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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 13:32

Mis en ligne le 26 août 2014

En pleine émission sur les sanctions russes, Xavier MOREAU entrepreneur et rédacteur pour Realpolitik TV balance un secret de polichinelle que très peu de médias ont osé dévoiler au grand public: la construction européenne a été officiellement financé par... les Etats-Unis.

 

Pour en savoir plus :

- Document dé-classifié de la CIA datant de février 1953. La preuve ULTIME que l'Union Européenne est une création Américaine (le lien mène vers le site officiel de la CIA).

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 09:23
L’alliance entre le complexe militaro-industriel américain et le lobby sioniste

"Cette conjonction d’une immense institution militaire et d’une grande industrie de l’armement est nouvelle dans l’expérience américaine. Son influence totale, économique, politique, spirituelle même, est ressentie dans chaque ville, dans chaque Parlement d’Etat, dans chaque bureau du Gouvernement fédéral. (...) Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques. Nous ne devrions jamais rien prendre pour argent comptant. Seule une communauté de citoyens prompts à la réaction et bien informés pourra imposer un véritable entrelacement de l’énorme machinerie industrielle et militaire de la défense avec nos méthodes et nos buts pacifiques, de telle sorte que sécurité et liberté puissent prospérer ensemble". Tiré du discours d'adieu du Président Einsenhower prononcé le 17 janvier 1961 face au danger représenté par le complexe militaro-industriel.

 

Sources : Le Grand Soir par Mizaanoun le 9 août 2014 - Mis à jour le 18-09-2014

- Le chaos planifié dans le monde arabe et ce qu’il cache derrière

Généralement les observateurs qui analysent objectivement tous les bouleversements qui tourmentent les peuples du Monde Arabe d’Orient comme du Maghreb, ont tendance à expliquer ce chaos, qui secoue aussi tant d’autres régions dans le monde, par l’échec supposé des politiques contradictoires, incohérentes et aberrantes des États-Unis. Cependant les évidences irréfutables conduisent à une toute autre vérité. Le chaos et la déstabilisation sont précisément le but recherché et le résultat constitue bel et bien une réussite et non un échec de ces politiques. Toutes ces politiques sont conçues par ceux-là mêmes à qui bénéficient toutes ces guerres, ces interventions militaires et ces conflits provoqués et minutieusement préparés. Bien que les politiques des Etats-Unis soient irrationnelles et contradictoires, pour le maintien de la paix mondiale, ou même du point de vue des intérêts de leurs simples nationaux, elles restent, avec certitude, une manne pour les bénéficiaires économiquement et géopolitiquement des guerres et des conflagrations internationales, c’est-à-dire le complexe militaro-industriel et les défenseurs à outrance et très actifs sionistes du « Grand Israël ». Faut-il signaler que les citoyens sionistes aux E.U constituent la communauté la plus nombreuse par rapport au reste de tous les autres pays du monde. Ils constituent 2% de l’ensemble, soit 7 millions de personnes et ils contrôlent l’essentiel de toute l’économie et particulièrement les finances, l’appareil de guerre et ses considérables ramifications, et, pour Ende toute la politique étrangère de l’Empire.

 

 

- La chute du Mur de Berlin, il y a vingt-cinq ans, a été la meilleure occasion pour semer le chaos dans le monde.

La raison qui a donné naissance et développement considérable de l’appareil militaire durant la « Guerre Froide » était pour faire face à la menace communiste. Mais la chute du Mur qui avait été célébrée par les populations au sein de l’empire, comme une fin du militarisme et l’aube des « grands bénéfices de la paix » en pensant à la nouvelle orientation des considérables dépenses du Pentagone, ce qui devrait permettre de se tourner vers les besoins sociaux urgents et non militaires, des besoins considérables urgents, s’est vite évanouie. En voici quelques échantillons sur la situation sociale aux E.U en 2011 tiré du livre : « La fin du dollar » de l’auteure suisse Myret Zaki : « Quarante-cinq millions d’Américains ont perdu leur logement, 20% de la population est sorti du circuit économique et ne consomme plus et un tiers d’États américains sont en quasi faillite. Plus personne n’investit de fonds propres dans ce pays. Tout repose uniquement sur la dette. »

L’alliance entre le complexe militaro-industriel américain et le lobby sioniste

Et quelles dettes ! Le gouvernement fédéral à lui seul et du 16 octobre 2013 jusqu’au 7 février, le plafond de sa dette a été porté à 16 700 milliards de dollars. Le précédent plafond a été immédiatement dépassé. Des dettes auxquelles s’ajoutent les autres dettes publiques des 50 états, ce qui dépasse à l’heure actuelle plus de 200.000 milliards de dollars. Il n’y a plus aucun étalon bien ou produit pour mesurer la couverture et la valeur du dollar. Il n’y a plus rien d’autre que le paramètre militaire.

 

Et malgré tout cela les tenants de cette alliance entre le Complexe Militaro-industriel et le Lobby sionistes continuent leurs activités comme si de rien n’était.

 

 

 

 

 

Donc au moment où la majorité des habitants se réjouissaient à la perspective des imminents « bénéfices de la paix », les puissants bénéficiaires, à travers les grandes affaires créés par l’expansion, des dépenses militaires-sécuritaires, se sont sentis, eux, menacés. À partir de là, il n’y a plus rien de surprenant que ces forces aux influences considérables aient rapidement mobilisé leurs immenses moyens pour neutraliser cette « menace de la paix ».

 

Afin de faire taire toutes ces voix qui exigeaient les dividendes de la paix, les bénéficiaires de la guerre et du militarisme, avaient commencé à définir méthodiquement des nouvelles « sources de menace » de la post-guerre froide dans un contexte plus ample du nouveau monde multipolaire qui va beaucoup plus loin que la traditionnelle « menace soviétique » du monde bipolaire de la guerre froide. Et ainsi la « menace communiste » de l’époque soviétique, a été remplacée par la « menace » des « états voyous » ou « états faillis » de l’islam radical et du « terrorisme global » qui doivent fonctionner comme les nouveaux ennemis.

 

Un mémorandum du Pentagone (de la fin des années 90) avait déjà décrit comment on va éliminer sept pays en cinq ans, avait reconnu le général Wesley Clark lors d’une interview donnée à l’organisation Democracy Now, le 02/11/2007.

Ces pays sont : l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan pour finir avec l’Iran. Tous ces pays sont déjà ravagés et en état de désintégration générale, sauf l’Iran qui se tient encore debout malgré la série d’assassinats de ses savants et les innombrables tentatives en cours de déstabilisation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Le NIC à la manoeuvre pour redessiner le monde

 D’autre part le Conseil National de l'Intelligence (NIC sigles en anglais), une de ces centrales d’espionnage basé à Washington, qui a de son côté présenté son rapport « Global Trends 2030 : Alternative Worlds » (décembre 2012) avait prévu 15 autres pays destinés à échouer et devenir des états faillis jusqu’à 2030.

 

Dans la liste sont cités nommément, l’Afghanistan, le Pakistan, le Bengladesh, le Tchad, le Niger, le Nigéria, la Mali, le Kenya, le Burundi, l’Éthiopie, le Rouanda, la Somalie, la R.D du Congo, le Malawi, le Haïti et le Yémen.

 

 

 

 

 

Alors que dans un antérieur rapport, publié au début du second mandat de Bush, en 2005, le même conseil avait prévu de convertir le Pakistan en « État failli » en 2015 en provoquant une guerre civile, une « Talibanisation » totale, suivie d’une lutte pour le contrôle des armes nucléaires de ce pays.

 

L’intention du NCI envers le Pakistan est de lui faire subir un destin semblable à celui de la Yougoslavie.

 

 

 

 

L’intention du NCI envers le Pakistan est de lui faire subir un destin semblable à celui de la Yougoslavie. D’un grand pays uni et consolidé avec une paix, une justice sociale totale et un progrès constant, en un pays dépecé en sept états après une décennie de « guerres civiles » sous le patronage des EU, de l’OTAN et les pays adhérents à cette organisation militaire, l’instrument de guerre par excellence et unique dans le monde, après l’effondrement de l’Union Soviétique et la disparition du Pacte de Varsovie, d’une aussi effrayante envergure. 

 

Dans le même rapport (Global Trends 2030 : Alternative Worlds)au même moment où on insiste explicitement, que tous les « états faillis » vont servir inévitablement de base pour les extrémistes religieux ou politiques, le rapport (page 143) reconnait que de fait, les EU et ses alliés, depuis les années soixante, avaient appuyé de forme clandestine toutes ces mêmes organisations comme un moyen préliminaire pour déstabiliser ces nations-états séculaires et souverains comme le Pakistan et l’Afghanistan.

 

Le statut d’un « état failli » du genre de la Yougoslavie ou de la Somalie, comme on va le voir encore plus loin, avec plus de détails et précisions, n’est pas le résultat fatal de divisions sociales internes, mais un objectif stratégique obtenu à travers des opérations clandestines, gérées fondamentalement par les agents secrets dépendants des ambassades US infiltrés dans tous les pays du monde comme corps diplomatiques. Dans les années soixante ces opérations de déstabilisation des pays en Amérique Latine et en Afrique étaient flagrante. Une de ces opérations clandestines est celle qui a été menée au Chili en 1973 et a fini par l’assassinat direct et télévisé, le 11 septembre du président élu au suffrage universelle, Salvador Allende. Il a été pratiquement tué sous les bombes lancées par l’aviation militaire sous les ordres du général traître Augusto Pinochet, qui ont visé le palais présidentiel « Palacio de la Moneda » à Santiago de Chili, la capitale du pays. L'opération était directement préparée et supervisée par les services de la CIA, le président US, de l’époque, Richard Nixon et son fameux ministre des affaires étrangères, le sioniste notoire, Henry Kissinger. Dear Henry comme, l’appelaient les intimes est toujours vivant et a affirmé à plusieurs reprises dans ses livres, conférences et déclarations sa fierté d’avoir suggéré au président Nixon l’assassinat de Salvador Allende. Et ce n’était pas le seul crime dans cette région du monde l’Amérique Latine ou dans le reste du monde où il est à l’origine d’installations au pouvoir de presque tous les dictateurs et les violentes éliminations d’hommes politiques nationalistes, à cette époque de l’histoire dans les années 70. Les plus récentes liquidations physiques de chefs d’état semblables sont ceux de la Libye et de l’Irak.

 

Selon la « Fund For Peace » installée à Washington, dont le but officiel, serait la promotion de « la Sécurité Durable à partir de recherches et d’études approfondies » publie chaque année une « Indication sur les états appelés ou poussés à échouer ou à faire faillite », basée sur une évaluation des risques, a identifié, pas moins, de 33 de ces pays. Tous ces pays sont condamnés par les experts de la guerre de Washington à la faillite pour ouvrir le chemin à l’intervention militaire.

 

Ça serait un pléonasme de dire que jamais il n’est fait mention de l’histoire d’Al Qaeda comme recours des services secrets des E.U et son rôle évident dans la création des divisions, des factions autonomistes et finalement la déstabilisation générale au Moyen Orient, en Asie Centrale et en Afrique subsaharienne.

 

 

- La Syrie et l'Irak ?

Dans les deux cas qui sont en cours en ce moment en Syrie et en Irak, dans un pays comme dans l’autre, avec les groupes d’Ansar en Syrie et « Daach, EIIS ou ISIS devenu, avec la prise de la ville de Mossoul, au nord de l’Irak, un Califat depuis quelques semaines », les choses ne peuvent pas être plus évidentes. Ce Califat aurait pu être anéanti en moins de deux heures par les F15, F16, F35 stationnés au Koweït ou sur les porte-avions qui naviguent, juste en face, dans mer du Golfe persique, ce qui prouve la duplicité des EU.

 

Obama serait en train d’utiliser ce groupe comme un revolver pointé sur la nuque de Nuri Al Maliki (premier ministre irakien) qui serait trop proche de l’Iran et en plus il aurait refusé de signer un Accord sur un Statut juridictionnel spécial pour les 30.000 Marines qu’Obama voulait faire stationner d’une manière permanente en Irak. « Un nombre croissant de législateurs US et des alliés arabes des EU comme « l’Arabie Saoudite » et « les Emirats Arabes Unis » voulait que la Maison Blanche retire tout appui à Al Maliki. Certains d’entre eux usent de toutes d’arguments et de pressions pour un changement à la tête du gouvernement de Bagdad pour permettre une quelconque aide pour une apparente stabilisation de l’Irak, selon des diplomates US et arabes » (rapporté par le Wall Street journal sous le titre : « U.S Signals Iraq’s Maliki Should Go ». Pour ce qui est des groupes Ansar en Syrie, ils sont armés et soutenus à travers la Turquie d’Erdogan par les mêmes E.U, leurs alliés occidentaux et les oligarchies du Golfe dont encore une fois « l’Arabie Saoudite, les Emirats et le Qatar ».

 

Enfin de compte la stratégie des EU. OTAN-Israël concernant l’Irak et la Syrie, est le dépècement de ces pays. Pour l’Irak, au moins, en trois états « indépendants » impuissants, certainement ennemis l’un de l’autre. Pour l’Irak il est prévu la formation d’un état sunnite, un autre chiite et un troisième kurde. (Ce dernier existe déjà depuis 1991 grâce au concours direct et sur place des experts militaires israéliens et des E.U.) Et la Syrie serait aussi répartie en plusieurs états, « Alaouite », Sunnite et Druze.

 

 

- La haute sphère militaire avait publiquement présenté la plus grande partie de son évaluation du monde postérieur à la guerre froide.

Le général Carl Vuno, le chef de l’état-major des forces armées US, par exemple, avait affirmé devant le Congrès en mai 1989 : « beaucoup plus compliquée [que n’importe quel danger qu’aurait pu constituer l’Union Soviétique] est la menace qui est en train de se développer dans le reste du monde... Dans ce monde de plus en plus multipolaire, nous faisons face à des multiples menaces venant des pays et d’acteurs qui deviennent militairement et politiquement de plus en plus agressifs[1]. »

 

Le général Colin Powell, qui était à l’époque Président de l’État-Major Conjoint, avait réitéré le même argument et avait soutenu de son côté devant le comité du Sénat que malgré la disparition de l’Union Soviétique, les Etats-Unis ont besoin de continuer leur renforcement militaire pour faire face à ses nouvelles et nombreuses obligations. « Avec tous les défis qu’affronte notre nation, il est, pour moi, impossible de croire à la démobilisation ou à la réduction les moyens militaires. C’est chose probable dans le futur lointain mais pas pour le moment. Le vrai « bénéfice de la paix est la paix en elle-même...La paix n’est possible qu’en conservant la force[2] » Au moment où les plus hauts responsables militaires, qui se présentent souvent dans leurs uniformes solennels et extravagants, se plaçaient publiquement au centre des groupes pour plaider contre toute tentative de réduction du complexe militaro-industriel dont l’expansion de ses dimensions est sans arrêt grandissante. Les militaristes civils qui travaillaient directement au Pentagone ou sont proches de lui et les faucons des « Think Tanks » (les réservoirs de réflexions) se trouvent en train de tirer sur les ficelles de derrière les coulisses.

 

Ces faucons de l’époque ont des noms comme : Dick Cheney, ministre de la défense puis vice-président sous Bush II, Paul D. Wolfowitz, Zalmay Khalilzadah, Lewis « Scooter » Libby. Ce groupe de personnes et leurs coreligionnaires et collaborateurs (comme Richard Perle, Douglas Feith, Michael Ladeen, Elliot Abrams, Donald Rumsfeld, William Kristol, John Bolton et beaucoup d’autres) travaillaient activement ensemble pour éviter les réductions postérieures à la Guerre Froide. « Nous craignions que les populations allaient dire : « À présent nous devons ramener nos troupes à la maison et ainsi nous allions abandonner notre position en Europe » se souvenait, lors d’une interview, Paul Wolfwitz. Faut-il souligner que de tous ces noms, seuls Zalmay Khalilzadah, qui est d’origine afghane, Donald Rumsfeld qui sera le ministre de Défense sous Bush II, et John Bolton qui est un extrémiste de droite très proche du sionisme ou chrétien-sioniste, tous les autres sont des noms d’authentiques et des plus virulents sionistes parmi ceux qui sont disposés à précipiter le monde entier dans l’apocalypse totale au profit du « Grand Israël. » Les membres du commandement militaire qui était souvent, affiliés au Pentagone ou à l’Administration Bush (père) collaboraient en même temps et étroitement avec une série de groupes patriotards de réflexions et de pressions tels qu’American Enterprise, le Projet du Nouveau Siècle Américain, l’Institut juif pour les Affaires de Sécurité Nationale (JINSA). Ce dernier s’est créé pour servir aussi bien le lobby de l’armement que le lobby du « Grand Israël ». Une vue rapide sur les registres des membres de ces réservoirs de réflexions militaristes, leurs affiliations, leurs sources de financements, leurs structures institutionnelles permet de découvrir qu’ils ne sont créés que pour servir essentiellement de façades afin de dissimuler le commerce incestueux et la relation politique entre le Pentagone, ses principaux fournisseurs, les hauts gradés militaires, le lobby du « Grand Israël » et d’autres organisations de ligne aussi dure à l’intérieur comme à l’extérieur du gouvernement.


 

- Une action soigneusement calculée pour redessiner un monde, postérieur à la Guerre Froide, comme un monde encore plus « dangereux »

Par conséquent, il faut concevoir une nouvelle « Stratégie de Sécurité Nationale » pour les États-Unis. Ce groupe de planificateurs militaires et les Think Tanks militaristes, ont produit un nouveau document géopolitique militaire dans la période immédiatement postérieure à la chute de l’Union Soviétique, qui sera connu sous la dénomination « Defense Planning Guidance » ou « Stratégie de Défense de la décennie 1990 ». Ce document qui a été présenté par la Maison Blanche, au début des années 1990, au Congrès, était concentré sur les « points de conflits prévisibles dans le Tiers-Monde » comme de nouvelles sources d’attention pour le pouvoir militaire des États-Unis à l’ère postérieure à la Guerre Froide : « dans cette nouvelle ère, nous croyons fermement que notre pouvoir militaire restera impérieusement essentiel pour l’équilibre global...avec des grandes probabilités de demandes de l’intervention de nos forces armées, qui n’implique plus l’Union Soviétique, mais dans le Tiers-Monde où il est nécessaire de nouvelles conceptions géopolitiques importantes ».

 

Pour répondre aux « embrasements dans les régions vitales », la situation requiert une stratégie de « dissuasion spécifique », une stratégie militaire qui « pourrait contrôler et étouffer les conflits régionaux ou locaux dans le Tiers-Monde rapidement, comme un éclair, et, avec l’efficacité d’un balayage scanner avant que ça nous échappe d’entre les mains. Dans le monde postérieur à la Guerre Froide il y a de multiples sources de menaces, c’est pourquoi les EU doivent être bien préparés pour ces guerres de « basses ou moyennes intensités ». Basse ou moyenne intensité ça n’a rien à voir avec le niveau potentiel du feu et de violence, sinon ça se réfère à l’échelle géographique en comparaison avec une guerre régionale totale ou mondiale susceptible de perturber le commerce et paralyser les marchés internationaux.

 

La « Stratégie de Défense pour les années 1990 » concernait aussi le maintien et l’ampliation de la « profondeur stratégique » des EU, selon l’expression utilisée par Dick Cheney, ministre de la défense à l’époque. « Profondeur stratégique » résonnait à géopolitique, ce qui signifie qu’à la suite de la chute du Mur de Berlin, les EU devaient étendre leur présence global, en termes de bases militaires, centres d’écoutes ou d’espionnage et de technologie militaire dans des régions qui étaient dans le passé, soit, neutres soit sous influence de l’Union Soviétique. Depuis les bases militaires se sont multipliées. Une liste non exhaustive de ces bases militaires des forces armées des États-Unis d’Amérique dans le monde, hors du territoire métropolitain, au début du XXIe siècle situe leur nombre à plus de 737 bases. Suite à des programmes de réorganisation (notamment BRAC 2005), certaines bases ont été fermées mais beaucoup de nouvelles ont été installées dans d’autres pays et régions du monde. En Allemagne par exemple elles sont plus de 25 et par ordre alphabétique, elles se trouvent en Arabie Saoudite, au Bahreïn, au Qatar, aux Emirats Arabes Unis en Belgique, en Corée du Sud, à Cuba (la fameuse base de Guantanamo), à Djibouti, en Espagne, en Grèce, à Groenland, en Island, en Italie, Japon, au Kosovo, au Kirghizistan, aux Pays-Bas, au Portugal, au Royaume Uni, en Turquie, en Territoires d’Outre-Mer américains, en Territoire Britannique de l’Océan Indien etc. On n’a pas de confirmations officielles, mais tout porte à croire que des bases se sont installées dans les pays de l’Europe de l’est, comme la Tchéquie, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, et surtout la Pologne.

 

- Quant à la question de l’espionnage global, le nombre des centres d’écoutes a pris des ampleurs considérables.

Il n’y a pas uniquement la CIA ou le FBI, mais plus de seize Centres d’espionnage, comme l’a révélé Edward Snowden au sujet de la National Security Agency (NSA). Un espionnage total y compris des plus proches alliés des E.U, comme l’Allemagne ou la France. Selon le quotidien allemand Der Spiegel dans un rapport basé sur les révélations du même Edward Snowden, plusieurs gouvernants d’Amérique Latine ouvertement alignés sur la politique US ont fait eux-aussi l’objet d’écoute comme c’est le cas d’Alvaro Uribe, l’ex-président de Colombie, Alan Garcia l’ex-président du Pérou entre autres. Le journal allemand rapporte que la Chancelière Angela Merkel Chancelière Angela Merkel elle-même, est classée dans la liste des « TOP TEN » sur les 122 présidents du monde entier constamment sous surveillance ou sur table d’écoute. Der Spiegel a informé que le téléphone de Merkel était sur table d’écoute de la NSA durant plus de dix ans.

 

De cette manière, toutes les prophéties auto-accomplies, est une évidence indiscutable : ayant d’abord planifié (et postérieurement créé) le monde postérieur à la guerre froide comme un monde plein de « foyers d’instabilités qui menacent les intérêts nationaux des EU », les puissants bénéficiaires des dépenses du Pentagone ont réussi à maintenir le niveau de ces dépenses militaires à celui qui était durant la Guerre Froide avec un excédent considérable. Les partisans du militarisme perpétuel agissaient avec une extrême rapidité afin de garantir que l’effondrement [de l’Union Soviétique] n’affecte en rien le budget du Pentagone ou notre position stratégique sur toute la planète « que nous avions gagné au nom de l’anticommunisme », affirmaient-ils.

 

Afin d’affiner les lignes de la « Stratégie de Sécurité Nationale » dans le monde postérieur à la Guerre Froide, les stratèges militaires us américains nécessitaient les prétextes et les arguments qui consistaient toujours à l’invention ou la fabrication des ennemis avec tous les détails nécessaires. Les adjudicataires des dividendes de la guerre eux-mêmes trouvent parfois, par définition, les « ennemis et menaces externes » et « décident unilatéralement quelles actions dans le monde peuvent être considérées comme terrorisme », ou cataloguant arbitrairement certains pays comme « soutenant le terrorisme » comme l’avait précisé Bill Christison, ancien conseiller de la CIA [3].

 

Non seulement mais, par leurs politiques insidieuses et perfides, les EU incitent à des frictions internationales, qui provoquent inévitablement la haine et la violence, ce qui justifient la guerre et la destruction. Ce qui enchaîne, en réaction, de nouveaux actes de terreur et de violence et ainsi se déclenche un cercle vicieux infernal. Bien entendu, derrière la force qui pousse à toute cette funeste stratégie de mise en exécution de la guerre et du terrorisme, il y a le maintien des grands dividendes du business des armes. Le regretté Gore Vidal avait caractérisé satiriquement cette scélérate et criminelle nécessité pour ceux à qui profite la guerre et le militarisme de proposer constamment des nouvelles menaces et ennemis présumés comme le « Club de l’ennemi du mois : chaque mois nous nous confrontons à un terrible ennemi que nous devons attaquer avant qu’il ne nous détruise »[4].

 

Une petite guerre par ici, une autre par-là, une guerre de « basse intensité » dans un pays X, et une guerre de « moyenne intensité » dans un pays Y, avec des scénarios des plus cyniques de « guerres contrôlées ». Toutes ces stratégies et manipulations sont dans le but de maintenir les assignations financières militaires qui fluent vers le complexe militaro-industriel sans pour autant aller jusqu’à provoquer un grand conflit ou un conflit mondial qui paralyserait complètement toutes les activités commerciales du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ce contexte, l’effondrement de l’Union Soviétique, la menace « des bénéfices de la paix » pour les intérêts du complexe militaro-industriel et le consécutif appétit des bénéficiaires des dividendes de guerre, de substituer, la « menace communiste » de la Guerre Froide, la réaction du gouvernement des EU aux attaques du 09/11, dans lesquelles il y a tout de suite vu une grande occasion pour les guerres et les agressions, ne devrait pas avoir été une surprise pour tout observateur familiarisé avec les vicieuses exigences du militarisme. Les attaques aussi effrayantes qu’elles soient n’ont pas été vues comme un délit, mais bien comme une « déclaration de guerre » contre les EU. Une fois ainsi établi que les EU étaient été entrés en guerre, la propagande militaire et les agressions impérialistes vont se mettre à agir en conséquence. Comme l’avait qualifié Chalmers Johnson, la tragédie du 11/09 « va servir de manne qui est tombée du ciel sur une Administration Bush II, une administration décidée à élever au plus haut possible la rampe des budgets militaires [5]» Les virtuoses des guerres décidées par les EU avaient déjà signalé les gouvernements « non amis » des EU, comme l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Libye et la Corée du Nord et les ont qualifiés de gouvernements canailles ou gouvernements échoués, et, en plus des gouvernements qui soutiennent le terrorisme. Ces pays, selon ses seigneurs de la guerre de Washington et non de Kaboul, nécessitent de toute urgence « des changements de régime » Cependant, avant les attaques du 11/09, les étiquettes de diabolisation n’était apparemment pas suffisantes pour convaincre l’opinion publique usaméricaine pour appuyer les guerres sélectives du gouvernement US. La tragédie du 11/09 avait donc servi de précieux prétexte dont avaient besoin les militaristes pour mettre en pratique ces guerres et par la suite le changement de régime en Irak. Un changement qui va être suivi par d’autres similaires dans les nombreux pays du monde ou les gouvernements étaient considérés des gouvernements « non amis » des USA.

 

De la même manière que les bénéficiaires des dividendes des guerres, le complexe militaro-industriel de sécurité, voit dans la paix et la stabilité des facteurs hostiles à leurs intérêts internationaux. Les partisans sionistes actifs du « grand Israël » ont aussi toujours perçu la paix entre Israël et ses voisins palestiniens ou arabes, comme un très dangereux obstacle sur la voie de leur objectif qui consiste à contrôler toute la « terre promise » avec toutes ses extensions aux dépens de tous les pays de la région. La raison de cette appréhension de la paix c’est que, en vertu des résolutions des Nations Unies, la paix signifierait le retour d’Israël aux frontières antérieures à 1967, c’est-à-dire le retrait de la rive est du Jourdain (Cisjordanie) et de Gaza. Et comme les défenseurs du « grand Israël » ne sont pas disposés à se retirer de ces territoires « libérés » et non occupés, ils sont envahis par une peur de tout apaisement, ce qui les pousse continuellement à saborder tout effort de négociations en vue d’atteindre la paix.

 

Et ainsi ses secteurs, voient de la même manière la guerre et l’agitation (Ou comme le disait David Ben Gourion, un des principaux fondateurs de l’état d’Israël, une « atmosphère révolutionnaire ») des occasions propices à l’expulsion des palestiniens, à la redistribution géographique de la région et à l’expansion du territoire du Grand-Israël. « Ce qui est inconcevable en temps normal. Ben Gourion affirmait « tout est possible en temps de troubles. Et si en ce grand moment, l’opportunité n’est pas saisie, tout est perdu. C’est tout un monde qui est perdu[6]. » Faisant écho d’un malicieux sentiment similaire – la dissolution et la fragmentation des états arabes en un mosaïque de groupes ethniques n’est possible qu’en temps de guerre et de convulsion socio-politiques – le faucon notoire et criminel de guerre, Ariel Sharon avait affirmé le 24 mars 1988 « que si le soulèvement palestinien continue, Israël serait obligé de faire la guerre à tous ses voisins arabes. La guerre – ajouta-t-il – crée « les circonstances » pour l’élimination de tout le peuple palestinien de Cisjordanie, de Gaza et aussi tous ceux qui se trouvent à l’intérieur même d’Israël. » Les palestiniens qu’on appelle de 48. C’est-à-dire de 1948, la date de la création de l’état sioniste. L’idée que la guerre « est propice aux circonstances favorables » à l’élimination des palestiniens des territoires occupés, se base sur la certitude que les Etats-Unis approuvent l’idée et ainsi apportent leur appui à l’extension du colonialisme sioniste en cas où la guerre envisagée est déclenchée. L’expectative en tout cas n’est ni extravagante ni inhabituelle, tout comme les bénéficiaires de la guerre et des dépenses militaires qui contemplent avec intérêt l’idée. Au fait, avec beaucoup de plaisir, non seulement pour le bien « d’Israël ou du peuple juif », sinon pour leurs propres sinistres buts, de l’alliance de fait, entre le complexe militaro-industriel et le lobby du Grand Israël.

 

En base des intérêts de tous ces puissants groupes d’intérêts convergents vers le besoin d’allumer les guerres et provoquer les convulsions politiques au Moyen Orient, s’est forgée une puissante alliance fatidique ou impie. La puissante machine de guerre usaméricaine, est à présent complétée par les capacités des relations publiques presque incomparables de la ligne dure du lobby pro-israélien aux EU. La convergence ou interdépendance des intérêts du complexe militaro-industriel et ceux du sionisme actif dans les guerres et les déstabilisations politiques au Moyen Orient, se trouve au centre du cycle perpétuel de la violence dans la région.
 

 

- L’alliance entre le complexe militaro-industriel et le lobby d’Israël est de fait extra-officielle.

Elle s’est forgée subtilement à travers un réseau complexe des puissants Think Tanks militaristes comme l’American Enterprise Institue, le Projet pour le Nouveau siècle Américain, le Comité des Affaires Publiques des Etats-Unis et Israël, (l’AIPAC), le Middle East Media Research Institute, l’Institut Washington pour la Politique du Proche Orient, Middle East Forum, el Institut National pour la Politique Publique, l’Institut Juif des Affaires de Sécurité National, le Centre Politique de Sécurité etc.

 

Dans la période directement postérieure à la Guerre Froide, ces Think Tanks militaristes et leurs éléments agissants de la ligne dure à l’intérieur comme à l’extérieur du gouvernement avaient publié une série de documents sur la politique qui, clairement et avec force, plaidait pour des plans sur les changements des frontières, des changements démographiques et des changements de régimes au Moyen Orient. Par exemple en 1996 un influent Think Tank israélien, l’Institut des Etudes Stratégiques et Politiques avancées, a appuyé et publié un document politique intitulé « Un coup propre : Une nouvelle stratégie pour s’assurer l’ère » affirmant que le premier ministre Benjamin Netanyahu « doit » faire un arrêt définitif au « Processus d’Oslo et réaffirmer la revendication d’Israël sur la Rive Occidentale (du Jourdain ou la Cisjordanie) et Gaza. Et a présenté un plan par lequel « Israël » « donnera forme à son environnement stratégique, commençant par un renversement de Saddam Hussein et l’installation d’une monarchie hachémite à Bagdad, afin de servir comme un premier pas vers l’élimination de tous les gouvernements anti-israéliens comme la Syrie, le Liban etc. [7]»

 

Dans une «  Lettre ouverte au Président » (Clinton à l’époque), datée du 19 février 1998, des faucons de Think-Tanks et des personnes situées idéologiquement dans la ligne dure, représentant le complexe militaro-industriel et le lobby du « Grand Israël », recommandèrent, une stratégie politique et militaire globale pour aussi « renverser Saddam Hussein et son régime. » Parmi les signataires de cette lettre on trouve des noms comme : Elliott Abrams, Richard Armitage, John Bolton, Douglas Feith, Paul Wolfowitz, David Wurmer, Dov Zakheim, Richard Perle, Donald Rumsfeld, William Kristol, Joshua Muravchik, Leon Wieseltier, et l’ex sénateur au Congrès Stephen Solarz [8].

 

En septembre 2000, un autre groupe de réflexion militariste, nommé Projet pour le Nouveau Siècle Américain, (PNAC), a publié un rapport intitulé : « Reconstruisons les défenses de l'Amérique : Stratégie, Forces et Ressources pour un Nouveau Siècle », pour promouvoir explicitement un rôle impérial des Forces Armées US dans le monde. Il est dit, par exemple, « Les États-Unis des décennies 60, ont essayé de jouer un rôle plus permanent pour la sécurité régionale du Golfe Persique. Pour autant que le conflit non résolu de l’Irak avait fourni une justification immédiate, la nécessité d’une présence substantielle des forces usaméricaines dans le Golfe transcendant la question du régime de Saddam Hussein.  » Les prometteurs de ce rapport incluaient, Richard Cheney, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Lewis Libby et William Kristol. Ce dernier a directement collaboré à la rédaction du rapport [9].

 

L’influent « Institut juif des Affaires de Sécurité National (JINSA) » de son côté émet de temps en temps des déclarations et des documents politiques qui plaident avec force pour « des changements de régime » au Moyen Orient. Son assistant Michael Ledeen, ancien collaborateur des services secrets américains, israélien et italiens, qui écrit aussi des articles pour la Jewish World Review (revue juive mondiale), et fut l’un des membres fondateurs du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) qui était conseiller extra officiel dans l’Administration Bush sur les sujets du Moyen Orient, avait ouvertement plaidé pour une prochaine « guerre totale », précisant que les E.U devaient accroitre leur politique de « changement de régime » en Irak et dans d’autres pays de la région, comme l’Iran et la Syrie. « Dans son fervent appui à la ligne dure, en faveur des colonisations, à la politique antiPalestinienne du style du parti du Likoud en Israël, la JINSA avait aussi recommandé impérativement, que le changement de régime en Irak, devrait être seulement le commencement d’une cascade de renversements à effet dominos, dans tout le Moyen Orient[10]. »

 

Conclusion, l’évidence accablante (et irréfutable) du chaos qui ravage le Moyen Orient, l’Afrique du Nord et l’Europe de l’est, [comme l’Ukraine, et, avant la Géorgie et de nombreux autres états de cette région] n’est pas dû à des « erreurs » dans la politique des EU et leurs alliés. Mais c’est bien le résultat de ces politiques préméditées et soigneusement conçues et qui sont prêchées par cette alliance impie entre le complexe militaro-industriel de sécurité et le lobby d’Israël dans le monde postérieur à la Guerre Froide.

 

Un article du 26 juillet 2014, du journaliste Marc Bassets, publié par le quotidien EL PAIS espagnol sous le titre : Les turbulences globales mettent en évidence les limites du pouvoir des E.U. il est écrit : « Les conflits de Gaza, Syrie, Irak et l’Ukraine ainsi que les tensions dans tout le sud-est asiatique constitue le théâtre l’extraordinaire instabilité mondiale »(...) Strobe Talbott, président du laboratoire des idées (Thinks Tank) Brooking Institut, lui détecte, selon l’article, des « signes inquiétants et préoccupants qui rappellent l’été de 1914, qui a vu le déclenchement de la Première Guerre Mondiale. » Et toujours dans le même article, l’auteur d’ajouter : « Le quotidien The Wall Street Journal, affirme, la semaine dernière (fin de juillet 2014), que l’ampleur de l’instabilité actuelle n’a jamais été vue depuis les années 70  ». (...) Par contre Danielle Pletka, vice-présidente pour la politique extérieure et de défense du laboratoire des idées des conservateurs, l’American Enterprise Institute, elle « ne voit pas d’analogie avec la décennie des années 70. Mais regardant plus loin, ça lui rappelle plutôt, dit-elle, l’époque d’entre-guerres des années 30 et les années antérieures à la Première Guerre Mondiale, 1913-1914 ».

 

- Bref les sismographes de Washington registrent des signaux préoccupants. Peu de présidents des E.U, dans les dernières décennies ont eu à affronter une série similaire de crises, causées directement par les USA eux-mêmes. L’habituel est que le président US –en tant que chef du monde libre, comme se disait dans des temps lointains, essaye de modeler le monde à son goût, non l’inverse.

 

- De son côté, le faucon bien célèbre dans la politique extérieur, John McCain, vient de déclarer dans une entrevue à la CNN, qu’il n’a jamais vu un monde « tant agité ». Et pourtant, il joué un rôle de premier plan dans toutes les déstabilisations actuelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes

Toutes les informations et détails venus dans ce texte sont tirés de lectures d’articles lus sur les sites internet www.rebelion.org, www.counterpunch.com, (Article de M. Isamel Hussein-Zadeh) le quotidien électronique www.elpais.com, le livre de l’auteure suisse Myret Zaki « La fin du dollar » et d’autres sources déjà citées tout au long de l’article.

[1] Cité dans Sheila Ryan, «projection de puissance au Moyen-Orient," dans le potentiel de la démocratie, sous la direction de Greg Bates (Monroe, Maine: Common Courage Press, 1991), p. 47.

[2] Ibid., P. 46.

[3] Le projet de loi Christison, "Les politiques étrangères désastreuses des États-Unis," Counterpunch org (9 mai 2002), <http://www.counterpunch.org/christison0806.html>.

[4] Gore Vidal, guerre perpétuelle pour la paix perpétuelle: Comment nous en sommes arrivés à être si détestés (New York: Bouche de presse / Nation Books de Tonnerre, 2002), pp 20-1..

[5] Chalmers Johnson, The Sorrows of Empire (New York, NY: Metropolitan Books, 2004), p. 64.

[6] Cité dans Stephen J. Sniegoski, "La guerre en Irak: Conçu en Israël," < http://vho.org/tr/2003/3/Sniegoski285-298.html >.

[7] Ibid. - [8] Ibid. - [9] Ibid.

[10] William D. Hartung, Combien faites-vous de la guerre, Papa? (New York: Nation Books, 2003), p.109.

 

Pour en savoir plus sur les intentions américaines

- Les plans de Washington pour une nouvelle guerre mondiale, par Patrick Martin

- Une 3e Guerre mondiale est possible, selon l'ex-chancelier allemand Helmut Schmidt

- Une troisième Guerre Mondiale peut-elle éclater en Europe ?

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 17:46
Alfred Stroessner, général pro-américain de culture fasciste est décédé

Mercredi 16 août 2006, un des pires dictateurs latino-américains est décédé sur son lit d’hôpital. Nous mettons en ligne un petit article à son sujet car la presse a occulté l’essentiel : il fut un chantre du nazisme pendant 20 ans puis un pilier militaro-policier pro-américain pendant 42 ans (sans renier ses idées).

 

Sources :  Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Jacques Serieys

- La jeunesse d’Alfred Stroessner dans un contexte social pro-fasciste

Né en 1912, Alfred Stroessner est élevé dans la société allemande du Paraguay (son père est allemand) qui se développe dans les années 1920-1930 sur des bases à la fois communautaires et pro-nazies. Le premier parti national-socialiste d’Amérique du Sud se crée ainsi au Paraguay en 1931 ; il bénéficie de la réalité de masse des sociétés animées par ce réseau : écoles, aide sociale, santé, groupes de jeunes. Il va apporter un soutien sans faille au coup d’Etat franquiste et lui servir de relais latino-américain.

 

A 17 ans, Stroessner entre à l’école militaire marquée par cette émulation fasciste. A partir de 1940, le Paraguay subit la dictature pro-nazie du général Morinigo, appuyé sur une armée qui reçoit 45% du revenu national. Au sein de cette armée, Alfred Stroessner brille déjà par son exaltation hitlérienne et sa dureté contre le mouvement ouvrier et les intellectuels démocratiques.

 

Higinio Morinigo, président dictateur, affirme lui-même ses sympathies fascistes, son soutien à l’Allemagne nazie, à l’Italie mussolinienne, au Japon. L’armée et la police seraient prêtes à en découdre à leurs côtés s’ils n’étaient isolés au milieu du continent latino-américain. Un seul exemple : le général en chef de la police baptise son fils Adolfo Hiroito en honneur d’Hitler et de l’empereur du Japon. Les "cadetes" de police portent officiellement les insignes nazies (croix gammée) et mussoliniennes sur leur uniforme. Le grand journal du pays (El pais) popularise ouvertement le nazisme ainsi qu’un soutien à l’Allemagne et ses alliés.

 

En 1947, une insurrection éclate appuyée sur les Febreristas, le mouvement ouvrier, des libéraux, les communistes, une partie significative de l’armée consciente de l’évolution du monde depuis 1945. Durant une guerre civile particulièrement dure, un colonel d’artillerie va sauver le régime par sa fermeté et sa sauvagerie : Alfredo Stroessner.

 

 

- De 1945 à 1989, Stroessner contribua à cacher des nazis.

N’oublions pas que 60000 à 80000 criminels de guerre bénéficièrent à la fin de la Seconde Guerre mondiale de complicités (en particulier de la Croix rouge et du Vatican) pour rejoindre l’Amérique latine (dont Adolf Eichman, Ante Pavelic, Von Oven, Klaus Barbie...) Des hommes de la Gestapo aidèrent la police de Stroessner. Parmi les hiérarques fascistes présents au Paraguay, signalons 3 cas. En 1977, Eduard Roshman ("boucher" de 40000 juifs en Lettonie), est arrêté, mais bénéficie de telles complicités qu’il s’évade et rejoint directement la capitale paraguayenne Asuncion où il ne sera plus inquiété.

 

Détaillons le cas du " Docteur Josef Mengelé", caché au Brésil, et par périodes au Paraguay, sous le nom de Wolfgang Gerhard. Mengelé avait rejoint dès 1934 l’Institut de recherche pour la "biologie héréditaire et l’hygiène raciale". En 1943 il avait été nommé docteur en chef à Auschwitz-Birkenau, où il joua un rôle décisif d’une part dans l’extermination par les chambres à gaz, d’autre part dans un "travail" pseudoscientifique qui lui vaudra le surnom d’"ange de la mort" : recherche sur l’hérédité, en utilisant des détenus pour l’expérimentation humaine, tentatives de changer des colorations d’oeil en injectant des produits chimiques dans les yeux des enfants, diverses amputations des membres, expériences sur les jumeaux dont l’essai de coudre leurs veines, expériences sur la résistance du corps humain en submersion ( dans des chaudrons d’eau en ébullition) jusqu’à la mort, nombreuses "expériences" sur des nains et surtout des femmes...

 

Parmi les principaux dignitaires nazis, il est considéré comme certain par beaucoup d’historiens que Martin Borman (général SS, secrétaire personnel d’Hitler, chef de la chancellerie du parti nazi) profita de l’hospitalité du Paraguay de Stroessner.

 

 

- La dictature militaire d’Alfred Stroessner

Général en chef des forces armées en 1951 puis Président dictateur de 1954 à 1989, après avoir réussi son propre coup d’Etat, Stroessner va faire régner une terreur cruelle sur le Paraguay :

- environ 3000 assassinats et "disparitions" politiques

- 2 millions d’exilés.

 

Les "réfugiés" nazis devinrent durant ces dizaines d’années de drôles de "Paraguayens" déterminés à prendre leur revanche contre les démocrates, syndicalistes et "rouges" divers.

 

Ainsi, dans les années 60, les "Paraguayens" et leurs « conseillers » américains réprimèrent dans la région de Misiones des opposants réfugiés en Argentine. Ils les écorchèrent vifs puis les jetèrent dans les eaux du fleuve Parana, cloués sur des croix.

 

Le Paraguay de Stroessner fut également au coeur du Plan Condor élaboré par les Etats Unis et les dictatures d’Amérique du Sud pour exécuter massivement leurs opposants dans les années 1970-1980 : 50000 assassinés, 35000 disparus, 400000 prisonniers.

 

Cette "Opération Condor" prit forme essentiellement lors des obsèques de Franco en Espagne et mêla tortionnaires chiliens, militaires paraguayens, spécialiste américain des assassinats politiques ( Michael Townley), dirigeant italien d’extrême-droite. Le rôle du Paraguay dans l’opération Condor dépassait l’horizon de l’Amérique du Sud, en particulier en matière de livraison d’armes vers les réseaux d’extrême droite au Nicaragua, en Afrique du Sud, en Iran...

 

 

- La dictature de Stroessner présente des caractéristiques des régimes fascistes.

Notons le génocide presque total des populations indiennes autochtones, surtout entre 1968 et 1972 par des "chasses", mais aussi jusqu’en 1989 ( Elie Wiesel a employé ce terme de génocide pour la pratique du gouvernement paraguayen vis à vis des Indiens). Quelques "survivants des chasses" ont été concentrés aux mains de missionnaires religieux fondamentalistes dans la "réserve nationale de Guayakí". En plus d’une totale interdiction de leurs rituels, chansons, coutumes, activités de groupe, langue, et noms originaux, ils subirent la faim, l’absence de soins médicaux, l’humiliation, le viol, et la torture.

 

Cet emploi de la torture fut également fréquent à l’encontre des opposants politiques. " A travers les dossiers conservés à Asuncion, on suit le chemin de croix des détenus de salles de tortures en commissariats clandestins, d’une prison à une autre, pour finir « emballés » dans des sacs en plastique et enterrés dans les cours des casernes, des prisons ou autres fosses communes, ouvertes grâce aux notes découvertes dans les archives. Le chef de la police politique paraguayenne d’Alfredo Stroessner, le très puissant Pastor Coronel, assistait en personne aux interrogatoires et aux tortures. Lors d’une opération contre des paysans, il a fait arrêter entre 1.500 et 3.000 personnes. Quarante-cinq ont été « jugées ». Les autres ont allongé les listes des disparus" (extrait d’un article de L’Humanité).

 

Le culte religieux du chef fonctionna également à plein. Des historiens attribuent à Stroessner la création d’une secte politico-religieuse appelée Pueblo de Dios (Peuple de Dieu, encore en activité), catholique, apostolique et paraguayenne où il était présenté comme un envoyé de Dieu.

 

Marqué par la détermination de toute sa vie contre la démocratie et le mouvement ouvrier, pour le droit des élites à diriger le peuple, Stroessner va logiquement devenir le fidèle pilier des Etats Unis au coeur de l’Amérique latine durant la guerre froide. Il sera vanté comme un modèle par la Banque mondiale. Il sera reçu avec tous les honneurs au Japon (par l’empereur Hiro Hito), aux Etats Unis, en France (par Charles de Gaulle)...

 

 

- Stroessner, un pilier de la politique internationale des USA

Ne nous y trompons pas, Stroessner fut un pilier de la "guerre froide". Cette "guerre froide" fut marquée par l’opposition entre les Etats Unis et l’URSS mais elle fut aussi une vraie guerre menée par les Etats Unis contre les peuples du monde qui essayaient de sortir du colonialisme par le haut, qui essayaient de prendre en compte réellement leurs propres intérêts. Cette guerre pour éliminer les forces progressistes du Tiers Monde impliquait de faire peur à l’URSS pour qu’elle n’intervienne pas et cela marcha.

 

Pour prendre seulement un exemple : l’Indonésie faisait à l’époque partie des grands pays "non-alignés", pesant sur la vie politique du monde, essayant avec des succès de sortir du sous-développement. Les militaires au service des USA exterminèrent un million de personnes pour installer la dictature de Suharto. On pourrait écrire à peu près la même chose en Afrique pour le Congo, aujourd’hui explosé.

 

Parmi les dictateurs ayant joué ce rôle, citons : Marcos (Philippines), Zia Ul-Haq (Pakistan), le Shah (Iran), Mobutu (Congo), Videla (Argentine), Geisel et autres (Brésil), Batista (Cuba), Somoza (Nicaragua), Pinochet (Chili), Duvallier (Haîti)...

 

Dans cette litanie de dictatures sanglantes pro-américaines, Stroessner représente seulement un prototype. En 1989, il fut renversé par un coup d’Etat militaire et se réfugia au Brésil. Mais l’actuel président du Paraguay, Andres Rodriguès est un de ses anciens collaborateurs ; son nom fleurit fréquemment les dossiers des salles de torture et des disparitions de l’époque Stroessner.

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 15:30
Photo : AFP-Nelson Almeida

Photo : AFP-Nelson Almeida

En annonçant à Fortaleza (Brésil), la création de leur propre banque de développement et de leur propre fonds de devises, les pays émergents des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud) sont en passe non seulement de torpiller l’ordre monétaire international, mais de déclencher une révolution géopolitique à l’échelle planétaire.

 

Sources : Politis.fr propos recueillis par Le Yéti l Mis à jour le 25 juillet  2015

Car si le projet des BRICS va à son terme, c’est bien l’hégémonie américaine héritée de la Seconde guerre mondiale et l’omnipotence du roi-dollar consacrée lors des accords de Bretton Woods en 1944 qui seront battues en brèche.

 

Résumons succinctement les conditions techniques de l’opération :

  • la Nouvelle banque de développement (NBD) aura un capital initial autorisé de 100 milliards de dollars ;
  • chaque pays membre participera selon ses moyens ; d’autres pays pourront s’adjoindre à la fine équipe, mais les BRICS se réserveront une part de contrôle minimum de 55% du total.
  • l’ensemble sera opérationnel avant la prochaine réunion des BRICS, dès 2015 ; le siège de la banque sera située à Shangaï ;
  • les échanges entre les pays membres s’effectueront directement dans l’une ou l’autre des monnaies de leur cru (et non plus en passant par le billet vert US).

 

- Les conséquences géopolitiques

Les conséquences de ces décisions sont sans appel pour le vieil ordre occidental chancelant :

  • Le dollar y perd son hégémonie de monnaie-étalon qui permettait entre autres aux Etats-Unis de faire financer leur énorme dette par les autres pays ;
  • la Banque mondiale et le FMI, pièces maîtresses du système occidental, perdent une grande part de leurs moyens exclusifs de pression ;
  • L’arme de dissuasion financière dont disposait exclusivement Washington voit sa force d’impact considérablement réduite ;
  • un bouleversement d’envergure en matière de répartition des ressources mondiales apparaît comme de plus en plus probable à assez brève échéance (notons que lors du sommet de Fortaleza, Vladimir Poutine a aussi proposé une association énergétique à ses partenaires).

 

- Vers un nouvel ordre monétaire international

Le camp occidental tente bien sûr de faire bonne figure devant l’annonce. Quand ils ne font pas silence, ses médias s’emploient à essayer d’en banaliser la portée. Mais le camouflet est cuisant pour le vieux système néolibéral septuagénaire. Et la réponse de Poutine aux sanctions américaines et européennes, cinglante.

 

Pour tout dire, il ne fallait pas être fin analyste pour savoir que les mesures radicales prises par les BRICS pendaient depuis longtemps aux nez du suzerain américain et de ses commensaux européens.

 

Il y eut cette alerte d'octobre 2009. Puis ce tout récent accord gazier entre la Russie et la Chine, précipité par les manigances de l’Otan en Ukraine (après l’Irak, la Libye, la Syrie...), mais aussi par les inconséquences financières de la Fed qui, en janvier 2014, firent vaciller les monnaies des BRICS.

 

En décrétant leur émancipation, les pays émergents ouvrent la voie à une refondation de l’ordre monétaire global, condition sine qua non à l’avènement du monde d’après.

 

Pour en savoir plus :

- Un pas vers la fin de l’hégémonie du dollar ?

- Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, l’irrésistible ascension des cinq

- Les BRICS et les sanctions favorisent le developpement de nouveaux échanges de la Russie avec l’Amérique latine

- La Russie et la Chine annoncent le découplage commercial du Dollar – La fin pour les Etats-Unis est proche

- Séisme : Russie et Chine abandonnent officiellement le pétrodollar

- BRICS, quand la peur change de camp

- Jean-Luc Mélenchon : "Les BRICS changent le monde"

- Les BRICS invitent la Grèce à les rejoindre

- L’histoire de deux ordres mondiaux

- La Banque de développement des BRICS devient réalité

- OCS à Oufa, un premier pas vers une alternative internationale

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 12:20
Les ressources énergétiques et naturelles sont au coeur des conflits internationaux

... et de coups d'états...

La plupart des conflits internationaux sont des « conflits verts », ayant pour cause le contrôle des ressources énergétiques.

 

L’écologie politique a, dit-on, une vision planétaire, du local au global.

Pourtant cette vision du monde, quand elle n'est pas déconnectée du néolibéralisme, ne prend que très peu en compte la nouvelle géopolitique issue de la mondialisation.

 

 

Sources : par Noël Mamère pour  Reporterre | mis à jour le 05/01/2026

- La question énergétique au cœur de tous les conflits

Ce que nous voyons au Proche et Moyen Orient, comme en Afrique, en Asie, en Ukraine, au Venezuela, devrait pourtant nous faire réfléchir. Dans tous les conflits de basse ou haute intensité, la question énergétique est devenue centrale. Ce n’est pas nouveau. Depuis le XIXe siècle la bataille pour le contrôle des ressources énergétiques a toujours été un des éléments déterminants de la course à la guerre.

 

Si la Grande guerre ne fut pas déclenchée, directement, pour une raison liée à l’environnement, elle n’en fut pas moins la résultante de multiples conflits entre puissances coloniales, telles que l’Allemagne, la France et l’Angleterre, quant au contrôle du monde et de ses ressources.

 

L’Angleterre avait compris que, pour développer son immense Empire, elle avait besoin du pétrole ; l’Allemagne misait sur l’acier et le charbon. C’est le dernier entrant dans la guerre, les Etats-Unis, qui emporta la mise en réalisant un accord stratégique avec le chef de la tribu musulmane conservatrice des Saoud, seigneurs et maîtres de l’Arabie saoudite.

 

 

- Le gaz, nouvelle source de conflits internationaux

Aujourd’hui, les conflits de l’Ukraine ou de l’Irak sont, une fois de plus, liés à la bataille énergétique. Le fait est que le gaz sera la principale source d’énergie du XXIe siècle, à la fois comme alternative à la baisse des réserves mondiales de pétrole et comme source d’énergie propre.

 

Par conséquent, le contrôle des zones gazières du monde par les anciennes et les nouvelles puissances, est à la base d’un conflit international dont les manifestations sont régionales. Gazprom est le bras armé de la Russie dans les différents conflits en cours. L’Ukraine est l’objet d’un bras de fer sur le gaz entre la Russie et les pays européens.

 

Faute d’avoir réorienté à temps leur politique de transition énergétique, ces derniers sont dépendants du bon vouloir de Poutine. Celui-ci a misé sur une stratégie d’influence dans tout le Caucase pour s’approprier le contrôle du gaz. Via Gazprom, il obtient la cession d’actifs de ces pays débiteurs (Moldavie, Ukraine, Kirghiztan, Biélorussie) contre le remboursement partiel de leurs dettes énergétiques.

 

Il pratique une politique tarifaire différentiée, préférentielle et versatile, selon la docilité des gouvernements de sa zone d’influence. Il instrumentalise les minorités ethniques pour peser indirectement dans les négociations (Russes en Ukraine, Abkhazes et Ossètes en Géorgie).


- Vladimir Poutine et George W. Bush, le 2 juillet 2007. -

 

- Le pétrole, butin de guerre

En Irak et en Syrie, l’Etat Islamique du « Calife Ibrahim » a mis la main sur de vastes champs pétroliers et entend les exploiter tel un butin de guerre[1].

 

Pour les peuples de cette région[2], le pétrole n’est pas une « manne » mais un mal qui corrompt les dirigeants et qui, au lieu de conforter les Etats, les affaiblit durablement. La guerre d’Irak voulue par Bush était d’abord une guerre pour le contrôle des ressources pétrolières de ce pays, afin d’empêcher la Chine d’avoir accès à des champs pétroliers indispensables à son développement. Elle déboucha en fait sur la déstabilisation de tous les Etats de la Région.

 

En Palestine, la bataille fait rage autour des ressources en eau. L’Etat d’Israël et les colons asphyxient la Palestine en ouvrant ou fermant le robinet selon leur bon vouloir.
En Afrique, la guerre du Mali n’est pas - contrairement au storytelling humanitaire que l’on nous raconte - une guerre dénuée d’enjeux économiques. La proximité des sites d’uranium du Niger, exploités par Areva, comme les ressources exploitables dans le Nord-Mali, sont au cœur de ce conflit.

 

 

- Le peuple de l’écologie doit prendre en compte ces nouveaux enjeux géopolitiques

Les conflits verts, c’est aussi la bataille autour des « terres rares », indispensables aux composants des matériaux et des technologies de l’avenir, qui ne fait que commencer, de la Mongolie à l’Amérique latine. La lutte contre « l’extractivisme » est en train de devenir un puissant facteur de rassemblement du peuple de l’écologie, partout dans le monde.

 

Les écologistes ne peuvent rester indifférents à ces nouveaux enjeux géopolitiques. Alors que la conférence climat, la Cop 2015, sera organisée l’année prochaine en France, je propose de placer ces nouveaux conflits au centre de notre réflexion. Nombreux seront les écologistes de tous les pays à venir en France. Nous devons en profiter pour mutualiser nos analyses et nos actions.

 

Ce que je vois à travers ma mission parlementaire sur l’Arctique et l’Antarctique me le confirme : nous sommes à la veille d’un bouleversement généralisé qui donnera naissance à un nouvel ordre mondial. Ne pas s’en préoccuper serait irresponsable.

 

Des habitants du quartier pauvre de Chandigarh, dans le nord de l'Inde, manifestent en portant des containers vides pour dénoncer le manque d'eau dans la région (REUTERS/Ajay Verma). Le Figaro, 31.07.2009 —

Des habitants du quartier pauvre de Chandigarh, dans le nord de l'Inde, manifestent en portant des containers vides pour dénoncer le manque d'eau dans la région (REUTERS/Ajay Verma). Le Figaro, 31.07.2009 —

Ces " guerres de l'eau " qui nous menacent

 

Réchauffement climatique, démographie galopante, urbanisation et industrialisation croissante... Ce cocktail explosif annonce à coup sûr une aggravation des tensions liées à l'approvisionnement en eau. Certains experts y voient le principal risque de conflits dans les années à venir.

 

Sources :  Les Echos par Richard Hiault le  30/08/2016

Août 2015 : des rebelles au régime syrien de Bachar Al Assad sabotent une source d'eau à quelques kilomètres au nord de Damas. Trois jours durant, la capitale syrienne est privée de 90 % de son approvisionnement en eau. Un mois plus tard : un raid de la coalition sunnite menée par l'Arabie saoudite au Yémen détruit une usine d'embouteillage d'eau dans une zone contrôlée par des rebelles chiites. Décembre 2015 : un raid de l'aviation russe en Syrie détruit les infrastructures de traitement des eaux au nord de la ville d'Alep... Jamais la base de données historiques de l'Institut du Pacifique recensant les conflits et les tensions autour de l'eau n'avait été aussi fournie. Et pour cause : Peter H. Gleick, cofondateur en 1987 de ce centre de réflexion entièrement dédié à la problématique de l'eau, a relevé un net accroissement de ce type d'attaque sur les dix dernières années. Certains experts n'hésitent plus à pronostiquer qu'au XXIe siècle l'« or bleu " prendra la place de l'« or noir » dans les conflits entre Etats. Pourtant, depuis l'aube de l'humanité, jamais une guerre de l'eau n'a opposé deux nations, à l'exception de celle entre deux cités-Etats, Lagash et Umma, au pays de Sumer en basse Mésopotamie... vers 2.500 avant J.-C.

 

L'avenir pourrait être tout autre. Frédéric Lasserre, professeur à l'Université Laval (Québec) et directeur de l'Observatoire de recherches internationales sur l'eau (ORIE), le confirme : « Si peu de guerres ont éclaté à cause de conflits sur l'eau, leur rareté passée n'est certainement pas gage du futur dans un monde affecté par les changements climatiques et où la population a augmenté à un rythme et jusqu'à un niveau jamais connu auparavant. » Le CNRS indique qu' « avoir accès à l'eau est devenu un enjeu économique puissant à l'échelle planétaire, qui pourrait devenir, dans le siècle à venir, l'une des premières causes de tensions internationales ».

 

Réchauffement climatique, démographie galopante, urbanisation et industrialisation croissante, le cocktail s'annonce explosif. Suffisamment pour qu'en 2015 le Forum économique mondial de Davos ait placé en tête des risques futurs, pour la première fois de son existence, les conflits liés à l'eau. En décembre prochain, le gouvernement marocain, qui accueille la COP22, a d'ailleurs choisi de placer cette thématique de l'eau au centre des débats. « Je ne suis pas surpris que le Maroc veuille aborder ce thème. C'est le premier pays qui ouvre ce que j'appelle la "diagonale de la soif" qui s'étend de Tanger jusqu'aux confins de la Chine du Nord-Est en passant par l'Inde, l'Asie centrale, le Proche et le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord », avance Franck Galland, directeur général de ES2 et auteur du « Grand Jeu. Chroniques géopolitiques de l'eau ».

 

En mai dernier, la Banque mondiale, dans un rapport spécial sur le réchauffement climatique, avait averti que « près de 1,6 milliard de personnes - presque un quart de l'humanité - vit dans des pays ayant une rareté physique en eau. Et d'ici à vingt ans, ce chiffre pourrait doubler ». Ce changement climatique va d'abord affecter le remplissage des réservoirs d'eau souterraine, soit directement via les pluies, soit indirectement via l'accroissement de la demande, en particulier pour l'irrigation qui, aujourd'hui totalise 70 % de la consommation d'eau souterraine, poursuit l'institution multilatérale. Les estimations suggèrent qu'avant trente ans le système global alimentaire nécessitera entre 40 % et 50 % d'eau supplémentaire. La demande d'eau par les municipalités et l'industrie va augmenter de 50 à 70 %, celle du secteur de l'énergie de 85 %. Au total : le monde pourrait faire face à un manque d'eau disponible d'environ 2.700 milliards de mètres cubes d'ici à 2030 avec une demande supérieure de 40 % aux disponibilités. Dans un article paru dans « Sciences humaines " en mars dernier, René-Eric Dagorn, historien et géographe, notait qu'avec le développement économique de la Chine, de l'Inde et du Brésil, la demande en eau est en train de croître de façon exponentielle : à elle seule, l'Asie en consomme désormais 3.500 km3/an (contre 2.000 km3 pour l'ensemble des autres régions de la planète).

 

 

- Un nouveau barrage sur le Nil

Dans la mesure où 40 % de la population mondiale est établie dans les 250 bassins fluviaux transfrontaliers du globe, les Etats sont bien obligés de coopérer. Sauf qu' « à ce jour, on recense environ 200 traités de coopération qui ne couvrent que 60 bassins fluviaux », remarque Alexande Taithe, chargé de recherche pour la Fondation pour la recherche stratégique. C'est bien peu. Les points chauds ne vont donc pas manquer.

 

A commencer par le bassin du Nil, oh ! combien vital pour l'Egypte. L'actuelle construction par l'Ethiopie du grand barrage Renaissance et de stations de retenues d'eau sur le Nil bleu irrite Le Caire. L'Egypte brandit un traité de 1929 lui attribuant les deux tiers des ressources en eau ainsi qu'un droit de veto sur tous les projets concernant le cours d'eau. Mais en 2010, six Etats (Ethiopie, Burundi, Tanzanie, Kenya, Rwanda et Ouganda) situés en amont du fleuve ont dénoncé ce droit de veto à travers un nouvel accord. Selon la presse locale, le président égyptien Al Sissi en aurait appelé à l'arbitrage du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, pour résoudre le différend en cours.

 

 

- La poudrière de l'Asie du Sud-Est

Autre point névralgique : l'Asie du Sud-Est, qui pourrait bien devenir une poudrière. Les besoins en énergie hydraulique de la Chine inquiètent autant que les projets de transfert d'eau du sud vers le nord du pays. « Le nord-est de la Chine recèle seulement 15 % des ressources en eau du pays pour 45 % de sa population totale. Pékin, avec moins de 500 mètres cubes d'eau par personne et par an est déjà en stress hydrique. D'où les projets du gouvernement pour pomper l'eau au sud afin de l'acheminer au nord-est grâce à de grands projets de canaux de dérivations ", explique Franck Galland. « Le premier à l'est de la Chine est déjà en place : un grand canal puisant son eau dans le fleuve Bleu et la ramenant dans la région de Pékin. La dérivation au centre est en passe d'être achevée prochainement. La troisième, a priori abandonnée, inquiétait le plus, et notamment l'Inde, puisqu'elle concernait directement les fleuves prenant leur source dans les contreforts tibétains de l'Himalaya », poursuit-il. Ce n'est pas pour rien que la Chine entend garder la main sur la région du Tibet, le « château d'eau de l'Asie ». L'Indus, le Gange, le Brahmapoutre et le Mékong y ont leur source. Puiser ou dériver l'eau de ces fleuves ne peut qu'aviver les tensions entre la Chine, l'Inde, le Bangladesh, voire le Pakistan. Les craintes sont d'autant plus justifiées que la Chine n'a pas ratifié la Convention des Nations unies sur les utilisations des cours d'eau internationaux à des fins autres que la navigation, souligne Jean-Christophe Victor dans son nouvel ouvrage « Le Dessous des cartes ", à paraître le 1er septembre. Le partage des eaux du Brahmapoutre apparaît comme l'une des sources de conflit potentiel les plus sérieuses. Pékin ne s'est pas non plus gêné de construire quantité de barrages en amont du Mékong qui termine sa course au sud du Vietnam. Or, le delta du Mékong est d'une importance cruciale pour ce dernier. Il concentre 20 millions de personnes et 25 % du PIB du pays. Pour assurer un juste partage des eaux du fleuve, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande et le Vietnam ont bien créé en 1995 un comité de gestion, la Commission du Mékong. Mais la Chine en est, là encore, absente. La situation dans la région est suffisamment inquiétante pour avoir motivé en 2012 un rapport spécial du Renseignement américain sur la sécurité des Etats-Unis à l'horizon des trente prochaines années. Washington s'interroge notamment sur l'intérêt et les risques d'être l'allié d'un Vietnam si fragile.

 

L'Asie du Sud-Est n'est pas la seule zone à risque : les nombreux conflits du Proche et Moyen-Orient en témoignent. La Turquie dispose d'un moyen de pression puissant grâce aux nombreux barrages qu'elle a érigés sur le cours supérieur de l'Euphrate. En 1974, la médiation de l'Arabie saoudite a évité de justesse un affrontement entre la Syrie et l'Irak, lorsque Damas avait unilatéralement entrepris le remplissage d'un barrage sur ce fleuve. En 1990, la Syrie et la Turquie ont également menacé d'en venir aux armes pour régler leur différend. En 1998, la Syrie a dû plier face aux menaces explicites d'Ankara. La Syrie, ravagée par la guerre civile, est aussi en conflit avec son voisin israélien pour le contrôle du plateau du Golan, annexé en 1981 par Israël. Une partie des affluents du Jourdain y trouvent leurs sources, et Israël y puise 35 % de son alimentation en eau.

 

Dans le golfe Persique, une crise est aussi possible au regard des tensions entre les sunnites d'Arabie saoudite et les chiites d'Iran. Riyad est conscient de sa dépendance aux usines de dessalement d'eau de mer situées juste en face de l'Iran. Une attaque de Téhéran sur ces points névralgiques aurait des conséquences désastreuses. D'où la construction en cours, par le régime saoudien, de gigantesques réservoirs stratégiques d'eau pour parer à cette éventualité.

 

 

- Gabegie dans l'« Arabie heureuse "

Pour l'heure, l'opposition entre Téhéran et Riyad se situe sur un autre terrain : le Yémen. Un pays ravagé par la guerre et qui risque purement et simplement de disparaître de la carte du monde. « Celui que l'on surnommait l'"Arabie heureuse" est victime de trente années de gabegie dans la gestion publique de l'eau. Tant et si bien qu'aujourd'hui, les habitants disposent de moins de 200 m3 d'eau par an en termes de ressources. A Sanaa, la quantité disponible tombe à 40 m3 selon les projections à 2030. Il est ainsi probable que la capitale devra être déplacée dans un futur proche », analyse encore Franck Galland. La Jordanie, pour l'heure épargnée par l'instabilité sociale, reste néanmoins très fragile. Pour alimenter la capitale, Amman, qui abrite une grande partie des 6,5 millions de Jordaniens, le gouvernement s'appuie sur un dispositif stratégique qui consiste à puiser l'eau à Disi, un aquifère, dont la quasi-totalité se situe en territoire saoudien. L'eau est ainsi convoyée sur plus de 300 kilomètres. Outre le fait que la Jordanie fait face à un problème de sécurisation contre d'éventuelles attaques terroristes du « pipeline » d'eau, le pays doit aussi composer avec l'Arabie saoudite, qui pourrait bien en faire un moyen de pression sur le Royaume hachémite.

 

Comme si le réchauffement climatique ne suffisait pas, l'éruption des printemps arabes en Afrique du Nord est venue compliquer un peu plus la donne dans des pays déjà sous stress hydrique. La fuite des ingénieurs spécialisés dans la gestion de l'eau a rendu la situation encore plus critique en Tunisie et en Libye. Bref, on n'a pas fini de parler de la « diagonale de la soif ".

 

Notes :

[1] Aux origines de Daech : la guerre du pétrole

[2] Dans une région dont la complexité sociale politique et religieuse est séculaire, des projets économiques contemporains ont cristallisé la situation : en 2010, l’Iran projette de construire un pipe-line qui passerait par l’Irak et la Syrie pour acheminer du pétrole et du gaz vers la méditerranée. Cela redistribuerait les cartes de la production pétrolière dans le golfe. Or le Gaz pour le Qatar, et le pétrole pour l’Arabie Saoudite, c’est vital.

 

Pour en savoir plus :

- Israël attaque Gaza pour s’approprier le gaz palestinien

- Palestine: "Le Pétrole de la Discorde" - ARTE Reportage / 29-11-2014

- L'ONU examine le rôle des ressources naturelles dans les conflits armés

- Annuaire suisse de politique de développement : Les conflits liés aux ressources naturelles. Résultats de recherches et perspectives

- Mondialisation et conflits de ressources naturelles

- Qu’ont en commun les guerres en Ukraine, à Gaza, en Irak, en Syrie et en Libye ?

- Gaz de schiste: Shell maintient sa présence en Ukraine

- France Inter dévoile la véritable raison de la guerre contre Bachar el-Assad

- Syrie : Les raisons d'un nouvel embrasement : La Syrie est enfin un corridor stratégique pour le transit de l'énergie, notamment depuis la découverte en Méditerranée de ressources pétrolières et gazières.

- Syrie : Assad obstacle au gazoduc Qatar-Turquie

- Israël, Palestine : l’apartheid de l’eau

- CENTRAFRIQUE : LA GUERRE DE L’EAU

- L’Europe à l’assaut des terres agricoles mondiales - et d’Ukraine

- La Syrie, otage d'une bataille pour l'énergie

Le Venezuela est la 1ére des des plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde à fin 2015

- Pourquoi l’avenir pétrolier des Etats-Unis dépend du Venezuela

- Le rôle des multinationales dans les violences en Afrique

- Le coup d’État en Bolivie intervient moins d’une semaine après la fin des négociations entre Morales et une multinationale allemande de commercialisation du lithium

- lithium : Nuages néocolonialistes au dessus de la Bolivie

- La Turquie a transformé le fleuve Euphrate en une arme de guerre qui tue le Rojava

- LA PROCHAINE GUERRE MONDIALE AURA-T-ELLE LIEU EN ARCTIQUE ?

- Cœur de l'Europe : Les dirigeants des grandes puissances jouent avec le feu

Venezuela : le pétrole, un facteur essentiel pour expliquer l'attaque américaine

 

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- La France au Mali pour du pétrole, explications

L'armée française est présente sur le territoire malien depuis depuis janvier 2013 soit disant suite à l'appel au secours du malien Mr TRAORE qui parait-il était inquiet ainsi tous les maliens que le pays ne soit entre les mains des islamiste. Comme par hasard ce même gouvernement français soutien les rebelles syriens qui ne sont que des islamistes radicaux pour renverser le pouvoir sur place.


Ce déploiement de l'armée n'est qu'une continuité de la politique occidentale (USA, la France, Royaume Uni...).


Cette intervention français était planifiée depuis de longue date,des années. La France ne vise ces intérêts (la richesse souterraine du Mali qui n'est pas encore exploitée).
Cela est plus que du néocolonialisme, c'est de l'impérialisme occidental.


Le NOUVEL ORDRE MONDIAL va t-il continuer à fabriquer des guerres de toute pièce à travers le monde, à renverser des régimes rien que pour leurs propres intérêts et ceux de leurs multinationaux comme ça été le cas en Irak,en Afghanistan..., et maintenant c'est le Mali, la Syrie, l'Egypte.

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 09:30
Liste nominative des signataires au bas du texte de la déclaration
Liste nominative des signataires au bas du texte de la déclaration

Liste nominative des signataires au bas du texte de la déclaration

Les peuples, l’environnement et la démocratie avant les profits et les droits des multinationales.
 

Sources : Confédération Générale du Travail

- Qui sommes-nous ?

Nous sommes une coalition d’organisations membres de la société civile européenne qui partage les profondes inquiétudes à l’égard des différentes menaces présentes dans le Transatlantic Trade and Investment Partnership TTIP (également connu sous le nom de Transatlantic Free Trade Agreement ou TAFTA voire GMT). Nous représentons un large éventail d’intérêts publics comprenant protection environnementale, la santé publique, l’agriculture, les droits des consommateurs et la protection des standards de contrôle dans l’alimentation et l’élevage, le respect des animaux, les acquis dans le social et le travail, les droits des travailleurs, le développement, l’accès du public à l’information et les droits des internautes, les services publics essentiels incluant l’éducation, l'intégrité des systèmes financiers et autres.
 

Nous sommes fortement engagés dans la lutte contre les négociations en cours sur le TTIP, afin d’assurer la transparence et la démocratie du débat politique. Tout accord doit servir les intérêts publics et notre avenir commun.


 

- Qu’est-ce que le TTIP ?

Le TTIP est un accord d’une grande portée qui se négocie actuellement entre la Commission Européenne (au nom des Etats Membres de l’UE) et le gouvernement américain. Cela ne touche pas tant les échanges commerciaux, dont les tarifs sont déjà majoritairement assez bas entre l’Europe et les USA, mais principalement les régulations, standards, droits des multinationales et garanties d’investissements.
 

Le TTIP proposé vise soi-disant à faciliter les investissements directs et à éliminer les obstacles administratifs inutiles à l’accès au marché pour les multinationales de chaque côté de l’Atlantique.
 

Cependant, les preuves acquises de la position du business et de l’industrie montrent que la focalisation sur des barrières non-tarifaires et des convergences de régulations, est utilisé pour permettre la dérégulation, augmenter les garanties des investisseurs, orienter les droits de propriété intellectuelle vers des monopoles et une course vers le bas. Les bénéfices économiques proclamés mais non confirmés sont très marginaux pour l’ensemble de la société, même dans le meilleur des scénarios. Toutes les évidences rassemblées suggèrent que ces objectifs menacent des droits importants acquis lors de longues luttes démocratiques et les intérêts sociétaux publics de l’Europe, des USA et du reste du monde.
 

Les négociations se déroulent derrière des portes closes, sans consultation exhaustive et effective du public. Les Parlements Nationaux ne sont même pas informés des détails des textes de négociation de la Commission, mais de rares bribes d’information fournies -ou ayant fuité- soulèvent de considérables inquiétudes.


 

- Quelles sont nos inquiétudes ?

  • Le manque de transparence et de procédure démocratique, qui rend impossible pour les citoyens et la société civile de superviser les négociations de façon à assurer que la protection des intérêts publics soit préservée. Actuellement ces négociations sont extrêmement partiales : les lobbies du business ont un accès privilégié aux informations et l’opportunité d’influencer les négociations.

  • Le chapitre de la proposition des investissements, particulièrement la clause de l’inclusion d’un Règlement des Différents Investisseur-État (RDIE, ou Investor State Dispute Settlement ISDS). Les dispositifs de l’ISDS donnent aux investisseurs les droits de poursuivre les états quand des décisions démocratiques -faites par des institutions publiques dans l’intérêt public- sont supposées avoir un impact négatif sur des profits anticipés. Ces dispositifs s’opèrent en dehors des tribunaux nationaux et compromettent notre système légal national ou européen et nos structures démocratiques votant des lois dans l’intérêt public.

  • La création de structures et de procédures de gouvernance nouvelles et anti-démocratiques, tendant à « harmoniser les régulations» comme la proposition du Regulatory Cooperation Council. Ces structures feront du TTIP une cible en mouvement constant, développée en secret par des bureaucrates non élus et des représentants des trusts. Ces structures anti-démocratiques menacent de faire baisser des standards et des règles importants conçus dans l’intérêt de la protection publique, ou d’interdire des améliorations à venir, sans prendre en compte des nécessités ou des mandats publics. Nous sommes aussi inquiétés par la perspective de renforcer la protection et l’application des « droits de propriété intellectuelle » qui pourraient invalider nos droits à la santé, à l’éducation et à la culture, ainsi qu’à la libre expression.
     

 

- Nos exigences et nos buts communs :

En nous basant sur les valeurs de solidarité internationale, de justice sociale, de protection de l’environnement et le respect des droits de l’homme, nous travaillons avec nos partenaires aux USA et dans d’autres parties du monde et nous exigeons :

  1. La transparence maintenant : les textes de négociation de la Commission Européenne ainsi que tous ses documents doivent être rendus publics pour permettre un débat ouvert et critique sur le TTIP.

  2. Un processus démocratique : incluant l’examen approfondi et l’évaluation des textes de négociation- qui assure que les décisions sont prises dans l’intérêt public et qui implique le parlement européen, des débats dans les parlements nationaux, dans les organisations de la société civile, les syndicats et tous les groupes concernés.

  3. Pas d’ISDS : toute clause contenant un dispositif du Règlement des Différents Investisseurs États (Investor State Dispute Settlement ISDS), doit être éliminé définitivement des négociations, et aucun autre dispositif ne doit être introduit (y compris indirectement à travers d’autres accords commerciaux préexistants ou ultérieurs), qui octroierait des privilèges aux investisseurs.

  4. Pas de Regulatory Cooperation Council : toute régulation des affaires, des conditions commerciales, des nomenclatures de produits et standards de production, doivent dépendre d’institutions et de processus démocratiquement contrôlés.

  5. Pas de dérégulation des législations sauvegardant et servant les intérêts publics : le niveau des législations sociales et du travail, la protection des consommateurs et de la santé publique, la protection de l’environnement, y compris la régénération des ressources naturelles, le bien-être animal, les standards d’hygiène alimentaire et les pratiques agricoles soucieuses du développement durable, l’accès à l’information et l’étiquetage, la culture et la médecine, la régulation des marchés financiers, ainsi que la protection des données personnelles, ont besoin d’être améliorés, non « harmonisés» vers le dénominateur commun le plus bas. La reconnaissance mutuelle n’est pas acceptable si elle compromet les standards et les dispositifs de sécurité démocratiquement choisis. Le principe de précaution doit être largement appliqué.

  6. Pas d’autre dérégulation ou d’autre privatisation des services publics : nous exigeons un accès garanti à une éducation de haute qualité, à un système de protection médicale et autres services publics, et une implication gouvernementale promouvant les emplois locaux, l’économie locale, la discrimination positive, l’esprit d’entreprise, l’économie solidaire et qui serve les intérêts publics.

  7. La promotion de pratiques agricoles favorisant la protection de l’environnement et la protection des fermes familiales.

  8. Les autorités publiques doivent conserver le pouvoir politique, maintenir les structures nécessaires à la sauvegarde de certains secteurs sensibles et des standards important défendant notre qualité de vie. Les continuelles violations du droit du travail devraient être sanctionnées par des amendes

 

Tout accord commercial entre les US et l’EU, maintenant et dans l’avenir, devrait répondre à ces exigences, suivre ces principes et promouvoir la coopération, la justice sociale et l’écologie durable.


 

- Signataires :

11.11.11, Belgium - Action For Breast Cancer Foundation, Malta - Africa Contact, Denmark - Africa Europe Faith and Justice Network (AEFJN) - Aitec-IPAM, France - aktion / arbeitsunrecht, Germany - Aktion Selbstbesteuerung e.V., Germany - APRODEV - Association of World Council of Churches related Development Organisations in Europe - aquattac, Europe-wide - Arbeitsgemeinschaft bäuerliche Landwirtschaft - AbL, Germany - ARC 2020 (Convention agricole et rurale 2020), Belgium - ÄrztInnen für eine gesunde Umwelt (AeGU, ISDE), Austria - ASEED Europe, Netherlands - Association d'Amitié Franco Vietnamienne, Comité de Choisy le Roi - Val de Marne, France - Attac Austria - ATTAC Denmark - Attac Finland - Attac France - Attac Germany - Attac Iceland - Attac Ireland - ATTAC SPAIN - Attac Sweden- ATTAC VLAANDEREN, Netherlands - ATTAC Wallonie-Bruxelles, Belgium - Austrian Federal Chamber of Labour - Austrian Trade Union Federation - BI Fracking freies Hessen, Germany - BI lebenswertes Korbach e.V., Germany - Both ENDS, the Netherlands - Campact e.V., Germany - CEE Bankwatch Network - Center for Encounter and Active Non-Violence, Austria - La CGT, France - Colibri, Germany - Collectif citoyen les Engraineurs, France - Collectif contre le grand marché transatlantique, Stop TAFTA, France - Collectif des Associations Citoyennes, France - Collectif Roosevelt, France - Compassion in World Farming, Europe-wide - Corporate Europe Observatory (CEO), Belgium - Dachverband Entwicklungspolitik Baden-Württemberg (DEAB), Germany - Eco Ruralis, Romania - Ecologistas en Acción, Spain - Educación para la Acción Crítica-EdPAC. Spain - in Welt Forum Freiburg, Germany - European Attac Network (EAN) - European Coordination Via Campesina (ECVC) - European Environmental Bureau - European Federation of Journalists - The European Public Health Alliance, Europe-wide - European Water Movement - Farms not Factories, UK - Fairwatch, Italy - Fondation Sciences Citoyennes, France - Food & Water Europe - Fracking Free Ireland - Freedom Fight Info, Serbia - Friends of the Earth Europe - Friends of the Earth Spain - GAIA : Grupo de Acção e Intervenção Ambiental, Portugal - Générations Futures, France - German League for Nature and Environment (Deutscher Naturschutzring DNR) - German NGO Forum on Environment and Development, Germany - GLOBAL 2000 : Friends of the Earth Austria - Global Marshall Plan Initiative, Europe-wide - GMO Information Center ("InfOMG"), Romania - Golias Hebdo et Golias Magazine, France - Greenpeace - The Health and Environment Alliance (HEAL), Belgium - Heaven or sHell, Sweden - IBFAN Europe - IBFAN Georgian Group - Ibfan Italia - Initiativ Liewensufank, Luxembourg - INKOTA-netzwerk, Germany - Institute for sustainable development, Slovenia - Irish Doctors Environmental Association, Ireland - Keep Ireland Fracking Free, Ireland - Kein Patent auf Leben! ("No Patents on Life!"), Germany - LEF, FGE, Belgium - Limerick Earth Day Network, Ireland - Local Urban Development European Network (LUDEN), Belgium - Mehr Demokratie, Germany - MENSCHENRECHTE 3000 e.V. (Human Rights 3000), Germany - MIM Moral in Motion, the Netherlands - Naturefriends International - NaturFreunde Deutschlands, Germany - Nicos Poulantzas Institute, Greece - NOAH - Friends of the Earth Denmark - ÖBV-Via Campesina AustriaPlatform aarde Boer  - consument, The Netherlands - Pokret za slobodu, Serbia - Portmarnock - Community Association, Beach committee, Ireland - PowerShift, Germany - PROVIEH, Verein gegen tierquälerische Massentierhaltung e.V., Germany - Quercus : National Association for Nature Conservation, Portugal - La Quadrature du Net, France - Romania Fara Ei, Romania - Schaliegasvrij Nederland, The Netherlands - Service Civil International - Slow Food Germany - Slow Food International - SOLIDARITÉ, France - SOMO, the Netherlands - StopTTIP UK - SÜDWIND, Austria - Transnational Institute - Transport & Environment, Belgium - Umweltinstitut München e.V., Germany - Unión Sindical Obrera (USO), Spain - UNISON, UKVédegylet Egyesület, Hungary - War on Want, UK - WEED : World Economy, Ecology & Development, Germany - Wemos, the Netherlands - Women in Europe for a Common Future, France , Germany, The Netherlands - Women’s International League for Peace and Freedom Holland - World Development Movement, UK - Workinggroup Food Justice, The Netherlands - X minus Y Solidarity Fund, The Netherlands

 

Pour en savoir plus :

- Les syndicats Britanniques se lancent dans la protestation contre le TTIP

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 19:30
LIBÉRONS Mumia Abu Jamal !
Mumia, arrêté le 8 décembre 1981 : 35 ans de lutte contre l'injustice

 

Il y a 35 ans, jour pour jour, le mercredi 9 décembre 1981, le journaliste afro-américain, Mumia Abu Jamal, était arrêté à Philadelphie. Accusé d'avoir tué un policier alors qu'il était lui-même entre la vie et la mort, Mumia n'aura jamais droit à un procès juste. Après trente années passées dans le couloir de la mort, la mobilisation continue de par le monde pour exiger sa libération.


Jacky Hortaut, animateur du collectif des soutiens français "Libérons Mumia !" raconte. Engagé depuis 20 ans aux côtés du journaliste qu'il a rencontré plusieurs fois en prison, Jacky Hortaut explique en quoi le combat pour Mumia, aujourd'hui atteint d'une hépatite C non soignée, est utile pour dénoncer un scandale qui touche des milliers de prisonniers américains et des millions de personnes dans le monde, y compris en France.

 

Source : le blog de Mumia Abu Jamal mis à jour le 2016-12-09

- Connaissez-vous Mumia Abu Jamal ?

Mumia Abu-Jamal est né le 24 avril 1954. Né Wesley Cook, Mumia choisira ce prénom swahili au lycée, sous l’influence d’un enseignant d’origine kenyane. Il y ajoutera “Abu-Jamal” à la naissance de son premier fils, Jamal. A l’âge de 14 ans, Mumia est arrêté et battu pour avoir protesté contre un meeting du candidat ultraraciste George Wallace, à Philadelphie. Peu après, il est fiché par le FBI pour avoir voulu rebaptiser son lycée “Malcolm X”.

 

En 1969, le jeune homme est chargé de l’information à la section de Philadelphie du Black Panther Party. Le FBI le considère comme l’une des personnes “à surveiller et interner en cas d’alerte nationale”.

Il est l’une des cibles du Cointelpro (programme d’infiltration et de contre-espionnage) dont seront victimes Leonard Peltier et d’autres membres de l’Américan Indian Movement et des Black Panthers.

 

Devenu journaliste de radio apprécié, lauréat de plusieurs prix, Mumia est surnommé “la voix des sans-voix” pour sa critique de la corruption de la police et des dirigeants politiques locaux. Depuis 1978, il dénonce la violente répression qui frappe la communauté MOVE et, en 1981 suit le procès de son fondateur, John Africa, qui sera acquitté des charges fabriquées contre lui. Le soutien de Mumia à MOVE exaspère les politiques et la police de Philadelphie et lui vaut le renvoi d’une des stations de radio où il exerce. Pour faire vivre sa famille, Mumia est contraint de travailler comme taxi de nuit.

 

Aux premières heures du 9 décembre 1981, Mumia Abu-Jamal est grièvement blessé lors d’une fusillade dans le quartier sud de la ville, où il vient de déposer un client. Arrêté, il est accusé du meurtre d’un policier, Daniel Faulkner, tué dans cette fusillade. Malgré ses dénégations, malgré son absence d’antécédents judiciaires, une enquête inéquitable (expertises balistiques inexistantes, balles non identifiables, absence de relevé d’empreintes, zone des faits non sécurisée, tests non effectués, etc.) conclut à la culpabilité de Mumia. Témoins menacés, subornés, écartés, rapports de police contradictoires, violations de ses droits, mèneront, en juillet 1982, à la condamnation à mort de cet opposant politique gênant sous la pression d’un juge recordman de la sentence… Mumia est “le coupable idéal”.

 

- Sa situation judiciaire..... pour en savoir plus....

- Le Collectif françai pour sa libération.... pour en savoir plus....

- La lutte pour sa libération.... pour en savoir plus....

- Les moyens financiers de l'action... pour en savoir plus....

- Signer les pétitions pour la libération de Mumia... pour en savoir plus....

 

 

ENSEMBLE, SAUVONS LE !

LIBÉRONS Mumia Abu Jamal !
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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 12:18
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La Rochelle avait une longueur d'avance avec ses vélos..... elle a maintenant beaucoup de retard dans bien des domaines !

Et si, sur la CDA de La Rochelle on prenait la question à bras le corps !

 

Source : Le Monde.fr | Alexandre Pouchard (San Francisco, envoyé spécial)

Le soleil n'est pas encore levé qu'un étrange ballet commence. Chacun à leur tour, des dizaines de camions viennent déverser des tonnes et des tonnes de restes de nourriture, d'herbe coupée, de branchages. Un mois plus tard, ces déchets organiques ressortiront sous la forme d'un riche compost aussi fin que du sable. Ici, à Vacaville, à une heure de route au nord de San Francisco, se joue quotidiennement une partie essentielle de l'objectif que s'est fixé la ville californienne : parvenir, d'ici à 2020, à zéro déchet non recyclé ou composté, évitant ainsi d'utiliser des décharges ou des incinérateurs, très polluants.

 

Pour parvenir à ce but jamais atteint par une aussi grande ville dans le monde, San Francisco fait preuve de volontarisme politique et multiplie les initiatives législatives. Dernière en date, l'interdiction de la vente et de la distribution de petites bouteilles d'eau en plastique dans les espaces publics de la ville, adoptée à l'unanimité par le conseil municipal début mars et qui entrera en vigueur en octobre (sauf lors d'événements majeurs sur la voie publique, comme la Gay Pride). A la place, seront installées de nombreuses fontaines d'eau et des gobelets compostables pourront être distribués pendant des événements.

 

« Les bouteilles d'eau en plastique coûtent cher à produire et ont un coût environnemental considérable. Il lui faut mille ans pour qu'elles se dégradent », a justifié le conseiller municipal David Chiu, à l'origine d'une mesure qui mentionne le risque pour la santé, des composés chimiques comme les phtalates pouvant s'infiltrer dans l'eau et « perturber les hormones et ainsi accroître le risque d'infertilité, de cancer et de fausses couches ». « Si nous pouvons les interdire dans l'espace public, que les gens comprennent que c'est totalement faisable, alors nous pourrons aller plus loin », a ajouté M. Chiu. Autrement dit, envisager une interdiction totale.

Lire aussi : Le système "zéro déchets" de San Francisco en 7 questions

 

 

- « On nous a traités de fous »

Etape par étape, voilà la méthode qu'a adoptée San Francisco depuis le vote de l'objectif « zéro déchet », en 2002. « La Californie s'était déjà fixé un objectif de 50 % de recyclage d'ici à 2010. Mais nous voulions aller plus loin, raconte Jared Blumenfeld, ancien directeur du département de l'environnement de San Francisco et actuel directeur régional de l'Agence de protection environnementale (EPA). Nous nous sommes mis d'accord sur l'objectif ambitieux du zéro déchet puis sur une date à la fois assez lointaine pour nous donner les moyens de l'atteindre mais aussi assez proche pour que tout le monde se sente aussitôt concerné. » Ce sera 2020, avec un point d'étape de 75 % en 2010.

 

Tout restait alors à faire. « On nous a traités de fous », sourit-il. Mais une étude menée à ce moment-là avait montré que 90 % des déchets finissant dans les décharges pouvaient être recyclés, et que la part la plus importante était la nourriture. Or « nous ne voyons pas les déchets comme une charge, mais comme une valeur, ils peuvent être utilisés », explique Robert Reed, chargé des relations publiques à Recology, la coopérative qui collecte et traite les déchets de San Francisco.

 

C'est ainsi que le département de l'environnement a commencé par cibler les hôtels et les restaurants, très nombreux à San Francisco... et qui génèrent beaucoup de déchets organiques. « Nous avons commencé par un hôtel test, le Hilton, qui sert 7 500 repas par jour, et nous avons mis en place un système simple : les poubelles des recyclables et des compostables coûtent beaucoup moins cher, chaque mois sur la facture, que celles des déchets non recyclables, explique Jared Blumenfeld. Si vous recyclez et compostez tous vos déchets, alors vous aurez besoin de moins de poubelles 'normales', ou bien des plus petites. Et vous économiserez de l'argent. »

 

Chaque habitant de San Francisco est désormais habitué à trier ses déchets dans trois poubelles : en noir, celle destinée à la décharge ; en vert celle pour le compost ; et en bleu les recyclables.

Chaque habitant de San Francisco est désormais habitué à trier ses déchets dans trois poubelles : en noir, celle destinée à la décharge ; en vert celle pour le compost ; et en bleu les recyclables. | Alexandre Pouchard/LeMonde.fr

Le système est une pleine réussite : en un an, le Hilton économise 200 000 dollars (145 000 euros) et l'initiative est alors très vite étendue à l'ensemble des professionnels. Le système est également proposé, sur une base volontaire, aux habitants qui le souhaitent. « En quatre ans, entre 2001 et 2005, nous sommes passés de 42 % à 60 % de nos déchets qui étaient recyclés », se félicite Jared Blumenfeld.

 

 

- Sacs plastiques bannis

Une des parties peu visibles des déchets, mais néanmoins importante, est l'ensemble des débris générés par le secteur de la construction. Après deux ans de négociations, la ville oblige en 2006 tous les professionnels du bâtiment à recycler au moins 65 % de leurs débris tels le béton, le métal ou encore le bois, dans des centres agréés. Une suspension de six mois est prévue pour les contrevenants. En parallèle, la ville s'engage à n'utiliser que des matériaux recyclés pour des travaux publics comme l'asphalte, les trottoirs ou encore les gouttières.

 

Mais tout cela ne suffit pas. En 2007 et 2008, le taux de récupération des déchets stagne aux alentours de 70 %, alors que la ville s'était fixé 75 % en 2010. San Francisco passe alors une étape supplémentaire avec deux décisions touchant directement au quotidien des habitants. Les sacs plastiques sont tout d'abord bannis des supermarchés, avec obligation d'utiliser des sacs en papier ou en plastique compostable – payants, pour inciter les clients à ramener leur propre sac.

Lire : L'interdiction des sacs en plastique se mondialise

 

Puis, en 2009, le recyclage et le compostage sont rendus obligatoires pour tous les habitants. Le même système est appliqué : chaque maison et immeuble reçoit une facture détaillée et peut l'alléger en utilisant de moins en moins la poubelle « normale » pour préférer  celles dédiées au recyclage et au compostage. Des contrôles sont effectués régulièrement et des avertissements sont suivis d'amendes pour les contrevenants, pouvant aller de 100 à 1 000 dollars (73 à 730 euros). « Cela a été notre mesure la plus controversée, admet Jared Blumenfeld. On nous a accusés de mettre en place une "police environnementale". Nous avons longuement expliqué que ce n'était pas le cas et que tout le monde avait à y gagner. Si nous l'avions tout de suite rendu obligatoire, cela n'aurait pas marché, il fallait que ce soit progressif. »

Lire l'interview : « Un système de zéro déchet coûte moins cher »

 

 

- « Le compost n'a que des effets bénéfiques »

L'effort paye : la ville atteint 77 % de recyclage en 2010 et a aujourd'hui dépassé les 80%.

 

Quelque 600 tonnes de déchets organiques sont récupérées chaque jour et envoyées au centre de Vacaville, où est produit un compost très convoité par les agriculteurs. Comme Dave Mella, qui gère le vignoble Chateau Montelena dans la Napa Valley. « Le compost est très riche car il est constitué de multiples déchets organiques et il n'a que des effets bénéfiques : il fixe le carbone dans le sol et apporte beaucoup de nutriments à la vigne. » Dave Mella utilise le compost de Recology depuis bientôt dix ans. Ce fut d'abord un pari pour ce domaine qui a acquis une notoriété mondiale en remportant une dégustation à Paris en 1976 devant des vins français – et dont un livre, Le Jugement de Paris puis un film, raconteront l'histoire. « J'étais terrifié à l'idée de changer le vin, confie Dave Mella. J'ai d'abord testé le compost sur une petite partie du domaine, puis je l'ai progressivement étendu car le vin était meilleur... et c'est meilleur pour le sol ! »

 

Malgré tout, San Francisco n'a pas encore atteint les 100 % et la dernière partie s'annonce la plus difficile. « Nous y arriverons, assure Robert Reed, de Recology, quand on lui oppose notre scepticisme. La moitié des déchets encore envoyés dans les décharges peuvent être recyclés. Nous devons accentuer notre effort. Par exemple, sensibiliser les habitants sur le fait qu'ils recyclent beaucoup dans la cuisine, mais n'ont souvent qu'une seule poubelle dans la salle de bains, avec des déchets qui se retrouvent à la décharge alors que des éléments pourraient être recyclés. » Et pour le reste ? « Nous devons agir directement à la source, sur le packaging, comme l'interdiction du polystyrène et du cellophane et développer l'usage des couches-culottes lavables et réutilisables, car c'est quelque chose que nous ne pouvons pas recycler. »

Lire : Plastique, l'ennemi intime

 

Quel que soit le résultat en 2020, les efforts auront été immenses et San Francisco entraîne désormais d'autres grandes villes américaines dans son sillage. Après Seattle, dans l'Etat de Washington (nord-ouest), la ville de Minneapolis, dans le Minnesota (nord), ne recycle que 37 % de ses déchets mais s'apprête, elle aussi, à adopter l'objectif 100 %.

 

 

- Les centres de recyclage « communautaires » menacés

Le "Community Center" de Market Street, le seul dans le centre de San Francisco, a reçu un avis d'éviction pour le 1er juillet.

Le "Community Center" de Market Street, le seul dans le centre de San Francisco, a reçu un avis d'éviction pour le 1er juillet. | Alexandre Pouchard/LeMonde.fr

 

Dans la ville qui vise à recycler 100 % de ses déchets, ils sont une partie importante. Les centres « communautaires » permettent à chacun de récupérer la « consigne » encore en vigueur en Californie sur les bouteilles en plastique et en verre ainsi que sur les canettes en aluminium. Rapporter ces dernières constitue une source de revenus non négligeable pour les sans-abris et les plus modestes. Mais plusieurs de ces centres ont été contraints de fermer en moins d'un an. « De mauvais comportements ont lieu près du centre et le vol dans les poubelles du voisinage sont en augmentation », a argué Scott Weiner, conseiller municipal de San Francisco qui soutient la fermeture du « Community Center » de Market Street, le plus important et le dernier dans le centre de la ville.

Lire : La radicalisation des "anti-high-tech" bouscule San Francisco

 

Mais bon nombre dénoncent un effet de la « gentrification » à l'œuvre dans San Francisco. « Il y a eu quelques problèmes dans le quartier mais pas par ceux qui viennent recycler. Ils ne veulent tout simplement pas voir les pauvres qui viennent ici, dénonce Stosh Wychulus, un voisin du centre, utilisateur régulier et mobilisé contre sa fermeture. San Francisco a la plus grande inégalité de revenus et elle s'accroît à un rythme effrayant. Enlever aux pauvres gens cette source de revenus ne fera que précipiter leur fin. » Malgré tout, le supermarché Safeway, propriétaire du terrain et qui n'a pas donné suite à nos sollicitations, a donné au centre jusqu'au 1er juillet pour plier bagages. Sans qu'une solution ne soit prévue.

Comment San Francisco s'approche du « zéro déchet »

- Pour accéder à la vidéo, cliquez ICI

 

Note :

(1) Décharge près de San Francisco. Le "taux de récupération des déchets", c'est-à-dire récupérés pour le recyclage et le compostage, atteint aujourd'hui 80 % dans la ville. | Alexandre Pouchard/LeMonde.fr

 

- Du même auteur lire aussi :

- L'arsenal législatif de San Francisco pour arriver au « zéro déchet »

- Comment San Francisco fabrique son compost

 

Pour en savoir plus :

- San Francisco transforme tous ses déchets en montagne d’argent et d’emploi. On l’imite quand ?

- Record : la Suède recycle 99% de ses déchets ménagers

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 14:16
Le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) : conséquences dans nos campagnes et nos assiettes

Source : %attac lundi 9 décembre 2013, par Aurélie Trouvé

- Quelques rappels sur le Grand Marché Transatlantique

Le 8 juillet 2013, l’Union européenne et les États-Unis ont entamé des négociations en vue de conclure un accord commercial bilatéral, le Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (PTCI/TAFTA - pour de plus amples informations lire notre dossier en ligne). Tous les États-membres ont donné mandat à la Commission européenne pour négocier au nom de l’Union cet accord, avec comme seule exception – à relativiser – les services audiovisuels. Même si François Hollande a affirmé début octobre qu’il fera tout pour que l’agriculture soit préservée dans le cadre de ces négociations, l’agriculture n’est pas prévue comme un secteur d’exception.

 

Ces négociations sont l’aboutissement de plusieurs années de lobbying des groupes industriels et financiers, européens et états-uniens. Le partenariat transatlantique serait un des accords de libre-échange et de libéralisation de l’investissement les plus importants jamais conclus, représentant la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux. Pour la Commission européenne, qui négocie au nom de tous les pays de l’Union européenne, il s’agit d’aligner le PTCI/TAFTA sur « le plus haut niveau de libéralisation » qui soit [1]. Elle souhaite même ériger l’accord en modèle, avec des conséquences pour tous les pays du monde.

 

Les négociations à l’OMC, qui ont été le moteur de la libéralisation du commerce notamment agricole depuis les années 90, sont actuellement bloquées. Face à ce constat, les grandes puissances, en particulier l’Union européenne et les États-Unis, se sont engagés dans une stratégie bilatérale et bi-régionale avec leurs partenaires commerciaux. Elles profitent alors d’un rapport de force très défavorable aux pays les plus pauvres, qui permet d’aller encore beaucoup plus loin que dans le cadre de l’OMC pour libéraliser les marchés [2]. Des centaines d’accord de ce type, dont fait partie le Grand marché transatlantique, sont conclus ou en cours. Ils doivent tous être notifiés auprès de l’OMC et permettre selon elle une « libéralisation substantielle de tout le commerce » entre les régions concernées.

 

Les multinationales européennes ont déployé un lobbying intense en perspective de l’ouverture des négociations du PTCI et ont eu de multiples contacts avec la Commission européenne. Dans le même temps, le public, leurs organisations, les élus n’ont pas accès aux informations de base. Ainsi, le mandat de la Commission européenne n’a pu être connu que grâce à des fuites. Il est impossible à l’heure actuelle de connaître les positions de part et d’autre au fur et à mesure des négociations et selon les sujets. Sans forte mobilisation citoyenne, l’opacité des négociations restera la règle.

 

 

- L’attaque des droits de douane agricoles [3]

Le mandat donné à la Commission européenne par le Conseil des ministres européen du commerce du 14 juin 2013 [4] appelle à une « réduction substantielle des tarifs douaniers ». Même s’il faut se méfier des comparaisons en termes de droits de douane moyens [5], elles donnent des premières indications. Si ces droits de douane sont en moyenne assez faibles de part et d’autre de l’Atlantique (2% selon le CEPII [6]), ils restent élevés dans certains secteurs. Dans l’agriculture par exemple, les droits de douane moyens s’avèrent, toujours selon le CEPII, de 7% côté Etats-Unis et de 13% côté Union européenne. Selon les produits, ils peuvent dépasser 200%, protégeant ainsi des secteurs hyper sensibles, notamment dans l’élevage. Les droits de douane sont souvent bien plus élevés du côté de l’Union européenne, en particulier sur les céréales, le sucre et les viandes. Par exemple, sur les carcasses congelées de viande bovine, ils s’avèrent plus de quarante fois supérieurs par rapport à ceux des Etats-Unis. Le même type de constat peut être fait sur beaucoup de produits laitiers et même sur les alcools, alors que la Commission avance l’idée qu’on pourrait davantage exporter dans ces secteurs avec une libéralisation des marchés [7].

 

Les droits de douane permettent à l’Union européenne de se protéger d’un taux de change plus favorable pour les productions états-uniennes. Ils permettent surtout de se protéger vis-à-vis d’une agriculture étatsunienne plus industrielle et plus « compétitive », du fait de la médiocrité des protections sociales et environnementales outre-Atlantique et d’une « restructuration agricole » beaucoup plus importante : une ferme dans l’Union européenne fait environ 13 hectares, contre 170 aux Etats-Unis. Sur 1000 hectares, on emploie 57 personnes dans l’Union européenne contre 6 aux Etats-Unis [8]. Il est faux de dire que l’Union européenne aurait une compétitivité éprouvée pour les produits agricoles et alimentaires : certes, les échanges agricoles sont excédentaires sur les dernières années, mais ils deviennent largement déficitaires si on enlève les boissons et si on inclue les produits de la pêche et les préparations alimentaires. Même FoodDrinkEurope, la Fédération des industries agroalimentaires européennes, conclut ainsi : « Considérant que le niveau tarifaire de la majeure partie des exportations aux USA de produits alimentaires et boissons est déjà tout à fait bas, nous pensons que l’industrie alimentaire et de boissons de l’UE dans son ensemble a relativement peu à gagner à un démantèlement tarifaire » [9].

 

Que se passerait-il si ces droits de douane étaient démantelés ? Face à la déferlante de produits agricoles américains, notre propre agriculture n’aurait d’autre possibilité que de s’engouffrer encore davantage dans un modèle agro-exportateur néfaste pour l’environnement et l’emploi. La Commission européenne reconnaît elle-même que les États-Unis souhaitent écouler une plus grande partie de produits alimentaires de base comme le blé et le soja (la plupart OGM). Ceci accentuerait encore les déséquilibres commerciaux et le renforcement en Europe du modèle d’alimentation animale maïs-soja, au détriment des prairies et protéines européennes, pourtant bénéfiques pour nos sols et l’environnement. La concurrence accrue aboutirait à la contraction des coûts de production, qui exigerait d’affaiblir les standards environnementaux, alimentaires, sociaux. Elle mènerait très certainement à une concentration des exploitations et à une spécialisation des régions, ainsi qu’à une réduction drastique des emplois agricoles. Les perspectives de promotion des circuits courts, de la relocalisation des activités agricoles et de l’agriculture paysanne seraient considérablement menacées. Un tel accord rendrait caduques les efforts menés par l’UE pour légitimer sa Politique agricole commune autour de pratiques plus agro-écologiques et de produits agricoles d’appellation géographiques et de qualité.

 

 

- L’introduction d’un nouveau mécanisme, le règlement des différends investisseurs-Etats

Normalement, les accords internationaux ne peuvent avoir d’effet règlementaire « direct » qu’après avoir été traduits dans la législation européenne, par l’Union elle-même. Ils peuvent faire également l’objet de plaintes entre les parties prenantes de cet accord, à savoir les États ou régions comme l’Union européenne. C’est le cas par exemple des accords de l’OMC, à travers des plaintes déposées auprès de l’Organe de règlement des différends et qui aboutissent parfois à des sanctions commerciales.

 

Mais, de la même façon que l’accord UE-Canada, qui est en passe d’être ratifié, le volet « investissement » du mandat de négociation du PTCI/TAFTA prévoit un mécanisme particulièrement menaçant : le règlement des différends investisseurs-Etats. Ce mécanisme permettrait à des multinationales de poursuivre directement l’Union européenne, des États ou des collectivités locales sous l’argument du non respect de l’accord établi, et ainsi de contester de nombreuses réglementations protectrices des consommateurs ou des économies locales. L’objectif : étendre le champ possible des investissements et « sécuriser » les bénéfices des investisseurs. Des experts « arbitres » délibèreraient alors indépendamment des juridictions publiques nationales ou communautaires.

 

On trouve de nombreux exemples de plaintes de multinationales dans le cadre d’accords bilatéraux d’investissement déjà conclus. Certains Etats ont ainsi été condamnés à des amendes très dissuasives, se chiffrant souvent en millions, voire en milliards de dollars. C’est le cas de l’Etat canadien, suite à une plainte de la multinationale Lone Pine, dans le cadre de l’accord de libre-échange Canada/États-Unis/Mexique : Lone Pine a demandé 250 millions de dollars de réparation pour des profits qu’elle n’a pu réaliser à cause du moratoire sur l’extraction des gaz de schiste mis en place par le Québec.

 

Les risques pour les normes européennes sanitaires, environnementales et de bien-être animal Tout porte à croire que les multinationales se saisiront de l’occasion offerte notamment par le règlement des différends investisseurs-États pour faire pression sur les normes sanitaires, environnementales et de bien-être animal. L’ONG américaine IATP et les Amis de la Terre Europe font ainsi état de nombreuses pressions déjà exercées par les multinationales, notamment américaines, auprès des décideurs publics dans le cadre des négociations transatlantiques [10]. Le représentant américain au commerce, Michael Froman, plaide déjà pour que les règlementations européennes s’alignent sur celles qui régissent l’agro-industrie américaine. Les lobbys de l’agro-business américain appellent quant à eux à prendre comme modèle l’accord transpacifique, en cours lui aussi de négociations, car cet accord « contient une partie sur les normes sanitaires et phytosanitaires avec de fortes disciplines allant plus loin que celles de l’OMC » [11]. Ils sont appuyées par certains États-membres européens, comme le Royaume-Uni dont le premier ministre David Cameron a déclaré : « Tout doit être sur la table. Et nous devons nous attaquer au cœur des questions règlementaires, de façon à ce qu’un produit accepté d’un côté de l’Atlantique puisse immédiatement entrer sur le marché de l’autre » [12].

 

L’Union européenne et les États-Unis présentent en effet de fortes différences de normes sanitaires, environnementales et de bien-être animal. Le risque est grand d’une harmonisation vers le bas. La Commission européenne se positionne d’ores et déjà pour que « les mesures sanitaires et phytosanitaires [SPS] soient revisitées de façon collaborative », de façon à ce que les « SPS de chaque côté soient fondées sur la science et les standards internationaux » et avec l’objectif de « minimiser les effets négatifs des mesures SPS sur le commerce » [13]. Ces formulations font craindre le pire pour le principe de précaution, non reconnu par les États-Unis mais qui figure au contraire dans les traités européens : dans l’Union européenne, ceux qui souhaitent introduire de nouveaux produits ou procédés de fabrication doivent faire la preuve de l’absence de risque. S’il y a controverse scientifique, alors le principe de précaution peut s’appliquer. Au contraire, pour les Etats-Unis, il doit y avoir preuve de la nocivité de ces produits ou procédés, par exemple pour la santé humaine.

 

Dans l’Union, ce principe de précaution s’applique en particulier aux OGM : ils sont soumis à une procédure d’autorisation, avec une évaluation des risques obligatoire réalisée par la puissance publique. Mais aux Etats-Unis, les produits OGM sont considérés comme « substantiellement équivalents » aux produits non OGM et ne requièrent pas d’évaluation de ce type. La liste des OGM autorisés à la culture, à l’élevage et à la consommation animale et humaine est ainsi sans commune mesure avec celle de l’Union européenne - la Food and Drug Administration est ainsi sur le point d’accepter la production et la vente de saumon OGM -. Selon l’étude réalisée par le Parlement européen [14], il existe donc des risques importants d’affaiblissement des procédures d’autorisation des OGM importés en Europe, menaçant d’élargir considérablement la liste des variétés autorisées à l’importation - une cinquantaine actuellement, en maïs, coton, soja, colza essentiellement -.

 

Ces risques pèsent également sur les variétés autorisées à la culture sur le sol européen - pour l’instant, uniquement le maïs MON 810 – et sur les interdictions pures et simples des cultures d’OGM émises par certains États-membres, dont la France. Tous ces risques sont d’autant plus importants que les industries de biotechnologie américaines en ont fait clairement leur objectif numéro un dans les négociations. Enfin, les lobbys industriels comptent affaiblir l’obligation européenne d’étiqueter tout produit non OGM, mais également annihiler les progrès réalisés en la matière d’une trentaine d’Etats américains [15]. L’ensemble des règles visant l’information des consommateurs, par exemple celles relatives à l’origine des produits, sont d’ailleurs visées explicitement par les multinationales, qui espèrent les faire passer pour des entraves au commerce dans l’accord transatlantique.

 

La volaille désinfectée avec des solutions chlorées fait partie également des quelques sujets majeurs de préoccupation dans cette étude réalisée par le Parlement européen. Les Etats-Unis tentent en effet depuis longtemps d’obtenir la possibilité d’en exporter vers l’Union : tandis que l’Union n’accepte que l’eau pour laver les carcasses de volailles pour des raisons sanitaires, les Etats-Unis autorisent différents produits de traitement contre les pathogènes. Les États-Unis ont déjà contesté cette interdiction d’exportation, qui leur a coûté des centaines de millions de dollars, dans le cadre de l’OMC et d’accords bilatéraux. Les négociateurs américains comptent donc sur l’accord en cours pour faire avancer le sujet.

 

Des interrogations demeurent également quant à la question du bœuf aux hormones. Rappelons qu’aux Etats-Unis, la plupart du bœuf produit et consommé est traité avec des hormones de croissance. Les ÉtatsUnis et le Canada avaient porté plainte à ce sujet auprès de l’OMC. Celle-ci leur avait donné raison, autorisant des sanctions commerciales. L’accord de 2009 entre Etats-Unis et Union européenne allège ces sanctions en échange d’une augmentation des quotas d’imports de bœuf américain sans hormones par l’Union. Cet accord devrait permettre selon le Parlement européen d’éviter certainement une nouvelle remise en cause dans le cadre de l’accord transatlantique. Mais rien n’est garanti.

 

D’autres règles publiques d’importance pourraient se retrouver menacées dans cet accord, concernant les résidus de pesticides ou les additifs alimentaires. C’est le cas de l’interdiction dans l’Union européenne de l’usage de la ractopamine, utilisée par contre aux États-Unis dans l’alimentation animale pour stimuler la croissance et en modifier la qualité. La ractopamine apparaît pourtant dangereuse pour le bien-être animal et la santé humaine dans de nombreux articles de recherche, ce qui a amené une très grande majorité de pays dans le monde à en interdire la production et l’importation. Le Codex alimentarius, qui sert de standards internationaux alimentaires, a néanmoins récemment accepté dans ces standards un niveau minium possible de ractopamine, ce qui offre de nouveaux espoirs à l’industrie de la viande dans le cadre des négociations transatlantiques [16]. De même, la California Table Grape Commission vise les niveaux maximums de résidus de pesticides dans les fruits, dont beaucoup sont bien plus faibles en Europe qu’aux Etats-Unis.

 

En contrepartie, les autorités françaises et européennes soulignent la possibilité d’avancées sur le plan des Indications d’origine protégée, que les autorités états-uniennes pourraient reconnaître et qui permettraient d’empêcher, par exemple, la production de champagne états-unien. Mais rien n’est moins sûr, puisque les acteurs économiques côté États-Unis sont vent debout contre l’introduction de telles règlementations [17].

 

 

- Des risques pour les normes et l’agriculture paysanne américaines

Edouard Bourcieu, de la direction générale Commerce à Bruxelles, affirmait les intérêts des multinationales européennes en juillet dernier : « N’oublions pas que nous avons aussi des intérêts offensifs à défendre sur le volet agricole, afin de pouvoir exporter plus » [18]. Les ONG américaines soulignent ainsi les pressions exercées par les exportateurs européens, par la voix de BusinessEurope ou des industries agroalimentaires, pour affaiblir le « US Food safety Modernization Act » - lois votées en 2010 visant à prévenir les contaminations alimentaires -, les standards sur la qualité du lait [19] ou encore les lois américaines de protection des mammifères marins, qui induisent des restrictions aux importations. L’Union européenne pourrait également en profiter pour affaiblir certains niveaux de tolérance de présence de pathogènes dans les produits animaux, plus élevés outre-atlantique [20].

Un autre sujet d’importance intéresse les exportateurs européens : les politiques d’encouragement d’achat de produits locaux et plus sains par les écoles ou autres administrations publiques américaines. Ainsi, un programme fédéral encourage les partenariats entre écoles et fermes locales. Le mandat initial de la Commission européenne souligne son souhait de nouvelles règles de marchés publics dans tous les secteurs, menaçant ainsi ce type de politiques publiques et notamment le programme « Buy America », visant la relocalisation des activités.

 

 

- Une estimation biaisée des conséquences de l’accord

Concernant les conséquences de l’accord, la Commission Européenne s’appuie sur une étude du CEPR (Centre for Economic Policy Research), qui affiche une espérance de 0,21% de PIB d’ici 2027 dans le scénario qui semble le plus réaliste… soit 0,015% de croissance par an. Ces faibles résultats sont très inférieurs à la marge d’erreur du modèle et ne sont pas significatifs. Ils reposent sur des hypothèses éloignées de la réalité des marchés. En outre, les opportunités et les risques pour l’agriculture ne sont pas étudiés : l’agriculture est traitée comme un secteur industriel classique, occultant le fonctionnement spécifique des marchés agricoles [21]. Les impacts sur la sécurité sanitaire et bien d’autres sujets relatifs à l’agriculture et l’alimentation ne figurent pas dans le document final d’évaluation de l’accord de la Commission européenne [22]. Il est donc extrêmement important que d’autres institutions, mais aussi les organisations citoyennes, se saisissent de ces questions, mènent leurs propres investigations et informent le plus largement possible les citoyens sur les effets potentiellement désastreux de cet accord sur le plan social et environnemental.

 

Le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) : conséquences dans nos campagnes et nos assiettes
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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 13:16
François Delapierre : La bombe de la dette étudiante

François Delapierre est secrétaire national du Parti de Gauche, chargé de la bataille idéologique et du programme.

 

-En savoir plus

Après la crise des subprimes de 2008, une nouvelle bulle financière se prépare à exploser : celle de la dette étudiante. Elle est le fruit pourri de la marchandisation, rampante ou assumée, de l’université. Alors que le temps des études devrait être celui d’une émancipation intellectuelle et sociale, il devient le sas d’entrée dans une prison pour dette.

 

Au Québec, en Grande-Bretagne, au Portugal, en Tunisie… étudiants et jeunes précarisés se sont mobilisés contre la dégradation des diplômes et la déqualification des diplômés. C’est un bras de fer planétaire aux enjeux immenses pour toute la société. Déjà, l’université française est minée par cette nouvelle contradiction du capitalisme.

 

- Par : François Delapierre

Éditions : Les Editions Bruno Leprince

Date de parution : 7 mars 2013

Pages : 76

Disponibilité : chez l'éditeur Les Editions Bruno Leprince

Format : 120 x 170 mm

Prix papier TTC : 3 €

 

 

-La bombe supérieure : l'explosion politique et économique de l'endettement étudiant

Précariat diplômé, qualification dégradée, créance pourries...une nouvelle contradiction menace le capitalisme de notre époque. Conférence de François Delapierre, le mardi 20 novembre, à l'usine.

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  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT  de 1978 à 2022.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.

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