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6 septembre 2024 5 06 /09 /septembre /2024 13:20
La gauche n’a pas de problème avec les sous-préfectures

Métropoles à gauche, ruralité au RN ?

Sébastien Rome :

- effectue ici un retour[0] en 2012 : " Le vote rural et le RN : la faute à Mélenchon ? "

- bat en brèche cette théorie fumeuse... notamment développée par F. Ruffin

 

 

La France des métropoles serait à gauche et la France rurale, périurbaine, des villes moyennes serait RN. Vous connaissez la chanson. Pour une gauche majoritaire dans le pays, il faut établir le bon diagnostic. Je vous soumets ici quelques idées et résultats qui invitent à abandonner la lecture simpliste métropole versus campagne. Et non, la France des sous-préfectures ne vote pas RN.

 

 

Source : Sebastien Rome député LFI | mis à jour le 13/09/2024

- Tribunes, ateliers aux universités d’été, déclarations publiques : une question prend de plus en plus de place : est-ce que la France hors des « métropoles », c’est-à-dire les petites et villes moyennes, les villages, vote principalement pour le Rassemblement national ?
Mais également : existe-t-il une opposition binaire entre une France des villes et une France des champs comme la fable d’Esope le décrivait au VIe siècle avant J.C ?
La réalité du réseau urbain français est plus complexe et ne ressemble pas à la fable du poète grec, où l’opulence du rat des villes impliquent l’insécurité permanente quand la tranquillité du rat des champs a pour corolaire la pauvreté. Il semblerait que pour certains, nous en sommes toujours là plus de deux millénaires après. Sur ce sujet, la récente analyse et typologie des espaces ruraux[1] démontre que certaines campagnes sont en déclin quand d’autres sont dynamiques et prospères, encore d’autres sont très attractives car dans des zones touristiques mais pauvres. Je ne reviens pas plus sur cet aspect laissant le soin d’explorer via le lien au-dessus la diversité des ruralités françaises.

 

 

🔴  Essayons donc de sortir de la carricature binaire et poursuivons en regardant quels sont les ressorts du vote dans les habitants des sous-préfectures, des villes moyennes en déprise et de la ruralité et surtout s’ils votent plus RN.

 

 

- Pour cela commençons par les travail de Olivier Bouba-Olga et Vincent Grimault, qui, dans un article pour Alternatives économiques, nous expliquent vraiment les différences de vote RN entre les villes et les campagnes[2].

Par un travail remarquable, ils démontrent le facteur explicatif du vote. « Le fait de montrer que le vote dépend de caractéristiques sociales plus que du lieu de vie permet d’invalider les interprétations en termes de gradient d’urbanité [plus on s’éloigne du centre-ville de la métropole, plus on vote RN], très souvent reprises, plus ou moins consciemment, dans les médias. »

L’écart des résultats, en données brutes, entre l’urbain et le péri-urbain ou le rural est de 11 points en défaveur pour la gauche. Dit autrement, si on regarde le pourcentage des résultats entre les villes et les campagnes, on a un écart de 11 points. Cela plaide pour une interprétation géographique du vote. Il y aurait un vote des quartiers différents de celui des clochers selon la nouvelle formule de François Ruffin[3].

 

Mais quand on observe le résultat des élections législatives au regard de la composition sociale de ces différents territoires (urbain, rural sous influence urbaine, rural autonome), on obtient une autre compréhension de la situation sociale du pays. Le vote des ouvriers, des employés, des cadres des villes et des champs varie assez peu selon leurs lieux de vie.

  • Ainsi, l’écart brut qui était de 11 points entre l’urbain et le rural tombe à 1 point pour le rural et à 3 points pour le rural sous influence urbaine (« périurbain »).
  • L’écart d’un point dans le rural n’est pas significatif. Cela veut dire que les ruraux ne votent pas différemment que les urbains mais selon leurs classes sociales.
  • Par contre, l’écart de 3 points dans le péri-urbain quand on neutralise l’effet de la composition sociale a une signification. Chez les habitants des zones péri-urbaines, il semble y avoir une légère influence du lieu de vie selon Olivier Bouba-Olga[4].

 

 

- Je propose ici d’expliquer cette influence géographique du vote par l’organisation sociale dans l’espace qui s’est mis en place en France selon le triptyque suivant :

triangle travail-foncier-mobilité

 

🔴 On sait que le niveau de diplôme est la corrélation la plus efficace dans l’explication du vote[5]. Plus on est diplômé, moins on vote RN. Avec un CAP/BEP, on a bien plus de probabilité de voter RN. Ces diplômes impliquent une position sociale, un éventail de professions et des revenus qui ne sont pas les mêmes que lorsque l’on a un diplôme du supérieur, c’est un truisme. On accède alors à un logement en rapport avec ce revenu selon le prix du foncier. Ce logement implique une mobilité insérée dans un réseau de transports collectifs/publics ou un réseau routier de transports privés/individualisés. Le crédit fait le lien entre ces trois éléments

 

🔴 On retrouve là la base du capitalisme actuel fait de réseaux, de spéculation et de dépréciation foncière, de l’exploitation du travail et du non-travail, où le système bancaire est central. Pour le dire schématiquement :

  • quand on a de très bons revenus, on vit soit en centre-ville, soit dans la banlieue chic ;
  • quand on est très pauvre, on vit soit dans les HLM, soit dans les centres anciens des villes (ou villages) en déprise ;
  • quand on a un salaire autour du salaire médian, soit 1 850 € (c-a-d 50 % des Français gagnent plus de 1850€ et 50 % gagnent moins), on va vivre au milieu de ces deux espaces, dans le périurbain.

 

🔴 On se distingue ainsi des plus pauvres en évitant les centres anciens, souvent dégradés tout en n’ayant pas les moyens accéder aux quartiers les plus prisés. La voiture est alors ce qui fait lien entre les espaces de consommation, de travail, de loisirs, de services publics. Le choix est de se mettre en retrait, « au calme »,  « à la campagne », à distance des espaces sociaux les plus stigmatisés, à des fins de distinction sociale et de reconnaissance sociale de réussite via l’accession à la propriété d’une maison individuelle.

 

🔴 Si le vote ne dépend pas du territoire mais de la condition sociale, comme le démontre entre autres Olivier Bouba-Olga, on doit comprendre les rapports sociaux que les habitants de ces différents territoires entretiennent collectivement les uns avec les autres. Ces rapports sociaux s’inscrivent dans les territoires qui sont ainsi socialement marqués, avec plus d’ouvriers/employés dans les espaces péri-urbains qui cherchent à se rapprocher des lieux de vie les plus valorisés socialement et dans le même temps qui chercher à se distinguer des lieux de vie les plus stigmatisés.

 

 

- Il ne faut donc pas penser les communes indépendamment les unes des autres ou selon leur nombre d’habitants, mais dans les relations qu’elles (et leurs habitants) entretiennent en termes de distinction sociale.

Chercher à comprendre le vote des habitants de communes par tranche du nombre d’habitants n’a pas de sens. Deux villages moins de 1 000 habitants n’auront pas la même fonction si l’un est la « banlieue » chic d’une métropole et l’autre dans un « arrière-pays » pauvre.

  • Dans l’Hérault, l’ancien chef-lieu d’Olargues (550 hab.), dans le Haut Languedoc n’a rien à voir avec Saint-Jean-de-Cuculles (483 hab.) à quelques kilomètres de Montpellier.
  • A Olargues, au premier tour le candidat NFP est 1er 50%, le RN 31% et Renaissance 12% (circo NFP 32% - RN 48% - Renaissance 13 %).
  • A Saint-Jean-de-Cuculles, la candidate RN fait 37 % (41% circo), le candidat Renaissance 35% (22 dans la circo) et celui du NFP 26% (33% dans la circo).
  • Pareillement, cela n’a pas plus de sens de classer Mende, préfecture de la Lozère (38% NFP et 30% RN), avec Plan-de-Cuques (1er tour 57% RN et 13% NFP), connu pour son centre commercial aux portes de Marseille !
  • Auch préfecture du Gers (NFP en tête) n’a rien à voir avec Tassin-la-Demi-Lune dans la banlieue aisée de Lyon (Renaissance en tête).

Ces communes ont des fonctions totalement différentes dans le territoire bien qu’équivalentes en nombre d’habitants.

Mende en 1969

Mende en 1969

🔴 Ainsi, dans l’Hérault, charité bien ordonnée commençant par soi-même, on observe que les villes qui ont/avaient des fonctions de centralité (centralité aussi bien administrative, commerciale ou historique), quelle que soit leur taille, votent plus à gauche que leurs alentours. Il y a ainsi des systèmes de halo. Montpellier vote plus à gauche que ses extérieurs. Mais c’est aussi le cas de Lodève, Ganges, Clermont-l'Hérault, Saint-Pons-de-Thomières… et même de Béziers.

Rapport de forces NFP/RN Hérault 2nd tour 2024 © les 577

Rapport de forces NFP/RN Hérault 2nd tour 2024 © les 577

vote NFP Hérault

Si la carte de gauche montre un marquage net entre la côte urbanisée qui vote RN et les piémonts ruraux (Cévennes, Larzac, Haut-Languedoc) qui vote à gauche, on perçoit des petites villes qui ont des fonctions de centralités entourées de vote RN : Pézenas, Ganges, Bédarieux, Clermont l’Hérault, Lodève, Montpellier. Sur la carte de droite, on voit que les centralités qui ont mis le RN en tête ont aussi un vote à gauche plus élevé que leur environnement (Sète, Béziers, Lunel). L’effet de halo est clairement visible.

 

 

🔴 La carte du Rhône est assez typique de la répartition sociale dans l’espace qui implique une répartition des votes. Un centre, la métropole de Lyon avec ses banlieues intégrées au système urbain puis une ceinture plus privilégiée où le vote libéral domine et enfin le RN avec les centralités de Tarare et l’Arbresle.

Rhône 1er tour

Rhône 1er tour

Dans la 9e circonscription du Rhône, au nord-est du département, le candidat NFP, Jean-Henri Soumireu-Lartigue (PS) est 1er à Villefranche-sur-Saône (35%) et second à Belleville-en-Beaujolais (24%)

Rhône NFP

quand il est troisième (23%) dans la circonscription après le RN (35%) et la droite (25%). Abdel Yousfi (PCF) dans la 11e circonscription est en tête à Givors (48%) mais troisième dans la circonscription (22%).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

🔴 Comme pour l’Hérault, l’aspect homogène du vote pour le RN et le NFP dans la Drôme cache des différences d’intensité. Montélimar qui a mis le RN en tête, vote plus à gauche que son environnement

Drôme NFP RN

Drôme NFP RN

Drôme NFP

proche. C’est aussi assez évident pour Die, Crest, Romans-sur-Isère et bien sûr Valence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

🔴 Ce schéma fonctionne assez bien à toutes les échelles : centre du village et sa périphérie, une petite ville avec ses villages, des petites villes avec une grande ville, Paris avec le Nord, le Sud et l’Est de la France où le RN réalise ses meilleurs scores[6].

 

 

-  Afin de vérifier cette hypothèse et partant de ce constat, je me suis efforcé de compiler les résultats dans les sous-préfectures de France (3,5 millions d’inscrits) selon les trois blocs : centre, gauche, extrême droite.
Le résultat est édifiant. La gauche est en tête dans la France des sous-préfectures. Mais comme ces sous-préfectures n’ont pas le même statut dans le territoire [parfois la sous-préfecture est la commune la plus peuplée, comme Saint-Denis dans le 93], j’ai regardé les résultats selon que la sous-préfecture était la première, deuxième ou troisième commune du département en nombre d’habitants.

Résultats par bloc dans les sous-préfectures (1er tour)

Résultats par bloc dans les sous-préfectures (1er tour)

🔴 Mais j’ai souhaité tester plus avant cette idée de communes qui remplissent des rôles de centralité (cliquez une définition sur le site l’Observatoire des Territoires) sans nécessairement être une sous-préfecture.

 

🔴 Je me suis donc appuyé sur le programme « Action Cœur de Ville » qui concerne 245 communes. Selon l’Agence nationale pour la cohésion des territoires[7] des « villes moyennes, qui jouent un rôle de centralité au sein des régions, n’ont pas réellement fait l’objet de politiques publiques de l’État ciblées sur les enjeux de revitalisation ces dernières décennies, et de leurs centres-villes en particulier. Certaines de ces villes présentent pourtant les caractéristiques de territoires délaissés ou dévitalisés, pour lesquels une action publique spécifique s’impose et, plus globalement, pour lutter contre les fractures territoriales. D’autres, bien que moins en difficulté, doivent être soutenues dans leur fonction de centralité. » Cela représente plus de 4,6 millions d’inscrits.

 

🔴 Ainsi, si ces communes ont des difficultés de logements et de commerces vacants, connaissent des taux de chômage et de pauvreté élevés, un sous-équipement public et privé, nous devrions donc voir apparaître un vote RN motivé par la colère (« fâchés pas fachos »), le délaissement, le « sentiment d’abandon », le recul des services publics et la fuite des entreprises. 

 

🔴 C’est plutôt l’hypothèse de la centralité qui l’emporte. La gauche surperforme dans ces communes qui n’ont rien à voir avec les métropoles. Il s’agit bien de communes moyennes en difficulté. Une des explications serait que les services publics y soient plus présents, ce qui réduirait l’idée du sentiment d’abandon. Effectivement, dans ces territoires, le secteur public pèse plus lourd dans le poids économique local, comme l’a démontré Laurent Davezies[8]. Cela conduit à une plus grande sensibilité à la fermeture de ces services publics, qui sont pratiquement les seuls à offrir des emplois quand le tissu industriel est parti. Les emplois dans les collectivités, souvent premiers employeurs, les Ehpad, les écoles, les chambres consulaires… sont centraux.

 

🔴 Si je crois que la présence des services publics a une influence, je la situe ailleurs.

  • On retrouve dans ces administrations des postes d’encadrements de la fonction publique avec un nombre de diplômés plus important qui ont plus tendance à voter à gauche.
  • On trouve aussi dans ces territoires plus de pauvreté, à la fois dans des HLM plus présents (les communes autour sont souvent en dessous des seuils d’obligation de production d’HLM et évite donc d’en produire pour « se préverser » des pauvres) et dans l’habitat dégradé de centre-ville offrant du logement social dit « de fait » (moins cher qu’en HLM et plus rapidement accessible). « Parmi les personnes gagnant moins de 900 euros par mois, le leader de LFI rassemble 34 % des voix, contre 26 % pour Marine Le Pen. » nous rappelle Libération[9] présentant les travaux de Piketty-Cagé.
résultats action cœur de villes

résultats action cœur de villes

🔴 L’idée qu’il existe un halo autour d’un centre peut avoir sa pertinence si on la généralise à toutes les échelles et si on ne se limite pas caricaturalement aux métropoles.

On ne peut pas en rester à l’idée de deux France :

  • celles des métropoles qui votent à gauche et pour Macron parce qu’elles sont mondialisées par le haut (cadres) et par le bas (main-d’œuvre ouvrière racisée) ;
  • et le reste, leurs périphéries, voteraient à l’extrême droite parce qu’elles sont blanches et populaires.

 

 

- Nous venons de voir que l’ensemble de ce qui est décrit ci-dessus montre que la binarité bourg/tours est fausse.
Cette lecture ne marche pas au regard des faits. Les bourgs centraux votent plus à gauche que leur environnement proche. Mais si le RN est très haut autour, il sera tout de même assez haut au centre. Bien que les clivages soient avant tout sociaux, on peut dégager une relation entre des centres, quelles que soient leurs tailles, et leurs périphéries. Ces relations semblent s’emboîter à toutes les échelles du pays, qui continue de s’organiser autour de son centre principal, Paris, puis des centres secondaires, les métropoles, puis ainsi de suite dans un réseau qui maille le pays de plus en plus finement. À chaque maille, le centre plus urbain vote plus à gauche que sa périphérie même quand ce centre ne compte que 500 habitants.

 

Je me permets même descendre à une maille plus petite. Alors que j’allais à la rencontre du maire de Tressan, petite commune de 637 habitants, qui n’est pas une centralité, ce dernier m’interroge : « Pourquoi ma commune vote-t-elle majoritairement à gauche quand toutes les communes autour votent à 60 % RN ? ». Me voilà heureux de cette question, car j’étais venu justement ce jour de premier tour des législatives pour cette raison. Je l’interroge à mon tour : « Combien as-tu de lotissements ? » « Aucun », me dit-il.

 

🔴 On retrouve ainsi le rapport à l’espace que je décrivais en premier.

  • Quand un village n’a pas produit de périphérie, il vote moins RN.
  • Le centre produit de l’égalité quand la périphérie implique une distinction.

Par ailleurs, je crois que le votent massif pour le RN dans les villages de l’arc méditerranéen est lié à la trop grande rapidité de la croissance urbaine de ces villages par l’apport de populations, non pas immigrées, mais d’autres régions de France choisissant de se distinguer radicalement des classes populaires. Ils sont soit retraités, soit des travailleurs, souvent indépendants, dans la sphère de l’économie dite « résidentielle[10] ».

Tressan

Tressan

🔴 Ainsi, reprenant mon triptyque travail-foncier-mobilité, on comprend l’enjeu essentiel d’agir sur ces trois leviers en même temps, notamment pour desserrer l’étau du crédit, qui est prépondérant pour des personnes qui n’ont toujours pas de capital pour investir dans un logement et dans deux ou trois voitures. Comment se passer d’un crédit avec un salaire moyen ? On retrouve ici même les motivations du vote RN : de revanche sociale sur les classes supérieures (anti-élite économique et/ou culturelle) et de vote de distinction sociale sur les classes inférieures non-blanches ou ostracisées sous le nom de « cas-soc ». Ces électeurs sont des classes intermédiaires dont le lieu de vie est entre deux centres, socialement placés entre des zones où il y a plus pauvre que soit et des zones où il y a plus riche que soit.

 

 

- Nous pouvons affirmer qu’il y a un objectif stratégique pour la gauche en général et la France insoumise en particulier à aller à la conquête électorale (municipale) dans les centralités à chaque échelle géographique.
Dans les métropoles bien sûr, mais aussi dans les plus petites villes qui donnent un avantage à la gauche. Ces centralités sont pratiquement toujours le centre de l’intercommunalité et systématiquement la « capitale » de l’agglomération ou de la métropole.
Elles influent donc positivement ou négativement sur leur environnement proche.

 

Prendre ces villes en gestion municipale doit conduire à des politiques de rupture affichées qui ne se concentrent pas sur la centralité pour conserver son siège de maire, reproduisant par-là les politiques de métropolisation et d’attractivité concurrentielle des territoires (le cas de Montpellier qui se ferme à son territoire environnant et le concurrence est en cela caricatural) à différentes échelles, mais au contraire à la déconcentration.

 

🔴 La « démétropolisation » planifiée, qui vise à créer des contrepoids aux centralités (c’est-à-dire à élargir aux périphéries la centralité), sera une œuvre d’égalité sociale entre les habitants de territoires si différents socialement et, ce faisant, elle affinera et élargira le réseau urbain par une juste répartition des services publics et de l’emploi privé. Mais pour cela, il faudra que le citoyen reprenne la main sur le triptyque travail-foncier-mobilité aujourd’hui aux mains du marché qui fait son beurre dans les zones attractives et délaisse les zones où les profits semblent ne pas exister.

 

 

Notes :

[0Sébastien Rome retour en 2012 : " Le vote rural et le RN : la faute à Mélenchon ? "

[1] Une nouvelle typologie des espaces ruraux en France

[2] Analyse Ce qui explique vraiment les différences de vote RN entre les villes et les campagnes

[3François Ruffin  "Je demande à la gauche de conjuguer la France des bourgs et des tours. Des quartiers et des clochers, de n'abandonner personne ! »

[4] « Le résultat principal que nous obtenons est le suivant : l’écart brut entre rural autonome ou rural sous influence et urbain observé dans le tableau 1, de l’ordre de 11 points de pourcentage, tombe à 1,3 point pour le rural autonome et à 3 points pour le rural sous influence. Il est donc très sensiblement réduit, les écarts de vote entre rural et urbain sont pour une large part le résultat d’effets de composition sociale. Deuxième résultat, cette réduction est plus forte dans le rural autonome que dans le rural sous-influence, l’écart de 3 points reste non négligeable, les effets de composition sociale n’expliquent pas tout. » nous disent Olivier Bouba-Olga et Vincent Grimault dans la note méthodologique suivante : Note-méthodo.pdf (univ-poitiers.fr) 

 

 

 

 

 

 

 

[5Résultats des législatives 2024 : âge, profession... Comment ont voté les Français ?

Tableau historique de la France La formation des courants politiques de 1789 à nos jours

[6] Il est à nuancer selon les traditions locales de votes. Le site www.unehistoireduconflitpolitique.fr permet de générer des cartes. J’ai choisi l’une représentant le vote PCF aux législatives de 1978 (la gauche de « rupture » de l’époque) à gauche celle de la Nupes en 2022 à droite (avec le slogan « Mélenchon 1er ministre »). On voit une permanence dans certaines zones du territoire : les Cévennes, le Vercors, l’Allier, Alpes de Hautes, le centre de la Bretagne… comme Hervé le Bras l'a fréquemment démontré dans ses ouvrages dont le dernier est " Tableau historique de la France - La formation des courants politiques de 1789 à nos jours " chez Seuil.

 

 

[7Agence nationale pour la cohésion des territoires

[8« L’Etat a toujours soutenu les territoires » Ou « Inégalités et justice territoriales vont-elles de pair ? »

[9Présidentielle 2022 : est-il vrai que les «classes populaires» ont plus voté Mélenchon que Le Pen ?

[10Il y a économie résidentielle et économie résidentielle...

 

👉 Les commentaires ICI

 

Pour en savoir plus :

- Institut La Boétie : colloque « Extrême droite : le dessous des cartes. Comment la vaincre »

La gauche actualise sa stratégie à l’aune du livre de Cagé et Piketty

Législatives, européennes 2024 : Quatrième bloc, la stratégie gagnante de la France insoumise

- « Missive depuis le Midi Rouge devenu brun » – L’analyse du député Sébastien Rome

Comment le RN s’est imposé, Benoit Bréville, Pierre Rimbert, Serge Halimi

- Les électeurs ordinaires du Rassemblement National

- Ruffin : la honte en entier et pas à moitié

 

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22 juillet 2024 1 22 /07 /juillet /2024 12:24
Matignon : Jean-Luc Mélenchon appelle à « ne pas commettre l’erreur d’accepter un gouvernement de front républicain »

Jean-Luc Mélenchon se dit opposé à un gouvernement de " façade républicaine ". Si c’était le cas, Le Pen gagnerait dix points d’un seul coup !

 

De quoi est malade la politique en France ? De politiciens qui disent une chose et en font une autre après. Ce mensonge permanent doit cesser[6].

 

 

Le leader de la France insoumise a répété, dans le journal italien La Repubblica[0], la nécessité, selon lui, que la gauche arrive à Matignon. Sinon, « la cocotte-minute va exploser ». Il pense qu’il « vaut mieux laisser le Nouveau Front Populaire[9] gouverner »

 

 

Source : Eric Durand | mis à jour le 25/07/2024

- Nous ne devons pas commettre l’erreur d’accepter un gouvernement de front républicain[1]

Jean-Luc Mélenchon a rappelé ce dimanche sa position ferme concernant la situation politique française, dans une interview publiée dans le quotidien transalpin La Repubblica. Selon lui, en faisant le choix d’un front républicain, « Le Pen gagnerait d’un seul coup dix points ».
Le leader de la France insoumise a appelé ensuite à la démission d’Emmanuel Macron s’il refusait de nommer le candidat du Nouveau Front populaire (NFP) à Matignon. « Dans ce cas, il n’y aura qu’une seule façon démocratique pour lui de sortir de la crise institutionnelle : partir, revoter et élire son remplaçant » a-t-il dit, avant de cingler : « Si tout le monde bloque tout, la cocotte-minute va exploser. »

 

 

- « Il vaut mieux laisser le Front populaire gouverner », a poursuivi Jean-Luc Mélenchon.

Celui-ci a aussi voulu calmer les inquiétudes de certains quant à la lenteur du NFP à désigner un Premier ministre. « La discussion se poursuit, a-t-il indiqué, douze jours après le vote. Les Allemands et les Espagnols ont mis des mois à former un gouvernement. »
Mais comment appliquer « tout le programme, rien que le programme » sans majorité absolue
[2] ? C’est la question alors posée par la correspondante à Paris du journal Anais Ginori. Le leader de la France insoumise répond simplement que « c’est le jeu de la démocratie », avant de dire que « si les autres députés ne veulent pas que nous appliquions notre programme, qu’ils nous défient au Parlement. »

 

 

- Macron n’a pas « accepté le résultat du vote
Jean-Luc Mélenchon a poursuivi en critiquant la position du président de la République. Selon lui, il « a dissous l’Assemblée nationale pour demander une clarification politique ». Mais « si Emmanuel Macron avait accepté le résultat du vote, comme c’est le cas dans d’autres démocraties, il aurait déjà appelé l’un des nôtres au poste de Premier ministre ».


Le leader Insoumis a enfin évoqué le « second tour des élections présidentielles » 2027. À ce moment, « nous verrons quel projet les Français préfèrent : le mien ou celui de Le Pen » a-t-il déclaré. Et de conclure : « Mais je n’ai pas encore dit que je serai candidat ».

 

 

- Jean-Luc Mélenchon est intervenu sur BFMTV le 19 juillet 2024

Il a expliqué l’orientation de LFI quant au choix d’un premier ministre pour le gauche :

  • 1 - s’engager sur le programme ;
  • 2 - si Macron choisit de faire censurer le gouvernement, nous censurerions immédiatement après le gouvernement de droite ;
  • 3 - Macron n’aurait plus d’autre choix que de démissionner.

Il ne dit pas cela pour pousser le président à convoquer des présidentielles avant 2027 mais parce que la logique de la crise est celle-là.

 

🔴 A juste titre, Jean-Luc Mélenchon démasque Hollande et le PS

Depuis les législatives, les tensions entre LFI et le PS restent vives, notamment sur les négociations concernant un nom à proposer pour le poste de Premier ministre. La France Insoumise, avec le PCF et les Verts soutient la candidature de la présidente du conseil régional de La Réunion, Huguette Bello[3].
 

  • Les socialistes ont quant à eux proposé l’économiste et spécialiste du climat Laurence Tubiana[5],...

Rappel des faits concernant Laurence Tubiana : 
- A travaillé avec Hollande en 2012 ;
- a été un temps proposée par Macron et Edouard Philippe comme ministre et tête de liste aux européennes de 2019 ;

- Veut élargir le Nouveau Front Populaire à la Macronie, comme en témoigne le texte auquel elle a joint sa signature le 12 juillet 2024[4]

Nous refusons cet affront fait au mépris de millions d'électeurs ayant voté pour le #NouveauFrontPopulaire.

 

« Le Nouveau Front populaire doit sans tarder tendre la main aux autres acteurs du front républicain pour discuter d’un programme d’urgence républicaine »
« Le Nouveau Front populaire doit sans tarder tendre la main aux autres acteurs du front républicain pour discuter d’un programme d’urgence républicaine »

 

  • La députée LFI Sophia Chikirou a notamment affirmé le 15 juillet que " le hollandisme c’est comme les punaises de lit : tu as employé les grands moyens pour t’en débarrasser, tu y as cru quelque temps et tu as repris une vie saine (à gauche) mais en quelques semaines, ça gratte à nouveau et ça sort de partout[7]..." Une sortie peu appréciée par les socialistes, mais que Jean-Luc Mélenchon a défendu auprès de La Repubblica : " Chikirou n’a pas parlé de Hollande mais de hollandisme ". 

 

  • Jean-Luc Mélenchon vise à nouveau le PS : " Pourquoi devrais-je céder ? Pour devenir comme les socialistes ? Il y en a déjà assez..."

 

  • Evoquant la prochaine élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a estimé que le choix d’un gouvernement aujourd’hui aura des conséquences sur le score du RN. " À ce moment-là, nous dirons au pays : ’ Vous choisissez, mais ne pensez pas que c’est un choix sans conséquences ’. Si le pays vote pour un fasciste, nous aurons un gouvernement fasciste. "

 

🔴 Conclusion : " C’est pourquoi, aujourd’hui, nous ne devons pas commettre l’erreur d’accepter un gouvernement de ’ façade républicaine ’. Si c’était le cas, Le Pen gagnerait dix points d’un seul coup ", a-t-il assuré.

 

 

-  Participer à une coalition avec la macronie ? Autant demander de s'embarquer sur le Titanic après la collision !

Le Nouveau Front Populaire[8] a gagné ! Avec la proposition de Lucie Castets[10] comme première ministre,  il va gouverner. E. #Macron doit la nommer maintenant. 

Tarder est irresponsable ! Nous avons besoin d'un gouvernement qui prépare la rentrée et le budget.

 

C’est avec détermination et responsabilité que j’accepte la proposition du Nouveau Front Populaire

 

Source :

[0] Jean-Luc Mélenchon : “ Le défi final pour l'Elysée entre moi et le fasciste Le Pen. Je dirai au revoir à Nato ”

[1] Matignon : Mélenchon appelle à « ne pas commettre l’erreur d’accepter un gouvernement de front républicain »

[2142 pour le RN et Ciotti, 166 pour la macronie et 193 pour le NFP… voici la répartition finale de l’Assemblée nationale

[3] Pourquoi le PCF, LFI et les Verts soutiennent la piste Huguette Bello comme première ministre au nom du Nouveau Front populaire

[4« Le Nouveau Front populaire doit sans tarder tendre la main aux autres acteurs du front républicain pour discuter d’un programme d’urgence républicaine » 

[5Qui est Laurence Tubiana proposée par le PS pour Matignon ?

[6] « La crise politique tend à devenir une crise de régime » – L’entretien de Jean-Luc Mélenchon à la presse européenne

[7] « Le hollandisme c’est comme les punaises de lit »: Sophia Chikirou tacle l’hypothèse Laurence Tubiana à Matignon

[8Jean-Luc Mélenchon : La fumée blanche " La réunion des responsables de parti ce 23 juillet a permis la proposition d’un nom de candidate du Nouveau Front Populaire pour le mandat de Premier ministre. On le sait c’est celui de Lucie Castets. C’est une magnifique décision ! "

[9] Nouveau Front Populaire

[10Le nouveau Front Populaire prsente au président de la République la proposition de nommer Première ministre Madame Lucie Castets

 

Pour en savoir plus :

L’entretien de Jean-Luc Mélenchon : " Semaine de déroute macroniste "

- Législatives 2024 : Marine Tondelier appelle à la construction d'un nouveau front républicain

- Le gouvernement de Front républicain : une politique réformiste sous fortes contraintes

 

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7 juillet 2024 7 07 /07 /juillet /2024 18:36
La valse à mille traitres !
La valse à mille traitres !

Il y a une règle de météo politique : quand le vent souffle fort il emporte aussi les girouettes[6]... dont " on en connait le point de départ mais pas le point d’arrivée[13] ".

 

 

Derrière l’ouvriérisme de François Ruffin, on retrouve son incapacité à concevoir les classes populaires comme hétérogènes et les habitants des quartiers populaires comme des travailleurs y compris prolétarisés. Ouvrir un livre de sociologie n’est pourtant pas un luxe (François Elek)[0]

 

 

Source : citoyen spartacus | mis à jour le 29/06/2025 

- Nous savions qu’ils étaient en train de trahir et c’est pourquoi certains n’ont pas été investis.
Tant pis pour les chatouilleux de la com’ qui espéraient pouvoir annoncer une nouvelle division qui viendrait perturber l’union. Mais l’union de qui en fait ?

  • L’union factice et temporaire de ceux qui avaient déserté la NUPES pour faire cavaliers seuls ?
  • Ou l’union des électeurs pour faire un énième barrage ultime contre l’extrême droite ?
  • Ou peut-être l’union des électeurs autour d’un programme de rupture ?

Ne serions-nous pas précisément dans ce mélange hybride, qui « rassemble » de Poutou à Hollande et qui oppose dans le même temps le soliste Ruffin du parti de Picardie (qu'il a fondé en 2017 et enregistré en 2021[0bis]) à Jean-Luc Mélenchon, l’homme des 22% de la France insoumise aux présidentielles de 2022 ?


Ce front populaire qui n’a pas permis à Roussel d’être élu, alors que les insoumis se sont plus mobilisés que les communistes au 1er tour, est plus que jamais un révélateur du rejet de certaines pratiques politiques malgré une mobilisation hors norme de nos concitoyens.

 

 

- La politique de rupture de la ligne Mélenchon se traduit par un succès lorsque l’on compte le nombre d’insoumis élus au 1er tour, soit 20[1].
Les médias, en chœur avec la droite, l’extrême-droite et la macronie ne sont pas parvenus,  malgré les moyens hors normes déployés pour nous calomnier, à freiner l’élan populaire de LFI qui poursuit sa dynamique depuis les Européennes ! Un million d’électeurs en plus malgré les insultes et la violence du débat public.

  • J’ai d’ailleurs une pensée particulière pour ce que vit au quotidien notre nouvelle députée Rima Hassan, harcelée et menacée de viol et de mort par les soldats de Tsahal dans le silence complaisant et général des médias et de nos soi-disant alliés temporaires. Il est là le nouvel antisémitisme.
  • Les féministes qui étaient à l’affut pour fustiger Adrien ou pour dénoncer les violences du Hamas n’ont pas un mot de solidarité ou d’indignation pour dénoncer cette violence quotidienne !

On imagine, à la lecture de ces messages horribles, envoyés par des soldats de l’armée la plus morale du monde, ce que peuvent subir les femmes Palestiniennes qui sont en proies à ces criminels de guerre.

 

Mais c’est un sujet trop sensible ou trop dangereux pour Sandrine Rousseau, Marine Tondelier ou Clémentine Autain (pour ne citer que les plus emblématiques !) qui semblent plus préoccupées par un avenir politiquement correct que par un engagement courageux, mais certes plus risqué pour soutenir Rima! la sororité a ses limites, la dignité aussi !

 

 

- Ainsi sommes-nous, tous, obligés de naviguer dans ce nid de frelons pour avoir une chance de partager notre miel avec les plus nécessiteux !
Nous devons supporter que chacun s’en donne à cœur joie pour insulter celui (Jean-Luc Mélenchon) qui les terrorise tous, le boulet antisémite, dictateur et colérique qui mène 8 millions d’électeurs à la baguette !


Cet homme serait coupable de tout ce qui ne va pas dans ce pays, à gauche, à droite, mais aussi de la montée de l’extrême droite… Quand on pense qu’il n’a jamais gouverné, c’est plutôt cocasse[7] !


Voilà que Ruffin, le soliste de Picardie, nous explique que Jean-Luc serait le repoussoir, coupable de son échec au 1er tour,... 

 

Je pense que Jean-Luc Mélenchon est un obstacle à la victoire du Front Populaire

 

même s’il s’est affiché à ses côtés 👇 pour aller gratter des voix, dans la circonscription d’Amiens  qu’il a manifestement désertée après avoir été élu !

 

Verso du tract de 1er tour de François Ruffin


Si les macronistes votent pour lui, il aura une chance de s’en sortir, c’est l’ironie de la traitrise, il est macron compatible... (NDLR : et réélu avec le soutien macronien[3] !

 

Ruffin réélu avec le soutien de toute la macronie (verso de son tract de second tour)

 

Car en macronie, il y a le bon Lfiste et le mauvais Lfiste, c’est un mauvais sketch des inconnus qui ne fait rire que l’extrême droite dont les frontières se sont bien affirmées depuis la dissolution, de LR à Macron en passant par le Modem ! Telle sera l’union extrême des droites, dans le pire de scenarios !
D’abord Ruffin envisage une coalition avec Macron sur la base de trois éléments de notre programme et le lendemain il se défend de s’allier avec eux pour faire dit-il un « gloubi boulga ».

 

  • Un jour il nous explique : « il n’y aura pas de duel avec mon ami Mélenchon, nos forces s’additionnent pour faire mieux[4] » (je cite)...
  • et trois jours avant le scrutin, il explique qu’il ne siègera pas avec la France Insoumise car il a trop de désaccords avec Jean-Luc et qu’il veut un « divorce à l’amiable » sans casser de vaisselle (comprenez : votez pour moi quand même )[5], et annonce " Ma place ne sera pas dans le groupe LFI si je suis élu[5bis] " !
  • L’homme n’est pas fiable, c’est le propre de ceux qui sont fragiles devant la griserie du pouvoir et de ceux qui ont ce besoin insatiable de lumière !

 

 

- La politique est une valse qui donne le tournis à ceux qui ne connaissent que leur petits pas et qui tournent en rond sans se soucier de leur partenaire, ils finissent par terre, hagards, perdus et solitaires au milieu de tous ! 
Oui ils vont probablement tous, non pas nous trahir, car nous sommes prêts, mais se trahir et trahir probablement le programme qu’ils défendent aujourd’hui et bien sûr trahir une nouvelle fois leur mandants !

Mais nous continuerons à avancer, à lutter et à gagner voix par voix, en porte à porte et dans les urnes, le cœur et le bon sens des citoyens Français qui comptent sur nous pour tenir bon, pour nous obstiner, à l’image de ce vieil humaniste, têtu et combatif en qui ils se reconnaissent parce qu’il leur donne l’espoir que c’est encore possible de faire de la politique noble et au service de la cité !

 

  • C’est bien à la fin du bal que l’on paye les musiciens et nous avons le bon chef d’orchestre pour les faire valser !

 

 

🔴 « François Ruffin, l'ascension d'un opportuniste » avec Mérième ALAOUI
Arthur de Laborde avec Mérième ALAOUI, Journaliste indépendante, passée par RTL, Le Point mais aussi par Le Courrier de l'Atlas, auteur de « François Ruffin, l'ascension d'un opportuniste » aux éditions Robert Laffont.

 

 

🔴  François Ruffin : abcès crevé - solde de tout compte !
Il fallait que je vide mon sac sur Ruffin, lequel je n'ai absolument jamais apprécié dans sa démarche politique vis-à-vis de la FI même s'il a des qualités indéniables de metteur en scène. 
Maintenant, pour moi ce sujet sera clos à moins que ce monsieur ne revienne encore nous insulter.

 

 

🔴 « François Ruffin, l’ascension d’un opportuniste » : la stratégie du coup d’éclat permanent passée au crible

François Ruffin - L'ascension d'un opportuniste De Mérième Alaoui
Le livre, la journaliste Mérième Alaoui

Ses réseaux, ses méthodes, son plan caché pour l'Élysée... En quelques années seulement, François Ruffin, député de la Somme, électron libre de l'extrême gauche, a imposé son style et ses idées. Sa posture d'élu "proche du peuple" qui se paie au Smic et s'exprime sans filtre détonne...

 

François Ruffin est un homme politique pressé. En quelques années, cet électron libre de la gauche est passé du statut d’agitateur à celui de député omniprésent sur les réseaux sociaux et dans les médias. « Insoumis » sans être un fidèle de Jean-Luc Mélenchon, il a su bâtir méthodiquement son espace politique propre. Aucune biographie ne lui avait encore été consacrée. Dans " François Ruffin, l’ascension d’un opportuniste[8] ", Mérième Alaoui, journaliste indépendante, livre un portrait à la fois intime et politique, où l’on découvre l’ambition précoce du « député-reporter », mais aussi ses failles et contradictions...

 

-  Par : Mérième Alaoui

Éditions :  Groupe Robert Laffont 

Date de parution : 18/03/2021
Pages : 270
Disponibilité : chez l'éditeur Robert Laffont
Format : 135 mm x 215 mm
Prix poche TTC chez Groupe Robert Laffont : 13,99€

 

...Et le 14 septembre 2024, François Ruffin est défendu par Michaël Delafosse (Maire de Montpellier - Président de la Métropole), représentant l’aile droite du PS. Celle qui manifeste avec le RN à Montpellier. La boucle est bouclée.

 

Ruffin défendu par l’aile droite du PS. Celle qui manifeste avec le RN à Montpellier. La boucle est bouclée.

 

 

🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴 

 

 

🔴 Les magouilleurs étaient déjà en action en 2023 !

Imaginez un.e candidat.e vouloir une investiture au sein de Renaissance pour être un " trait d'union " contre la ligne Macron.... Dans n'importe quel parti politique, un.e candidat.e qui demanderait une investiture pour être un " trait d'union " contre la stratégie de celui qui porte le parti depuis des années... et le " remplacer[8bis] " serait immédiatement exclu.... cela na pas été fait !

 

Garrido-Corbière : leur plan secret pour remplacer Mélenchon

 

Et pourtant, après avoir, le 6 novembre 2023 été mise en retrait du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale pour quatre mois, en 2024, Raquel Garrido voulait une nouvelle investiture de LFI pour, de l'intérieur, continuer " contrer la ligne sectaire des mélenchonistes ".

 

 

🔴 Les masques de la valse continuent à tomber !

 

Le 12 Juillet 2024 Alexis CorbièreRaquel Garrido, Clémentine Autain, Hendrik Davi, et Danielle Simonnet (ex député.es LFI) annoncent officiellement[9] qu'ils ont créé leur propre mouvement politique " l'Après[10] " le 21 mai 2024 voir pièce ci-dessous).... dans l'objectif des présidentielles et législatives 2027 👇... mais dont ils n'ont fait l'annonce officielle que le 12 juillet 2024.

 

« L’après » c’était déjà avant. 

 

Ils ont lancé leur  structure partisane en mai donc avant les élections européennes 2024Et après ils se sont étonnés de ne pas avoir été investis par la FI aux législatives (qu'ils ont pourtant trahie en maintenant leur candidature sous l'étiquette du " Nouveau Front Populaire ", sauf Raquel Garrido au second tour et Clémentine Autain) !

En définitive :

  • Ils avaient tout prévu pour 2027 ;
  • Sauf la dissolution de l'Assemblée Nationale en 2024 décidée par Macron (merci à Macron, ça a fait tomber les masques) ;
  • Est-ce financer par Olivier Legrain[11] ? 

 

Pour rappel :
- Danielle Simonnet s'est fait élire au détriment de Verzeletti Celine, candidate officielle du Nouveau Front Populaire ;
 - Alexis Corbière s'est fait élire
au détriment de Sabrina AliBenali, candidate officielle du Nouveau Front Populaire ;
 - Hendrik Davi s'est fait élire
au détriment de Allan Popelard, candidate officielle du Nouveau Front Populaire ;
 - Raquel Garrido
a perdu face à Aly Diouara, candidat officielle du Nouveau Front Populaire ;

en violation des dispositions du Comité de respect des principes de la France insoumise sur les élections législatives de 2024[12]

 

 

🔴 La chute des masques de la valse continue et se traduit par les actes politiques !

  • 10 février 2025 : Clémentine Autain a pris la décision de ne pas censurer le GVT Bayrou[14].

- Elle a donc voté en faveur de son budget (cliquer sur limage pour vérifier le non vote), qui pourtant est plus violent et austéritaire que celui de BARNIER

- Avec le PS et le RN, elle apporte donc son soutien à l'application de la politique de la droite macrolepeniste.

 

Première séance du lundi 10 février 2025 Scrutin public n°739 sur la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution par Mme Mathilde Panot et 70 députés.

 

🔴 En conclusion..

 

Il y a une règle de météo politique : quand le vent souffle fort il emporte aussi les girouettes

 

 

Notes :

[0] Pour François Ruffin, la leçon de ce scrutin, c'est qu'il n’est plus possible d'ignorer la France des périphéries qui souffre, et ne fera pas toujours rempart.

[0bisPicardie debout ! est un parti politique français fondé par François Ruffin en 2017 et enregistré en 2021.

[1] 20 députés France insoumise élu.es au 1er tour : Manuel Bompard (4e circonscription des Bouches-du-Rhône) ; Sébastien Delogu (7e des Bouches-du-Rhône) ; François Piquemal (4e de Haute-Garonne) ; Nathalie Oziol (2e de l'Hérault) ; Andy Kerbrat (2e de Loire-Atlantique) ; Sophia Chikirou (6e de Paris) ; Rodrigo Arenas (10e de Paris) Sarah Legrain (16e de Paris) ; Danièle Obono (17e de Paris) ; Aymeric Caron (18e de Paris) ; Aurélien Saintoul (11e des Hauts-de-Seine) ; Aurélie Trouvé (9e de Seine-Saint-Denis) ; Eric Coquerel (1ère de Seine-Saint-Denis) ; Nadège Abomangoli (10e de Seine-Saint-Denis) ; Bastien Lachaud (6e de Seine-Saint-Denis) ; Clémentine Autain (11e de Seine-Saint-Denis) ; Mathilde Panot (10e du Val-de-Marne) ; Clémence Guetté (2e du Val-de-Marne) ; Paul Vannier (5e du Val-d'Oise) ; Carlos Martens Bilongo (8e du Val d'Oise)

[2] Ruffin : " Je pense que Jean-Luc Mélenchon est un obstacle à la victoire du Front Populaire "

[3] François Ruffin a été réélu ans la 1ère circonscription de la Somme aux élections législatives.

[4] Sauf que, médias ne rêvez pas : il n'y aura pas de duel avec mon ami Jean-Luc Mélenchon. Nos forces s'additionnent pour " faire mieux " !

[5] Lors d'une conférence de presse, en marge d'un déplacement de soutien aux éboueurs d'Abbeville en grève depuis vendredi contre la détérioration de leurs conditions salariales, François Ruffin a précisé " souhaiter que le divorce se passe à l'amiable et que ça ne se passe pas avec du bruit de vaisselle ".

[5 bisFrançois Ruffin : " Ma place ne sera pas dans le groupe LFI si je suis élu "

[6Jean-Luc Mélenchon « Il y a une règle de météo politique. Quand le vent souffle fort, il emporte aussi les girouettes »

[7Au delà des justificatifs médiatiques & politiques fallacieux pourquoi Jean-Luc Mélenchon est-il la cible ?

[8Mérième Alaoui : François Ruffin - L'ascension d'un opportuniste

[8bisGarrido-Corbière : leur plan secret pour remplacer Mélenchon

[9] Le 12 Juillet 2024 Alexis Corbière annonce officiellement la création de leur propre mouvement politique " l'Après "

[10] Après

[11Olivier Legrain, le millionnaire dans l’ombre de François Ruffin et de la " gauche "

[12Position du Comité de respect des principes sur les élections législatives de 2024

[13] Ruffin : la honte en entier et pas à moitié

[14Analyse du scrutin n°739 Première séance du lundi 10 février 2025

 

Pour en savoir plus :

- François Ruffin : « Je suis social-démocrate »

- Les nouvelles ambitions de François Ruffin

- La gauche actualise sa stratégie à l’aune du livre de Cagé et Piketty

JEAN-LUC MÉLENCHON JUGE QUE FRANÇOIS RUFFIN "SE MET EN DANGER" EN PRENANT SES DISTANCES AVEC LFI

- Résultats des élections législatives 2024 : découvrez la composition de la nouvelle Assemblée nationale

- les macronistes semblent refuser le verdict des urnes & la nomination d'un 1er ministre du #NouveauFrontPopulaire.

- Médiapart et les 450 LFI...

- Présidentielle 2027 : François Ruffin lance son mouvement, « Debout », pour les gens « qui puent un peu sous les bras »

 

Ruffin : la honte en entier et pas à moitié

 

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24 juin 2024 1 24 /06 /juin /2024 11:14
Manif contre l'extrême droite le 15 juin 2024 à Paris

Manif contre l'extrême droite le 15 juin 2024 à Paris

Le 13 Mars 2024, le Conseil d'État écrivait noir sur blanc la France Insoumise, tout comme le PCF, appartiennent à la nuance " gauche " de la classification du ministère de l’Intérieur[3]..... et le 27 février 2026 demi-tour : il classe la France insoumise à l’« extrême gauche » et celle de l’Union des droites pour la République (UDR), le parti d’Eric Ciotti, à l’« extrême droite » pour les élections municipales des 15 et 22 mars[5].

D'autre part, le Conseil d'État avait tranché : le Rassemblement national est bien un parti " d'extrême droite "[1] et le confirme en 2024[2]

 

 

Le Rassemblement national (RN) est-il d'extrême droite et La France insoumise (LFI) d'extrême gauche ? Le 13 juin, le Conseil d'État a tranché: si LFI, tout comme le Parti communiste, appartiennent plutôt à la nuance « gauche », le Rassemblement national, lui, est bel et bien d'extrême droite !

 

 

Sources : Eric Durand | mis  jour le 27/02/2026

- La Macronie, les médias à sa solde, passent leur temps à renvoyer dos à dos « les deux extrêmes » la France insoumise (FI) et le Rassemblement national (RN).

« Ce ne sont pas des gens qui sont républicains », a lancé Emmanuel Macron toute honte bue, lors d’une conférence de presse, mercredi 12 juin.

 

Le président de la République feint d’ignorer une récente décision du Conseil d’État, publiée en mars 2024[2]. La haute juridiction administrative y écrit noir sur blanc que si le RN est bien d’extrême droite, la FI, tout comme le PCF, appartiennent à la nuance « gauche » de la classification du ministère de l’Intérieur[3]. Sont considérés d’extrême gauche le NPA et Lutte ouvrière, mais pas la FI.

 

 

- Objectif : brouiller les repères politiques
Mettre la France insoumise sur le même plan que le RN, comme veut le faire le ministre de l’intérieur en classant la France Insoumise à l’extrême-gauche pour les élections municipales 2026[4], relève donc de la malhonnêteté intellectuelle et sert avant tout à brouiller les repères politiques. Surtout, la taxer « d’extrême gauche », comme le fait le président de la République, n’est rien d’autre qu’une basse manœuvre visant à diaboliser le mouvement créé par Jean-Luc Mélenchon et, avec lui, le Nouveau Front populaire (NFP). L’irresponsabilité du chef de l’État ne doit tromper personne. C’est bien le parti de Marine Le Pen qui menace la République.

 

D’ailleurs, le Conseil d’État justifie son choix de classer le RN à l’extrême droite par un « faisceau d’indices », à savoir le conditionnement des aides sociales à la nationalité française, les alliances avec d’autres formations d’extrême droite au Parlement européen ou l’inscription de la préférence nationale dans la Constitution. Mesure phare du RN, la préférence nationale justifie à elle seule cette étiquette, tant elle bafoue nos principes fondamentaux.

 

🔴 27 février 2026 : le Conseil d’État valide la décision du ministre de l’intérieur. en classant la France Insoumise à l’extrême-gauche pour les élections municipales 2026[5]

« Le Conseil d’Etat juge, compte tenu de la situation politique prévalant pour les élections municipales de 2026 et des alliances observées pour ces élections, que ni le classement de LFI dans le bloc de clivages “extrême gauche”, ni celui de l’UDR dans le bloc de clivages “extrême droite” ne sont entachés d’une erreur manifeste d’appréciation », écrit le Conseil d’Etat.

 

Réaction de Manuel Bompard, coordinateur de LFI : « On ne peut que regretter que les juges n’aient pas eu le courage de dénoncer l’usage à des fins politiciennes des étiquettes politiques. Car c’est normalement [leur] rôle de résister aux dévoiements des décisions administratives par un pouvoir macroniste qui aura définitivement sali tout ce qu’il touche. »

 

Notes :

[1Le Conseil d'État a tranché : le Rassemblement national est bien un parti " d'extrême droite

[2] 11 mars 2024 : Le Conseil d’État confirme : le Rassemblement national est bien d’extrême droite

[3] Conseil d'État, 2ème chambre, 11/03/2024, 488378, Inédit au recueil Lebon

[4Municipales 2026 : le ministre de l’intérieur veut classer la France Insoumise à l’extrême-gauche.

[5] Le Conseil d’Etat confirme la classification de LFI à l’« extrême gauche » et celle de l’UDR à l’« extrême droite » pour les élections municipales 2026

 

 

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17 mai 2024 5 17 /05 /mai /2024 12:51
Nouvelle-Calédonie : le dramatique retour du refoulé colonial
Nouvelle-Calédonie : le dramatique retour du refoulé colonial

Les Nations Unies considèrent la Nouvelle-Calédonie comme un « territoire non autonome », c'est-à-dire un territoire dont la population ne s'administre pas encore complètement elle-même[1].

La Nouvelle Calédonie s’embrase, le Gouvernement s’en moque, il est responsable du chaos[9]

 

Pour sauver le processus de décolonisation débuté il y a près de quarante ans, l’exécutif doit comprendre que la réforme du corps électoral sur laquelle il s’est fracassé est une question de survie pour les Kanaks, liée à leur minoration démographique, au cœur de la domination française depuis le XIXe siècle.

 

Sources : Carine Fouteau | mis à jour le 21/05/2024

- Manque d’écoute et de considération, passage en force législatif, envoi du GIGN et du Raid, couvre-feu, état d’urgence…
Alors que cinq personnes ont été tuées (trois Kanaks et deux gendarmes) et de nombreuses autres blessées dans les affrontements survenus à Nouméa et ses environs au cours des derniers jours, l’exécutif est aspiré par la spirale de violence qu’il n’a pas su désamorcer, voire qu’il a contribué à réveiller.

 

Les tirs à balles réelles, sur fond d’incendies, de barrages routiers et de pillages, font ressurgir le spectre de la guerre civile entre indépendantistes et loyalistes dont le point culminant a été atteint en mai 1988 avec la mort de dix-neuf Kanaks et de deux militaires lors de l’assaut de la grotte d’Ouvéa. Déjà, l’enjeu du corps électoral était au cœur de ce que l’on a hypocritement appelé les « événements ».

 

En raison de sa désinvolture et de son impréparation, tant l’histoire semble se répéter, l’exécutif fait prendre à la France le risque de réduire en cendres près de quarante ans d’un patient processus de décolonisation, qui avait permis jusque-là, dans un savant apprentissage des forces en présence, de maintenir la paix civile en Nouvelle-Calédonie et dont certains, y compris parmi les officiels, ont longtemps espéré qu’il symbolise la première décolonisation « réussie », c’est-à-dire sans violences, de notre pays.

 

Aujourd’hui, le fil des échanges et de l’équilibre sur lequel s’est construit le destin commun en Nouvelle-Calédonie semble cassé, malgré les appels au calme qui se font entendre de toutes parts, côté loyaliste et côté indépendantiste.

 

Emmanuel Macron en porte la responsabilité, au regard des fautes accumulées par l’exécutif.

  • Plutôt que d’entendre les alertes des indépendantistes lancées depuis des mois sur les conséquences d’un élargissement du corps électoral susceptible de marginaliser les Kanak·es dans la répartition des sièges dans les provinces, l’exécutif a choisi de les mépriser.
  • Plutôt que de persister dans la nécessité d’un dialogue, tout complexe soit-il, il a choisi de passer en force son projet à l’Assemblée nationale (NDLR : adopté avec la complicité du RN[2]).
  • Plutôt que de saisir la gravité du moment en tirant les leçons des expériences passées, le président refuse de faire une pause sur le fond de la réforme contestée, recourt à l’état d’urgence – inscrit dans la loi en 1955 pour faire face aux « événements » d’une autre ex-colonie, l’Algérie – et envoie les troupes.

 

- Des blessures ravivées
Après avoir alimenté le chaos, il promet une réponse « implacable » à l’embrasement des rues. Pour faire bonne figure face à la brutalité de sa stratégie, il « invite » désormais les délégations calédoniennes à venir discuter à Paris, tout en prévenant qu’il maintiendrait la réunion du congrès à Versailles « avant la fin juin » pour entériner la révision constitutionnelle si aucun accord n’était trouvé d’ici là. Des négociations avec un ultimatum… pas sûr que les intéressés apprécient.

 

Le ministre de l’intérieur le dit à sa manière, encore moins policée : « La République ne tremblera pas. Oui au dialogue comme l’a dit le premier ministre, autant qu’il faudra, où il le faudra, avec qui il faudra, mais jamais la République ne doit trembler devant les kalachnikovs », a affirmé Gérald Darmanin, après avoir salué la mémoire du gendarme décédé sans un mot pour les autres victimes.

 

Compte tenu de son implication dans le processus décolonial, l’État français devrait pourtant le savoir : on ne met pas fin impunément à un héritage de conquête, d’asservissement et de ressentiment sans rompre avec les méthodes brutales et expéditives qui ont façonné le passé.

 

Loin de l’apaisement escompté, le chef de l’État ravive douloureusement les blessures d’une histoire de domination jamais complètement refermée, malgré les accords de Matignon de 1988[3], consécutifs à la tragédie d’Ouvéa, puis les accords de Nouméa de 1998, dont le préambule a, pour la première fois, officiellement reconnu le fait colonial de la République française : " Lorsque la France prend possession de la Grande Terre, que James Cook avait dénommée « Nouvelle-Calédonie », le 24 septembre 1853, elle s'approprie un territoire selon les conditions du droit international alors reconnu par les nations d'Europe et d'Amérique, elle n'établit pas des relations de droit avec la population autochtone. Les traités passés, au cours de l'année 1854 et les années suivantes, avec les autorités coutumières, ne constituent pas des accords équilibrés mais, de fait, des actes unilatéraux. "[4].

 

Ces accords ont manifesté la volonté partagée de « tourner la page de la violence et du mépris pour écrire ensemble des pages de paix, de solidarité et de prospérité », comme l’État avait obtenu de l’inscrire dans le marbre. Il semble, au regard de la situation actuelle, que l’exécutif ait oublié de lire la page jusqu’au bout, avant de la tourner. Car même si le « non » aux référendums d’autodétermination l’a emporté trois fois, le processus de décolonisation, contrairement à ce qu’il aimerait croire, n’est pas achevé pour autant. Selon ce qui a été dit et écrit, un accord global sur l’avenir institutionnel de cet archipel du Pacifique, toujours considéré par l’ONU comme un territoire non autonome à décoloniser[1], doit encore être conclu.

 

On ne se débarrasse pas ainsi d’un substrat colonial qui imprègne encore le présent du pays, sans l’avoir regardé en face. Sur une terre où les habitant·es et les institutions ont su faire preuve d’intelligence collective et d’accommodements raisonnables, la gestion managériale et policière, sans passé ni futur, de ce dossier brûlant est vouée non seulement à l’échec, mais aussi au drame.

 

🔴 « Le temps viendra où le désir de dominer, de dicter sa loi, de bâtir son empire, la fierté d’être le plus fort, l’orgueil de détenir la vérité, seront considérés comme un des signes les plus sûrs de la barbarie à l’œuvre dans l’histoire des humanités » : ces lignes des écrivains Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau (ici et là) devraient résonner aux oreilles d’Emmanuel Macron. Écrites en 2007, elles ne faisaient pas référence à la situation calédonienne, mais répondaient au sinistre « débat » sur l’« identité nationale », dont on mesure, rétrospectivement, à quel point il a réactivé de vieilles matrices racistes.

 

 

- Les fautes du président

Comment en est-on arrivé à ce qui pourrait se transformer en point de non-retour ? Depuis l’Hexagone, Nouméa a paru s’embraser en un rien de temps, alors que les débats parlementaires touchaient à leur fin.

  • Mais la colère couvait depuis bien plus longtemps.
  • La faute originelle du chef de l’État remonte à 2021 quand l’exécutif a exigé le maintien du troisième référendum sur l’indépendance, pourtant boycotté par les indépendantistes.
  • En dépossédant les premiers concernés de l’expression de leur voix, le scrutin perdait de facto toute légitimité.

 

La confiance perdue, les relations avec les principales composantes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) se sont considérablement tendues, jusqu’à entraver la reprise des discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

 

En 2022, les indépendantistes ont perçu comme un manque évident d’impartialité de l’État la nomination au gouvernement de Sonia Backès, fer de lance de la droite loyaliste. Ces derniers temps, leur courroux a fini par se fixer sur la personne de Gérald Darmanin, qui a repris le dossier en main, en rupture avec la tradition de le confier à Matignon, et dont les manœuvres politiciennes cadrent mal avec la recherche du consensus et le crédit à la parole donnée au centre de la culture politique en Nouvelle-Calédonie.

 

L’étincelle finale est ainsi venue du projet de réforme porté par le ministre de l’intérieur. Depuis la révision constitutionnelle de 2007, découlant de l’accord de Nouméa, seules les personnes inscrites sur les listes électorales avant la date de l’accord pouvaient voter aux élections provinciales – une dérogation à la loi française visant à atténuer le poids des nouveaux venus et à permettre aux Kanak·es de continuer d’influer sur le cours des décisions les concernant.

 

Au mépris de cet engagement, Gérald Darmanin, désireux de tourner la fameuse page de l’Histoire, a jugé que ce principe n’était « plus conforme aux principes de la démocratie »[5]. Après avoir boycotté le troisième référendum en raison du non-respect de la période de deuil kanak post-Covid, les indépendantistes ont instantanément vu le dégel du corps électoral comme une mise en minorité supplémentaire, les Kanak·es ne représentant plus que 41 % de la population selon le dernier recensement.

 

 

- Une question de survie
La question est existentielle pour eux : faute de majorité démographique, leur destin politique leur échappe, eux qui soutiennent ultra-majoritairement le chemin de l’indépendance, face aux héritiers des colons blancs, et aux Calédonien·nes d’origine européenne en général, faisant le choix inverse. Et ils ont de quoi se méfier des intentions de l’État tant la France, dès qu’elle s’est installée en Océanie, en a fait un enjeu stratégique au service de sa politique de colonisation et de remplacement.

  • Dès la prise de possession de l’île en 1853 sur ordre de Napoléon III, les spoliations foncières, les déplacements et le travail forcé de la population autochtone ont eu pour effet de la réduire numériquement. Au recensement de 1921, il ne restait plus que 27 100 Kanak·es, soit environ 80 % de moins qu’en 1774.
  • Dans les années 1950, après la fin de l’indigénat en 1946, alors que les mouvements de décolonisation s’intensifiaient partout dans le monde, la France, à contre-courant, a amplifié sa stratégie de peuplement en Nouvelle-Calédonie. Après avoir déporté des bagnards, des communards et des Algériens dans la deuxième moitié du XIXe siècle, elle a, dans la foulée de la Seconde Guerre mondiale, considéré l’immigration comme une nécessité pour maintenir sa présence dans cette partie du globe.
  • Puis, au cours des années 1970, avec le boom du nickel, cette vague de « migrants économiques », principalement venus des îles Wallis et Futuna, a fait basculer le peuple kanak dans la minorité numérique.

 

La circulaire du premier ministre Pierre Messmer du 19 juillet 1972 est des plus explicite : « La présence française en Calédonie ne peut être menacée, sauf guerre mondiale, que par une revendication nationaliste des populations autochtones, appuyées par quelques alliés éventuels dans d’autres communautés ethniques venant du Pacifique. À court et moyen terme, l’immigration massive de citoyens français métropolitains ou originaires des départements d’outre-mer devrait permettre d’éviter ce danger, en maintenant ou en améliorant le rapport numérique des communautés. À long terme, la revendication nationaliste autochtone ne sera évitée que si les communautés non originaires du Pacifique représentent une masse démographique majoritaire.[6] » Voilà, tout est dit.

 

Dans le même temps, les revendications kanakes deviennent si fortes que l’État ne peut plus les ignorer. Les indépendantistes estiment qu’outre les Kanak·es, celles et ceux qu’ils appellent les « victimes de l’Histoire », c’est-à-dire les personnes forcées par l’administration coloniale de venir s’installer dans l’archipel, devraient être autorisé·es à s’exprimer sur l’avenir du pays. Les bases d’une négociation en vue de l’autodétermination sont jetées en 1983 lors d’une table ronde organisée à Nainville-les-Roches, en Essonne.

 

🔴 Dès lors, la question du corps électoral est posée. Elle ne cessera de l’être, notamment en 1988, mais aussi lors du premier référendum d’autodétermination en 2018… jusqu’à aujourd’hui.

 

 

- Nouvelle-Calédonie : le gouvernement est responsable du chaos 

Suivez en intégralité le passage de Mathilde Panot, députée LFI le 17 mai au micro d’Apolline de Malherbe... le gouvernement doit faire un geste fort pour l’apaisement en retirant son texte[8] !

 

 

🔴 Jacques Chastaing :

 

« Ce  ne sont pas les organisations indépendantistes kanaks qui sont  " mafieuses " comme le prétend Darmanin, ce sont les quelques familles de  colons qui avec dix groupes familiaux contrôlent 80% de l'économie de la  Nouvelle-Calédonie.[7] »

Nouvelle-Calédonie : le dramatique retour du refoulé colonial
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9 avril 2024 2 09 /04 /avril /2024 08:29
Pendant que nous construisons l’après-Macron, Raphaël Glucksman prépare l’après-Mélenchon !

Avec Glucksmann c'est la vieille gauche qui revient !

Ceux qui veulent le retour de François Hollande (fondateur de la Macronie[0]) aux présidentielles peuvent voter pour Glucksmann aux européennes ou s'abstenir !

 

 

L'union de la gauche sans Mélenchon ? Manon Aubry répond à Raphaël Gluxmann...

...S’il y a un après à construire, c’est l’après-Macron, pas l’après Mélenchon. Et on ne peut pas le laisser dans les mains de Jordan Bardella et Marine Le Pen ni dans les mains de ceux qui ont créé Emmanuel Macron et permis son ascension. Voilà ce qui devrait nous occuper.

 

 

Source : Manon Aubry | mis à jour le 11/06/2024

 

"  Cher Raphaël,

 

Dans une récente interview, tu as annoncé vouloir faire une union débarrassée de la ligne incarnée par Jean-Luc Mélenchon. “ Il faudra une union politique après ces élections mais ce ne sera pas sur la ligne de Jean-Luc Mélenchon[1] ”. Bien que je sois, tu t’en doutes, en profond désaccord, ta déclaration a le mérite de lever deux hypocrisies.

 

  • La première est de dire que cette élection européenne ne va pas impacter la structuration de la politique française.

Certains poussaient des cris d’orfraie quand nous parlions de l’importance capitale de cette élection dans le paysage politique national. Tu en fais désormais un argument de campagne en demandant la faveur des scrutins pour fonder une nouvelle union à gauche. Merci de nous donner raison sur ce point.

  • La seconde est que l’opposition à Mélenchon ne repose pas sur son style ou ses “ excès verbaux ”, mais bien sur sa ligne politique.

Cela a le mérite de la clarté. On comprend mieux pourquoi tu n’as pas soutenu le programme de la NUPES il y a deux ans, qui a pourtant remporté le 1er tour des élections législatives en 2022.

 


-  L’après-Macron plutôt que l’après-Mélenchon
Quand nous sommes occupés à construire l’après-Macron, tu prépares donc l’après-Mélenchon. C’est, je pense, une erreur politique à de nombreux titres.

  • Penser tout d’abord que le pouvoir pourra se conquérir sans le bloc populaire qu’a réuni Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise, seul parti de gauche à avoir dépassé les 20% ces 12 dernières années, c’est non seulement se priver d’une force populaire mais c’est nécessairement changer le barycentre politique.
  • Qu’est ce qui te pose problème dans “ la ligne Mélenchon ” et donc son corollaire le programme de l’avenir en commun ?
    • Est-ce l’engagement à rompre avec un modèle économique générateur d’inégalités et de désastres écologiques ?
    • La planification écologique ?
    • Le protectionnisme solidaire ?
    • La retraite à 60 ans ?
    • La taxation des plus riches et des multinationales ?

 

Renoncer à son ambition et à cette “ ligne ” c’est renoncer à une ambition écologique et sociale, dans l’espoir de charmer un électorat hypothétique, désillusionné par Macron, qui se contenterait de pansements sur une jambe de bois.

 

C’est sans doute ce qui caractérise le mieux la social-démocratie dont on a déjà bien vu avec François Hollande les limites et les échecs. L’union sans Mélenchon a déjà été testée entre 2012 et 2017. On a vu le résultat : la loi El Khomri, la déchéance de nationalité, le traité budgétaire européen et Manuel Valls à Matignon ! Merci, mais non merci.


La social-démocratie, ancrée dans une philosophie désormais obsolète, se limite à redistribuer les bénéfices d’une croissance économique, endossant ainsi tacitement les principes du capitalisme.

 

🔴 C’est, à mon sens, une double impasse.

  • Politiquement, cette approche ne remet pas en cause le rapport de forces favorisant ceux qui ont déjà amassé des richesses considérables - pas étonnant que tu ne vois d’ailleurs “ aucun problème si les riches paient leurs impôts”.
  • Structurellement, elle se base sur une croissance illimitée dans un monde aux ressources finies, déjà plongé dans une crise écologique insoutenable.
  • Figée dans ses origines, la social-démocratie a visé des gains mineurs dans le cadre du système économique actuel, sans explorer de véritables alternatives. Sa soumission aux lois du marché l’a même poussée à éroder les protections sociales qu’elle avait jadis mises en place.


Par conséquent, ses bases l’ont abandonnée, cherchant des ruptures politiques capables de mettre fin à la dégradation de leurs conditions de vie, tant écologiques que sociales.


C’est sur cette gauche laissée en jachère par les trahisons de François Hollande que nous avons cherché à reconstruire. C’est ce projet aussi qui m’a convaincue d’abandonner le monde associatif pour m’engager en politique il y a 5 ans quand la France insoumise est venue me chercher. Il fallait retrouver un récit et un horizon émancipateurs. Et rassembleurs. C’est le double défi que nous avons réussi, je crois, en 2022 avec le score de Jean-Luc Mélenchon de 22%.

 


-  Le programme de la NUPES comme boussole
Nous aurions pu à ce moment acter une victoire, comme une forme de revanche sur ceux qui ont fait perdre à la gauche sa boussole ces dernières années. Mais nous avons fait le choix d’ouvrir les portes et les fenêtres, de rassembler encore plus largement, pour créer la NUPES.


Derrière la NUPES une stratégie politique et un programme communs[2]. Sur lesquels le Parti Socialiste dont tu as pris la tête de liste pour les européennes, a pourtant fait campagne et lui a permis d’obtenir un groupe politique à l’Assemblée nationale.

  • Comment expliquer maintenant que le parti socialiste aurait renoncé à ce programme ? Sa stratégie ?
  • C’était juste un bout de papier sur lequel faire campagne pour sauver quelques sièges de députés ?


A toutes fins utiles, je rappelle que ce programme comportait un chapitre entier sur les questions européennes[2 chapitre 8]. Qui, je pense, pouvait marquer un moment fondateur au sein de la gauche, 17 ans après la déchirure du Traité Constitutionnel européen en reconnaissant enfin la primauté du vote des Français contre les règles libérales de l’Union européenne. Pour la 1ère fois, la gauche dans son ensemble était capable d’assumer les nécessaires rapports de force pour dépasser les blocages posés par les règles européennes.

 

  • Le marché de l’électricité européen impose une dérégulation de nos tarifs réglementés de l’électricité.
  • Les règles de la concurrence imposent la vente à la découpe de fret SNCF.
  • Les règles budgétaires imposent des coupes budgétaires dans nos services publics et la protection sociale comme les annonces de Bruno Le Maire le confirment.

🔴 Nous disons que nous n’appliquerons pas ces règles.


Je sais que tu n’as jamais soutenu la NUPES mais je veux ici interroger les millions d’électeurs et électrices de gauche qui ont cru et croient encore à son programme : veulent-ils un retour en arrière ?

 


-  Tu évoqueras certainement les questions internationales comme pomme de discorde.

Sur l’Ukraine, je connais nos divergences. Tu fais le choix de l’escalade militaire vers la guerre, je fais celui de l’action diplomatique pour la paix. Sur le plan de la guerre, tu sais que j’ai voté au Parlement européen tous les textes de soutien à l’Ukraine. J’ai d’ailleurs proposé également l’annulation de la dette ukrainienne plutôt que de les livrer aux griffes des marchés financiers. Nous étions bien seuls à mener ce combat. Mais nous refusons une escalade militaire qui pourrait se solder par une guerre généralisée entre deux puissances nucléaires. Le grand socialiste Jaurès ne disait-il pas “on ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre”. La guerre est une impasse, la seule issue est diplomatique.


Sur l’adhésion à l’Union européenne, je resterai fidèle au projet de la NUPES et continuerai de défendre l’harmonisation sociale, fiscale et environnementale comme condition préalable à tout élargissement. Je ne reviendrai pas sur l’échange fécond que tu as eu avec François Ruffin, lequel a minutieusement abordé cette divergence, notamment dans un contexte où le salaire minimum en Ukraine ne dépasse pas les 200 euros par mois. Après le précédent élargissement, la moitié des délocalisations a eu lieu au sein même de l’Union européenne et a accentué encore un peu plus une fracture entre les ouvriers et la construction européenne.


🔴 Ne reproduisons pas les mêmes erreurs.

 

 

-  La rupture, en France comme en Europe
L’unité pour l’unité n’a aucun sens. L’unité de la gauche ne saurait être réduite à une simple convergence de circonstances ou à un idéal abstrait.

 

  • Une vérité s’impose : la rupture a été le dénominateur commun entre des forces aux histoires, méthodes et projets politiques différents. Sans rupture, pas d’union. En incarnant cette ligne politique, Jean-Luc Mélenchon, a forgé cette union non par compromis, mais par la conviction ferme qu’un changement radical était impératif. Il a prouvé qu’une alternative était possible, et ce, contre toute attente.
  • Cette rupture n’est pas un mot théorique envoyé en l’air mais bien une réalité concrète et programmatique. Elle se manifeste à travers des choix politiques clairs, se distinguant de la voie empruntée par ceux qui préfèrent la cogestion confortable avec des forces opposées à nos valeurs.


🔴 C’est là peut-être là en réalité que se trouve notre point fondamental de divergence.

Je t’ai entendu dire “ faites de notre groupe le 1er groupe au Parlement européen ”. Outre que vous êtes donnés dans les sondages à une quarantaine de sièges du PPE, le groupe de droite et que le score français ne peut rien y changer, tu omets de préciser qu’en toute hypothèse le groupe socialiste ne sera jamais en mesure de gouverner seul les institutions européennes.

  • Une alliance sera donc reconduite entre les socialistes européens, le groupe des macronistes (Renew) et la droite comme vous avez gouverné ensemble avec la présidente de la commission européenne actuelle Ursula Von Der Leyen.
  • Une distribution des postes à prestige aura lieu dans un accord de couloir dont les institutions européennes ont coutume.
  • C’est le schéma qui se répète inlassablement : voilà plus de 40 ans que les socio-démocrates européens gouvernent avec la droite européenne.
  • Pour quelles politiques ? Aux côtés de la droite, les socialistes européens votent tous les accords de libre-échange, la réforme du marché de l’énergie qui va faire exploser nos factures d’énergie, ou encore la réforme du pacte asile-immigration, forme de copie bis de la loi Darmanin qui prévoit notamment le financement de murs aux frontières de l’Union européenne.
  • Les socialistes européens sont également responsables des nouvelles règles budgétaires qui prévoient la pire cure d’austérité que notre continent n’ait jamais connu. Cela fait des mois que j’alerte.

 

 

Nous avions déjà pris position sur ce sujet avec Jean-Luc Mélenchon en 2022, en mettant en garde contre un risque de hausse de la TVA. Nous y voilà : Bruno Le Maire et Emmanuel Macron déroulent leur plan de rigueur implacable et nous ont donné le menu de leur saignée sociale : suppression de postes dans les écoles, augmentation du reste à charge pour les médicaments et les consultations médicales, rabotage de la rénovation thermique des logements, nouvelle réforme de l’assurance chômage et donc, pour couronner le tout, une possible hausse de la TVA.


🔴 Bref, faire la poche des pauvres et des chômeurs plutôt que des profiteurs.

Tu vas me dire que tu ne partages pas forcément ces positions. Mais on ne parle pas de quelques positions isolées.

  • Lorsqu’elles sont majoritaires à plus de 90% dans ton groupe, comment penser sérieusement que cela va changer ?
  • Tu le sais comme moi, tous ces textes n’auraient pas été adoptés si la majorité du groupe socialiste européen ne les avait pas votés et soutenus.

 

-  Tirer les leçons des échecs passés
L’union que tu prônes en France est, en réalité, proche de celle que tu fais au sein du parlement européen : elle nie les leçons cruciales des deux dernières décennies. Faire abstraction des messages envoyés par le peuple, comme le rejet cinglant du traité constitutionnel européen de 2005, l’émergence déterminante du mouvement des Gilets jaunes, et les manifestations massives contre les réformes des retraites de Macron, c’est choisir sciemment l’aveuglement. Sans doute ils te paraissent étrangers car tu y as peu participé.


Mais ces événements ne sont pas anecdotiques à mon sens ; ils sont le reflet d’un désir profond de changement.
Prétendre repartir sur les bases d’une social-démocratie éculée, même repeinte aux couleurs de l’écologie, c’est ignorer les appels à une transformation radicale que les élections de 2022 ont rendus évidents.


🔴 La gauche doit être une force de rupture, pas d’accompagnement.

  • La véritable unité repose sur cette fondation.
  • Tout autre chemin est une impasse, une illusion dangereuse qui ne fera que perpétuer les cycles d’échecs et de désillusions.
  • Dès lors, tous ceux qui pensent que l’union se fera après les élections européennes contre sa force motrice nous condamnent à reproduire les erreurs de l’ère Hollande.


Cette lettre est peut-être un peu longue, mais la forme me paraît plus propice à l’échange intellectuel que quelques invectives sur twitter. Elle vise à nourrir la réflexion des électeurs de gauche, sans doute un peu circonspects (voire démobilisés) face à la désunion de la gauche.


Je veux leur dire que je continuerai de toutes mes forces à me battre pour réunir le plus largement possible sur la base du programme de la NUPES. C’est dans cet objectif que j’avais proposé la tête de liste aux écologistes[3] - je ne pense pas que beaucoup de responsables politiques aient déjà accepté de se retirer de la tête d’affiche ?


Pendant que certains veulent faire campagne contre la 1ère force de gauche, nous continuerons d’accueillir tous les orphelins de la NUPES[2][4]comme les écologistes Damien Carême (eurodéputé EELV), Camille Hachez (ancienne responsable des Jeunes écolos) ou Arash Saiedi (ex-coordinateur de Génération.s, le parti de Benoït Hamon).


🔴 Car s’il y a un après à construire, c’est l’après-Macron, pas l’après Mélenchon.
🔴 Et on ne peut pas le laisser dans les mains de Jordan Bardella et Marine Le Pen ni dans les mains de ceux qui ont créé Emmanuel Macron et permis son ascension. Voilà ce qui devrait nous occuper.


Manon Aubry "

 

Notes :

[0] Sous-titré " Les secrets d'un quinquennat ", " Un président ne devrait pas dire ça... " est un livre des journalistes d'investigation Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié le 12 octobre 2016 par les éditions Stock, consacré aux cinq années d'entretiens privés des deux hommes avec le président de la République française François Hollande. L'ouvrage est à l'origine d'une importante polémique notamment au sein de la majorité du moment, et est considéré comme l'un des facteurs conduisant au renoncement de François Hollande à se présenter à l'élection présidentielle française de 2017.

[1] Raphaël Glucksmann : La rupture avec Jean-Luc Mélenchon, sur le fond, est consommée

[2Programme partagé de gouvernement de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale

[3] Nous sommes prêts à ce que les écologistes mènent la liste commune, par exemple avec Marie Toussaint puisque c’est le choix qui a été fait par les membres d’EELV.

[4] Programme officiel de l'Union Populaire de Manon Aubry (Ce document s’appuie sur une version initiale rédigée à partir du programme des jeunes de la NUPES et du bilan de la délégation insoumise au Parlement européen.)

 

Pour en savoir plus

STOP ! Car avec Raphaël Glucksmann, un autre Macron est possible

Pour Glucksmann et le PS, maintenant c'est la confrontation

- Raphaël Glucksmann, fossoyeur du nouveau front populaire : « Il n’y aura pas d’accord avec LFI »

 

Pendant que nous construisons l’après-Macron, Raphaël Glucksman prépare l’après-Mélenchon !
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26 mars 2024 2 26 /03 /mars /2024 14:31
Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire
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Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire

« L’action est aveugle sans la théorie. La théorie est vaine sans action. »

 

Le samedi 16 décembre 2023, les participant·es à l’Assemblée représentative de la France insoumise adoptaient la stratégie « L’Union populaire jusqu’à la victoire », ainsi que la feuille de route du mouvement pour 2024[0].
Aujourd'hui, retrouvez ci-dessous les fiches argumentaires de l‘Union populaire pour les élections européennes, le 9 juin 2024. Elles vous permettront d’avoir tous les arguments pour convaincre de voter pour la liste menée par Manon Aubry[1] et notre programme pour les élections européennes, qui est celui de la Nupes[3] réadapté[4].

 

 

Source : Eric DURAND | mis à jour le 06/09/2024

-  Faire un pôle public de l'énergie pour baisser les prix de l’électricité

Concrètement :

👉 Sortir du marché européen de l’électricité ;

👉 faire la gratuité des premiers kilowattheures ;

 

  • Ça veut dire quoi sortir du marché européen de l’électricité ?

Avant la mise en oeuvre du marché de l’électricité, le prix était basé sur son coût de production. L’énergie est désormais traitée comme une marchandise. Son prix varie selon la dernière source d’énergie activée - presque toujours les centrales à gaz, source la plus chère ! Il faut sortir du marché européen. Grâce à un pôle public de l’énergie, nous rétablirons des tarifs réglementés qui correspondent aux coûts de production et non à la spéculation des marchés. La sortie du marché n’empêche pas les échanges avec les autres pays, ils existaient avant le marché européen !

  • Les prix n’augmentent pas à cause de la guerre en Ukraine, mais des actionnaires

Le gaz représente entre 5 et 10 % du mix électrique français. Ce n’est pas la guerre en Ukraine qui a fait augmenter les prix de l’électricité. En réalité, le vrai coût de production de l’électricité ne varie pas depuis dix ans. Les factures flambent artificiellement à cause du racket organisé par les règles du marché, remplissant directement les poches des fournisseurs et des actionnaires.

  • Sortir du marché de l’électricité pour sortir de la précarité énergétique

La pauvreté explose partout en Europe. Environ 20 % des Françaises et Français ne peuvent pas se chauffer faute de moyens. Selon les estimations du magazine britannique libéral The Economist, 68 000 personnes sont mortes à cause de la crise énergétique en Europe au cours de l’hiver 2022-2023. En plus de réglementer les tarifs, nous proposons un vaste plan de rénovation de l’ensemble des passoires thermiques et la gratuité des premiers kilowattheures. Les députés de la France insoumise sont les seuls à s’être opposés à chaque étape à la continuation du marché de l’électricité en 2023.

 

🔴 CHIFFRES CLÉS
100 % : C’est la hausse des factures d’électricité depuis l’ouverture à la concurrence du secteur.
18,4 milliards € : C’est le montant des bénéfices distribués par TotalÉnergies à ses actionnaires en 2023. Un record !
42 millions : C’est le nombre de personnes en Europe qui ont souffert de précarité énergétique en 2022. Soit 35 % de plus qu’en 2021 (Eurostat).

 

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire

 

- Transformer notre modèle agricole et alimentaire pour baisser les prix de l’alimentation en encadrant les marges des multinationales, sortir des pesticides & garantir une rémunération digne aux salariés de l’agriculture
Concrètement : 

👉 Garantir des prix planchers rémunérateurs aux agriculteurs et agricultrices ;
👉 Encadrer les marges de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution ;
👉 Renforcer les aides à l’installation des jeunes et des nouveaux agriculteurs et nouvelles agricultrices (y compris au-delà de 40 ans) ; 
👉 Adopter la clause de sauvegarde contre la concurrence déloyale ;
👉 Réduire le gaspillage alimentaire et viser un système 100 % biologique au plus tard en 2050 ;
👉 Appliquer une clause de sauvegarde sanitaire quand une production agricole importée contient des produits interdits en France pour des raisons de santé publique.

 

  • Les prix plancher de la France insoumise, un système « soviétique » ?

Non, ce système était le système prévalant dans l’Union européenne durant les 30 premières années de la PAC, jusqu’en 1992. C’est encore pratiqué dans de nombreux pays, dont le Canada ou les États-Unis ! Par ailleurs, nous ne proposons pas que l’État fixe unilatéralement les prix planchers. Nous proposons que la conférence publique de filière discute et détermine le prix plancher sur la base des coûts de production par bassin. Elle en a les moyens puisqu’elle réunit notamment les producteurs, les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs. Le gouvernement intervient en dernier ressort si ce processus n’aboutit pas.

  • Faire une « pause » dans la réglementation environnementale ? Encore une mauvaise idée d’Emmanuel Macron

L’urgence climatique et environnementale ne permet pas de pause : ne pas agir, c’est menacer la capacité des générations futures de se nourrir. La France est déjà l’un des trois pays qui autorise le plus de substances actives de pesticides dans l’Union européenne (291 contre 220 en moyenne). La France dispose donc de 32 % de pesticides autorisés en plus que la moyenne des pays européens. 36 % de la population d’oiseaux des milieux agricoles a disparu depuis 1989. Nous ne pouvons pas nous complaire dans l’autosatisfaction. En revanche, il faut donner les moyens aux agriculteurs de réaliser la bifurcation agroécologique, en garantissant des prix rémunérateurs et des aides financières. Et en les protégeant de la concurrence déloyale par des mesures douanières et des clauses de sauvegarde, dans un protectionnisme solidaire. La Macronie, au contraire, abandonne les agriculteurs à la prédation des multinationales comme Lactalis qui paient un prix de misère.

  • Pour une agriculture biologique et garantie sans OGM

Les études scientifiques (CNRS, IDDRI, INRAE) convergent pour montrer qu’un système agricole 100 % biologique est possible en Europe d’ici 2050, et que cette bifurcation écologique est indispensable pour maintenir la capacité des générations futures à se nourrir ! En revanche, nous nous opposons à la déréglementation dangereuse des nouveaux OGM (NGT) prévue dans le plan de la Commission de la Ferme à la Fourchette - et que le Rassemblement National et Les Républicains soutiennent, en prétendant s’y opposer.

  • Non, la France insoumise ne veut pas priver les agriculteurs et agricultrices de 10 milliards d’euros par an en ayant voté contre la politique agricole commune (PAC)

Nous ne sommes pas contre la PAC mais nous avons voté contre la dernière réforme de la PAC, contrairement aux Macronistes, Républicains et Rassemblement National qui ont voté pour, car cette réforme est injuste et contraire à l’urgence écologique. Mais même si cette réforme n’avait pas été adoptée, la PAC précédente aurait continué à s’appliquer et l’argent aurait continué à être versé aux agriculteurs comme auparavant. Les 10 milliards de la PAC en France représentent en moyenne 25 000 euros par exploitation et par an : mais en réalité, quelques unes touchent beaucoup plus, et beaucoup touchent beaucoup moins ! Il faut redistribuer l’argent de la PAC aux
agriculteurs à travers une nouvelle réforme plus juste, plus écologique et plus respectueuse du bien-être animal.

  • Les lois Egalim ne garantissent pas les revenus des agriculteurs et agricultrices

Cela fait 6 ans que la loi Egalim 1 a été adoptée. Depuis, les rustines se multiplient : Egalim 2 (2021), Egalim 3 (2023). Si cela fonctionnait, les agriculteurs ne se mobiliseraient pas comme ils l’ont fait ces dernières semaines ! En réalité, quelles que soient les lois et les règles décidées par le parlement français dans les lois Egalim, la grande distribution fait tout pour les contourner. Les centrales d’achat européennes dans lesquelles se regroupent les grandes enseignes françaises choisissent d’éviter d’appliquer la loi française. Nous agirons pour frapper cette évasion juridique en imposant la loi française à toute entreprise qui commercialise en France et garantirons des prix rémunérateurs aux agriculteurs en fixant des prix planchers.

 

🔴 CHIFFRES CLÉS
16,2 % : C’est le taux de pauvreté monétaire dans les ménages agricoles (14 % en population générale) (INSEE 2024). Il est encore plus élevé dans certains secteurs : 24,9 % en maraîchage et horticulture, 23,6 % dans le secteur ovins, caprins.
100 000 : C’est le nombre de fermes qui ont disparu en 10 ans en France entre 2010 et 2020. Soit 10 000 par an. Près de 200 par semaine. Près de 30 par jour.

 

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire
Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire

 

- Protéger notre santé, sortir des pesticides, abolir les règles anti-services publics

Concrètement : 

👉 Défendre la Sécurité sociale et le service public de santé, notamment l’hôpital public, combattre les injonctions de la Commission européenne d’y porter atteinte ;
👉 Constituer des pôles publics nationaux ou européens de production de médicaments (par exemple : paracétamol, pilule abortive) ;
👉 Renforcer les coopérations européennes en matière de santé, notamment concernant la prévention et la gestion des pandémies ;
👉 Généraliser et rendre obligatoire le Nutri-Score partout en Europe et y intégrer des critères de transparence sur la fabrication et le respect de l’environnement ;
👉 Organiser le déploiement de plateformes d’hébergement de données de santé publiques sécurisées dans chaque pays membre afin de garantir une souveraineté nationale aux membres de l’Union européenne sur leurs données de santé. 

 

  • L’Union européenne donne les armes à Macron pour casser l’hôpital public

En vingt ans, les services publics, piliers de l’État social français, ont été démantelés. La pandémie a démontré l’ampleur du désastre à l’hôpital, privé de bras et de matériel. L’asphyxie des services publics ne sort pas de nulle part, mais bien de la politique économique ultra-austéritaire impulsée par l’Union européenne et du zèle de Macron pour appliquer ses règles absurdes qui interdisent de dépenser de l’argent public pour protéger les gens. Elles peuvent pourtant être suspendues. Pour preuve, elles l’ont été pendant la crise Covid.

  • L’industrie alimentaire joue avec le cancer

Il faut en finir avec la malbouffe. Nous affrontons une épidémie de maladies chroniques et de cancers. L’agro-industrie et ses produits vendus à grand renfort d’additifs et de publicité en sont la cause. Les plus pauvres en sont les premières victimes. En finir avec la malbouffe est un enjeu de santé publique. Nous avons les moyens de produire autrement pour nous nourrir tous et mieux.

  • L’Union européenne empoisonne l’eau et l’air

En 2050, si on ne fait rien, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans. L’air, l’eau et les sols sont affectés par toutes sortes de pollutions plastiques, chimiques, industrielles. La pollution dans l’Union européenne est responsable de 250 000 décès prématurés chaque année. Nous refusons les logiques de financiarisation et marchandisation de la nature que l’Union européenne nous impose. C’est notre devoir de protéger ces biens communs essentiels à la survie humaine.

  • L’Union européenne a bloqué la levée des brevets sur les vaccins de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)

Alors que l’Afrique du Sud et l’Inde étaient particulièrement touchés par le Covid-19, les deux pays avaient demandé la levée des brevets sur les vaccins auprès de l’OMC. Emmanuel Macron et l’Union européenne avaient préféré protéger l’industrie pharmaceutique et ses profits, plutôt que de participer à sauver des milliers de vies et de faciliter la sortie de la crise sanitaire. Jusqu’en 1959, il était interdit en France d’enfermer dans des brevets tous médicaments, dont les vaccins !

 

🔴 CHIFFRES CLÉS

90 % : C’est la part des Français qui sont pour la création d’un pôle public du médicament (Harris interactive, juin 2020).
98 % : C’est le pourcentage des Européens qui respirent un air pollué.
163 : C’est le nombre de services d’urgence qui ont dû fermer en France, au moins partiellement, au cours de l’été 2023.

 

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire
Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire

 

- Assumer la désobéissance européenne, abolir les règles anti-services publics, mettre fin aux accords de libre-échange, contre le retour de la Commission européenne soutenue par la coalition de la droite, des macronistes et des socialistes

Concrètement : 

👉 Proposer de nouveaux traités respectueux de la souveraineté des peuples et les faire ratifier par référendum ;
👉 Mettre un terme à la concurrence libre et non-faussée qui empêche la constitution de pôles publics (énergie, transports, etc.) et la sortie des biens communs du marché

 

  • Pourquoi « sortir des traités » ?

Nous voulons bifurquer vers le mieux disant écologique et social. Or, un programme de rupture à la hauteur des urgences écologiques et sociales va à l’encontre des règles européennes actuelles : traités de libre-échange, concurrence libre et non faussée, marché européen de l’énergie, carcan budgétaire, politique agricole productiviste, Banque centrale européenne (BCE) dont les taux d’intérêt étranglent l’investissement des entreprises. « Sortir des traités » n’a qu’un sens pour nous : désobéir aux règles destructrices mises en œuvre par la Commission européenne, soutenue par la droite, les macronistes, et les socialistes européens !

  • Ça veut dire quoi désobéir ?

Notre premier objectif est de proposer aux États et peuples européens la rupture concertée avec les traités européens actuels avec la restauration de la souveraineté budgétaire, la modification du statut de la BCE, le protectionnisme solidaire, l’harmonisation sociale et écologique par le haut, etc. Si cela ne fonctionne pas, notre stratégie nationale n’a pas changé : nous portons l’application jusqu’au bout de notre programme en assumant la confrontation avec les institutions européennes. En conséquence, il nous faudra être prêts à désobéir à certaines règles. Ces deux stratégies s’alimentent : c’est en agissant en éclaireur qu’on pourra entraîner les autres peuples européens.

  • Mais alors à quoi ça sert de voter pour élire des députés insoumis aux européennes ?

Au Parlement européen, nous pouvons déjà bousculer les institutions pour ouvrir la voie, lancer l’alerte, bloquer la Commission européenne et arracher des avancées. Nous allons au Parlement européen pour mener des combats concrets et pas pour faire fonctionner leur système. Ces combats prolongent ceux de France et préparent ceux de notre campagne présidentielle en 2027. Nous sommes le rempart face à Macron et à l’extrême droite. Voter pour notre liste c’est voter pour la souveraineté des peuples, pour la planète, pour le camp de la paix, contre tous les génocides, et les crimes de guerre sans exception.

 

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire

- Arrêter la concurrence entre les travailleurs européens, adopter la clause de présomption de salariat pour les travailleurs et travailleuses uberisés, stopper l’appauvrissement des jeunes

Concrètement : 

👉 Bloquer les prix des produits de première nécessité au niveau européen pour lutter contre l’inflation causée par les superprofits ;
👉 Mettre un terme au statut de travail détaché : les salariés détachés, y compris saisonniers, doivent relever intégralement, et seulement, du droit du pays d’accueil (horaires, salaires, cotisations sociales, indemnités, congés, etc.) ;
👉 Instaurer un impôt universel sur les entreprises (basant leur taxation sur l’activité effectivement réalisée dans les pays européens) et sur les revenus des particuliers dans les paradis fiscaux pour lutter contre l’évasion fiscale.

 

  • L’Union européenne précarise les travailleurs et les travailleuses

Avec le travail détaché, l’Union européenne met en concurrence les travailleuses et les travailleurs et fragilise leurs conditions de travail. Le système est simple : il permet par exemple à une entreprise française de faire travailler en France un travailleur étranger (ou français) en payant les cotisations sociales prévues par le pays d’origine. Cotisations qui sont souvent extrêmement faibles voire inexistantes selon les États ! Le travail détaché discrimine donc les travailleuses et travailleurs étrangers qui fournissent le même travail que leurs homologues locaux, provoque une concurrence déloyale avec les travailleuses et travailleurs français et un moins-disant social généralisé.

  • L’Union européenne pour les jeunes : un présent précaire, un futur effroyable

Pauvreté, chômage, dépression, précarité : les jeunes subissent de plein fouet les conséquences désastreuses des politiques uniquement guidées par la logique du profit immédiat. Contre cet appauvrissement de la jeunesse, nous renforcerons l’aide alimentaire, mettrons fin à la sélection à l’université et lancerons une directive pour que chaque jeune européen puisse bénéficier d’une garantie d’autonomie payée au-dessus du seuil de pauvreté (donc 1 158 euros en France). Et cela, dès 16 ans pour les élèves de l’enseignement professionnel.

  • L’Union européenne facilite la fraude fiscale

La crise sociale et écologique s’amplifie de jour en jour. Pour y répondre, il faudrait des investissements massifs dans nos services publics, dans les aides sociales, dans la lutte contre le dérèglement climatique, etc. Et pourtant, pendant ce temps, une poignée de privilégiés se gave et nous vole en ne payant pas leurs impôts. Parmi les tricheurs fiscaux, il y en a aussi qui nous gouvernent. Pas étonnant donc que l’Union européenne ne fasse rien pour lutter contre la fraude fiscale, y compris contre ses États membres qui sont des paradis fiscaux : Luxembourg, Irlande, Malte et les Pays-Bas.

 

🔴 CHIFFRES CLÉS

220 000 : C’est le nombre de travailleuses et de travailleurs (hors secteur routier) qui ont été détachés au moins une fois en France en 2022 par des entreprises étrangères établies à l’étranger.

4 : C’est le nombre de paradis fiscaux membres de l’Union européenne, selon l’ONG Oxfam : le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas et l’Irlande.
25,3 % : C’est le pourcentage de jeunes en Europe menacés par la pauvreté ou l’exclusion sociale (Eurostat 2021).

 

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire
Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire

 

- Refuser l'austérité et le chantage de la dette publique, abolir les règles anti-services publics

Concrètement : 

👉 Obliger la Banque centrale européenne (BCE) à financer les politiques sociales et écologiques des États, en l’autorisant à racheter directement la dette des États sans passer par les banques privées, et en mettant en place une autorisation de découvert des États auprès d’elle (qui ainsi ne devront plus se financer sur les marchés financiers) ;
👉 Exiger que la BCE transforme la part de dettes des États qu’elle détient en dettes
perpétuelles à taux nul ;

👉 Organiser une conférence européenne sur les dettes souveraines sur la base d’audits citoyens pour préparer un réaménagement négocié de la dette publique.

 

  • La Commission européenne tue les services publics

En dehors d’être absurdes, les règles budgétaires européennes sont destructrices. Elles interdisent de dépenser de l’argent public pour protéger les gens en limitant le déficit public à 3 % du PIB et la dette à 60 % du PIB sans aucune raison économique rationnelle. Elles saccagent nos services publics, encouragent la privatisation et la mise en concurrence, affaiblissent nos systèmes de protection sociale et de santé et empêchent toute politique écologique. Ces injonctions ont eu des effets désastreux sur nos services publics. Elles permettent l’intensification de la concurrence dans le secteur de l’électricité et du ferroviaire, la baisse des allocations familiales et des aides au logement, la baisse de moyens alloués au système de santé… Nous proposons au contraire l’abolition de ces règles et la désobéissance aux traités. Ainsi fera-t-on chaque fois que ce sera nécessaire pour financer le nouveau modèle écologique d’agriculture, la rénovation des logements, le développement des énergies renouvelables et le transport ferroviaire.

  • La France ne vit pas au-dessus de ses moyens

L’État français n’est pas un acteur économique comme les autres. Il détermine le montant de ses dépenses mais aussi de ses recettes en fixant le niveau des impôts. L’État détermine aussi sur quelle durée il s’endette : la France émet des obligations à 30 ans tandis que certains États ont émis de la dette à 50 voire 100 ans. Enfin, les États ne remboursent pas leurs dettes : quand un titre de dette publique arrive à expiration, l’État réemprunte le même montant.

  • Oui, mais la France serait trop endettée ?

Non, le niveau de dette publique de la France est tout à fait soutenable. Même en prenant l’indicateur utilisé par les néolibéraux (le ratio dette / PIB), la dette de la France est inférieure à celle d’autres économies développées comparables : la dette des États-Unis représente 123 % de leur PIB, celle du Japon 217 %, tandis que la France est à 112 %. Ce n’est pas le montant total de la dette publique qui est important, mais le coût de cet endettement (donc le taux d’intérêt fixé par les marchés financiers), c’est pourquoi nous voulons sortir le financement de l’État des griffes de la finance ! Pour cela, il faut autoriser la Banque centrale européenne à prêter directement aux Etats.

  • La BCE veut étrangler les États

Les intérêts de la dette publique de la France ont beaucoup augmenté depuis trois ans. Cela pèse sur le budget de l’État. C’est la conséquence de choix politiques : d’une part, la BCE a arrêté de racheter la dette publique des États membres en circulation sur les marchés, et d’autre part, la BCE a augmenté les taux d’intérêt. En 2020, quand la BCE rachetait massivement la dette souveraine française et que ses taux d’intérêt étaient à 0 %, la charge d’intérêts s’élevait à 30 milliards d’euros. En 2024, elle s’élève à 52 milliards d’euros et pourrait atteindre 74 milliards en 2027. Nous exigeons que la BCE continue à racheter la dette publique en circulation sur les marchés et la transforme en dette perpétuelle à taux nul, afin que les États puissent se financer à bas coût.

 

🔴 CHIFFRES CLÉS

26 % : C’est la part de la dette publique française qui est détenue par la BCE et la Banque de France (au nom de la BCE) et qui correspond, fin février 2024, à 800 milliards d’euros.
3 % : C’est le taux auquel la France emprunte à 10 ans, sur les marchés financiers en février 2024. Entre juillet 2019 et septembre 2021, ce taux était négatif (en dessous de 0 %), grâce aux achats de dette souveraine de la BCE !
x 10 : C’est la différence entre le montant total de la dette publique française et celle des États-Unis, qui est 10 fois plus importante. 3088 milliards d’euros pour la dette française, ça peut paraître beaucoup mais ce n’est rien par rapport aux 34 trillions de dollars d’endettement public étasunien.

 

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire
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- Passer à l'écologie populaire, passer au 100 % énergies renouvelables à horizon 2050, taxer les riches et les superprofits

Concrètement : 
👉 Appliquer la règle verte à toutes les politiques européennes ;
👉 Atteindre la neutralité carbone en Europe à horizon 2040 ;
👉 Instaurer une taxation des biens et loisirs anti écologiques des ultra-riches, et interdire les plus climaticides ;
👉 Favoriser le développement et la rénovation des lignes de fret, des trains du quotidien et des trains de nuit entre pays européens ;
👉 Créer un tribunal international de justice climatique avec les États volontaires ;
👉 
Porter au niveau international la reconnaissance de l’écocide.

 

  • Le marché carbone : un passe-droit aux entreprises pour polluer

Le marché carbone est un système qui octroie aux entreprises chaque année un quota de droits à polluer gratuitement qu’elles sont censées ne pas dépasser. Si c’est le cas, aucune inquiétude pour elles, elles peuvent acheter des quotas supplémentaires, auprès d’autres entreprises mais aussi d’États membres qui mettent aux enchères des quotas supplémentaires. Ainsi, prétend la Commission européenne, ils peuvent récupérer des financements pour leurs politiques écologiques tout en permettant de polluer encore plus. C’est un fonctionnement absurde. Il faut enfin acter la défaillance de ce dispositif. Il est temps d’instaurer une véritable planification de la réduction des émissions dans les secteurs énergétique et industriel, par le biais d’objectifs sectoriels contraignants.

  • Taxer les riches, ça finance la bifurcation écologique

Les riches polluent. Bernard Arnault a une empreinte carbone de consommation 1 270 fois supérieure à un Français moyen. Une taxation juste des ultra-riches permettrait de lutter à la fois contre les inégalités et contre le changement climatique. Grâce à de nouvelles ressources comme l’impôt sur la fortune, la taxation des biens et loisirs anti-écologiques ou encore la taxe sur les superprofits, nous pourrions générer 3 000 milliards d’euros de recettes supplémentaires sur 5 ans dans toute l’Europe. De quoi financer la bifurcation écologique et la solidarité sociale ! Au lieu de cela, l’Union européenne veut étendre l’injuste taxe carbone aux ménages.

  • Nous taxer plutôt que nous aider

En avril dernier, le Parlement européen a voté en catimini un texte de la Commission européenne. Sous couvert d’accélérer
la diminution des émissions de gaz à effet de serre, ce texte contenait en réalité une extension injuste et absurde du marché carbone au chauffage et à l’essence pour les particuliers. Résultat, le prix du litre d’essence risque d’augmenter de cinquante centimes ! Pendant que les plus riches polluent en toute impunité, les plus pauvres vont devoir payer pour le prix de la transition écologique. Au contraire, nous proposons d’augmenter les aides à la rénovation des passoires thermiques et au développement des alternatives à la voiture individuelle.

  • Le nucléaire, une impasse mortelle

Les effets du dérèglement climatique s’accélèrent et les décisions cruciales doivent être prises maintenant : le nucléaire et les énergies fossiles sont une impasse dont nous sortirons. Les réacteurs nucléaires français sont vieillissants : rien que pour les maintenir en fonction, il faudrait investir plus de 100 milliards d’euros, qui manqueraient donc pour les énergies renouvelables. Aujourd’hui, ces dernières sont moins chères. S’ajoutent à cela les autres problèmes du nucléaire, comme les risques d’accidents, la nécessité d’importer les matières premières ou encore la vulnérabilité des centrales au changement climatique.

 

🔴 CHIFFRES CLÉS

10 % : Les 10 % les plus riches sont responsables de plus de la moitié des émissions mondiales.
100 milliards € : C’est ce que coûterait la prolongation des réacteurs nucléaires français.
100 milliards € : C’est aussi le montant des quotas de pollution offerts gratuitement à l’industrie par les États membres de l’Union européenne entre 2013 et 2021.

 

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire
Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire

 

- L’extrême droite contre nos droits fondamentaux, inclure le droit à l’IVG et à la contraception, et leur accès gratuit pour toutes les femmes, dans la Charte européenne des droits fondamentaux

Concrètement : 
👉 Parler devant l’assemblée, lancer les alertes, résister face aux remises en cause des droits, c’est la première tâche de nos députés face aux réactionnaires et aux indifférents qui préfèrent regarder ailleurs ;
👉 Combattre toutes les formes de racisme et de discriminations, liées aux origines, aux handicaps, à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre en faisant aboutir le projet de directive globale et universelle de l’Union européenne contre toutes les discriminations ;
👉 Lutter contre les violences faites aux femmes et proposer une loi européenne sur le consentement ;
👉 Lutter contre les mouvements dits « anti-genre » qui s’opposent aux droits des femmes et des personnes LGBTI à travers toute l’Europe ;
👉 Combattre toutes les manifestations du racisme, notamment les violences antisémites et l’islamophobie ;
👉 Garantir l’égalité des droits pour les couples de même sexe (union civile, mariage, adoption et filiation des enfants) dans toute l’Union européenne ;
👉 Donner des droits identiques au reste de la population à toutes les personnes en situation de handicap : éducation, emploi, déplacements, prestations sociales, vie politique.

 

  • L’extrême droite : une arnaque sociale[2]

Le Rassemblement national prétend être du côté du peuple. Pourtant ses parlementaires ont voté contre l’augmentation du SMIC, contre l’élargissement de la taxe sur les superprofits à tous les secteurs, contre l’instauration d’un impôt sur la fortune (ISF) européen et d’un impôt européen sur les hauts revenus, pour la Politique Agricole Commune qui profite surtout aux gros exploitants. Ils ne défendent que les riches et leurs intérêts.

  • L’extrême droite menace le droit à l’avortement

Les droits des femmes sont sans arrêt attaqués par l’extrême droite et les conservateurs. L’extrême droite a voté contre l’accès universel des femmes à l’avortement au Parlement européen. En Slovaquie, 11 propositions de loi ont été déposées entre 2018 et 2020 pour restreindre l’avortement par des alliés du Rassemblement National et des Républicains. En Pologne, l’avortement est seulement autorisé en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la vie de la mère. À Malte, il est totalement interdit. Face aux réactionnaires, la France insoumise défend toujours les droits des femmes. La France a marqué l’histoire en devenant, à partir d’une proposition insoumise, le premier pays au monde à inscrire le droit à l’avortement dans sa Constitution. Nous élargirons le combat afin que chaque personne en Europe puisse avoir le même droit fondamental à disposer seule de son corps.

  • Les personnes LGBTI sont toujours la cible de violences

Les discriminations à l’égard des personnes LGBTI restent nombreuses aujourd’hui en Europe. La Hongrie de Viktor Orbán et la Pologne de Mateusz Morawiecki ont pris des mesures discriminantes en étant soutenus par les parlementaires d’extrême droite au Parlement européen. Ils ont refusé de condamner une loi associant homosexualité et pédophilie en Hongrie. Ils ont également voté contre la reconnaissance des mariages et autre unions de personnes de même sexe à travers toute l’Union européenne. La France insoumise portera toutes les mesures nécessaires pour lutter contre ces discriminations, garantir l’égalité des droits pour les couples de même sexe dans toute l’Union européenne et permettre la reconnaissance entre États des couples de même sexe, mais aussi celle de la parentalité trans.

  • Le racisme et l’extrême droite : deux courbes qui augmentent simultanément

Le Rassemblement National a un discours au racisme assumé. Parmi ses députés, siège un ancien patron de librairie négationiste et antisémite condamné pour violences en réunion avec arme. Ses partis alliés au Parlement européen ne sont pas en reste. L’AFD, son homologue allemand, ne cache même pas son programme néo-nazi en ayant travaillé sur un plan d’expulsion violente (appelé « remigration ») de 2 millions de personnes. Face à la montée des racismes, la France insoumise sera toujours du côté du principe d’égalité. Face à la montée de l’extrême droite et à la diffusion de ses idées racistes et antisémites partout en Europe, nous construirons un barrage antiraciste et antifasciste.

 

🔴 CHIFFRES CLÉS

2 555 : C’est le nombre de femmes qui meurent chaque année sous les coups de leur conjoint ou d’un membre de leur famille en Europe.
40 % : C’est le pourcentage de personnes LGBTI qui subissent du harcèlement chaque année en Europe en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre réelle ou supposée.
45 % : C’est le pourcentage de personnes noires en Europe qui déclarent avoir été victimes de discriminations sur la base de leur couleur de peau dans les cinq dernières années.

 

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire
Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire

 

- Pour une politique migratoire humaniste en Europe, garantir le droit d’asile sur le sol européen

Concrètement : 
👉 Lutter contre l’exil forcé et ses causes ;
👉 Agir pour la lutte contre le dérèglement climatique et créer un statut de détresse environnementale couvrant tout type de catastrophe ayant entraîné une migration forcée ;
👉 Remplacer l’agence meurtrière Frontex par une agence européenne civile de sauvetage en mer et sur terre, en appui de l’agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA) ;
👉 Combattre la criminalisation et les campagnes de harcèlement conduites à l’encontre des associations d’aide et des personnes solidaires avec les migrants.

 

  • Nous pouvons sauver des vies

Aux frontières de l’Union européenne, pas une semaine ne se passe sans qu’un nouveau drame ne se produise, qu’un nouveau mur ou une nouvelle clôture ne s’érige. La Méditerranée et la Manche sont devenues des cimetières à ciel ouvert. Au large de Mytilène en Grèce, c’est même un filet de 27 km en mer dont il a été question. L’agence Frontex a été accusée à plusieurs reprises d’avoir repoussé illégalement des bateaux de migrants. On comprend mieux pourquoi son ancien président est désormais candidat avec le Rassemblement National. Nous sanctionnerons tous ces refoulements illégaux. En parallèle, il s’agit de protéger l’activité des navires humanitaires et d’ouvrir des voies de migrations légales et sécurisées pour éviter, à chaque fois que cela est possible, que des êtres humains risquent leur vie sur la route de l’exil.

  • Plutôt que de créer de la souffrance et du désordre, agir sur les causes des migrations forcées

Les pays les plus riches ont souvent la responsabilité des migrations forcées de par leur implication dans la multiplication des conflits armés, la destruction des économies locales par la mondialisation et le réchauffement climatique. Face à cela, l’Union européenne doit porter la voix de la paix en étant non-alignée et en défendant le droit international, dont fait partie la sécurité alimentaire. Elle doit aussi mettre fin aux accords inéquitables passés avec les pays de départ et les remplacer par des partenariats durables, notamment dans les domaines du commerce et de la pêche. Nous créerons également un statut de détresse environnementale couvrant tout type de catastrophe ayant entraîné une migration forcée.

  • Non, l’immigration ne coûte pas cher à la société

L’immigration a une contribution positive à la société française. Certains aspects de cette contribution sont peu mesurables, comme ses apports à la culture française, aux horizons musicaux, culinaires, linguistiques, cinématographiques de l’ensemble de ses citoyens. Combien de prix Nobel français ont immigré en France comme réfugiés ? D’autres en revanche le sont : il s’agit des aspects socio-économiques, également cruciaux pour notre société. La présence de personnes immigrées sur le sol français n’est pas un coût pour les finances publiques, mais présente un solde positif. Nos régimes de retraite et notre assurance-maladie sont alimentés par les travailleurs étrangers. Quant à leurs luttes, elles ont transformé en mieux le droit français. C’est par exemple grâce aux luttes de travailleurs étrangers que l’empoisonnement au plomb sur le lieu de travail est poursuivi

 

  • Il n’y a pas de « submersion migratoire »

Les Nations Unies estiment à 281 millions le nombre de personnes migrantes en 2020. Cela représente 3,6 % de la population mondiale, soit une infime minorité. En Europe, les arrivées de populations ne sont pas massives non plus : la même année, les réfugiés représentent 0,6 % de la population totale. La majorité des migrations s’effectuent dans la même région que le pays d’origine. Nous pouvons accueillir dignement celles et ceux qui cherchent refuge sur notre sol, comme cela a été le cas avec les Ukrainiens. Il n’y a pas d’invasion migratoire mais des instrumentalisations xénophobes.

 

🔴 CHIFFRES CLÉS

7,7 % : C’est le pourcentage d’étrangers, étudiants compris, vivant sur le sol français d’après l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE). Il est inférieur à la moyenne de l’Union européenne qui est de 8,4 %.
50 % : C’est la part de migrations estudiantines dans la hausse des titres de séjour. Leur nombre est passé de 193 000 en 2005 à 311 000 en 2022 d’après l’Institut Convergences Migrations (Collège de France). Non, nous ne ferons pas la guerre aux étudiants !
29 056 : C’est le nombre de migrants disparus en Méditerranée depuis 10 ans selon l’Organisation Internationale pour les migrations (OIM).

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire
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- Respecter la souveraineté des peuples, chasser les lobbies des institutions européennes

Concrètement : 
👉 Proposer de nouveaux traités respectueux de la souveraineté des peuples et les faire ratifier par référendum ;
👉 Interdire les rémunérations annexes des députés et responsables européens susceptibles de créer des conflits d’intérêts, tout comme les cadeaux et voyages offerts ;
👉 Créer un RIC européen en réformant le dispositif d’initiative citoyenne européenne.

 

  • La voix des peuples ignorée par la caste qui nous gouverne

En 2005, les peuples de France et des Pays-Bas ont rejeté par référendum le projet de constitution européenne. Ce texte a
ensuite été recyclé dans le Traité de Lisbonne, adopté en 2009 par une procédure parlementaire violant le vote populaire. L’architecture actuelle de l’Union européenne est donc illégitime. Il faut rétablir la souveraineté des peuples en Europe en faisant respecter les votes populaires. Retrouver la souveraineté populaire passe déjà par mettre fin à la culture d’opacité qui mine la confiance des citoyens. Cela nécessite dans un premier temps de rendre l’ensemble des votes des parlementaires public et lisible pour chaque citoyen. Enfin, pour que la voix des peuples soit vraiment écoutée, toute révision des traités, tout élargissement de l’Union européenne, devrait être soumis à ratification par des référendums nationaux.

  • La lobbycratie à Bruxelles : un cas d’école

Le Parlement européen est envahi par les lobbyistes : plus de 70 par parlementaire. Le secteur représente un business estimé à 3 milliards d’euros par an au sein de l’Union européenne. Une activité lucrative pour le secteur privé (tabac, chimie, automobile, filière laitière, etc.) qui représente 70 % des lobbyistes présents mais pas seulement ! On estime entre 4 et 11,5 millions d’euros le montant des rémunérations annexes perçues chaque année par les parlementaires européens. Un quart des députés sont impliqués dans des affaires ou des scandales (détournement de fonds, corruption, etc.). Aucun des nôtres ! Nous continuerons le combat mené par Manon Aubry pour chasser les lobbies. Aujourd’hui, grâce à elle, les parlementaires sont obligés de publier leur déclaration de patrimoine ainsi que tous leurs rendez-vous et ceux de leurs assistants. Nous irons plus loin : fini les cadeaux, voyages et toute forme de rémunération annexe pour les parlementaires, avec nous ce sera interdit.

  • La France peut se retirer unilatéralement de certains programmes

L’histoire entière de l’Union européenne est faite de rapports de force et coopérations à géométrie variable. Plusieurs pays ont obtenu des options de retrait (opt-out) de certaines politiques européennes. De fait, ces dispositions ne se sont jamais appliquées à eux ! Ces opt-out peuvent se négocier au moment de la signature du traité. L’Irlande a ainsi obtenu un opt-out sur l’espace Schengen et le Danemark ne participe ni à la politique de défense et de sécurité commune ni à l’euro. Les opt-out peuvent aussi s’obtenir si le traité est déjà signé : c’est le cas de la Suède, qui s’était engagée à rentrer dans un mécanisme des taux de change européens dans le cadre de l’euro, mais qui a dû y renoncer à la suite d’un référendum. Pour éviter un blocage de tout le processus, la Commission européenne et la Banque centrale européenne ont préféré lui accorder un opt-out de facto. Notre ligne d’action n’est donc en rien une exception quant aux moyens qu’elle utilise. Mais elle l’est quand elle utilise ces moyens au service d’une tout autre politique que celle des libéraux et des sociaux-démocrates en rendant sa souveraineté au peuple.

 

🔴 CHIFFRES CLÉS

26 500 : C’est le nombre de lobbyistes présents de façon régulière à Bruxelles, soit plus de 70 lobbyistes par parlementaire.
50 % : C’est le pourcentage d’anciens commissaires européens devenus lobbyistes.
Entre 4 millions et 11,5 millions € : C’est le montant des rémunérations annexes perçues chaque année par les parlementaires européens.
55 % : C’est le pourcentage d’électeurs français qui ont voté « non » au traité européen en 2005. 

 

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire
Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire

- Élargissement : une catastrophe sociale et environnementale, refuser l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne

Concrètement : 
👉 Refuser tout nouvel élargissement de l’Union européenne tant qu’une harmonisation écologique, sociale, fiscale et des droits humains n’a pas été décidée ;
👉 9 pays sont actuellement candidats à l’entrée dans l’Union européenne : la Turquie, le Monténégro, la Serbie, l’Albanie, la Macédoine du Nord, la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine.

 

  • Une mise en concurrence déloyale pour l’agriculture française

En rejoignant l’Union européenne, l’Ukraine deviendrait le plus grand bénéficiaire des subventions de la Politique agricole commune (PAC), devant la France. Et cela alors que la France donne déjà à l’Europe 9 milliards de plus qu’elle reçoit. Cela réduirait les subventions agricoles aux États membres actuels d’environ 20 % par hectare cultivé… et anéantirait l’aide aux agriculteurs de France. D’autant que le prix des aliments est également beaucoup moins cher qu’en France avec des normes au rabais. Le prix du filet de poulet ukrainien est inférieur de 40 % à celui du poulet français. L’agriculture ukrainienne ruine déjà celle des autres pays de l’Union européenne : suite à la suppression des droits de douane en mai 2022, les importations de viandes de volailles ukrainiennes en France ont bondi de 74 % dès le premier semestre suivant cet accord.

  • Une mise en concurrence déloyale pour l’agriculture française

En rejoignant l’Union européenne, l’Ukraine deviendrait le plus grand bénéficiaire des subventions de la Politique agricole commune (PAC), devant la France. Et cela alors que la France donne déjà à l’Europe 9 milliards de plus qu’elle reçoit. Cela réduirait les subventions agricoles aux États membres actuels d’environ 20 % par hectare cultivé… et anéantirait l’aide aux agriculteurs de France. D’autant que le prix des aliments est également beaucoup moins cher qu’en France avec des normes au rabais. Le prix du filet de poulet ukrainien est inférieur de 40 % à celui du poulet français. L’agriculture ukrainienne ruine déjà celle des autres pays de l’Union européenne : suite à la suppression des droits de douane en mai 2022, les importations de viandes de volailles ukrainiennes en France ont bondi de 74 % dès le premier semestre suivant cet accord.

  • Ce n’est pas aider l’Ukraine

L’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne est complètement irréaliste alors que le pays est en guerre. Cela signifierait une cobelligérance immédiate. Nous proposons des mesures concrètes, immédiatement applicables, pour aider les Ukrainiens et Ukrainiennes, telles qu’une annulation de la dette ukrainienne et l’octroi de subventions directes plutôt que de prêts conditionnés à des réformes néolibérales.

 

🔴 CHIFFRES CLÉS

- de 200 € : C’est le montant du salaire minimum en Ukraine. Presque 10 fois inférieur au salaire minimum français.
40 % : C’est la différence de prix entre le filet de poulet français et le filet de poulet ukrainien.

 

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire

 

- Porter la voix de la paix en Europe, défendre un cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza, incarner la voix de la paix en Europe

Concrètement : 
👉 Refuser l’alignement de la France au sein de l’Union européenne ainsi que sur toute autre puissance et défendre le droit international, l’inviolabilité des frontières et la paix ;
👉 Relancer les initiatives internationales pour le désarmement nucléaire multilatéral et coordonné, contre la course mondiale au renforcement des capacités militaires conventionnelles ;
👉 Refuser une Europe de la défense arrimée à l’OTAN car elle ne serait qu’une extension des intérêts géopolitiques des États-Unis et un débouché contraint supplémentaire pour son industrie de l’armement.

 

  • C’est quoi le « non-alignement » ?

En politique étrangère, la France insoumise juge selon le droit international et ses principes, et non en fonction de l’alignement dans un bloc au service d’une puissance ou d’une autre. Nous refusons le deux poids, deux mesures qui consiste à défendre le droit international dans un cas, et à le refuser dans un autre. Le non-alignement ne doit pas être confondu avec une neutralité ou une équidistance. Il permet à la fois de condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie et le massacre en cours à Gaza, tous deux des violations flagrantes du droit international. À l’inverse, Emmanuel Macron et son gouvernement félicitent la Cour internationale de justice lorsqu’elle condamne la Russie, mais remettent en cause les ordonnances de cette dernière dans le cadre du conflit israélo-palestinien. Face à tous les « va-t-en-guerre », nous choisirons toujours le camp du droit international et de la paix ! La formule : la France doit être un agent de la solution pas une cause des problèmes.

  • Quelle est la position de la France insoumise sur le conflit entre la Russie et l’Ukraine ?

En février 2022, Jean-Luc Mélenchon a immédiatement condamné, deux heures après l’invasion, et dans les termes les plus fermes, l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’offensive militaire russe est une violation intolérable de la Charte des Nations Unies et de tous les engagements internationaux de la Russie. Dès le début du conflit, la France insoumise a souligné qu’il n’y aurait pas d’issue militaire à cette guerre. La prolongation des hostilités fait courir le risque d’une escalade militaire dangereuse entre la Russie, puissance nucléaire, et les pays de l’OTAN, soutiens de l’Ukraine. L’envoi de soldats français en Ukraine, comme évoqué par Emmanuel Macron, serait une folie. Ce conflit fait également courir le risque d’une catastrophe environnementale sans précédent, l’Ukraine abritant des dizaines de centrales nucléaires sur son territoire. Nous condamnons l’escalade guerrière et nous exigeons d’en revenir à l’action diplomatique : cessez-le-feu, sécurisation des centrales nucléaires, conférence sur les frontières et la sécurité collective en Europe. Ni vainqueur, ni vaincu : vote des populations des territoires disputés.

  • Que peut faire l’Union européenne face au massacre en cours à Gaza ?

Le 26 janvier 2024, la Cour internationale de justice a reconnu l’existence d’un risque de génocide contre les Palestiniens de la bande de Gaza. L’inaction de la France et de l’Union européenne face à un tel risque est une faute d’une gravité extrême. Des sanctions claires doivent être prises contre toutes les personnes et entités dont l’action viole le droit humanitaire international et les résolutions de l’ONU sur le conflit israélo-palestinien. Nous proposons un embargo européen sur les livraisons d’armes à l’État d’Israël, ainsi que la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et l’État d’Israël tant que perdureront l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens. Les violations répétées et aggravées du droit international par le gouvernement d’extrême droite de Netanyahou ne peuvent plus rester impunies. Nous réclamons la création de corridors humanitaires, le retour de tous les déplacés et la fin immédiate du blocus de la bande de Gaza. Dans le même temps, nous demandons que la France et l’Union européenne prennent toutes les initiatives diplomatiques visant à obtenir un cessez-le-feu immédiat et permanent. Nous demandons la libération de tous les otages, et aussi des prisonniers palestiniens détenus arbitrairement par Netanyahu. Nous agirons pour la reconnaissance de l’État palestinien.

  • Pourquoi la France insoumise est-elle opposée à l’Europe de la défense ?

Dans le cadre des traités européens actuels, l’OTAN est, pour les États européens qui en sont membres (23 États contre 4, l’Autriche, Malte, Chypre et l’Irlande), « le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre » (article 42 du traité sur l’Union européenne). Dès lors, l’Europe de la défense n’est rien d’autre que le renforcement du volet européen de l’OTAN, et consacre notre alignement sur les États-Unis d’Amérique. Nous défendons l’indépendance et le non-alignement de la France. Nous ne pouvons donc pas accepter de participer à une telle Europe de la défense qui mutualiserait l’arme nucléaire française avec des pays alignés sur Washington. En revanche, nous sommes ouverts à la mise en place de coopérations stratégiques avec les pays européens ayant des centres et des aires d’intérêt communs, en particulier au service de la paix dans le bassin méditerranéen.

 

🔴 CHIFFRES CLÉS

30 000 : C’est le nombre de Palestiniens morts à Gaza depuis le début de l’offensive militaire israélienne. 40 % des morts palestiniens à Gaza sont des enfants. Plus de 9 000 enfants ont été blessés, dont 1 000 ont dû être amputés. Selon une récente étude d’épidémiologistes, plus de 85 000 Palestiniens supplémentaires pourraient mourir en cas d’offensive militaire israélienne prolongée.
2 200 milliards : C’est le montant cumulé des dépenses militaires dans le monde, selon une estimation de l’Institut international d’études stratégiques. Il s’agit là d’un montant record, dont la moitié est imputable à l’OTAN, 1/3 aux seuls États-Unis d’Amérique. À titre de comparaison, selon différentes études, il faudrait 30 à 40 milliards de dollars supplémentaires par an pour éradiquer la faim dans le monde d’ici 2030.

 

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire
Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire

 

Le 9 Juin, lors des élections européennes,

faites vous respecter !

 

Par votre bulletin de vote, sanctionnez Macron, combattez Le Pen et le RN, et imposez un autre futur !

Un autre monde est toujours possible !

 

Européennes 2024 : des éléments pour débattre et convaincre de voter pour l'Union Populaire
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9 mars 2024 6 09 /03 /mars /2024 10:43
Qui est Nordine Raymond, 16e sur la liste LFI/UP aux européennes 2024 ?

Membre de la liste d'ouverture France insoumise/Union Populaire[2][3] : antiracisme, écologie et lutte des classes

 

 

Cette liste est l’aboutissement de plusieurs mois d’échanges avec différentes organisations et collectifs et personnalités extérieures à notre mouvement, et de l’étude de plus de 1600 candidatures insoumises. Elle est à l’image du peuple, dans toute sa richesse et sa diversité, et incarne les combats emblématiques de l’insoumission.

 

 

Sources : Eric Durand | mis à jour le 17/03/2024

🔴 Nordine Raymond a grandi à Rochefort dans le quartier populaire de Libération, nom fort approprié pour celui qui ne va jamais cesser de s'engager au nom d'un idéal d'émancipation. Il aime les actes concrets, ce qui permet demain à une personne dans la rue de ne pas dormir dehors !

 

🔴 Nordine Raymond était au centre social local à son adolescence, proche du Mouvement des jeunes socialistes jusqu'à ses excès de déception du PS, puis le NPA et enfin LFI. C'est le parcours cohérent d'une personne attachée à la protection sociale, à l'éducation, à l'humain.

 

🔴 Aujourd'hui, petit restaurateur, Nordine Raymond a été candidat #Nupes (affilié à LFI) pour les législatives 2022 #Circo1702[1]

 

 

-  Nous sommes la liste de rupture avec l’Europe libérale.
Notre tâche maintenant est à la fois simple et ardue : mobiliser l'électorat populaire pour déjouer l'infernal duo Macron / Le Pen, qui eux se satisferont très bien d'une abstention massive.

 

Pour cela, nous aurons besoin de l'aide de toutes celles et de tous ceux qui ont cru et qui croient encore au programme et à la démarche de rassemblement de la NUPES.

 

 

- Découvrez le portrait de Nordine Raymond candidat sur la liste de l’Union populaire pour les élections européennes du 9 juin prochain. 
Restaurateur, ancien candidat de la France Insoumise aux élections législatives pour la circonscription de Rochefort en Charente Maritime, candidat en 16e position sur la liste UNION POPULAIRE menée par Manon Aubry pour les élections européennes 2024, Nordine Raymond a une longue expérience de militantisme politique et associatif. Avec lui nous parlons de son parcours et de ses combats.

  • Son premier combat une fois élu : mettre fin aux pesticides de synthèses.     
     

 

- Européennes 2024 : Moi, candidat avec Nordine Raymond (La France Insoumise)   

Quelles sont les visions de la liste conduite par Manon Aubry sur l'agriculture qui vient de connaître une grave crise, le pacte vert et l'écologie, les transports ferroviaires, les méga camions, l'immigration chance ou menace ?

  • France Télévisions a posé toutes ces questions à Nordine Raymond, candidat originaire de Rochefort en Charente-Maritime, potentiellement éligible selon le score de sa liste.

 

Qui est Nordine Raymond, 16e sur la liste LFI/UP aux européennes 2024 ?
Qui est Nordine Raymond, 16e sur la liste LFI/UP aux européennes 2024 ?
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2 mars 2024 6 02 /03 /mars /2024 14:18
Nordine Raymond : Lettre aux électeurs de la #Nupes de Charente-Maritime

Rentrons en campagne pour une Europe des peuples, contre l'Europe libérale !

 

 

Nordine Raymond candidat #Nupes (affilié à LFI) pour les législatives 2022 #Circo1702[1] s'adresse aux citoyens de Charente-Maritime.

" Rentrons en campagne pour une Europe des peuples, contre l'Europe libérale ! "

Aujourd'hui j'ai adressé un courrier aux électeurs de la NUPES de Charente-Maritime afin de leur demander de rentrer en campagne à nos côtés.

 

 

Source : Nordine Raymond |

"  Chères électrices, chers électeurs de la NUPES en Charente-Maritime,


Il y a près de deux ans vous étiez 71 514 à voter pour les candidats de la NUPES sur notre territoire[2]. Sur la deuxième circonscription de Charente-Maritime, où nous avons réalisé le meilleur score du département, vous étiez plus de 24 000[1]. 

 

 

- À la suite de ces élections, je n’ai pour ma part rien lâché de mon combat pour l’unité de la NUPES.

Nous avons continué d’organiser des AG en invitant les autres partis de gauche à participer, mais surtout en restant ouverts à tous les citoyens sans étiquette politique. 

 

Nous avons tenu des meetings en recevant des personnalités nationales. Nous avons organisé des moments festifs comme le FI’Estival. Nous avons occupé le terrain en organisant des rassemblements pour la paix ou des distributions de tracts. Enfin, nous avons participé à toutes les luttes locales, comme celles contre les Méga-Bassines, ou nationales, particulièrement la lutte contre la retraite à 64 ans

 

À l’approche des élections européennes, La France insoumise a proposé une liste unique de la  NUPES en laissant la tête de liste à EELV[3]. Mon mouvement politique a fait le choix de faire passer l’ambition de battre l’extrême-droite et la macronie avant ses intérêts politiques.

 

D’ailleurs, même si nous ne nous faisons pas d’illusions, nous continuons de penser qu’il est possible de faire cette liste !

 


-  Partout en Europe, l’extrême-droite est un danger pour nos vies. 
En s’attaquant aux droits des femmes, aux droits sociaux, en étant climatosceptique, en représentant cette France du rejet des étrangers… le parti de Marine Le Pen s’inscrit dans l’histoire qui est la sienne : celle des collaborateurs de Vichy[4]. Leurs cravates et leurs tailleurs ne doivent tromper personne. 

 

Le combat contre ces manipulateurs est à la source de mon engagement politique ! 

 

De ce fait, sans doute comme vous, je désespère de voir la réponse de la gauche : EELV, le PCF et le PS ont préféré partir seuls, malgré tous les sondages démontrant que les électeurs de gauche attendaient cette liste.

 

Je pense que ces partis sont dirigés par des apparatchiks parisiens rentiers de la vie politique, et se fichent pas mal de la réalité des gens d’en bas qui galèrent à finir leurs fins de mois. C’est désolant ! 

 

Certains vont trouver mes mots violents. Ils sont ceux d’un citoyen engagé, las des petits calculs politiciens à trois bandes. 

 


- Ce début d’année la macronie a réussi à être le cliché de ce qu’elle est depuis le début.

Des gens méprisants et déconnectés des réalités des français.
L’exemple a été criant avec la ministre Oudéa-Castéra qui a réussi à cocher toutes les cases de ce qu’on peut qualifier de “ riches qui parasitent la société ”. D’un côté millionnaire grâce à sa naissance, de l’autre la présidente de fédération sportive la mieux payée, encore de l’autre une femme qui vient donner des leçons d’éducation à toutes les familles quand elle cache ses propres enfants dans le privé catholique d’extrême-droite… Riche, menteuse, voleuse ! 

 

Il est clair qu’à présent ils vont continuer :

  • de détruire ce qu’il reste d’hôpital ;
  • d’attaquer l’école publique ;
  • de faire la guerre aux pauvres plutôt qu’à la pauvreté ;
  • de mener leur chasse aux migrants…
  • et surtout de construire des ponts entre eux et l’extrême-droite.

 


- Le mouvement des agriculteurs a démontré à quel point l’Union Européenne est centrale dans nos vies.
C’est à cause des politiques libérales européennes, soutenues par un large spectre politique français, que notre agriculture souffre autant des traités de libres échanges et d’une PAC qui ne leur permet pas de vivre dignement de leur travail. Ce sujet sera central lors des élections européennes !

 

🔴 Si je vous écris aujourd’hui c’est pour vous demander de rentrer en campagne et de soutenir la liste de l’Union Populaire portée par Manon Aubry.

L’enjeu de ces élections est énorme. 

  • Il s’agit de battre l’extrême-droite et la droite, d’en finir avec les politiques libérales de Bruxelles, mais aussi de dire à la gauche qu’il est temps de se réveiller et d’arrêter les divisions.
  • Dès maintenant, vous pouvez nous rejoindre dans notre campagne d’inscription sur les listes électorales. Plus nous nous mêlerons de cette élection, plus nous ferons trembler celles et ceux qui ne veulent surtout pas que ça change.

 


- Manon Aubry a été une députée très présente au parlement européen, qui a défendu nos intérêts et qui sait se battre contre les lobbys. 
Faisons lui confiance ! Créons la dynamique nécessaire à l’entrée en campagne de notre liste qui est déjà soutenue par plusieurs mouvements politiques et qui laissera une place importante à celles et ceux qui s’engagent dans la société sans étiquette politique.

 

Vive l’Union Populaire !

 

Bien à vous.  "

 

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15 février 2024 4 15 /02 /février /2024 17:33
Médiapart et les 450 LFI...

Article à méditer avec une pensée pour nos adversaires de l'intérieur qui se plaignent d’être des « petites mains » juste « bonnes à coller des affiches »... mais qui, dans les faits sont membres ou animateurs de groupes d'inaction, acteurs de la politique politicienne pour nous diviser au plus grand plaisir de nos adversaires macronistes, LR & RN et de la " gauche " libérale !

 

Extrait de l'article de blog " Nos idiots utiles dans la classe médiatique[1] " du député France insoumise Antoine Léaument.
...Que « Le Parisien » nous traîne dans la boue est dans la logique de la ligne éditoriale de ce journal idéologiquement proche du RN. Et tout autant le « JDD » bulletin hebdomadaire des Zemmouriens. Mais « Médiapart » ? Comment comprendre ?  Il n’y a rien de plus urgent dans le contexte que de vouloir disqualifier et détruire LFI en répétant la propagande la plus vulgaire contre le Mouvement ? Ainsi ce papier
[
2][2bis] à propos d’une prétendue « absence de démocratie à LFI » dénoncée par une liste de signataires pourtant très discutables. JDD, Mediapart, Le Parisien, le même combat ? 
On chercherait en vain, au cours des six derniers mois, le moindre intérêt pour les meetings de LFI comparable à celui qu’ils ont manifesté ce week-end pour la poignée de ces prétendus « dissidents » du mouvement insoumis. Trente d’après la photo mise en ligne, cinquante d’après Mediapart, cent d’après Le Parisien. Pourtant, s’il y avait si peu de monde, ça ne devait pas être très difficile de compter le nombre exact, mais peut-être était-il trop ridicule pour être significatif de quoi que ce soit.

 

 

Sources : Antoine Léaument | mis à jour le 06/03/2024

- On ne peut pas croire que la charge contre la prétendue « absence de démocratie à LFI » soit faite dans le soucis de la démocratie à l’intérieur des organisations politiques.
Sinon on verrait ce type « d’investigation » s’intéresser aussi à d’autres organisations.
Ce n'est pas le cas. Jamais. Pas même à propos de ceux et celles qui mettent en cause de l’intérieur du mouvement insoumis alors qu’ils sont eux-mêmes membres d’autres partis comme « Gauche éco-socialiste » de Clémentine Autain par exemple. Sans doute parce que c’est un modèle exemplaire de démocratie interne.

  • L’intention malveillante est ailleurs. Ruth Elkrieff l’avait résumée face à Bompard : « C’est pour savoir si vous avez  l’intention de diriger le pays plus démocratiquement que votre mouvement ? ». Elle ne posera pas cette question à ses amis du RN ou autres.
  • Mais que fait donc Mediapart dans cette croisade ?  C’est là l’urgence face à la montée du RN ? Après avoir déjà dénoncé un Jean Luc Melenchon prétendument « imprégné de stéréotypes antisémites » (et je précise ici que si j’avais le moindre doute sur le sujet, je ne militerais pas à ses côtés), Mediapart entre donc à son tour dans l’orchestre de « l’arc républicain ».
    • Après avoir affirmé que cet appel des soi-disant 450 était le fait d’un blog et non de la rédaction, Mediapart a pourtant jugé indispensable de faire un article sur le sujet. En recopiant sans aucune réserve tous les poncifs de l’argumentaire anti-LFI.
    • Sans doute la commande venait-elle de haut. Edwy Plenel en personne, avait pris le soin de retweeter ledit blog sans autre forme de vérification. Il lui donnait ainsi un écho inespéré par la trentaine de présents à cette opération de division. Les ordres étant passés, le porte-plume de service s’est activé sans prendre davantage de précautions que le patron. Un peu de professionnalisme ne nuirait pourtant pas. On attend avec impatience la « boîte noire » de cette « investigation », puisque c’est l’usage normalement sur Mediapart ! En fait il s’agit d’un simple collage de tous les ragots qui trainent en ligne, sans vérification, ni recul, ni nuance, mais avec la dose de méchanceté gratuite et de ragots sans fondement sans lesquels ce type de règlement de compte n’est pas possible.

 

 

- Pourtant la liste des quelques 450 prétendus « insoumis », après un an de collecte de signatures augmentées à « près de 500 » pour le confort de la rédaction, est un petit modèle de ridicule et de mystifications en tous genres.
D’habitude Mediapart est plus méfiant. Pas là ! Pourquoi ?

  • Déjà dès la semaine précédente, plusieurs signataires avaient fait savoir qu’ils se désolidarisaient de l’appel. Pas un mot n’en rend compte. Les organisateurs de l’appel n’en ont tenu, eux non plus, aucun compte. Le journaliste « d’investigation » n’a même pas été mis en alerte.
  • Pourtant, les cas remarquables ne manquent pas. Ainsi celui de l’animateur du Groupe d’action (GA) de Gagny où se tenait la réunion. Il a fait savoir qu’il s’était « fait avoir » et qu’il ne voulait plus rien avoir à faire « avec ces gens-là ».
  • Plus cocasse : dans l’Isère, sur quatre signataires, l’une a officiellement quitté le mouvement depuis longtemps et l’autre est décédée depuis quelques mois déjà. J’ai une pensée affectueuse pour celles et ceux qui la connaissaient. Il me semble qu’il y a néanmoins un problème dans sa présence sur cette liste sans que cela dérange ceux qui font des leçons de démocratie.
  • En Haute-Vienne, sur quatre signataires encore, trois ne sont absolument pas LFI.
    • L’un d’eux l’a d’ailleurs précisé publiquement en ajoutant qu’il n’avait jamais lu le programme (l’Avenir en commun) et qu’il n’écoutait jamais un discours de Jean-Luc.
    • Un autre était tête de liste d’un canton pour les départementales, mais ne voulait pas des logos politiques sur son affiche !
    • Le troisième est exclusivement occupé à écrire des lettres et faire des déclarations anti-LFI en lien avec son activité constante depuis des années à chacune des étapes qui ont conduit à la création du mouvement. Un personnage bien connu de toutes les organisations où ce type de personnage adore se rendre intéressant.
  • Dans le 95, une des signataires s’est fait élire sur une liste Modem (en général, mieux vaut faire le trajet dans l’autre sens ![3]). Les deux autres sont inconnus des insoumis localement.
  • Tout comme l’unique signataire du Rhône.
  • D’autres semblent n’avoir aucune idée de l’organisation dont ils se prétendent membres. Comme ceux qui se disent « GA Paris ». Cette structure n’existe pas. Il y a plus de cinquante groupes d’action dans Paris et du coup, aucun ne s’appelle comme ça…
  • Il y a aussi les amis de Raquel Garrido. Elle leur adressa d’ailleurs un message de félicitations, dont l’unique objet est de s’offrir une occasion de plus pour critiquer un mouvement qu’elle semble désormais soit détester ou vouloir quitter.
  • Un peu sur le mode d’Alexis Corbière répondant qu’il faudra « observer politiquement » le résultat des européennes quand Bourdin lui demande s’il faut « remplacer Mélenchon » – question stupide s’il en est. J’ai du mal à croire que certains assument publiquement vouloir un échec de LFI pour pouvoir en « tirer les conclusions politiques » et claquer la porte ou se draper dans un « on vous l’avait bien dit », mais on en est là malheureusement. On verra bien d’ailleurs qui fait campagne et qui ne fait rien – ou même sabote.
  • Bref, je continue sur les signataires : dans le 24, ce sont deux inconnus dont un n’est même pas enregistré sur la liste de LFI.
  • En Gironde, sur trois signataires, deux personnes sont bien connues pour être depuis toujours des perturbateurs reconnus comme tels par tous les autres…
  • Dans le 77, la plupart des signataires ont déjà quitté publiquement LFI pour soutenir Olivier Faure et négocier des places aux municipales. Bref, ils n’étaient pas au bon endroit et ils sont allés directement à la soupe tout en dénigrant le mouvement.
  • (NDLR : et sur l'agglo. rochelaise :
    • Daniel Vince co-animateur du GA Périgny ;
    • José Da Cunha co-animateur du GA Nieul sur Mer sont signataires ;
    • et Jean-Pierre Anselme co-animateur du Groupe d'action " marché centre ville La Rochelle ", certes il est non signataire parmi les 450, mais auteur d'une tribune de dénigrement de la France insoumise, toujours.... dans Médiapart[2bis]...
    • qui n'ont aucune activité de GA, ne tractent pas, ne collent pas, ne pratiquent pas le porte-à-porte, ne s'affichent même pas LFI dans les initiatives de rues, ne participent pas aux réunion de la boucle départementale....).

 

 

- On pourrait continuer. Tous se plaignent d’être des « petites mains » juste « bonnes à coller des affiches ».
C’est très méprisant pour les camarades qui collent des affiches, qui distribuent des tracts, qui font des porte-à-porte et qui, d’une manière où d’une autre, sont dans l’action sans pour autant s’investir dans des réunions où l’on discute beaucoup parce qu’il n’en ont tout simplement pas le goût.

 

Par ailleurs, parmi les signataires, certains ont multiplié les candidatures à toutes les élections sans succès auprès de leur camarades

  • ils étaient peut-être pour leur part moins volontaires pour coller et tracter que pour voir leur propre tête sur des affiches.
  • Ou bien ils ignorent aussi comment fonctionne le mouvement[4][4bis].

C’est en tous cas ce que montre « l’enquête » du Parisien ou le plumitif recopie tout ce qu’on lui dit sans vérifier. On y trouve dans la bouche d’un signataire le mensonge qu’il n’y aurait pas de retour sur la base de financement du national. Paradoxalement, Mediapart suppose sans pouvoir produire la moindre preuve de cette affirmation calomnieuse que c’est au contraire par peur de perdre ces financements que « la base » serait terrorisée. Il confond avec une réunion de sa rédaction.

 

Comme (Antoine Léaument) je suis le responsable national de l’achat des locaux pour les Insoumis dans toute la France[5], je trouve cette assertion particulièrement démonstrative : ceux qui parlent, là, ne suivent pas la vie du mouvement.

  • En effet, nous sommes en train de conclure le troisième achat de locaux dans les zones où le RN s’implante ou domine, comme à Perpignan par exemple.
  • D’ailleurs, il y a tellement peu de démocratie à LFI que ce sont les insoumis qui choisissent localement la ville, le lieu et même le local lui-même avec pour seule règle très anti-démocratique que le local respecte un cahier des charges, notamment l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite.
  • Le plus frappant est que certains, parmi ceux qui émettent des critiques, se prétendent « animateurs » de Groupe d’action. Mais ils ignorent que tous les groupes d’action disposent des dons fléchés de leurs militants, que la totalité des sommes qu’ils collectent leur restent acquises localement.
  • De plus, ils feignent sans doute de ne pas savoir que les cotisations des élus sont reversées à l’ensemble des départements grâce à un système de péréquation solidaire nationale. Que font-ils de cet argent ? S’ils sont responsables de groupes ont-ils informé leur camarade de l’existence de ces fonds ? Sinon ?
    • Les comptes généraux du mouvement sont publiés une fois par an au journal officiel. De plus, la France insoumise assure la transparence financière auprès des militants en publiant lors de chacune des Assemblées représentatives un bilan financier disponible en ligne.
    • Depuis l’Assemblée représentative de décembre 2022, la France insoumise redistribue en plus chaque mois aux « boucles départementales » une partie des fonds qu’elle touche.
    • Par ailleurs, en dehors des produits dérivés, le matériel militant est totalement gratuit.
    • Enfin, les groupes d’action certifiés ne paient même pas les frais de port grâce à un code promotionnel mensuel. Ce dispositif d’aide pour le matériel représente plus d’un million d’euros par an pour le Mouvement. Il s’agit d’une dépense très importante, étant donné qu’aucun militant paie de cotisation (contrairement aux partis traditionnels).

 

 

- Je me questionne sur un autre point : comment les participants à la mascarade promue par les félicitations de Raquel Garrido peuvent-ils reprocher au mouvement « d’invisibiliser des actions de la base » ?
Chaque Groupe d’action inscrit directement ses actions sur la plateforme « Action populaire[6] » depuis trois ans. Tous les inscrits y ont accès pour toute la France. Mais peut-être eux-mêmes en ignorent l’existence ou bien n’y sont pas inscrits ? Pourtant plusieurs dizaines de milliers d’insoumis l’ont déjà fait… 

 

 

- Le JDD, Le Parisien et Mediapart (NDLR : et pas que) parlant sans rien vérifier, il faut leur apprendre ce qu’ils ont été incapables de trouver par leur travail.
L’animation quotidienne du mouvement se fait par des boucles de messagerie et dialogues départementales.

  • Elles sont gérées par des binômes paritaires de « référents » désignés par les animateurs de groupes d’action. Qui dit mieux ?
  • Le Mouvement est organisé sur une forme fédérative de branche d’activité (« les espaces »), sur le mode des syndicats. Quel « problème démocratique » serait alors posé ?
  • TOUS les dirigeants de chaque branche du mouvement sont élus au suffrage de toutes les personnes concernées : groupe des députés à l’Assemblée et au Parlement européen par les députés eux-mêmes, réseau national des élus, coordination des espaces du mouvement de même parmi leur pair.

 

Chaque espace est maitre de son activité.

Mais les insoumis dans leur ensemble votent aussi d’ailleurs régulièrement sur les orientations quand elles changent ou évoluent.

  • Ce fut le cas par exemple par 61 010 (juin 2023)[7] et 57 409 (décembre 2023) votants[8].
  • Ils se sont aussi exprimés sur les textes issus des travaux de l’Assemblée représentative sur lesquels groupes d’action, boucles départementales et personnes représentant des départements ont d’abord planché.

Car « La France Insoumise est un mouvement évolutif ». Cela figure en toutes lettres dans sa déclaration de principes[9] (NDLR : voir aussi dans la brochure " Qu’est-ce que La France insoumise ?publiée en août 2023[9bis]). Le mouvement se transforme d’une assemblée représentative à l’autre. Pourquoi ?

  • Parce qu’il n’existe aucun modèle de ce que nous avons entrepris. Le concept même de « Mouvement » n’est ni admis ni compris par ceux qui nous critiquent.
  • Et surtout pas par la classe médiatique quand on se souvient comment « L’Opinion », journal libéral, décréta un jour que la forme mouvement était « terminée » puisque les macronistes y avaient renoncé !

Quant à la petite gauche, sa manie des courants, plateforme, primaires et autres dispositifs mortifères et délétères donna lieu à des heures de palabres sur le « dépassement de la forme parti ». Puis les bavards se turent et passèrent à d’autres marottes sans conclusions. Par exemple, du débat sur le tirage au sort, qui les excitait tant, il ne resta rien. Sinon chez les insoumis qui l’ont mis en pratique.

 

En tous cas, la déclaration des principes exclut formellement les fractions et réunions fractionnelles. Cela ne changera jamais.

  • Nous récusons le principe mortifère qui amène la minorité et la majorité à se former en parti dans le parti comme on le voit au PS et en partie chez les Verts.
  • Soulignons combien les évolutions internes du Mouvement ne viennent pas seulement « d’en haut » comme disent ceux qui sont souvent eux aussi localement les « en haut » d’autres « en bas ». Par exemple, celles adoptées en décembre 2022 proviennent des retours des militants des boucles.
  • À vrai dire, chaque texte proposé par la Coordination des Espaces est d’abord retravaillé par les groupes d’action, puis les boucles départementales et les participant de l’Assemblée représentative, avant d’être soumis à la consultation de tous les signataires du mouvement.
  • Chaque mois, au moins un membre de la Coordination des Espaces (et souvent son coordinateur) participe à une réunion en ligne des groupes d’action pendant laquelle il ou elle répond à toutes les questions des militants (quelles qu’elles soient). Plusieurs centaines de représentants sont alors présents. Aucune autre organisation ne consulte chaque mois autant et aussi régulièrement

 

 

- Pourquoi Le JDD, Mediapart, Le Parisien et autres ont-ils choisi de taire tout cela ?
D’abord parce que leur but est de nous dénigrer. Chacun pour ses raisons propres. Elles ne sont pas toutes les mêmes. Mais surtout probablement parce qu’ils ne le savent pas. Et pourquoi ne le savent-ils pas ? Parce qu’ils ne travaillent pas leur sujet. Le manque de professionnalisme est la cause numéro un du faible niveau des argumentations médiatiques hostiles au Mouvement Insoumis. Tant mieux. Ils sont nos idiots utiles.

 

Comme ceux qui se sont jetés tête baissée dans la critique de nos affiches pour l’inscription sur les listes électorales. On savait que notre campagne ne les intéresserait pas. Il suffisait donc de leur faire croire qu’ils pouvaient nous nuire en la critiquant. Plein succès : il en a été question partout. Les idiots utiles de la classe médiatique discréditent leur publication aux yeux de ceux que l’information intéresse. Les autres s’en moquent. Ils pensent que les partis sont « tous pourris ». Et la classe médiatique les pousse à le croire. Ils aident ainsi le travail idéologique de l’extrême-droite conformément aux valeurs de certains d’entre eux. Mais pour eux tous il y a l’intention de valoriser le rôle des prétendus chevaliers blancs de « l’investigation ». Résultat : à la fin, les sondages montrent que le métier de journaliste est encore plus discrédité même que l’action des élus.

 

Et la façon dont ils ont abandonné leurs confrères comme Assange ou les 150 journalistes tués par Netanyahu à Gaza montre leur absence absolue de sincérité dans la défense de la liberté d’informer. Le dégagisme vise aujourd’hui autant la classe médiatique que n’importe quelle autre officialité. C’est un signe intéressant pour qui veut changer de fond en comble cette société à l’heure ou l’information de qualité est un bien si rare et précieux. C’est le pluralisme qu’il nous faudra rendre possible une fois au pouvoir.... (NDLR : et pour ça, on ne part pas de rien, les propositions existent[10]). 

 

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11 février 2024 7 11 /02 /février /2024 12:09
Guillaume Kasbarian au logement : le coup de fouet libéral d’Emmanuel Macron

Guillaume Kasbarian, nouveau ministre non pas du logement mais des expulsions[1]... une provocation, " une véritable gifle à tout le secteur du logement " pour la CNL[6]" ! 

 

 

Bête noire des organisations de mal-logés ou de locataires, le nouveau ministre, qui ne jure que par le libre marché et la suppression des « normes », a le pedigree idoine pour enclencher une dérégulation massive du secteur au détriment des plus précaires alors que  selon le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre : « La bombe sociale du logement a explosé.[4] ».

 

 

Sources : Lucie Delaporte & Pauline Graulle | mis à jour le 13/05/2024

- Kasbarian au logement ?
Une « provocation » pour Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité. « C’est comme si vous mettiez Depardieu à l’égalité hommes-femmes ! », a lui aussi réagi le député insoumis François Ruffin[2]. « Sous le choc », le DAL (l’association Droit au logement) a quant à lui ironiquement salué l’arrivée du « ministre du délogement et de l’immobilier », appelant à un rassemblement de protestation ce vendredi après-midi à Paris.

 

Il faut dire que, dans le milieu, la politique logement à la sauce Kasbarian a déjà été largement éprouvée depuis le second quinquennat d’Emmanuel Macron. C’est lui qui a porté la loi dite « anti-squat », critiquée par la Défenseure des droits, condamnée jusqu’à l’ONU, et considérée par les associations comme « piétin[ant] le droit au logement »[1].

 

Une loi adoptée en avril dernier avec les voix du Rassemblement national (RN) qui criminalise l’occupation de surfaces vacantes – y compris des bureaux vides – et qui prévoyait, dans sa première mouture et à la demande expresse du député d’Eure-et-Loir, six mois de prison pour les locataires en situation d’impayés.

 

L’homme est assez constant dans ces combats puisqu’il signait déjà en 2020 une tribune appelant à revenir sur la trêve hivernale au motif que certains propriétaires se retrouvent dans des situations inextricables[3]. « Il fait partie de ceux prêts à dégommer des tabous consensuels comme la trêve hivernale, obtenue par l’abbé Pierre après son appel de 1954. Ne pas expulser les gens quand il neige dehors c’est quand même le minimum du minimum », rappelle Manuel Domergue.

 

Alors que son prédécesseur à l’hôtel de Roquelaure, Patrice Vergriete, pouvait difficilement accepter de voir démanteler la loi SRU, une loi emblématique des politiques de mixité sociale qu’il a contribué à écrire lorsqu’il était au cabinet de Claude Bartolone, son remplaçant, lui, ne devrait pas faire de manière pour mettre en œuvre la feuille de route de Matignon.

 

« Autant Vergriete avait une fibre locataire, autant “Kasba” est plutôt fibre propriétaire », résume, à mots choisis, un de ses collègues de banc du groupe Renaissance où il est, malgré sa bonhomie, diversement apprécié.

 


- Une discrète passation de pouvoir
La passation de pouvoir entre le ministre sortant et son successeur s’est déroulée vendredi 9 février à huis clos dans une ambiance étrange. « Kasbarian n’a pas dit un mot sur le logement social, pas un mot sur la politique de la ville. Tout a tourné autour de la politique de l’offre et la défense du petit propriétaire », raconte, navré, un participant.

 

Alors que, la veille déjà, son nom circulait dans les couloirs du colloque des vingt ans de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), le monde du logement social semblait incrédule. « Kasbarian, c’est le virage thatchérien de la politique du logement », lançait un acteur majeur du logement social estimant que « son projet c’est de financiariser le monde HLM ». En 1988, la première ministre britannique avait lancé un grand plan de privatisation du parc de logement social en prônant une politique d’accès à la propriété qui ne déplairait pas au nouveau ministre.

 

Avocat de la propriété privée, Guillaume Kasbarian a aussi vigoureusement défendu dans l’hémicycle le « décret habitat » qui permet désormais de mettre en location des surfaces avec 1,80 m de hauteur sous plafond, peu éclairées et peu ventilées[5]. Aux côtés de sa collègue Marie Lebec, ministre chargée des relations avec le Parlement, qui pouffait de rire en expliquant « 1,80 mètre, je passe », Kasbarian avait argumenté qu’au moment où les Français peinent à se loger, il « serait dommage de se priver de surfaces atypiques ».

  • Une ligne plus dure encore que celle de Christophe Béchu, son ministre de tutelle, qui s’est dit prêt à revoir le texte mais qui contente les propriétaires de sous-pentes ou de caves autant que les marchands de sommeil.
  • Ce fervent défenseur des petits propriétaires pourrait aussi se montrer plus sensible au très fort lobbying pour repousser le calendrier d’interdiction de location des passoires thermiques. Peu intéressé par les questions écologiques, il s’est moult fois fait le porte-parole des inquiétudes des acteurs de l’immobilier sur le sujet.

 


- Macroniste de la première et de la dernière heure
À 36 ans, le député, considéré comme « l’un des derniers membres sincères du fan-club de Macron », a connu une ascension éclair. Créateur du premier comité En Marche de Chartres et de ses alentours, Guillaume Kasbarian remporte en 2017 la très rurale première circonscription d’Eure-et-loir sur la promesse du « renouvellement ».

  • Dénué d’expérience politique mais diplômé de l’ESSEC, il lorgnera, tout le premier quinquennat, sur le portefeuille de l’industrie. Puis, après sa réélection en 2022, à la faveur d’une alliance avec un baron local Les Républicains (LR) et maire de Chartres, Jean-Pierre Gorges, il change son fusil d’épaule et se positionne sur le créneau du logement.
  • Très proche d’Aurore Bergé qui le pousse à la présidence de la commission des affaires économiques en 2022 et avec qui il fréquente le Printemps républicain, celui qui aime à cultiver son look de dandy des champs – béret en tweed, moustache impériale – devient l’une des figures en vue de la Macronie.
  • À la tête de la commission des affaires économiques, « Kasba » hérite ainsi de textes clefs, comme celui sur le pouvoir d’achat en tout début du mandat, ou celui sur le nucléaire. Il pique aussi à son collègue et président de la commission du développement durable, Jean-Marc Zulesi, avec qui il entretient des relations notoirement exécrables, une partie de l’examen du texte sur les énergies renouvelables. Il s’oppose alors à « la paperasse administrative, [les] procédures à rallonge et [les] lenteurs », bref, à tout ce qui pourrait entraver le développement du business des éoliennes et du photovoltaïque.

 

 

- Ce libéral assumé qui espère, depuis le début de la législature, que la majorité nouera un « contrat de coalition » avec LR, a un credo : le libre marché.

« Il a un point commun avec Macron, c’est son indifférence totale aux problèmes des gens : il considère sincèrement que ce n’est pas son job », dit de lui un membre du groupe LR à l’Assemblée nationale.

 

Pour William Martinet, spécialiste du logement à La France insoumise (LFI) siégeant à la commission des affaires économiques, il n’est rien qu’un « idéologue ». « Quand on le pousse dans ses retranchements, il se met à réciter du Ricardo pour nous expliquer que seule la dérégulation du marché pourra résoudre la crise du logement », raconte l’Insoumis qui estime qu’il est bien difficile pour l’opposition d’avoir prise sur son « dogmatisme » économique.

 

« Si Macron est libéral, alors Kasbarian est ultralibéral, et va donner aux marchés la tâche de répondre à une crise qui nécessiterait pourtant une ambition publique très forte », déplore le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu, qui rappelle les chiffres dramatiques de la crise du logement dans son département : 1 500 appels par soir au Samusocial, plus d’un demi-millier de personnes à la rue, dont des dizaines de femmes enceintes…

 

 

- Une réalité que Guillaume Kasbarian devra pourtant se coltiner, lui qui pourfend la dépense publique, la dette, les impôts et les « normes » en tout genre – une ritournelle qu’il n’a eu de cesse de répéter à ses administrés pendant la crise agricole.

Au printemps dernier, il sortait de l’anonymat après un tweet particulièrement véhément à l’égard de la réalisatrice Justine Triet, taclant « ce petit microcosme [du cinéma français – ndlr], biberonné aux aides publiques comme jamais, qui fustige une politique “néo-libérale”... » « Il est peut-être temps d’arrêter de distribuer autant d’aides à ceux qui n’ont aucune conscience de ce qu’ils coûtent aux contribuables », ajoutait celui qui refusera mordicus par la suite d’aller visionner la Palme d’or, lui préférant le dernier Astérix, de Guillaume Canet.

 

Pour Emmanuel Macron, le choix de ce ministre constitue en tout cas une nette rupture et un jalon supplémentaire de la droitisation de ses gouvernements. Jusque-là, le chef de l’État avait toujours opté pour le logement pour des profils issus du Parti socialiste : Julien Denormandie, Emmanuelle Wargon, Olivier Klein et Patrice Vergriete.

 

Cette fois, c’est un libéral, un vrai, qui portera la politique du logement. Sans états d’âme.

 

Notes :

[1]  wikipedia

[2] GUILLAUME KASBARIAN AU LOGEMENT: "COMME SI ON METTAIT DEPARDIEU À L’ÉGALITÉ HOMME-FEMME", TACLE FRANÇOIS RUFFIN

[3TRIBUNE. Trêve hivernale : " Ne laissons pas les locataires et les propriétaires à la rue! "

[4 rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre : « La bombe sociale du logement a explosé. »

[5] Un décret paru fin juillet va « faciliter la location » de logements dont la hauteur est de 1,80 m, contre 2,20 m selon la norme générale, dénonce la Fondation Abbé Pierre, qui y voit « un recul ».

[6] Guillaume Kasbarian nommé ministre délégué au Logement : "C'est une véritable gifle à tout le secteur du logement", dénonce le président de la CNL

 

Pour en savoir plus :

Logement social – Loi SRU : 64% des communes sont hors-la-loi

-  Élections du 9 juin : LFI organise la résistance face au ministre du Logement et sa chasse aux pauvres

 

Guillaume Kasbarian au logement : le coup de fouet libéral d’Emmanuel Macron
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7 février 2024 3 07 /02 /février /2024 14:00
Guerre Israël/Gaza : la délinquance informationnelle totalitaire en déploiement

Couverture de la guerre au Proche-Orient et recomposition de l’« arc républicain »
Le journalisme français, un danger public

 

 

Délinquance informationnelle : de la crise sanitaire covid 19, à la guerre en Ukraine jusqu’au conflit israélo – palestinien, la manipulation informationnelle de masse totalitaire est en marche.

Je partage ici un article du Monde diplomatique qui montre avec éclat que les journalistes ne sont plus des professionnels ayant pour fonction de véhiculer d’une manière impartiale et neutre des informations fondées sur des faits mais sont devenus des propagandistes agressifs, des soldats de la guerre idéologique au service non seulement du gouvernement en place et des groupes financiers qui le soutiennent mais aussi des soldats exécutants l’ordre de diffuser les narratifs de la guerre cognitive mise au point par les différentes officines spécialisées en ingénierie sociale et communication travaillant pour la défense et le renseignement nord américain.

En cas de conflits armés, ces pseudo journalistes sont devenus des acteurs de la guerre psychologique pour conditionner l’opinion publique nationale et mondiale dans le sens voulu par les autorités politiques nord américaine. Parler dorénavant d’information n’a donc plus de sens plus exactement est une escroquerie, un abus de confiance, une tromperie. Ce militantisme guerrier n’est pas sans conséquence sur la vie des gens engagés dans ces conflits. Ces escrocs de l’information sont donc devenus dangereux par leur bellicisme passionnel. En interdisant tout débat approfondi et contradictoire dans un climat de sérénité, ils mettent en place un totalitarisme idéologique en contradiction totale avec leur prétention arrogante de défendre les droits de l’Homme.

Il faudra s’interroger un jour pour comprendre comment il a été possible de laisser envahir l’espace médiatique par des individus aussi médiocres intellectuellement, aussi fanatiques et aussi vassalisés.

 

 

Sources : Serge Halimi & Pierre Rimbert | mis à jour le 14/02/2024

- Depuis le 7 octobre dernier, les grands médias veillent à l’alignement des planètes autoritaires en France. Leur soutien inconditionnel à Israël s’accompagne de leur diffamation des opinions dissidentes, de leur mise en cause des libertés publiques et de leur chasse aux immigrés. Jusqu’où ira cette guerre idéologique ? Au service de qui ?

Un moment de folie médiatique a révélé en même temps que précipité un mouvement de bascule politique : dans les semaines qui ont suivi les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023, les principaux médias et le gouvernement français ont réalisé une double prouesse. Celle d’exclure de l’« arc républicain » La France insoumise (LFI), qui refusait d’absoudre d’avance les représailles militaires du gouvernement israélien à Gaza, et, symétriquement, celle d’y inclure le Rassemblement national (RN). Jugé indigne de gouverner par les classes dirigeantes qui appelaient à « faire barrage » contre lui, le parti fondé en 1972 par M. Jean-Marie Le Pen s’est trouvé subitement réhabilité et blanchi par son alignement sur les positions du gouvernement israélien de M. Benyamin Netanyahou. Sur CNews-­Europe 1, la journaliste Sonia Mabrouk en vint même à célèbrer en Mme Marine Le Pen « le rempart, la protection, le bouclier pour les Français juifs » (10 octobre 2023), tandis que Le Figaro (5-6 novembre 2023) et BFM TV (12 décembre 2023) alternaient un portrait louangeur de M. Jordan Bardella et des bandeaux triomphaux « Bardella à Matignon : 46 % des Français séduits ». Au même moment, la presse progressiste pilonne M. Jean-Luc Mélenchon dans les termes qu’elle réservait autrefois à M. Le Pen : il « accumule les dérapages rances » (L’Obs, 12 octobre 2023) à force de déclarations « imprégnées de stéréotypes antisémites » (Mediapart, 10 novembre 2023). « Antisémitisme : comment Jean-Luc Mélenchon cultive l’ambiguïté », titre un long article du Monde (4 janvier 2024) qui échoue à produire le moindre propos antisémite. En trois mois, ce quotidien aura consacré une demi-douzaine d’articles et plusieurs éditoriaux à la tentative d’assassinat symbolique du dirigeant de LFI.

 

« Le diable a changé de camp », constate Nicolas Beytout dans le quotidien patronal L’Opinion (12 octobre 2023) : « L’attaque du Hamas rebat les cartes. Les Insoumis sont plus faciles à haïr, le Rassemblement national plus difficile à combattre. » Dans les médias, l’arc républicain se confond alors avec l’arc israélien. Le 12 décembre, le journaliste de France Culture Brice Couturier révèle même dans un tweet le désir inavouable d’une fraction croissante des élites françaises : « Puisqu’il va falloir en passer par un épisode RN (tous les sondages le montrent), pourquoi pas dans le cadre d’une cohabitation ? Dissolution. À l’Élysée, Macron garde la main sur la politique étrangère (pas de rupture avec l’UE et l’OTAN), et il dissout au moment propice en 2026. »

 


- Inimaginable il y a encore dix ans, une extrême-droitisation aussi rapide du spectre politique hexagonal a évolué de pair avec la restriction des libertés d’expression, d’opinion, de manifestation.
À l’unisson du ministre de l’intérieur, les médias assimilent, par dessein idéologique ou par paresse intellectuelle, à de l’antisémitisme des manifestations ordinaires de soutien à la cause palestinienne, lesquelles sont d’abord interdites. « Des manifestations de soutien aux terroristes », corrige alors Bernard-Henri Lévy dans Le Point (9 novembre). Son admirateur, le journaliste Darius Rochebin, propose sur LCI l’« internement administratif des islamistes » (15 octobre 2023). La « loi immigration » votée par la majorité présidentielle, la droite et le RN viendra couronner cette séquence, le 19 décembre : le texte, qui institutionnalise la préférence nationale et durcit la répression des étrangers, a été promu par le ministère de l’intérieur comme un bouclier contre les « atteintes aux intérêts fondamentaux de l’État », les « activités à caractère terroriste », et la provocation à la violence — entendre celle de musulmans « islamistes » tentés de commettre des pogroms antisémites.

 

 

- Le séisme couvait — et s’était déjà manifesté ailleurs en Europe.
L’ironie veut cependant qu’en France un tel tournant autoritaire s’effectue sous la conduite conjointe d’une corporation journalistique qui s’autoproclame gardienne des libertés démocratiques et d’un gouvernement élu pour faire barrage à l’extrême droite. Et que l’une et l’autre justifient leurs agissements par la nécessité de soutenir le « droit d’Israël à se défendre » au moment où cet État multiplie les crimes de guerre dans l’espoir de précipiter l’exil ou la déportation de tout un peuple et d’empêcher ainsi qu’il devienne un jour souverain sur son territoire. L’ampleur des massacres commis à Gaza, la réprobation internationale qu’ils suscitent et le discrédit d’un journalisme occidental à la partialité caricaturale amèneront probablement certains protagonistes à espérer qu’on oubliera leur égarement et les dégâts qui en ont découlé. Raison de plus pour revenir en détail sur les deux temps de la guerre de l’information qui s’est ouverte le 7 octobre :

  • la médiatisation des massacres du Hamas, abondamment décrits comme une culmination historique de l’horreur,
  • puis celle, toute en retenue et en litotes, de la guerre totale menée par Israël contre les Palestiniens.

En quelques semaines, la France a fait l’expérience d’un journalisme de meute qui déteste autant le débat contradictoire que la liberté d’expression.

 

Organiser ainsi le calendrier détermine mécaniquement la nature de ce qui fera l’événement (le massacre d’Israéliens), le rôle tenu par les protagonistes (les terroristes du Hamas, les victimes israéliennes et les justiciers de l’armée), enfin le déroulement du scénario : à l’horreur (du 7 au 26 octobre) succède la « riposte », le « droit d’Israël à se défendre » (27 octobre au 10 décembre). Ces deux séquences concentrent l’essentiel de la médiatisa­tion. Au détriment de la troisième : la ­contestation internationale d’une guerre potentiellement génocidaire (depuis le début du mois de décembre) sensiblement moins couverte que la première séquence[1]. L’importance de cette dimension temporelle se perçoit facilement : si l’événement médiatique s’était construit autour des crimes ordinaires perpétrés par Israël dans les territoires occupés ou du blocus meurtrier de Gaza, le « droit des Palestiniens à se défendre » aurait pu s’imposer comme un sujet d’actualité légitime.

 

Ou pas… Car le regard journalistique sur le conflit israélo-palestinien s’articule autour d’un deuxième axe : l’occidentalisme. Alignées sur une diplomatie française et européenne de plus en plus atlantiste, les rédactions voient en Tel-Aviv l’allié qui partage la même vision du monde, les mêmes ennemis, la même conviction d’appartenir à une civilisation supérieure, celle des sociétés libérales. Au Proche-Orient fait rage « un combat des démocraties occidentales contre l’obscurantisme de l’islamisme radical », affirme la journaliste Laurence Ferrari dans une question-manifeste posée à Michel Onfray (Paris Match, 4 janvier 2023). « Parce que l’horreur a été commise, il faut qu’elle soit commise de l’autre côté ? » Lorsque M. Dominique de Villepin interroge ainsi l’animatrice de BFM TV Apolline de Malherbe (27 octobre 2023), il s’attire cette réplique : « Mais vous pensez comme quelle partie de l’humanité ? » — l’Occident éclairé ou ce Sud populeux où « la rue » ménage les terroristes. « J’aime Israël (…) parce que c’est un pays où souffle l’esprit européen », résume l’ancien directeur de Charlie Hebdo Philippe Val, désormais chroni­queur sur Europe 1 (9 octobre 2023), la radio extrêmement de droite de M. Vincent Bolloré.

 

 

- Comme ce fut le cas pour Kiev un an et demi plus tôt, les médias entérinent sans vérification ni recul la plupart des récits du gouvernement et de l’armée israéliens, dont les communicants parlent souvent parfaitement l’anglais et connaissent les codes journalistiques du public-cible.
En revanche, toute information issue du Hamas, y compris le décompte des victimes, se trouve frappée au coin du doute. Au-delà des multiples fake news de « Tsahal » (les quarante bébés décapités, les vingt enfants brûlés et exécutés, le nouveau-né rôti au four, la femme enceinte abattue et éventrée, le quartier général du Hamas sous l’hôpital Al-Shifa, etc.), dont le démenti tardif a moins d’écho et d’impact que l’information sensationnelle initiale, c’est le cœur même du récit officiel israélien que les médias français relaient : l’armée de la « seule démocratie du Proche-Orient » a pour mission de détruire un monstre inhumain fondu dans la population gazaouie ; le Hamas porte par conséquent la responsabilité principale de toutes les victimes du conflit.

 

Comme souvent en pareilles circonstances, ce genre de propagande n’a pas de meilleur interprète que Bernard-Henri Lévy. « Israël s’oblige à respecter le droit humanitaire, plaide l’essayiste sur LCI le 29 octobre 2023. Israël fait tout ce qui est en son pouvoir pour qu’il y ait loins de victimes civiles possible. Encore une fois, Israël lance des tracts, téléphone, envoie des messages de toutes sortes aux Gazaouis en disant “ Ne restez pas ! Ne restez pas les otages de ces salopards qui vous manipulent depuis quinze ans, partez, fuyez. ” Donc le droit humanitaire, il est dans la tête et dans les cœurs des Israéliens autant que dans la tête et les cœurs des téléspectateurs bien tranquilles de New York, de Paris ou de Berlin. » En somme, comme le précisera le 31 décembre M. Netanyahou, Israël mène une « guerre d’une moralité sans équivalent ».

 

 

- Au fil des jours, cette fable débitée sur toutes les chaînes d’information relativise la courbe ascendante des victimes palestiniennes...
Et maquille en riposte légitime ce qui a les apparences d’une tentative d’épuration ethnique. « Là, pour que ceux qui nous regardent, nous écoutent, compren­nent bien, le Hamas demande aux civils de ne pas bouger pour ensuite s’en servir comme… boucliers humains et s’en servir comme une sorte de propagande alors même que l’armée israélienne prévient et donne cet ordre d’évacuation. C’est… c’est bien ça l’objet de cette propagande du mouvement terroriste ? » demande Benjamin Duhamel, le 13 octobre 2023, sur BFM-RMC. Perplexe face à une présentation aussi lumineusement objective de la situation, son invité, le journaliste Georges Malbrunot, répond : « Oui… c’est grosso modo à peu près ça. »


Deux jours plus tard, Duhamel chapitre un député de LFI qui a, prudemment, évoqué l’idée d’un cessez-le-feu : « Avec le Hamas, François Ruffin ? Le Hamas est un mouvement terroriste ! Ça veut dire que vous dites : il faut qu’Israël négocie avec le Hamas ? » Puis il reprend : « Il y a quelque chose qui m’interpelle dans ce que vous dites. Est-ce que, au fond, vous faites partie de ceux qui, notamment au sein de La France insoumise, semblent renvoyer dos à dos d’un côté les attentats terroristes du 7 octobre et la riposte d’Israël ? »


Même son de cloche sur France Inter, mais un mois et douze mille morts plus tard (16 novembre) : « Si Israël veut atteindre ses objectifs de guerre plus rapidement, il va devoir tuer plus de civils puisque le Hamas se protège derrière les civils », justifie Pierre Servent, l’expert chouchou de la station publique. « Je ne vois pas comment une autre armée d’un État démocratique pourrait faire mieux », poursuit-il, en soulignant lui aussi « l’avertissement des populations, les couloirs humanitaires, un certain nombre de précautions réelles que Tsahal prend pour atteindre ses objectifs de guerre ». Tout le contraire, selon lui, du Hamas, affairé à « créer un événement tragique dans la bande de Gaza, qui va être monté en épingle ». C’est toutefois Europe 1 qui décroche le titre (très disputé) de porte-parole de M. Netanyahou à la radio. Au point de faire parfois rougir d’embarras son idole. Les soldats israéliens, affirme ainsi l’historien Georges Bensoussan sans être contredit par la journaliste Sonia Mabrouk, « ont apporté la vie et la survie, ils ont apporté du matériel médical » (Europe 1-CNews, 16 novembre 2023).

 

 

- Et puisque cette armée bienveillante nous ressemble, les journalistes français accompagnent un de leurs compatriotes quand il rejoint ses rangs.
Le 10 octobre 2023, dans la matinale de France Inter, Sonia Devillers héroïse « Yoval », un étudiant qui, quittant la France pour se battre en Israël, ne semble pas distinguer le Hamas de la population civile de Gaza. « Merci Yoval, bonne route ! », conclut la journaliste en guise de salut au soldat qui se prépare à envahir ce territoire palestinien. Sa consœur Judith Waintraub célèbre un autre paladin dans Le Figaro Magazine (24 novembre 2024) : Julien Bahloul, « né en France dont il est parti pour fuir l’antisémitisme », et qui « après cinq ans sur la chaîne de télévision i24News, remet l’uniforme pendant ses périodes de réserve, qu’il effectue en tant que porte-parole de Tsahal ».

 

Drames individuels et statistiques.

  • Si l’idée d’un traitement critique de ces Français partis se battre à Gaza ne s’impose pas aux rédactions des médias, publics ou privés, c’est que leur biais occidentaliste postule une hiérarchie entre, d’un côté, des démocraties menacées par l’islamisme allié aux grands démons du moment (la Russie, la Chine) et, de l’autre, le reste du monde. Nul journaliste n’admettra volontiers qu’il assigne une partie de la planète à un statut de sous-humanité. Mais, ce qui revient au même, beaucoup se refusent à mettre « sur le même plan des massacres qui ont été commis, avec des viols, des femmes qui ont été mutilées, et puis des bombardements aujourd’hui qui sont dans le cadre d’une riposte, certes avec des morts qui sont tout à fait inacceptables » (Sonia Mabrouk, Europe 1, 26 novembre 2023).

 

  • Selon que le clavier du journaliste décrit Tel-Aviv ou Gaza, le vocabulaire et la syntaxe humanisent ou déshumanisent le propos : Le Hamas « massacre » ou « tue » ses victimes israéliennes ; les Palestiniens « meurent » sans qu’on précise qui les fait périr. Comme après chaque attentat en Occident, la presse dresse le portrait individuel de victimes émouvantes tandis que les Palestiniens se trouvent souvent réduits dans les reportages à des ombres anonymes errant dans les décombres[2]. Morts-sujets auxquels on s’identifie comme les personnages d’un film, contre morts-objets qui tapissent un décor où le regard glisse sans accrocher.

 

- Près de quatre mois après le déclenchement du conflit, aucun grand média français n’a réalisé une enquête quantitative sur le traitement journalistique du conflit.
Aux États-Unis, The Intercept (9 janvier 2024) a analysé un vaste échantillon d’articles du New York Times, du Washington Post et du Los Angeles Times parus entre le 7 octobre et le 24 novembre 2023[3]. Les résultats ne devraient pas dépayser les lecteurs français. « Le terme de “carnage” a été utilisé 60 fois plus dans le cas de victimes israéliennes plutôt que palestiniennes, et celui de “massacre” 125 fois dans le premier cas et 2 fois dans le second. “Terrifiant” est employé 36 fois dans le cas de victimes israéliennes, 4 fois si elles sont palestiniennes. » Les auteurs relèvent par ailleurs « le manque d’attention médiatique réservée au nombre sans précédent d’enfants et de journalistes tués, alors que ces deux groupes suscitent en général la sympathie des médias occidentaux ». Enfin, alors que les assassinats de civils commis par le Hamas sont bien présentés comme le produit d’une stratégie intentionnelle, les journalistes dépeignent les meurtres de Gazaouis « comme s’il s’agissait d’une succession d’erreurs reproduites des milliers de fois ».

 

Le lexique chargé d’émotion pour les uns, distancié pour les autres, est également confirmé par l’étude d’un autre média occidental, la British Broadcasting Corporation (BBC)[4]. Les chercheurs ont passé au crible 90 % de la production en ligne de la BBC entre le 7 octobre et le 2 décembre 2023. Outre l’association presque systématique des mots « massacres », « meurtres » et « carnage » aux victimes israéliennes — les Palestiniens étant « tués » ou « morts » —, la recherche établit que les termes exprimant les relations familiales comme « mère », « grand-mère », « filles », « fils », « époux », etc., ont été beaucoup plus fréquemment utilisés pour décrire des Israéliens que des Palestiniens.

 

Cent jours après l’attaque du Hamas en Israël dont le bilan s’élève selon Tel-Aviv (15 décembre) à 1 139 morts dont 766 civils et 132 otages toujours retenus à Gaza, les militaires israéliens, équipés et financés par les États-Unis, avaient tué 23 000 Palestiniens (8 000 autres étant portés disparus), bombardé des hôpitaux, des écoles, des églises, les centres culturels, les archives, les routes, les infrastructures énergétiques, endommagé ou détruit 60 % des bâtiments, déplacé 85 % de la population, organisé méthodiquement une pénurie d’eau et de médicaments ainsi qu’une famine à grande échelle qui menace 40 % des survivants. C’est l’« une des campagnes punitives contre des civils les plus intenses de l’histoire », relève l’historien américain Robert Pape, l’ampleur des destructions surpassant celles d’Alep en Syrie, de Marioupol en Ukraine et même de villes allemandes par les bombardements alliés à la fin de la seconde guerre mondiale[5]. Or il ne s’agit pas d’un dérapage : l’opération a été précédée de déclarations officielles à tonalité génocidaire. À commencer par celles du président socialiste Isaac Herzog (« C’est une nation entière là-bas qui est responsable ») et du ministre de la défense Yoav Galant (« Gaza ne redeviendra jamais ce qu’il a été. Nous éliminerons tout »).


Et « Brice » interpelle France Inter Analyser un carnage israélien conforme au destin que les dirigeants de Tel-Aviv entendaient réserver à des « animaux humains » n’exigeait pas une puissante enquête pour en retracer l’origine, ni des cours de sémiologie avancée pour en saisir le sens. Mais les médias ont alors changé de stratégie. Après avoir disséminé sans relâche une histoire boiteuse résumant le destin palestinien au « terrorisme islamiste » et la politique israélienne à une série de « ripostes » à ces massacres, après avoir affiché une solidarité occidentale permettant d’humaniser l’allié et d’ensauvager l’adversaire, la plupart des journalistes français ont choisi de détourner le regard. Ils ont délibérément réduit la médiatisation du conflit afin de ne pas devoir poser des questions qui fâchent[6].

 

 

-  La logique et la justice auraient pourtant voulu que les régiments de commentateurs et de décideurs qui avaient proclamé en octobre qu’« Israël avait le droit de se défendre » soient à leur tour interpellés sur les conséquences de ce « droit » au regard du nombre de victimes qui en avait découlé.
Et qu’ils soient sommés de proposer des actions et des sanctions pour interrompre la tuerie. Ne pas parler de « terrorisme » palestinien avait valu une lapidation médiatique aux contrevenants. Cette fois, d’autres termes paraissaient découler de l’observation de la conduite israélienne de la guerre : « déportation », « nettoyage ethnique », voire « tentative génocidaire ». Les journalistes allaient-ils à présent retourner leurs armes et leurs commentaires contre certains des avocats d’un « soutien inconditionnel » à Israël, allaient-ils leur reprocher leur aveuglement alors que les massacres de civils, cette fois à Gaza, imposaient qu’on haussât le ton contre leur protégé ? Mme Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, M. Gérard Larcher, président du Sénat, M. Éric Ciotti, président des Républicains (LR), Mme Anne Hidalgo, maire de Paris, pour ne citer que ceux-là, auraient pu être soumis à la question comme les dirigeants insoumis quelques semaines plus tôt. « Approuvez-vous le nettoyage ethnique », « S’agit-il plutôt d’une déportation ? », « Pourquoi ne pas interdire la participation des athlètes israéliens, souvent réservistes de l’armée, aux Jeux olympiques ? », « Quand prendrez-vous enfin des sanctions contre Israël ? ». On sait — mais à vrai dire on avait déjà deviné — qu’il n’en serait rien. Même un journal comme Le Monde, qui s’est distingué par une couverture plus juste du conflit que la plupart de ses confrères, ne recommande toujours pas que l’État coupable de crimes de guerre en Palestine soit sanctionné par la « communauté internationale ».

 


- Lors de ses vœux du Nouvel An, le président Macron a consacré quinze mots aux 22 000 morts de Gaza.
Ce même 31 décembre 2023, Le Journal du dimanche est parvenu, malgré ses 48 pages, à ne publier aucun article sur le martyre palestinien. Deux semaines plus tard, deux dirigeants politiques aussi différents que MM. Raphaël Glucksmann et Éric Zemmour étaient longuement interrogés, l’un par France Inter, l’autre par Europe 1. Seul point commun entre ces deux émissions : cinquante minutes d’entretien, aucune consacrée à Gaza. M. Glucksmann parla bien d’hôpitaux attaqués — mais seulement de celui de Corbeil-Essonnes, victime de hackeurs russes.

 

 

- Quelques jours plus tôt, le 21 décembre, M. François Hollande était — une nouvelle fois — invité par France Inter. Après seize minutes d’entretien la guerre de Gaza n’avait toujours pas été abordée.

Un auditeur, « Brice », perturba alors le ronronnement de l’échange : « À partir de combien de dizaines de milliers de morts en Palestine va-t-on enfin décider de demander à tous vos intervenants s’ils condamnent sans ambiguïté les atrocités de l’armée israélienne ? Au début, pendant quelques jours vous égreniez le nombre de morts de chaque côté, et puis, je me rappelle bien Nicolas Demorand [présentateur de la matinale de France Inter], vous vous êtes arrêtés à 1 200, au moment où c’était à égalité. Là, maintenant, on est à vingt fois plus [de morts côté palestinien]. Donc il serait peut-être temps de demander à chacun s’il condamne sans ambiguïté tout ça. » Peine perdue. Le lendemain, le député insoumis François Ruffin était l’invité de France Inter ; à aucun moment les journalistes ne l’interrogèrent sur Gaza.


Du 8 au 21 octobre, dans les quinze jours qui suivent l’attaque du Hamas, tous les invités de la matinale de France Inter sauf deux sont interrogés sur les massacres ou expriment spontanément leur horreur : « On est obligés aujourd’hui si on veut se conduire bien de dire ce que ça nous fait à l’intérieur de nous, ce qu’on ressent », explique le comédien Vincent Lindon le 13 octobre. Deux mois plus tard, cette « obligation morale » a disparu. Du 8 au 21 décembre, alors qu’enfle un débat international sur les risques de génocide à Gaza, y compris au sein d’agences des Nations unies, seuls deux des invités de la matinale de France Inter sont questionnés sur le sujet. L’intervention de « Brice » portera ce nombre à trois…

 

On cumulerait à l’envi les preuves d’un journalisme biaisé en faveur d’Israël, comme la couverture en direct par France Info, le vendredi 12 janvier 2024, de la défense de Tel-Aviv contre les accusations d’actes de génocide alors que, la veille, les plaidoiries sud-africaines devant la Cour internationale de justice à La Haye n’avaient pas bénéficié du même traitement. Toutefois, la critique d’un « deux poids, deux mesures » qui suggère un déséquilibre justiciable d’un réglage ne suffit pas. Car ce traitement particulier du conflit israélo-palestinien participe d’une transformation plus large.

 

 

- En quatre mois, les dirigeants du « quatrième pouvoir » n’ont pas seulement alimenté un culturalisme qui, comme au temps des empires coloniaux, place l’Occident au pinacle de l’humanité.

Ils ont, dans leur grande majorité, entériné le point de vue de l’extrême droite israélienne et accompagné ou cautionné en France la marginalisation des opposants à la guerre en leur interdisant d’exprimer des solidarités hier encore évidentes. Ils ont ainsi précipité le baptême républicain du RN, en même temps qu’ils célèbrent le réarmement militaire et moral de la France au nom de la lutte contre la menace russe et le terrorisme islamiste. Le combat mené depuis quinze ans par les gouvernements libéraux contre les mouvements « populistes » et les régimes « illibéraux » a ici trouvé un renfort inattendu : la naissance et l’installation en France d’un journalisme autoritaire.

 

 

🔴  Annexe
Pour mieux comprendre la notion de « délinquance informationnelle » des médias occidentaux, il suffit d’écouter l’interview de ce spécialiste du renseignement ayant travaillé pour l’OTAN et les Nations unies qui est Jacques Baud au regard du droit international, il explique la légitimité et la légalité de l’intervention militaire russe en Ukraine.


Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a enregistré 3 393 civils tués et 9 020 blessés entre le 14 avril 2014 et le 24 janvier 2022. Parmi les victimes civiles, on compte 1 428 hommes, 861 femmes, 174 garçons et 130 filles. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a également suivi le conflit et a publié des rapports réguliers sur les victimes civiles. Le dernier rapport de l’OSCE, publié le 24 janvier 2022, fait état de 3 402 civils tués et 9 014 blessés. Il est important de noter que ces chiffres ne sont que des estimations. Le nombre réel de victimes pourrait être plus élevé. Il ne s’agit ici que des pertes civiles. Aucune information dans les médias occidentaux entre 2014 et février 2022 sur cette situation. Cette censure délibérée est expliquée par Jacques Baud.

 

 

Notes :

[1] Nombre d’articles et de séquences audiovisuelles répertoriés dans la presse française sur l’agrégateur Europresse.

[2] Cf. Pauline Perrenot, « À la Une du Parisien, la caricature du double standard », Acrimed, 21 décembre 2023.

[3] Cf. également les recherches de Holly Jackson sur un autre échantillon de presse américaine

[4] L’étude est résumée par Xander Elliards, « Study shows BBC “bias” in reporting on Palestinian and Israeli deaths », The National, Glasgow, 9 janvier 2024.

[5] Julia Frankel, « Israel’s military campaign in Gaza seen as among the most destructive in recent history, experts say », Associated Press, 11 janvier 2024.

[6] Cf. Alain Gresh et Sarra Grira, « Gaza, ­l’escorte médiatique d’un génocide », Orient XXI, 8 janvier 2024.

 

Pour en savoir plus :

- Nos idiots utiles dans la classe médiatique

- Gaza : Israël est incapable de fournir une preuve contre l’UNRWA

 

Guerre Israël/Gaza : la délinquance informationnelle totalitaire en déploiement
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2 février 2024 5 02 /02 /février /2024 17:16
Nordine Raymond : Colère des agricultrices et agriculteurs

Nordine Raymond candidat #Nupes (affilié à LFI) pour les législatives 2022 #Circo1702[1] s'adresse aux agriculteurs et agricultrices.

Retrouvez le courrier que j'adresse aujourd'hui aux agricultrices et agriculteurs du territoire.

 

Source : Nordine Raymond |

 

" Chère agricultrice, cher agriculteur, 

 

Je suis Nordine Raymond, j’étais candidat sur la deuxième circonscription de Charente-Maritime pour la NUPES. J’ai échangé avec beaucoup de paysannes et paysans pour cette occasion. Je suis un enfant de la côte, petit fils de marin et actuellement restaurateur. Si je le précise, c’est parce que vous comprendrez aisément que je sais ce que c’est que de travailler près de 100 heures par semaine sans parfois pouvoir se payer.

 


- Je vous écris aujourd’hui non pas pour parler de moi, mais pour parler de nous.
Je connais votre colère, je la comprends, je la soutiens !

 

Je ne suis pas homme à faire semblant. Je ne vais pas cacher qu’on ne s’est pas toujours compris.

 

Pour que ce système puisse exister il lui faut nous diviser. Alors, on a laissé croire que nous n’aimions pas vos traditions, que nous étions contre l’agriculture ou encore que les problèmes que vous rencontrez n'étaient pas liés à un système global qui broie les êtres humains et la nature. 

 


- Il est là le sujet, le système économique !
Pourtant, maintenant que votre colère explose, on voit bien qui est là pour vous soutenir et quels ont été les votes des différents partis politiques ces dernières années. 

 

On ne va pas se mentir non plus : je suis pour une transition agricole !


Ce système est dangereux. Il ne vous assure pas des prix rémunérateurs et met en danger votre santé. Au bout de combien de lymphomes, de leucémies, de mélanomes, de tumeurs du système nerveux que vous développez allons-nous réagir ? On notera d'ailleurs que ceux qui vous vendent les pesticides d'une main vous vendent les médicaments de l'autre ! Et pourquoi donc risquer sa vie ? Pour toujours plus de rendements, en appauvrissant les terres et en ne pouvant pas vivre dignement. On vous a demandé de vous endetter toujours plus, et vous avez dû le faire.

 

  • Ce système est défendu par des mouvements politiques qui essaient actuellement de vous enfumer.

🔴 La macronie : c’est dégueulasse !
Vous leur faites peur et c’est tant mieux. Alors, ils vous caressent dans le sens du poil. Regardez un peu ce qu’ils ont voté ces dernières années et la considération qu’ils ont pour les gens comme vous.

 

Il y’a peu, le député insoumis Manuel Bompard a proposé à l’Assemblée Nationale une loi pour des prix planchers. C’est simple à comprendre : obtenir que personne ne puisse vous payer moins cher que ce que vous a coûté votre production. À 6 voix prêts cette loi était votée[2]. Aucun des députés macronistes de notre territoire ne l’a voté. Pas un. Et surtout pas Anne-Laure Babault qui ne s’intéresse à l’agriculture que pour la photo. 

 

Au parlement européen, où tout se décide en ce qui vous concerne puisque nous avons cédé notre souveraineté nationale à l’Europe, ils votent pour tous les traités de libres échanges. 

 

La liste serait longue de tous les coups bas qu’ils vous ont fait subir. Vous les connaissez mieux que moi. Vous les subissez directement. Sur la formation professionnelle, sur la fin de certaines aides à l’installation, sur les tonnes de paperasse qu’ils vous font remplir, sur le non accompagnement dans les transitions, sur le manque d'ingénierie de projet, sur la fermeture des services publics de proximité…

 

🔴 Le Rassemblement National : des hypocrites !
Dans le tas des politiciens, il y’a toujours les plus véreux. L’extrême droite, avec ses belles cravates, ses mots doux et ses élus bourgeois qui ignorent tout ce qu’est l’agriculture, obtient la première place. Ils tiennent des doubles discours, essaient de nous diviser par des contres feux et ne font aucune proposition concrète pour notre modèle agricole. 

 

Ceux-là sont les pires ! Ils disent ici vous défendre et votent main dans la main avec les macronistes à Bruxelles pour la PAC ou les traités de libres échanges[3]. Et quand certains s’aperçoivent de leur erreur alors ils se divisent au sein de leur groupe au parlement européen pour satisfaire tout le monde. Ceux qui doivent montrer un blanc-seing à la finance internationale, et qui votent pour importer toujours plus de viande d'Amérique du sud, et ceux qui veulent vous faire croire qu’ils sont là pour vous et votent contre. Des tartuffes en somme, aucune ligne claire.

 

Quand votre seul moyen d’expression devient les blocages alors ils fuient et ne vous soutiennent plus.

 

Dans leur France fantasmée, les agriculteurs s’opposeraient aux habitants des villes ou à ceux qui rencontrent des difficultés dans la vie parce qu’ils ne savent pas que la paysannerie c’est justement l’entraide et le partage.

 


-  Nous les insoumis avons une ligne claire. 
Nous pensons qu’il faut sortir de l’agriculture intensive et productiviste. Celle-ci vous a mené à votre perte.

 

Nous pensons qu’il faut vous garantir des prix rémunérateurs, qu’il faut sortir des traités de libre-échanges, qu’il faut aider les jeunes à l’installation, qu’il faut développer la formation professionnelle notamment dans la bio, qu’il faut un partage de l’eau équitable entre tous ses usages pour garantir que tout le monde y ait accès, qu’il faut créer de l’emploi paysan en masse, qu’il faut arrêter avec les aides à l’hectare…

 

Je pourrais vous faire un catalogue complet de nos propositions mais là n’est pas le but de ce courrier. Vous les trouverez aisément sur nos réseaux et elles ne datent pas d’hier.

 

Mais par-dessus tout, nous pensons qu’il faut garantir une souveraineté alimentaire nationale. C’est le prix de notre liberté. La guerre en Ukraine l’a très bien illustré. Il faut donc arrêter d’importer des produits avec des normes qui ne sont pas les nôtres sur notre territoire et consommer ceux que vous produisez.

 

Si je vous écris aujourd’hui c’est que j’ai l’impression que d’une certaine manière nous nous sommes retrouvés. Grâce à votre mouvement, l'agriculture, et l’alimentation, sont devenus un sujet central et les politiciens dégoûtants et hypocrites apparaissent pour ce qu’ils sont : des gens laids qui ne s'intéressent pas à vous.

 

Vous nous trouverez toujours à vos côtés pour dialoguer et trouver des solutions concrètes à ce que votre métier soit considéré autrement !

 

Un très vieux proverbe français dit : “ Paysan debout met noble à genoux ”, ne lâchez rien !

 

Je suis disponible pour échanger plus en profondeur.

 

Vous pouvez compter sur nous !

 

Fraternellement "

 

 

 

 

 

 

 

Notes :

[1] résultat 1er tour élections législatives 2022 circo1701 

[2Prix planchers pour les agriculteurs : LFI va redéposer une proposition de loi

[3] Le #RN par les actes : la stratégie du double-langage est une arnaque (suite) !

 

Pour en savoir plus :

- Comment nous allons : BIEN NOURRIR TOUT LE MONDE

La France insoumise - NUPES répond aux #AgriculteursEnColère

Agriculture et alimentation - livret thématique - Mélenchon 2022

 

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5 janvier 2024 5 05 /01 /janvier /2024 17:44
Adopté : " L'Union Populaire jusqu'à la victoire ! "

92,80% des Insoumis ont adopté la stratégie de « l’Union populaire jusqu’à la victoire »

Aux élections européennes 2024, faisons grandir l'Union Populaire

 

 

Le samedi 16 décembre, les participant·es à l’Assemblée représentative de la France insoumise[1] ont adopté la stratégie « L’Union populaire jusqu’à la victoire », ainsi que la feuille de route du mouvement pour 2024.
Ces deux textes ont ensuite été soumis à la votation de tou·tes les insoumis·es ayant rejoint notre mouvement avant le 16 décembre 2023, entre le 16 décembre et le 3 janvier.
Au total, 57 409 insoumis·es ont participé à cette votation.
- 92,80% ont adopté la stratégie de « l’Union populaire jusqu’à la victoire »
- 90,25% ont validé la feuille de route du mouvement pour 2024
Découvrez le texte stratégique de « l’Union populaire jusqu’à la victoire » ci-dessous.

 

 

Sources : La France insoumise | mis à jour le 06/09/2024

Le moment de l’histoire est celui d’une montée en tension des sociétés humaines. En combinant leurs effets, plusieurs données mondiales étendent leur impact sur la vie de chacun·e. Ainsi avec le dérèglement climatique, la recrudescence des conflits armés, l’extension sans fin du domaine de la marchandisation, la bascule dans les procédés numériques entremêlent leurs conséquences et réorganisent tout, toujours plus vite et toujours davantage.

 

Aucun sujet ne se traite séparément. Une cause commune les domine tous : le déploiement du mode de production capitaliste et productiviste irresponsable, animé par un objectif absurde d’accumulation sans limite de profits au bénéfice d’une petite minorité et au détriment d’une grande partie du peuple qui s’enfonce dans la pauvreté, et de la planète.

 

 

- Un monde en crise, des peuples en lutte

Le meilleur comme le pire peuvent résulter de ce contexte. Un nouvel élan de la civilisation humaine, ou son effondrement ? En toute hypothèse, la solution est dans le peuple et dans sa capacité à se mettre en mouvement. Encore faut-il qu’il se donne les moyens d’agir. Il le tente de multiples manières sous toutes les latitudes. Nous sommes totalement engagé·es en son sein dans ses efforts d’insoumission. Pour y répondre, nous proposons un programme, l’Avenir en commun, une stratégie, l’union populaire pour la Révolution citoyenne, avec un mouvement évolutif et tourné vers l’action, la France insoumise, et une source de décryptage intellectuel et de formation, l’Institut La Boétie.

 

En épousant à chaque étape les causes du peuple, nous avons contribué à de magnifiques avancées. En Europe, elles confèrent à l’action du peuple de France une singularité d’audace et de combativité. La percée électorale aux élections présidentielles et législatives de l’an passé en sont un signal. Il a été amplifié par la mobilisation sociale la plus importante depuis cinquante ans dans la lutte pour le droit à la retraite à 60 ans.

 

Nous connaissons nos forces, les moyens par lesquels nous les avons acquises et par lesquels nous continuons à avancer. Mais nous connaissons aussi nos difficultés et nos faiblesses. Nombre se règlent sur le terrain par la pratique, l’initiative et la créativité de l’action militante. Le chemin se construit par nos pas.

 

Il se construit à l’heure où les idées d’extrême droite et fascistes progressent partout dans le monde et gangrènent une grande partie de l’arc politique et des médias, tenus par une poignée de milliardaires. L’idée du “ redressement moral ” de la France, la lutte “ du bien contre le mal ” chère à la théorie du choc des civilisations, le racisme, la stigmatisation des étranger·es ou d’un “ ennemi de l’intérieur ” comme boucs émissaires des difficultés sociales, la montée en puissance des politiques sécuritaires et de répression comme réponse à toute revendication légitime ne sont plus aujourd’hui l’apanage de la seule extrême droite politique.

 

La droite dans son ensemble et le président de la République lui-même souscrivent à ces idées, jusqu’à les traduire dans leurs propositions comme l’ont montré les débats sur la Loi Immigration et à réprimer toute contestation sociale ou écologique. Leur objectif est de diviser le peuple pour maintenir ce système à bout de souffle, qui engendre toujours plus de misère, de pauvreté et la destruction de nos écosystèmes, et contre lequel les contestations sociales légitimes s’unissent et se multiplient. Cette banalisation des idées d’extrême droite se traduit dans les rues où des groupuscules violents profitent d’un climat d’impunité pour défiler aux cris de slogans racistes ou pour intimider une partie de la population

 

Dans ce contexte :

  • il est de notre responsabilité d’opposer à ces logiques de division le regroupement du peuple autour de causes communes en rupture avec l’ordre établi, comme l’a fait en son temps le Front populaire et le mouvement ouvrier face à la menace des ligues fascistes.
  • C’est notre rôle de démonter l’arnaque sociale du Rassemblement national, en particulier dans les secteurs géographiques où l’extrême droite a réussi à renforcer son implantation.
  • Et c’est notre devoir de nous doter des moyens d’auto-défense nécessaires pour garantir notre capacité à défendre nos idées dans la société.

 

Il n’y a aucune fatalité ! Là encore, la victoire du Front populaire sur la base d’un grand programme social en 1936 et en pleine montée des idées d’extrême droite montre que le succès est possible. Le pays balance entre la mobilisation collective et le repli sur soi. Tout est possible. Notre devoir est d’offrir une alternative au macronisme déclinant et à l’extrême droite menaçante. Nous refusons la survie d’un pouvoir qui ne tient qu’à travers des 49.3 à répétition et nous voulons bâtir une 6ème République écologique et sociale.

 

Dans cette optique, notre tactique d’action est confrontée à l’impasse dans laquelle se trouve aujourd’hui la NUPES. L’Union populaire, c’est-à-dire le rassemblement du peuple autour de causes communes et d’une politique de rupture avec le système, reste notre stratégie. Nous devons donc nous demander simplement et concrètement comment la faire vivre dans de nouvelles conditions plus durables, en lien avec les grandes forces sociales du pays et celles et ceux qui résistent politiquement à la normalisation de toute vie par un système injuste et prédateur de notre planète.

 

Nous devons faire l’union populaire dans des formes comprises du grand nombre pour qui la crédibilité commence par la clarté des méthodes, des objectifs et le respect mutuel dans l’action. Sans rancune ni procès contre celles et ceux qui portent la responsabilité de cette impasse, en conservant toujours la possibilité de les faire changer d’avis, nous nous en tiendrons à un choix positif : comment continuer à travailler à l’Union populaire ? Ce texte se concentre sur cette seule question et propose une façon d’agir concrète.

 

 

- Les insoumises et insoumis, premiers artisans et partisans de la Nupes

En mai 2022, après le résultat de 22 % de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, nous avons constitué la NUPES[2]. Sa mise en place fut un événement inédit. Pour la première fois de l’histoire, nous avons présenté, sur toutes les circonscriptions de l’hexagone, des candidatures communes porteuses d’un programme de gouvernement[4], en rupture avec le capitalisme et le productivisme.

 

Il s’en est fallu de peu, en voix comme en pourcentage, pour qu’elle obtienne l’élection d’une majorité de député·es à l’Assemblée nationale. La NUPES est arrivée en tête du premier tour et elle a multiplié par trois le nombre de député·es de l’opposition de gauche. Elle a donné l’espoir d’une véritable alternative pour des millions de citoyennes et de citoyens face au macronisme et à la menace de l’extrême droite.

 

Depuis lors, les insoumis·es se sont mobilisé·es, nationalement comme localement, partout en France pour travailler au renforcement de la NUPES à travers des initiatives communes, car c’est bien l’action de terrain qui convainc et fédère.

  • Nous avons ainsi proposé d’initier partout des “ assemblées de la NUPES ” à l’échelle des communes ou des circonscriptions permettant de réunir toutes celles et tous ceux qui voulaient défendre son programme.
  • Nous avons souhaité faire vivre et grandir le Parlement de la NUPES[3], mis en place pendant les élections législatives afin de réunir des figures syndicales et associatives, les intellectuel·les et les personnalités du monde de l’art et de la culture.
  • Nous nous sommes battu·es pour construire la NUPES aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au Sénat en proposant un groupe commun à l’Assemblée nationale et des listes communes pour les élections sénatoriales.
  • Nous avons milité et soutenu toutes les initiatives pour former une liste commune aux élections européennes dont celles des jeunes de la NUPES et avons proposé aux écologistes de conduire cette liste de rassemblement.
  • Nous avons souhaité préparer ensemble les élections municipales.

Nous nous sommes mobilisé·es sans cesse pour renforcer la NUPES, plus court chemin pour permettre la prise du pouvoir en 2027 et gouverner pour l’intérêt général.

 

 

- Les blocages de la " gauche d'avant "

Malheureusement, malgré tous nos efforts et les attentes populaires, notre volonté d’approfondir la NUPES s’est heurtée aux blocages des appareils de la « gauche d’avant ». Ainsi, nos différentes propositions ont toutes, sans exception, été refusées par une partie ou par l’ensemble des autres forces de la NUPES. Et à aucun moment, il ne nous a été fait de contre-propositions permettant de dépasser des situations de blocage. Si certains de nos partenaires ont pu y contribuer, c’est bien souvent la persévérance des insoumis·es qui a permis que des assemblées locales se réunissent ou que des actions conjointes se fassent sur le terrain.

 

De fait, face à cette obstruction organisée, notre rassemblement inédit s’est vite réduit à une simple structure de coordination entre groupes parlementaires à l’Assemblée nationale. Et les derniers mois ont révélé les tentations de certains de nos partenaires à rompre avec le programme de la NUPES pour revenir aux logiques de la gauche d’avant, qui soutient et se compromet, qui s’aligne avec les théories du choc des civilisations en excluant la France insoumise.

 

Nous connaissons la suite :

  • début octobre, le PCF, après maintes déclarations hostiles, a pris la décision de quitter la NUPES ;
  • le PS a suspendu sa participation aux réunions de l’intergroupe à l’Assemblée nationale avant d’effacer toute référence à notre alliance dans le nom de son groupe parlementaire ;
  • quant à EELV, sa direction persiste à empêcher toute liste commune de la NUPES aux élections européennes et a refusé la poursuite du Parlement de la NUPES.

 

 

-  L’Union Populaire jusqu'à la victoire !
Mais les raisons qui ont conduit à vouloir la NUPES demeurent. Tout comme les espoirs qu’elle a suscités. Ils ne peuvent pas être effacés par le refus de telle ou telle formation politique de poursuivre sur le chemin de l’unité. Tout comme il ne peut pas être question de remettre en cause des engagements programmatiques pris devant les électrices et les électeurs.

 

Peut-on poursuivre et renforcer la démarche ? Oui, en élargissant l’adhésion populaire autour du programme de la NUPES, en combattant sans relâche l’abstention, la résignation et le repli sur soi. C’est à l’ensemble des groupes politiques, personnalités, militant·es engagé·es dans une organisation politique, syndicalistes, militant·es du monde associatif, citoyen·nes que nous nous adressons.

 

Nous leur disons que le refus objecté par des appareils politiques de la gauche d’avant ne doit pas empêcher de nous réunir pour préparer ensemble la grande confrontation démocratique de 2027. Et pour cela nous devons faire de chaque rendez-vous électoral un rendez-vous d’adhésion avec notre programme de rupture et notre méthode d’implication populaire à la base. Nous leur proposons :

  • de nous retrouver ensemble dans un nouvel espace, inspiré du Parlement de l’Union populaire, pour faire vivre notre démarche de rassemblement ;
  • de nous regrouper partout en France dans des assemblées de l’Union populaire ouvertes à toutes celles et tous ceux qui se retrouvent dans le programme ;
  • de poursuivre le travail programmatique des jeunes de la NUPES[5], à partir du programme partagé déjà signé entre les partis en 2022, pour porter un programme commun pour les élections européennes de juin 2024 ;
  • de bâtir ensemble une liste commune de candidat·es pour porter ce programme dans cette élection ;
  • d’œuvrer ensemble dans le cadre de cette Union populaire à la préparation de tous les scrutins suivants, à commencer par les élections municipales et consulaires de 2026 ;
  • de réunir une Convention de l’Union populaire le week-end des 16 et 17 mars prochain afin de lancer ensemble cette dynamique.

 

 

-  Aux élections européennes, faisons grandir l'Union Populaire !
Les élections européennes de juin 2024 auraient dû être l’occasion d’une liste commune de la NUPES. C’était là se donner les meilleures chances de battre les macronistes et l’extrême droite, de prolonger l’espoir de notre victoire au premier tour des législatives et de préparer la prise du pouvoir en 2027. Mais cette possibilité a été refusée par les appareils écologistes, communistes et socialistes, malgré le travail programmatique et la démarche formidable engagée par les jeunes de la NUPES. Cela ne doit pas nous arrêter. L’union peut se faire sans ceux qui la divisent. C’est notre devoir de l’entreprendre.

 

C’est pourquoi, en cohérence avec notre démarche de construction de l’Union populaire, nous porterons une liste ouverte, porteuse du programme commun de la NUPES[4]. Manon Aubry, co-présidente du groupe de la Gauche au Parlement européen, sera en charge de la coordination du travail préparatoire à ces élections, en lien avec Nathalie Oziol et Paul Vannier, pour l’espace Batailles électorales, et avec Clémence Guetté et Hadrien Clouet, pour l’espace Bataille des idées.

 


-  Défendre le programme commun de la Nupes
Pendant cette campagne, nous défendrons les propositions du programme commun de la NUPES[4], comprenant notamment un chapitre entier sur les questions européennes, autour duquel ont été élu·es 151 député·es à l’Assemblée nationale. Nous nous appuierons également sur le travail programmatique des jeunes de la NUPES[5], sur le travail des groupes thématiques de la France insoumise et sur les propositions des syndicalistes, activistes, militant·es associatifs, intellectuel·les ou artistes qui s’associeront à cette démarche.

 

Ce programme présentera les combats concrets que mèneront les eurodéputé·es de l’Union populaire, dans la continuité du travail effectué depuis 2019 par la délégation insoumise au Parlement européen : pour la conquête de nouveaux droits écologiques, féministes, sociaux et démocratiques, face à l’arc réactionnaire qui se constitue à Bruxelles et à Strasbourg alliant une partie des néolibéraux jusqu’à l’extrême droite.

Face à l’explosion des prix, à la maltraitance sociale qui frappe les peuples en Europe, à la multiplication des catastrophes climatiques, notre programme porte une rupture avec le cours actuel néolibéral, productiviste et anti-démocratique de l’Union européenne. Nous devons rompre avec les dogmes néolibéraux d’austérité, de libre-échange et de marché : cela devra nécessairement passer par des rapports de force et par la désobéissance pour revoir les traités européens en profondeur.

 

Fidèles à notre doctrine du non-alignement, nous serons également les défenseur·es de la paix, du respect du droit international et de la justice pénale internationale en toute circonstance contre les invasions, les crimes de guerre et le crime organisé au niveau mondial. C’est pourquoi nous porterons l’exigence de cessez-le-feu immédiat et permanent en Palestine et la demande de sanctions contre le gouvernement israélien responsable des massacres à Gazaet des exactions des colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

 

-  Une liste à l'image de l'Union Populaire
Notre liste sera bien évidemment à l’image de l’Union populaire, en regroupant des organisations politiques, des syndicalistes, des militant·es des associations, des intellectuel·es et des figures engagées dans les combats sociaux, écologistes, féministes, antiracistes ou altermondialistes. Elle sera à l’image du peuple dans toute sa diversité.

 

Elle s’appuiera sur le travail et l’expérience de la délégation des eurodéputé·es insoumis·es et sera ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent une rupture avec les politiques européennes actuelles pour répondre aux défis du chaos climatique, à l’explosion des inégalités et à l’instabilité géopolitique que notre continent doit d’urgence relever. Elle le fera en lien avec nos allié·es à travers toute l’Union européenne, rassemblé·es au sein de la coalition « Maintenant le Peuple » que nous voulons élargir à de nouveaux partenaires européens.

 

En pratique, et dès le mois de janvier 2024, un appel à candidatures sera adressé aux insoumis·es souhaitant s’engager comme candidat·e dans notre campagne européenne. Les candidatures reçues seront transmises aux boucles départementales du département de résidence de ces candidat·es, chargées de les examiner entre le 17 et le 25 janvier 2024 en vue de transmettre un avis au Comité électoral de la France insoumise.

 

Parallèlement, nous travaillerons à l’ouverture de notre liste à des candidatures d’Union populaire hors des rangs actuels de la France insoumise. Au cours du mois de février, le Comité électoral de la France insoumise élaborera et ordonnera notre liste de 83 candidat·es puis proposera cette liste à l’approbation des insoumis·es par un vote en ligne. Le programme et la liste seront présentés en mars 2024 lors de la Convention de l’Union populaire.

 

 

🔴 A votre disposition en téléchargement : La Stratégie : « L’union populaire jusqu’à la victoire » !

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7 décembre 2023 4 07 /12 /décembre /2023 15:32
Union populaire ou choc des civilisations ?

Ici, modestement, je veux donc essayer de simplifier le diagnostic et tenter de dire où nous en sommes et où il nous faut aller.

On arrête quand de sacrifier les intérêts populaires sur celui des petits partis ? Car ce n’est pas en partant des anciens partis et de leur coalition que l’on parviendra à construire une majorité populaire sur un projet alternatif pour notre société[0].

 

 

Je reprends du service derrière le clavier.

Je crois le moment politique décisif. Dangereux. Il exige de penser et de parler clair. Il revêt un caractère d’urgence qui nécessite d’aller à l’essentiel. Je vois ceux qui sont aux responsabilités nous mener droit dans le mur. Mais j’observe affligé la plupart de ceux qui prétendent aux responsabilités. Ils ne sont pas à la hauteur. Le niveau des débats politiques s’est considérablement affaibli.

Les uns poussent le pays à l’affrontement en son propre sein.

Les autres sont prêts à tout ou presque pour obtenir leur petite part de lumière, construire leur prétendu « récit » et mettre à tout prix en avant leur « singularité », melons gonflants. Mais quand on les écoute, qu’entend-on ? De l’eau tiède. On s’ennuie, pour rester poli. Une actualité chasse l’autre. La tonalité générale est celle de l’égout éditorial. Et dans ce foisonnement, tout est confus.

Modestement, je veux donc essayer de simplifier le diagnostic et tenter de dire où nous en sommes et où il nous faut aller. 

 

 

Sources : Adrien Quattenens | mis à jour le 01/01/2024

- On souffre

De quand date le dernier porte-à-porte de ceux qui parlent au nom des « gens » à la télé ? Les gens morflent sévère. C’est l’enfer. Ils vivent dans des taudis. Dans des appartements pourris. Le chauffage ne marche pas. Pourtant il leur est facturé. Cher. Il faut laisser les manteaux à l’intérieur. Parfois, il n’y a plus d’eau chaude. Il faut pourtant se laver. Il y a du moisi sur les plafonds et les murs. Les salles de bain sont irrespirables. Les enfants sont malades. Il y a des nuisibles dans les parties communes. Il n’y a pas assez de place pour tout le monde. Pas d’intimité. On partage les chambres. Souvent, des membres de la famille dorment aussi dans le salon. L’ascenseur est en panne. Le bailleur social ne répond pas. On ne vit pas. On survit à peine.

 

Pourtant, on fait de son mieux. Mais on a l’impression que tout le monde s’en fout. Que quand on est pauvre, on ne compte pas. Les emplois sont précaires. Les salaires sont trop bas. Les minima sociaux aussi. Les prix sont trop hauts. On saute des repas. On mange mal. La santé se dégrade. Se soigner coûte trop cher. Et il faut attendre longtemps. D’ailleurs, tout coûte trop cher. C’est la débrouille. Le système D. Il ne reste plus que l’entraide. La télé pour seul loisir. On se sent abandonnés. On est fatigués. La vie est dure. Quel en est le sens ? Ce n’est pas drôle. Il faut se battre. Pour tout. Tout le temps. Et quand on reprend un peu de souffle, les factures arrivent qui viennent vous scier les deux jambes. On a plein de volonté mais on ne vous donne pas votre chance. On exige de vous de l’expérience que personne ne vous offre. Dehors, juste en faisant le guet, des gamins touchent en une journée ce que leurs parents en un mois ne percevront jamais[1]. C’est la lutte pour que les enfants ne succombent pas aux sirènes du trafic.

 

Toute cette souffrance n’est pas vue à la télé. On n’y montre pas les causes. On exploite juste les conséquences. Au mépris des gens. Le tableau est trop sombre pour être vrai ? Allez-donc voir vous-mêmes ! Certes, ce n’est pas encore généralisé. Mais on en prend le chemin. On tombe dans la pauvreté aussi vite qu’on glisse sur un toboggan. Et une fois qu’on est en bas, bon courage pour remonter ! Le quart-monde gagne du terrain. Au milieu il y a, bien sûr, tous ceux qui n’en sont pas encore là. Pour eux, ce n’est pas simple mais ça va encore. Ça tient. Les salaires permettent de « s’en sortir ». « S’en sortir », ce n’est pas mener la grande vie, mais ça tient à flot. Cependant, la peur de la glissade est réelle. L’équilibre est fragile. Tout ou presque est précaire. On est en France. Sixième puissance économique du monde.

 

 

- Ils se gavent
À quelques pas de là, il y a une autre France. Ceux qui la composent méconnaissent les premiers. Et inversement.


Pour elle, tout va bien. Elle a le sou, largement. Le pouvoir actuel lui en a redonné plus qu’elle ne lui en réclamait. Rémunérations indécentes. Baisses massives des impôts. Explosion des dividendes. Elle, elle s’en fout que les services publics se cassent la gueule. Les services publics sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. Elle, du patrimoine, elle en a. Elle peut tout se payer. Même la santé ! Tout s’achète ! C’est la fête ! Cette petite île de prospérité flotte au milieu d’un océan de malheur. Elle s’en fout. Ils ne tiendraient pas trois jours dans les conditions de vie décrites au paragraphes précédent. Mais ça ne les concerne pas. Ils ne savent même pas que ça existe. Si le monde court à sa perte et que la planète brûle, s’il n’y en a plus pour longtemps, autant profiter un max tant qu’il est encore temps !

 

Osez les critiquer ! On dira de vous que « vous n’aimez pas les riches ». Là n’est pourtant pas la question. Nous refusons la misère. Or, elle ne tombe pas du ciel. C’est parce que certains sont trop riches que les autres sont trop pauvres. On dira qu’ils ont « pris des risques » ! Parce que les autres n’en prennent pas ? On dira qu’ils « créent la richesse », alors qu’ils se l’accaparent ! Parce que les autres n’en créent pas ? Ceux qui ont l’argent ont le pouvoir. Les politiques publiques sont faites par et pour eux. Tous les autres sont de la main d’oeuvre, des statistiques ou un encombrement.

 

🔴 Elle est là, la fracture française :

  • Entre ceux qui galèrent ou qui ont peur de galérer 1 jour, & ceux qui se gavent ;
  • Entre ceux qui subissent & ceux qui dirigent ;
  • Entre le peuple & l’oligarchie.

Elle est là, la fracture française. Elle est là. Elle n’est pas ailleurs, même s’ils veulent le faire croire.  

 

 

- Faîtes qu’ils se battent entre eux !
La principale préoccupation des Français et de loin, c’est évidemment le « pouvoir d’achat ». Ce sont « les revenus ». C’est en fait la possibilité de vivre, tout simplement. De se loger, se nourrir, se soigner, de s’éduquer et d’accéder à la culture et aux loisirs.

  • Imaginez que ceux qui en sont privés et ceux qui ont peur d’en être privés un jour soient unis, rassemblés !
  • Imaginez qu’ils acquièrent la pleine conscience qu’aux origines de leurs malheurs, il y a ceux qui se gavent et qui jouent avec des milliards !
  • Pire, imaginez qu’ils sortent ensemble dans la rue !
  • Mieux : qu’ils aillent tous au bureau de vote avec l’envie furieuse d’en découdre, de renverser la table, sans faire dans la petite dentelle mollassonne !

L’Union populaire face à l’oligarchie : le cauchemar des puissants. Il leur faut donc imposer un autre clivage. Et la machine tourne à plein régime pour atteindre cet objectif.


Nommons le clivage qu’ils veulent imposer sans tourner autour du pot. Celui dont ils espèrent qu’il structurera durablement la vie politique. C’est un clivage civilisationnel. Plutôt que le peuple face à l’oligarchie, ils veulent que le peuple se sépare en son propre sein.


🔴 Les premiers séparatistes, ce sont les racistes et leurs alliés. Allumez la télé ! C’est gros comme un nez au milieu de la figure.

  • Le problème n’est pas le financier. Le problème, c’est l’immigré !
  • Le clivage n’est pas entre le peuple et l’oligarchie. Le clivage, une fois les détails élagués, c’est tous contre les arabes !

Pour le dire autrement : quoi de mieux, pour empêcher le peuple de s’unir autour de ses revendications sociales communes, que de l’inviter à se diviser à propos de ses origines, de sa couleur de peau ou de son appartenance réelle ou supposée à telle ou telle autre religion

 

 

- Ils sont en avance
Soyons lucides : dans la course de vitesse pour imposer l’un de ces deux clivages (civilisationnel ou social), les partisans du clivage civilisationnel ont une longueur d’avance.  Large. Cette extrême-droitisation de la France, comme elle s’opère presque partout en Europe, est d’autant plus permise que les puissants ont fait leurs calculs : s’ils ne partagent pas nécessairement ses vues identitaires, ils ont bien scruté les programmes.


🔴 Ils savent que l’accession au pouvoir de l’extrême-droite ne contraindra pas leurs intérêts.

  • En effet, l’extrême-droite ne prévoit pas de partager les richesses.
  • Elle ne prévoit pas d’augmenter les salaires ni les minima sociaux.
  • Elle ne prévoit pas d’augmenter les impôts des plus riches.
  • Elle ne prévoit pas de réparer nos services publics.
  • Elle ne prévoit pas d’engager la planification écologique.
  • Elle ne prévoit pas de rompre avec le capitalisme financiarisé[2].

Les capitalistes n’ont rien à craindre de l’accession au pouvoir de l’extrême-droite. Face à l’impasse libérale incarnée par un macronisme finissant, ils préfèreront l’extrême-droite à la gauche de rupture, c’est évident.

 

Rappelons qu’en France, l’essentiel des médias sont tenus par neuf milliardaires[3]. Des milliardaires qui investissent dans les médias même quand ces investissements leur font perdre de l’argent. S’ils n’investissent pas pour le gain à court-terme, quels intérêts servent-ils donc ? Il suffit de constater la nature du discours économique dominant dans les médias. Et, dans un même mouvement, de constater l’extrême-droitisation des esprits. Un pilonnage incessant. C’est ainsi qu’un Bolloré qui a exploité un port en Afrique pendant des années, et dont l’action économique a contribué aux mouvements contraints de population, finance une chaine de télé qui popularise les thèses de l’extrême-droite ! Sa récente parodie, qui a connu un certain succès en ligne, est si peu éloignée de la réalité. Mais cette avancée de l’extrême-droite est aussi et surtout rendue possible par celles et ceux qui participent à sa banalisation tout en diabolisant les partisans de l’union populaire.

 

🔴 De même, les fossoyeurs de la NUPES et partisans d’un retour à la gauche d’avant, par lâcheté, par opportunisme ou les deux, sont devenus des boulets plutôt que des alliés dans la lutte jusqu’au bout qui est désormais engagée

 

 

- Très Proche-Orient
Le traitement politique et médiatique en France de la guerre au Proche-Orient est révélateur de la recomposition qui est à l’œuvre. Pire, nos adversaires s’en servent comme d’un alibi.


La dernière fois que je me suis installé derrière mon clavier pour vous écrire, c’était le 11 octobre. Depuis cette date, il y a eu environ 14 000 morts de plus à Gaza[4]. Pour l’essentiel des civils. Pour plus de la moitié, des femmes et des enfants. 15 000 morts. Dont 62 journalistes et 101 membres du personnel de l’ONU tués. Plus d’1,7 million de Palestiniens déplacés. Au moins 67 700 bâtiments détruits. Plus de 206 écoles détruites ou endommagées. Plus de 20 hôpitaux rendus hors service par les bombardements. Israël a largué 40 000 tonnes d’explosifs depuis le 7 octobre. Ces chiffres sont tellement énormes qu’on peine à imaginer ce que cela signifie.


A Gaza, les bombes pleuvent de manière incessante. L’électricité et l’eau sont coupées. C’est le blocus généralisé. Les femmes, les hommes, les enfants y sont traités en « animaux humains » comme le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, en formait le souhait[5]. En vérité, on ne supporterait pas davantage que des animaux soient traités de la sorte. C’est le même ministre israélien de la Défense auquel le ministre français des armées, Sébastien Lecornu, est allé rendre une petite visite amicale et s’y est félicité de partager avec lui « les valeurs humanistes ». En Cisjordanie, les colons israéliens poursuivent leurs raids jusqu’au cœur des villes palestiniennes.


Le droit international humanitaire n’existe plus. Ces 15 000 morts[4bis] et ce traitement inhumain réservé aux Gazaouis sont la réponse du gouvernement d’extrême-droite Israélien aux crimes de guerre commis par le Hamas le 7 octobre. Cet acte de terreur avait fait 1200 morts et 240 personnes enlevées. 

 

 

- Interdit de penser 
Face à l’effroi suscité par les actes barbares du 7 octobre contre des civils israéliens, la propagande s’est immédiatement mise en marche pour imposer sa grille de lecture et permettre, en réponse, un massacre encore bien plus important à Gaza. Elle tient en peu de mots : Hamas = terroristes = Daech = le mal = nécessaire guerre au terrorisme. Et gare à quiconque refuserait d’avaler cette grille d’analyse ! Car, comme l’a déjà déclaré le revenant Manuel Valls : « Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser. » Mais lui peut, avec d’autres, se dire tranquillement opposé au cessez-le-feu ! Dès lors, quiconque oserait replacer les actes effroyables du 7 octobre dans le contexte de guerre coloniale imposée aux Palestiniens depuis des décennies[6] serait immédiatement accusé de les « justifier ». Non, rien ne les justifie. Rien ne justifie l’assassinat de civils. Rien. Jamais.


🔴 Mais :

  • Sommes-nous pour autant interdits de dire la responsabilité du gouvernement israélien dans la situation ?
  • Sommes-nous obligés d’adhérer à la fumeuse doctrine de « guerre au terrorisme », le lot de massacres qu’elle permet et l’impasse politique dans laquelle elle mène inévitablement ?
  • Quiconque oserait mettre en cause le gouvernement d’extrême-droite de l’État d’Israël serait immédiatement accusé d’antisémitisme. Non, nous ne sommes pas des racistes. Nous ne sommes pas antisémites.
  • Quiconque serait mis en cause pour ses convictions religieuses nous trouverait à ses côtés.
  • Quiconque, quelle que soit sa religion.

On doit pouvoir critiquer l’action d’un État et de son gouvernement sans être accusé d’antisémitisme. Réfléchir, analyser, comprendre et discuter vous disqualifie d’office. 

 

 

- Le diable rouge
Première cible de ces accusations infamantes : Jean-Luc Mélenchon. Qu’importe qu’il ait été le premier responsable politique français à réagir et à condamner l’attaque du Hamas et à exprimer l’horreur et la compassion pour toutes les victimes civiles. Parce qu’il a été le premier à réclamer le cessez-le-feu et à réaffirmer que c’est une guerre de territoire qui se joue au Proche-Orient, Jean-Luc Mélenchon fait l’objet d’une diabolisation médiatique et politique incessante. Matin, midi, soir et même la nuit, de façon continue ! La machine infernale fonctionne à plein régime.

 

Qu’importe que Mélenchon affirme sa « compassion » pour toutes les victimes, les médias lui reprochent son « manque de compassion » ! Qu’importe que Mélenchon rappelle qu’il s’agit d’une guerre de territoire et prône la solution à deux États comme le prévoit le droit international, les médias lui reprochent ses prétendues « ambiguïtés » ! Mélenchon critique le gouvernement d’extrême-droite d’Israël, donc « Mélenchon est antisémite » ou « complice du Hamas » !

 

🔴 Mais pourquoi Jean-Luc Mélenchon tout spécialement ? C’est vrai après tout. Est-il le seul à dire ce qu’il dit ? Non, loin de là.

  • Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires Étrangères et Premier ministre de Jacques Chirac le dit.
  • Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis et en Israël et tellement d’autres experts et organisations le disent.
  • Amnesty International, l’AFP et tant d’autres refusent de résumer le Hamas au qualificatif de « terroriste » par souci de précision.

Minorent-ils les actes de terreur et les crimes de guerre du Hamas ? Assurément non. Ils parlent de « crimes de guerre ». Est-ce un caprice rhétorique de leur part ? Non. C’est une référence précise au droit et un refus de succomber à des injonctions purement politiciennes. Sont-ils tous antisémites ? Surement pas.

 

🔴 Dès lors, si Jean-Luc Mélenchon est loin d’être le seul à porter la même analyse et la même explication de cette guerre, pourquoi est-il, lui spécialement, visé par des accusations infamantes ?

  • La première raison de cela, c’est que contrairement aux autres, Jean-Luc Mélenchon a fait 22% à l’élection présidentielle et porte un programme de rupture.
  • L’autre raison, c’est la recomposition politique que tentent d’imposer en France la macronie, la droite et l’extrême-droite sur le dos de la guerre de territoire qui se joue au Proche-Orient.
  • Un « nouveau front républicain » (dont on voit mal ce qui lui reste de République) contre La France insoumise, comme le décrivait Jean-Pierre Raffarin. 

 

- Le grand remplacement d’un racisme par un autre 
La marche du 12 novembre appelée par Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher fut une honte. Elle aurait pu, et même elle aurait dû, être un grand moment de rassemblement républicain. Au lieu de quoi, elle fut une instrumentalisation dangereuse de la lutte contre l’antisémitisme pour appuyer « le soutien inconditionnel » à l’État d’Israël affaibli dans l’opinion publique de par le massacre qu’il perpétue envers les civils de Gaza en réponse aux actes barbares du Hamas le 7 octobre. À la banderole de tête, c’était la nuit des morts-vivants. On trouvait là tout le vieux monde politique que la vague dégagiste a déjà emporté. Mêmes ceux dont on avait oublié l’existence ! Certaines personnalités participant à la marche interrogées par les médias sur leurs motivations clarifiaient : ils étaient là pour « soutenir Israël ». Ils ne se sont pourtant pas trompés de marche ?

 

Même l’absence du Président de la République qui venait, pour la première fois après trente jours de massacre et 10 000 morts à Gaza, d’appeler au cessez-le feu, a été vivement critiquée. Le communiqué du CRIF contre le Président de la République était inacceptable. Sur une chaine de télévision française, pour avoir réclamé le cessez-le-feu, Emmanuel Macron a été à son tour accusé d’antisémitisme. Où étaient les macronistes pour défendre leur champion ? Nulle part. Comprendre : lutter contre l’antisémitisme et soutenir Israël, c’est la même chose. Critiquer l’action de l’État israélien, c’est être antisémite. La messe est dite[8] !

 

Pire, cette marche a servi de grande lessiveuse à l’extrême-droite antisémite héritière de Pétain[7] . Elle a maintenant droit de cité dans le prétendu « arc républicain » puisque sa cible principale a changé. L’ennemi de l’intérieur aujourd’hui, c’est d’abord le musulman. Dès les premières minutes de la marche, les discours islamophobes de Zemmour et Maréchal Le Pen se faisaient entendre. Nous étions donc appelés à marcher contre le racisme avec des racistes ! Sur place, les juifs de gauche qui protestaient contre la présence de l’extrême-droite se voyaient retirer leurs pancartes par la police. Juste à côté, on voyait des porteurs de pancartes où l’on pouvait lire : « face à l’antisémitisme, une seule solution : remigration ! ». Ceux-là n’ont bien sûr pas été inquiétés. La substitution d’un racisme par un autre, le soutien inconditionnel à l’État d’Israël, la finalisation de l’opération de banalisation de l’extrême-droite. Voilà les buts politiques de la marche appelée par la Présidente de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat.

 

Il aurait suffi qu’ils appellent à marcher « contre l’antisémitisme et tous les racismes » et le problème était réglé. Mais ils ne l’ont pas fait. Le soir même, des responsables politiques de droite, comme Edouard Philippe, continuaient d’affirmer que la présence de l’extrême-droite ne posait pas de problème.


Evidemment, nombre de participants étaient présents à juste titre pour le mot d’ordre « contre l’antisémitisme » et n’avaient aucune idée de l’opération politicienne dans laquelle ils étaient embarqués contre leur volonté. A ceux-là il ne s’agit pas de faire le procès. L’augmentation du nombre d’actes antisémites mérite notre vigilance et notre pleine mobilisation. L’augmentation des actes antimusulmans, tout autant. Tous les racismes disloquent la République et rendent impossible l’union populaire. 

 

 

- La " gochélézékologiste " plus solennelle ! 
Que des citoyens aient participé à cette marche sans avoir conscience des sous-entendus politiques qu’elle accomplissait, c’est évident. En revanche, que des responsables politiques de gauche y aient participé fièrement sans comprendre ce qui était en train de se jouer, est hautement improbable.

 

Pourquoi donc Fabien Roussel, Marine Tondelier et Olivier Faure ont estimé qu’il fallait être présents à cette marche, dans ces conditions, quitte à se faire traiter de « fachos » par quelques excités comme ce fut le cas devant les caméras dès leurs premiers pas ?

 

🔴 D’abord, la trouille. C’est elle qui dicte l’essentiel de leurs choix politiques.

  • Qu’importe qu’une énorme manipulation politique soit en cours, si elle s’appelle « marche contre l’antisémitisme », Roussel, Faure et Tondelier pensent qu’il est impossible d’assumer de ne pas y être sous peine d’être taxés à tort d’antisémitisme !
  • À Lille, c’est cette gauche qui a organisé le même jour un rassemblement contre l’antisémitisme. Et comme c’était prévisible, il a été récupéré  et détourné par la macronie, la droite et plusieurs nuances des soutiens inconditionnels d’Israël, et la gauche s’est faite grassement huer au rassemblement qu’elle avait elle-même appelé !
  • Les gros nuls ! Ce sont les mêmes qui participaient à la marche des policiers devant l’Assemblée nationale parce que, vous comprenez, même si des factieux y criaient que « le problème de la police, c’est la justice »[9], il fallait bien soutenir inconditionnellement les policiers !

Si on compte bien, ils ont peut-être participé à plus de manifestations avec Eric Zemmour qu’avec Jean-Luc Mélenchon !

 

Ils sont de cette gauche qui considère à tort qu’en donnant des gages de respectabilité au système, le système les caressera dans le sens du poil le jour où ils prétendront aux responsabilités. C’est une erreur d’évaluation absolue. Le système ne vous caresse dans le sens du poil que tant que vous ne représentez aucun danger pour lui. Mieux encore, si vous critiquez celui qui incarne la rupture ET la capacité d’accéder au pouvoir, alors vous avez automatiquement les faveurs du système.

Le meilleur exemple de cela s’appelle Fabien Roussel.

Un Fabien Roussel, communiste, à 22% n’aurait jamais les faveurs du système ! Mais Fabien Roussel ne fera jamais 22%. Le système le sait. Fabien Roussel aussi. De plus, Fabien Roussel est parfait dans le rôle de l’anti-Mélenchon. Du coup, le système aime vraiment beaucoup Fabien Roussel. On le présente même comme « l’homme de gauche préféré de la droite ». Et l’intéressé sourit. Il est content. Il pense qu’il élargit sa base. Il pense que ces gens qui l’aiment pour ces raisons voteront peut-être un jour pour lui. Ce que, naturellement, ils ne feront jamais parce que, même compatible avec le système, Fabien Roussel est communiste ! Je prends Fabien Roussel parce qu’il est l’exemple le plus évident[10]. Ça n’a rien, ou si peu, de personnel. Je pourrais prendre d’autres exemples chez ses amis de la gauche d’avant anti-Mélenchon. On a même les nôtres à La France insoumise ! C’est dire !

 

🔴 Je lance une annonce : vous êtes de gauche, vous avez toujours rêvé de passer à la télévision ? Dîtes du mal de Jean-Luc Mélenchon ! 

 

 

- Rompre la NUPES doit se payer cher

Si Jean-Luc Mélenchon et quelques-uns de ses compagnons de route n’avaient pas rompu avec le Parti socialiste après le référendum de 2005 pour reconstruire patiemment une gauche radicale digne de ce nom, point d’appui populaire solide, la gauche aujourd’hui en France serait à l’état résiduel des scores rikiki de nos concurrents de 2022. 

  • En 2017, ils ont pris les 19% de Mélenchon comme un accident de parcours.
  • En 2022, ils ont continué à le taper sans relâche et, même avec les communistes en moins, la mobilisation populaire nous a porté à 400 000 voix seulement du second tour.

Sans rancune, nous avons vu et saisi l’occasion qui se présentait de nous hisser à la hauteur de l’Histoire.

 

Aux législatives, la gauche pouvait se rassembler autour d’un programme de rupture et ainsi prétendre bâtir une majorité alternative. La NUPES[11] est née de cette volonté. La vérité, c’est qu’elle n’était pas vraiment partagée. Seule La France insoumise inscrivait le moment dans la grande Histoire. Les autres voulaient, en gros, l’un sauver ses sièges, l’autre avoir un groupe.

 

🔴 Avec le recul, je pense qu’ils auraient été prêts à signer « l’Avenir en Commun » tout entier pour avoir leurs « circos ».

  • Ils ont tout de même signé un programme de 650 mesures[11bis] !
  • La NUPES, c’est la gauche rassemblée avec La France insoumise dans la locomotive.

C’est donc une ligne politique. Pas juste un assemblage. C’est avec ça que nous avons gagné tous ensemble le premier tour des élections législatives. Il a manqué moins de 30 000[12] voix à l’échelle du pays pour que la NUPES remporte une majorité absolue (NDLR : Ces 10 circonscriptions où la Nupes a perdu par moins de 150 voix d’écart[12bis]). On ne l’aurait jamais fait si la NUPES avait été emmenée par Jadot, Hidalgo ou Roussel. Sommes-nous d’accord ?


Alors ce ne peut pas être « on change de conducteur à chaque virage » maintenant. Les gens ne veulent pas que la ligne de l’ancienne gauche dirige la coalition. Est-ce clair ? Sinon, ils auraient voté pour eux à la présidentielle ! Après deux présidentielles, on pouvait avoir l’illusion de croire que c’était compris. Leur en faudra-t-il une troisième comme ça avec le risque que Le Pen l’emporte au carrefour ? Hé ho ! On arrête quand les conneries ? On arrête quand de sacrifier les intérêts populaires sur celui des petits partis ?


🔴 La NUPES a été un immense espoir. Immense. Des gens attendaient que leur vie change tout de suite si ce programme s’appliquait. Les 151 députés élus l’ont été sur un programme et, la plupart du temps, avec la tête de Jean-Luc Mélenchon et le logo de La France insoumise sur leurs professions de foi. Quand il s’agissait de se faire élire avec sa tête sur les tracts, « Jean-Luc » était le meilleur. Mais maintenant que les élections intermédiaires approchent, « Jean-Luc » serait le problème ! On a même entendu qu’il fallait « lui couper Twitter » ! Le truc, c’est qu’un tweet de « Jean-Luc » fait une audience de masse quand leurs petits tours sur les plateaux télé intéressent une dizaine de personnes. Jean-Luc les surpasse toujours tous dans les sondages et de très loin.


Et bon sang, ce n’est pas une guerre d’égos ni même une question de personnes ! Ce n’est pas juste qu’il est le meilleur. Je pense personnellement qu’il a mis la barre bien trop haute pour que quiconque parmi les actuels prétendants « fasse mieux », c’est clair ! Mais ça, ça se travaille. Non, ce n’est pas la personne de Jean-Luc Mélenchon mais la ligne politique qu’il incarne qui emporte le plus l’adhésion populaire.


🔴 On aurait pu choisir de faire sans eux en 2022 compte tenu du rapport de force de la présidentielle. Je ne regrette pas notre décision de faire la NUPES. Il fallait le faire. Parce que la NUPES est incontestablement le chemin le plus court pour l’emporter. C’est la raison pour laquelle ceux qui sont en train de la faire exploser sur des prétextes à la noix pour mieux servir leurs petits intérêts boutiquiers devront le payer cher. Ruiner un tel espoir, ruiner les efforts des jeunes de la NUPES, ruiner tout ce travail acharné, rompre les engagements pris devant les électeurs, être aussi irresponsables en dispersant nos forces alors que l’extrême-droite menace et que les sondages montrent qu’ensemble aux européennes de juin prochain nous pourrions la battre… OUI, ruiner tout cela doit se payer cher.


Qu’il ne soit plus permis à aucun de ceux-là de se plaindre de la montée de l’extrême-droite. On ne peut pas se plaindre de la montée de l’extrême-droite tout en détruisant la coalition la plus capable de la battre ! C’est trop grave. Si l’extrême droite gagne, ce n’est pas eux qui en subiront le plus les conséquences ! A l’inverse, celles et ceux qui, d’où qu’ils viennent, veulent continuer à bâtir l’union populaire et rester fidèles au programme et à l’élan de la NUPES doivent être encouragés et accueillis à bras grands ouverts. 

 

 

- Eteindre l’incendie avec un filet d’eau tiède ?
Il n’y a pas d’avenir à gauche sans rupture avec le capitalisme. C’est la leçon des deux dernières élections présidentielles. Même si Hollande, Cazeneuve et Delga ne le comprennent pas, l’heure de la social-démocratie est révolue. On n’éteint pas un incendie avec un petit filet d’eau tiède. Or, ça crame de partout ! Partout en Europe, l’extrême-droite progresse sur les cendres chaudes d’un néolibéralisme qu’elle épouse discrètement[13]. En France, ils l’ont tous utilisée en l’aidant jusqu’à sa qualification au second tour, persuadés qu’à la fin, les Français voteraient toujours contre l’extrême-droite. Mais entre deux élections remportées face à l’extrême-droite, ils ont continué à mener des politiques qui sèment le désastre social sur lequel la même extrême-droite prospère tout en imposant son folklore identitaire. Le discours qui consiste à dire que le problème c’est l’immigré est plus facile à déployer et avaler que le discours qui explique que le problème c’est le financier.

 

🔴 Pour la première fois, je crois très probable que dans un face-à-face avec l’extrême-droite, le prochain cheval de la droite macroniste, qu’il s’appelle Philippe, Darmanin, Le Maire, Attal ou Véran, se fasse plier bien méchamment. Et je récuse absolument l’idée selon laquelle une gauche « recentrée », plus molle, social-démocrate ait le moindre avenir. Les gens sont à bout, ils souffrent, ils sont en colère, ils ont peur et ils ont de quoi et l’extrême-droite est aux portes du pouvoir : ce n’est pas l’heure des François Hollande !

 

🔴 Je suis en désaccord total avec ceux de mes camarades qui pensent que La France Insoumise étant la force motrice à gauche, elle doit polir son discours pour gagner en respectabilité, s’occuper un peu moins des quartiers populaires et aller chercher la gauche plus modérée, ce qui signerait une plus grande capacité à gouverner.

  • Ce discours petit bourgeois est consternant !
  • La gauche ne gagnera plus jamais sans mobilisation massive des milieux populaires les plus abstentionnistes.
  • A part les 2% de Roussel, je ne vois pas sur quel électorat existant mordre pour atteindre l’objectif. Qu’ils nous disent lequel ?

Bien sûr, on ne doit jamais renoncer à faire changer d’avis. Seul un effet puissant de vote utile, qui suppose d’avoir suffisamment de force de départ, fera passer les hésitants et l’eau tiède du côté du camp de la rupture. C’est ainsi que le plafond des 19% de 2017 est monté de trois points en 2022. Entre temps, on ne peut pas dire que Jean-Luc Mélenchon avait été particulièrement ménagé !

 

🔴 Mon expérience de terrain me conforte dans l’idée que le salut de la gauche passe par un sursaut de participation et que ce sursaut ne peut s’atteindre que par un travail de terrain acharné qui nécessite bien plus d’huile de coude que la rédaction de belles dissertations de salon à propos du « bon ton » à adopter !

 

Moi aussi, j’ai mes sujets préférés. Je préfère parler d’économie et d’industrie. Mais quand l’extrême-droite violente  instrumentalise des faits divers, descend faire des ratonnades dans la rue[14] et que le discours qui s’impose est celui d’un ennemi de l’intérieur, je ne vais pas me planquer en attendant que l’on puisse reparler d’économie et d’industrie sous prétexte que ce serait électoralement plus vendeur que la lutte antiraciste ! Tout ça, c’est du petit marketing politique imbécile. Nous ne vendons pas des savonnettes ! Nous devons assumer une responsabilité historique à l’heure où la fracture du pays peut mener au pire. 

 

 

- Alors, on fait quoi ?
D’abord, vérifions que nous sommes tous d’accord pour dire que, compte tenu de l’urgence de la situation, on n’a plus le temps mais juste des délais. Est-ce entendu ? Si oui, je propose qu’on arrête d’être la gauche qui se coupe sans cesse les cheveux en quatre, qui tergiverse et qui blablate, qui pense tous les six mois qu’elle doit tout recommencer à zéro, tout réinventer et tout réécrire alors qu’elle a le meilleur programme, que rien ne va plus alors qu’elle fait déjà tout ça dix fois mieux que tous les autres, qui pense et dit qu’elle fait tout mal.

 

🔴 À la place, on se retrousse les manches et on occupe le terrain tous azimuts du matin jusqu’au soir... On parle un peu moins et on agit encore plus.

👉 Au porte à porte dans les quartiers populaires les plus abstentionnistes[15], plus de la moitié des gens à qui on pose la question veulent être recontactés par La France insoumise ! Encore faut-il leur poser la question !

  • On les écoute, on s’intéresse à eux, à leur vie, à l’état de leur logement ;
  • On leur fait connaitre nos propositions ;
  • On se rend utile comme on peut pour aider ;
  • On fait s’inscrire sur les listes électorales ;
  • On mène des actions collectives ;
  • On gagne la confiance ;
  • On redonne confiance ;
  • Quand ils sont intéressés, on les accueille dans nos groupes d’action ;
  • On s’insère dans la vie de nos quartiers, de nos villes, de nos villages ;
  • On crée du lien direct avec les gens ;
  • On mène des actions de solidarité concrètes ;

Tout ça prend énormément de temps. Dépensons-le !

 

🔴 Faisons en sorte d’être toujours plus nombreux.

  • On se dresse en rempart intraitables contre les logiques de guerre civile ;
  • On fait République de tout bois envers et contre tout ;
  • On tient bon sur les principes, même quand c’est difficile et que tous les autres s’aplatissent comme des crêpes ;
  • On construit l’union populaire avec toutes les bonnes volontés ;
  • On affronte les partisans de la division du peuple et on contourne ceux qui se mettent en travers de son chemin.

Et surtout, surtout… on n’oublie jamais pour qui et pour quoi on fait tout ça. D’abord pour ceux qui souffrent et pour que la vie soit plus belle.


L’insoumission est un état d’esprit. Cultivons-le sans relâche !

  • Ça poussera.
  • Et ça fleurira. 

 

Notes :

[0] Jean-Luc Mélenchon : ce n’est pas en partant des anciens partis et de leur coalition que l’on parviendra à construire une majorité populaire sur un projet alternatif pour notre société.

[1Dans nos quartiers : violence, délinquance, drogue... il faut s'attaquer aux causes avant de réprimer !

[2] Le RN : discours de gauche.... et politique de droite par les actes... c'est ça l'extrême droite !

[3] Bolloré, Arnault, Drahi, Niel… Vers la fin des 9 oligarques détenant 90% des médias ?

[4] Guerre Israël-Hamas : ONU Plus de 14 000 morts, dont au moins les deux tiers étaient des enfants et des femmes

[4bisPrès de 15 000 morts à Gaza, trêve imminente... l'essentiel de ce jeudi

[5Le ministre israélien de la Défense, Yoav Galant, a déclaré que les Palestiniens sont " des animaux humains " et constitue un appel à commettre des crimes de guerre"

[6Chronologie : Palestine de 1917 à 2017

[7] 12 Novembre 2023 : « Le jour où l’extrême droite a été réhabilitée par la droite »

[8] Alerte : non, antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes !

[9Désarroi au PS, au PCF et chez EELV après la manifestation des policiers

[10] Quatennens analyse Roussel

[11] La Nupes

[11bis] le programme de la Nupes

[12Législatives : « Le Monde » : la Nupes rate la victoire entre 0,13 et 0,25 % du total des voix

[12bis] Ces 10 circonscriptions où la Nupes a perdu par moins de 150 voix d’écart

[13Le RN : discours de gauche.... et politique de droite par les actes... c'est ça l'extrême droite !

[14Le terrorisme d'extrême droite s'incruste en France au service de l'extrême droite politique (RN - ZEMMOUR)

[15] Cagé, Piketty : à la conquête du 4ème bloc ?

 

Pour en savoir plus :

Quatennens analyse Roussel

Alliance selon les uns, reddition selon les autres... la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale, la fameuse Nupes, rebat les cartes de la gauche française.

- L’appel de ces députés NUPES pour l’union populaire : « Il faut continuer le combat pour le programme de rupture signé par chacun en 2022 »

- « Regroupons-nous autour du programme » : après le vote de la loi Immigration, Bompard propose une réunion d’urgence de la NUPES

- Manuel Bompard : Cagé, Piketty : à la conquête du 4ème bloc ?

 

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17 novembre 2023 5 17 /11 /novembre /2023 20:32

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3 novembre 2023 5 03 /11 /novembre /2023 16:06
Nordine Raymond : " Fier d'être insoumis " !

Nordine Raymond candidat #Nupes (affilié à LFI) pour les législatives 2022 #Circo1702[1] s'adresse à nous :
" Très chers toutes et tous,
Une nouvelle fois je prends la plume pour vous exprimer mon analyse politique du moment que nous traversons.
Ça peut paraître long mais l'écriture permet justement de ne pas tomber dans les facilités des réponses hâtives que les médias nous réclament.
Une nouvelle fois merci à toutes et tous pour la force transmise. "

 

 

Source : Nordine Raymond |

- Voilà des semaines que les insoumis se font insulter. Pourquoi ?

Pour avoir refusé de parler de " terrorisme " au sujet des crimes de guerre commis par le Hamas. Avions-nous raison ? Cent fois oui ! Tout nous le démontre actuellement. Qualifier de " terrorisme " les attaques du Hamas, c’est cautionner la riposte sanglante d’Israël. Le terrorisme on ne le combat pas, on l’éradique. La lutte contre le terrorisme ne supporte aucune règle de droit international. Nous en avons fait l'amère expérience lors des interventions américaines en Afghanistan et en Irak créant les désastres que l'on connaît, notamment l'implantation de Daesh et le retour en force des Talibans. A l'époque, la France n'était pas alignée !

 

 

- Oui, l’attaque du Hamas était d’une atrocité sans nom.

  • Oui, la réponse d’Israël, avec la France qui se tait, est une abomination.
  • Oui, le Hamas est une organisation islamiste avec qui nous n’avons rien de commun.
  • Oui, le gouvernement d’Israël est d’extrême droite et de ce fait notre ennemi politique.
  • Oui, la politique coloniale d’Israël crée le terreau de la violence.
  • Oui, Netanyahu, pour d'obscures raisons, a préféré favoriser le Hamas que l'autorité palestinienne.
  • Oui, la politique d’Israël ne justifie pas les meurtres qu’elle a subi sur son territoire.

 

 

- Oui, il faut la paix, la libération des otages, le cessez-le-feu immédiat, un corridor humanitaire. Oui, il faut deux états qui coexistent, le respect des résolutions de l’ONU, les frontières de 67…
Si quelqu’un voit dans ce que je viens d’écrire quelque chose qui justifierait un procès médiatique, la mise au ban du camp républicain, les insultes et les menaces de mort : qu’il me le dise

 

La réalité, c’est que rien dans ce qui a été écrit par l’un des membres de La France Insoumise ne mérite la moitié de ce que l’on subit actuellement.

Surtout pas le premier tweet de Jean-Luc Mélenchon qui exprime notre compassion avec le peuple Israélien.

 

Toute la violence déchaînée contre Israël et à Gaza ne prouve qu'une chose : la violence ne produit et ne reproduit qu'elle-même. Horrifiés, nos pensées et notre compassion vont à toutes les populations désemparées victimes de tout cela. Le cessez-le-feu doit s'imposer. La France doit y travailler de toutes ses forces politiques et diplomatiques.  Les peuples palestinien et israélien doivent pouvoir vivre côte à côte, en paix et en sécurité. La solution existe, celle des deux Etats, conformément aux résolutions de l’ONU.

 

 

J’ai commencé par parler du conflit au Proche-Orient car les choses doivent être claires, rien n’est comparable entre ce que nous subissons ici et ce qu’ont subi les israéliens le 7 octobre et les palestiniens depuis des semaines.

 

 

- Avant de dire en quoi je suis fier d’être insoumis, quelques mots sur la doxa médiatique et ses éléments de langages actuels.
L’ensemble des médias + le RN / LR / Renaissance nous disent “ Israël a le droit de se venger ”. Ah bon c’est ça le Droit, la vengeance ? C’est exactement tout le contraire. Imaginons, même si ça fait mal, demain quelqu’un vient à tuer ma nièce, l’un des êtres que j’aime le plus sur Terre, sans plus de détails, juste la tuer. Aurais-je envie de me venger ? Sans doute. En aurais-je le droit ? Heureusement : non. Le Droit, c’est justement ne pas réagir par l’émotion guidée par les passions humaines. La justice, ce n'est pas la vengeance. Punir les agresseurs, c’est trouver la peine la plus adaptée pour qu’ils ne nuisent plus à la société. 

 

Si certains pensent que s'orienter vers un génocide, comme viennent de le déclarer des experts indépendants de l’ONU[2], est une réponse adéquate aux attaques du Hamas, alors je ne crois pas que je peux faire société avec ceux-là.

 


- Finissons-en sur le conflit : 
L’extrême droite prépare le terrain depuis des décennies à ce qu’elle rêverait de voir sur notre territoire : une guerre civile, reprenant ainsi l'absurde théorie du " choc des civilisations[3] ". Ils ne vivent que pour ça ! L’espoir de voir des français blancs et d’autres un peu trop marrons se foutre sur la gueule dans la rue. D’ailleurs ils surfent sur chaque fait divers qui pourrait aller dans leur sens (qu’importe bien souvent si ce sont des fakes-news). Ils sont bien trop heureux de ce qui se passe actuellement !

 

L’islamisme n’a rien à voir avec les musulmans.

Son développement a, en revanche, à voir avec la politique internationale des pays occidentaux. Comme l’extrême droite se base ici sur la haine de l’autre, l’islamisme se construit sur la haine de l’occident et de sa culture. Partout où l’islamisme s’est développé rapidement, les occidentaux y sont présents pour des intérêts économiques, soutiennent des dictatures, y ont fait la guerre…


J’ai presque envie de dire que l’islamisme est un fascisme comme les autres. Il se base sur la haine de l’autre, utilise le mensonge et la calomnie. Il est violent, réactionnaire, anti-femme, anti-gay, contre les libertés publiques… Bref, les islamistes et l’extrême droite sont des alliés objectifs : ce sont les deux faces de la même pièce

 

 

- Revenons-en au sujet : fier d’être insoumis ! 
Voilà des semaines qu’ils tapent tous ensemble donc : les médias et la classe politique de Renaissance au RN. Quand des universitaires, des intellectuels, des experts de la région disent ce que nous disons, les plateaux généralement les laissent parler, quand c’est un insoumis qui le dit alors : nous sommes antisémites.

 

Cette insulte m’est insupportable. Jamais je ne m'y habituerai.

Le combat contre l'antisémitisme est trop sérieux pour se laisser insulter par des gens qui s’en fichent pas mal le reste de l’année. L’antisémitisme est une idée abjecte, beaucoup trop présente dans nos sociétés malgré le passé récent. De plus, dévoyer ce mot abîme gravement la lutte impérieuse que nous devons mener.
Malgré cette insulte qui tétanise et qui fait mal aux tripes, le mouvement insoumis n’a rien cédé de ce que nous croyons juste : l’appel à une paix durable au Proche-Orient[4].

 

Il y a eu des jours compliqués, où on se faisait insulter sur les réseaux sociaux et où on recevait des menaces de mort. Certains camarades plus que d’autres, et il n’est jamais agréable de voir les gens que l’on estime être mis en danger pour ce qu’ils pensent. Pourtant, le mouvement n’a jamais faibli.

 

La rage nous a parfois traversé en voyant des images de l’Assemblée Nationale où la quasi-totalité des députés était levée et applaudissait à l’unisson “ le soutien inconditionnel à Israël ”. Particulièrement, de voir des députés d’un parti fondé par des SS[5] (mais qui portent de belles cravates !) qu’on respectabilise alors qu’on devrait à jamais les bannir du champ républicain. Pourtant, nous n’avons rien cédé.

 

 

- Dire qu’il a été facile pour nous de traverser ces dernières semaines serait un mensonge.

Déjà, devoir supporter les images des massacres commis par le Hamas puis l’armée Israélienne était anxiogène. En plus de cela, devoir supporter la calomnie et la vindicte était difficile. Pourtant, nous avons tenu bon.

 

On aurait pu espérer que certains " alliés " seraient montés au créneau pour nous défendre et ne pas laisser des militants de la paix être traités de la sorte. Au contraire, certains en ont profité pour tenter de détruire l’alliance qui avait créé un souffle d’espoir dans le peuple de gauche. Ils ont fait ce qu’ils savent le mieux faire : des coups bas qui créent du désespoir et s'aplatir devant la meute. Pourtant, nous avons supporté la traîtrise.

 

Je crois que de mémoire de militant je n’avais jamais vu le corps médiatico-politique aussi coupé de la réalité de la société.

Très vite, Darmanin a décidé d’interdire les manifestations pour la paix au Proche-Orient alors que du monde entier nous parvenaient les vidéos de foules immenses manifestant contre les massacres en Palestine. Les camarades avec qui nous sommes en contact à l’étranger nous le disaient : “ il n’y a que chez vous que ça se passe comme ça ”. La réalité politique du pays, c’est que les gens sont sur notre position au contraire de la classe politico-médiatique. Pourtant, nous avons appelé à rejoindre les manifestations pour le cessez-le-feu sans trembler de la main.

 

 

- Alors camarade insoumis, sympathisant, toi qui lis mes mots et sais la sincérité de mon engagement et de celui de mes camarades : retiens cette leçon. Il ne faut jamais plier de peur. Il ne faut jamais se décourager dans notre tâche ; celle de défendre une société de paix
Plus ils nous salissent, plus ils nous renforcent. Car le mouvement insoumis c’est aussi l’incroyable solidarité qui existe entre ses membres.

 

🔴 Pour finir ce billet, ces quelques vers de l’un de mes poèmes préférés d’Aragon : “ Un jour viendra, couleur orange ”.

“Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais je voyais l’avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porté sur nos rivages
Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l’a touché
Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche
Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l’enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles
Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d’idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou
Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche “


Force et honneur, la lutte continue !

 

 

- Je vous invite à écouter cette chanson de Barbara avec texte si juste

Le 9 mars 1974 BARBARA chante " Perlimpinpin " en s'accompagnant au piano Émissions TV, Archive tv, Archive télévision, tv replay live, live music, french tv Images d'archive INA (Institut National de l'Audiovisuel)

 

 

- Mais qui est Nordine Raymond ? " L'ami des gens " vu par un film documentaire de Nicolas Dattilesi

La caméra de Nicolas Dattilesi a suivi pendant 5 semaines la campagne électorale aux élections législatives de juin 2022 de Nordine Raymond (candidat pour La Nupes issu de La France Insoumise) sur la 2ème circonscription de Charente Maritime. (NDLR avec 27,50% et 14 928 électeurs, il lui a manqué 318 voix pour être au second tour[1]).

 

Le film qui en résulte est bien plus qu’un film de campagne.

  • Comme l’évoque une militante à Nordine, « une campagne ça se gagne avec la tête, le cœur et le ventre ! » Pour Nordine, il semble bien que ce soit essentiellement au niveau du cœur que tout se joue.
  • Un film sans complaisance qui dresse la portrait en mouvement du candidat, et qui propose un regard sur le militantisme. 
  • Un film humain avant tout !

 

Le film documentaire “ Nordine, l'ami des gens ” de Nicolas Dattilesi donne à voir tous les espoirs portés par des militants de la 2ème circonscription de la Charente Maritime, en matière de justice sociale et de protection de l'environnement. Un regard tendre et amusé pour ré-enchanter le débat politique et rendre compte de l'engagement d'une bande d'irréductibles assoiffés de progrès humains et environnementaux. 76 minutes que l'on ne voit pas passer tant les sujets pourtant graves qui y sont parfois questionnés, sont abordés ici avec la sincérité joyeuse de ceux qui veulent bâtir un autre monde des possibles.

 

On en est là... mais on ne lâche rien !

On en est là... mais on ne lâche rien !

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17 octobre 2023 2 17 /10 /octobre /2023 19:34
Elles sont ou les oppositions à Macron ? Seul le groupe LFI a accepté d’examiner la proposition de destitution du Président Macron en Commission des Lois de l’Assemblée nationale le 11/10/2023

Les groupes de l’Assemblée nationale refusent d’examiner la destitution de Macron sauf La France Insoumise...

Les masques sont tombés et notamment celui du RN[3] !

 

 

Il va sans doute me falloir créer une chronique de « La loi du silence de la Mafia médiatique » car une fois de plus, sur un sujet sensible les « journalistes » ne font pas leur travail d’information. L’information qui suit est quasi inexistante sur Internet.

Sur 577 députés, seuls les 75 députés de la France Insoumise ont dit oui à l'examen de la demande de destitution de Macron, 
Une pétition déposée sur le bureau de l'Assemblée nationale, réclamant la destitution de Macron, en vertu de l'Article 68 de la Constitution, a obtenu plus de 66 000 signatures. 
Ayant dépassé les 50 000 signatures, celle-ci devait obligatoirement être examinée par la commission des lois. Ce qui a été fait ce mercredi 11 octobre. 

 

 

Source : Profession gendarme | mis à jour le 28/10/2023

- L’examen de la demande de destitution de Macron.
Une pétition déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale
le 13 avril 2023, réclamant la destitution de Macron, en vertu de l’Article 68 de la Constitution, a obtenu 66 573 signatures[1].

 

Ayant dépassé les 50 000 signatures, celle-ci devait obligatoirement être examinée par la commission des lois. 

 

 

- Texte de la pétition

Objet : Destitution du Président de la République française. Pétition mise en ligne le 13/04/2023.

" Cher Président Macron,

Nous, soussignés, vous écrivons pour exprimer notre profonde préoccupation quant à la manière dont vous avez dirigé notre pays depuis votre accession à la présidence. Nous croyons que vous avez failli à votre devoir de protéger les droits et les intérêts des citoyens français, et que votre Gouvernement a pris des mesures qui ont nui à notre économie, à notre sécurité, à notre environnement et à notre cohésion sociale.


Nous avons organisé une pétition qui a recueilli un nombre significatif de signatures, témoignant de l’ampleur de notre mécontentement et de notre détermination à demander des comptes à nos dirigeants. Nous croyons que notre pétition est un reflet de l’opinion publique, et qu’elle appelle à une action immédiate pour remédier aux erreurs et aux injustices commises par votre Gouvernement.


En conséquence, nous demandons votre démission immédiate en tant que président de la République française. Nous croyons que votre leadership a été marqué par l’incompétence, la corruption et l’arrogance, et que vous avez trahi la confiance et les espoirs de millions de Français.


Nous exhortons le Parlement français à agir rapidement pour enquêter sur les actions de votre Gouvernement, à tenir les responsables pour comptables de leurs actes, et à restaurer la confiance et la transparence dans notre système politique. Nous espérons que cette pétition sera prise en compte et que des mesures concrètes seront prises pour répondre à nos préoccupations.


Nous vous remercions de votre attention et espérons que vous prendrez des mesures pour répondre à notre appel.


Cordialement, "

 

Examinée lors de la réunion de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, cette pétition a été classée par la commission : 11/10/2023[2].

 

 

- Pour Antoine Léaument, député LFI, les masques sont tombés

Le député Antoine Léaument, LFI, qui a suivi cette pétition, membre de la commission des lois, nous explique que, seule la France Insoumise a voté pour un examen, par l'Assemblée nationale, de la demande de destitution de Macron
 

🔴 Tous les autres groupes parlementaires, sans exception, dont le PS, le PC, les Ecolos, les LR, et le RN ont voté contre. 

  • Article 68, RIC : Les masques sont tombés, comme le dit le député France insoumise Antoine Léaument.

 

 

- Analyse

Il est bien connu qu’une bonne partie des parlementaires LR sont toujours présents pour éviter l’aboutissement d’une motion de censure et évidemment une procédure de destitution du président de la république.

  • Mais cela veut-il dire qu’il faut s’abstenir pour autant d’une demande de destitution surtout lorsque celle-ci émane d’une pétition signée par plusieurs dizaines de milliers de citoyens ?
  • Si un parlementaire considère que la notion de souveraineté populaire à un sens, il doit se faire le relais d’une telle pétition même s’il sait que techniquement celle-ci a peu de chances d’aboutir d’autant que l’avenir n’est jamais prévisible à 100 %.


🔴 Il est donc normal qu’un groupe parlementaire qui se dit d’opposition et très critique du pouvoir en place propose l’examen de cette demande de destitution à l’assemblée nationale.


👉 Or le seul groupe politique d’opposition qui s’est en fait le relais de cette demande de destitution est celui de La France Insoumise.

  • Le groupe RN à voté contre cette demande de destitution alors qu’il ne cesse de se présenter comme le seul vrai parti d’opposition face a Macron ;
  • Quant au groupe PCF qui se prétend être à l’avant-garde de la défense des intérêts des salariés contre l’oligarchie en place, il n’a pas voté non plus pour la demande de destitution.


Les masques viennent ainsi de tomber et l’on sait dorénavant qui est du côté des forces du Capital et contre la souveraineté populaire. La France Insoumise est donc LA seule organisation politique véritablement d’opposition et LA seule organisation unitaire à gauche.


Si ces informations factuelles étaient connues largement, LFI deviendraient de très loin la seule force politique majoritaire à gauche, chacune des autres forces étant réduites à moins de 2 %.


Tout est donc mis en place par l’armée médiatique pour que ces informations soient dissimulées et écrasées par un torrent de diversions haineuses. La grande bourgeoisie et ses valets ont très bien compris quelle était la force politique qu’il fallait abattre les polémiques journalières, les attaques personnelles à l'encontre des militants et autres mensonges diffusés en boucle en sont le témoignage.

 

Notes :

[1Pétition demandant la destitution de Macron, déposée sur le site internet de l’Assemblée nationale

[2COMMISSION DES LOIS : DÉCISION SUR LES PÉTITIONS RENVOYÉES À LA COMMISSION

[3Article 68, RIC… à l’Assemblée, les masques tombent chez le RN

 

Pour en savoir plus :

Les groupes de l’Assemblée refusent d’examiner la destitution de Macron, sauf la France Insoumise

Procédure de destitution du président de la république dans le cadre de la constitution de la Ve République.

- Macron : Savoir faire planer la possibilité d’une destitution.

 

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9 octobre 2023 1 09 /10 /octobre /2023 14:06
La gauche actualise sa stratégie à l’aune du livre de Cagé et Piketty

La France insoumise peaufine la stratégie du « 4e bloc »[3]... et, lors des législatives, européennes 2024 : le quatrième bloc est la stratégie gagnante de la France insoumise[4]

 

Les conclusions de l’essai de Julia Cagé et Thomas Piketty sur l’importance du critère de classe dans le vote et le retard du « bloc social-écologique » dans les classes populaires rurales alimentent les réflexions et les controverses d’une gauche en recherche d’une stratégie victorieuse.

 

 

Source : Médiapart extrait | mis à jour le 06/09/2024

- Le 20 septembre, Jean-Luc Mélenchon ne boudait pas son plaisir d’accueillir Julia Cagé et Thomas Piketty dans un amphithéâtre rempli au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), à Paris, pour une conférence de l’Institut La Boétie (ILB), qu’il copréside.

« Vous êtes ici, en quelque sorte, chez vous », a-t-il lancé aux coauteurs de l’essai de la rentrée, " Une histoire du conflit politique (Seuil) ", précisant que s’il n’y a pas de compagnonnage politique entre eux et La France insoumise (LFI), au moins y a-t-il une parenté de pensée : « Les Insoumis et les Insoumises pensent que l’analyse électorale est un enjeu idéologique. »

 

Dans leur somme de 851 pages, les deux économistes décortiquent les résultats de 12 élections présidentielles et 41 élections législatives, de 1789 à 2022, dans les 36 000 communes de France. Un travail qui ne pouvait donc qu’intéresser les Insoumis. Par la quantité de données analysées, révélant les failles et les marges de progression de chaque bloc politique, les deux économistes se sont de fait quasiment convertis en oracles de la gauche. Leurs conclusions – sur le caractère plus déterminant que jamais de la classe sociale dans le vote, la marge de progression du bloc social-écologique dans les classes populaires rurales et le potentiel retour d’une bipolarisation gauche/droite – ont de quoi rendre le camp mélenchoniste optimiste.

 

 

- Mais des nuances sur la stratégie électorale qui découle des enseignements du livre se dessinent.

L’insistance des auteurs sur les écarts de vote entre mondes rural et urbain et l’idée que « la gauche n’a pas de proposition très construite pour attirer les classes populaires rurales » confortent l’analyse formulée par François Ruffin après les élections législatives de 2022. Celui-ci avait identifié les campagnes populaires, la France des bourgs et des villages, comme le point faible de LFI, sur lequel le mouvement devait travailler en priorité – même s’il a déjà progressé en 2022 par rapport à 2017, en remportant des législatives dans la Creuse, l’Ille-et-Vilaine ou encore la Haute-Vienne. Lors d’un débat avec Clémentine Autain à la Fête de l’Humanité le 16 septembre, le député de la Somme a fait référence à cette source de légitimation scientifique, estimant que désormais, pour lui, le chemin était « clair ».

 

 

- La France insoumise peaufine la stratégie du « 4e bloc »
« Non seulement le livre de Julia Cagé et Thomas Piketty offre un élan d’optimisme sur une victoire de la gauche, mais il permet d’objectiver quelque chose qui se dessinait après les législatives de 2022, que François avait posé dans le débat public, à savoir les enjeux géographiques du travail qu’il nous reste à faire », abonde Clémentine Autain, interrogée par Mediapart. Pour la députée de Seine-Saint-Denis, « la question des services publics est une partie de la réponse pour atteindre l’objectif d’unifier les classes populaires rurales et urbaines : il galvanise notre propre public, et peut contribuer à l’élargir ».

 

🔴 Ce n’est pas tout à fait la lecture que fait Jean-Luc Mélenchon, pour qui la clef d’une prochaine victoire de la gauche réside dans la mobilisation du « 4e bloc », c’est-à-dire les 26 millions d’abstentionnistes du second tour des législatives de 2022. Il vise en particulier les jeunes de 18 à 24 ans, qui ont voté pour lui à 38 % au premier tour de la présidentielle, mais se sont abstenus à 66 %, et les quartiers populaires.

 

🔴 « Bien sûr, il faut aller chercher les milieux ruraux déclassés : qui va dire le contraire ? Mais le gros de la troupe qui va nous faire gagner, ce sont les quartiers populaires, où on vote pour nous à 80 % au premier tour mais où 30 % seulement vont voter. […] La priorité, c’est de les convaincre eux, et pour ça, il faut parler clair, cru, dru, et dur », a-t-il lancé à ses convives le 20 septembre. Il se distingue ainsi des observations faites par François Ruffin cet été, estimant que « poser la radicalité n’est plus utile ». Le livre de Cagé et Piketty a donc rapidement alimenté des controverses préexistantes, chacun ayant tendance à y voir une confirmation de sa propre thèse.

 

 

- Nous pouvons l’emporter en parvenant à mobiliser davantage les catégories populaires. Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise

Interrogé par Mediapart, Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, qui a dialogué avec Julia Cagé et Thomas Piketty, estime ainsi que leur travail légitime la stratégie insoumise de conquête des abstentionnistes. Les deux universitaires montrent que pendant une longue période, notamment les années 1960-1970, « les communes pauvres votaient plus que les communes riches », en particulier dans les banlieues populaires, du fait du travail de mobilisation du Parti communiste français (PCF). Il y aurait donc une réserve de voix à récupérer.

  • « L’analyse sur le temps long démontre que la plus faible participation électorale des classes populaires n’est pas une fatalité ; les classes populaires participaient autant, voire à certaines périodes davantage que les classes dominantes. Nous avons donc raison quand nous disons que nous pouvons l’emporter en parvenant à mobiliser davantage les catégories populaires », analyse Manuel Bompard.
  • « C’était une époque où les catégories populaires s’imaginaient conquérir l’appareil d’État. Aujourd’hui, elles ont tellement été trahies par ceux qui l’ont conquis en leur nom, qu’on se retrouve avec la situation présente », abonde le député insoumis Hadrien Clouet, élu dans la Haute-Garonne avec un taux de participation en nette hausse par rapport à 2017 (+ 7 points), ce qui en fait un cas à part.
  • À ses yeux, pour que LFI passe du stade de « pôle de résistance » à une force alternative majoritaire, il faut s’appuyer sur un travail militant acharné auprès des classes populaires. Il rapporte ainsi avoir fait « une campagne massive pour l’accès aux droits dans les banlieues populaires » : « Les gens m’ont tous vu trois fois sur le seuil de leur porte, pour leur dire des choses socialement utiles, alors que l’État se retire de partout. » Une pratique plus difficile dans les campagnes pavillonnaires, où « on subit la disparition des lieux de sociabilité », rapporte-t-il.

 

🔴 À la conférence de l’ILB, la sociologue Marion Carrel abondait dans ce sens, affirmant, d’une part, quil serait « dramatique » de « laisser tomber les abstentionnistes au motif que stratégiquement ils sont trop loin du vote » et, d’autre part, que « les conditions sociales et politiques d’une remobilisation existent ».

 

🔴 « L’expérience des discriminations, en particulier territoriales, raciales et religieuses, suscite une politisation ordinaire qui a du mal à être captée par les organisations politiques et associatives. Cette politisation ordinaire peut amener à un retour possible au vote, à condition d’un travail militant de longue haleine, qui s’appuie sur des leaders de quartier, et que les formats d’engagement soient participatifs, portés sur l’action », a-t-elle décrit.

 

 

- Unifier les classes populaires : un objectif partagé
Sur le plan programmatique, alors que la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), basée sur le programme de LFI[2], est traversée de tensions du fait de la volonté de ses partenaires de rééquilibrer l’alliance vers le centre pour « rassurer » un électorat de gauche modéré, le travail de Cagé et Piketty leur donne tort aux yeux des Insoumis :

 

🔴 « Les classes populaires participent davantage lorsque la gauche est organisée autour d’un pôle de rupture avec le capitalisme (PCF historique ; PS des années 1970 et du Programme commun), ce qui valide notre positionnement programmatique. Et j’ajoute que l’on voit s’esquisser une hausse de la participation populaire entre 2017 et 2022, à laquelle nous ne sommes sans doute pas étrangers », argumente Manuel Bompard.

 

Au-delà des rangs insoumis, le livre incite les partis à des convergences politiques : une audition de Cagé et Piketty est d’ailleurs prévue à l’Assemblée nationale le 4 octobre par des député·es de la Nupes. Pour Chloé Ridel, porte-parole du Parti socialiste (PS), l’un des apports du livre est d’affirmer « que le sentiment de désaffection des classes populaires n’est pas d’abord lié à une panique morale et identitaire mais à un sentiment de relégation économique et sociale en dehors des métropoles. Les solutions, c’est de ramener de l’emploi et des services publics dans les zones périurbaines ».


Cet enseignement permet de mettre à distance l’idée d’« insécurité culturelle » un temps popularisée par le Printemps républicain avec l’essayiste Christophe Guilluy, qui avait fait dériver le PS vers des thématiques identitaires – une pente que semble prendre aujourd’hui le PCF de Fabien Roussel lorsqu’il flatte un chauvinisme supposé de la France des villages.

 

Pour les écologistes aussi, le livre donne matière à penser. Le diagnostic à leur égard y est plus déprimant. Cagé et Piketty décrivent un profil de vote écologiste atypique à gauche, très urbain et où « plus les communes sont riches, plus elles votent pour l’écologie politique, sauf au sommet de la distribution des revenus ». Ils concluent : « Pour de nombreux électeurs issus des catégories populaires ou des territoires défavorisés, le vote écologiste est souvent associé à un discours certes respectable et même indispensable sur le plan des objectifs, mais qui en pratique tend à négliger la question des inégalités sociales et risque de se retourner contre les plus modestes, qui ne semblent pas toujours figurer parmi les priorités de ce courant politique, généralement considéré comme plus proche des classes urbaines relativement favorisées. »

 

🔴 Pour avoir la majorité aux législatives, il faut gagner dans plus de 289 circonscriptions, donc il faut aussi gagner dans des endroits où on est plus fragiles.

 

 

- Dialogues avec Cagé et Piketty : Géographie des votes de gauche et stratégie de conquête électorale

L’Institut La Boétie a pour vocation d’organiser, pour le camp de l’émancipation, le dialogue, l’interface entre monde politique et monde universitaire. C’est pourquoi il a organisé, le 20 septembre 2023, une soirée d’échanges autour de cet ouvrage " Une histoire du conflit politique : Elections et inégalités sociales en France, 1789-2022 " 

 

 

- Ce livre est " Une histoire du conflit politique : Elections et inégalités sociales en France, 1789-2022 "

  • Qui vote pour qui et pourquoi ?
  • Comment la structure sociale des élec­torats des différents courants politiques en France a-t-elle évolué de 1789 à 2022 ?

En s’appuyant sur un travail inédit de numérisation des données électorales et socio-économiques des 36 000 communes de France couvrant plus de deux siècles, cet ouvrage propose une his­toire du vote et des inégalités à partir du laboratoire français.

 

 

- Au-delà de son intérêt historique, ce livre apporte un regard neuf sur les crises du présent et leur possible dénouement.

La tripartition de la vie politique issue des élections de 2022, avec d’une part un bloc central regroupant un électorat socialement beaucoup plus favorisé que la moyenne – et réunissant d’après les sources ici rassemblées le vote le plus bourgeois de toute l’histoire de France –, et de l’autre des classes populaires urbaines et rurales divisées entre les deux autres blocs[1], ne peut être correctement analysée qu’en prenant le recul historique nécessaire. En particulier, ce n’est qu’en remontant à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, à une époque où l’on observait des formes similaires de tripartition avant que la bipolarisation ne l’emporte pendant la majeure partie du siècle dernier, que l’on peut comprendre les tensions à l’œuvre aujourd’hui. La tripartition a toujours été instable alors que c’est la bipartition qui a permis le progrès économique et social. Comparer de façon minutieuse les différentes configurations permet de mieux envisager plusieurs trajectoires d’évolutions possibles pour les décennies à venir.

 

Une entreprise d’une ambition unique qui ouvre des perspectives nouvelles pour sortir de la crise actuelle. Toutes les données collectées au niveau des quelques 36 000 com­munes de France sont disponibles en ligne en accès libre sur le site unehistoireduconflitpolitique.fr, qui comprend des centaines de cartes, graphiques et tableaux interactifs auxquels le lecteur pourra se reporter afin d’approfondir ses propres analyses et hypothèses.

 

-  Par :

  • Julia Cagé professeure à Sciences Po Paris et lauréate du Prix du meilleur jeune économiste (2023)
  • Thomas Piketty directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et professeur à l’École d’économie de Paris.

Éditions : Les Editions SEUIL

Date de parution : 8 septembre 2023

Pages : 864

Disponibilité : ICI

Format : 15,6 cm x 21,9 cm

Prix papier TTC : 27 €

 

Notes :

[1Les 3 blocs et l’avenir de l’Union populaire par Jean-Luc Mélenchon

[2] Programme partagé de gouvernement de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale

[3] Manuel Bompard ; Cagé, Piketty : à la conquête du 4ème bloc ?

[4] Législatives, européennes 2024 : Quatrième bloc, la stratégie gagnante de la France insoumise

 

Pour en savoir plus :

- LES OBSTACLES À « LA RECONQUÊTE DU VOTE POPULAIRE RURAL » : DISCUSSION SUR L’OUVRAGE DE CAGÉ ET PIKETTY

- L’appel de ces députés NUPES pour l’union populaire : « Il faut continuer le combat pour le programme de rupture signé par chacun en 2022 »

 

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  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.

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