Nous avons donc dressé un panorama des organisations pro Israéliennes aux États-Unis, en France et auprès des institutions internationales. Le résultat est impressionnant. Nous nous sommes gardés de tout jugement de valeur en positif ou négatif concernant l’action d’influence de ces organisations : ce n’est pas l’objet de ce texte qui est de nature en quelque sorte encyclopédique.
Organisations pro Israéliennes aux États-Unis
Les principales organisations et associations pro-israéliennes aux États-Unis sont des groupes de lobbying, d’advocacy[0] et de mobilisation qui défendent le renforcement de l’alliance États-Unis-Israël, l’aide militaire et économique américaine à Israël, et combattent l’antisémitisme ou les critiques perçues comme anti-israéliennes. Elles incluent des organisations juives et chrétiennes évangéliques. Elles ne sont pas toutes des « lobbies » au sens strict. (Certaines sont des 501(c)(3) ou (c)(4) sans enregistrement FARA comme agents étrangers, car elles représentent des citoyens américains). [Voir explications de cette nomenclature en annexe où l’on voit que le juridique vient au secours du politique]
▶️ Voici les plus importantes (focus sur les plus actives en lobbying, advocacy et influence)
Cufi
Christians United for Israel (CUFI) : Organisation chrétienne évangélique fondée en 2006 par John Hagee[2].
American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) : Le lobby « historique » bipartisan, très actif au Congrès[3].
American Jewish Committee (AJC) : Organisation juive centriste d’advocacy globale[4].
Zio de nist Organization of America (ZOA) : La plus ancienne (1897), plus à droite et activiste[5].
D’autres groupes notables existent en (J Street – plus progressiste et « pro-paix », Republican Jewish Coalition, Friends of the Israeli Défense Forces pour le fundraising militaire, StandWithUs, etc.), mais ils sont moins centraux dans les classements par taille/influence.
🔴 A - Classement par ordre d’importance numérique :
Les données proviennent de déclarations officielles, rapports fiscaux (Form 990), OpenSecrets et analyses récentes (2023-2025). Elles sont approximatives car certaines organisations ne publient pas tous les détails et les chiffres de « membres » incluent souvent des supporters ou donateurs. L’influence est qualitative mais largement documentée dans les analyses du lobbying pro-Israël.
AIPAC
🔴 B - Classement par nombre d’adhérents / supporters (base numérique) 1 .CUFI : Plus de 10 millions de membres/supporters (chiffre revendiqué en 2020 et maintenu ; plus grande organisation pro-Israël des États-Unis par la base populaire, surtout évangélique). 2 .AIPAC : Plus de 5 à 6 millions de membres/supporters (chiffre officiel revendiqué en 2025). 3 .ADL : Pas de « membres » au sens strict (organisation institutionnelle avec donateurs/supporters ; dizaines de milliers de contributeurs actifs). 4 .AJC et ZOA : Pas de chiffres massifs comparables (organisations d’advocacy élitiste ; ZOA plus petite).
CUFI domine nettement par la taille de sa base populaire (mobilisation grassroots[1] via églises)
🔴 C -Classement par budget (revenus/dépenses annuels approximatifs, données 2023-2025) Les budgets incluent revenus opérationnels, dons et (pour certains) dépenses de lobbying/PAC. Les super PAC affiliés (comme United Democracy Project pour AIPAC) multiplient l’or. Les évaluations sont en millions de dollars. (M) 1 . ADL :Revenus 163 M$ (2024), dépenses 130 M$ (très élevé grâce aux dons massifs post-7 octobre 2023). 2 .AIPAC (et affiliés) : Budget opérationnel de l’organisation 60-100 M$ + dépenses politiques via PAC/super PAC de plus de 100 M$ par cycle électoral (ex. : 127 M$ combinés en 2023-2024 via AIPAC PAC et UDP). Lobbying direct 3,3-3,8 M$ en 2024-2025. 3 .AJC : Revenus 50-75 M$ (données 2020-2021 ; probablement similaire aujourd’hui).
CUFI
4 .CUFI: Budget non public en détail ; lobbying modéré ( 240 000-400 000 $ par an). Focus sur mobilisation plutôt que dépenses massives. 5 .ZOA : Revenus 8,5 M$, dépenses 7,2 M$ (plus petite échelle).
L’ADL et AIPAC (avec ses bras politiques) sont les plus « lourds » financièrement.
🔴 D - Classement par influence sur le monde politique et militaire. L’influence se mesure par le lobbying direct au Congrès, les dons électoraux, la mobilisation de base, les relations bipartisanes et l’impact sur l’aide militaire américaine à Israël (3,8-4 milliards $/an + aides d’urgence). 1 . L’ AIPAC est traditionnellement considéré comme le plus puissant lobby pro-Israël. Elle influence maximale (bipartisane). Lobbying direct intense ( 3-4 M$/an), dons massifs via PAC/super PAC (influence sur des centaines de candidats), rédaction de textes législatifs, délégations au Congrès. Fort impact sur l’aide militaire, les sanctions contre l’Iran et la politique au Moyen-Orient. Très actif dans les primaires pour écarter les critiques d’Israël. 2 .CUFI : Très forte influence grassroots (surtout chez les républicains/évangéliques). Mobilise des millions d’électeurs pour inonder le Congrès d’appels/lettres. Soutien théologique et politique inconditionnel à Israël ; influence indirecte sur la base électorale militaire/politique.
AJC
3 .ADL : Influence importante via l’advocacy, la surveillance de l’antisémitisme, les relations médias et le lobbying modéré. Impact sur le discours public et politique (étiquetage des critiques d’Israël). Moins focalisé sur l’aide militaire que sur la défense globale d’Israël.
4 .AJC : Influence diplomatique et élitiste (relations internationales, intergroupes). Lobbying plus discret mais efficace dans les cercles de pouvoir ; soutien à l’aide US à Israël. 5 . ZOA : Influence moindre, plus activiste et à droite (campus, justice, lobbying limité 180 000 $ en 2024).
▶️ Synthèse globale d’importance (combinaison membres + budget + influence) : AIPAC arrive souvent en tête pour l’influence politique/militaire concrète malgré une base légèrement plus petite que CUFI. CUFI domine par la masse populaire. ADL par les ressources financières.
▶️ Ces groupes de coordonnent parfois via la Conférence of Presidents of Major American Jewish Organizations (51 groupes).Remarques : Les chiffres évoluent (surtout depuis 2023 avec la guerre à Gaza). Les données sont publiques via OpenSecrets, IRS Form 990 et sites officiels.
▶️J Street (pro-Israël mais critique de certaines politiques israéliennes) est plus petit et moins influent dans les classements traditionnels.
L’influence militaire passe principalement par le soutien à l’aide US (Iron Dome, armes, etc.), que ces groupes défendent activement au Congrès.
🔴 E - L’influence financière globale du lobby pro israélien sur le Sénat, le congrès, etc... Au cycle électoral 2023-2024 (les données les plus récentes et complètes disponibles, publiées par la Federal Election Commission en février 2025), le lobby pro-Israël (catégorie « Pro-Israel » sur OpenSecrets, qui regroupe les contributions des PACs et des individus affiliés à des groupes pro-Israël) a versé des contributions aux élus américains actuels de la manière suivante :
Sénateurs : 59 sénateurs (sur 100) ont reçu des contributions, pour un total d’environ 10 millions de dollars ;
Membres du Congrès (députés de la Chambre des représentants) : 400 membres (sur 435) ont reçu des contributions, pour un total d’environ 42,6 millions de dollars.
Ces montants correspondent aux contributions directes (PACs + dons individuels de 200 $ ou plus) reçues par les titulaires de mandat pendant ce cycle. Ils ne incluent pas les dépenses indépendantes (super PACs) ni les contributions aux candidats challengers ou aux campagnes présidentielles.
▶️ Précisions importantes :
La Chambre des représentants compte 435 membres (plus 5 délégués sans droit de vote), le total de 400 bénéficiaires reflète donc la très grande majorité des élus.
Au Sénat, le nombre est plus faible (59 sur 100) car les mandats sont de 6 ans et tous les sénateurs ne sont pas en campagne à chaque cycle, même si ces derniers peuvent recevoir des dons en continu.
▶️ Ces chiffres concernent uniquement le cycle 2023-2024.
Sur l’ensemble de leur carrière (1990-2024), la très grande majorité des élus actuels ont reçu des sommes cumulées plus élevées, mais les données par cycle sont la norme pour évaluer les « aides financières » récentes du lobby[6].
🔴 F - Le financement de la campagne électorale de Trump en 2024 par le lobby pro – israélien.
Quels sont les organisations pro israéliennes aux États-Unis qui ont participé au financement de la campagne électorale de Donald Trump et pour quel montant global pour ce type d’organisation ?
Quelle part en pourcentage cela représente-t-il du financement global de la campagne électorale présidentielle de Trump ?
L’implication des organisations et des grands donateurs pro-israéliens dans le financement de la campagne de Donald Trump pour l’élection de 2024 a été massive, portée principalement par quelques entités clés et des méga-donneurs individuels.
⚡Voici le détail des principales organisations et des montants engagés /
▶️ Principales organisations et donateurs.
Miriam Adelson
Le financement pro-israélien ne provient pas d’un bloc unique, mais de plusieurs structures agissant via des Super PAC (Comités d’action politique) :
1 .Miriam Adelson (et la famille Adelson) : Bien qu’il s’agisse d’une personne physique, elle incarne le pilier central du financement pro-israélien. En 2024, elle a injecté environ 100 à 106 millions de dollars dans le Super PAC pro-Trump nommé Preserve America. Son soutien était explicitement lié à des positions fortes sur Israël, notamment le soutien à l’annexion de la Cisjordanie[7].
2 .Republican Jewish Coalition (RJC) : Via son fonds RJC Victory Fund, l’organisation a engagé environ 15 millions de dollars pour soutenir la réélection de Trump et diffuser des publicités ciblant l’électorat juif dans les États clés[8].
3 .RAIPAC (American Israel Public Affairs Committee) : Traditionnellement, l’AIPAC ne finance pas directement les candidats à la présidentielle. Cependant, en 2024, l’AIPAC a dépensé un montant record de plus de 100 millions de dollars via son Super PAC United Democracy Project (UDP). L’essentiel de cette somme a été utilisé pour influencer les primaires du Congrès (pour éliminer les candidats critiques d’Israël), bénéficiant ainsi indirectement à l’alignement pro-israélien du camp républicain[9].
▶️Montant global estimé.
Si l’on cumule les contributions directes des grands donateurs idéologiques pro-israéliens (comme Adelson) et les dépenses des groupes de pression dédiés :
Le montant total identifié spécifiquement sous l’étiquette " pro-Israël " pour la dynamique Trump 2024 dépasse les 120 à 130 millions de dollars. À noter que ce chiffre peut varier selon que l’on inclut ou non les dons de donateurs milliardaires qui soutiennent Israël mais dont ce n’est pas l’unique motivation (ex : Blackstone ou certains fonds spéculatifs).
▶️Part en pourcentage du financement global.
Pour mettre ces chiffres en perspective par rapport au coût total de la campagne de Donald Trump (estimé entre 1 et 1,2 milliard de dollars, en incluant les comités officiels et les Super PAC affiliés) .
Poids relatif : Les fonds provenant de donateurs dont la priorité centrale est la politique pro-israélienne représentent environ 10 % à 12 % du financement total de sa campagne présidentielle.
▶️Impact stratégique : Bien que minoritaire en volume total, ce financement est crucial car il provient de "méga-donneurs".
À elle seule, Miriam Adelson a représenté une part substantielle (environ 8 à 10 %) des fonds extérieurs (Super PAC) de Trump, ce qui lui donne une influence politique disproportionnée sur ce dossier spécifique.
Note de contexte : Contrairement aux petits donateurs, ces financements massifs sont concentrés dans des structures qui permettent des dépenses publicitaires illimitées, ce qui a été un moteur essentiel de la visibilité de Trump en fin de campagne.
🔴 G - Le classement idéologique de ces organisations. Le classement idéologique des organisations juives aux États-Unis.
Ces classements reposent sur les positions historiques et actuelles dominantes des organisations (soutien explicite au sionisme, alignement révisionniste maximaliste, neutralité ou opposition au sionisme politique, ou critique fréquente des politiques gouvernementales israéliennes tout en étant souvent ancrées dans des valeurs juives progressistes). Il s’agit des principales organisations américaines liées à Israël dans ces catégories ; le paysage associatif est vaste et évolutif, avec des nuances internes possibles. Les dates correspondent aux fondations ou incorporations américaines documentées.
⚡Apportons maintenant des précisions sur les organisations ayant une idéologie sioniste révisionniste. Les organisations ou associations sionistes révisionnistes aux États-Unis sont les suivantes.
▶️Le sionisme révisionniste, fondé par Ze’ev Jabotinsky dans les années 1920, met l’accent sur un État juif fort (initialement sur les deux rives du Jourdain), une approche plus militante et nationaliste, et s’oppose souvent aux courants sionistes modérés ou socialistes. Aux États-Unis, ces groupes ont été actifs surtout pendant la période de l’entre-deux-guerres et de la Seconde Guerre mondiale, avec une présence plus limitée aujourd’hui, souvent sous forme de mouvements de jeunesse ou d’éducation sioniste[18].
▶️Organisations historiques (années 1930-1940) United Zionists-Revisionists of America (ou United Zionist Revisionists of America): Branche américaine directe du mouvement révisionniste mondial[18] Elle a publié des périodiques comme Zionews et milité pour un État juif maximaliste.
▶️New Zionist Organization of America (NZO) : Dirigée par Ben-Zion Netanyahu (père de Benjamin Netanyahu), elle suivait la ligne politique révisionniste et a mené des campagnes aux États-Unis pour une armée juive et contre le Livre blanc britannique. Elle était distincte de l’Irgun Delegation (groupe de soutien au mouvement paramilitaire révisionniste Irgun).
▶️ American League for a Free Palestine (créée en 1944) : Groupe lié aux révisionnistes, actif pour la création d’un État juif.
Ces organisations ont joué un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale pour sensibiliser l’opinion américaine et soutenir l’Irgun et le Betar
Betar US
▶️ Organisations et mouvements actuels Betar USA (ou Betar US) : C’est la branche américaine du Betar (Brit Yosef Trumpeldor), mouvement de jeunesse fondé en 1923 par Jabotinsky lui-même dans le cadre du sionisme révisionniste. Créée aux États-Unis en 1929, elle a été relancée en 2023-2024. Elle se décrit comme un mouvement sioniste « loud, proud et militant », défendant la légitimité d’Israël, la connexion juive à la Terre d’Israël et une approche « Jews Fight Back ». Elle compte des chapitres dans de nombreuses villes et promeut l’aliya (immigration en Israël). Son idéologie est explicitement révisionniste (fierté juive, discipline, souveraineté sur l’ensemble de la terre historique)[19].
▶️Herut North America (Herut NA) : Mouvement sioniste « unapologetically Zionist » qui se revendique directement de l’héritage de Jabotinsky et du parti Herut (héritier politique israélien des révisionnistes). Il se concentre sur l’éducation des jeunes juifs américains, la formation de leaders sionistes, l’unité juive et le soutien à Israël. Il participe aux élections du Congrès sioniste mondial et met l’accent sur les droits indigènes juifs et l’éducation sioniste[20].
ZOA
▶️Autres remarques : La Zionist Organization of America (ZOA) est souvent alignée sur des positions de droite pro-Likud (héritage révisionniste), mais elle n’est pas exclusivement ou officiellement « révisionniste »[5]. D’autres groupes pro-Israël de droite peuvent partager des vues similaires sans se revendiquer directement du révisionnisme jabotinskien. Le Betar USA et Herut North America restent les entités les plus directement liées à cette idéologie aujourd’hui, avec un focus sur l’activisme et l’éducation.
Les organisations sionistes révisionnistes considèrent qu’il faut agir pour construire le « Grand Israël » mais avec une position qui a évolué :
Hier, le " Grand Israël " incluait la Jordanie.
Aujourd’hui : Pour la majorité des organisations révisionnistes aux États-Unis, le concept se concentre désormais sur le maintien du contrôle total sur la Cisjordanie et de Gaza, ainsi que sur l’annexion du plateau du Golan, plutôt que sur la conquête de la Jordanie.
👉👉Et les informations évoluent : pour les détails les plus récents, consultez leurs sites officiels [19][20]
⚡ Pour avoir des informations précises sur les origines et l’évolution du sionisme aux États-Unis, on peut se référer à une vidéo d’avril 2026 : l’Amérique apocalyptique par Youssef Hidi, historien des religions et géo politologues
Les organisations pro-israéliennes en France. Les principales organisations pro-Israël en France sont souvent décrites comme un réseau varié (organisations communautaires juives, groupes parlementaires, associations bilatérales et lobbies d’influence). Elles promeuvent le renforcement des liens entre la France et Israël, défendent les positions israéliennes face aux critiques, luttent contre l’antisémitisme et organisent des échanges (voyages d’étude, dialogues).
▶️ Voici les organisations les plus citées en France :
CRIF
1 . CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) : Organe principal représentant la communauté juive de France (78 associations. Membres). Elle fut fondée à Lyon sous l’occupation en 1943. Il défend les intérêts des Juifs de France, combat l’antisémitisme et soutient activement Israël, souvent aligné sur des positions proches du Likoud (droite israélienne).
Il intervient publiquement sur la politique française vis-à-vis du Proche-Orient. Il est reconnu comme interlocuteur officiel par les différentes institutions françaises. Le président actuel du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) est Yonathan Arfi. Élu pour la première fois en juin 2022, il a été réélu pour un second mandat de trois ans le 15 juin 2025[21].
Perception et réalité : Bien qu’il soit l’interlocuteur politique officiel auprès des pouvoirs publics, ses critiques (comme contre l’UJFP) et certains sociologues soulignent qu’il ne représente qu’une fraction des Français juifs. La population juive en France est estimée à environ 440 000 à 500 000 personnes ; or, une grande majorité de ces personnes n’est adhérente à aucune des structures fédérées par le CRIF.
2 . ELNET (European Leadership Network – section France): Lobby pro-israélien créé en 2007, inscrit comme représentant d’intérêts auprès de l’Assemblée par envers Israël. Il se présente comme un « think tank du dialogue stratégique » entre la France et Israël, fondé sur des valeurs démocratiques partagées[22].
Fondation France-Israël
3 .Fondation France-Israël : Créée en 2005, elle promeut la coopération culturelle, économique, scientifique et éducative entre les deux pays, en créant des passerelles entre sociétés civiles[23].
🔴 Les groupes d’amitié parlementaire France-Israël et France – Palestine à l’Assemblée nationale et au Sénat Voici le détail et nous avons ajouté les membres de l’Assemblée nationale et du Sénat appartenant à l’association France – Palestine pour comparaison.
▶️ Association d’amitiés France – Israël
1 .Assemblée nationale nombre total de députés appartenant à l’association : 97 dont les membres du bureau sont : Constance Le Grip, David Habib, Philippe Latombe, Julien Odoul, Jérémie Patrier-Leitus, Éric Pauget, Dominique Potier, Caroline Yadan, Caroline Depasse.
Caroline Yadan
2 .Informations sur Caroline Yadan, qui avant de s'engager en politique (Députée EPR de la 8e circonscription des Français établis hors de France, et porte un texte destiné à mieux lutter contre l'antisémitisme... mais en fait, visant à porter atteinte à la liberté d’expression[49]), elle est responsable du pôle antisémitisme de la Licra[24]
3 .Sénat nombre total de sénateurs appartenant à l’association : 73 dont les membres du bureau sont : Roger Karoutchi, Alexandra Borchio Fontimp, Cécile Cukierman, Catherine Dumas, Christophe-André Frassa, Patrick Kanner, Pierre-Antoine Levi, Hervé Marseille, Hervé Maurey, Laurence Rossignol, Patricia Schillinger, Pierre-Jean Verzelen, Ronan Dantec, Ronan Le Gleut, Francis Szpiner, Rachid Temal.
▶️ Association d’amitiés France – Palestine
1 . Assemblée nationale nombre total de députés appartenant à l’association : 65 dont les membres du bureau sont : Richard Ramos, Elsa Faucillon, Jérôme Nury, Dominique Potier, Sabrina Sebaihi, Andrée Taurinya, Estelle Youssouffa, Farida Amrani, Soumya Bourouaha. 2. Sénat nombre total de sénateurs appartenant à l’association : 37 dont les membres du bureau sont : Gisèle Jourda, Nicole Duranton, Fabien Gay, Philippe Grosvalet, Loïc Hervé, Christine Lavarde, Raymonde Poncet Monge, Rachid Temal, Pierre-Jean Verzelen.
French-American Foundation
👉👉Remarque : c’est l’association d’amitiés France – États-Unis qui comportent le plus grand nombre de députés : 102 membres Ce résultat n’est pas étonnant lorsque l’on sait que par ailleurs, que 237 personnalités françaises ont été sélectionnées comme Young leader dans la French American fondation entre 2007 et 2025[25][26].
🔴 Des médias communautaires comme Radio J. Un réseau informel de personnalités médiatiques et politiques complète souvent ces structures lors des crises. Par exemple, sur France Culture, les missions du dimanche matin de 9h à 9h 40 : Talmudique.
🔴 Autres associations Le paysage institutionnel juif est pluriel et se divise principalement selon des axes religieux, sociaux ou politiques :
1 . Le Consistoire (Religieux) Consistoire Central de France: Créé par Napoléon, il gère le culte (synagogues, rabbins, abattage rituel). C’est l’instance religieuse officielle, actuellement présidée par Élie Korchia, avec Haïm Korsia comme Grand Rabbin de France[27].
FSJU
2 . Le FSJU (Social et Culturel) Fonds Social Juif Unifié: C’est le pilier de l’action sociale, éducative et culturelle. Il finance des écoles, des centres de jeunesse et des programmes d’aide sociale[28].
3 .Les mouvements cultuels non-consistoriaux Judaïsme En Mouvement (JEM): Issu de la fusion de l’ULIF et de la MJLF, il représente le courant libéral et progressiste[29].
4 .Mouvements Orthodoxes/Haredim : De nombreuses communautés indépendantes, notamment liées au mouvement Loubavitch (Habad)[30].
5 .Organisations politiques ou militantes UEJF (Union des Étudiants Juifs de France) : Très active sur les campus et dans la lutte contre l’antisémitisme[31].
UFPJ
6 .L’Alliance Israélite Universelle (AIU) : Orientée vers l’éducation et la diffusion de la culture juive[32].
7 .UJFP (Union des Juifs Français pour la Paix): Organisation antisioniste, elle est née en 1994 de la volonté d'une paix juste au Proche-Orient. Elle critique des positions du CRIF et incarne une ligne politique proche de la gauche[33].
🔴 Connexions avec les organisations aux États-Unis 1 . Le principal lobby pro-Israël américain est l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), puissant groupe de pression bipartisan qui influence le Congrès pour soutenir Israël. Les liens avec la France ne sont pas toujours directs ou financiers (pas de subsides avérés de l’AIPAC vers les groupes français selon certaines analyses anciennes), mais ils existent via des modèles et des financements[34].
2 . ELNET est explicitement comparé à « l’AIPAC européen ». Il reçoit une grande partie de son financement (millions de dollars) via son bras américain Friends of ELNET, alimenté par des donateurs pro-Israël américains qui soutiennent également l’AIPAC et d’autres causes conservatrices. ELNET a des bureaux aux États-Unis et des liens avec des conseillers israéliens[22].
Les organisations pro – israéliennes influençant la Commission européenne L’influence sur la Commission européenne (qui propose les lois et gère les accords commerciaux comme l’Accord d’association UE-Israël) passe par des lobbies bruxellois qui organisent des dialogues, des délégations de députés européens (MEP) en Israël et des rencontres avec les directions générales (Commerce, Recherche, etc.). Il n’existe pas d’équivalent unique à l’AIPAC, mais un réseau d’organisations actives :
ELNET
1 .ELNET (bureau Belgique – UE & OTAN) : Réseau européen avec un bureau dédié à Bruxelles. Il facilite des délégations, dialogues stratégiques et conférences pour les décideurs européens (parlementaires, leaders), afin de renforcer les relations UE-Israël sur la sécurité, le terrorisme, l’Iran et la normalisation régionale. Il mobilise explicitement les leaders de l’UE[22].
2 . ELnetwork.(Europe Israel Public Affairs): Seul lobby pro-Israël « 100 % laïc et non partisan » enregistré à Bruxelles. Il travaille directement au sein des institutions européennes pour renforcer les relations bilatérales UE-Israël (sécurité, paix au Moyen-Orient, droits de l’homme) et dialogue avec les parlementaires et fonctionnaires. Il est souvent comparé à l’AIPAC dans son mode de fonctionnement[35].
3 .Transatlantic Institute : (branche européenne de l’American Jewish Committee – AJC, organisation américaine majeure)[36].
4 .B’nai B’rith Europe : Organisent des voyages et des rencontres pour les eurodéputés[37].
European Jewish Association
5 .European Jewish Association (EJA), parfois liée à l’EIPA : Ces groupes mettent l’accent sur des valeurs partagées (démocratie, lutte contre l’antisémitisme et le terrorisme) et des intérêts stratégiques (commerce, innovation, sécurité). Leur influence se fait via des réseaux, des financements de déplacements et des plaidoyers auprès des institutions. Des enquêtes journalistiques les qualifient parfois de « lobby pro-Israël » ou d’« agents d’influence », tandis qu’elles se présentent comme des promoteurs de dialogue et de partenariats[38].
⚡Remarques générales
Ces organisations sont actives et visibles, surtout depuis les événements du 7 octobre 2023. Leur action est légale et déclarée (transparence des lobbies à l’Assemblée nationale et au registre de transparence de l’UE). Les analyses varient selon les sources : certaines les voient comme un « conglomérat politico-médiatique » puissant, d’autres comme des défenseurs légitimes d’un allié démocratique. Pour des détails actualisés, consultez leurs sites officiels (CRIF, ELNET, EIPA) ou le registre des lobbies de l’UE. Les informations ci-dessus reposent sur des sources publiques récentes (2024-2025).
Les organisations pro – israéliennes qui influence auprès des organisations internationales. Voici une présentation des organisations et réseaux qui exercent une influence ou une action de plaidoyer en faveur d’Israël auprès des instances internationales : 1)
1 .L’Organisation des Nations Unies (ONU) WJC (World Jewish Congress / Congrès Juif Mondial): Basé à New York, il est l’interlocuteur diplomatique majeur des communautés juives auprès des Nations Unies. Il dispose d’un statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC et intervient régulièrement au Conseil des droits de l’homme pour contrer les résolutions ciblant Israël[39].
2 . B’nai B’rith International : C’est l’une des plus anciennes organisations au monde. Elle possède des bureaux à New York et Genève et surveille de près l’activité des agences de l’ONU, luttant notamment contre l’antisémitisme institutionnel et le traitement jugé disproportionné d’Israël au sein des instances onusiennes[40].
3 .AJC (American Jewish Committee) : Bien que basé aux États-Unis, l’AJC mène une diplomatie mondiale active. Il entretient des relations suivies avec des dizaines de délégations diplomatiques auprès de l’ONU pour influencer les votes et promouvoir la reconnaissance du droit d’Israël à la sécurité[14].
4 .L'AIPAC ou (American Israel Public Affairs Committee) : Bien que son action principale vise le Congrès américain, l’AIPAC influence indirectement le FMI via la politique étrangère et économique des États-Unis, qui sont le premier contributeur du Fonds. Son action vise à s’assurer que les aides financières internationales ne soient pas détournées vers des entités hostiles à Israël[3][9].
5 .The Foundation for Defense of Democracies (FDD) : Ce think tank basé à Washington exerce une influence intellectuelle et technique sur les questions de sanctions financières et de lutte contre le financement du terrorisme, des thématiques qui recoupent les évaluations de conformité du FMI[41].
Israel-America Chambre de Commerce
6 .L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et Israel-America Chamber of Commerce[42] : Cette chambre de commerce travaille en lien avec des réseaux de lobbyistes à Washington et Bruxelles pour favoriser l’intégration d’Israël dans les accords commerciaux multilatéraux et s’opposer aux tentatives de boycott (BDS) qui pourraient être portées devant l’organe de règlement des différends de l’OMC. BlueBlox et cabinets de conseil spécialisés : L’influence à l’OMC passe souvent par des cabinets de juristes spécialisés qui conseillent l’État hébreu pour naviguer dans les règles du commerce mondial et protéger ses exportations de haute technologie.
7 .L’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) et ELNET Délégation permanente d’Israël auprès de l’OCDE : Contrairement aux ONG, l’action ici est essentiellement étatique. Israël utilise son statut de membre (depuis 2010) pour s’aligner sur les standards de gouvernance mondiaux, ce qui renforce sa légitimité internationale. Le soutien est ici assuré par les réseaux de conseillers économiques des pays alliés au sein des comités techniques.
ELNET (European Leadership Network)[22] : Cette organisation travaille à renforcer les liens stratégiques entre l’Europe et Israël. Elle facilite les échanges entre les décideurs politiques européens et israéliens, influençant indirectement la perception d’Israël au sein d’organisations comme l’OCDE basées à Paris.
Fédération générale des travailleurs de d'Israël
8 .Le Bureau International du Travail (BIT) et Histadrout (Fédération générale des travailleurs de la Terre d’Israël) : Membre actif de la Confédération Syndicale Internationale (CSI), la Histadrout représente les intérêts des travailleurs israéliens au BIT.Elle agit pour empêcher que l’organisation ne devienne une plateforme de condamnation politique unilatérale lors des conférences annuelles[43].
9 .ITUC (International Trade Union Confederation) - Réseaux affiliés: Au sein du BIT, l’influence pro-israélienne passe par des syndicats partenaires (notamment américains et certains européens) qui s’opposent aux motions de censure ou aux rapports trop critiques concernant les conditions de travail dans les territoires gérés par Israël.
10 .La Banque mondiale : L’influence pro-israélienne au sein de la Banque mondiale ne s’exerce pas par une organisation unique, mais via un réseau de structures gouvernementales et de groupes de pression internationaux, principalement basés aux États-Unis. Les États-Unis sont le premier actionnaire de la Banque mondiale. Par le biais du Trésor (Trésor Américain (U.S. Treasury), les administrations américaines (souvent sous l’influence de groupes comme l’AIPAC[3]) veillent à ce que les financements de la Banque mondiale ne soient pas alloués à des projets qu’Israël juge contraires à sa sécurité, ou à des entités liées à des organisations qu’il considère comme terroristes.
The Lawfare Project : Cette organisation juridique intervient pour s’assurer que les institutions financières internationales respectent les lois antiterroristes. NGO MonitorElle peut exercer une pression indirecte sur la Banque mondiale concernant ses mécanismes de transfert de fonds vers les Territoires palestiniens[44].
NGO Monitor : Bien que basée en Israël, cette organisation analyse de près les rapports et les financements de la Banque mondiale destinés aux ONG palestiniennes, cherchant à démontrer d’éventuels liens avec des groupes militants pour influencer les politiques d’allocation de la Banque[45].
13 .L’Organisation mondiale de la santé (OMS) : L’influence au sein de l’OMS est plus complexe car l’organisation est un terrain de débats diplomatiques intenses, notamment lors de l’Assemblée mondiale de la Santé.
UN Watch: Basée à Genève, cette organisation est extrêmement active pour dénoncer ce qu’elle considère comme un biais anti-israélien à l’OMS. Elle exerce une influence médiatique et diplomatique constante, notamment lors de l’adoption de résolutions annuelles sur les conditions de santé dans les territoires occupés[46].
B’nai B’rith International : Cette organisation dispose d’un statut consultatif auprès des instances de l’ONU et intervient régulièrement pour soutenir les positions sanitaires d’Israël et contrer les motions de blâme au sein de l’OMS[47].
▶️Quel apport financier d’Israël à l’OMS ?
L’apport financier d’un pays à l’OMS se divise en deux, les contributions fixées (obligatoires) et les contributions volontaires.
Contributions fixées (Assessed Contributions) : Pour le cycle budgétaire 2024-2025, la contribution annuelle d’Israël est d’environ 0,5 % du budget total des contributions fixées des États membres. Cela représente environ 2,5 à 3 millions de dollars par an.
Contributions volontaires : Celles-ci sont fluctuantes. Israël contribue ponctuellement à des programmes spécifiques, notamment sur l’innovation technologique en santé ou la gestion des urgences, mais il ne figure pas parmi les 20 plus gros contributeurs volontaires mondiaux.
👉Note :En 2026, les relations sont tendues. Suite au retrait des États-Unis de l’OMS début 2026, Israël a officiellement averti qu’il subissait des pressions internes pour réévaluer sa propre participation, dénonçant une " politisation " croissante de l’organisation.
Annexe
🔴 Sur le statut des associations pro israéliennes
▶️ Certaines de ces organisations pro-Israël aux États-Unis sont enregistrées comme des associations à but non lucratif américaines (statut 501(c)(3) ou 501(c)(4)) et n’ont pas besoin de s’enregistrer auprès du gouvernement américain comme agents d’un pays étranger » (FARA), parce qu’elles agissent au nom de citoyens américains, et non directement pour le gouvernement israélien. » 501(c)(3) ou 501(c)(4) : Ce sont deux catégories très courantes d’organisations sans but lucratif aux États-Unis (créées par le code fiscal américain, section 501). 501(c)(3) = associations caritatives, éducatives, religieuses (ex. : AIPAC a une branche 501(c)(3)). Les dons sont déductibles d’impôts. 501(c)(4) = associations de « bien-être social » qui peuvent faire plus de lobbying politique[48].
▶️ Elles sont 100 % légales et américaines, comme n’importe quelle ONG ou think tank aux USA. Sans enregistrement FARA : FARA = Foreign Agents Registration Act (loi de 1938). Cette loi oblige toute personne ou organisation qui agit pour le compte d’un gouvernement étranger (ici Israël) à s’inscrire officiellement comme « agent étranger » et à déclarer toutes ses activités et financements au ministère de la Justice américain. C’est très contraignant et stigmatisant (on doit mettre « agent d’Israël » sur tous ses documents publics). Comme agents étrangers : Donc ces organisations n’ont pas cette étiquette et n’ont pas ces obligations. Car elles représentent des citoyens américains : C’est la clé juridique. Même si elles défendent très fortement la politique d’Israël, elles disent : « Nous ne travaillons pas pour le gouvernement israélien. Nous travaillons pour des Américains (juifs ou non) qui veulent que leur gouvernement soutienne Israël. » Du coup, aux yeux de la loi américaine, ce sont des groupes de pression américains comme n’importe quel autre lobby (NRA pour les armes, AARP pour les retraités, etc.). Ils n’ont donc pas besoin de s’inscrire au FARA.
👉 En résumé ultra-simple :Ces organisations sont américaines, financées et dirigées par des Américains, même si leur cause est pro-Israël. Elles profitent donc du droit de lobbying américain normal et échappent à la réglementation stricte qui vise les vrais « agents d’un pays étranger ». C’est pour ça qu’on les voit souvent critiquées : certains disent qu’elles sont « de facto » très proches du gouvernement israélien, mais juridiquement elles sont protégées parce qu’elles sont composées et financées par des citoyens US.
🔴 Des éléments d’information sur le sionisme. Dans l’une de ses chroniques, l’historien des religions Youssef Hindi positionne le sionisme par rapport à la Torah.
Sionisme : que dit la Torah ?Avec cette chronique 58, on comprend alors que confondre antisémitisme et antisionisme est d’une absurdité absolue puisque de très nombreux juifs sont antisionistes : ce sont ceux qui respectent la tradition religieuse issue de la Torah et du talmud
Notes :
[0] L'Advocacy est un mode d'aide à l'expression par l'intervention d'un tiers, d'une personne qui s'estime victime d'un préjudice et/ou qui se sent mal écoutée et insuffisamment respectée par ses interlocuteurs institutionnels et/ou qui rencontre des obstacles à l'exercice de sa pleine citoyenneté.
[6] Sources : OpenSecrets.org (organisation non partisane qui suit les financements de campagne). Les données sont publiques et basées sur les déclarations à la FEC. Notez que le lobby pro-Israël inclut plusieurs groupes (AIPAC et affiliés, NorPAC, etc.), et non un seul organisme. Pour des données encore plus récentes (cycle 2025-2026 en cours), les montants partiels sont en hausse, mais les totaux complets ne sont pas encore finalisés.
Dans le cadre de son “ nouveau chapitre ” historique, l’Allemagne s’est transformée en une sorte de shtetl juif. Les descendants des nazis adoptent des symboles juifs, admirent le sionisme et s’attaquent aux juifs qui critiquent Israël – le tout bien sûr, au nom de la lutte contre l’antisémitisme.
Lors de ma première année à Berlin, j’ai entendu un enfant raconter cette “ blague ” : “ Quelle est la différence entre les juifs et les musulmans ? Les juifs, eux, y sont déjà passés. ” Ce n’était pas drôle à l’époque, et ça l’est encore moins aujourd’hui, car comme dans toute blague, il y a un fond de vérité. Ici, cette vérité touche aux fantasmes meurtriers de la majorité blanche et aux peurs des minorités. L’enfant qui a raconté cette blague était juif, petit-fils de survivants de la Shoah qui ressentent aujourd’hui un certain soulagement, car ils “ y sont déjà passés ”.
Texte écrit par Iris Hefetz et publié en hébreu le 30.06.2025 sur le site de la revue Mekomit, traduit par les membres de Tsedek! avec son autorisation. Iris Hefetz est psychanalyste et membre de l’organisation « La Voix Juive pour une Paix Juste au Moyen-Orient ».
Sources :Iris Hefetz | mis à jour le 30/05/2026 L’Allemagne d’il y a 23 ans était une autre Allemagne. C’était encore une société et un État antimilitaristes et antinationalistes, qui respectaient dans une certaine mesure leur Constitution et le droit international. À l’époque, un million de personnes avait défilé contre la guerre illégale des États-Unis en Irak à laquelle l’Allemagne avait refusé de participer. C’était une société dans laquelle de nombreuses personnes avaient personnellement vécu les conséquences du régime nazi, et les séquelles de ce projet mégalomane, ainsi que de la guerre froide. Les pancartes contre la course à l’armement face à l’URSS affluaient en masse à Berlin.
Konrad Adenauer
🔴 L’Allemagne d’après la défaite nazie était un lieu en ruines. Son premier chancelier, Konrad Adenauer, déclara dans une interview télévisée :
“ Nous avons causé un tel tort aux juifs, commis contre eux des crimes si horribles, qu’il fallait les expier ou les réparer d’une certaine manière, si nous voulions regagner le respect des peuples du monde. ”
Puis il ajouta un point crucial :
“ Le pouvoir des juifs – même aujourd’hui, surtout en Amérique – ne doit pas être sous-estimé. C’est pourquoi j’ai consciemment et modérément investi tous mes efforts dans la réconciliation entre le peuple allemand et le peuple juif. ” Cette déclaration antisémite, qui attribue un pouvoir aux juifs, reflète une vision toujours vivace aujourd’hui. Elle s’accorde avec le fait qu’Adenauer employait Hans Globke, un nazi ayant contribué à rédiger les lois de Nuremberg, comme secrétaire général de son cabinet (avec l’approbation de Ben Gourion, qui avait signé l’accord de réparations).
L’identification - elle-même antisémite - entre Israël et les juifs est aujourd’hui plus forte que jamais et caractérise particulièrement la politique de l’Allemagne post-réunification. Si autrefois les juifs étaient perçus comme des “ autres ” menaçants qu’il fallait anéantir, aujourd’hui – après que l’Allemagne a exterminé une grande partie des juifs d’Europe et certains d’Afrique du Nord –les juifs sont devenus des accessoires convoités. Autrefois, pour qu’une Allemande puisse “se libérer” de son passé nazi, elle devait aller dans un kibboutz comme volontaire, trouver un kibboutznik séduisant, se convertir selon les règles strictes, et mettre au monde des enfants qui rejoindraient l’armée, faisant d’elle une “ bonne juive ”.
Noa Tishby en Allemand Aujourd’hui, ce long parcours n’est plus nécessaire. La majorité des Allemands s’est convertie au sionisme, se passant de la circoncision ou de toute démarche religieuse.Une partie de la “ gauche ” allemande est composée d’hommes en quête d’une identité qu’ils ont su trouver dans l’image d’Israël. Ils parlent comme Noa Tishby, s’enveloppent dans des drapeaux de l’Etat israélien ou de son armée, assistent à des spectacles de danses folkloriques pour fêter les relations diplomatiques, et sauvent les juifs de “ l’antisémitisme ”.
🔴 Selon des données publiées dans le magazine israélien berlinois Spitz (article supprimé par la suite), plus de la moitié des plaintes pour actes antisémites en Allemagne proviennent par exemple d’Allemands chrétiens, dont les grands-parents étaient nazis, qui se disent agressés par des juifs manifestant contre Israël.
Il semblerait que les petits-enfants de nazis sont très sensibles aux “ attaques antisémites ” censées les viser, surtout si elles viennent de juifs ou d’Israéliens. Cela blesse leurs sentiments et trouble leur identité. Le journaliste d’Haaretz Itay Mashiach[0], qui a enquêté sur les chiffres prétendument élevés de l’antisémitisme en Allemagne, a découvert qu’ils sont largement manipulés, sans transparence, souvent basés sur des échanges de mails avec une seule personne – chaque mail étant compté comme un “ incident antisémite ”.
M. Zimmermann, 01/2024.Avishag Shaar-Yashuv
🔴 Autre exemple : le professeur d’histoire Moshe Zimmermann a déclaré devant le parlement du Land de Saxe que la leçon tirée de la Shoah se devait d’être universelle - et qu’elle serait donc valable aussi pour Israël. L’Office fédéral de surveillance de l’antisémitisme a décidé que cette déclaration équivalait à comparer Israël au régime nazi, et l’a classé comme “ incident antisémite ”. Comme ces institutions sont conscientes du fait qu’elles se ridiculisent, elles n’ont pas précisé qu’il s’agissait d’un juif israélien (issu d’une famille de survivants de la Shoah allemande) mais le décrivent comme un simple “ orateur ”. C’est aussi le cas pour tout juif ayant manifesté contre le génocide à Gaza depuis le 7 octobre avec une pancarte s’identifiant comme tel : tous les membres de l’organisation Jüdische Stimme (Voix Juive pour la Paix[1]) et d’autres non affiliés ont été arrêtés et ont fait l’objet d’accusations (d’incitation ou d’usage de symboles inconstitutionnels) qui ont par la suite été levées. J’ai moi-même été arrêtée cinq fois. Ces cas nourrissent les statistiques des “ incidents antisémites en Allemagne ”.
🔴La célèbre « culture du souvenir » allemande, originellement portée par des membres de la société civile - des personnes fouillant dans les archives familiales et de quartier et confrontant leurs proches qui niaient souvent avec véhémence les crimes de leurs parents et grands-parents - a beaucoup changé. A la place de ces projets individuels et marginaux, cette culture de la mémoire s’est institutionnalisée en un projet étatique doté de moyens financiers importants. La chute du mur n’a pas seulement été un moment de joie : pour beaucoup elle a aussi suscité l’angoisse. C’était la fin de la punition infligée à l’Allemagne pour sa folie meurtrière qui avait conduit à deux guerres mondiales et à des millions de morts en Europe. Cette marque d’infamie a été effacée aux yeux de l’Allemagne, qui s’est alors engagée dans un nouveau chapitre.
🔴 L’une des étapes fut la création du Mémorial aux juifs assassinés d’Europe, en plein cœur de Berlin. Elle fut initiée par une Allemande chrétienne du nom d’Edith Rosh, qui a changé son prénom en Lea. La communauté juive institutionnelle n’a pas été impliquée dans ce projet, et Rosh l’a clairement fait savoir au chef de la communauté : “ Cela ne vous concerne pas, ce sont les descendants des agresseurs qui construisent le mémorial, pas les juifs. Mais ce serait bien si vous pouviez acquiescer d’un signe de tête. Le peuple allemand érigera un mémorial afin que tout le monde comprenne que nous avons traité notre histoire ”. Puis elle a ajouté cette phrase : “ Nous, les Allemands, devons poser un signe clair et visible, fournir une preuve publique du fait que nous assumons la responsabilité de notre passé, et que nous avons l’intention d’écrire un nouveau chapitre de notre histoire.”
Le Shtetl juif, version Allemande Dans le cadre de ce “ nouveau chapitre ”, l’Allemagne s’est transformée en une sorte de shtetl juif. Il n’existe aucun autre endroit au monde où l’on peut entendre autant de musique klezmer, adaptée à l’oreille allemande. Les prénoms les plus courants en Allemagne ces dernières décennies sont des prénoms hébraïques et juifs. Une liste aléatoire d’étudiants semble tout droit sortie de Mea Shearim : Samuel, Yaakov, Esther, Yehudit, Léa, Rahel, Rivka, Hanna — et bien sûr, le prénom juif par excellence pour les femmes : Sarah. Les Chrétiens ont enfanté leurs propres juifs, comme si ces derniers n’avaient jamais été exterminés.
🔴 L’État allemand a commencé à financer la conversion de chrétiens au judaïsme dans un cadre réformé, recréant ainsi le judaïsme libéral allemand qui avait été anéanti - une “ nouvelle judaïté ” évidemment bien plus désirable que celle des ultra-orthodoxes, qualifiés d’” Ostjuden ”. Des départements d’études juives ont poussé comme des champignons après la Shoah, avec un corps enseignant composé presque entièrement de chrétiens convertis formant des rabbins au sein des universités[2] (comme on y forme aussi les pasteurs protestants, ou les médecins, qui passent ensuite des examens d’État). Les écoles rabbiniques ont envoyé des rabbins dans tous les recoins de l’armée et de la police, et l’Allemagne s’en est vantée — bien qu’il n’y ait même pas un seul minyan dans l’armée ou la police allemande, pas même pour Yom Kippour.
🔴 Il s’agit d’un Luftgeschäft - une entreprise fictive - visant à améliorer l’image de l’Allemagne, en lui permettant de redevenir ce qu’elle était avant la Seconde Guerre mondiale : autrement dit, nier la Shoah en créant l’illusion d’un retour à une vie juive d’avant-guerre. C’est pour cette raison qu’être juif est devenu quelque chose de très convoité en Allemagne. Tellement convoité, que les suppléments des journaux sont remplis de scandales :
▪️on découvre fréquemment qu’un grand rabbin s’était en fait fait passer pour juif ;
▪️ deux auteurs juifs se disputent afin de savoir “ qui est juif ”, parce que l’un n’a qu’un seul grand-père juif qui a été dans un camp de concentration, et l’autre a deux parents juifs ;
Berliner Zeitung
▪️ Le dernier scandale[3] a éclaté lorsque l’auteure Deborah Feldman a découvert par hasard que le rédacteur en chef du journal de la communauté juive institutionnelle en Allemagne - financé par l’État - se présentait comme juif et utilisait ce statut pour discréditer toute personne qui ne soutiendrait pas Israël. Il affirmait que la famille de sa mère iranienne avait jadis été juive et qu’elle avait adhéré à la foi bahaïe en Iran uniquement à cause des persécutions antisémites (histoire fortement invraisemblable, puisque les bahaïs sont beaucoup plus persécutés que les juifs en Iran).
🔴 Donc, il y a en Allemagne de nombreux “ faux Jjuifs ” - des chrétiens convertis au sionisme - qui “ protègent la vie juive en Allemagne ”. Et qui vient perturber ce récit ?
Ce sont les juifs non sionistes, ceux qui refusent que le duo Allemagne–Israël parle en leur nom. Aujourd’hui, environ un tiers des personnes licenciées, interdites de parole dans les espaces publics ou soumises à un boycott silencieux pour “antisémitisme” en Allemagne, sont des juifs[4].Des Allemands d’origine chrétienne ou avec un histoire familiale nazie traitent des juifs d’antisémites.
Récemment, la cheffe de la police de Berlin a déclaré dans une interview au journal libéral Die Zeit[5] qu’elle déconseillait aux juifs et aux homosexuels de se rendre dans certains quartiers de Berlin, à forte population immigrée. Lorsqu’on lui a demandé si elle disposait de données empiriques pour justifier cette mise en garde, elle a répondu que “ heureusement, rien ne s’était produit ”, mais que tout de même, des policiers allemands étaient victimes d’attaques à caractère antisémite lors des manifestations pro-palestiniennes. Cela inclut bien sûr tous les juifs qui ont été arrêtés par la police et parfois même battus. Les images de ces violences policières circulent de manière virale à travers le monde[6], et exposent la réalité de “ la protection de la vie juive en Allemagne ”. En vérité, les “ nouveaux juifs ” sont les policiers allemands.
🔴 En Allemagne, les juifs sont censés soutenir la société à majorité blanche et raciste qui persécute à la fois les musulmans mais aussi les migrants. L’Allemagne, comme la plupart des pays occidentaux, est dépendante de l’immigration. Après de nombreuses années de faible natalité, elle manque de travailleurs dans presque tous les secteurs. Un quart des employés du système de santé allemand, qui souffre déjà d’une pénurie de personnel, sont des migrants ou des personnes ayant un “ arrière-plan migratoire ” (terme de la bureaucratie allemande selon lequel - comme dans les lois de Nuremberg - ceux qui ont un grand-père ou une grand-mère migrants appartiennent à cette catégorie).
🔴 Cela a poussé l’ancienne chancelière Angela Merkel à accueillir en Allemagne une grande vague d’immigration, principalement en provenance de Syrie[7], ce qui a été un succès sur le plan de l’emploi. La politique économique de l’Allemagne s’étant ces dernières décennies orientée vers le néolibéralisme (ce qui creuse les écarts entre riches et pauvres, fragilise la classe moyenne et affecte les services publics privatisés puis rachetés, etc.), cette immigration permet de désigner un bouc émissaire classique : après avoir exterminés les juifs, ce sont désormais les musulmans et les arabes qui sont visés. Des études font état d’une discrimination évidente envers les non-blancs, surtout à des postes d’influence. Les Allemands blancs n’ont pas de problème avec les médecins musulmans, les avocats arabes ou les ingénieurs noirs. Il y a un problème quand ils accèdent à des positions de pouvoir : de députés, d’enseignants, de politiciens, de juges. Dans ces cas-là, des oppositions se font entendre.
Les persécutions et les discriminations se sont nettement aggravées depuis les attentats du 11 septembre, et, si l’on pensait que la situation s’était un peu calmée, la politique des élites allemandes après le 7 octobre a détruit la société allemande unifiée.
Israélisation de la politique
L’Allemagne connaît une israélisation de sa politique : après de nombreuses années avec un gouvernement de coalition, le programme de l’ensemble des partis a dérivé vers la droite (vous savez comment c’est, il faut faire des compromis, influencer de l’intérieur, etc.). La motivation principale des politiciens est de conserver leur pouvoir, tandis que les lobbies font leur travail.
🔴 Autrefois, l’Allemagne se caractérisait par une vie politique austère, des débats parlementaires sans éclat et des fonctionnaires absorbés par la rédaction de lois sophistiquées. Mais ces dernières années, le Parlement est le théâtre de scènes d’enthousiasme collectif. Tous, de gauche comme de droite dans cette unité blanche allemande tant convoitée, applaudissent suite à une mesure adoptée contre le mouvement BDS qui implique de contourner la constitution allemande, ou s’emballent après avoir validé un dépassement budgétaire destiné à investir des millions d’euros dans l’armement. Selon eux, l’Allemagne “ a travaillé sur son passé ” et peut ouvrir un nouveau chapitre. Comme l’a dit le chancelier allemand, “ l’Allemagne fait son comeback ”.
🔴 L’identification à Israël accompagne l’Allemagne dans son retour vers un État militaire.
Elle contribue à briser le tabou du nationalisme ;
elle participe aussi à la réhabilitation de l’image de l’homme allemand, qui, dans les années suivant la guerre, avait tenté de ne plus être “ allemand ” en mettant en avant des traits plus doux - une éducation non autoritaire des enfants, le fait de fumer (les nazis y étaient opposés), le tricot, le port de salopettes dans des communautés de gauche, et parfois même le soutien à la cause palestinienne.
Tout cela est désormais dépassé. L’Allemagne est en crise économique depuis au moins deux ans. Son industrie automobile s’effondre et se transforme en industrie de l’armement. Les actions des entreprises d’armement allemandes montent en flèche, et des “ experts en sécurité ” parlent dans les studios et les journaux de la formidable et sophistiquée armée israélienne comme un modèle à suivre.
F. Merz, 17 juin 2025, à Kananaskis, au Canada
🔴 Récemment, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré qu’Israël “ fait pour nous le sale boulot[8] ” en référence à une attaque contre l’Iran. Roderich Kiesewetter,l ’expert en sécurité de son parti a affirmé : “ Nous sommes aussi prêts à mourir pour Israël[9]”. C’est ainsi que l’Allemagne – pays où la collectivisation était tabou – construit un “ nous ” et prépare la société à la conscription obligatoire (qui existe dans la loi mais n’est pour le moment pas appliquée). Ces déclarations antisémites sur des juifs qui feraient le “ sale boulot ” pour l’Allemagne ne sont pas nouvelles, et qualifier le meurtre de civils de “ sale boulot ” rappelle le discours de Posen prononcé par Himmler, ou le propos de Rudolf Höss lors des procès de Nuremberg.L’Allemagne fait son come-back.
🔴 Ce retour en force implique, comme en Israël, des attaques contre les organisations de la société civile. Et cela se traduit par :
des attaques contre des avocats et des tribunaux ;
la violence policière pour réprimer les manifestations de la gauche contre les néonazis qui défilent déjà en plein cœur de Berlin, ou les manifestations pro-palestiniennes (un nouveau rapport du commissaire aux droits de l’homme de l’Union européenne en fait état[10) ;
la qualification de l’organisation “ Derniè]re Génération ” — qui lutte contre la crise climatique et dont les militants se sont physiquement collés à la chaussée sur des autoroutes — comme organisation terroriste ;
la persécution politique des organisations pro-palestiniennes ;
les attaques contre la liberté d’expression (interdiction d’entrée à des intervenants, y compris des citoyens européens ou des employés de l’ONU qui parlent de la question palestinienne, présence de policiers lors des conférences où ils s’expriment, usage d’agents secrets dans les universités “ pour protéger la vie juive en Allemagne ”) ;
des artistes qui avaient trouvé refuge en Allemagne, parce qu’on pouvait y étudier gratuitement et obtenir des bourses généreuses pour des projets artistiques, commencent à partir. L’Allemagne a adopté la définition de l’antisémitisme de l’IHRA[11][12] et les artistes qui reçoivent une bourse doivent la signer, et si leur projet est jugé non conforme à cette définition, ils doivent alors rembourser l’argent.
En bref, tout l’arsenal des États autoritaires est mis en œuvre sous couvert de lutte contre l’antisémitisme.
🔴 En même temps :
des politiciens tels que le chancelier parlent du “ drapeau juif ” en désignant le drapeau d’Israël ;
et des journalistes (du journal Der Spiegel, à deux reprises déjà) ont écrit à propos d’événements qu’ils avaient eu lieu à “ l’ambassade juive à Berlin ”.
Par ailleurs, certains policiers ont été surpris en train d’échanger dans des groupes de discussion où circulaient des propos néonazis, tandis que le pays est dirigé par des descendants de nazis, dont certains revendiquent cet héritage ou choisissent de garder le silence (le chancelier actuel est resté silencieux sur le passé nazi de son grand-père[13], celui d’Annalena Baerbock, ancienne ministre des Affaires étrangères, et les grands-pères de Beatrix von Storch du parti d’extrême droite étaient soldats dans l’armée allemande, et l’un d’eux fut ministre nazi des Finances).
Il est probable que les attaques actuelles contre la société civile ne soient pas liées au conflit israélo-palestinien, mais que la “ lutte contre l’antisémitisme ” serve de levier pour promouvoir un agenda politique de droite, à un moment où les migrants arrivés en Allemagne lors de la vague de 2015 deviennent citoyens et gagnent en influence politique.L’Allemagne leur fait comprendre[14], aux millions de Syriens, Turcs, Afghans, qu’ils peuvent bénéficier de ce qu’elle a à offrir à condition qu’ils soient “ de bons migrants ”, c’est-à-dire s’ils acceptent d’être des sujets sans droits politiques. Comme en Israël : soyez de bons Palestiniens, occupez-vous du folklore, du houmous ou de la musique orientale, la majorité blanche s’occupe du programme politique.
🔴 L’Allemagne est entrée dans une course à l’armement et fournit à Israël au moins un tiers des armes utilisées pour le génocide à Gaza[15]. On y observe également une montée significative de la droite[16] et des tendances autoritaires qui se sont clairement renforcées au fil des années. Malgré tout cela, à la différence d’autres pays occidentaux adoptant des politiques comparables, l’opposition demeure très timide. Suite à une campagne d’épuration dans la presse, il n’y reste essentiellement que des journalistes qui font la promotion d’Israël et amplifient ses discours. Il y a là une politique d’incitation et de répression de toute activité et voix critique envers la politique israélienne,et ce n’est que récemment, après les dernières élections, que des politiciens s’opposant clairement au génocide mené par Israël sont entrés au parlement.
🔴 Pourtant, une majorité écrasante de la société allemande s’oppose de manière constante à la fourniture d’armes à Israël[17]. Et malgré toute la propagande pro-israélienne et les drapeaux israéliens qui flottent au-dessus de chaque bureau gouvernemental en Allemagne,73 % des individus pensent qu’Israël commet un génocide à Gaza, même si les manifestations contre ce génocide mobilisent peu.L’obéissance de l’élite blanche, et la coopération des universitaires et des artistes qui (comme d’habitude) restent silencieux ou s’identifient ouvertement au système, est assourdissante.
Faut-il traiter d’antisémites et condamner ces huit rescapés des camps d’extermination pour leurs comparaisons entre les politiques sionistes et celles des Nazis ? Chris Knight, anthropologiste et militant britannique pose la question, en publiant les citations ci-dessous.
Marika Sherwood, survivante du ghetto de Budapest.
« (...) Peu de temps après (en 1956), j’ai appris que les Israéliens rassemblaient les Palestiniens dans des camps de concentration. Je ne pouvais pas y croire. Les Israéliens n’étaient-ils pas des Juifs ? Ne venions-nous/ne venaient-ils pas de survivre au plus grand pogrom de notre histoire ? Les camps de concentration – souvent appelés par euphémisme, « colonies de peuplement » - n’étaient-ils pas la principale caractéristique de ce pogrom ? Comment ces Juifs israéliens pouvaient-ils opprimer d’autres gens ? Dans mon imagination de romantique, les Juifs d’Israël étaient des socialistes, des gens qui discernaient le bien du mal. C’était manifestement inacceptable. J’avais l’impression qu’on m’avait laissé tomber, comme si on m’avait volé une partie de ce que je pensais être mon héritage. …
Il me faut dire au gouvernement israélien qui prétend parler au nom de tous les Juifs, qu’il ne parle pas en mon nom. Je ne garderai pas le silence face à la tentative d’annihilation des Palestiniens, la vente d’armes aux régimes répressifs partout dans le monde et la tentative d’étouffer la critique d’Israël dans les médias au niveau mondial, quand on voit ce gouvernement remuer le couteau dans la plaie - traduisons ‘ culpabilité ’ - afin d’obtenir des concessions économiques de la part des pays occidentaux. Naturellement, la position géopolitique d’Israël a une incidence grandissante en ce moment. J’empêche Israël de confondre les termes « antisémite » et « antisioniste » : On ne peut pas laisser passer ça."
🔴 Dr. Marika Sherwood, ‘ How I became an anti-Israel Jew ’ (Voilà comment je suis devenue une Juive anti-Israël), Middle East Monitor, 7/3/18[0]...Je ne suis pas antisémite, mais je suis antisioniste[1]
Israël Shahak, survivant du ghetto de Varsovie et du camp de concentration de Bergen-Belsen.
« Pour survivre, Israël doit renoncer au désir de domination. Il deviendra alors un bien meilleur pays pour les Juifs eux-mêmes.En Israël, beaucoup comparent aisément le pays avec l’Allemagne. Non seulement l’Allemagne d’Hitler et des Nazis, mais aussi l’ancien Empire germanique voulait dominer l’Europe. Ce qui s’est passé au Japon, après l’attaque contre la Chine, c’est qu’ils voulaient dominer une vaste zone de l’Asie. Lorsque l’Allemagne et le Japon renoncèrent à leur souhait de domination, ils devinrent des sociétés bien plus sympathiques pour les Japonais et les Allemands eux-mêmes. "
🔴 Dr. Israel Shahak, Middle East Policy Journal, été 1989, no.29[2]... " Le racisme de l'état d'Israël " aux éditions Guy Authier[3]
Hajo Meyer, était un survivant d’Auschwitz.
« Ça me fait mal d’observer les parallèles entre mes expériences dans l’Allemagne d’avant 1939 et celles que souffrent les Palestiniens de nos jours. Je ne peux pas m’empêcher d’entendre les échos nazis de « sang et sol », dans la rhétorique des colons fondamentalistes, qui revendiquent le droit sacré à toutes les terres de la Judée-Samarie biblique.
Les divers aspects de punition collective infligée au peuple Palestinien – ghettoïsation forcée derrière un « mur de sécurité », destruction de maisons au bulldozer, déprédation de champs, bombardement d’écoles, de mosquées et d’édifices gouvernementaux, blocus économique qui prive les gens d’eau, de nourriture, de médicaments, d’éducation et de nécessités de base pour survivre dans la dignité – tout ceci me pousse à me rappeler les privations et les humiliations dont j’ai fait l’expérience dans ma jeunesse. Toutes ces oppressions qui durent depuis un siècle, signifient des souffrances inimaginables pour les Palestiniens. »
🔴 Dr. Hajo Meyer, ‘ An Ethical Tradition Betrayed ’, Huffington Post, 27/1/10[4].
Gabor Mate, survivant du Ghetto de Budapest.
« Jeune homme élevé à Budapest, enfant qui avait survécu au génocide nazi, j’ai été hanté pendant des années par une question qui résonnait dans ma tête avec une telle force que, parfois, elle tournait : ‘ Comment cela fut-il possible ? Comment le monde permit-il de telles horreurs ? ’ Question naïve d’un enfant. Maintenant, j’en sais plus : La réalité est là. Que ce soit au Vietnam, au Rwanda ou en Syrie, l’humanité demeure les bras croisés, complice, inconsciente ou impuissante, comme toujours. À Gaza en ce moment, on trouve le moyen de justifier le bombardement des hôpitaux, l’extermination de familles en train de manger, le meurtre de jeunes qui jouent au foot sur une plage… On ne peut pas comprendre Gaza hors contexte, c’est à dire le nettoyage ethnique continu, le plus long de tous, du siècle dernier et du présent, la tentative continue de détruire la nation palestinienne.Les Palestiniens utilisent des tunnels ? Mes héros de même : les combattants mal équipés du Ghetto de Varsovie. Contrairement à Israël, les Palestiniens n’ont ni hélicoptères Apache, ni drones télécommandés, avions de combat chargés de bombes, artillerie laser : Avec leur défiance inefficace, ils lancent des roquettes primitives qui provoquent de la terreur pour des civils innocents israéliens, mais rarement des blessures. Vu l’énorme inégalité de forces, il n’existe aucun parallèle de culpabilité. …
Qu’allons-nous donc faire, nous, gens ordinaires ? Je prie qu’on écoute notre cœur. Le mien me dit que ‘ plus jamais ça ’ n’est pas une expression exclusive : Le meurtre de mes grands-parents à Auschwitz ne justifie pas la dépossession incessante des Palestiniens. La justice, la vérité, la paix, ce n’est pas l’apanage d’une seule tribu. Le ‘ droit d’Israël à se défendre ’ - indiscutable en principe – ne justifie pas l’extermination de masse. »
🔴 Dr. Gabor Mate, ‘ Beautiful Dream of Israel has become a Nightmare ’ (Le Beau Rêve d’Israël s’est transformé en Cauchemar), Toronto Star, 22/7/14[5].
Marek Edelman, était un survivant du Ghetto de Varsovie et un des chefs du soulèvement du Ghetto.
« Pendant la guerre, nous, on n’aurait jamais pensé que les Sionistes restaient volontairement passifs quant à la destruction des Juifs, afin de mieux justifier la fondation de l’état d’Israël… Mais de nos jours, même les historiens reconnus s’expriment à haute voix sur la façon dont certains Sionistes installés en Palestine exploitaient politiquement l’Holocauste ! … Le premier chef du gouvernement israélien, Ben Gourion estimait que, plus ça irait mal pour les Juifs d’Europe, plus ça irait mieux pour Israël. Il a mis ce projet en œuvre… Ben Gourion s’est lavé les mains de la Diaspora… Dès la conférence du parti Mapai en décembre 1942, il a déclaré que la tragédie des Juifs d’Europe ne les concernait pas - lui et ses associés – directement. C’étaient les paroles d’un chef qui était d’accord pour sacrifier la vie de millions de Juifs pour élaborer un état juif. Je ne dis pas qu’il aurait pu sauver des milliers d’êtres humains, mais il aurait pu combattre pour ces milliers de gens. Il s’en est abstenu. J’ignore si c’était voulu. »
🔴Dr Marek Edelman, 2016. Being On the Right Side : Everyone in the Ghetto Was a Hero (Du Bon Côté : Dans le Ghetto, Ils étaient tous des Héros), pages 223, 448[6].
Zeev Sternell, survivant du ghetto de Przemysl, en Pologne.
« La gauche n’est plus capable de maîtriser l’ultra-nationalisme qui s’est développé ici, en Israël – le genre dont la branche européenne a contribué à éliminer presque tous les Juifs européens. Les entretiens que Ravit Hecht du Haaretz a effectués avec les politiques de la droite israélienne, Smotrich et Zohar, (les 3 décembre 2016 et 28 octobre 2017) devraient être distribués dans tous les médias, en Israël et partout dans le monde juif. On voit en eux non seulement un fascisme israélien grandissant, mais aussi un racisme qui ressemble au Nazisme dans son enfance.
Comme toute idéologie, la théorie raciale nazie s’est développée au cours des années. Au début, elle a uniquement privé les Juifs de leurs droits civils et humains. Il est possible que, sans la Seconde Guerre Mondiale, le ‘ problème juif ’ se fût terminé simplement avec l’expulsion ‘ volontaire ’ des Juifs des terres du Reich. Après tout, la plupart des Juifs d’Autriche et d’Allemagne ont pu partir à temps. Il est possible que ce soit un avenir à prévoir pour les Palestiniens. » :
🔴Prof. Zeev Sternhell, ‘ Opinion in Israel, Growing Fascism and a Racism Akin to Early Nazism ’, Haaretz, 19/1/18[7].
Primo Levi était un survivant d’Auschwitz.
« En ce qui concerne le Premier Ministre Menachem Begin, ‘ Fasciste ’ est une définition pour moi acceptable. À mon avis, même Begin serait d’accord. C’était l’élève de Jabotinsky, qui représentait l’aile droite du Sionisme et qui se disait fasciste. C’était l’un des interlocuteurs de Mussolini. Assurément, Begin était son élève. Voilà toute l’histoire de Begin…. L’Holocauste est la défense préférée de Begin : Je n’y attribue aucune validité. »
🔴Primo Levi, The Voice of Memory : Primo Levi Interviews (La voix de la Mémoire : Entretiens avec Primo Levi), 1961-1987, pp. 285-286. La citation date de 1982[8].
Rudolf Vrba, survivant de Majdanek et d’Auschwitz
Il s’est évadé d’Auschwitz en 1944[9], pour prévenir les Juifs hongrois au sujet du programme nazi d’extermination. Malheureusement, certains chefs sionistes pensaient différemment.
« Le mouvement sioniste européen a joué un rôle très important dans l’extermination de masse des Juifs. Je crois vraiment que, sans la coopération des Sionistes, ça aurait été une tâche bien plus difficile…. Les Sionistes disaient que nous ne sommes pas tchécoslovaques, ni allemands ni français : Nous sommes juifs et nous devons, en tant que juifs, retourner dans notre pays, en Israël ou Palestine, et fonder notre état. …
S’ensuivit la Loi de Nuremberg, loi divulguée par un État dit civilisé – l’Allemagne nazie – qui affirmait que les Juifs ne faisaient pas partie de l’Europe, mais de la Palestine…Donc, ensemble, le Nazisme et le Sionisme partageaient la même chose : Ils proclamaient tous les deux que les Juifs n’appartiennent pas à l’Europe, mais à la Palestine. …
Donc, naturellement, les Allemands ont dit aux Sionistes : ‘ Vous voyez, les Juifs ne nous font peut-être pas confiance, mais ils vous croiront ’, car ils ont compris qu’on leur avait, en fait, dit la vérité : que vous faites partie de la Palestine, que vous êtes ici des étrangers ’. … C’est comme cela qu’une clique sioniste, a formé les conseils juifs (appelés ‘ Judenräte ’) pour " gérer les affaires juives ", soutenue par l’argent d’hommes d’affaires juifs importants, prêts à tolérer la discrimination contre l’ensemble de la population juive qui n’était ni riche, ni sioniste – qui tout simplement, ne faisait pas partie de la clique. …
Par conséquent, :
je ne me fiais pas à eux, malgré le fait que les Nazis leur avaient donné des droits, suite aux lois de Nuremberg. Je les jugeais fascistes, tout simplement, dès le début, créatures méprisables qui s’associent aux fascistes et qui en bénéficient, ne subissant pas la discrimination infligée aux autres. …
Je n’avais pas plus confiance dans les Nazis que dans les conseils juifs sionistes. Assurément, je me suis rendu compte que les Sionistes et les Nazis sont mes ennemis à part égale : Tous les deux, ils veulent me faire partir avec 25 kilos de bagages, vers un endroit inconnu, et laisser ma mère chez elle, sans défense. …
Les jeunes, piliers de la résistance, ont toujours entre 16 et 30 ans. Chaque soldat sait qu’ils sont les meilleurs éléments pour le combat. … J’étais sidéré par le fait que les Sionistes qui se disaient protecteurs des Juifs, avaient décidé en premier lieu, de laisser partir un groupe de résistants potentiels qui, en dernier lieu, pourraient protéger les familles, en employant la force, si nécessaire.… « Je suis juif. Toutefois – plutôt à cause de cela – j’accuse certains chefs juifs d’une des actions les plus horribles de la guerre. »
Ce petit groupe de collaborateurs savait ce qui se passait dans les chambres à gaz d’Hitler et ont sauvé leur propre vie en achetant leur silence. Parmi eux, se trouvait le Docteur Rudolf Kastner, à la tête du conseil qui parlait au nom de tous les Juifs hongrois…
Prisonnier numéro 44070 à Auschwitz – numéro resté sur mon bras – j’ai calculé minutieusement les statistiques des exterminations … J’ai emporté ces affreuses statistiques lors de mon évasion en 1944, et j’ai pu prévenir les chefs sionistes hongrois trois semaines à l’avance qu’Eichmann avait l’intention d’envoyer un million de leurs Juifs dans ses chambres à gaz. … Kastner est allé dire à Eichmann : ‘ Je connais vos projets. Sauvez des Juifs que je pourrais choisir, et je me tairai. ’ Non seulement Eichmann a accepté, mais il a déguisé Kastner en S.S. et l’a emmené à Belsen pour chercher certains de ses amis. Et ce marchandage ne s’en est pas arrêté là.
Kastner a payé Eichmann plusieurs milliers de dollars. Avec cette petite fortune, Eichmann a pu acheter sa liberté lors de la défaite de l’Allemagne, et s’installer en Argentine… »
« Pourquoi le Docteur Kastner a-t-il trahi les siens, alors qu’il aurait pu en sauver beaucoup en les prévenant, en leur donnant l’occasion de se battre, d’organiser un deuxième ‘Soulèvement de Varsovie’ – ce que craignait Eichmann ? …
Était-il donc possible que l’humeur défaitiste du Docteur Kastner ait été renforcée par le souvenir des paroles prononcées par le Docteur Chaim Weizmann, premier président d’Israël, lorsqu’il a parlé à un congrès sioniste à Londres en 1937 ?
Voici très précisément le discours de Chaim Weizmann : " J’ai dit à la Commission royale britannique que les espoirs des six millions de Juifs d’Europe visaient l’émigration. On m’a demandé : ‘ Pouvez-vous emmener six millions de Juifs en Palestine ? ’ J’ai répondu que non. Les vieux disparaitront. Les autres subiront ou non leur destin. Ils ne sont que poussière, économique et morale, dans un monde cruel … seule une partie survivra … Ils devaient l’accepter. … S’ils voient les choses et souffrent, ils trouveront leur voie - Beacharit Hayamim [‘Lorsque viendra le Messie, tous les morts ressusciteront’] – quand viendra le temps … Je souhaite que soit préservée notre unité nationale, car c’est tout ce que nous possédons. "
‘ Seule une branche survivra …’. Kastner, comme Hitler, croyait-il en une race supérieure, une nation juive formée d’élites, pour les élites, par les élites ?
Était-ce sa façon d’interpréter le sombre discours du Docteur Chaim Weizmann ?
Dans l’affirmative, qui allait choisir la branche ?
Qui allait décider quels grains constitueraient le tas de poussière économique, dont le destin serait d’attendre la venue du Messie ? …
Ma famille, je suppose, était la poussière qui allait être balayée jusque dans les fours par les Nazis qui utilisaient les chefs juifs comme balais … »
🔴 "Oral history interview with Rudolf Vrba’ , World at War TV Series (Un Monde en Guerre, série télévisée), de 1972. Première partie. Passages de 32/45 minutes).
🔴 Dr. Rudolf Vrba, Daily Herald, février 1961 (tiré du livre de Ben Hecht, Perfidy - publié en 1962 - p. 231).
🔴 Dr. Rudolf Vrba, I Escaped from Auschwitz (Je me suis évadé d’Auschwitz) [2002], pp. 281-2.
🔴 Les opinions de Rudolf Vrba étaient toujours sujets à controverse, mais même les journaux sionistes tels que le ‘Jewish News’, (15/12/16) et le ‘Jerusalem Post’, (16/2/17) ont, ces dernières années, publié de sérieuses critiques du rôle de Kastner dans l’Holocauste. Pour en savoir plus sur toute cette controverse, voir : Tony Greenstein, Weekly Worker, (1/6/17) et Ruth Linn, ‘Rudolf Vrba and the Auschwitz Reports : Conflicting Historical Interpretations’ (2011) .
" L’un des aspects les plus inquiétants de la définition de l’Holocauste par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, c’est la suggestion que, si l’on compare la politique israélienne actuelle à celle des Nazis, c’est forcément de l’antisémitisme. Il est vrai que de telles comparaisons sont parfois grossières et sans fondement historique, mais dans la plupart des cas, il semble exagéré de l’attribuer à de l’antisémitisme, même si on n’est pas toujours d’accord avec la conclusion", conclut Chris Knight. (Dulwich et West Norwood CLP : circonscription électorale du Parti travailliste).
[9] Rudolf Vrba, né sous le nom de Walter Rosenberg, (11 septembre 1924 à Topoľčany, Slovaquie - 27 mars 2006 à Vancouver, Canada), est un des seuls Juifs à s'être évadé du camp d'Auschwitz. Interné dans le camp de concentration en juin 1942, il est témoin de l'extermination en masse des Juifs à Auzchwitz-Birkenau
Charles Enderlin était le correspondant permanent de France 2 à Jérusalem de 1981 à 2015.
En quelques mots
Plongeant ses sources dans la haute antiquité biblique, le fondamentalisme messianique juif a pris son essor en juin 1967, après la conquête de la Cisjordanie et, surtout, du Haram Al-Sharif, le troisième lieu saint de l’Islam - là où se trouvent aussi les ruines du Temple d’Hérode, là où le patriarche Abraham avait prétendu sacrifier son fils Isaac.
Convaincus que le monde est entré dans l’ère eschatologique, les militants de ce mouvement religieux, allié à la droite nationaliste, s’opposent à toute concession territoriale, et a fortiori à la création d’un Etat palestinien souverain et indépendant. Les idéaux, la politique, les principes qui avaient inspiré le sionisme des origines, libéral et pragmatique, ont été, à mesure que progressait la pénétration du fondamentalisme juif dans la société israélienne, de plus en plus marginalisés.
Dans ce nouveau document d’enquête, Charles Enderlin décrit la lente diffusion de l’idée messianique et son corollaire, le développement de la colonisation juive en Cisjordanie, qui, selon lui, rend impossible toute solution à deux Etats. Un nouvel Israël est-il en train de naître, menant le Proche-Orient à un point de non-retour ?
Disponibilité :en librairie ou chez l'éditeur SEUIL.com Prix : 20,00 €
Pour en savoir plus :
- du même auteur lire : "Le Grand Aveuglement" paru en octobre 2009 chez Albin Michel
En quelques mots
En encourageant le développement à Gaza de la branche la plus extrémiste des Frères musulmans, Israël a joué avec le feu pendant près de deux décennies. Les gouvernements successifs à Tel-Aviv n'ont-ils pas longtemps cru que le cheikh Yassine, fondateur du Hamas, pouvait être « l'antidote à l'OLP » ? Il est vrai qu'à l'époque, les Etats-Unis eux-mêmes, en finançant et en armant les Moudjahidines afghans, avaient grandement sous-estimé la menace islamiste. Ni la CIA ni les services de renseignement israéliens n'ont pris alors la peine d'analyser - voire de traduire - les textes diffusés par ces organisations. Ils découvriront trop tard qu'ils ont, de fait, participé à la création du Hamas et d'Al-Qaïda.
Dans ce nouveau document d'enquête, l'auteur du Rêve brisé (2002) et des Années perdues (2006), correspondant permanent de France 2 à Jérusalem, raconte, à partir de sources exceptionnelles et souvent exclusives, l'incompréhension, l'aveuglement, le double-jeu parfois des services de renseignement et des politiques à Jérusalem, à Tel-Aviv et à Washington. Il décrit aussi comment l'occupation israélienne, le développement de la colonisation dans les territoires palestiniens et la politique américaine au Proche-Orient ont fait le lit de l'Islam radical.Autant de leçons d'histoire à méditer par tous ceux qui prétendent oeuvrer à une paix juste et durable dans la région.
« Un livre passionnant sur les relations des Israéliens et des Américains avec l'Islam. » L'Express Jacques Attali« Un excellent livre d'histoire sur le machiavélisme de ceux qui, parfois, la font déraper. » Claude Angeli. Le Canard Enchainé« Incroyable récit que cette montée des intégristes appuyée par leurs pires ennemis. » Martine Gozlan Marianne« Cette chronique livre quelques clés pour comprendre l'incapacité des acteurs du processus de paix à se tolérer. » Laurent Zecchini. Le Monde.
Après avoir passé ses premières années à Strasbourg, Michel Warschawski[1] a décidé à 16 ans de partir pour Jérusalem où il a entrepris des études talmudiques. Il a rejoint en 1968 l’Organisation socialiste israélienne fondée en 1962 par des exclus du PC israélien et des militants plus anciens influencés par le trotskysme. Le groupe était surtout connu par le nom de son journal, Matzpen (« La boussole » en hébreu). Matzpen était une organisation révolutionnaire qui considérait le sionisme comme un projet colonial et combattait pour une coexistence entre Juifs et Arabes sur la base d’une complète égalité. Dès juin 1967, Matzpen appelait au retrait complet, immédiat et inconditionnel d’Israël de tous les territoires occupés et affirmait son soutien au droit du peuple palestinien à combattre pour sa libération.
Malgré un effectif restreint, les actions et positions de Matzpen ont eu un écho qui en a fait un « ennemi intérieur » dénoncé par les sionistes de droite comme de gauche, et dont les militants étaient fréquemment arrêtés. Bien que formé en majorité de militants juifs, Matzpen s’efforçait à la fois de de mobiliser la jeunesse juive israélienne et de développer des liens avec les Palestiniens d’Israël et les organisations de la gauche palestinienne et de pays arabes.
Dans les années 1970, un débat s’est ouvert au sein de Matzpen sur ses perspectives. Matzpen et des militants de la gauche palestinienne ont décidé de créer en 1984 le Centre d’information alternative (AIC), organisme d’information et de solidarité dont Michel Warschawski est le directeur.
Matzpen a ensuite cessé d’exister comme organisation bien que nombre de ses militants demeurent actifs dans divers mouvements. En 1989, Michel Warschawski a été condamné à plusieurs mois de prison ferme pour« prestations de services à organisations illégales » (il s’agissait de l’impression de tracts).
Sources :L'Anticapitaliste n°61 (janvier 2015)parHenri Wilno 24/02/2015 Henri Wilno : Dans un texte de l’été 2014, tu parles de « fascisation » en Israël. Quelles sont les racines de ce processus ? Est-ce seulement le produit de l’état de guerre ? Peut-on dire que désormais c’est l’extrême droite qui gouverne ? Michel Warschawski : Je parle d’un processus long qui remonte a la campagne de haine et de délégitimation qui a précédé l’assassinat de Yitzhak Rabin en 1995. Les assassins du Premier ministre ont pris le pouvoir et sont en fait le pouvoir depuis. J’y inclus l’épisode Ehud Barak (1999-2001) qui, certes, a été le candidat des Travaillistes, mais défendait une politique d’extrême droite et a tout fait pour qu’Ariel Sharon devienne Premier ministre et lui son ministre de la Défense.
Vingt ans donc de pouvoir continu de la droite, qui ont changé la donne, pas tant dans le domaine de la politique coloniale envers les Palestiniens, mais dans le régime interne de l’Etat d’Israël.
Le racisme s’est lâché, dans le discours politique, dans la rue et dans la législation qui culmine avec la proposition de modification de la « Loi Fondamentale – Israël, Etat-Nation du peuple Juif ». Une série de lois liberticides et ouvertement discriminatoires contre la minorité palestinienne d’Israël a déjà été votée, d’autres, pires encore, sont en route. La Cour Suprême, qui a été pendant de nombreuses années le garant d’un système qui jonglait entre « Etat juif » et « Etat démocratique », est depuis quelque temps l’objet d’attaques violentes de députés d’extrême droite. Plusieurs projets de loi visent à réduire son pouvoir.
Le gouvernement s’appuie sur un bloc de trois partis d’extrême droite, bloc dans lequel Netanyahou fait figure de modéré !
Si depuis un an je parle de fascisme, c’est parce qu’à tout ce que je viens de mentionner s’ajoute la violence contre les militants et organisations démocratiques, de la part de petits groupes fascistes ou même de passants. Gouvernement d’extrême- droite + lois liberticides + violence qui vise à terroriser toute parole critique = fascisme.
Henri Wilno : Israël est désormais un des Etats où les inégalités sociales sont les plus fortes (y compris parmi les Juifs), les politiques néolibérales démantèlent les acquis sociaux. Et, pourtant, vu de l’extérieur, le débat social et politique dans la partie juive de la population israélienne semble se polariser complètement autour de deux axes : la religion et la « sécurité ». Est-ce exact ? Les questions sociales ont-elles disparu du paysage ? Michel Warschawski : Effectivement, Israël est, dans le groupe des pays industrialisés, le second dans le fossé qui sépare les riches et les pauvres : une bourgeoisie très riche et beaucoup de très pauvres. Selon les données de la sécurité sociale israélienne, 32 % des enfants israéliens – juifs et arabes – vivent sous le seuil de pauvreté ! Le démantèlement de l’Etat social et de ses acquis s’est fait avec une brutalité et une rapidité qui auraient fait pâlir de jalousie Margareth Thatcher.
Et pourtant les luttes sociales, en particulier les luttes syndicales, restent extrêmement limitées. Il y a trois raisons à cela : la réussite économique d’Israël qui permet de laisser des miettes aux travailleurs, le fait que le taux de chômage est très bas (inférieur à 2 %), l’absence de tradition et d’organisation syndicales dignes de ce nom. 50 ans de pouvoir absolu de la Histadrout, qui n’avait rien a voir avec une organisation syndicale, même de collaboration de classes, ont empêché la formation d’une conscience de classe, aussi primitive fût-elle. S’il y a des luttes, elles restent cantonnées à une entreprise (en général sur des licenciements) ou dans des secteurs plus privilégiés et mieux organisés (infirmières, enseignants).
Henri Wilno : Les classes populaires réagissent-elles aux politiques d’austérité ? Qu’est devenu le mouvement des « Indignés » d’il y a deux ans ? Que représente le syndicat Koach la-Ovdim qui semble se renforcer au détriment de la Histadrout ? Michel Warschawski : Le mouvement des Indignés a été un feu de paille : une gigantesque mobilisation qui a entraîné des centaines de milliers de personnes pour un retour à l’Etat providence mais n’a enfanté qu’une commission nationale (la Commission Trachtenberg)… dont quasiment toutes les recommandations ont été rejetées par le gouvernement.
Koach la-Ovdim, qui est la première confédération syndicale indépendante de la Histadrout, reste une organisation modeste, comparée à cette dernière, mais a pu animer des grèves et autres luttes revendicatives de certains des secteurs les plus délaissés, entre autre les travailleurs de l’entretien dans certaines grandes administrations ou encore dans une carrière proche de Jérusalem.
Pour la majorité des travailleurs israéliens, les positionnements, y compris les identités, sont d’abord de l’ordre du politique et du « national », et, très loin derrière, de l’appartenance sociale. On demande à quelqu’un ce qu’il est, il répondra : Juif, puis Israélien, puis Tunisien ou Russe d’origine. Ensuite il dira « religieux » ou traditionaliste. Très rarement il dira « ouvrier » ou « employé ».
Henri Wilno : Qu’est devenu le « camp de la paix » ? Est-il en situation de peser en quoi que ce soit ? Michel Warschawski : 3000 personnes environ ont manifesté contre l’agression de Gaza. C’est très peu et représente surtout ce qu’en France on appellerait l’extrême gauche. En ce sens, le mouvement de la paix de masse qu’on a connu dans les années 1980 et 1990 ne s’est pas encore remis de sa déroute en août 2000. Cette date est à retenir, car elle marque une cassure, une espèce d’août 1914 du mouvement de la paix : quand Ehud Barak revient des négociations de Camp David (qu’il a sabotées avec la collaboration de l’administration Clinton), celui qui avait été élu sur la base d’une alternative à la politique d’occupation de la droite, réussit a convaincre son propre camp que Yasser Arafat se servait des négociations pour endormir Israël, y créer des lignes de fracture pour finalement jeter les Juifs a la mer (sic !). Il ajoute : la droite avait raison, c’est nous, les pacifistes, qui nous étions trompés.
Le problème est que ce méga-mensonge a été reçu cinq sur cinq par le mouvement de la paix… Et Sharon a été élu avec une large majorité, pour entreprendre la reconquête des territoires gérés par l’Autorité palestinienne et des quelques acquis résultant des négociations entre Israël et l’OLP.
Le mouvement de la paix ne s’est pas remis de cette déroute, et nous sommes encore loin d’une renaissance de ce dernier, comme mouvement de masse capable de peser sur les choix politiques du gouvernement.
Henri Wilno : Tu as expliqué, je crois, que par son ignorance des questions sociales, une partie de la gauche israélienne et du camp de la paix avait rejeté les sépharades dans les bras du Likoud et de l’extrême droite : est-ce définitif ? Michel Warschawski : Les couches populaires et plus particulièrement les Juifs pauvres originaires des pays arabes (qu’on appelle à tort « sépharades »), ont fait, depuis la fin des années 1970, le choix de la droite, non par identification avec son idéologie du Grand Israël, mais parce qu’elle représentait l’opposition au pouvoir absolu, totalitaire et raciste – envers les Juifs non Européens – de la pseudo-gauche.
La « gauche » n’a aucune chance de regagner l’électorat populaire, car sa réalité et son image sont bourgeoises, et son racisme anti-oriental colle à son identité. L’immigration massive des Russes a d’ailleurs encore renforcé cette ligne de fracture. Pour reprendre pied dans les couches populaires, une nouvelle gauche est à construire, mais ceci est la tâche de la prochaine génération.
Ceci dit, les mariages intercommunautaires sont de plus en plus nombreux, et je pense que l’appartenance ethnique, au sein de la communauté juive-israélienne, tend à perdre petit a petit de sa pertinence.
Henri Wilno : Que représente l’extrême gauche en Israël ? Les Anarchistes contre le mur ? D’autres mouvements ? Michel Warschawski : Ce qu’on appelle ici la gauche radicale est très modeste, définie essentiellement par son positionnement sur les questions politiques (conflit colonial et guerres), même si en général cette extrême gauche défend par ailleurs une orientation anticapitaliste. Elle n’a pas, dans la population juive, de parti dans lequel elle pourrait se structurer, et c’est dans des collectifs qu’on la trouve, que ce soit sur des questions d’ordre politique (occupation, racisme) ou d’ordre social (refugiés économiques, droits des femmes, logement…) Quand il y a des élections, elle vote par défaut pour un des « partis arabes », en particulier le Parti communiste. Ce dernier se défend d’ailleurs d’être « un parti arabe », même si 85 % de son électorat provient de la population palestinienne d’Israël.
Les Anarchistes contre le Mur, certaines organisations féministes, les divers groupes qui luttent contre l’occupation ou les injustices sociales, ou encore le Centre d’information alternative (AIC), se retrouvent dans des campagnes spécifiques (contre le mur, contre les groupes fascistes, pour les sans-papiers, etc.), mais il n’existe pas de structures pérennes.
Un des problèmes auxquels nous sommes confrontés est ce que j’ai appelé, il y a des années, l’« ONGisation » de la politique, une professionnalisation autour de petites boutiques, souvent bien financées pour leurs activités par des fondations ou des Etats européens. Les ONG font certes un bon travail d’information et de sensibilisation, mais elles ne peuvent en aucun cas être la base d’un mouvement de masse. Certains diront même qu’elles en sont, involontairement, un obstacle.
Henri Wilno : Comment évoluent les discriminations envers les Arabes israéliens ? La sécession entre Juifs et Arabes israéliens est-elle désormais complète ? Ou bien y-a-t-il des espaces communs de coopération et de lutte ? Michel Warschawski : Depuis 2000 (en octobre 2000, Ehoud Barak ordonnait une répression sanglante des manifestations de solidarité, dans les localités arabes, avec la révolte palestinienne des territoires occupés), nous avons été témoins d’une rupture du front judéo-arabe qui caractérisait le mouvement d’opposition à l’occupation et aux discriminations contre la minorité palestinienne d’Israël (qui fait 20 % de la population). Les Palestiniens ne viennent plus à Tel Aviv pour manifester et ont fait le choix de se mobiliser dans leurs villes et villages. C’est ce qui explique pourquoi les manifestations dans les grandes villes juives sont passées de dizaines de milliers à quelques milliers seulement.
Derrière ce choix, s’exprime aussi une volonté d’autonomie, car dans le « front judéo-arabe », le PC poussait à une hégémonie juive, dont la présence de drapeaux israéliens et la sur-représentation d’orateurs juifs étaient les signes extérieurs.
La minorité arabe est représentée à la Knesset par trois partis de poids plus ou moins égal : le PC (sous la forme du Front pour la paix et l’égalite), le Rassemblement national démocratique (Balad – nationalistes radicaux), et la Liste arabe unifiée, nationaliste conservatrice.
Un amendement à la loi électorale peut pousser les partis arabes à faire à l’avenir liste commune, s’ils veulent avoir des élus, et si cette perspective se réalise, il pourrait y avoir dans la prochaine Knesset un groupe parlementaire arabe d’une quinzaine de députés (sur 120…) A moins que n’aboutissent les tentatives de l’extrême droite d’interdire à certains partis arabes de se présenter. A ce propos, les prochaines semaines seront déterminantes.
Pour que le front judéo-arabe se reconstruise, il est indispensable que les militants juifs acceptent de se débarrasser de leur volonté hégémonique et de devenir une force d’appoint à un mouvement qui est d’abord un mouvement national arabe.
Henri Wilno : Quel est l’écho de l’AIC dans le contexte actuel ? Michel Warschawski : La spécificité du Centre d’information alternative est d’être, trois décennies après sa constitution, toujours la seule organisation commune israélo-palestinienne. L’AIC regroupe des militants, connus et reconnus, de la gauche palestinienne et des antisionistes israéliens. Si, comme son nom l’indique, elle fait un travail d’information et d’analyse politique et sociale (en particulier sur son site alternativenews.org), son originalité et son importance résident dans son choix d’être une brèche dans le mur qui sépare les deux sociétés, y compris dans le monde militant, et de promouvoir une perspective de coopération et de partenariat entre les mouvements des deux côtés de la « ligne verte ».
Dans un contexte où la séparation est perçue comme une valeur quasi-absolue, la perspective d’un vivre-ensemble est éminemment révolutionnaire, et elle passe par la nécessité d’un combat commun.
Note :
[1] Michel Warschawski milite depuis de longues années en Israël. Il a retracé sa biographie dans un de ses ouvrages, Sur la frontière (Stock, 2002).
La planète entière est témoin de la sauvagerie et la barbarie de l'État d'Israël.
Depuis sa création, cet État artificiel ne cesse de susciter la réprobation et le désaveu des esprits justes à travers le monde. Aveuglés par leur mégalomanie, les sionistes demeurent insensibles aux appels à la raison. Nourris par leur arrogance, les sionistes demeurent autistes face à la répulsion qu'ils provoquent. Lancés dans leur fantasme de toute puissance, les sionistes ne réalisent même pas qu'ils sont devenus les dignes successeurs des nazis, leurs bourreaux d'hier.
De victimes en criminels, voilà l'itinéraire et le destin des sionistes. Voilà ce que retiendra l'histoire.
Que peut espérer Tsahal de ses assauts en visant sciemment de civils palestinien ?
En se comportant de la sorte, l'État sioniste ne fait que renforcer la résistance du peuple palestinien et n'obtiendra jamais sa reddition. Il faut dire que les sionistes n'ont rien appris de l'histoire du colonialisme, n'ont rien retenu de la tragédie qu'a vécue les juifs.
L'État sioniste pousse la perversion à l'extrême en tentant l'amalgame entre antisémitisme et antisionisme (être contre le sionisme c'être contre les juifs) mais le monde n'est pas dupe, à commencer par de nombreux juifs à travers le monde qui manifestent en faveur des palestiniens et contre l'état hébreu. Le comble de la perversité manipulatrice c'est de voir, en France par exemple, des intellectuels sionistes autoproclamés traiter d'autres juifs de traitres parce qu'ils ne soutiennent pas ou plus l'état d'Israël. Souvenons-nous des attaques ignobles qu'a subi Stephan Hessel suite à la publication de son manifeste humaniste Indignez-vous. Il faut dire que l'indignation est une notion aussi étrangère qu'incompréhensive aux esprits pervers, car la capacité de s'indigner suppose un minimum d'empathie et c'est exactement ce qui fait défaut chez les sionistes.
En procédant avec sa sournoiserie légendaire, l'État d'Israël ne s'attire pas seulement la colère des juifs pacifistes mais joue un jeu dangereux en faisant d'eux de victimes potentiels. En voulant à tout prix faire du sionisme une continuité du judaïsme, Israël court le risque de réduire le judaïsme au sionisme. Il s'agit de faire d'une doctrine une foi, d'un racisme un idéal et c'est en cela qu'Israël (comme état et comme projet) est le grand ennemi des juifs. On ne sème pas impunément la haine sans en récolter les fruits infects.
Les juifs, et le reste du monde, ont bien compris le danger de l'entreprise sioniste dans ses divers desseins qui véhiculent certains automatismes comme :
Quand on critique Israël on critique les juifs ;
Quand on est pro palestinien (et par extension pro arabe et /ou pro musulman) on est fatalement anti Israël ;
Toute résistance au projet sioniste de colonisation et d'extension est assimilée au terrorisme.
En résumé le sionisme vise à généraliser l'idée "qu'être juif c'est être sioniste".
Sauf, au risque de nous répéter, tous les juifs n'adhèrent pas au sionisme et encore moins au mythe du peuple élu. Ce sont ces juifs là qui inquiètent Israël. Ce sont ces juifs là qui sont menacés par l'idéologie israélienne.
L'effet pervers de l'œuvre sioniste consistera à réveiller les préjugés antisémites les plus archaïques, à créditer les réflexes judéo phobes les plus enfouis. Et c'est là que réside la hantise des juifs antisionistes.
Outre les palestiniens, les autres victimes de la barbarie israélienne ce sont tous les juifs opposés au sionisme à travers le monde.
Par réflexe masochiste faisant preuve d'une haine de soi manifeste, le sionisme cultive et récoltera (un jour ou l'autre) ce qu'il prétend combattre : la haine. La haine des autres et surtout la haine des siens.
Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.
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