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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 08:05
Combien vaut la vie d’un Noir en Amérique ?

Source : Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Sylvie LAURENT[1 17 mai 2015

- C’est lorsqu’il s’installa à Chicago, en 1966, pour y dénoncer le racisme systémique que l’étoile de Martin Luther King commença à pâlir dans l’opinion publique.

Tant qu’il s’évertua à combattre les pratiques féodales d’un vieux Sud malade, il fut un héros. Mais qu’il s’installa dans un ghetto de Chicago pour y dénoncer l’exploitation économique, culturelle et sociale systématique des Noirs des taudis urbains, et qu’il osa défiler dans les banlieues blanches pour dénoncer la logique d’apartheid sonna le glas de sa popularité. Lorsqu’il parla, après Malcolm X, du « colonialisme interne » pratiqué par les Etats-Unis à l’endroit de leurs Noirs, indigènes humiliés et aliénés, maintenus sous le joug tels les Algériens ou les Vietnamiens, ce fut la vérité de trop. Ses alliés traditionnels, les progressistes éduqués du Nord, persuadés d’être immunisés contre toute pratique raciste, n’entendaient pas que l’on vienne ainsi mettre en cause leur police, leurs promoteurs immobiliers, leurs juges et leur complaisance. Martin Luther King ne fut pas surpris : « Cela n’a pas coûté un centime à l’Amérique de désagréger les restaurants du Sud, et de nous rendre le droit de vote. Mais maintenant, il va lui falloir payer très cher pour la justice réelle, celle qu’elle doit aux Noirs. C’est maintenant que les difficultés commencent. »

 

Le 5 mai, la ville de Chicago a ordonné le versement de 5 millions de dollars de dédommagements à plus d’une centaine d’Afro-Américains, victimes d’un tortionnaire assermenté, Jon Burge, chef de la police de la ville qui officia de 1972 à 1991. Général Aussaresses du South Side (quartier noir de la ville, Burge se livra sur les prévenus de couleur à qui il voulait extorquer des aveux aux méthodes les plus odieuses, de l’usage de la gégène sur les parties génitales à l’étouffement simulant la mort en passant par le fracassement des dents et les brûlures. Ces lynchages modernes, exercices de dépersonnalisation constitutifs du sujet colonial, participent, en effet, d’une logique impériale dont nous avons le spectacle éloquent lorsqu’à chaque « émeute raciale », chars d’assaut et armes de guerre sont déployés pour patrouiller en territoire ennemi.

 

 

- L’aveu du crime n’est, certes, pas encore la justice.

Jon Burge est non seulement resté en poste près de vingt ans, mais il touche toujours sa retraite, lui qui a échappé à une condamnation significative malgré l’établissement des faits. S’il fit quatre ans de prison, ce fut pour entrave à la justice et parjure, jamais pour torture. L’ancien soldat et son équipe de bourreaux n’ont été poursuivis qu’en 2010, lorsque fut révélé, par la presse, qu’ils se livraient à ces pratiques interrogatoires barbares dans une base secrète dite « Homan Square ». Le versement de cette indemnité, dérisoire au regard des faits et loin de tenir lieu de véritable réparation morale, sera néanmoins sans doute suivie d’excuses publiques et de l’inauguration d’un Mémorial, signes d’une reconnaissance officielle que la torture d’Etat fut bel et bien pratiquée.

 

 

- On revient de loin.

L’impunité de la police de Chicago est ancienne, liée au paternalisme démocrate d’un Richard Daley, maire de la ville de 1955 à 1976 qui, après avoir fait échouer la campagne de King en 1967, coopta suffisamment de Noirs à sa solde pour masquer sa duplicité raciale. Son fils, maire de 1989 à 2011 et parrain du jeune Obama, fut l’ami de l’establishment noir mais le spectateur passif d’une ville toujours plus inégalitaire et ségréguée. Depuis peu, c’est Rahm Emanuel, ancien proche conseiller du Président, qui officie à la mairie. Tiède, longtemps silencieux sur l’affaire Burge qu’il observa prudemment de loin, il est comme ses prédécesseurs soucieux de consensus. Il se félicite de la victoire arrachée par les activistes qui espèrent que cette « réparation » partielle et symbolique soit les prémices d’une justice véritable, celle qui coûtera vraiment. Un même espoir est partagé dans les communautés noires des quatre coins du pays, qui croient moins aux vertus d’une nouvelle enquête fédérale sur la fréquence des agissements policiers racistes ici ou là qu’à l’action collective de la rue, combat éternel du pot de terre contre le pot de fer qui seul contraint le pouvoir à la justice.

 

 

- Combien vaut la vie d’un Noir ?

Le philosophe américain Michael Sandel s’inquiète de la marchandisation généralisée à l’œuvre dans son pays, où l’on peut même monétariser la morale. Il est difficile, en effet, de ne pas s’indigner lorsque la transaction de marché tient lieu de justice. Si la torture pratiquée sur Freddie Gray à Baltimore lui fut fatale, des dizaines de valeureux survivants avaient obtenu des dédommagements, estimés à 6 millions de dollars depuis 2011, pour être restés tétraplégiques, malvoyants ou malades mentaux après leur rencontre funeste avec la police. Dans nombre de villes américaines, cette ligne de budget, payée par le contribuable, est une dépense collatérale prévue par l’administration pour de telles pratiques policières. Rien qu’en 2014, Chicago a versé 50 millions aux familles de plaignants, arrangement financier évitant le scandale et la réforme.

 

Mais cette fois, la décision de la ville de Chicago de « compenser » pour le préjudice subi par une partie des victimes n’est pas qu’une tentative de plus pour acheter la paix sociale. Elle est la victoire des enfants de King, ces dizaines de militants des droits civiques qui ont inlassablement mené le combat contre Burge et ses puissants soutiens. Depuis des décennies, de la tribune des Nations unies aux tribunaux de l’Illinois, ils ont martelé et obtenu que – et c’est le nom de la principale organisation en lutte aujourd’hui – la vie d’un Noir compte (#BlackLivesMatter).

 

L’administration actuelle clôturera son passage dans l’histoire contemporaine des Etats-Unis par un bilan racial saisissant : un recul indéniable de la condition des Noirs et des Hispaniques, de leurs droits civiques fondamentaux à leur situation économique, et un réveil démocratique inédit depuis les années 70 des militants de la justice raciale. Ils sont, à ce jour, très seuls. Personne n’a jamais pensé que l’actuel président des Etats-Unis, qui n’ignore rien des affres du South Side, serait un épigone de Martin Luther King ou même qu’il serait un Lyndon B. Johnson. Il lui reste néanmoins la possibilité de ne pas être un Daley Jr. qui, bienveillant mais spectateur passif, sera comptable d’une nation plus que jamais malade – comme le disait King – du racisme, de l’impérialisme et des inégalités.

 

Note :

[1] Sylvie Laurent est américaniste, chercheure associée à Harvard et Stanford, professeure à Sciences-Po. Son dernier ouvrage : Martin Luther King, une biographie, Le Seuil, 2015.

 

Pour en savoir plus :

- Etats-Unis : la police aurait abattu 385 personnes depuis début 2015

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 08:12
" Jeunes étudiantes portant des minijupes marchant dans la rue " à Kaboul en 1972

 

- Afghanistan, 20 ans de guerre en travers de la gorge[2] !

- La « perte » de l’Afghanistan par les États-Unis est un repositionnement et la nouvelle mission n’est pas une « guerre contre le terrorisme », mais contre la Russie et la Chine[3] .

 

  • Du 27 avril 1978 au 27 avril 1992, des forces de gauche sont au pouvoir en Afghanistan.
  • 27 décembre 1979 : l’armée soviétique entre dans Kaboul à la demande du gouvernement Najibullah confronté aux guerrillas féodalo-islamistes épaulées par les USA et plusieurs pays arabes.
  • Le retrait des soviétiques puis la défaite de la gauche afghane trois ans plus tard amènent l’exode de centaines de milliers de familles progressistes et laissent place à la propagation d’un islamisme de masse.
  • Les Etats Unis comme tous les pays occidentaux, comme la Chine, comme les prétendus nouveaux philosophes auraient mieux fait d’y réfléchir à deux fois avant de soutenir et fournir à foison des armes et de l’argent pour les mollahs et les madrasas.
  • Cet article a été rédigé en 2006. Depuis..............................

 

Sources : le Parti de Gauche Midi-Pyrénées le 28 mai 2006 par Jacques Serieys | mis à jour le 19/08/2021

- 1- Remarques sur l’histoire de l’Afghanistan jusqu’en 1978

Placé sur la grande route de la soie, au carrefour de l’Asie (entre Perse, Russie, Turco-mongols, Chine et Inde...), l’Afghanistan a connu une histoire riche depuis le néolithique. Les villes de Kaboul, Hérat, Kandahar, Balk, Bagram, Ghazni... ont resplendi à plusieurs époques au coeur de la Bactriane antique puis de la grande civilisation des Kouchans, dans l’Empire ghaznévide... Ensuite, le développement du capitalisme international par les routes maritimes laissa l’Afghanistan à l’écart des évolutions du monde ; les villes perdirent beaucoup de leur puissance économique, sociale et culturelle au profit d’un féodalisme rural dominé par de grands propriétaires terriens et des chefs de guerre, au profit aussi de mollahs autour desquels s’organisait la vie des villages.

 

Des historiens russes ont daté les prémisses d’un Etat afghan du 17ème siècle (principautés féodales de Akora et de Teri) et de 1713 lorsque plusieurs chefs féodaux locaux s’entendirent pour chasser le gouverneur de Kandahar nommé par le Shah d’Iran. Ceci dit, l’absence de relations économiques entre les territoires n’a pas poussé à la naissance d’un peuple ou d’une nation. Le pouvoir politique s’est donc disputé au gré des rapports de forces dans un chaos permanent. Les moments d’unification furent rares comme sous la domination du clan Sadozai de la tribu Durrani (ethnie pachtoun).

 

Reste de cette histoire une mosaïque d’ethnies (Pachtouns, Tadjiks, Ouzbeks, Hazaras, Turkmènes, Kirghizes, Aïmaks, Baloutches, Nouristanis...), de tribus, de sous-tribus, de clans, de langues séparés par l’histoire (innombrables déplacements de population et innombrables conquérants), par la géographie (hautes montagnes, grands déserts), par des intérêts divergents, par des religions différentes, par l’attraction économique et culturelle de civilisations voisines.

 

- De 1839 à 1919, la Grande Bretagne essaya en vain d’imposer son protectorat sur ces populations guerrières et indépendantes. A plusieurs reprises, les armées britanniques connurent des défaites humiliantes (bataille de Gandamak en janvier 1842). C’est surtout de cette lutte contre l’envahisseur colonial que date un nationalisme féodalo-monarchique afghan d’autant plus que c’est lui qui traça les premières frontières.

 

- En 1919, une nouvelle guerre entre Britanniques et Afghans (dirigés par le prince Amanullah Khan) se termine par une défaite des British Armed Forces ; par souci de protection, Kaboul se tourne vers la jeune Union des Républiques Socialistes Soviétiques. L’Afghanistan est le premier Etat à reconnaître l’URSS et à signer avec elle des traités de coopération et de non-agression.

 

- De 1919 à 1929, l’Afghanistan connaît une décennie de développement à l’européenne : création de routes, de lycées, développement des villes, infrastructure étatique permettant de collecter l’impôt... L’émancipation de la femme afghane progresse rapidement (éducation, abolition du port du voile, interdiction de la polygamie, interdiction du mariage des jeunes filles avant l’âge de 9 ans, droit de vote). Qui porte cette politique ?

  • Sur le fond, des couches sociales citadines
  • Au sommet de l’Etat, des modernisateurs comparables au turc Kemal Atatürk, en plus démocratiques et plus progressistes.

 

- Survient alors en Afghanistan, ce qui était arrivé durant la révolution française

La majorité des paysans de sociétés rurales restées les plus féodales soutiennent leurs anciens oppresseurs (religieux et grands propriétaires) contre ceux qui croient pouvoir les libérer. La structure sociale et idéologique paraît alors plus forte que toute aspiration individuelle ou collective. L’intérêt trouvé par des abrutis locaux dans le maintien du patriarcat paraît plus important que la réforme agraire, l’éducation... Les religieux organisent une révolte qui oblige Aminullah à quitter le pays.

 

- Du 17 janvier 1929 au 13 octobre 1929, l’Afghanistan subit une première domination sanglante des fondamentalistes avec Habibullah Ghazi comme roi. Ce dernier est assassiné par Mohammad Nadir Shah qui convoque une Loya Jirgah (assemblée traditionnelle réunissant les chefs religieux, tribaux et militaires) pour être proclamé roi en septembre 1929 ; avec lui les fondements du pouvoir retournent aux chefs religieux et tribaux.

 

- Jusqu’en 1973, Mohammad Nadir Shah puis son fils Mohammed Zaher Chah siègent sur le trône royal afghan. Dans les années 1950 et 1960, la poussée tiers mondiste mondiale, les liens entre les Etats Unis et l’ennemi pakistanais expliquent les liens renoués avec l’URSS : construction de barrages, de centrales hydro-électriques, d’usines, scolarisation des femmes, droit de ne pas porter le voile... L’Afghanistan fait alors partie de la zone d’influence soviétique : les officiers comme beaucoup de hauts fonctionnaires sont formés en URSS ou au moins par ses coopérants. Les Etats-Unis veulent aussi prouver leur capacité à mener à bien des projets (barrage du Helmand, aéroport de Kaboul...). De 1963 à 1973, le pays connaît une période de monarchie constitutionnelle avec une constitution, des partis politiques déclarés et reconnus (à droite des parti islamistes, à gauche le PDPA).

 

- De 1969 à 1973, plusieurs années de sécheresse, de mauvaises récoltes et de famine affaiblissent la monarchie.

 

- En 1973, le général Daoud renverse son cousin et beau-frère, le roi Mohammed Zaher Khan, instaure la république et en devient le premier président. Ce dictateur populiste dispose d’une faible assise sociale. Il essaie de s’appuyer à la fois sur la haute aristocratie féodale et sur des couches sociales urbaines en cooptant son réseau politique. Des chefs islamistes commencent à rejoindre le Pakistan pour constituer des groupes de résistance comme le tadjik Ahmed Chah Massoud et le pachtoune Gulbudin Hekmatyar. Des guerillas islamistes commencent à se former. Rapidement, le pouvoir subit ce poids politique conservateur et adopte une attitude répressive vis à vis de la gauche formée par le PDPA (Babrak Karmal).

 

 

- 2- 27/04/1978 : la gauche afghane au pouvoir

La répression violente exercée par le pouvoir contre les progressistes met de plus en plus la gauche en situation d’impasse. Le 17 avril 1978, un dirigeant du PDPA, connu et apprécié, est assassiné en pleine rue. La grande manifestation de protestation organisée par ce parti deux jours plus tard est réprimée de telle manière (vaste rafle) que toute la gauche se sent en danger de mort.

 

Pour éviter le processus génocidaire de la gauche qu’a connu l'Indonésie en 1965, des officiers progressistes réalisent un coup d’état qui bénéficie alors d’un large soutien populaire tellement Daoud s’était fait d’opposants et ennemis.

 

Ainsi, le 27 avril 1978, arrive au pouvoir le PDPA (People’s Democratic Party of Afghanistan).

Qu’est-ce que le PDPA ? Un parti né en 1965 dans le sillage de la montée tiers-mondiste, émancipatrice et révolutionnaire des années 1960.

 

Les militants de gauche qui le créent veulent :

  • s’attaquer aux structures féodales rurales, au pouvoir des grands propriétaires terriens, à l’intégrisme religieux, à la grande bourgeoisie prédatrice ;
  • promouvoir l’alphabétisation des garçons et des filles, développer la semaine de 40 heures, instaurer une sécurité sociale...
  • construire un Etat de droit républicain en lieu et place de la corruption régnante ; faire perdre ainsi à la multitude de mollahs leur rôle traditionnel de prédicateurs porteurs de la parole d’Allah, de chefs politiques, de juges, de maîtres d’école ;
  • utiliser cet Etat planificateur pour développer un réseau de coopératives agricoles, des organismes publics de crédit pour aider les artisans...
  • s’appuyer socialement sur les travailleurs, les petits paysans, les intellectuels, les couches urbaines.

 

La majorité des cadres du PDPA proviennent des milieux enseignants, journalistes, bourgeoisie urbaine cultivée, quelques officiers formés en URSS.

 

Dès l’été 1978, des zones rurales s’insurgent et sont rejointes par plusieurs garnisons. Le Sud-Est, région de forte implantation islamiste est en sécession.

 

 

- 3 - La décision des USA de renverser la gauche afghane date du début juillet 1979

Dès le début juillet 1979, les Etats Unis décident d’intervenir en Afghanistan par le biais :

  • d’une part d’une assistance financière et militaire aux moudjahiddin (« guerriers saints ») ;
  • d’autre part d’un soutien direct de la part du Pakistan voisin (préparation d’un gouvernement fantôme à Peshawar, formation militaire, logistique...).

 

Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller pour la sécurité de Jimmy Carter, a affirmé en janvier 1998 que c’est « le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l’assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul[1] ».

 

Pire, la CIA comme l’administration du Pentagone mise sur le fait qu’en intervenant massivement, l’URSS va se trouver obligée de faire de même et de s’engluer dans le "piège afghan".

 

La décision américaine se traduit rapidement par une extension des guérillas. Elle représente un tel encouragement politique et militaire que la garnison de Kaboul elle-même se soulève et passe à l’opposition.

 

En octobre, la moitié des 85000 soldats de l’armée ont quitté leur affectation, rejoignant généralement l’insurrection contre le PDPA.

 

Les dirigeants du PDPA sont à présent dépassés par les enjeux stratégiques mondiaux qui se jouent dans leur pays. D’ailleurs, leur division s’exacerbe au plus mauvais moment entre d’une part le Khalq (Peuple) majoritaire, radical et assez peu politisé), d’autre part le Parcham (Etendard).

 

 

- 4 - 27/12/1979 : l’armée soviétique entre dans Kaboul

Le PDPA dirigé par le Khalq :

  • promeut des mesures progressistes dont il escompte le soutien du milieu paysan pauvre et modeste (alphabétisation, annulation des emprunts immobiliers ruraux, réduction de la dot, interdiction du mariage des enfants, interdiction des prêts financiers au bazar, redistribution de terres...);
  • se bat face à ses ennemis, les emprisonne, les abat parfois.

 

Dans le contexte montagnard afghan d’isolement géographique et culturel de nombreuses zones, les mollahs (religieux), les grands propriétaires et les maliks (chefs de villages) montent contre le gouvernement des populations rurales pourtant rationnellement intéressées par ces réformes.

 

Quatre autres éléments pèsent alors contre la réussite du PDPA :

  • l’action prosélyte de pays musulmans contre les "communistes" de Kaboul. L’Arabie saoudite apporte un financement considérable aux sept organisations de moudjahidines dès juillet 1979 au plus tard ;
  • le contexte international de réaction avec les USA en gendarmes du monde. Le 3 juillet 1979, Washington décide de fournir une aide financière et militaire considérable aux moudjahidines ;
  • le rôle de la dictature pakistanaise dont les services secrets servent de relai entre Washington, Ryad, les "zones tribales" et les guérillas afghanes ;
  • la poussée islamiste iranienne aux portes des régions rurales les plus conservatrices d’Afghanistan (Sud-Est).

 

Confronté à ce soutien international des forces impérialistes et abruties, le gouvernement afghan demande officiellement à treize reprises à l’URSS une intervention militaire pour le soutenir. Moscou analyse la situation et répond non avec pour argument essentiel que cela renforcerait les religieux et le soutien qu’ils reçoivent des pays capitalistes.

 

Pourtant, le gouvernement soviétique accroît son intervention en Afghanistan après deux évènements importants :

  • le soulèvement de la garnison d’Herat (aux portes de l’URSS) contre le PDPA ;
  • l’assassinat en septembre 1979 du président afghan (PDPA) Noor Mohammed Taraki.

 

Environ 55000 soldats soviétiques participent à l’intervention en cette fin d’année 1979. Ils appuient l’arrivée au pouvoir de Babrak Karmal, dirigeant modéré du PDPA, proche d’eux. Ils poussent à une attitude conciliante vis à vis de la religion et des religieux. 2000 prisonniers politiques sont libérés ; les discours et communiqués officiels commencent par Bismillah (au nom d’Allah).

 

 

- 1979, c’est l’année de la révolution khomeiniste en Iran.

Il aurait été logique que les Etats Unis restent prudents vis à vis de guérillas religieuses pour éviter une propagation islamiste ; or, ils vont peser de tout leur poids pour soutenir et armer ces groupes profondément réactionnaires. C’est dans ces conditions qu’ils utiliseront Oussama Ben Laden pour faire parvenir des armes et de l’argent ici et là. Chaque année, de 1981 à 1989, Washington va y engloutir environ 500 millions de dollars auxquels s’ajoutent les aides financières et en armement du Pakistan, de l’Arabie saoudite, de l’Iran, de la Chine, de l’Egypte...

 

Dans le même temps, des volontaires affluent de divers pays du monde arabo-musulman pour aider les moudjahidines (Algériens, Philippins, Saoudiens, Égyptiens...).

 

Les effectifs soviétiques augmentent rapidement : 85 000 hommes en mars 1980, 118 000 en 1982.

Sur 10 ans, plus de 900 000 jeunes Soviétiques servent en Afghanistan, 14 000 d’entre eux sont tués et 75 000 blessés, victimes d’armes fournies par l’Occident.

 

Cependant, les moudjahidines contrôlent une partie de plus en plus importante de l’Afghanistan rural.

 

En 1988, Gorbatchev décide le retrait des troupes russes, retrait complètement terminé en février 1989.

 

Ne sous-estimons pas dans cet échec du PDPA et de l’URSS, le rôle considérable des médias occidentaux (dont les grands médias français), présentant les moudjahidines en référence aux "Résistants" de 1940 1945. Grotesque bêtise !

 

 

- 5 - L’Afghanistan depuis le retrait soviétique

Notons seulement trois faits :

  • l’Afghanistan progressiste du président de la république Najibullah tient seul au pouvoir durant plusieurs années jusqu’au 27 avril 1992 face à des guérillas soutenues par les Etats Unis, le Pakistan, l’Arabie... l’Oumma... En mars 1989, tous les réactionnaires et ignorantistes au service des USA croient pouvoir écraser l’armée afghane à présent privée de tout soutien soviétique. A partir du Pakistan proche, des forces considérables avancent vers Jalalabad et en entreprennent le siège. Surprise : des forces de l’armée régulière de Najibullah brisent ce siège et font éclater l’unité des islamistes ;
  • dès le printemps 1990, un tartuffe pro-occidental nommé Boris Eltsine arrive au pouvoir à Moscou. L’isolement international de Kaboul s’accroît de façon inexorable rappelant la fin de la république espagnole avec une retirada aussi massive et aussi dramatique ;
  • La politique menée par le PDPA est indiscutablement meilleure pour le pays que tout ce qu’a connu l’Afghanistan depuis, à savoir la longue guerre civile entre factions de 1992 à 1996, puis la dictature des talibans, puis l’intervention militaire américaine. Notons un point : en 14 ans de présence du PDPA au gouvernement à Kaboul (intervention soviétique comprise), les spécialistes s’accordent sur environ 8000 Afghans moudjahidines exécutés. Une fois ce parti vaincu, les seuls combats entre factions islamistes dans la capitale ont fait plus de cent mille morts en un an.

 

Oui, il exista un Afghanistan de gauche qui présentait de nombreux défauts mais qu’il aurait fallu soutenir plutôt que de céder aux sirènes médiatiques au service des ignares obtus dirigeant la CIA.

 

Je ne peux terminer sans rappeler comment est mort le dernier président réel de l’Afghanistan auquel un jour l’histoire rendra hommage : lors de la prise de Kaboul en avril 1992, il essaie de quitter son pays mais en est empêché par le clan de Dostom devenu un allié des USA après le départ des soviétiques suite à des arguments sonnants et trébuchants. En 1996, les talibans prennent Kaboul, s’emparent de l’ancien président réfugié dans un bâtiment des Nations Unies :

 

Quoiqu’en pensent Le Figaro, L’Express, le Nouvel observateur, Le Monde et La Dépêche du Midi, l’humanité pensante n’était pas du côté des guerriers saints soutenus par les faucons de Washington. Avec le PDPA, les réverbères recevaient de l’électricité pour éclairer les rues et non pour pendre sans aucun procès un ancien président de la république.

 

- 6 - 1997-2001 : les Talibans

- 7 - Intervention de l’OTAN

- 8 - 31/12/2014 : Les forces de l'Otan mettent fin à leur intervention déclenchée en 2001 pour chasser les Talibans d'Afghanistan

- 9 - 15/08/2021 : les talibans font chuter le gouvernement afghan et prennent le pouvoir

Jean-Luc Mélenchon : " La victoire des talibans en Afghanistan déclenche légitimement un flots de commentaires et l’angoisse y domine, à juste titre. Engagé dès la première heure contre cette intervention militaire des USA (soi-disant en réplique aux attentats du 11 septembre 2001), je suis d’autant plus révolté contre le résultat final de ces vingt ans de guerre. J’ai déjà dit que j’avais chaleureusement applaudi la défaite des USA au Vietnam. Leur défaite (cette fois-ci encore), par contre, ne me procure qu’affliction et colère contre eux et je ne veux pas m’en cacher. Elle me soulève de dégoût pour ceux qui ont conduit les évènements jusqu’à ce point. Car tout était hautement prévisible depuis le premier jour. [2]"
 
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- Afghanistan : Jean-Luc Mélenchon " pour comprendre la guerre, suivez les pipelines ! "

Intervention de Jean-Luc Mélenchon le 18 septembre 2019 à l’Assemblée nationale à propos d’un traité de coopération entre l’Union européenne et l’Afghanistan.
Le président du groupe «La France insoumise» a commencé son exposé par parler de la première cause de la guerre : le pétrole et les pipelines. Il a dénoncé le rôle néfaste des États-Unis qui, après avoir entretenu Al Qaïda, sont intervenus militairement officiellement pour détruire cette organisation terroriste.

 

Jean-Luc Mélenchon a dénoncé les hypocrisies contenues dans le texte de l’accord de coopération UE-Afghanistan, pointant notamment du doigt la question des droits des femmes ou encore de la liberté de conscience. Il a dénoncé un énième accord de libre-échange prônant par exemple la libre circulation des capitaux dans les échanges avec un pays qui est le premier producteur de drogue.

 

 

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 08:07
Michel Collon - L'OTAN est une association de criminels

Sources : Eric Durand | mis à jour le 16/02/2022

- L’Otan, c’est quoi ?

C’est l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. L’Otan peut également être appelé Nato (acronyme anglais de «North Atlantic treaty organization»), l’Alliance ou encore l’Alliance atlantique. Concrètement, l’Otan est une alliance de pays d’Europe et d’Amérique du Nord. Le texte de ce traité est signé le . L'OTAN regroupe actuellement 28 pays membres, dont la France, les Etats-Unis, le Canada, l’Allemagne ou encore la Turquie. Les derniers pays ayant intégré l’Otan sont l’Albanie et la Croatie, en 2009.

 

 

- Quel est son but ?

En théorie, maintenir la paix sur les continents américain et européen et assurer une défense commune contre les menaces extérieures. Avant tout par la diplomatie et par la collaboration politique. Mais si ces moyens ne sont pas suffisants, l’Otan possède des capacités militaires qui lui permettent de conduire des «opérations multinationales de gestion de crise», c’est-à-dire des interventions armées.

 

Notez que l’Otan obéit à un principe majeur: l’attaque de l’un ou plusieurs de ses membres doit être considérée comme une attaque dirigée contre tous, ce qui implique de répondre par une «défense collective». C’est l’article 5 du Traité de Washington, ou Traité de l’Atlantique Nord, le traité fondateur de l’Otan. Cet article 5 n’a été invoqué qu’une seule fois, en réponse aux attentats terroristes du 11-Septembre.

 

- Quelle est son histoire ?

L’Alliance a été créée en 1949 pour assurer la sécurité du continent européen après la Seconde Guerre mondiale. Deux Etats préoccupent alors l’Otan: l’Allemagne et l’Union soviétique.

 

En 1991, l’empire soviétique n’existe plus, la Russie est à l’agonie économique, la guerre froide est terminée. Mais cette année-là marque le début des guerres de Yougoslavie, soit dix ans de conflits, d’abord en Slovénie, puis en Croatie, en Bosnie, au Kosovo et en Macédoine. L’Otan intervient en Bosnie en 1995 et au Kosovo en 1999. En 2001, les attentats du 11-Septembre font jouer un nouveau rôle à l’Otan, qui s’engage dans une « guerre contre le terrorisme ». En mars 2011, intervention militaire en Libye, et à partir du , l'ensemble des opérations sont conduites par l'OTAN dans le cadre de l'opération Unified Protector[1].

 

Et la France ?

  • 7 mars 1966 : La France est donc l’un des membres fondateurs de l’OTAN. Malgré cela, le 7 mars 1966, le général DE GAULLE, alors président de la République française, annonce dans une lettre adressée au président américain, Lyndon B. JOHNSON, le retrait de la France de la structure militaire de l’OTAN. »La France, écrit-il, se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entravé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN.«  
  • 7 novembre 2007 : La réintégration de la France dans le commandement intégré de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord est annoncée par le président de la République Nicolas Sarkozy au Congrès à Washington le 7 novembre 2007.
  • À l'Assemblée nationale, cette politique donne lieu à une motion de censure le 8 avril 2008 et à un vote de confiance le 17 mars 2009. Les deux votes sont favorables au gouvernement et le vote de confiance entérine le retour. Ce retour devient effectif lors du sommet de l'OTAN à Strasbourg-Kehl les 3 et 4 avril 2009.


 

- Comment fonctionne l’Otan ?

Pour agir, l’Otan doit prendre des «décisions» qui doivent faire «consensus». Autrement dit, une décision doit être adoptée par chacun des membres. Dans les faits, il n’y a pas de vote à l’Otan. Les Etats discutent entre eux jusqu’à ce qu’une décision acceptable par tous soit prise. Il arrive que les pays membres conviennent de ne pas s’accorder sur un point particulier.

 

Pour éclairer les membres dans leur prise de décisions, des centaines d’experts et de responsables civils et militaires se rendent chaque jour au siège de l’Otan, à Bruxelles, pour échanger des informations et partager des idées.

 

 

- Michel Collon : " Toutes les guerres de l'OTAN sont des guerres de pillage "

Exraits de " Ce soir ou jamais " du 22-05-2012 de Frédéric Taddeï.

 

 

- OTAN : Pour aller plus loin 

  • OTAN : mercenaires et propagande au service d’une machine de guerre 1/3

 

OTAN : mercenaires et propagande au service d’une machine de guerre 1/3

 

  • OTAN : mercenaires et propagande au service d’une machine de guerre 2/3

 

OTAN : mercenaires et propagande au service d’une machine de guerre 2/3

 

  • OTAN : mercenaires et propagande au service d’une machine de guerre 3/3

 

La réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN

 

Note :

[1] « Libye : point de situation opération Harmattan no 14 » [archive], sur www.defense.gouv.fr, (consulté le 1er avril 2011).

 

Pour en savoir plus

- L’OTAN, instrument de domination militaire au profit des Etats Unis et du capitalisme

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 09:54
Chronologie des interventions américaines dans le monde
Chronologie des interventions américaines dans le monde

Voici une chronologie non-exhaustive des différentes interventions impérialistes des États-Unis dans le monde depuis le Manifest Destiny de 1845. Une idéologie de colonisation, sous la présidence de James Polk, selon laquelle les États-Unis ont pour mission divine d’apporter la démocratie et la civilisation vers l’Ouest, sur les terres amérindiennes.

Au début du XXème siècle, le président Théodore Roosevelt a repris le concept afin de justifier l’expansionnisme et l’interventionnisme des États-Unis hors de ses frontières quand les intérêts américains étaient menacés. Il déclara notamment : « Je crois que Dieu a présidé à la naissance de cette nation et que nous sommes choisis pour montrer la voie aux nations du monde dans leur marche sur les sentiers de la liberté. »

 

Sources : MECANOBLOG par · | mis à jour le 04/09/2021

  • 1846 : Mexique. A l’issue d’une guerre qu’ils avaient programmées et provoquées, les États-Unis s’emparent de la moitié du territoire mexicain. Ce territoire conquis s’appelle aujourd’hui : la Californie, le Nevada, l’Utah, l’Arizona, le Nouveau-Mexique, le Colorado (en partie).
  • 1852-1853 : Argentine. Les Marines  débarquent et s’installent à Buenos-Aires pour protéger les intérêts américains face à une révolution.
  • 1853 : Nicaragua. Protection des citoyens et intérêts américains pendant des troubles politiques.
  • 1853-1854 : Japon. « Plan d’ouverture du Japon » et expédition Perry qui conduit, avec les navires de guerre américains, à forcer le Japon à ouvrir ses ports aux États-Unis. Attendant une réponse du Japon l’autorisant à se rendre dans ce pays, le contre-amiral américain Perry, opère une démonstration navale de force et débarque par deux fois. Il obtient des autorités de Naha, sur l’île d’Okinawa, la gestion d’une concession minière. Il opère la même démonstration de force dans les îles de Bonin afin d’obtenir des facilités commerciales.
  • 1854 : Nicaragua. Pour venger une offense faite au ministre-président américain en poste au Nicaragua : destruction de la vile de Greytown (San Juan del Norte).
  • 1855 : Uruguay. Les armées américaines et européennes débarquent pour protéger les intérêts américains au cours d’une tentative de révolution à Montevideo.
  • 1859 : Chine. Intervention destinée à protéger les intérêts des États-Unis à Shanghai.
  • 1860 : Angola. Intervention en Afrique occidentale portugaise pour assurer la sécurité des citoyens et des biens américains pendant une révolte indigène à Kissembo.
  • 1893 : Hawaii. Sous couvert officiel de protéger les vies et les biens des américains, cette intervention visa à mettre en place un gouvernement provisoire sous l’autorité de Sanford D. Dole.
  • 1894 : Nicaragua. Intervention militaire pour protéger les intérêts américains à Bluefields à la suite d’une révolution.
  • 1898 : Cuba. Sous prétexte de libérer l’île de la tutelle espagnole, les États-Unis s’installent et imposent une base militaire, la possibilités d’investissements financiers américains et un droit d’intervention dans les affaires intérieures du pays.
  • 1898 : Porto-Rico, Hawaii, Wake, Guam. Sous prétexte de défaire la tutelle espagnole, les États-Unis s’installent et imposent une base militaire, la possibilités d’investissements financiers américains et un droit d’intervention dans les affaires intérieures du pays.
  • 1898 : Philippines. L’archipel est vendu aux USA par l’Espagne (décembre 1898), les philippins se soulèvent contre les États-Unis (février 1899), les États-Unis envoie 70 000 militaires qui mettront trois ans pour mater le soulèvement (des milliers de pertes humaines).
  • 1903 : Colombie. Les États-Unis fomentent une révolution à l’issue de laquelle ils créent de toute pièce la République de Panama qui lui assure le contrôle du canal et des bénéfices qu’il génère.
  • 1914-1918 : Première Guerre Mondiale.
  • 1915 : Haïti. Nouvelle intervention et occupation des troupes américaines pendant 19 ans.
  • 1916 : République Dominicaine. Quatrième intervention et maintien des troupes américaines pendant 8 ans.
  • 1926 : Nicaragua. Nouvelle intervention et expédition de 5000 militaires pour contrer une révolution.
  • 1940-1945 : Deuxième Guerre Mondiale.
  • - 1945 : Début de la Guerre Froide entre les États-Unis et l’URSS.
  • - 1945 : Japon. Bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki.
  • 1945-46 : Chine. Bombardements.
  • 1946 : Philippines. Colonie américaine jusqu’à l’occupation japonaise, les Philippines accèdent à leur indépendance en 1946 en concédant aux États-Unis un droit illimité d’exploitation des ressources naturelles du pays au titre des dommages de guerre. Jusqu’en 1992 les États-Unis conservent 23 bases militaires et participent à la répression des opposants communistes ou musulmans.
  • 1947 : Grèce. Les États-Unis volent au secours de la dictature de colonels mise en place par les britanniques et menacée par la guérilla des gauchistes. Les États-Unis livrent 74 000 tonnes de matériels militaires et d’armements et envoient 250 « conseillers » militaires sur le terrain, assurant ainsi la victoire des forces de droite en 1949.
  • 1950 :  Porto Rico. Les troupes américaines qui stationnent en permanence écrasent un mouvement d’indépendance. Deux ans plus tard, Porto Rico se voit accorder le statut d‘État libre associé aux États-Unis.
  • 1950-1953 : Corée. Les forces armées de la Corée du Nord franchissent le 38ème parallèle et pénètrent en Corée du Sud. A la « demande » des Nations-Unies, les États-Unis acceptent d’aider à repousser l’agression armée. 2 millions de coréens trouvent la mort au cours de cette guerre.
  • 1950-53 : Chine. Nouveaux bombardements.
  • 1953 : Iran. Opération Ajax, un coup d’État orchestré par la CIA est mené par l’armée et les grands propriétaires fonciers après que les britanniques aient organisés le boycott des compagnies pétrolières iraniennes suite à leur nationalisation en 1951. Les États-Unis soutiennent pendant les 25 ans qui suivent l’homme fort du pays, le Shah d’Iran. Celui-ci s’enfuira en 1978 devant le raz-de-marée de la Révolution Islamique de l’ayatollah Khomeiney en exil. Deux ans plus tard, en 1980, la guerre entre l’Iran et l’Irak sera une aubaine pour les industries d’armements, notamment américaines.
  • 1954 : Guatemala. Opération PBSUCCESS, des mercenaires entraînés par la CIA au Honduras et au Nicaragua renversent, avec l’aide de l’aviation américaine, le gouvernement démocratique du président Arbenz Guzman remplacé par une junte militaire réclamée par Eisenhower.
  • 1958 : Liban. Des milliers de Marines sont envoyés à Beyrouth pour empêcher le renversement du gouvernement pro-américain et protéger les intérêts américains dans la région.
  • 1958 : Indonésie. Bombardements par les militaires et combattants islamistes appuyés par les États-Unis contre le gouvernement démocratique de Sumatra.
  • 1960 : Guatemala. Bombardements.
  • 1961 : Cuba. Opération Mongoose, armés et entraînés par la CIA, plus de 1000 exilés cubains débarquent dans la Baie des Cochons avec l’espoir de provoquer une rébellion contre le gouvernement castriste en place très populaire. Le soulèvement n’a pas lieu, les mercenaires sont rejetés à la mer, les États-Unis imposent un embargo à Cuba.
  • 1961-1972 : Vietnam. Pendant 11 ans, les États-Unis, prenant le relais de l’armée française, utilisent tout leur arsenal militaire y compris des armes chimiques pour venir à bout d’un mouvement révolutionnaire nationaliste d’indépendance. La plus longue guerre dans laquelle se sont embarqués les États-Unis causera la mort de plus d’un million de combattants vietnamiens, quatre millions de civils et près de 60000 soldats américains.
  • 1961-1972 : Laos et Cambodge. Bien qu’officiellement pas en guerre avec ces deux pays, les États-Unis y effectuèrent d’incessantes attaques aériennes et d’innombrables massacres de populations.
  • 1961 : Congo. Assassinat du premier ministre Patrice Lumumba par les services secrets belges soutenus par la CIA.
  • 1962 : Cuba. Crise des missiles.
  • 1964 : Panama Les Marines qui protègent les intérêts américains du canal de Panama écrasent une révolte visant à nationaliser ce secteur stratégique. Après avoir protégé et utilisé le dictateur panaméen pour leurs attaques contre le Nicaragua sandiniste, les USA s’en débarrassent. 26 000 soldats américains envahissent le pays sous couvert de le faire comparaître devant les tribunaux américains pour trafic de drogue. Des centaines de civils périssent sous les bombardements.
  • 1964 : Brésil. Renversement du président Joao Goulart par un putch militaire soutenu par la CIA et instauration de la dictature du maréchal Castelo Branco.
  • 1964 : Congo. Bombardements pour réprimer la révolte nationaliste de gauche soutenue par l’Organisation de l’Unité Africaine.
  • 1965 : Indonésie. Prétextant une tentative de putch des communiste pourtant proche du pouvoir de Sukarno, une opération militaire sanglante dont les dirigeants sont téléguidés par la CIA est menée. Des centaines de milliers d’indonésiens sont victimes d’une chasse à l’opposant, la longue et meurtrière carrière de l’homme de paille américain Suharto commence pour culminer au Timor Oriental.
  • 1965 : République Dominicaine. Sous le couvert de l’Organisation des États Américains, les États-Unis interviennent militairement pour contrer une prétendue menace communiste et provoquent un coup d’État contre le président Juan Bosch élu démocratiquement. La bataille de Saint-Domingue fait quelque 10 000 victimes.
  • 1965 : Pérou. Bombardements.
  • 1967-69 : Guatemala. Formation des forces armées guatémaltèques du président Julio César Mendez Montenegro par les forces spéciales américaines pour contrer les attaques des rebelles gauchistes.
  • 1970 : Oman. Soutien logistique de la CIA et formation par des conseillers américains, les troupes iraniennes tentent d’envahir le sultanat pour contrer l’insurrection communiste dite Guerre du Dhofar.
  • 1970 : Moyen-Orient. Implication militaire des États-Unis auprès d’Israël dans les guerres qui ont lieu dans cette région du globe.
  • 1973 : Chili. Suite à la réforme agraire et aux nationalisations, les États-Unis, par l’intermédiaire de la CIA et de la firme ITT, fomentent un coup d’État militaire qui conduit à l’extermination du président élu de gauche Salvador Allende. Des milliers de morts, de femmes et d’enfants enlevés et torturés, et l’installation de la dictature d’extrême-droite du général Pinochet conseillé par la CIA.
  • 1975-1999 : Timor Oriental. Les États-Unis soutiennent sans faillir l’invasion et l’annexion conduite par l’Indonésie de Suharto. Un tiers de la population est décimée en près de 25 années. Alors qu’en 1999 lors d’un référendum, 80% de la population du Timor Oriental choisit l’indépendance, les États-Unis soutiennent les exactions et la terreur de milices téléguidées par l’armée indonésienne qui s’opposent à l’indépendance. Les États-Unis finissent par accepter, sous la pression internationale, l’idée d’une force de maintien de la Paix de l’ONU.
  • 1979-1989 : Afghanistan. Opération Cyclone, soutien logistique aux Moudjahidins du commandant Massoud pour contrer l’invasion de l’URSS. Soutien à Oussama Ben Laden appuyé par les services secrets pakistanais, l’ISI, dans le recrutement, la formation et l’envoi de combattants islamistes sur le front afghan.
  • 1980-1990 : Salvador. Les États-Unis s’engagent militairement aux côté des forces gouvernementales, de l’oligarchie au pouvoir et des escadrons de la mort de l’armée salvadorienne pour contrer la guérilla marxiste du FMLN. En 1980, l’archevêque Romero, très populaire chez les pauvres, est assassiné par des hommes proches de la CIA. En dix ans, la guerre civile a fait plus de 100 000 morts.
  • 1981-1988 : Nicaragua. Les États-Unis n’acceptent pas la série de réformes que les Sandinistes du président Daniel Ortega arrivés au pouvoir en 1979 engagent. Les États-Unis apportent leur soutien aux Contras basés au Honduras. En 1986, le scandale de l’Irangate révèle que le produit financier des ventes d’armes américaines à l’Iran a servi a financer les Contras.
  • 1982-1984 : Liban. Les troupes phalangistes du Liban soutenues par Israël et les États-Unis expulsent et massacrent des Palestiniens.
  • 1983 : Grenade. Opération Urgent Fury, embourbés au Liban, les États-Unis font une démonstration de force en envahissant la minuscule île de la Grenade prétextant de la sécurité de quelques citoyens américains et pour renverser le dirigeant Maurice Bishop suite à son coup d’Etat pacifique contre le régime autoritaire du Premier Ministre Eric Gairy. Huit ans plus tard, le Wall Street Journal qualifie cette démonstration d’« invasion des banques », l’île est devenue un paradis pour la fraude financière et l’évasion fiscale.
  • 1986 : Libye. Suite aux attentats anti-américains en Europe, l’aviation américaine bombarde des villes libyennes, faisant des centaines de victimes parmi les civils et les officiels.
  • 1986 : Les États-Unis sont condamnés pour « usage illégal de la force » contre le Nicaragua par la Cour internationale de justice de La Haye.
  • 1988 : Iran. Opération Praying Mantis de la marine américaine contre les deux plateformes pétrolières iraniennes, Sassan & Sirri, durant la guerre Iran-Irak et suite aux dégâts de la frégate USS Samuel B. Roberts causés par une mine iranienne.
  • 1989 : Philippines. L’aviation américaine prête main-forte aux forces gouvernementales pour contrecarrer un des nombreux coup d’État contre la présidente Corazon Aquino, farouche opposante aux communistes et aux indépendantistes musulmans.
  • 1989 : Panama. Opération Just Cause, le président George H.W. Bush ordonne la prise de contrôle du canal de Panama et renverse le dictateur militaire Manuel Noriega, agent double de la CIA, suite au prétexte de l’exécution d’un soldat américain par des soldats panaméens.
  • 1991 : Fin de la Guerre Froide entre les États-Unis et l’URSS.
  • 1991 : Irak. Allié précieux des États-Unis dans la région durant de longues années, le dictateur Saddam Hussein envahit le Koweït sans en référer à la superpuissance. Les États-Unis, n’acceptant pas de perdre le contrôle d’une partie des ressources pétrolières du Golfe, déclarent la guerre à l’Irak en janvier 1991 et mettent en place une coalition militaire internationale qui, avec le soutien de l’ONU, libère le Koweït. L’Irak est placé sous embargo.
  • 1993-1994 : Somalie. Fiasco des opérations Restore Hope I et II, en appui à l’ONU, pour mettre fin à la guerre civile du seigneur de guerre Mohamed Aidid.
  • 1994 : Haïti. Ayant occupé Haïti de 1915 à 1934 puis soutenus les deux effroyables dictatures de François et Jean-Claude Duvalier de 1957 à 1986, les États-Unis se montrent favorables au renversement par coup d’État, en 1991, contre le dictateur Raoul Cédras remplacé par le le président en exil Jean-Bertrand Aristide escorté par 22000 soldats américains. Parmi les militaires impliqués dans le coup d’État, le colonel François qui a été formé, comme les dictateurs latino-américains Noriega et d’Aubuisson, dans la même académie militaire américaine. Trois ans plus tard les États-Unis interviennent militairement pour remettre en scelle le président déchu.
  • 1995 : Yougoslavie. Bombardements en Bosnie-Herzégovine en soutien aux forces armées de l’ONU/OTAN.
  • 1996 : Somalie. Soutien de la CIA dans l’assassinat de Mohamed Aidid.
  • 1998 : Irak. Les États-Unis et l’Angleterre reprennent leurs bombardements sur l’Irak et se fixent comme objectif l’élimination physique de Saddam Hussein et la mise en place d’un gouvernement de remplacement.
  • 1998 : SoudanOpération Infinite Reach, en riposte aux attentats terroristes contre les ambassades américaines de Nairobi au Kenya et de Dar-es-Salaam en Tanzanie, l’armée américaine détruit un complexe pharmaceutique d’Al-Shifa supposé servir de lieux de production d’armement chimique à des fins terroristes.
  • 1998 : Afghanistan, Opération Infinite Reach, bombardements massifs par la marine américaine de quatre camps d’entrainement dont Al Badr, El Farouq et Zawhar Kili, dirigés par Oussama Ben Laden, ex-agent de la CIA, lors d’un sommet de hauts responsables de plusieurs milices islamistes. L’attaque américaine provoqua la mort de cinq agents secrets pakistanais de l’ISI.
  • 1998 : Timor Oriental. Soutien logistique à l’ONU pour son indépendance.
  • 1999 : Yougoslavie. Au mois de mars, sous l’impulsion des États-Unis, l’OTAN bombarde le Kosovo et la Serbie ou s’opposent l’Armée de Libération du Kosovo qui depuis 1998 mène des opérations de guérilla et les forces de polices serbes qui, de leur côté, prennent en otage les populations civiles. Des centaines de bombes à uranium appauvri sont testées par les États-Unis. A noter que L’ambassadeur du Canada en Yougoslavie, James Bissett, écrivait en 2001 : « Depuis 1998, la Central Intelligence Agency (CIA) avec l’aide du Special Air Service (SAS) britannique livrait des armes à l’armée de libération du Kosovo (UCK) et leur assurait une formation militaire, dans le but d’une insurrection armée. […] et, une fois la région embrasée, l’intervention de l’OTAN deviendrait possible et justifiée »Voir ICI
  • 11 septembre 2001 : Début de la Guerre contre le Terrorisme. Lancement de l’opération Enduring Freedom à l’échelle du globe.
  • 2001 à 2021 : Afghanistan. Opération Active Endeavour, suite aux attentats du 11 septembre attribués à l’organisation Al-Qaïda dirigée par Oussama Ben Laden, les États-Unis forment une coalition internationale, implantent des bases au Pakistan et bombardent massivement le pays. Les Taliban sont renversés. Les États-Unis ne parviennent pas à imposer leur « protégé » (l’ancien roi), un gouvernement de transition est mis en place. Les prisonniers de guerre se voient déniés par les États-Unis de leurs droits internationaux reconnus par les conventions internationales, certains sont déportés sur la base militaire américaine de Guantanamo à Cuba et subissent un régime d’exception contraire aux principes internationaux et à la législation américaine elle-même. Derrière ces événements, les États-Unis légitiment leur allié dictateur du Pakistan, assurent peu à peu leur mainmise sur le transit des ressources naturelles régionales[1] [2].
  • 2002 : Irak, Iran et Corée du Nord. Les États-Unis placent ces pays au nombre des composantes de l’Axe du Mal, la nouvelle doctrine militaro-mystique de mise en place de « guerres préventives »  contre tous ceux qui ne s’alignent pas sur les États-Unis.
  • 2002 : Phillipines. Opération Enduring Freedom, soutien économique et militaire au gouvernement philippin contre les guérillas.
  • 2002 : Corne de l’Afrique. Opération Enduring Freedom.
  • 2002 : Géorgie. Opération Enduring Freedom, formation de plusieurs bataillons d’infanterie de l’armée géorgienne dans la vallée du Pankissi.
  • 2002 : Irak. Les États-Unis font pression sur la communauté internationale pour lancer un corps expéditionnaire en Irak visant au renversement de Saddam Hussein, à l’instauration d’un gouvernement favorable à leurs intérêts, à l’obtention des principales parts de marchés de la reconstruction du pays après bombardements, à l’octroi de concessions sur les immenses ressources pétrolières du pays. Fin 2002, les USA et leurs alliés anglais ont massés des dizaines de milliers de soldats sur-équipés sur place, prêts à une offensive.
  • 2003 : Irak. Les États-Unis outrepassent les décisions de l’ONU et envahissent l’Irak dans la nuit du 19 au 20 mars, avec le soutien de l’Angleterre. Un déluge de feu s’abat sur le pays et la population dont déjà près de 500 000 personnes sont mortes en 10 ans du fait du blocus économique (800 missiles Tomahawk, 23 000 bombes à uranium, à fragmentation, mini-nucléaire). Un mouvement mondial d’opposition à la guerre et à l’agression militaire des États-Unis se développe en faveur de la paix et pour le respect du droit international. La majorité des pays de la planète condamnent l’agression américaine contre un pays souverain. Par cet acte les USA ouvre la voix dangereuse et criminelle à la doctrine de la guerre préventive permettant d’attaquer tout pays ne se soumettant pas à la conception impérialiste américaine.
  • 2003 : Sao Tomé-et-Principe. Intervention suite à une tentative de coup d’État militaire contre le président Fradique de Menezes.
  • 2004 : Haïti. Intervention militaire avec l’aide de la France pour chasser le président Jean-Bertrad Aristide.
  • 2004 à nos jours : Pakistan. Début de la guerre du Waziristan contre les nombreux mouvements de Taliban. Bombardements réguliers par des drones de l’armée américaine et de la CIA.
  • 2004 : Algérie. Soutien militaire au gouvernement dans sa lutte contre le GSPC devenu AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique).
  • 2004 : Kyrghizstan. Opération Enduring Freedom.
  • 2008 à nos jours : Somalie. Bombardements de plusieurs camps islamistes d’Al-Shabaab supposés être liés à Al-Qaïda.
  • 2008-2009 : Palestine. Soutien financier et logistique à l’armée israélienne dont l’envoi de 3000 tonnes de munitions en prélude à l’opération Plomb Durci dans la Bande de Gaza contre le Hamas.
  • 2009-2010 : Yémen. Bombardements par l’aviation américaine de plusieurs camps de la rébellion zaïdites des Houthis soutenus par l’Iran et en conflit contre le gouvernement yéménite depuis 2004, dit Insurrection de Sa’dah.
  • 2011 : Lybie. Intervention militaire de 2011 en Libye.
  • 2014-2015 : Irak et Syrie (en cours)  : Guerre contre l'État islamique
  • 2017 : Venezuela. Le directeur de l’Agence Centrale de Renseignement des États-Unis (CIA), Michael Richard Pompeo, révéle publiquement la tenue de plusieurs réunions avec la Colombie et le Mexique pour évaluer les « manœuvres qui pourraient être appliquées depuis ces nations en vue d’obtenir un meilleur résultat » dans les efforts menés pour « changer le gouvernement du Venezuela ». Voir ICI

 

  • Après le coup d’État soutenu par les États-Unis en Bolivie contre Evo Morales en novembre 2019, voici un aperçu de tous les coups d’État auxquels les États-Unis ont participé en Amérique latine. 

- Cent ans de coups d'Etat en Amérique latine

- Les Etats-Unis : la fabrique de coups d’Etat en Amérique latine​​​​​​​

Chronologie des interventions américaines dans le monde

Notes :

[1Afghanistan : 20 ans de guerre en travers de la gorge

[2Afghanistan, d’une défaite l’autre

 

Pour en savoir plus :

- Guerre économique et déstabilisation politique

- Les Etats-Unis envoient des équipements militaires aux Baltes

- Des conseillers militaires USA et Israël accusés d'aider l'ISIS : arrêtés (Sputniknews.com)

- Venezuela : Le crime se prépare

- Les Etats-Unis ont 222 années de guerres à leur actif... sur 239 ans d'existence !

- Cent ans de coups d'Etat en Amérique latine

- La guerre contre la démocratie (John Pilger – 2007)

- La CIA a pensé à se débarrasser de Fidel Castro... 638 fois !

- Depuis 1959, les États-Unis ont multiplié les actions contre Cuba

- Lorsque les Etats-Unis soutenaient les islamistes radicaux en Bosnie et au Kosovo

- Ce qui attend l’Amérique latine avec Trump

- Les Etats-Unis ont largué l’équivalent de trois bombes par heure dans le monde en 2016

- Les guerres secrètes des États-Unis mettent l’Afrique en danger

- Venezuela : l'administration Trump a discuté avec des rebelles pour renverser Maduro

- Entretien avec Rafael CORREA, ancien président de l'Équateur : « Ils veulent exterminer la gauche »

- Petit précis de déstabilisation en Bolivie

- Que cache la militarisation de l’Amérique Latine ?

- Un rapport indique que les Etats-Unis ont dépensé six mille milliards de dollars pour des guerres qui ont tué un demi-million de personnes depuis le 11 septembre 2001

- 6 mai 2020 : Au Venezuela, une "baie des Cochons en mode stupide" ?

- Retour historique sur l’Opération Condor et le rôle de la CIA

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 09:00
Obama: « on est bien obligé de tordre le bras des pays qui ne font pas ce que nous voulons »

Le président Barack Obama a dit que le leadership américain nécessitait parfois de tordre le bras des États qui ne font pas ce que nous avons besoin qu'ils fassent et que les États-Unis utilisaient leur force militaire et d'autres moyens de pression pour atteindre leurs objectifs.

 

Sources : Sott.net Traduit par le Saker Francophone 12 fév. 2015 | mis à jour le 30 avril 2015

Dans une longue interview qu'il a donnée à Vox, et qu'Obama lui-même a qualifiée de tribune destinée à «ceux qui aiment se creuser les méninges», le président américain a nié l'efficacité d'une politique étrangère purement réaliste tout en expliquant que, parfois, les Etats-Unis, dont le budget de la défense dépasse la totalité de ceux des dix pays qui le suivent en ordre d'importance, avait besoin de s'appuyer sur sa force militaire et sur d'autres leviers du pouvoir.

Saluant le système fondé sur le respect des règles qui avait émergé après la Seconde Guerre mondiale, Obama a admis qu'il n'était pas parfait, mais il a soutenu que «l'ONU, le FMI, et toute une série de traités, de règles et de normes qui ont été établies ont vraiment contribué à stabiliser le monde, ce qui n'aurait jamais pu se faire autrement

Il a expliqué, cependant, que l'efficacité de ce système idéaliste, wilsonien, fondé sur le respect des règles avait été mis à rude épreuve par le fait «qu'il y a là-bas des gens méchants qui veulent nous faire du mal.»

Selon le président, la réalité de ces menaces a contraint les Etats-Unis à avoir «la plus grande armée du monde». Obama a dit en outre: « Nous devons, à l'occasion, tordre le bras des pays qui ne feraient pas ce que nous voulons qu'ils fassent. Si nous ne disposions pas des divers moyens de pression économiques, diplomatiques ou militaires que nous avons - si nous n'avions pas cette pointe de réalisme, nous n'arriverions à rien non plus. »

Obama note que les États-Unis n'ont pas de solutions militaires à tous les défis du monde moderne, mais il ajoute que nous n'avons pas d'équivalent en termes d'État qui pourrait attaquer ou provoquer les Etats-Unis.

«Celui qui serait le plus en mesure de le faire, c'est évidemment la Russie avec son arsenal nucléaire, mais d'une façon générale, ils n'ont pas la capacité d'envoyer des forces miliaires partout dans le monde comme nous. La Chine non plus. Nous dépensons plus pour notre armée que les dix pays suivants ensemble», a-t-il dit.

Dans ce contexte, Obama a déclaré que le désordre généré par des États faillis et des menaces asymétriques venant d'organisations terroristes étaient les principaux défis auxquels la communauté internationale était confrontée aujourd'hui.

Obama a également indiqué que pour régler ces questions et d'autres problèmes, il fallait avoir «des moyens de pression sur les autres pays et d'autres ressources» chaque fois que possible, tout en reconnaissant que Washington était «le chef de file parce que nous avons des capacités que les autres n'ont pas».

Cette approche, a-t-il affirmé, a également conduit à «partager une partie du fardeau et de la responsabilité».

Quand on l'a interrogé sur les limites de la puissance américaine, Obama a admis qu'il y avait des choses que son administration ne peut tout simplement pas faire en termes de projection de puissance, mais il est resté optimiste.

«En fait, le leadership américain, vient en partie de notre confiance en nous, du sentiment que nous pouvons le faire*. Nous sommes le plus grand et le plus puissant pays de la Terre. Comme je l'ai déjà dit dans mes discours: lorsque des problèmes surgissent, ce n'est pas Pékin qu'on appelle, ni Moscou. C'est nous. Et nous assumons cette responsabilité. La question, je pense, est de savoir comment ce leadership est exercé. Mon administration montre beaucoup de détermination à éclaircir, prendre en charge et venir à bout des problèmes du monde entier.»

 


- Cet appel au leadership des États-Unis, qui découle de la notion de l'exceptionnalisme américain, a régulièrement été remis en question par Moscou.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'est élevé, en septembre dernier, contre la partie du discours d'Obama devant l'ONU où le président américain présentait l'agression russe en Europe, l'épidémie d'Ebola et ISIS comme les menaces actuelles - et comparables entre elles - à la paix et la sécurité internationales.

Lavrov a déclaré que le discours d'Obama à l'ONU était le «discours d'un artisan de paix - dans la manière dont il avait été formulé», mais il a ajouté que «les résultats sur le terrain étaient loin d'être à la hauteur des paroles».

Le ministre russe des Affaires étrangères a ajouté qu'Obama avait présenté une vision du monde basée sur l'exceptionnalisme étatsunien.

«C'est la façon de voir d'un pays qui s'est donné, dans sa doctrine de défense nationale, le droit d'utiliser la force de façon discrétionnaire, au mépris des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU ou d'autres règles du droit international», a déclaré M. Lavrov.

Dans un article de septembre 2013 dans le New York Times, le président russe Vladimir Poutine avait déclaré que le concept de l'exceptionnalisme américain était problématique dans l'arène mondiale.

«Il est extrêmement dangereux d'encourager les gens à se considérer comme exceptionnels, quelle qu'en soit la raison, a écrit Poutine. Il y a de grands pays et de petits pays, des pays riches et des pauvres, des pays qui ont une longue tradition démocratique et d'autres qui ont encore du chemin à faire vers la démocratie. Leurs politiques diffèrent aussi. Nous sommes tous différents, mais lorsque nous demandons au Seigneur de nous bénir, nous sommes obligés de nous rappeler que Dieu nous a créés égaux.»

 

Pour en savoir plus :

- Alerte Venezuela

- Au Venezuela et en Argentine Guerre économique et déstabilisation politique

- Défaite d’Obama : la totalité des gouvernements sud-américains lui demande de retirer son décret contre le Venezuela

- Amérique latine. Non aux manips de l’Oncle Sam

- Les agences de Washington au Venezuela : une menace inhabituelle et extraordinaire

- VENEZUELA : Obama ment tout en révélant une grande vérité

- Noam Chomsky : l’interview qui dénonce l’Occident

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 09:00
Ukraine/Russie : l’UE n’a décidément rien compris

Sources : Jean Luc Mélenchon député pour changer d'Europe publié le 20 février 2015

L’Union européenne vient de mettre en œuvre un huitième volet de sanctions engagées contre la Russie depuis mars dernier. Ainsi, l'Europe, dans le sillage des demandes nord-américaines, est engagée en Ukraine dans une stratégie d'engrenage absurde face à la Russie. Depuis le putch masqué dans le prétexte des manifestations anti oligarchiques sur la place Maïdan puis l'adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie, tout un arsenal de sanctions contre-productives ont déjà été déployé. 

 

Cela a commencé par des sanctions diplomatiques visant de nombreuses personnalités de Crimée, russes et ukrainienne. Ces sanctions comprennent l'arrêt de la délivrance de visas et le gel des avoirs des personnes visées. Elles sont appliquées indifféremment à des personnalités politiques comme des députés de la Douma, des ministres en exercice, ou le maire de Sebastopol, des hauts fonctionnaires comme le procureur de Crimée, le directeur du FSB. Mais il y a aussi des hommes d'affaires, des actionnaires de la banque Rossyia ou ceux des compagnies gazières et pétrolières. Et même à un chanteur, Yossif Kobzon, extrêmement populaire en Russie et en Ukraine. Son crime est d'être venu à Donetsk pour donner un concert au moment où la ville était bombardée par les forces « anti-terroristes » de Kiev, c’est-à-dire le gouvernement de coalition avec les néo-nazis ukrainiens.

 

Les sanctions sont rapidement passées au plan de l’économie. Ce fut l'arrêt en juillet 2014 des programmes menés en Russie par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Puis la mise en place d'une restriction de l'accès russe aux marchés européens, les citoyens européens et les entreprises ne pourront plus acheter ni vendre de nouvelles actions financières si elles proviennent d'une banque russe dont l'Etat est l'actionnaire majoritaire. De nombreuses sociétés sont ainsi peu à peu interdites d'accès aux marchés de capitaux européens, principalement les compagnies énergétiques : dont les principaux producteurs et transporteurs de pétrole russes – Rosneft, Transneft et Gazprom Neft.

 

A cela s'ajoutent des sanctions militaires avec la mise en place d'un embargo sur l'import et l'export des armes et du matériel en provenance et à destination de la Russie. L'exportation des biens et des technologies à usage militaire est elle aussi interdite, de même que les biens à double usage civil et militaire. La France a aussi par la suite interrompue de façon inacceptable la livraison à la Russie des Mistrals dont le premier des porte-hélicoptères devait être livré à la marine russe en novembre 2014 dans le cadre d'un contrat signé en 2011.

 

Les sanctions de l'UE contre la Russie ne sont que des provocations dérisoires. Elles font suite en général à des demandes des USA qui se gardent bien d’en décider d’aussi féroces pour leur propre économie. Naturellement leurs effets diplomatiques sont nuls. Jean-Claude Juncker reconnaissait lui-même au début du mois de février avant les nouvelles sanctions que « après les accords signés à Minsk, le temps n'est pas aujourd'hui aux sanctions ». Elles sont surtout absurdes économiquement.

 

  • Le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Garcia-Margallo a rappelé à ses collègues au seuil d’une réunion des chefs de diplomatie des pays membres de l'UE à Bruxelles que les mesures punitives contre la Russie avaient déjà coûté 21 milliards d'euros à l'UE. Et que de nouvelles mesures pourraient avoir de « lourdes conséquences pour tous ». L'Espagne a en effet « essuyé des pertes dans l'agriculture et le tourisme » du fait de ces sanctions. Elle pâtit aussi à l’inverse de l'embargo mit en place par la Russie en réaction en aout 2014.
  • Même en France, les effets négatifs de ces sanctions se font sentir : Les Atelières, société coopérative des ex-ouvrières de Lejaby vient d'être placée en liquidation suite à l'importante chute dans les ventes russes et ukrainiennes qui représentaient 30% du chiffre d'affaire l'année précédente.

 

Comme on pouvait le prévoir les aventures ukrainiennes et les sanctions contre les Russes ont aggravé la récession en Europe et en France. A mes yeux, compte tenu de la stupidité de la politique suivie dont les résultats locaux sont tellement à l’inverse des objectifs annoncés, je me demande si le but des Etats-unis est vraiment l’affaiblissement de la Russie ou celui de l’Union européenne. Si c’est l’Union c’est réussi et c’est tant pis puisque les gouvernements sont assez serviles pour s’y plier de plein gré. Si c’est la Russie c’est raté et c’est tant mieux, car personne de sensé ne peut souhaiter voir les « autorités » d’extrême droite de Kiev l’emporter.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Europe Centrale

- Ukraine: où en est-on ?

- Chars et soldats US pour les pays baltes

- Ukraine: l'armée américaine déploie des instructeurs, Moscou en colère

- Face à la Russie, Jean-Claude Juncker veut une armée européenne

- Jean-Luc Mélenchon, l’homme à abattre

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 09:00
Vénézuéla : Des généraux, fascistes et grands patrons avaient préparé un coup d’état militaire pour la mi-février 2015
 

- Venezuela : démantèlement d’une tentative de coup d’Etat

Des jeunes officiers des Forces armées nationales bolivariennes ont permis qu’avorte, en la dénonçant, une tentative de putsch impliquant de hauts gradés de l’aviation militaire, et des civils liés surtout à l’organisation d’extrême droite « Primero justicia ».

 

Le Venezuela est confronté depuis le coup d’Etat d’avril 2002 à ce que l’on pourrait appeler, pour reprendre la célèbre formule : un « coup d’Etat permanent » ; une « guerre de basse intensité », implacable, menée sous la supervision et la planification nord-américaine, par une opposition haineuse, revancharde, putschiste.

 

Il s’agit, pour cette coalition qui va de l’ultra-droite aux ex-sociaux-démocrates, de parvenir à battre le chavisme par la conjugaison déstabilisatrice de tous les moyens possibles :

1/ guerre économique

Accaparement et stockage illégal à des fins spéculatives d’aliments, de médicaments, de produits sanitaires... Spéculation tous azimuts, hausse des prix, contrebande. Tout cela afin de fatiguer la population par des pénuries organisées, de provoquer la colère, d’inciter aux pillages.

 

Un embargo financier international se met également peu à peu en place...

 

2/ guerre idéologique de tous les instants

Désinformation, mensonges, manipulations, faux sondages, afin de créer un climat défaitiste à l’intérieur et de brouiller l’image internationale du pays, de l’isoler, en créant un effet-repoussoir (les « experts » en intox ont attribué au Venezuela le plus important « risque pays » !! Il faut oser !)

 

3/ stratégie de la violence

Sabotages, conspirations, infiltrations massives de groupes paramilitaires par la frontière colombienne (ils sont aujourd’hui disséminés partout dans le pays), assassinat de dirigeants chavistes, ingérences des diplomates nord-américains en poste à Caracas, de la CIA, des « fondations » made in USA ou Aznariennes, pour tenter de diviser le chavisme et l’armée. Et, au final, réussir la deuxième phase de l’opération « Salida (« sortie » du président légitime Nicolas Maduro) » par des « guarimbas » sanglantes, un soulèvement cette fois-ci réussi... Les Etats-Unis y « mettent le paquet » et sont décidés à aller jusqu’au bout afin d’abattre cette révolution populaire qui se prononce pour une « voie socialiste » et qui dispose de deux siècles de réserves pétrolières... au service du progrès social.

 

Le plan putschiste « Jericho », révélé le 12 février 2015, prévoyait notamment le bombardement de centres stratégiques de la capitale par un avion étranger « Tucano », repeint aux couleurs du Venezuela. Le plan impliquait des conspirateurs qui avaient tenté déjà l’opération en mars 2014 ; trois généraux furent arrêtés à l’époque. Les conjurés ont été arrêtés et emprisonnés le 11 et le 12 février . Les officiers impliqués étaient en contact avec l’ambassade nord-américaine qui leur avait octroyé un visa de sortie, au cas où, et une quantité importante de dollars. Le général de brigade de l’aviation, Oswaldo Hernández Sánchez, et le député Julio Borges, du parti « Primero justicia » apparaissent comme les principaux instigateurs, soutenus par un réseau de militaires qui avaient été mis à l’écart, et des civils de l’opposition, dont le maire (Antonio Ledezma) de la capitale métropolitaine. Sont impliqués également le lieutenant Henry Javier Salazar Moncada, le capitaine Héctor José Noguera Figueroa (en fuite), et le lieutenant écarté Peter Alexander Moreno Guevara, ainsi que le lieutenant Ricardo José Antich Zapata.

 

Le « golpe » devait avoir lieu, précisément ce 12 février, après publication d’un manifeste appelant à la constitution d’un gouvernement provisoire.

 

Dans les dernières semaines de 2014, le gouvernement nord-américain avait fait adopter une provocatrice loi d’ingérence, dite « loi de sanctions » contre un groupe de dirigeants et d’officiers chavistes, leur refusant entre autres l’obtention d’un visa s’ils souhaitaient se rendre aux Etats-Unis. Il s’agit, pour les instigateurs, les marionnettes et leurs marionnettistes, de saper le moral des Forces armées et de la population, d’attiser la déstabilisation d’un pays cauchemar de l’ordre (le chaos) néolibéral. Avec tous les fers au feu. Au prix du sang.

 

Rappelons-nous le Chili d’Allende et de Neruda. Ne laissons pas faire !

 

 

- VENEZUELA : Coup d’état militaire démonté

Source : Blog "Pour une société au service de l'Humain "  par Oscar Fortin le 13 février 2015

Le 12 février dernier marquait le premier anniversaire des actions violentes enclenchées par les forces de l’opposition d’extrême droite pour déstabiliser et renverser le gouvernement de Nicolas Maduro. Comme nous le savons tous, cette opération avait été soigneusement préparée et financée par des fonds venant de Washington et de l’oligarchie nationale. Malheureusement pour eux, le gouvernement a survécu à ces actions « terroristes » et ses principaux instigateurs dans le pays furent arrêtés et faits prisonniers. Une défaite amère qui donna lieu à l’élaboration d’un nouveau plan, cette fois pour janvier et février 2015. C’est de ce plan qu’il est question dans cet article.

 

Il faut dire que l’ambition du pouvoir, mais surtout des richesses qui tombent sous la coupe de ce pouvoir est persistante et tenace. Depuis que Chavez a pris le pouvoir, en 1999, par des élections, tout ce qu’il y a de plus démocratique, et qu’il dota le pays d’une Constitution, reconnue et acceptée par le peuple, les oligarchies nationales, la cupule épiscopale et Washington ne font qu’un pour mettre un terme à cette aventure d’un peuple à la conquête de son indépendance et du contrôle de ses richesses.

 

Ce club des forts et des puissants peut compter sur une presse qui couvre le pays et le monde dont les journalistes sont devenus des spécialistes de la manipulation et de la désinformation. Un instrument indispensable pour diaboliser ceux qui doivent l’être et diviniser ceux qui doivent agir. Il faut que l’opinion publique nationale et internationale voie et comprenne que leurs actions de reconquête du pouvoir n’est que pour mieux servir les intérêts de ces pauvres gens soumis à un régime inhumain d’un gouvernement socialiste, marxiste, communiste, etc. Les déclarations de l’épiscopat viendront renforcer le rejet moral de ces idéologies «populistes» qui n’auront été que des échecs là où ils ont voulu prendre racine. À ces déclarations s’ajouteront des millions de dollars pour corrompre, acheter et payer des mercenaires et des volontaires pour créer le désordre et commettre des crimes sous fausses bannières.

 

Certains se souviendront du coup d'Etat militaire d'avril 2002 qui nous révéla à visage découvert certains de ces acteurs ainsi que leur projet funeste de remettre le peuple là où il aurait dû toujours resté et pour reprendre, à leur compte, un pourvoir qui n’aurait jamais dû leur échapper.

 

Suite à cette expérience ratée de coup d’État, une alternative de déstabilisation se présenta du côté des dirigeants et syndicats anti-Chavez de l’entreprise nationale du pétrole vénézuélien PDVSA dont les principaux responsables avaient été nommés par le gouvernement précédent. Ce fut d’abord une grève qui s’étendit sur plusieurs mois, affectant ainsi la principale source de revenus du Venezuela, mais sans donner les résultats escomptés. C’est alors que l’opposition oligarchique se tourna vers cette disposition de la Constitution qui permet de révoquer par référendum un dirigeant qui n’est pas à la hauteur des fonctions qu’il se doit d’assumer. Ce fut alors la grande mobilisation pour obtenir les signatures nécessaires pour enclencher ce référendum révocatoire contre Chavez. Encore là, aucune chance. Le peuple est avec Chavez.

 

Tout au long des années qui vont suivre, le gouvernement Chavez sera harcelé, élection après élection,  par Washington et une opposition qui n’ont pas l’intention de démordre, peu importe les moyens à utiliser. En février 2014, les activités de sabotages ont fait plus de 60 morts et plus de cent blessés, sans compter les dommages matériels avoisinant les cent millions de dollars.

 

Cette année, 2015, n’allait pas échapper à ces actions criminelles, toujours présentées par les médias meanstream comme des luttes pour la liberté et le respect des droits humains. Voici en quelques mots le scénario prévu pour janvier et février 2015.

 

Déjà au début de janvier, il y a eu une première déclaration d’un cardinal important de l’Amérique centrale et qui occupe également un poste de grande influence au Vatican. Il s’agit du cardinal Oscar Andres Rodriguez Maradiaga du Honduras qui agit également comme secrétaire du G-9, groupe qui a pour mission de conseiller le pape sur les réformes de la Curie. Ce n’est donc pas n’importe qui. Or, au début de , il a parlé du socialisme de Chavez comme d’une idéologie populiste et en voie de s’écrouler. Une semaine plus tard, ce fut autour de la Conférence épiscopale de dénoncer le socialisme et d’accuser le gouvernement pour les problèmes de distribution des produits de première nécessité. Sur ce type d’interventions, je vous réfère à cet article.

 

Ce fut comme un signal de départ pour amplifier la rareté des biens de première nécessité en contrôlant leur distribution. Il faut savoir que cette distribution est  à 70% sous le contrôle d’entreprises privées. Cette rareté a donné naissance à des files d’attente pouvant durer des heures aux portes des centres de distribution, tout pour exaspérer la population et  la soulever contre le gouvernement, présenté par les médias meanstream comme l’unique responsable de cette rareté.

 

Des groupes mobilisés et financés par cette même oligarchie avaient pour mission de faire monter la colère des gens et de les inciter à des actions de sabotages contre les centres de distribution et édifices publics, l’objectif étant de créer le chaos ouvrant la voie à une intervention militaire.

 
Il faut reconnaître au gouvernement de Nicolas Maduro d’avoir bien saisi la nature de ces évènements et de les avoir affrontés pour ce qu’ils étaient. Les entrepôts gonflés de ces biens essentiels ont été découverts et portés à la connaissance du public. Le gouvernement a pris le contrôle des principaux centres de distribution pour rendre accessibles des tonnes d’aliments et de biens essentiels. Il a également pris des mesures pour contrer le commerce au noir de ces biens qui se revendaient à haut prix.
 
Là ne s’arrêtait toutefois pas ce plan de coup d’État. Grâce au service d’intelligence et de jeunes officiers de l’armée, fidèles à la Constitution, le gouvernement a pu démonter, ces derniers jours, ce qui aurait pu devenir un véritable coup d’État militaire réalisé en concertation avec certains membres de l’armée, ayant choisi la corruption et la trahison.
 

Ces militaires ont été identifiés et mis en prison. Leur arrestation a permis au gouvernement d’en savoir plus sur ce plan. L’action militaire devait se dérouler le 12 ou le 13 février, ayant pour objectif principal le  bombardement de la Résidence officielle du Président ou de l’endroit où il se trouverait à ce moment, également la destruction du Centre d’information nationale et internationale de telesur.net., entre autres. Ces militaires disposaient d’un visa leur donnant accès en tout temps aux États-Unis. Le gouvernement a également mis la main sur la liste des candidats pour former le gouvernement intérimaire, sur les décisions d’annulation de la constitution dans ses éléments essentiels, etc.

 

Pendant que les militaires procéderaient, des manifestations programmées se réaliseraient dans les principaux centres du pays de manière à créer le désordre et à justifier une loi de couvre-feu de la part des nouveaux gouvernants.

 

En somme, une opération qui emprunte ses bombardements à ceux du Chili d’Allende, qui procède pour la gouvernance sous le modèle du coup d’État militaire de 2002 et qui met à la disposition de la presse nationale et internationale des montages vidéo et des déclarations, créés spécialement pour la circonstance.

 

C’est sans doute en pensant à ce coup d’État militaire qui était planifié pour le lendemain qu’Obama  glissa cette phrase lors d’une longue entrevue à Vox :

 
« On est bien obligé de tordre le bras des pays qui ne font pas ce que nous voulons. »  (Barack Obama)

 

Une phrase qui s’appliquerait bien à un gouvernement vénézuélien renversé par un coup d’État militaire soutenu par Washington. Malheureusement pour lui et ses alliés oligarchiques et épiscopaux, le Gouvernement de Maduro est toujours là et ces criminels immédiats de cette autre aventure de coups d’État prennent le chemin de la prison.

 

Ma seule conclusion est celle de dire que les chantres de la démocratie et du néo-libéralisme, de l’humanisme chrétien sont trop souvent, à mon goût, des hypocrites, des menteurs, des manipulateurs qui n’ont pour objectifs que leur prestige et pouvoir personnel.

 

Je suis pour la démocratie, celle qui fait participer le peuple. Je suis pour le néo-libéralisme, soumis aux exigences du bien commun dont l’État est l’ultime responsable. Je suis pour l’humanisme chrétien, celui qui met l’institution ecclésiale au service des Évangiles et qui fait des Évangiles une source d’inspiration pour les peuples.

 

Sur le même sujet :

- Venezuela : un coup d’état militaire qui n’aura duré que 48 heures

- L'ingérence impérialiste contre les peuples

 

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 09:00
Indiens d’Amérique : un génocide tranquille et presque achevé

C’est l’un des plus grands génocides de l’histoire, plus grand encore que celui qui nous est continuellement ressassé, car l’on parle ici de 80 millions à 100 millions de personnes! Et pourtant, celui-ci continue tranquillement. Les amérindiens sont « protégés », principalement en tant que source de revenus, avec la visite des zoos réserves, grâce au cinéma, à la culture, mais sinon… Leur principal droit est celui-ci de conserver le silence, aux États-Unis, le « blanc » reste maitre !

Les Etats-Unis ne voient pas d’un bon oeil que le sort des Indiens d’Amérique soit pour la première fois à l’ordre du jour des Nations-Unies. Car il s’agit de se pencher sur le sort d’une population de 2,7 millions d’habitants ravagés par une multitude de fléaux et dans des proportions effroyables. Mais qu’en attendre? Car la parole de ces exterminés est inaudible.

 

Sources : Les moutons enragés par Benji et le blog de Stephane Trano sur Marianne

 

Un jour d’avril 1973, un militant noir américain pour les droits civiques, Ray Robinson, qui a longtemps suivi Martin Luther King, débarque à Wounded Knee, dans le Dakota du Sud. Il souhaite apporter son soutien à la cause des « Native Americans », ainsi que l’on nomme les Indiens aux Etats-Unis, qui manifestent contre les injustices dont ils sont victimes dans le pays. Wounded Knee est un lieu emblématique et de sinistre mémoire. C’est là, en effet, que furent massacrés et jetés dans une fosse commune entre 150 et 300 hommes, femmes et enfants au matin du 29 décembre 1890, par le 7ème régiment de Cavalerie du Colonel James Forsyth. Sitôt arrivé dans ces lieux où résident toujours une petite communauté indienne, Ray Robinson appelle sa femme qui lui demande de rentrer à la maison, inquiète car elle sait que la situation sur place est explosive. Elle ne le reverra jamais. Après avoir reçue l’annonce de la mort de son époux, Cheryl n’a jamais pu savoir ce qui était arrivé à son mari ni où son corps avait été enterré.

 

Voilà quelques jours, quarante ans plus tard, Cheryl a fait le voyage de Détroit à Sioux City pour témoigner de son histoire. Le gouvernement américain refuse toujours de communiquer sur le sort de son mari, officiellement parce que le cas est toujours en cours d’investigation par le bureau du FBI de Minneapolis. A Wounded Knee, plus personne ne se souvient de Ray Robinson. Une épisode parmi tant d’autres dans l’histoire des militants de la cause des Indiens d’Amérique, qui n’a jamais bénéficié d’un large soutien populaire et que beaucoup voudraientt voir s’éteindre.

 

 

- Et de fait, cynisme et indifférence se conjuguent pour ensevelir année après année la mémoire des peuples indiens presqu’entièrement anéantis en Amérique du Nord.

On ne va pas le nier, les Apaches, les Cheyennes, les Iroquois, les Sioux ou les Esquimaux ne nous inspirent pas, la plupart du temps, un sentiment extrême de culpabilité. Mais ce n’est rien comparé au pays du Western et de la Country. Pas plus que le Jazz ou le Blues ne suscitent leur part de tristesse chez leurs amateurs et ne réveillent chez eux les souvenirs tragiques des lynchages des Noirs, ces genres populaires ne renvoient à la réalité d’un génocide toujours en cours dans l’indifférence générale.

 

Lorsqu’un Américain de l’Illinois souhaite acheter ses cigarettes à bas prix (un paquet coûte ici actuellement 10 dollars), il prend la route du sud de l’Etat ou de l’Indiana voisin, pour s’approvisionner dans l’un des territoires octroyés aux tribus indiennes locales. Là, il paiera son paquet de cigarettes 4 dollars en moyenne. Dans un certain nombre de ces tribus, qui sont des milliers à travers les Etats-Unis, on peut également se procurer de l’alcool à bon marché, jouer au casino (dans 452 d’entre-elles) ou, si l’on se sent possédé par le mal (ce qui est très en vogue), consulter un shaman. Il est toujours très exotique de s’offrir une escapade dans ces drôles d’endroits. Pourtant, l’Américain moyen ne s’y risque pas trop.

 

En effet, 2,1 millions de ces Indiens, soit l’écrasante majorité, vivent largement sous le seuil de la pauvreté. La vision offerte par bien des campements tient purement du bidonville. Et une fois passé ses limites, c’est un voyage en enfer qui commence. L’alcoolisme y prend des proportions catastrophiques. Le chômage y bat tous les records du pays. La maladie s’y propage et tue comme dans les pires zones de la planète. Le suicide, celui des jeunes en particulier, crève le plafond des statistiques. Les Indiens vivant à l’extérieur des tribus n’y reviennent eux-mêmes que pour se faire soigner lorsqu’ils n’ont pas, chose courante, accès au système de santé américain.

 

  • Anthony B. Bradley est Professeur de Théologie au King’s College de New York et Spécialiste des questions raciales aux Etats-Unis. « Si quiconque pense que le gouvernement fédéral sait ce qui est bon pour les communautés locales, explique t-il, il ferait bien de visiter une Réserve Indienne Américaine. Les Natifs Americains [Indiens d’Amérique, NDA] sont aujourd’hui plongés dans le cauchemar de la privation de soins et d’économie qui est la conséquence directe des problemes crées par le Gouvernement lequel, en imposant des solutions sensees résoudre les problemes, rend ceux-ci bien pires en retirant aux communautées leur autonomie. »

 

Tel est le prix à payer pour les Indiens d’Amérique, afin de rester sur la terre de leurs ancêtres, grâce aux concessions faites par le gouvernement fédéral. Pourtant, les Etats abritant ces réserves n’ont de cesse de rogner ces droits et de tenter de récupérer par tous les moyens ces espaces.

 

Pire, une certaine propagande laissant entendre que les Indiens d’Amérique auraient fait le choix de vivre dans ces conditions a fort bien fonctionné dans l’esprit collectif. Or, cela repose sur une contre-vérité historique.

 

 

- L’une des plus graves violations des Droits de l’Homme dans le monde

En effet, peu rappellent le grand mouvement de délocalisation qui fut la conséquence de l’Indian Removal Act [Loi sur le Retrait Indien, NDA] lequel, au milieu du XIXe siecle, contraint les Indiens à délaisser leurs terres historiques au gouvernement pour se concentrer dans les zones qui leur étaient réservées en échange. En 1890, il était devenu interdit aux Indiens de sortir hors de leurs réserves afin de s’approvisionner en nourriture. Une étude du Professeur Jeffrey E.Holm, de l’Université de Médecine du Nord Dakota, a mis en évidence que le changement de régime alimentaire imposé durant des décennies aux tribus indiennes a engendré une surmortalité aujourd’hui toujours existante, en raison des pathologies qu’elles ont engendrées pour des peuples qui ne pouvaient plus se nourrir comme ils l’avaient fait durant des millénaires.

 

En 2010, les Etats-Unis, dans la foulée du Canada, fut le dernier pays au monde à ratifier la Déclaration des droits des Peuples indigènes aux Nations-Unies. Une des rares concessions faites par un pays qui place souvent l’Histoire au dernier rang de ses préoccupations, si ce n’est pour en offrir une version idéalisée. Mais en l’espèce, il est impossible d’idéaliser la réalité sur laquelle s’est construite l’Amérique. En effet, 90% des tribus amérindiennes ont disparu à la suite de l’arrivée des Européens en Amérique du Nord, la plus grande partie à cause des maladies, la partie restante par les armes.

 

Mais ce n’est pas tant cette réalité historique qui rend ces jours-ci le rôle du Professeur James Anaya complexe, en tant que Rapporteur spécial des Nations-Unies sur les Peuples indigènes. Bien que, pour la première fois de leur histoire, l’organisation se penche, du 23 avril au 4 mai, sur le sort des Indiens d’Amérique, ce qui en soit est déjà un événement notable, c’est avant tout pour regarder en face une réalité qui n’est pas celle du passé mais celle du présent.

 

Cette réalité concerne les 2,7 millions d’Indiens vivant actuellement sur le territoire des Etats-Unis, et qui constitue l’un des cas de violation des droits de l’homme a grande échelle le plus emblématique de toutes les nations développées.

 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes:

  • Les Indiens d'Amérique vivent en moyenne 6 ans de moins que les autres Américains
  • Ils ont 770% de risques en plus de mourir d'alcoolisme
  • Ils ont 665% de risques en plus de mourir de Tuberculose
  • Ils ont 420% de risques en plus de mourir de Diabète
  • Ils ont 280% de risques en plus de mourir d'accidents
  • Ils ont 52% de risques en plus de mourir de Pneumonie et de Grippe
(Source: Commission des Etats-Unis sur les Droits Civils, 2004:8)
 

Les Indiens d'Amérique se sont vus accorder la citoyenneté américaine en 1924. Mais ils ont pour longtemps encore été exposes au même sort que les Noirs américains, empêchés d'accéder à l'enseignement scolaire, victimes de la ségrégation.

 

Ce n'est qu'en 1969 qu'ils se sont organises, dans la foulée de la loi sur les Droits civils des Indiens votée l'année précédente. C'est à cette époque qu'ils ont obtenu ce dont les Américains blancs jouissaient depuis deux siècles: la liberté d'expression et d'information, la protection contre les recherches et les arrestations arbitraires, le droit d'engager un avocat pour se défendre, la protection contre les punitions inhumaines et dégradantes, contre les cautions excessives, l'abolition de la peine systématique d'un an d'emprisonnement ou de 5000 dollars d'amende quel que soit le délit commis, le droit d'être jugé par un jury, et ainsi de suite.

 

 

- Mais à l'heure actuelle, aucun Indien d'Amérique, citoyen des Etats-Unis, n'a accès à la plénitude des droits des autres citoyens américains.

Une réalité qui peut prendre des aspects accablants pour l'Administration américaine. Ainsi, le 6 novembre 2008, le Gouverneur du Dakota du Sud, Michael Rounds, décrète l'état d'urgence car son Etat est recouvert par une épaisse couche de neige et de glace qui le paralyse. Mais les réserves indiennes seront exclues du dispositif. 

 

Mais le pire pour ces tribus à l'heure actuelle vient probablement de la pression des Etats pour s'accaparer leurs terres. Les conflits sont nombreux à travers tout le pays. Ils sont allumes sous divers motifs, comme la volonté du Gouverneur de New York, en 2007, d'étendre la taxation de l'Etat aux territoires de la Nation des Seneca, ce qui a engendre une violente bagarre juridique. Et bien que les territoires laisses aux Indiens soient pour la majorité pauvres en ressources et difficiles d'accès, leur contestation par les Etats qui les abritent sont de plus en plus courantes. 

 

Toutefois, la pente naturelle démographique et sociologique suivie par cette population dont la Constitution américaine fait fi devrait se résoudre par le procédé le plus naturel du monde dans les décennies qui viennent : l'extinction.

 

Daniel Bushell nous parle de l'arrivée des blancs aux Amériques. Comment ils ont massacré 100 millions d'Indiens dans ce qui est le pire génocide de l'Histoire et comment les mensonges de ceux qui sont devenus les Etats-Uniens ne datent pas d'hier.

Pour que le génocide Amérindien soit reconnu Crime contre l'Humanité

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 09:00
Banque mondiale : une institution antidémocratique au service du grand capital

Source : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Jacques Serieys

- La Banque mondiale : baratin et réalité

La décision de créer la Banque mondiale a été prise à Bretton Woods le 22 juillet 1944 pour voir le jour le 27 décembre 1945.

 

Elle comprend aujourd’hui cinq institutions :

  • Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), seule composante en 1944 ;
  • Association internationale de développement (AID), dont les prêts sont réservés aux pays les moins développés ;
  • Société financière internationale (SFI), pour financer les prêts et les investissements réalisés par les entreprises dans les pays "à risque" ;
  • Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI)
  • Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI), fondée en 1988, pour la sécurisation des prêts.

 

Institution spécialisée de l’ONU, elle prétend intervenir financièrement en faveur de la croissance économique sur des critères seulement économique.

 

“ La Banque et ses responsables n’interféreront pas dans les affaires politiques d’un quelconque membre et il leur est interdit de se laisser influencer dans leurs décisions par le caractère politique du membre ou des membres concernés. Seules des considérations économiques peuvent influer sur leurs décisions et ces considérations seront soupesées sans parti pris, en vue d’atteindre les objectifs (fixés par la Banque) stipulés dans l’art. I ”. (Article IV, section 10)

 

En fait, cette prétendue Banque mondiale constitue une véritable arme sophistiquée au service du capitalisme financier transnational et des USA.

 

 

- La Banque mondiale arme sophistiquée au service du capital financier, des multinationales et des USA

Ainsi, en 1944 1947, elle refuse toute aide à la France qui met en place la Sécurité sociale et les retraites par répartition. Le 5 mai 1947, les quatre ministres communistes sont exclus du gouvernement qui, dès lors, fait profession de soumission à Washington. Le 9 mai 1947, la Banque mondiale octroie à la France le plus gros prêt qu’elle ait jamais consenti.

 

Le même type de pression se note dans le Brésil des années 1958 à 1964. En 1956, le modéré Kubitschek est élu président de la république sur le mot d’ordre "50 ans de progrès en 5 ans". Il entre en négociation avec le FMI afin de recevoir un prêt de 300 millions de dollars. Vu les conditions imposées par le FMI et la Banque mondiale, il se passe du prêt que les USA lui "accordent" ; il finira assassiné. Son successeur (1961), João Goulart, est mal vu par les entreprises américaines pour avoir fait doubler le salaire minimum dans le Rio Grande do Sul en 1946 ; sitôt en fonction, le gouvernement US, les espions US, les institutions au service des USA comme la Banque mondiale font tout pour le faire battre électoralement (soutien financier massif à la droite lors des municipales de 1962), le déstabiliser et le renverser. Lorsque Goulart commence à parler de réforme agraire et de nationalisation des raffineries de pétrole, le gouvernement de Washington s’acoquine avec les généraux brésiliens pour le renverser. Le lendemain du coup d’état militaire réussi, les USA reconnaissent leur gouvernement totalitaire ; quant à la Banque mondiale et au FMI, ils reprennent aussitôt leurs prêts.

 

En juillet 2005, Rafael Correa, ministre de l’Économie, veut réformer l’utilisation des ressources pétrolières dont une partie, au lieu de servir au remboursement de la dette, devrait servir aux dépenses sociales, notamment pour les populations indiennes. En représailles, la Banque mondiale bloque un prêt de 100 millions de dollars et les pressions de Washington contraignent Correa à démissionner.

 

 

- Banque mondiale et dictatures

La Banque mondiale a surtout servi à épauler financièrement des régimes totalitaires installés par les USA pour plier les salariés et les peuples aux intérêts de leurs grandes entreprises et du dollar.

 

Parmi les grands pays concernés, nous venons de voir le cas du Brésil.

 

Nous pourrions citer tout autant :

  • l’Indonésie de Soeharto (1965 à 1988) ;
  • le Zaïre de Mobutu (1965 à 1997) ;
  • les Philippines sous Marcos ;
  • le Nicaragua du dictateur Somoza ;
  • l’Afrique du Sud de l’Apartheid ;
  • la Thaïlande ;
  • le Chili de Pinochet ;
  • l’Argentine de Videla ...

 

Ni l’énorme corruption de ces Etats qui fait passer les prêts dans les poches des pions de Washington, ni les mesures fascistes qu’ils prennent ne troublent la Banque mondiale qui continue à les féliciter et les financer.

 

 

- Les politiques de la Banque mondiale

Eric Toussaint, président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde de Belgique et docteur en sciences politiques, les analyse ainsi :

 

Les choix de la Banque et de son jumeau, le FMI, de 1947 jusqu’à l’effondrement du bloc soviétique (1991), sont largement déterminés par les critères suivants :

• éviter le maintien de modèles autocentrés ;

• soutenir financièrement de grands projets (Banque mondiale) ou des politiques (FMI) qui permettent d’augmenter les exportations des principaux pays industrialisés ;

• refuser d’aider des régimes considérés comme des menaces par le gouvernement des Etats-Unis et d’autres actionnaires importants ;

• tenter de modifier la politique de certains gouvernements des pays dits socialistes afin d’affaiblir la cohésion du bloc soviétique. C’est dans ce cadre qu’un soutien a été apporté à la Yougoslavie qui s’est retirée du bloc dominé par Moscou à partir de 1948 ou à la Roumanie à partir des années 1970 au moment où Ceausescu exprimait des velléités d’éloignement à l’égard du Comecon et du Pacte de Varsovie ;

• soutenir des alliés stratégiques du bloc capitaliste occidental, des États-Unis en particulier (exemples : l’Indonésie de 1965 à aujourd’hui, le Zaïre de Mobutu de 1965 à 1997, les Philippines sous Marcos, le Brésil de la dictature à partir de 1964, le Nicaragua du dictateur Somoza, l’Afrique du Sud de l’Apartheid) ;

• tenter d’éviter ou de limiter, autant que faire se peut, un rapprochement des gouvernements des PED avec le bloc soviétique ou la Chine : essayer par exemple d’éloigner l’Inde et l’Indonésie du temps de Soekarno de l’URSS ;

• tenter, à partir de 1980, d’intégrer la Chine dans le jeu d’alliances des États-Unis.

 

Plus généralement, et ceci concerne la France de François Hollande :

Pour mener cette politique, la Banque mondiale et le FMI appliquent une tactique généralisée : ils sont plus souples à l’égard d’un gouvernement de droite (moins exigeants en termes d’austérité antipopulaire) s’il est confronté à une forte opposition de gauche qu’à l’égard d’un gouvernement de gauche confronté à une forte opposition de droite. Concrètement, cela signifie que ces institutions vont mener la vie dure à un gouvernement de gauche confronté à une opposition de droite de manière à l’affaiblir et à favoriser l’accession de la droite au pouvoir. Selon la même logique, elles seront moins exigeantes à l’égard d’un gouvernement de droite confronté à une opposition de gauche afin d’éviter de l’affaiblir et d’empêcher la gauche d’accéder au pouvoir. L’orthodoxie monétariste est à géométrie variable : les variations dépendent bien de facteurs politiques et géostratégiques.

 

Le FMI et la Banque mondiale n’hésitent pas à appuyer des dictatures quand ils (et d’autres grandes puissances capitalistes) le trouvent opportun. Les auteurs du Rapport mondial sur le développement humain réalisé par le PNUD (édition 1994) l’écrivent noir sur blanc : “ De fait, l’aide versée par les États-Unis pendant les années 1980 est inversement proportionnelle au respect des droits de l’homme. Les donateurs multilatéraux ne semblent pas non plus encombrés de telles considérations. Ils semblent en effet préférer les régimes autoritaires, considérant sans ciller que ces régimes favorisent la stabilité politique et sont mieux à même de gérer l’économie. Lorsque le Bangladesh et les Philippines ont mis fin à la loi martiale, leur part respective dans l’ensemble des prêts de la Banque mondiale a diminué ”

 

 

- Banque mondiale : l’heure de rendre des comptes (par ATTAC)

Elle doit rendre des comptes sur de nombreux points dont voici une liste non exhaustive :

- pendant la guerre froide, la Banque mondiale a utilisé l’endettement dans un but géopolitique et systématiquement soutenu les alliés du bloc occidental, notamment des régimes dictatoriaux (Pinochet au Chili, Mobutu au Zaïre, Suharto en Indonésie, Videla en Argentine, régime d’apartheid en Afrique du Sud, etc.) qui ont violé les droits humains et détourné des sommes considérables, et elle continue de soutenir des régimes de même nature (Déby au Tchad, Sassou Nguesso au Congo, Biya au Cameroun, Musharraf au Pakistan, etc.) ;

- au virage des années 1960, la Banque mondiale a transféré à plusieurs pays africains nouvellement indépendants (Mauritanie, Gabon, Algérie, Congo-Kinshasa, Nigeria, Kenya, Zambie, etc.) les dettes contractées par leur ancienne métropole pour les coloniser, en totale contradiction avec le droit international ;

- une très grande quantité des prêts octroyés par la Banque mondiale a servi à mener des politiques qui ont provoqué des dégâts sociaux et environnementaux considérables (grands barrages souvent inefficaces, industries extractives comme des mines à ciel ouvert et des oléoducs, agriculture d’exportation et abandon de la souveraineté alimentaire, etc.), dans le but faciliter l’accès à moindre coût aux richesses naturelles du Sud ;

- après la crise de la dette de 1982, la Banque mondiale a soutenu les politiques d’ajustement structurel promues par les grandes puissances et le FMI, conduisant à une réduction drastique des budgets sociaux, la suppression des subventions aux produits de base, des privatisations massives, une fiscalité qui aggrave les inégalités, une libéralisation forcenée de l’économie et une mise en concurrence déloyale des producteurs locaux avec les grandes multinationales, mesures qui ont gravement détérioré les conditions de vie des populations et vont dans le sens d’une véritable colonisation économique ;

- la Banque mondiale a mené une politique qui reproduit la pauvreté et l’exclusion au lieu de la combattre, et les pays qui ont appliqué à la lettre ses prétendus remèdes se sont enfoncés dans la misère ; en Afrique, le nombre de personnes devant survivre avec moins de 1$ par jour a doublé depuis 1981, plus de 200 millions de personnes souffrent de la faim et pour 20 pays africains, l’espérance de vie est passée sous la barre des 45 ans ;

- malgré les annonces tonitruantes, le problème de la dette des pays du tiers-monde reste entier car loin d’une annulation totale, la Banque mondiale se contente d’écrémer la partie supérieure de la dette de quelques pays dociles sans toucher au mécanisme lui-même ; au lieu de représenter la fin d’une domination implacable, l’allégement de dette n’est qu’un rideau de fumée qui dissimule en contrepartie des réformes économiques draconiennes, dans la droite ligne de l’ajustement structurel.

 

Nous ne pouvons tirer qu’une conclusion : la banque mondiale doit disparaître le plus rapidement possible.

 

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 09:00
Les massacres de masse réalisés par Boko Haram entraînent peu de réaction de la part des Etats-Unis,.... la Russie se place aux côtés du Cameroun en l'armant !

Source : Cameroonvoice.com de l'article original publié sur RT.com

- Pas de pétrole, pas de protection ? Les massacres de masse réalisés par Boko Haram entraînent peu de réaction de la part des Etats-Unis

Boko Haram a massacré des milliers de civils au Nigeria, mais la réponse de responsables étatsuniens envers ces crimes horribles ont été étrangement discrets. Manila Chan de Russia Today évoque un lien potentiel avec le pétrole, que les États-Unis ne reçoivent plus du Nigeria.

 

Pour beaucoup, le manque d'effort de Washington pour aider le peuple du Nigeria - qui dispose de la plus grande économie africaine - semble suivre une logique géostratégique simple : pas de pétrole, pas de soutien sécuritaire. Tout en investissant massivement pour combattre l'Etat islamique en Irak, les États-Unis ne semblent pas disposés à lutter contre les insurgés de Boko Haram au Nigeria.

 

Alors que les États-Unis tentent de maîtriser l'exploitation du gaz de schiste; il s'est éloigné de certains de ses partenaires commerciaux traditionnels, comme le Nigeria - un état membre de l'OPEP - devenant ainsi le premier pays à cesser de vendre du pétrole aux États-Unis, comme les statistiques du Département US de l'énergie le révèlent. Le Nigéria était l'un des cinq premiers fournisseurs de pétrole des États-Unis, il y a moins d'une décennie, lui fournissant 1,3 million de barils de pétrole par jour

 

Pourtant, malgré les gains territoriaux de Boko Haram et des avancées importantes pour la domination jihadiste de toute la région, les Etats-Unis - et le monde - se concentre sur des attaques terroristes en Europe et celles de l'Etat islamique, en négligeant complètement la menace imminente en provenance du réseau terroriste nigérian.

Certains à Washington demandent déjà un changement de stratégie.

 

Source : Cameroonvoice.com

- La Russie se place aux côtés du Cameroun avec de l'armement de dernière génération

S.E. Nicolay RATSIBORINSKI, Ambassadeur de la République de Russie au Cameroun a été reçu en audience, vendredi 16 janvier 2015, par le Président de la République, S.E.M. Paul BIYA. Les entretiens ont porté sur les derniers développements de l'actualité internationale, et un tour d'horizon des réseaux de tension.

 

Au sortir de cette entrevue d'une heure, l'Ambassadeur de Russie a déclaré à la presse que cette séance de travail qualifiée « d'utile » a permis d'avoir un échange sur certains sujets d'actualité internationale. Yaoundé et Moscou partage la même vision du dialogue international, a souligné le diplomate russe. Le Cameroun et la Russie souhaitent vivement que l'ONU joue pleinement son rôle d'arbitre. Les deux pays recommandent que les solutions préconisées soient le résultat d'un large consensus. Cela suppose notamment la prise en compte du respect de la souveraineté des Etats.

 

Parmi les foyers de tension évoqués, S.E Nicolay RATSIBORINSKI a mentionné le conflit ukrainien, les guerres en Syrie et en Irak. Evoquant par la suite le phénomène Boko Haram, l'hôte du Chef de l'Etat a indiqué que les attaques meurtrières dont est victime le Cameroun, à partir du Nigeria, constituent une excroissance du terrorisme international.

 

Seule une stratégie à la fois, militaire, économique, et social, basée sur le long terme, pourrait permettre de venir à bout de cette menace, préconise l'Ambassadeur de Russie au Cameroun.  A cet effet, il a confié à la presse, que la Russie est disposée à apporter son appui dans ce sens à notre pays. Ce partenariat va se déployer dans les domaines militaires, y compris dans la sécurisation des frontières. Au plan économique, la Russie est prête à assurer la réalisation de certains projets d'infrastructure et de développement au Cameroun, notamment dans la Région de l'Extrême-Nord.

 

Concrètement, M. RATSIBORINSKI  a annoncé que notre pays va bénéficier  dans un délai d'un mois de l'arrivée d'une importante cargaison d'aide humanitaire et en matériel de protection civile en faveur des refugiés.

 

D'ici la fin de l'année en cours, l'armée camerounaise sera dotée d'équipements militaires les plus sophistiqués, en provenance de la Russie. Il s'agira entre autres d'armement de dernière génération, d'artillerie lourde, y compris des missiles, la protection aérienne, le système anti-aérien de missile, et de canon. Des camions blindés de fabrication russes seront aussi livrés au Cameroun pour assurer le transport des troupes.

 

Pour garantir une bonne utilisation de ces équipements, la Russie est prête à accueillir les jeunes camerounais pour la formation des spécialistes civils et  militaires.  Car a-t-il reconnu, ces systèmes sophistiqués nécessitent une bonne formation des utilisateurs.

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 09:00
Après le réchauffement des relations Cuba-US, l’inéluctable levée de l’embargo

Sources :  palomaInfo par Lahcen SENHAJI et Le Grand Soir modifié le 10 mai 2015

Les relations entre Cuba et Washington ont entrepris un tournant historique ces derniers mois, avec la reprise du dialogue entre le président états-unien Barack Obama et son homologue cubain Raul Castro. Un dialogue qui en réalité a été entrepris depuis plus longtemps mais qui vient de porter ses fruits avec un échange de prisonniers à la clé : condamné à 15 ans de prison pour importation de dispositifs satellitaires interdits à Cuba, l’agent de l’USAID Alan Gross a été libéré coté cubain en échange de trois des "Cinq héros" cubains (les deux premiers ayant été libérés en 2011 et 2013), condamnés à perpétuité par Washington pour avoir infiltré les milieux anti-castristes de Floride et accusés d’avoir infiltré des bases militaires américaines. Washington a également annoncé un nouvel allègement des sanctions drastiques infligées à Cuba depuis plus d’un demi-siècle.

 

Cependant, le tournant historique reste la reprise du dialogue entre les deux états, qui rompt avec plus de 50 ans de relations économiques et diplomatiques inexistantes, accentués par une série de textes imposant à l’île des Caraïbes des sanctions unilatérales drastiques et contribuant à sa marginalisation au niveau mondial, beaucoup de pays subissant une pression les contraignant à s’aligner sur la position des États-Unis.

 

C’est ainsi que l’Union Européenne a adopté depuis 1996 une "Position commune" rompant toute relation économique ou diplomatique avec Cuba. Cette résolution, bien que dans les faits peu respectée depuis 2008, notamment par la France qui a conclu plusieurs accords avec l’île, est remise en question depuis 2012 et des négociations ont été entreprises depuis le début de l’année 2014 entre les États membres en vue de son abolition.

 

Adoptée en son temps par l’ancien chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar, cette "Position commune" est remise en question depuis quelques années de par son inefficacité - une quinzaine de pays membres de l’UE entretenant des relations de types économiques ou diplomatiques avec Cuba - mais aussi par l’aberration qu’elle implique. En effet, une résolution de ce type n’est pas appliquée pour des pays tels que l’Iran ou le Zimbabwe, pour lesquels un embargo a pourtant été décrété.

 

C’est un peu ce qui motive la nouvelle donne posée par les États-Unis. On sentait déjà une volonté chez Barack Obama de revoir la position des États-Unis au sujet de Cuba, ce dernier ayant d’ailleurs déclaré il y a un an, suite à la poignée de main symbolique avec Raul Castro lors des funérailles de Nelson Mandela, qu’il "était peut-être temps pour Washington de revoir ses relations avec Cuba". Cette volonté s’est désormais concrétisée mais il reste une étape à franchir : celle de la levée de l’embargo.

 

Comme pour la "Position commune" de l’Union Européenne, les sanctions économiques infligées par Washington à La Havane brillent par leur inefficacité et ce depuis 1962. Loin de faire fléchir le régime, elles affectent tous les secteurs de la société cubaine et constituent une entrave au développement de l’île, en plus de constituer une grave violation du Droit international. La fin de cet état de siège économique est d’ailleurs réclamé par une majorité grandissante de voix et de pays, comme le démontre la dénonciation unanime des quinze États membres de la Communauté des Caraïbes réunie récemment en sommet à La Havane. Cuba est aujourd’hui un membre important de l’OEA et bénéficie du soutien d’une grande partie de l’Amérique latine, et l’hostilité de Washington à son égard constitue un obstacle au développement de relations avec l’Amérique latine, et notamment l’Amérique du sud.

 

Par ailleurs, en octobre 2014, et ce pour la 23ème année consécutive, la levée des sanctions contre Cuba a été votée par 188 pays lors de la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies. Seul Israël, allié indéfectible des Etats-Unis, lui a apporté son soutien.

 

A l’intérieur même de l’élite politique outre-Atlantique, nombreuses sont les voix qui estiment que l’embargo contre Cuba doit être levé. C’est le cas d’Hillary Clinton [1], secrétaire d’Etat d’Obama durant son premier mandat, qui estime dans son dernier ouvrage que l’embargo contre Cuba "n’a pas eu les résultats escomptés" et qui a exhorté Obama à assouplir l’embargo, voire le supprimer. C’est aussi le cas de Charlie Christ [2], ancien gouverneur démocrate de la Floride, qui est "arrivé à la conclusion que [les Etats-Unis] doivent lever l’embargo. La définition de la folie est de refaire la même chose en espérant un résultat différent".

 

Le New York Times [3] a récemment consacré un long éditorial à cette réflexion, dans lequel l’auteur se positionne en faveur d’un rétablissement des relations diplomatiques et économiques avec Cuba :

 

« Pour la première fois depuis plus de 50 ans, un changement de politique aux Etats-Unis et à Cuba rend politiquement possible le rétablissement de relations diplomatiques formelles et le démantèlement de cet embargo insensé. [...] M. Obama devrait saisir l’opportunité de mettre un terme à une longue ère d’inimitié et aider la population qui a énormément souffert [...]. Le gouvernement [cubain] a fait part de sa disposition à rétablir les relations diplomatiques avec les États-Unis sans conditions. En guise de premier pas, l’administration Obama devrait éliminer Cuba de la liste du Département d’État des nations soutenant le terrorisme [...]. Le gouvernement des Etats-Unis reconnait que La Havane joue un rôle constructif dans le conflit en Colombie en accueillant des pourparlers entre le gouvernement et les leaders de la guérilla. Depuis 1961, Washington a imposé des sanctions pour se débarrasser du régime castriste. Au fil du temps, il est devenu évident pour de nombreux responsables américains que l’embargo est un échec cinglant. [...]. Un sondage récent montre qu’une ample majorité de Cubains-américains de Miami sont désormais opposés à l’embargo. Une majorité significative d’entre eux est favorable au rétablissement de relations diplomatiques, reflétant ainsi le point de vue de l’ensemble des Américains ».

 

La levée des sanctions contre Cuba est donc inéluctable, comme était inéluctable la remise en question de la Position commune de l’Union Européenne, ce type de sanction ayant montré son inefficacité malgré plus d’un demi-siècle de mise en application.

 

- Retour sur l'embargo

 

Le blocus des Etats Unis contre Cuba continue d’être pour le peuple cubain une réalité inhumaine, qui se matérialise par des dommages dont tous les secteurs de l’Île ont souffert depuis plus de 50 ans.

 

Le Rapport de Cuba sur la Résolution 67/4 de l’ONU, qui a été débattu et soumis au vote pour la 22e fois, le 29 octobre 2013[4], démontre que la politique "génocidaire" se poursuit, ainsi que les affectations provoquées qui, considérant la dépréciation du dollar face à la valeur de l’or sur le marché international, s’élevaient à plus de mille milliards de dollars, au mois d’avril 2013.

 

Nombreux sont les exemples qui confirment la détermination du gouvernement nord-américain de maintenir cette mesure unilatérale et extraterritoriale, en ignorant la réprobation qu’elle suscite au sein de de la communauté internationale, y compris aux États-Unis.

  • Un article publié le 3 mars 2013 par l’agence d’affaires et de finances Bloomberg, signalait que la Maison-Blanche, de 2000 à 2006, a ouvert 11 000 enquêtes aux États-Unis pour de soi-disant violations du régime de sanctions contre Cuba. Cet article précisait également que 7 000 enquêtes ont été réalisées pour les autres pays.
  • Par ailleurs, l’Administration nord-américaine s’acharne à traquer tout ce qui représente une possibilité d’affaires pour Cuba à travers son Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), qui a infligé des amendes très lourdes à des entreprises, des banques et à des organisations non gouvernementales ayant entretenu des relations commerciales avec l’Île.
  • Un exemple : la sanction de plus d’un million de dollars à la Great Western Malting Co., pour avoir facilité la vente, à travers une filiale étrangère, de malt d’origine non étasunienne à Cuba, ou l’amende de plus de 8 millions infligée à la banque Tokio Mitsubishi UFJ, pour des virements financiers impliquant un groupe de pays, dont Cuba, au motif qu’elle violait les sanctions économiques imposées par les États-Unis.*
  • Ridicule la pénalité de 6 500 dollars imposée au citoyen nord-américain Zachary Sanders, pour avoir voyagé à Cuba sans l’autorisation du Département du Trésor, ou l’empêchement de l’achat de 100 exemplaires du livre de Salim Lamrani : État de siège. Les sanctions économiques des États-Unis contre Cuba, par l’association britannique Cuba Solidarity Campaign à la maison d’édition new-yorkaise Monthly Review Press.
  • Le fait que Cuba soit obligée d’acheter des médicaments, des réactifs, des pièces de rechange pour des équipements de diagnostic et de traitement, d’instruments et d’autres intrants sur des marchés lointains, ainsi que le recours à des intermédiaires, entraîne un renchérissement très fort des coûts.
  • Cela a une influence directe sur la population, et provoque une dégradation de la qualité des services sanitaires de la population.
  • Le secteur de l’alimentation est l’un des plus touchés, car il figure parmi les principaux objectifs du blocus de « rendre par la faim et le découragement la population cubaine ».
  • Même lorsque l’achat de certains produits agricoles et alimentaires des États-Unis est autorisé, ce type de transaction se fait sous un régime inégal, car Cuba ne peut pas vendre ses produits sur le marché nord-américain, et n’a pas le droit d’utiliser le dollar étasunien dans ses transactions, entre autres restrictions.
  • L’éducation, la culture et le sport sont également frappés en permanence par cette guerre économique. Du fait de cette politique, Cuba n’a toujours pas accès au marché étasunien, plus proche, pour acheter des fournitures scolaires et des matières premières, ni pour échanger des informations scientifiques, culturelles et sportives.
  • Tout aussi sévères sont les mesures visant à interdire ou conditionner le développement normal des échanges universitaires, les voyages d’étudiants et de professeurs, le flux d’informations scientifiques par divers voies, la diffusion et la rétribution adéquate en fonction des résultats dans le domaine académique et l’achat d’intrants, de moyens et d’outils pour l’enseignement, la recherche et le travail scientifique en général.
  • De même que le commerce extérieur, les investissements étrangers sont la cible du blocus économique, en tant que secteurs essentiels du développement cubain.
  • L’augmentation des coûts du fret et du transport maritime, ainsi que les pressions dont font l’objet les entreprises étrangères, entravent le processus d’investissements et l’économie cubaine en général.
  • Les secteurs de la construction, du tourisme, des communications, de l’énergie et des mines, de l’aéronautique civile, entre autres, sont également durement frappés, du fait des coûts financiers plus élevés, associés à l’interdiction des transactions bancaires et aux frais additionnels obligatoires auxquels ils sont soumis par la politique obsessionnelle, inhumaine et méprisable des États-Unis contre la Révolution cubaine.
  • Lire aussi Cuba : petit rappel sur l'état de siège économique le plus long de l'histoire

 

Notes :

[1] Matthew Lee, « Hillary Clinton demande la fin de l’embargo contre Cuba », The Associated Press, 6 juin 2014.

[2] Agence France Presse, « Charlie Crist critique l’embargo et veut voyager à Cuba », 17 mai 2014.

[3] The New York Times, « Obama Should End the U.S. Embargo on Cuba », 11

[4] approuvée le 29 octobre 2013 par 188 voix pour de la part des États membres de l'ONU

 

Pour en savoir plus :

21/12 Discours de Raúl Castro Ruz devant l’Assemblée nationale, le 20 Décembre 2014 - Text (...)

20/12 Cuba/Etats-Unis : angélisme, pragmatisme, stupidités

19/12 Le « home run » de la diplomatie cubaine.

 

Mais aussi :

- Cuba. Petit rappel sur l’état de siège économique le plus long de l’histoire

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 09:00
Manifestation néonazie en Ukraine occidentale

Manifestation néonazie en Ukraine occidentale

Les masques tombent…

 

On se dispute souvent quant au fait de savoir si la junte ukrainienne est nazie ou non. Je suis intimement convaincu que même si Porochenko n’est pas apparu en public pour faire officiellement le salut nazi et déclarer « Je suis un nazi », tout indique que le régime de Kiev ou les néonazis défilent régulièrement tire ses racines idéologiques du passé nazi.

Le dernier exemple de cette filiation, c’est cette chose absolument incroyable qui s’est passée la semaine dernière, lorsque trois pays, les États-Unis, le Canada et l’Ukraine, ont voté contre une résolution de l’ONU condamnant la glorification du nazisme.

 

Sources : Le Saker Francophone - Politis.fr - Les-Crises.fr et les-crises

Le 21/11/2014 la 3e Commission de l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté une intéressante résolution présentée par 30 pays dont le Brésil et la Russie. Elle vise à « lutter contre la glorification du nazisme, du néonazisme et toutes autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée ». (l’AG de l'ONU elle-même n’a pas encore voté, on en est encore au travail préparatoire, mais il ne manque qu’une vingtaine de petits pays…).

 

 

 

- Texte intégral de la Résolution L56

Dans son dispositif, la proposition de résolution prévoit notamment :

"...47. Encourage les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les acteurs concernés à diffuser le plus largement possible, notamment, mais non exclusivement, par l’intermédiaire des médias, des informations concernant la teneur de la présente résolution et les principes qui y sont énoncés ;..."

 

 

- Les votes :

  • Liste des Etats participant au vote ICI
  • Résultat du vote :

- POUR : 115 pays dont les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud) ;

- ABSTENTION : 55 pays dont l'Europe (Allemagne, Belqique, Espagne, France, Italie,...) ;

- CONTRE : 3 pays seulement : les États-Unis (ça peut se comprendre vu la déification là-bas de la liberté d’expression), le Canada (forte communauté ukrainienne nationaliste) et… l’Ukraine !

 

P.S. ce n’est pas la première fois que ce type de résolution est votée, avec les même votes.

  • L’Assemblée Générale a adopté la résolution 154 cette résolution 154 le 20/12/2012, avec ces votes : 129 POUR, 54 abstentions (Europe), 3 CONTRE (USA, Canada, Palaos) le détail ICI
  • L’Assemblée Générale a adopté la résolution 150 le 18/12/2013, avec ces votes : 135 POUR, 51 abstentions (Europe), 4 non (USA, Canada, Palaos, Kiribati) le détail ICI

 

- Et nos médias qu'en ont-ils dit ?

- Ils s'affichent comme défenseurs de la démocratie, et pourtant nos médias habituels n’en ont pas parlé en 2012, en 2013 !

- Et cette année, RIANOVOSTI en parle, mais pas l’AFP !

 

=================================================

 

L'interventionnisme européen et américain en Ukraine avec la mise en place d'un gouvernement pro-occidental a donc permis de disposer d’un pays de plus votant contre ces résolutions… ce qui en dit long sur leur attachement à la démocratie.

 

Pour en savoir plus :

- Union Européenne : la dérive fascisante

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 09:00
Connivence entre l’Occident et Israël pour le nettoyage ethnique de la Palestine

Tout en prétendant s’opposer aux colonies israéliennes à Jérusalem-Est, les États-Unis et l’Europe ont contribué à la colonisation.

 

Sources : info-Palestine.eu le 09 novembre 2014

- La couverture des nouvelles venant du Moyen-Orient est trop souvent prévisible.

Chaque fois qu’un projet d’extension des colonies dans Jérusalem occupée est annoncé, les rapports des médias font état de « tensions » accrues entre Israël et l’Occident. Tout serait assez fastidieux si il n’y avait pas de dérapage occasionnel, comme lorsqu’un fonctionnaire européen, resté bien sûr anonyme, a traité Benjamin Netanyahu de « poule mouillée ».

 

L’histoire récente indique que les « tensions » ont tendance à rester superficielles. En 2010, Hillary Clinton - alors secrétaire d’État - qualifiaient les derniers plans d’Israël pour l’extension des colonies exclusivement juives, d’ « insulte faite aux États-Unis ».

 

L’administration Obama s’est remise de cette insulte à une vitesse remarquable, en s’empressant peu après d’inonder Israël d’un niveau d’aide sans précédent. En 2009 - l’année où Barack Obama a pris ses fonctions - dans le cadre de « l’assistance militaire étrangère » Israël avait reçu 2,5 milliards de dollars des États-Unis. En 2010, ce sont 3,1 milliards qui ont été alloués.

 

 

- Cette aide a contribué directement à la dépossession des Palestiniens à Jérusalem-Est.

De 2000 et 2009, les autorités de Washington ont approuvé la livraison d’armes « anti-émeute » à l’armée israélienne pour un montant de 20,5 millions de dollars. Les habitants de Silwan, un quartier adjacent à la vieille ville de Jérusalem, ont amassé toute une collection de grenades lacrymogènes estampillées « made in USA ». Les forces israéliennes tirent régulièrement ces saletés de gaz sur les Palestiniens qui protestent contre la façon dont leurs maisons sont volées par les colons.

 

Certaines entreprises et des particuliers américains ont investi dans ces colonies israéliennes qui ont pourtant laissé Hillary Clinton si déconfite. La filiale israélienne de RE/MAX, un géant de l’immobilier américain, vend et loue des biens dans au moins cinq colonies de Jérusalem-Est. Comme les bâtiments en question sont exclusivement réservés aux juifs, RE/MAX peut être considéré comme un profiteur de l’apartheid.

 

  • Irving Moskowitz, un magnat des jeux et casinos en Californie, est propriétaire de l’Hôtel Shepherd à Jérusalem-Est depuis 1985. Datant des années 1930, ce bâtiment avait la résidence de Haj Amin Husseini, le grand mufti de Jérusalem. Au cours des dernières années, Moskowitz a permis à Israël de démolir une partie du complexe pour faire place à des appartements exclusivement réservés aux juifs. Ce faisant, il a contribué à l’effacement de l’héritage palestinien.

 

Moskowitz est aussi un généreux donateur d’Ateret Cohanim, un groupe qui achète des biens palestiniens afin qu’ils puissent être remis à des colons.

 

Les colonies que supporte Moskowitz sont illégales en vertu de la quatrième Convention de Genève, qui interdit à une puissance occupante de transférer sa population civile dans le territoire qu’elle occupe. Si Moskowitz avait ouvertement financer la mafia ou d’autres organisations criminelles, il aurait plus que probablement été poursuivi.

 

Pourtant, lui et sa femme Cherna sont contributeurs de la fondation pro-israélienne Israel Allies Foundation qui fait dulobbying tant au sein du Congrès américain que du Parlement européen. Israel Allies a été fondée par l’homme politique de droite, Benny Elon. Alors qu’il était ministre du gouvernement israélien, Elon s’était joint à une foule qui avait en 2003, attaqué des Palestiniens à Jérusalem-Est.

 

  • Federica Mogherini, nouveau chef de la politique étrangère de l’UE, semble avoir soigneusement pesé ses mots, tant sa réponse à la dernière expansion des colonies israéliennes à Jérusalem-Est était timide. Elle n’est allée plus loin que de de présenter l’annonce comme « un pas très préjudiciable qui sape les perspectives d’une solution à deux États. »

 

 

- Les représentants de l’UE étaient vraiment soucieux au sujet du nettoyage ethnique à Jérusalem-Est

En effet, si les représentants de l’UE étaient vraiment soucieux au sujet du nettoyage ethnique à Jérusalem-Est, ils cesseraient de coopérer avec les institutions israéliennes qui y participent.

 

L’Université hébraïque de Jérusalem a pris part à plus de dix projets financés dans le cadre du programme scientifique de l’UE entre 2007 et 2013.

 

Active également dans le système d’échange d’étudiants Erasmus, l’Université hébraïque est connue pour organiser des événements de promotion au cours desquels des diplomates européens expriment leur désir d’approfondir les relations de l’Union avec Israël. Pour exprimer sa gratitude face à ces démonstrations d’amitié, l’université a décerné un titre honorifique de docteur [c’est donc un doctorat totalement bidon - N.T] à José Manuel Barroso dans les derniers mois de son mandat en tant que président de la Commission européenne.

 

Bien que l’UE ait pris l’engagement en 2013 de cesser de subventionner les établissements d’enseignement ou les entreprises basées à Jérusalem-Est ou en Cisjordanie, il a décidé de faire une exception pour l’Université hébraïque. Le raisonnement de l’Union pour le faire était bien sûr totalement biaisé.

 

L’Université hébraïque a un campus sur le Mont Scopus. Bien que la géographie nous dit qu’il fait partie de Jérusalem-Est, l’UE a décidé qu’il appartenait à Israël dans le cadre de accord d’armistice de 1949. Cette distinction est moralement douteuse. Les sionistes ont entamé un processus de destruction et de déplacement des communautés palestiniennes dès les années 1940.

 

La Nakba (catastrophe) - nom sous lequel ce processus est connu - se poursuit aujourd’hui avec le déracinement des Palestiniens de Jérusalem-Est, l’étouffement de la majeure partie de la Cisjordanie et les bombardements répétés de Gaza.

 

La raison invoquée pour continuer à accorder des subventions à l’Université hébraïque ignore aussi combien son campus a empiété sur le village palestinien voisin de Issawiyeh.

Le siège de la police nationale d’Israël, quant à lui, est situé à Jérusalem-Est sous occupation. Cela n’a pas empêché Europol, l’agence de police de l’Union européenne, de travailler en partenariat avec Israël dans les opérations contre les trafics de drogue. Au cours du mois de septembre, Israël a participé à la coordination annuelle d’Europol à La Haye pour les officiers supérieurs de police.

 

Les jeunes Palestiniens ont récemment détruit une partie du système de tramway desservant les colonies israéliennes à Jérusalem-Est. Ce tramway est un symbole de la duplicité occidentale. Aucune rhétorique de Bruxelles ne peut cacher le fait que les entreprises européennes ont construit ce tramway. Une de ces entreprises, Veolia a justement été la cible d’une campagne internationale qui lui a fait perdre de nombreux contrats municipaux à travers le monde.

 

Pourtant, les responsables de l’UE ont attribué une respectabilité imméritée à Veolia en assistant à des conférences d’affaires que cette entreprise a parrainées à Tel-Aviv. Le gouvernement de Paris a célébré la façon dont Véolia est le numéro un des investisseurs français en Israël.

 

Si l’Occident se sent vraiment insulté par la colonisation israélienne de Jérusalem-Est, il dispose largement de quoi réagir. Les États-Unis pourraient stopper les exportations d’armes vers Israël et l’UE pourrait annuler les privilèges commerciaux qu’il a accordés à Israël. Après tout, ces privilèges étaient toujours censés être subordonnés au respect des droits de l’homme.

 

Pour des raisons stratégiques et politiques, ni l’Europe, ni l’Amérique ne veulent punir Israël. Tant qu’ils refuseront de le faire, leurs déclarations concernant Jérusalem-Est resteront pure hypocrisie.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

- Comment Américains et Israéliens ont nourri l'islamisme

- Zeev Sternhell : « Si on ne stoppe pas l’occupation, ce sera tout simplement la fin de l’État d’israël »

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 10:00
L’agent orange continue de contaminer des milliers d’enfants au Vietnam

Entre 1961 et 1971, de 100 à 350 millions de litres de défoliant sont déversés par l’armée américaine sur le Sud- Vietnam, signant le premier écocide de l’histoire de l’humanité. Cinquante ans et 3 millions de morts plus tard, l’agent orange poursuit ses ravages sur les populations et sur l’écosystème du pays.

 

Sources : NEXUS par Alexis Kropotkine | modifié le 28/01/2021

- Le génocide continue

Plus de quarante trois ans après le départ des troupes d’occupation américaines, les conséquences sanitaires et écologiques des épandages massifs d’agent orange et autres « agents chimiques arc-en-ciel » sur les forêts primaires d’Asie du Sud-Est continuent leur œuvre délétère dans un silence médiatique et politique assourdissant. À l’occasion du 50e anniversaire de l’opération Ranch Hand, Nexus est revenu sur le premier écocide de l’histoire de l’humanité, un conflit chimique majeur dans lequel forces indépendantistes, écosystèmes et populations civiles ont été transformés en objectifs militaires indifférenciés. (…)

 

  • Visualisez la suite de ce dossier en format papier (PDF)......... ci-dessous 👇

 

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Monsanto partenaire de l’armée américaine

 

Sources : Combat Monsanto

- L’Agent Orange, désherbant ou arme chimique ?

Après les révélations sur la toxicité de la dioxine TCDD émise lors de la fabrication de l’herbicide 2,4,5-T, Monsanto ne remet pas en cause sa production et bien au contraire, elle entre en contact avec le Pentagone pour développer l’usage militaire de son herbicide … L’économie de guerre a toujours été une importante manne financière pour la poignée de firmes multinationales qui dominent le marché des produits chimiques. Les chercheurs de Monsanto entrevoient déjà les avantages de leur puissant herbicide en temps de guerre, car il permet l’éradication des cultures et donc d’affamer les armées et les populations ennemies.

 

Après des essais de l’herbicide réalisés en 1959 au Vietnam par l’armée américaine, celle-ci semble satisfaite puisque au bout de deux ans 90% des arbres et buissons ont été détruits sur les zones aspergées. Ces tests déclenchent le feu vert de l’ « Opération Ranch Hand » qui commence officiellement le 13 janvier 1962. Dans un premier temps le but de l’opération est de dégager les routes, les voies d’eau et les frontières du Sud Vietnam pour tracer un no-man’s land face aux VietCongs, et dans un second temps de détruire les récoltes censées approvisionner les « rebelles ».

 

De 1962 à 1971, on estime que 80 millions de litres de défoliant ont été déversés sur 3.3 millions d’hectares de forêts et de terres. Plus de 300 villages ont été contaminés et 60% des défoliants utilisés étaient de l’Agent Orange, représentant l’équivalent de quatre cents kilos de dioxine pure . Or, selon une études de l’université Columbia (New York) publiée en 2003, la dissolution de 80 grammes de dioxine dans un réseau d’eau potable pourrait éliminer une ville de 8 millions d’habitants… [1]

 

 

- Monsanto connaissait les dangers de la dioxine présente dans l’Agent Orange.

L’épandage massif de l’Agent Orange affectera pour longtemps les populations civiles vietnamiennes mais aussi les soldats américains qui ont été tout autant exposés à la dioxine sans précaution. De plus, Monsanto a délibérément caché à l’armée que son désherbant 2,4,5-T en version militaire, ou Agent Orange, contenait une plus grande concentration de résidu de dioxine TCDD que la version agricole commune. Un document interne déclassé de la firme Dow Chemicals, datant du 22 février 1965, relate une réunion secrète des principaux fournisseurs de l’ « Agent Orange » dont Monsanto pour « discuter des problèmes toxicologiques causés par la présence de certaines impuretés hautement toxiques » dans les échantillons de 2,4,5-T fournis à l’armée [2]. Dow voulait faire part d’une étude interne qui montrait que « des lapins exposés à la dioxine développaient de sévères lésions au foie. » La question abordée par les fournisseurs de 2,4,5-T était de savoir s’il fallait prévenir le gouvernement de la toxicité de l’agent orange. Gerson Smoger, l’avocat de nombreux vétérans de la guerre du Viêt-nam, déclare que « La réunion a eu lieu dans le plus grand secret.[...] La question était de savoir s’il fallait informer le gouvernement. Ainsi que le prouve un courrier, dont j’ai également une copie, Monsanto reprocha à Dow de vouloir lever le secret. Et le secret fut gardé pendant au moins quatre années, celles où les épandages d’agent orange atteignirent un pic au Viêt-nam… » [3]

 

Finalement en 1969, une étude rend publique la nocivité de l’herbicide 2,4,5-T, après que l’Institut National de la Santé américain eu révélé que des souris soumises à des doses importantes du désherbant développaient des malformations fœtales et mettaient au monde des bébés mort-nés. Le 15 avril 1970, le Secrétaire à l’Agriculture annonce une interdiction d’usage du 2,4,5-T en raison « du danger qu’il représente pour la santé ».

 

En 1971, l’armée interrompt l’opération Ranch Hand et l’épandage de l’Agent Orange, mais ses effets dévastateurs ont continué bien après, du fait de la persistance de la dioxine dans le sol, l’eau et la chaîne alimentaire et de son caractère bioaccumulateur. Le Vietnam estime que 150 000 enfants souffrent aujourd’hui de malformations dûes à l’Agent Orange et que 800 000 personnes sont malades…

 

 

- Les vétérans américains victimes de la dioxine.

 

 

En 1978, Paul Reutershan, un vétéran atteint d’un cancer de l’intestin, porte plainte contre les fabricants de l’Agent Orange, il sera vite rejoint par des milliers de vétérans du Vietnam atteint de divers symptômes, pour constituer la premiere "action de groupe" ou « class action » jamais intenté contre Monsanto. Cette affaire sera révélatrice des méthodes de la firme de St Louis lorsqu’il s’agit d’affronter la justice.

 

Pour obtenir gain de cause les vétérans doivent prouver qu’ils ont bien été contaminés par la dioxine présente dans l’Agent Orange lors de la guerre du Vietnam, et que cette dioxine TCDD est bien à l’origine de leurs maladies. Or pour sa défense, Monsanto répondra que la « dioxine est omniprésente dans la population américaine, l’environnement et les aliments… », ce qui est malheureusement vrai tant ce genre de pollution est répandue. Cependant les doses reçues par les vétérans sont bien supérieures aux doses que l’on peut ingérer dans un contexte normal, l’affaire n’est donc pas close.

 

Il faut ensuite prouver que la dioxine est un agent cancérigène par le biais d’études scientifiques qui doivent nécessairement porter sur le long terme, du fait du temps d’incubation du cancer. Monsanto possède ce genre d’étude depuis l’accident de Nitro en 1949, où plusieurs dizaines d’ouvriers furent exposés à la dioxine et qui furent suivis par le Dr Suskind. Pour prouver que la dioxine n’est pas cancérigène, Monsanto veut démontrer trente ans plus tard que les ouvriers exposés n’ont pas développé de pathologies particulières en comparaison à la population normale. C’est le Dr Roush, directeur médical de Monsanto, qui contrôlera le contenu des études de Monsanto publiées en 1980, 1983 et 1984. Comme l’on s’en doute les études de Monsanto concluront à l’absence de tout lien entre l’exposition au 2,4,5-T de l’Agent Orange et le cancer.

 

Les vétérans acceptent alors un réglement à l'amiable, et le 7 mai 1984 les fabricants de l’agent orange mettent sur la table 180 millions de dollars. Le juge ordonnera que 45.5% de la somme soit payée par Monsanto, en raison de la forte teneur en dioxine de son 2,4,5-T [4] C’est ainsi que 40000 vétérans recevront, selon les cas, une aide comprise entre 256 et 12800 dollars. L’affaire est close mais laisse un goût d’amertume dans la bouche des vétérans, qui doivent se contenter de dédommagements mineurs comparés aux frais de santé auxquels ils doivent faire face.

 

 

- La population civile vietnamienne toujours victimes de la contamination du territoire par la dioxine.

 

 

Comme nous l’avons vu plus haut, dans la définition scientifique de la dioxine, celle-ci est un agent tératogène qui favorise les malformations du fœtus. Cette caractéristique a profondément marquée l’opinion publique après les révélations sur les taux hautement anormaux de mortalité prénatal et postnatal au Vietnam dûs à des malformations rares et monstrueuses. C’est à Ho-Chi-Minh-Ville que l’on trouve la maternité de l’hôpital TU DU, la plus grande du pays. Les vietnamiens l’ont surnommé le « musée de horreur de la dioxine ». Dans la maternité, se trouve un laboratoire qui conserve tous les fœtus « monstrueux » dans du formol, on peut y voir des frères siamois partageant une seule tête disproportionnée, un tronc a deux têtes, des cas d’anencéphalie (absence de cerveau), de microcéphalie (petit cerveau), mais les mots scientifiques manquent pour décrire la plupart de ces anomalies génétiques.

 

La docteur Nguyen Thi Ngoc, aujourd’hui retraitée, s’occupe du « village de la paix », installé dans l’hôpital, qui représente l’un des douzes centres ouverts au Vietnam pour accueillir les enfants handicapés victimes de la dioxine de l’Agent Orange. Le docteur précise que la plupart des pensionnaires souffrent de problèmes neurologiques et d’anomalies organiques graves, certains sont alités car ils sont nés sans bras et sans jambes. D’après le docteur, les cas de malformations ont commencé à se multiplier depuis le milieu des années soixante, et continue encore aujourd’hui. En 2005, l’hôpital Tu Du a recensé 800 cas d’enfants nés avec des malformations, ce qui est largement supérieur à la moyenne internationale. Aujourd’hui, d’après les autorités vietnamiennes150.000 enfants souffrent de malformations supposément dûes la dioxine et 800.000 personnes sont malades.

 

Cependant, aucune responsabilité n’a encore été dégagée afin d’ouvrir des poursuites judiciaires et d’obtenir des dédommagements pour les victimes de la dioxine au Vietnam. Ces malformations ne sont tout simplement pas reconnues comme étant la conséquence d’une intoxication par la dioxine TCDD de l’agent orange. Pour l’heure, parmi les treize maladies reconnues par les Etats-Unis comme étant liées à la dioxine, une seule concerne une malformation congénitale. Un manque d’étude (« occidentales ») sur le long terme est une des lacunes dans la possibilité d’ouvrir un procès contre les responsables américains. Une des rares études disponibles est celle du Dr Hoang Trong Quynh et du Dr Arnold Scheter parue en 2003 [5]. Elle rapporte l’analyse du taux de dioxine chez des habitants vivant dans le village de Bien Hoa proche d’une ancienne base américaine utilisée pour les missions d’épandages de l’Agent Orange. Les résultats ont montré des taux de dioxine élevés, supérieurs à 5 parties par milliard (ppt), avec des pointes allant jusqu’à 413 ppt, y compris chez de jeunes enfants. Le taux moyen enregistré de dioxine chez les habitants des pays occidentaux est de 2ppt. De plus, certains échantillons de sols ou de sédiments prélevés dans la région de Bien Hoa, ont révélé des concentrations de TCDD exceptionnelles, supérieures à un million de ppt…Cependant aucune étude internationale n’a encore été menée afin de prouver définitivement le lien entre les malformations et l’agent orange.

 

Le 20 mars 2005, l’administration Bush annonçait l’annulation d’un programme de recherche binational entre les Etats-Unis et le Vietnam, qui devait porter sur la population vietnamienne et principalement sur le lien entre l’exposition à la dioxine et les malformations congénitales. Cette décision unilatérale signifie le report de toute possibilité d’action judiciaire contre les fabricants de l’Agent Orange, dont Monsanto.

 

 

- Et aujourd'hui, la lutte continue

C’est un événement historique. Une nouvelle étape pour la réparation du préjudice subi par les victimes de l’agent orange. Le procès intenté par Tran To Nga contre plusieurs multinationales agrochimiques s’est ouvert lundi 25 janvier au tribunal d’Evry dans l’Essonne. Sur le banc des accusés, des entreprises mondialement connues comme Bayer Monsanto et Dow Chemicals

 

Les conséquences humaines et environnementales de l’agent orange sont aujourd’hui encore très fortes, et les victimes vietnamiennes de cet herbicide n’ont jamais été indemnisées. Pour en parler, nous recevons au lendemain de l’ouverture du procès la plaignante et victime de l’agent orange Tran To Nga, la députée EELV Marie Toussaint très engagée sur le sujet, et un des trois avocats de la partie plaignante Bertrand Repolt.

Notes :

[1] D’après les estimations de Jane Mager Stellman, « The extent and patterns of usage of Agent Orange and other herbicides in Vietnam”, Nature, 17 avril 2003

[2] Le monde selon Monsanto, MM Robin, coedition La decouverte/Arte Ed.,2008, p60

[3] Le monde selon Monsanto, MM Robin, coedition La decouverte/Arte Ed.,2008, p60

[4] Peter SCHUK, Agent Orange on Trial. Mass Toxic Disasters in the Courts, Harvard University Press, Cambridge (Ma.), 1987, pp. 86-87 et 155-164. Monsanto a produit 29,5 % de l’agent orange utilisé au Viêt-nam, contre 28,6 % pour Dow Chemicals, mais certains de ses lots contenaient quarante-sept fois plus de dioxine que ceux de Dow.

[5] Arnold SCHEKTER, Hoang Trong QUYNH, Marian PAVUK, Olaf PÄPKE, Rainer MALISCH, John D. CONSTABLE, « Food as a source of dioxin exposure in the residents of Bien Hoa City, Vietnam », Journal of Occupational and Environmental Medicine, vol. 45, n° 8, août 2003, p. 781-788.

 

Pour en savoir plus :

- Au Vietnam, 36 ans après la guerre, l’agent orange tue encore

- Agent orange : en 2025 la guerre du Viêt Nam n’est pas finie

- Vietnam. Agent orange, les enfants du poison

- 2020 : Vietnam: la guerre n’est pas finie

- janvier 2021 : Les épandages de l'agent orange, un herbicide contenant de la dioxine, ont marqué le premier écocide historique, et ont eu de graves impacts sanitaires sur la population vietnamienne dont les jeunes générations subissent encore les conséquences.

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 10:32
Comprendre la géopolitique de la troisième guerre mondiale dont rêve les USA
Ou la vraie raison pour laquelle la Russie et la Syrie sont ciblées en ce moment.

Une synthèse de très bonne facture pour qui veut comprendre les grands enjeux géopolitiques de notre époque – jusqu’aux développements les plus récents et les plus brûlants. Les habitués du blog s’y sentiront en terrain familier : Le cocktail explosif de pétrole, de gaz et de dollars de l’Empire états-unien va-t-il nous mener à la troisième guerre mondiale ?

 

Sources : SCGnews.com traduit par Manu Gignoux pour Les Brindherbes engagés le 11/09/2014

"Contrairement à la croyance populaire, la conduite des nations sur la scène internationale n’est presque jamais motivée par des considérations morales, mais plutôt par un cocktail obscur d’argent et de géopolitique. Ainsi, lorsque vous voyez les porte-paroles de la classe dirigeante commencer à diaboliser un pays étranger, la première question dans votre esprit doit toujours être « qu’y a-t-il réellement en jeu ici ? »

 

Depuis quelque temps la Russie, la Chine, l’Iran et la Syrie ont été dans le collimateur. Une fois que vous comprenez pourquoi, les événements qui se déroulent dans le monde en ce moment prennent beaucoup plus de sens.

 

 

- Le dollar américain est une monnaie unique.

En effet, son design actuel et sa relation à la géopolitique ne ressemblent à aucune autre dans l’histoire. Si elle a été la monnaie de réserve mondiale depuis 1944, ce n’est pas ce qui la rend unique. Beaucoup de monnaies ont successivement tenu le statut de réserve au cours des siècles, mais ce qui rend le dollar unique, c’est le fait que depuis le début des années 1970, il a été, à quelques exceptions notables près, la seule monnaie utilisée pour acheter et vendre du pétrole sur le marché mondial.

 

Avant 1971, le dollar américain était indexé sur la valeur de l’or, du moins officiellement. Selon le FMI, dès 1966, les banques centrales étrangères détenaient 14 milliards de dollars américains, mais les Etats-Unis avaient seulement 3.2 milliards de dollars en or alloué pour couvrir les avoirs étrangers. (Traduction : la Réserve fédérale a imprimé plus d’argent qu’elle ne pouvait réellement garantir.)

 

Le résultat a été une inflation galopante et une fuite générale du dollar.

 

En 1971, dans ce qui est devenu plus tard le «choc Nixon», le président Nixon a complètement supprimé l’étalon-or du dollar.

 

À ce stade, le dollar est devenu une monnaie fiduciaire basée uniquement sur la dette. Avec une monnaie indexée sur la dette, l’argent est littéralement fabriqué a la demande.

 

Environ 70% de la monnaie en circulation est créée par les banques ordinaires qui sont autorisées à prêter plus que ce qu’elles ont véritablement sur leurs comptes.

 

Le reste est créé par la Réserve fédérale, qui prête de l’argent qu’elle n’a pas, la plupart du temps au gouvernement.

 

Un peu comme des chèques en bois, sauf que pour les banques, c’est légal. Cette pratique qui est appelé le système bancaire de réserve fractionnaire est soi-disant régulé par la Réserve fédérale, une institution qui se trouve être détenue et contrôlée par un conglomérat de banques privées, et aucune agence ou succursale du gouvernement ne réglemente la Réserve fédérale.

 

Maintenant, pour rendre les choses encore plus intéressantes ces prêts de réserve fractionnaires ont des intérêts attachés, mais l’argent pour payer ces intérêts n’existe pas dans le système. En conséquence, la somme de la dette totale est toujours supérieure a la somme d’argent en circulation, et pour pouvoir subsister l’économie doit sans cesse croître.

 

Ce n’est évidemment pas durable.

Maintenant, vous vous demandez peut-être comment le dollar a maintenu une position dominante sur la scène mondiale depuis plus de quarante ans, si ce n’est rien de plus qu’une chaîne de Ponzi élaborée.

 

 

- Eh bien c’est là que le dollar rencontre la géopolitique.

En 1973, sous couvert de la crise artificielle du pétrole dans l’OPEP, l’administration de Nixon a entamé des négociations secrètes avec le gouvernement d’Arabie Saoudite pour établir ce qui est depuis appelé le système de recyclage des pétrodollars. En vertu de l’accord, les Saoudiens ne vendraient leur pétrole qu’en dollars américains, et devraient investir la majorité de leurs profits pétroliers excédentaires dans les banques américaines et les marchés de capitaux. Le FMI devrait alors utiliser cet argent pour faciliter les prêts aux pays importateurs de pétrole qui avaient des difficultés a assumer l’augmentation des prix du baril. Le paiement et les intérêts sur ces prêts seraient évidemment libellés en dollars américains.

 

Cet accord a été formalisé dans la « Commission Américano-Saoudienne sur la coopération économique » mise en place par Henry Kissinger, le secrétaire d’Etat de Nixon en 1974.

 

 

 

 

 

Un autre document publié par le Congressional Research Service (service de recherche du Congrès) révèle que ces négociations leur donnaient un avantage supplémentaire, puisque les responsables américains discutaient ouvertement la possibilité de saisir militairement des champs de pétrole en Arabie Saoudite.

 

“Aux États-Unis, le choc pétrolier a entraîné une inflation, de nouvelles préoccupations quant aux investissements étrangers des pays producteurs de pétrole, et la spéculation ouverte sur ​​l’opportunité et la faisabilité de prise militaire des champs de pétrole en Arabie Saoudite ou d’autres pays. Dans la foulée de l’embargo, les deux responsables saoudiens et américains ont travaillé à renforcer la relation bilatérale sur la base d’une opposition commune au communisme, une coopération militaire renouvelé, et grâce à des initiatives économiques qui ont favorisé le recyclage des pétrodollars saoudiens aux États-Unis par l’intermédiaire d’investissements saoudiens dans les infrastructures, l’expansion industrielle, et des titres américains.”

 

Le système a été élargi en 1975 pour inclure le reste des membres de l’OPEP.

Bien que présenté comme un tampon pour les effets récessifs de la hausse des prix du pétrole, ce dispositif a eu un effet secondaire caché. Il a supprimé les contraintes traditionnelles sur la politique monétaire américaine.

 

  • La Réserve fédérale est depuis libre d’augmenter les réserves monétaires à volonté. La demande toujours croissante de pétrole permet d’éviter l’abandon du dollar, tout en distribuant les conséquences inflationnistes à l’ensemble de la planète.
  • Le dollar est passé d’une monnaie indexée sur l’or à une monnaie soutenue par l’or noir. Il est également devenu premier produit d’exportation des USA.

 

 

 

 

 

 

 

 

  Vous êtes-vous déjà demandé comment l’économie américaine a été en mesure de rester à flot tout en ayant plusieurs milliards de dollars de déficit commercial pendant des décennies ?

  Vous êtes-vous déjà demandé comment il se fait que les États-Unis détiennent une telle quantité disproportionnée de la richesse mondiale quand 70% de l’économie américaine est basée sur la consommation ?

 

Dans l’ère moderne, les combustibles fossiles font tourner le monde. Ils se sont intégrés dans tous les aspects de la civilisation : l’agriculture, le transport, les matières plastiques, le chauffage, la défense et la médecine, et la demande ne cesse de croître encore et toujours.

 

Tant que le monde a besoin de pétrole, et aussi longtemps que le pétrole est vendu uniquement en dollars américains, il y aura une demande de dollars, et c’est cette demande qui donne au dollar sa valeur.

 

Pour les États-Unis c’est une affaire primordiale. Les dollars sortent, soit en tant que papier ou chiffres dans un système informatique, tandis que des produits et des services réels et tangibles entrent.

 

 

- Cependant, pour le reste du monde, ce n’est qu’une forme très sournoise d’exploitation.

Que le commerce mondial se fasse principalement en dollars fournit également à Washington une arme financière puissante au travers de sanctions. Cela est dû au fait que la plupart des transactions à grande échelle en dollars doivent nécessairement passer par les États-Unis.

 

Ce système des pétrodollars est resté incontesté jusqu’en septembre 2000, lorsque  Saddam Hussein sa décision de vendre le pétrole irakien en euros plutôt qu’en dollars. C’était une attaque directe contre le dollar, et certainement l’événement géopolitique le plus important de l’année, mais seulement un article dans les médias occidentaux anglophones l’a mentionné.

 

Le même mois où Saddam annonçait qu’il s’éloignait du dollar, une organisation appelée le « Projet pour un Nouveau Siècle Américain », dont il s’avère que Dick Cheney est membre, a publié un document intitulé «Reconstruire la stratégie, les forces et ressources de défense américain pour un nouveau siècle ».

 

Ce document a appelé à une augmentation massive des dépenses militaires américaines et une politique étrangère plus agressive afin d’étendre la domination des États-Unis dans le monde entier. Cependant le document a déploré que la réalisation de ces objectifs risquait de prendre de nombreuses années « en l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ».

 

Un an plus tard ils avaient ce qu’ils souhaitaient.

 

Profitant de la réaction émotionnelle du 11 septembre, l’administration Bush fut capable d’envahir l’Afghanistan et l’Irak ainsi que de voter le Patriot Act sans réelle résistance.

 

Il n’y avait aucune arme de destruction massive en Irak et ce n’était en aucun cas une question de mauvais renseignements. C’était purement et simplement un mensonge prémédité, et la décision d’invasion a été prise en parfaite connaissance des désastres qui en découleraient.

 

Ils savaient exactement ce qui allait se passer, mais en 2003, ils l’ont quand même fait. Une fois les champs de pétrole irakiens sous contrôle des États-Unis, les ventes de pétrole en euros ont été immédiatement interrompues. Mission accomplie.

 

Peu de temps après l’invasion de l’Irak, l’administration Bush a tenté d’étendre ces guerres à l’Iran. Le gouvernement iranien aurait soit-disant travaillé à la construction d’une arme nucléaire. Après le fiasco irakien, la crédibilité de Washington a été gravement endommagée et par conséquent ils n’ont pas réussi à mobiliser le soutien international ou national pour une intervention. Leurs efforts ont en outre été sabotés par des éléments au sein de la CIA et du Mossad qui ont publiquement affirmé que l’Iran n’avait pas encore pris la décision de développer des armes nucléaires, encore moins commencé à le faire. Toutefois, la campagne de diabolisation contre l’Iran a continué même sous l’administration Obama.

 

Pourquoi ?

Eh bien, pourrait-il y avoir quelque chose à voir avec le fait que depuis 2004, l'ran a entamé l'organisation d'un bourse pétrolière indépendante ? Ils construisaient leur propre marché du pétrole, et il n'allait pas être lié au dollar. Les premières livraisons de pétrole ont été vendus sur ce marché en juillet 2011.

 

 

 

 

 

 

 

 

Incapables d’obtenir la guerre qu’ils voulaient, les États-Unis ont utilisé l’ONU pour imposer des sanctions contre l’Iran. L’objectif des sanctions était de renverser le régime iranien. Bien qu’elles aient infligé des dégâts sur l’économie iranienne, les mesures n’ont pas réussi à déstabiliser le pays. Cela était dû en grande partie à l’aide de la Russie à contourner les restrictions bancaires étatsuniennes.

 

En février 2009, Mouammar Kadhafi a été nommé président de l’Union africaine. Il a immédiatement proposé la formation d’un État unifié avec une monnaie unique. C’était la nature de cette monnaie proposée qui l’a tué.

 

En mars 2009, l’Union africaine a publié un document intitulé «Vers une monnaie unique africaine ». Les pages 106 et 107 de ce document précisent les avantages et les techniques de gestion d’une banque centrale africaine utilisant l’étalon-or. À la page 94 il est dit explicitement que la clé de la réussite de l’Union monétaire de l’Afrique serait la « l’indexation éventuelle d’une monnaie unique africaine au plus monétaire de tous les biens – l’or. » (Notez que le numéro de page est différent selon les versions du document qu’ils ont publié.)

 

En 2011, la CIA s’est installée en Libye et a commencé à soutenir des groupes militants dans leur campagne pour renverser Kadhafi alors que les États-Unis et l’OTAN imposaient et élargissaient une résolution de zone d’exclusion aérienne Onusienne pour faire pencher la balance avec des frappes aériennes. La présence d’extrémistes d’Al-Qaïda parmi ces combattants rebelles a été discrètement étouffée.

 

La Libye, comme l’Iran et l’Irak avait commis le crime impardonnable de remettre en cause le dollar américain.

  • L’intervention de l’OTAN en Libye a continué dans une guerre secrète contre la Syrie.
  • Les arsenaux du gouvernement libyen ont été pillés et les armes ont été expédiés via la Turquie aux groupes rebelles syriens travaillant pour renverser Assad.
  • Il était déjà clair à ce stade que beaucoup de ces combattants avait des liens avec des organisations terroristes.
  • Cependant l’appareil de sécurité nationale des États-Unis considère qu’il s’agit d’un mal nécessaire. En fait, le Conseil sur les relations étrangères (CFR) a publié un article en 2012 déclarant que : «L’afflux de djihadistes apporte la discipline, la ferveur religieuse, l’expérience de combat d’Irak, le financement de sympathisants sunnites dans le Golfe, et surtout, des conséquences mortelles.
  • Bref, l’Armée Libre Syrienne (ALS) a besoin d’al-Qaïda en ce moment. »

(Chapeau à Theantimedia.org pour avoir mis le doigt là-dessus.)

 

- Soyons clairs ici, les États-Unis ont mis l’EIIL/ISIS/Daesh au pouvoir.

En 2013, ces mêmes rebelles syriens en cheville avec Al-Qaïda ont lancé deux attaques au gaz sarin. Il s’agissait d’une tentative pour faire accuser Assad et mobiliser le soutien international pour une intervention militaire. Heureusement, ils ont été exposés par les enquêteurs de l’ONU et les Russes et l’appel à des frappes aériennes est tombé complètement à l’eau quand la Russie est intervenue pour négocier une solution diplomatique.

 

La campagne pour le changement de régime en Syrie, comme en Libye a été présenté en termes de droits de l’homme. Évidemment, ce n’est pas le véritable motif.

 

En 2009, le Qatar a mis sur la table une proposition visant à lancer un pipeline de gaz naturel à travers la Syrie et la Turquie à destination de l’Europe. Assad a toutefois rejeté cette offre, et en 2011 il a arrangé un pacte avec l’Irak et l’Iran pour faire un pipeline vers l’est, mettant ainsi le Qatar et l’Arabie Saoudite complètement sur la touche. Il n’est pas surprenant que le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie aient été les puissances régionales les plus insistante en faveur d’un renversement du gouvernement syrien.

 

Mais pourquoi cette histoire de pipeline a mis la Syrie dans la ligne de mire de Washington ?

Trois raisons :

1. Cette disposition du pipeline aurait significativement renforcé la position de l’Iran, leur permettant d’exporter vers les marchés européens sans avoir à passer par l’un des alliés de Washington. Cela réduit évidemment l’effet de levier du gouvernement américain.

2. La Syrie est le plus proche allié de l’Iran. Son effondrement affaiblirait intrinsèquement l’Iran.

3. Syrie et l’Iran ont signé un accord de défense mutuelle, et une intervention américaine en Syrie pourrait ouvrir la porte à un conflit ouvert avec l’Iran.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En février 2014, ce jeu d’échec mondial s’est emballé sur un nouveau territoire : l’Ukraine. La véritable cible était cependant la Russie.

 

Voyez-vous, la Russie se trouve être le deuxième plus grand exportateur de pétrole au monde, et non seulement ils ont été une épine diplomatique dans le pied de Washington, mais ils ont également ouvert une bourse de l’énergie en 2008, avec des ventes libellées en roubles et en or. Ce projet était en préparation depuis 2006, ils ont également travaillé avec la Chine à retirer le dollar dans l’ensemble de leur commerce bilatéral.

 

La Russie a également travaillé à l’organisation d’une Union économique eurasienne, qui comprend l’intention d’adopter une unité monétaire commune, et qui devrait avoir son propre marché énergétique indépendant.

 

Ce qui nous mène à la crise en Ukraine. Celle-ci s’est vue offrir un choix : rejoindre l’UE ou adhérer à l’Union eurasienne. L’Europe a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une offre exclusive. L’Ukraine ne pouvait pas joindre les deux. La Russie, pour sa part, affirmait que l’adhésion aux deux ne posait pas de problème. Le président Ianoukovitch a décidé d’écouter la Russie.

 

En réponse, le dispositif de sécurité nationale des États-Unis a fait ce qu’il fait le mieux : ils ont renversé Ianoukovitch et installé un gouvernement fantoche. Pour voir la preuve complète de l’implication de Washington à la veille du coup d’état regardez « La crise en Ukraine ce qu'on ne vous dit pas » (en anglais, ndlr). Cet article du Guardian est également intéressant à lire.

 

Bien que tout cela semblait se passer au mieux dans un premier temps, les États-Unis ont rapidement perdu le contrôle de la situation. La Crimée a organisé un référendum et le peuple a voté massivement pour la sécession de l’Ukraine et la réunification avec la Russie. La transition a été ordonnée et pacifique. Personne n’a été tué, mais l’Occident a immédiatement maquillé l’événement comme un acte d’agression russe, et cela est devenu dès lors le leitmotiv.

 

La Crimée est importante sur ​​le plan géostratégique en raison de sa position sur la mer Noire qui permet la projection de la puissance navale Russe dans la Méditerranée. Elle a également fait partie du territoire russe pour la plupart de l’histoire récente.

 

 

- Les États-Unis pressent pour l’inclusion de l’Ukraine dans l’OTAN depuis des années.

Une telle démarche placerait les forces américaines à la frontière de la Russie et aurait pu potentiellement aboutir à la perte de bases navales Russes en Crimée. C’est pourquoi la Russie a immédiatement accepté les résultats du référendum de Crimée et rapidement renforcé le territoire.

 

Pendant ce temps dans l’Est de l’Ukraine, deux régions ont déclaré l’indépendance de Kiev et ont tenu leurs propres référendums. Les résultats sont évidemment quasi unanimement en faveur de l’indépendance.

 

Kiev a répondu à cela avec ce qu’ils appellent des opérations anti-terroristes.

En pratique, cela a été une campagne massive et aveugle des bombardements qui ont tué des milliers de civils. Apparemment, tuer des civils n’est pas considéré comme une agression pour l’Occident. En fait, le FMI a mis en garde explicitement le gouvernement provisoire que leur prêt de 17 milliards de dollars d’aide pourrait être en danger s’il n’était pas en mesure de mettre un terme au soulèvement en Ukraine orientale.

 

Alors que la guerre contre l’Ukraine de l’Est faisait rage, des élections ont eu lieu et Petro Porochenko a été élu président. Il s’avère que Porochenko a été exposé par un câble diplomatique divulgué et publié par Wikileaks en 2008 après avoir travaillé comme informateur pour le Département d’Etat des États-Unis depuis 2006. Ils se sont référés à lui comme «Notre taupe Ukrainienne» et la plupart des câbles visés faisaient état de l’information qu’il fournissait. (Un câble distinct a montré que les États-Unis savaient Porochenko corrompu, même à ce moment-là.)

 

Avoir une marionnette en place ne s’est cependant pas avéré être suffisant pour donner à Washington la plus haute main dans cette crise. Qu’est-ce que Washington fait quand elle n’a pas d’autre moyen de pression ? Ils imposent des sanctions, ils diabolisent et ils montrent les dents (ou utilisent une opération sous fausse bannière).

 

Ce n’est pas une très bonne stratégie pour traiter avec la Russie.En fait, elle a déjà fait contre-feu. Les sanctions ont simplement poussé la Russie et la Chine dans une coopération plus étroite et accéléré le programme de dé-dollarisation de la Russie. Et en dépit de la rhétorique, cela n’a pas conduit à l’isolement de la Russie. Les États-Unis et l’OTAN ont mis un fossé entre eux et la Russie, mais pas entre la Russie et le reste du monde (cherchez ‘BRICS’ si vous n’êtes pas sûr à ce sujet).

 

Ce nouvel axe anti-dollar va plus loin que l’économie. Ces pays comprennent ce qui est en jeu ici. C’est pourquoi, dans le sillage de la crise ukrainienne la Chine a proposé un nouveau pacte de sécurité eurasienne qui inclurait la Russie et l’Iran.

 

 

 

 

 

 

Examinez les implications ici tandis que l’administration Obama commence les bombardements en Syrie, qui a également un accord de défense mutuelle avec l’Iran.Ce n’est pas la guerre froide 2.0. C’est la Guerre Mondiale 3.0. Les masses peuvent ne pas encore voir l’ensemble du tableau, mais l’Histoire s’en souviendra de cette façon.

 

Les alliances se solidifient déjà et une guerre chaude est en cours sur plusieurs fronts. Si les provocations et les guerres par procuration continuent, ce n’est qu’une question de temps avant que les grandes puissances s’affrontent directement, et ça c’est une recette pour un désastre.

 

 

 

- Est-ce que tout cela vous semble fou ?

Eh bien, vous avez raison. Les gens qui dirigent le monde en ce moment sont fous, et le public somnambule marche vers une tragédie. Si vous voulez modifier le cours des affaires courantes, il n’y a qu’une seule façon de le faire. Vous devez réveiller ce public. Même les armes les plus puissantes sont neutralisées si vous atteignez l’esprit de l’homme derrière la gâchette.

 

Comment pouvons-nous réveiller les masses me demanderez-vous ? N’attendez pas que quelqu’un d’autre réponde à votre place. Faites preuve de créativité. Agissez comme si le futur de vos enfants et petits-enfants en dépendait, car c’est exactement le cas

 

Pour en savoir plus :

- En route vers la troisième guerre mondiale ?

- Les États-Unis désirent ardemment une guerre pour sauver leur économie de la dette

- La chute du pétrodollar résonnera sur la planète entière (Jim Willie)

- 11 septembre, Journée officielle des "merdias" et du mensonge d’Etat

- Nous avons le pouvoir de refuser le projet des Etats-Unis ! (Peter Koenig)

- "Dans le conflit ukrainien, on peut observer la relation entre le pétrole, le gaz et l’OTAN dans toute sa splendeur" (D. Ganser)

- L'Otan veut une présence militaire "continue" en Europe de l'est

- Les USA, pour tenter de ralentir leur déclin, entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie (P. Leconte)

 

Lire aussi :

- dans le Pacifique aussi les tensions montent : La Chine se prépare à briser le blocus

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 09:00
Que cache la militarisation de l’Amérique Latine ?

La "guerre contre la drogue" - comme la "guerre contre le crime" et la "guerre contre le terrorisme" - est menée pour d’autres raisons que les objectifs annoncés officiellement.

 

Source : Le Grand Soir par Noam CHOMSKY[1]

Les Etats-Unis ont été fondés en tant que "bébé empire", selon les termes de George Washington. La conquête du territoire national était une expérience impériale grandiose. Dès le tout début, l’objectif suprême avait été de contrôler l’hémisphère.

 

L’Amérique Latine a conservé sa suprématie dans les projets US d’aménagement de la planète. Si les Etats-Unis ne peuvent pas contrôler l’Amérique Latine, ils ne peuvent prétendre "réussir un ordre mondial dans le reste du monde", avait fait remarquer le Conseil de Sécurité nationale du président Richard M. Nixon en 1971, alors que Washington se préparait à renverser le gouvernement de Salvador Allende au Chili.

 

 

- La question de l’hémisphère s’est récemment intensifiée.

L’Amérique du Sud s’est engagée dans un processus d’intégration, condition préalable à l’indépendance, a tissé d’autres liens au niveau international et a cherché à résoudre les problèmes internes - et tout d’abord, le pouvoir qu’exerçait traditionnellement une riche minorité européanisée sur un océan de misère et de souffrances.

 

La question est arrivée à un point critique il y a un an en Bolivie, le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud, où, en 2005, la majorité indigène avait élu un président sorti de leurs rangs, Evo Morales.

 

En août 2008, alors que Morales était sorti vainqueur du référendum pour révoquer le mandat du président, l’opposition composée des élites soutenues par les US s’est livrée à des manifestations violentes, provoquant le massacre d’une trentaine de partisans du gouvernement.

 

La nouvelle "Union sud-américaine des Nations" (l’UNASUR) a réagi en organisant une rencontre au sommet. Les participants (tous les pays d’Amérique du Sud) ont exprimé "leur soutien entier et ferme au gouvernement constitutionnel du président Morales dont le mandat a été ratifié par une large majorité".

 

"Pour la première fois de l’histoire de l’Amérique du Sud, les pays de notre région décident de la façon de régler leurs problèmes en dehors de la présence des Etats-Unis", a déclaré Morales.

 

Une autre manifestation : le président de l’Equateur, Rafael Correa, a promis de ne pas renouveler l’accord de l’utilisation par Washington de la base militaire de Manta, la dernière base de ce type dont disposaient les Etats-Unis en Amérique du Sud.

 

En juillet, les Etats-Unis et la Colombie concluaient un accord secret permettant aux US d’utiliser sept de leurs bases militaires en Colombie. Officiellement, il s’agit de lutter contre le trafic de drogue et le terrorisme, mais "de hauts responsables militaires et civils colombiens au courant des négociations" ont déclaré à l’Associated Press que "le but est de faire de la Colombie une plaque tournante des opérations du Pentagone dans la région".

 

D’après les comptes-rendus, cet accord permettrait en échange de faciliter à la Colombie l’accès au matériel militaire US. La Colombie est déjà le principal bénéficiaire de l’aide militaire US (à l’exception d’Israël et de l’Egypte, qui font partie d’une catégorie à part).


La Colombie détient, et de loin, le pire record en matière de droits humains dans l’hémisphère depuis les guerres en Amérique centrale dans les années 80. La corrélation entre l’aide des Etats-Unis et les violations des droits de l’homme est depuis longtemps établie par les études spécialisées.

 

L’AP citait également un document datant d’avril 2009 de l’"U.S Air Mobility Command" qui suggère que la base de Palanquero en Colombie devienne un "site destiné à la sécurité bilatérale".

 

D’après ce document, en partant de Palanquero, "un C-17 (pour les transports militaires) peut parcourir près de la moitié du continent avec un seul plein de carburant". Ce disposition pourrait s’inscrire dans le cadre de la stratégie mondiale des infrastructures logistiques, en contribuant à mettre en oeuvre les interventions militaires dans la région et en donnant davantage de mobilité pour les transports vers l’Afrique.

 

 

- Le 28 août, l’UNASUR s’est réunie à Bariloche en Argentine pour parler des bases militaires US en Colombie.

Après des débats animés, il a été conclu qu’il fallait conserver à l’Amérique du Sud son statut de "terre de paix", et que les forces militaires étrangères ne devaient menacer la souveraineté ou l’intégrité d’aucun des pays de la région. Et le sommet a ordonné au Conseil de Défense de l’Amérique du Sud d’enquêter sur ce document de l’Air Mobility Command.

 

La raison officielle qui a été donnée de l’utilisation de ces bases n’a pas échappé aux critiques. Morales a déclaré qu’il avait vu des soldats US avec les troupes boliviennes qui tiraient sur les membres de son syndicat de producteurs de coca.

 

"Et donc, maintenant, nous sommes des narcoterroristes", a t-il poursuivi. Quand ils ne pouvaient plus nous traiter de communistes, ils nous ont traités d’agitateurs, puis de trafiquants de drogue et depuis les attentats du 11 septembre, de terroristes. "L’histoire de l’Amérique latine se répète", a-t-il dit.

 

La responsabilité finale de la violence en Amérique Latine incombe lieu aux consommateurs usaméricains de drogues illicites, d’après Morales qui indique : "si l’UNASUR envoyait des troupes aux Etats-Unis pour y contrôler la consommation, seraient-ils d’accord ? Impossible".

 

Que la justification des Etats-Unis pour le programme de lutte anti-narcotique à l’étranger soit même considérée comme un sujet de discussion digne d’intérêt illustre une fois de plus la mentalité impériale. En février dernier, la commission Drogue et Démocratie en Amérique Latine publiait son propre rapport sur la lutte anti-narcotique des Etats-Unis au cours des dernières décennies.

 

La commission, présidée par les anciens présidents latino-américains Fernando Cardoso (Brésil), Ernesto Zedillo (Mexique), et Cesar Gaviria (Colombie), concluait que la lutte contre la drogue avait été un échec total et préconisait un changement radical de politique, à l’opposé des mesures répressives, que ce soit à l’intérieur du pays ou à l’étranger, en cherchant à mettre sur pied des programmes bien moins coûteux et plus efficaces - la prévention et le traitement. Le rapport de cette commission, de la même façon que les études réalisées antérieurement et le bilan historique, n’a eu aucun effet visible.

 

Cette absence de réaction confirme donc bien que la "lutte contre la drogue" - de même que "la lutte contre la criminalité" ou "la lutte contre le terrorisme" - est menée pour d’autres raisons que les objectifs annoncés, et dont on peut en constater les conséquences.

 

Au cours de ces dix dernières années, les Etats-Unis ont augmenté leur aide militaire et l’entraînement d’officiers latino-américains aux tactiques de l’infanterie légère pour combattre le "populisme radical" - un concept qui, dans le contexte latino-américain, fait froid dans le dos.

 

La responsabilité de l’entraînement militaire passe actuellement du Département d’Etat au Pentagone, ce qui abolit les clauses sur les droits humains et la démocratie qui étaient jusqu’alors contrôlés par le Congrès, de peu d’effet, certes, mais cela servait au moins de moyen de dissuasion contre certaines des pires atrocités.

 

La Quatrième Flotte US, démantelée en 1950, a repris du service en 2008, peu après l’invasion de l’Equateur par la Colombie, avec pour mission de contrôler les Caraïbes, l’Amérique de Sud et Centrale, et les eaux qui les entourent.

 

Selon l’annonce officielle, ses diverses missions comprennent la lutte contre le trafic illégal, la coopération dans le domaine de la sécurité, les opérations militaires conjointes et l’entraînement bilatéral et multinational".

 

 

- La militarisation de l’Amérique Latine s’aligne sur des objectifs beaucoup plus vastes.

En Irak, on n’a pratiquement aucun renseignement sur la destination des énormes bases militaires là -bas, et donc, on suppose qu’elles ne vont servir qu’aux projections de forces. Estimé au départ à 1,5 milliards de dollars, le coût de l’immense ambassade US, ville à l’intérieur de la ville, à Bagdad devrait atteindre 1, 8 milliards de dollars par an.

 

L’administration Obama fait également construire des méga-ambassades au Pakistan et en Afghanistan. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni exigent que la base militaire de Diego Garcia ne soit pas incluse dans la "zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN)" prévue en Afrique - comme c’est le cas pour les bases américaines dans le Pacifique.

 

En résumé, les avancées vers "un monde de paix" n’entrent pas dans le cadre du "changement en lequel on peut croire", pour reprendre le slogan de campagne d’Obama.

 

 

 

 

Noam Chomsky

 

Note

[1] Titre original : "Militarizing Latin America", traduction emcee Des Bassines et du Zèle pour le Grand Soir

- En territoire Yanomami, qui fait la frontière avec le Venezuela, des militaires US se sont installés depuis la prise de pouvoir par Chavez, sous le fallacieux prétexte de construire une piste d'avion. Pas très efficaces les militaires US... Depuis le temps.... Le tout bien entendu avec l'appui d'évangélistes... C'est une base de "contrôle", pour ne pas dire de perturbation, de la politique bolivarienne qui leur donne des boutons... Les USA ont aussi au Brésil la base d'Alcantara, très secrète. Personne ne sait ce qu'ils y font vraiment et aucun gouvernement n'a encore eu le courage de les virer...

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 09:04
TAFTA/GMT ( Grand Marché Transatlantique) un diaporama et une vidéo pour comprendre

- Le Grand Marché transatlantique : un projet contre les peuples et la démocratie

Un vaste accord de libre-échange est en cours de négociation entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Négocié en toute opacité, celui-ci comporterait de nombreux dangers pour les normes sociales, environnementales et sanitaires. Il représente aussi une menace démocratique dans la mesure où il permettrait aux multinationales de poursuivre les Etats devant des tribunaux d'arbitrage privé. Ce diaporama, cette vidéo font état des menaces que représente le projet de traité transatlantique (TAFTA).

 

 

- Qu'est-ce qui se cache derrière le Grand Marché Transatlantique ?

Ci dessous, ou ICI le lien vers un diaporama pour comprendre, informer, débattre.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 08:30
Retour de Détroit à Ferguson : la réalité brutale du capitalisme américain

Les événements survenus en août dernier à Détroit, dans le Michigan et à Ferguson, dans le Missouri, ont révélé le caractère brutal du capitalisme américain.

On redécouvre que le modèle américain repose sur l’inégalité généralisée, la faiblesse des droits sociaux, la déshérence des services publics, la pauvreté de masse, la relégation de larges couches de la population, le tout se confondant avec la persistance d’une logique ségrégationniste et d’un racisme imprégnant toute la société.

L’hypocrisie du régime américain éclate. Elle a atteint un sommet avec le choix des milieux dominants de faire élire à la présidence un président un peu « noir ». Le symbole n’arrive plus à masquer la réalité, plus du tout à tromper les masses noires pauvres.

Le gouvernement Obama a tenté d’éteindre le feu en promettant une enquête sérieuse sur les actes policiers mais la poussée de fièvre raciste ne le laissera peut-être pas faire..... et en tout état de cause si la révolte a été "matée", ses causes profondes lièes à la nature même de la société américaine, sont toujours là !

Dans le même temps, il convient de s'interroger sur les causes profondes de cette "révolte sociale", les réponses qui y ont été apportées et d'en tirer des enseignements sur la politique menée en France[1].

 

Sources : World Socialist Web Site  par Jerry White le 01/09/2014 (Article original paru le 30/08/2014)

- Les prémices.... l'explosion

Le 26 Août, les coupures d’eau pour des dizaines de milliers de familles à faible revenu, dont les impayés ne dépassent pas les 150 dollars, ont repris à Detroit. Plus de 600 ménages ont eu leurs robinets fermés rien qu’au cours de ces quelques derniers jours, laissant des personnes âgées, des handicapés et des familles avec des enfants en bas âge sans eau potable, sans pouvoir se doucher, faire fonctionner la chasse d’eau ou faire la cuisine.

 

Ces coupures d’eau ont pour but de supprimer l’accès à ce service à des sections entières de la ville jugées non rentables, amorçant la privatisation du département de l’eau. Ceci fait partie d’une « restructuration » de la ville en général sous la direction d’un gestionnaire d’urgence et du tribunal fédéral des faillites.

 

Les procédures judiciaires débuteront cette semaine pour confirmer un projet qui va détruire les retraites et les prestations de santé des employés municipaux et céder à des entreprises privées les biens publics, dont le Detroit Institute of Arts. Des promoteurs immobiliers milliardaires sont en train de prendre le contrôle de pans entiers du territoire, aux frais de la population tandis que les quartiers ouvriers sont privés des services essentiels, dépeuplés et dans certains cas transformés en terres agricoles en milieu urbain.

 

Detroit est l’épicentre d’une contre-révolution sociale, effectuée par la classe dirigeante américaine et ses deux partis politiques et visant à revenir plus d’un siècle en arrière et à dépouiller les travailleurs des besoins les plus fondamentaux pour vivre.

 

Les événements survenus dans la banlieue de St Louis, à Ferguson, ont révélé au grand jour les formes politiques qui correspondent à ce processus social. Des méthodes de gouvernement d’Etat policier qui ont été établies pendant plus d’une décennie sous le nom de « guerre contre le terrorisme » ont été mises en œuvre pour écraser les troubles sociaux.

 

 

- Le 9 août, la police à Ferguson a tué par balle Michael Brown, âgé de 18 ans et non armé. C'était un meurtre en forme d’exécution.

En réaction au déferlement de colère populaire, l’Etat et les responsables locaux, avec le soutien du gouvernement Obama, ont imposé des conditions de quasi loi martiale dans cette ville de 21.000 habitants. Les droits garantis par le Premier amendement ont été effectivement suspendus et l’« état d’urgence » instauré, la Garde nationale a été déployée et une force de police militarisée, armée de chars et de fusils d’assaut utilisés dans la guerre urbaine en Irak et en Afghanistan, a attaqué au gaz lacrymogène et arrêté des manifestants qui participaient à des protestations pacifiques.

 

Les coupures d’eau à Detroit et la répression de masse à Ferguson démasquent le vrai visage de la classe dirigeante américaine. Après les rébellions urbaines des années 1960, qui s'accompagnaient d'une brutale répression d’Etat, l’élite dirigeante avait réagi avec un programme de réformes sociales limitées. La phrase « des fusils et du beurre » avait été inventée pour décrire la politique mort-née dès le début du financement simultané de la guerre impérialiste au Vietnam et des programmes anti-pauvreté aux Etats-Unis.

 

 

- Actuellement, aucune section de l’establishment politique américain ne demande l’application de mesures pour alléger la crise sociale.

Dans toutes les déclarations officielles faites sur le meurtre policier à Ferguson, il n’a pratiquement pas été question des conditions sociales qui sous-tendent le chômage, la pauvreté et l’inégalité. Les représentants du patronat américain sont unis dans la décision de reprendre chacune des concessions sociales que la classe ouvrière ait jamais arrachées.

 

Pétrifiée par le spectre de la résistance ouvrière, l’oligarchie, qui dirige l’Amérique, réagit au moindre signe d’opposition sociale en cherchant à l’écraser. Elle n’a pas de réforme à proposer mais seulement davantage de répression.

 

Pour comprendre ces processus il faut commencer par reconnaître qu’ils proviennent du système capitaliste lui-même. Dans sa volonté de vouloir défendre ce système et de sauvegarder sa richesse, la classe dirigeante applique depuis des décennies une politique de guerre à l’étranger et de guerre de classe à l’intérieur du pays. Le déclin économique à long terme du capitalisme américain va de pair avec la montée d’une aristocratie financière impitoyable et qui se fonde sur le pillage et la criminalité.

 

C’est là un processus international comme en témoigne l’imposition de brutales mesures d’austérité en Europe, en Amérique latine et partout dans le monde afin de renflouer les institutions financières qui ont fait s’effondrer l’économie mondiale en 2008.

 

Les Etats-Unis et le gouvernement Obama ont été le fer de lance de cette contre-révolution sociale et ont supervisé le plus grand transfert de richesses de l’histoire, des masses vers le un pour cent le plus riche. Dans le même temps, Obama a étendu les opérations militaires américaines au monde entier. Il a intensifié l’attaque contre les droits démocratiques, allant de la propagation de l’espionnage de la NSA à la militarisation de la police.

 

 

- Dans le système politique actuel , les intérêts de la vaste majorité de la population ne trouvent leur expression nulle part.

Parallèlement, les vieilles institutions qui auparavant assurait la médiation dans les relations de classe se sont effondrées.

 

Les syndicats américains, qui sont gérés par de riches cadres recevant une part des bénéfices obtenus par l’exploitation des travailleurs qu’ils prétendent représenter, peuvent difficilement diriger une protestation pour la forme au moment où à Detroit des millions de personnes sont privées de l’un des besoins les plus fondamentaux de la vie. Ils sont, de fait, pleinement intégrés dans le processus en faillite, octroyant leur soutien en échange d’une part des milliards qui sont volés aux retraites et aux prestations de santé des travailleurs municipaux et provenant de la liquidation des biens publics.

 

En ce qui concerne Ferguson, le président de l’AFL-CIO, Richard Trumka, a publié une déclaration de pure forme disant aux manifestants de s’en remettre au Département de la Justice et au FBI, ces forces mêmes qui ont approuvé l’espionnage sur le plan intérieur et qui ont organisé des coups montés contre les manifestants anti-guerre et anti-Wall-Street en les qualifiant de « terroristes. »

 

Après la transformation de Ferguson en camp armé, les soi-disant figures de l’opposition au sein de l’establishment politique conduites par le politicard millionnaire Al Sharpton ont mis en avant la politique identitaire raciale dans le but de camoufler les questions sociales et les questions de classe les plus fondamentales à Ferguson. Ils ont accusé les manifestants de provoquer eux-mêmes la violence. Ces mêmes forces sont associées à la faillite de Detroit.

 

En alliance avec les Sharpton et les Jesse Jackson qui opèrent dans l’orbite du Parti démocrate et du gouvernement Obama, il y a une foule d’organisations de pseudo-gauche et de professionnels de la politique identitaire qui considèrent que leur tâche essentielle est d’empêcher que la classe ouvrière ne se libère de l’establishment politique.

 

L’accroissement de l’opposition de masse ne peut rester confiné à ce cadre et ne le sera pas. Les événements à Ferguson sont un signe que la classe ouvrière est en train de changer de trajectoire. Lors des interviews données aux journalistes du World Socialist Web Site les manifestants ont interprété leur situation comme faisant partie d’un problème systémique plus large. Un grand nombre d’entre eux ont souligné l’hypocrisie de l’affirmation selon laquelle l’Amérique est en train de mener outre-mer des guerres en faveur des droits humains et de la démocratie tout en réprimant les droits démocratiques aux Etats-Unis mêmes. Nombreux sont ceux qui ont dénoncé l’allocation de milliards de dollars aux guerres et à la militarisation de la police alors qu'il n'y a pas d'argent versé pour des emplois convenablement rémunérés, le logement, l’éducation ou les soins de santé.

 

 

- La question la plus urgente est la construction d’une nouvelle direction révolutionnaire.

C'est le cas avec le Socialist Equality Party (Parti de l’Egalité socialiste, SEP), afin de donner une voix politique consciente à la résistance de la classe ouvrière qui est en train de naître.

 

Le SEP lutte pour l’unité de tous les travailleurs, au-delà des lignes raciales, nationales et ethniques, en opposition aux partis Démocrate et Républicain, et de tous leurs agents politiques. Nous appelons les travailleurs aux quatre coins du pays à former des organisations indépendantes de luttes et à préparer des manifestations de masse, des grèves et des actions sur leur lieu de travail, contre la catastrophe qui est en train d’être créée par la classe dirigeante.

 

Mais par-dessus tout le SEP insiste sur le fait que la lutte contre l’inégalité sociale, la guerre et la dictature doit être menée en tant que lutte internationale contre le système capitaliste. Qui va organiser la société, les grands groupes et les banques sur la base du pillage et du profit ou bien la classe ouvrière luttant pour une société socialiste fondée sur l’égalité et le contrôle démocratique des forces productives ? Telle la question fondamentale soulevée par les expériences faites à Ferguson et à Detroit.

 

Note :

 

- [1] Émeutes de Ferguson : leçons pour la France désaxée

 

Pour en savoir plus :

-

- De Kiev à Fergusson ou la crise terminale du Système, 2014 pourrait bien marquer le début de la phase finale d’effondrement

- Ferguson, émeutes raciales ou explosion sociale ?

- Etats-Unis : Une semaine d’émeutes à Ferguson (Missouri)

- Etats Unis : Résistances face au glissement à droite du spectre politique

- Quand ils lynchaient les noirs, les blancs aussi se croyaient soldats de Dieu

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 09:05
Québec : un petit village attaqué par l’industrie pétrolière pour avoir voulu protéger son eau

Ils s'opposent aux gaz de schistes..... et sont trainés devant les tribunaux  VOILÀ LE RÉSULTAT du libre échangisme !

 

Avec le Grand Marché Transtatlantique (TAFTA) en négociation entre l'Europe et les USA... c'est ce qui nous attend. Avis aux élus et populations !

 

1,5 million de dollars canadiens, soit un peu plus d’un million d’euros. C’est la somme réclamée par la firme pétrolière Gastem à la municipalité de Ristigouche, en Gaspésie. La faute de cette petite communauté de 168 habitants ? Avoir interdit la fracturation hydraulique fracturation hydraulique dans un rayon de 2 kilomètres autour de ses sources d’approvisionnement en eau.

 

Sources : Observatoire des Multinationales  par Olivier Petitjean 10/09/2014

Pour faire face aux frais de justice - la somme demandée par Gastem représente en effet 5,5 fois le budget municipal annuel -, les citoyens de Ristigouche ont lancé un appel à financement populaire[1].

 

« C’est un règlement populaire demandé par une majorité écrasante des résidents. En adoptant ce règlement, le conseil municipal a fait son devoir de protéger le bien commun de la communauté. », a déclaré le maire de Ristigouche, François Boulay.

 

Les autorités provinciales du Québec, qui ont accordé sa licence d’exploration à Gastem, font la sourde oreille. Une réglementation similaire à celle mise en place à Ristigouche est en cours d’élaboration au niveau de la province, mais elle ne s’appliquerait pas rétrospectivement aux permis déjà accordés. Le permis de Gastem date de juillet 2012, peu avant le moratoire de facto décrété par le gouvernement du Québec.

 

70 communes québécoises auraient adopté des régulations similaires à celles de Ristigouche. Malgré les dénégations de Gastem, qui assure avoir « fait des dépenses » et vouloir simplement récupérer l’argent investi sur place, on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit aussi d’une campagne d’intimidation [2].

 

Gastem est une entreprise issue de la privatisation de certaines activités d’Hydro-Québec, la grande entreprise énergétique provinciale. Elle détient des droits d’exploration sur 1,1 million d’acres dans les Basses-Terres du Saint-Laurent, la péninsule gaspésienne et les îles de la Madeleine.

 

On rappellera qu’une autre entreprise canadienne, Lone Pine Resources, a déjà engagé des poursuites contre le gouvernement canadien, via une filiale américaine et les mécanismes d’arbitrage États-investisseurs de l’ALENA (Accord de libre échange nord-américain), en raison du moratoire sur la fracturation hydraulique imposé au Québec.

 

 

Note :

[1] Voir le site de la campagne : http://solidariteristigouche.ca

[2Sur l’affaire, voir ce reportage de Radio Canada.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier : TAFTA & TISA

Québec : un petit village attaqué par l’industrie pétrolière pour avoir voulu protéger son eau
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Rédacteur

  • Pour une Révolution citoyenne par les urnes
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, syndicaliste CGT, conseiller Prud'homme depuis 1978.

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