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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 13:56
La forteresse agricole : une histoire de la FNSEA

- Une histoire de la FNSEA

Ses désirs, dit-on, sont des ordres pour les ministres qui se succèdent rue de Varennes au maroquin de l'Agriculture

 

De gauche ou de droite, ils écoutent toujours avec grande attention l'avis du " Président " : le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, la FNSEA.

 

 

- C'est le syndicat agricole le plus puissant de France.

De cette puissance, il use et abuse. L'histoire officielle pointe l'an 1946 pour date de naissance. Mais celle des premiers hommes qui firent ce syndicat commence avant, dans les marmites d'extrême droite où mijotait la Corporation paysanne du régime de Vichy. Et avant encore, dans les chapelles des aristocrates royalistes.

 

Du premier syndicat agricole né au XIXe siècle à aujourd'hui, en passant par le pacte gaulliste de modernisation et la cogestion chiraquienne, cette enquête qui puise dans les archives publiques et privées et la mémoire de dizaines de membres du syndicat, livre les heurs et malheurs de l'unité paysanne, mythe fondateur du syndicalisme agricole. Un mythe ravageur, fait de plus de ruptures que d'actes d'union. L'exploration conduite par Gilles Luneau nous entraîne dans les coulisses de la politique agricole de ce dernier demi-siècle.

 

Elle donne à découvrir la violence des intrigues, les dissidences, les manipulations politiques, les stratégies économiques. Elle éclaire l'élimination programmée de centaines de milliers de paysans sur la foi d'un modèle unique de développement agricole. Elle pose la question des insurmontables contradictions de l'unité d'une corporation et celle de l'hégémonie fatiguée d'un syndicat contesté par sa base. Pour la première fois, une investigation journalistique radiographie de fond en comble ce que d'aucuns ont surnommé " la Forteresse agricole "

 

 

- Biographie de l'auteur

Gilles Luneau est écrivain et journaliste indépendant. Il a notamment collaboré au Nouvel Observateur, à Géo, à Challenges et au Monde diplomatique. Outre sa connaissance de l'Amérique latine, de l'Asie mineure et de l'Asie centrale, il est spécialiste de l'agriculture, de la ruralité et des échanges agroalimentaires

 

Le livre est disponible  ICI

 

Pour en savoir plus :

- Au cœur d’Avril-Sofiproteol et de la FNSEA : Xavier Beulin, l’homme aux mille bras

- Syndicats agricoles : la FNSEA… et les autres

- L. Pinatel (CP) : « Les revendications de la Fnsea ne sont pas tenables »

- La FNSEA veut faire disparaître les petits cours d’eau de nos cartes

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 09:51
Marcel Paul, Ambroise Croizat. Chemins croisés d’innovation sociale.

Sources : le blog de michel Etievent

  • Marcel Paul. Etat civil : « enfant trouvé ». Raison sociale : ministre de la production industrielle à la Libération.
  • Ambroise Croizat. Etat civil : « fils de manœuvre ». Raison sociale : ministre du travail et de la sécurité sociale de 1945 à 1947.

 

Au fil de cet ouvrage, Michel Etiévent, historien, retrace entre documents inédits, les parcours féconds de Marcel Paul et d’Ambroise Croizat, deux personnages essentiels du vingtième siècle qui ont consacré leurs vies à l’invention sociale. Il suit l’extraordinaire chemin de Marcel Paul, enfant abandonné sur un banc, tour à tour secrétaire général de la fédération CGT de l’Energie, ministre communiste de la production industrielle du Général de Gaulle à Libération. Entre luttes, résistance, déportation, l’homme forge les plus grands acquis du siècle. Du conseiller de Paris, père des secours d’urgence et des crèches, au fondateur d’EDF-GDF et du statut des électriciens et gaziers, c’est une vie entière vouée à l’innovation sociale.

 

A ce chemin s’enchevêtre celui d’Ambroise Croizat, secrétaire de la Fédération CGT des métaux, député de Paris, ministre communiste du travail à la Libération. Bâtisseur de la sécurité sociale, créateur de la retraite pour tous, il laisse un héritage impressionnant : médecine du travail, comités d’entreprises, conventions collectives…Michel Etiévent entrelace les parcours de ces deux complices de luttes qui forgèrent ensemble ce qui fonde aujourd’hui l’identité sociale de notre pays. Avec ces biographies croisées, il nous livre le passionnant roman de deux hommes qui ont su donner au siècle le goût de la solidarité et de la dignité. Un livre brûlant d’actualité…

 

 

- Extrait article Laurent Etre "Humanité" 8 novembre 2008

"Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès" . ’est par ces mots qu’Ambroize Croizat, ministre du travail et de la Sécurité social de 1945 à 1947, infatigable militant de la dignité humaine et du monde du travail, acheva son dernier discours à l’assemblée nationale le 24 octobre 1950...

"je ne vous paie pas pour que vous m’indiquiez les articles du code m’interdisant de réformer, mais pour y trouver ceux qui vont me le permettre" lance Marcel Paul quelques années plus tôt, un jour de 1946, aux juriste de son ministère de la production industrielle.

Le "fils de manoeuvre" Croizat et Marcel Paul le "pitau" du nom que l’on donnait à l’aube du siècle dernier aux "enfants trouvés" ayant marqués leur siècle et l’histoire du mouvement ouvrier, c’est un certain engagement communiste, intransigeant que nous propose de redécouvrir Michel Etièvent, avec sa sensibilité d’écrivain, sa rigueur d’historien et sa conscience de journaliste en prise avec les enjeux et les luttes d’aujourd’hui.

 

Le livre est disponible  ICI

 

 

- Une conference sur Ambroise Croizat, et Marcel Paul

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 09:15
La France encore condamnée sur l’eau, un secteur sous la coupe d’un lobby

La France a été de nouveau condamnée par la justice européenne à cause de son incapacité à améliorer la qualité de ses eaux. C’est la cinquième condamnation ! Une situation dont est responsable le “lobby de l’eau” que dénonce dans son nouveau livre le spécialiste Marc Laimé.

 

Sources : Reporterre le quotidien de l'écologie mis par Philippe Desfilhes publié le 05 sept 2014

La France a de nouveau été condamnée ce jeudi 4 septembre 2014 par la justice européenne pour manquement à ses obligations de lutte contre la pollution aux nitrates. « Cette décision est regrettable mais justifiée. C’est la cinquième fois que la France est condamnée par l’Europe pour non respect de réglementation, après des condamnations en 2001, 2004, 2008 et 2013. Elle a également été condamnée par les juridictions administratives françaises comme en 2009 par la Cour administrative d’appel de Nantes », rappelle Marc Laimé, spécialiste de l’eau.

 

Cette condamnation est d’autant plus consternante que Paris risque de surcroit une amende forfaitaire d’une trentaine de millions d’euros plus des astreintes journalières jusqu’à ce que les objectifs soient atteints. La justice européenne menace en effet de prononcer un deuxième arrêt dans les prochains mois si la France ne redresse pas la situation. “Et ce seront au final les usagers de l’eau qui régleront l’addition”, déplore Marc Laimé.

 

Cette fois-ci, la Cour a retenu six motifs de condamnation, concernant les effluents d’élevages mais aussi les épandages d’engrais minéraux. Un motif concerne les notions fondamentales de respect de l’équilibre de la fertilisation, et de calcul des quantités réellement apportées aux parcelles.

 

En effet, explique M. Laimé, la réglementation française mise en cause aujourd’hui ne veille pas à ce que les agriculteurs et les autorités de contrôle soient en mesure de calculer correctement la quantité d’azote pouvant être épandue afin de garantir l’équilibre de la fertilisation. « Il n’y aura pas de réponse réglementaire solide sans une réponse agronomique et politique forte pour faire émerger un nouveau modèle agricole durable et non polluant. Or le résultat de l’action du lobby de l’eau est que la politique de l’eau se décide en France au ministère de l’Agriculture et non pas à celui de l’Ecologie », se désole-t-il.

 

 

- Un marché de vingt-trois milliards d’euros annuels

Le dernier livre de Marc Laimé s’attaque au lobby qui a fait main basse sur la gestion de l’eau en France, un marché qui génère vingt-trois milliards d’euros chaque année. « On peut mettre un nom et une photo sur chacun des membres de ce lobby. Ce ne sont pas des individus en costard-cravate qui passent leur temps dans les grands restaurants avec des députés ou des sénateurs mais des professionnels qui siègent dans toutes les instances officielles de la gestion de l’eau », explique à Reporterre l’ancien journaliste (Marc Laimé. Il a travaillé pour Le Canard Enchaîné ou L’Usine nouvelle), et est désormais consultant en eau et assainissement pour les collectivités locales. A ce titre, il est en prise quotidiennement avec le lobby de l’eau français dont il est devenu l’une des bêtes noires.


- Marc Laimé -

 

 

- Un lobby omniprésent

Qui sont les membres de ce lobby ? Une petite centaine de personnes, hommes politiques, hauts-fonctionnaires, associatifs, représentants de l’agriculture, de l’industrie et de l’énergie et des grands organismes de recherche spécialisés, installés à l’intérieur du système et omniprésents.

 

D’abord les élus, car il en faut pour prendre la direction des Comités de bassins et de diverses commissions. Marc Laimé les appelle dans son livre des « demi-solde » de la politique car ce sont quasiment tous des inconnus au niveau national (le seul d’entre eux à avoir une certaine notoriété est André Santini, député-maire d’Issy-les-Moulineaux).

 

« Le lobby compte une vingtaine d’élus de tous bords qui ont été co-optés à un moment de leur carrière et ont érigé le conflit d’intérêt en mode de gouvernance », dénonce-t-il. Ces « barons » de l’eau multiplient les casquettes. C’est ainsi qu’ils peuvent faire voter des budgets d’institutions publiques qu’ils dirigent en faveur d’entités privées dans lesquelles ils siègent.

 

Ces élus ont fait alliance avec les représentants de deux grands corps de l’Etat issus de l’ENGREF (Ecole nationale du génie rural et des eaux et forêts) et des Ponts-et-Chaussées. Ces hauts-fonctionnaires « trustent » tous les postes de décision dans les six ou sept ministères concernés (à commencer par celui de l’Agriculture où se décide la politique de l’eau en France) puis dans les services concernés de l’Etat (les DREAL, DRIRE et autres DDTM ou MISEN).

 

On retrouve ensuite ce que Marc Laimé appelle les « porteurs d’intérêt » des secteurs de l’agriculture, de l’industrie et leurs fédérations professionnelles, dont évidemment la FNSEA et Veolia, Suez et Saur. Puis viennent les représentants des grands organismes de recherche comme l’OIE (Office international de l’eau) ou le BRGM (Bureau de recherche géologiques et minières) qui prennent de plus en plus d’importance car, selon le livre, on assiste à un détournement progressif de la recherche publique pour des intérêts privés.

 

Marc Laimé explique au fil des quatre-cents pages l’alliance qui s’est nouée et renforcée entre tous les acteurs du lobby depuis que la France, au début des années soixante, a organisé la gestion de ses eaux par bassins versants, via six Agences de l’eau. « Ce modèle de gestion a fait école dans le monde entier, mais ses dérives constituent aujourd’hui le frein majeur aux réformes indispensables à ce système à bout de souffle », constate-t-il.

 

 

- L’absence de tout contrôle démocratique

Son ouvrage n’est pas un livre de plus sur les ententes sur le marché de la distribution et la position dominante de Veolia ou de Suez. Il analyse les causes structurelles qui ont conduit à l’impasse qu’il décrit. « L’action de ce lobby a fait que la gestion de l’eau a graduellement échappé à tout contrôle démocratique. C’est d’ailleurs la seule politique publique financée par l’impôt qui ne fasse l’objet d’aucun contrôle ni à l’Assemblée nationale ni au Sénat. Le résultat est sidérant : on ne connaît ce que coûte la gestion de l’eau dans notre pays qu’à deux milliards d’euros près ! »

 

Pour appuyer sa démonstration et achever de convaincre de l’impuissance des politiques face à la machine bureaucratique contrôlé par le lobby, Marc Laimé relate en détail comment la ministre de l’Ecologie Delphine Batho (vite limogée et remplacé par Philippe Martin qui a abandonné toute velléité de réforme) s’est vu empêchée d’engager tout changement.

 

« Le lobby a fait systématiquement obstacle à toute mesure pouvant s’apparenter à une remise en cause non seulement de la politique de l’eau mais surtout des politiques agricoles qui sont un désastre pour la qualité de l’eau ».

 

Son récit est d’autant plus passionnant et bien étayé qu’il a participé avant et pendant la campagne électorale de François Hollande à un « think tank » interne au PS sur les problèmes que connaît la gestion de l’eau en France et les réformes à conduire.

 

En fait l’histoire ne fait que bégayer. Le lobby de l’eau avait agi de la même façon pour procéder à l’enterrement de la loi Voynet en 2002. Le retour de la gauche au pouvoir en 2012 aurait pu laisser croire à des réformes, aussi urgentes qu’indispensables. « Il n’en a rien été, et c’est même pire », se désole Marc Laimé.

 

Pour en savoir plus :

- Parti de Gauche : "une autre politique agricole est possible"

- L'Europe condamne la France pour ses eaux polluées aux nitrates

- Par Gabriel Amard : L’eau n’a pas de prix. Vive la régie publique !

- Pollution aux nitrates : la France de nouveau condamnée par la justice européenne

- Point de vue de : Benoît BITEAU Parti Radical de Gauche (Secrétaire National (Agriculture) & Délégué Régional)

- La malédiction des phosphates : dans les coulisses polluées et désertifiées de l’agriculture chimique

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 14:55
Partenariats public-privé

Les précurseurs du partenariat public-privé apparaissent au Royaume-Uni en 1992, comme un dernier cadeau empoisonné des années Thatcher. Intitulé « PFI » (Private Finance Initiative), ce mode de contrat parvient vite à se répandre à la fois dans les pays membre de l’OCDE (laquelle ne ménage pas sa peine pour les promouvoir), et dans les pays en voie de développement (auxquels les plans d’ajustement structurel imposent souvent le développement de ces contrats).

Introduits en France par une ordonnance passée sous le gouvernement Raffarin (2004), en application des réglementations européennes visant à réduire l’endettement public, les contrats de partenariat public-privé permettent à la puissance publique (municipalités, collectivités, universités…) de confier à un opérateur privé la maîtrise d’ouvrage, le financement, la construction et l’exploitation d’un équipement contre versement d’un loyer pour une très longue durée, pouvant atteindre quarante ans.

 

- Les PPP : plus chers, moins performants, antidémocratiques

Ces contrats public-privé prennent trois formes différentes en France : contrat de partenariat, bail emphytéotique administratif ou bail emphytéotique hospitalier. Derrière les détails juridiques, quatre éléments les caractérisent et permettent de les regrouper dans une typologie commune, les PPP. Premièrement, il s’agit de contrats attribuant des Droits réels sur une longue durée. Deuxièmement, la maîtrise d’ouvrage est confiée au secteur privé. Troisièmement, leur objet est circonscrit à une mission de service public (accomplie par le privé) ou d’intérêt général. Enfin, en « contrepartie » du financement par le secteur privé, la puissance publique verse un loyer sur la durée du contrat. On verra que cela relève plutôt de l’arnaque…

 

Il s’agit là d’une véritable rupture. En effet, la loi française interdisait depuis 1985 de confier la conception et la construction d’un ouvrage à un même acteur, afin de limiter le poids des grands trusts. Depuis dix ans, et notamment sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le recours à ces Partenariats Public Privé (PPP) a explosé. Cette croissance est d’autant moins explicable qu’elle ne répond à aucun enjeu d’intérêt général : cher, rigide, de mauvaise qualité, le PPP n’a rien pour soi. Ou plutôt, si : il permet à quelques majors de mettre la main sur tout un marché national, et de générer du profit par le biais de quelques infrastructures nécessaires au bonheur collectif. L’endettement public est étendu sur plus longtemps, mais coûte plus cher. En pratique, il s’agit de la capture d’aspects essentiels de notre vie quotidienne par des grands trusts. Avec plus de 7 % de la commande publique exprimée sous forme de PPP, la France était en 2011 championne d’Europe de cette privatisation larvée, qui touche tous les domaines : éclairage public, télécommunications, hôpitaux, bâtiments scolaires, énergie, équipements sportifs, déchets, prisons, routes… Rien n’est épargné !

 

Les PPP opèrent contre deux cibles abstraites : la figure de l’État et l’organisation démocratique de l’intérêt général. Ils désengagent d’abord la personne publique de missions d’intérêt général qui pourtant lui reviennent tout en limitant les marges de manœuvre de réorientation des ressources. Mais les PPP violent aussi les principes fondamentaux de transparence indispensable à toute vie démocratique et d’égalité d’accès aux services publics.

 

Le livre « Partenariats public-privé, pillage et gaspillage » de Mathilde Moracchini et Hadrien Toucel parue aux Éditions Bruno Leprince compile les faits, propose une analyse du bilan déplorable de ces contrats et effectue un tour d’horizon exhaustif, rigoureux et argumenté des enjeux. Plus chers, moins performants, dangereux, instables, monopolistiques, ils contribuent à la dislocation de la puissance publique et placent nos vies entre les mains d’une poignée de trusts. Il est urgent d’y mettre fin..

 

Une initiative rigoureuse pour répondre, point par point, aux mythes qui entourent les PPP. Une lecture indispensable pour tout connaitre de ces contrats et dénoncer un des risques majeurs, et une des armes les plus redoutables des transnationales à l’heure actuelle, pour placer en coupe réglée les vastes pans des économies nationales encore en gestion publique.

 

Mathilde Moracchini, diplômée de management public international, salariée dans l’accompagnement des populations précaires, est membre du secteur « études et arguments » du Parti de Gauche.

 

Hadrien Toucel, doctorant (sociologie économique) dans un laboratoire CNRS, chargé de conférences à l’université, est co-président de la commission Europe et membre du secteur « études et arguments » du Parti de Gauche.

 

Le livre est disponible  ICI

 

Pour en savoir plus sur le sujet :

- Les contrats de partenariat public-privé : « une bombe à retardement budgétaire », selon le Sénat

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 19:20
L'effondrement de la civilisation occidentale

- Si rien n’est fait, qu’adviendrait-il de l’humanité et de la planète à l’aube du XXII ème siècle?

A la rentrée 2013, les deux auteurs publient un article dans le prestigieux journal du MIT, Daedalus.  Devant le retentissement provoqué par la thèse qu’ils défendent et l’angle choisi pour l’exposer, ils étoffent leur texte pour commettre ce qui s’avère être un essai vif et brillant, qui se veut coup de semonce et livre d’alerte sur l’avenir même de notre civilisation.  

 

Deux des plus grands intellectuels aux U.S.A. se posent dans cet essai de prospective la question suivante : pourquoi restons-nous inactifs, alors que nous disposons d’informations scientifiques robustes sur le changement climatique et que nous savons quels terribles événements vont suivre ?

 

Nous sommes en 2093, avènement de l’ «Age de la Pénombre », et les deux historiens futurs se retournent sur leur passé - qui est notre présent et notre avenir (possible). Tout avait pourtant bien commencé avec la création du GIEC en 1988. Mais rapidement le « déni » se répand en faisant valoir l’incertitude des données scientifiques. Les effets du changement climatique s’intensifient, et en 2023, l’année de l’«été perpétuel », il y a 500 000 morts et 500 milliards de dollars de perte. La frénésie pour les énergies fossiles amène les dirigeants à saisir les notes scientifiques sur la fuite de pétrole Bp en 2011. Puis la loi dite de « négation de la hausse du niveau de la mer » est adoptée par certains états. Mais rien n’y fait. La nature se déchaine sans que les mesures nécessaires ne soient prises. Pendant l’été 2041, des vagues de chaleur sans précédent détruisent les récoltes. Panique, émeutes, migration de masse, hausse explosive des populations d’insectes, épidémies. L’ordre social s’effondre dans les années 1950 et les gouvernants, acquis à l’idéologie néolibérale, se retrouvent désarmés devant la nécessité d’une intervention massive de l’état…

 

En imaginant la situation vers laquelle l’humanité s’oriente si rien n’est fait, les auteurs démontrent magistralement le double piège dans lesquels la civilisation occidentale est en train de tomber. Deux idéologies inhibantes dominent : le positivisme et le fondamentalisme de marché. Quand les effets du Grand Effondrement se sont fait sentir, les démocraties n’ont d’abord pas voulu, puis pas pu faire face à la crise. Se trouvant dénué de l’infrastructure et de la capacité organisationnelle pour lutter.

 

Foisonnant d’érudition, fruit d’un travail de prospective scientifique rigoureux, cet essai veut tenter de lutter contre les obscurantismes intéressés afin d’éviter à l’humanité ce que les auteurs nomment « l’Age de la pénombre ». 

 

Par : Naomi Oreskes Erik M. Conway

Éditions : LLL Les Liens qui Libèrent

Date de parution : 30-04-2014
128 pages
14 €

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 13:17
Rothschild, une banque au cœur du pouvoir

Depuis Georges Pompidou, c'est une règle. La banque Rothschild est installée au cœur de la République, au croisement des affaires et de la politique. Dans le livre Rothschild, une banque au pouvoir, notre consœur Martine Orange mène une enquête fouillée sur une institution qui a retrouvé toute sa puissance.

 

Parmi les acteurs croisés, Emmanuel Macron nouveau ministre de l'économie de François Hollande dans le gouvernement  VallsII.

 

Le livre est disponible  ICI

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 08:58
26 septembre - Tonnay-Charentes : projection, débat "Les Arrivants"

Sources : Florence Jadot

Dans le cadre du festival Ecran vert dont Alterenvie(s) est partenaire, nous vous présenterons ce film et un débat avec Elise BONNET, avocate spécialiste du droit des migrants.

  • Tarif unique : 3,50 euros
  • vendredi 26 septembre 2014
  • Centre RICHARD de TONNAY CHARENTE
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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 13:16
Si on parlait du......... coût du capital

À en croire le gouvernement et les médias, la crise économique que nous traversons serait due au « coût » du travail. Les Français seraient trop payés, ne travailleraient pas assez longtemps et auraient des acquis sociaux trop élevés qui limiteraient la compétitivité des entreprises.

 

Tout dément pourtant cette thèse patronale.

 

 

 

 

- Aujourd’hui, lorsque les entreprises font des profits, 80 % sont destinés à rémunérer les actionnaires.

- Un salarié travaille en moyenne vingt-six jours par an pour les actionnaires, contre neuf jours par an au début des années quatre-vingt.

 

C’est ce coût du capital exorbitant qui détruit l’emploi, qui jette les gens dans la rue, qui ravage la planète. En analysant le coût du capital et ses conséquences, les économistes qui ont contribué à cet ouvrage proposent une critique radicale du capitalisme d’aujourd’hui. Ils permettent ainsi de trouver les formules de son renversement.

 

- les auteurs de cet ouvrage :

- Guillaume Etiévant, expert auprès des comités d’entreprise et des organisations syndicales, est secrétaire national du Parti de Gauche à l’Économie et au Travail. Il est membre du bureau de la Fondation Copernic.

- Nolwenn Neveu, professeure agrégée de sciences économiques et sociales, est coprésidente de la commission économie du Parti de Gauche.

- Laurent Cordonnier, Benjamin Coriat, Michel Husson, Paul Jorion, Jean-Luc Mélenchon et Hadrien Toucel ont également contribué à cet ouvrage.

 

- Pour commander : ici

 

 

- Le travail n’est pas un coût, il a un prix..., le problème, c'est le capital !

Le 7 mars 2018, Adrien Quatennens était l'invité de David Pujadas sur LCI. Au programme : "super riche, super profit : chance ou scandale ?"
 

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 18:10
http://www.leconomiepolitique.fr/page.php?rub=07&srub=02&ssrub=01

http://www.leconomiepolitique.fr/page.php?rub=07&srub=02&ssrub=01

Source : le parti de Gauche Midi Pyrénées extrait de L'Economie politique n°63 juillet 2014

Définir ce que pourrait être une politique économique de gauche est, dans le contexte actuel, un exercice aussi périlleux que nécessaire. Plutôt que de dérouler un programme, cette contribution se borne à proposer des remarques de méthode, après avoir succinctement rappelé les raisons de l’échec de l’orientation de François Hollande.

 

Deux tâches semblent aujourd’hui indispensables si l’on veut esquisser un programme alternatif : abandonner le fétichisme des outils et des normes pour redéfinir les objectifs d’une politique de gauche, et prendre la mesure exacte du degré de rupture nécessaire.

 

- L’échec annoncé du « socialisme de l’offre »

La situation actuelle, économique et politique, peut au fond s’expliquer par le grand écart qui existe entre la profondeur de la crise et les postulats fondamentaux de la politique de François Hollande. La crise est profonde, tout le monde le reconnaît, mais sans en mesurer réellement l’ampleur et ce qu’elle implique. Cette crise est d’abord une perte considérable et irréversible de production, d’emplois et de productivité, bref une déviation durable par rapport à la trajectoire antérieure. A cela s’ajoute le fait que les rentiers n’ont pas « pris leurs pertes » et qu’un stock considérable de dettes s’est ainsi accumulé. Plus fondamentalement, cette crise est aussi celle d’un mode de fonctionnement particulier du capitalisme auquel il est difficilement concevable de revenir. Les politiques menées aujourd’hui en Europe visent pourtant à rétablir par la force ce mode de fonctionnement, en profitant de la crise pour faire passer les réformes structurelles qui équivalent à une régression du double point de vue des dépenses sociales et du statut du salarié.

 

Face à cette thérapie de choc, une orientation sociale-libérale pouvait-elle représenter une alternative viable ou au moins une tactique d’évitement ? Tel était en somme le projet de François Hollande qui reposait, avant même son supposé tournant du début de 2014, sur deux postulats essentiels : tout miser sur la reprise de la croissance et en même temps revenir à l’équilibre budgétaire.

 

François Hollande est depuis longtemps convaincu que la croissance est le seul moyen de créer des emplois, et le préalable à toute redistribution des richesses. C’est ce que montre bien un entretien accordé à cette même revue en 2008[1] , alors qu’il n’était encore que le premier secrétaire du Parti socialiste. A la première question, qui lui demandait s’il fallait « agir politiquement sur la répartition de la valeur ajoutée entre salaires et profits », sa réponse immédiate fut la suivante : « ce qu’il faut d’abord, c’est créer plus de valeur ajoutée. La gauche ne peut s’intéresser à la seule répartition. Elle doit régler l’insuffisance de création de la richesse. » Et il ajoutait - déjà - que le nécessaire soutien de la demande « ne peut être efficace que s’il s’accompagne d’une politique de l’offre. »

 

Pendant sa campagne, François Hollande avait tout aussi clairement affirmé la nécessité de « rééquilibrer nos comptes publics dès 2013 (...) pas pour céder à je ne sais quelle pression des marchés ou des agences de notation mais parce que c’est la condition pour que notre pays retrouve confiance en lui [2]. Dès décembre 2011, sa conseillère Karine Berger (alors directrice marchés et marketing chez Euler Hermes) chiffrait - déjà - à 50 milliards d’euros l’effort budgétaire à consentir [3]. Enfin, pour contrebalancer le fameux discours du Bourget désignant « le monde de la finance » comme son seul adversaire [4] , François Hollande s’était empressé de le rassurer : « la gauche a été au gouvernement pendant quinze années durant lesquelles nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a pas de grande crainte à avoir . [5] »

 

Ce projet ne pouvait fonctionner, pour une raison simple qu’il était facile d’anticiper : les deux postulats ne sont pas compatibles [6]  : la croissance s’éloigne à proportion de l’austérité budgétaire, c’est un fait aujourd’hui bien établi. Quelques années plus tard, François Hollande est toujours dans l’attente du « retournement » de la conjoncture.

 

 

- Partir des objectifs

La question qui reste entière est au fond celle-ci : pourquoi un gouvernement de gauche ne mène pas vraiment une politique de gauche ? Avant d’essayer d’y répondre, il faut donc se demander ce que pourrait être cet autre « retournement », celui qui conduirait vers une véritable politique de gauche. Pour répondre à cette question préalable, il faut procéder à un autre retournement, qui consiste à définir une telle politique par ses objectifs, plutôt que comme une modalité supposée plus « sociale » d’adaptation à des contraintes acceptées comme telles. Il faut donc inverser les fins et les moyens et dire d’emblée ce que devraient être ces objectifs.

 

Ils pourraient être simplement résumés ainsi : assurer à toutes et tous un emploi et/ou un revenu décents, l’accès à des services publics de qualité et, pourrait-on dire aussi, une planète décente. Bref la common decency de George Orwell. Plutôt que fétichiser les contraintes et les outils, la bonne méthode est de partir de la définition des objectifs et d’utiliser tous les moyens de la puissance politique pour y parvenir.

 

Toute une série de règles ou de recommandations, doivent être reconsidérées de ce point de vue, qu’il s’agisse par exemple de la sortie de l’euro ou de l’équilibre budgétaire : ni l’une ni l’autre ne devrait être une fin en soi.

 

 

- L’emploi d’abord

On peut dérouler cette logique à partir de la question centrale qui est aujourd’hui celle de l’emploi. De ce point de vue, l’avenir est sombre : selon la Commission européenne, le taux de chômage devrait passer de 10,8 % en 2013 à 11 % en 2015, et de 12,1 % à 11,7 % pour l’ensemble de la zone euro [7] . On voit mal dans ces conditions comment on pourrait envisager un recul significatif du chômage de masse dans les années à venir. Il serait donc grand temps pour la gauche de faire d’un retour au plein emploi la priorité des priorités.

 

Il se trouve que les deux seules pistes possibles sont tout à fait contraires à l’air du temps : ce sont la réduction du temps de travail et l’Etat employeur en dernier ressort.

 

Cette dernière piste a été relancée récemment par Cédric Durand et Dany Lang [8] qui reprennent les suggestions de Hyman Minsky [9] . Cette référence est importante parce que Minsky a développé une critique rigoureuse du postulat cher à Hollande selon lequel « la croissance économique est désirable et (...) est réglée par l’investissement privé » [10]. Il renouait ainsi avec le véritable message de Keynes, pour qui « le problème vraiment fondamental » était « de fournir un emploi à chacun  » [11] et qui s’indignait ainsi : « La force de travail de l’ensemble des chômeurs est disponible pour augmenter la richesse nationale. Il serait fou de croire que l’on irait à la ruine financière si l’on cherchait à l’employer et qu’il serait plus raisonnable de perpétuer l’inactivité » [12].

 

Il y aurait là un retournement fructueux [13] et adapté aux pays les plus touchés par la crise. Une étude prospective récente [14] portant sur la Grèce compare plusieurs stratégies de sorties de crise (« plan Marshall », moratoire sur les intérêts de la dette, émission de nouveaux titres de la dette) et montre que, compte tenu de la faible élasticité-prix du commerce extérieur grec, la meilleure stratégie est celle de l’Etat employeur en dernier ressort, qui a des « effets immédiats dur le niveau de vie tout en réduisant l’impact sur la dette extérieure. »

 

Certes, cela suppose d’inverser la logique capitaliste, selon laquelle il faut être rentable pour être employable. C’est d’ailleurs le fond des analyses dominantes du chômage : ce dernier s’expliquerait toujours par un « coût du travail » trop élevé par rapport à la productivité individuelle des travailleurs les moins qualifiés, ou par rapport aux normes salariales s’établissant sur le marché mondial. De ce point de vue, les allégements de « charges » ont pour fonction de rendre rentables, donc employables, une partie des candidats à l’emploi. Mais le potentiel de créations d’emplois que l’on peut attendre de telles mesures est faible, coûteux, voire nul. Le principe de l’Etat comme employeur en dernier ressort remet au contraire les choses à l’endroit : il y a des millions de personnes qui cherchent un emploi d’un côté, des besoins à satisfaire de l’autre.

 

Pourquoi la société devrait-elle se priver de cet apport potentiel ? Un calcul de coin de table montre qu’un million d’emplois publics payés au salaire moyen coûterait à l’Etat 16,4 milliards d’euros [15] , à comparer par exemple aux 30 milliards d’euros accordés aux entreprises sans aucune garantie de création d’emplois.

 

Le deuxième grand retournement serait de renouer avec la réduction du temps de travail dans le secteur privé. La réduction de la durée du travail a, contrairement au discours patronal, fait ses preuves. Près de deux millions d’emplois ont été créés entre 1997 et 2002, et la courbe de l’emploi a franchi une spectaculaire marche d’escalier qui n’a pas été redescendue ensuite. [16]

 

 

- La peau de chagrin de la social-démocratie

Utopisme, surenchère, calculs de coins de table et politique de gribouille : on voit bien à quoi s’exposent de telles propositions. Ces réactions trop prévisibles posent cependant une question de fond :

  • pourquoi ce qui a fonctionné pendant des décennies [la recherche du plein emploi et la réduction du temps de travail] apparaissentt aujourd’hui comme autant d’inaccessibles mirages ?
  • Pourquoi des pistes qui auraient pu être en d’autres temps qualifiées de réformistes ou social-démocrates sont-elles dorénavant tenues pour ultra-radicales ?

 

Une explication de ce paradoxe nécessiterait une analyse de fond de la crise et de la période qui l’a précédée [17] . On peut l’esquisser de la manière suivante : depuis le milieu des années 1970, la productivité du travail a fortement ralenti. Or, c’étaient les gains de productivité élevés qui avaient permis la mise en place en France et en Europe d’un capitalisme relativement régulé et susceptible de redistribuer ces gains de productivité sous forme de créations d’emplois, de baisse de la durée du travail et de développement de l’Etat social. La source s’étant tarie, le capitalisme néo-libéral n’avait comme recours qu’une baisse de la part des salaires, la montée de la précarité du travail, et un grignotage de l’Etat social. La crise a fait éclater cette configuration fondamentalement instable et laisse les sociétés embourbées dans une récession chronique qui s’accompagne du maintien ou du creusement des inégalités, de l’enkystement du chômage de masse et de l’effet corrosif des réformes dites structurelles. Et cet épuisement des gains de productivité implique aussi un rétrécissement continu du champ social-démocrate parce que sa base matérielle s’est réduite comme une peau de chagrin.

 

On se trouve donc à la croisée des chemins. Le choix est entre une gestion « paramétrique » de la configuration héritée des décennies néo-libérales et une bifurcation systémique vers un autre modèle de développement. Le véritable levier qui permet de passer d’une orientation à l’autre est, contrairement au postulat fondamental de François Hollande, une modification significative de la répartition des revenus, et non la quête illusoire d’un taux de croissance élevé.

 

Compte tenu de la configuration néo-libérale, il n’y a en effet aucune garantie qu’un retour de la croissance conduise à une répartition plus égalitaire, et l’expérience montre que la défense des droits de tirage acquis sur la richesse par une étroite couche sociale est en soi un facteur récessif.

 

La question de la répartition est donc la question-clé que l’on peut rapporter aux deux leviers de créations d’emplois évoqués plus haut. La viabilité de la réduction du temps de travail suppose de revenir sur la captation des gains de productivité par les rentiers et la création ex nihilo d’emplois publics implique une réforme fiscale et un financement du déficit public en dehors des marchés financiers.

 

Mais le critère le plus décisif est la compatibilité avec la perspective d’une transition écologique. Il devrait être clair de ce point de vue que le « socialisme de l’offre » ne répond pas à ce critère. En donnant la priorité à la compétitivité et à l’équilibre budgétaire, il barre la route au financement public d’investissements utiles et donne la priorité à un projet assez vain de reconquête des parts de marché perdues. La priorité à l’emploi esquissée plus haut est au contraire compatible avec la nécessaire bifurcation vers un autre modèle de développement moins productiviste et plus centré sur la satisfaction des besoins sociaux. Elle ne conduit d’ailleurs pas forcément à la décroissance mais à un autre contenu de la croissance.

 

 

- Les ruptures nécessaires

Pour mettre en œuvre une telle orientation et sortir par le haut de la crise, il faudrait au fond, pour reprendre une forte formule de Patrick Artus : « accepter un rendement plus faible des placements, une rentabilité plus faible du capital [18] . » Ce principe, abstrait mais profondément juste, permet de mesurer l’ampleur du défi. Et l’on pourrait le décliner en répétant qu’aucune alternative n’est possible si on ne lève pas l’hypothèque de la dette et si on laisse inchangée la répartition des revenus. Les nécessaires ruptures ont donc deux cibles principales qui n’en sont au fond qu’une seule : il s’agit de revenir sur les privilèges accumulées par une couche sociale étroite et dont le maintien est en quelque sorte garanti constitutionnellement par les institutions et les traités européens.

 

Il faut alors distinguer deux points de vue. D’un côté, on peut raisonnablement considérer que ces ruptures sont totalement hors de portée dans la conjoncture politique et sociale actuelle. Mais, si de telles ruptures ne sont pas amorcées, alors il est tout aussi raisonnable de penser que la perspective des années à venir restera marquée par le chômage de masse et la régression sociale.

 

La limite fondamentale du social-libéralisme est alors la suivante : il se refuse à amorcer les ruptures nécessaires parce qu’elles impliqueraient un degré d’affrontement social qu’il n’est pas disposé à assumer. Et le capitalisme ne dégage plus (en tout cas en Europe) les gains de productivité qui constituaient la base matérielle de la social- démocratie [19].

 

 

- Un programme « à trois étages »

On peut alors se risquer à esquisser les grandes lignes d’un programme de transformation sociale qui devrait aller bien au-delà d’une politique « de demande », autrement dit une relance par la consommation. Il combinerait trois « étages » qui doivent s’emboîter :

 

1 - Le premier est celui de la rupture, qui poursuit trois objectifs : se donner les moyens d’une autre politique en se protégeant des mesures de rétorsion prévisibles, réparer les dégâts de la crise, et construire d’emblée une double légitimité. Légitimité sociale par l’amélioration immédiate des conditions d’existence de la majorité en donnant la priorité aux bas revenus (Smic et minima sociaux) ; légitimité européenne en rompant avec l’euro-libéralisme, non pas à la recherche d’une issue nationale, mais au nom d’un projet alternatif susceptible d’être étendu à l’ensemble de l’Europe.

 

2 - Le deuxième étage est celui de la bifurcation. Il vise à enraciner le processus de transformation notamment par des créations massives d’emploi (réduction du temps de travail et créations ex nihilo d’emplois utiles) et par la mise en place d’un nouveau statut du salarié. C’est le moyen d’enclencher le grand renversement qui doit déconnecter les emplois de la rentabilité dont ils peuvent être porteurs. Dans ce processus, la légitimité sociale peut se renforcer par les droits nouveaux des travailleurs notamment sous forme d’un contrôle sur les modalités de la réduction du temps de travail et sur la réalité des emplois créés.

 

3 - Enfin, le troisième étage est celui de la transition vers un nouveau mode de développement, fondé sur trois ensembles de principes :

  • démarchandisation et extension des services publics ;
  • relocalisations et nouvelles coopérations internationales ;
  • planification écologique et nouvelle politique industrielle.

 

Ces trois « étages » doivent être présents dès le départ, tout en prenant en compte les rythmes différents. Ainsi, la revalorisation du Smic et des minima sociaux est une mesure qui peut et doit être prise immédiatement. Mais elle n’est pas suffisante en soi et doit être combinée avec la mise en place d’un mode de satisfaction non marchand des besoins sociaux. Prenons l’exemple du logement : on sait que l’explosion des loyers est l’une des principales causes de la dégradation du niveau de vie.

 

Dans ces conditions, faut-il indexer les salaires sur les loyers ou encadrer ces derniers et entreprendre un programme de construction de logements ? Clairement, il faut basculer d’une logique de préservation immédiate du pouvoir d’achat à une logique d’offre de logements à des prix décents tout en sachant qu’elle ne peut avoir d’effets instantanés.

 

Cette démarche a le mérite d’apporter une réponse cohérente et adaptée à la nouvelle période ouverte par la crise. Elle peut, encore une fois, sembler utopique ou exagérément radicale. Mais, d’un autre côté, le projet social-libéral d’adaptation aux règles du jeu actuelles est suicidaire et c’est pourquoi Hollande semble condamné à suivre la même trajectoire que celle de Zapatero en Espagne. Seul un sursaut pourrait permettre de faire dévier cette trajectoire : un « retournement » n’y suffira pas.

 

 

Notes

[1] « Quelle politique économique pour la gauche ? », entretien avec François Hollande, L’économie politique n°40, octobre 2008.

[2] » Dès décembre 2011, sa conseillère Karine Berger (alors directrice marchés et marketing chez Euler Hermes) chiffrait - déjà - à 50 milliards d’euros l’effort budgétaire à consentir

[2] François Hollande, «  La dette est l’ennemie de la gauche et de la France  », LeMonde.fr , 16 juillet 2011.

[3] Marc Joanny et Jean-Baptiste Vey, «  Hollande pour un effort budgétaire de 50 milliards en 2012-2013  » décembre 2011, latribune.fr , 18 novembre 2011.

[4] Discours de François Hollande au Bourget , 22 janvier 2012.

[5] The left was in government for 15 years in which we liberalised the economy and opened up the markets to finance and privatisations. There is no big fear , «  François Hollande seeks to reassure UK and City of London  », The Guardian , 14 février 2012.

[6] Les mises en garde n’ont pas manqué ; voir par exemple le Manifeste des économistes atterrés , Octobre 2011.

[7] Commission européenne, Prévisions d’hiver 2014 : la reprise gagne du terrain , 25 février 2014.

[8] Cédric Durand et Dany Lang, «  L’Etat, employeur en dernier ressort  », Le Monde Economie , 7 janvier 2013.

[9] Hyman P. Minsky, «  The Strategy of Economic Policy and Income Distribution  », Annals of the American Academy of Political and Social Science , vol. 409, 1973 ; Stabilizing an Unstable Economy , McGraw-Hill, 2008 [1986].

[10] Economic growth is desirable, and the growth rate is determined by the pace of private investment .

[11] “The real problem fundamental yet essentially simple... [is] to provide employment for everyone ”, Keynes, Collected Writing , volume XXVII, 1980, p. 267, cité par Alan Nasser, «  What Keynes Really Prescribed  », CounterPunch , vol.19, n°19, 2012.

[12] “The whole of the labor of the unemployed is available to increase the national wealth. It is crazy to believe that we shall ruin ourselves financially by trying to find means for using it and that safety lies in continuing to maintain idleness”, Keynes, Collected Writing , volume XIX, 1981, p. 881, cité par Alan Nasser.

[13] Pour des propositions plus récentes et quelques exemples d’expériences, voir : Pavlina R. Tcherneva « Full Employment : The Road Not Taken  », Levy Economics Institute, March 2014.

[14] Dimitri B. Papadimitriou, Michalis Nikiforos, Gennaro Zezza «  Prospects and policies for the Greek economy  », Levy Economics Institute, February 2014.

[15] Ce calcul tient compte des prestations économisées, des recettes fiscales supplémentaires et des frais de fonctionnement induits. Voir Anne Debrégeas, «  Combien coûte un million d’emplois publics  », juillet 2013.

[16] Michel Husson et Stéphanie Treillet, «  La réduction du temps de travail : un combat central et d’actualité  », ContreTemps n° 20, 2014 ; Michel Husson, «  Unemployment, working time and financialisation : the French case  », Cambridge Journal of Economics , 2013.

[17] Michel Husson, «  Le capitalisme embourbé  », dans Hadrien Buclin, Joseph Daher, Christakis Georgiou et Pierre Raboud (dir.), Penser l’émancipation , Offensives capitalistes et résistances collectives , La Dispute, 2013.

[18] Patrick Artus, «  Et maintenant, que faut-il faire  ? », Natixis, Flash n° 42, 29 janvier 2008.

[19] Michel Husson, «  Economie politique du social-libéralisme  », Mouvements n 69, printemps 2012.

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 15:34
19 Août 1944 début de l'insurrection du peuple parisien pour se libérer sous le commandement d'Henri Rol-Tanguy

Animateur des Brigades internationales, au cœur de la Résistance pendant la libération de Paris, Henri Tanguy (1908-2002) fut l’une des figures héroïques de sa génération, l’un des hommes qui, sans tenir compte des revirements partisans, ont affronté le fascisme sans relâche.

 

Roger Bourderon s’attache ici aux trois visages de Rol-Tanguy, des usines Talbot, lieu de ses premiers combats militants, au PC souterrain de la place Denfert, quartier général de l’insurrection d’août 1944. Le communiste, entre jeune dans l’élite ouvrière des métallos, syndicaliste de choc. Le résistant : commissaire politique de la 14ͤ brigade internationale ; acteur majeur de la résistance armée de 1941 à 1944, devenu Rol en hommage à un camarade tombé en Espagne ; chef régional des FFI au moment de la libération de Paris, et comme tel, cosignataire de la capitulation allemande au côté de Leclerc. Le soldat : officier exemplaire des campagnes de France et d’Allemagne, relégué pour cause de guerre froide, de 1947 à 1962, au dépôt central des isolés à Versailles.

 

Fondée sur des archives et des témoignages inédits, cette biographie fait revivre une grande figure de combattant du XX ͤ siècle qui fut aussi un ardent militant de la mémoire de la guerre d’Espagne et de la Résistance. « De février 1937 au 8 mai 1945, j’ai toujours été au combat ; j’ai encore, dans le corps, une balle de mitrailleuse qui m’a frappé, le 18 juin 1938, sur le front de l’Ebre. »

 

Le livre est disponible  ICI

 

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Le 10 août 1944, c'est le début de la la grève insurrectionnelle des cheminots contre les nazis jusqu’aux grèves contre le libéralisme

 

 
 
 
Sources :  Le Parti de Gauche Midi Pyrénnées par Jacques Serieys - mise à jour 22 août 2014
 

Plan :

1) Les cheminots dans la Résistance

2) La grève insurrectionnelle de la Libération

3) Tous les 10 août : Commémoration de la grève insurrectionnelle du 10 août 1944

 

- 1) Les cheminots dans la Résistance

Créée à la veille de la guerre, le 1er janvier 1938, la Société Nationale des Chemins de fer français, représente alors la plus grosse entreprise de France avec ses 500 000 cheminots, munis d’une forte identité ouvrière collective : 8 cheminots sur 10 sont syndiqués.

 

Sous le régime de Vichy et l’Occupation, les cheminots vont subir de nombreuses attaques comme l’essai d’imposer un syndicat corporatif unique à travers la « Charte des cheminots », comme la réquisition de 10000 d’entre eux pour travailler en Allemagne.

 

Les cheminots forment pourtant la branche professionnelle la plus représentée dans la Résistance.

" En raison des facilités de circulation dont ils disposent et des multiples services qu’ils peuvent rendre aux organisations clandestines, les employés de la SNCF sont parmi les professions les plus sollicitées pour intégrer la Résistance organisée ou lui apporter une aide ponctuelle. Le recrutement est également favorisé par la force des solidarités professionnelles, syndicales ou politiques qui caractérise la corporation"

 

" Pendant l’occupation, les cheminots agissent en aidant d’abord les soldats français et britanniques prisonniers à passer en zone non occupée puis, avec le temps, ce type d’aide s’élargit aux aviateurs alliés, aux Juifs, aux réfractaires au travail en Allemagne, aux résistants entrés dans la clandestinité. Les cheminots jouent également un rôle-clé dans la diffusion de la presse clandestine, grâce à laquelle la plupart des grandes organisations clandestines développent leur influence(notamment le PCF en zone occupée et les grands mouvementsde zone sud). Quant au sabotage ferroviaire, les cheminots y contribuent surtout de façon indirecte, mais primordiale, en renseignant sur les transports allemands et en contribuant à la préparation du « plan vert » : le plan de paralysie du réseau ferroviaire simultané au débarquement de Normandie... C’est à partir du débarquement que la participation des cheminots au sabotage des voies et du matériel, par leurs conseils ou leur action directe, est amplement attestée". (exposition sur les cheminots et la Résistance, Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris Musée Jean Moulin dossier de presse)

 

Le bilan humain donné par l’historien Paul Durand est lourd : plusieurs centaines de cheminots fusillés, plus de 1 100 cheminots morts en déportation sur 2 480 déportés, 2 361 tués en service ou hors service.

 

Je ne peux terminer ce rappel sans insister sur une évidence synthétisée par François Mauriac, pourtant étranger socialement et politiquement à ce milieu "La classe ouvrière française, dans ses profondeurs, est seule à être restée fidèle à la patrie profanée."

 

 

- 2) La grève insurrectionnelle de la Libération

10 août 1944. Le comité central de grève des cheminots lance la grève insurrectionnelle contre l’occupant nazi et le régime de Vichy. Il s’agit là d’une des plus belles pages de l’histoire ouvrière internationale.

 

Voici l’exemple du dépôt de Montrouge :

Le 10 août, aux environs de neuf heures du matin, Georges Prunault, adjoint de Robert Herniot, responsable des comités populaires clandestins parmi les cheminots, prend la parole, protégé par un groupe de FTP : " Plus un train pour les nazis. " En quelques minutes, le résistant donne le signal de la grève générale avec occupation des locaux. Mais le dépôt reste sous la garde de soldats allemands. Aussi, le 13 août, une centaine de combattants commandée par le colonel Fabien l’attaque victorieusement. Les affrontements ont été particulièrement violents. Fabien lui-même est blessé à la jambe tandis que le FTP Maurice Delsupexhe est tué. ( L’Huma 19 août 2004);

 

Le syndicat CGT relaie largement l’appel. Le 10 août, après une manifestation de près de 1 000 personnes à Villeneuve-St-Georges, l’Union départementale du Val de Marne juge le climat effectivement favorable au déclenchement de la grève des cheminots en région parisienne.

 

A Vitry, Ivry, Montrouge, la population soutient les grèvistes.

Le 13 août, 3000 agents de la Compagnie du Métropolitain cessent également le travail. La grève se généralise ensuite créant de grosses difficultés pour les troupes hitlériennes en repli.

 

De plus, la réussite de la grève des cheminots et des traminots donne confiance à de nombreuses entreprises et professions qui entrent également dans la grève insurrectionnelle et vont participer en particulier aux combats pour la libération de Paris.

 

Cette grève insurrectionnelle dans une région parisienne encore occupée par les troupes du Reich a valu aux cheminots une distinction collective. A la Libération, ils ont reçu la Croix de guerre avec palme et la légion d’Honneur.

 

 

- 3) Tous les 10 août : Commémoration de la grève insurrectionnelle du 10 août 1944

Tous les 10 août, plusieurs sites ferroviaires commémoreront la grève insurrectionnelle du 10 Aout 1944.

 

Cette journée constitue un trait d’union entre la société et tous les cheminots, elle fait partie de notre histoire collective.

 

Ces dernières années, notre société a énormément souffert de ces divisions et oppositions qui ont affectées la cohésion sociale de notre pays.

 

Au-delà de s’atteler à recréer du lien social, nous avons la responsabilité collective d’entretenir ce devoir de mémoire et ainsi les transmettre aux prochaines générations.

Il ne faut surtout donc pas oublier que la corporation cheminote a payé un lourd tribut pendant l’occupation nazie avec notamment :

- 8938 cheminots qui ont laissé leur vie.

- 15977 cheminots qui ont été blessés pour faits de résistance

- 1157 qui sont morts en déportation.

L'Humanité du 23 août: Crédit :  Archives Humanité

L'Humanité du 23 août: Crédit : Archives Humanité

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Libération de Paris (24 au 26 août 1944) par les chars... espagnols de la nueve !

 

 

 

Le 24 août 1944, la 9ème compagnie du Régiment de marche du Tchad enfonce, Porte d’Italie, la ligne formée par la garnison allemande (environ 16000 à 20000h à ce moment-là).

 

Cette troupe d’élite de la 2ème DB est composée en particulier de 11 half-tracks. Son objectif consiste à trouer la résistance allemande pour aller renforcer les Parisiens insurgés qui ont pris l’Hôtel de Ville, en plein centre de la capitale. A 21h22, ils arrivent à destination.

 

Ces hommes-là étaient des républicains espagnols engagés dans l’armée française pour vaincre le fascisme. Pendant 60 ans, ils n’ont même pas été invités aux commémorations.

 

Premiers soldats de la France libre à entrer dans la capitale occupée, les Républicains Espagnols de "La Nueve" (la 9e) sont les héros oubliés de la victoire des Alliés contre l'occupation nazie. La Ville de Paris leur a rendu hommage le 24 février 2014 en remettant la Grande Médaille de Vermeil à trois de ses survivants.

 

Pour en savoir plus :

- 24 août 2014 hommage rendu aux combattants espagnols de la Nueve

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 13:57
Dans son livre L'Imposteur, Jacques Cotta décortique la politique de François Hollande

Dans cet ouvrage, l'auteur et journaliste [1] dévoile le résultat d'une enquête récente auprès de sénateurs et députés afin de « démontrer l'imposture de la politique de François Hollande, basée sur les mêmes actions que son prédécesseur avec des promesses éléctorales toutes autres ».



- Document choc
Dans cet ouvrage, de nombreux enjeux sont analysés par l’auteur : chômage, rapport entre maintien de l’emploi et compétitivité des entreprises, éducation, démocratie et répartition des pouvoirs, mais aussi Europe et place de la France dans le monde aujoud’hui.

 

- Témoignages de députés et sénateurs
À mi-chemin du mandat Hollande, ce document nourri de cas concrets et de témoignages récents, s’appuie notamment sur les révélations de députés et de sénateurs de la majorité expliquant les raisons de leur déception face à la politique du gouvernement en place.


Fort de son travail auprès des concitoyens en difficultés comme des privilégiés, Jacques Cotta partage les conclusions brûlantes d’une enquête de terrain récente, permettant d’évaluer les engagements et promesses du Président Français. « Le changement, c’est maintenant ! »

 

Note :

[1] Jacques Cotta, journaliste en charge de la série de documentaires « Dans le secret de… » sur France 2, a réalisé de nombreux films d’investigation dont Front national, la nébuleuse (7 d’Or) et rédigé plusieurs ouvrages parus aux éditions Fayard et J.C. Gawsewitch

- L'imposteur, un livre de Jacques Cotta (entretien avec l'auteur)

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 14:55
Osons le protectionnisme

Mondialisation libérale ou protectionnisme solidaire, il faut choisir !

 

Le libre-échange est une idéologie réactionnaire qui enchaîne les peuples au capitalisme financier et productiviste de notre époque. Nous lui opposons une voie progressiste permettant à la souveraineté populaire d’engager une transformation radicale de notre modèle économique et social. Notre protectionnisme n’est pas une fin en soi mais l’outil de la transition écosocialiste que nous proposons pour la France et l’Europe. C’est un levier puissant pour garantir des droits sociaux élevés et surmonter la crise écologique.

 

Cet ouvrage reprend la bannière, trop délaissée par la gauche, de l’affrontement avec le dogme libre-échangiste et la construction libérale de l’Europe, que la signature du Grand Marché Transatlantique est censée couronner. Il est temps d’en sortir ! 

 

Cette contribution pose les jalons d’un autre modèle d’échange international, en avançant des mesures concrètes pour une gauche ambitieuse et crédible.

 

- Boris Bilia, haut fonctionnaire et statisticien-économiste, responsable du secteur Argumentaires du Parti de Gauche, coauteur du Manifeste pour une Révolution fiscale et du Manuel citoyen d’économie.  

- Sandro Poli, doctorant en économie est coprésident de la commission Économie du Parti de Gauche et coauteur du Manuel citoyen d’économie.

 

Le livre est disponible  ICI

 

 

- Débat : osons le protectionnisme ! Quelles armes face au libre échange ?

Avec François Ruffin (journaliste, il crée le journal d'extrême-gauche Fakir), Susan Georges (ex vice-présidente d'Attac France) et Martine Billard (co-présidente du Parti de Gauche)

Sur le même sujet, lire aussi :

- Qu’est-ce que le protectionnisme ?

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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 16:42
Le Capital au XXIe siècle

Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées

Une véritable spectroscopie des inégalités de revenus et de patrimoines depuis plus de deux siècles.

 

Le livre de Thomas Piketty  "Le capital au XXIème siècle" (972 pages) dépasse de très loin toutes les études antérieures émanant d’organismes officiels, de travaux universitaires ponctuels.

  • Sommaire du livre en CLIQUANT  ICI
     
  • L’introduction est disponible en ligne en CLIQUANT  ICI
     

- Présentation

Il s’agit du travail le plus important qui n’ait jamais été réalisé sur cette question. Il a réuni une quinzaine de chercheurs de différentes nationalités et étudie le phénomène des inégalités non seulement en France mais dans plusieurs pays.

 

En outre, l’étude de cette inégalité de revenu et de patrimoines est abordée aussi du point de vue historique sur une période d’au moins deux siècles. Il a fallu franchir un nombre d’obstacles considérables pour réunir une telle somme de données et de les confronter les unes aux autres

 

Même si cet ouvrage prétend énoncer deux lois régissant le système capitaliste, portant sur le rapport entre le revenu national et le stock de capital, ces lois sont plus des procédés de calcul permettant des comparaisons homogènes sur de longues périodes, plutôt que des lois bâties sur un édifice théorique.

 

Il ne s’agit pas d’un ouvrage de théorie économique mais d’une publication plutôt de caractère pragmatique et statistique. Cela évidemment n’empêche pas l’auteur d’avancer des explications sur l’origine et le développement de ces inégalités. Piketty n’est en rien un successeur de Marx auteur du fameux Capital d’abord parce qu’il n’est pas marxiste et d’autre part parce qu’il ne possède pas la puissance théorisation de Marx. Il ne faut donc pas demander à cet ouvrage ce qu’il n’est pas. Il n’en reste pas moins vrai que malgré les faiblesses théoriques, c’est maintenant devenu un ouvrage incontournable pour quiconque s’intéresse sérieusement au phénomène d’inégalités de revenus et de patrimoines.

 

Après une première phase de publicité au moment de sa parution en septembre 2013, silence radio pendant six mois, et à ma connaissance, aucun débat sérieux de grande envergure à la hauteur des enjeux de cet ouvrage n’a eu lieu dans les grands médias, puis à partir de mars avril 2014 renouveau d’intérêt car le succès du livre aux USA est considérable du fait que le problème des inégalités devient central dans la bataille politique qui secoue les États-Unis suite notamment en conséquence la crise financière.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 11:35
Terres de Gauche - Abécédaire des radicalités concrètes

Cet abécédaire est une boîte à outils, pleine d’initiatives locales. C’est un ouvrage sûrement incomplet qui en appellera d’autres, mais déjà riche de radicalités concrètes, de réflexions pour l’action politique municipale de chaque jour. Ces matériaux ont été retenus par Gabriel Amard, secrétaire général de l’association La Gauche par l’exemple et Président de l’agglomération Les Lacs de l’Essonne, pour ce qui les démarque des gestions municipales « molles », fainéantes et capitulardes face à l’idéologie dominante de la doxa capitaliste.

 

Le déploiement des services publics, la défense de la laïcité, l’urgence écologique, la résistance aux agences de notation, la bataille pour l’égalité des droits doivent trouver des traductions en actes dans l’action municipale. Terres de Gauche est un premier étendard qui « claque » pour donner le signal du rassemblement à tous les résistants. Citoyens, militants associatifs, élus d’opposition comme de majorité, si vous avez le cœur à gauche, ne vous résignez pas, ne capitulez jamais, la gauche conquérante est de retour.

 

Terres de gauche, abécédaire des radicalités concrètes est réalisé à partir des textes de : Mathieu Agostini, Gabriel Amard, Paul Ariès, Vincent Assante, Léa Batoux, Nacer Benrajeb, Maryse Berger, Tony Bernard, Alain Berthault, Christine Binant, Philippe Bluteau, Jacky Bortoli, Damien Calvignac, Gilles Clément, Yannick Delord, Jean-Jacques Deluchey, Alain Divo, Sophie Duvauchelle, Laurent Escot, Daria Drissi, Bruno Fialho, Romain Jammes, Christophe Laluque, Anne-Marie Laurent, Yves Le Hen, Eduardo Meneses, Françoise Minetti, Corinne Morel-Darleux, Patrice Perdereau, Jean-Paul Pla, Emmanuel Poilane, Juliette Prados, Gilles Rémignard, Philippe Rio, Joseph Rossignol, Arnaud Thomas, Nathanaël Uhl.

ISBN : 978-2-36488-024-5 288 pages  I  Ft : 12 x 17 cm I  Prix public : 8 euros

 

Télécharger le bon de commande ICI

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 16:30
Un livre au service du peuple : Jacques Généreux explique l’économie à tout le monde

- L’économie n’est pas seulement une affaire de spécialistes. C’est aussi l’affaire de l’ensemble des citoyens.
Dans la meilleure tradition de "l’Éducation populaire", Jacques Généreux a publié récemment un ouvrage pédagogique intitué : "Jacques Généreux explique l’économie à tout le monde".

 

Comme son titre l’indique, il ne s’agit pas ici d’un effet de style, cet ouvrage s’adresse à un large public. Élèves et enseignants des sections ES de lycée pourront aussi y trouver leur compte.

 

La distinction introductive entre économie positive qui décrit un certain nombre de faits économiques sur lesquels la quasi-totalité des économistes sont d’accord et économie normative consistant à interpréter et à trouver des solutions aux différents problèmes posés (chômage par exemple) sur lesquels peuvent diverger les différentes écoles d’économie clarifie, dès le départ, la manière d’aborder ce que l’on a coutume d’appeler "sciences économiques et sociales".

 

On peut, ICI  trouver une présentation et une table des matières du livre.

La revue Alternatives économiques, dans la présentation du livre, a tout à fait raison de dire, après lecture : "On en ressort bien armé pour comprendre les débats économiques du monde contemporain".

 

 

- On comprendra aussi d’autant mieux pourquoi "le plan Valls est une ânerie économique".

C'est ce qu'explique Jacques Généreux sur le plateau d’Europe 1 (voir la vidéo ci dessous)

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 11:03
Crédit photo : Michel Soudais

Crédit photo : Michel Soudais

- L’auteur
François Cocq, 35 ans, est enseignant.
- Conseiller municipal délégué à Champigny-sur-Marne (94), il est secrétaire général du Parti de Gauche depuis mars 2013.
- Il avait auparavant en responsabilité au sein de ce même parti le secteur de l’éducation.
- Il est par ailleurs président de l’AGAUREPS-Prométhée (Association pour la Gauche Républicaine et Sociale-Prométhée), lieu de réflexion et d’échange pour faire vivre la nécessité de transformation issue du socialisme révolutionnaire avec l’exigence et l’universalisme républicains.

- Depuis septembre 2012, il tient un blog politique dont sont issus les articles qui figurent dans le présent recueil.

 

- La publication

- Avant-propos -

«Je ne suis pas le Président socialiste». Pour abrupte qu’ellesoit, la déclaration de François Hollande le 28 mars 2013 lors de son grand oral médiatique est un aveu savamment orchestré. Lui Président, il poursuit l’action qu’il a menée pendant plus d’une décennie à la tête du Parti socialiste (PS) et depuis 30 ans dans les arcanes de la rue de Solferino, siège du PS.

 

Après avoir progressivement renié l’héritage du mouvement progressiste et de l’humanisme radical, après s’être à dessein détaché des luttes et acquis de la classe ouvrière, François Hollande et les siens veulent faire de leur accession au pouvoir le grand bond par dessus le socialisme : redistribution, souveraineté populaire, droit du travail, retraites, protection sociale, services publics..., il n’est rien qui soit à l’abri de la remise en cause. Jusqu’au nom lui même, «socialiste», qui leur pose problème comme en atteste la déclaration présidentielle.... pour lire la suite...

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 15:49
Hollande, La République pour cible

Alors que s’ouvrait en mai 2013 la deuxième année de son quinquennat, François Hollande proclamait l’entrée dans l’An II. Pari osé pour un Président que de se référer 220 ans après et de manière subliminale à l’An II de la République, celui de la Convention montagnarde.


Toute comparaison ne vaut que si elle s’appuie sur des faits. Or la mise en perspective joue le rôle d’un révélateur implacable des renoncements de François Hollande. Autorégulation contre maximum général, réforme fiscale contre emprunt forcé, loi de refondation scolaire contre plan d’instruction publique, acte III de la décentralisation contre unité de la Nation, Ve République contre Constitution de 1793…


L’An II, par un permanent aller-retour entre aujourd’hui et la République montagnarde, fait apparaître la rupture idéologique de la politique de François Hollande avec l’héritage du mouvement progressiste et de l’humanisme radical, en même temps qu’il nous invite à nous replonger dans les sources du socialisme révolutionnaire.

 

- Pour commander : ici

- François Cocq est secrétaire général du Parti de Gauche.

- Francis Daspe est président de la Commission nationale Éducation du Parti de Gauche.

Ils sont également membres fondateurs de l’AGAUREPS-Prométhée (Association pour la gauche républicaine et sociale-Prométhée) dont ils occupent les fonctions de président et secrétaire général.
Ils ont publié dans la même collecti
on, "L'école du peuple".

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 12:18
En finir avec les idées fausses propagées par l'extrême droite

Pierre-Yves BULTEAU


Sur fond de crise économique et sociale persistante, l’extrême droite propage ses idées et désigne les boucs émissaires : « Il n’y a jamais eu autant d’étrangers en France », « Nous sommes envahis par l’islam qui veut détruire notre mode de vie », « Si les entreprises licencient, c’est à cause des travailleurs indiens et chinois qui acceptent des salaires de misère ». Mensonges et idées fausses sont mobilisés pour des promesses illusoires : « Renvoyons les étrangers chez eux, le chômage disparaîtra », « Réservons les logements sociaux aux Français », « Sortons de l’euro pour rétablir la santé économique de la France »

 

Ce livre entend rétablir la vérité. Il analyse plus de 70 de ces idées reçues diffusées par l’extrême droite et les réfute une à une en s’appuyant sur des données solides. Au-delà des faits, il dévoile un discours de propagande selon lequel l’égalité des êtres humains ne serait pas une chance mais une menace. Accessible à un grand public, cet ouvrage constitue un antidote indispensable au discours du Front national et de ses satellites. Il met en garde contre les tentations autoritaires et illusoires du « chacun chez soi » et du « chacun pour soi », et invite au choix d’une société d’égalité, de liberté et de fraternité pour tous.

 

Ce livre est édité par Les Editions de l’Atelier en partenariat avec l’Institut de recherches de la FSU, La Ligue des Droits de l’Homme, Union syndicale Solidaires, VO Editions ; avec le soutien de la CGT, FIDL, FSU, JOC, MRAP, UNEF, UNL.

 

- Pour commander : ici

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 10:18
Le grand marché transatlantique : les multinationales contre la démocratie (préface de J-L. Mélenchon)

Sources : le Parti de Gauche

Suite à la chute du mur de Berlin, l’Union européenne et les États-Unis sont en tractations en vue de créer un grand marché transatlantique.
Négocié sans publicité ni débat, ce projet exige de remanier en profondeur les lois, les institutions et les valeurs de nos sociétés. Basé sur la compétition économique et la marchandisation, ce projet renforce le pouvoir des multinationales face aux États qui vont se vendre en bradant nos protections sociales : soins de santé, pensions, conditions de travail, salaires, solidarités…
De plus, les accords transatlantiques menacent nos libertés civiles (droit à la vie privée, mouvements de contestation…), l’écologie et la démocratie.
Fait par et pour les multinationales, ce projet doit aboutir en 2015. Autrement dit, demain.
Respectivement anthropologue et politologue, Bruno Poncelet et Ricardo Cherenti travaillent en Belgique où ils publient régulièrement des articles sur le site www.econospheres.be
Jean-Luc Mélenchon, député européen GUE-NGL combat le grand marché transatlantique au Parlement européen depuis 2009. Il a interpellé à plusieurs reprises la Commission européenne. - See more at: http://www.lepartidegauche.fr/educpop/livre/le-grand-marche-transatlantique-les-multinationales-contre-la-democratie-preface-j-melenchon-28133#sthash.ELMon0Mo.dpuf

Suite à la chute du mur de Berlin, l’Union européenne et les États-Unis sont en tractations en vue de créer un grand marché transatlantique.
Négocié sans publicité ni débat, ce projet exige de remanier en profondeur les lois, les institutions et les valeurs de nos sociétés. Basé sur la compétition économique et la marchandisation, ce projet renforce le pouvoir des multinationales face aux États qui vont se vendre en bradant nos protections sociales : soins de santé, pensions, conditions de travail, salaires, solidarités…


De plus, les accords transatlantiques menacent nos libertés civiles (droit à la vie privée, mouvements de contestation…), l’écologie et la démocratie.
Fait par et pour les multinationales, ce projet doit aboutir en 2015. Autrement dit, demain.
Respectivement anthropologue et politologue, Bruno Poncelet et Ricardo Cherenti travaillent en Belgique où ils publient régulièrement des articles sur le site

 

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  • : Pour S'INFORMER, COMPRENDRE, INFORMER, MOBILISER, AGIR ENSEMBLE et GAGNER par une révolution citoyenne dans les urnes.
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  • Pour une Révolution citoyenne par les urnes
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT  de 1978 à 2022.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.

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