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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 11:59
17 octobre 1961 : « Ici on noie les Algériens »

Ce jour-là, des dizaines d’Algériens ont été noyés dans la Seine ou massacrés par la police française à Paris. C’est un devoir de justice de ne pas l’oublier.

 

Le 17 octobre 1961 alors que la guerre d’Algérie touche à sa fin, le FLN appelle à une manifestation pacifique dans les rues de Paris pour dénoncer le couvre-feu raciste imposé quelques jours plus tôt aux Algériens et par extension à tous les Maghrébins (obligation d’être sans cesse isolé, et interdiction aux travailleurs algériens de sortir de 20h30 à 5h30, les cafés tenus par des musulmans doivent fermer à 19h...). Cette manifestation rassemble environ 30.000 personnes.

Source : al Kanz

Le 17 octobre 1961, le préfet Maurice Papon, ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde durant le régime de Vichy et à ce titre organisateur de la déportation de 1 690 juifs, commandita le massacre de 300 Algériens.

 

Obéissant à Papon, comme en 40, des policiers réprimèrent dans le sang une manifestation pacifique. Une gigantesque rafle accompagna le massacre : « le 17 octobre 1961, en plus du massacre perpétré dans les rues de Paris, la préfecture de police a planifié l’incarcération d’au moins 11 538 personnes d’origine algérienne – et 12 520 au plus, en recoupant différentes sources documentaires de l’administration », rappelait en octobre 2010 feu Owni, site d’excellente facture, dans un dossier consacré à cette "honte française".

 

Aujourd’hui, à l’initiative de l’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë, une plaque commémorative rappelle qu’en 1961 on noya ici des Algériens.

17 octobre 1961 : « Ici on noie les Algériens »

Aussi infâme que cela puisse être, cette initiative nécessaire pour panser les blessures et apaiser coeurs et mémoires fut dénoncée par la droite parisienne, qui « estima, par la voix de Claude Goasguen, que ce geste est une +provocation+ », rapporta alors Le Monde, l'Humanité pour sa part présentant l’agenda des commémorations.

 

Il a fallu attendre 2012 pour que le Sénat six jours après la déclaration de François Hollande rompant le silence officiel sur la "répression sanglante" de la manifestation des Algériens du 17 octobre 1961 adopte une résolution, proposée par le groupe communiste, demandant que "la France reconnaisse ces faits", texte adopté par 174 voix pour, et 168 contre.

 

D’aucuns continuent aujourd’hui encore de plaider pour une négation de ces tragiques événements.

 

 

- A l'occasion du 51 ème  anniversaire du 17 octobre 1961, a été publié ce témoignage  d'un soldat français qui revenait de la guerre d'Algérie.

Pour en savoir plus :

- Ce que l’Humanité publiait en octobre 1961

- 17 octobre 1961 : "Ce massacre a été occulté de la mémoire collective"

- 17 octobre 1961, un crime d’État oublié. Tribune de Mouloud Aounit, président d’Honneur du MRAP, et Madjid Si Hocine, animateur du collectif l’Égalité d’abord !

17 octobre 1961, un crime d’État oublié. Tribune de Mouloud Aounit, président d’Honneur du MRAP, et Madjid Si Hocine, animateur du collectif l’Égalité d’abord ! - See more at: http://www.humanite.fr/17-octobre-1961-17-octobre-2011-lagenda-des-commemorations#sthash.lnVcARfs.dpuf
17 octobre 1961, un crime d’État oublié. Tribune de Mouloud Aounit, président d’Honneur du MRAP, et Madjid Si Hocine, animateur du collectif l’Égalité d’abord ! - See more at: http://www.humanite.fr/17-octobre-1961-17-octobre-2011-lagenda-des-commemorations#sthash.lnVcARfs.dpuf

- Le Sénat reconnaît la répression du 17 octobre 1961

- Le massacre du 17 octobre 1961 à Paris : « ici on noie les Algériens ! »

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 09:00
Que cache la militarisation de l’Amérique Latine ?

La "guerre contre la drogue" - comme la "guerre contre le crime" et la "guerre contre le terrorisme" - est menée pour d’autres raisons que les objectifs annoncés officiellement.

 

Source : Le Grand Soir par Noam CHOMSKY[1]

Les Etats-Unis ont été fondés en tant que "bébé empire", selon les termes de George Washington. La conquête du territoire national était une expérience impériale grandiose. Dès le tout début, l’objectif suprême avait été de contrôler l’hémisphère.

 

L’Amérique Latine a conservé sa suprématie dans les projets US d’aménagement de la planète. Si les Etats-Unis ne peuvent pas contrôler l’Amérique Latine, ils ne peuvent prétendre "réussir un ordre mondial dans le reste du monde", avait fait remarquer le Conseil de Sécurité nationale du président Richard M. Nixon en 1971, alors que Washington se préparait à renverser le gouvernement de Salvador Allende au Chili.

 

 

- La question de l’hémisphère s’est récemment intensifiée.

L’Amérique du Sud s’est engagée dans un processus d’intégration, condition préalable à l’indépendance, a tissé d’autres liens au niveau international et a cherché à résoudre les problèmes internes - et tout d’abord, le pouvoir qu’exerçait traditionnellement une riche minorité européanisée sur un océan de misère et de souffrances.

 

La question est arrivée à un point critique il y a un an en Bolivie, le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud, où, en 2005, la majorité indigène avait élu un président sorti de leurs rangs, Evo Morales.

 

En août 2008, alors que Morales était sorti vainqueur du référendum pour révoquer le mandat du président, l’opposition composée des élites soutenues par les US s’est livrée à des manifestations violentes, provoquant le massacre d’une trentaine de partisans du gouvernement.

 

La nouvelle "Union sud-américaine des Nations" (l’UNASUR) a réagi en organisant une rencontre au sommet. Les participants (tous les pays d’Amérique du Sud) ont exprimé "leur soutien entier et ferme au gouvernement constitutionnel du président Morales dont le mandat a été ratifié par une large majorité".

 

"Pour la première fois de l’histoire de l’Amérique du Sud, les pays de notre région décident de la façon de régler leurs problèmes en dehors de la présence des Etats-Unis", a déclaré Morales.

 

Une autre manifestation : le président de l’Equateur, Rafael Correa, a promis de ne pas renouveler l’accord de l’utilisation par Washington de la base militaire de Manta, la dernière base de ce type dont disposaient les Etats-Unis en Amérique du Sud.

 

En juillet, les Etats-Unis et la Colombie concluaient un accord secret permettant aux US d’utiliser sept de leurs bases militaires en Colombie. Officiellement, il s’agit de lutter contre le trafic de drogue et le terrorisme, mais "de hauts responsables militaires et civils colombiens au courant des négociations" ont déclaré à l’Associated Press que "le but est de faire de la Colombie une plaque tournante des opérations du Pentagone dans la région".

 

D’après les comptes-rendus, cet accord permettrait en échange de faciliter à la Colombie l’accès au matériel militaire US. La Colombie est déjà le principal bénéficiaire de l’aide militaire US (à l’exception d’Israël et de l’Egypte, qui font partie d’une catégorie à part).


La Colombie détient, et de loin, le pire record en matière de droits humains dans l’hémisphère depuis les guerres en Amérique centrale dans les années 80. La corrélation entre l’aide des Etats-Unis et les violations des droits de l’homme est depuis longtemps établie par les études spécialisées.

 

L’AP citait également un document datant d’avril 2009 de l’"U.S Air Mobility Command" qui suggère que la base de Palanquero en Colombie devienne un "site destiné à la sécurité bilatérale".

 

D’après ce document, en partant de Palanquero, "un C-17 (pour les transports militaires) peut parcourir près de la moitié du continent avec un seul plein de carburant". Ce disposition pourrait s’inscrire dans le cadre de la stratégie mondiale des infrastructures logistiques, en contribuant à mettre en oeuvre les interventions militaires dans la région et en donnant davantage de mobilité pour les transports vers l’Afrique.

 

 

- Le 28 août, l’UNASUR s’est réunie à Bariloche en Argentine pour parler des bases militaires US en Colombie.

Après des débats animés, il a été conclu qu’il fallait conserver à l’Amérique du Sud son statut de "terre de paix", et que les forces militaires étrangères ne devaient menacer la souveraineté ou l’intégrité d’aucun des pays de la région. Et le sommet a ordonné au Conseil de Défense de l’Amérique du Sud d’enquêter sur ce document de l’Air Mobility Command.

 

La raison officielle qui a été donnée de l’utilisation de ces bases n’a pas échappé aux critiques. Morales a déclaré qu’il avait vu des soldats US avec les troupes boliviennes qui tiraient sur les membres de son syndicat de producteurs de coca.

 

"Et donc, maintenant, nous sommes des narcoterroristes", a t-il poursuivi. Quand ils ne pouvaient plus nous traiter de communistes, ils nous ont traités d’agitateurs, puis de trafiquants de drogue et depuis les attentats du 11 septembre, de terroristes. "L’histoire de l’Amérique latine se répète", a-t-il dit.

 

La responsabilité finale de la violence en Amérique Latine incombe lieu aux consommateurs usaméricains de drogues illicites, d’après Morales qui indique : "si l’UNASUR envoyait des troupes aux Etats-Unis pour y contrôler la consommation, seraient-ils d’accord ? Impossible".

 

Que la justification des Etats-Unis pour le programme de lutte anti-narcotique à l’étranger soit même considérée comme un sujet de discussion digne d’intérêt illustre une fois de plus la mentalité impériale. En février dernier, la commission Drogue et Démocratie en Amérique Latine publiait son propre rapport sur la lutte anti-narcotique des Etats-Unis au cours des dernières décennies.

 

La commission, présidée par les anciens présidents latino-américains Fernando Cardoso (Brésil), Ernesto Zedillo (Mexique), et Cesar Gaviria (Colombie), concluait que la lutte contre la drogue avait été un échec total et préconisait un changement radical de politique, à l’opposé des mesures répressives, que ce soit à l’intérieur du pays ou à l’étranger, en cherchant à mettre sur pied des programmes bien moins coûteux et plus efficaces - la prévention et le traitement. Le rapport de cette commission, de la même façon que les études réalisées antérieurement et le bilan historique, n’a eu aucun effet visible.

 

Cette absence de réaction confirme donc bien que la "lutte contre la drogue" - de même que "la lutte contre la criminalité" ou "la lutte contre le terrorisme" - est menée pour d’autres raisons que les objectifs annoncés, et dont on peut en constater les conséquences.

 

Au cours de ces dix dernières années, les Etats-Unis ont augmenté leur aide militaire et l’entraînement d’officiers latino-américains aux tactiques de l’infanterie légère pour combattre le "populisme radical" - un concept qui, dans le contexte latino-américain, fait froid dans le dos.

 

La responsabilité de l’entraînement militaire passe actuellement du Département d’Etat au Pentagone, ce qui abolit les clauses sur les droits humains et la démocratie qui étaient jusqu’alors contrôlés par le Congrès, de peu d’effet, certes, mais cela servait au moins de moyen de dissuasion contre certaines des pires atrocités.

 

La Quatrième Flotte US, démantelée en 1950, a repris du service en 2008, peu après l’invasion de l’Equateur par la Colombie, avec pour mission de contrôler les Caraïbes, l’Amérique de Sud et Centrale, et les eaux qui les entourent.

 

Selon l’annonce officielle, ses diverses missions comprennent la lutte contre le trafic illégal, la coopération dans le domaine de la sécurité, les opérations militaires conjointes et l’entraînement bilatéral et multinational".

 

 

- La militarisation de l’Amérique Latine s’aligne sur des objectifs beaucoup plus vastes.

En Irak, on n’a pratiquement aucun renseignement sur la destination des énormes bases militaires là -bas, et donc, on suppose qu’elles ne vont servir qu’aux projections de forces. Estimé au départ à 1,5 milliards de dollars, le coût de l’immense ambassade US, ville à l’intérieur de la ville, à Bagdad devrait atteindre 1, 8 milliards de dollars par an.

 

L’administration Obama fait également construire des méga-ambassades au Pakistan et en Afghanistan. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni exigent que la base militaire de Diego Garcia ne soit pas incluse dans la "zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN)" prévue en Afrique - comme c’est le cas pour les bases américaines dans le Pacifique.

 

En résumé, les avancées vers "un monde de paix" n’entrent pas dans le cadre du "changement en lequel on peut croire", pour reprendre le slogan de campagne d’Obama.

 

 

 

 

Noam Chomsky

 

Note

[1] Titre original : "Militarizing Latin America", traduction emcee Des Bassines et du Zèle pour le Grand Soir

- En territoire Yanomami, qui fait la frontière avec le Venezuela, des militaires US se sont installés depuis la prise de pouvoir par Chavez, sous le fallacieux prétexte de construire une piste d'avion. Pas très efficaces les militaires US... Depuis le temps.... Le tout bien entendu avec l'appui d'évangélistes... C'est une base de "contrôle", pour ne pas dire de perturbation, de la politique bolivarienne qui leur donne des boutons... Les USA ont aussi au Brésil la base d'Alcantara, très secrète. Personne ne sait ce qu'ils y font vraiment et aucun gouvernement n'a encore eu le courage de les virer...

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 10:00
Barbarie disent-ils…

« Chaque fois qu’un homme a fait triompher la diginité de l’esprit, chaque fois qu’un homme a dit non à une tentative d’asservissement de son semblable, je me suis senti solidaire de son acte »
Peau noire, masques blancs

 

Source : Fondation Frantz Fanon lundi 29 septembre 2014

Les décapitations filmées d’otages occidentaux en Irak et d’un randonneur français en Algérie suscitent légitimement un sentiment d’horreur et une condamnation unanime et sans appel. Ces assassinats insensés ne peuvent être le fait que de criminels pervers au service d’une idéologie déviante. Ces mises en scène macabres viennent à la suite d’images tout aussi insoutenables montrant des exécutions de masse d’hommes désarmés. L’émotion produite par ce théâtre de la cruauté est cependant froidement manipulée par des médias et des relais politiques en Occident. La qualification sans cesse reprise de « barbaries », perpétrées par des « barbares », répond à la volonté de déshumaniser les auteurs de ces atrocités. Hors du limès de la Civilisation, ils ne relèvent plus du droit commun et ne sont plus passibles des lois ordinaires. Il s’agit pour la propagande blanche, conforme à ses usages établis et ses traditions éprouvées, de dénoncer l’irréductible barbarie de « l’autre » présenté comme totalité indistincte pour mieux soumettre ou exterminer, au-delà des criminels, toute une société. Ou comme dans les cas de l’Irak et de la Syrie de détruire des Etats.

 

Ces assassinats médiatiques sont représentés par les organes de propagande comme des actes irrationnels d’une radicale altérité, quasiment non-humaine. Mais bien davantage, des échelles du Levant à celles de Barbarie, ces atrocités seraient inhérentes à une sphère ethnico-religieuse, l’Islam, qui malgré des nuances langagières, reste intrinsèquement dangereuse, quasi-incompréhensible et systématiquement opposée à un Occident dont, par essence et définition, les valeurs humanistes sont définitivement supérieures à toutes les autres.

 

Dans un amalgame éhonté mais clairement assumé, les musulmans d’ici et d’ailleurs, suspectés de connivence « culturelle » avec les assassins, sont sommés par des policiers de la pensée de se désolidariser publiquement de ces crimes. Il leur est enjoint d’approuver la nouvelle guerre moyen-orientale de l’Occident et les bombardements « vengeurs » décidés par la Civilisation.

Ces arguments d’une propagande essentialiste visant à diaboliser des communautés toutes entières sont odieux et totalement ineptes. Cette propagande de stigmatisation et de culpabilisation est d’autant plus inacceptable que ces journalistes-procureurs seraient particulièrement bien placés, s’ils faisaient leur métier, pour évoquer, en spécialistes, la sauvagerie systématique et des exactions d’une ampleur sanguinaire inouïe de ceux dont les armes se tournent contre les populations arabo-musulmanes depuis des décennies.

 

Ces journalistes, qui martèlent le mot de barbarie, qu’ont-ils écrit sur les centaines de milliers de morts civiles en Irak, sur le recours au phosphore blanc et aux munitions à l’uranium appauvri contre des populations civiles ? Qui parmi ces parangons de la Civilisation a évoqué le sort de ces dizaines d’enfants mal formés à Falloujah et ailleurs du fait de l’utilisation d’armes interdites ?

 

A-t-on entendu des cris d’indignation de la part de cette presse au garde-à-vous, lorsque la très civilisée Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’état américaine, justifiait la mort de cinq cent mille enfants irakiens ? Qui de cette presse ou de ces chaines de télévision s’est insurgé devant le fait que dans ce pays des droits de l’homme des criminels au moins aussi sadiques que ceux de l’Etat Islamique puissent mourir dans leurs lits grâce aux amnisties et à l’amnésie d’Etat ?

Mais il n’est nul besoin de remonter aux guerres coloniales au nom des « Lumières » de la génération précédente pour reconnaitre une même sauvagerie contemporaine, tout aussi indécente, qui se drape des valeurs de la Démocratie et des Droits de l’Homme. Barack Obama, prix Nobel de la paix, peut ainsi mener sept guerres depuis qu’il a reçu cette distinction qui a définitivement perdu toute signification morale. Qui parmi ces médias évoque les dizaines de milliers de victimes innocentes des frappes de drones à travers le monde ? La mort, sous les missiles guidés et les bombes « intelligentes », de cinq cent enfants de Ghaza n’est -elle pas une « barbarie » ? Tout comme les bombardements d’écoles gérées par les Nations Unies seraient tout au plus les dégâts collatéraux de frappes chirurgicales. Il est vrai que sans images et ensevelis sous la mystification et le silence complice des journalistes de l’infotainment, les dizaines de milliers de morts des guerres asymétriques n’existent pas. Pures statistiques, les cadavres déchiquetés de pauvres et de désarmés ne suscitent aucune émotion.

 

Il n’est donc nul besoin d’effectuer de minutieuses recherches pour découvrir que la réalité de la « barbarie » est fort différente de ce que cette presse en battle-dress veut faire accroire. On ne tentera pas non plus d’établir ici la généalogie politique de l’Islamisme fanatique fabriqué par les monarchies du Golfe et armé par l’Occident. Qui se souvient des missiles français Milan, des armes anglaises et américaines généreusement fournis aux « moudjahidine » afghans, hier freedom-fighters et aujourd’hui talibans extrémistes ?

Les mises en scène d’assassinats abjects dans des circonstances horribles par des psychopathes apolitiques ne peuvent, en aucun cas, servir de prétexte à des manipulations haineuses. Le discours sur la barbarie asséné par les relais de propagande, destiné à désigner de faux ennemis intérieurs, vise à faire taire ceux parmi les musulmans en Europe qui dénoncent les aventures guerrières au Moyen-Orient. A faire oublier ceux commis par les alliés de l’Occident. Et également, en jouant sur la peur à jeter en pâture des minorités visibles « d’apparence musulmane » à une opinion matraquée que l’on cherche à conditionner depuis des années. Ces gesticulations autour d’une soi-disant barbarie musulmane ne parviennent pas à masquer la vérité sanglante d’un Occident colonialiste hier, impérialiste aujourd’hui, qui assume sans discontinuer depuis le dix-neuvième siècle ses guerres éminemment civilisées et très sanguinaires dans le monde arabo-musulman. Les criminels de l’Etat Islamique ont été à bonne école.

 

Dans le dispositif éprouvé de préparation psychologique, la barbarie de l’autre est la justification ultime de la guerre. Or, les « guerres » éternelles contre le terrorisme, engagées depuis des dizaines d’années, loin d’avoir endigué le phénomène, l’ont généralisé et complexifié. Il ne fait guère de doute, à la lumière de l’expérience, que le refus d’approches politiques et la fascination pour la guerre manifestée par les dirigeants occidentaux, outre une dangereuse régression du droit international, ne produira qu’un surcroit de subversion.

 

Les premiers et les pires barbares sont parmi nous.

 

 

 

 

Pour en savoir plus sur le même sujet :

- 16/18 septembre 1982... le "massacre évitable" de Sabra et Chatila

- Le 8 Mai 1945, c'est aussi..... le Massacre de Sétif !

- Quand l’Europe chrétienne colonialiste, France et Espagne en tête, donnait des leçons de décapitation et de barbarie aux musulmans

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 09:45
Les États-Unis désirent ardemment une guerre pour sauver leur économie de la dette

La dette publique et privée des États-Unis a atteint de telles proportions qu’une simple action aléatoire peut ruiner l’économie mondiale. La situation actuelle montre que le pays cherche une solution, et celle-ci est une guerre, d’après les spécialistes.

 

 Sources : RT traduction par  News360 | mis à jour le 15 juin 2015

Pour obtenir leur récompense de guerre, les politiciens « faucons de guerre » et les militaires concentrent leurs regards vers la Russie, comme le montre la récente conférence de presse du Chef d’État Major des Armées des États-Unis, Martin Dempsey, d’après l’article de Vesti.ru. 

 

C’est la première fois que ce général de renom évite d’aborder les questions sur l’Afghanistan et sur l’Irak, où la progression de l’extrémisme islamique pose la possibilité d’un retrait partiel des troupes dans l’agenda du Pentagone. Le militaire s’est centré sur des thèmes tels que la Russie et ses Forces Armées y sur la baisse du budget militaire.

 

Suivant la ligne politique de Washington, le chef de l’État Major des Armées accuse le Gouvernement russe d’avoir décider d’appliquer la force militaire en Ukraine et avertit ensuite : « C’est le premier cas depuis 1939. Veuillez noter s’il vous plait que l’Armée des États-Unis n’a pas peur de la guerre ! Le pays peut penser différemment, mais nous exécuterons tous les ordres ».

 

« Ni les taux d’intérêts zéro, ni négatifs, ni l’assouplissement quantitatif n’ont résolus la crise, qui dure depuis six ans. Les injections de dollars et euros ont créé une augmentation galopante du prix des actions, mais elles n’ont stimulé ni la production ni la demande mondiale, elles n’ont pas fait diminuer le chômage non plus. L’économie mondiale s’est transformée en un casino gigantesque. En 2008 le volume des dérivés, les contrats spéculatifs à risque, était de cinq billions (5×109) de dollars et fin 2014 ce chiffre a atteint les 2 quadrillons (2×1015). Comment pouvons-nous résoudre cela ? », demande l’auteur de l’article Konstantin Siomin.

 

« Quand les bénéfices dans le système capitaliste tombent, il est nécessaire de les maintenir et de les augmenter de deux façons : en captant de nouveaux marchés et en obtenant un accès à des ressources naturelles moins chères », explique la politologue Veronika Krasheninnikova, directrice général de l’Institut de Recherche Politique Extérieure, et les initiatives citées par Vesti.ru.

 

 

- Les BRICS savent déjà

Le projet de loi n°2277 sur la « prévention de l’agression russe », présenté au Congrès des États-Unis par le sénateur républicain Bob Kocker, donne l’impression que les grandes compagnies du secteur de l’armement, comme Boeing, Lockheed Martin, Northrop Grumman ou General Dinamics, participent à son élaboration. Il cherchent à augmenter les dépenses budgétaires sous tous les prétextes.

 

En outre, vous pouvez vous rappeler de l’expérience de la Seconde Guerre Mondiale. Cette guerre a donné une impulsion à l’économie et spécialement au secteur financier, une impulsion si grande que les États-Unis purent mettre fin aux conséquences de la Grande Dépression tandis que l’Europe se trouvait en ruine.

 

Au début du mois de juillet 2014, les États-Unis ont confirmé publiquement qu’ils ne savent pas comment résoudre le problème de la dette américaine et du secteur bancaire. Lorsque la directrice générale du FMI, Christine Lagarde soulève la question à la présidente de la FED, Janet Yellen, la responsable américaine lui répond que la dette est un grand défi pour le Gouvernement et que « même s’il a été introduit des restrictions législatives, il est probable que la situation devienne hors de contrôle sans que nous nous en rendions compte. Cette situation serait un grand problème pour nous et il est clair que nous ne savons pas comment le résoudre ».

 

Mais la Chine et la Russie savent déjà comment fermer cette « fenêtre d’opportunité » pour les États-Unis, affirme l’auteur de l’article. « Cette fenêtre d’opportunité se ferme non seulement parce que la Russie et la Chine sont en train de renforcer leurs défenses. Créée durant le sommet du BRICS[1] mi-juillet, la Banque du Développement est perçue par l’Occident comme un affront direct à l’hégémonie du dollar et du FMI[...] Maintenant, en cas de crise, les membre du BRICS sont prêts à s’entraider par le moyen d’un Fond de Réserve d’Urgence. L’Occident est-il prêt à l’accepter ? demande l’auteur.

 

Note :

[1] BRICS : le camouflet des pays émergents à l’hégémonie américaine

 

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- Les USA ont provoqué plus de 201 conflits armés à eux seuls sur les 60 dernières années.

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 07:00
Israël ne fait pas mieux que la Russie

Israël utilise les mêmes arguments retors que la Russie pour s’arroger des territoires en Cisjordanie. Or, ce que nous fustigeons en Ukraine, nous le tolérons en Palestine.

 

Il y a six mois, après l’annexion d’une partie de l’Ukraine par Vladimir Poutine, le président américain a autorisé les sanctions contre la Russie. «Les principes fondamentaux qui régissent les relations entre les nations en Europe et dans le reste du monde doivent être défendus au XXIe siècle», affirmé Obama. «Cela comprend le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale — le concept que les nations ne redessinent pas les frontières ni ne prennent de décisions aux dépens de leurs voisins simplement parce qu’elles sont plus grandes ou plus puissantes

 

Les Etats-Unis défendent ce principe en Ukraine et en Irak: nul n’a le droit d’utiliser la force pour s'approprier des territoires ou modifier les frontières. Mais Israël, allié des Etats-Unis, continue d’enfreindre la règle. Fin août, le pays s’est encore arrogé une parcelle de territoire palestinien : 400 hectares, sa plus grande saisie territoriale en trente ans.

 

 

- Il s'agit bien d'une offensive

Ces territoires ne sont pas situés à Gaza, d’où le Hamas lance des roquettes et où il creuse des tunnels. Ils se trouvent en Cisjordanie, où le président palestinien Mahmoud Abbas prône la non-violence et tente de négocier un accord de paix. Israël contrôle plus de 40% de la Cisjordanie, et utilise son armée pour faciliter l’occupation de ce territoire par des colons juifs. Aucun accord n’a jamais octroyé ces terres à Israël. C’est du vol.

 

Le 31 août, tandis que l’attention du monde entier était distraite par Poutine et l’Etat Islamique (EI), Israël s’est emparé d’un nouveau bout de terre. Son armée a annoncé que 400 hectares près de Bethléem — dont une grande partie, selon des responsables palestiniens, est couverte d’oliveraies et appartient à des familles palestiniennes— faisaient désormais partie du territoire israélien.

 

 

Certes, ce n’est pas une invasion à la Poutine ou un bain de sang à la mesure de l’EI. Mais c’est une offensive, et ce pour plusieurs raisons. C’est un camouflet pour les Etats-Unis, qui se sont rangés aux côtés d’Israël lors de sa dernière guerre en date contre Gaza, comme pour les pays européens qui ont fait preuve d’une grande indulgence envers Israël lors de ce conflit inégal. C’est mettre des bâtons dans les roues du secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui n’a de cesse de tenter de faire repartir les pourparlers de paix. Et cela décrédibilise Abbas, en envoyant à tous les Palestiniens le message que les négociations, c’est pour les gogos.

 

Comment responsables et colons israéliens justifient-ils cette confiscation? Ils affirment que les Palestiniens n'utilisent pas ces territoires. Ils disent que les Palestiniens qui y vivent ne peuvent pas prouver qu'ils en sont les propriétaires. Ils avancent qu’Israël en a besoin pour loger une population en pleine croissance — argument que l’on pourrait baptiser Liebermansraum, en l’honneur du ministre israélien pro-colonisation des Affaires étrangéres. Israël estime aussi que cet accaparement de terres ne fait pas grande différence dans la mesure où elles font partie du territoire qu’Israël envisage de conserver dans le cadre d’un quelconque accord permanent avec les Palestinien. Dans la mesure où vous estimez qu’un jour ou l’autre il vous reviendra, alors ce n’est pas vraiment du vol.

 

 

- Les points communs avec la Russie de Poutine

Le plus dérangeant du point de vue des normes internationales, c’est l’étroite ressemblance entre les justifications d’Israël et celles de la Russie.

 

Les Israéliens soulignent que des centaines de milliers de juifs vivent en Cisjordanie et à Jérusalem Est. Les Russes invoquent la même raison pour protéger les russophones d’Ukraine. Les Israéliens affirment que cette nouvelle parcelle de territoire leur est nécessaire pour relier leurs avant-postes cisjordaniens à Israël. Les Russes utilisent la même logique pour justifier la réalisation d’un pont terrestre vers la Crimée. Les Israéliens clament s’être emparés de la Cisjordanie dans les règles lors d’une guerre ancienne déclenchée par le camp adverse. La Russie pourrait en dire autant de sa récupération de l’Ukraine après la Seconde Guerre mondiale. Israël affirme vouloir encore négocier la paix; les colonisations en cours ne font que lui donner un peu plus de poids. C’est exactement le point de vue des responsables russes sur les brutalités auxquelles ils se livrent en Ukraine.

 

Israël a brouillé la limite entre civil et militaire, entre installation et agression

 

 

Du côté d’Israël, le plus insidieux est le fait de se servir de civils comme des armes. Les dirigeants israéliens ont à maintes reprises imposé des colonies pour punir les affronts palestiniens. C’est un message qu'ils ont envoyé au mois de mai dernier, lorsqu’Abbas a formé un gouvernement d’unité avec le Hamas, ainsi qu'en juin après l’assassinat de trois adolescents israéliens par des terroristes. Les principaux ministres israéliens  ont choisi à dessein cette parcelle de territoire — celle qu’ils ont revendiquée le 31 août — pour sa proximité avec la yeshiva où étudiaient les jeunes gens. Le 1er septembre, le ministre israélien de l’Economie, Naftali Bennett, s’est rendu dans la yeshiva et y a salué la nouvelle confiscation en proclamant: « La construction est notre réponse aux meurtres.» Aux étudiants il a confié: «Vous en êtes le fer de lance

 

Lorsque des dirigeants israéliens se conduisent et parlent ainsi, comment s’étonner que les Palestiniens se mettent à considérer les colons comme des cibles militaires? Israël a fait de la colonisation un instrument de punition collective et un moyen d’en faire la publicité. Il a brouillé la limite entre civil et militaire, entre installation et agression.

 

Les colons israéliens s’inquiètent à l’idée que les confiscations et les constructions ne s’arrêtent. Ils craignent, selon les termes du site pro-colonisation Arutz Sheva, qu’un gel des constructions ne devienne le statu quo, et que toute nouvelle colonisation ne soit considérée comme «une déviation de la norme».

 

En bref, ils ont peur que le principe que nous défendons en Ukraine et en Irak — selon lequel vous n’êtes pas autorisé à vous emparer de territoires juste parce que vous en avez les moyens — ne s’applique aussi en Palestine. J’espère bien qu’ils ont raison.

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 22:30
16/18 septembre 1982... le "massacre évitable" de Sabra et Chatila

L'échange se passe à Jérusalem il y a trente ans jour pour jour. Morris Draper, ambassadeur itinérant du président Ronald Reagan au Proche-Orient, rappelle à ses interlocuteurs israéliens la "position fondamentale" des Etats-Unis : "Nous n'avons pas pensé que vous deviez entrer. Vous auriez dû rester en dehors."

Réponse d'Ariel Sharon, ministre israélien de la défense : "Que vous l'ayez pensé ou pas… Quand l'existence et la sécurité sont en jeu, tout est de notre responsabilité, on ne laissera jamais personne d'autre décider pour nous."

 

Sources : Le Monde.fr Proche Orient  par Sylvain Cypel | 17.09.2012

Nous sommes le 17 septembre 1982, et la réunion entre Américains et Israéliens a commencé à 12 h 30. Le premier ministre, Menahem Begin, en est absent. Avec Ariel Sharon, Yitzhak Shamir, le ministre des affaires étrangères, et de hauts responsables des services de sécurité rencontrent l'ambassadeur Draper. L'échange précité est tiré d'une série de cinq documents (datés des 15, 16, 17, 18 et 20 septembre 1982) auxquels Seth Anziska, chercheur américain de l'université Columbia, a eu accès dans des archives israéliennes, et sur lesquels il fonde un article paru dans le New York Times, ce lundi 17 septembre, sous le titre "Un massacre évitable". Mis en ligne par le quotidien américain, ces documents, en hébreu et anglais, jettent une lumière crue sur la politique libanaise de Washington à cette époque et sur la relation américano-israélienne.

 

 

- Entre 800 et 2000 morts ou disparus

Ce 17 septembre, Morris Draper est soumis, surtout de la part d'Ariel Sharon, à une pression peu usuelle : "M. Draper, vous craignez d'être soupçonné d'être de mèche avec nous ? Niez-le et on le niera." Car au moment où cet échange a lieu, un massacre, qui va entrer dans l'histoire, est déjà en cours : celui des civils palestiniens des camps de Sabra et Chatila, à Beyrouth. Au total, entre 800 et 2 000 personnes seront exécutées ou vont disparaître. Des femmes sont violées, des enfants et des vieillards abattus, des hommes emportés vers des destinations inconnues. Commencé le 16, le massacre est mené par des phalangistes chrétiens et des miliciens des Forces libanaises, alliés de l'armée israélienne depuis le début de son invasion du Liban, le 6 juin.

 

Jusqu'à peu auparavant, Ariel Sharon a cru avoir triomphé. Les bombardements des grandes villes (Beyrouth, Tyr, Sidon…) ont abouti, le 1er septembre, au retrait de la capitale libanaise des groupes armés de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dont l'éradication était l'objectif israélien. Les Américains ont supervisé ce retrait et donné à l'OLP des garanties que les populations palestiniennes seront protégées. De plus, Israël a vu son principal allié, le phalangiste chrétien Béchir Gemayel, être élu président de l'Etat libanais fin août. Mais, le 14 septembre, il est assassiné. Dans la nuit, le chef d'état-major israélien rencontre les chefs chrétiens à Beyrouth. Le matin du 15, contrevenant au cessez-le-feu, Tsahal envahit la ville. Le 16, les miliciens chrétiens entrent dans les camps palestiniens. La nuit, l'aviation israélienne éclairera les lieux pour les aider.

 

Ce 17, lorsque l'envoyé spécial américain rencontre ses interlocuteurs, le massacre est donc en cours. Que savent précisément les deux parties sur ce qui advient dans les camps ? Rien n'est avéré. Mais les Israéliens savent que les phalangistes y sont entrés, et, au moins depuis la veille au soir, leurs propres sources les ont informés d'éventuelles "tueries". Ils n'en disent mot.

 

 

- "Qui donc va les en empêcher ?"

Rapportée par les historiens, une rencontre, très pénible, avait déjà eu lieu la veille au soir. Morris Draper, accompagné de l'ambassadeur américain à Tel-Aviv, Sam Lewis, fait face à Ariel Sharon, au chef d'état-major israélien, Rafael Eitan, et au chef du renseignement militaire, le général Yehoshua Saguy (orthographié "Sagi" dans les documents). Washington et "les Libanais" demandent que Tsahal se retire de Beyrouth, rappelle l'Américain. Les "terroristes" sont toujours là, rétorque Ariel Sharon, "2 000 à 3 000, on a même leurs noms". Dès lors, qui va s'occuper des camps ?, demandent les Israéliens. Lorsque Morris Draper évoque "l'armée et les forces de sécurité libanaises", le général Saguy exige que "les Phalanges aussi" soient de la partie. Draper s'y oppose. "Et qui donc va les en empêcher ?", demandera le général israélien.

 

  • De fait, le patron du renseignement de Tsahal sait que les phalangistes y sont déjà. Mais la réunion-clé du lendemain, le 17, se déroulera comme si personne n'en avait connaissance. L'ambassadeur Draper y réitère l'exigence américaine que Tsahal montre des signes, même symboliques, de retrait de Beyrouth : "Israël ne devrait pas donner l'impression d'occuper une capitale arabe. (…) "
  • Sharon : "Qui va s'occuper de ces 2 000 terroristes ? C'est aussi votre intérêt. Qui va les attraper ? Bon, Fakhani, Sabra, Chatila, à notre avis, ils sont, disons 1 000, peut-être 500. On sait qu'ils y sont, bien équipés, armés et tout. Et vous voudriez qu'on se retire ?"… Draper insiste ; les Israéliens demandent à se consulter entre eux. A leur retour, ils acceptent le principe d'un retrait de Beyrouth, mais une fois passé Roch Hachana, le nouvel an juif, soit 48 heures plus tard.
  • Draper, pressé de conclure : "Le plan sera mis en œuvre sous 48 heures, telle est la politique."

 

- "Il n'en restera aucun"

Sharon préfère ne pas laisser d'ambiguïté : "Bon, alors, Fakhani, Sabra, Chatila, Bourj el-Barajneh…" Il nomme les lieux où, entre-temps, devra se mener la traque aux "terroristes".

  • Draper : "Des gens hostiles diront que Tsahal reste à Beyrouth pour permettre aux Libanais de tuer les Palestiniens dans les camps."
  • Sharon : "Alors on va les tuer, nous. Il n'en restera aucun. Vous ne sauverez pas (…) ces groupes du terrorisme international."
  • Draper : "Nous ne sommes intéressés à sauver aucun de ces gens."
  • Sharon : "Si vous ne voulez pas que les Libanais les tuent, nous les tuerons."
  • L'ambassadeur Draper réitère alors la "position du gouvernement : on veut que vous partiez. Laissez faire les Libanais". Le retrait israélien débutera trois jours plus tard.

 

Ce vendredi 17 verra le pire du massacre. Il n'y avait dans les deux camps ni 2 000, ni 1 000, ni 500 "terroristes" : les forces de l'OLP avaient bel et bien évacué Beyrouth. Après une seconde nuit de terreur, les phalangistes se retirent le samedi matin. Informé par son émissaire, l'ambassadeur Draper écrit à Ariel Sharon : "C'est horrible. J'ai un représentant dans les camps qui compte les corps. Vous devriez avoir honte." Le président Reagan tancera le premier ministre, Menahem Begin, en des termes d'une inhabituelle virulence.

 

 

- "Partiellement responsable"

Dans ses Mémoires, le secrétaire d'Etat, George Shultz, sera le plus sévère : "Les Israéliens ont dit qu'ils entraient dans Beyrouth (…) pour éviter un bain de sang, il s'avère qu'ils l'ont facilité et peut-être même suscité." Pour avoir fait confiance à leurs alliés, écrira-t-il, "le résultat brutal aura été que nous sommes partiellement responsables" de ce massacre.

 

En conclusion de son article, Seth Anziska écrit : "La leçon est claire : parfois un proche allié agit à l'inverse des intérêts et des valeurs américaines. Echouer à exercer la puissance américaine pour les défendre peut avoir des conséquences désastreuses." L'important, explique-t-il au Monde, n'est pas que les Israéliens aient "délibérément trompé" les Américains, selon l'expression qu'utilisera le sous-secrétaire d'Etat Lawrence Eagleburger, ou qu'ils l'aient fait par conviction. "L'essentiel tient en la faiblesse diplomatique face à leurs intimidations et aux reculades successives de l'ambassadeur Draper", qui finit par céder sur l'essentiel.

 

Obnubilé par son objectif de voir les Israéliens se retirer de Beyrouth, l'ambassadeur accrédite comme réel un fait non avéré – la présence de "terroristes" supposément restés par milliers dans les camps – et accorde à son allié 48 heures de présence supplémentaire dans la ville. "En résumé, il finit par dire aux Israéliens : 'Bon, allez-y, tuez les terroristes, et vous partirez ensuite.' Là est la faillite diplomatique américaine."

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

-

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 18:05

De nombreux Palestiniens considèrent le récent cessez-le-feu entre "Israël" et les Palestiniens comme une victoire de la résistance. Pour les observateurs extérieurs, cette réponse peut paraître assez déroutante.

Comment un peuple peut-il crier victoire quand 2.145 de ces concitoyens, dont une majorité de civils et le nombre sidérant de 578 enfants, ont perdu la vie sous les bombardements israéliens ?

Est-ce que cette idée de "victoire" servirait simplement le Hamas qui capitaliserait sur un cessez-le-feu qui lui convient très bien, afin d'augmenter sa popularité ?

Est-ce la réponse irrationnelle d'un peuple traumatisé par des années de siège et par certains des bombardements des zones civiles les plus intenses jamais vus dans l'histoire, à la fin de 50 jours d'enfer sur terre ?

Ou est-ce plus que cela ?

 

Source : The International Solidarity Movement   par Tariq Shadid     le 3 septembre 2014[1]

- "Gaza toujours debout regarde vers Jérusalem", par le peintre palestinien Imad Abu Ishyhiya

La victoire à la Pyrrhus de Gaza est une leçon pour l'occupant
Tout d'abord, nous devons comprendre qu'on ne peut pas juger l'humeur d'aujourd'hui à l’aune des seuls deux derniers mois, mais dans le contexte d'une longue histoire de lutte contre l'injustice et l'occupation. Ce n'est pas la première fois que Gaza est soumise à des atrocités de masse, ni la première fois dans l'histoire qu'"Israël" a impitoyablement lâché sa puissance militaire sur le peuple palestinien dans son ensemble.

Plus d'un million d'habitants de Gaza, sur environ 1,8 million, ne sont pas originaires de Gaza mais ont été violemment expulsés des autres parties de Palestine en 1948, l'année de la Nakba. Ceci veut dire que la majorité de la population est constituée de réfugiés et de leurs descendants qui ont emporté avec eux le fardeau du déplacement involontaire et de l'exil. Ce continuum d'injustice et de lutte joue un rôle important dans la façon dont les Palestiniens ont tendance à voir et à répondre à la tragédie et à la violence.

Depuis plus de 6 ans et demi, la population vit sous un siège imposé par Israël, encore aggravé par la fermeture de la frontière de Rafah par l'Egypte. En mars 2008, les frappes aériennes et les bombardements par "Israël" ont volé la vie à 110 Palestiniens, dont la moitié de civils, et ce massacre a été suivi en décembre de la même année par la tristement célèbre attaque israélienne massive sur Gaza de fin 2008/début 2009, qui a duré 22 jours, et a tué plus de 1400 Palestiniens.

Le blocus ininterrompu a exposé les Palestiniens de Gaza à la pauvreté, aux mauvaises conditions d'hygiène, aux pénuries de médicaments et de nourriture et à une paralysie de la vie ordinaire éprouvante à cause des longues périodes où voyager est impossible, des coupures d'électricité et des pénuries d'eau. Gaza a réussi à tenir en creusant un impressionnant réseaux de tunnels de contrebande vers l'Egypte, ce qui a permis de contourner certaines des restrictions imposées par le blocus. Malgré des tentatives égyptiennes répétées de désorganiser l'entrée de la contrebande par la destruction de centaines de tunnels, de nouveaux ont été creusés en permanence, ce qui est typique de la détermination presque légendaire des Palestiniens à survivre dans les pires conditions.

En plus de cette situation désespérée de siège et de privations continus, ce n'était qu'une question de temps avant un autre épisode de violence israélienne contre le territoire, et la plupart des habitants de Gaza en étaient parfaitement conscients.

Cependant, ce qui a surpris à la fois amis et ennemis, ce fut la capacité à contre-attaquer devant les envahisseurs sionistes affichée par le Hamas et les autres factions de guérilla de la résistance palestinienne. "Israël", qui s'attendait peut-être à une promenade de santé, a rencontré au contraire une résistance farouche, avec des stratégies défensives rusées et fermement résolue à repousser son invasion violente.

Alors qu'en Occident les médias et les hommes politiques ont tenu à se faire l'écho des porte-parole israéliens dans leurs descriptions et leurs reportages trompeurs sur les hostilités, les réseaux sociaux ont joué un jeu essentiel dans la transmission de la vérité aux masses à travers le monde. Bien qu'il ait arrosé avec d'importantes sommes d'argent des milliers d'étudiants sionistes pour contrer cette vague des réseaux sociaux, "Israël" n'a pu empêcher que l'amère vérité sur les meurtres génocidaires d'enfants perpétrés par ses forces parvienne aux foules, dans le monde entier. Le résultat fut le déploiement sans précédent, dans les rues des capitales du monde entier, d'énormes manifestations rassemblant des milliers de participants, dont la plus grande manifestation pro-Palestine jamais vue à Londres, avec plus de 150.000 manifestants dans les rues.

 

Londres, 9 août 2014

Londres, 9 août 2014

Les médias occidentaux majoritairement pro-israéliens ont bien tenté de minimiser cette puissante réponse populaire en limitant fortement la couverture des événements, mais encore une fois, les réseaux sociaux pro-palestiniens en masse, à travers le monde, ont réussi à faire échouer leurs ardentes et honteuses tentatives d'étouffer les informations. Finalement, il s'est avéré impossible pour les organisations des droits de l'homme de garder le silence, ne serait-ce que pour garder un peu de crédibilité aux yeux des foules de la communauté mondiale, ce qui a conduit a une ample condamnation des atrocités inimaginables perpétrées par les forces de l'entité sioniste contre la population civile palestinienne.


Il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet : "Israël", par son attaque sur Gaza pendant l'été 2014, a subi sa plus grande défaite de relations publiques de toute son histoire. Il s'est tenu, démasqué, devant le monde, dans tout son racisme, sa violence impitoyable contre des civils, son mépris désinvolte de la vie humaine non juive et son ciblage délibéré des femmes et des enfants comme premiers objectifs de son attaque sanguinaire. Ce fut la détermination des Palestiniens à tenir bon qui a gagné le cœur de la majorité de la communauté mondiale, en dépit des efforts massifs des grands médias affiliés au sionisme de dépeindre les Palestiniens comme des terroristes qui méritent d'être anéantis. Apparemment, les peuples du monde n'ont pu être trompés au point de croire que les petits enfants dont les corps déchiquetés gisaient dans les rues de Gaza étaient les forces terribles du terrorisme qu'"Israël" prétendait combattre et vaincre.

Bien sûr, les nouvelles du cessez-le-feu ont provoqué l'euphorie dans tout Gaza, où la population est descendue danser et applaudir dans les rues. Il ne faut pas beaucoup d'imagination pour réaliser ce que ressentent des gens après 50 jours de peur pour leurs vies, sachant qu'ils n'ont nulle part où se mettre à l'abri des missiles et mortiers meurtriers qui peuvent leur pleuvoir dessus à n'importe quel moment, y compris pendant leur sommeil. Pourtant, le sentiment généralisé de victoire qu'ont ressenti les Palestiniens, dans et hors de Gaza. n'a pas pu échapper aux observateurs.

Comme résumé ci-dessus, l'histoire de ce peuple résilient, les épreuves terribles et les carnages dont il a déjà été témoin au cours de son existence, la réponse puissante et solidaire des citoyens ordinaires du monde avec leurs souffrances, et le soulagement après 50 jours d'angoisse, de stress et de chagrin, tout a contribué à ce sentiment de victoire.

 

 

- Pourtant, il y a plus
Cette victoire palestinienne à la Pyrrhus a montré à l'occupant israélien que sa puissance militaire écrasante ne lui permet pas de choisir l'objectif qu'il veut atteindre et de considérer que c'est un acquis. Elle a montré à l'armée sioniste que la résistance palestinienne est devenue une force avec laquelle il faut compter, même en dépit du matériel militaire illimité qu'elle a sa disposition grâce à ses bienfaiteurs américains. Elle a montré aux forces qui s'allient à "Israël" qu'il n'est pas aussi facile qu'elles le pensaient de diaboliser les Palestiniens, et que la majorité de la population mondiale sait parfaitement qu'"Israël" n'est pas la victime mais l'agresseur, et un agresseur terriblement assoiffé de sang.

Avant l'opération "Bordure génocidaire", de nombreux citoyens dans le monde n'étaient pas conscients de la poussée idéologique du suprématisme ethnique israélien. Maintenant, ces mêmes personnes auparavant désorientées ont pris conscience du fait que toute cette violence découle d'une idéologie raciste connue sous le nom de sionisme, ils se sont aventurés à creuser dans son histoire pour la première fois de leur vie, et ils ont découvert des faits choquants.

Lorsque Abu Abayda, le porte-parole du Hamas, est intervenu pour s'adresser aux médias palestiniens et arabes par un discours sur le cessez-le-feu le 27 août, il a clairement dit que ce n'était pas un discours de victoire, car le véritable discours de victoire serait un jour prononcé depuis la mosquée Al-Aqsa. Certes nous en sommes peut-être loin, peut-être est-ce un rêve, mais cette remarque montre que la résistance n'est pas prête à revendiquer une véritable victoire tant que ses objectifs ultimes ne seront pas atteints. Ceci doit être clairement compris tant comme un message de ténacité que de pragmatisme réaliste.

Alors allez-y, émerveillez-vous sur les raisons pour lesquelles les Palestiniens répondent comme ils le font : ils sont plus réalistes que ce que vous seriez enclins à penser. Nous Palestiniens réalisons tous que cette victoire est au mieux une victoire à la Pyrrhus. Nous ne sommes pas aveugles devant les destructions de masse causées par la maléfique entité sioniste, comme semblent l'être les médias et les hommes politiques mondiaux. Pourtant, sous un siège étouffant mis en place par un ennemi affamé de terre, raciste et aveuglément violent, nous sommes bien conscients de nos options.

Notre réalisme, c'est que nous savons qu'il faudra beaucoup de ces victoires à la Pyrrhus avant que nous soyons en mesure de parvenir à la libération. Notre réalisme, c'est aussi que notre seule alternative actuelle aux victoires à la Pyrrhus, dans le cadre actuel, est la défaite. La défaite est un dénouement tout à fait inacceptable, et la reddition ne sera jamais une option à envisager. C'est du réalisme de ces faits bruts que la résistance est née, et notre volonté à résister, de génération en génération, ne connaît donc aucune limite.

 

A la Pyrrhus ou non, la Palestine a gagné cette victoire, et continuera jusqu'à ce qu'elle remporte celle avec un grand V.

 

Note :

[1] Article en anglais publié le 28 août 2014 Traduction : MR pour ISM

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

- Israël se l'avoue : fin de la récréation!!

- Des soldats du renseignement israélien dénoncent les « abus » contre les Palestiniens

- Entretien avec Dominique Vidal - Le point sur l’intervention israélienne dans la bande de Gaza

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 22:55
Israël s'accapare une vaste portion de territoire en Cisjordanie

Israël attise les braises encore rouges en semant le grain d'un futur conflit... !
Israël veut éviter la paix à tout prix... parce que la paix ce serait deux États... et elle ne veut pas d'État palestinien sous ses fenêtres.

 

Sources :  Ledauphine.com dimanche 31 août 2014 mis à jour le 19 septembre  2014

Moins d’une semaine après avoir accepté un cessez-le-feu à Gaza, Israël a annoncé dimanche sa décision de s’approprier 400 hectares de terres en Cisjordanie, en représailles à l’un des évènements déclencheurs de la guerre.

 

Israël a décidé de déclarer propriété de l’Etat israélien ces 400 hectares proches de la colonie de Gva’ot, dans les environs de Bethléem, en réaction au meurtre de trois jeunes Israéliens en juin dans le secteur, a indiqué l’armée dans un communiqué.

 

Les parties concernées ont 45 jours pour faire appel, a-t-elle précisé. Il s’agit d’une décision qui revient à une confiscation "sans précédent" par son ampleur depuis les années 1980, s’est alarmée l’organisation anticolonisation "La Paix maintenant", les responsables palestiniens décriant pour leur part un nouvel affront israélien.

 

 

- C’est la première annonce du genre rendue publique depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, le 8 juillet.

La guerre a parachevé un cycle de violences israélo-palestiniennes provoquées par l’enlèvement, le 12 juin, de trois adolescents près de Gush Etzion, un bloc de colonies situé en zone entièrement sous contrôle israélien à une dizaine de kilomètres au sud de Bethléem. Gva’ot fait partie de Gush Etzion.

 

Les trois étudiants d’écoles religieuses ont été retrouvés morts le 30 juin. Israël a attribué leur meurtre au Hamas, l’organisation islamiste qui contrôle la bande de Gaza et qui est aussi présente en Cisjordanie. Le Hamas nie et dit que, si des membres du Hamas sont impliqués, lui-même n’a jamais été informé de leur projet.

 

La poursuite de la colonisation (la construction d’habitations civiles dans les territoires occupés ou annexés par Israël depuis 1967) est largement considérée comme une entrave majeure aux efforts déployés depuis des décennies pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Sous le Premier ministre Benjamin Netanyahu depuis 2009, le nombre d’unités (logements ou maisons) construites est passé de 1 500 ou 1 800 les années précédentes à 2 000 ou 2 500, dit "la Paix maintenant". Le mouvement s’est par ailleurs propagé vers l’est et l’intérieur de la Cisjordanie, selon Hagit Ofran, une responsable de l’association israélienne qui milite pour la fin du conflit israélo-palestinien.

 

La décision annoncée dimanche «ne fera que détériorer encore davantage la situation», a déploré Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, rappelant que la communauté internationale considérait comme illégales les colonies en territoire occupé.

 

La colonie de Gva'ot, proche de l'endroit où se trouvent les 400 hectares que s'approprie Israël.

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 15:16
#JewsAndArabsRefuseToBeEnemies

#JewsAndArabsRefuseToBeEnemies

C'est une erreur bien sur... un sens étriqué de ce qu'est le peuple Sémite : Sémite, Hébreu, Israélite, Juif, Sioniste, Israélien..., ces mots ont une longue histoire et des significations parfois voisines. Dans le langage courant, ils sont souvent utilisés l'un pour l'autre, ce qui peut être à l'origine de contresens ou de malentendus. En outre, le mot "juif" a une double signification, membre du peuple juif et adepte de la religion judaïque. Ceci contribue à rendre encore plus délicate la distinction entre les mots marquant l'hostilité ou l'opposition, comme antisémite, judéophobe, anti-juif, antisioniste, anti-israélien...

 

Sources :  Lathéisme - L'homme debout
- Sémite :

Personne appartenant à un des peuples originaires d’Asie occidentale (ancienne Mésopotamie et du Moyen-Orient), que la tradition fait descendre de Sem, fils de Noé, et qui ont parlé ou parlent les langues dites sémitiques (l'hébreu, l'arabe, l'araméen, le babylonien, l'assyrien, et l'amharique). Le terme "sémite" désigne plus particulièrement les peuples et les tribus bibliques ainsi que leurs descendants actuels, incluant aussi bien les Hébreux que les Arabes. Il n’est donc pas synonyme de juif. Ce mot est tombé en désuétude.


- Hébreu (selon la tradition juive, de l'hébreu ivri, dérivé de Eber, descendant de Sem qui était le fils de Noé, ou de ever, "au-delà" [du fleuve Euphrate]) :

Personne appartenant au peuple des Hébreux. La Bible nomme Hébreux les tribus sémitiques semi-nomades qui vivaient en Syrie depuis le XIXe ou XVIIIe siècle avant JC et qui, après avoir traversé l'Euphrate, se sont installées en terre de Canaan (la Palestine) sous la conduite d'Abraham. Cet épisode est relaté par la Genèse, Chapitre XII. Ceux qui plus tard s'installèrent en Egypte avec Joseph furent contraints à l'esclavage (L'Exil) jusqu'à ce que Moïse les libère et les amène sur la Terre Promise.

A partir du VIe siècle avant JC, ils se désignent comme les Judéens d'où dérive le mot "juif".
Dans les évangiles, les Hébreux sont les Juifs de Palestine qui parlent l'araméen.
 

L'hébreu est aussi la langue, d'origine sémitique, de l'ancien peuple d'Israël (de la Bible Hébraïque) ainsi que la langue officielle de l'Etat actuel d'Israël.


- Israélite :

Descendant du peuple d'Israël formé par les douze fils de Jacob dont l'histoire, décrite dans la Bible, commence à la sortie d'Égypte avec Moïse. Après le schisme qui suivit le règne du roi Salomon, le terme "israélite" (du royaume d'Israël) s'oppose à "judéen" (du royaume de Judée) d'où dérive le mot "juif". De nos jours, "israélite" est souvent utilisé comme euphémisme pour éviter d'employer le mot "juif".


- Juif (de l'hébreu Yehoudi, habitant de Judée, l'un des deux royaumes rivaux après le schisme du royaume d'Israël) :

Personne appartenant à la communauté du "peuple juif", descendant des Hébreux ou de ceux "qui les ont ralliés" au cours des époques. Bien qu'il se confonde parfois avec le sens d'appartenance religieuse, le mot "juif" a plutôt une signification d'appartenance ethnique. La grande majorité des Juifs se considèrent comme formant un peuple unique et membres d'une nation disséminée dans les pays du monde (Diaspora).


Dans la pratique moderne, le terme "juif" inclut à la fois l'individu qui pratique le judaïsme et l'individu qui, même sans pratiquer cette religion, s'identifie comme juif en vertu de son héritage familial et culturel.


Longtemps considérés comme déicides par les chrétiens, les Juifs ont été, très souvent au cours de l'histoire, victimes de brimades, de discriminations, de pogroms (émeutes antisémites) et de persécutions... L'antisémitisme a atteint son point culminant dans la première moitié du XXe avec le racisme anti-juif des nazis et leur entreprise d'extermination, un génocide appelé Shoah ("catastrophe" en hébreu), qui a provoqué la mort de 5 à 6 millions de personnes selon les estimations des historiens.


- Sioniste (de l'hébreu sion, l'une des collines de Jérusalem) partisan du sionisme.

Le sionisme est un mouvement né à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, visant à la création d'un Etat juif indépendant en Palestine. Il s'est développé sous la pression de l'antisémitisme et des pogroms d'Europe centrale, mais aussi à cause du choc provoqué par l'affaire Dreyfus.
Plus politique que religieux, le sionisme trouve cependant son inspiration dans le sentiment mystique de l'avènement messianique (voir Messie) et du retour du peuple juif sur la Terre Promise. Le sionisme, dont Theodor Herzl fut le principal organisateur (premier congrès à Bâle en 1897), rencontra des oppositions au sein même de la Diaspora juive, mais devint l'espoir pour les communautés persécutées d'Europe orientale. La déclaration Balfour, en 1917, permit la création d'un Foyer juif en Palestine. Il fut à l'origine de la création de l'État d'Israël en 1948.



- Israélien :

Habitant de l'Etat (actuel) d'Israël.
 

 
Sémites
¦
¦
V
------------------------------------------------
¦                       ¦                       ¦
    Arabes            Hébreux         Assyriens...
¦
¦
V
------------------
¦                ¦
¦                ¦
Israélites    /   Juifs   

 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 20:37
Comment le FAMAS est devenu une des armes de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant

Drôle d’épopée que celle du fusil d’assaut français FAMAS F1 en Irak et en Syrie! Qui aurait cru un jour que ce bullpup ayant équipé en dotation standard l’armée française durant des années allait se retrouverait un jour en Irak et en Syrie aux mains de quelques “révolutionnaires” syriens et de terroristes de l’armée de l’organisation connue sous le nom de l’Etat Islamique ?

 

Sources : Stratégika 51  publié le par Stratégika 51 | mis à jour le 24 juillet 2015

- La présidence française actuelle a osé faire que que aucun gouvernement français ni autre intermédiaire dans le florissant commerce des armes n’a osé imaginer.

Elle a transformé le FAMAS en une arme de terroriste !

 

Officiellement, il n’a jamais été question de livraison d’armes aux rebelles du Moyen-Orient. C’était à peine si on murmurait entre Londres et Paris que c’était juste quelques armes (babioles) non létales comme un ou deux gilets pare-balles…Et pourtant !

 

L’Angleterre n’osa pas livrer ses SA80. Même pas les plus anciennes versions de ce fusil. Il est vrai que son usage n’est pas du tout populaire et encore moins commode. La France, dans un élan de solidarité sans précédant avec les rebelles dans le monde Arabe est allé jusqu’à vendre la première version de son fusil FAMAS aux rebelles et aux terroristes de l’Etat Islamique. En petites quantités il est vrai, moins de 600 unités selon des indiscrétions. Mais la symbolique est grande.

 

 

- Il fut une période où tous les révolutionnaires de la planètes arboraient le fameux Kalashnikov AK-47.

Trois décennies plus tard, des révoltes du monde arabe aboutissent à deux conflits internationaux dans lesquels des rebelles sont soutenus par une seule puissance hégémonique. En Libye, les FN FAL, les G3 et les G36 remplacent l’AK-47 comme arme de révolutionnaires ! Cela a donné lieu à de nombreuses critiques quant à l’implication trop flagrante de pays de l’Otan aux côtés des rebelles. Chose que l’on a voulu évité en Syrie où l’ensemble des armes livrées par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne aux rebelles syriens est demeuré jusqu’à fin 2013 issu des stocks des anciens pays de l’Europe de l’Est ou bien des arsenaux libyens livrés aux quatre vents.

 

Puis vint le temps du doute cartésien. Al-Assad était fort de l’appui et surtout de la cohésion de son armée et de ses alliances stratégiques. Les rebelles subissaient défaite sur défaite. L’armée syrienne libre, l’un des groupes rebelles que l’Occident considère à tort comme laïc, était minée par les dissensions internes et la corruption au point où on évoquait ouvertement sa disparition. C’est à ce moment que certains pays d’Europe, tentant de faire quelques rentrées d’argent en ces temps de vaches maigres allèrent jusqu’à brader des stocks entiers de vieilles variantes d’armes de guerres issues de leurs arsenaux nationaux.

 

En décembre 2014, une unité de l’armée régulière syrienne prend d’assaut une localité tenue par trois groupes de la rébellion syrienne après que ces derniers aient subi pendant des jours un bombardement aérien en règle.

 

Lors de leur avancée dans le fief rebelle, des soldats syriens rapportèrent avoir entendu un bruit d’arme automatique assez particulier et inhabituel émanant des positions rebelles. Un officier a même consigné dans son rapport radio un possible usage par les rebelles dans cette zone de fusils d’assaut autrichiens Steyr AUG. Ce dernier a été utilisée dès 2012 par les unités d’élite de la rébellion.

 

Mais le bruit n’était pas identique. A la fin des combat, un soldat découvrit la dépouille de ce qui paraissait être un chef de groupe rebelle et à ses côté un fusil d’assaut comportant des inscriptions en français. C’était un Famas F1. Dans un très mauvais état.

 

Avec le temps, l’exploitation de rapports rebelles capturées par les renseignements de l’armée de l’air syrienne révéla que entre autres que les unités de FAMAS F1 livrées par la France n’ont pas rencontré un grand succès parmi les rebelles. Certains de ces derniers avaient eu pas mal de difficultés à trouver des munitions adaptées à cette arme. De plus l’arme est irréparable en cas de casse. Enfin d"autres firent état de difficultés techniques et deux cas d’explosion soudaine de l’arme en plein usage ont été mentionnées.

 

Cela n’empêchera pas la vente de cette arme au design particulier aux radicaux de l’Etat Islamqique dont certains connaissent bien ce bullpup pour en avoir pillé quelques spécimens dans les magasins d’une unité spéciale de la brigade de lutte anti-terroriste irakienne.

 

Porté par un idéal socialiste d’une acception particulière, Hollande a t-il rêvé de voir le FAMAS devenir l’arme des révolutionnaires ?

 

 

 

 

Quoi qu’il en soit, trois FAMAS sont apparus dans des vidéos entre les mains d’éminents chefs de l’organisation l’Etat Islamique en Irak et au Levant, laquelle subit actuellement les foudres de l’aviation américaine au Nord de l’Irak…

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier terrorisme

- Syrie : François Hollande confirme la livraison d'armes aux rebelles

- Comment Sarkozy a armé Boko Haram

- Médiapart : Qui arme et comment l'islamo-fascisme ?

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 09:23
L’alliance entre le complexe militaro-industriel américain et le lobby sioniste

"Cette conjonction d’une immense institution militaire et d’une grande industrie de l’armement est nouvelle dans l’expérience américaine. Son influence totale, économique, politique, spirituelle même, est ressentie dans chaque ville, dans chaque Parlement d’Etat, dans chaque bureau du Gouvernement fédéral. (...) Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques. Nous ne devrions jamais rien prendre pour argent comptant. Seule une communauté de citoyens prompts à la réaction et bien informés pourra imposer un véritable entrelacement de l’énorme machinerie industrielle et militaire de la défense avec nos méthodes et nos buts pacifiques, de telle sorte que sécurité et liberté puissent prospérer ensemble". Tiré du discours d'adieu du Président Einsenhower prononcé le 17 janvier 1961 face au danger représenté par le complexe militaro-industriel.

 

Sources : Le Grand Soir par Mizaanoun le 9 août 2014 - Mis à jour le 18-09-2014

- Le chaos planifié dans le monde arabe et ce qu’il cache derrière

Généralement les observateurs qui analysent objectivement tous les bouleversements qui tourmentent les peuples du Monde Arabe d’Orient comme du Maghreb, ont tendance à expliquer ce chaos, qui secoue aussi tant d’autres régions dans le monde, par l’échec supposé des politiques contradictoires, incohérentes et aberrantes des États-Unis. Cependant les évidences irréfutables conduisent à une toute autre vérité. Le chaos et la déstabilisation sont précisément le but recherché et le résultat constitue bel et bien une réussite et non un échec de ces politiques. Toutes ces politiques sont conçues par ceux-là mêmes à qui bénéficient toutes ces guerres, ces interventions militaires et ces conflits provoqués et minutieusement préparés. Bien que les politiques des Etats-Unis soient irrationnelles et contradictoires, pour le maintien de la paix mondiale, ou même du point de vue des intérêts de leurs simples nationaux, elles restent, avec certitude, une manne pour les bénéficiaires économiquement et géopolitiquement des guerres et des conflagrations internationales, c’est-à-dire le complexe militaro-industriel et les défenseurs à outrance et très actifs sionistes du « Grand Israël ». Faut-il signaler que les citoyens sionistes aux E.U constituent la communauté la plus nombreuse par rapport au reste de tous les autres pays du monde. Ils constituent 2% de l’ensemble, soit 7 millions de personnes et ils contrôlent l’essentiel de toute l’économie et particulièrement les finances, l’appareil de guerre et ses considérables ramifications, et, pour Ende toute la politique étrangère de l’Empire.

 

 

- La chute du Mur de Berlin, il y a vingt-cinq ans, a été la meilleure occasion pour semer le chaos dans le monde.

La raison qui a donné naissance et développement considérable de l’appareil militaire durant la « Guerre Froide » était pour faire face à la menace communiste. Mais la chute du Mur qui avait été célébrée par les populations au sein de l’empire, comme une fin du militarisme et l’aube des « grands bénéfices de la paix » en pensant à la nouvelle orientation des considérables dépenses du Pentagone, ce qui devrait permettre de se tourner vers les besoins sociaux urgents et non militaires, des besoins considérables urgents, s’est vite évanouie. En voici quelques échantillons sur la situation sociale aux E.U en 2011 tiré du livre : « La fin du dollar » de l’auteure suisse Myret Zaki : « Quarante-cinq millions d’Américains ont perdu leur logement, 20% de la population est sorti du circuit économique et ne consomme plus et un tiers d’États américains sont en quasi faillite. Plus personne n’investit de fonds propres dans ce pays. Tout repose uniquement sur la dette. »

L’alliance entre le complexe militaro-industriel américain et le lobby sioniste

Et quelles dettes ! Le gouvernement fédéral à lui seul et du 16 octobre 2013 jusqu’au 7 février, le plafond de sa dette a été porté à 16 700 milliards de dollars. Le précédent plafond a été immédiatement dépassé. Des dettes auxquelles s’ajoutent les autres dettes publiques des 50 états, ce qui dépasse à l’heure actuelle plus de 200.000 milliards de dollars. Il n’y a plus aucun étalon bien ou produit pour mesurer la couverture et la valeur du dollar. Il n’y a plus rien d’autre que le paramètre militaire.

 

Et malgré tout cela les tenants de cette alliance entre le Complexe Militaro-industriel et le Lobby sionistes continuent leurs activités comme si de rien n’était.

 

 

 

 

 

Donc au moment où la majorité des habitants se réjouissaient à la perspective des imminents « bénéfices de la paix », les puissants bénéficiaires, à travers les grandes affaires créés par l’expansion, des dépenses militaires-sécuritaires, se sont sentis, eux, menacés. À partir de là, il n’y a plus rien de surprenant que ces forces aux influences considérables aient rapidement mobilisé leurs immenses moyens pour neutraliser cette « menace de la paix ».

 

Afin de faire taire toutes ces voix qui exigeaient les dividendes de la paix, les bénéficiaires de la guerre et du militarisme, avaient commencé à définir méthodiquement des nouvelles « sources de menace » de la post-guerre froide dans un contexte plus ample du nouveau monde multipolaire qui va beaucoup plus loin que la traditionnelle « menace soviétique » du monde bipolaire de la guerre froide. Et ainsi la « menace communiste » de l’époque soviétique, a été remplacée par la « menace » des « états voyous » ou « états faillis » de l’islam radical et du « terrorisme global » qui doivent fonctionner comme les nouveaux ennemis.

 

Un mémorandum du Pentagone (de la fin des années 90) avait déjà décrit comment on va éliminer sept pays en cinq ans, avait reconnu le général Wesley Clark lors d’une interview donnée à l’organisation Democracy Now, le 02/11/2007.

Ces pays sont : l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan pour finir avec l’Iran. Tous ces pays sont déjà ravagés et en état de désintégration générale, sauf l’Iran qui se tient encore debout malgré la série d’assassinats de ses savants et les innombrables tentatives en cours de déstabilisation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Le NIC à la manoeuvre pour redessiner le monde

 D’autre part le Conseil National de l'Intelligence (NIC sigles en anglais), une de ces centrales d’espionnage basé à Washington, qui a de son côté présenté son rapport « Global Trends 2030 : Alternative Worlds » (décembre 2012) avait prévu 15 autres pays destinés à échouer et devenir des états faillis jusqu’à 2030.

 

Dans la liste sont cités nommément, l’Afghanistan, le Pakistan, le Bengladesh, le Tchad, le Niger, le Nigéria, la Mali, le Kenya, le Burundi, l’Éthiopie, le Rouanda, la Somalie, la R.D du Congo, le Malawi, le Haïti et le Yémen.

 

 

 

 

 

Alors que dans un antérieur rapport, publié au début du second mandat de Bush, en 2005, le même conseil avait prévu de convertir le Pakistan en « État failli » en 2015 en provoquant une guerre civile, une « Talibanisation » totale, suivie d’une lutte pour le contrôle des armes nucléaires de ce pays.

 

L’intention du NCI envers le Pakistan est de lui faire subir un destin semblable à celui de la Yougoslavie.

 

 

 

 

L’intention du NCI envers le Pakistan est de lui faire subir un destin semblable à celui de la Yougoslavie. D’un grand pays uni et consolidé avec une paix, une justice sociale totale et un progrès constant, en un pays dépecé en sept états après une décennie de « guerres civiles » sous le patronage des EU, de l’OTAN et les pays adhérents à cette organisation militaire, l’instrument de guerre par excellence et unique dans le monde, après l’effondrement de l’Union Soviétique et la disparition du Pacte de Varsovie, d’une aussi effrayante envergure. 

 

Dans le même rapport (Global Trends 2030 : Alternative Worlds)au même moment où on insiste explicitement, que tous les « états faillis » vont servir inévitablement de base pour les extrémistes religieux ou politiques, le rapport (page 143) reconnait que de fait, les EU et ses alliés, depuis les années soixante, avaient appuyé de forme clandestine toutes ces mêmes organisations comme un moyen préliminaire pour déstabiliser ces nations-états séculaires et souverains comme le Pakistan et l’Afghanistan.

 

Le statut d’un « état failli » du genre de la Yougoslavie ou de la Somalie, comme on va le voir encore plus loin, avec plus de détails et précisions, n’est pas le résultat fatal de divisions sociales internes, mais un objectif stratégique obtenu à travers des opérations clandestines, gérées fondamentalement par les agents secrets dépendants des ambassades US infiltrés dans tous les pays du monde comme corps diplomatiques. Dans les années soixante ces opérations de déstabilisation des pays en Amérique Latine et en Afrique étaient flagrante. Une de ces opérations clandestines est celle qui a été menée au Chili en 1973 et a fini par l’assassinat direct et télévisé, le 11 septembre du président élu au suffrage universelle, Salvador Allende. Il a été pratiquement tué sous les bombes lancées par l’aviation militaire sous les ordres du général traître Augusto Pinochet, qui ont visé le palais présidentiel « Palacio de la Moneda » à Santiago de Chili, la capitale du pays. L'opération était directement préparée et supervisée par les services de la CIA, le président US, de l’époque, Richard Nixon et son fameux ministre des affaires étrangères, le sioniste notoire, Henry Kissinger. Dear Henry comme, l’appelaient les intimes est toujours vivant et a affirmé à plusieurs reprises dans ses livres, conférences et déclarations sa fierté d’avoir suggéré au président Nixon l’assassinat de Salvador Allende. Et ce n’était pas le seul crime dans cette région du monde l’Amérique Latine ou dans le reste du monde où il est à l’origine d’installations au pouvoir de presque tous les dictateurs et les violentes éliminations d’hommes politiques nationalistes, à cette époque de l’histoire dans les années 70. Les plus récentes liquidations physiques de chefs d’état semblables sont ceux de la Libye et de l’Irak.

 

Selon la « Fund For Peace » installée à Washington, dont le but officiel, serait la promotion de « la Sécurité Durable à partir de recherches et d’études approfondies » publie chaque année une « Indication sur les états appelés ou poussés à échouer ou à faire faillite », basée sur une évaluation des risques, a identifié, pas moins, de 33 de ces pays. Tous ces pays sont condamnés par les experts de la guerre de Washington à la faillite pour ouvrir le chemin à l’intervention militaire.

 

Ça serait un pléonasme de dire que jamais il n’est fait mention de l’histoire d’Al Qaeda comme recours des services secrets des E.U et son rôle évident dans la création des divisions, des factions autonomistes et finalement la déstabilisation générale au Moyen Orient, en Asie Centrale et en Afrique subsaharienne.

 

 

- La Syrie et l'Irak ?

Dans les deux cas qui sont en cours en ce moment en Syrie et en Irak, dans un pays comme dans l’autre, avec les groupes d’Ansar en Syrie et « Daach, EIIS ou ISIS devenu, avec la prise de la ville de Mossoul, au nord de l’Irak, un Califat depuis quelques semaines », les choses ne peuvent pas être plus évidentes. Ce Califat aurait pu être anéanti en moins de deux heures par les F15, F16, F35 stationnés au Koweït ou sur les porte-avions qui naviguent, juste en face, dans mer du Golfe persique, ce qui prouve la duplicité des EU.

 

Obama serait en train d’utiliser ce groupe comme un revolver pointé sur la nuque de Nuri Al Maliki (premier ministre irakien) qui serait trop proche de l’Iran et en plus il aurait refusé de signer un Accord sur un Statut juridictionnel spécial pour les 30.000 Marines qu’Obama voulait faire stationner d’une manière permanente en Irak. « Un nombre croissant de législateurs US et des alliés arabes des EU comme « l’Arabie Saoudite » et « les Emirats Arabes Unis » voulait que la Maison Blanche retire tout appui à Al Maliki. Certains d’entre eux usent de toutes d’arguments et de pressions pour un changement à la tête du gouvernement de Bagdad pour permettre une quelconque aide pour une apparente stabilisation de l’Irak, selon des diplomates US et arabes » (rapporté par le Wall Street journal sous le titre : « U.S Signals Iraq’s Maliki Should Go ». Pour ce qui est des groupes Ansar en Syrie, ils sont armés et soutenus à travers la Turquie d’Erdogan par les mêmes E.U, leurs alliés occidentaux et les oligarchies du Golfe dont encore une fois « l’Arabie Saoudite, les Emirats et le Qatar ».

 

Enfin de compte la stratégie des EU. OTAN-Israël concernant l’Irak et la Syrie, est le dépècement de ces pays. Pour l’Irak, au moins, en trois états « indépendants » impuissants, certainement ennemis l’un de l’autre. Pour l’Irak il est prévu la formation d’un état sunnite, un autre chiite et un troisième kurde. (Ce dernier existe déjà depuis 1991 grâce au concours direct et sur place des experts militaires israéliens et des E.U.) Et la Syrie serait aussi répartie en plusieurs états, « Alaouite », Sunnite et Druze.

 

 

- La haute sphère militaire avait publiquement présenté la plus grande partie de son évaluation du monde postérieur à la guerre froide.

Le général Carl Vuno, le chef de l’état-major des forces armées US, par exemple, avait affirmé devant le Congrès en mai 1989 : « beaucoup plus compliquée [que n’importe quel danger qu’aurait pu constituer l’Union Soviétique] est la menace qui est en train de se développer dans le reste du monde... Dans ce monde de plus en plus multipolaire, nous faisons face à des multiples menaces venant des pays et d’acteurs qui deviennent militairement et politiquement de plus en plus agressifs[1]. »

 

Le général Colin Powell, qui était à l’époque Président de l’État-Major Conjoint, avait réitéré le même argument et avait soutenu de son côté devant le comité du Sénat que malgré la disparition de l’Union Soviétique, les Etats-Unis ont besoin de continuer leur renforcement militaire pour faire face à ses nouvelles et nombreuses obligations. « Avec tous les défis qu’affronte notre nation, il est, pour moi, impossible de croire à la démobilisation ou à la réduction les moyens militaires. C’est chose probable dans le futur lointain mais pas pour le moment. Le vrai « bénéfice de la paix est la paix en elle-même...La paix n’est possible qu’en conservant la force[2] » Au moment où les plus hauts responsables militaires, qui se présentent souvent dans leurs uniformes solennels et extravagants, se plaçaient publiquement au centre des groupes pour plaider contre toute tentative de réduction du complexe militaro-industriel dont l’expansion de ses dimensions est sans arrêt grandissante. Les militaristes civils qui travaillaient directement au Pentagone ou sont proches de lui et les faucons des « Think Tanks » (les réservoirs de réflexions) se trouvent en train de tirer sur les ficelles de derrière les coulisses.

 

Ces faucons de l’époque ont des noms comme : Dick Cheney, ministre de la défense puis vice-président sous Bush II, Paul D. Wolfowitz, Zalmay Khalilzadah, Lewis « Scooter » Libby. Ce groupe de personnes et leurs coreligionnaires et collaborateurs (comme Richard Perle, Douglas Feith, Michael Ladeen, Elliot Abrams, Donald Rumsfeld, William Kristol, John Bolton et beaucoup d’autres) travaillaient activement ensemble pour éviter les réductions postérieures à la Guerre Froide. « Nous craignions que les populations allaient dire : « À présent nous devons ramener nos troupes à la maison et ainsi nous allions abandonner notre position en Europe » se souvenait, lors d’une interview, Paul Wolfwitz. Faut-il souligner que de tous ces noms, seuls Zalmay Khalilzadah, qui est d’origine afghane, Donald Rumsfeld qui sera le ministre de Défense sous Bush II, et John Bolton qui est un extrémiste de droite très proche du sionisme ou chrétien-sioniste, tous les autres sont des noms d’authentiques et des plus virulents sionistes parmi ceux qui sont disposés à précipiter le monde entier dans l’apocalypse totale au profit du « Grand Israël. » Les membres du commandement militaire qui était souvent, affiliés au Pentagone ou à l’Administration Bush (père) collaboraient en même temps et étroitement avec une série de groupes patriotards de réflexions et de pressions tels qu’American Enterprise, le Projet du Nouveau Siècle Américain, l’Institut juif pour les Affaires de Sécurité Nationale (JINSA). Ce dernier s’est créé pour servir aussi bien le lobby de l’armement que le lobby du « Grand Israël ». Une vue rapide sur les registres des membres de ces réservoirs de réflexions militaristes, leurs affiliations, leurs sources de financements, leurs structures institutionnelles permet de découvrir qu’ils ne sont créés que pour servir essentiellement de façades afin de dissimuler le commerce incestueux et la relation politique entre le Pentagone, ses principaux fournisseurs, les hauts gradés militaires, le lobby du « Grand Israël » et d’autres organisations de ligne aussi dure à l’intérieur comme à l’extérieur du gouvernement.


 

- Une action soigneusement calculée pour redessiner un monde, postérieur à la Guerre Froide, comme un monde encore plus « dangereux »

Par conséquent, il faut concevoir une nouvelle « Stratégie de Sécurité Nationale » pour les États-Unis. Ce groupe de planificateurs militaires et les Think Tanks militaristes, ont produit un nouveau document géopolitique militaire dans la période immédiatement postérieure à la chute de l’Union Soviétique, qui sera connu sous la dénomination « Defense Planning Guidance » ou « Stratégie de Défense de la décennie 1990 ». Ce document qui a été présenté par la Maison Blanche, au début des années 1990, au Congrès, était concentré sur les « points de conflits prévisibles dans le Tiers-Monde » comme de nouvelles sources d’attention pour le pouvoir militaire des États-Unis à l’ère postérieure à la Guerre Froide : « dans cette nouvelle ère, nous croyons fermement que notre pouvoir militaire restera impérieusement essentiel pour l’équilibre global...avec des grandes probabilités de demandes de l’intervention de nos forces armées, qui n’implique plus l’Union Soviétique, mais dans le Tiers-Monde où il est nécessaire de nouvelles conceptions géopolitiques importantes ».

 

Pour répondre aux « embrasements dans les régions vitales », la situation requiert une stratégie de « dissuasion spécifique », une stratégie militaire qui « pourrait contrôler et étouffer les conflits régionaux ou locaux dans le Tiers-Monde rapidement, comme un éclair, et, avec l’efficacité d’un balayage scanner avant que ça nous échappe d’entre les mains. Dans le monde postérieur à la Guerre Froide il y a de multiples sources de menaces, c’est pourquoi les EU doivent être bien préparés pour ces guerres de « basses ou moyennes intensités ». Basse ou moyenne intensité ça n’a rien à voir avec le niveau potentiel du feu et de violence, sinon ça se réfère à l’échelle géographique en comparaison avec une guerre régionale totale ou mondiale susceptible de perturber le commerce et paralyser les marchés internationaux.

 

La « Stratégie de Défense pour les années 1990 » concernait aussi le maintien et l’ampliation de la « profondeur stratégique » des EU, selon l’expression utilisée par Dick Cheney, ministre de la défense à l’époque. « Profondeur stratégique » résonnait à géopolitique, ce qui signifie qu’à la suite de la chute du Mur de Berlin, les EU devaient étendre leur présence global, en termes de bases militaires, centres d’écoutes ou d’espionnage et de technologie militaire dans des régions qui étaient dans le passé, soit, neutres soit sous influence de l’Union Soviétique. Depuis les bases militaires se sont multipliées. Une liste non exhaustive de ces bases militaires des forces armées des États-Unis d’Amérique dans le monde, hors du territoire métropolitain, au début du XXIe siècle situe leur nombre à plus de 737 bases. Suite à des programmes de réorganisation (notamment BRAC 2005), certaines bases ont été fermées mais beaucoup de nouvelles ont été installées dans d’autres pays et régions du monde. En Allemagne par exemple elles sont plus de 25 et par ordre alphabétique, elles se trouvent en Arabie Saoudite, au Bahreïn, au Qatar, aux Emirats Arabes Unis en Belgique, en Corée du Sud, à Cuba (la fameuse base de Guantanamo), à Djibouti, en Espagne, en Grèce, à Groenland, en Island, en Italie, Japon, au Kosovo, au Kirghizistan, aux Pays-Bas, au Portugal, au Royaume Uni, en Turquie, en Territoires d’Outre-Mer américains, en Territoire Britannique de l’Océan Indien etc. On n’a pas de confirmations officielles, mais tout porte à croire que des bases se sont installées dans les pays de l’Europe de l’est, comme la Tchéquie, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, et surtout la Pologne.

 

- Quant à la question de l’espionnage global, le nombre des centres d’écoutes a pris des ampleurs considérables.

Il n’y a pas uniquement la CIA ou le FBI, mais plus de seize Centres d’espionnage, comme l’a révélé Edward Snowden au sujet de la National Security Agency (NSA). Un espionnage total y compris des plus proches alliés des E.U, comme l’Allemagne ou la France. Selon le quotidien allemand Der Spiegel dans un rapport basé sur les révélations du même Edward Snowden, plusieurs gouvernants d’Amérique Latine ouvertement alignés sur la politique US ont fait eux-aussi l’objet d’écoute comme c’est le cas d’Alvaro Uribe, l’ex-président de Colombie, Alan Garcia l’ex-président du Pérou entre autres. Le journal allemand rapporte que la Chancelière Angela Merkel Chancelière Angela Merkel elle-même, est classée dans la liste des « TOP TEN » sur les 122 présidents du monde entier constamment sous surveillance ou sur table d’écoute. Der Spiegel a informé que le téléphone de Merkel était sur table d’écoute de la NSA durant plus de dix ans.

 

De cette manière, toutes les prophéties auto-accomplies, est une évidence indiscutable : ayant d’abord planifié (et postérieurement créé) le monde postérieur à la guerre froide comme un monde plein de « foyers d’instabilités qui menacent les intérêts nationaux des EU », les puissants bénéficiaires des dépenses du Pentagone ont réussi à maintenir le niveau de ces dépenses militaires à celui qui était durant la Guerre Froide avec un excédent considérable. Les partisans du militarisme perpétuel agissaient avec une extrême rapidité afin de garantir que l’effondrement [de l’Union Soviétique] n’affecte en rien le budget du Pentagone ou notre position stratégique sur toute la planète « que nous avions gagné au nom de l’anticommunisme », affirmaient-ils.

 

Afin d’affiner les lignes de la « Stratégie de Sécurité Nationale » dans le monde postérieur à la Guerre Froide, les stratèges militaires us américains nécessitaient les prétextes et les arguments qui consistaient toujours à l’invention ou la fabrication des ennemis avec tous les détails nécessaires. Les adjudicataires des dividendes de la guerre eux-mêmes trouvent parfois, par définition, les « ennemis et menaces externes » et « décident unilatéralement quelles actions dans le monde peuvent être considérées comme terrorisme », ou cataloguant arbitrairement certains pays comme « soutenant le terrorisme » comme l’avait précisé Bill Christison, ancien conseiller de la CIA [3].

 

Non seulement mais, par leurs politiques insidieuses et perfides, les EU incitent à des frictions internationales, qui provoquent inévitablement la haine et la violence, ce qui justifient la guerre et la destruction. Ce qui enchaîne, en réaction, de nouveaux actes de terreur et de violence et ainsi se déclenche un cercle vicieux infernal. Bien entendu, derrière la force qui pousse à toute cette funeste stratégie de mise en exécution de la guerre et du terrorisme, il y a le maintien des grands dividendes du business des armes. Le regretté Gore Vidal avait caractérisé satiriquement cette scélérate et criminelle nécessité pour ceux à qui profite la guerre et le militarisme de proposer constamment des nouvelles menaces et ennemis présumés comme le « Club de l’ennemi du mois : chaque mois nous nous confrontons à un terrible ennemi que nous devons attaquer avant qu’il ne nous détruise »[4].

 

Une petite guerre par ici, une autre par-là, une guerre de « basse intensité » dans un pays X, et une guerre de « moyenne intensité » dans un pays Y, avec des scénarios des plus cyniques de « guerres contrôlées ». Toutes ces stratégies et manipulations sont dans le but de maintenir les assignations financières militaires qui fluent vers le complexe militaro-industriel sans pour autant aller jusqu’à provoquer un grand conflit ou un conflit mondial qui paralyserait complètement toutes les activités commerciales du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ce contexte, l’effondrement de l’Union Soviétique, la menace « des bénéfices de la paix » pour les intérêts du complexe militaro-industriel et le consécutif appétit des bénéficiaires des dividendes de guerre, de substituer, la « menace communiste » de la Guerre Froide, la réaction du gouvernement des EU aux attaques du 09/11, dans lesquelles il y a tout de suite vu une grande occasion pour les guerres et les agressions, ne devrait pas avoir été une surprise pour tout observateur familiarisé avec les vicieuses exigences du militarisme. Les attaques aussi effrayantes qu’elles soient n’ont pas été vues comme un délit, mais bien comme une « déclaration de guerre » contre les EU. Une fois ainsi établi que les EU étaient été entrés en guerre, la propagande militaire et les agressions impérialistes vont se mettre à agir en conséquence. Comme l’avait qualifié Chalmers Johnson, la tragédie du 11/09 « va servir de manne qui est tombée du ciel sur une Administration Bush II, une administration décidée à élever au plus haut possible la rampe des budgets militaires [5]» Les virtuoses des guerres décidées par les EU avaient déjà signalé les gouvernements « non amis » des EU, comme l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Libye et la Corée du Nord et les ont qualifiés de gouvernements canailles ou gouvernements échoués, et, en plus des gouvernements qui soutiennent le terrorisme. Ces pays, selon ses seigneurs de la guerre de Washington et non de Kaboul, nécessitent de toute urgence « des changements de régime » Cependant, avant les attaques du 11/09, les étiquettes de diabolisation n’était apparemment pas suffisantes pour convaincre l’opinion publique usaméricaine pour appuyer les guerres sélectives du gouvernement US. La tragédie du 11/09 avait donc servi de précieux prétexte dont avaient besoin les militaristes pour mettre en pratique ces guerres et par la suite le changement de régime en Irak. Un changement qui va être suivi par d’autres similaires dans les nombreux pays du monde ou les gouvernements étaient considérés des gouvernements « non amis » des USA.

 

De la même manière que les bénéficiaires des dividendes des guerres, le complexe militaro-industriel de sécurité, voit dans la paix et la stabilité des facteurs hostiles à leurs intérêts internationaux. Les partisans sionistes actifs du « grand Israël » ont aussi toujours perçu la paix entre Israël et ses voisins palestiniens ou arabes, comme un très dangereux obstacle sur la voie de leur objectif qui consiste à contrôler toute la « terre promise » avec toutes ses extensions aux dépens de tous les pays de la région. La raison de cette appréhension de la paix c’est que, en vertu des résolutions des Nations Unies, la paix signifierait le retour d’Israël aux frontières antérieures à 1967, c’est-à-dire le retrait de la rive est du Jourdain (Cisjordanie) et de Gaza. Et comme les défenseurs du « grand Israël » ne sont pas disposés à se retirer de ces territoires « libérés » et non occupés, ils sont envahis par une peur de tout apaisement, ce qui les pousse continuellement à saborder tout effort de négociations en vue d’atteindre la paix.

 

Et ainsi ses secteurs, voient de la même manière la guerre et l’agitation (Ou comme le disait David Ben Gourion, un des principaux fondateurs de l’état d’Israël, une « atmosphère révolutionnaire ») des occasions propices à l’expulsion des palestiniens, à la redistribution géographique de la région et à l’expansion du territoire du Grand-Israël. « Ce qui est inconcevable en temps normal. Ben Gourion affirmait « tout est possible en temps de troubles. Et si en ce grand moment, l’opportunité n’est pas saisie, tout est perdu. C’est tout un monde qui est perdu[6]. » Faisant écho d’un malicieux sentiment similaire – la dissolution et la fragmentation des états arabes en un mosaïque de groupes ethniques n’est possible qu’en temps de guerre et de convulsion socio-politiques – le faucon notoire et criminel de guerre, Ariel Sharon avait affirmé le 24 mars 1988 « que si le soulèvement palestinien continue, Israël serait obligé de faire la guerre à tous ses voisins arabes. La guerre – ajouta-t-il – crée « les circonstances » pour l’élimination de tout le peuple palestinien de Cisjordanie, de Gaza et aussi tous ceux qui se trouvent à l’intérieur même d’Israël. » Les palestiniens qu’on appelle de 48. C’est-à-dire de 1948, la date de la création de l’état sioniste. L’idée que la guerre « est propice aux circonstances favorables » à l’élimination des palestiniens des territoires occupés, se base sur la certitude que les Etats-Unis approuvent l’idée et ainsi apportent leur appui à l’extension du colonialisme sioniste en cas où la guerre envisagée est déclenchée. L’expectative en tout cas n’est ni extravagante ni inhabituelle, tout comme les bénéficiaires de la guerre et des dépenses militaires qui contemplent avec intérêt l’idée. Au fait, avec beaucoup de plaisir, non seulement pour le bien « d’Israël ou du peuple juif », sinon pour leurs propres sinistres buts, de l’alliance de fait, entre le complexe militaro-industriel et le lobby du Grand Israël.

 

En base des intérêts de tous ces puissants groupes d’intérêts convergents vers le besoin d’allumer les guerres et provoquer les convulsions politiques au Moyen Orient, s’est forgée une puissante alliance fatidique ou impie. La puissante machine de guerre usaméricaine, est à présent complétée par les capacités des relations publiques presque incomparables de la ligne dure du lobby pro-israélien aux EU. La convergence ou interdépendance des intérêts du complexe militaro-industriel et ceux du sionisme actif dans les guerres et les déstabilisations politiques au Moyen Orient, se trouve au centre du cycle perpétuel de la violence dans la région.
 

 

- L’alliance entre le complexe militaro-industriel et le lobby d’Israël est de fait extra-officielle.

Elle s’est forgée subtilement à travers un réseau complexe des puissants Think Tanks militaristes comme l’American Enterprise Institue, le Projet pour le Nouveau siècle Américain, le Comité des Affaires Publiques des Etats-Unis et Israël, (l’AIPAC), le Middle East Media Research Institute, l’Institut Washington pour la Politique du Proche Orient, Middle East Forum, el Institut National pour la Politique Publique, l’Institut Juif des Affaires de Sécurité National, le Centre Politique de Sécurité etc.

 

Dans la période directement postérieure à la Guerre Froide, ces Think Tanks militaristes et leurs éléments agissants de la ligne dure à l’intérieur comme à l’extérieur du gouvernement avaient publié une série de documents sur la politique qui, clairement et avec force, plaidait pour des plans sur les changements des frontières, des changements démographiques et des changements de régimes au Moyen Orient. Par exemple en 1996 un influent Think Tank israélien, l’Institut des Etudes Stratégiques et Politiques avancées, a appuyé et publié un document politique intitulé « Un coup propre : Une nouvelle stratégie pour s’assurer l’ère » affirmant que le premier ministre Benjamin Netanyahu « doit » faire un arrêt définitif au « Processus d’Oslo et réaffirmer la revendication d’Israël sur la Rive Occidentale (du Jourdain ou la Cisjordanie) et Gaza. Et a présenté un plan par lequel « Israël » « donnera forme à son environnement stratégique, commençant par un renversement de Saddam Hussein et l’installation d’une monarchie hachémite à Bagdad, afin de servir comme un premier pas vers l’élimination de tous les gouvernements anti-israéliens comme la Syrie, le Liban etc. [7]»

 

Dans une «  Lettre ouverte au Président » (Clinton à l’époque), datée du 19 février 1998, des faucons de Think-Tanks et des personnes situées idéologiquement dans la ligne dure, représentant le complexe militaro-industriel et le lobby du « Grand Israël », recommandèrent, une stratégie politique et militaire globale pour aussi « renverser Saddam Hussein et son régime. » Parmi les signataires de cette lettre on trouve des noms comme : Elliott Abrams, Richard Armitage, John Bolton, Douglas Feith, Paul Wolfowitz, David Wurmer, Dov Zakheim, Richard Perle, Donald Rumsfeld, William Kristol, Joshua Muravchik, Leon Wieseltier, et l’ex sénateur au Congrès Stephen Solarz [8].

 

En septembre 2000, un autre groupe de réflexion militariste, nommé Projet pour le Nouveau Siècle Américain, (PNAC), a publié un rapport intitulé : « Reconstruisons les défenses de l'Amérique : Stratégie, Forces et Ressources pour un Nouveau Siècle », pour promouvoir explicitement un rôle impérial des Forces Armées US dans le monde. Il est dit, par exemple, « Les États-Unis des décennies 60, ont essayé de jouer un rôle plus permanent pour la sécurité régionale du Golfe Persique. Pour autant que le conflit non résolu de l’Irak avait fourni une justification immédiate, la nécessité d’une présence substantielle des forces usaméricaines dans le Golfe transcendant la question du régime de Saddam Hussein.  » Les prometteurs de ce rapport incluaient, Richard Cheney, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Lewis Libby et William Kristol. Ce dernier a directement collaboré à la rédaction du rapport [9].

 

L’influent « Institut juif des Affaires de Sécurité National (JINSA) » de son côté émet de temps en temps des déclarations et des documents politiques qui plaident avec force pour « des changements de régime » au Moyen Orient. Son assistant Michael Ledeen, ancien collaborateur des services secrets américains, israélien et italiens, qui écrit aussi des articles pour la Jewish World Review (revue juive mondiale), et fut l’un des membres fondateurs du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) qui était conseiller extra officiel dans l’Administration Bush sur les sujets du Moyen Orient, avait ouvertement plaidé pour une prochaine « guerre totale », précisant que les E.U devaient accroitre leur politique de « changement de régime » en Irak et dans d’autres pays de la région, comme l’Iran et la Syrie. « Dans son fervent appui à la ligne dure, en faveur des colonisations, à la politique antiPalestinienne du style du parti du Likoud en Israël, la JINSA avait aussi recommandé impérativement, que le changement de régime en Irak, devrait être seulement le commencement d’une cascade de renversements à effet dominos, dans tout le Moyen Orient[10]. »

 

Conclusion, l’évidence accablante (et irréfutable) du chaos qui ravage le Moyen Orient, l’Afrique du Nord et l’Europe de l’est, [comme l’Ukraine, et, avant la Géorgie et de nombreux autres états de cette région] n’est pas dû à des « erreurs » dans la politique des EU et leurs alliés. Mais c’est bien le résultat de ces politiques préméditées et soigneusement conçues et qui sont prêchées par cette alliance impie entre le complexe militaro-industriel de sécurité et le lobby d’Israël dans le monde postérieur à la Guerre Froide.

 

Un article du 26 juillet 2014, du journaliste Marc Bassets, publié par le quotidien EL PAIS espagnol sous le titre : Les turbulences globales mettent en évidence les limites du pouvoir des E.U. il est écrit : « Les conflits de Gaza, Syrie, Irak et l’Ukraine ainsi que les tensions dans tout le sud-est asiatique constitue le théâtre l’extraordinaire instabilité mondiale »(...) Strobe Talbott, président du laboratoire des idées (Thinks Tank) Brooking Institut, lui détecte, selon l’article, des « signes inquiétants et préoccupants qui rappellent l’été de 1914, qui a vu le déclenchement de la Première Guerre Mondiale. » Et toujours dans le même article, l’auteur d’ajouter : « Le quotidien The Wall Street Journal, affirme, la semaine dernière (fin de juillet 2014), que l’ampleur de l’instabilité actuelle n’a jamais été vue depuis les années 70  ». (...) Par contre Danielle Pletka, vice-présidente pour la politique extérieure et de défense du laboratoire des idées des conservateurs, l’American Enterprise Institute, elle « ne voit pas d’analogie avec la décennie des années 70. Mais regardant plus loin, ça lui rappelle plutôt, dit-elle, l’époque d’entre-guerres des années 30 et les années antérieures à la Première Guerre Mondiale, 1913-1914 ».

 

- Bref les sismographes de Washington registrent des signaux préoccupants. Peu de présidents des E.U, dans les dernières décennies ont eu à affronter une série similaire de crises, causées directement par les USA eux-mêmes. L’habituel est que le président US –en tant que chef du monde libre, comme se disait dans des temps lointains, essaye de modeler le monde à son goût, non l’inverse.

 

- De son côté, le faucon bien célèbre dans la politique extérieur, John McCain, vient de déclarer dans une entrevue à la CNN, qu’il n’a jamais vu un monde « tant agité ». Et pourtant, il joué un rôle de premier plan dans toutes les déstabilisations actuelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes

Toutes les informations et détails venus dans ce texte sont tirés de lectures d’articles lus sur les sites internet www.rebelion.org, www.counterpunch.com, (Article de M. Isamel Hussein-Zadeh) le quotidien électronique www.elpais.com, le livre de l’auteure suisse Myret Zaki « La fin du dollar » et d’autres sources déjà citées tout au long de l’article.

[1] Cité dans Sheila Ryan, «projection de puissance au Moyen-Orient," dans le potentiel de la démocratie, sous la direction de Greg Bates (Monroe, Maine: Common Courage Press, 1991), p. 47.

[2] Ibid., P. 46.

[3] Le projet de loi Christison, "Les politiques étrangères désastreuses des États-Unis," Counterpunch org (9 mai 2002), <http://www.counterpunch.org/christison0806.html>.

[4] Gore Vidal, guerre perpétuelle pour la paix perpétuelle: Comment nous en sommes arrivés à être si détestés (New York: Bouche de presse / Nation Books de Tonnerre, 2002), pp 20-1..

[5] Chalmers Johnson, The Sorrows of Empire (New York, NY: Metropolitan Books, 2004), p. 64.

[6] Cité dans Stephen J. Sniegoski, "La guerre en Irak: Conçu en Israël," < http://vho.org/tr/2003/3/Sniegoski285-298.html >.

[7] Ibid. - [8] Ibid. - [9] Ibid.

[10] William D. Hartung, Combien faites-vous de la guerre, Papa? (New York: Nation Books, 2003), p.109.

 

Pour en savoir plus sur les intentions américaines

- Les plans de Washington pour une nouvelle guerre mondiale, par Patrick Martin

- Une 3e Guerre mondiale est possible, selon l'ex-chancelier allemand Helmut Schmidt

- Une troisième Guerre Mondiale peut-elle éclater en Europe ?

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 22:46
29&amp;30 août..... nouveaux rendez vous de Mobilisation à La Rochelle avec SOS GAZA Palestine Solidarité

En ce 19 août ou nous commémorons l'insurrection parisienne pour se libérer du joug allemand, il ne saurait venir à l'idée de refuser le droit aux palestiniens de résister et de se battre contre l'occupation illégale et illégitime de la Palestine.
 


- Mais le prix à payer de la liberté est lourd pour les palestiniens et la solidarité internationale s'impose plus que jamais !

La seule centrale électrique de Gaza est détruite, conséquences : plus d'eau potable, plus d’assainissement, plus de réfrigération, plus d'hygiène, le choléra fait son apparition..... il faut que cela cesse !
  • solidarité pour venir en aide aux victimes les plus fragiles des frappes à l'aveugle de l'armée israélienne : les enfants.

Signez et faites signer la pétition pour que LA ROCHELLE soit solidaire des enfants martyrs de GAZA en leur faisant une place dans nos hôpitaux !

 

 

- Avec le Collectif La Rochelle Palestine Solidarité je vous appelle à poursuivre et amplifier la mobilisation :

- en se retrouvant tous les SAMEDI, Place de l'Hôtel de ville de La ROCHELLE à 17H00.

- en participant à la MOBILISATION RÉGIONALE : VENDREDI 29 et SAMEDI 30 Août à l'occasion de l'Université d'été du PS (dés 11h le vendredi 29 rendez vous gare de La Rochelle)

A cette occasion nous interpellerons les élus, les ministres présents afin :

  • qu'ils s'engagent et agissent afin que la France entre en action pour la reconnaissance des droits des palestiniens pour une paix juste et durable en Palestine ;
  • qu'ils prennent une initiative diplomatique et sanitaire urgente en direction des enfants de GAZA pour leur faire une place dans tous nos hôpitaux !

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 22:45
Pétition pour que LA ROCHELLE soit solidaire des enfants martyrs de GAZA : faisons leur une place dans nos hôpitaux !

- Intervention du Collectif La Rochelle Palestine Solidarité auprés de la direction de l'Hôpital de La Rochelle

Collectif La Rochelle Palestine Solidarité - 99, rue Nicolas Gargot - 17000 La Rochelle

à
Monsieur le Président du Conseil
d’Administration du Centre Hospitalier de La Rochelle,
Monsieur le Directeur du Centre Hospitalier,


La Rochelle le 24/07/2014
Monsieur le Président, Monsieur le Directeur

Les associations et organisations, membres du Collectif La Rochelle Palestine Solidarité, s’adressent à vous dans le contexte dramatique de la situation du peuple Palestinien à GAZA. Le bilan humain de trois semaines de combat est horrible : plus de 700 morts et plus de 3000 blessés, le bilan s’alourdissant chaque jour.


Les hôpitaux, parfois bombardés sont saturés, des blessés agonisent dans les couloirs, les blocs opératoires sont saturés, les médicaments font défaut.


Nous souhaiterions que l’hôpital de La Rochelle accueillît quelques blessés Palestiniens, dans un geste humanitaire qui honorerait notre agglomération et son centre hospitalier.


C'est au travers d’une démarche auprès de Médecins Sans Frontière ou de représentants de la Croix Rouge que pourrait se dérouler cette opération. Nous sommes prêts à apporter tout notre concours à sa réalisation.


Persuadés que nous pouvons compter sur l’humanisme de votre Administration, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, Monsieur le Directeur, l’expression de notre entière considération.


Collectif Rochelais Palestine Solidarité


Collectif La Rochelle Palestine Solidarité est composé : MOUVEMENT DE LA PAIX, CNID, AFPS, AFASA, AFP, CUBA SI 17, FAL 17, ATTAC 17, CCFD, CIMADE, LDH, CGT, PG, PCF, ENSEMBLE, NPA, EELV… ainsi que de nombreux citoyens n’appartenant pas à une association, ni à un parti politique.

 

 

- La pétition de soutien à l'initiative

Plus d'un mois de bombardements aveugles sur GAZA, plus de 2000 morts et des milliers de blessés qui sont majoritairement des femmes et des enfants.

Du fait du blocus, les médicaments n'entrent plus à GAZA, les hôpitaux manquent de tout et sont directement sous le feu des bombes et obus.

 

La Rochelle belle et rebelle a toujours été solidaire.

Nous, soussignés, en appelons au directeur du centre hospitalier rochelais, au président du conseil de surveillance pour qu'ils prennent les dispositions nécessaires à l’accueil d'enfants de GAZA, leur prodiguer les soins afin qu'ils survivent dans les meilleures conditions possibles à la barbarie des hommes.

 

Pour signer la pétition, c'est....  ICI

 

 

- Soigner les enfants.... oui, mais d'abord les écacuer de Gaza !

Pétition pour que LA ROCHELLE soit solidaire des enfants martyrs de GAZA : faisons leur une place dans nos hôpitaux !

L'association la Voix de l'Enfant est à l'initiative d'une pétition pour l'ouverture d'un corridor humanitaire afin d'évacuer les enfants de la Bande de Gaza...... SOUTENONS LA !

 

Plus de 400 enfants palestiniens ont été tués sous les bombardements et, de jour en jour, ce nombre ne cesse d’augmenter.

 

Afin d'évacuer les enfants de cet enfer, la Voix De l’Enfant, Fédération de 80 associations, ayant pour but « l’écoute et la défense de tout enfant en détresse, quel qu’il soit où qu’il soit » appelle chacune et chacun à se mobiliser et à signer cette pétition pour obtenir du Président de la République, Monsieur François Hollande, ainsi que de l’ensemble des responsables de l’Union Européenne et des Nations-Unies, l’application du droit d’ingérence humanitaire permettant d’ouvrir un corridor humanitaire pour les enfants et les mamans gazaouïs.

 

Un couloir humanitaire sécurisé par une force militaire internationale est devenu, face à l’ampleur des massacres, la seule solution possible dans la région. Il permettrait de secourir et d’évacuer les nombreux enfants blessés ou non de la Bande de Gaza mais aussi d’acheminer médicaments et aliments de premières nécessités.

 

 

Pour signer la pétition, c'est....  ICI

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 20:03
Juif au milieu des manifestations « pro palestiniennes »

Rédigé pour Médiapart qui n'en a pas voulu

 

Sources :  Un article de Serge Grossvak - 14 aout 2014

- Je hais la guerre. Je hais l’injustice.

Ces haines de l’inhumain m’ont été insufflées familialement comme une conséquence de l’angoisse, la lourde angoisse sans doute consubstantielle de toute identité juive. Le poids de la Shoa, mais ce n’est pas uniquement cela. Il faut regarder du côté des siècles d’enfermement paria au cœur des shtettl. Ce qui passe sans mot est quelques fois plus lourd que le sommet de l’iceberg clamé. Ce que les nationalistes sionistes ne peuvent pas, ne veulent pas voir, c’est la racine profondément juive, profondément angoissée, qui me porte à être du combat de la justice pour la Palestine, pour la paix.

 

Je suis de ce combat de longue date. J’ai été des manifestations « pro palestinienne ». C’est ainsi que les nomment les médias « grands » avec une évidence sans nuage. Moi, j’y vais pour la paix et pour que le droit soit appliqué, que les ignobles souffrances soient abrégées. J’y vais pour de l’humain et me voici présenté comme guerrier d’un camp belliqueux. Le poids des mots, des mots complices, et la légèreté de l’éthique journalistique, la légèreté de la liberté de la presse grande. Avec quelle facilité, quelle insouciance les habits de la propagande sont revêtus !

 

Il y a ce mot « pro palestinien », il y a ces longues phrases… Me voici manifestant, encore une fois, contre cette vulgaire et sordide guerre de conquête territoriale. Une guerre dans la banalité du 19e siècle qu’au sortir des horreurs de la seconde guerre mondiale on avait rêvé proscrire. Une guerre comme notre Europe dominante du 18 siècle avait imaginé l’interdire par le droit. Cette guerre que poursuit Israël à des fins d’extension territoriale est une excroissance tardive de la barbarie des temps anciens. Elle est une porte ouverte vers la régression, régression accompagnée des armes les plus puissamment destructrices et sanguinaires. Dans le sang versé coule le désastre de l’intelligence. Il m’est insupportable d’en être complice.

 

Je manifeste, et d’autres choses. J’y manifeste comme juif, parce que je sens au fond de moi que cette identité est présente, comme une « évidence » ainsi que le disait Hannah Arendt. Parce que pour moi être juif, à l’égal de toute identité particulière relève toujours de l’irraisonné, de l’inconscient. Mais parce que progressiste cette identité singulière ne retranche pas de la commune identité humaine, au contraire. Cette identité se bâtit dans la liberté, dans l’égalité, dans la fraternité. C’est dans cet espoir que sont venus mes aïeux, et que d’autres sont venus d‘autres horizons. Venus en France pour être et pouvoir sourire.

 

 

- J’y manifeste comme juif et le proclame. Toujours.

Et cette fois je l’ai affiché comme jamais, avec une grosse pancarte indiquant « je suis juif ». C’était juste insupportable cette accusation ignoble d’antisémitisme ! C’était étouffant cette manipulation de la peur dans la communauté juive, les messages diffusés de danger à se présenter avec une kippa (un « Kappeleur » , dans ma mémoire familiale). C’était juste une horreur que de voir ainsi insultés, bafoués, des jeunes révoltés du sort sanglant fait à un peuple dominé. J’ai voulu faire un geste. J’ai voulu casser cette folie manipulatrice et je me suis pointé avec ma pancarte, ma grande pancarte bien visible au cœur des manifestants. Ils m’ont vu. Les manifestants m’ont vu. Les journalistes qui le voulaient ont vu. Je savais ce geste sans risque (les menaces de mort, sur ma personne et sur mon fils, c’est de la Ldj qu’elles ont émané).

 

Je savais pouvoir venir en toute sérénité, mais ce que j’y ai vécu m’émeut encore. C’était tellement incroyable ! Cette jeunesse, mais pas seulement, qui venait, qui me souriait, qui me tendait la main, qui se photographiait à mes côtés pour le tweeter. Et ces personnes, ces jeunes, cette grand mère, cet imam, ces tellement nombreux que je dirais centaines me disent « merci ». Au début je n’avais pas compris ce merci. Je protestais ne pas mériter de merci particulier parce que nous avions le même mérite à être présents. Nous défendions ensemble de l’humanité. Je n’avais pas compris. Je n’avais pas compris. Ce « merci » disait quelque chose de terrible. Ce « merci » ne disait pas « merci d’être solidaire ». Il disait « merci de laver cette infamie », « merci d’alléger cette douleur de l’opprobre jetée avec constance. » Merde ce que j’ai été long à comprendre ! Et pourtant maintenant je recolle les morceaux d’évidence. Quelle terrible poison notre société est en train de diffuser ! Je repense à ces poumons clamant staccato ces simples mots « nous ne sommes pas antisémites », « nous ne sommes pas antisémites », « nous ne sommes pas antisémites ». Ils étaient devant la statue de la place de la République lors de la manifestation interdite. Ils étaient jeunes, beaucoup de jeunes filles. « Nous ne sommes pas antisémite »…

 

J ‘avais été surpris du besoin de cette clameur. Comme j’avais été surpris et indigné lorsque j’avais perçu de Homar et de Sylvain la voix qui s’étranglait devant le juge du Tribunal de Pontoise à devoir expliquer le sens de notre commune action de boycott. Ils n’étaient pas antisémites. Etres salis dans leur honneur par une accusation dégueulasse. Je ne mesurais pas, moi qui suis juif et qui méprisais ces crétins qui m’avaient réuni dans le même panier de justice. Je ne mesurais pas la blessure infligée. Bien sûr que je ne suis pas antisémite ! Et quels fieffés tarés menteurs osaient chier leur venin avec leurs accusations iniques. Leurs insultes ne m’affectaient pas, mes amis si.

 

 

- Mesurent-ils, ceux qui laissent colporter ces avanies, le poison qu’ils diffusent pour l’avenir ?

Homar, Sylvain et toutes ces chères personnes venues partager un signe d’humanité, ce sont eux les remparts contre la menace raciste et violente que toute crise porte dans ses bagages. C’est avec eux que le racisme antisémite doit être combattu.

 

Lorsque, pendant la seconde guerre mondiale, l’ordre bourgeois et banalement aveugle se mis en action contre les juifs à Paris, il y avait ma mère. Ma mère était toute enfant et ne comprenait pas le sens de cette étoile cousue toute neuve. Les autorités ont appliqué leur autorité, avec foi ou avec leur « banale » inhumanité. Et il y eu cette femme inconnue croisée dans la rue qui embrassa ma mère désignant cette étoile. Magnifique et définitif cadeau . Et il y eu ces simples enseignants de l’école de la rue Beaurepère, là, juste à côté de la place de la République du « nous ne sommes pas antisémite », « nous ne… ». Leur « petit » voyage scolaire vers la zone libre, 30 enfants sauvés, avec leur famille. Cette histoire, mon histoire, que j’ai besoin de dire et redire, que mes proches savent par cœur. Cette histoire où la fraternité et la vie sont venues du simple peuple. Ce même simple peuple qui aujourd’hui montre sa grandeur au cœur des manifestations. Ces belles personnes que sont Homar et Sylvain, je les croise dans tous les combats d’humanité, de justice, de main tendue. Ces belles personnes qui partagent une photo ont l’idéal si fort chevillé au corps que ni la tension de la guerre, ni la vue des images d’horreur infligées, ni le traitement de mépris du quotidien palestinien, ni la lâche soumission de notre gouvernement, ni l’insulte jeté à leur face où le mot paix clamé par leur bouche est maquillé en menace de violence, ni les campagnes de désignation en sous hommes, ne parviennent à faire abandonner la difficile et digne exigence d’humanité.

 

Comme en chaque période critique pour notre pays, pour notre République, pour notre espoir, ce sont eux, comme toujours les manants, les moins que rien, qui portent tout.

 

 

 

 

Serge Grossvakle

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 12:30
Résolutions de l’ONU non respectées par Israël... quel État pourrait se permettre un tel palmarès en toute impunité ?

De 1947 à nos jours...... mis à jour le 01.12.2019

 - Assemblée générale (ayant alors fonction d’organe décisionnaire)

1 - Résolution 181 (29 novembre 1947). Adoption du plan de partage : la Palestine est divisée en deux Etats indépendants, l’un arabe, l’autre juif, et Jérusalem est placée sous administration des Nations unies.

 

2 - Résolution 194 (11 décembre 1948). Les réfugiés qui le souhaitent doivent pouvoir « rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et vivre en paix avec leurs voisins »  ; les autres doivent être indemnisés de leurs biens « à titre de compensation ». Création de la commission de conciliation des Nations unies pour la Palestine.

 

3 - Résolution 302 (8 décembre 1949). Création de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).

 

 


 - Conseil de sécurité

1 - Résolution 236 (11 juin 1967). Au lendemain de la guerre de juin 1967, le Conseil de sécurité exige un cessez-le-feu et un arrêt immédiat de toutes les activités militaires dans le conflit opposant l’Egypte, la Jordanie et la Syrie à Israël.

 

2 - Résolution 237 (14 juin 1967). Le Conseil de sécurité demande à Israël d’assurer « la sûreté, le bien-être et la sécurité des habitants des zones où des opérations militaires ont eu lieu » et de faciliter le retour des réfugiés.

 

3 - Résolution 242 (22 novembre 1967). Le Conseil de sécurité condamne l’« acquisition de territoire par la guerre » et demande le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés ». Il affirme « l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique » de chaque Etat de la région.

 

4 - Résolution 250 (27 avril 1968). Israël est invité à ne pas organiser le défilé militaire prévu à Jérusalem le 2 mai 1968 considérant que cela aggraverait les « tensions dans la région ».

 

5 - Résolution 251 (2 mai 1968). Le Conseil de sécurité déplore la tenue du défilé militaire de Jérusalem « au mépris » de la résolution 250.

 

6 - Résolution 252 (21 mai 1968). Le Conseil de sécurité déclare « non valides » les mesures prises par Israël, y compris l’« expropriation de terres et de biens immobiliers », qui visent à « modifier le statut de Jérusalem », et demande à celui-ci de s’abstenir de prendre de telles mesures.

 

7 - Résolution 267 (3 juillet 1969). Le Conseil de sécurité censure « toutes les mesures prises [par Israël] pour modifier le statut de Jérusalem ».

 

8 - Résolution 340 (25 octobre 1973). A la suite de la guerre de Ramadan ou de Kippour, création de la deuxième Force d’urgence des Nations unies (FUNU-II) qui vise à « superviser le cessez-le-feu entre les forces égyptiennes et israéliennes » et à assurer le « redéploiement » de ces mêmes forces.

 

9 - Résolution 446 (22 mars 1979). Le Conseil de sécurité exige l’arrêt des « pratiques israéliennes visant à établir des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis 1967 », déclare que ces pratiques « n’ont aucune validité en droit » et demande à Israël de respecter la convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.

 

10 - Résolution 468 (8 mai 1980). Le Conseil de sécurité déclare « illégales » les expulsions à l’étranger de notables palestiniens de Hébron et de Halhoul par les autorités militaires israéliennes et demande à Israël de les annuler.

 

11 - Résolution 592 (8 décembre 1986). Le Conseil de sécurité rappelle que la convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre « est applicable aux territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés par Israël depuis 1967 ». Il condamne « l’armée israélienne qui, ayant ouvert le feu, a tué ou blessé des étudiants » de l’université Bir Zeit.

 

12 - Résolution 605 (22 décembre 1987). Après le déclenchement de la première Intifada, le Conseil de sécurité condamne les pratiques d’Israël « qui violent les droits de l’homme du peuple palestinien dans les territoires occupés, en particulier le fait que l’armée israélienne a ouvert le feu, tuant ou blessant des civils palestiniens ».

 

13 - Résolution 607 (5 janvier 1988). Israël doit « s’abstenir d’expulser des civils palestiniens des territoires occupés » et respecter les obligations que lui impose la convention de Genève.

 

14 - Résolution 608 (14 janvier 1988). Le Conseil de sécurité demande à Israël « d’annuler l’ordre d’expulsion des civils palestiniens et d’assurer le retour immédiat et en toute sécurité » de tous ceux déjà expulsés.

 

15 - Résolution 636 (6 juillet 1989). Le Conseil de sécurité demande à Israël, en conformité avec ses précédentes résolutions et avec la convention de Genève, de « cesser immédiatement d’expulser d’autres civils palestiniens » et d’assurer le retour en toute sécurité de ceux déjà expulsés.

 

16 - Résolution 641 (30 août 1989). Le Conseil de sécurité « déplore qu’Israël, puissance occupante, continue d’expulser des civils palestiniens » et lui demande d’assurer le retour de tous les expulsés.

 

17 - Résolution 672 (12 octobre 1990). Après les violences de l’esplanade des Mosquées - le mont du Temple, le Conseil de sécurité condamne « les actes de violence commis par les forces de sécurité israéliennes » à Al-Haram Al-Charif et dans d’autres lieux saints de Jérusalem et demande à Israël de « s’acquitter scrupuleusement des obligations juridiques et des responsabilités qui lui incombent » vis-à-vis des civils des territoires occupés.

 

18 - Résolution 673 (24 octobre 1990). Le Conseil de sécurité condamne le refus d’Israël d’appliquer la résolution 672.

 

19 - Résolution 681 (20 décembre 1990). Israël est sommé d’appliquer la convention de Genève.

 

20 - Résolution 694 (24 mai 1991). Le Conseil de sécurité déclare que l’expulsion de quatre nouveaux civils palestiniens en mai 1991 par les forces israéliennes constitue une violation de la convention de Genève.

 

21 - Résolution 799 (18 décembre 1992). Le Conseil de sécurité condamne les quatre cents expulsions de décembre 1992, soulignant qu’elle est contraire aux obligations internationales imposées à Israël par la convention de Genève. Le Conseil réaffirme l’indépendance et l’intégrité territoriale du Liban.

 

22 - Résolution 904 (18 mars 1994). A la suite du massacre de la mosquée de Hébron, le Conseil de sécurité demande à Israël de prendre les mesures nécessaires « afin de prévenir des actes de violence illégaux de la part des colons israéliens » envers les civils palestiniens.

 

23 - Résolution 1322 (7 octobre 2000). A la suite du début de la seconde Intifada, le Conseil de sécurité déplore les violences et condamne le « recours à la force excessif contre les Palestiniens ». Il demande à Israël de respecter ses obligations relatives à la convention de Genève.

 

24 - Résolution 1397 (12 mars 2002). Le Conseil de sécurité demande la « cessation immédiate de tous les actes de violence, y compris tous les actes de terreur et toutes provocations, incitations et destructions », et réclame la coopération des Israéliens et des Palestiniens visant à la reprise des négociations.

 

25 - Résolution 1402 (30 mars 2002). Après la réoccupation totale de la Cisjordanie, le Conseil de sécurité demande un cessez-le-feu immédiat et le « retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes ».

 

26 - Résolution 1405 (19 avril 2002). Le Conseil de sécurité déclare qu’« il est urgent que les organismes médicaux et humanitaires aient accès à la population civile palestinienne ».

 

27 - Résolution 1435 (24 septembre 2002). Le Conseil de sécurité exige « le retrait rapide des forces d’occupation israéliennes des villes palestiniennes ». Il demande à l’Autorité palestinienne de « faire traduire en justice les auteurs d’actes terroristes ».

 

28 - Résolution 1515 (19 novembre 2003). Le Conseil de sécurité se déclare « attaché à la vision d’une région dans laquelle deux Etats, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues », et demande en conséquence aux parties en conflit de s’acquitter des obligations relatives à la « feuille de route » du Quartet.

 

29 - Résolution 1544 (19 mai 2004). Le Conseil de sécurité demande qu’Israël respecte « les obligations que lui impose le droit humanitaire international » et « l’obligation qui lui est faite de ne pas se livrer aux destructions d’habitations ».

 

30 - Résolution 1850 (16 décembre 2008). Le Conseil de sécurité soutient le processus d’Annapolis, et demande aux parties de « s’abstenir de toute mesure susceptible d’entamer la confiance » et de ne pas « remettre en cause l’issue des négociations ».

 

31 - Résolution 1860 (8 janvier 2009). Après l’incursion de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le Conseil de sécurité exige « l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu durable et pleinement respecté menant au retrait total des forces israéliennes de la bande de Gaza ». Il demande de ne pas entraver l’entrée des organisations médicales dans Gaza et d’empêcher le trafic illégal d’armes.

 

32 - Résolution 2334 (23 décembre 2016). Le Conseil de sécurité de l’ONU adopte une résolution condamnant la colonisation israélienne constituant une sanction contre la promotion décomplexée de la colonisation par la droite israélienne
Cette résolution a recueilli quatorze voix en sa faveur, passant grâce à l’abstention américaine ; une décision historique qui a suscité la réprobation d’Israël.

 

La communauté internationale acceptera t-elle encore longtemps que sa crédibilité soit remise en cause sans réagir ?

C'est pourtant l'une des causes de la situation au Moyen Orient !

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

- Israël, l'éternel dissident international

- La perception qu'Israël a de l'ONU

- Israël. Cinquante ans d’impunité (Monde diplomatique)

- La Palestine en cartes, citations, faits et chiffres.

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 10:16
Kroll (Belgique), Télémoustique, Bruxelles, 2001-11-25

Kroll (Belgique), Télémoustique, Bruxelles, 2001-11-25

Rien ne va plus sur la planète. Plus du tout. Guerres, massacres, famines, épidémies, affrontements interethniques, immigrations sanglantes, ventes d’armes inégalées et autres calamités se multiplient dans un monde au bord du gouffre.

L’ONU est figée, tétanisée, les institutions internationales comme le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, l’Organisation mondiale du commerce discréditées.

 

Sources :  Le blog de José Fort [1] l'Humanité

Le monde offre un spectacle de désolation. La recherche du profit à n’importe quel prix quitte à dévaster la planète, l’exploitation des richesses des plus pauvres, le maintien de peuples sous domination, une génération de dirigeants incapables de dépasser leurs calculs mesquins et de penser l’avenir, des menaces de plus en plus graves contre la paix avec en bout de course une possible folie nucléaire. Le temps est à l’orage. Il peut devenir cataclysme incontrôlable.

 

Regardez, écoutez. Massacres à Gaza, en Syrie, en Irak, au Congo ; affrontements sanglants au Mali, dans le Maghreb, en Birmanie, en Thaïlande ; intégristes de tous poils semant la terreur ; populations déplacées ; encouragements au surarmement. Désormais, la menace plane aussi sur l’Europe, l’Ukraine étant devenue la pièce avancée de l’Otan dans son projet d’étouffer la Russie. Une vieille ambition nazie et napoléonienne dont l’issue – la déroute - devrait faire réfléchir les stratèges qui ont toujours fait la guerre avec la peau des autres. La menace, cette fois, peut devenir nucléaire. Les Etats-Unis jouent les va-t’en guerre en lançant contre Moscou leurs supplétifs de l’Union européenne.

 

Le monde apparaît hors de contrôle. Devant un précipice. Affirmer que le pire est à craindre ne relève pas d’un alarmisme exagéré mais d’une éventualité à ne pas – à ne plus - écarter désormais. Le monde apparaît hors de contrôle et il est urgent que les peuples s’investissent directement pour bloquer la course vers l’abîme. La prétendue « communauté » internationale n’existant pas, le temps est venu de réorganiser le monde et les structures de concertation internationale en procédant, en premier lieu, au démantèlement des alliances militaires telle l’Otan, en remettant sur le chantier de nouveaux traités de désarmement et surtout en refondant l’Onu. L’Organisation des Nations Unies ne peut plus être verrouillée par cinq puissances dans un Conseil de sécurité décidant pour tous. Le monde a changé depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. L’Assemblée générale de l’ONU doit être le véritable lieu de décision, le Conseil de sécurité, élargi, chargé de l’exécution. Un organisme de mise en œuvre et de suivi doit être instauré afin d’en finir avec l’inaction et la politique du deux poids, deux mesures.

 

Il souffle un vent mauvais sur le monde. Les dirigeants occidentaux en sont responsables eux qui nous affirmaient que l’écroulement du bloc de l’Est ouvrait une nouvelle ère. Ils ont tout négligé pour asseoir leur domination avec une fringale sans égale. Pour eux, c’était Noël tous les jours. Ils ont tout saboté. Tout méprisé. Tout calculé à la petite semaine sans penser avenir un seul instant. Un désastre. Il est temps de se poser, au delà des différences et de nos divergences, la question de construire un rempart pour la paix. Et pour la justice. Tant il est vrai qu’il ne peut y avoir de paix sans justice.

 

Note

[1] José Fort est un internationaliste passionné du monde, journaliste, ancien chef du service monde de l’Humanité

José Fort est un internationaliste passionné du monde, journaliste, ancien chef du service monde de l’Humanité. - See more at: http://www.humanite.fr/blogs/le-monde-au-bord-du-gouffre-un-sursaut-simpose-549103#sthash.xOS0zRkH.dpuf
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Le monde au bord du gouffre, un sursaut s’impose
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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 09:30
L'historien israélien Zeev Sternhell « ne voit pas la fin » de la guerre à Gaza sans accord global

 

 

 

 

 

 

 

Né en Pologne en 1935, Zeev Sternhell a vécu enfant les horreurs de la seconde guerre mondiale, qui l'ont conduit à se réfugier en France. Après-guerre, il a choisi de prendre la nationalité israélienne. Devenu historien, il s'est spécialisé dans l'histoire du fascisme et la montée du nationalisme en France. Considéré comme la « conscience de la gauche d'Israël », il pose un regard désabusé sur la situation politique de son pays. Pour Zeev Sternhell, la guerre en cours à Gaza n'est qu'une conséquence logique de l'échec des accords d'Oslo.

 

Sources :  M Proche-Orient  - propos recueillis par Hélène Sallon Le Monde.fr le 08.08.2014

- LeMonde.fr : Quel est votre sentiment sur le conflit qui oppose actuellement Israël aux factions armées palestiniennes dans la bande de Gaza ?

Zeev Sternhell : Si les choses s'étaient passées normalement, Gaza aurait dû être évacuée au moment des accords d'Oslo[2] en 1993 et devenir une partie intégrale du futur Etat palestinien. C'est ce qui se serait passé si les accords d'Oslo avaient été mis en œuvre tels qu'ils avaient été pensés par Itzhak Rabin [assassiné le 4 novembre 1995 par l'extrémiste de droite Yigal Amir] et Shimon Pérès – bien que ce dernier soit un opportuniste qui, pour des raisons obscures, est considéré comme un grand homme. Si ces accords avaient été appliqués, les colonies juives de Gaza, entre 6 000 et 8 000 âmes à l'époque, auraient été évacuées. Cela aurait été un formidable signal pour mettre fin à la colonisation.

 

Tout se serait passé différemment car l'évacuation aurait eu lieu dans le cadre d'un accord entre l'Organisation de libération de la Palestine (OLP, de Yasser Arafat) et Israël. Et non pas unilatéralement, comme l'a fait le premier ministre Ariel Sharon en 2005. Le but de son directeur de cabinet de l'époque, Dov Weissglass, était de mettre fin à toute discussion entre Israéliens et Palestiniens : on quitte Gaza parce que c'est une épine dans le pied et qu'il faut une division entière de l'armée pour protéger les colons.

 

C'est dans ce contexte que le Hamas s'empare de la bande de Gaza par un coup de force en 2007[3]. Ce mouvement, qui ne reconnaît pas Israël, en fait la base de son projet de reconquête palestinienne. A ses yeux, le Fatah et son chef, Yasser Arafat, sont des traîtres pour avoir signé les accords d'Oslo. Depuis ce moment-là, le Hamas est en guerre contre Israël. Celle qui a cours actuellement est désastreuse à tous les égards et on n'en voit pas la fin.

 

 

- LeMonde.fr : Que faut-il faire ?

Zeev Sternhell : Il faut profiter de l'énorme fossé entre nos moyens et ceux du Hamas, qui restent des moyens primitifs par rapport à notre armée hypermoderne et superpuissante, pour lancer l'idée d'un accord global. Pas quelque chose qui nous oblige dans six mois ou deux-trois ans à revenir à Gaza. Mais c'est précisément ce que notre gouvernement, qui est le plus à droite qui ait existé en Israël, ne veut pas. La droite israélienne ferait passer Mme Le Pen et le Front national pour une bande de gauchistes à côté d'elle.

 

Le gouvernement Nétanyahou n'a pas voulu négocier avec Abou Mazen [le président palestinien, Mahmoud Abbas], alors que, Dieu nous est témoin, lui voulait négocier. Nous avons grandement contribué à l'échec des négociations menées par le secrétaire d'Etat américain John Kerry, entre novembre et avril 2014, et nous retrouvons finalement face à un gouvernement de réconciliation palestinien. Et que fait le premier ministre Benyamin Nétanyahou ? Au lieu de saisir cette occasion, il explique que ce gouvernement palestinien est un nouveau danger et qu'Abou Mazen ne veut rien entendre.

 

Puis est arrivé le kidnapping de trois jeunes israéliens. Il a été vite clair que le Hamas n'était pas responsable et qu'une de ses cellules locales a agi de son propre chef. Mais pour Nétanyahou, c'était l'occasion d'incriminer le Hamas, de lancer une opération pour intimider Mahmoud Abbas et la population palestinienne et de montrer ses muscles. Il a fait ratisser la Cisjordanie et arrêter les militants du Hamas libérés en échange de Gilad Shalit. Tout cela au prétexte de retrouver les trois adolescents enlevés alors que, dès le lendemain, la police savait qu'ils n'étaient plus en vie.

 

De son côté, le Hamas a commencé à tirer des roquettes et ça a été l'escalade vers un conflit dont personne ne voulait. Ce qui se passe est un désastre à tous égards. Il est vrai que le Hamas utilise des écoles, des hôpitaux, des mosquées pour entreposer et lancer ses roquettes. Mais nous répondons par des bombardements qui ne peuvent que toucher la population civile, même si ce n'en est pas l'intention.

 

Maintenant que le premier ministre Nétanyahou s'est empêtré dans une situation dont il ne sait pas comment sortir, il avance l'idée de démilitarisation [de la bande de Gaza]. Lever le blocus sur la bande de Gaza est une mesure décente et politiquement payante, car cela montrerait à la population de Gaza, qui n'est pas toute gagnée au Hamas, qu'il est payant d'abandonner le terrorisme. Je pense que Nétanyahou pourrait accepter une mesure pareille car cela assurerait sa survie politique jusqu'aux prochaines élections. Il est en mauvaise posture.

 

 

- LeMonde.fr : Que veut Benyamin Nétanyahou ?

Zeev Sternhell : Nétanyahou veut éviter la création d'un Etat palestinien viable[4]. C'est son objectif historique et il le fait de différentes façons. Il refuse de négocier avec Abou Mazen et l'Autorité palestinienne. C'est dans ce cadre que s'inscrit sa demande que les Palestiniens reconnaissent Israël comme Etat juif. En quoi est-ce leur problème ? C'est une exigence que nous n'avons jamais présenté par le passé. On dit bien Etat d'Israël ou Israël. Il n'a jamais été question d'Etat juif. Cela revient à obliger les Palestiniens à reconnaître que les juifs sont propriétaires de cette terre qui leur appartient par l'histoire et à reconnaître leur défaite historique en 1948. Si l'Etat est juif, il n'est donc pas arabe.

 

Certains, comme le président Reuven Rivlin, pensent qu'on pourrait un jour annexer la Cisjordanie et donner la citoyenneté israélienne à tous les habitants juifs et arabes dans un même Etat. Ils sont très peu nombreux. Mais pour la droite dure, l'annexion n'implique pas l'octroi de la citoyenneté à tous du Jourdain à la mer. Cela revient à un Etat d'apartheid.

 

  • Nétanyahou, lui, veut empêcher la création d'un Etat palestinien, sans créer un apartheid mais en gérant une situation coloniale qui ne dit pas son nom. Du fait de son idéologie et du jeu politique interne, il ne peut pas accepter l'idée de deux Etats vivant sur une base égalitaire. Il ne peut pas accepter que les droits de l'homme soient des droits universels qui s'appliquent aux autres. Pour lui et les siens, les droits historiques sont supérieurs aux droits naturels. Même le centre de l'échiquier politique n'est pas vraiment acquis à cette idée.

 

 

- LeMonde.fr : Pensez-vous que la solution des deux Etats n'est plus envisageable dans le contexte actuel ?

Zeev Sternhell : J'ai peur de dire que c'est fichu et que par la force des choses, on va en arriver à un Etat binational. Comment faire pour que ce ne soit ni un Etat d'apartheid, ni une guerre civile permanente ? C'est pour ça que je m'accroche toujours à la solution des deux Etats. La véritable forme de coexistence, ce sont deux Etats voisins, avec une union économique et douanière, et une coopération sur les dossiers importants.

 

La question est de savoir si nous, Israéliens et Palestiniens, acceptons l'état de fait créé en 1948-1949, et les frontières de 1949 ? Et est-ce que les Palestiniens sont prêts à abandonner tout espoir d'un retour en Israël, car cette revendication signifie la destruction de l'Etat d'Israël ? Après, il ne reste que des problèmes solvables et non existentiels.

 

 

- LeMonde.fr : Observez-vous une droitisation de l'opinion publique israélienne ?

Zeev Sternhell : Au début de la première guerre mondiale, en France et en Allemagne, 95 % de la population était favorable à la guerre. En situation de guerre, les opinions sont patriotiques et soutiennent leur gouvernement. En Israël aussi.

 

Le phénomène de droitisation remonte toutefois à plusieurs dizaines d'années, depuis 1967 exactement. Le nationalisme exacerbé est le fruit de la colonisation, qui pourrit notre société. Les jeunes hommes qui font la guerre à Gaza sont nés après Oslo. Toute leur expérience en tant que soldat est celle d'une armée dont le but est de contrôler la population des territoires occupés et de favoriser la colonisation juive en Cisjordanie. Quand je compare avec ma génération, c'est terrible.

 

La droitisation se traduit aussi par une perte de respect pour la vie humaine. Même les pertes israéliennes ont été moins durement ressenties au cours de cette guerre.

 

 

- LeMonde.fr : On dit souvent que le camp de la paix a disparu en Israël.

Zeev Sternhell : Les gens sont là, mais ne sont pas organisés. Ils sont démoralisés et ont le sentiment de ne servir à rien, de ne pas avoir de véritable influence. C'est la raison pour laquelle les manifestations n'attirent pas plus de quelques milliers de personnes, alors qu'en 1982, après le choc de Sabra et Chatila au Liban, il y avait eu des centaines de milliers de manifestants.

 

 

- LeMonde.fr : N'y a-t-il pas au sein de la classe politique israélienne une personnalité ou un courant qui puisse apporter une solution politique ?

Zeev Sternhell : Personne aujourd'hui n'a la solution et c'est un drame. Nous n'avons pas d'élite politique, pas de leadership. La politique n'attire pas les gens bien. C'est dû en partie au système politique, en partie au fait que les gens qui se présentent aux primaires dépendent des apparatchiks du parti et que le monde offre tellement de possibilités pour les talents de s'exprimer différemment… La politique est une « via dolorosa », qui n'en finit pas. Lors de la création de l'Etat d'Israël, beaucoup de gens bien allaient vers la politique car c'était un cadre où l'on pouvait réussir et avancer...

 

Notes :

[1] Lire son portrait (en édition abonnés) : Zeev Sternhell, une passion française

[2] Lire notre sélection d'archives (en édition abonnés) : 13 septembre 1993 : Accords d'Oslo

[3] Elections législatives 2006 : Le Hamas obtient la majorité absolue]

[4] Lire l'analyse : Benyamin Nétanyahou à nouveau dans le piège de Gaza

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

- Israël a-t-il perdu la guerre ? Entretien avec l’historien israélien Shlomo Sand

- Gaza : sans levée du blocus, les espoirs de paix sont faibles, par James Rawley, coordinateur des opérations humanitaires de l'ONU dans la bande de Gaza

- La Paix, c'est la levée du blocus et la fin de l'occupation israélienne, et basta !

- Dossier : Oslo, 20 ans après

Alors que la trêve fragile est prolongée, les négociations piétinent, notamment à cause de la question du blocus, Zeev Sternhell[1] présente sa vision de la situation et des solutions à mettre en œuvre.

Excellent article qui permet un éclairage différent et ouvre des perspectives et ce malgré un titre des plus pessimistes et oublie le rapport de force international qui peut évoluer positivement et faire bouger les lignes !

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 11:23
Palestine : il y a un choc, mais il n’est ni religieux ni culturel. Il est politique.

Les chrétiens de Palestine : « Le Hamas nous protège »

 

Tranchant sur le pessimisme ambiant, Michel Sabbah ancien patriarche latin de Jérusalem, 77 ans, veut toujours croire à la cohabitation harmonieuse avec l’islam. Un entretien réalisé en 2010 qui reste pleinement d'actualité.

 

Sources : "Lavie.fr" par Laurent Grzybowski le 01/04/2010

 - Lavie.fr : Quelle est la situation des chrétiens de Palestine ?
Elle est la même que pour tous les Arabes de Palestine. Chrétiens ou musulmans, nous faisons partie d’un même peuple, d’une même culture, d’une même histoire. Un peuple qui est en conflit avec un autre peuple. Un peuple occupé militairement qui n’a pas besoin de compassion, mais de justice. Dans un contexte politique très tendu, nous essayons de faire face au même défi. Qu’est-ce qu’être chrétien ? C’est être envoyé à une société, à un monde que nous n’avons pas choisi parce qu’il nous est donné. Notre vocation est donc d’être chrétien dans une société arabe et majoritairement musulmane. C’est une expérience que nous connaissons bien, nous avons plusieurs siècles d’histoire commune derrière nous.

 

 

- Lavie.fr : Pourtant, aujourd’hui, on parle de persécutions antichrétiennes...
Des incidents individuels entre musulmans et chrétiens peuvent parfois prendre une dimension communautaire. Dans ce cas, il existe des médiateurs, des familles reconnues pour leur sagesse et leur autorité, capables de régler les conflits. Mais je peux en témoigner, en Palestine, cela n’est jamais allé plus loin. Aucun massacre, aucun attentat contre les églises, aucune persécution ouvertement antichrétienne. Même à Gaza, les chrétiens sont protégés par le Hamas, souvent présenté comme une organisation terroriste.

 

 

- Lavie.fr : Est-ce la même chose en Irak ?
Non, là-bas les chrétiens sont victimes de la violence et sont tués parce qu’ils sont chrétiens. Mais il s’agit de motivations politiques, pas religieuses. Les extrémistes espèrent ainsi déstabiliser le pays. Beaucoup de sunnites ou de chiites sont tués pour les mêmes raisons. Il ne sert à rien d’accuser l’islam de tous les maux. Travailler à la paix et à la justice, en Irak comme ailleurs, est le meilleur moyen d’éviter un exode massif des chrétiens d’Orient. Un problème politique doit trouver une solution politique.

 

 

- Lavie.fr : Que répondez-vous à ceux qui défendent l’idée d’un choc des civilisations ?
Il y a un choc, mais il n’est ni religieux ni culturel. Il est politique. L’Occident traite l’Orient, et ceux qui y habitent, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, comme des mineurs. Tant qu’il y aura ce rapport de dominant à dominé, on ne sortira pas de la spirale de la violence. Les racines du terrorisme mondial sont là. L’Orient n’est pas libre de son destin, il est soumis à la domination occidentale. Le problème, ce n’est pas l’islam ; c’est la confrontation entre l’Orient et l’Occident. Le colonialisme historique a cédé la place à un autre colonialisme, plus larvé, mais non moins réel.

 

 

- Lavie.fr : Vous n’avez donc pas peur de l’expansion de l’islam ?
C’est un fantasme alimenté par ceux qui ne comprennent pas l’Orient en général, et l’islam en particulier. Tant que les Palestiniens se sentiront opprimés, tous les musulmans du monde se sentiront solidaires avec eux et pourront causer des perturbations à l’intérieur des sociétés où ils vivent. Il faut mettre fin à ce rapport du fort au faible entre l’Occident et le monde musulman, et mener des actions d’éducation à la citoyenneté, au respect de l’autre. Développons une culture de coexistence active, apprenons à nous connaître, à vivre et à agir ensemble.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

- Palestine, débat entre un député et un sioniste à la BBC : "les juifs ont toujours été protégés par les musulmans"

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