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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 11:05
Des élections européennes aux nouvelles perspectives politiques
 

Source : Martine Billard Co-présidente du Parti de Gauche

Pour tirer les leçons de l’ensemble de la séquence électorale qui vient de se terminer, des affaires à l’UMP, de la politique du gouvernement et des conséquences de tout cela sur la décomposition politique en cours à droite comme à gauche, il était nécessaire de prendre du recul. Et même ainsi, il est encore bien difficile de cerner précisément ce qu’il faut faire dans les mois à venir. C’est le temps du tâtonnement, il faut savoir le reconnaître.

 

 

- Pas la peine de tourner autour du pot : nous avons été battus à l’élection européenne

Les électeurs qui s’étaient mobilisés, portés par l’espoir lors de l’élection présidentielle derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon, n’ont pas vu cette fois-ci la nécessité de se déplacer. Beaucoup a été dit sur les raisons de cette abstention. Il serait erroné et dangereux de l’analyser comme une progression du désintérêt pour la chose publique. En fait, dans le contexte actuel et pour les européennes après le déni du vote démocratique contre le TCE en 2005, nombre d’électeurs n’ont pas vu l’intérêt de se déplacer car ils ont pensé que leur suffrage ne servirait à rien, n’aurait aucun pouvoir sur la modification des politiques européennes. Quant à la frange d’électeurs qui avaient été convaincus par le programme écologique de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, ils sont pour beaucoup retournés au vote EELV ou Nouvelle Donne cette fois-ci. Après, il y a tous les problèmes liés à l’image du Front de Gauche ces derniers mois, je ne vais pas développer plus ici car beaucoup a déjà été dit, et je pense que si les conséquences sont réelles, elles n’expliquent pas tout.

 

Dans une telle situation, la première tentation peut être « d’insulter notre électorat », d’un côté les classes populaires qui ne sont pas allé voter, de l’autre les classes moyennes « versatiles ». Pas de plus grande erreur. Il n’y aura pas de révolution citoyenne sans la majorité de la population. Ce n’est donc pas en se repliant sur « la classe ouvrière » parée de toutes les vertus qu’on trouvera la solution pour débloquer la situation. Pour recréer une dynamique, il faut non seulement convaincre les classes populaires, en retrait des élections mais aussi des mobilisations, de reprendre leur place dans le combat pour changer de société. Cela ne se fera pas d’un coup de baguette magique. Ce n’est pas par une incantation au retour sur le terrain -comme si nous l’avions abandonné !- ni à « l’immersion dans les masses », qu’on réglera la question du rapport de force. D’abord, pour ce qui est du PG, nous n’avons que 12 000 adhérents, fatigués à juste titre après 5 années intenses. L’époque où le PC avait des centaines de milliers d’adhérents avec un réseau dense d’organisations dans les communes populaires, de la jeunesse jusqu’aux retraités, est terminée. Et cela ne sert à rien de rêver de le reconstruire. Un seul parti politique ne pourra plus être l’organisateur principal des mobilisations. Sans oublier aujourd’hui le poids du FN et la montée des intégrismes religieux qui détournent nombre de citoyens de la lutte politique vers le conflit ethnique ou religieux.

 

Alors oui il faut résister, mais ce n’est pas la seule somme des combats de résistance qui renversera le système, pas plus d’ailleurs que des heures de débat à ressasser le bilan, sinon nous l’aurions renversé depuis longtemps. Il nous faut trouver l’alchimie entre combats au quotidien indispensables et initiatives politiques globales, articulant anciennes formes de résistances, syndicats et associations, et nouvelles formes qui peuvent apparaître dans la lutte. Mais pour le moment nous ne sommes pas en Espagne. Il n’y a ni mouvement des Indignés ni marées citoyennes en France.

 

La deuxième tentation est le repli sur soi, chacun sur nos partis, qui le PCF, qui le PG, etc., chacun étant évidemment le meilleur et le seul capable de reconstruire le rapport de force. Le repli sur soi amène à considérer que seules « les masses » sont « pures », que tout le reste est politicien. Ce type d’expérience se termine toujours de la même manière : le rabougrissement. J’ai vécu cela à une époque chez les Verts, je connais par cœur. Le NPA a aussi été victime de cette illusion qu’il pouvait se passer de tout le monde, de toute alliance politique. On voit où cela l’a mené.

 

 

- L’isolationnisme ne mène nulle part, sauf au sectarisme.

En période de reflux, il faut au contraire ouvrir les portes, les fenêtres, humer ce qui se passe et être disponible pour toute recomposition, bien évidemment sans tomber dans l’aventure politique ni les combines politiciennes.

 

C’est ainsi que nous avons pratiqué après l’éparpillement des candidatures à la présidentielle de 2007 et le désastre électoral qui s’en est suivi ainsi que la démoralisation et les rancœurs. Cela a pris du temps, des appels par ci, par là, des rencontres. Nous étions tous motivés par la compréhension d’une urgence : si nous n’allions pas vers le rassemblement, vers la recomposition, la gauche française de transformation sociale allait subir le sort de la gauche italienne : elle allait disparaître de notre pays, laissant ainsi le champ libre au social-libéralisme. C’est ce qui a rendu évidente la création du Front de Gauche ainsi que celle du Parti de Gauche.

 

 

- Aujourd’hui tout renforcement du front de forces antiaustéritaires est positif. Toute faille dans le dispositif PS de soutien au gouvernement est utile.

Nous ne pouvons pas rester isolés. Nous avons besoin de rassembler tous ceux qui rejettent maintenant la politique austéritaire, pas pour des raisons de basse cuisine politicienne mais parce que tout affaiblissement des capacités du gouvernement à imposer ses politiques libérales est positif pour la vie quotidienne de nos concitoyens. La marche vers un front politico-social passe aussi par l’élargissement du front politique.

 

Ils mettent du temps à se décider ? Certes, mais ne boudons quand même pas notre plaisir de voir que c’est parce que nous avons eu raison dès le début dans notre analyse sur ce qu’allait être la politique de Hollande, parce que nous n’avons eu de cesse de mener la bataille contre le « il n’y a pas d’autres solutions », montré que tous ceux qui luttaient pouvaient s’appuyer sur notre fermeté, notre cohérence, qu’aujourd’hui d’autres peuvent faire le pas sans avoir peur de se retrouver isolés.

 

 

- Bienvenue donc à EELV qui a décidé de quitter le gouvernement.

Le débat fait rage aussi en son sein entre ceux qui, dans la perspective de la présidentielle de 2017, font feu de tout bois contre le gouvernement et ceux qui espèrent pouvoir négocier leur retour à un moment ou à un autre et encore plus le renouvellement de l’accord électoral qui les a faits sénateurs et députés. Il faut dire que leur sortie du gouvernement a été mal préparée car ceux qui l’ont décidée étaient convaincus que François Hollande, entre perdre les Verts ou s’obstiner à prendre Valls comme 1er ministre, allait choisir de garder les ministres Verts. Erreur d’appréciation qui a obligé Cécile Duflot à annoncer sa sortie sous peine d’être déconsidérée à tout jamais (encore que la politique soit le seul endroit où on voit des résurrections) à la grande fureur de ceux qui rêvaient d’être calife à la place du calife et en l’occurrence d’être ministre à la place de Cécile Duflot et Pascal Canfin.

 

Doit-on refuser de discuter parce que nous avons des désaccords importants sur certains dossiers ? Est-ce jouer le jeu traditionnel du système que de mener le débat politique ? Sommes-nous trop guidés par les élections et les négociations entre appareils ? Non. Ce qui importe ce sont les actes. Le conseil fédéral d’EELV a appelé à rejeter le collectif budgétaire. Ce n’est pas anodin.

 

 

- Bienvenue de même à ceux qui au PS auront le courage de rompre.

Nous nous trouvons encore dans un entre-deux : une fraction de nos concitoyens ne veut plus rien savoir du PS, jusqu’à l’expression d’une haine d’autant plus forte que ce sont des électeurs qui ont voté pour François Hollande au second tour de l’élection présidentielle. Ils ont aussi souvent tendance à mettre toute la gauche dans le même sac : « gauche et droite c’est pareil, ils ne pensent qu’à eux, ils se moquent du peuple ». D’autres hésitent encore et restent attachés à l’idée de gauche. Il nous faut gérer cette contradiction au plus près et de la façon la plus fine possible : ni refuser le débat avec ceux qui hésitent ni apparaître comme uniquement préoccupés de manœuvres politiciennes.

 

Le fait que nous soyons présents dans les luttes sociales, démocratiques, écologiques est la meilleure démonstration de ce qui est notre priorité. Nous n’avons jamais fait passer les élections avant les luttes. Au contraire, nous avons à chaque fois utilisé les périodes électorales qui ouvrent de faibles lucarnes médiatiques : Jean-Luc Mélenchon l’a magistralement fait pendant la campagne présidentielle et nous l’avons de nouveau fait avec le soutien de nos listes autonomes municipales à chaque lutte locale avec laquelle nous étions en phase. Il nous faut marcher sur les deux jambes : luttes et résistances au quotidien d’un côté, bataille politique y compris dans les élections, de l’autre.

 

C’est parce que nous avons confiance en notre capacité à ne pas abandonner ce terrain que nous pouvons nous préoccuper aussi de la bataille politique. Les médias ne s’intéressent qu’aux petites phrases ? C’est vrai. Qu’y pouvons-nous ? Ce n’est pas en nous taisant que les médias vont faire des grands reportages sur nos combats au quotidien. Croire cela, c’est se faire de grandes illusions sur le rôle et la place des médias : ils sont au service du système, pour son maintien en place. Qu’il y ait des journalistes qui font bien leur boulot, qui informent sans distorsion ? Bien évidemment il y en a, mais malheureusement pour ce qui est des journalistes politiques des radios, télévisions et des quotidiens ils sont vraiment l’exception. Nous n’y pouvons rien, c’est ainsi. Refuser de leur répondre ? La tentation est souvent grande mais dans ce cas on laisse à d’autres le soin de parler pour nous et en général, pas en bien. Nous ne sommes pas sûrs qu’ils ne vont pas déformer nos propos en les coupant au bon endroit ou en les sortant de leur contexte ? Oui c’est vrai. Aucun choix n’est très satisfaisant. Alors nous faisons de notre mieux. Mais pour ce qui est du Monde, de Libération, du Nouvel Observateur, c’est quand même le microcosme politique, qui certes fait beaucoup parler dans les couloirs du parlement et des médias, avec cet entre-soi entre monde politique et monde médiatique, mais la grande masse de nos concitoyens ne lit aucun de ces journaux et ils ne perdent rien car le temps où cette presse était réellement de gauche relève d’un passé lointain. Aujourd’hui ce sont les meilleurs défenseurs du système.

 

Au niveau de sa direction, le PS a achevé sa mue de parti social démocrate en parti libéral. Il faut maintenant que cela soit intégré par tous les militants du Front de Gauche. Pour toute une génération qui a été formée dans la bataille du Programme commun, de l’Union de la Gauche puis de la Gauche plurielle, du désistement républicain, réaliser que l’époque des alliances avec le PS est terminée, c’est douloureux. Pour celles et ceux qui comme moi n’ont pas baigné dans cette culture, c’est évidemment plus facile. Les rythmes ne sont pas les mêmes selon les années de militantisme, la proximité avec le PS, le type d’insertion dans le monde du travail, les fins de mois plus ou moins difficiles.

Il faut maintenant que nous amenions les militants socialistes sincères à comprendre et à prendre acte de cette évolution et en tirer les conséquences. La seule différenciation du PS avec la droite traditionnelle porte dorénavant, non sur les questions sociales, sans même évoquer les questions économiques, mais sur les questions sociétales. Et encore il n’ose même pas tenir tête à la droite sur tout.

 

 

- Il n’y a plus rien à attendre de l’appareil PS. Donc cela ne sert à rien de l’interpeller, cela fait perdre du temps, de l’énergie et sème la confusion. Le problème n’est pas de rassembler « la gauche » au sens mythique du terme. C’est terminé. C’est autre chose qu’il faut construire. PC et PG avancent la proposition d’un Front du peuple. C’est l’objectif.

En attendant, il y a des étapes, surtout dans une situation politique où le moins que l’on puisse dire est que nous ne sommes pas à l’offensive mais plutôt dos au mur. Malgré toutes ses imperfections, le Front de Gauche, cabossé, critiqué, objet de ressentiment, reste le seul outil que nous avons tant que nous n’arrivons pas à le dépasser en un front plus large, plus ancré à la base, avec plus de capacités de mobilisations citoyennes. Aujourd’hui nous en avons besoin pour organiser le soutien aux luttes car la réaction du gouvernement, à commencer par Manuel Valls, face au mouvement des cheminots est très significative : ayant réussi à casser toute éventuelle unité du mouvement syndical en se mettant la CFDT dans la poche, Hollande-Valls ont décidé d’aller au bras de fer contre la CGT et Solidaires. Et pour cela ils peuvent compter sur les chiens de garde du capital pour tromper les citoyens. En face, hélas, nous n’avons pas les mêmes moyens pour contrer cette misérable offensive contre les travailleurs même si nous faisons tout ce que nous pouvons pour soutenir les cheminots comme notre présence dans les rassemblements ou le tract du PG distribué dans toutes les gares. Ils n’hésitent pas non plus à utiliser la répression contre tous ceux qui résistent que ce soit la Confédération Paysanne, le DAL, les syndicalistes un peu partout et maintenant les intermittents. Quand j’écris cela, j’ai comme un goût amer dans la bouche car j’ai l’impression de réécrire ce que j’ai pu dire du gouvernement Sarkozy. Mais après tout ce n’est pas la première fois que la social-démocratie trahit la « gauche » : c’est un ministre de la SFIO, Jules Moch, qui envoya l’armée contre les mineurs en 1948 faisant 6 morts, de nombreux blessés et plus de 3 000 licenciements accompagnés de l’expulsion des logements. C’est un président du conseil SFIO, Guy Mollet, qui vota les pleins pouvoirs au général Massu pendant la guerre d’Algérie.

 

Mais au-delà du gouvernement ou de l’appareil PS, il reste encore des militants aux convictions socialistes profondément chevillées au corps. Il faut qu’ils comprennent que la ligne Hollande-Valls est maintenant bien installée, que le PS ne redeviendra pas social-démocrate et encore moins socialiste. Le PS français « de gauche » n’était qu’une queue de comète anachronique de l’ex social-démocratie européenne. Il est maintenant rentré dans le rang. Ces militants tiennent à mener la bataille politique à l’intérieur de leur parti. Mais ils doivent se préparer à en sortir car sinon ils vont s’épuiser et se démoraliser inutilement. Nous n’avons pas trop de militants qui veulent se battre pour changer la société, qui refusent le fatalisme, la soumission au système, le « il n’y a pas d’autres solutions ». Nous avons besoin que tous ceux-là restent militants et à un poste de combat qui soit utile.

 

Pour être sortie des Verts, je sais que ce n’est jamais facile de rompre le lien avec un parti auquel on a appartenu des années. Il y a les combats menés en commun localement avec les copains, on espère toujours que demain sera mieux, qu’on va pouvoir reprendre la majorité. C’est tellement éprouvant de reconnaître que tout cela est terminé. Je sais aussi que pendant ce moment de recherche, pour l’extérieur, la décision ne va pas assez vite et on est vite accusé de ne pas vouloir bouger pour garder sa place. Combien de fois pendant ces semaines où à plusieurs militants verts nous discutions sur ce qu’il y avait de mieux à faire, n’ai-je entendu "de toute façon elle ne va pas sortir, elle préfère rester au chaud, garder sa place de députée."

 

Oui une rupture politique est douloureuse. Nous-mêmes lorsque nous avons rompu avec les Verts nous avons pris le temps de construire notre sortie car nous ne voulions pas la concevoir comme une aventure personnelle, mais bien comme une démarche politique construite et utile. Les camarades qui ont quitté le PS pour créer le PG ont fait de même, ils ont pris le temps de préparer leur projet pour le lancer dans les meilleures conditions. Certes la situation est différente aujourd’hui puisque le Front de Gauche existe et que donc toute rupture avec le PS ne rend pas orphelin. Mais on peut comprendre que l’état du FdG aujourd’hui fasse hésiter. Pourtant déjà certains ont commencé à rompre les amarres, responsables de section, élus locaux ou le délégué d’Homosexualité et Socialisme (HES) par exemple. Cela ne sert à rien de mépriser les camarades qui ont du mal à franchir le pas, il faut leur tendre la main. Mais l’attente ne pourra pas durer des mois : les semaines à venir vont être décisives avec le vote du collectif budgétaire.

 

Que ce soit EELV ou les députés PS qui élèvent la voix depuis plusieurs mois, les deux vont devoir choisir : ce lundi 23 juin commence à 16h le débat sur la loi de finance rectificative suivi la semaine suivante de celui sur le financement de la sécurité sociale, donc l’application concrète de la politique d’austérité et des 50 milliards de baisse des dépenses publiques. Le vote qu’ils feront sera regardé de près et déterminera la suite.

 

Mais je ne voudrais pas que certains pensent que seules ces batailles politiques me préoccupent. J’ai dit pourquoi elles ne me semblaient pas anodines et pourquoi il fallait les mener.

 

Mardi j’étais au rassemblement des intermittents, hier à celui des cheminots. La tâche de la semaine c’est le soutien sans faille à ces deux luttes, notamment avec la présence demain à Paris à la manifestation interprofessionnelle. Puis la participation à la journée de grèves et de manifestations de toutes les professions en colère appelée par la CGT le jeudi 26 juin car comme le dit la CGT, des mobilisations se développent également dans les secteurs des transports, électriciens et gaziers, de la santé, et de l’industrie pharmaceutique, services publics, etc."

 

Puis le 1er juillet tous à Amiens pour soutenir les militants de la Confédération Paysanne en butte à la répression pour refuser le projet de la ferme des mille vaches et les 5 et 6 juillet à Notre-Dame-des-Landes

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 14:29
Après la rencontre avec EELV : pour fédérer le peuple, ni laisse, ni muselière !

Sources : blog de Jean-Luc Mélenchon par Jean-Luc Mélenchon

La rencontre au siège d’EELV, rue du Chaudron à Paris, avait été proposée par nos hôtes. Il est vite apparu qu’il fallait y répondre positivement car le contraire eut été tout simplement une marque de sectarisme démoralisant mis à notre charge. Cette considération l’emporta sur l’inconvénient qu’il y a avait à répondre positivement à une invitation également adressée au MoDem. Nous avons d’ailleurs posé la question. Quel pouvait être le sens d’une relance du MoDem par les Verts à l’heure où il vient de reformer une alliance avec l’UDI, proche de l’UMP ? La réponse est que le MoDem avait appelé à voter Hollande. Dès lors, EELV a estimé que cette formation avait sa part à prendre dans le bilan. Puis, très rapidement, on nous informa que de toute façon la question était close : le MoDem n’a pas répondu à EELV ! Ce dont personne parmi ses membres n’avait l’air d’être déçu.

Après la rencontre avec EELV : pour fédérer le peuple, ni laisse, ni muselière !

- La discussion a été libre, argumentée et amicale.

Rien n’est donc venu parasiter l’accès au fond des questions posées. EELV propose un dialogue sur le projet de gauche à construire et suggère trois thèmes pour l’engager, sans exclure que d’autres questions puissent être aussi traitées. Ces thèmes sont : la relance de l’emploi, celle de la transition énergétique et celle de la démocratie. Sur ces trois questions, plusieurs interventions ont permis de se faire une idée de l’intérêt qu’il y aurait à les traiter. Mais franchement, qui en doutait ? Ce n’était pas l’essentiel. Pour ma part, je ne doute pas que, quelles que soient les difficultés, on trouve un point fédérateur sous lequel traiter les contradictions de position. Contrairement aux apparences, ce point n’est jamais le plus petit commun dénominateur mais plutôt le point de la plus haute exigence.

 

Par exemple, parler de la relance de l’emploi est plus facile si l’on part de l’objectif du plein emploi c’est-à-dire au moins quatre millions de poste de travail à créer et stabiliser. Exemple lié : l’agriculture. Si l’on veut venir au modèle de l’agriculture paysanne, il faut trouver quatre-cent mille nouveaux agriculteurs. C’est un défi de formation, mais aussi de niveau des rémunérations de la population paysanne et donc des niveaux des salaires ouvriers consommateurs, et ainsi de suite dans un continuum de politique où le social et l’écologique se tiennent dans un même programme nécessairement touche-à-tout. On sort alors des dissertations abstraites pour entrer dans le domaine très exigeant de la prévision et de la planification. La vraie difficulté n’est donc pas là.

Après la rencontre avec EELV : pour fédérer le peuple, ni laisse, ni muselière !

- Il a été dit que la reconstruction de la gauche elle-même serait le résultat d’une construction commune de projet.

Mais il faut ajouter qu’elle passe aussi par la solidarité et la construction d’une communauté de vue avec le mouvement social. Difficile d’imaginer un projet commun dans les transports si on se coupe du mouvement des cheminots et qu’on vote le paquet ferroviaire… En toute hypothèse, la crédibilité du projet dépend finalement de qui le porte et le prépare. C’est pourquoi tout finit par se concentrer sur ce que l’on va appeler le périmètre de la rencontre prévue par EELV. Clairement, en réponse à Clémentine Autain, il lui fut dit que le projet dont parlait EELV ne visait « pas à être un projet alternatif ». Puis, non moins clairement, il fut répondu à Martine Billard, qui demandait la précision, que le PS en tant que tel serait invité à ces rencontres ! On devine dans ces conditions que la douche fut fraîche ! Mais le mérite de la franchise était là.

Après la rencontre avec EELV : pour fédérer le peuple, ni laisse, ni muselière !

- Deux positions se sont alors exprimées dans la délégation du Front de gauche.

L’une portée par le PCF considérant que ce serait un premier pas que de telles rencontres, l’autre qu’il ne saurait être question de faire semblant de croire que le PS en tant que tel puisse faire autre chose que ce que veut le gouvernement. Ce n’est pas une marque de sectarisme que de refuser le podium commun et la photo de famille avec le PS. C’est la marque d’une certaine compréhension de ce qu’est l’esprit public aujourd’hui. Nous y laisserions notre crédibilité ! Le PS a déjà tué le mot « gauche ». Il mène le pays au chaos social et politique. Sa politique ne peut pas marcher ni produire le moindre mieux dans la situation. Pourquoi aller faire croire qu’on peut débattre d’un projet commun pour le futur avec comme présent le compagnonnage de tels fossoyeurs ? Au demeurant, toute cette construction bizarre fait plutôt penser à un test qu’à une véritable proposition. Peut-être EELV voulait-il vérifier pour ses propres tendances et débats internes que cette voie-là n’existait pas. En effet, elle n’existe pas. En tous cas, pas avec nous. Car ceux qui veulent se réunir avec le PS peuvent déjà le faire dans le cadre du comité de liaison mis en place par Jean Christophe Cambadélis avec le PRG, le MUP du communiste Robert Hue et avec les Verts eux-mêmes.

Après la rencontre avec EELV : pour fédérer le peuple, ni laisse, ni muselière !

- Il ne peut être question d’embarquer le PG ni le Front de Gauche en tant que tels sur ce pont que veut construire EELV avec les autres accompagnateurs du PS. Je pense que nous allons avoir cette discussion à la coordination du Front de Gauche. Je crois que tout le monde sera d’accord pour ne pas engager notre Front dans cette proposition d’EELV. Bien sûr, si le PCF veut toutefois s’y associer, c’est sa liberté de parti et, tout en le regrettant, nous observerons sans commentaires. Et sans regrets, car tout cela n’ira strictement nulle part, c’est une certitude selon nous. Par contre, s’il s’agit de bâtir un rassemblement fédérateur sur la base d’un programme commun alternatif, alors oui, le dialogue peut avoir lieu et la recherche du point fédérateur peut être travaillée. Disons les choses comme elles sont. De notre côté, nous ne passerons pas des mois à jouer de la mandoline et à attendre que les arrangements de toutes sortes se fassent ou se défassent à la carte. Le but de notre travail n’est pas de fédérer des partis mais le peuple lui-même.

 

Le système n’a pas peur de la gauche ! Le système a peur du peuple. Voilà ce que nous avons appris de la période récente. Et la gauche à construire et à réhabiliter, c’est celle qui est fidèle au peuple et à ses demandes et besoins. Ni laisse, ni muselière : les frondeurs devraient y réfléchir.

Jean-Luc Mélenchon

 

Pour en savoir plus :

- Réponse du parti de Gauche à la lettre d'Emmanuelle Cosse rédigée au nom d’EELV

- La rencontre vue par Libération : Ecologistes et Front de gauche apprennent à se parler

- La rencontre vue par le magazine Regards.fr : Les Verts et le Front de gauche se parlent en face

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 09:12
Notre projet en vue de la construction d’un « Front du peuple »

vendredi 20 juin 2014.

Source : le blog de Jean-Luc Mélenchon "Chaud le moment chaud !"
 

Les trois réunions de conseils nationaux ce week-end portent loin. Elle tendent à constituer un nouveau paysage dans la gauche politique. Les Verts ont donné la consigne de ne pas voter le collectif budgétaire du gouvernement, c’est-à-dire l’inepte pacte de responsabilité. Quand on vote contre le budget, qu’est on, sinon dans l’opposition ? Ainsi, d’un seul coup, quels que soient, pour finir, la réalité et le nombre des votes négatifs des députés Verts, l’opposition de gauche s’élargit d’un parti supplémentaire. Il y a trois mois, ce parti était membre du gouvernement….

 

Le conseil national du PCF a produit un texte qui m’a enchanté. En effet, il approfondit la convergence sur le fond doctrinal avec les thèses du Parti de Gauche. Dans un moment où nombreux sont ceux qui prennent un malin plaisir à souligner les divergences et à essayer d’envenimer les débats, cette convergence est un bien précieux. Lors du dernier congrès communiste, les délégués ont déjà adopté la thèse de la « révolution citoyenne ». Je n’en reprends pas ici la description. Mais je crois que je peux rappeler ceci : il ne s’agit pas de nommer sans le dire l’ancienne idée de « révolution socialiste ». Il s’agit d’autre chose. Le mot nomme le processus qui met en mouvement pour « prendre le pouvoir dans tous les domaines du quotidien » un acteur nouveau. Cet acteur, c’est la population urbanisée, ou vivant en mode urbain, en condition salariale ou précarisée ou durablement sans emploi, pauvre ou incluse dans le circuit du système. Une telle révolution se donne pour objectif et pour méthode la démocratie partout et jusqu’au bout, au service du bien de tous. A noter que ce processus se dote de ses propres organes d’action : le comité citoyen ou l’assemblée citoyenne. A ne pas confondre avec une assemblée de base du Front de gauche. En effet, il s’agit ici d’une assemblée de tous, quelles que soient les opinions, quels que soient les votes, en vue d’une appropriation collective d’un problème a régler. Nommer cet acteur est décisif. Il s’agit du « peuple », concept qui inclut le salariat mais ne s’y réduit pas puisqu’il intègre tous ceux que la condition urbaine met en situation d’interdépendance.

 

Je demande qu’on me pardonne ce résumé abrupt et somme toute assez abstrait. Mais sans doute nombre de mes lecteurs qui suivent mes réflexions sur ce thème y retrouveront un écho de leur propres analyses. Le concept de peuple fut âprement discuté, et je fus copieusement affublé de l’étiquette de populiste pour cela. L’idée de « Front du peuple » se déduit de cette description. Elle ne nie pas la centralité du conflit pour le partage de la richesse ni la place singulière de la lutte en entreprise sur ce terrain. Elle en élargit le domaine d’application à l’ensemble des questions de la vie commune, que l’on soit salarié ou pas. Ce qui importe ici c’est le mode de vie et la relation d’interdépendance étroite entre individu à travers, par exemple, les prestations communes des services publics, ou de l’extension du domaine de l’interconnexion des individus entre eux. Le « Front du peuple » est donc un mot d’ordre pour tous et en tous lieux. Il unit dans un même mouvement la participation politique traditionnelle des partis mais aussi des syndicats, des associations, des secteurs informels, mais surtout des comités et assemblées de citoyens librement associés dans l’action. On est loin de la formule du « Front populaire », traditionnellement réduit à un cartel d’organisations politiques. Une convergence sur un tel espace idéologique est, à mes yeux, essentielle. Plus nous parlerons la même langue, plus nous avancerons facilement ensemble pour comprendre et agir. C’est par la compréhension commune que l’action commune se renforce le plus vite et le plus profondément. Il est encourageant que, sans concertation préalable, nos deux résolutions de Conseil national s’achèvent par la même référence au « Front du peuple ».

Notre projet en vue de la construction d’un « Front du peuple »

C’est pourquoi je veux rappeler comment notre texte conclut : « Voici notre conviction : le pire de la crise ne serait pas les ravages qu’elle provoque. Le pire serait que nous renoncions à en tirer le moyen de faire naître un monde nouveau, libéré des causes des malheurs du présent. Le Parti de Gauche tiendra son poste de combat. Il se donne les moyens de son développement autonome. Mais il sait que rien n’est possible sans que naisse une union large de tous ceux qui ont compris le danger et le besoin d’en finir avec la politique austéritaire. Et bien davantage encore, rien n’est possible sans qu’un Front du peuple ne se lève pour congédier l’oligarchie, préparer les « jours heureux » et avancer vers l’écosocialisme, seul horizon viable de l’humanité. ».

 

Ce projet d’une action en vue de la construction d’un « Front du peuple » nécessite sans aucun doute bien des discussions pour en approfondir le sens, les voies et les moyens. Je n’y viens pas à cet instant. J’aurais pourtant bien envie de montrer comment nos marches politico-sociales, et notamment celle du 1er décembre contre l’augmentation de la TVA et pour la révolution fiscale, en ont déjà dessiné les contours. Je ne viens à présent que sur un point. La question de cette construction politique et celle du rapport du Front de Gauche aux dissidents socialistes et Verts. La réunion de mes amis en Conseil national, m’a rendu le service que j’en attendais : y voir plus clair. Un point en particulier m’a frappé. Quelque chose que je n’avais pas vu, du fait de mon implication personnelle dans les discussions avec les partenaires institutionnels de la gauche.

 

Beaucoup me mettent en garde : les regroupements de groupes et partis politiques ne sont pas l’essentiel à cette heure. Il existe une lame de fond de rejet de tout ce qui touche à « la politique ». L’activité de ceux qui veulent tourner la page de ce système ne doit surtout pas donner l’impression de résumer sa préoccupation à la préparation d’élections et aux alliances qui vont avec. J’entends ce message et je crois qu’il touche juste. Surtout si l’on tient compte du fait que les « dissidents » socialistes et Verts sont pour l’instant plus forts en mots qu’en actes. Ils ne sont donc ni le centre du monde ni « les nouveaux héros de la lutte des classes », comme le disait Pierre Laurent à propos de Kerviel. Beaucoup d’entre eux veulent surtout négocier des corrections à l’intérieur de la trajectoire définie par le gouvernement. Non, le cœur du moment est dans l’action de combat et dans les luttes à épauler et conforter autant qu’on le peut. C’est là qu’est le moteur du Front du peuple que nous voulons faire émerger. Et c’est là que va se jouer l’année qui vient. Le message venu du terrain est clair : on ne répond pas à l’écœurement général pour la scène politique en donnant l’impression d’ajouter des épisodes à la farce ! Que les dissidents de toutes sortes fassent mieux que grogner et se plaindre. Qu’ils agissent, qu’ils rompent les rangs, qu’ils renoncent aux arrangements politiciens. C’est l’urgence. Tout doit être fait pour les y aider. Mais c’est à l’aide aux luttes de terrain qu’il faut s’appliquer. Plus le front social sera actif, plus la scène politique sera ébranlée. L’un commande l’autre à cette heure.

Jean-Luc Mélenchon

 

-  Pour compléter la réflexion, l'analyse, le débat sur l'avenir du Front de Gauche, lire aussi :

- par Cédric Clérin l'Humanité.fr : Passer du Front de gauche au front du peuple

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 17:28
La gauche a commencé à débattre pour renaitre sans Valls ni Hollande... mais pour quelle politique ?

Source : Médiapart le blog de Paul Alliès

Les 21 et 22 juin, deux centaines de militants socialistes se sont réunis à Bellerive-sur Allier près de Vichy pour débattre du thème: "Rassembler la gauche et les écologistes" proposé par la revue "Démocratie et socialisme" de Gérard Filoche. L'échange entre membres de diverses tendances du PS mais aussi avec les représentants des diverses formations de gauche a été une incontestable réussite. Un moment heureux dans ce contexte de démoralisation entretenu par les propos mortifères de M. Valls et J.C. Cambadelis.

 

La palette des opinions représentées était très large: pour ce qui est du PS, les membres de divers courants de gauche, mais aussi des parlementaires proches de B. Hamon et des amis d'A. Montebourg étaient là. Emmanuel Maurel, l'efficace leader de l'opposition montante (et tout nouveau député européen) incarnait une synthèse des sensibilités qui se dessine semaine après semaine. On croisait des parlementaires comme Marie-Noelle Lienemann, Barbara Romagnan ou Pourria Amirshahi, une bonne dizaine de membres du Bureau National et pas mal d'élus locaux. Tous se sont accordés sur une "ligne anti-austérité" en parfait écho au combat des députés sur le Pacte de responsabilité et le collectif budgétaire (l'appel des 100). Mais ce qui a fait le grand intérêt de leur présence c'est le dialogue public avec la quasi totalité des représentants des formations de gauche : d'Europe Ecologie les Verts au PCF en passant par quatre autres composantes du Front de Gauche ("République et Socialisme", "Ensemble", "Gauche unitaire", "Parti de Gauche"). Julien Bayou, porte-parole d'EE-LV côtoyait le nouveau maire communiste de Montreuil Patrice Bessac ou la première adjointe (PG) au maire de Grenoble, Elisa Martin.

 

De cette confrontation devenue particulièrement rare par les temps qui courent, on retiendra deux choses: la crédibilité d'une alternative à gauche et la promotion d'une 6° République comme bien commun à celle-ci.

 
  • L'alternative à gauche: elle est à plusieurs détentes. Dans le PS, la question est clairement posée d'un dépassement des frontières de motions, donc des courants tels que représentés dans les instances du parti depuis le congrès de Toulouse. Il apparaît que les gauches peuvent converger sur la base de la bataille engagée par les parlementaires contre la politique économique et sociale du gouvernement.  Parmi ces derniers, les amis de Martine Aubry sont aux avant-postes (Jean-Marc Germain et Christian Paul notamment); ils n'étaient pas là ce week-end mais leur travail a été invoqué et ils sont un pôle important dans la construction de cette alternative. L'accord sur quelques points de principe (l'Europe, la République démocratique, la justice fiscale et budgétaire, la relance par l'investissement) devrait faciliter celle-ci. Se dessinerait alors la possibilité d'une majorité de congrès capable de faire le lit des démoralisations et abandons cumulés depuis deux ans. Cette alternative est aussi en débat en dehors du PS. L'échange avec cinq composantes du Front de Gauche (PCF inclus) a fait apparaitre un point d'accord essentiel: la volonté de trouver des bases communes de rassemblement lesquelles se dessinent déjà contre les politiques européennes et nationales d'austérité. Comme l'a souligné Christian Picquet: "on ne s'en sortira pas les uns sans les autres et encore moins les uns contre les autres. Sous quelque forme que ce soit, la "théorie" des deux gauches est un piège mortel".  Dés lors que l'alternance se bâtit avec des socialistes qui concrétisent une démarche autonome (réclamée par Elisa Martin), tout le monde s'accorde en dehors du PS pour considérer celui-ci est un enjeu: ni un cadavre à la renverse, ni un parti de droite ou sans militant ; il peut être, si une nouvelle gauche s'y construit,  un des chainons susceptible d'interrompre le cycle dépressif décrit comme à plaisir par ses actuels dirigeants. Du côté du Front de Gauche, plusieurs comme Lucien Jallamion (République et Socialisme) avancent l'idée qu'il faut aussi revoir le clivage "dans et hors le PS" en allant jusqu'à un travail d'inventaire  de "la gauche de la gauche". Et le dialogue sur des "points de rassemblement" devrait le faciliter, l'exigence d'une nouvelle République étant l'un des plus évidents.

 

  • La  Sixième République est apparue en effet comme un bien commun à toutes les sensibilités présentes.  Le "désastre du présidentialisme" (François Calavet d'Ensemble-Front de Gauche) conduit une nouvelle fois la gauche à un point de non-retour. Le grand renoncement de celle-ci à changer les institutions une troisième fois alors qu'elle est au pouvoir, est un refus d'engager une révolution démocratique qui éloigne encore un plus ses électeurs des urnes et ses militants de l'engagement. Le propos de Mendès-France a été rappelé selon lequel "la question démocratique est partie intégrante de la question sociale: si vous ne réformez pas la République, vous ne pourrez réformer l'école ni mener une bonne politique économique". De même qu'a été rappelé le fait que M. Valls a été l'auteur d'un rapport ("Pour un pacte républicain rénové") en février 2011 où il faisait l'apologie du régime en place. Il avait été retiré de l'ordre du jour du Bureau National du PS par Martine Aubry devant la probabilité de son rejet s'il avait été soumis au vote. Pour autant le PS est le seul parti qui n'ait jamais abordé au fond la question du changement de République. C'est donc un sujet qui devra être au centre de l'alternative de gauche au prochain congrès; mais pas tant sur le principe même du changement que sur ses modalités concrètes, sociales, politiques et juridiques. Sur ce point aussi, le débat de Bellerive a fait bouger les choses: le problème de la Constituante comme point de passage obligé (revendiqué avec force, on s'en souvient par Jean-Luc Melenchon lors da la dernière campagne présidentielle)  a été posé pour ouvrir la voie, a dit Emmanuel Maurel,  "tout de suite, sans attendre, à une 6° République essentielle pour affirmer que la démocratie est une condition préalable d'exercice du pouvoir par la gauche".  Et il a été proposé que ce débat se décline dès la rentrée en débats locaux de tous ordres et dans toutes les formations, avec le concours éventuel de la Convention pour la 6° République, représentée à cette réunion.

 

Une réunion qui vient s'jouter à d'autres du même type. Le samedi 14 juin devant un public nombreux, s'était tenue à la Mairie du XI° arrondissement à Paris une rencontre du même type à l'initiative d'"Un monde d'avance" (le courant de B. Hamon au PS). Jean-Marc Germain (proche de M. Aubry) et Pierre Laurent (secrétaire général du PCF) y avaient pris la parole. Ces réunions sont le signe qu'un mouvement est lancé et qu'il y a une gauche en forme. "Elle peut mourir" a cru pronostiquer M. Valls. Elle a déjà commencé à renaitre. Sans lui.

Paul Alliès

 

- Un appel de Bellerive sur Allier a été adopté à l'unanimité des socialistes présents le dimanche 22 juin.

 

- Notes complémentaires :

  • Expression d'Éric Coquerel Secrétaire National du Parti de Gauche dont l'auteur de l'article omet volontairement de mentionner la présence et l'intervention.

  • Mon commentaire :

Toutes les motions ou résolutions ne valent que pour l’instant ou elles sont adoptées et n’engagent que ceux qui y croient !
La vérité sortira des « actes » !


Et l’appel des 100 députés socialistes va être sous les projecteurs de l’actualité sociale.
En effet, l’examen du projet de loi ferroviaire s’est achevé vendredi 20 juin. Les députés ont voté des amendements au texte notamment en faisant de la SNCF « mère » l’employeur unique pour tous les cheminots, avec un seul comité d’entreprise et un seul CHSCT à l’échelle de la future holding SNCF. C’est sans doute une garantie utile pour les cheminots.

 

En revanche en ce qui concerne le retour à une seule société, force est de constater que le compte n’y est pas. Le Parlement va être amené à voter sur une loi qui entérine la séparation du gestionnaire de réseau et de l’exploitant. Cette absurde gestion par activité qui n’a d’autre but que de préparer l’ouverture totale à la concurrence du rail est maintenue.


C’est à l’examen du vote de chacun d’entre eux sur ce dossier que nous pourrons nous faire une opinion sur la sincérité de leur démarche politique d’opposition aux politiques libérales et d’austérité et visant à un sursaut des socialistes et de toute la gauche.

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 21:23
Du Front de gauche au front commun anti-austérité

Source : |  Par Les invités de Médiapart

Myriam Martin revient sur les élections européennes et le piètre score du Front de gauche, dont elle était tête de liste dans l'Ouest et qui n'a pas su convaincre qu'il représentait une alternative à gauche. Le FDG doit d'abord « dépasser ses limites de cartel », puis constituter « un front commun anti-austérité » et « oser porter un projet de société émancipateur ».

 


- Séisme, tremblement de terre, tout a été dit au lendemain du résultat des élections européennes. Mais le résultat était prévisible, celui d'un FN en tête. Bien évidemment qu'il faut s'en alarmer, j’y reviens plus loin, mais il ne faut pas oublier les raisons d'un tel résultat.

 

Les conditions dans lesquelles s'est menée cette campagne n'étaient pas bonnes. Deux semaines de campagne officielle, des européennes qui suivaient de près les municipales, absence de débats et l'annonce des résultats avant le vote ! Mais là ne sont pas les seuls problèmes, même s'il ne faut pas en nier la portée.

 

Le problème est plus grave et plus profond. Nos concitoyens ne s'intéressent pas à l'Europe ? En réalité c'est l'Europe qui ne s'intéresse pas aux peuples ! Pire même, au fil des ans, cette Europe s'est construite sans eux et contre eux. Et depuis 2010 les politiques austéritaires n'ont eu de cesse d'écraser les peuples, de les asservir. 

 

Comment s'étonner alors de ce soi-disant désintérêt des peuples ? Les peuples ont constaté que la droite et les sociaux-démocrates mènent les mêmes politiques. En France, dans l'électorat de Hollande de 2012, la colère le partage au désarroi voire à la désespérance, ce qui nourrit, au fil des élections, la confusion et aussi le vote FN. Un FN qui surfe avec bonheur sur ce désespoir social, et sur une posture anti-système « UMPS ». Un FN qui parvient à emprunter à tous les répertoires politiques, gauche comprise, et à s’adresser à toutes les classes sociales. La percée des droites populistes, de l'extrême droite, est une donnée de ce scrutin européen. Mais il est marqué aussi par une percée de la gauche radicale en Belgique, aux Pays-Bas, en Irlande, en Grèce, au Portugal, en Espagne ; dans ces quatre derniers pays, là où des plans drastiques d'austérité ont été imposés, là aussi, pour les 3 derniers, où se sont développées les résistances sociales. Une course de vitesse est engagée, pour empêcher que la droite populiste et raciste n'emporte le morceau et ce d'autant qu'il n'y aura aucun changement de cap à la tête de l'Europe. Les politiques libérales sous forme d'austérité toujours plus violente vont se poursuivre. Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, la prime ira à ceux qui semblent capables de proposer un projet alternatif, fut-il nationaliste et raciste. 

 

En France, le scrutin a confirmé ces tendances lourdes européennes : abstention très forte, FN arrivé en tête, PS au pouvoir très violemment sanctionné. L'UMP s'en tire très mal et ne profite pas de la débâcle socialiste. Mais surtout, empêtré dans les affaires jusqu'au cou, il apparaît totalement discrédité et donne une image désastreuse de la politique. 

 

Dans ce contexte, on aurait pu imaginer de meilleurs résultats à la gauche du PS. Entre 2009 et 2014, EELV voit son score diminuer de moitié. Quitter le gouvernement en mars n'a pas suffi pour convaincre.

Et le Front de gauche ? Alors que l'on aurait pu attendre un bien meilleur résultat qu'en 2009, le score a été quasi égal à celui obtenu cinq ans auparavant. C'est une très grande déception.

 

Pourtant, il était possible d'espérer un score approchant celui obtenu lors de la présidentielle de 2012. Pourquoi un tel échec ? 

 

- Incontestablement, le FDG n'est pas apparu comme une alternative à gauche crédible et utile. Pire même, le FDG subit aussi, de manière atténuée, la sanction réservée à la gauche dans son ensemble. Sans doute plusieurs raisons à cela. Une est à chercher dans la dernière séquence électorale, celle des municipales, durant laquelle le FDG a brouillé son message politique avec la division de ses principales composantes sur la stratégie à suivre, listes autonomes ou avec le PS. Il aurait pourtant fallu incarner une véritable opposition de gauche face à un PS qui impose l'austérité.

 

La deuxième raison est peut-être plus profonde : le FDG n'a pas su relever le défi qui est le sien, celui de montrer que sa construction est synonyme de renouveau et de refondation d'une gauche de combat. Il a laissé s'étioler la dynamique liée à cette campagne. L'espoir suscité alors exigeait des réponses appropriées : faire du FDG un outil au service des hommes et des femmes qui avaient renoué avec la politique et qui manifestaient l'envie de le construire. Ce n'est pas ce qui s'est produit. Il n'y a pas eu de volonté politique au sein des organisations du FDG pour transformer ce cartel en véritable front social et politique. Or rompre avec les formes traditionnelles d'organisation de la « vieille gauche » discréditée et assimilée au système, à laquelle PCF et PG se rattachent par leur histoire, est essentiel. 

 

Pour autant, rien n'est perdu. Face aux enjeux aujourd'hui, les responsabilités du FDG n'ont jamais été aussi grandes : d'abord rassembler le FDG, l'ancrer à la base, dépasser ses limites de cartel. Puis, ensemble le dépasser tel qu'il est aujourd'hui en s'adressant à ceux et celles qui refusent l'austérité, ne se retrouvant plus dans la politique du gouvernement, chez les socialistes et les écologistes notamment. Dans la continuité du 12 avril, il s'agit de proposer à toutes les forces critiques, du NPA à Nouvelle Donne, aux listes féministes jusqu'à la gauche du PS et d'EELV, aux forces syndicales, aux organisations du mouvement social, la constitution d'un front commun anti-austérité. Au-delà, il faut faire preuve d'audace et oser porter un projet de société émancipateur qui s'affirme clairement comme alternative au système capitaliste et productiviste. C’est à cela qu’il faut d’urgence s’atteler.  

 

Myriam Martin, porte-parole d'Ensemble, tête de liste Front de gauche dans l'Ouest aux élections européennes

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 20:20
Réflexions pour le Front de gauche

Source : Médiapart le blog de Roger Martelli  le 30 mai 2014

- 1. La gauche dans son ensemble est au plus bas.

Elle vient d’enregistrer son plus bas pourcentage en suffrages exprimés depuis 1936, toutes élections confondues. La gauche de gauche est elle aussi mal en point : le total du Front de Gauche (FDG) et de l’extrême gauche (8 %) est le plus modeste en scrutin européen, un des trois plus faibles toutes élections confondues (pour le total PCF-extrême gauche). Pendant des décennies, le PCF a reculé sans que nul, à la gauche du PS, ne se montre en état de récupérer ce qu’il a perdu. Entre 1997 et 2008, l’extrême gauche trotskisante a fait une percée non négligeable. Elle s’effondre aujourd’hui, sans que le FDG récupère ce qu’elle perd.

 

 

- 2. Nous avons affaire à une crise politique qui est en même temps une crise de la politique.

Non pas de la politique en général, mais de la politique dans sa forme instituée. Les partis dits de gouvernement sont pénalisés par le recul de l’État, qui les rend incapables de répondre à la demande sociale « d’en bas ». De façon plus générale, le fonctionnement vertical des partis contredit le désir de délibération et de décision directe des individus. Il ne parvient plus à maîtriser le rapport complexe du social et du politique. Désormais, la reconstruction des cadres mêmes de la démocratie et la relance politique doivent se penser en même temps, selon des logiques voisines, à partir des mêmes exigences

 

 

- 3. Il n’y a donc pas de solution purement partisane à la crise politique actuelle.

Inutile d’envisager un parti central, au cœur d’une galaxie étendue, comme le PCF y parvint pendant quelques décennies ; mais un front de partis, fût-il élargi, ne suffit pas non plus. Le contact entre formations politiques est utile ; il n’est pas « la » solution. S’il faut reconstruire, c’est dans deux directions : associer à la construction de projets et d’initiative politique des forces et des individus qui ne sont pas dans le champ étroitement partisan ; bâtir des formes de fonctionnement collectif selon des modèles coopératifs, en réseaux, qui contredisent la tendance forte à confondre centralité et verticalité hiérarchique.

 

 

- 4. Le champ de cette reconstruction n’est pas « toute la gauche ».

Non pas qu’il faille renoncer au dualisme gauche-droite constitutif de la politique française. Non pas qu’il faille cesser de viser des majorités, pas simplement ponctuelles, mais autour de projets transformateurs globaux. Mais cette majorité ne se formera pas en dehors de médiations de plus ou moins longue durée. Depuis que le PCF a cessé d’être « central » à gauche, cette médiation est celle de la formation d’un pôle transformateur, ancré immédiatement dans le refus de la méthode sociale-libérale. La gauche existe encore. Il n’y a pas deux gauches hermétiquement fermées l’une à l’autre. Mais la gauche est polarisée entre la tentation de l’adaptation et de l’accommodement d’un côté, et de l’autre côté la propension à la rupture et au dépassement. Le second pôle est trop faible : il faut le conforter.

 

La structuration de ce pôle n’est pas une fin en soi. Mais si on ne s’y attelle pas de façon spécifique, hors élection et à l’occasion des élections, la gauche tout entière restera en panne. Il ne faut plus reproduire la cacophonie des municipales. Ce qui fit naguère la force de la stratégie d’union de la gauche tenait à deux choses en même temps : le PCF était à 20 % et il proposait la formule de l’union de la gauche partout. Pour assurer la présence d’un pôle transformateur (aujourd’hui minoritaire à gauche), il faut l’affirmer de façon cohérente, si possible à toutes les élections. Si des ajustements concrets doivent se faire, ils se font sur la base d’une orientation commune, valable sur la durée et opiniâtrement suivie.

 

 

- 5. La gauche de gauche française n’a pas disparu, comme elle l’a fait un moment en Italie.

Mais elle est en panne. Quatre traits, à mes yeux, contribuent à la pénaliser : la « peur de gagner », le jeu de la concurrence partisane, l’art de mettre en évidence les sujets qui fâchent, la propension à identifier modernisation et renoncement.

 

  • La « peur de gagner » : chaque fois que l’occasion se présente de prolonger électoralement une dynamique sociopolitique, la gauche de gauche s’emballe et échoue. En 1995, le grand mouvement de novembre-décembre bouscule un paysage politique qui semblait totalement bouché à gauche. Peu après, le PCF choisit la gauche plurielle et la LCR l’enfermement avec LO : à l’arrivée le PC est laminé et l’extrême gauche confortée mais isolée. En 2005, la victoire du Non ouvre un espace formidable à l’affirmation électorale d’un vote de gauche franchement en rupture avec les recentrages de vingt ans. La LCR fait la moue, le PC croit qu’il est le mieux placé : à l’arrivée, les comités antilibéraux explosent et la gauche de gauche est cruellement affaiblie. En 2012, le FDG fait une percée remarquée à la présidentielle. Qu’en est-il aujourd’hui ?

 

  • Le jeu de la concurrence partisane : au mieux, la gauche de gauche sait faire des cartels ; mais un cartel ne fait pas nécessairement « mouvement ». Chaque organisation tient d’abord à son existence : tout se passe comme si le commun (le cartel) n’était accepté que dès l’instant où il servait les intérêts du particulier (le parti). En pratique, chacun est plus ou moins persuadé qu’il est « le mieux placé pour… ». Autant dire que les autres sont moins bien placés pour… Dès lors, dans un cartel, chacun observe l’autre, comme en attente de la faille du partenaire. Au départ, on a des tête-à-tête ; à l’arrivée, on bute sur des face-à-face.

 

  • La passion des sujets qui fâchent. Globalement la gauche de gauche se caractérise par des traits de communauté majeurs : la critique des ajustements « sociaux-libéraux », le refus de la mondialisation financière, la conviction que le développement économe des capacités humaines vaut beaucoup mieux que la concurrence libre et non faussée, le désir d’avancer vers une démocratie d’implication… Mais dès qu’on semble parvenu à un consensus, on s’ingénie à trouver la ligne de clivage qui montre que l’entente est factice. En 2005-2006, la convergence antilibérale fait la preuve de sa force face au PS recentré ? La LCR se met alors à théoriser sur la différence jugée fondamentale et discriminante entre les « antilibéraux » et les « anticapitalistes ». On s’accorde, à la gauche de la gauche, sur la prééminence de la question des droits ? On se débrouille pour s’écharper sur le voile ou sur le post-colonialisme. En quelques années, on a pris l’habitude de penser ensemble les combats locaux, nationaux, européens, planétaires ? C’était trop beau : voilà que renaissent les débats sanglants entre « européistes » et « souverainistes », comme on s’égorgeait naguère entre « fédéralistes » et « confédéralistes », ou entre « girondins » et « jacobins ». À la gauche de la gauche, on aime bien se trouver des ennemis irréductibles dans son propre camp. L’ennemi le plus pernicieux, c’est celui qui vous ressemble le plus.

 

  • La confusion du mouvement et du renoncement. Dans la gauche de gauche, les jours heureux sont volontiers derrière nous. Du temps de la grande Union soviétique, du CNR, de l’État-providence, du keynésianisme, de l’unité jacobine, du jauressisme, de l’union de la gauche… Chacun choisit ses jours heureux. Mais ils sont dans le passé. Si le PS est fustigé, c’est parce qu’il tourne le dos au passé. Tant de renoncements ont été menés au nom de la « modernité » (souvenez-vous de « Vive la crise ! ») que l’on finit par identifier désir de bouger et capitulation devant le capital. Cette méfiance peut se comprendre ; il n’en reste pas moins qu’elle est mortifère. En fait, il faudrait dénigrer le PS parce qu’il tourne le dos à l’avenir. Et pour cela, s’il faut cultiver la mémoire du combat ouvrier et démocratique, il ne faut surtout pas la rejouer sur le même registre. Aimer son passé, ce n’est pas le répéter. Le FDG n’est pas identifié à de la novation : c’est dommage. Y remédier se travaille.

 

-  Pour compléter la réflexion, l'analyse, le débat sur l'avenir du Front de Gauche, lire aussi :

- Par : Gros travail d'introspection qui attend le Front de gauche

- Par François Delapierre, Secrétaire national du Parti de Gauche : Agir pour Reconstruire

- Initiative citoyenne : Appel pour un nouveau départ du Front de gauche

- Débat l'Humanité.fr : Après le choc des européennes, quel type de rassemblement à gauche ?

- Sur le blog Eric Durand : APPEL NATIONAL pour des assises du FRONT de GAUCHE

- Par Eric DURAND : Élections européennes : FN, une victoire par défaut !

- Par Myriam Martin : Du Front de gauche au front commun anti-austérité

- Par Raoul Marc Jennar : Sauver la gauche, ce n’est pas sauver le PS !

- Par Samy Johsua : Gauche, gauche…et gauche

- Par Brice Errandonea pour "Ensemble" : Souveraineté nationale ou souveraineté populaire ?

- Par Eric FAssin :  La gauche, avec ou contre le PS ?

- Par Corinne Morel-Darleux : Réflexions post-européennes en 7 citations...

- Par Eric Coquerel, Secrétaire National du Parti de Gauche : Refondations

- Par Robert Duguet : Résistance ou collaboration, il faut choisir !

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 09:27
APPEL NATIONAL pour des assises du FRONT de GAUCHE

L’Appel

 

Appel national pour des Assises du Front de Gauche

Les désaccords stratégiques qui ont divisé le Front de Gauche lors de ces élections municipales ont pesé très lourd dans la difficulté à rendre lisible, pour le plus grand nombre, le message que nous portons.

 

Pourtant, le Front de Gauche, autonome et conquérant, avec 11,7% retrouve la part d’électeurs et d’électrices qui a voté en faveur de Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle de 2012.

 

Dès lors, il est absolument éclatant qu’un Front de Gauche uni dans une stratégie nationale de conquête, débarrassé du brouillage entretenu par ceux qui ont fait le choix de s’allier dès le premier tour aux candidats qui soutiennent ce gouvernement, notamment dans les grandes villes, aurait permis un score national bien plus conséquent.

 

Ainsi le Front de Gauche aurait pu devenir, à l’issue de ce scrutin, le pôle de rassemblement de toute la gauche de rupture, et ce d’autant plus que lorsque l’alliance avec les écologistes s’est nouée autour de véritables contenus, 15% d’électeurs et d’électrices ont répondu présents.

 

L’heure n’est pas aux règlements de comptes, mais bien au sursaut. Notre ligne d’horizon est validée par les faits : le Front de Gauche est la stratégie pour conquérir le pouvoir.

 

L’exemple de Syriza indique bien que seul un Front de Gauche autonome, nourri de la dynamique citoyenne, définitivement détaché des stratégies à géométrie variable, pourra s’ancrer durablement et aller à la rencontre des abstentionnistes.

 

Nous militant-es -ou non- des partis membres du Front de Gauche, appelons immédiatement à l’organisation nationale d’Assises du Front de Gauche. Il nous faut ouvrir en grand nos portes et nos fenêtres, adopter une feuille de route pour les trois années à venir et préparer la relève de toute la gauche sociale, écologiste et républicaine.

 

Le succès prévisible de la Marche du 12 avril doit servir de point d’appui à la mobilisation pour la tenue rapide des Assises du Front de Gauche.

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- Pour se connecter au site original : ICI

- Pour signer l'appel : ICI

- Pour voir les signataires de l'appel : ICI

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 17:11

L’Humain d’abord était le programme du Front de Gauche et de son candidat commun, Jean-Luc Mélenchon, pour l’élection présidentielle puis les élections législatives de 2012.

Diffusé en librairie au prix de 2 euros dans la collection Librio, il s’est vendu à plus de 300 000 exemplaires.

 

Afin d’amplifier encore sa diffusion il est désormais disponible gratuitement en version numérique.

N’hésitez pas à le faire circuler.

 

 

- Pour ligne en ligne ou télécharger le programme, cliquez ICI

ou ci-dessous

 L’Humain d’abord » – Le programme du Front de Gauche
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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 11:00
Quel lien entre : le ferroviaire à Bruxelles... et le service des Pompes funèbres et du Crématorium à La Rochelle ?

La même politique de casse est à l'œuvre... et seul le Front de Gauche résiste !

 

Sources : le site du Comité Ouest17 du Parti de Gauche  La Rochelle le 3/12/2011 modifié le 13/12/2011

- Ainsi, à Bruxelles

Le Parlement européen a voté en faveur d'une poursuite de la libéralisation (privatisation) du transport ferroviaire (lire). Les eurodéputés de droite et socialistes français ont voté en faveur de ce texte qui prévoit la séparation de la gestion du réseau de son exploitation ; les députés français d'EELV (Europe Écologie les Verts) se sont abstenus sur un projet pourtant largement combattu par les syndicats.

  • Seule la GUE où siègent les élus du Front de Gauche a voté contre
 

- Ainsi à La Rochelle...

Sous prétexte que le cadre juridique actuel serait "trop pénalisant" face à un durcissement de la concurrence, la municipalité veut, malgré l'opposition de la CGT, transformer le service des Pompes Funèbres en SPL, (Société Publique Locale) de droit privé, assujettie essentiellement au Code du Commerce. Ce nouveau mode de gestion met notamment à mal la règle de la séparation de l'Ordonnateur et du Comptable, règle de transparence des comptes publics.

 


- Se soumettre aux règles de la concurrence, le même discourt et la même politique de La Rochelle à Bruxelles !

Quelles sont donc les contraintes d'aujourd'hui qui légitimeraient ce changement au nom d'une plus grande souplesse et d'une modernisation de la gestion des services publics ?

  • Les règles qui régissent les marchés publics sont-elles si lourdes ? ne sont-elles pas justement les garants de la transparence ?

  • Les services municipaux rochelais n'ont-ils pas une réputation d'excellence ?

  • Les pompes funèbres sont bien un service public rendu aux usagers et non un commerce... qui a fait la preuve auprès de la population de sa fiabilité pour tous, même face à la concurrence.

  • Les régies publiques directes ne savent-elles pas être efficaces, réactives et sûres ?

  • Cette société privée source de profit, se ferait au détriment des usagers et au bénéfice de qui ?

  • Quant aux agents, ils relèveraient du droit privé, les futurs recrutements ne dépendraient plus du statut de la fonction publique territoriale.

 

- Le même discours et la même politique de démantèlement des statuts et garanties collectives sont mises en œuvre de La Rochelle à Bruxelles !

Aujourd'hui les pompes funèbres, et demain quels services feront l'objet d'une privatisation déguisée : l'eau, les restaurants scolaires, .... ?

 

La Commission consultative des services publics locaux de La Rochelle réunie le 2 décembre a voté en faveur du projet présenté par la municipalité.

  • Les représentants du P.S. et du P.R.G. ont voté POUR, avec 3 autres membres, sur ce projet qui rencontre une opposition syndicale forte.

  • Seul l'élu du Front de Gauche (communiste) a voté contre.

Le dossier sera soumis au vote du conseil municipal de La Rochelle le 12 Décembre ! Chacun devra prendre ses responsabilités !

 

- Le Conseil Municipal de La Rochelle vote la privatisation des Pompes Funèbres

  • Seuls les élus du Front de Gauche (communistes) ont voté contre.

Quel lien entre : le ferroviaire à Bruxelles... et le service des Pompes funèbres et du Crématorium à La Rochelle ?

- Ci dessous l'intégralité de la délibération municipale

 

- Alors quel choix et quelle leçon en tirer ?

Tout d'abord le Parti de Gauche condamne cette décision, apporte son soutien aux personnels municipaux qui s'opposent à ce projet, et se déclare solidaire des usagers qui pourraient, à juste titre, manifester leur opposition.

  • Car le choix politique n'est pas entre le libéralisme de droite et la sociale démocratie de gauche ;

  • Car le choix n'est pas entre les pro ou les anti-parachutés locaux qui in fine... sont partisans de la même politique à La Rochelle comme à Bruxelles.

Le choix se situe dans l'acceptation ou la rupture avec les thèses libérales, avec la soumission à la loi du 'marché'.
La France, La Rochelle n'ont pas trop de service public. Au contraire !


Le Front de Gauche à Bruxelles, comme à La Rochelle fait le choix de défendre et de soustraire les services publics à la loi de l'argent (voir page 9 du programme "L'humain d'abord").

 

C'est cette volonté politique qui est portée par son candidat aux élections présidentielles et le sera par ses candidats aux législatives.

 

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