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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 10:52
J.L. Mélenchon : Manuel Valls arrache la confiance mais pas la majorité ! .... et maintenant ?

Sources : Extrait : Le blog de jean-Luc Mélenchon

La confiance est acquise par 269 voix contre 244. D’un moment censé le renforcer, Manuel Valls ressort plus faible encore.

  • C’est bien moins que les 306 voix qu’il avait obtenues il y a seulement cinq mois.
  • Et c’est moins que la majorité absolue des députés.
  • 53 députés se sont abstenus, dont 31 socialistes.
  • EELV et les trois élus du Mouvement républicain et citoyen (MRC) se sont abstenus.

 

 

- S’ils avaient voté « contre », le gouvernement tombait et le dénouement de la crise pouvait commencer.

C’est au contraire l’agonie qui va continuer. Celle du gouvernement désormais sévèrement affaibli par un vote fluet et maintenu du seul fait de la bienveillance des opposants internes à sa majorité. Celle de « la gauche » réduite à cette caricature d’attelage branlant, cruel et inefficace. Celle du pays gouverné par des gens qui ont ouvert des vannes d’appétits provocateurs au MEDEF qu’ils ne savent plus contenir. Quel gachis !

 

 

- Les frondeurs n’ont pas su faire mieux que ce qu’était déjà une fronde sous l’ancien Régime

Une révolte sans autre ambition que celle de ses meneurs. Ils ont affaibli Valls sans aucun profit pour le changement qu’il fallait obtenir. Cet épisode était la dernière pompe à énergie avant le désert. Il ne reste plus une goutte du carburant qui a fait le résultat de 2012. Tout dans la prestation du Premier ministre a montré l’épuisement de ce qu’il incarne à cet instant : le ton poussif, les empilements de mesures anciennes citées sans ordre ni hiérarchie, les brutalités sociales cruelles comme le travail le soir et le dimanche emmêlées avec le détail du capharnaüm des changements dans l’organisation territoriale. Le tout amplement ouvert par la récitation de tous les fantasmes sécuritaires tirés du vocabulaire de la droite et de l’extrême-droite. Et pour finir, en état d’asphyxie, un bouquet d’envolées virilistes avec le vieux discours tout aussi usé sur le « courage de dire la vérité » avant de proférer des flots de mensonges et d’approximations. Il ne semblait même pas y croire lui-même. J’ai savouré l’art des assistant et des communicants nous reprenant des bouts de phrases pour mieux tuer les mots en les empilant sans rime ni raison dans la bouche de quelqu’un qui en est la négation. Mais au total on a entendu un discours poussé devant soi, croulant comme sous le poids d’un âne mort.

 

 

- Jeudi François Hollande nous fera le deuxième service.

Et ce numéro durerait encore deux ans et demi ?

 

 

- Maintenant à cette heure, l’urgence est ailleurs

Pour le Front de Gauche, au quotidien, il faut multiplier les occasions d'agir ensemble. Non seulement pour être ensemble, mais surtout parce que c’est nécessaire pour agir efficacement dans le contexte.

 

La priorité est de se placer, partout où l'on se trouve, à la rescousse des luttes, et de ceux qui sont au combat. Donner de la fraternité, de la solidarité et mener des actions de popularisation, c'est entretenir les foyers d'où la flamme va repartir. En toute hypothèse, il est essentiel de ne pas laisser s'effondrer ce qui forme la ligne de pointe de notre mouvement. Je le dis parce que je note que dans divers secteurs, il y a une extension et une intensification des actions de lutte. C'est le cas en particulier dans la santé. La difficulté de ces combats, le caractère odieux des manœuvres et de refus qu'y oppose le gouvernement soulève une indignation et une prise de conscience très profonde parmi tous ceux qui y participent.

 

Nombreux alors sont ceux qui comprennent parfaitement l'ampleur du sujet et sa connexion avec l'idée que l'on se fait de la vie en société en général ; on parle des soins et de l'attention que l'on voudrait voir porter aux malades.

 

Dans ces secteurs, la détestation du pouvoir socialiste est à son comble. Et la volonté d'autodétermination me semble l'emporter de très loin sur tout autre forme de sympathie politique ou syndicale. Je ne cite que ces secteurs dans la mesure où c'est de là que me vient le plus grand nombre de témoignages, actuellement. Mais dans une lutte comme celle qui se mène contre le barrage agricole du Testet dans le Tarn, on voit aussi une forme de conscience citoyenne extrêmement large s'exprimer ou se faire jour dans maints esprits. mon emploi du temps m'empêche d'aller sur place jusqu'à ce jour. Mais comme on me tient informé quasi quotidiennement, je crois que j'arrive à comprendre l'état d'esprit.

 

Comme dans le cas de l'évacuation forcée des enfants cancéreux de l'hôpital de Garches, le sujet de la lutte soulève une lourde houle d'indignation et de dégoût pour ceux qui prennent les décisions ou qui s'en rendent complices.

 

 

- C'est quelque chose de nouveau de très profond

On identifie dorénavant l'inhumanité de ceux qui décident. C'est-à-dire que la décision semble monstrueuse, hors des normes morales habituelles. Cela vaut aussi bien dans le cas des enfants cancéreux que dans celui du barrage du Testet. La mobilisation prend du coup une densité et une profondeur que l'on ne connaît pas souvent dans les luttes sociales. S'y ajoute le spectacle incompris et inadmissible de violence déployée contre ceux qui s'impliquent dans la lutte. Les vigiles et les CRS ici, CRS et lacrymos là-bas, l'appareil qui fonctionne d'habitude en ville contre les queues de manifestations se découvre dans des secteurs où l'on n'a jamais connu aucune violence de cette nature. Des gens simples et paisibles se voient traiter avec une brutalité qui les stupéfie. Comme dans tous les cas il y a toujours un socialiste quelque part au poste de commande, et en particulier dans les deux luttes que je viens d'évoquer, ce parti est donc considéré à juste titre comme l'auteur de ces violences et de cette inhumanité.

 

Il est tout à fait important de faire connaître ces situations, de publier des photos sur les réseaux sociaux, de façon à exercer la pression la plus forte sur la réputation du PS et provoquer la réaction de ce qui reste d’adhérents de base.

Jean Luc Mélenchon

 

Sur le même sujet, pour en savoir plus :

- Les "frondeurs" laisseront-ils les mains libres au gouvernement pour poursuivre la politique du MEDEF ?

- Fête de l’Huma : les frondeurs PS à la table de J.L. Mélenchon

- Avec le vote sur la confiance au gouvernement Valls, la semaine prochaine va tanguer

- Les "frondeurs" combien de divisions ?

- Vote du budget rectificatif de la Sécurité sociale : la « fronde » n'était que médiatique !

 

J.L. Mélenchon : Manuel Valls arrache la confiance mais pas la majorité ! .... et maintenant ?
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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 20:54
Fête de l’Huma : les frondeurs PS à la table de J.L. Mélenchon

La fête de l’Humanité est le lieu de toutes les rencontres. Après l’ancien trader de la Société Générale Jérôme Kerviel samedi matin, ce sont les députés socialistes frondeurs ainsi que des membres de la direction d’Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) qui se sont affichés aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, à l’heure du déjeuner dans le parc de La Courneuve (Seine-Saint-Denis).

 

Sources : L'Humanité  13.09.2014

Parmi les convives attablés autour du cofondateur du Parti de Gauche et de Pierre Laurent, le patron du PCF à l’initiative de ce repas, se trouvaient la sénatrice de l’aile gauche du PS Marie-Noëlle Lienemann, les frondeurs Jean-Marc Germain et Jérôme Guedj ou même l’écologiste- un temps près d’entrer au gouvernement- Jean-Vincent Placé accompagné du secrétaire national adjoint d’EELV David Cormand.

 

Jean-Luc Mélenchon a appelé les frondeurs du PS à « aller au bout de leur logique » et à voter contre la confiance au gouvernement, mardi à l’Assemblée. « Ces députés n’ont aucune excuse. Ils sont libres dans un pays libre et ils ont été élus. Par conséquent ils doivent aller au bout de leur logique (...) il ne suffit pas de faire de la mousse médiatique », a-t-il déclaré à la presse à l’issue du déjeuner.

 

Plus tard dans l’après-midi, il s’en est pris avec virulence à François Hollande : « L’Assemblée nationale doit être maîtresse d’elle-même mais dans les institutions de la Ve République voyez comme le monarque républicain, ce fourbe totalement impopulaire qui se ferait jeter des pierres dans la rue (...) vient menacer les députés de sa propre impopularité. » Députés, vous n’êtes pas les députés de François Hollande et de Manuel Valls, vous êtes les députés du peuple français », a encore lancé l’eurodéputé.

 

 

- « C’est utile qu’à gauche on se parle »

« Dans la période actuelle, c’est utile qu’à gauche on se parle », a expliqué Jérôme Guedj, président PS du conseil général de l’Essonne et frondeur, ajoutant : « On rend publiques des choses qui se passent tout au long de l’année ». « Ce qui est anormal c’est que la gauche ne se parle pas (...) qu’il n’y ait pas d’autre politique possible que de se soumettre ou de se démettre », a-t-il ajouté, dans une allusion claire au départ fracassant du gouvernement d’Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti en raison de leur désaccord avec la ligne politique de Manuel Valls.

 

Mais cette cohésion de façade est encore fragile et toutes ces composantes de la gauche sont encore loin d’êtres prêtes à agir ensemble. Mardi, lors du vote de confiance à l’Assemblée Nationale, les convives de ce déjeuner multi-partisan partiront en ordre dispersé entre ceux qui voteront contre (PCF), ceux qui s’abstiendront (certains frondeurs PS et certains écologistes) et ceux qui voteront pour (d’autres frondeurs PS et peut-être des écologistes.)

 

Des différences de vues dont Pierre Laurent est bien conscient. « Ce n’est pas un repas qui va déboucher sur des décisions (...) il faut travailler », reconnaît-il. Mais l’intention est bien là.

 

Pour en savoir plus lire aussi :

- Eva Joly : « L’heure est à la construction d’une alternative »

- Fête de l’Huma : Mélenchon se remet en mouvement sur le modèle espagnol de Podemos

Voir l'article de Médiapart  ci-dessous

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 15:00
Le sacro-saint ratio de 3% du PIB.... une invention franco-socialiste.
 
Pourquoi le déficit à 3% du PIB est une invention 100%... française généralisée à l'Europe ?
 
Guy Abeille était chargé de mission au ministère des Finances sous Giscard puis au début de l'ère Mitterrand. Il révèle pour La Tribune comment est né, en France et non en Allemagne, le sacro-saint ratio de 3% du PIB pour les déficits publics. A l'origine, il s'agissait d'imposer la rigueur aux ministres socialistes. Puis cette référence cardinale a fait école, bien qu'elle fut dépourvue du moindre sens économique.

Par les temps qui courent, les attentions sont focalisées sur les déficits publics. Il vous intéressera peut-être de savoir quelle est la toute origine du seuil de 3% de déficit public rapporté au PIB - référence devenue cardinale, et critère retenu par le traité de Maastricht.

 
Sources : La  Tribune Extraits du témoignage publié par Guy Abeille publié le 01/10/2010

Je suis un ancien chargé de mission.... du Ministère des Finances, où, jeune diplômé de l'ENSAE (Ecole Nationale de la Statistique et de l'Administration Economique), je fus en fonction d'octobre 1977 à juin 1982, à la Direction du Budget, 1ère sous-direction....

 

J'y fus chargé de suivre, analyser et commenter au mois le mois l'exécution du budget de l'Etat, et de fournir tout au long de l'année, et de façon de plus en plus pressante quand approchait la fin de l'exercice budgétaire, la prévision de son solde d'exécution - en l'espèce, de son déficit. Cette mission se concrétisant par la rédaction d'une "note au ministre" mensuelle, révisée et visée par mon chef de bureau... et de là filant aux cabinets de Matignon et de l'Elysée.

 

Et en fin d'exercice, nous recevions mandat, selon la météo électorale - c'est à dire explicitement selon l'horizon des plus proches élections -, de jouer des marges de liberté que pouvaient nous ménager quelques zones de flou de la comptabilité publique pour améliorer (ou dégrader si les élections étaient à deux ans) le résultat qui serait pour finir gouvernementalement publié, transbordant donc d'un exercice à l'autre l'impedimentum de telles ou telles recettes ou dépenses miraculeusement devenues migratoires. En réalité, en ces temps rivoliens... c'était moi, et moi seul, qui, entre décembre et février (le mastodonte budgétaire, en certains de ses organes, s'étale de deux mois sur l'année suivante), étais officieusement chargé de faire preuve d'inventivité, de sagacité, et de doigté..., pour établir la liste chiffrée, et manuscrite (rien ne serait imprimé), de ce qu'il était possible de faire; ou de faire encore, car d'année en année nous finissions - moi, et ceux qui d'un goupillon cardinalice, hiérarchique et discret bénissaient mes trouvailles - par griller nos successives cartouches, ne pouvant revenir impunément sur une règle que nous avions nous même hautement, et bruyamment hélas, proclamée l'année précédente parce qu'elle arrangeait la présentation comptable voulue cette année-là par nos ministres. Cela sans autre soutien, on l'aura compris, que l'approbation - orale - donnée par mes autorités (habituellement le mistigri était lestement repassé jusqu'au cabinet du Ministre), et en prenant garde de ne pas faire trop monter le rythme des hoquets ni d'exagérer le niveau des remontrances qui ne manqueraient pas d'être, hoquets et remontrances, émis par la Cour des Comptes - mais deux années plus tard, en fait, au moment de la loi dite de règlement, à laquelle, au vrai, plus personne n'accorderait intérêt. Durant deux mois, ainsi, tout allait son train par téléphone et additions, ou soustractions, sur de petits papiers ; et début mars le rutilant résultat bugétaire était porté sur les fonts médiatiques (cela, il faut bien le reconnaître, mais telle est l'incurable myopie politico-technocratique, dans l'indifférence colossale éprouvée par l'électeur de base, pour la financière édification duquel pourtant toutes ces habiletés avaient été tissées).

Le sacro-saint ratio de 3% du PIB.... une invention franco-socialiste.

- L'entrée en déficits

J'en viens au seuil magique - pour un peu, chamanique - du déficit à 3% du PIB.

  • Le premier choc pétrolier se produit à l'automne 1973 : quadruplement du prix - la bombe la plus nocive de la guerre du Kippour est celle qui frappe l'économie mondiale. Exit les Trente Glorieuses.
  • La crainte première est celle du déséquilibre extérieur et de l'inflation : Giscard d'Estaing, tout nouveau Président, y répond par le "plan de refroidissement" Fourcade. Plan qui se traduit par un volontaire et notable excédent budgétaire. Stop and go d'anthologie: le plan de relance Chirac qui le suit en prend le contrepied (un modèle de relance keynésienne, qu'on cite encore dans les écoles). Nous sommes en 1975, les finances publiques viennent d'entrer lourdement dans le rouge. C'était il y a 35 ans. Nul ne le sait encore: la trappe s'est ouverte, elles n'en sortiront plus.
  • Pourtant, s'il ne tenait qu'à lui, Raymond Barre[1] gèrerait les finances à l'équilibre (on sait combien il aime à se portraiturer en bon père de famille). Giscard d'Estaing, c'est à dire la nécessité électorale (la gauche passe à un cheveu de la victoire en 1978), lui en impose autrement. Même l'exquis soulagement qu'apportent les législatives de mars 1978 ne lui donne pas le loisir de ressaisir ses principes. Car le vent souffle d'ouest, Thatcher et Reagan bientôt seront élus: après l'austérité des années 76-77, l'air se fait libéral (on se souvient des barristes "bois mort" et autres "canards boîteux", comprendre textile, sidérurgie...).
  • Ainsi après un premier tour de piste en début de septennat, arrive pour la fin du mandat la seconde figure du tango économique qu'aura conduit Giscard, accordéoniste télégénique mais de faible renom: un pas sur l'inflation (refroidissement Fourcade, austérité des premières années Barre), un pas sur le chômage (relance Chirac, libéralisation Barre). Le déficit, tenu en 1976 et 1977 en lisière des 25 milliards, bondit en 1978[2] à un, libéral faut-il croire, 41 milliards de francs.
  • Et voilà que fin 1979 débute le second choc pétrolier. Ainsi, tous les budgets de Giscard (sauf le premier), et de Barre, auront été en déficit. Pour des montants (hormis la relance Chirac, plus massive) légèrement supérieurs à 1% du PIB. Mais en ce temps, nul n'use de cette référence. Ce ratio est absent des esprits; il n'a pas d'existence.

 

Les dernières années, budgétairement Giscard d'Estaing n'a qu'un point de fixation : ne plus laisser au déficit franchir la ligne des 30 milliards de francs ; elle aurait à ses yeux une portée politique.

Les deux budgets d'avant la gauche s'y tiennent vaillamment (-31 milliards de francs chacune des années 1979 et 1980) ; au prix, s'il m'en souvient, d'un art de l'évitement dans la confrontation avec l'écueil comptable, qu'après trois années de pratique à la Direction du Budget, je commence à assez posséder.

Le sacro-saint ratio de 3% du PIB.... une invention franco-socialiste.

- Arrive 1981

Le budget a été présenté avec un déficit de 29 milliards de francs (on reconnaît là la limite fétiche, et un sens du marketing d'étiquette que nous aurons souvent vu à l'oeuvre chez Giscard d'Estaing, dès lors qu'il s'agissait de publier des chiffres - prière d'annoncer, par exemple, que les prix augmenteront de 9,9% et non de 10%).

 

Cependant, dans les quelques mois qui précèdent le vote, la compétition électorale est gagnée par de vives ardeurs, on a des inquiétudes, et tout Barre qu'on soit, il faut bien en accepter les contingences financières collatérales : on n'aurait garde de ne pas s'attacher ceux qui pourraient pencher pour soi, ou bien seraient possiblement tentés de regarder ailleurs; ces saisons ne sont guère propices à une gestion retenue des finances publiques.

 

Et quand, au terme du combat, la gauche tient sa victoire, on n'en est plus à résister sur la ligne des 30 milliards de francs. Sans que rien n'en eût filtré en dehors de nos murs (d'ordinaire le fonctionnaire est loyal), les élections ont fait sauter, sinon la banque - après tout, on n'en est encore qu'à sept années de dette -, du moins le seuil. Je me revois ainsi, au surlendemain de l'élection, enfiler un des longs couloirs du Louvre, dans l'aile Richelieu où depuis cent dix ans comme un coucou nichait le Ministère des Finances (aujourd'hui le marbre ailé d'Apollon poursuivant Daphné a remplacé l'airain terrible du Budgétaire traquant la Dépense stérile), pour donc informer le rond, le gai et l'affablement zézayant Jean-Paul Huchon, chef du bureau Agriculture et Communautés européennes (lier les deux c'est déjà toute une époque), lequel est au sein du Budget un des représentants connus de l'état-major socialiste (adjoint de Rocard à la mairie de Conflans-Sainte-Honorine, il sera dès le 22 mai, et pour dix ans, son directeur de cabinet), l'informer que le déficit sur lequel il faut tabler, avant même tout geste du nouveau pouvoir, n'est pas en deçà des 30 milliards de francs jusqu'ici proclamés, mais maintenant au delà des 50 milliards: dans les chaleurs pré-électorales, le libéralisme de Giscard et de Barre s'est dénudé en libéralité.

 

Deux mois plus tard, la première loi de finances rectificative socialiste en prendra acte, actualisant le déficit à 55 milliards; et dès le début juin, sans attendre, Laurent Fabius va rendre ce chiffre public.

 

Car le ministre qui nous est dévolu s'appelle Laurent Fabius.... Laurent Fabius a obtenu d'inaugurer le titre, jusque là inconnu au bataillon, de Ministre délégué.... Ce qui lui donne, tout de même, droit de présence aux conseils des ministres, et, car il l'a obtenu, signature des lois de finances sans le ternissant voisinage de Jacques Delors, son ministre de prétendue tutelle.

  • Nous arrivons fin juin, et s'il y a urgence pour adapter l'action budgétaire à la nouvelle donne, plus grande elle est encore pour préparer le budget de l'année 1982, qui sera la première de plein exercice pour la gauche au pouvoir. Las ! Malgré l'autorité toute neuve due au Ministre délégué, et à son rang, il nous revient assez vite que, dans l'effervescence de cette aube nouvelle, camarade ! et l'inaccoutumance des néo-ministres aux règles de gouvernement, ces derniers multiplient à qui mieux mieux les visites du soir auprès du Président pour plaider in vivo leurs besoins en crédits (or, l'expérience séculaire du Budget montre qu'en réalité il n'existe pas de demandes de crédit qui ne soient authentiquement justifiées - le gouvernement, du moins le budgétaire, commence avec l'art de faire tomber l'oukase du refus). Et, au vu des données qui s'agglomèrent peu à peu sur mon bureau, il apparaît assez vite qu'on se dirige bon train vers un déficit du budget initial pour 1982 qui franchira le seuil, jusque là hors de portée mentale, des 100 milliards de francs, chiffre que les plus intrépides d'entre nous n'auraient même en secret pas osé murmurer.

 

 

- Une commande, un soir
C'est dans ces circonstances qu'un soir, tard, nous appelle Pierre Bilger..., devenu le tout récent n°2 de la Direction du Budget à son retour du poste de directeur de cabinet de Maurice Papon (...Ministre du Budget...).
Donc nous voici convoqués, c'est à dire moi-même, et Roland de Villepin, cousin de Dominique..., récent chef de bureau.... Formés à l'ENSAE, nous sommes considérés dans la faune locale comme appartenant à l'espèce, rare au Budget, des économistes (les autres sont des énarques, ces grands albatros de l'administration généraliste), et plus spécialement, car passablement mâtinés de mathématiques (nous sommes des ingénieurs de l'économie, en quelque sorte), de la sous-espèce des économistes manieurs de chiffres - sachant faire des additions, nous plaisante-t-on, en référence, évidemment, aux agrégés-sachant-écrire.

 

Bilger nous informe en quelques mots du ballet budgétaire élyséen en cours, et il nous fait savoir que le Président a urgemment et personnellement demandé à disposer d'une règle, simple, utilitaire, mais marquée du chrême de l'expert, et par là sans appel, vitrifiante, qu'il aura beau jeu de brandir à la face des plus coriaces de ses visiteurs budgétivores.

 

 

 

 

 

 

 

  • Il s'agit de faire vite. Villepin et moi nous n'avons guère d'idée, et à vrai dire nulle théorie économique n'est là pour nous apporter le soutien de ses constructions, ou pour même orienter notre réflexion. Mais commande est tombée du plus haut. Nous posons donc, d'un neurone perplexe, l'animal budgétaire sur la table de dissection.
  • Nous palpons du côté des dépenses, leur volume, leur structure, avec dette, sans dette, tel regroupement, tel autre, ou leur taux d'accroissement comparé à celui de l'économie. Il y aurait bien moyen de détailler à la main quelques ratios consommables, mais tout cela est lourd et fleure son labeur: norme flasque, sans impact, aucune n'est frappante comme une arme de jet, propre à marquer l'arrêt aux meutes dépensières. Nous retournons la bête du côté des recettes : impôts d'Etat sur revenu national ? mais les impôts fluctuent avec la conjoncture, plusieurs sont décalés d'un an... Surtout, nous ne pouvons échapper à l'attraction des prélèvements obligatoires, dont la fiscalité d'Etat n'est guère qu'une part : peut-on valablement se cantonner à elle ? le débat ne manquera pas de naître, à juste titre, et prendra vite le tour d'un brouhaha technique. Tout ça sera confus et sans force probante, au rebours du principe-étendard que nous avons reçu commande de faire surgir pour ostension publique. La route des recettes est coupée.

 

Le sacro-saint ratio de 3% du PIB.... une invention franco-socialiste.

Donc ce sera le ratio déficit sur PIB. Simple; élémentaire même, confirmerait un détective fameux. Avec du déficit sur PIB, on croit tout de suite voir quelque chose de clair.

 

 

 

 

 

 

- Un critère douteux
Arrivé à ce point, un peu de réflexion s'impose.

- On commencera par noter que le déficit est un solde ; c'est à dire non pas une grandeur économique première, mais le résultat d'une opération entre deux grandeurs. Ce simple fait, trivial, emporte deux remarques.

 

- La deuxième observation touche à la pertinence du ratio lui-même : ne divise-ton pas des choux par des carottes ? Car un déficit n'est rien d'autre qu'une dette : il est le chiffre exact de ce qu'il faut, tout de suite, emprunter, c'est à dire, cigale, aller demander à d'autres ; et donc de ce qu'il faudra épargner - au fil des années suivantes - pour rembourser ceux qui auront prêté. Autrement dit, afficher un pourcentage de déficit par rapport au PIB, c'est mettre en rapport le flux partitionné, échelonné des échéances à honorer dans les années futures avec la seule richesse produite en l'année origine. Il y a discordance des temps[3]. Où l'on saisit que le seul critère pertinent est celui de la capacité de remboursement à horizon donné (qui est celui de l'emprunt) ; laquelle est elle-même fonction, non pas tant du déficit consenti une année donnée, que de la dette globale accumulée - cette année-là, mais aussi celles qui ont précédé et peut-être celles qui suivront - et de la prévision qu'en regard on peut faire des ressources futures, c'est à dire du couple croissance et rendement fiscal. Le reste n'est qu'affichage.

 

- Dernière observation enfin, plus générale : on conçoit bien qu'un déficit n'a pas le même sens économique selon qu'il est purement ponctuel, rupture dans une série d'années à l'équilibre, laquelle sera réabsorbée en une à trois années par la réactivation même de l'économie que ce choc aura provoquée (keynésianisme pur) ; ou selon qu'à l'inverse il n'est que le morne jalon d'une longue chronique de déficits, courant les décennies, installés, devenus entière partie prenante, mode de fonctionnement même de l'économie, si usuels, si métabolisés, à elle si consubstantiels que c'est le retour à l'équilibre, la désaccoutumance, qui a un effet de choc (du keynésianisme à rebours en somme). Je rappelle qu'en 2010, la France en est à sa... 36ème année de déficit ininterrompu, et donc de dette couche à couche empilée, cumulée - 36 années, bien plus qu'un tiers de siècle -, et dont elle ne pourra mécaniquement se délester d'un coup: à vue humaine il est probable qu'au point où nous en sommes et où en sont les perspectives longues de notre économie, nous finirons par avoir stocké, dans la meilleure des hypothèses, de la dette pendant pas loin d'un demi-siècle, continûment, tenacement, c'est à dire sans avoir jamais commencé de seulement la rogner ; laquelle, pour finir, soit sera remboursée (perspective vertueuse, ou bien enchanteresse), soit détruite (par inflation, ou restructuration comme on dit pudiquement), soit plus vraisemblablement aura été traitée par un mixte empirique des deux, c'est à dire fonction des rapports de force dans la partie à trois entre gouvernements, Banque Centrale et marchés.

 

 

Où l'on aura compris que fixer le projecteur sur le déficit d'une année donnée n'a guère de sens ; et que le rapporter au PIB de cette même année lui en fait perdre un peu plus. Le ratio déficit sur PIB peut au mieux servir d'indication, de jauge : il situe un ordre de grandeur, il soupèse une ampleur, et fournit une idée - mais guère plus - immédiate, intuitive de la dérive. Mais en aucun cas il n'a titre à servir de boussole ; il ne mesure rien : il n'est pas un critère. Seule a valeur une analyse raisonnée de la capacité de remboursement, c'est à dire une analyse de solvabilité : n'importe quel banquier (ou n'importe quel marché, ce qui revient au même) vous le dira.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Certes ; mais la question politique - politique, et non économique - demeure : comment transmuter le plomb d'une analyse raisonnée de solvabilité en l'or apparent d'une règle sonore, frappante, qui puisse être un mot d'ordre ? C'est, dans son prosaïsme, la question qui se pose à nous, et l'impossible auquel nous nous heurtons, en ce soir de juin 81.

 

 

- Fabriquer une norme
Pressés, en mal d'idée, mais conscients du garant de sérieux qu'apporte l'exhibition du PIB et de l'emprise que sur tout esprit un peu, mais pas trop, frotté d'économie exerce sa présence, nous fabriquons donc le ratio élémentaire déficit sur PIB, objet bien rond, jolie chimère (au sens premier du mot), conscients tout de même de faire, assez couverts par le statut que nous confèrent nos études, un peu joujou avec notre boîte à outil. Mais nous n'avons pas mieux. Ce sera ce ratio. Reste à le flanquer d'un taux. C'est affaire d'une seconde. Nous regardons quelle est la plus récente prévision de PIB projetée par l'INSEE pour 1982. Nous faisons entrer dans notre calculette le spectre des 100 milliards de déficit qui bouge sur notre bureau pour le budget en préparation. Le rapport des deux n'est pas loin de donner 3%.

 

C'est bien, 3% ; ça n'a pas d'autre fondement que celui des circonstances, mais c'est bien.

 

 

 

 

Nous remontons chez Bilger avec notre 3% du PIB, dont nous sommes heureux, sans aller jusqu'à en être fiers. Et lui faisant valoir que....., foi d'économistes, c'est ce qu'actuellement nous avons de plus sérieux, de plus fondé en magasin. En tout cas de plus présentable.... On sait ce qu'il en est advenu.

 

 

- L'envol du 3%
Le Franc très vite plonge. Il faut écoper le vaisseau.

 

Dans le combat des influences qui se joue cet automne, Delors reprend la main. Il ose parler de pause (un spectre hante la gauche, celui de Blum en février 37 demandant "une pause nécessaire dans la montée des finances publiques..."). Et il est le premier à faire expressément savoir que le déficit ne doit plus franchir les 3% du PIB, et cela pour l'ensemble des comptes publics (il sera bien le seul à être aussi strict, et précis, et complet). Fabius d'affirmer hautement, trois semaines plus tard : "Pour le budget, j'ai toujours posé comme règle que le déficit n'était acceptable qu'à condition de ne pas dépasser un montant raisonnable, de l'ordre de 3% du PIB".

 

Ici, une station s'impose : ainsi viennent de naître, et, pire, d'infiltrer les esprits comme un contaminant, les notions de "déficit acceptable" et de "montant raisonnable" : tomber en très lourd déficit, cela ne s'analyse qu'en référence à l'année dont on parle et non au parcours d'endettement sur lequel on s'inscrit, et, ainsi myopement circonscrit, ce n'est plus un défaut de ressources qu'il faudra, au plus vite, remonter, c'est un acte par nature conforme à la raison, aux Lumières pour un peu, mais à la condition, bien entendu, car on est aussi l'ennemi pondéré de tout ce qui est excès, qu'on ne rajoute guère à tout ce qu'on doit déjà que, bah, bon an mal an, une centaine de milliards - acceptable, raisonnable... superbes déplacements du sens : ou ce que la langue assouplie à l'ENA fait de la rhétorique d'Ulm.

  • Une seule voie nous reste : le déficit. Le déficit, d'abord, du citoyen lambda au Président de format courant, ça parle à tout le monde : être en déficit, c'est être à court d'argent ; ou, si l'on préfère, tirer aujourd'hui un chèque sur demain, qui devra rembourser. Ensuite, le déficit a depuis Keynes acquis ses lettres de noblesse économique : il figure vaillamment dans les théories, il est une des plus visiblement opératoires variables des modèles. Lui seul, c'est évident, a la carrure et la netteté pour nous tirer d'affaire. Le déficit ! mais qu'en faire ? à quelle contrainte le plier pour en extraire une norme ?
  • Le coup est vite joué. La bouée tous usages pour sauvetage du macro-économiste en mal de référence, c'est le PIB : tout commence et tout s'achève avec le PIB, tout ce qui est un peu gros semble pouvoir lui être raisonnablement rapporté.
    • La première, c'est qu'un même déficit peut être obtenu par différence entre des masses dont l'ampleur est sans comparaison : 20 milliards sont aussi bien la différence entre 50 et 70 milliards qu'entre 150 et 170.
    • Or, et c'est la deuxième remarque, on conviendra qu'il ne peut être tout à fait indifférent à la marche de l'économie que la masse des dépenses et recettes publiques soit d'une certaine ampleur (moins de 35% du PIB, comme aux USA ou au Japon) plutôt que d'une autre, bien plus grande (nettemment plus de 50% comme en France ou dans les pays scandinaves) ; sans même parler du contenu de chacune des masses : ce n'est pas la même chose d'aspirer un certain volume de recettes avec une TVA à 10% et un impôt sur le revenu montant jusqu'à 80%, qu'avec une TVA à 20% et un impôt sur le revenu de 30% au pire ; ou bien encore d'aligner un même volume de dépenses, mais avec 5% de subventions d'investissement dans un cas ou 20% dans l'autre. On voit donc que s'intéresser au déficit en soi, à son montant seul, n'a qu'un sens relatif. Première observation.
    • 1% serait maigre, et de toute façon insoutenable : on sait qu'on est déjà largement au delà, et qu'en éclats a volé magistralement ce seuil ;
    • 2% serait, en ces heures ardentes, inacceptablement contraignant, et donc vain ; et puis, comment dire, on sent que ce chiffre, 2% du PIB, aurait quelque chose de plat, et presque de fabriqué. Tandis que trois est un chiffre solide ; il a derrière lui d'illustres précédents (dont certains quon vénère). Surtout, sur la route des 100 milliards de francs de déficit, il marque la dernière frontière que nous sommes capables de concevoir (autre qu'en temps de guerre) à l'aune des déficits d'où nous venons et qui ont forgé notre horizon.
    • Mitterrand déleste le budget 1982, en cours de finition (on le présente en septembre), du déficit de 120 milliards où il se propulsait jusqu'à celui de 95 milliards qui sera annoncé, soit bien visiblement moins que le seuil symbolique - chiffon... rouge pour marchés en émoi - des 100 milliards de francs (nos 3% du PIB). Et c'est en août que Fabius..., pour la première fois dans toute l'histoire de la langue publique universelle (car nul encore nulle part, serait-ce à l'étranger, n'a jamais avancé ce ratio), réfère le déficit au PIB - pour le rendre bénin sans doute, et couvrir sa rudesse d'une gaze savante: car enfin, ces 2,6% du PIB qu'il cite aux journalistes sans s'y appesantir, presque comme en passant, comme une chose qui serait dans les moeurs, et du moins ne saurait inquiéter qui a fait des études et sait de quoi il parle, ces 2,6%, que pèsent-ils au fond, sinon le poids d'une pincée de PIB ? - et non la centaine de milliards de francs que rajoutés aux autres il faudra un jour, avant la fin des temps, ou avant la faillite, par l'impôt rembourser.
    • Mais l'automne déjà, ses bourrasques ; et le Franc balayé avec les premières feuilles : il faut dévaluer (dans la govlangue on dit "réajuster"), non sans avoir âprement négocié, négocié et plaidé, comme de juste, comme chaque fois, avec l'Allemagne - l'Allemagne au mark toujours trop fort, à l'inflation trop faible, à l'industrie trop fiable, l'Allemagne, ce modèle irritant et exténuant voisin qui construit sa confiance, interne et externe, comme ses machines-outils et comme ses berlines, sur le long terme, et sans désemparer, sans versatilité, unanime à ne pas tolérer que quiconque jamais y porte une ébréchure, tandis que nous changeons de pied, désunis, impatients et fragiles, plus inquiets d'affirmer une autorité que de faire autorité, plus sensibles à l'effet produit sur le théâtre de l'intelligence qu'à l'effort soutenu dans l'avancée commune.
Le sacro-saint ratio de 3% du PIB.... une invention franco-socialiste.

Dès lors dans les déclarations - Fabius, Delors, Mauroy - le 3% du PIB revient comme une antienne. Il est le phare qui balise la route (quand il n'est guère que le quinquet qui suit la descente à la dette). Tandis que les attaques contre le Franc reprennent de plus belle, et que la préparation du budget 83, sous la pression énervée des ministres, livre des premiers scénarios assez époustouflants (à son plus haut le décompte produit un déficit de 210 milliards de francs), le 3% du PIB, désormais bien en selle, devient le marqueur proclamé, martelé, d'une "politique maîtrisée des finances publiques" - en somme, on peut dévaler la pente de l'endettement sur un cheval qu'on cravache, mais à la condition, raisonnable, qu'il ne s'emballe pas. Le petit calcul discutable, mais malin, et tout de circonstance que nous avons commis un soir d'il y a quelques mois est maintenant devenu une norme publique, qui vaut principe, affiché, assumé, presque revendiqué, pour la conduite du gouvernement. Assurément, un succès assez rare.

 

  • Ce calcul, ce principe, il lui reste à recevoir encore, par les voies les plus solennelles, l'onction du Président. C'est chose faite le 9 juin 1982... ; lors de sa seconde conférence de presse du septennat, le Président dans son intervention liminaire déclare: "Le déficit est d'environ 3% et il ne faut pas qu'il dépasse ce pourcentage appliqué au produit intérieur brut. J'attends du gouvernement qu'il respecte - je n'ai pas lieu d'en douter sachant l'engagement du gouvernement tout entier - ce plafond de 3% et pas davantage." (... sachant l'engagement du gouvernement tout entier : on imagine qu'un ange - armé d'un coupe-coupe budgétaire -, fors Delors, sur les ministres passe).

 

Le processus d'acculturation est maintenant achevé ; on a réussi à déporter le curseur : ce qui est raisonnable, ce n'est pas de voir dans le déficit un accident, peut-être nécessaire, mais qu'il faut corriger sans délai comme on soigne une blessure ; non, ce qui est décrété raisonnable c'est d'ajouter chaque année à la dette seulement une centaine de milliards (en francs 1982). C'est cela, désormais, qu'on appelle "maîtrise" : en dessous de 3% du PIB, dors tranquille citoyen, la dette se dilate, mais il ne se passe rien - quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt, dit le proverbe chinois ; quand le sage montre l'endettement, l'incompétent diplômé regarde le 3% du PIB.

Le sacro-saint ratio de 3% du PIB.... une invention franco-socialiste.

- Extension du domaine du ratio
Puis un jour le traité de Maastricht et le TSCG[4] parurent sur le métier. Ce 3%, on l'avait sous la main, c'est une commodité ; en France on en usait, pensez ! chiffre d'expert ! Il passe donc à l'Europe ; et de là, pour un peu, il s'étendrait au monde.

 

Sans aucun contenu, et fruit des circonstances, d'un calcul à la demande monté faute de mieux un soir dans un bureau, le voilà paradigme: sur lui on ne s'interroge plus, il tombe sous le sens (à vrai dire très en dessous), c'est un critère vrai. Construction contingente du discours, autorité de la parole savante, l'évidence comme leurre ou le bocal de verre (celui dans lequel on s'agite, et parade, sans en voir les parois) : Michel Foucault aurait adoré.

 

Parfois lorsque j'entends, repris comme un mantra, le 3% du PIB, je m'amuse de ce trois que nous avons choisi. Me revient le souvenir du numero deus impare gaudet - le nombre impair plaît à la divinité - qu'on trouve dans Virgile. Et la traduction qu'en donne Gide dans Paludes : le nombre deux se réjouit d'être impair. Et il a bien raison, ajoute Gide.

Le 3% du PIB se réjouit d'être critère... Et il a bien raison.

 

 

  • Et en 2016..... ?

- L’inventeur des "3% de déficit" avec lesquels les Etats européens continuent de se débattre doute de la validité économique de son équation

Sources : La Rédaction de France Info mercredi 24 février 2016

Guy Abeille, créateur du fameux objectif de 3% de déficit public avec lesquels les Etats européens continuent de se débattre aujourd’hui, a reconnu mercredi soir sur France Info qu’"avec le recul", il aurait "peut-être la main qui tremblerait" au moment d’établir cette équation.

 

L’ancien chargé de mission à la direction du Budget sous François Mitterrand avait alors divisé la "perspective de déficit de 100 milliards de francs" avec le produit intérieur brut, ce qui avait donné 3%.
 
Il s’est toutefois interrogé sur la "validité économique" de ce chiffre de nos jours, même si cet objectif  reste "une règle qui permet de rassurer en particulier les marchés et de mettre une barrière, qui sert de référence. "

Notes :

[1] passe aux manettes de l'économie en 1976

[2] Dette française : les aveux effarants de Michel Rocard sur la loi de 1973

[3] « l’endettement public atteint 1 650 milliards d’euros sur un PIB de 1 950 milliards d’euros, soit 85 % du PIB » ; Absurde. Le PIB, c’est le PIB d’une année. La dette, ça court sur plusieurs années ; C’est comme si on comparait les revenus d’une personne sur 1 an avec l’emprunt qu’il a fait sur 25 ans pour acheter son appartement ; dans ce cas, son niveau d’endettement serait non pas de 85 %, mais peut-être de 200 % ou 300 % ! La durée moyenne d’un emprunt d’Etat est de 7 ans et 30 jours : il faut donc comparer le niveau d’endettement au PIB de la France pendant 7 ans, soit près de 14 000 milliards d’euros ; Et une dette de 1 650 milliards d’euros, ça fait seulement 12% du PIB de la France sur 7 ans..... moins que l'endettement de nombre de ménages qui parfois dépassent les 30% des revenus !

[4] TSCG : Le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance impose une « règle d’or » : les États doivent afficher des comptes publics « en équilibre ou en excédent ». Aux 3 % de déficit budgétaire maximum, imposé par le traité de Maastricht, le TSCG ajoute que le déficit structurel (calculé sur la croissance du PIB à moyen terme) ne doit pas dépasser 0,5 %,...

 

Pour en savoir plus :

Commentaires de J.L. Mélenchon après l’adoption du TSCG

- Nous déclarons la mort du Traité de l’austérité (TSCG)

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 14:31
Les "frondeurs" laisseront-ils les mains libres au gouvernement pour poursuivre la politique du MEDEF ?

Une simple "abstention" porterait un coup sérieux à la crédibilité de leur "volonté affichée" de mettre en oeuvre une alternative politique de gauche et au rassemblement à construire avec eux pour y parvenir....

 

 

- Le gouvernement travaillerait sur une augmentation de la TVA de deux points

La TVA va peut-être s'alourdir, selon Le Figaro et Libération, jeudi 4 septembre. Le Figaro, qui cite une "source gouvernementale", affirme que l'exécutif planche sur une hausse de 2% de la TVA qui pourrait être intégrée au prochain projet de loi de finances. "L'arbitrage final devrait intervenir dans les jours qui viennent", a précisé une source gouvernementale à Libération.

 

 

- Le chef de l'Etat remet sur le tapis la question du travail dominical, et par conséquent de l'ouverture des magasins.

En effet, F. Hollande travaille à l'ouverture des magasins le dimanche.

Ce projet est "dans l'air" depuis de nombreux mois. Le 19 juin, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères en charge des questions du tourisme l'avait déjà évoqué très explicitement lors d'assises réussissant près de 400 professionnels : Le gouvernement souhaite qu'à Paris, après concertation avec les partenaires concernés, certaines zones comme le boulevard Haussmann puissent être classées "zone touristique d'affluence exceptionnelle" afin d'y permettre l'ouverture de commerces le dimanche. La même souplesse est souhaitable dans les principales gares de France.

 

 

- Le congé parental et la prime de naissance bientôt réduits ?

Le gouvernement cherche à réaliser 800 millions d'euros d'économie sur le branche famille de la Sécurité sociale. Et pour y parvenir, plusieurs pistes sont étudiées. Selon Les Échos, le ministre des Affaires sociales envisagerait une réduction de la prime à la naissance et du temps du congé parental à partir du deuxième enfant.

 

 

- Hollande laisse l’OTAN mettre l’ONU sur le banc des remplaçants

Lors du sommet de l’Otan[1], vendredi, François Hollande a annoncé que la France participerait à une énième opération militaire occidentale au Moyen-Orient. Sur le dossier irakien comme ukrainien, l’Alliance atlantique tend toujours plus à mettre hors jeu l’ONU.

 

Fidèle à sa vocation, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) fait le choix des offensives militaires plutôt que des médiations diplomatiques. Lors du sommet qui s’est réuni, jeudi et vendredi, à Newport au pays de Galles, les chefs d’État et de gouvernement des vingt-huit nations de l’Alliance atlantique ont décidé d’inverser la courbe des dépenses d’armement, aujourd’hui orientée à la baisse. « Dans ce monde dangereux, nous reconnaissons que nous devons consentir des efforts additionnels et investir davantage d’argent », déclare Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’Otan. L’objectif réaffirmé est de voir chaque pays membre attribuer 2% du PIB à des dépenses de défense.

 

 

- Comité d'entreprise, délégués du personnel : vers une «remise en cause» des seuils sociaux

Le président François Hollande a demandé la levée de "verrous" permettant de « réduire » les effets de ces seuils, qui imposent aux entreprises, en fonction de leur taille, une centaine d'obligations -certaines réglementaires, d'autres sur la représentation des salariés - qui seraient un frein à l'embauche, selon lui.

 

 

- Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) ce n'est plus pour l'emploi, mais pour aider les entreprises

Le ministre de l’économie, Michel Sapin a changé sa manière de parler du CICE. Vendredi 5 septembre, alors qu’il était en visite dans une PME près de Lyon, M. Sapin a ainsi répondu à la question de savoir s’il créerait des emplois.

Ce qu’il a dit  : « Ce n'est pas comme ça que fonctionne une entreprise : le CICE est là pour aider les entreprises à reprendre de l'initiative [par de] l'investissement [...]. Vous ne pouvez pas avoir un modèle unique [...]. Ce n’était pas une aide conditionnée par telles créations d’emplois, tels types d’investissements. [...] C'est fait pour que les entreprises retrouvent des marges qu'elles avaient perdues, des capacités d'initiatives qu'elles avaient perdues. »

 

 

- Que la chasse aux chômeurs commence !

Alors que la pauvreté augmente parmi les chômeurs, le ministre du travail a annoncé qu'il avait donné des instructions à Pôle emploi pour que les contrôles sur les chômeurs soient renforcés et que des radiations soient le cas échéant, prononcées. Depuis vingt ans, les dirigeants socialistes ont toujours condamné ce type de stigmatisation populiste des plus fragiles. Aujourd'hui, ils miment là encore Nicolas Sarkozy...

 

 

- Le MEDEF en redemande : La fin du Smic et de certains jours fériés ?

Pour booster la croissance et créer des emplois, le MEDEF va bientôt annoncer des propositions chocs.

Le Medef veut profiter de "l'amour" que porte pour les entreprises le Premier ministre Manuel Valls pour proposer des mesures explosives afin de créer un million d'emplois. Promesse du patron des patrons, Pierre Gattaz.

"Il faut tout mettre sur la table pour faire sauter les blocages ", a assuré un proche de Pierre Gattaz à Europe 1. Ainsi, d'après la radio, le patronat veut la suppression pure et simple de deux jours fériés, ainsi que du Smic. C'est le modèle économique et social français dans son ensemble que veut revoir le Medef. Il veut toujours plus de flexibilité : les entreprises doivent pouvoir aménager le temps de travail en fonction de leurs contraintes, de leurs activités et aussi de la volonté des salariés.....

 

- Et je vois déjà les oreilles de Valls et Hollande se tendre !
A nos amis frondeurs, si vous votez la confiance et donnez un blanc seing au gouvernement en vous abstenant.... pas la peine de "brailler" ! Vous aurez la mise en œuvre de tout ou partie des nouvelles exigences du MEDEF aussi sur la conscience...... et ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !

 

 

Note :

[1] OTAN

 

OUI ! Tout cela ne mérite autre chose qu'une "abstention" des frondeurs comme gage de leur volonté de mettre en oeuvre une nouvelle politique ?

C'est la crédibilité d'un rassemblement nécessaire de la gauche qui en jeu par leur positionnement politique !

 

Pour en savoir plus sur le sujet :

- Avec le vote sur la confiance au gouvernement Valls, la semaine prochaine va tanguer  

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 09:40
Hollande ne pourra pas dissoudre le peuple

C’est finalement dans le TGV qui m’a conduit  puis ramené des Karellis, lieu traditionnel de l’université du PCF où j’étais convié à plusieurs débats, que j’ai trouvé le temps d’écrire cette note de rentrée. « Ma » rentrée pourtant, comme la plupart de mes camarades du PG, date de plus d’une semaine. Mais les occupations liées à notre Remue-Méninges à Grenoble ne m’ont pas laissé le temps d’assurer une concordance entre cette rentrée militante et sa traduction écrite.  Tant mieux : que n’aurai-je sinon raté ! Les déclarations de Montebourg et Hamon, Valls 2 succédant à Valls 1 ; François Hollande se donnant des airs « de » sous une pluie torrentielle à Sein puis à Paris (quoi que l’on puisse considérer cet accompagnement pluvieux comme faisant partie des constantes du Président de la république) ; Macron remplaçant Montebourg ; une standing ovation du Medef pour le 1er ministre ; son donneur d’ordre, Gattaz, annonçant les prochaines mesures antisociales du gouvernement avec, pour commencer, la dérégulation des seuils sociaux et du travail dominical ; l’abandon de tout encadrement des loyers etc… Bref autant de signes de l’accélération d’une crise politique et de régime. Si prégnante qu’elle n’a même pas pu attendre que soit passée l’université d’été du PS pour se manifester.

 

Donc où en sommes-nous ? A en croire les éditorialistes de la pensée unique qui se sont relayés cette semaine, eux aussi sont rentrés, tout pourrait maintenant rouler pour le gouvernement Valls 2. D’une part, le premier ministre dispose désormais d’hommes et de femmes qui adhèrent à sa politique. Fini les « gêneurs » de type Montebourg susceptibles d’effrayer les marchés et d’irriter Mme Merkel par des saillies certes impuissantes mais quand même mal venues. D’autre part, le Medef a adoubé Manuel Valls comme rarement premier ministre l’a été  sous la 5ème. Et s’il fallait encore rassurer les marchés et les actionnaires, la nomination d’un de leurs représentants, Emmanuel Macron, constitue la cerise sur le gâteau.

 

Source : le Blog d'Eric Coquerel Secrétaire national du parti de Gauche

- Vers l’échec assuré

Un Hollande à l’aise dans ses baskets de social libéral, une équipe prête à jouer loyalement le jeu, l’officine des patrons les plus libéraux derrière lui et la confiance des marchés : tout serait donc en place pour que la livraison des chiffres du chômage en juillet soit la dernière de ce type. On sait bien que ce ne sera pas le cas. Car en appliquant toujours plus drastiquement une politique vieille de 15 ans, celle du Blairisme triomphant, Hollande fait subir à notre pays les « recettes » qui ont menées dans le mur la France comme l’Europe. C’est en effet le moment de rappeler où en est la « reprise » de la zone Euro annoncée par ce charlatan depuis deux ans : comme la France, la croissance de l’Allemagne stagne et l’Italie est déjà entrée carrément en récession. Il n’y a donc pas besoin d’être devin pour décrire la situation  dans trois mois. C’est celle d’aujourd’hui : chômage en progression constante, activité en berne, toujours moins de services publics et de protection sociale, profits et dividendes des actionnaires en hausse. Et courbe de popularité du Président et du premier ministre au plus bas.

 

François Hollande ne réglera rien car c’est la politique à laquelle il croit – je résume : la main invisible du marché finira bien par arranger les choses si on lui fait suffisamment d’offrandes – qui est mauvaise et non pas spécialement les personnes qui l’appliquent. Même si en l’espèce, ils sont en plus mauvais.

 

C’est pourquoi François Hollande va échouer. Et à ce rythme je ne vois pas le gouvernement Valls 2 durer plus longtemps que le « glorieux » gouvernement de « combat » qui l’a précédé. Et si Hollande tient jusqu’en 2017, il y arrivera en lambeaux, mal parti pour franchir le 1er tour. Le socialiste Stéphane Delpeyrat a dans un tweet aussi rageur que lucide bien résumé le risque : « les 3% nous les atteindrons j’en suis sur. En mai 2017 ».

 

 

- Le peuple n’adhère pas au libéralisme

  • Pourquoi ces certitudes ?

Parce que le Medef n’a jamais fait une majorité dans ce pays. Pour des raisons historiques que ce billet n’a pas pour vocation de  détailler, mais dont la première est le souffle encore porteur de notre grande révolution,  le peuple français ne s’est au fond jamais converti à l’idéologie libérale. Sans forcément d’ailleurs emprunter des choix politiques clairs pour le dire. L’histoire de la 5ème le montre : Chirac bat le régent Balladur en dénonçant la fracture sociale, Sarkozy passe sur une entourloupe en s’appuyant sur la faiblesse du PS mais aussi l’ambigüité des discours concoctés par Gaino, Hollande l’emporte parce que l’Elysée vaut bien pour lui une grande messe contre la finance au Bourget et que justement son prédécesseur est châtié pour son libéralisme. Jusqu’à quand cela tiendra-t-il ? La question mérite d’être posée : la confusion qu’installe François Hollande en suivant la voie ouverte par Sarkozy, ayant un effet déflagrateur sur le peuple pourtant le plus politique au monde.  Mais j’ai la certitude que ce travail de sape ne sera pas suffisant pour inverser d'ici 2017 ce mouvement inscrit dans la longue durée. D’autant que notre peuple paye toujours davantage les conséquences néfastes de cette politique libérale. 

 

C’est l’analyse faite d’ailleurs par Marine Le Pen. Pourquoi sinon le Front national libéral et atlantiste de Jean-Marie Le Pen  s'avancerait-il désormais comme un parti national capitaliste ? Les ethnicistes ont compris que la prise du pouvoir en France est à ce prix. C’est aussi pourquoi, sur fond de crise, rien n’est assuré en cas de duel entre Marine Le Pen et un représentant de la droite traditionnelle au 2ème tour : pas sur  que cette fois un appel à la démocratie suffise à élire un représentant du camp libéral. Et si c’est le cas ce sera au profit d’une droite toujours plus travaillée par le programme xénophobe et antirépublicain du FN.

 

De cette analyse, on comprendra que qualifier un représentant de notre « camp » au 2ème tour de la Présidentielle est à bien des égards la meilleure assurance pour éviter le pire à notre pays.

 

  • Comment ?

En s’appuyant sur la formidable armée de réserve qui existe. Celle qui s’est largement abstenue aux européennes, qui ne supporte pas la politique appliquée mais qui, aujourd’hui, ne voit personne ou nulle force à même de la contester concrètement. Qu’elle s’abstienne en 2017 et la voie peut être ouverte pour Mme Le Pen ou en tous cas pour une droite travaillée par l’idéologie de l’extrême droite.

 

On aura compris que je ne crois pas dans la possibilité que le PS empêche ce scénario. Je pense même que François Hollande est en passe de le dissoudre comme l’ont été les partis de la gauche traditionnelle en Italie. J’écoute certains frondeurs en appeler à un congrès de leur parti, certains que Valls est minoritaire en son sein. Je ne partage pas cette illusion. Bien sûr, ce dernier n’a atteint que 5% à la primaire socialiste mais François Hollande en était sorti en tête et en dehors d’Arnaud Montebourg, aucun de ses concurrents ne dérogeait sur le fond au social libéralisme. Ce n’est qu’ensuite, en février 2012, que devant la poussée de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche, Hollande a fait dans la critique de la finance. Mais souvenez-vous de son interview au Guardian publié quasi en même temps que le Bourget. Ce rapport de force a-t-il changé dans le PS ? L’université de La Rochelle transformé en happening et où les frondeurs mobilisés ont fait entendre fortement leur voix pourrait le laisser penser. Je n’y crois pas. Je considère que ce parti a en réalité changé de nature comme de sociologie militante. D’ailleurs si les frondeurs se font entendre, et vu la brutalité de Valls cette semaine le contraire aurait été étonnant, il s’est trouvé 200 autres députés pour se dire en solidarité avec la politique menée. Il est fort possible, comme la SFIO à son époque, que le PS meure du « Hollandisme ». Mais d’ici là, ce n’est pas de lui que viendra l’issue. L’imaginer, concentrer nos efforts militants sur ce mirage nous ferait non seulement perdre un temps précieux mais semer encore plus d’ambiguïté sur notre compte vis à vis des français.

 

 

- Pour un Front de Gauche utile à construire son propre dépassement

  • L’issue viendra-t-elle du seul FDG et l’unité de l’autre gauche ?

Cela a été l’axe stratégique du PG depuis sa création. C’est dire s’il fait partie de notre ADN. Non sans réussite. Nous sommes ainsi quasiment parvenus à rassembler toute l’autre gauche. Avec le résultat que l’on sait : les 4 millions de voix de Jean-Luc Mélenchon en 2012 ont crédibilisé notre démarche. Mais pour finir deux ans après sur le récif des Européennes. Je ne reviendrai pas sur l’ensemble des raisons de cet échec. Je l’ai fait largement dans mes billets de juin. Mais la principale est celle-ci : nous n’avons pas été suffisamment dissociés de LA « gauche » qui gouverne pour apparaître comme son alternative plausible. Or, comme l’a affirmée justement Jean-Luc Mélenchon dans son discours de clôture à Grenoble, force est malheureusement de constater que « le système n’a plus peur de la gauche ». Résultat : en dehors de sa partie la plus politisée, le peuple qui veut le contester ne se tourne plus vers ce qui s’apparente à LA gauche. Injuste mais bien réel.

 

  • Est-ce à dire que FDG ne sert plus à rien ?

Evidemment non. Nous avons eu tant de mal à rassembler cette énergie militante qu’il serait stupide de la déconstruire gratuitement. Mais le FdG doit aujourd’hui utiliser cette capacité militante dans un projet qui nécessairement doit le dépasser. Comment fédérer le peuple, le remettre en mouvement, lui donner envie de reconquérir sa souveraineté politique ? Voilà la question. Il serait injuste de dire que le FdG ne se la pose pas depuis quelques temps. La notion de Front du peuple, progressivement reprise par les forces qui le composent, en est l’écho. On voit bien en tous cas que ce n’est pas le seul FdG, ni même la seule addition de forces politiques, qui sera à même d’atteindre cet objectif d’ici 2017. Il peut toujours par contre en être l'outil principal. S'il change.

 

 

- Le moteur du changement : la souveraineté du peuple

Le peuple ne se tournera donc pas vers nous s’il nous perçoit comme l’appendice contestataire d’un PS fantasmé comme le centre incontournable de la gauche. Mais ce ne sera pas non plus suffisant de lui proposer de nous mettre en tête de la gauche pour ensuite transformer celle-ci. Nous ne sommes pas parvenus à le convaincre de cette utilité, nous y parviendrons encore moins dès lors que Hollande et Valls captent la notion de gauche au profit d’une des politiques les plus socialement droitières de la 5ème République. II faut voir plus loin, plus large, plus en capacité de concrétiser le fait majoritaire dans un mouvement totalement indépendant du système et des jeux d’alliance qu’il implique, PS compris. C’est la raison pour laquelle Jean-Luc Mélenchon a mis sur la table le projet d’un mouvement pour la 6ème République au point de souhaiter y consacrer le plus clair de son temps. On aura compris qu’on ne parle pas là seulement transformation institutionnelle mais bien de changement de République au sens littéral du terme : une république citoyenne, sociale et écologiste en lieu et place de la monarchie présidentielle et de plus en plus oligarchique qui corsette la souveraineté populaire. Raison pour laquelle, seul le peuple pourra la constituer à travers l’assemblée qu’il se donnera pour cet objectif. 

 

Remettre le peuple en mouvement dépasse donc la simple accumulation de courants et de forces politiques. Un mouvement pour la 6ème république nécessitera ainsi  l’irruption de collectifs permettant une implication citoyenne maximum sans que l’on demande à ses membres de décliner leur appartenance politique.

 

Le Parti de Gauche va s’y engager. Nous allons, dès son Assemblée générale du 6 septembre, proposer la même chose au Front de Gauche. S’il veut jouer encore un rôle majeur, il ne peut plus être le lieu des ambigüités stratégiques et des polémiques qu’il a été depuis 2012. Cela implique déjà qu’il soit capable assez vite, la fin de l’année semble une butée réaliste respectueuse de la souveraineté de ses organisations, de se réorienter vers une stratégie nationale qui ne peut être, pour commencer, que celle de l’autonomie vis à vis du PS aux prochaines élections. C’est une condition de son utilité et de son maintien.

 

 

- Combattre le gouvernement Valls 2 comme n’importe quel gouvernement de droite.

Les autres forces et courants de la gauche anti austérité ? Dire que c’est le peuple qu’il faut ambitionner de fédérer indique l’objectif essentiel. Le moyen dont nous ne pouvons nous passer pour réussir. Mais il serait stupide de ne pas chercher à mobiliser dans ce dessein la dynamique accélératrice que ces forces peuvent constituer. Ce n’est pas l’un ou l’autre. Si nous pensions l’inverse, nous arrêterions de construire le parti de gauche. Nous entendons donc œuvrer à l’unité de tout ce qui s’oppose à la politique actuelle.  C’est notamment le cas des collectifs issus de la marche du 12 avril qui veulent travailler à l’unité la plus large sur le front social des syndicats, associations, partis. Pour mieux résister mais pas seulement. Nous devons plus que jamais démontrer notre capacité à apporter des réponses immédiates et concrètes aux questions premières que se posent les français, l’emploi en premier lieu. Celles que sans attendre nous serions à même d'appliquer au gouvernement pour rompre avec le libéralisme et le productivisme et apporter un mieux-être rapide au pays.

 

Tout cela participe à la bataille contre le gouvernement Valls 2.  Qu’il faut évidemment  combattre sans attendre les Présidentielles comme nous le ferions de n’importe quel gouvernement de droite. Sa légitimité ne tient qu’à un fil, il faut faire en sorte de le faire tomber. Les autocollants « Valls Démission » sortis par le PG au moment où, ministre de l’intérieur, il promouvait sa politique du bouc émissaire  (il a largement continué cet été), vont pouvoir ressortir !

 

 

- Le révélateur du vote de  confiance à un gouvernement qu’il faut faire tomber

Dans notre esprit,  le processus alternatif décrit dans ce billet concerne tous les opposants de gauche. J’estime cependant que se profile un test décisif pour tous ceux qui appartiennent à l’actuelle majorité gouvernementale : c’est d’en sortir ! Franchement. Voilà pourquoi nous demandons aux « frondeurs » de tous type, qu’ils soient socialistes, EE-LV ou MRC de s’opposer réellement à la politique de Valls en empêchant qu’elle sévisse plus longtemps. Sinon rien ne sert de se sentir fort à l’applaudimètre à la Rochelle. Ils ne doivent pas voter la confiance au gouvernement et à fortiori, s’il passe cette épreuve, son budget. Non pas s’abstenir mais voter contre. C’est le courage que nous leur demandons de démontrer à ceux qui les ont élus mais aussi la condition pour construire ensemble l’avenir. C’est aussi un service pour eux-mêmes car le peuple ne fera pas le  tri entre ceux qui appliquent cette politique avec entrain et conviction et ceux qui la permettent en râlant. Hollande peut arriver à dissoudre le PS, voir la gauche mais pas le peuple… Et la note que ce dernier présentera sera salée.

 

 

- C’est reparti !

Je voudrais finir cette note en parlant du Parti de Gauche. L’échec des Européennes a pesé dans notre histoire et sur chacun d’entre nous. Nous sommes des militants faits de chair, de convictions et de sentiments, dévoués à une cause qui ne nous rapporte aucun confort matériel, au contraire. Nous avons nos fragilités. Juin a ainsi été difficile à passer pour beaucoup d’entre nous après la fatigue accumulée et la tension des élections municipales et européennes. Comme tout groupe humain, nos douleurs ne sont pas seulement politiques. Nous ne sommes évidemment pas immunisés contre la fragilité et la finitude de l’humanité. La disparition aussi inattendue qu’injuste de notre camarade et éditeur Bruno Leprince survenue la veille de notre Remue-méninge nous l’a rappelée dramatiquement.  J’ai toujours considéré que l’un des moteurs de l’engagement politique, dès lors qu’il n’est pas seulement un plan de carrière,  était de transcender notre nature éphémère en l’inscrivant dans une communauté de destin présente et à venir. Une chaine fraternelle qui nous conduit à nous battre pour l’actuelle humanité mais aussi pour ceux qui viendront après nous. Pour qu’ils puissent continuer à vivre sur cette planète et si possible mieux que nous. C’est, je suis sur, ce qui nous pousse à agir et à militer malgré tout, et encore plus, quand beaucoup d’entre nous redoutent qu’il soit trop rapidement minuit dans le siècle.  Nous refusons l’inéluctable.

 

Dans cette période difficile, notre Remue Méninge a été un moment politique exaltant dont nous ressortons plus forts. A son issue un militant ma interpellé d’un joyeux « c’est reparti ! ». Je l’ai gardé en esprit car il résumait bien je trouve le sentiment général. Parce que nous avons commencé collectivement à définir une autre stratégie, parce que nous en sommes sortis en ayant des idées claires sur « que faire ? ». Parce qu’aussi, au cours des débats et ateliers, tous remplis, nous avons appris des choses et en sommes sortis plus intelligent que nous n’y étions entrés. Et ce, grâce aussi à nos invités qui, tous, ont été pertinents et souvent brillants.

 

Accepter comme nécessaire le retrait de la coprésidence de Jean-Luc Mélenchon et de Martine Billard, nous a conduit à commencer aussi à réorganiser notre direction. Dans celle-ci je m’occuperai dorénavant de la coordination politique du PG sans cesser, pour le moment, de gérer les relations unitaires. Je vais me consacrer du mieux que je pourrai à cette nouvelle fonction, certain que si notre PG n’est pas une fin en soi, mais un outil, il reste terriblement précieux dans le moment politique que nous vivons. Et que cela donc vaut le coup de le renforcer.  Pour mieux combattre l’insupportable.

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 12:22
« Hollande met en pratique une version droitisée du blairisme »

Alors que s’ouvre à La Rochelle l’université d’été du PS, Philippe Marlière, spécialiste de la « troisième voie », l’approche politique portée par Tony Blair en Grande-Bretagne, revient sur les événements politiques de ces derniers jours à la lumière de l’histoire politique britannique. Ce professeur de science politique à l’University College de Londres, cofondateur avec Liêm Hoang Ngoc du club des socialistes affligés, fait part également de ses hypothèses quant à l’avenir du PS.

 

Sources :  Politis.fr

- Politis.fr : Dans quelle mesure François Hollande est-il, plus encore depuis ce week-end, le Tony Blair français ?

Philippe Marlière : Ce qui s’est passé le week-end dernier s’inscrit dans la continuité de l’action de François Hollande depuis son arrivée au pouvoir en 2012, et plus encore de l’inflexion qui a eu lieu en janvier 2014 quand il a annoncé la mise en œuvre du pacte de responsabilité. Reste qu’en effet les déclarations d'Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l’Economie, qui parle d’augmenter la TVA et de toucher aux 35 heures, ont quelque chose d’extraordinaire !

 

Il est vrai qu’il y a du Tony Blair chez Hollande : il porte un discours duquel ont disparu les références aux conflits sociaux ou aux classes sociales. Il veut nous faire croire que, dans ce monde « globalisé » et « compétitif », il y aura une part de gâteau pour tout le monde… Sans parler de sa politique économique centrée sur l’offre.

 

Mais, en réalité, le compromis entre le capital et le travail, qui est au cœur de la social-démocratie et qu’on retrouvait en dose homéopathique dans le blairisme, est absent de la politique de François Hollande. Comme il n’a pas de marges de manœuvre du fait de la crise actuelle, le Président est condamné à mettre en pratique une version de droite du blairisme. Il n’a fait passer aucune mesure de progrès social pour le salariat en deux ans alors que – certes, contraint et forcé par les syndicats – Tony Blair avait, lui, mis en place le salaire minimum et investi dans les services publics. Pris dans le piège de l’austérité, Hollande se retrouve donc incapable de donner un peu de grain à moudre à gauche.

 

Autre différence importante : contrairement à Hollande, qui a menti et a trahi ses électeurs, Blair avait annoncé la couleur. L’ex-Premier ministre travailliste avait été élu sur un programme droitier qu’il a appliqué et qui avait été au préalable adoubé par la presse Murdoch mais aussi accepté par le parti travailliste. Celui-ci était désespéré de retourner au pouvoir après vingt années de gouvernement de droite dure.

 

 

- Politis.fr : Blair avait-il maltraité son parti comme le font Hollande et Valls ?

Philippe Marlière : Oui, mais on perçoit une vraie jubilation chez Manuel Valls à, comme il dit, « briser les tabous » (une expression de droite), à mettre en pièce et à discréditer les valeurs de gauche et le regard qu’elle porte sur la société – cette vision du monde qui repose sur la dénonciation de l’exploitation et de l’injustice sociale. On ne trouve nulle trace de cette philosophie de gauche chez Valls, ni chez Hollande d’ailleurs. Valls utilise avec fierté les « mots et la grammaire » de la droite et du patronat, selon l’expression ravie de Denis Kessler, l’ex-numéro deux du Medef. Lors de son intervention devant l'université d'été du Medef, mardi dernier, il a fait consciemment un véritable bras d’honneur à son parti et à l’ensemble de la gauche. En cela, le Premier ministre ressemble au Tony Blair triomphant des années 1990, dont il reprend d’ailleurs la terminologie quand il parle de « vieille gauche » (« old left ») pour discréditer ses opposants.

 

Mais, autant François Hollande offre une version de droite du blairisme, autant Valls est au-delà du blairisme : c’est un néolibéral-conservateur. Sur le plan économique, il est thatchériste : il croit en la dérégulation du marché et du code du travail ; sur le plan sociétal, il a traîné des pieds sur le mariage pour tous, refuse de donner le droit de vote aux étrangers, et sa scandaleuse sortie sur les Roms a piétiné plus de deux cents ans de tradition républicaine française. Parler de social-libéralisme à son égard est un contresens, car ce courant philosophique né à la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne était très critique envers un capitalisme sans entraves et promouvait des réformes sociales en faveur de la classe ouvrière paupérisée.

 

 

- Politis.fr :Quelle est la stratégie de Manuel Valls quand il fait ainsi de la provocation vis-à-vis de tout un pan de son parti ?

Philippe Marlière : Manuel Valls a une stratégie claire en tête. Il triangule, comme l’avait fait Blair, ce qui avait permis au travailliste de repousser les conservateurs vers la droite et de remporter trois élections d’affilée. Le seul problème, c’est que le contexte en France n’est pas celui du bipartisme britannique, un pays où il n’y a ni FN ni force importante à la gauche du parti travailliste. Du coup, le pari de Manuel Valls de droitiser un maximum son discours pour contraindre la droite à la surenchère risque surtout de faire le jeu du Front national en 2017.

 

 

- Politis.fr : La gauche française est-elle condamnée à se « blairiser » ?

Philippe Marlière : Le PS aurait certainement un, voire deux blairismes de retard ! Les idées de la troisième voie sont apparues en 1995. Cela s’appelle faire du neuf avec du vieux ; un copié-collé d’un galimatias politique tourné en ridicule par les universitaires et les commentateurs britanniques depuis plus de dix ans ! En Grande-Bretagne, le blairisme a mal fini : une droite dure est revenue au pouvoir et le parti travailliste a perdu la moitié de ses membres…

 

Aujourd’hui, il existe deux scénarios possibles en France :

  • Soit le PS se transforme en parti post-social-démocrate sous les assauts de Valls et de Hollande, comme dans la situation italienne : c’est une option à ne pas exclure quand on observe la loyauté, le suivisme et le carriérisme de nombreux élus socialistes jusqu’à présent ;
  • Autre hypothèse : la démarche commando de Valls et de Hollande et la rupture totale avec les promesses et le programme de 2012 provoquent, in fine, une coupure dans le parti, avec des départs, comme il y en a eu au Pasok grec. Mais, dans le court terme, j’ai du mal à imaginer que les « rebelles » quitteront le PS en masse, ce qui permettrait la création d’une grande force à la gauche d’un PS en chute libre.

 

C’est ce que j’appellerai « l’hypothèse Syriza ». Il est vrai que certains frondeurs au PS sont d’authentiques sociaux-démocrates. Ils se trouvent donc pour le moment dans un entre-deux entre ce gouvernement blairiste et le Front de gauche. Le rapprochement avec les frondeurs peut être envisagé, mais pas avant que Valls ne soit allé jusqu’au bout de son action néolibérale-conservatrice, synonyme de déroutes électorales pour le PS.

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 13:40
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
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Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
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- La CGT..... mais pas seulement !

- Le collectif contre contre l'hyperincinérateur d'Echillais

Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS

- PS à La Rochelle : des manifs et une université devenue bunker

Sources :  quotidien Sud-Ouest

Manuel Valls s’est fait huer, hier, lors de son arrivée à La Rochelle.

PS à La Rochelle : des manifs et une université devenue bunker
Les manifestants ont été tenus très éloignés de l’université d’été du PS, à La Rochelle. © Photo romuald augé

À croire que le Premier ministre avait envie de se faire huer. Sinon, pourquoi Manuel Valls aurait-il marché depuis la gare jusqu'à son hôtel lors de son arrivée, hier après-midi, à La Rochelle ? Ce n'était pas nécessaire. Cela revenait quasiment à faire le tour des manifestants, pourtant cantonnés loin de l'université du PS.

 

Un adhérent de l'association Sauvons nos entreprises a été interpellé et conduit au commissariat pour avoir voulu s'approcher du Premier ministre…

 

Fumigènes, bruit et fureur. CRS partout. Beaucoup de policiers en civil. Les manifestants de plusieurs organisations, comme celle qui réclame la régularisation des sans-papiers, le collectif Palestine et surtout la CGT (spectacle, cheminots, retraités…) étaient quelque 500 le matin. Beaucoup moins nombreux l'après-midi. Nombre d'entre eux avaient levé le camp, las de ne susciter qu'indifférence auprès des militants, élus et ministres quand ils passaient à proximité.

 

 

« Valls-Hollande, ça suffit ! »

Il faut dire que l'accueil réservé par quelques-uns, dès le matin, à Jérôme Guedj, ex-député (suppléant de François Lamy) et président du Conseil général de l'Essonne, n'était guère engageant. Ils lui avaient en effet expliqué que son attitude « ne servait à rien ».

 

Quelques militants socialistes étaient cependant dans la manifestation. C'était la première fois que la CGT organisait un tel événement à l'occasion de l'université du Parti socialiste. Avec une grande pancarte « Non à l'austérité » et de plus petites portant des slogans comme « Valls-Hollande, ça suffit, assez de cadeaux au patronat, le Medef ne fera pas la loi ». Ou cette photo d'un couteau déchirant un Code du travail et légendée « Meurtre avec préméditation ». Et un slogan sans cesse scandé : « Les jeunes dans la misère, les vieux dans la galère, on n'en veut pas ! » Grand podium, musique, distribution de tracts…

 

 

Site barricadé

Malgré tout, ce n'était qu'une manifestation périphérique en ce sens que personne n'a pu s'approcher de l'Espace Encan, où se déroulent les travaux du PS. L'université était devenue un bunker. Inaccessible : tous ceux qui n'avaient pas le droit d'entrer étaient tenus très éloignés. Au grand dam des manifestants, de ceux qui auraient voulu pouvoir parler avec des élus et aussi des commerçants du site, qui n'ont plus vu de touristes. Le site était barricadé.

 

La préfecture avait pris des mesures en fonction des manifestations déclarées. Un millier de personnes étaient annoncées.

 

Dans l'histoire de l'Université du PS, c'était une première. C'est révélateur.

 

----------------------------------------------

- Univ. d'été du PS : j'étais en direct avec les "frondeurs"

Le ton employé était courtois mais loin d'être amical.

Je rappelle aux "frondeurs" Marie-Noëlle Lienemann et Jérome Guedj qu'a trois reprises en juillet dernier ils auraient pu, par leurs votes, mettre en conformité leurs actes et leurs propos, mais qu'il n'en a rien été. Ils ont laissé adopter les trois textes présentés (vote du budget rectificatif de la Sécurité Sociale : la "fronde" n'était que médiatique !).

 

Je demande aux frondeurs de ne pas faire la synthèse, de ne pas voter la confiance en octobre. Avertissement leur est fait que Valls et Hollande désespèrent tous les électeurs de gauche, et que la gauche toute entière est mise dans le même sac, qu'elle soit NPA, PCF Front de gauche, PG, LO ou PS.


L'électorat populaire fait un amalgame de tout ce monde là, et se réfugie dans l'abstention ou est tenté de répondre aux sirènes de Marine Le Pen.

Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
Pour le quotidien Sud-Ouest c'est la première fois que la CGT vient manifester devant les universités d'été du PS
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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 17:37

- Le collectif contre contre l'hyperincinérateur d'Echillais

MANIFESTATION CE DIMANCHE A LA ROCHELLE
Nous nous inviterons dimanche matin à l'université d'été du PS avec banderoles, sifflets, casseroles... Pour nous faire entendre !!!
C'est CAPITAL car toutes les télés et journalistes nationaux seront là !
- RDV Dimanche 31 Août à 9 H à Rochefort au stade rouge pour du covoiturage
- ou bien RDV à 9 H 30 devant la gare de La ROCHELLE

29/30 août 2014 : jamais les universités d'été du PS n'auront rassemblé autant de mécontents...

- Journée d'action CGT le 30 août à La Rochelle

- Exigeons des actes forts pour sortir de la crise ;

- Maintenant ça suffit ! Le gouvernement doit entendre les Retraités

 

Tract d'appel à la participation à l'initiative à télécharger ci dessous :

29/30 août 2014 : jamais les universités d'été du PS n'auront rassemblé autant de mécontents...

- Rassemblement régional contre le TAFTA

29/30 août 2014 : jamais les universités d'été du PS n'auront rassemblé autant de mécontents...

- Rassemblement régional de solidarité avec le peuple palestinien

A cette occasion nous interpellerons les élus, les ministres présents afin :

  • qu'ils s'engagent et agissent afin que la France entre en action pour la reconnaissance des droits des palestiniens pour une paix juste et durable en Palestine ;
  • qu'ils prennent une initiative diplomatique et sanitaire urgente en direction des enfants de GAZA pour leur faire une place dans tous nos hôpitaux !
29/30 août 2014 : jamais les universités d'été du PS n'auront rassemblé autant de mécontents...

- Sans oublier les sans papiers et bien d'autres comme la fiière conchylicole.......

 

- Mais AUSSI rassemblement pas pour dire  "Non aux projets inutiles, non à la A31 !"  mais oui à ce projet stupide

Un conglomérat de ce que la Charente Maritime compte de défenseurs du tout routier de la droite UMP majotaire au Conseil général au PS

 

- Ah, j'en oublié, peut être y aura t'il aussi un rassemblement du MEDEF en soutien à Hollande et Valls..... peut être aussi le collectif des "virés du gouvernement" !

 

Hollande aura au moins réussi un véritable changement en la matière.... de plus en plus de monde à La Rochelle pour..... contester la politique du PS et de ses soutiens, qui eux se font de plus en plus rare !

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus :

- PS à La Rochelle : des manifs et une université devenue bunker

29/30 août 2014 : jamais les universités d'été du PS n'auront rassemblé autant de mécontents...
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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 13:57
Dans son livre L'Imposteur, Jacques Cotta décortique la politique de François Hollande

Dans cet ouvrage, l'auteur et journaliste [1] dévoile le résultat d'une enquête récente auprès de sénateurs et députés afin de « démontrer l'imposture de la politique de François Hollande, basée sur les mêmes actions que son prédécesseur avec des promesses éléctorales toutes autres ».



- Document choc
Dans cet ouvrage, de nombreux enjeux sont analysés par l’auteur : chômage, rapport entre maintien de l’emploi et compétitivité des entreprises, éducation, démocratie et répartition des pouvoirs, mais aussi Europe et place de la France dans le monde aujoud’hui.

 

- Témoignages de députés et sénateurs
À mi-chemin du mandat Hollande, ce document nourri de cas concrets et de témoignages récents, s’appuie notamment sur les révélations de députés et de sénateurs de la majorité expliquant les raisons de leur déception face à la politique du gouvernement en place.


Fort de son travail auprès des concitoyens en difficultés comme des privilégiés, Jacques Cotta partage les conclusions brûlantes d’une enquête de terrain récente, permettant d’évaluer les engagements et promesses du Président Français. « Le changement, c’est maintenant ! »

 

Note :

[1] Jacques Cotta, journaliste en charge de la série de documentaires « Dans le secret de… » sur France 2, a réalisé de nombreux films d’investigation dont Front national, la nébuleuse (7 d’Or) et rédigé plusieurs ouvrages parus aux éditions Fayard et J.C. Gawsewitch

- L'imposteur, un livre de Jacques Cotta (entretien avec l'auteur)

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 07:58
Info ou Intox ? Un lobby israélo-américain "aurait" financé François Hollande pour battre Martine Aubry lors des primaires du PS

Si cela s'avérait exact, quelles conséquences sur la politique étrangère de la France ?

 

Un homme d'affaires américain dévoué à la cause sioniste affirme que François Hollande avait reçu de l'argent via son organisation lors des primaires socialistes de 2011.

 

Sources : PANAMZA le 28.02.2014 à 19h12 par Hicham HAMZA

Le 4 décembre 2013, le site d'un hebdomadaire de la communauté juive californienne, dénommé The Jewish Journal, a publié un article détonnant -et jusqu’alors passé inaperçu- à propos de l'activisme pro-israélien en France.

 

Intitulé "Pouvoir juif (sic) and French concerns over the nuclear deal", le papier de Rob Eshman postule l'idée suivante: la position intransigeante de Paris envers Téhéran -sur la question nucléaire- s'expliquerait partiellement par le lobbying efficace et discrètement pratiqué par ELNET (European Leadership Network), une organisation sioniste fondée en 2007. Son président et cofondateur, Larry Hochberg, est un entrepreneur américain qui, après avoir fait fortune dans le commerce des jouets et des vêtements sportifs, s'est investi dans la cause pro-israélienne en rejoignant l'AIPAC (groupe de pression auprès des parlementaires) et en dirigeant l'association des "amis des forces de défense d'Israël" (FIDF). Comme il le confia lors d'un entretien antérieur, sa prise de conscience envers le sort du "peuple juif" daterait de la guerre des Six-Jours de 1967.

 

Larry Hochberg, à droite de l'image, lors d'un dîner annuel du FIDF

 

Interrogé par The Jewish Journal, Larry Hochberg se vanta ainsi, sans vouloir donner des détails spécifiques, d'avoir influencé -avec succès- des dirigeants européens et notamment français. Il expliqua que la position française sur l'Iran, largement alignée sur celle de Tel Aviv, n'était "pas accidentelle": selon lui, elle trouvait son origine dans la proximité cultivée par ELNET-France (fondée en 2010) avec l'Élysée.

 

 

Après avoir relaté le mode de financement des antennes européennes d'ELNET (500 000 dollars destinés aux programmes "éducatifs", le reste collecté sur place auprès des "contributeurs" locaux) et estimé à 1,5 million de dollars l'ensemble de la somme annuelle collectée par des donateurs pro-israéliens à destination des candidats en France, Larry Hochberg confia incidemment un exemple inattendu, rapporté de la sorte par son interviewer: 

Les donateurs pro-israéliens ont donné un tiers de l'argent pour aider Hollande à battre Martine Aubry lors des primaires.

 

Aubry ? Il est vrai que la maire de Lille et rivale de François Hollande au second tour des primaires avait alors mauvaise presse auprès des faiseurs d'opinion pro-israéliens. À l'inverse, Hollande bénéficiait, depuis plusieurs années, d'une image relativement favorable aux yeux de la mouvance sioniste hexagonale.

 

 

- Lobbying dans l'ombre

Pour démontrer l'influence de son organisation auprès du chef de l'État, Hochberg précisa également que le directeur exécutif d'ELNET-France, dénommé Pour démontrer l'influence de son organisation auprès du chef de l'État, Hochberg précisa également que le Arié Bensemhoun, avait accompagné Hollande lors de sa visite officielle en Israël, en novembre dernier. Un séjour au cours duquel le Président français s'était déclaré prêt à entonner "un chant d'amour pour Israël et pour ses dirigeants" comme l'avait révélé Panamza.

 

 

Hochberg et Bensemhoun font également tandem pour expliquer leur volonté de rapprocher l'État hébreu et l'Union européenne comme en témoigne cette interview croisée des deux hommes, réalisée en juin 2012.

 

 

Ex-candidat malheureux à la présidence du CRIF, le dentiste toulousain Arié Bensemhoun avait songé, dès 2010, à "s'inspirer des méthodes" de l'AIPAC comme il confia à ses camarades lors d'un entretien interne. Au lendemain de la mort de l'ex-Premier ministre israélien Ariel Sharon, l'homme avait également exprimé en des termes méprisants sa vision de la société palestinienne.

Info ou Intox ? Un lobby israélo-américain "aurait" financé François Hollande pour battre Martine Aubry lors des primaires du PS

Il convient ici de souligner que Roger Cukiermann, président du CRIF, est également membre du conseil d'administration d'ELNET-France comme en témoigne l'en-tête d’une lettre officielle que s'est procuré Panamza.

 

Info ou Intox ? Un lobby israélo-américain "aurait" financé François Hollande pour battre Martine Aubry lors des primaires du PS

Qu'en est-il des fonds collectés par François Hollande en 2011? Une enquête du Parisien, publiée fin 2012 et consacrée au financement des primaires socialistes, soulignait leur relative opacité. Voici ce que rapporta également le Lab d'Europe 1 à propos de François Hollande :

"Il est le seul à avoir respecté la règle initiale du PS : 50 000€ de dotation. Normal, celui qui allait devenir chef de l’Etat quelques mois plus tard n’a pas eu besoin de coup de pouce de Solférino, fort qu’il était d’un important réseau de récolte de donsFrançois Hollande a fait une campagne des primaires très dépensière pour un budget total largement supérieur à celui de ses concurrents : 730 000 euros".

 

ELNET (également co-dirigée par Raanan Eliaz un ancien collaborateur Ariel Sharon) peut-elle encore avoir une influence sur les prochaines échéances électorales de l'Hexagone? Rappelons ici un fait important : loi du 11-10-2013 - relative à la transparence de la vie publique- fixe à 7500 euros par personne, par parti et par an le montant maximum d'un don.

 

Il n'est pas exclu que des donateurs pro-israéliens, réunis ou fédérés via ELNET-France, puissent, sur le modèle américain de l'AIPAC cher à Bensemhoun, tenter de donner un coup de pouce aux candidats des prochaines élections (surtout européennes) en échange d'un engagement public envers l'État hébreu. En juin 2013, ELNET-France avait déjà organisé le discret voyage en Israël et dans les Territoires palestiniens d'élus Europe Ecologie-Les Verts.

 

En toute logique, le Parti socialiste est aussi dans leur ligne de mire: ceci pourrait expliquer la présence d'Arié Bensemhoun aux côtés de Manuel Valls, hier soir au dîner du CRIF Midi-Pyrénées.

 

Si la participation du Toulousain semble évidente, il n'en va pas de même pour celle de Pierre Dassas, président d'ELNET-France: l'homme aux cheveux blancs est visible sur cette photographie capturée hier soir (deuxième rangée, à gauche de l'image). Bensemhoun apparaît, quant à lui, à la droite de Valls.

 

Info ou Intox ? Un lobby israélo-américain "aurait" financé François Hollande pour battre Martine Aubry lors des primaires du PS

Pierre Dassas est cet homme particulièrement discret qui a organisé -en avril 2012- le "Congrès des amis d'Israël", soirée de célébration de l'État hébreu dans laquelle l'auteur de ces lignes s'était glissé. Le but de l’évènement: faire signer aux élus présents (parmi lesquels Manuel Valls, alors député-maire d'Évry) la "Charte des amis d'Israël", un document ultra-sioniste si l'on en juge par le ton lyrique de son texte.

 

Info ou Intox ? Un lobby israélo-américain "aurait" financé François Hollande pour battre Martine Aubry lors des primaires du PS

Nulle surprise quand on sait que l'un des conseillers d'ELNET, dénommé Steven Rosen, est connu outre-Atlantique pour avoir été soupçonné par les autorités fédérales d'avoir espionné les coulisses du pouvoir américain au profit d'Israël.

 

Manuel Valls, un ministre en charge des cultes qui a déclaré son "engagement absolu pour Israël", n'a pas incommodé ses hôtes, hier soir à Toulouse. Son discours,consultable sur le site de la préfecture de Haute-Garonne, témoigne, si besoin est, de son rapport singulier aux représentants de la communauté juive et/ou sioniste. Sortant du cadre de son texte, l'homme a également tenu, une nouvelle fois, à rendre hommage à la mémoire d'Ilan Halimi, victime du " gang des barbares" tout en passant sous silence le calvaire parallèle de Saïd Bourarach, victime -en 2010- d'extrémistes juifs toujours impunis à ce jour (Panamza reviendra prochainement sur le dernier rebondissement judiciaire et ambïgu de l'affaire).

 

- Omerta

- À ce stade, vous pourriez vous interroger : comment se fait-il que les grands médias de la presse écrite et audiovisuelle ne nous aient jamais relaté -en détail- l'existence et les activités d'ELNET en France depuis 2010 ?

 

Hormis la paresse intellectuelle des uns et l'indifférence des autres, une troisième explication peut être avancée : la compromission.

 

- De nombreux journalistes ont participé à des voyages en Israël qui ont été financés par ELNET :

  • Ainsi, en décembre 2012 et novembre 2013, le lobby sioniste a convié Alain Frachon (Le Monde), Christine Ockrent (France Culture), Jean-Dominique Merchet (Marianne) et bien d'autres titulaires de la carte de presse (Le Figaro, Libération, Le Nouvel Observateur, Le Point, L'Express, RFI, BFM TVà venir -sur place- découvrir les enjeux stratégiques du régime israélien (Iran, Hezbollah, Syrie).
  • Il en va de même auprès de chercheurs universitaires : Gilles Kepel, Thèrese Delpech, Justin Vaïsse et Bruno Tertrais collaborent ainsi aux journées du " dialogue stratégique France-Israël" co-organisées (en partenariat avec le ministère de la Défense) par ELNET.

 

- Bref : contrairement aux apparences, le CRIF ne constitue pas nécessairement le seul bras armé du lobby pro-israélien en France. Discrètement, un nouveau venu dénommé ELNET ambitionne d'influencer la donne du jeu politique.

  • À vous, cher lecteur, de déjouer l'omerta des grands médias à ce sujet et de faire passer l'info.

 

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Un article qui fait débat et pose questions qui n'ont pas été "creusées"

 

 

- Pour les INFOS D'ALMANAR le témoignage-clé a été censuré.

"..... Particulièrement relayé sur les réseaux sociaux et les sites participatifs, le scoop de Panamza publiè le 28 février 2011 et réactualisé avait, par contre, été totalement passé sous silence par l'ensemble des grands médias de la presse écrite, web et audiovisuelle. Aucun journaliste installé dans un organe de presse reconnu n'avait rédigé un papier sur le sujet, ne serait-ce que pour en contester la validité. Pour paraphraser une ancienne citation de Laurent Joffrin, les principaux médias hexagonaux ont visiblement « choisi la tactique de l'édredon, pariant sur la gêne générale et sur l'amnésie de l'opinion. Le refus de l'omerta est la réponse logique à cette tentative »......."

 

--------------------------------------------

 

- Pour ce qui me concerne

 

Si cela se révèlait extact, cela pourrait expliquer pour partie le revirement de la politique de la France au Moyen Orient et notamment vis à vis de la Palestine et de son peuple.

  • Le sujet est suffisamment grave pour qu'il nécessite une enquête approfondie.
  • La France ne saurait définir sa politique en fonction des cabinets occultes, groupes de pressions et généreux donateurs.

 

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 11:03
Les socialistes préparent l’omerta sur la vie des affaires

C'est aussi la fin de la liberté d'expression des salariés dans les entreprises qui est visée !

 

Le groupe PS a déposé sur le bureau de l'Assemblée Nationale le 16 juillet courant  une proposition de loi instaurant un délit de violation du secret des affaires. Même si ses concepteurs le démentent, cette réforme constituerait une menace sur le droit à l'information, aux lanceurs d'alerte et remettrait en cause la liberté d'expression des salariés sur et dans leur entreprise si chérement acquise.

 

Sources : extraits du blog  Sans langue de bois  par Gerard Karageorgis le 23 Juillet 2014

- C’est une proposition de loi liberticide que les députés du groupe PS ont déposée le 16 juillet 2014, sur le bureau de l’Assemblée nationale

Sous le prétexte de lutter conte l’espionnage dont les entreprises peuvent être victimes et de défendre leurs intérêts économiques, le texte, qui est une variante de la réforme envisagée par la droite sous Nicolas Sarkozy, constituerait, s’il était adopté – et même si ses auteurs s’en défendent –, une grave menace pour la liberté de la presse, et pour les lanceurs d’alerte ayant connaissance de dérives au sein d’un établissement industriel ou d’un groupe financier. Alors que dans le monde entier, de nombreuses grandes démocraties entérinent des législations progressistes pour accroître la transparence sur les questions d’intérêt public, la France avance, elle, à reculons, et protège le vieux capitalisme opaque qui est, de longue date, l’un de ses signes distinctifs.

 

Cet inquiétant projet visant à organiser l’omerta sur la vie des affaires n’est, certes, pas récent. Voilà des lustres que le patronat et les milieux financiers parisiens en rêvent. Faute d’obtenir la dépénalisation de la vie des affaires qu’ils ont longtemps espérée, ils ont fait de cette réforme visant à instaurer un délit de violation du secret des affaires l’un de leurs chevaux de bataille. Et sous le quinquennat précédent, celui de Nicolas Sarkozy, la croisade a bien failli aboutir. Comme l’a fréquemment chroniqué Mediapart dans "Une proposition de loi pour organiser l'omerta sur l'économie", un élu de l’UMP, Bernard Carayon, s’est longtemps fait remarquer en bataillant pour obtenir une telle loi sur le secret des affaires. Après avoir écrit un rapport en 2003, à la demande du premier ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffarin, il a souvent mené campagne pour l’adoption de dispositions liberticides, protégeant les entreprises de la curiosité légitime des salariés, citoyens et donc des journalistes.

 

Et il a été à deux doigts d’y parvenir. Le 23 janvier 2012, l’Assemblée nationale a en effet voté, avec les seules voix des députés de l’UMP, une proposition de loi dont il avait pris l’initiative, avec le soutien du ministre de l’industrie de l’époque, Éric Besson, et qui avait pour objet d’instaurer un nouveau délit, celui de violation du secret des affaires. Rendant compte de cette délibération des députés, ma consœur de Mediapart en pointait tous les dangers. Elle signalait d’abord que la notion même de secret des affaires, telle qu’elle était définie dans la proposition de loi, était dangereusement extensive.

 

Ce secret des affaires était en effet ainsi défini : « Constituent des informations protégées relevant du secret des affaires d’une entreprise, quel que soit leur support, les procédés, objets, documents, données ou fichiers, de nature commerciale, industrielle, financière, scientifique, technique ou stratégique, ne présentant pas un caractère public, dont la divulgation non autorisée serait de nature à compromettre gravement les intérêts de cette entreprise en portant atteinte à son potentiel scientifique et technique, à ses positions stratégiques, à ses intérêts commerciaux ou financiers ou à sa capacité concurrentielle, et qui ont, en conséquence, fait l’objet de mesures de protection spécifiques destinées à informer de leur caractère confidentiel et à garantir celui-ci. » Pour mémoire, la proposition de loi de Bernard Carayon peut être téléchargée ICI ou consultée LA.

 

Du même coup, c’est le droit à l’information des citoyens qui s’en trouvait menacé.

Et ma consœur le montrait également, en s’interrogeant sur les enquêtes que Mediapart n’aurait pas pu publier dans le passé, sans enfreindre la loi, si une telle législation répressive avait à l’époque existé. Au diable l’enquête sur le scandale Adidas-Crédit lyonnais ! À la poubelle, les enquêtes sur les ramifications luxembourgeoises du groupe Bolloré ! À la poubelle aussi, nos enquêtes sur toutes les dérives de ce qu’il est convenu d’appeler le « private equity », c’est-à-dire le secteur particulièrement opaque des fonds d’investissement qui spéculent sur le dos des PME non cotées ! Et à cette liste d’entreprises dont il serait devenu défendu de parler, il aurait fallu bien d’autres noms : Elf, Vivendi, BNP Paribas… Au diable, en somme, l’investigation économique indépendante qui, en France, n’est pourtant guère florissante…

 

 

- Les journalistes sommés d'être « de bons patriotes »

Les sanctions prévues par cette proposition de loi étaient en effet très lourdes. « Le fait de révéler à une personne non autorisée à en avoir connaissance, sans autorisation de l’entreprise (…) une information protégée relevant du secret des affaires (...) est puni d’une peine de trois ans d’emprisonnement et de 375.000 euros d’amende », prévoyait le texte. Et Bernard Carayon ne manquait jamais une occasion de rappeler que les journalistes devraient bientôt se dispenser d’être trop curieux. Dans un entretien au Nouvel Observateur, il faisait en effet valoir que « les professionnels de l'information [seraient] appelés à être aussi de bons patriotes »

 

Mais pendant un temps, on a pu penser que les choses allaient en rester là.

Pour le plus grand déplaisir de ces milieux d’affaires, mais pour la plus grande satisfaction des citoyens attachés à l’indispensable transparence sur les sujets d’intérêt public. L’élection présidentielle a, en effet, monopolisé toutes les attentions. Et le débat parlementaire autour de cette sulfureuse proposition n’a pas dépassé l’examen du texte en première lecture devant l’Assemblée.

 

Résultat : après l’élection présidentielle et l’accession de François Hollande à l’Assemblée, la réforme a paru définitivement enterrée. Cela semblait d’autant plus probable que, dans les mois précédent le scrutin, la proposition de Bernard Carayon avait déchaîné une vive polémique. Tous les syndicats de journalistes l’avaient dénoncé. Même l’Association des journalistes économiques et financiers (Ajef), qui n’est pourtant pas réputée pour être rebelle, avait dit son indignation par la bouche de son président, Serge Marti : « Il est à craindre que quelques scandales récents (Mediator, implants mammaires…) n'auraient pas éclaté avec une telle loi », s’était-il à juste titre insurgé.

 

Mais voilà ! En ce domaine comme en tant d’autres, il n’a pas fallu attendre beaucoup pour que les dirigeants socialistes tournent casaque. Dans le cas présent, c’est l’éphémère ministre des finances, Pierre Moscovici, qui s’est surtout distingué à Bercy pour son empressement à devancer les moindres désirs des milieux patronaux, qui a tombé le masque le premier. Dès le 1er octobre 2012, il a ainsi organisé au ministère des finances une première réunion interministérielle pour examiner la possibilité d’exhumer cette réforme en faveur du secret des affaires (Lire Moscovici exhume le secret des entreprises).

 

Pendant quelques temps, on a pu, cependant, rester incrédule, pensant que Pierre Moscovici conduisait de dérisoires intrigues pour essayer de séduire les milieux d’affaires mais que cela ne préjugeait en rien des intentions réelles du gouvernement.

 

Et pourtant si, tout est là ! Car depuis plusieurs mois, les choses se sont soudainement accélérées. Et les menaces sur le droit à l’information des citoyens se sont renforcées. D’abord, une très inquiétante jurisprudence a commencé à s’installer, venant consolider ce secret des affaires, avant même qu’il n’ait force de loi. Dans le courant du mois de mars 2014, le site marseillais d’information Tourmag (adhérent, comme Mediapart, du Spiil, le Syndicat de la Presse d'Information Indépendante en ligne) a ainsi été condamné par la Cour de cassation, pour avoir brisé le secret des affaires et révélé un plan social qui concernait 484 personnes et que comptait mettre en œuvre le tour opérateur TUI (groupe Nouvelles frontières). On peut se reporter aux informations sur ce sujet de nos confrères de Marsactu, également implanté à Marseille.

 

A l’époque, le Spiil avait très vivement réagi, dans un communiqué : « Depuis plusieurs années, la liberté d’expression et de l’information, garantie par la loi sur la presse de 1881, est mise en danger par des décisions de justice au plus haut niveau, celui de la Cour de cassation. Les incursions de droits spéciaux — protection de la vie privée, responsabilité civile (article 1382 du Code civil), par exemple — dans le droit de la presse se font de plus en plus fréquentes. Ce mouvement s’accélère. Ces derniers jours, Atlantico (écoutes Sarkozy) et Mediapart (affaire Bettencourt) ont été sanctionnés sur le fondement de la protection de la vie privée. Mais aussi il prend de l’ampleur. TourMaG, site de presse spécialisé dans l’actualité économique du secteur du tourisme, vient d’être condamné pour avoir publié des informations économiques et sociales incontestées concernant TUI, un opérateur économique majeur de ce secteur. Pour la première chambre civile de la Cour de cassation, il s’agirait d’une violation du Code du Travail et de la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique. Demain, quel autre droit spécial viendra ainsi fragiliser l’autonomie du droit de l’information ? »

 

Et puis au même moment, les partisans d’une réforme instaurant une chape de plomb sur les entreprises, pour les mettre à l’abri de toute curiosité, sont repartis à la charge. D’abord, comme Mediapart s'en est fait l'écho, la Commission européenne a mis au point dès le moins de novembre 2013 une proposition de directive européenne en ce sens. Pour mémoire, voici ce projet de directive qui peut être téléchargée ICI ou consultée LA.

 

 

- De fausses garanties pour la presse

Et puis, sans attendre que cette directive aboutisse, un groupe de travail informel s’est constitué peu après, autour de Jean-Jacques Urvoas, président socialiste de la commission des lois à l’Assemblée nationale, pour élaborer une nouvelle proposition de loi, transposant sans attendre le futur texte européen.

C’est donc ce groupe de travail qui a fini par accoucher de la nouvelle proposition de loi sur le bureau de l’Assemblée. Cette proposition de loi peut être téléchargée ICI ou consultée LA.

 

Preuve que ce n’est pas une initiative solitaire, elle porte la signature de son principal concepteur, Jean-Jacques Urvoas mais aussi celle de Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée, de Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti socialiste, ou encore de Pierre Moscivici. Traduisons : le danger d’une nouvelle loi liberticide s’est brutalement rapproché.

 

Dans l’exposé des motifs, les signataires s’appliquent certes à rassurer et prétendent que le secret des affaires sera juste une protection pour sauvegarder les intérêts économiques ou technologiques des entreprises, mais ne pèsera pas sur le droit à l’information des citoyens. Ils soulignent que le secret des affaires ne sera pas opposable «  à toute personne dénonçant une infraction, à l’image des journalistes ou des lanceurs d’alerte ». « Avec ces nouvelles dispositions législatives, la dénonciation de violation de la loi demeurerait possible et rien ne s’opposerait au dévoilement d’un scandale tel que celui du Mediator, les médias ne risqueraient aucune condamnation. Comme l’a parfaitement établi la Cour européenne des droits de l’Homme, la presse joue un rôle fondamental dans notre vie démocratique, ce texte n’y changera rien », explique l’exposé des motifs.

 

Mais on comprend sans peine que cette garantie n’en est pas une, pour de très nombreuses raisons.

D’abord, pour les journalistes qui conduisent des investigations économiques, la recherche d’informations ne se limite évidemment pas à celles qui ont trait à des infractions pénales. Il y a ainsi beaucoup d’informations qui sont à l’évidence d’intérêt public tout en portant sur des faits qui ne sont entachés d'aucune illégalité mais que la direction d’une entreprise souhaite cachée. Comme dans l’affaire Tourmag, la préparation d’un plan social entre précisément dans ce cas de figure : les journalistes pourraient-ils donc être poursuivis pour violation du secret des affaires s’ils révèlent une information de cette nature ? Même interrogation : la presse pourrait-elle toujours dévoiler les généreux plans de stock-options ou autres golden parachute que les figures connues du CAC 40 s’octroient périodiquement et qui choquent à bon droit l’opinion ? Si certaines de ces rémunérations font l’objet d’obligations légales de transparence, ce n’est pas le cas pour toutes…

 

En clair, une loi instaurant un secret des affaires aurait pour effet d’installer progressivement une jurisprudence interdisant, de facto, à la presse de faire son office.

 

 

 

 

 

 

Et pour les lanceurs d’alertes, l’effet serait tout aussi dissuasif. Car pour beaucoup d’entre eux, qui alertent la presse, ils n’ont pas toujours connaissance du caractère délictueux des faits qu’ils veulent dénoncer. Ou alors, ils n’ont connaissance que d’une partie de ces faits, sans savoir précisément l’incrimination pénale dont ces faits pourraient faire l’objet. Avec une loi sur le secret des affaires, ils seraient donc vivement conviés, par prudence, à se taire.

 

La loi risquerait de jouer un rôle d’inhibition d’autant plus fort que la proposition socialiste prévoit aussi des sanction très lourdes, en cas d’infraction. « Le fait pour quiconque de prendre connaissance ou de révéler sans autorisation, ou de détourner toute information protégée au titre du secret des affaires au sens de l’article L. 151-1 du code de commerce, est puni de 3 ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. La peine est portée à 7 ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende lorsque l’infraction est de nature à porter atteinte à la souveraineté, à la sécurité ou aux intérêts économiques essentiels de la France », édicte-t-elle.

 

De surcroît, les contrevenants pourraient être passibles de « l’interdiction des droits civiques, civils et de famille », de « l’interdiction, suivant les modalités prévues par l’article 131-27 du code pénal, soit d’exercer une fonction publique ou d’exercer l’activité professionnelle ou sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise, soit d’exercer une profession commerciale ou industrielle, de diriger, d’administrer, de gérer ou de contrôler à un titre quelconque, directement ou indirectement, pour son propre compte ou pour le compte d’autrui, une entreprise commerciale ou industrielle ou une société commerciale. »

Les socialistes préparent l’omerta sur la vie des affaires

 

- Tollé parmi les syndicats de journalistes

Avec un tel arsenal répressif, on comprend qu’un potentiel lanceur d’alertes y regarderait à deux fois avant de jouer son rôle citoyen. La décision du groupe socialiste de reprendre à son compte la proposition de loi que le Medef avait dictée à l’UMP, à quelques petites variantes qui ne changent pas grand-chose, est donc d’autant plus stupéfiante que dans le même temps, la grande loi promise par François Hollande pendant sa campagne présidentielle sur le secret des sources des journalistes – et offrant un statut protecteur aux lanceurs d’alertes – est sans cesse différée (Lire : "la loi sur le secret des sources des journalistes est de nouveau reportée"). Alors que le projet de loi devait être examiné le 16 janvier, le débat a été repoussé au 14 mai avant d’être de nouveau différé sine die.

 

Dès le premier report, en janvier, les syndicats de journalistes avaient fait part de leurs très vives inquiétudes. Le SNJ s’était dit « surpris et choqué » (on peut lire son communiqué ICI). De son côté, le SNJ-CGT avait interpellé « le gouvernement pour connaître les raisons inavouées (inavouables ?) à ce jour, de cette décision aussi soudaine qu’intolérable et qui constitue un très grave retour en arrière malgré les engagements au plus haut sommet de l’État ».

 

Quelles raisons inavouables ?

Sans doute sont-elles aujourd’hui un peu plus transparentes : contre le droit à l’information des citoyens, les dirigeants socialistes semblent privilégier l’omerta souvent défendue par les entreprises. Et ce choix est d’autant plus préoccupant que le capitalisme français est, parmi les grandes démocraties, l’un des plus opaques; et le journalisme d’investigation sur les entreprises est sans doute, en France, l’une des formes de journalisme parmi les plus sous-développées.

 

 

- Que l’on veuille bien examiner en effet les règles de fonctionnements du capitalisme français.

Il a importé du modèle anglo-saxon tout ce qui a trait à l’enrichissements des mandataires sociaux (stock-options…) et les principales règles de gouvernance, et surtout celles du profit pour l’actionnaire (« share holder value ») Toutes les règles… mais pas celles de la transparence, auxquelles les marchés financiers accordent beaucoup d'importance. Sur ce plan, les milieux d’affaires parisiens ont gardé les règles d’opacité qui étaient la marque du vieux capitalisme français, truffé de passe-droits et de conflits d’intérêts. Le secret des affaires, s’il devait être instauré, viendrait donc conforter ces mauvais penchants.

 

Et dans cette culture française assez peu démocratique, celle de la monarchie républicaine, la presse a souvent été placée dans une situation de dépendance, croquée qu’elle a été, titre après titre, par les grands oligarques du système parisien. Et le résultat est celui que l’on sait : alors qu’il existe une forte tradition de journalisme d’investigation économique dans la plupart des grands pays anglo-saxons, la France ne peut pas en dire autant. L’enquête en économie est peu fréquente ; et les journaux économiques se limitent, le plus souvent, a être une presse de « services » et très peu – ou pas du tout – d’investigation.

 

Le résultat,  c’est qu’il est difficile de pratiquer l’investigation. Et que l’on s’y expose souvent à de très fortes rétorsions. Si peux m’autoriser à citer ma propre expérience, voici ce dont je peux moi-même témoigner : pour avoir conduit une longue et difficile enquête prémonitoire sur les Caisses d’épargne, j’ai été mis en examen douze fois en 2009 (comme Edwy Plenel en sa qualité de directeur de la publication), avant de gagner cette confrontation judiciaire et de faire condamner la banque pour poursuites abusives. Si une loi sur le secret des affaires avait alors existé, sans doute aurais-je été à l’époque condamné à ce titre, car j’avais révélé de nombreux faits sur la banque, qui n’étaient pas illégaux, mais qui ont conduit à la crise gravissime de la banque.

 

Et cette « judiciarisation » du travail journalistique est constante. Pour ne parler que de la période récente, j’ai encore fait l’objet voici quelques semaines de deux plaintes en diffamation, initiée par la Société nationale immobilière (SNI – filiale de la Caisse des dépôts), et par son président André Yché, visant pas moins de six articles apportant de nombreuses révélations sur les dérives du premier bailleur social français. Dans le contexte présent, je sais que Mediapart et moi-même pourrons lors du procès apporter les preuves nombreuses du sérieux de nos enquêtes en même temps de leur bonne foi. Mais avec une loi sur le secret des affaires, nous irions tout droit vers une condamnation, aussi séreuse que soient nos enquêtes.

 

Voici l’effet pernicieux auquel cette loi pourrait conduire, si un jour elle devait être adoptée : elle renforcerait encore davantage l’opacité du capitalisme français et l’anémie de la presse économique. De tous les grands pays, la France est déjà celui qui avait déjà la conception la plus extensive du « secret défense », auquel se heurte périodiquement la justice, quand elle cherche à faire le jour sur des contrats de corruption ; elle va maintenant avancer en éclaireur pour organiser le secret des affaires. C’est, en somme, une proposition de loi très dangereuse pour les libertés publiques et le droit de savoir des citoyens, qui est pourtant un droit fondamental, garanti par la Déclaration des droits de l’homme.

http://www.priceminister.com/offer/buy/54165877/L-Affaire-Clavaud-Livre.html

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- C'est aussi la fin de la liberté d'expression des salariés dans les entreprises qui est visée !

Le respect de la citoyenneté et des libertés à l’entreprise est une condition essentielle d’efficacité économique et de développement. C’est un combat permanent qu’il convient de poursuivre avec détermination et ce à quoi s'emploie la CGT (notamment) sur les lieux de travail.

 

Ainsi, en 1986, un ouvrier des usines Dunlop de Montluçon était licencié pour avoir dénoncé ses conditions de travail, dans une interview donnée au journal « L’Humanité ».

 

C’était le début de "L'affaire CLAVAUD" qui devenant un enjeu national, allait marquer un tournant essentiel dans la reconnaissance et la défense des libertés à l’entreprise.

 

Après deux ans de procédure, la Cour de cassation confirmait la réintégration d’Alain CLAVAUD, premier exemple de retour à son emploi d’un salarié non titulaire d’un mandat syndical ou électif.

 

  • Le 31 décembre 1992, la loi posait enfin le principe de protection des libertés individuelles et collectives à l’entreprise.

 

La proposition de loi liberticide que les députés du groupe PS ont déposée le 16 juillet 2014, sur le bureau de l’Assemblée nationale rappelle avec force que les entraves à la liberté d’expression, la négation des droits de la personne au nom de la compétitivité n’ont pas disparu. Bien au contraire, le parti socialiste, les pouvoirs publics donnent l’exemple du mépris de l’individu et du recul des droits sociaux.... car ce sont aussi les salariés et leurs syndicats que l'on veut faire taire !

 

Comme le soulignait la CGT, le respect de la citoyenneté et des libertés à l’entreprise est une condition essentielle d’efficacité économique et de développement. C’est un combat à poursuivre avec détermination.

 

Pour en savoir plus, lire aussi :

- Mon dossier Loi Macron

- Une proposition de loi pour organiser l'omerta sur l'économie

- L'assemblée nationale vote l'omerta sur les entreprises

- Moscovici exhume le « secret des entreprises »

- Secret des affaires: un projet de directive organise l'omerta

- Les députés introduisent le "secret des affaires" dans la loi

- Macron pour le « secret des affaires » exemple HSBC swiss leaks

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 11:16
Coup de gueule ! GAZA..... circulez, il n'y a rien à voir !

- Ainsi pourrions nous interpréter le lourd silence qui agite les blogs, sites officiels, pages de réseaux sociaux officielles et personnelles de nos camarades du Parti Socialiste et d'EELV locaux.

 

- Israël peut continuer à éradiquer la présence palestinienne en toute impunité..... LES COMPLICES OBJECTIFS SONT DANS LA PLACE ! Ils tournent la tête à quelques rares exceptions prés..... et pour certains épisodiquement parce qu'il faut bien être présents.... sans y croire !

 

- On va nous dire que "ce sont les vacances" pour leur chercher des excuses ! Non.... ils sont là l Les blogs et sites sont mis à jour.... mais ils parlent d'autre chose ! Le nettoyage ethnique de la Palestine ne les intéresse pas ! Et pourtant ils se disent porteurs des valeurs de gauche : humanisme, démocratie, paix, liberté..... ailleurs oui, mais pas là !

 

- Certains appartiennent à des organisations membres du Collectif National de soutien avec la Palestine... à Paris.... c'est bien ! Mais ici on ne reprend pas les appels du Collectif National, pas même ceux du Collectif Local. Pour s'en assurer, il suffit de se connecter sur leurs sites locaux officiels, mais aussi sur ceux de bien d'autres ! Car ils ne sont pas les seuls dans ce cas là !

 

- Ont-ils oublié les batailles pour la Paix en Algérie, pour la Paix au Vietnam, contre la guerre en Irak (ils peuvent pour certains avoir le bénéfice de l'âge) ou se sont-ils laissés intoxiquer par la pensée dominante au point de ne plus réagir qu'à la vue d'un oiseau qu'on assassine, d'une orchidée que l'on écrase...  ou des martyrs de leur seule obédience religieuse, a moins que cela ne soit pour un conflit en Ukraine que nous avons (les occidentaux) nous même provoqué afin d' y implanter des bases de l'OTAN... ?

 

- Silence ! Le gouvernement Israélien peut à loisir, opprimer, martyriser, assassiner, le peuple palestinien en toute impunité !


La France peut se déshonorer, ils n'en ont cure ! Mais le peuple palestinien (la victime), les peuples d'Amérique Latine qui aujourd'hui sont à la tête de la protestation mondiale se souviendront de cette France des droits de l'Homme qui choisit ceux qui ont des droits et ceux qui n'en ont pas, non pas en fonction des intérêts des martyrs..... mais de ceux des bourreaux.


Mais nous, nous sommes là et continuons le combat.

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 11:31
Formidable ces solfériniens du PS ! Palestine connais pas !

Ils ont l'émotion et l'action politique sélective !


Avec de tels responsables politiques, Benyamin Netanyahu peut massacrer tranquille.

  • Vite des sanctions contre la Russie de Poutine, mais GAZA : c'est quoi ça ? La Palestine... c'est ou ? Je crois qu'il y a des incidents en ce moment !
  • Irsraël ? Quoi ? Qui s'en prend à Israël ? mais que fait l'ONU ? Vite réunissons la troïka pour fixer des sanctions économiques !


Et il y en a qui trouvent encore à se féliciter de leur action !


- Pour plus de détail pour le courrier de Cambadélis : http://www.cambadelis.net/2014/07/30/lettre-a-ban-ki-moon-secretaire-general-de-lonu/

 

Pour en savoir plus :

- Première manifestation pour rappeler au PS que la Palestine existe

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 16:00
cc Flickr PCF Bourges

cc Flickr PCF Bourges

Sources : regards.fr par Eric Coquerel Secrétaire national du Parti de Gauche I 17 juillet 2014

Conseiller régional et secrétaire national du Parti de gauche, Éric Coquerel estime illusoire de vouloir changer le Parti socialiste de l’intérieur. Pour lui, seul le "scénario Syriza" permettrait d’envisager un projet politique avec les socialistes dissidents.

 

Début juin, en conclusion du colloque des Socialistes affligés, Liêm Van Noc décrivait deux stratégies possibles pour les socialistes contestant la politique du gouvernement. En substance : celle de Marceau Pivert (leader de historique de l’aile gauche de la SFIO) consistant à peser à l’intérieur du PS pour changer sa ligne et, du coup, celle de la politique de François Hollande, et celle de Syriza qui impose de construire du neuf à côté et en confrontation avec le PS pour lui contester sa domination sur la gauche.

 

La première hypothèse suppose que le PS est transformable de l’intérieur. Nous serions donc finalement face à un parti social-démocrate somme toute "classique", kidnappé un temps par son courant le plus droitier, mais qu’un congrès pourrait remettre dans le bon sens, celui de la transformation sociale… Avec toute la force de persuasion que lui donnent ses convictions, Gérard Filoche pousse la logique jusqu’au bout : la ligne Valls qui gouverne est celle qui a obtenu 5 % aux primaires, elle est donc minoritaire. De facto, on peut considérer le PS comme potentiellement opposé à cette politique libérale. Il suffirait donc que ses parlementaires se réveillent pour, unis au FDG et à EELV, renverser la table à l’Assemblée et imposer un changement de gouvernement et de politique à Hollande. Mathématiquement c’est vrai, politiquement c’est autre chose. Je vais y venir.

 

 

- Contre l’ambigüité

Mais avant, voyons les conséquences de cette illusion, parce qu’il s’agit bien d’une illusion. Ceux qui l’entretiennent – au PS, on le voit, mais aussi jusqu’au sein du FDG – en reviennent du coup, c’est logique, à remettre au goût du jour la stratégie de Front unique : favoriser des modifications de rapport de force interne au PS nécessite de continuer à s’adresser à lui en tant que tel, à l’inclure dans le mécanisme d’alliance possible de toute la gauche.

 

Cela a évidemment un coût politique : pour beaucoup de nos concitoyens, à qui déjà les medias rabâchent à longueur de journée que c’est LA gauche qui gouverne, tout ce beau monde est dans le même camp, celui d’une gauche assimilée à une politique d’austérité qui fait la part belle aux actionnaires contre les salariés et qu’en réalité, plus rien ne sépare de la droite sauf que, elle, phénomène aggravant, avait promis autre chose ! Ils perçoivent bien qu’il en est qui râlent, mais au final, la photo de famille réunit tout le monde. Du coup, tout ça est envoyé à la poubelle, surtout en s’abstenant. Bref, toute ambigüité de ce type retarde, au mieux, annihile, au pire, la solution "Syriza", au profit de l’impossible victoire politique d’un nouveau Pivert…

 

 

- Le PS, loin d’Épinay

Pourquoi impossible ? Parce qu’avant Valls, il y a eu Hollande et que lui a bien gagné la primaire. Et en face de lui, hormis Montebourg, on ne peut pas dire que les autres s’étaient positionnés sur un programme très différent que celui du futur président de la République. Parce qu’avant Hollande candidat puis président de la République, il y a eu Hollande premier secrétaire, partisan du TCE puis du Traité de Lisbonne. Bref, parce que depuis des années – on va dire l’orée du XXIe siècle –, nous n’avons plus à faire à un parti socialiste, ni même social-démocrate, mais à un parti franchement devenu, comme ses homologies européens, social-libéral.

 

Le PS, sa ligne, ses ministres, ses cadres dirigeants, son cœur, sa composition sociologique même, n’est plus celui du congrès d’Épinay, ni de mai 81, ni même de la gauche plurielle de 1997, mais est bien plus proche du New Labour des années Blair. Il n’est plus le parti du compromis entre le capital et le travail une fois un rapport de force établi, il est devenu une des variantes politique de la promotion de la "société de marché". Une conversion qu’il a d’ailleurs annoncée très clairement en 2008 dans sa nouvelle déclaration de principe. Il faut lire les textes parfois. C’est désormais un parti que le lien grandissant entre affaires publiques et intérêts privés, le cours des actions et les bienfaits du libre-échange mondialisé influent bien plus que des grèves de salariés et des revendications syndicales.

 

Le symptôme indique une transformation structurelle et non conjoncturelle : en un mot, le PS a changé de nature. Tout comme, pour la SFIO de la fin de la 4e République, le poids et les intérêts de la politique coloniale comptaient bien plus que les valeurs internationalistes et la solidarité avec les peuples opprimés. Doit-on pour autant rejeter tout ce qui porte l’étiquette PS ? Non, ce serait injuste pour des milliers de militants et d’élus de terrain sincères et malheureux. Surtout, ce ne serait pas à la hauteur d’une période qui impose de ne pas gaspiller les énergies militantes réellement de gauche. Après tout, bien des militants et dirigeants de la défunte SFIO ont été utiles pour construire le nouveau parti d’Épinay – on remarquera qu’il a fallu pour cela faire disparaître la SFIO…

 

 

- Pas question d’appoint

Mais une autre nécessité s’impose progressivement. Il nous reste peu de temps pour rebondir et bâtir une force porteuse d’un projet politique à même de remettre la société, ou tout au moins une partie importante de la société, en mouvement. Il y a donc urgence pour savoir sur quelles forces, sur quelles personnalités on peut compter. Autrement dit, si l’heure est encore à l’écoute et au débat avec tous les socialistes dissidents, qu’ils soient affligés, frondeurs, énervés… il faut qu’ils entendent aussi que les mots ne suffiront plus longtemps tant la politique gouvernementale se radicalise et impose des choix clairs.

 

Pas question, par exemple, de jouer la force d’appoint extérieure au service d’une primaire interne au PS en vue de 2017. Il faut des actes de rupture, vite. Car ils avaient dit « vous allez voir ce que vous allez voir » pour le budget correctif de l’État et on n’a rien vu. Ils ont donné rendez-vous pour celui de la sécurité sociale… On verra, mais on n’est pas optimiste. On veut même bien considérer le vote du collectif budgétaire à l’automne comme la dernière session de rattrapage.

 

Mais il leur faut désormais passer du statut de râleurs inutiles, et au final handicapants par leur ambigüité contagieuse, à celui de "socialistes opposants" avec qui on peut refonder l’avenir. Nous n’avons plus le temps d’être patients.

 

Sur le même sujet lire aussi :

- par Eric Coquerel Secrétaire national du Parti de Gauche : l'automne sera décisif

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 09:48
Crédit photo photosdegauche.fr (Rémy Blang)

Crédit photo photosdegauche.fr (Rémy Blang)

Source :  Le Parti de Gauche

À l’occasion du centenaire de l’assassinat, jeudi 31, de la figure socialiste, le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, fustige François Hollande et Manuel Valls.

 

Jaurès! Ils n’ont plus que ce nom à la bouche! Sarkozy avant-hier, Le Pen hier, Hollande et Valls aujourd’hui! D’où leur vient cette audace? Pour reprendre les mots du tribun, s’ils se battent autant pour les cendres, c’est pour mieux étouffer la braise.

 

Manuel Valls voulait l’enrôler pour ses sordides cadeaux au Medef. Jaurès aurait "sans doute" voté le pacte de responsabilité, a-t-il osé! Faire parler les morts pour endormir les vivants. L’arnaque! Jaurès aurait plutôt affronté Valls comme il avait affronté son modèle, Georges Clemenceau, quand il fallait soutenir les travailleurs face à la répression.

 

Une chose est sûre. Jaurès n’était pas un gentil garçon. Il ne cherchait pas l’estime des mous. Vous imaginez François Hollande capable de dire comme lui à propos de la Révolution française : "Je ne veux pas faire à tous ces combattants qui m’interpellent une réponse évasive, hypocrite et poltronne. Je leur dis : "Ici, sous ce soleil de juin 1793 qui échauffe votre âpre bataille, je suis avec Robespierre, et c’est à côté de lui que je vais m’asseoir aux jacobins. Oui, je suis avec lui parce qu’il a à ce moment toute l’ampleur de la Révolution ".

 

Jean Jaurès avait obtenu une première loi fixant l’âge de la retraite à 65 ans. C’était en 1910. Hollande vient de le reporter à 66 ans, comme il s’en est vanté auprès de la Commission européenne. Un siècle après, Hollande a fait pire que la réforme de Sarkozy et défait ce que Jaurès et tant de générations de militants avaient arraché au prix de tant d’efforts.

"Jaurès, reviens! Ils ont changé de camp !"

Jean Jaurès n’était non plus pas l’inoffensif "réformiste" que décrit Manuel Valls pour mieux le couper de l’aspiration révolutionnaire. Fausse route. Jaurès n’opposait pas les deux, loin de là. Son discours de 1900 sur "les deux méthodes" le dit avec clarté. Jaurès voulait faire "dans la réforme, œuvre commençante de révolution ; car je ne suis pas un modéré, je suis avec vous un révolutionnaire".

 

Contrairement à Jérôme Cahuzac, qui n’a "jamais cru" à la lutte des classes, Jean Jaurès l’identifiait : "Entre les deux classes, entre les deux groupes d’intérêts, c’est une lutte incessante du salarié, qui veut élever son salaire, et du capitaliste, qui veut le réduire ; du salarié, qui veut affirmer sa liberté, et du capitaliste qui veut le tenir dans la dépendance."

 

Jaurès n’était pas un apôtre de la moralisation du capitalisme ni du "donnant-donnant" avec le grand patronat et autres sornettes élyséennes. Il prônait tout autre chose! Nationalisations, coopératives, mutuelles… Jaurès laissait le soin aux travailleurs de définir la forme concrète que devrait prendre la propriété collective. Mais il en défendait fermement le principe, "l’avènement d’un ordre nouveau dans lequel la propriété, cessant d’être monopoleuse, cessant d’être particulière et privée, deviendra sociale, afin que tous les producteurs associés participent à la fois à la direction du travail et au fruit du travail".

 

Pour en savoir plus sur l'actualité de Jean-Luc Mélenchon :

- "Je sais à quoi je peux être utile, je ne peux pas faire tous les rôles"

- Jean-Luc Mélenchon, un retrait salvateur ?

 

Pour en savoir plus sur Jaurès :

- par Jérôme Pélissier : Quand Jaurès cache Jaurès

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 17:00
Manifestation contre l'austérité, le 12 avril 2014. (NICOLAS MESSYASZ/SIPA)

Manifestation contre l'austérité, le 12 avril 2014. (NICOLAS MESSYASZ/SIPA)

Source : Aude Lancelin, le Nouvel Observateur

Le PS mène-t-il encore une politique de gauche ? Pourquoi le Front de Gauche ne profite-t-il nullement de ses déboires électoraux ? Eric Fassin et Laurent Bouvet ont répondu aux questions de "l'Obs".

 

- Le NOUVEL Obs. : Le Premier ministre, Manuel Valls, a récemment évoqué une mort possible de la gauche. Etes-vous d'accord avec l'idée d'une singularité totale de la crise actuellement traversée par le PS ?

Laurent Bouvet : Les partis politiques sont mortels, les cas sont nombreux dans l'histoire. Toutefois le PS a connu, en un peu plus d'un siècle d'existence, de nombreuses crises dont il s'est toujours sorti. Aujourd'hui, le PS doit sans doute se refonder comme il l'a fait en 1969-1971. Les "deux corps" du PS sont en effet touchés. Son "corps immatériel", doctrinal, est entièrement à reconstruire. Le PS ne produit plus d'idées, de projet de société ou même d'orientations politiques fortes, identifiables, depuis un long moment. La nouveauté, c'est que désormais son "corps matériel", ses élus, ses militants, ses réseaux, ses affidés... est gravement touché. La perte de 30.000 élus aux municipales et de 25.000 militants depuis 2012 est un signe du délitement de l'ensemble organisationnel et réticulaire que représentait le PS.

 

Eric Fassin : Manuel Valls parle aux socialistes ; mais il choisit, pour une fois, de s'inquiéter de "la gauche". C'est une manière de ne pas évoquer la mort annoncée du PS. Il est vrai que le PS entraîne aujourd'hui toute la gauche dans son naufrage. La crise de la social-démocratie, c'est plutôt un renoncement idéologique qu'un échec politique - un peu partout en Europe : Blair et Schröder avant Valls. François Hollande "assume", dit-on, d'être social-démocrate. Mais le pacte de responsabilité n'a rien à voir avec la social-démocratie : au lieu d'arbitrer entre capital et travail, le président négocie avec le patronat en oubliant les syndicats ! Serait-il social-libéral ? En réalité, il n'est ni social ni libéral : il met l'Etat au service des banques et des marchés. Il est donc néolibéral. Mais beaucoup sont dans le déni. Regardez : en Europe, Hollande et Renzi ont soutenu Juncker ; et il est des éditorialistes qui ont salué un "virage à gauche salutaire" !

 


- Le NOUVEL Obs. : Outre les classes populaires, quelles sont les autres catégories de la population dont le décrochage explique la faiblesse actuelle du vote socialiste ?

Laurent Bouvet : Outre les classes populaires que le PS a "perdues" depuis longtemps, l'ensemble de son socle électoral s'est dilué depuis deux ans (partielles, municipales, européennes). Les choix économiques et "sociétaux" divisent profondément l'électorat de François Hollande de 2012. Ainsi, le vote PS à telle ou telle élection pour un électeur de gauche est devenu en soi un problème. Pour beaucoup d'électeurs des catégories moyennes et supérieures, les augmentations d'impôt jouent un rôle dissuasif comme on l'a vu dans les enquêtes faites à l'occasion des municipales. Pour les agents publics la baisse des dépenses publiques est vécue comme une menace sur leur activité même - sans parler des mesures sectorielles qui passent mal, comme les rythmes scolaires auprès des enseignants. S'est ajoutée à cela la démobilisation de certains électorats insatisfaits sur des questions plus spécifiques comme le mariage pour tous ou le genre.

 

Eric Fassin : L'électorat que perd le Parti socialiste, c'est d'abord l'électorat de gauche. Pourquoi voter pour un parti qui n'est plus de gauche ? On a voulu nous faire croire que le PS perdait le peuple pour garder les "bobos". Qu'il sacrifiait les classes populaires aux minorités, et qu'il s'occupait du mariage plutôt que du chômage. Mais ce gouvernement ne fait rien pour les banlieues ; ni contre les discriminations. Quant aux droits des minorités sexuelles, c'est fini ! Bref, on ne pourra plus dire que c'est à cause des questions "sociétales" qu'on ne s'occupe pas de la "question sociale"...

 


- Le NOUVEL Obs. : Les déboires du PS ne semblent pourtant aucunement profiter à la gauche de la gauche, comme l'a montré le résultat des dernières européennes. Comment l'expliquez-vous ? Pourquoi la France ne produit-elle pas de phénomène à la Syriza, parti de gauche radicale arrivé en première position en Grèce ?

Eric Fassin : C'est effectivement la grande question. Puisque François Hollande mène la même politique économique que Nicolas Sarkozy, on pourrait imaginer que la critique de la dérive néolibérale bénéficierait autant à la gauche de gauche qu'à l'extrême droite. Or ce n'est pas le cas. Pourquoi ? D'une part, le PS donne raison au FN qui dénonce l'"UMPS". Et l'alternance sans alternative alimente le rejet de la démocratie - par le vote d'extrême droite, mais aussi par l'abstention. Comment croire à la démocratie si l'élection ne change rien ?

 

D'autre part, le FN a fini par imposer son langage identitaire, non seulement à l'UMP, mais aussi au PS (qu'il s'agisse des immigrés, des musulmans ou des Roms). L'hégémonie économique, c'est le front UMP-PS ; mais l'hégémonie culturelle, c'est le front FN-UMP-PS. Dans ces conditions, pas facile de faire entendre autre chose. Le principal espoir, c'est "l'hypothèse Syriza" : l'effondrement complet du Pasok [le Parti socialiste grec, NDLR] a enfin ouvert un espace à gauche, et donc une alternative. Du coup, en Grèce, on s'abstient moins, on vote moins pour l'extrême droite, et on vote plus pour la gauche de gauche. Aujourd'hui, en France "l'hypothèque PS" obstrue le paysage de la gauche.

 

Laurent Bouvet : Le Front de Gauche tient un discours en décalage par rapport à son électorat. Son discours porte sur les conséquences néfastes de la mondialisation et du capitalisme, et s'adresse en priorité à leurs victimes (aux plus exposés et aux plus faibles). Or les solutions proposées pour y remédier (l'augmentation des dépenses publiques et le renforcement du rôle du service public) apparaissent comme pouvant profiter d'abord à des populations (les agents publics) moins exposées aux risques de la mondialisation (chômage ou délocalisation notamment). Ce hiatus entre discours, propositions et électorat est à mon sens au coeur des difficultés du Front de Gauche.

 

 

- Le NOUVEL Obs. : Vous semblez toutefois considérer, Laurent Bouvet, que le socialisme incarné par Valls est la bonne voie pour la gauche, notamment dans la reconquête du vote populaire. Que répondez-vous à ceux qui considèrent aujourd'hui que la gauche actuellement au pouvoir n'est rien d'autre qu'une "droite complexée" ?

Laurent Bouvet : Je ne sais pas si c'est la "bonne voie" pour la gauche ! Ce que je constate, plus modestement, c'est que la proposition politique de Manuel Valls - en gros le retour à une forme d'autorité dans la manière dont l'action publique est menée articulée à un projet économique ouvertement social-libéral - offre un choix clair aux socialistes et à la gauche en général, au regard d'une autre proposition, plus interventionniste sur le plan économique mais aussi plus libérale pour ce qui concerne les questions de société (incarnée par EELV notamment). Il faudra voir en 2017 comment ces deux propositions s'incarnent et laquelle l'emporte à gauche face à celles de la droite et de l'extrême droite.

 


- Le NOUVEL Obs. : La gauche est devenue électoralement dominante en 2012 à un moment où sa décomposition doctrinale était déjà très avancée. Qu'est-ce qui n'a pas été fait selon vous et quelle serait la thérapie de choc à adopter ?

Eric Fassin : L'hégémonie idéologique de la droite décomplexée repose sur une gauche complexée. Nos gouvernants se croient réalistes ; en fait, ils croient seulement que la réalité est de droite. Pour compenser, ils prétendent se rapprocher du peuple en s'en prenant aux Roms, par exemple. C'est parier sur l'idée que le peuple serait de droite. Il faut inverser la logique : revendiquer une idéologie de gauche. C'est ainsi qu'on pourra enfin espérer rencontrer un électorat de gauche.

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 11:03
Crédit photo : Michel Soudais

Crédit photo : Michel Soudais

- L’auteur
François Cocq, 35 ans, est enseignant.
- Conseiller municipal délégué à Champigny-sur-Marne (94), il est secrétaire général du Parti de Gauche depuis mars 2013.
- Il avait auparavant en responsabilité au sein de ce même parti le secteur de l’éducation.
- Il est par ailleurs président de l’AGAUREPS-Prométhée (Association pour la Gauche Républicaine et Sociale-Prométhée), lieu de réflexion et d’échange pour faire vivre la nécessité de transformation issue du socialisme révolutionnaire avec l’exigence et l’universalisme républicains.

- Depuis septembre 2012, il tient un blog politique dont sont issus les articles qui figurent dans le présent recueil.

 

- La publication

- Avant-propos -

«Je ne suis pas le Président socialiste». Pour abrupte qu’ellesoit, la déclaration de François Hollande le 28 mars 2013 lors de son grand oral médiatique est un aveu savamment orchestré. Lui Président, il poursuit l’action qu’il a menée pendant plus d’une décennie à la tête du Parti socialiste (PS) et depuis 30 ans dans les arcanes de la rue de Solferino, siège du PS.

 

Après avoir progressivement renié l’héritage du mouvement progressiste et de l’humanisme radical, après s’être à dessein détaché des luttes et acquis de la classe ouvrière, François Hollande et les siens veulent faire de leur accession au pouvoir le grand bond par dessus le socialisme : redistribution, souveraineté populaire, droit du travail, retraites, protection sociale, services publics..., il n’est rien qui soit à l’abri de la remise en cause. Jusqu’au nom lui même, «socialiste», qui leur pose problème comme en atteste la déclaration présidentielle.... pour lire la suite...

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 08:50

- En bref

En requalifiant le parti socialiste de « deuxième droite », la vidéo ci dessus, le livre montrent comment, dès le milieu des 1980, les socialistes ont accompli leur destin de parti réformateur en même temps que le programme de la première droite : adapter la société française au nouveau stade du capitalisme.

Le PS actuel "frondeurs ou pas", Hollande sont dans la continuité de cette politique.

 

 

- Résumé

"Le 10 mai 1981, François Mitterrand devient président de la République. Les illusions de la gauche tiennent jusqu'au fameux "tournant de la rigueur" en 1983.

 

Dès 1981, Jean-Pierre Garnier et Louis Janover faisaient partis des sceptiques sur la volonté de changement de cap. En 1986, ils co-écrivent "La deuxième droite" pour répondre à ceux qui s'auto-proclamaient "deuxième gauche", une gauche moderne, entrepreneuriale. Jean-Pierre Garnier est au moins d'accord sur un point avec Manuel Valls : il faut changer le nom du parti socialiste. J-P Garnier propose de le rebaptiser : le Parti de Solférino.

 

Un an après le retour aux affaires du PS, un an après le retour d'un François au château, l'analyse de J-P Garnier sonne comme un claquement de fouet... ça réveille ! A l'occasion de la sortie de la nouvelle édition du livre "La deuxième droite" chez les éditions Agone éditions Agone, et du premier anniversaire du retour aux affaires du Parti Solférinien, nous mettons à disposition ici, en libre circulation, une vidéo réalisée dans notre série des entretiens mutins (contre la pensée tiède). "

Les Mutins de Pangée

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