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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 15:59
Vers la fin de la sociale-démocratie ?

Sources : Républiquesocialeblog

Les diverses élections européennes ont été révélatrices de plusieurs choses : que ce soit en France, en Grèce, au Portugal en Espagne ou au Royaume-Uni il semble y avoir un rejet de plus en plus massif des partis incarnant la sociale-démocratie et le social-libéralisme. Ces partis qui ont conduit à la paupérisation d’une grande partie de la population, coupable d’avoir voté des lois austéritaires imposées par Bruxelles, de sorte que pour une grande partie des citoyens ces différentes formations, devant incarner la gauche ou une partie de la gauche, ne présentent désormais guère de différence avec les partis du centre et de la droite classique.

 

Mais depuis les élections grecques de janvier 2015, et la défaite cinglante du PASOK- le Parti socialiste grec- qui avait à peine obtenu 4,68% des suffrages exprimés, traduisant la vaste colère populaire grecque après des années de souffrances et de mémorandums, le vent semble tourner. Quelques mois plus tard, lors des élections portugaises, certes remportées par la droite, la gauche parvenait à former une coalition inédite. Bloc de gauche, verts, Parti communiste et Parti socialiste s’entendaient sur un gouvernement et une majorité parlementaire. Ceci fait ils parvenaient à renverser le premier ministre de droite, qui bien que vainqueur n’avait pas la majorité au Parlement. C’est ainsi que depuis novembre 2015 un gouvernement socialiste mène le Portugal, soutenu par les autres partis de gauche. Une garantie que les socialistes ne prendront pas de « mauvaises » décisions s’ils veulent continuer à avoir la majorité. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette union porte ses fruits (pour en savoir plus en la matière voir..).

 

Bien sûr cette alliance ne fut possible que parce que le Parti socialiste portugais a rompu avec ce qui est en train de perdre les autres formations sociales-démocrates refusant d’entamer un virage à gauche. L’échec du PS français a été révélateur du désastre de François Hollande. Une politique libérale, des renoncements à tous les niveaux, un accroissement de la misère et malgré le léger revirement à gauche de Benoît Hamon, les électeurs ont voulu sanctionner un quinquennat de trahisons. Preuve en est le score du candidat de la France insoumise du PCF et d’Ensemble qui avait rassemblé 19,58% des votes alors qu’il avait atteint 11,1% en 2012.

 

En Italie et en Espagne on assiste là aussi à une chute dans les sondages des forces sociales-libérales. Si en Italie cela semble profiter à des forces populistes comme le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, en Espagne le parti de gauche Podemos est la force montante du pays, tandis que le PSOE s’enfonce toujours un peu plus dans la crise et paye, lui aussi, ses politique anti-populaire.

 

 

- L’espoir Corbyn

Enfin, pour prendre un dernier exemple, les récentes élections au Royaume-Uni témoignent de ce changement de mentalité. Convoquées par la première ministre conservatrice Theresa May ces élections devaient permettre au gouvernement britannique d’avoir une plus ample majorité conservatrice pour peser dans les négociations sur le Brexit avec l’Union européenne. A quelques semaines du scrutin les chances du Parti travailliste semblait nulles et les cadors du Parti, responsable de son virage à droite il y a bien des années ne rêvaient que d’une chose : virer Jeremy Corbyn et son programme bien à gauche.

 

 

En effet Jeremy Corbyn tranche avec l’époque de Tony Blair et son libéralisme de centre droit. Le leader des travaillistes a mis la barra à gauche à tel point que le parti n’avait pas eu un programme aussi ambitieux depuis 1973. Fin de l’austérité, construction de logements sociaux, hausse des salaires, renationalisation des chemins de fer et autres mesures favorables aux plus démunis voilà le programme des travailliste contenu dans un document dénommé « For the many, not the few ».

 

Bien que critiqué par certains leaders du Parti, restés persuadé des bienfaits de la doctrine qui a conduit des millions de britanniques dans la pauvreté, Jeremy Corbyn a bénéficié d’un large soutien populaire de la base de son parti. Un enthousiasme qui, certes n’a pas suffit à remporter les élections, mais avec 40% des suffrages et un gain de 30 députés par rapport à la précédente législature, le Labour Party apparaît comme le vainqueur des élections, quand les conservateurs, eux, perdent 13 députés et n’obtiennent ainsi qu’une petite majorité.

 

En septembre prochain l’Allemagne devra, elle aussi, se prononcer.

Le peuple allemand accordera-t-il de nouveau sa confiance à Angela Merkel ou donnera-t-il un nombre suffisant de députés aux forces de progrès telles que Die Linke ?

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 08:55
BREXIT : La gauche britannique a déserté !

Ne nous y trompons pas, en dépit des apparences, le vote britannique en faveur du Brexit n’est pas dû principalement à la haine de l’étranger, mais aux horreurs du modèle social britannique, présenté comme l’exemple à suivre par les libéraux français de droite et ceux prétendument de gauche.

 

Source :  Le blog de Robert Mascarell | mis à jour le 02/01/2023

Ce modèle bâti sur une précarisation généralisée et effrayante de la société, en général, des travailleurs, en particulier. Le chômage y est soi-disant insignifiant. A quel prix ! Des CDD zéro heure. Une indemnisation du chômage pendant six mois seulement. À l’issue de ces six mois, obligation de prendre le pseudo-emploi proposé. Voilà, comment sont truquées les statistiques du chômage en Grande Bretagne !

 

C’est pour parvenir à détruire les conquêtes sociales des travailleurs britanniques que les capitalistes ont décidé d’importer massivement des travailleurs immigrés. Le malheur, c’est que la disparition des syndicats, écrabouillés par l’épouvantable Maguy Thatcher, et la trahison du parti travailliste depuis des décennies, ont conduit les travailleurs britanniques à se tromper de cible et donc à faire des travailleurs immigrés les boucs-émissaires de leurs souffrances. Et comme les immigrés entrent en Grande Bretagne par les canaux européens, le peuple s’est saisi du référendum pour rejeter l’Europe.

 

Résultat, les bénéficiaires de la victoire du Brexit ne sont que les dirigeants des partis xénophobes et racistes.

 

La gauche a été aux abonnés absents. Même notre ami Jérémy Corbyn s’est trompé de combat. Lui qui, normalement, était contre cette Europe, a finalement appelé à y rester. Sa justification ? A tout prendre, le modèle social européen est moins pire que le modèle social britannique. C’est vrai, mais c’est dérisoire. Entre la peste et le choléra, on choisit de se battre sur des idées de gauche, donc pour une Europe sociale et non pour cette Europe du fric.

 

Les travailleurs britanniques ne s’y sont pas trompés. Même ceux qui ne sont ni racistes ni xénophobes ont été obligés de mélanger leurs voix avec ceux-ci. Ils ont majoritairement voté pour le Brexit, mais au seul appel des xénophobes et des racistes. La gauche a déserté, elle a laissé tomber les travailleurs.

 

 

- Le vendredi 24 juin 2016, Jean-Luc Mélenchon parlait du vote des Britanniques en faveur d’une sortie de l’Union européenne ou (Brexit).

Il a dénoncé le système européen actuel qui ne fonctionne que pour les ultrariches et a réaffirmé que 2017 serait une année clé pour trancher par un vote démocratique les questions européennes.

 

Ia rappelé ses propositions et réaffirmé qu’en cas d’échec des négociations avec les autres États membres, il serait prêt à appliquer un plan B comprenant la sortie de la France de l’Union européenne par référendum.

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 09:10
Jeremy Corbyn

Jeremy Corbyn

En mai 2015, les conservateurs réussirent à emporter une majorité de 12 sièges au parlement, une première depuis John Major en 1992. Le Parti Travailliste quant à lui subissait une lourde défaite avec la disparation de la quasi-totalité de ses élus en Ecosse, qui était considérée jusqu’alors comme une forteresse travailliste imprenable.

 

Sources : La Riposte.org Ulrich Savary - Parti Travailliste, Altrincham le 22 décembre 2015

Ulrich Savary
Parti Travailliste, Altrincham

- Tout portait à croire que le Parti Travailliste n’allait pas se remettre de cette déroute électorale.

En effet, pour la deuxième fois consécutive, il perdait les élections législatives et poursuivait son déclin électoral avec la perte de plus de 4 millions de voix depuis son écrasante victoire de 1997.

 

Dès le lendemain, le dirigeant du parti, Ed Miliband, a donné sa démission. Le Parti Travailliste était enfoncé dans une crise profonde. La question était de savoir à quoi le parti travailliste sert-il ? Le socle politique sur lequel le Blairisme s’était construit avait alors disparu. En effet l’adaptation à l’économie de marche fut acceptée par bon nombre de militants du Parti Travailliste, si cela permettait de gagner les élections et d’empêcher les conservateurs de revenir au pouvoir. Le souvenir des années Thatcher suffisait à soutenir la ligne du « tout sauf les Tories ».

 

La droite du Parti Travailliste, et avec elle bon nombre de commentateurs et autres « experts », voyaient dans la défaite d’Ed Miliband la preuve que la gauche était morte, que le Parti Travailliste n’avait plus d’autre choix que de rompre définitivement tout lien avec le mouvement syndical et avec son histoire. Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est qu’il ne s’était pas transformé en parti capitaliste et que la gauche du parti, certes relativement atone depuis des années, s’était patiemment reformée autour de collectifs et de quelques députes qui ont toujours résisté à la transformation du parti en un « parti démocrate » de centre-droit. Ce dernier désastre politique fut l’opportunité tant attendue pour partir à l’assaut de la « citadelle Blairiste » et déclencher la renaissance politique de la gauche socialiste du Parti Travailliste.

 

En l’espace de quelques semaines, la candidature de Jeremy Corbyn, un député quasiment inconnu en dehors du cercle restreint de la gauche britannique, a enflammé l’imagination de centaines de milliers de personnes. Dès lors, une brèche s’est ouverte dans la citadelle « pro-capitaliste » qu’était devenue la direction du Parti Travailliste sous Tony Blair, Gordon Brown et Ed Miliband. Tel un phœnix renaissant de ses cendres, Corbyn a ravivé la flamme politique de la gauche du parti.
A son appel, et à celui des quelques milliers de militants que la gauche du parti pesait alors, des dizaines de milliers de jeunes salariés, d’étudiants, d’ancien militants et de syndicalistes sont venues grossir les rangs du parti.

 

Si en mai 2015 le Parti Travailliste ne rassemblait plus que 185,000 adhérents – dont la majorité était passive – en septembre le parti frôlait la barre des 400,000 adhérents ! En l’espace de quelques mois, une véritable armée s’est levée. Aujourd’hui, le Parti Travailliste a plus d’adhérents que les Conservateurs, les Libéraux Démocrates (centre droit) et l’UKIP (parti anti-européen et raciste) réunis ! La victoire écrasante Jeremy Corbyn en septembre (60% des voix) a fait de lui le dirigeant travailliste le plus confortablement élu de toute l’histoire du parti.

 


- Ce succès s’explique avant tout par les liens qui perdurent entre le Parti Travailliste et le mouvement syndical en Grande Bretagne.

Des syndicats tels que Unite (1.5 millions d’adhérents) ou encore Unisson (1.2 millions d’adhérents) sont affiliés au parti. Historiquement, le Parti Travailliste a été créé par le mouvement syndical pour être la voix de ce dernier au parlement. Contrairement à d’autres pays où les syndicats revendiquent leur indépendance politique, en Grande Bretagne c’est l’inverse qui s’est produit : les syndicats revendiquent leur appartenance politique.

 

Il s’est avéré impossible de dissocier le mouvement syndical du Parti Travailliste. Or, ces deux puissants syndicats britanniques ont soutenu Corbyn pendant la campagne interne. Et avec eux, d’autres syndicats ont fait de même, tels que le syndicat des gardiens de prison, ou encore celui de la Royal Mail (La Poste). Ce soutien syndical fut indispensable pour la mise en marche de la campagne. Des milliers de syndicalistes ont participé de manière active à la campagne interne, en appelant à rejoindre le Parti Travailliste et à soutenir Jeremy Corbyn. Pourtant, le succès de cette campagne a surpris même les plus optimistes. En se lançant ainsi dans une campagne militante, la gauche du parti travailliste a réussi à canaliser les frustrations sous-jacentes à la société britannique.

 

Les cinq dernières années ont vu une attaque sans précédent de la part des Conservateurs et de leurs alliés, les Libéraux Démocrates, à l’encontre des travailleurs. Les fonctionnaires ont soit perdu leur emploi, soit ils ont eu leur salaire gelé depuis les cinq dernières années. Les étudiants ont vu les frais d’inscription aux universités multipliés par trois pour atteindre £9,000 par an, forçant ainsi toute une génération d’étudiants à s’endetter pour payer leurs études. L’introduction des contrats « Zero Hours », dans lesquels vous ne savez jamais à l’avance combien d’heures vous allez travailler et donc quel salaire vous aurez, concerne aujourd’hui près d’un million de travailleurs.


Les handicapés ont quant à eux été une des cibles privilégiées du gouvernement, le ministère du travail poussant à l’annulation des aides accordées aux handicapés, prétextant que la majorité d’entre eux peuvent travailler et n’ont donc pas besoin de l’aide de l’Etat. Les conséquences de cette politique furent désastreuses. Des dizaines de milliers d’handicapés ont été réduits à une extrême pauvreté, poussant plusieurs milliers d’entre eux au suicide.

 

A coté de cela, les banques alimentaires ont explosé dans le pays avec l’atteinte en 2014 du cap d’un million de personnes qui en dépendent pour survivre, contre seulement 40,000 en 2007. Les prix des loyers à Londres et dans les grandes villes ont également explosé poussant de plus en plus de travailleurs pauvres à vivre dans des conditions misérables, voire même dans la rue. Aujourd’hui, la Grande Bretagne a 9 des 10 régions les plus pauvres d’Europe occidentale, avec des cas de prostitution infantile qui pullulent dans les banlieues ouvrières des grandes villes du Nord de l’Angleterre, où des centaines d’enfants sont laissés à l’abandon par les municipalités et les services sociaux, qui n’ont plus les moyens de faire face à la misère sociale.

 


- Les Conservateurs sont en train d’imposer un retour forcé à l’époque victorienne, où les pauvres et les travailleurs vivaient dans des conditions effroyables.

La misère sociale frappe toutes les communautés ouvrières du pays, sans exception. A Manchester, près d’un enfant sur trois ne mange pas à sa faim et est sous-alimenté. Si la pauvreté gangrène la société britannique, les plus aisés se sont quant à eux enrichis durant la même période, en spéculant notamment sur les prix de l’immobilier et en profitant des largesses du gouvernement les concernant en matière de fiscalité.

 

Si on regarde les chiffres de plus près, on s’aperçoit que 58% des Anglais n’ont pas voté pour les conservateurs, 73% des Gallois n’ont pas voté pour eux et 85% des Ecossais ont préféré voter pour un autre parti (avec les nationalistes qui l’ont emporté avec 51% des suffrages sur un programme de centre-gauche, qui sur bien des aspects était plus à gauche que celui du Parti Travailliste lui-même). David Cameron est ainsi le premier ministre le moins bien élu de l’histoire contemporaine du Royaume Uni. Les Conservateurs ont gagné par défaut. Jeremy Corbyn a été le seul à comprendre et à capter l’attention de beaucoup grâce à un discours simple et clair.


Il veut en finir avec la pauvreté, abolir les « contrat Zero hours », augmenter le salaire minimum et le faire passer à £10 de l’heure contre £6.50 actuellement, nationaliser le rail, nationaliser certaines banques, construire des logements sociaux et geler les loyers. Mais il s’est aussi engagé à combattre « bec et ongles » le gouvernement et soutenir les syndicats dans leur luttes. Il a réussi à donner un sens politique à l’énorme colère qui gronde dans le pays. C’est cela qui a permis le renforcement du Parti Travailliste, et c’est cela qui inquiète les capitalistes et les conservateurs.

 

Lors de la conférence des Conservateurs à Manchester, entre 85,000 et 100,000 personnes ont manifesté contre le gouvernement le 4 octobre. Il s’agissait de la plus grosse manifestation que Manchester ait connue depuis très longtemps, avec une participation record des jeunes salariés et étudiants et une présence massive du Parti Travailliste aux côtés des syndicats.


Le lendemain, un meeting organisé à l’appel de la Communication Workers Union (le syndicat de la Poste et Télécommunications) dans la cathédrale de Manchester contre la privatisation de la Royal Mail a fait plus que salle comble. Si à l’intérieur les 1,200 sièges étaient tous pris, à l’extérieur ce sont plus de 7,000 personnes qui s’étaient rassemblées dans les rues adjacentes pour écouter les divers orateurs et surtout Jeremy Corbyn. Près de 10,000 personnes ont ainsi assisté, et attendu parfois plus de 2 heures, pour voir et entendre le leader du Parti Travailliste.

 

Pour la première fois depuis des décennies, le Parti Travailliste représente l’espoir d’un changement politique profond. La popularité de Corbyn s’explique par le fait qu’il incarne ce changement. Le parti politique de la classe ouvrière britannique a été resusscité. Le pire cauchemar pour les capitalistes britanniques et les conservateurs serait que Corbyn devienne premier ministre. Faisons en sorte qu’il y parvienne !

 

Pour en savoir plus :

- Corbyn confirme son ancrage à la tête du parti travailliste

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 08:34
20 janvier 1936 Edouard VIII, roi fasciste, monte sur le trône du Royaume-Uni

Depuis 70 ans, la Grande-Bretagne et ses alliés ont tout fait pour éliminer chaque document prouvant les actes et idées fascistes d’Edouard VIII. Comme on ne vide pas la mer avec une bouteille, on ne fait pas ainsi disparaître un choix politique aussi grave et aussi fréquent parmi les têtes couronnées d’Europe.

Parmi les révélations récentes, signalons :

- le journal intime de Sir Alan Lascelles, secrétaire particulier d’Edouard
- un rapport de 227 pages du FBI
- la préparation, du Portugal de Salazar, d’un "coup" pour renverser le gouvernement Churchill à Londres...

 

Sources :  le Parti de Gauche Midi-Pyrénées

- 1) Les sympathies fascistes de la famille royale d’Angleterre

Tant que nazisme et grand capital allemand n’ont pas eu terminé le génocide de la gauche anticapitaliste allemande, principale force syndicale et politique du mouvement ouvrier européen, la sympathie de la famille royale britannique pour les nazis a été profonde et, je crois, générale.

 

En 1917, la révolution russe balaie le tsarisme. Le roi d’Angleterre George V fait son possible pour sauver Nicolas II, en particulier en coordonnant le soutien international aux armées blanches. Il transmet à son fils Edward

  • une haine inextinguible du mouvement ouvrier et du risque de révolution sociale
  • la haine aussi des "politiciens" qui ont, d’après lui, limité l’aide militaire du Royaume-Uni face aux bolcheviks de 1917 à 1922.

« Juste avant que les bolcheviks ne s’emparent du tsar, mon père avait personnellement conçu le projet de venir à son secours avec un croiseur britannique mais, pour quelque raison, il ne put donner suite à ce projet... Ah, ces politiciens, disait-il toujours, s’il s’était agi d’un des leurs ils n’auraient pas tardé à réagir. Mais simplement parce que le pauvre homme était empereur... » (Mémoires, Edouard, duc de Windsor).

 

Mary de Teck, fille du duc allemand François de Wurtemberg, épouse du roi George V et mère de l’actuelle reine Elisabeth n’a jamais caché à l’époque son total soutien aux nazis.

Récemment la revue britannique The Sun a rendu publique une vidéo (et des photos extraites de la vidéo) tournée en 1933 ou 1934 dans la résidence d’été de la famille royale, le château écossais de Balmoral. Cette vidéo permet de voir la future Elisabeth 2, sa soeur Margaret, sa mère Mary de Teck et son oncle Edouard exécutant un salut fasciste convaincu.

Il faut ajouter qu’à l’époque, la totalité ou presque des têtes couronnées d’Europe sont sur cette position et participent de la "constellation fasciste", diverse mais réelle :

Exemples :

 

 

- 2) Les sympathies fascistes d’Edouard, prince héritier

Edward naît le 23 juin 1894, arrière-petit-fils de la reine Victoria, proche parent du tsar de Russie et de l’empereur d’Allemagne. Fils aîné de George V et héritier légitime du trône, il reçoit évidemment l’éducation destinée à un futur roi, d’où son bilinguisme anglais allemand, sa pratique courante du français et de l’espagnol, sa connaissance des problèmes politiques concernant tous les pays de l’univers, ses capacités de manager capitaliste. Cerise sur le gâteau : les biographes insistent sur son intelligence.

 

L’attachement à la culture germanophone constitue un autre aspect fondamental de sa personnalité. Il est vrai que son nom de famille est allemand (Saxe Cobourg Gotha), que sa mère est de nationalité allemande (princesse Mary de Teck), que "l’oncle Willie" (kaiser Guillaume, empereur d’Allemagne) l’invite chez lui pour des vacances...

 

Aussi, il suit de près, avec sympathie le processus de construction puis mise au pouvoir du nazisme :

 

Dans les années 1918 à 1927, le développement du mouvement ouvrier révolutionnaire ne se limite pas à l’URSS. Le syndicalisme et le socialisme se développent même rapidement en Grande-Bretagne, culminant dans la Grève générale de 1926. En tant que prince héritier, Edouard multiplie ses visites dans les pays du Commonwealth, dans les mines du Pays de Galles... pour faire valoir le rôle positif de la monarchie.

 

« Edouard, comme la-plupart des membres de la famille royale, avait une peur irrépressible du bolchevisme... Il vit dans le fascisme la voie de l’avenir. Loin de s’en tenir à considérer d’un oeil favorable les progrès réalisés dans l’Italie mussolinienne, il ne tarda pas à vouer un véritable culte à Hitler et aux nazis allemands. Il admirait le programme d’Hitler... » (Martin Allen, historien)

 

Edward exprime fréquemment cette admiration, cette affection et ce soutien aux nazis, par exemple en 1933, alors que les camps de concentration commencent à fonctionner et notamment Dachau.

 

« Le Prince de Galles était très pro-Hitler et déclarait que ce n’était pas notre rôle d’intervenir dans les affaires intérieures de l’Allemagne, qu’il s’agisse des Juifs ou de toute autre chose. Il ajoutait que les dictatures sont très populaires de nos jours et que nous pourrions bien en avoir besoin en Angleterre avant longtemps. » (Sir Bruce Lockart, Diaries, Macmillan, 1973)

 

Pour l’héritier du trône de Londres, si l’Angleterre doit à nouveau entrer en guerre, « ce sera (dans) le camp allemand, pas dans le camp français. »

 

Cette orientation fasciste d'Edward n’est évidemment pas indépendante du même choix opéré :

  • par une partie significative des "élites" politiques de Grande Bretagne, par exemple le January club, groupe de droite lié aux nazis britanniques d’Oswald Mosley
  • par une part importante du grand capital directement en faveur d’Hitler

 

A l’automne 1931, à un moment difficile pour le nazisme dix huit mois avant son accession au pouvoir, Alfred Rosenberg, ami personnel d’Hitler, est reçu par de nombreuses personnalités britanniques comme Lord Hailsham (secrétaire d’Etat à la guerre) et Lord Lloyd (qui professe des idées national-socialistes).

 

"Les grands intérêts pétroliers ont eu d’étroits contacts avec le parti nazi en Allemagne" (J and S Poole, Who financed Hitler ?). En 1933, après l’accession au pouvoir d’Hitler, Rosenberg fait un voyage "privé" en Angleterre ; il se rend directement d’Allemagne dans la demeure du "magnat de la politique pétrolière européenne", Sir Henry Deterding. Dès 1931, celui-ci avait "prêté" 55 millions de livres sterling à Hitler. De New-York à Berlin, c'est le Big Business avec Hitler..... Londres et Wall Street y compris !

 

L’attitude favorable aux nazis de la Banque d’Angleterre pose encore plus de questions. En 1931, Rosenberg est reçu longuement par Montague Norman, gouverneur de celle-ci. "Il fit tout pour aider les nazis à s’emparer du pouvoir et à le conserver, en opérant sur le plan financier depuis Threadneedle Street" (Martin Allen). En mars 1939 encore, la Banque nationale tchèque transporta sa réserve d’or à Londres mais Montague Norman détourna ce trésor "sur Berlin pour servir à l’acquisition du matériel stratégique essentiel en vue d’une guerre à venir" (Charles Higham, Trading with the Enemy).

 

Les nazis comprennent très vite l’intérêt de relations suivies avec ce réseau de personnages dont l’influence internationale est immense. Hitler dispose d’une ligne téléphonique directe indépendante pour discuter lorsque nécessaire avec Edward. De Ropp, agent de celui-ci est reçu le 23 janvier 1935 par le frère cadet George (père de la reine Elisabeth), duc de Kent, "qui sert souvent d’émissaire à son frère aîné". Ce De Ropp informe Berlin d’ "un réseau de gens haut placés favorables à la cause nazie" en Angleterre (Martin Allen).

 

Les liens entre la famille royale britannique et le NSDAP passent aussi par les relations amicales fortes entre le prince héritier Edward et son cousin allemand, le duc Karl Eduard de Saxe Cobourg Gotha, soutien actif du parti nazi dans les années 1920 et 1930, futur officier supérieur SS.

 

 

- 3) L’action fasciste d’Edouard VIII devenu roi

Le 20 janvier 1936, le roi George V décède et son fils lui succède sous le nom d’Edward VIII. Celui-ci informe Hitler par son cousin Cobourg

  • de son souhait de rapprochement Allemagne Grande-Bretagne et de son objectif consistant à prendre en mains tous les pouvoirs de son pays.
  • de son accord idéologique avec le principe du Fuhrerprinz

Cette accession d’Edouard VIII sur le trône d’Angleterre, donne des ailes à Mussolini comme à Hitler. Tous deux créent ainsi un rapport de forces en Europe qui ne sera plus inversé avant 1943.

 

L’action d’Edouard VIII en faveur de Mussolini s’étend des derniers mois avant son intronisation aux premiers mois de son règne. Il met tout son poids institutionnel britannique au service du fascisme lors de l’invasion de l’Ethiopie en octobre 1935 afin d’éviter des sanctions de la Société Des Nations contre l’Italie. Dès son accession au trône, Sa Majesté du royaume-Uni reçoit en grande pompe, à Londres, l’ambassadeur de Mussolini. Au moment où cette SDN essaie de peser contre la marche à la guerre provoquée par les coups de boutoir fascistes, Edward déclare "Il faut tenir pour morte la Société Des Nations." (document n° 8015/E576522-4 des archives nationales allemandes)

 

Edward VIII joue aussi un rôle d’allié d’Hitler. C’est en particulier le cas le 7 mars 1936 lorsque celui-ci lance ses soldats sur la Ruhr démilitarisée depuis la fin de la Première guerre mondiale.

 

Dans son ouvrage, "La couronne et la croix gammée", l’historien Peter Allen a bien résumé cette journée décisive où Hitler pouvait être arrêté. "Il savait que la réaction de l’Angleterre serait paralysée par son roi pro-allemand qui, si on s’opposait à lui, menacerait de provoquer une crise constitutionnelle de première grandeur."

 

Les "penchants profascistes et dictatoriaux d’Edouard" (Martin Allen) allaient-ils entraîner la Grande-Bretagne aux côtés d’Hitler et Mussolini ? En 1936, les intérêts britanniques ne pouvaient se limiter à un tel choix. Aussi, de hauts responsables eurent l’idée de faire monter un dossier des services secrets sur la compagne du roi Mrs Wallis Simpson, ses liens personnels avec Von Ribbentrop (ambassadeur d’Hitler à Londres), son passé dans des bordels chinois...

 

En août 1936, Edward VIII aggrave son cas en parcourant le Bassin méditerranéen à bord du Nahlin "le bon vieux Swastika" alors que le général Metaxas vient de prendre le pouvoir à Athènes et que les franquistes ont tenté leur coup d'Etat contre la République espagnole.

 

Edward VIII bénéficie de soutiens de poids en Grande-Bretagne, par exemple celui de Winston Churchill. Cependant, il croit pouvoir passer outre aux principes constitutionnels britanniques et s’isole de plus en plus.

 

Il maintient sa volonté d’épouser Mrs Wallis mais :

  • les dominions du Commonwealth refusent celle-ci comme future reine ;
  • celle-ci ne l’aide pas par ses initiatives publiques. En octobre, elle marque ouvertement son propre choix fasciste en adressant ses félicitations au chef nazi britannique Sir Oswald Mosley, lors de son mariage à Berlin dans la résidence de Goebbels en présence d’Hitler.

 

Cet Oswald Mosley affaiblit encore le position d’Edward au sein de l’establishment britannique en annonçant à la radio que ses Chemises noires se mettaient au service du roi et en agitant le spectre de la guerre civile.

 

Le 10 décembre 1936, après en avoir discuté avec ses proches, Edward abdique.

 

Le soir même, plusieurs centaines de Chemises noires se massent devant le palais de Buckingham, salut fasciste collectif et fréquent, prétendant imposer le retour d’Edward. D’autres défilent devant la Chambre des Communes.

 

Le lendemain matin, 3000 Chemises noires se rassemblent agressivement (vitres brisées), en formation militaire, pour écouter Mosley exiger un référendum sur l’abdication ou non du roi. Des socialistes affrontent ces partisans d’Hitler ; le combat fait rage dans les rues.

 

Le 11 décembre, Edward quitte l’Angleterre pour rejoindre le palais où il est invité, celui du baron de Rothschild en Autriche. Il va y demeurer, servi comme un coq en pâte jusqu’en mars 1937.

 

 

Pour en savoir plus :

- De la féodalité au fascisme : les fantômes barbares (royalistes, cléricaux, conservateurs autoritaires) contre le progrès humain

- Royalisme et fascisme. Camelots du Roi et Résistance.

- Fascismes de 1918 à 1945 : naissance, caractéristiques, causes, composantes, réalité par pays

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Rédacteur

  • Pour une Révolution citoyenne par les urnes
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.

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