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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 09:14
Le « piège » des primaires c’est le risque de la disparition d’une alternative pour notre pays

Soutenons la candidature de Jean-Luc Mélenchon

 

Le débat sur les primaires s’enlise. La réalité s’impose peu à peu. Les querelles internes au PS ne visent que la conduite du PS. En attendant, le mouvement social, celles et ceux qui espèrent une alternative ont besoin d’une candidature en 2017 qui les représente. La seule déclarée à ce jour est celle de Jean-Luc Mélenchon. Sachons la saisir pour en faire notre candidature.

 

Sources : Le blog de Francis PARNY membre du Conseil national du PCF | le 08 mars 2016

Nous avons signé collectivement, communistes ou pas, un texte intitulé « Rallumer l'étincelle du Front de Gauche ». Notre action a servi.

 

Au conseil national du PCF cette pétition et diverses réactions de communistes ont permis que le texte d'orientation adopté dise que la stratégie du PCF s’inscrivait dans le prolongement du front de gauche (FDG).

 

Malheureusement le dire est une chose, en tirer les conclusions une autre.  Rien dans dans la résolution, en termes de propositions n’a changé. Tout est proposé aux communistes et rien au FDG.

 

On demande aux communistes de s’engager immédiatement à rencontrer 500 000 personnes jusqu’à la fin de l’été, pour discuter avec elles quel mandat ils/elles donnent à un candidat pour 2017. Un candidat qu’on ne pourra pas nommer. On leur demande de mettre en place à leur seule initiative des états généraux par départements en vue des législatives, on leur demande de désigner leurs candidats à ces élections…

 

 

- Cette inscription de la stratégie du PCF dans le cadre du FDG est donc une forfanterie sans lendemain.

  • La dynamique populaire

Pouvons-nous faire mentir cette prédiction ?

Peut-être mais cela nécessite de sortir de « l’entre deux » et de régler la question des présidentielles.

 

C’est urgent et fondamental car il s’agit du moment politique le plus important qui se présente à nous, le plus grand débat politique public dans la 5ème république, sans équivalent.  Et pour cela le moment politique le plus à même de relancer une dynamique populaire qui replacerait le FDG ou quelque chose de nouveau, comme acteur à part entière dans l’espace politique.

 

On ne peut plus attendre. François Hollande sera candidat. Connaissez-vous un président de la cinquième république qui ne se soit pas présenté deux fois aux élections présidentielles ? Il n’y en a pas. Le pouvoir donne cette impression qu’on peut se faire réélire.

 

Et du côté du PS, ce sont les éléphants et éléphanteaux qui sont de retour. Il se livrent la sempiternelle bataille interne pour la prise du pouvoir au sein du PS… après les élections de 2017. Leur « sujet » comme dit Martine Aubry ce ne sont pas les primaires. Ils s’attaquent à Valls mais pas à Hollande. Christiane Taubira déclare qu’elle restera fidèle au président. Ils trouvent Macron « de gauche » sur les questions sociétales… etc…

 

François Hollande candidat - le plus tard possible parce qu’il nous dira qu’il gouverne la France jusqu’au bout de son mandat actuel – aucun, aucune socialiste ne se présentera tout simplement parce qu’il apparaîtrait comme responsable de la défaite de François Hollande.

 

  • Le piège des primaires

Et du côté du PCF, son conseil national n’a levé aucune ambiguïté sur le périmètre et le contenu des primaires qu’il souhaite.

 

Conscient d’ailleurs du fait que pour l’instant ces primaires restent très hypothétiques, le PCF s’est décerné le prix de celui qui fera le plus d'effort pour qu'elle se tiennent.

 

Sur leur périmètre, il faut comprendre des propos tenus par la direction du PCF, que si Hollande participait à ces primaires elle l’accepterait et que «  l’on ne peut exclure de ces primaires tous ceux qui ont soutenus le gouvernement pendant 4 ans ». Et pour qu’ils y participent... il faut bien concéder un socle d’entrée qui ne les discréditent pas.

 

 

- Le risque existe donc bien de se retrouver dans une situation où ceux qui participeront aux primaires pourraient être appelé à soutenir François Hollande ou un autre socialiste.

Chacun sait que ce qui départage les candidats aux primaires n’a rien à voir avec le programme qu’ils défendent.  Ce qui prime c’est la possibilité de gagner face à la droite. En 2011 cela s’est passé comme cela. La politique menée par le président n’a rien à voir avec ce qu’il avait défendu aux primaires et il a fini par appeler Manuel Valls comme premier ministre, Manuel Valls bon dernier des primaires.

 

 

- On nous parle du piège à trois de 2017 qui pourrait voir la disparition de « la gauche », mais le piège des primaires est de voir la disparition d’une candidature d’alternative à toutes ces politiques suivies ces dernières années. 

  • Soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon

Ce processus s’il a lieu rendrait son verdict à la fin de l’année ou au début de 2016 !

 

Pendant ce temps-là celles et ceux qui veulent une bonne candidature seraient spectateurs de la campagne de Jean-Luc Mélenchon qui portera pourtant des propositions qui répondent pour l’essentiel aux souhaits de contenus nécessaires au changement.

 

  • Aujourd’hui il s’agit de savoir si oui ou non nous soutenons la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

C’est la seule candidature déclarée que l’on peut définir comme une candidature de l’alternative à tous ces libéraux d’origine ou rallié.

 

Je sais bien que Jean-Luc Mélenchon possède ce qu’on appelle un caractère. Mais voulons-nous un candidat qui n’en ait pas ? Le résultat de 2012 est certainement dû pour une part à son talent mais le succès est tout simplement lié au fait que la proposition politique qu’il portait, celle d’une alternative de gauche à l’époque, correspondait à une nécessité pour beaucoup de personnes. Elle répondait à un manque.

 

On dit attention c’est différent car il y à la montée des idées d’extrême droite. Mais si on parle des idées, de la défaite idéologique en cours, alors, comme l’a fait remarquer Edgard Morin récemment, on peut crier « no passaran » cela n’empêchera rien. La seule solution disait-il c’est de montrer un autre chemin.

 

 

- Imaginez un mouvement social qui se développe sans que parmi les candidats déclaré-e-s l’un ou l’une d’entre eux/elles porte des solutions alternatives aux projets gouvernementaux qu’ils combattent dans la rue.

En rejoignant la candidature de JL Mélenchon nous pouvons la rendre collective en provoquant des discussions dans le FDG et dans les assemblées citoyennes. Nous pouvons débattre du contenu du projet et de la campagne et aussi des candidat-e-s aux législatives. Et cela dans un cadre large de grande diversité. Au demeurant, Jean-Luc Mélenchon a bien conscience qu’il est nécessaire de forger ce mouvement collectif de citoyen-ne-s mais aussi de partis pour être efficace.

 

  • Alors engageons-nous sans tarder !

Plus on attend et moins cette campagne sera collective. Ayons confiance en nous, en notre détermination à ne pas laisser notre place dans le combat de classe qui se mène dans le mouvement social et dans les élections.

 

 

- Et le PCF dans tout cela

Permettez-moi en tant que communiste de dire toute ma tristesse au sortir du conseil national auquel j’ai participé. J’ai le sentiment d’un immense gâchis tant la valeur de ce qui a été porté comme analyse par de nombreux et nombreuses participant-e-s semble thésaurisé pour rien.

 

Nos réunions ne sont que juxtaposition de point de vu. Jamais de débat contradictoire tranché dans une synthèse fructueuse quand elle est possible. Ainsi les décisions sont conditionnées par des textes écrits au préalables qui ne reflètent pas les débats. Ainsi en est-il des primaires dont on peut se demander à l’écoute de la réunion de ce conseil si elles sont majoritaires dans le PCF ?

 

D’autres débat n’ont pas lieu. Je me suis attaché pour ma part à redire que je pensais que nous avions rompus avec notre concept d’autonomie à l’égard du PS. Que l’idée de reconstruire la gauche nécessitait pour le moins de s’interroger sur ce qu’est devenu ce mot, sur ce qu’il porte et sur ce que diverses expériences européennes nous enseignent à son propos.  Tout cela en vain puisque ne provoquant aucun débat.

 

Et que dire de textes dans lesquels on retrouve ensuite en les relisant qu’ils manifestent notre propre glissement idéologique alors que personne n’est intervenu pour les corriger. Ainsi cette formulation de la politique gouvernementale qui serait « trop conciliante » avec le libéralisme.

 

Trop conciliante vraiment ? Alors que le tournant de fin 2012 sur le socialisme de l’offre sur le pacte de compétitivité marque l’adhésion du PS français au néo libéralisme, conscient et déterminé, bien après les sociaux-démocrates allemands ou les travaillistes anglais parce que la force d’un courant révolutionnaire en France en avait retardé l’échéance.

 

 

- Sommes-nous devenus incapables d’évaluer les moments historiques que nous vivons ?

Pourtant les valeurs qui nous animent depuis notre engagement restent d’une grande pertinence pour qui veut vivre dans un bonheur partagé : marxistes, humanistes, mondialistes, pour construire une France ouverte sur le monde recherchant tout ce qui a portée universelle comme identité même de notre nation afin d’être mieux citoyen-ne-s du monde.

 

Pour en savoir plus :
-
Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

- Pourquoi je ne siégerai plus au comité exécutif national du PCF par Francis PARNY

- Pour les communistes, le projet doit primer sur la primaire

- Le PCF s’apprête à soutenir un candidat issu des rangs socialistes face à un candidat issu du Front de gauche

- PCF et Front de gauche : l’étincelle ou le feu aux poudres ?

- Le Front de gauche est mort ce week-end

- Se fourvoyer avec le Parti socialiste ou construire une dynamique nouvelle avec JLM

- Jean-Luc Mélenchon, stratège politique hors norme

- Pourquoi je soutiens Jean-Luc Mélenchon par Pierre-Yves Cadalen (membre de l'équipe d'animation nationale du Mouvement pour la 6ème République)

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 12:06
Ensemble dans la rue en Charente-Maritime le 9 mars

Le MEDEF en a rêvé HOLLANDE l’a fait

 

L’annonce par Manuel Valls du report de la présentation du projet de loi « El Khomri » en conseil des ministres, est un 1er recul à mettre à l’actif de la mobilisation montante.

 

Le gouvernement doit prendre en considération les revendications qui s’expriment dans les entreprises, les services, et parmi la jeunesse sur les questions de salaires, d’emploi, de conditions de travail ainsi que le rejet massif du projet de loi code du travail.

 

Il doit maintenant annoncer son retrait et ouvrir une phase de négociations réelles avec les représentants syndicaux et les organisations de jeunesse pour élaborer un code du travail protecteur.

 

Les syndicats signataires appellent les salariés et la jeunesse des initiatives multiples et le 9 mars de participer aux rassemblements et manifestations unitaires en construction.

 

Le 9 mars constitue une première étape, fin mars, la CGT et d’autres organisations syndicales et de jeunesse, appellent d'ores et déjà les salariés à une journée de mobilisation convergente, nationale sur les revendications, pour le retrait du projet El Khomri, pour un code du travail du 21ème siècle !

 

 

 

- Le texte de l'appel unitaire à télécharger ci dessous

 

 

- Les rassemblements

ICI on continue à signer massivement la pétition exigeant le retrait du projet de loi
Ensemble dans la rue en Charente-Maritime le 9 mars

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

  • Le communiqué de l'Ugict CGT : "Code du travail : le gouvernement veut donner les pleins pouvoirs aux chefs d'entreprise" [à lire ICI]
  • Le communiqué de la CGT : "Droit du travail : Le gouvernement hors la loi" [à lire ICI]
  • Le communiqué du Syndicat des Avocats de France : Avant projet de loi El Khomri : des salariés flexibles et insécurisés [à lire ICI]

- Déluge de bombes sur le code du travail

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 09:35
Le néolibéralisme est un fascisme

Du "National socialisme " au " National libéralisme "...

 

Sources : Le Soir le 2 mars 2016 par Manuela Cadelli, présidente de l’Association Syndicale des Magistrats belge | mis à jour le 03 juillet 2021

- Le temps des précautions oratoires est révolu

Il convient de nommer les choses pour permettre la préparation d’une réaction démocrate concertée, notamment au sein des services publics.

 

Le libéralisme était une doctrine déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales.

 

  • Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.
  • Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.

 

Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun.

 

L’austérité voulue par les milieux financiers est devenue une valeur supérieure qui remplace la politique. Faire des économies évite la poursuite de tout autre objectif public. Le principe de l’orthodoxie budgétaire va jusqu’à prétendre s’inscrire dans la Constitution des Etats. La notion de service public est ridiculisée.

 

Le nihilisme qui s’en déduit a permis de congédier l’universalisme et les valeurs humanistes les plus évidentes : solidarité, fraternité, intégration et respect de tous et des différences. Même la théorie économique classique n’y trouve plus son compte : le travail était auparavant un élément de la demande, et les travailleurs étaient respectés dans cette mesure ; la finance internationale en a fait une simple variable d’ajustement.

 

 

- Déformation du réel

Tout totalitarisme est d’abord un dévoiement du langage et comme dans le roman de Georges Orwell, le néolibéralisme a sa novlangue et ses éléments de communication qui permettent de déformer le réel. Ainsi, toute coupe budgétaire relève-t-elle actuellement de la modernisation des secteurs touchés. Les plus démunis ne se voient plus rembourser certains soins de santé et renoncent à consulter un dentiste ? C’est que la modernisation de la sécurité sociale est en marche.

 

L’abstraction domine dans le discours public pour en évincer les implications sur l’humain. Ainsi, s’agissant des migrants, est-il impérieux que leur accueil ne crée pas un appel d’air que nos finances ne pourraient assumer. De même, certaines personnes sont-elles qualifiées d’assistées parce qu’elles relèvent de la solidarité nationale.

 

 

- Culte de l’évaluation

Le darwinisme social domine et assigne à tous et à chacun les plus strictes prescriptions de performance : faiblir c’est faillir. Nos fondements culturels sont renversés : tout postulat humaniste est disqualifié ou démonétisé car le néolibéralisme a le monopole de la rationalité et du réalisme. Margaret Thatcher l’a indiqué en 1985 : «  There is no alternative  ». Tout le reste n’est qu’utopie, déraison et régression. Les vertus du débat et de la conflictualité sont discréditées puisque l’histoire est régie par une nécessité.

 

Cette sous-culture recèle une menace existentielle qui lui est propre : l’absence de performance condamne à la disparition et dans le même temps, chacun est inculpé d’inefficacité et contraint de se justifier de tout. La confiance est rompue. L’évaluation règne en maître, et avec elle la bureaucratie qui impose la définition et la recherche de pléthore d’objectifs et d’indicateurs auxquels il convient de se conformer. La créativité et l’esprit critique sont étouffés par la gestion. Et chacun de battre sa coulpe sur les gaspillages et les inerties dont il est coupable.

 

 

- La Justice négligée

L’idéologie néolibérale engendre une normativité qui concurrence les lois du parlement. La puissance démocratique du droit est donc compromise. Dans la concrétisation qu’ils représentent des libertés et des émancipations, et l’empêchement des abus qu’ils imposent, le droit et la procédure sont désormais des obstacles.

 

De même le pouvoir judiciaire susceptible de contrarier les dominants doit-il être maté. La justice belge est d’ailleurs sous-financée ; en 2015, elle était la dernière d’un classement européen qui inclut tous les états situés entre l’Atlantique et l’Oural. En deux ans, le gouvernement a réussi à lui ôter l’indépendance que la Constitution lui avait conférée dans l’intérêt du citoyen afin qu’elle joue ce rôle de contre-pouvoir qu’il attend d’elle. Le projet est manifestement celui-là : qu’il n’y ait plus de justice en Belgique.

 

 

- Une caste au-dessus du lot

La classe dominante ne s’administre pourtant pas la même potion qu’elle prescrit aux citoyens ordinaires car austérité bien ordonnée commence par les autres. L’économiste Thomas Piketty l’a parfaitement décrit dans son étude des inégalités et du capitalisme au XXIe siècle (Seuil 2013).

 

Malgré la crise de 2008, et les incantations éthiques qui ont suivi, rien ne s’est passé pour policer les milieux financiers et les soumettre aux exigences du bien commun. Qui a payé ? Les gens ordinaires, vous et moi.

 

Et pendant que l’État belge consentait sur dix ans des cadeaux fiscaux de 7 milliards aux multinationales, le justiciable a vu l’accès à la justice surtaxé (augmentation des droits de greffe, taxation à 21 % des honoraires d’avocat). Désormais pour obtenir réparation, les victimes d’injustice doivent être riches.

 

Ceci dans un Etat où le nombre de mandataires publics défie tous les standards mondiaux. Dans ce secteur particulier, pas d’évaluation ni d’études de coût rapportée aux bénéfices. Un exemple : plus de trente ans après le fédéralisme, l’institution provinciale survit sans que personne ne puisse dire à quoi elle sert. La rationalisation et l’idéologie gestionnaire se sont fort opportunément arrêtées aux portes du monde politique.

 

 

- Idéal sécuritaire

Le terrorisme, cet autre nihilisme qui révèle nos faiblesses et notre couardise dans l’affirmation de nos valeurs, est susceptible d’aggraver le processus en permettant bientôt de justifier toutes les atteintes aux libertés, à la contestation, de se passer des juges qualifiés inefficaces, et de diminuer encore la protection sociale des plus démunis, sacrifiée à cet « idéal » de sécurité.

 

 

- Le salut dans l’engagement

Ce contexte menace sans aucun doute les fondements de nos démocraties mais pour autant condamne-t-il au désespoir et au découragement ?

 

Certainement pas. Voici 500 ans, au plus fort des défaites qui ont fait tomber la plupart des Etats italiens en leur imposant une occupation étrangère de plus de trois siècles, Nicolas Machiavel exhortait les hommes vertueux à tenir tête au destin et, face à l’adversité des temps, à préférer l’action et l’audace à la prudence. Car plus la situation est tragique, plus elle commande l’action et le refus de « s’abandonner » (Le prince, chapitres XXV et XXVI).

 

Cet enseignement s’impose à l’évidence à notre époque où tout semble compromis. La détermination des citoyens attachés à la radicalité des valeurs démocratiques constitue une ressource inestimable qui n’a pas encore révélé, à tout le moins en Belgique, son potentiel d’entraînement et sa puissance de modifier ce qui est présenté comme inéluctable. Grâce aux réseaux sociaux et à la prise de parole, chacun peut désormais s’engager, particulièrement au sein des services publics, dans les universités, avec le monde étudiant, dans la magistrature et au barreau, pour ramener le bien commun et la justice sociale au cœur du débat public et au sein de l’administration de l’État et des collectivités.

 

  • Le néolibéralisme est un fascisme. Il doit être combattu et un humanisme total doit être rétabli.

 

Pour en savoir plus :

- Réflexions sur le confusionnisme et le néofascisme

- La crise de la démocratie et le néolibéralisme

- Qu’est-ce que le néolibéralisme ? Un programme de destruction des structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur, par Pierre Bourdieu 

- Dilma Rousseff : « Néolibéralisme et néofascisme sont des jumeaux siamois »

- Néolibéralisme : De l'idéologie néolibérale à la pratique du gouvernement

- Pour Cédric Durand, la fin du néolibéralisme est là, sous nos yeux.

- " LE CHOIX DE LA GUERRE CIVILE " : Une autre histoire du néolibéralisme

Le néolibéralisme est un fascisme
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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 09:31
JLM 2017 : Mettre en mouvement c'est agir !

Sources : Le blog de Laurence Pache Parti de Gauche de la Haute-Vienne | le 21 février 2016

J’entends ces derniers jours des critiques sur la méthode avec laquelle Jean-Luc Mélenchon a proposé il y a plus de 15 jours sa candidature.

 

Des personnalités du Front de Gauche et des camarades des organisations qui le composent se sont émus de ce qu’ils ont appelé une démarche solitaire et nous ont appelés à ne pas céder à la « personnalisation » présentée comme le mal auquel il ne faut pas céder.

 

Outre que à ce jour 70 000 personnes ont déjà appuyé la proposition de candidature, ce qui relativise pour le moins cette critique, je veux ici répondre à ce que des camarades parfois bien intentionnés veulent par là nous dire. Car, disent ils, quand on revendique le pouvoir du peuple, la 6e République, comment peut on en même temps se revendiquer d’une décision personnelle ? 

 

 

photo_profil_jlm_2017.png

Je note tout d’abord que ceux qui critiquent la démarche de Jean-Luc Mélenchon dans notre camp ne proposent rien à la place si ce n’est la participation à la primaire avec ceux mêmes qui soutiennent le gouvernement Hollande-Valls dont ils disent tant de mal par ailleurs. Que l’on puisse penser que la question prioritaire c’est « l’unité de la gauche » en lieu et place d’une stratégie qui permettrait au peuple de trancher les questions essentielles telles que le rapport à l’Union Européenne et au carcan des traités, au partage des richesses ou à la transition écologique est en soi assez révélateur de la pauvreté du débat politique. Que l’on puisse penser qu’il faille consacrer l’année qui vient à discuter du « casting » montre à tout le moins un déni des réalités : n’avons nous pas mieux à faire que de nous diviser dans une lutte de personnes sans intérêt alors que nous avons par la personne de Jean-Luc Mélenchon le point d’appui que ses 4 millions de voix à la présidentielle nous confèrent ? Voulons nous discuter de la personne, son style, ou de ce qu’il convient de faire pour le pays ? 

 

Ne faut il pas prendre la question de la désignation par l’autre sens : faire du choix de la personne non pas un aboutissement, mais un point de départ  ? Car au fond ce qui nous importe c’est ce que nous voulons faire de la présidentielle : veut-on en faire un moment de témoignage, certes sympathique, mais inopérant dans le réel, ou l’outil de création d’un mouvement neuf, apte à nous fournir la dynamique populaire dont nous avons besoin pour impulser un changement radical dans notre pays ? 

 

Pour ma part, je choisis la deuxième option. Comme bon nombre de nos concitoyens, je ne vois pas l’intérêt d’un combat politique qui n’aurait pour fonction que de parler à nous mêmes, et de simplement occuper notre place dans le ron-ron du système politique. J’aspire à ce que nous arrivions à faire ce que nous disons, j’aspire à ce qu’on puisse enfin mettre sur le métier notre ouvrage !

 

Si on est d’accord avec ce but, alors il faut s’en donner les moyens. Ni moi, ni les 55 000 personnes qui ont appuyé la candidature de Jean-Luc Mélenchon depuis 10 jours ne sont une horde fanatique de suiveurs charmés par un gourou. Présenter de près ou de loin les choses ainsi ne rend pas justice à la politique, et aux buts que nous poursuivons. Car appuyer sa candidature, créer des groupes d’appui, participer à l’élaboration programmatique pour actualiser « L’humain d’abord » ce n’est pas suivre un individu, c’est participer à une tâche collective. 

 

Ce que nous faisons là c’est simplement agir en politique. Quand on reproche à Jean-Luc Mélenchon la forme de son annonce, la décision individuelle qu’il a prise, on se méprend sur la nature même de ce qu’est agir en politique. Car la politique, si on la prend au sérieux et qu’on essaye de s’extraire du jeu d’ombres insipide qu’elle est trop souvent devenue, consiste à la fois à décider individuellement pour soi même, et aussi à agir avec d’autres.

 

Hannah Arendt,  magistrale philosophe du politique, le disait dans Condition de l’homme moderne : agir c’est prendre des initiatives par lesquelles nous nous distinguons, et qui peuvent ensuite reprises par d’autres, dans une action collective. Elle écrit : 

«  C’est par le verbe et l’acte que nous nous insérons dans le monde humain et cette insertion est une seconde naissance dans laquelle nous confirmons et assumons le fait brut de notre apparition physique originelle. Cette insertion ne nous est pas imposée, comme le travail, par la nécessité, nous n’y sommes pas engagés par l’utilité, comme à l’oeuvre. Elle peut être stimulée par la présence des autres dont nous souhaitons peut être la compagnie, mais elle n’est jamais conditionnée par autrui ; son impulsion vient du commencement venu au monde à l’heure de notre naissance et auquel nous répondons en commençant du neuf de notre propre initiative. Agir, au sens le plus général, signifie prendre une initiative, entreprendre (comme l’indique le grec archein, « commencer », « guider » et éventuellement « gouverner » ) mettre en mouvement. Parce qu’ils sont initium, nouveaux venus et novateurs en vertu de leur naissance, les hommes prennent des initiatives, ils sont portés à l’action » 

 

C’est donc cela dont il s’agit, en politique parce que l’humanité est plurielle, dotée de parole et de raison, en capacité de décider des formes du vivre ensemble, agir c’est proposer, commencer, initier, mais aussi reprendre, prolonger, donner une nouvelle direction à ce qui a été commencé par d’autres. C’est là la beauté, et la fragilité des affaires humaines. 

 

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Il est donc oiseux de reprocher à Jean-Luc Mélenchon de proposer sa candidature sans avoir demandé la permission aux organisations du Front de Gauche. Penserait on à reprocher à un leader syndical, à une meneuse d'une lutte environnementale d’enclencher une action au service de la lutte? Non, car en réalité, si on veut agir, il faut toujours compter sur la force d’initiative de certains. Un jour c’est l’un, un autre jour, quelqu’un d’autre. Ce qui importe c’est l’élan et la possibilité pour tous de s’emparer de l’acte initial. 

 

 

Si l’initiative de Jean-Luc Mélenchon n’est pas reprise par le grand nombre, si elle n’est pas le catalyseur d’un mouvement populaire, alors on pourra à postériori dire qu’elle n’aura été qu’un acte individuel.  

 

Au vu des appuis qu'elle suscite, j'incline à penser qu'au contraire, elle est riche de potentiel :

  • pour appuyer la candidature de Jean-Luc Mélenchon, participer à l'action et à la construction du programme c'est ICI ;

 

  • pour signer l'appel de la France insoumise c'est ICI.

 

JLM 2017 : Mettre en mouvement c'est agir !
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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 09:27
Danger:  une socialiste peut en cacher un autre !

En l'occurence Martine Aubry[1], maire socialiste de Lille. Trop, c'est trop, avait-elle déclaré dans une tribune publiée dans Le Monde, avec plusieurs personnalités de son parti ou des écologistes. Et tous les médias la relayaient. Selon beaucoup, c'était une attaque au vitriol contre François Hollande et sa politique de droite. Pardon social-libérale qu'elle a dit.

 

Sources : Le blog de Roger Colombier le 27 février 2016

- Car elle, Martine Aubry était de la "gauche progressiste".

Bref, le parti de l'Elysée était au bord de l'explosion et en rangs serrés, contre les forces de l'argent, ceux de la gauche progressiste(sic) allaient rejoindre le combat des forces de progrès, quitte à déposer une motion de censure à l'Assemblée nationale pour faire tomber ce gouvernement de merde.

 

Et puis voilà, dans Lemonde.fr du 26 février, mais plus du tout en sa une, mais au fin fond du site, un titre : "Martine Aubry se convertit à une primaire à gauche".

 

Car le jeudi 25 février, elle était présente à Lille, au premier rang lors d'un débat initié par les promoteurs d'une primaire à gauche, dans Libération. A un micro tendu, sans doute par le plus grand hasard, elle a expliqué « comment on peut demander à un président de la République s’il est candidat d’aller dans une primaire ». « Si maintenant, ça a l’air d’être le chemin, que François Hollande est candidat et qu’il est prêt à venir dans cette primaire, c’est formidable ».

 

 

- Plus de gauche progressiste alors ?
Qu'une primaire dite de gauche tout court entre le président de la République sortant et les autres ? Entre ceux-ci et un ex-premier secrétaire national du PS devenu candidat socialo à la présidentielle de 2012, puis reniant toutes ses promesses, conduisant une politique réactionnaire et les autres ? Comme pour signifier que François Hollande est toujours de gauche ?
 

De son côté, Clémentine Autain, du mouvement Ensemble, organisation membre du FdG, signe un édito dans son journal Regards du 24 février 2016 "Primaire à gauche : sortir de la confusion"

  • Extrait :
"La primaire "de toute la gauche" n’aura pas lieu : elle n’a pas lieu d’être

Le refus de Jean-Luc Mélenchon de participer à quelque primaire que ce soit, et sa détermination à être candidat, enterrent de facto l’idée d’une primaire de toute la gauche. Cette primaire n’aura pas lieu : cela tombe bien, car elle n’a pas lieu d’être. La règle d’une primaire est que les candidats perdants soutiennent le vainqueur. Imagine-t-on un instant François Hollande ou Manuel Valls soutenant Jean-Luc Mélenchon ? C’est absurde, autant que l’hypothèse d’un soutien de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron (lire aussi "Pierre Laurent : la primaire à quel prix ?"). Les orientations politiques du gouvernement et du PS, d’une part, et celles défendue par le Front de gauche, d’autre part, ne sont pas réconciliables, primaire ou pas."

 

A non entendeur salut, aurait-elle pu conclure.

 

Si ça continue, il ne va plus y avoir que Pierre Laurent au FdG pour une primaire des gauches, non ?

 

Bon, ça le regarde, mais une Martine Aubry peut cacher un François Hollande. Comme un train peut en cacher un autre. C'est le pourquoi du feu rouge clignotant sur les passages à niveau : arrêt absolu.

 

Note :

[1] Martine Aubry les "aubrystes" ont signé la motion gouvernementale au dernier congrès socialiste de 2015.

La motion A (gouvernementale), "Le Renouveau socialiste", est représentée par Jean-Christophe Cambadélis. Elle est aussi soutenue et signée par Manuel Valls, la quasi-totalité du gouvernement.

Congrès PS : ce qu'il faut retenir de la motion A : la motion A veut "prolonger" ce qui a été fait depuis 2012, sans remettre en cause la politique du gouvernement. Elle propose toutefois quelques corrections, comme sur les 15 milliards du pacte de responsabilité.

 

Danger:  une socialiste peut en cacher un autre !
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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 11:52
 "L’ère du peuple" : sortie de la version 2016 de poche

- L'ère du peuple....

 

Nouvelle édition revue et augmentée  
« Je propose de voir plus loin que l’horizon désespérant du présent. Regardons le monde fascinant qui s’est constitué sous nos yeux en quelques décennies.

 

Un monde chamboulé par l’explosion du nombre des êtres humains, couvert de villes, où l’occupation de la mer elle-même a débuté. Mais un monde engagé dans un changement climatique irréversible et un bouleversement de la hiérarchie des puissances qui menacent l’existence même de la civilisation humaine.Un monde où surgit un acteur nouveau : le peuple.

 

  • Sa révolution citoyenne peut tout changer, en commençant par faire entrer la France dans la 6e République. » 
  • Retrouvez l’actualité de Jean-Luc Mélenchon et celle de ce livre sur www.melenchon.fr 

 

Le livre est disponible dans toute bonne librairie ou  ICI

 

 

-  Retour sur la conférence organisée à Paris le 15 février pour la sortie du livre.

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 09:33
Présidentielles 2017 : le combattant ou le tranquillisant ?

Sources : le blog de Robert Mascarell le 17 février 2016

Depuis que Mélenchon a proposé sa candidature à l’élection présidentielle, en 2017, le débat fait rage au sein du Front de gauche, entre ses différentes composantes. Le PCF et, à un degré moindre, Ensemble y sont hostiles, le Parti de gauche y est tout à fait favorable.

 

Les échanges vont bon train sur Facebook et, plus largement, sur Internet, mais évidemment, également dans les relations inter personnelles.

 

Des membres du PCF, probablement minoritaires, profitent de ce débat pour se livrer à de basses attaques personnelles contre Mélenchon. Rien ne lui est pardonné, tout est passé au crible. Son passé socialiste, son vote Oui au traité de Maastricht en 1992, son caractère emporté, son ego surdimensionné.

 

 

- D’attaques politiques, pratiquement aucune.

Et pour cause, sur toutes les questions essentielles : Europe, relance de l’économie par la demande, taxation bien plus lourde des profits non réinvestis en France, dans l’économie réelle, lutte contre la précarisation des salariés,……… les contempteurs de Mélenchon font la même analyse que lui et proposent les mêmes solutions.

 

Non, tout tient à une stratégie différente entre le PCF et le Parti de gauche. Elle remonte aux élections municipales, en 2014. Je n’y reviens pas, j’ai eu maintes fois l’occasion de dire ce que j’en pensais. Je veux simplement rappeler que le résultat de cette divergence a eu des effets catastrophiques sur les résultats électoraux de tout le Front de gauche.

 

 

- Pour la prochaine présidentielle, les leçons de nos échecs ne sont pas tirées.

Le PCF et Ensemble viennent de se rallier au principe de l’organisation d’une Primaire commune à toutes les gauches, où postuleront des candidats socio-libéraux, partisans de l’actuelle Europe, et des candidats pour une Europe sociale, tournant le dos aux traités la régissant.

 

Si donc nos divergences ne sont, pour l’essentiel, pas politiques, hormis sur la stratégie des alliances électorales, il faut bien convenir qu’elles portent sur la personnalité même de Mélenchon.

 

Nous sommes très nombreux à considérer que de nous tous, celui-ci est de très loin le meilleur candidat possible, par ses qualités d’analystes, de tribun et de débatteur. Dans le débat qui flambe sur Facebook, il m’est arrivé de répondre à des détracteurs de Mélenchon, que notre gauche avait besoin d’un combattant, plus que d’un tranquillisant. Evidemment, beaucoup ont suivi mon regard et ont compris ce que je voulais dire. En clair, comme beaucoup, je regarde les prestations médiatiques de ceux qui portent la parole de notre camp. Plus particulièrement, celles de nos deux leaders les plus emblématiques : Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon.

 

 

- Je vais donc illustrer mon propos

Pour ce faire, je vous invite à regarder la vidéo ci-dessous, d’une durée de 2 minutes 36 secondes qui est tirée de l’émission de France 2, Des Paroles et Des Actes, du 14 septembre 2014. Y participaient Bayrou, Laurent et Cambadélis. Vous pouvez la voir aussi en version intégrale sur https://www.youtube.com/watch?v=VhP8UN6vWMA.

Bayrou y fait un numéro contre le Code du travail absolument immonde. Depuis, il a renouvelé ce numéro de multiples fois. Bayrou sort ce qu’il appelle le minuscule Code du travail suisse, pesant 120 pages. Puis, ménageant ses effets, il plonge ses mains dans un sac et en sort un énorme Code du travail français, pesant 3 000 pages. Il le balance négligemment sur le bureau, pour que le bruit de la chute indique bien le poids exorbitant de notre Code du travail. Des applaudissements fusent dans le public. L’effet visuel et sonore est totalement réussi.

 

Autour de Bayrou, Pierre Laurent reste bouche bée. Il le restera tout au long du numéro de Bayrou, mais également ensuite. Comble du comble, c’est Jean-Christophe Cambadélis, qui, à la manière faux-cul des socialistes, va se donner le beau rôle de défendre notre Code du travail. Là encore, Pierre Laurent va rester passif. Jamais, il ne va défendre notre Code du travail. Jamais, il ne va dire à Bayrou, qu’il trompe les téléspectateurs en prétendant que ce Code pèse 3 000 pages. Que l’édition qu’il présente contient les articles du Code du travail, additionnés de commentaires et d’arrêts de la Cour de cassation. Le Code du travail ne pèse que 675 pages. Il n’est pas plus lourd que tous les principaux Codes : civil, pénal, commerce, impôts, sécurité sociale,……. Autant vous le dire, de l’autre côté de mon poste de télé, je bouillais, l’atonie de Pierre Laurent m’a désespéré.

 

Ce jour-là, je me suis dit que Pierre Laurent était un bien brave homme, qu’il s’exprime correctement et dit des choses proches de ce que je pense, mais qu’il manque singulièrement de combativité. Bref, sa voix est inaudible. Tout le monde ne peut pas être tribun et/ou débatteur.

 

Je suis certain qu’à sa place, Mélenchon aurait eu tôt fait d’intervenir de façon vigoureuse pour ramener le numéro de Bayrou à ce qu’il est : un odieux mensonge.

 

Cela dit, je rappelle que Mélenchon n’a fait que proposer sa candidature. Cela veut dire que d’autres candidats peuvent se proposer. Pierre Laurent, Clémentine Autain, le peuvent par exemple. Et si, au terme du débat démocratique qui aura nécessairement lieu, Mélenchon n’était finalement pas choisi, ce qu’évidemment je regretterais, j’annonce que je voterai sans hésitation pour le candidat que nous nous serons choisi.

 

Il va de soi que cela ne sera possible que si, auparavant, nous faisons tous la clarté sur notre stratégie d’alliances.

 

- Pas Mélenchon, ah non ? Et qui alors ? Attendons que les médias vous le disent !

- Pourquoi je soutiens Jean-Luc Mélenchon par Pierre-Yves Cadalen

- Choisir la France insoumise ou continuer à subir : En 2017, comme je l’ai fait en 2012, je voterai pour Jean-Luc Mélenchon par Maxime Vivas (Ecrivain non encarté).

- Primaires ? PCF ? FDG ? vers quelle "radicalisation" ?

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 09:32
Les impostures du Réseau Voltaire et des "théories du complot"

Depuis les assassinats des 7, 8 et 9 janvier, les "théories du complot" ont à nouveau largement circulé sur le Net. Dans cet entretien, Gilles Alfonsi raconte le retournement du Réseau Voltaire, dont il fut un des administrateurs, et en tire quelques pistes face aux théories complotistes.

 

Source : l'Humanité le 13 Février, 2015

  • Exergue 1 : Il ne faut pas confondre l’interrogation légitime de tous les faits sociaux ou politiques et l’abandon de tout esprit critique au profit de n’importe quelles hypothèses manipulatoires.
  • Exergue 2 : Le 1er révélateur de la dérive du Réseau Voltaire a été un "lapsus" d’un membre du CA, qui attribuait la « campagne contre Thierry Meyssan » à un « lobby juif ».  Le 2nd conflit a porté sur le financement du Réseau par des États étrangers.
  • Exergue 3 : Supplantant la promotion de la laïcité, la lutte contre l’impérialisme américain est venue justifier le soutien aux pires régimes et l’alliance avec les antisémites et l’extrême-droite. Le retournement du Réseau Voltaire est une faillite morale incommensurable.
  • Exergue 4 : Les récits complotistes ont un écho car ils répondent à une demande de paroles et d’aventures dégagées des formes dominantes de médiatisation. Or, les marchants de complots ne sont pas autonomes et libres. Thierry Meyssan est appointé par des grands médias de régimes liberticides.
  • Exergue 5 : Les visions complotistes sont contradictoires avec les aspirations démocratiques profondes. Elles ne laissent en réalité aucune place à une authentique confrontation d’idées, ni à une quelconque délibération collective. Les combattre est devenu un enjeu politique fort.

 

- Heureusement, le ridicule, lui, ne tue pas

Le 7 janvier, jour même des assassinats à Charlie Hebdo, Thierry Meyssan écrivait sur le site internet du Réseau Voltaire, en direct de Damas (Syrie), que « de nombreux Français réagissent à l’attentat en dénonçant l’islamisme » (sic !) et que « l’interprétation jihadiste est impossible ». Ah bon, et pourquoi ? Des djihadistes « ne se seraient pas contentés de tuer des dessinateurs athées, ils auraient d’abord détruit les archives du journal sous leurs yeux »… « ils n’étaient pas vêtus à la mode des jihadistes, mais comme des commandos militaires ». Sans blague, ce n’était quand même pas un défilé de mode ! Alors, quelle hypothèse ? « il serait plus logique d’envisager qu’il soit le premier épisode d’un processus visant à créer une situation de guerre civile ». Ainsi, « les commanditaires les plus probables sont à Washington » (évidemment !).

 

Le 12 janvier, le PDG du Réseau Voltaire change de thèse. Il écrit de Hong-Kong (Chine) que le complot vise en fait à « justifier une nouvelle opération militaire en Lybie » et estime que « peu importe qui étaient » les terroristes (ben voyons !). Il prétend qu’on vient de découvrir que « les dirigeants de droite et de gauche partageaient les valeurs anti-religieuses, anti-nationales et anti-militaristes du très gauchiste Charlie Hebdo ». On se dit que la pente du discours mène tout droit au FN.

 

Le 25 janvier, la pente s’accentue dans un nouvel article.  Dans la même phrase, Thierry Meyssan trouve « absurde » d’être accusé d’antisémitisme mais valorise la construction du parti Soral - Dieudonné, avec « y compris des personnes ayant milité [sic] à l’extrême-droite ». Il considère que le « Je suis Charlie Coulibaly » de Dieudonné était humoristique. Au total, il se rêve en passerelle entre Soral, Dieudonné et Marine Le Pen... sombre cauchemar ! 

 

Lire l’analyse des enjeux politiques suite aux attentats, "Dans quel monde vivons-nous ?, quelle société voulons-nous ?"  dans Cerise, n°241.

 

 

- Quand, comment as-tu connu le Réseau Voltaire & Thierry Meyssan ?

Gilles Alfonsi : Le Réseau Voltaire n’a pas toujours été une officine proche des antisémites et de l’extrême droite ! Il a été officiellement créé début 1994 dans le but de constituer « une cellule d’information au service des organisations laïques ». Ses statuts initiaux de janvier 1994 faisaient référence à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et à la défense de la laïcité. Il comptait alors parmi ses administrateurs des membres des Verts, du PCF et du PRG, Philippe Val (au titre de Charlie Hebdo), des militants d’associations de lutte contre le sida, des éditeurs, des syndicalistes… L’idée était de constituer une sorte d’agence de presse alternative dédiée à la lutte pour la liberté d’expression, à la défense des libertés individuelles et à la lutte contre l’extrême-droite.

 

Le Réseau Voltaire était en réalité une toute petite structure. Son activité était centrée sur la publication d’une Note d’information, qui collationnait et croisait les informations disponibles dans de nombreuses publications papiers. La Note était adressée par courrier à quelques centaines d’abonnés. Dès le début, le Réseau Voltaire, c’était surtout l’entregent de Thierry Meyssan, qui en était le personnage charismatique. Il avait une bonne culture générale, des convictions affirmées sur la République et la laïcité, une conception libérale sur les questions sociétales - mais, déjà, un silence assourdissant, à mes yeux, sur la question sociale.

 

Thierry Meyssan avait auparavant fondé, en 1989, le Projet Ornicar, qui se définissait comme une « association humanitaire » consacrée aux « droits de l’homme et à l’abolition des discriminations sexuelles ». La publication de cette association a accueilli des contributions de toutes sensibilités politiques (surtout de gauche, mais aussi de droite), hors extrême-droite. Elle avait notamment publié un dossier spécial concernant « l’infiltration néofasciste et néonazie dans la communauté gaie ». Thierry Meyssan a aussi écrit dans un journal gay, Exit le journal, et a été le rédacteur en chef de l’éphémère mensuel Maintenant, en 1994. Ce journal vendu en kiosque a joué un rôle important pour révéler au grand public les réalités du génocide contre les Tutsi au Rwanda.

 

De mon côté, c’est à partir de mon engagement associatif dans la lutte contre le sida que j’ai participé au Réseau Voltaire. J’ai contribué à son installation dans des locaux à Saint-Denis. J’ai assuré en 1997 le tirage d’un dossier consacré au Département Protection Sécurité du Front national - le service d’ordre occulte de l’organisation lepéniste -, dossier qui fit référence pour obtenir la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. J’ai publié la même année, dans la revue Combat face au sida que j’animais un dossier sur les "connexions dangereuses" entre une association de lutte contre le sida et une revue pédophile intitulée Gaie France animée par des néo-nazis. À cette époque, Thierry Meyssan était devenu l’un des animateurs du Comité national de vigilance contre l’extrême-droite, qui réunissait à peu près toutes les "sensibilités républicaines". Sa réputation était aussi liée au fait qu’il a longtemps fait partie du secrétariat national du Parti radical de gauche et qu’il était franc-maçon, membre du Grand Orient de France. Outre son travail documentaire, le Réseau Voltaire était approvisionné en informations par ses enquêtes propres et par des contacts - dont le président avait le monopole - au sein des ministères et des services de renseignement.  De fait, le Réseau Voltaire a été une passerelle intéressante entre des militants et des combats très variés. Il ne s’agit pas de mépriser aujourd’hui cette expérience militante en projetant sur le passé ce que le Réseau est devenu aujourd’hui.

 

 

- Que s’est-il passé au sein du Réseau Voltaire après les attentats du 11 septembre 2001 ?

Gilles Alfonsi : Thierry Meyssan a affirmé très tôt sa conviction que les attentats du 11 septembre ne s’étaient pas passés comme annoncé, qu’il ne s’agissait pas d’une campagne de terreur islamiste mais qu’était responsable, directement ou indirectement, une partie du complexe militaro-industriel américain. Si son livre L’effroyable imposture est sorti en mars 2002, les notes du Réseau Voltaire parues juste après l’événement disaient la même chose. Celle du 16 octobre 2001 affirmait « matériellement impossible qu’un Boeing 757-200 ait pu percuter la façade du Pentagone ». Celle du 5 novembre 2011 posait « l’hypothèse d’une responsabilité des Forces spéciales clandestines » américaines. L’aplomb des affirmations et l’apparent bon sens des "démonstrations" de l’auteur semblaient pertinents, et il faisait pièce au discours guerrier de George Bush, qui annonçait l’intervention en Irak de 2003. J’ai donc fait partie des millions de Français qui ont douté de la thèse officielle, notamment du fait qu’un avion s’était écrasé sur le Pentagone.

 

En ce qui concerne la vie du Réseau Voltaire, la dérive s’est accélérée. Thierry Meyssan  réalise plusieurs voyages, par exemple en Iran et au Maroc, en juin 2002, au moment où paraissait son nouveau livre Le Pentagate. Il me semble que c’est à ce moment là qu’il a commencé son grand retournement.

 

Avec mes camarades militants, nous avons mis beaucoup de temps à prendre pleinement conscience de ce qui se jouait. Sans donner de leçons, mais avec le souci d’alerter le lecteur sur ce qui nous pousse, chacun, à croire parfois à des sornettes ou à s’en remettre à des "théories du complot", cela me semble devoir tenir lieu d’avertissement. Ces types de raisonnement fonctionnent comme des pièges sectaires et, avec le recul, j’insisterai sur cette idée : il ne faut pas confondre l’interrogation légitime de tous les faits sociaux ou politiques, y compris la contestation d’affirmations officielles présentées comme des vérités absolues, et l’abandon de tout esprit critique au profit de n’importe quelles hypothèses manipulatoires. Il faut toujours se demander qui parle et pour quelles causes. Ainsi, comment croire que quelqu’un qui indique lui-même travailler pour des radios et des télévisions iraniennes, qui s’exprime régulièrement sur les chaînes de télé des régimes parmi les plus hostiles à la liberté d’expression ou aux droits de l’homme - Syrie (où Thierry Meyssan est « exilé »), Qatar, Émirats arabes unis, Kazakhstan, Russie… - pourrait être un militant de la liberté ?

 

 

- Quelle a été la suite des évènements ?

Gilles Alfonsi : Il faut d’abord indiquer - ce n’est pas anodin - que la vie démocratique du Réseau Voltaire était purement formelle. Au départ, cela s'expliquait (plus ou moins…) par la nature de ses activités : un petit groupe tenant une agence de presse alternative, et non une organisation de militants. L’essentiel des activités était d’ailleurs assuré par les proches du président. Les réunions du conseil d’administration étaient rares, mais l’une d’entre elles a été particulièrement décisive à mes yeux. Le premier révélateur a été un "lapsus" d’un membre du conseil d’administration, qui attribuait la « campagne contre Thierry Meyssan » à un « lobby juif ».  Alors que nous lui demandions de condamner ces propos sur le champ, Thierry Meyssan a évoqué une maladresse d’expression, ce qui ne tient pas : l’utilisation de l’expression "lobby juif" n’est jamais anodine.

 

Le 16 décembre 2004, le second gros conflit a porté sur la proposition portée par Thierry Meyssan que le Réseau Voltaire reçoive bientôt des financements d’États étrangers, ce qui nous expliqua-t-il, nécessitait de se doter « d’une ou des sociétés commerciales aptes à réaliser les investissements nécessaires ». Sur ces deux sujets, avec l’éditeur Michel Sitbon, nous avons réagi immédiatement de manière très ferme, puis par écrit. En fait, sous l’influence notamment de militants rouges-bruns, était en marche l’idée d’une alliance du Réseau Voltaire avec les forces opposées à l’impérialisme américain quelles qu’elles soient. Les dés étaient jetés, et le dernier coup en fut une Assemblée générale destinée à réorienter les activités du Réseau Voltaire. Le jour J, le 26 février 2005, j’ai fait une déclaration au nom du PCF, que je représentais au sein du conseil d’administration depuis trois ans, pour mettre en cause la totalité de la nouvelle stratégie de l’association[1]. Entre temps, Thierry Meyssan avait préparé la relève, faisant entrer[2] au conseil d’administration Claude Karnoouh, un ancien chercheur au CNRS qui s’était fait connaitre en juin 1981 en déclarant en marge du procès de Robert Faurisson : « Je crois qu’effectivement les chambres à gaz n’ont pas existé ; un certain nombre de vérités de l’histoire officielle ont fini par être révisées ». Lors de cette AG, un film fut projeté, où Dieudonné expliquait que « critiquer Israël est pire que violer une petite fille ». Sordide.

 

 

- Comment expliques-tu le retournement du Réseau Voltaire ?

Gilles Alfonsi : Il y avait eu dans les années qui ont précédé les attentats une évolution idéologique du Réseau : une place de plus en plus grande accordée aux questions internationales au détriment des questions nationales sur lesquelles il s’était épuisé, une relativisation de la question de la laïcité au profit d’un discours de plus en plus centré sur l’anti-impérialisme (qui préparait la justification des alliances y compris avec des religieux radicaux), une vision des Américains confinant à la paranoïa, comme s’il n’y avait pas suffisamment de bonnes raisons de critiquer l’impérialisme américain. Cependant, des campagnes ont pu masquer cette évolution à nos yeux mêmes, telles la mobilisation que j’ai animée en 2000 contre "le fichage des séropositifs" qu’annonçait la mise en place d’un nouveau dispositif de surveillance épidémiologique (campagne victorieuse qui permet de bénéficier, encore aujourd’hui, d’un système respectant l’anonymat des personnes dépistées séropositives).

 

Au-delà de ces aspects idéologiques, il y a  eu surtout, me semble-t-il, un élément important de conjoncture. Alors que, très vite, les États-Unis se sont engagés dans la "guerre des civilisations", mobilisant bientôt leurs énormes moyens militaires en Irak, être dépositaire d’une version des évènements du 11 septembre susceptible peut-être de changer du tout au tout le cours de l’histoire était pour le futur président directeur général du Réseau Voltaire l’affaire de sa vie. Pour un intriguant de haut vol, qui avait échoué jusque-là à jouer le rôle politique auquel il aspirait depuis longtemps, ce fut peut-être un point de bascule. Le terreau d’une certaine vision du monde était là, mais c’est dans les mois qui ont suivi la parution de L’effroyable imposture que le Réseau Voltaire "nouvelle formule" a trouvé comme alliés des régimes autoritaires, des anti-Américains haineux, des rouges-bruns inquiétants (capables de signer des menaces de mort), des antisémites. Ce qui n’a pas changé, c’est qu’il a toujours voulu être un porteur de vérité, et si possible LE porteur de LA vérité, cela dit sans vouloir faire de la psychologie à deux sous. Il a d’un seul coup été propulsé comme "personnalité mondiale", disposant de moyens considérables pour présenter ses vues. Ce qui, par contre, a changé, c’est qu’il a rompu à la fois avec ses convictions initiales profondes. Et qu’il est devenu à la fois un petit menteur et un grand imposteur sans scrupule.

 

 

- Peux-tu démontrer cela ?

Gilles Alfonsi : Oui, au travers d’un exemple, un "petit" mensonge. Chacun peut le trouver encore à ce jour [le 30 janvier 2015] dans la page de wikipedia consacrée à Thierry Meyssan. Celui-ci présente ainsi les débats au sein du Réseau : « J’ai eu la surprise de constater que certains de nos administrateurs, sincèrement engagés dans la lutte contre le racisme, défendaient des principes opposés lorsqu’il s’agissait du Proche-Orient. Là-bas, ils se satisfaisaient très bien de l’apartheid israélien. Notre conseil d’administration est devenu un champ de bataille. En définitive, les administrateurs sionistes ont été mis en minorité. Ils ont démissionné, les uns après les autres, non sans insulter avec un acharnement particulier un de nos administrateurs qui est juif antisioniste. » Eh bien, Thierry Meyssan sait parfaitement que les trois administrateurs qu’il met ainsi en cause ne sont pas des pro-sionistes mais au contraire des militants engagés aux côtés du peuple palestinien. Il ment donc effrontément, et ce faisant il sort complètement du registre du désaccord ou même de la vaine polémique, pour entrer dans celui de la manipulation. En nous faisant passer pour des sionistes et en présentant l’un de ses proches comme un "juif antisioniste" (comme Jean-Marie Le Pen montrait son Noir il y a quelques années pour montrer qu’il n’était pas raciste…), son but est de faire croire qu’il serait seulement antisioniste alors qu’il est aussi un allié des pires antisémites. Je prends cet exemple non parce qu’il montre une amitié honteusement trahie mais parce que ce "tout petit" arrangement de la réalité montre que, pour lui, la fin justifie désormais n’importe quels  moyens. Notons au passage qu’en définitive il sert aussi, en miroir, les intérêts de ceux qui assimilent critique de la politique de l’État israélien et antisémitisme. C’est une faillite morale incommensurable.

 

Bien sûr, d’autres aspects devraient être mis sur la table, par exemple : comment le Réseau Voltaire finance-t-il ses activités ? Quels sont les États qui le soutiennent, financent ses déplacements, ce site internet et ses traductions ? Quelles sont ses activités lucratives, portées par quelles structures ?

 

 

- Comment fonctionnent les "théories" du complot ?

Gilles Alfonsi : Dans le cas du Réseau Voltaire comme dans le cas d’Alain Soral, c’est un bricolage rhétorique plus ou moins habile qui combine : une vraie intelligence des enjeux politiques, des éléments de "bon sens populaire" (par opportunisme, car il faut plaire à presque tous), des "hypothèses" présentées avec l'assurance qui sied aux démonstrations les plus scientifiques, mais aussi des tartes à la crème formulées avec toute l’austérité nécessaire pour être considérées comme d’audacieuses pensées (cf. l’encadré p. 3). Ainsi, il ne faut pas prendre ces démonstrations comme de simples imbécillités destinées à des gogos.

 

Cela me conduit à une remarque concernant l’analyse des faits de société. Quant on voit le clip réalisé par le gouvernement pour, dit-il, décourager les candidats séduits par le Djihad, entièrement assimilé à la "guerre sainte" alors que le Djihad a plusieurs définitions[3] (dont beaucoup ne sont pas guerrières !), on se dit qu’il ne comprend pas que les discours extrémistes et les "théories du complot" sont parfois intelligentes, ou alors qu’il préfère faire semblant d’agir aux yeux du plus grand nombre plutôt qu’agir en profondeur. Sans parler du doute que l’on peut avoir sur l’utilisation d’images violentes pour… combattre la violence.

 

Si l’on veut aller plus loin dans la déconstruction des "théories du complot" , il faut considérer le fait qu’au total, ces manières de penser et de dire, y compris quand elles passent par de "l’humour", expriment une vision du monde et des rapports sociaux. L’une des raisons pour lesquelles ces récits marchent, même lorsque ce sont des histoires à dormir debout, c’est précisément qu’ils constituent des récits, ou si l’on veut des contes. Ils répondent à une demande de paroles et d’aventures dégagées des formes dominantes de médiatisation (pauvres, infantilisantes, manipulatrices), et cela en contrepoint à la crise des institutions et de la politique telle qu’elle est pratiquée généralement. Ainsi, le Réseau Voltaire et ses amis antisémites s’attachent à faire semblant de proposer à l’internaute de se rendre compte par lui-même, voire d’enquêter. Notons au passage que si on met de côté les mini-théories du complot - celles qui circulent spontanément sur le net de la part d’on ne sait qui, mais qui buzzent -, les Meyssan, Dieudonné ou Soral ne sont pas des nouveaux-nés de la politique mais des vieux routards de la parole. Ils ne sont pas des marginaux de toute éternité, mais au contraire, ils sont issus du sérail républicain, qu’ils haïssent faute d’y avoir été reconnus. De plus, ces marchants de complots ne sont pas ce qu’ils prétendent être : autonomes et libres. Thierry Meyssan est appointé par de grands médias de régimes liberticides, il est un instrument des États qui le soutiennent. 

 

Ceci dit, les "théories" du complot ont d’énormes faiblesses. Quand on gratte un peu et qu’on va voir derrière telle ou telle affirmation, il y a beaucoup de vide, d’affirmations abracadabrantes, d’hypothèses injustifiées, qui devraient conduire à se demander toujours qui parle et avec quelles intentions. Et si le Net permet de faire circuler tout et n’importe quoi, il a aussi l’immense avantage de permettre à chacun de chercher, de se faire sa propre idée et d’aiguiser son esprit critique. Un autre aspect, c’est que beaucoup de citoyens aspirent à des rapports humains pacifiques, et non à une guerre de tous contre tous. Or, les théoriciens du complot sont des fauteurs de guerre, qui agissent en miroir des discours belliqueux des États, notamment des États-Unis. Un gros problème pour eux est que l’impasse de la guerre entre les cultures ou entre les civilisations est de plus en plus visible, et que nos sociétés expriment  un immense besoin d’égalité et de fraternité, contre les politiques des États qui dominent. Et l’on peut ajouter que les "théories du complot" ont en commun leur silence sur la question centrale de l’égalité, pour une raison simple : elles n’ont rien à proposer pour l’avenir en la matière car elles n’existent qu’en désignant des bouc-émissaires, des ennemis. Dans le cas du Réseau Voltaire, on voit à quoi a pu mener l’indifférence originelle de son fondateur à l’égard de l’enjeu de l’égalité. À l’inverse, les partisans de l’émancipation que nous sommes, avec le Front de gauche, avec Ensemble, disposent avec leur exigence d’égalité d’une arme puissante face aux théoriciens du complot.

 

Enfin, les visions complotistes sont contradictoires avec les aspirations démocratiques. Elles offrent un terrain de jeu qui semble donner de la liberté, alors qu’en réalité elles ne laissent aucune place à une authentique confrontation d’idées, ni à une quelconque délibération collective. Les affrontements actuels entre soraliens et dieudonnistes le révèlent : les partisans des uns et des autres ne sont que des spectateurs, ils n’ont aucune voix au chapitre.

 

Le renforcement d’une éducation qui permette à chacun de penser par soi-même n’est peut-être pas un vaccin miracle contre la manipulation, mais il est un sérieux atout pour les partisans de l’émancipation. De même, le véritable antidote contre ces gens est l’existence d’une pensée alternative riche et pluraliste, qui ne dépende pas des principaux médias, ainsi que la richesse des expériences militantes, à condition que chacun veille à dépasser les clivages et débattre avec bienveillance. Il faudra désormais que ces questions de lutte pour la transparence et de démasquage des idéologies du complot fassent partie du combat politique.

 

 

- Faut-il dialoguer avec les complotistes ?

Gilles Alfonsi : Cela dépend de quels adversaires on parle et dans quelles conditions. Il peut être intéressant de démasquer les impostures, les imposteurs, mais ne pas servir de faire valoir suppose d’être tout à fait explicite à cet égard. Il faut aussi faire le tri entre des adversaires avec lesquels le respect est possible et des ennemis, qui sont dans des logiques de haine.

* Entretien réalisé par Cerises

 

Notes :

[1] Un récit détaillé a été publié le 31 mars 2005 par le site amnistia.net, animé par Didier Daenincks. Lire ici le texte et ses annexes : http://www.cerisesenligne.fr/article/?id=4789

[2] Th. Meyssan prend les internautes pour des poires lorsqu’il indique que Cl. Karnoouh n’a pas été élu administrateur du Réseau Voltaire lors de cette Assemblée générale. Son nom a d’ailleurs figuré de manière éphémère sur le site même de l’association comme administrateur, avant d’en être retiré puis que la "bonne" liste des nouveaux administrateurs soit déposée en préfecture. 

[3] Sur ce point, lire ici :

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 09:27
Fabius et Valls ont obéi aux injonctions d’Hillary Clinton en empêchant la libération de Georges Ibrahim Abdallah !

Des emails récemment déclassifiés émanant de Hillary Clinton, ancienne ministre étasunienne des Affaires étrangères et actuelle candidate aux élections présidentielles révèlent qu’en 2013, alors qu’elle était ministre, elle est intervenue directement avec Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, pour empêcher la libération de Georges Ibrahim Abdallah.

 

Source : Info-Palestine.fr le 29 janvier 2016

L’appel téléphonique en question entre Hillary Clinton et Laurent Fabius a eu lieu le 11 janvier 2013, c’est-à-dire le lendemain du jour où la Cour d’Appel a prononcé la libération de Georges Ibrahim Abdallah.

 

Ibrahim Abdallah, communiste révolutionnaire arabe, militant de la cause palestinienne, était détenu dans une prison française depuis 1984. En 2013, la plus haute Cour de Justice française lui a accordé sa libération conditionnelle.

 

Mais Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, s’y est opposé suite à l’intervention d’Hillary Clinton. Il a refusé d’extrader Ibrahim Abdallah au Liban et a prétendu qu’il ne lui serait pas possible de veiller à ce que celui-ci tienne parole une fois rentré dans sa patrie.

 

Georges Ibrahim Abdallah a été condamné à l’emprisonnement à perpétuité en 1987 pour sa participation dans l’assassinat de Charles Ray, attaché militaire américain, et dans celui de Yakov Barsimentov, diplomate israélien, survenus à Paris en 1982, ainsi que pour l’attentat de 1984 contre le consul général américain à Strasbourg.

 

Robert Homme- Ibrahim Abdallah, autrefois leader du mouvement de guérilla marxiste-léniniste FRAL (Fractions Révolutionnaires Armées du Liban) est connu pour être l’homme qui a passé le plus de temps dans les prisons occidentales.

 

Il aurait pu être libéré en 1999, mais sept appels consécutifs ont été rejetés parce qu’il n’a fait preuve d’aucun remords pour son crime et parce qu’il y avait tout lieu de penser qu’il reprendrait son combat révolutionnaire s’il était libéré et renvoyé au Liban.

 

Bien que le gouvernement français n’ait aucune autorité juridique pour annuler la décision de la Cour d’Appel du 10 Janvier, nous espérons que les autorités françaises puissent s’appuyer sur d’autres bases pour remettre en cause la légalité de cette décision.

 

Ce n’était certes pas la première intervention étasunienne dans le cas Ibrahim Abdallah. Trente ans plus tôt, en 1986, Ronald Reagan était intervenu aux côtés de François Mitterrand pour empêcher sa libération. Des fonctionnaires du Département d’Etat ainsi que des membres du Congrès n’ont cessé d’exiger qu’il soit maintenu en prison.

 

Le communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah a entamé sa 32e année de détention à Lannemezan (Hautes-Pyrénées) -

 

 

- Mais qui est Georges Ibrahim Abdallah ?

C’est un Libanais arabe, militant de la cause palestinienne, emprisonné en France depuis 1984 et reconnu coupable d’avoir participé à des actions armées avec le mouvement FARL (Fractions Révolutionnaires Armées du Liban). Celui-ci combat les invasions sionistes et colonialistes au Liban.

 

Georges Abdallah est militant depuis son plus jeune âge. Il a d’abord travaillé avec le PSNS, Parti social nationaliste syrien, puis avec le FPLP, Front populaire de libération palestinien. Alors membre du FPLP, il a combattu et a été blessé en 1978 par les forces israéliennes qui envahissaient le Liban.

 

Communiste et internationaliste engagé, il considère la lutte arabe contre le sionisme et l’impérialisme comme partie intégrante du combat des travailleurs du monde entier contre le capitalisme.

 

Le mouvement FRAL (Fractions Révolutionnaires Armées du Liban) a été créé pour résister aux attaques impérialistes contre le Liban, menées par les États-Unis, Israël ou tout autre pays. Georges Abdallah a été accusé d’avoir participé à des attaques contre des responsables militaires américains et israéliens en France.

 

Depuis 1999, on a jugé qu’il pouvait être libéré. Pourtant, il continue à se voir refuser la libération conditionnelle bien qu’elle lui ait été plusieurs fois accordée par des juges français. Le gouvernement libanais a officiellement demandé sa libération et lui-même demande à être extradé au Liban.

 

Mais le gouvernement français est intervenu au plus haut niveau, avec les Américains et les Israéliens, pour lui refuser la liberté sur parole.

 

 

- Le mail de Hillary Clinton, ici accès au document original en pdf

 


 

  • Traduction[1] :

Adresses mail

Georges Ibrahim Abdallah a été condamné à l’emprisonnement à perpétuité en 1987 pour sa participation dans l’assassinat de Charles Ray, attaché militaire américain, et dans celui de Yakov Barsimentov, diplomate israélien, survenus à Paris en 1982, ainsi que pour l’attentat de 1984 contre le consul général américain à Strasbourg.

DECLASSIFIE -Département d’Etat américain- Cas n°------------------Date : 30/11/2015
DECLASSIFIE- Département d’Etat américain- Cas n0------------ Date : 30/11/2015

Robert Homme- Ibrahim Abdallah, autrefois leader du mouvement de guérilla marxiste-léniniste FRAL (Fractions Révolutionnaires Armées du Liban) est connu pour être l’homme qui a passé le plus de temps dans les prisons occidentales.

Il aurait pu être libéré en 1999, mais sept appels consécutifs ont été rejetés parce qu’il n’a fait preuve d’aucun remords pour son crime et parce qu’il y avait tout lieu de penser qu’il reprendrait son combat révolutionnaire s’il était libéré et renvoyé au Liban.

Bien que le gouvernement français n’ait aucune autorité juridique pour annuler la décision de la Cour d’Appel du 10 Janvier, nous espérons que les autorités françaises puissent s’appuyer sur d’autres bases pour remettre en cause la légalité de cette décision.

 

Note

[1] Traduit de l’anglais par Christine Malgorn , auteure de Syrie, mon amour. 1860, au cœur de la guerre oubliée, édition Harmattan, 2012 – Voir la vidéo (disponible sur Amazon) ; et de « Bienvenue au Shéol » paru en avril 2015 (disponible en numérique sur Amazon, et en format papier). Consultez son blog

 

Pour en savoir plus :

- Georges Ibrahim Abdallah : le plus ancien prisonnier politique en Europe - 26/10/2014

- Georges Ibrahim Abdallah une nouvelle fois victime du racisme d’État, de l’acharnement judiciaire - 4/02/2014
-
France : exigence grandissante pour la libération immédiate de Georges Ibrahim Abdallah - 26/10/2013
-
Solidarité avec Georges Abdallah : rassemblement à Lannemezan le 26 octobre - 19/10/2013
-
Georges Ibrahim Abdallah : la France et le mépris du droit - 17/07/2013
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France : acharnement politico-judiciaire contre Georges Ibrahim Abdallah - 5/04/2013
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Construire la solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah - 14/02/2013
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Le refus de libérer Georges Ibrahim Abdallah est une véritable honte ! - 31/01/2013
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Manuel Valls bloque la libération de Georges Ibrahim Abdallah - 14/01/2013
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Georges Ibrahim Abdallah : le retour d’un héros - 13/01/2013
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Georges Ibrahim Abdallah libérable sous condition d’expulsion - 11/01/2013
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Le gouvernement français s’acharne sur Georges Ibrahim Abdallah - 25/10/2012
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Le cas de Georges Ibrahim Abdallah n’est pas « une question humanitaire » - 26/03/2012
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George Ibrahim Abdallah : dénoncer la farce de la justice française - 21/01/2012
-
Yves Bonnet raconte les dessous de l’affaire Abdallah - 8/01/2012

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 09:48
Libye : La violence impérialiste n’a pas de fin ! Une seconde intervention en préparation ?

Hillary Clinton : « La guerre contre la Libye visait à empêcher la souveraineté économique de l’Afrique ![1] »

 

La générosité de l’Empire en matière de violence est sans limites. Après que les Etats-Unis aient menti au Conseil de sécurité des Nations Unies sur la soi-disant menace que Kadhafi représentait pour les « manifestants » de Benghazi, le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé l’usage de la force pour les protéger. La Russie et la Chine se sont abstenues au lieu d’opposer leur veto.

 

Sources : Le Grand Soir Traduction de Moon of Alabama : Dominique Muselet | mis à jour le 10 août 2020

Les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN (dont la France) ont violé la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Ils ont armé les « manifestants », bombardé le pays jusqu’à le réduire en miettes, et tué les principaux officiels du gouvernement dont Mouammar Kadhafi. La secrétaire d’Etat étasunienne, le monstre Clinton, s’en est glorifiée (vidéo) dans une célèbre réplique : « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort. »

 

C’est à cause de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU que le président russe Medvedev n’a pas pu se représenter pour un second mandat. Le président Poutine, qui à l’époque était Premier ministre et n’était responsable que de la politique intérieure, a dit que, lorsqu’il avait lu la résolution du Conseil de sécurité il avait trouvé, dans son libellé, des trous permettant à toute une armée de se frayer un passage. Medvedev avait fait une énorme erreur en la laissant passer. Le fait qu’il ait été obligé de partir, est le seul résultat positif de l’attaque de l’OTAN sur la Libye.

 

 

- Maintenant, les États-Unis veulent attaquer à nouveau la Libye.

  • Le général Joseph Dunford Jr., le président du Joint Chiefs of Staff, a déclaré aux journalistes vendredi que les responsables militaires « réfléchissaient à une action militaire décisive » contre l’État islamique ou ISIS en Libye où le groupe terroriste a environ 3 000 combattants selon des responsables occidentaux.
  • Des officiels de l’Administration disent que la campagne en Libye pourrait commencer dans quelques semaines. Ils pensent qu’elle sera menée avec l’aide de quelques d’alliés européens, comme la Grande-Bretagne, la France et l’Italie.

 

Il y aura, comme d’habitude, des frappes aériennes, des forces spéciales sur le terrain, des mercenaires, formés par les forces étasuniennes ou des sociétés privées, qui se transformeront en escadrons de la mort et terroriseront la population.

 

C’est le chaos en Libye, comme c’était prévisible et a été prédit ici quand la guerre en Libye a commencé....  et reconnu récemment par Alain Juppé . Il y a beaucoup de groupes armés et deux parlements et deux gouvernements rudimentaires, un dans l’est et un dans l’ouest. L’ONU vient juste d’essayer d’en créer un troisième, un gouvernement d’union nationale, et elle a échoué :

  • Le parlement de Libye, reconnu internationalement, a voté lundi pour rejeter le gouvernement d’union proposé dans le cadre d’un plan soutenu par les Nations Unies pour résoudre la crise politique et le conflit armé dans le pays. ... Depuis 2014, la Libye a eu deux parlements et deux gouvernements concurrents, l’un basé à Tripoli et l’autre dans l’est. Les deux sont soutenus par des alliances instables de groupes armés et d’anciens rebelles qui ont aidé à renverser Mouammar Kadhafi en 2011.

 

Une grande partie des « rebelles » payés par le Qatar et d’autres pour renverser le gouvernement libyen sont islamistes. Beaucoup sont allés de Libye en Syrie pour lutter contre le gouvernement syrien, et les États-Unis ont contribué à fournir des armes de Libye à ces terroristes étrangers en Syrie.

 

Il est peu probable que l’intérêt réel des États-Unis soit maintenant de combattre les quelques combattants étrangers de l’État islamique en Libye. La plupart des partisans de l’État islamique en Libye appartiennent à des tribus qui, auparavant, faisaient partie d’un gang islamiste local ou d’un autre. Ils ne sont pas une menace et d’autres forces locales peuvent les tenir en respect.

 

 

- Les États-Unis veulent avoir tout le pays sous leur contrôle indirect, mais jusqu’ici ils n’en ont que la moitié.

  • Les forces armées alliées au gouvernement de l’est sont dirigées par le général Khalifa Haftar, un ancien allié de Kadhafi. Il a également combattu les militants islamistes dans la ville orientale de Benghazi, et il est devenu l’une des figures les plus controversées de Libye. Il bénéficie d’un grand soutien dans l’est, mais il est méprisé par les forces alliées au gouvernement de Tripoli.

 

Haftar était autrefois avec Kadhafi mais a été écarté après avoir échoué dans une guerre avec le Tchad. Autour de 1990, il a essayé sans succès de renverser Kadhafi. Il est allé aux États-Unis, est devenu un citoyen américain et a travaillé pour la CIA. En 2011, il était de retour en Libye et a tenté à nouveau de renverser Kadhafi.

 

En 2011, les États-Unis n’ont pas réussi installer leur leader par procuration en Libye. Ils vont maintenant essayer à nouveau de prendre le contrôle total du pays et de ses ressources. Une fois installés en Libye, ils pourront asservir des pays d’Afrique du Nord.

 

Il est facile de voir que cela va engendrer plus de guerres, plus de terreur, et plus de réfugiés. La violence impériale est inépuisable.

 

La France de Hollande, va-t-elle s'embarquer dans cette aventure qui ne peut que, pour les terroristes, contribuer à légitimer leurs actions contre notre territoire et nos ressortissants ?

 

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 09:45
Déluge de bombes sur le code du travail

Ils nous la font sur l'air de : "Donne-moi ta main et prends la mienne...

Mais oui, mais oui, le code est fini !"

 

Sources : LE MONDE diplomatique par Martine Bullard, 19 février 2016

Le patronat et Nicolas Sarkozy en rêvaient, MM. François Hollande et Manuel Valls l’ont fait : si, par hypothèse funeste, le projet de loi « visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs » (sic) devait voir le jour, le code du travail ressortirait en miettes(Le texte complet peut être téléchargé ICI) « L’objectif, précise la ministre du travail Myriam El Khomri dans un entretien aux Echos (18 février 2016), est de s’adapter aux besoins des entreprises ». On s’en doutait un peu — encore qu’il s’agisse d’une étrange vision des entreprises, réduites à leurs seules sphères dirigeantes.

 

Bien sûr, il ne s’agit que d’un projet et tout peut encore bouger. Le pouvoir excelle dans les manœuvres consistant à laisser fuiter les dispositions les plus folles pour ensuite accréditer l’idée que le pire a été évité. Ainsi il a laissé courir le bruit que les heures supplémentaires ne seraient plus rémunérées pour finalement décider un plancher obligatoire de 10 %. Tout le monde crie victoire alors que jusqu’à présent la norme était de 25 %, sauf quelques exceptions !

 

Roi de l’entourloupe, le président de la République assure ne pas toucher aux fondamentaux : contrat de travail à durée indéterminée qui reste la règle et la semaine de 35 heures qui demeure la norme légale. Mais il transforme ces deux principes en coquilles vides. Si les mots restent, la protection des salariés disparaît et avec elle l’égalité de traitement des citoyens devant la loi.

 

Jusqu’à présent, le principe fondamental du droit du travail donnait la priorité aux lois édictées par les élus de la République à moins qu’un accord à un niveau inférieur (branche, entreprise) se révèle plus favorable au salarié. Désormais, un accord dans une entreprise prévaut sur la loi, même s’il est défavorable à ce dernier. Singulière conception de l’« égalité réelle » ! Cette disposition fondamentale permettra au prochain président de la République d’amputer ce qui restera (encore) des droits des travailleurs.

 

Quant au fameux contrat de travail à durée indéterminée (CDI) maintenu dans la loi, il pourra être rompu à tout moment en cas « de réorganisation de l’entreprise » ou de « conquête de marché ». Au delà de ces situations somme toute très fréquentes, la direction n’aura même plus à se justifier : il lui suffira de payer trois mois de salaire pour les employés embauchés depuis moins de deux ans, six pour les moins de cinq ans, etc. La notion même de licenciement abusif disparaît de fait. Le patron qui paye peut se séparer de son salarié sans risque de pénalité supplémentaire.

 

Même tour de passe-passe pour les 35 heures. Entre les dérogations, un décompte du temps de travail et le paiement au rabais des heures supplémentaires, la réforme Aubry va passer aux oubliettes…

 

Après une lecture rapide des 131 pages de ce nouveau code du travail, on peut retenir les dispositions concernant la durée du travail, la réforme des prud’hommes[1], l’élargissement du droit de licencier et de réduire autoritairement les salaires, le moindre paiement des heures supplémentaires, etc.

 

 

- Le patron décide de la durée du travail

Ce nouveau code reprend les principes édictés par M. Robert Badinter, qui a fait sienne la formule la plus libérale que l’on puisse imaginer, dès l’article 1 : « Les libertés et droits fondamentaux de la personne sont garantis dans toute relation de travail. Des limitations ne peuvent leur être apportées que si elles sont justifiées (…) par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise. » Lesquelles sont définies par les actionnaires et les directions d’entreprise. Tout en découle.

 

La journée de travail de 10 heures, qui était jusqu’à présent l’exception, pourra se généraliser en « période d’activité accrue » ou « pour des motifs liés à l’organisation de l’entreprise ». Elle pourra même s’élever à 12 heures. Jusqu’alors, les dérogations exigeaient une autorisation administrative. Désormais, il suffira d’un accord d’entreprise — dont le recours sera facilité (lire plus loin).

 

Même principe pour la durée hebdomadaire, laquelle pourra grimper jusqu’à 46 heures en moyenne pendant 16 semaines par an (au lieu de 12 aujourd’hui) et même atteindre 48 heures « en cas de surcroît d’activité », sans autre précision. Un simple accord d’entreprise suffira. Le gouvernement ne renonce pas au plafond des 60 heures réclamé par les entreprises mais il l’encadre quand même d’une autorisation de l’inspection du travail.

 

Instauré lors de la loi Aubry sur la réduction du temps de travail (RTT), le forfait-jours, qui permet de s’émanciper de la durée légale quotidienne, était réservé aux grandes entreprises et principalement aux cadres (50 % d’entre eux). Le système sera étendu aux entreprises de moins de 50 salariés (sans distinction de fonction). Les charges de travail au quotidien pourront franchir toutes les barrières car, dans la pratique, elles ne seront plus contrôlables.

 

D’autant que les 11 heures de repos quotidiennes consécutives obligatoire sautent. Elles pourront être « fractionnées » !

 

De plus, « le temps de déplacement professionnel pour se rendre sur le lieu d’exécution du contrat de travail n’est pas un temps de travail effectif », sauf s’il dépasse le « temps normal ». On appréciera la précision de la formule.

 

 

- Sécuriser les licenciements

Grâce à M. Nicolas Sarkozy, il y avait déjà la « rupture conventionnelle » (2 millions depuis sa création en juin 2008), faux nez qui cache souvent un moyen de pression patronale pour se séparer d’un salarié. Grâce à quelques syndicats, comme la CFDT et la CGC, qui avaient signé l’accord national interprofessionnel (ANI), et à M. Hollande, qui a concocté la loi dite de « sécurisation de l’emploi », le patronat pouvait réduire les salaires, augmenter le temps de travail et bien sûr licencier « en cas de difficultés économiques », dont l’interprétation était laissée aux juges. Le texte désormais les définit : une baisse des commandes ou du chiffre d’affaires « pendant plusieurs trimestres consécutifs » (cela peut donc être deux trimestres), des « pertes d’exploitation pendant plusieurs mois ou une importante dégradation de la trésorerie ». Et ce, « au niveau de l’entreprise » (et non du groupe). Il suffit pour les grosses sociétés de présenter les comptes de leur filiale en déficit (un jeu d’enfant) pour que tout soit possible. Exit le droit au reclassement des salariés licenciés.

 

 

- En fait le patronat a obtenu ce qu’il réclamait depuis la nuit des temps : le droit de licencier sans entrave.

A ces causes dites défensives de licenciements, s’ajoute la possibilité de jeter les salariés dehors en cas « de mutations technologiques » ou de simple « réorganisation de l’entreprise ». Le travailleur qui refuse une mutation à l’autre bout de la France ou une baisse de salaire, ou encore une augmentation du temps de travail sans augmentation de salaire, sera tout simplement licencié (auparavant, il avait droit au statut de licencié économique) ; il garde ses droits au chômage mais perd celui du reclassement.

 

  • En fait le patronat a obtenu ce qu’il réclamait depuis la nuit des temps : le droit de licencier sans entrave.

 

- Ligoter les prud’hommes

Le patron pourra même licencier « sans cause réelle et sérieuse », il lui suffira de payer une indemnité forfaitaire fixée à l’avance, quel que soit le dommage subi par le travailleur. Celle-ci est d’emblée fixée à 3 mois de salaire pour 2 ans d’ancienneté, 6 mois entre 2 et 4 ans, 9 mois entre 5 et 9 ans, 12 mois de 10 à 20 ans, 15 mois pour les plus de 20 ans. Ainsi, un salarié jugé plus assez productif ou trop ouvertement revendicatif peut être jeté sur le carreau à n’importe quel moment.

 

 

- Travailler plus pour gagner moins

Les heures supplémentaires pourront être majorées de 10 % — et non plus 25 % de plus pour les huit premières heures, 50 % au-delà. Il suffit d’un accord d’entreprise. Pour un salarié payé au Smic, l’employeur devra débourser moins de 1 euro par heure supplémentaire (0,96 euro contre 2,4 euros en vertu de la loi précédente). Une broutille qui le poussera à y recourir au lieu d’embaucher. Quant aux salariés, ils verront leur pouvoir d’achat baisser.

 

 

- L’entreprise au-dessus de la loi

C’est sans doute le changement le plus important. Malgré les déclarations tonitruantes à la gloire de la République et de ses principes, la loi passe au second plan même quand elle protège mieux les salariés. C’est l’accord d’entreprise qui prime. La loi Macron[2] avait déjà introduit cette disposition, mais elle restait exceptionnelle. Elle deviendra la règle.

 

Certes, cet accord devra être majoritaire, c’est-à-dire signé par des syndicats représentant plus de la moitié des salariés lors des élections professionnelles. Mais si ce n’est pas le cas, les syndicats minoritaires (au moins 30 % des voix) pourront recourir au referendum auprès des salariés. Et le pouvoir de vanter cette démocratie directe en jouant le petit peuple des travailleurs contre les élus syndicaux, forcément bornés.

 

Bien entendu, la consultation des travailleurs n’est pas en soi condamnable. Mais la question posée n’est pas définie collectivement, loin s’en faut. Si des syndicats minoritaires peuvent impulser la consultation, son contenu demeure entre les mains du patronat et prend souvent l’allure d’un chantage où les salariés ont le choix entre Charybde et Scylla : soit accepter de travailler plus et/ou gagner moins, soit perdre leur emploi… Chez Bosch, à Vénissieux, les salariés avaient accepté en 2004 de travailler 36 heures payées 35 et de renoncer à une partie des majorations pour travail de nuit ; leurs sacrifices n’ont servi qu’à rendre la société plus présentable : leur usine a été vendue en 2010, et plus de 100 emplois ont disparu. Même scénario chez General Motors à Strasbourg, Continental à Clairoix, Dunlop à Amiens…

 

Les commentateurs vantent souvent les référendums chez Smart, où 56 % des salariés ont répondu favorablement à la hausse du temps de travail (pour la même rémunération) réclamée par l’actionnaire au nom de la défense de l’investissement et de la non-délocalisation. Mais ils oublient de préciser que si 74 % des 385 cadres consultés ont approuvé l’accord, seuls 39 % des 367 ouvriers les ont imités, car ce sont eux qui ont les charges de travail les plus éprouvantes. Faut-il rappeler qu’un cadre vit six ans de plus qu’un ouvrier ? Avec la nouvelle loi, les ouvriers se verront imposer l’intensification de leurs tâches.

 

D’une entreprise à l’autre, les salariés ayant une même qualification auront des droits fort différents. On pourrait même imaginer des travailleurs aux statuts totalement divergents sur un chantier avec plusieurs sous-traitants. En fait, comme l’explique fort bien le spécialiste du travail Pascal Lokiec, « cela conduit potentiellement au dumping social et complexifie la situation du salarié qui changera de droit applicable en même temps qu’il changera d’entreprise[3] ». Quant à l’emploi, il restera à quai ou encore plus sûrement plongera. Comme le montrent toutes les études, ce n’est pas la prétendue « rigidité » du code du travail qui fait le chômage, mais le manque de débouchés.

 

 

- Les élus socialistes aux ordres

Tout comme il oppose les travailleurs aux syndicats, les juges aux technocrates (qui seraient les mieux à même de fixer les pénalités patronale aux prud’hommes ou de définir les licenciements économiques), M. Hollande cherche à opposer les élus parlementaires au peuple français. Assuré avec ces orientations ultralibérales de ne pas bénéficier des voix des députés du Front de gauche et d’une partie des Verts pour faire passer sa loi, le chef de l’Etat réclame des élus socialistes qu’ils s’inclinent (même avec des états d’âme). Il menace donc d’employer la force du 49-3 — une disposition constitutionnelle qu’il qualifiait autrefois (avec lucidité) de « brutalité » et de « déni de démocratie ». La boucle est bouclée.

 

 

- Pour Jean-Luc Mélenchon, la vie quotidienne des gens va être détruite

Note

[1] le prochain numéro du Monde diplomatique, en kiosques le 2 mars, y consacrera un article

[2] « Le choix du toujours moins », Le Monde diplomatique, avril 2015
[3] Cité par Mathilde Goanec, « La future loi El Khomri achève définitivement les 35 heures », Mediapart, 18 février 2016.

 

Pour en savoir plus :

- Le texte intégral du projet de loi [à télécharger ici]

- Le communiqué de l'Ugict CGT : "Code du travail : le gouvernement veut donner les pleins pouvoirs aux chefs d'entreprise" [à lire ici]

- Le communiqué de la CGT : "Droit du travail : Le gouvernement hors la loi" [à lire ici]

- Le communiqué du SAF : Avant projet de loi El Khomri : des salariés flexibles et insécurisés [à lire ici]

- Décryptages dans la presse : à lire ici, ici, ici, et ici

 

et aussi :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

- un site internet dédié à la mobiisation :  Loi Travail : non, merci ! Le projet de réforme du droit du travail présenté par Myriam El Khomri propose de revenir des années en arrière. Mobilisons-nous !

- Avant projet de loi El Khomri : des salariés flexibles et insécurisés par Le Syndicat des Avocats de France

- Fortifions le code du travail : par Clémentine Autain, (Ensemble) , Olivier Besancenot, (NPA) , Eric COQUEREL, (Parti de gauche) , Gérard Filoche, (PS) , Willy Pelletier, (Fondation Copernic) , Pierre Laurent, (PCF) , Eric Beynel, (Solidaires) , Fabrice Angei, (CGT) et Noël Daucé, (FSU)

- Un gouvernement dit « de gauche » va faire ce que des gouvernements de droite n’ont jamais osé...

- La déchéance sociale après celle de la nationalité par Jean-Luc Mélenchon

- Pourquoi la réforme du code du travail met en péril la sécurité et la santé des salariés

Déluge de bombes sur le code du travail
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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 09:30
Pierre Laurent, directeur de casting ! ?
Ce n'est pas J. L. Mélenchon qui dérange, mais le fait qu'il refuse de s'inscrire dans une tambouille d'appareils politiques sous couvert d'une pseudo primaire !
 
Sources : le blog de Pierre Bregou le 18 février 2016 | mis à jour le 22 février 2016
Pierre Laurent continue à vouloir être le grand chef du casting de la primaire de toute la gauche. Il ne veut pas de Hollande, mouais, là il ne prend guère de risque. Aujourd'hui, il ne veut pas de Valls, mouais toujours pas de risques sauf qu'il me revient à l'esprit une belle formule toute démocratique que lui, Dartignolles et autres Chassaigne utilisent aussi à l'envie à l'encontre de JL.Mélenchon : il n'aurait pas sollicité leur avis (doit-on entendre autorisation) pour PROPOSER sa candidature à la présidentielle 2017. Car oui, nous ne le savions pas il fallait postuler au casting qu'entendent organiser le trio et quelques autres !!!
 
Mais au fait, c'est qui, qui les a "mandaté" pour décréter qu'un tel a le pedigrée et tel autre pas? pour postuler à cette primaire bourbier ? Si demain Macron est suggéré, Laurent devra-t-il immédiatement exprimer le niet définitif , et si tel est le cas le larron suivant, s'il se nomme au hazard Cazeneuve, il dit encore non ou l’accepte-t-il ?
 
En fait Pierre Laurent et sa dream time estiment qu'à gauche, pour la primaire, il faut tout le monde sauf toutes celles et tous ceux qui ne leur conviendraient pas. Ainsi donc lui, Pierre Laurent, se déclarerait le dernier pour être sûr que tous les compétiteurs auront bien reçu SON label de gauche!
 
Je vais en rester là pour aujourd'hui et attendre avec impatience qu'il règle ce premier souci avec son camarade du PS - G. Filoche - qui déclarait récemment avec toute l'emphase qu'il faut que, “pour être de gauche, il suffit de se déclarer de gauche” . Derrière le bon sens je sens une petite pique à l'attention de Pierre Laurent qui se voudrait si j'ai bien compris le seul candidat potentiel auto-proclamé ..........?
 
Pendant ce temps, les jours passant, les semaines et les mois défileraient et rien ne se passerait que la définition des règles pour composer le casting labellisé de "toute la gauche" et qui sait - pourquoi pas, tant que nous y sommes - avalisé par leur futur Congrés.
 
A ce stade mon délire n'a que peu d'importance si ce n'est qu'il me conforte, J.L.Mélenchon a bien fait de ne pas accepter de se plier à un énième spectacle qui risque d'être dévastateur dans l'opinion publique tant il va exacerber les partisans de chacune des candidatures ... pour une primaire que le PS n'entend pas voir pilotée par quiconque d'autre que Solférino.
 
 
- Les partisans de la primaire veulent rassembler large du PS à qui Besancenot.... mais pas sans le PS ?

Source : Gérard Filoche

 
Pierre Laurent, directeur de casting ! ?

- L'exemple même de rassemblement "de gauche" dont nous ne voulons plus !

 

Pierre Laurent, directeur de casting ! ?
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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 09:32
Les primaires à gauche, ou le casting de la tambouille

Sources : le blog du Huffington Post par Danielle Simonnet Conseillère de Paris, coordinatrice nationale du Parti de Gauche

- Un petit monde de responsables politiques et médiatiques s'agite sur "Le" débat des primaires pour la présidentielle.

Il faudrait à tout prix désigner un candidat commun pour toute la "gauche". Toute la "gauche", mais de quoi parlons-nous ? Le programme " l'humain d"abord " défendu en 2012 par Jean Luc Mélenchon ou le bilan anti-social, anti-écologique et anti-républicain de Hollande et du gouvernement Valls ? Dites, il n'y aurait pas comme un gouffre entre les deux ? C'est bien flou tout cela. Et comme le signalait Martine Aubry, "quand c'est flou, y'a un loup"... Et le loup se cache à peine !

 

Tiens, les tenants des primaires pour la présidentielle ne proposent pas de méthodes équivalentes pour désigner les candidat-e-s à la législatives. Étrange, non ? En début de semaine, Cécile Duflor se déclarait déjà candidate dans "sa" circonscription de belleville Ménilmontant. Mais quelle autoproclamation, devraient s'écrier certains et certaines ! Et si l'engouement pour les primaires servait à réunir celles et ceux qui aimeraient d'abord et avant tout bénéficier d'une bonne conscience pour continuer une petite tambouille de répartition des circonscriptions, histoire de se garder un siège au parlement au chaud ou d'en gagner un ? Est-ce être mauvaise langue ou vouloir briser la langue de bois que de le supputer ?

 

 

- Un point commun semble se dégager des plus ardents défenseurs des primaires réunis à la Bellevilloise

Hormis l'opposition importante et respectable à la Constitutionnalisation de la déchéance de la nationalité il s'agit de l'affirmation de l'enjeu de défendre une VIe République. Mais par quel miracle une primaire de toute la "gauche" permettrait donc d'aboutir à la défense de la VIe ? Surtout si ceux qui ont abusé des rouages antidémocratiques de la Ve, à coup de 49-3 et d'état d'urgence pour imposer les lois antisociales et criminaliser celles et ceux qui les contestent participent à la même primaire comme les Valls, Macron et Hollande!

 

Pourquoi ne pas défendre d'abord et avant tout un-e candidat-e qui s'engage clairement à supprimer sa fonction de Président-e une fois élu-e en convoquant une assemblée constituante pour en finir avec la monarchie présidentielle et le système oligarchique qu'elle renforce ? Je connais quelqu'un qui a rassemblé 4 millions de voix sur ce programme et a organisé des marches pour la VIe rassemblant plus de 100.000 personnes !

 

Par ailleurs, lorsque l'on défend la VIe République, même si la rupture avec les institutions de la Ve ne se limite pas à cela, on soutient a minima le renforcement du parlementarisme. L'élection des futurs député-e-s est donc centrale. Pourquoi les tenants de la primaire ne proposent-ils pas une réelle implication citoyenne dans la désignation des futur-e-s candidat-e-s ?

 

Mais voilà, lors de cette première soirée des partisans de la primaire, Yannick Jadot a annoncé que l'objectif serait ensuite de partager les investitures aux législatives sur la base des résultats de la primaire. PS, PCF et EELV main dans la main en 2017 ? Hollande en rêvait, la primaire le ferait ? L'élan de la primaire semble bien se réduire au cache-sexe d'un partage des circonscriptions à l'ancienne dans une arrière-boutique.

Pourquoi ? Les députés partisans d'une primaire ne semblent pas prêts à se soumettre aussi à une primaire dans leur circonscription. Organiser 577 primaires serait-il trop compliqué ? Parce que les partis craindraient de perdre le financement public lié aux voix obtenues aux législatives ?

 

 

- Arrêtons donc toute cette petite tambouille

Si on souhaite réellement permettre au peuple de prendre le pouvoir, commençons par assumer de trancher la question centrale :

  • Est-il possible de mener une politique qui réponde aux urgences sociales et aux impératifs écologiques ?
  • Est-il possible d'appliquer le programme pour lequel on se présente ? La crise grecque de cet été permet à celles et ceux qui avaient encore des doutes, de prendre conscience que la réponse est non si l'on reste les bons élèves soumis aux politiques libérales européennes. La présidentielle, forcément couplée à la législative, exige de trancher entre celles et ceux qui assumeront un programme de désobéissance, une stratégie du rapport de force, quitte à rompre avec l'Eurogroupe et les traités si la souveraineté du peuple est en jeu et les autres qui abdiqueront voire poursuivront l'anticipation des injonctions de réformes structurelles ordolibérales dictées par Bruxelles.

 

 

- Vouloir engager des primaires de toute la "gauche", sans même le moindre débat programmatique revient à se ranger derrière le PS

Le PS vient d'ailleurs d'assumer ce weekend qu'il n'aurait pas de programme pour ces deux élections nationales majeures ! Et le PS vient de se déclarer prêt à une primaire de Mélenchon à Macron si chaque candidat s'engage à se ranger derrière le gagnant. On imagine déjà Macron soutenant Mélenchon et inversement ! Pas de suspens, soit ces primaires n'auront pas lieu, ce qui est le plus probable, soit elles se traduiront en un affrontement de tous les lieutenants aspirant à un ministère, une circonscription pour eux-mêmes ou pour leur formation politique. Et à l'arrivée, sans hasard, le candidat le plus conforme aux intérêts du système, désigné favori des instituts de sondage sera choisi... La primaire censée éviter Hollande aboutira à la poursuite de la politique de Hollande, inévitablement.

 

 

- Et le peuple dans tout ça ?

N'en déplaise au Parisien qui manipule son opinion autant qu'il cherche à la façonner, il s'en fiche. Il s'en contre fiche ! Procédons donc de façon plus claire et assumée. Jean Luc Mélenchon a rassemblé 4 millions de voix en 2012 pour la VIe République. Initiateur du Sommet internationaliste du plan B, il ne capitulera pas comme Alexis Tsipras. Au Parti de Gauche, nous pensons qu'il serait le candidat idéal pour lancer un mouvement citoyen où chacune et chacun, encarté ou non, aurait toute sa place. Que ce mouvement élabore le projet au service de la redistribution des richesses et de la transition écologique en réactualisant le programme " l'humain d"abord " qui tout en étant une bonne base, en a grand besoin. Qu'il désigne les candidat-e-s pour les 577 circonscriptions sur la base une femme/un homme=une voix. Mais surtout, que ce mouvement agisse concrètement dans les luttes. La conscience se réveille par l'action !

 

  • Tiens, nombre de participant au débat des primaires de la Bellevilloise étaient curieusement absents jeudi dernier à Nation pour exiger la relaxe des 8 syndicalistes de Goodyear...
  • Mais si nous sommes nombreux à ne pas nous sentir concernés par des primaires avec des dirigeants qui mettent des syndicalistes en prison, peut-être que les tenants de ces primaires ne se sentent pas non plus concernés par cette bataille...
  • Le peuple tranchera, non pas dans les primaires mais dès le 1er tour de l'élection présidentielle.

 

Pour en savoir plus :
- Les primaires à gauche, un remède pire que le mal”

- Quittons le PS en 2016 pour Jean-Luc Mélenchon en 2017 !

- La primaire de gauche, une avancée démocratique ? Non. C'est un remède pire que le mal

- La primaire à gauche est un leurre par Paul Quilès

- C'est le peuple qui remettra la Gauche en mouvement, pas l'inverse

- C’est parce que l’heure est grave qu’il faut se mettre en mouvement de Manuel Bompard

- Mise au point sur les chances à "gauche" pour 2022 et la mauvaise idée d'une primaire

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 09:34
Photo: PABvision.com.

Photo: PABvision.com.

Tandis que les tracteurs sont à nouveau de sortie aujourd’hui dans plusieurs régions de France pour crier la détresse paysanne, Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine, dénonçait hier la manière dont on ruine les éleveurs en France pour augmenter les marges de l’aval.

 

Source : l'Humanité du 27 janvier 2016 par Gérard Le Puill

Le 26 janvier, au moment où Stéphane Le Foll annonçait un rajout de 290 millions d’euros pour venir en aide aux éleveurs de bovins à viande, de porcs mais aussi de palmipèdes gras sans oublier les producteurs laitiers, Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine (FNB) de la FNSEA tenait une conférence de presse. Cette rencontre était prévue depuis trois semaines dans le cadre de la préparation du congrès annuel de la FNB qui se tiendra à Bourg-en-Bresse le 3 et le 4 février. 

 
Elle fut l’occasion pour l’éleveur bourguignon de rappeler que le plan d’aide de l’été dernier devait réduire pour éleveurs le coût financier des conséquences de la sécheresse dans certaines régions d’élevage ; réduire aussi les pertes de revenu induites par le blocage des bovins prêts à la vente dans les élevages suite à la fièvre catarrhale ovine (FCO) qui touche aussi les bovins. Enfin, une partie de ces aides sert à prendre en charge de cotisations sociales d’éleveurs incapables de tirer un revenu de leur métier. Non par incompétence, mais en raison d’un marché de la viande bovine où l’offre est légèrement supérieure à la demande. Du coup les prix baissent, ce qui est également vrai pour la viande porcine et pour la production laitière.
 
En juin 2015, les paysans affiliés à la FNB avaient bloqué des abattoirs pendant plusieurs jours dans le but d’obtenir une négociation avec les abatteurs et les distributeurs. Ils voulaient que le prix du kilo de viande bovine non désossée augmente de 40 centimes par kilo, somme nécessaire pour dégager un peu de revenu. Dans un premier temps, les enseignes de la distribution jouant le jeu, les prix augmentèrent de 13 centimes en quelques semaines. Mais, dès la fin du mois d’août, « cette dynamique globale de filière a été torpillée par des entreprises d’aval, en particulier le groupe Bigard, qui a délibérément joué la baisse brutale des prix, y compris sur des segments où rien ne perturbait fondamentalement le maintien d’une revalorisation sur les viandes destinées aux circuits de la grande distribution et de la boucherie artisanale. Les cours ont alors dévissé, entrainés dans une spirale de baisse qui a conduit à tomber même en dessous des cours moyens précédant les engagements pris en juin », constate Jean-Pierre Fleury huit mois plus tard.
 
Selon lui, le groupe privé Bigard, qui abat 40% des bovins en France- contre seulement 12% pour la seconde entreprise d’abattage-, a fait le choix d’augmenter ses marges sur le dos des éleveurs et notamment ceux qui sont spécialisés dans les races à viande. Il faut savoir ici que ce secteur compte en France plus 4,2 millions de vaches, à quoi s’ajoutent les jeunes bovins. Les vaches du troupeau allaitant sont plus nombreuses en France que celles du troupeau laitier qui sont environ 3,7 millions. Mais, du fait de sa géographie constituée de vastes zones herbagères, la France est le seul pays européen dans cette situation. Du coup, les éleveurs de bovins à viande sont dépendants des achats de l’Italie, de l’Espagne, de la Grèce, de la Turquie, voire de quelques pays du Maghreb pour vendre leurs « broutards ». Ces animaux maigres vendus à dix mois sont souvent engraissés dans les pays qui les consomment.
 
De son côté, le marché français consomme surtout des vaches de réforme et des génisses de deux à trois ans. Mais le marché de la vache de réforme est souvent encombré par les vaches laitières à courte durée de vie en raison même des dégâts du productivisme laitier sur leur organisme. Plus fâcheux encore, le nombre de laitières à augmenté en Europe avec la sortie des quotas laitiers. Ce qui se traduit aussi par plus d’abattage de laitières de réforme, surtout quand le prix du lait baisse sensiblement pour cause de surproduction, ce qui est le cas en Europe depuis plusieurs mois.
 
Facteur aggravant, les carcasses de vaches laitières sont de plus en plus transformées en viande hachée, ce qui permet de faire du steak haché avec de la viande à bouillir en y intégrant pas mal de graisse. La graisse lui donne plus de goût et diminue le prix de revient au détriment de la diététique. Mais son prix est attractif car la matière première ne coûte pas cher. La viande hachée sous toutes ses formes représente désormais près de 50% des volumes de viande bovine vendus en grande surface. Du coup, la viande de qualité et notamment les pièces nobles issues des races prestigieuses comme la charolaise, la limousine, la blonde d’Aquitaine, la salers, l’Aubrac et quelques autres peine à trouver sa place dans les rayons de la distribution.
 
On en est là aujourd’hui et il est difficile de savoir s’il y aura une sortie de crise dans les mois qui viennent. Ce n’est donc pas le moment d’ouvrir le marché européen aux viandes d’outre Atlantique. Jean-Pierre Fleury est allé le dire récemment à la Commission européenne qui négocie actuellement des baisses de tarifs douaniers avec les Etats Unis sur les exportations de viandes bovines et veut faire la même chose avec les pays du Mercosur. Au pays du Hamburger, 100% des vaches laitières de réforme sont transformées en viande hachée. Mais les Etats Unis engraissent aussi pour l’exportation beaucoup de bovins de races à viande dans leurs « feedlots », ces parcs d’engraissement conçus comme des camps de concentration pour bétail où l’alimentation granivore destinées aux herbivores arrive en trains entiers tandis que les hormones de croissance et les antibiotiques entrent régulièrement dans la ration alimentaire.
 
Selon Jean-Pierre Fleury, la commissaire européenne en charge du Commerce a repris une offre européenne faite des 2003 aux Etats Unis dans le cadre d’une négociation non aboutie depuis. Il s’agit d’importer annuellement sans droits de douanes 300.000 tonnes de pièces nobles des Etats Unis alors que ces mêmes pièces issues de nos races à viande peinent à trouver leur place sur le marché. En oubliant que la consommation de viande bovine a diminué de 27% en Europe depuis 2003 tandis que l’offre de viande qualité au augmenté en France.
 
Plus grave encore, cette viande trouve de moins en moins sa place dans la politique de l’offre dans notre pays avec la fermeture des boucheries traditionnelles et l’augmentation des ventes dans la grande distribution où le client n’est pratiquement pas conseillé.
 
Décidément, des usines aux exploitations agricoles, la politique commerciale de l’Europe n’en finit pas de provoquer des crises et d’en faire payer l’addition par les hommes et les femmes qui n’en sont pas responsables. Et la France du président Hollande accompagne cette politique sans prendre la moindre initiative pour tenter de la corriger. Du coup les tracteurs sont encore de sortie aujourd’hui à l’initiative de milliers de paysans au bord de la ruine tandis que l’Europe des marchands brade aussi notre souveraineté alimentaire. 
 
Pour en savoir plus :
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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 09:32
Réflexions sur le confusionnisme et le néofascisme

Au lendemain d’élections régionales dont le résultat a pu provoquer chez certains un sentiment momentané de soulagement malgré un taux d’abstention supérieur à 40 % et des niveaux inhabituels de votes blancs et nuls , il n’est pas inutile de rappeler que l’économie française, entrainée dans la politique déflationniste de l’Union européenne et de l’Euro, reste installée depuis la crise de 2008 dans une quasi stagnation , que le chômage continue à s’élever à des niveaux record , que le commerce extérieur reste durablement déficitaire.

Le gouvernement , enfermé désormais dans la forteresse autocratique de l’état d’urgence , continue à s’impliquer, dans ou hors OTAN, dans de multiples opérations guerrières contribuant à accroitre des tensions internationales dangereuses et qu’il affiche systématiquement une préférence marquée pour les gouvernements les plus réactionnaires : Ukraine, Arabie Saoudite, Qatar, Israël, Turquie en même temps qu’un soutien constant aux bourgeoises compradores africaines.

 

Sources : Le Grand Soir par Robert Charvin[1]

- Confusionnisme et neofascisme

S’il est une idéologie dominante aujourd’hui en France et dans de nombreuses régions du monde, c’est le « confusionnisme ». Les questions majeures qui déterminent l’essentiel des comportements sont noyées dans un fatras de références pseudo-morales, religieuses, instrumentalisées pour gommer les inégalités sociales, la précarité en voie de généralisation dans les pays développés, la fracture nord-sud et l’incapacité du système économique à avoir une quelconque efficacité contre la destruction de l’environnement.

 

Ce n’est pas encore un monde nouveau qui se profile à l’horizon, c’est le vieux monde poursuivant sa logique qui se dégrade à grande vitesse et accentue toutes ses perversions. La richesse se concentre entre quelques mains de moins en moins nombreuses dans un monde où les difficultés sociales et la crise environnementale s’aggravent, sans que le système dominant n’ouvre aucune issue.

 

En Amérique du Sud, après une dizaine d’années de victoires progressistes permettant d’affirmer pour la première fois l’indépendance vis-à-vis des États-Unis de plusieurs États et le recul de la pauvreté, la contre-révolution reprend le dessus, grâce à des alliances confuses extrême-droite – conservateurs et social-démocratie ! La Bolivie d’Evo Morales résiste, mais le Venezuela chaviste s’affaiblit tandis que l’Argentine change de camp : le retour des États-Unis et des grandes firmes privées s’annonce !

 

En Afrique, le désordre et la misère atteignent des sommets particulièrement depuis la destruction de la Libye par la France et les États-Unis qui a déstabilisé une large partie des États africains voisins. Les inégalités, la mal-gouvernance et les interventions extérieures renforcent le chaos qui se répand sous couleur de conflits religieux. Le développement n’a pas de réalité pour le plus grand nombre.

 

En Asie, la Chine qui a pour priorité l’édification d’une économie nationale puissante, n’a pas encore une stratégie lisible à l’échelle planétaire. Sa tradition exclut toute « précipitation » dans le domaine politique. Il est difficile de savoir ce qu’il en sera demain.

 

Les États-Unis, divisés entre conservateurs de plus en plus ultras et démocrates très modérés et dont les positions varient d’un État à l’autre au sein de la Fédération, poursuivent cependant quelle que soit la présidence une politique à visée hégémonique, usant du recours à la force ou de l’ingérence « soft » pour maintenir des intérêts économiques et stratégiques, sous couvert d’un humanitarisme frelaté. Son « exceptionnalisme » affirmé exclut tout respect de la légalité internationale.

 

Les États européens qui se sont ligotés dans le cadre de l’Union Européenne, qui n’a créé qu’une structure affairiste au service des lobbies les plus riches, est politiquement malade. Malgré des dispositions « constitutionnelles » pro-démocratiques, l’Union Européenne accepte sans réaction des gouvernements qui associent diverses droites et des mouvements fascisants (comme en Hongrie ou en Lettonie, par exemple). Elle se propose même d’accepter l’adhésion de la Turquie autoritaire, islamiste et opportuniste de l’A.K.P, tandis qu’elle n’a pas hésité à détruire la gauche grecque qui avait remporté les élections, avec un parfait mépris de la démocratie électorale. La social-démocratie qui, dans une période récente, était presque partout au pouvoir en Europe, n’a rien modifié à la situation sociale détériorée. Aujourd’hui, elle est souvent associée à la droite conservatrice, comme en Allemagne qui devient le modèle politique de la France et d’autres pays européens.

 

La France, quant à elle, a perdu tous ses repères. Il n’y a pas « modernisation » de la vie politique malgré la prétention de certains « socialistes » qui en réalité ne le sont pas. Il y a au contraire pourrissement de toutes les valeurs, effacement de tous les principes, sous l’égide d’un « tripartisme » dont les composantes FN, PS, ex-UMP sont dotées d’un programme quasi identique, chacune ayant fait les poubelles des deux autres. Le PS et l’ex-UMP ont intégré par exemple la ligne anti-immigration et les revendications autoritaristes du FN, tandis que le FN a récupéré des éléments du programme économique et social de la gauche. Au P.S, comme à l’ex-UMP, on ne combat pas le F.N, on l’évite au maximum, dans l’espoir du ralliement de ses électeurs et d’alliances (y compris contre-nature) éventuelles ultérieures. Le fascisme imbécile de Daesh conforte l’influence des pires ennemis de l’Islam en France et en Europe, qui cultivent surtout (c’est plus facile) le racisme anti-arabe, substitut au vieil antisémitisme, sous couleur de laïcité ou de défense de la civilisation.

 

Plus personne ne s’y retrouve clairement, y compris dans l’intelligentsia, malade d’un pseudo humanitarisme et d’un droitdel’hommisme obsessionnels et inefficaces pour les droits de l’homme eux-mêmes. Cette pseudo-idéologie se voulant consensuelle contribue à tuer le politique de plus en plus discrédité, conduisant les citoyens au repli sur la vie privée et à l’indifférence vis-à-vis des luttes sociales. Le travail de mémoire de cette intelligentsia est discriminatoire. Complexée vis-à-vis de la Shoah, l’intelligentsia est devenue muette sur les massacres anticommunistes en Indonésie, au Vietnam, au Chili, etc. et oublie les massacres de la décolonisation. Cette intelligentsia-mode est aussi coupable d’un travail d’opacification des réalités socio-économiques et de la lutte des classes (concept devenu obscène), qui pourtant sous des formes complexes, avec des drapeaux renouvelés, se poursuit, malgré le sociétal médiatisé à outrance.

 

 

- Ce confusionnisme contribue fortement à préparer un avenir, sans que le pire soit certain, de type néo-fasciste

L’Histoire ne se répète pas, mais elle peut produire des phénomènes de même nature, par-delà les décennies, que l’on ne reconnaît pas. Les drapeaux n’ont pas la même couleur, le discours présente des différences, et surtout le style est différent.

 

Dans une société « américanisée », comme l’est la société françaises, dont plusieurs générations ont connu les « 30 Glorieuses », Mein Kampf (malgré sa réédition) est illisible, même si l’arabe a remplacé le juif et le bolchevik ! La pitoyable « pensée » d’un Zemour suffit !

 

Les Ligues et les milices n’ont plus guère d’intérêts en raison des réseaux et plus généralement des moyens offerts par les nouvelles techniques de communication. La propagande n’a plus besoin de grands meetings avec des « chefs » charismatiques : n’importe qui grâce à sa médiatisation répétitive peut passer pour un « superman » ou une « superwoman », malgré son inculture ou sa médiocrité banale.

 

L’apathie politique est entretenue par une inculture de masse, des spectacles simplistes et des jeux stupides. L’émotivité remplace le rationnel. Le contrôle social, par un formatage conservateur, remplace la répression, rendue néanmoins facile par la transparence des citoyens (grâce au net et aux services de type NSA), alors que les pouvoirs restent opaques. Tout est entrepris pour effacer les contre-pouvoirs : les juges, les forces politiques et syndicats revendicatifs, les intellectuels critiques.

 

D’authentiques leaders ne sont plus nécessaires pour rallier les foules : une « belle gueule » ou l’image d’un « père tranquille » suffisent pourvu qu’ils sachent manipuler avec efficacité les gens, comme des VRP du néo conservatisme, pour ajuster l’État et la société aux seuls intérêts des pouvoirs privés dominants qu’il ne faut surtout pas « déranger » !

 

 

- La manipulation la plus classique est l’instrumentalisation de la peur, toujours au service des dominants

Cette intoxication à la peur est entretenue plus ou moins subtilement, y compris en la dénonçant et en assimilant le courage au fait de rester aux terrasses des bistrots ! Le chômage, la précarité généralisée et organisée, la répression antisyndicale sélective (comme celle des agents d’Air France), le recrutement préférentiel à tous les niveaux de conformistes (par exemple, pour les professeurs d’économie), la valorisation constante de l’armée et de la police dont tous les actes sont applaudis, assurent l’entretien de la crainte chez les individus de plus en plus isolés les uns des autres.

 

Les actes terroristes aveugles sont encore plus déterminants : ils imposent la recherche de protecteurs, c’est-à-dire des plus puissants. Pourtant, Daesh et ses complices sont combattus dans l’ambiguïté des alliances contre nature avec l’Arabie Saoudite et le Qatar qui nourrissent le salafisme et par des « états d’urgence », pouvant devenir permanents.

 

Les « experts » choisis parmi les courtisans du pouvoir passent en boucle sur tous les médias, imposant l’idée que le désordre établi est « naturel », même s’il est douloureux et que tout ordre différent serait pire ou irréaliste.

 

Les programmes des partis eux-mêmes peuvent être aujourd’hui ni sophistiqués ni réalistes : la V° République française notamment, avec son présidentialisme outrancier, a habitué les citoyens à un combat politique de « têtes » et non de projets. A partir des sondages et des revendications, les « programmes » sont édifiés pour plaire, et peu importe qu’il ne soit pas question de les mettre en œuvre ou qu’ils restent inconnus du plus grand nombre. Le Parti nazi avait, par exemple, un programme social avancé avant 1933 et qui n’a vu le jour que très partiellement, la « gauche » nazie, qui souhaitait une « révolution » nationale et socialiste, ayant été rapidement éliminée. Le monde des affaires avait décidé ! Rien d’étonnant à ce que tous les partis proposent des programmes sociaux avancés, y compris le FN : la logique du système les rend impraticables ! Néanmoins, une large partie de la classe ouvrière a été séduite. Il est vrai qu’en 1936, le chômage avait été résorbé par l’économie de guerre. La seule dénonciation des « profits abusifs », l’idée d’ « unité nationale » associant partis et ouvriers et rendant « la dignité » aux salariés, l’antisémitisme et l’antibolchevisme (les deux n’étant pas dissociés à l’époque) fabriquant le bouc-émissaire nécessaire, l’origine populaire des dirigeants et leur style inédit, « antiélitiste », ont parfaitement fonctionné : le peuple allemand avait été profondément déçu de la Ière République née en 1919, non remis de la défaite, il avait subi de plein fouet la crise de 1929-1930. Le parti nazi a pu ainsi se composer pour un tiers d’ouvriers ! L’idée dominante, pour la grande majorité, était qu’il valait mieux être encaserné dans le nazisme que supporter la misère et l’insécurité avec les siens !

 

En France, à la veille de la guerre de 1939-40, les mots d’ordre des droites étaient simples : « La France aux Français », « honneur, ordre et propriété ». S’ajoutait l’hostilité venue de loin aux « judéo-marxistes », « ferment de la décomposition nationale » ! Aujourd’hui, à la crise économique et sociale, s’additionnent le souvenir de la guerre d’Algérie, source d’un racisme anti-arabe chronique et nourrissant l’anti-immigration, le simplisme venu de Bush et des États-Unis enseignant doctement le « Bien » et le « Mal » dans le monde, distinguant les « États voyous » du monde « civilisé » : dans « l’air du temps », la Russie, la Chine, l’Iran, le monde arabe, l’Islam sont les « méchants » étrangers d’aujourd’hui. Le dérivatif au mécontentement social est efficace : les antagonismes sociaux sont transformés en haine raciale, en xénophobie, en crainte généralisée des « pauvres » : le « réfugié », par exemple, devient « l’étranger type », venu d’on ne sait où, voler notre pain et notre travail, dangereux par nature. Les sommets sont atteints lorsque tous les conflits sont délibérément transformés en affrontements de type religieux !

 

Dans la plupart des pays européens, les droites extrêmes (y compris de type nazi, en Grèce, en Ukraine, dans les pays baltes), et le FN en France « surfent » sur ce climat sociopolitique confus mais pénétrant. Le FN, par exemple, est à la fois porteur de revendications populaires (qui ne l’engagent pas pour la suite) et reprend à son compte les réactions populaires les plus instinctives et les plus primitives, avec la complaisance des grands médias et des partis de gouvernement qui se dispensent à son égard de toute mesure répressive, en espérant au contraire pouvoir s’en servir. Les forces de droite extrême qui travaillent l’Europe et contaminent toute la société ont donc des origines précises.

 

De même, Daesh n’est pas de génération spontanée. Les puissances occidentales ont détruit dans le monde arabe toutes les forces qui les contestaient. L’Islam unifiant l’Empire Ottoman allié de l’Allemagne a été contourné par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale par l’utilisation des nationalismes locaux permettant le démembrement de l’adversaire turc. La France, la Grande Bretagne ont « fabriqué » les « États » du Moyen Orient, dans des cadres plus ou moins artificiels, en instrumentalisant les minorités et en accentuant les différents clivages ethniques ou religieux : le résultat a été une mosaïque ingouvernable et surtout sans contenu démocratique. Les États-Unis, après 1945, ont pris le relais des interventionnismes en tout genre, pétrole oblige. Les Occidentaux ont éliminé toutes les forces qui les dérangeaient : les communistes et progressistes, puis les nationalistes nassériens ou autres, pour ne soutenir que l’armée (comme en Égypte, financée directement par les États-Unis) ou des noyaux de privilégiés corrompus et de pratique dictatoriale. L’inévitable a suivi : une montée des Islamistes (en commençant par les Frères Musulmans, longtemps soutenus aussi par les Américains) a été la réponse de peuples brimés qui rêvent de leur ancien Califat et de sociétés moins misérables et moins soumises à l’étranger.

 

Les succès électoraux du FN en France et de la droite extrême en Europe résultent de même des essais infructueux des partis de gouvernements (de droite ou de gauche), dont les pratiques sont identiques et dont les dirigeants professionnalisés (quelle que soit la sincérité de leurs électeurs) n’ont que des plans de carrière, liés qu’ils sont aux milieux d’affaires qui comptent sur eux pour faire à tout prix leur politique, sous couvert de ce qu’ils appellent « l’Entreprise » parée de toutes les vertus ! La vulgarité de pensée des Sarkozistes et les trahisons « socialistes » ont accoutumé les Français, notamment les jeunes, à la « pensée » de la droite extrême, accessible aux plus incultes et aux plus défavorisés, lassés d’attendre.

 

Pour seule perspective, la droite et la social-démocratie en France ont l’arrière-pensée de gouverner ensemble, avant ou après 2017. La seule question qui les sensibilise est le rapport de forces entre elles qui déterminera le rôle de l’une et de l’autre : comme en Allemagne ! Cette collaboration, qui se généralise en Europe, est l’aboutissement d’un long chemin parallèle, toujours profondément « respectueux » du système capitaliste, quels que soient les dommages qu’il provoque.

 

Mais rien n’exclut, si nécessaire, une alliance de toutes les droites, si par hasard, la complicité PS-ex-UMP buttait sur certains obstacles. Un fort courant néo-sarkoziste est tout disposé à cette autre collaboration, excluant éventuellement même la « gauche » la moins à gauche ! De son côté, un fort courant social-démocrate est prêt à toutes les alliances avec les droites, y compris en cassant le parti qui les abrite encore. Mais cette collaboration est plus dangereuse pour la suite : elle est donc source d’hésitations.

 

 

- En tout état de cause, la démocratie, qui se porte mal, s’en portera encore plus mal

Peut s’installer ainsi en France (mais pas seulement) dans un climat d’ « état d’urgence » permanent (voir les lois successives de 1996, 2001, 2003, 2004, 2006, 2014, 2015) sur le renseignement et la prorogation de l’état d’urgence pour 3 mois, reconductible) un régime ultra-présidentialiste, sans contestation réelle possible, se voulant acteur d’une « fin de l’histoire », celle des libertés (relatives) et des acquis sociaux qui survivent.

 

Les milieux d’affaires, dont les positions sont de plus en plus décisives, quant à eux sont en réflexion. Aujourd’hui le MEDEF de France condamne le FN, exclusivement pour son programme économique et social, dénoncé comme étant « d’extrême-gauche » ! Il est indifférent à son programme sociétal de type néofasciste. Cela peut « s’arranger » dans le futur, tout comme l’industrie lourde s’est en définitive associée au nazisme, comme l’aristocratie italienne s’est aussi ralliée au fascisme mussolinien, malgré son mépris de classe. Durant les affrontements politiques, en effet, les « affaires continuent », de même que Daesh sait conclure des contrats pétroliers avec différents trafiquants et diverses compagnies occidentales, tout en prônant la « pureté » de l’Islam ! Les milieux d’affaires ne sont pas dogmatiques : ils peuvent soutenir indifféremment les droites ou la fausse gauche, ou toutes les forces politiques simultanément, et si cela leur apparaît utile, ils n’ont pas d’hostilité de principe à l’instauration d’un régime autoritaire. Pour les affairistes, qui se prennent pour une nouvelle aristocratie, « la démocratie submerge les élites sous le flot des médiocres et des incompétents ». Ils sont pour « une société stable et efficace qui a besoin de l’autorité allant de haut en bas et de la responsabilité qui monte de bas en haut. Il faut favoriser et non entraver l’élévation des meilleurs, c’est la loi de la nature » On croirait entendre le MEDEF ou BFM ! Mais non, c’est l’auteur de Mein Kampf qui s’exprime !!

 

Il y a au sein du patronat le culte de la « libre » concurrence : elle en fait toujours faussée ! Par contre, elle est de plus en plus vive entre les individus : c’est la guerre de chacun contre tous pour parvenir à survivre, créant l’hostilité à l’égard des autres. Toutes les structures collectives craquent pour le plus grand profit des puissants. La conscience d’appartenir à une caste cohérente est vivante chez les privilégiés. Elle implose chez les démunis.

 

Les attentats islamistes de Daesh, financés par des alliés de la France (350 victimes en France en 30 ans) qualifiés trop souvent de « guerre », relèguent la crise sociale au second plan des préoccupations. Les éloges permanents aux « forces de l’ordre » et les méthodes de répression aident au développement d’un climat sécuritaire, dans lequel on met la justice à l’écart tandis que l’éducation nationale et tous les services publics font l’objet au contraire des critiques les plus systématiques. Les grands médias entre les mains des groupes financiers loin d’être un quatrième pouvoir, sont le relais des idées dans « l’air du temps ».

 

Tous les ingrédients du fascisme, mouture des années 2000, sont donc réunis. Le « capitalisme de la séduction », rendu possible par les « 30 Glorieuses » avec sa consommation de masse, ne fonctionne plus : la caste dominante estime ne plus avoir les moyens d’offrir aujourd’hui ce qu’elle fournissait hier. Un « capitalisme de l’oppression », plus ou moins délicate, tend à lui succéder. Pour faire avaliser cet autoritarisme, on renforce le « faste » entourant les « chefs » de l’État, pourtant plus mussolinien que républicain. On met en exergue les « valeurs » démocratiques mais on annihile les citoyens en les empêchant d’être des centres d’initiative. Le degré de « délicatesse » de l’oppression dépendra des réactions plus ou moins fortes qu’il suscitera nécessairement : en attendant, le système se sert de tous les événements et de tous les prétextes pour prévoir le pire, en discréditant les juges qui font leur métier. Le système ne manque pas d’ores et déjà de traiter avec une condescendance méprisante l’authentique opposition de gauche très affaiblie, tout comme la Commission Européenne a réduit à l’impuissance, avec arrogance, hier Syriza et demain sans doute Podemos ou le nouveau parti travailliste britannique !

 

Aucune perspective de progrès (ni même de croissance à retombée sociale) n’est réaliste dans le cadre du capitalisme financier. Il ne peut qu’essayer de produire des fictions manipulatrices ou frapper.

 

Beaucoup ne croient pas encore, surtout dans la « Patrie des Droits de l’Homme » à une telle régression, comme si les dictatures et les autoritarismes c’était toujours pour les autres ! Il y a amnésie sur l’Europe des années 1930-1940 ; il y a ignorance de certaines réalités en Europe de l’Est. Il y a volonté de ne pas savoir ce que vivent réellement les peuples du Sud. Il n’y a qu’une crainte stupide vis-à-vis des progrès de la Chine et de la volonté de la Russie de reprendre sa place dans le concert des Nations, traitées comme des ennemies.

 

Tout est en place pour que les archaïsmes politiques et économiques les plus frelatés apparaissent comme le comble de la modernité.

Un seul obstacle, heureusement de taille : l’intelligence et la mobilisation des citoyens.

 

Note :

[1] Par Robert Charvin, professeur émérite de droit à l’Université de Nice Sophia-Antipolis. Il était doyen honoraire de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Nice. Consultant Droit International, droit des relations internationales

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 09:51
Refonder notre démocratie, c’est rompre avec la 5ème République !

et pas à faire une primaire à gauche !

 

Source :  le blog de Manuel Bompard le 22 janvier 2016

Une initiative « pour une primaire à gauche » a été lancée par plusieurs personnalités dans le journal Libération. Pour les initiateurs de cette démarche, il s’agit de « faire de la prochaine élection présidentielle la conclusion d’un débat approfondi ». Ils en appellent à « du contenu, des idées, des échanges exigeants » et présentent leur initiative comme « l’opportunité de refonder notre démocratie ». Louables objectifs, que nous sommes nombreux à partager, et qui s’accompagnent d’un constat lucide sur la gravité de la situation politique de notre pays et sur l’impasse totale de la politique gouvernementale. Dans la période trouble que nous vivons, il est toujours salutaire de voir des intellectuels et des personnalités politiques préoccupés par l’avenir du pays prendre des initiatives pour ouvrir un autre chemin.

 

Il serait donc bien malvenu de remettre en cause la sincérité de leur démarche et de ne pas voir qu’elle pose des questions indispensables : comment faire de la campagne présidentielle de 2017 un vrai débat sur l’avenir de notre pays ? Comment permettre une véritable confrontation des projets, et non pas une course de chevaux gonflés aux sondages et autres produits dopants ? Comment empêcher que ce débat nous soit à nouveau confisqué par une polarisation médiatique sur des thématiques bien loin des difficultés que rencontrent les Français ? Ce sont ici des interrogations essentielles et on ne peut que se réjouir de les voir bousculer un peu les abjectes propositions sur la déchéance de nationalité et les nouvelles provocations du sinistre Macron.

 

 

- Mais comment ne pas distinguer parmi les signataires et les personnes ayant répondu favorablement à cet appel des motivations diverses ?

Ainsi, il faudrait être aveugle pour ne pas voir les gros sabots des dirigeants du Parti Socialiste qui ont bien compris les intérêts qu’ils pourraient retirer d’une telle initiative. N’est-ce pas ici l’occasion rêvée de faire taire toute alternative à la politique gouvernementale, en transformant cette initiative en choix d’un candidat unique de la gauche, expulsant par là même toute discussion sur les désaccords majeurs vis-à-vis de la politique gouvernementale ? Ainsi construite, cette initiative se retournerait contre les objectifs fixés par ces initiateurs. Plutôt que d’aider à déverrouiller la scène politique, elle lui donnerait au contraire un nouveau tour de vis. On ne peut donc que regretter que l’appel publié ne contienne pas de remise en cause et d’explications en profondeur des choix gouvernementaux, ce qui aurait permis d’inscrire cette initiative clairement en rupture avec les politiques mises en place ces dernières années. Et à tous ceux qui pensent qu’il y aurait là une occasion historique pour rompre enfin avec les orientations sociales-libérales, il convient de souligner comment un tel processus serait dominé par l’influence des instituts de sondage et comment il expulserait celles et ceux qui se détournent aujourd’hui des urnes (lire à ce sujet le blog d'Alexis Corbière).

 

Dans le même registre des interrogations, il est triste de lire parmi certaines réactions ou prises de position autour de cette initiative des intentions bien éloignées de celles affichées dans le texte de l’appel. Ainsi, comment peut-on affirmer la nécessité d’un grand débat et exclure dans le même temps toute discussion sur notre rapport à l’Union Européenne, comme le fait Julien Bayou d'EELV en affirmant que le résultat pourrait « poser problème, s’il y’avait des positions anti-européennes », ajoutant la caricature à la fermeture du débat ? Voilà ici une curieuse conception des « échanges » si un seul résultat ne peut en fait être admis et accepté, conception bien contradictoire avec la nécessité de « débattre des défis extraordinaires auxquels notre société est confrontée ». La question de la relation de la France vis-à-vis d’une construction européenne toujours plus austéritaire ne fait-elle pas partie de ces défis ?

 

 

- Mais tel n’est sans doute malheureusement pas le sujet.

Car ne nous y trompons pas : par-delà la sincérité évidente de certains de ces initiateurs ou soutiens, se retrouvent aussi autour de cette initiative tous ceux qui pensent y avoir trouvé l’opportunité de se forger une place sur la ligne de départ. Comment interpréter autrement les déclarations de David Cormand d'EELV expliquant que cette initiative aurait pour ambition de bousculer « un casting qui a déjà été décidé sans nous ». C’est là aussi une ambition bien différente de la volonté affichée de « réanimer le débat politique » et d’incarner « le projet positif dont la France a besoin pour sortir de l’impasse ». Sauf à considérer que personne parmi « ce casting » (selon David Cormand toujours, « le trio promis étant Hollande, Sarkozy, Le Pen […] avec comme challengers potentiels Juppé, Bayrou et Mélenchon ») ne pourrait porter un tel projet, ce qui mériterait alors d’être argumenté. Difficile donc de lire dans ces déclarations autre chose qu’une volonté d’utiliser cette initiative pour légitimer une nouvelle candidature. Ce serait grave, car masquer sous des mots d’ordre de renouvellement et des appels aux nouvelles pratiques politiques des ambitions par ailleurs tout à fait légitimes, ne fera que contribuer à amplifier encore la crise démocratique du pays.

 

Une fois passées ces quelques remarques, il faut venir au fond du sujet. Oui « les inégalités sociales » et « la dégradation environnementale » sont insupportables. Oui, notre système politique est verrouillé, son personnel fait office « de caste, d’oligarchie ». Oui, il est plus que jamais nécessaire de « refonder notre démocratie ». Oui, notre pays est « riche de son énergie vitale et de ses talents qui aspirent à forger un avenir bienveillant ». Mais ces indignations ont des causes et des responsables qu’il faut nommer : c’est d’abord un capitalisme aveugle qui détruit les êtres humains et la planète; c’est aussi un système politique inique – la 5ème République – qui expulse le peuple de la vie politique.

 

 

- Pour s’attaquer aux effets, il faut s’attaquer aux causes : il n’y aura donc pas de refondation démocratique possible sans rupture avec la 5ème République

L’objectif de réoxygéner enfin notre vie politique ne sera donc pas accompli en choisissant mieux le monarque présidentiel (en partant du principe que la primaire permettrait un meilleur choix, ce qui est plus que contestable comme l’a très bien démontré Alexis Corbière sur son blog). Il ne pourra l’être qu’en brisant enfin la 5ème République et en engageant tout le peuple français sur la voie d’une reconstruction démocratique.

 

Pour cela, une démarche claire et transparente pour une nouvelle République, précisant les modalités et le calendrier de sa mise en œuvre, est indispensable. Il ne peut s’agir d’une simple mise à jour du système périmé de la 5ème République, même sous un nouveau nom, par un groupe d’experts en droits constitutionnel. Cette réponse serait bien loin de la gravité de la situation. En ne permettant pas l’intervention populaire permanente dans la rédaction constitutionnelle, elle inscrirait dans le marbre un péché originel : la confiscation du pouvoir par quelques-uns au détriment du plus grand nombre. Seule la convocation d’une Assemblée Constituante, proposée par référendum dès l’élection à la présidence de la République (en utilisant l’article 11 de la Constitution), permettrait de renouveler en profondeur notre vie démocratique et de libérer les énergies du pays.

 

Une telle revendication n’est malheureusement pas inscrite dans les objectifs de « la primaire à gauche ». Ces initiateurs semblent penser qu’un choix plus large et plus démocratique (ici aussi, ces adjectifs sont plus que contestables, mais cela semble être l’avis des signataires) d’un candidat à l’élection présidentielle permettra, comme par magie, une refondation démocratique. Aucun ne semble se souvenir que François Hollande fut bien désigné par une primaire et que cela ne l’empêcha nullement d’oublier le lendemain de l’élection ses promesses de campagne, ou d’avoir recours à l’article 49-3 de la Constitution.

 

 

- Pourtant, et les signataires de l’appel publié dans Libération le pointent également, il y a urgence.

La trahison que représente le mandat de François Hollande pour une partie grandissante de la population, l’absence de résultat de sa politique et le contexte lourd de l’année 2015 ont fait grandir la résignation et la tentation du repli sur soi. De plus en plus nombreux sont les français qui ont renoncé à se déplacer aux urnes, ou qui semblent tentés par une extrême-droite incarnant, à tort, la seule remise en cause des politiques mises en place ces dernières années.

 

Le temps n’est donc pas, selon moi, au repli sur soi et aux processus paralysants. La gravité du moment impose que soient lisibles rapidement les différents projets politiques qui s’offrent au pays. La mise en route pour les prochaines élections présidentielles d’une démarche claire de rupture avec la 5ème République est désormais urgente. A 15 mois de l’élection présidentielle, il convient dès lors de soutenir sans attendre le candidat le mieux placé pour engager immédiatement cette bataille, en adossant à cette campagne le lancement d’un nouveau mouvement ouvert à toutes celles et tous ceux qui veulent y participer. Un candidat qui sera en capacité de prendre le pouvoir, non pour lui-même, mais pour le rendre au peuple. Un candidat qui, par la clarté de son positionnement, la cohérence de ses engagements et la force de ses idées, portera de manière crédible cette ambition. Un candidat qui maitrise avec brio les rouages du jeu médiatique et qui pourra ainsi retourner contre le système ses propres contradictions. Un candidat qui saura garder la tête froide face à la violence des temps qui viennent.

 

Ainsi, nous pourrons faire mentir les scénarios noirs écrits par avance.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

- Jean-Luc Mélenchon: «La primaire est une machine à enterrer les questions de fond»

- Sondages primaires par Francois Cocq   

- Présidentielles 2017 Le poker menteur des primaires

- Les primaires, ou le casting de la tambouille

- Chronique d'une gauche auto proclamée

Refonder notre démocratie, c’est rompre avec la 5ème République !
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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 23:22
Présidentielle 2017 : Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature dans le 20 heures de TF1

Jean-Luc Mélenchon a annoncé ce mercredi soir 10 février 2016 sa candidature pour la présidentielle de 2017. "Le rythme s’est accéléré, après MM. Juppé, Fillon, Sarkozy, Mme Le Pen sur votre plateau a annoncé sa candidature, a expliqué le fondateur du Parti de gauche dans le 20 heures de TF1. Dans ces conditions, il faut passer à l’action, on ne peut pas rester sans voix et oui, je propose ma candidature pour l’élection présidentielle de 2017."

 

Mis à jour le 13 février 2016

"Je n’aimerai pas que ce soit une espèce de jeu de pronostic cette élection, au contraire c’est une occasion formidable de dénouer les liens qui nous paralysent aujourd’hui grâce à nos bulletins de vote, pacifiquement, tranquillement démocratiquement", a-t-il expliqué.

 

Jean-Luc Mélenchon explique son mot d’ordre : "c’est l’intérêt général humain qui doit prévaloir aujourd’hui". Pour exemple, il cite "le changement climatique", "c’est maintenant qu’il faut changer la manière de produire, d’échanger, de consommer". Le nucléaire ? "C’est le moment de sortir", assure le député européen.

 

 

- Bernie Sanders pour inspiration

Confirmant qu’il ne participera pas à une potentielle primaire à gauche, Jean-Luc Mélenchon explique que son parti ce sera ses "convictions". "J’ai des convictions et c’est le plus important et peut-être le peuple français", martèle-t-il. Rejetant le fait que la multiplication des candidatures à gauche pourrait faire perdre la gauche en 2017, il assure ne demander "la permission à personne".

 

"Je le fais hors-cadre de parti, je suis ouvert à tout le monde", insiste l’eurodéputé.

 

Pour se préparer à cette nouvelle campagne Jean-Luc Mélenchon dit s’être inspiré de l’homme politique à la mode ces derniers temps, Bernie Sanders, candidat démocrate aux Etats-Unis devenu la coqueluche des jeunes. "Je m’inspire à ma manière de la méthode qui a été celle de M. Bernie Sanders", détaille-t-il, en ayant notamment loué "la même plateforme internet" que lui. Sur celle-ci, chaque citoyen pourra participer au débat et à l’élaboration d’un programme.

 

"Tout le monde peut se joindre à moi pour travailler sur le programme et agir voilà comment on traite une élection", conclut Jean-Luc Mélenchon.

 

 

- Jean-Luc Mélenchon annonce sa candidature

 

- J'appuie la candidature de Jean-Luc Mélenchon ICI

 

Présidentielle 2017 : Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature dans le 20 heures de TF1
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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 09:11
Les Primaires contre la Gauche

Selon moi, on ne peut pas dissocier l’instauration des primaires à gauche du projet politique que visent ceux qui ont poussé cette idée. Il ne manque pas d’esprits avisés qui savent à quel point ce système des primaires induit tout un large ensemble de conséquences sur lequel je m'exprime depuis 20007[1].

 

Sources : le blog de Jean-Luc Mélenchon le (extrait de son livre "L'autre gauche" paru en sept. 2009)

Il n’en n’est pourtant pas débattu. La scène politique semble subjuguée davantage que convaincue. Mais a la vérité, je ne crois pas que cette idée puisse s’imposer autrement que par cette sorte de passage en force tant elle bouscule jusqu’au fondement l’édifice sur lequel est construit la gauche. Il aura peut-être raison de la gauche elle-même. Je veux rappeler que ce ne sera pas la première fois.

 

 

- Les mauvais exemples américains et italiens

Je signale que les innombrables références au système américain s’accompagnent toutes d’un voile d’ignorance volontaire très troublant. Aux Etats Unis le système des primaires commence par la marginalisation des partis de gauche. Mais combien savent qu’il n’y a pas que deux candidats aux USA. Tous les autres sont effacés du tableau du fait même des primaires. A commencer par le candidat socialiste. Ces primaires fonctionnent de plus comme l’antichambre obligée où se bousculent tous les lobbies, carnet de chèques en main. Ils se remboursent ensuite sur la bête victorieuse, corrompant en profondeur l’esprit public nord américain et davantage encore celui de ses élites dirigeantes. Bonjour la modernité !

 

Un exemple plus proche peut-être également plus facilement analysé. C’est celui de l’Italie. Un concentré de désastre. Les primaires ont conduit à la fois à la liquidation de la gauche, dissoute dans un « parti démocrate » récusant l’étiquette de gauche, et à la plus lamentable défaite électorale de la gauche contre Berlusconi. Pour ne dire que cela. Pourquoi en irait-il autrement en France ? Déjà bien des analystes ont largement démontré que les primaires invalident l’existence même d’une structure de Parti. A quoi bon en effet un parti quand un club d’affidés et un bon budget de communication suffisent pour mener la partie décisive. Au contraire, un parti, avec ses rythmes lents de décisions, ses structure collectives, ses obligations de mémoire, ses liens aux syndicats et associations, est un handicap majeur pour mener la guerre de guérilla médiatique, la course aux effets émotifs et tout ce qui va avec l’ultra personnalisation de la politique qu’implique une primaire. Je n’en évoque pas davantage à ce propos parce que le cœur de mon raisonnement à cet instant vise seulement à montrer comment le moyen choisi pour régler les problèmes que ce système prétend affronter les aggrave au contraire.

 

 

- Le règne de l’égocratie

Voyons cela. On entend dire par exemple que les primaires seront le moyen de surmonter les conflits de personnes qui minent les états major politiques. Ce sera le contraire. Il les envenimera. L’égocratie va en effet se déployer sans retenue. Chacun devra en effet se rendre « intéressant » pour capter de la sympathie et de l’appétit médiatique. Plus intéressant et appétissant que le voisin. Dès lors la défaite équivaudra à une disqualification personnelle plus offensante et meurtrissante que ne le sera jamais aucune défaite des idées ou du programme qu’un candidat peut porter. La pipolisation pourtant battra son plein quoique veuille les protagonistes. Elle sera une arme de combat. Qu’on se souvienne des conditions et des mots avec lesquels Ségolène Royal annonça en plein milieu de la soirée électorale des législatives de 2007 sa décision de divorcer d’avec François Hollande. Cette pente sera amplifiée par l’environnement idéologique que construit ce type de consultation. Cela d’abord parce que les contenus politiques iront au rabais. En effet dans cette sorte de compétition celui qui l’emporte est celui qui provoque le moins de rejet. Le devoir de chacun des candidats sera donc de rogner soigneusement toute aspérité du propos qui lui aliène un secteur de l’opinion. Dès lors l’idéologie dominante a de beaux jours devant elle. La pipolisation et la dépolitisation iront de concert comme c’est la règle en la matière.

 

 

- La course au moins disant politique

Machine à égotiser, le système des primaires est de ce fait en même temps une machine à niveler. Mécaniquement le centre de gravité d’une telle compétition se déplace vers le moins disant, le plus central c’est-à-dire le plus centriste. La norme de sélection fonctionne à l’inverse de la compétition qu’elle est censée préparer. Car, le moment venu, dans la campagne électorale, face au candidat de droite ce n’est plus le moins disant le mieux placé. C’est au contraire la candidature ouvrant le plus de propositions offensives qui concentre l’attention, créé le débat et fait le succès. On voudra bien se souvenir en effet que les victoires électorales de la gauche, celles de François Mitterrand en 1981, comme celle de Lionel Jospin en 1997 se sont faites avec des programmes clivant et non sur des propositions consensuelles. De plus, l’un contre la peine de mort, en plus du programme commun avec les communistes et l’autre avec les trente cinq heures ajoutèrent des angles aux angles. Ici se touche un point essentiel. Une élection ne se réduit pas au marketing qui l’anime. Ce sont les programmes d’une part et la volonté de les accomplir des personnes qui les portent qui, en définitive, mettent en mouvement le grand nombre d’un côté ou de l’autre. Je parle là de l’élection, la vraie. Car à l’occasion des primaires il en va tout autrement. Là, les votants sont abusés par la proximité idéologique des candidats. Tous sont censés être de gauche, je le rappelle. Leurs positions communes sont alors nombreuses. Les électeurs des primaires se disent alors que le vainqueur aura la sagesse de faire son miel de tout ce qui aura été dit et qui aura plu. Du coup les braves gens concluent qu’ils doivent choisir la personne qui a le plus de chance de l’emporter dans les urnes contre la droite. Comment peuvent-ils savoir duquel il s’agit ? C’est bien leur problème. Ils s’en réfèrent donc à ce que leur dit une autorité qui semble supérieure à tout à priori et à toute idéologie. C’est-à-dire l’opinion majoritaire des électeurs en général. C’est l’effet Panurge appliqué avec bonne volonté et assumé comme tel. Les participants aux primaires suivent donc le verdict des sondages. On se souvient du harcèlement sondagier qui accabla ainsi les socialistes dans la primaire que remporta Ségolène Royal. Elle était alors donnée gagnante contre Sarkozy avec 53 % des voix contre 47% au candidat de droite. Notons que le résultat final fut exactement l’inverse.

 

 

- Une machine à diviser la gauche

Cet effet de nivellement n’empêchera pas pour autant un autre renversement de la dynamique électorale entre le processus des primaires et celui des élections elles-mêmes. Dans l’élection, quand plusieurs candidats sont présents à gauche, ils sont en compétition implicite. Mais leur discours est positionné contre la droite davantage que les uns contre les autres. Ceux qui se risquent à du démolissage dans leur camp, comme toute transgression de celui-ci en général, le paient souvent très cher. Ainsi Jean-Pierre Chevènement passa-t-il en 2002 de 14% des intentions de vote à 5% en quelques jours pour prix de son harcèlement contre celui qu’il appelait « chirospin » et pour s’être rapproché de l’extrême droite villièriste.

 

 

- L’outil du glissement au centre

Après ce tour d’horizon général j’en viens à quelques remarques à propos de la dynamique d’une élection. Si cette primaire est proposée à toute la gauche c’est un tableau singulier qui est mis en place. Passons sur le fait qu’il aurait été de meilleure pratique de consulter les partenaires avant de les mettre au pied du mur. Voyons plutôt le présupposé de l’affaire. Il y en a un. De taille. C’est que le candidat issu des primaires doit ensuite gagner l’élection dès le premier tour. Car pour le second tour il ne dispose plus de réserve de voix puisque toute la gauche est censée avoir été mobilisé et s’être déjà regroupée sur son nom. Comment peut-on imaginer cela ? Ce n’est pas possible. Alors ? La réponse est évidente. Le deuxième tour ne peut alors être gagnant qu’avec une nouvelle alliance. Du coup le premier tour de l’élection présidentielle se transforme en réalité en une primaire avec les centristes. Celui des deux qui arrive en tête s’accorde avec le suivant « contre la droite ». Démontrez le contraire !

 

Ainsi de toutes les façons et par tous les bouts, tant sur la forme, le contenu et la dynamique électorale, le système des primaires est une machine à se donner des claques. Elle égotise, pipolise, nivèle et divise la gauche au profit d’un glissement centriste. Et celui-ci pour finir est incapable de répondre aux attentes actuelles d’une société mise en tension par la crise et en demande de changements sociaux et écologiques radicaux dans la vie diminuée que mène le commun des mortels.

 

Note :

[1] Source : « L’urgence écologique doit être au point de départ de ma campagne »

" Vous avez refusé de participer aux processus des primaires à gauche. Pourquoi ?

Ma candidature est un raisonnement politique, ce n’est pas le résultat d’un hubris personnel. Je refuse le mécanisme des primaires depuis longtemps, Cela ne me prend pas maintenant comme un argument de circonstance, j’ai expliqué ça longuement dès 2007 : les primaires sont un tamis social et un tamis idéologique qui se termine à la fin pour unique référence sur « Qui va être présent au deuxième tour ? » et, donc, on essaye de le savoir en lisant les sondages… Une primaire est un exercice d’amnistie pour dirigeants socialistes, cela ne peut pas être autre chose.

Ce n’est pas pour rien que j’ai dit que je proposais ma candidature, et non que je la déposais. Ceux qui ont cru habile de m’imputer une décision solitaire se retrouvent maintenant pris dans leur piège ! Parce qu’ils ont transformé en décision ce qui était une proposition. Et, volens, nolens [qu’on le veuille ou non, NDLR], ils ont accéléré la prise de conscience de tous ceux qui se sont trouvés confrontés à cette alternative : est-ce la primaire qui a raison ou est-ce Mélenchon qui a raison de la refuser ?

Je la propose aux citoyens, aux organisations. Et la réponse m’est venue de cent dix mille personnes. C’est un chiffre raisonnable. Après quoi arrivent cent cinquante maires qui – un an à l’avance – acceptent de parrainer ma candidature. Qui a décidé que j’étais seul ? Deux mille syndicalistes ne comptent-ils pour rien par rapport à quarante belles personnes qui ont signé un appel à une primaire dans laquelle il n’y en a pas deux qui ont la même idée sur ce qu’il y a lieu de faire ? "

 

Pour en savoir plus :

- Soyons primaires par Jean Ortiz

- Gauche : Gare au prix amer de la primaire !

- Martine Billard : « Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés »

- Quand le PS investit l’idée de « Primaire à gauche » par Jean-Luc Mélenchon

- Primaire : ma réponse à Caroline De Haas

- Primaires : et si on arrêtait de faire semblant ?

- Une primaire de Hollande à Juppé : tout sauf Mélenchon

-

- Jean-Luc Mélenchon : Les primaires, la loi du mensonge et de la triche

- Mise au point sur les chances à "gauche" pour 2022 et la mauvaise idée d'une primaire

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