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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 13:05
Méthode Alinsky ou comment politiser les colères du quotidien ?

Pour la France insoumise, c'est : " L’auto-organisation au service de la révolution citoyenne[1] "

 

En France comme aux États-Unis, les classes populaires boudent les urnes et semblent exclues du jeu politique. Pour y remédier, des militants misent sur la méthode imaginée par l’intellectuel américain Saul Alinsky, qui promet de rompre avec la résignation grâce à l’« organisation communautaire ».

 

Sources : LE MONDE Diplomatique par  Clément Petitjean[2]

- En cette soirée de novembre 2017, une centaine de personnes sont réunies dans une salle de l’Est parisien à l’invitation du pôle auto-organisation de La France insoumise.

L’atelier du jour est consacré à la méthode Alinsky, du nom du théoricien de l’« organisation communautaire » (community organizing). Cette forme de militantisme de quartier est apparue aux États-Unis il y a près de quatre-vingts ans, mais demeure largement méconnue en France. Les deux intervenants, M. William Martinet et Mme Leïla Chaibi, louent une « méthode d’auto-organisation citoyenne » qui part « des préoccupations immédiates et concrètes » des habitants afin de leur « redonner du pouvoir ». « J’ai été bluffée par la capacité du community organizing à aller chercher les gens », explique Mme Chaibi ; la méthode Alinsky, « ça marche ».

 

En France, l’intérêt pour Saul Alinsky (1909-1972) n’a cessé de croître ces dernières années. Ses principaux écrits ont été traduits ou retraduits[3] ; des colloques, des ouvrages universitaires ou des numéros de revue lui ont été consacrés. Et des collectifs qui s’en réclament ont vu le jour, telles l’Alliance citoyenne de Grenoble et celle d’Aubervilliers, les associations Zonzon 93 de Villepinte ou Stop le contrôle au faciès, qui combat les pratiques discriminatoires de la police. La République en marche commence également à s’y intéresser : en novembre dernier, elle a invité l’universitaire américain Lex Paulson à vanter les vertus de l’organisation communautaire auprès de ses militants[4].

 

Mais La France insoumise a été le premier mouvement politique à revendiquer explicitement l’héritage d’Alinsky. En août 2017, plusieurs ateliers de ses « amphis d’été » ont exploré cette technique supposée permettre « la reconquête des quartiers populaires[5]  ». Le pôle « auto-organisation » — terme choisi par La France insoumise pour traduire community organizing — a alors été créé. En plus de mettre sur pied des ateliers publics, il a récemment édité une note présentant les « principes pour développer l’auto-organisation populaire » : « frapper aux portes », « tisser les colères », « cibler les puissants » et « agir nous-mêmes ».

 

Théorisée et mise en pratique par Alinsky, l’organisation communautaire se présente comme une méthode très codifiée pour mobiliser les classes populaires. Un petit groupe de permanents salariés — les community organizers organisateurs communautaires ») — doit d’abord s’immerger dans un territoire. Puis, grâce au porte-à-porte ou à des entretiens individuels, ces professionnels recueillent les doléances des habitants afin de faire jaillir leurs revendications concrètes. Une fois ce travail accompli, ils élaborent une stratégie d’intervention, planifient des réunions préparatoires, imaginent des actions collectives et inventives, des techniques originales de lobbying, tout en relançant les membres bénévoles pour s’assurer de leur participation. Les campagnes doivent être gagnables — inutile de vouloir mettre à bas le racisme ou le capitalisme — et découler des préoccupations immédiates des habitants : les expulsions locatives, la fermeture d’un lycée, l’accès à la santé…

 

Cette méthode permettrait, selon Alinsky, de faire émerger des « organisations d’organisations » qui se rassemblent autour d’un programme élaboré en commun. Cet « ensemble de principes, de buts et de pratiques sur lesquels le peuple s’est mis d’accord[6]  » ne doit pas être trop détaillé : « Après tout, le véritable programme démocratique, c’est un peuple qui s’intéresse à la démocratie », écrit Alinsky. Dans cette perspective, la participation citoyenne n’apparaît pas comme un moyen pour la mise en œuvre de mesures politiques (de redistribution, par exemple), mais comme sa propre fin.

 

 

- Autonomie et indépendance

La méthode Alinsky naît formellement en juillet 1939 à Chicago, avec la création du conseil de quartier de Back of the Yards (Back of the Yards Neighborhood Council, BYNC), un territoire ouvrier du sud de la ville où vivent une majorité d’immigrés. Ancien travailleur social, Saul Alinsky s’associe à un dirigeant communiste du syndicat des travailleurs des abattoirs et à un évêque catholique progressiste pour le mettre en place. Il regroupe les représentants de diverses organisations du quartier (Églises, associations d’entraide, groupes de riverains, syndicats…) autour d’un double objectif : lutter contre les problèmes sociaux des habitants, divisés en fonction de leurs origines nationales, en les fédérant autour d’intérêts communs, et faire ainsi émerger un contre-pouvoir populaire et des porte-parole légitimes, capables de faire pression sur les élus pour défendre ces intérêts. La presse locale, puis nationale, encense le BYNC, s’émerveillant devant un « miracle démocratique » qui pourrait « sauver le mode de vie américain »[7], menacé à la fois par les fascismes européens et par le communisme soviétique.

 

Fort de ce succès inattendu, et afin de pérenniser le type d’intervention qu’il a expérimenté à Chicago, Alinsky crée en 1940 la Fondation des espaces industriels (Industrial Areas Foundation). Il s’appuie pour cela sur certaines fractions des classes dominantes : la philanthropie et les milieux d’affaires réformateurs, les professions libérales et la puissante Église catholique. Proche du philosophe catholique français Jacques Maritain (1882-1973), Alinsky bénéficie des généreuses subventions de l’archidiocèse de Chicago. Ces relations privilégiées avec l’Église lui permettent d’échapper à la répression maccarthyste après la seconde guerre mondiale et de poursuivre son entreprise de « participation citoyenne ». Il peut ainsi voyager à travers le pays, multiplier les conférences, créer plusieurs structures comparables au BYNC et former des dizaines de personnes à l’organisation communautaire.

 

Mais sa proximité avec la hiérarchie catholique dépasse les seuls liens institutionnels. Sa méthode — s’immerger dans un quartier, recueillir des doléances, et mettre en œuvre une action collective à visée réformiste — évoque la pédagogie du « voir, juger, agir », au fondement de la doctrine sociale de l’Église. De plus, la notion de « communauté », au cœur de ses interventions, n’est pas sans rappeler les paroisses qui structurent historiquement la vie locale aux États-Unis.

 

L’organisation communautaire connaît une forte expansion dans les années 1970. Les militants étudiants, noirs ou pacifistes, les hippies et les féministes des sixties n’ont pas fait advenir la révolution sociale, politique et culturelle tant attendue. Les mobilisations nationales pour de grandes causes laissent place à ce que l’historien Michael Stewart Foley appelle les « front porch politics[8]  » politiques de proximité »), des luttes concernant des problèmes purement locaux, volontairement dissociées de questions stratégiques plus larges : les expulsions de locataires à New York, l’accaparement des terres par l’industrie agroalimentaire dans le Midwest, les déchets toxiques en Californie… De nouveaux groupes voient le jour, dans lesquels on retrouve d’anciens militants qui ont troqué leur fougue révolutionnaire contre une vision plus réformiste et moins radicale du changement social. Souvent formés en sociologie, en histoire ou en science politique à l’université, ces militants érigent l’organisateur en expert de la mobilisation des pauvres, tout en s’écartant parfois des préceptes d’Alinsky. Mais ce métier manque encore de reconnaissance sociale.

 

Au même moment, le tournant néolibéral amorcé par M. James Carter en 1977, puis durci par Ronald Reagan quatre ans plus tard, confère une place croissante à la « société civile » et aux associations. Au nom de l’autonomie et de l’indépendance des « communautés » — un thème cher aux milieux libéraux comme aux mouvements de libération noirs —, les pouvoirs publics se désengagent de certains services destinés aux pauvres et les délèguent à des « organisations communautaires » locales, qui fournissent divers services sociaux[9]. Loin de s’opposer au démantèlement de l’État social américain, déjà bien maigre, la méthode Alinsky s’y adapte parfaitement.

 

Ce n’est donc pas un hasard si les organisateurs acquièrent leur légitimité institutionnelle à partir des années 1980, en même temps que leur nombre se multiplie. L’élection de M. Barack Obama en novembre 2008 achèvera d’imposer cette stratégie d’intervention comme une pratique politique de référence. Lui-même ancien professionnel de la mobilisation à Chicago dans les années 1980, M. Obama utilise ces techniques bien rodées pendant sa campagne. Alors que, cinquante ans plus tôt, « se présenter comme organisateur communautaire revenait à dire qu’on était un touriste d’Alpha du Centaure[10]  », cette figure est désormais reconnue nationalement.

 

La période néolibérale révèle à la fois les forces et les failles de ce modèle. Au cours des trente dernières années, l’organisation communautaire s’est affirmée comme l’un des rares canaux de représentation populaire dans le champ politique américain, dans un contexte où les syndicats sont moribonds et où le Parti démocrate et le Parti républicain s’apparentent toujours davantage à de simples machines électorales. On lui doit, au niveau local, un certain nombre de victoires récentes. À Chicago, des groupes qui s’en réclament — tout en se montrant critiques de l’héritage alinskien — ont par exemple obtenu la réouverture par l’université, après plus de vingt-cinq ans d’interruption, d’un centre de soins pour blessures graves (trauma center) dans le sud de la ville, ou encore empêché la fermeture du lycée Walter H. Dyett, le dernier lycée public du quartier noir historique de Bronzeville. Par ailleurs, plusieurs figures de la nouvelle génération militante ont fait leurs premières armes en tant qu’organisateurs communautaires. C’est le cas de Mme Patrisse Cullors, l’une des trois fondatrices du mouvement Black Lives Matter (Les vies des Noirs comptent), ou de M. Carlos Ramirez-Rosa, jeune conseiller municipal à Chicago et membre du parti Socialistes démocrates d’Amérique (Democratic Socialists of America), proches de M. Bernie Sanders.

 

 

- Refus des idéologies

Toutefois, face au glissement à droite de l’échiquier politique américain, l’organisation communautaire a témoigné d’un opportunisme politico-stratégique en définitive assez inoffensif. Alinsky a toujours explicitement refusé toute idéologie, vantant les mérites d’une realpolitik pragmatique : peu importe qui gouverne, tant qu’il est possible de négocier et d’obtenir des victoires, aussi maigres soient-elles. Dans ses écrits, le théoricien se montre obsédé par la question du pouvoir, qu’il n’envisage jamais en termes de prise de l’appareil d’État, mais de constitution de contre-pouvoirs populaires. La tâche politique principale de l’organisateur se limite ainsi à mobiliser le « peuple » pour réformer la démocratie américaine. « Le feu, l’énergie, la vie de la démocratie réside dans la pression populaire, affirme-t-il. La démocratie elle-même est un gouvernement répondant constamment aux pressions continues de son peuple[11].  »

 

Le « peuple » d’Alinsky n’a toutefois d’existence qu’au travers de ses représentants. Selon le théoricien, l’organisateur doit s’appuyer sur les logiques de notabilités locales afin d’identifier les « leaders naturels » d’un quartier, car eux seuls seraient capables de faire bouger les foules. « La seule manière d’atteindre le peuple est de passer par ses représentants ou ses leaders, écrit-il. (…) Connaître l’identité de ces leaders naturels, c’est comme connaître le numéro de téléphone du peuple. Parler avec ces leaders naturels, c’est comme parler avec le peuple. » L’auto-organisation est donc bien encadrée.

 

Notes :

[1] L’auto-organisation au service de la révolution citoyenne

[2] Doctorant en civilisation américaine à Sorbonne Université.

[3] Saul Alinsky, Être radical. Manuel pragmatique pour radicaux réalistes, Aden, Bruxelles, 2012, et Radicaux, réveillez-vous !, Le Passager clandestin, Lyon, 2017.

[4] Julien Martin, « Le peuple de Macron », L’Obs, Paris, 16 novembre 2017.

[5] Quentin Laurent, « Méthode Alinsky : comment les “insoumis” veulent reconquérir les quartiers », Le Parisien, 26 août 2017.

[6] Saul Alinsky, Reveille for Radicals, Vintage, New York, 1989 (1re éd. : 1946)

[7] Chicago Daily News, juillet 1940 ; New York Herald Tribune, 21 août 1940. Cité par Sanford D. Horwitt, Let Them Call Me Rebel, Saul Alinsky, His Life and Legacy, Vintage, 1992 (1re éd. : 1989).

[8] Michael Stewart Foley, Front Porch Politics : The Forgotten Heyday of American Activism in the 1970s and 1980s, Hill and Wang, New York, 2013.

[9] Olivier Zunz, La Philanthropie en Amérique. Argent privé, affaires d’État, Fayard, Paris, 2012.

[10] Nicholas von Hoffman, Radical : A Portrait of Saul Alinsky, Nation Books, New York, 2010.

[11] Saul Alinsky, Reveille for Radicals, op. cit.

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12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 08:30

- Le 15 mars, à l’appel de 9 organisations, 200 000 retraité-e-s ont exprimé le mécontentement et la colère de millions d’autres face à cette ponction de CSG et exigé la revalorisation de leurs pensions

Le gouvernement, obligé de tenir compte de la force de ces rassemblements, imagine qu’en annonçant un allègement de CSG pour certaines personnes fera taire la colère de millions de retraité-es mécontents.

 

Environ 100 000 ménages dont le revenu fiscal de référence (RFF) se situe juste au-dessus du seuil retenu pour cette augmentation, soit 14 404 euros, seraient concernés.

 

Le comble du mépris c’est que cette décision ne serait effective qu’en 2019 !!

 

Dans leurs circonscriptions, les parlementaires font face à la colère de ces millions de retraité-es.

 

Loin d’être des « nantis » de la « génération dorée », les retraité-es ne méconnaissent nullement la solidarité intergénérationnelle qu’ils pratiquent tous les jours dans leur entourage. Quand le gouvernement offre des milliards de cadeaux fiscaux aux grands patrons et aux plus riches, c’est aux retraité-e-s qu’il demande de compenser la baisse du pouvoir d’achat des salariés !!

 

L'heure est à la poursuite de l'action...

 

En Charente Maritime aussi, le jeudi 14 juin 2018, les retraités seront dans la rue
  • Pour signer la pétition, c'est ICI
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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 21:18
 Pour combattre la résignation, multiplions les fissures !

" L'enjeu est de sortir les gens de la résignation " F. Ruffin

 

Un camarade m'écris : « C'était bien le 26 mai, même si trop calme. Aujourd'hui, on fait quoi à part se regarder le nombril ? C'était encore juste un truc de merde pour calmer nos ardeurs ?  »

 

Sources : Eric Durand, par Eric DURAND modifié le 19 septembre 2019

- Je comprends son propos et je lui ai répondu : « Pour combattre la résignation, multiplions les fissures ! »
Car personne ne se regarde le nombril ! Tout le monde est victime de la situation.

Regardons la, cette situation telle qu'elle est.

Car tout à la fois, nos concitoyens :

  • sont assommés par la multiplication des vacherie annoncées ;
  • subissent la division syndicale et un syndicalisme réformiste majoritaire ;
  • sont victimes de la très faible implantation syndicale (environ 11% de syndiqués essentiellement dans la fonction publique). En 2005, seulement 30% des établissements de 20 à 49 salariés et 60% des établissements de 50 salariés et plus ont des élus syndiqués et DS[1] ce qui ne veut pas dire une implantation syndicale réellement active. En 2012  (51,6 %) des salariés sont dans des entreprises de moins de 49 salariés[2].... (et certains voudraient que l'on appelle à la gréve générale ou insurrectionnelle) ;
  • ont peur de la répression patronale qui est bien réelle et de la précarité du travail qui éloigne les jeunes de l'engagement syndical[7] ;
  • sont victimes de discrimination au travail quand ils sont syndiqués (un sur deux)[8] ;
  • constatent que depuis 12 ans et le retrait du CPE,  il n'y a pas eu de victoire sociale d'ampleur et que si cela n'a pas été un échec total... patronat et gouvernements on réussi pour l'essentiel, a faire passer leurs projets ;
  • voient bien que la présence de bastions syndicaux puissants (ex : SNCF, EDF....) n'ont pas empêché les mauvais coups de pleuvoir... y compris pour les salariés de ses entreprises là ;
  • sont freinés par le risque de perdre leur emploi en cette période de fort chômage ;
  • ont été trahis dans leurs espoirs par les différents gouvernements dits " de gauche " qui ont mené une politique... de droite et ne se retrouvent plus dans les classification ou qualificatif " de gauche " qui a été dévoyé ;
  • sont massivement anesthésiés par le 4iéme pouvoir (celui des médias) qui ne cessent de vomir sur les syndicats qui se battent et la seule force d'opposition réellement puissante (la FI) et en capacité de rassembler ;
  • sont empêtrés par les difficultés du quotidien et ne trouvent pas le temps du recul nécessaire à la réflexion et au débat ;
  • ne participent plus à la vie politique[6] (42% des ouvriers n'ont pas voté aux dernières élections présidentielles[4]), ou votent FN à 37% (26% pour les privés d'emploi)[3], non pas par adhésion à son programme, mais par rejet de ceux qui les ont trahi en se présentant sous étiquette " de gauche " (Sur le phénomène d'abstention, le vote ouvrier lire aussi : Les chiens votent Front National ! Certains chats aussi !  ;
  • subissent les divisions artificielles et savamment entretenues entre le monde syndical, associatif et politique sous de fallacieux arguments politiciens voire des certitudes pour ne rien bouger au nom de la Charte d'Amiens[5] ;
  • ou se réfugient dans la violence individuelle pour s'attaquer au système (black blocs ou autres)...

en définitive, pour la masse d'entre eux, sont résignés parce-qu'ils ne voient pas d'issue !

 

 

-Construire une issue, combattre la résignation, ça, c'est notre taf !
Certains d'entre nous se disent révolutionnaires, c'est bien !
Mais être révolutionnaire, ce n'est pas appeler à la grève générale tous les jours quand on sait ce que je viens d'exposer.

Regardons ce qu'en dit Jean Ziegler qui appelle à " l'insurection des consciences "
 

Être révolutionnaire c'est « être capable d'entendre pousser l'herbe » ; « la révolution avance sur les pas d'une colombe » : ces pensées, confiées respectivement par Marx et Nietzsche (deux des plus fins observateurs du processus révolutionnaire -, invitent leurs disciples d'aujourd'hui à faire preuve d'une extraordinaire attention à chaque bruissement, à chaque opportunité de composer un peu mieux, un peu plus cette insurrection collective.... [...]

Ou bien c'est nous qui abattrons l'ordre cannibale du monde, ou c'est personne.
Mais si nous ne sommes pas capable en ce moment de le faire tomber par un affrontement généralisé (citoyen, social, associatif) à l’échelle d'un pays, voire planétaire, et bien frappons le de multiples coups jusqu'à le fissurer.... et engouffrons nous dans la fissure !

« Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures », Ernesto Che Guevara.... !
L'espérance prend forme dans l'existence de ces fissures, et surtout dans la perspective de nouvelles fissures.

 

Chaque lutte, chaque élargissement de la base du rassemblement est une nouvelle fissure dans le système économique et politique en place (la lutte des cheminots, celle héroïque des infirmiers du Rouvray, la mobilisation du 26 Mai..., en sont chacune une, la révolte citoyenne des gilets jaunes en constituant une étape essentielle).... alors multiplions les fissures !

 

Note :

[1] http://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/2007.04-14.2.pdf

[2] Les salariés dans les entreprises en 2012, selon leur taille

[3] Présidentielle 2017 : ouvriers, chômeurs, jeunes... Qui a voté quoi ?

[4] Front national ou abstention : comment votent les ouvriers

[5] Jean-Luc Mélenchon : de Macron à l'hypocrisie de la Chartre d'Amiens

[6] On rappelle que les classes populaires ont été les plus abstentionnistes à l'élection présidentielle de 2017, comme l'analyse Céline Braconnier dans son article intitulé : "pas de chrysanthèmes pour les variables lourdes de la participation" publié dans la Revue Nationale Française de Science Politique du printemps 2018. Les petites classes moyennes se sont également abstenues, mais un peu moins que les classes populaires. On entendait un éditocrate traiter de façon péjorative les Gilets Jaunes "d'abstentionnistes", sous-entendu des citoyens de seconde zone : qui, n'ayant pas voté, n'ont pas droit au chapitre. Pourtant, ce sont bien ces "abstentionnistes", qui redéfinissent complètement le périmètre du champ politique, réservé jusque là aux seuls professionnels de la politique. Et surtout les thèmes prioritaires comme l'amélioration du pouvoir d'achat, thème tombé depuis longtemps en déshérence par la "gôche", et on parle d'expérience : m'étant faite traiter "d'archéo" et de ringarde", pour se battre et s'être battue constamment sur ce thème. En revanche, on regrettera que les GJ ne parlent pas davantage de la situation des chômeurs et des bénéficiaires de minimas sociaux.   

[7] La précarité du travail éloigne les jeunes de l'engagement syndical

[8] sont victimes de discrimination au travail quand ils sont syndiqués (un sur deux)

 

Pour en savoir plus :

- François Ruffin : « L’enjeu est de sortir les gens de la résignation »

- Tisser les luttes par Frédéric Lordon

- Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures

- C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis !

- Jean-Luc Mélenchon : « La construction d’un peuple révolutionnaire n’est pas un dîner de gala »

- Le 26 mai, ils ont braqué Paris !

- Serge Halimi : Pas de convergence des luttes sans une perspective politique

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 09:52
Macron... une idée en gestation : supprimer la 5ème semaine de vacances ?
Macron... une idée en gestation : supprimer la 5ème semaine de vacances ?
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C. Barbier en éclaireur pour préparer le terrain ?

 

Invité de M comme Maïtena le 7 mai, Christophe Barbier a remis ça (il en avait déjà mis une louche le 28 juillet 2017) en estimant qu'il faudrait renoncer provisoirement à la 5e semaine de congés payés ainsi qu'aux RTT.

 

Sources : AVC. Parcours du combattant  par Willy | mis à jour le 20 mai 2020

Ainsi, c'est le très libéral Christophe Barbier, éditorialiste de l'Express (propriété de Mr Drahi-BFM-WC), et supporter ultra libéral de Macron, qui prépare le terrain de ce qui se trame dans les coulisses du pouvoir et pourrait bien, une fois le seconde journée de solidarité (travail gratuit) digérée attendre les Français à une rentrée prochaine.

 

Ne vous trompez pas : Barbier n'est là que pour lancer les idées libérales les plus révoltantes si chères à Macron, afin d'habituer les gens aux mesures d’austérité les plus dures, lisez bien :

" De nombreux Français seront en vacances dès ce soir et se reposeront pendant le mois d'août. Les vacances, rite sacro-saint en France peuvent-elles être menacées? ... quand on regarde la situation économique actuelle, l'idée d'un gros coup de collier où les gens renonceraient à une partie de leurs vacances est toujours d'actualité. Nous nous sommes offerts en 1981, une cinquième semaine de congés payés. Mais il serait temps, aujourd'hui, que les Français renoncent d'eux-mêmes à cette cinquième semaine. Quatre semaines de vacances et on supprime aussi les RTT. Je sais que je ne vais pas me faire beaucoup d'amis, mais je vous souhaite, quand même, de bonnes vacances ".

 

Tu as raison Barbier, suppot du MEDEF et de la finance, messager de Macron qui va raser de près les Français, tu portes bien ton nom.

Ton prochain édito sera certainement sur la suppression de la 4e semaine, puis la 3e semaine, afin d'arriver au système américain de seulement 15 jours de congés par an...

 

Commentaire pertinent d'un lecteur de ce torchon :

" Ces élites, elles me font doucement grincer des dents ! Qu'il aille travailler quotidiennement sur une chaîne de production, qu'il aille travailler dans des établissement de santé, qu'il aille faire de l'aide à domicile, qu'il aille travailler dans le BTP, désolé de ne pas citer tous les métiers difficiles ET APRÈS ON EN REDISCUTE. Qu'il m'explique comment supprimer des RTT et la Cinquième semaine de congés aidera notre pays à se redresser. Il n'y a déjà pas assez de travaille pour tout le monde !"...

 

 

- Alors qu'elle issue ? Construisons une marée populaire contre les réformes Macron, le 26 mai

Macron... une idée en gestation : supprimer la 5ème semaine de vacances ?
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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 10:14
En quoi la lutte pour les services publics relève-t-elle d’un enjeu de civilisation ?

Macron "Le voici Néron, ivre de brûler Rome, brûler une civilisation. Brûler cette civilisation sociale que les luttes d’hier ont conquise ; que les militants d’hier par leurs sacrifices, leurs peines, ont conquise ; que, tous mêlés, les militants ouvriers d’autrefois ont conquise."

Entretien avec Christian de Montlibert, sociologue et Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic

 

Sources :  L'Humanité

Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic

Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic

- Les modernisations libérales décivilisent

Ce ne sont pas les grévistes qui, par plaisir, font grève ; ce sont les agressions libérales, en rendant les métiers et les vies impossibles, qui déclenchent les grèves. Les grèves ne paralysent pas, au contraire elles débloquent des situations intenables. Les grèves ne sont pas violences, au contraire elles empêchent les surcroîts de violences qu’imposent aux salariés ces dirigeants d’entreprise qui peuplent les ministères, avant de repartir vers les directions d’entreprise ou de banque. Nous connaissions Macron en Brutus, poignardant son père politique. Nous l’avons vu briser le Code du travail, chantant au Medef : « Je serai l’ombre de ton ombre/l’ombre de ta main/l’ombre de ton chien. » Le voici Néron, ivre de brûler Rome, brûler une civilisation. Brûler cette civilisation sociale que les luttes d’hier ont conquise ; que les militants d’hier par leurs sacrifices, leurs peines, ont conquise ; que, tous mêlés, les militants ouvriers d’autrefois ont conquise.

 

Nous avons, chacune, chacun, leurs visages en nous, leurs voix résolues et inquiètes en nous, leurs yeux rieurs, remplis de larmes, leur courage, leur souffle, leur vie donnée, licenciée, ruinée, mais debout, toujours debout. C’est pourquoi la lutte qui vient ne nous appartient pas. Cette lutte va au-delà de nous-mêmes, nous n’avons pas le droit de la perdre.

 

Les modernisations libérales décivilisent. Elles exaspèrent les concurrences dans et pour l’emploi. Elles insécurisent les carrières, les avenirs. Elles explosent les collectifs de travail, séparent, isolent les souffrances. Elles empêchent qu’entre salariés se forge l’intérêt commun qui, hier, faisait voir le collègue, les jeunes, les travailleurs immigrés comme des semblables.

 

Les « décideurs » restent invisibles. Mais, au travail, où individuellement chacun se sent menacé et sans prise sur la menace, les plus proches, les voisins d’atelier ou de bureau devenus rivaux, localisables mais méconnus, inquiètent. Aux guichets des services publics, la détresse et la rage d’usagers démunis qui, depuis des mois, attendent pour n’obtenir rien rencontrent la lassitude d’agents surchargés, empêchés d’aider. S’avive ainsi, en milieux populaires, le chacun seul, un « chacun sa merde » vécu dans l’impuissance amère, un sauve-qui-peut général.

 

 

- Les grèves civilisent

Sans elles, ni congés payés, ni Code du travail, ni Smic, pas de limites aux heures de travail, des licenciements sans entrave, les protections sociales cédées aux assurances, les services publics d’aide sociale réduits à zéro et privatisés.

 

Fini le statut des fonctionnaires, qui garantit leur indépendance vis-à-vis des puissants. Paraphrasant Pierre Bourdieu, qui évoquait le mouvement des chômeurs, dans Normale Sup occupée, il faut dire ceci : la première conquête des grèves, ce sont les grèves elles-mêmes, leur existence même. Elles arrachent les travailleurs, toujours plus précaires, à l’invisibilité, à l’isolement, au silence.

 

En affirmant leurs droits, les grévistes ramènent à une certaine fierté ceux qui sont pressurés, abattus, voués à la fermer et rester à leur place.

 

Dans les grèves seulement, les apéros, les assemblées générales, les manifestations, se fabriquent des perceptions nouvelles de nos intérêts communs, des diagnostics partagés sur ce qui casse nos vies.

 

Dans les grèves seulement, se reconstruisent, coude-à-coude, l’entre-soi et les solidarités populaires. Dans les grèves seulement, gagnent en estime d’eux-mêmes ceux que la noblesse d’argent ignore et méprise.

 

 

Christian de Montlibert, sociologue

Christian de Montlibert, sociologue

- Manifester, c’est défendre un système de lutte contre l’insécurité sociale

On n’a pas manifesté le 22 mars seulement pour défendre la situation de catégories de salariés mise à mal par les politiques gouvernementales. Les manifestations défendaient aussi les services publics, les systèmes de retraite, la Sécurité sociale, tout ce qui institue la solidarité.

 

En s’opposant à une croyance qui veut que la conception néolibérale de l’économie soit rationnelle et la seule possible, elles défendaient l’idée qu’une société n’est pas une collection d’individus qui s’assemblent au gré de leurs intérêts. Ce faisant, elles défendaient un mode de vie, et plus encore une « civilisation », qui s’oppose à l’insécurité sociale. L’ensemble de ces manifestations, cinquante ans après celles de 1968, rappellent également que la détermination paye : les 10 millions de grévistes de 1968 ont permis d’obtenir des avantages sociaux considérables – ainsi en est-il de l’accord interprofessionnel sur la sécurité de l’emploi, des quatre semaines de congés payés, de la transformation du Smig en Smic, de la mensualisation, des indemnités de maternité, des accords sur la formation continue, sur la formation professionnelle, sur la durée maximale du travail, des préretraites indemnisées à 70 % du salaire, de l’accession des immigrés aux élections professionnelles, de l’interdiction du travail clandestin, de la généralisation des retraites complémentaires, de la mise en place des garanties pour les salariés d’une entreprise placée en liquidation judiciaire, de l’indemnisation du chômage.

 

Depuis, le patronat s’efforce de reprendre ce qu’il a dû concéder, avec l’aide aujourd’hui d’un gouvernement qui camoufle son adhésion au néolibéralisme sous le couvert d’une expertise rationnelle. D’une certaine façon, ces manifestations honorent la mémoire de ceux et celles qui se sont battus, depuis l’expansion du capitalisme, pour inventer des systèmes mettant en actes l’égalité et la fraternité.

 

De fait, le développement des services publics n’a pu se mettre en place qu’après des luttes importantes entraînant souvent une répression des militants : il suffit de rappeler les décisions du cabinet de Clemenceau qui, en 1908, fit tirer sur les manifestants grévistes de Draveil et Villeneuve-Saint-Georges et arrêter 31 dirigeants de la CGT, ou celles de Daladier, qui fit promulguer, le 12 octobre 1938, 32 décrets-lois qui, non seulement, revenaient sur tous les acquis du Front populaire de 1936, mais, en plus, permettaient la chasse aux étrangers clandestins et la répression de la mobilisation ouvrière ou, aujourd’hui, les poursuites pénales contre des militants.

 

Manifester, c’est défendre un système de lutte contre l’insécurité sociale dont le développement a été très lent tant les classes dominantes s’y opposaient : il faudra dix-huit ans avant que le projet de loi sur les accidents du travail, qui entraîne de facto une limitation du pouvoir patronal, ne soit voté ! Ce développement resta contesté : la loi Loucheur du 5 avril 1928, qui créait un système d’assurances sociales obligatoires donnant droit à des aides en cas de maladie, d’invalidité ou de maternité, étendues aux travailleurs agricoles en 1930 en permettant à l’État de compenser la faiblesse des cotisations des ouvriers agricoles par une dotation complémentaire, a été très violemment attaquée par les représentants des classes dominantes.

 

Ce développement, enfin, reste limité. Pourtant, l’expérience de ces quarante dernières années est venue vérifier l’hypothèse du progrès de l’égalité : même si l’intervention de l’État en matière de logement a été tardive, maladroite, très incomplète, l’amélioration du logement, tant que dure « l’aide à la pierre », n’en a pas été moins réelle.

 

Même si l’intervention de l’État en matière scolaire est le plus souvent limitée par l’étroitesse des budgets, l’accession d’un plus grand nombre d’enfants à une culture générale et technique n’en est pas moins réelle. Même si l’intervention de l’État en matière de protection sociale a été souvent désordonnée et toujours freinée par les exigences patronales, il n’en est pas moins résulté, après des luttes sociales intenses il est vrai, jusque vers le milieu des années 1970, un appareillage efficace : en témoignent la généralisation de la Sécurité sociale, l’amélioration des retraites, la création du Smic, l’autorisation administrative de licenciement…Or, c’est ce système que les défenseurs du libéralisme mettent en cause. De fait, il s’agit surtout d’une régression. Sur le seul point des effets du statut des personnels, la comparaison que l’on pouvait établir entre les « gens du public » et les « gens du privé » le fait bien comprendre.

 

Les fonctionnaires se caractérisaient, il y a peu encore, par un moindre taux de suicide, un moindre taux de maladies mentales, une moindre condamnation pénale, une meilleure réussite scolaire et une meilleure intégration sociale de leurs enfants.

 

Il n’est pas jusqu’à la durée de vie qui, à situation professionnelle comparable, ne manifestait des différences à leur avantage. On comprend que les salariés du privé aient souhaité la généralisation de ces conditions d’existence et que, à l’inverse, vouloir aujourd’hui étendre les conditions d’existence du secteur privé au secteur public soit ressenti comme rétrograde. Vouloir, en plus, présenter cette régression comme un progrès relève d’autant plus de la duplicité des défenseurs des classes dirigeantes que l’on sait déjà ce qu’il en est des conditions de travail et des conditions d’existence, faute d’y avoir créé des postes de fonctionnaires : des milliers de précaires, intérimaires, contractuels, vacataires dans la fonction publique et dans les collectivités territoriales et hospitalières.

  • Manifester pour les services publics, c’est défendre une « civilisation », car soumettre « l’État social » au régime du secteur privé, c’est, d’une certaine façon, contribuer au relâchement des systèmes d’interdépendance liant les groupes professionnels et les individus les uns aux autres, en favorisant le repli sur soi.

C’est aussi réduire la possibilité d’une symbolisation des intérêts personnels et ainsi libérer l’agressivité. C’est dire que, dans ces conditions, la probabilité de tensions et de violences interpersonnelles et intergroupales augmente considérablement, tout comme les chances de stigmatisation des catégories jugées « infâmes ».

  • Manifester pour les services publics c’est, enfin, militer en faveur non seulement de leur maintien, mais aussi de leur extension.

C’est dire qu’il faut pousser l’État, pour espérer plus d’égalité et de fraternité, à réduire l’efficacité des mécanismes sociaux producteurs d’inégalités, en particulier en contribuant à réduire la violence propre aux mécanismes de marchés (du travail, du logement, etc.), mais aussi créer une gestion démocratique pour réduire les violences qui peuvent s’exercer dans les lieux de travail, les espaces d’habitat, les institutions de contrôle social… Mais cela n’est possible qu’en freinant la propension des classes dominantes à s’approprier les avantages procurés par le marché.

 

Pour en savoir plus :

- Le droit contre les privatisations : Rendre inaliénables les biens communs

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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 15:00

 

Sources : Eric Durand | mis à jour le 04/04/2021

Il y a mai 1968....

 

- Le seul mai 1968 que retiennent le patronat, la bourgeoisie et les forces qui les servent, c'est...

 

E. Macron envisageait de commémorer les 50 ans de mai 68 !... Lequel ?
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et... mai 1968 !

 

- Le mai 1968 que, pour l'essentiel, les travailleurs retiennent, c'est la force et le fruit de leur lutte

Fruit de la lutte que l'oligarchie voudrait nous faire oublier en ne retenant que la violence dans laquelle, ceux qui occupaient les entreprises, n'étaient pour l'essentiel d'entre eux pas acteurs...

 

E. Macron envisageait de commémorer les 50 ans de mai 68 !... Lequel ?
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Sources : Site de la CGT

Les principaux acquis du constat de Grenelle.

  •  Augmentation du Smig de 35% et de 56% pour les salariés agricoles ;
  •  Augmentation générale des salaire de 10% en moyenne ;
  •  Reconnaissance légale de la section syndicale d’entreprise et de l’exercice du droit syndical dans l’entreprise ;
  •  Proposition d’aller par étapes aux 40 heures et engagement d’une réduction de deux heures de la durée hebdomadaire pour les horaires hebdomadaires supérieurs à 48 heures ;
  •  Révision des conventions collectives sur la base du constat de Grenelle, réduction et intégration des primes dans le salaire ;
  •  Sécurité sociale (branche maladie) : réduction du ticket modérateur applicable aux visites et consultations (de 30% à 25%) ;
  •  Avance de 50% du salaire perdu pendant la grève, théoriquement récupérable jusqu’au 31 décembre 1968 ;
  • Les négociations par branches et entreprises vont amplifier, parfois de manière considérable, les acquis du constat de Grenelle.

Quelques exemples :

  • La reconnaissance du droit syndical dans l’entreprise s’accompagne dans nombre de secteurs de mesures protectrices et/ou d’heures de délégation.
  • Ainsi : à Citroën, crédit mensuel de 120 heures pour les délégués syndicaux ;
    • bénéfice du plein traitement pour les congés d’éducation syndicale, à la SNCF, dans la Fonction publique ou les industries du Verre ;
    • mise en place pour les Mineurs de comités de bassin inspirés des comités d’entreprise ;
  • En matière de salaires, des augmentations substantielles de salaires s’ajoutent aux acquis du constat de Grenelle ainsi que la suppression des abattements de zone. Par exemple, augmentation du salaire garanti de + 18 % dans l’habillement, de +12% à +46% dans le Bâtiment selon les départements, de +28% dans la Chimie ;
  • En matière de durée du travail, nombreux sont les secteurs d’activité qui obtiennent des réductions et des congés supplémentaires : passage de 48h à 45 heures dans l’Agriculture, de 48h à 42 dans le Papier-carton, de 46h à 44h30 chez les cheminots, de 45h à 42h dans la Santé publique, de 48h à 40h, selon un calendrier précis, dans le Verre.

 

Grenelle, c’est aussi une relance généralisée de la négociation, qui va se maintenir pendant presque 10 ans, jusqu’au retournement économique de 1977 et à la montée du chômage de masse.

 

Ce sont aussi les acquis de Grenelle qui lancent des groupes de travail, dont l’un, qui se réunit pendant 2 ans, débouche sur l’accord du 9 juillet 1970, instituant la formation professionnelle continue dans toutes les entreprises de 10 salariés et plus.

 

 

-

Les impacts de mai 68

  • Les organisations syndicales se renforcent : quatre cent mille adhésions la CGT et environ cent mille à la CFDT, .
  • Il y a des acquis moins directement palpables qui vont s’ancrer durablement dans le salariat, comme la dignité retrouvée, la confiance dans l’efficacité de l’action collective et solidaire.
  • La nécessité et la perspective d’une union de la gauche sur la base d’un programme commun de gouvernement prennent corps.
  • Dans la société, le mouvement de transformation des mœurs s’amplifie, la condition féminine va connaître des évolutions majeures, mais inégales.
 

-

La situation aux usines Renault de Billancourt en mai 1968

 

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Le mai 1968 de Georges Seguy alors secrétaire général de la CGT

En 1968, Georges Séguy était depuis un an le secrétaire général de la CGT. A ce titre, c'est lui qui mobilise la grève générale - qui a été suivie par plus de huit millions de personnes - et qui participe à la négociation du constat de Grenelle et se traduit par un " relevé de négociations ".

 

-

Georges Séguy, de la CGT fait le point à la sortie des négociations sur les acquis du constat de Grenelle

  • Pour visionner la vidéo cliquez ICI
http://www.ina.fr/video/I00013519

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 17:37
Assurance-chômage : « Nous n’avons pas de devoirs, nous n’avons que des droits ! »

Depuis leur arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron et sa majorité multiplient les déclarations contre les chômeurs, qu’ils veulent soumettre à un contrôle renforcé. Entretien avec Jean-Pierre Antoine, secrétaire de la CGT chômeurs rebelles du Morbihan, qui dénonce la stigmatisation des privés d’emploi et s’inquiète d’un possible démantèlement du régime d’assurance-chômage.

 

Sources : La rotative | mis à jour le 14/07/2021

- La rotative : Dans l’un de vos tracts, vous écrivez « Macron déclare la guerre aux chômeurs ». Quelle forme prend cette guerre contre les chômeurs ?

Jean-Pierre Antoine : Depuis plusieurs années, médias et politiques rabâchent sans arrêt que les privés d’emploi sont des privilégiés, qui perçoivent des indemnités en restant à la maison. Le point d’orgue de ce discours, c’est la sortie d’un député La République En Marche, qui a suggéré que les chômeurs partaient en vacances aux Bahamas « grâce à l’assurance chômage ».

 

La deuxième idée qui est martelée, c’est que les privés d’emplois ne cherchent pas de travail : comme ils sont grassement payés, ils n’ont pas envie de chercher du boulot. Et on nous sort des chiffres complètement farfelus sur le nombre d’offres d’emploi non pourvues.

 

C’est dans ce contexte que le gouvernement a annoncé sa volonté de réorganiser l’assurance-chômage. Aujourd’hui, les conventions d’assurance-chômage sont signées par les partenaires sociaux, les employeurs d’une part et les syndicats réformistes d’autre part [1]. Malgré les désaccords qu’on peut avoir, ces syndicats réformistes représentent les salarié-e-s, ce qui permet de conserver quelques garanties. Ce que souhaite le gouvernement, c’est reprendre la main, notamment pour fixer les modalités d’indemnisation.

 

 

- La rotative : Quelle forme prendrait cette reprise en main ?

Jean-Pierre Antoine : Depuis le 1er janvier 2018, les salarié-e-s ne cotisent plus à l’assurance-chômage[2]. Pour compenser la suppression des cotisations des salariés à l’assurance-chômage, l’État a décidé d’une hausse de la CSG, qui est prélevée sur tous les revenus d’activité et revenus de remplacement, y compris les pensions de retraite. Comme c’est désormais un impôt qui financera l’assurance-chômage, et non plus les cotisations des salariés, l’État va pouvoir mettre en cause la légitimité des représentants des salariés qui siègent au conseil d’administration de l’Unédic. Puisque les salariés ne cotisent plus pour financer le régime d’assurance-chômage, pourquoi seraient-ils représentés et associés à sa gestion ?

 

Je suis persuadé qu’on se dirige vers une transformation complète de la gestion de l’assurance-chômage. L’État pourra décider du fonctionnement de l’assurance-chômage sans concertation. Et Emmanuel Macron a déjà annoncé la couleur : deux offres raisonnables refusées, ça se traduira par une suppression de l’allocation versée (bien sûr, la notion d’offre raisonnable n’est pas précisée). En outre, avec la suppression de la cotisation sur les salaires, on peut imaginer que l’allocation versée ne sera plus calculée en fonction des salaires antérieurs. L’État pourrait donc décider de fixer le montant et la durée de versement du revenu de remplacement alloué aux privés d’emplois. On va se retrouver sur un modèle similaire à ce qu’on connaît en Angleterre, avec l’État à la baguette [3].

 

 

- La rotative : A propos des offres d’emplois, vous avez mené un gros travail pour montrer que de nombreuses offres proposées par Pôle Emploi étaient illégales.

Jean-Pierre Antoine : On a soulevé ce problème pour la première fois il y a sept ou huit ans, mais pendant longtemps il n’a pas été pris au sérieux. Quand on l’a évoqué en comité de liaison national [4], un cadre nous a répondu : « J’aimerais bien que vous soyez aussi exigeant avec Le Bon Coin que vous l’êtes avec le site du Pôle Emploi. » Finalement, c’est remonté dans la CGT au niveau confédéral, et une enquête a été menée, qui a permis de confirmer qu’une offre sur deux publiée n’était pas conforme au Code du travail [5]. De son côté, Pôle Emploi reconnaît qu’il y a environ 10 % d’offres illégales, et 1 % d’offres frauduleuses. Des offres illégales, ce sont des offres qui ne reflètent pas la réalité du contrat de travail proposé. On voit des offres pour des CDD qui sont censés déboucher sur des CDI, des contrats de trois mois qui ont en fait une durée d’un mois seulement, etc. Dans le département du Morbihan, 33 000 offres ont été publiées sur le site du Pôle Emploi l’année dernière. Si l’on prend les chiffres de Pole Emploi, qui reconnaît qu’il y a 10 % d’offres illégales, cela veut dire que 3 000 offres non conformes au Code du travail ont été publiées. C’est énorme.

 

 

- La rotative : Emmanuel Macron a également annoncé qu’il voulait renforcer le contrôle des chômeurs. Quelle est votre position sur cette question ?

Jean-Pierre Antoine : Pour nous, c’est clair : plutôt que contrôler les chômeurs, ils feraient mieux de contrôler les offres d’emplois. Le site du Pôle Emploi a été largement ouvert, et les employeurs peuvent désormais publier directement leurs annonces, qui ne sont plus contrôlées par des agents du Pôle Emploi mais par des algorithmes. Ils feraient mieux de revenir à un système de contrôle préalable des offres.

 

Nous sommes opposés au contrôle des chômeurs. L’assurance-chômage, c’est un droit. Quand on nous parle de devoirs, c’est une façon de stigmatiser les privés d’emploi. Nous n’avons pas de devoirs, nous n’avons que des droits ! S’il y a six millions de chômeurs dans ce pays, ce n’est pas parce que les privés d’emploi ne cherchent pas de travail, mais tout simplement parce qu’il n’y a pas de boulot.

 

 

- La rotative : Une nouvelle session de négociation entre partenaires sociaux a démarré le 11 janvier autour de l’avenir de l’assurance-chômage. Quels sont les sujets de discussion évoqués ?

Jean-Pierre Antoine : Il s’agit notamment de plancher sur la taxation des contrats courts. La dernière convention d’assurance-chômage s’était traduite par une dégradation des conditions d’indemnisation des intérimaires privés d’emplois [6]. Nous, on estime que plus les entreprises mettent de gens au chômage, plus elles doivent payer : celles qui abusent des CDD et de l’intérim devraient être davantage mises à contribution.

 

Notes

[1La dernière convention d’assurance chômage a été signée par le Medef, la CPME et l’U2P côté employeurs, la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, et FO côté salarié-e-s.

[2A compter du 1er janvier 2018, la contribution salariale passe de 2,40 % à 0,95 %. Elle devrait être supprimée totalement à compter du 1er octobre 2018. Source Urssaf.

[3En Angleterre, la durée maximale d’indemnisation est de six mois, et le montant de la prestation chômage est forfaitaire : il ne dépend pas des revenus antérieurs.

[4Les comités de liaison, créés dans chaque département et au niveau national, sont des instances d’échange entre la direction de Pôle Emploi et les associations de chômeurs ou organisations syndicales.

[5Lire l’enquête de la CGT sur la qualité des offres d’emploi sur le site de la confédération.

[6A ce sujet, lire Assurance chômage - Les MEDEF, FO et CFDT font les poches des intérimaires et des + de 50 ans sur le site de la CGT chômeurs du Morbihan.

 

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Assurance-chômage : « Nous n’avons pas de devoirs, nous n’avons que des droits ! »

Sources : La France insoumise

- Pour la France insoumise, la CSG de Macron : enfumage et menaces sur l’assurance-chômage

Vendue comme une mesure en faveur du pouvoir d’achat, le tour de passe-passe de Macron sur la CSG se traduira dans de nombreux cas par une perte de pouvoir d’achat ou par une absence de gain. Il pourrait à terme menacer le système d’assurance-chômage. Une explication s’impose pour mieux comprendre les modifications sur votre feuille de paie !

 

Créée le 30 décembre 1990, la CSG est un impôt qui finance la Sécurité sociale. Dès l’origine, il a été substitué en partie aux cotisations sociales. Son taux n’a cessé d’augmenter avec le temps : 1,1% en 1991, 7,5% en 2004 puis à 9,2% depuis le 1er janvier 2018. Cette décision est présentée par le gouvernement comme une mesure permettant d’accroître le revenu net des ménages. En effet, elle est associée à une baisse des cotisations salariales de 3,15 points (baisses des cotisations maladie de 0,75 point et des cotisations chômage de 2,4 points).

 

Problème : de nombreuses catégories de la population ne cotisant pas à l’assurance-chômage ou à l’assurance-maladie, ils risquaient de subir la hausse de la CSG sans bénéficier de la baisse de cotisations. C’était le cas des fonctionnaires, des retraités et des indépendants. Pour les indépendants et les fonctionnaires, le Gouvernement a prévu un mécanisme de compensation afin que la mesure soit neutre (pas de perte… mais pas de gain non plus).

 

En revanche, les retraités seront les grands perdants. A l’exception des retraités dont les revenus sont inférieurs à 1200 € par mois, qui ne subiront ni hausse ni baisse, les autres seront touchés par la hausse de la CSG sans bénéficier de la baisse des cotisations chômage auxquelles ils ne sont pas soumis. Ainsi, les retraités perdront beaucoup, les fonctionnaires ne gagneront rien et l’éventuel gain pour les salariés sera gommé par la hausse d’autres prélèvements.

 

L’éventuel gain pour les salariés sera d’autant plus limité que la hausse de la CSG est effective depuis le 1er janvier 2018… alors que la baisse de cotisations aura lieu plus tard, et en deux temps (-2,2 points au 1er janvier 2018 puis -0,95 point au 1er octobre 2018). Suggéré par le ministère des finances, ce découpage de la diminution des cotisations permet de récupérer 4 milliards d’euros sur le dos des salariés… De plus, le très faible gain de revenu net associé à cette mesure ne se traduira pas par une augmentation du pouvoir d’achat. En effet, sous l’effet de l’inflation et d’une hausse d’autres prélèvements, l’INSEE estime que les Français verront leur pouvoir d'achat diminuer de 0.3% en 2018 .

 

Cette hausse de la CSG aurait néanmoins pu avoir un avantage : faire contribuer les détenteurs de revenus du capital, puisque la CSG s’applique à ce type de revenus. Mais il n’en sera rien. Le président des ultra-riches a décidé d’instaurer un nouveau bouclier fiscal, le prélèvement forfaitaire unique, qui plafonne le niveau des prélèvements sur les revenus du capital à 30%. Un bouclier fiscal pour les uns, des attaques sociales contre les autres.

 

Sans effet positif sur le pouvoir d’achat des Français, cette mesure s’inscrit dans un projet plus global du gouvernement : la liquidation de l’assurance chômage. Le danger que fait peser cette réforme pour notre système d’assurance chômage doit être souligné. Supprimer des cotisations payées par les salariés pour y substituer un impôt (la CSG), payé en partie par des personnes qui n’ont pas besoin de ce dispositif (les retraités par exemple) introduit de nombreux risques pour le système d’assurance chômage.

 

D’une part, cela menace le droit des salariés à l’indemnisation du chômage ainsi que son caractère contributif (ce qui fait que le niveau des indemnités reçues est lié au salaire perçu avant la perte d’emploi). D’autre part, la gestion par les représentants des salariés et des employeurs est remise en cause.

 

En effet, si l’assurance chômage est de moins en moins financée par les cotisations des salariés, il y a rupture du lien entre salaire perçu et indemnité chômage. Cela rend beaucoup plus facile une évolution vers une indemnisation du chômage forfaitaire : un même montant pour tous les chômeurs quel que soit le dernier salaire. C’est-à-dire le remplacement de l’assurance-chômage par un genre de RSA (comme ce qui existe avec l’ALGII en Allemagne après 12 mois de chômage). Les conséquences seraient alors encore plus dramatiques qu’aujourd’hui pour le revenu des salariés se retrouvant au chômage.

 

Par ailleurs, en droit social, le versement d’une cotisation donne droit à une prestation, contrairement au paiement d’un impôt comme la CSG. Financer l’assurance chômage par l’impôt présente donc le risque de rompre son caractère universel : tous les salariés qui cotisent une certaine durée peuvent aujourd’hui percevoir des indemnités chômage. Cela facilite ainsi l’exclusion de certaines catégories de salariés.

 

Certains proposeront sans doute bientôt que seuls les salariés en dessous d’un certain niveau de revenus puissent bénéficier de l’assurance chômage, ce seuil de revenus ne manquant pas de diminuer pour mieux financer certains cadeaux fiscaux…

 

Enfin, à partir du moment où l’assurance chômage est majoritairement financée par l’impôt, l’Etat peut demander à en assumer la gestion à la place des représentants des salariés et des employeurs, qui siègent au nom des cotisations sociales. Un gouvernement obnubilé par la baisse de la dépense publique, comme le gouvernement actuel et ceux qui l’ont précédé, pourra facilement décider de baisser conditions d’attribution et le niveau des prestations d’assurance chômage, avec la bénédiction de la Commission européenne.

 

Le gain de pouvoir d’achat est dans de nombreux cas un écran de fumée. Il correspond même à une perte pour certains. A long terme, il fait peser de terribles menaces sur notre dispositif d’assurance chômage.

 

Pour en savoir plus :

- « LE CHOIX DU CHÔMAGE EST LA CONSÉQUENCE DE DÉCISIONS NÉOLIBÉRALES » – ENTRETIEN AVEC BENOÎT COLLOMBAT

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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 15:04
Le salaire, c'est le salaire net + le salaire différé socialisé : c'est quoi le salaire différé socialisé ?

Ce qu'est le salaire (rappel)

 

Pour la CGT, le salaire est la contrepartie du travail fourni. Constitue une rémunération le salaire ou traitement ordinaire de base ou minimum et tous les autres avantages et accessoires payés, directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par l’employeur au salarié en raison de l’emploi de ce dernier[1].

Selon l'INSEE le salaire est " L'ensemble des rémunérations en espèces et en nature que les employeurs versent à leurs salariés en paiement du travail accompli par ces derniers : salaires et traitements bruts en espèces et en nature, cotisations sociales effectives et imputées à la charge des employeurs"[2].

Macron et son gouvernement quant à eux, entendent supprimer les cotisations sur les heures supplémentaires à l'horizon 2020[8].... ( L’exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires a un coût annuel estimé à 3 milliards d’euros[9]).

Entreprenons une explication sur le salaire différé socialisé. C'est le fondement même de la Sécurité sociale, mais également de l’assurance-chômage et des allocations familiales. Comme chacun sait, le rôle des « politiques » institutionnels, des représentants patronaux et des économistes, étant de rendre confus ce qui est clair, nous entendons bien plus souvent parler, à ce propos, de « charges » des entreprises et de « prélèvements obligatoires » sur les salaires. D’où l’explication qui suit.

 

Sources :  La Commune par  Rémi Duteil | modifié le 28 janvier 2020

Lorsque nous lisons notre feuille de paye, nous y voyons les cotisations prises sur notre salaire et « ce que cotise » l’employeur pour nous. Tant pour l’assurance maladie, pour la retraite, le chômage et les allocs. Et nous entendons dire en boucle que toutes ces charges pèsent sur les entreprises, que les PME sont traquées par l’horrible URSSAF. Voilà comment, à grands traits, la réalité nous est dépeinte. Dans le même ordre d’idée, beaucoup de gens pensent que la CAF, c’est l’État.

 

 

- Salaire super-brut ou salaire chargé

Or, les fameuses cotisations, tant celles prélevées sur les salaires que celles versées directement par l’employeur, constituent en réalité une partie des salaires qui est « différée » car nous n’en disposons pas immédiatement. Elle nous est restituée sous forme d’un salaire indirect : pour se soigner, pour toucher notre pension de retraite, pour les allocations familiales, les allocations chômage et le financement intégral (voire, majoré en cas de « faute inexcusable de l’employeur ») des suites d’accidents du travail, de trajet et maladies professionnelles reconnues comme telles.

 

Cela est si vrai que la comptabilité des entreprises a une rubrique « salaire super brut » ou « salaire chargé » (salaire brut + cotisations patronales) qui chiffre le fameux « coût du travail ». D’un point de vue strictement comptable, la distinction entre « part des salaires » et « part patronale » des cotisations versées est purement technique et arbitraire. L’INSEE considère d’ailleurs la rémunération des salariés comme l’ « Ensemble des rémunérations en espèces et en nature que les employeurs versent à leurs salariés en paiement du travail accompli par ces derniers : salaires et traitements bruts en espèces et en nature, cotisations sociales effectives et imputées à la charge des employeurs ».

 

 

- Un pour tous, tous pour un

Dans un article précédent[3], nous avons vu, qu’au début du XIXe siècle, les ouvriers tailleurs se sont dotés de caisses de solidarité et de secours. Ils ont ensuite été imités par les autres corporations. Cela consistait à se cotiser pour mettre dans un pot commun une partie de leur salaire et créer ainsi un lien de solidarité selon le bon vieux principe : « un pour tous, tous pour un ». Celui qui tombait malade ou qui était blessé au travail était « secouru » par cette caisse. La bataille pour l’augmentation des salaires devient la bataille pour couvrir les besoins urgents (se vêtir, se nourrir, se loger) et les besoins à plus long terme des travailleurs ( se soigner et avoir de quoi vivre lorsque la vieillesse ou l’invalidité nous place dans l’incapacité de travailler).

 

Nous avons vu, dans nos articles précédents, comment ce principe de solidarité a abouti en 1945 à la création de la Sécurité Sociale et comment la CGT a porté ce combat vital.

 

 

- Le salaire collectivisé

Rares sont les spécialistes de l’histoire de la Sécurité Sociale qui mentionnent le projet d'ordonnance organisant la Sécurité Sociale, rapport présenté par Georges Buisson (CGT), le 24 juillet 1945. Or, comme l’avait souligné en son temps « La Vérité », ce projet prévoyait que la cotisation serait totalement à la charge de l’employeur[4].

 

Après moult débats, l’article 32 de l’ordonnance définitive du 4 octobre 1945 coupera la poire en deux : « Le taux de la cotisation des assurances sociales est de 12 p. 100. La moitié de la cotisation est à la charge de l'employeur, l'autre moitié à la charge du salarié ou assimilé. »[5]

 

 

- Pourquoi la sécu inocule la rage aux capitalistes et leurs gouvernements ?

Quoiqu’il en soit, la Sécurité sociale est née comme institution indépendante de l’État, financée par le salaire différé de tous les travailleurs, leur salaire collectivisé.

 

Ce salaire différé, sur lequel repose la Sécu, représente une manne financière plus forte que le Budget de l’État et qui échappe aux marchés financiers. Ce qui fait enrager les gouvernements et les capitalistes.

 

D’autre part, si un patron peut jouer sur la « variable d’ajustement » qu’est le salaire direct, il ne peut pressurer le salaire différé… À moins d’obtenir les exonérations de « charges » par l’État qui sont, il est vrai, de plus en plus massives dans l’objectif « décomplexé » de faire chuter le « coût du travail ».

 

 

- « Trou », quel « trou » ?

Dans le même temps, nous subissons une intox permanente depuis 40 ans sur le « trou » de la Sécu. Un « trou » totalement fictif puisque le seul remboursement par l’État des « exonérations » non compensées par lui, ferait litière de ce « trou » artificiel. Un point que nous avions amplement démontré, faits et chiffres à l’appui, dans notre article « Sous la réforme des retraites, le démantèlement de la sécurité sociale »[6]. Sur le même sujet lire aussi : Le « Trou » de la Sécurité Sociale : un trou « fictif »... ou pas ? La dette « sociale » légitime ou pas ?[7]

 

Notes :

[1] UD CGT71

[2] Définition du salaire selon l'INSEE

[3] http://www.lacommune.org/..

[4] La Vérité – Avril 1977- « Des conquêtes sociales révolutionnaires » par Denis Follas – voir page 112. – La Vérité était alors l’organe mensuel de l’organisation communiste internationaliste. (OCI)

[5] Ordonnance du 4 octobre 1945

[6] Sous la réforme des retraites : le démantèlement de la Sécurité sociale

[7] Le « Trou » de la Sécurité Sociale : un trou « fictif »... ou pas ? La dette « sociale » légitime ou pas ?

[8] Heures supplémentaires : l'allégement de la fiscalité confirmé «à l'horizon 2020»

[9 L’exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires a un coût annuel que nous estimons à 3 milliards d’euros.

 

- Pour la France insoumise, la baisse des cotisations, c’est la baisse du salaire !

Le salaire, c'est le salaire net + le salaire différé socialisé : c'est quoi le salaire différé socialisé ?

Sources :  La France insoumise

Communiqué du groupe « La France insoumise » à l’Assemblée nationale

Courant janvier, le Gouvernement promettait aux citoyens une belle surprise sur leur fiche de paie à la fin du mois : une hausse du pouvoir d’achat pour tous les salariés.

 

Cependant, pour un gain réduit pour les salariés du privé, c’est d’insupportables ponctions qu’ont subi les retraités, qui ont pourtant cotisé toute leur vie.

 

De plus, le Gouvernement a opéré un décalage dans le calendrier de ses réformes, qui lui permet d’économiser plusieurs milliards sur le dos des français qu’il prétend défendre. Ainsi, si la hausse de la CSG est intervenue dès le 1er janvier, il faudra attendre l’automne 2018 pour que la baisse des cotisations soit complète. Pire : la suppression de la taxe d’habitation se fera en trois temps et ne sera donc que pleinement effective fin 2020.

 

Mais surtout, le gouvernement ment sur la nature de l’opération : en baissant les cotisations sociales, c’est bien le salaire socialisé qui est réduit. Cette part du salaire mis en commun rend possible l’existence de notre protection sociale. L’assurance-maladie subit déjà une décennies de plans d’austérité que subissent les soignants des EHPAD et le personnel des hôpitaux publics, et il faudrait la priver de davantage de ressources ? Et que dire de l’assurance-chômage, qui perd l’intégralité des cotisations salariales qui lui étaient jusqu’ici destiné ? Le droit aux indemnités chômage, jusqu’ici lié au statut de cotisant, sera-t-il encore garanti ?

 

Nous nous élevons contre cette « fake news » qui consiste à faire croire que la baisse des cotisations salariales consiste en une hausse de pouvoir d’achat : Quand le reste à charge pour les dépenses de santé aura explosé et que l’assurance-chômage sera réduite à la portion congrue, les Français devront payer de leur poche ce à quoi ils avaient auparavant droit !

 

Pour en savoir plus :

- L’exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires a un coût annuel que nous estimons à 3 milliards d’euros.

- A quoi sert le plafond de la sécurité sociale ?

- Comment l’exécutif a plombé les comptes de la Sécu et s’apprête à nous faire payer la facture

- Salaire différé : « La réforme des retraites n’est qu’un volet d’une baisse générale des revenus du travail »

Le salaire, c'est le salaire net + le salaire différé socialisé : c'est quoi le salaire différé socialisé ?
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2 février 2018 5 02 /02 /février /2018 09:30
Les robots ne libèrent pas les humains du travail, au contraire

Message à ceux qui surfent sur la prétendue " fin du travail " pour justifier la négation de la notion de travail elle-même !

 

Contrairement à une idée reçue, l’automatisation ne libère pas les humains du travail, mais les asservit davantage. C’est ce qu’explique l’auteur de cette tribune, qui invite à une « critique sans concession des nouvelles technologies ».

 

Sources : Reporterre par David Gaborieau[1] modifié le 30 juillet 2018

Avec les robots, les drones-livreurs, les exosquelettes et l’intelligence artificielle, on nous promet la fin du travail pénible, voire la fin du travail tout court. Non seulement cette promesse est illusoire, mais elle cache ce que produisent déjà les automates dans le présent : une intensification du travail. La communication du groupe Amazon est un parfait exemple : elle met en avant des machines souriantes alors que des milliers d’intérimaires s’épuisent pour livrer les courses de Noël.

 

Rappelons une évidence trop souvent mise de côté : la robotisation s’inscrit dans le parfait prolongement d’un modèle industriel dont nous connaissons déjà les principes et les conséquences. Il se caractérise par un usage à outrance des ressources naturelles et humaines, ressources qu’il épuise à son profit. Et lorsque des machines sont perfectionnées, c’est bien pour augmenter la productivité des humains qui inévitablement travaillent autour. Malgré tout, l’automatisation est depuis longtemps présentée comme une forme de libération du travail humain. Andrew Ure, un des premiers penseurs de l’industrie, affirmait dès 1836 que « la plus parfaite manufacture est celle qui peut se passer du travail des mains ». En pleine époque des sweatshop [litt. « usine à sueur »] anglais, ces ateliers de misère de l’industrie textile qui brisaient les corps, la formulation était déjà osée.

 

 

- Intensification du travail et perte des savoir-faire 

Cette idée a fait un grand retour dans les années 1990, portée par un ouvrage célèbre dont le titre ne prévoyait ni plus ni moins que « la fin du travail ». Jeremy Rifkin y voyait les ouvriers disparaître sous ses yeux, remplacés par des machines. L’époque était à l’optimisme, les rapports de l’Union européenne annonçaient fièrement que « le taylorisme, c’est fini » [2]. Près de trente ans plus tard, un homme sur trois ayant un emploi est toujours ouvrier en France [3] et les emplois industriels que l’on dit « disparus » ont juste été déplacés dans des pays à bas coûts. La taylorisation peut même gagner du terrain, comme dans les centres d’appel, où les dialogues sont devenus répétitifs sous l’effet d’un logiciel qui guide les conversations. Et les caissières vous le diront toutes, rien de pire que la tâche consistant à surveiller en même temps six à dix caisses « automatiques ».

 

Malgré des échecs répétés, la prophétie de l’automatisation libératrice se renouvelle sans cesse. Une étude d’Oxford a récemment prédit que près d’un emploi états-unien sur deux était voué à disparaître d’ici vingt ans [4]. Moins alarmiste, l’OCDE estime tout de même que 9 % des emplois français présentent un « risque élevé d’automatisation » [5]. Si ces données ont de quoi faire peur, elles suscitent aussi certains espoirs. Une partie des défenseurs du revenu universel s’appuie ainsi sur l’argument d’un surplus de temps et d’argent, libéré par les machines, que nous pourrions redistribuer pour le bonheur de tous.

 

Mais il existe un décalage considérable entre la façon dont on s’imagine l’automatisation et sa réalité concrète. Les ouvriers de l’automobile le savent bien, eux qui entendent depuis longtemps les promesses de qualification et d’autonomie tout en étant confrontés quotidiennement à l’intensification du travail et à la perte des savoir-faire. Les médias participent pleinement à cette confusion : les journaux télévisés montrent des bras automatisés sur des chaînes de montage mais en arrière-plan les maladies du geste répétitif explosent. Elles sont de plus en plus précoces, comme dans les entrepôts de la grande distribution ou ceux de la vente en ligne. Et pourtant, les ouvriers de la logistique travaillent désormais avec de l’informatique : ils ont des écrans tactiles accrochés au bras ou des casques audios pour recevoir les ordres d’une voix numérique, une sorte de taylorisme assisté par ordinateur.

 

 

- La menace de l’obsolescence devient courante et ruine toute possibilité d’expression 

Même lorsque la machine brise la santé, l’automate reste la solution miracle. Pour maintenir les cadences sans revoir l’organisation du travail, les industriels testent actuellement des exosquelettes et autres cobots, ces robots collaboratifs censés accompagner l’humain. Plutôt que de revoir l’organisation du travail, ils préfèrent pousser à son comble la logique techniciste en équipant le corps humain jugé trop faible d’un artefact mécanique. Face aux impasses sanitaires, ils brandissent également le rêve d’une usine sans ouvriers, mirage qui s’éloigne dès qu’on s’en approche. Soyons patients, la souffrance au travail pour partie engendrée par la technologie va disparaître d’elle-même… grâce à la technologie. De cette façon, les discours sur la robotisation détournent les regards d’un présent inquiétant vers un futur toujours réenchanté.

 

Ce futur n’est pas tracé d’avance mais les discours sur le progrès technique ont déjà un lourd impact. Ils rendent invisibles des pans entiers de nos sociétés, ceux qu’on voudrait ne pas voir, en nous faisant croire qu’ils ont déjà disparu. Cet horizon robotisé permet aussi de signifier à tous ceux qui voudraient défendre leur métier qu’ils feraient mieux de rester silencieux s’ils ne veulent pas être remplacés par une machine. Dans les entretiens annuels, dans les négociations syndicales, la menace de l’obsolescence devient courante et ruine toute possibilité d’expression. Comment revendiquer des façons de bien faire le travail si l’on est voué à disparaitre ?

 

Combattre ces prophéties malveillantes implique de ne pas se focaliser sur un avenir trop lointain mais de regarder ce qui, dans le présent, rend indispensable une critique sans concession des nouvelles technologies. Avant de craindre ou d’espérer la disparition du travail, essayons d’empêcher qu’il ne soit systématiquement dégradé au nom de la modernité productiviste.

 

Notes :

[1} David Gaborieau est sociologue du travail à l’université de Marne-la-Vallée.

[2Dans le Livre vert de la Commission européenne, « Partenariat pour une nouvelle organisation du travail », 1997.

[3Selon l’Insee, Enquête emploi 2012. Parmi ces ouvriers, la moitié appartiennent désormais au secteur tertiaire (logistique, transport, restauration, nettoyage…).

[4Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne, The future of employment, Université d’Oxford, 2013.

[5OCDE, Synthèses sur l’avenir du travail, « Automatisation et travail indépendant dans une économie numérique », 2016.

 

Pour en savoir plus :

- La robotisation ne tue pas le travail, elle le transforme

- Non, le travail n’est pas en train de disparaître

- À l’usine, au bureau, tous remplacés par des robots ?

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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 15:42
 Syndicalisme en France : les effets pervers du «dialogue social»

Partenaires sociaux » ou adversaires de classe ? Dans un opus[1] à prétention pédagogique, l’historien du syndicalisme Stéphane Sirot[2] interroge, à l’aune des relations patrons-salariés, les concepts de « démocratie sociale » et de « dialogue social » aujourd’hui associés au service de la pacification des rapports sociaux. A l’heure où le président français Emmanuel Macron prétend atomiser les droits des travailleurs, une mise en garde salutaire contre des constructions idéologiques visant à annihiler toute perspective de renversement de l’ordre capitaliste dominant.

 

Sources : INVESTIG'ACTION  par acques Kmieciak  le 09 janvier 2018

- INV'ACT : Vous expliquez que les concepts de « démocratie sociale » et de « dialogue social » sont historiquement deux expressions distinctes.

Stéphane Sirot : Propre au mouvement ouvrier, l’idée de « démocratie sociale » remonte au XIXe siècle et notamment à la IIe République née des journées révolutionnaires de février 1948. En mars 1944, le Conseil national de la résistance la reprend à son compte dans le sens « d’un droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers ».

 

La « démocratie sociale » pose alors la problématique d’un contre-pouvoir ouvrier. Désormais, vidée de son sens originel, elle est associée à la notion de « dialogue social » impulsé à la charnière des années 1950-60 et porté par des syndicalistes comme Edmond Maire, cheville ouvrière de la transformation de la CFTC en CFDT, ou des hauts fonctionnaires d’inspiration social-chrétienne (Jacques Delors) qui se reconnaissent dans la philosophie personnaliste d’Emmanuel Mounier. Celui-ci prône une voie « humaniste » entre le capitalisme libéral et le marxisme.

 

 

- INV'ACT : Que préconisent ces autoproclamés « modernistes » ?

Stéphane Sirot : Leur ambition est de dégager une communauté d’intérêt entre patronat et salariés dans le cadre de négociations décentralisées où chacun cède quelque chose à l’autre (le « donnant-donnant »). C’est contraire à la tradition française construite autour de la lutte des classes et de la régulation conflictuelle des relations sociales (rapport de force, grève, maximisation des revendications suivie d’un armistice sous forme de concessions patronales).

 

 

- INV'ACT : Quand ces concepts finissent-ils par s’imposer ?

Stéphane Sirot : A partir de 1981 et l’accession à la tête de l’Etat de François Mitterrand dont Jacques Delors est ministre de l’Economie. La loi Auroux du 13 novembre 1982 donne le coup d’envoi de cette régulation pacifiée des relations sociales à travers par exemple l’obligation annuelle de négocier sur les salaires, la durée et l’organisation du temps de travail…

 

En 1982 encore, on autorise les conventions collectives à déroger à la loi de la République. Un « tsunami qui a bouleversé le droit du travail français », selon le juriste Jean-Emmanuel Ray. Plus tard, en 1986, la loi Séguin ouvre la voie aux plans de sauvegarde de l’emploi (PSE). Autrement dit une sorte de cogestion des plans sociaux est instaurée et les élus des salariés se trouvent au passage parties prenantes de décisions douloureuses.

 

Parallèlement font florès des expressions comme « partenaires sociaux » ou « concertation » que les syndicats eux-mêmes ont fini par intégrer.

 

 

- INV'ACT : Comment réagissent patronat et centrales syndicales ?

Stéphane Sirot : Au départ, ni le patronat (CNPF) rétif à discuter de la répartition des profits, ni la CGT ne se précipitent pour négocier à froid. Mais la « grande peur » soixante-huitarde contribue à faire bouger les lignes du côté patronal. Puis, au début des années 1980, la CFDT (abandonnant son projet de « société socialiste démocratique ») appréhende le syndicalisme comme un simple acteur régulateur dans le cadre de la démocratie libérale.

 

Un recentrage qui affecte, dans une moindre mesure, la CGT à l’aune du troisième millénaire : débats autour de projets alternatifs de rupture avec l’ordre capitaliste qui perdent en intensité, distanciation vis-à-vis du PCF…

 

Cette dépolitisation accompagne l’institutionnalisation et l’insertion dans des processus de négociation collective au quotidien, chronophages et suggérés comme étant l’univers privilégié, aux limites infranchissables. Elle marque une rupture avec le syndicalisme « de masse et de classe ».

 

Une référence qui se raréfie dans les discours des dirigeants nationaux, même si Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, l’a replacée à l’avant-scène à l’occasion du mouvement contre la loi Travail (dite El-Khomri) en 2016.

 

 

- INV'ACT : Que sous-tend le « dialogue social » tel qu’il est conçu aujourd’hui ?

Stéphane Sirot : La dynamisation de la négociation collective, sa décentralisation (la loi Travail de 2016 par exemple privilégie l’accord d’entreprise) ainsi que l’hégémonie des accords « donnant-donnant » à l’équilibre précaire sur fond d’opportunités dérogatoires sont de nature à rétrécir l’espace des droits des salariés. Ce modèle favorise l’apprentissage d’un partage du pouvoir par le patronat et l’initiation aux contraintes économiques pour les syndicats. Elles sont donc propices à un rapprochement des points de vue et donc à la fabrique d’un consensus générateur de paix sociale. En pratique, il s‘agit, à travers la domestication du syndicalisme, de faire admettre la restriction du périmètre des droits des uns pour préserver la perpétuelle recherche du profit des autres.

 

 

- INV'ACT : Quid de l’avènement d’Emmanuel Macron aux affaires ?

Stéphane Sirot : Le nouveau président de la République imprégné de « personnalisme » et sa majorité parlementaire ont amplifié la démarche instituée par la loi El Khomri. Une atomisation des droits sociaux auxquels les syndicats, y compris majoritaires, auront les plus grandes difficultés à s’opposer sans pratiquer le conflit ouvert dans la mesure où la pratique référendaire, à usage des syndicats minoritaires et bientôt peut-être des employeurs, sera conçue comme une manière de contourner toute opposition.

 

Pour répondre à ce défi, le syndicalisme devra, comme il a su le faire dans le passé, prendre ses distances avec la pratique du « dialogue social », qui vise à le domestiquer.

 

C’est à cette condition qu’il est envisageable de parvenir à une désinstitutionalisation et à une désaffiliation durable du syndicalisme vis-à-vis de l’ordre économique, politique et social dominant.

 

Note :

[1] Sorti en mai 2017, « Démocratie sociale » et « dialogue sociale » en France depuis 1945. Construction idéologique et politique d’une pratique sociale est disponible auprès de Stéphane Sirot (30, rue Alexandre Delemar – 59 370 Mons en Baroeul) au prix de 4 euros. L’auteur a fait le pari d’un format accessible, réduit, « plus lisible » ! « Sans rien céder sur le fond », insiste-t-il. Une brochure à usage militant à l’heure où « la formation théorique s’effiloche ».

La première d’une série. Ainsi en novembre dernier, Stéphane Sirot a publié (en partenariat avec Arbre bleu éditions) L’institutionnalisation du syndicalisme. Etapes, formes et problèmes. Une « question aussi ancienne que le syndicalisme lui-même. L’objectif de l’institutionnalisation poursuivie par le champ politique a constamment consisté à substituer à une logique de contestation une logique d’intégration » !

[2] Stéphane Sirot, né le 29 avril 1966, est un historien français. Il est spécialiste de l'histoire et de la sociologie des grèves, du syndicalisme et des relations sociales. Wikipédia

 

 Syndicalisme en France : les effets pervers du «dialogue social»
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20 janvier 2018 6 20 /01 /janvier /2018 11:28
Le gouvernement et le MEDEF veulent baisser massivement les retraites !
Le gouvernement et le MEDEF veulent baisser massivement les retraites !

Cette nouvelle étape dans la politique du patronat et du gouvernement est une suite à l’accord sur les retraites complémentaires Agirc et Arrco, signé le 16 octobre 2015 entre le patronat (MEDEF, CGPME et UPA) et trois syndicats (CFDT, CFE — CGC et CFTC), et se traduit déjà  par un recul de l’âge de la retraite et une baisse des pensions[1].

 

Sources : AGORAVOX Le média citoyen par Taktak modifié le 8 juin 2019

Suppression des régimes spéciaux, alignement par le bas des régimes de retraites du privé et du public, retraite par points : dans le viseur du gouvernement Macron et du MEDEF, la baisse massive des retraites.

 

Dans son programme, le candidat Macron a repris la revendication du MEDEF – un système également promu par l’Union Européenne – de passer à une retraite par points pour faire voler en éclat le système de retraite par répartition. Il s’agit tout à la fois de diminuer massivement les retraites, et de préparer la privatisation complète du système de retraite : en effet avec la sécurité sociale, les retraites échappent aujourd’hui au “marché” capitaliste.

 

 

- Retraite à points : attention danger.

Le système de retraite par points fonctionne selon un régime assurantiel : un actif cotise et accumule chaque année un nombre de points qui sera transformé en pension mensuelle une fois l’âge de la retraite atteint. Avec ce système, chaque personne faisant partie de la population active dispose d’un compte sur lequel les points sont additionnés. C’est le nombre de points accumulés – et non plus le meilleur salaire ou le salaire des six derniers mois – qui servent de base au calcul de la pension de retraite. Ce système permettra – en jouant par exemple sur la valeur du point – de faire baisser massivement les pensions de retraites. Dans le projet Macron, pour calculer la pension de retraite, le système prendrait en compte l’ensemble des sommes versées au cours de la carrière, que l’on diviserait par le nombre d’années de vie restantes “en théorie”. Ce nombre serait évalué à partir de l’espérance de vie pour la classe d’âge concernée.

 

Le régime général français et les régimes complémentaires (Agirc et Arrco) fonctionnent de cette façon. Et on voit avec la réforme actuelle de l’AGIRC ARRCO ce qui va se passer pour le régime général.

 

Seule la CFDT est favorable à ce système, alors que l’ensemble des syndicats de travailleurs ont dénoncé “une baisse des pensions”. De fait, en Suède où le système est en vigueur, pour bénéficier du même niveau de pension qu’en 2011, les travailleurs devront partir à la retraite … à 75 ans !

 

 

- Ce qu'en disait à juste titre François Fillon en 2016... éloquent !

En mars 2016, devant la Fondation Concorde, un lobby patronal, François Fillon alors candidat à la présidentielle de 2017 avoue le vrai but de la réforme des retraites par points voulue par Emmanuel Macron : “ le système par point en réalité, ça permet une chose, qu’aucun homme politique n’avoue. Ça permet de baisser chaque année le montant des points, la valeur des points, et donc le niveau des pensions

 

 

- L’analyse détaillée par la CGT Cadres : vers une baisse massive des retraites complémentaires

Dès le mois de novembre,  la CGT cadre a oublié une analyse de l'accord signé par les syndicats jaunes (CFDT, UNSA …) avec le patronat pour une baisse massive des retraites complémentaires

Le nouveau régime unique de retraite complémentaire verra le jour en 2019. Il fait actuellement l’objet de négociations (8 et 17 novembre) et remplacera les actuels régimes AGIRC et ARRCO et adoptera pour unité de base la valeur de service du point de retraite de l’ARRCO.

 

Dans un communiqué, l’Ugict a vivement dénoncé la volonté du Medef de geler les ressources du régime et soulevé la problématique de la baisse mécanique des pensions, ce dont se défend l’organisation patronale.

 

Pour faire la transparence et vous permettre d’y voir plus clair dans le flou polémique, nous publions ici deux études de la direction technique de l’Agirc-Arcco qui démontrent que dans ce contexte, un gel des cotisations entraînerait une dégradation importante des prestations (qu’on se garde bien de garantir…). Dans cette situation, l’encadrement ne pourrait qu’être contraint à travailler plus longtemps ou recourir à des assurances retraite privées aussi inefficaces que peu fiables.

 

  • Le point sur le régime par points

Dans un régime par points, la pension est obtenue en multipliant : nombre de points acquis pendant la carrière (X) la valeur de service du point au moment de la liquidation de la retraite.

 

Pour les actifs, l’évolution de la valeur de service du point détermine ainsi le niveau de la première pension par rapport au dernier salaire de carrière (le taux de remplacement).

 

Puis, pour les retraités elle détermine la revalorisation des pensions.

 

La progression de la valeur du service du point concerne tout autant les actifs que les retraités, contrairement à ce que soutient le Medef, qui pour minimiser l’impact de ses propositions, déclare à l’envie que la valeur de service du point ne concernerait que les retraités.

 

  • Une étude qui chiffre le refus de financement par le Medef

À la demande de la CGT, les services techniques de l’AGIRC et de l’ARRCO ont chiffré les impacts de l’accord proposé par le Medef sur l’évolution de cette valeur de service du point.

 

Le chiffrage a été établi compte tenu des taux de cotisation définis par l’accord du 30 octobre 2015 et compte tenu de l’obligation faite au nouveau régime de disposer à tout moment d’une réserve financière égale à 6 mois de prestations.

 

Le résultat décrypte les effets de l’accord proposé par le Medef, d’aujourd’hui à 2060 (Note DT 2017-107, établie par la Direction techniques du GIE AGIRC-ARRCO, et en téléchargement libre ci-dessous)

- d’une part sur l’évolution de la valeur de service du point de retraite ;

 - et d’autre part sur le rendement de la cotisation, ou autrement dit, ce que rapporte la cotisation.

 

L’étude permet ainsi de comprendre l’évolution des taux de remplacement du salaire par la pension pour des carrières moyennes, c’est-à-dire ce que la première pension nette représente par rapport au dernier salaire net (retracée par l’étude DT 2017-112, à télécharger ICI).

 

  • Un effet pervers et mécanique

Dans un contexte d’accroissement de la population retraitée, l’intangibilité des taux de cotisation exigée par le Medef, conjuguée avec la nécessité de disposer à tout moment de 6 mois de prestations sous forme de réserves contraint à une baisse en euros constants de la valeur de service du point et donc des pensions.

 

Cette valeur s’établissait en 2015 et s’établit toujours à 1,2513 euros. En 2033, elle ne serait plus que de 1,1420 euros (page 10 de la note DT 2017-107 (à télécharger ICI), ligne en gras) soit une baisse en euros constants de près de 9 % en 18 ans. Et il faudrait attendre 2045 pour qu’elle retrouve son niveau de 2015 !

 

Concrètement, pour 1000 euros de pension qu’il percevait en 2015, en euros constants, le retraité n’en aurait plus en 2033 que 913 euros.

 

  • Cotiser pareil, pour avoir droit à moins

- En 1990, 100 euros de cotisation ouvraient droit à 11,94 euros de pension.

- En 2018, 100 euros de cotisation ouvraient droit à 7,25 euros de pension.

- En 2033, 100 euros de cotisation ouvriraient droit à 5,77 euros de pension.

- En 2060, 100 euros de cotisation ouvraient droit à 5,27 euros de pension.

- Cela représente une baisse de 23 % d’ici à 2033.

 

  • Le diable est dans les détails… absents du projet d’accord

 Les accords AGIRC-ARRCO de 2013 et 2015 interdisaient la diminution du montant nominal de la valeur de service du point. Cette interdiction disparaît de la proposition du Medef.

 

Les actifs seraient pénalisés deux fois : pendant leur carrière, lors de la constitution de leurs droits, puis pendant la retraite.

 

La baisse de la valeur du point engendrerait une baisse considérable du rendement de la cotisation contractuelle, c’est-à-dire du droit à retraite ouvert par 100 euros de cotisations (cf. page 10, colonne RBE à multiplier par 1,27 pour obtenir le rendement contractuel)

 

  • Un projet pour repousser l’âge de départ à la retraite et encourager le recours au privé

Dans un régime de retraite par points, plus on travaille longtemps, plus on acquiert de points.

 

Pour compenser une éventuelle baisse de valeur du point acquis, il faudrait forcément, en l’absence de possibilité d’augmenter les cotisations et donc les ressources du régime, allonger la durée d’activité de 30 %, soit, pour un jeune qui a commencé à travailler à 20 ans une perspective de retraite à 76 ans !

 

Et la France se retrouverait dans le peloton de tête des pays les plus rétrogrades en matière de retraite, avec la Suède et l’Italie.

 

Il s’ensuivrait un effondrement du niveau des retraites nettes par rapport aux salaires nets de fin de carrière (Etude DT 2017-112, simulation S2, la seule qui permet de respecter le maintien de 6 mois d’allocations sous forme de réserves).

 

  • Effondrement du niveau des pensions par rapport aux salaires de fin de carrière

Pour un salarié moyen, les évolutions seraient les suivantes :

Le gouvernement et le MEDEF veulent baisser massivement les retraites !
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2 janvier 2018 2 02 /01 /janvier /2018 14:04
Après les ordonnances contre le Code du Travail.... le SMIC dans l'oeil du cyclone
Après les ordonnances contre le Code du Travail.... le SMIC dans l'oeil du cyclone
Après les ordonnances contre le Code du Travail.... le SMIC dans l'oeil du cyclone

Avec un SMIC, un salarié ne peut s'offrir que 26 m2 à Bordeaux, et dix à Paris !

 

95 % des salariés payés au salaire minimum sont ouvriers ou employés. Près des deux tiers sont des femmes. Les jeunes aussi sont surreprésentés[1].

Après avoir inversé la hiérarchie des normes du code du travail, supprimé l’ISF et l’impôt sur les dividendes, réduit l’impôt sur les revenus du capital, le nouveau gouvernement des riches va-t-il s’attaquer au SMIC, comme le recommande Pierre Gattaz du Medef (il considère que la France a le Smic le plus élevé d’Europe[5]) mais aussi le groupe d’experts « indépendants » acquis à sa cause et comme le Figaro l'annonce[4] ?

Pourtant, selon ces derniers, la France se place sixième des salaires minimums les plus avantageux d’Europe, derrière bon nombre de ses voisins frontaliers[6].

Pour autant, replacé dans le système d’aides sociales, il ne permet pas à tout le monde d’échapper à la pauvreté, à commencer par les familles avec enfants[7].

 

Sources : L'Heure du Peuple par Les Socialistes insoumis par Liêm HOANG NGOC (Porte-parole « économie » de La France Insoumise) mis à jour le 12/05/2018

- Le comité d’experts sur le SMIC nommé par le gouvernement a fait la part belle aux adversaires du salaire minimum.

Selon un arrêté du premier ministre en date du 23 août 2017, un « groupe d’experts sur le salaire minimum de croissance » a été nommé par le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire, ainsi que la ministre du travail Muriel Pénicaud. Or, les experts en question ont été méticuleusement choisis pour leurs positions politiques par rapport au SMIC. Loin de constituer un lieu de réflexion ouvert sur la société et propre à délivrer des recommandations politiques favorables aux salariés, cette commission ressemble à un commando pour préparer une attaque contre le salaire minimum légal.

 

 

- Le SMIC un objet uniquement économique ?

Parmi ces cinq « experts », on trouve André Zylberberg, Isabelle Méjean Andrea Garnero, Marie-Claire Villeval et Gilbert Cette, nommé président du groupe d’experts sur le salaire minimum de croissance.

 

Ces « experts » sont tous les cinq économistes. Le gouvernement n’a jugé utile d’associer aucun universitaire membre d’une autre discipline (sociologue, historien, politiste, juriste…) comme si le salaire minimum n’était pas un élément fondamental de vie sociale de la nation mais un élément uniquement économique. Il a également écarté tout expert en-dehors du monde académique : ni syndicaliste, ni même chef d’entreprise d’ailleurs, ni élu, ni témoin d’expériences étrangères qui aurait pu témoigner des effets positifs de l’introduction du SMIC au Royaume-Uni ou en Allemagne, par exemple. Par ce choix, le gouvernement veut contribuer à sortir le SMIC du débat politique pour le réduire à une simple question technique, débattue entre économistes triés sur le volet.

 

 

- Rôle prépondérant d’« économistes atterrants »

En effet, le choix des économistes en questions est très idéologique. A la présidence de la commission est ainsi nommé Gilbert Cette. Cet économiste a été l’auteur en 2008, avec André Zylberberg également présent dans la commission, d’un rapport du Conseil d’analyse économique intitulé Salaire minimum et bas revenus : comment concilier justice sociale et efficacité économique ? A l’intérieur de ce document, le chœur des pleureuses s’est particulièrement distingué en déplorant un salaire minimum fixé par voie légale de manière uniforme, qui ne permettrait pas de lutter contre les inégalités. Cependant, en 2015, le taux de risque de pauvreté chez les personnes en emploi est de 7,5% en France, contre 9,5% en moyenne dans l’Union européenne ou 9,6% en Allemagne. Ils espéraient avec leur rapport « dépolitiser et dépassionner progressivement les débats » sur le SMIC. Comme si la question du niveau de vie et la dignité du salaire pouvaient être « dépassionnés » et abandonnés à une poignée d’économistes libéraux.

 

 

- Geler le SMIC

Les auteurs du rapport souhaitaient déjà liquider le SMIC en modifiant son évolution annuelle.

 

Un rappel s’impose : aujourd’hui, le SMIC est revalorisé légalement selon l’inflation, et il augmente de la moitié des « gains de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier ». Cela signifie le gain de pouvoir d’achat des salariés. En clair, il augmente selon la hausse des prix, et répercute aussi une partie du pouvoir d’achat. Gilbert Cette et André Zylberberg souhaitaient, eux, supprimer tout lien avec le pouvoir d’achat des salariés. Exemple : en 2016, le SMIC a été augmenté de 0,6% automatiquement. Si seule l’inflation avait été prise en compte, et pas l’augmentation du pouvoir d’achat, cette hausse n’aurait été que de 0,2%, soit trois fois moins ! Au lieu de passer de 1458€ à 1467 € par mois, le SMIC serait passé de 1458€ à 1461€. Le gain annuel serait tombé de 108€ à 36€.

 

 

- Vers un SMIC différent selon « l’âge ou la région »

Dans un entretien au journal Libération du 3 septembre 2015, Gilbert Cette persistait et signait. Il réclamait « un smic qui varie en fonction de l’âge ou encore de la région ». Vieille idée… puisque c’était le cas du SMIG (1950-1970) avant les accords de Grenelle de 1968, divisé entre vingt zones de « niveau de vie » ! A l’opposé de ce que défend Gilbert Cette, c’est le SMIC unifié qui harmonise progressivement les conditions de vie de la population. Segmenter le SMIC entre des catégories d’âges ou de régions, comme en Allemagne, augmenterait les inégalités, en organisant du dumping interne à l’intérieur du pays, des régions les moins développées vers les plus développées, des jeunes vers les vieux. Cela impliquerait aussi un renoncement au principe fondamental de salaire égal pour travail égal. Le SMIC jeune, par exemple, n’a jamais eu d’autre effet que de diminuer les revenus des jeunes là où il a été mis en place. Aucun employeur ne se rue pour embaucher des jeunes sous prétexte qu’ils sont moins chers – pour la bonne raison qu’effectivement, d’ores et déjà, les jeunes travaillent pour des salaires plus faibles que les salariés dotés d’ancienneté !

 

Par ailleurs, Gilbert Cette prétend discerner une relation entre les pays dotés d’un SMIC jeune, comme les Pays-Bas et le Royaume-Uni, et la faiblesse du taux de chômage. Effectivement, ces deux pays sont passés champions dans l’art de convertir des chômeurs en inactifs, avec des dispositifs de retrait du marché du travail. La grosse différence dans le chômage des jeunes est en réalité liée à leur taux d’activité. En France, 37% des moins de 25 ans sont sur le marché du travail, contre 68% aux Pays-Bas et 58% au Royaume-Uni.

 

 

- Vers plus de travailleurs pauvres ?

En effet, dans chacun des deux États, de nombreux étudiants sont obligés de travailler à temps partiel pour subvenir à leurs besoins et payer leurs études, surtout face au remplacement progressif des aides sociales par des crédits bancaires. En France, jusqu’à l’âge de 26 ans, la majorité des étudiants sont en-dehors du marché du travail. Aux Pays-Bas, dès 16 ans, la majorité des étudiants ou apprentis sont sur le marché du travail. Ils n’exercent que des emplois à faible durée et intermittents, mais comptent de ce fait dans la main d’œuvre, et diminuent le « taux de chômage » si l’on compare les deux pays sans tenir compte de leurs institutions respectives. Plus le nombre de personnes en emploi est élevé, plus le taux de chômage baisse : 1 chômeur sur 5 travailleurs équivaut à un taux de chômage à 20%, tandis qu’1 chômeur sur 6 travailleurs équivaut à un taux de chômage de 16,5%. Voilà d’où vient le taux de « chômage des jeunes » : moins de personnes sur le marché du travail en France qu’aux Pays-Bas, pour un nombre de chômeurs équivalent. Et il faudrait distribuer des petits emplois à 5 heures par semaine pour réaliser ce miracle néerlandais que Gilbert Cette appelle de ses vœux ?

 

 

- Une commission pour étouffer le débat ?

  • Second membre de cette commission, André Zylberberg, est surtout un auteur de mauvais pamphlets. Il a notamment corédigé le livre «  Le négationnisme économique[2», ouvrage d’une rare subtilité dans lequel il compare ses collègues doutant des poncifs libéraux à des négationnistes. Nous avons donc affaire à un économiste qui récuse le pluralisme académique, et tente de bâillonner par la diffamation ses collègues qui proposent d’autres conclusions théoriques. Dans ce livre, il n’hésite d’ailleurs pas à citer des études depuis invalidées pour leurs erreurs de calcul, ou bien à tordre leurs conclusions dans le sens qui l’arrange.

 

Il prétend que « certains travailleurs finiront par coûter plus qu’ils ne rapportent » avec les hausses du salaire minimum. Bizarrement, il est moins disert lorsque « certains capitaux finissent par coûter plus qu’ils ne rapportent » au pays ! Mais prenons l’argument au sérieux. Dans le cas d’une grande entreprise, elle doit être fort mal gérée si l’organisation du travail génère moins de 11€ de valeur ajoutée par heure. Dans le cas des petites entreprises, elles méritent un soutien lorsque les frais de location, d’escompte, de crédit bancaire, de démarchage et de sécurisation des débouchés sont bien trop élevés et les étranglent au profit des grands monopoles, d’où notre proposition d’une caisse de solidarité inter-entreprises.

 

Mais dans la réalité, plus une entreprise est intensive en capital, plus elle embauche au SMIC. Et à l’inverse, plus une entreprise est petite, plus son taux de marge est élevé. Globalement, aucun des récents travaux de l’INSEE n’a jamais identifié de lien entre le niveau de salariés au SMIC et la rentabilité des entreprises. Même celles qui vont très bien embauchent allègrement au niveau du SMIC. Il s’agit d’un faux argument. S’il y a matière à décharger les PME, c’est sur leurs charges financières moyennes (intérêts d’emprunts, gestion de compte, frais de commission et de découverts…) qui pèsent au point de représenter entre 30 et 40% de leur chiffre d’affaire selon la taille et le secteur. Ou bien sur leur loyer : 150€ par mètre carré à Marseille, autant dire que 4m² ont le même prix qu’une revalorisation intégrale et immédiate du SMIC comme prévu par L’Avenir en commun !

 

  • L’économiste Marie-Claire Villeval ne se situe pas au même niveau de mauvaise foi que ses deux collègues. Elle appartient au courant de « l’économie comportementale », qui tente de simuler en laboratoire les réactions humaines. Ce courant est au centre d’un débat académique pour évaluer ses apports et ses limites : que peut-on réellement simuler en laboratoire, qui soit identique à la vie réelle ? Elle a notamment essayé d’appliquer son cadre théorique au marché de l’emploi, avec des conclusions qui laissent sceptique. Elle explique par exemple que « l’excès d’optimisme réduit l’efficacité de l’assurance-chômage », alors qu’on serait tenté de proclamer au contraire que le déficit d’assurance-chômage réduit l’optimisme .

 

Elle continue en assénant que « la crainte de perte de bien-être ou de pouvoir d’achat par un chômeur par rapport [à] son ancien emploi le conduit à refuser des offres d’emploi pourtant raisonnables ». Superbe glissement du scientifique au politique : nul ne saura ce qu’elle définit comme « offre d’emploi raisonnable », mais elle semble convaincue que les chômeurs devraient reprendre des offres d’emploi moins bien payées que leur emploi précédent. Cela permet de cerner un peu ce troisième membre de la commission.

 

  • Enfin, Isabelle Méjean, ne s’est jamais distinguée par des propos néolibéraux sur le marché de l’emploi. Nous sommes donc curieux des conclusions qu’elle apportera au groupe d’experts. Andrea Garnero, quant à lui, est expert de l’OCDE. Cette institution a longtemps eu la main lourde sur les préconisations libérales, même si elle entame une légère réorientation depuis quelques années. M. Garnero a en tout cas écrit des documents qui semblent plaider pour le salaire minimum, notamment lorsqu’il a montré avec d’autres chercheurs que la fixation des salaires plancher au niveau des branches couvrait moins de personnes qu’un salaire minimum légal . Mais que pèseront ces avis face à l’agenda politique et médiatique du duo Cette-Zylberberg ?

 

- Dire stop aux mensonges contre le SMIC

Mieux vaut prévenir que guérir, et donc rappeler quelques arguments. D’abord, le salaire minimum français n’est pas particulièrement élevé. Il est inférieur à celui du Luxembourg, de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Australie ou même de l’Irlande. Le discours catastrophique sur la compétitivité de la France par rapport à l’étranger n’a pas de raison d’être. Le SMIC ne concerne que 10% de la main d’œuvre des PME françaises.


La France est un des pays d’Europe les moins ouverts au commerce international – ce qui est un point d’appui pour mener une autre politique – et 85% des salariés y travaillent dans un secteur préservé de la concurrence étrangère, comme le commerce de détail, l’hôtellerie, la restauration, l’enseignement, les services à la personne… Donc le SMIC n’occasionne aucun risque pour les emplois nationaux lorsqu’il augmente. Personne n’ira manger son hamburger à Varsovie ou Hanoï si Mac Donald’s est par exemple obligé d’augmenter ses salariés.

 

- Revaloriser le SMIC, une mesure d’intérêt général

Surtout, le SMIC a été dégradé depuis des décennies. La productivité horaire a progressé de 30% entre 1993 et 2011, alors que le salaire minimum ne gagnait que 10%. Les 20% d’écart sont partis dans les revenus des actionnaires, au lieu d’alimenter l’économie réelle et de prévenir une prochaine récession. Laisser le SMIC fondre à côté de la productivité revient à créer les conditions d’un prochain effondrement spéculatif, à cause de la hausse des profits du capital. Lorsque le SMIC augmente, cela profite d’abord aux petites entreprises au détriment des plus grandes. En effet, les personnes à petits revenus peuvent alors se permettre des dépenses en-dehors du strict minimum vital consommé dans des grands magasins pour profiter des prix les plus bas que pratique la grande distribution. Même au sein des grands distributeurs, certaines gammes gagnent à la hausse du SMIC, comme les produits bio ou les aliments de qualité supérieure qui sont plus consommés. Autant dire qu’un euro mis dans la hausse du SMIC est un euro directement envoyé en soutien à l’investissement et à la consommation, puisque les petits revenus n’épargnent presque pas, faute d’en avoir les moyens.

 

Enfin, toute hausse du SMIC se diffuse, et tous les salariés y ont un intérêt. En effet, l’augmentation des petits salaires conduit mécaniquement ceux du dessus à être réévalués, afin de maintenir les écarts salariaux (ou de les diminuer dans le cas des hauts salaires, qui peuvent rester stables). D’après l’INSEE, à l’horizon d’un an, une hausse du SMIC mensuel de 100€ conduit à une réévaluation de 50€ des salaires au niveau d’1,5 SMIC.

 

 

- Le SMIC : un objet politique

En nommant des experts très orientés qui rêvent de soustraire le SMIC du débat citoyen, Emmanuel Macron prouve le contraire. Il rappelle que le salaire minimum est une conquête politique et l’objet permanent d’un rapport de force social. Il n’a pas toujours existé. Créé en 1950 pour répondre aux revendications de dégel des salaires, il a alors pour objectif d’empêcher la pauvreté des travailleurs et de relancer la consommation. Deux ans plus tard, il est indexé sur l’inflation pour empêcher son écrasement par la hausse des prix. Il connaît son apogée en 1968, avec une hausse de 36% dans la foulée des accords de Grenelle. C’est un bien précieux, qui a longtemps permis (avant la montée du temps partiel) de faire rimer emploi avec dignité. Ces nominations doivent donc sonner comme un signal d’alarme.

 

Et si après le code du travail, le SMIC était la prochaine cible d’Emmanuel Macron ?

 

 

- Le rapport d’experts « indépendants » publié... maintenant, ils veulent s’attaquer au SMIC !

Le groupe d’experts de la Commission Nationale de la Négociation Collective vient de remettre son rapport annuel sur le SMIC, quelques semaines avant sa revalorisation du 1er janvier. Il recommande de mettre un terme aux mécanismes d’indexation du SMIC, garantissant jusqu’à présent le pouvoir d’achat des bas salaires. Cela concerne 11% des salariés. Le rapport propose en premier lieu de mettre fin aux « coups de pouce », permettant aux gouvernements d’accroître à discrétion les bas salaires. Il recommande en second lieu que lors de sa revalorisation annuelle, la progression du SMIC ne soit plus indexée sur l’inflation et sur l’évolution du salaire horaire de base des ouvriers et des employés, ou bien qu’elle soit uniquement dépendante de l’inflation.

 

Les auteurs indiquent qu’ils militent en faveur de la régionalisation du SMIC et de l’instauration d’un SMIC jeunes, mais que le contexte sociétal n’est pas propice à ces propositions. Ils considèrent enfin que le salaire minimum est un piètre instrument de lutte contre la pauvreté et se félicite de la hausse de la prime d’activité. Leurs arguments se résument à l’idée simpliste selon laquelle le coût du travail excessif est à l’origine du déficit de compétitivité de l’économie française et du chômage. Les « travaux » du clan des économistes orthodoxes auquel ils appartiennent ont servi de caution idéologique aux politiques qui se sont déployées pour détricoter le code du travail, réduire le coût du travail et rétablir le taux de marge des entreprises. Le coût de exonérations de cotisations sociales, combinées au CICE, s’élève désormais à 60 milliards, soit 3% du PIB. Alors que les effets de ces mesures sur la compétitivité et l’emploi ne sont pas probants, voila que les mêmes experts s’attèlent à préparer les esprit à la suppression des mécanismes d’indexation du SMIC, réputés renchérir le coût du travail non qualifié et entraîner une pression à la hausse des bas salaires négociés dans les branches.

 

 

- La baisse du coût du travail n’a pas amélioré la compétitivité et l’emploi

Alors même que la productivité des travailleurs de France est l’une des plus forte au monde[3], le coût du travail français évolue désormais à un rythme inférieur à celui observé en moyenne dans la zone euro. Symétriquement, le taux de marge brut converge vers à son plus haut taux historique. Malheureusement, les entreprises n’utilisent aucunement les profits pour investir et innover. Leur sous-investissement explique que le commerce extérieur reste structurellement déficitaire. La part des profits consacrés à l’investissement reste faible, alors que celle consacrée au versement de dividendes s’accroît. Elle s’élèvera d’autant plus que les revenus du capital sont désormais sous-taxés par la « Flat Tax » (le prélèvement forfaitaire unique permettant aux revenus du capital d’échapper au barème de l’impôt sur le revenu) et que l’impôt sur les dividendes a été supprimé.

 

Obsédés par le coût du travail, nos économistes officiels en oublient de regarder du côté du coût du capital, devenu exorbitant. Les modèles théoriques postkeynésiens, qu’ils méconnaissent, montrent pourtant qu’une hausse du taux de marge peut s’avérer contreproductive dans l’hypothèse où l’essentiel de la part des profits est versée sous forme de dividendes et où la propension à épargner des actionnaires est forte. Dans ce cas d’école, proche de la réalité actuelle, les politiques de l’offre ont pour effet pervers d’accroître la part de l’épargne dans l’économie, au détriment de la consommation et de l’investissement. C’est cette pression déflationniste qu’a craint la BCE il y a peu. Une telle situation appelle la mise en œuvre de politiques de monétaire et budgétaire de relance, ainsi qu’une hausse des salaires.

 

Une hausse du SMIC est certes susceptible d’engendrer une tension sur les coûts dans les services, où la productivité est stagnante. Néanmoins, dans ce secteur abrité de la concurrence internationale, une hausse sensible du prix relatif des services permet de faire face à la hausse générale des bas salaires. Un regain de demande et d’inflation est d’ailleurs souhaitable, dans la conjoncture déflationniste actuelle.

 

 

- Il faut augmenter le SMIC et les minima sociaux

Rappelons enfin que la fonction du SMIC n’est pas de lutter contre la pauvreté, mais de reconnaître, sur le territoire national, la valeur minimale de la force de travail que les ouvriers et les employés sont contraints de vendre pour vivre. Il est heureux que le SMIC situe au-dessus du seuil de pauvreté (pour un salarié à temps complet).

 

Pour lutter résolument contre la pauvreté, il faut porter le niveau des minima sociaux au niveau du seuil de pauvreté (60% du revenu médian), soit 1000 euros. Or nos experts « indépendants » ne l’imaginent jamais. Ils craignent, dans ce cas, que le trop faible écart entre les minima sociaux et le salaire minimum (dont ils veulent modérer la hausse) ne dés-incite les individus à travailler, d’où leur plaidoyer en faveur de la prime d’activité. Or celle-ci a pour inconvénient de laisser sur le bord du chemin des millions de chômeurs involontaires, ayant épuisé leur droit aux allocations chômage et condamnés à survivre avec des minima sociaux inférieurs au seuil de pauvreté. Augmenter simultanément le SMIC et les minima sociaux est une nécessité. Porter ces derniers au niveau du seuil de pauvreté « coûte » 10 milliards. Cette somme est à mettre en balance avec le montant, comparable, consacré par la loi de finance 2018 aux réformes fiscales en faveur de la détention et des revenus du capital.

 

Notes :

[1] Salariés au Smic : portrait d’une France populaire

[2] Pierre Cahuc, André Zylberberg, Le négationnisme économique, Comment s’en débarrasser ?, Flammarion, 2016.

[3] Ambassade de France à Prague : La productivité française, parmi les plus élevée au monde

[4] Un projet de loi porté par Bruno Le Maire envisagerait, selon Le Figaro, de réformer la revalorisation du salaire minimum.

[5] Non, Pierre Gattaz, la France n’a pas le Smic le plus élevé d’Europe

[6] la France se place sixième des salaires minimums les plus avantageux d’Europe, derrière bon nombre de ses voisins frontaliers.

[7] En France, le salaire minimum ne permet pas aux familles d’échapper à la pauvreté

 

Pour en savoir plus :

- Les 12 pays les plus productifs au monde : la France au XIe rang

- SMIC : Valls propose d’abaisser les salaires par Gérard Filoche

- Smic : le Medef s'empare de l'idée d'un salaire minimum « transitoire »

- Alternatives Économiques : Smic vers une réforme libérale radicale

- Gilbert Cette, la carte secrète de Macron qui prône un SMIC par région et par âge !

- Smic : un groupe d’expert préconise la fin du "coup de pouce annuel"

- France insoumise : Le SMIC, prochaine cible de Macron ?

- L'Avenir en commun : minimas sociaux,salaires et pensions

- immobilier : avec un Smic, un salarié ne peut s’offrir que 26 m² à Bordeaux, et dix à Paris

- Un projet de loi porté par Bruno Le Maire envisagerait, selon Le Figaro, de réformer la revalorisation du salaire minimum.

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9 décembre 2017 6 09 /12 /décembre /2017 15:04
La faiblesse des salaires du secteur public ralentit les salaires du privé et l’économie

Une étude souligne comment, depuis la crise, la faible hausse des rémunérations dans le secteur public a en partie déterminé celle du privé.

 

Sources : Le Monde Économie par Marie Charrel

C’est l’un des grands mystères sur lequel les économistes s’arrachent actuellement les cheveux : en dépit de la reprise, l’inflation reste anormalement basse dans les pays de l’Organisation de coopération et développements économiques (OCDE). « C’est en partie lié à la faiblesse des cours du pétrole, mais aussi, et surtout, à celle des salaires », explique Véronique Riches-Flores, économiste indépendante.

 

 

-

Les coupables ?

La persistance d’un chômage encore élevé, bien sûr : face au grand nombre de candidats sur le marché du travail, les entreprises n’ont pas besoin d’accorder des augmentations. Mais pas seulement. « Austérité oblige, l’évolution des salaires publics a également été faible depuis 2009 dans beaucoup d’économies », expliquent Gabriel Stern et Rinalds Gerinovics, économiste chez Oxford Economics. Ils viennent de publier une étude passant au crible l’incidence de cette modération, intitulée « L’austérité pèse toujours sur l’ensemble des salaires ».

 

Si avant la crise, les salaires publics étaient plus dynamiques que ceux du privé dans nombre de pays européens, les courbes se sont ensuite inversées. Depuis 2009, la hausse des traitements des fonctionnaires a ainsi été en moyenne inférieure de 0,5 point par an à celle du privé dans l’OCDE. Et même de 1,4 point en Italie, de 0,7 point en Espagne et 0,7 point au Royaume-Uni. La différence n’a en revanche été que de 0,2 point en France tandis qu’en Allemagne, pays faisant figure d’exception, les traitements ont progressé de 0,3 point de plus par an que dans le privé sur la période.

 

 

-

Un baromètre pour nombre d’employeurs

« Cette modération a un impact déterminant, car l’emploi public représente 18 % de l’emploi total dans les pays de l’OCDE », expliquent les auteurs. Une part s’élevant même à 21,3 % pour la France, et 28,5 % pour la Suède. Mais ce n’est pas tout : l’anémie des salaires publics a également « contaminé » celle du privé par deux mécanismes.

 

D’abord, ils servent de baromètre à nombre d’employeurs lors des négociations salariales. Ensuite, la faiblesse des traitements a poussé les fonctionnaires de certains pays à quitter le public pour le privé. Cet afflux de travailleurs s’ajoutant à ceux déjà sur le marché du travail a également pesé sur les négociations salariales dans l’industrie et les services marchands.

 

Certes, la modération des rémunérations publiques a soulagé les finances des Etats – c’est d’ailleurs ce qui a justifié les politiques de rigueur. Dans une certaine mesure, expliquent les économistes, elle peut aussi se traduire par un gain de compétitivité, de productivité et, à terme, par une hausse des salaires dans le privé.

 

Reste que ces prochains mois, elle continuera de peser sur le niveau global de l’inflation, même si certains pays recommencent à augmenter plus généreusement leurs agents publics. En outre, il n’est pas certain qu’un rebond des salaires se traduise par un regain d’inflation. Soumis à une concurrence accrue des pays à bas coût et des plates-formes de e-commerce, comme Amazon, nombre d’entreprises pourraient être tentées de rogner leurs marges plutôt que d’augmenter leurs tarifs, afin de ne pas perdre de parts de marché. Au grand dam des banquiers centraux, dont la grande mission est de tirer l’inflation vers les 2 %…

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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 13:30
Gravure de 1886 parue dans le journal Harper's Weekly représentant la tragédie de Haymarket Square.

Gravure de 1886 parue dans le journal Harper's Weekly représentant la tragédie de Haymarket Square.

Sources : Black Friday

Le Black Friday (littéralement : « Vendredi noir ») peut désigner le vendredi , quand furent exécutés quatre des huit militants de gauche (socialistes et anarchistes) arrêtés après l'explosion d'une bombe lors du rassemblement politique de Haymarket Square, le 4 mai 1886 à Chicago, point culminant de la lutte pour la journée de huit heures aux États-Unis et un élément majeur de l'histoire de la fête des travailleurs du1er mai[5].

 

Cette manifestation était la réponse des ouvriers de la ville à la répression policière qui avait sévi quelques mois plus tôt, le 3 mai 1886, lors de la grève des ouvriers des usines Mc Cormick, faisant deux morts parmi ceux-ci. Le lien entre les militants et l'attentat ne fut jamais clairement établi[1].

 

 

-

Retour au à Chicago : la grève qui a commencé le 1er mai se poursuit aux usines McCormick.

À proximité se tient un meeting des ouvriers du bois où interviennent divers orateurs (dont les anarchistes Samuel Fielden et August Spies). Des affrontements se produisent lorsque des grévistes, désirant chasser les « jaunes » embauchés par Mc Cormick pour briser la grève, sont accueillis par les détectives de l’agence Pinkerton et la police armée de fusils à répétition. Deux ouvriers trouvent la mort et cinquante sont blessés (le Chicago Daily News en avait annoncé six). Le lendemain, le meeting de protestation à Haymarket Square se termine lui aussi en drame.

 

« The Haymarket Martyrs ».

« The Haymarket Martyrs ».

- Le procès

Le procès s'ouvre le 21 juin 1886 à la cour criminelle du comté de Cook (Illinois) dans le centre de Chicago. C'est avant tout le procès des anarchistes et du mouvement ouvrier. La sélection du jury compte par exemple un parent du policier tué. Le procureur Julius Grinnel déclare ainsi lors de ses instructions au jury :

« Il n'y a qu'un pas de la République à l'anarchie. C'est la loi qui subit ici son procès en même temps que l'anarchisme. Ces huit hommes ont été choisis parce qu'ils sont des meneurs. Ils ne sont pas plus coupables que les milliers de personnes qui les suivent.
Messieurs du jury : condamnez ces hommes, faites d'eux un exemple, faites-les pendre et vous sauverez nos institutions et notre société.
C'est vous qui déciderez si nous allons faire ce pas vers l'anarchie, ou non. »

 

Le 19 août, tous sont condamnés à mort, à l'exception d'Oscar Neebe qui écope de 15 ans de prison. Un vaste mouvement de protestation international se déclenche. Les peines de mort de Michael Schwab, Oscar Neebe et Samuel Fielden sont commuées en prison à perpétuité (ils seront tous les trois graciés le 26 juin 1893 après six années de prison ou de pénitencier). Louis Lingg a lui aussi été condamné à mort mais se suicide en prison[2].

 

Quant à Auguste Spies, George Engel, Adolph Fischer et Albert Parsons, ils sont pendus le 11 novembre 1887. Les capitaines d'industrie purent assister à la pendaison par invitation.

 

Ce n'est qu'en 1893 que les condamnés furent innocentés et réhabilités par le gouverneur de l'Illinois John Peter Altgeld, Celui-ci confirma que c'était le chef de la police de Chicago, Bonfield, qui avait tout organisé, et même commandité l'attentat pour justifier la répression qui allait suivre et le jugeant responsable de l'attentat par les brutalités qu'il a lui-même commises envers la population[3].

 

Plaque commémorative.

Plaque commémorative.

L'événement connut une intense réaction internationale et fit l'objet de manifestation dans la plupart des capitales européennes. George Bernard Shaw déclara à cette occasion :

« Si le monde doit absolument pendre huit de ses habitants, il serait bon qu'il s'agisse des huit juges de la Cour suprême de l'Illinois[4] »

 

Notes :

[1] Normand Baillargeon, L'ordre moins le pouvoir, Agone, p. 100.

[2] (en) Nicolas Lampert, A People s Art History of the United States: 250 Years of Activist Art and Artists Working in Social Justice Movements, The New Press, (ISBN 9781595589316, lire en ligne).

[3] (en) John Peter Altgeld, « Reasons for pardoning Fielden, Neebe and Schwab », Haymarket Affair Digital Collection, Chicago Historical Society, .

[4] Howard Zinn, Une Histoire populaire des États-Unis, Agone, 1980, trad. fr. 2002, p. 314.

[5] Certes, si cette parenté n’est pas entièrement dénuée de tout fondement, elle n’est pas tout à fait exacte, car elle masque, en réalité, la place éminente qu’occupe le mouvement ouvrier français dans la genèse de cette histoire.... lire la suite...

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 15:10
16 novembre... on lâche rien ! Construisons des grèves et manifs massives.... !
16 novembre... on lâche rien ! Construisons des grèves et manifs massives.... !

La mobilisation contre les ordonnances Macron ne faiblit pas, loin de là. Le 24 octobre dernier, les organisations syndicales - GCT, FO, CFDT, Solidaires, CFE-CGC, Unef, UNL, FIDL, UNsa, FSU, CFTC - étaient réunis pour décider de la suite à donner à la politique anti-libérale du gouvernement Macron-Medef. Dans une déclaration commune, la CGT, FO, Solidaires, Unef, UNL, FIDL, font le constat que la politique actuellement menée vise à accroitre les inégalités au profit d’une minorité.


Les organisations syndicales ciblent en particulier de nombreuses dispositions inacceptables des ordonnances, les réformes à venir sur l’assurance chômage, la formation professionnelle, la sélection des jeunes à l’entrée de l’enseignement supérieur, l’augmentation de la CSG, les atteintes au service public.


A l’issue de la réunion du 24 octobre, les organisations syndicales appellent à la mobilisation le 16 novembre, pour en faire une grande journée « interprofessionnelle, étudiante, et lycéenne" rassemblant les salariés actifs et privés d’emplois, du public et du privé, les retraités, les jeunes lycéens ou étudiants.

 

 

- Appel national des organisations CGT, FO, Solidaires, Unef, UNL, FIDL

16 novembre... on lâche rien ! Construisons des grèves et manifs massives.... !

 

- La FSU "s'associe" à la journée de mobilisation du 16 novembre

Elle déclare rejoindre l'action unitaire pour "défendre les intérêts des salarié.e s du secteur public, comme du privé, confronté.e.s aux mêmes difficultés". La FSU déclare porter ce jour là, avec d'autres organisations syndicales et de jeunesse, des revendications et propositions notamment en termes de pouvoir d'achat, d'emploi, de protection sociale et de formation", souligne son communiqué.

 

 

- Sur la Charente Maritime

16 novembre... on lâche rien ! Construisons des grèves et manifs massives.... !
  • Télécharger l'appel de la CGT au format PDF
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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 18:36
Jean-Luc Mélenchon : de Macron à l'hypocrisie de la Chartre d'Amiens

<< Avoir le point >> ou pas !

 

Sources : L'ERE DU PEUPLE par Jean Luc Mélenchon

J’ai dit au fil d’une discussion avec les journalistes qui m’accompagnaient à Athènes que « pour l’instant, Macron a le point ». « Pour l’instant » n’y fit rien, même si j’ai dit déjà la même chose à TF1 il y a quinze jours. Ici, 24 heures plus tard j’aurais reconnu avoir « perdu une bataille » ! Rien de moins ! Et ainsi de suite d’une rangée de moutons médiatiques à l’autre. Et comme la joie n’a pas de frontière, j’ai même retrouvé l’information telle que reformatée par les machines à buzz française dans la presse espagnole. Le buzz a donc fonctionné, étouffant aussitôt tout le reste de ce que j’ai dit et fait en Grèce. Nouvelle vérification du fait que la sphère médiatique ne rend pas compte de l’actualité mais la fabrique dans un format sensationnaliste correspondant au niveau de culture qu’elle suppose rencontrer chez ses lecteurs. Je dirai que son but n’est pas d’informer mais d’empêcher de penser.

 

 

-Car mon propos n’était pas celui d’un commentateur mais celui d’un protagoniste engagé dans une lutte pour la défense de ce qu’il croit fondamental.

Je ne pousserai pas l’impudence jusqu’à rappeler qu’un plus illustre que moi fit en son temps la distinction entre perdre une bataille et perdre une guerre. Et fonda toute sa stratégie sur ce constat. Combien sauraient de quoi je parle dans ces médias ? Que comprennent-ils à une nuance ? Mon intention est d’interpeller les miens, ceux de ma famille politique et sociale. Comment je sais que Macron a le point aujourd’hui ? Parce qu’il peut se permettre d’avancer sur tant de front sociaux sans ralentir. Comment est-ce possible alors qu’il n’a pas de base sociale pour sa politique dans le pays ? Voilà la question que je pose. Je le fais non pour poser une question mais pour faire comprendre qu’il faut une réponse concrète.

 

La forme et la tactique de résistance à la politique du gouvernement ne peut plus rester enfermée dans le « chacun de son côté ». Il est plus que temps d’organiser la jonction des efforts entre le mouvement social, associatif et les forces politiques de la résistance au coup d’État social. Je prends la responsabilité de le dire haut et fort avant qu’il ne soit trop tard. Et je ne vois pas d’intérêt à appliquer des piqûres de ciment en niant ce que tout le monde sait et voit. Quand la CFDT invite a une réunion qui se finit dans un bistrot parce que la centrale a refusé de prêter une salle à ceux qui ne sont pas de son avis et qu’elle congédie, un seuil dans le dérisoire n’est-il pas franchi ? Et combien d’autres choses à pointer. Comme ces négociations séparées de certaines branches professionnelles, cruel démenti du système syndical confédéré où la force du collectif est poussée à s’émietter.  Ne pas accepter de le voir, c’est renoncer à imaginer la réponse à la question : comment inverser le cours des évènements ? Voilà la seule question qui vaille. C’est celle que je pose.

 

 

-Bien-sûr, le 16 novembre, il faut être dans la mobilisation syndicale.

Comme à chaque étape, « La France insoumise » mobilise aux côtés des syndicats alors que l’inverse n’est jamais vrai. Personne, y compris parmi ceux qui donnent des leçons, ne mobilise autant. Mais on ne peut en rester là, tel est mon message. Contre les ordonnances, il ne s’agit pas de faire un baroud d’honneur. Il s’agit de mener une lutte avec clarté sur l’objectif et les moyens de l’atteindre : faire reculer le pourvoir, sauver nos acquis sociaux et une  manière de vivre en société ! C’est de cela dont on parle. Le 23 septembre, dans mon discours place de la République, conformément aux conclusions de notre groupe parlementaire, j’avais fait le geste de nous mettre en retrait en appelant les syndicats a diriger tout le mouvement et en proposant une marche générale avenue des Champs Élysées. La suite, nous l’avons sous les yeux. La stratégie qui a échoué face à El Khomri a encore moins bien marché face à Macron. Je ne vois aucune raison de faire semblant de ne pas l’avoir vu.

 

Car de notre côté, dans l’hémicycle, nous nous sommes trouvés progressivement absolument seuls sur la barricade. Le débat du projet de loi de finance de la Sécurité sociale a pu être bouclé en quatre jours pourtant annoncés de longue date sans un seul instant de mobilisation spécifique. Une nouvelle fois, le dogme du « mouvement social indépendant de la politique » a montré sa limite. Je le dis parce qu’à ce rythme tous les acquis sociaux essentiels du pays vont y passer et nous aurons été cloués dans une double interdiction : interdit de critiquer « la seule politique possible » d’un côté, interdiction de discuter de l’organisation de la lutte de l’autre.

 

 

-La « Charte d’Amiens » sans cesse invoquée une nouvelle fois aura eu bon dos.

Il serait temps que nombre de ceux qui s’y réfèrent pour stigmatiser la présence des organisations politiques dans le combat social se demandent si ce document qui date de 1905 et résulte de la bataille entre marxistes et anarchistes au début du siècle précédent doit rester un dogme sans nuance 111 ans plus tard. Car ce texte fixe une stratégie d’unité ouvrière en tenant à distance les « sectes socialistes » (à l’époque, en 1905, il y a cinq partis socialistes) pour permettre le déclenchement de la « grève générale révolutionnaire »… Parmi les dirigeants du mouvement social actuel, qui a l’intention de préparer aujourd’hui une « grève générale révolutionnaire » comme cela est prévu dans la « charte d’Amiens »? Personne !

 

 

-Il faut donc en finir avec cette hypocrisie.

Il faut savoir faire équipe et savoir joindre les efforts de mobilisation entre la sphère politique et la sphère du mouvement social. Et je dis le mouvement social en pensant non seulement au syndicalisme mais à tout l’univers associatif, lui aussi laissé de côté à présent en dépit de ses propres efforts pour se mobiliser. Bref, nous avons besoin d’une convergence populaire. En tous cas je le dis clairement : les organisations politiques ont toute leur place dans la mobilisation et la conduite du mouvement de résistance sociale. La jonction entre elles et les organisations du mouvement syndical et associatif est indispensable face à la politique de Macron. Car cette politique vise en fait, à partir du terrain social, à une reconstruction politique générale de la société. Ce n’est donc pas seulement une « question syndicale » qui est posée. Ni la refonte du code du travail, ni la destruction de la Sécurité sociale ne sont des questions exclusivement syndicales. Ce sont des questions de société qui ont un contenu hautement politique comme nous ne cessons de le dire à la tribune de l’Assemblée et au pays.

 

Pour en savoir plus :

- Jean-Luc Mélenchon : «La France est dans un état surcritique, tout peut basculer»

- Pour Mélenchon, «la France reste un volcan». Selon le leader de La France insoumise, le pays demeure en ébullition. Et si la mobilisation n’a pas eu lieu, c’est la faute à la désorganisation et aux bisbilles syndicales.

-Jean-Luc Mélenchon : « Les syndicats sont mortels, comme les partis »

- Un œil sur la lutte ( partie 1) et Un œil sur la lutte ( partie 2)

Page d'Histoire : 1895 : naissance de la CGT

- Ordonnances SNCF : l’occasion par Frédéric Lordon, 20 mars 2018

- Dilemmes français – Syndicalisme et politique : liaison dangereuse ou tragédie moderne ?

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 17:10
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron

<< Les salariés n'ont rien perçu de ce qui va arriver, ça va être une tsunami >>

 

- Les ordonnances Macron : un COUP d’ÉTAT SOCIAL

La coordination rochelaise de la France insoumise invite les salariés actifs, privés d'emploi, les jeunes... à participer aux " Remue méninges sur ordonnances ".

 

  • DÉBATTONS EN pour CONVAINCRE et RASSEMBLER dans L'ACTION !

 

  • RETROUVONS NOUS le : vendredi 10 NOVEMBRE, à partir de 18H30 à la salle des fêtes de La Pallice - 42 Bd. Ed. Delmas La Rochelle

 

 

- Avec la PARTICIPATION de :

  • Plilippe JURAVER, syndicaliste et animateur de l'espace des luttes de la France Insoumise

 

  • Claudy VALIN, insoumis et avocat en droit social

 

ouvert à toutes et tous sous forme d'auberge espagnole

 

  • Pour s'inscrire c'est  ICI

10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron

 

- Un beau moment d’échange de pédagogie, d'explications ce soir à l’invitation des groupes d’action rochelais

Une belle soirée de "travail " sur la loi Travail et les ordonnances Macron a la Rochelle qui a bien porté son appellation ! Ce fut un véritable " remue méninges sur ordonnances ".

Merci à Philippe Juraver et Claudy Valin pour leurs interventions, disponibilité et gentillesse. Bien évidemment, pour terminer autour d'un repas convivial.

 

  • Pour nos amis qui voudraient faire utilisation des visuels de la soirée, ils sont disponibles ici

10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
10 novembre La Rochelle : soirée de décryptage des ordonnances Macron
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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 13:38

 

- L'ancêtre de la Sécurité Sociale : la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 24 juin 1793 adoptée par les Montagnards

Article 21
Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d'exister à ceux qui sont hors d'état de travailler.

La sécu : des origines à nos jours, histoire d'une révolution par Mathilde Larrère

 

- En 2007 l'ancien n° 2 du MEDEF et ex directeur chez AXA sonne la charge contre la Sécurité Sociale

La sécu : des origines à nos jours, histoire d'une révolution par Mathilde Larrère

 

- La France insoumise propose la sécurité sociale intégrale

Le 15 janvier 2017, Jean-Luc Mélenchon était l’invité du «Grand Jury» sur RTL et LCI. Il a détaillé son programme sur la Sécurité sociale, proposant le remboursement à 100% des dépenses de santé. Voir le détail dans le livret thématique de l'AVENIR EN COMMUN.

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