Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 08:21
Alexis Corbière : Le piège des primaires

" Ultime astuce pour verrouiller un système à l’agonie, détournement électoral au profit des deux piliers lézardés de la Ve République qui veulent à tout prix se maintenir au pouvoir, les primaires sont antidémocratiques car elles nient le peuple. »

 

- Présentation

Je vous présente pour la première fois la couverture de ma contribution au grand débat politique qui durera toute l'année.


Il s'agit d'un livre, écrit par Alexis Corbière[1] comme un pamphlet, "Le piège des Primaires" (Editions du Cerf) qui sera disponible en librairie le 2 septembre (commandez le ! Faites le circuler).


A l'heure de la sortie du bois de Benoît Hamon, auquel succèderont Arnaud Montebourg et les autres, ils vont être nombreux ceux qui veulent enfermer la résolution des problèmes qui frappent notre pays dans une Primaire organisée par le PS, dont la direction actuelle est pourtant l'une des premiers responsables, je considère cette Primaire comme un piège... Ni démocratique, ni populaire, triomphe de la sondocratie et des réseaux de notables... cette primaire du PS ne constitue en rien la solution. C'est même l'inverse. Elle consacre le "tripartisme" et redonne une centralité au PS, à ses manoeuvres internes, ses sacs de noeuds et... à François Hollande. Pas d'accord.


J'espère que mon petit livre, par les arguments qu'il développe et les faits qu'il rapporte, sera utile à ce grand débat si nécessaire, pour éviter les pièges des deux grands piliers de la Ve République en crise (PS et LR).


Pour passer à la 6e République, il existe un candidat : Jean-Luc Mélenchon
Amitiés Insoumises !

 

- Par : Alexis Corbière

Éditions : du Cerf

ISBN : 9782204115889

Code article : 2891744

Parution : 24/08/2016

Disponibilité : chez l'éditeur du Cerf

Format : 115x170x6

Pages : 80
Prix papier TTC : 5 €

Date parution : Septembre 2016

 

Qui a l'argent, remporte les primaires. Démocratie ?

Qui a l'argent, remporte les primaires. Démocratie ?

Voilà pourquoi les primaires n'ont rien de populaire.

Voilà pourquoi les primaires n'ont rien de populaire.

- Alexis Corbière était l’invité de Nicolas Beytout sur le plateau de l’Opinion.
Le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon pour la campagne présidentielle de 2017 est venu présenter un pamphlet contre le système des primaires. Dans « Le piège des primaires » (Editions du Cerf, Le poing sur la table), Alexis Corbière qui s’appuie sur l’exemple du PS en 2011 déplore le fait que « les milieux populaires ne vont pas voter aux primaires ».

 

Note :

|1] Alexis Corbière, né le 17 août 1968 à Béziers (Hérault), est un homme politique français. Actuellement, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle française de 2017. Il a été secrétaire national du Parti de gauche (PG) et conseiller de Paris entre 2008 et 2014, Premier adjoint à la maire du 12e arrondissement de 2001 à 2014.

 

Pour en savoir plus :

- Alexis Corbière : "Les primaires sont un papier tue-mouche sur lequel viennent se coller les participants"

- Primaire à gauche : Julien Dray a appelé Jean-Luc Mélenchon à rejoindre la primaire de la gauche... coup de gueule d'Alexis Corbière

- Ma réponse à Julien Dray et à ceux qui veulent nous faire venir dans la primaire du PS

- Arnaud Montebourg envisage de se ranger derrière François Hollande s’il gagne la primaire de la BAP

- Mise au point sur les chances à "gauche" pour 2022 et la mauvaise idée d'une primaire

Partager cet article
Repost0
23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 08:16
J.L. Melenchon : MONTEBOURG NOUS SERT !

Sources : page Facebook de J.L. Mélenchon

- L’annonce de la candidature de Montebourg et le contenu qu’il y met, sont de bonnes nouvelles.

Ce sont d’abord de terribles confirmations depuis l’intérieur du PS de la condamnation du bilan du quinquennat de François Hollande de la part d’un de ses ex principaux ministres et de l’un de ses soutiens essentiels au deuxième tour de la précédente primaire des socialistes. Elle confirme ainsi la critique que nous en avons fait inlassablement pendant cinq ans : « Le bilan du quinquennat n’est pas défendable » a asséné le nouveau candidat d’entrée de jeu.

 

 

- Cette candidature après celle de Benoit Hamon fonctionnera donc d’abord comme un affichage permanent de l’échec de François Hollande.

Mais ce n’est pas tout. Les thèmes choisis élargissent l’audience de notre discours : sixième république, relocalisation industrielle, et surtout dénonciation des traités européens. Je sais parfaitement bien les limites de tout cela. Je connais l’ambiguïté du personnage et la limite de la méthode qu’il déploie. Je vois bien les limites du contenu de ses propositions. Je sais aussi que sa fonction de rabatteur pour le compte de François Hollande a déjà été maintes fois prouvée.

 

 

- Mais nous sommes entrés dans cette campagne comme dans un combat « culturel » d’abord.

Le vote est dans six mois. D'ici là, quelles idées vont dominer la société et la scène politique ? Avec sa candidature, après celle de Benoit Hamon et Marie- Noelle Liennemann, la scène n’est plus uniquement occupée par des libéraux qui se concurrencent dans les surenchères droitières et ethnicistes. Cela vient en renfort de notre travail qui trouve une raison de plus de s’intensifier.

 

 

- Mes amis tenez-vous à distance du sectarisme politique et du meurtre rituel des voisins de palier politique. Montebourg nous sert !

Sa « Mélenchonisation » partielle aide à la propagation de certaines de nos idées. Au bout du compte, les gens qui auront été convaincus par lui pourront quand même voter pour ces idées là en utilisant le bulletin de vote à mon nom. Il faut donc plutôt le pousser à persévérer dans le travail de démolition des certitudes aveuglées qui continuent à dominer le PS.

 

Il faut faciliter la désorganisation du PS qu’il propage en laissant planer le doute sur sa candidature au primaire ou en solo hors parti car il délégitime la primaire (et donc son résultat) avant même qu’elle ait lieu. Tirez donc plutôt argument du fait que nos diagnostics sont confirmés par ceux-là même que nous avons combattus. Non pour flétrir et peindre le tableau noir en encore plus noir.

 

Mais parce que cela permet de conclure : « à présent essayons autre chose, essayons le programme de la France insoumise et le mouvement politique ouvert qu’elle impulse

 

 

- "Chez Montebourg il y a du Made in Mélenchon" - Alexis Corbière

Partager cet article
Repost0
17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 08:35
Pierre Jacquemain : Ils ont tué la gauche

Le livre qui risque de faire très mal au gouvernement

 

Sources : lesInROCKS

S’agit-il d’un début d’inventaire qui s’annonce d’ores et déjà douloureux ? C’est le JDD qui révèle cette information dans son édition du 14 août. Ils ont tué la gauche, voici le titre du livre que s’apprête à sortir, chez Fayard, Pierre Jacquemain[1]. Vous ne le connaissez probablement pas mais il s’agit tout simplement de l’ancienne “plume” de Myriam El Khomri et qui a travaillé un temps avec Clémentine Autain (porte-parole d’Ensemble !) L’homme a démissionné de son poste au ministère du Travail lors de l’ouverture des débats sur la très médiatisée loi Travail, en février dernier.

 

 

- “Texte du Medef’

Après son départ, la parole libérée, il avait multiplié les interventions médiatiques pour dénoncer ce “texte du Medef” et accuser Manuel Valls et son équipe d’être derrière ce texte. Selon lui, Myriam El Khomri n’était qu’un prête-nom à la loi, ce qu’elle a d’ailleurs contesté par la suite. “C’est cette expérience désenchantée au cœur de la machine gouvernementale qui m’a donné l’envie d’écrire ce livre”, a expliqué Pierre Jacquemain au JDD.

 

 

- Que contiendra ce livre ?

Sur le site de Fayard, on peut y lire en présentation:

“Ils ont renoncé à faire ce pour quoi ils ont été élus : mener une politique de gauche. Peut-être parce qu’ils sont devenus de droite. Version naïve. Peut-être l’ont-ils toujours été. Version éclairée. Nos gouvernants ont cessé de faire de la politique. Ils gèrent le bien public, l’État, comme on dirige une entreprise. Il ne s’agit plus de rêver ou d’améliorer la vie des Français. L’heure est au pragmatisme, au ‘laisser faire, laisser passer’, au libéralisme.”

 

Fort de son expérience, Pierre Jacquemain promet de décrire “comment la technocratie a pris le pouvoir sur le et la politique”. Myriam El Khomri n’est pas épargnée. Elle est présentée comme “récitant les éléments de langage de Matignon, reléguée au rôle de figurante et condamnée – parce qu’elle le veut bien – à porter une loi qu’elle n’a ni pensée, ni rédigée. Pas même négociée”.

 

 

- Par : Pierre Jacquemain

Éditions : Fayard

EAN : 9782213701547

EAN numérique : 9782213703244

Code article : 2891744

Parution : 24/08/2016

Disponibilité : chez l'éditeur Fayard

Format : 135 x 215 mm 198 pages
Prix papier TTC : 16 €

Prix numérique TTC : 10,99 €

 

Note :

[1] Pierre Jacquemain est rédacteur en chef de la revue Regards. Diplômé d’un master de science politique, il a été le conseiller d’élu-e-s parisien-ne-s sous la mandature de Bertrand Delanoë avant de rejoindre la présidence de Radio France.

Pierre Jacquemain : Ils ont tué la gauche
Partager cet article
Repost0
6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 08:05
Solfériniens : le PS et le PRG en actes !

Rétrospective des reniements, trahisons, attaques frontales contre le salariat

Le patronat et la finance en rêvaient.... le PS et le PRG  l'ont fait !

Pour que la liste cesse de s'allonger indéfiniment, dés 2017, PRENONS LE POUVOIR avec J.L. Mélenchon et les INSOUMIS !

 

On ne pensait pas humainement possible de commettre autant de saloperies en quatre ans... au nom d'un gouvernement qui se qualifie "de gauche". On avait tort : les Solfériniens l’ont fait sans retenue. Du désastre de la politique étrangère de l’endormi Fabius, en passant par le scandale de la loi El-Khomri, de l'atteinte à notre démocratie avec l'utilisation du 49-3 à l'état d'urgence permanent.... Il ne manque que la continuation de la scandaleuse LRU par la zélée Fioraso...

PRÉCISION : chaque point évoqué fait l'objet d'un lien vers le texte de référence. Les liens et mises à jour n'ont pas été repris ici mais figure dans le texte original sur : le PS en actes

 

Sources : Le Grand Soir par ROMANE | mis à jour le 10 aoüt 2016

- Loi El-Khomri

Les points présentés ci-dessous concernent essentiellement les versions 1 et 2 de la loi

  • Réserve de vote : le gouvernement bloque la discussion sur les amendements
  • Valls envisage de recourir au 49-3 pour faire passer la loi
  • Article 52 : Pôle Emploi pourra prélever directement sur les allocations d’assurance chômage les indus qu’il réclame, sans contrôle du juge.
  • Les salariés inaptes pourront être congédiés sans délai
  • L’article 19 organise la sur-représentation du Medef par rapport aux autres organisations patronales dans les organismes sociaux
  • Acquis sociaux remis à zéro tous les 5 ans
  • En cas de licenciement illégal, l’indemnité prud’homale est plafonnée à 15 mois de salaire.
  • Fin du minimum de dommages et intérêts en cas de licenciement injustifié
  • Une entreprise peut faire un plan social sans avoir de difficultés économiques
  • Licenciements facilités en cas de transfert d’entreprise
  • Les 11 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées.
  • Une entreprise peut, par accord, baisser les salaires et changer le temps de travail
  • Les temps d’astreinte peuvent être décomptés des temps de repos
  • Le dispositif « forfaits-jours », qui permet de ne pas décompter les heures de travail, est étendu
  • Les apprentis mineurs pourront travailler 10 heures par jour et 40 heures par semaine
  • Le plancher de 24 heures hebdomadaires pour un contrat à temps partiel n’est plus la règle dans la loi (confirmation d’une loi antérieure).
  • Il suffit d’un accord d’entreprise pour que les heures supplémentaires soient 5 fois moins majorées
  • Une mesure peut-être imposée par référendum contre l’avis de 70% des syndicats
  • Après un accord d’entreprise, un salarié qui refuse un changement dans son contrat de travail peut être licencié
  • Par simple accord, on peut passer de 44h à 46h de travail maximum
  • Durée de travail en horaire maximum passe de 12 à 16 semaines
  • Durée du temps de travail est calculée sur 3 ans
  • Par simple accord on peut passer de 10h à 12h de travail maximum par jour
  • Contacter le médecin du travail devient presque impossible
  • La visite médicale d’embauche transformée en simple visite d’information
  • La durée du congé en cas de décès d’un proche n’est plus garantie

 

 

 

- Travail et Salariat

  • "Chemise" d’Air France : El Khomri valide le licenciement d’un délégué CGT
  • Sodexo : El Khomri autorise le licenciement d’un délégué CGT pour fait de grèv
  • Service civique obligatoire pour les - de 25 ans : emploi déguisé et sous-rémunéré
  • RIFSEEP : Mise en concurrence des fonctionnaires, par des primes soumises à l’arbitraire
  • Air France : 100 millions d’€ de CICE en 2 ans = 3000 emplois supprimé
  • Pacte de responsabilité : +3,1 milliards de cadeau au patronat en 2016
  • Le gouvernement envisage de simplifier le licenciement économique
  • Rapport Badinter : Des limitations peuvent être apportées aux libertés et droits fondamentaux si elles sont justifiées par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise.
  • [Envisagé] « Forfait jours » pour les salariés (= fin des heures supp.).
  • Rapport Badinter : fin de facto des 35 heures.
  • Austérité : 2 milliards d’euros « d’économies » supplémentaires.
  • Nouveau cadeau au patronat : prime de 2.000 € par an et par embauche pour les PME.

- Prime réservée aux embauches à bas salaires.

- La part socialisée des bas salaires sera donc payée par... les contribuables.

  • La rupture du contrat de travail sera simplifiée.
  • Basculement du CICE en baisse définitive de charges.
  • Hollande s’attaque à la durée légale du travail.
  • Décret n° 2015-1874 : la loi relative au Dialogue social et à l’emploi sacrifie la citoyenneté au travail.
  • EDF : suppression de 4.000 postes en trois ans.
  • Promesse de sanctionner les licenciements boursiers non tenue.
  • Compte pénibilité, l’inverse de la prévention.

- Recul sur les critères.

- Recul sur les dates d’entrée en vigueur.

- Recul sur la date de paiement des premières cotisations.

- Recul sur le mode de déclaration.

  • Criminalisation de l’action syndicale :

- Torpillage de la loi d’amnistie sociale votée au sénat.

- Prison ferme pour 8 ex-Goodyear malgré le retrait des plaintes.

- Arrestation à l’aube de 4 syndicalistes d’Air France.

  • Répression pour la Confédération Paysanne, mansuétude pour la FNSEA.
  • Abandon du projet de loi relatif à la démocratie sociale.
  • Loi Macron : toutes les FNAC parisiennes se retrouvent en ZTI.
  • Loi Macron : vers un accès restreint aux prud’hommes.

 

- Démantèlement du droit du travail (ANI)

  • La prescription sur les rappels de salaire passe de 5 à 3 ans.
  • Demandes liées à la rupture de contrat passent de 5 à 2 ans.
  • Différé d’indemnisation de 180 jours pour rupture conventionnelle.
  • Mutuelle d’entreprise obligatoire (2Mds€ pour 400.000 personnes).

- La part patronale est désormais imposable

  • Sapin appelle les entreprises à ne pas augmenter les salaires trop vite.
  • Retrait du Burn-out de la liste des maladies professionnelles.
  • Destruction du Code du Travail.
  • [objectif] Privilégier les accords d’entreprise, au détriment de la loi.
  • Généralisation du travail du dimanche.

- La Poste expérimente la livraison de colis le dimanche.

  • Ouverture des magasins de nuit.
 

- Loi Rebsamen :

  • CDD renouvelable 2 fois.
  • Fragilisation des CE & CHSCT.
  • Fin de l’obligation de reclassement en cas d’inaptitude professionnelle.
  • Création du CDI intermittent.
  • Destruction de l’Inspection du Travail.
  • Suppression des élections prud’hommales.
  • Plafonnement des indemnités de prud’hommes pour licenciement abusif.
  • Condamnation d’une inspectrice du travail (Téfal).
  • Facilitation des licenciements collectifs.

 

- Pauvreté et précarité

  • Hausse de 50% du nombre de sans abris entre 2011 et 2014
  • ÇA VA MIEUX : Hausse de 6% du nombre de millionnaires en 2015
  • L’État ampute le budget de Pôle emploi de 30 millions d’euro
  • APL minorée ou supprimée quand le loyer est "trop élevé"
  • Familles nombreuses : fin des aides pour la cantine
  • Revalorisation des prestations familiales et sociales de… 50 centimes
  • Le Guen suggère de baisser la durée et le montant des allocations chômage.

Myriam El Khomri envisage la dégressivité des allocations chômages, Idée réaffirmée le 01.02.16 par Michel Sapin.

  • Hausse du chômage : 309 000 radiations en novembre 2015.
  • Prime d’activité :

Moins d’aide pour les plus fragiles (RSA activité et PPE).

Le contribuable compensera les bas salaires du privé.

  • [Projet] Encourager les emplois de service ("trappes à bas salaires").
  • [Projet] Formation : Valls demande des contreparties aux chômeurs.
  • Précarité : Explosion de l’intérim : +10% en un an.
  • Ségolène Royal favorable au retour des coupures d’eau pour les payeurs en difficulté.
  • Taux de pauvreté à nouveau en augmentation.
  • La chasse à la fraude aux allocations s’accentue.
  • Renforcement du contrôle des chômeurs.
  • Pas de « coup de pouce » pour le SMIC.
  • Ouverture des centres d’hébergement seulement par -5°C.
  • Baisse du montant des APL.

 

- Santé & retraite

  • Hôpitaux : précarité, austérité : 6 suicides en un an au CHU de Toulouse
  • PMA pour les lesbiennes : promesse, tergiversations, et renoncemen
  • Hôpitaux : externalisation, polyvalence, postes supprimés : 2 suicides
  • Au 1er avril, hausse du montant de l’AAH de… 81 centimes
  • Accessibilité : normes moins contraignantes et dérogations.
  • Retraites : Revalorisation de… 0,1% en 2015.
  • Les bénéficiaires de l’AME privés de remboursement.
  • Remise en cause du droit au séjour pour soins.
  • Durée de cotisation retraite portée à 43 ans.
  • Loi Macron 2 : mise en place de fonds de pension.
  • Hôpitaux : suppression de 22.000 postes en 3 ans.
  • Gel des retraites >1200€ et décalage de 6 mois de la revalorisation.
  • Hausse de l’allocation handicapés de 7€.
  • Prime exceptionnelle (sic) de 40€ pour les retraites les plus faibles.
  • Abandon de la réglementation sur l’accessibilité aux handicapés.
  • Baisse de la prestation de compensation du Handicap.
  • Pas retour sur les franchises de soins.
  • Loi fin de vie vidée de son contenu (en attente de CMP).
  • Don du sang : maintien d’une discrimination pour les homosexuels.
  • Budget Sécurité sociale : suspension des votes à l’Assemblée.

- Fiscalité

  • Le gouvernement pille les ménages pour servir les entreprises
  • CSG « discrètement » augmentée pour des centaines de milliers de retraités
  • Un rapport sénatorial étrille le CICE : Mal ciblé, coûteux, lourd
  • Les exonérations fiscales pour les impatriés passent de 5 à 8 ans
  • ISF : Hollande a plus avantagé les milliardaires que Sarkozy
  • Hausse de 11% du nombre de contribuables millionnaires en 2015
  • Rejet du "reporting public" sur demande de C. Eckert
  • Le taux du Livret A passe pour la 1ère fois sous la barre de 1% (0,75%).
  • Suppression de centaines de postes de contrôleurs fiscaux.
  • Îles Vierges, Montserrat, Bermudes et Jersey sortis de la liste des paradis fiscaux.
  • Pas d’interdiction des paradis fiscaux pour les banques françaises.
  • 3 taux d’imposition pour les entreprises : non tenu.
  • Fraude fiscale et sociale : aucune annonce.
  • Fraude aux cotisations sociales (25Mds/an) : aucune annonce.
  • 900 millions d’euros de réduction d’impôts pour les plus riches.
  • Sapin demande le retrait d’un amendement visant à taxer les dividendes.
  • Maintien des niches fiscales : 82 milliards de perte pour l’Etat.
  • Communes : baisse de la DGF.

- Incitation à la création de communes nouvelles pour conserver les niveaux de dotation.

  • CICE : 40 milliards sur 3 ans (dont 12 pour 2015).
  • Pacte de Responsabilité
  • - Plus forte exonération de "charges" de la Vè République.

    - 6,3 milliards pour la protection sociale.

  • Le bouclier fiscal de Hollande : 730M€ pour 7 630 contribuables aisés.
  • Maintien du Crédit Impôt Recherche (5,5 Mds€/an).
  • - Interdiction de publication du rapport.

  • ISF : le gouvernement ne taxera pas les œuvres d’art.
  • Entraves à la taxe sur les transactions financières.
  • Abandon de la "grande réforme fiscale" Ayrault.
  • Recul sur l’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail.
  • Recul sur l’instauration d’une taxe sur l’excédent brut d’exploitation.
  • Valls regrette la hausse (symbolique) des impôts des plus riches.
  • Vote du TSCG sans renégociation.

- Le gouvernement se prive de latitude.

  • Hausse de la TVA de 19,6 à 20% et de 7 à 10%.
  • Rejet du contrôle des frais des députés, sur avis défavorable d’Eckert.
  • Rejet du "reporting public" sur demande de C. Eckert.

- Industrie & business

  • La Poste (990 M€ de CICE de 2013 à 2015) supprime 7302 postes en 2015
  • La France promeut l’arbitrage privé (ISDS) du Tafta
  • Les euro-députés socialistes votent la directive Secrets des Affaires avec le FN et LR
  • La rémunération fixe moyenne d’un patron du CAC 40 en hausse de 4%
  • Sanofi : 140M€ (CICE + CIR), 3,8Mds€ de dividendes : 600 suppressions de postes 47Mds € de dividendes en 2015 (+9,9% hors taux de change)
  • Michelin : 18M€ de CICE, profits en hausse de 12% : 494 suppressions de postes.
  • Corruption : les entreprises pourront payer pour éviter le procès.
  • Loi Macron : Projet de libéralisation des règles d’implantation de la publicité.
  • Obsolescence programmée : Macron tente de dénaturer la loi sur les pièces détachées.
  • Loi de finance 2014 : l’article 92 proposait une amnistie totale pour les banques.
  • La France bascule dans la marchandisation du sang.
  • Interdiction pour l’EFS de fabriquer du plasma thérapeutique.
  • Suppression des stock-option : promesse non tenue.
  • « Autorégulation exigeante » : pas de loi limitant les rémunérations des patrons.
  • Abandon de l’encadrement des bonus.
  • 40Mds € de dividendes pour le CAC40 en 2014.
  • 47Mds € de dividendes en 2015 (+9,9% hors taux de change).
  • Pas de séparation banques de dépôt / d’investissement.
  • Transfert du risque de faillite bancaire sur les déposants.
  • Démantèlement d’Alstom : le gouvernement cède au lobbying de GE.

- Prolongation des concessions autoroutières.

  • Privatisation des aéroports.
  • Privatisation des barrages hydro électriques.
  • TAFTA : négociations secrètes.

- ISDS (mécanisme de règlement des différends entre investisseur et Etats) : Un tribunal privé.

  • Valls invite les saoudiens à investir en France
  • Loi « Florange » inefficace et vide (Goodyear, Fralib, Petroplus).
  • Projet de loi (abandonné) sur le secret des affaires.
  • Multiplication des Partenariats Public-Privé.

 

 

- Police & justice

  • Données personnelles : surveillance tous azimuts encore accrue
  • Prisons : Record d’incarcération et densité de 119%
  • Un amendement discret fragilise le secret des sources des journaliste
  • Un décret (de 2013) éloigne les précaires de la justice ordinaire
  • Urvoas veut limiter le droit syndical des magistrat
  • État d’urgence prolongé pour la 3ème fois par… 46 députés
  • Défilés et manifestations : La police a pour consigne de laisser pourrir la situation
  • Sécurité routière : privatisation des radars mobiles
  • Extension de la présomption de légitime défense pour la police
  • Amendement pour interdire l’accès du port de Calais aux migrants
  • 67 362 détenus au 1er février (+ 2,5 % par rapport à février 2012)
  • Abandon du projet de loi sur la responsabilité juridictionnelle du Président.
  • Abandon du projet de réforme du Conseil supérieur de la magistrature.
  • Maintien de la Cour de Justice de la République.
  • Hollande gonfle le nombre de procédures antiterroristes.
  • Projet de réforme pénale : Valls veut court-circuiter le Parlement.
  • Projet de réforme pénale : mise à l’écart des juges.
  • Justice en faillite : cri d’alarme en Seine-Saint-Denis.
  • Contrôles de police : abandon de l’idée de récépissé.
  • État d’urgence étendu à 3 mois.
  • Projet d’extension à 6 mois & inscription dans la Constitution.

- Prolongation de trois mois sans saisir le parlement (22.01.16).

  • Interdiction des manifestations non commerciales.
  • Assignation à résidence d’opposants.

- Déchéance de nationalité.

- Bruno Le Roux envisage la déchéance pour tous.

  • Instauration d’une rétention de sûreté après certaines peines.
  • Surveillance massive des citoyens.
  • Vote avec l’UMP contre un amendement de Taubira sur la Loi Renseignement.
  • Envisage la privation de liberté à titre préventif.
  • Fin de la présomption d’innocence.
  • Extension de la présomption de légitime défense pour la police.
  • Suspension de la Convention Européenne des Droits de Homme.
  • Armement des polices municipales.

 

- International

  • Recul sur la reconnaissance de l’État palestinien
  • Livraisons d’armes à l’Arabie saoudite, accusée de crimes de guerre au Yemen
  • Hollande reçoit discrètement les dictateurs
  • Égypte : partenariat stratégique en matière sécuritaire et économique
  • Le prince héritier d’Arabie saoudite décoré de la Légion d’honneur
  • Valls soutient la candidature de Lagarde à la tête du FMI.
  • Hollande veut réintégrer pleinement la France dans l’OTAN.
  • La France déplore (sic) l’exécution par l’Arabie saoudite de 47 personnes.
  • Livraisons d’armes à la rébellion « modérée » syrienne (viol de l’embargo).
  • Manipulation des rapports sur les armes chimiques en Syrie.
  • Vente de Rafales aux pétromonarchies.
  • Annulation du contrat Mistral avec la Russie, et vente à l’Égypte.
  • Le PS soutient Juncker à la présidence de la Commission Européenne.
  • Hollande pousse Tsipras à accepter un accord avec la Troïka.
  • Refus du droit d’asile pour Assange et Snowden.
  • Interdiction de survol de l’espace aérien pour le président Evo Morales.
  • Illégalité du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions.
  • Guerre au Mal

 

- Transport & écologie

  • Un projet d’enfouissement des déchets nucléaires s’impose en douce au Parlement
  • Projet de loi biodiversité :

- Report à 2020 de l’interdiction des néonicotinoïdes

- Rejet de la surtaxe de neuf centimes par kilo d’huile de palme

  • 136 M€ d’annulation de crédits pour le ministère de l’environnement
  • Le gouvernement renonce à réduire la part de l’énergie nucléaire
  • LGV Lyon-Turin : l’État veut déroger aux lois de protection de la nature
  • Taxe sur l’huile de palme : - 70%. La secrétaire d’État à la biodiversité satisfaite.
  • Le Foll refuse d’interdire les insecticides aux néonicotinoïdes tueurs d’abeilles
  • Royal veut prolonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaires.
  • Boues rouges de Gardanne : l’État accorde des permis de polluer.
  • Un mois après la COP21, forte baisse du bonus à l’achat de véhicules propres.
  • Loi Macron : Ouibus, la SNCF concurrence ses propres TGV et TER.

- Les régions devront financer les déficits induits par ces pertes.

  • Loi Macron : le droit de l’environnement sera réformé par ordonnances.
  • Loi Macron : un amendement pour l’enfouissement des déchets radioactifs.
  • Hollande signe un accord du G8 qui promeut la fracturation hydraulique.
  • Aéroport Notre-Dame-Des-Landes.
  • Futures lignes TGV et LGV inutiles.
  • SNCF : suppression de 1400 emplois en 2016.
  • Désinvestissement dans la SNCF.
  • Abandon du fret ferroviaire.

- abandon de l'autoroute ferroviaire devant relier le Nord-Pas-de-Calais et les Landes

  • Hausse du tonnage des camions.
  • Davantage d’autocars sur les routes.
  • Renoncement à la fermeture de Fessenheim.
  • Réduction de 25% des aides au maintien dans l’agriculture biologique.
  • Élevage : à la botte de la FNSEA.
  • Ajournement du rapport de l’ADEME sur une France 100% renouvelable.
  • Industrialisation de l’agriculture.
  • Retrait de l’écotaxe.
  • À peine née, baisse de l’indemnité kilométrique vélo (IKV).
  • Silence sur les extensions d’autorisation d’OGM.
  • Sivens : La gendarmerie enquête sur la mort de Rémi Fraisse…tué par un gendarme.
 

- Éducation & culture

  • L’Éducation nationale aide la préfecture à expulser des élèves
  • Sur proposition du gvt, le Sénat supprime le démantèlement de la Hadopi
  • [Annulé le 30.05.06] Un projet de décret supprime 256M€ de crédit à l’ESR
  • Cinéma : Entraves dans l’accès aux aides pour les petites sociétés de production
  • Introduction de la publicité commerciale sur Radio France

  • Loi Numérique :

- Opposition à la reconnaissance des Communs par la loi.

- Claviers, OS souverain, interdiction des hyperliens : le ridicule pour toute politique.

  • Doublement du budget de Polytechnique, 60M€ d’euros supplémentaires en cinq ans.
  • Suppression de la publicité dans les programmes jeunesse : Enterrée.
  • Retour sur l’engagement à sanctuariser le budget de la Culture.
  • Loi Fioraso (LRU 2) Universités mises en concurrence.
  • Mise en place chaotique et inégalitaire des TAP en primaire.
  • Le MEN enterre le Logiciel Libre et « vend » les élèves à Microsoft pour 13 M€.
  • Réforme du collège :

- Autonomie pour 20% des horaires disciplinaires

- Mise en concurrence des établissement

- Baisse des moyens

- Suppression du Latin, du Grec et des classes bilangues européennes
 

 

    - Divers

    • Cavalier législatif douteux pour vendre le domaine de Grignon
    • Valls prêt à remettre en cause la laïcité et la liberté d’exercice d’un culte
    • Rétention de mineurs étrangers : 4.378 enfants enfermés à Mayotte en 2015
    • Le secrétaire d’État chargé des Anciens Combattants interdit La Chanson de Craonne
    • Un convoi britannique d’aide aux migrants refoulé par la France
    • 11 128 Roms évacués de force de leurs campements en 2015.

    - Stigmatisation des Roms.

    • Fermeture des frontières aux réfugiés syriens (30 000 en 2 ans).
    • Carole Delga et Alain Rousset cumulent députation et présidence de région.
    • Le Drian cumule les fonctions de ministre et de président de région.
    • Loi Macron : Constructions illégales, démolition impossible.
    • Laurence Boone, chef économiste à Bank of America, nommée conseillère à l’Élysée.
    • Jean-Pierre Jouyet, ministre de Sarkozy, nommé Secrétaire Général de l’Elysée.
    • Loi Alur vidée de sa substance.

    - Loi Alur : enterrement discret de la Garantie Universelle des Loyers.

    • Hollande satisfait du résultat du 1er tour des élections régionales.
    • Désistement et appel à voter pour la droite.
    • Renoncement au vote des étrangers pour les élections locales.
    • Appels à la délation (fraude fiscale).
    • 3 recours à l’article 49.3 en un an.
    • Des enfants en zone d’attente aéroportuaire.
    • Comptes de campagne : Contrôles pendant 6 mois au lieu de 12.

    - Vie politique, élections

    • Conflit d’intérêt : A.-L. Fondeur nommée à la tête du lobby des semenciers
    • Inéligibilité pour violences, notamment sexuelles : les 9 PS présents votent NON
    • Copinage : J.-P. Hugues, de la promo Voltaire, nommé Dir’cab à l’Élysée
    • Nominations de complaisance (ex : compagne d’A. Morelle)
    • Pantouflages : La finance recrute à l’Elysée, Matignon et Bercy

    - J. Pouget, conseiller Économie, Industrie et Numérique quitte l’Élysée pour Total

    - B. Bézard quitte la direction du Trésor pour un fonds d’investissement

    - J-J Barberis, conseiller de Hollande quitte l’Élysée pour Amundi (Crédit Agricole)

    - Laurence Boone quitte l’Élysée pour Axa Investment Managers

    - Sandrine Duchêne, numéro 2 du Trésor à Bercy, embauchée par Axa

    - Sébastien Dessillons, Affaires industrielles (Matignon), part chez BNP

    - Le très intéressant Régis Turrini (juste passé pour brader Alstom) rejoint Altice

    • En marche d’E. Macron hébergé et domicilié à l’Institut Montaigne
    • Présidentielle : Onze députés socialistes changent les règles

    - L’élu devra remettre lui-même son parrainage au Conseil constitutionnel

    - Publication complète de la liste des parrains (contrôle resserré des partis)

    - [supprimé au Sénat] Fin du principe d’égalité du temps de parole dans les média

    - Comptes de campagne : Contrôles pendant 6 mois au lieu de 12

    • [Retiré] Projet de répression de la critique politique sur internet et les réseaux sociaux
    • Abandon du projet de loi relatif aux incompatibilités applicables à l’exercice de fonctions gouvernementales
    • Cumul de fonctions et mandats

    - E. Cosse cumule les fonctions de ministre et de conseillère régionale

    - Delga et A. Rousset cumulent députation et présidence de région

    - Le Drian cumule les fonctions de ministre et de président de région

    • Laurence Boone, chef économiste à Bank of America, nommée conseillère à l’Élysée
    • JP Jouyet, ministre de Sarkozy, nommé Secrétaire Général de l’Elysée
    • Régionales 2015

    - Hollande satisfait du résultat du 1er tour des élections régionales

    - Désistement et appel à voter pour la droite

    - Hollande reproche à Bartolone une campagne trop à gauche

    • Renoncement au vote des étrangers
    • 3 recours à l’article 49-3 en un an
    • Préparation d’une « Alliance », sans PCF ni EELV

     

     

    - et le quinquennat n'est pas terminé !

    Pour la mise à jour aller sur : le PS en actes

    Partager cet article
    Repost0
    30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 08:30
    La Nouvelle Gauche Socialiste appelle à soutenir Jean-Luc Mélenchon

    Anciens cadres nationaux et fédéraux du PS, aujourd’hui membres de la Nouvelle Gauche Socialiste, nous avons quitté le parti d’Epinay, en crise profonde, et comptons parmi les déçus du quinquennat de François Hollande.

     

    Sources :  La Nouvelle Gauche Socialiste le 23 mars 2016

    - Le bilan décevant du quinquennat

    La loi bancaire devait être proclamée pour arraisonner la finance. Elle fut en deçà des recommandations du rapport Liikanen en faveur d’une directive bancaire européenne. La France ne pressa d’ailleurs aucunement son représentant en charge du dossier à la Commission européenne d’en achever l’élaboration. La taxation des transactions financières, qui devait être mise sur pied en coopération renforcée, ne fait toujours pas l’objet d’un appui ferme de l’exécutif.

     

    La réforme fiscale a été enterrée. Bercy s’est-il arrangé avec le Conseil constitutionnel pour «retoquer» le projet de CSG progressive défendu par les «frondeurs» ? Ce dernier n’en répondait pas moins point par point aux objections faites en 1999 au Premier ministre de l’époque, dépositaire du projet et aujourd’hui membre du «conseil des sages».

     

    La lutte contre le chômage est en passe d’échouer, alors que la Commission et le Conseil ont autorisé la France à déroger au «pacte de stabilité» pendant toute la durée du mandat. Ces importantes marges de manœuvre ont été affectées en pure perte au redressement de la part des profits dans la richesse nationale. Leur octroi aurait pu être conditionné à de l’investissement utile. Elles auraient encore pu être consacrées à la transition énergétique, aux services publics et à la redistribution. Enfin, la loi travail et la réforme constitutionnelle sont aussi symptomatiques du virage conservateur de l’Exécutif, qu’inaptes à inverser la courbe du chômage et à lutter contre le terrorisme. Elles affaibliront inévitablement le salariat et la démocratie.

     

     

    - Le piège de la primaire

    Certaines voix en appellent à une primaire de toute la gauche pour désigner un candidat susceptible de se «qualifier» pour le second tour afin de faire barrage à l’extrême droite. Nous n’y participerons pas. Pour mobiliser les déçus du quinquennat, ce candidat devrait en effet, au minimum, défendre le programme du Bourget. Or, rien n’est moins sûr. Les expériences de 2007 et 2012 indiquent qu’une primaire, pourtant ultra-médiatisée, ne mobilise que partiellement l’électorat populaire et qu’elle finit par désigner le candidat le mieux placé dans les sondages. Elle musellera pour le reste du débat électoral toutes les forces qui auraient choisi d’y participer dans le but de réorienter la gauche. En participant à cette primaire, ces forces seraient inévitablement perçues comme des forces d’appoint du candidat social-libéral qu’elle aura contribué à légitimer, mais qui aura peu de chance de franchir le premier tour de l’élection présidentielle.

     

    Seule une candidature «hors système», c’est-à-dire dépassant les frontières et jeux des «appareils» existants, est de nature à enclencher une nouvelle dynamique populaire susceptible d’atteindre à un score proche ou égal au seuil de qualification pour le second tour. Son espace politique, au carrefour de la République, du socialisme et de la planification écologique est, à l’évidence, identifiable.

     

     

    - Le candidat de la raison

    Plusieurs personnalités pensent que leur tour est venu d’incarner un tel destin. Les traits de caractère sont parfois mis en avant pour comparer les impétrants. Personne n’a, à cet égard, le monopole de la passion et de la grandiloquence, ni de l’égocentricité et de l’autoritarisme. A l’aune de ces critères, nombre de prétendant(e)s susceptibles de faire le choix de s’enfermer dans le piège de la primaire sont relativement bien classés. Pour les progressistes, seule la raison doit guider l’action et considérer les personnalités qui, par le symbole de leurs engagements, sont aujourd’hui en position d’incarner l’espoir d’une résistance au mouvement de balancier vers la droite, en passe d’emporter notre pays.

     

    C’est pourquoi, nous apportons notre soutien à la proposition de candidature faite par Jean-Luc Mélenchon, la mieux placée pour incarner, auprès de ceux qui souffrent, la France insoumise à l’ordre établi.

    L’élection présidentielle est l’élection majeure à l’occasion de laquelle de nouvelles générations de citoyens s’engagent collectivement en politique, pour peu qu’une perspective s’ouvre.

    Elle est l’occasion d’expérimenter de nouvelles pratiques susceptibles de jeter les bases d’un futur rassemblement citoyen à la française.

    Le moment est venu d’en bâtir les fondations.

     

    Premiers signataires

    • Liêm Hoang-Ngoc Ex-membre du bureau national du PS
    • Julien Jusforgues Ex-membre du conseil national
    • Daniel Bonnot Ex-membre de la Commission nationale des conflits
    • Roger Tropéano Ex-délégué national
    • Catherine Renaud-Mayer Ex-première secrétaire fédérale de la Manche
    • Laurent Beaud Ex-membre du bureau fédéral de l’Hérault
    • Alain Bourgeade Ex-membre du bureau fédéral de Haute-Garonne
    • Jean-Claude Bridon Ex-membre du bureau fédéral du Cher
    • Fabienne Chiche Ex-membre du bureau fédéral du Val-de-Marne
    • Annie Darrieux Ex-membre du bureau fédéral du Gers
    • Sabrina Ghallal Ex-membre du bureau fédéral de la Marne
    • Denis Gouteux Ex-membre du bureau fédéral du Cantal
    • Nicolas Grondin Ex-membre du bureau fédéral de l’Essonne
    • Laurent Hecquet Ex-membre du bureau fédéral du Puy-de-Dôme
    • Catherine Laur Ex-membre du bureau fédéral de l’Aveyron
    • Frédéric Martin-Delvincourt Ex-membre du bureau fédéral des adhésions de Paris
    • Jean-Claude Maurin Ex-membre du bureau fédéral du Gard
    • Anas Moutabarrik Ex-membre du bureau fédéral de la Marne
    • Daniel Orts Ex-membre du conseil fédéral de l’Aveyron
    • Franck Rey Ex-membre du bureau fédéral du Cantal
    • Olivier Spinelli Ex-membre du bureau fédéral de la Somme.

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Soutien à Jean-Luc Mélenchon : Le pari d’une candidature précoce et de la personnalisation

    - Appel aux élus(es) pour le parrainage de JLM en 2017

    Partager cet article
    Repost0
    29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 09:27
    Danger:  une socialiste peut en cacher un autre !

    En l'occurence Martine Aubry[1], maire socialiste de Lille. Trop, c'est trop, avait-elle déclaré dans une tribune publiée dans Le Monde, avec plusieurs personnalités de son parti ou des écologistes. Et tous les médias la relayaient. Selon beaucoup, c'était une attaque au vitriol contre François Hollande et sa politique de droite. Pardon social-libérale qu'elle a dit.

     

    Sources : Le blog de Roger Colombier le 27 février 2016

    - Car elle, Martine Aubry était de la "gauche progressiste".

    Bref, le parti de l'Elysée était au bord de l'explosion et en rangs serrés, contre les forces de l'argent, ceux de la gauche progressiste(sic) allaient rejoindre le combat des forces de progrès, quitte à déposer une motion de censure à l'Assemblée nationale pour faire tomber ce gouvernement de merde.

     

    Et puis voilà, dans Lemonde.fr du 26 février, mais plus du tout en sa une, mais au fin fond du site, un titre : "Martine Aubry se convertit à une primaire à gauche".

     

    Car le jeudi 25 février, elle était présente à Lille, au premier rang lors d'un débat initié par les promoteurs d'une primaire à gauche, dans Libération. A un micro tendu, sans doute par le plus grand hasard, elle a expliqué « comment on peut demander à un président de la République s’il est candidat d’aller dans une primaire ». « Si maintenant, ça a l’air d’être le chemin, que François Hollande est candidat et qu’il est prêt à venir dans cette primaire, c’est formidable ».

     

     

    - Plus de gauche progressiste alors ?
    Qu'une primaire dite de gauche tout court entre le président de la République sortant et les autres ? Entre ceux-ci et un ex-premier secrétaire national du PS devenu candidat socialo à la présidentielle de 2012, puis reniant toutes ses promesses, conduisant une politique réactionnaire et les autres ? Comme pour signifier que François Hollande est toujours de gauche ?
     

    De son côté, Clémentine Autain, du mouvement Ensemble, organisation membre du FdG, signe un édito dans son journal Regards du 24 février 2016 "Primaire à gauche : sortir de la confusion"

    • Extrait :
    "La primaire "de toute la gauche" n’aura pas lieu : elle n’a pas lieu d’être

    Le refus de Jean-Luc Mélenchon de participer à quelque primaire que ce soit, et sa détermination à être candidat, enterrent de facto l’idée d’une primaire de toute la gauche. Cette primaire n’aura pas lieu : cela tombe bien, car elle n’a pas lieu d’être. La règle d’une primaire est que les candidats perdants soutiennent le vainqueur. Imagine-t-on un instant François Hollande ou Manuel Valls soutenant Jean-Luc Mélenchon ? C’est absurde, autant que l’hypothèse d’un soutien de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron (lire aussi "Pierre Laurent : la primaire à quel prix ?"). Les orientations politiques du gouvernement et du PS, d’une part, et celles défendue par le Front de gauche, d’autre part, ne sont pas réconciliables, primaire ou pas."

     

    A non entendeur salut, aurait-elle pu conclure.

     

    Si ça continue, il ne va plus y avoir que Pierre Laurent au FdG pour une primaire des gauches, non ?

     

    Bon, ça le regarde, mais une Martine Aubry peut cacher un François Hollande. Comme un train peut en cacher un autre. C'est le pourquoi du feu rouge clignotant sur les passages à niveau : arrêt absolu.

     

    Note :

    [1] Martine Aubry les "aubrystes" ont signé la motion gouvernementale au dernier congrès socialiste de 2015.

    La motion A (gouvernementale), "Le Renouveau socialiste", est représentée par Jean-Christophe Cambadélis. Elle est aussi soutenue et signée par Manuel Valls, la quasi-totalité du gouvernement.

    Congrès PS : ce qu'il faut retenir de la motion A : la motion A veut "prolonger" ce qui a été fait depuis 2012, sans remettre en cause la politique du gouvernement. Elle propose toutefois quelques corrections, comme sur les 15 milliards du pacte de responsabilité.

     

    Danger:  une socialiste peut en cacher un autre !
    Partager cet article
    Repost0
    27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 09:16
    Gauche : Gare au prix amer de la primaire !

    L'exemple même de la fausse bonne idée !

     

    Source : le blog d'Alexis Corbière secrétaire national su Parti de Gauche le 20 janvier 2016

    Dans Alice aux pays des merveilles, le roman de Lewis Caroll, la jeune Alice perdue dans la forêt rencontre un drôle de chat perché sur un arbre et l’interroge : « Pourrais tu m’indiquer le chemin ? ». Le félin répond : « Tout dépend où tu veux aller. ».

     

    C’est aussi le cas pour l’idée de « la primaire de la gauche et des écologistes» lancée avec le soutien actif du quotidien Libération. Est-ce une bonne idée ? Réponse : « Tout dépend où tu veux aller ». En effet, vers où veulent se rendre ceux qui l’impulsent ? « Vers une victoire de « la gauche » en 2017 » me répondront-ils en chœur. Exprimer ainsi, l’intention est louable. A priori, elle sonne bien. Je ne souhaite pas la victoire de la droite, ou encore pire de l’extrême droite. Plus précisément, je ne souhaite pas une politique de droite et d’extrême droite pour mon pays. Soit. Mais, est-ce la bonne méthode ? Pour moi, non.

     

    Car derrière cet objectif, il y a un lourd prix à payer pour notre vie démocratique : la disparition de toutes forces qui contestent le système politique actuel et particulièrement la Ve République. Elle imposera demain pour la France une sorte de paysage politique à l’italienne. Ce serait l’acte de naissance quasi institutionnel mais définitif du « tripartisme ». C’est là le prix amer de la primaire.

     

     

     - Derrière quelques intellectuels, artistes et sportifs, en coulisses Dray et Cambadélis à la manœuvre… au profit de Hollande

    Pour les initiateurs de cette « Primaire », il faudrait acter définitivement l’existence intangible d’un petit espace de « gauche », autour de 35 % tout additionné, condamné à être minoritaire dans la société, sans trop s’interroger pourquoi ni comment l’élargir.  Dans ce paysage, pour éviter les défaites, il n’y a plus qu’un chemin tactique obligatoire : il faut une candidature unique de la gauche dès le premier tour.

     

    La rue de Solférino a sans doute dans un premier temps été un peu déstabilisée par l’opération qu’elle n’avait pas totalement initié. Elle a d’abord eu peur de la charge anti-Hollande qu’elle laissait apparaître. Mais, passé la stupéfaction, elle a ensuite très vite compris l’avantage qu’elle avait à tirer de tout cela. Aussi, Julien Dray, désormais devenu un agent 100 % pro-président de la République, déclarait sur BFM TV : "Oui à une primaire de toute la gauche en vue d'avoir un seul candidat". Jean-Christophe Cambadélis, au nom du PS lui a emboité le pas en disant la même chose. Dans son esprit, la primaire est possible si c'est pour obtenir cette candidature unique et exclusive, avec engagement de tous les autres candidats potentiels, même ceux qui ne veulent pas en être, qu’ils s’effacent. La manoeuvre est habile. Et, Cambadélis précise sa pensée : « Le problème aujourd'hui dans le tripartisme, ce n'est pas de rassembler la gauche au 2e tour, c'est d'y être et pour y être, il faut être au-dessus de 25%. Pour faire au-dessus de 25% avec un PS qui fait entre 20 et 23%, il faut aller chercher 4-5%. Donc si on est émiettés au 1er tour, on ne sera pas au second ». L’objectif évident est d’apporter au candidat du PS les quelques pourcentages supplémentaires pour être au second tour. Concourir à la primaire, c’est donc être polarisé par le PS, sans que le Peuple, dans sa réalité profonde, puisse trancher et dire autre chose. La logique de tout cela est totalement enfermée dans la mécanique mortifère de la Ve République en pleine décomposition, renforcée de surcroit par une extrême droite qui bloque tout.

     

     

    - Une machine à excommunier

    Quiconque aura l’audace de se présenter en dehors de la Primaire sera affublé, par la bobostructure qui la souhaite, immédiatement du sobriquet de « diviseur », ou d’irresponsable voulant « la défaite de la gauche ». et bla bla bla... Par sa dynamique propre, cette primaire devient une machine idéologique à excommunier tous ceux qui n’auront pas fait de génuflexion devant elle. Elle désigne des boucs émissaires qui permettent de masquer les désastres culturels et sociaux de la politique du gouvernement. Quiconque n’en est pas « fait le jeu de la droite et de l’extrême droite »… Air connu. Dans un article de la semaine dernière, le journaliste de Libération Lilian Alemagna, toujours avisé sur les sacs de nœuds de la gauche française, dit les choses assez clairement : « ceux qui, à gauche, restent en dehors, devront expliquer à leurs électeurs potentiels pourquoi ils n’étaient pas de ce processus citoyen inédit. Et pourquoi ils ont pris le risque de laisser le second tour de la présidentielle à la droite et à l’extrême droite. » CQFD.

     

    C’est donc là que réside le principal attrait de ce dispositif aux yeux de quelques uns des gros malins qui l’ont initié. En écrivant cela, je fais nettement la distinction parmi les signataires entre l’économiste Thomas Piketty tout à fait respectable et sincère, et un combinard cynique comme Daniel Cohn-Bendit qui veut transformer la gauche française en un centre « libéral-libertaire », à peine centre-gauche, et faire disparaître tout le reste sur la gauche.

     

    L’opération « Primaire de la gauche et des écologistes » si elle avait lieu (mais je n’y crois guère) est donc, contrairement aux apparences de quelque chose d’ouvert et accueillant, un dispositif qui passe une laisse autour du cou de toutes les forces politiques qui y participent. Il faut en accepter le verdict, quel qu’il soit à l’arrivée. Même s’il est absurde et à l’opposé de ses convictions. Les formations politiques partie prenante de cette primaire, ne doivent plus avoir ensuite la possibilité, où même la légitimité morale et politique, de se présenter seules, ou avec d’autres, au premier tour de l’élection présidentielle. C’est la Ve République en plus dur. Vous n’avez même plus le droit d’être au premier tour pour mener campagne ! Alors que depuis le 5 décembre 1965 date de la première élection présidentielle au suffrage direct, il y a toujours eu plusieurs candidats se réclamant de la gauche et de l’écologie (sans que leur nombre ait le moindre lien entre la victoire ou la défaite de la gauche au final), cette « primaire » acte un système présidentiel exacerbé, verrouillé, totalement « tripartiste », où seules les trois grandes familles de la vie politique (La « droite » à travers les républicains, la « gauche » à travers le PS et le FN) ont le droit de défendre leurs couleurs en désignant leur champion à l’élection phare de la Ve République qui est pourtant celle qui mobilise le plus les électeurs et détermine toutes les autres pendant le quinquennat en fonction de son résultat. Ainsi, la « règle du jeu politique » serait définitivement bloquée. Encore plus bloquée que ce que dénonce les auteurs de l’appel. En dehors de l’appartenance à l’un de ces trois pôles dont vous devez être un satellite, vous n’existez plus.

     

     

    - Un contournement des milieux populaires

    A ce qui doute de mes affirmations, pensant qu’il est possible d’y désigner un autre candidat que celui du PS je leur réponds qu’il faut être lucide sur la sociologie militante et sociale de ceux que cela intéresse et mobilise concrètement. C’est à dire ceux qui pratiquement viendraient physiquement voter. Alors que je crois déterminant d’être en capacité de (re)mobiliser les catégories populaires les plus abstentionnistes, les plus éloignées du débat politique, les moins à même de se positionner spontanément comme de gauche ou de droite, les plus hostiles aux formations politiques traditionnelles, cette Primaire, par sa nature même, fait le choix de s’adresser mécaniquement à ceux qui se définissent encore comme étant de « la gauche et des écologistes », ceux qui sont les plus intégrés à la vie politique classique, généralement les plus qualifiés, les mieux rémunérés et vivant dans les grands centres urbains.

     

    Lors de la campagne présidentielle, les faibles conditions, mais néanmoins réelles, qui permettent à un candidat « non officiel » de toucher les catégories populaires sont ici supprimées. A la primaire, on ne fait plus campagne dans tous le pays, mais simplement à la TV où devant des assemblées militantes, avec des moyens et des budgets radicalement différents d’un candidat à l’autre, souvent coupées des secteurs les plus abstentionnistes. Alors que plusieurs études démontrent qu’une part significative (26 %) de nos compatriotes se déclare hors de toute appartenance partisane et que plus de la moitié (52%) dans aucun des trois grands partis traditionnels (PS, LR, FN), cette « primaire » laisse le choix du candidat quasi exclusivement à ceux qui sont encore clairement dans une latéralisation droite / gauche classique, à l’écoute des formations puisque ce sont elles seules qui ont les moyens de l’organiser. C’est une grave erreur tactique. C’est s’enfermer dans le score historiquement bas du prétendu « total gauche ».

     

     

    - Une étude éclairante datant de 2011

    Pour confirmer mon raisonnement, j’invite chacun à consulter l'étude réalisée par le CSA, à la demande du PS en novembre 2011 après leur primaire qui avait désigné François Hollande.

     

    Le constat est éclairant. Je le résume :

    • D’abord, ceux qui se mobilisent le plus à une primaire, dans une proportion encore plus forte que lors des scrutins classiques, sont ceux qui votent le plus traditionnellement. La participation est encore plus forte dans les « zones urbaines dynamiques » et « les pôles universitaires » qu’ailleurs. La participation est nettement plus significative sur les terres électorales traditionnelles du PS. La participation des catégories socioprofessionnelles les plus élevées est proportionnellement plus forte que lors des élections officielles.
    • A l’inverse, les milieux les plus abstentionnistes s’abstiennent encore davantage.

     

    Bref, tout cela accentue tous les défauts des comportements électoraux actuels qu’il faudrait pourtant corriger : faible mobilisations des milieux les plus populaires, sur-mobilisation des CSP +. Donc, contrairement à son look si sympathique, la primaire ne « donne pas plus la parole au Peuple »… en réalité, sur le plan sociologique, elle la lui supprime encore plus nettement puisqu’elle impose en pratique finalement l’idée que c’est seulement le candidat désigné par les CSP + qui a le droit de se présenter au réel premier tour de la présidentielle.

     

     

    - Une consécration de la « démocratie sondagière »

    - Et comment la magie s’opère-t-elle sans que la manipulation ne soit trop visible ou trop grossière ?

    Essentiellement par les sondages et les médias qui imposent, grâce à des panels pseudos irréprochables, le nom et l’identité, dans l’imaginaire collectif des CSP +, du « seul candidat qui est peut être au second tour ou qui peut être élu » et cela généralement plus d’un an avant l’élection.

     

    - La prétendue démocratie des primaires n’est donc que la consécration d’une « démocratie sondagière ».

    Souvenons nous. En 2011, le candidat Dominique Strauss-Kahn caracolait en tête des intentions de vote à la primaire, alors qu’il passait le plus clair de son temps à New York, et ne disait quasiment rien sur son programme. Le 14 avril 2011, toujours à propos de la Primaire socialiste, l’institut de sondage Opinion Way en est sûr : DSK arrive en tête avec 46 % des intentions de vote. De son côté François Hollande atteint péniblement 18%. Et puis survient le 14 mai 2011, l’épisode glauque du Sofitel à New York. Le scandale est énorme. Et bien dès le 17 mai, Opinion Way tient son nouveau sondage… et son nouveau champion. Cette fois ci, François Hollande est en tête à 62 % ! Il a bondi de 44% ! Un mois plus tard le 15 juin, nouveau sondage, il est redescendu à 51 %, mais le trou est fait avec les quatre autres candidats. C’est plié. Du point de vue du système, celui qui va l’emporter, c’est lui. L’affaire s’est réglée en quelques jours. Sans qu’il y ait eu le moindre débat de fond, la moindre proposition, François Hollande est devenu le candidat du PS. Les sondages l’ont dit. La suite s’enchaine. Puisqu’il est le candidat d’évidence, il faut donc lui donner encore plus de force etc, etc…. En ramassant 1 038 188 voix lors de la Primaire (soit 39% des suffrages), il devenait le candidat du PS (et au passage, Manuel Valls malgré ces 5,6 % deviendra quand même ensuite Premier Ministre, c'est à dire le chef du gouvernement). C’est significatif mais cela ne représente que moins de 7 % du total des électeurs qui voteront ensuite « à gauche » au premier tour en 2012.

     

    Est-ce demain à ce noyau réduit politiquement et sociologiquement de décider qui doit être en 2017 le seul candidat légitime en quelque sorte ? Je ne suis pas d’accord, d’autant que je considère erroné de ne raisonner que dans le segment de ce que l’on nomme « la gauche » qui s’est mobilisée lors des élections d’après 2012. Il faut viser à renouer avec le principe de majorité. Parler au plus grand nombre, à commencer par les abstentionnistes. C’est la clé de tout.

     

     

    - Un PMU politique où un seul cheval est dopé

    Le choix du candidat dans une primaire n’est donc pas le fruit d’un raisonnement rationnel, d’un débat argumenté, mais se transforme mécaniquement en un mauvais PMU politique où certains chevaux sont dopés et d’autres non, et ou le nouveau Paris turf des CSP+ qui se disent de gauche (c’est à dire Libération, mais pas seulement) vous souffle avant la course à coup de Unes tapageuses et d’études ravageuses, le nom du seul « bon » candidat, c’est à dire « le seul qui peut.. ».

     

    • Vous voulez des exemples ?

    L’hebdomadaire Marianne de cette semaine, souvent mieux inspiré, prête la main à cette opération. Dommage. Sur une double page, il veut d’abord nous convaincre que la grande majorité du peuple de gauche veut des primaires (à 85 %), et donc qu’il faut être vraiment mal élevé ou mauvais joueur pour les refuser. Il nous assure ensuite que le candidat que voudraient « les sympathisants de gauche », c’est à dire le seul qui aurait le droit de se présenter à la présidentielle au premier tour, serait dans l’ordre de préférence : Manuel Valls, Martine Aubry ou François Hollande…. Les autres, circulez ! Et Marianne nous l’affirme : à 66% les sympathisants de gauche veulent qu’il soit « issue du PS ». Fermez le ban.

     

    Ainsi donc, on voudrait nous faire admettre que seules trois personnalités issues du PS, toutes trois favorables à la politique actuelle de l’Union européenne, toutes trois signataires de la même Motion lors des congrès du PS, seraient à même de représenter seules ce que l’on nomme « la gauche ». Et face à l’extrême droite qui veut capter la colère populaire, un membre de ce trio serait le mieux placé pour lui faire face ? Pour la contester ? Pour la faire reculer ?

     

    J’affirme que ce serait l’inverse. La « candidature unique de la gauche » c’est le dernier cadeau d’un détestable système institutionnel nommé Ve République à Marine Le Pen avant d’arriver au pouvoir. Cela la consacre comme seule et unique opposante au système.

     

     

    - Coup de froid sur la démocratie ou « frimaire » de la gauche et l’écologie

    Loin de rechauffer la banquise politique actuelle, certains veulent imposer un nouveau mois de « frimaire » (particulièrement froid dans le calendrier révolutionnaire) sur l’aspiration populaire au changement.

     

    Dans ces conditions, ce sera donc sans moi. Ceux qui pensent que dans cette campagne présidentielle, il faut créer les conditions pour que soient représentées la voix des abstentionnistes, des milieux populaires, la puissante indignation sociale qui monte et la volonté de rupture avec la 5e République, en passant par une Assemblée constituante pour une 6e République, il y a autre chose à faire. Je reviendrai sur ce point dans des prochains billets, n’ayez crainte.

     

    Et je souhaite bon courage à ceux qui essayeront de faire que ces primaires soient autre chose que ce que je viens de décrire. Pour moi, c’est perdu d’avance. En attendant, signez la pétition en soutien aux 8 salariés (cliquez ICI) des Goodyear condamnés à 9 mois de prison pour avoir voulu simplement défendre leurs emplois avec des méthodes sommes toutes assez classiques dans l’histoire du syndicalisme ouvrier français. Mais la justice de classe, qui sait épargner MM. Balkany ou Cahuzac a parlé.... Qu'importe. En l’espace de quelques jours, et avec beaucoup moins de surface médiatique, cette pétition a récolté déjà cinq fois plus de signataires que l’appel au Primaire…

     

    Bonne nouvelle. Malgré ses efforts, la « démocratie sondagière » n’effacera pas la question sociale.

     

     

    Pour en savoir plus :

    - Martine Billard : « Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés »

    - Quand le PS investit l’idée de « Primaire à gauche » par Jean-Luc Mélenchon

    - Primaire : ma réponse à Caroline De Haas

    - Mise au point sur les chances à "gauche" pour 2022 et la mauvaise idée d'une primaire

    Partager cet article
    Repost0
    22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 09:40
    Gauche populaire et gauche élitaire en France de 2010 à 2015. Le PS n’est pas la gauche !

    La gauche n’est pas le PS, le PS n’est pas la gauche dans la mesure où la gauche ne se réduit pas au PS, loin s’en faut.

     

    Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Hervé Debonrivage | mercredi 16 décembre 2015.

    Dans un article précédent, nous avons défini ailleurs ce que nous entendions par "gauche élitaire" et par "gauche populaire".

     

    Nous nous intéressons ici à l’expression électorale de ces deux gauches. Contrairement à ce qui est continuellement martelé par les médias, la gauche ne se réduit pas au seul parti socialiste.

    On utilise ici la terminologie de "gauche populaire" définie par le philosophe Jacques Bidet mais on pourrait l’appeler aussi "gauche alternative" ou "l’Autre gauche" mais ces terminologies sont imprécises et ne cessent pas sur un socle théorique solide

     

     

    - Modes de totalisation

    On utilise le pourcentage des voix obtenues par rapport aux suffrages exprimés.

    • Totaux pour le premier tour :

    T1 :Total gauche élitaire : P.S (seul) +UG + éventuellement PRG

    T2 : Total gauche populaire : PCF + PG éventuellement +FdG + DG + EELV + Extr.G

    - Total gauche : T1+ T2

    En cas de liste écologiste sans autre étiquette, on répartit les voix en deux parties égales.

    • Totaux pour le second tour :

    T3 : Total gauche élitaire : P.S + UG/2 + éventuellement PRG

    T4 : Total gauche populaire : PCF + PG éventuellement + deFdG + DG +UG/2 + EELV + Extr.G

    - Total gauche : T3 + T4

     

    1. Les divers gauches (DG) sont au moins dans deux tiers des cas une association du FdG (ou de l’une de ces composantes) avec EELV.et des listes citoyennes ;
    2. Union de la Gauche (UG) au second tour résulte de la fusion de listes de la gauche élitaire et de la bouche populaire : d’où la division du score par deux pour chaque gauche ;
    3. Le même phénomène peut être vrai aussi au premier tour mais nous considérons alors la fraction de la gauche populaire adoptant cette stratégie comme gauche élitaire : d’où la totalisation avec le PS au premier tour pour obtenir la gauche élitaire ;
    4. Lorsqu’une liste écologiste se présente seule et sans autre étiquette, on répartit dans chaque bouche en deux fractions égales les voix obtenues ;
    5. Le premier pourcentage représente le nombre de voix obtenues par rapport au nombre de suffrages exprimés au niveau national ;
    6. Le second pourcentage représente la répartition en pourcentage du total des voix de gauche de la gauche élitaire et de la gauche populaire. Les pourcentages sont arrondis à l’unité la plus proche.

     

     

    - Après calculs, on constate que la gauche populaire est donc beaucoup moins minoritaire que l’on pourrait le croire a priori.

    Les alliances à géométrie variable du FDG et de EELV dont les voix peuvent se trouver déversées dans les "divers gauche" brouillent non seulement le paysage politique mais les résultats obtenus. En utilisant une technique de globalisation, on permet ainsi de mettre en évidence l’existence relativement importante d’une gauche différente de celle du parti socialiste. Tout est mis en œuvre par le PS et les médias pour occulter cette réalité.

     

    Mais il faut pondérer ces résultats par les taux d’abstention et les votes blanc que l’on a fait apparaître pour chaque élection . Le premier pourcentage concerne le premier tour et le second concerne le second tour.

     

    Le second tour ne permet pas de déterminer la répartition des deux types de gauche en raison des fusions de liste, fusions qui avantagent largement la gauche élitaire en termes de voix obtenues. Les partis politiques considérés ne mettent pas à disposition des citoyens et même des adhérents les statistiques complètes concernant le nombre d’élus obtenus à tous les niveaux. (municipal, départemental, régional législatif) , statistiques globalisées au niveau national : secret défense semble-t-il. En l’absence de ces données, les calculs réalisés, bien que très significatifs, ne peuvent être considérés comme exhaustifs.

     

    • Pour chaque élection, on a mentionné le lien qui permet d’accéder aux tableaux utilisés pour les calculs figurant sur le site du Ministère de l'Intérieur.

    1 – Élections municipales de 2014 (23 et 30 mars) : source ICI

     

    Totaux pour le premier tour : Totaux pour le second tour :
    Total gauche élitaire : 18,02 % ; 46 % Total gauche élitaire : 16,67%

    Total gauche populaire : 20,78%  ; 54 % (5,7 millions d’électeurs)

    Total gauche populaire : 24,94  % (2,74 millions d’électeurs)
    Total gauche : 38,80 % ; 100 % Total gauche : 41,61 %
      Abstentions et blancs 41,94 % et 41,44 % des inscrits

     

    2 – Élections départementales 2015 (22 et 29 mars) : source ICI

     

     

    Totaux pour le premier tour : Totaux pour le second tour :
    Total gauche élitaire : 21,78 % ; 59 % Total gauche élitaire : 20 % ; 95 %

    Total gauche populaire : 14,99% ; 41 % ( 3 millions d’électeurs)

    Total gauche populaire : 11 % 17 %
    Total gauche : 36,77 % ; 100 % Total gauche : 32,65 %
      Abstentions et blancs 52,49 % et 52,88 % des inscrits

     

    3 – Élections cantonales 2011 (20 et 27 mars) : source ICI

     

    Totaux pour le premier tour : Totaux pour le second tour :
    Total gauche élitaire : 26,6% ; 51 % Total gauche élitaire : 37,04%

    Total gauche populaire : 25,47% ; 49 % (2,3 millions d’électeurs)

    Total gauche populaire : 13,39 %
    Total gauche : 52,07% ; 100 % Total gauche : 50,43 %
      Abstentions et blancs 57,79 % et 62 32 % des inscrits

     

    4 – Élections régionales 2015 1er tour (6 décembre) : source ICI

     

    Totaux pour le premier tour :
    Total gauche élitaire : 23,74 % ; 62 %

    Total gauche populaire : 14,36 % ; 38 % (3,1 million d’électeurs)

    Total gauche : 38,10 % ; 100 %
    Abstentions et blancs 52,49 %

     

    5 – Élections régionales de 2010. 1er tour (14 mars) : source ICI

     

    Totaux pour le premier tour :
    Gauche élitaire 29,14 % ; 54 %

    Gauche populaire 24,48 % ; 46 % (2,3 million d’électeurs)

    Total gauche 53,62 % ; 100 %
    Abstentions et blancs 57,35 %

     

    6 – Élections législatives de 2012 (10 et 17 juin) : source ICI

     

    Totaux pour le premier tour : Totaux pour le second tour :
    Total gauche élitaire : 31,48 % ; 59 %

    Total gauche élitaire : 43,25 %

    Total gauche populaire : 17,23 % ; 41 % (4,47 millions d’électeurs)

    Total gauche populaire : 7,76 %
    Total gauche : 41,8 % ; 100 % Total gauche : 51,01 %
      Abstentions et blancs 44,25 % et 45,48,% des inscrits

     

    7 – Élections présidentielles de 2012 1er tour. (22 avril) : source ICI

     

    Totaux pour le premier tour :
    Total gauche élitaire : 28,63 % ; 65 %

    Total gauche populaire : 15,12 % ; 35 % (5,43 Millions d’électeurs )

    Total gauche : 43,75 % ; 100 %
    Abstentions et blancs 22,04 % et 24,33 %

     

     

    - Scores moyens :

    Ils sont calculés sur les 7 élections.

    Moyenne statistique globale prenant en compte les sept dernières élections.

    Moyens en pourcentage des suffrages exprimés

    La gauche élitaire obtient une moyenne de 25,63 % soit environ 26 %

     

     

    - La gauche populaire obtient une moyenne de 18,92 % soit environ 19 %.

    Le total des gauches obtient une moyenne de 44,55 % soit environ 45 %

    La répartition moyenne gauche populaire / gauche élitaire sur les sept dernières élections s’établit ainsi, en arrondissant le pourcentage à l’unité la plus proche :

    • Gauche élitaire : 57,54 % arrondis à 58 %
    • Gauche populaire : 42,46 % arrondi à 42 %

    En arrondissant grossièrement à 60 % et 40 %, la répartition gauche populaire / gauche élitaire est donc : 2/5 pour la gauche populaire et 3/5 pour la gauche élitaire.

     

     

    - Conclusion

     

    Réduire la gauche au PS, considérant L’autre gauche comme quantité

    négligeable constitue donc une véritable escroquerie intellectuelle et une falsification de la réalité .

     

     

    L’autre gauche selon les médias ne recueillerait que 4 % voire au plus 11 % alors que la moyenne est de 19 % . Cela donne un alibi justifiant leur quasi censure.

     

    Nous connaissons les raisons profondes de cette falsification que nous avons analysée par ailleurs. Brièvement, il s’agit de faire croire qu’il n’existe pas d’autre alternative à gauche que celle du PS et plus généralement qu’il n’existe pas d’autres alternatives que l’ultralibéralisme dominant. Cette falsification des chiffres permet de justifier la censure et de démoraliser les forces militantes.

     

    Cette censure médiatique non seulement frappe les organisations politiques alternatives de l’autre gauche mais écarte tout commentaire et analyse que partagent plus de 5 millions d’électeurs qui se trouvent ainsi écartés de l’espace public cognitif. S’il n’existe pas d’autres alternatives, il ne faut pas s’étonner que l’abstention est élevée et que le FN ne cesse de croître.

     

    En évitant le plus possible de laisser la parole à la gauche populaire, les médias bayonnent une population équivalente à la somme des populations habitant les villes suivantes : Marseille + Lyon + Toulouse + Nice + Nantes + Strasbourg + Montpellier + Bordeaux = 3,2 millions d’habitants auxquelles on peut ajouter Paris intra-muros : 2,2 millions ce qui donne un total de 5,4 millions d’habitants. Si l’on ne voulait pas prendre Paris, il faudrait alors faire le total pour les 17 villes le plus peuplées de France (on arrêterait le total à Dijon) Voir la liste ICI

     

    Mais ce genre de dictature ne semble pas être un problème pour les responsables politiques de l’Autre gauche qui reste prisonniers,, tels des poissons rouges, du bocal qui échappe à leur vision. Ceux-ci n’ont pas compris que le Front National n’est rien d’autre qu’une construction médiatique et qu’à l’inverse, leur impuissance résulte d’un effacement médiatique à leur encontre.

     

    Pour en savoir plus :

    - Le Parti Socialiste ou..... "la deuxiéme droite"

    - Comment le PS français est-il devenu un parti du capital ?

    - « Hollande met en pratique une version droitisée du blairisme »

    - Le PS n'est pas de gauche !

    - Parti socialiste : dernière station avant la chute ?

    - Comment peut-on être socialiste ?

    - Faut-il désespérer du Parti socialiste ?

    - Le PS, ou : Comment s'en débarrasser ?

    - Le PS, ce n’est pas “la gauche”.

    Partager cet article
    Repost0
    9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 08:18
    TAFTA : Le double discours PS quant aux tribunaux d’arbitrage privés

    Sources : le Parti de Gauche par Thomas Mazelier

    Au mois d’avril, l’Argentine a été condamnée par un tribunal d’arbitrage à verser 382 millions d’euros à la multinationale Suez environnement. Le tort de la ville de Buenos Aires ? Avoir résilié le contrat de gestion de l’eau à cause de la mauvaise qualité de celle-ci et d’une hausse des tarifs de 10% pratiquée par la multinationale.

     

    Voilà à quoi nous devrons nous attendre, si jamais les tribunaux d’arbitrages font partie du Grand Marché Transatlantique (GMT). La mobilisation citoyenne contre les tribunaux privés commence à faire effet. Sentant le vent tourner, le Parti Socialiste (PS) et le gouvernement, adaptent leurs discours et orchestrent une opposition de façade.


    Comme l’a martelé le premier secrétaire du PS : « sur le traité TAFTA, je veux être clair : à cette étape, c’est ’non’, ’no’, ’nein’, ’oxi’ ! ». On notera pourtant l’importance du terme « à cette étape », qui marque la défiance toute relative de Jean-Christophe Cambadélis à l’égard du GMT et des tribunaux d’arbitrage. Il en va de même des eurodéputés du PS qui ont soutenu pendant des années toutes les résolutions sur le GMT au parlement européen.

     

    Le secrétaire d’état au commerce extérieur Matthias Fekl (PS), en charge du dossier sur le GMT se prétend lui aussi contre l’instauration de tribunaux d’arbitrages privés. Pourtant, loin de fermer la porte à la pratique de l’arbitrage, comme le prétend le PS, il entend « réformer » le système arbitral afin « d’instaurer un nouveau moyen de régler les différends entre États et investisseurs ».

     

    Dans une série de recommandations déposées à Bruxelles le 2 juin, le secrétaire d’État propose : de « préserver le droit à réguler des États » ; la mise en place d’une cour permanente d’arbitrage au niveau de l’Union Européenne ; le « renforcement de l’éthique des arbitres ». Ces propositions, qui représentent la position du gouvernement français, ne s’opposent pas au principe même de l’arbitrage. Ces réformes « cosmétiques », laissent entière la possibilité pour les multinationales, d’attaquer devant un tribunal d’exception nos choix collectifs.

     

    Le 10 juin dernier, ce n’était même pas la position française qui devait être débattue au Parlement européen, mais une résolution soutenant la nécessité des tribunaux d’arbitrages privés. La coalition formée par la droite et les sociaux-démocrates s’est fissurée devant la pression populaire. Martin Schulz, le président du Parlement européen, à du reporter le vote afin de camoufler l’opposition au GMT.

     

    Pour en savoir plus :

    - Mon dossier : TAFTA & TISA

    - Traité transatlantique. Les tribunaux privés toujours en question

    Partager cet article
    Repost0
    29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 08:10
    Parti socialiste : dernière station avant la chute ?

    Après Poitiers, on peut se poser la question : faut-il prendre au sérieux les congrès du Parti socialiste ? Après tout, les dirigeants du PS eux-mêmes n’ont pas eu l’air d’y attacher une importance et un sérieux excessifs !

     

    Sources :  ENSEMBLE! par François Coustal

    A commencer par les fameux « frondeurs » : évidemment, le décalage entre leurs espérances proclamées (avant le vote des motions) et le résultat avait de quoi refroidir leurs ardeurs, s’ils en avaient eu. Bien sûr, après la déconvenue d’un score inférieur à 30%, l’idée de redresser sensiblement et à gauche le cours du PS – pour ne rien dire de celui du gouvernement – avait du plomb dans l’aile. De là à faire acte d’allégeance, comme l’a fait leur porte-parole, Christian Paul au cours du congrès, il y avait sans doute un pas à ne pas franchir. Et qui a été franchi… Au point de se faire voler la vedette par Arnaud Montebourg, c’est dire.

     

    Naturellement, certains partisans de la motion B, comme Pouria Amirshahi ou encore Gérard Filoche qui sont, en fait, plutôt rattachés aux traditionnels courants d’opposition de gauche qu’au mouvement des « frondeurs » d’origine plus récente, tentent aujourd’hui de tracer des perspectives ne se limitant pas au Parti socialiste, un pied dedans et un pied dehors. En ce qui concerne le « pied dehors », ils évoquent des regroupements nouveaux, en marge des partis existants (le PS, pour eux), sur le modèle des rassemblements citoyens, de Syriza ou encore de Podemos. Ils demandent que, pour participer à des convergences de ce type, on n’exige pas d’eux qu’ils se renient. Cela, naturellement, peut s’entendre et, donc, doit être entendu. Pour autant, personne ne peut sous-estimer que parmi les conditions nécessaires (sinon suffisantes) à la construction durable d’une alternative de gauche, il y a la rupture en pratique et sans retour avec l’orientation néolibérale aujourd’hui aux commandes, ses hommes et ses partis. On aura sûrement l’occasion d’y revenir…

     

    Mais, en ce qui concerne le Parti socialiste à proprement parler, il faut bien se rendre à l’évidence et prendre acte lucidement des deux constats que l’on peut dresser à propos de l’aventure des frondeurs.

     

    D’abord, même en présentant le profil politique supposé le plus acceptable – celui de défenseurs des promesses de campagne de F. Hollande et de gardiens du temple de l’esprit du discours du Bourget - ils sont fort minoritaires parmi les socialistes de 2015. Ensuite, ces mêmes frondeurs viennent d’opérer un nouveau recul en prenant acte de la fin de la fronde au sens strict pour, là encore, se présenter maintenant comme les meilleurs défenseurs des « mots de gauche » dont Jean-Christophe Cambadélis a assaisonné sa motion… de soutien au gouvernement de François Hollande et Manuel Valls.

     

    S’il faut, naturellement, rester attentif à toute faille qui pourrait apparaître au sein du parti gouvernemental, cet épisode montre quand même que la lucidité la plus élémentaire conduit à ne pas attendre grand chose de ce côté là.

     

    Parmi les gens assez désinvoltes avec leurs convictions – affichées ou réelles – il y a naturellement Martine Aubry et sa garde rapprochée. Depuis des mois, une rumeur diffuse en faisait l’inspiratrice, la chef d’orchestre clandestine des frondeurs. Voire l’alternative possible à la direction du parti. Rumeur improbable et, surtout, infondée : dans un premier temps, M. Aubry s’est ralliée arguant de quelques formules ambiguës de la motion majoritaire qui pouvaient, avec beaucoup de complaisance, passer pour un début de démarquage timide et indirect par rapport à l’orientation des plus extrêmes du gouvernement, comme ManuelValls ou Emmanuel Macron. Mais, comme Valls et ses supporters ont également signé la motion majoritaire, on peut leur faire confiance pour en donner l’interprétation adéquate, vu qu’ils sont, eux, aux postes de commandes. On va d’ailleurs rapidement pouvoir le constater lors du retour de la loi Macron à l’Assemblée nationale.

     

    Ralliée, Martine Aubry s’est donc réjouie du score de la motion majoritaire, laissant entendre et dire qu’elle jouerait désormais un rôle important dans les instances de direction du PS. Comme si, une fois acquis leur soutien inconditionnel à Hollande et Valls, les instances du PS avaient le moindre rôle à jouer sur la scène politique ! Quant à Martine Aubry, le retour à la réalité a été assez brutal. Sitôt sa partition jouée au congrès de Poitiers, ses alliés si attentionnés de la direction du PS l’ont remerciée comme il se doit : en lui piquant le contrôle de sa fédération locale….

    Manuel Valls est évidemment celui qui a manifesté le mépris le plus total vis-à-vis du congrès socialiste : une fois les résultats acquis, Poitiers n’était plus pour lui qu’une étape assez ennuyeuse (mais heureusement écourtée) entre deux moments décidément beaucoup plus fun : le match du Barça à Berlin et les courts de Roland Garros.

     

    En fait, il n’y a vraisemblablement que Jean-Christophe Cambadélis qui a savouré à sa juste valeur la réunion de Poitiers. En effet, ce fût vraiment son congrès. Le congrès où il a enfin été élu, lui qui n’était que désigné. Le congrès où chacun a pu reconnaître qu’il possédait une bonne pratique de ce à quoi se réduit la politique quand il n’y a plus ni idées ni convictions : le sens de la manœuvre, l’art des accords, la virtuosité des deals. Pas de quoi, quand même, passer à la postérité …

     

    Le congrès de Poitiers a donc sanctionné le soutien largement majoritaire des socialistes à la politique menée par le tandem Hollande – Valls. Ce qui en dit long sur ce qu’est devenu le Parti socialiste. Opposants et éléments critiques avaient mis l’accent sur le fait que ce congrès, le dernier avant 2017, était l’occasion de redresser - ou d’infléchir - l’orientation afin de « réussir la fin du quinquennat ».

     

    Il n’en sera rien et tout porte à croire que cette gauche-là s’avance finalement assez insouciante vers la catastrophe finale. Une catastrophe dont, vu précisément ce qu’elle est devenue, elle risque de mettre un certain temps à se relever.

    Partager cet article
    Repost0
    18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 08:08
    Analyse : les mutations du paysage politique en France

    Sources :  A l'encontre par François Sabado du NPA le 31 - mai - 2015

    On a souvent abordé la situation française comme une « exception », en Europe. On parle de l’exception française, en faisant référence à une histoire encore marquée par la Révolution française de 1789.

     

    Cela recouvrait, en fait : un certain type d’acquis sociaux, un puissant service public, un Etat fort, un mouvement ouvrier important et dynamique, un haut niveau des luttes de classes, des droits sociaux et des libertés démocratiques et laïques arrachées par des mobilisations populaires historiques.

     

    Si l’Etat fort s’est maintenu, toutes les conquêtes sociales ont été remises en cause dans les dernières années.

     

    La longue durée de la contre-réforme libérale depuis la moitié des années 1980, en France, son accélération avec la crise ouverte en 2008, la politique d’austérité et l’œuvre de démolition sociale entreprise par le gouvernement socialiste de Hollande ont déconstruit et démantelé ce qui a constitué cette exception française. Il ne s’agit pas d’un effondrement, mais d’une déconstruction, d’un démantèlement progressif.

     

     

    - Des bouleversements socio-économiques

    Les politiques d’austérité menées ces dernières années ne sont pas les énièmes politiques d’austérité, elles ont une tout autre ampleur. Elles visent un double objectif : Le premier, consiste à liquider ce qui reste du « modèle social français » qui est considéré par les classes dominantes comme un des principaux obstacles dans la concurrence capitaliste mondiale. Le deuxième, c’est de réorganiser la société, en passant de « l’économie généralisée de marché à la société de marché », privatisant, dérégulant et précarisant la vie économique comme sociale. D’où, le caractère central des « réformes du marché du travail » avec une déréglementation des relations sociales, une déconstruction du Code du travail qui affaiblissent les positions des salarié·e·s et renforcent celles du patronat. Ces politiques s’accompagnent aussi d’un chômage massif – en réalité, près de 20% de la population active –, d’une baisse du pouvoir d’achat avec le blocage des salaires et des retraites et d’une augmentation substantielle des impôts. La précarité a explosé.

     

    Les politiques de réduction des budgets sociaux, des dotations des collectivités territoriales, du système de santé, de l’école publique, aggravent les conditions de vie des classes populaires. Les politiques d’aides et de cadeaux au patronat se sont traduits par un transfert de richesses de plusieurs dizaines de milliards qui sont allés des ménages vers les profits capitalistes. Certes, les conséquences de la crise ne sont pas aussi fortes qu’en Grèce, au Portugal ou en Espagne. La France reste la sixième puissance mondiale, il lui reste des positions importantes sur le marché mondial, elle a pu faire fonctionner une série d’amortisseurs sociaux face à la crise, mais les effets des politiques d’austérité sont dévastateurs. La reprise économique que connaissent l’Europe et le pays ne se traduit pas en emploi et en pouvoir d’achat. Il y a un appauvrissement des classes populaires, voire des processus de décomposition sociale dans certaines banlieues ou quartiers. Aux politiques d’austérité s’ajoutent des dérives autoritaires ; au nom de la politique antiterroriste, on remet en cause des droits démocratiques fondamentaux. On n’avait pas vu, en France, une telle situation où la gauche est liberticide, depuis la guerre d’Algérie.

     

    Mais à la crise économique et sociale, s’ajoute une crise politique, justement parce que c’est la gauche (PS) qui fait cette politique, qui s’est attaquée aux travailleurs, qui a perdu toute une partie de sa base sociale et donc qui ne peut s’appuyer pour diriger que sur une assiette sociale et politique fort rétrécie.

     

     

    - La transformation bourgeoise du Parti socialiste

    En 2012, les socialistes occupaient tous les pouvoirs institutionnels : Présidence de la République, majorité à l’Assemblée nationale, au Sénat, dans les principales villes, dans les départements et dans quasiment toutes les régions. Aujourd’hui, ils les ont perdus ou vont les perdre. Aux dernières élections départementales où l’abstention a été de près de 50%, le PS n’est plus que le 3e parti avec 21 %, derrière le Front National avec 25% et la droite conservatrice avec 29%. Ils sont passés de 280’000 adhérents en 2006 à 130’000 adhérents en décembre 2014. Seulement 70’000 « militant·e·s » ont voté pour le prochain congrès. Mais le PS français ne connaît pas de « Pasokisation. Il compte encore plus de 20 % des suffrages. Il n’y a pas d’effondrement. La France n’est pas la Grèce. Cela renvoie aux différences de niveau de la crise dans les deux pays. Mais il y a un affaiblissement considérable du PS et surtout un changement de la nature profonde de ce parti. Il y a, ce qu’on pourrait appeler une accélération dans la transformation bourgeoise de la social-démocratie. Un processus qui vient de loin, mais qui s’accélère. Cette transformation s’est traduite par une intégration sans précédent des appareils de la social-démocratie dans les sommets de l’État et de l’économie globalisée. Les partis socialistes sont devenus « de moins en moins ouvrier et de plus en plus bourgeois ». La brutalité des politiques néolibérales endossées par la social-démocratie sape ses bases sociales et politiques.

     

    Certains théoriciens du PS en France – les animateurs du « Think tank » Terra Nova – en ont conclu qu’il fallait changer les cibles sociales de la social-démocratie. Les ouvriers, les employés et les techniciens, devaient être remplacés par les cadres, les professions libérales et les couches supérieures du salariat. Bref, il fallait « changer de peuple ». La composition des organes de direction s’est, aussi, modifiée : les enseignants, les bureaucrates syndicaux, les avocats, (« les bistrotiers », ajoutait à l’époque Trotski), ont laissé place aux énarques [sortis de l’Ecole nationale d’administration], technocrates et financiers. Au point que les partis socialistes connaissent une espèce de dévitalisation, une rupture avec des pans entiers de leur histoire. Les adhérents sont remplacés par des professionnels de la politique : élus et assistants d’élus. Les politiques de l’Union européenne (UE) ont aggravé cette mutation qualitative. Sous des formes différentes, les partis socialistes se transforment en partis bourgeois. Deviennent-ils pour autant des partis bourgeois comme les autres ? Pas tout à fait, le fonctionnement de l’alternance exige des PS qu’ils marquent leur différence avec les autres partis bourgeois. Ils restent liés, par leur origine historique, au mouvement ouvrier, mais ce ne sont plus que des traces qui s’effacent dans la mémoire des militant·e·s. Cela crée néanmoins des contradictions et des oppositions au sein de ces partis. Ils peuvent garder un certain rapport au « peuple de gauche », même s’il est de plus en plus distendu. Cette mutation qualitative, si elle allait jusqu’au bout, transformerait ces partis en « partis démocrates à l’américaine ».

     

    Cette transformation bourgeoise néolibérale – néolibérale est plus juste que social-libéral, car il n’y a pas grand-chose de social dans cette évolution de la social-démocratie – est maintenant cristallisée, mais elle n’est pas suffisante pour les courants les plus à droite des Partis socialistes. En France, par exemple, Manuel Valls [Premier ministre du Président François Hollande] a déclaré plusieurs fois, qu’« il fallait liquider toutes les références sociales- démocrates ». Emmanuel Macron, banquier et ministre des Finances de Hollande, a renchéri en appelant, lui aussi, à l’abandon de « toutes les vieilleries de la gauche ». Ce qu’ils veulent, c’est transformer le processus en cours en tendance achevée, quitte à casser le Parti socialiste. C’est une hypothèse qui, en cas de nouvelle débâcle aux prochaines présidentielles de 2017, peut emporter le PS. Les droites du PS sont, aujourd’hui, à l’offensive mais force est de constater que face aux tenants de la marche forcée vers la transformation néolibérale, les diverses oppositions ne renouent pas avec un réformisme classique et encore moins avec les idées des courants de gauche historiques de la social-démocratie. Les politiques néolibérales ne sont corrigées qu’à la marge. Les dirigeants de l’opposition interne au PS ont voté pour le « Pacte budgétaire européen » (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, signé en mars 2012.) Ils ont voté à l’Assemblée nationale pour l’ANI (Accord sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi) – une déréglementation des relations sociales – et l’allongement de l’âge de la retraite. Les années de contre-réforme néolibérales et les reculs qu’a connus le mouvement ouvrier en Europe sont passés par là. L’horizon de ceux qui au sein des partis socialistes s’opposent aux « trahisons » les plus criantes reste borné par les fondamentaux des politiques néolibérales.

     

     

    - La droite et l’extrême droite à l’offensive

    Du coup, cette politique conduit à la déroute électorale. A cette étape, la droite et l’extrême droite qui sont en pointe. Il est toujours hasardeux de se lancer sur des pronostics. Mais le plus probable, pour la prochaine élection présidentielle, c’est un deuxième tour à la présidentielle de 2017 entre le candidat de droite et Marine Le Pen. Le candidat socialiste sera éliminé au premier tour. Il ne peut compter que sur les « affaires judiciaires » qui peuvent liquider Sarkozy ou des divisions de la droite, telles, que celle-ci ne pourrait participer au deuxième tour de la présidentielle. Ces divisions sont un vrai problème pour la droite française. Elle bénéficie d’une poussée comme dans presque tous les pays d’Europe, mais, en France, il y a le Front national qui pèse de tout son poids – 25 % – sur la droite traditionnelle et qui la fissure. Il y a ainsi deux grands courants dans la droite. Un courant incarné par Sarkozy qui chasse sur les terres politiques du FN Front national), « pour le contenir et regagner des électeurs ». Il y a d’ailleurs dans une série de régions une réelle porosité entre les électorats de droite et d’extrême droite. Elle reprend ses thématiques racistes, autoritaires. Et un courant de la droite et du centre qui garde ses distances vis-à-vis des thèmes du FN. Les deux courants se situant dans le cadre de l’UE, à la différence du Front National. Jusqu’à maintenant, la droite a contenu la poussée de l’extrême droite, mais jusqu’à quand ?

     

    Le Front national occupe déjà, une place centrale dans la vie politique. Avec ses 25 %, il s’est enraciné. Il a aujourd’hui un électorat populaire. Une question reste ouverte, ce sont les conséquences de la crise actuelle au sein de sa direction et de la famille Le Pen, puisqu’aujourd’hui la crise politique globale, touche maintenant, le Front national. Cette crise exprime des intérêts de clans, de cliques, des batailles financières, mais c’est aussi l’expression d’une lutte politique interne. Le Front national n’est pas un parti fasciste comme dans les années trente parce que nous ne sommes pas dans les années trente. L’origine de sa direction est fasciste, ses thèmes nationaux-socialistes reprennent les thématiques classiques de l’extrême droite, la préférence nationale, le racisme anti-immigré et anti-musulman sont au centre de sa politique. Ce n’est pas un parti fasciste, mais n’est pas un parti bourgeois comme les autres. Avec 25 %, il est confronté au problème du pouvoir. Et il y a visiblement un débat violent : il y a le vieux Jean-Marie Le Pen, pour qui l’accès au pouvoir est lié à l’effondrement du système et son remplacement par le mouvement nationaliste. Et il y a une autre stratégie, majoritaire dans le FN, actuellement, autour de Marine Le Pen qui vise à conquérir des positions dans le système pour diviser et exploser la droite traditionnelle afin d’en subordonner une partie importante. Mais ce n’est pas, comme en Italie, un projet à la Gianfranco Fini. Ce dernier, issu du Mouvement social italien, puis créateur de l’Alliance nationale en 1995), a rejoint en 2009 la formation de Berlusconi, Le Peuple de la liberté, avant de s’en séparer en 2010. Il fut ministre des gouvernements Berlusconi II et III.

     

    La majorité du FN ne veut pas passer des alliances où elle serait en position subordonnée. Ses dirigeants veulent casser la droite et la remplacer. Du coup, ils sont dans une impasse, car en ne passant pas d’alliances ils ne peuvent franchir un certain seuil, sauf si la crise s’aggrave et que la droite traditionnelle explose. Pour le moment la droite contient cette pression, mais jusqu’à quand ?

     

    Le plus préoccupant, au-delà des phénomènes électoraux, est une modification en profondeur de la société française. Tout un système de représentations sociales, culturelles, idéologiques est en train d’exploser. L’individualisme forcené, le rejet des solidarités, le racisme, l’islamophobie, l‘antisémitisme, la guerre des pauvres contre les pauvres avec une dénonciation hystérique de « l’assistanat ». Il y a quelques années, le PCF avait utilisé une formule pour exprimer la montée de phénomènes réactionnaires : « la société vire à droite ». On peut discuter la formule, mais on a un mouvement de ce type qui est la conséquence de la faillite de la gauche. Ainsi, si les manifestations (15 janvier 2015) contre l’attentat qui a frappé « Charlie » (7 janvier) ont suscité une réaction démocratique et humaniste de plusieurs millions de personnes dans les rues du pays. Cela ne s’est pas traduit par une baisse du racisme. Les réactions, favorisées par l’attitude des gouvernements et de l’Union Européenne, face aux migrants en Méditerranée, enregistrées dans les enquêtes d’opinion sont assez terribles. Elles montrent bien le degré « d’inhumanité » atteint dans des secteurs de la population.

     

     

    - Des pistes pour une alternative anticapitaliste

    « Vous ne voulez plus des classes ni de leur lutte ? Vous aurez les plèbes et les multitudes anomiques. Vous ne voulez plus des peuples ? Vous aurez les meutes et les tribus. Vous ne voulez plus des partis ? Vous aurez le despotisme de l’opinion ! »

    Daniel Bensaïd, Éloge de la politique profane

     

    Et dans ce cadre quelle est la situation du mouvement ouvrier : une dégradation du rapport de forces. Les courbes de la lutte de classes sont déclinantes. Nous sommes, aujourd’hui, en France, à un des points les plus bas depuis les années 1960. Les effectifs des organisations syndicales et des partis de gauche – toutes tendances confondues – reculent. La CGT (Confédération générale du travail), première organisation syndicale du pays, a connu une énorme crise de direction autour de problèmes de corruption. Pourtant les résistances sociales existent : luttes sur les salaires, sur l’emploi, manifestations d’enseignants, de soignants, des mobilisations écologistes. Toutefois, jusqu’à ce jour, elles n’ont pu bloquer les contre-réformes néolibérales et les attaques patronales. Pourtant, quand tous les verrous politiques et institutionnels sont bloqués, il peut y avoir des explosions sociales, mais comme l’indique la citation de Daniel Bensaïd, le problème, c’est le sens de ces explosions. La lutte de classes continue. Elle est aujourd’hui surtout menée par le patronat. Elle donne lieu à des résistances élémentaires, elle peut donner lieu à de brutales irruptions sociales. Le problème, c’est la traduction politique, en termes de conscience et d’organisation. Et là, il y a un vrai problème, dans la situation actuelle, en France.

     

    Différence avec la Grèce et l’Espagne. Il n’y a pas de Syriza ou de Podemos en France, avec bien entendu les différences politiques et historiques entre les deux formations. Depuis 1995, il y a eu trois expériences politico-électorales et j’insiste sur la forme électorale de ces expériences. En 1995 avec Arlette Laguiller et Lutte Ouvrière ; en 2002 et 2007 avec la LCR – puis le NPA – et Olivier Besancenot ; et en 2010-2012, avec le Front de gauche et Jean Luc Mélenchon, qui ont obtenu en 2012 plus de 4, 5 millions de voix. Trois expériences qui ont montré les potentialités de réorganisation politique à la gauche de la gauche, mais aussi leurs limites et leur échec. Cela explique aussi l’espace laissé libre pour le Front National.

     

    La gauche radicale est morcelée, en retrait, divisée sur ses rapports au PS. Le PCF s’est relancé avec le Front de gauche, mais il continue à décliner. Il compte moins de 40’000 membres. Il n’arrive surtout pas à rompre avec la direction du PS. Il refuse, certes de suivre le néolibéralisme de François Hollande et Valls, mais il est tout disposé à relancer une « union de la gauche » avec les Verts ou les opposants internes au PS, qui ont voté les principales contre-réformes du gouvernement. Mélenchon occupe une position plus à gauche, plus délimitée, que le Parti socialiste. Mais certaines de ses positions sont dominées par un nationalisme anti-allemand ou des sympathies pour Poutine dans le conflit ukrainien, ce qui complique les conditions pour discuter d’une alternative politique. Comment reconstruire une alternative sociale et politique anticapitaliste ? C’est la difficulté que nous avons, en essayant d’éviter les écueils sectaires ou les adaptations aux forces réformistes de gauche dominantes. Nous tentons d’y répondre :

     

    • par la construction de luttes ou de mobilisations sociales, en essayant d’obtenir des victoires partielles sur des questions sociales, en particulier sur les questions salariales, où il y a eu dans la dernière période, une série de luttes. Le terrain de la lutte démocratique contre tous les racismes comme le combat contre le FN – en particulier contre les effets de ses politiques discriminatoires dans les villes qu’il contrôle – doit être investi par les militant·e·s. En se saisissant de toutes les nouvelles configurations des mouvements sociaux : espaces urbains et pas seulement les usines, places, occupations. Dans les années quatre-vingt-dix, Daniel Bensaïd, mettait en garde contre « l’illusion sociale » et la sous-estimation des questions politiques. Aujourd’hui, tout en nous saisissant de tous les points d’appui politiques et institutionnels, il faut, plutôt se garder des « illusions politico-électorales », et rappeler que tout processus de transformation radicale doit s’appuyer sur l’auto-émancipation des travailleurs, leur auto-organisation, sur l’action directe ;
    • par une politique unitaire dans les luttes comme dans l’action politique pour rassembler toutes les forces qui rompent avec le PS. Ce n’est pas une coquetterie. Dans une situation de confusion, de rejet du PS, il faut, en même temps avancer un programme d’urgence anti-austérité à dynamique anticapitaliste et une démarcation nette vis-à-vis du PS, même si c’est difficile.
    • Nous n’avons pas d’expérience de type Syriza ou Podemos – même si, nous le soulignons, ces deux phénomènes ne sont pas identiques –, mais il y a une idée forte, c’est la nécessite de reconstruire un mouvement social et politique, neuf, extérieur aux vieilles organisations traditionnelles du mouvement ouvrier, une nouvelle représentation politique. Cela passe par une série d’action et de débats unitaires auxquelles nous ne sommes pas toujours préparés ou qui sont refusés par les sectaires.

     

     

    - Eléments de conclusion…

    La conjonction de la longue durée de la contre-réforme néolibérale commencée à la fin des années 1970 – approfondie avec la crise de 2008 —, les destructions du stalinisme, les effets du « bilan du siècle » pour le mouvement ouvrier, toutes tendances réunies, la réorganisation très partielle d’un nouveau mouvement, ses différenciations, ses fragmentations, tout cela concourt à la fin du mouvement ouvrier historique. Cela est lié à la fin d’un type de capitalisme qui a modelé ce mouvement ouvrier durant des décennies, d’une certaine manière à la fin d’une époque… Pas à la fin de la lutte de classes, qui continue, mais qui produira de nouvelles expressions, de nouvelles organisations, avec le croisement de segments de l’ancien et du nouveau.

     

    Il faut donc participer à la reconstruction, dans une conjoncture de dégradation des rapports de forces, mais surtout dans une période historique transitoire, instable, dans une situation du « déjà plus » – le capitalisme d’après-guerre, le mouvement ouvrier du siècle dernier — et du « pas encore », des luttes sociales et politiques d’ampleur qui produisent de la politique mais surtout de nouvelles expériences de construction de mouvements sociaux et politiques.

    Partager cet article
    Repost0
    12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 08:14
    Le socialiste Liêm Hoang-Ngoc appelle les frondeurs à sortir du PS

    L’ancien député européen, membre du bureau national sortant du PS, opte pour Syriza plutôt que Marceau Pivert.

     

    Sources :  Politis.fr par Michel Soudais le 5 juin 2015

    - Liêm Hoang-Ngoc invite ses camarades à rompre les rangs « pour poser les fondations d’une coalition avec les écologistes de conviction et le Front de Gauche ».

    Cet économiste, ancien député européen et membre sortant du bureau national du parti socialiste, a publié ce midi une tribune en ce sens sur le monde.fr cosignée par le politologue Philippe Marlière, avec qui il avait créé l’an dernier le Club des socialistes affligés. Du point de vue de la motion B, que soutenait Liêm Hoang-Ngoc, le congrès de Poitiers est un échec, écrivent-ils :

    « La fronde, a échoué. Le PS restera contrôlé par ceux qui n’entendent pas remettre en cause le virage néolibéral imposé par le chef de l’État. »

     

    Ce congrès n’a pas non plus été le « congrès de clarification attendu », notent-ils, la direction ayant plagié les propositions économiques de son opposition pour ratisser large et éviter le débat.

     

     

    - « L’aile gauche du PS est désormais au pied du mur » , estiment-ils.

    Il lui faut choisir entre rester au Parti socialiste ou travailler à construire « une alternative attractive » avec EELV et le Front de gauche. C’est évidemment la voie pour laquelle plaident Liêm Hoang-Ngoc et Philippe Marlière. Cela serait « susceptible de remobiliser, dès les prochaines échéances électorales, le bataillon des électeurs socialistes qui s’abstiennent », écrivent-ils, et « déciderait peut-être » EELV et le Front de gauche « à dépasser leurs différends pour s’entendre, comme les 18 composantes de gauche qui forment Syriza en Grèce ».

     

     

    - Si l’aile gauche du PS choisit de rester dans le vieux « parti d’Epinay à bout de souffle », elle ne parviendra pas à inverser le cours de l’histoire.

    C'est en effet ce que prédisent les auteurs :

    « Elle peut certes se prévaloir d’avoir exercer une influence relative dans la mesure où ses thèses ont fini par infuser le texte de la direction. Mais elle sait que la politique qu’elle recommande ne sera pas appliquée. En rentrant dans le rang, la gauche du PS est condamnée à servir de caution à une politique poussant les salariés à la déshérence électorale… et le candidat du PS à l’élimination au premier tour de la prochaine élection présidentielle. »

     

     

    - Il y a un an, en conclusion d’un colloque des Socialistes affligés, Liêm Hoang-Ngoc était clair !

    Il estimait en effet que les socialistes contestant la politique du gouvernement avaient le choix entre deux stratégies :

    • Celle de Marceau Pivert, le leader de historique de l’aile gauche de la SFIO, consistant à peser à l’intérieur du PS pour changer sa ligne et donc celle de la politique du gouvernement ;
    • Celle de Syriza qui impose de construire du neuf à côté et en confrontation avec le PS pour lui contester sa domination sur la gauche.


    La stratégie de Marceau Pivert supposait qu’il soit possible de transformer le PS de l’intérieur. Une hypothèse que le congrès de Poitiers a totalement infirmée, jugent Liêm Hoang-Ngoc et Philippe Marlière.

     

    Pour en savoir plus :

    - PS : et la fronde s’en est allée…

    - Les frondeurs du PS doivent fonder une coalition avec les Verts et le Front de gauche

    - Pourquoi nous quittons le PS et pourquoi nous invitons nos camarades à ne plus y jouer les cautions de gauche

    Partager cet article
    Repost0
    23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 08:09
    Il faut en finir avec le PS

    Sources : Reporterre le quotidien de l'écologie le 30/04/2015 par Hervé Kempf

    Jusqu’à quand va-t-on parler de « la gauche » à propos du PS ? Jusqu’à quand cette immense tromperie va-t-elle se poursuivre ? Jusqu’à quand va-t-on confondre les électeurs « de gauche » avec le parti vers lequel ils portent leurs voix - de moins en moins, certes - parce qu’évidemment, on ne peut pas voter pour le Front national et pas davantage pour l’UMP ?

     

    Il est temps, alors qu’une fois de plus, le gouvernement présidé par M. Hollande vient de prendre une déculottée électorale et d’ouvrir grandes les portes du pays au binôme Front National-UMP, de mettre un terme au hold-up opéré par les fidèles domestiques du néo-libéralisme sur « le peuple de gauche » - et sur les écologistes. De dire que le PS est devenu l’obstacle au renouveau de la politique, à une transformation écologique de la France et de l’Europe, à un avenir qui ne serait pas celui des matraques et de la chasse aux immigrés.

     

    Est-il besoin de rappeler la politique constamment favorable aux grandes entreprises et aux banques menée par les gouvernements de MM. Ayrault et Valls sous la houlette de François Hollande ? La soumission sans broncher aux diktats d’une Commission présidée maintenant par l’ex-premier ministre du premier paradis fiscal du monde ? Une politique agricole soumise aux intérêts du président d’une multinationale agro-alimentaire, Avril-Sofiproteol ? L’acceptation sans hésiter du traité de libre-échange transatlantique, dit TAFTA ? Un assaut continu contre toutes les normes et règles environnementales ? L’obstination à imposer des grands projets inutiles, à Notre Dame des Landes, à Roybon, à Sivens ? L’usage délibérément violent d’une police contre les mouvements sociaux, et l’homicide d’un jeune militant écologiste ?

     

    Le gouvernement n’est pas de gauche. Le PS n’est pas de gauche. Ce parti est devenu le supplétif du néo-libéralisme. Il est nuisible. Il a passé son temps historique. Il est temps d’en finir avec le PS.

     

     

    - La grande convulsion de l’époque

    Notre époque est entré en convulsion. Elle vit la sortie d’une révolution industrielle qui aura duré trois siècles, qui aura bouleversé le monde, mais dont les apports incontestables à l’humanité s’appuient sur un saccage écologique qui menace la possibilité d’une paix durable. Il s’agit de transformer notre relation à la nature, de combler l’inégalité insupportable qui divise l’humanité, d’apprendre la modération matérielle indispensable pour que neuf milliards d’humains co-existent en bonne entente.

     

    Cette grande transformation forme le fond des choix politiques que nous avons à opérer. Elle est difficile. Et au fond, deux voies seulement s’offrent à nous : la voie écologique, et la voie du refus de la mutation. Il est clair que le PS a choisi cette deuxième voie. Et que l’espoir est du côté de l’écologie.

     

    Malgré leur faiblesse politique, les écologistes représentent l’avenir. Ils doivent faire les bons choix. Qui passent aujourd’hui, en France, sur le plan politique, par la rupture avec le PS.

     

    Il faut en finir avec le PS
    Partager cet article
    Repost0
    30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 08:02
    Au PS, la laïcité se forge à l’école privée

    Source : Le blog de François Cocq par François Cocq, Secrétaire national à la politique territoriale et à l’éducation du parti de Gauche

    - « Il faut développer les enseignements scolaires privés sous contrat ».

    Telle est la sinistre proposition qui figure dans le rapport sur la « cohésion républicaine » présenté le 1er février par les responsables du Parti Socialiste devant les secrétaires de sections réunis à Paris. Et Laurent Dutheil, secrétaire national du PS à la laïcité et aux institutions d’enfoncer le clou dans un communiqué daté du 26 février en appelant au «développement de l’enseignement privé confessionnel musulman ». Désormais, pour le PS, la laïcité se résume donc à l’égalité de traitement des religions, sans se soucier du principe d’organisation sociale qui doit régir la place de ces dernières. Jaurès reviens, ils sont devenus fous !

     

    La formulation officielle de ce qui constitue une rupture majeure et manifeste avec l’histoire de la pensée socialiste mérite qu’on s’y arrête. En réponse aux assassinats politiques des 7, 8 et 9 janvier, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis avait appelé à une convention qui se tenait à Paris le 1er février devant l’ensemble des secrétaires de section. Dans ce cadre, trois rapports étaient présentés : l’un sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme, le deuxième sur la coordination européenne en matière de lutte contre le terrorisme, et le troisième, cheveu sur la soupe, sur la préservation de la cohésion républicaine.

     

    • C’est donc dans ce dernier (à lire ICI) que figure la proposition qui nous intéresse (le reste méritera aussi qu’on y revienne tant les reniements et trahisons républicaines volent au PS en escadrille).

     

    Présenté par Laurent Dutheil, le rapport sur la “cohésion républicaine” rassemble tout le spectre de ce que le PS compte comme chapelles. Voyez plutôt les signataires : Alain Bergounioux, Florence Augier, Ericka Bareigts, Jean-Louis Bianco, Colombe Brossel, Sylviane Bulteau, Luc Carvounas, Marie Colou, Kamel Chibli, Karine Gloanec-Maurin, Elsa di Méo, Samia Ghali, Estelle Grelier, François Kalfon, Marc Mancel, Emmanuel Maurel, Sandrine Mazetier, Claude Roiron, Isabelle This-Saint-Jean, Yannick Trigance. Des valssistes qui rédigent l’épitaphe du PS, aux prétendus gardiens de l’héritage socialiste au sein du parti,, ils sont tous là ! Celles et ceux qui considèrent que le Parti Socialiste est divers et que, dans ses instances, des courants structurés représentent plus d’intérêt et de perspectives que d’autres en seront pour leurs frais. Pauvres militant-e-s sincères salis par les vilénies de leurs chefs…

     

     

    - Sur le fond maintenant.

    On se souvient des propositions scandaleuses formulées mi-janvier par Jean-Louis Bianco sous couvert de l’Observatoire de la laïcité qu’il préside et qui avaient poussé plusieurs de ses membres à se désolidariser de ces annonces. Parmi celles-ci, outre “le recrutement d’aumôniers musulmans dans les prisons”, on retrouvait déjà “le soutien à la creation d’établissements privés de théologie musulmane et de formation à l’islamologie” et “la prise en compte de toutes les pratiques convictionnelles et confessionnelles présentes sur le territoire de la république”. Comme une synthèse, Jean-Louis Bianco est de ceux qui avec le rapport sur la “cohésion républicaine” affichent aujourd’hui leur volonté de voir se développer l’enseignement privé confessionnel.

     

    Il faut à ce stade s’arrêter sur la formulation initiale du rapport. La proposition de “déveloper les établissements scolaires privés sous contrat” a beau s’insérer dans la partie du document intitulée “Se pose enfin la question de l’islam français”, elle n’en est pas moins rédigée sous la forme d’une proposition générale qui englobe les enseignements privés sans même évoquer leur caractère confessionnel et/ou marchand. C’est bien l’enseignement scolaire privé sous contrat en tant que tel qui est promu par les rédacteurs comme une alternative, ou pour le moins un complément utile et nécessaire, à l’école publique ! On sait dans l’histoire du mouvement ouvrier que c’est par l’écrit que l’on entérine des modifications dans le champ des idées. Le propos est ici trop grave et trop décisif pour croire qu’il ne s’agirait que d’une maladresse rédactionnelle.

     

     

    - Avant même que de s’aventurer dans le champ du religieux, le PS marque donc une rupture profonde avec le principe général de laïcité et sa déclinaison pour l’Ecole de la République.

    Ainsi Jaurès, en 1910 dans sa célèbre intervention « Pour la laïque » à la chambre des députés, affirmait « qu’il pouvait être du droit de l’Etat d’organiser un service public national de l’enseignement » en précisant immédiatement : « J’entends un service national où seraient appelés tous les enfants de France ». « Tous » les enfants de France…Reprenant Proudhon, Jaurès explicitait en quoi l’éducation, dans sa visée universaliste et émancipatrice, doit garantir à l’enfant un cadre qui soit tout à la fois commun à toutes et tous, mais aussi préservé des velléités restrictives qui peuvent s’opérer au nom du dogme, qu’il soit religieux ou marchand : « L’enfant a le droit d’être éclairé par tous les rayons qui viennent de tous les côtés de l’horizon, et la fonction de l’Etat, c’est d’empêcher l’interception d’une partie de ces rayons ». Voilà qui lui permettait de conclure : « Je ne crois pas qu’il y ait d’objection de doctrine, d’objection de principe à ce que l’enseignement national pour tous soit organisé ». Là où Jaurès étayait sur le fond la question du monopole de l’éducation, le PS de 2015 de l’après Charlie se dresse face à lui pour promouvoir l’enseignement privé face à l’Ecole publique de la République et provoquer ainsi l’éclipse de l’humanisme universel…

     

    • La formulation complémentaire apportée par le secrétaire national du PS Laurent Dutheil dans son communiqué du 26 février (à lire ICI) n’y change rien.

     

    Au contraire, elle approfondit la redéfinition de la laïcité à la sauce PS. Celui-ci prône en effet «le développement de l’enseignement privé confessionnel musulman ». L’enseignement privé dont il est question est cette fois précisé : il s’agit bien de l’enseignement confessionnel musulman. Est-ce à dire que le PS se fait le chantre de celui-ci ? Non bien sûr. Mais ce que recouvre cette proposition, c’est le passage d’une laïcité où l’Etat ne reconnait ni ne salarie aucun culte comme le veut la loi de 1905 à une pseudo-laïcité où les religions doivent bénéficier d’une égalité de traitement. Les religions sortent ainsi du seul champ spirituel et sont de fait reconnues comme des acteurs temporels à même de prendre en charge ce que certains appellent des « droits-créances » pour l’Etat comme le droit à l’éducation (pour ma part, et vous m’excuserez cette digression sur laquelle je reviendrai, un droit créance n’est rien de plus que la résultante des droits naturels de liberté et d’égalité et c’est pourquoi je considère cette réintroduction politique du religieux comme une atteinte au principe même du droit naturel si vaillamment défendu par Maximilien Robespierre).

     

     

    - Concrètement, le PS promeut un financement public étendu pour les établissements scolaires privés et notamment ceux à caractère confessionnel.

    Là où l’argent public devrait aller à la seule école publique, celle de toutes et tous, le PS propose de rajouter à la manne de 9 milliards d’euros annuels distribués à l’enseignement privé, il est vrai à 90% confessionnel et catholique, le nécessaire pour développer l’enseignement privé musulman. C’est l’égalité des chances des religions en somme !

     

    Mais c’est justement sur ce terrain que Jaurès devrait revenir jouer la mauvaise conscience des ex-socialistes du PS. Jaurès n’était pas qu’un penseur. Il partait du réel et des rapports de force pour construire un cheminement politique. C’est pourquoi après avoir montré le point d’arrivée dans son discours « Pour la laïque », il concluait celui-ci en donnant le manuel pour engranger des victoires immédiates comme autant de points d’appui. Pour Jaurès, « la question scolaire rejoint la question sociale » et il engage le gouvernement à se donner les moyens d’accueillir tous les enfants dans des conditions de réussite : « Comment aurions-nous le droit de recruter, même par la loi, des écoliers nouveaux si nous laissons des classes de 60, 70 élèves ? Comment le pourrions-nous si nous n’avons pas le courage de pousser jusqu’à 14 ans la scolarité (NDA : lire aujourd’hui 18 ans) »?  Que préconisent pourtant les vaillants solfériniens d’aujourd’hui sinon distribuer au privé l’argent que n’a pas l’école publique ?

     

     

    - Comme souvent en pareil cas, PS et gouvernement sont les deux jambes d’un même fantôme qui marche à reculons.

    Le PS n’avait pas sitôt digéré son renoncement en la matière que Bernard Cazeneuve, sous couvert de la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem, reprenait la balle au bond : « L’enseignement privé confessionnel musulman doit pouvoir se développer dans le respect des principes républicains. (…) Ces établissements peuvent conclure des contrats d’association. » Où quand les renoncements socialistes forgent les ruptures d’Etat…

     

    Le Parti socialiste démantèle chaque jour un peu plus les cadres qui définissent l’ideal d’un humanisme universel et émancipateur. Nul adhérent du Parti socialiste ne doit aujourd’hui ignorer la trahison de notre histoire commune sauf à adhérer à la nouvelle pensée en restant dans ce corps sans vie. Jaurès terminait quant à lui à la chambre par cette sentence : “Laïcité de l’enseignement, progrès social, ce sont deux formules indivisibles. Nous n’oublierons ni l’une ni l’autre, et, en républicains socialistes, nous lutterons pour toutes les deux”. Indubitablement, le PS ne peut prétendre aujourd’hui ni à la filiation républicaine, ni à la filiation socialiste.

     

    - A lire du même auteur :

    Quand les banques sont invitées à venir endoctriner à l’école !

    - Tous les textes de cet auteur relatifs à l'école : ICI

     

    Partager cet article
    Repost0
    19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 09:15
    Comment peut-on être socialiste ?

    Comment fonctionne le petit monde des militants et des élites PS ? En disséquant la « société des socialistes », Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki dressent le portrait à la fois sombre et pathétique d’un parti recroquevillé sur lui-même, au grand désespoir de ses militants.

     

    Sources : La Société des socialistes[1]. le PS aujourd'hui, Rémi Lefebvre et Frédéric Sawiki[2]

    - « Il faut avoir le cœur bien accroché pour rester au ps. »

    Michel, l’auteur de ce propos, est bien placé pour le savoir : il est militant socialiste à Lille. Propos paradoxal, mais que le lecteur fera sans doute sien s’il lit jusqu’au bout le très riche essai que Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki ont consacré au Parti socialiste. Sans parti pris, les deux politistes dressent, à coups de statistiques, de rappels historiques et d’une enquête de terrain, un tableau clinique très sombre du principal parti de la gauche française. Partant de la conviction que « pour comprendre ce que font et disent les socialistes, il faut comprendre ce qu’ils sont et la société qu’ils forment », ils décrivent un parti de plus en plus hermétique, homogène socialement et ayant du mal à avoir une vision de la société et une ligne idéologique claires. Ils rejoignent en cela les critiques ordinairement adressées au PS, mais en montrant, grâce à leur vaste information, les mécanismes ordinaires, quotidiens, qui font de la « société socialiste » ce qu’elle est aujourd’hui.

     

    Le début de l’ouvrage, qui retrace l’histoire du socialisme français, rappelle tout d’abord quelques faiblesses structurelles du PS. S’il a, sur les vingt-cinq dernières années, gouverné le pays pendant quinze ans, il est, parmi les partis sociaux-démocrates européens, l’un des plus faibles en termes de scores électoraux (27,8 % en moyenne au premier tour des législatives entre 1981 et 2005). Joue ici la spécificité de la situation française, notamment un Front national à 8-10 % des électeurs inscrits et une extrême gauche encore vivace. Reste que, contrairement à l’Allemagne ou à l’Angleterre, le socialisme français a toujours eu du mal à s’arrimer aux classes populaires (la CGT refusant notamment, dès la naissance de la SFIO en 1905, toute collaboration). Il n’a pas réussi à s’imposer à gauche comme l’avait fait le PC avant lui.

     


    - Le socialisme français n’a donc jamais été complètement « populaire ».

    Mais cela n’empêche pas le PS d’aujourd'hui d’être marqué par une fermeture inédite aux groupes sociaux situés en bas voire au milieu de l’échelle sociale. Au sein des élites notamment (élus, membres du Conseil national et des cabinets ministériels), qui, de plus en plus, ont été recrutées au sein des classes supérieures et, en large majorité, dans la fonction publique. Mais le constat vaut aussi pour les militants qui s’embourgeoisent, avec un très faible recrutement au sein des classes populaires (5 %), des salariés précaires (4 %) et des chômeurs (3 %). 59 % des adhérents appartiennent au secteur public. Le vieillissement est particulièrement inquiétant : l’âge moyen de l’adhérent socialiste est de 55 ans, et seuls 14 % d’entre eux ont moins de 40 ans.

     

    Déjà peu représentative, la société des socialistes se replie un peu plus sur elle-même à cause de la rétractation des réseaux que le PS avait tissés au cours des années 1970 avec d’autres organisations ou mouvements, et qui lui offraient un « ancrage social » significatif. Ainsi du « monde » laïc et de ses figures de proue, les instituteurs, qui se font de plus en plus rares dans un PS où la cause laïque (lutte contre l’école privée et pour l’élitisme républicain) a été « ringardisée ». « Avant, la laïcité, c’était une fierté et une évidence… Maintenant c’est un défaut, on me traite de laïcarde », témoigne une élue socialiste. Idem pour le lien avec l’extrême gauche étudiante, qui avait pourtant fourni un certain nombre de figures actuelles du PS (Lionel Jospin, Julien Dray, Henri Weber…), mais que la pratique du pouvoir a défait, pour ne laisser place qu’à une « détestation croisée bien établie ». Le monde associatif s’est lui professionnalisé (la dimension militante passant au second plan) alors que le PS ne promouvait guère ceux qui militaient dans les deux sphères. Les syndicats, enfin, se tiennent désormais à distance du politique – la CFDT notamment qui, échaudée par ses expériences passées avec le PS, proclame sa neutralité (« ni de gauche, ni de droite »).



    - R. Lefebvre et F. Sawicki insistent sur le fait que ce sont ces liens rompus et la faible implantation du PS qui « (accroissent) la volatilité de l’électorat socialiste

    Cette réalité condamne le PS à faire fluctuer sa ligne idéologique ». Cela éclaire aussi les raisons de l’usage intensif des sondages : « Faute de réseaux puissants irriguant la société, les élites socialistes sont de fait conduites à s’appuyer sur des formes de production non “mobilisées” de l’opinion publique comme les sondages. » Et ce n’est sans doute pas non plus un hasard si la vision socialiste de la société dénie toute conflictualité sociale (« ouvrier » est un terme rare au PS) pour se nourrir avant tout des travaux sociologiques sur l’individu et les valeurs postmatérialistes (François de Singly, Marcel Gauchet) qui dessinent des individus « entrepreneurs de leur propre vie », selon l’expression, d’Alain Ehrenberg, qui fait florès.

     

    De fait, les militants d’origine populaire se font rares, ce que les deux politistes expliquent aussi par la généralisation, au sein du PS, d’une « culture du débat » qui valorise la réflexion collective, la libre expression des militants. Or cette « intellectualisation », en faisant appel aux ressources culturelles personnelles, en technicisant le débat et en dévalorisant le rapport populaire au parti fait de remise de soi et de loyalisme, favorise la relégation des militants les plus modestes. Une militante ouvrière témoigne ainsi : « On n’avait pas besoin de discuter, de débattre parce qu’on avait tous les mêmes idées… Je vois bien dans les réunions maintenant, ils passent leur temps à faire des grands débats intellectuels, y en a qui sont jamais d’accord… »

     

    Ce sont les pratiques les plus ordinaires du militantisme (tractage) qui sont ainsi dévalorisées mais aussi, par conséquent, les dimensions collectives et identitaires de l’appartenance partisane (nuits de collage d’affiches, fêtes de sections) qui se perdent. Etonnamment, le PS semble tolérer, voire encourager, un militantisme distancié. La conséquence en est que la dimension cynique des comportements prend une place prépondérante au sein du parti, où « le militant est un loup pour le militant », selon André (40 ans de parti). Un « univers hobbesien », donc, où l’on « ne s’aime pas, ou peu » et où « rapporter les prises de positions des militants aux positions dans l’espace partisan relève d’un quasi-réflexe (...) ». Certes, rappellent les auteurs, le cynisme en politique ne date pas d’aujourd’hui, mais la nouveauté est que la concurrence touche toute la communauté militante, du sommet jusqu’à la base, et que la « lutte pour les places », contrairement à d’autres milieux militants, y est peu déniée. Selon un militant de Villeneuve-d’Ascq, « y a pas beaucoup de fraternité dans le parti, c’est un milieu très dur. Les amitiés sont jamais durables. Y en a qui vendraient leur mère ».
     


    - Difficile donc de « militer au ps et d’y rester tant intérêts, croyances et convictions, dispositions, ajustements à l’institution s’y articulent difficilement ».

    Cela explique, selon les deux chercheurs, une certaine forme de « malheur militant » qui, dans les entretiens qu’ils ont menés, s’exprime à travers les registres de l’insatisfaction (« on ne s’y retrouve pas »), de la déception, de la frustration (« il n’est pas facile de militer »). Malgré tout, et malgré leur grande lucidité, les militants semblent peu enclins à la défection, sans doute parce que, toujours à cause de la rétractation des réseaux socialistes, il est désormais difficile de reconvertir son militantisme socialiste. On voit donc se multiplier les formes de « distance à l’engagement » : ne pas voter socialiste aux élections, voter « oui » à la Constitution européenne lors du référendum interne pour ne pas cautionner Laurent Fabius en se promettant de voter « non » dans l’urne, adhérer à Attac ou encore, dans un autre registre, afficher délibérément son cynisme et valoriser la distance critique en raillant « l’engagement total » du militant de base…

     

    C’est au final un portrait quelque peu pathétique du PS que dessinent R. Lefebvre et F. Sawicki. Un PS incapable d’affirmer ce qu’est être socialiste aujourd’hui – « on ne sait plus pourquoi on est socialiste », répètent les militants – et donc « condamné à décevoir ». Y a-t-il néanmoins des raisons d’espérer ? Les deux chercheurs en voient dans l’histoire du PS qui, dans les années 1970, avait réussi sa rénovation en redonnant leur place aux militants, en limitant les mandats, en s’ouvrant aux autres organisations… Reste qu’un tel élan se fait attendre, au risque de faire perdre leurs dernières illusions aux militants. Un risque que résume cette formule attribuée à Pierre Mauroy : « Si les dégoûtés s’en vont, ne resteront plus que les dégoûtants. »

     

    Notes

    [1] Editions "Le Croquant", 2006, 255 p., 18,50 €. Xavier Molénat Mis à jour le 15/06/2011

    [2] Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki sont professeurs de science politique à l’université Lille-II, membres du Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (Céraps). R. Lefebvre a dirigé (avec Christian Le Bart) La Proximité en politique. Usages, rhétoriques, pratiques, Presses universitaires de Rennes, 2005. F. Sawicki a notamment publié Les Réseaux du parti socialiste. Sociologie d’un milieu partisan, Belin, 1997.

    Partager cet article
    Repost0
    13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 11:37
    Hyperincinérateur de Rochefort : Ségolène Royal abdique devant Vinci

    Sources :  Médiapart

    Tandis qu'elle affirme spectaculairement ses prérogatives de ministre de l'Écologie, sur le gaz de schiste notamment, étrangement, en son fief de Poitou-Charente, Ségolène Royal cède à Vinci qui veut y construire un hyperincinérateur ! Un projet démentiel contre lequel la population manifestait samedi, dans les rues de Rochefort (17). Reportage et enquête sur une lutte emblématique contre un des « Grands projets inutiles et imposés ».

     

    Place Colbert, à Rochefort, où Jacques Demy tourna de nombreuses scènes des Demoiselles de Rochefort (Joël Anselme)Ils sont plus de 2000 à répondre à l'appel de Pays Rochefortais Alert' [1], l'association qui fédère les oppositions au projet d'incinérateur géant du groupe Vinci. « On est malgré tout étonnés du succès », se félicite Roland Lopez, un des animateurs de l'association, « nous sommes plus nombreux encore que lors de la grande manifestation de mars dernier ! »
    Place Colbert, à Rochefort  (Joël Anselme)
     

    Faut dire que les militants de l'association n'ont pas ménagé leurs efforts : des dizaines de milliers de tracts distribués à Rochefort (25 000 habitants) et alentours (dans les boites aux lettres, aux carrefours, aux marchés, etc.), une réunion publique d'information, en septembre, qui fait salle comble ... En une année d'existence, Pays Rochefortais Alert' rassemble plus dun millier d'adhérents. Capable de mobiliser la population, de collecter 30 000 euros pour attaquer en justice et de développer expertises et contre-projets, elle est le levain d'un mouvement citoyen avec laquelle le lobby de l'hyperincinérateur doit compter.

     

    Le futur hyperincinérateur serait à Échillais ,sur la carte juste en-dessous de Rochefort (DR)Le futur hyperincinérateur serait à Échillais ,sur la carte juste en-dessous de Rochefort (DR)

     

    Sous la lumière resplendissante de la Charente-Maritime, sur la place Colbert, bordée de demeures aux façades néoclassiques, , la foule rassemblée s'ébranle pour un périple de trois heures dans la ville. Au son du clairon, trompettes, caisses claires, tam tam, poêles à frire, percussions de boites de conserves et bouteilles en plastique, retentissent les slogans : « Non, non, à l'incinérateur ! », « De l'air pour les générations futures ! », « Trop fiers pour être la poubelle du 17 ! »...

     

    L'ambiance est joyeuse mais grave aussi car chacun des manifestants est conscient que Vinci est à deux doigts de réussir son coup. Son projet, porté par le syndicat intercommunautaire du littoral (SIL) qui regroupe cinq communautés d'agglomération (200 000 habitants, le tiers de la population de Charente-Maritime), est de construire un hyperincinérateur des déchets ménagers à Échillais, sur la rive sud du fleuve Charente, en face de Rochefort-sur-mer (17). Il n'attend plus que le feu vert de la préfète. Laquelle, militante de l'UMP et ardente zélatrice du projet Vinci, a les mains libres depuis qu'en septembre, Ségolène Royale, remisant ses prérogatives de ministre de l'Écologie, lui a donné carte blanche.

    Chacun des 3000 manifestants est conscient que Vinci est à deux doigts de réussir son coup (Céline Lemoine)

    « Si Ségo ne fait rien, qui fera quelque chose ? » interrogent Paloma et Angela, deux lycéennes en terminale, . « C'est un peu lâche » jugent-elles. Pourtant, tout commence bien quand, en juin dernier, Ségolène Royal ordonne à la préfecture de bloquer le dossier. « L’incinération est une technique complètement dépassée », proclame-t-elle alors. Insistant sur le fait qu'il existe des solutions « plus intelligentes et plus respectueuses de l’environnement », elle vante les bienfaits de l’économie circulaire et demande à 20 collectivités de s’engager dans la démarche Zéro déchet.                                                                                                                      

     

    Étrangement, au fil des semaines, le discours de la ministre de l'Écologie s'édulcore. Ce que Anne, enseignante en micro-biologie venue de Surgères (17), résume ainsi : « Elle change beaucoup d'avis, c'est difficile de connaître sa position. »

     

    Et puis, le 30 septembre, interpellée sur France Inter [2] par un auditeur qui lui reprochait « de ne pas se bouger beaucoup par rapport à la préfète qui doit donner son autorisation d'exploitation du super-incinérateur », Ségolène Royal a cette réponse pour le moins extravagante de la part d'une ministre, par ailleurs notoirement jalouse de ses prérogatives : « Je ne suis pas favorable aux incinérateurs, je considère qu'il y a d'autres solutions (...) si j'étais élue de ce territoire, jamais je ne ferais d'incinérateur. » Pour conclure qu' « on est dans une démocratie (…) les citoyens choisissent leurs élus, les élus prennent des décisions, moi mon rôle de ministre est de leur dire qu'il y a d'autres solutions. »

     

    « Le risque est d'autant moins acceptable qu'il existe des alternatives à ce projet d'hyperincinérateur ! » (Joël Anselme)« Je me suis dit : encore un bel exemple de langue de bois ! » s'énerve Jérome, ingénieur en biologie marine, venu manifester avec ses collègues de travail. « Elle a d'abord dit qu'elle était contre mais elle laisse les élus et la préfète faire le job, ça m'a paru bizarre. » Pour Christophe, père au foyer, « Ségolène Royal dit : “je suis contre le projet d'incinérateur et je vous soutiens ” (du bout des lèvres), mais sans rien faire, c'est un peu trop facile, elle dit blanc et noir en même temps , ce n'est pas une position politique ! » « J'espérais qu'elle aurait un peu plus de cran ! », s'exclame Jean-Loup, jeune retraité rochefortais.
     

     « Peut-être a-t-elle peur des représailles ? » s'interrogent nos deux lycéennes. Roland Lopez, de Pays Rochefortais alert', également élu d'opposition à Échillais (sans étiquette) et l'unique élu du SIL qui soit hostile au projet Vinci, note que le revirement de Ségolène Royal date de quelques jours avant sa reconduction dans ses fonctions de mi-

    « Le risque est d'autant moins acceptable qu'il existe des

    alternatives à ce projet d'hyperincinérateur ! » (Joël Anselme)

     

    nistre, le 25 août, à l'occasion du remaniement gouvernemental : « Nous on pense qu'elle a reçu l'ordre de minorer sa position sur ce dossier. » Ségolène Royal, chantre de la « bravitude » n'aurait été reconduite à son poste de ministre de l'Écologie par Manuel Vals et François Hollande qu'à condition de laisser la voie libre au projet d''hyperincinérateur de Vinci ?

    Au moment où se discute la loi sur la transition énergétique...
    Au moment où se discute la loi sur la transition énergétique...

     

    À moins qu'il ne s'agisse d'un troc sordide : on se souvient qu'en opposant son véto au projet d'autoroute A 831 qui devait dévaster le marais poitevin, la ministre de l'Écologie a déclenché la foudre des élus. Sollicité par ces derniers, Manuel Valls avait tranché en leur faveur... Au final, le projet d'autoroute serait effectivement abandonné mais, en contre partie, Vinci sauverait son hyperincinérateur ?...

     

    Ainsi la Charente-Maritime a-t-elle elle aussi son « GPII », sinistre acronyme qui désigne les Grands projets inutiles et imposés, qui se multiplient en France et en Europe. Comme l'écrivait à leur propos Alain Devalpo, dans un pamphlet à l'humour grinçant : « Pour paraphraser George Orwell, dont l’un des personnages déclarait : “La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force” », je n’hésiterai pas à l’affirmer : l’inutile, c’est rentable ! » [3]

     

    « On n'en a pas besoin » s'exclament Paloma et Angela. Pour elles l'hyperincinérateur est « une invitation à produire encore plus de déchets ». Bénédicte, professeur d' histoire géographie, est là surtout pour « mon enfant (dans la poussette, avec elle), mes élèves et tous les enfants du Pays rochefortais : « En les regardant, je me suis senti obligée de faire quelque chose. »

     

    L'hyperincinérateur aggraverait la pollution d'une zone humide particulièrement fragile (DR)L'hyperincinérateur aggraverait la pollution d'une zone humide particulièrement fragile (DR)

     

    Le projet Vinci prévoit la destruction des deux incinérateurs actuels (l’un situé à Oléron datant de 1975, l’autre construit en 1990 déjà à Échillais) qui seraient remplacés par un hyperincinérateur pouvant brûler 75 000 tonnes de déchets par an. « Pourquoi détruire deux incinérateurs dont l'un, celui d'Échillais, vient d'être remis aux normes à grands frais, en 2005, et est classé comme le deuxième incinérateur le plus performant de France pour ses qualités thermiques ? » interroge Pays Rochefortais Alert'.

     

    Pour Christophe, « c'est tellement pas le sens de l'histoire que même sans rien savoir on ne peut qu'être contre, et quand on sait que l'avenir c'est diminuer et valoriser déchets ! »« En tablant toujours sur 350 kg de déchets par an et par habitants dans dix ans, le SIL explique la nécessité d'un gros incinérateur », rappelle Roland Lopez. Or si « on trie bien ses déchets, c'est 30 à 40 % de poubelles en moins, et si on trie aussi bien tous les plastiques, emballages compris, c'est 40 à 60 % en moins. La solution est là », explique Xavier Boulard, l'un des animateurs de Pays Rochefortais Alert'. [4] Souriants sous le soleil, Yannou et Éliot, collégiens, soulignent avec bon sens qu' « on paie pour polluer mais si chacun faisait un effort on pourrait polluer moins pour payer moins ! »

     

    L''usine passerait de 2 000 m2 actuellement (en vert) à plus de 20 000 m2 et sa hauteur de 16 mètres à 42 mètres (à droite)L''usine passerait de 2 000 m2 actuellement (en vert) à plus de 20 000 m2 et sa hauteur de 16 m à 42 m (à droite)

     

    Pharaonique, le projet Vinci ferait passer l'usine de 2 000 m2 actuellement à plus de 20 000 m2 et sa hauteur de 16 mètres à 42 mètres ! Sa cheminée dépasserait le fameux Pont transbordeur voisin, le dernier encore en service en France, joyau touristique de l'agglomération de Rochefort, vedette du chef d'œuvre de Jacques Demy, Les demoiselles de Rochefort..

     

    Ainsi défiguré, l'estuaire de la Charente, ne risquerait pas d'obtenir le label Grand site de France pas plus que l'inscription par l'Unesco du Pont transbordeur au Patrimoine mondial de l'humanité que revendiquent les élus... les mêmes qui défendent l'hyperincinérateur ! Lequel aggraverait la pollution, surtout en métaux lourds, de l'air et de l'eau d'une zone humide particulièrement fragile, mettant en péril un écosystème qui abrite de nombreuses espèces animales et végétales (la Ligue de protection des oiseaux (LPO), dont le siège national est à Rochefort, a émis, avec d'autres associations de défense de l'environnement, un avis défavorable au projet Vinci).

     

    Quels ravages provoquerait le « Vincinérateur » dans des secteurs économiquement vitaux pour la région comme l'ostréiculture (8 000 emplois et 245 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel) et aussi le thermalisme à Rochefort (15 000 curistes, 108 salariés, 15 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel ) ?

     

    140 camions viendraient décharger dans le Pays rochefortais les déchets de 97 communes
    140 camions viendraient décharger dans le Pays rochefortais les déchets de 97 communes

     

    Un choix « complêtement incohérent » pour Béatrice, cadre dans la Fonction publique, originaire de Bordeaux. « On était des “urbains bordelais” et on a renoncé à certaines choses en venant ici à Rochefort , une ville tournée vers la nature, avec ses marais, sa station de lagunage écologique... et là elle se tire une balle dans le pied ! »

     

    « Il n'y a aucun risque pour la santé » scandent sans relache Vinci et ses affidés. Ce n'est pas l'avis de 102 médecins rochefortais opposés au projet d'incinérateur géant. D'abord regroupés dans un collectif, Santé environnement du littoral (SEL), ils viennent d'élargir leur combat en créant un « collectif de médecins citoyens », Veille santé environnement 17.

     

    Dans un rayon de 30 km autour des incinérateurs, il y a un excès de risque de développer des cancers de 6% à 23%
    Dans un rayon de 30 km autour des incinérateurs, il y a un excès de risque de développer des cancers de 6% à 23%

     

    L'un de ses animateurs, Paul Delègue, médecin hospitalier sur Rochefort, s'insurge contre de soit-disant « nouvelles normes très très partielles qui ne concernent que 17 produits sur les 2000 sortis des fumées des incinérateurs. On pense aux particules fines, ultrafines, aux nanoparticules, aux perturbateurs endocriniens... Le risque est d'autant moins acceptable qu'il existe des alternatives à ce projet d'hyperincinérateur ! » [5] L'Institut de veille sanitaire (INVS) a publié une étude, en 2008, qui montre que, dans un rayon de 20km à 30 km autour des incinérateurs, il y a un excès de risque de développer des cancers de 6% à 23 %. La Rochelle, Royan, Saintes et Surgères ne seraient pas épargnées.

     

    Enfin, le projet Vinci prévoit la mise en place d'un tri mécano biologique (TMB) destiné à produire un compost aussi dispendieux que nocif... interdit par nos voisins européens. Et, « cerise sur le gâteau », il ne respecte pas les normes de construction parasysmique, dans une région particulièrement à risque !

     

    Un désastre programmé... facturé 100 millions d'euros à la collectivité (pour commencer !...), qui s'endetterait pour au moins 20 ans.

     

    Le « vincinérateur » bénéficie du soutien inconditionnel d'élus de gauche comme de droite (Joël Anselme)
    Le « vincinérateur » bénéficie du soutien inconditionnel d'élus de gauche comme de droite (Joël Anselme)

     

    En avril 2013, les deux maires des communes les plus concernées par le futur hyperincinérateur (Échillais et Soubise) sont gracieusement invités, ainsi que leurs épouses, par l'entreprise Vinci à un « voyage d'étude » de quatre jours... en Martinique. Selon le journal Sud-Ouest qui cite, sans le nommer, « un fin connaisseur de la politique locale » , l'attitude des deux élus serait à mettre sur le compte de la « naïveté », quoique « cela laisse à penser que c'est une récompense pour un service rendu » [6].

     

    « Étrangement, les élus sortent tous les mêmes arguments, les mêmes « éléments de langage », du genre : “La cheminée de votre voisin vous pollue également ” », constate Xavier Boulard de Pays Rochefortais Alert'. « Ils semblent insensibilisés à toute opinion contraire, c'est comme s'ils avaient été “programmés” pour défendre coûte que coûte et par tous les moyens le projet de Vinci, et cela quelle que soit leur étiquette politique ».

     

    « En les regardant, je me suis senti obligée de faire quelque chose. » (Céline Lemoine)
    « En les regardant, je me suis senti obligée de faire quelque chose. » (Céline Lemoine)

     

     

    C'est l'ex-maire PS de Rochefort (1997-2014), Bernard Grasset, ancien préfet et alors président du SIL, champion du cumul des mandats, qui fut à l'initiative du projet d'hyperincinérateur en 2012. Ce sont le nouveau maire d'Échillais, Michel Gaillot, « sans étiquette » et celui de Rochefort, Hervé Blanché, UMP, qui proclament, la main sur le cœur, leur opposition à l'hyperincinérateur lors de la campagne des municipales en 2014 pour, une fois élus, s'en faire les défenseurs les plus véhéments ! Quant aux maires des petites communes, ils font profil bas pour obtenir des subventions auprès du conseil général présidé par l'omnipotent Dominique Bussereau (UMP)... ardent défenseur du « Vincinérateur ».

     

    S'agissant de la « démocratie » et du « dialogue » vantés par la ministre de l'Écologie pour mieux se défausser, le comble est que celle-ci est bien placée pour en juger l'inanité : Ségolène Royal a participé en personne à l'enquête publique sur le projet d'hyperincinérateur où elle s'est positionné contre, à l'instar de 895 autres personnes, dont plus de 100 médecins et une dizaine d'associations. Un avis impudemment ignoré par le SIL, en contradiction flagrante avec la directive européenne qui prévoit la prise en compte de l'avis du public lors de l’élaboration de projets relatifs à l’environnement ... « Ce déni de démocratie n’est pas acceptable ! » avait déclaré Ségolène Royal au sujet de pratiques similaires... concernant l'incinérateur de Fos-sur-mer.

     

    18 heures, de retour place Colbert, contre « l'inacceptable », les manifestants prennent rendez-vous pour les actions futures.

     

    Notes :

    [1] Le site de Pays Rochefortais Alert'

    [2] France inter, l'interview de Ségolène Royal

    [3]« L'art des grands projets inutiles », Le Monde diplomatique, août 2012

    [4] « Incinérateurs de Rochefort, les antis ne molissent pas », Kharinne Charov, Sud Ouest, 12 octobre 2012

    [5] Le 6 octobre 2014, à écouter sur France Bleue

    [6] « Rochefortais : un voyage d'études aux Antilles qui fait jaser », David Briand, Sud Ouest, 26 novembre 2013

     

    • Contactés par mail, Ségolène Royal, Hervé Blanché et Michel Gaillot n'ont pas répondu à nos questions

     

    Pour en savoir plus :

    - Mon dossier Incinération

    Partager cet article
    Repost0
    8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 09:07
    François Rebsamen : “Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie”

    Un homme de gauche ? Certains y croient encore..... sauf au MEDEF !

     

    Pour l’opposition, il porte le nom de “ministre du chômage”. s’est enfin installé de manière définitive dans les locaux historiques du ministère du Travail au 127 rue de Grenelle à Paris. Proche, très proche du Président de la République, il a accepté un poste clé du gouvernement de Manuel Valls, sans doute l’un des plus difficiles aussi.

     

    Cet article a été initialement publiée vendredi 3 octobre 2014. Comme l’ont souligné de nombreux médias nationaux, l’interview de François Rebsamen a été retiré du site en milieu de matinée. Nous avons choisi de republier cette interview ce matin. Nous vous devons quelques explications.

    Symboliquement pendu durant tout l’été par les intermittents du spectacle, il a fait une rentrée fracassante en septembre en s’attaquant aux “fraudeurs” de Pôle emploi. Désormais il revendique sa ligne libérale et reste intimement persuadé qu’il pourra être celui qui relancera durablement la croissance en France.

    Quelques mois après son arrivée, nous sommes allés le rencontrer il y a quelques jours dans son ministère, à Paris.

     

    Sources : Le MIROIR par Jérémie Lorand

    - Le MIROIR : François Rebsamen bonjour. Depuis un mois, vous avez rejoint le siège historique du ministère du Travail, celui de la Rue de Grenelle. C’est là qu’ont été signés les fameux Accords de mai 68. C’est là que sont passés Pierre Bérégovoy et Martine Aubry. Une force pour étouffer la grogne ?

    François Rebsamen : Pour la gauche, ce ministère est historique. Alors nous ne pouvons avoir qu’en référence ces grands ministres qui sont passés par là : Jean-Michel Jeanneney, en mai 68, Jean Auroux, qui a signé les accords du même nom, Pierre Bérégovoy, qui était un ami ou encore Martine Aubry, qui a marqué le monde du Travail avec la réforme des 35 heures. Lors de la passation avec Michel Sapin [l'ancien ministre du Travail, NDLR], j’ai souligné la beauté de ce ministère. Je n’en mesurais pas encore la difficulté.

     

     

    - Le MIROIR : Justement, considérez-vous aussi qu’il s’agit du pire ministère du gouvernement ?

    François Rebsamen : C’est surtout le ministère qui, tout au long du XXème siècle, a permis de former, d’organiser, de codifier le monde du travail, de protéger les travailleurs. C’est du ministère du Travail qu’émanent les grandes avancées sociales : Les Accords de Matignon en 1936, les seuils sociaux et la création des comités d’entreprise en 1945, sous le Général de Gaulle, la lutte contre le travail des enfants, contre le travail de nuit…

     

    Désormais, nous sommes dans une autre phase : du ministère des avancées sociales, nous devenons ministère du dialogue social et des grandes protections collectives, nous devons désormais enregistrer des avancées sur les protections individuelles. C’est encore plus complexe. Il faut lutter contre le travail dissimulé, le travail illégal… C’est une forme d’esclavagisme humain et j’ai demandé aux inspecteurs du travail d’être plus vigilants sur cette question.

     

    Il est très grave de voir des socialistes siffler un ministre lorsqu’il dit qu’il aime l’entreprise
     
     
    - Le MIROIR : Lorsque vous êtes arrivé au ministère, François Hollande promettait d’inverser la courbe du chômage, désormais, vous refusez de commenter les chiffres mensuels. Pourquoi ce changement de communication ?

    François Rebsamen : Tout simplement parce que ce n’est pas le bon référentiel. Malgré l’amitié que je porte à Michel [Sapin], il s’est totalement trompé. On ne juge pas le chômage mois par mois, mais sur des périodes plus longues : un trimestre, un semestre. Il s’est mis des boulets aux pieds et les a laissés à son successeur.

     

    Je tente de renverser la compréhension des choses : le taux de chômage est différent du nombre d’inscrits et il permet les comparaisons internationales. Le taux de chômage en France métropolitaine est de 9,7% de la population active au sens du Bureau international du travail. C’est beaucoup, mais il y a déjà eu plus. Si on ne s’y attarde pas, les citoyens seront persuadés que nous avons un taux de chômage qui a explosé. Pour parler clair : je tente de m’enlever un boulet, assez plombant, en changeant de stratégie.

     

     

    - Le MIROIR : Vous vous êtes finalement réjouis que le chiffre de 150 000 emplois d’avenir ait été atteint fin septembre. Des emplois subventionnés, n’est-ce pas artificiel pour enrayer la hausse du chômage ?

    François Rebsamen : Ce n’est absolument pas artificiel. C’est même le contraire. À la différence des emplois jeunes qui s’adressait à un public qualifié, les emplois d’avenir sont proposés aux jeunes des quartiers issus de la politique de la ville. Ils sont 80% à ne disposer d’aucun diplôme, à être très loin de l’emploi. Les acteurs de l’insertion demandaient du temps : le contrat peut donc durer trois ans et le taux de rupture est très faible, proche des 10%. En revanche, le taux de réussite est certain, car le contrat propose une formation. Ceux qui vont sortir du dispositif, à la fin du contrat, seront qualifiés pour décrocher un emploi. En quelque sorte, nous préparons une partie de la génération de décrocheurs à aller vers l’emploi lorsque la croissance reviendra.

     

     

    - Le MIROIR : Il y a tout de même 900 000 jeunes sans diplômes. Où trouver les marges de manœuvre ?

    François Rebsamen : Nous faisons beaucoup de choses pour eux. De nombreux dispositifs existent. Parlons déjà de l’apprentissage. Dans les têtes, c’est une voie de garage alors qu’il faut le voir comme une voie d’excellence, qui permet la réussite. Les chefs d’entreprise adorent l’apprentissage, mais ne prennent personne en alternance. La prime qui avait été supprimée – c’était une erreur – est désormais doublée. Il n’y a donc plus d’excuse. À partir de l’année prochaine, nous allons développer la garantie jeune. Une procédure qui concernera les jeunes qui n’ont ni emploi ni stage, ni formation ni éducation, leur permettra de suivre un parcours d’insertion sociale. Il y a en aura 50 000 l’année prochaine.

     

    Nous faisons donc feu de tout bois. Mais on ne remplace pas la croissance, il faut que la machine économique reparte. Ce qui crée l’emploi, c’est l’entreprise. Dès lors, nous pouvons préparer les jeunes, les former ou empêcher qu’ils sombrent.

     

     

    - Le MIROIR : Ce que vous dites c’est que la pédagogie, que vous avez appelée de vos vœux lors de la première partie du quinquennat[1], n’est peut-être pas si simple ?

    François Rebsamen : J’essaye d’être pédagogue. Nous sommes dans un pays qui a du mal à accepter les choses. Si nous voulons sauver le modèle social français, il doit être irréprochable : les droits et les devoirs de chacun doivent être bien définis. Les Français sont attachés à ce modèle social, mais il faut l’adapter. Ce sont ces adaptations que nous devons expliquer, détailler.

     

     

    - Le MIROIR : Mais cette pédagogie n’est-elle pas trop tardive ? Nous sommes déjà à mi-mandat.

    François Rebsamen : Il n’est jamais trop tard pour faire les choses. Le parti socialiste est en pleine mue idéologique. Moi je l’ai effectuée depuis longtemps. Il faut donc l’expliquer. Il est très grave de voir des socialistes siffler un ministre lorsqu’il dit qu’il aime l’entreprise. Franchement, c’est quoi le socialisme ? Ce n’est pas la richesse pour chacun. Ah bon, certains socialistes doutent que ce soit l’entreprise qui crée des richesses ? L’entreprise, c’est des salariés.

     

     

    - Le MIROIR : Lors de la campagne des municipales, vous aviez affirmé qu’il ne fallait pas tout céder au Medef[2].

    François Rebsamen : Alors le Medef c’est une chose. Ce n’est pas la vie des entreprises. J’ai trois niveaux d’interlocuteurs : le niveau interprofessionnel national, la posture, avecle Medef, la CGPME et les autres ; ensuite les branches et au bout les entreprises. Au niveau local, les entreprises et donc les salariés font vivre le territoire, le développe. Elles savent ce qu’on veut.

     

    Lorsque je rencontre les branches, je leur rappelle que pendant dix ans, elles n’ont rien dit. C’est incroyable. Les entreprises ont perdu marges et compétitivité, sans rien dire. Et là, sous prétexte qu’il s’agit d’un gouvernement socialiste, elles viennent pleurer. Nous faisons un effort sans précédent pour redonner des marges aux entreprises : nous restituons 41 milliards d’euros, l’équivalent de deux points de PIB pour permettre l’investissement, la création d’emploi, l’apprentissage. En un mot nous demandons de préparer l’avenir.

     

     

    - Le MIROIR : N’y avait-il pas un parasitage avec un Arnaud Montebourg parfois virulent envers les chefs d’entreprises.

    François Rebsamen : Arnaud s’est investi dans sa mission. Il aime l’industrie, l’industrie lourde, l’industrie tricolore. Il préférait une entreprise allemande à une autre parce qu’elle était américaine. Arnaud Montebourg est un personnage complexe : il s’accrochait avec des patrons en arrivant puis les câlinait. Il a bien fait son boulot pour les entreprises en difficulté. Il s’est investi, mais avait une approche particulière. Un peu “olé olé” ! C’est un comédien, un avocat.

     

     

    - Le MIROIR : Mais ça, François Hollande le savait lorsqu’il a nommé Arnaud Montebourg dans le gouvernement.

    François Rebsamen : Oui, tout à fait. Les gens peuvent ensuite se révéler. Et je ne parle pas de ceux qui ont truandé comme Thomas Thévenoud. On ne pouvait pas laisser passer ces gamineries.

     

    Je ne suis pas là pour stigmatiser les chômeurs, encore moins pour casser les droits sociaux, mais pour rappeler les règles
     
     
     
     
     
    - Le MIROIR : Ces événements ont parasité la communication du gouvernement[3] dont la première promesse était d’inverser la courbe du chômage en 2017. Y croyez-vous encore ?

    François Rebsamen : Les entreprises continuent de créer de l’emploi, mais pas assez pour faire face à l’afflux de nouveaux entrants sur le marché du travail comme les jeunes et les femmes. J’ai rencontré le patronat allemand lundi 29 septembre, je me suis fait un petit plaisir. Ils voulaient donner des leçons, mais oublient plusieurs choses : l’Allemagne connaît une baisse de sa démographie et a donc de moins en moins de jeunes entrant sur le marché du travail, elle n’encourage pas non plus les femmes à travailler. Notre système de protection du chômage est fort et permet d’éviter la pauvreté. Le taux de pauvreté des chômeurs français, au sens du BIT, est de 38%. Chez nos voisins allemands, il est de 62%.

     

    Pôle emploi dispose de plusieurs dispositifs pour protéger les demandeurs d’emploi. Il y a donc des personnes qui ne recherchent pas d’emploi et qui sont comptabilisées dans les chiffres. Il s’agit par exemple de personnes en situation de préretraite, qui sont dispensées de recherche. Au sens du BIT, ils ne sont plus demandeurs d’emploi.

     

     

    - Le MIROIR : La phrase que vous évoquez a en effet provoqué un tôlé[4], au sein même du parti socialiste. La regrettez-vous ?

    François Rebsamen : Où ce fut un véritable tollé médiatique. Politique aussi. Ce qui n’a pas empêché 70% de la population d’approuver ce message. Ils ont conscience qu’il faut adapter notre système social, par ailleurs très protecteur. Les français considèrent qu’il faut renforcer les contrôles, assouplir les seuils, la législation, autoriser le travail le dimanche. Ils sont bien plus en avance que nous sur la nécessité d’un certain pragmatisme en économie.

     

    Malheureusement, le parti socialiste, ou du moins son secrétariat national refuse toutes ces avancées. Il ne veut pas casser les tabous, se pose en garant de l’ordre social établi. Je ne suis pas là pour stigmatiser les chômeurs, encore moins pour casser les droits sociaux, mais pour rappeler les règles. Et c’est parfois dur. Je ne suis pas un ennemi de l’entreprise, je ne suis pas pour l’économie administrée ni pour les pays communistes. Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie, de la vie de l’entreprise. Avec des droits sociaux, avec une protection de l’individu.

     

    Les citoyens des classes populaires se rendent bien compte que la droite ou la gauche ne sont pas prêtes à appliquer ces réformes alors ils se tournent vers les extrêmes. C’est ça que je veux éviter. Les socialistes ne vivent plus comme les gens : les élus ne connaissent pas le terrain. Ils ne savent pas comment la vie se déroule dans un HLM, dans le quartier de la Fontaine-d’Ouche, qui rassemble toutes les nationalités, dans sa diversité…

     

     

    - Le MIROIR : Selon vous les élus sont donc totalement déconnectés du terrain ?

    François Rebsamen : Ils ne l’ont surtout pas connu. Il faut être maire, conseiller municipal conseiller général pour connaître cette réalité. Valls la connaît. A Évry, il l’a vécu. Moi aussi. Beaucoup d’élus n’ont pas fait de combat politique. Dans les quartiers, ils auraient rencontré des citoyens qui touchent le Smic, qui triment et qui peuvent en voir d’autres profiter du système. Ils se disent “pourquoi eux et pas moi” ? Pourquoi c’est comme ça ? Il faut être rigoureux et proche.

     

     

    - Le MIROIR : En sous-jacent vous semblez dire que ce qui peut marcher par exemple à Dijon, peut fonctionner partout.

    François Rebsamen : Bien entendu. Le chômage a baissé de 8,7 à 8% à Dijon. Comment peut-il baisser dans notre ville et pas dans des endroits similaires ? Il faut se poser la question.

     

    Je suis personnellement convaincu que les résultats seront plus rapides

     

     
     
     
    - Le MIROIR : On a vu que le Conseil Constitutionnel a censuré les allégements de cotisations salariales. Elles devaient concerner 5,2 millions de salariés et 2,2 millions de fonctionnaires. Le motif du Conseil : Méconnaissance du principe d’égalité. Est-ce le cas ?

    François Rebsamen : Les 41 milliards d’euros que nous avons débloqués doivent permettre de redonner des marges de compétitivité aux entreprises. Nous voulions essentiellement les réserver au secteur concurrentiel, mais le Conseil Constitutionnel en a décidé autrement : du coup, cette possibilité sera donnée à toutes les entreprises. Cette mesure va finir par porter ses fruits, le Président en est persuadé. Peut-être que ceci nous fera perdre la prochaine élection Présidentielle mais nous pensons que ceci est une nécessité pour le bien du pays. Si la droite et l’extrême droite reviennent, les entreprises se débrouilleront pour garder leur compétitivité. Quand on fait une politique de l’offre, on est obligé d’être en accord avec l’entreprise.

     

     

    - Le MIROIR : Vous envisagez donc l’éventualité de perdre la Présidentielle ?

    François Rebsamen : Je ne suis pas pessimiste. Je crois toujours en une victoire. S’il faut être le dernier auprès de François Hollande, je le serai, car la victoire j’y crois. Pour moi, François est le candidat idéal. Mais la réalité c’est qu’une politique de relance par l’offre est très longue à mettre en œuvre et à porter ses fruits.

     

    Je suis personnellement convaincu que les résultats seront plus rapides : dès le premier semestre 2015 pour le CICE par exemple

     

     

    - Le MIROIR : La dernière réforme que vous avez lancée est celle des seuils sociaux. Pourquoi faut-il les réformer ?

    François Rebsamen : Le nombre d’entreprises de 48 ou de 51 salariés varie du simple ou double, il y a bien une raison. Il faut donc envisager un assouplissement des seuils sociaux. J’ai demandé aux partenaires sociaux de travailler ensemble pour faciliter cette réforme. 66% des entreprises de dix et vingt salariés n’ont pas de délégué du personnel alors que c’est une obligation. Et dans le tiers des entreprises qui en ont un, c’est le patron qui le choisit. Moi, ça m’interpelle.

     

    Il y a des lourdeurs invraisemblables, des réunions inutiles… Le droit doit être réel et pas formel. Le dossier est désormais sur la table des partenaires sociaux. J’espère qu’ils arriveront à un accord avant la fin de l’année. Dans le cas contraire, le gouvernement prendra ses responsabilités.

     

    Le vent souffle dans le bon sens pour Dijon et sa communauté urbaine

     

     
     
     
    - Le MIROIR : Parlons un peu de Dijon. Vous avez transmis le flambeau à votre ami Alain Millot. Quel bilan tirez-vous de ces premiers mois ?

    François Rebsamen : Il est patient, apaisant. C’est d’ailleurs ce que je lui ai dit lors du dernier conseil municipal. Je lui ai envoyé un message, ainsi qu’à Nathalie [Koenders, la première adjointe, NDLR] et Colette [Popard, adjointe au maire déléguée au logement, NDLR] : “Il est bien Alain, il est calme, il est pondéré, à l’écoute. Ça fait du bien au conseil; tout le contraire de moi, car je suis agacé par Vandriesse, Bourguignat, Bichot et je ne parle même pas de Cavin”.

     

     

    - Le MIROIR : Alain Millot a surtout porté une réforme que vous aviez insufflée au Sénat : le passage en communauté urbaine du Grand Dijon[5].

    François Rebsamen : Je suis très content d’avoir réussi mon coup. Ce passage en communauté urbaine va changer la dotation globale de fonctionnement (DGF) : de 34 euros par personne, nous allons désormais en toucher 60. Soit une enveloppe supplémentaire de six millions par an. 36 millions sur un mandat. Une marche est lancée vers l’unification des territoires dans le respect des uns et des autres. Il n’y a que la ville de Talant, pour des raisons politiques qui ne lui ont pas vraiment réussi d’ailleurs, qui n’a pas voté favorablement cette modification.

     

    À terme, les territoires défensifs, comme Asnières-lès-Dijon, vont disparaître et nous allons poursuivre notre communauté de destin. Avec comme objectif de devenir une métropole, au cœur d’un bassin de 380 000 habitants, qui va tirer le département vers le haut.

     

     

    - Le MIROIR : On attendait la sortie de votre livre sur le football pour la rentrée…

    François Rebsamen : (Il pointe son bureau). Il est là. 80% de l’ouvrage était rédigé avant que je n’arrive au ministère du Travail, mais je n’ai pas eu le temps d’écrire la dernière partie, consacré à la coupe du monde de football de juin 2014. Mais il est bien là, dans un tiroir et sortira au moment de l’Euro 2016.

     

    À l’origine je voulais écrire un livre sur mes “France-Brésil”, mais l’éditeur a jugé que je n’étais pas assez connu alors il s’agira toujours de football, mais à travers le prisme politique. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont critiqué cette démarche, mais la vérité c’est que l’ouvrage était en partie écrit avant d’arriver ici.

     

     

    - Le MIROIR : Pour l’Euro 2016 donc. Et avec une équipe en résidence à Dijon ?

    François Rebsamen : La France accueillera en effet la compétition et la ville a postulé pour accueillir une équipe. Le Président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, m’a confirmé que nous avions de grandes chances d’être retenus. D’ici là nous aurons avancé sur la construction de la tribune et sur tant d’autres projets comme la Cité de la gastronomie, la rénovation du Musée des Beaux-Arts, du chauffage urbain, sur la classification des climats au patrimoine mondial de l’Unesco. Le vent souffle dans le bon sens pour Dijon et sa communauté urbaine.

     

    Notes

    |1] François Rebsamen (PS) : Nous sommes la gauche et nous ne pouvons pas oublier de parler aux gens qui souffrent”

    [2] François Rebsamen, résolument à gauche

    |3] Thomas Thévenoud, kamikaze de la transparence

    [4] Invité de Bruce Toussaint mardi matin, le ministre du Travail a fait part de son souhait que Pôle Emploi accentue ses contrôles, de façon à s'assurer que les chômeurs "recherchent bien un emploi".

    [5] Communauté urbaine de Dijon : la machine est lancée

    Partager cet article
    Repost0
    18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 10:46

    Une analyse réaliste sur les causes de la crise que nous vivons...... serait-il frondeur ?

    Partager cet article
    Repost0

    Présentation

    • : Blog INSOUMIS.
    • : INFORMER pour MOBILISER et AGIR ENSEMBLE
    • Contact

    La France insoumise, L'AVENIR EN COMMUN

    -N'attendez pas la consigne !

    ✅ Rejoignez la France insoumise (cliquez ci-dessous) 👇

    -" NOUS SOMMES POUR " le site de la campagne des présidentielles 2022

    Ensemble, tout est possible !
    Nous sommes déjà plus de 183 000, rejoignez nous
     ( pour nous rejoindre, cliquez ci-dessous) 👇

     

    -

    " L’AVENIR EN COMMUN ", programme de campagne 2022

    ✅ Visitez  le programme de 2022 (cliquez ci-dessous) 👇

    " L’avenir en commun " est en version téléchargeable ICI

     

    -

    Le JOURNAL de L'INSOUMISSION (cliquez ci-dessous) 👇

     

    - La chaîne télé de Jean Luc Melenchon (cliquez ci-dessous) 👇

    Pour vous abonner gratuitement, cliquez ICI

    Recherche

    La France insoumise à l'Assemblée Nationale

     Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇

    Sur les réseaux sociaux  :

    Facebook  - Twitter

    Pour ne pas avoir à subir un duel Macron/Le Pen en 2022 : LEVONS NOUS EN MASSE !


     

    🔴  Pour une VIe République, refonder notre démocratie... levons nous en masse !

     

    👉 Ensemble, nous les mettrons en échec, un outil est à votre disposition : ✍️ https://noussommespour.fr/

     

    Le site du Parti de Gauche

     Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇

     

    Manifeste pour l'Ecosocialisme

     Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇

     

    Mouvement pour la 6e République

     Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇

     

    Des outils pour combattre le FN et l'idéologie d'extrême droite française

     Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇


    🔴  et aussi : Observatoire national pour « mettre sous surveillance » l’extrême droite

     Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇