurs porte-parole.

 

 

- Regards. : Comment comptez-vous élaborer le programme de votre candidature ?

Jean-Luc Mélenchon : Le programme est l’affaire centrale de la campagne. Ce n’est pas une formalité, mais une préparation de chaque citoyen à l’exercice des responsabilités publiques avant même la victoire. Il faut accueillir toutes les contributions dès lors qu’il s’agit de radicalités concrètes. Et je paierai mes dettes : je dirai d’où viennent les idées que nous reprenons. Par exemple, je fais mien le scénario négaWatt [2] et je dis qui l’a élaboré. La société a déjà produit une partie du programme. Et depuis 2012, il s’est réfléchi de très nombreux sujets et inventé de nombreuses solutions, parmi les syndicats, les associations, les intellectuels. Sachons les écouter, les reprendre. Nous ne sommes pas au-dessus d’eux.

 

« Je suis seul si l’on regarde du balcon. Mais je suis inséré dans un milieu de dizaines de milliers de gens qui s’engagent. »

 

 

- Regards. : Vous liez la question du programme à celle de son élaboration. Comment se pose celle de son application ?

Jean-Luc Mélenchon : Nous avons besoin de préciser nos idées autant que la manière de les mettre en œuvre. Je reste traumatisé par l’expérience de 1983 [3]. Nous avions alors un programme hautement transformateur. Lorsque nous nous sommes retrouvés face au mur de l’argent, deux points de vue se sont affrontés. Ceux qui voulaient rester dans le cadre du système monétaire européen (SME) et ceux qui proposaient une autre politique. J’étais de ceux-là. L’inconvénient de notre point de vue est que nous n’avions rien de concret à proposer. Et nous avons été éliminés. C’est la même leçon que je tire des déboires en Amérique latine ou de la Grèce de Tsipras. Si nous accédons au pouvoir, il nous faut un plan A et un plan B en toutes circonstances. À cette exigence programmatique s’ajoute la claire conscience de l’importance de l’engagement du peuple. En 1981, pour revenir à cette expérience pour moi fondatrice, nous n’avons pas souhaité l’intervention populaire. Pire, nous avons demandé à chacun de rester dans les clous. La méthode de la révolution citoyenne tourne la page de cette erreur.

 

 

- Regards. : Vous affirmez vous inscrire dans la perspective de l’exercice du pouvoir. Pourtant, vous paraissez seul… Un homme ne change pas une société.

Jean-Luc Mélenchon : Je souriais amèrement, au début, lorsqu’on me renvoyait à ma solitude. Et puis j’ai mesuré la part de mépris qu’il y a dans cette affirmation. Donc les 107.000 personnes qui déclarent leur soutien ne compteraient pour rien ? Parmi eux, il y a plus de 2.000 syndicalistes de tous les métiers, de tous les syndicats, de tous les niveaux de responsabilité… Parmi eux, il y a des communistes, des écologistes de lutte parmi les plus reconnus, des militants socialistes et tout le PG. Je suis seul si l’on regarde du balcon. Mais je sais que je suis inséré dans un milieu de dizaines de milliers de gens qui s’engagent. Et la révolution citoyenne, c’est l’implication de millions de personnes dans l’action gouvernementale.

 

 

- Regards. : Ce dont il est question, c’est de l’absence de soutien de partis politiques…

Jean-Luc Mélenchon : Le Parti de gauche, la NGS de Liêm Hoang-Ngoc, les communistes insoumis, les "Ensembles insoumis" ne comptent pas ? De qui parle-t-on ? Du PCF. Aujourd’hui, c’est lui qui est seul, et je m’en désole. Autre chose : ceux qui émettent cette critique mesurent-ils le discrédit dont souffrent les partis ? Il faut arrêter avec ce mauvais procès. Je veux que l’on comprenne ma démarche. Je refuse la confusion du "rassemblement de la gauche" ! Après la publication de L’Ére du peuple, j’ai cherché la transversale qui fédère l’ouvrier qui lutte, la femme qui se démène pour tenir sa famille hors de l’eau, le lanceur d’alerte, le chercheur qui s’accroche… Le mot "insoumis" m’a paru être celui qui les réunit tous. Insoumission au cadre globalitaire qui veut tout régenter, la société, nos goûts et nos corps. L’action contre ce cadre nous fédère.

 

« Je pourrais me contenter d’un bon slogan, d’affiches et d’émissions de télé. Mais nous avons besoin, pour réussir la grande transformation nécessaire, d’un peuple motivé et conscientisé. »

 

 

- Regards. : Vous croyez en une dynamique de fédération de la contestation et des alternatives ?

Jean-Luc Mélenchon : Je crois que cela va se cristalliser lors de cette campagne et se déployer avec la victoire. Le mouvement va s’auto-organiser. Je ne sais pas encore comment. Il va falloir l’inventer. Mais je sais aussi que « le chemin se fait en marchant », comme le dit si bien Antonio Machado. J’ai beaucoup regardé en France et ailleurs, j’ai beaucoup expérimenté pour trouver les nouvelles formes d’organisation. Je ne propose pas la disparition des partis, mais je souhaite qu’ils sachent se dépasser par l’action. Les outils numériques nous donnent de nouvelles possibilités pour agréger chacun, toutes nos différences. Pourquoi les refuserions-nous ?

 

- Regards. : Vous liez campagne présidentielle et création d’un mouvement. Est-ce que cela n’est pas trop d’un coup ? Les militants des partis constitués sont souvent attachés à les conserver…

Jean-Luc Mélenchon : C’est vrai que je pourrais me contenter d’un bon slogan, d’affiches et d’émissions de télé. Mais je ne vais pas le faire. J’ai trop compris ce qui arrivait à nos amis d’Amérique latine. Nous avons besoin, pour réussir la grande transformation nécessaire, d’un peuple motivé et conscientisé. Et je crois qu’il faut créer ce grand corps militant qui réunit ceux qui décident d’animer, déclencher, solliciter notre peuple. Le Front de gauche aurait pu être ce lieu, ce réseau. Cela ne l’a pas été. Si le Front de gauche décide de renaître, il peut être une composante de ce mouvement, de cette France insoumise. Au nom de quoi pourrais-je m’approprier l’étiquette Front de gauche ? Je ne l’ai jamais fait. J’ai déploré que Pierre Laurent le fasse sans mandat tant de fois !

 

 

- Regards. : On en revient aux divisions au sein de la gauche de gauche…

Jean-Luc Mélenchon : Je comprends que les communistes soient attachés à la permanence de leur parti. Mais c’est à eux de trouver le chemin stratégique qui permettra de combiner leurs volontés et l’aspiration de dizaine de milliers de gens à entrer dans un cadre commun. Je ne peux le faire à leur place ni renoncer à ce que j’ai analysé sur notre temps. L’objectif est bien de fédérer. Pour le faire, il faut être capable de tourner les pages de l’aigreur. Je ne demande pas qu’on me rallie. Je tâche de faire bien mon travail, d’accomplir la part qui me revient et je sais que je ne suis pas éternel. Il nous faut faire naître un monde neuf. Nos vieux habits peuvent rester dans l’armoire ou le grenier. Ils ne vont pas s’envoler. On pourra les retrouver, quand on voudra, si l’on en a besoin…

 

Note

- [1] refus de principe déjà exposé dés 2009 dans son livre "L'autre gauche" repris en extrait dans une note de blog

Il y qualifiait notamment, la primaire de : Le règne de l’égocratie ; - La course au moins disant politique ; - Une machine à diviser la gauche ; - L’outil du glissement au centre (de la gauche) ;

    - [2] NDLR : le "scénario négaWatt", conçu par l’association éponyme qui regroupe experts de l’énergie et intellectuels, promeut une transition énergétique permettant de se passer de l’énergie nucléaire et presque totalement des énergies fossiles à l’horizon 2050.

    - [3] NDLR : le "tournant de la rigueur" impulsé par le gouvernement Mauroy.

    A 4 jours du rassemblement national des INSOUMIS, J-L Mélenchon explique sa démarche
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    30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 08:55
    Tafta, la nouvelle fourberie de Hollande

    Sources : blog de Jean Luc Mélenchon "l'Ere du Peuple" le 20 mai 2016

    Une nouvelle fois, Hollande et Valls mentent sur un point essentiel engageant lourdement la France. Selon " Le Monde ", un document du 7 avril atteste que le gouvernement français a soutenu auprès du Conseil de l’UE la création d’un mécanisme d’arbitrage privé en Europe afin de protéger les investissements des firmes. Qui a suivi le dossier de la négociation sur le Tafta mesure quelle trahison c’est là. Leur existence suppose que les firmes sont légitimes à protester contre une législation et à obtenir réparation des avantages qu’elles attendaient de la situation précédente. Elle leur permet de ne plus être jugées selon la loi du pays concerné mais selon les décisions d’un tribunal privé. Dans ce système, la loi ne s’applique donc plus aux firmes, mais toute loi est cependant placée sous la menace d’être à l’origine d’un dédommagement à leur payer. C’est dans ces conditions que le Canada fait l’objet d’un recours en dédommagement de plusieurs milliards contre sa décision de stopper les forages sur le gaz de schiste, l’Australie contre sa loi anti-tabac et l’Allemagne contre sa décision d’arrêter le nucléaire ! Rien de moins !

     

    La fourberie des dirigeants français est totale. Car en 2015 le gouvernement français indiquait dans une note à l’intention des eurodéputés français que le mécanisme d’arbitrage investisseur-État en discussion dans le cadre du traité TTIP n’était « ni utile, ni nécessaire« . On se souvient aussi des récents moulinets faits par Hollande pour faire croire à une résistance et une exigence française totale. De son côté, l’Assemblée nationale française avait voté dès le début de la législature son refus de voir créer de telles instances.

     

    Et maintenant, on découvre que dans le même temps le gouvernement faisait exactement le contraire en entamant des discussions avec l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande et les Pays-Bas pour soutenir la mise en place d’un tel mécanisme. C’est là le pire de la méthode Hollande : des gesticulations de façade qui ralentissent l’action, démobilisent les acteurs de terrain et créent l’espoir. Les médias commencent aussitôt leur ronde puérilisante : « Alors ? Vous dites bravo ? », bourrant les crânes avec ardeur sur la base d’une fausse information (eux-mêmes se fichent que ce soit vrai ou faux puisqu’il leur suffit que cela soit juste un prétexte à faire des bulles de mots).

     

    Et, pendant ce temps, l’arnaque avance en coulisses et en secret. Puis tout finit par le résultat contraire aux annonces. Commencent alors la démoralisation, la dévalorisation de toute parole politique et la division de tout le monde. Comment s’étonner ensuite que les sondages montrent que ni au premier ni au deuxième tour, bon nombre d’ex-électeurs de ce triste personnage ne veuillent plus jamais voter pour lui ?

     

    Pour en savoir plus :

    - Mon dossier TAFTA/TISA

    - Tribunaux d’arbitrage : le double jeu du gouvernement

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    19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 08:45
     Jean-Luc Mélenchon conteur d'Histoire : Philippe le Bel, Louis XI et Robespierre

    " Il est impossible de vivre autrement que dans un État laïc "

     

    Sources : herodote.net par Vanessa Moley | le 23 mai 2020

    Jean-Luc Mélenchon se penche sur Philippe le Bel et les débuts de la laïcité, Louis XI et la formation de l'État, Robespierre et la Terreur révolutionnaire à travers trois entretiens vidéo avec le journaliste Jean-Pierre Bédéï (Herodote.net).

     

    Il tire pour nous les enseignements de ces épisodes majeurs de notre Histoire et nous dit en quoi la connaissance de l'Histoire est essentielle aux hommes d'État.

     

    Homme politique classé à gauche de la gauche, lui-même tient son goût pour l’Histoire d’abord de l’apprentissage du latin, de la découverte de la Rome antique et du récit par Tite-Live des guerres puniques. Ensuite d’une relation sentimentale à l’adolescence qui a donné lieu à un échange de livres : un recueil de poèmes contre l’Histoire de la Révolution française d’Adolphe Thiers. Bien qu'écrit par un homme d'ordre, cet ouvrage lui a mis en lumière les « gestes héroïques du peuple ».

     

     

    - Philippe le Bel et les débuts de la laïcité

    En 1301 a lieu la première bataille entre l’Église et l’État, sur une question fiscale. Le pape Boniface VIII est désavoué par le roi Philippe le Bel et son légiste Guillaume Nogaret. Le roi l’emporte à l’issue de l’épisode de la « gifle d'Anagni ». « Je suis roi par la volonté de Dieu », dixit Philippe Le Bel.

     

    Des guerres de religion, deux siècles plus tard, Jean-Luc Mélenchon garde le souvenir ému de Marie Durand, protestante, emmurée près de 40 ans avec une trentaine d’autres femmes, qui nous a laissé une inscription gravée sur la margelle du puits de sa prison : « Résister ».

     

    La laïcité répond à une impasse, l’impossibilité d’éliminer tous les protestants. Elle est un phénomène profond constitutif de l’État, ancrée dans l’Histoire de la France et la diversité de son peuple : « Nous sommes tous semblables malgré nos différences. »

     

     

    - Louis XI et la formation de l'État

    Jean-Luc Mélenchon se voit quelques similitudes avec Louis XI. Peu soucieux des apparences mais fin stratège, le roi défend envers et contre tout sa vision de l’État. Le pouvoir doit s’exercer au service de l’État et de l’action publique, dans l’intérêt du peuple.

     

    Louis XI l’emporte par la ruse sur son rival, le flamboyant Charles le Téméraire. Il ne se laisse pas arrêter par l’amour propre, la vanité et l’orgueil, à la différence des dirigeants ordinaires.

     

     

    - Robespierre et la Terreur

    En 1792, Robespierre, que Jean-Luc Mélenchon juge visionnaire, pragmatique et de bon sens, se montre hostile à la guerre car il devine qu’elle sera longue et risque d’amener un militaire au pouvoir. Les Girondins, au contraire, y sont favorables, car ils escomptent une défaite et donc des négociations !

     

    La Terreur ? Jean-Luc Mélenchon, qui se veut « robespierriste », a beau jeu de rappeler que c’est Danton qui invente le Tribunal révolutionnaire pour éviter le retour des massacres de septembre 1792. Et les fous furieux les plus engagés dans la Terreur, comme Carrier à Nantes et Fouché à Lyon, figurent parmi les Thermidoriens qui auront la peau de Robespierre…

     

    Pris en défaut à l’assemblée après une nuit blanche, Robespierre est mis hors-la-loi. À ses partisans qui lui suggèrent de reprendre le pouvoir, il répond : « Au nom de qui ? » Car, en bon avocat, il ne saurait violer la légalité républicaine… Robespierre a été adulé par le peuple car incorruptible.

     

     

    - Résonance avec l’époque actuelle

    De l’Histoire, Jean-Luc Mélenchon retient qu’il est impossible de vivre autrement que dans un État laïc : « Ce qui nous unifie, c’est l’État ». Il souligne aussi l’action méconnue du peuple. Pas de grandes choses sans l’appui du grand nombre. « Le peuple est acteur de l’Histoire ».

     

    Pour en savoir plus :

    - Le véritable crime de Robespierre : avoir défié la toute-puissance des riches

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    25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 08:01
    France insoumise... Retrouvons nous le 5 Juin à Paris !

    Jean-Luc Mélenchon s'adresse à nous pour nous inviter à nous rendre disponibles le dimanche 5 juin prochain afin de participer, à Paris, à la première manifestation publique de notre notre mouvement en vue de l’élection présidentielle de 2017.

     

    Sources : Lettre de Jean-Luc Mélenchon aux insoumis le 21/04/2016

    Nous sommes plus de 97 000 engagés dans le mouvement la France Insoumise. C’est là un appui décisif pour ma proposition de candidature à l’élection présidentielle de 2017. Notre campagne suit un cours serein et ferme. De tous côtés nous arrivent des aides de toute nature. L’ample mouvement social contre la loi El Khomri qui fait réfléchir et agir le pays en profondeur encourage notre action. Dans le mouvement social autour des syndicats comme dans « les nuits debout » de tout le pays, nous avons tous compris sans nous consulter comment nous comporter : nous mettre au service de l’action et faciliter tout ce qui la renforce, sans ostentation ni récupération. Plus ces mouvements approfondiront la prise de conscience des personnes qui s’y impliquent, plus nous seront forts le moment venu.

     

    Dès lors, notre campagne doit se donner ses propres objectifs et rendez-vous politiques. Notre nombre et notre engagement personnel sont notre force. Et la force va à la force. C’est pourquoi je vous propose de nous retrouver le dimanche 5 juin prochain à 14h à Paris, Place de la Bataille de Stalingrad (M° Jaurès). Nous montrerons notre force dans un rassemblement populaire, gratuit et ouvert à tous. Je souhaite qu’il soit un défilé de la France insoumise. Ce sera le rendez-vous de tous les insoumis qui résistent là où ils se trouvent, quelle que soit la forme de leur engagement : lanceurs d’alertes, syndicalistes, militants écologistes, associatifs... Je crois que ce sera une bonne façon de montrer qui nous sommes et ce que nous voulons.

     

    Je compte sur nous tous pour assurer notre réussite.

     

    Je vous appelle à amplifier l’action pour faire connaître nos idées et mettre en mouvement tous les insoumis du pays en leur proposant de se retrouver le 5 juin. Ainsi, cet événement fera date. J’espère qu’il nous ouvre la voie d’une campagne victorieuse dans l’élection présidentielle. 

     

    C’est possible ! Qui aurait cru, il y a encore quelques semaines qu’un tel mouvement populaire se lèverait contre la cruelle loi Khomri ? Demain, nous obtiendrons le retrait de cette loi. Puis l’élection de 2017 nous donnera le moyen  d’affronter en force l’oligarchie pour rendre le peuple souverain et construire cette nouvelle France insoumise et fière de l’être à laquelle nous aspirons.

     

    Fidèlement, Jean-Luc Mélenchon

     

    - S'inscrire

    France insoumise... Retrouvons nous le 5 Juin à Paris !

    Le dimanche 5 juin est donc organisé à Paris un défilé de la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon prendra la parole. Inscrivez-vous à cet événement afin de recevoir toutes les informations relatives à ce rendez-vous !

     

    - Cars et covoiturages

    France insoumise... Retrouvons nous le 5 Juin à Paris !

    Comment trouver ou organiser un car ou un covoiturage pour participer au défilé de la France insoumise le 5 juin à Paris. Pensez bien à indiquer les éléments suivants :

    - Lieu de départ (avec un numéro de rue, pour permettre de géolocaliser votre covoiturage ou votre car sur la carte)

    - Nombre de places disponibles dans le véhicule

    • Pour tout savoir sur l'organisation d'un car ou un covoiturage, c'est ICI

     

    - Matériel

    France insoumise... Retrouvons nous le 5 Juin à Paris !

    Chacun trouvera  ICI de quoi agir comme bon lui semble pour faire connaître notre rendez-vous : affiches, tracts, autocollants, visuels pour facebook et twitter… Chacun peut évidemment inventer sa manière de transmettre l’invitation.

     

     

    - Aider à financer l'évènement et les cars pour venir

    France insoumise... Retrouvons nous le 5 Juin à Paris !

    Je vous invite aussi à financer si vous le pouvez l’organisation de cet événement en lui-même et des départs en car. Pour cela, un financement participatif est ouvert ICI.

    Un tel événement représente une charge financière importante si l’on veut qu’il soit réussi et visible.

     

    France insoumise... Retrouvons nous le 5 Juin à Paris !
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    1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 08:08
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    30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 08:30
    La Nouvelle Gauche Socialiste appelle à soutenir Jean-Luc Mélenchon

    Anciens cadres nationaux et fédéraux du PS, aujourd’hui membres de la Nouvelle Gauche Socialiste, nous avons quitté le parti d’Epinay, en crise profonde, et comptons parmi les déçus du quinquennat de François Hollande.

     

    Sources :  La Nouvelle Gauche Socialiste le 23 mars 2016

    - Le bilan décevant du quinquennat

    La loi bancaire devait être proclamée pour arraisonner la finance. Elle fut en deçà des recommandations du rapport Liikanen en faveur d’une directive bancaire européenne. La France ne pressa d’ailleurs aucunement son représentant en charge du dossier à la Commission européenne d’en achever l’élaboration. La taxation des transactions financières, qui devait être mise sur pied en coopération renforcée, ne fait toujours pas l’objet d’un appui ferme de l’exécutif.

     

    La réforme fiscale a été enterrée. Bercy s’est-il arrangé avec le Conseil constitutionnel pour «retoquer» le projet de CSG progressive défendu par les «frondeurs» ? Ce dernier n’en répondait pas moins point par point aux objections faites en 1999 au Premier ministre de l’époque, dépositaire du projet et aujourd’hui membre du «conseil des sages».

     

    La lutte contre le chômage est en passe d’échouer, alors que la Commission et le Conseil ont autorisé la France à déroger au «pacte de stabilité» pendant toute la durée du mandat. Ces importantes marges de manœuvre ont été affectées en pure perte au redressement de la part des profits dans la richesse nationale. Leur octroi aurait pu être conditionné à de l’investissement utile. Elles auraient encore pu être consacrées à la transition énergétique, aux services publics et à la redistribution. Enfin, la loi travail et la réforme constitutionnelle sont aussi symptomatiques du virage conservateur de l’Exécutif, qu’inaptes à inverser la courbe du chômage et à lutter contre le terrorisme. Elles affaibliront inévitablement le salariat et la démocratie.

     

     

    - Le piège de la primaire

    Certaines voix en appellent à une primaire de toute la gauche pour désigner un candidat susceptible de se «qualifier» pour le second tour afin de faire barrage à l’extrême droite. Nous n’y participerons pas. Pour mobiliser les déçus du quinquennat, ce candidat devrait en effet, au minimum, défendre le programme du Bourget. Or, rien n’est moins sûr. Les expériences de 2007 et 2012 indiquent qu’une primaire, pourtant ultra-médiatisée, ne mobilise que partiellement l’électorat populaire et qu’elle finit par désigner le candidat le mieux placé dans les sondages. Elle musellera pour le reste du débat électoral toutes les forces qui auraient choisi d’y participer dans le but de réorienter la gauche. En participant à cette primaire, ces forces seraient inévitablement perçues comme des forces d’appoint du candidat social-libéral qu’elle aura contribué à légitimer, mais qui aura peu de chance de franchir le premier tour de l’élection présidentielle.

     

    Seule une candidature «hors système», c’est-à-dire dépassant les frontières et jeux des «appareils» existants, est de nature à enclencher une nouvelle dynamique populaire susceptible d’atteindre à un score proche ou égal au seuil de qualification pour le second tour. Son espace politique, au carrefour de la République, du socialisme et de la planification écologique est, à l’évidence, identifiable.

     

     

    - Le candidat de la raison

    Plusieurs personnalités pensent que leur tour est venu d’incarner un tel destin. Les traits de caractère sont parfois mis en avant pour comparer les impétrants. Personne n’a, à cet égard, le monopole de la passion et de la grandiloquence, ni de l’égocentricité et de l’autoritarisme. A l’aune de ces critères, nombre de prétendant(e)s susceptibles de faire le choix de s’enfermer dans le piège de la primaire sont relativement bien classés. Pour les progressistes, seule la raison doit guider l’action et considérer les personnalités qui, par le symbole de leurs engagements, sont aujourd’hui en position d’incarner l’espoir d’une résistance au mouvement de balancier vers la droite, en passe d’emporter notre pays.

     

    C’est pourquoi, nous apportons notre soutien à la proposition de candidature faite par Jean-Luc Mélenchon, la mieux placée pour incarner, auprès de ceux qui souffrent, la France insoumise à l’ordre établi.

    L’élection présidentielle est l’élection majeure à l’occasion de laquelle de nouvelles générations de citoyens s’engagent collectivement en politique, pour peu qu’une perspective s’ouvre.

    Elle est l’occasion d’expérimenter de nouvelles pratiques susceptibles de jeter les bases d’un futur rassemblement citoyen à la française.

    Le moment est venu d’en bâtir les fondations.

     

    Premiers signataires

    • Liêm Hoang-Ngoc Ex-membre du bureau national du PS
    • Julien Jusforgues Ex-membre du conseil national
    • Daniel Bonnot Ex-membre de la Commission nationale des conflits
    • Roger Tropéano Ex-délégué national
    • Catherine Renaud-Mayer Ex-première secrétaire fédérale de la Manche
    • Laurent Beaud Ex-membre du bureau fédéral de l’Hérault
    • Alain Bourgeade Ex-membre du bureau fédéral de Haute-Garonne
    • Jean-Claude Bridon Ex-membre du bureau fédéral du Cher
    • Fabienne Chiche Ex-membre du bureau fédéral du Val-de-Marne
    • Annie Darrieux Ex-membre du bureau fédéral du Gers
    • Sabrina Ghallal Ex-membre du bureau fédéral de la Marne
    • Denis Gouteux Ex-membre du bureau fédéral du Cantal
    • Nicolas Grondin Ex-membre du bureau fédéral de l’Essonne
    • Laurent Hecquet Ex-membre du bureau fédéral du Puy-de-Dôme
    • Catherine Laur Ex-membre du bureau fédéral de l’Aveyron
    • Frédéric Martin-Delvincourt Ex-membre du bureau fédéral des adhésions de Paris
    • Jean-Claude Maurin Ex-membre du bureau fédéral du Gard
    • Anas Moutabarrik Ex-membre du bureau fédéral de la Marne
    • Daniel Orts Ex-membre du conseil fédéral de l’Aveyron
    • Franck Rey Ex-membre du bureau fédéral du Cantal
    • Olivier Spinelli Ex-membre du bureau fédéral de la Somme.

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Soutien à Jean-Luc Mélenchon : Le pari d’une candidature précoce et de la personnalisation

    - Appel aux élus(es) pour le parrainage de JLM en 2017

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    25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 09:27
    Appel aux communistes : Faisons de la candidature de JL Mélenchon l’occasion d’un grand rassemblement

    Il faut abandonner la guerre des égos, en commençant par ne pas mettre le nôtre en avant et construire du rassemblement. Un très large rassemblement pour les présidentielles autour de la seule candidature crédible à ce jour pour relever le défi de toutes les faillites de la droite et de la gauche et autour de plus d’un millier de candidatures le plus diverses possibles pour les législatives.

     

    Sources : Le blog de Francis PARNY membre du Conseil national du PCF | le 13 février 2016

    - Toutes les remarques faites sur l’annonce de sa candidature par Jean-Luc Mélenchon portent sur la forme.

    • La démarche serait trop présidentialiste ? Au moins il ne se trompe pas d’élection.
    • Sa personnalité poserait problème, il est trop ceci, trop cela.
    • Voulons-nous un candidat ou une candidate qui n’aie pas de personnalité ?

     

    En 2012 le résultat tien d’abord au fait que « l’offre » que portait notre candidat correspondait à un manque dans « l’échiquier » politique. Elle était la seule à donner de l’espoir à celles et ceux qui se revendiquaient de gauche. Mais qui ne se souvient de quelque meeting en particulier sur les bords de la méditerranée où cet orateur nous tirait des larmes de par le sens de ses propos. Et combien j’ai vue de militantes et de militants communistes qui prenaient plaisir à ses émissions de télévision parce que sa pugnacité leur rappelait quelqu’un.

     

    • Lui reproche-t-on d’être un mauvais candidat ? Je ne l’ai pas entendu.
    • Lui reproche-t-on ses premières argumentations ? Je ne le concevrai pas puisque si l’on veut gouverner la France autrement il faut bien dire comment on fera avec Bruxelles, puisqu’on ne peut mettre sur le même pied les corrompus et les syndicalistes de Goodyear et d’ailleurs, puisqu’enfin la crise écologique doit être surmontée.

     

    Reste la question d’une proposition unilatérale, pas suffisamment ou pas du tout collective. Il faut respecter les partenaires, faire de « l’en commun » dit un de nos dirigeants.

     

     

    - Et bien « chiche » ! Pourquoi serait-il trop tard ?

    Faisons de la candidature de JL Mélenchon une grande candidature de rassemblement, trans-partis, populaire pour une alternative aux politiques néolibérales soutenues par Hollande, Sarkozy, Juppé et autre Fillon, alternative au populisme libéral du FN.

     

    Tout le monde a souligné que l’annonce de JL Mélenchon était un « secret de polichinelle » mais utilisons au moins la forme qu’il lui a donnée, celle d’une proposition.

     

    Pensons-nous que Jean-Luc Mélenchon serait assez fou pour ne pas discuter du soutien du plus grand parti de masse avec 70 000 adhérents (seul LR est devant et continue bien sûr de faire des adhésions) ou de l’ensemble des formations du FDG.

     

    Une réunion entre le PCF et Le PG doit avoir lieu ou bien a eue lieu ces jours-ci. Faisons des propositions et rendons-les publiques.

     

    Nous pourrions à cette occasion « corriger » la première réaction du PCF par son porte-parole indiquant que la candidature n’avait pas été discutée avec le PCF et proposer que tout le Front de gauche discute des moyens d’enclencher une grande dynamique sans oublier de s’adresser, collectivement car c’est la seule façon pour qu’il soit crédible, à la société civile.

     

    Nous pouvons décider des formes dans lesquelles nous devons actualiser « l’Humain d’abord », des positionnements que nous porterons. Le terme d’insoumission semble déjà adoubé de nombreuses personnes. Après tout « on ne lâche rien » reste d’actualité.

     

    Nous pourrions surtout discuter des processus de désignations du millier de candidates et de candidats qui pourraient porter dans la présidentielle et dans la continuité, aux législatives, les mêmes options de société et de pratiques politiques. Voilà ce qui serait une grande campagne collective où les talents s’additionneraient. Si par malheur Hollande ou la droite l’emportait comment résisterions-nous à la vague des candidats « présidentiels » sans dès maintenant affirmer cette logique collective.

     

     

    - Et puis pourquoi abandonner l’espoir de gagner ?

    Les rejets de Hollande comme de Sarkozy se traduisent par des scores annoncés sans doute inférieur à 15% des inscrits sur les listes électorales. Ils ouvrent la voie pour une dynamique gagnante à condition que nous affirmions dans l’unité la plus large que c’est possible, que c’est ce que nous voulons, que c’est la seule issue positive pour notre pays.

     

    On dira que c’est un rêve ? Et alors, à quoi sert de faire de la politique sans rêver un monde nouveau, un monde meilleur. Il est vrai que des épisodes comme le remaniement ministériel « désespèrent » de la politique.

     

    Certains, dans le PCF, se réclament de la poursuite du Front de gauche pour déplorer la forme de la candidature annoncée, Hugo Touzet vient de signer une nouvelle tribune allant dans ce sens dans le Nouvel Observateur après la tribune collective publiée sur Médiapart avec Alexandre Fleuret et Manuel Menal,

     

    A ceux-là (et sans doute le féminin existe-t-il) je leur dis tout particulièrement ne restez pas spectateur de ce que vous ressentez comme un échec. Il n’est pas trop tard. Agissez pour exiger qu’on redonne vie au FDG.

     

     

    - D’ailleurs sachez que le FDG a discuté de 2017. Bien sûr ! Qui peut croire le contraire ?

    La décision de créer un groupe de travail sur l’actualisation de « l’humain d’abord » a été discutée, restée lettre morte comme beaucoup d’autres propositions.

     

    Et sur la candidature un mouvement majoritaire s’est dessiné pour dire qu’elle devait relever d’un processus collectif. Avec cette remarque amusante venant d’un membre d’Ensemble affirmant son attachement à ce principe, même s’il semblait évident pour lui que Jean-Luc Mélenchon au final serait le candidat. Pourquoi cette évidence sinon parce qu’aucune initiative publique du FDG n’a été prise depuis 2013 permettant de faire émerger « des » candidatures du FDG capables de s’opposer aux dérives libérales de ce pouvoir.

     

    Et puis il faut être conséquent, on ne peut pas à la fois développer un processus collectif dans le FDG et s’engager dans des primaires dont on ne connait pas les contours, à la recherche d’un programme définit par le peuple comme si nous étions dépourvus de tout et sans garanties de se retrouver avec une candidature que nous pourrions soutenir.

     

     

    - Alors arrêtons de parler de la guerre des égos pour ne s’en prendre qu’à un seul égo.

    Avec vous remarqué l’égo d’une personne courageuse que certains se sont précipités à voir déjà candidate unique de « la gauche ». Christiane Taubira dont le combat inlassable sur l’égalité est respectable, est partie en casque, à vélo, de son ministère. Elle aurait pu faire plus simple. A pied par exemple. Elle a publié le lendemain de sa démission un livre que sans doute elle n’a pas écrit et imprimé dans la nuit. Voici un bel exemple de communication au service d’un égo. D’ailleurs elle ne rejette pas le qualificatif d’orgueilleuse à son égard puisqu’elle fait de ce trait une qualité.

     

    Elle l’a dit dans l’émission très people « on n’est pas couché » dans laquelle elle a refusé de répondre plusieurs fois aux questions des journalistes à qui elle a coupé la parole, qu’elle a invité à réduire leur égocentrisme, tout cela accepté par les dits journalistes avec le sourire ; « c’est un tel personnage qu’on ne peut lui en vouloir ». Y aurait-il des égos que l’on ne dénigre pas ?

     

    Alors relevons le défi d’une grande campagne collective sur quinze mois avec Jean-Luc Mélenchon comme candidat aux présidentielles, plus d’un millier de candidats aux législatives et des dizaines de milliers de citoyens et de citoyennes qui ne rêvent que d’une chose, retrouver l’espoir.

     

    Post-Scriptum : permettez-moi de remercier celles et ceux qui ont tenu à commenter ma dernière tribune. Je les ai lus. Un ami m’a fait remarquer que toutes ces contributions représentaient 74 feuilles words et qu’il fallait plus d’une heure et demie pour les lire. Ce qui me frappe aussi c’est la tonalité très largement positive à l’égard de l’annonce de JLM.

     

    Francis PARNY lance un appel aux communistes via une pétition :

    "Communistes, nous soutenons Jean-Luc Mélenchon pour 2017"

     

    "Pour 2017 les communistes doivent sans attendre s'engager pour gagner, avec la seule candidature d'alternative déclarée celle de Jean-Luc Mélenchon...."

     

    - Pour lire la suite et signer l'appel, c'est ICI

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Le « piège » des primaires c’est le risque de la disparition d’une alternative pour notre pays

    - La dernière chance de la gauche par Pascale Fautrier

    - Communistes, nous demandons la sortie, sans plus attendre, du PCF du processus des « primaires »

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    27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 11:52
     "L’ère du peuple" : sortie de la version 2016 de poche

    - L'ère du peuple....

     

    Nouvelle édition revue et augmentée  
    « Je propose de voir plus loin que l’horizon désespérant du présent. Regardons le monde fascinant qui s’est constitué sous nos yeux en quelques décennies.

     

     

    Un monde chamboulé par l’explosion du nombre des êtres humains, couvert de villes, où l’occupation de la mer elle-même a débuté. Mais un monde engagé dans un changement climatique irréversible et un bouleversement de la hiérarchie des puissances qui menacent l’existence même de la civilisation humaine.Un monde où surgit un acteur nouveau : le peuple.

     

    • Sa révolution citoyenne peut tout changer, en commençant par faire entrer la France dans la 6e République. » 
    • Retrouvez l’actualité de Jean-Luc Mélenchon et celle de ce livre sur www.melenchon.fr 

     

    Le livre est disponible dans toute bonne librairie ou  ICI

     

     

    -  Retour sur la conférence organisée à Paris le 15 février pour la sortie du livre.

     

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    • : Bibliothèque INSOUMISE.
    • : Pour S'INFORMER, COMPRENDRE, INFORMER, MOBILISER, AGIR ENSEMBLE et GAGNER par une révolution citoyenne dans les urnes.
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    • Pour une Révolution citoyenne par les urnes
    • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT  de 1978 à 2022.
    • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.

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