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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 11:58
Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !

La Russie a lancé son opération militaire en Ukraine  : Jean-Luc Mélenchon a prévenu pendant 10 ans[3bis] !

 

et Anne Hidalgo, Yannick Jadot, sont en campagne et s'agitent !
Un adversaire unique pour exister, qui à leurs yeux serait pro-Poutine
[1][2][2bis]... Jean-Luc Mélenchon !
Dans le même temps, les perroquets médiatiques répètent eux aussi en boucle la même chanson pour le salir !
Or, depuis des années (ci-dessous je remonte à 2012), Jean-Luc Mélenchon critique et s'oppose au poutinisme.
Ça suffit ! Mélenchon président défendra l'intérêt de la France, l'intérêt général humain, la paix !
Quand Jaurès refusait la guerre, on le traitait d’« agent du parti allemand
[3»... quand Jean-Luc Mélenchon défend une France non-alignée au service de la paix, les apprentis de la géopolitique pour les nuls, à la peine dans leur campagne électorale, le traitent de " pro-Poutine "...
L’acharnement de ceux qui utilisent la guerre pour taper sur Jean-Luc Mélenchon ne trompe pas les Français.
Si Poutine est évidemment responsable de la situation, une majorité de Français pense que l’OTAN aussi
[4]...
Le candidat de l'#UnionPopulaire, Jean-Luc Mélenchon est considéré comme le candidat le plus à la hauteur des événements.

 

 

Sources : Durand Eric | mis à jour le 11/10/2022

- Quand en 2014, Jean-Luc Mélenchon annonçait qu'il y aurait la guerre en Ukraine

 

- Quand le 17 mai 2018, Jean-Luc Mélenchon alertait sur le risque de guerre en Europe

Il soulignait que la paix est un objectif et une construction politique. Il rappelait l’importance de l’indépendance de la France pour pouvoir être utile au service de la paix. Il appelait à ne pas mettre le doigt dans l’engrenage qui pourrait conduire à une guerre entre l’OTAN et la Russie.

 

Une vidéo utile à revisionner aujourd'hui alors que la guerre de Poutine en Ukraine a montré la fragilité de la paix en Europe et la difficulté à y revenir une fois l'attaque lancée.

 

  • et plus globalement... Poutine, Russie, Ukraine : ce que dit Mélenchon depuis 10 ans (cliquez sur l'image)

 

Mélenchon : 10 ans d'alerte sur la Russie et l'Ukraine !

 

 

- Alors Jean-Luc Mélenchon ami, aficionado de Poutine ?

 

 

 

- Et maintenant que c'est la guerre, le 24 février, invité de l'émission spéciale de France 2 sur la situation en Ukraine Jean-Luc Mélenchon a fait une proposition simple pour sortir du conflit par le haut

4 ième jour de combat en Ukraine[6]  Plus de trois jours après le début de l’offensive lancée par Vladimir Poutine en Ukraine, des milliers de personnes fuient leur pays. D’autres ont décidé de prendre les armes ou même de faire face aux chars russes à mains nues.

 

En France, Jean-Luc Mélenchon (candidat aux élections présidentielles 2022) a expliqué que s'il était président de la République, il ferait la proposition d'un cessez-le-feu en Ukraine, d'un retrait des troupes russes et de l'engagement d'une discussion sur la neutralité de l'Ukraine

 

Cette proposition a été reprise ce vendredi 25 février par les proches du président de la République ukrainienne, monsieur Zelensky[7]. L'un de ses conseillers se dit notamment prêt à engager des discussions avec Poutine sur la neutralité de l'Ukraine. Côté russe aussi, ces discussions sont souhaitées, même si pour l'heure les conditions posées à l'Ukraine pour une discussion équivalent à une reddition pure et simple. 

 

On le voit : sur ce sujet encore, Jean-Luc Mélenchon propose une solution de règlement du conflit par le haut. En 2022, il faudra choisir un président de la République qui a été capable de prévoir les dangers qui pesaient sur la paix, et a proposé des solutions diplomatiques pour éviter le passage à un conflit armé comme on en connaît aujourd'hui.  

 

 

- Ukraine : Jean-Luc Mélenchon et Hubert Vedrine font la même proposition pour cesser la guerre

 

- Discours de Jean-Luc Mélenchon sur la guerre en Ukraine prononcé le 1er mars 2022 à l'Assemblée nationale

Face à la volonté de l'Ukraine d'entrer dans l'OTAN et le non positionnement de l'occident pour dire NON, Poutine a fait le choix de la guerre... pour Jean-Luc Mélenchon, le seul but qui doit nous guider, c’est la paix.

 

Jean-Luc Mélenchon a rappelé qu’il n’y a pas d’alternative.... c’est la guerre totale ou la diplomatie. Par conséquent, le choix est vite fait, la France doit prendre une initiative diplomatique radicale : " Il faut rendre la diplomatie plus profitable que la guerre.

 

  • Jean-Luc Mélenchon appelle à la " proclamation de la neutralité de l'Ukraine ", à laquelle le président #Zelensky s'est dit " officiellement prêt ".

 

- Mais au fait, qui sont les amis à Poutine ?

Il existe des photos des candidats et politiciens qui accusent de Jean-Luc Mélenchon de soutenir Poutine ou de lui faire des courbettes.

En revanche, on n’en a aucune de ou il figure...  par contre, en mai 2018, Jean-Luc Mélenchon a rencontré Sergueï Oudaltsov, leader du Front de gauche de #Russie, emprisonné durant 4 ans et demi à la suite des manifestations de 2012 pour des élections honnêtes.

 

À #Moscou, rencontre avec Sergueï Oudaltsov, leader du Front de gauche de #Russie, emprisonné durant 4 ans et demi à la suite des manifestations de 2012 pour des élections honnêtes

 

  • les amis à Poutine... c'est eux !

 

Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
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Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !

Notes :

[1] Anne Hidalgo : "Jean-Luc Mélenchon est devenu l'allié et le soutien de Vladimir Poutine" 

[2] Delphine Batho, porte-parole de la campagne de Yannick Jadot : " JEAN-LUC MÉLENCHON, JAMAIS EN RETARD D'UNE COMPLAISANCE VIS-À-VIS DE POUTINE "

[2bis] Présidentielle : comment Hidalgo et Jadot utilisent la crise ukrainienne pour attaquer Mélenchon

[3] Jaures agent du parti allemand 

[3bisUkraine : Mélenchon a prévenu pendant 10 ans !

[4] Si Poutine est évidemment responsable de la situation, une majorité de Français pense que l’OTAN aussi...

[5] Jean-Luc Mélenchon est considéré comme le candidat le plus à la hauteur des événements.

[6Crise ukrainienne : la Russie lance une opération militaire, l’Ukraine craint « une grande guerre en Europe »

[7Guerre en Ukraine : la présidence ukrainienne déclare avoir accepté des pourparlers avec la Russie à la frontière avec la Biélorussie

 

Pour en savoir plus :

- Jean-Luc Mélenchon : ce qu'il a vraiment dit sur la Russie, Poutine et la Syrie

- Les Européens hors jeu : Ukraine, pourquoi la crise

- Cœur de l'Europe : Les dirigeants des grandes puissances jouent avec le feu

- Jean-Luc Mélenchon : " Ukraine/Russie : l’UE n’a décidément rien compris "

- En octobre 2013, dans un texte écrit en commun, Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon appelaient à la libération des écologistes emprisonnés en Russie.

- Crise autour de l’Ukraine : l’alignement condamne à la figuration

- « J’ai toujours dit que si on menaçait la Russie, elle passerait les frontières », déclare Mélenchon

- Mélenchon : 10 ans d'alerte sur la Russie et l'Ukraine

Jean-Luc Mélenchon : La comédie ukrainienne

- Jean-Luc mélenchon " Macron : La comédie de Moscou "

- Guerre russe en Ukraine : depuis bientôt 10 ans, Jean-Luc Mélenchon lance l’alerte

- Dés 2017 Jean-Luc Mélenchon mettait en garde, et face au danger de guerre en Europe appelait à sortir de l'OTAN

- Jean-Luc Mélenchon " Je condamne la guerre de la Russie en Ukraine "

- Communiqué de Jean-Luc Mélenchon suite au déclenchement de la guerre russe en Ukraine.

- Crise en Ukraine : Mélenchon accuse l'OTAN d'attiser les tensions

- Ukraine : Mélenchon a prévenu pendant 10 ans

- Attaque de la Russie en Ukraine – Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

- Guerre russe en Ukraine : La France Insoumise renouvelle sa demande de débat à l’Assemblée nationale

- Jean-Luc Mélenchon : Ukraine - Cessez-le-feu, retrait russe : ce que la France doit proposer

- L'OTAN accroît les tensions en Europe, avec le Général Vincent Desportes 

Ukraine : Mélenchon défend la paix à l’Assemblée et marche dans les pas de Jaurès

- Ukraine : Mélenchon propose la neutralité de Kiev

- 2 Mars, Jean-Luc Mélenchon sur l'Ukraine : face à la menace nucléaire, l’urgence c’est la paix

- Ukraine nucléaire – Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

- Jean-Luc Mélenchon le 2 mars 2022 " Ukraine : je veux construire le camp de la paix contre les va-t-en guerre "

- Jean-Luc Mélenchon : " Pendant la guerre, le monde change sous les radars "

- Jean-Luc Mélenchon se désole de l’opacité autour des questions miliaires et de l’absence d’un dialogue sur les décisions prises par l’exécutif. Et demande un débat hebdomadaire au Parlement sur la crise.

Guerre en Ukraine : Jean-Luc Mélenchon " pro-Poutine " ? Remettons les pendules à l'heure !
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9 février 2022 3 09 /02 /février /2022 20:40
Fabien Roussel, Don Quichotte d’un communisme introuvable
Fabien Roussel, Don Quichotte d’un communisme introuvable
Fabien Roussel, Don Quichotte d’un communisme introuvable
Fabien Roussel, Don Quichotte d’un communisme introuvable

« Le social-chauvinisme, c’est l’opportunisme sous sa forme la plus achevée. Il est mûr pour une alliance ouverte, souvent vulgaire, avec la bourgeoisie et les états-majors[1] »

 

Un double mystère entoure la campagne de Fabien Roussel, le candidat du Parti communiste français pour la prochaine élection présidentielle. Comment un candidat qui recueille invariablement entre 1 et 3% dans les sondages d’opinion peut-il être autant invité dans les « grands » médias ? Comment le candidat d’un parti communiste peut-il recevoir à ce point les louanges de politicien·nes de droite voire de journalistes et d’idéologues réactionnaires ?

C’est à dissiper ce double mystère que s’attache ici Paul Elek, ancien militant du PCF. Il montre en particulier que la campagne de Fabien Roussel, loin de permettre la relance d’un projet de rupture avec le capitalisme, a essentiellement pour objectif de faire exister l’organisation par une stratégie de distinction vis-à-vis du candidat de gauche qui avait frôlé le 2nd tour en 2017 [ndlr : avec 19,6%], à savoir Jean-Luc Mélenchon[2].

Cela amène Fabien Roussel à prendre régulièrement pour cible ce dernier, et à alimenter les poncifs réactionnaires que ne cessent de marteler les médias dominants à l’encontre de la gauche dans son ensemble (sur la laïcité, la sécurité, le terrorisme, l’écologie, etc.). En outre, alors même que Roussel prétend reconquérir les classes populaires, il se situe dans la plupart des sondages à 4-5% dans les catégories intermédiaires et supérieures, contre 1-2% dans les catégories populaires.

Ce texte est une contribution au débat tactique et stratégique à gauche. Elle ne reflète pas la diversité des points de vue au sein de la rédaction de Contretemps mais elle nous a semblé importante et en appelle d’autres. 

 

 

Sources : CONTRETEMPS REVUE DE CRITIQUE COMMUNISTE | mis à jour le 15/04/2022

- Introduction

Pierre Laurent a cédé sa place à la tête du Parti communiste français lors du 38e congrès, en novembre 2018. Le texte d’orientation « Pour un manifeste du Parti Communiste du 21ème siècle »[3], emmené par André Chassaigne[4] et une coalition hétéroclite de secteurs du parti, était arrivé en tête. À l’époque, le contenu idéologique du texte s’était fait voler la vedette par le coup d’éclat du congrès : les communistes avaient voté majoritairement pour un texte alternatif à celui de la direction nationale, pour la première fois de leur histoire.

 

Les débats étaient alors dominés par les « préoccupations des communistes » quant à « l’affaiblissement électoral » et la « perte de visibilité nationale »[5] du parti, mis en avant dès le début du texte adopté à l’issue du vote.  L’objectif des partisans de ce manifeste était cristallin et ambitieux : « reconquérir l’influence [du] parti et reconstruire une organisation révolutionnaire de notre temps ».

 

Dans un contexte d’envenimement des relations entre les communistes et la France insoumise et de tergiversations du secrétariat national sur la direction à prendre, l’enjeu stratégique et tactique a ainsi enfermé le congrès sur une question : celle du devenir de l’organisation. Les auteurs du manifeste considéraient que le Parti communiste devait travailler « à créer les conditions d’une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022 »[6].

Elsa Faucillon : « Je redoute un repli identitaire du PCF »

En proposant d’« être présents avec nos candidates et candidats à toutes les élections »[7], ils ont répondu à une attente partagée par de nombreux communistes qui voyaient dans le retour d’une stratégie autonome la condition sine qua none d’un redressement de l’avenir du mouvement [ndlr : ce qui valait la déclaration suivante de la part de la députée communiste Elsa Faucillon : « Je redoute un repli identitaire du PCF »[8]).

 

La victoire du texte n’aurait pas été permise sans des retournements d’alliances internes voyant des soutiens historiques de Pierre Laurent, comme Igor Zamichiei[9] ou Ian Brossat basculer en faveur du texte « manifeste » sur la base d’ambitions personnelles. Finalement, c’est Fabien Roussel qui fut désigné secrétaire national du PCF avec pour mandat d’organiser le redressement de l’organisation. Sans comprendre cette obsession interne pour l’avenir de la boutique, fièrement épousée dans le slogan « PCF is back ![10] », difficile de comprendre aujourd’hui la volonté affichée par le candidat Roussel de se démarquer coûte que coûte de son ancien allié de la France insoumise et de tracer sa route, seul.

 

En 2021, le nouveau secrétaire du Parti communiste a été largement promu médiatiquement :  il apparaît ainsi comme la quatrième personnalité politique la plus invitée des principales émissions politiques de l’audiovisuel français, et la première à gauche[11]. Ce regain d’intérêt pour un candidat communiste ne provient pas de son potentiel électoral, puisque la candidature Roussel oscille entre 1 et 3% dans les sondages. Dès lors, difficile de ne pas penser que cette soudaine appétence médiatique pour le candidat du PCF, et ce dans un paysage médiatique largement droitisée, est liée au fait qu’il constitue un utile contre-feu au principal candidat de gauche, qui a frôlé le 2nd tour en 2017, à savoir Jean-Luc Mélenchon.

 

Salué à droite, applaudi en macronie... Le candidat du PCF vit son heure de gloire et rêve de dépasser les socialistes. Mais un communiste ne reste-t-il pas un "coco" ?

De plus, le profil de la campagne Roussel a l’énorme avantage pour le commentariat réactionnaire – qui ne cesse de le féliciter[12] (mais aussi salué à droite, applaudi en macronie...[12bis]) – de reprendre à son compte une série de poncifs médiatiques constamment opposés à la gauche et aux mouvements sociaux (antiracistes, féministes, écologistes, etc.), et visant à les disqualifier. Mais cela a évidemment un coût : à gauche la division et la désorientation idéologique ; au sein du PCF l’abandon progressif des orientations données par le congrès, remplacées par un opportunisme exaspérant pour de nombreux communistes.

 

 

- Une stratégie qui renforce la droite

Municipales : un scrutin à plusieurs faces

Face à la perte continue des bastions électoraux communistes[13], le nouveau secrétaire national du Parti communiste français a en effet misé sur une nouvelle stratégie, inspirée de considérations très personnelles. Dans son ouvrage " Ma France- heureuse, digne, solidaire ", Fabien Roussel accuse par exemple à demi-mot les directions précédentes d’avoir « laiss[é] au seul Front national la mainmise sur des sujets comme la nation, la souveraineté, la sécurité, le vivre-ensemble »[14].

 

Explication un peu courte des succès du FN, tant tous ceux qui à gauche se sont essayé ces dernières décennies à jouer ces cartes du « nationalisme de gauche » ou du sécuritaire ont non seulement sombré politiquement (Chevènement, Valls, etc.) ou sont demeurés absolument marginaux (PRCF, Kuzmanovic, etc.). Ne parvenant jamais à conquérir l’électorat populaire, ils ont toutefois assurément contribué à l’hégémonie réactionnaire. Ce type de politique prônée par le nouveau secrétaire national du PCF et ses alliés paraît ainsi relever plutôt d’une nostalgie impuissante, qui concourt avec son adoration pour Georges Marchais[15], que d’une stratégie politico-électorale capable de reconstruire l’influence du PCF.

 

Roussel estime en outre que la gauche a « tiré un trait sur l’électorat populaire »[16], ce qui est vrai à l’évidence du Parti socialiste (bien souvent en alliance, locale et/ou nationale avec le PCF…) mais pas – dans la période récente – de La France Insoumise[17]. Cette force était en effet parvenue en 2017 – avec le soutien du PCF cette fois – à obtenir de bons résultats dans les classes populaires, ce qui constituait une base sérieuse pour la reconquête durable de cet électorat : 25% parmi les ouvriers·ères, 24% chez les employé·es, 32% des chômeurs·ses[18]. Bruno Cautrès parlait ainsi, pour qualifier le vote pour Jean-Luc Mélenchon, de « vote néocommuniste », même si « la géographie électorale du candidat de La France insoumise ne se résume pas à [cette] seule dimension »[19].

 

André Chassaigne : « Il est illusoire d’espérer être au second tour »

André Chassaigne, artisan de la victoire du texte « manifeste » et président du groupe parlementaire des communistes à l’Assemblée nationale, estime de son côté qu’« il faut aller chercher ceux qui s’abstiennent et ceux qui votent en faveur de l’extrême droite », et que le Parti communiste a abandonné ses fondamentaux « au nom d’une forme de boboïsation intellectuelle ». Résultat, « le Parti communiste a[urait] perdu ses bases ouvrières parce qu’il a délaissé la valeur travail ». Pour André Chassaigne la faiblesse de la gauche serait d’ailleurs telle « qu’il est illusoire d’espérer être au second tour[20] », une thèse désespérante visant à justifier une politique solitaire en vue de la sauvegarde de la boutique.

 

Dans sa recherche d’un âge d’or perdu, qui comme tous les âges d’or est réécrit au prisme d’obsessions présentes, Fabien Roussel rencontre donc une difficulté majeure. Le secrétaire national du Parti communiste doit se démarquer de Jean-Luc Mélenchon avec lequel les communistes partagent une grande partie de leurs propositions programmatiques. Pour cause, ils l’ont défendu ensemble à deux reprises, et avec succès, lors de l’élection présidentielle. Du NPA à La France insoumise en passant par le PCF, les organisations à la gauche du PS partagent toute une série de revendications similaires comme la hausse du salaire minimum, la défense des services publics, la lutte contre la précarité, un certain degré de rupture avec l’économie de marché, etc. Dans ces conditions, difficile de se singulariser sur le projet social.

 

  • Dans son livre, Fabien Roussel n’en semble pas embarrassé.

Pour lui, la distinction sera remarquée lors de l’élection présidentielle [21]:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Le dirigeant communiste dresse ensuite la liste de ses désaccords, sous la forme d’une pique pleine de sous-entendus :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La gauche presque au complet à la manifestation contre l’islamophobie

En somme, c’est sur ces sujets que Fabien Roussel entend construire sa stratégie de singularisation du PCF, donc le profil politique de sa campagne. Force est de constater que ce commentaire de 2021 reprend finalement, à peu de choses près, l’angle d’attaque que la droite et l’extrême-droite ont engagé contre le candidat de la France Insoumise, notamment depuis sa participation à la marche du 10 novembre 2019 contre l’islamophobie[22][23][23bis] : Jean-Luc Mélenchon aurait rompu avec la laïcité, donc avec la République ; il ferait preuve d’un « angélisme » vis-à-vis de la délinquance et d’un « aveuglément » à l’égard de « l’islamisme radical », se rendrait coupable de « haine anti-flics » en dénonçant les violences policières contre les quartiers populaires et les mobilisations sociales, etc.

 

L’épisode de la manifestation contre l’islamophobie du 10 novembre 2019 est particulièrement intéressant. À l’époque, la France insoumise sortait de sa réserve sur le climat islamophobe dans le pays[24], extrêmement violent au cours de cet automne, et elle fut confrontée à une violente offensive médiatique et politique sur la légitimité même de la tenue d’une telle manifestation. Le PCF, qui avait signé l’appel à la rejoindre[25], ne fut représenté que par certain·es de ses élu·es comme la députée Elsa Faucillon et le porte-parole du PCF, Ian Brossat. Le secrétaire national, absent, déclarait alors trouver le terme d’islamophobie « réducteur[26] ». Le texte d’orientation qui l’avait conduit à la direction du parti proclamait pourtant que « les actes racistes, antisémites, xénophobes, islamophobes, quelles que soient leurs cibles et leur nature sont toujours très nombreux et augmentent en France. Cela correspond à un paysage européen extrêmement inquiétant, avec l’essor de l’extrême droite xénophobe et ethniciste et la complaisance de la droite vis-à-vis de cette dernière ».

 

  • L’opportunisme du dirigeant communiste s’avéra payant pour la première fois.

Alors que se déchaînait le procès en « islamo-gauchisme » contre une partie de la gauche, Fabien Roussel, à couvert, traversait la tempête sans encombre. Ce faisant, il abandonnait à son sort une partie non négligeable des classes populaires, vouées aux gémonies et exposées à la violence de l’offensive réactionnaire. Le texte du congrès, qui voyait dans le racisme un « rapport social de domination, d’exploitation et d’oppression » et dénonçait les « discriminations enracinées et les imaginaires puissants » qui conduisent des « citoyen.ne.s, français.es depuis plusieurs générations et descendant.e.s de l’immigration postcoloniale ou des citoyen.ne.s d’outre-mer, à subir elles/eux-mêmes le racisme (…) »[27], fut balayé, au bénéfice d’un électorat populaire, fantasmé par le député du Nord.

 

  • Cerise sur le gâteau, Fabien Roussel, arrivé à la tête du PCF pour imposer une candidature communiste à l’élection présidentielle, reproche à son ancien partenaire Jean-Luc Mélenchon d’être un adversaire du rassemblement à gauche :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-être évoque-t-il seulement les alliances avec le Parti socialiste que la direction du Parti communiste ne néglige jamais pour conserver de précieux élus locaux. Pendant la période du Front de Gauche (2009-2016), la question de listes autonomes vis-à-vis du Parti Socialiste au pouvoir avait suscité de vives tensions entre le Parti de gauche (de Mélenchon) et le PCF. Fabien Roussel a tranché, ce sera avec les socialistes.

 

Cinq mois avant la sortie de ce livre, qui théorise son tournant opportuniste, Fabien Roussel faisait de nouveau parler de lui en choisissant de participer, aux côtés de l’extrême droite et de la droite mais aussi d’Anne Hidalgo et de Yannick Jadot, à la manifestation des syndicats de policiers du 19 mai 2021. Rassemblé devant l’Assemblée nationale, le corporatisme policier venait faire pression sur les parlementaires, certains voulant faire « sauter les digues de la Constitution[28] ». Le dirigeant du Parti communiste, lui, « assumait » alors de parler haut et fort de sécurité au nom des classes populaires et des policiers, ces « ouvriers de la sécurité[29] ». Fabien Roussel faisait-il cependant autre chose que de venir objectivement à l’appui de la droite et de l’extrême droite, qui intentent en permanence un procès en laxisme à l’ensemble de la gauche ?

 

Contre-sens évident, dans un contexte où la mobilisation du Comité Adama et des collectifs de familles de victimes contre les violences policières et leur impunité, le traumatisme de la répression des Gilets jaunes et la succession de lois sécuritaires semblaient avoir en partie déverrouillé la capacité de la gauche à s’engager dans une critique de l’expansion de l’appareil sécuritaire et des violences d’État. Fabien Roussel prenait donc à contre-pied son camp politique, à commencer par les militants communistes présent·es dans la lutte contre la politique de durcissement autoritaire menée par la classe dirigeante.

 

Il avait cependant une excuse toute trouvée, estimant[30} qu’avoir « défendu l’idée que la gauche devait prendre à bras-le-corps les questions d’insécurité qui gangrènent l’existence de tant de villes et quartiers populaires » justifiait le fait de participer « avec d’autres parlementaires et élus du PCF au rassemblement des syndicats de policiers ». De nouveau, reprenant l’idée (fausse) selon laquelle la gauche aurait perdu les classes populaires en abandonnant le terrain de la nation ou de la sécurité, le dirigeant du PCF abandonnait les franges de ces classes, bien réelles, qui s’étaient mobilisées avec une combativité précieuse, des ronds-points du périurbain aux banlieues populaires.

 

 

- Derrière la surenchère, les renoncements
Depuis le début de l’année 2022, à l’approche de l’élection présidentielle, Fabien Roussel et sa direction de campagne multiplie ainsi les signes d’opportunisme, comme pour recevoir la clémence de la droite et de l’extrême droite et continuer son dialogue avec l’électorat populaire fantasmé auquel le candidat prétend s’adresser. Dans une série de sondages Ifop qui détaillent les différentes catégories sociales au sein de son électorat potentiel[31], le candidat communiste est crédité d’intentions de vote auprès des catégories populaires systématiquement inférieures à sa moyenne dans l’électorat. Dans le sondage OpinionWay du 31 janvier 2022[32], qui le donne à 3%, il apparaît de nouveau en-dessous de sa moyenne dans l’électorat chez les catégories « CSP – ».

 

"J'espère qu'il n'y aura pas de parrainage qui iront soutenir d'autres candidats parce que ce serait aller soutenir un adversaire"

Dans sa quête impossible, le Don Quichotte d’un communisme introuvable, entend interdire aux élus communistes de parrainer un autre candidat et en premier lieu Jean-Luc Mélenchon (drôle de conception de la démocratie), et tend aujourd’hui la main aux « électeurs de la droite sociale[33] » et aux fameux électeurs d’extrême droite qui se tromperaient de colère et que la gauche (notamment le PCF) aurait perdu au profit de l’extrême droite. Il renoue ici avec une idée reçue, répandue à gauche. Pourtant, élections après élections, on observe que les transferts électoraux d’un parti vers un autre se font massivement vers les options qui sont idéologiquement proches et seule une minorité statistiquement insignifiante passe de l’extrême droite à la gauche radicale (ou inversement)[34]. D’une certaine manière, la stratégie de Fabien Roussel revient à lâcher la proie pour l’ombre, c’est-à-dire à abandonner les franges de l’électorat populaire qui votent très majoritairement à gauche (notamment les descendants d’immigrés non-européens), et qui ont voté massivement pour J.-L. Mélenchon en 2017[35], en imaginant pouvoir conquérir les franges de ces classes qui votent à droite ou à l’extrême droite.

 

L’objectif de reconquérir les classes populaires est évidemment juste. Mais il est extrêmement douteux qu’une stratégie consistant à aller sur le terrain idéologique de l’extrême droite, comme celui de la nation menacée et de l’insécurité galopante, puisse être en quoi que ce soit efficace dans ce sens : pour les franges de ces classes qui votent à gauche, cela a toutes les chances de les éloigner ; pour les autres, attirés par l’extrême droite non pour son programme « social » mais pour ses obsessions identitaires et sécuritaires ainsi que son discours individualiste et « méritocratique »[36] stigmatisant les « assistés », pourquoi se mettraient-ils à voter pour le PCF ?

 

Ainsi, la recherche par Fabien Roussel et son équipe d’un espace électoral et d’éléments de distinction avec Jean-Luc Mélenchon l’amène à offrir un point d’appui inespéré à la droite réactionnaire, chaque fois qu’elle se lance dans la critique de son propre camp social. En effet, cette recherche de singularisation, moins dans le but de construire une alternative politique que de restaurer la boutique PCF, vient systématiquement s’attaquer à la gauche qui n’a pas renoncé à défendre les conditions d’existence des classes populaires et à s’opposer à l’islamophobie et aux violences d’État.

 

Évidemment que le PCF peut et doit organiser des hommages à Charlie.

Dans son livre, entonnant d’ailleurs le même refrain qu’Anne Hidalgo[37], il sous-entendait déjà que la France insoumise en la personne de Jean-Luc Mélenchon entretenait une ambiguïté dans son rapport aux « valeurs républicaines ». Cette affirmation s’éclaira parfaitement lorsque, début janvier, dans le cadre d’un hommage à Charlie Hebdo, Fabien Roussel déroula le tapis rouge à des figures proches du Printemps Républicain comme la journaliste Caroline Fourest ou le dessinateur Xavier Gorce[38]. La députée Elsa Faucillon, lasse mais lucide, évoquera le lendemain sur Twitter[39] une soirée qui « dépassait largement l’hommage : la sélection des invités confirm[ant] un virage politique opéré par [son] parti depuis qqes mois.(…) ». Le dirigeant communiste et sa direction de campagne regretteront, eux, le « sectarisme » de l’élue[40].

 

Il y avait pourtant des raisons de s’inquiéter de l’invitation donnée à des partisans d’une organisation, le Printemps républicain, dont le président propose par exemple[41] « d’appliquer la préférence nationale dans l’attribution du logement social, justifie l’usage de tests osseux sur les mineurs étrangers », et dont les militants usent de méthodes de harcèlement systématique vis-à-vis des militant·es antiracistes et, plus généralement de gauche, qui se solidarisent avec les musulman·es face à l’islamophobie. Fabien Roussel n’est d’ailleurs pas exempt de reproches au sujet de l’immigration. Le 10 juin 2021, sur Cnews, il avait déclaré que les déboutés du droit d’asile avaient « vocation à repartir et être raccompagnés chez eux[42] ». Le tollé provoqué chez les communistes l’avait contraint de retirer ses propos et de s’en excuser. Le texte du 38e congrès voyait, lui, dans la lutte des « travailleurs étrangers avec ou sans papiers » une lutte « aux potentiels émancipateurs considérables »[43].

 

Au-delà des curieuses fréquentations de sa direction, le projet démocratique des communistes en a pris un coup dans la plateforme présidentielle du candidat, et son ambition pour la République aussi.

Dans le programme « La France en commun de 2017 », défendu dans le cadre de la campagne autonome de soutien à Jean-Luc Mélenchon, les communistes français écrivaient[44] :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, le nouveau programme du candidat Roussel défend la vague « perspective d’une nouvelle République (…) Une République sociale, démocratique, écologique, féministe, résolument laïque, internationaliste…»[45]. Le paragraphe 132, qui affirme qu’« il sera proposé au pays et au Parlement d’engager des changements majeurs des équilibres institutionnels », ne comporte cependant aucune mention d’un processus constituant. Là où le projet de 2017 misait donc sur la participation populaire massive pour mener une révolution démocratique permettant de déverrouiller le champ institutionnel, Fabien Roussel veut engager le mouvement communiste dans la défense d’une réforme institutionnelle dans le cadre du parlementarisme. Le programme critique bien la « prééminence » du Président sur le Parlement, propose la suppression de « son élection au suffrage universel » et du 49-3, ou l’installation de la représentation proportionnelle, mais l’appel à un processus d’implication populaire n’a pas survécu. Derrière les signaux envoyés à un électorat introuvable, des renoncements bien réels sont proposés aux communistes.

 

Plus récemment, la direction de campagne de Fabien Roussel semble avoir abandonné la question de la destruction engagée de l’écosystème de la liste de ses préoccupations. Qu’importe alors l’avertissement d’un Karl Marx sur la manière dont le capitalisme épuise à la fois « la terre et le travailleur » et engage une transformation irréversible et destructrice du métabolisme entre l’humanité et la nature[46]. Au lieu de pointer la contradiction fondamentale du mouvement écologiste, c’est-à-dire la persistance de sa recherche d’une transition écologique dans le cadre du capitalisme – personnalisée en 2022 par la candidature de Yannick Jadot – le dirigeant communiste polémique avec les écologistes en faisant écho aux débats médiatiques[47] marqués par des controverses ridicules sur les sapins de Noël ou le foie gras.

 

Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des comptes publics, déclare sa sympathie à Fabien Roussel, le candidat du parti Communiste

Le texte du 38e congrès, adopté par les communistes, reprochait lui à Emmanuel Macron de chercher « à couper les revendications sociales d’autres luttes aux potentiels émancipateurs considérables : les luttes des femmes, (…) ainsi que celles concernant les dominations ou encore l’écologie ». En lieu et place d’une critique en règle de l’inaction climatique des dirigeants français, Fabien Roussel fait le choix de cliver, à contresens et en donnant de nouveau le point à l’adversaire. Résultat, il reçoit les salutations distinguées de ministres de la Macronie[48] ou d’éditorialistes réactionnaires comme Mathieu Bock-Côté, un habitué des micros des médias de Bolloré, qui se demande dans sa chronique sur Europe-1[49] : « Comment Fabien Roussel peut parler aussi justement et être communiste ? ». Tout cela alors que la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, une partie des écologistes ou encore le NPA, cherchent les voies prometteuses d’une articulation entre le social et l’écologique, et d’une bifurcation écologique qui suppose la rupture avec le capitalisme néolibéral.

 

Mieux, dans ses passes d’armes, Fabien Roussel n’hésite pas à reprendre à son compte la rhétorique pernicieuse de l’extrême droite : « Il y a la gauche caviar. Une bien-pensance qui voudrait interdire la viande et les voitures »[50]. Véritable arme idéologique de décrédibilisation, le procès d’intention en « bien-pensance » ne vise qu’un objectif, faire taire celles et ceux que les idéologues réactionnaires vilipendent à longueur d’antenne : les musulman·es (réputés « communautaristes »), les militant·es antiracistes (les alliés des premiers), les « néoféministes » (accusés d’haïr les hommes), les universitaires prétendument « islamo-gauchistes », les « wokes », ou encore les écologistes.

 

Quant à son obsession pour la viande, le vin et le fromage, soudainement érigée en ligne politique, Fabien Roussel n’a pas pu s’empêcher de la présenter comme un projet national car : « Manger, c’est sacré en France »[51] (on se ficherait donc de bien manger ailleurs ?). Que fait-il alors si ce n’est prolonger la mise en accusation promue par l’adversaire qui sous-entend sournoisement que les partisans d’autres régimes alimentaires ne sont pas de « bons français » ? Fabien Roussel a oublié que dans son histoire, le mouvement communiste fut décrié comme le « parti de l’étranger ».

 

En conséquence, la responsabilité écrasante du capitalisme dans l’empoisonnement des sols et des ressources naturelles, celle de l’agro-business dans la piètre qualité des produits alimentaires passent au second plan du discours car ses faveurs médiatiques ne servent finalement qu’à soulever les polémiques qu’il entretient. Le mystère règne d’ailleurs toujours sur l’endroit où Fabien Roussel se trouvait lors des deux votes de l’Assemblée nationale sur l’interdiction du glyphosate. Le texte adopté au 38e congrès était pourtant de nouveau formel[52] :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, sur le plan de son programme social et malgré certaines propositions salutaires portées par le PCF[53], Fabien Roussel s’attèle surtout pour le moment à opposer sa défense de « la valeur travail » à celle de « l’assistanat[54] ». Une curieuse formulation qui n’a rien à envier à la rhétorique de Valérie Pécresse ou d’Emmanuel Macron. Plutôt que de saisir l’opportunité de mener une critique de la conception de la protection sociale portée par la deuxième gauche rocardienne[55], Fabien Roussel fustige l’« assistanat » que représenterait la prime d’activité, et ce, au nom d’une défense évidemment légitime de l’augmentation des salaires. Avait-il besoin pour cela de reprendre le vocabulaire et le leitmotiv de la droite et de sous-entendre avec elle que tout allocataire d’une quelconque indemnité est supposé vivre au dépend de la société (« assistés ») ?

 

La pente prise par le dirigeant communiste est terrible.

Et si l’objectif du candidat communiste était avant tout de rassurer quant à son projet économique ? Cela expliquerait la facilité avec laquelle il dépeint ses anciens alliés en dangereux communistes (sic), comme lorsqu’il estimait que la « garantie d’emploi » proposée par la France Insoumise s’appuyait sur une philosophie propre à « l’époque soviétique, le kolkhoze »[56]. Le brillant polémiste confond au passage kolkhoze et sovkhoze, s’emmêlant les pinceaux dans sa soviétologie approximative. De nouveau, derrière ce type d’attaques, comment ne pas voir une forme d’opportunisme visant à se faire passer auprès des médias dominants pour une force « responsable », c’est-à-dire respectueuse de l’ordre social ?

 

Si le doute persistait sur l’absence de perspective ancrée dans la lutte des classes, les mots d’André Chassaigne devraient pouvoir trancher[57] :

 

 

 

 

 

 

 

Peut-être pourront-ils tout de même compter sur leur camarade, Joe Biden, dont Fabien Roussel se demandait s’il avait ou non pris sa carte au PCF[58]…  

 

 

- Une voie solitaire

Il est illusoire d’espérer être au second tour

Le mandat donné à Fabien Roussel pour accéder à la tête du Parti tirait ses origines d’une angoisse identitaire quant à la survie de l’appareil communiste. De nombreuses et nombreux militant·es communistes partageaient avec sincérité cette crainte sans pouvoir pressentir la vision opportuniste dans laquelle s’enferment aujourd’hui Fabien Roussel et la nouvelle direction du Parti. Constamment, poussé par la nécessité de se distinguer pour exister sur le devant de la scène médiatique, le candidat du PCF s’est attaqué à son camp politique, la gauche de rupture, adoptant ici et là la rhétorique de ses adversaires et se positionnant à contre-courant des mobilisations populaires (NDLR : et sans aucune perspective comme l'affirme André Chassaigne « Il est illusoire d’espérer être au second tour »[57]).

 

À la suite de son meeting du 6 février 2022 à Marseille, que le candidat communiste souhaitait mettre en scène comme le tournant de sa campagne, il a engrangé de nouveaux applaudissements sur Twitter de la part d’ami·es indéniables de l’émancipation tels que… Manuel Valls, Caroline Fourest, Eugénie Bastié, Zineb El Rhazoui, qui ont ainsi rejoint Marlène Schiappa, Jean-Michel Blanquer ou Christophe Castaner sur la liste des personnes trouvant Fabien Roussel « sympathique », « courageux », ou encore porteur d’un « discours qui fait chaud au cœur » à gauche. Amour soudain de ces braves gens pour la perspective communiste ou symptôme d’une triste dérive ?

 

Dans le paragraphe « 5.4 Une union populaire et politique agissante », le texte du 38ème congrès énonçait :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-être serait-il temps pour Fabien Roussel de s’inspirer de ces moments où les communistes ont su construire l’unité. Dans la situation actuelle de triple crise sociale, environnementale et sanitaire, un rassemblement autour d’un programme de rupture avec le capitalisme néolibéral serait ainsi une option enviable, loin de constituer « un but en soi », et en tout cas préférable à une stratégie de distinction qui sert les adversaires des travailleurs·ses et des opprimé·es.

 

Il n’est pas impossible pour Fabien Roussel de trouver à court terme un refuge électoral modeste pour satisfaire la boutique, d’autant plus si la seule ambition du PCF est de faire mieux que lors de sa dernière candidature à la présidentielle (Marie-George Buffet avait obtenu en 2007 1,93% des suffrages). Aux marges d’une gauche mise en difficulté par une bourgeoisie en pleine radicalisation, certain·es partagent peut-être même ses illusions sur la période et ses regrets qui le poussent à s’inspirer d’un passé revisité pour proposer une formule gagnante pour l’avenir.

 

Son positionnement à contretemps des mobilisations populaires constitue un pari dangereux, en mettant le PCF à distance du mouvement réel sans lequel le communisme est privé de carburant. Quant à l’opportunisme déployé dans le contexte électoral par Fabien Roussel et son équipe de campagne, il apparaît comme une succession de renoncements qui l’éloigne de l’objectif fixé par Marx et Engels pour le mouvement communiste, précisément dans le Manifeste du parti communiste :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Aujourd’hui, dans le contexte de la présidentielle, le vote pour le candidat de l'#UnionPopulaire pourrait bien de nouveau apparaître comme le débouché naturel des luttes sociales, des quartiers populaires et plus largement de l’électorat de gauche. Sa capacité à fonder une organisation politique pour les rassembler autour d’une proposition commune en rupture avec le capitalisme est plus incertaine, mais une telle perspective aurait assurément besoin de l’expérience de milliers de militant·es communistes.

 

 

- Ma conclusion personnelle...

Alors que Zemmour va faire venir au vote du premier tour des gens qui ne se seraient pas déplacés : les cathos tradis, les conspirationnistes, des groupuscules d’extrême droite qui ont quitté le RN il y a des années. Si jamais Marine Le Pen réussissait à être au second tour, elle pourrait bénéficier d’un électorat disponible plus important qu’aux présidentielles précédentes....

 

une seule réponse possible : STOP à la division

artificielle de la gauche sociale au nom du repli

identitaire... REGOIGNEZ l#UNIONPOPULAIRE

et son programme l'#AVENIR EN COMMUN !

Fabien Roussel, Don Quichotte d’un communisme introuvable

 

- Fabien ROUSSEL : le candidat " communiste " chouchou du système

Comment un homme labellisé de gauche, de surcroit issu du Parti Communiste, peut-il susciter l'engouement de personnalités comme le philosophe et polémiste Alain Finkielkraut, l'animateur Cyril Hanouna, ou encore de la ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur Marlène Schiappa ?

 

Pour le co-rédacteur en chef de Frustration magazine Nicolas Framont, auteur d'un article intitulé  " Pourquoi la bourgeoisie adore-t-elle le « communiste » Fabien Roussel ? ", le candidat du PCF à l'élection présidentielle est salué par la droite car il ne tient plus vraiment des positions de gauche. Qu'il s'agisse de l'écologie, des violences policières ou encore de la lutte contre le racisme et l'islamophobie, Fabien Roussel " se range plutôt du côté de la classe dominante ".

 

Pour aller plus loin, Théophile Kouamouo s'est entretenu avec lui depuis le plateau du Média.

 

Notes :

[1(Lénine, « L’opportunisme et la faillite de la 2e internationale », Vorbote, 1, 1916)

[2] Résultats de l'élection présidentielle 2017

[3] Le texte d'orientation du congrès de 2018 est accessible en ligne ici

[4André Chassaigne : « Pour un Parti communiste français à l’offensive et utile »

[5] Texte « Pour un manifeste du Parti Communiste du 21ème siècle », p.3

[6] Texte « Pour un manifeste du Parti Communiste du 21ème siècle », p.32

[7] Ibid (Dans le même ouvrage, dans le même passage d'un ouvrage déjà cité)

[8] Elsa Faucillon : « Je redoute un repli identitaire du PCF »

[9] À l’époque, il était secrétaire fédéral du PCF Paris et auparavant un collaborateur parlementaire de Pierre Laurent.

[10PCF is Back, maintenant c'est la remontada ! (Fabien Roussel)

[11passages télé et radio des hommes et des femmes politiques.

[12] Il a reçu par exemple l’assentiment positif de Sonia Mabrouk, Pascal Praud, Eugénie Bastié, Alain Finkielkraut, Cyril Hanouna, et de Valeurs Actuelles. et amène à la question suivante : Présidentielle 2022 : pourquoi tant de politiques disent-ils du bien de Fabien Roussel ?

[12bis] Salué à droite, applaudi en macronie... Le candidat du PCF vit son heure de gloire et rêve de dépasser les socialistes. Mais un communiste ne reste-t-il pas un "coco" ?

[13] Voir notamment l’article de Roger Martelli sur les municipales de 2020 : 

[14] Ma France- heureuse, digne, solidaire, Editions Le Cherche-Midi, 2021, p.42

[15] Dans son livre, Fabien Roussel note : « Georges Marchais, lui, je l’ai rencontré et j’ai toujours beaucoup d’affection pour ce qu’il représente. (…). Aujourd’hui encore, je me demande ce qu’aurait fait Georges dans telle ou telle situation. Le parti qu’il dirigeait était alors celui du monde du travail. Je souhaite que le Parti communiste français redevienne celui-là.» (p.24-25).

[16] Ma France- heureuse, digne, solidaire, Editions Le Cherche-Midi, 2021, p.52

[17] La France insoumise

[18] Ifop, Le profil des électeurs et les clefs du premier tour de l’élection présidentielle, 23 avril 2017

[19]  Cautrès, Bruno. « Chapitre 9 – Mélenchon, « vainqueur caché » de la présidentielle ? », Pascal Perrineau éd., Le vote disruptif. Les élections présidentielle et législatives de 2017. Presses de Sciences Po, 2017, pp. 175-192.

[20] André Chassaigne : « Il est illusoire d’espérer être au second tour »

[21] Ibid, p.57

[22] La gauche presque au complet à la manifestation contre l’islamophobie

[23] CGT : Un 10 novembre multicolore contre l’islamophobie

[23bis] Jean-Luc Mélenchon : Diaboliser une initiative pour discréditer son objectif ?

[24] France insoumise : Marche contre la haine des musulmans « la France est notre bien commun »

[25] Le 10 novembre, à Paris, nous dirons STOP à l’islamophobie !

[26] « Islamophobie », un terme « réducteur » pour Fabien Roussel

[27] Texte « Pour un manifeste du Parti Communiste du 21ème siècle », p.13

[28Manifestation des policiers : les magistrats font appel

[29] Dégoutée, la jeunesse communiste lâche-t-elle Fabien Roussel ?

[30] Droit à la sécurité : Fabien Roussel défend " une police nationale de proximité "

[31] Ifop, 5 janvier 2021

[32sondage OpinionWay du 1er février 2022

[33FABIEN ROUSSEL TEND LA MAIN AUX ÉLECTEURS DE LA " DROITE SOCIALE "

[34Les différences entre le populisme d'extrême droite et de gauche

[35]  Collectif Focale, Votes Populaires ! Les bases sociales de la polarisation électorale dans la présidentielle de 2017, Éditions du Croquant, 2022

[36] Il faut entendre ici par méritocratique, une capacité à assigner une responsabilité individuelle à la situation vécue par un individu. Les électeurs du RN répondent par exemple massivement dans les enquêtes d’opinion que les « chômeurs trouveraient un travail s’ils le voulaient vraiment ». L’électorat de gauche a lui plutôt tendance à investir cette situation d’une réponse holiste : le chômage est aussi la responsabilité de la société ou des structures de l’économie.

[37] Hidalgo pointe les "ambiguités" d'EELV et Mélenchon sur la République

[38] Dans dessin récent, au détour d’une blague douteuse sur l’inceste et la pédocriminalité, Xavier Gorce en a profité pour exprimer sa haine des personnes trans

[39] la sélection des invités confirme un virage politique opéré par mon parti depuis qqes mois. Et le Printemps républicain s’en frotte les mains…

[40] Friture chez les communistes sur fond d’hommage à «Charlie Hebdo»

[41] On a lu pour vous « Printemps républicain » d’Amine El Khatmi

[42] Sortie xénophobe : pour F. Roussel (PCF), sans droit d’asile "on a vocation à rentrer chez soi"

[43] Texte « Pour un manifeste du Parti Communiste du 21ème siècle », p.29

[44] Programme « La France en commun », p.16

[45] Programme « La France des jours heureux », p.106

[46] Karl Marx, Le Capital, vol 1, IV Section : « La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du procès de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur ».

[47] Foie gras, sapin de Noël… Les maires écolos, boulets de Jadot ?

[48] Présidentielle 2022: Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des comptes publics, déclare sa sympathie à Fabien Roussel, le candidat du parti Communiste

[49] Mathieu Bock-Côté : " Comment Fabien Roussel peut parler aussi justement et être communiste "

[50] Compte twitter de Fabien Roussel

[51] Ibid

[52] « Manifeste pour un Parti Communiste du 21ème siècle », p.12

[53] Comme l’élection de représentant·es dans les instances de la Sécurité Sociale par les salarié·es.

[54] Fabien Roussel revient aux fondamentaux du PCF

[55] Cette vision de la protection sociale propose notamment le remplacement du système de cotisation sociale par des impôts (ie CSG) et de substituer au droit à la continuité du salaire sur lequel ont été fondés le système des retraite, d’assurance chômage et les premières allocations familiales, un revenu contributif.

[56] " Les Insoumis estiment que chacun doit avoir un travail et que si quelqu'un n'en trouve pas, l'Etat doit être employeur en dernier ressort. Nous ne partageons pas du tout cette philosophie là, ça c'est l'époque soviétique, le kolkhoze."

[57] André Chassaigne : « Il est illusoire d’espérer être au second tour »

[58] "J'ai l'impression de Joe Biden a pris sa carte au Parti communiste français"

 

Pour en savoir plus :

- Programme du PCF : la France ne commun version 2017 👇

Le culte de la division du peuple pour empêcher le candidat porteur d'un programme de gauche d'être au second tour et exister !
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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 15:34
Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !

Il faut augmenter les salaires pour pouvoir payer le bio...

Le modèle agricole doit changer de A à Z.

 

Primaire populaire, inflation, salaires, retraites, dette Covid…

 

Sources : Sud-Ouest |

- SUD OUEST : Une centaine d’artistes a appelé les candidats de gauche à participer à la primaire populaire. Vous qui ne souhaitez pas y être associé, que pensez-vous de cette initiative ?

Jean-Luc Mélenchon : Je suis choqué par la violence de ces procédés, comme mettre M. Jadot, Mme Hidalgo ou moi-même candidats contre notre gré. Je n’en dis pas plus. Trois cent mille personnes me parrainent, des dizaines de syndicalistes et personnalités. Donc je ne me sens pas concerné par cette initiative.

 

 

- SUD OUEST : Face à l’inflation, vous proposez le blocage des prix alimentaires. Comment défendre cette mesure et une juste rémunération des producteurs ?

Jean-Luc Mélenchon : Il n’y a pas de contradiction. Pour un euro que dépense le consommateur, 8 centimes vont à l’agriculteur. Le blocage sera donc répercuté sur la grande distribution qui baissera ses marges. Nous appliquerons un coefficient multiplicateur qui limitera par combien elle peut multiplier le coût de production réel à la vente. Et il n’y aura pas de vente à perte. Le blocage des prix a déjà été fait par Michel Rocard en 1991[1] sur les carburants et par Emmanuel Macron en 2020 sur les masques et le gel hydroalcoolique.

 

 

- SUD OUEST : Les produits bios sont plus chers. Comment les rendre plus accessibles ?

Jean-Luc Mélenchon : Il faut augmenter les salaires pour pouvoir payer le bio. Le modèle agricole doit changer de A à Z. L’actuel a épuisé la terre et contaminé 99 % des Français aux pesticides. Je veux supprimer le ministère de l’agriculture et le remplacer par un ministère de la production alimentaire. Produire n’importe quoi pour le marché mondial, c’est fini. Il faut produire bien pour manger tous et manger mieux.


 

- SUD OUEST : Dans le Sud-Ouest, les éleveurs de volailles sont confrontés à l’influenza aviaire[2]. Que leur proposez-vous ?

Jean-Luc Mélenchon : C’est la quatrième vague de grippe aviaire. Les élevages hyperintensifs, au-delà de la souffrance animale, facilitent les zoonoses[3], c’est-à-dire le passage des virus des animaux sauvages aux animaux domestiques puis aux êtres humains. Il faut les interdire. Pour l’instant, en France, il n’y a pas d’exemple de passage du virus de la grippe aviaire à l’être humain, mais en Asie oui. Les producteurs doivent se reconvertir. L’État doit le financer.

 

 

- SUD OUEST : Face à l’envolée des prix de l’énergie, le gouvernement a mis en place un bouclier tarifaire. L’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence a touché ses limites ?
Jean-Luc Mélenchon : La démonstration est faite que le marché créé le chaos.

 

 

- SUD OUEST : Emmanuel Macron propose de miser sur le nucléaire avec le développement de mini-réacteurs…
Jean-Luc Mélenchon : Le nucléaire ne nous rend pas indépendants. Nous n’avons pas d’uranium en France[4]. Nous allons le chercher au Kazakhstan, dont le régime a montré ses limites, ou au Niger. D’ici à 2030, le nucléaire sera plus cher que les autres sources d’énergie. Je rétablirai notre indépendance énergétique grâce aux énergies en mer ou à l’hydraulique sur les rivières. Macron veut installer des mini-réacteurs nucléaires ? Qui en voudra près de chez soi ?

 

 

- SUD OUEST : L’éolien est aussi controversé…

Jean-Luc Mélenchon : L’éolien terrestre a du mal à être accepté. Et les gens ont raison de considérer importante la beauté d’un paysage. Mais dans la baie de Saint-Nazaire où ont été installés les premiers modèles d’éoliennes offshore, il n’y a pas de problèmes. Elles se trouvent au large. La mer contient 64 fois l’énergie dont nous avons besoin à terre. C’est incontournable.

 

 

- SUD OUEST : Vous plaidez la hausse du smic. Mais quid des autres salaires ?
Jean-Luc Mélenchon : On a 9 millions de pauvres et 8 millions de personnes à l’aide alimentaire. On ne peut pas vivre avec les revenus actuels. En France, cinq personnes détiennent autant que 27 millions. Il faut donc partager la richesse. Je suis pour la hausse du smic à 1 400 euros net. Quant aux autres salaires, je convoquerai en urgence les négociations annuelles obligatoires avec deux ajustements : elles auront lieu au niveau des branches et non des entreprises et devront être obligatoirement conclusives. Il faudra aussi bloquer les loyers.

 

 

- SUD OUEST : Un des marqueurs de la gauche, c’est la dépense publique. Le « quoi qu’il coûte » d’Emmanuel Macron, c’est une approche de gauche ?

Jean-Luc Mélenchon : Ce n’est pas le marché mais l’État qui a sauvé l’économie. C’est grâce au financement du chômage technique que l’appareil productif ne s’est pas effondré. Monsieur Macron a découvert un keynésianisme[5] assez classique.

 

 

- SUD OUEST : Le gouvernement maintient qu’il faudra rembourser la dette du « quoi qu’il en coûte »…

Jean-Luc Mélenchon : C’est absurde. Comment rembourser la dette ? Avec 10 milliards d’euros d’excédent budgétaire chaque année, il faudrait 270 ans. Avec 1,5 % de croissance, 248 ans. Prétendre qu’on va un jour rembourser cette dette est juste un prétexte à diminuer l’intervention de l’État. C’est pourtant le levier de développement le plus puissant. Ma proposition : annuler la dette déjà rachetée par la Banque centrale européenne[6]. Pas un épargnant privé ne serait lésé.

 

 

- SUD OUEST : La crise sanitaire prouve-t-elle qu’il y a une alternative à l’austérité ?
Jean-Luc Mélenchon : L’austérité ne sert à rien sinon à répandre du malheur. On me demande combien coûte mon programme, j’y répondrai. Mais quel est le coût du malheur ? Combien ça coûte de reculer l’âge de la retraite pour la santé ? Je rétablirai la retraite à 60 ans.

 

 

- SUD OUEST : Un candidat à la présidentielle peut-il affirmer « La République, c’est moi » ou « ma personne est sacrée » ?
Jean-Luc Mélenchon : ​​​​​​​La preuve ! Ces deux formules ont eu un très grand succès, on en a fait des t-shirts et des mugs. Comme l’a rappelé, il y a peu, le président de l’Assemblée nationale à propos des menaces de mort qui ont pesé sur les députés, les élus sont statutairement inviolables[7][8]. Ces deux phrases rappelaient dans un moment de grande tension des principes fondateurs de l’État républicain.

 

 

- SUD OUEST : Samedi, vous avez mis en cause un institut de sondage affirmant qu’il était lié au chef de l’État, ce qui est faux. Depuis vous avez effacé ce tweet. Une erreur ou vous craignez une manipulation ?
Jean-Luc Mélenchon : Un sondage qui oublie de préciser qu’il exclut de son résultat tous ceux qui ne sont pas sûrs à 100 % d’aller voter 3 mois avant est à mes yeux une manipulation. Il exprime le rêve d’une élection dont les milieux populaires très hésitants aujourd’hui s’excluraient eux-mêmes.
 

Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !
Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !
Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !
Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !

- Et pour aller plus loin....

Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !
Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !
Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !
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Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !
Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !
Jean-Luc Mélenchon à « Sud Ouest » : L’austérité ne sert à rien !

 

- Et à votre disposition

 

L'HARMONIE DES ÊTRES HUMAINS ENTRE EUX ET AVEC LA NATURE.

 

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 09:42
Mélenchon 2022... l'insoumission à l'Europe : " Je ne nous laisserai pas dépouiller... je ne cèderai pas "

Jean-Luc Mélenchon :

. « Nous désobéirons à toutes les dispositions des traités qui sont contradictoires à notre programme »...

. « Les conditions sont mûres pour un grand changement en Europe »... « j'appliquerai mon programme quoi qu’il arrive[1] »

 

Qui croit encore sincèrement aux grandes promesses d’une Europe sociale, écologique et démocratique qui nous sont chantées à chaque élection présidentielle ?

Bien peu. Vingt ans de casse des services publics et des droits des travailleurs, de pollution massive, de mise en concurrence sauvage et de privatisation à tout va n’ont fait qu’opposer les institutions européennes aux peuples du continent.

L’histoire réelle de l’Union européenne est celle d’une profonde déception et, depuis 2005, d’une usurpation. En effet, si depuis l‘Europe des six, cette union originelle a changé de nature politique, de géographie, de sens géopolitique, à de nombreuses reprises, un seuil a été franchi dans l’histoire récente. Depuis le « non » au référendum en 2005 par deux des peuples fondateurs, transformé en France en « oui » par un congrès parlementaire de forfaiture, l’Union européenne telle que nous la connaissons aujourd’hui est une construction illégitime face à la souveraineté du peuple français.

L’élection présidentielle de 2022 nous impose d’aborder sérieusement notre relation à l’Union européenne et notre stratégie.

 

Sources : l'Insoumission | mis à jour le 30/01/2022

- Désobéir à l’Union Européenne : l’opt-out comme moyen de pression
Il est clair qu’une bonne partie du programme l’Avenir en Commun n’est pas applicable dans le cadre des traités européens. Mais Jean-Luc Mélenchon est très clair de ce point de vue-là : « La ligne rouge absolue, c’est l’application dans tous les cas de notre programme. Nous utiliserons donc la clause « opt-out » quand les traités sont contraires aux engagements du programme. » C’est-à-dire que la France ne se pliera pas aux exigences de Bruxelles de Berlin et pourra bloquer de nombreuses décisions grâce à son droit de vote.

  • Dans le cadre de cette stratégie, il ne s’agira cependant pas de sortir de l’euro, et donc d’aller vers un « chaos économique et politique ».

 

 

- L’Europe : facteur de division à gauche ?
Il est évident que les positions de l’Union Populaire (NDLR et donc de l'Avenir en commun[2]) et des autres candidatures à gauche ne sont pas conciliables. Pour le moment. Puisque leurs promesses sont incompatibles avec les traités européens, Jean-Luc Mélenchon pense qu’il « peut les convaincre« , surtout qu’il propose à la fois « une politique et le moyen de la mettre en oeuvre ».

 

 

- Du respect des droits de l’homme et de l’État de droit dans l’Union Européenne

Sans réserve, Jean-Luc Mélenchon condamne le non-respect de l’Etat de droit par la Hongrie ou la Pologne[3], « car leurs mesures car elles sont contraires à l’identité française sur les droits de l’homme » . Sur la question de l’immigration, Jean-Luc Mélenchon met en cause directement la responsabilité de l’Union Européenne : « L’UE est directement responsable de l’appauvrissement des gens qui émigrent ». Les migrants doivent faire l’objet d’une répartition équitable entre les pays, pour éviter que certains pays aient en assumer toute la charge, l’insupportable réglementent Dublin. Certains pays doivent assumer leurs responsabilités, comme le Royaume-Uni dont la France n’a « pas à être le garde-frontière ».

 

 

- Défense européenne et rapports avec la Russie
Jean-Luc Mélenchon a pu rappeler dans cette interview l’un de ses mesures-clés : la sortie de l’OTAN, d’autant que, « l’Europe de la défense, [elle], ne peut pas exister ». « La France, qui dispose de la dissuasion nucléaire[4] », doit rester une grande puissance indépendante, non-alignée et altermondialiste. Elle doit « produire son propre armement sans dépendre des importations américaines« . Le candidat de l’Union populaire a pu rappeler que la politique n’était pas dans notre intérêt, et qu’il ne fallait pas s’étonner des troupes russes massées à la frontière de l’Ukraine, dans cette ambiance de nouvelle guerre froide. C’est empreint de cette vision qu’il fait la proposition d’un référendum sous l’égide de l’ONU sur la question de la Crimée.

 

 

- Globalement, nous proposons donc une autre voie : respecter scrupuleusement la souveraineté populaire en Europe et imposer en toute circonstance un principe de non-régression écologique et sociale.

Appliquer le programme quoi qu'il en coûte
A consulter, l'Avenir en commun : notre stratégie en Europe

Notre objectif est simple : le mieux-disant en matière de progrès écologique et social : notre engagement est clair : appliquer notre programme, d’un bout à l’autre.

 

Pour cela, notre stratégie européenne repose sur l’analyse lucide des obstacles posés par les règles européennes à l’application de notre programme et propose une méthode pour lever ces blocages. Elle implique à la fois la construction d’un rapport de force et des mesures unilatérales de désobéissance.

 

L’histoire entière de l’Union européenne est faite de ces rapports de force et coopérations à géométrie variable : il est temps de s’en servir nous aussi pour se donner les moyens de mettre en œuvre notre programme. Faute de quoi, ce serait se condamner aux mensonges électoraux et aux trahisons des précédents gouvernements.

 

Nos adversaires l’ont bien compris et ont toujours su trouver des failles pour obtenir ce qu’ils voulaient : le peuple français a également les moyens de faire respecter sa volonté, en s’appuyant sur le mandat populaire qui aurait été donné à l’ambition que nous proposons avec notre programme l’Avenir en commun.

 

👉 A votre disposition : téléchargement de " Notre stratégie pour l'Europe👇

 

- Le mardi 18 janvier 2022, Jean-Luc Mélenchon tenait une conférence de presse sur les questions européennes.

Un discours net précis instructif et sans concession... ou vous sera notamment expliqué le pourquoi de l'évolution depuis le concept de " Plan A[5]... Plan B[6] " dont il " garde la trame ".

Entretien paru dans Le Monde
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14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 20:38
QUE FAIRE ? Jean-Luc Mélenchon : « Il y a bascule : c’est maintenant que ça se joue »

" Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau ![0] "...

 

Depuis plus de dix ans, Jean-Luc Mélenchon prône la « révolution citoyenne ». La formulation vient de Rafel Correa, élu président de l’Équateur en 2007 : durant son investiture, l’intéressé l’avait présentée comme un « changement radical » visant à tourner la page du néolibéralisme.

 

  • Après avoir rassemblé près de quatre millions de voix autour de sa candidature à la présidentielle de 2012, le leader du Front de gauche a cofondé le mouvement La France insoumise : en 2017, ce sont sept millions de Françaises et de Français qui ont voté pour celui dont le programme est, notamment, axé sur le « partage des richesses », la « planification écologique », la « sortie des traités de l’Union européenne » et la fin de la Ve République.
  • Il n'adhère pas au PCF en raison du refus de celui-ci de condamner l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie en 1968 pour mettre fin au printemps de Prague[1], un événement qui, selon ses propos, le marque plus politiquement que Mai 68 et fut l'une des causes de son adhésion à l'OCI
  • Dirigeant local, dans sa jeunesse, de l’Organisation communiste internationale — une formation trotskyste —, Mélenchon avait rallié le Programme commun porté par le Parti communiste et le Parti socialiste, avant de quitter ce dernier pour ressusciter ce qu’il appelait alors « l’autre gauche ». C’est désormais « le peuple » que son mouvement entend mobiliser.

 

Sources : Revue-Ballast | mis à jour le 11/01/2022

- Ballast : Depuis 2009, vous appelez à la « révolution citoyenne ». C’est une stratégie qui rompt à la fois avec le modèle révolutionnaire historique et la gauche social-démocrate. Sur quoi se fonde-t-elle ?
Jean-Luc Mélenchon : Une stratégie doit avoir une base matérielle dans la société. Dès lors, une stratégie révolutionnaire doit commencer par répondre à la question : qui est l’acteur révolutionnaire ? De la réponse à cette question dépendent les formes d’organisation et d’action. J’ai appartenu pendant longtemps à une école de pensée pour qui le salariat était l’acteur exclusif de la révolution. On allait donc à sa rencontre. Nous pensions l’action en fonction du lieu et de l’organisation du travail des salariés. Je prends l’exemple de la révolution prolétarienne car c’est dans cet espace conceptuel que la pensée sur les révolutions est la plus fournie.

 

Depuis la victoire de la révolution bolchevik, nous disposons d’un ample matériel de discussion. Tous les dirigeants du mouvement ouvrier se sont exprimés, ont écrit ou parlé sur le sujet. Par contre, en 1789, l’étude du processus révolutionnaire n’était pas au cœur des préoccupations des révolutionnaires eux-mêmes. Ici et là, dans un discours ou deux de Robespierre ou de Saint-Just, on trouve quelques considérations sur la forme de l’action révolutionnaire ou sur ses développements. Par exemple, la fameuse affirmation de Saint-Just toujours si exacte : « Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau. » Ou son évaluation : « La Révolution est glacée[1] ». Ce sont des analyses sur l’état de la révolution permettant la pensée stratégique. Pourtant, le rôle de l’action des sections de sans-culottes[3] n’occupe aucune place dans la pensée des dirigeants. Or ce sont elles qui imposent un triple pouvoir : monarchie et système féodal/assemblée/sections. Dans les sections se trouve une forme de vérité sur l’acteur révolutionnaire de 1789. Évidemment, aujourd’hui, cet acteur ne peut être le même qu’à l’époque, ni à celle de la révolution prolétarienne.

 

L’organisation générale de la production, la division du travail, la part des branches d’activité : tout est changé. Le capitalisme, puis le capitalisme financier, ont notamment réduit la paysannerie à la portion congrue. Elle a été liquidée comme classe sociale. Ce n’est pas une petite évolution ! Autrefois, on ne pouvait élaborer une théorie de la révolution socialiste sans prendre en compte les paysans. Un nombre considérable de congrès de gauche se sont déroulés sur le thème de l’alliance avec la paysannerie. Et qui dit paysannerie dit propriété d’un moyen de production : la terre elle-même. Ce n’était pas un petit défi ! Aujourd’hui, nous faisons face à une grande homogénéisation sociale. Les libéraux pensent que nous sommes tous connectés et emmaillotés par le marché. En fait, nous sommes tous dépendants des réseaux collectifs et cette dépendance institue un acteur social nouveau. C’est la thèse centrale de ce que j’appelle « l’ère du peuple[4] ». L’acteur révolutionnaire de notre époque est le peuple.

 

 

- Ballast : Comment le définissez-vous, justement ?
Jean-Luc Mélenchon : Le peuple se définit comme l’ensemble de tous ceux qui ont besoin des grands réseaux collectifs pour produire et reproduire leur existence matérielle : eau, énergie, transports, etc. La nature de la relation à ces réseaux, privés ou publics, détermine la forme et le contenu des luttes, et d’une façon générale la lutte révolutionnaire. On réclame l’accès ou on dénonce l’impossibilité d’accès à tel ou tel réseau : ainsi, quand on augmente le prix du carburant, on ne peut plus se déplacer, donc on n’a plus accès aux réseaux — ça donne les gilets jaunes. Un autre exemple : l’augmentation du prix des transports en commun, ça donne la révolution chilienne en 2019[5]. On pourrait multiplier les exemples avec le Venezuela, l’Équateur ou le Liban.

 

La coupure d’accès aux réseaux agit comme un déclencheur intersectionnel de toute la pile des contradictions qui, jusque-là, allaient chacune dérivant dans leur coin. Mais il y a aussi dans ce peuple une caractéristique contre-intuitive : plus il y a de monde, plus il y a de peuple, plus il y a dans le même temps individuation. Le peuple de la révolution citoyenne se tient à l’intersection de ces deux grandes idées : le collectif par nécessité, l’individuation par réalité. Elles se rejoignent dans la volonté d’auto-contrôle. La révolution citoyenne dit partout : « Nous voulons contrôler. » Que ce soit au Soudan ou au Liban, nous observons ces mêmes dynamiques internes. À cette étape, compte tenu du nombre d’observations faites depuis le début du millénaire, nous pouvons dire que nous disposons d’une phénoménologie[6] de la révolution citoyenne.

 

 

- Ballast : Quels sont les contours de cette phénoménologie ?
Jean-Luc Mélenchon : Nous avons pu dégager quatre marqueurs. Premièrement, l’acteur populaire se désigne lui-même comme « peuple ». Il revendique le terme dans ses slogans. Deuxièmement, cette auto-désignation s’accompagne toujours de symboles qui viennent conforter l’acteur et sa légitimité. C’est une affaire de visibilité : gilet jaune, jaquette violette, une couleur, une fleur. C’est un facteur anthropologique plus fort qu’il n’en a l’air. Cela remplit la même fonction que l’uniforme ou la scarification. Troisièmement, le peuple auto-désigné mobilise systématiquement le drapeau national.

 

 

- Ballast : Doit-on l’entendre comme une forme de nationalisme ?
Jean-Luc Mélenchon : Non. On peut même dire que ça n’a rien a voir.

 

 

- Ballast : L’extrême gauche, dans sa grande majorité, l’analyse pourtant ainsi.

Jean-Luc Mélenchon : J’invite mes camarades d’extrême gauche à briser le mur qu’ils ont eux-mêmes construit. Le drapeau national n’est pas synonyme de nationalisme chauvin. C’est une confusion. Je vous mets au défi de trouver un rassemblement populaire à portée révolutionnaire où l’on ne trouve pas, du Soudan à l’Amérique latine, le drapeau national. Le peuple s’empare du drapeau national pour dire aux dirigeants : « Nous sommes le pays, pas vous. » Une autre façon de dire « Tout est à nous ». C’est un symbole démocratique et dégagiste. La Révolution française de 1789 crie à Valmy[7] « Vive la nation ! », par opposition à « Vive le roi ! ». C’est autant une revendication qu’une affirmation identitaire très politique : la nation, c’est le peuple souverain. De même pour la Commune de Paris face aux Prussiens.

 

Du fait de son contenu et de sa revendication de souveraineté citoyenne, le processus de la révolution citoyenne remet en cause la légitimité de ceux qui sont aux commandes. C’est un phénomène de transcroissance[8] du processus révolutionnaire, passant du terrain social au terrain démocratique. Léon Trotsky avait bien décrit ça dans les conditions de la révolution prolétarienne. Au fond, dans les révolutions, il n’y a qu’une question posée : « Qui exerce le pouvoir ? » C’est pourquoi la révolution citoyenne se présente comme un double pouvoir. Celui des ronds-points face à celui de l’État. Pour finir, l’identité sociale du gouvernant suffit à résumer la société qui se met en place.

 

 

- Ballast : Vous revendiquez l’échelle nationale comme l’espace de la transformation sociale et vous cherchez à construire une identité émancipatrice « nationale-populaire », au sens du communiste Antonio Gramsci[9]. Vous ne vous bornez pas seulement à constater ce sentiment patriotique…
Jean-Luc Mélenchon : La nation est aujourd’hui l’horizon de la souveraineté populaire. On peut en rêver d’autres, transnationaux, mais ils sont aujourd’hui inexistants. On ne peut pas uniquement penser la démocratie dans des termes abstraits, sans réalité matérielle. La démocratie a sa possibilité d’exercice de masse inscrite dans l’État-nation à l’instant où nous parlons. Le sentiment patriotique dont je me réclame est celui-ci : il est lié à l’idée républicaine, à l’idée de la souveraineté populaire comme pierre angulaire de la nation. En France, plus qu’à d’autres endroits, il est facile d’identifier le projet national à notre camp. Nous avons un drapeau et un hymne issus d’une révolution populaire. Notre devise dit « Liberté, Égalité, Fraternité ». La nation, chez nous, procède de la République — et non l’inverse. Cela signifie qu’être français n’est pas une religion, une couleur de peau ou même une langue. La nation française peut accueillir la créolisation[10] puisque son unité repose sur des principes. D’ailleurs, on retrouve les symboles nationaux dans tous les grands moments récents de pouvoir populaire en France : la Révolution française, bien sûr, mais aussi la Commune de Paris ou la Résistance et la Libération. On a parfois du mal à sortir d’une image faussée des événements.

 

 

- Ballast : Prenons la Commune de Paris.
Jean-Luc Mélenchon : Toute l’extrême gauche la célèbre. Karl Marx la tenait pour « la forme politique enfin trouvée qui permettait de réaliser l’émancipation économique du travail[11] ». C’était une révolution citoyenne ! Les communards voulaient tout contrôler. Ma thèse, d’ailleurs, c’est qu’il n’a jamais existé que des révolutions citoyennes. Elles ont utilisé des méthodes différentes et présenté des programmes différents selon le niveau de développement des forces productives. Il faut se départir d’une version mécaniste du marxisme où le prolétariat accomplit par nécessité le destin du développement des forces productives, comme une sorte de simple accoucheur de l’Histoire dont le parti est le forceps. Cette explication du processus révolutionnaire est trop sommaire. D’ailleurs, il n’y a même pas chez Marx de description de ce qu’est un processus révolutionnaire ! La seule fois où il en parle, c’est pour comparer la révolution à un phénomène naturel, une éruption volcanique. À défaut, notre camp a longtemps pris la révolution de 1917 comme archétype. Ce qui a conduit à surévaluer l’importance du parti. Je n’y crois pas. Le moment clef de cette révolution est la discussion de dernière minute entre Lénine et Trotsky pour savoir qui va faire le coup d’État. Le parti, dit Lénine. Il redoute les conciliateurs de son entourage, lesquels ne jurent que par « la démocratie socialiste » en lien avec les gouvernants. Le Congrès panrusse des Soviets[12], dit Trotsky. La révolution d’Octobre est l’expression d’une légitimité démocratique : celle des Soviets. Pour moi, le moment est fondateur !

 

 

- Ballast : Qu’avez-vous à reprocher à la conception léniniste du parti ?

Jean-Luc Mélenchon : Son succès vient de la victoire du parti bolchevik dans la guerre civile russe. Mais, au départ, il s’agit bien d’une révolution citoyenne. Que veulent les Russes en 1917 ? Que la guerre s’arrête. Ils ne comprennent pas pourquoi les dirigeants ne mettent pas un terme à un conflit impossible à gagner ou à perdre. Ils ne veulent plus mourir pour rien. L’événement déclencheur de la révolution russe, ce sont les trois jours de suite de manifestation des femmes — contre l’avis de tous les partis révolutionnaires. L’effondrement de la cosaquerie[13], qu’on a envoyée pour leur tirer dessus, provoque, par effet domino, l’effondrement de l’État tsariste. Le parti bolchevik finira par emporter la mise uniquement parce qu’il est le seul, d’un bout à l’autre, à vouloir arrêter la guerre. Puis la révolution russe bascule elle-même dans la guerre civile lorsque les bolcheviks décident de dissoudre l’Assemblée constituante. Ce n’est pas une petite question. Il faut lire les écrits de Rosa Luxemburg[14]. Elle comprend que le processus d’agitation démocratique est une condition de la durée et de l’accomplissement de la révolution.

 

Les bolcheviks pensent que la direction du parti est suffisante. Cette conception avait été très bien critiquée par Trotksy dès 1905. Il nomme ça le « substitutisme[15] » : le parti remplace la classe, le comité central remplace le parti et le secrétaire général finit par remplacer le comité central. C’est exactement ce qui s’est passé. C’est la cause de la rupture du congrès de Tours[16]. Il faut d’ailleurs lire le discours de Léon Blum[17]. Qu’y dit-il ? Qu’il est favorable à la prise du pouvoir « par tous les moyens, y compris les moyens légaux ». Il dit également qu’il est « bien sûr » favorable à la dictature du prolétariat. Donc, qu’est-ce qui le différencie, en tant que socialiste, de ceux qui deviendront les communistes ? Une seule chose : la manière de diriger le parti. À mes yeux, l’extrême gauche reste captive d’une mythologie révolutionnaire qui n’est pas le cœur des événements politiques : barricades, affrontements armés ponctuels entre les possédants et la masse des déshérités. Or ça ne s’est jamais passé ainsi. Relire l’ensemble des révolutions à l’aune des critères que nous avons posés dans le cadre d’analyse de la révolution citoyenne permet en revanche une meilleure compréhension de la réalité d’un processus révolutionnaire.

 

 

- Ballast : Vous remontez ainsi jusqu’à quelle révolution ?
Jean-Luc Mélenchon : Même au XIVe siècle chez Étienne Marcel, on peut repérer ces mécanismes[18] ! Pour décrire la dynamique interne des révolutions citoyennes, deux concepts empruntés au trotskysme sont utiles. Il y a d’abord le mécanisme de « révolution permanente[19] ». Le processus révolutionnaire produit un effet d’auto-entraînement : « Puisqu’on a fait ça, pourquoi on ne ferait pas ça ? » Ensuite, il y a le phénomène de transcroissance des revendications sociales en revendications démocratiques, ou l’inverse. C’est pourquoi les révolutions citoyennes débouchent sur des assemblées constituantes. Pour continuer à emprunter à Trotsky, on pourrait dire que L’Avenir en commun[20] est un programme de transition : il rompt avec la société actuelle sans dire quelle société il compte instaurer, en faisant confiance à l’Histoire pour répondre à la question. Ce n’est pas une ruse propagandiste. C’est un alignement sur la dynamique réelle des processus révolutionnaires citoyens.

 

 

- Ballast : Et quelle est donc la quatrième caractéristique de la révolution citoyenne ?
Jean-Luc Mélenchon : L’anonymat. Personne n’est autorisé à représenter les autres. Il n’y a pas de centre de décision. Tout mandat est révocable sur-le-champ. Ce peut d’ailleurs être la difficulté fatale de ce type de mouvements. Cette caractéristique est liée au haut degré de connexion qu’on y repère également : tout le monde a un smartphone. Souvenez-vous que la taxe sur les échanges WhatsApp a déclenché la rupture populaire et la révolution au Liban en 2019[21]. Cette omniprésence du réseau numérique, on la repère systématiquement depuis les révolutions citoyennes du Maghreb. Cela ne signifie pas que le numérique provoque la révolution. L’outil est investi par la réalité du monde en réseau, c’est elle qui s’exprime à travers des outils.

 

 

- Ballast : Vous parlez de « difficulté fatale ». Contrairement à une large partie de la gauche radicale, soucieuse d’horizontalité démocratique, vous considérez que le ou la leader occupe une fonction stratégique et progressiste. Pourquoi ?

Jean-Luc Mélenchon : Il y a un rôle démocratique du leader. Le tribun met en mots les idées des autres. Il les représente à la tribune. Et, souvent, le fait d’entendre ses idées, ses expériences, ses affects prononcés sous une forme articulée et intelligible produit un effet non négligeable de catharsis. Le discours du tribun va rendre visible le caractère partagé de ce que l’on pensait personnel. Il fait passer de l’individuel au collectif. L’action du leader peut conduire à une mise en mouvement et, donc, à une réappropriation populaire du politique.

 

Prenons l’archétype du leader populiste de gauche : Chávez dans les années 2000. Beaucoup de Vénézuéliens des barrios [quartiers populaires, ndlr] découvraient la politique avec Chávez à la télévision et finissaient par créer des conseils de quartiers. Le contact avec le leader avait un effet d’approfondissement de la démocratie. La méfiance ou le déni de ce phénomène vient d’une vision du combat politique comme quelque chose de désincarné. Mais c’est l’inverse. Il n’y a pas d’un côté les vilains affects et de l’autre le pur monde des idées rationnelles. Les affects et les idées sont les deux aspects d’une seule et même réalité. Les affects sont les idées en mouvement chez chaque individu. La relation affective au leader n’est pas forcément un fanatisme obscurantiste et autoritaire. Cela peut aussi être une façon pour les personnes engagées de se représenter la force collective à laquelle ils s’identifient. Et dans ce cas, c’est un moteur démocratique puissant. Dans les faits, toutes les organisations sont identifiées par un leader. Mais nous n’en finissons plus de payer les crimes du culte de la personnalité qui s’est observé dans le stalinisme et le maoïsme…

 

 

- Ballast : Pour répondre à cet ensemble de caractéristiques et d’évolutions, comment en venez-vous à passer du parti (le Parti de gauche) au mouvement (La France insoumise), comme forme d’organisation ?

Jean-Luc Mélenchon : En tâtonnant à partir de notre analyse matérialiste des nouvelles conditions des révolutions, « l’ère du peuple », et de la phénoménologie de la révolution citoyenne. Restait à saisir de quelle manière sa victoire serait possible et quels pourraient en être les points d’appui. Le mode d’organisation dépend des conditions matérielles d’existence et d’organisation de l’acteur révolutionnaire lui-même. L’ère du parti correspondait à celle du chemin de fer, du téléphone filaire et de l’imprimerie. Le journal est au cœur du parti. C’est lui qui dit la vérité ou provoque l’étincelle. Il doit édifier, rendre les événements compréhensibles et unifier le prolétariat dans la bonne ligne et la bonne stratégie. Le journal suppose un organe de direction qui décide de ce qu’il y a dedans. Il imprime un rythme particulier, quotidien et, du coup, en retard d’une journée sur les événements. Sa diffusion repose sur le chemin de fer. Le parti correspond à une classe organisée et hiérarchisée par le travail, concentrée dans des lieux précis — les usines — raccordés par le journal et le chemin de fer. En face de quoi, l’ennemi avait ses propres appareils idéologiques, sa propre organisation, sa propre centralisation : le contremaître, le curé. Mais, désormais, le nouvel acteur social dispose d’une autre organisation et surtout d’une interconnexion rendue possible par le numérique. Il n’est pas composé uniquement du prolétariat ouvrier mais aussi des chômeurs, des ouvriers, des retraités, des étudiants. Le combat politique, lui, dispose maintenant de vidéos à diffusion instantanée. De notre côté, nous avons donc développé une application : Action Populaire[22].

 

La plateforme est le mouvement et le mouvement est la plateforme. C’est une situation historique assez inédite : le centre politique est relié individuellement avec chacun de ses membres et les membres du mouvement sont reliés entre eux horizontalement. Le mouvement correspond à la forme de l’acteur, et il a les moyens de cette forme. Elle s’exprime pleinement par la plateforme numérique.

 

 

- Ballast : Le mouvement permet-il une plus grande diversité idéologique parmi les militants ?
Jean-Luc Mélenchon : Notre ligne, c’est l’action. C’est elle qui fédère, et non la théorie. Tu es marxiste ou chrétien, musulman ou juif, ça ne concerne pas le mouvement. Ce qui compte c’est ce qu’on va faire ensemble. Point. Notre démarche s’apparente ici à la tradition trade-unioniste des syndicats, fédérant sur des mandats. Voilà pourquoi nous ne croyons plus à la forme bolchevik du parti « d’avant-garde », qui sera toujours substitutif.

 


- Ballast : Le marxisme et l’anarchisme appellent depuis toujours, en dépit de divergences quant à la temporalité, au dépérissement et à la destruction de l’État. C’est un mot d’ordre que vous ne reprenez jamais. Vous en êtes même un fervent partisan. Pourquoi ?
Jean-Luc Mélenchon : L’État d’aujourd’hui, il est vrai, est la structure d’organisation d’un modèle social et de sa conservation. Qu’on veuille en finir avec l’État sous sa forme actuelle ne me choque pas. Ce qui me pose problème, c’est qu’on ne me dise pas quoi mettre à la place. Car nous avons besoin d’un grand outil collectif d’exécution des décisions : l’État, donc. Prenons la planification écologique. Comment voulez-vous l’entreprendre sans un État ? J’entends en revanche discuter la place singulière de la machine de l’État dans le processus décisionnaire.

 

 

- Ballast : Vous avez l’image d’un jacobin centralisateur.

Jean-Luc Mélenchon : Yannick Jadot m’a qualifié de jacobin dirigiste rouge-vert à propos de la planification écologique. Puis il a fini par dire lui-même qu’il fallait un « État décidant des orientations » pour la faire. Ce n’est pas ma version. Je pense que la planification écologique et ses objectifs doivent émaner des communes, des organisations syndicales, des coopératives et même des organisations patronales — puisque nous mettons en place une économie mixte, non entièrement socialisée. Évidemment, l’Assemblée nationale aura aussi un rôle à jouer dans le processus. Mais non comme la technostructure qui impose tout. Je suis pour l’extinction de cette forme particulière d’État. Et plus spécialement encore de l’État construit par monsieur Macron : c’est la pire version de l’État. Il est rabougri sur les fonctions régaliennes et, pour le reste, il nie sa spécificité en confiant la direction des administrations centrales à des cadres du secteur privé. Je suis toujours aussi allergique aux récitations girondines.

 

Mais nous avons été amenés à repenser le rapport entre la forme de l’État et des institutions à partir du cas corse. Disons même que nous sommes repartis à zéro. Quand la Corse désigne trois députés autonomistes sur quatre et élit deux fois de suite une assemblée à majorité autonomiste et indépendantiste, même si vous aimez d’amour fou l’idée républicaine et révolutionnaire de l’État unitaire, il faut s’interroger. Face à pareil résultat, que faire ? déployer la force ? pas question. Envoyer la troupe, je ne le ferai jamais. Car si on le fait, on a déjà perdu.

 

L’expérience de la Nouvelle-Calédonie le montre. Alors prenons acte : la France n’est plus un État unitaire du point de vue de l’organisation de son administration. La Polynésie française a son gouvernement ; le territoire de la Nouvelle-Calédonie ne correspond à aucune autre structure comparable ; la Martinique a une assemblée territoriale alors que la Guadeloupe et la Réunion en comptent deux. Personne ne peut prétendre construire la France du XXIe siècle sans tenir compte de ça. Donc pour les Corses, je suis prêt à accepter le statut d’autonomie prévu par l’article 74 de la Constitution[23].

 

 

- Ballast : Au début des années 2000, le sous-commandant Marcos[24] affirmait que « le centre du pouvoir n’est plus dans les États nationaux ». Qu’il ne servait donc plus à rien de « conquérir le pouvoir ». Est-ce la raison pour laquelle, en dépit de l’intérêt qu’on vous connaît pour les expériences progressistes latino-américaines[25], vous ne parlez jamais de l’expérience zapatiste au Chiapas[26] ?
Jean-Luc Mélenchon : D’abord, je dois rappeler à vos lecteurs que cet intérêt s’explique par le fait que c’est en Amérique latine que la chaîne du néolibéralisme a rompu, et nulle part ailleurs dans le monde. Ensuite, il est vrai que je connais moins l’expérience zapatiste. Je me suis d’abord intéressé à la formation, au Brésil, du Parti des travailleurs[27] [en 1980, ndlr]. Il résultait d’un front de petits partis et a donné naissance, dans toute l’Europe, à des répliques. Syriza en Grèce, Izquierda Unida en Espagne, Die Linke en Allemagne. Et, en France, le Front de gauche. Ce modèle s’est répandu, contrairement au modèle zapatiste. Même si j’admets que celui-ci a pu féconder des formes libertaires ici et là, notamment au sein des mouvements zadistes : il est une réanimation du courant anarchiste, autrefois extrêmement puissant, que ce soit en Espagne ou en France. La victoire marxiste n’y a pas été aussi totale qu’on le raconte.

 

[Stéphane Burlot | Ballast]

 

- Ballast : Mais pourquoi avoir, depuis votre jeunesse trotskyste, dirigé votre attention sur les formations de masse et non sur les expériences plus marginales de sécession, d’autonomie ?
Jean-Luc Mélenchon : Je vous le dis franchement : je ne critique pas ces expériences. Que chacun avance sur son chemin. Dans tous les cas, ça féconde l’espace global. J’ai connu la lutte révolutionnaire sous la forme où tout dépendait de la définition d’une — et une seule — ligne et de la — et la seule — stratégie victorieuse. Ce n’est plus ma conception. Je crois à un autre mécanisme, « intersectionnel » en quelque sorte. D’abord, construire ou s’appuyer sur des hégémonies culturelles à bords flous : elles finissent par former des grandes plaques qui s’articulent les unes aux autres puis produisent, comme propriété émergente, un désir d’accomplissement sur lequel s’appuie la stratégie révolutionnaire. Raison pour laquelle, dans le cadre de la présente campagne présidentielle, je ne dis pas de mal des autres — à part des sociaux-démocrates, mais c’est à la portée de tout le monde. (rires) Je crois que chacun élargit la plaque sur laquelle il se trouve.

  • Prenons un exemple qui vous paraîtra très éloigné : Montebourg. Il n’empêche. Quand il plaide pour la souveraineté, ça alimente la critique du capitalisme mondialisé qui, lui, ne fonctionne que sur la délocalisation et l’allongement des chaînes de production. C’est positif, nonobstant mes critiques sur le caractère profondément insoutenable de ses récents propos sur les immigrés.
  • Deuxième exemple : Jadot. Il se déclare en faveur du protectionnisme. Très bien. J’embraie : le protectionnisme est impossible dans le cadre des traités européens. Il faut donc choisir. Mais sa déclaration contribue à l’hégémonie de nos thèmes.

Contrairement aux zapatistes, je considère qu’il faut conquérir le pouvoir d’État par les élections. Cela peut permettre de faire avancer de manière décisive les conditions d’existence du peuple. Aussi bien sous l’angle du ventre que de la tête. Seuls les pouvoirs de gauche répandent l’éducation, laquelle élève le niveau de compréhension et de conscience de la société. Je crois à ça et refuse de renoncer à cette conquête.

 

 

- Ballast : La conquête du pouvoir d’État compte elle-même deux lignes divergentes au sein du mouvement pour l’émancipation. La vôtre, électorale et non-violente, et celle qui promeut l’affrontement physique avec les forces du capital et de l’État. Vous avez toujours clamé votre hostilité à la violence. Les gilets jaunes ont pourtant amené plus d’un citoyen à se dire que, tout compte fait, seule la violence permet de se faire entendre…

Jean-Luc Mélenchon : Mon rôle est de répéter, en effet, fort de l’expérience de nos camarades en Amérique latine, que la violence révolutionnaire conduit à l’échec. Bien sûr, il y a l’exception cubaine. Mais les tentatives de sa reproduction ont toutes échoué et cette histoire s’est soldée avec la mort du Che.

Mais je tire d’abord mon enseignement de la lutte contre Pinochet : si les meilleurs d’entre nous tombent les armes à la main, et ce sont toujours eux qui disparaissent les premiers, il ne restera que les moins actifs pour mener la révolution. Le MIR[28], dont j’ai été membre en France, a compté des combattants héroïques et ceux-là sont morts dans des proportions effroyables. Or, à mes yeux, les individus sont centraux dans l’Histoire. Quand, dans le cadre d’une révolution, il ne reste plus que des bureaucrates qui n’ont pour aspiration que de voir tout s’arranger, quel qu’en soit le prix, vous n’avez plus de force révolutionnaire. Les militants qui étaient prêts à risquer leur vie étaient aussi ceux qui savaient combien il est vital pour les révolutionnaires d’être parmi le peuple comme un poisson dans l’eau.

Ceci posé, je distingue deux choses :

  • la violence comme stratégie révolutionnaire ;
  • et la violence qui surgit au cours d’épisodes de lutte.

Et je suis d’accord avec votre observation : oui, des gens ont dit que casser, il n’y a que ça qui paie. Car c’est bel et bien ce qui s’est produit avec les gilets jaunes : le gouvernement a lâché dix milliards d’euros. Mais ce n’était pas une stratégie pensée, théorisée. La violence a été sporadique. Je reste donc sur ma position. D’autant plus que la violence isole le processus révolutionnaire en le divisant. Quand surgit la violence en manifestation, on ne vient plus avec les landaus et les enfants. On constate aussi le retrait des femmes. Or la présence des femmes, en masse, est un élément central de la révolution citoyenne. Mais j’ajoute : jamais vous ne me trouverez en train de hurler avec les loups.

  • Je ne supporte pas l’injonction à condamner ceux que l’on désigne comme violents.
  • Je refuse de contenter l’effarouchement bourgeois.

La violence est d’abord celle des maîtres. Le bourgeois condamne-t-il, lui, la violence sociale ? L’œil arraché ? C’est pourquoi aussi je n’ai pas critiqué les ZAD sur ce terrain. Je tiens le même raisonnement pour Cuba. Je ne crois pas du tout au parti unique : à mes yeux c’est une forme très inefficace de gouvernement du peuple. Il faut de la contradiction. Du reste, il n’est pas marxiste d’imaginer une société sans contradictions. Pour autant, j’assure que les Cubains ont accueilli, soigné et protégé nos camarades. Je répète donc partout : je critiquerai Cuba, si besoin, dès que les États-Unis d’Amérique lèveront leur embargo.

 

 

- Ballast : En 2014, lors d’un hommage que vous avez rendu à Jaurès, vous avez décrit l’écosocialisme[29] comme la doctrine qui devrait guider le siècle à venir. On a pourtant constaté que vous ne mobilisez plus cette notion. Pour quelle raison ?
Jean-Luc Mélenchon : C’est vrai. Je trouve que le mot « socialisme » introduit une confusion. Il faut passer des heures à dire ce qu’il est et ce qu’il n’est pas.

 

 

- Ballast : Du fait du Parti socialiste ?
Jean-Luc Mélenchon : En France, oui. Et lorsque vous allez dans les pays qui ont vécu sous l’autorité du pacte de Varsovie et de l’URSS[30], c’est imprononçable. Bien sûr, je n’ai pas de problème avec le concept ; j’en suis même un héritier. Mais hériter, c’est aussi se projeter. Aujourd’hui, je préfère me décrire comme « collectiviste ». L’esprit public a massivement intégré l’idée de bien commun. Même la jeunesse qui n’est pas de notre bord se revendique de l’écologie. C’est une différence colossale d’avec les années 1990, où on ne pouvait pas prononcer le mot « capitalisme » sans que tout le monde rigole. C’est une évolution considérable. Ce collectivisme spontané correspond à mes yeux à la situation de crise résultant du dérèglement climatique. J’en ai trouvé l’analyse du côté de Pablo Servigne[31] et de son livre, L’Entraide. Certes, il est de tradition anarchiste et non « populaire de gauche ». Mais je me ressource souvent auprès d’auteurs anarchistes. Leur critique décapante m’aide volontiers à réfléchir.

 

 

- Ballast : C’est la raison pour laquelle, en fondant le Parti de gauche, vous revendiquiez l’héritage libertaire « à votre manière » 

Jean-Luc Mélenchon : Je le revendique et j’y crois ! Le message de Servigne est essentiel : si on entre dans la crise avec la mentalité de la société libérale, elle sera empirée. D’où le mot « collectivisme » : il vise à développer l’alternative « Tous ensemble ou chacun pour soi ». Le mot ne me paraît pas contradictoire avec l’écosocialisme. C’est un « mot-obus », dont j’ai emprunté la méthode à Paul Ariès[32] — lui a mis en circulation « décroissance ». J’ai commencé à le tester à l’Assemblée : ça a bien hué du côté de la droite. (rires) On me dit parfois que « collectivisme » sonne encore pire que « socialisme » : je fais le pari inverse. Il colle bien avec un certain esprit de l’époque. Et comme on ne l’emploie plus depuis longtemps, il est mûr pour réapparaître ! Mon rôle, c’est de transférer les braises vers le nouveau foyer. On a sorti les braises de sous la cendre et on a repris la guerre du feu un peu plus loin. En ce sens, on peut même dire que nous avons sauvé les braises.

 

 

- Ballast : Vous avez l’habitude de dire qu’une société ne peut pas fonctionner sur le mode de l’assemblée générale permanente. Cela signifie-t-il pour autant que la démocratie représentative soit le terminus de l’émancipation ? Ne peut-on pas concevoir des formes de démocratie plus directe et moins parlementaire ?
Jean-Luc Mélenchon : C’est un débat posé à chaque séquence révolutionnaire. Il est clair que nous ne pouvons pas en rester à la démocratie représentative telle qu’on la pratique. À La France insoumise, nous avons provisoirement tranché en disant que ce sera à l’Assemblée constituante nouvellement élue de penser le prochain système institutionnel. Il y a deux visions possibles de la Constituante : révolutionnaire ou avant-gardiste. Autrement dit, prendre acte du résultat populaire ou dire à l’avance de quel régime elle devra accoucher. Il nous faut composer avec deux choses : garantir un système institutionnel stable et permettre au peuple d’intervenir en toute occasion. Cette possibilité permanente, c’est l’objectif du RIC[33] et du référendum révocatoire, que nous proposons. La discussion que nous avons là était également impossible dans les années 1990 ! Avoir mis dans le débat public l’idée de Constituante et d’implication populaire permanente, vous n’imaginez pas quelle victoire c’est. Nous commençons à reconstituer une hégémonie collectiviste. Cela étant, nous sommes 67 millions dans ce pays : nous ne pourrons pas voter à main levée à la manière des cantons suisses d’autrefois ni rejouer la pratique des assemblées de village traditionnel. Les outils modernes pèseront peut-être dans ce débat. La question du vote obligatoire se posera également.

 

 

- Ballast : Vous y êtes favorable, n’est-ce pas ?
Jean-Luc Mélenchon : Oui, libre à 16 ans et obligatoire à partir de 18 ans. Et avec prise en compte du vote blanc. Et s’il y a 50 % de votes blancs, l’élection est nulle. En Équateur, ils ont expérimenté de nouvelles modalités. On pourrait apprendre. Les Européens ont l’habitude d’aller aux quatre coins du monde pour expliquer comment on doit faire le socialisme alors qu’ils ont été infoutus de le mettre en place dans un seul pays de l’Union européenne ! Je fais donc confiance aux initiatives qui émergeront.

 

 

- Ballast : Vous avez rappelé votre défense de l’économie mixte et vous évoquez régulièrement la dimension « financière » du capitalisme. Quel est votre horizon : abolir le mode de production capitaliste, en France, ou le borner autant que faire se peut dans une économie mondialisée ?

Jean-Luc Mélenchon : Quand je parle du capitalisme financier, je ne veux pas dire la dimension financière du capitalisme mais le capitalisme dans sa forme actuelle. Le capitalisme n’existe pas en général mais seulement sous des formes historiques données. Depuis les années 1980, nous vivons dans un type particulier de capitalisme où le capital financier commande au reste. Donc j’assume la dimension anticapitaliste de ce que j’ai à faire. Mais L’Avenir en commun[20] est un programme de transition. Il ne propose pas l’abolition de la propriété privée, mais il rompt nettement avec la société du néolibéralisme. La suite n’est pas écrite. Mais, clairement, il ouvre la possibilité d’une société économique qui repose davantage sur la propriété collective que sur la propriété privée, sur la planification que sur le marché, et qui part des besoins plutôt que de l’offre.

 

 

- Ballast : L’économiste Frédéric Lordon[34] s’est fendu d’un travail d’anticipation. Il imagine La France insoumise au pouvoir et prédit : vous ne tiendrez pas deux semaines face à l’Union européenne et à la finance. « Ce sera une tempête spéculative dont on ne peut pas imaginer la force. […] Ce sera 1983[35] fois cinq cents. » Il ne voit donc que deux éventualités : vous « affaler » comme Tsípras[36] ou « la guerre à outrance » contre le capital. Qu’en dites-vous ?

Jean-Luc Mélenchon : Je vais vous citer une phrase de Trotsky reprise par Chávez[37] : « La révolution avance sous le fouet de la contre-révolution. » Je suis en position de force. Si nous ne payons pas, la vie continuera. Nous continuerons à nous lever le matin, à emmener les enfants à l’école et à accomplir toutes les sorties et les activités de la vie sociale, quelle que soit la monnaie qui circule. En face, par contre, ils prennent un risque. Car eux n’auront plus rien si nous refusons de payer. Donc s’ils sont raisonnables, je le serai. Mais je ne cèderai pas. Tsípras n’a même pas essayé de résister. En Argentine, Kirchner[38] n’avait pas cédé, et pourtant ce n’était pas un bolchevik ! Puis Macri[39] a accepté qu’on lui fasse les poches. Je ne nous laisserai pas dépouiller. Je résisterai, je serai légitime à le faire[40]. Et les gens le comprendront. Quels que soient l’agresseur et la forme de l’agression, il lui en cuira.

 

 

- Ballast : Vous n’êtes donc pas inquiet ?
Jean-Luc Mélenchon : Non.

 

 

- Ballast : Face à la progression fascisante que nous vivons actuellement et à la tentation factieuse qui existe au sein de la police et de l’armée, le député Ugo Bernalicis[41] a fait savoir que vous aviez « bien conscience de la situation ». Vivons-nous une période de bascule ?
Jean-Luc Mélenchon : Il y a une bataille. Les plus dynamiques l’emporteront. Mais si nous en sommes là, c’est parce que l’ancienne gauche a explosé en vol. Le réformisme a tenu jusqu’à Lionel Jospin, puis ça a été fini. Le PS a cessé d’assumer la conflictualité sociale. Je m’en souviens puisque j’y étais. On nous vendait une stratégie centriste à la Clinton. Puis les sociaux-démocrates ont répété partout vouloir « faire barrage » à l’extrême droite. Mais ça n’a jamais fait une ligne politique ! Ça tient une demi-élection, et aujourd’hui plus personne ne croit à ça. Tout le monde se moque des congrès de castors.

 

Les sociaux-démocrates n’ont rien fait de la majorité qu’ils ont obtenue, un temps, en Europe : ils ont fait la concurrence libre et non faussée ! Ils ont applaudi des deux mains aux traités. Notre camp n’avait plus de tête : comment s’étonner que d’autres occupent la place puisque la gauche avait abandonné le combat ? Cette bataille entre « eux » et « nous » n’est pas nouvelle : les communistes et les nazis aussi s’arrachaient les suffrages et le leadership ouvrier.

 

  • Partout la gauche a coulé. Mais en France, les Insoumis ont relevé notre camp. Nous sommes aujourd’hui dos au mur, et ce dans toute l’Europe. Oui, il y a bascule. C’est maintenant que ça se joue.

 

 

Notes :

[0" Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau ! "...

[1Il n'adhère pas au PCF en raison du refus de celui-ci de condamner l'invasion de la Tchécoslovaquie

[2] « La Révolution est glacée ; tous les principes sont affaiblis ; il ne reste que des bonnets rouges portés par l’intrigue. L’exercice de la terreur a blasé le crime, comme les liqueurs fortes blasent le palais », lit-on ainsi dans les notes de Saint-Just, en 1794, après l’exécution des révolutionnaires « exagérés » (hébertistes) et « indulgents (dantonistes).

[3] Sans-culottes

[4] L'ère du peuple, par Jean-Luc Mélenchon

[5] Manifestations de 2019-2021 au Chili

[6] Observation et description des phénomènes et de leurs modes d’apparition, considéré indépendamment de tout jugement de valeur.

[7] Bataille de Valmy

[8] Trotsky distingue trois aspects de la « révolution permanente » : le premier (opposé à l’étapisme) est la permanence du processus révolutionnaire ou la « transcroissance » de la révolution démocratique en révolution socialiste, pour les pays dits « arriérés ». Le deuxième (opposé à l’étatisme bureaucratique) est la permanence de la révolution socialiste elle-même. Le troisième (opposé au socialisme dans un seul pays) renvoie à la nécessaire extension (sous peine de dégénérescence) de la révolution à l’échelle internationale en raison du caractère mondial de l’économie.

[9Antonio Gramsci

[10] L’écrivain antillais Édouard Glissant la définissait ainsi, en 2005 : « La créolisation, c’est un métissage d’arts, ou de langages qui produit de l’inattendu. C’est une façon de se transformer de façon continue sans se perdre. C’est un espace où la dispersion permet de se rassembler, où les chocs de culture, la disharmonie, le désordre, l’interférence deviennent créateurs. C’est la création d’une culture ouverte et inextricable, qui bouscule l’uniformisation par les grandes centrales médiatiques et artistiques. »

[11La guerre civile en France Association Internationale des Travailleurs

[12] Congrès panrusse des Soviets

[13] Cosaquerie

[14] L’abécédaire de Rosa Luxemburg

[15] Trotsky et le substitutisme

[16] Congrès de Tours

[17] Léon Blum | Discours au Congrès de Tours

[18] Étienne Marcel

[19] Révolution permanente

[20] L'Avenir en commun

[21] Manifestations de 2019-2021 au Liban

[22] Action populaire

[23] article 74 de la Constitution

[24] L’abécédaire du sous-commandant Marcos

[25] Amérique latine : les gauches dans l’impasse ?

[26] 25 ans plus tard : le zapatisme poursuit sa lutte

[27] Parti des travailleurs (Brésil)

[28] Mouvement de la gauche révolutionnaire (Chili)

[29] L'Avenir En Commun un programme écosocialiste ?

[30] Pacte de Varsovie

[31] Pablo Servigne

[32] Paul Ariès

[33] Référendum d'initiative citoyenne

[34] Frédéric Lordon : « La multitude mobilisée en masse est l’unique solution »

[35] 1983 le Tournant de la rigueur

[36] Aléxis Tsípras

[37] Comandante Chávez: A toda Revolución, le hace falta el látigo de la contrarrevolución 'Chaque révolution a besoin du fouet de la contre-révolution)

[38] Néstor Kirchner

[39] Mauricio Macri

[40] NOTRE STRATÉGIE EN EUROPE Appliquer notre programme quoi qu’il en coûte

[41] Ugo Bernalicis

 

Pour en savoir plus :

- Le populisme de gauche, loin alors d’être démagogique, peut coïncider avec la progression de valeurs et d’idées humanistes, promouvant une logique de solidarité entre les êtres humains. 

- JEAN-LUC MÉLENCHON ET LA FRANCE INSOUMISE : AMBITION PRÉSIDENTIELLE ET GUERRE DE POSITION

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8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 16:27
Tu affirmes ne pas vouloir voter Mélenchon en avril 2022 parce que...

et pourtant : le candidat de l'#UnionPopulaire, Jean-Luc Mélenchon, c'est " Le choix de la raison "... au service de l'intérêt général !

 

Si l'émission #faceababa d'Hanouna vous a laissé un mauvais goût dans la bouche et que, sans réflexion approfondie sur les causes des réactions de Jean-Luc Mélenchon tombé dans une véritable embuscade, vous dites : " en avril " je vais à la pêche, je vous invite à méditer ce qui...

 

Sources : Rue du globule rouge insoumis | mis à jour le 27/03/2022

- Tu ne l'aimes pas en tant qu'homme ?

Pourtant il ne te propose pas le mariage, mais d'appliquer son programme. Tu sais ? L'AEC = Avenir en Commun[1]. Ce programme est complet Il n'est pas seulement le sien, mais celui de milliers de citoyens, de syndicats, d'associations, qui ont participé à son élaboration. C'est un programme de gauche, en rupture avec le système existant. Il est ambitieux et en même temps réaliste. Tu ne trouveras pas mieux car à 3 mois des élections un programme complet ne se construit pas seul ou seule avec des mesures chocs, forcement décousues et parfois démagogiques. 

 

 

- Il est trop vieux ?

Pourtant, tu sais bien qu'il est plus jeune que Trump, que Biden, que Chirac qui a été réélu à 70 ans et Mitterrand à 72 ans et De Gaulle à 75 ans.  

 

 

- Il est trop clivant ?

Pourtant il a su rassembler pas mal de jeunes autour de lui, de Clémentine Autain à Mathilde Pannot, de François Ruffin à Adrien Quattenens et Ugo Bernalicis et Danièle Obono et je ne te parle pas d'Aurélie Trouvé qui préside un parlement populaire de 200 personnes soutenant sa candidature et incluant des gens aussi divers que Bruno Gaccio, le créateur des marionnettes des Guignols de l'info, Annie Ernaux, l'écrivaine et professeure de lettres, Huguette Bello, la présidente de la région de La Réunion, Jean-Marie Brom, le chercheur, Mathilde, la chanteuse, Corine Masiero, l'actrice ou encore Karine Lebon, la député PCF de La Réunion.... et tous ceux qui rejoignent le Parlement de l'Union Populaire[2].

 

 

- Il est trop colérique ?

Pourtant tu sais que tu ne dois pas confondre un homme d'opposition avec l'image caricaturale que les médias du pouvoir en place veulent en donner.

 

 

- Donc, tu préfères choisir ton président ou ta présidente sur...

  • Son apparence physique ? Plutôt un mannequin ? Un éphèbe ? Un nounours ? Un blond ? Alors, pas Zemmour !
  • Son comportement ? Il doit rester toujours impassible ? Ne pas faire de vagues ? Parler plutôt avec un langage châtié ? Alors, pas Macron l'illuminé (parce que c'est mon projet) et ses insultes au peuple (les Riens, les alcooliques, les illettrés, les non-citoyens à emmerder, les fainéants de chômeurs qui ne traversent même pas la rue, etc.), pas Zemmour et ses doigts d'honneur, sa violence, ses mensonges et son racisme !
  • Son programme d'action face au changement climatique, plutôt ? Alors, pas Le Pen, pas Pécresse,  pas Taubira, pas Hidalgo, aucune ne sait quoi faire et n'a pas la moindre proposition à émettre dans ce domaine ! Pas même Jadot qui lui, propose, mais ne veut pas lutter contre les marchés ni le système imposé par le capitalisme international et  s'inclinera à la première injonction de l'Europe.
  • Son programme d'action face aux puissances d'argent et pour une meilleure répartition des richesses, pour l'augmentation des salaires et la lutte contre la pauvreté, pour la restauration des services publics (Enseignement, Santé, Justice, police, transports, etc ? Alors, pas Zemmour, qui s'en fout, pas Pécresse qui veut diminuer le nombre de fonctionnaires, pas Macron, qui veut poursuivre la casse, pas Montebourg, non plus, mais ça tu le sais déjà, n'a-t-il pas déjà sévi comme ministre du redressement productif, de l'économie, des mots et des maux, pas Jadot pour les raisons données précédemment ?
  • Son programme démocratique ? Parlons-en ! Comment sortir du système en refondant la République et donc revoir la Constitution et instaurer une VIe République comportant par exemple le RIC et le droit de révoquer les élus, Président y compris ? Qui te le propose ?
  • Tu souhaites plutôt connaître l'arrivée au pouvoir des amis de Bolsonaro, Trump, Victor Orban, des partisans de la manif pour tous, de la fin de l'avortement, des soins palliatifs à perpétuité au détriment du droit au suicide assisté pour mourir dans la dignité ?
    • Tu ne veux plus d'étrangers pour voisins, surtout s'ils sont maghrébins ou n'ont pas la même religion que toi ?
    • Tu souhaites le recul de l'âge de la retraite à 62 ou 67 ans, tu ne veux pas de l'ISF et tu veux continuer à privilégier les Riches parce que tu crois qu'ils te veulent du bien et sont les seuls à pouvoir faire ton bonheur et celui de tes enfants ?
    • Tu préfères construire des prisons que des écoles ?
    • Alors, vote Le Pen, Zemmour ou même Pécresse et si tu revotes Macron, tu ne seras pas loin non plus.

 

- Tu pourrais t'abstenir bien sûr mais alors tu laisserais aux votants le droit de décider pour toi !

  • Alors, sois réaliste, optimiste, enthousiaste, change d'avis et vote pour un programme qui rassemble, l'Avenir en Commun !
  • Vote Mélenchon, celui qui le porte, et tu pourras aider à la mise en chantier d'une nouvelle France.
  • Vote Mélenchon et, avec l'Avenir en Commun tu ouvriras la porte à des jours meilleurs !

 

 

- Et à votre disposition

 

L'HARMONIE DES ÊTRES HUMAINS ENTRE EUX ET AVEC LA NATURE.

 

Tu affirmes ne pas vouloir voter Mélenchon en avril 2022 parce que...
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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 14:07
L'intégrale du Programme de #Mélenchon2022 en 6 épisodes audio

Lecture intégrale du programme de L'Avenir en Commun, le programme porté par Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle de mars 2022. Il comporte 694 mesures, organisées autour de trois grands thèmes: la démocratie, l'écologie et la lutte contre les inégalités sociales. Bonne écoute !

Au départ, Jean-Luc Mélenchon a lancé ce projet pour que les personnes non-voyantes et mal-voyantes puissent avoir accès au programme, mais je pense qu'il peut être utile à tous ceux qui préfèrent écouter le programme que le lire.

Merci à Jean-Edouard et Emmanuelle pour la lecture des citations, à Loïza pour la lecture des sondages, et à Marie pour la musique.

 

 

- Introduction de Jean-Luc Mélenchon

 

 

- Partie 1 : Vivre libre et citoyens

 

 

- Partie 2 : S'adapter au système de la nature

 

 

- Partie 3 : Unir pour bien vivre

 

 

- Partie 4 : Humaniser les personnes et la société

 

 

- Partie 5 : Ordonner le monde

 

Pour en savoir plus et être acteur de la campagne :

- Inscrivez-vous sur les listes électorales : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1367

- Site de campagne de Jean-Luc Mélenchon : https://melenchon2022.fr

- Le programme de l'Avenir en Commun : https://melenchon2022.fr/programme/

- La chaîne YouTube de Jean-Luc Mélenchon : https://www.youtube.com/user/PlaceauPeuple

- Pour participer à la campagne de Mélenchon, rejoignez Action Populaire, la plateforme militante : https://actionpopulaire.fr

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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 19:05
Lettre de la France insoumise au PCF

 

La lettre de LA FRANCE INSOUMISE adressée au PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS...

 

Sources : FORUM FRANCE

Chers camarades,


Depuis de nombreuses semaines nos amis mènent une intense mobilisation autour de leur candidat respectif à l’élection présidentielle. Le jour du vote approche. Ce sera dans quatre mois seulement. Moins encore si l’on tient compte du temps de la trêve de fin d’année.


Le tableau politique est désormais assez clairement dessiné. Les candidatures sont connues. Les droites et l’extrême droite sont en position avec quatre candidats en tête des sondages : Macron, Le Pen, Zemmour, Pécresse. Le calcul autant que la réalité de terrain nous le disent : si nous étions unis comme dans les deux précédentes présidentielles nous pourrions leur disputer l’accès au second tour. Nous pourrions aussi garantir notre représentation respective à l’Assemblée nationale.


Certes, nos divergences existent. Elles sont sérieuses. Mais l’extrême proximité de nos propositions en général est également là. Elles nous situent, Communistes et Insoumis dans la même famille de projet, en rupture avec le système économique et politique aujourd’hui dominant. Dans le passé récent, malgré toutes les difficultés et en dépit de nos erreurs respectives, nous avons obtenu ensemble des résultats brillants et entraînants. En 2017, nous sommes parvenus avec la candidature commune de Jean-Luc Mélenchon à un résultat unique en Europe. Nous avons été placés en tête, devant toutes les formations écologistes et social démocrates, approchant de peu l’accès au second tour.


De la sorte, nous avons prouvé l’existence d’un pôle populaire capable de devenir majoritaire. Cela prouve que nous pouvons faire plus et mieux. Nous y sommes invités par l’extension brutale dans les milieux populaires de la misère, de la faim et du froid, du chômage et de la précarité dans des proportions jamais observées.
C’est pourquoi nous vous adressons ce courrier pour vous faire la proposition d’essayer d’y parvenir.


Nous vous le proposons de nouveau en tenant compte des évolutions que la campagne et les échanges constants entre nos délégations nous ont permis de percevoir. La nouveauté de la situation nous y invite avec force. Nous avons compris, comme vous, l’incroyable changement que provoque l’émergence d’un parti comme celui de monsieur Zemmour, ajoutant désormais son influence à celle de madame Le Pen. Nous voyons le danger d’une radicalisation extrême des droites et de leurs programmes de gouvernement. Nous comprenons la gravité d’une défaite faute de combat uni du pôle populaire que nous voulons incarner. Les conséquences sociales, écologiques et démocratiques seraient considérables.


Dans les conditions actuelles la candidature de Jean Luc Mélenchon, avec votre appui, est la mieux placée pour disputer l’accès au second tour. Evidemment nous devrions accepter une discussion commune qui permette de parvenir à un programme partagé qui serait appliqué en cas de victoire. Pour autant, chacune de nos formations pourrait mener sa propre campagne et, de façon concertée, présenter ses propres raisons de porter cette candidature. Le parlement de campagne de l’union populaire, s’il le souhaite, pourrait accueillir une représentation de l’ensemble des forces que nous pouvons mobiliser.


Bien sûr, vous comme nous, entendons faire entendre nos propres projets, demain comme aujourd’hui. Nous nous en donnerions mutuellement le moyen en organisant ensemble un dispositif commun aux élections législatives. En commençant par la garantie d’une candidature commune dans toutes les circonscriptions de l’hexagone et de l’outre-mer dont l’un des membres de nos groupes est l’élu sortant. À partir de là, si cela se découvrait possible, cette entente pourrait s’étendre à d’autres circonscriptions par commun accord.


Chers camarades, nous vous adressons ce courrier pour tenir compte de l’évolution de la situation depuis le commencement de nos campagnes respectives et dans l’urgence du danger qui se dessine pour notre pays. Nous savons combien vous avez su dans le passé lointain ou récent vous hisser à la hauteur des événements. C’est pourquoi nous pensons qu’un chemin commun existe pour nous. Et nous croyons qu’il deviendrait vite celui de millions de nos compatriotes avides de faire un choix positif et heureux pour l’avenir qui se présente.


Avec espoir et fraternité,
Bien à vous,
Signatures :

  • Adrien Quatennens, coordinateur du mouvement la France Insoumise
  • Mathilde Panot, présidente du groupe Insoumis a l’Assemblée nationale
  • Manuel Bompard, président de la délégation Insoumise au parlement européen
  • Manon Aubry, co-présidente Insoumise du groupe de la Gauche au parlement européen

 

Notes :

- Pour télécharger la lettre

 

----------------------------------------

 

- Pour consulter la compatibilité des programmes (comparateur de programme)

Un outil de melenchon2022.fr qui vous permet de vérifier le degré de compatibilité de textes programmatiques sortis ces derniers mois avec l’Avenir en commun.

  • Ci dessous, comparaison de l'Avenir en commun avec le Projet pour un pacte social, écologique, républicain qui est le programme présenté par le candidat du Parti communiste français Fabien Roussel le 24 janvier 2022 pour l’élection présidentielle des 10 et 24 avril.

 

 

Pour en savoir plus sur :

  • L'appel à la constitution d'une fédération populaire

- Mélenchon à «Libé» : «Je lance un appel à la création d’une fédération populaire»

- Fédération populaire : comment ça marche ?

  • Les appels de la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon au PCF

Adrien Quatennen adresse une demande de rencontre au PCF en août 2020

- 10 décembre 2020 Jean-luc Mélenchon s'adresse au PCF : " J’ai écrit aux communistes "

- janvier 2021, Jean-Luc Mélenchon s'adresse à Fabien Roussel

- Présidentielle 2022 : Adrien Quatennens appelle de nouveau Fabien Roussel à rallier la candidature de Jean-Luc Mélenchon

- Présidentielle. Jean-Luc Mélenchon demande aux communistes de le rallier

-  PRIMAIRE DE GAUCHE: DES INSOUMIS PROPOSENT À FABIEN ROUSSEL DE S'UNIR DERRIÈRE JEAN-LUC MÉLENCHON

- Présidentielle 2022 : La France insoumise tente de convaincre le Parti communiste de se rallier

- Marie-George Buffet se prononce pour un rassemblement autour de la candidature de Jean-Luc Melenchon

- Les programmes du PCF et de LFI sont compatibles, démontrent des communistes

- Des communistes de 16 départements, dont 21 en Deux-Sèvres appellent à voter Mélenchon.
- Pour rejoindre les communistes signataires de l'appel à voter Mélenchon

- Législatives 2017 et candidatures PCF... pour 2022 Jean-Luc Mélenchon et la FI

- Le PCF et la présidentielle (France) - Fabien Roussel : le Rouge qui fâche (dans cette société de la communication où les signes sont rois, le risque est grande d’y sacrifier son âme... et son électorat.)

La lettre de LA FRANCE INSOUMISE adressée au PCF
La lettre de LA FRANCE INSOUMISE adressée au PCF
La lettre de LA FRANCE INSOUMISE adressée au PCF
La lettre de LA FRANCE INSOUMISE adressée au PCF
La lettre de LA FRANCE INSOUMISE adressée au PCF
La lettre de LA FRANCE INSOUMISE adressée au PCF
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19 décembre 2021 7 19 /12 /décembre /2021 18:54
La politique n'est pas une rivière paisible et encore moins pour 2022 !

Le seul objectif de la « primaire populaire », avec ou sans Taubira[0], c’est d’éliminer Mélenchon et surtout le programme « l’avenir en commun » pour mettre la révolution citoyenne par les urnes en échec !

...Primaire populaire = Primaire PS ?

👉 Jean-Luc Mélenchon : " Nous demandons à ne pas être impliqué par la prétendue « primaire populaire[1bis] » "... à 3 mois de l’élection présidentielle, concentrons nous sur l’objectif réel : mobiliser !

 

La politique n’est pas une rivière paisible et il faut d’abord partir de ce constat : la politique est un affrontement violent entre partisans de choix de société radicalement différents qui sous tendent des philosophies sur la place de l’homme, soit sujet d’un pouvoir et devant s’adapter, soit auteur de sa propre histoire visant son émancipation et pas seulement la liberté des apparences et des déclamations. 

 

Sources : Fabrice Aubert | mis à jour le 30/01/2022

- S’y rajoutent...

  • les différents masques que portent des acteurs, en vue justement de masquer, l’affrontement initial et fondamental, entre le Capital qui possède les moyens de production et le Travail qui ne possède que sa force de travail ;
  • à l’intérieur même du mouvement révolutionnaire celles et ceux qui volontairement ou pas, vont glisser, par facilité, dans, justement ce qui apparait comme le plus facile à atteindre, alors que nous sommes justement partis de l’idée que la politique n’est pas une rivière facile.
    Le questionnement apparemment pacifique, entre « primaire populaire » ou « union populaire »
    matérialise de manière parfaite l’affrontement réel entre « social-démocratie » et « Révolution-bifurcation ».
  • Des amis insoumis qui appellent à participer à la « primaire populaire » m’expliquent, comme les généraux qu’ils se croient être, comme étant un « coup tactique », en vue de faire gagner « Mélenchon » et ils se trompent.

 

Le seul objectif réel de la « primaire populaire » est justement de dégager Mélenchon, c’est à dire le programme « l’avenir en commun », seul programme portant sur les fonds baptismaux, l’idée et la démarche de 6ème République par constituante, c’est-à-dire par le peuple lui-même.

 

 

- Mais qu'est-ce que la tactique ?

Puisque les camarades parlent de tactique, regardons-en tout d’abord la définition :

« La tactique » se rapporte à l’organisation et à la marche suivie pour réussir dans quelque affaire. Initialement lié au domaine militaire, ce terme s'applique à toute confrontation (économique, commerciale, sportive, ludique, diplomatique, etc.) et décrit l'art de combiner de manière optimale les modes opératoires et les moyens dont on dispose, pour emporter un gain ou une décision.

 

Elle se distingue de la stratégie, en ce sens qu'elle concerne des objectifs à court terme tels que la victoire d'une bataille alors que stratégie concerne des objectifs à moyen ou à long terme tels que la victoire d'une guerre ou une politique diplomatique particulière.


Donc de fait si l’objectif est de gagner, la tactique est un outil de court terme, alors que la stratégie est un outil de long terme. De ce fait d’ailleurs, fondé sur la question du temps, la tactique du « court terme », renvoie à la philosophie du marché, tandis que la stratégie renvoie au long terme du collectivisme et de la « planification ».

 

 

- La tactique est le domaine de la social démocratie

Disons le clair, la tactique est le domaine de prédilection de la sociale démocratie en adaptation permanente aux forces dominantes… et qui dès 1983 en adoptant les politiques de rigueur (« désinflation compétitive »), tournait le dos aux programme commun et s’adaptait au « capitalisme mondialisé » (mondialisation) imposé par le couple « Reagan-Thatcher »…

  • Or, lorsque l’on se mets sur le terrain de l’adversaire, on est sur de perdre…

 

🔴 Le Rassemblement National (ex FN) est un produit de la tactique de la sociale démocratie

Je sais que je vais choquer et je sais aussi que si Jean-Luc lit ce papier (il lit beaucoup) …mais il ne faut jamais oublier que la montée du F.N et de Le Pen est le pur produit de la sociale démocratie. Lorsqu’en 1983 avec le tournant de la rigueur et les ministres communistes partis, la sociale démocratie se retrouve seul au pouvoir (P.S + radicaux de gauche), la question prioritaire qui vient est : « comment se maintenir au pouvoir », or la première heure de vérité de Le Pen a lieu le 13/02/1984 juste avant le départ effectif des ministres communistes (Juillet 1984).
 

Ne voulant pas rompre avec l’Europe, ne voulant pas rompre avec le capitalisme mondialisé, et voulant rester au pouvoir il fallait affaiblir le P.C.F et fait monter un monstre en vue de pouvoir ramener à la bergerie les « moutons raisonnables »[1]. De fait le P.C.F qui pesait encore 20 % des voix en 1981 chuta à moins de 10 % et Mitterrand fut réélu…(j’ai vécu de près la période).


Toute ressemblance avec la situation actuelle et E. Z., qui pour moi a été lancé par Jupiter (Macron) lui-même, n’est pas juste une coïncidence.... Comprenons, le fascisme est souvent, pour ne pas dire toujours, les conséquences de politiques conjoncturelles de court terme et tactique, car ne voulant pas s’attaquer aux vrais problèmes avec des vraies solutions, en tout cas à même d’apporter des solutions les plus efficaces.

 

 

- Eliminer Mélenchon seul objectif de la " primaire populaire "

Alors, rentrons dans le vif. Vu l’état de la situation de la sociale démocratie (P.S + alliés) obligée de reconnaitre les 19,6 % de Mélenchon de 2017, se voyant aujourd’hui obligée de jouer les supplétifs de Jadot, sondé à 5 %, Montebourg à 1 %, Hidalgo à 5%,  aujourd’hui, face à Mélenchon estimé à 13 % et qui de plus est le seul à avoir et proposer un programme et une dynamique politique, conséquence de ces faits la sociale démocratie est à la recherche de la survie… D’où la " primaire populaire "[3]…  et l’opération Taubira qui annonce son soutien... à la Primaire populaire[4] !

 

  • J’alerte mes camarades qui pensent qu’il suffit qu’il se présente pour gagner la primaire, qu’ils se mettent le doigt dans l’œil jusqu’au coude. 
    • J’alerte sur le fait que l’appel à une primaire dite " populaire " au nom du fait que JLM n’a rien à craindre, du fait du rapport de forces actuelle, verra se précipiter tous ceux qui craignent « l’avenir en commun » et Mélenchon en vue de l’éliminer car le plus dangereux pour le système ;
    • Rappelez-vous en 2017, Juppé était favori, il devait gagner, il était le candidat le plus crédible, pas trop à droite et présentant bien. Le résultat des courses ce fut Fillon, et l’on connait la suite. Les ennemis de Juppé et les amis de Macron avaient été voté en masse
    • Arrêtez de jouer au poisson rouge… le seul objectif de la " primaire populaire " c’est d’éliminer Mélenchon et surtout le programme " l’avenir en commun ", qui dérange tellement le système capitaliste mondialisé actuel d’où la propagande médiatique actuelle dont Taubira-Hidalgo participent.

 


- L'"Union Populaire " un choix stratégique

Face à ces " tactiques " de " subversion de marché ", promues de manière médiatique (quel citoyen dans la rue nous demande à nous militant de participer à la primaire populaire ???) il n’existe qu’une seule réponse, la stratégie de " l’union populaire ", qui pour le coup-là est une stratégie globale[5] et révolutionnaire (« pas de Révolution sans théorie révolutionnaire » / Lénine). La démarche de l’Union populaire, c’est au-delà du programme " l’avenir en commun[6] " de proposer une démarche qui anticipe et matérialise la 6ème République par constituante, c’est-à-dire l’appel au peuple.

 

 

- Un peu de sémiologie

La " sémiologie ", c’est l’étude des messages développé par l’image, car l’image est une langue dont il faut connaitre les idiomes. Or si l’on mets côte à côte le logo de la " primaire populaire " et de " l’union populaire " on observe :

  • que pour la " primaire populaire ", le symbole est une bulle visant à représenter l’idée de la parole au peuple, de plus tout ceci se déroule sur un fond rouge " communiste ", de débat intense ;
  • Au contraire la couleur de fond de " l’union populaire " est bleu, rassurant, car appuyé sur un programme élaboré en 2016, rediscuté depuis 2 ans et remis à jour (grâce 15 000 contributions citoyennes intégrées au programme + le fruit de 5 ans de travail parlementaire).

 

En synthèse : On a donc d’un côté l’illusion d’un appel au débat au dernier moment précipité et agressif (tactique) et de l’autre une " force tranquille " appuyée sur les débats et discussions faits depuis plus de 2 ans, formalisé dans un programme dont la première action est la 6ème République par constituante, ce qui ne se trouve pas dans les idées retenues pas " la primaire populaire ".

 


- Pas de rupture-bifurcation possible sans 6iéme République

Je vous dis mon sentiment personnel… J’ai toujours voté comme communiste au second tour de toutes les élections pour le candidat le mieux placé à " gauche " et ce jusqu’à Hollande. C’est fini et pourtant j’ai plus 20 ans, mais 63 printemps, mais ma sève est encore plus puissante d’exigences que lors de mes 20 printemps et pourtant j’étais déjà " casse-couille "… Alors je dis, qu’en 2022, sans rupture constitutionnelle (6ème République par constituante) il ne peut y avoir de ruptures sociales et écologiques, car le système institutionnel actuel est en correspondance et au service du système économique du Capitalisme mondialisé


Aucun changement de politique économique ne pourra se faire sans changer avant de constitution, car c’est la constitution, loi fondamentale, qui définit les priorités sociales et économiques d’une Nation. D’où cette question : Quel est le seul programme et le seul candidat qui proposent d’abolir la Vème République et passer à la 6ème République par constituante, c’est-à-dire appel au peuple ?... L'AVENIR EN COMMUN[6] !

 

  • Et c’est pour ce programme et son candidat que je milite et que je voterais.
    • Je ne suis donc pas dans l’adoration d’un " gourou ", mais dans l’analyse concrète des rapports sociaux et politiques et des solutions humaines et humanistes à apporter. Je ne vote pas pur un homme mais pour un programme et son intelligence programmatique (planification).
    • Qui refuse la 6ème République refuse en fait tout changement effectif et souhaite de fait le maintien du régime de monarchie présidentiel actuel…ce qui confirme la domination du marché sur le politique, donc le court terme, là où il faut reconquérir le long terme de la société.

 


- Aux illusionnés de l'illusion

Alors amis et camarades, l’urgence tactique, si je puis dire, est de poursuivre avec force et détermination la stratégie de " l’Union populaire "… C’est à la fin du match que l’on observe le gagnant…
Quand les chiens aboient… la caravane insoumise passe.

 

 

 

- Et... que l'on ne vienne pas prendre 1981 et l'élection de François Mitterand pour exemple

Combien de fois faudra-t'il répéter qu'au premier tour de 1981 IL N'Y AVAIT PAS D'UNION DE LA GAUCHE !!

C'est au second tour qu'il y a eu de bons reports sur François Mitterrand ...

 

 

 

- Et... que l'on ne vienne pas nous dire que la victoire chilienne est due à une " primaire de la gauche " ou une " primaire populaire "

Prenant appui sur un large front antifasciste de la jeunesse et de la génération du coup d’État, Gabriel Boric a mené une intense campagne de politisation pour faire reculer l’extrême droite et une abstention galopante. Sa victoire est à la hauteur espérée.

Mais, Contrairement à ce que certains disent, ce n'est pas une " Gauche unie " qui a gagné au Chili (même s'il y avait eu une " primaire " le dimanche 21 juillet 2021) qui n'a pas été respectée par la quasi totalité des organisations y ayant participé, ce qui ne permet pas d'affirmer que la victoire chilienne est due à une " primaire de la gauche " ou une " primaire populaire " comme le fait le PS.

  • Au 1er tour il y avait 4 candidats de Gauche[6bis] :

- Gabriel Boric, Gauche radicale : 25,8 %
- Eduardo Artés, extrême-Gauche : 1,5 %
- Marco Enríquez-Ominami, centre Gauche : 7,6 %
- Yasna Provoste, centre Gauche : 11,6 %
-
Seul Boric est resté qualifié pour le 2e tour. 

 

  • Au second tour, avec 56% des voix contre le candidat d’extrême droite José Antonio Kast, la victoire est écrasante pour Gabriel Boric, ancien député et leader étudiant, défenseur de l’Etat-providence et pourfendeur du néolibéralisme. À 35 ans, il est le nouveau président du Chili. 48 ans après le coup d’état du 11 septembre 1973 contre le président socialiste démocratiquement élu Salvador Allende, cette victoire est historique pour la gauche. « Le néo-libéralisme est né au Chili, et ce pays sera son tombeau » a déclaré le tout nouveau président. Un vent d’espoir incroyable s’est levé au Chili[7].

 

 

 

- Primaire populaire = Primaire PS ?

Raquel Garrido aux manettes de l'Émission Populaire, une émission 100% politique et 100% populaire ! Un espace de débat pour commenter et réfléchir à cette campagne présidentielle française et surtout... à l'après-Macron. 

Entourée de ses chroniqueurs et invités Didier Maïsto, Malika Rahmani, Hélène Boussel et Xavier Mathieu, Raquel vous invite à la rejoindre pour faire un point politique et médiatique. Nous aborderons notamment ces sujets :

  • Actu de campagne : ceux qui entrent et ceux qui sortent ;
  • Primaire populaire = primaire PS ?

Notes :

[0] Sainte-Taubira nous sauvera-t-elle ?

[1] Mitterrand et le bon usage du FN

[1bis] Jean-Luc Mélenchon : " Nous demandons à ne pas être impliqué par la prétendue « primaire populaire » "

[2] Baromètre hebdomadaire S50 : Présidentielle 2022

[3La primaire Populaire : qui se cache derrière ?

[4] Christiane Taubira annonce son soutien à la Primaire populaire, « dernier espace pour construire l’union » de la gauche

[5] Jean-Luc Mélenchon : " L’union populaire : une stratégie globale "

[6] Programme de l'Union populaire 2022 " L’avenir en commun "

[6bis] Élection présidentielle chilienne de 2021

[7] Victoire historique au Chili : Gabriel Boric est le nouveau président

 

Pour en savoir plus :

- Jean-Luc Melenchon : après l'union de la gauche, vite L'UNION POPULAIRE !

- Sondages : la dynamique Mélenchon se confirme

Pourquoi la "Primaire Populaire" est déjà un échec ?

- Mise au point sur les chances à "gauche" pour 2022 et la mauvaise idée d'une primaire

- Sainte Christiane Taubira peut-elle tous nous sauver ?

- Mais qu’allait-elle faire dans cette galère ? A quoi la candidature de Christiane Taubira pourrait-elle bien servir ?

- Plaidoyer d'un fossoyeur de la gauche

- Primaire de toute la «gauche» : une fausse bonne idée

- PRIMAIRE POPULAIRE : LE CULTE DE L’UNION SUPRÊME

- Jean-Luc Mélenchon : La stratégie du désespoir

- TRIBUNE. "La primaire populaire est illégale", selon le juriste Jean-Philippe Derosier

- Un article très juste : la primaire 2022 Ni primaire… ni populaire

- Fred Borras : Le mirage Taubira

Sur les primaires : tirons les leçons du passé récent... 2016 l

- Alexis Corbière : " Les primaires sont un papier tue-mouche sur lequel viennent se coller les participants " 

- “ Les primaires à gauche, un remède pire que le mal ”

- Une primaire de Hollande à Juppé : tout sauf Mélenchon

- Les primaires à gauche, ou le casting de la tambouille

- Les Primaires contre la Gauche

- Gauche : Gare au prix amer de la primaire !

- Jean-Luc Mélenchon en 2016 : " Les primaires : la loi du mensonge et de la triche.... " [...] " ces primaires qui se disent d’autant plus démocratiques qu’elles se veulent « ouvertes » seront par là même un moment de plus qui aggravera la confusion et le  règne du mensonge. En cela elles plombent un peu plus lourdement le système politique qu’elles prétendaient pourtant rénover."

La politique n'est pas une rivière paisible et encore moins pour 2022 !
La politique n'est pas une rivière paisible et encore moins pour 2022 !
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19 décembre 2021 7 19 /12 /décembre /2021 18:13

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15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 12:19

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On nous dit, face à la division de la gauche, vite la " Primairepopulaire " et on tente de nous présenter Christiane Taubira, comme étant " notre solution commune " ! 
 

🔴 A celles et ceux, qui se disant de gauche, applaudissent la multiplication des candidats " de gauche " au non de l'Union ;
🔴 A celles et ceux qui n'ont pas compris que Christiane Taubira et les instigateurs de la " primaire populaire " de gauche.... ouverte à tous, ne sont que les porteurs d'un concept qui n'a rien de nouveau " TOUT CONTRE MELENCHON PORTEUR DE L'AVENIR EN COMMUN " !
👉 Vous êtes les victimes, d'une manipulation politicienne visant à vous empêcher d'accéder au pouvoir... " Plutôt Macron/Pécresse/Le Pen ou Zemmour que l'#UnionPopulaire "... ça ne vous rappelle rien ?

🔴 Au fait, ceux qui défendent cette stratégie affirment y croire dur comme fer, parce qu’il ne s’agirait pas de n’importe quelle politicienne ! Qu’en est-il vraiment ? Taubira est-elle la clef pour nous sortir de l’enfer,  le phare dans l’inconnu ou encore la lumière dans les ténèbres ? Rien n’est moins sûr...

 

🔴 Pour accéder à l'intégralité de l'article, cliquez sur le lien ci dessous 👇

http://ruedublogulerouge.over-blog.com/2021/12/sainte-taubira-nous-sauvera-t-elle.html

 

 

- Synthétiquement, la réponse en image

Sainte-Taubira nous sauvera-t-elle ?
Sainte-Taubira nous sauvera-t-elle ?
Sainte-Taubira nous sauvera-t-elle ?

 

- L'alternative, c'est ici 👇

Ou en est le candidat porteur de l'#AvenirEnCommun et de la stratégie de l'#UnionPopulaire ?

  • Jean-Luc Mélenchon à portée de main du second tour.

Le nouveau sondage Cluster17, publié le vendredi 17 décembre 2021[1], confirme la dynamique solide qui se crée autour du candidat de l’Union Populaire, Jean-Luc Mélenchon. Favori à gauche, il devance nettement ses concurrents, d’au moins 8 points. Avec 13% d’intentions de votes, il laisse loin derrière lui Anne Hidalgo ou Yannick Jadot, respectivement à 3% et 5%. Qui d’autre que Jean-Luc Mélenchon peut faire gagner la gauche en 2022 ?

 

 

🔴 Pour suivre l'évolution sondagière hebdomadaire de Jean-Luc Mélenchon cliquez sur le lien ci-dessous 👇

Cluster17 Baromètre hebdomadaire S50 : Présidentielle 2022
Cluster17 Baromètre hebdomadaire S50 : Présidentielle 2022

 

🔴 Gagner est possible ! La preuve ici 👇

 

Sainte-Taubira nous sauvera-t-elle ?
Sainte-Taubira nous sauvera-t-elle ?
Sainte-Taubira nous sauvera-t-elle ?

 

- Et que l'on ne vienne pas nous dire que la victoire chilienne est due à une " primaire de la gauche " ou une " primaire populaire "

Prenant appui sur un large front antifasciste de la jeunesse et de la génération du coup d’État, Gabriel Boric a mené une intense campagne de politisation pour faire reculer l’extrême droite et une abstention galopante. Sa victoire est à la hauteur espérée.

Mais, Contrairement à ce que certains disent, ce n'est pas une " Gauche unie " qui a gagné au Chili (même s'il y avait eu une " primaire " le dimanche 21 juillet 2021) qui n'a pas été respectée par la quasi totalité des organisations y ayant participé, ce qui ne permet pas d'affirmer que la victoire chilienne est due à une " primaire de la gauche " ou une " primaire populaire " comme le fait le PS.

  • ​​Au 1er tour il y avait 4 candidats de Gauche[3] :

- Gabriel Boric, Gauche radicale : 25,8 %
- Eduardo Artés, extrême-Gauche : 1,5 %
- Marco Enríquez-Ominami, centre Gauche : 7,6 %
- Yasna Provoste, centre Gauche : 11,6 %
-
Seul Boric est resté qualifié pour le 2e tour. 

 

  • Au second tour, avec 56% des voix contre le candidat d’extrême droite José Antonio Kast, la victoire est écrasante pour Gabriel Boric, ancien député et leader étudiant, défenseur de l’Etat-providence et pourfendeur du néolibéralisme. À 35 ans, il est le nouveau président du Chili. 48 ans après le coup d’état du 11 septembre 1973 contre le président socialiste démocratiquement élu Salvador Allende, cette victoire est historique pour la gauche. « Le néo-libéralisme est né au Chili, et ce pays sera son tombeau » a déclaré le tout nouveau président. Un vent d’espoir incroyable s’est levé au Chili[4].

 

 

 

Notes

[1] Sondage 2022 : Mélenchon peut battre l’extrême droite

[2] Victoire historique au Chili : Gabriel Boric est le nouveau président

[3] Élection présidentielle chilienne de 2021

[4] Victoire historique au Chili : Gabriel Boric est le nouveau président

 

Pour en savoir plus :

- Christiane Taubira, une candidature sociale-libérale

- La primaire Populaire: qui se cache derrière ?

- Sondages : la dynamique Mélenchon se confirme

Pourquoi la "Primaire Populaire" est déjà un échec ?

- Mise au point sur les chances à "gauche" pour 2022 et la mauvaise idée d'une primaire

- Sainte Christiane Taubira peut-elle tous nous sauver ?

- Mais qu’allait-elle faire dans cette galère ? A quoi la candidature de Christiane Taubira pourrait-elle bien servir ?

- Plaidoyer d'un fossoyeur de la gauche

- Taubira : LES NOUVEAUX HABITS BRANCHÉS DE LA BOURGEOISIE

- Fred Borras : Le mirage Taubira

Sainte-Taubira nous sauvera-t-elle ?

- Ine fine, Taubira serait-elle plus à gauche que Poutou, Arthaud, Roussel, Hidalgo ou tout simplement effe fait passer l'intérêt du pays, l'intérêt du peuple en souffrance avant l'intérêt du parti ?

Peut importe, c'est le résultat qui compte : Christiane Taubira appelle au vote Jean-Luc Mélenchon au 1er tour.

 

 

 

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15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 11:03

 

Fin 2019, le déficit budgétaire de la France représentait 72,8 milliards d’euros, «une véritable catastrophe, un mal à éradiquer » pour de nombreuses voix. Un an et une crise sanitaire après, on annonçait que la dette représenterait au moins 220 milliards d’euros fin 2021. Les portes de l'enfer sont-elles pour autant ouvertes ?

 

- En savoir plus

L’exécutif n’a pourtant pas tardé à ressortir le spectre de la dette, prétexte idéal pour justifier ses politiques libérales : baisse des dépenses publiques, réformes « structurelles » qui sont autant d'attaques contre le monde du travail, etc. 

 

Cet ouvrage se veut un antidote à ces politiques. Pour commencer, il propose d’annuler la « dette Covid » (les sommes dépensées pour faire face aux conséquences de l’épidémie et détenues par la BCE). Et plus largement, il explique pourquoi et comment il est temps d’affirmer «  lâchez-nous la dette  », d’arrêter de brandir ce faux problème, tel un épouvantail permettant de faire passer les réformes les plus antisociales.  

 

Un exercice pédagogique et engagé d'autant plus indispensable que la question de la dette, souvent rebattue, devrait être au centre du débat économique des élections de 2022. 

 

Informations sur l’auteur :

Engagé de longue date, Éric Coquerel a cofondé avec Jean-Luc Mélenchon le Parti de gauche en 2008, puis, largement œuvré à la création du Front de gauche. Élu conseiller régional Ile-de-France en 2010, puis député France Insoumise en Seine-Saint-Denis depuis 2017, il est très présent dans les mobilisations, notamment dans les luttes des quartiers populaires et contre les discriminations racistes, il est un des députés les plus assidus de l’assemblée où il siège pour son groupe à la commission des finances..

 

-  Par : Eric Coquerel

Éditions : Les Editions de l'Atelier

Date de parution : 22 septembre 2021

Pages : 96

Disponibilité : chez l'éditeur Les Editions de l'Atelier

Format : 180 mm x 120 mm

Prix papier TTC : 9,80€

 

 

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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 21:44

 

Le 25 novembre 2021 est sorti aux éditions seuil « Génération Mélenchon », le premier livre d’Adrien Quatennens, député du Nord et coordinateur de La France insoumise (LFI).

Un ouvrage mettant en lumière la réalisation peut-être la plus précieuse de la vie de Jean-Luc Mélenchon : avoir réussi à constituer autour de lui une équipe très jeune, prête à gouverner grâce aux responsabilités et à l’expérience engrangée à l’Assemblée nationale et au Parlement européen. Une équipe formée intellectuellement à la théorie de l’ère du peuple et de la révolution citoyenne, écologique et sociale.

Adrien Quatennens, 31 ans, est l’illustration de cette #GenerationMelenchon née dans les années 90 qui s’est politisée grâce à Jean-Luc Mélenchon, et qui assure la pérennité du combat des insoumis.

 

 

- En savoir plus

Il y a dix ans, conscient de l’urgence pressante de tout changer, convaincu par son programme et certain qu’il était le mieux équipé pour le faire appliquer, j’ai choisi de rejoindre Jean-Luc Mélenchon et de me battre à ses côtés. En une poignée d’années, partant de si peu et alors que la politique n’avait rien d’évident dans le milieu dans lequel j’ai évolué, je suis devenu son compagnon de route et moi même-député. Je suis de cette génération Mélenchon qu’il a patiemment construite, assurant la pérennité du combat que nous menons.


Cette histoire-là, peu commune, on me demande souvent de la raconter. Probablement pour mieux connaître, vu de l’intérieur, le fonctionnement de cet homme qui ne laisse personne indifférent. Peut-être aussi pour le comprendre autrement qu’au travers de l’image renvoyée par le filtre, souvent déformant, des médias. Possiblement par intérêt pour l’histoire de la transmission entre un combattant aguerri de la politique et un jeune engagé qu’on a vu y débarquer de nulle part.


J’ai répondu une fois qu’un jour, sûrement, je prendrai la plume pour en dire davantage sur mon parcours récent et raconter au travers de ce récit le Mélenchon que je connais bien.
Mais alors que nous sommes collectivement engagés dans un moment décisif et qu’à cette heure c’est lui qui marche devant nous, j’ai réfléchi : pourquoi attendre plus longtemps pour vous raconter tout cela ?

 

Informations sur l’auteur :

Adrien Quatennens, 31 ans est député du Nord et coordinateur du mouvement La France Insoumise. Élu à 27 ans en 2017, il est rapidement devenu l’une des principales figures de l’opposition à Emmanuel Macron et un porte-parole médiatique de sa famille politique..

 

-  Par : Adrien Quatennens

Éditions : Les Editions Seuil

Date de parution : 25 Novembre 2021

Pages : 304

Disponibilité : chez l'éditeur Les Editions Seuil

Format : 22 cm x 14 cm

Prix papier TTC : 17,90 €

 

 

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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 16:53
L’histoire du libre-échange et du protectionnisme... et demain...
L’histoire du libre-échange et du protectionnisme... et demain...

...Pour aboutir à quoi : l'instauration d'un protectionnisme solidaire pour produire en France comme le propose l'Avenir en Commun[15] ?

 

La querelle entre libre-échange et protectionnisme naît pratiquement avec le capitalisme. Mais l’histoire nous montre qu’il y a eu alternance de ces deux options. Nous verrons quelles forces sociales les ont promues.

 

Sources : gauchemip.org & Durand Eric | 

- I. Naissance du concept de libre-échange

Le Lorrain, Port de mer au soleil couchant, 1639.

Jusqu’au début du XVIIIe siècle le mercantilisme a été la doctrine sur les échanges internationaux[1]. Son principe était qu’il fallait réduire au minimum les importations et accroître au maximum les exportations. Tout cela dans le but de concentrer dans le pays le maximum de métaux précieux qui étaient considérés comme étant à la base de la richesse nationale...

 

En 1760, les physiocrates Quesnay, Turgot préconisent le libre-échange. Mais son premier théoricien est Adam Smith (1723 - 1790) qui publie en 1776 recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations. Il est l’inventeur de la parabole de la main invisible, selon laquelle chaque individu, en ne suivant que ses fins propres « est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’est nullement dans ses intentions ». Contrairement à ce que disent aujourd’hui les néolibéraux, Smith n’était pas partisan du laisser-faire. Il allouait un rôle économique à l’Etat qui outre ses fonctions régaliennes devait prendre en charge les activités que les entrepreneurs ne pouvaient assumer. La première application de ses théories fut la signature du traité de commerce anglo-français de 1786. Ce traité favorisait l’exportation des vins du bordelais mais ce fut une catastrophe pour l’industrie française, moins développée que sa concurrente anglaise. Ce fut probablement une des causes de la Révolution française[2]. Le XVIIIe siècle se termina par un retour au protectionnisme à cause des espoirs déçus du traité de 1786 ainsi que de la guerre.

 

David Ricardo (1772 - 1823) est le véritable théoricien du libre-échange avec la théorie des « avantages comparatifs »[3]. Il affirme que le commerce enrichit les deux partenaires, car rapidement chacun fait ce pourquoi il est le plus doué. Pourtant, ces deux théoriciens oubliaient que l’Angleterre avait construit son industrie lainière dans les siècles précédents à l’abri de la concurrence hollandaise. Alors qu’au XVe siècle l’Angleterre exportait sa laine brute en Hollande, elle en avait ensuite fortement taxé ses exportations et avait pu construire son industrie.

 

 

- II. 1815 - 1914, ou le rôle moteur de la Grande Bretagne dans les périodes d’ouverture ou de fermeture au commerce international...

L’histoire économique du monde développé de 1815 à 1914 peut être découpée en cinq phases selon l’économiste belge Paul Bairoch (1930 - 1999) :

  • 1 - 1815-1846 : adoption graduelle de libre-échange au Royaume Uni, mais maintien du protectionnisme dans le reste de l’Occident ;

En 1815, le parlement anglais sous la pression de la noblesse terrienne vota les Corn Laws. Lors des bonnes récoltes les droits de douane étaient relevés et ils étaient abaissés lors des mauvaises. La gentry était ainsi assurée de revenus réguliers. Mais les ouvriers de l’industrie payaient cher les produits alimentaires, ce qui obligeait les industriels à leur payer des salaires relativement élevés. Avec le libre-échange, les industriels paieraient des salaires faibles, ce qui, compte tenu de la forte mécanisation rendrait leurs usines compétitives.

- Les intérêts de l’industrie, donc du libre-échange furent défendus par le Political Economy Club, fondé par David Ricardo et ses amis afin de promouvoir la nouvelle pensée économique.

- Ils profitèrent des mauvaises conditions climatiques de 1845, auxquelles s’ajouta la récolte catastrophique de pommes de terre en Irlande et le 6 juin 1846 les Corn Laws étaient abrogées[4].

  • 2 - 1846-1860 : efforts du Royaume-Uni pour étendre la politique libérale à l’Europe continentale ;

- de 1846 à 1860, l’Angleterre s’efforça de propager le libre-échange en Europe continentale.

L. Palmerston débats traité franco-britannique
  • 3 - 1860-1879 : phase libre-échangiste dans la plupart des pays européens ; mais maintien ou accentuation du protectionnisme dans les pays développés d’outre-mer ;

- 1860-1879 : phase libre-échangiste dans la plupart des pays d’Europe. En 1860, Napoléon III négocia secrètement un traité de commerce avec le Royaume-Uni (Traité Cobden-Chevalier) que la grande majorité des membres de la Chambre des députés qualifia de nouveau coup d’état[5]. Le reste de l’Europe continentale adopta le libre-échange, mais eut à subir une dépression de 1869 à 1873 qui fut plus forte que celle de 1929, en ce qui concerne le recul du PNB.

- En totale opposition avec le virage libéral de l’Europe, pratiquement tous les pays développés d’outremer renforcèrent ou adoptèrent le protectionnisme dans les années 1860-1880. Aux Etats-Unis, la guerre de Sécession (1861-1865) entre le Nord anti-esclavagiste et le Sud favorable au système esclavagiste est aussi une guerre entre le Nord protectionniste et le Sud libre-échangiste. 1879-1892, retour de l’Europe continentale au protectionnisme : l’Allemagne montre la voie avec la Realpolitik de Bismarck. La France, quant à elle, ne retourna au protectionnisme réel qu’avec le tarif dit « de Méline » de 1892[6].

  • 4 - 1879-1892 : retour de l’Europe continentale au protectionnisme ;
  • 5 - 1892-1914 : accentuation de la pression protectionniste au Royaume-Uni et renforcement du protectionnisme en Europe continentale et dans les pays de peuplement européen.

- 1892-1914 : tandis qu’au Royaume-Uni, Chamberlain militait sans succès pour le « Fair Trade » (qu’on peut traduire par commerce loyal ou équitable), opposé au « free trade », on assistait au renforcement du protectionnisme dans le reste du monde développé[7].

- Les Etats-Unis qui n’avaient pas pris part au mouvement de libre-échange, et au contraire, avaient relevé le niveau de leur protection, connurent une période de forte croissance, alors que l’Europe était en pleine dépression.

- Cette période est même une des plus prospères de l’histoire des Etats-Unis.

- En Europe continentale, il y eut reprise dès qu’une politique protectionniste fut décidée.

- D’ailleurs, au cours de la phase d’expansion économique 1889/1892 à 1913, la croissance a été de 0,9% par habitant au Royaume-Uni, resté fidèle au libre-échange tandis qu’en Europe continentale devenue protectionniste, elle était de 1,5%. Entre 1891/1893 et 1913, le volume des exportations européennes s’accrut de 3,9% par an, contre moins de 3% pendant la période de libre-échange[8].

 

 

- Conclusion sur le XIXe siècle

Trois enseignements peuvent être tirés de cette période :

  • I. Le libre-échange ne peut être efficace qu’entre pays ayant le même niveau de développement ;
  • II. les pays les moins avancés ont besoin du protectionnisme pour rattraper les plus développés. Les Etats-Unis d’Amérique furent protectionnistes de leur création à la fin de la seconde guerre mondiale, leur suprématie industrielle étant alors fermement assurée. Ulysses Grant, président des Etats-Unis de 1768 à 1876 avait anticipé cette évolution : « Pendant des siècles, l’Angleterre s’est appuyée sur la protection, l’a pratiquée jusqu’à ses plus extrêmes limites, et en a obtenu des résultats satisfaisants. Après deux siècles, elle a jugé commode d’adopter le libre-échange, car elle pense que la protection n’a plus rien à lui offrir. Eh, Messieurs, la connaissance que j’ai de notre pays me conduit à penser que dans moins de deux cents ans lorsque l’Amérique aura tiré tout ce qu’elle a à offrir, elle adoptera aussi le libre-échange[9]».

Il ne s’était pas trompé dans la prédiction, seulement sur le délai.

Le développement économique des pays s’est toujours fait à l’abri de frontières fermées, et les périodes d’ouverture, correspondent au désir des pays développées soit de s’assurer des approvisionnements de matières premières à bas coût, soit de s’assurer de débouchés au-delà de leur marché national (kicking away the ladder, théorie de « l’échelle tirée » de Friedrich List qui disait que les prêches britanniques en faveur du libre-échange faisaient penser à celui qui parvenu au sommet d’un édifice, renvoie l’échelle d’un coup de pied afin d’empêcher les autres de le rejoindre). List le promoteur du Zollverein, l’union douanière allemande dont les débuts datent de 1818, ne voyait aucune contradiction entre celui-ci, et la protection des industries naissantes, car il considérait que les états allemands avaient des niveaux de développement relativement proches[10].

  • III. A l’intérieur d’un pays, les luttes entre protectionnistes et libre-échangistes masquent des conflits de classe (en Angleterre, de 1815 à 1846 la noblesse terrienne contre la bourgeoisie industrielle, aux Etats-Unis à l’époque de la guerre de sécession, la classe colonialiste du Sud contre la bourgeoisie industrielle du Nord). La classe la plus pauvre d’un pays (les ouvriers anglais et les esclaves noirs américains) pâtit encore plus que les autres du libre-échange. Le libre-échange signifie la guerre économique et les pays qui le pratiquent cherchent à améliorer leur compétitivité en jouant sur les conditions de vie de leurs travailleurs.

 

 

Du GATT à l'OMC

- Problèmes des XXe et XXIe siècles.

Au XXe siècle, le monde connut une période de libre-échange débridé jusqu’à la crise de 1929. Devant la catastrophe, les états sortirent de la crise au moins partiellement grâce à des mesures protectionnistes. Certains économistes libre-échangistes ont accusé le protectionnisme d’avoir été la cause de la guerre, alors que le protectionnisme était seulement une réponse à la crise de 1929. Dans tous les pays industriels, le chômage avait diminué à la veille de la guerre.

 

Après la seconde guerre mondiale, il y eut une période protectionniste. Les Etats-Unis étaient devenus la principale puissance économique du monde et selon la prédiction d’Ulysses Grant, ils devinrent libre-échangistes[9]. A leur initiative, le GATT (signé le 30 octobre 1947 par 23 pays)[11] fut créé dont le but était la baisse des tarifs douaniers dans le monde. Cette entreprise mit un certain temps. La Communauté européenne à sa création pratiquait la préférence communautaire, tandis que les dragons asiatiques se développaient à l’abri de barrières douanières. En 1995, le GATT se transformait en OMC[12] et le monde entier s’est mis à l’heure du libre-échange.

 

  • Dans les pays occidentaux, le libre-échange entraîne les délocalisations vers les pays à bas salaires, dans les pays du Sud la destruction de l’agriculture locale par la concurrence des de l’agriculture mécanisée et subventionnée du Nord.

 

  • Le protectionnisme a mauvaise presse, il est accusé de protéger des activités non rentables, donc ringard. D’après certains économistes d’Attac, ce serait une réaction égoïste des pays industrialisés voulant conserver des situations acquises et empêcher le développement du tiers monde[13]. Pourtant les ouvriers occidentaux voient leurs emplois détruits par la concurrence des ouvriers du tiers monde dont les salaires sont 20 fois plus faibles pour la Chine. Ce pays ne ferait-il pas mieux de développer le niveau de vie de son peuple au lieu de se faire un avantage de ses faibles salaires ?

 

  • Des économistes comme Jacques Sapir et Maurice Lauré ont inventé la notion de protectionnisme altruiste et écologiste[14]. Pour répondre à l’accusation de xénophobie, ils proposent d’appliquer des droits de douane proportionnels à la différence des salaires du pays importateur et les salaires du pays exportateur. Ces droits de douane modulés par une taxe écologique seraient reversés au pays exportateur, afin qu’il améliore les droits sociaux de ses salariés et prenne en compte les contraintes écologique dans la production. Rappelons que le protectionnisme n’est pas l’autarcie.

 

 

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- Pour les présidentielles de 2022 (comme pour celles de 2017) la France insoumise propose l'instauration d'un protectionnisme solidaire dans son programme l'Avenir en commun[15]

En partant du constat :

Instaurer un protectionnisme écologique et solidaire pour produire en France et assurer notre indépendance
  • des droits sociaux soumis au chantage permanent du dumping ;
  • un bilan écologique désastreux ;
  • une industrie dévastée ;
  • une agriculture désorganisée ;
  • des régions entières condamnées... 

le grand déménagement du monde doit cesser.

 

La France ne doit pas dépendre d’autres États pour ses productions essentielles : lorsqu’une crise éclate, il est déjà trop tard pour relocaliser la production. 
 

Le protectionnisme que nous souhaitons mettre en place n'est pas le même que celui prôné par l'extrême droite, nous souhaitons un protectionnisme solidaire, c'est à dire un protectionnisme écologique et social :

- Mesure clé : relocaliser d’urgence les productions essentielles à la vie de notre pays ;

 

- Pour un protectionnisme écologique, nous voulons mettre en place une taxation écologique aux frontières qui prend en compte les modes de production et de transport. Ainsi, nous taxerons les produits venant de pays éloignés et/ou étant produits avec du charbon par exemple, pour privilégier les circuits courts ;

 

- Pour un protectionnisme social, nous voulons déjà faire l’inventaire et l’évaluation des accords déjà appliqués et souhaitons interdire complètement les produits réalisés dans des conditions inacceptables, issus de l'esclavage comme au Pakistan ou en Inde, du travail d'enfants ou de pays n'ayant aucun droit syndical ;

 

- Nous souhaitons aussi arrêter immédiatement d'appliquer la directive des travailleurs détachés, en étendant les cotisations et le salaire sur le droit français. Aussi, nous voulons réaliser une taxation sociale aux frontières sur la base du droit social du pays exportateur, concernant le salaire minimum ou le droit à la retraite en l'absence d'accord entre le pays et la France ;

 

- Et aller plus loin : nous voulons réviser le Code des marchés publics pour favoriser les entreprises sociales et solidaires, écologiques et locales...

 

 

- Clémence Guetté vous présente chaque semaine une des mesures de notre programme " L'Avenir en commun " pour les élections présidentielles de 2022.

Cette semaine : Le protectionnisme solidaire ⤵️

 

Notes

[1] Mercantilisme

[2] Georges Weulersse. La physiocratie à l’aube de la Révolution, 1781 - 1792, p. 264.

[3] David Ricardo, né le 18 avril 1772 à Londres et mort le 11 septembre 1823 à Gatcombe Park, est un économiste et philosophe britannique, également agent de change et député.

[4] Paul Bairoch. Victoires et déboires. Histoire économique et sociale du monde du XVIe siècle à nos jours, t. 2, pp. 279-284.

[5] Par la clause de la nation la plus favorisée, on entend le principe que tout avantage qu’un pays accorde à n’importe quel autre pays doit être automatiquement accordé aussi au pays avec lequel on a signé une telle clause : si la France est liée à la Suisse par un traité comportant la clause de la nation la plus favorisée, et si elle réduit ses droits de douane sur le fromage hollandais, elle est tenue d’accorder les mêmes tarifs au fromage suisse (Traité Cobden-Chevalier)

[6] C’est à cette époque qu’il y eut une sophistication des tarifs. L’un dit autonome ou statutaire est un tarif établi et modifié par des lois, le second type est qualifié de conventionnel, c’est à dire qu’il peut être modifié ou établi avec d’autres pays (11 janvier 1892 : Méline fait voter la loi protectionniste du double tarif).

[7] idem, pp. 291-300.

[8] Paul, Bairoch. Mythes et paradoxes de l’histoire économique, pp. 233-234.

[9] Ulysses Grant, président des États-Unis de 1868 à 1876

[10] Ha-Joon Chang : « L’amnésie des économistes libéraux » in Manière de voir, Janvier-Février 2007, pp. 15-18.

[11] Le GATT est l'acronyme de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, conclu en 1947 et en vigueur jusqu'en 1994.

[12] Organisation mondiale du commerce

[13] Thomas Coutrot. Quelles alternatives au libre-échange ? Quelques éléments pour lancer un débat. Février 2006. par Christian Schneider

[14] Jacques Sapir : "Il faut accepter des formes de protectionnisme au sein de l'Europe"

[15] L'Avenir en commun

 

Pour en savoir plus :

Jean-Luc Mélenchon : “La lutte contre la délocalisation passe par du protectionnisme sélectif et solidaire”

- Pour en savoir plus : Le #20 des « Livrets de la France insoumise » aborde le thème du commerce et de l’industrie.

 

 

Et pour ceux qui veulent en savoir encore plus :

livret thématique produire en France
  • Le #20 des « Livrets de la France insoumise » de l'Avenir en commun version 2017 aborde le thème du commerce et de l’industrie.
  • Il a été préparé par un groupe de travail animé par Jean-Charles Hourcade, ancien directeur générale du fonds France Brevet et membre de l’Académie des technologies, et Antoine Pyra, socio-écononomiste.
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