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Quel est le projet de société dessiné par la Loi Macron ? Une société où les enfants doivent rêver d’être milliardaire quand les travailleurs sont exploités et l’environnement dégradé.
Isabelle ATTARD (Nouvelle Donne) article
Avec sa loi, le ministre de l’économie veut ramener la France au XIXe siècle. Si nous aimons lire Zola et Dickens, nous voulons aujourd’hui vivre pleinement dans une France du XXIe siècle, où chacun trouve sa place, où personne n’est oublié.
Vous avez peut-être vu passer des sondages qui prétendent que les Français soutiennent le projet de loi Macron. Que leur a-t-on dit de ce projet ? Il y a bien sûr quelques mesures d’intérêt général. Mais quelle est la forêt qui se cache derrière ces petits arbustes ? Quel est le projet de société dessiné par la Loi Macron ? Une société où les enfants doivent rêver d’être milliardaire quand les travailleurs sont exploités, l’environnement dégradé et dans laquelle le labeur de chacun ne bénéficie qu’aux grands trusts.
Bien sûr, ce projet n’est pas affiché. Il faut creuser sérieusement, et additionner toutes les mesurettes de ce catalogue, pour voir toute la noirceur de l’avenir que nous façonne M. Macron.
Le Président François Hollande est à nouveau en flagrant délit de mensonge. Il déclarait durant sa campagne : « Le combat de 2012, c’est de préserver le principe du repos dominical, c’est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j’y veillerai ! »
Depuis la suppression de l’autorisation administrative des licenciements en 1986, aucun emploi n’a été créé par la facilitation des licenciements. Les progrès technologiques permettent de produire avec moins de travail humain. Nous devrions nous en réjouir et permettre à chacun de travailler moins, au lieu de pousser chaque jour des chômeurs à chercher des postes qui n’existent pas.
Toutes les prétendues solutions du ministre de l’économie ont déjà fait la preuve de leur échec. Nous nous opposons au projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques. Nous espérons que les Français ouvriront les yeux devant ses vrais enjeux.
- La seule croissance que M. Macron nous promet, c’est celle du nombre de chômeurs.
- La seule activité que M. Macron nous promet, c’est de nous épuiser la nuit et le week-end.
- La seule égalité des chances économiques que M. Macron nous promet, c’est celle d’être soumis au monde de la finance.
Non vraiment Monsieur Macron, la société que vous préparez n’est pas la nôtre.
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La droite et la social-démocratie européennes se posent la même question : comment rembourser la dette ?
Au contraire, pour Jean-Luc Mélenchon et le Parti de gauche, la dette ne sera pas remboursée. Ce constat est partagé par de nombreux économistes, dont l’éditorialiste du Financial Times, Wolfgang Munchau, pour qui « ». Il s’agit donc pour nous d’engager un tout autre débat : comment ne pas rembourser la dette ? On estime à 59 % le stock de dette publique pouvant être considéré comme illégitime, soit 1 200 milliards d’euros. Ces milliards proviennent de l’accumulation depuis 1985 d’intérêts ou de cadeaux fiscaux au bénéfice des financiers à l’origine de la crise de 2008. Il existe trois façons de ne pas rembourser : l’austérité financière, le défaut de paiement, l’impôt général sur le capital.
L’austérité financière consiste à restreindre le montant des intérêts réels perçus par les détenteurs de capitaux.
Ainsi, Carmen Reinhart rappelle dans une étude de 2011 que la baisse des dettes publiques à la suite de la Seconde Guerre mondiale s’est faite principalement par des politiques inflationnistes ou contraignant les taux nominaux. Conséquence, sous le seul effet de ces politiques, les taux d’intérêt réels sont négatifs 50 % du temps entre 1945 et 1980 ! Entre 1945 et 1955, la dette diminue de moitié aux États-Unis et passe de 215 % à 138 % du PIB au Royaume-Uni. Le défaut de paiement, ou restructuration, consiste à abaisser le montant des emprunts en cours ou à allonger leur maturité. Entre 1930 et 1945, environ 15 % des pays développés font défaut chaque année. C’est le cas de la France en 1932 : elle choisit d’étendre certaines maturités à soixante-quinze ans et d’abaisser les taux de ses emprunts. Ce sera à nouveau le cas en 1934 pour sa dette américaine, un défaut correspondant alors à 24 % de son PIB ! Contrairement aux idées reçues, l’étude des données historiques montre que l’activité économique augmente de 16 % sur les quatre années qui suivent la restructuration.
La taxation du patrimoine est avancée notamment par Thomas Piketty.
Il s’agit de prendre à César ce qui ne lui appartient pas. À ces 1 200 milliards de dettes illégitimes correspondent 1 200 milliards de créances illégitimes, d’autant plus que 5 800 milliards sommeillent dans les paradis fiscaux, dont 40 % appartiennent à des ménages européens. Un impôt général sur le capital, couplé à la lutte contre les paradis fiscaux, permettrait donc à l’État de faire payer la dette à ceux qui profitent de son accumulation. L’Islande a d’ailleurs suivi ce modèle en 2012 puis 2014 s’agissant de .
Chacune de ces trois options affaiblira le pouvoir des détenteurs de capitaux : il ne s’agit pas d’un choix politiquement neutre. Pour l’instant, le rapport de forces est favorable aux prêteurs, qui détiennent en partie le pouvoir médiatique et financent les partis de la Ve République. Le passage à la VIe République sera l’occasion de répudier ces dettes issues du passé ! Comme l’écrivait Marx : « Le crédit public et le crédit privé sont le thermomètre économique permettant de mesurer l’intensité d’une révolution. Dans la mesure où ils baissent, l’ardeur et la force créatrice de la révolution montent. »
Pour en savoir plus :
- Mon dossier : La dette.... la dette ?
- Faut-il vraiment payer toute la dette ?
- Quand le « Financial Times » soutient les propositions de la gauche radicale en Europe
Les élections départementales de mars 2015 seront un test politique important.
Elles interviendront dans un contexte d'aggravation de la politique libérale conduite par le président de la République et son gouvernement, une politique au service du MEDEF dont le cours autoritaire face aux luttes populaires renforce le discrédit sans précédent de l’exécutif.
La crise politique s’aggrave de jour en jour, la base sociale du président et de son premier ministre ne cesse de se réduire. Ce pouvoir est aujourd'hui minoritaire dans le cœur de celles et ceux qui restent attachés aux valeurs de la gauche. Minoritaire dans le peuple, sans majorité absolue à l’Assemblée Nationale, battu au Sénat, l’exécutif n’a pas la légitimité pour appliquer une politique, contraire à ses engagements électoraux, qui divise et décourage le monde du travail, les classes populaires et la jeunesse.
Cette crise politique est désormais une crise de régime, celle de cette monarchie présidentielle qu’est la 5ème République.
Pour les populations déjà durement éprouvées, les conséquences sont très lourdes. Les départements sont en effet un maillon essentiel des politiques publiques dans notre pays. Avec 72 milliards d'euros de dépenses chaque année, ils gèrent notamment toutes les politiques sociales : assistantes sociales, versement des allocations de solidarité (RSA, APA, PCH, ...), placement et suivi des mineurs étrangers, politiques en direction de l'enfance en danger, PMI, etc ...
Cette situation est d’autant plus dangereuse qu’elle ouvre la voie au retour d'une droite confortée dans ses choix réactionnaires ; elle permet au Front national en masquant ses véritables objectifs, de se présenter comme une alternative.
Le Front de gauche s'oppose à la fois à la politique d’austérité menée par le gouvernement et à l’offensive de la droite et de l'extrême droite.
En dépit de multiples protestations, l'existence même des départements est menacée. Manuel Valls passe en force.
Pourtant le nouveau découpage des cantons est l'objet de nombreux recours auprès de la justice, le sort réservé aux départements en liaison avec la mise en place des métropoles n'est pas connu et les compétences des conseillers départementaux n'ont pas encore été clarifiées.
La réforme territoriale mise en place cherche uniquement à répondre aux impératifs sans fin de compétitivité des grandes entreprises, par la mise en concurrence des territoires, l'éloignement des citoyennes et des citoyens de leurs élu-e-s, la mise en cause des services publics pour préparer leur externalisation et le transfert de tout ce qui est rentable pour satisfaire aux exigences financières des groupes privés. Elle rompt avec les principes républicains d'égalité et de solidarité territoriale. Le soi-disant « choc de simplification » est une recentralisation qui se fait au détriment du bien commun que constitue la démocratie locale. Il s’agit en réalité d’un processus « dé-constituant » qui mine toujours plus la souveraineté populaire.
Cette réforme s'inscrit dans le cadre des politiques d'austérité qui cherchent à soumettre toute l’Union européenne aux exigences des marchés. Les collectivités territoriales sont sommées de réduire leurs dépenses et leurs effectifs, condamnées à voir leurs dotations drastiquement réduites alors qu'elles assurent 70% de l'investissement public et jouent un rôle indispensable en période de crise pour les populations.
Déjà des coupes budgétaires touchent de nombreux secteurs. Le financement des associations, les politiques culturelles et sportives sont remises en cause.
En supprimant « l’entrave à la concurrence » que constitue la clause de compétence générale des collectivités, le gouvernement est cohérent : il s’inscrit dans le cadre de la négociation du Grand Marché Transatlantique (TAFTA).
Il faut ouvrir une autre voie. Le FdG veut être un outil au service de cet objectif.
Le Front de gauche appelle à susciter la plus large implication citoyenne possible, bien au delà des partis politiques, de celles et ceux qui opposent la nécessité de politiques alternatives aux choix de ce gouvernement, qu’il s’agisse de syndicalistes, de personnalités de la vie associative ou de simples citoyen-ne-s engagé-e-s.
Nous les appelons à ne pas traduire leur déception par l’abstention, à contribuer par leur vote à faire émerger une alternative de transformation sociale et écologique dans tout le pays, à faire élire de nombreuses élues et élus qui défendront ces orientations dans les collectivités locales en empêchant la droite et l’extrême-droite de gagner la très grande majorité des départements.
Au plan national nous entendons prendre appui sur ces élections pour mettre en mouvement une force capable de construire l'alternative nécessaire à gauche, en nous appuyant sur les luttes et les résistances qui s'opposent à la politique suivie et que nous entendons contribuer à développer.
Rien n’est possible sans la mise en mouvement du peuple, sans la mise en mouvement des citoyennes et des citoyens qui aspirent à un renouveau de la politique.
C’est sur ces bases que le FdG entend impulser des candidatures citoyennes dans tout le pays.
Nous n’entendons pas le faire seuls.
C’est pourquoi nous, l’ensemble des composantes du FdG, nous nous adressons à tous nos partenaires potentiels de la gauche et de l’écologie qui refusent la politique du gouvernement. Nous voulons construire ces candidatures avec celles et ceux dont l’engagement associatif ou syndical témoigne de la volonté d’imposer une autre politique.
Ensemble nous pouvons résister à l'austérité, promouvoir la démocratie locale et l'intervention citoyenne, contre la réforme territoriale. Nous voulons gagner des élus prêts à agir sur ces bases pour construire de nouvelles majorités anti-austérité dans les Conseils Départementaux.
Le FdG invite toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette démarche à construire des candidatures de large rassemblement en s’appuyant sur des assemblées citoyennes, au niveau des cantons, pour discuter et décider dans la concertation du contenu des propositions et des candidatures. Cette démarche contribuera à impulser une dynamique populaire indispensable pour gagner.
Le FdG propose que l'ensemble de ces candidatures soit identifié nationalement par une appellation et des propositions inscrites dans un document qui fasse référence. Dans chaque département ces candidatures se présenteront comme une alternative à celles des forces qui soutiennent la politique gouvernementale.
Le FdG entend contribuer à cette construction commune en proposant des actions et des mesures permettant de répondre aux urgences sociales et écologiques actuelles.
Dans l’esprit de la VIème République à laquelle nous aspirons, combattre la réforme territoriale et donner plus de pouvoirs aux citoyens par une démocratie participative de proximité. Construire une véritable coopération de projets entre les territoires, basée sur la solidarité et non sur la concurrence.
Nos élu-e-s respecteront des principes susceptibles de rétablir la confiance en la politique par de bonnes pratiques de gestion, la transparence des décisions, la participation citoyenne, les compte rendus de mandat, l'exigence de probité, la lutte contre le trafic d'influence, et tendre vers le non cumul des mandats.
Définir les grands axes d’une politique alternative à l’échelle des territoires :
Le 17 décembre 2014
Source : Le zinc de Clément Sénéchal | 25 octobre 2014 -
Dresser l’inventaire des trahisons de François Hollande est périlleux tant il est interminable. Ce n’est toutefois pas inutile, dans la mesure où la plupart des grands médias rechignent à lire la politique sous l’angle du respect des promesses de campagne, puisqu’il impliquerait qu’ils se placent dans une perspective critique et trahissent la norme conservatrice et le relai aveugle de sa doxa qui régissent leur jeu (« Le spectacle se présente comme une énorme positivité indiscutable et inaccessible. Il ne dit rien de plus que « ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît ». L’attitude qu’il exige par principe est cette acceptation passive {…}. » nous rappelle Guy Debord). Mais de ces observations pouvoir tirer un geste politique dont le régime soit comptable, voici la vraie question.
Le crédit du pouvoir actuel souffre de quatre objections, au moins : François Hollande mène une politique néolibérale qui n’a rien de socialiste (et a ouvertement renié plusieurs points de son programme de candidat), son pouvoir a souffert de nombreuses affaires qui affectent gravement la promesse d’une République exemplaire, rien de tangible ne se passe sur le plan des « résultats » (le chômage progresse, la crise économique s’accentue), et les divers appareils de mesure de l’opinion, qu’il s’agisse des sondages, des atermoiements au sein du Parlement ou des élections intermédiaires (la dernière ayant, faut-il le rappeler, placé l’extrême-droite en tête pour la France) témoignent d’une popularité en berne.
Mais que faire ? Rien.
Dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons rien faire. Rien faire contre Thévenoud, par exemple. Les règles du jeu institutionnel telles que définies actuellement condamnent à l’impuissance. La vie politique française est en effet organisée de telle manière que l’élection apparaît comme un talisman, une immunité démocratique qui place son titulaire à l’abri de la volonté populaire le temps de son mandat. Mais s’il veut être réélu, il ne peut faire n’importe quoi, il reste sous contrôle populaire, répondrez-vous. Oui, a minima. D’abord l’élection donne à l’élu un certain nombre de ressources cumulatives (financières, constitution d’un réseau, accès aux dossiers) qui lui permet de s’inscrire dans une guerre de position contre l’opposition. Par ailleurs, dans bien des cas peut se faire ressentir le besoin de démettre un élu dans le temps-même de son mandat, c’est-à-dire avant son terme. Ainsi, dans la Ve République, ce que le peuple a fait, il ne peut le défaire. Et l’élu se retrouve trop souvent dans une position d’extériorité, voire de séparation, vis-à-vis des électeurs (la quintessence de cette séparation étant bien entendu le statut actuel du chef de l’État). En démocratie, l’élection n’est pourtant qu’une délégation temporaire, pas une attribution définitive ; une commande, pas un blanc-seing.
Ainsi, la succession des immunités ne saurait faire l’obligation démocratique. L’élu qui déçoit se sait protégé par la similarité des pratiques de ses homologues : qu’on réélise le même ou un autre, aucun ne sera davantage contraint à partir du moment de son élection. Et sur le long terme, l’indignation vaine des citoyens laisse mécaniquement la place à l’indifférence propre à la dépossession démocratique. Un système qui repose sur la vertu individuelle plutôt que sur des mesures de contrôle adaptées ne peut être que dysfonctionnel. C’est ce que disait déjà Robespierre : compter sur les institutions plus que sur les hommes.
La destitution du Président de la République : un leurre
Pourtant, un léger infléchissement semble se produire. Le Parlement a en effet adopté le mardi 21 octobre 2014 un projet de loi organique qui permet de destituer le président de la République en cas de « manquements graves » (un mouvement enclenché par la réforme constitutionnelle de 2008). Mais la mise en pratique de cette destitution confine à la gageure. D’abord la notion de « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat »est on ne peut plus floue. Ensuite, pour que cet impeachment à la française se produise, il faut le vote des deux tiers des députés, celui des deux tiers des sénateurs afin de réunir les deux chambres en Haute Cour, puis celui des deux tiers des députés et des sénateurs ensemble réunis en Haute Cour. Sachant que les députés de la majorité dépendent, du fait de l’inversion du calendrier électoral, directement du président de la République, cette hypothèse n’a aucune chance d’advenir. Surtout, seuls des parlementaires aujourd’hui peu représentatifs de la diversité du corps politique seront chargés de cet examen, alors-même que le président de la République est élu au suffrage universel direct.
La révocabilité : une garantie démocratique élémentaire
Au-delà de ces gesticulations cosmétiques, il existe un instrument simple mais terriblement subversif pour restituer un lien organique entre les électeurs et leurs élus, afin que ces derniers se comportent non plus en propriétaires du pouvoir mais en commissaires du peuple. Il s’agit du référendum révocatoire, qui instaure la pratique du rappel des élus. Le diable est dans les détails et la simple légalisation de cette procédure chamboulerait profondément la vie démocratique de notre système politique.
Il est en effet temps de retrouver cette aspiration portée lors de la Révolution française, lorsque les sans-culottes, indignés par les prises de position libérales des girondins, manifestement contradictoires avec les engagements qui les avaient fait élire à la première Convention, se mobilisèrent pour leur destitution. Aujourd’hui, de nombreux États appliquent la révocabilité, comme les États-Unis (en 2013, 478 pétitions de rappel ont été lancées, dont 107 ont mené à un référendum révocatoire. 22 élus ont démissionné avant le référendum, 51 élus ont été effectivement révoqués), le Venezuela, l’Equateur ou la Bolivie.
Comment ça peut marcher ?
Imaginons un système où le mode de scrutin proportionnel serait généralisé à l’ensemble des fonctions électives, afin de rendre plus fidèlement compte des équilibres politiques qui s’expriment.
Dans un premier temps, il faut que des citoyens se mobilisent et déposent une pétition, qui doit rassembler un nombre donné de signatures dans un temps imparti, dans laquelle est mentionnée la volonté d’organiser un référendum révocatoire à propos d’un élu (mettons que ce genre d’initiative ne puisse avoir lieu qu’une ou deux fois par mandat, le contrôle des élus ne devant pas non plus se changer en harcèlement).
Si un nombre suffisant d’inscrits (mettons entre 5 et 10%) rejoignent la pétition, alors un référendum révocatoire doit être organisé, une nouvelle campagne se dessine, qui figure un nouveau temps de politisation. Le référendum révocatoire instaure autant une logique de maintien que de sanction.
- En cas de suffrage uninominal, l’élu se maintient si la majorité absolue des voix exprimées soutient cette option lors du référendum (avec un seuil de participation, afin qu’il soit démis par plus d’électeurs qu’il n’y en avait eu pour l’élire, et que nul ne conteste la légitimité démocratique de la révocation).
- En cas de proportionnelle, avec des élus qui dépendent donc de listes, ce n’est pas beaucoup plus compliqué.
Deux possibilités :
Tout l’enjeu est de trouver le bon équilibre entre contrôle et instabilité. Si les élus doivent être maintenus sous le joug vigilant des électeurs, ils doivent néanmoins être en capacité de travailler, sans quoi la volonté générale s’annihile d’elle-même et la démocratie se fige.
La campagne révocatoire doit par ailleurs être strictement encadrée par l’État, et l’élu mis en cause doit être en mesure de se défendre : toute la difficulté est en effet d’éviter que le référendum révocatoire ne devienne un jouet dans les mains des lobbies pour mener des cabales politiques. Peut-être que le lancement d’une telle campagne devrait être préalablement validé par une commission sur présentation de motifs rigoureux (comme c’est le cas aux États-Unis).
En cas de révocation, plusieurs choix :
Vertus républicaines
L’épée de Damoclès de la révocabilité des élus aurait plusieurs vertus indéniables, tant sur la pratique du candidat que sur celle de l’élu et sur celle du public.
D’abord, elle obligerait à accorder une plus grande importance au programme, au débat d’idées, à la confrontation idéologique. La régularité du mandat serait en effet jugée à l’aune du respect des programmes, qui devront être tout à la fois réalistes, cohérents et fouillés. Terminée la paresse des catalogues démagogiques. L’élu quant à lui aurait tout intérêt à ne pas renier ses promesses ni la vision du monde dans lesquelles elles s’inscrivent, sous peine de révocation.
L’élu serait alors ramené dans le giron de la volonté de ses électeurs, ce qui l’obligerait à garder une certaine indépendance vis-à-vis des influences particulières, des marchés ou des lobbies par exemple. On retrouverait un peu de la logique du mandat impératif sans toutefois subir son excessive rigidité (car il faut savoir affronter l’aléa des événements qui tissent l’Histoire, comme le soulignait Lénine, qui s’opposait pour cette raison au mandat impératif). Elle contraindrait également l’élu à se tenir en permanence à l’écoute de la société durant tout le temps de son mandat et à se rapprocher tendanciellement de l’intérêt général. Il faut arrêter de croire à cette vieille lune de l’impopularité nécessaire de certaines décisions, qui n’est qu’un alibi trop commode pour dévier le politique vers des intérêts particuliers.
Voilà pour la conduite politique. Mais la révocabilité aurait aussi un impact certain sur la conduite individuelle : il obligerait en effet l’élu à observer une stricte éthique du pouvoir afin de se maintenir à bonne distance de toute forme de corruption, de conflit d’intérêts, de trafic d’influence et de toutes les formes de délinquance en col blanc qui marquent trop souvent la classe politique – d’autant plus qu’à l’ère de l’information, il devient de plus en plus difficile de tricher dans la discrétion. Certes, la justice est censée sanctionner ces comportements. Mais la justice a sa temporalité propre, qui ne coïncide pas forcément (et heureusement) avec celle du politique. Et puis son extension s’avère parfois inefficace, comme le prouve le cas Thevenoud. Le référendum révocatoire ne jugera pas le justiciable, il jugera l’élu, c’est-à-dire la continuité de la délégation politique qu’il porte et sans laquelle il n’est rien. Le peuple peut tout à fait juger qu’un élu en prise avec la justice n’est plus apte à exercer son mandat correctement, qu’il doit se concentrer à sa défense.
Enfin, la révocabilité aurait un effet certain de politisation du public. D’aucun se plaignent de la démocratie par intermittence, du désintérêt des citoyens une fois que les prébendes politiques sont distribuées. Mais comment pourrait-il en être autrement puisqu’ils n’ont plus aucun moyen de contrôler le mandat qu’ils ont confié ? Avec la révocabilité, l’élu reste toujours tributaire de l’action collective de ses administrés : le lien entre eux se resserre, il prend la forme d’une interdépendance permanente. Les électeurs restent actifs, d’autant plus attentifs à l’action publique qu’ils gardent entre leurs mains un pouvoir de décision considérable. Un rapport dialectique entre mandants et mandataires se rétablit.
Votation citoyenne
Étrangement, la révocabilité des élus reste peu portée par la classe politique actuelle et ses différentes formations. Il s’agit pourtant d’une mesure démocratique élémentaire.
Alors que l’extrême-droite, sous toutes ses nuances, prospère sur la suspicion généralisée envers les élus, voire sur le dégoût de toute forme d’engagement politique, il serait temps de renouveler les règles du jeu qui régissent la distribution du pouvoir dans la société, si l’on ne veut pas que le vieux fond de sauce rance du « tous pourris » n’emporte avec lui toutes les digues de la démocratie active.
Pour en savoir plus :
- Fréjus, le FN opposé à la démocratie, à l’intervention des citoyens dans la vie politique
La crise provoquée par le capitalisme financier est profonde et totale. La population subit de plein fouet l’austérité généralisée : hausse dramatique du chômage, chute du pouvoir d’achat, diffi culté à se loger et se nourrir convenablement, etc.
A Berlin, comme à Paris, on nous explique que la seule politique possible est de poursuivre ce qui nous a menés au désastre environnemental et social. Avec en plus, la monarchie présidentielle de la 5e République qui piétine, chaque jour, la souveraineté populaire au profit du marché.
Aucune alternative n’est donc possible dans le cadre du système.
L’heure est plus que jamais au bouleversement, même si l’on ne sait sur quel versant s’ouvrira le volcan. Est-ce que cela tiendra jusqu’à l’élection présidentielle de 2017? Est-ce que la crise de régime accélérera les échéances ? Dans tous les cas, nous continuerons à travailler à notre objectif: la conquête du pouvoir pour appliquer notre programme. Ce programme c’est d’abord redonner au peuple sa souveraineté. C’est lui redonner son rôle politique central acquis depuis la Révolution de 1789. C’est lui qui a les clefs de la transformation.
Si nous disposons demain d’une majorité au suffrage universel, nous convoquerons une assemblée constituante pour rédiger la Constitution de la 6e République. C’est en effet impossible d’espérer engager un changement profond, de mener la révolution citoyenne, dans le cadre de la 5e République. Avec de nouvelles institutions et une nouvelle règledu jeu, nous portons une vision globale de la République sur le plan démocratique, social et écologique, pour répondre à la bataille pour des droits nouveaux et les libertés, la laïcité, pour l’émancipation sociale et culturelle du peuple.
En attendant les résultats de la constituante, notre gouvernement devra prendre des mesures urgentes à même d’engager la rupture avec le système financier, l’austérité et le productivisme.
Nous convoquerons d’urgence un collectif budgétaire rectificatif pour dégager les moyens de notre politique de relance de l’activité.
Voici, dans ce nouveau cadre, quelles seraient les 15 premières mesures d’urgence, les plus emblématiques contre la finance, l’austérité et le productivisme. S’ajouteront bien sûr les abrogations immédiates des lois libérales prises depuis plusieurs années (ANI, CICE, Pacte de responsabilité...).
Nous proposons de populariser immédiatement ces mesures dans de véritables campagnes de masse et dans les luttes.
les 15 mesures d'urgences sociales et écologiques préconisées par le Parti de Gauche contre l'austérité et le productivisme
Communique de collectif Alternative A l'Austérite
Le bilan à mi-mandat de François Hollande est catastrophique. Élu pour faire une politique inverse à celle de Nicolas Sarkozy, il applique à la lettre le programme du Medef. Les mêmes recettes ont engendré les mêmes maux : chômage à des niveaux historiques, casse industrielle, cadeaux aux actionnaires sans contrepartie, baisse des dépenses publiques… Dans ce pays les pauvres sont de plus en plus pauvres tandis que les plus riches accumulent toujours plus de richesses.
Enfin pour imposer cette politique d’austérité, François Hollande et Manuel Valls ont recours à une criminalisation accrue des mouvements sociaux, écologiques et citoyens. Pas de loi d’amnistie, syndicalistes condamnés pour leurs actions et la répression utilisée en lieu et place du dialogue jusqu’à conduire à la mort de Rémi Fraisse à Sivens.
C’est pourquoi, le collectif 3A appelle le 15 novembre à manifester à Paris et dans plusieurs grandes villes de France. Pour refuser la politique d’austérité, pour exiger des élus qu’ils rejettent le budget Hollande-Medef, pour défendre une alternative sociale, écologique, politique.
Depuis quelques jours la mobilisation pour le 15 novembre prend de l’ampleur. A la liste des 250 premiers signataires se sont ajoutés d’autres personnalités, partis politiques, associations et un nombre important de syndicats. On recense de très nombreux appels d’organisations territoriales et de signatures de militantes et de militants syndicaux de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de FO, de l’UNEF.
L’engagement de plusieurs associations (Copernic, APEIS, AC!, MNCP, CADTM, Convergences des services publics, Anecr, la Gauche par l’exemple, Féminisme enjeux, Femmes égalité, DAL, Acrimed, les ef-FRONT-é-e-s) s’accroît tous les jours.
Côté partis, Nouvelle Donne s’est ajoutée aux organisations du Front de Gauche, au NPA, à la Gauche d’EELV ou au club des socialistes affligés.
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Pour en savoir plus :
par Hervé Debonrivage lundi 27 octobre 2014.
Préambule : quelques propos de Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon : « La stratégie révolutionnaire du XXIe siècle » L’Humanité. Entretien réalisé par Julia Hamlaoui le 13 Octobre, 2014
Pour l’article complet, cliquez
. Vous avez lancé un mouvement pour fédérer le peuple autour de la VIe République. Quelles doivent être ses lignes de force ?
Jean-Luc Mélenchon : La VIe République, c’était la proposition centrale du Front de gauche portée pendant toute la campagne présidentielle. Il ne s’agit pas d’un objet de communication. C’est la stratégie révolutionnaire de notre époque. Le Mouvement pour la VIe République n’est pas un parti, son objectif est de se vouer à rendre une idée majoritaire. La question ne concerne pas seulement les institutions. Elle porte sur les droits sociaux fondamentaux à partir desquels la société peut fonctionner, sur les droits écologiques fondamentaux autour desquels doit être organisée l’économie du pays.
C’est tout ce travail de réappropriation des objectifs généraux de la politique qui est proposé à travers la stratégie VIe République. La difficulté du maniement de cette idée c’est qu’il faut à la fois la mettre sur la table et la laisser ouverte. Ce n’est pas très important de dire comment moi je vois les choses. Même si je suis, pour ma part, par exemple, pour le vote obligatoire, le référendum révocatoire, limiter les droits de propriété privée du capital à un droit d’usage… Depuis la rentrée toute une série de personnalités ont dit d’accord. Voyez comment un mot d’ordre fédérateur du peuple peut aussi rassembler à gauche. C’est en ce sens qu’il faut le prendre : partir des contenus pour aller à l’accord politique, et non l’inverse.
Comment envisagez-vous le rapport entre le Mouvement pour une VIe République et le Front de gauche ?
Jean-Luc Mélenchon : D’abord, le Front de gauche est le point d’appui de tout futur populaire dans ce pays. Il n’y a de choix qu’entre le Front de gauche ou la coalition Hollande-Valls. Quoi d’autre, sinon ? Dans ce paysage, il ne peut pas être question de laisser se dessécher le Front de gauche. Il faut que nous nous retrouvions d’abord sur une stratégie électorale. Des A.C. doivent discuter de comment utiliser au mieux les élections cantonales alors que Valls et Hollande voudraient en faire un moment passif et politicien. Eux qui ne veulent même plus distribuer les professions de foi.
Mais il ne faut pas que le Front de gauche reste enfermé sur lui-même. Il faut donc sans cesse mettre en avant des perspectives de nature à fédérer le peuple et du coup, peut-être, rassembler à gauche. D’ailleurs, les militants du Front de gauche sont nombreux dans le mouvement VIe République. C’est une manière pour eux d’aller sur le terrain et surtout de répondre en positif au sentiment dominant de rejet de la politique.
Fin de l’extrait.
1 – Le mouvement pour la 6ième république.
La dynamique pour la sixième république avait été bien relancée avec la marche du 5 mai 2013 réunissant plus de 150 000 personnes malgré un accompagnement médiatique relativement faible. De nombreuses organisations associatives, syndicales et politiques de gauche avait participé à cette marche. La Marche du 5 mai 2013 pour la 6ème république avait été un succès
Maintenant l’ambition est plus large car il s’agit de mettre en mouvement un front du peuple qui serait constructeur d’une nouvelle constitution accouchant de la sixième république.
Un certain scepticisme non seulement médiatique mais émanant de l’Autre gauche et de la gauche socialiste s’est déjà fait entendre. Quelles forces pour animer ce mouvement ? La classe populaire des ouvriers et des employés est-elle motivée par une telle démarche ? Dit autrement, cette classe possède-t-elle encore une idée de ce que signifie "volonté générale" et "intérêt général" ?
Le mouvement Podemos qui inspire Mélenchon s’est développé en Espagne à partir d’un mouvement social important : celui des indignés contestant une austérité encore beaucoup plus violente qu’en France,, situation qui n’est donc pas vraiment comparable avec celle de notre pays, etc.
Une petite remarque d’abord : Mélenchon ne prétend pas faire une copie du modèle d’organisation centralisé de Podemos : il s’en inspire essentiellement par l’usage des réseaux sociaux et de l’existence de comités de réflexion et d’action citoyenne locaux. (appelés cercles).
Autre attitude dominante : celle des médias consistant à une banalisation de la thématique d’une nouvelle république et à l’idée que celle-ci est hors des préoccupations des Français.
On a un petit panorama de cette manière de voir . Et de citer académiquement : " Les politiques adorent ça. L’avantage de ces débats, c’est que cela ne coûte pas un centime et pendant ce temps-là on ne parle pas emploi, retraite, fiscalité, gaz de schiste", tempère le constitutionnaliste Didier Maus, ancien professeur à l’université de Marseille."
Sans reprendre tous les arguments exposés dans mon article précédent : et s’appuie sur plusieurs observations et prévisions :
À la veille de la marche du 5 mai 2013, il est plaisant de rappeler que le rédacteur en chef de Mediapart écrivait : "Sur ce diagnostic d’une décadence de la Cinquième République et de l’exigence d’une République nouvelle, une majorité d’idées existe qui ne demande qu’à être convoquée et rassemblée. Aucune force politique n’est seule propriétaire de cette espérance qui traverse toutes les sensibilités républicaines et inspire nombre de programmes politiques. Du centre-droit à la gauche radicale, en passant par les socialistes et les écologistes, sans compter tout un peuple de citoyens sans affiliations particulières, l’attente est là, disponible et enthousiaste, au-delà des questions de numérotation ou de procédure. Pour conjurer la menace d’un nouveau 1958 et, surtout, relever notre pays, créer la confiance et dépasser ses divisions, le sortir de sa torpeur et de ses doutes, il n’y a qu’une seule voie, celle d’un sursaut démocratique, c’est-à-dire d’une réappropriation collective et égalitaire de notre destin commun, de son invention et de son enchantement." Source : 04 mai 2013 | Par Edwy Plenel
– L’existence de tensions sociales extrêmement fortes causées par la mise en œuvre de la politique d’austérité ultralibérale de la gauche élitaire au service de l’oligarchie financière, pouvant se manifester à tout moment par une explosion sociale de grande envergure. Ce n’est d’ailleurs pas seulement une possibilité envisagée par des responsables du PG mais aussi celle de deux tiers des Français selon un .
Contrairement à ce que dit Bernard Teper dans son article du magazine Respublica (n.761) la classe populaire des ouvriers et des employés dans sa majorité sait très bien ce que signifie "l’intérêt général" et a compris que la politique gouvernementale ne sert pas cet intérêt mais celui d’une caste de privilégiés. Et il existe une "volonté générale" d’en finir avec un système politique qui n’a de cesse que de lui demander des sacrifices.
Certes cette volonté ne s’exprime pas forcément clairement par un programme politique de rupture, mais c’est précisément le rôle des organisations de la gauche populaire de l’aider à cette formulation.
Dans une situation politique d’un très sensible à de petites variations de tensions., faut-il attendre la tempête les bras croisés ? Donc mieux vaut se préparer à une telle explosion en proposant d’ores et déjà des issues par le haut ce qui ne signifie pas venues du haut ! Il faut créer dans ce chaos un attracteur.
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En vérité, les trois, mais pas n’importe quand et n’importe comment.
Une force parmi d’autres ? Mais quelles autres forces ? Nous allons revenir plus loin sur cette question.
Mais il nous faut maintenant réfléchir à la stratégie du FdG. La mise en ligne d’une pétition pour la 6ème république est un déclencheur qui a l’avantage d’une action non centrée exclusivement sur un parti et de permettre ensuite, lorsque le nombre de signatures sera suffisamment important, de mettre sur pied une assemblée citoyenne pour examiner sous quelle forme pourra se développer le mouvement. On peut cliquer icipour signer la pétition.
2 – Le rôle du Front de Gauche
A – Le FdG devrait tout d’abord s’occuper de lui-même.
a) De notre point de vue, comme nous l’avons développé dans un article précédent, le Front de gauche a tout intérêt à réaffirmer et éventuellement enrichir "L’humain d’abord" qui constitue son fondement politique et idéologique. D’autre part, il serait utile que l’ensemble des composantes du FdG se mettent d’accord
Mais ce ne sont probablement pas les questions les plus difficiles à régler .
Cela permettrait au FdG d’acquérir ainsi un contenu de propositions qui lui soit propre et qui fasse consensus entre les différentes composantes. À partir de ces dispositions, il lui est possible de partir sur des bases claires pour négocier avec d’autres organisations. Je fais ici allusion à des propositions émanant du PG, mais la démarche serait évidemment la même pour toute autre proposition émanant de quelconque autre composante du FdG.
b) Il devrait pouvoir définir une cohérence stratégique unitaire sur le plan électoral entre ses propres composantes.
Sa crédibilité et sa lisibilité électorale en dépendent. Il a tout intérêt à surmonter ses divergences de stratégie d’alliance avec le PS. Une multitude d’arguments (voir notre article : …) plaide pour une autonomie maximale par rapport au PS.
Comme le rappelle Gabriel Amard, secrétaire national du PG, chargé des élu-e-s et des radicalités concrètes et président de l’association nationale des élus du Parti de Gauche La gauche par l’exemple, il faut être "".
c) Il devrait pouvoir définir des modalités d’adhésion au Front de gauche sans obligation d’adhérer à l’un de ses partis et élaborer une charte de générale de fonctionnement..
d) Il devrait pouvoir définir des structures organisationnelles locales et nationales souples et cohérentes permettant de mutualiser les forces militantes de ses différents partis notamment dans l’utilisation des outils de l’Internet et de la diffusion de ses idées.
e) Il devrait pouvoir définir une stratégie combative de communication et d’information envers les médias et envers les citoyens.
f) Il devrait pouvoir définir une politique de formation de bon niveau pour les adhérents et militants du Front de gauche.
B – Les relations du FdG avec d’autres forces.
a) Sur le plan de l’action citoyenne.
Réfléchir et participer à la mise en réseau des acteurs de chaque champ et la mise en réseau entre champs. Montrer qu’un certain nombre de problèmes de chaque champ est en relation avec la nature des institutions. Ici les relations du FdG peuvent couvrir tout le spectre de l’extrême gauche aux écologistes et socialistes contestant la politique d’austérité en France et en Europe. Mais évidemment, les actions peuvent être communes avec les syndicats et un certain nombre d’associations et coopératives. Ce n’est pas ici le plan d’action le plus difficile
b) Sur le plan électoral.
La nature des accords va dépendre des décisions prises par la direction politique du PG en novembre 2014.
D’autre part, comme le rappelle Jean-Luc Mélenchon : ""Des assemblées citoyennes doivent discuter de comment utiliser au mieux les élections cantonales" et "partir des contenus pour aller à l’accord politique, et non l’inverse".
Il est évident que les programmes électoraux locaux doivent s’articuler sur les réalités sociales et économiques locales vues précédemment. Voir par exemple l’article : Vers des listes d’initiative citoyenne de résistance aux départementales et aux régionales (cliquez pour accéder au texte.
Dans son dernier livre, L’ère du peuple, Mélenchon insiste sur le rôle joué par les problèmes urbains dans la formation de la conscience politique. Par ailleurs, là encore il serait souhaitable d’être capable d’articuler le rôle des collectivités locales par exemple à la nature des institutions
c) Sur le plan de la concertation avec d’autres organisations et certaines personnalités concernant la réflexion sur les institutions pour une sixième république.
Il semble souhaitable d’examiner et, le cas échéant, capitaliser les réflexions engagées par d’autres organisations sur la question des institutions et d’une sixième république. Des tables rondes, des réunions de travail pour confronter les points de vue seraient utiles.
Prenons quelques exemples :
– Le travail réalisé par la convention pour la sixième république (C6R) avec ses 30 propositions institutionnelles : cliquez pour accéder au site pour accéder aux 30 propositions Rappelons que la C6r a été créé par Arnaud Montebourg le 2 mai 2001 avec l’éditeur et politiste Guy Birenbaum.
La présidence est actuellement assurée par (dont le fils Stéphane est journaliste à Mediapart, chargé notamment des questions politiques relatives à l’Autre gauche) qui appartient au secrétariat national du PS..
– L’association pour une constituante : pour accéder au site. présidée par .
– Mouvance d’Étienne Chouard
s’est rendu célèbre par sa critique très étayée du traité constitutionnel européen de 2005. Il s’est beaucoup investi dans sa réflexion sur la constitution et milite pour que ce soient les citoyens qui rédigent leur propre constitution. Il est le promoteur d’ateliers de rédaction populaires de la constitution. Plusieurs sites très documentés et ou encore mettant en ligne un travail de réflexion très important sur cette question. On peut aussi cliquer sur les deux liens suivants
– EELV : Changer de régime avec une sixième république
François Bastien :
Vous aurez des informations universitaires sur François Bastien
d) Sur le plan de l’action envers les médias locaux et nationaux.
Cela nécessite une réorganisation interne du FdG comme indiqué ci-dessus. L’utilisation des réseaux sociaux et de sites Internet à la hauteur des enjeux est nécessaire. La bataille médiatique devrait être l’enjeu central de la bataille politique.
Par exemple, un réseau de comités de vigilance et de protestation devrait être organisé à l’égard de tous les médias pour exiger que chaque média permette aux idées du FdG d’être diffusées au nom de la liberté d’information et d’expression. La stratégie d’effacement du FdG de l’espace politique devrait être combattue. Je répète que faute de ce travail essentiel, le FdG continuera de stagner électoralement . Les gens ne peuvent pas voter pour une organisation qu’ils ne connaissent pas ou connaissent mal. Des relations suivies avec les organisations syndicales de journalistes et de techniciens du monde médiatique devraient être établies.
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En conclusion
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Pour en savoir plus :
Les 8, 9, 10 et 11 novembre une votation citoyenne sur le droit de révoquer les élus.
Promesses électorales bafouées, aggravation du chômage et de la pauvreté.
A l’automne, les député-e-s s’apprêtent à approuver un budget de l’Etat qui transfère massivement l’argent public vers la finance. En consacrant l’argent de nos impôts au paiement prioritaire de la dette, le Gouvernement sacrifie les biens publics et déprime l’économie et met en oeuvre une politique pour laquelle il n'a pas été élu.
On connaît d’avance le résultat : cela ne mène qu’à l’augmentation du chômage.
Se sachant illégitime pour mener cette politique, François Hollande utilise les subtilités de la 5ème République (quasi monarchique) pour pratiquer un "". Une fois élu, celui-ci reste en place jusqu’à l’élection suivante, même quand il fait l’inverse de ce qu’il avait promis !
De même certains élus locaux ne bafouent-ils pas leurs promesses électorales, leurs engagements ?
La souverraineté populaire doit retrouver sa place dans notre démocratie.
Conçu pendant la Révolution française, le droit de révoquer les élu-e-s qui trahissaient leurs mandats et leurs électeurs exemple certains états américains). Cela revient à réaffirmer que c’est au peuple qu’appartient le pouvoir politique, conformément au principe de souveraineté populaire. Il est temps de l’appliquer en France !
Le tract national d'appel du Parti de Gauche est disponible
marché central de la Rochelle, n'est que le début de la mobilisation pour une VIe République et le droit à la révocation des élus !
novembre.... on continue à La Pallice
| 30 octobre 2014 - modifié 7 novembre 2014
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Incinérateur d'Échillais : feu vert pour l'incinérateur
- Lettre à Ségolène Royal : N’attendez pas les premières échauffourées entre des citoyens ex-pacifistes ! par Pays Rochefortais Alert'
lettre à Madame la Ministre de l'Ecologie par Pays Rochefortais Alert'
secrétaire national du Parti de Gauche
« La réforme territoriale, c’est la mère des batailles » avouait Manuel Valls dans le 1er juillet dernier.
Loin d’être une réforme de plus ou un changement purement technique, la mise en place d’un nouveau cadre institutionnel a toujours répondu à la volonté de proposer le réceptacle à une politique dédiée. Pour le dire succinctement, le contenant définit en grande partie le contenu. Ici, la logique de compétitivité et l’austérité nécessitent dans un même mouvement la mise à distance du peuple des cadres de décisions.
C’est ce double adéquationnisme qu’a engagé François Hollande. Pour le mener à terme, il est pareillement nécessaire pour lui de déconstruire l’existant. Or l’existant, c’est le cadre républicain qui assure unité et indivisibilité et son exigence d’égalité. L’existant déjà dévoyé, c’est la souveraineté populaire en passe d’être définitivement muselée. C’est donc ni plus ni moins qu’un processus déconstituant qu’a engagé le Président.
Les documents de réflexion et de travail à votre disposition
Au regard des enjeux, je me suis depuis de longs mois attelé au suivi et à l’analyse du projet de réforme territoriale porté par François Hollande. Je mets ci-dessous à disposition les documents d’analyse que j’ai produit ainsi que les textes actuellement à l’étude. Tout cela est régulièrement actualisé et peut être complété et approfondi par les différentes notes de blog que vous trouverez sur ce site :
télécharger ICI (document régulièrement actualisé)
télécharger ICI, texte modifié en première lecture par l’Assemblée nationale :
Hollande éclate la France, pour nous c’est NON !
Notes argumentaires et réactions du Parti de Gauche :
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- Une de l’article du projet de loi conférant un pouvoir règlementaire aux régions ;
- Une suite au rejet par l’Assemblée Nationale de la motion référendaire adoptée par le Sénat ;
- Une
- Un suite aux premières annonces concerant la réforme de l’Etat.
Sur le même sujet :
- Mon dossier réforme territoriale
- Pierre Izard : « 62 % des habitants refusent la disparition de la Haute-Garonne »
- Vigilance extrême sur la réforme territoriale !
- Réforme des régions : finalement, ça va bien nous coûter plus cher
Pas de panique. D’abord, la dette publique n’est pas forcément toujours un mal en soi.
Il est normal et légitime (même pour un acteur privé, particulier ou entreprise) de dépenser des sommes supérieures à ses ressources courantes et de s’endetter pour financer des investissements (appartement ou voiture pour un particulier, outil de production pour une entreprise, infrastructures pour un Etat). La dette, ça peut permettre d’investir et de passer outre des difficultés temporaires.
Et c’est absurde d’affirmer qu’en s’endettant, on fait peser la charge sur les générations futures. Si on s’endette pour investir dans des biens publics, des équipements collectifs, des infrastructures, de l’éducation, des hôpitaux, bref des dépenses socialement utiles, les générations futures auront peut-être à en payer une partie, mais ce seront surtout les premières à en bénéficier !
Et ce n’est pas un vrai danger
D’abord, un Etat, contrairement à une entreprise privée, ne peut pas être mis en faillite. Quand une entreprise privée ne peut plus financer ses dettes, elle fait faillite ; quand un Etat ne peut plus payer ses dettes, il fait un défaut de paiement et il n’y a que ses créanciers qui risquent de faire faillite.
| Le rapport de force politique peut permettre de se libérer du "poids" de la dette ! [1][2] |
Ensuite, tout dépend auprès de qui on s’endette. Par exemple, le Japon est endetté à plus de 200 % de son PIB, mais personne ne lui cherche des noises, puisqu’il est endetté uniquement auprès de résidents japonais (qui ne risquent donc pas de lui faire du chantage). Ce qui est ennuyeux dans le cas de la France, c’est que 70% de la dette est détenue par des non-résidents en France. Mais si on était dans la situation du Japon, ça serait beaucoup moins un problème.
Enfin, le calcul dont on nous rebat les oreilles pour nous affoler est idiot.
On nous dit :
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Mais c’est quand même un problème
- Un problème de justice sociale, presque un problème philosophique et moral
D’abord, chaque année, on dépense 50 milliards d’euros rien que pour rembourser la dette (les sommes empruntées, plus les intérêts). 50 milliards d’euros, c’est l’équivalent du produit de l’impôt sur le revenu : une somme qu’il serait préférable de dépenser chaque année à la construction d’infrastructures publiques ou au recrutement d’enseignants, d’infirmières, voire – pourquoi pas ? – de magistrats ou de policiers plutôt qu’à engraisser des créanciers dont la profession consiste à s’enrichir grâce à l’endettement et à l’appauvrissement des Etats.
- Un problème politique :
Cela fait partie des thèmes de débat public sur lesquels chacun doit se positionner. Ça ne signifie pas qu’il faille se positionner exactement comme les autres, mais on ne peut pas se permettre de ne pas avoir un discours clair, construit, argumenté sur le sujet.
Et c’est surtout un problème politique parce que la dette place politiquement les Etats sous la coupe des marchés financiers, qui peuvent toujours agiter la menace d’augmenter les taux d’intérêt (c’est-à-dire le « coût d’un emprunt »), si la politique d’un État leur déplait (ex : financement des retraites par l’élargissement de l’assiette de cotisations aux revenus du capital).
Résister au matraquage, et casser les contrevérités de l’idéologie dominante
Les causes réelles de la dette ne sont pas celles dont nous abreuve l’idéologie dominante et l’oligarchie les médias et "spécialistes" à leur solde.
- Pour l’idéologie dominante, l’explication est simple.
Si l’Etat a besoin d’emprunter, c’est pour financer son déficit public (différence entre les dépenses et les recettes). Donc, ça signifie qu’il dépense trop en services publics, en protection sociale, en prestations, en recrutement et rémunération des fonctionnaires et agents publics…
Cette analyse est non seulement simpliste, mais elle est surtout factuellement fausse et politiquement absurde.
- Quelles sont les vraies causes de l’endettement public
En fait, les vraies causes de la forte croissance de la dette sont beaucoup plus subtiles et beaucoup moins dites, beaucoup plus occultées.
Si on reprend la thèse de l’oligarchie, à savoir que la dette est due au déficit, on peut dire que ce n’est pas forcément lié à un excès de dépenses ; ça peut être un manque de recettes.
Deux exemples :
Mais il y a plus grave : la vraie cause de l’endettement public n’est pas seulement, et même pas principalement le déficit public.
La dette, ça comprend les sommes effectivement empruntées et les remboursements d’intérêts.
Plus les intérêts sont élevés, plus la dette croît.
Prenons un exemple.
Ainsi :
- Entre 1945 et 1973, l’Etat pouvait emprunter directement à taux faible ou nul auprès de la Banque de France (donc, en ne remboursant que les sommes effectivement empruntées et pas les intérêts).
- En 1973, Pompidou (président et ancien directeur général de la banque Rothschild) et son ministre de l’économie Giscard ont fait interdisant à la Banque de France de prêter directement à l’Etat, pour obliger ce dernier à emprunter auprès des acteurs privés, des banques. Juste après cette loi, VGE a lancé un emprunt à un taux d’intérêt de 7% ; la France, qui a emprunté pour 7,5 milliards de francs de l’époque, a remboursé, avec les intérêts, plus de 90 milliards de francs sur 15 ans !!
- Depuis 1973, la France a payé plus de 1 400 milliards d’euros d’intérêts (presque autant que le niveau de dette actuelle), une somme qu’elle n’aurait pas eu à payer sans cette loi !
- Cette loi ruineuse pour les finances publiques est institutionnalisée par le traité de Lisbonne, qui consacre l’indépendance de la BCE et des banques centrales nationales et leur interdit de prêter aux Etats (). Notons que l’indépendance de la BCE n’est pas franchement un gage de compétence ou de gestion rigoureuse : le prochain gouverneur de la BCE (il commence en novembre) sera Mario Draghi, l’ancien vice-président de Goldman Sachs, la banque qui a aidé les gouvernements grecs à truquer les comptes publics du pays !
Et les créanciers privés qui prêtent aux Etats à 3%, 4% ou 5%, voire 18% dans le cas de la Grèce, leur prêtent un argent qu’ils ont bien souvent emprunté à 1% à la BCE !!
Les solutions imposées sous les gouvernements Sarkozy et Hollande sont ineptes
- La « règle d’or » budgétaire ; une décision à la fois antidémocratique et idiote
La « règle d’or » budgétaire (interdiction pour le Parlement de voter un budget en déséquilibre) (Sarkozy, qui avait négocié et signé le le 2 mars 2012, était partisan d'inscrire la règle d'or dans la Constitution) est une décision non seulement antidémocratique, mais aussi idiote, une "règle des ânes"[3].
Antidémocratique, car le peuple souverain n'a pas été consulté.
- Mais elle est surtout ÉCONOMIQUEMENT et FINANCIÈREMENT idiote.
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Lutter efficacement contre la dette : quelles sont les solutions à mettre en oeuvre par un gouvernement de gauche et proposées par le Front de Gauche ?
- Redonner à l’Etat les moyens budgétaires d’agir
Pour s'affranchir de cette dette, il existe des solutions simples et efficaces... par exemple :
- Changer radicalement le système de financement de l’économie en refondant le système bancaire
D’abord, il faut constituer un pôle public bancaire, qui mettra en place une politique sélective du crédit pour soutenir les priorités publiques (financement des biens publics, de l’aménagement du territoire, des énergies nouvelles, de la reconversion écologique de l’habitat, de l’économie sociale et solidaire…)
- Renationaliser le financement de la dette publique
Note :
- [1] Equateur: le président Correa ne paie plus la dette "illégitime" (40% de la dette extérieure)
- [2] L'Equateur, un exemple à suivre pour les pays européens endettés
- [3] Jacques GÉNÉREUX, ancien secr. nat. à l'éco. du Parti de Gauche "La «règle d'or», règle des ânes"
Pour en savoir plus :
- Mon dossier : La dette.... la dette ?
- Nous avons un gouvernement qui mène une politique "imbécile"
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A l'issue de l'Assemblée de Montreuil la question de la nature du rassemblement à construire reste sans réponse majoritaire… |
C’est finalement dans le TGV qui m’a conduit puis ramené des Karellis, lieu traditionnel de l’université du PCF où j’étais convié à plusieurs débats, que j’ai trouvé le temps d’écrire cette note de rentrée. « Ma » rentrée pourtant, comme la plupart de mes camarades du PG, date de plus d’une semaine. Mais les occupations liées à notre Remue-Méninges à Grenoble ne m’ont pas laissé le temps d’assurer une concordance entre cette rentrée militante et sa traduction écrite. Tant mieux : que n’aurai-je sinon raté ! Les déclarations de Montebourg et Hamon, Valls 2 succédant à Valls 1 ; François Hollande se donnant des airs « de » sous une pluie torrentielle à Sein puis à Paris (quoi que l’on puisse considérer cet accompagnement pluvieux comme faisant partie des constantes du Président de la république) ; Macron remplaçant Montebourg ; une standing ovation du Medef pour le 1er ministre ; son donneur d’ordre, Gattaz, annonçant les prochaines mesures antisociales du gouvernement avec, pour commencer, la dérégulation des seuils sociaux et du travail dominical ; l’abandon de tout encadrement des loyers etc… Bref autant de signes de l’accélération d’une crise politique et de régime. Si prégnante qu’elle n’a même pas pu attendre que soit passée l’université d’été du PS pour se manifester.
Donc où en sommes-nous ? A en croire les éditorialistes de la pensée unique qui se sont relayés cette semaine, eux aussi sont rentrés, tout pourrait maintenant rouler pour le gouvernement Valls 2. D’une part, le premier ministre dispose désormais d’hommes et de femmes qui adhèrent à sa politique. Fini les « gêneurs » de type Montebourg susceptibles d’effrayer les marchés et d’irriter Mme Merkel par des saillies certes impuissantes mais quand même mal venues. D’autre part, le Medef a adoubé Manuel Valls comme rarement premier ministre l’a été sous la 5ème. Et s’il fallait encore rassurer les marchés et les actionnaires, la nomination d’un de leurs représentants, Emmanuel Macron, constitue la cerise sur le gâteau.
Source : Secrétaire national du parti de Gauche
Vers l’échec assuré
Un Hollande à l’aise dans ses baskets de social libéral, une équipe prête à jouer loyalement le jeu, l’officine des patrons les plus libéraux derrière lui et la confiance des marchés : tout serait donc en place pour que la livraison des chiffres du chômage en juillet soit la dernière de ce type. On sait bien que ce ne sera pas le cas. Car en appliquant toujours plus drastiquement une politique vieille de 15 ans, celle du Blairisme triomphant, Hollande fait subir à notre pays les « recettes » qui ont menées dans le mur la France comme l’Europe. C’est en effet le moment de rappeler où en est la « reprise » de la zone Euro annoncée par ce charlatan depuis deux ans : comme la France, la croissance de l’Allemagne stagne et l’Italie est déjà entrée carrément en récession. Il n’y a donc pas besoin d’être devin pour décrire la situation dans trois mois. C’est celle d’aujourd’hui : chômage en progression constante, activité en berne, toujours moins de services publics et de protection sociale, profits et dividendes des actionnaires en hausse. Et courbe de popularité du Président et du premier ministre au plus bas.
François Hollande ne réglera rien car c’est la politique à laquelle il croit – je résume : la main invisible du marché finira bien par arranger les choses si on lui fait suffisamment d’offrandes – qui est mauvaise et non pas spécialement les personnes qui l’appliquent. Même si en l’espèce, ils sont en plus mauvais.
C’est pourquoi François Hollande va échouer. Et à ce rythme je ne vois pas le gouvernement Valls 2 durer plus longtemps que le « glorieux » gouvernement de « combat » qui l’a précédé. Et si Hollande tient jusqu’en 2017, il y arrivera en lambeaux, mal parti pour franchir le 1er tour. Le socialiste Stéphane Delpeyrat a dans un tweet aussi rageur que lucide bien résumé le risque : « les 3% nous les atteindrons j’en suis sur. En mai 2017 ».
Le peuple n’adhère pas au libéralisme
Parce que le Medef n’a jamais fait une majorité dans ce pays. Pour des raisons historiques que ce billet n’a pas pour vocation de détailler, mais dont la première est le souffle encore porteur de notre grande révolution, le peuple français ne s’est au fond jamais converti à l’idéologie libérale. Sans forcément d’ailleurs emprunter des choix politiques clairs pour le dire. L’histoire de la 5ème le montre : Chirac bat le régent Balladur en dénonçant la fracture sociale, Sarkozy passe sur une entourloupe en s’appuyant sur la faiblesse du PS mais aussi l’ambigüité des discours concoctés par Gaino, Hollande l’emporte parce que l’Elysée vaut bien pour lui une grande messe contre la finance au Bourget et que justement son prédécesseur est châtié pour son libéralisme. Jusqu’à quand cela tiendra-t-il ? La question mérite d’être posée : la confusion qu’installe François Hollande en suivant la voie ouverte par Sarkozy, ayant un effet déflagrateur sur le peuple pourtant le plus politique au monde. Mais j’ai la certitude que ce travail de sape ne sera pas suffisant pour inverser d'ici 2017 ce mouvement inscrit dans la longue durée. D’autant que notre peuple paye toujours davantage les conséquences néfastes de cette politique libérale.
C’est l’analyse faite d’ailleurs par Marine Le Pen. Pourquoi sinon le Front national libéral et atlantiste de Jean-Marie Le Pen s'avancerait-il désormais comme un parti national capitaliste ? Les ethnicistes ont compris que la prise du pouvoir en France est à ce prix. C’est aussi pourquoi, sur fond de crise, rien n’est assuré en cas de duel entre Marine Le Pen et un représentant de la droite traditionnelle au 2ème tour : pas sur que cette fois un appel à la démocratie suffise à élire un représentant du camp libéral. Et si c’est le cas ce sera au profit d’une droite toujours plus travaillée par le programme xénophobe et antirépublicain du FN.
De cette analyse, on comprendra que qualifier un représentant de notre « camp » au 2ème tour de la Présidentielle est à bien des égards la meilleure assurance pour éviter le pire à notre pays.
En s’appuyant sur la formidable armée de réserve qui existe. Celle qui s’est largement abstenue aux européennes, qui ne supporte pas la politique appliquée mais qui, aujourd’hui, ne voit personne ou nulle force à même de la contester concrètement. Qu’elle s’abstienne en 2017 et la voie peut être ouverte pour Mme Le Pen ou en tous cas pour une droite travaillée par l’idéologie de l’extrême droite.
On aura compris que je ne crois pas dans la possibilité que le PS empêche ce scénario. Je pense même que François Hollande est en passe de le dissoudre comme l’ont été les partis de la gauche traditionnelle en Italie. J’écoute certains frondeurs en appeler à un congrès de leur parti, certains que Valls est minoritaire en son sein. Je ne partage pas cette illusion. Bien sûr, ce dernier n’a atteint que 5% à la primaire socialiste mais François Hollande en était sorti en tête et en dehors d’Arnaud Montebourg, aucun de ses concurrents ne dérogeait sur le fond au social libéralisme. Ce n’est qu’ensuite, en février 2012, que devant la poussée de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche, Hollande a fait dans la critique de la finance. Mais souvenez-vous de publié quasi en même temps que le Bourget. Ce rapport de force a-t-il changé dans le PS ? L’université de La Rochelle transformé en happening et où les frondeurs mobilisés ont fait entendre fortement leur voix pourrait le laisser penser. Je n’y crois pas. Je considère que ce parti a en réalité changé de nature comme de sociologie militante. D’ailleurs si les frondeurs se font entendre, et vu la brutalité de Valls cette semaine le contraire aurait été étonnant, il s’est trouvé 200 autres députés pour se dire en solidarité avec la politique menée. Il est fort possible, comme la SFIO à son époque, que le PS meure du « Hollandisme ». Mais d’ici là, ce n’est pas de lui que viendra l’issue. L’imaginer, concentrer nos efforts militants sur ce mirage nous ferait non seulement perdre un temps précieux mais semer encore plus d’ambiguïté sur notre compte vis à vis des français.
Pour un Front de Gauche utile à construire son propre dépassement
Cela a été l’axe stratégique du PG depuis sa création. C’est dire s’il fait partie de notre ADN. Non sans réussite. Nous sommes ainsi quasiment parvenus à rassembler toute l’autre gauche. Avec le résultat que l’on sait : les 4 millions de voix de Jean-Luc Mélenchon en 2012 ont crédibilisé notre démarche. Mais pour finir deux ans après sur le récif des Européennes. Je ne reviendrai pas sur l’ensemble des raisons de cet échec. Je l’ai fait largement dans mes billets de juin. Mais la principale est celle-ci : nous n’avons pas été suffisamment dissociés de LA « gauche » qui gouverne pour apparaître comme son alternative plausible. Or, comme l’a affirmée justement Jean-Luc Mélenchon dans son discours de clôture à Grenoble, force est malheureusement de constater que « le système n’a plus peur de la gauche ». Résultat : en dehors de sa partie la plus politisée, le peuple qui veut le contester ne se tourne plus vers ce qui s’apparente à LA gauche. Injuste mais bien réel.
Evidemment non. Nous avons eu tant de mal à rassembler cette énergie militante qu’il serait stupide de la déconstruire gratuitement. Mais le FdG doit aujourd’hui utiliser cette capacité militante dans un projet qui nécessairement doit le dépasser. Comment fédérer le peuple, le remettre en mouvement, lui donner envie de reconquérir sa souveraineté politique ? Voilà la question. Il serait injuste de dire que le FdG ne se la pose pas depuis quelques temps. La notion de Front du peuple, progressivement reprise par les forces qui le composent, en est l’écho. On voit bien en tous cas que ce n’est pas le seul FdG, ni même la seule addition de forces politiques, qui sera à même d’atteindre cet objectif d’ici 2017. Il peut toujours par contre en être l'outil principal. S'il change.
Le moteur du changement : la souveraineté du peuple
Le peuple ne se tournera donc pas vers nous s’il nous perçoit comme l’appendice contestataire d’un PS fantasmé comme le centre incontournable de la gauche. Mais ce ne sera pas non plus suffisant de lui proposer de nous mettre en tête de la gauche pour ensuite transformer celle-ci. Nous ne sommes pas parvenus à le convaincre de cette utilité, nous y parviendrons encore moins dès lors que Hollande et Valls captent la notion de gauche au profit d’une des politiques les plus socialement droitières de la 5ème République. II faut voir plus loin, plus large, plus en capacité de concrétiser le fait majoritaire dans un mouvement totalement indépendant du système et des jeux d’alliance qu’il implique, PS compris. C’est la raison pour laquelle Jean-Luc Mélenchon a mis sur la table le projet d’un mouvement pour la 6ème République au point de souhaiter y consacrer le plus clair de son temps. On aura compris qu’on ne parle pas là seulement transformation institutionnelle mais bien de changement de République au sens littéral du terme : une république citoyenne, sociale et écologiste en lieu et place de la monarchie présidentielle et de plus en plus oligarchique qui corsette la souveraineté populaire. Raison pour laquelle, seul le peuple pourra la constituer à travers l’assemblée qu’il se donnera pour cet objectif.
Remettre le peuple en mouvement dépasse donc la simple accumulation de courants et de forces politiques. Un mouvement pour la 6ème république nécessitera ainsi l’irruption de collectifs permettant une implication citoyenne maximum sans que l’on demande à ses membres de décliner leur appartenance politique.
Le Parti de Gauche va s’y engager. Nous allons, dès son Assemblée générale du 6 septembre, proposer la même chose au Front de Gauche. S’il veut jouer encore un rôle majeur, il ne peut plus être le lieu des ambigüités stratégiques et des polémiques qu’il a été depuis 2012. Cela implique déjà qu’il soit capable assez vite, la fin de l’année semble une butée réaliste respectueuse de la souveraineté de ses organisations, de se réorienter vers une stratégie nationale qui ne peut être, pour commencer, que celle de l’autonomie vis à vis du PS aux prochaines élections. C’est une condition de son utilité et de son maintien.
Combattre le gouvernement Valls 2 comme n’importe quel gouvernement de droite.
Les autres forces et courants de la gauche anti austérité ? Dire que c’est le peuple qu’il faut ambitionner de fédérer indique l’objectif essentiel. Le moyen dont nous ne pouvons nous passer pour réussir. Mais il serait stupide de ne pas chercher à mobiliser dans ce dessein la dynamique accélératrice que ces forces peuvent constituer. Ce n’est pas l’un ou l’autre. Si nous pensions l’inverse, nous arrêterions de construire le parti de gauche. Nous entendons donc œuvrer à l’unité de tout ce qui s’oppose à la politique actuelle. C’est notamment le cas des collectifs issus de la marche du 12 avril qui veulent travailler à l’unité la plus large sur le front social des syndicats, associations, partis. Pour mieux résister mais pas seulement. Nous devons plus que jamais démontrer notre capacité à apporter des réponses immédiates et concrètes aux questions premières que se posent les français, l’emploi en premier lieu. Celles que sans attendre nous serions à même d'appliquer au gouvernement pour rompre avec le libéralisme et le productivisme et apporter un mieux-être rapide au pays.
Tout cela participe à la bataille contre le gouvernement Valls 2. Qu’il faut évidemment combattre sans attendre les Présidentielles comme nous le ferions de n’importe quel gouvernement de droite. Sa légitimité ne tient qu’à un fil, il faut faire en sorte de le faire tomber. Les autocollants « Valls Démission » sortis par le PG au moment où, ministre de l’intérieur, il promouvait sa politique du bouc émissaire (il a largement continué cet été), vont pouvoir ressortir !
Le révélateur du vote de confiance à un gouvernement qu’il faut faire tomber
Dans notre esprit, le processus alternatif décrit dans ce billet concerne tous les opposants de gauche. J’estime cependant que se profile un test décisif pour tous ceux qui appartiennent à l’actuelle majorité gouvernementale : c’est d’en sortir ! Franchement. Voilà pourquoi nous demandons aux « frondeurs » de tous type, qu’ils soient socialistes, EE-LV ou MRC de s’opposer réellement à la politique de Valls en empêchant qu’elle sévisse plus longtemps. Sinon rien ne sert de se sentir fort à l’applaudimètre à la Rochelle. Ils ne doivent pas voter la confiance au gouvernement et à fortiori, s’il passe cette épreuve, son budget. Non pas s’abstenir mais voter contre. C’est le courage que nous leur demandons de démontrer à ceux qui les ont élus mais aussi la condition pour construire ensemble l’avenir. C’est aussi un service pour eux-mêmes car le peuple ne fera pas le tri entre ceux qui appliquent cette politique avec entrain et conviction et ceux qui la permettent en râlant. Hollande peut arriver à dissoudre le PS, voir la gauche mais pas le peuple… Et la note que ce dernier présentera sera salée.
C’est reparti !
Je voudrais finir cette note en parlant du Parti de Gauche. L’échec des Européennes a pesé dans notre histoire et sur chacun d’entre nous. Nous sommes des militants faits de chair, de convictions et de sentiments, dévoués à une cause qui ne nous rapporte aucun confort matériel, au contraire. Nous avons nos fragilités. Juin a ainsi été difficile à passer pour beaucoup d’entre nous après la fatigue accumulée et la tension des élections municipales et européennes. Comme tout groupe humain, nos douleurs ne sont pas seulement politiques. Nous ne sommes évidemment pas immunisés contre la fragilité et la finitude de l’humanité. La disparition aussi inattendue qu’injuste de notre camarade et éditeur Bruno Leprince survenue la veille de notre Remue-méninge nous l’a rappelée dramatiquement. J’ai toujours considéré que l’un des moteurs de l’engagement politique, dès lors qu’il n’est pas seulement un plan de carrière, était de transcender notre nature éphémère en l’inscrivant dans une communauté de destin présente et à venir. Une chaine fraternelle qui nous conduit à nous battre pour l’actuelle humanité mais aussi pour ceux qui viendront après nous. Pour qu’ils puissent continuer à vivre sur cette planète et si possible mieux que nous. C’est, je suis sur, ce qui nous pousse à agir et à militer malgré tout, et encore plus, quand beaucoup d’entre nous redoutent qu’il soit trop rapidement minuit dans le siècle. Nous refusons l’inéluctable.
Dans cette période difficile, notre Remue Méninge a été un moment politique exaltant dont nous ressortons plus forts. A son issue un militant ma interpellé d’un joyeux « c’est reparti ! ». Je l’ai gardé en esprit car il résumait bien je trouve le sentiment général. Parce que nous avons commencé collectivement à définir une autre stratégie, parce que nous en sommes sortis en ayant des idées claires sur « que faire ? ». Parce qu’aussi, au cours des débats et ateliers, tous remplis, nous avons appris des choses et en sommes sortis plus intelligent que nous n’y étions entrés. Et ce, grâce aussi à nos invités qui, tous, ont été pertinents et souvent brillants.
Accepter comme nécessaire le retrait de la coprésidence de Jean-Luc Mélenchon et de Martine Billard, nous a conduit à commencer aussi à réorganiser notre direction. Dans celle-ci je m’occuperai dorénavant de la coordination politique du PG sans cesser, pour le moment, de gérer les relations unitaires. Je vais me consacrer du mieux que je pourrai à cette nouvelle fonction, certain que si notre PG n’est pas une fin en soi, mais un outil, il reste terriblement précieux dans le moment politique que nous vivons. Et que cela donc vaut le coup de le renforcer. Pour mieux combattre l’insupportable.
Pour en savoir plus :
Le parti communiste des ouvriers de France (POCF, membre du FdG se pose aussi la question de l’organisation et indique du 02/06/2014, sur son site : "On nous dit souvent qu’il faut dépasser le caractère de cartel d’organisations. Nous pensons, quant à nous, que la question est plutôt de dépasser le cadre d’un cartel purement électoral. C’est sous cet angle qu’il faut, à notre avis, poser la question des adhésions individuelles : si on en reste aux questions purement électorales, s’il s’agit de désigner des candidats… nous n’avancerons pas davantage dans l’implication du plus grand nombre.…" Et il insiste sur la nécessité d’avoir une structure permettant de franches discussions aboutissant à de bons compromis.
Pour le Front de gauche, la proposition du philosophe marxien Jacques Bidet est tout à fait intéressante. On peut se reporter à son article dans l’Humanité du 7 mai 2014 intitulé : "" Je souscris, pour ma part, totalement à son point de vue et j’invite vivement le lecteur à prendre connaissance de ce texte qui a le mérite d’être relativement court.
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[E. DURAND : je considére moi aussi que sa proposition est la meilleure qui puisse être mise oeuvre : ....Non pas des « Associations du Front de Gauche », conçues comme des sections locales fictives d’un parti qui n’existe pas, mais quelque chose de plus large : des « Associations pour le Front de Gauche ». Elles auraient la responsabilité de coordonner la réflexion et l’action à mener au plan local, en participation à la réflexion et à l’action au plan national...]... Non pas des « Associations du Front de Gauche », conçues comme des sections locales fictives d’un parti qui n’existe pas, mais quelque chose de plus large : des « Associations pour le Front de Gauche ». Elles auraient la responsabilité de coordonner la réflexion et l’action à mener au plan local, en participation à la réflexion et à l’action au plan national. - See more at: http://www.humanite.fr/un-avenir-pour-le-front-de-gauche-par-jacques-bidet-philosophe-526470#sthash.fsxgqMO7.dpuf
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Une autre idée intéressante est celle de Roger Martelli dans le webzine Regards du 31 mai 2014 . ""…Il n’y a donc pas de solution purement partisane à la crise politique actuelle. Inutile d’envisager un parti central, au cœur d’une galaxie étendue, comme le PCF y parvint pendant quelques décennies ; mais un front de partis, fût-il élargi, ne suffit pas non plus. Le contact entre formations politiques est utile ; il n’est pas « la » solution. S’il faut reconstruire, c’est dans deux directions : associer à la construction de projets et d’initiative politique des forces et des individus qui ne sont pas dans le champ étroitement partisan ; bâtir des formes de fonctionnement collectif selon des modèles coopératifs, en réseaux, qui contredisent la tendance forte à confondre centralité et verticalité hiérarchique."
Un point de départ très basique, est que chaque composante du FdG veille à ce que son propre fonctionnement soit démocratique, c’est-à-dire prenne le temps d’organiser cette démocratie conformément aux statuts qu’ils ont choisis.
Remarquons que le soi-disant conflit de leadership pour le Front de gauche invoqué par certains responsables politiques et journalistes n’est qu’un écran de fumée : – tendant à masquer une carence organisationnelle structurelle et fonctionnelle du FdG – et tendant à éluder le véritable conflit de fond qui est le choix entre l’autonomie prônée par le Parti de Gauche et l’alliance avec le PS au premier tour des élections défendue par la direction du PCF. Remarquons d’ailleurs que la quasi-totalité des composantes du FdG considère que celui-ci doit être une organisation politique autonome alternative au PS.
Toujours sur cette thématique de l’organisation, une autre contribution qui fait réfléchir est celle de Jean Rabaté, dans le journal l’Humanité : " "
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J’ai eu l’occasion sur le site du PG Midi Pyrénées d’apporter une contribution massive sur le thème : Le Front de gauche doit améliorer sa puissance organisationnelle, En utilisant les apports des sciences humaines contemporaines : théorie des organisations et de l’intelligence collective, la coopération en intelligence artificielle distribuée, etc.
On peut trouver dans cette étude les différents outils conceptuels permettant de penser une nouvelle organisation articulant les différentes composantes du Front de gauche.
Le capital symbolique du FdG doit être le miroir de son programme et de son projet de société.
Nous avons vu précédemment comment le capital symbolique pouvait se trouver déformé et même écrasé par l’optimisation du capital économique et perdre de son sens pour les électeurs. Ainsi, l’identité politique du FdG émanant de son projet de société et de son programme ne doit pas être assujettie à des considérations et stratégies relatives à la préservation ou à l’accroissement de son capital économique.
De cette manière, la perception du champ idéologique du FdG par la population n’est pas déformée par des comportements électoralistes d’alliance contre nature, de carriérisme, de lutte de places. Le capital symbolique du FdG se trouve ainsi préservé et est le reflet fidèle de ses positions économiques, sociales et culturelles structurant son champ idéologique.
Dans le cas contraire, le programme l’Humain d’abord est perçu comme un document démagogique, un catalogue de promesses électorales qui ne seront pas tenues. Le champ idéologique du FdG subsiste mais son capital symbolique s’effondre, et évidemment avec lui, ses scores électoraux. Dans une telle configuration, les agents politiques du FdG gardent leurs convictions mais leur crédibilité et leur audience tendent vers zéro.
Cette préoccupation de rendre indépendant, autant que faire se peut, le champ idéologique du FdG de son capital économique doit être d’autant plus affirmée que l’appareil idéologico–médiatique met tout en œuvre pour déformer ce champ, voire même l’effacer, afin d’affaiblirle plus possible son capital symbolique.
Nous avons vu aussi que le champ idéologique politique était bipolaire : CI = L U AL. (Le champ idéologique est l’union de deux composantes : le champ idéologique libéral et le champ idéologique antilibéral).
Les partis de droite et sociolibéraux sont porteurs de L et les partis de "l’Autre gauche" sont porteurs de A L. Toute la stratégie de la grande bourgeoisie au travers ses médias est d’écraser le capital symbolique correspondant à AL en usant de tous les moyens technologiques et cognitivo – psychologiques possibles. De sorte que tout comportement politique de "l’Autre gauche" conduisant à déformer son propre capital symbolique concourt à la réalisation des objectifs de la grande bourgeoisie.
D’autre part, la stratégie des alliances a aussi un autre inconvénient : le processus de contamination de la désespérance des électeurs. Les partis dominants entraînent dans leur chute les partis avec lesquels ils ont établi des alliances. C’est-à-dire que l’altération du capital symbolique des partis dominants se propage au sein du capital symbolique des partis alliés. Ce phénomène est confirmé par les résultats électoraux et les indices de confiance envers les partis politiques établis par les instituts de sondage.
Le FdG fort de son capital symbolique propre ne doit pas faire cavalier seul.
L’affirmation d’une identité politique propre ne signifie pas que le FdG doive s’encapsuler dans son organisation : bien au contraire, une identité forte lui permet de s’ouvrir largement sur l’ensemble du mouvement social, en contractant par exemple des alliances circonstancielles de lutte avec d’autres forces de gauche. (Voir ci-dessus 2B) et être un pôle central de résistance contre les politiques d’austérité et de régression sociale comme l’invite la coordination FdG dans son
Néanmoins, le piège à éviter est de dissoudre son capital symbolique dans un flux d’actions purement défensives faisant oublier son programme : l’Humain d’abord. Le FdG n’est pas une organisation de contestation de nature syndicale mais d’abord une force de proposition capable de prendre le pouvoir et mettre en œuvre une politique alternative . Le FdG ne peut définir son identité par une simple capacité de rassemblement et d’organisation des actions. Pour utiliser une métaphore, un catalyseur joue son rôle de catalyseur en raison de sa structure propre.
Le travail sur le programme et le projet de société, sur l’organisation, sur la formation, demande beaucoup de temps et ne doit pas être sacrifié sur l’autel de l’électoralisme et de l’activisme réactif, ce qui a été le cas jusqu’à présent, avec les résultats pitoyables que l’on connaît
4 - Qu’entendre par radicalité ? Radicalité ne signifie pas extrémisme
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Cette construction collective nécessite aussi un haut niveau d’organisation démocratique qui demande en elle-même une réflexion collective. (On voit donc que la notion de programme n’est pas dissociable de la notion d’organisation lorsque l’on aborde le processus d’élaboration).
Ne pas faire cette distinction, c’est sombrer dans l’opportunisme politique, c’est condamner à terme son parti ou courant à la dislocation au gré des aléas des alliances et mésalliances. C’est aussi détruire les frontières politiques avec toutes les conséquences que l’on connaît.
D’autre part, l’élaboration de son programme ne peut reposer sur une démarche clanique fermée ou sur le travail d’une commission d’experts déconnectés des réalités sociales mais au contraire sur une démarche ouverte intégrant tous les apports d’autres programmes de partis, de plates-formes de congrès syndicaux ou d’associations, ou de travaux importants réalisés par des universitaires, des parlementaires, etc. jugés comme positifs par les adhérents du Front de gauche.
Évidemment tout citoyen de bonne volonté au sein d’assemblées citoyennes et d’ateliers de réflexion peut apporter sa contribution ancrée sur son expérience propre.
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Il ne faut pas perdre de vue que tous les mouvements sociaux passés ou récents dits "révolutionnaires" qui n’ont pas été portés par un programme clair élaboré par une intelligence collective porteuse des aspirations populaires ont conduit à un échec et parfois à des répressions sanglantes.
Cela implique une capitalisation et une exploitation adaptée du travail intellectuel passé et certainement pas une mise au rencard dans les poubelles de l’Histoire de ce travail collectif. Le programme devrait-il être jeté dans les corbeilles des bureaux de vote après dépouillement des bulletins de ces dernières élections ?
Certainement pas ! Car un programme digne de ce nom ne doit pas être assujetti à une démarche purement électoraliste. Certes ce programme nécessite approfondissement enrichissement, amélioration dans sa forme et dans son contenu, mais il reste une base de travail essentielle dans l’affirmation de l’identité du Front de gauche comme force politique non assujettie aux tactiques et stratégies électorales du moment.
L’identité du Front de gauche ne repose pas essentiellement sur des personnalités comme Jean-Luc Mélenchon, Pierre-Laurent, Clémentine Autain, etc. comme s’acharne à le faire croire l’ensemble des médias au service de la grande bourgeoisie, mais repose sur un programme politique de transformation sociale.
Le problème de la structure organisationnelle du FdG.
Mais un projet de société et un programme de gouvernement ne suffisent pas à définir complètement l’identité politique d’une organisation, surtout lorsqu’elle est composite comme celle du Front de gauche. Il faut qu’existe une structure organisationnelle assurant la cohésion, la coordination , la cohérence de l’action tant au niveau national que local.
Le désarroi provoqué par le manque d’organisation du Front de gauche est particulièrement bien exprimé dans un texte intitulé : "" sur le site du mouvement du FdG.
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