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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 08:51
Régionales : le Parti de gauche espère s’allier dans cinq régions avec EELV

Sources : Parti de Gauche Midi-Pyrénées - L'Humanité - Politis mis à jour le 10 septembre 2015

Alors que la crise n’en finit pas de déchirer Europe Ecologie-Les Verts, le Parti de gauche espère tirer profit des prochaines clarifications au sein du parti écologiste pour se renforcer en vue des élections régionales. Eric Coquerel a estimé samedi que son parti pourrait s’allier avec EELV dans au moins cinq régions pour le scrutin de décembre, affirmant sentir « une appétence » de la part de la base militante du parti écologiste en pleine crise.

 

Les régions Rhône-Alpes-Auvergne, PACA, Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Bourgogne Franche-Comté sont « les plus engagées » dans le processus, a précisé le coordinateur général du parti fondé par Jean-Luc Mélenchon lors d’un point-presse à l’université d’été du parti, à Toulouse. Des discussions pourraient par ailleurs reprendre en Bretagne, dans le Centre, les Pays-de-la-Loire et l’Ile-de-France, région à laquelle le parti « ne renonce pas », a-t-il déclaré.

 

Des binômes plutôt qu’un ralliement « On va vivre deux semaines absolument décisives, au cours desquelles il peut tout se passer », a estimé M. Coquerel, qui pense que la crise à EELV pourrait accélérer « dans un grand nombre de régions » le « choix stratégique » des écologistes. François de Rugy et Jean-Vincent Placé, qui ont tous deux claqué la porte de la formation écologiste cette semaine, s’étaient vivement opposés à la possibilité d’une alliance avec la gauche radicale pour les régionales., participant selon eux de la « dérive gauchiste » d’un parti devenu un « astre mort ».

 

Les leaders du PG sont cependant restés prudents, rappelant le refus de tout « ralliement » aux écologistes et leur préférence pour des « binômes » avec une tête de liste et un porte-parole de chaque parti.

 

 

- Les accords EELV-PG-PCF-Ensemble... avancent... lentement

  • En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, l’ensemble de ces forces se retrouvent autour d’une plate-forme qui vise à écrire le programme régional à partir de «  propositions citoyennes  », avant qu’une liste commune ne soit arrêtée en septembre. La rédaction d’un pré-projet fait cependant apparaître des difficultés.

L’évènement politique c’est la CHARTE ÉTHIQUE et

DÉMOCRATIQUE de Midi-Pyrenées-Languedoc-Roussillon..... voir ICI

 

  • En Provence Alpes Côte d’Azur, les Verts, Ensemble et le PG ont signé une déclaration commune début août et le PCF doit, lui, statuer lors d’une conférence régionale début septembre.

 

  • Dans le Nord, un texte, «  Tous unis contre l’austérité  », rassemble le Front de gauche et a été soumis aux écologistes, mais les discussions avec eux n’ont pas avancé depuis mi-juillet.

 

  • En Auvergne-Rhône-Alpes, le Parti de gauche (PG) et Ensemble, devraient sceller un accord avec EELV. Des difficultés sont apparues avec le PCF quant aux candidatures de la sénatrice Cécile Cukierman et du député André Chassaigne, désignés chefs de file par le PCF alors qu’EELV rechigne pour des raisons de cumul des mandats. «  Nous sommes tous deux conseillers régionaux sortants. Il ne s’agit pas d’une course au mandat mais d’un gage d’efficacité et du respect de la décision des communistes  », estime Cécile Cukierman qui reste ouverte à de nouveaux échanges et est déterminée à poursuivre son combat «  pour une région solidaire, rempart à l’austérité  » explique André Chassaigne.

 

Après la rupture des discussions avec les écologistes, les militants du Parti Communiste Français (PCF) de la future région Auvergne-Rhône-Alpes ont refusé le rassemblement anti-austéritaire à la gauche du PS et choisi la division en décidant que leur parti ferait liste à part au premier tour des régionales, selon les résultats d’un scrutin interne.

 

  • Dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, l’accord entre le Front de Gauche et EELV paraissait près de la signature lorsque le quotidien Le Monde a publié un article sur le sujet ce 9 août 2015 (ci-dessous en italique). Cependant, la direction du PS et d’EELV pèsent contre ce processus et rien n’a avancé depuis.

 

C’est un petit poucet qui rêve de devenir un géant vert orné d’un bonnet rouge. Sandrine Rousseau, porte-parole nationale d’Europe-Ecologie Les Verts (EELV), refuse de voir la nouvelle région Nord - Pas-de-Calais - Picardie aux mains de Marine Le Pen (FN) ou Xavier Bertrand (LR), grands favoris de l’élection de décembre prochain. « Quand j’entends Xavier Bertrand dire “il faut mettre les gens au travail”, comme si c’étaient des fainéants, c’est scandaleux ! », lance-t-elle. La conseillère régionale écologiste a donc chaussé ses bottes pour battre la campagne autour d’une idée : faire une alliance avec le Front de gauche et constituer la seule alternative crédible dans une région qui pourrait basculer à l’extrême droite.

 

  • En région Ile de France, des contacts fréquents ont eu lieu pour avancer vers une liste commune et paraissent commencer à avancer en cette fin août 2015. EELV a désigné Emmanuelle Cosse comme tête de liste et le PCF Pierre Laurent. La région est dirigée par le PS depuis 17 ans. Le président sortant, Jean-Paul Huchon, a été évincé au profit de Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale et ancien président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

 

 

En façade, l’unité semble quasi parfaite. « Nous devons proposer un rassemblement le plus large possible de l’opposition de gauche », lance Eric Coquerel pour le Parti de gauche (PG). « Nous allons faire une magnifique liste tous ensemble », renchérit Pierre Laurent pour le Parti communiste (PCF). Deux représentants d’EELV, Jérôme Gleizes et Francine Bavay, sont même venus en éclaireurs défendre leur idée d’un rassemblement le plus large possible à la gauche du PS.

 

Le Front de gauche tenait lundi 7 septembre à Paris une soirée de « travail » et de lancement de la campagne pour les régionales en Île-de-France. À trois mois du premier tour, aucun accord n’a encore permis de déboucher sur la constitution d’une liste. Le temps du « rassemblement citoyen » et de la construction du projet a, il est vrai, retardé les discussions entre partis.

 

Mais comme en région Auvergne Rhône-Alpes, l’application du non-cumul des mandats pose problème... revient également l’éternelle question des alliances avec le Parti socialiste.

 

  • En région Centre, les contacts actuels paraissent rendre possible un accord

 

  • En Bretagne, « l'ambition des communistes est d’avoir des listes Front de gauche qui rassemblent toutes les énergies citoyennes (…) et la gauche alternative et sociale a vocation à rencontrer la gauche écologiste. Ils sont en discussion avec EELV et nous devons nous revoir », a indiqué au Télégramme Xavier Compain, chef de file (PCF), avec Sylvie Larue (Ensemble).

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier élections régionales 2015

- Élections régionales 2015 : Une lettre du Parti de Gauche

- Mélenchon : « Vers la moitié des 13 régions en alliances du Front de gauche, d’EELV et de mouvements citoyens »

 

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 08:26
Parti de Gauche : " Avec la 6e République, reprenons vraiment le pouvoir ! "

Nous subissons depuis plus de 4 ans la politique d’un président élu pour en finir avec l’ère Sarkozy qui continue pourtant la même politique : restrictions budgétaires, destruction des services publics et de notre système de protection sociale, privatisations, casse des acquis sociaux, courbettes européennes, etc. Hollande est illégitime parce qu’il fait le contraire de ce pour quoi il a été élu.

Face à un pouvoir usé et discrédité, rien dans le système actuel de la 5e République ne nous permet d’inverser le cours des choses. Le peuple ne donne réellement son avis qu’une fois tous les 5 ans, le reste du temps, il n’est jamais écouté et est prié de subir les décisions dictées depuis le palais présidentiel… et en silence de préférence.

Pour que ça change, reprenons le pouvoir et vite, passons à la 6e République !

 

Sources :  le Parti de Gauche par Sylvie Aebischer et Boris Bilia

- 1) L’impasse démocratique de la 5e ou le vol de la souveraineté

Comment en sommes-nous arrivés là ? Toutes les institutions de la 5e République organisent la mise à distance du peuple. Le temps politique est concentré autour de l’élection présidentielle du « monarque présidentiel ». Doté de larges pouvoirs, irrévocable, le président de la République est la pièce centrale de cette démocratie d’apparat. Le parlement n’exerce aucun contre-pouvoir face au président et le gouvernement est l’exécutant de la volonté présidentielle. Les citoyens n’ont aucun droit de regard sur la politique menée entre les élections qui ne sont jamais que la consécration de la captation du pouvoir par les professionnels de la politique. Pas étonnant que l’abstention progresse d’élection en élection… et que les affaires à répétition manifestent l'épuisement de ce système !

 

Le droit à la liberté politique et économique

Mais la captation du pouvoir va plus loin : la France s’inscrit dans un système de relations internationales contraignantes qui restreignent gravement la souveraineté du peuple c’est-à-dire sa capacité à décider librement de son destin. L’union européenne a constitutionnalisé les politiques libérales de privatisation des services publics et l’euro. C’est même la Commission européenne qui valide aujourd’hui les projets de budgets des États membres ! Certains choix économiques tels que le protectionnisme solidaire ou les nationalisations sont impossibles dans ce cadre, c’est la définition même de la suppression de la liberté, un réel vol de souveraineté.

 

Dans son fonctionnement actuel, l’euro repose sur des politiques monétaires limitant l’intervention des États dans l’économie. Au niveau international, l’OMC, le FMI et les accords multilatéraux comme le GMT ou le Tisa jouent exactement le même rôle en imposant le carcan libéral et sa doctrine économique : quel que soit le choix du peuple, le gouvernement est censé mener toujours la politique du Medef. La sortie de ce cadre est possible si le peuple le décide !

 

Mais ce carcan des traités arrange bien l’oligarchie politico-économique en place afin de mettre en scène leur soumission consentie à ces politiques parce qu’ils en partagent les fondements. Quant aux médias, majoritairement sous intérêts privés, ils organisent la restriction du champ des possibles en mettant en scène un bipartisme reposant sur les mêmes évidences économiques… où le diable de confort du système qu’est Marine Le Pen joue parfaitement son rôle de garde-fou des aspirations démocratiques et progressistes du peuple français. Le vote utile est à la politique, ce que le «There is no Alternative» est à l’économie : une imposture pour protéger le système oligarchique.

 

• Une nouvelle hiérarchie des normes

Comment sortir de l’austérité alors qu’elle est encadrée par la Commission européenne et le traité de Lisbonne ? Il faut réhabiliter la souveraineté populaire par l’institution d’une nouvelle hiérarchie des normes en France. Il est urgent d’assurer à la fois la prééminence des droits économiques, sociaux et environnementaux sur les illégitimes traités européens libéraux. En outre, le recours obligatoire au référendum pour tout changement de la constitution ou adoption de traité international comprenant des transferts de souveraineté permettra de rester dans ce cadre démocratique et souverain.

 

La question que nous devons nous poser est bien qui doit décider ? Qui a le pouvoir ? Le Medef ou le peuple ? Quelques politiciens ou le grand nombre ? Quelques technocrates européens non élus ou les 99% ? Reprenons le pouvoir et pour ça c’est tout le système qu’il faut changer, en réécrivant les règles du jeu autour d’une 6e République réellement démocratique, sociale et écologique.

 

 

- 2) Un processus constituant pour l’implication citoyenne

• L’objectif de la mise en mouvement du peuple

La 6e République que nous prônons est d’abord une méthode : remettre le peuple en marche pour qu’il exerce réellement sa souveraineté. Seule une assemblée constituante pourra définir librement les règles de fonctionnement de la future constitution : le système nous opprime, il est temps de changer les règles du jeu !

 

Mais écrire une constitution n’est pas un débat d’experts, le texte proposé devra être l’aboutissement d’un processus populaire de masse. Et qui sera alimenté par débat public organisé parallèlement aux travaux de l’assemblée constituante avec la participation des citoyens, des organisations sociales et politiques au travers de toutes formes de rencontres publiques (forums, états-généraux, assemblées populaires, …). C’est seulement si le peuple s’approprie les enjeux de la constituante, si le processus constituant devient le fruit d’un vrai mouvement populaire que le débat ne sera pas confisqué par ceux qui veulent se passer du peuple.

 

• Des citoyens tous investis, des représentants désintéressés

Dans ce processus pour la 6e République, c’est le débat et la confrontation des projets qui permettront de garantir une constitution défendant réellement l’intérêt général. Le Parti de Gauche soutient plusieurs principes institutionnels afin de garantir que le peuple conservera bien le pouvoir.

 

Le peuple doit d’abord pouvoir exercer un contrôle de ses élus qui doivent lui rendre des comptes. C’est le principe du référendum révocatoire : tout représentant qui ne respecte pas les engagements pour lesquels il a été élu doit pouvoir être révoqué par le peuple. On peut imaginer que, comme dans certains États des Etats-Unis ou au Vénézuela, si à mi mandat une partie suffisante du corps électoral le demande un référendum révocatoire soit organisé. Ainsi le vote n’est plus une délégation totale, ni une remise de soi : le peuple garde le dernier mot.

 

Nous proposerons aussi des réflexions pour que le peuple soit régulièrement consulté sur les décisions importantes. Il doit aussi avoir un droit de de pétition et d’initiative législative. Mais l’implication citoyenne doit aller au-delà des élections, c’est à tous les échelons que l’on doit faire place au peuple : dans les entreprises, dans les services publics… La démocratie passe notamment par un statut du bénévole et du militant, sur la base du partage du temps de travail, qui favoriserait l’engagement politique et associatif des citoyens.

 

Il est urgent de mettre en place des mécanismes permettant d’arrêter la professionnalisation de la vie politique qui éloigne les élus des préoccupations du peuple et fait que leurs décisions politiques peuvent être plus guidées par leur carrière et non par l’intérêt général. Ainsi un statut de l’élu permettra les allers-retours entre le mandat politique et le monde du travail. Cela sera rendu d’autant plus indispensable que l’interdiction du cumul des mandats et notamment une limite des mandats dans le temps permettra une implication du plus grand nombre et une démocratisation des représentants politiques. Les rémunérations devront également être encadrées et transparentes et le contrôle des promesses de campagne sera favorisé.

 

 

- 3) Vers des droits nouveaux : garantir au peuple de garder le pouvoir

Pour que la démocratie soit effective, le peuple doit pouvoir exercer son pouvoir dans toutes les strates de la cité. Pour cela, les institutions doivent mettre en place des garde-fous face au pouvoir économique. C’est pour nous une condition essentielle pour que les citoyens puissent décider librement de leur avenir. Et c’est possible en inscrivant des droits nouveaux dans la constitution qui ne pourront pas être remis en cause.

• Une 6e République sociale

Permettre au peuple d’exercer réellement sa souveraineté implique de revoir l’ordre juridique qui fonde aujourd’hui la suprématie des intérêts privés sur les droits humains fondamentaux.

 

Les propositions économiques et sociales progressistes se heurtent aujourd’hui à l’ordre institutionnel actuel qui consacre le droit de propriété, mais aussi la liberté d’entreprendre et la liberté du commerce comme des normes supérieures. Or le peuple n’a jamais débattu de ces principes qui fondent tout l’ordre juridique : assumons le débat ! Nous proposons au contraire comme principe fondateur que l’intérêt général prime sur les intérêts particuliers et garantir à tous les membres d’une société les moyens d’exister. Ainsi nous reconnaîtrions le droit au logement et le droit au travail comme des droits supérieurs au droit de propriété. Le droit de propriété pourrait être redéfini comme un droit d'usage soumis au respect des droits fondamentaux d'autrui et de l'intérêt général.

 

Il s’agit aussi de repenser l’exercice du pouvoir dans les entreprises. Comment lutter contre le chômage et augmenter les salaires tant que les actionnaires sont tout-puissants dans les entreprises ? Les salariés seront aussi citoyens dans les entreprises : il est urgent de doter les comités d’entreprises d’un droit de veto sur les grandes orientations de l’entreprise, de créer un droit de préemption pour que les salariés puissent reprendre leur entreprise sous forme coopérative…

 

• Une 6e République écologique

Comment engager la transition énergétique sans libérer la politique des lobbys ? Parce que les enjeux climatiques ne peuvent être pris en compte dans une économie régie par une vision de court terme, nous proposons d’établir une « règle verte » qui fixera un cadre pour solder la « dette écologique ». Il s’agit de ne pas consommer plus de ressources que l’écosystème ne peut en reproduire sur une période équivalente, ni de rejeter plus de déchets qu’il ne peut en absorber. Une fois inscrite dans la constitution, cette règle permettra de s’opposer aux puissances financières qui saccagent notre environnement. Il faudra également soumettre les grandes questions comme l’avenir du nucléaire à la décision des citoyens !

 

Une nouvelle République du XXIe siècle pourra reconnaitre des biens publics comme universels telles que l’eau, l’énergie et toutes les ressources naturelles de manière générale. Ces biens communs seraient ainsi soustraits au marché pour permettre leur gestion collective sur le long terme. Il en va de même avec l’interdiction du brevetage du vivant afin de de soustraire la biodiversité des néfastes échanges marchands.

 

• Une 6e République pour de nouveaux droits personnels

Il n’y a pas de liberté collective sans garantie profonde des libertés individuelles. La 6e République pourrait être l’occasion de garantir de nouveaux droits individuels comme le droit à la fin de vie dans la dignité, le droit de disposer librement de son corps et le droit à une santé pérenne. L’extension de la loi laïque de 1905 à tout le territoire de la République sera également un cap logique dans l’émancipation collective et le respect de chacun.

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 08:16
10 avril 2011 : Résolution du Parti de Gauche sur l’euro

Un texte pleinement d'actualité !

 

Sources : le Parti de Gauche

  • Adoptée au Conseil national du PG, 10 avril 2011

Avec le « semestre européen », les gouvernements de la zone euro ont manifesté leur détermination à imposer cette orientation en instituant une tutelle de la Commission européenne sur les budgets nationaux. Ils viennent d’aggraver cette régression de la démocratie avec le pacte « euro-plus ». Désormais, et sans consultation des citoyens, la sinistre méthode du FMI – celle des plans d’ajustement structurel – sera intégrée aux institutions européennes : pour bénéficier du mécanisme de solidarité financière, un Etat devra s’engager  sur un programme d’austérité et de régression sociale.

 

Dans ce contexte, monte une légitime protestation contre le fonctionnement de l’union monétaire et surgissent de nombreux appels à la sortie de l’euro. Une alternative semble en effet s’imposer dans les faits : ou bien un pays reste dans l’union monétaire, mais il devrait alors se soumettre au carcan des politiques néolibérales, ou bien il entend mener une autre politique, mais il devrait pour ce faire sortir de l’euro. S’il n’y avait effectivement pas d’autre alternative que celle-là, le PG opterait assurément pour la sortie de l’euro et la reconstruction d’une autre forme de coopération monétaire avec les pays européens disposés à le faire.

 

 

- Toutefois, cette façon de poser le débat et de le centrer sur la question du maintien ou de l’abandon de l’euro n’est pas la bonne.

Certes, l’union monétaire ne remplit aucune des conditions nécessaires au fonctionnement durable et progressiste d’une zone monétaire ;

  • celle-ci devrait donc être profondément transformée (voir section 1, ci-dessous) ;
  • Certes, encore, l’union monétaire est devenue l’instrument d’une régression économique et sociale (voir section 2, ci-dessous) ;
  • Mais l’euro, en lui-même, n’est pas la cause de la crise actuelle qui est imputable au capitalisme financiarisé et aux politiques néolibérales (voir section 3, ci-dessous) ;
  • Or, la sortie de l’euro (pas plus que son maintien d’ailleurs) n’est pas une condition nécessaire pour changer de système et de politique ; il y a en effet une stratégie alternative et plus efficace pour renverser le rapport de forces : sortir de l’application du traité de Lisbonne sans sortir de l’Union (voir section 4, ci-dessous) ;
  • Le PG propose donc un ensemble de mesures concrètes nécessaires au plan national pour s’affranchir du carcan néolibéral et mener une politique alternative, sans pour autant rejeter en bloc tous les acquis de la construction européenne (voir section 5, ci-dessous) ;
  • On ne peut toutefois pas écarter a priori la possibilité que d’autres pays fassent le choix de sortir de l’euro et que la zone euro explose de fait, sous la pression combinée des spéculateurs et des peuples soumis à des politiques insupportables. Face à cette éventualité, le PG propose une réponse graduée, selon les circonstances, allant de la restauration d’une monnaie unique à l’institution d’une monnaie commune (voir section 6, ci-dessous).

 

 

- [1] La nécessaire refondation de l’Union monétaire

L’union monétaire européenne ne remplit actuellement aucune des conditions nécessaires au fonctionnement durable et progressiste d’une zone monétaire.

 

La zone euro n’est pas et ne peut pas être une « zone monétaire optimale » au sens de la théorie économique : cela supposerait notamment une parfaite mobilité du travail comme du capital, la synchronie des cycles d’activité des pays membres et la convergence des structures économiques et sociales. Telles seraient les conditions requises pour qu’une politique monétaire unique puisse être adaptée à tous les pays membres.

 

Néanmoins, à défaut de pouvoir réunir les conditions susdites, l’union monétaire pourrait être bénéfique et soutenable si, en rupture avec le traité de Lisbonne, elle était refondée grâce aux dispositifs suivants :

  • un plus haut degré de solidarité budgétaire entre les États membres, et un budget européen plus important, en sorte de pouvoir corriger les divergences structurelles et les chocs conjoncturels asymétriques qui affectent les États membres ;
  • la liberté pour chaque État de compenser un choc conjoncturel par le niveau de déficit public adéquat ;
  • un nouveau statut de la Banque centrale européenne lui assignant d’œuvrer au soutien de l’activité et de l’emploi avec une inflation soutenable, et dirigée par un directoire évalué par et responsable devant le conseil européen et le parlement européen ;
  • des mécanismes d’harmonisation des politiques fiscales et sociales, visant au minimum à protéger les États membres contre tout dumping fiscal ou social, ou, mieux encore, engageant un processus de convergence des pays les moins avancés vers des standards plus élevés en matière de droits sociaux, de salaire minimum et de protection sociale ;
  • le contrôle des mouvements de capitaux vers les pays non membres de l’Union européenne (UE) [sans quoi la tutelle des spéculateurs – abolie sur le marché des changes – finit par être restaurée sur le marché mondial des capitaux].

Une union monétaire ainsi refondée renforcerait la solidarité des européens, l’activité et l’emploi, tout en mettant les États membres à l’abri de toute pression des spéculateurs sur les marchés financiers, étendant ainsi les marges de manœuvres de ces États pour mener des politiques sociales conformes aux vœux de leurs peuples respectifs.

 

Cette refondation aurait pu être engagée à la fin des années 1990, quand la plupart des pays de la zone euro étaient gouvernés par les socialistes et les sociaux-démocrates. Mais ces derniers, loin de combattre la tournure néolibérale de la construction européenne, l’ont validé par le traité d’Amsterdam et accentué ensuite en acceptant l’élargissement de l’UE sans approfondissement préalable d’institutions démocratiques et de mécanismes de convergence sociale et de solidarité financière ; pour finir, ils ont confirmé à nouveau leur soutien à cette orientation en contribuant massivement à la ratification du Traité de Lisbonne, copie conforme du traité constitutionnel européen auquel pourtant les peuples irlandais et français avaient clairement dit « non ».
 
Dans ce contexte politique, l’union monétaire a pu être instrumentalisée par des gouvernements déterminés à imposer leur idéologie néolibérale.

 

 

- [2] L’Union monétaire est devenue l’instrument d’une régression économique et sociale

Jusqu’à la crise de 2008, la BCE a mené une politique monétaire excessivement rigoureuse, source de sous-activité et de chômage, et responsable d’une surévaluation de l’euro qui pénalise gravement l’économie française comme celle des autres pays du sud de l’Europe.

 

Dépossédés de l’instrument des taux d’intérêts et du taux de change, contraints par le pacte de stabilité en matière de politique budgétaire, livrés enfin à une libre concurrence exacerbée par l’élargissement de l’UE, les gouvernements ont instrumentalisé cet ensemble de contraintes pour justifier des politiques de désinflation compétitive fondées sur la compression des « coûts » salariaux, l’intensification du travail, l’exonération des prélèvements fiscaux et sociaux pesant sur les entreprises et les revenus du capital. Ce dumping fiscal et social, associé à l’hémorragie des ressources publiques qu’il engendre, a également servi à justifier la dégradation ou la privatisation des services publics.

 

En fait d’ « union » monétaire, la zone euro s’est ainsi transformée en zone de désunion des peuples qui dresse les travailleurs les uns contre les autres, rogne leur pouvoir d’achat, restreint leurs droits sociaux et dégrade leurs services publics. L’union ne fait plus ici la force des peuples pour améliorer leur sort, mais seulement la force des gouvernements rétrogrades pour imposer toujours plus de sacrifices et de rigueur aux salariés.

 

Ainsi, quand est survenue la crise financière internationale de 2008 et, à sa suite, la crise de la dette publique dans la zone euro, l’union monétaire n’a pas servi à protéger les pays victimes de la spéculation, bien au contraire. Face à cette crise, l’euro n’a eu aucun effet protecteur ; les pays membres de la zone euro attaqués par les spéculateurs se voient au contraire imposer des taux d’emprunt exorbitants. Au lieu de réagir contre les spéculateurs fauteurs de crise, les gouvernements de la zone euro ont choisis de faire payer la crise aux travailleurs ; ils ont conditionné leur soutien en faveur des pays attaqués à la mise en œuvre d’une cure d’austérité. Ils ont ainsi appliqué aux Européens la sinistre méthode des « Plans d’ajustement structurel » que le FMI inflige systématiquement aux pays pauvres et/ou surendettés.  Cette politique est, à terme, insoutenable sur le plan social et d’ores et déjà parfaitement imbécile sur le plan économique : l’austérité combinée dans un ensemble de pays dont les économies sont solidaires condamne la zone euro à une longue atonie de l’activité qui accentuera la crise des finances publiques au lieu de la résorber.

 

Le « pacte euro-plus » adopté le 25 mars 2011, vient confirmer et aggraver cette orientation insoutenable.

Les États devront désormais faire valider leur politique budgétaire par la Commission européenne avant de présenter leurs budgets devant leur parlement. Ainsi,  tandis que la crise provoquée par les spéculateurs justifierait évidemment  la mise au pas des marchés financiers, elle est au contraire invoquée pour mettre au pas les peuples, pour priver de leur souveraineté les citoyens susceptibles de s’opposer aux politiques néolibérales de régression sociale.

 

 

- [3] Le capitalisme financiarisé et les politiques néolibérales sont les véritables responsables de la crise financière dans la zone euro

La quasi-totalité des méfaits habituellement imputés à l’euro sont plutôt l’effet combiné d’autres règles et institutions, des choix politiques gouvernementaux et du pouvoir exorbitant des gestionnaires de capitaux dans le capitalisme financiarisé.

 

En effet, la monnaie unique, en soi, n’implique pas la rigueur excessive et la surévaluation ; elle ne nous protège pas non plus contre ces maux. L’orientation de la politique monétaire n’est pas imputable à l’existence ou non d’une monnaie unique ; elle est imputable aux statuts de la banque centrale et à l’orientation idéologique de ses dirigeants (choisis par les gouvernements). En outre, à défaut d’une réforme de la BCE et d’une réorientation de sa politique, un pays peut toujours réformer sa propre banque centrale et réglementer le crédit distribué par les banques publiques ou privées (cf. 4. et 5. ci-dessous).

 

Par ailleurs, la crise de la dette publique européenne et les difficultés pour l’affronter n’ont rien à voir avec l’euro ; elles sont imputables à la libre circulation des capitaux avec le reste du monde, aux statuts de la BCE interdisant les concours directs aux besoins de financement publics, et aux politiques délibérées des gouvernements européens. Avec ou sans euro, quel que soit le système monétaire, la déréglementation financière produit les mêmes crises, et la volonté politique des gouvernements néolibéraux produit toujours la même stratégie d’ajustement par la régression sociale.

Plus fondamentalement, la crise de la zone euro – indissociable de la crise financière internationale ouverte en 2008 – est un sous-produit du développement du capitalisme financiarisé, c’est-à-dire des pleins pouvoirs donnés aux gestionnaires de capitaux pour imposer leur volonté aux entreprises comme aux salariés, pour développer n’importe quel type de spéculation génératrice de profits, pour bouleverser la répartition des revenus au seul avantage des plus riches. L’exposition des banques aux produits financiers toxiques américains ne vient pas de l’euro, mais de l’insuffisance de la réglementation bancaire et des mouvements de capitaux. Le maintien d’une monnaie nationale au Royaume-Uni n’a pas immunisé les banques anglaises contre l’exposition à la crise des subprimes.

 

En un mot, la crise financière en Europe est l’effet d’un système économique et de politiques gouvernementales qui produisent les mêmes effets avec ou sans euro. L’euro ne nous protège pas contre ce système et ces politiques, pas plus que ne le ferait le franc, l’écu ou n’importe quelle autre monnaie. Centrer le débat européen sur le maintien ou non de l’euro nous détourne donc du vrai débat qui porte sur les mesures nécessaires pour rompre avec le capitalisme financiarisé et les politiques néolibérales.

 

En conséquence, le PG aborde le problème d’une autre manière, très concrète.

La France est aujourd’hui dans l’UE et dans la zone euro. Compte tenu de cette réalité, si un gouvernement déterminé à mener une autre politique arrivait au pouvoir en 2012, quelles mesures immédiates devrait-il prendre pour disposer des marges de manœuvres nécessaires à la mise en œuvre de son programme, pour s’opposer au pouvoir des spéculateurs, pour échapper à la cure d’austérité imposée par la Commission européenne, pour surmonter la crise des finances publiques, pour contrer les effets d’une politique monétaire inadéquate ?

 

  • L’examen rigoureux de cette question conduit à la conclusion que la sortie de l’euro n’est pas une condition nécessaire à la mise en place des mesures nécessaires, et qu’elle n’apporterait pas de marges de manœuvres supplémentaires à celles dont le gouvernement pourrait disposer par le simple exercice de la volonté politique [1]. Il est en revanche nécessaire de s’affranchir unilatéralement de l’application d’un certain nombre de dispositions du traité de Lisbonne.

 

 

- [4] Une stratégie alternative : sortir du traité de Lisbonne en restant dans l’Union européenne.

Le PG comprend le souci légitime de restaurer des marges de manœuvres politiques face à l’eurolibéralisme, souci qui s’exprime notamment par l’appel à la sortie de l’euro. Néanmoins, nous considérons que la restauration d’une monnaie nationale a des effets hasardeux et pas toujours souhaitables sur lesdites « marges de manœuvres ». Cette restauration donne en effet au pays la possibilité de procéder à des « dévaluations compétitives »  en vue de corriger ainsi un éventuel écart de compétitivité.  Mais la longue expérience française des dévaluations compétitives (des années 1950 au début des années 1980) démontre la faible efficacité d’une telle stratégie.

 

  • Une dévaluation commence toujours par alourdir la facture des importations en partie incompressibles à court terme, et ce bien avant que l’effet stimulant sur les exportations se fasse sentir.

Par ailleurs, la dévaluation ne corrige qu’un écart de « compétitivité-prix », elle a peu d’effet sur un défaut de « compétitivité structurelle », et son éventuel effet bénéfique pour un pays suppose que les  partenaires commerciaux de ce dernier ne dévaluent pas à leur tour et ne prennent aucune mesure de rétorsion. Si les pays européens accablés par le carcan néolibéral optent pour la sortie de l’euro et comptent sur la dévaluation pour améliorer leur sort, l’Europe risque de s’enliser plus avant dans la logique de guerre commerciale dont elle souffre déjà. L’éclatement de la zone euro pourrait déclencher une série de dévaluations qui affaibliraient le gain effectif de chaque pays et attiseraient leur rivalité. L’éclatement de la zone euro ne prépare pas forcément la refondation d’une Europe de la coopération des peuples. Elle risque de restaurer l’affrontement mortifère des nationalismes.

 

  • Par ailleurs, il ne faut pas surévaluer le problème certes bien réel de la surévaluation de l’euro !

Nous savons que la perte de croissance imputable à cette dernière est notable, mais le PG est un parti écologiste qui ne vise pas le retour d’une croissance indifférenciée qu’autoriserait éventuellement la dévaluation d’une monnaie nationale restaurée. Un supplément de croissance obtenu grâce à la compétitivité accrue des producteurs les mieux adaptés aux exigences des marchés mondiaux n’est pas nécessairement adapté aux exigences d’une économie refondée sur la satisfaction des besoins de tous et sur des méthodes de production assurant une coévolution harmonieuse des activités humaines et des écosystèmes. Le PG n’attend pas la prospérité et le plein emploi d’une compétitivité accrue sur les marchés d’antan, mais de la planification écologique d’une économie humaine et de la juste répartition des richesses. Les politiques et les grands travaux engagés pour développer les services publics, la recherche, les énergies renouvelables, la qualité écologique des logements, une agriculture soutenable, le ferro-routage, la reconversion industrielle, etc., soutiendront plus surement l’emploi et les activités vraiment utiles que ne le ferait une dévaluation compétitive aux effets hasardeux.

 

  • Pour toute ces raisons, nous considérons que l’éclatement de la zone euro et le retour à des monnaies nationales n’est pas la meilleure solution [1] : la question est donc de savoir si on peut l’éviter, sans pour autant supporter tous les effets nocifs du fonctionnement actuel de l’union monétaire ? Autrement dit, comment peut-on préserver l’union tout en transformant radicalement son mode de fonctionnement et en abolissant les entraves qu’elle impose aujourd’hui à toute politique progressiste ?

 

Dans l’état actuel des rapports de forces politiques au sein de l’UE, il est parfaitement illusoire d’espérer une réorientation radicale des politiques et des institutions européennes si l’on se contente d’attendre que tous nos partenaires soient disposés à engager une renégociation des traités. Toutefois, au sein d’une quelconque association, le conflit entre une partie minoritaire et les autres parties prenantes n’a pas que deux issues – la soumission ou la sortie – il existe une troisième issue : l’action subversive au sein même de l’association, action qui a d’autant plus de chances de forcer les parties prenantes à l’accord que celles-ci n’ont pas intérêt à la dislocation de l’association.

 

Un gouvernement déterminé peut mener cette action subversive dans l’UE : il peut cesser d’appliquer l’intégralité du traité de Lisbonne, s’affranchir des règles européennes qui imposent aux politiques un carcan néolibéral, et cela sans s’imposer les difficultés supplémentaires qu’engendrerait une sortie de l’euro. Ce coup de force politique peut naturellement susciter une très forte résistance des gouvernements les plus attachés à l’actuel fonctionnement antisocial et antidémocratique de la zone euro (notamment le gouvernement allemand). Mais dans la crise politique qui s’ouvrirait alors dans l’UE, le rapport de force est défavorable à ceux qui ont le plus à perdre à l’éclatement de la zone euro (notamment l’Allemagne) et favorable à ceux qui sont disposés à assumer cet éclatement s’il apparaît inéluctable. Nous y sommes quant à nous parfaitement disposés et préparés.

 

  • Le PG ne sacralise aucun système monétaire en lui-même, il ne fait prévaloir que l’absolue nécessité de mener les politiques publiques progressistes exigées par le suffrage universel ; en conséquence, si l’alternative qui venait à se présenter était le maintien de la zone euro dans la soumission au carcan néolibéral, ou bien la sortie de l’euro pour appliquer le programme validée par le vote des citoyens, le PG opterait sans hésitation pour cette seconde solution.


Nous pensons toutefois que, dans l’immédiat, l’alternative réelle est différente. Un gouvernement déterminé peut faire à peu près ce qu’il veut dans la zone euro, et sa détermination a toutes les chances de faire plier des partenaires récalcitrants, mais qui ont fort à perdre dans la disparition de l’euro.

 

Si d’éminents économistes, y compris économistes de gauche, prennent d’emblée position en faveur d’une sortie de l’euro, c’est notamment parce qu’ils excluent la possibilité dont dispose toujours un gouvernement national : décider unilatéralement de ne plus appliquer certaines dispositions des traités européens. Leur raisonnement est pertinent dans un cadre politique donné : si un État national est censé respecter à la lettre les traités, alors il est exact que la monnaie unique est devenue insoutenable pour un gouvernement qui voudrait rompre avec les politiques néolibérales imposées par le fonctionnement actuel de l’UE et l’idéologie dominante dans les gouvernements européens. Mais pour que ce raisonnement reste cohérent, il faudrait ajouter que la sortie de la seule zone euro ne suffit pas : il faut sortir de l’UE, puisqu’il est nécessaire de s’affranchir d’autres règles européennes que celles concernant la monnaie. Il est notamment indispensable de rétablir un contrôle strict des mouvements de capitaux. Si l’on postule qu’il est impossible de s’affranchir partiellement d’un accord sans rompre intégralement cet accord, alors la question de la sortie de l’euro est indissociable de celle d’une sortie de l’UE.
 

  • Or le PG  entend œuvrer à une transformation de l’UE, non à sa destruction.

Il ne s’agit donc pas seulement d’abandonner l’UE à son triste sort en restaurant la seule souveraineté du peuple français, mais d’engager une épreuve de force au sein de l’UE en démontrant qu’un gouvernement déterminé à le faire peut toujours mener une autre politique. S’affranchir du carcan néolibéral de l’UE, sortir de l’application intégrale du traité de Lisbonne, sans sortir de l’UE, c’est démontrer que l’on peut préserver l’acquis de cinquante ans de construction européenne, en se débarrassant du poison néolibéral. Cette démonstration est un encouragement aux peuples européens pour qu’ils exercent à leur tour leur souveraineté en votant pour des gouvernants qui s’engagent à suivre l’exemple du peuple français. C’est ainsi que se construira un nouveau rapport de forces en faveur d’une refondation démocratique et progressiste de l’UE. Les mesures présentées ci-dessous montrent comment un pays membre de la zone euro peut mener seul une autre politique que celle qu’impose aujourd’hui le strict respect du traité de Lisbonne et les choix politiques nettement dominés par l’idéologie néolibérale et par la volonté du gouvernement allemand. Mais elles ne définissent évidemment pas l’horizon idéal de notre relation à l’UE. Elles visent plutôt à contraindre tous ceux qui ont beaucoup à perdre à l’éclatement de la zone euro (au premier chef l’Allemagne) à négocier un nouveau fonctionnement de la zone euro ; elles visent à convaincre d’autres pays (notamment du sud de l’Europe) de s’associer à la France pour promouvoir cette réforme nécessaire.

 

Tous les fléaux associés à ce que l’on dénomme la « crise de l’euro » peuvent être combattus, dans l’immédiat, sans sortir de l’euro [1], par des mesures nationales immédiates contrevenant à certaines dispositions des traités européens. En invoquant le compromis du Luxembourg, le gouvernement français pourrait obtenir une clause d’exception (opt out) pour une liste déterminée de dispositions qui empêchent la mise en œuvre du programme validé par les élections nationales. La violation de la volonté exprimée par le suffrage universel constitue en effet une atteinte grave aux intérêts supérieurs de la nation française (cadre d’application du compromis du Luxembourg). Face à un gouvernement déterminé à agir, nos partenaires n’ont d’autre alternative que l’acception de cette exception française ou la contemplation de sa mise en œuvre sans leur accord (aucune procédure n’est prévue dans les traités pour exclure un membre de la zone euro au motif des infractions prévues cf. 5. ci-dessous).

 

A défaut du consentement de nos partenaires, le gouvernement peut faire adopter par le peuple français et ses représentants élus toutes les dispositions nécessaires pour que l’exercice effectif de l’exception française se fasse dans un cadre légal et constitutionnel.

 

 

- [5] Les mesures nationales face à la crise de la zone euro

En pratique, pour surmonter la « crise de la zone euro » et mettre en œuvre la stratégie énoncée ci-dessus, chaque pays qui le souhaite pourrait et devrait : refonder un système bancaire public (5.1, 5.2), éliminer une part du stock de dette publique (5.3 et 5.4), renationaliser le financement de la dette publique (5.5, 5.6), s’assurer de l’autonomie du pays à l’égard de toute pression spéculative des marchés financiers (5.7, 5.8), soutenir l’activité et l’emploi pour compenser le choc dépressif engendré par la crise financière et l’accumulation imbécile de plans de rigueur (5.9, 5.10, 5.11), mettre en place une politique sélective du crédit (5.12, 5.13) pour corriger les défauts de la politique monétaire unique de la BCE. 

 

  • Refonder un système bancaire public

5.1. Constitution d’un pôle public bancaire.

5.2. Une réforme de la Banque de France permet à celle-ci de concourir directement au financement de l’État (une tranche plafonnée d’avances directes mobilisables à la discrétion du gouvernement ; une tranche exceptionnelle mobilisable par le vote d’une loi).

 

  • Éliminer une part du stock de dette publique

5.3. Rachat d’une partie de la dette publique par les banques publiques et la Banque centrale nationale (monétisation : financement des dettes par création monétaire).

5.4. Annulation partielle et renégociation de la dette par les États surendettés (restructuration).

 

  • Renationaliser le financement de la dette publique

5.5. Émission des titres la dette publique exclusivement auprès d’investisseurs résidents dans la zone euro ou dans le pays émetteur.

5.6. Obligation minimale de détention d’obligations publiques par les banques et les fonds d’investissement résidents. Si nécessaire, les grandes entreprises et les particuliers détenteurs d’un portefeuille de placement financiers peuvent se voir imposer, au-delà d’un certain seuil, la détention d’un pourcentage minimal de titres publics. Ceci a pour double effet bénéfique de garantir le placement des titres publics, et de sécuriser l’actif des institutions concernées.

 

  • L’autonomie du pays à l’égard de toute pression spéculative des marchés financiers

5.7. Contrôle strict des mouvements de capitaux sur les placements financiers (agrément public et/ou taxation des transactions).

5.8. Interdiction des instruments spéculatifs sans utilité pour le financement de l’économie réelle (vente à terme sur titres publics, CDO, CDS, produits dérivés, etc.).

 

  • Soutenir l’activité et l’emploi

5.9. Hausse des salaires et des investissements publics écologiques et sociaux.

5.10. Création directes d’emplois privés (par l’institution de normes minimales d’emplois dans les services non délocalisables).

5.11. Création d’emplois dans tous les services publics sinistrés (justice, éducation, hôpitaux publics, inspection du travail, service public de l’emploi, etc.).

 

  • Politique sélective du crédit

5.12. Bonifications des taux d’intérêt financées par les collectivités publiques pour soutenir des investissements ou des activités prioritaires.

5.13. Programmes prioritaires à taux réduit financés directement par des banques publiques.

 

Ces mesures n’entraineraient aucune dérive vers un endettement excessif de l’État, d’abord en raison des mesures susmentionnées concernant la restructuration et la renationalisation de la dette, ensuite en raison de la réforme fiscale abolissant l’essentiel de la « dépense fiscale » (niches pour les riches et les revenus financiers, exonérations inutiles…), enfin parce que le plein emploi et le progrès écologique et social soutenu par cette stratégie génèrent à terme l’autofinancement de la dette (exactement comme pour tout investissement productif privé).

 

 

- [6] Options possibles face à un éventuel éclatement de la zone euro

La stratégie de sortie du traité de Lisbonne sans sortie de l’euro, est une stratégie d’action immédiate pour se libérer du carcan néolibéral et pour changer le rapport de forces au sein de l’UE.

 

À moyen et long terme, cette stratégie, en elle-même, ne résout aucune des insuffisances actuelles pour assurer une union monétaire soutenable (insuffisances énoncées dans la cf. section 2 ci-dessus). À terme, la persistance de divergences profondes entre les systèmes sociaux et fiscaux, la persistance d’écarts notables de compétitivité, l’absence des transferts budgétaires et de la solidarité financière nécessaires pour réduire ces divergences ou pour compenser les chocs conjoncturels asymétriques, tout cela soumet une union monétaire quelconque à une tension qui finit par être insoutenable. La stratégie proposée ne fait sens qu’en tant qu’étape susceptible de provoquer le choc nécessaire pour briser la domination du bloc néolibéral au sein de l’Union et de forcer la renégociation d’un traité instaurant les conditions d’une union monétaire soutenable. Si donc, à moyen terme, il s’avérait impossible d’engager une telle refondation de l’union monétaire, il faudrait envisager une autre forme de coopération monétaire entre les pays qui y sont disposés.

 

Par ailleurs, la stratégie et les arguments développés ci-dessus décrivent notre position face à l’état actuel de la zone euro, et dans l’hypothèse où un gouvernement mené par le Front de Gauche trouverait cette zone dans ce même état. Mais les gouvernements européens ont choisi de ne rien faire pour protéger l’UE contre le déploiement ininterrompu de la spéculation, de soumettre la zone euro à une cure d’austérité qui va aggraver la crise des finances publiques la régression sociale et l’exaspération des peuples sommés de payer le prix lourd pour la crise engendrée par le capitalisme financiarisé. L’inévitable récession que ces choix vont provoquer, les nouvelles difficultés financières des États qui s’ensuivront et les nouveaux assauts des spéculateurs pourraient bien engendrer une situation financière et surtout politique qui contraint les pays les plus exposés à sortir de l’euro.

 

  • Si nous considérons qu’une autre stratégie serait préférable, y compris pour ces pays, nous devons néanmoins envisager sérieusement l’hypothèse où la question ne serait plus  « faut-il ou non préserver la zone euro ? » mais « que faire dans une zone euro qui a d’ores et déjà éclaté ? ».

 

Face à cette question, le PG propose une réponse graduée en cinq temps.

  • 1°) Rester dans l’euro et tenter la réintégration des sortants

À très court terme, le gouvernement français doit rester dans l’euro et appliquer la stratégie décrite ci-dessus. Dans le même temps, il propose à la zone euro d’offrir aux États sortis de l’euro leur réintégration assorti d’un protocole les autorisant à appliquer, à l’instar de la France, une série d’exceptions au traité de Lisbonne. Le rapport de force serait alors radicalement bouleversé au détriment du consensus eurolibéral. L’exemple français pourrait inciter les gouvernements sortants à opter pour la réintégration à ces nouvelles conditions.

 

  • 2°) Menacer les membres de la zone euro de la constitution d’une « zone eurosud ».

Si l’option précédente se heurte au refus des États sortants de l’euro et/ou des États restés dans la zone euro, le gouvernement engage de concert deux séries de négociations.
Avec les États sortants : négociation pour la création d’un « eurosud » refondé sur les principes coopératifs et progressistes énoncés plus haut et fortement dévalué par rapport à l’euro et au dollar en sorte d’effacer la surévaluation dont souffre aujourd’hui les économies concernées. L’eurosud pourrait tout aussi bien être baptisé l’ « eurosol », abrégé de l’euro « solidaire ».
Avec l’Allemagne et l’UE : négociation d’une réforme de l’union monétaire incluant les conditions sans lesquelles la zone eurosud sera effectivement constituée. Si cette négociation aboutit la nouvelle union monétaire peut réintégrer tous les États sortants.

 

  • 3°) Mettre en place une « zone eurosud » ou « eurosol »

Cette nouvelle union monétaire serait ouverte à tous les pays de l’Union européenne, qui aurait ainsi le choix entre l’euro surévalué d’une zone exposée à la guerre économique et à la régression sociale, et l’euro compétitif d’une zone solidaire unissant ses forces pour protéger l’emploi, combattre la spéculation, et rendre aux peuples la possibilité de décider de l’orientation de leurs politiques budgétaires et sociales intérieures.

 

  • 4°) Une nouveau Système monétaire européen

A court terme, si trop peu d’Etats sont disposés à la reconstitution d’une quelconque union monétaire, il faudrait au minimum tenter d’instituer un système monétaire européen stabilisant les taux de changes intra-européens. Mais, contrairement au SME mis en place en 1979, ce nouveau SME devrait impérativement être associé au contrôle des mouvements de capitaux, sans quoi il deviendrait vite insoutenable sous la pression des spéculateurs.

 

  • 5°) Une monnaie commune entre les pays sortants de l’euro

À moyen terme, la France devra œuvrer au renforcement de la coopération monétaire en proposant le passage du SME à la « monnaie commune européenne » (et non plus « monnaie unique »). Cette solution est inspirée de celle imaginée par J.M. Keynes pour le système monétaire international en 1944.

 

Chaque pays dispose d’une monnaie nationale convertible dans la monnaie commune à un taux de change fixe mais ajustable ;

- la monnaie commune sert aux transactions internationales ;

- une banque des règlements internationaux règle l’émission de la monnaie commune en fonction des besoins liés aux échanges et impose des pénalités financières aux pays dont les comptes sont structurellement excédentaires ou déficitaires, incitant ainsi ces derniers à un jeu commercial coopératif qui vise l’équilibre des échanges.

La dévaluation ou la réévaluation des taux de change internes à la zone monétaire font parties des mesures correctrices autorisées pour combattre un déséquilibre structurel des échanges.

Ce système préserve un mécanisme de correction des écarts de compétitivité par des variations des taux de change, sans livrer pour autant la zone concernée à la compétition déloyale par la manipulation discrétionnaire de ces taux de change.

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Conclusion

Le PG se prononce donc, de préférence, pour le maintien d’une zone euro refondée ou d’une nouvelle zone monétaire limitée aux seuls pays disposés à engager la refondation d’une union monétaire démocratique et progressiste[1]. A défaut, il soutient le projet d’une monnaie commune européenne.

 

« À défaut », car la monnaie commune n’est pas un système conçu pour le développement d’une intégration économique et politique des nations ; il s’agit d’un système conçu pour une coopération internationale visant à équilibrer les échanges et stabiliser les échanges entre des pays strictement indépendants qui n’ont aucune intention de constituer ensemble un espace politique, économique et social plus intégré. C’est pourquoi le PG soutient le projet d’une monnaie commune, en tant qu’élément souhaitable d’une nouvelle organisation des relations monétaires internationales. En revanche, au niveau européen, les peuples peuvent avoir une ambition qui dépasse la constitution d’un simple espace de coopération interétatique. L’Union européenne est aussi un cadre d’intégration politique partielle qui permet la production de biens publics européens à une échelle plus pertinente que le seul niveau national. C’est pourquoi, la monnaie unique peut constituer un système préférable à la monnaie commune, dans le cas où il serait possible de transformer radicalement les conditions de son fonctionnement[1].

 

Si l’on postule la mort définitive, l’impossibilité ou la nocivité de tout projet d’intégration européenne, alors l’idée même de monnaie unique doit être exclue a priori. Il nous faut retourner vers un état antérieur de l’Europe ou ne subsisterait que des éléments de coopération internationale technique et économique. Or le PG entend œuvrer à la refondation du projet européen et non à sa dissolution ; il préfère donc une Union européenne refondée à une simple coopération monétaire internationale entre les États. C’est pourquoi, il n’exclut pas la possibilité de maintenir une monnaie unique. Mais il n’exclut pas davantage a priori l’abandon de cette monnaie unique s’il s’avère impossible de réformer et de démocratiser suffisamment le cadre de sa mise en œuvre.

 

La monnaie unique a un avantage qui est aussi son plus redoutable inconvénient : elle pousse d’une manière ou d’une autre à une convergence des politiques économiques et sociales. Elle n’est donc ni un bien en soi, ni un mal en soi ; le type de convergence politique qu’elle induit peut être tout aussi bien régressif que progressiste selon les rapports de forces historiques et les choix des gouvernements nationaux.

 

Les politiques peuvent, comme c’est le cas depuis 20 ans, se déployer sur un axe néolibéral par l’alignement sur des politiques de régression sociale imposée par la compétition généralisées entre les travailleurs et les territoires européens.

 

Mais elles pourraient aussi ce développer sur un axe progressiste et ce qui détermine la voie empruntée à chaque instant de l’histoire est le rapport des forces politiques. Or, au moment où les peuples européens souffrent comme jamais du capitalisme financiarisé et de l’idéologie néolibérale, le rapport de force peut se retourner en faveur de l’axe progressiste. Oui, la monnaie unique est aujourd’hui devenue insoutenable avec des politiques et des institutions néolibérales ! Mais cette impasse a deux issues et non pas une seule. On peut faire sauter soit la monnaie unique, soit les politiques néolibérales, soit l’euro, soit l’eurolibéralisme. Le PG ne campe pas sur la monnaie unique pour préserver un quelconque totem ; nous n’avons aucun culte de la monnaie unique et pouvons bien si nécessaire considérer d’autres options.  Car l’union monétaire, pas plus que l’Union européenne, n’est pas une fin en soi mais un instrument à employer dans la mesure où il peut contribuer au progrès humain. Le PG soutient pour l’heure le maintien dans la zone euro parce que son combat n’est pas mené contre l’intégration européenne mais contre le néolibéralisme. En restant dans la place, en démontrant qu’une politique progressiste est possible sans sortir de l’union monétaire, un gouvernement déterminé peut démontrer aux peuples voisins qu’ils peuvent eux aussi exiger une autre politique.

 

Tout comme la réalisation inattendue de l’improbable révolution du jasmin en Tunisie a réveillé une irrépressible mobilisation populaire dans le monde Arabe, la révolution citoyenne dans un seul pays de l’UE pourrait réveiller la résistance des européens contre les diktats de la Commission et du FMI. Abandonner la monnaie unique sans combattre, pour « sauver les meubles » franco-français, c’est abandonner les peuples à l’illusion que l’on ne peut pas mener d’autres politiques dans l’UE, c’est les abandonner à la démagogie nationaliste qui les dressera les uns contre les autres, tout comme les politiques néolibérales dressent déjà les travailleurs les uns contre les autres.  Garder la monnaie unique comme bien commun des peuples unis d’Europe, nous la réapproprier en menant la politique que nous voulons, c’est provoquer un tel bouleversement dans la représentation collective des possibles que, peu à peu ou bien plus soudainement, c’est la stratégie néolibérale des gouvernements néolibéraux qui deviendra politiquement insoutenable dans la zone euro, c’est leurs gouvernements que les peuples chasseront et non l’euro[1].

 

Note :

[1] analyse et propositions effectuées dans la situation politique, économique, sociale, monétaire de 2011

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Euro

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 08:05
Martine Billard secrétaire nationale du Parti de Gauche : Pourquoi la décroissance est incontournable !

De plus en plus d’intellectuels, de militants ou de simples citoyens sont persuadés que le modèle de croissance de ces 6o dernières années n’est plus souhaitable, ni possible. La remise en cause du concept même de PIB (Produit intérieur brut) est largement présente dans le débat public. Malgré cela, le pourcentage d’augmentation de la production continue a être l’alpha et l’oméga de la vie en société. Couplé à l’hégémonie de l’idéologie de la « compétitivité » et au fétichisme de la marchandise, la vision productiviste de l’économie reste dominante. Le mot décroissance pose de bonnes questions mais il suscite aussi incompréhension, réticence et peur. Pourtant une croissance infinie sur une planète aux ressources non renouvelables est impossible. Les périls qui pèsent sur la biosphère ont atteint un seuil qui oblige à des ruptures majeures.

C’est la raison du projet écosocialiste, tandis que perdure ailleurs l’illusion dépassée de réponses sans remise en cause des rapports sociaux ni du fonctionnement de l’économie de marché.

Vous trouverez ci-après ma réflexion personnelle sur le sujet

 

Source : le blog de Martine Billard Secrétaire nationale du parti de Gauche

- A) La croissance en berne

Malgré les innombrables déclarations faisant de la croissance un totem, celle-ci est de longue date en baisse pour les pays industrialisés. En France, on est passé de 4,9 % d’augmentation annuelle moyenne pour la période 1950-1973 à 1,18 entre 2002 et 2012. Cette quasi-stagnation a des racines profondes, bien au delà des effets conjoncturels dûs aux crises successives :

  • Le temps de l’énergie bon marché et du gaspillage massif des ressources naturelles est résolument derrière nous entraînant globalement une tendance à une moindre efficacité du système économique.
  • Le consumérisme des pays riches a atteint ses limites. Les produits phares des 30 glorieuses (automobile, électroménager, ameublement) sont désormais entrés dans une phase de saturation des besoins et de simples renouvellements. La demande se déplace vers des services à faible productivité ou liés à l’évolution des modes de vie (à interroger d’ailleurs).
  • Les cycles de croissance ont toujours été liés à des innovations majeures entraînant des gains considérables de productivité. Or comme le PIB, la productivité connaît elle aussi une tendance à la stagnation : 5% de gain annuel pendant les 30 glorieuses, 1% aujourd’hui. Notre société se caractérise par une panne des innovations susceptibles de relancer la machine de la production. Les fameuses « nouvelles technologie de l’information et de la communication » vantées jour et nuit par les médias ont un impact bien moindre que les découvertes du passé. Elles ne se traduisent pas pour le moment par la mise en place d’un régime d’accumulation durable et efficace.

 

 

- B) Une situation écologique insoutenable

Les périls qui pèsent sur l’écosystème ont désormais atteint un seuil qui oblige à des ruptures majeures.

  • Le réchauffement climatique

L’émission massive de gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle a entraîné une hausse de 0.85 degré depuis 1880 et pourrait aboutir à une augmentation de 4.8 degré à l’horizon 2100 dans le scénario le plus pessimiste envisagé par le 5° rapport du GIEC publié en novembre 2014. Si cette évolution devait se poursuivre, les conséquences en seraient dramatiques : multiplication des accidents climatiques (tempêtes, inondations...) risque accru d’incendies, menaces sur la bio-diversité, déplacement des maladies tropicales, mouvement massif de population, baisse de rendement des cultures, montée des eaux due à la fonte des pôles et des glaciers (98 cm prévu et jusqu’à 7 M en cas de fonte des glaces du Groenland !) , risque de submersion des zones de delta, acidification des océans et disparition des coraux, modification des courants océaniques. Pour éviter cette catastrophe, il faut réduire d’au moins 70% les émissions pour limiter à 2 degré la hausse moyenne des températures. Un tel effort est impossible sans changement radical.

 

  • La 6° extinction des espèces

En matière de bio-diversité, 17 000 espèces sont dès maintenant en danger dont : 1 oiseau sur 8, 1 conifère sur 4, 1 amphibien sur 3 et 1 mammifère sur 4. De même 70% des plantes et 37% des poissons d’eau douce sont concernés. Cette perte est due à la destruction des milieux naturels (forêts, prairie, zones humides) mais aussi à l’agriculture intensive et à l’usage des pesticides et insecticides. Qu’il s’agisse d’alimentation, de pollinisation animale, d’appauvrissement génétique des plantes, de vulnérabilité des récoltes ou de l’importance de la pharmacopée, la bio-diversité est inéluctablement liée au destin de l’humanité. L’affaiblir, c’est rendre plus difficile la vie humaine.

 

  • La menace chimique

Qu’il s’agisse de l’air, de l’eau ou des sols, la pollution induite par les dizaines de milliers de molécules chimiques en circulation est maintenant incontestable : l’atmosphère remplie de particules fines et de multiples gaz irritants entraînerait la perte de 8 mois à 2 ans de vie en moyenne en Europe. La circulation massive des pesticides (présents dans 96% des eaux de surface), des perturbateurs endocriniens du type bisphénol ou PCB comme de dizaines de substances toxiques contenues dans nombres d’objet de la vie courante (tissus, meubles, produits ménagers, électroniques) seraient responsables d’une progression considérable de certaines pathologies comme le cancer, les malformations génitales, le diabète ou les AVC aboutissant à un surcoût de 13 à 20% des dépenses de santé et à une diminution de l’espérance de vie sans incapacité majeure !

 

Une étude récente montre l’impact de ces pollutions sur les femmes enceintes et les jeunes enfants amenant une érosion des facultés cognitives et l’augmentation quasi-exponentielle de certains troubles comme l’autisme. Les sols sont fortement dégradés par l’agriculture intensive, le tassement dû aux engins lourds, l’érosion, les déchets, l’imperméabilisation lié à l’urbanisme qui se traduisent par une baisse des rendements dans certaine zones ou une perturbation de la circulation d’eau potable. Outre l’acidification constatée des océans, ce sont pas moins de 269000 tonnes de plastique en suspension qui pollueraient les mers avec des conséquences majeures sur le milieu.

 

  • L’épuisement des ressources naturelles

Les prélèvements sur les ressources renouvelables ou non concernent d’abord l’eau potable dont les quantités disponibles par habitant sont en constante régression, puis les minerais exploitables dont les gisements ne sont pas infinis. Au rythme de consommation actuelle, l’étain,le plomb et le cuivre en particulier devraient connaître un épuisement des stocks d’ici 30 ans. L’extraction des minerais consomme de plus en plus d’énergie. L’exploitation des « terres rares », indispensables à de nombreuses activités de haute technologie, largement concentrée aujourd’hui en Chine (40% des ressources estimées) provoque des dégâts environnementaux significatifs. Leur fin est aussi programmée aux alentours des années 2020. Le pétrole et le gaz dopés par les huiles et gaz de schiste ont vu leur extraction fortement augmentée au prix d’une catastrophe environnementale. L’utilisation de la totalité des réserves en énergies fossiles, dont le charbon signifierait un réchauffement de 4 degré à la fin du siècle. En outre, même si le rythme se ralentit (5,2 millions d’Ha entre 2000 et 2010 contre 8,3 entre 90 et 2000), la déforestation reste extrêmement préoccupante particulièrement en Amazonie,Afrique Équatoriale et Malaisie/Indonésie.

 

 

- C) Les fausses solutions

Le rêve de « tout changer pour ne rien changer », c’est à dire trouver des réponses sans remettre en cause ni les rapports sociaux, ni le fonctionnement de l’économie de marché, amènent à de fausses solutions.

 

  • Les gestes individuels

90 sociétés sont responsables de 63% des émissions mondiales de gaz à effet de serre depuis 1751 ! La modification des comportements individuels (tri sélectif, recyclage, économie de l’usage de l’eau, de l’électricité, remplacement des hamburgers par des salades bio, lutte contre le gaspillage alimentaire) ne peut donc être la seule solution.

 

  • Le marché

L’orientation des choix économiques par des éco-taxes ou des marchés de droits à polluer n’a jamais démontré son efficacité et se heurte en profondeur à la logique de la concurrence et du profit.. Le mécanisme européen de marché d’émission du CO2 est un échec patent. Le prix de la tonne est passé de 25 euros en 2008 à 5 euros en 2014 alors qu’il faudrait un coût d’environ 70 € la tonne pour peut-être inciter à la réduction des émissions. Il en est de même pour le programme REDD de lutte contre la déforestation qui ne fait que développer des effets pervers pour les pays du Sud.

 

L’espoir d’une « croissance verte » est une vision à court terme qui ne remet en cause ni notre mode de développement ni les conditions de vie et de travail de la majorité de la population. Il ne règle en rien la question du type d’énergie et des réserves de métaux. L’idée d’un « capitalisme vert » est une impasse. Elle consiste à « imposer au capitalisme des règles qui lui sont totalement étrangères ». (M. Husson)

 

  • Le nucléaire

Avec la lutte contre le réchauffement climatique, les défenseurs du nucléaire se sentent ragaillardis. Le nucléaire n'émettrait pas de gaz à effet de serre et donc serait LA solution. Cette approche fait l'impasse déjà sur deux réalités. La construction des centrales nucléaires entraîne la production de gaz à effets de serre. Ensuite le nucléaire ne répond pas à la question globale de l'énergie mais uniquement à la demande en électricité. Cela ne règle donc en rien la question des carburants. Quant à la question du chauffage domestique, ce problème peut être réglé bien plus simplement par l'isolation des bâtiments et du chauffage d'appoint à base d'énergie renouvelable (selon les ressources du lieu : géothermie, bois, biomasse ...).

 

De plus le nucléaire, contrairement à ce qui est toujours faussement affirmé, ne règle pas la question de l'indépendance énergétique puisque l'uranium n'existe que dans un nombre réduit de pays. Enfin l'argument central pour refuser le nucléaire est tout simplement son danger entre la gravité des accidents (Tchernobyl et Fukushima sont pourtant là pour nous le rappeler) et le problème de la durée de vie et du stockage des déchets radioactifs.

 

  • La techno-science

La plupart des solutions proposées pour sortir de la crise écologique reposent sur une croyance aveugle dans les capacités scientifiques et technologiques. Pour limiter le réchauffement à 2°C, il faut une réduction de 70 à 85% des émissions de CO2 donc une diminution de l’intensité CO2 (rapport entre émission et point de CO2) 3 fois plus rapide que celle constatée depuis 40 ans. Rien en l’état actuel des techniques ne permet d’imaginer produire plus en émettant moins. Sauf à rentrer dans des scénarios dignes de la science-fiction, il faut donc envisager une diminution annuelle du PIB mondial d’environ 3% par an jusqu’en 2050, à moduler bien sûr en fonction du niveau de richesse et de pollution accumulé... Les fanatiques de la techno-science proposent de faire baisser la température par « géo-ingéniérie » : ensemencement en fer des océans, pulvérisation d’aérosols soufrés dans l’atmosphère, capture et stockage du CO2, filtre des rayons solaires... Ces illusions technologiques, le plus souvent impraticables, produiraient des effets extrêmement négatifs (modification du régime des moussons, aggravation de l’acidification des océans). Bref, les nouveaux apprentis sorciers du climat sont prêts à tout pour continuer à polluer tout en gagnant de l’argent !

 

 

- D) Qu’en est-il des arguments contre la décroissance ?

Évacuons immédiatement une première approche qui récuserait la décroissance au motif que comme la croissance elle utiliserait les mêmes mesures mettant la production au coeur de l’analyse économique. Il s’agirait alors de privilégier de « nouveaux indicateurs » plus qualitatifs, aussi nombreux que complexes. Cette approche qui est loin d’être absurde, a toutefois l’inconvénient de ne pas s’affronter directement à l’activité économique telle qu’elle existe dans l’immédiat.

 

Cela nous amène à traiter d’une autre façon très répandue d’escamoter la croissance comme projet global. Elle consiste à expliquer que dans l’avenir certains secteurs doivent diminuer et d’autres augmenter sans que la question du solde soit jamais clairement posée. Cette présentation ne prend évidemment pas en compte la nécessité de la diminution nette de la production telle que nous l’avons examiné plus haut.

 

  • Austérité choisie contre austérité subie ?

Prôner la décroissance reviendrait à proposer de passer d'une austérité subie à une austérité choisie. Ce tour de passe-passe vise de fait à faire accepter l'austérité. La remise en cause en profondeur du système économique est escamotée au profit d'une question de curseur et de choix démocratique. C'est une vision individualiste où il suffirait de choisir ce qu'on est prêt à accepter comme réduction de consommation sans remettre en cause les choix de production. Une politique d'austérité a pour objectif de réduire la consommation en baissant considérablement les dépenses publiques. L'accès à des services comme l'éducation, la santé, les transports ... devient donc dépendant de la capacité de chaque usager à remplacer les services publics précédemment disponibles par des services privatisés bien plus coûteux que seules les catégories les plus fortunées peuvent se payer.

 

La baisse de consommation n'est donc pas une austérité choisie mais une austérité imposée à ceux qui n'ont pas les moyens. Cela peut très bien s'accompagner d'une baisse des dépenses socialement utiles et d'une augmentation des dépenses inutiles. De même que le capitalisme vante la politique des gestes individuels du type éteindre l'électricité en sortant de la pièce ou fermer le robinet d'eau pour surtout ne pas remettre en cause le système capitaliste, l'austérité choisie vise surtout à ne pas poser la question de la répartition des richesses et du mode de production.

 

  • Décroissance et pouvoir d’achat

A gauche, la décroissance est souvent assimilée à tort à l’austérité et à la baisse du pouvoir d’achat des classes populaires. Il y a là en effet un débat important avec une vision réductrice du progressisme : celle du « toujours plus ». A la notion de pouvoir d’achat, nous opposons celle du « pouvoir de vivre ». Est-ce un progrès de toujours dépenser plus pour les déplacements domicile/travail, pour plus de consommations médicales afin de réparer les dégâts de modes de vie pathogènes, pour plus de vêtements à la mode, de gadgets à durée limitée, de nourriture jetée à la poubelle ? Toutes ces dépenses augmentent le PIB mais pas le bien vivre. Au delà d’un certain seuil, atteint pour une part importante de la population des pays riches, il n’y a plus de rapport mécanique entre sentiment de bonheur et enrichissement matériel. La décroissance signifiera un accroissement du « bien vivre » pour la majorité de la population, tandis que les possesseurs de yacht et les usagers des palaces auront du souci à se faire.

 

  • Décroissance et chômage

La décroissance serait synonyme de chômage de masse. L’emploi est la résultante de 3 composantes majeures : l’évolution de la population active, le rapport consommation/productivité et le temps de travail. Il faut revenir sur l’intensification du travail, créer de l’emploi sans avoir peur de faire baisser la productivité ou en la mettant au service de la réduction du temps de travail. En effet, le temps de travail a connu une baisse spectaculaire interrompue seulement par les politiques libérales de ces 30 dernières années. Ce blocage de la diminution du temps de travail est d’ailleurs une des origines de la montée actuelle du chômage avec une division entre ceux qui travaillent trop et ceux qui sont dépourvus d’emploi. Il faut reprendre et accélérer la tendance à la réduction en commençant pas un passage immédiat aux 32 heures. Si la transition écologique supprimera des emplois, les plus nocifs, dans la finance, la publicité ou les services, elle créera aussi de nouveaux emplois dans les énergies renouvelables, l’isolation des bâtiments, la réparation. De même, l’agriculture paysanne crée plus d’emplois que l’agriculture industrielle. Dans les services où la machine a remplacé le contact humain (Postes, Banques, Chemins de fer ...), où le « taper 1, taper2, taper ... » revient à exclure de nombreuses personnes de leur accès, des emplois peuvent être recréés.

 

  • Décroissance et pays pauvres

Enfin la décroissance empêcherait les pays pauvres d’accéder au même niveau de vie que les nations les plus riches. C’est l’inverse : consommer mieux et plus sobrement dans nos pays permettra un meilleur partage, la possibilité d’un développement endogène et la fin des pillages. Il s’agit de reconnaître au paysan bengali ou africain le droit de vivre en satisfaisant ses besoins essentiels, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Ce sont les pays du Nord, ceux dont l’empreinte écologique est insoutenable, qui sont visés. Mais les pays émergents ne sont pas obligés de faire les mêmes erreurs que celles commises par l’industrialisation à outrance. Le cas de la Chine est le plus frappant. Les niveaux de pollution et d’émission de CO2 engendrés par une croissance déséquilibrée ne sont pas tenables dans l’intérêt même d’une population qui en subit les effets les plus nocifs. Les pays émergents doivent aujourd’hui intégrer la notion de limite de la planète dans leurs choix de développement et refuser le modèle du tout extrativiste au bénéfice du nord ainsi que celui de l’agriculture industrielle exportatrice et de l’agroforesterie destructrice des forêts primaires et provoquant l’épuisement des sols.

 

 

- E) Ecosocialisme et décroissance

  • Le Bien Vivre

La décroissance est un projet de rupture radicale avec le modèle social consumériste et marchand. Face au fétichisme de l’accumulation d’objets comme outil de réalisation de soi et de rapport aux autres, l’écosocialisme promeut une autre logique, centrée sur le « bien vivre » : « moins de biens, plus de liens ». La décroissance introduit avec force la notion de limites à l’opposé de la démesure qui gouverne les sociétés contemporaines : désirs illimités, affirmation de la toute puissance de l’individu et croyance irraisonnée dans les vertus de la science et de la technologie. La pensée progressiste a longtemps imaginé que toute avancée scientifique était par définition émancipatrice si elle se déployait dans un cadre public. Cette idée est désormais caduque. La question n’est plus de savoir si une technique est possible mais si elle répond à des besoins réels. Au-delà, le risque est grand de tomber dans une dépendance qui institue une nouvelle forme d’asservissement de l’homme à la techno-science. Des avancées médicales oui, des robots pour s’occuper des personnes âgées, non !

 

L’autre vision novatrice concerne le rapport au temps. L’accélération permanente, le « toujours plus vite » conduit au burn-out. Il faut réhabiliter la lenteur, rejeter l’injonction d’immédiateté et la dictature du « temps réel », négation de la démocratie. Prendre le temps de méditer, lire, dormir, flâner, mais aussi décider collectivement.

 

  • Pour une démondialisation solidaire

Une écologie radicale est impossible sans rompre avec la mondialisation libérale. Il ne s’agit pas seulement d’en finir avec la « spéculation financière » repartie de plus belle depuis la crise de 2008. C’est l’ensemble des échanges internationaux qu’il faut rééxaminer. Une part considérable de ceux-ci est constituée de commerce intra-firmes (entre filiales d’une même multinationale) et intra-branches (on vend et on achète des produits similaires entre différents pays). Cette circulation effrénée de services et de marchandises génère le dumping social, des pollutions insupportables et est incompatible avec les impératifs écologiques. La multiplication des transports génère des pollutions devenus insupportables.

 

Il faut relocaliser les productions en n’échangeant entre pays que l’indispensable. De même que nous prônons la souveraineté alimentaire, il faut se diriger vers la souveraineté industrielle. Ce processus de démondialisation est solidaire car il doit se penser non pas dans une logique de marché (diminution des coûts), ni de guerre commerciale entre tous, mais par la coopération des peuples fondée sur la satisfaction des besoins sociaux. Bien loin d’un « repli sur soi », il nécessite la mise en place d’un protectionnisme solidaire.

 

  • Empreinte écologique et dette écologique

L’empreinte écologique mondiale a dépassé la capacité biologique de la Terre à produire ce dont nous avons besoin et à absorber nos déchets depuis le milieu des années 1980. Si tous les habitants de la planète consommaient autant que les Français, il faudrait disposer de 2,5 planètes. Si tout le monde consommait comme un Américain, il faudrait disposer de 5 planètes. Nous sommes donc maintenant en surconsommation, ce qui signifie que nous puisons dans nos réserves en surexploitant la nature (l’exemple le plus criant est celui des ressources en poisson). Voilà pourquoi une décroissance globale est indispensable. Pour que cela ne se fasse pas au bénéfice des pays riches ou des oligarchies de tout pays, il est impossible de laisser faire le marché et la concurrence libre et non faussée. D’où les propositions du Parti de Gauche d’inscrire la règle verte dans la constitution d’une 6e république et de mettre en œuvre une planification écologique. C’est tout le défi de l’écosocialisme.

 

  • Planification écologique

Il n’y a donc pas d’autre solution qu’une décroissance des ponctions sur la nature à l’échelle de la planète. Si on ne veut pas que cela s’effectue sauvagement et donc au bénéfice des pays riches et des oligarchies quelque soit leur pays d’origine, il faut surtout ne pas laisser faire le marché et la concurrence libre et non faussée. Il faut donc l’organiser et l’outil pour cela est la planification écologique avec deux principes de base :

 

- la règle verte : La règle verte consiste à inscrire dans la constitution le fait de ne pas prélever plus de ressources et de ne pas produire plus de déchets que ce que notre pays peut supporter. Le calcul se base sur l’utilisation de la notion d’empreinte écologique afin de réduire l’utilisation de ressources non renouvelables et de limiter les ressources renouvelables à ce que l’écosystème a le temps de renouveler. Les choix économiques, agricoles, énergétiques, d’aménagement du territoire et de transports doivent être planifiés afin de respecter cette règle verte et de réorienter production, échange et consommation selon leur utilité sociale et écologique. Cela nécessite une action qui soit à la fois coordonnée, volontariste et inscrite dans le long terme, tout en engageant des moyens immédiats pour les premières ruptures. Cela suppose d’identifier au préalable les biens communs et les services publics qui constituent les droits fondamentaux, de trouver le niveau pertinent d’articulation entre le central et le local, explorer les voies de la socialisation et de la réappropriation citoyenne.

 

- la reconnaissance de la dette écologique des pays industrialisés envers les autres pays. Le développement des pays du nord s’est effectué en pillant les ressources des pays du sud et ce pillage continue de nos jours sous des formes diverses par l’appropriation des matières premières, des terres et de la biodiversité sous la forme de la brevetabilité du vivant. Ce pillage doit donc cesser et être remplacé par des échanges justes partant des besoins des populations des pays du sud, de la nécessité de ces pays d’aller vers leur autonomie et leur souveraineté sous toute ses formes afin de ne plus dépendre des pays du nord. La coopération entre pays, basée sur l’intérêt général des populations des pays pillés, doit remplacer les mécanismes de marché. Les pays industrialisés ayant le plus de responsabilités dans le réchauffement climatique non seulement dans la durée mais aussi dans les quantités rapportées au nombre d’habitants, doivent faire les efforts principaux dans la réduction des émissions de gaz à effets de serre.

 

- La décroissance ce n’est donc pas une question morale.

- Ce n’est pas non plus revenir à la bougie ni se priver des avancées technologiques qui soulagent les êtres humains de tâches pénibles.

- La décroissance c’est le choix de la sobriété heureuse pour que la vie humaine soit encore longtemps possible sur notre planète terre.

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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 08:14
Le Parti de Gauche lance un appel : "Pour un sommet internationaliste du plan B"

Sources : le Parti de Gauche le 18/08/2015 par Eric Coquerel Co-coordinateur politique

- Le 3ème mémorandum imposé à la Grèce en échange d’un nouveau prêt de 86 milliards d’Euros a donc été adopté à la fois par le parlement Grec et par les pays de l’Eurogroupe.

Nous l’avons analysé dès sa sortie : il est pire que celui soumis au vote du référendum du 5 juillet. Il est même pire que les mémorandums précédents contre lesquels la victoire de Syriza s’était bâtie. Il va donc accroître l’austérité dans une Grèce sous perfusion, privée de tout moyen de relancer son activité économique. Impossible dans ces conditions d’éviter l’aggravation de la récession.

 

 

- Jusqu’au bout les responsables allemands auront menacé de ne pas valider l’accord.

Comme s’ils faisaient un cadeau mirifique à la Grèce. Pour justifier ce jeu de massacre, des responsables de l’Eurogroupe auront, la mine grave, expliqué que « les sommes prêtées sont conséquentes ». Que dire quand on sait que l’évasion fiscale coûte 1000 milliards d’euros aux peuples de l’UE sans émouvoir un instant ses mêmes instances dirigeantes ?

 

 

- Les sommes en jeu n’expliquent donc pas la rigidité de l’Eurogroupe vis à vis de la Grèce : il s’agit de questions politiques.

Il leur fallait punir et humilier le gouvernement de la gauche radicale en Grèce coupable de s’être opposé six mois durant à l’ordo-libéralisme et d’avoir indiqué la possibilité d’une nouvelle voie en Europe. Il fallait non seulement l’amener à la capitulation mais réclamer de lui qu’il fasse au moins mine de se soumettre à la logique politique de ses vainqueurs. D’où cette phrase dans l’accord reconnaissant dans la politique menée par Athènes les seules raisons de la situation du pays. Toute proportion gardée, les procès de Moscou ont eu recours à de pareilles méthodes…

 

 

- Il fallait aussi placer la Grèce en situation de rembourser les intérêts et les créances des financiers.

C’est d’ailleurs, une fois encore, à cela que servira la quasi-totalité des 86 milliards peut-être prêtés. Nous disons "peut-être" car comme le montre l’analyse de Romaric Godin dans un de ses excellents articles pour la Tribune, l’Eurogroupe peut à tout moment interrompre le goutte à goutte… (à lire ici)

 

 

- Derrière l’accord, il y aussi des promesses d’affaires juteuses.

L’obligation faite à la Grèce de privatiser plusieurs secteurs la contraint à brader (le couteau sous la gorge on ne vend jamais très cher) des pans entiers et rentables de son économie pour le bonheur de grands groupes et/ou puissances étrangères : électricité, eau, aéroports ou encore les ports du Pirée ou de Thessalonique,etc…. Les deux derniers exemples sont éclairants. Le tourisme dans les îles fait des 14 aéroports régionaux privatisés des opérations extrêmement rentables. On s’étonnera à peine que la mise ait été raflée par l’entreprise allemande Fraport pour seulement 1,2 milliard d’euros

 

Quant au port d’Athènes, il est le premier au monde en terme de trafic maritime (et le 10ème toutes catégories)… Derrière cet accord c’est donc un véritable dépeçage de la Grèce en cours : un colonisation de fait.

 

 

- Alexis Tsipras a du compter sur les voix de son opposition pour faire passer son plan au parlement, de plus en plus de députés de Syriza lui ayant fait défaut.

On aura compris pourquoi. Ce sont les mêmes raisons qui avaient poussé, le 13 juillet, le PG à demander aux parlementaires français de voter contre, bientôt suivi par les partis de l’autre gauche en France et la plupart en Europe. Le bilan, on l’a vu, est en effet catastrophique. Il l’est aussi d’un point de vue démocratique puisque l’accord voté revient sur le mandat du gouvernement Syriza. Pour le moment, Alexis Tsipras garde dans son pays encore un crédit certain. Il est en effet, justement, considéré comme un responsable politique honnête dans un milieu largement corrompu. La colère du peuple grec se tourne davantage vers les pays jugés les plus responsables de cette situation, l’Allemagne évidemment en tête. Cela ne durera sans doute pas quand les conséquences concrètes de ce 3ème mémorandum se feront sentir dans un pays déjà exsangue. La bonne nouvelle c’est qu’au sein de Syriza, le débat a lieu. L’heure de la résignation n’a pas sonné pour l’autre gauche grecque. On suivra donc attentivement son congrès en septembre. Et il serait étonnant que la magnifique résistance du peuple grec contre la Troïka tout au long de ces six mois se soit évaporée. Difficile d’en dire plus aujourd’hui, mais incontestablement la question grecque n’est pas derrière mais devant nous. L’irresponsabilité économique du 3ème mémorandum laisse de toutes façons le problème entier.

 

 

- Pour autant, nous ne ferons pas dans la langue de bois

Pour l’autre gauche européenne cette défaite est une rude nouvelle. Les avancées des uns sont en effet des points d’appui pour tous les partis de l’autre gauche en Europe. La superbe résistance du gouvernement Tsipras constituait un tremplin pour Podemos en Espagne dès les prochaines législatives et pour nous ensuite. Et ainsi de suite. Sa capitulation est donc une mauvaise nouvelle. Elle le sera encore plus si nous ne sommes pas capable d’en tirer des leçons et, donc, des propositions.

 

 

C’est pourquoi nous mettons aujourd’hui sur la table un

sommet du plan B.

 

 

 

 

  • Cette proposition part d’un constat : l’échec de Tsipras vient, justement, de l’absence de plan B.

En entrant dans les négociations sans plan crédible de sortie de l’Euro-Mark au cas où l’Eurogroupe n’accepterait aucun compromis, les négociateurs grecs se mettaient, malgré leur ténacité et le soutien toujours plus massif de leur peuple, en grande difficulté. Yanis Varoufakis l’a très bien expliqué depuis. L’échec de Tsipras, c’est celle d’une ligne qui espère réformer l’UE, même radicalement, en tablant in fine sur le bon vouloir des autres pays européens. Si on considère le rapport de force en défaveur de la Grèce (seulement 14ème pays de l’UE sur le plan économique, la Grèce compte en outre beaucoup sur les importations), Tsipras et ses négociateurs ont d’ailleurs plutôt bien joué cette phase en tablant au maximum sur les contradictions internes à l’UE et en recherchant l’appui de la France. En mobilisant aussi son peuple comme l’a montré le référendum.

  • Toute cette période a eu l’immense mérite de déciller les yeux à beaucoup sur l’intransigeance de Mme Merkel et des pays satellites de l’Allemagne.

Mais également sur la réalité de l’UE. Je devrais plutôt dire sa fiction. Il s’avère en effet que derrière la façade de l’UE, la géopolitique entre les puissances européennes reste prédominante. Et dans cette tectonique européenne c’est l’Allemagne qui impose ses vues. On ne construit en réalité pas l’UE mais une Europe allemande. Avant juillet, affirmer cette vérité vous valait d’être traité de germanophobe, aujourd’hui elle est monnaie courante. Or comprendre la situation à laquelle vous devez faire face est déjà la base pour espérer la transformer. Parler d’Europe allemande n’est pas pointer du doigt une nation tout entière mais l’ordo-libéralisme que promeuvent ses dirigeants au nom des intérêts de son électorat et plus précisément de ses possédants : celle d’un Euro fort et d’une politique monétariste propre à assurer la croissance allemande par une politique d’exportation agressive tout en rassurant ses rentiers. Et parce que les traités de l’UE sont conçus pour cette politique, on a la confirmation que rien ne sera possible dans le cadre actuel. On ne peut réformer, il faut agir pour casser ce carcan. C’est la condition même pour sortir les peuples européens de l’ornière austéritaire et relancer un projet coopératif entre eux.

  • En se privant de tout recours au plan B, confronté à un terrible blocus financier de son pays, Alexis Tsipras ne pouvait espérer même ébrécher le mur.

Mais force est de constater que le gouvernement grec a été bien seul dans ce qui reste à ce jour la première tentative d’un gouvernement européen de résister à l’Europe austéritaire. A l’inverse, face à lui l’oligarchie était, elle, bien unie. Alors que l’enjeu était grand pour les peuples d’Europe, nous n’avons jamais été plus de quelques milliers a manifester notre solidarité au cours de la période. Pire, nous n’avons pas été en capacité d’aider M. Tsipras sur le fond, sur les négociations, sur les solutions à trouver, sur la manière d’échafauder un plan B crédible aux yeux du peuple et dont les conséquences ne menacent pas d’être pires que la soumission. Le PGE aurait pu jouer ce rôle. Il n’a pas été en capacité de le faire, sans doute parce qu’envisager, ne serait-ce que comme moyen de pression, de sortir de l’Euro ne fait pas partie de ses scénarios dominants.

 

L’heure est venue pourtant de tourner la page.

 

 

 

 

Depuis plusieurs années le PG travaille sur un scénario « plan A/plan B » (à savoir : l’action d’un gouvernement mixant désobéissance/négociation avec les traités pour transformer radicalement l’UE - le plan A, avec celui de sortie de l’Euro en cas d’intransigeance en face - le plan B). Depuis les conclusions de notre forum de juin 2010 animé par Jacques Généreux (« gouverner face aux banques ») qui en traçaient déjà les perspectives sans le nommer, jusqu’à la plateforme de notre Congrès de juillet dernier précisant encore davantage ce que pourrait être ce scénario, en passant par les différentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon et les travaux de notre commission économie animée par Guillaume Etiévant, le PG a largement contribué à le populariser.

 

 

- Aujourd’hui des responsables politiques européens l’évoquent clairement (tels Yanis Varoufakis ou Oskar Lafontaine).

Il faut donc travailler à le crédibiliser toujours plus. Mais on ne peut le faire chacun dans notre coin. Notre vision du plan B est internationaliste. Il ne s’agit pas de s’en tirer au mieux dans chacun de nos pays en comptant sur les marges de manœuvre plus ou moins fortes que sa puissance économique, son poids démographique lui donnent. Bien sûr, il est plus aisé de concevoir un plan B en France en sachant que le chantage qui a été exercé sur la Grèce serait moins efficace vis-à-vis de la 2ème puissance économique de l’UE. Mais à l’inverse, il sera beaucoup moins facile aux partisans de ce scénario que nous sommes d’accéder au pouvoir pour le réaliser si un à un nos partenaires de l’autre gauche en capacité de gouverner finissent par accepter les diktats de Bruxelles et Berlin. Voilà pourquoi, dès maintenant, en prévision de ce qui peut se passer en Espagne, en Irlande mais pourquoi pas de nouveau en Grèce selon l’évolution de la situation politique, il faut travailler concrètement tous ensemble à un plan B tenant compte des caractéristiques de chaque pays.

 

 

- C’est là notre proposition : un sommet internationaliste du plan B dès le dernier trimestre 2015.

Il réunirait toutes les forces de l’autre gauche de l’UE acceptant de travailler et de réfléchir concrètement à ce scénario, des personnalités, des économistes, des syndicalistes, des militants associatifs, altermondialistes.

 

  • Il pourrait évidemment voir associer des forces de pays non membres de l’UE mais voisins, y compris de l’autre côté de la Méditerranée, intéressés par cette internationalisme concret.
  • Il faut aller vite. Nous allons donc soumettre cette idée dans les jours à venir à des personnalités politiques de premier plan de nos différents pays afin qu’ils la fassent leur et appellent à ce sommet.
  • Ce qui vient de se passer en Grèce ne sera pas vain, et même utile, si nous sommes ainsi capables de réagir. Il est plus que temps de franchir un cap.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Le débat pour un "Plan B" à la fête de l'Humanité 2015

Le 12 septembre à la Fête de l'Humanité, Stefano Fassina (député, ancien vice-ministre de l’Economie et des Finances en Italie), Oskar Lafontaine (ancien ministre des Finances en Allemagne, co-fondateur de Die Linke Allemagne), Yanis Varoufakis (député, ancien ministre des Finances en Grèce) et Jean-Luc Mélenchon organisaient un débat pour un plan B en Europe.

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 08:28
Élections régionales 2015 : Une lettre du Parti de Gauche

Lettre ouverte aux organisations du Front de Gauche, d’EELV, Nouvelle Donne et NGS

 

Le SEN du PG écrit à toutes les forces avec lesquelles il se retrouve en discussion dans les régions pour des rassemblements citoyens. Ses représentants porteront ces questions dans les débats des universités d’été qui commencent en cette fin de semaine.

 

Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,

 

Alors que s’avance la rentrée scolaire, la situation de notre pays ne s’est pas améliorée. Le gouvernement continue sa politique économique austéritaire qui aggrave la crise sociale et empêche la mise en oeuvre d’une véritable politique écologique digne de ce nom. Les discours sur la nécessité de réorienter l’économie pour plus d’écologie sont régulièrement contredits par les faits et ce alors que la France va accueillir la COP21. La crise démocratique s’approfondit et nombreux sont celles et ceux qui n’ont plus aucune espérance dans leur représentation politique. Le parti socialiste continue tel un bateau ivre. La droite et l’extrême-droite sont en embuscade.


C’est dans ce contexte terrible que s’annoncent les prochaines élections régionales. Il est plus que jamais nécessaire qu’une alternative émerge. Ces élections peuvent y contribuer. Les partis qui, comme les nôtres, ont en commun de refuser la politique du gouvernement ont une responsabilité première.

 

D’autant que dans beaucoup de régions, tous ensemble souvent, séparément parfois, nos partis soutiennent des rassemblements nouveaux qui voient le jour et offrent une perspective d’espoir. Ceux-ci regroupent les militant-e-s de nos différentes organisations, souvent dans le cadre de démarches nouvelles et plus larges d’implication citoyenne dans la construction de cette alternative.

 

Ces constructions plus ou moins avancées se sont faites jusqu’à maintenant région par région. Face à la gravité exceptionnelle de la situation, il faut accélérer ce processus y compris en contribuant à débloquer les situations là où c’est nécessaire. Le temps est venu d’une discussion nationale pour soutenir et développer ces rassemblements dans un maximum de régions. A nous de proposer des dispositifs permettant une lisibilité nationale de ces listes que nous devons construire ensemble.

 

 

- Nous pensons que ces rassemblements doivent se faire autour d’un label national commun construit autour des principes suivants :

  • L’autonomie par rapport au gouvernement et la défense de politiques nouvelles, en rupture avec l’austérité, au service du progrès social et de la transition écologique et s’appuyant sur une démocratie renouvelée en rupture avec les pratiques présidentielles des régions.
  • Une charte éthique et démocratique d’engagement, incluant notamment le refus du cumul à commencer par celui entre un mandat régional et un mandat national, afin de mettre en oeuvre concrètement une exemplarité politique seule à même de renouer le lien avec les citoyens du pays.
  • La mise en place d’assemblées représentatives au plan départemental et régional associant des représentants des collectifs citoyens et des mouvements politiques, syndicaux ou associatifs s’engageant dans ces rassemblements.
  • Une représentation équilibrée et diverse des différentes sensibilités de notre rassemblement et des acteurs et actrices engagées de nos territoires notamment en ce qui concerne les têtes de liste que nous pourrions proposer ensemble dans cet esprit.

 

Pour en discuter ensemble, nous vous proposons donc de nous rencontrer dans les prochains jours. Il y a urgence pour que les prochaines élections régionales ne soient pas un nouvel acte manqué de l’émergence d’une alternative citoyenne au service de l’écologie, de la solidarité et de la démocratie.

 

Salutations écosocialistes,

Paris le 20 Août 2015

Pour le Secrétariat exécutif national du PG, Eric Coquerel et Danielle Simonnet, coordinateurs politiques

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier élections régionales 2015

- Régionales : "Un rendez-vous central pour les écologistes"

- Sandrine Rousseau (EE-LV) : “Avec le Front de gauche, il existe de nombreuses convergences”

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 08:16
Pour la 6e République ! (texte adopté par le m6r)

Ce texte a été adopté par le M6R à plus de 90% suite au vote de ses signataires.

Pour en savoir plus, cliquez ici. Vous visitez notre site pour la première fois ?

Signez pour la 6e République en bas de cet article. 

 

Source : le site du m6r.fr

 

Citoyennes, citoyens

Liberté, égalité, fraternité. Depuis la Révolution de 1789, cette devise fait la grandeur de la République française. Mais, trop souvent, ces principes sont encore bafoués. L’égalité entre les hommes et les femmes, les riches et les pauvres, les élus et les électeurs est loin d’être appliquée. La société actuelle favorise l’individualisme et la compétition au détriment de la fraternité et de la solidarité.

 

Le M6R agit pour instaurer la 6e République, afin d’engager l’humanité dans la voie du progrès humain. Ce bouleversement implique une insurrection civique, une révolution citoyenne.

 

Seul le peuple est légitime pour accomplir cette tâche : convoquer une assemblée constituante dans le cadre d’un processus large pour en finir avec la monarchie présidentielle de la Ve République et balayer l’oligarchie qui dirige le pays.

 

La 6e République sera démocratique, sociale, écologique, laïque, féministe et émancipatrice. Elle assurera la souveraineté du peuple dans tous les domaines et garantira de nouveaux droits pour toutes et tous.

 

 

- 1) Pour une Assemblée constituante

Notre ambition est de rendre majoritaire l’idée d’une assemblée constituante pour instaurer la 6e République dès 2017. Pour cela, nous participons aux débats qui animent et traversent notre pays. Nous encourageons les initiatives citoyennes et solidaires. Nous agissons ainsi pour convaincre le grand nombre. Nous œuvrons à faire entendre la voix du peuple à tous les niveaux et par tous les moyens (actions numériques, manifestations, réunions, interventions lors des élections …).

 

 

- 2) Au peuple de décider

Nous voulons en finir avec le règne des décisions prises sans le peuple et contre lui. Nous voulons refonder les règles d’exercice du pouvoir pour permettre l’intervention citoyenne permanente. Les institutions de la 6e République feront des citoyens les véritables détenteurs de la souveraineté et du pouvoir politique. Aucun membre ou ancien membre du parlement ou d’un gouvernement de la Ve République ne pourra siéger à l’Assemblée constituante. Aucun membre de la Constituante ne pourra exercer une fonction qu’il aura instituée. Les travaux issus de l’Assemblée constituante seront soumis à référendum.

 

 

- 3) Le peuple souverain

Nous défendons l’intérêt général humain. Par notre action, nous entendons contribuer à fédérer le peuple dans sa lutte pour la démocratie et de nouveaux droits. Le peuple doit pouvoir décider par lui-même ce qui est bon pour toutes et tous et exercer enfin sa souveraineté. Nous défendons l’unité et l’indivisibilité de la République et de la nation fondée par la communauté légale des citoyens ainsi que la démocratie à tous les niveaux. Nous considérons comme illégitime tout traité transférant des éléments de souveraineté non ratifié par référendum. Nous ne reconnaissons pas l’autorité juridique des instances supranationales antidémocratiques (UE, OMC, FMI, Otan, …).Nous prônons la fraternité entre les peuples.

 

 

- 4) Des droits nouveaux

Nous prônons le partage des richesses, la défense de l’écosystème qui permet la vie humaine, la laïcité qui garantit la liberté de conscience, l’égalité entre tous les êtres humains, en particulier l’égalité femme-homme (donc l’abolition du patriarcat), le respect et l’extension des droits et libertés personnels y compris sur internet, l’accès à la culture, à des médias indépendants et à l’éducation pour toutes et tous. L’air, l’eau, l’alimentation, le vivant, la santé, l’énergie, la monnaie ne sont pas des marchandises mais des biens communs. Pour garantir ces droits fondamentaux et gérer démocratiquement les biens communs, le droit de propriété doit être encadré, la propriété sociale protégée et les services publics développés. Partisans de la République sociale, nous défendons la démocratie dans l’entreprise et la création de droits nouveaux sur le lieu de travail pour garantir la souveraineté et la citoyenneté des salariés dans l’entreprise.

 

 

- 5) Une démarche citoyenne

Le M6R est une démarche citoyenne inédite, ouverte à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans l’appel figurant ci-dessous. Son organisation est horizontale et seule la consultation de l’ensemble de ses membres peut engager le mouvement. Il défend et pratique la représentativité sans cumul des responsabilités et des mandats, la révocabilité et le contrôle des élus ainsi que la mobilisation citoyenne permanente. Il prône l’initiative citoyenne de référendums et de lois.

 

 

- 6) Transparence et vigilance civique

Le M6R est indépendant des intérêts économiques et des partis politiques : il est financé par les dons des citoyens et pratique le financement participatif. Les donateurs financent les projets qu’ils souhaitent parmi ceux proposés et sélectionnés par les membres. Tous les comptes sont publics. Face à la corruption de la 5e République, la transparence sur les recettes et les dépenses est la meilleure réponse. Le M6R prône la vigilance citoyenne par la transparence et défend l’inéligibilité à vie des élus condamnés pour des faits de fraude et de corruption.

 

  • Téléchargez le texte ICI

 

  • Partagez ce texte pour le faire connaître et faire signer pour la 6e République :


    

   

  • Je demande l’élection d’une assemblée constituante qui fonde avec les citoyens la 6e République. Une République débarrassée de la monarchie présidentielle et fondant les nouveaux droits personnels, écologiques et sociaux dont notre pays a besoin.

 

Je recevrai par mail les informations sur le Mouvement pour la 6e République.

 

Je signe !

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 08:27
Le revenu de base : un sujet qui mérite réflexion

Source : le Parti de Gauche52 | mis à jour le 24/10/2021

Comme à son habitude le Comité Haute-Marne du Parti de Gauche invite à consacrer la période estivale à prendre le temps de réfléchir à des sujets que l'on effleure seulement le reste de l'année.

 

A travers deux vidéos, nous proposons d'aborder le revenu de base. Cette proposition n'est pas significative d'une adhésion du Parti de Gauche à cette idée car elle fait débat dans notre parti. Mais notre volonté est de partager ce débat, car les arguments développés dans chacune des deux vidéos attestent de l'intérêt qu'il y a à porter au principe d'un revenu de base, aux conséquences anticapitalistes de son application.

 

-Ils en débattent : Bernard Friot/Baptiste Mylondo... salaire à vie et revenu de base

Intégralité du débat entre Bernard Friot et Baptiste Mylondo "Salaire à vie et revenu de base : quelles différences, quelles convergences ?

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 09:59
Soyons prêts à sortir de l’euro

Sources : le blog de Guillaume Etievant Secrétaire National du Parti de Gauche à l’économie et au travail

L’expérience dramatique que traverse le peuple grec nous prouve une fois de plus qu’il est indispensable pour la gauche antilibérale de s’affronter à l’épineuse question monétaire et de préparer une potentielle sortie de la zone euro.


Elle doit le faire en France, non pas pour mimer le Front National et ainsi espérer égaler par ce biais sa réussite électorale, mais pour être certaine que quoi qu’il arrive, si elle est au pouvoir, elle sera en mesure d’appliquer son programme. Syriza a été élu en Grèce sur la sortie de l’austérité et non pas sur la sortie de l’euro ou de l’Union européenne. La majorité de Syriza était convaincue que ce n’était pas le mot d’ordre de sortie de l’euro qui lui permettrait d’arriver au pouvoir. Les faits lui ont donné raison. Mais son erreur la plus terrible est sans doute de ne pas avoir tout de même préparé cette sortie. La Grèce est du coup condamnée à subir un énième et dramatique plan d’austérité et à devenir un protectorat allemand. Préparer un plan de sortie de l’euro n’est pas un outil électoral, mais bien une nécessité pratique.


Ce que porte aujourd’hui le Parti de Gauche, c’est que quel que soit l’état du rapport de force au niveau européen, s’il arrivait au pouvoir, il appliquerait son programme, en désobéissance avec les traités européens et avec un contrôle immédiat des mouvements de capitaux pour permettre la mise en place de sa politique. S’ensuivrait une crise diplomatique en Europe qui pourrait amener à une renégociation des traités, mais qui pourrait également conduire au même type d’étranglement que celui qui vient de faire plier le gouvernement d’Alexis Tsipras : le blocage des liquidités par la BCE. Alors, il faudra sortir de l’euro et être prêt à cela.

 


- Au Parti de Gauche, nous assumons que nous travaillons à un plan B

Si notre stratégie de désobéissance aux traités n’aboutit pas à une refonte radicale des traités européens, nous organiserons une sortie négociée de la zone euro, qui conduira à un changement radical de structure monétaire, via l’instauration d’une monnaie commune. Cette monnaie aurait un taux de change unique vis-à-vis des monnaies extérieures à la zone, et chaque pays membre de la zone retrouverait sa monnaie nationale.

 


- La position du Parti de Gauche est donc claire

Nous ne ferons aucun sacrifice pour l’euro et nous en sortirons plutôt que de renoncer à notre politique. Mais nous considérons que le préalable au changement n’est pas la sortie, mais bien au contraire la bataille politique pour créer une crise diplomatique et politique au sein de l’Union européenne. C’est cette bataille qui, soutenue par les mouvements sociaux, permettra de conscientiser et de fédérer les peuples européens. Notre but stratégique est l’application de notre programme et donc la sortie de l’austérité. Faire de la sortie de l’euro ou de l’Union européenne un but en soi, c’est détourner notre combat de son horizon : sortir de la domination du capital sur la vie.

 


- Notre sortie de l’euro et notre désobéissance aux traités mettront fin à l’Union européenne.

Car il n’y a pas d’Union européenne sans la France. Ce ne sera donc pas à la France de sortir de l’Union européenne, ce qui serait une position qui nous minoriserait et qui ferait le jeu de l’Allemagne et de ses alliés. La France devra construire d’autres solidarités avec les gouvernements qui le souhaiteront dans un nouveau cadre européen et internationaliste.


L’enjeu de la période est de se préparer à cette grande bataille politique et sociale. Ainsi la France, avec ses immenses ressources politiques, économiques, sociales et diplomatiques, ne sombrera pas comme vient de le faire le gouvernement grec. Elle utilisera au contraire tout son poids pour aider les autres pays à vaincre l’austérité avec elle, quel qu’en soit le prix à payer.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Euro

- Résolution du Parti de Gauche sur l’euro 10 avril 2011 : "....si l’alternative qui venait à se présenter était le maintien de la zone euro dans la soumission au carcan néolibéral, ou bien la sortie de l’euro pour appliquer le programme validée par le vote des citoyens, le PG opterait sans hésitation pour cette seconde solution...."

- Alexis Corbière : "Au PG, notre “plan B” envisage la sortie de l'euro"

- Cette semaine dans Marianne : Sortir de l'euro ? Le débat interdit

- "On doit faire en France ce que Tsipras ne peut pas faire en Grèce"

- «  S’il faut choisir entre l’euro et la souveraineté nationale, je choisis la souveraineté nationale » J.L Mélenchon

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 18:45
Communiqué du Parti de Gauche : "Plus que jamais, Solidarité avec la Grèce"

Sources :  le Parti de Gauche par Eric Coquerel

Hier devant le parlement grec, Alexis Tsipras a présenté un plan comportant des concessions en contrepartie d’un financement et d’une restructuration de la dette. Malgré cette proposition, non contents du blocus financier qu’ils ont organisé, Berlin et ses affidés, dont le patron de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, abordent les réunions du week-end en faisant de la surenchère. Manifestement l’Allemagne ne veut pas d’un accord mais la capitulation totale de la Grèce même au prix d’un Grexit.

 

Maintenant ça suffit ! L’avenir de la Grèce et des autres peuples européens ne peut dépendre du bon vouloir des conservateurs allemands. Plus que jamais nous affirmons notre solidarité avec la Grèce. Le plan du gouvernement Tsipras et la restructuration de la dette doivent être validés en l’état. Beaucoup de choses vont dépendre de la France : nous demandons à François Hollande de passer des paroles aux actes et d’apporter son plein soutien aux propositions de la Grèce.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 14:02
Élections régionales 2015 : Communiqué du Front de Gauche (PCF, ENSEMBLE !, PG, GU) Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

Sources :  le Parti de Gauche de Charente

Réuni en coordination régionale à Bordeaux le 8 juillet 2015, les organisations du Front de Gauche (PCF, ENSEMBLE !, PG, GU) appellent à un large rassemblement en vue des élections de décembre 2015 et au-delà, pour que la justice sociale, l’écologie, la démocratie et un aménagement équilibré des territoires s’impose enfin.

 

Il s’agit de combattre les politiques proposées par la droite et l’extrême-droite, et de s’inscrire en rupture avec les politiques libérales et d’austérité menées par le parti socialiste au gouvernement. Dans nos trois régions (Aquitaine, Poitou-Charentes et Limousin), les majorités dominées par le PS accompagnent et parfois amplifient ces politiques.

 

Nous appelons toutes les forces politiques disponibles (EELV, NPA, Nouvelle Donne, …) les femmes et les hommes, militants écologistes, socialistes, syndicalistes, associatifs, acteurs culturels et citoyens qui partagent cette ambition à construire avec nous ce rassemblement.

 

Bordeaux, le 8 juillet 2015

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 08:17
La reconquête de notre bien commun, le Service Public,  ça commence le 13 juin à Guéret !

Sources : Le Parti de Gauche

L’ensemble des forces syndicales, associatives et politiques présentes [1] ont confirmé leur volonté de mettre pleinement leurs forces en convergence pour mener la bataille pour des services publics pour toutes et tous sur l’ensemble du territoire, des services publics de qualités, accessibles, démocratisés. Elles souhaitent réussir à impliquer les citoyens dans la lutte pour la défense et le développement des services publics, les impliquer dans la définition de leurs besoins et dans la manière de pouvoir y répondre.

 

 

- Ce rassemblement d’une diversité et d’une surface inédite est possible car nous nous trouvons au carrefour d’un choix de société à effectuer :

  • d’un côté le chacun pour soi, le marché libre et non faussé, le repli identitaire, le mépris des peuples et des salariés qui cache celui de la démocratie, la recherche du profit comme seul moteur ;
  • de l’autre celui de l’égalité, de la solidarité, de la République, du partage des richesses, de l’internationalisme.

 

 

- Les forces présentes appellent à une grande manifestation militante, populaire et festive à portée nationale à Guéret le 13 juin 2015.

 

Elles attendent 10 000 personnes de toute la France : citoyens-usagers, professionnels élus ! Tous sont les bienvenus pour réussir cette mobilisation.

 

De nombreux transports collectifs sont d’ores et déjà prévus au départ de: Angoulême, Ruffec, Sarlat, Quimper, Lille, Paris, Toulouse, Montaigu, Luçon, Nice, Lure, Bordeaux, Tarbes, Tours, Les Combrailles, etc. Une très forte mobilisation des habitantes et habitants du Limousin est attendue et a déjà commencé.

 

Cette grande mobilisation sera aussi pour nous l’occasion de débattre tout au long de la journée, de se réunir, de comparer les expériences, de créer des zones de rencontre et de partage entre militants et citoyens souhaitant se mobiliser pour LEUR service public, de prendre des renseignements, de rencontrer des délégations d’autres pays (Grèce, Espagne, Allemagne, etc.), mais aussi de faire la fête : un grand concert est prévu jusque tard dans la nuit.

 

Cette manifestation n’est pas un point d’orgue mais le commencement d’une mobilisation qui est appelée à prospérer. C’est pourquoi les militants des services publics poseront dès le lendemain dimanche 14 juin les jalons pour lancer les assises du service public du XXIème siècle sur l’ensemble du territoire qui permettront d’aboutir à la rédaction d’un nouveau manifeste en juin 2016 à Paris.

 

La reconquête de notre bien commun, le Service Public,
ça commence le 13 juin à Guéret !

L’ensemble des forces syndicales, associatives et politiques présentes ont confirmé leur volonté de mettre pleinement leurs forces en convergence pour mener la bataille pour des services publics pour toutes et tous sur l’ensemble du territoire, des services publics de qualités, accessibles, démocratisés. Elles souhaitent réussir à impliquer les citoyens dans la lutte pour la défense et le développement des services publics, les impliquer dans la définition de leurs besoins et dans la manière de pouvoir y répondre.

Ce rassemblement d’une diversité et d’une surface inédite est possible car nous nous trouvons au carrefour d’un choix de société à effectuer :

d’un côté le chacun pour soi, le marché libre et non faussé, le repli identitaire, le mépris des peuples et des salariés qui cache celui de la démocratie, la recherche du profit comme seul moteur,
de l’autre celui de l’égalité, de la solidarité, de la République, du partage des richesses, de l’internationalisme.

Les forces présentes appellent à une grande manifestation militante, populaire et festive à portée nationale à Guéret le 13 juin 2015.

Elles attendent 10 000 personnes de toute la France : citoyens-usagers, professionnels élus ! Tous sont les bienvenus pour réussir cette mobilisation. De nombreux transports collectifs sont d’ores et déjà prévus au départ de: Angoulême, Ruffec, Sarlat, Quimper, Lille, Paris, Toulouse, Montaigu, Luçon, Nice, Lure, Bordeaux, Tarbes, Tours, Les Combrailles, etc. Une très forte mobilisation des habitantes et habitants du Limousin est attendue et a déjà commencé.

Cette grande mobilisation sera aussi pour nous l’occasion de débattre tout au long de la journée, de se réunir, de comparer les expériences, de créer des zones de rencontre et de partage entre militants et citoyens souhaitant se mobiliser pour LEUR service public, de prendre des renseignements, de rencontrer des délégations d’autres pays (Grèce, Espagne, Allemagne, etc.), mais aussi de faire la fête : un grand concert est prévu jusque tard dans la nuit.

Cette manifestation n’est pas un point d’orgue mais le commencement d’une mobilisation qui est appelée à prospérer. C’est pourquoi les militants des services publics poseront dès le lendemain dimanche 14 juin les jalons pour lancer les assises du service public du XXIème siècle sur l’ensemble du territoire qui permettront d’aboutir à la rédaction d’un nouveau manifeste en juin 2016 à Paris.

La reconquête de notre bien commun, le Service Public,
ça commence le 13 juin à Guéret !


La Conférence de presse de la convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics du 12 mai 2015 a réuni de nombreux représentants syndicaux, associatifs et politiques :

AGGOUNE Fatah (Trésorier de l’Association de Financement de Guéret 2015), BESANCENOT Olivier (NPA), BUCAS-FRANCAIS Anne (membre du Conseil d’Administration de l’UNRPA), COME Pierron (NPA), COQUEREL Eric (SN PG), CORMAND David (SN adjoint EELV), DEFAIX Bernard (Secrétaire de la Convergence), FLATREAUD Vivianne (CGT Serv Pub), FOUCAUD Edouard (Nouvelle Donne), GALEPIDES Nicolas (SG Sud PTT), HALLINGER Patrick (Convergence Tours), HOANG NOC Liem (fondateur des Socialistes atterrés), JALLAMION Michel (Président de la Convergence), LAADJ Nicolas (Sud Santé Sociaux), LANGLARD Laurent (porte-parole FNME-CGT), LARROUTUROU Pierre (co-fondateur Nouvelle Donne), LAURENT Pierre (SN PCF), LEMAIRE Arlette (SN FSU), LUXI Pascale (Solidaires Assemblée nationale), MARTET Michel (Ensemble), MATHURIN Isabelle (PCF), MENARD Pierre (Président Convergence Nationale Rail), NAY Françoise (Présidente Coord hôpitaux&maternité de proximité), N’GUYEN Christian (Convergence Creuse), PARIS Jean-Jacques (SG de l’ANECR), PARROT Evelyne (UGFF-CGT), PELISSIER Jean-François (co-porte-parole d’Ensemble), PETRIARTE Patrice (Solidaires Assemblée nationale), PIERREL Christian (porte-parole du PCOF), SULTAN Philippe (Copernic), TALBOT Baptiste (SG CGT Services Publics), THIBERVILLLE Marc (CGT Cheminots),THOMAS Denis (FSU), TURBET-DELOF Denis (SN Union Syndicale Solidaires).

Pour la Convergence des Services Publics,
Michel Jallamion, président.
facebook : Convergence Services Publics
site: www.convergence-sp.org

Document docx

Document pdf

- See more at: https://www.lepartidegauche.fr/communique/la-reconquete-notre-bien-commun-le-service-public-ca-commence-le-13-juin-gueret-32290#sthash.mGR2XKoK.dpuf

La reconquête de notre bien commun, le Service Public,  ça commence le 13 juin à Guéret !

- Pour en savoir plus sur le contenu et les modalités de l'initiative :

 

  •  le site de Convergence Services Publics ICI
  • la page facebook : Convergence Services Publics ICI
  • la présentation de l'initiative en conférence de presse sous format Document docx ICI
  • la présentation de l'initiative en conférence de presse sous format Document pdf ICI

 

 

- [1] La liste des organisations à l'initiatives de ce rassemblement est la suivante :

Confédération CGT,FSU, Union Syndicale Solidaires, Confédération paysanne, Fédération Autonome de la Fonction Publique, EPSU, UGFF-CGT, Fédération des Services Publics-CGT,  FNME-CGT, Fédération CGT Equipement-Environnement, Fédération CGT Finances, SYAC CGT, CGT Banque de France, FERC-CGT, Fédération CGT des Cheminots, SNA Concurrence Consommation Répression des Fraudes CGT, Syndicat CGT des Finances Publiques, l’Union Fédérale des retraités de la Police nationale CGT, Sud PTT, Sud Rail, Sud-Santé Sociaux, Sud-Santé Solidaires APHP, Solidaires Finances publiques, Sud Collectivités territoriales, Solidaires Douanes, Union syndicale de la Psychiatrie, Fédération Générale des Retraités Fonction Publique, CGT Lille et environs, Sud éducation Limousin, Convergence des Hôpitaux en Lutte contre l’Hôstérité, Coordination Eau Bien Commun France,  Coordination Nationale des Comités de défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité, Convergence nationale Rail, Collectif « La santé n’est pas une marchandise », Coordination Eau Adour-Garonne, Coordination Eau IDF, Coordination nationale des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception, Fondation France-Libertés, Le Planning Familial, Association d’usagers pour la Défense du Service Public du pays de Luçon, Association de défense des Services Publics et de leurs usagers-Hautes-Alpes, Collectif 37 notre santé en danger, Collectif des résistances en Comminges, Collectif nantais pour le droit à la santé et à la protection sociale pour toutes et tous, Collectif de défense et de développement des services publics (CDDSP) de l’Ardèche, CDDSP Combrailles, CDDSP Corrèze, CDDSP Creuse, CDDSP Hautes Pyrénées, Comité de vigilance pour le maintien des services publics de proximité Lure-Luxeuil (Haute-Saône), Comité Pluraliste de Défense et de Promotion de la ligne SNCF-Béziers-Clermont, comité citoyen de vigilance des services publics Romorantinais, Convergence Services Publics d’Indre et Loire, Mouvement de sauvegarde, de promotion et de démocratisation des services publics en sud gironde, Vivent les services publics Bouches-du-Rhône,  Collectif Alternative A l’Austérité,  l’Appel des Appels, ATTAC, AITEC, CNAFAL, les Economistes Atterrés, Droit au Logement, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Réseau Éducation populaire, Résistance Sociale, UFAL, Union nationale des retraités et des personnes âgées, ANECR, Cap à Gauche en Corrèze, collectif « Aveyron Majorité Citoyenne », Démocratie et  Socialisme, Gauche Avenir, Maintenant la Gauche, Ensemble!, EELV, Gauche Unitaire, Jeunes Ecologistes, Mouvement Jeunes Communistes de France, Nouvelle Donne, NPA, PCF, PCOF, PG, Parti de la Gauche Européenne, République et Socialisme

 

Pour en savoir plus :

- l'appel de Guerret

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 08:14
Quelle stratégie politique à gauche pour le rassemblement populaire  ?

Source : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées le 29 mai 2015

- Une alternative au tripartisme par Éric Coquerel Coordinateur politique du Parti de Gauche

Quelle stratégie politique à gauche pour le rassemblement populaire  ?

Année de la recomposition politique , 2015 ? Pour le système, elle a déjà un nom  : le tripartisme. Le PS compte dessus pour imposer François Hollande en 2017 comme candidat unique de la «  gauche  » au 1er tour au nom du vote utile. Il prétend donc conserver sa place centrale «  à gauche  ». Mais une gauche qui aurait tout d’un parti «  démocrate  » à l’américaine. La mue de l’UMP en parti «  républicain  » compléterait le tableau. Mais le troisième larron de l’attelage n’entend pas se contenter de jouer le diable de confort du système. Le «  jour des petits couteaux  » entre les Le Pen n’est pas un débat sur le fond – les événements récents confirment le FN comme force d’extrême droite antirépublicaine – mais sur la stratégie de prise de pouvoir. Le FN pourrait ainsi se sentir suffisamment fort pour faire des propositions d’alliance à la droite au 2e ou 3e tour des régionales. Le degré de dangerosité pour la démocratie n’est évidemment pas égal entre ces trois composantes. Reste que pour tous ceux qui refusent une Ve République toujours plus monarchique, austéritaire et productiviste, il est impératif de dégager une alternative indépendante au tripartisme. Il n’y a pas d’autre issue. C’est d’ailleurs la même équation qui se pose partout en Europe et que Syriza a su résoudre à son avantage. C’est même le seul espoir pour renverser ou éviter les politiques de droite et d’extrême droite, y compris quand elles sont appliquées par un gouvernement social-libéral.

 

Avons-nous une chance raisonnable d’y parvenir  ? Première hypothèse  : ceux qui, au PS, s’opposent à la politique de Valls remportent le prochain congrès. La situation, et donc notre stratégie, en seraient évidemment changées. Cette hypothèque sera levée dans un mois. Elle posera d’ailleurs la question inverse aux frondeurs s’ils s’avèrent minoritaires. Nos bras, dans ce cas, leur seront ouverts. Car dans cette situation, il y a un espoir. Si le système tente de l’effacer, «  notre  » gauche ne l’est pas. Nous conservons un socle disponible de 10-11 % dans le pays. Ce n’est pas suffisant pour incarner seuls l’alternative, mais c’est une base suffisante pour impulser une nouvelle dynamique. Dans ce cadre, les régionales vont bien sûr jouer un rôle important car c’est la dernière étape avant la présidentielle. Nous devons nous mettre en ordre de bataille pour y enregistrer un progrès à même de nous crédibiliser en alternative. Dans cet objectif, le Front de gauche peut encore jouer un rôle décisif en contribuant à des rassemblements citoyens de tous ceux qui refusent le désordre austéritaire. Cela nécessite d’avancer avec méthode. À commencer par concrétiser ce que nous avons seulement ébauché  : des listes indépendantes, cela va de soi, des forces du système  ; un effort rassembleur vis-à-vis d’EELV, Nouvelle Donne, des socialistes d’opposition, le NPA…  ; par-dessus tout un véritable engagement pour susciter une implication citoyenne, seule à même de remettre le peuple en mouvement. Je m’arrête sur ce dernier aspect. Si on le prend au sérieux, cela oblige les partis à se mettre au service de ce rassemblement citoyen. Donc laisser un rôle décisionnaire à tous ceux qui seraient volontaires pour travailler à cette démarche, d’où notre proposition d’assemblées représentatives de ces listes. Enfin, parce que nous ne pouvons pas être la seule démarche nationale à en être privé, il faudra une appellation nationale pour l’identifier. Bien évidemment, parallèlement, il convient de travailler à un accord programmatique. Il devra faire face à cinq urgences  : la désagrégation de la souveraineté populaire à laquelle nous répondons par la constituante, la VIe République et la désobéissance européenne, l’austérité et les inégalités au bénéfice des revenus du capital, la casse des principes d’égalité républicaine, la préservation de notre écosystème, la paix. Mais le passé commun de la gauche antilibérale a montré sa capacité à régler cette question. C’est moins évident de notre capacité à nous rassembler dans un même mouvement et assurer une permanence dans notre stratégie. Mais avons-nous le droit d’échouer  ?

 

 

- Une action de transformation sociale par Fanélie 
Carrey-Conte Députée PS 
de Paris

Quelle stratégie politique à gauche pour le rassemblement populaire  ?

Une urgence pour la gauche au pouvoir  : en finir avec l’impuissance. Trop souvent les citoyens ont le sentiment que l’action politique ne sert à rien, que les choses se décident ailleurs, que leur souveraineté populaire n’est plus incarnée, et cela doit cesser. Il faut que les décisions prises par les gouvernants pèsent à nouveau sur le réel, apportent des transformations pour la vie quotidienne de tous, et en particulier des plus fragiles. Une nécessité  : redonner confiance en la gauche. Ce sont les solutions de gauche qui permettront de répondre aux vrais défis du XXIe siècle. Creusement des inégalités, en particulier de patrimoine, enjeux environnementaux et climatiques, profondes mutations sociétales et économiques liées à l’ère numérique, nécessaire refondation démocratique… Il nous faut impérativement démontrer aux Français qui doutent que ce n’est ni dans le délaissement et le désintérêt citoyen, ni dans les propositions xénophobes et de repli portées par l’extrême droite que se trouvent les réponses qui permettront de faire face à ces défis, pourtant vitaux pour notre avenir collectif. Ce sont à l’inverse les solutions portées par la gauche – interventionnisme de la puissance publique, égalité, justice sociale… –, qui, n’en déplaise aux tenants du glissement social-libéral, n’ont jamais été aussi modernes, et seront gage d’efficacité. Mais, pour convaincre, il faut aujourd’hui reconstruire l’adhésion et l’espoir.

 

Un impératif pour cela  : rassembler la gauche. La majorité qui avait permis l’élection de François Hollande en 2012 n’a cessé depuis de s’étriquer. Les dernières élections départementales ont vu dans trop d’endroits la gauche se présenter en ordre dispersé, s’affaiblir mutuellement. La confiance est perdue. Or, le rassemblement de la gauche est nécessaire pour construire dans la société une dynamique politique permettant de rendre ses valeurs majoritaires dans les têtes et les cœurs, et pour permettre de poursuivre dans la durée une action de transformation sociale à travers les échéances électorales à venir. Le Parti socialiste, qui assume le pouvoir, a une responsabilité première. Il lui faut être lucide sur la défiance existant aujourd’hui parmi les citoyens, et surtout sur les raisons de celle-ci  : inefficacité des politiques menées, engagements non tenus, déceptions face à certains choix non conformes à nos valeurs. Il lui faut agir vite, très vite, afin que les deux années qui viennent ne soient pas annonciatrices d’une catastrophe démocratique qui pourrait se produire en 2017 si rien ne change. Il lui faut enfin comprendre que le rassemblement ne se bâtira pas sur une injonction, ni sur une logique de culpabilisation face aux dangers de l’extrême droite. Il n’existera que sur la base d’une orientation partagée, et clarifiée. L’intériorisation du mantra libéral «  il n’y a pas d’autre politique possible  » doit cesser, de même que l’appropriation de théories comme l’insuffisante flexibilité du marché du travail, les protections des salariés considérées comme des freins à l’emploi… Il faut à l’inverse renouer d’urgence avec les fondamentaux  : le rôle de la gauche au pouvoir est avant tout de faire que son action contribue à ce que les citoyens vivent mieux. Pouvoir d’achat, salaires, égalité républicaine à travers une action offensive sur les territoires délaissés, retour assumé de la puissance publique… C’est sur la base de telles orientations que la convergence des forces des gauches pourra à nouveau s’opérer. Il est encore temps, mais plus pour longtemps  : agissons.

 

 

- Une gauche refondée par Marie-Pierre Vieu Membre 
de l’exécutif 
du PCF

Quelle stratégie politique à gauche pour le rassemblement populaire  ?

Pour moi, déverrouiller le débat politique est aujourd’hui moins lié à des questions de contenu qu’à notre capacité ou plutôt incapacité collective à construire le rassemblement qui le validera. L’actualité corrobore le constat d’Emmanuel Todd d’une «  France inégalitaire et autoritaire en rupture avec son peuple  » et toute représentation institutionnelle.

 

L’austérité au cœur des politiques européennes réduit l’espace public et met à mal le droit à l’égalité tandis que la pression sur les salaires hypothèque les parcours de vie. La fracture sociale revêt les formes multiples de l’exclusion territoriale, raciale, culturelle. L’insécurité progresse, la violence régit les rapports sociaux. Le choix du gouvernement à l’instar des PS européens d’affronter ce débat avec les remèdes de la droite pèse sur les consciences. Le donnant-donnant chute sur la loi Macron, Charlie justifie celle relative au renseignement. La rupture est consommée avec l’histoire de la gauche, ses repères. Cela renforce les forces les plus réactionnaires, une droite extrémisée, le FN, sans libérer pour autant un espace pour l’alternative. C’est en fait à un effritement, une délégitimation et une atomisation du camp du progrès social que nous assistons. Comment en sortir sinon par l’affirmation d’une offre de rassemblement qui transcende la situation  ? On pense à 1936 et au Conseil national de la Résistance, à l’union de la gauche qui a rendu possible la victoire de 1981 sur la base du programme commun.

 

La création du Front de gauche en 2009 est aussi une nouvelle union de forces de gauche et citoyennes. Née de l’exigence de sortir du diktat de la concurrence libre et non faussée, l’humain d’abord et la campagne de 2012 lui ont permis de remettre dans le débat public les questions de redistribution sociale, écologique, VIe République et réorientation de la construction européenne, démontrant l’unité des aspirations sociales, démocratiques et écologiques dans le combat antilibéral. La suite n’est pas à la hauteur, et pèse dans les blocages que nous rencontrons. Certains imputent la faute au manque de démarcation vis-à-vis du PS. Mon sentiment est que le Front de gauche, encore plus depuis l’élection d’une majorité socialiste, n’a pas dépassé dans son mode de réflexion et de fonctionnement les débats de posture, les logiques d’organisation et les repliements identitaires pour être la force propulsive utile aux luttes sociales et au mouvement populaire.

 

C’est cet obstacle que nous devons dépasser  : en continuant à œuvrer au rassemblement du FG, en développant toutes les passerelles possibles avec les autres forces politiques sociales, les militants, élus, acteurs de terrain, citoyens qui cherchent à sortir de l’étau actuel, en trouvant des formes de débat, de prises de décision, de souveraineté et de militance partagées. Le congrès du PS ne va pas rouvrir un espace pour la gauche mais tenter d’unifier les socialistes autour de la préservation de l’existant en favorisant le tripartisme et reléguant à la marginalité politique tout ce qui concourra à valider d’autres choix à gauche. Cela doit amplifier notre détermination à multiplier les rassemblements citoyens, avec le FG, EELV, des socialistes, des élus locaux, des acteurs de terrain, comme cela a eu lieu pendant les départementales. Les renforcer au moment des régionales sur des sujets comme la défense des services publics. Mais la question est de ne pas en rester à des alliances électorales conjoncturelles pour donner force et cohésion à ce mouvement de fond sur le terrain social, politique, culturel de la bataille pour l’hégémonie. Le PCF s’engage dans les chantiers d’espoir pour en faire des lieux d’échanges et de construction ancrés dans la proximité. Il est encore force motrice du Forum des alternatives qui permettra fin mai de faire converger à Paris tous les acteurs et forces de transformation, dont Syriza. C’est à cette hauteur d’une refondation de la gauche que nous devons nous hisser. Sans lâcher sur la visée émancipatrice qui est la nôtre.

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 10:48
Élections régionales : Appel du PG Aquitaine-Limousin-Poitou Charentes

Le Parti de Gauche réuni à Fargues de Langon (33) en coordination régionale (en présence de nombreux militants venus de 11 départements de la grande région) s’adresse à tous les citoyens, à toutes les organisations, à toutes celles et ceux qui s’opposent à la politique gouvernementale pour construire des régions écosocialistes et anticapitalistes répondant à leurs besoins et à leurs aspirations dans une alternative de gauche.

Cet appel n’est qu’un début, nous vous invitons à venir construire ensemble un projet démocratique, républicain, écologique et social.

 

Source :  le Parti de Gauche de Charente le 18 mai 2015

La coordination régionale du Parti de Gauche Aquitaine Limousin Poitou-Charentes s’est réunie les 16 et 17 mai 2015 afin de réfléchir aux élections régionales de décembre 2015.

 


- La réforme territoriale s’inscrit dans un contexte global d’austérité.

Les nouvelles régions, dessinées dans l’objectif de mise en concurrence des territoires, se traduiront par plus d’inégalités, moins de services publics, moins de démocratie. La métropolisation et maintenant le redécoupage des régions éloignent les citoyens des lieux de décisions, de leurs élu-e-s locaux, affaiblissant leur capacité d’intervention dans la vie publique. Les moyens publics seront concentrés dans les grandes métropoles, aux dépens de zones rurales et périphériques où le manque d’emploi et de services publics se fait durement sentir via la réforme de l’État.

 

Nous refusons une région à deux vitesses, où seules les grandes métropoles seraient dotées d’emploi et de ressources publiques. Nous refusons le déclin agricole et industriel de notre région et la concentration des activités économiques.

 

 

- Ce contexte alarmant appelle une réponse :

  • des régions écosocialistes et anticapitalistes

  • des régions qui servent d’appui à la lutte contre l’austérité en développant les services publics comme mode de gestion du bien commun

  • des régions qui préfèrent la coopération des territoires plutôt que leur mise en concurrence

  • des régions qui soient des collectivités réellement démocratiques, au services des besoins concrets des populations, sur les sujets qui nous touchent au quotidien comme les Lycées, les TER…

  • des régions, conscientes de la crise climatique, qui s’engagent dans la transition écologique et promeuvent l’agriculture paysanne.

  • des régions qui créent de véritables projets économiques de long terme pour l’emploi, plutôt que de distribuer aveuglément des subventions qui s’évaporent au fur et à mesure des délocalisations.

  • des régions qui refusent de voir leur économie devenir exclusivement tertiaire. Des régions qui s’engagent dans un aménagement durable du territoire et non dans des Grands Projets Inutiles et Imposés (tels les LGV ou les Center Parcs).

 

 

- Nous n’oublions pas que ce contexte local s’inscrit dans une logique nationale, celle de la remise en cause de l’égalité de tous les citoyens sur le territoire.

C’est pour cela qu’il nous semble aussi important, par delà les enjeux locaux, de réaffirmer la laïcité comme le socle de notre vivre ensemble en réaffirmant la République sociale, celle que Jean Jaurès appelait de ses vœux, comme projet politique.

 

 

- Dans ce contexte, notre responsabilité est de construire une alternative clairement indépendante des politiques menées par le Parti Socialiste aux différents échelons de notre pays.

Nous sommes inquiets du boulevard qu’ouvrent ces politiques délétères à la droite et au FN, mais fermement convaincus que la réponse c’est l’engagement citoyen. Il est possible de porter un programme de rupture qui donne à voir des radicalités concrètes et soit en même temps une étape dans la construction d’une force politique nouvelle de rupture avec le système dominant.

 

Les élections régionales sont un moment de cette construction. Pour nous, avoir des élu-e-s n’est pas une fin en soi mais un moyen. Nous voulons des élu-e-s militant-e-s, en mesure d’incarner dans les assemblées cette dynamique nouvelle.

 

 

- Le Front de Gauche est un point d’appui et le patrimoine de tou-te-s ceux et celles qui ne se résignent pas à l’ordre économique dominant.

Nous sommes attaché-e-s à la démarche unitaire qu’il a initiée. Pour être pertinente elle doit pouvoir s’élargir et s’ouvrir.

 

 

- Nous pensons que la construction d’une alternative de gauche à la politique du PS doit marcher sur deux jambes :

- élargir les dynamiques unitaires ;

- mais aussi s’ouvrir à la participation citoyenne et même la susciter.

Des initiatives existent, nous devons nous appuyer dessus. Ainsi, les assemblées citoyennes qui se mettent en place sur les territoires, comme à Pau ou en Creuse, des appels citoyens, les démarches de rassemblement du Front de Gauche, d’EELV et de Nouvelle Donne initiées aux départementales sont autant de points positifs. Les camarades du NPA et tous ceux et celles qui s’opposent à la politique du gouvernement y sont bienvenus. L’appel de la Convergence des Services Publics à manifester à Guéret le 13 juin est un point d’appui.

 

De même nous regardons favorablement l'adresse de la coordination régionale d'<<Ensemble>>, ainsi que l’appel de Limousin terre de gauche qui tient son université de printemps le 30 mai 2015.

 

 

- Nous appelons à la convergence de celles et ceux qui s’opposent à la politique gouvernementale et s’inscrivent dans une alternative de gauche.

Nous appelons à co-construire ensemble cette démarche, à créer des assemblées représentatives des assemblées citoyennes pour que les citoyen-ne-s se saisissent de celles-ci avec les partis engagés. Le but doit être de se doter d’une charte et d’un programme qui définisse les contenus et les engagements mutuels que nous porterons pour cet objectif de clarté et d’indépendance politique. Nous sommes disponibles pour participer à cette construction et appelons à la réunion de toutes les forces susceptibles d’y participer.

 

Fargues de Langon, le 17 Mai 2015

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier élections régionales 2015

- Appel d’ENSEMBLE! au rassemblement de la gauche qui refuse l’austérité : une alternative est possible !  

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 08:58
TAFTA : Marine Le Pen et le FN complices de l’UMPS européen

La commission du commerce international du Parlement européen a voté hier en faveur du Traité de commerce transatlantique (TAFTA).

Loin de résister comme ils l’avaient fait croire, les députés PS, sous la houlette du rapporteur allemand Bernd Lange (SPD) ont voté en faveur des tribunaux d’arbitrage entre les Etats et les entreprises. Loin de préconiser des solutions alternatives dont ils avaient pourtant beaucoup parlé, ils se sont purement ralliés à la position de la Commission européenne.

Je dénonce cette nouvelle capitulation des sociaux-démocrates qui précipitent le désastre écologique et social dans lequel ce traité entraîne l’Europe.

Je salue la résistance des députés GUE, Verts et du socialiste français Emmanuel Maurel qui ont voté contre ce projet dangereux, comme je l’avais fait moi-même le 31 mars en Commission des affaires étrangères.

Je constate à l’inverse qu’en parfaite opposante de pacotille Marine Le Pen était absente lors de ce vote décisif. La volonté du FN de "laisser passer" est aussi avérée par l’absence de son suppléant Aymeric Chauprade.

Cela confirme le refus de Marine Le Pen de s’opposer à l’alignement transatlantique de l’Europe comme l’avaient déjà montré plusieurs de ses votes changeants sur l’OTAN.

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Sources : Le Parti de Gauche par Jean-Luc Mélenchon

La commission du commerce international du Parlement européen a voté hier en faveur du Traité de commerce transatlantique (TAFTA).

 

Loin de résister comme ils l’avaient fait croire, les députés PS, sous la houlette du rapporteur allemand Bernd Lange (SPD) ont voté en faveur des tribunaux d’arbitrage entre les Etats et les entreprises. Loin de préconiser des solutions alternatives dont ils avaient pourtant beaucoup parlé, ils se sont purement ralliés à la position de la Commission européenne.

 

Je dénonce cette nouvelle capitulation des sociaux-démocrates qui précipitent le désastre écologique et social dans lequel ce traité entraîne l’Europe.

 

Je salue la résistance des députés GUE, Verts et du socialiste français Emmanuel Maurel qui ont voté contre ce projet dangereux, comme je l’avais fait moi-même le 31 mars en Commission des affaires étrangères.

 

Je constate à l’inverse qu’en parfaite opposante de pacotille Marine Le Pen était absente lors de ce vote décisif. La volonté du FN de "laisser passer" est aussi avérée par l’absence de son suppléant Aymeric Chauprade.

 

Cela confirme le refus de Marine Le Pen de s’opposer à l’alignement transatlantique de l’Europe comme l’avaient déjà montré plusieurs de ses votes changeants sur l’OTAN.

 

Jean-Luc Mélenchon

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier : TAFTA & TISA

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 08:00
La BCE au nom de l’Europe, contre les peuples

Sources :  La Commission économique du Parti de Gauche le 20 avril 2015 par Nolwenn Neveu

« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » assénait en janvier le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker. En réalité il ne peut tout simplement pas y avoir de démocratie dans le cadre des traités européens. L’hallucinant chantage auquel a été soumis le gouvernement Syriza, dix jours à peine après son accession au pouvoir en Grèce a sanctifié la toute-puissance de la Banque Centrale Européenne en matière de politique économique. La BCE, seule institution fédérale européenne, et la moins démocratique, entend désormais, sans aucun mandat populaire, décider des politiques mises en œuvre par des gouvernements souverainement élus.

 

 

- Une banque centrale au service des banques privées

Ce n’est pas au nom, ni dans l’intérêt des peuples que la BCE agit. Elle en a depuis longtemps fait la preuve. Ses décisions et ses actes servent aveuglément les intérêts des banques et de la finance, au détriment des populations. Depuis le début de la crise financière la BCE a déployé des trésors d’imagination pour secourir et enrichir les banques privées, allant jusqu’à bouleverser ses pratiques, elle qui se montre si rigide sur ses statuts lorsqu’il s’agit de venir en aide aux Etats ruinés. A titre d’exemple, alors même que sous couvert des traités elle refuse de prêter aux Etats, la BCE a conduit, entre 2011 et 2012, des opérations de refinancement des banques privées à hauteur de 1000 md€ et à des taux d’intérêts dérisoires. Non contente d’accorder des prêts à taux réduit (jusqu’à 0.25% quand les Etats de la Zone Euro empruntaient sur les marchés à des taux de 4 à 5%) la BCE procéda à un rachat massif auprès des institutions financières de titres de dettes souveraines des pays de la Zone Euro, à des prix supérieurs à celui du marché –le tout sans exiger aucune contrepartie. Et en janvier dernier, la Banque centrale européenne a dévoilé son nouveau plan, qui prévoit le rachat de 1 000 milliards d’euros de dette sur le marché secondaire jusqu’à fin 2016. Parallèlement, elle refuse toujours d’acheter directement aux Etats des titres de dette.

 

La BCE pourrait pourtant aisément résoudre le problème des dettes souveraines en transformant ces créances en obligations perpétuelles avec des taux d’intérêt fixes et sans remboursement de capital – comme le propose la Grèce. Elle pourrait également faire le choix d’annuler simplement les créances qu’elle détient et racheter les titres détenus par d’autres Etats afin de les annuler. Au lieu de cela, elle exige des Etats, au nom d’un supposé intérêt européen, une rigueur budgétaire aberrante au regard de leur situation économique. Laquelle rigueur devant leur permettre de rembourser une dette qui provient pour une large partie, il faut le rappeler, des plans de sauvetage du secteur bancaire et de la récession provoquée par la crise financière.

 

 

- Persécution économique

Pour décrire l’énormité de la violence imposée aux Etats à travers l’acharnement austéritaire, F. Lordon parle de « persécution économique ». Les pays de la zone euro, déjà dévastés par la spéculation des marchés, ont de surcroit dû se soumettre à des programmes d’austérité aussi drastiques que criminels. Ces programmes ont anéanti toute possibilité de reprise dans la zone euro et en ont fait la région la plus déprimée au monde. Véritables fléaux, ces programmes imposés par la troïka, BCE en tête, ont enfoncé dans la crise l’Europe et tout particulièrement la Grèce. De 2009 à 2014, la réduction des dépenses publiques a été de 28 % en Grèce. Les déficits ont été réduits au prix d’un désastre social et économique. En 2014, le PIB de la Grèce était inférieur de plus de 25 % à son niveau de 2007, il a chuté de 4.7% sur la seule année 2014. En 2014 le taux de chômage était de 26%, le taux de pauvreté avait augmenté de plus de 100%, portant à 46% la proportion de Grecs vivant en dessous du seuil de pauvreté, la mortalité infantile a augmenté de 43%.

 

Par son vote du 25 janvier 2015 le peuple grec a souverainement exigé la fin de cette persécution. Il réclamait la mise en place d’un programme, celui de Syriza, visant à sortir le pays de la crise humanitaire dans laquelle il est plongé : remboursement de la dette conditionné à la croissance économique, abaissement de l’obligation de surplus budgétaire de 4.5% à 1.5% sur 5 ans pour permettre la relance, taxation des plus riche, lutte contre l’évasion fiscale, plan de reconquête de l’emploi et de développement économique. La réaction ne s’est pas fait attendre : sans qu’aucun mandat ne lui ait été donné en ce sens, la BCE s’est brutalement soustraite à ses fonctions de Banque Centrale vis-à-vis de la Grèce en décidant d’interrompre la garantie de refinancement des titres bancaires Grecs. En menaçant ainsi de couper les liquidités à la Grèce, la BCE use d’une coercition parfaitement illégitime pour empêcher un gouvernement démocratiquement élu d’appliquer son programme.

 

Les négociations du mois de février entre la Grèce et l’Union européenne auraient sans doute connu une issue très différente si le gouvernement Tsipras  avait davantage anticipé un tel chantage et préparé une alternative pour peser dans la négociation. Pour l’heure, faute d’avoir conçu une échappatoire crédible pour échapper au piège tendu par la BCE, ce gouvernement se trouve empêché de mettre en œuvre l’essentiel de son programme.

 

 

- Préparer l’alternative

Si nous parvenions au pouvoir, nous serions probablement confrontés à une situation similaire. Il nous faut donc concevoir les alternatives qui nous permettraient d’appliquer notre programme.

Pour obtenir une refonte des traités européens permettant aux Etats d’appliquer des politiques favorables aux peuples, nous aurions à mener une bataille passant par la désobéissance aux traités et l’abrogation de la supériorité du droit européen sur le droit national.  Si malgré notre politique de désobéissance les gouvernements attachés au fonctionnement technocratique de l’Union européenne continuaient à bloquer une révision des traités, nous serions prêts à assumer l’éclatement de la zone euro.

 

Pour peser dans les négociations, il faudra effectivement affirmer la possibilité d’une réforme unilatérale des statuts de la Banque de France lui permettant d’acheter des obligations d’État en son nom. Cette réquisition de la Banque de France serait accompagnée d’un contrôle strict des mouvements de capitaux. Cette désobéissance aux traités conduirait certains à demander notre exclusion de la zone euro, même si cela n’est pas prévu par les traités européens. Nous proposerions alors aux autres pays de l’actuelle zone euro un changement radical de structure monétaire, par l’instauration d’une monnaie commune. Cette monnaie aurait un taux de change unique vis-à-vis des monnaies extérieures à la zone euro, mais chaque pays membre de la zone conserverait une monnaie nationale. Ce sont alors d’autres  solidarités qui naitraient, fondées sur un nouveau rapport de forces.

 

Nolwenn Neveu

Article paru dans A Gauche, l´hebdomadaire du Parti de Gauche

 

Pour en savoir plus :

- sur les analyses de la commissionn économique du Parti de Gauche

- sur les propositions de la commission économique du Parti de Gauche

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 08:10
La loi Santé de Marisol Touraine, une étape dans la longue marche des complémentaires

La loi Santé de Marisol Touraine ne tombe pas du ciel. Elle est le fruit d’un long processus de mise à mort d’un système de santé solidaire.

 

Sources : le Parti de Gauche Midi-Pyrénées le 25/04/2015 par Christian Lehmann[1]

- La longue marche des complémentaires

« Il faut une génération pour changer un système de santé » avait prédit Henri de Castries, PDG d’AXA®, président du groupe Bilderberg et ami de trente ans de Manuel Valls.

 

A la fin de la Seconde guerre mondiale, le Conseil National de la Résistance a créé un système de protection sociale solidaire, et nationalisé les grandes sociétés d’assurances privées, au motif que la souffrance ne devait pas être source de profit pour « les grandes féodalités ».

 

Cette Sécurité Sociale a rapidement agacé le patronat de l’époque. Dès 1948, la Chambre de Commerce de Paris s’en indignait : « La Sécurité sociale est devenue pour l’économie une charge considérable. Les salariés ont profité de traitements dont ils n’avaient peut-être pas un besoin certain, la moindre maladie a été le prétexte de repos. L’absentéisme s’est développé. »

 

En 2000, Claude Bébéar, alors PDG d’AXA®, crée l’Institut Montaigne, un thilk-tank d'économistes "indépendants"… financé par des banquiers et des assureurs (Areva®, Axa®, Allianz®, BNP Paribas®, Bolloré®, Bouygues®, Dassault®, Pfizer® ), qui dans les média est chargé de distiller le venin : le système de santé, déficitaire, doit être réformé de toute urgence. La preuve : le "trou de la Sécu" conséquence de l'irresponsabilité des malades et de la malhonnêteté des médecins. Jamais aucun de ces experts ne pointe qu’en 25 ans, 10% de la richesse nationale est passée des salariés aux dividendes financiers des actionnaires, entraînant une baisse cumulative des cotisations. La protection sociale des Français est donc constamment pointée comme coûteuse, irresponsable, un frein à la compétitivité et aux profits.

 

En 2004, Jacques Chirac, ami intime de Claude Bébéar, nomme à la tête de l’Assurance-Maladie Frederic Van Roekeghem, un ancien directeur du groupe AXA®. Proconsul nommé par l’Elysée, l’assureur Van Roekeghem peut enfin passer outre les avis des centrales syndicales et des syndicats médicaux, qui toutefois ne dénoncent pas la manipulation, trop heureux de garder leurs postes et leurs jetons de présence.

 

Dans le même temps, les assureurs entrent au Conseil de la Sécurité Sociale au sein de l’UNOCAM. Nommant et virant les directeurs de caisses locales comme il l’entend, Van Roekeghem s’entoure de sbires qui transforment la Sécu en intégrant les pires techniques de management : utilisation d’un langage commercial orwellien « C’est en changeant tous un peu qu’on peut tout changer », non-remplacement des agents retraités, transfert non rémunéré de la saisie informatique des feuilles de soins aux soignants, primes d’intéressement des médecins conseils, manipulation programmée des chiffres d'arrêts de travail " injustifiéés ", pouvoir disciplinaire discrétionnaire des directeurs de caisses sur les soignants, harcèlement des médecins. A force d’endoctrinement et de primes, les médecins-contrôleurs de la Caisse intégrent ce paradigme : utiliser les pires méthodes de management du privé "sauverait la Sécu ".

 

Début 2005, un petit arrangement entre amis permet à Xavier Bertrand, accessoirement ancien assureur chez AXA® lui aussi, de signer une convention avec les syndicats médicaux les plus proches du pouvoir en détruisant le système du médecin référent. Ouvrant la voie à la pénalisation des assurés, aux franchises sur les soins, le système du médecin traitant consiste en un magnifique tour de passe-passe, surchargeant les généralistes de travail administratif sans leur octroyer les moyens de payer un secrétariat, désespérant leur relève et hâtant leur disparition sur l’ensemble du territoire.

 

Dans le même temps, à l’hôpital, se met en place la tarification à l’activité. Les directeurs d’hôpitaux, eux aussi nommés par le pouvoir politique, inculquent au personnel soignant la culture du résultat. Rapidement, les vieux, les sans-grade, les malades atteints de pathologies complexes et nécessitant, outre des explorations médicales, du « temps soignant », sont refoulés de l’hôpital, pour des raisons d’équilibre budgétaire.

 

En 2006, à sa prise de fonction, Guillaume Sarkozy déclare être « fier de prendre la direction de Médéric®, un acteur historique majeur de la protection sociale. Mon ambition est que Médéric® relève les défis des réformes à venir qui transformeront profondément l’intervention des acteurs complémentaires, notamment dans le domaine de la santé, pour jouer un rôle de premier plan dans l’amélioration des services de protection sociale. »

 

 

- Stigmatisation des patients, dénigrement des soignants

En 2007, son frère Nicolas Sarkozy arrive au pouvoir et, au prétexte de la réduction des déficits, se lance dans la " responsabilisation " des patients en instaurant des franchises sur les soins. Philippe Seguin, président de la Cour des Comptes, propose une alternative : plutôt que de ponctionner 800 millions d’euros par an dans la poche des cancéreux et des diabétiques, la simple taxation des stock-options ramènerait 4 milliards par an dans les caisses de l’Etat. La proposition est évidemment passée à la trappe.

 

La même année, Denis Kessler, ex-directeur général d'AXA® et ex-vice-président du MEDEF le félicite de ses réformes : « Il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple… Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

 

Dans ce climat de désespérance générale des soignants, de colère des malades, le pouvoir s'attache les services d'associations de patients "représentatives " comme le CISS® en les finançant à 75%. Pour s’assurer la fidélité de leurs représentants, on leur fait miroiter un avenir radieux, où grâce à l’éducation thérapeutique, on pourra enfin se passer de médecins.

 

Confrontés en 2009 à une campagne vaccinale contre la grippe aussi calamiteuse sur le plan scientifique que financier, ces « représentants » se taisent courageusement, concentrant leur tir sur les médecins de ville, accusés de vouloir vacciner leurs patients par appât du gain. Ils évitent ainsi à Roselyne Bachelot-Narquin et à Nicolas Sarkozy d’avouer clairement qu’il ne leur est pas venu un instant à l’idée de baser un plan pandémique sur une espèce dont ils organisent la disparition.

 

En faisant une fois de plus preuve de leur indépendance d’esprit vis-à-vis des pouvoirs et des pseudo-experts, les médecins de ville renforcent la conviction des politiques : il n’y a rien à attendre d’un corps de métier aussi disparate, individualiste, rétif à toute directive administrative infondée : le magistère de la santé doit être retiré au corps médical. Béats d’admiration devant les vaccinodromes Bachelot, certains idiots utiles comme Jean-Luc Mélenchono et François Chérèque accompagnent la manœuvre, incapables de saisir que ce n’est pas aux pieds du peuple, mais aux pieds des assureurs que le politique compte déposer ce magistère.

 

En 2009, Frédéric Van Roekeghem innove en proposant aux généralistes une rémunération à la performance. Certains des items scientifiques en sont très discutables, voire contraires à l’intérêt des patients, le calcul de la rémunération en est opaque. Le but est de déterminer, au sein des soignants, les plus compliants. Ceux qui passent sous les fourches caudines de la CNAM pour quelques deniers pourront demain, pour une somme modique, être agréés par les réseaux des assureurs privés.

 

En 2010, de déremboursement en franchise, la « Sécu » ne rembourse bientôt plus que 50% des soins ambulatoires, en maintenant la pression sur les professionnels de santé les moins bien rémunérés, infirmiers, généralistes et spécialistes de secteur 1, pour les pousser à la disparition. Sous couvert d’améliorer la gestion, se créent alors des Agences Régionales de Santé, sous la houlette de Nicolas Sarkozy. Une flopée de pontes « de gauche » habitués des hauts salaires, dont Claude Evin, qui a vigoureusement soutenu la réforme des hôpitaux, s’y précipite pour accepter des postes, cautionnant la manœuvre. Au menu : restrictions financières, coupes claires et autoritarisme d’une administration pléthorique jamais satisfaite.

 

En 2010 toujours, la légalisation de la « télémédecine » fait les unes de la presse. Experts du ministère et charlatans 3.0 exaltent conjointement une industrialisation du soin qui réaliserait le rêve d’une médecine sans médecin, gérée à distance depuis un centre d’appel vers des objets connectés.

 

De retour aux affaires, Xavier Bertrand relance le chantier du Dossier Médical Personnel, vantant aux Français les mérites d’un outil qui, in fine, permettra aux assureurs, une fois les généralistes éliminés, de disposer des données médicales personnelles des patients pour mieux affiner leurs offres tarifaires, calculer leur marge, et proposer aux patients.... des surcomplémentaires.

 

 

- Alzheimer, c’est maintenant

En 2012, c’est l’alternance. « La changement, c’est maintenant ». Après avoir vitupéré contre les franchises pendant cinq ans, les socialistes sont brutalement frappés d'Alzheimer. Eux qui dans l’opposition avaient vilipendé la gestion comptable à la hussarde de Van Roekeghem et le retrait de l’hypertension artérielle sévère de la liste des affections prises en charge en longue durée, le confortent dans sa position. Pas à un reniement près, l'inénarable députè Catherine Lemorton explique que l'ancien assureur privé est.... un immense serviteru de l'Etat.

 

Au Congrès de la Mutualité cette année-là, Marisol Touraine vient plier le genou devant le véritable Ministre de la Santé, Etienne Caniard. Elle lui accorde le report de publication des frais de gestion des complémentaires, "dont nous connaissons les difficultés qu'elles créaient pour vous" . Le pauvre homme est probablement comme le député Thévenoud l’une des premières victimes de la phobie administrative, et Marisol Touraine ne veut pas l’accabler en le contraignant à révéler aux cotisants quel pourcentage de leur argent est réellement consacré au remboursement des soins, et quel pourcentage va au marketing, aux publicités calamiteuses de Chevalier et Laspalès, ou au sponsoring de rallyes automobiles. Sous les vivats des dirigeants de complémentaires, François Hollande annonce la mise en place de l’Accord National Inter-régimes (ANI). « Une mutuelle pour tous », lance fièrement l’ennemi de la finance. L’Association Diversité et Proximité Mutualiste ( ADPM) regroupant de petites mutuelles, dénonce sans être entendue les manoeuvres en cours de financiarisation du secteur au profit des grands groupes. Et très peu comprennent que cette prétendue avancée signe un recul supplémentaire de la solidarité : dans un pays où la Sécurité Sociale rembourserait chacun correctement, personne ne devrait se voir contraint de cotiser à une complémentaire…

 

Dans le même temps, tandis que Cahuzac et Morelle donnent des leçons de morale à la Terre entière, en flagrant conflit d’intérêt, des députés socialistes ex-administrateurs de mutuelles douteuses, de la MNEF à la LMDE, passent en force à l’Assemblée Nationale la loi sur les réseaux de soins, histoire de renforcer le pouvoir des assureurs sur les professionnels de santé.

 

Dans le même temps, les laboratoires de biologie médicale font l’expérience de la main-mise des ARS sur leur survie. Accablés par la loi Bachelot de démarches-qualité et d’évaluations onéreuses, ne pouvant faire face à l’avalanche de textes et de contraintes administratives, nombre de biologes sont contraints de vendre leur laboratoire à de grands groupes. Comme par hasard, le dossier est géré au gouvernement sous la houlette de Jérôme Cahuzac, alors ministre délégué au budget, et par certains de ses proches.

 

 

- Diminuer le « coût » de la protection sociale et servir la finance

Et nous voici en 2015. Accélérant le mouvement, le gouvernement de reniement de François Hollande cherche à déréglementer le secteur de la santé, et à livrer les professionnels aux financiers et aux assureurs, appâtés par l’odeur du gain, tout en cherchant désespérément une mesure emblématique de gauche pour servir de caution sociale de sa politique antisociale : ce sera le tiers-payant généralisé.

 

Dans le même temps, au prétexte de la loi sur l’accessibilité aux personnes handicapées, le gouvernement met en péril la survie de nombre de cabinets médicaux isolés. Les moyens diffèrent, mais la technique est identique à celle qui a été utilisée avec succès pour les laboratoires de biologie médicale. Empiler les contraintes ingérables au tarif actuel de la consultation, forcer au regroupement dans des structures qui demain seront bradées aux complémentaires et aux financiers. Quand 50.000 médecins refusent telle ou telle directive imbécile, il est plus simple pour les ARS d’ordonner aux directeurs de 3000 maisons de santé de suivre les protocoles décidés en haut lieu.

 

Dans ce contexte, le tiers-payant généralisé qu'agite Marisol Touraine comme preuve de son engagement socialiste est un leurre. Et cela lui évite de parler de la véritable menace sur l’accès aux soins des français : la totale déconnexion entre le tarif de remboursement et la valeur économique de l’acte, qui dissuade les jeunes de s’installer en ville et accélère la désertification médicale.

 

Avec le TPG, il ne s’agit pas de diminuer le coût final pour les malades, mais de rendre l’assureur maître d’œuvre de la procédure médicale, selon l’adage qui veut que celui qui paie décide, surtout s’il a tout moyen de faire pression sur le professionnel. Lorsqu’elle répète en boucle dans les média que le tiers-payant généralisé ne coûtera rien à l’Etat, Marisol Touraine n’a pas tort, dans la mesure où la Sécurité Sociale est totalement incapable de gérer informatiquement 600 mutuelles complémentaires. Frédéric Van Roekeghem, qui a quitté son poste de fossoyeur après dix ans de bons et loyaux services pour retourner pantoufler dans le privé, a tellement dégraissé la Sécu que ses services ne sont même plus capables de comptabiliser correctement le nombre de patients ayant choisi tel ou tel médecin traitant. Comment son successeur, Nicolas Revel pourrait-il gérer correctement le règlement des soins aux professionnels ? De son côté, Etienne Caniard fait le tour des médias, annonçant comme un camelot de téléachat qu'il a dans ses cartons une solution informatique simple et fiable pour assurer le paiement aux professionnels, alors qu’encore aujourd’hui la majorité des complémentaires est incapable d’assurer correctement le règlement de la part mutualiste aux assurés bénéficiant du tiers-payant. Mais Marisol Touraine s’en moque. Ce qui lui importe, c’est l’effet d’annonce. C’est de marteler une fois de plus, comme Cahuzac, Morelle et Thévenoud avant elle, qu’elle est de gauche, et donc du côté des petits, des démunis, des pauvres et des sans grade, avant de monter en voiture pour aller dîner au Siècle.

 

Comble du cynisme, ces disciples autoproclamés de Jaurès n’hésitent pas à proposer de conditionner le tiers-payant que nombre de professionnels de santé appliquent aujourd’hui spontanément à leurs patients en difficulté… à l'autorisation directe de prélèvement de ces franchises (autrefois dénoncées par les socialistes comme injustes et inefficaces) sur le compte bancaire des cancéreux et des diabétiques.

 

Ultime retournement de veste d’un gouvernement aux abois et signe de l’amateurisme qui a accompagné tout au long le projet de loi Santé, Marisol Touraine lâche dans la dernière ligne sous la pression insistante des médecins les mutuassureurs en chargeant la seule Assurance-Maladie de gérer le tiers-payant, provoquant la colére dépitée d'Etienne Caniard. Le président de la Mutualité, qui n’a pas ménagé ses efforts de lobbyiste, voit s’éloigner avec ce flux unique l’accès direct des assureurs aux données des patients. Même son de cloche chez Cegedim, éditeur de logiciels pour l’industrie pharmaceutique dont le PDG… mis en examen dans l’affaire de la MNEF, fustige un dispositif « techniquement et juridiquement » intenable… qui protège encore un temps les données des patients… jusqu’au prochain décret ou amendement passé en douce.

 

Car derrière ce recul momentané, la menace est toujours présente, et de plus en plus clairement exprimée par les parlementaires « socialistes ». Olivier Véran, rapporteur de la Loi Santé, plaide en termes sibyllins pour une « redéfinition du panier de soins », tandis que Pascal Terrasse, député PS de l’Ardèche et spécialiste des affaires sociales, se prononce de manière plus franche pour le transfert de la médecine de ville, « les petits soins » aux assureurs, quand la Sécurité Sociale se concentrerait sur les pathologies lourdes : " Oui, il faut aller vers ce transfert, et y aller à fond... " Quand aux données de santé, que convoitent les assureurs… « il faut avancer sur l’open data, je le demande au gouvernement ». Pour que les choses soient parfaitement limpides, il assume de manière décomplexée, comme Denis Kessler à droite, l’abandon du pacte fondateur du Conseil National de la Résistance : « Le monde avance, le monde change. Et la Sécurité sociale de 1946 n’était sûrement pas ce que certains prétendent ».

 

Ce qui se joue ici, c’est une certaine façon d’exercer la médecine. C’est la destruction d’une médecine de l’individu, au profit d’une industrie de santé adossée aux appétits des actionnaires. Il y a deux ans, l’énoncer clairement aurait soulevé l’incompréhension. Mais après deux ans de règne de François Hollande, de reniement en reniement, il est évident que l’homme qui se proclamait ennemi de la finance est en fait son meilleur ami, et que pour passer sous les fourches caudines de la Commission Européenne, il est prêt à brader la santé et le système de protection social français en les livrant aux assureurs et aux financiers pour bien montrer sa capacité de « réformes » antisociales. Financiarisation du secteur santé, perte d’indépendance des professionnels… Hollande, Valls, Macron, Touraine, Moscovici, Cahuzac… Si la finance n’a pas de visage, elle a un gouvernement.

Christian Lehmann

 

La loi Santé de Marisol Touraine, une étape dans la longue marche des complémentaires

PS : Je suis médecin généraliste depuis plus de trente ans. Trente années pendant lesquelles j’ai vu naître, grandir, vieillir, mourir, un grand nombre de patients. J’ai été le médecin généraliste de chacun d’entre eux, considéré comme un individu, et non pas une ligne de bilan comptable. Comme j’ai refusé hier d’être le larbin de l’industrie pharmaceutique, je refuserai demain d’être le larbin d’un assureur, fût-il caché sous le mot-valise « mutualiste ».

 

Note :

[1] Christian Lehmann médecin généraliste, écrivain, initiateur de la pétition contre les franchises sur les soins

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 09:00
La vie politique française ne se résume pas à deux libéraux (1 de droite, 1 de gauche) et une facho

Depuis dimanche soir, montage à l’appui des photos de Valls, Sarkozy, Le Pen côte à côte, on nous vend le tripartisme. La vie politique française se résumerait donc à deux libéraux (un de « gauche », un de droite) et une « facho ».

Incontestablement la droite a gagné cette élection en étant unie. Incontestablement le FN a consolidé son implantation. Mais l’image d’une gauche rassemblée derrière Manuel Valls est évidemment une arnaque. Il n’y a pas un bloc « de gauche » derrière le PS.

 

Sources : Le Parti de Gauche par Eric Coquerel

- L’arnaque aux étiquettes

Cette manipulation n’a rien de spontanée. Elle a même été préparée de longue date. Face à un nouveau mode de scrutin, le Ministère de l’intérieur avait la latitude de classer de différentes manières un binôme lorsqu’il était composé de candidats de deux partis différents. En choisissant arbitrairement de les étiqueter « Divers Gauche », quels qu’ils soient, voire même « Union de la Gauche » dans certains cas, il a pris une décision politique. D’autant que le FdG et EELV s’étaient adressés officiellement à lui pour demander qu’il en soit autrement pour nos binômes communs. Refus.

 

L’objectif poursuivi ? Il s’agissait de réduire dimanche soir l’échec du PS et d’effacer du tableau toute trace d’alternative à gauche. Si on en croit le Ministère, le FdG atteindrait ainsi 6,09 % et EELV 2% contre un PS « et ses alliés » (dixit) à 21,85 % (nul n’a noté par ailleurs que les binômes exclusivement socialistes n’atteignent que 13,70 % des suffrages exprimés, la catégorie Union de la Gauche étant additionné sans discussion au résultat du PS). Les DVG, souvent enrôlés derechef sous le drapeau de la majorité gouvernementale, sont eux estimés à 6,81 %.

 

 

- Les vrais résultats du Front de Gauche

La réalité est toute autre puisqu’au moins 30 % des candidats FdG, ceux partis en commun avec EELV, sont camouflés dans « DVG ». En réalité, 9,4% des électeurs ont voté pour une liste soutenue par le FdG (11,9% si on les rapporte aux seuls cantons dans lesquels ils étaient présents, comme le montre l’étude électorale de Roger Martelli à lire ici ). Soit le meilleur score du FdG en dehors de la Présidentielle, meilleur que les 8,9 % obtenus aux cantonales de 2011 dans la moitié des cantons français, et beaucoup mieux que les 6,33 % des Européennes. Ajoutons, pour être précis, qu’une partie de nos candidats ont même été classés en « Union de La Gauche » dont le résultat, on l’a vu, est rentré directement dans l’escarcelle socialiste ! La conséquence de tout cela ? Non seulement cela cache notre rebond mais cela augmente d’autant le score du PS et de ses alliés.

 

 

- En réalité, le PS a connu une nouvelle sanction alors que le FdG, lui, progresse sensiblement

Première raison : à l’inverse des Municipales, il s’est engagé sur une stratégie nationale d’autonomie claire vis à vis du PS. Il a du coup évité, en prime, les divisions qui ont pollué les élections européennes. L’électorat ne vient pas au secours d’un canard boiteux. Cette fois, il a jugé du coup utile de se déplacer davantage d’autant que les choix étaient clairs (la dispersion de listes étant très limitée, les électeurs ont souvent eu le choix à gauche entre deux listes : celle de la majorité gouvernementale face à celle de l’opposition de gauche). Plusieurs candidatures ont profité de cette « prime à la clarté » comme celle de Claude Chaidron et Dolorès Esteban, pourtant seulement soutenue par le PG et Ensemble, qui se retrouve face au FN au 2ème tour à Amiens 1 après avoir éliminé celle défendue par le PS.

 

Cela ne règle pas toutes les questions, c’est notamment insuffisant pour parler d’alternative, mais dans un contexte général de ressac et de victoire de la droite, il s’agit d’un point d’appui sur lequel on peut espérer rebâtir. Après l’échec des Européennes c’est une satisfaction dont nul ne se plaindra.

 

 

- Le rassemblement avec EELV cela marche

D’autant, et c’est le deuxième élément de satisfaction, que le rassemblement avec EELV, et parfois Nouvelle Donne, dans 448 circonscriptions a marqué des points. Il enregistre une moyenne de 13,6 % . Un résultat d’autant plus intéressant qu’obtenu sans aucune visibilité ni identifiant national. Cela a évidemment affaibli son impact dans une élection où les critères nationaux ont pris le pas sur tout autre. Pour preuve, ce résultat augmente dès lors qu’il y a eu une cohérence de liste sur tout un département - 17,67 % en Ariège, 16,72 % en Lozère, 16 % en Haute-Vienne par exemple – et plus encore sur une ville : 19,25 % à Lille, 19,6 % à Poitiers, 15,83 % à Toulouse, 29 % à Grenoble. Cela confirme l’efficacité encore plus grande de cette association politique dans les centres urbains.

 

 

- La prime aux démarches citoyennes et aux dynamiques militantes

Les rassemblements élargis prouvent donc leur utilité électorale. Mais ils entrainent d’autant plus d’adhésion qu’ils correspondent à de nouvelles pratiques militantes et à une volonté de déclencher et entretenir une véritable implication citoyenne dépassant les seuls cadres partisans. Quelles qu’en soient, à ce stade, les modalités opérantes. Cela fonctionne par exemple quand le FdG s’est engagé dans un tel processus depuis longtemps. A l’exemple de la Creuse (point de départ de « Limousin Terre de Gauche ») avec une moyenne de 14,94 % dont une pointe à 28,8 %, ou des Alpes-de-Haute-Provence, où dans quatre circonscriptions les résultats culminent à 22, 28, 25 et 26 % ! On l’a vu plus haut, cela a de nouveau fonctionné parfaitement à Grenoble, où l’articulation entre unité des partis et démarche citoyenne, exemplaire aux Municipales, permet d’être au 2ème tour dans 3 des 4 cantons de la ville. Dans la Drôme, le même type de démarche a permis, par une alliance du FdG dans son ensemble et d’EELV, de qualifier ses binômes au 2ème tour à Dieulefit et dans le pays Diois. C’est un processus comparable qui explique les succès de Poitiers ou Lille, où pourtant le rassemblement FdG / EELV n’était pas écrit à l’avance ou encore à Clichy-la-Garenne avec plus de 15% des voix. Même bonus évident là où des démarches de type « majorité citoyenne » se sont appuyées sur des assemblées citoyennes souveraines : à Toulouse, Alternative Citoyenne obtient 15,87 de moyenne (malgré des listes concurrentes du PCF), dans le Jura les résultats s’étalent entre 10 et plus de 20 % dans plusieurs circonscriptions pourtant difficiles pour la gauche ou encore l’Aveyron avec 15,22 % sur 19 cantons dont celui de Rodez - Onet qui voit notre CG sortant, M. Jean-Louis Roussel, au 2ème tour avec 23,86 %.

 

Il se sera donc passé quelque chose finalement à ces élections du côté de l’autre gauche. On espérait quelques bonnes surprises, les listes que nous soutenions ont fait mieux, démontrant une disponibilité de l’électorat dès lors qu’elles se révèlent crédibles et utiles. Le résultat est meilleur en cas de rassemblement plus large et encore plus satisfaisant lorsque ces candidatures s’appuient sur une dynamique citoyenne et militante. C’est cette démarche, complémentaire, qu’il faudra entretenir à l’avenir, ce qui évidemment doit interpeller non seulement les partis du FdG mais aussi nos potentiels partenaires dont au premier plan EELV mais aussi Nouvelle Donne ou le NPA. Il faudra faire preuve d’audace si, pour déjouer un contexte global pour le moment mauvais, on veut ramener une partie des abstentionnistes dans l’action politique. Car, pour finir, si malgré tous les pronostics, la participation a été meilleure que prévue (en hausse de 5 points par rapport aux Européennes et Cantonales 2011), elle reste le phénomène politique premier notamment dans les départements et quartiers populaires (un tiers de participation dans le 93). Or rien ne sera possible sans le retour, là aussi, du peuple aux affaires.

 

 

- Le deuxième tour

  • Les élections ne sont bien sûr pas terminées. Leur physionomie prendra tout son sens dimanche prochain. D’ici là, il nous faut se mobiliser autour de nos candidats pour faire élire le maximum de conseillers départementaux de résistance. Ils seront utiles. Comme sera évidemment précieux de conserver les départements gérés par le FdG tel le 94, dont les habitants auront plus que jamais besoin d’un bouclier social contre la politique d’austérité du gouvernement.

 

  • Pour le reste, le PG a décidé de ne pas donner de consignes de vote. La droite est menaçante, mais la seule responsabilité est du côté de l’Elysée et de Matignon. Plus que jamais, pour l’avenir, la situation réclame une grande lisibilité. Dans ce cas, le traditionnel désistement républicain n’a guère de sens quand des candidats « de gauche » soutiennent un gouvernement qui fait une politique de droite. Ce sera donc aux candidats du PS de convaincre nos électeurs de l’utilité de voter pour eux contre la droite. Il n’est pas sûr que laisser à Manuel Valls le soin de mener la campagne leur facilitera le travail. Toutefois, en adversaire le plus résolu du FN et des valeurs d’extrême-droite, nous appelons à faire barrage contre ce parti. Un appel qui ne concerne pas les duels avec l’UMP qui banalise le FN à force de tirer un trait d’égalité entre lui et le FdG et de recycler une partie de ses valeurs.

 

  • Au-delà de cette prise de position nationale, nous laissons aussi le soin aux véritables collectifs (assemblées citoyennes ou autres) qui se sont constitués autour des candidatures d’affiner leur position pour le 2èmetour. Vouloir l’implication citoyenne c’est aussi laisser aux citoyens et/ou militants qui se sont impliqués dans la campagne, leur souveraineté collective sur ce type décision.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier : Elections départementales

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 09:05
Départementales : Front de gauche, la vérité des chiffres

La soirée électorale a vu culminer les approximations des commentateurs comme des sondeurs. Jamais fourchette d’estimations "sortie des urnes" n’a été aussi grande. Et le premier ministre en a rajouté une louche avec ses mirifiques 26% de suffrages socialistes[1].

 

Sources : Regards.fr par Roger Martelli le 23 mars 2015

Il faut dire qu’Emmanuel Valls avait cette fois un prétexte commode : l’institution de binômes complexifie à l’extrême les modes de calcul. Il suffisait ainsi au chef du gouvernement – qui connaît bien l’Intérieur et ses méthodes… – d’ajouter aux scores du PS, non seulement ceux de ses alliés du moment, mais aussi ceux des "divers gauche", quand bien même ils se présentaient sans l’onction du Parti socialiste.

 

Pour tenter d’y voir plus clair, j’ai utilisé le fichier détaillé des résultats par binômes établi par le PCF [2]. J’ai par ailleurs constitué un fichier compilant les données de 2008 et de 2011 dans environ 1.400 cantons, pour l’essentiel hors agglomération urbaine dont le découpage autorise le regroupement simple des communes. Pour les zones urbaines profondément restructurées, il faudra donc attendre des analyses plus fines.

 

 

- 1. Les grandes lignes sont à peu près établies.

Le tableau ci-après rappelle les résultats de 2008 et 2011.

 

 

En 2015, ce qui est à peu près assuré est le total par grandes familles politiques : la gauche engrange 36,7% des suffrages, la droite "classique" obtient 37,5% et le Front National passe de 4,8% en 2008 et 15.1% en 2011 à 26% en 2015. En tête dans plus de 300 cantons, il consolide son implantation nationale, ce que risque de confirmer le second tour de dimanche prochain. Quant à la gauche, son recul est sévère par rapport à 2008 (48,2%) et 2011 (49,5%).

 

Le Parti socialiste est loin de ses résultats antérieurs (26,7 et 24,9%). Les binômes où l’on retrouve ses candidats recueillent 21,1% des suffrages exprimés. Là-dessus, 0,6% sont obtenus en couple avec le PCF et 1,2 % en couple avec les Verts. Pour ces derniers, les estimations sont souvent fantaisistes. Des listes vertes autonomes ne recueillent certes que 2% du total national. Mais ce chiffre doit être doublement relativisé : par le fait que les Verts n’étaient présents que dans un quart des cantons ; par le fait qu’ils se trouvent plus dans des binômes avec le Front de gauche (1,6%) et avec le PS (1,2%) qu’en autonomie.

 

 

- 2. Les résultats du Front de gauche témoignent d’une plutôt bonne résistance dans un scrutin calamiteux pour la gauche.

 

 

Le PCF en 2008 et le Front de gauche en 2011 recueillent entre 8,8 et 8,9% des suffrages exprimés sur la France métropolitaine et 9,4% sur les cantons où ils sont présents (environ 3.600 au total pour 2008 et 2011). En 2015, les binômes où figure au moins une composante du Front de gauche recueillent 9,4% des suffrages exprimés sur le total des cantons métropolitains et 11,9 % sur les seuls cantons où il présentait des candidats (1.540 cantons). Si on laisse de côté les 0,6% obtenus par une alliance PC-PS, le FDG retrouve son niveau global des scrutins précédents, alors que la gauche s’effondre. Le phénomène est encore accentué si l’on se fixe sur les seuls cantons où il était présent d’une manière ou d’une autre : on se rapproche alors du résultat de la présidentielle de 2012.

 

L’ouverture des alliances vers d’autres composantes de la gauche dite "radicale" et surtout l’esquisse d’un rapprochement local avec Europe-Écologie-Les Verts ont montré leur utilité dans un contexte périlleux. Mais le résultat confirme aussi que le Front de gauche n’a pas su apparaitre comme une alternative attractive au socialisme recentré. La fonction de "coup de pied dans la fourmilière" a été assurée par le FN. Et les composantes du FDG n’ont pas su imposer une image suffisamment claire, dynamique et crédible pour rompre la morosité qui accompagne depuis longtemps le recul du mouvement ouvrier et le démantèlement de "l’État-providence".

 

 

- 3. Le résultat global du FDG ne doit pas cacher d’importantes disparités dans l’évolution de quelques années.

Si l’on prend en compte les 1.400 cantons où la comparaison est possible avec 2008 et 2011, on constante des progrès dans 900 cantons environ (dont 400 sont en hausse de plus de 5%) et des reculs dans 500 autres (dont 80 connaissent des reculs de 5 à 10%).

 

Or le phénomène se rapproche de celui que l’on avait observé dans des élections antérieures, et notamment les législatives de 2012 et les municipales de 2014. Dans des élections où la représentation communiste est forte (les deux tiers des candidatures en 2015 et une présence dans plus de 80% des binômes), les zones de densité ancienne forte continuent de s’effriter alors que des zones de faible implantation initiale enregistrent des poussées souvent sensibles.

 

Sur 180 cantons où le Front de gauche dépassait les 20% en 2008 et 2011, 135 sont en recul, dont 40 perdent la moitié du pourcentage antérieur. Les vieux "bastions" reculent encore, tandis que les territoires où le communisme s’était plus ou moins marginalisé connaissent un phénomène de renationalisation du vote. À sa manière, le vote FDG se "moyennise"…

 

 

- 4. Bien sûr, ce constat permet de comprendre l’extrême incertitude qui entoure le nombre de conseillers départementaux.

D’ores et déjà, une quarantaine de cantons ont été perdus dès le premier tour et beaucoup de ceux qui restent en lice sont dans une situation défavorable. En fait, dimanche prochain tout dépendra de trois facteurs entremêlés : la qualité des reports à gauche ; la capacité à remobiliser l’électorat récent (celui de 2012) dans une élection peu stimulante ; l’ampleur enfin des transferts de voix entre l’électorat de la droite "parlementaire" et celui du Front national.


Notes

[1] Dans sa débandade le PS c'est empressé de s'attribuer des résultats qui ne sont pas les siens... La réalité est qu'il est derrière le FN, même avec les Radicaux de Gauche et une partie des Verts...

[2] La recension des résultats a été coordonnée par Yann Le Pollotec, que nous remercions pour nous avoir permis d’accéder à ces données.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier : Elections départementales

- Sondages : “l’Intérieur a truqué les chiffres” selon Laurent (PCF)

- Elections départementales : Réaction du Parti de Gauche

- Parti de Gauche : La leçon cachée de l’élection

- Parti de Gauche : Entre crise politique et résistance

- Départementales : la gauche radicale n'a pas à rougir mais...

- Ce que s’abstenir veut dire

- Quel rassemblement pour faire renaître l’espoir ?

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