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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 17:05
Hamon/Mélenchon : l'accord était impossible... sauf... !

Si les électeurs ont en général la mémoire courte, nombre d'entre eux n’oublient pas qu’ Hamon est l’heureux héritier du bilan Hollande, qu'il est le complice de la Loi Travail, de la Loi Macron, auxquelles il s’est opposé bien mollement.

Mais il est surtout responsable, alors au gouvernement, du vote du traité budgétaire européen (TSCG) en 2012 et du CICE (40 milliards offerts gracieusement au MEDEF sans contrepartie).

Erreur de jeunesse diront certains ! Dont acte ! Regardons y néanmoins de plus près !

Quelle crédibilité, quels moyens possède Benoît Hamon candidat président pour mettre en œuvre, aujourd’hui, une politique de justice sociale après avoir été ministre d’un gouvernement qui l’a niée en bloc ?

 

Sources : E. DURAND  et  le blog d'Olivier Tonneau

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L'ambition de Benoit Hamon n'est pas d'accéder au pouvoir !

La tâche que lui a confié Hollande et le PS est d'empêcher l'émergence d'une force politique à la gauche du PS en capacité de prendre le pouvoir pour remettre en cause la politique qu'il met en œuvre en France et défend à l'échelle européenne : le sociallibéralisme.

 

A cette fin, en 2017, il sert, comme c'était déjà le cas en 2012 de " protection du flanc gauche ". En effet Hamon, déclarait déjà au Figaro en 2012, parlant de Hollande : « On lui assure un flanc gauche qui évite que certains électeurs se tournent vers Mélenchon ». Ce qui était vrai hier l'est encore aujourd'hui, non pas pour protéger Hollande, mais pour protéger le PS.

  • Ainsi, soit il arrive à rassembler les écologistes (qui eux aussi ne voient pas d'un bon œil émerger une force de gauche remettant en cause, entre autre, leur approche européenne) et la France Insoumise sous la bannière d'un PS dominant et..... in fine c'est, la même politique qui continue avec au passage une France insoumise totalement discréditée  ;
  • Soit il n'y arrive pas, les présidentielles sont perdues, et le PS même en lambeau se présente comme la seule force capable de rassembler contre l'extrême droite.... et la droite extrême constituant un socle pour se reconstruire et au passage la France insoumise est mise à l'index pour responsable de la défaite  ;
  • Dans ce dernier schéma Hollande et la direction du PS sacrifient définitivement Hamon et le PS au profit du tandem Macron/Bayrou rejoint par la partie la plus à droite du PS dans la perspective d’un second tour Macron – Fillon...... et le tour est joué au service de la même politique !

Dans les deux cas, toute perspective de transformation sociale pourrait être perdue à long terme. Voilà l'enjeu de la manœuvre Hollande/Hamon/Macron leur permettant d'atteindre par une autre voie l'objectif qu'ils s'étaient fixé dans le cadre de la primaire dite "de la gauche " mais que la France Insoumise a réussi a déjouer en n'y participant pas !

 

 

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Benoit Hamon n'a pas les moyens de mener une autre politique que celle de Hollande et de la majorité du PS

Si Benoit Hamon comptait que le PS s’épure de lui-même (vers Macron) pour pouvoir garder le logo sans les personnages, avec l'alliance Macron/Bayrou, c’est partiellement raté. Ceux-là même qui comptaient rejoindre Macron sont donc pour l'essentiel désormais assignés à résidence.

 

Enferré dans l’héritage du quinquennat et incapable de trancher et de rompre avec les politiques passée et ses dépositaires, Benoît Hamon va donc devoir gérer en plus l’effet rebond de l’ossification de l’appareil du PS autour de sa candidature. Plus que jamais le PS va être appelé à apparaître en tant que tel pour reconstituer des frontières. Et donc à s’immobiliser sur la politique passée car incapable de recréer la moindre dynamique populaire sur d'autres choix.

 

Benoit Hamon invite au rassemblement de la gauche, sous la forme d’une « majorité parlementaire » qu’il appelle Mélenchon et Jadot à constituer. Cette proposition est louche pour plusieurs raisons.

  • La première, rappelée par J.L. Mélenchon dans sa réponse, est que Hamon, candidat du PS, n’est pas pour autant secrétaire du parti. Il n’a donc pas le contrôle des investitures aux élections législatives, qui sont pour la plupart déjà décidées. Or si la primaire a confirmé que les sympathisants socialistes tendent à gauche, le parti tend à droite : ces candidats, investis sous l'oeil de Cambadélis sont majoritairement à la droite du PS et NE PERMETTRONT PAS L'ÉMERGENCE D'UNE AUTRE POLITIQUE QUE CELLE MENÉE SOUS LE QUINQUENNAT HOLLANDE. Qu’attendre de parlementaires nommés Valls, El Kohmri, Vallaud-Belkacem et consort ?
  • La seconde est que Benoit Hamon ne maitrise pas le Parti Socialiste, la motion B à laquelle il s'est rallié n'a obtenu que 29% au congrès du PS de juin 2015 à Poitiers (le courant qu'incarne Benoit Hamon est minoritaire au sein des parlementaires du PS).
  • Les pseudo " frondeurs " n'ont au maximum rassemblé autour d'eux qu'une cinquantaine de députés.... sur 577...... ça ne fait pas une majorité !

 

- Il serait par exemple incongru d’appeler à voter pour un candidat à la présidentielle dont le parti réinvesti, pour les législatives, les mêmes députés qui sont aujourd'hui majoritaires à l’Assemblée nationale, en faisant croire qu’ils voteront demain l’inverse que ce qu’ils ont voté depuis cinq ans.

- Alors que l'encre de l'accord Hamon/Jadot n'est pas encore sèche qu'il est déjà remis en cause par les pontes du PS, c’est pourtant ce que Hamon, Jadot et d'autres proposent à la France Insoumise et son candidat Jean-Luc Mélenchon au nom du " rassemblement de la gauche " sans se poser la question de " pour faire quoi et avec quelle majorité ? ".

- C'est pourtant ce que certains persistent à vouloir nous imposer à coup de pétitions et autres initiatives publiques en gestation !

 

 

Un fait mérite d’être souligné !

  • Après avoir prêché pendant des mois la loyauté et le rassemblement, le PS voit des députés, des ministres rallier ou être tentés de rallier le duo Macron/Bayrou. Or nous n'avons entendu aucun cacique appeler à ce qu’un tel ralliement soit sanctionné d’une exclusion du PS ou d’une déchéance de l’investiture. Sur la lancée d’une dynamique née d’une éventuelle victoire d’Hamon, le PS ferait donc élire des partisans de Macron aux législatives !
  • On ne saurait mieux se mettre en situation d’impuissance : être un président sans majorité. Qu’en pense Hamon ? Rien - mais son porte-parole Guillaume Balas balaie ces questions d'un revers de main avant de se faire accusateur : " se les poser, ce serait empêcher le rassemblement ".
  • Il faut pourtant être bien naïf pour ne pas s’inquiéter de l’attitude de la majorité du PS face à son candidat...... et tout observateur de la chose politique ou tout être humain échaudé par l'épisode de " mon adversaire c'est la Finance " comprendra qu'avant de s'engager il convient, comme l'a fait J.L. Mélenchon d'exiger des garanties de Benoit Hamon pour que cela ne constitue pas un nouveau coup de poignard dans le dos !
  • D'ailleurs l'accord Hamon/EELV (en vérité PS/EELV) en est le témoignage criant car typique des accords Verts-PS tels que signés depuis 1997 : des formules alambiquées qui cachent le fait que le PS ne compte pas mettre en œuvre ce qu'il signe. Il n'engage que ceux qui croient encore aux promesses en l'absence de rapport de force. Il permettra peut-être à EELV où ce qu'il en restera à la sortie de cette séquence de garder un nombre plus que réduit de députés mais sûrement pas de quoi constituer un groupe. Visiblement les leçons du passé ne sont pas tirées.

 

 

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Ce n'est donc pas une question " d'égo, de personne " contrairement à ce que certains s'évertuent à vouloir nous faire croire, mais une question éminemment politique !

    L’appel à une majorité parlementaire de Hamon est louche pour une autre raison : si le PS était de gauche, cette majorité parlementaire serait déjà à l’œuvre !

     

    Et pourtant, a t-on entendu Benoit Hamon émettre un désaccord, protester, quand, le 11 janvier 2017 le groupe des sénateurs PS à voté la non abrogation de la Loi El Khomri !  NON ! Benoit Hamon a-t-il désavoué les 99 sénateurs/trices PS qui ont voté contre l'abrogation de la loi travail  El Khomri le 11/01/17 ? La réponse, est NON !

     

    Pendant toute la durée du quinquennat, Mélenchon n’a eu de cesse d’appeler les députés PS à faire bloc avec les écologistes et le Front de Gauche pour voter contre le gouvernement. Le président n’aurait alors eu d’autre choix que de nommer un premier ministre qui aurait eu le soutien de la majorité, ministre choisi sur sa gauche : Hamon ou Montebourg, par exemple. Jamais les députés PS n’ont rompu les rangs, se contentant d’abstentions qui ne remettaient rien en cause.

    • Leur complaisance a été particulièrement évidente lorsque le gouvernement usa du 49.3. Les prétendus frondeurs n’ont jamais envisagé de voter une motion de censure, et se sont justifiés de leur dérobade par un seul argument : faire tomber le gouvernement, c’était remettre la droite au pouvoir.
    • Bien que tous les journaux aient entériné cet argument, il est totalement faux.
    • L’argument suppose que la censure du gouvernement entraînerait mécaniquement la dissolution de l’Assemblée Nationale et donc des élections législatives que la droite aurait gagnées.
    • Or ce n’est pas ce que prescrit l’article 50 de la Constitution : en cas de motion de censure, le premier ministre démissionne et le président doit en nommer un autre, qui forme un nouveau gouvernement.
    • Si les frondeurs avaient censuré le gouvernement, ils auraient tout simplement contraint Hollande à nommer l’un d’eux premier ministre, pour qu’il forme un gouvernement auquel la majorité parlementaire aurait accordé sa confiance.

     

    D'ailleurs les vents contraires ont commencé a souffler sur les promesses d'Hamon qui s'il n'y prend garde pourraient rapidement ressembler à un certain discours du Bourget :

    • Hamon veut " relancer l'Europe " alors que la France doit s'extraire des traités européens & adopter la stratégie prédéfinie planA/ planB ;
    • Hamon veut sortir à terme du nucléaire et atteindre 100% d'énergie renouvelable à l'horizon 2050..... et pour ça continue la construction de l’epr de Flamanville
    • Hamon annonçait vouloir abroger la Loi travail..... On oublie vite que Myriam El Khomri dans le 18ème et Manuel Valls à Evry  sont candidats aux législatives. Cela signifie que la ministre de la Loi Travail, et le 1er ministre du 49-3 se présentent en promettant – via Hamon – d’abroger la Loi Travail et le 49-3, ce qui se traduit aujourd'hui, résultat de cette situation par la promesse d'une "nouvelle loi travail " !

    Hamon/Mélenchon : l'accord était impossible... sauf... !

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    Dans ce contexte, l'issue ne pouvait pas être autre !

    COMMUNIQUE de Jean-Luc Mélenchon : "J’ai rencontré Benoît Hamon vendredi soir. Longuement et sereinement nous avons fait l’examen de la situation. Nous avons fait le tour de nos convergences et de nos divergences.... À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe...."...

     

     

    -

    Conclusion : la mobilisation populaire est la seule issue pour écrire un autre scénario

    Cela fait quatre ans que Benoit Hamon pouvait s’atteler à « tourner la page » et réorienter le gouvernement vers la gauche. Il n’en a jamais rien fait ; il ne s’est livré qu’à quelques déclarations médiatiques, assorties d’abstentions sans conséquence, pour construire une crédibilité de gauche dont il recueille aujourd’hui les fruits. C’est bien joué - un beau bluff. Mais nous aurions bien tort de tomber dans le panneau.

     

    Bien sûr, un gentil Benoit Hamon qui propose de raser gratis avec le revenu universel, promet de renverser la forteresse néolibérale qu’est l’Union Européenne sans douleur ni violence ni éclats de voix, c’est plus agréable qu’un Jean-Luc Mélenchon qui appelle à la révolution citoyenne. Mais il faut voir les choses en face : nous ne vivons pas une époque agréable et les épreuves qui nous attendent ne seront pas une partie de campagne. Il n’y a pas de solution de facilité.

     

    En ces temps extrêmes, c’est la radicalité, et même la promesse de lendemains difficiles (qui imagine que nos adversaires de classe nous laisseraient faire sans réactions politiques, économiques...), qui devraient être les marques de la crédibilité.

     

    • Hamon minoritaire dans son parti n'a pas de majorité pour mettre en œuvre une autre politique que celle mise en pratique par le PS depuis 5 ans !
    • Hamon/Mélenchon : l'accord était impossible... sauf si B. Hamon avait voulu s'affranchir du PS et travailler à rassembler le peuple !
    • En restant dans le giron du PS..... il ne rassemblera rien ! Ni le PS, ni le peuple !
    • Ce n'est pas nouveau :  " Avec des socialistes peut-être... avec le PS non ! "

     

     

    En définitive, notre responsabilité est donc (comme nous y appelle Jean-Luc Mélenchon : de convaincre cette moitié des Français qui n’a pas encore fait de choix de vote. Dans les cités et les entreprises, à la ville et dans le monde rural, par le débat et la formation mutuelle, faisons de cette élection un moment victorieux de mobilisation et d’adhésion à un projet construit..... c’est ce peuple que nous voulons fédérer contre l’oligarchie qui tient tous les pouvoirs. 

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Congrès du PS : les motions A, B, C et D par le menu

    - Congrès du PS : "majorité absolue" pour la motion de Jean-Christophe Cambadélis, les frondeurs devront s'en contenter

    - Benoit Hamon: chronique d’un renoncement annoncé

    - Chronique d’un rendez-vous manqué !

    - Hamon : Bas les masques !

    - Accord Hamon-Jadot : un accord de dupes

    - Présidentielle: des députés de l'aile droite du PS rejettent l'accord Hamon-Jadot

    - Alliance Bayrou-Macron : à qui gagne perd

    - Tribune : L’unité de la gauche est-elle un mirage ? Par Philippe Légé

    - Le PS à la manœuvre : le vote futile des idiots utiles

    - En amont de l’échec de Mélenchon : Benoît Hamon.

    Hamon/Mélenchon : l'accord était impossible... sauf... !
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    25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 09:15
    Liste des garanties que Benoit Hamon refuse de donner à Jean-Luc Mélenchon

    Sources : Pour tout vous dire

    En meeting à Blois, le 21 février 2017, Benoit Hamon a justifié son refus de toute négociation avec jean-Luc Mélenchon au prétexte que ce dernier avait fait des « propositions rendues publiques dont on sait que l'autre ne peut pas les accepter. »

     

    Outre le fait que Benoit Hamon semble reprocher la publicité, la transparence vis à vis des électeurs, de la démarche de Jean-Luc Mélenchon,  Benoit Hamon s’est bien gardé d’énoncer ces propositions et d’expliquer au public POURQUOI il ne pouvait accepter les garanties que Jean-Luc Mélenchon, dans sa lettre du 17 février, lui demande pour engager une démarche de rassemblement.

     

    Voilà la liste des " exigences " posées par Jean-Luc Mélenchon, que Benoît Hamon dit qu’il « ne peut pas accepter » sans jamais les énoncer clairement … et donc qu’il REFUSE (Refuser [définition Larousse] ne pas accepter ce qui est offert, proposé par quelqu'un) catégoriquement.

     

     

    -

    A vous de juger !

    • Hamon refuse qu’il n’y ait  « aucun accord ni à la présidentielle ni aux législatives avec Emmanuel Macron et son mouvement.  » (Que Benoit Hamon refuse cette exigence s’explique car il a annoncé qu’il « discutera avec E. Macron " s'il est de gauche » )
    • Hamon refuse la mise à l’écart lors des prochaines élections notamment des ministres du Gouvernement qui a imposé cette «loi-travail» à coup de 49/3. (Que Benoit Hamon refuse cette exigence s’explique par le Fait que le PS a déjà décidé et imposé à son candidat une liste des candidats aux législatives 2017 comprenant une large majorité des députés godillots qui ont voté toutes les lois scélérates du quinquennat Hollande)
    • Hamon refuse la convocation d’une assemblée constituante dans les trois premiers mois de la nouvelle mandature
    • Hamon refuse l’augmentation du SMIC, des minima sociaux. l’échelle des salaires limitée de un à vingt, d'abroger le CICE et la loi travail.
    • Hamon refuse l’instauration de la sécurité sociale intégrale, le retour aux 35 heures réelle comme à la retraite à 60 ans avec 40 annuités.
    • Hamon refuse la sortie du nucléaire et le passage au cent pour cent d’énergies renouvelables.
    • Hamon refuse la récupération de l’autonomie économique de notre pays avec l’annonce du retrait de la signature de la France de l’accord CETA
    • Hamon refuse la consultation du peuple sur le CETA,
    • Hamon refuse l’arrêt immédiat de l’application des directives européennes mettant en cause les services publics de notre pays
    • Hamon refuse le passage au plan B SI échec des discussions avec nos partenaires UE pour mettre fin à la politique des traités budgétaires
    • Hamon refuse l’indépendance de notre pays vis-à-vis de l’OTAN et le retour à une politique pour la paix et de désarmement dans le monde.

     

    Si par le plus grand des hasards, dans les médias ou en meeting, Benoit Hamon affirmait qu’il soutient une de ces propositions, nous serions alors en droit :

    • de lui demander pourquoi il a refusé ces propositions lorsque c’était Jean-Luc Mélenchon qui les faisait.
    • de lui demander par quel miracle soudain, il soutient ces propositions qu’il ne pouvait accepter le 21 février 2017 ?
    •  de considérer qu’il ment volontairement aux électeurs, depuis le 18 février, en prétendant que c’est Jean-Luc Mélenchon qui va faire perdre « la Gauche »

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Hamon pour le PS, Mélenchon pour le pays !

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    18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 09:04
    Montage AFP

    Montage AFP

    À Strasbourg (voir vidéo du discours : https://youtu.be/_9Grnn1f24k) j'ai proposé à Benoît Hamon un rendez-vous la semaine prochaine. Mon intention est de faire cesser la partie de cache-cache qui dure depuis son investiture. Dès le lendemain il a pris contact, enfin. Je lui parlerai aujourd'hui. Pour faciliter la conversation et lui donner un cadre clair, j'ai résumé ma position dans une lettre. Dans la mesure où a immédiatement commencé une communication qui n'est pas de mon fait, je la publie ici pour que nul ne l'ignore.
    Je ne pratiquerai aucune diplomatie secrète. Je n'ai rien à marchander.
    Mon souhait est que Hamon continue a se rapprocher de nos positions et qu'il rompe pour de bon avec le système du PS et du gouvernement. Pour discuter, je demande des garanties. Sinon mieux vaut en rester là. Car à 70 jours du premier tour, ma priorité est à la diffusion discussion du programme «L'Avenir en commun» pour convaincre et entraîner. Ce dimanche, soyez au rendez vous du chiffrage du programme sur ma chaîne YouTube ( https://youtu.be/T7b67QCjibc).
     

    Sources : page Facebook de J.L. Mélenchon le 17 février 217

     

    Bonjour Benoît,

     

    Lors de mon meeting à Strasbourg, j’ai pris l’initiative de te proposer publiquement une rencontre. J’ai proposé la fin de la semaine prochaine compte tenu des rudes obligations de mon calendrier. Tu avais dit que tu me contacterais dès ton investiture. Mais tu n’en as pas eu le temps. Il en résultait un harcèlement de questions exclusivement sur ce thème de la part des médias et il devenait difficile de s’épargner le ridicule d’une situation qui semblait bloquée. Or, elle ne l’est pas de mon fait. J’ai rencontré avec grand plaisir Yannick Jadot à Strasbourg et je te verrai de même. Demain nous allons échanger une première fois, de vive voix.

     

    Pour faciliter notre échange, je voudrai résumer ici ce que j’ai dit sur le sujet à Strasbourg et au cours de divers entretiens.

     

    Ton investiture a exprimé un net désaveu de la politique du quinquennat. Non seulement du point de vue de ton programme mais aussi du fait de la rude sanction qu’a subie le Premier ministre emblématique de cette période qu’est Manuel Valls. À présent tu proposes une convergence de nos forces dans les élections présidentielles et législatives. Je ne crois pas un instant qu’elles puissent s’ajouter sans que de très sérieuses garanties ait été données. Au contraire, des accords d’appareils pourraient bien, hélas, démoraliser et désorganiser ce qui a été rassemblé de part et d’autre.

     

    Voyons ce que nous pouvons faire d’utile. Nous sommes bien d’accord que la présidentielle et les législatives sont étroitement liées. Dans ces conditions parlons-nous avec sérieux, sincérité et loyauté à l’égard de notre peuple pour éclairer la décision et le choix qu’il va faire.

     

    Tu as dit que tu ne faisais aucun préalable même de ta propre candidature. C’est une attitude positive. Mais tu as aussi déclaré qu’en toute hypothèse il y aura un bulletin de vote à ton nom le 23 avril 2017. Que devons-nous retenir ? Nous proposes-tu une candidature unique à l’élection présidentielle ?

     

    En toute hypothèse, il s’agit d’être prêt à convaincre à entraîner et à gouverner. Cela nécessite confiance et cohérence. Sans que cela soit attaché à ta personne ni à ton talent il est évident que dans les sondages ta candidature reste à un niveau extrêmement bas par rapport aux scores traditionnels du PS. C’est cela le bilan de ce quinquennat. Le PS dont tu es le candidat n’est plus en mesure de fédérer les français. Tout est à reconstruire dans notre pays. Veux-tu t’atteler à cette tâche ? Un accord à l’ancienne ne le pourra jamais. D’autant que le quinquennat de François Hollande a montré quel usage un candidat du PS pouvait faire de ses engagements les plus solennels. Je te fais de bon cœur crédit de ta bonne foi. Mais nous ne pouvons avoir la naïveté de te croire sur parole alors même que tu es et reste le candidat d’un parti et d’élus majoritairement hostiles à l’orientation que tu défends. Il est donc légitime et honnête que nous te demandions des garanties politiques précises sur ton engagement à rompre avec le quinquennat et son bilan. Comment sans cela parler de quoi que ce soit avec confiance ?

     

    La première garantie concerne le périmètre de la convergence. Nous ne voulons aucun accord ni à la présidentielle ni aux législatives avec Emmanuel Macron et son mouvement. Pour nous, ce que l’on connait du programme d’Emmanuel Macron est purement et simplement la poursuite ou le durcissement de la politique mise en œuvre par François Hollande

     

    La seconde garantie concerne ta propre volonté d’assumer la rupture avec la politique du quinquennat et donc l’engagement clair à en abolir les mesures emblématique c’est-à-dire essentiellement la loi El Khomri, le CICE et l’état d’urgence permanent. Cela se traduira par la mise à l’écart des prochaines élections notamment des ministres du gouvernement qui a imposé cette « loi-travail » à coup de 49/3.

     

    Mais nous croyons qu’à la rupture doit s’ajouter une volonté positive d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de notre pays. Notre programme comporte 357 mesures. Nous le mettons à la disposition de la discussion. Mais nous croyons que l’essentiel de l’esprit qu’il incarne, en lien avec les enseignements de l’altermondialisme, est à la base du contrat à nouer avec notre peuple. Compte tenu de ce que nous t’avons entendu dire nous croyons qu’il t’est possible de t’avancer largement vers ces positions quitte à ce que ceux qui te combattront de toute façon dans ton parti prennent leur distance !

     

    Garantie de tourner la page de la monarchie présidentielle avec la convocation d’une assemblée constituante dans les trois premiers mois de la nouvelle mandature.

     

    Garantie d’ouvrir le chapitre d’un cycle vertueux du partage de la richesse. Je suppose que nous sommes d’accord sur l’augmentation du SMIC et des minima sociaux. Mais il faut ouvrir de nouveaux horizons de progrès social avec l’échelle des salaires et limitée de un à vingt et l’instauration de la sécurité sociale intégrale, et au minimum le retour aux 35 heures réelle comme à la retraite à 60 ans avec 40 annuités.

     

    Garantie du changement de la matrice productive du pays avec la sortie du nucléaire et le passage au cent pour cent d’énergies renouvelables.

     

    Garantie de récupération de l’autonomie économique de notre pays avec l’annonce du retrait de la signature de la France de l’accord CETA et organisation de la consultation du peuple sur cet accord. Arrêt immédiat de l’application des directives européennes mettant en cause les services publics de notre pays et passage au plan B en cas d’échec des discussions avec nos partenaires européens pour mettre fin à la politique des traités budgétaires et des semestres européens.

     

    Garantie de l’indépendance de notre pays vis-à-vis de l’OTAN avec la sortie de cette alliance militaire et le retour à une politique pour la paix et de désarmement dans le monde.

     

    En t’adressant ces lignes, j’ai le sentiment de répondre à une exigence de sérieux et de sincérité dans les relations politiques. Comme la majorité de notre peuple, je n’ai plus aucune confiance dans les accords d’appareils entre partis politiques. Le mouvement « la France insoumise » s’est constitué sur un programme et une candidature qui le porte. Rien d’autre. Cela nous suffit amplement pour vouloir en convaincre le grand nombre. Mais s’il existe une possibilité que la trame essentielle de ce qui nous a regroupé puisse aussi fédérer des partis politiques de la gauche traditionnelle, je suis prêt à consulter les 250 000 personnes qui se sont personnellement engagées à mes côtés sur la proposition qui leur serait faite.

     

    Mais je veux dire directement et franchement que je ne saurai composer avec les engagements que j’ai pris, ni faire confiance à la parole du candidat du PS sans garantie ferme et solide de sa part.

     

    Avec l’espoir de t’en convaincre,

     

    bien amicalement,
    Jean luc Mélenchon

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Chronique d’un rendez-vous manqué !

    - Hamon semble vraiment avoir fermé la porte. Bas les masques !

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    16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 09:38
    Législatives : STOP à la tambouille du PCF avec le PS

    - Tiens, B. Hamon n'appelle pas J.L. Mélenchon... mais n'a pas perdu le n° de P. Laurent du PCF.

    - Négo législatives, encore et toujours magouille !

    - Mais pendant ce temps là... les communistes qui soutiennent J.L. Mélenchon se mobilisent[3] !

     

    Sources : le blog de François Cocq

    - Les révélations du jour du Canard Enchaîné[2] ne s'arrêtent décidément pas à l'affaire Solère.

    On y apprend ainsi que la direction du PCF tient un double discours et tandis qu’elle discute d’un côté avec la France Insoumise, elle s’apprêterait en douce à passer sous pavillon PS.

     

    L’hebdomadaire rapporte ainsi une rencontre « discrète » entre Pierre Laurent et Benoît Hamon en début de la semaine dernière. « Au centre de leurs discussions : un accord législatif entre le PS et le PC » nous livre le Canard. Et Pierre Laurent de se justifier : « Nous sommes libres de discuter avec vous de ce sujet, puisque Mélenchon a décidé unilatéralement de présenter des candidats contre des députés communistes sortants. »

     

     

    -

    Le coup porté par cette information est d'autant plus violent que des rencontres sont engagées depuis plusieurs semaines entre la France Insoumise et le PCF.

    Car le PCF a, en dépit de la décision de sa direction, a fait le choix majoritaire de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. Ainsi, après une rencontre d’ordre général le 23 janvier en présence de Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, un groupe de travail sur les élections législatives, qui s’est encore réuni jeudi 7 février, s’est constitué et a entamé des échanges sur l’ensemble des sujets, question des « députés communistes sortants » également bien entendu. Tout cela ne valait donc rien et les paroles étaient des mots jetés en l’air puisque pendant que le PCF faisait mine de discuter au grand jour avec la France Insoumise il menait en parallèle des tractations secrètes avec le PS. Chacun comprendra que la méthode n’est pas admissible et fait note d’un profond mépris affiché par la direction communiste.

     

    Sur le fond, on décèle désormais plus clairement la contrepartie que réclamerait le PCF, derrière son tarte à la crème « contrat de majorité », à ceux qui n’ont pourtant pas posé le moindre geste de rupture avec le quinquennat qui s’achève lorsque l’occasion leur en été donnée depuis le 29 janvier : un troc de circonscriptions. Ainsi, Benoît Hamon a beau avoir investi aux législatives les ministres responsables de la politique subie depuis 5 ans, les Valls, El Khomri, Touraine, Le Guen et consorts…, il a beau s’être auto-corseté dans son équipe de campagne avec des garde-fous valsistes comme Luc Carvounas ou les toujours secrétaires d’Etat Fekl et Lemaire, il a beau s’être de manière incompréhensible abstenu, lui (!) et son groupe, le 2 février sur la proposition de résolution des députés communistes à l’Assemblée nationale pour imposer un référendum sur le CETA, [1] peu importe donc pour la direction du PCF cette fuite en avant perpétuelle : Benoît Hamon et le PS peuvent continuer à ne faire qu’un pourvu que le PCF soit payé en circonscriptions sonnantes et trébuchantes. On repense alors à André Chassaigne qui le 23 novembre 2016 déclarait sur LCI : « Moi je n’ai pas l’habitude de vendre mon âme pour un plat de lentilles »

     

    En tout cas, preuve est faite que le « contrat de majorité » dont parle le PCF ne relève pas d’une politique de législature qu’il faudrait mener mais d’un accord entre groupes, fossilisant le PCF comme supplétif d’un PS qui aurait les mains libres.

     

    C’est en évacuant de la sorte le fond politique que le PCF pense pouvoir mener campagne sur le terrain pour les législatives en utilisant d’un côté l’image de Jean-Luc Mélenchon tandis qu’il discute de l’autre en coulisses avec le PS d’un accord électoral. Bref en mangeant à tous les râteliers, quitte à perdre dans cette confusion ses propres militants…

     

     

    - Cette façon de faire est surtout novice par rapport à la clarté réclamée par le pays.

    Alors que les enjeux de l’élection présidentielle sont si décisifs, un tel double-jeu de la part du PCF ne saurait venir entacher la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon qui s’appuie au contraire sur une cohérence de pensée et une résolution dans l’action.

     

    Notons que Pierre Laurent a par ailleurs réclamé « un accord viable qui ne soit pas remis en question par la direction du PS après la présidentielle ». Certes, c’est faire là preuve de beaucoup de naïveté car qui peut envisager que les équilibres au sein du PS ne seront pas rebattus par le score de la présidentielle, ce sur quoi comptent justement les vallsistes ? A moins que Pierre Laurent ne mise désormais sur Benoît Hamon plutôt que sur Jean-Luc Mélenchon pour cette élection ? Cela expliquerait mieux un tel tir dans le dos dont Benoît Hamon se gausse encore : « Le simple fait d’annoncer un accord avec le PC affaiblira Mélenchon s’amuse par avance Hamon. Cela permettra de récolter quelques points de plus dans les sondages donc de dépasser Fillon et de rattraper Macron ». C’est du moins ce qu’il croit en réfléchissant selon les vieux critères de la politique à l’ancienne faite de répartition de parts de marché électorales en considérant que les électeurs sont des citoyens captifs. Rira bien qui rira le dernier.

     

    La tambouille dans laquelle semble s’embourber le PCF est un mauvais coup inexplicablement porté à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. En se ré-enfermant dans les logiques d’appareil avec le PS pour un accord politicien, la direction du PCF tournerait le dos aux aspirations et à la dynamique populaires. Elle ne semble pas avoir compris que ce n’est plus sur ce terrain que se construit la construction de majorité sociales et populaires et la victoire à venir du mois d’avril. Après les révélations du Canard, le PCF pourrait bien d’une façon ou d’une autre se retrouver le dindon de la farce.

     

    Note :

    [1] ajouter l'opposition des sénateurs socialistes au projet de loi l'abrogation de la Loi El Khomri le 21 janvier 2017 présenté par les sénateurs communistes

    [2] 15 février 2017

    [3] TRIBUNE. Les communistes qui soutiennent Mélenchon se mobilisent

     

    Législatives : STOP à la tambouille du PCF avec le PS

    -

    Démenti de Pierre Laurent

    Démenti 15 février 2017 16:45 : "Le Canard enchaîné de ce jour prétend relater, dans une brève information, une conversation qui aurait eu lieu entre Benoît Hamon et moi-même à propos d'un "accord législatif PC-PS".
    Dommage, le tuyau du Canard était cette fois percé. L'intégralité des propos qui me sont attribués ont été inventés. Jamais je n'ai prononcé un seul des mots qui me sont prêtés.

     

    Législatives : STOP à la tambouille du PCF avec le PS

    -

    Le PS via M. Cherki confirme les rencontres

    Le PS, via M. Cherki confirme que ça discute entre le PCF et Hamon " a précisé que le candidat socialiste continuait de discuter avec le candidat écologiste Yannick Jadot, le Parti Radical de Gauche, le mouvement républicain et citoyen et le Parti communiste dont certaines voix plaident pour un rapprochement avec M. Hamon ".

     

    • Alors de quoi parlent-ils ? De la pluie et du beau temps ?
    • Et si ce qui concerne les citoyens se faisait dans la transparence ?
    Législatives : STOP à la tambouille du PCF avec le PS
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    15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 09:25
    LE PIÈGE DU PS : Il soutenait HAMON...Et rejoint finalement MÉLENCHON [vidéo]

    Salut ! Dans cette vidéo j'explique pourquoi j'ai finalement décidé de ne pas soutenir le parti socialiste, son candidat B. Hamon et de me joindre à Jean-Luc Mélenchon et à la véritable gauche, celle du vivre ensemble, du progrès, de la solidarité et du partage.

    LE PIÈGE DU PS : Il soutenait HAMON...Et rejoint finalement MÉLENCHON [vidéo]
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    13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 09:38
    Hamon fait le choix de la continuité avec la politique de Hollande et du PS... et pendant ce temps là...

    Et elle a raison !

     

    Après " Mon adversaire c'est la finance " de Hollande, on a maintenant " Mon adversaire c'est la Loi travail " de Hamon !

    Najat Vallaud-Belkacem a malheureusement raison puisque le PS vient d’investir, pour les législatives les mêmes que ceux qui ont voté le texte en y ajoutant des ministres à Hollande sortant comme Valls, Marisol Touraine....

    B. Hamon n'aura pas le soutien du PS pour faire une autre politique que celle mise en oeuvre depuis 2012..... car il n'a pas été investi pour le faire !

    Et il y en a qui continuent à prêcher l'union avec le PS, font pression pour que le PCF rompe d'avec la France insoumise sous prétexte d'un risque FN et de retour possible de la droite, comme si la politique mise en oeuvre depuis 5 ans n'était pas une politique de droite  !

    En fait ça pue les combines de répartition de circonscriptions pour les législatives !
    On ne va pas nous refaire le coup de 2012 !

    Le seul rassemblement qui puisse permettre la victoire, c'est le rassemblement du peuple avec la France insoumise et son programme..... et c'est pour cette raison que le téléphone rose ne sonnera pas !

     

    Sources : AGORAVOX Le média citoyenLes RICHES.INFO,  le Blog de J.L. Mélenchon,  BellaCiao

    Hamon fait le choix de la continuité avec la politique de Hollande et du PS... et pendant ce temps là...

    - Pourquoi B. Hamon ne s'oppose t-il pas à la candidature de M. El Khomri dans le 18ème arrondissement de paris ?

    Le candidat du parti "socialiste" à la présidentielle Benoit Hamon a en effet affirmé le 2 février ne pas vouloir "offrir des têtes".

     

    A un internaute qui lui demandait s’il était toujours favorable à la candidature de la ministre du Travail aux législatives, Benoît Hamon, qui se livrait à un direct sur Facebook, s’est refusé à la remettre en cause, en tant que "garant et architecte de l’unité de la gauche".

     

    Le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon avait demandé à Benoit Hamon de "choisir" entre "nous" et "eux", en visant notamment les investitures de Mme El Khomri, de M. Valls, du ministre de l’Intérieur et ex-chef du groupe socialiste Bruno Le Roux ou encore des députés PS pro-Macron.

     

    Nous attendons toujours la réponse.....!

     

    - Car le PS n'a pas tourné la page de l'ère Manuel Valls-El Khomri : la liste des candidats PS aux législatives de 2017 en témoigne

    Est-ce que le parti socialiste a réellement tourné la page des années Hollande-Valls-El Khomry ?

     

    Deux millions de français se sont déplacés à la primaire socialiste pour dire qu'ils n'étaient pas d'accord avec la politique libérale menée par celui-ci. Pourtant fort est de constater que l'appareil socialiste n'a pas écouté le message adressé par ses électeurs.

     

    Je vous proposons une liste non exhaustive des candidats socialistes aux législatives qui ne sont pas prêts à voter l'abrogation de la loi El Khomri. Ce sont les candidats les plus proches de Manuel Valls ou d'Emmanuel Macron.

     

    En synthétisant toutes ces données (dont le tableau est disponible ici), nous arrivons aux conclusions suivantes : sur les 398 candidats investis par le Parti Socialiste aux élections législatives au 20 janvier 2017, auxquels nous avons ajouté Manuel Valls et Florent Boudié, absent de cette liste mais investi d'après Sud-Ouest, 255 (64%) sont tenants de la ligne sociale-libérale du gouvernement (dont 22 (5% du total) le sont par ralliement), 55 (14%) sont tenants d'une ligne socialiste (dont 34 (9% du total) le sont de manière présumée). 82 (21%) n'ont pas de positionnement connu.

     

    Hamon fait le choix de la continuité avec la politique de Hollande et du PS... et pendant ce temps là...

    Pas moins de 16 ministres actuels sont présentés par le PS pour les législatives de juin prochain, sans compter les trois que je viens de citer à l’instant. Ce sera donc une vingtaine au total !

     

    Sont par exemple déjà investis outre Mme El Khomri, le très vallsiste Jean-Marie Le Guen, le ministre des budgets d’austérité Christian Eckert, la ministre du burn-out des hôpitaux Marisol Touraine, les ministres de la reconduction de l’état d’urgence et des violences policières non sanctionnées Jean-Jacques Urvoas et Bruno Le Roux, etc.

     

     

      - La question est encore plus profonde que ça.

    Le PS a investi déjà 400 candidats aux élections législatives sur les 577 circonscriptions du pays. Un citoyen a fait un décompte très précis des engagements des uns et des autres. Le résultat est sans appel.

     

    Parmi les 400 candidats du PS, les deux-tiers ont été des soutiens actifs et enthousiastes de toutes les mesures des gouvernements Ayrault et Valls : traité budgétaire européen en 2012, pacte de responsabilité et crédit d’impôt compétitivité, loi Macron, loi Travail, etc. Cela représente 255 candidats.

     

    A l’inverse seuls 14% des candidats, soit une cinquantaine, ont émis des critiques régulières. Les autres ont savamment évité de prendre des positions trop claires. C’est encore plus édifiant si l’on regarde uniquement les députés sortants réinvestis ! Là, ce sont 86% des députés sortants réinvestis qui ont approuvé la ligne de François Hollande depuis 2012 ! Soit 143 députés que Benoît Hamon et le PS proposent donc de reconduire !

     

    Comment former une majorité gouvernementale avec un tel attelage ?

     

     

    - Et pendant ce temps là....

    Il y en a qui, au sein du PCF (tel le Secrétaire fédéral de Charente Maritime) qui continuent à prêcher l'union avec le PS, font pression pour que la direction nationale du PCF rompe d'avec la France insoumise sous prétexte d'un risque FN et de retour possible de la droite, comme si la politique mise en oeuvre depuis 5 ans n'était pas une politique de droite  !

    Hamon fait le choix de la continuité avec la politique de Hollande et du PS... et pendant ce temps là...
    Hamon fait le choix de la continuité avec la politique de Hollande et du PS... et pendant ce temps là...
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    10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 09:26
    On ne nous refera pas le coup du Bourget

    Ce n'est pas Hamon qui a gagné, c'est Valls qui a été battu !

     

    Le résultat de la primaire PS a défait le bilan des gouvernements Hollande/Valls/Macron, il n’en a pas effacé pour autant ses conséquences sur le scrutin présidentiel. Autrement dit, parler de rassemblement de la « gauche » de Valls à Jean-Luc Mélenchon n’a pas de sens politique. C’est même contreproductif électoralement : les citoyen-ne-s ne suivraient pas un attelage entre des partisans de la politique passée et ceux qui s’y sont opposés.

     

    Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Eric Coquerel [1]

    Les défaites de Clinton, Renzi, des post-blairistes du Labour, de Hollande et Valls marquent le déclin historique du social-libéralisme et c’est une excellente chose. Mais la victoire d’un candidat du camp du progrès humain et de l’émancipation, pas plus que l’indispensable recomposition politique à venir, ne passe pas par un rabibochage avec eux. Il y a dans notre pays une volonté très majoritaire de dégager ceux qui ont gouverné depuis dix ans.

     

    Cela n’en fait évidemment pas une force politique homogène tirant dans le même sens mais les effets récents sont, eux, connus : les électeurs de droite ont dégagé Sarkozy tout en se portant sur une ligne bien à droite. Ceux qui se seront déplacés à la primaire PS ont fait de même avec la ligne Valls. Et ceux qui aujourd’hui, profondément désorientés, ne savent même pas s’ils voteront ne s’engageront pas en faveur des « ambigus ».

     

    C’est donc moins nous qui posons la question à Benoît Hamon que ses 1 200 000 bulletins de vote : s’insoumettra-t-il avec eux ou au contraire reviendra-t-il à des arrangements typiquement solfériniens ?

     

    En posant cette question nous ne voulons pas « couper des têtes » mais juste éviter qu’on se paie la nôtre. On ne nous refera pas le coup du Bourget.

     

    Hamon assure pouvoir mettre en place son projet en préservant le statu quo dans les investitures socialistes ? Eh bien qu’il le prouve en leur demandant dès maintenant d’abroger la loi El Khomri. On a compris que Benoît Hamon n’envisage pas de se désister pour Jean-Luc Mélenchon. Dommage, notre programme « l’Avenir en commun », héritier de tous les travaux unitaires de la gauche antilibérale depuis 2005 et produit des milliers de contributions de la France insoumise, a toutes les qualités pour fédérer. C’est d’ailleurs autour de lui que nous entendons fédérer le peuple et gagner cette élection.

     

    Il dit vouloir discuter d’une majorité gouvernementale sans limiter cela à une discussion entre « appareils » ? Pourquoi pas, cela peut être à l’occasion d’un café, a répondu mon candidat. Mais il le fait en nous proposant de rebrousser chemin pour le retrouver au milieu du gué, de partager avec lui le fardeau de l’actuel PS. Qu’il s’en dégage et on pourra alors discuter programme. Où là encore Benoît Hamon reste au milieu du gué. S’il reprend de larges pans, et c’est tant mieux, de nos principes éco-socialistes, je note qu’il se déclare pour la VIe République mais omet la constituante, qu’il part de l’idée très libérale qu’il n’y aurait plus assez de travail pour tout le monde alors que nous priorisons le partage des richesses et la baisse du temps de travail associée à une Sécurité sociale intégrale et qu’il a bien du mal avec une vision indépendantiste de la France en matière de politique internationale. Mais, surtout, il propose finalement de nous ramener à la voie sociale-démocrate en matière d’UE en ne se donnant aucun moyen réel pour la transformer.

     

    À l’inverse, nous pensons que la seule chance de sortir des traités tous ensemble pour reconstruire une Europe du progrès humain implique de mettre sur la table qu’en cas d’échec nous le ferons uniquement avec les pays qui le veulent. C’est sur la souveraineté populaire qu’est née la gauche il y a plus de deux cents ans, c’est en lui redevenant fidèle qu’elle reprendra tout son sens.

     

    Note :

    [1] Co-coordinateur politique du Parti de Gauche

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

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    7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 09:04
    "Benoît Hamon doit choisir son camp" !

    Appel de Liêm Hoang Ngoc, Olivier Spinelle,

    Roger Tropéano

     

    Sources : L'OBS Présidentielle

    "Anciens "frondeurs"[1] (l’un d’entre nous ayant été membre de la direction nationale du courant animé par Benoît Hamon), nous avons quitté il y a peu le PS pour faire émerger avec Jean-Luc Mélenchon un mouvement inédit, la France insoumise, qui a vocation à s’élargir. Nous nous félicitons du résultat de la primaire socialiste. Les participants à cette désignation ont clairement sanctionné les choix opérés par le gouvernement au cours de ce quinquennat.

     

    Nombre des thèmes de campagne de Benoît Hamon, que nous avons inspirés, sont les bienvenus. D’autres, cédant à la "mode" ambiante, sont plus discutables. Ainsi, la proposition d’un revenu base n’est en aucun cas révolutionnaire. Elle repose sur l’hypothèse erronée de la fin du travail et se limite à revendiquer une miette universelle, inférieure au seuil de pauvreté, alors même que le coût de la revalorisation des minima sociaux au niveau du seuil de pauvreté est dix fois moindre. Elle consacre le renoncement à réorienter l’économie vers un plein-emploi assorti de droits sociaux étendus. Plus généralement, le discours du candidat du PS reste flou sur des questions essentielles.

     

    Notre première interrogation porte sur l’Europe. En 2012, les plus fidèles amis de Benoît Hamon, alors fraîchement nommé au gouvernement, avaient donné les gages nécessaires en ne votant pas contre la ratification du traité budgétaire à l’Assemblée nationale. Leur champion renégociera-t-il demain les textes européens organisant l’austérité budgétaire et les "réformes structurelles" du marché du travail ? En cas d’échec, préparera-t-il un véritable plan B, tant attendu par les Français depuis la victoire du "non" en 2005, lui qui s’était gardé de participer à cette campagne référendaire ?

     

    Notre deuxième interrogation porte sur le traitement de l’urgence sociale. Le PS revalorisera-t-il les minima sociaux au niveau de seuil de pauvreté (1.000 euros), bien au-delà de son revenu de base ? Portera-t-il le salaire minimum à 1.700 euros brut (1.309 euros nets) ? Mettra-t-il en chantier le retour de la retraite à 60 ans et réduira-t-il la durée de cotisation à quarante annuités ?

     

    Les réponses à ces questions dépendent, à l’évidence, des forces avec lesquelles le candidat investi entend travailler. La recomposition du paysage politique a commencé. Elle bouscule d’ores et déjà les équilibres internes dans tous les partis traditionnels. B. Hamon proposera-t-il de marier la carpe et le lapin en s’appuyant sur des députés ayant fait l’apologie du virage libéral de ce quinquennat ? Ira-t-il au bout de sa "fronde" en les écartant résolument de l’attelage censé nous faire gagner ?

     

     

    - Le vainqueur de la primaire socialiste doit clairement poser un acte et choisir entre eux et nous.

    A défaut, l’impression prévaudrait à nouveau que le PS nous refait le "coup du Bourget", en menant avec B. Hamon une nouvelle campagne de gauche, pour appliquer ensuite une toute autre politique. La confiance en un parti d’Epinay à l’agonie serait alors définitivement consommée.

     

    Benoît, la balle est dans ton camp.

    C'est maintenant à toi de choisir !

     

    Note :

    [1] fondateurs de la Nouvelle Gauche Socialiste, membres de l’Espace politique de la France insoumise

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

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    6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 09:13
    L'objectif de Hamon ? Casser l'engagement du PCF avec la France insoumise !

    Le risque est grand de voir le PCF abandonner le soutien " critique " et jouer la carte Hamon contre des circonscriptions  !

     

    Le 28 novembre 2016 j'écrivais : " Les militants communistes décident de soutenir Jean-Luc Mélenchon.... une bonne nouvelle ! Mais... ils ne renoncent pas à une alliance avec le PS ! "

    Serions nous en train de passer à la phase concrétisation ?

    La phase de clarification est terminée !

    B. Hamon n'est pas le candidat de la "Belle Alliance Populaire".... mais le candidat du Parti Socialiste celui de Hollande, Valls, du CICE, de la Loi travail de M. El Khomri, celui qui a bafoué la volonté du peuple en ratifiant le traité de Lisbonne....

    Une bataille politique est engagée !

    L'enjeu ? Donner les moyens au candidat du PS de poursuivre la même politique que Hollande saupoudrée d'aménagements à la marge pour plaire au PCF et à Jadot !

     

    Sources : le blog d'El Diablo

    - Le 31 janvier 2017, Pierre Laurent

    Le secrétaire national du parti communiste (PCF), assurant avoir « bien noté » la proposition de Hamon d’un contrat de majorité, a déclaré lors d’une conférence de presse : « Il y a eu beaucoup d’occasions ratées pendant l’année ; une nouvelle occasion se présente. Pour la saisir, il faut débattre de la politique à mettre en œuvre ». Il a estimé possible de construire « un pacte de majorité » et s’est dit prêt à rencontrer Hamon.

     

     

    - Le 30 janvier 2017 sur franceinfo, Olivier Dartigolles

    Le porte-parole du Parti communiste français (PCF), s'est réjoui de la victoire de Benoît Hamon. Il estime qu'un dialogue et des échanges sont envisageables avec lui, « alors que cela aurait été impossible avec Manuel Valls ». Selon lui, cela invite « à des convergences dans les prochaines semaines ».

     

    • Franceinfo : La victoire de Benoît Hamon est-elle une bonne nouvelle, sachant qu'il y a désormais un candidat de plus très à gauche ?

    Olivier Dartigolles : « La défaite de Manuel Valls est une bonne nouvelle, c'est la confirmation qu'il y a une envie de gauche dans ce pays. On assiste à un grand chamboule-tout dans la vie politique française ».

     

    « Pour ce qui est du Parti communiste, ça nous invite à mettre du vent dans les voiles sur des convergences, des dialogues, des passerelles qui peuvent se construire dans les prochaines semaines. Cela permettra peut-être de trouver une solution pour la présidentielle et pour une nouvelle majorité politique de gauche aux législatives ».

     

    • Franceinfo : Est-ce que ça veut dire qu'un candidat à gauche doit se désister au profit de l'autre ?

    Olivier Dartigolles : « Il ne faut pas commencer par la question de la candidature à la présidentielle. Je constate que Jean-Luc Mélenchon mais aussi Yannick Jadot et Benoît Hamon sont tous pour l'abrogation de la loi El Khomri ».

     

    « On peut pousser les feux pour dire tous ensemble ce qui serait pour nous une vraie loi travail. On peut commencer par regarder si dans ce périmètre qui va de Jean-Luc Mélenchon, des communistes, à Yannick Jadot et Benoît Hamon, nous sommes d'accord pour dire des choses ensemble ».

     

    • Franceinfo : Que faire des socialistes qui ne se reconnaissent pas chez Benoît Hamon ?

    Olivier Dartigolles : « Il faudra attendre que la poussière retombe, voir dans quelques semaines s'il y a vraiment une hémorragie vers Emmanuel Macron. Mais on peut ouvrir un dialogue et des échanges avec Benoît Hamon alors que cela aurait été impossible avec Manuel Valls ».

     

    L'objectif de Hamon ? Casser l'engagement du PCF avec la France insoumise !
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    4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 09:33
    Tomber dans le piège HAMON ou s’engager dans la révolution MÉLENCHON ? C’est vous qui voyez…

    Vous qui envisagez de voter pour Hamon, prenez garde : si vous faites les moutons, vous serez tondus !

     

    Sources : le blog de Vincent Christophe LEROUX

    -

    La candidature de Benoît Hamon est une véritable arnaque ! Du même type que celle de Hollande en 2012 !

    Vous êtes nombreux à avoir cru à la bonhomie et à la sincérité de François Hollande, n’est-ce pas ? Du coup, vous portez une part de la responsabilité de ce pouvoir car c’est grâce à vous qu’il a pu être en situation de gouverner. C’est sans doute un peu abrupt de vous le dire mais c’est la vérité. Votre ignorance ou votre naïveté d’alors nous a coûté très cher à tous ! Or il était assez facile de cerner le loustic pour peu qu’on se soit intéressé à lui, à son passé, à ses “oeuvres” !

     

    Chacun a le droit, bien sûr, de se tromper, de s’égarer, de se faire avoir, hélas ! Mais comme le dit un proverbe berbère que J.L. Mélenchon aime citer : “ La seconde fois où tu te fais avoir, c’est de ta faute !

     

    Donc, sauf si vous avez été plongé, depuis cinq ans, dans un état d’hibernation bien plus long que celui prévu par la nature pour certains mammifères, vous avez pu constater, depuis ce jour glorieux de 2012 où le candidat qui avait décrit la finance comme son “ennemi” [ "adversaire". N du GS] a été élu, combien ce combattant s’est opposé à cette finance, et comment il s’y est pris pour la domestiquer !

     

     

    -

    Et vous souhaitez pourtant, aujourd’hui, voter pour Hamon ?

    Vous envisagez donc de réitérer la même bévue que celle qui nous a fait avoir tant de cendres dans la bouche depuis cinq ans ?

     

    • Tout ça pour quoi ?

    - Parce que, pour certains d’entre-vous, B. Hamon, lui, est vraiment de gauche ? Vous y croyez vraiment ? Vous avez perdu la raison ?

    - Ou bien croyez-vous, tel des enfants immatures ou des ados pré-pubères un peu attardés, que ses promesses l’engagent aussi peu que ce soit ?

    - Croyez-vous que ses nouvelles propositions les plus à gauche viennent de sa propre volonté ?

    - Croyez-vos que son désir ardent de rester dans l’UE actuelle soit cohérent avec un projet de gauche ?

    - Croyez-vous vraiment que sa proposition de revenu universel soit un mieux alors que c’est une réforme suggérée depuis bien longtemps par le patronat qui se réjouirait de la mise en application d’une telle mesure puisque ce serait faire payer par l’État, et donc par nous tous, ce qui devrait être payé par les entreprises en salaire ?

    - En outre, avez-vous entendu le montant qu’il propose ? On serait très loin du “minimum syndical” d’autant plus que ce revenu universel remplacerait toutes les autres allocations... Et, cerise sur le gâteau, comme il serait universel, les plus aisés le percevraient aussi ! Chapeau bas M’sieur Hamon. Le capital et le MEDEF vont vous adorer vous aussi, même s’ils ne le diront pas publiquement pour ne pas rendre jaloux leur poulain E. Macron et son rival F. Fillon !

     

    • Parmi vous, il y en a d’autres pour qui voter Hamon se justifierait parce que cela nous éviterait Le Pen ou Fillon ou Macron ?

    C’est une blague ! Voilà encore une preuve que vous êtes victime du syndrome de Stockholm, vous savez ce mal qui fait que les victimes finissent par rechercher l’affection ou la reconnaissance de leurs bourreaux... Et encore, je n’ai pas dit le syndrome du larbin bien qu’à étudier certains, ce soit davantage ce mal-là qui les ronge...

     

     

    -

    Pensez enfin par vous-mêmes

    Ne vous laissez plus affoler par les faux bergers qui crient au loup pour que vous mainteniez au pouvoir les bons pasteurs. N’oubliez pas toutes leurs turpitudes et toutes les violences qu’ils ont causées eux-mêmes ou cautionnées en ne se levant pas contre elles et contre ceux qui les organisaient. Ne forgez plus vos opinions en écoutant les marchands du Temple. Heu, je voulais dire les MeRdias !

     

    Comme le dit encore J.L. Mélenchon : “ Si vous abandonnez vos convictions dans le bureau de vote, ne vous étonnez pas ensuite de ne plus les retrouver à la sortie ! ” On vote pour ses convictions, pas pour le moindre mal.

     

    Aux naïfs de gauche qui donneraient la moindre sincérité à B. Hamon dans son discours de "gôche", je suggère ceci : si vous souffrez des mêmes handicaps que les poissons rouges, si vous avez une tendance à oublier ce qui a été dit – et fait – hier et avant-hier, vous pouvez vous rafraîchir la mémoire en étudiant, non pas seulement ses paroles, mais ses actes depuis des années. Étudiez par exemple ses votes à l’Assemblée Nationale depuis cinq ans, notamment ceux sur les textes les plus odieux, les plus régressifs... Voyez qui il a soutenu dans les choix qui ont sali notre pays et dévasté nos acquis sociaux. Observez son courage politique quand il a préféré si souvent s’abstenir ou jouer les “frondeurs” de pacotille. Réalisez que lorsqu’on entre dans un gouvernement comme il l’a fait, c’est qu’on en cautionne la politique, toute la politique et pas seulement celle que le Président et le Premier ministre vous laissent mener vous-même dans votre ministère... C’est un bloc. On ne trie pas et on ne peut dire ensuite : ça j’approuve et ça je rejette. S’il avait été sincère, il aurait démissionné bien avant le jour où il a quitté le gouvernement [ Il a été viré, en fait. N. du GS]. Car bien des horreurs avaient déjà étaient accomplies par les gouvernements auxquels il a appartenu. Prenez conscience que quelques miettes de mieux qu’il a pu obtenir dans son secteur ministériel (par exemple la loi sur l’économie sociale et solidaire) ne sauraient compenser les immenses régressions menées par ses collègues du gouvernement et de l’Exécutif !

     

    • Sachez que cela aussi est une stratégie des dominants, et pas qu’en France.

    Pour faire passer une loi inacceptable, nos maîtres se résolvent assez souvent à insérer, dans le texte scélérat, quelques menus progrès. Et vous demandent ensuite de vous prononcer en bloc sur le texte en vous faisant miroiter les miettes d’améliorations et en occultant tout le reste. Et si vous rejetez le texte comme violemment régressif, ils vous reprochent de refuser les quelques améliorations qu’ils vous ont concédées. Ou pour de nombreux textes régressifs adoptés, ils vous concéderont un texte qui l’est moins... C’est ce qu’on peut dire de la “loi Hamon” sur l’économie sociale et solidaire. Qu’a-t-il dû accepter pour pouvoir la faire passer ? Eh bien tout le reste... Tout ce qui a été fait depuis 2012... Quand vous en arrivez au bilan, vous ressentez de fortes douleurs au bas du dos !

     

    Et puis, constatez que B. Hamon affiche le même européisme habituel de ces "élites” qui disent travailler pour notre bien, fut-ce contre notre gré, en voulant l’Europe sociale, ce mantra étant sans cesse repris depuis la première élection du parlement européen en 1979 et qui, jamais, n’eut le moindre début de commencement en pratique ! En fait d’Europe sociale, ces “élites” nous ont ramené au XIXe siècle, elles ont réduit à presque néant et notre souveraineté populaire et notre indépendance géopolitique. Et maintenant, elles semblent clairement vouloir franchir une étape supplémentaire : une nouvelle guerre avec la Russie ! Nous n’en voulons pas ! Ceci ne se fera pas en notre nom ! Et tous ceux qui ne s’élèveront pas on ne peut plus clairement contre ce risque-là seront violemment rejetés par le peuple français !

     

    B. Hamon n’a qu’un objectif : mystifier une fois de plus un nombre suffisant d’électeurs de "gauche", faire en sorte que ceux-ci ne votent pas cette fois pour Mélenchon. Hamon a exprimé en 2012 son rôle : constituer un pilier gauche pour le PS en vue d’éviter une fuite des électeurs vers Mélenchon. “On assure à Hollande le flanc gauche qui évite que certains électeurs se tournent vers Mélenchon” a-t-il dit au Figaro (voir cet article).

     

     

    -

    Vous avez pigé ou ce n’est pas assez clair ?

    Et ne venez pas me dire que ça c’était avant ! Rien n’indique qu’il ait changé ! B. Hamon s‘est vu confier une mission qu’il a acceptée : tout faire pour que Mélenchon n’atteigne pas le second tour. B. Hamon sait très bien que lui perdra. Car il ne peut ignorer le désaveu massif que le PS, et le pouvoir actuel, inspirent dans les têtes de tous les Français, quels qu’ils soient, de droite, de gauche, du centre, ou de nulle part ! Le peuple français réserve un châtiment impitoyable à ceux qui se sont joués de lui ! Le PS va connaître l’épuration !

     

    • In fine, c’est l’élection d'E. Macron ou de F. Fillon que prépare B. Hamon !

    Peut-être se voit-il comme le principal opposant d’un Président qui serait E. Macron ou F. Fillon pour la période 2017-2022. Ainsi, avec B. Hamon principal opposant au nouveau pouvoir, on aurait le candidat “naturel” pour l’élection de 2022.

     

    En votant B. Hamon au premier tour de cette élection, vous remettriez une pièce de plus dans la machine de la 5e République. Pour faire tourner le manège encore une fois... Sauf qu’avec cinq ans d'E. Macron ou de F. Fillon, où en serons-nous en 2022 ? Que restera-t-il au peuple français ? Dans quel état serons-nous plongés ? J’ai froid dans le dos à y penser. Pas vous ?

     

     

    - Le moment que nous vivons est historique, sachons en mesurer l'importance

     

    Plus qu’aucune élection ne l’a jamais été depuis l’avènement du Conseil National de la Résistance. Si on ne saisit pas cette occasion de commencer à sortir maintenant, tout de suite, sans attendre cinq ans de plus, du système et de la société capitalistes, si on ne commence pas dès le 8 mai prochain (lendemain du second tour de la présidentielle) à mettre en oeuvre la libération de notre pays de l’oligarchie qui le dirige depuis trente ans, si on ne met pas en oeuvre, dès le 8 mai prochain (date symbolique s’il en est !) les mesures pour reprendre notre pleine et entière souveraineté - à la fois populaire et nationale -, si on ne rend pas très vite le pouvoir – tout le pouvoir – au peuple souverain, alors nous vivrons collectivement de biens cruels moments ; car tous, autant que nous sommes, et quelles que soient nos vies, nous allons subir le pire. En tant qu’individus, en tant que peuple, en tant que nation !


    Fillon ou Macron, ce sera l’accomplissement du grand projet des oligarchies mondiales : la France sera transformée en vulgaire "région" d’une superstructure européenne qui aura encore affermi sa puissance et son autoritarisme, aux ordres et pour le seul intérêt des multinationales ; et à l’intérieur du "pays", le peuple français redeviendra ce Tiers-Etat qui souffrait tant des caprices des "Grands" et des “Princes”avant la Révolution, sans avoir son mot à dire sur quoi que ce soit, et ce peuple sera toujours plus contraint de se tuer au "travail" pour le plaisir de quelques-uns et pour n’avoir pas le temps ni la force de se rebeller.

     

    - Non ! Hamon n’est pas un "gentil" de l’aile gauche du PS.

    Il est un outil du système destiné à tromper et à empêcher le basculement de la France dans une forme de résistance mondiale à l’ordre capitaliste. B. Hamon a été choisi pour jouer le même rôle qu’Obama en 2008, quand le peuple des États-Unis menaçait d’entrer en révolution après les deux mandats calamiteux de Bush le petit.

     

    • Imaginez une seconde ce que serait la force de frappe de la République française (je ne parle pas ici de la force de dissuasion nucléaire...) si son prochain Président de la République était Jean-Luc Mélenchon !
    • Imaginez le message que le peuple français, en l’élisant lui, enverrait au monde ! Nous deviendrions un pôle de résistance à l’ordre capitaliste mondial et à son vecteur impérialiste.

     

    John Fitzgerald Kennedy, dans son discours inaugural prononcé le 20 janvier 1961, a dit ces mots : “L’énergie, la confiance, le dévouement que nous allons offrir pour rendre possible cet avenir éclaireront notre pays et tous ceux qui le servent et l’éclat de ce feu est de nature à illuminer le monde.

     

    Ces paroles lyriques, Jean-Luc Mélenchon, j’en suis certain, pourrait les faire siennes. Il les a d’ailleurs déjà dites - autrement - à de multiples reprises ces derniers mois. Et, comme lui, je ne doute pas que son élection réveillerait des millions de gens en France, des millions de gens qui seraient prêts à prendre leur part du combat à mener et des changements à mettre en oeuvre. Je dis cela sans ignorer ou négliger que cette élection éveillerait aussi des sentiments bien peu amicaux à notre encontre, et déclencherait contre lui, contre ses ministres, contre nos ambassadeurs, contre les nouveaux responsables supérieurs des administrations de l’État et contre nous tous, des réactions très violentes de la part du système et de ceux qui le servent. Car les “collabos” ne se déclareront pas vaincus sans avoir lutté pied à pied contre nous. Qui sait ce qui peut nous arriver ! La stratégie du choc est leur stratégie de lutte contre les peuples qui ont des volontés rebelles ! Tenez-vous le pour dit et préparez-vous-y !

     

     

    - Cela ne doit pas vous faire mettre un genou à terre pour autant.

    Car je crois aussi qu’aucun pouvoir, aussi despotique soit-il, ne peut rien contre un peuple qui a décidé de prendre - ou de reprendre - son destin en mains ! “Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux” disait La Boétie qui ajoutait : “ Un tyran n’a de pouvoir de nuire qu’autant que les hommes veulent bien l’endurer”. “La plus grande force des tyrans est l’inertie des peuples” disait pour sa part Nicolas Machiavel tandis que Dimitris Papachristos a écrit très justement que “Celui qui attend qu’on le libère restera un esclave toute sa vie”. Louise Michel avait fait sienne cette maxime : “Le peuple n’obtient que ce qu’il prend” et dans le même esprit : “Les libertés ne se donnent pas, elles se prennent” avait reconnu Pierre Kropotkine.

     

    Un autre extrait, célébrissime, du discours inaugural de JFK disait : “Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays !”

     

    Ce que vous pouvez faire pour votre pays - et donc pour notre peuple - c’est déjà de ne pas vous tromper le 23 avril et, si J.L. Mélenchon parvient au second tour, le 7 mai !

     

     

    - Ensuite, quoi qu’il arrive, c’est de rester mobilisé et éveillé.

    Même si J.L. Mélenchon est élu Président de la République, vous devez tous rester sur le pont car il ne fera pas tout, tout seul. Son gouvernement ne pourra tout faire de ce que nous envisageons de faire si le peuple tout entier n’exerce pas une pression très forte pour, d’une part, pousser au cul les “timides”, et, d’autre part et en même temps, jouer le rôle de “garde prétorienne” du nouveau pouvoir sur lequel les coups ne cesseront de pleuvoir, à verse !

     

    Il ne s’agit pas – ou il ne s’agit plus – en 2017 de simplement voter pour un Président et lui donner carte blanche. Il faut passer à une autre ère de la démocratie, et cela sans même attendre le temps où sera rédigée collectivement puis mise en oeuvre une nouvelle constitution. Dans notre façon d’appréhender le pouvoir, le principe représentatif et la délégation, nous devons devenir des adultes et donc être instruits de ce qui se fait pour bien “conseiller” et orienter celles et ceux qui décideront pour nous, en notre nom. Nous devons exiger une pratique constante de la démocratie participative en attendant que la future constitution de la 6e République nous rende tout “le” pouvoir, tous “les” pouvoirs !

     

    Et le peuple français, s’il se comporte ainsi chez lui, redeviendrait un exemple pour le monde. Bien plus encore : si ce nouveau pouvoir, exercé au sommet par Jean-Luc Mélenchon, son gouvernement, l’administration, nos ambassadeurs et leurs services, accomplissaient l’oeuvre que nous aurions légitimée par l’élection de ce candidat-là, donc si le Président Mélenchon et les pouvoirs publics français entamaient, dès le 8 mai, un dialogue nouveau avec ces États européens, africains, asiatiques, sud-américains qui sont nos alliés naturels, bien plus que d’autres avec qui nous sommes actuellement liés, et si la France commençait à parler au monde au nom des peuples insoumis, des peuples opprimés et des nations dont le vocable officiel dit qu’elles n’ont pas encore “émergé”, peut-être même que la France ne serait plus seulement un “exemple” comme je l’ai dit ci-dessus, mais un véritable “phare”, dans l’esprit kennedyen du premier extrait que j’ai cité plus haut !

     

     

    - D’autres pays dans le monde ont amorcé cette résistance et cette reconquête.

    Et même si nous ne nous retrouvons pas entièrement en eux, il serait utile et profitable à tous que nous travaillions de concert avec eux pour vaincre ces oligarchies capitalistes qui ont repris le contrôle du monde, alors qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les peuples étaient entrés, pour certains d’entre-eux, notamment en Europe, dans une ère de progrès, progrès qui a été interrompu dans les années 70 et qui n’a cessé d’être déconstruit, pierre après pierre, les pouvoirs politiques de nos pays se dessaisissant de leurs prérogatives au profit soit des entreprises, soit de structures politiques et juridiques illégitimes, tout ceci bien sûr en violation constante des volontés populaires si souvent exprimées.

     

     

    - Mélenchon n’est pas le candidat idéal ? Faudrait-il qu’il le soit pour que nous le soutenions ?

    Alors, il est vrai que certains d’entre vous pensez que J.L. Mélenchon n’est pas le candidat idéal. Sans doute n’est-il pas parfait. Sans doute défend-il parfois des positions qui ne sont pas les vôtres. Nous sommes un peuple divers et il est donc logique que nous ne pensions pas tous la même chose sur tous les sujets. Moi-même, je ne suis pas le doigt sur la couture du pantalon vis-à-vis de J.L. Mélenchon quand je le trouve trop timide sur la question européenne ou sur certains thèmes économiques et sociaux.

     

    Pour autant, et j’insiste sur ce point, quelle alternative avons-nous ? Je n’en vois aucune. tous les autres candidats en situation de parvenir au second tour sont détestables, soit par leur projet, soit par leur passif.

     

    Alors, certains me disent que ce genre de discours, c’est finalement appeler à soutenir "le moindre mal". Je ne suis pas d’accord ! J.L. Mélenchon, ce n’est pas le moindre mal ! C’est un bien ! Ce n’est peut-être pas "le" bien, mais c’est un plus grand bien, comparé à ce que nous vivons depuis le début de la mise en oeuvre de la stratégie du choc.

     

    • J.L. Mélenchon – ce n’est pas rien, d’autant qu’il est le seul à le proposer parmi les "grands" candidats – s’engage à organiser une Constituante, c’est-à-dire à rendre au peuple son pouvoir constituant. Via des représentants élus et tirés au sort (selon des conditions et modalités à définir), nous, le peuple français, réécrirons notre constitution et ainsi nous déciderons du type de régime que nous voulons, des droits nouveaux que nous nous reconnaissons, des obligations que nous acceptons, et de celles que nous imposerons à tous nos représentants et à tous les détenteurs d’une parcelle de pouvoir dans l’État, les collectivités locales, les entreprises...

     

    • J.L. Mélenchon est le seul à s’engager à cela et c’est ce qui est le plus fondamental pour moi, au-delà de l’accord que je peux avoir avec lui sur une très large partie de son projet. Aussi longtemps qu’une révolution au sens traditionnel n’éclate pas pour que le peuple reprenne par la force le pouvoir qui lui a été enlevé par la loi, il n’y a que la loi pour défaire la loi et la refaire, à commencer par la loi fondamentale, la constitution ! Et donc les urnes ! Pour que celui qui présidera le régime, et celles et ceux qui seront envoyés dans nos institutions pour faire la loi, soient les bonnes personnes... Au-delà de la question du projet, d’autres paramètres seront à prendre en compte, avec la plus grande attention. Car si, dans les prochaines semaines, se confirme la montée en puissance et en crédibilité du candidat Mélenchon, ne doutez pas que se rallieront à lui les amis du dernier jour, ceux qui n’en sont pas, et qui se rapprochent seulement d’une force de nature à sauvegarder leurs propres intérêts ! Ceux-là, nous les repérerons aisément. D’ailleurs, ici ou là, il y en a déjà qui se font remarquer... Il est si facile de les reconnaître...

     

    Cet engagement de faire la Constituante et tout ce qui a été dit par J.L Mélenchon à ce sujet, de même que certaines déclarations, plusieurs fois répétées, quant à ce qu’il envisage de faire lui-même, indiquent - sauf à l’accuser de mensonge - qu’il sera fidèle à l’esprit nouveau qu’il essaie, depuis deux ans au moins, de faire souffler sur le pays. Ce nouvel esprit non pas tant des lois que du pouvoir, est en phase avec son temps. J.L. Mélenchon, sur ce sujet comme sur bien d’autres, a saisi ce qui fait notre temps et essaie d’y adapter la manière de gouverner et de traiter avec le peuple. Qui d’autre que lui, aujourd’hui, parmi les “grands” candidats susceptibles de parvenir au second tour dans notre inique système électoral de monarchie présidentielle, a choisi d’adopter la même ligne de conduite ? Cherchez bien, vous ne trouverez personne !

     

    Le système politique que propose J.L. Mélenchon et la France insoumise dans le projet L’Avenir en commun, c’est notamment que chaque citoyen, quelles que soient ses opinions, ses préférences, ses affinités, ou à l’inverse ses aversions... pourra prendre sa part dans le débat politique de la nation ou de son territoire, et participer à la prise de décision juridique. Et sur cette base, les politiques menées seront alors de nouveau le reflet de la volonté populaire et nos lois (comme les délibérations de nos assemblées locales) deviendront vraiment l’expression de la volonté générale dans l’esprit de Jean-Jacques Rousseau.

     

    En conséquence, sauf si vous êtes partisans du système actuel de confiscation du pouvoir par quelques-uns, je pense que vous devriez appuyer Jean-Luc Mélenchon, quel que soit votre sentiment à son sujet, car il vous donnera, à vous aussi, la possibilité concrète de vous exprimer et de prendre votre part, quand bien même vos opinions politiques ne seraient pas les siennes. Vous pourrez, grâce à lui, peser sur la décision après que de larges débats aient été organisés et souvent des votes directs car, il l’a souvent répété, “Nous voterons beaucoup désormais”. Réfléchissez à cela.

     

    Enfin, pour conclure, je dirais que ses opinions à lui, comme les miennes, et comme celles de toute la France insoumise, opinions qui sont aussi partagées très au-delà de ce mouvement citoyen qu’est la France insoumise, c’est de rendre le peuple français libre, indépendant, souverain, à l’intérieur du pays, comme à l’égard des autres pays du monde. Or redevenir ainsi, libres, indépendants et souverains, nécessite des ruptures géopolitiques et géostratégiques majeures (telles que sortir de l’OTAN et de l’UE mais aussi de la Banque Mondiale, de l’OMC et du FMI par exemple, tout en renforçant l’ONU, contrairement aux velléités du nouveau Président et du Congrès des États-Unis dont il est fait mention dans la presse depuis quelques jours) et aussi des ruptures avec la trame économique, politique et culturelle qui guide notre pays depuis trois décennies, ce qui nous impose de restaurer le plein pouvoir économique et monétaire de nos institutions nationales et le plein pouvoir du peuple dans tous les domaines de la vie publique, sans oublier le plein pouvoir des travailleurs dans l’entreprise, afin que nous puissions mettre en oeuvre notre projet de progrès pour tous, cet “Avenir en commun” que nous proposons comme ferment national et républicain pour les 5 ans à venir.

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Laurent Binet : « Une vraie gauche pourrait accéder au pouvoir »

    Tomber dans le piège HAMON ou s’engager dans la révolution MÉLENCHON ? C’est vous qui voyez…
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    1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 09:25
    Même avec Benoit Hamon.... le Parti "socialiste" ? Non merci !

    Sources : Le blog du Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Paul Ariès[1]

    -

    Faire de la politique impose d'avoir une bonne mémoire !

    La victoire de Benoit Hamon est certes préférable à celle de Manuel Valls mais elle ne doit nullement servir le temps d’une élection présidentielle à rosir ou à verdir un parti "socialiste" devenu un obstacle au changement.

     

    La victoire de Benoit Hamon prouve simplement que nous avons eu raison depuis 2012 de dénoncer ce parti faussement "socialiste" mais vrai fossoyeur de la gauche et de l’écologie.

     

    Méfions-nous des illusions qui consisteraient à croire qu’une union sacrée serait possible avec ce parti qui a trahi pendant 5 ans ses engagements pris devant le peuple. Méfions-nous des illusions qui consisteraient à chercher un accord de papier qui ferait oublier les trahisons du PS.

     

    • Ce Parti de Benoit Hamon reste un obstacle au changement.
    • Ce n’est pas un problème de personne mais d’idéologie.
    • La victoire de Benoit Hamon ne nous rendra pas amnésique.
    • La victoire de Benoit Hamon ne recycle pas le PS à gauche et ne le rend pas davantage soluble dans une véritable écologie.

     

     

    -

    Benoit Hamon a toujours été un dirigeant socialiste à la mémoire sélective.

    Auteur en 2011 d’un excellent ouvrage intitulé " Tourner la page " dans lequel il avait des mots très durs pour la social-démocratie accusée de mettre en oeuvre des politiques plus libérales que sociales, cela ne l’a pas empêché d’être porte-parole du PS de 2008 à 2012 puis membre du gouvernement social-libéral de 2012 à 2014..

     

    Hamon écrivait que cette pseudo-gauche était un "pis aller de la droite", il parlait même à propos du parti "socialiste" de "gauche placebo" et ajoutait que les sociaux démocrates étaient devenus un obstacle à l’émancipation.

     

     

    -

    Ce qu’écrivait Hamon au sujet du PS en 2011 est encore plus vrai en 2017.

    Le Parti de Hamon n’est pas du côté de la solution mais du problème. Aucun rabibochage électoraliste ne serait en mesure d’effacer la trahison des engagements qu’avait pris le Parti de Hollande en 2012.

     

    • Ne comptez pas sur nous pour légitimer avec Benoit l’illégitime Parti socialiste.
    • Ne comptez pas sur nous pour mentir au peuple et laisser croire que le PS serait de gauche.

     

    J’appelle les Insoumis à ne pas se laisser soumettre.

     

     

    -

    Monsieur Hamon, choisissez entre eux et nous !

    Message de Jean-Luc Mélenchon à Benoît Hamon.

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    22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 09:21
    Le Parti socialiste a-t-il un avenir  ?

    ma réponse personnelle est : NON !

     

    Pris en étau entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, le parti socialiste, issu du congrès d'Epinay en 1971, a perdu son hégémonie à gauche, usé par le pouvoir et incapable de clarifier une ligne politique.

    Aujourd'hui, il tente, à l'occasion des présidentielles une ultime manœuvre : se présenter comme une ultime alternative à lui-même ! Elle est vouée à l'échec !

     

    Sources : la Tribune par

    -

    Le parti socialiste français va-t-il connaître un destin analogue à celui du Pasok grec ou encore du PSOE espagnol, à savoir perdre son hégémonie à gauche ?

    Usé par quatre années et demi de présidence de François Hollande - qui a atteint des records d'impopularité pour un président de la Ve république -, tiraillé en interne par la bataille entre les tenants de la ligne "réaliste" suivie par Manuel Valls et les élus "frondeurs" protestant contre les abandons des fondamentaux du parti, le PS est en train de vivre la fin du cycle qui s'était ouvert en 1971 avec le congrès d'Epinay, qui lui aura permis de gouverner la France.

     

    Contrairement à celle de la droite, la primaire de la gauche, dénommée la « Belle alliance populaire » - slogan plus que concept qui prend un sens ironique au regard de la situation présente -, va voir se déchirer divers candidats dont le seul but n'est pas de gagner la présidentielle - le parti socialiste a peu de chances aujourd'hui d'être au second tour - mais de s'imposer à la tête du parti pour mener la recomposition qui s'annonce après les élections législatives. Il n'est même pas sûr que cela suffise à sauver ce parti.

     

     

    -

    Valls, comptable du bilan du gouvernement

    Quant à l'opération de Manuel Valls, elle risque de tourner court. L'objectif de rassemblement, qu'il ambitionnait légitimement d'atteindre tant qu'il était Premier ministre, va s'avérer bien plus difficile à réaliser au fur et à mesure que le simple candidat qu'il est devenu va rentrer dans le dur de la campagne face à des adversaires qui ne lui feront aucun cadeau, notamment sur son bilan de Matignon, dont il est comptable. En outre, l'entrée en lice de Vincent Peillon, pur produit du parti socialiste, fervent laïc, est en train de lui enlever toute prétention à la victoire, et pourrait même lui valoir un sort à la Nicolas Sarkozy, arrivé troisième lors de la primaire de droite.

     

    Plus inquiétant, surtout, pour le Parti socialiste, c'est qu'à la différence de l'électeur de droite, l'électeur de gauche se voir proposer une offre variée avec, à la droite du PS, Emmanuel Macron, qui, en attirant plus de 10.000 personnes à son meeting parisien samedi, est en train de faire sa "révolution", titre de son livre prouvant que son progressisme libéral-socialiste répond à une réelle attente.

     

    Quant à la gauche du PS, Jean-Luc Mélenchon, qui a déjà l'expérience de la campagne précédente, s'est préparé en tissant sa toile, notamment en utilisant les réseaux sociaux, avec une campagne de proximité, s'attirant de nombreux soutiens. Dans son cas également, le discours qu'il tient, par exemple sur l'Europe - il se dit prêt à sortir de l'Union européenne si l'orientation suivie à Bruxelles et imposée par l'Allemagne n'est pas changée - a l'avantage d'être clair.

     

     

    -

    Les appels désespérés de Jean-Christophe Cambadélis

    Dans ces conditions, on comprend mieux pourquoi les appels désespérés du premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, aux deux challengers de venir participer à la fête de la "Belle alliance populaire" n'ont reçu que des réponses négatives.

     

    L'étau qui se referme sur le PS - il faudrait également ajouter Yannick Jadot, gagnant surprise de la primaire chez les écologistes - montre qu'il existe deux courants clairement différents à gauche, que le Parti socialiste aura passé son temps à vouloir réconcilier en évitant les sujets de fond qui fâchent - la bataille des idées qui est la mère des batailles pour un parti - lui préférant une logique purement électorale et un réseau d'élus, qui se réduit comme peau de chagrin au fil des consultations électorales depuis l'arrivée au pouvoir de François Hollande.

     

    Surtout, le PS paie aujourd'hui de n'avoir pas fait la clarification exigée par Michel Rocard au lendemain du "non" au référendum sur la constitution européenne de 2005, qui avait déchiré à l'époque le parti. Refus qui avait été le fait du premier secrétaire de l'époque, un certain François Hollande.

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

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    19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 09:34
    Pour un meilleur avenir, La France doit être insoumise !

    Les dés sont jetés, le candidat de la droite sera de la droite dure et extrême.

     

    Sources : Les chroniques d'un militant par Kevin KIJKO

    - Son projet ?

    Suppression massive de fonctionnaires, retraite à 65 ans, fin du droit du travail, destruction de la sécurité sociale, un projet de recul social et sociétal... Un retour avant le programme du CNR, vieux rêve du MEDEF. Et pourtant, l’oligarchie médiatico-financière veut le placer en grand favori de la présidentielle à grand coup de sondages. Elle fait fi de la volonté d’émancipation du Peuple. Quelle réponse est proposée à cela ? Les socio-libéraux solfériniens s’entêtent dans une primaire montée de bric et de broc, où même le premier ministre veut affronter Hollande, mais où tous sont prêts à faire allégeance au plus libéral qui en sortira. De toute façon, ils ont tous poussé la barrière du libéralisme en acceptant cette primaire. Macron, droitier décomplexé, s’enfonce dans sa pseudo révolution qui n’a rien à envier à tous ses concurrents de droite. Et ne parlons pas du F-Haine qui avance masqué en voulant faire croire que son fondement conservateur, réactionnaire et xénophobe n’est plus... La réalité est tout autre... Bref, qu’y a-t-il pour s’opposer à ce grand jeu de dupes ? Une seule et vraie alternative, un vrai mouvement citoyen.

     

     

    - Et cette alternative a un nom, la France Insoumise

    Elle a un candidat, Jean-Luc Mélenchon et elle porte un programme « l’Avenir en Commun ». Oui, c’est la seule force populaire et citoyenne qui porte réellement un programme de progrès social, écologique. Qui d’autre porte la constituante pour la 6ème République, l’abrogation pure et simple de la loi dite « Travail », la planification écologique, la révocabilité des élus et tant d’autres choses ? Personne. Oui depuis ce week-end, le PCF lui apporte son soutien pour les présidentielles. Cela est d’une très grande importance... Il est quand même bon de rappeler que ce mouvement prend ses racines dans les luttes, qu’elles soient sociales, écologiques ou citoyennes.

     

    C’est pour cela que face au choix de la droite, il faut que la France Insoumise montre une image forte et son ancrage. Pour porter cette campagne présidentielle, il faut mettre en avant, aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, des syndicalistes, des lanceurs d’alerte, des associatifs qui portent au quotidien cette démarche par leurs luttes. Oui, il ne faut pas rougir et porter haut et fort toutes ces luttes. Montrons-les publiquement aux cotés de Jean-Luc. Là, sera la réponse forte à toute cette oligarchie qui veut mettre en place un rouleau compresseur contre le peuple. Donnons-nous les moyens d’émettre un signe fort pour fédérer le monde ouvrier, le salariat et la France entière. Je ne suis qu’un militant syndical et politique parmi tant d’autres mais en signant publiquement l’Appel de la France Insoumise, j’ai foi en notre projet commun ! J’ai confiance en Jean-Luc, et Philippe Juraver nous a montré que Jean-Luc a confiance en nous, en nous proposant de porter ce bel avenir ! Alors, j’assume et j’assumerai ma responsabilité, comme Catherine, Karine, Mehdi, Lionel, Laurent et tant d’autres le font et le feront ! Il est temps que le Peuple reprenne son bien le plus précieux, son destin.

     

    • Ils ont les milliards, nous serons des millions.
    • Tous unis, tous ensemble !
    • La route est longue mais notre projet en vaut la peine. Mobilisons-nous tous !
    • Pour qu’en 2017, nous ayons notre Avenir en Commun, l’Ere du Peuple !

     

    Pour en savoir encore plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    Pour un meilleur avenir, La France doit être insoumise !
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    31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 09:22
    Pour la direction du Parti communiste français, les présidentielles sont perdues. Restent les législatives

    A ce jour, j’ai publié quelques dizaines d’articles sur ce site. On y cherchera vainement la moindre pique contre le Parti communiste français. Et cela n’est pas un hasard. J’ai toujours considéré un effet que, chaque fois qu’on s’attaquait aux communistes, on retrouvait dans les entreprises des salariés de toutes obédiences avec les yeux au beurre noir.

     

    Sources : Le Grand Soir par Vladimir MARCIAC

    Le fait que l’idéal communiste ait été bafoué, caricaturé, bureaucratisé, stalinisé dans les pays qui étaient en mesure d’en être les tremplins mondiaux ne permet pas de jeter le PCF (qui n’y est pour rien) comme on jetterait le bébé avec l’eau du bain.

     

     

    -

    Les communistes ont beaucoup donné à la France

    En France, quoi qu’en disent ses détracteurs, le Parti communiste a un passé glorieux : il a beaucoup apporté en matière de lutte contre l’ennemi nazi, pour des conquêtes sociales, l’élargissement de la démocratie, le développement des valeurs humaines. C’est un constat banal de dire que ses militants sont animés par un moteur qui est celui de l’amour de leur prochain, de la justice, de l’égalité de la fraternité, de la paix. Naguère, ils ont subi la prison, la torture, ils ont versé leur sang par dizaines de milliers pour libérer leur pays de l’occupant et toujours, depuis sa création en 1920, ils ont subi la répression patronale en raison de leur engagement altruiste au service des travailleurs.

     

     

    -

    Un certain Karl Marx

    Quelles que soient les dérives du PCF ces dernières années, ces compromis hasardeux avec le parti socialiste, voire ses compromissions, on doit bien admettre que la présence à tous les niveaux (municipaux, départementaux, régionaux et au Parlement) d’élus communistes est une garantie pour le monde du travail qui trouve en eux des défenseurs parmi les plus ardents et les plus fidèles. Et parmi les plus conscients parce que Karl Marx est passé par là et a laissé trainer sa boussole qui marque toujours aussi précisément la direction de l’ennemi dans le faisceau des leurres et le brouillard des médias.

     

     

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    Un raidissement rétrograde

    Débarrassé depuis longtemps du stalinisme, le Parti communiste français s’était ouvert à des compagnons de route, des électrons libres, des sortes de « communistes de l’extérieur » qui le voyaient porteur de la plupart de leurs aspirations, qui mettaient fidèlement dans l’urne un bulletin au nom d’un candidat communiste, sans se sentir obligés de prendre (ou reprendre) une carte du parti. Et qui étaient traités en amis.

     

    Hélas, il semblerait que ce temps n’est plus, que l’approche des élections présidentielles d’avril 2017 ait fait naître un raidissement qui va crescendo et qui frôle aujourd’hui le paroxysme de la violence dans les propos. Cette violence peut, ici et là, se manifester en son sein entre ceux qui sont fidèles au candidat et au programme soutenus par le Parti communiste lors des élections présidentielles de 2012 et ceux qui pensent que l’objectif premier est à présent d’écarter Jean-Luc Mélenchon, seul candidat de gauche en mesure de figurer au second tour des élections présidentielles.

     

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    Il va falloir calmer le jeu

    A Toulouse, lors du Remue-méninges organisé en août 2016 par le PG à l’université Jean Jaurès, des jeunes communistes arrachent la signalétique mise en place pour guider les participants. Le PCF était invité, ainsi que d’autres organisations de gauche, mais n’est pas venu.

     

    A la fête de l’Huma, le stand du PG est vandalisé et nuitamment sali par des excréments. Jean-Luc Mélenchon, pour rejoindre l’Agora de la fête où il va parler devant une foule considérable, devra emprunter un itinéraire qui ne l’expose pas à un risque d’altercation qui aurait fait les délices des médias et leur sujet prioritaire. Pour la même raison, il devra aussi renoncer à dormir dans le camping-car loué pour s’éviter les fatigues des trajets.

     

    Bref, comme le gouvernement, le climat politique est pourri à gauche, les sales coups, en catimini, font l’économie des discussions entre gens qui s’aimaient bien et qui vont se détester. Il est à craindre que le pire soit en gestation derrière le paravent de la diction apaisante de Pierre Laurent. Et je vais vous dire pourquoi ici-même.

     

     

    -

    Injures et diversions

    Revenons à Paris, au royaume des tergiversations, de l’approche grotesque d’Arnaud Montebourg (prêt à voter Hollande si celui-ci gagne les primaires) comme candidat possible pour le Parti communiste, puis de l’hypothèse d’une candidature de Pierre Laurent ou d’André Chassaigne dont chacun sait, quelle que soit leur valeur, qu’ils n’atteindront pas un score à deux chiffres, mais que la conséquence sera l’élimination à coup sûr de la gauche pour le second tour.

     

    Les sondages montrent la progression de Jean-Luc Mélenchon dans un contexte où il se heurte à l’hostilité déclarée du PCF. En vue de lui barrer la route, la direction du PCF fait flèche de tout bois, n’hésitant pas à le qualifier de national-populiste tandis que, dans les réseaux sociaux, les invectives pleuvent, parfois au niveau de l’ordure. Encouragés, des Internautes multiplient sous pseudos les mensonges et inventions (les revenus de Jean-Luc Mélenchon, sa Rolex, son manoir…). Jean-Luc Mélenchon est (en 2016, pas en 2012 où il était par-fait) « populiste », nationaliste », « germanophobe », « individualiste », affecté d’un « ego demesuré ». On imagine a contrario que de tels contempteurs s’extasient sur la modestie, la timidité, des autres candidats depuis la première élection, en 1958, du président de la République au suffrage universel.

     

    Un argument massue (et tellement dérisoire ! ) tourne en boucle : Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature « en solo ». La vérité est qu’il s’est déclaré après des discussions avec le PCF et seulement quand celui-ci a annoncé sa volonté (d’alors) de participer aux primaires solfériniennes.

     

    Les attaques ad hominem dispensent de parler du programme de Jean-Luc Mélenchon (programme que tout communiste pourrait approuver), de son énergie pour aller au-devant du peuple qui le reçoit comme un des siens, des débats auxquels il participe dans les médias (sans être épargné par les journalistes) et qui font progresser les idées que tout homme, toute femme souhaitant que les citoyens soient placés avant les chiffres de la finance peut soutenir.

     

     

    -

    Ces hommes que l'Histoire a fabriqués

    J’ai eu l’occasion de rencontrer Jean-Luc Mélenchon. Je crois à sa sincérité et j’ai la certitude que cet homme-là a un rendez-vous avec l’Histoire, comme naguère le général De Gaulle chez nous, comme cet étudiant cubain, Fidel Castro, dont le combat était dénoncé par le Parti communiste de Cuba, ou ce militaire vénézuélien, Hugo Chavez, qui n’était pas membre du parti communiste de son pays[1].

     

    Enfin, qui ne voit que Jean-Luc Mélenchon est transcendé par le rôle où les circonstances l’ont placé. Il peut, en 2017, être le Président qui changera la Constitution, renoncera dès que possible à son mandat, rendra enfin la parole aux petits, aux obscurs, aux sans-grades. Que les sceptiques ne ricanent pas trop fort : l’Histoire a parfois des accélérations fulgurantes et le peuple est imprévisible.

     

     

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    Pour la direction du PCF, les présidentielles sont perdues. Il faut miser sur les législatives

    Hélas, pour le PCF, à ce jour, les jeux sont faits, la défaite est inéluctable avant même d’avoir mené le (bon) combat.

     

    Nous subirons 5 ans de plus, voire 10 ans, un président semblable aux deux derniers, ou l’un des deux. Mais il convient de sauver l’appareil par des alliances électorales à venir avec le PS, alliances qui assureront la réélection des 9 députés communistes sortants et, si possible, de ceux qui furent battus en 2012, noyés dans la vague rose de « mon adversaire c’est la finance ».

     

     

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    Le nerf de la guerre

    Le Parti de Gauche a eu un député, Marc Dolez, ensuite démissionnaire du PG. Jean Luc Mélenchon a l’impression (justifiée) que sa campagne de 2012 a surtout été bénéfique pour les candidats communistes dans les élections qui ont suivi. Il n’a plus l’intention de tirer les marrons du feu dans un remake de la fable.

     

    Les 9 députés du PCF ont profité pour leur élection des retombées de la campagne des présidentielles, menée par Jean-Luc Mélenchon. Les élus communistes rapportent à leur parti plusieurs millions d’euros par an. Ne négligeons pas la peur de l’appareil communiste de voir les législatives de 2017 se conclure par la défaite de tous ses candidats, sa disparition de l’Assemblée nationale et la survenance d’une pénurie du « nerf de la guerre ». Le risque existe, comme le risque existait, parfois plus graves, dans d’autres combats menés par le PCF dans le passé.

     

    Pourtant, le danger le plus grand pour le PCF aujourd’hui est dû à son absence de lisibilité, ses zigzags, sa navigation à la godille, son j’y-va-t’y, j’y-va-t’y-pas, ses alliances à géométrie variable, sa dénonciation de la politique soutenue par le PS en concomitance avec ses négociations d’arrière-cuisine pour de futures alliances avec le parti de la bande des quatre : Hollande, Valls, Macron, El Khomri (Passez-moi la rhubarbe, je vous passerai le séné).

     

     

    -

    Le PCF ménage le PS

    Ce souci du PCF de laisser grande ouverte la porte des ententes électorales avec le PS est démontré par sa propension à désigner nommément dans ses critiques les solfériniens cités plus haut en lieu et place de l’appareil du PS dont il est dépendant.

     

    Ce n’est pas le programme (lisez-le donc) de Jean-Luc Mélenchon, ni les modalités de l’annonce de sa candidature, ni son national-populisme, ni (comme le disent les médias) sa propension à grogner et à « éructer » qui chagrinent les dirigeants communistes, c’est la crainte, en soutenant celui qui est le plus proche de leurs thèses, de se priver du report des voix solfériniennes au second tour des élections post-présidentielles. Des voix dont il n’est pourtant pas sûr qu’elles soient encore prisonnières des éléphants d’un parti « socialiste » qui, dans sa pratique, a cessé d’être de gauche.

     

     

    -

    On peut dire de la division de la gauche ce qui a été dit des guerres : « La première victime est toujours la vérité »

    Dès lors, et comme le choix secret d’œuvrer d’ores et déjà pour les législatives en shuntant les présidentielles est insoutenable devant l’électorat communiste ou l’électorat de gauche en général, il convient de s’attaquer à l’homme et de multiplier des diversions qui vont permettre de gagner (de perdre !) du temps alors qu’il est urgent de se lancer dans la bataille contre la droite et contre ceux qui l’ont si bien servie après avoir été élus pour la combattre.

     

     

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    Les carabiniers d'Offenbach dirigent le PCF

    Quel candidat pour 2017 ? Les dirigeants du PCF jouent aux carabiniers d’Offenbach qui martèlent la scène de leurs bottes en faisant du surplace et en chantant « Marchons, marchons ! » (et qui, dans l’opérette, arrivent trop tard).

     

    On croit rêver en voyant les dirigeants communistes lancer en octobre 2016 une pétition intitulée « 2017, vivement la gauche ! » Oui vivement, ça urge !

     

    Et on les regarde proposer (à six mois des élections !) de se rencontrer, de réfléchir, d’élaborer, de construire, de voir avec les autres, d’entendre, d’écouter, de discuter, de rassembler, de mettre les choses sur la table, de proposer une alternative et, en quelque sorte, d’inventer de à A à Z un programme dont l’essentiel, le noyau dur, se trouve depuis des décennies dans son idéologie ; il suffit de l’adapter au contexte actuel. Au demeurant, qu’ils relisent le programme que le Parti communiste a soutenu lors des élections présidentielles de 2012. Serait-il impossible d’en dépoussiérer ce qui a vieilli, d’y ajouter ce qui manque ? Et point n’est besoin de se perdre en d’interminables palabres, parlottes, pinaillages, de s’enliser dans une réunionnite de diversion. Et pourquoi pas, tant qu’à faire, ne pas créer une commission à la Clemenceau ?

     

    La maison brûle, les incendiaires sont à l’oeuvre de tous les côtés et il faudrait discuter sur la personnalité du chauffeur du camion des pompiers, de la forme des tuyaux, de la couleur des pneus, de la brillance des casques, faire le procès de celui qui a actionné (en « solo ») la sirène sans organiser dix brainstormings décisionnels ?

     

    La conférence nationale du PCF (5 novembre 2016) ne tranchera pas davantage, mais fera des propositions entre lesquelles les militants auront à choisir dans les semaines (les mois ?) qui suivent.

     

    Nous sommes en octobre, les élections ont lieu en avril 2017 et tout se passe, selon un dirigeant frondeur du PCF comme si l’on voulait attendre le résultat des primaires du PS (en janvier 2017). Olivier Dartigolles, porte-paroles du PCF, lâche que si Arnaud Montebourg gagnait ces primaires, tout serait à reconsidérer (je cite ici de mémoire, mais j’en retiens l’esprit).

     

     

    -

    Qui a peur de jean-Luc Mélenchon ?

    Si la direction du PCF craint, aujourd’hui, ce qu’elle ne craignait pas hier, c’est-à-dire d’être phagocytée par Jean-Luc Mélenchon et occise par un baiser qui tue, quelle erreur de ne pas avoir discuté d’emblée avec lui des conditions dans lesquelles il aurait pu être le porte-parole commun des idées communes dans un intérêt commun face à trois ennemis communs du peuple : FN, LR, solfériniens !

     

    Certes, Jean-Luc Mélenchon développe une campagne hors partis, ce qui n’est pas malhabile pour une telle élection et ce qui a été rendu pratiquement inévitable par le discrédit qui s’est abattu sur le Front de gauche qui l’avait soutenu pendant la campagne présidentielle de 2012, mais qui a été ensuite marqué par des magouilles lors des élections suivantes où l’on a vu certaines de ses composantes tantôt faire alliance avec le Parti de gauche, les Verts ou le NPA, tantôt avec des Solfériniens. L’opinion des Français, exprimée dans des sondages, et plus encore dans les abstentions, a permis de mesurer l’ampleur des dégâts. D’où la nécessité d’opter pour une solution originale et novatrice pour que les citoyens se réconcilient avec les urnes, puisque, de plus en plus, ce ne sont pas les votants qui font les élus (et souvent les pires) mais les abstentionnistes.

     

     

    -

    Ce qui va finir de tuer le PCF

    Ce qui va tuer le PCF, ce qui le blesse déjà et lui ouvre les veines, ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon : c’est le renoncement de fait de ce parti à ce qu’il fut et qui était enthousiasmant, c’est l’obsession de sauver la carrière, l’emploi, les postes, les revenus d’une partie de l’appareil, des apparatchiks dont le calcul (pertinent) est que le PCF durera plus que leur propre vie.

     

    Après eux le déluge. Ils perdront des voix à chaque élection, se sépareront de quelques permanents en région, vendront quelques biens du parti, des locaux un peu partout en France, et, s’il le faut, un jour, le siège du PCF marqué par la patte d’Oscar Niemeyer, comme naguère Robert Hue fit entrer Arnaud Lagardère dans le capital de l’Humanité de Jean Jaurès.

     

    La liquidation totale de la boutique, le vidage de son rouge sang par hémorragie des troupes seront assez lents pour que le sommet du PCF et quelques hobereaux de province aillent au bout de leur carrière dans le confort douillet de qui fuit le moindre danger, de qui vit grâce aux militants et aux électeurs et non pour eux. La direction du PCF, aujourd’hui, ressemble au parti de la trouille.

     

    On pourrait presque compatir : le parti communiste compte des élus et des permanents qui ne peuvent plus « retourner à la production » parce que des années de travail dans le Parti les a rendus inaptes à leur métier d’origine et parce que, surtout, le patronat n’embauche pas de tels trublions.

     

    Mais le Parti communiste doit-il mourir sans gloire pour les sauver ? Il les sauvera en redevenant ce qu’il fut. Pas en s’acoquinant avec l’horrible troupeau d’éléphants de la rue de Solférino qui s’abreuvent à la mare du MEDEF, lèchent la mangeoire de l’OTAN dans la recherche frénétique d’ennemis à bombarder, de Russie et de Chine à défier pour le compte des USA.

     

     

    -

    Cessez le feu, vite !

    A l’heure où j’écris ces lignes, Jean-Luc Mélenchon a révélé les noms de ses 20 premiers candidats aux législatives. Il veut en avoir 577. Autant dire que les élections post-présidentielles verront s’affronter dans tout le pays des candidats de la France Insoumise et du PCF. Qui, à gauche, ne s’en attristerait pas ?

     

    Les optimistes diront que la partie de bras de fer entre Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon cessera là où commence la certitude que Billancourt se désespère et qu’un accord interviendra enfin, mutuellement avantageux et conforme aux intérêts, au désir ardent du peuple.

     

    Les pessimistes retiendront que, si un accord tarde trop, les invectives auront commis des dégâts qui ne pourront être réparés dans le peu de temps qui reste. Le fait qu’Olivier Dartigolles attise le foyer avec des mots terribles est mauvais signe. On le voit pourfendre Jean-Luc Mélenchon bien plus que son programme. Et pour cause !

     

    Or, la politique exige d’avancer en tenant compte de la réalité qui résiste aux desiderata. Jean-Luc Mélenchon, caricaturé par les médias qui le situent résolument à l’extrême gauche (ça fait peur aux électeurs), peint comme un méchant colérique, présenté depuis des années par des photos extraites de l’album « L’homme que vous ne prendriez pas en stop »), Jean-Luc Mélenchon, intègre le top 5 des personnalités préférées des Français. 100 000 signatures affluent pour le soutenir, 1400 groupes d’appui ont vu le jour, plus d’un millier de communistes le rejoignent, dont Marie-Georges Buffet, qui fut secrétaire du PCF, ministre et candidate à l’élection présidentielle de 2007, Roland Leroy ex-directeur de l’Humanité, Roger Martelli, qui fut membre de la direction du PCF et qui est co-directeur du magazine communiste Regards (avec Clémentine Autain, qui appelle à voter Mélenchon), Patrice Cohen-Seat membre du Conseil national du PCF.

     

    Dans les sondages (à prendre avec précaution, mais à savoir lire aussi quand ils ne se démentent pas pendant des mois), la cote de Jean-Luc Mélenchon est sur une courbe ascendante, plus proche déjà des 20 % d’intention de vote que des 10% du début de sa campagne. On imagine quels dégâts affecteraient les candidats de droite et d’extrême droite avec l’entrée dans la lutte de dizaines de milliers de militants communistes. On imagine le désarroi de ces militants s’il ne leur est laissé que le choix de refuser Jean-Luc Mélenchon au premier tour (eux à qui le parti a si souvent demandé de voter « socialiste ») et de voter à droite au second pour barrer la route au fascisme.

     

    Plus le temps passe, moins les dirigeants communistes seront en bonne position pour négocier sur des points du programme à porter ensemble en avril 2017 et sur une équitable répartition des circonscriptions, donc des élus à l’Assemblée nationale.

     

    L’état-major communiste va se réunir, en plein désarroi, le 5 novembre. De haut en bas, les communistes sont incertains, partagés. Appuyer le candidat de la France Insoumise et permettre que la gauche ne soit pas éliminée au premier tour en avril 2017 ou consacrer la division en soutenant un autre candidat dont la campagne aplanira le chemin pour les candidats du PCF à la députation ?

     

    Allez savoir à ce jour (20 octobre 2016). Mais ce qui est sûr, c’est que la mayonnaise France Insoumise prend (on le voit aussi par le changement de ton et d’arguments des journalistes quand ils parlent à (ou de) Jean-Luc Mélenchon). Plus l’appareil communiste tergiverse, plus il aura à concéder au porteur d’un espoir raisonnable et fou : celui de l’humain d’abord, de la parole rendue au peuple, du changement de la Constitution, de la résistance à l’UE, de la paix, de la réduction des inégalités, de la protection des syndicalistes, etc.

     

    J'écris tout ce qui précède parce qu’il me déplaît qu’on fasse des yeux au beurre noir à des salariés de toutes obédiences.

     

    Souhaitons longue vie au PCF et rien de mal à ses dirigeants, pour peu qu’ils veuillent se souvenir de ce qui a fait que le communisme est en soi une idée qui enflamma les peuples à travers le monde.

     

    Et c’est ainsi que Pierre Laurent sera grand.

     

    Note :

    [1] Pendant la lutte contre Batista, le Parti communiste cubain désapprouvait Fidel Castro et ses « méthodes terroristes et putschistes […] inefficaces, nuisibles et contraires à l’intérêt du peuple. » Le Parti communiste vénézuélien n’a pas présenté de candidat contre Hugo Chavez lors des élections présidentielles de 1998 et il a été élu. Comme on le sait, la victoire de ces deux hommes n’a pas fait disparaître (loin de là) les partis communistes de ces deux pays.

    - Sur le même sujet, lire sur Le Grand Soir  : « Choisir la France insoumise ou continuer à subir. En 2017, comme je l’ai fait en 2012, je voterai pour Jean-Luc Mélenchon » (Maxime Vivas, 19 février 2016). http://www.legrandsoir.info/en-2017-comme-je-l-ai-fait-en-2012-je-vote...

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    -

    - Mélenchon est-il parti tout seul à la présidentielle ? Ou de l'amnésie collective.

    - Respect ! Mélenchon n'est pas assez bien pour eux !

    - La direction du PCF parie sur Montebourg

    - Le PCF de Charybde en Scylla par Francois Cocq

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    28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 08:43
    Toute candidature socialiste est promise aux snipers postés aux quatre coins

    Ce que nous voyions venir est arrivé : le parti socialiste est en phase d’implosion. La débandade sévit dans ses rangs et le sauve-qui-peut gagne du terrain dans sa sphère de direction. François Hollande ne recueille plus que 14 % d’opinions favorables.

    Il est en passe d’être lâché par Cambadélis et Valls qui cherchent à détecter une issue de survie (et non de victoire) pour 2017.

    Ségolène Royale ne vient-elle pas d’être jetée à la mer houleuse des incertitudes, comme une éventuelle bouée de sauvetage, selon le JDD ? L’ancienne compagne au secours de son ex en perdition ?

    C’est dire l’ampleur de la désespérance dans les bureaux de Solférino et les allées du pouvoir...

     

    Sources : L-ECHO.info par Christian Audouin

    Quant à l’hôte de Matignon, il tente ses offres de services alors que le cadavre politique de François Hollande est encore chaud. L’adepte du 49.3, comme Macron, brûle de fouler l’arène de la présidentielle. Il agite un petit drapeau de gauche opportuniste pour mieux accéder à la possibilité de poursuivre les frasques du hollandisme ! Que les socialistes de « base » trouvent ici l’expression de notre sincère compassion...

     

    A quoi le PS a-t-il affaire, sinon à un discrédit populaire sans précédent sous la Ve République, à une droite requinquée par les œuvres libérales du chef de l’état et de sa majorité, à une extrême-droite vitaminée par le vent mauvais des promesses non tenues. Mais il est aussi confronté à la cristallisation dynamique de l’envie de gauche réelle et de rupture avec les politiques d’austérité, portée par Jean-Luc Mélenchon et le mouvement « La France Insoumise ». Tous les sondages situent le candidat de 2012 en pole position des intentions de vote à gauche, loin devant Hollande, bien sûr, mais aussi des hypothèses Montebourg, Hamon et Macron. C’est exercer sa fonction journalistique de constater ici tout cela, quoiqu’on puisse en penser par ailleurs.

     

    La primaire socialiste aura-t-elle lieu en... février prochain ?

    Il est permis d’en douter, vu l’entrée en décomposition de la formation politique concernée. Pour sauver quelques meubles, une désignation pourrait lui être substituée.

     

    D’ailleurs, primaire ou pas, le casse-tête sera absolu pour Cambadélis. Qu’elle soit de « centre gauche » ou issue des « frondeurs », toute candidature socialiste éventuelle sera désormais promise aux tirs croisés des snipers postés aux quatre coins des territoires socialistes. Elle sera aussi immanquablement lestée par le boulet du bilan de François Hollande dont, de Montebourg à Macron, personne ne parviendra à se libérer. Ce qui a été mal fait est fait, depuis le début jusqu’à la fin du quinquennat.

     

    Le sociologue et sondeur Jérôme Sainte-Marie a écrit dans un retentissant article publié par notre confrère « Le Figaro » : « Ce qui se joue actuellement à gauche est inédit. Les conséquences sur le parti socialiste seraient bien plus importantes qu’une simple défaite de son candidat, comme en 1995 ou en 2007, si celui-ci devait être, non seulement éliminé à l’issue du premier tour, mais en outre devancé par un autre candidat issu de son camp.

     

    Toute l’organisation de la vie politique pourrait être transformée comme jamais depuis l’effondrement électoral du parti communiste au début des années 1980. Sans que cela soit largement perçu, tel est pourtant ce qui se joue avec la dynamique actuelle de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. »

     

    Pour en savoir plus :

    - Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Jean-Luc Mélenchon précipite la recomposition à gauche

    - Adresse à nos amis du PCF : Présidentielle : attendre février serait irresponsable

    - Montebourg prêt à l'union avec le PCF

    - Les Primaires : une supercherie antidémocratique ?

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    25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 08:07
    C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis !

    Ensemble disons STOP à la machine à perdre !

     

    Sources : par E. DURAND

    -

    Ils veulent rassembler la "gauche"

    Certes, il faut noter que la situation a légèrement évolué depuis le 2 février 2016, date à laquelle Pierre Laurent Interrogé sur une participation de François Hollande à la primaire, avait affirmé n’avoir « aucun problème » avec cela car il a « confiance dans le choix que feront les citoyens de gauche ». Mais « si la gauche va à l’élection présidentielle avec un représentant qui défend le bilan du quinquennat actuel, qui est rejeté par les électeurs de gauche, la gauche va être éliminée »[1].

     

    • La proposition de candidature déposée par Jean-Luc Mélenchon a fait bouger les lignes.... et c'est tant mieux ! Mais nous ne sommes pas encore au bout du chemin !

     

    D’ailleurs ce discours de "rassemblement de la gauche" face à la droite et au FN est récurent sur les réseaux sociaux ou je suis interpellé régulièrement : "Je crois que vous n'avez pas compris la démarche de Jean-Luc Mélenchon et des insoumis ! " C'est en substance le propos que je tiens à ceux qui, dupés, croient que l'issue de notre pays passe par le "rassemblement de la seule gauche".

     

    • A souligner à cette étape de la discussion que tout le monde ne met pas le même contenu dans "la gauche", comme en atteste le tweet du jour de Jean Christophe Cambadélis

    C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis !

    En définitive, il y a ceux qui veulent rassembler "la gauche" (certes pour les uns sans Hollande et ses sbires),... mais avec le PS, et ceux qui comme nous veulent RASSEMBLER LE PEUPLE..... pas les états-majors politiques, pas les partis : LE PEUPLE !

     

     

    -

    Pourquoi cette démarche différente et que faut-il comprendre ?

    • 1 - coalition de "gauche" ?

    Vous n'avez pas compris que la notion de "gauche" a tellement été dévoyé et assimilé au seul PS, au "recul social" que pour nombre de nos concitoyens cela ne veut plus rien dire : ils ne s'y retrouvent pas et ne votent donc plus !

     

    Pour rassembler et gagner il faut unir au delà de la seule gauche "partisane", sortir des tambouilles d'appareils (comme par exemple celles que nous avons connu pour les régionales et municipales avec les alliances à géométrie variable, l'utilisation à des fins partisanes du logo FdG, le refus de mener une campagne nationale identifiable.....) !

     

    • 2 - la primaire ! Quelle supercherie !

    Des électeurs dits de '"gauche" vont aller voter à la primaire de la droite, et des électeurs de droite vont venir voter pour celui des candidats du PS qui leur semblera le moins dangereux pour leurs intérêts 

    Et vous voulez que l'on aille participer à cette carabistouille ou que nous en respections le résultat ? Mille fois NON !

     

    • 3 - Nous l'avons dit depuis le début avec des socialistes OUI, avec le PS NON !

    Soyons clairs quand au pseudo rassemblement avec des socialistes opposés à Hollande : ils sont tous rentrés à la niche faire la primaire et se sont engagés à mener campagne pour le vainqueur quel qu'il soit Hollande, Valls ou un autre !

     

    Aujourd'hui, Olivier Dartigolles (porte parole du PCF) a clarifié la position de la direction du PCF : la carte Montebourg sera jouée jusqu’au bout et si l’ancien ministre hollandais venait à gagner la primaire du PS, le PCF jouerait alors les rabatteurs pour que toutes les autres candidatures, et notamment celle de Jean-Luc Mélenchon, passent sous les fourches caudines de celle-ci.

     

    En effet, Invité du Talk Orange Le Figaro ce lundi 24 octobre, le porte-parole du PCF a en affirmé « Si Montebourg gagne la primaire socialiste, ce sera quelque chose de nouveau dans la situation politique. Comme le dit Pierre Laurent, quand bien même on ferait un choix de candidature d’ici la fin de l’année, on maintiendra toujours ouverte la possibilité pour le Parti communiste français d’aller vers des choses qui permettraient cette candidature commune ».

     

    Ainsi, en catimini, le PCF fait le choix de soutenir un socialiste donné perdant dans les sondages pour quelques circonscriptions aux législatives ! Et le peuple dans tout ça ?

     

    • Pour les insoumis, il est hors de question de faire campagne sous une forme ou une autre pour le candidat qui sortira de la primaire du PS !

    Le PS avec ou sans "frondeurs" n'est pas de gauche [2] !


    Loin de ces tambouilles et autres combines, OUI, c'est le peuple que nous voulons rassembler !

     

     

    - On nous dit..... il faut rassembler la gauche à cause du risque qu'elle soit éliminée du second tour !

    Mais qui jour après jour, avec la politique suivie par la droite sous Sarkozy et celle maintenant suivie par Hollande alimente le vote FN ? Les responsables de la montée du FN sont à l'Elysée, à Matignon et pour une part identique parmi ceux qui, au parlement, soutiennent cette politique !

     

    Notons que lors des présidentielles de 2012, il y avait eu le 21 avril :  8 359 440  abstentionnistes soit 20.29% de l'électorat.

     

    C'est surtout à eux (abstentionnistes, électeurs de gauche égarés au FN par dépit...) que nous voulons donner la parole, offrir une perspective, un espoir, créer une envie de s'inscrire sur les listes électorales, de s'engager dans la campagne, parce-que nous ne représentons pas d'intérêts partisans, nous n'avons de compte à rendre à personne sinon à nous même.... que notre raison d'être et d'agir, c'est l'intérêt du peuple !



    En définitive, le mouvement des insoumis mené par Jean-Luc Mélenchon n'est ni de droite ni de gauche (selon la définition de la sphère partisane et des médias), mais vise à rassembler tous les CITOYENS qui veulent être associés aux décisions, respectés et entendus par les institutions (ce sera le cas avec la VIe République), plus de justice sociale, plus d'écologie, plus de travail, qui veulent aussi la paix et la coopération plutôt que la guerre,... etc... à participer au mouvement d'une France qui refuse de mourir, qui refuse de se soumettre à l'argent roi !

     

     

    -

    Pourquoi devrions nous changer de stratégie ?

    Les chances de voir le PS au deuxième tour de la présidentielle se réduisent de semaine en semaine comme le montrent plusieurs sondages. Pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon, lui, progresse, dépassant de plusieurs points François Hollande  et les "frondeurs".
     
     
    Dans ce cadre, l'hypothèse d'un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon est crédible.
     
    Elle serait la conséquence normale d'une transformation en profondeur de l'affrontement droite-gauche auquel nous assistons. On voit bien que globalement, dans la plus grande partie de la "gauche", il existe un naufrage idéologique profond qui touche à l'ensemble des questions posées à l'opinion publique. Sur l'Europe, sur la religion, sur l'éducation, sur les finances et services publiques, sur nos institutions et l'avenir de la Ve République, le nucléaire....la "gauche"  se fracasse en camps très différents et difficiles à réconcilier. La droite est en apparence moins divisée, mais la question de l'identité la travaille et le Front national constitue pour elle un puissant aimant qui la déstabilise.
     
    Rien ne prouve donc que le candidat de droite qui sortira de la primaire pourra décrocher de façon sûre son accès au second tour. Dès lors, Entre un J.L. Mélenchon qui n'aura de compte à rendre à personne d'autre qu'aux insoumis et au Peuple et une Marine Le Pen, les Français peuvent préférer avec Jean-Luc Mélenchon, un second tour de rupture qui répondent enfin à leurs attentes.

     

    C'est à cela que nous travaillons..... et rien ne nous fera changer de stratégie !
     

     

    - ...avec nous voulons rassembler le PEUPLE ! Rejoignez nous

    C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis !

    Note :

    [1] Pierre Laurent "Interrogé sur une participation de François Hollande à la primaire, M. Laurent a affirmé n’avoir « aucun problème » avec cela car il a « confiance dans le choix que feront les citoyens de gauche ». Mais « si la gauche va à l’élection présidentielle avec un représentant qui défend le bilan du quinquennat actuel, qui est rejeté par les électeurs de gauche, la gauche va être éliminée », a-t-il pronostiqué.

    [2] Le PS n'est pas de gauche !

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    -

    - Mélenchon est-il parti tout seul à la présidentielle ? Ou est-ce de l'amnésie collective ?

    - Respect ! Mélenchon n'est pas assez bien pour eux !

    - Le PCF et la présidentielle de 2017

    - La direction du PCF parie sur Montebourg par Francois Cocq

    - Adrien Quatennens : "Le rassemblement de la gauche est plutôt un repoussoir qu'une dynamique"

    - «La gauche ou le peuple ? Le dilemme de La France Insoumise»

    - En 2017, 42% des ouvriers annonçaient ne pas vouloir aller voter et parmi les votants 44% annonçaient vouloir voter FN.

    - Manuel Bompard : Comment faire pour devenir majoritaire ?

    - Construire le peuple ou unir la gauche ? Réponse à Gaël Brustier

    - Unité de la gauche : Jean-Luc Mélenchon appelle dans « Libé » à « la création d’une fédération populaire »

    STOP AUX MAGOUILLES POLITICIENNES

    - Révélations – Tambouille et contrefaçon : les méthodes du PCF en Corse le condamnent à la marginalisation

    C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis !
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    7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 08:26
    François Hollande veut une élection 2017 en catimini

    Pour dire STOP aux mesures réduisant l'assise

    populaire des élections et favorisant l'abstention massive.... SIGNEZ ICI LA PETITION !

     

    Sources : L'ERE DU PEUPLE par J.L. Mélenchon

    François Hollande veut supprimer l’envoi papier de la propagande électorale aux prochaines élections. Pour lui, la démocratie coûte trop cher. C’est incroyable mais vrai ! Le projet de budget de l’État pour 2017 prévoit de supprimer l’envoi par la poste des professions de foi et bulletins de vote au domicile de chacun. Vous recevriez juste et seulement un courrier d’information et vous serez priés d’aller consulter les documents sur internet. François Hollande avait déjà essayé d’imposer cette mesure pour les élections européennes de 2014 mais il avait dû reculer. Il revient à la charge. La mesure s’appliquerait dès les élections présidentielle et législatives de l’an prochain. C’est ce qu’affirmait le journal Les Échos la semaine dernière sans être démenti.

     

    La raison invoquée par le gouvernement ? Les coupes budgétaires ! Et, comble de malhonnêteté, le gouvernement se cache aussi derrière un argument écologique : réduire la consommation de papier. La démocratie coûterait donc trop cher. Pourquoi ne pas aussi éteindre la lumière dans les bureaux de vote ? Ou supprimer les enveloppes et mettre directement son bulletin dans l’urne ? Ou même supprimer les élections ? On économiserait encore plus d’un coup et ce serait meilleur pour la planète non ?

     

    C’est intolérable. Cela privera tout le monde d’une information loyale et égale pour tous les électeurs, y compris ceux qui vivent dans des zones avec une mauvaise connexion internet ou qui ne sont pas familier de ce genre d’outil. C’est aussi, sans crier gare, la fin d’un rite familial courant dans de nombreuses maisonnées où l’on étalait les professions de foi sur la table et où on en parlait avec les enfants pour les informer et les éduquer.

     

    Le PS cherche-t-il à transformer les élections de 2017 en réduisant leur assise populaire ? Car qui serait poussé à s’écarter du vote ? Le PS espère-t-il une abstention massive ? Il a déjà durci comme jamais les conditions de parrainages par les élus pour pouvoir être candidat à la présidentielle. Il a refusé d’allonger le délai d’inscription sur les listes électorales pour les élections de l’an prochain. Il a réduit le temps d’égalité dans les médias audiovisuel entre les candidats. Ça suffit ! La démocratie est trop malmenée dans les mains de ces partisans de l’état d’urgence permanent et du peuple relégué.

     

    - Une pétition contre cette mesure est lancée par mon amie Martine Billard, signons-la pour ne pas rester inertes devant cette situation.

     

    Pour en savoir plus :

    - Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Pour ne pas se réveiller trop tard lorsque ce gouvernement aura supprimé l'envoi de la propagande électorale

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    2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 08:58
    Quand les socialistes libéraient la finance

    Les socialistes français ont joué un rôle pionnier et directeur dans la « libéralisation » de l’économie à l’échelle mondiale. C’est la thèse que défend Rawi Abdelal dans Capital Rules.[1]

     

    Sources : Reporterre le quotidien de l'écologie le 12/04/2012 par Raphaël Kempf[21]

    Le candidat[2] est lyrique et la pique fait mouche. Son « adversaire », son « véritable adversaire […] n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance ». En ce 22 janvier, au Bourget, François Hollande a prononcé le discours qui lui permettra peut-être d’emporter la bataille présidentielle. En s’attaquant à la finance, il se place aux côtés des nombreux Français qui espèrent que soit mis fin aux excès du capitalisme financier mondialisé.

     

    Il n’est pourtant pas sûr que cet adversaire soit vraiment anonyme. Il n’est pas évident qu’aucun parti ne soit à ses côtés pour lui permettre de croître. L’étude de l’histoire récente de la mondialisation montre au contraire que la finance a bénéficié de soutiens de poids. Sans des gouvernements, sans des autorités publiques détentrices du droit de promulguer des lois, la finance n’aurait pas pu se libéraliser. Et, pourrait-on ajouter, sans le choix fait par les socialistes français d’embrasser le capital, la finance n’aurait pas pu, pour reprendre les mots de François Hollande, prendre « le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies ».

     

     

    - Politiques de la mondialisation financière

    Ainsi, lorsque le candidat affirme dans son discours que « la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle », cela pose avant tout une interrogation d’ordre grammatical. La « finance » est ici le sujet, comme si elle avait pu faire exploser d’elle-même les chaînes qui entravaient son déploiement. D’après François Hollande, la finance s’est libérée toute seule, par la seule grâce de son dynamisme et de sa force dévastatrice, peut-on penser. Ce récit est faux. Il a fallu que des gouvernements élus, dans plusieurs pays mais principalement en France, décident de libéraliser les mouvements de capitaux pour que la finance puisse effectivement se déployer.

     

    Comme en matière commerciale, où la libéralisation des échanges résulte de choix politiques traduits à l’échelle mondiale dans les accords de l’Organisation mondiale du commerce, ce sont, en matière financière, des décisions politiques qui ont permis de libérer les mouvements de capitaux. Ces événements majeurs de notre époque ne sont pas le fruit d’un mouvement naturel s’imposant avec la puissance de l’évidence. Ils résultent, nous n’y insisterons jamais assez, de choix politiques conscients.

     

    Tout l’intérêt du livre important de Rawi Abdelal est de rappeler cette composante politique de la mondialisation financière. L’auteur, professeur à la Harvard Business School et spécialiste d’économie politique internationale, explique, dans sa préface à Capital Rules, avoir eu envie de comprendre pourquoi l’idée selon laquelle les capitaux doivent circuler librement au-delà des frontières constitue de nos jours «  l’orthodoxie » de la pensée économique. C’est donc à une reconstruction historique de l’émergence de cette idée que se livre Rawi Abdelal, qui explique vouloir « écrire une histoire intellectuelle, juridique et politique de la mondialisation financière » (p. x). C’est lors de ses recherches qu’il a découvert le rôle de premier plan qu’a joué la France dans cette entreprise.

     

    Persuadé à l’origine, comme tout le monde, que la libéralisation de la finance est le fruit de l’activisme de Wall Street, du Trésor américain et de politiciens de droite, il «  a au contraire découvert le leadership de l’Europe dans la rédaction des règles libérales de la finance globale  » (p. xi). C’est d’abord de cette découverte, dont l’auteur semble être le premier étonné, que le livre fait part. « L’émergence d’un régime libéral de la finance globale ne peut que difficilement se comprendre comme un complot, et encore moins comme un complot orchestré par des politiciens et des banquiers américains. Les conspirateurs les plus influents ont été des socialistes français, des banquiers centraux allemands et des bureaucrates européens.  » (p. 21) – ces derniers pouvant également être membres du Parti socialiste français  : c’est notamment le cas de Jacques Delors et Pascal Lamy.

     

    L’auteur propose ainsi, de son propre aveu, «  une histoire révisionniste de l’émergence de la finance globale  » (p. 218) et montre au final que celle-ci n’était «  ni inexorable, ni inévitable » (p. 223). S’appuyant sur l’étude des archives de plusieurs organisations internationales (UE, FMI, OCDE) et sur de nombreux entretiens conduits avec les «  conspirateurs » de l’époque – hauts fonctionnaires français ou européens, ministres des deux côtés de l’Atlantique, analystes des agences de notation –, le livre offre une histoire vivante de la globalisation financière, racontée par ses acteurs de manière souvent assez libre.

     

    Le lecteur écoutera ainsi avec amusement Pascal Lamy raconter à Rawi Abdelal que « lorsqu’il s’agit de libéraliser, il n’y a plus de droite en France. La gauche devait le faire, parce que ce n’est pas la droite qui l’aurait fait » (p. 62-631). L’actuel directeur général de l’OMC confiera encore à l’auteur que « des politiciens français ont joué un rôle majeur dans la promotion de la libéralisation du capital en Europe, à l’OCDE et au FMI » (p. 13).

     

    Comment ne pas constater la contradiction qui existe entre ces déclarations, qui reconnaissent clairement que la mondialisation résulte de choix politiques, avec ce que ce même Pascal Lamy expliquait récemment au journal Le Monde ? «   Les moteurs de la mondialisation sont technologiques  : le porte-conteneurs et Internet. Gageons que la technologie ne reviendra pas en arrière[4] ! » Alors, la mondialisation, choix politique ou conséquence naturelle du progrès de l’histoire et de la technique  ?

     

    Rawi Abdelal, on l’aura compris, décortique les choix politiques, notamment étatiques, relatifs à la circulation des capitaux. Comme l’explique un professeur de droit, la « surveillance [de l’État] s’est principalement manifestée sous la forme d’un contrôle plus ou moins strict sur les mouvements de capitaux, allant de la simple observation à des fins statistiques jusqu’à une interdiction de principe tempérée par un système d’autorisations chichement accordées. L’objectif fondamental des États a longtemps été de veiller à la santé de leur monnaie, de lutter contre l’évasion de leurs réserves en devises et, plus généralement, de contrôler leur balance des paiements  »[5].

     

    Ce contrôle n’est plus très bien vu aujourd’hui car le « libéralisme ambiant rend suspectes, voire insupportables, les mesures restrictives auxquelles s’attachent encore plusieurs États »[6]. Alors que le contrôle étatique des capitaux était la norme de la plupart des pays de la planète au début des années 1980, elle n’est plus aujourd’hui que celle de certains pays du Sud  ; la liberté des capitaux concerne désormais l’ensemble du monde dit développé. Le livre de Rawi Abdelal raconte ce qui s’est passé entre ces deux époques et comment nous en sommes aujourd’hui arrivés à une situation dans laquelle, comme le dit encore François Hollande, «  il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses » d’un pays à un autre et sans contrôle des autorités publiques.

     

    Capital Rules – dont le titre peut signifier aussi bien «  les règles du capital  » que «  le capital gouverne  » – permet ainsi de comprendre comment s’est construite la finance globale en rappelant le caractère historique de telle ou telle orthodoxie économique, en opposant deux types de mondialisation (celle de style «  européen  » fondée sur des institutions et des règles et celle de style «  américain  » qui se veut plus spontanée ou ad hoc, pour reprendre les termes de l’auteur), et en insistant sur l’importance de certains hommes politiques, dont des socialistes français. On pourra regretter – même si là n’est pas le véritable objet du livre – que Rawi Abdelal ne prenne pas la mesure de l’ampleur de sa découverte sur l’avenir des gauches de gouvernement en général et du socialisme français en particulier.

     

    - Relativité de l’orthodoxie économique

    Rawi Abdelal montre en revanche très bien comment chaque époque a tenté de justifier ses choix politiques concernant les mouvements de capitaux en les présentant comme naturels. «   Les métaphores religieuses qui se répandent dans l’étude et les orientations pratiques du système monétaire international – le dogme, l’hérésie, l’orthodoxie – laissent penser, comme c’est souvent le cas avec un vocabulaire aussi radical, qu’elles ne sont pas fondées sur des bases solides » (p. 218).

     

    Et en effet, la relativité de ce vocabulaire reli gieux se révèle sur le plan historique  : «   Le contenu de l’orthodoxie financière a été profondément transformé au cours du siècle précédent, et plus d’une fois. […] Pourquoi le contrôle des capitaux était-il hérétique au début du xxe siècle, orthodoxe au milieu, et de nouveau hérétique à la fin  ? » (p. ix). En effet, de manière générale, avant la première guerre mondiale, les taux de change étaient fixes et les capitaux et le commerce libres, tout comme «  les gens traversaient les frontières nationales avec peu de contraintes » (p. 4)  ; Keynes, cité par l’auteur, se félicitait de pouvoir se déplacer librement et échanger or ou monnaie sans contrainte. La guerre a naturellement conduit les gouvernements à suspendre la convertibilité de leur monnaie avec l’or et d’autres monnaies, et la crise des années 1930 a poussé les États à accroître les contrôles sur les mouvements de capitaux.

     

    La fin de la seconde guerre mondiale donne naissance au système de Bretton-Woods, période qualifiée par l’auteur de «  libéralisme encastré » («  embedded liberalism ») pendant laquelle le capital était «  gouverné » («  capital ruled »). Le consensus de l’époque était « extraordinaire » (p. 43) en ce que le monde estimait naturel de contrôler les mouvements de capitaux alors même que l’orthodoxie était inverse quelques décennies plus tôt. «  Le capital devait être contrôlé et ce, pour une raison importante  : les gouvernements étaient supposés être autonomes des forces du marché » (p. 44). Les règles de l’époque ont codifié le droit des États de contrôler les mouvements de capitaux, notamment à court terme, dans les textes fondateurs du FMI, de la Communauté européenne et de l’OCDE. Ce sont certains de ces textes qui seront transformés dans les années 1980, sous l’impulsion de socialistes français, pour obliger les États à ouvrir les vannes aux mouvements de capitaux.

     

    La période suivante est celle d’une mondialisation « ad hoc » de la finance. Ainsi, «   au cours des années 1960, les gestionnaires, investisseurs et spéculateurs se sont frayé un chemin de manière ingénieuse parmi la pléthore de règlements qui encadraient leurs pratiques » (p. 7). Cette période est celle d’une mondialisation spontanée où «  cette créativité » (ibid.) des marchés eux-mêmes permet d’étendre le domaine de la finance, malgré les contraintes étatiques sur les mouvements de capitaux.

     

    La place consacrée à cette période dans Capital Rules est minime. Cela peut étonner car il est souvent admis que les marchés se sont libéralisés d’eux-mêmes, et la logique de cette époque semble correspondre au récit dominant. Cette période de mondialisation «  ad hoc » pourrait ainsi être une preuve du caractère spontané, voire naturel, de l’extension du domaine de la finance. On pourrait presque penser que, si Abdelal avait pleinement étudié cette période et en avait déroulé la logique, ses conclusions auraient été contraires à la découverte dont il nous fait part dès les premiers paragraphes de son livre. Autrement dit, François Hollande pourrait facilement s’appuyer sur l’histoire de cette période pour étayer sa thèse d’une finance sans visage.

     

    C’est d’ailleurs là une des principales critiques qui a été adressée à Capital Rules par des commentateurs, notamment en France. Jérôme Sgard rappelle ainsi que « la globalisation financière est d’abord une affaire d’investisseurs privés et d’arbitrage de marchés »[7] et lui reproche de gonfler l’importance des règles, du politique et des organisations internationales dans la libéralisation financière. Son livre insisterait trop sur les décisions prises en conscience par des acteurs politiques réalisant un dessein, et pas assez sur leur caractère souvent court-termiste et contingent. Il en oublierait en outre jusqu’au rôle essentiel des marchés.

     

    Peut-être peut-on reprocher à Abdelal d’avoir voulu, dès le départ, partir en quête de normes figées pour raconter la mondialisation financière. Tout comme il est vrai qu’on ne saurait écrire l’histoire d’un peuple en étudiant uniquement ses codes et ses lois, il paraît impossible d’expliquer la mondialisation en ne s’intéressant qu’au droit international. Son approche serait donc trop institutionnelle et juridique. La loupe utilisée, à force de grossir le trait, donnerait-elle une image faussée du phénomène étudié  ?

     

    Si, effectivement, Capital Rules passe peut être trop rapidement sur cette période où les forces du marché auraient elles-mêmes mondialisé la finance, il montre toutefois que, même ici, les marchés n’auraient rien pu faire sans les États. Plusieurs éléments avancés par Abdelal permettent ainsi de relativiser la thèse de la «  créativité » spontanée des marchés. Ainsi, il rappelle que, dans les années 1960, les premiers signes de la mondialisation financière «  ont émergé du fait des acteurs du marché, avec l’accord tacite des États-Unis et du Royaume-Uni » (p. 8). Ces deux pays ont encouragé ce mouvement en relâchant les contrôles sur les mouvements de capitaux.

     

    Le second élément avancé par l’auteur a trait aux agences de notation. Elles ont joué un rôle essentiel dans cette mondialisation «  spontanée  ». Rawi Abdelal leur consacre un chapitre important et esquisse une fine analyse de leur rôle dans le système financier et dans la définition de l’orthodoxie économique. Si le contenu de l’orthodoxie défendue par les agences (Standard & Poor’s et Moody’s, deux agences qui forment, selon l’auteur, un «  duopole » ou un «  double monopole ») a pu évoluer avec le temps, le fameux «  triple A  » a toujours été accordé uniquement aux États ouverts au commerce et intégrés au système financier global (p. 178). Et si les critères de notation développés par les agences ont pu prendre autant d’importance, c’est parce que des règles nationales, américaines en premier lieu, y font référence. «  La puissance de S&P et Moody’s provient en partie des informations exprimées par leurs notes, mais aussi de la très grande intégration des notations de crédit dans les réglementations financières nationales » (p. 8). «  Ni publiques, ni privées » (p. 173), ou alors publiques et privées à la fois, les agences de notation exercent un pouvoir qui leur a été délégué par les gouvernements et les marchés. Leurs notations acquièrent ainsi «  force de loi » par la grâce de cette délégation. Autrement dit, même là où la libéralisation financière paraît être spontanée ou «  ad hoc », elle résulte d’une délégation d’autorité par des pouvoirs publics.

     

    Ce bref tableau historique aura permis à Rawi Abdelal de déconstruire certaines évidences en rappelant le caractère contingent des idées qui peuvent apparaître successivement orthodoxes ou hétérodoxes en fonction des époques. Et, à cette mondialisation financière spontanée et approuvée par les États-Unis et le Royaume-Uni, il oppose le projet européen, français et socialiste de maîtriser la mondialisation en l’encadrant par des règles, fussent-elles libérales.

     

    - Où l’on apprend que les socialistes renoncèrent à discipliner le capital

    L’Europe a joué un rôle essentiel dans la codification des règles de libéralisation financière, et son évolution au cours des années 1980 permet de le mesurer. Le traité de Rome de 1957 ne faisait de la liberté des mouvements de capitaux qu’une liberté secondaire par rapport aux autres libertés économiques fondamentales[8]. «  Le capital devait être, selon le langage de l’époque, «  discipliné  » – obligatoirement investi dans le pays pour créer des emplois et des revenus fiscaux, qui permettraient alors de financer l’État-providence » (p. 48).

     

    Dans un arrêt de 1981, la Cour de justice des Communautés européennes pouvait ainsi affirmer que «   les mouvements de capitaux présentent des liens étroits avec la politique économique et monétaire des États membres. Au stade actuel, on ne saurait exclure que la liberté complète de tout mouvement de capital puisse compromettre la politique économique de l’un ou de l’autre des États ou provoquer un déséquilibre de sa balance des paiements  » [9].

     

    Cette «  situation a changé radicalement en juin 1988 » (p. 57), lorsqu’une directive essentielle est adoptée et libéralise les mouvements de capitaux entre États membres[10]. En 1992, le traité de Maastricht obligera les États membres à libéraliser ces mouvements également dans leurs relations avec les États tiers. Ainsi, en moins de dix ans, le capital a gagné le droit de circuler librement alors même que cela pouvait «  compromettre la politique économique de l’un ou de l’autre des États ». Cette transformation radicale constitue le nœud de Capital Rules. L’auteur s’interroge  : «   Une question essentielle est alors de savoir ce qui a changé en Europe entre le début des années 1980 – lorsqu’une initiative pour réécrire les règles de la finance européenne a échoué alors même que le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Pays-Bas la soutenaient avec enthousiasme – et la fin des années 1980, lorsque les fondements institutionnels de la finance européenne ont été complètement restructurés. […] La réponse est presque trop simple  : la France a changé. La simplicité de cette réponse symbolise l’un des virages les plus importants de l’histoire économique moderne » (p. 57).

     

    C’est en recherchant ce qui s’est passé en France à cette période que Rawi Abdelal découvre le rôle essentiel de certains socialistes autoproclamés modernisateurs. « L’histoire de l’intégration financière européenne est aussi nécessairement l’histoire de la manière dont la gauche française s’est convertie au capital » (p. 58).

     

    Capital Rules entreprend alors de raconter l’histoire – bien connue de ce côté-ci de l’Atlantique – des premières années Mitterrand et du tournant de la rigueur de mars 1983, que l’auteur décrit comme un «  revirement » («  the Mitterrand U-turn »). Il rappelle ainsi les contraintes économiques extérieures et la fuite des capitaux à la suite de l’élection de François Mitterrand, ainsi que les mesures drastiques de contrôle des changes qui ont suivi, puis l’assouplissement général de ces mêmes contrôles à partir de la fin 1983 à la suite de ce fameux tournant. Ce moment essentiel a pu être décrit dans une note de la très officielle Fondation Jean-Jaurès comme «  le moment du retournement, celui où se concrétise le basculement de l’idéologie à la réalité économique »[11]. La référence à la «  réalité » laisse songeur. Il pourrait s’agir ici de l’autre nom de la «  pensée unique  », expression utilisée avec bonheur, et en français dans le texte, par Rawi Abdelal pour décrire cette année 1983 où les règles de l’orthodoxie économique ont été adoptées par l’ensemble du spectre politique français.

     

    La conversion des socialistes au capital peut être décrite comme un mouvement en trois temps. Le premier est celui où le gouvernement socialiste se retrouve confronté aux marchés internationaux. À l’arrivée de Mitterrand au pouvoir, «  un choix semblait toujours être possible » (p. 58), le politique paraissait avoir une marge de manœuvre sur l’économie de manière à favoriser la redistribution des richesses. Mais ce projet échoua rapidement, raconte Abdelal, «  en partie parce que les marchés financiers ne faisaient pas confiance au nouveau gouvernement français  » (p. 58). Le livre ne s’attarde pas ici sur l’importance du rapport entre marchés et gouvernement, même s’il développera dans un autre chapitre une analyse de ce rôle nouveau des marchés, qui accordent ou non leur confiance aux politiques publiques. Les premières années Mitterrand pourraient pourtant être considérées comme un exemple typique de ce poids nouveau des marchés dans les choix politiques.

     

    À cette nouvelle contrainte, le gouvernement a répondu en renforçant les contrôles sur les mouvements de capitaux, lesquels sont apparus à certains ministres et hauts fonctionnaires comme des règles inefficaces et nuisibles, surtout aux classes moyennes. Le deuxième temps est donc celui du débat sur la nature de la politique à adopter dans ces circonstances. Ce débat s’est déroulé entre les membres du gouvernement et quelques experts, à l’exclusion du Parti socialiste, de ses militants, et bien évidemment du peuple. On rappellera rapidement que le ministre des Finances Jacques Delors et le Premier Ministre Pierre Mauroy défendaient la rigueur et le maintien de la France dans le système monétaire européen, tandis que d’autres préconisaient « l’autre politique » (p. 59, en français dans le texte) visant à défendre l’autonomie de la France par rapport aux marchés et à l’Europe. Le tournant interviendra lorsque le ministre du Budget Laurent Fabius et le secrétaire général de l’Élysée Pierre Bérégovoy accepteront la rigueur et convaincront le président.

     

    Le troisième temps est donc celui de la rigueur et du relâchement des contrôles des mouvements de capitaux. Au-delà des débats de personnes au sein du gouvernement, les motivations des socialistes acteurs de ce tournant permettent de mettre en lumière une inflexion radicale du sens de la politique à gauche.

     

    En effet, si l’on en croit l’auteur, l’une des raisons déterminantes ayant poussé le gouvernement à prendre ce tournant est le constat selon lequel les contrôles des capitaux nuisaient surtout aux classes moyennes, tandis que les riches arrivaient sans difficulté à les contourner. Le « carnet de change » était alors impopulaire et limitait les devises auxquelles avaient droit les Français lors de leurs déplacements à l’étranger. Il serait intéressant de savoir quelle proportion des «  classes moyennes  » pouvait, en 1983, prendre ses vacances à l’étranger et était réellement sous la contrainte du carnet de change. Quoi qu’il en soit, en se basant sur des entretiens avec des acteurs de cette période, Abdelal considère qu’il y a là un fondement du tournant pris par les socialistes. En outre, une autre motivation du tournant est l’objectif d’utiliser des «  politiques libérales ostensibles comme des outils à objectif social » (p. 29).

     

    L’auteur y insiste à de nombreuses reprises  : l’idée, avec la libéralisation du secteur bancaire français était, comme pour l’assouplissement du contrôle des changes, « d’apporter les bénéfices du capital aux classes moyennes » (p. 62). Enfin, la volonté de «  moderniser  » la France est apparue à certains responsables socialistes comme un moyen de gagner une crédibilité politique personnelle en mettant en avant leur compétence et leur réalisme. Que le terme de modernisation soit associé à la libéralisation financière signe un changement d’époque, une transformation du vocabulaire, un tournant.

     

    Le récit officiel de l’abdication de la gauche devant les forces du marché doit donc être réécrit. «   L’année 1983 n’a pas été l’année de la capitulation de la gauche française devant la finance, mais celle de son ralliement à celle-ci », écrit Aquilino Morelle dans une tribune de presse[12]. Bien plus, les idées et pratiques nées en France à cette période – à savoir que la mondialisation peut et doit être maîtrisée par des règles, fussent-elles libérales – constituent un véritable schème explicatif cohérent. «   La seule convergence décisive des visions libérales était à Paris. C’est le ’ consensus de Paris’, et non celui de Washington, qui est avant tout responsable de l’organisation financière mondiale telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire centrée sur les économies développées de l’UE et de l’OCDE, et dont les codes libéraux constituent le socle institutionnel de la mobilité des capitaux  »[13].

     

    À partir de ce tournant et de la cristallisation de ce qu’on n’appelait pas encore le «  consensus de Paris  », les architectes français de la rigueur s’emploieront à écrire des règles libérales dans les textes fondateurs de certaines organisations internationales, Europe en tête. C’est Jacques Delors, devenu président de la Commission européenne en 1985, et son directeur de cabinet Pascal Lamy, qui prépareront la directive de 1988 sur la libéralisation des mouvements de capitaux. Le traité de Maastricht permettra, trois ans plus tard, d’inscrire ces règles dans les textes fondamentaux de l’Union européenne. À partir de ce moment, il n’est plus possible aux États membres de limiter les mouvements de capitaux entre eux ou avec des États tiers.

     

    Rapidement, le «  consensus de Paris  » s’étend au-delà des frontières de l’Europe. De hauts fonctionnaires français du Trésor, artisans de la rigueur lorsque la gauche était au pouvoir, se retrouvent à des postes clés au sein de l’OCDE (Henri Chavranski) ou au FMI (Michel Camdessus) et tentent de faire interdire par leurs organisations respectives les contrôles sur les mouvements de capitaux de leurs membres. La tentative réussit à l’OCDE, qui réunit des pays dits développés, mais pas au FMI, où elle ne résiste pas aux crises financières de la fin du xxe siècle dans plusieurs pays émergents. Dans les années 1990, en effet, sous la direction de Michel Camdessus, le FMI avait tenté d’étendre son mandat à la sphère du contrôle des mouvements de capitaux. Mais le Fonds ne réussira pas à codifier une telle règle. Entre-temps, en septembre 1998, la Malaisie, par exemple, est parvenue à surmonter la crise en réinstaurant un contrôle des capitaux. Il devenait dès lors impossible de cristalliser une telle règle au niveau du FMI. Il n’en reste pas moins que la liberté de la finance est aujourd’hui la règle dans l’Union européenne et dans l’OCDE.

     

    - De quoi le «  consensus de Paris  » est-il le nom  ?

    Des socialistes français, c’est entendu, ont formulé le consensus de Paris sur la mondialisation financière. Mais même si Rawi Abdelal qualifie ce fait de «  paradoxe français », il paraît ne pas en prendre toute la mesure politique. Il semble au contraire s’amuser de sa découverte, comme si elle n’avait d’autre intérêt que cosmétique, et la prend parfois à la légère – elle ne serait qu’un moyen de pimenter son récit. Des Français, des socialistes, à l’origine du capitalisme financier contemporain, dites-vous  ? Voilà qui a de quoi faire sourire les rédactions outre-Atlantique. Et le Wall Street Journal ne s’y est pas trompé qui salue ce livre tout en s’amusant du rôle de cette «  bande de socialistes français » dans l’histoire[14].

     

    En France, on l’a vu, Capital Rules n’a fait naître aucun débat politique, bien qu’il ait fait l’objet de quelques recensions assez techniques[15]. Les critiques se sont focalisées sur le rôle minime accordé aux marchés par l’auteur, et son insistance sur des hommes et des institutions. Pour Jérôme Sgard, «  Abdelal en fait un peu trop avec nos Quatre Socialistes » (Delors, Lamy, Camdessus, Chavranski), qui ont propagé la bonne parole libérale dans les institutions internationales. Il est vrai qu’il insiste beaucoup sur le poids des hommes, lesquels ne sont pourtant que de hauts fonctionnaires au milieu d’organisations aux intérêts multiples. Néanmoins, au-delà de ces quatre personnes, le tournant de 1983 a été décidé, on l’a vu, par un gouvernement socialiste  ; et ce tournant a permis à l’Europe de prendre elle aussi le virage de la libéralisation financière. La question n’est donc pas de savoir quel est le rôle individuel de tel ou tel, mais plutôt de voir une gauche de gouvernement prendre dans son ensemble une direction tout autre que celle pour laquelle elle a été élue.

     

    C’est en cela, sur le plan politique, que ce livre pose, en France, des questions difficiles. Car il ne s’agit pas de faire une critique interne de Capital Rules, du point de vue de l’expert en économie ou du spécialiste des institutions internationales. Il faut au contraire voir ce qu’il peut nous dire et nous apprendre de politique. Que penser de ce ralliement des socialistes  ? Signe-t-il la fin de la possibilité même de construire un projet émancipateur à gauche  ?

     

    Dans son remarquable ouvrage sur la décennie 1980, François Cusset a souligné cette grande victoire paradoxale de la gauche. «   Les milieux économiques eux-mêmes se félicitent d’une crise qui pousse le nouveau pouvoir à des réformes allant dans le sens de leurs intérêts  : rigueur salariale, allégement de la fiscalité, modernisation des marchés financiers, flexibilité accrue de l’emploi. La gauche est plus libérale, plus efficacement libérale que la droite, se réjouissent-ils, et elle seule pouvait venir à bout en trois petites années d’un anticapitalisme français qu’on croyait indéracinable.  » Que faire, désormais, de cette gauche de gouvernement  ? Peut-on croire que la rigueur n’était qu’une «  parenthèse »[16], comme l’a expliqué à l’époque, en 1983, le premier secrétaire du PS[17] ?

     

    Lionel Jospin dirigeait alors un parti «   pensé avant tout comme une organisation de mobilisation de l’électorat, au détriment des autres fonctions dévolues à un parti politique, comme notamment la fonction doctrinale »[18]. Il a en effet été démontré que le parti avait été marginalisé dans les choix faits par le gouvernement de François Mitterrand[19]. L’appareil militant n’avait pas son mot à dire, pas plus que le peuple, à qui était imposé le virage.

     

    C’est ici que le livre de Rawi Abdelal soulève une autre interrogation. Si ce sont bien des «  choix politiques  » qui ont permis l’expansion de la finance, la nature de cette «  politique  » est pour le moins réductrice. Le terme ne vise ici que des choix faits au niveau d’experts gouvernementaux, hauts fonctionnaires ou ministres, qui ont débattu entre eux des options à prendre. Le peuple est réduit aux seules «  classe moyennes  » au profit desquelles auraient été opérés le tournant de la rigueur et la libéralisation financière et bancaire. Ainsi, au-delà du seul ralliement au capital, l’année 1983 signerait-elle aussi l’abandon par la gauche des classes populaires  ?

     

    Comment lire, également, la fine analyse par l’auteur de la notion de crédibilité  ? Nous vivons, explique-t-il, à «  l’ère de la crédibilité ». C’est-à-dire que «   le succès d’une politique dépend fondamentalement et nécessairement de la manière dont les marchés financiers réagissent. […] Lorsque les marchés ne croient pas qu’une politique va améliorer les performances économiques d’un pays, alors cette politique ne peut pas réussir » (p. 163). Doit-on en déduire que les jeux sont faits, que la politique n’existe plus  ? «  En France, écrit encore François Cusset, comme dans le reste du monde occidental, les années 1980 sont l’aboutissement d’un processus biséculaire d’autolimitation économique de la politique, sinon même le résultat d’une très vieille tentative, bien sûr impossible, pour abolir la politique  »[20]. Il est vrai qu’une fois que les règles du capitalisme mondialisé sont inscrites dans des traités internationaux, lesquels nécessitent l’accord de plusieurs dizaines de pays pour être modifiés, il paraît impossible de revenir dessus et de choisir une autre politique. En codifiant ces règles au cours des années 1980, le politique s’est lui-même interdit, pour l’avenir, de faire d’autres choix.

     

    Le livre de Rawi Abdelal, s’il ne se prononce pas sur l’avenir du politique, a le mérite de mettre au jour cette histoire. Et il paraît étonnant qu’il ait été ignoré en France, alors même que ce pays est le premier concerné. Pourrait-on en conseiller la lecture au candidat socialiste  ? Cela lui permettrait peut-être de formuler avec plus de mesure et, serait-on tenté de dire, avec plus de réalisme, ses diatribes contre la finance. Connaître et assumer le passé de son propre parti lui permettrait peut-être de le dépasser, et de ne pas tromper l’attente de ces électeurs éblouis par les charmes d’un candidat normal, proche des gens, et dont les attaques contre la finance paraissent si convaincantes.

    Note :

    [1] À propos du livre de : Rawi Abdelal, Capital Rules : The Construction of Global Finance, Cambridge, Harvard University Press, 2007, 304 p., 15,15 £.

    [2] F. Hollande

    [3] Rawi Abdelal, «  Le consensus de Paris  : la France et les règles de la finance mondiale  », trad. R. Bouyssou, Critique internationale, 2005/3, n° 28, p. 96. (Cet article recoupe en partie certains chapitres de l’ouvrage commenté. Nous avons choisi d’utiliser la traduction de Rachel Bouyssou lorsque cela était possible.)
    [
    4] Pascal Lamy, «  La démondialisation est un concept réactionnaire  », entretien paru dans Le Monde, 1er juillet 2011

    |5] Claude J. Berr, «  Circulation des capitaux – Paiements internationaux et investissements  », Répertoire commercial Dalloz, octobre 2009, p. 2.
    [
    6] Ibid.

    [7] Jérôme Sgard, «  Lectures  », Critique internationale, n° 42, janvier-mars 2009, p. 171-172.

    [8] Les textes fondateurs du droit de l’Union européenne (souvent dénommé «  droit communautaire  »), et en premier lieu le traité de Rome, établissent quatre libertés économiques fondamentales pour permettre la réalisation du marché intérieur  : la libre circulation des produits, des personnes et des capitaux, ainsi que la libre prestation de services. Elles ne doivent évidemment pas être confondues avec les «  libertés fondamentales  » du sens commun et des juristes de droit public (libertés d’expression, de manifestation, etc.).

    |9] CJCE, Casati, 11 novembre 1981, C-203/80, §9, p. 2614, cité par Rawi Abdelal p. 55.

    [10] Directive 88/361/CEE du Conseil du 24 juin 1988 pour la mise en œuvre de l’article 67 du traité.
    [11] Floriane Galeazzi et Vincent Duchaussoy, «  1983  : le “tournant” en question  », Note n° 90, Fondation Jean-Jaurès, 2 mai 2011, p. 10.
    [12] Aquilino Morelle, «  La démondialisation inquiète les partisans d’un libéralisme aux abois  », Le Monde, 8 septembre 2011.
    [
    13] Rawi Abdelal, «  Le consensus de…  », art. cit, p. 90.

    [14] Matthew Rees, «  Why Money Can Now Make Its Way Around the World  », The Wall Street Journal, 14 février 2007.
    [
    15] Jérôme Sgard, art. cit. Voir aussi Nicolas Véron, «  Le “French paradox”  de la libéralisation financière  », La Vie des Idées, septembre 2007.
    [16] Cité par Thierry Barboni, «  Ressorts du discours socialiste lors du « virage de la rigueur »  », Nouvelles Fondations, 2006, n° 2.
    |
    17
    ] François Cusset, La Décennie. Le grand cauchemar des années 1980, Paris, La Découverte, 2006, p. 93.
    [
    18] Ibid., p. 62.
    [
    19] Ibid.
    [
    20] Ibid, p. 214.

    [21] Raphaël Kempf est juriste, titulaire du certificat d’aptitude à la profession d’avocat. Il est l’auteur de L’OMC face au changement climatique. Étude de droit international (Pedone, 2009)

     

    Pour en savoir plus :

    - Le sacro-saint ratio de 3% du PIB.... une invention franco-socialiste

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