Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 09:10
Des outils pour combattre le FN et l'idéologie d'extrême droite

Sources : Association VISA

- Qui est l'Association VISA ?

VISA est une association intersyndicale composée d’une cinquantaine de structures syndicales : la FSU et plusieurs de ses syndicats, l’Union Syndicale Solidaires et plusieurs de ses syndicats, des fédérations et des syndicats de la CGT, de la CFDT, de la CNT, de l’UNEF et le syndicat de la Magistrature.

 

Les militants de VISA, depuis 1996, recensent, analysent, dénoncent, les incursions de l’extrême droite et plus particulièrement du Front national sur le terrain social. VISA se veut être un outil d’information et de réflexion pour toutes les forces syndicales qui le souhaitent afin de lutter collectivement contre l’implantation et l’audience de l ’extrême droite dans le monde du travail.

 

Les 17,9 % de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2012, confirmés dans de nombreuses régions aux législatives, montrent que le discours fasciste s ’est installé durablement dans la société française. Cette situation ne peut nous laisser indifférents tant les « valeurs » et l’idéologie portées par le FN sont aux antipodes des idéaux de solidarité et de progrès défendus par nos organisations syndicales.

 

Nous, syndicalistes, avons une responsabilité particulière pour dénoncer les pseudos solutions du FN qui consistent à dresser les uns contre les autres les précaires, les immigrés, les chômeurs et ceux qui ont un emploi. Notre devoir est de défendre, de façon intransigeante, dans notre propagande et nos actions, la solidarité de tout le salariat quels que soient son origine ou son statut.

 

Ce combat antifasciste doit être pris en charge par toutes les organisations syndicales, de la base au sommet. Autant que possible, cette contre offensive syndicale doit se faire dans l’unité la plus large. VISA est partie intégrante de ce combat et y contribue :

- En informant sur les dangers et le développement de l’extrême droite en France, en Europe et dans le monde ainsi que sur les « passerelles » avec la droite dure.
- En analysant de manière critique les propositions dites sociales de l’extrême droite.
- En relayant sur son site toutes les prises de positions, actions des organisations syndicales contre l’extrême droite.
- En dénonçant toutes les discriminations racistes, sexistes, homophobes au sein et hors des entreprises.
- En se faisant l’écho de toutes les actions de solidarité avec les sans papiers.
- En aidant, par des outils adaptés (journées de formation, brochures, affiches etc.), les équipes syndicales à se former et se mobiliser pour démystifier, aux yeux des salarié-e-s les propositions prétendues sociales de l’extrême droite.
- En alertant sur la présence dans les structures syndicales de militants d’extrême droite se prétendant responsables syndicaux.

 

 

- VISA met des outils à notre disposition

  • L’association VISA a publié, en 2010, une brochure intitulée « FN, le pire ennemi des salarié-e-s » dont la version papier est épuisée..... elle est disponible ICI en lecture et téléchargement direct et gratuit.

Des outils pour combattre le FN et l'idéologie d'extrême droite
  • L’association VISA a aussi publié la brochure « Contre le programme du FN», un outil à la disposition des citoyens et militants syndicaux

  • Décortiquer le programme du Front National n’est pas chose aisée, pour une raison fondamentale : pour les fascistes, les questions programmatiques sont secondaires et essentiellement tactiques. Leur vrai et unique programme est l’Etat fort ; entendons par là un Etat où les libertés démocratiques sont fortement restreintes, en attendant d’être liquidées, un Etat où le mouvement ouvrier - partis et syndicats - est muselé, détruit, ou transformé en officine corporatiste ; un Etat où l’idéologie nationaliste et chauvine tient le haut du pavé, d’abord contre les immigrés soit disant responsables de tous les maux, puis contre « l’étranger », individu ou pays, contre lequel il faut se prémunir voire s’armer (…)

     

    Cette brochure de 48 pages a donc l’ambition de livrer une analyse syndicale pour contrer le discours et le programme du FN qui risquent de tromper un nombre important de salariés et de fonctionnaires. Mise sous presse mi-février, cette brochure a été réalisée alors que le FN n’avait pas encore publié tout son programme dans le détail. Néanmoins, sa lecture permet de convaincre tout un chacun de la nature toujours profondément d’extrême droite, donc anti-sociale, du FN.

     

    Au sommaire de cette brochure, préfacée par Jean Paul Gautier (politologue) :

    • L’économie vue du FN : « nationaliser » et aggraver la crise !
    • Social, emploi, pouvoir d’ achat : poudre aux yeux et mise au pas
    • Le programme fiscal du FN : incohérent et malhonnête !
    • Le Front national et l’école :  le faux tournant républicain
    • « Préférence nationale » ou « Priorité nationale » : un projet raciste
    • Marine Le Pen : Femmes et Homos ... le double langage
    • Du marigot fasciste à Ron Paul, Poutine ... et Lieberman

    Elle peut être commandée ICI

     

    • L’association VISA a également publié la brochure « Lumière sur mairies brunes », un outil pour Garder la mémoire… pour mieux combattre la progression de l’extrême droite dans les têtes et dans les urnes.

    Garder la mémoire… pour démontrer que le Front national n’a pas changé depuis 1972, qu’il est toujours un parti raciste, xénophobe, nationaliste et férocement hostile à l’action syndicale.


    Composé par Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes (VISA), ce livre est une  «boîte à outils». On y trouve le récit détaillé des faits et méfaits du Front national et de ses alliés au terme d’une année d’exercice du pouvoir municipal dans les quinze villes qu’ils occupent depuis le printemps 2014.


    Si depuis cette date, le FN ne transforme pas brutalement les villes conquises en laboratoires d'expérimentations fascistes, il n'en demeure pas moins que nombre de leurs délibérations sont marquées du sceau de la destruction des politiques sociales, du racisme, de la stigmatisation des étrangers et des populations d'origine immigrée et de la mise au pas des opposants.


    Attaques frontales contre la culture, baisses drastiques des subventions aux associations non soumises, surarmement des policiers municipaux, noms de rues changés, appropriation et falsification de symboles ouvriers, fonctionnaires territoriaux mis sous pression, ségrégation dans l'attribution des logements sociaux... Tel est le quotidien dans les municipalités brunes dont ce livre dresse le catalogue accablant, mais indispensable, pour amplifier la riposte.


    On peut également y découvrir les analyses et communiqués de VISA ainsi que les expressions syndicales (CGT, Solidaires, FSU, CFDT) et intersyndicales qui sont autant de coups de projecteurs sur les réponses à apporter aux incursions du FN sur le terrain social. La lecture de ce livre permettra à chacun-e, de contrer les discours haineux et la démagogie sociale de l’extrême droite.

    • Elle peut être commandée ICI

     

    Pour en savoir plus :

    - Mon dossier extrême droite

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 09:01
La Sociale : le nouveau film de Gilles Perret a besoin de nous

Sources : La Sociale

- Résumé

Il y a 70 ans, les ordonnances promulguant les champs d’application de la sécurité sociale étaient votées par le Gouvernement provisoire de la République. Un vieux rêve séculaire émanant des peuples à vouloir vivre sans l’angoisse du lendemain voyait enfin le jour. Le principal bâtisseur de cet édifice des plus humaniste qui soit se nommait Ambroise Croizat. Qui le connait aujourd’hui? 70 ans plus tard, il est temps de raconter cette belle histoire de «  la sécu ». D’où elle vient, comment elle a pu devenir possible, quels sont ses principes de base, qui en sont ses bâtisseurs et qu’est-elle devenue au fil des décennies ? Au final, se dresseront en parallèle le portrait d’un homme, l’histoire d’une longue lutte vers la dignité et le portrait d’une institution incarnée par ses acteurs du quotidien.

Depuis plusieurs mois, Gilles Perret travaille sur la préparation de son prochain film consacré à l’histoire de la Sécurité Sociale : d’où elle vient, comment elle a été mise en place, qu’est-elle devenue et que pourrait-elle devenir. Nous connaissons mal cette histoire et pourtant elle bénéficie à 60 millions de français !
C’est un sujet d’actualité tant cette institution au budget supérieur à celui de l’état attire les convoitises et suscite des remous depuis plusieurs décennies.

 

Ce film documentaire s’intitulera « La Sociale ». Il est destiné au cinéma.

  • Bientôt, il va falloir débuter la production, c’est-à-dire dépenser beaucoup d’argent. Vous nous voyez venir ?
    • Vous faites partie des nombreux souscripteurs qui ont rendu possible la belle aventure du film précédent : « Les Jours Heureux ». Nous faisons de nouveau appel à vous pour nous permettre la mise en route de ce film dans les plus brefs délais. Vous pouvez dès à présent souscrire en commandant par avance le DVD du film. Celui-ci vous sera envoyé 4 mois après la sortie du film au cinéma.

Bien sûr, vous serez tenus au courant régulièrement des avancés du projet par une lettre d’information. Mais ça, vous avez l’habitude…

 

Suite au décès de Fabrice Ferrari, collègue, copain et producteur de La Vaka, Gilles Perret s’associe cette fois-ci avec un ami de longue date, Jean Bigot, de Rouge Productions. Cette petite société indépendante produit notamment les films de Marcel Trillat et quelques fictions.

 

C’est une nouvelle belle aventure qui commence et qui suscitera bien des débats. Nous en sommes sûrs.

Comme d’habitude, nous comptons sur vous !

 

 

- Pour participer à la souscription, cliquez ICI

La Sociale : le nouveau film de Gilles Perret a besoin de nous
Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 09:25
" Les croix de bois "  : c'est aussi un témoignage sur les " fusillés pour l'exemple "
" Les croix de bois "  : c'est aussi un témoignage sur les " fusillés pour l'exemple "

13 Janvier 2022 : Victoire pour la reconnaissance des 639 fusillés pour l’exemple de la Grande Guerre[2]

 

Les Croix de bois, chef-d’œuvre de Roland Dorgelès[1], en 1914, bien que deux fois réformé précédemment pour raison de santé, il s'engage volontaire du 39ème R.I, est un témoignage exceptionnel sur la Première Guerre mondiale.


Avec un réalisme parfois terrible mais toujours d’une généreuse humanité, la vie des tranchées nous est décrite dans toute son horreur et aussi sa bouffonnerie, son quotidien et ses moments d’exception.

 

 

Les Croix de bois, c'est aussi un témoignage sur les jugements sommaires et expéditifs des conseils de guerre sont  (voir plus bas), il s’agissait de faire un exemple devant les troupes.

 

On peut avoir une idée de ces jugements en lisant « Les Croix de bois » de Roland Dorgelès. Voici ce qu’il écrit au chapitre IX « Mourir pour la Patrie » : « c’est dans la salle de bal du café de la Poste qu’on l’a jugé hier soir. Un petit caporal nommé d’office l’a défendu, gêné, piteux… Tu sais ce qu’il avait fait ? L’autre nuit, après l’attaque, on l’a désigné de patrouille. Comme il avait déjà marché la veille, il a refusé. Voilà… ».

 

Ce témoignage est d’autant plus intéressant qu’il conforte les rapports fournis par la mission du Centenaire de 14-18 qui disent que « dans 95% des cas, c’est dans les cantonnements, les exercices, les corvées et à l’arrière qu’a lieu la désobéissance et non au combat ». Le motif numéro un : « l’injustice de l’ordre adressé. »

 

 

Sources : L'Humanité | mis à jour le 11/11/2022

- La Guerre de 14, c'est aussi les 650 soldats français fusillés pour l’exemple.

2 500 noms de condamnés à mort à l’issue de plus de 140 000 jugements plus ou moins expéditifs. Environ 650 d’entre eux seront fusillés pour faire un exemple devant leurs régiments parce qu’ils ont abandonné leurs postes ou refuser d’obéir. Ces chiffres de la Mission du Centenaire de 14-18 se recoupent à quelques unités près de ceux du ministère de la défense (639) et des archives de la Justice militaire (647). S’y ajoutent les « exécutés sommaires », d’un coup de pistolet par les gradés, les fusillés dits de « droits communs » et pour espionnage, souvent un prétexte.

 

Ça porte le nombre de fusillés durant la Guerre de 14-18 à 1 009, selon la dernière mise à jour du 5 février 2015 de Mémoire des hommes.

 

Les états-majors ont commencé à fusiller pour l’exemple en 1914, suite à la 1ère bataille de la Marne (5 – 12 septembre 1914) qui fut une boucherie (plus de 110 000 morts côté franco-britannique). Les soldats désobéissent individuellement ou par petits groupes, abandonnent leurs postes, se mutilent pour être évacués à l’arrière.

 

En 1915, la guerre des tranchées occasionne des massacres inouïs pour la gloriole des généraux comme l’ont décrits Henri Barbusse dans « Le Feu », Maurice Genevoix dans « Ceux de 14 », Gabriel Chevallier dans « La Peur », récemment sortie sur les écrans du Cinéma. Ce ne sont plus des cas individuels de désobéissance et d’abandon de poste mais de régiments entiers, le 63ème R.I (régiment d’infanterie) donnant l’exemple. Ce sera l’année où le nombre de fusillés pour l’exemple sera le plus important (289 selon la Mission du Centenaire de 14-18, 237 selon les archives du Conseil de guerre).

 

Ces mutineries de régiments se multiplieront en 1917 comme au Chemin des Dames, parce que les soldats refusent non pas de se battre, mais de servir de chair à canon sans perspective de paix.

 

Les jugements des conseils de guerre sont sommaires et expéditifs (voir plus haut), il s’agit de faire un exemple devant les troupes. En effet, ces jugements se référaient au code de justice militaire du 9 juin 1857 qui condamnait à mort la désertion, l’abandon de poste et la désobéissance, l’outrage et voie de faits à un supérieur.

 

De plus, à peine la guerre déclarée, un décret du 10 août 1914 du ministre de la Guerre avait suspendu la faculté de former un recours en révision contre les jugements des conseils de guerre, autrement dit de faire appel !

 

 

- Cent ans après, la question de leur réhabilitation collective n’est toujours pas tranchée.

Certains ont été réhabilités individuellement et donc reconnus « Morts pour la France ». Mais,  ils n’ont pas été réhabilités collectivement comme l’exigent de nombreux comités et élus locaux ainsi qu’une proposition de loi du groupe parlementaire GRC (Gauche Républicaine et Citoyenne). Celle-ci propose que « les fusillés pour l’exemple » de la Première Guerre mondiale font l’objet d’une réhabilitation générale et collective et, en conséquence, la Nation exprime officiellement sa demande de pardon à leurs familles et à la population. Leurs noms sont portés sur les monuments aux morts de la Guerre de 1914-1918 et la « mention « Mort pour la France » leur est accordée. »

 

La Nation (le Parlement) a refusé cette proposition le 19 juin 2014. Cependant, une salle des « Fusillés pour l’exemple » a été ouverte, en novembre 2014, au musée de l’Armée aux Invalides.

 

 

-----------------------------

 

 

- La Chanson de Craonne (du nom du village de Craonne) est une chanson contestataire, chantée par des soldats français durant la Première Guerre mondiale, entre 1915 et 1917. 

Elle est interdite par le commandement militaire qui la censure en raison de ses paroles antimilitaristes (« on s'en va là-bas en baissant la tête », « nos pauvr' remplaçants vont chercher leurs tombes »), défaitistes (« c'est bien fini, on en a assez, personne ne veut plus marcher ») et subversives incitant à la mutinerie (« c'est fini, nous, les troufions, on va se mettre en grève ») alors qu'une guerre est en train de se livrer sur le territoire national.

 

- 2022, enfin la reconnaissance !

Sur proposition de Bastien Lachaud, député France insoumise, l’Assemblée nationale a adopté une loi visant à réhabiliter les fusillés pour l’exemple[2].

 

À Chauny, depuis 2019 un monument, érigé à l’initiative de la Libre Pensée, leur rend hommage. Souvenons-nous d’eux, pour l’exemple.

  • Discours de Marcel LALONDE, maire de Chauny, pour l'inauguration du monument en hommage aux fusillés[3]
Chauny, depuis 2019 un monument, érigé à l’initiative de la Libre Pensée, rend hommage aux fusillés pour l’exemple.

Chauny, depuis 2019 un monument, érigé à l’initiative de la Libre Pensée, rend hommage aux fusillés pour l’exemple.

 

- Le 11 novembre 2022, Jean-Luc Mélenchon s’est rendu à Chauny pour prononcer un discours sur la paix devant le monument dédié aux soldats fusillés pour l'exemple.
Il était accompagné de Bastien Lachaud, député de la Seine-Saint-Denis, membre de la commission Défense nationale et des forces armées et auteur de la proposition de loi visant à réhabiliter les militaires « fusillés pour l'exemple » durant la Première Guerre mondiale[2].

Partager cet article
Repost0
6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 09:26
Dans le cadre des 120 ans de la CGT : « histoire de la CGT, bien-être, liberté, solidarité »

- Depuis 120 ans, la CGT occupe une place de  premier plan dans le mouvement social et la lutte syndicale.

  •  Mais quelle est son histoire ?
  •  Quand est-elle née ?
  •  Qui en est à l’origine ?
  •  Comment les syndicats professionnels et bourses du travail se sont créés ?
  •  Dans quels contextes, la CGT à t’elle fait progresser les droits, les conditions de vie et de travail des salariés ?

 

 

- Autant de questions que vous vous posez, autant de réponses apportées.

 A l’initiative de l’Institut d’Histoire Social confédéral (IHS), dans le cadre des 120 ans de la CGT, un livre vient d’être édité sous le titre « histoire de la CGT, bien-être, liberté, solidarité ».

 

Ce livre de référence est indispensable, dans chaque bibliothèque d’entreprise, pour chaque militant, désirant connaître le passé de son syndicat, ses conquêtes sociales, ses luttes, ses engagements. Il sera à votre disposition début décembre, beau cadeau pour les fêtes de fin d’année !

 

 

- Pour commander cet ouvrage, cliquez ICI pour accéder au bon de commande

 

Pour en savoir plus sur les publications de la CGT

- Institut CGT d’histoire sociale

Partager cet article
Repost0
26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 09:02
Raquel Garrido : Guide citoyen de la 6e République

Pourquoi et comment en finir avec la

monarchie présidentielle

 

Pour Raquel Garrido[1] nous vivons sous un régime qui relève de la monarchie élective. Mais comment passer à la 6e République ? Pour y voir plus clair, ce guide répond aux questions les plus basiques. Qui rédigera la nouvelle constitution : un comité de sages ou le peuple souverain par l’intermédiaire d’une assemblée constituante ?

 

Pourquoi instaurer le droit de révoquer les élus ? Faut-il rendre le vote obligatoire, et à partir de 16 ans ? Comment lutter contre l’influence des sondages et des médias ? Dans quelle mesure faut-il redéfinir la propriété ? Comment intégrer l’impératif écologique ? Et faut-il, finalement, conserver un président de la République ?...
 
Avec des arguments clairs, des références internationales et historiques, Raquel Garrido, avocate engagée, livre une réflexion personnelle, pour que chacun puisse se forger son opinion et participer à la nouvelle proclamation de nos grands droits et libertés.

 

- Par : Raquel Garrigo

Éditions : Fayard

Nombre de pages : 136 p.

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Fayard
Prix TTC : 10,00 €

 

Note :

[1] Avocate de Jean-Luc Mélenchon. Elle a été, de 2011 à 2015, Secrétaire Nationale et porte-parole du Parti de Gauche, parti dont elle est cofondatrice, et signataire du Mouvement pour la 6e République (iwww.m6r.fr).
 

 

Pour en savoir plus :

- le blog politique de Raquel Garrigo

Partager cet article
Repost0
29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 08:22
Jules Vallès : " La trilogie de la rébellion "

Avec cette trilogie romanesque largement autobiographique, Jules Vallès se fait le porte-parole des humbles et des opprimés face à un pouvoir tout-puissant.

 

- "L'enfant" en quelques mots

"A tous ceux  ui crevèrent d'ennui au collège ou qu'on fit pleurer dans la famille, qui, pendant leur enfance, furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents, je dédie ce livre."
Jules Vallès

Fils d'un professeur de collège méprisé et d'une paysanne bornée, Jules Vallès raconte : « Ma mère dit qu'il ne faut pas gâter les enfants et elle me fouette tous les matins. Quand elle n'a pas le temps le matin, c'est pour midi et rarement plus tard que quatre heures. » Cette enfance ratée, son engagement politique pour créer un monde meilleur, l'insurrection de la Commune, Jules Vallès les évoqua, à la fin de sa vie, dans une trilogie : L'Enfant, Le Bachelier et L'Insurgé. La langue de Jules Vallès est extrêmement moderne. Pourtant, l'histoire de Jacques Vingtras fut écrite en 1875 et c'est celle des mal-aimés de tous les temps !

 

Préface de Philippe Bonnefis

 

- Par : Jules Vallès

Éditions : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 352 p.

Date de parution : 26/07/1972

EAN / ISBN : 9782253002918

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Le Livre de Poche
Prix : 4,10 €TTC

 

 

- "Le bachelier" en quelques mots

"A CEUX qui nourris de grec et de latin sont morts de faim,je dédie ce livre."
Jules Vallès.

Jules Vallès, jeune bachelier, ne trouve pas de travail pour une raison bien simple : « J’ai dix ans de colère dans les nerfs, du sang de paysan dans les veines, l’instinct de révolte… ne voyant la vie que comme un combat, espèce de déserteur à qui les camarades même hésitent à tendre la main, tant j’ai des théories violentes qui les insultent et qui les gênent ; ne trouvant nulle part un abri contre les préjugés et les traditions qui me cernent et me poursuivent comme des gendarmes. » Dans ce deuxième volume autobiographique, entre L’Enfant et L’Insurgé, Jacques Vingtras le réfractaire manifeste au Quartier latin, échafaude avec ses amis mille projets révolutionnaires. L’écriture est enflammée, pleine d’humour. La Commune se profile à l’horizon. En attendant, il faut vivre : il sera pion.


Préface d’André Stil., commentaires et notes de Pierre Pillu.

 

- Par : Jules Vallès

Éditions : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 448 p.

Date de parution : 26/09/1972

EAN / ISBN : 9782253009115

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Le Livre de Poche
Prix : 5,10 €TTC

 

 

- "L'insurgé" en quelques mots

"AUX MORTS DE 1871 A TOUS CEUX qui, victimes de l’injustice sociale, prirent les armes contre un monde mal fait  et formèrent, sous le drapeau de la Commune, la grande fédération des douleurs, je dédie ce livre."
Jules Vallès.

Toute la vie de Vallès est tendue vers la Commune. Lorsque les insurgés s’emparent de Paris, il devient maire du xixe arrondissement. Le lendemain de l’insurrection, il est condamné à mort par contumace. Son journal, Le Cri du peuple, est interdit. Dans ce troisième volume autobiographique, après L’Enfant et Le Bachelier, l’auteur montre son héros, Jacques Vingtras, sur les barricades, dans le feu de l’action, au milieu des morts et des blessés. Son écriture rapide, sa vision fulgurante des scènes de combat, font de ce livre le cri de la Commune. Jules Vallès mourut, épuisé, à cinquante-trois ans, en murmurant : « J’ai beaucoup souffert. »

Préface, commentaires et notes de Roger Bellet.

 

- Par : Jules Vallès

Éditions : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 416 p.

Date de parution : 26/07/1972

EAN / ISBN : 9782253011767

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Le Livre de Poche
Prix : 5,10 €TTC

Partager cet article
Repost0
22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 08:30
Charles Martel et la bataille de Poitiers, de l’histoire au mythe identitaire

L’ouvrage de William Blanc et Christophe Naudin, Charles Martel et la bataille de Poitiers : de l’histoire au mythe identitaire (Libertalia, 2015) est un livre important.

Motivé par la récupération de la figure du maire du palais par l’extrême droite identitaire, il fait le point sur l’état des connaissances historiques autour de cet événement qui a vu s’opposer en 732 les armées franques et arabo-berbères dans la vallée de la Vienne, sur la pérennité de sa mémoire depuis le Moyen Âge et sur les mésusages dont il fait aujourd’hui l’objet.

 

Sources : Confusionnisme.info  par Ornella Guyet jeudi 12 juin 2015

- Au fil des pages, on découvre des aspects méconnus de la bataille de Poitiers.

En effet on n'en connaît ni la date ni la localisation exactes, elle n’a sans doute pas été vue comme un événement prépondérant et n’a en tout cas, jusqu’à une période récente, jamais été au centre d’enjeux mémoriels majeurs. Une des choses qui frappe d’ailleurs l’historien étudiant la période est l’absence de source immédiatement contemporaine de l’événement, et la rareté des sources qui lui sont postérieures, tant dans le monde chrétien que dans le monde musulman. Que ce soit au travers de l’étude de légendes médiévales comme celle de Geneviève de Brabant et de ses différents avatars, de celle des écrits mentionnant la bataille ou le personnage de Charles Martel à travers les âges et les espaces culturels, de celle de la statuaire de la 3e République, de celle des livres d’enseignement primaire en histoire entre 1942 et 1956 ou encore d’œuvres de la culture populaire, tout porte à croire que la bataille de Poitiers a été perçue depuis l’époque médiévale comme un élément relativement anecdotique – au mieux secondaire – de l’histoire et même de la construction du roman national français, qui se cristallise au cours du 19e siècle.

 

Mieux : on apprend avec étonnement à la lecture de ce livre que le personnage de Charles Martel a longtemps été voué aux gémonies, promis aux enfers pour avoir confisqué des biens de l’Église, à une époque où le clergé cherchait à affirmer son pouvoir face aux autorités temporelles. De même, on découvre que le terme « Sarrasins » désignait au Moyen Âge pour les chrétiens l’ensemble des peuples païens (l’islam étant considéré comme un culte païen), donc y compris des peuples germaniques comme les Vikings. D’ailleurs, les quelques représentations médiévales de la bataille de Poitiers ne distinguent pas ou peu les deux camps en présence, notamment en matière d’équipements, soulignant bien que dès cette époque, les enjeux religieux et culturels étaient très secondaires voire absents.

 

En effet, la bataille est bien plutôt à resituer dans le contexte plus général de l’extension de l’empire islamique et des rivalités au sein des mondes wisigothiques et francs qui lui profitent. Ainsi, si les possessions wisigothiques (à savoir la péninsule ibérique) ont pour l’essentiel été conquises, il semble que ce soit plus du fait d’un concours de circonstances que d’une véritable entreprise planifiée. En effet, certains princes wisigoths ont fait appel aux armées arabo-berbères pour les soutenir dans leurs combats contre leurs rivaux. S’agissant du monde franc, aucune tentative massive de conquête n’a en réalité eu lieu et la bataille de Poitiers se situe plutôt dans le cadre d’un raid destiné à piller du butin pour payer les armées, pratique qui est loin d’être propre aux armées arabo-berbères. Le vrai perdant de cette bataille, soulignent les auteurs, n’est d’ailleurs pas musulman mais bien chrétien, puisqu’il s’agit du duc Eudes d’Aquitaine, qui a été obligé, face à cette incursion, de faire appel à l’aide de son grand rival Charles Martel et qui y a perdu de larges pans de son autonomie. D’autre part, le fait que tout au long de la période, des alliances stratégiques ont pu être conclues entre princes musulmans et chrétiens contre d’autres princes musulmans ou chrétiens montrent bien que les enjeux du moment étaient bien plus politiques que religieux, d’autant qu’au 8e siècle, les concepts de djihad et de croisade n’avaient pas encore été théorisés.

 

 

- Poitiers mythifié

Ceci rappelé, les auteurs s’attachent à étudier les mémoires de la bataille depuis l’époque médiévale, toujours liées aux enjeux politiques du moment. Événement alors mineur des récits, Poitiers a connu un relatif regain d’intérêt sous la plume de Voltaire puis au 19e siècle, à l’aune des divers changements de régimes et dans le cadre de la constitution du roman national, sans toutefois en constituer un axe central, au contraire d’autres événements et personnages historiques, tels Vercingétorix, Clovis ou Jeanne d’Arc[3]. L’écrivain François-René de Chateaubriand, qui a tenté de réhabiliter le Moyen Âge chrétien comme source de la supériorité de la civilisation occidentale vue comme émancipatrice, a envisagé Poitiers comme une victoire ayant sauvé la France d’un imaginaire péril islamique, au contraire de Voltaire qui un siècle auparavant interprétait la victoire de Charles Martel comme une catastrophe ayant condamné l’Europe a des siècles d’obscurantisme, alors que l’islam était vu comme porteur de civilisation. La première utilisation de la figure du maire du palais contre une partie de la population française a été le fait d’Edouard Drumont, qui en usa pour dénoncer ceux qu’il appelait les « Sémites » (terme englobant non seulement les Juifs mais tout ce qu’il percevait comme « oriental »), accusés de collusion avec les Allemands. De son côté, Jules Michelet, historien majeur du 19e siècle, a tenu au contraire à minimiser l’importance de la bataille, retirant même, par anti-cléricalisme, tout caractère chrétien à Charles Martel et rappelant que les grands enjeux militaires du moment se situaient du côté des peuples germaniques, Frisons et Saxons notamment.

Valeurs actuelles, décembre 2013 : l'image de Charles Martel sert le fantasme d'un "massacre" de l'enseignement de l'histoire par la gauche.
Valeurs actuelles, décembre 2013 : l’image de Charles Martel sert le fantasme d’un « massacre » de l’enseignement de l’histoire par la gauche.

Au cours du 20e siècle, Charles Martel n’a pas plus fait recette. Il a fallu attendre les années 2000 pour que de larges franges du camp réactionnaire et de l’extrême droite s’emparent du sujet, à la faveur d’un tournant qui a vu leurs discours se réorienter de plus en plus vers un racisme anti-Arabes et anti-musulmans qui jusque là était loin d’être dominant même de ce côté-ci de l’échiquier politique[4]. Aujourd’hui, de Valeurs actuelles aux identitaires en passant par Samuel Huntignton et son fameux « choc des civilisations » ou par Anders Behring Breivik, l’ensemble du camp réactionnaire use du mythe de Poitiers pour faire avancer l’idée d’un affrontement séculaire entre Occident chrétien et Orient musulman, qui tendrait à tourner pour les plus catastrophistes au détriment du premier. En France, les concepts de « grand remplacement » ou de « remigration » ainsi que les débats autour de la place de certaines grandes figures dans les programmes scolaires font ainsi florès à l’extrême droite, dont une partie n’a pas hésité à proclamer « Je suis Charlie Martel » suite aux attentats de janvier, appelant à rejeter tous ceux qu’elle assimile au monde arabo-musulman hors des frontières nationales, comme Charles Martel l’aurait fait autrefois. A contrario et sans doute en réaction à cette vision, des mémoires négatives de la bataille de Poitiers se sont aussi développées, plusieurs groupes et chanteurs de rap ayant par exemple introduit des références à cet événement dans des textes dénonçant le racisme de la droite, du Front national et plus largement de la société française. Plus marginalement, certaines mémoires locales revendiquent avec fierté un héritage sarrasin légendaire.

 

Loin de choisir leur camp entre légende dorée et légende noire, William Blanc[1] et Christophe Naudin[2] rappellent quant à eux que le rôle de l’historien est de tenter de comprendre et d’interpréter de manière dépassionnée les événements du passé et de les rendre accessibles au plus grand nombre, en s’appuyant sur l’état de ses connaissances en la matière.

 

Note :

[1] William Blanc est doctorant en histoire médiévale. Il collabore au magazine Histoire et images médiévales.

[2] Christophe Naudin est professeur d’histoire-géographie. Il a étudié l’histoire de la Méditerranée médiévale à Paris-1 et collabore au site Histoire pour tous.

Tous deux ont coécrit Les Historiens de garde – De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national (Inculte, 2013) avec Aurore Chery.

[3] Une polémique opposait alors le camp républicain au camp réactionnaire sur les origines de la France, les premiers considérant Vercingétorix comme un personnage fondateur, tandis que les seconds lui préféraient le baptême de Clovis. Jeanne d’Arc était  quant à elle une figure républicaine, tandis que Charlemagne faisait l’objet d’âpres débats entre historiens français et allemands pour déterminer à laquelle des deux mémoires nationales il devait appartenir.

[4] L’extrême droite a en effet longtemps accordé la priorité à la lutte anti-communiste, mais aussi contre l’impérialisme américain, derrière lequel se cacherait selon elle le Juif. Les choses ont commencé à changer à partir de la guerre d’Algérie, mais ce n’est qu’en 1977, sous l’influence de François Duprat, qu’est apparue la thématique anti-immigration, et il a fallu attendre les attentats du 11 septembre 2001 et leurs suites pour qu’elle devienne vraiment prépondérante. Il est à noter que dans les années 1930, certaines théories raciales, marquées par l’orientalisme, ont développé une vision positive (mais néanmoins raciste, soulignons-le) des arabo-berbères, vus comme les « blancs » d’Afrique et plus facilement « assimilables » à la population française que les Espagnols ou les Italiens soupçonnés de commmunisme. L’un des défenseurs de cette vision, René Martial, est par la suite devenu un chantre de l’antisémitisme et l’un des théoriciens de la politique de Vichy à l’encontre des Juifs.

- Image de « bas de page » : « Bataille de Poitiers », Grandes chroniques de France, milieu du 14e siècle, British Library ms. Royal 16 GVI, folio 117 verso. Tirée d’un manuscrit commandé par le roi Jean II Le Bon, cette enluminure ne permet pas de distinguer chevaliers chrétiens et sarrasins, si ce n’est pas la présence à sa base d’une tête de Maure décapitée.

 

Pour en savoir plus :

– Voir la fiche du livre sur le site des éditions Libertalia, ainsi qu’une tribune des auteurs parue dans Le Monde du 7 juin 2015.

A lire : L’histoire, un combat au temps présent, de Nicolas Offenstadt
Le Journal de Béziers : comment le Front national réécrit l’histoire
Ce week-end, l’extrême droite se mobilise contre les migrants

– Écouter : l’émission que L’Actualité des Luttes a consacré au livre le 8 juin dernier sur Fréquence Paris Plurielle.

Charles Martel et la bataille de Poitiers, de l’histoire au mythe identitaire
Partager cet article
Repost0
15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 08:11
"Au nom du Temple" Israël et l'irrésistible ascension du messianisme juif (1967 - 2013) ; "Le Grand Aveuglement" Israël et l'irrésistible ascension de l'islam radical

Charles Enderlin était le correspondant permanent de France 2 à Jérusalem de 1981 à 2015.

 

- En quelques mots

Plongeant ses sources dans la haute antiquité biblique, le fondamentalisme messianique juif a pris son essor en juin 1967, après la conquête de la Cisjordanie et, surtout, du Haram Al-Sharif, le troisième lieu saint de l’Islam - là où se trouvent aussi les ruines du Temple d’Hérode, là où le patriarche Abraham avait prétendu sacrifier son fils Isaac.

 

Convaincus que le monde est entré dans l’ère eschatologique, les militants de ce mouvement religieux, allié à la droite nationaliste, s’opposent à toute concession territoriale, et a fortiori à la création d’un Etat palestinien souverain et indépendant. Les idéaux, la politique, les principes qui avaient inspiré le sionisme des origines, libéral et pragmatique, ont été, à mesure que progressait la pénétration du fondamentalisme juif dans la société israélienne, de plus en plus marginalisés.

 

Dans ce nouveau document d’enquête, Charles Enderlin décrit la lente diffusion de l’idée messianique et son corollaire, le développement de la colonisation juive en Cisjordanie, qui, selon lui, rend impossible toute solution à deux Etats. Un nouvel Israël est-il en train de naître, menant le Proche-Orient à un point de non-retour ?

 

 

- Par : Charles Enderlin

Éditions : SEUIL.com

Nombre de pages : 384 p.

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur SEUIL.com
Prix : 20,00 €

 

 

Pour en savoir plus :

- du même auteur lire : "Le Grand Aveuglement" paru en octobre 2009 chez Albin MichelLe Grand Aveuglement de Charles Enderlin

- En quelques mots

En encourageant le développement à Gaza de la branche la plus extrémiste des Frères musulmans, Israël a joué avec le feu pendant près de deux décennies. Les gouvernements successifs à Tel-Aviv n'ont-ils pas longtemps cru que le cheikh Yassine, fondateur du Hamas, pouvait être « l'antidote à l'OLP » ? Il est vrai qu'à l'époque, les Etats-Unis eux-mêmes, en finançant et en armant les Moudjahidines afghans, avaient grandement sous-estimé la menace islamiste. Ni la CIA ni les services de renseignement israéliens n'ont pris alors la peine d'analyser - voire de traduire - les textes diffusés par ces organisations. Ils découvriront trop tard qu'ils ont, de fait, participé à la création du Hamas et d'Al-Qaïda.

 

Dans ce nouveau document d'enquête, l'auteur du Rêve brisé (2002) et des Années perdues (2006), correspondant permanent de France 2 à Jérusalem, raconte, à partir de sources exceptionnelles et souvent exclusives, l'incompréhension, l'aveuglement, le double-jeu parfois des services de renseignement et des politiques à Jérusalem, à Tel-Aviv et à Washington. Il décrit aussi comment l'occupation israélienne, le développement de la colonisation dans les territoires palestiniens et la politique américaine au Proche-Orient ont fait le lit de l'Islam radical.Autant de leçons d'histoire à méditer par tous ceux qui prétendent oeuvrer à une paix juste et durable dans la région.

 

« Un livre passionnant sur les relations des Israéliens et des Américains avec l'Islam. » L'Express Jacques Attali« Un excellent livre d'histoire sur le machiavélisme de ceux qui, parfois, la font déraper. » Claude Angeli. Le Canard Enchainé« Incroyable récit que cette montée des intégristes appuyée par leurs pires ennemis. » Martine Gozlan Marianne« Cette chronique livre quelques clés pour comprendre l'incapacité des acteurs du processus de paix à se tolérer. » Laurent Zecchini. Le Monde.

 

- Par : Charles Enderlin

Éditions : Albin Michel

Nombre de pages : 384 p.

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Albin Michel
Prix : 21,10 €

Partager cet article
Repost0
8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 08:18
Susan George : "Les Usurpateurs"
Comment les entreprises transnationales prennent le pouvoir !

 

- En quelques mots

Lobbyistes au service d’une entreprise ou d’un secteur industriel, PDG de transnationales dont le chiffre d’affaires est supérieur au PIB de plusieurs des pays dans lesquels elles sont implantées, instances quasi-étatiques dont les réseaux tentaculaires se déploient bien au-delà des frontières nationales : toute une cohorte d’individus ---qui n’ont pas été élus, ne rendent de comptes à personne et ont pour seul objectif d’amasser des bénéfices-- est en train de prendre le pouvoir et d’orienter en leur faveur des décisions politiques majeures, qu’il s’agisse de santé publique, d’agroalimentaire, d’impôts, de finance ou de commerce.

 

Ces usurpateurs s’ingèrent dans les affaires du monde à coups de financements et de renvois d’ascenseurs, s’infiltrent dans les Nations unies et, sous la houlette de Davos, œuvrent pour un monde à leur image. Ils décident du contenu de traités commerciaux stratégiques, qui se négocient dans le plus grand secret mais toujours sous l’œil attentif des représentants du secteur privé.

 

Cette clique entrepreneuriale tient les citoyens ordinaires sous sa coupe et ne s’embarrasse guère de l’intérêt public et du bien commun. Il est grand temps de les arrêter.

 

 

- Par : Susan George[1]

Éditions : SEUIL.com

Nombre de pages : 192 p.

Traduit par : Myriam Dennehy

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur SEUIL.com
Prix : 17,00 €TTC

 

Note :

[1] Née aux Etats-Unis, française depuis 1994, Susan George a toujours été une militante dans les combats internationaux contre les effets dévastateurs de la mondialisation capitaliste. Cofondatrice d'Attac (1998) dont elle est présidente d’honneur, elle est cofondatrice du Collectif Roosevelt (2012), elle est aujourd'hui proche du parti Nouvelle Donne.
Partager cet article
Repost0
25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 08:41
La pêche industrielle de La Rochelle : "Au temps des grands chalutiers, 1871-1994"

Henri Moulinier,

Ancien professeur de sciences économiques et sociales en lycée et chargé de cours à la faculté de droit de La Rochelle, adjoint au maire honoraire de la cité portuaire, est docteur en histoire contemporaine. Membre du CRHIA de La Rochelle, il collabore avec le musée maritime de la ville. Cet ouvrage est tiré de sa thèse soutenue en juin 2014 à l’université de La Rochelle, sur le thème « Essor et déclin de la pêche industrielle à La Rochelle (1871-1994) ».

 

 

- En quelques mots

Ce livre retrace plus d’un siècle d’histoire de la pêche industrielle à La Rochelle, à l’aide d’une approche globale réunissant les dimensions économique, sociologique, politique et écologique. Elle est complétée par une étude comparative, avec Arcachon et Lorient plus particulièrement.

 

Avec une préface de Mickaël Augeron et Bruno Marnot et une postface de Gérard Le Bouëdec.

 

Avec le soutien de l’université de La Rochelle et la collaboration du musée maritime de la ville de La Rochelle.

 

 

- Par : Henri Moulinier

Éditions : Presses Universitaires de Rennes

Format : 15,5 x 24 cm

Nombre de pages : 344 p.

Illustrations : N & B

ISBN : 978-2-7535-4057-6

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Presses Universitaires de Rennes
Prix : 21,00 €

 

 

- Le bon de commande du livre est téléchargeable ci dessous

 
Partager cet article
Repost0
13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 09:03
« Le Dernier tabou » « ...La majorité des harkis est restée et n’a pas été tuée... »

Un tabou à lever... dans la gauche de

transformation sociale aussi !

 

Avec « Le Dernier tabou », le journaliste Pierre Daum signe un nouvel ouvrage explosif sur l’histoire de la guerre d’Algérie. Il le présentera ce soir au Mucem.

Après Immigrés de force, les travailleurs indochinois en France (1939-1952), et Ni valise ni cercueil, les Pieds-noirs restés en Algérie après l’indépendance, le journaliste Pierre Daum signe chez Actes Sud Le Dernier tabou, les harkis restés en Algérie après l’Indépendance un nouvel ouvrage qui questionne le passé colonial de la France.

- « Le Dernier tabou » de Pierre Daum.

Editions ACTES SUD, avrl i2015, 544 pages, 24,8€.

Le livre est disponible ICI

 

Sources : La Marseillaise.fr  par  jeudi 4 juin 2015

- Qu’est-ce qui vous a conduit à consacrer ce livre aux harkis qui témoigne d’une réalité plus complexe que celle communément admise par la mémoire collective ?

Cette nouvelle enquête s’inscrit dans le fil de mon précédent travail sur les pieds-noirs restés en Algérie après l’Indépendance. Elle permet de complexifier notre connaissance du passé colonial français en Algérie qui parfois reste figé sur certaines idées reçues. Mon travail sur les pieds-noirs m’avait permis de fissurer un des piliers du discours des nostalgiques de l’Algérie française qui martèlent qu’à l’Indépendance c’était « la valise ou le cercueil ». Avec cette nouvelle enquête, je fais exploser un deuxième pilier de leur discours selon lequel la France gaulliste aurait lamentablement abandonné en 1962 les harkis à la vengeance du FLN qui les aurait « massacrés » jusqu’au dernier. Je montre que ce ne fut pas le cas, et que la majorité des « harkis » est restée vivre en Algérie, sans y être tuée. Issus de la paysannerie, écrasés par une misère renforcée par la guerre après 130 ans d’oppression coloniale, ces hommes sont retournés dans leurs villages où les sociétés paysannes se sont retrouvées à devoir recoller les morceaux.

 

 

- Qui appelez-vous « harkis » ? Quel était leur nombre ?

Au départ je pensais me concentrer sur les harkis au sens premier du terme, c’est-à-dire des supplétifs de l’armée française. Au total, les différentes catégories de supplétifs de l’armée françaises comptaient 250 000 hommes adultes. Au cours de mon enquête, je me suis rendu compte que les supplétifs (civils avec des fonctions militaires) n’avaient pas été les seuls à porter l’uniforme français pendant la guerre. Il y avait également des militaires de carrière intégrés à l’armée française comme dans toutes les armées coloniales (50 000 hommes), ainsi que les appelés algériens du contingent (120 000 hommes). La conscription s’appliquait en effet aux jeunes d’Algérie comme de métropole et, dans une Algérie façonnée par 130 ans de colonisation, l’idée très ancrée que les Français étaient « ceux qui gouvernent » a conduit l’immense majorité des jeunes de 18 ans à répondre à l’appel du service militaire.

 

À tous ceux-là, j’ai ajouté les notables algériens ouvertement pro-français : maires, caïds, conseillers généraux, etc. Leur nombre est évalué à 30 000. En tout, ce sont donc 450 000 hommes adultes algériens qui se sont retrouvés à un moment ou à un autre du côté des Français.

 

 

- Ce chiffre que vous avancez provoque la fureur des deux côtés de la Méditerranée. Pourquoi est-il selon vous le « dernier tabou » de la guerre comme l’annonce le titre de votre ouvrage ?

Pour des raisons différentes. En Algérie, le simple fait d’avoir collecté ce chiffre en confrontant toutes les sources -ce que d’autres auraient pu faire- a créé un scandale. J’ai été attaqué par le ministre des Moudjahidine car mon livre contredit le discours officiel selon lequel le 1er novembre 1954, le peuple algérien se serait soulevé tout entier contre la puissance coloniale. Ceux qui ont pris les armes n’étaient qu’une minorité. Ils n’en sont que plus admirables. En France, le scandale c’est de dire que de nombreux harkis sont rentrés au village sans se faire « massacrer ». Cela met en fureur les associations de rapatriés et de harkis dont le discours est conditionné par les idéologues de l’Algérie française. Mais les harkis rapatriés en France -qui y ont été scandaleusement mal traités- forment une petite minorité : 25 000 hommes au maximum, auxquels s’ajoutent leurs familles. C’est bien là la révélation de mon livre : sur 450 000 Algériens qui ont combattu du côté de la France, une majorité est restée et n’a pas été tuée. Ce qui n’efface pas les milliers d’assassinats de « harkis » en 1962, dans une situation de chaos politique et de justice populaire expéditive.

 

 

- Comment s’est déroulée l’après-guerre d’Algérie pour cette majorité de harkis qui n’a pas été passée par les armes ?

La première année a été très douloureuse. Certains ont subi la torture, l’emprisonnement, des travaux forcés. Ensuite, leur réintégration aux sociétés paysannes traditionnelles s’est souvent accompagnée d’une cruelle relégation sociale. Aujourd’hui encore, alors que le peuple paysan algérien est progressivement sorti de l’extrême pauvreté, on constate que les harkis et leurs enfants ont tendance à avoir été maintenus dans cette misère originelle.

 

 

- Quelles étaient les motivations des harkis de l’époque ? Soixante ans après le début de la guerre que vous en ont dit les témoins que vous avez retrouvés ?

Mon enquête confirme des travaux antérieurs qui depuis une dizaine d’années ont complètement démonté cette fausse idée selon laquelle les harkis se seraient massivement engagés par amour du drapeau tricolore, par patriotisme, voire par désir de maintenir l’Algérie française. Ce discours est tenu depuis 50 ans par différents groupes sociaux. D’abord par les nostalgiques de l’Algérie française, mais aussi en miroir par toute une partie de la gauche et de l’extrême gauche françaises qui ont un rapport très suspicieux vis-à-vis des harkis qu’ils considèrent comme des traîtres, ce qui est aussi le point de vue de l’histoire officielle algérienne. Dans les médias algériens, je n’hésite pas à dire que finalement, le regard porté par les officiels algériens sur les harkis est exactement le même que celui des anciens de l’OAS. En réalité, les motivations principales des harkis étaient la pauvreté et la façon que l’armée française avait de mouiller certaines familles dans les villages aux yeux d’un FLN qui n’hésitait pas à pratiquer une violence aveugle. Les harkis, que j’ai retrouvés dans soixante villages différents, témoignent de cet aspect terriblement pervers de l’oppression coloniale. La France a placé des millions d’Algériens dans une situation telle que la seule solution pour donner à manger à leur famille ou pour se soustraire aux menaces du FLN était de frapper à la porte de la caserne française.

 

 

- Comment analysez-vous le rapport de suspicion qui existe encore aujourd’hui dans la gauche anti-coloniale à l’égard des harkis ?

Il résulte selon moi d’une erreur de compréhension de la complexité de la guerre d’Algérie. La grille de lecture de la Seconde Guerre mondiale et de l’Occupation nazie, avec le clivage collaboration-résistance, a été plaquée à tort sur la guerre d’Algérie. Les harkis de 1954 ne sont pas les collabos de 1940, parce que leurs motivations n’étaient pas idéologiques. à l’issue de mon enquête, j’ai compris que les harkis constituent les ultimes victimes de la colonisation française en Algérie.

 

Pour en savoir plus :

- Algérie. Dès les années 1830 les socialistes étaient devenus les prosélytes de la colonisation peuplante...

Harkis, tout commence là : l'invasion coloniale et l'asservissement d'un peuple.

Harkis, tout commence là : l'invasion coloniale et l'asservissement d'un peuple.

Partager cet article
Repost0
29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 08:05
« Détruire le droit du travail n’a jamais créé d’emplois! »

Spécialiste de droit social, Pascal Lokiec[1] a récemment publié « Il faut sauver le droit du travail!». Affirmant qu’« il faut adapter le travail à l’homme, non plus l’homme au travail, et donc accorder au droit du travail la place centrale qui doit être la sienne dans nos sociétés modernes », il y explique les enjeux qui sous-tendent le processus actuel et les dangers que celui-ci recèle. Il en livre ici les principaux aspects.

 

Sources :  l'Humanité par : Pascal Lokiec

Trop volumineux, excessivement complexe, entrave à l’emploi, frein à la compétitivité des entreprises et à la croissance ... Le Code du travail croule sous les griefs qui émanent, traditionnellement, du MEDEF, mais aussi de l’actuel gouvernement qui lui a emboîté le pas. Celui-ci, entre louvoiements et coups de sonde, poursuit son offensive législative contre le droit du travail sous prétexte de « simplification».

 

 

- Tirer sur le Code du travail est devenu un sport national.

Quand ce n’est pas l’obésité du code, ce sont ses règles fondamentales qui sont mises en accusation: le SMIC, le licenciement, les 35 heures, la représentation du personnel, le repos dominical, etc. Et souvent de façon caricaturale, comme l’illustre le cas de ce boulanger des Landes dont les soutiens feignent d’ignorer que l’obligation de fermeture hebdomadaire ne vise pas à protéger les salariés mais à égaliser les conditions de la concurrence entre les petites boulangeries et celles, comme la sienne (22 salariés), qui ont suffisamment de personnel pour tourner 7 jours sur 7. Une fois de plus, le droit du travail a bon dos!
 
 

- Le prétexte de La simplification

Le procès du droit du travail est parti d’un débat, souvent excessif, sur la complexité du Code du travail et la nécessité de simplifier un certain nombre de règles, en particulier pour les patrons de TPE dépourvus de compétences juridiques en interne: fiches de paie, modalités de calcul des seuils ... Le débat a toutefois rapidement dérapé vers une remise en cause des protections. Il suffit d’examiner les réponses préconisées au nom de la simplification pour comprendre que l’enjeu est ailleurs.Qui peut croire qu’en déléguant l’essentiel de la réglementation à des accords collectifs et en élaborant des règles différentes d’une entreprise à l’autre, on va simplifier quoi que ce soit ? De la même manière, le projet de loi Rebsamen, qui aboutira, dans nombre d’entreprises, à fondre le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) dans une instance unique de représentation du personnel, va bien au-delà de la simplification lorsqu’on sait l’importance des questions de santé et sécurité au travail.
 
 
Qui peut croire qu’en privilégiant les accords d’entreprise plutôt que la loi, on va simplifier quoi que ce soit ?

 

 
 
 

- La protection, ennemie de L’emploi ?

La logique qui sous-tend l’essentiel des projets de réforme actuels est aujourd’hui pleinement assumée: la protection de ceux qui ont un emploi serait nuisible à ceux qui n’en ont pas. Cette équation, qui n’a jamais pu être vérifiée, est pourtant d’une fragilité évidente. C’est la situation économique qui commande l’emploi, pas le droit du travail! Le droit français a d’ailleurs fait une large place à la flexibilité depuis 10 ans, y compris dans la dernière loi de sécurisation de l’emploi. Avec un impact nul sur le taux de chômage et une inquiétante augmentation des risques psychosociaux (stress, burn-out, suicide, etc.).
 
Ajoutons qu’on a tout à perdre à rogner sur les protections si l’on considère que c’est sur la qualité des produits et services, non sur les prix, que la France possède un avantage compétitif. À moins de nier tout lien entre bien-être des salariés et productivité!
 
 

- Contre Le dumping social, des règles communes

On aurait surtout tort d’occulter une donnée fondamentale: la protection des salariés est l’envers de la subordination sur la base de laquelle fonctionne notre société capitaliste. Contrairement aux contrats ordinaires (contrat de vente, de bail, etc .), le contrat de travail fait du salarié un subordonné, soumis aux ordres et directives de l’employeur, à son pouvoir de contrôle (possibilité de lire les mails et SMS, par exemple) et de sanction.
 
La subordination a deux conséquences majeures qui expliquent l’essentiel du besoin de protection.
 
Premièrement, la volonté du salarié est affaiblie, surtout lorsque la subordination est couplée à une situation de dépendance économique, c’est-à-dire lorsque le salarié a besoin de son emploi pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Il est bien évident que le fait qu’il soit volontaire pour travailler le dimanche ou pour être à temps partiel en dessous de la limite légale des 24 heures ne suffit pas. Il faut des garde-fous, à commencer par ce qu’on appelle l’ordre public social. C’est l’idée que la loi définit un certain nombre de droits et obligations auxquels nul ne peut déroger en défaveur des salariés, fût-ce par accord individuel ou collectif. Dans un État de droit, la loi est et doit rester le principal instrument de protection des parties faibles. Elle l’est pourtant de moins en moins, avec le poids sans cesse plus important accordé aux accords collectifs d’entreprise. On ne peut se satisfaire du constat qu’en vertu du projet de loi Macron les contreparties financières au repos dominical pourront varier d’une entreprise à l’autre, avec le risque de voir se développer la concurrence par les coûts sociaux.
 
Ne faut-il pas, au contraire, soumettre les entreprises à des règles sociales communes afin d’éviter un dumping social qui ne dit pas son nom ?
 
Deuxièmement, le salarié n’est pas un autoentrepreneur ou un soustraitant, sur qui pèsent les risques économiques. Les salaires ne sauraient fluctuer, sauf à la marge, au gré de la situation financière de l’entreprise, de même que le contrat de travail ne doit pas pouvoir être rompu du seul fait de la perte d’un marché, comme le prévoit pourtant le projet du MEDEF d’un « contrat de travail sécurisé». C’est pourquoi l’idée d’accords de maintien de l’emploi offensifs, c’est-àdire d’accords permettant d’augmenter le temps de travail sans majoration salariale en cas de grosses commandes ou de lancement de nouveaux produits, est tout simplement contraire au pacte qui fonde la relation de travail.
 
La protection des salariés est l’envers de la subordination sur la base de laquelle fonctionne notre société capitaliste.
 
 
 

- Une conception dégradée de la règle de droit

Pour répondre efficacement aux accusations contre le droit du travail, il faut surtout changer de raisonnement et cesser de ne juger la règle de droit que sur ses effets (sur l’emploi, sur l’économie, etc.).
 
D’abord, l’évaluation des effets d’une règle de droit est une opération délicate, souvent vouée à l’échec. Si l’inversion de la courbe du chômage se produit en 2016, qui pourra se targuer qu’elle est due aux réformes en cours, non à une conjoncture très favorable en raison de la baisse conjuguée de l’euro, du prix du pétrole et des taux d’intérêt ? Surtout, certaines règles sont nécessaires, indépendamment de leurs effets, parce qu’elles répondent à des valeurs essentielles dans un État de droit. Autrement dit, les droits fondamentaux de la personne (droit au respect de la vie personnelle, droit à l’emploi, droit à la santé et la sécurité, etc.) doivent être préservés, fût-ce au prix du renoncement à une mesure que l’on estime, à tort ou à raison, économiquement efficace! On en est arrivé, pour rendre possible la création du contrat de travail unique, à envisager la dénonciation d’une convention de l’Organisation internationale du travail! Le président Hollande lui-même soutient désormais que l’entreprise doit être en mesure de calculer à l’avance ce que lui coûtera un licenciement injustifié! Il y a là une conception dégradée du droit en général, du droit du travail en particulier, qui n’augure rien de bon pour l’avenir de nos sociétés modernes.
 

- « Il faut sauver le droIt du travail! » de Pascal Lokiec.

Editions odile Jacob, 2015, 176 pages, 19,90 euros.

Le livre est disponible ICI

 
 
Note :
[1] Pascal Lokiec est professeur à l'Université Paris X - Nanterre, spécialiste de droit social.
 
Pour en savoir plus :
 

Partager cet article
Repost0
13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 08:10
L'imaginaire de la Commune par Kristin Ross

Kristin Ross
Kristin Ross est professeur de littérature comparée à la New York University. Ses livres publiés en français : Mai 68 et ses vies ultérieures (Complexe, 2005) et Rouler plus vite, laver plus blanc (Flammarion, 2006). A paraître prochainement : Rimbaud et la Commune (Textuel)

 

 

- En quelques mots

William Morris, Élisée Reclus, Pierre Kropotkine : ce ne sont pas les premiers noms qui viennent à l’esprit s’agissant de la Commune de Paris. S’ils tiennent dans ce livre un rôle important, c’est que pour Kristin Ross, la Commune déborde l’espace-temps qui lui est habituellement attribué, les 72 jours écoulés et les fortifications sur lesquelles elle a combattu. L’Imaginaire signifie que cet événement révolutionnaire n’est pas seulement international mais qu’il s’étend bien au-delà du domaine de la politique, vers l’art, la littérature, l’éducation, la relation au travail. Ce n’est pas un hasard si les trois personnages principaux du livre sont un poète-artiste, un géographe et un scientifique-anarchiste russe : la Commune n’est pas un simple épisode de la grande fable républicaine, c’est un monde nouveau qui s’invente pendant ces brèves semaines, un monde qui n’a pas fini de hanter les uns et d’inspirer les autres.

 

- Par : Kristin Ross

Éditions : La Fabrique éditions

Date de parution : 23 janvier 2015
192 pages
 
Le livre est disponible  ICI

Partager cet article
Repost0
11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 08:10
Le hareng de Bismarck (le poison allemand)

Sources : éditions Plon par Jean-Luc Mélenchon

- Ceci est un pamphlet.

Mon but est de percer le blindage des béatitudes de tant de commentateurs fascinés par l'Allemagne. Je prends la plume pour alerter : un monstre est né sous yeux, l'enfant de la finance dérégulée et d'un pays qui s'est voué à elle, nécrosé par le vieillissement accéléré de sa population. L'un ne serait rien sans l'autre. Cette alliance est en train de remodeler l'Europe à sa main.

 

Dès lors, l'Allemagne est, de nouveau, un danger. Le modèle qu'elle impose est, une fois de plus, un recul pour notre civilisation. Ce poison allemand est l'opium des riches. Changer la donne politique et faire changer l'Allemagne sont devenus une seule et même chose. Il faut le faire avant qu'il ne soit trop tard.

 

- Le livre est disponible ICI

 

 

- Pour en savoir plus sur l'ouvrage

Jean-Luc Mélenchon était ce matin l’invité de J-J. Bourdin sur BFM TV afin de présenter son nouvel ouvrage (dans toutes les bonnes librairies dès demain) : le hareng de Bismarck. A partir de 10’49’’ (!), après les fadaises journalistiques (la famille Le Pen, Hollande...) qui permettent de ne pas laisser l'invité parler de l’essentiel.

 

Dix ans après la victoire du NON au Traité Constitutionnel Européen (TCE), expression majoritaire du peuple souverain bafoué(e) par les gouvernements successifs, ce livre remet les pendules à l’heure sur la situation ordo libérale actuelle, dont le « modèle » allemand (enfin décrypté tel qu’il est) et son gouvernement sont le moteur.

« Ceux qui ne connaissent pas l’Histoire sont condamnés à la revivre » – L’allemand Karl MARX

Vidéo à retrouver ici :

J.L Mélenchon parle de son livre le hareng de Bismarck chez bourdin 06 mai 2015

 

Voici comment Jean-Luc Mélenchon a commencé à présenter cet ouvrage dans une interview au journal Le Point qu'A Gauche publie simultanément.

 

- « En politique, il faut toujours un ennemi. Dans ce livre, vous en désignez un : les Allemands. Pourquoi eux et non plus les États-Unis ?

Jean-Luc Mélenchon : Vous y allez fort ! Non, ce n’est pas mon état d’esprit. Je ne m’en prends pas à un « génome » allemand qui les pousserait à vouloir toujours dominer. Je ne suis pas en manque d’ennemi. Le mien reste la finance et le productivisme. Mais l‘Allemagne est devenue leur avant-garde. Dès lors non seulement l’Europe n’est plus le grand projet social dont nous rêvions. Mais elle ne garantit plus la paix. Car dans ce concert de nations, l’une d’entre elle, l’Allemagne, prend le pas sur les autres et impose un modèle économique, l’ordolibéralisme. Il sert ses intérêts mais conduit inéluctablement à la catastrophe. Mon livre lance l’alerte. L’Europe va sombrer dans les violences dans les nations comme entre elles. Le supplice de la Grèce le prouve.

 

 

- Qu’est-ce que l’ordo-libéralisme que vous dénoncez ?

Les Allemands ont inventé cette vieille théorie. Elle professe que la politique est frivole et l’économie sacrée. On sanctuarise donc des règles économiques considérées des lois de la nature. Donc, on les met hors du champ des décisions politiques. En réalité c’est l’emballage d’un égoïsme de classe bien précis. Mme Merkel gouverne un pays en panne démographique. Les retraités toujours plus nombreux forment le gros de ses électeurs ! La retraite par capitalisation des vieillards allemands exige toujours plus de dividendes. Donc moins de salaires et d’investissements. La finance règne. Elle domine le capitalisme allemand grâce à la dérégulation organisée par le PS allemand : un comble !

 

 

- Dont la règle d’or des déficits ?

Les niveaux des déficits, en effet. Mais aussi la monnaie fétichisée, l’inflation et la dette diabolisés. C’est une vision dogmatique très bornée. Les leaders allemands l’assument sans s’en rendre compte. Ainsi quand l’odieux ministre de l’économie allemande, M. Schaubble, déclare : la France « serait contente que quelqu’un force le Parlement… » il ajoute : « mais c’est difficile, c’est la démocratie ». Cette précision est comme un manifeste de l’ordo-libéralisme : la démocratie est un problème dans la mesure où elle permet au politique de nier le dogme économique sacré. La France, son histoire, sa culture, c’est exactement l’inverse : toutes nos constitutions républicaines se sont mêlées d’économie. Pourquoi devrions-nous renoncer à notre modèle ? A mes yeux il est supérieur au modèle allemand quand il s’agit d’organiser la vie humaine en société ? L’ordo-libéralisme est anti-républicain. Il détruit les liens sociaux et la vie civique.

 

 

- Pierre Moscovici estime que vous commettez un contre-sens et affirme que Schauble plaisantait…

La servilité de Pierre Moscovici fait honte!

 

 

- Pardon mais les Allemands ne nous imposent pas grand-chose. Cela fait neuf ans que nous ne respectons pas la règle des 3% de déficit… Donc, l’ordo-libéralisme, on lui donne tourne le dos allégrement !

Ce que vous dîtes est incroyable : des traités inapplicables doivent-ils être sacralisés ? Les traités sont choses humaines. Il faut discuter de leur contenu par rapport à leur résultat. Nage-t-on dans le bonheur en Europe ? Le chômage et la pauvreté martyrisent des masses humaines considérables. Partout l’extrême-droite monte. L’Allemagne, elle, accumule les excédents commerciaux ? Et qu’en fait-elle ? Elle les place sur les marchés financiers car elle a étouffé en Europe, l’activité économique pour les employer. Ce faisant, l’Allemagne alimente elle-même la bulle financière qui va bientôt produire un nouveau désastre en explosant. Bonjour le modèle !

 

 

- Pensez-vous réellement que François Hollande puisse vendre aux Allemands le modèle français ?

Non. François Hollande a changé de camp. Il roule pour l’ordo-libéralisme. Les Français ne savaient pas qu’en votant Hollande, ils élisaient Merkel. Il a avoué d’ailleurs : « La France veut être le meilleur élève de la classe européenne ». Pour moi la France n’est l’élève de personne et elle peut apprendre beaucoup aux autres ! Tant qu’à faire, sur bien des sujets, mieux vaut qu’elle soit le maitre !

 

 

- A vous lire, les Allemands usurpent une réputation de sérieux. C’est gonflé, quand même…

En France nous adorons par modes successives, des « modèles ». On a eu droit aux « dragons asiatiques », puis, aux « tigres européens » tels l’Irlande ou l’Espagne. Des tigres de papier, en vérité, qui se sont effondrés avec l’explosion de la bulle financière en 2008. Et revoilà donc, le « modèle allemand », efficace, discipliné. Une illusion ! L’économie allemande est délabrée. Avec des équipements en ruine, et douze millions de pauvres, avec de moins en moins d’enfants, les jeunes qui quittent le pays, des vieux qu’ils relèguent, et une espérance de vie en recul, qui veut être allemand ?

 

Mon livre reprend le débat européen. On affichait qu’on ferait l’Europe sans défaire la France. Pour l’instant, on défait la France sans faire l’Europe des êtres humains. L’Allemagne nous domine, nous gronde, nous corrige, nous coupe de nos bases méditerranéennes ! Que reste-t-il ? Juste un grand marché qui nie notre modèle colbertiste qui est notre atout. En France, l’entrepreneur se met à la file du peloton ouvert par l’État. Quand on décide de faire des fusées, c’est l’État qui prend les choses en main. Et aujourd’hui, nous avons 50% du marché mondial… Et je pourrai citer bien d’autres exemples. Il n’y a pas une seule réussite européenne qui ne soit, à l’origine, française. Pas une seule ! L’Allemagne nous plombe !

 

 

- Vous donnez le sentiment que la France n’a plus rien à faire avec l’Allemagne…

Non, je ne dirai pas les choses comme ça. L’Allemagne est là de toute façon. Mais on ne peut accepter sa domination. Mon livre montre ses abus de pouvoir. Et sa manie d’imposer aux autres ce qu’elle croit bon pour elle. La sortie raisonnable, ce n’est pas de s’affronter avec eux mais de les remettre à leur place. Et de porter sans complexe notre propre message universaliste. Le retraité allemand n’est pas seul au monde : il faut aussi prendre en compte le sort des jeunes français et celui de la planète. L’Europe est la première puissance économique du monde. Cela nous impose des responsabilités. Or, l’ordo-libéralisme allemand ne permet pas de les endosser. Aucune ! »

 

Pour en savoir plus :

- Cécile Duflot critique violemment le « nationalisme étroit » de Jean-Luc Mélenchon

- Réponse à la tribune critique de Cécile Duflot sur le Hareng de Bismarck

Partager cet article
Repost0
11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 09:26
Les territoires face au grand marché transatlantique

Sources : éditions Bruno Leprince par Vivien Rebière[1], préface Gabriel Amard[2]

- Résistance locale face à une menace globale

Le projet de Grand marché transatlantique entre l'Europe et les Etats-Unis menace nos vies jusque dans nos communes.
 
Les politiques des collectivités locales et leurs services publics sont en danger. Pour la première fois un livre explore les multiples conséquences de cet accord de libre échange sur la vie locale. Eau, santé, énergie, transports, agriculture seront touchés dès qu'une firme voudra faire valoir son droit à la libre concurrence. Bien qu'écologiques, les aides prioritaires aux productions locales seront par exemple menacées comme autant d'entraves au libre commerce. Et pour en juger les firmes pourront avoir recours à des tribunaux d'arbitrage privés face auxquels chaque collectivité sera démunie.
 
Mais ce livre ne se contente pas d'identifier précisément le danger. Il présente aussi les résistances qui sont nées dans plusieurs collectivités contre cet accord. Et il propose des méthodes et des outils pour étendre cette résistance à d'autres territoires. Aux citoyens et aux élus de s'en saisir, avant qu'il ne soit trop tard.

 

- Le livre est disponible ICI

 
Note :

[1] Vivien Rebière est diplômé d'un master 2 en affaires publiques, étudiant en master 2 de Science politique, militant du Parti de Gauche.

[2] Gabriel Amard, directeur de l'association Le Formateur des collectivités (FDC) et secrétaire national du Parti de Gauche en charge des élu-e-s et des campagnes politiques.

Partager cet article
Repost0
28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 10:10
Quand l'austérité tue !

Sources : éditions autrement par David Stuckler & Sanjay BasuPréface des Économistes atterrés[1]

Pour répondre à la crise, de nombreux pays ont fait Le choix de l'austérité. S'appuyant sur l'analyse de statistiques internationales de santé publique, David Stuckler et Sanjay Basu examinent les conséquences de ces décisions politiques pour les populations. À force de coupes sombres dans les aides sociales et la prévention, les maladies prolifèrent, les suicides augmentent, la consommation de drogues et d'alcool progresse et l'espérance de vie diminue.


En Grèce, le taux d'infection par le VIH et le nombre de suicides ont explosé. À l'inverse, dans les pays nordiques, les mesures de soutien aux plus vulnérables ont des effets positifs, humainement et économiquement.


Refusant le discours dominant, les auteurs explorent les vices du système et prouvent par les chiffres que l'austérité a un coût humain : elle rend malade et tue.

 

 

- Le livre est disponible ICI

 

Note :

[1] Traduit de l'anglais (américain) par Samuel Sfez

Partager cet article
Repost0
18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 15:34
La gauche radicale en Europe, ou l’émergence d’une famille de partis

Parmi les familles de la gauche européenne contemporaine, celle de la gauche radicale est encore peu européanisée et regroupe des traditions et des cultures politiques diverses. Pour l’Observatoire de la vie politique, Fabien Escalona et Mathieu Vieira analysent son émergence et ses composantes internes.

 

Sources : La Fondation Jean Jaures par Fabien Escalonia - Mathier Viera

- La gauche radicale en Europe, ou l’émergence d’une famille de partis

Parmi les familles de la gauche européenne contemporaine, celle de la gauche radicale est encore peu européanisée et regroupe des traditions et des cultures politiques diverses. Pour l’Observatoire de la vie politique, Fabien Escalona et Mathieu Vieira analysent son émergence et ses composantes internes.

 

 

- De l’effondrement du communisme occidental à la naissance d’une nouvelle famille politique

La première série de facteurs structurels expliquant le déclin des PC occidentaux concerne les mutations liées à l’avènement d’une société post-industrielle à partir de la fin des années 1970. La crise du communisme occidental peut d’autre part être attribuée à des facteurs idéologiques et organisationnels propres à la famille communiste. Sur ces décombres, une nouvelle famille de gauche radicale émerge depuis la fin des années 1990. En privilégiant une approche rokkanienne, nous soutenons que la famille de gauche radicale est issue d’une nouvelle « phase critique » ouverte par ce que nous appelons la « Révolution globale ». Nous expliquons que cette révolution historique a transformé l’ancienne division socialistes/communistes, qui affectait le second versant du clivage de classe entre possédants et travailleurs.

 

 

- La nature de la famille de gauche radicale

Parler d’une famille de gauche radicale exige d’identifier le conflit qui la fonde, puis de mettre en évidence la façon dont elle le médiatise dans la compétition partisane. La gauche radicale a remplacé la famille communiste dans son opposition aux sociaux-démocrates, dont elle dénonce toujours la soumission à l’État capitaliste, mais sur la base de lignes d’opposition différentes de celles du communisme. La diversité des programmes et des principes adoptés au sein de la famille de gauche radicale n’empêche pas d’identifier un horizon normatif commun : la recherche d’une alliance de tous les subalternes du capitalisme global dominé par la finance, et la promotion d’une modernité alternative, dans un sens démocratique, égalitaire et écologiste. Les valeurs « post-matérialistes » ont pris un essor considérable au sein des engagements de la gauche radicale. La base sociale de la famille de gauche radicale inclut plutôt un électorat déjà politisé à gauche et qui hésite rarement avec la droite ou l’extrême droite. Elle est composée de couches populaires souvent « encadrées » par des syndicats ou des associations, et de professions intermédiaires et intellectuelles détenant un niveau élevé d’instruction mais peu de patrimoine. En termes d’organisation, on remarque  la taille modeste de tous les partis existants, la renonciation au modèle du parti d’avant-garde et la volonté de créer des liens avec les mouvements sociaux tout en respectant leur autonomie.

 

 

- Une typologie de la famille de gauche radicale

Notre typologie de la famille de gauche radicale se décline en quatre branches : les communistes orthodoxes, la gauche de la social-démocratie, les partis rouges-verts et l’extrême gauche révolutionnaire. Notre classification repose sur deux axes principaux, à savoir le rapport à l’identité communiste et la place dans l’espace politique. Ces branches ou composantes de la famille de gauche radicale reflètent des traditions et des choix stratégiques différents, qui dépendent des histoires nationales et des dynamiques des systèmes partisans. Ce sont des catégories utiles à l’analyse mais qui ne peuvent évidemment intégrer la complexité de toutes les configurations nationales de la gauche radicale. Pour cette raison, mais aussi parce que nous faisons l’hypothèse d’une acculturation progressive des différentes traditions non orthodoxes de la famille anticapitaliste, elles ne doivent pas être vues comme des ensembles figés.

 

- Le document est téléchargeable  ICI

- La synthése du document est téléchargeable ICI

 

 

- L’entretien avec Philippe Marlière

Philippe Marlière : professeur de science politique à l’University College de Londres, co-auteur de La gauche radicale en Europe (Ed. du Croquant, 2013)

Télécharger ICI l’entretien avec Philippe Marlière

Partager cet article
Repost0
7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 09:00
Entrez dans le monde des banques françaises, là où la finance a un visage

Voici un livre enquête qui vous fera découvrir la face obscure des grandes banques françaises. Pour la première fois des journalistes et des économistes évaluent le coût exorbitant, mais passé sous silence, de leurs activités. De l’évasion fiscale à la spéculation sur les matières premières, de la « finance de l’ombre » aux produits dérivés opaques, des projets polluants aux emprunts « toxiques », ce livre co-écrit par Basta ! et Attac, dresse un panorama complet des effets néfastes de la finance toute puissante. Il sort en librairie le 11 février. Vous pouvez également le commander en ligne, ce qui vous permet de soutenir financièrement Basta ! (voir « Où acheter le Livre noir des banques ? »).

 

Sources : BASTAMwww.bastamag.net

 En 2008, la folie spéculative des banques a provoqué une crise qui ne cesse, depuis, de s’aggraver. Les banques n’ont dû leur salut qu’aux centaines de milliards d’euros injectés par les États et les banques centrales. Que s’est-il passé depuis ? Que sont devenues les grandes promesses de régulation du secteur bancaire ? Pourquoi les responsables politiques ont-ils accepté, sans exception, de maintenir un système qui privatise les profits et socialise les pertes ? Quelles réformes sont nécessaires ? Ce livre retrace l’histoire de conflits d’intérêts, de collusions et d’aveuglements incroyables. Entrons dans le monde des banques françaises. Là où la finance a un visage. Celui d’une oligarchie bancaire grassement rémunérée, complice d’un hold-up planétaire.

 

 

- Pourquoi ce livre ?

Ce livre enquête (372 pages, 19 chapitres), écrit par des économistes et journalistes, déconstruit radicalement le discours officiel selon lequel, depuis 2008, des réformes salutaires auraient été menées à bien par les pouvoirs publics et par les banques, celles-ci contribuant désormais à la sortie de crise et au bien-être de la société…


Nous avons voulu évaluer le prix exorbitant, mais passé sous silence, des activités des banques françaises. Nous avons cherché à comprendre comment la finance organise une gigantesque captation de richesse, en toute impunité. Et pourquoi depuis sept ans, rien – ou presque – n’a changé.


Les banques sont toujours de véritables et dangereuses bombes à retardement. Nous avons voulu tracer des pistes pour une reprise en main. Pour chacun des chantiers dont il est question dans cet ouvrage, des mesures simples et efficaces sont à la portée des gouvernements, de nos élus. A notre portée. Pour reprendre le contrôle, il est nécessaire de comprendre le fonctionnement du système bancaire, d’en percevoir la structure, de saisir la logique de ses acteurs. Pour que la démocratie ne s’arrête pas à la porte des salles de marché. Et pour éviter un prochain cataclysme financier, aux impacts sociaux, économiques et environnementaux désastreux.

 

 

- Où acheter le Livre noir des banques ?

Le Livre noir des banques sera dans toutes les bonnes librairies dès le 11 février. Vous pouvez aussi en commander un exemplaire à partir du formulaire suivant. Si vous achetez directement votre livre en ligne via ce formulaire, le bénéfice intégral de cette vente sera reversé à Basta ! Chaque exemplaire commandé en ligne vous coûtera 22 € (21,50 € + 0,50 € de frais de port). Commander ICI

 

 

- Ils en parlent : le Livre noir des banques dans les médias

- Les bonnes feuilles publiées par le Nouvel Obs, 5 février 2015.

« Sept ans après la crise des subprimes, les grandes promesses de régulation ont-elles été tenues ? L’association Attac et le site Basta ! dressent le bilan inquiétant dans un livre dont l’Obs publie les bonnes feuilles. »

 

 

- Qui sont les partenaires ?

Le Livre noir des banques a été écrit par des journalistes de Basta ! et des économistes de l’association Attac, qui milite pour la justice sociale et environnementale, et conteste radicalement le pouvoir pris par la finance sur les peuples et la nature. Son site internet.

 

Pour en savoir plus sur les banques françaises :

Une sélection de nos articles sur les banques :
- Réforme bancaire : comment le gouvernement s’est écrasé devant le monde de la finance
- « Face à la dimension criminelle de la crise, les élites sont aveugles, incompétentes, complices »
- Emprunts toxiques : l’État préfère défendre les banques plutôt que les collectivités flouées
- Délits et crimes financiers : pourquoi les banquiers ne vont jamais en prison

- Pascal Canfin : pourquoi il ne faut jamais croire les banques
- Quand les banques françaises financent allègrement les gaz de schiste

- « Le système financier est comme une centrale nucléaire mal contrôlée »
- Crédit agricole, la « banque verte » qui soutient les énergies sales et la destruction de montagnes »

- Bonus, mensonges et lobbying : comment les banques européennes résistent à toute régulation
- Prix des aliments et des matières premières : les banques inventent l’hyper-spéculation

 

Les dossiers Bastamag

Capitalisme Que faire face à la crise financière ?

Partager cet article
Repost0
3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 09:00
Comment fut inventé le peuple juif ?

Déconstruction d’une histoire mythique

 

Les Juifs forment-ils un peuple ? A cette question ancienne, un historien israélien apporte une réponse nouvelle. Contrairement à l’idée reçue, la diaspora ne naquit pas de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient. Voilà quvid et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars.


Sources :  Le Monde diplomatique août 2008 par Shlomo Sand[1] - blog de René Blanchemanche

Tout Israélien sait, sans l’ombre d’un doute, que le peuple juif existe depuis qu’il a reçu la Torah[2] dans le Sinaï, et qu’il en est le descendant direct et exclusif. Chacun se persuade que ce peuple, sorti d’Egypte, s’est fixé sur la « terre promise », où fut édifié le glorieux royaume de David et de Salomon, partagé ensuite en royaumes de Juda et d’Israël. De même, nul n’ignore qu’il a connu l’exil à deux reprises : après la destruction du premier temple, au VIe siècle avant J.-C., puis à la suite de celle du second temple, en l’an 70 après J.C.

 

S’ensuivit pour lui une errance de près de deux mille ans : ses tribulations le menèrent au Yémen, au Maroc, en Espagne, en Allemagne, en Pologne et jusqu’au fin fond de la Russie, mais il parvint toujours à préserver les liens du sang entre ses communautés éloignées. Ainsi, son unicité ne fut pas altérée. A la fin du XIXe siècle, les conditions mûrirent pour son retour dans l’antique patrie. Sans le génocide nazi, des millions de Juifs auraient naturellement repeuplé Eretz Israël (« la terre d’Israël ») puisqu’ils en rêvaient depuis vingt siècles.

 

Vierge, la Palestine attendait que son peuple originel vienne la faire refleurir. Car elle lui appartenait, et non à cette minorité arabe, dépourvue d’histoire, arrivée là par hasard. Justes étaient donc les guerres menées par le peuple errant pour reprendre possession de sa terre ; et criminelle l’opposition violente de la population locale.

 

D’où vient cette interprétation de l’histoire juive ? Elle est l’œuvre, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, de talentueux reconstructeurs du passé, dont l’imagination fertile a inventé, sur la base de morceaux de mémoire religieuse, juive et chrétienne, un enchaînement généalogique continu pour le peuple juif. L’abondante historiographie du judaïsme comporte, certes, une pluralité d’approches. Mais les polémiques en son sein n’ont jamais remis en cause les conceptions essentialistes élaborées principalement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

 

Lorsque apparaissaient des découvertes susceptibles de contredire l’image du passé linéaire, elles ne bénéficiaient quasiment d’aucun écho. L’impératif national, telle une mâchoire solidement refermée, bloquait toute espèce de contradiction et de déviation par rapport au récit dominant. Les instances spécifiques de production de la connaissance sur le passé juif — les départements exclusivement consacrés à l’« histoire du peuple juif », séparés des départements d’histoire (appelée en Israël « histoire générale ») — ont largement contribué à cette curieuse hémiplégie. Même le débat, de caractère juridique, sur « qui est juif ? » n’a pas préoccupé ces historiens : pour eux, est juif tout descendant du peuple contraint à l’exil il y a deux mille ans.

 

Ces chercheurs « autorisés » du passé ne participèrent pas non plus à la controverse des « nouveaux historiens », engagée à la fin des années 1980. La plupart des acteurs de ce débat public, en nombre limité, venaient d’autres disciplines ou bien d’horizons extra-universitaires : sociologues, orientalistes, linguistes, géographes, spécialistes en science politique, chercheurs en littérature, archéologues formulèrent des réflexions nouvelles sur le passé juif et sioniste. On comptait également dans leurs rangs des diplômés venus de l’étranger. Des « départements d’histoire juive » ne parvinrent, en revanche, que des échos craintifs et conservateurs, enrobés d’une rhétorique apologétique à base d’idées reçues.

 

 

- Le judaïsme, religion prosélyte

Bref, en soixante ans, l’histoire nationale a très peu mûri, et elle n’évoluera vraisemblablement pas à brève échéance. Pourtant, les faits mis au jour par les recherches posent à tout historien honnête des questions surprenantes au premier abord, mais néanmoins fondamentales.

 

La Bible peut-elle être considérée comme un livre d’histoire ? Les premiers historiens juifs modernes, comme Isaak Markus Jost ou Leopold Zunz, dans la première moitié du XIXe siècle, ne la percevaient pas ainsi : à leurs yeux, l’Ancien Testament se présentait comme un livre de théologie constitutif des communautés religieuses juives après la destruction du premier temple. Il a fallu attendre la seconde moitié du même siècle pour trouver des historiens, en premier lieu Heinrich Graetz, porteurs d’une vision « nationale » de la Bible : ils ont transformé le départ d’Abraham pour Canaan, la sortie d’Egypte ou encore le royaume unifié de David et Salomon en récits d’un passé authentiquement national. Les historiens sionistes n’ont cessé, depuis, de réitérer ces « vérités bibliques », devenues nourriture quotidienne de l’éducation nationale.

 

Mais voilà qu’au cours des années 1980 la terre tremble, ébranlant ces mythes fondateurs. Les découvertes de la « nouvelle archéologie » contredisent la possibilité d’un grand exode au XIIIe siècle avant notre ère. De même, Moïse n’a pas pu faire sortir les Hébreux d’Egypte et les conduire vers la « terre promise » pour la bonne raison qu’à l’époque celle-ci... était aux mains des Egyptiens. On ne trouve d’ailleurs aucune trace d’une révolte d’esclaves dans l’empire des pharaons, ni d’une conquête rapide du pays de Canaan par un élément étranger.

 

Il n’existe pas non plus de signe ou de souvenir du somptueux royaume de David et de Salomon. Les découvertes de la décennie écoulée montrent l’existence, à l’époque, de deux petits royaumes : Israël, le plus puissant, et Juda, la future Judée. Les habitants de cette dernière ne subirent pas non plus d’exil au VIe siècle avant notre ère : seules ses élites politiques et intellectuelles durent s’installer à Babylone. De cette rencontre décisive avec les cultes perses naîtra le monothéisme juif.

 

L’exil de l’an 70 de notre ère a-t-il, lui, effectivement eu lieu ? Paradoxalement, cet « événement fondateur » dans l’histoire des Juifs, d’où la diaspora tire son origine, n’a pas donné lieu au moindre ouvrage de recherche. Et pour une raison bien prosaïque : les Romains n’ont jamais exilé de peuple sur tout le flanc oriental de la Méditerranée. A l’exception des prisonniers réduits en esclavage, les habitants de Judée continuèrent de vivre sur leurs terres, même après la destruction du second temple.

 

Une partie d’entre eux se convertit au christianisme au IVe siècle, tandis que la grande majorité se rallia à l’islam lors de la conquête arabe au VIIe siècle. La plupart des penseurs sionistes n’en ignoraient rien : ainsi, Yitzhak Ben Zvi, futur président de l’Etat d’Israël, tout comme David Ben Gourion, fondateur de l’Etat, l’ont-ils écrit jusqu’en 1929, année de la grande révolte palestinienne. Tous deux mentionnent à plusieurs reprises le fait que les paysans de Palestine sont les descendants des habitants de l’antique Judée[3].

 

A défaut d’un exil depuis la Palestine romanisée, d’où viennent les nombreux Juifs qui peuplent le pourtour de la Méditerranée dès l’Antiquité ? Derrière le rideau de l’historiographie nationale se cache une étonnante réalité historique. De la révolte des Maccabées, au IIe siècle avant notre ère, à la révolte de Bar-Kokhba, au IIe siècle après J.-C, le judaïsme fut la première religion prosélyte. Les Asmonéens avaient déjà converti de force les Iduméens du sud de la Judée et les Ituréens de Galilée, annexés au « peuple d’Israël ». Partant de ce royaume judéo-hellénique, le judaïsme essaima dans tout le Proche-Orient et sur le pourtour méditerranéen. Au premier siècle de notre ère apparut, dans l’actuel Kurdistan, le royaume juif d’Adiabène, qui ne sera pas le dernier royaume à se « judaïser » : d’autres en feront autant par la suite.

 

Les écrits de Flavius Josèphe ne constituent pas le seul témoignage de l’ardeur prosélyte des Juifs. D’Horace à Sénèque, de Juvénal à Tacite, bien des écrivains latins en expriment la crainte. La Mishna et le Talmud[4] autorisent cette pratique de la conversion — même si, face à la pression montante du christianisme, les sages de la tradition talmudique exprimeront des réserves à son sujet.

 

La victoire de la religion de Jésus, au début du IVe siècle, ne met pas fin à l’expansion du judaïsme, mais elle repousse le prosélytisme juif aux marges du monde culturel chrétien. Au Ve siècle apparaît ainsi, à l’emplacement de l’actuel Yémen, un royaume juif vigoureux du nom de Himyar, dont les descendants conserveront leur foi après la victoire de l’islam et jusqu’aux temps modernes. De même, les chroniqueurs arabes nous apprennent l’existence, au VIIe siècle, de tribus berbères judaïsées : face à la poussée arabe, qui atteint l’Afrique du Nord à la fin de ce même siècle, apparaît la figure légendaire de la reine juive Dihya el-Kahina, qui tenta de l’enrayer. Des Berbères judaïsés vont prendre part à la conquête de la péninsule Ibérique, et y poser les fondements de la symbiose particulière entre juifs et musulmans, caractéristique de la culture hispano-arabe.

 

La conversion de masse la plus significative survient entre la mer Noire et la mer Caspienne : elle concerne l’immense royaume khazar, au VIIIe siècle. L’expansion du judaïsme, du Caucase à l’Ukraine actuelle, engendre de multiples communautés, que les invasions mongoles du XIIIe siècle refoulent en nombre vers l’est de l’Europe. Là, avec les Juifs venus des régions slaves du Sud et des actuels territoires allemands, elles poseront les bases de la grande culture yiddish[5].

 

Ces récits des origines plurielles des Juifs figurent, de façon plus ou moins hésitante, dans l’historiographie sioniste jusque vers les années 1960 ; ils sont ensuite progressivement marginalisés avant de disparaître de la mémoire publique en Israël. Les conquérants de la cité de David, en 1967, se devaient d’être les descendants directs de son royaume mythique et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars. Les Juifs font alors figure d’« ethnos » spécifique qui, après deux mille ans d’exil et d’errance, a fini par revenir à Jérusalem, sa capitale.

 

Les tenants de ce récit linéaire et indivisible ne mobilisent pas uniquement l’enseignement de l’histoire : ils convoquent également la biologie. Depuis les années 1970, en Israël, une succession de recherches « scientifiques » s’efforce de démontrer, par tous les moyens, la proximité génétique des Juifs du monde entier. La « recherche sur les origines des populations » représente désormais un champ légitimé et populaire de la biologie moléculaire, tandis que le chromosome Y mâle s’est offert une place d’honneur aux côtés d’une Clio juive[6] dans une quête effrénée de l’unicité d’origine du « peuple élu ».

 

Cette conception historique constitue la base de la politique identitaire de l’Etat d’Israël, et c’est bien là que le bât blesse ! Elle donne en effet lieu à une définition essentialiste et ethnocentriste du judaïsme, alimentant une ségrégation qui maintient à l’écart les Juifs des non-Juifs — Arabes comme immigrants russes ou travailleurs immigrés.

 

Israël, soixante ans après sa fondation, refuse de se concevoir comme une république existant pour ses citoyens. Près d’un quart d’entre eux ne sont pas considérés comme des Juifs et, selon l’esprit de ses lois, cet Etat n’est pas le leur. En revanche, Israël se présente toujours comme l’Etat des Juifs du monde entier, même s’il ne s’agit plus de réfugiés persécutés, mais de citoyens de plein droit vivant en pleine égalité dans les pays où ils résident. Autrement dit, une ethnocratie sans frontières justifie la sévère discrimination qu’elle pratique à l’encontre d’une partie de ses citoyens en invoquant le mythe de la nation éternelle, reconstituée pour se rassembler sur la « terre de ses ancêtres ».

 

Ecrire une histoire juive nouvelle, par-delà le prisme sioniste, n’est donc pas chose aisée. La lumière qui s’y brise se transforme en couleurs ethnocentristes appuyées. Or les Juifs ont toujours formé des communautés religieuses constituées, le plus souvent par conversion, dans diverses régions du monde : elles ne représentent donc pas un « ethnos » porteur d’une même origine unique et qui se serait déplacé au fil d’une errance de vingt siècles.

 

Le développement de toute historiographie comme, plus généralement, le processus de la modernité passent un temps, on le sait, par l’invention de la nation. Celle-ci occupa des millions d’êtres humains au XIXe siècle et durant une partie du XXe. La fin de ce dernier a vu ces rêves commencer à se briser. Des chercheurs, en nombre croissant, analysent, dissèquent et déconstruisent les grands récits nationaux, et notamment les mythes de l’origine commune chers aux chroniques du passé. Les cauchemars identitaires d’hier feront place, demain, à d’autres rêves d’identité. A l’instar de toute personnalité faite d’identités fluides et variées, l’histoire est, elle aussi, une identité en mouvement.

 

Notes :

[1] Historien, professeur à l’université de Tel-Aviv, auteur de Comment le peuple juif fut inventé, à paraître chez Fayard en septembre.

[2] Texte fondateur du judaïsme, la Torah — la racine hébraïque yara signifie enseigner — se compose des cinq premiers livres de la Bible, ou Pentateuque : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome.

[3] Cf. David Ben Gourion et Yitzhak Ben Zvi, « Eretz Israël » dans le passé et dans le présent (1918, en yiddish), Jérusalem, 1980 (en hébreu) et Ben Zvi, Notre population dans le pays (en hébreu), Varsovie, Comité exécutif de l’Union de la jeunesse et Fonds national juif, 1929.

[4] La Mishna, considérée comme le premier ouvrage de littérature rabbinique, a été achevée au IIe siècle de notre ère. Le Talmud synthétise l’ensemble des débats rabbiniques concernant la loi, les coutumes et l’histoire des Juifs. Il y a deux Talmud : celui de Palestine, écrit entre le IIIe et le Ve siècle, et celui de Babylone, achevé à la fin du Ve siècle.

[5] Parlé par les Juifs d’Europe orientale, le yiddish est une langue slavo-allemande comprenant des mots issus de l’hébreu.

[6] Dans la mythologie grecque, Clio était la muse de l’Histoire.

 

 

- Shlomo Sand sur les vrais déscendants des premiers juifs.

Shlomo Sand sur les vrais déscendants des... par wajdi13

Partager cet article
Repost0

Rédacteur

  • Pour une Révolution citoyenne par les urnes
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.

La France insoumise

-Pour une MAJORITÉ POPULAIRE, renforcer la France insoumise pour GAGNER !

🔴  La France insoumise et ses 75 députés sont au service des Françaises et des Français face à l'inflation et l'accaparement des richesses par l'oligarchie.

✅ La dissolution, nous y sommes prêts ! 
Avec la #Nupes, la France Insoumise propose l’alternative 


📌 Retrouvez notre stratégie et les axes de travail pour, ensemble, faire gagner le peuple, la France insoumise... ✍️ cliquez ci-dessous 👇

 

POUR UNE MAJORITÉ POPULAIRE Renforcer la France insoumise pour gagner !

 

-N'attendez pas la consigne !

✅ Pour rejoindre la France insoumise et AGIR ENSEMBLE pour GAGNER : cliquez ci-dessous 👇

 

La France insoumise

 

- La chaîne télé de Jean Luc Melenchon : cliquez ci-dessous 👇

 

- Le blog de Jean Luc Melenchon : cliquez ci-dessous 👇

Jean-Luc Mélenchon le blog

 

Recherche

La France insoumise à l'Assemblée Nationale

 Pour accéder au site : cliquez ci-dessous 👇

Sur les réseaux sociaux  :

Facebook  - Twitter

Le JOURNAL L'INSOUMISSION

✍️ cliquez ci-dessous 👇

L'Insoumission

 

✅ S'inscrire à la Newsletter 👇

 

 

Le site du Parti de Gauche

 Pour accéder au site : cliquez ci-dessous 👇

 

Manifeste pour l'Ecosocialisme

 Pour accéder au site : cliquez ci-dessous 👇

 

Mouvement pour la 6e République

 Pour accéder au site : cliquez ci-dessous 👇

 

Des outils pour combattre le FN et l'idéologie d'extrême droite française

🔴  Observatoire de l’extrême droite de l'Insoumission

 Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇

Observatoire de l’extrême droite l'insoumission

 

 Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇


🔴  et aussi : Observatoire national pour « mettre sous surveillance » l’extrême droite

 Pour accéder au site (cliquez ci-dessous) 👇