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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 08:07
Quand Daech nous oblige à relire l’histoire coloniale de la France…

En perçant le mur de sable établi entre la Syrie et l'Irak, Daech revient sur une Histoire vieille d’un siècle…

 

Source : le Grand Soir par Michel J. CUNY le 12 avril 2016 - mis à jour le 21 mai 2016

- Rappelons-le aussitôt

Du point de vue des impérialismes occidentaux, la Première Guerre mondiale avait eu l’extrême mérite de faire imploser l’Empire ottoman qui, semble-t-il, n’était plus bon à autre chose... de leur point de vue, toujours.

 

Or, à leur façon, les accords Sykes-Picot (9 et 16 mai 1916)[1] auront été un élément essentiel du partage des dépouilles apparues à la suite d’un conflit qui avait ajouté les millions de morts aux millions de morts. Lus aujourd’hui, ces accords permettent surtout de prendre conscience de ce qu’étaient certains des buts de guerre de la Grande-Bretagne et de la France à cette époque. Et le prix qu’il a fallu payer pour en venir à bout.

 

Il est bon, parfois, de mettre des noms de personnes sur des situations, sur des événements, sur des décisions qui dépassent évidemment les responsabilités individuelles... Ce n’est toujours qu’un début de piste. Mais enfin, la foudre qui s’abat par instants sur les sociétés humaines n’est pas toujours due qu’à des hasards malencontreux.

 

 

- Dans le duo constitué de MM. Sykes et Picot, où le premier était un Britannique, saisissons-nous du second, le Français

C’est François Georges-Picot (1870-1951). Sans trop nous éloigner de lui, constatons qu’il avait une sœur un peu plus jeune que lui : Geneviève Henriette Georges-Picot (1876-1949). Pour sa part, elle devait épouser un certain Jacques Bardoux (1874-1959). Voici donc les grands parents maternels de Valéry Giscard d’Estaing...

 

Or – comme je l’ai montré ailleurs, Jacques Bardoux est l’un des pères fondateurs de cette Cinquième République dont son petit-fils (VGE) devait devenir président en 1974. C’est déjà un signe... Surtout parce que, en raison de la façon dont, en matière de guerre, la Constitution française de 1958 offre le plein exercice de la souveraineté au président de la Pépublique, nous avons ce résultat qu’aujourd’hui la Libye est détruite des suites d’une décision plus ou moins folle d’un Sarkozy...

 

Une décision qui ne paraît folle qu’aux yeux de qui ne sait pas ce qu’était vraiment la Libye du temps de Mouammar Kadhafi. La France fait donc des guerres sans savoir pourquoi... Voire...

 

 

- Un siècle plus tard, nous ne savons toujours à peu près rien des raisons qui ont présidé au déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Or, en ce qui concerne les accords Sykes-Picot des 9 et 16 mai 1916, il paraît que nous avons tort de ne pas les connaître depuis bien longtemps. Certes, au départ ils étaient secrets. Mais cela n’a eu qu’un temps, et si court.

 

En effet, grâce à la Révolution bolchevique de 1917, le mystère a été aussitôt éventé... Parce que Lénine, terriblement soucieux des ravages ordinaires de l’impérialisme, s’est donné les moyens de montrer au monde entier ce qu’est la réalité sournoise de la liberté d’entreprendre quand elle s’étend à l’échelle de la planète. Il a révélé les documents secrets détenus par les bureaux du tsar de toutes les Russies...

 

Nous savons donc... C’est-à-dire que, depuis 1917, nous devrions savoir.

Mais la guerre de 1914-1918 ne nous a surtout pas été enseignée sous cet angle-là. Donc, nous ne savons toujours pas.

Serait-ce à Daech de venir nous le dire ? Peut-être bien.

 

Il y a nos promesses... Sous l’angle de la souveraineté de notre pays, cela s’appelle la France. Il y a donc les promesses de la France...

 

 

- Mais, dans le contexte impérialiste, la France n’aura toujours été qu’un sous-fifre.

Aujourd’hui encore, il est bien connu que nous devons compter – bien plus que ne le dira aucun responsable politique – avec Sa Majesté la reine d’Angleterre.

 

Ce strapontin plus ou moins permanent qui nous a été octroyé par la Couronne d’Angleterre – et grâce, entre autres, aux manœuvres plus ou moins douteuses et aventurées d’un Voltaire, nous le retrouvons en 1916, dans toute sa splendeur, à l’occasion des accords Sykes-Picot... qui ont tendu à escroquer... les Arabes, en les appelant à la révolte contre l’Empire ottoman, pour prix d’un État... unitaire arabe (islamique ?)... qui n’a jamais existé. Et pour cause.

 

C’est cet État que disent les accords Sykes-Picot, qui, selon la forme que leur donne la lettre adressée le 9 mai 1916 par l’ambassadeur de France à Londres, Paul Cambon, au secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, Sir Edward Grey ‒ organisent le partage du gâteau... comme ceci :

 

  • « 1. La France et la Grande-Bretagne sont disposées à reconnaître et à soutenir un État arabe indépendant ou une confédération d’États arabes dans les zones (A) et (B) indiquées sur la carte ci- jointe, sous la suzeraineté d’un chef arabe. »
  • Ni un État arabe indépendant, ni une confédération d’États arabes... Rien que deux parts de gâteau... Avec, au sein de la part française, un découpage placé sous la doctrine : "diviser pour régner"... Ce qui aide beaucoup, dans le chaos actuel en Syrie...

 

Mais lisons la suite, pour bien comprendre l’inanité des éventuels États arabes au lendemain de la Première Guerre Mondiale :

  • « Dans la zone (A), la France, et, dans la zone (B), la Grande-Bretagne, auront un droit de priorité sur les entreprises et les emprunts locaux. Dans la zone (A), la France et dans la zone (B) la Grande-Bretagne, seront seules à fournir des conseillers ou des fonctionnaires étrangers à la demande de l’État arabe ou de la Confédération d’États arabes. »

 

Comme dans la suite, je souligne les mots qui marquent bien l’impact de l’impérialisme occidental. Au titre de l’économie de marché et du morceau réservé à l’Angleterre..., il convient de retenir le cinquième paragraphe que voici :

  • « 5. Alexandrette sera un port franc en ce qui concerne l’Empire britannique et il ne sera pas établi de droits de ports, ni d’avantages particuliers refusés à la Marine et aux marchandises anglaises ; il y aura libre transit pour les marchandises anglaises par Alexandrette et par chemin de fer à travers la zone bleue que ces marchandises soient destinées à la zone rouge, la zone (B), la zone (A) ou en proviennent ; et aucune différence ne sera établie (directement ou indirectement) aux dépens des marchandises anglaises sur quelque chemin de fer que ce soit, comme aux dépens de marchandises ou de navires anglais dans tout port desservant les zones mentionnées. »

 

Pour le morceau français, c’est ici :

  • « Caifa sera un port franc en ce qui concerne le commerce de la France, de ses colonies et de ses protectorats et il n’y aura ni différence de traitement ni avantage dans les droits de port qui puissent être refusés à la Marine ou aux marchandises françaises. Il y aura libre transit pour les marchandises françaises par Caifa et par le chemin de fer anglais à travers la zone brune que ces marchandises soient en provenance ou à destination de la zone bleue, de la zone (a) ou de la zone (b) et il n’y aura aucune différence de traitement directe ou indirecte aux dépens des marchandises françaises sur quelque chemin de fer que ce soit, comme aux dépens des marchandises ou des navires français dans quelque port que ce soit desservant les zones mentionnées. »

 

Et puis, il y aura eu les années subséquentes... Les nationalisations (du pétrole)... Les printemps (arabes ?)... Peut-être pas autant que ça...

 

D’où l’intérêt de regarder avec attention les accords Sykes-Picot...

 

Note :

 

[1] Accords Sykes-Picot

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier terrorisme

- L'accord secret qui bouleversa l'avenir du Moyen-Orient

 

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 08:25
Les 80 ans du Front Populaire… Et maintenant ?

Pascal Bavencove est syndicaliste, ancien dirigeant de l’Union départementale de la CGT du Nord, et auteur d’ouvrages sur le mouvement social publiés aux éditions Geai Bleu. Fin connaisseur de l’Histoire sociale et syndicale, il revient pour Le Bilan sur le contexte et les victoires du mouvement ouvrier sous le Front Populaire, à l’occasion des 80 ans de ce dernier. Il évoque notamment le travail qu’a été celui de la CGT dans les années précédant 1936, sous sa formule « le blé semé, l’heure de la récolte arrive », et revendique l’héritage du Front Populaire pour nos luttes d’aujourd’hui.

 

Sources :  Le Bilan par Pascal Bavencove, entretien Par Benoit Delrue  | le 16 avril 2016

- Le Bilan : Quel est le contexte, au printemps 1936, dans un pays qui va connaître un mouvement sans précédent ?

Pascal Bavencove : Tout d’abord, la situation internationale avec le régime fasciste de Mussolini en Italie dés le début des années 1920, le crash boursier de 1929 suivi de la récession aux États-Unis et la prise du pouvoir de l’extrême-droite hitlérienne en Allemagne en 1933 pèsent profondément sur la situation économique, politique et sociale de la France.


Grâce au développement de son agriculture, le pays était jusqu’alors relativement épargné. Il va être frappé par les répercussions de la crise boursière. Les ligues d’extrême droite comme les « Croix de feu » ,les « comités de défense paysanne » vont vite s’affronter au mouvement ouvrier.

 

Celui ci, divisé entre réformistes de la CGT de Jouhaux et la SFIO d’une part et la CGTU de Frachon et le Parti Communiste, sera dans l’obligation vitale de rechercher l’unité d’action. L’action de syndicalistes comme Martha Desrumaux ou Charles Tillon, notamment dans les gréves du Textile et les « marches des Chômeurs » en 1933-1934, va donner le ton à une mobilisation qui n’aura cesse de grandir. Au même moment, les scandales financiers comme celui de l’affairiste Stavisky renforcent l’antisémitisme.

 

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- Le Bilan : Qui composait le Front populaire, et quel était le programme de cette coalition politique ?

Pascal Bavencove : En réaction aux émeutes de l’extrême-droite du 6 février 1934 et aux grandes manifestations de riposte qui suivent, un pacte d’Unité d’Action contre le fascisme sera signé lors du meeting populaire le 24 juillet entre le Parti Communiste de Thorez et la SFIO de Blum.
Son élargissement aux Radicaux, à la CGT et à la CGTU, comme au mouvement associatif (Ligue des Droits de l’Homme-Comité des Intellectuels Antifascistes et associations d’Éducation Populaires), permettra d’élargir le mouvement lors d’un meeting qui rassemble 500.000 personnes le 14 juillet 1935.

 

Des chants et des cris scandés par la foule, retenons “Du Travail et du pain !”, “L’unité vaincra !”.

 

Ainsi,le programme de ce qui deviendra le Front Populaire se construit à son origine à partir des aspirations du peuple. Maurice Thorez vient d’imprimer ce changement au Parti Communiste ; s’il continue à être le parti de la classe ouvrière, il travaille au rassemblement de toutes les couches populaires avec la participation militante de grandes figures intellectuelles du pays. En cela, il prend de court la SFIO, engluée depuis de nombreuses années dans ses relations avec le parti radical.

 

Ainsi, en janvier 1936, les partis radical, socialiste et communiste signent, avec l’appui de la CGT qui sera réunifiée en mars 1936, et aussi avec de nombreuses organisation du mouvement social, un programme de Rassemblement Populaire dans l’objectif d’une victoire aux élections législatives. Celle-ci aura bien lieu le 3 mai. Ce programme, en retrait de la plate-forme adoptée par le PC et la SFIO en juin 1935, fait la part belle aux radicaux, par souci de ne pas se mettre à dos la petite bourgeoisie. Ses propositions les plus hardies sont la semaine de 40 heures sans diminution de salaire et la nationalisation des usines d’armement.

 

Le 3 mai, le Front populaire remporte la majorité des suffrages : 2 millions de voix à la SFIO, 1,5 million au Parti Communiste qui double son score de 1932, et 1,4 million aux radicaux.
Léon Blum, chef du parti ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages est appelé à former le nouveau gouvernement. Les communistes, après débat, décident de soutenir ce gouvernement sans toutefois y participer.

 

 

- Le Bilan : Un mouvement de grève s’est lancé au lendemain de la victoire du Front populaire aux élections législatives. Pourquoi à ce moment-là ? La représentation politique de la classe ouvrière, au pouvoir, ne suffisait-elle pas à garantir des avancées sociales ?

Pascal Bavencove : Les premiéres grévistes n’attendent d’ailleurs pas la formation de ce gouvernement pour se lancer dans le mouvement, ni même un quelconque mot d’ordre de gréve venu d’en haut.

 

Chez Bréguet, au Havre, le motif initial est pour empêcher le licenciement de deux militants ayant fait gréve le 1er Mai. Vont suivre Latécoêre à Toulouse puis Bloch à Courbevoie. Ces mouvements sont généralement impulsés par des syndicalistes issus de la CGTU, dont le poids est prépondérant dans l’industrie. La gréve va s’étendre en vagues dans tout le pays jusqu’aux 30 000 ouvriers de Renault Billancourt.

 

En réalité, le gouvernement Blum, de par sa composition sociologique, n’a pas d’attaches avec le mouvement syndical .Il n’aura donc pas le rôle essentiel dans le conflit sauf à jouer un rôle d’arbitre au soir du 7 juin, date de l’Accord Matignon.

 

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- Le Bilan : Quelles étaient les revendications des grévistes ?

Pascal Bavencove : L’augmentation des salaires liés à l’attribution d’un contrat collectif de travail (c’est ainsi que verront le jour les Conventions Collectives) sont au cœur du mouvement. Beaucoup d’aspects en découlent, comme celle de l’élection de « délégués du personnel » pour défendre les revendications.

 

Les grévistes expriment profondément leur désir de liberté… Les Congés Payés n’étaient pas au centre du débat, mais cette aspiration, certes une revendication syndicale, n’a pu trouver son sens que par le mouvement d’occupation des usines, au son de l’accordéon, quand la parole enfin se libère, quand les travailleurs usés à la tâche découvrent la joie d’être ensemble pour autre chose que le turbin. Ce qui n’était pas,et de loin, dans le programme du Front populaire sera réalité deux mois plus tard.

 

 

- Le Bilan : Les grèves de mai-juin 1936 ont été inédites à plus d’un titre. Quantitativement, parce que 12.000 entreprises en grève ont été recensées équivalentes à deux millions de salariés en grève. Qualitativement, parce que pour la première fois la classe ouvrière en grève occupait les lieux de travail, en investissant les usines et les grands magasins, en organisant des bals populaires, des repas collectifs. Pourquoi une telle évolution des pratiques à cette date ?

Pascal Bavencove : Déjà, la taille des entreprises. La concentration du capital, le taylorisme, le Fordisme exigent des unités de travail regroupant des quantités importantes d’ouvriers, comme les grands magasins une noria de vendeuses et de « petites mains ». Des travailleurs qui, contrairement à ceux d’avant 1914, sont moins nombreux dans l’agriculture et la « boutique », chez notre bon maître, chez notre Monsieur, pour citer Jacques Brel dans « JAURÉS ».

 

L ‘essor des communications revêt une grande importance dans la vision de la société des années 1930.Un réseau de Chemin de Fer qui irrigue maintenant toutes les villes et les bourgs de campagne et bien sûr l’électrification généralisée qui permet le développement de la TSF : la radio met chacun à égalité dans une certaine connaissance des réalités du pays et du monde.

 

En même temps, le mouvement ouvrier s’est structuré dans les quinze dernières années. 1936 n’est pas l’orage dans un ciel serein. De grandes figures ratissent le terrain depuis des années tels Pierre Semard chez les Cheminots, Henri Martel chez les Mineurs tout comme Gaston Monmousseau et Benoît Frachon dans les luttes interprofessionnelles. Les paysans rouges ont leur tribun, Renaud Jean qui jouera un rôle important à l’assemblée en 1936. Le blé semé, l’heure de la récolte arrive.

 

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- Le Bilan : Quelles ont été les victoires obtenues début juin, avec notamment les accords de Matignon ? Étaient-elles suffisantes pour cesser le mouvement – Maurice Thorez avait-il raison de déclarer, le 11 juin, qu’ « il faut savoir arrêter une grève dès que satisfaction a été obtenue » ?

Pascal Bavencove : Retenons l’augmentation des salaires de 12 % en moyenne, les contrats collectifs, les libertés syndicales et leur exercice, les 2 semaines de Congés Payés et les 40 Heures. Ce qui loin d’être négligeable. Les gréves vont d’ailleurs durer dans certaines entreprises jusqu’à la première semaine de juillet : tout simplement parce que dans ces « taules », le patron refuse de se résoudre aux accords Matignon du 7 juin.

 

Les propos exacts de Maurice Thorez sont :  « il faut savoir terminer une grève, dès l’instant où les revendications essentielles ont été obtenues ».

 

Nous sommes en 1936 sur un formidable mouvement revendicatif visant à obliger le patronat de répondre aux revendications ouvrières. Le rôle du gouvernement Blum n’est pas essentiel dans ce conflit. La question se serait posée nécessairement d’une autre façon vis à vis d’une gréve visant à défaire le pouvoir politique, insurrectionnelle (comme en 1944) quand l’imbrication entre le patronat, Pétain et les nazis était avérée. L’expérience du mouvement syndical peut aussi permettre de répondre à cette question, dans le sens où il faut savoir ne pas s’épuiser, reconstituer ses forces et augmenter le niveau de conscience des travailleurs pour repartir à l’action le moment venu sur les revendications non résolues.

 

 

- Le Bilan : 1936 a été une date-clef dans l’organisation de la classe ouvrière, dans le développement de la conscience de classe chez une majorité de salariés. Pourquoi ce mouvement émancipateur n’a pas su s’inscrire dans la durée – avec le retour au pouvoir du radical Daladier dès 1938 ?

Pascal Bavencove : Comme nous l’avons noté plus haut, le danger de l’extrême-droite a été l’une des motivations essentielles des prémisses du Rassemblement Populaire. Dès le mois d’août 36, les premières failles du gouvernement Blum apparaissent avec son refus d’équiper en armes la République Espagnole contre Franco, soutenu par Hitler et Mussolini.

 

Dés lors, les capitalistes n’auront de cesse de préparer leur revanche. Leur formule glaçante « Plutôt Hitler que le Front populaire » résume parfaitement l’état d’esprit de la bourgeoisie.
La majorité réformiste de la CGT refusera le combat antifasciste et plusieurs de ses dirigeants comme Belin et Dumoulin rejoindront le camp défaitiste qui les mènera dans la collaboration.

 

Quand, en septembre 1938, les sinistres « accords de Munich » permettent l’invasion de la Tchécoslovaquie par Hitler avec le soutien de Mussolini, le radical Daladier, succédant à Blum, démissionnaire ainsi que l’anglais Chamberlain, vont donner au nazis le champ libre pour envahir l’Europe et l’Union Soviétique.

 

 

Dés lors, s’ensuivent l’interdiction de la presse puis du Parti communiste, l’expulsion de ses députés à l’assemblée, la mise au pas de la CGT par l’exclusion des anciens dirigeants ex-CGTU, prélude à sa dissolution par Pétain auquel Daladier va remettre le pouvoir.

 

La courte période du Front Populaire aura pourtant formé toute une génération de militants. Nous les retrouverons, pour beaucoup dans la clandestinité, dans les combats de la Résistance, et certains aux postes de ministres dés la Libération : Marcel Paul comme Ambroise Croizat, dirigeants du mouvement syndical dès 1936, mettront en œuvre des projets avortés sous le Front populaire comme la Sécurité Sociale, les Nationalisations, ou encore la naissance des Comités d’Entreprise.

 

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- Le Bilan : Que devons-nous, aujourd’hui, aux travailleurs en lutte il y a de cela 80 ans ? Quel a été leur héritage ? Comment s’en inspirer aujourd’hui alors que la mobilisation contre la loi Travail bat son plein ?

Pascal Bavencove : Croizat résume honnêtement les choses dés la Libération, au moment où le Parti Communiste réalise 25 % des suffrages et met tout son poids dans l’application du Programme du Conseil National de la Résistance. Le Ministre des Travailleurs nous dit : « Ne parlez pas d’acquis sociaux, mais de conquis sociaux, parce que le patronat ne désarme jamais », et aussi, « Rien ne se fera sans vous »…

 

Ainsi,dés 1947, sous l’impulsion des États-Unis, le capital sort du trou. La classe capitaliste, la seule à avoir majoritairement pactisé avec l’occupant va dès alors tarauder l’unité populaire réalisée à la Libération avec la complicité active des successeurs de Blum à la SFIO.
Il va falloir Mai 1968 pour que les travailleurs alliés au mouvement de la jeunesse étudiante se mettent en gréve (dans des proportions plus importantes qu’en 1936) afin d’obtenir des avancées sociales de grande ampleur.

 

Les grandes victoires du mouvement social du Vingtième Siècle (36-45-68) se sont produites en riposte à un vécu devenu intolérable pour une bonne partie de la population.
C’est l’un des aspects communs avec la naissance du mouvement contre la loi-travail qui aurait pour effet de revenir à la situation de 1935.

 

Renaissent alors les convergences à renforcer entre une jeunesse précarisée, en études ou pas, et un mouvement syndical divisé avec d’un côté une dynamique de lutte certes importante, mais contrariée par certaines organisations syndicales pataugeant dans le marais du renoncement et de soumission aux intérêts du capital.

 

La reconstruction d’un rapport de forces et la conscience que celui-ci peut changer la donne mérite une réappropriation, non seulement de connaissances historiques, mais d’une culture de « mise en commun » de forces atomisées ou disséminées. Ce qui peut permettre la maturation et l’extension du mouvement vers ceux qui en ont l’intérêt, sans aujourd’hui avoir la possibilité d’y participer. A ce titre, les initiatives « Nuit Debout » semblent en représenter les prémices.

 

Pour en savoir plus :

- Le front populaire..... HORIZONS !

- Les congés payés soufflent leurs 80 bougies

- « Front populaire ». Visionnez l'intégralité des Agoras de l'Humanité

- Comment un rapport de forces bascule : Aux origines ouvrières du Front populaire

- PLUTÔT HITLER QUE LE FRONT POPULAIRE !

- " Hitler n'aurait pu prendre le pouvoir sans la complicité d'élites bourgeoises "

Les 80 ans du Front Populaire… Et maintenant ?
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 08:01
France insoumise... Retrouvons nous le 5 Juin à Paris !

Jean-Luc Mélenchon s'adresse à nous pour nous inviter à nous rendre disponibles le dimanche 5 juin prochain afin de participer, à Paris, à la première manifestation publique de notre notre mouvement en vue de l’élection présidentielle de 2017.

 

Sources : Lettre de Jean-Luc Mélenchon aux insoumis le 21/04/2016

Nous sommes plus de 97 000 engagés dans le mouvement la France Insoumise. C’est là un appui décisif pour ma proposition de candidature à l’élection présidentielle de 2017. Notre campagne suit un cours serein et ferme. De tous côtés nous arrivent des aides de toute nature. L’ample mouvement social contre la loi El Khomri qui fait réfléchir et agir le pays en profondeur encourage notre action. Dans le mouvement social autour des syndicats comme dans « les nuits debout » de tout le pays, nous avons tous compris sans nous consulter comment nous comporter : nous mettre au service de l’action et faciliter tout ce qui la renforce, sans ostentation ni récupération. Plus ces mouvements approfondiront la prise de conscience des personnes qui s’y impliquent, plus nous seront forts le moment venu.

 

Dès lors, notre campagne doit se donner ses propres objectifs et rendez-vous politiques. Notre nombre et notre engagement personnel sont notre force. Et la force va à la force. C’est pourquoi je vous propose de nous retrouver le dimanche 5 juin prochain à 14h à Paris, Place de la Bataille de Stalingrad (M° Jaurès). Nous montrerons notre force dans un rassemblement populaire, gratuit et ouvert à tous. Je souhaite qu’il soit un défilé de la France insoumise. Ce sera le rendez-vous de tous les insoumis qui résistent là où ils se trouvent, quelle que soit la forme de leur engagement : lanceurs d’alertes, syndicalistes, militants écologistes, associatifs... Je crois que ce sera une bonne façon de montrer qui nous sommes et ce que nous voulons.

 

Je compte sur nous tous pour assurer notre réussite.

 

Je vous appelle à amplifier l’action pour faire connaître nos idées et mettre en mouvement tous les insoumis du pays en leur proposant de se retrouver le 5 juin. Ainsi, cet événement fera date. J’espère qu’il nous ouvre la voie d’une campagne victorieuse dans l’élection présidentielle. 

 

C’est possible ! Qui aurait cru, il y a encore quelques semaines qu’un tel mouvement populaire se lèverait contre la cruelle loi Khomri ? Demain, nous obtiendrons le retrait de cette loi. Puis l’élection de 2017 nous donnera le moyen  d’affronter en force l’oligarchie pour rendre le peuple souverain et construire cette nouvelle France insoumise et fière de l’être à laquelle nous aspirons.

 

Fidèlement, Jean-Luc Mélenchon

 

- S'inscrire

France insoumise... Retrouvons nous le 5 Juin à Paris !

Le dimanche 5 juin est donc organisé à Paris un défilé de la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon prendra la parole. Inscrivez-vous à cet événement afin de recevoir toutes les informations relatives à ce rendez-vous !

 

- Cars et covoiturages

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Comment trouver ou organiser un car ou un covoiturage pour participer au défilé de la France insoumise le 5 juin à Paris. Pensez bien à indiquer les éléments suivants :

- Lieu de départ (avec un numéro de rue, pour permettre de géolocaliser votre covoiturage ou votre car sur la carte)

- Nombre de places disponibles dans le véhicule

  • Pour tout savoir sur l'organisation d'un car ou un covoiturage, c'est ICI

 

- Matériel

France insoumise... Retrouvons nous le 5 Juin à Paris !

Chacun trouvera  ICI de quoi agir comme bon lui semble pour faire connaître notre rendez-vous : affiches, tracts, autocollants, visuels pour facebook et twitter… Chacun peut évidemment inventer sa manière de transmettre l’invitation.

 

 

- Aider à financer l'évènement et les cars pour venir

France insoumise... Retrouvons nous le 5 Juin à Paris !

Je vous invite aussi à financer si vous le pouvez l’organisation de cet événement en lui-même et des départs en car. Pour cela, un financement participatif est ouvert ICI.

Un tel événement représente une charge financière importante si l’on veut qu’il soit réussi et visible.

 

France insoumise... Retrouvons nous le 5 Juin à Paris !
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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 08:02
Loi El-Khomri : Appel du 51eme congrès de la CGT

Les 1 000 délégués réunis en congrès à Marseille du 18 au 22 avril 2016 ont analysé la situation économique et sociale, le contexte des mobilisations désormais ancrées dans le pays depuis plus d’un mois et demi.

 

La CGT lance un appel fort et déterminé à l’ensemble des salariés du privé et du public, des jeunes, des privés d’emploi, des retraités et de ses syndicats, à poursuivre et amplifier partout le rapport de force jusqu’au retrait du projet de la loi dite « Travail » dynamitant notre modèle social.

 

Il s’agit d’organiser dans toutes les entreprises et les établissements des réunions d’information, des rencontres afin de s’opposer encore plus fort à tous les mauvais coups et à imposer de nouvelles conquêtes sociales. Un espoir immense s’ouvre pour le monde du travail grâce à la lutte unitaire menée par une CGT moderne, porteuse de propositions en phase avec l’ensemble des travailleurs-euses), à l’image du rejet massif du projet de loi El Khomri exprimé par 70% de l’opinion publique. Un mouvement qui fait face à un gouvernement désavoué, en rupture profonde avec la population et singulièrement toute la jeunesse. Un exécutif à l’écoute d’un patronat rétrograde et menaçant, privilégiant la finance à la réponse aux besoins sociaux et ambitionnant de détruire toutes les garanties collectives en fixant comme seul horizon la précarité généralisée, l’incertitude du lendemain.

 

Le désespoir est dans le renoncement, l’espoir est dans la lutte.

 

Dans ce cadre, la CGT appelle toutes les organisations à amplifier la riposte, dès le 28 avril, par la grève interprofessionnelle et les manifestations pour obtenir dans un premier temps le retrait du projet de loi de casse du code du travail.

 

D’ici le 28 avril, la poursuite de la construction de l’action implique la tenue d’assemblées générales dans les entreprises et les services publics pour que les salariés décident, sur la base de leurs revendications et dans l’unité, de la grève et de sa reconduction pour gagner retrait et ouverture de véritables négociations de progrès social.

  • Pour un code du travail du 21ème siècle ;
  • Pour la mise en œuvre d’une réelle sécurité sociale professionnelle ;
  • Pour la réduction du temps de travail à 32 heures.

 

Le 28 avril, comme le 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs-euses sont autant d’étapes vers la victoire.

 

Marseille, le 20 avril 2016

 

 

- Appel du 51éme Congrès de la CGT en version imprimable

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 08:04
28 avril 2016 : action en Charente maritime contre le projet de loi "travail El Khomri"

Les organisations syndicales de salariés (CGT ; FO ; FSU ; US Solidaires) et de jeunesse (UNL ; UNEF) réunies en intersyndicale le 15 avril 2016, ont décidé d’un appel commun pour demander le retrait du projet de loi « travail » dite « El Khomri ».

 

Elles appellent l’ensemble des salariés, des lycéens, des étudiants, des retraités, à se mobiliser massivement.

 

Dans cette perspective, et elles invitent à organiser des assemblées générales dans les entreprises, les services et les établissements, afin de préparer l’action et préparer la poursuite du mouvement.

 

 

- Il est prévu sur notre département 4 rassemblements :

28 avril 2016 : action en Charente maritime contre le projet de loi "travail El Khomri"

- Tract d’appel de l'intersyndicale de Charente Maritime en version imprimable

 

- Appel du 51éme Congrès de la CGT

"... la CGT appelle toutes les organisations à amplifier la riposte, dès le 28 avril,  par  la  grève  interprofessionnelle  et  les  manifestations  pour  obtenir  dans  un premier temps le retrait du projet de loi de casse du code du travail.


D’ici le 28 avril, la poursuite de la construction de l’action implique la tenue d’assemblées générales dans les entreprises et les services publics pour que les salariés décident, sur la base de leurs revendications et dans l’unité, de la grève et de sa reconduction pour gagner retrait et ouverture de véritables négociations de progrès social.

 

  • Pour un code du travail du 21ème siècle ;
  • Pour la mise en œuvre d’une réelle sécurité sociale professionnelle ;
  • Pour la réduction du temps de travail à 32 heures.

 

Le 28  avril,  comme  le  1er mai,  journée  internationale  de  lutte  des  travailleurs-euses sont autant d’étapes vers la victoire."

 

- Appel du 51éme Congrès de la CGT en version imprimable

28 avril 2016 : action en Charente maritime contre le projet de loi "travail El Khomri"
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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 08:58
Confidences et spéculations prospectives du 1%

Sources :  Rue du blogule rouge par le 1% | le 11  avril 2016

Nous autres, les riches, les oligarques, nous, le 1%, sommes bien embêtés. Comment, dans ce beau pays de France, continuer à plumer et exploiter comme de coutume, salariés, retraités, pauvres, sans-dents, bref, les 99% comme ils disent ? Devrons-nous, aux prochaines élections présidentielles, pour pérenniser notre domination politique passée et actuelle, nous appuyer sur la droite traditionnelle libérale ou continuer avec la social-démocratie devenue social libérale ou même miser à nouveau sur l’Extrême Droite, “comme en 40“ ?

 

 

- Car la situation de nos poulains éventuels n’est en réalité pas vraiment prometteuse.

  • Commençons par nos substituts au pouvoir actuels :

Hollande est au plus mal dans les sondages d’opinion ; Valls encore un peu plus bas. Les socialistes ont été laminés un peu plus à chaque élection depuis 2012. Les Français semblent ne plus vouloir entendre parler d’eux.

 

Notre précédent poulain, Sarkozy, est discrédité au sein même de son parti de la droite traditionnelle et semble bel et bien hors jeu pour les prochaines présidentielles.

Ces trois là ne sont donc plus des valeurs sûres.

 

Ne restent que Jupé, vieux cheval de retour –tiendra-t-il la distance ? - et Le Pen -de plus en plus empêtrée elle-même dans ses affaires juridico-financières et rattrapée par son idéologie sulfureuse dont les électeurs risquent d’être de moins en moins dupes.

Ces deux là valent-ils vraiment le coup de miser sur eux ?

 

  • Et maintenant, les Français, même terrorisés par les attentats, menottés par l’état d’urgence, redressent la tête, se lancent à nouveau dans des grèves et descendent massivement dans la rue pour se battre contre le dernier avatar du libéralisme, la loi travail, celle qui nous aurait permis de les précariser un peu plus et de les exploiter encore davantage ! Et les jeunes s’en mêlent et certains citoyens se paient même le luxe d’imaginer ou de reproduire de nouvelles formes d’actions comme les “nuits debout“ !

Ça commence à faire beaucoup !

 

 

- Il est grand temps pour nous de sortir un nouveau lapin de notre chapeau, un nouveau diable de notre boîte !

C’est le rôle de Macron.

Un micron huloté à gauche, une macro rotschildée à droite, c’est la (dé)marche de Macron. Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à la marche des canards boiteux du MEDEF. C’est pour nous un fer de plus au feu pour remplacer à terme Hollande discrédité et Valls disqualifié. C’est un songe creux, sans doute un remake du parti centriste de Bayrou, un lapin aussi, sorti du chapeau d’un prestidigitateur pour tirer les marrons du feu quand le cochon est dans le maïs, que le chien le mord et que la cabane va tomber sur le chien ! Pourvu que ça “marche“ ! Espérons “qu’ils“ seront nombreux, tous ceux qui se disent écoeurés par les partis et les hommes politiques de droite comme de gauche, à tomber dans le panneau !

 

 

- Heureusement, en face, l’adversaire de gauche est démuni. Heureusement, il est divisé et semble pour le moment incapable de s’unir.

C’est une chance pour nous, car parfois, la gauche, la vraie, nous fait bien un peu peur. Par exemple, avec cette grande idée du Front de Gauche et surtout son programme “l’Humain d’abord“, Mélenchon avait bien redressé la barre en 2012 et il pourrait bien fédérer en 2017 tous les anti-libéraux, susciter l’engouement subit d’autres citoyens – ça s’est vu en Espagne avec Podemos ou aux Etats-Unis d’Amérique avec le mouvement qui accompagne Sanders - et promouvoir une nouvelle République – la 6ème, dit-il- qui renverserait l’ordre établi pour promouvoir des idées aussi saugrenues que la priorité à l’intérêt général et l’abandon des politiques d’austérité –européennes ou non- qui nous vont si bien !

 

Par bonheur pour nous, leur union n’a pas tenu et, grâce surtout à Pierre Laurent qui veut bien de tout le monde sauf de Mélenchon, le PCF s’est tiré une balle dans le pied en cautionnant la fameuse primaire “à gauche“ dont personne n’est capable de dire si elle inclura le PS de Valls, Hollande et Macron -et pourquoi pas Bayrou ?- ou peut-être seulement des “frondeurs“ et Hulot !

 

Car c’est avec tous ces gens-là, plus peut-être Cohn-Bendit et Duflot, que Pierre Laurent voudrait régater, pardon, primairiser. Bien sûr, aucun d’eux n’est prêt à discuter d’un programme différent du sien propre, aucun n’envisagera des mesures vraiment en faveur du bien public et donc opposées à nos intérêts particuliers.

 

 

- Lequel d’entre eux les communistes, leur électorat et ceux qu’ils influencent soutiendraient-ils alors lors de l’élection, la vraie ?

Lequel d’entre eux aurait inclus dans son programme des mesures anti-libérales suffisantes pour rompre avec les politiques de droite qui ont, d’une part, mené dans le mur du chômage de masse et de la loi travail dévoreuse des conquêtes sociales, d’autre part, renforcé la prééminence des Riches et assis notre domination ?

 

À moins de considérer que l’élection présidentielle n’ait que peu d’importance, car les idées de gauche n’y ont aucune chance d’en sortir gagnantes. Seules compteraient alors les législatives et les gains possibles de places d’élus pour certains partis grâce à leurs alliances, fussent-elles des trahisons de classe (suivez le regard vers la Place du Colonel Fabien et Solférino). Mais même cette tactique-là serait complètement erronée ! Car vous savez bien nous avons verrouillé le système électoral français, en plaçant chronologiquement les législatives après les présidentielles. Les résultats des unes sont ainsi soumis au résultat des autres.

 

C’est cela qui peut nous rendre optimistes. Notre long passé au pouvoir nous a permis de bien contrôler tous les leviers de domination. Tant que les 99% n’auront pas pris conscience qu’unis ils pourraient facilement d’une chiquenaude nous renvoyer de nos paradis fiscaux dans l’enfer de la démocratie réelle, nous ne craindrons pas grand-chose et nous pourrons continuer à les exploiter tranquillement !

 

Espérons qu’ils n’y pensent jamais !

 

Pour en savoir plus :
-
Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 08:19
Logo officiel du PCF/Front de Gauche (version noir et blanc)

Logo officiel du PCF/Front de Gauche (version noir et blanc)

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Tandis que Pierre Laurent et le PCF continuent sur la voie de la primaire, Jean-Luc Mélenchon part pour les présidentielles "hors cadre de parti" avec son mouvement "La France Insoumise" alors que le Front de Gauche semble aujourd'hui "cliniquement mort".

  • Pourquoi la primaire à gauche est le prototype de la "fausse bonne idée" pour le PCF ?
  • Pourquoi devrait-il lutter au côté de Jean-Luc Mélenchon ? Mon avis sur le sujet.

 

Sources : Le blog Médiapart de Filip par Filip le 10 aril 2016

- Etant membre du PCF, je ne peux m'empêcher d'exprimer mon mécontentement et mon refus absolu à l'idée de s'engager dans l'organisation de la primaire de la "gauche" incluant le parti socialiste.

Pire, je soutiens la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour 2017, quel diable suis-je donc! Un diable peut-être, mais qui n'aspire pas à laisser son parti sombrer dans l'enfer d'un pitoyable score électoral comme ce fut le cas lors des dernières élections. Ainsi, les mots, phrases et paragraphes qui suivront sont adressés aux camarades de tous les partis du FdG à qui veux bien les lire et les entendre.

 

Je lis dans un article du Monde[1] du 21 février 2016 que le camarade Pierre Laurent n'aurait "aucun problème" avec une éventuelle participation de François Hollande à la primaire car il a "confiance dans le choix que feront les citoyens de gauche".

 

 

- Première remarque, bien sûr que c'est un problème si François Hollande y participe.

Au-delà, c'est un problème le fait que n'importe quel socialiste y participe. Non pas que j'ai en moi une haine viscérale des socialistes, au contraire, tous ne sont pas à la droite de la gauche comme Hollande ou Valls et certains partagent des valeurs communes avec nous. Malheureusement, il faut aller en profondeur dans la psychologie instaurer dans le peuple avec la politique gouvernementale menée depuis 2012. Aujourd'hui, la notion de droite/gauche n'est plus comprise par le grand nombre, elle vole donc par conséquent en éclats. Si nous nous obstinons à vouloir expliquer au grand nombre que: la droite c'est ça, la gauche c'est ça, mais le PS n'est pas à gauche...enfin si mais la plupart, notamment ceux au pouvoir font des politiques de droites car la social-démocratie... et ainsi de suite.


Bref, vous perdez votre temps! Donc première chose à analyser et à retenir selon moi, c'est le fait que l'on doit réduire temporairement dans notre discours le nombre de termes renvoyant à la "gôche", et être en rupture total avec ce qui symbolise la gauche au pouvoir aujourd'hui, le parti socialiste. Avec un peuple qui est pour la majorité fatigué et ennuyé par la question politique, il faut donc, selon moi toujours, ne s'allier, ni marchander en aucun cas avec quelconque socialiste que ce soit. Si un socialiste veut rejoindre l'opposition, il peut soit rester au PS mais cela n'avancera à rien, ou soit quitter son parti et éventuellement rejoindre une autre formation de gauche. Nous sommes dans l'opposition! Et une primaire avec le PS nous décrédibiliserait totalement. D'entrée de jeu nous perdons, avant même d'avoir livré bataille.

 

Voilà mon avis catégorique sur la question de la primaire avec des socialistes.

 

 

- Ma seconde remarque porte sur un sujet délicat en ces temps mouvementés.

En tant que communiste, ce qui peut paraitre surprenant, c'est mon soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Ma décision peut paraitre non-réfléchie et précipitée mais j'ai tout de suite compris la stratégie de JLM avec son mouvement: la France Insoumise[2]. 

 

Ce que j'expliquais à propos de la dépolitisation du peuple français et le ras-le-bol ambiant des classes politiques dirigeantes, Mélenchon l'a parfaitement compris et propose sa propre solution face à la situation. On peut lui reprocher certains aspects de sa démarche et la déclaration impromptue qu'il a faite mais le mouvement est lancé et je veux expliquer pourquoi JLM se lance sans parti mais avec un réseau indépendant qui est ouvert à tout soutien (y compris de partis politiques).

 

Peut-être le fait que je sois au PCF ouvrira ma démarche à d'autres camarades ou peut-être pas...

 

 

- Toujours est-il que deux points sont nécessaires d'étayer et d'analyser à propos de JLM et la France Insoumise.

Je serais bref.

  • Le premier porte sur les doutes qu'ont certains envers la loyauté et la capacité de Mélenchon à être candidat pour les prochaines présidentielles de 2017. On peut lui reprocher toutes sortes de choses, sa sympathie pour Mitterrand, son "oui" au traité de Maastricht, son statut d'ex-socialiste et beaucoup d'autres points. Néanmoins, l'analyse de l'évolution de ses écrits et de ses discours au fil du temps m'a révélé le passage de JLM de simple socialiste à véritable révolutionnaire. C'est un R.E.V.O.L.U.T.I.O.N.N.A.I.R.E. La substance de ses propos a clairement évoluée et murie (je n'écris pas ce billet pour débattre des propos que JLM a pu prononcer par-ci par-là, ça sera sujet à débat dans d'autres billets).

 

Et puis arrêtons de lui reprocher sa participation passée avec le PS car non seulement on ne refait pas le passé, mais aujourd'hui JLM est plus radical quant au PS que nous au PC, qui cherchons toujours des alliances avec les socialistes et nos résultats électoraux ne font que chuter avec le temps. Il faut se remettre en question et ne pas rejeter d'un revers de main ce que dit JLM. Il faut regarder les choses en face:

 

Résultats électoraux au premier tour des présidentielles du PCF de 1969 à 2012 © Filip

Résultats électoraux au Premier tour des présidentielles du PCF de 1969 à 2012 © Filip

 

Ce graphique illustre bien l'échec total des alliances avec le PS depuis le programme commun notamment (à cela s'ajoute la chute du mur évidemment). En revanche, lorsque l'on propose un bloc uni d'opposition, le Front de Gauche, en 2012 avec à sa tête J-L Mélenchon, on réalise un score à deux chiffres qui n'a pas été réalisé depuis plus de 20 ans: 11,10% des voix au premier tour! Moins de 7% d'écart avec le FN! Un exploit pour une formation politique qui a moins de 4 années d'existence! Mais...pour 2017 le PCF préfère se relancer avec des socialistes et se rendre illisible et invisible. Ce bloc uni qui proposait un véritable programme antisystème et qui révélait l'imposture du FN, se disloque jusqu'à devenir "un échec", je reprends là les mots d'Olivier Dartigolles[3], porte-parole du PCF. La situation aujourd'hui semble coincée et étouffée par ce clivage entre communistes et Parti de Gauche. Pourtant, la campagne pour 2017 est déjà commencée. Plusieurs personnes ont déjà déclaré leur candidature et le PCF veut attendre jusqu'au prochain congrès pour décider de sa stratégie, c'est-à-dire en juin 2016 !  Bien, attendons.

 

  • Tout cela nous amène au second point. Il y en a un qui ne traine pas car il sait que la lutte sera rude, c'est JLM. Il se lance dans un nouveau processus pour les présidentielles. Voyant que la situation avec le FdG n'avance pas, voyant que Hollande a détruit toute forme de repères politiques des citoyens et s'inspirant de la montée fulgurante de Bernie Sanders aux Etats-Unis, il décide de lancer la plateforme internet et le mouvement la France Insoumise. Il a selon moi parfaitement compris comment continuer dans la dynamique de 2012 sans se réunir sous la bannière du Front de Gauche.

 

La France Insoumise est ouverte à tous. Les citoyens n'ayant plus de repères droite/gauche, ce mouvement est volontairement indépendant de ce cadre afin que tout ceux qui souhaitent se réunir contre le système sans passer par la case FN puisse le faire librement et sans avoir de carte de parti. Cet élément est plus que crucial, car le système des partis étant discrédité, on n'oblige donc pas les gens à se dire de gauche. Certains se considèrent de droite alors qu'ils ne savent même plus où ils en sont. Cela voudrait dire que la France Insoumise et JLM ne sont pas de gauche? Evidemment que non. Que les partis politiques ne servent plus à rien? Le mouvement est indépendant mais a besoin et souhaite le soutien de partis ou autres formations politiques. Il part de zéro, les partis politiques qui le soutiendront apporteront de leur force militante et également financière! Mélenchon sait très bien qu'il sera difficile de se passer du PCF.

 

Je faisais référence à Bernie Sanders. La plateforme internet utilisée est similaire si ce n'est identique. Le succès que l'on connaît à Bernie Sanders peut aussi se reproduire avec la France Insoumise. Internet permet, dans la cadre des élections, de mettre en réseau les soutiens, d'en apporter de nouveaux, de participer plus ou moins activement à la campagne de chez soi, sans être militant. Ici donc également, la manœuvre est très habile.

 

Au moment où j'écris ces lignes, la France Insoumise compte déjà plus de 90 000 soutiens.

 

J'appelle mon parti, le Parti Communiste Français, de mon modeste poste de camarade militant, a abandonner le plus rapidement possible le processus de la primaire et a soutenir la France Insoumise. Si nous nous ne le faisons pas, je crains qu'une fois de plus, nous sombrions dans les oubliés de cette élection alors que la situation est de plus en plus préoccupante et les fascistes rodent toujours..

 

 

P.S : Je suis ouvert à toute critique constructible dans les commentaires ou sur les réseaux sociaux évidemment.

 

Mises à jour :

1- Depuis les déclarations de Pierre Laurent sur la candidature de Hollande, le PCF a changé de position et a décidé de ne pas participer à une primaire avec Hollande. Cependant, la participation de socialistes est toujours d'actualité donc le passage au début vaut toujours, il faut juste reconsidérer la substance du propos avec l'actualité.

2 - Signez la pétition lancée par Francis Parny "Communistes, nous soutenons Jean-Luc Mélenchon pour 2017" -> https://www.change.org/p/communistes-nous-soutenons-jean-luc-m%C3%A9lenchon-pour-2017

 

Notes

[1]: Article du Monde du 21/02/16 avec les déclarations de Pierre Laurent auxquelles je fais référence.

[2]: Plateforme internet lancé par JLM pour soutenir sa candidature en 2017.

[3]: Olivier Dartigolles: "Le Front de Gauche est un échec"

 

Pour en savoir plus :
-
Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

- Appel aux communistes : Faisons de la candidature de JL Mélenchon l’occasion d’un grand rassemblement par Françis Parny

- Primaire : Pierre Laurent n'aurait jamais du y entrer, nous exigeons qu'il en sorte !

- Martine Aubry « soutien » François Hollande. La seule alternative crédible aujourd’hui c’est Jean-Luc Mélenchon

- Jean-Luc Mélenchon : Le pari d’une candidature précoce et de la personnalisation

- Nous, économistes, soutenons Mélenchon

- Se fourvoyer avec le Parti socialiste ou construire une dynamique nouvelle avec Mélenchon ?

- par Jean Luc Mélenchon : La primaire en voie de nébulisation

- Panique à l'Elysée: Mélenchon talonne Hollande !

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 08:20
Gilles Kepel « L’émergence du salafisme est un signe des failles de notre société »

Spécialiste de l’islam et du monde arabe contemporain, auteur de Terreur dans l’Hexagone[1], Gilles Kepel[2] décrypte ce qu’il nomme la « troisième génération du djihad français ». Celle que les penseurs islamistes travaillent au corps pour commettre des attentats en France et, ainsi, déclencher la guerre civile au moment où la montée de l’extrême droite renforce la polarisation de la société.

L’islam, la culture musulmane et la langue arabe n’ont aucun secret pour Gilles Kepel. Un savoir qu’il ne cesse de partager à travers ses livres, entre autres. Son dernier ouvrage Terreur dans l’Hexagone, coécrit avec Antoine Jardin, resitue, à la manière d’un puzzle, les faits politiques, sociaux, sociétaux et religieux pour leur donner du sens. Un ouvrage à lire absolument pour quiconque voudrait comprendre les mutations de l’idéologie djihadiste en France et dans le monde.

 

Sources :  L'Humanité par Gilles Kepel le 26 Février, 2016

- L'Huma. : L’association avec Antoine Jardin, spécialiste des comportements électoraux, était-elle indispensable pour décrire le djihad ?

Gilles Kepel : Il me semblait important de resituer des éléments de contexte, en particulier électoral, et comprendre l’évolution des votes, notamment après une expression massive en faveur de François Hollande, ou plus exactement contre Nicolas Sarkozy, en 2012. Au scrutin législatif, 400 Français héritiers de l’immigration, principalement algérienne, s’étaient portés candidats, soit 8 % du total des candidatures, et une dizaine d’entre eux ont été élus. Il fallait ensuite analyser la façon dont « le mariage pour tous » avait aliéné une partie du vote social en faveur de la gauche, et avait amené un certain nombre d’électeurs qui se définissaient comme musulmans à s’identifier à la droite, au nom de critères de conservatisme commun. C’est ainsi que, lors des « manifs pour tous », défilaient des gens de l’association Fils de France de Camel Bechikh, porte-parole de cette manifestation, par ailleurs membre de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Il fallait dans le même temps comprendre comment l’absence de traduction sociale des promesses du candidat devenu président, essentiellement la persistance du non-emploi, s’était soldée par une abstention massive des électeurs de Hollande. Je voulais qu’un expert de ces mouvements électoraux contribue à ce livre, de manière à ce que je me concentre, moi, sur mon domaine de travail.

 

 

- L'Huma. : En quoi ce que vous nommez « la troisième génération de djihadistes » diffère-t-elle des première et deuxième vagues ?

Gilles Kepel : En parallèle au processus d’intégration politique ostensible d’une population des banlieues écartée précédemment du jeu institutionnel, un mouvement souterrain se fait jour, lequel est accéléré par les mutations que connaît le djihadisme international. Ce mouvement permet désormais l’existence d’un vrai recrutement en Europe, ce qui était marginal pour la première (celle du GIA en Algérie) et la deuxième (celle d’al-Qaida, en Afghanistan). Avec la stratégie de la troisième génération de djihadistes français, les actes terroristes doivent cibler, en priorité, le sol européen. Cette stratégie émerge sous la plume de son penseur syrien Abu Musab Al Suri, fin connaisseur du Vieux Continent pour y avoir vécu de nombreuses années. L’Europe, selon lui, est le ventre mou de l’Occident. En 2005, il poste en ligne son Appel à la résistance islamique mondiale qui théorise cette stratégie et identifie dans la jeunesse héritière de l’immigration « mal intégrée » son instrument de prédilection. La percolation entre les deux sphères, celle du djihad international avec celle du djihad en France, se fait avec la troisième génération de terroristes français. Si la première génération y échappe, la deuxième y est partiellement touchée, avec le GIA dont le djihad a certes débordé en France, mais il était destiné à faire pression sur les autorités françaises pour leur politique en Algérie. Le djihad n’était pas un enjeu endogène européen, comme c’est le cas avec la troisième génération.

 

 

- L'Huma. : Comment expliquez-vous le silence des autorités politiques sur l’appel d’Al Suri, alors que vous en avez parlé en 2008 ?

Gilles Kepel : Le phénomène a été ignoré car ils n’ont pas cru qu’un mouvement à la base pourrait fonctionner, obsédés qu’ils étaient par les mouvements pyramidaux, comme l’était al-Qaida, lequel imitait les services secrets. Al Suri a misé sur une organisation horizontale pour mener son combat en visant les « apostats », les « islamophobes » et les juifs. Il fallait cibler des victimes auxquelles la société pouvait s’identifier, les politiques, discrédités, sont mis de côté. On a ainsi choisi Cabu, Wolinski, Charb, et des personnes de confession juive pour créer un soulèvement des uns et une réaction des autres, tentant de cette manière d’ouvrir grand la porte de la guerre civile. Al Suri ne perd pas son objectif d’aboutir à une guerre d’enclaves qui permettrait l’édification d’un califat construit sur l’effondrement de l’Europe.

 

 

- L'Huma. : N’est-ce pas alarmiste d’affirmer que le prix sera lourd à payer pour les politiques « désormais dépourvus de solution aux défis du djihadisme et frappés de mutisme devant les philippiques du FN dans ce domaine »  ?

Gilles Kepel : Pas du tout. Le djihadisme français est emblématique d’un pays où l’islamisme et ses multiples usages politiques peuvent désormais devenir une importante variable d’ajustement électoral. Or la polarisation entre la kalachnikov du djihadisme et le « Je suis Charlie-Martel » du FN peut aboutir à la guerre civile espérée par Al Suri.

 

 

- L'Huma. : Les terroristes sont-ils des incultes en islam, comme l’affirment certains en France ?

Gilles Kepel : Il y a un vrai conflit sur cette question. Comme Olivier Roy, il y a ceux qui estiment que nous vivons seulement une islamisation de la radicalisation. Selon ce politologue, aux Brigades rouges d’autrefois se substituent les brigades vertes. Pour lui, les djihadistes n’ont rien à voir avec le salafisme. Certains de ses disciples expliquent que cette doctrine constitue un rempart contre le terrorisme. Dans l’entretien paru le 29 septembre 2014 dans le Monde, Olivier Roy note : « Il faut d’autant moins internationaliser le conflit que Daech a avant tout une stratégie locale, qu’il tente d’étendre à tout le Moyen-Orient, mais son objectif n’est ni New York ni Paris. » Alors que la messe est dite, les élucubrations coupées de la réalité continuent à circuler. Les idées d’Olivier Roy s’apparentent à des sophismes modernes, raison pour laquelle elles rencontrent du succès. Il justifie la paresse intellectuelle largement répandue sur cette question complexe. Tout le monde a l’impression de comprendre sans y avoir travaillé. Or, personne ne se rend en Syrie uniquement par le biais d’Internet. Cela passe par un réseau de pairs, par la progression du salafisme comme modèle de rupture en valeurs et culturelle. La porosité entre salafisme et djihadisme demeure grande, même si les salafistes affirment ne pas être violents. Culturellement, les djihadistes sont des salafistes. Parmi ces derniers, certains passent au combat armé, certains autres attendent les instructions de l’Arabie saoudite. Celle-ci pratiquait les accommodements avec ceux qui achetaient son pétrole, alors à 120 dollars le baril. À 27 dollars, il est possible qu’un certain nombre de cheikhs basculent dans la sympathie à l’égard de Daech et, ainsi, se débarrassent du régime saoudien. La réfutation des idées fausses, des sophismes et autres prénotions au sens de Durkheim, d’Olivier Roy et consorts est fondamentale. C’est un débat universitaire, un débat intellectuel, un débat éthique.

 

 

- L'Huma. : Comment expliquez-vous le déni des politiques sur l’idéologie islamiste qui se répand depuis des décennies ?

Gilles Kepel : La question de l’islamisme est si compliquée qu’il faut pour s’y atteler posséder un minimum de culture sur la région. Or, depuis le quinquennat de Nicolas Sarkozy, les études arabes ont été complètement détruites en France. À Sciences-Po, la filière dont je me suis occupé pendant vingt-cinq ans, laquelle formait des docteurs, des hauts fonctionnaires, des acteurs associatifs ou des journalistes, a été fermée en décembre 2010. Nous avons aujourd’hui un véritable déficit de compétences. Nous sommes également victimes, en France, d’énarques omniscients, estimant tout savoir alors qu’ils sont incultes. Quant aux politiciens, ils sont réduits à des astuces qui vont leur permettre de conclure des accords avec des organisations islamistes X ou Y supposées assurer la paix sociale.

 

 

- L'Huma. : Par quel cheminement une partie de la gauche dite radicale est arrivée à nouer des liens durables avec des associations islamistes mettant en avant le combat contre « l’islamophobie », un terme imposé au sein de l’opinion ?

Gilles Kepel : Le processus de porosité entre les discours islamistes et gauchistes est exprimé en 1994 par The Prophet and the Proletariat, de Chris Harman, leader d’un mouvement trotskiste britannique, qui estime possible de pactiser avec l’islamisme dans certaines circonstances. Il trouvera sa prolongation en France avec l’engagement du Monde diplomatique et d’Alain Gresh, alors rédacteur en chef du mensuel, aux côtés de Tariq Ramadan au sein du Forum social européen (FSE) en 2003. Ramadan jouera un grand rôle dans ce rapprochement. Alors que la gauche traditionnelle n’arrivait plus à recruter la jeunesse, Ramadan participe aux divers rassemblements accompagné de ses adeptes de l’Union des jeunes musulmans, comprenant que cette alliance islamo-gauchiste était l’occasion espérée de pénétrer le système politique. Dans cette perspective, les croyances de ces nouveaux alliés ne sont pas susceptibles d’être critiquées, sous peine de rompre les liens instaurés à grand-peine entre l’ex-avant-garde marxiste, dont les soutiens populaires propres ont disparu, et les masses paupérisées des banlieues, désormais inéluctablement islamisées à leurs yeux. Le débat sur Charlie Hebdo pousse la rupture sur les valeurs au paroxysme. Ce journal satirique considère que la critique de la religion islamique est du même ordre que celle de la religion juive ou chrétienne. Alors qu’à l’autre bout du spectre, à l’image d’Emmanuel Todd, on estime que critiquer l’islam revient à cracher sur la religion des pauvres, des prolétaires. Or, il y a un hic dans ce raisonnement : une partie des islamistes n’a pas hésité à défiler lors des « manifs pour tous » avec des conservateurs et des réactionnaires.

 

 

- L'Huma. : Ces alliances entre intégristes et réactionnaires sont-elles un phénomène anecdotique sans conséquence sur la vie politique ?

Gilles Kepel : C’est un phénomène structurant, qui n’est pas dynamique en lui-même. Ceux qui, à gauche, pensaient que le vote des citoyens de confession musulmane leur était acquis, savent désormais que le comportement électoral de ces Français a changé. Un nombre important de municipalités de Seine-Saint-Denis ont basculé à droite. Le département compte à présent une majorité de mairies gérées par la droite, soit 21 contre 19. Les fortes mobilisations contre le mariage pour les homosexuels étaient en adéquation avec la persistance du chômage. Et c’est là que la rupture qui se transforme en valeurs salafistes a un boulevard devant elle.

 

 

- L'Huma. : Que faire ?

Gilles Kepel : Nous avons trois types de défis à relever en France : le défi de connaissance, d’abord de police et de renseignement, lesquels ont raté la mobilisation culturelle djihadiste de la troisième génération ; le défi de l’inclusion sociale, car l’émergence du salafisme et celle du terrorisme sont des signes des failles de notre société ; et le défi culturel. On ne doit pas accepter que les salafistes soient les porte-parole hégémoniques de la population de culture musulmane. On doit refuser le chantage à « l’islamophobie ».

 

Notes

[1] Terreur dans l’Hexagone. Genèse du djihad français, de Gilles Kepel, avec Antoine Jardin. Éditions Gallimard, 21 euros.

[2] Gilles Kepel anime le séminaire « violence et dogme » à l’École normale supérieure et enseigne à l’Institut d’études politiques de Paris. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont les plus récents sont Passion française (2014), Passion arabe (2013) et les Voix des cités (2014) aux éditions Gallimard. Plusieurs de ses livres font référence au monde musulman contemporain, Quatre-vingt-treize (2012), entre autres, chez le même éditeur. Dans Terreur et martyre (2008), chez Flammarion, il décrypte l’appel du penseur syrien Abu Musab al Suri.

 

Pour en savoir plus :
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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 08:31
La loi travail, apothéose d’un quinquennat (Frédéric Lordon)

Nous ne revendiquons rien !

 

Sources :   Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées  par Frédéric Lordon [8] | le 12 avril 2016

Au point où nous en sommes, il faut être épais pour ne pas voir qu’il en va dans les mouvements sociaux actuels de bien plus qu’une loi et ses barèmes d’indemnités. Mais l’épaisseur, en tout cas en ce sens, c’est bien ce qui manque le moins à ceux qui nous gouvernent et à leurs commentateurs embarqués. Aussi tout ce petit monde continue-t-il de s’agiter comme un théâtre d’ombres, et à jouer une comédie chaque jour plus absurde, les uns affairés à peser au trébuchet leurs concessions cosmétiques, les autres leurs gains dérisoires, les troisièmes à faire l’éloge du raisonnable ou à préparer gravement « la primaire ». Et tous se demandent quelle est la meilleure couleur pour repeindre la clôture du jardinet qu’ils continuent d’entretenir sur les flancs du volcan déjà secoué de grondements.

 

"Par un paradoxe caractéristique des époques finissantes, ce sont les seigneurs du moment qui accélèrent eux-mêmes le processus de la décomposition, dont on reconnaît les étapes aux seuils de corruption du langage enfoncés l’un après l’autre. On a pour habitude en cette matière de faire d’Orwell une référence. Mais Orwell était un petit joueur qui manquait d’imagination. Soyons juste : il n’était pas complètement sans talent, il a d’ailleurs fallu attendre un moment pour que son clou lui soit rivé. Enfin c’est fait. Et c’est Bruno Le Roux, président du groupe « socialiste » à l’Assemblée, qui s’est chargé de lui enseigner à quels sommets on peut emmener le prodige du renversement des mots : « il faut que le CDI ne soit pas une prison pour le chef d’entreprise [1] ». Il faut admettre qu’on peine à faire le tour d’un trait de génie pareil et qu’il faut être bien accroché pour ne pas céder complètement au vertige. Ceux qui s’en souviennent penseront également à cet extrait des Nouveaux chiens de garde [2] où Bénédicte Tassart (RTL), croyant vitupérer les séquestrations de patrons, s’exclamait qu’il « est inadmissible de retenir des personnes contre leur volonté dans des bureaux », manifestement sans se rendre compte qu’elle livrait par-là même un point de vue éditorial aiguisé sur le rapport salarial (sans doute limité au secteur tertiaire mais aisément généralisable). La malheureuse cependant était tout à fait innocente. Les évocations carcérales de Bruno Le Roux sont bien mieux pesées. Tellement bien d’ailleurs qu’elles donnent considérablement à penser — quoique peut-être hors de ses intentions de départ.

 

Il se pourrait en effet que tout ce qui se passe en ce moment se joue précisément autour de la connexion, puissamment mise en évidence par Bruno Le Roux, du contrat salarial et de la prison. Qui se trouve enfermé vraiment, c’est bien sûr là le point de controverse résiduel, auquel par bonheur ne s’arrêtent pas trop longtemps tous ceux qui, bombes de peinture à la main, réélaborent pour leur propre compte, et de manière assez vigoureuse, la grande intuition rouquinienne.

 

Et pas seulement celle-là. Car c’est décidément un gouvernement qui ne manque pas de philosophes et s’y entend dans l’art de donner à penser. On se souvient d’Emmanuel Macron méditant sur les fins dernières et qui suggérait qu’« il faut des jeunes qui aient envie de devenir milliardaires ». Passer à l’article indéfini pour lui faire dire qu’il faudrait que « les jeunes aient envie de devenir milliardaires » serait-il faire violence à une pensée que, visiblement, seule la crainte de réactions arriérées retient de la conséquence ? De l’un à l’autre en tout cas — de Le Roux à Macron — et quoique par des voies différentes, c’est bien une idée générale de l’existence qui nous est proposée.

 

"Il y a là une invitation et il faut y être sensible. Prenons donc les choses au niveau même de généralité où elles nous sont soumises — le seul moyen de leur apporter une réponse adéquate. Disons avec honnêteté que celle-ci a pris du temps à murir. Il est vrai que tant la brutalité de l’assaut néolibéral que l’effondrement de l’« alternative communiste » n’étaient pas propices à reprendre rapidement ses esprits. Cependant trois décennies d’expérimentation soutenue en vraie grandeur ne pouvaient pas ne pas produire quelques aperceptions. Le travail du réel fait son chemin, et il le fait d’autant mieux que se développent les lieux de mise en commun (au tout premier chef le site #OnVautMieuxQueCa), où les gens découvrent que ce qu’ils vivaient chacun par devers soi est en fait très largement partagé.

 

Et puis, mais il faut en savoir gré à ce gouvernement dont les stimulations à penser n’ont jamais cessé, ladite « loi travail » vient là, comme une sorte d’apothéose, qui aide considérablement à ce que s’opèrent les dernières clarifications. L’idée de la vie que ces personnes nous offrent nous apparaît maintenant avec une grande netteté. C’est pourquoi, désormais en toute connaissance de cause, et y ayant bien réfléchi, nous pouvons leur répondre que non. Soulignons-le à l’usage des mal-entendants, qui se sont toujours comptés en grand nombre du côté du manche : c’est de cela qu’il est question aujourd’hui. Pas de CDD télescopiques, de comptes rechargeables, ou de barèmes à mollette : de cela, une idée de l’existence.

 

On peut convaincre avec des principes, on le peut encore mieux avec des images. Pour qui n’aurait pas encore les idées bien fixées quant au type de monde que la philosophie gouvernementale désire pour nous — en tous les sens de l’expression : à notre place et pour nous l’imposer —, il suffirait de regarder une ou deux choses dont le pouvoir d’éloquence posera un rude défi à la pédagogie ministérielle. Il y a bien sûr, mais tout le monde les a vues, ces images d’une controverse entre trois policiers et un lycéen parisien surarmé, celles également d’un retour des CRS sur les bancs de la faculté de Tolbiac, qui font entendre une résonance particulière des propos de François Hollande en 2012 — « Je veux redonner espoir aux nouvelles générations » — ou bien plus récemment de Najat Vallaud-Belkacem (24 mars 2016) — « Education : ce que nous faisons pour la jeunesse ». A moins qu’il ne s’agisse en fait de leur note tout à fait juste.

 

La réalité de l’ordre social se trouve pourtant autrement mieux figurée dans deux vidéos dont la première, de pur témoignage, a été faite par Fakir et laisse Henri (son nom n’est pas donné) raconter comment, employé d’un sous-traitant, il s’est trouvé dénoncé par Renault où il intervenait pour avoir, depuis sa messagerie personnelle, fait la promotion du film Merci patron ! auprès des syndicats du Technocentre… Dénoncé et puis, il va sans dire, interdit d’accès au site… et maintenant en procédure de licenciement auprès de son propre employeur. Plus confondante encore, cette scène filmée au bureau de Poste d’Asnières, lors d’une réunion syndicale à laquelle des étudiants sont venus participer pour informer de leur mobilisation… tous se retrouvant face à des policiers armés de flashball, semble-t-il appelés par la direction, et que seule la cohésion du groupe, emmené par une grande gueule de Sud PTT, armée de ce qu’il reste de droits syndicaux, permet de refouler.

 

Et c’est peut-être celle-là la scène canonique, celle qui dit tout : la hantise du pouvoir — la réunion des étudiants et des salariés ; la surveillance en dernière instance policière du salariat rétif, c’est-à-dire la fusion de l’Etat et du capital, paradoxalement — ou à plus forte raison — quand il s’agit du capital public ; l’alternative radicale de la soumission ou de la lutte collective. Il est bien certain qu’avec de pareils spectacles la clarté de l’entendement reçoit un puissant renfort de l’imagination. Une fameuse poussée des affects aussi. Et voici ce que cette belle propulsion nous permet de leur dire : comprenez bien que nous ne revendiquons rien. Entendez qu’après quelques décennies à faire, vous et vos semblables, la démonstration de vos talents et de votre hauteur de vue, l’idée de négocier quoi que ce soit avec vous nous apparaît absolument sans objet. C’est que « revendiquer » n’a de sens que dans un certain cadre qu’on reconnaît par-là implicitement comme légitime, et tautologiquement comme hors du champ de la revendication elle-même — puisqu’il en est le cadre… Or, vient fatalement un moment où, à force de combats dérisoires pour des miettes, et même en l’occurrence pour simplement résister à la diminution des miettes, l’impensé du cadre revient à la pensée. Non plus comme objet de « revendication » mais comme objet de renversement.

 

"Certes, nous le savons, pour continuer d’entretenir l’illusion, vous pouvez compter sur le syndicalisme du bouton d’or, celui qui voit des « ambitions de progrès [3] » au fond des plus notoires régressions, et dont la science héraldique a maintenant établi aussi bien les armoiries — « de serpillière sur balais de pont croisés » — que l’éternelle devise : « Affalé toujours déjà ». Contre un certain syndicalisme couché, ce qui naît en ce moment serait plutôt de l’ordre du mouvement debout. Comme on sait, le mouvement, entendu en ce sens, commence par le rassemblement. Des gens ont opiné que simplement manifester une fois de plus sur des trajets convenus, c’est-à-dire « revendiquer », ne serait plus suffisant. En conséquence de quoi, ils ne rentreront pas chez eux et se retrouveront quelque part pour commencer quelque chose de tout autre. Nuit Debout [4], est le nom de cette initiative, et son exposé des motifs, décalqué à même le message du film Merci patron ! dit assez son nouveau rapport au « cadre » : « leur faire peur »… Nous rassembler, ne pas rentrer, ne pas revendiquer : concentré d’inquiétante étrangeté en effet pour les administrateurs de cadre.

 

Et c’est vrai que, même si nous ne connaissons pas encore bien notre force, ce qui ne fait peut-être que commencer ici a tout du cauchemar pour l’Etat, qui voit ses grand-peurs s’aligner dans une conjoncture astrale du pire : la hantise de la convergence, l’abandon « en face » de la revendication, son remplacement par des affirmations.

 

Il se pourrait en effet que nous soyons sur le point de vivre un de ces moments bénis de l’histoire ou des groupes ordinairement séparés redécouvrent ce qu’ils ont de profondément en commun, ce commun massif institué par le capitalisme même : la condition salariale. Salariés maltraités d’aujourd’hui, lycéens et étudiants, maltraités de demain, précarisés de toutes sortes, mais aussi toutes les autres victimes indirectes de la logique générale du capital : objecteurs aux projets d’aménagement absurdes, mal-logés, sans-papiers corvéables à merci, etc.

 

Mais que peut faire un ministre, ou son directeur de cabinet, de tous ces gens qui en ont soupé de revendiquer ? Rien, absolument rien, ils le savent d’ailleurs, et c’est bien ce qui leur fait peur. C’est que, quand ils abandonnent le registre infantile de la revendication, les gens retrouvent aussitôt le goût du déploiement affirmatif — effroi de l’Etat qui s’est réservé le monopole de l’affirmation. Pour son malheur, la loi El Khomri aura peut-être été l’abus de trop, celui qui fait passer un point de scandale et produit dans l’esprit des gens un remaniement complet de la vision des choses, des places et des rôles. Nous n’avons aucune intention de nous battre pour des codicilles : nous voulons affirmer de nouvelles formes de l’activité et de la politique [5].

 

"Il faut entendre le poignant appel de Michel Wieviorka à « sauver la gauche de gouvernement [6] » pour mesurer le degré d’inclusion des desservants intellectuels du « cadre », et par suite leur incompréhension radicale, fussent-ils sociologues, de ce qui se passe dans la société. Dans une tentative de redéfinition performative des catégories politiques qui dit tout de la glissade à droite de ce personnel d’accompagnement (à la suite de leurs maîtres auxquels il s’agit de toujours bien coller), Wieviorka fait désormais représenter « la gauche de la gauche » par… Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ! Manière d’indiquer où se situent à ses yeux les bords du monde fini — car par définition, à gauche de la gauche de la gauche… il n’y a plus rien. Ou plutôt si : il y a les fous. « La gauche folle », c’est l’expression préférée de tous les éberlués de gauche passés à droite qui n’en reviennent pas qu’on puisse ne pas se rendre à la simple raison qui donne à choisir entre « la gauche libérale-martiale de Manuel Valls » (sic), « la gauche sociale-libérale d’Emmanuel Macron », et donc « la gauche de la gauche, de Benoît Hamon à Arnaud Montebourg ». Et qui s’efforcent sans cesse, repliés dans leur peau de chagrin, de ramener toujours plus près d’eux le commencement du domaine de la folie. Alors il faut le dire à Wieviorka et à tous ses semblables, Olivennes [7], Joffrin, etc. : c’est vrai, nous sommes complètement fous. Et nous arrivons.

 

Note :

[1] LCP, 10 mars 2016.

[2] Les nouveaux chiens de garde, film de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, Epicentre films éditions, 2011.

[3] Laurent Berger, « La loi Travail “peut répondre à une ambition de progrès” », L’Obs, 24 mars 2016.

[4] Voir également sur le site Convergence des luttes.

[5] Voir « Pour la république sociale », Le Monde Diplomatique, mars 2016.

[6] Michel Wieviorka, « Il faut sauver la gauche de gouvernement », entretien, L’Obs, 27 mars 2016.

[7] Denis Olivennes, La maladie de la gauche folle, Plon, 2000.

[8] Frédéric Lordon

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

- convergences des luttes

- Nuit debout, ou la démocratie méticuleuse

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 08:37

Sept syndicats appellent à une nouvelle journée de grève et de manifestations le 28 avril

La mobilisation commence à porter ses fruits, raison de plus pour l'amplifier le 28 avril !

Sources : L'UGICT-CGT et l'UD CGT de Charente Maritime

Après plus d’un mois de mobilisation des jeunes et des salariés, le Premier ministre a annoncé des premières mesures. Certaines d'entre elles reprennent des propositions portées par la CGT et l'Unef depuis de longues années (voir la proposition de loi cadre pour l'emploi des jeunes formulée par l'UGICT-CGT et l'Unef), comme l'aide à la recherche du premier emploi ou l'augmentation de la rémunération des apprentis et la réforme du mode de calcul pour intégrer la qualification. Mieux vaut tard que jamais ! 

 

Les modalités de financement, et notamment de l'accompagnement des jeunes par l'Apec (Association pour l'Emploi des Cadres), restent encore à préciser. Quant à la surtaxation des contrats précaires, il s’agit d’une exigence de longue date de la CGT, mais dont l’effectivité dépend de l’assiette (qui doit inclure tous les contrats précaires, CDD, CDD d’usage, Interim…) et du taux qui doit permettre de générer des recettes nouvelles pour l’assurance chômage[1].

  • Pas question que cette surtaxation s’accompagne d’exonérations supplémentaires pour les CDI !

 

- Malheureusement, le gouvernement refuse toujours d'entendre la première revendication des jeunes et des salariés, le retrait du projet de loi Travail.

Cette revendication est soutenue par une majorité de français, qui considèrent que ce projet de loi remet en cause les droits des salariés et ne fait que répondre aux revendications du MEDEF.

 

En inversant en effet la hiérarchie des normes, ce projet de loi permet de « travailler plus pour gagner moins », notamment avec l'extension des forfaits jours et la baisse de la rémunération des heures supplémentaires. Il facilite considérablement les licenciements avec les accords compétitivité et la réforme des PSE et va généraliser les logiques de dumping social en tirant les salaires et le paiement des qualifications vers le bas. 

 

Il faut donc s'appuyer sur ces premiers reculs du gouvernement pour amplifier la mobilisation (en Charente Maritime et dans tout le pays) le 28 avril et obtenir le retrait du projet de loi ! Nous pouvons gagner !

 

 

- Appel national unitaire des syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL

Les organisations syndicales (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) appellent l’ensemble des salarié-es, privé-es d’emploi, étudiant-es, lycéen-nes, retraité-es à se mobiliser à nouveau par la grève et à participer massivement aux manifestations le 28 avril prochain.

 

Dès à présent, elles appellent à l’organisation d’assemblées générales dans les entreprises et administrations pour assurer le succès de cette journée et décider de la poursuite de l’action pour obtenir le retrait de la loi et l’obtention de nouveaux droits.

 

- Communiqué national unitaire en version imprimable

 

- Communiqué de l'UD CGT de Charente Maritime en version imprimable

 

- Tract de l'UD CGT de Charente Maritime en version imprimable : "Après le 9 avril"

Note :

[1] Pour rappel, la mesure de surtaxation des CDD mise en place lors de la convention assurance chômage de 2013 a coûté à l’assurance chômage : elle n’a rapporté que 70 millions d’euros (du fait du faible taux et des multiples exonérations prévues, les CDD d’usage et l’intérim n’étant pas concernés) et s’est accompagnée de 74 millions d’euros de baisse de cotisations pour les recrutements de jeunes en CDI. Bilan : 4 millions d’euros de dépenses supplémentaires pour les caisses UNEDIC alors que l’objectif était de dégager des recettes supplémentaires !

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

- Après le 31 mars : communiqué de l'intersyndicale de Charente Maritime

- Nuit Debout fait tache d’huile : La nouvelle génération casse les codes et toute la France la suit !

- Par le Parti de Gauche : Loi Travail, Une loi au service du Medef

Loi Travail
 
Une loi au service du Medef
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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 08:05
Solfériniens : le PS et le PRG en actes !

Rétrospective des reniements, trahisons, attaques frontales contre le salariat

Le patronat et la finance en rêvaient.... le PS et le PRG  l'ont fait !

Pour que la liste cesse de s'allonger indéfiniment, dés 2017, PRENONS LE POUVOIR avec J.L. Mélenchon et les INSOUMIS !

 

On ne pensait pas humainement possible de commettre autant de saloperies en quatre ans... au nom d'un gouvernement qui se qualifie "de gauche". On avait tort : les Solfériniens l’ont fait sans retenue. Du désastre de la politique étrangère de l’endormi Fabius, en passant par le scandale de la loi El-Khomri, de l'atteinte à notre démocratie avec l'utilisation du 49-3 à l'état d'urgence permanent.... Il ne manque que la continuation de la scandaleuse LRU par la zélée Fioraso...

PRÉCISION : chaque point évoqué fait l'objet d'un lien vers le texte de référence. Les liens et mises à jour n'ont pas été repris ici mais figure dans le texte original sur : le PS en actes

 

Sources : Le Grand Soir par ROMANE | mis à jour le 10 aoüt 2016

- Loi El-Khomri

Les points présentés ci-dessous concernent essentiellement les versions 1 et 2 de la loi

  • Réserve de vote : le gouvernement bloque la discussion sur les amendements
  • Valls envisage de recourir au 49-3 pour faire passer la loi
  • Article 52 : Pôle Emploi pourra prélever directement sur les allocations d’assurance chômage les indus qu’il réclame, sans contrôle du juge.
  • Les salariés inaptes pourront être congédiés sans délai
  • L’article 19 organise la sur-représentation du Medef par rapport aux autres organisations patronales dans les organismes sociaux
  • Acquis sociaux remis à zéro tous les 5 ans
  • En cas de licenciement illégal, l’indemnité prud’homale est plafonnée à 15 mois de salaire.
  • Fin du minimum de dommages et intérêts en cas de licenciement injustifié
  • Une entreprise peut faire un plan social sans avoir de difficultés économiques
  • Licenciements facilités en cas de transfert d’entreprise
  • Les 11 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées.
  • Une entreprise peut, par accord, baisser les salaires et changer le temps de travail
  • Les temps d’astreinte peuvent être décomptés des temps de repos
  • Le dispositif « forfaits-jours », qui permet de ne pas décompter les heures de travail, est étendu
  • Les apprentis mineurs pourront travailler 10 heures par jour et 40 heures par semaine
  • Le plancher de 24 heures hebdomadaires pour un contrat à temps partiel n’est plus la règle dans la loi (confirmation d’une loi antérieure).
  • Il suffit d’un accord d’entreprise pour que les heures supplémentaires soient 5 fois moins majorées
  • Une mesure peut-être imposée par référendum contre l’avis de 70% des syndicats
  • Après un accord d’entreprise, un salarié qui refuse un changement dans son contrat de travail peut être licencié
  • Par simple accord, on peut passer de 44h à 46h de travail maximum
  • Durée de travail en horaire maximum passe de 12 à 16 semaines
  • Durée du temps de travail est calculée sur 3 ans
  • Par simple accord on peut passer de 10h à 12h de travail maximum par jour
  • Contacter le médecin du travail devient presque impossible
  • La visite médicale d’embauche transformée en simple visite d’information
  • La durée du congé en cas de décès d’un proche n’est plus garantie

 

 

 

- Travail et Salariat

  • "Chemise" d’Air France : El Khomri valide le licenciement d’un délégué CGT
  • Sodexo : El Khomri autorise le licenciement d’un délégué CGT pour fait de grèv
  • Service civique obligatoire pour les - de 25 ans : emploi déguisé et sous-rémunéré
  • RIFSEEP : Mise en concurrence des fonctionnaires, par des primes soumises à l’arbitraire
  • Air France : 100 millions d’€ de CICE en 2 ans = 3000 emplois supprimé
  • Pacte de responsabilité : +3,1 milliards de cadeau au patronat en 2016
  • Le gouvernement envisage de simplifier le licenciement économique
  • Rapport Badinter : Des limitations peuvent être apportées aux libertés et droits fondamentaux si elles sont justifiées par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise.
  • [Envisagé] « Forfait jours » pour les salariés (= fin des heures supp.).
  • Rapport Badinter : fin de facto des 35 heures.
  • Austérité : 2 milliards d’euros « d’économies » supplémentaires.
  • Nouveau cadeau au patronat : prime de 2.000 € par an et par embauche pour les PME.

- Prime réservée aux embauches à bas salaires.

- La part socialisée des bas salaires sera donc payée par... les contribuables.

  • La rupture du contrat de travail sera simplifiée.
  • Basculement du CICE en baisse définitive de charges.
  • Hollande s’attaque à la durée légale du travail.
  • Décret n° 2015-1874 : la loi relative au Dialogue social et à l’emploi sacrifie la citoyenneté au travail.
  • EDF : suppression de 4.000 postes en trois ans.
  • Promesse de sanctionner les licenciements boursiers non tenue.
  • Compte pénibilité, l’inverse de la prévention.

- Recul sur les critères.

- Recul sur les dates d’entrée en vigueur.

- Recul sur la date de paiement des premières cotisations.

- Recul sur le mode de déclaration.

  • Criminalisation de l’action syndicale :

- Torpillage de la loi d’amnistie sociale votée au sénat.

- Prison ferme pour 8 ex-Goodyear malgré le retrait des plaintes.

- Arrestation à l’aube de 4 syndicalistes d’Air France.

  • Répression pour la Confédération Paysanne, mansuétude pour la FNSEA.
  • Abandon du projet de loi relatif à la démocratie sociale.
  • Loi Macron : toutes les FNAC parisiennes se retrouvent en ZTI.
  • Loi Macron : vers un accès restreint aux prud’hommes.

 

- Démantèlement du droit du travail (ANI)

  • La prescription sur les rappels de salaire passe de 5 à 3 ans.
  • Demandes liées à la rupture de contrat passent de 5 à 2 ans.
  • Différé d’indemnisation de 180 jours pour rupture conventionnelle.
  • Mutuelle d’entreprise obligatoire (2Mds€ pour 400.000 personnes).

- La part patronale est désormais imposable

  • Sapin appelle les entreprises à ne pas augmenter les salaires trop vite.
  • Retrait du Burn-out de la liste des maladies professionnelles.
  • Destruction du Code du Travail.
  • [objectif] Privilégier les accords d’entreprise, au détriment de la loi.
  • Généralisation du travail du dimanche.

- La Poste expérimente la livraison de colis le dimanche.

  • Ouverture des magasins de nuit.
 

- Loi Rebsamen :

  • CDD renouvelable 2 fois.
  • Fragilisation des CE & CHSCT.
  • Fin de l’obligation de reclassement en cas d’inaptitude professionnelle.
  • Création du CDI intermittent.
  • Destruction de l’Inspection du Travail.
  • Suppression des élections prud’hommales.
  • Plafonnement des indemnités de prud’hommes pour licenciement abusif.
  • Condamnation d’une inspectrice du travail (Téfal).
  • Facilitation des licenciements collectifs.

 

- Pauvreté et précarité

  • Hausse de 50% du nombre de sans abris entre 2011 et 2014
  • ÇA VA MIEUX : Hausse de 6% du nombre de millionnaires en 2015
  • L’État ampute le budget de Pôle emploi de 30 millions d’euro
  • APL minorée ou supprimée quand le loyer est "trop élevé"
  • Familles nombreuses : fin des aides pour la cantine
  • Revalorisation des prestations familiales et sociales de… 50 centimes
  • Le Guen suggère de baisser la durée et le montant des allocations chômage.

Myriam El Khomri envisage la dégressivité des allocations chômages, Idée réaffirmée le 01.02.16 par Michel Sapin.

  • Hausse du chômage : 309 000 radiations en novembre 2015.
  • Prime d’activité :

Moins d’aide pour les plus fragiles (RSA activité et PPE).

Le contribuable compensera les bas salaires du privé.

  • [Projet] Encourager les emplois de service ("trappes à bas salaires").
  • [Projet] Formation : Valls demande des contreparties aux chômeurs.
  • Précarité : Explosion de l’intérim : +10% en un an.
  • Ségolène Royal favorable au retour des coupures d’eau pour les payeurs en difficulté.
  • Taux de pauvreté à nouveau en augmentation.
  • La chasse à la fraude aux allocations s’accentue.
  • Renforcement du contrôle des chômeurs.
  • Pas de « coup de pouce » pour le SMIC.
  • Ouverture des centres d’hébergement seulement par -5°C.
  • Baisse du montant des APL.

 

- Santé & retraite

  • Hôpitaux : précarité, austérité : 6 suicides en un an au CHU de Toulouse
  • PMA pour les lesbiennes : promesse, tergiversations, et renoncemen
  • Hôpitaux : externalisation, polyvalence, postes supprimés : 2 suicides
  • Au 1er avril, hausse du montant de l’AAH de… 81 centimes
  • Accessibilité : normes moins contraignantes et dérogations.
  • Retraites : Revalorisation de… 0,1% en 2015.
  • Les bénéficiaires de l’AME privés de remboursement.
  • Remise en cause du droit au séjour pour soins.
  • Durée de cotisation retraite portée à 43 ans.
  • Loi Macron 2 : mise en place de fonds de pension.
  • Hôpitaux : suppression de 22.000 postes en 3 ans.
  • Gel des retraites >1200€ et décalage de 6 mois de la revalorisation.
  • Hausse de l’allocation handicapés de 7€.
  • Prime exceptionnelle (sic) de 40€ pour les retraites les plus faibles.
  • Abandon de la réglementation sur l’accessibilité aux handicapés.
  • Baisse de la prestation de compensation du Handicap.
  • Pas retour sur les franchises de soins.
  • Loi fin de vie vidée de son contenu (en attente de CMP).
  • Don du sang : maintien d’une discrimination pour les homosexuels.
  • Budget Sécurité sociale : suspension des votes à l’Assemblée.

- Fiscalité

  • Le gouvernement pille les ménages pour servir les entreprises
  • CSG « discrètement » augmentée pour des centaines de milliers de retraités
  • Un rapport sénatorial étrille le CICE : Mal ciblé, coûteux, lourd
  • Les exonérations fiscales pour les impatriés passent de 5 à 8 ans
  • ISF : Hollande a plus avantagé les milliardaires que Sarkozy
  • Hausse de 11% du nombre de contribuables millionnaires en 2015
  • Rejet du "reporting public" sur demande de C. Eckert
  • Le taux du Livret A passe pour la 1ère fois sous la barre de 1% (0,75%).
  • Suppression de centaines de postes de contrôleurs fiscaux.
  • Îles Vierges, Montserrat, Bermudes et Jersey sortis de la liste des paradis fiscaux.
  • Pas d’interdiction des paradis fiscaux pour les banques françaises.
  • 3 taux d’imposition pour les entreprises : non tenu.
  • Fraude fiscale et sociale : aucune annonce.
  • Fraude aux cotisations sociales (25Mds/an) : aucune annonce.
  • 900 millions d’euros de réduction d’impôts pour les plus riches.
  • Sapin demande le retrait d’un amendement visant à taxer les dividendes.
  • Maintien des niches fiscales : 82 milliards de perte pour l’Etat.
  • Communes : baisse de la DGF.

- Incitation à la création de communes nouvelles pour conserver les niveaux de dotation.

  • CICE : 40 milliards sur 3 ans (dont 12 pour 2015).
  • Pacte de Responsabilité
  • - Plus forte exonération de "charges" de la Vè République.

    - 6,3 milliards pour la protection sociale.

  • Le bouclier fiscal de Hollande : 730M€ pour 7 630 contribuables aisés.
  • Maintien du Crédit Impôt Recherche (5,5 Mds€/an).
  • - Interdiction de publication du rapport.

  • ISF : le gouvernement ne taxera pas les œuvres d’art.
  • Entraves à la taxe sur les transactions financières.
  • Abandon de la "grande réforme fiscale" Ayrault.
  • Recul sur l’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail.
  • Recul sur l’instauration d’une taxe sur l’excédent brut d’exploitation.
  • Valls regrette la hausse (symbolique) des impôts des plus riches.
  • Vote du TSCG sans renégociation.

- Le gouvernement se prive de latitude.

  • Hausse de la TVA de 19,6 à 20% et de 7 à 10%.
  • Rejet du contrôle des frais des députés, sur avis défavorable d’Eckert.
  • Rejet du "reporting public" sur demande de C. Eckert.

- Industrie & business

  • La Poste (990 M€ de CICE de 2013 à 2015) supprime 7302 postes en 2015
  • La France promeut l’arbitrage privé (ISDS) du Tafta
  • Les euro-députés socialistes votent la directive Secrets des Affaires avec le FN et LR
  • La rémunération fixe moyenne d’un patron du CAC 40 en hausse de 4%
  • Sanofi : 140M€ (CICE + CIR), 3,8Mds€ de dividendes : 600 suppressions de postes 47Mds € de dividendes en 2015 (+9,9% hors taux de change)
  • Michelin : 18M€ de CICE, profits en hausse de 12% : 494 suppressions de postes.
  • Corruption : les entreprises pourront payer pour éviter le procès.
  • Loi Macron : Projet de libéralisation des règles d’implantation de la publicité.
  • Obsolescence programmée : Macron tente de dénaturer la loi sur les pièces détachées.
  • Loi de finance 2014 : l’article 92 proposait une amnistie totale pour les banques.
  • La France bascule dans la marchandisation du sang.
  • Interdiction pour l’EFS de fabriquer du plasma thérapeutique.
  • Suppression des stock-option : promesse non tenue.
  • « Autorégulation exigeante » : pas de loi limitant les rémunérations des patrons.
  • Abandon de l’encadrement des bonus.
  • 40Mds € de dividendes pour le CAC40 en 2014.
  • 47Mds € de dividendes en 2015 (+9,9% hors taux de change).
  • Pas de séparation banques de dépôt / d’investissement.
  • Transfert du risque de faillite bancaire sur les déposants.
  • Démantèlement d’Alstom : le gouvernement cède au lobbying de GE.

- Prolongation des concessions autoroutières.

  • Privatisation des aéroports.
  • Privatisation des barrages hydro électriques.
  • TAFTA : négociations secrètes.

- ISDS (mécanisme de règlement des différends entre investisseur et Etats) : Un tribunal privé.

  • Valls invite les saoudiens à investir en France
  • Loi « Florange » inefficace et vide (Goodyear, Fralib, Petroplus).
  • Projet de loi (abandonné) sur le secret des affaires.
  • Multiplication des Partenariats Public-Privé.

 

 

- Police & justice

  • Données personnelles : surveillance tous azimuts encore accrue
  • Prisons : Record d’incarcération et densité de 119%
  • Un amendement discret fragilise le secret des sources des journaliste
  • Un décret (de 2013) éloigne les précaires de la justice ordinaire
  • Urvoas veut limiter le droit syndical des magistrat
  • État d’urgence prolongé pour la 3ème fois par… 46 députés
  • Défilés et manifestations : La police a pour consigne de laisser pourrir la situation
  • Sécurité routière : privatisation des radars mobiles
  • Extension de la présomption de légitime défense pour la police
  • Amendement pour interdire l’accès du port de Calais aux migrants
  • 67 362 détenus au 1er février (+ 2,5 % par rapport à février 2012)
  • Abandon du projet de loi sur la responsabilité juridictionnelle du Président.
  • Abandon du projet de réforme du Conseil supérieur de la magistrature.
  • Maintien de la Cour de Justice de la République.
  • Hollande gonfle le nombre de procédures antiterroristes.
  • Projet de réforme pénale : Valls veut court-circuiter le Parlement.
  • Projet de réforme pénale : mise à l’écart des juges.
  • Justice en faillite : cri d’alarme en Seine-Saint-Denis.
  • Contrôles de police : abandon de l’idée de récépissé.
  • État d’urgence étendu à 3 mois.
  • Projet d’extension à 6 mois & inscription dans la Constitution.

- Prolongation de trois mois sans saisir le parlement (22.01.16).

  • Interdiction des manifestations non commerciales.
  • Assignation à résidence d’opposants.

- Déchéance de nationalité.

- Bruno Le Roux envisage la déchéance pour tous.

  • Instauration d’une rétention de sûreté après certaines peines.
  • Surveillance massive des citoyens.
  • Vote avec l’UMP contre un amendement de Taubira sur la Loi Renseignement.
  • Envisage la privation de liberté à titre préventif.
  • Fin de la présomption d’innocence.
  • Extension de la présomption de légitime défense pour la police.
  • Suspension de la Convention Européenne des Droits de Homme.
  • Armement des polices municipales.

 

- International

  • Recul sur la reconnaissance de l’État palestinien
  • Livraisons d’armes à l’Arabie saoudite, accusée de crimes de guerre au Yemen
  • Hollande reçoit discrètement les dictateurs
  • Égypte : partenariat stratégique en matière sécuritaire et économique
  • Le prince héritier d’Arabie saoudite décoré de la Légion d’honneur
  • Valls soutient la candidature de Lagarde à la tête du FMI.
  • Hollande veut réintégrer pleinement la France dans l’OTAN.
  • La France déplore (sic) l’exécution par l’Arabie saoudite de 47 personnes.
  • Livraisons d’armes à la rébellion « modérée » syrienne (viol de l’embargo).
  • Manipulation des rapports sur les armes chimiques en Syrie.
  • Vente de Rafales aux pétromonarchies.
  • Annulation du contrat Mistral avec la Russie, et vente à l’Égypte.
  • Le PS soutient Juncker à la présidence de la Commission Européenne.
  • Hollande pousse Tsipras à accepter un accord avec la Troïka.
  • Refus du droit d’asile pour Assange et Snowden.
  • Interdiction de survol de l’espace aérien pour le président Evo Morales.
  • Illégalité du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions.
  • Guerre au Mal

 

- Transport & écologie

  • Un projet d’enfouissement des déchets nucléaires s’impose en douce au Parlement
  • Projet de loi biodiversité :

- Report à 2020 de l’interdiction des néonicotinoïdes

- Rejet de la surtaxe de neuf centimes par kilo d’huile de palme

  • 136 M€ d’annulation de crédits pour le ministère de l’environnement
  • Le gouvernement renonce à réduire la part de l’énergie nucléaire
  • LGV Lyon-Turin : l’État veut déroger aux lois de protection de la nature
  • Taxe sur l’huile de palme : - 70%. La secrétaire d’État à la biodiversité satisfaite.
  • Le Foll refuse d’interdire les insecticides aux néonicotinoïdes tueurs d’abeilles
  • Royal veut prolonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaires.
  • Boues rouges de Gardanne : l’État accorde des permis de polluer.
  • Un mois après la COP21, forte baisse du bonus à l’achat de véhicules propres.
  • Loi Macron : Ouibus, la SNCF concurrence ses propres TGV et TER.

- Les régions devront financer les déficits induits par ces pertes.

  • Loi Macron : le droit de l’environnement sera réformé par ordonnances.
  • Loi Macron : un amendement pour l’enfouissement des déchets radioactifs.
  • Hollande signe un accord du G8 qui promeut la fracturation hydraulique.
  • Aéroport Notre-Dame-Des-Landes.
  • Futures lignes TGV et LGV inutiles.
  • SNCF : suppression de 1400 emplois en 2016.
  • Désinvestissement dans la SNCF.
  • Abandon du fret ferroviaire.

- abandon de l'autoroute ferroviaire devant relier le Nord-Pas-de-Calais et les Landes

  • Hausse du tonnage des camions.
  • Davantage d’autocars sur les routes.
  • Renoncement à la fermeture de Fessenheim.
  • Réduction de 25% des aides au maintien dans l’agriculture biologique.
  • Élevage : à la botte de la FNSEA.
  • Ajournement du rapport de l’ADEME sur une France 100% renouvelable.
  • Industrialisation de l’agriculture.
  • Retrait de l’écotaxe.
  • À peine née, baisse de l’indemnité kilométrique vélo (IKV).
  • Silence sur les extensions d’autorisation d’OGM.
  • Sivens : La gendarmerie enquête sur la mort de Rémi Fraisse…tué par un gendarme.
 

- Éducation & culture

  • L’Éducation nationale aide la préfecture à expulser des élèves
  • Sur proposition du gvt, le Sénat supprime le démantèlement de la Hadopi
  • [Annulé le 30.05.06] Un projet de décret supprime 256M€ de crédit à l’ESR
  • Cinéma : Entraves dans l’accès aux aides pour les petites sociétés de production
  • Introduction de la publicité commerciale sur Radio France

  • Loi Numérique :

- Opposition à la reconnaissance des Communs par la loi.

- Claviers, OS souverain, interdiction des hyperliens : le ridicule pour toute politique.

  • Doublement du budget de Polytechnique, 60M€ d’euros supplémentaires en cinq ans.
  • Suppression de la publicité dans les programmes jeunesse : Enterrée.
  • Retour sur l’engagement à sanctuariser le budget de la Culture.
  • Loi Fioraso (LRU 2) Universités mises en concurrence.
  • Mise en place chaotique et inégalitaire des TAP en primaire.
  • Le MEN enterre le Logiciel Libre et « vend » les élèves à Microsoft pour 13 M€.
  • Réforme du collège :

- Autonomie pour 20% des horaires disciplinaires

- Mise en concurrence des établissement

- Baisse des moyens

- Suppression du Latin, du Grec et des classes bilangues européennes
 

 

    - Divers

    • Cavalier législatif douteux pour vendre le domaine de Grignon
    • Valls prêt à remettre en cause la laïcité et la liberté d’exercice d’un culte
    • Rétention de mineurs étrangers : 4.378 enfants enfermés à Mayotte en 2015
    • Le secrétaire d’État chargé des Anciens Combattants interdit La Chanson de Craonne
    • Un convoi britannique d’aide aux migrants refoulé par la France
    • 11 128 Roms évacués de force de leurs campements en 2015.

    - Stigmatisation des Roms.

    • Fermeture des frontières aux réfugiés syriens (30 000 en 2 ans).
    • Carole Delga et Alain Rousset cumulent députation et présidence de région.
    • Le Drian cumule les fonctions de ministre et de président de région.
    • Loi Macron : Constructions illégales, démolition impossible.
    • Laurence Boone, chef économiste à Bank of America, nommée conseillère à l’Élysée.
    • Jean-Pierre Jouyet, ministre de Sarkozy, nommé Secrétaire Général de l’Elysée.
    • Loi Alur vidée de sa substance.

    - Loi Alur : enterrement discret de la Garantie Universelle des Loyers.

    • Hollande satisfait du résultat du 1er tour des élections régionales.
    • Désistement et appel à voter pour la droite.
    • Renoncement au vote des étrangers pour les élections locales.
    • Appels à la délation (fraude fiscale).
    • 3 recours à l’article 49.3 en un an.
    • Des enfants en zone d’attente aéroportuaire.
    • Comptes de campagne : Contrôles pendant 6 mois au lieu de 12.

    - Vie politique, élections

    • Conflit d’intérêt : A.-L. Fondeur nommée à la tête du lobby des semenciers
    • Inéligibilité pour violences, notamment sexuelles : les 9 PS présents votent NON
    • Copinage : J.-P. Hugues, de la promo Voltaire, nommé Dir’cab à l’Élysée
    • Nominations de complaisance (ex : compagne d’A. Morelle)
    • Pantouflages : La finance recrute à l’Elysée, Matignon et Bercy

    - J. Pouget, conseiller Économie, Industrie et Numérique quitte l’Élysée pour Total

    - B. Bézard quitte la direction du Trésor pour un fonds d’investissement

    - J-J Barberis, conseiller de Hollande quitte l’Élysée pour Amundi (Crédit Agricole)

    - Laurence Boone quitte l’Élysée pour Axa Investment Managers

    - Sandrine Duchêne, numéro 2 du Trésor à Bercy, embauchée par Axa

    - Sébastien Dessillons, Affaires industrielles (Matignon), part chez BNP

    - Le très intéressant Régis Turrini (juste passé pour brader Alstom) rejoint Altice

    • En marche d’E. Macron hébergé et domicilié à l’Institut Montaigne
    • Présidentielle : Onze députés socialistes changent les règles

    - L’élu devra remettre lui-même son parrainage au Conseil constitutionnel

    - Publication complète de la liste des parrains (contrôle resserré des partis)

    - [supprimé au Sénat] Fin du principe d’égalité du temps de parole dans les média

    - Comptes de campagne : Contrôles pendant 6 mois au lieu de 12

    • [Retiré] Projet de répression de la critique politique sur internet et les réseaux sociaux
    • Abandon du projet de loi relatif aux incompatibilités applicables à l’exercice de fonctions gouvernementales
    • Cumul de fonctions et mandats

    - E. Cosse cumule les fonctions de ministre et de conseillère régionale

    - Delga et A. Rousset cumulent députation et présidence de région

    - Le Drian cumule les fonctions de ministre et de président de région

    • Laurence Boone, chef économiste à Bank of America, nommée conseillère à l’Élysée
    • JP Jouyet, ministre de Sarkozy, nommé Secrétaire Général de l’Elysée
    • Régionales 2015

    - Hollande satisfait du résultat du 1er tour des élections régionales

    - Désistement et appel à voter pour la droite

    - Hollande reproche à Bartolone une campagne trop à gauche

    • Renoncement au vote des étrangers
    • 3 recours à l’article 49-3 en un an
    • Préparation d’une « Alliance », sans PCF ni EELV

     

     

    - et le quinquennat n'est pas terminé !

    Pour la mise à jour aller sur : le PS en actes

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    4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 08:54
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    1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 08:08
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    30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 08:30
    La Nouvelle Gauche Socialiste appelle à soutenir Jean-Luc Mélenchon

    Anciens cadres nationaux et fédéraux du PS, aujourd’hui membres de la Nouvelle Gauche Socialiste, nous avons quitté le parti d’Epinay, en crise profonde, et comptons parmi les déçus du quinquennat de François Hollande.

     

    Sources :  La Nouvelle Gauche Socialiste le 23 mars 2016

    - Le bilan décevant du quinquennat

    La loi bancaire devait être proclamée pour arraisonner la finance. Elle fut en deçà des recommandations du rapport Liikanen en faveur d’une directive bancaire européenne. La France ne pressa d’ailleurs aucunement son représentant en charge du dossier à la Commission européenne d’en achever l’élaboration. La taxation des transactions financières, qui devait être mise sur pied en coopération renforcée, ne fait toujours pas l’objet d’un appui ferme de l’exécutif.

     

    La réforme fiscale a été enterrée. Bercy s’est-il arrangé avec le Conseil constitutionnel pour «retoquer» le projet de CSG progressive défendu par les «frondeurs» ? Ce dernier n’en répondait pas moins point par point aux objections faites en 1999 au Premier ministre de l’époque, dépositaire du projet et aujourd’hui membre du «conseil des sages».

     

    La lutte contre le chômage est en passe d’échouer, alors que la Commission et le Conseil ont autorisé la France à déroger au «pacte de stabilité» pendant toute la durée du mandat. Ces importantes marges de manœuvre ont été affectées en pure perte au redressement de la part des profits dans la richesse nationale. Leur octroi aurait pu être conditionné à de l’investissement utile. Elles auraient encore pu être consacrées à la transition énergétique, aux services publics et à la redistribution. Enfin, la loi travail et la réforme constitutionnelle sont aussi symptomatiques du virage conservateur de l’Exécutif, qu’inaptes à inverser la courbe du chômage et à lutter contre le terrorisme. Elles affaibliront inévitablement le salariat et la démocratie.

     

     

    - Le piège de la primaire

    Certaines voix en appellent à une primaire de toute la gauche pour désigner un candidat susceptible de se «qualifier» pour le second tour afin de faire barrage à l’extrême droite. Nous n’y participerons pas. Pour mobiliser les déçus du quinquennat, ce candidat devrait en effet, au minimum, défendre le programme du Bourget. Or, rien n’est moins sûr. Les expériences de 2007 et 2012 indiquent qu’une primaire, pourtant ultra-médiatisée, ne mobilise que partiellement l’électorat populaire et qu’elle finit par désigner le candidat le mieux placé dans les sondages. Elle musellera pour le reste du débat électoral toutes les forces qui auraient choisi d’y participer dans le but de réorienter la gauche. En participant à cette primaire, ces forces seraient inévitablement perçues comme des forces d’appoint du candidat social-libéral qu’elle aura contribué à légitimer, mais qui aura peu de chance de franchir le premier tour de l’élection présidentielle.

     

    Seule une candidature «hors système», c’est-à-dire dépassant les frontières et jeux des «appareils» existants, est de nature à enclencher une nouvelle dynamique populaire susceptible d’atteindre à un score proche ou égal au seuil de qualification pour le second tour. Son espace politique, au carrefour de la République, du socialisme et de la planification écologique est, à l’évidence, identifiable.

     

     

    - Le candidat de la raison

    Plusieurs personnalités pensent que leur tour est venu d’incarner un tel destin. Les traits de caractère sont parfois mis en avant pour comparer les impétrants. Personne n’a, à cet égard, le monopole de la passion et de la grandiloquence, ni de l’égocentricité et de l’autoritarisme. A l’aune de ces critères, nombre de prétendant(e)s susceptibles de faire le choix de s’enfermer dans le piège de la primaire sont relativement bien classés. Pour les progressistes, seule la raison doit guider l’action et considérer les personnalités qui, par le symbole de leurs engagements, sont aujourd’hui en position d’incarner l’espoir d’une résistance au mouvement de balancier vers la droite, en passe d’emporter notre pays.

     

    C’est pourquoi, nous apportons notre soutien à la proposition de candidature faite par Jean-Luc Mélenchon, la mieux placée pour incarner, auprès de ceux qui souffrent, la France insoumise à l’ordre établi.

    L’élection présidentielle est l’élection majeure à l’occasion de laquelle de nouvelles générations de citoyens s’engagent collectivement en politique, pour peu qu’une perspective s’ouvre.

    Elle est l’occasion d’expérimenter de nouvelles pratiques susceptibles de jeter les bases d’un futur rassemblement citoyen à la française.

    Le moment est venu d’en bâtir les fondations.

     

    Premiers signataires

    • Liêm Hoang-Ngoc Ex-membre du bureau national du PS
    • Julien Jusforgues Ex-membre du conseil national
    • Daniel Bonnot Ex-membre de la Commission nationale des conflits
    • Roger Tropéano Ex-délégué national
    • Catherine Renaud-Mayer Ex-première secrétaire fédérale de la Manche
    • Laurent Beaud Ex-membre du bureau fédéral de l’Hérault
    • Alain Bourgeade Ex-membre du bureau fédéral de Haute-Garonne
    • Jean-Claude Bridon Ex-membre du bureau fédéral du Cher
    • Fabienne Chiche Ex-membre du bureau fédéral du Val-de-Marne
    • Annie Darrieux Ex-membre du bureau fédéral du Gers
    • Sabrina Ghallal Ex-membre du bureau fédéral de la Marne
    • Denis Gouteux Ex-membre du bureau fédéral du Cantal
    • Nicolas Grondin Ex-membre du bureau fédéral de l’Essonne
    • Laurent Hecquet Ex-membre du bureau fédéral du Puy-de-Dôme
    • Catherine Laur Ex-membre du bureau fédéral de l’Aveyron
    • Frédéric Martin-Delvincourt Ex-membre du bureau fédéral des adhésions de Paris
    • Jean-Claude Maurin Ex-membre du bureau fédéral du Gard
    • Anas Moutabarrik Ex-membre du bureau fédéral de la Marne
    • Daniel Orts Ex-membre du conseil fédéral de l’Aveyron
    • Franck Rey Ex-membre du bureau fédéral du Cantal
    • Olivier Spinelli Ex-membre du bureau fédéral de la Somme.

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Soutien à Jean-Luc Mélenchon : Le pari d’une candidature précoce et de la personnalisation

    - Appel aux élus(es) pour le parrainage de JLM en 2017

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    28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 08:30
    Penser les tueries terroristes à l'aune du capitalisme : Notre mal vient de plus loin !
    Dans ce court essai, Alain Badiou[1] revient sur les tueries perpétrées le 13 novembre à Paris et propose d’élucider ce qui est arrivé.
     
    • Qui sont les agents de ce crime de masse ? Et comment qualifier leur action ?
    • Où en est notre monde, du point de vue de ce qui a été ainsi mis en place insidieusement, puis avec acharnement depuis un peu plus de trente ans ?

     

    Ce dont nous souffrons, c’est de l’absence à échelle mondiale d’une politique disjointe du capitalisme hégémonique. Tant qu’une proposition stratégique autre ne sera pas faite, le monde restera dans une désorientation essentielle. C’est un travail pour tous que d’essayer de faire que l’histoire de l’humanité change de direction et s’arrache au malheur opaque où en ce moment elle s’enfonce.
     
     
    Un ouvrage et une analyse d'actualité
    Alors que la ville de Bruxelles, capitale belge et centre névralgique de l’Europe, était touchée mardi 22 mars par une série d’attaques terroristes qui a fait plus de 30 morts et 200 blessés, l’émotion et le sentiment d’horreur dominent.
     

    Comme ce fut le cas, lors des attentats de Paris du 13 novembre 2015. L’analyse des conséquences de ces drames est à faire, mais celle de leurs causes s’impose d’autant plus.

    Dans un entretien accordé à la NVO à l’occasion de la publication « dans l’urgence » de son livre, Notre mal vient de plus loin, penser les tueries du 13 novembre, le philosophe Alain Badiou tente une élucidation.

     

    L’hégémonie du capitalisme mondialisé et les inégalités abyssales qu’il génère sont au cœur de ses explications.

    - Par : Alain Badiou

    Éditions : Fayard

    EAN : 9782213700991

    Pages : 72

    Format : 125 x 192 mm

    Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Fayard

    Prix imprimé TTC :  5.00 €

    Prix numérique :  3.99

     

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    25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 09:27
    Appel aux communistes : Faisons de la candidature de JL Mélenchon l’occasion d’un grand rassemblement

    Il faut abandonner la guerre des égos, en commençant par ne pas mettre le nôtre en avant et construire du rassemblement. Un très large rassemblement pour les présidentielles autour de la seule candidature crédible à ce jour pour relever le défi de toutes les faillites de la droite et de la gauche et autour de plus d’un millier de candidatures le plus diverses possibles pour les législatives.

     

    Sources : Le blog de Francis PARNY membre du Conseil national du PCF | le 13 février 2016

    - Toutes les remarques faites sur l’annonce de sa candidature par Jean-Luc Mélenchon portent sur la forme.

    • La démarche serait trop présidentialiste ? Au moins il ne se trompe pas d’élection.
    • Sa personnalité poserait problème, il est trop ceci, trop cela.
    • Voulons-nous un candidat ou une candidate qui n’aie pas de personnalité ?

     

    En 2012 le résultat tien d’abord au fait que « l’offre » que portait notre candidat correspondait à un manque dans « l’échiquier » politique. Elle était la seule à donner de l’espoir à celles et ceux qui se revendiquaient de gauche. Mais qui ne se souvient de quelque meeting en particulier sur les bords de la méditerranée où cet orateur nous tirait des larmes de par le sens de ses propos. Et combien j’ai vue de militantes et de militants communistes qui prenaient plaisir à ses émissions de télévision parce que sa pugnacité leur rappelait quelqu’un.

     

    • Lui reproche-t-on d’être un mauvais candidat ? Je ne l’ai pas entendu.
    • Lui reproche-t-on ses premières argumentations ? Je ne le concevrai pas puisque si l’on veut gouverner la France autrement il faut bien dire comment on fera avec Bruxelles, puisqu’on ne peut mettre sur le même pied les corrompus et les syndicalistes de Goodyear et d’ailleurs, puisqu’enfin la crise écologique doit être surmontée.

     

    Reste la question d’une proposition unilatérale, pas suffisamment ou pas du tout collective. Il faut respecter les partenaires, faire de « l’en commun » dit un de nos dirigeants.

     

     

    - Et bien « chiche » ! Pourquoi serait-il trop tard ?

    Faisons de la candidature de JL Mélenchon une grande candidature de rassemblement, trans-partis, populaire pour une alternative aux politiques néolibérales soutenues par Hollande, Sarkozy, Juppé et autre Fillon, alternative au populisme libéral du FN.

     

    Tout le monde a souligné que l’annonce de JL Mélenchon était un « secret de polichinelle » mais utilisons au moins la forme qu’il lui a donnée, celle d’une proposition.

     

    Pensons-nous que Jean-Luc Mélenchon serait assez fou pour ne pas discuter du soutien du plus grand parti de masse avec 70 000 adhérents (seul LR est devant et continue bien sûr de faire des adhésions) ou de l’ensemble des formations du FDG.

     

    Une réunion entre le PCF et Le PG doit avoir lieu ou bien a eue lieu ces jours-ci. Faisons des propositions et rendons-les publiques.

     

    Nous pourrions à cette occasion « corriger » la première réaction du PCF par son porte-parole indiquant que la candidature n’avait pas été discutée avec le PCF et proposer que tout le Front de gauche discute des moyens d’enclencher une grande dynamique sans oublier de s’adresser, collectivement car c’est la seule façon pour qu’il soit crédible, à la société civile.

     

    Nous pouvons décider des formes dans lesquelles nous devons actualiser « l’Humain d’abord », des positionnements que nous porterons. Le terme d’insoumission semble déjà adoubé de nombreuses personnes. Après tout « on ne lâche rien » reste d’actualité.

     

    Nous pourrions surtout discuter des processus de désignations du millier de candidates et de candidats qui pourraient porter dans la présidentielle et dans la continuité, aux législatives, les mêmes options de société et de pratiques politiques. Voilà ce qui serait une grande campagne collective où les talents s’additionneraient. Si par malheur Hollande ou la droite l’emportait comment résisterions-nous à la vague des candidats « présidentiels » sans dès maintenant affirmer cette logique collective.

     

     

    - Et puis pourquoi abandonner l’espoir de gagner ?

    Les rejets de Hollande comme de Sarkozy se traduisent par des scores annoncés sans doute inférieur à 15% des inscrits sur les listes électorales. Ils ouvrent la voie pour une dynamique gagnante à condition que nous affirmions dans l’unité la plus large que c’est possible, que c’est ce que nous voulons, que c’est la seule issue positive pour notre pays.

     

    On dira que c’est un rêve ? Et alors, à quoi sert de faire de la politique sans rêver un monde nouveau, un monde meilleur. Il est vrai que des épisodes comme le remaniement ministériel « désespèrent » de la politique.

     

    Certains, dans le PCF, se réclament de la poursuite du Front de gauche pour déplorer la forme de la candidature annoncée, Hugo Touzet vient de signer une nouvelle tribune allant dans ce sens dans le Nouvel Observateur après la tribune collective publiée sur Médiapart avec Alexandre Fleuret et Manuel Menal,

     

    A ceux-là (et sans doute le féminin existe-t-il) je leur dis tout particulièrement ne restez pas spectateur de ce que vous ressentez comme un échec. Il n’est pas trop tard. Agissez pour exiger qu’on redonne vie au FDG.

     

     

    - D’ailleurs sachez que le FDG a discuté de 2017. Bien sûr ! Qui peut croire le contraire ?

    La décision de créer un groupe de travail sur l’actualisation de « l’humain d’abord » a été discutée, restée lettre morte comme beaucoup d’autres propositions.

     

    Et sur la candidature un mouvement majoritaire s’est dessiné pour dire qu’elle devait relever d’un processus collectif. Avec cette remarque amusante venant d’un membre d’Ensemble affirmant son attachement à ce principe, même s’il semblait évident pour lui que Jean-Luc Mélenchon au final serait le candidat. Pourquoi cette évidence sinon parce qu’aucune initiative publique du FDG n’a été prise depuis 2013 permettant de faire émerger « des » candidatures du FDG capables de s’opposer aux dérives libérales de ce pouvoir.

     

    Et puis il faut être conséquent, on ne peut pas à la fois développer un processus collectif dans le FDG et s’engager dans des primaires dont on ne connait pas les contours, à la recherche d’un programme définit par le peuple comme si nous étions dépourvus de tout et sans garanties de se retrouver avec une candidature que nous pourrions soutenir.

     

     

    - Alors arrêtons de parler de la guerre des égos pour ne s’en prendre qu’à un seul égo.

    Avec vous remarqué l’égo d’une personne courageuse que certains se sont précipités à voir déjà candidate unique de « la gauche ». Christiane Taubira dont le combat inlassable sur l’égalité est respectable, est partie en casque, à vélo, de son ministère. Elle aurait pu faire plus simple. A pied par exemple. Elle a publié le lendemain de sa démission un livre que sans doute elle n’a pas écrit et imprimé dans la nuit. Voici un bel exemple de communication au service d’un égo. D’ailleurs elle ne rejette pas le qualificatif d’orgueilleuse à son égard puisqu’elle fait de ce trait une qualité.

     

    Elle l’a dit dans l’émission très people « on n’est pas couché » dans laquelle elle a refusé de répondre plusieurs fois aux questions des journalistes à qui elle a coupé la parole, qu’elle a invité à réduire leur égocentrisme, tout cela accepté par les dits journalistes avec le sourire ; « c’est un tel personnage qu’on ne peut lui en vouloir ». Y aurait-il des égos que l’on ne dénigre pas ?

     

    Alors relevons le défi d’une grande campagne collective sur quinze mois avec Jean-Luc Mélenchon comme candidat aux présidentielles, plus d’un millier de candidats aux législatives et des dizaines de milliers de citoyens et de citoyennes qui ne rêvent que d’une chose, retrouver l’espoir.

     

    Post-Scriptum : permettez-moi de remercier celles et ceux qui ont tenu à commenter ma dernière tribune. Je les ai lus. Un ami m’a fait remarquer que toutes ces contributions représentaient 74 feuilles words et qu’il fallait plus d’une heure et demie pour les lire. Ce qui me frappe aussi c’est la tonalité très largement positive à l’égard de l’annonce de JLM.

     

    Francis PARNY lance un appel aux communistes via une pétition :

    "Communistes, nous soutenons Jean-Luc Mélenchon pour 2017"

     

    "Pour 2017 les communistes doivent sans attendre s'engager pour gagner, avec la seule candidature d'alternative déclarée celle de Jean-Luc Mélenchon...."

     

    - Pour lire la suite et signer l'appel, c'est ICI

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Le « piège » des primaires c’est le risque de la disparition d’une alternative pour notre pays

    - La dernière chance de la gauche par Pascale Fautrier

    - Communistes, nous demandons la sortie, sans plus attendre, du PCF du processus des « primaires »

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    24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 09:57
    Le 31 mars : en Charente Maritime appel unitaire pour refuser un retour au 19iè siècle !

    - Le projet de réforme du Code du Travail porté par la Ministre Myriam El Khomri est une attaque sans précédent contre le monde du travail et les droits des salariés.
    En effet, il vise, entre autre, à inverser la hiérarchie des normes pour que l'accord d'entreprise prédomine tant sur le Code du travail que sur les Conventions Collectives.

     

     

    - Pourquoi ce projet est-il dangereux ?
    Actuellement, la « hiérarchie des normes » signifie que les droits du salarié partent du Code du Travail pour aller jusqu'au contrat de travail en passant par des conventions et des accords :

    • Code du travail ----> Accords de Branche ---> Conventions Collectives ----> Accords d'Entreprise ----> contrat de travail

     

    La particularité est que chaque négociation ou accord ne peut-être que plus favorable au salarié (une Convention améliore le Code du Travail, un Accord d'Entreprise améliore une convention etc.).


    Vouloir inverser cette hiérarchie pour privilégier l'accord d'entreprise est donc lourd de conséquences puisque c'est la condamnation à mort du Code du Travail !

     

    Faire croire que ces accords reflèteront les souhaits de la majorité des salariés est une fumisterie : en effet, un syndicat ayant recueilli 30 % des voix aux élections professionnelles pourra, par voie référendaire, faire valider un accord pourtant moins favorable que la Loi !

     


    - De là à imaginer :

    • des connivences entre patronat et des syndicats d'accompagnement, il n'y a qu'un pas....
    • les efforts que déploieront certains employeurs pour monter de toute pièce une section syndicale, il n'y a qu'un pas....
    • les pressions du patronat sur les syndicats et sur l'ensemble des salariés pour arriver à ses fins, il n'y a qu'un pas...

     

    Mais ce n'est pas tout... !


    - Sur la durée du travail :
    Exit les 35 heures.... Cette réforme, si elle était adoptée, permettrait aux entreprises de faire travailler les salariés jusqu’à 12 heures par jour (contre 10 aujourd’hui) et même jusqu’à 60 heures par semaine par accord. Et les PME pourront imposer des « forfaits jours » à leurs salariés, avec remise en cause des 11 heures de repos entre 2 prises de poste....


    Le travail pourra être organisé par accord sur une période allant jusqu’à 3 ans en ne payant les heures supplémentaires qu’à la fin, et dans les petites entreprises elles pourront être payées au bout de 16 semaines sur simple décision du patron ;

     

    - Sur les salaires :
    Les majorations des heures supplémentaires pourront descendre à 10% par accord d’entreprise et les temps d'astreinte hors intervention décomptées en temps de repos.....


    En prime, le projet de loi satisfait plusieurs revendications patronales :

    • La modification forcée du contrat de travail en cas d’accord de « compétitivité » baissant les salaires et/ou augmentant le temps de travail, et le licenciement pour motif personnel en cas de refus du salarié
    • En pratique, un employeur pourra, pour de prétendues difficultés économiques qu'il n'aura d'ailleurs même plus à justifier, imposer une baisse de salaire. Et le refus du salarié pourra aboutir à son licenciement disciplinaire et non plus pour motifs économiques
    • Une nouvelle réforme de la médecine du travail qui éloigne encore les salariés des médecins du travail.

     

    - Sur les licenciements :
    Face à ces attaques, si le salarié licencié entendait faire valoir ses droits devant le Conseil des Prud'hommes, ce projet a tout prévu : Les indemnités ne seront plus soumises à l'appréciation souveraine du Juge mais plafonnées par la Loi à des niveaux particulièrement bas, véritable incitation à licencier sans respecter la loi. Pour certains salariés (moins de cinq ans d’ancienneté), le plafond correspond au plancher actuel !


    Tout ceci n'est qu'un aperçu de ce que nous a concocté le gouvernement PS au service du patronat. Pour plus de détail : lire ICI

     

    • Si la loi Khomri passe, cela ouvrira la porte à la destruction de tous les statuts de la fonction publique et des entreprises publiques.
    • C'est ce projet, que le MEDEF avait rêvé, que Sarkozy n'avait pas osé faire,... et que ce gouvernement voudrait nous imposer !!
    • Ce projet modifié à la marge suite à l'action du 9 mars et à la mobilisation des jeunes... n'est NI AMENDABLE, NI NEGOCIABLE
    • RETRAIT du PROJET de LOI MEDEF/VALLS/EL KHOMRI/HOLLANDE
    • Demandons aussi ensemble l’ABROGATION DES LOIS MACRON REBSAMEN ET LA LOI DITE DE SECURISATION DE L’EMPLOI.

     

     

    - Le texte de l'appel unitaire CGT, FO, FSU, US Solidaires et les organisations de jeunesse UNEF, UNL de Charente Maritime à télécharger ci dessous

    - Le texte de l'appel de l'USR CGT de Charente Maritime à télécharger ci dessous

     

    ICI on continue à signer massivement la pétition exigeant le retrait du projet de loi

     

     

    - Les rassemblements

    Le 31 mars : en Charente Maritime appel unitaire pour refuser un retour au 19iè siècle !
    Le 31 mars : en Charente Maritime appel unitaire pour refuser un retour au 19iè siècle !
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    23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 09:15
    Code du travail : le « modèle allemand », pas si flexible que ça !

    Comment travaillent les Allemands ? La croissance allemande (en 2015 1,7 %, contre 1,1 % en France) et surtout le faible chômage que connaissent nos voisins d’outre-Rhin (4,3 % de la population active début 2016) nourrissent constamment la réputation d’efficacité du « modèle allemand », construit entre autres par les réformes de Gerhard Schröder entre 1999 et 2004.

    À l’occasion de la réforme du droit du travail portée par Myriam El Khomri, la rigidité du code du travail français est de nouveau critiquée comme un frein à l’embauche en CDI.

    Et l’Allemagne bien souvent érigée en exemple. Qu’en est-il vraiment ?

     

    Sources :  Les DECODEURS par  le 16 mars 2016

    - Licenciements, CDI : l’Allemagne plus « rigide »

    Si l’on jette un œil chez nos voisins allemands, force est d’observer que les licenciements sont loin d’y être aussi faciles, la législation allemande étant aussi protectrice que la législation française. Les données de l’OCDE relatives au niveau de protection contre les licenciements indiquent que l’Allemagne dispose d’un indice de « rigidité » légèrement plus élevé que la France.

     

    Indice de protection de l'emploi par pays (valable pour les CDI)
     
    0 1 2 3 4 MonténégroLettonieItalieAllemagnePays-BasBelgiqueSlovéniePortugalLuxembourgRépublique TchèqueMexiqueFranceAutricheSuèdeGrèceEspagneArgentinePologneTurquieDanemarkNorvègeOCDESlovaquieIslandeCorée du SudSuisseHongrieEstonieThaïlandeKosovoMalaisieFinlandeAustralieIrlandeIsraëlJaponChiliTunisieRoyaume-UniCanadaEtats-UnisNouvelle Zélande
    Pologne
    Indice de rigidité: 2,41
    Source : OCDE

     

    • Des licenciements encadrés :

    Tout comme en France, les licenciements de salariés en contrat à durée indéterminée en Allemagne sont encadrés et doivent être justifiés. Les licenciements pour motif personnel (attitude du salarié) ou économique (difficultés de l’entreprise) doivent être précédés d’une consultation obligatoire du comité d’entreprise et sont notifiés au salarié par une lettre écrite remise en main propre.

    • Des salariés protégés :

    Les mêmes interdictions existent dans les deux pays quant aux salariés ou catégories de salariés protégés contre le licenciement (sauf pour faute grave ou cessation d’activité). Femmes enceintes, salariés en situation de handicap ou membres du comité d’entreprise ne peuvent être licenciés, sauf autorisations respectives de l’inspection du travail, du comité des salariés handicapés et du comité d’entreprise.

    • Le licenciement économique doit être justifié.

    Les licenciements pour motif économique sont eux aussi bien encadrés. L’employeur souhaitant licencier lorsque son entreprise est en difficulté doit justifier que la réorganisation du travail dans l’entreprise exclut le maintien du salarié dans l’entreprise : en d’autres termes, que le licenciement est la dernière option pour sauvegarder la compétitivité de l’entreprise.

    • Des employeurs moins bien lotis qu’en France.

    Sur certains points, la loi allemande est plus stricte que la loi française. En cas de faute grave de l’employé, l’employeur a deux semaines à partir du jour où il apprend la violation du contrat par son salarié pour réagir et notifier le licenciement à ce dernier. Un délai court au-delà duquel il n’est plus possible d’invoquer la faute en question. La loi française ne précise aucun délai, mais la jurisprudence est de deux mois (arrêt du 6 octobre 2011 de la Cour de cassation). Le délai de préavis à respecter pour l’employeur est également plus élevé de l’autre côté du Rhin pour les salariés ayant cinq ans ou plus d’ancienneté (jusqu’à sept mois pour vingt ans d’ancienneté contre deux en France).

    • Mais des salariés parfois moins aidés.

    D’autres dispositions, en revanche, protègent moins le salarié qu’en France. C’est le cas pour les prud’hommes par exemple. Le délai pour contester son licenciement n’est que de trois semaines après la notification par l’employeur, là où un salarié français pourra contester la décision jusqu’à douze mois après.

    Sur les CDD, les licenciements sont aussi moins difficiles à justifier, le droit allemand étant plus souple que le droit français sur les contrats temporaires.

     

     

    - Les contrats temporaires bien plus souples en Allemagne

    Si les deux pays sont très comparables quant aux lois régissant les CDI, ils diffèrent réellement sur les contrats temporaires, la loi allemande était bien plus souple que sa voisine française.

    • Des CDD sans limite de temps.

    Si « raison objective » il y a, un CDD allemand n’est pas limité dans le temps comme l’est le CDD français (18 mois). Il peut alors durer plusieurs années sans contrainte, du moment que le motif de l’embauche ayant motivé le contrat reste valable. Cela se rapproche en un sens du CDD d’usage français, un type de contrat limité à certains secteurs d’activité (hôtellerie, restauration, secteurs culturels, etc.) et renouvelable sans limite ni contraintes (pas de période de carence entre deux contrats, pas d’indemnités de précarité).

    Si le contrat n’a pas de « raison objective », il peut être renouvelé deux fois sur une période maximale de deux ans (quatre ans dans une entreprise nouvelle et cinq ans pour les employés de plus de 52 ans), soit plus que les 18 mois en vigueur dans notre pays.

    • Des possibilités accrues d’y recourir.

    Les motifs permettant le recours aux contrats temporaires sont aussi plus nombreux. Les protections légales contre les licenciements abusifs ne s’appliquant que pour les employés disposant d’une ancienneté d’au moins six mois dans une entreprise de plus de dix salariés, les salariés en CDD peuvent être licenciés sans motif ni préavis les six premiers mois de leur contrat.

     

     

    - Un droit du travail rigide n’est pas corrélé à un chômage élevé

    Les données de l’OCDE disponibles montrent que, contrairement aux idées reçues, la rigidité du marché du travail d’un pays n’est pas forcément liée à la variation de son taux de chômage, c’est-à-dire que ces deux variables ne suivent pas les mêmes courbes dans le temps (les données étudiées ici vont de 2000 à 2013). Ainsi, dans le tableau ci-dessous, plus le coefficient tend vers 1 ou -1, plus les deux données sont corrélées (en évoluant dans le même sens, ou le sens contraire). Plus ce coefficient tend vers zéro et moins ces deux données sont corrélées.

     

    PaysCoefficient de corrélation
    Irlande0,77
    Pologne0,68
    Finlande0,62
    Slovaquie0,49
    Japon0,41
    Belgique0,08
    Allemagne0
    Danemark-0,23
    Royaume-Uni-0,32
    France-0,53
    Suède-0,57
    Italie-0,65
    Autriche-0,69
    Espagne-0,76
    Grèce-0,94
    Portugal-0,95

     

    Dans le cas de la France, la corrélation est présente mais inverse : plus la flexibilité du travail est grande, plus le taux de chômage a grimpé. C’est le cas également en Grèce, en Espagne ou au Portugal. En Allemagne, le taux de corrélation entre la courbe du chômage et la rigidité de son marché du travail (CDI et CDD confondus) est quasiment nul.

     

    Plusieurs pays voisins connaissent une augmentation de leur taux de chômage alors même que leur indice de rigidité est plus faible qu’en France, c’est le cas notamment de la Finlande et de la Suède.

     

    Pour en savoir plus :

    - Allemagne : 12,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, un record

    - En Allemagne, les femmes gagnent un cinquième de moins que les hommes

    - Le « modèle » impérialiste allemand

    - La recette du miracle allemand ? Un marché du travail moins flexible qu’en France...

    A ceux qui pensent que les Allemands réussissent mieux que nous parce qu'ils travailleraient plus que nous !

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