Le Conseil de paix de Donald Trump se veut être une substitution aux Nations unies, même si le président américain a dit avoir toujours vanté le " potentiel " de l'ONU[3].
Le « Board of Peace » pour Gaza de Trump : diplomatie de façade et remise en cause de l’ordre international[6].
Au sommet des « globalistes »[0] de Davos, Trump, très affaibli, a officiellement lancé son « Board of Peace » (Conseil pour la Paix[1]). Une alliance de 19 Etats qui, contrairement à ce qui était envisagé précédemment, ne se contentera pas de viser à reconstruire Gaza, mais prendra aussi d’autres conflits en cours ou à venir. Pour en faire partie, il faut verser 1 milliard de dollars à Trump.
Moins de 10% des pays de la planète ont décider de se lier à l’hubris américain qui veut recomposer l’ordre international. L’absence d’Israël, le pays le plus concerné par la reconstruction de Gaza après la Palestine, est notable. Trump et sa famille offrent leurs compétences au monde, après les avoir offertes aux Étasuniens. Ces compétences reposent exclusivement sur l’arnaque, la corruption, et la violence. Le Board of Peace n’est pas fait pour durer, mais peut-être que sa nouvelle manière de gérer les affaires internationales, elle, le pourrait. Depuis la victoire éclair au Venezuela et le kidnapping spectaculaire de son ancien président, Nicolas Maduro, les problématiques internationales sont prises à bras-le-corps par l’administration Trump.
Sources : Lost Highway | mis à jour le 05/02/2026
L’arnaque
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Le Board of Peace (BoP) est un délire corporatiste d’Etat sous kétamine. Composé d’individus représentant aussi bien des intérêts privés qu’étatiques, il comprend un empereur (le président du BoP) à vie qui a droit de veto sur tout (Trump), et une cour (le comité exécutif du BoP) :
- Jared Kushner (son beau-fils) ;
- Tony Blair[2] ;
- Nickolay Mladenov, ancien politicien polonais et rapporteur onusien :
- et aussi un PDG d’entreprise milliardaire, Marc Rowan.
- Le BoP contient un comité exécutif dédié à Gaza spécifiquement, où l’on retrouve les profils les plus invraisemblables, comme un haut responsable du renseignement égyptien, Yakir Gabay (un milliardaire israélien)[3].
Bref, le BoP mélange tous les profils, ravira ceux qui pensent que la politique internationale doit être re-dynamisée, la « sclérosée ONU » ayant fait son temps. Le droit international empêcherait la résolution rapide des conflits, donc pourquoi pas essayer autre chose.
La victime n°1: l’ONU et le droit international
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L’ONU est l’anti-thèse du trumpisme. Système rationnel-légal, bureaucratique, il fait la part belle à la négociation. Bien que son Conseil de sécurité soit représentatif de l’ancienne hiérarchie mondiale, avec les 5 pays au droit de veto[4], et puisse être largement critiqué, il offre la possibilité de le critiquer. Mais ce qui est intéressant de rappeler au sujet de l’ONU, ce qu’il n’a peut-être pas réussi à mettre fin à de nombreuses guerres, mais a encouragé les États à se restreindre en matière de conflits depuis la création de l’ONU. Avant 2016, le nombre de conflits dans le monde était au plus bas.
Or, les conflits ne cessent, depuis quelques années, d’augmenter: le nombre de morts dans les conflits armés ne cesse d’augmenter[5] :
- 2023 et 2024 sont deux des 4 années les plus meurtrières depuis la fin de la Guerre Froide.
- 2025 a été pire encore.
L’ONU a rendu hors-la-loi le conflit comme résolution des différends ; l’organisation n’a certes jamais réussit à arrêter la plupart des conflits, mais elle a réduit leur nombre et promu une culture de paix, et calmé les ardeurs militaires en normalisant le commerce et le droit comme échanges privilégiés entre nations.
Trump ambitionne de remplacer l’idéal libéral onusien par une oligarchie internationale du BoP, aux valeurs conservatrices et rejetant la raison du succès des démocraties[3] : l’Etat de droit, le processus légal. Depuis la première administration Trump, la désaffection envers l’ONU par de nombreux pays n’est pas feinte ;
- si la plus grande armée du monde s’en désintéresse totalement… pourquoi accorder le moindre intérêt à l’ONU ?
- Pourquoi engager des ressources si c’est pour se faire critiquer, et ne rien résoudre ?
- Est-ce que nous allons perdure l’ONU en raison du BoP ?
Mais nous pourrions tous, collectivement, être victime
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Est-ce que des 19 membres aujourd’hui, nous verrons progressivement plus d’Etats prêter allégeance à l’Empereur Trump ? En politique, les certitudes sont dangereuses, et personne n’aurait parié en 2024 qu’un homme condamné pour viol, fraude électorale et fraude économique, poursuivit pour sédition et tant d’autres choses, puisse devenir à nouveau président des Etats-Unis.
🔴 Mais il faut précisément se débarrasser des réflexes qui nous portent à accorder tant de rationalité aux acteurs : Trump et sa famille sont des spécialistes en arnaques.
Fausse université, faux téléphones portables, bibles signées, vodka, casinos… l’objectif unique de Trump a été de s’enrichir et augmenter son pouvoir personnel. Il n’a aucun respect pour sa fonction, ni pour la destinée américain. Il n’est pas un politicien, pas même un très bon homme d’affaire, mais il excellent toutefois dans un métier : celui de producteur. Trump sait se mettre en scène et inspirer des émotions radicales, qui ne laissent personne indifférent. Le président étasunien n’est pas intéressé par les compétences, c’est pourquoi il s’est entouré d’une cour pour son deuxième mandat. On peut ainsi acheter les faveurs de Trump en espèce sonnante et trébuchante, mais aussi en fidélité. L’expertise est balayée, Trump est un populiste opportuniste, c’est-à-dire qu’il remplace l’ancienne élite, celle des intellectuels et technocrates, par la sienne, familiale et amis milliardaires.
🔴 La marque de fabrique de Trump est de beaucoup parler, et ne rien savoir construire.
Symbole de sa manière d’opérer, l’aile est de la Maison Blanche, promptement détruite sans plan pour reconstruire, et dont le budget n’a cessé d’augmenter au fil des mois, jusqu’à atteindre la somme 400 millions récemment. Ou encore, son arnaque lancée alors qu’il était déjà investi comme président, des téléphones portables « Trump » dorés, que ses fans attendent toujours de recevoir, presque une année après leur pré-commande. Le modus operandi de Trump a toujours été celui de détruire, car cela impressionne. Et construire, uniquement lorsqu’on ne peut pas filer à l’anglaise avec l’argent récolté
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🔴 Le BoP n’est pas différent.
Il s’agit cependant cette fois-ci une arnaque internationale, destinée à escroquer des pays cette fois-ci, et faire oublier les problèmes rencontrés dans les affaires intérieures. Il y aura inflation financière, Trump demandera toujours plus d’argent aux membres. La reconstruction de Gaza, pour peu qu’elle se concrétise, se fera avec des fonds douteux, avec du béton qui s’effondrera à la première intempérie. Trump n’a rien inventé, la Mafia le fait depuis toujours.
🔴 Mais cette arnaque trop invraisemblable pour être adaptée au cinéma pourrait aura des conséquences réelles sur l’ONU.
Le désengagement des USA délégitimise l’organisation international, ou même l’engagement de la société civile à l’international. Ceux qui pensent que la voie suivie par les Etats-Unis est la même que précédemment, mais seulement moins hypocrite, se trompent : ils ont toujours eu des méthodes de gangster, mais oeuvraient pour un monde plus stable. La paix ou la démocratie ne sont aujourd’hui plus une préférence des Etats-Unis. Et le monde, sans le droit international, pourrait revenir à l’Etat qui était le sien avant le droit international.
Notes :
[0] Il est cocasse de voir que Trump, héros involontaire puis volontaire du mouvement QAnon, soit encensé lorsqu’il se rend à ces sommets tant décriés par le même mouvement
[2] Qui depuis le fiasco en Irak, s’est recyclé dans le conseil aux pays du Moyen-Orient, ou pour le privé, comme la banque JP Morgan
[3] Comprendre, Quelles conséquences aura le « Conseil de paix » de Trump ?
[4] Les cinq pays gagnant de la IIe Guerre Mondiale, à savoir: la Chine, les Etats-Unis, la Russie, la France et le Royaume-Uni
[5] Le nombre de conflits armés au plus haut depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale
[6] Le « Board of Peace » pour Gaza de Trump : diplomatie de façade et remise en cause de l’ordre international
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