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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 11:27
L’écologie peut-elle être apolitique ?
 

Source : blog de Robert Mascarell membre du Parti de Gauche 12

Après une succession de découvertes scientifiques qui nous avaient, pour un temps, rendus semblables aux dieux, nous sommes arrivés à une prise de conscience assez sereine des limites de l’homme et de la Terre.

 

Nous n’avons plus tout à fait le sentiment qui animait Pascal le croyant lorsqu’il écrivait : « En regardant tout l’univers muet et l’homme sans lumière, abandonné à lui-même et comme égaré dans ce recoin de l’univers, sans savoir qui l’y a mis, ce qu’il y est venu faire, ce qu’il deviendra en mourant, incapable de toute connaissance, j’entre en effroi comme un homme qu’on aurait porté endormi dans une île déserte et effroyable et qui s’éveillerait sans connaître où il est, sans moyen d’en sortir. Et sur cela, j’admire comment on entre point en désespoir d’un si misérable état. »

 

Il y a eu un écho contemporain de ce cri d’angoisse. On le trouve dans le livre titré « L’Homme » d’un athée, le biologiste Jean Rostand : « Que l’homme terrestre soit ou non, dans l’univers, seul de son type, qu’il ait ou non des frères lointains et disséminés dans les espaces, il n’en résulte guère pour lui de différence dans la façon d’envisager sa destinée. Atome dérisoire perdu dans le cosmos inerte et démesuré, il sait que sa fiévreuse activité n’est qu’un petit phénomène local, éphémère, sans signification et sans but. Aussi n’a-t-il d’autre ressource que de s’appliquer à oublier l’immensité brute qui l’écrase et qui l’ignore. » Et le même savant de pousser dans « Pensées d’un biologiste » un cri de colère : « L’espèce humaine passera, comme ont passé les dinosauriens et les stégocéphales. Peu à peu la petite étoile qui nous sert de soleil abandonnera sa force éclairante et chauffante. Toute vie alors aura cessé sur la Terre qui, astre périmé, continuera de tourner sans fin dans les espaces sans bornes. Alors, de toute la civilisation humaine ou surhumaine, découvertes, philosophies, idéaux, religions, rien ne subsistera. Il ne restera même pas de nous ce qui reste de l’Homme de Néanderthal dont quelques débris au moins ont trouvé un asile dans les musées de son successeur. En ce minuscule coin d’univers sera annulée pour jamais l’aventure falote du protoplasma, aventure qui, déjà, peut-être s’est achevée sur d’autres mondes, aventure qui en d’autres mondes peut-être se renouvellera. Et partout soutenue par les mêmes illusions, créatrice des mêmes tourments, partout aussi absurde, aussi vaine, aussi nécessairement promise dès le principe à l’échec final et à la ténèbre infinie. »

 

J’ai tenu à citer en entier cette page salubre parce qu’elle nous accule absolument à découvrir ce qui rend acceptable d’une part la nature de l’homme et d’autre part, la condition humaine.

 

Mais puisque, décidément, notre présence sur Terre n’est qu’une aventure passagère, constatons que l’aventure humaine oppose deux forces, comme Nietzsche l’a si bien démontré.

 

La première c’est physis (étymologiquement nature), certains hellénistes disent aussi phusis, c’est-à-dire la loi de la nature. Le libéralisme économico-politique a son origine dans ce mouvement naturel. Le personnage platonicien de Calliclès dans Gorgias éclaire la philosophie de ce mouvement, « qui oppose ce qui est vrai et beau selon la nature, c’est-à-dire le déploiement spontané de la force vitale, aux multiples entraves que, sous le nom de « lois », la coalition des faibles a progressivement établies pour empêcher LA JUSTE DOMINATION DES FORTS. »

 

La seconde c’est nomos (étymologiquement loi). C’est l’effort des hommes à travers des institutions pour maîtriser les effets de cette force. Il est à l’origine de la loi des hommes.

 

Nietzsche voyait dans la loi des hommes l’expression et le moyen pour les plus faibles de survivre en empêchant les plus forts de vaincre.

 

En résumé, physis la nature, ce sont les tenants de l’inné, l’individu, l’individualisme. Nomos, la loi, ce sont les tenants de l’acquis, le peuple, le collectif, la masse.

 

Tel Janus, ces deux composantes de notre monde ont depuis des temps très lointains pris différentes apparences.

 

Physis, la nature, et sa loi, maîtresse incontestée des êtres, des choses, pendant des millénaires, fut un jour menacée par l’apparition de l’imaginaire et plus précisément de la conscience. Nomos s’incarna et devint l’Etat moderne avec sa justice et sa police. Le rôle de la police résulte de la délégation par la collectivité d’un droit légal à la violence, pour la survie du plus grand nombre. Les deux conceptions de l’existence se rejoignent pourtant dans la mesure où il faut sauver le total et penser au salut individuel.

 

Ainsi, l’homme est pris entre le désir de dépasser les autres et la nécessité d’être avec les autres à l’exemple de la communion chrétienne et de l’égalitarisme socialiste. La maçonnerie tendant à vouloir équilibrer le désir et la nécessité. Notre histoire n’est que l’alternance et l’opposition de ces deux forces. Tantôt, Physis règne : c’est la guerre (« que le plus fort gagne », « nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts »), c’est le temps des pulsions où l’homme dépasse en férocité l’animal qui se borne à détruire par instinct et donc sans aucun sadisme son ennemi. La perversité atteint son summum quand Physis, pour continuer à dominer, convoque délibérément Nomos à son service. Ce que Jean-Jacques Rousseau a constaté avec beaucoup de pertinence : « Nul n’est assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. »

 

Tantôt, mais très rarement, Nomos, non perverti, règne : c’est la paix civile (« aidons-nous les uns les autres »).

 

L’enjeu est donc de résoudre cette contradiction sans faire disparaître l’un des deux composants, car inéluctablement le composant disparu renaîtrait sous une autre forme.

 

Aujourd’hui, alors que « la maison brûle », comme l’a si justement dit le président de la République, Jacques Chirac, en 2002, à Johannesburg, de la résolution de cette contradiction il dépend que l’échéance menaçant la survie de notre espèce et de toutes les espèces vivantes, soit retardée.

 

La bataille est loin d’être gagnée. Pour preuve, les propos tenus en 2000 par le président du Medef à ce moment-là, Monsieur Ernest-Antoine Seillières, dans la revue des sociétés d’assurance « Risques » : « Autour du risque, on retrouve une sorte de succédané de la lutte des classes » (que voilà une parole de connaisseur. Au passage, je suis heureux de ne pas être le seul à en constater l’existence). Et Seillières d’expliquer que : « Les batailles sur le risque, la sécurité alimentaire ou sanitaire, la sécurité des produits, sont aussi la manière moderne de lutter contre les entreprises innovantes, une manière d’en contester la légitimité ». « Quand on ne peut plus combattre l’entreprise au nom du profit et de l’exploitation, on utilise le risque, la protection de la santé et de l’environnement. » Monsieur Seillières en déduit donc que la société se divise « en riscophiles et en riscophobes », et il se dit convaincu que « dans une période de transformations aussi fortes que celles que nous connaissons, l’avenir appartient davantage aux riscophiles qu’aux riscophobes ».

 

Soulignons que nos « bons » riscophiles se ménagent des parachutes dorés et ne prennent des risques qu’avec la peau des autres.

 

Quand je vous disais que l’opposition entre la physis et la nomos continue à faire rage.

Ainsi, non contents d’être à l’origine des pollutions industrielles du passé, voilà que des entrepreneurs revendiquent le droit de continuer à polluer, sans état d’âme, au nom de la liberté de produire et de créer de la valeur.

 

A propos de liberté, je ne résiste pas au plaisir de citer Albert Einstein : « Je me refuse à croire en la liberté et en ce concept philosophique. Je ne suis pas libre, mais tantôt contraint par des pressions étrangères à moi ou tantôt par des convictions intimes. » ; ou bien encore Lacordaire, chrétien social : « Entre le pauvre et le riche, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

 

Arrivé à ce stade de ma planche, je ressens que certains frères se disent : « Mais où Robert veut-il nous emmener ? Quand va-t-il répondre à la question posée dans le titre de sa planche ? ».

 

Vous allez voir, je l’espère, que le détour que j’ai pris n’est pas si incongru que cela, et qu’aujourd’hui encore, Physis et Nomos ne sont pas mortes, y compris et surtout dans les débats relatifs à l’environnement.

 

Avant d’en arriver à traiter le cœur du sujet annoncé dans le titre de cette planche, s’est posé à moi un problème de méthodologie :

  • soit, m’appuyant sur les travaux de scientifiques produits lors de la convention de Rio en 1992, ou à l’occasion de la ratification par quelques pays du protocole de Kyoto en 1997, ou à l’occasion de la tenue de la conférence internationale sur la gouvernance écologique à Paris en février 2007, je vous assène une quantité astronomique de chiffres prouvant tous que le réchauffement climatique va s’accélérant et que l’homme en est le principal responsable,
  • soit, nous convenons tous ensemble que ce phénomène n’est plus discutable et, dès lors, nous pouvons passer à l’étape supérieure de la réflexion. Celle qui consiste à tenter d’analyser les raisons d’une telle situation, voilà pour hier, et à réfléchir sur les moyens de faire face à sa dégradation, voilà pour demain.

 

Vous avez compris que je ne vais pas vous asséner des chiffres, mais je vais vous proposer de réfléchir, en vous demandant de garder constamment en mémoire le débat existant entre les notions de physis et de nomos.

 

Convenons que l’état écologique de notre planète est en raison directe de la révolution industrielle apparue il y a un peu plus de deux siècles. Jusque-là, l’homme vivait essentiellement des produits de la culture et de l’élevage, suivant le rythme des saisons. Avec la multiplication des inventions, nous sommes entrés progressivement dans l’ère industrielle. Le productivisme s’est installé en maître de tous nos modèles économiques, qu’ils soient d’essence capitaliste ou communiste.

 

Il n’y avait rien à redire à cette orientation, tant la misère était grande. Peu importait, à la limite, la façon de répartir les fruits du travail des hommes. Même s’ils étaient mal partagés, les plus pauvres voyaient, néanmoins, leur sort s’améliorer.

 

Les luttes des déshérités pour une meilleure répartition des richesses, pouvant aller jusqu’à vouloir maîtriser le pouvoir politique, comme la détermination des privilégiés à vouloir le garder à tout prix, avaient la même finalité : produire et consommer toujours plus. Peu importait les retombées sur l’environnement. Nul ne s’en souciait, à droite comme à gauche. C’est que les ressources de la Terre paraissaient inépuisables, et l’aptitude des forces de la nature à se régénérer indestructible.

 

Si bien que du strict point de vue étroitement partisan, les hommes et femmes de gauche n’ont pas davantage qualité que ceux et celles de droite à se prétendre meilleurs défenseurs de l’environnement. Si là s’arrêtait ce travail, il serait logique de dire que l’écologie peut être un courant de pensée apolitique, n’ayant à s’inspirer ni des pratiques de droite ni des pratiques de gauche.

 

Mais, croissance démographique et économique aidant et, à l’inverse, épuisement des réserves fossiles et réchauffement climatique de la Terre à un horizon proche avérés ont obligé l’ensemble de la classe politique de la plupart des pays à prendre en compte ces phénomènes dans leur approche du pouvoir. On pourrait s’en féliciter si l’occasion était saisie de poser les problèmes sans aucun tabou. Tel n’est pas le cas, y compris par ceux qui font profession de foi écologiste.

 

Pour illustrer mon propos je vais m’en tenir au débat franco-français pour cette élection présidentielle.

 

Trois têtes d’affiche expriment les diverses nuances du courant écologique : Nicolas Hulot, Corinne Lepage et Dominique Voynet. Deux se disent apolitiques, mais s’affichent dans les entourages de Jacques Chirac pour l’un, de François Bayrou pour l’autre. La dernière ne cache pas son ancrage à gauche. Voilà pour leur engagement partisan. Mais au-delà, où sont leurs différences ? Elles sont ténues. Tous les trois inscrivent leur action dans l’acceptation des règles du libéralisme économique, tout en préconisant un autre mode de production et de consommation.

 

Autant dire qu’ils essaient de réaliser la quadrature du cercle.

 

Notez que, en soi, ce positionnement constitue un véritable engagement politique, quoi qu’en disent ceux qui prétendent à l’apolitisme de leur combat écologique. Si vous doutiez de la justesse de cette affirmation, je tiens à rappeler que tous les responsables écologistes, sans exception, ont pris position, le 29 mai 2005, lors du référendum, pour ou contre le traité constitutionnel européen. Les trois têtes d’affiche susdites ont d’ailleurs voté et appelé à voter pour ce projet. Des étoiles du mouvement écologiste de moindre magnitude ont, elles, voté et appelé à voter non.

 

Personne ne niera, j’en suis convaincu, que le traité constitutionnel avait un contenu éminemment politique, sauf à considérer que son inscription dans la perspective exclusive du renforcement des règles du libéralisme économique ne soit pas un choix politique.

 

A ce stade de ma planche, je tiens à dire que je ne fais reproche à aucun des écologistes d’avoir pris position pour ou contre le traité constitutionnel européen. Ce disant, je suis, en revanche, beaucoup plus sévère à l’encontre des écologistes qui, passé l’intermède du débat européen, se drapent à nouveau dans la posture de l’apolitisme, qui serait seul vertueux, par opposition à ceux dont l’engagement écologique serait sali par leur choix partisan.

 

Mais laissons là ces batailles picrocholines et revenons à l’essentiel, c’est-à-dire à la question : L’écologie peut-elle être apolitique ?

 

Nous venons de voir que ses hérauts, même quand ils s’en défendent, se complaisent dans la politique politicienne. Le devenir de l’humanité sur Terre vaut mieux que cela. Et là, je vais en revenir à physis et à nomos.

 

Tout d’abord je vais m’appesantir sur un paradoxe : physis, je le soulignais au début de ma planche, c’est la primauté de la loi de la nature. Or, qui dit nature dit environnement. On pourrait donc être tenté de dire que ceux qui font souvent référence au respect des lois de la nature en sont donc les meilleurs défenseurs. Mais là tout se complique.

 

Les proclamateurs du retour aux lois de la nature sont ceux-là même qui, au nom de ces lois, justifient que les relations entre les hommes ne sont mues que par l’esprit de compétition.

 

En avril 1998, je vous ai présenté un travail intitulé : La compétition : moteur du progrès ou suicide collectif ? J’y pourfendais les tenants des lois de la nature, à l’occasion lois divines, et j’y soutenais que, en résumé, avec force exemples : « La lutte pour la vie n’est pas réductible à une compétition sans règles, et le plus souvent au contraire, elle prend la forme de ce qu’il faut bien appeler une coopération, même si certains individus y laissent leur vie. »

 

Plus loin, je continuais : « La coopération m’apparaît plus que jamais nécessaire même sur le plan de la pensée, qu’elle soit rationnelle ou symbolique. Dans notre humanité, la pensée sous-tend l’action et l’action sous-tend la vie, laquelle sous-tend le devenir de notre espèce. N’oublions jamais que, heureusement, la compétition est volontairement encore freinée par la crainte de la destruction de la planète. »

 

Si j’avais un mot à changer à ce que je vous disais en avril 1998, ce serait pour dire que j’étais encore trop optimiste quand j’écrivais « que, heureusement, la compétition est volontairement encore freinée par la crainte de la destruction de la planète. »

 

Depuis lors, cette crainte de la destruction de la planète n’arrête plus les dirigeants économiques et politiques de ce monde. L’arrivée au pouvoir du sinistre Busch, début 2001 aux USA, entraîne l’humanité entière et toutes les formes de vie inéluctablement vers l’abîme, dans le silence complice des dirigeants des autres pays, profitant de la crétinisation des peuples à laquelle ils ont d’ailleurs pris une part active.

 

Partout, les Etats et les collectivités publiques, pourtant seuls dépositaires de l’intérêt général, sont tournés en dérision. Priorité est donnée aux intérêts particuliers, via les entreprises, plus précisément via les grands groupes multinationaux. Eh bien ! je ne retiens pas la doctrine selon laquelle la somme des égoïsmes individuels aboutirait à l’optimum économique. Comme Einstein dans « Comment je vois le monde ? », je pense que : « L’argent pollue toute chose et dégrade inexorablement la personne humaine. »

 

Un écologiste digne de ce nom ne peut pas faire l’économie d’une analyse de l’évolution du capitalisme. Car, ne nous y trompons pas, le capitalisme d’aujourd’hui n’est pas dirigé par des ultra-libéraux intrinsèquement mauvais, par opposition à des libéraux moins ultras qui le dirigeraient avec plus d’humanité. Rien ne tient à la qualité des hommes, tout dépend des changements structurels du capitalisme inscrits dans sa matrice.

 

Le capitalisme moderne est né il y a un peu plus de deux cents ans, et par accumulation et concentrations successives au fil des décennies, les petites entreprises, terreau du capitalisme, devenant de plus en plus grandes, ont commencé à être dirigées par leur fondateur, puis par leurs héritiers de sang, puis par des petits groupes d’actionnaires nationaux, puis par des actionnaires croisés détenant des actions dans plusieurs entreprises du même pays, puis par de gros actionnaires transnationaux, puis par des actionnaires transnationaux gros et petits. Les petits confiant la gestion de leurs économies à de grands financiers à la tête des banques, sociétés d’assurance, fonds de pension. C’est à ce stade de développement que se trouve le capitalisme aujourd’hui. Mais nous ne sommes pas arrivés au stade ultime de ces mouvements de concentration, accumulations capitalistes aidant.

 

Le résultat, c’est que le capitalisme, qui longtemps a vécu de la production et pour la production industrielle, via le travail des hommes et les investissements, devient de plus en plus un capitalisme financier anonyme se gobergeant du rapport de l’argent, via la spéculation, et de moins en moins de la production.

 

L’autre résultat, c’est que toutes les économies sont mesurées à l’aune de leur taux de croissance, sans considération du contenu de cette croissance. Toutes les activités économiques sont donc comptabilisées : celles utilement sociales, comme celles qui ne le sont pas, voire qui sont nuisibles. Si bien que l’humanité entière est engagée dans une fuite en avant, au péril des forêts, des ressources naturelles, de nombre d’espèces vivantes,….

 

Le système capitaliste mondial est donc appelé à être dirigé selon des critères encore plus contraignants que ceux d’aujourd’hui pour l’énorme majorité des hommes. Ses dirigeants nous paraîtront donc encore plus ultra-libéraux que nos plus ultra-libéraux actuels. C’est consubstantiel au capitalisme. Par égoïsme, ses dirigeants sont prêts à nous conduire jusqu’à la chute finale de l’humanité. Et le fait que le système capitaliste ait triomphé du système communiste ne le rend pas meilleur pour autant. Au contraire, et là j’en viens, paradoxalement, à regretter l’absence de concurrence.

Je ne suis pas un scientifique, mais je suis persuadé que l’irréversible est d’ores et déjà atteint. Le train du capitalisme mondial est lancé à une telle allure que, même si dès demain le genre humain était gagné par la raison, au point qu’il mette en place un système mondial philosophico-politico-économique idéal, la catastrophe n’en serait que retardée. Puissé-je me tromper.

 

Et une fois n’est pas coutume, je n’emprunterai pas à Marx, bien que je m’en réclame plus que jamais, pour vilipender le capitalisme, je m’en tiendrai au regard des catholiques sociaux sur le libéralisme, tel qu’il est publié dans l’Encyclopédie Universalis : « Le catholicisme social –ce trait est particulièrement accusé à ses origines- se présente doublement comme l’adversaire du libéralisme, non seulement il en récuse les thèses et les maximes, mais il lui impute la responsabilité des maux qui affligent la condition ouvrière : la libre-concurrence érigée en règle, l’intérêt particulier élevé à la hauteur d’un principe, le culte du progrès ont engendré cette société inhumaine. »

 

Mais même si la bataille me paraît perdue, je me battrai de toutes mes forces pour faire reculer l’échéance. Et c’est là que revient Nomos.

 

Seule la loi des hommes et non la loi de la nature, et encore moins la loi divine, peut permettre d’arbitrer entre les intérêts particuliers et l’intérêt général. Mon propos ne consiste pas à vouloir opposer ces deux types d’intérêt. Leur coexistence est nécessaire pour favoriser l’harmonie entre les hommes eux-mêmes, mais également entre les hommes et toutes les autres formes de vie sur Terre. Etant bien entendu, toutefois, que prééminence devra être redonnée à l’intérêt général, au détriment, s’il le faut, des intérêts particuliers.

 

Le choix du contenu de la croissance, par exemple, ne peut être dévolu au secteur privé. Il ne s’agit pas de produire pour produire, sans égard pour l’environnement. Si bien que l’acte de produire doit être collectivement déterminé non plus en pensant taux de croissance indifférenciée, mais en forgeant un modèle mathématique pour fixer le taux d’utilité sociale. Pour illustrer ma pensée, je prends pour exemple, a contrario, de l’ineptie économique dévastatrice de l’environnement, la pratique, se généralisant, de la production éclatée à travers le monde d’un article composite. Ainsi, dans mon exemple, l’assemblage des pièces composant cet article dont la première pièce, fabriquée en France, est ensuite assemblée avec la deuxième fabriquée en Turquie, puis avec la troisième fabriquée à Singapour, et ainsi de suite, pour enfin revenir finie en France. Que d’énergie gaspillée et de pollution générée. Or, selon les critères d’aujourd’hui fondant le taux de croissance, la multitude des allées et venues de cet article à travers le monde crée de l’activité économique de transport entrant positivement dans la détermination du taux de croissance.

 

Les tenants de la liberté façon renard libre dans le poulailler, peu soucieux de l’intérêt économique général, n’intègrent évidemment pas les coûts financiers occasionnés sur l’environnement par ces pratiques : gaspillage de fluides énergétiques en voie de raréfaction, production inconsidérée de CO2 provoquée par les transports multiples. Les peuples sont les cochons de payants de cette gabegie.

 

Pour faire cesser cette absurdité, on voit bien que seule une puissance publique mondiale, ce serait l’idéal, mais si ce n’est pas possible un service public d’échelon géographique inférieur, pourrait y mettre un frein.

 

Dans le même but, il revient à la société de déterminer les secteurs de l’activité économique devant être gérés sous le contrôle étroit de la puissance publique. Il devrait en être ainsi de la gestion de tous les fluides énergétiques en général, de celle de l’eau, de la production des médicaments, des services de l’enseignement, des dépenses militaires, des infrastructures des transports (routes, voies ferrées),….

 

Une telle organisation socio-économique va à l’encontre du tout libéral, à l’œuvre dans le monde entier. Ce disant, je ne me fais pas le chantre de la croissance zéro, encore moins de la décroissance, je défends une croissance raisonnable, mesurée à l’aune de l’intérêt général.

 

Que ce soit sous l’empire de la nécessité ou sous celui de la raison, l’heure n’est certainement pas si éloignée que cela où le genre humain, pour son salut, devra se détourner des billevesées des gourous du capitalisme. Quant à ceux qui se disent écologistes, ils ne pourront pas indéfiniment s’abriter dans le cocon du non-choix, sauf à se discréditer.

 

La domination écrasante des forces de l’argent, sous le joug desquelles nous vivons aujourd’hui, ne m’émeut guère. Sauf à accepter de se suicider collectivement, nous devrons obligatoirement passer d’une société de concurrence généralisée à une société de coopération.

 

In petto, certains d’entre-vous pensent probablement que tout n’est pas perdu, depuis que les ci-après Al Gore, ex-vice-président des Etats-Unis, et Nicholas Stern, ex-dirigeant de la Banque mondiale, nous alertent, le premier à travers son film « Une vérité qui dérange », le second par son rapport chiffrant à 5 500 milliards d’euros le coût de l’inaction face au changement climatique. Et ces frères de se dire, que s’il s’avère que les actions écologiques peuvent être un marché juteux, les financiers s’y engouffreront et dès lors tous les espoirs seront permis. Il n’est pas interdit de croire, et puis si cela en aide certains à vivre, grand bien leur fasse. Pour ma part, je persiste à dire qu’il est illusoire d’attendre la félicité d’un système fondé sur l’égoïsme.

 

Mon scepticisme se trouve renforcé par l’attitude de la quasi totalité des classes politiques à travers le monde. La nôtre ne déroge pas à la règle. Les palinodies autour de la signature du pacte écologique proposé par Nicolas Hulot ont plutôt été pitoyables. Mais là n’est pas l’essentiel. Il se trouve dans les programmes de tous les candidats à notre élection présidentielle, y compris ceux que je soutiens plus que les autres : ceux de la gauche antilibérale. Alors que chaque jour qui passe confirme la responsabilité de l’homme dans la gravité et plus encore l’urgence du péril écologique, aucun des programmes n’est infléchi radicalement.

 

Tous se situe dans la logique du gagner, du produire et du consommer toujours plus, comme dans celle de la nécessité d’un taux de croissance économique et démographique le plus élevé possible, sans considération de contenu.

 

Autant l’objectif que les plus pauvres puissent raisonnablement consommer davantage est juste, autant il faut avoir le courage de dire que ce ne sera possible que si, parallèlement, la consommation des plus riches diminue considérablement. Je vais même jusqu’à dire que cette réduction pourrait me frapper personnellement, à la marge certes, tant je suis conscient de consommer le superflu, du superflu, du superflu. Il va sans dire que, simultanément, les revenus des plus pauvres devront augmenter sensiblement, pendant que ceux des plus riches devront largement diminuer.

 

Là, je veux tordre le cou au principe, unilatéral, des vases communicants défendu par les plus fortunés, consistant à dire qu’il est difficile d’augmenter les bas salaires, au risque d’augmenter le coût du travail et donc d’affaiblir la compétitivité de notre économie. Curieusement, le même principe ne vaudrait pas pour les revenus pharamineux perçus par les plus riches. Il ne faut donc pas y toucher.

 

Ne pas poser le problème des contenus de la production, de la consommation, des taux de croissance économique et démographique, comme de celui des écarts de revenus, c’est condamner nos descendants au pire, plus vite qu’on ne le croit. Aujourd’hui cette sentence ressortit à l’utopie.

 

Les prudes disent fautivement que la masturbation rend sourd, les écologistes, dignes de ce nom, devraient dire : l’égoïsme rend à coup sûr sourd et aveugle.

 

Mais qui mieux que Albert Einstein pouvait conclure mon exposé : « Les excès du système de compétition et de spécialisation prématurée sous le fallacieux prétexte d’efficacité, assassinent l’esprit, interdisent toute vie culturelle et suppriment même les progrès dans les sciences d’avenir. »

 

Inverser cette réalité nécessite que dans le couple physis-nomos, nomos occupe enfin la place prépondérante.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 14:25
27 juin 2014 : débattons de la transition énergétique

Auditorium du FORUM des Marais

- Poser la question de la production d'énergie, de chaleur c'est :

- combattre la réalisation de l'hyperincinétareur d'Echillais ;

- agir pour la méthanisation des déchets ménagers ;

- fermer l'incinérateur de Port-Neuf (chef de baie) à La Rochelle.

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 10:20
Notre-Dame-des-Landes : l'abandon, c'est maintenant !

5 & 6 JUILLET 2014

mobilisation nationale

 

Source : Coordination des opposants au projet d'aéroport mis à jour le 18 avril 2015.

- En avant vers l'abandon définitif du projet !

La préparation de notre événement de l'été se situe dans une phase charnière, où nous avons marqué des points en terme de retard des travaux, sans avoir arraché l'abandon définitif, objectif fédérateur de notre lutte.


- Nous avons tenu ! Tenu sur nos trois piliers !

  • Tenu sur la zone !

Après le séisme de l'automne 2012, et son opération César, nous avons préservé collectivement le territoire de la Zad, paysans résistants depuis longtemps installés, habitants récents, citoyens-soutiens très présents. La vie a pu continuer et des projets agricoles pérennes ont pris forme, grâce à Sème ta ZAD et au COPAIN sur la ferme de Bellevue et sur les terres menacées. Des travaux variés sur le terrain notamment avec les Naturalistes en lutte ont encore enrichi notre expertise collective et mis sérieusement à mal les propositions de « compensation » d'AGO-Vinci. Des liens se sont noués, la Zad est plus peuplée, mieux cultivée au printemps 2014 qu'elle ne l'a jamais été. La manifestation du 22 février a montré l'énormité du soutien, tant paysan que populaire, à la défense du territoire menacé. La mobilisation éclair pour Saint Jean du Tertre a sauvé la ferme et donné des garanties pour l’avenir !

 

  • Tenu sur le juridique !

Après la décision de garder ouvertes les pétitions par la Commission des Pétitions à Bruxelles en septembre 2013, et malgré la volonté des porteurs du projet de vider à nouveau la ZAD, les arrêtés autorisant le début des travaux ont tardé jusqu’à fin décembre 2013 : peut-être le préfet avait-il conscience de leur fragilité juridique... Ils ont été immédiatement attaqués, tandis que les diverses procédures concernant les expropriations - appel en Tribunal Administratif, Conseil d’État et Cassation - se poursuivent opiniâtrement. Nous venons d'apprendre le lancement par la Commission Européenne d'une procédure d’infraction contre la France, pour cause de fractionnement du dossier et d'insuffisance d'étude d'impact environnemental global !

 

  • Tenu sur le plan politique !

Si les porteurs régionaux (CR, CG, Nantes métropole...) n'ont pas été ébranlés sur leurs (mauvaises) bases, les instances politiques nationales ne peuvent plus ignorer ce dossier. Un accord politique capital a été arraché au PS, au prix d'une grève de la faim de 28 jours, en mai 2012 ; il stipulait qu’il ne pouvait y avoir d’expulsions tant que certains recours n’étaient pas menés à leur terme.


Faute peut-être d'autres choix, Jean-Marc Ayrault, encore premier ministre, a acté en février que le début des travaux attendrait le rendu de tous les recours déposés. Cette position a été confirmée par les accords de deuxième tour entre le PS et EELV lors des élections municipales de mars à Nantes et Rennes. Enfin elle a été reprise par Ségolène Royal, nouveau ministre de l'environnement. La volonté politique affichée de respecter le déroulement des procédures juridiques en cours est un premier pas. Nous attendons donc fermement et sereinement, en ne lâchant rien sur le terrain, que tous les recours, notamment ceux concernant la Loi sur l’Eau et l’autorisation de destruction d’espèces protégées, soient apurés aux niveaux national et européen.


S'ils ne peuvent en eux-mêmes représenter la victoire définitive, les retards annoncés sont néanmoins très positifs, tant il devient de plus en plus éclatant, au fur et à mesure que le temps passe, que ce projet est d'un autre âge, périmé jusqu'à l'absurde au vu des actuelles connaissances et législations !


Mais c'est l'abandon pur et simple du projet qu'il nous faut obtenir ! Celui qui permettra que les paysans et habitants vivant sur la zone puissent se projeter enfin dans l'avenir et y fassent émerger de nouveaux projets durables ; celui qui permettra l’optimisation de l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique si elle s’avérait un jour nécessaire !


Cet abandon confortera la détermination et l'espoir de tous ceux qui sont engagés dans la lutte contre les Grands Projets Inutiles et Imposés, dévoreurs de terres, de biodiversité, de ressources aquatiques ou fossiles, de subventions publiques ! 


Le rassemblement des 5 et 6 juillet sur les terres de Bellevue à Notre Dame des Landes sera précédé par des évènements et des caravanes de convergence partant de plusieurs lieux de luttes emblématiques partout en France. Soyons nombreux à les accompagner !


- En 2012, nous avons dit « La lutte, c'est maintenant ! »
- En 2013, « toujours présents, toujours résistants, plus légitimes que jamais ! Enterrons le projet ! »
- En 2014, osons dire : « l'abandon, c'est maintenant ! »


- Maintenant qu'il faut l'arracher ! La victoire définitive est à la portée de nos efforts !
- Réussissons lors du rassemblement - convergences 2014 une nouvelle mobilisation exceptionnelle !

 

Coordination des opposants au projet de Notre Dame des Landes : 50 groupes (associations, syndicats et mouvements politiques)
Notre Dame des Landes - 28 avril 2014

Notre-Dame-des-Landes : l'abandon, c'est maintenant !

- Comment rejoindre l'initiative des 5 & 6 juillet 2014 ?

Elle se traduira par différentes formes d'actions déterminées:

• "caravanes" (à pied, vélos, tracteurs, voitures...)

• points de rencontre, d'information

Pour en savoir plus...... cliquez ICI

 

- Sur le même sujet, pour en savoir plus, lire aussi :

- Par le Parti de Gauche : Notre Dame des landes, l’abandon c’est maintenant !

 

- Dernière heure : ère>

- Le 2 juillet, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a exprimè sa décision de faire procéder à des expertises complémentaires validant la possibilité d’un abandon du projet d’aéroport

 

Notre-Dame-des-Landes : l'abandon, c'est maintenant !
Notre-Dame-des-Landes : l'abandon, c'est maintenant !
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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 08:34
CEP17 saisit J.F. Fountaine pour faire avancer la Régie Publique de l'eau sur la CDA

A l'issue des élections municipales de 2014, de l'installation de l'équipe de direction de la CDA sous l'égide de J.F. Fountaine, CEP17, entend lui rappeler ses engagements.

CEP17 à l'ambition d'être acteur de la création d'une régie publique sur l'ensemble du territoire de la CDA de La Rochelle sur la base de son propre programme.

 

- Un courrier lui a été adressé en ces termes

 

CEP17 (Collectif Eau Publique 17) 23 rue des Iris17180 PERIGNY

 

Monsieur  Jean François Fountaine

Président de la Communauté d'AgglomérationDe La Rochelle

Objet : Demande de rendez-vous

 

Périgny, le 17 juin 2014

Monsieur le Président (de la CDA de La Rochelle),

Lors de la campagne des élections municipales 2014, c’est avec intérêt que nous avions pris acte de votre engagement de création d’une régie publique de l’eau sur l’ensemble du territoire de la CDA de La Rochelle.

 

C’est dans ce cadre, et au titre du Collectif Eau Publique 17, que nous souhaitons vous rencontrer, pour évoquer avec vous, les différentes problématiques liées à l'eau, et à sa distribution (notamment au travers d’une harmonisation de la politique de l’eau) sur l’ensemble des communes de la CDA.

 

Vous le savez, le 24 octobre dernier, nous avons organisé à Périgny un forum de l'eau réunissant plusieurs responsables politiques dont les députés Henry Emmanuelli, Olivier Falorni  et Suzanne Tallard, de nombreux élus municipaux ainsi que des professionnels de l'eau. Nous y avons évoqué les incohérences existantes au niveau de notre département notamment avec  la dissolution du Syndicat Nord actée par Madame le Préfet au 01 Janvier 2014, qui devrait entraîner une révision de la délégation de Service Public confiée à la SAUR.

 

Nous souhaitons, vous exposer nos propositions pour une véritable gestion publique de  l'eau qui assure  durablement la maîtrise des coûts et en instaure la transparence. Il serait souhaitable que  la gestion de ce service, essentiel à la vie de ceux qui habitent et travaillent sur ce territoire, soit entièrement contrôlée par les élus et les usagers qui en sont les seuls payeurs.

 

Par le passé, nous avions demandé et obtenu, la création d’un groupe de travail chargé, en cohérence avec le SCOT, de faire des propositions sur la gestion globale de l’eau sur le territoire de la CDA. Nous souhaiterions pouvoir évoquer avec vous sa ré-installation dans la perspective de la réalisation de notre objectif commun : une régie publique sur l’ensemble de la CDA.

 

Nous restons disponibles, Monsieur le Président pour vous rencontrer à la date qui vous conviendra.

Dans cette attente, veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos plus respectueuses salutations.

Pour le Collectif Eau Publique 17, Daniel Vince

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier Politique de l'eau

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 09:32
Non à l'hyperincinérateur d'Echillais !

Le 16 juin 2014 - modifié le 14 décembre 2014

- A l'appel de

 

Mercredi 18 juin à 15h00 devant la gare de La Rochelle !!!

 

- Là, IL FAUT QUE VOUS SOYEZ LA EN NOMBRE.

Nous allons rendre visite à madame la préféte. Instruments de "musique" et couleur jaune. Nous ferons nous aussi notre appel du 18 juin, un appel à la résistance citoyenne.

D'autres rendez-vous sont à venir ! Restez vigilants et mobilisés !


Pour en savoir plus... cliquez ICI
 
 

- Incinération : ni à Echillais, et plus à La Rochelle (Chef de Baie) !

La France, premier pays au monde pour l’incidence des cancers hormonodépendants : les dioxines, les produits d’incinération..... mis en cause.
 
 
- Le Parti de Gauche OUEST17 opposé à l'incinération
Dans un communiqué en date du 12 décembre 2013, le parti de Gauche exprime son opposition et ses propositions.

- Ségolène Royal prend position !

Posture politique.... ou engagement a agir ?

En effet, répondant à un auditeur sur France Inter le 23 juin, elle indiquait "Je suis hostile à ce projet. Evidemment parce que c'est un incinérateur. Il y a maintenant d'autres technologies beaucoup plus protectrices de l'environnement et beaucoup plus intelligentes sur le plan de la récupération du déchet et de la transformation d'énergie."

 

- Nous avons la réponse aujourd'hui 22 août.... la politique du ni-ni

En effet, Ségolène Royal a annoncé ce vendredi à La Rochelle qu'elle n'était pas favorable à la construction d'un super incinérateur pouvant accueillir 85 000 tonnes de déchets à Echillais près de Rochefort (17). Elle revoit le projet à la baisse et veut inciter à produire moins de déchets ménagers.

 

Autour de Ségolène Royal, les élus ont décidé d’abandonner le tri mécano biologique et de réduire le tonnage brûlé dans le futur incinérateur, sans le remettre en cause.

 

Ségolène Royal de La Rochelle ne connait certaniement pas la Ségolène Royal qui est le 31 mars contre l'incinérateur de Fos sur Mer ;

 

C'est la politique du ni-ni ou des demi-mesures !
Quelle crédibilité accorder à son discours politique quant elle se déclare contre le système de l'incinération, affirmant, je dite :" L'incinération est une technologie complètement dépassée, il faut s'orienter vers la société zéro déchets".... et dans le même temps autorise un incinérateur réduit de 30% de sa capacité !
Ce n'est pas très sérieux tout ça !

 

 

- Les solutions alternatives existent

  • Commencer par réduire les déchets à la source, par exemple en négociant une charte "éco" avec la grande distribution et autres professionnels ;
  • Maire de Manspach (Haut-Rhin) et vice-président de la Communauté de communes de la Porte d'Alsace (16 000 habitants), Daniel Dietmann a réussi, il y a 23 ans, à convaincre ses collègues élus et les citoyens de réduire leurs déchets. Grâce à la tarification incitative et la pesée embarquée, les habitants de Manspach jettent deux fois moins de déchets que le Français moyen : "Chez nous, les incinérateurs tournent à vide" ;
  • Le soleil n'est pas encore levé qu'un étrange ballet commence. Chacun à leur tour, des dizaines de camions viennent déverser des tonnes et des tonnes de restes de nourriture, d'herbe coupée, de branchages. Un mois plus tard, ces déchets organiques ressortiront sous la forme d'un riche compost aussi fin que du sable. Ici, à Vacaville, à une heure de route au nord de San Francisco, se joue quotidiennement une partie essentielle de l'objectif que s'est fixé la ville californienne : parvenir, d'ici à 2020, à zéro déchet non recyclé ou composté, évitant ainsi d'utiliser des décharges ou des incinérateurs, très polluants.... Comment San Francisco s'approche du "zéro déchet" ;
  • La méthanisation est aussi depuis 1989 une nouvelle alternative pour la gestion à grande échelle des ordures ménagères. Tous les déchets organiques, à l’exception des déchets ligneux (déchets de bois), peuvent être traités par méthanisation, et notamment les déchets et effluents liquides. Les principales matières traitées de la sorte sont les effluents industriels et les boues d’épuration urbaines ou industrielles. Ce traitement se développe depuis peu en France sur les déchets ménagers (en mélange ou après collecte séparée de la fraction fermentescible) et sur les déchets agricoles (ex : le SYCTOM de l'agglomération parisienne).

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier incinération

- Incinérateur : pas à Echillais, et plus à Port-Neuf !

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 12:09
Quand l’agriculture sert à nourrir les machines aux dépens des humains
A l'heure ou de nouveaux équipements pour la filière méthanol s'installent à La Rochelle, il est urgent que l'agglomération refuse l'implantation de sociétés intervenant dans la chaîne de fabrication des agrocarburants !

 

En effet, à l'initiative des groupes Sica Atlantique et Alkaline, (avec la société EnviroCat Atlantique) une nouvelle logistique méthanol s'installe sur le Grand Port maritime de la La Rochelle/Pallice se lance dans la production d'un composé chimique entrant dans la fabrication du biocarburant adossée à de nouveaux bacs de stockage et à un pipeline qui sera opérationnelle d'ici le 13 juin.

Il n'est pas inutile de revenir sur les enjeux préfigurés par une agriculture au service quasi exclusif de l’industrie pétrolière et chimique.

 

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Enquête par Agnès Rousseaux (22 juin 2011) pour Basta ! modifié le 02 février 2016
Basta ! a enquêté sur un empire méconnu mais tentaculaire, du nom de Sofiprotéol, leader français dans les huiles de colza, de tournesol ou de soja. Fonds d’investissement aux multiples filiales, Sofiprotéol préfigure une agriculture au service quasi exclusif de l’industrie pétrolière et chimique. Cette « pieuvre verte » est dirigée par Xavier Beulin, actuel président de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, qui a l’oreille du pouvoir.

 

- Si ce modèle se développe, l’agriculture de demain servira-t-elle encore à nourrir les êtres humains ?

En ces temps de spéculation sur les matières premières, notamment alimentaires, c’est la question que l’on peut se poser, alors que s’est ouvert à Paris le G20 agricole (juin 2011). « Nous voulons donner la parole aux paysans du monde entier. Nous avons des choses à dire en matière de lutte contre les variations de cours, l’arrivée des fonds spéculatifs, ou la constitution des stocks d’intervention », a lancé Xavier Beulin, président du premier syndicat agricole français, la FNSEA. Sous son égide, la puissante organisation compte bien apparaître comme un interlocuteur de premier choix, après avoir largement influencé la politique agricole française depuis un demi-siècle.

 

Mais qui est Xavier Beulin, le nouveau leader de la FNSEA ? Quelle vision de l’agriculture incarne-t-il ? À la tête du fonds d’investissement Sofiprotéol, l’homme ressemble davantage à un businessman qu’à un agriculteur. Sofiprotéol ? C’est l’établissement financier de la filière des oléoprotéagineux (colza, tournesol, soja). La société possède un vaste empire : leader de la production d’agrocarburants en France, impliqué dans le développement des OGM, la sélection génétique animale et végétale, dans la « chimie verte », propriétaire de la marque d’huiles Lesieur et du groupe Glon Sanders, leader français de nutrition animale. C’est fou le nombre de produits que l’on peut fabriquer à partir de fleurs de colza ou de tournesol : du carburant, de la glycérine (pour la pharmacie ou l’armement), du plastique, des détergents, des produits cosmétiques... Et accessoirement des huiles alimentaires. Résultat : sur un chiffre d’affaires de 5,6 milliards d’euros en 2010 pour Sofiprotéol, plus de la moitié est réalisé dans des débouchés industriels qui n’ont plus rien à voir avec l’alimentation humaine ou animale, dont 2,3 milliards pour les seuls agrocarburants. Quand les champs de colza commencent à ressembler à des gisements pétroliers...

 

Le monde selon Sofiprotéol préfigure-t-il l’agriculture du futur ? Est-ce un modèle partagé par ceux qui ont élu le businessman à la tête de la FNSEA ? Son élection en décembre dernier a suscité de nombreuses réactions. L’homme défend une « agriculture moderne, vivante et conquérante ». Pour Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, il incarne surtout « une agriculture où les paysans sont sous l’emprise croissante des industries agroalimentaires. Une agriculture intégrée dans l’appareil économico-financier. En dehors des rouages macro-économiques, pas de possibilité pour les paysans d’exister. » Et Sofiprotéol, dont il est président ? « Une pieuvre, aux énormes tentacules », décrit Christian Berdot, responsable agrocarburants pour l’ONG Les Amis de la Terre.

 

- Les manipulations génétiques, solution à la malnutrition ?

Sofiprotéol est actionnaire de Biogemma, une société qui contribue à « augmenter la biodiversité » par ses travaux sur les OGM... Biogemma a mis au point un « maïs résistant à la sècheresse », grâce à l’introduction par transgénèse d’un gène de sorgho. Et la société a multiplié ces dernières années les procédures judiciaires à l’encontre de faucheurs volontaires d’OGM. Côté génétique, Sofiprotéol figure également au sein du capital de Hendrix Genetics, un des leaders mondiaux de la génétique animale. L’entreprise basée aux Pays-Bas a notamment développé des « souches de poules pondeuses qui peuvent se nourrir de tourteaux de colza sans que le goût de leurs œufs ne soit modifié ». Un débouché supplémentaire pour les producteurs d’oléagineux.

 

Hendrix Genetics possède des entreprises et « joint-ventures » dans 22 pays, elle est spécialiste des fusions-acquisitions, comme le montre son spot publicitaire. Elle se rêve en sauveuse de l’humanité. Grâce à la sélection génétique, on pourra demain nourrir 9 milliards d’humains. Fini la malnutrition. Par sa filiale ISA (Institut de sélection animale), Hendrix Genetics est l’héritier de l’entreprise bretonne Studler, qui avec l’Institut national de recherche agronomique (INRA), a fabriqué dans les années 1970 la poule «  Vedette 2 » : une poule naine aux besoins alimentaires réduits, après sélection génétique, qui en 1985 représentait 58 % du marché avicole national. La biodiversité ne fait pas partie des priorités de l’entreprise ! « Au fond, nous sommes encore des agriculteurs » [1], précise ISA sur son site. Comme si on pouvait en douter...

 

- Une côte de porc FH100 ou un rôti Galaxy 300 ?

En échange de sa participation au capital, Sofiprotéol a cédé à Hendrix Genetics sa filiale France Hybrides [2], la « plus importante société privée de génétique porcine en France ». Celle-ci propose une gamme complète de porcs, créés par amélioration génétique, et triés selon leurs qualités : la Galaxy 300 vantée pour sa « douceur maternelle », la truie FH100, dont « les options choisies » pour sa création « ont pour but d’assurer l’homogénéité du produit terminal ». On ne sait pas trop s’il est question de jambon ou du porcelet à naître... Hendrix Genetics utilise la bio-informatique pour prévoir la « valeur génétique» de ses produits. Et stocke pour ses programmes d’amélioration génétique « des millions d’informations relatives aux performances individuelles de [ses] pedigrees ». Selon Hendrix Genetics et Sofiprotéol, l’agriculture du futur se gère dans des centres de données informatiques.

 

Pourquoi Sofiprotéol, concernée par les oléagineux, s’est-elle embarquée dans l’amélioration génétique animale ? Parce que les filières animales représentent le premier débouché des productions végétales. Sofiprotéol renforce donc sa présence dans ce secteur « par des prises de participation stratégiques ». C’est cette même logique qui conduit Sofiprotéol à la prise de contrôle en 2007 du groupe agroalimentaire Glon Sanders, leader français des aliments composés pour animaux. En dominant toute la filière, de la production d’oleagineux jusqu’à la sélection des animaux qui mangeront ces produits, Sofiprotéol étend ses tentacules.

 

- Sofiprotéol, champion de la « chimie verte »

Sofiprotéol fait aussi des affaires avec l’entreprise InVivo, dans le secteur des semences, grâce à une holding commune. InVivo, premier groupe « coopératif » agricole français, s’occupe du stockage de céréales et du commerce international des grains, délivre ses conseils à l’agriculture intensive, ou investit la grande distribution (magasins Gamm Vert). L’entreprise commercialise aussi plus de la moitié des pesticides épandus en France, et consacre un milliard d’euros à la « santé végétale », par des accords de distribution avec les grandes firmes de l’agropharmacie – Syngenta, Bayer Cropscience, BASF, DuPont de Nemours [3]. Un partenariat stratégique de plus pour la pieuvre Sofiprotéol.

 

Parmi les filiales de Sofiprotéol, on trouve également deux sociétés spécialisées dans « l’oléochimie », Novance et Oléon. Cette dernière est une ancienne filiale de TotalFinaElf. Leaders du secteur en Europe, ces sociétés commercialisent des produits industriels d’origine végétale, utilisés dans les secteurs des lubrifiants, lessives, peintures ou cosmétiques... Une « chimie renouvelable », comme le décrit Sofiprotéol. Et qui protège l’environnement, précise le site du groupe. Avec le Grenelle de l’environnement, l’Union des industries chimiques s’est engagée à utiliser 15% de matières premières renouvelables dans ses approvisionnements d’ici à 2017. Sofiprotéol ne pouvait manquer d’investir dans un domaine qui constitue un débouché de plus pour la filière oléagineux. Le groupe a également lancé en Picardie un projet de bioraffinerie « Pivert », qui doit produire, à partir de colza et du tournesol, des biomatériaux pour l’emballage ou le bâtiment.

 

- Des agrocarburants financés par le contribuable

Et quand les cultures de colza, soja ou tournesol ne finissent pas transformées en lessives, cosmétiques ou emballages, on les retrouve dans les carburants. Car le fleuron de Sofiprotéol, c’est Diester Industrie, numéro un mondial du « biodiesel ». Une entreprise productrice d’agrocarburants, en situation de quasi monopole en France. Comment Sofiprotéol s’est-elle taillée la part du lion dans la production de carburants ? Dans les années 1990, transformer le colza et le tournesol en agrocarburant est 2 à 3 fois moins rentable que le débouché alimentaire. Avec sa filière Diester, Sofiprotéol va réussi un tour de force, explique Patrick Sadones, agriculteur en Seine-maritime et ingénieur agronome, qui a produit un rapport très détaillé sur le sujet. Des aides de la PAC, une attitude bienveillante des pétroliers [4], des études de l’Ademe garantissant l’efficacité énergétique de la filière... Autant d’éléments favorables qui vont lancer la production à grande échelle.

Mais quand Xavier Beulin arrive à la tête de Sofiprotéol, les agrocarburants ne sont pas encore compétitifs. Il faut trouver une solution pour vendre le Diester®. La recette ? L’obtention d’une défiscalisation des agrocarburants : l’État reverse une partie des taxes perçues sur la vente de carburants aux producteurs d’agrocarburants. En 2003, Sofiprotéol bénéficie ainsi d’une « défiscalisation » de 0,35 euros par litre de Diester® [5]. Une facture payée par le contribuable. Vient ensuite la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) en 2005 : l’incorporation d’agrocarburants (esthers d’huile) devient obligatoire dans le gasoil vendu à la pompe. Les distributeurs de carburants sont contraints d’acheter ces esthers d’huile à des sites de productions bénéficiant d’un agrément. Et jusqu’en 2007, comme par hasard, seuls les sites de Sofiprotéol/Diester industries bénéficient d’un agrément… C’est ce qu’on appelle la concurrence libre et non faussée.

 

- Le Diester®, une « arnaque écologique au bilan catastrophique »

« Sofiprotéol ne tolère aucun concurrent sur le territoire national », explique Patrick Sadones. « Et les distributeurs de carburants ont dû payer 880 euros le mètre cube de Diester® vendu par Sofiprotéol, contre 360 euros pour un mètre cube de gasoil ». L’affaire est juteuse. Au point que selon Henri Prévost, ingénieur général du Corps des mines et auteur d’un rapport pour le gouvernement en 2005, les nouvelles usines d’estérification sont amorties en deux ans… « Sofiprotéol est extrêmement puissant. Les pétroliers sont aujourd’hui captifs, et Sofiprotéol ne prend pas de gants pour fixer les prix », estime Patrick Sadones. Le monopole s’est depuis fissuré, mais Sofiprotéol fournit encore les trois quarts du marché. Même le groupe Total, associé au géant Neste Oil qui exploite la plus grosse unité d’estérification du monde à Singapour, n’a pas obtenu du gouvernement l’agrément pour les 200.000 tonnes qu’il prévoyait de produire à Dunkerque. Résultat ? « Tous les ans, les distributeurs de carburants sont face à un seul opérateur, qui a juste ce qu’il faut à vendre, et ils sont obligés d’acheter », accuse l’ingénieur agronome. Et « Sofiprotéol continue son racket » : pour chaque litre de diesel vendu à la pompe, les automobilistes payent 3,5 centimes et l’État verse 0,5 centime (coût de la défiscalisation) pour les agrocarburants de Sofiprotéol.

 

Un surcoût qui pourrait avoir du sens, s’il contribuait à développer une énergie renouvelable et à diminuer les gaz à effet de serre. Mais pour Patrick Sadones et la Confédération paysanne, aucun doute : le Diester® est une « arnaque écologique » et son bilan est « catastrophique ». Une nouvelle étude de l’Ademe, publiée en 2010, rectifie les résultats de l’étude précédente (2002) concernant l’efficacité énergétique de cet agrocarburant. Malgré les progrès techniques, les chiffres sont bien moins favorables au Diester® [6]. « Même l’augmentation du pétrole au-delà de 150 dollars le baril ne rendra pas le Diester® compétitif », conclut Patrick Sadones.

 

Surtout, le Diester® pollue. L’étude de l’Ademe estime que l’utilisation de Diester® réduit de 57% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’équivalent en gasoil. « Mais il faut raisonner à production alimentaire constante : un agriculteur qui signe un contrat avec Diester industrie, cela signifie une déforestation à l’autre bout du monde pour maintenir la production mondiale en huile alimentaire, explique Patrick Sadones. Si on inclut ce changement d’affectation des sols, sur 20 ans, le Diester® est 2 fois plus mauvais que le gazole en terme d’émissions de gaz à effet de serre. »

 

- Estérification ou désertification

Qu’importe, la pieuvre verte cherche aussi à étendre ses tentacules en Afrique. Le rachat de l’ex-Compagnie française de développement du textile (Sodaco), présente en Afrique de l’Ouest, au Maroc ou à Madagascar a échoué. Mais l’ancien président fondateur de Sofiprotéol, Jean-Claude Sabin, préside le conseil de surveillance de la société française Agro Energie Développement (Agroed), qui mène des projets de développement des agrocarburants au Mali, au Burkina Faso, ou en Guinée [7]. L’éventuelle expansion de Sofiprotéol en Afrique pourrait avoir de lourdes conséquences pour les agriculteurs locaux.

 

En 2010, les agrocarburants représentent en France l’équivalent de 109% de la production nationale de graines oléagineuses [8]. La production d’huile végétale est entièrement détournée de l’alimentation vers les carburants, ce qui entraîne des importations d’huile. Saipol, filiale de Sofiprotéol et propriétaire de Lesieur, en a d’ailleurs fait les frais en 2008 : 40.000 tonnes d’huile de tournesol, importées d’Ukraine, avaient été coupées au lubrifiant pour moteur. Saipol se déclare victime d’une fraude organisée, mais sa gestion de la crise a été très critiquée.

 

Surtout, l’importation notamment d’huile de palme provoque des déforestations importantes. « Ce changement d‘utilisation des sols provoque des émissions de CO2 considérables et l’utilisation de Diester® en substitution au gasoil, au lieu de réduire les émissions de gaz à effet de serre, pourraient les augmenter d’approximativement de 8 millions de tonnes d’équivalent CO2 ! », expliquent, dans un communiqué commun, Greenpeace, Les Amis de la Terre et le Réseau action climat. Sans oublier que la demande européenne en agrocarburants participe à la flambée des prix des matières premières agricoles et contribue à la spéculation sur les denrées alimentaires. Au total, on est loin des promesses écologiques de Sofiprotéol !

 

« La réussite de Sofiprotéol repose sur une imposture », résume Patrick Sadones. « Et l’élection de Xavier Beulin à la tête de la FNSEA est révélateur d’un syndicat qui ne sait plus quoi faire. Il comptait sur son poids politique, et, aujourd’hui, l’État n’a plus de marges de manœuvre pour satisfaire ses revendications. Alors on va se jeter dans les bras de ce gars-là, en se disant que c’est un modèle pour les autres filières. » La logique tentaculaire et l’intégration de la filière, des semences jusqu’aux produits de consommation finale, seraient-ils la solution d’avenir pour les acteurs agricoles ? Sofiproteol est sur tous les fronts : de ses 30.000 tonnes de sauces et mayonnaises, à la promotion de l’Isio ActiStérol, « première sauce salade qui réduit le cholestérol », en passant par les œufs Matines, Ovipac, Ovifrance (oeufs en poudre), la viande de porc, ou les conseils à l’élevage (« Sanders, 30 ans d’innovations en lapin »), les produits vétérinaires et médicaments pour animaux de compagnie (Sogeval), les produits phytosanitaires (« TH5, le désinfectant méchamment concentré »)... On s’éloigne de la filière des oléagineux.

 

- Le « pouvoir des fleurs » de Sofiprotéol

Les ambitions de Sofiprotéol ne se limitent pas à la production agricole. Avec le groupe d’informatique agricole Isagri, il vient de racheter le groupe de presse France Agricole. Celui-ci édite notamment la revue du même nom, hebdomadaire professionnel le plus diffusé en Europe, tiré à 150.000 exemplaires. France Agricole gère aussi le réseau communautaire du monde agricole, Agrilink. « Contrôler la presse agricole est un bon moyen pour remporter les élections professionnelles », souligne Patrick Sadones. Et l’excédent brut d’exploitation de 300 millions d’euros prévu en 2011, comme pour les années précédentes, laisse quelques marges de manœuvre à Sofiprotéol pour investir dans des secteurs encore inexplorés.

 

L’avenir de l’agriculture sera-t-il à l’image de Sofiprotéol ? Xavier Beulin sera en première ligne dans les actuelles négociations du G20 agricole, dans celles sur la réforme de la PAC de 2013, dans les discussions de l’OMC, dans la mise en œuvre de la loi de modernisation de l’agriculture… « Qui aurait imaginé que le pouvoir des fleurs deviendrait un modèle économique d’avenir ? », titre la nouvelle campagne de pub de Sofiprotéol. Le « flower power » ? Sans doute pour montrer qu’avec quelques fleurs de colza, on peut construire un rapport de force qui fait plier gouvernement et multinationales. Mais les agriculteurs en profitent-ils vraiment ? Pas sûr. Entre OGM, agrocarburants et chimie verte, l’agriculture que nous prépare Sofiprotéol ne fait pas vraiment envie.

 

Notes :

[1(« At heart we still are farmers »)

[2Filiale génétique porcine de Glon Sanders

[3Et le pôle fertilisants d’InVivo traite chaque année 1,2 million de tonnes de « produits de nutrition du sol et des plantes ».

[4Ils préfèrent intégrer du Diester® à leur gasoil plutôt que d’importer du gasoil de Russie

[5Ce qui équivaut à une subvention publique de 153 euros par tonne de graines de colza produites pour le Diester®. Source : Patrick Sadones, Xavier Beulin et le Diester : petite histoire d’une grosse arnaque

[6Selon l’Ademe, on passe d’une « efficacité énergétique » de 2,99 à 2,16 entre les deux études, bien loin du chiffre annoncé par Xavier Beulin de 3,5

[7L’ancien ministre de la Défense Charles Millon est également actionnaire et membre du conseil de surveillance d’Agroed. Il a été l’objet en 2008 d’une enquête préliminaire pour « abus de biens sociaux », « faux » et « recel » concernant un détournement présumé de fonds de cette société

[8En 2010, selon l’USDA, la capacité d’estérification en France était de 2,9 Mt d’huile alors que la production française était de 2,646 Mt (6,3 Mt de graines d’oléagineux contenant 42% d’huile). Source : Agreste - Bilan conjoncturel 2010 - n°7-Octobre- Novembre 2010

 

Sur le même sujet, lire aussi :

- Les agrocarburants utilisés en Europe accélèrent bel et bien la déforestation

- L’incroyable rente des agrocarburants

- Allemagne. L’agriculture, autre faussaire du développement durable

- Agrocarburants, un remède qui aggrave le mal ?

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 21:54
Le fleuve Charente un petit matin d'hiver

Le fleuve Charente un petit matin d'hiver

Le 30 avril dernier, le journal local Charente libre mais aussi Sud-Ouest[1] le 9 mai, débusquaient l'information issue d'un rapport du ministère de l'écologie : "Les pesticides dans les eaux douces" :  La Charente serait le fleuve le plus polluée de France sur la section allant de Angoulême à Saintes.
En effet le rapport indique clairement notre zone géographique comme ayant le maximum de pollution aux pesticides en France : 6,2 µg/litre.
A partir de 0,5 µg/L l'eau est impropre à la consommation et à partir de 5 µg/L l'eau est réglementairement impropre a produire de l'eau potable (c'est à dire que l'on ne peut pas la dépolluer).

 

Source : Citoyen de Cognac le blog de Pierre-Alain Dorange (pad) | mis à jour le 22/02/2021

- Situation très critique
Le même rapport accuse explicitement le secteur agricole qui fait grand usage de pesticides, herbicides et autres intrants ; notamment en viticulture et notamment dans le Cognaçais ou le rendement prime sur la qualité du raisin...

Suite au début de polémique le rapport a été amendé et précise désormais que "les données de ce secteur (le notre) sont fortement influencées par une contamination isolée et non nécessairement représentative du secteur dans sa globalité" (sic).

Ce rapport a été établi avec les données récoltées par les réseaux de stations de mesure des cours d'eau et des eaux profondes (nappes phréatiques) en 2011. Pour chaque secteur une moyenne a été effectuée pour les stations qui ont fait au moins 4 mesures dans l'année.

Sur notre secteur cela concerne 12 stations de mesures des eaux de surface (avec leur concentration du pesticides en 2011, le lien renvoi vers le résumé des mesures de la station, les données brutes sont disponibles tout en bas de chaque page) :

  • Javrezac (Antenne) 0,18 µg/L 
  • Migron (Dandelot) 0,08 µg/L 
  • Mons (Antenne) 0,09 µg/L 
  • Thors (Briou) 0,32 µg/L 
  • Nercillac (Soloire) 2,67 µg/L 
  • Reparsac (Tourtat) 72,92 µg/L 
  • Bréville (Soloire) 0,94 µg/L 
  • Nersac (Boème) 0,54 µg/L 
  • Merpins (Charente) 0,05 µg/L 
  • Saint-Simeux (Charente) 0,07 µg/L 
  • Trois-Palis (Charente) 0,21 µg/L 
  • Saint-Michel (Eaux Claires) 0,13 µg/L 
  • Le Tourtat

La station du Tourtat est en effet atypique (73 µg/L en moyenne en 2011) et explique en grande partie la forte moyenne de 6,2 µg/L, on notera bien sur que la station proche de Nercillac présente aussi ue valeur forte, ainsi qu'a Bréville : c'est donc toute la Soloire qui est touchée.
Ensuite vient Nersac sur la Boème, puis Thors sur le Brioux et Trois-Palis aux Eaux Claires...
Tout ceci sont des moyennes annuelles, au Tourtat la valeur maximale a été d'environ 120 µg/L le 6 juin 2011.



- Glyphosate
Lorsque l'on consulte les données par polluants de cette station, c'est la Glyphosate et l'AMPA (un sous-produit du Glyphosate) qui représente très largement ce pic de pollution.

 

Le glyphosate est un désherbant total foliaire systémique, c’est-à-dire un herbicide non sélectif absorbé par les feuilles et ayant une action généralisée, autrefois produit sous brevet, exclusivement par Monsanto à partir de 1974, sous la marque Roundup. Le brevet est tombé dans le domaine public en 2000, d'autres sociétés produisent désormais du glyphosate.

C'est donc un désherbant très utilisé car il n'attaque que les feuilles (défoliant) et peu donc être pulvérisé au sol sur les mauvaises herbes, sans avoir trop d'effets sur la vigne...

Le glyphosate se dégrade dans l'eau, mais pas son principal sous-produit l'Acide Aminométhylphosphonique (AMPA). C'est donc le Glyphosate et l'AMPA que l'on retrouve dans les sols et l'eau.

Les mesures brutes de la station du Tourtat à Réparsac :

 

- Un cas isolé ?
Le message officiel est a ce stade, "un cas isolé" mais on voit bien que le rapport prend tout de même des pincettes en précisant "[...]contamination isolée et non nécessairement représentative du secteur dans sa globalité"

En consultant les autres stations ont constate surtout que très peu mesure le Glyphosate, difficile donc d'en déduire si ce polluant particulier se retrouve plus en aval...


 

- Les eaux souterraines
Toutefois un autre indicateur du rapport d'origine est peu commenté : la carte de la pollution des eaux souterraines. Celles-ci sont le reflet de la pollution de long terme qui finit par s'infiltrer au plus profond dans les nappes phréatiques. Or là encore notre secteur est en rouge écarlate sur la carte (comme d'autre).
 

  • Il est aujourd'hui prouvé que la Charente est le fleuve le plus pollués de France[2].

 

 

- Comment s'en étonner ?

Une carte qui représentant les chiffres des ventes du glyphosate en France révèle qu'entre la vigne, les céréales et le maraîchage, les cultures de Nouvelle-Aquitaine sont particulièrement friandes de ce pesticide, pourtant classé comme cancérogène probable.[3]

 

Pollution du fleuve Charente : glyphosate et autres pesticides......

 

- Conséquence de la qualité des eaux de ruissellement sur la conchyliculture à Marennes-Oléron

Face à la mortalité des huitres, la qualité des eaux douces est mise en cause.

Le développement de cultures intensives dans les marais agricoles entraîne à la mer, avec les eaux de drainage, des résidus de produits phytosanitaires (les plus importants en quantité étant des herbicides).

 

Ces produits, dont les études éco-toxicologiques commencent à montrer la nocivité pour la flore et la faune marines, sont entraînés sous forme soluble ou absorbés sur les particules de sol (d'où l'importance de la bonne stabilité structurale des sols cultivés, ce qui n'est pas toujours le cas en marais). Rappelons que le marais n'est pas seul en cause: il est aussi l'exutoire du bassin versant.[4]

 

 

- Pour terminer des photos de 4 vignes réalisées le 21 mai 2009 qui montre 4 pratiques agricoles différentes

  • 2 qui usent clairement d'herbicides foliaires (type Glyphosate donc)
  • et 2 qui n'en usent pas

Dans l'ordre : Aucun traitement - Labouré (1 rang sur 2) - Désherbé au défoliant, admirez la camaïeu de beige - la dernière : Là je sais comment c'est fait, y'a rien qui pousse sauf la vigne
Dans l'ordre : Aucun traitement - Labouré (1 rang sur 2) - Désherbé au défoliant, admirez la camaïeu de beige - la dernière : Là je sais comment c'est fait, y'a rien qui pousse sauf la vigne
Dans l'ordre : Aucun traitement - Labouré (1 rang sur 2) - Désherbé au défoliant, admirez la camaïeu de beige - la dernière : Là je sais comment c'est fait, y'a rien qui pousse sauf la vigne
Dans l'ordre : Aucun traitement - Labouré (1 rang sur 2) - Désherbé au défoliant, admirez la camaïeu de beige - la dernière : Là je sais comment c'est fait, y'a rien qui pousse sauf la vigne

Dans l'ordre : Aucun traitement - Labouré (1 rang sur 2) - Désherbé au défoliant, admirez la camaïeu de beige - la dernière : Là je sais comment c'est fait, y'a rien qui pousse sauf la vigne

Notes :

[1] Pesticides : du poison dans l'eau de la Charente

[2] La Charente, fleuve le plus pollué de France

[3] Les agriculteurs de Nouvelle-Aquitaine sont particulièrement friands de glyphosate

[4] Conséquence de la qualité des eaux de ruissellement que la conchyliculture à Marennes-Oléron

 

Pour en savoir plus :

- L’eau se ressource grâce à l’agriculture bio

- La pollution de l’eau d’origine agricole en France et en Europe

- L'oxygène disparaît de cours d'eau comme le Saint-Laurent

- Pertuis charentais et Gironde deviennent le 7e parc naturel marin français

- Seulement 12 % des eaux du bassin de la Charente sont en bon état

- Charente: le fleuve où la mort coule tranquille

- Entre Saintes et Pons : alerte à la pollution nitrates de l’eau

- Des milliers de cours d’eau sont rayés de la carte de France, et s’ouvrent aux pesticides

- Charente-Maritime : une eau non conforme mais sans risque, mais qui a un coût

- Développer l'agriculture bio pour préserver la qualité de l'eau ?

- Environnement | La Charente-Maritime à la reconquête de la qualité de l’eau

- Charente-Maritime octobre 2018 : les ventes de pesticides explosent depuis dix ans et sur le podium pour le glyphosate

- Charente-Maritime : l’utilisation des pesticides continue d’augmenter

- Les huîtres sont malades, l’Ifremer est attaqué

- LES HUITRES DE LISTREC un bien commun en danger

- Le maire de Saint-Vaize (17) monte au créneau après des traitements dans une zone proche de puits de captage d’eau potable desservant La Rochelle et l’est du département.

- Eau en Charente-Maritime : des cas de pollution qui interrogent par CEP17

 

Repères

Le syndicat des eaux estime le coût global à 500 000 euros pour le forage de Sainte-Lheurine et 300 000 euros pour celui de Fontaines d’Ozillac. De gros travaux de génie civil sont à prévoir avec d’imposantes cuves. En bref, il va falloir revoir toute la tuyauterie. " Le charbon actif réagit très bien à l’atrazine, confirme Jacques Lépine, hydrogéologue du Syndicat des eaux. Cela fonctionne par adsorption : la molécule se colle au charbon actif. Il est ensuite envoyé dans des centres ou brûlé pour être régénéré. "

95. C’est le nombre de molécules de pesticides recherchées par l’Agence régionale de santé (ARS) dans les eaux du département. Des pesticides interdits ou autorisés, comme par exemple le glyphosate. 3 000 analyses sanitaires sont réalisées chaque année par l’ARS.

400. Captages fermés ces 30 dernières années, pour moitié à la suite de problèmes de qualité (nitrates et/ou pesticides), sur le territoire de l’ancienne région Poitou-Charentes.

1,4. C’est, en million d’euros, la somme engagée en Charente-Maritime par le programme régional Re-sources. Sur la période 2015–2020 il s’adresse aux utilisateurs potentiels de fertilisants azotés et de produits pesticides (agriculteurs, services municipaux, services de l’équipement, jardiniers amateurs…).

 

Algues vertes dans les pertuis Charentais

- Les algues vertes prolifèrent sur l'île de Ré. Un signe de la dégradation de l'eau des pertuis

- Algues vertes dans l’île de Ré : le député Olivier Falorni interpelle Nicolas Hulot

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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 12:18
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La Rochelle avait une longueur d'avance avec ses vélos..... elle a maintenant beaucoup de retard dans bien des domaines !

Et si, sur la CDA de La Rochelle on prenait la question à bras le corps !

 

Source : Le Monde.fr | Alexandre Pouchard (San Francisco, envoyé spécial)

Le soleil n'est pas encore levé qu'un étrange ballet commence. Chacun à leur tour, des dizaines de camions viennent déverser des tonnes et des tonnes de restes de nourriture, d'herbe coupée, de branchages. Un mois plus tard, ces déchets organiques ressortiront sous la forme d'un riche compost aussi fin que du sable. Ici, à Vacaville, à une heure de route au nord de San Francisco, se joue quotidiennement une partie essentielle de l'objectif que s'est fixé la ville californienne : parvenir, d'ici à 2020, à zéro déchet non recyclé ou composté, évitant ainsi d'utiliser des décharges ou des incinérateurs, très polluants.

 

Pour parvenir à ce but jamais atteint par une aussi grande ville dans le monde, San Francisco fait preuve de volontarisme politique et multiplie les initiatives législatives. Dernière en date, l'interdiction de la vente et de la distribution de petites bouteilles d'eau en plastique dans les espaces publics de la ville, adoptée à l'unanimité par le conseil municipal début mars et qui entrera en vigueur en octobre (sauf lors d'événements majeurs sur la voie publique, comme la Gay Pride). A la place, seront installées de nombreuses fontaines d'eau et des gobelets compostables pourront être distribués pendant des événements.

 

« Les bouteilles d'eau en plastique coûtent cher à produire et ont un coût environnemental considérable. Il lui faut mille ans pour qu'elles se dégradent », a justifié le conseiller municipal David Chiu, à l'origine d'une mesure qui mentionne le risque pour la santé, des composés chimiques comme les phtalates pouvant s'infiltrer dans l'eau et « perturber les hormones et ainsi accroître le risque d'infertilité, de cancer et de fausses couches ». « Si nous pouvons les interdire dans l'espace public, que les gens comprennent que c'est totalement faisable, alors nous pourrons aller plus loin », a ajouté M. Chiu. Autrement dit, envisager une interdiction totale.

Lire aussi : Le système "zéro déchets" de San Francisco en 7 questions

 

 

- « On nous a traités de fous »

Etape par étape, voilà la méthode qu'a adoptée San Francisco depuis le vote de l'objectif « zéro déchet », en 2002. « La Californie s'était déjà fixé un objectif de 50 % de recyclage d'ici à 2010. Mais nous voulions aller plus loin, raconte Jared Blumenfeld, ancien directeur du département de l'environnement de San Francisco et actuel directeur régional de l'Agence de protection environnementale (EPA). Nous nous sommes mis d'accord sur l'objectif ambitieux du zéro déchet puis sur une date à la fois assez lointaine pour nous donner les moyens de l'atteindre mais aussi assez proche pour que tout le monde se sente aussitôt concerné. » Ce sera 2020, avec un point d'étape de 75 % en 2010.

 

Tout restait alors à faire. « On nous a traités de fous », sourit-il. Mais une étude menée à ce moment-là avait montré que 90 % des déchets finissant dans les décharges pouvaient être recyclés, et que la part la plus importante était la nourriture. Or « nous ne voyons pas les déchets comme une charge, mais comme une valeur, ils peuvent être utilisés », explique Robert Reed, chargé des relations publiques à Recology, la coopérative qui collecte et traite les déchets de San Francisco.

 

C'est ainsi que le département de l'environnement a commencé par cibler les hôtels et les restaurants, très nombreux à San Francisco... et qui génèrent beaucoup de déchets organiques. « Nous avons commencé par un hôtel test, le Hilton, qui sert 7 500 repas par jour, et nous avons mis en place un système simple : les poubelles des recyclables et des compostables coûtent beaucoup moins cher, chaque mois sur la facture, que celles des déchets non recyclables, explique Jared Blumenfeld. Si vous recyclez et compostez tous vos déchets, alors vous aurez besoin de moins de poubelles 'normales', ou bien des plus petites. Et vous économiserez de l'argent. »

 

Chaque habitant de San Francisco est désormais habitué à trier ses déchets dans trois poubelles : en noir, celle destinée à la décharge ; en vert celle pour le compost ; et en bleu les recyclables.

Chaque habitant de San Francisco est désormais habitué à trier ses déchets dans trois poubelles : en noir, celle destinée à la décharge ; en vert celle pour le compost ; et en bleu les recyclables. | Alexandre Pouchard/LeMonde.fr

Le système est une pleine réussite : en un an, le Hilton économise 200 000 dollars (145 000 euros) et l'initiative est alors très vite étendue à l'ensemble des professionnels. Le système est également proposé, sur une base volontaire, aux habitants qui le souhaitent. « En quatre ans, entre 2001 et 2005, nous sommes passés de 42 % à 60 % de nos déchets qui étaient recyclés », se félicite Jared Blumenfeld.

 

 

- Sacs plastiques bannis

Une des parties peu visibles des déchets, mais néanmoins importante, est l'ensemble des débris générés par le secteur de la construction. Après deux ans de négociations, la ville oblige en 2006 tous les professionnels du bâtiment à recycler au moins 65 % de leurs débris tels le béton, le métal ou encore le bois, dans des centres agréés. Une suspension de six mois est prévue pour les contrevenants. En parallèle, la ville s'engage à n'utiliser que des matériaux recyclés pour des travaux publics comme l'asphalte, les trottoirs ou encore les gouttières.

 

Mais tout cela ne suffit pas. En 2007 et 2008, le taux de récupération des déchets stagne aux alentours de 70 %, alors que la ville s'était fixé 75 % en 2010. San Francisco passe alors une étape supplémentaire avec deux décisions touchant directement au quotidien des habitants. Les sacs plastiques sont tout d'abord bannis des supermarchés, avec obligation d'utiliser des sacs en papier ou en plastique compostable – payants, pour inciter les clients à ramener leur propre sac.

Lire : L'interdiction des sacs en plastique se mondialise

 

Puis, en 2009, le recyclage et le compostage sont rendus obligatoires pour tous les habitants. Le même système est appliqué : chaque maison et immeuble reçoit une facture détaillée et peut l'alléger en utilisant de moins en moins la poubelle « normale » pour préférer  celles dédiées au recyclage et au compostage. Des contrôles sont effectués régulièrement et des avertissements sont suivis d'amendes pour les contrevenants, pouvant aller de 100 à 1 000 dollars (73 à 730 euros). « Cela a été notre mesure la plus controversée, admet Jared Blumenfeld. On nous a accusés de mettre en place une "police environnementale". Nous avons longuement expliqué que ce n'était pas le cas et que tout le monde avait à y gagner. Si nous l'avions tout de suite rendu obligatoire, cela n'aurait pas marché, il fallait que ce soit progressif. »

Lire l'interview : « Un système de zéro déchet coûte moins cher »

 

 

- « Le compost n'a que des effets bénéfiques »

L'effort paye : la ville atteint 77 % de recyclage en 2010 et a aujourd'hui dépassé les 80%.

 

Quelque 600 tonnes de déchets organiques sont récupérées chaque jour et envoyées au centre de Vacaville, où est produit un compost très convoité par les agriculteurs. Comme Dave Mella, qui gère le vignoble Chateau Montelena dans la Napa Valley. « Le compost est très riche car il est constitué de multiples déchets organiques et il n'a que des effets bénéfiques : il fixe le carbone dans le sol et apporte beaucoup de nutriments à la vigne. » Dave Mella utilise le compost de Recology depuis bientôt dix ans. Ce fut d'abord un pari pour ce domaine qui a acquis une notoriété mondiale en remportant une dégustation à Paris en 1976 devant des vins français – et dont un livre, Le Jugement de Paris puis un film, raconteront l'histoire. « J'étais terrifié à l'idée de changer le vin, confie Dave Mella. J'ai d'abord testé le compost sur une petite partie du domaine, puis je l'ai progressivement étendu car le vin était meilleur... et c'est meilleur pour le sol ! »

 

Malgré tout, San Francisco n'a pas encore atteint les 100 % et la dernière partie s'annonce la plus difficile. « Nous y arriverons, assure Robert Reed, de Recology, quand on lui oppose notre scepticisme. La moitié des déchets encore envoyés dans les décharges peuvent être recyclés. Nous devons accentuer notre effort. Par exemple, sensibiliser les habitants sur le fait qu'ils recyclent beaucoup dans la cuisine, mais n'ont souvent qu'une seule poubelle dans la salle de bains, avec des déchets qui se retrouvent à la décharge alors que des éléments pourraient être recyclés. » Et pour le reste ? « Nous devons agir directement à la source, sur le packaging, comme l'interdiction du polystyrène et du cellophane et développer l'usage des couches-culottes lavables et réutilisables, car c'est quelque chose que nous ne pouvons pas recycler. »

Lire : Plastique, l'ennemi intime

 

Quel que soit le résultat en 2020, les efforts auront été immenses et San Francisco entraîne désormais d'autres grandes villes américaines dans son sillage. Après Seattle, dans l'Etat de Washington (nord-ouest), la ville de Minneapolis, dans le Minnesota (nord), ne recycle que 37 % de ses déchets mais s'apprête, elle aussi, à adopter l'objectif 100 %.

 

 

- Les centres de recyclage « communautaires » menacés

Le "Community Center" de Market Street, le seul dans le centre de San Francisco, a reçu un avis d'éviction pour le 1er juillet.

Le "Community Center" de Market Street, le seul dans le centre de San Francisco, a reçu un avis d'éviction pour le 1er juillet. | Alexandre Pouchard/LeMonde.fr

 

Dans la ville qui vise à recycler 100 % de ses déchets, ils sont une partie importante. Les centres « communautaires » permettent à chacun de récupérer la « consigne » encore en vigueur en Californie sur les bouteilles en plastique et en verre ainsi que sur les canettes en aluminium. Rapporter ces dernières constitue une source de revenus non négligeable pour les sans-abris et les plus modestes. Mais plusieurs de ces centres ont été contraints de fermer en moins d'un an. « De mauvais comportements ont lieu près du centre et le vol dans les poubelles du voisinage sont en augmentation », a argué Scott Weiner, conseiller municipal de San Francisco qui soutient la fermeture du « Community Center » de Market Street, le plus important et le dernier dans le centre de la ville.

Lire : La radicalisation des "anti-high-tech" bouscule San Francisco

 

Mais bon nombre dénoncent un effet de la « gentrification » à l'œuvre dans San Francisco. « Il y a eu quelques problèmes dans le quartier mais pas par ceux qui viennent recycler. Ils ne veulent tout simplement pas voir les pauvres qui viennent ici, dénonce Stosh Wychulus, un voisin du centre, utilisateur régulier et mobilisé contre sa fermeture. San Francisco a la plus grande inégalité de revenus et elle s'accroît à un rythme effrayant. Enlever aux pauvres gens cette source de revenus ne fera que précipiter leur fin. » Malgré tout, le supermarché Safeway, propriétaire du terrain et qui n'a pas donné suite à nos sollicitations, a donné au centre jusqu'au 1er juillet pour plier bagages. Sans qu'une solution ne soit prévue.

Comment San Francisco s'approche du « zéro déchet »

- Pour accéder à la vidéo, cliquez ICI

 

Note :

(1) Décharge près de San Francisco. Le "taux de récupération des déchets", c'est-à-dire récupérés pour le recyclage et le compostage, atteint aujourd'hui 80 % dans la ville. | Alexandre Pouchard/LeMonde.fr

 

- Du même auteur lire aussi :

- L'arsenal législatif de San Francisco pour arriver au « zéro déchet »

- Comment San Francisco fabrique son compost

 

Pour en savoir plus :

- San Francisco transforme tous ses déchets en montagne d’argent et d’emploi. On l’imite quand ?

- Record : la Suède recycle 99% de ses déchets ménagers

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 17:57

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Source : LeMonde.fr

Et si La Rochelle n’y est pas..... c’est qu’elle est en onzième position ou plus si affinité !

Pour en savoir plus..... et lire la suite....

 

Une pensée à ceux qui se référent à l’héritage de Michel Crépeau..... et qui assument le quotidien...

Que dirait Michel Crépeau de ce palmarès ?

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 10:02
La vie des rochelais au quotidien et les "Risques industriels"

 

- Risques industriels

Les débats récents sur le développement du grand port maritime ou de l'industrie locale telle que Rhodia, autour d'activités polluantes et dangereuses ne sont pas récents (177 morts dans l'explosion de l'usine Vandier "le Verdun rochelais"). Mais ont échappé aux habitants et aux riverains jusqu'au réveil douloureux de quelques vaillantes associations. Dominée par quelques décideurs très impliqués dans les agro carburants, le lobby pétrolier et l'univers céréalier, notre économie locale se transforme dangereusement, et massacre notre littoral et menace les populations.


Nous pensons que La Rochelle a vocation à développer des activités d'avenir dont les risques seraient moindres et maîtrisés

 

Pour l'existant, nous agirons pour la mise en place d’un plan de prévention multi-sites des risques technologiques (transport des matières dangereuses, Zones SEVESO) de Port Neuf à Laleu-La Pallice le recul des cuves d’hydrocarbures[1], proches des habitations, et la réduction des risques à la charge de l’industriel et nous agirons pour que l'intérêt et la sauvegarde des populations riveraines soient prioritaires et que la réduction des dangers à la source soit la règle, dans le même sens nous  impulserons l'utilisation de techniques industrielles non polluantes (eau en circuit fermé et recyclées......).

 

 

- A l'avenir

  • Nous ferons inscrire dans le SCOT l’interdiction d’implantation de nouvelles usines à risques classées SEVESO.
  • Nous nous opposerons à l'installation de projets industriels venant compromettre les productions locales (par exemple les métiers de la mer qui  vivent par un milieu naturel préservé) ;
  • Nous refuserons l'implantation de sociétés intervenant dans la chaîne de fabrication des agrocarburants ;
  • Nous refuserons que La Rochelle et la CDA soient une terre d'asile pour les industries utilisant notre territoire pour spéculer sur le marché carbone ;
  • Nous veillerons à ce que l'industriel ne doit pas exonéré de ses obligations de sûreté de son installation  et de ses abords ;
  • Nous soutiendrons toutes les initiatives d'accueil, développement et recherche sur les éco industries.

 

Note :

[1] Sur Picoty

L'implantation des cuves est sur le domaine maritime public gégé par le Grand Port Maritime de La Rochelle/Pallice dans le cadre d'une (AOT) Autorisation d’Occupation Temporaire.

Les articles L. 2122-6 et L. 2122-9 du code de la propriété des personnes publiques définissent l’autorisation d’occupation temporaire du domaine public comme un instrument juridique qui permet à l’Etat d’accorder à un tiers un droit réel sur son domaine afin que ce dernier construise un ouvrage qu’il exploite ou qu’il loue à l’Etat.

A l’issue du titre d’occupation, les ouvrages, constructions et installations de caractère immobilier existant sur la dépendance domaniale occupée doivent être démolis, soit par le titulaire de l’autorisation, soit à ses frais, à moins que leur maintien en l’état n’ait été prévu expressément par le titre d’occupation ou que l’autorité compétente ne renonce en tout ou partie à leur démolition.

Les ouvrages, constructions et installations de caractère immobilier dont le maintien à l’issue du titre d’occupation a été accepté deviennent de plein droit et gratuitement la propriété de l’Etat.

Le cocontractant de la personne publique assure la maîtrise d’ouvrage des travaux à réaliser.

Loi d’orientation pour la sécurité intérieure (LOPSI) du 29 août 2002, codifiée à l’article L. 2122-15 du code de la propriété des personnes publiques (LOA/AOT) :
Cet instrument juridique permet à l’Etat de conclure avec le titulaire d’une autorisation temporaire d’occupation du domaine public un bail portant sur des bâtiments à construire par le cocontractant et comportant une option permettant à l’Etat d’acquérir, à terme, les ouvrages édifiés.

Ce dispositif est prévu pour les besoins de la justice, de la police nationale, de la gendarmerie, des armées ou des services du ministère de la défense. Le cocontractant de la personne publique assure la maîtrise d’ouvrage des travaux à réaliser.

- Lisez bien tout l'argumentaire juridique de recours est dans les articles de l'AOT, comme celui de Picoty sera à terme le 31/12/2015 : A l’issue du titre d’occupation, les ouvrages, constructions et installations de caractère immobilier existant sur la dépendance domaniale occupée doivent être démolis, soit par le titulaire de l’autorisation, soit à ses frais, à moins que leur maintien en l’état n’ait été prévu expressément par le titre d’occupation ou que l’autorité compétente ne renonce en tout ou partie à leur démolition.Donc Picoty ayant en principe intégré l'amortissement du prix de revient des cuves, il aura que lesfrais de démolitions à sa charge.

 

Pour en savoir plus :

- 177 morts dans l’explosion de l’usine Vandier, "le Verdun rochelais"

- Lubrizol : cocktail d'une inspection déficiente et d'une déréglementation débridée

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 15:40
Collectage des encombrants : un service public qui doit être synonyme de proximité et de gratuité !

La Rochelle le 29/02/2014 | Mis à jour le 29 septembre 2016

Des questions, propositions, qui sont au coeur de la campagne des élections municipales 2014.

Avec la mise en place "Des pass" pour les déchetteries dans l'agglomération rochelaise, la CDA relayée par  Sud-Ouest nous annonçait "une révolution" pour le 7 octobre dernier.
 

Or, « rentabiliser les déchetteries » voilà l'objectif caché de la CDA ! Pour quelle finalité ? La confier ensuite à Véolia ou autre ? Ce serait totalement inacceptable !

 

Aujourd'hui 15 passages gratuits ! Et demain ? La tentation sera forte d'en réduire le nombre petit à petit !

 

Comme il est tout aussi inacceptable d'éloigner les lieux de dépôt des citoyens à moins d'instaurer un dispositif de substitution. Le service public doit être synonyme de proximité et de gratuité !

 

Les sociaux-libéraux à la tête de la CDA vont dans le sens inverse : diminution du nombre de lieux de dépôt et recul de la gratuité !

 

 

- Des solutions ? Il y en a....... :
- la mise en place d'une collecte gratuite, spécifique voir individualisée (par numéro vert) des déchets encombrants et verts, comme sur le Grand Dijon autre CDA à majorité socialiste, c'est ce qui sous entend aussi de reprendre le collectage en service pubic non délégue en lieu et place d'Urbaser
- et puisque nous palrlons déchets, environnement, pourquoi ne pas mettre en œuvre le principe des « 3R » au travers du concept : Récupération, Recyclage et Réutilisation via un réseau de recycleries gratuit adossées aux déchetteries.

 

 

- Il est possible d'imposer d'autres choix à la CDA et aux élus ! LA PREUVE !

Face au  mécontement légitime ".....ce qui a généré bon nombre de coups de fils d'usagers mécontents au siège de la Communauté d'agglomération !" selon SUD-OUEST du 21 septembre 2013, la CDA a précisé que "pour l'heure, aucune décision n'est encore arrêtée concernant les personnes qui auraient besoin de passages supplémentaires"|1].

 

Elle indique avoir calculé que "les usagers viennent en moyenne 8 fois par an, et qu'en choisissant d'autoriser 15 passages (gratuits), cela devrait permettre de répondre aux besoins." Cela dit, ce n'est qu'une moyenne... Et bon nombre de personnes logées en pavillon, avec jardin, connaissent bien le chemin de la déchetterie". Et toujours, selon SUD-OUEST : puisque la décision du payant au delà de 15 passages "n'est pas arrêtée", aucun tarif n'est arrêté non plus. Le montant de 5 euros évoqué dans "Sud Ouest" est, en fait, ce que devront payer les usagers qui auront perdu leur badge d'accès et en voudront un nouveau. A noter qu'en cas de vol, avec présentation de la déclaration de vol, ce sera gratuit.

 

Dont acte ! Il n'est pas inutile de souligner que déjà, en mai 2011, face à la Volonté de la CDA et de Michel-Martial DURIEUX (Maire PRG de Dompierre-sur-Mer) de fermer la déchetterie d'Aytré, la mobilisation populaire,  avait permis d'en assurer la sauvegarde pour les déchets verts.

 

 

- ENFIN : un nouveau service de collecte des encombrants à partir du 3 octobre 2016

Un nouveau service de collecte des encombrants à partir du 3 octobreVieilles literies, armoires et canapés usés, vieux vélos… comment faire pour les jeter quand ils n'entrent pas dans le coffre de la voiture ? À partir du 3 octobre, l'Agglo met en oeuvre un nouveau service de collecte des encombrants en porte-à-porte.

- COMMENT ÇA MARCHE ?

Appelez (à partir du 3 octobre) le numéro vert gratuit : 0 805 295 315 (du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 13 h à 17 h - sauf jours fériés). Le rendez-vous est pris dans un délai de 15 jours maximum.
 

- ENLÈVEMENT SUR LE TROTTOIR

L'enlèvement se fait à la date convenue, sur le trottoir, en votre présence. Vous remettez votre Pass déchèteries, duquel est décompté un passage. L'encombrant est ensuite acheminé vers les bennes des déchèteries de l'Agglo, comme si vous l'aviez emmené vous-même.
 

Note :

- la nouvelle équipe à la tête de la CDA de la Rochelle issue des élections municipales de 2014 modifie les régles d'utilisation des PASS montant à 20 le nombre de passages par an mais aucune dispsition n'est prise quand au collectage des déchets encombrants et verts.

 

Pour en savoir plus :

- Ramassage des ordures, traitement des déchets,  pourquoi pas une régie ?

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 22:05
Incinérateur : pas à Echillais, et plus à Port-Neuf !

Le 13 février 2014 - modifié le 30 avril 2015

A Rochefort, 102 médecins se prononcent contre le nouvel incinérateur projeté sur Echillais et signent une lettre aux commissaires enquêteurs chargés de l'enquête publique.

 


- Car un incinérateur est une fabrique à poisons, notamment par les cendres des filtres.

  • Les mâchefers qui contiennent des métaux lourds et des dioxines, représentent un tiers du poids des déchets incinérés et dont on ne sait plus quoi faire, seront probablement à mettre en décharge dans un proche avenir si l'on ne change pas de politique de gestion des déchets ;
  • Les mettre sous les routes (en sous couche) comme le proposent les industriels du recyclage, revient à prendre le risque de diffuser cette pollution dans toutes les nappes phréatiques ;
  • Quant aux rejets gazeux (dioxines et nombreuses autres molécules), les conséquences sur la santé sont loin d'être toutes connues.

Contrairement à une idée reçue, l'incinération n'est pas propre, c'est une solution plus polluante que d'autres mais c'est une opération juteuse pour VINCI ou autres qui les construisent les usines ou les gèrent en DSP.

 

 

- Ce qui est mauvais pour les populations du pays rochefortais l'est aussi pour les rochelais

Voilà une des raisons pour lesquelles, à La Rochelle, le débat doit être lancé visant :

 

[1] économies lièes la DSP au privé : les frais de siège de la holding et impôts locaux liés, le coût des organismes de recherche, la rémunération des actionnaires (dividendes), les contrats de publicité communication et marketing. Autant de coûts qui disparaissent avec la mise en régie, soit de 20 % à 25 % du prix payé par l'usager.

[2] Rapport annuel 2013 de la CDA de la Rochelle sur le prix et la qualité du service public d'élimination des déchets

 

 

Sud-Ouest du 13-2-2014

Sud-Ouest du 13-2-2014

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 00:08
Des propositions pour une autre politique de l'eau sur La Rochelle et la CDA !

Politique de l’eau potable : gratuité d'accès/lutte anti-gaspillage et protection de la ressource

 

Le 13-02-2014 mis à jour le 29-05-2015

Alors que la France est régulièrement mise à l'index par la justice européenne du fait de son incapacité à améliorer la qualité de ses eaux, il convient de réfléchir à une nouvelle politique de l'eau au niveau local.

 

Cette politique doit être cohérente sur l’ensemble du territoire de la CDA sur la base d’un service public non délégué (en régie) et d’une gestion démocratisée.

 

 

-  Inviter les politiques à innover en matière de gestion de l'eau potable

 Alors que La Rochelle a été épinglée pour le prix de l'eau potable il convient d'impulser des politiques se traduisant par  : 

  • L’accès à l’eau potable pour tous dans le cadre des usages domestiques étant un droit universel, il soit gratuit (suppression de l’abonnement payant, mise à disposition des compteurs à titre gracieux) et les premiers litres d’eau indispensables à la vie ne doivent pas être facturés (3l minimum par jour et par personne)... voire plus ![8] ;
  • Une tarification progressive pour l’eau et la lutte contre le gaspillage doit être instaurée (plus on consommera, plus on paiera, le service pour les premiers m3 sera gratuit). Ainsi, familles et entreprises ne paieront pas le même tarif pour le service de l’eau. A cette fin, un système de tarification différenciée devra être mis en place selon qu’il s’agisse de la consommation familiale ou pas ;
  • En dernier, l’eau étant un bien universel, d'instaurer une véritable transparence dans le calcul de la redevance pour prélèvement sur la ressource en eau à usage économique (elle doit être progressive, donc incitative à la modération pour des entreprises qui in fine commercent et font du bénéfice avec une ressource gratuite dans la nature)[1].

 

-  Je n’invente rien !

  • Ce projet est porté par le milieu associatif et notamment CEP17 (voir son projet intégral) qui l’avait mis au cœur de son forum du 24 octobre 2013 à Perigny .
  • Ce projet de droit universel à l'eau s'inscrit dans le mouvement de l'histoire. Ainsi, le Parlement européen vient, le 17 février 2014, de tenir sa première audition officielle sur une initiative citoyenne « l’eau, un droit humain », qui vise à défendre un accès universel à l’eau potable et à l’assainissement et s’oppose à la libéralisation des services de l'eau.
  • Et que l’on ne vienne pas nous dire que ce n’est pas possible, que l’on ne sait pas faire ! Il n’y a qu’a notamment s’inspirer de la régie publique des Lacs de l’Essonne.

 

Le droit à l'eau, c'est aussi :

- L’installation et l’entretien de points d’eau potable destinés à l’accès public, gratuit et non discriminatoire ;
- l’installation et l’entretien de toilettes publiques gratuites accessibles à tous ;
- l'’installation et l’entretien de douches publiques gratuites pour les personnes vulnérables....
pour en savoir plus....

 

Et si certains s'engagent là dessus à l'occasion des élections municipales, je ne m'en en plaindrai pas !

Je ne crierai pas au plagia !

Je m'en féliciterai !

 

 

-  Une telle politique ne peut se concevoir sans une maitrise publique en amont sur la ressource.... et en aval sur le retraitement

  • L’agriculture représente dans de nombreuses régions françaises et européennes la principale source de pollution de l'eau (dont ils n'assument pas les conséquences[2]), devant l’industrie ou les rejets urbains. En conséquence, la France engloutit 54 milliards d’euros par an pour dépolluer l’eau souillée par les rejets de l’agriculture et de l’élevage – engrais, pesticides… C’est à dire une somme équivalente au budget européen de la PAC (politique agricole commune).
  • A l'heure ou, sur la CDA de La Rochelle, la question de l'avenir de l'usine de Coulonges aux mains de la Saur et dont la DSP arrive à son terme en 2017[3], de son efficacité, du service rendu aux usagers (au risque de lourds investissements), du prix de l'eau servie aux usagers[4], de son sur-dimensionnement[5] sont posés, il est urgent :

 

Note :

[1] - En 2000, les dépenses totales de gestion des eaux à usage industriel ne représentaient que 0,4 % du chiffre d’affaires des industries (source agence bassin Seine-Normandie)
- En 2000, !es industries consacraient en moyenne 0,5 % de leurs investissements totaux à la gestion de leurs eaux usées (
source agence bassin Seine-Normandie)
- en 2012, il a été prélevé 1 350 164 m3 a titre industriel en Charente Maritime (forages, étangs...) (
source agence bassin Loire-Bretagne)

[2] À l’heure actuelle, les agriculteurs ne contribuent quasiment pas à la gestion et la dépollution de l’eau. Même après la Loi sur l’eau de 2006, seulement 1 % des redevances perçues par les Agences de l’eau proviennent de l’agriculture – 86 % proviennent des consommateurs. Pire encore, les agriculteurs reçoivent des subventions publiques qui, malgré les réformes de ces dernières années, continuent à encourager indirectement la pollution dans la mesure où elles restent partiellement basées sur la quantité de production. L’instauration de taxes ou de redevances suffisamment dissuasives pourrait constituer une partie de la solution, mais là encore au risque d’un conflit dur avec le secteur agricole......" source : Partage des eaux

[3] L’usine de Coulonges, créée en 1973, appartient à la CDA de La Rochelle et a une capacité maximale de 30 000 m3 par jour. Son fonctionnement est délégué à la Saur. Le contrat avec la Saur a d’ailleurs été renouvelé pour une durée de 7 ans à compter du 1er janvier 20102

[4] On est autour de 22 centimes/m3 pour les captages de Fraise, bois Boulard et variées contre 45 centimes le m3 acheté à la cda (usine de coulonge déléguée à la SAUR). Rapport gestion de l'eau Régie Publique LR 2013

[5]  Nous achetons 3650000 m3 par an à la CDA alors que nos besoins ne sont que de 3 000 000 de m3. Rapport gestion de l'eau Régie Publique LR 2013

[6] La régie a engagé depuis une dizaine d’années une démarche d’acquisition foncière, concrétisée par l’achat de 230 hectares cultivés sous baux ruraux environnementaux, qui imposent a minima les pratiques de l’agriculture biologique ou, à défaut, de l’agriculture intégrée 7. En cinq ans, elle a ainsi multiplié par cinq les surfaces agricoles cultivées en agriculture biologique, qui représentent désormais un cinquième des surfaces agricoles du territoire de la zone de captage et constituent aujourd’hui la plus grande superficie en France en conversion à l’agriculture biologique pour préserver la qualité de l’eau. Lire aussi : Anne Le Strat : « La remunicipalisation a permis à Paris de mener une politique de l’eau plus durable et plus démocratique »

[7] Coûts des principales pollutions agricoles de l’eau

[8] LE DROIT A L’EAU : QUELLE QUANTITÉ MINIMUM ? Henri Smets, membre de l’Académie de l’eau,  évoque la quantité minimale d’eau qui devrait être fournie aux personnes  démunies. L’auteur propose que dans le cas des personnes titulaires du RSA Socle,  chaque membre  d’un couple bénéficie de 75  litres d‘eau potable par jour. Si l’on retient 75 litres par jour comme étant la quantité minimale d’eau à fournir à une personne dans un ménage moyen de deux personnes (27 m3/an), on pourrait  fixer la quantité  minimale pour les besoins élémentaires d’un ménage d’une personne à 100 l/j,  pour un ménage de deux personnes à 150 l /j, pour un ménage  de trois personnes à 180 l/j et pour un ménage de quatre  personnes à 210 l/j. On constate que dans le cas des ménages de quatre personnes, ce choix aboutit à une quantité minimale d’eau de réseau proche de 50 l/j/p ou 18 m3/an/p, c-à-d. à la « norme » de l’OMS. Dans le cas d’un ménage de 4 personnes, la quantité minimale serait de 77 m3/an,  soit bien moins que la consommation normée utilisée en France (120 m3/an).

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier Politique de l'eau

- La gestion de l'eau en Charente-Maritime

- Pollution du fleuve Charente : pesticides

- Ils agissent pour que l’eau reste potable dans la région Poitou-Charentes

- La Rochelle "VERTE et OUVERTE : Notre politique de l’eau potable

- CEP17 saisit J.F. Fountaine pour faire avancer la Régie Publique de l'eau sur la CDA

- La France encore condamnée sur l’eau, un secteur sous la coupe d’un lobby

- Coupures d’eau : les multinationales ignorent-elles la loi ?

- L’eau se ressource grâce à l’agriculture bio

- Munich : le « bio » pour une eau non traitée

- La pollution de l’eau d’origine agricole en France et en Europe

- La quasi totalité des réserves d’eau françaises contaminées par les pesticides

- Plus de 180 villes du monde ont tourné la page de la privatisation de l’eau

- Anne Le Strat : « La remunicipalisation a permis à Paris de mener une politique de l’eau plus durable et plus démocratique »

- À Roquevaire, l’eau « vitale » est gratuite

 

 

  • -  Sur les coupures d'eau pour impayés..... la valse du pouvoir et de Ségolène Royal

- Dans le cadre de la discussion au Sénat du projet de loi relatif à la transition énergétique des sénateurs UMP introduisent un amendement, qui annule la loi Brottes.

- Ségolène Royal favorable à la reprise des coupures d’eau

- Coupures d'eau : Ségolène Royal s'engage finalement à ne pas les rétablir

 

Enfin ! Couper l’eau dans des résidences principales est bel et bien interdit, y compris lors de non-paiement du service. C’est ce qu’a statué ce vendredi le Conseil constitutionnel mettant fin à près de deux années de bataille devant la justice.

 

L'association France Libertés s'est immédiatement félicitée de la décision du Conseil constitutionnel: "Le verdict est sans appel", a-t-elle réagi dans un communiqué. "Cette décision est l'aboutissement d'un long combat pour le respect de la loi et de la dignité des plus démunis". "Le droit à l'eau n'est visiblement pas la préoccupation des entreprises, notamment de la Saur et de Veolia", a regretté France Libertés, qui s'était portée partie civile. "Leur acharnement à faire passer leurs objectifs économiques avant les droits humains doit désormais être pris en compte par les collectivités et les élus quand ils prennent les décisions relatives à la mise en œuvre de ce service public. L'eau ne peut pas être traitée comme une marchandise".

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 12:37
L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?
Appel aux rochelais à se mobiliser dans le cadre l'enquête publique du PPRT !
 
▶️ ▶️ La Rochelle : où trouve-t-on du nitrate d’ammonium, responsable présumé de l’explosion de Beyrouth, et l'interview de Raymond Bozier[6]
 
Source : le site du Comité Ouest17 du Parti de Gauche | mis à jour le 24/12/2020
Défense de l'environnement, des intérêts des populations, cohabitation entre industries et populations.... PICOTY, HOLCIM, GRATECAP, SEVESO.... LALEU - LA PALLICE, et au delà, LA ROCHELLE même sont au cœur d'un débat qui va franchir une nouvelle étape, avec l'enquête publique dans le cadre du PPRT (Plan de Prévention des Risques Technologiques).
La parole est donnée à Raymond BOZIER président de l'association RESPIRE
 
 
- Le Parti de Gauche : quel est votre combat ?
Raymond Bozier : D'avril à septembre à août 2009 l'air de La Pallice déjà passablement encombré de poussières générées par le port et les silos de la SICA, a été empuanti par des odeurs d'hydrocarbures. Malgré une pétition, des lettres recommandées à la préfecture et à la mairie, nous n'arrivions pas à savoir d'où provenait cette pollution et pourquoi.

 

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

C'était silence radio du côté des pouvoirs publics et des industriels pétroliers. Notre mobilisation nous a permis de découvrir, avec stupéfaction, que l'industriel Picoty avait obtenu un permis de construire (accordé tacitement par la mairie) 4 cuves supplémentaires là où sont déjà stockés, à parfois moins de 30 mètres des maisons, 450 000m³ d'hydrocarbures [500 000 en 2020). Nous avons alors décidé de créer une association qui s'est intitulée Rassemblement d'Eco-citoyens pour Sensibiliser, Protéger et inciter au Respect de leur Environnement. Nous sommes donc attentifs aux questions environnementales, mais aussi au rôle des citoyens et des citoyennes dans la cité. J'ajoute qu'il nous a fallu saisir la Commission d'accès aux documents administratifs pour obtenir, plus d'un an après la réponse à notre question : la pollution de l'air d'avril à septembre 2009 avait été provoquée par un défaut sur une cuve de l'entreprise SDLP...

 

 

- Le Parti de Gauche : La Rochelle vivrait-elle sur une bombe sans le savoir ?

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

Raymond Bozier : Il y a aujourd'hui sur Port Neuf et La Pallice, dans un périmètre plutôt restreint, cinq sites classés Seveso seuil haut : Rhodia, Gratecap, Envirocat/Sisp, Picoty et Sdlp. Ce n'est pas rien. Aujourd'hui l'accent est mis sur les dépôts d'hydrocarbures Picoty/Sdlp, mais nous n'oublions pas, par exemple, que GRATECAP stocke de l'ammonitrate, le produit industriel qui a produit les dégâts que l'on sait à AZF Toulouse, mais aussi tout dernièrement à West au TEXAS. Pour ce qui concerne l'entreprise Gratecap le PPRT a écarté le risque d'explosion, si tel n'avait pas été le cas il aurait fallu exproprier un nombre important de maisons et la Sirène, voire même la crèche implantée boulevard Denfert-Rochereau n'auraient pas pu être implantées. Ne nous reste donc plus qu'à espérer qu'aucune étincelle ne viendra jamais perturber l'activité de Gratecap...

 

Pour ce qui concerne les dépôts pétroliers oui il y a un danger extrême de surpression liée aux cuves stockant de l'essence. Dans le projet de PPRT la préfecture se satisfait d'avoir fait reculer le risque en transférant les essences stockés chez Picoty dans les quatre nouvelles cuves en cours de construction, cuves qui seront dotées d'une double coque. Certes, mais il n'empêche que les essences stockées sur le site SDLP (très proches et faisant partie du même PPRT), elles, ne sont pas protégées par des doubles coques. Si ça saute chez SDLP ce sont les deux dépôts qui seront touchés avec des effets terribles sur l'habitat.

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

Dernièrement le maire de La Rochelle, soutien constant des intérêts de l'industriel Picoty (il serait intéressant de savoir pour quelle raison, un maire préfère soutenir un industriel pétrolier plutôt que ses administrés pollués et menacés par ce dernier ?), le maire donc a déclaré dans une interview à Sud-Ouest, sans jamais citer les quartiers de Laleu et de La Pallice, qu'il ne laisserait pas de bombe à retardement à son successeur. Comment peut-il oser dire cela sachant ce qu'il sait de la réalité, les pompiers déclarant eux-mêmes que "...s'il y a une déflagration majeure.... le centre de secours actuel (celui de Mireuil) peut-être impacté et il faut qu'on soit sauvegardé » ?

 

 

- Le Parti de Gauche : Qui est responsable de quoi ?

Raymond Bozier : La loi Bachelot qui a conduit, suite à AZF, à la mise en place des PPRT indique qu'il faut réparer les erreurs du passé. A La Rochelle les erreurs du passé sont particulièrement lourdes. Les industriels pétroliers portent la première responsabilité. Ce sont eux qui en 1974 puis en 1989 sont venus s'installer sous les fenêtres des habitants. Jamais ils n'auraient dû s'approcher si près des maisons. Il y avait d'autres terrains plus à distance de l'habitat. En second lieu l'Etat et les collectivités locales ont été complices des industriels, ce sont eux qui ont donné les autorisations, sans jamais consulter les populations ni s'inquiéter de la proximité des stockages avec l'habitat. Les habitants quant à eux ne sont responsables de rien. Il est scandaleux d'entendre dire ici ou là que les m_bonohabitants n'avaient qu'à pas à faire construire près des cuves. C'est faux, les maisons étaient là bien avant, nous l'avons démontré maintes et maintes fois. D'autre part, les industriels, l'Etat et les collectivités n'ont jamais informé les populations qui ont toujours été mises devant le fait accompli. Et il est probable que sans la pollution d'avril à septembre 2009, nous aurions découvert, comme en 1989, les quatre nouvelles cuves de Picoty seulement après leur sortie de terre.

 

 

- Les autorités sont-elle défaillantes ?

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

Raymond Bozier : Je viens déjà de répondre à cette question. J'ajoute cependant que nous sommes désolés de constater que la majorité des élus au conseil municipal de La Rochelle a voté sans hésiter en faveur du projet de PPRT présenté par la préfecture. Il est même ahurissant de constater que la majorité des élus du Parti communiste soient devenus d'une certaine manière des soutiens des pétroliers rochelais, c'est sans doute une première dans l'histoire de ce parti... Fort heureusement il y a tout de même eu 11 voix contre : Europe écologie les verts, deux élus communistes, le Modem et le directeur de Léa nature.

 

 

- Le Parti de Gauche : Quelle issue pour en sortir ?

Raymond Bozier : RESPIRE a réussi à arracher à la préfecture une deuxième étude sur le recul des cuves. L'Ineris a été chargée de cette étude. D'après elle, il serait tout à fait possible de supprimer toute zone de délaissement (les gens peuvent partir et alors leur bien est acheté par la collectivité, ou rester, mais alors ils doivent bunkériser leur maison...) en enlevant sept cuves de chez Picoty. Ce serait un progrès. Malheureusement le projet de PPRT ne retient pas cette solution au prétexte que le coût, estimé par l'industriel, serait largement supérieur à celui des mesures foncières. C'est un comble, l'Etat dont le rôle premier est d'assurer la sécurité des citoyens se défausse au prétexte du coût trop élevé de la mise en sécurité des riverains !. Le fric (comprendre le budget de l'Etat et la défense des intérêts de l'industriel qui se réfugie derrière le défaut majeur de la loi Bachelot : à savoir qu'il peut refuser des travaux permettant de réduire le risque dès lors qu'ils ne sont pas, pour lui, économiquement acceptables) prime tout...

 

RESPIRE s'appuie sur la deuxième étude Ineris.

Nous demandons un recul des cuves et l'installation d'une zone tampon du côté de l'industriel Picoty.

C'est possible, puisque ce dernier dispose de terrains (chose qu'on nous a cachée pendant longtemps, le maire de La Rochelle ayant même argumenté un jour qu'on ne trouvait pas des terrains comme ça...) sur le site de La Pallice pour installer ses nouvelles cuves.



 

 

 

 


 

 

 

- Le Parti de Gauche : une enquête publique va avoir lieu : pourquoi ? Quels espoirs pour vous ?

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

Raymond Bozier : L'enquête publique fait partie du processus normal d'élaboration du PPRT. Elle se tiendra du 30 septembre au 30 octobre. A la suite de cela le commissaire enquêteur aura un mois pour rendre son rapport et la préfète, ou le préfet, un an pour produire un arrêté instituant le PPRT. Nous appelons les Rochelais et les Rochelaises à se rendre à la mairie de Laleu ou à utiliser internet pour s'exprimer sur ce sujet et faire les remarques qu'ils, ou elles, jugeront utiles. En allant sur le site de RESPIRE, vous trouverez en première page le lien vers l'enquête publique qui vous donnera tous les détails (horaires, lieux, lien vers le site officiel internet....).

 

  • Je profite également de cette tribune pour appeler à la solidarité concrète avec RESPIRE. Nous allons engager des frais d'avocat pour contester l'installation des 4 nouvelles cuves Picoty et très probablement le PPRT une fois qu'il sera arrêté. Les frais d'avocat sont très élevés et nous ne disposons que des seules ressources de nos adhérents. La ville de La Rochelle a systématiquement rejeté nos demandes de subvention...

 

  • Nous avons besoin de vous !
    Soutenez-nous en adhérant ou en versant une participation, si modeste soit-elle
    (modalités en ligne). Nous vous en remercions par avance.

 

Mobilisons-nous pour obtenir le recul des cuves et participons à

l'enquête publique sur le projet de PPRT !

 

 

 

 

 

 
- Vous pouvez participer à l'enquête publique :
- soit directement par internet sur le site de la Préfecture ;

 

 

-----------------------------------------

 

 

- 4 Août 2020, le nitrate d'ammonium fait exploser Beyrouth et ravive l'inquiétude rochelaise

Présenté comme l'origine des explosions dévastatrices à Beyrouth[1], le nitrate d'ammonium est, en France et dans le monde, principalement employé comme engrais «azoté» pour un usage agricole. En France, stocké sur différents sites[2], il est à l'origine de la catastrophe d'AZF[3] de triste mémoire.

 

▶️ Sur La Rochelle/La Palice des entreprises travaillent avec ce produit explosif (voir l'image ci-dessous). Et si, en 2013, l'ouest de La Rochelle était posé sur une bombe…..... cela reste vrai aujourd'hui.

 

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

- En France aussi, nous ne sommes pas à l’abri d’un autre AZF ou Lubrizol[4]

Pratiquer l’austérité budgétaire, supprimer les postes d’agents publics tels les postes d’inspecteurs des installations classées est contraire à l’intérêt général. Entre 2009 et 2018, 12 % des effectifs du ministère de la transition écologique ont été supprimés.

 

Par manque de moyens, seulement un tiers des 44 000 sites industriels français les plus dangereux sont contrôlés tous les ans, et le nombre des visites d’inspection a diminué de 36 % en dix ans.

 

 

- L'Etat doit changer de politique

Elle doit en effet, tout à la fois se doter des moyens humains nécessaires au contrôle des installations et, comme le propose la France insoumise[5], s'engager résolument dans une planification de la bifurcation écologique visant à retrouver notre souveraineté agricole et alimentaire ce qui nécessite :

  • de créer des chèques alimentaires pour les 30 % les plus pauvres fléchés vers des produits locaux et écologiques ;
  • de réorienter les aides publiques pour développer l’agriculture écologique et paysanne ;
  • la mise en oeuvre d'une loi foncière pour faciliter l’installation de nouveaux paysans et arrêter l’artificialisation des sols ;
  • d'instaurer des prix planchers pour garantir un revenu agricole décent et des coefficients multiplicateurs limitant les marges de la grande distribution et des intermédiaires...

et donc, ine fine de diminuer, voire supprimer la consommation de nitrate d'ammonium.

 

 

- L'association RESPIRE La Rochelle interpelle le Préfet 

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

Monsieur le Préfet,

L’incendie de Lubrizol à Rouen et tout dernièrement l’explosion dramatique à Beyrouth, nous interpellent. Depuis 2009, date de sa création, notre association n’a cessé de dénoncer la dangerosité que représentent, à La Rochelle, la forte proximité entre l’habitat et les sites Seveso, la primauté de l’intérêt économique (le rapport de la commission d’enquête du Sénat parle de complaisance de L’État vis-à-vis des industriels Seveso), la faible représentation des riverains dans les CSS, etc... (Pour lire la suite et télécharger le document, cliquez ICI).

 

 

 

- [6] L'interview de Raymond Bozier président de l’association RESPIRE La Rochelle qui appréhende une catastrophe comme celle de Beyrouth[7]

 

« Il faut agir maintenant »

 

Le président de l’association Respire (Rassemblement d’écocitoyens pour sensibiliser, protéger et inciter au respect de leur environnement), Raymond Bozier, porte la voix des habitants de la Pallice et de Laleu, jusqu’à Port Neuf, tous voisins de sites Seveso. L’explosion survenue à Beyrouth le 4 août dernier interpelle l’association.

 

 

-  Redoutez-vous une catastrophe comme celle qui a eu lieu au Liban, à La Rochelle  ?

Raymond Bozier : À La Rochelle, il y a deux sites Seveso qui stockent du nitrate d’ammonium, comme c’était le cas dans l’usine qui a explosé à Beyrouth : Borealis, classée en seuil haut, et Poitou-Charentes Engrais, classée en seuil bas. Ces deux entreprises sont mitoyennes. On estime ainsi qu’il y a, au minimum, 6250 tonnes de nitrate d’ammonium stockées sur quelques centaines de mètres. Nous n’avons aucune idée des quantités exactes. Mais à titre de comparaison, 2700 tonnes de ce produit étaient stockées sur le site qui a explosé au Liban. À la Pallice, le problème est qu’il y a à la fois des activités industrielles et des gens qui vivent juste à côté. Le jour où il y a un accident, c’est clairement mortel.

 

 

-  Mais si on se fie à l’État, ces endroits sont sécurisés….

Raymond Bozier : C’est toujours pareil, si on écoute l’État, il ne se passera jamais rien. À Lubrizol (l’incendie survenu à Rouen), le risque était aussi soit-disant infime. Ici, ils tiennent le même discours. Mais nous, en tant que citoyens, on est dans la réalité et on voit bien qu’un jour, il peut se produire quelque chose de grave. Les multiples incendies qui surviennent, entre autres, peuvent en être l’une des causes. On réclame depuis longtemps d’avoir une vision d’ensemble de tous ces sites et un plan global de prévention.

 

 

-  Vous craignez un effet domino ?

Raymond Bozier : Tout à fait. La trop forte proximité entre les sites Seveso, qui vont de Port Neuf à la Pallice, est à nos yeux un vrai souci. S’il y a une explosion de nitrate d’ammonium sur l’un des deux sites qui en stockent, il est évident que les autres dépôts de liquides inflammables, tels que les dépôts carburants de l’usine Picoty, par exemple, vont être touchés. Tout le quartier peut alors exploser.

 

 

-  Qu’attendez-vous des pouvoirs publics, des industriels, et des collectivités territoriales ?

Raymond Bozier : D’abord, nous reprochons à ces acteurs d’avoir instauré entre eux une certaine connivence. À Respire, nous sommes persuadés qu’un certain nombre d’activités peuvent être délocalisées très rapidement en zones hors urbaines. Ce genre de sites n’a plus rien à faire dans un port à côté d’habitations. C’est le cas pour Borealis et Poitou-Charentes Engrais. Quand on veut, on peut. Il faudrait faire comme avec la pyrotechnie, où les sites qui en stockent sont à l’écart des habitations. Arrêtons d’attendre qu’une catastrophe se produise. Il faut agir maintenant, de manière à ce qu’il y ait le moins de conséquences pour les populations, mais aussi pour les personnes qui travaillent sur les sites. Quant aux autres sites, il faut réfléchir à ne plus accroître leur quantité de stockage, et pourquoi pas, les réduire lorsque cela est possible. Cessons d’implanter des sites ICPE et Seveso sur ce secteur, il est saturé.

 

 

-  Pensez-vous que les choses vont évoluer tel que vous le souhaitez dans les années à venir ?

Raymond Bozier : Non, malheureusement, je ne suis pas du tout optimiste concernant l’avenir. Tous les exemples d’incidents qui surviennent nous prouvent que rien ne change. On espère simplement que, la prochaine fois, ce ne sera pas notre tour. Car, s’il y a une explosion, ce n’est pas uniquement les quartiers de la Pallice ou de Port Neuf qui seront touchés. Mais toute la ville de La Rochelle voire plus loin encore.

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 12:44
PICOTY LALEU : il faut garantir les intérêts des riverains !
COMMUNIQUE du COMITE OUEST17 du PARTI de GAUCHE
 
Après avoir été invités à rencontrer les responsables de l'association Respire qui rassemble les citoyens des quartiers Laleu et La Pallice militant pour sensibiliser, protéger et inciter au respect de leur environnement et pour défendre leur sécurité, le cadre de vie de leurs quartiers, nous avons débattu des questions brulantes nées de l'implantation de nouvelles cuves de carburants à Laleu/La Pallice et avons décidé ce qui suit :
  • Le PG est opposé à l'installation de nouvelles cuves à proximité d'habitations ;
  • souhaite agir pour que la réduction des dangers à la source soit la règle, pour que la loi n°2003-699 de juillet 2003 dite loi « Bachelot » relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages soit remplacée et pour optimiser la sécurité de tous ;
  • Il faut redéfinir les responsabilités et clarifier durablement la question du financement des risques industriels et technologiques ;
  • Pour le Parti de Gauche, les industriels ne doivent pas être exonérés de leurs obligations de sûreté de leurs installations et l'indemnisation des riverains doit être complète et préalable.

 

La Rochelle le 11 septembre 2011

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier Picoty

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 21:03
BLAYAIS - CIVAUX...... Il faut sortir du nucléaire !

La Rochelle.... Blaye : 110 km, La Rochelle..... Civaux : 130 km

 

Source : le site du Comité Ouest17 du Parti de Gauche le : 5 juillet 2011 | mis à jour le 5 novembre 2015

- Le nucléaire est une des préoccupations majeures des Français.

Début mai, deux mois après la catastrophe de Fukushima, la CUB avait, sans succés, demandé au préfet de la Gironde une extension du périmètre particulier d'intervention (PPI), qui prévoit des mesures d'information et de secours des citoyens en cas d'incident à la centrale, mais qui ne couvre qu'un rayon de 10 km autour du site nucléaire du Blayais. De fait, le million d'habitant de l'agglomération de Bordeaux, distant d'une quarantaine de km, est exclu du PPI.

 

C'est dans ce contexte que la Communauté Urbaine de Bordeaux a adopté une motion réclamant «la fermeture progressive et le démantèlement de la centrale du Blayais, à commencer par le réacteur n°1 qui a trente ans».

 

 

- Cette décision satisfait pleinement le Parti de Gauche.

Au niveau européen, les choses bougent à minima !

Suite à la catastrophe de Fukushima, le Parti de Gauche avait interpellé le Conseil de l'Europe "compte-t-il enfin protéger l'intérêt général des citoyens et des citoyennes européens et travailler à l'élaboration d'un plan de sortie du nucléaire ?...", et la commission "Sortir du nucléaire est un impératif...".

 

Les gouvernants de l'UE ont-ils tiré toutes les conséquences de la catastrophe qui a frappé le Japon ?

Hélas, il n'en est rien ! Certes, un accord a été trouvé à l'échelon européen. Il a tout pour rassurer la France, qui ne voulait surtout pas se voir imposer des critères de sécurité trop contraignants.

 

Selon cet accord minimal - qui augure mal d'une gouvernance mondiale du nucléaire civil - les vérifications seront effectuées sur la base du volontariat dans les 14 pays de l'Union concernés, le risque terroriste ne sera pas pris en compte, et la décision éventuelle de fermer une centrale sera du seul ressort national.

 

On voit bien que seuls les peuples peuvent faire avancer les décisions.... après l'Allemagne et la Suisse, l'Italie !


Ainsi, le non des italiens au nucléaire par voie référendaire est un nouveau coup porté à l'atome, L'Allemagne ayant décidé le 30 mai de fermer ses derniers réacteurs en 2022, devenant la première grande puissance industrielle à renoncer au nucléaire depuis Fukushima. La Suisse avait annoncé quelques jours plus tôt sa sortie progressive du nucléaire d'ici à 2034.

 

 

- Et en France... on se contente de vérifier !

Comme les 17 autres centrales nucléaires françaises en activité, le Blayais (Gironde) et Civaux (Vienne) devront rapidement se soumettre à des tests de sécurité.

 

Partout en France, il s'agira, en théorie, de tirer les enseignements de la catastrophe de Fukushima, tragédie toujours en cours, et pour de longs mois encore. Ces deux centrales devront sacrifier à deux procédures distinctes : les « stress tests » européens et l'évaluation complémentaire de sécurité.

 

L'évaluation franco-française devra être bouclée le 15 novembre. EDF a l'obligation de transmettre au préalable à l'ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) un rapport sur chacune de ses centrales.

 

 

- L'électricien a-t-il des raisons de s'inquiéter ?

  • la situation de la centrale du Blayais est sujette à question !

Cette centrale a connu plusieurs incidents, très mineurs, mais en 1999 lors de la tempête Martin, la centrale ayant été construite trop basse, le site a été inondé (il aurait fallut la surélever par rapport au niveau du fleuve, ce qui aurait entrainer des surcouts). On a frôlé la catastrophe, l'incident majeur (sous-sols inondés par la crue venue du large, elle apparaissait comme un îlot au milieu du marais submergé).

 

Certes, selon l'ASN «Un ensemble de mesures ont été prises avec le retour d'expérience de 1999 notamment la surélévation de la digue de protection, le réexamen de toutes les installations électriques et l'organisation interne sur le site».

 

Mais la seule route d'accès au site nucléaire, sur la rive droite de l'estuaire, n'a pas varié de profil depuis douze ans. Dans les mêmes conditions, la centrale pourrait rester inaccessible plusieurs heures. Et si la prochaine tempête est plus violente ?

 

Or, l'audit insiste sur la « gestion opérationnelle des situations accidentelles » et sur le cumul de plusieurs facteurs d'accident. Comment ne pas penser à une perte du système de refroidissement d'un réacteur combinée à l'impossibilité pour les secours de se rendre sur les lieux ?

 

  • la situation de la centrale du Civaux en risque de panne sèche !

La situation se présente différemment dans la centrale de Civaux, qui n'est pas confrontée au risque estuarien.

 

Le risque de crue venue de l'amont devra en revanche être examiné. Située prêt de Poitiers, sur le bassin de la Vienne, pour l'heure, c'est plutôt le manque d'eau qui inquiète à Civaux. Pour assurer son fonctionnement et en particulier le refroidissement de ces réacteurs, la centrale de Civaux prélève de l'eau dans la Vienne.

 

Au 1er juin 2011, le débit mesuré à Cubord (c'est la station de Cubord qui fait office de station débitmétrique de référence pour le suivi du fonctionnement de la Centrale) est de 15,6 m3/s et celui à Lussac-les-Châteaux est de 19,5 m3/s. Ces valeurs sont très en deçà des valeurs moyennes observées à cette époque de l'année, et même inférieures aux valeurs historiques minimales. Il faut 12 m3/s. pour maintenir les deux réacteurs en fonctionnement.

 

 

- La Charente Maritime épargnée par le risque nucléaire ?

Il n'en est rien ! voir carte

- La Rochelle est à 110 km de la Centrale du Blayais et à 130 km de celle de Civaux.
- Saintes et Royan sont à 50 km (à vol d'oiseau) de la centrale du Blayais.
 
Si un incident semblable à celui de Fukushima s'y produisait, les habitants de Jonzac, Montendre, Mirambeau, Pauillac, Saint-Laurent de Médoc et Blaye seraient évacués (rayon de 30 km).
 

La centrale de Blaye a été mise en service entre 1980 et 1983. Elle est désormais âgée de 30 ans ce qui est la durée d'exploitation initialement prévue, pourtant son arrêt n'est pas a l'ordre du jour et des investissements supplémentaires sont envisagés pour prolonger sa vie de quelques dizaines d'années en injectant 2,4 milliards d'euros !

 

 

- Sortir du nucléaire : il faudra que le débat ait lieu !
Il est grand temps en France, de poser clairement le débat et de prévoir un réel plan de sortie du nucléaire.

 

Un moratoire sur la construction semble un minimum. Un engagement fort vers les énergies renouvelables un axe indispensable pour remplacer petit à petit l'électricité nucléaire par de l'électricité renouvelable.

 

Le gouvernement reste sourd et s'enferme dans un discours réducteur qui clame que la sûreté en France est meilleure qu'ailleurs, que nous ne risquons rien, et que plus que jamais l'avenir est atomique ! L'état continue à miser sur le nucléaire en prévoyant de nouvelles centrales, des milliards pour prolonger la vie des centrales actuelles? autant d'investissements qui pourraient dès aujourd'hui servir au réel développement d'énergies alternatives et renouvelables.

 

 

- Le Parti de Gauche, exige :

  • un moratoire sur l'énergie nucléaire (EPR de Flamanville en construction) ;
  • un referendum pour que la nation se prononce sur la politique énergétique qu'elle souhaite voir mise en œuvre ;
  • la mise en place d'un service public de l'énergie, l'abolition du précariat social, facteur de risque au travers de la sous-traitance en cascade ;
  • un plan de sortie définitive du nucléaire ;
  • un plan de gestion des déchets et de démantèlement des centrales existantes ;
  • l'abolition de toutes les usages militaires du nucléaire ;
  • le développement des énergies renouvelables.

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier nucléaire

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 21:14
Pour le Parti de Gauche, HOLCIM à La Pallice ? NON !

HOLCIM agit contre l'emploi.... et contre le cadre de vie !

 

Source : site du Parti de Gauche de Charente Maritime La Rochelle le 11-01-2011 mis à jour le 03-04-2020

- 1 - La logique d'HOLCIM et autres cimentiers

HOLCIM[1] en France, c'est malgré la crise qui fait chuter les consommations de ciment, une guerre ouverte avec ses concurrents Lafarge, Vicat Calcia (filiale de l'italien Italcementi),.... préparant la sortie de crise pour être en position dominante...

 

- L'implantation à La Rochelle Pallice n'est pas due au hasard !

. C'est en 2008 que les rochelais et rétais entendent parler pour la première fois d'HOLCIM à La Pallice.
. Aujourd'hui HOLCIM affirme vouloir produire entre 500 000 et 600 000 tonnes de ciments par an et créer 22 emplois sur l'anse Saint- Marc qu'en est-il en réalité ?
+ 22 emplois en + ici dont combien en mutation interne ?
+ 22 emplois ici et combien en moins demain dans les autres cimenteries du Poitou/Charentes (AIRVAULT dans le 79 : 145 emplois - BUSSAC-FORET dans le 17 : 117 emplois - LA COURONNE dans le 16 : 130 emplois)......

 

- Les ports sont les têtes de pont de la guerre des cimentiers

Les installation du type de celle qu'HOLCIM veut installer à La Pallice constituent, le bout de la chaîne de production d'une cimenterie, sa partie la moins coûteuse (le broyage, l'assemblage, l'expédition).
Les centres de broyage qui s'implantent dans les ports irriguent le territoire en ciment, au détriment des usines et installations existantes.

 

- Importer du clinker pour contourner le protocole de Kyoto et courir après le travail à bas prix.
Le clinker importé n'est pas soumis aux dispositions du protocole de Kyoto ce qui permet aux cimentiers d'engranger de confortables profits à travers la revente de leurs certificats d'émission de carbone.
Le ciment issu de clinker importé devient ainsi « compétitif » vu le cout du travail des pays d'origine.
 
Alors que les implantations locales permettent de limiter les couts de transports et les nuisances qui s'y attachent..... les investissements de maintenance dans les cimenteries sont revus à la baisse, l'outil de travail vieillit, les menaces de fermetures d'unités de production se profilent chez Lafarge et ailleurs.
Entre 1999 et 2008, les importations de clinker (qui sert de base à l'élaboration du ciment) ont été multipliées par six, et aujourd'hui, elles représentent près de 20% de la consommation annuelle de ciment dans l'Hexagone.
 
- HOLCIM défends l'environnement...... au Maroc (unité de Settat) [2] !

L'entretien donné par Dominique Drouet, président du directoire de HOLCIM Maroc, à J.E. HERRADI du quotidien marocain l'Economiste est édifiant :
« question : Vous avez privilégié le transport des matériaux par train[
3]. Est-ce pour des questions de coût ? Ou pour préserver l'environnement ? - réponse : Il y a un peu de cela, mais notre souci majeur demeure aussi la préservation de l'environnement.... HOLCIM a, certes, aménagé des routes, amené eau et électricité, mais il lui faut aussi éviter la pollution sonore et également celle que peut provoquer une activité de transport par camions. Le transport ferroviaire, c'est connu, n'est pas polluant. En plus, les nombreux va-et-vient des camions peuvent détériorer la route qui vient d'être construite au profit des habitants de la région. Holcim a toujours veillé à la sauvegarde de l'environnement et à sa préservation. »

 

Mais, pour les habitants de Laleu et La Pallice, de Rivedoux c'est des craintes justifiées sur l'impact esthétique du site, les poussières générées par l'activité, les nuisances sonores induites, les risques de pollution atmosphérique, voire de rejets de particules, et la circulation 300 camions par jour.... alors que le rail dessert le port... et qu'un projet de contournement ferroviaire de La Pallice est dans les cartons, mais n'est pas financé !

Le combat des résidents est légitime, le Parti de Gauche le soutient !

 

 

- 2 - Les élus majoritairement disqualifiés

- Si les municipalités et les élus locaux se flattent de pouvoir coucher sur leur bilan municipal la création de telle ou telle « activité économique » (Commune de La Rochelle : avis favorable (délibération du 26 avril 2010)....

 

- Si les directions des ports accueillent à bras ouverts ces activités qui augmentent leur trafic (+ 6 à 10% prévu pour la Pallice)....c'est, dans ce dossier, une politique a courte vue, faisant fi des enjeux économiques réels, des intérêts des populations, de leur environnement, des règles et procédures qui les protègent.

 

Certains vont même jusqu'à vouloir nous faire croire qu'ils ignoraient tout..... alors qu'ils font partie des cabinets feutrés du quarteron des « décideurs » (conseil de surveillance du Port de La Pallice notamment).

 

Pourtant d'autres font le choix de dire non (Commune de Rivedoux : avis défavorable (délibération du 30 avril 2010)....

Rien ne justifie l'implantation d'HOLCIM à La Pallice !
 
 

- Pour le Parti de Gauche :

- l'intérêt des populations ne doit pas être considéré comme secondaire, elles doivent, dés l'apparition de projets, être associées à la concertation ;

- l'installation d'activités industrielles à proximité de secteurs résidentiels doit être limitée à des domaines non polluants et non à risques ;

- la casse du maillage territorial de l'industrie du ciment et de l'emploi qui s'y attache au profit d'importations doit être combattue, un plan de modernisation des unités de production existantes négocié ;

- le contournement du protocole de Kyoto sur l'environnement doit être dénoncé et combattu ;

- le tout routier banni, les décideurs doivent imposer que le rail soit prépondérant

- le financement du contournement ferroviaire de La Pallice doit être accéléré.

 

  • Communiqué de presse : "Le Parti de Gauche dit non à Holcim"

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