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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 08:19
Le bilan libre et non faussé des libéralisations : SNCF, La Poste, EDF...

Sources : le Parti de Gauche Midi-Pyrénées le 07 juillet 2015

- SNCF  : le privé arrive en gare

Rentabilité et ouverture à la concurrence sont devenues les maîtres mots d’une stratégie d’aménagement du territoire qui ne répond plus aux exigences de service public. Fermetures de lignes, de gares, de guichets, report modal vers la route, abandon du fret, la nouvelle carte ferroviaire consacre le recul du rail, la casse du service public et la suppression en cascade de postes de cheminots. Une carte à trous qui dessine les contours de véritables déserts ferroviaires. Remises fin mai au gouvernement, les conclusions du rapport Duron sur l’avenir des lignes Intercités (TET) témoignent une fois de plus de la priorité accordée aux lignes dites «  rentables  ». «  Plutôt que de proposer une ambition nouvelle pour le service public, la commission Duron propose des coupes claires dans l’offre TET en supprimant de nombreuses lignes ou tronçons et dessertes. Des transferts massifs du train vers la route sont envisagés, profitant très opportunément des dispositions de la loi Macron visant à la libéralisation des autocars  », analyse la fédération CGT des cheminots. Et alors que Bruxelles tente d’imposer aux pays de l’Union une ouverture totale du rail à la concurrence, le rapport Duron va jusqu’à préconiser l’anticipation, en ouvrant, dès que possible, le trafic voyageurs aux opérateurs privés. Le tout facilité par la réforme ferroviaire qui, en éclatant l’entreprise historique SNCF en trois entités, permet la vente à la découpe du rail français. Mobilisés contre ce texte durant des mois, les cheminots maintiennent la pression, pour la sauvegarde d’un véritable service public ferroviaire dans une Europe de la coopération, loin de la vision dogmatique du tout-concurrence.

 

Le bilan libre et non faussé des libéralisations : SNCF, La Poste, EDF...

- La Poste  : les bureaux disparaissent dans la nature

Un processus de privatisation par étape. Depuis le 1er mars 2010, La Poste est devenue une société anonyme à capitaux publics. Moins d’un an plus tard, le marché est ouvert à la concurrence. Si l’entreprise, détenue par l’État à hauteur 73 % et par la Caisse des dépôts à 26 %, reste monopolistique, elle accélère sa libéralisation. Prenant prétexte de la baisse de l’activité du courrier, réelle, mais pas aussi forte que prétendu par la direction, les restructurations dans les centres de distribution et de tri battent leur plein. Donnant lieu à des luttes au long cours et victorieuses comme récemment à Thuir (Pyrénées-Orientales) après 97 jours de grève. Les bureaux de poste ne sont pas épargnés. Ils sont nombreux à fermer leurs portes, en milieu rural comme en ville. À cause du rouleau compresseur des réorganisations, 90 000 emplois ont été supprimés en dix ans. Cette perte de terrain du service public semble avalisée par le gouvernement. Il a signé le contrat de présence postale 2014-2015, avec l’Association des maires de France et La Poste, qui s’engage à maintenir 17 000 points dans l’Hexagone. Un accord de façade. Dans certains départements, la moitié des bureaux de plein droit ont déjà été remplacés par des agences postales communales (APC) ou des relais poste commerçants (RPC). La Poste se défausse ainsi d’une partie de ses responsabilités sur les commerçants ou les maires. Le service public postal n’est plus la priorité stratégique de l’entreprise qui mise désormais sur la Banque postale et les prestations commerciales pour son développement.

 

Le bilan libre et non faussé des libéralisations : SNCF, La Poste, EDF...

- EDF  : les usagers paient la note

Depuis le 1er juillet 2007 et la libéralisation du marché de l’électricité, les prix se sont envolés de plus de 30 %. La dernière augmentation tarifaire remonte à novembre 2014 (+ 2,5 %). Le plan gouvernemental visant à faire racheter par EDF – pour quelque 2 milliards d’euros – une partie d’Areva devient l’occasion de passer au chantage. Ainsi, selon le Journal du dimanche, Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, aurait demandé au gouvernement, en contrepartie, une augmentation des tarifs de l’électricité de 2,5 % en 2015, 2016 et 2017. En clair, faire payer au contribuable usager la facture du dossier Areva et les investissements dans le nucléaire français.

 

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 08:04
Les banques centrales et leur rôle dans la crise

Sources :  Prenez le pouvoir le 17 mai 2015 (http://www.latribune.fr/)

Il est fréquent d'analyser la crise que nous traversons au travers du prisme de l'endettement excessif et des dérives de l'ingénierie financière. Plus rares, sont les analyses qui s'attardent sur le statut même de nos Banques centrales. Pourtant, l'indépendance de ces institutions, explique pour partie, le blocage de nos économies et l'échec annoncé des politiques monétaires actuelles.

 

En toile de fond, se pose surtout la question du véritable rôle que jouent, aujourd'hui, les Banques centrales. Devenues, pour la majeure partie d'entre elles, indépendantes dans les années 90, ces institutions servent-elles toujours les intérêts des nations ou ont-elles été dévoyées au profit des marchés financiers ? Retour sur un coup d'État silencieux.

 

 

- L'art (délicat) de la politique monétaire

Les qualificatifs manquent toujours lorsqu'il s'agit d'évoquer la politique monétaire et le rôle des Banques centrales. Prêteur en dernier ressort, pivot de l'organisation monétaire, acteur incontournable de nos sociétés modernes, la Banque centrale rythme le pouls de nos économies. En fixant le prix et le volume de la liquidité mise à la disposition du système bancaire, l'institution « pilote » la création monétaire issue du crédit bancaire. Un exercice d'équilibriste qui vise, à ce que l'économie connaisse la croissance et le plein-emploi, avec le souci constant d'une inflation toujours modérée. Institution parmi les institutions, la Banque centrale, trône au sommet de la chaîne économique.

 

 

- Dans le creuset des Banques centrales

Mais pour appréhender au mieux le rôle des Banques centrales, il faut se pencher sur les deux grandes forces qui s'activent autour d'elles. Car c'est bien dans le creuset des rapports de forces, souvent violents, qui opposent d'un côté le pouvoir politique (le souverain) et de l'autre les marchés financiers (le privé), que se forgent les Banques centrales. Enjeux de pouvoir, l'institution est, dès sa naissance, l'objet de toutes les convoitises.

 

À plus d'un titre, l'histoire de la Banque de France illustre à merveille ce combat séculaire. Au départ, fruit de l'initiative d'une poignée de banquiers privés, l'institution fondée sous l'égide Napoléon, n'aura pas de cesse de lutter pendant près de deux siècles pour s'émanciper de l'emprise du souverain. Ironie, lorsque l'on sait que c'est le souverain qui confère à la Banque centrale tout son pouvoir, notamment en lui déléguant sa prérogative régalienne de battre monnaie.

 

Néanmoins, le contraste qui oppose les deux antagonistes est parfois plus nuancé. C'est le cas des États-Unis où la très forte interdépendance qui existe entre le secteur financier et le gouvernement Fédéral rend le statut - et part conséquent le degré d'indépendance - de sa Banque centrale difficile à cerner.

 

 

- Libéralisation financière et politique monétaire : le tournant des années 80-90

Plus proches de nous, les grands mouvements de libéralisation financière des années 80 marquent un tournant essentiel dans l'histoire des Banques centrales. L'influence sans cesse grandissante du secteur financier conjuguée à sa trop grande collusion avec le pouvoir politique va progressivement faire basculer l'équilibre en faveur des marchés financiers. Après un XXe siècle qui aura vu la nationalisation d'une grande partie des Banques centrales, les années 90 marquent le retour à l'indépendance de ces institutions. En France, cette transformation est dictée par les aspirations de " modernité " du pouvoir politique. Le " consensus de Paris " écrit par Rawi Abdelal reste sans doute le plus juste témoignage de l'ambition qui va s'emparer du gouvernement français dans les années 80. En quête de crédibilité économique face à la défiance des marchés financiers, le gouvernement socialiste de l'époque ira jusqu'à codifier, lui-même, les règles de cette libéralisation financière.

 

Ce divorce entre les États et leur Banque centrale s'accompagne de son cortège de restrictions en matière de financement aux Trésors. En France, cette transformation va conduire à la dissolution du circuit du Trésor, un circuit de financement qui aura accompagné la France durant ses années les plus fastes, celles des trente glorieuses. Il y a quelque part dans ce " désintérêt " du pouvoir politique pour ses Banques centrales quelque chose de tragique, un abandon que certains vont jusqu'à qualifier de trahison à l'égard de leur nation. Dans les faits, l'arme monétaire est au plan économique ce que l'arme nucléaire est à la défense du territoire. Dès lors, tout nous autorise à penser que l'institution monétaire se doit de rester dans le giron des États, au service de leurs intérêts économiques.

 

 

- Ciblage d'inflation : quand le dogme devient mandat

En matière de transparence, la fongibilité entre les pouvoirs publics, en charge de décider du cadre institutionnel de la Banque centrale et le secteur financier reste une intarissable source de questionnements. Comment être sûr que le politique n'a pas été influencé par des intérêts privés ? Cette stabilité des prix sur laquelle la jeune BCE a capitalisé toute sa crédibilité, est-elle réellement dans l'intérêt des économies européennes ? Ne vient-elle pas plutôt couronner le règne de la finance ?

 

Il est évident que cette " obsession " de l'inflation rappelle la névrose que font les autorités allemandes et néerlandaises avec la stabilité de leur monnaie. La BCE s'étant construite sur la même structure que la Bundesbank (Banque centrale allemande), quoi de plus normal qu'elle lui emprunte les mêmes biais, qu'elle en porte les mêmes " stigmates ". En réalité, la défense du capital face au fléau (imaginaire) de l'inflation est devenue l'orthodoxie en matière de pensée économique. Une orthodoxie que partage l'Allemagne pour des raisons de préservation du capital financier liées à sa démographie vieillissante. Ainsi, lorsque les intérêts du " grand leader " de la zone euro rencontrent ceux des marchés financiers, l'orthodoxie se change en dogme et verrouille la nature des politiques monétaires menées en zone euro.

 

 

- Un mandat "par défaut"

En réalité, la Banque centrale européenne n'a jamais eu d'autre choix que d'agir selon ce mandat par " défaut " basé sur la seule et unique stabilité des prix. La diversité des structures économiques (productives et sociales) présente en zone euro empêche de facto de mener tout autre type de politique monétaire. Cela, les concepteurs de cette Europe ne pouvaient l'ignorer. Sans espoir de fédéralisme, le maintien de cette situation conduit au saccage des économies les moins aptes à évoluer au sein de cette nomenclature monétaire commune. En témoignent, les difficultés que rencontrent les pays périphériques de la zone euro depuis de nombreuses années.

 


- Le paradoxe des taux obligataires

Les observateurs les plus libéraux ne manqueront pas de remarquer que l'écrasement des taux obligataires profite aussi bien aux marchés financiers, qu'aux États. C'est un fait, à l'heure actuelle, une émission sur trois de dette souveraine en zone euro délivre un rendement négatif. Autrement dit, ceux qui prêtent aux États sont, aujourd'hui, prêts à payer pour placer leur argent dans l'un des derniers supports qu'ils jugent encore " sûrs ". Au-delà, des problématiques liées à la réglementation prudentielle, cette baisse des taux résulte avant tout de la volonté presque incoercible de faire monter la valeur des obligations, comme celle de l'ensemble des actifs financiers. Une conséquence directe des politiques monétaires plébiscitées - pour ne pas dire " extorquées " - par les marchés financiers aux Banques centrales. Le cours des obligations évoluant en sens inverse des taux du marché obligataire, les États profitent donc (mécaniquement) de cette baisse " providentielle ", sans pour autant en être les instigateurs.

 

Depuis le début de l'année un nouvel élément vient brouiller le clivage entre souverain et privé. Le Quantitative easing, lancé par Mario Draghi en janvier dernier est, à plus d'un titre, une " curiosité " monétaire. En permettant aux États de la zone de monétiser leur dette de façon indépendante, le QE rompt sans le dire, avec l'unicité de la politique monétaire menée par la BCE. Doit-on voir derrière cette initiative, l'opportunité pour les États de reprendre la main sur leur taux de financement ? Ou est-ce pour les marchés, un fabuleux prétexte pour se défaire de titres souverains achetés au plus haut et désormais menacés par des pertes en capital considérables ?

 


- Aux limites de la libéralisation financière


Nous arrivons aux frontières de la libéralisation financière, la fin d'une époque qui aura vu le triomphe des marchés financiers et l'affaiblissement des États-nations. En conduisant nos économies loin de tout fondamentaux, les politiques d'assouplissement quantitatif s'inscrivent dans le prolongement de la globalisation financière amorcée au début des années 80. Souvent présentées de façon insidieuse dans les médias comme le remède à tous nos maux, ces politiques monétaires sont en réalité la conséquence et le dénouement de la crise que nous traversons.

 

Véritable quête du Graal, le ciblage d'inflation poursuivi par les Banques centrales n'aura servi qu'à masquer la réalité que recouvre aujourd'hui la création monétaire. Une création qui s'organise exclusivement autour de la seule valeur des actifs financiers et non plus pour le bon fonctionnement et les besoins de nos économies. Il y a dans ce constat, l'évidence que les institutions monétaires ne sont plus, depuis bien longtemps, entre les mains du peuple.

 

Corrompues dans leur nature, les Banques centrales qui s'activent à combattre la crise, pourraient se révéler être des outils de politique économique totalement inadaptés pour venir à bout du blocage actuel. Dans un horizon assez proche, la question du statut des Banques centrales va de nouveau se poser. Avec elle, apparaîtra le déficit démocratique qui entoure nos institutions monétaires.

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 08:09
La machine de la terreur (“Quotidien des Rédacteurs” du 2 juillet 2015)

La machine de la terreur (“Quotidien des Rédacteurs” du 2 juillet 2015)

La (brève) campagne pour le référendum grec aura achevé de faire tomber les derniers oripeaux de l’idée démocratique à l’occidentale. Et confirmé la dérive clairement totalitaire d’une élite dirigeante aux abois.

 

Sources : Politis.fr le 03 juillet 2015

- A-t-on jamais vu pareil déchaînement contre un gouvernement ayant décidé de consulter ses citoyens quant au chemin délicat qu’il entendait emprunter ?

  • Intrusion grossière dans un processus démocratique avec des appels, que dis-je, des injonctions à voter oui de la part des autorités européennes :

« Un non des Grecs au référendum serait un non à l’Europe »

(Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne).

 

 

  • Menaces ouvertes de représailles en cas de vote contraire à ces injonctions, comme celle de Jeroen Djisselbloem, président de l’Eurogroupe, avertissant que toute négociation serait close si la Grèce vote "non".
  • Appel sans phare à un coup d’État : Martin Schultz, président du Parlement européen, ne vient-il pas d’exprimer son souhait de « voir la fin de l’ère Syriza en cas de victoire du "oui"aux réformes, pour qu’un gouvernement de technocrates puisse être formé » ?
  • Mensonges éhontés pour appuyer des arguments comme cette déclaration du ministre français Sapin invoquant de prétendues interventions de pays jaloux des "largesses" accordées par le FMI à la Grèce (affirmations solennellement démenties par les intéressés, l’Argentine et le Brésil, ceux-là prenant au contraire fait et cause... pour le gouvernement Tsipras !).
  • Pressions intérieures tout aussi brutales comme ce chantage révélé par Panagiotis Grigoriou sur son site Greek Crisis : en juin, des entreprises privées grecques n’ont payé que la moitié des salaires de leurs employés, en menaçant ces derniers de s’exposer à des licenciements massifs en cas de victoire du "non".
 

- La répression comme ultime méthode de gouvernement

Mais ces dangereuses dérives ne se limitent pas au seul cas grec. Celui-ci n’est au contraire que le point d’achèvement de l’idée démocratique à l’occidentale. Car il faut avoir les yeux et l’esprit sérieusement crottés pour ne pas en avoir vu se multiplier les signes de plus en plus criants de la tentation totalitaire :

  • La remise en cause sans complexe de tous les résultats électoraux "non conformes" : après le référendum français de juin 2005, les législatives grecques de janvier 2015 avaient déjà fait l’objet de ces remises en cause à peine voilées.
  • La militarisation galopante de l’espace démocratique : non seulement en Ukraine et dans les ex-pays dits de l’Est, mais également sur toutes les Zad récalcitrantes et dans tous les quartiers "échauffés" (cf. l’équipement des Robocops policiers abondamment déployés par les autorités en poste).
  • La multiplication des mesures répressives et liberticides : mises sur écoutes de tous les citoyens, limitation draconienne du droit de manifester comme en Espagne, répression féroce contre tous les lanceurs d’alerte tels Julian Assange ou Edward Snowden...
  • L’assujettissement complet des moyens d’informations devenus purs instruments de propagande au service de la pensée unique, comme on a pu encore le vérifier avec la La multiplication des mesures répressives et liberticides : mises sur écoutes de tous les citoyens, limitation draconienne du droit de manifester comme curée médiatique contre le référendum grec, tant dans les pays satellites européens qu’en Grèce même où TOUS les médias privés se sont faits les hérauts du "oui".
 

- Des ennemis

Cette fuite en avant totalitaire, qui ne prend même plus soin de se draper dans les oripeaux de l’apparence démocratique, illustre bien plus un désarroi qu’une position de force des dirigeants occidentaux. Ceux-là n’ont tout bonnement plus d’autres moyens, ni financiers, ni économiques, ni politiques, encore moins sociaux, d’assurer leur autorité auprès de leurs ouailles.

 

Pas d’autres moyens non plus, et c’est peut-être le plus important, de préserver les intérêts très privés de leurs commanditaires. Car là où les citoyens russes et chinois ont encore des chefs d’État, les populations occidentales n’ont plus depuis longtemps que les VRP appointés des lobbies de ces intérêts privés.

 

Dès lors, le spectacle démocratique n’a plus pour but que de valider le degré de soumission des majorités à leurs maîtres. Et l’effondrement de pratiquement tous les fondamentaux du système occidental néolibéral ne peut conduire qu’au chaos politique.

 

Le fossé est désormais définitif entre les citoyens et ceux qu’on ose plus appeler leurs "représentants". Quel qu’en soit l’issue, le résultat du référendum grec témoignera vite de cette rupture irréductible. Car quoi qu’en dise Alexis Tsipras, une victoire du "non" n’infléchira en rien la position inflexible de la Troïka. D’adversaires politiques, ceux-là sont clairement devenus des ennemis.

 

La Troïka transforme l'Europe en zone de guerre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La Troïka transforme l’Europe en zone de guerre
 

 

- La politique coloniale de l'Europe sur le dossier grec

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 09:30

La technique : transformer des dettes privées en dettes d'États sur le dos des peuples de l'UE...

 

Mis à jour le 15 juillet 2015

L'arnaque faite à la Grèce en une image et une vidéo..

 

- Comment transformer une dette privée en dette publique ?

L'arnaque faite à la Grèce en une image et une vidéo..

 

Pour visionner la vidéo, cliquez ICI, source : %attac

 

 

- Pour consulter le texte de l'accord, cliquez ICI

- Pour une première analyse du texte par Eric Coquerel du Parti de Gauche, cliquez ICI

- Pour la version intégrale de l'accord annotée par l'ex-ministre des finances grec Yanis Varoufakis, cliquez ICI et ICI

 

 

- Six économistes passent au crible l’accord imposé par la zone euro[1]

Les économiste Frédéric Boccara, Michel Husson, Nasser Mansouri- Guilani, Henri Sterdyniak, Catherine Mathieu,Dominique Plihon décryptent le plan des eurocrates.

 

Point par point, less experts démontrent comment les réformes, les mesures ou les conditions d’attribution des aides imposées aux Grecs vont étouffer la Grèce et plonger son peuple dans une nouvelle récession, accroître le chômage, la précarité et la pauvreté, pour au final faire exploser de nouveau sa dette :

 

 

 

 

 

 

Note :

[1] l'Humanité

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Grèce : Tsipras "a signé pour éviter le désastre au pays"

- "Notre combat pour sauver la Grèce", interview de Yanis Varoufakis au New Statesman

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 08:09
Pourquoi l'omerta des médias au sujet de la démocratie islandaise ?

La réponse n'est pas si difficile à apporter :

l'Islande devient l'une des premières démocraties en Europe !

 

Source :  OPINIONS le 29 mai 2015 par Eric Labbé

Dans la quasi-totalité des pays européens, les Etats empruntent aux banques privées et sur les marchés financiers... Auparavant (en 1973 pour la France), les Etats empruntaient auprès de leur banque centrale.

 
 

- Mais pourquoi ce changement et à qui profite le "crime" ?

Les banques centrales prêtaient à taux nul à leurs Etats et ces derniers ont décidé, par l'intermédiaire des élus-traîtres, de transférer leur pouvoir aux banques privées qui ne se sont pas privées (sic) pour prêter avec un taux d'intérêt conséquent. Et c'est ainsi que la dette de tous les pays s'est envolée, les principaux créanciers étant les banques privées, ces dernières dictant leur loi aux citoyens de tous les pays par élus traîtres et corrompus interposés.

 

 

- Mais que fait l'Islande pour échapper aux banquiers escrocs ?

Première étape: Elle les met en prison. Le directeur de la deuxième banque d'Islande, la Landsbanki, a été condamné à 3 mois de prison ferme. Deux autres banquiers ont également été "coffrés" pour avoir manipulé des cours de bourse (comment est-ce possible?). Tandis que trois autres escrocs du système bancaire, ayant évolué au sein de l'ancienne première banque islandaise, la Kaupthing, ont écopé, en décembre 2013, de peines de prison allant de 3 ans et demi à 5 ans et demi, excusez du peu !

 

Deuxième étape : Plainte contre toutes les banques pour faux-monnayage. La Homes Association of Iceland (association d'intérêt public pour la protection des droits des ménages islandais) s'appuie notamment sur l'article 150 du Code pénal général n°19/1940 qui stipule que :"Toute personne qui crée de la fausse monnaie dans le but de la mettre en circulation comme monnaie légale ou toute personne qui acquiert de la fausse monnaie pour lui-même ou d'autres personnes dans le même dessein, sera soumise à une peine d'emprisonnement de 12 ans maximum. Dans le cas où la contrefaçon a été effectuée de manière à réduire la valeur spécifique de la monnaie légale, la sanction consistera en une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 4 ans".

 

 

- Pourquoi ces silences permanents des médias traditionnels qui préfèrent informer dans le tout-convenant ?

Très certainement pour entretenir un système oligarchique médiatico-politico-financier qui profite à leurs maîtres mais aussi à eux-mêmes dans une moindre mesure.

 

Les peuples européens commencent à se réveiller. L'Islande, l'Espagne, la Grèce sont aux premières loges... Quel dommage que notre système oligarchique français perdure.... Mais pour combien de temps encore ?

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier Islande

- L'Islande annule (encore une fois) une partie des emprunts immobiliers des ménages

- L’Islande dit non à l’Union Européenne

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 18:09
Jean-Luc Mélenchon "Grèce : un accord contraint qu’il ne faut pas soutenir"

Un révolver sur la tempe !

 

Source : le blog de Jean-Luc Mélenchon le 13 juillet 2015 | modifié le 20 juillet 2015

- « Un revolver sur la tempe », selon ses propres termes : Tsipras a signé un « compromis ».

Aussitôt, les trompettes des louanges relaient la traditionnelle propagande gouvernementale pour célébrer le rôle de facilitateur de Hollande, la force du « couple franco-allemand » et réciter les refrains, les mantras et les calembredaines habituelles des eurolâtres. La vérité toute crue est, une fois de plus, à des lustres des pseudos analyses de commentateurs qui ne comprennent pas ce qu’ils voient, parlent de textes qu’ils n’ont pas lu et font réagir des « responsables politiques » sans autres informations que celles données par ces plus que douteux intermédiaires.

 

 

- Sur tous les écrans la même image....

madame Merkel face à Alexis Tsipras flanquée de Donald Tusk et de François Hollande. Un spectacle inacceptable. Pas seulement pour un Français à qui il est pénible de se voir de ce côté de la table et de surcroît assis en bout de banc ! Mais surtout pour un Européen. Car cette réunion devenue, faute de critique des commentateurs, une « instance », n’a aucune légitimité. Il y a un Conseil des gouvernements, il y a un Eurogroupe. Il n’y a pas de tandem faisant office d’audit ! La proposition issue de cette réunion n’a donc aucune légitimité. D’ailleurs, les Italiens (troisième économie du continent) ont lourdement protesté. Et le gouvernement finlandais où règne la coalition de la droite et de l’extrême droite a déjà déclaré que cet accord n’était pas le sien ! Voilà qui devrait au moins faire réfléchir les eurolâtres français. Quelle genre d’Europe est-ce là ?

 

 

- Quant à la discussion dans ce cadre, quelle valeur a-t-elle ?

La partie grecque n’y était pas du tout libre. Le pays est en état de blocus financier depuis quinze jours ! L’asphyxie est amplement commencée. Que vaut dans ces conditions une discussion de treize heures sans pause ? Et comment accepter le genre de pression que signifie la présence d’un côté des experts des deux premières économies, appuyés par les assistants du président du Conseil des gouvernements face à un gouvernement seul ? Est-ce ainsi que l’on traite ses partenaires en Europe ? Asphyxie financière du pays et asphyxie physique des négociateurs comme cadre d’échange ? 

 

 

- Après quoi je me dis mal à l’aise du fait du soutien apporté dans notre gauche ici ou là a cet « accord ».

Je veux croire qu’il n’aura pas été lu ou lu trop vite… En effet, le texte signé prévoit par exemple l’abrogation de toutes les lois votées depuis février dernier, la remise en cause du code du travail jusque dans des détails comme le travail du dimanche, la surveillance rétablie de la Troïka sur chaque ministère et le devoir de son approbation préalable avant chaque proposition de loi. Quand au rééchelonnement de la dette, question prioritaire, il est, d’une part, mis au conditionnel et, d’autre part, subordonné à l’approbation préalable de tout ceci par le Parlement Grec ! 

 

 

- La presse allemande comme le « Spiegel » parle de cet accord comme d’un « catalogue de cruauté ».

Le journal « L'Humanité », sous la plume de son directeur Patrick Apel Muller, parle de « la dictature froide de l’Allemagne ». « Angela Merkel, écrit-il, réclame la capitulation sans condition sous peine d’exclusion, accompagnée par quelques gouvernements servile. » La veille, Matéo Renzi, le président du Conseil italien, avait fini par éclater face au gouvernement allemand : « Ça suffit ! ». De toutes part, l’indignation est montée. « Le Monde » rapporte que même les hauts fonctionnaires européenns sont outrés. Il montre Tsipras épuisé et humilié.

 

 

- Telle est pourtant dorénavant l’Union européenne.

Le gouvernement d’Alexis Tsipras a résisté pied à pied comme nul autre ne l’a aujourd’hui fait en Europe. Il doit accepter un armistice dans la guerre qui lui est menée. Notre solidarité lui est due. Mais rien ne doit nous obliger a accepter de participer à la violence qui lui est faite. Si j’étais député, je ne voterais pas cet accord à Paris. Ce serait ma manière de condamner la guerre faite à la Grèce. Ce serait ma manière de condamner ceux qui la mènent et les objectifs qu’ils poursuivent.

 

 

- En France, nous devons condamner de toutes les façons possibles les sacrifices encore demandés aux Grecs et la violence qui leur est imposée.

Comme d’habitude, cela commence par le sang-froid face à la meute médiatique et son rouleau compresseur de fausses évidences. Ne jamais perdre de vue qu’ils mettent en mots la réalité pour la faire correspondre à leurs formats de diffusion et que la vérité n’est pas leur première exigence, même au prix de l’absurdité. Dans cette ambiance, il est impossible de retourner la tendance du commentaire, car elle est dans la folie panurgique. Mais, en allumant des signaux et en faisant circuler des analyses documentées, on empèche la débandade intellectuelle et on donne des points d’appui. Dans quarante-huit heures, les ravis de la crèches vont dessaouler. Toutes sortes de gens intellectuellement exigeants vont lire le texte. La résistance va se reconstituer. Certes, personne ne viendra dire merci à ceux qui auront tenus la première ligne de tranchée. Mais ce qui importe le plus sera acquis : une résistance va exister. 

 

 

- Les gens de bonne foi qui cherchent à se faire une opinion libre n’y comprennent rien...

En vérité, tant l’accumulation des bavardages transforme en « bruit » toute question. Ils sentent bien qu’on veut leur faire penser quelque chose et ils ne veulent pas se laisser faire. Notre devoir est de tenir bon en tenant tous les bouts du problème posé. Il faut soutenir Alexis Tsipras et ne pas s’ajouter à la meute de ceux qui veulent le déchirer et se rendent complice du coup d’état tenté contre lui et les Grecs. Mais il ne faut pas soutenir l’accord pour ne pas cautionner la violence dont il est issu et qu’il prolonge. 

 

 

- Nous savons que le meilleur atout du peuple grec serait la victoire de Podemos en Espagne et la nôtre en France.

Nous y travaillons ! Pour cela, il ne faut pas commettre l’erreur d’approuver aujourd’hui des méthodes appliquées demain aux Grecs, dont on ne supporterait pas qu’elles soient appliquées à la France. En laissant faire le putch contre Chypre, la France a validé une méthode qui a été depuis étendue à la Grèce. Nous fûmes trainés dans la boue pour l’avoir dit et même traité d’antisémites pour cela par Harlem Désir, alors premier secrétaire du PS, absent total de la partie européenne qui vient de se jouer alors même qu’il est le ministre français des affaires européennes ! 

 

 

- Mobilisés en équipe et avec traducteurs, mes amis et moi nous n’avons pas lâché les devoirs de la froide analyse et de la « solidarité raisonnée » qui est notre règle éthique et politique.

Cette discipline, nous la pratiquons depuis la période où nous avons accompagné et soutenu les révolutions citoyennes de l’Amérique latine. En effet, elles posaient déjà à chaque instant le problème de la façon de combiner le nécessaire soutien face à l’ennemi et le droit de ne pas partager une position prise par nos amis sur place. C’est d’ailleurs pour maintenir la possibilité de cette attitude que nous avons refusé à Chavez la construction d’une « cinquième internationale » comme il l’avait proposé, en nous prévenant à juste titre que le refus de sa proposition nous laisserait sans alternative collective. Nous avons mis en veilleuse nos critiques de François Hollande, même si nos encouragements à bien faire ont comme d’habitude été utilisés sans scrupule pour faire croire à notre adhésion.

 

 

- Cette attitude est celle de la responsabilité devant notre pays et devant nos amis grecs.

Sans surprise, une fois de plus, nous avons vu l’exécutif français deux mains en dessous des évènements et revenant de Bruxelles comme d’autres de Munich, le sourire aux lèvres et les fleurs au plastron, acclamé par des meutes hallucinées. Je dois évidemment souligner que je ne fais cette comparaison que pour éclairer une scène. Je ne compare jamais l’Allemagne actuelle à celle des nazis. Je ne l’ai jamais fait. On m’a évidemment reproché une phrase pour mieux dépolitiser toutes les autres. J'ai dit que pour la troisième fois, l'Allemagne était en train de détruire l'Europe. C’était le titre ce matin du quotidien proche de Syriza. Avant cela, c’était déjà une appréciation de Joska Ficher, l’ancien ministre écologiste des affaires étrangères de l’Allemagne du temps de Schröder…

 

Jean-Luc Mélenchon

 

  • Consultez le texte de l'accord ICI !

 

  • La version intégrale de l'accord annotée par l'ex-ministre des finances grec Yanis Varoufakis, cliquez ICI et ICI !

 

  • Six économistes passent au crible l’accord imposé par la zone euro ICI !

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Dans son nouveau livre «test de stress» vient de sortir aux Etats-Unis, Timothy Geithner a révélé qu'en 2012, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble l'avait présenté un plan pour lancer la Grèce de la zone euro. Ceci, dit-il, serait d'apaiser les électeurs allemands et terrifier l'Europe.

- Allemagne : Une dictature froide sur l’Europe

- Crise grecque. Les propositions de l'Eurogroupe sont bel et bien un coup d'Etat

- Un accord détestable de type néo-colonial par Jacques Sapir

- L'accord sur la Grèce inquiète en Allemagne

- Le Parti de Gauche appelle l’Assemblée Nationale a refuser l’accord de l’Eurogroupe

- l'art de la désinformation et de la caricature : "Le Parti de gauche applaudit la politique d'austérité de Syriza"

 

  • Des mesures alternatives sont en débat en Grèce :

- L'alternative à l'austérité

- Une alternative est possible au plan négocié entre Alexis Tsipras et les créanciers à Bruxelles

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 08:09
La trahison de Tsipras ?
  • Tsipras ne capitule pas, il poursuit sa strategie[1] !
  • Soutenu par le peuple[2], il tient compte des rapports de force dans une Europe dominée par l'alliance de libéraux et des sociaux-libéraux...
  • A. Tsipras : "Nous avons accepté ces demandes pour montrer que s'il y a un grexit, c'est une décision politique et pas financière"
La trahison de Tsipras ?

 

Source : blog de Jacques Sapir le 10 juillet 2015 | modifié le 11 juillet 2015

Les propositions soumises par Alexis Tsipras et son gouvernement dans la nuit de jeudi à vendredi ont provoqué la stupeur. Elle reprennent largement, mais non totalement, les propositions formulées par l’Eurogroupe le 26 juin. Elles sont largement perçues dans l’opinion internationale comme une « capitulation » du gouvernement Tsipras. La réaction très positive des marchés financiers ce vendredi matin est, à cet égard, un signe important.

 

On sait par ailleurs qu’elles ont été en partie rédigées avec l’aide de hauts fonctionnaires français, même si cela est démenti par Bercy. Ces propositions résultent d’un intense travail de pressions tant sur la Grèce que sur l’Allemagne exercées par les Etats-Unis. La France a, ici, délibérément choisi le camp des Etats-Unis contre celui de l’Allemagne. Le gouvernement français n’a pas eu nécessairement tort de choisir d’affronter l’Allemagne sur ce dossier. Mais, il s’est engagé dans cette voie pour des raisons essentiellement idéologique. En fait, ce que veut par dessus tout M. François Hollande c’est « sauver l’Euro ». Il risque de voir très rapidement tout le prix qu’il a payé pour cela, et pour un résultat qui ne durera probablement que quelques mois. Car, ces propositions, si elles devaient être acceptées, ne règlent rien.

 

 

- Les termes de la proposition grecque

Ces propositions sont donc proches de celles de l’Eurogroupe. On peut cependant noter certaines différences avec le texte du 26 juin, et en particulier la volonté de protéger les secteurs les plus fragiles de la société grecque : maintien du taux de TVA à 7% pour les produits de base, exemptions pour les îles les plus pauvres, maintien jusqu’en 2019 du système d’aide aux retraites les plus faibles. De ce point de vue, le gouvernement grec n’a effectivement pas cédé. De même, le gouvernement a inclus dans ce plan des mesures de luttes contre la fraude fiscale et la corruption, qui faisaient parties du programme initial de Syriza. Mais, il faut bien reconnaître qu’il s’est, pour le reste, largement aligné sur les demandes de l’Eurogroupe. Faut-il alors parler de capitulation comme le font certains ? La réponse est pourtant moins simple que ce qu’il paraît.

 

En effet, le gouvernement grec insiste sur trois points : un reprofilage de la dette (à partir de 2022) aboutissant à la reporter dans le temps de manière à la rendre viable, l’accès à 53 milliards sur trois ans, et le déblocage d’un plan d’investissement, dit « plan Juncker ». Mais, ce « plan » inclut largement des sommes prévues – mais non versées – par l’Union européenne au titre des fonds structurels. Surtout, le gouvernement grec insiste sur un engagement contraignant à l’ouverture de négociations sur la dette dès le mois d’octobre. Or, on rappelle que c’était justement l’une des choses qui avaient été refusées par l’Eurogroupe, conduisant à la rupture des négociations et à la décision d’Alexis Tsipras de convoquer un référendum.

 

De fait, les propositions transmises par le gouvernement grec, si elles font incontestablement un pas vers les créanciers, maintiennent une partie des exigences formulées précédemment. C’est pourquoi il est encore trop tôt de parler de capitulation. Une interprétation possible de ces propositions est qu’elles ont pour fonction de mettre l’Allemagne, et avec elle les autres pays partisans d’une expulsion de la Grèce de la zone Euro, au pied du mur. On sait que les Etats-Unis, inquiets des conséquences d’un « Grexit » sur l’avenir de la zone Euro, ont mis tout leur poids dans la balance pour amener Mme Merkel à des concessions importantes. Que l’Allemagne fasse preuve d’intransigeance et c’est elle qui portera la responsabilité du « Grexit ». Qu’elle se décide à céder, et elle ne pourra plus refuser au Portugal, à l’Espagne, voire à l’Italie, ce qu’elle a concédé à la Grèce. On peut alors considérer que ce plan est une nouvelle démonstration du sens tactique inné d’Alexis Tsipras. Mais, ces propositions présentent aussi un grave problème au gouvernement grec.

 

 

- Le dilemme du gouvernement grec

Le problème auquel le gouvernement Tsipras est confronté aujourd’hui est double : politique et économique. Politiquement, vouloir faire comme si le référendum n’avait pas eu lieu, comme si le « non » n’avait pas été largement, et même massivement, majoritaire, ne sera pas possible sans dommages politiques importants. Le Ministre des finances démissionnaire, M. Yannis Varoufakis, a d’ailleurs critiqué des aspects de ces propositions. Plus profondément, ces propositions ne peuvent pas ne pas troubler non seulement les militants de Syriza, et en particulier la gauche de ce parti, mais aussi, et au-delà, l’ensemble des électeurs qui s’étaient mobilisés pour soutenir le gouvernement et Alexis Tsipras. Ce dernier prend donc le risque de provoquer une immense déception. Celle-ci le laisserait en réalité sans défense faces aux différentes manœuvres tant parlementaires qu’extra-parlementaires dont on peut imaginer que ses adversaires politiques ne se priveront pas. Or, la volonté des institutions européennes de provoquer un changement de gouvernement, ce qu’avait dit crûment le Président du Parlement européen, le social-démocrate Martin Schulz, n’a pas changé. Hier, jeudi, Jean-Claude Juncker recevait les dirigeants de la Nouvelle Démocratie (centre-droit) et de To Potami (centre-gauche). Privé d’un large soutien dans la société, ayant lourdement déçu l’aile gauche de son parti, aile gauche qui représente plus de 40% de Syriza, Tsipras sera désormais très vulnérable. Au minimum, il aura cassé la logique de mobilisation populaire qui s’était manifestée lors du référendum du 5 juillet et pendant la campagne. Il faut ici rappeler que les résultats de ce référendum ont montré une véritable mobilisation allant bien au-delà de l’électorat de Syriza et de l’ANEL, les deux partis du gouvernement. Cela aura, bien entendu des conséquences. Si les députés de la gauche de Syriza vont très probablement voter ces propositions au Parlement, il est néanmoins clair que les extrêmes, le KKE (les communistes néostaliniens) et le parti d’Extrême-Droite « Aube Dorée », vont pouvoir tirer profit de la déception que va susciter ces propositions.

 

Au-delà, la question de la viabilité de l’économie grecque reste posée, car ces propositions n’apportent aucune solution au problème de fond qui est posé. Certes, cette question de la viabilité sera posée dans des termes moins immédiatement dramatiques qu’aujourd’hui si un accord est conclu. La crise de liquidité pourra être jugulée sans recourir aux mesures radicales que l’on a évoquées dans ces carnet. Les banques, à nouveau alimentée par la BCE, pourront reprendre leurs opérations. Mais, rien ne sera réglé. Olivier Blanchard, l’ancien économiste en chef du Fond Monétaire International signale que les pronostics très négatifs réalisés par son organisation sont probablement en-deçà de la réalité. Après cinq années d’austérité qui l’ont saigné à blanc, l’économie grecque a désespérément besoin de souffler. Cela aurait pu passer par des investissements, une baisse de la pression fiscale, bref par moins d’austérité. Ce n’est pas le chemin vers lequel on se dirige. Cela aurait pu aussi passer par une sortie, et non une expulsion, hors de la zone Euro qui, en permettant à l’économie grecque de déprécier sa monnaie de -20% à -25%, lui aurait redonné sa compétitivité. On ne fera, à l’évidence, ni l’un ni l’autre. Dès lors, il faut s’interroger sur les conditions d’application des propositions soumises par la Grèce à ses créanciers. Même en admettant qu’un accord soit trouvé, la détérioration de la situation économique induite par l’action de la Banque Centrale Européenne, que M. Varoufakis a qualifiée de « terroriste », venant après cinq années d’austérité risque de rendre caduques ces propositions d’ici à quelques mois. Une chute des recettes de la TVA est aujourd’hui prévisible. Une nouvelle négociation sera donc nécessaire. En ce sens, ces propositions ne règlent rien.

 

 

- L’Euro c’est l’austérité

Il faut, alors, s’interroger sur le sens profond de ces propositions. Si elles sont tactiquement défendables, elles correspondent très probablement à une erreur de stratégie. Alexis Tsipras a déclaré ce vendredi matin, devant le groupe parlementaire de Syriza, qu’il n’avait pas reçu mandat du peuple grec pour sortir de l’Euro. Le fait est aujourd’hui débattable, surtout après l’écrasante victoire du « non » au référendum. Il est clair que telle n’était pas l’intention initiale du gouvernement, et ne correspondait pas au programme sur lequel il avait été élu. Mais, on peut penser que mis devant l’alternative, refuser l’austérité ou refuser l’Euro, la population grecque est en train d’évoluer rapidement. En fait, on observe une radicalisation dans les positions de la population, ou du moins c’est ce qui était observée jusqu’à ces propositions. Les jours qui viennent indiqueront si cette radicalisation se poursuit ou si elle a été cassée par ce qu’a fait le gouvernement.

 

En réalité, ce que l’on perçoit de manière de plus en plus claire, et c’est d’ailleurs l’analyse qui est défendue par l’aile gauche de Syriza et un économiste comme Costas Lapavitsas[3], c’est que le cadre de l’Euro impose les politiques d’austérité. Si Tsipras a cru sincèrement qu’il pourrait changer cela, il doit reconnaître aujourd’hui qu’il a échoué. L’austérité restera la politique de la zone Euro. Il n’y aura pas « d’autre Euro », et cette leçon s’applique aussi à ceux qui, en France, défendent cette fadaise.

 

Dès lors il faut poser clairement le problème d’une sortie de l’Euro, qu’il s’agisse d’ailleurs de la Grèce ou de nombreux autres pays.

 

Note :

 

[1] Tsipras ne capitule pas il poursuit sa strategie

[2] OXI : le peuple grec a dit NON à l'ingérence politique et aux exigences de la finance internationale !

[3] Voir son interview, http://therealnews.com/t2/index.php?option=com_content&task=view&id=31&Itemid=74&jumival=14181

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Grèce et maintenant ? Par Christophe Ventura

- Après le « non », encore des concessions grecques pour arracher un accord

- Grèce : pourquoi Angela Merkel refuse de parler de la dette grecque

- "L'Allemagne veut évincer la Grèce pour imposer une zone euro disciplinaire"

- «L’Europe a nourri la corruption en Grèce, c’est un fait»

- Un insider raconte: comment l'Europe a étranglé la Grèce

- L'Allemagne est le problème de l'Europe

- Des Grecs dépensiers ou malhonnêtes… le tour des idées reçues

- Grèce : Tsipras "a signé pour éviter le désastre au pays"

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 18:45
Communiqué du Parti de Gauche : "Plus que jamais, Solidarité avec la Grèce"

Sources :  le Parti de Gauche par Eric Coquerel

Hier devant le parlement grec, Alexis Tsipras a présenté un plan comportant des concessions en contrepartie d’un financement et d’une restructuration de la dette. Malgré cette proposition, non contents du blocus financier qu’ils ont organisé, Berlin et ses affidés, dont le patron de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, abordent les réunions du week-end en faisant de la surenchère. Manifestement l’Allemagne ne veut pas d’un accord mais la capitulation totale de la Grèce même au prix d’un Grexit.

 

Maintenant ça suffit ! L’avenir de la Grèce et des autres peuples européens ne peut dépendre du bon vouloir des conservateurs allemands. Plus que jamais nous affirmons notre solidarité avec la Grèce. Le plan du gouvernement Tsipras et la restructuration de la dette doivent être validés en l’état. Beaucoup de choses vont dépendre de la France : nous demandons à François Hollande de passer des paroles aux actes et d’apporter son plein soutien aux propositions de la Grèce.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 08:18
TAFTA : Le double discours PS quant aux tribunaux d’arbitrage privés

Sources : le Parti de Gauche par Thomas Mazelier

Au mois d’avril, l’Argentine a été condamnée par un tribunal d’arbitrage à verser 382 millions d’euros à la multinationale Suez environnement. Le tort de la ville de Buenos Aires ? Avoir résilié le contrat de gestion de l’eau à cause de la mauvaise qualité de celle-ci et d’une hausse des tarifs de 10% pratiquée par la multinationale.

 

Voilà à quoi nous devrons nous attendre, si jamais les tribunaux d’arbitrages font partie du Grand Marché Transatlantique (GMT). La mobilisation citoyenne contre les tribunaux privés commence à faire effet. Sentant le vent tourner, le Parti Socialiste (PS) et le gouvernement, adaptent leurs discours et orchestrent une opposition de façade.


Comme l’a martelé le premier secrétaire du PS : « sur le traité TAFTA, je veux être clair : à cette étape, c’est ’non’, ’no’, ’nein’, ’oxi’ ! ». On notera pourtant l’importance du terme « à cette étape », qui marque la défiance toute relative de Jean-Christophe Cambadélis à l’égard du GMT et des tribunaux d’arbitrage. Il en va de même des eurodéputés du PS qui ont soutenu pendant des années toutes les résolutions sur le GMT au parlement européen.

 

Le secrétaire d’état au commerce extérieur Matthias Fekl (PS), en charge du dossier sur le GMT se prétend lui aussi contre l’instauration de tribunaux d’arbitrages privés. Pourtant, loin de fermer la porte à la pratique de l’arbitrage, comme le prétend le PS, il entend « réformer » le système arbitral afin « d’instaurer un nouveau moyen de régler les différends entre États et investisseurs ».

 

Dans une série de recommandations déposées à Bruxelles le 2 juin, le secrétaire d’État propose : de « préserver le droit à réguler des États » ; la mise en place d’une cour permanente d’arbitrage au niveau de l’Union Européenne ; le « renforcement de l’éthique des arbitres ». Ces propositions, qui représentent la position du gouvernement français, ne s’opposent pas au principe même de l’arbitrage. Ces réformes « cosmétiques », laissent entière la possibilité pour les multinationales, d’attaquer devant un tribunal d’exception nos choix collectifs.

 

Le 10 juin dernier, ce n’était même pas la position française qui devait être débattue au Parlement européen, mais une résolution soutenant la nécessité des tribunaux d’arbitrages privés. La coalition formée par la droite et les sociaux-démocrates s’est fissurée devant la pression populaire. Martin Schulz, le président du Parlement européen, à du reporter le vote afin de camoufler l’opposition au GMT.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier : TAFTA & TISA

- Traité transatlantique. Les tribunaux privés toujours en question

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 08:00
OXI : le peuple grec a dit NON à l'ingérence politique et aux exigences de la finance internationale  !

Il faut respecter le choix du peuple grec !

 

- En direct du ministère Grec de l'intérieur : résultat sur 8 millions d'électeurs à (23h45 - h d'Athènes)

Troïka, FMI, libéraux et sociaux libéraux ont voulu mettre à genoux le peuple grec pour faire un exemple à l'ensemble de l'Europe et envoyer le signal selon lequel il n'y aurait pas d'autre politique possible que la leur : l'austérité.

 

  • Le gouvernement et le peuple grec ont répondu par la démocratie !
  • Une leçon dont la France et l'ensemble de l'Europe devraient s'inspirer !

OXI : le peuple grec a dit NON à l'ingérence politique et aux exigences de la finance internationale  !

- Les chiffres officiels ICI

 

 

- Le Non au réfenderum grec par âge

25-34 : 72.3% 35-44 : 67.4% 45-54 : 69.2%
55-64 : 59.4% 65+ : 44.9%  

 

 

- Et maintenant ?

Le gouvernement Tsipras a annoncé sa volonté de se rasseoir dès lundi à la table des négociations, fort de ce soutien massif du pays. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis a fait savoir que "les initiatives pour arriver à un accord" entre Athènes et ses créanciers UE et FMI "allaient s'intensifier à partir de ce soir".

 

"A la lumière du dernier rapport du FMI, la restructuration de la dette devra cette fois être mise sur la table."

OXI : le peuple grec a dit NON à l'ingérence politique et aux exigences de la finance internationale  !

Une nouvelle page s'ouvre pour le peuple grec ! 

 

- Analyse par Jacques Sapir

La victoire du « Non » au référendum est un événement historique. Elle fera date. En dépit des pressions nombreuses pour un vote « Oui » tant de la part des médias grecs que de celui des dirigeants de l’Union européenne, en dépit de l’organisation par la BCE des conditions d’une panique bancaire, le peuple grec a fait entendre sa voix. Il a fait entendre sa voix contre les mensonges qui ont été déversés continument sur la situation de la Grèce depuis ces dernières semaines. Nous aurons ici une pensée pour ces éditorialistes qui ont, à dessein, travestis la réalité, et laissés entendre un lien entre Syriza et l’extrême-droite d’Aube Dorée. Ces mensonges ne nous étonnent plus, mais nous ne les oublieront pas. Le peuple a fait entendre sa voix avec une force inaccoutumée, puisque contrairement à ce que laissait penser les sondages réalisés à la sortie des urnes, la victoire du « Non » est obtenue avec un écart important, par près de 60%. Cela renforce bien évidemment le gouvernement d’Alexis Tsipras et devrait faire réfléchir ses interlocuteurs. Nous verrons rapidement ce qu’il en sera. Mais, on doit dire immédiatement que les réactions, que ce soient celles de Martin Schulz au Parlement européen, de Jean-Claude Juncker pour la Commission, ou de Sigmar Gabriel, le Ministre de l’économie et l’allié SPD de Mme Merkel en Allemagne, ne laissent guère de place à l’optimisme sur ce point..... pour lire la suite...

OXI : le peuple grec a dit NON à l'ingérence politique et aux exigences de la finance internationale  !
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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 08:14
« L’UE, c’est l’antithèse de la démocratie » – Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie.

Sources : 360NEWS360X le 29 juin 2015

Le crescendo d’amertume et de querelles en Europe pourrait faire croire aux étrangers à une sorte de fin de partie plutôt amer entre la Grèce et ses créanciers. En réalité, explique Joseph Stiglitz[1] dans un article paru sur Project Syndicate, les dirigeants européens commencent juste à révéler la vraie nature de la controverse sur la dette actuelle, et la réponse n’a rien de plaisant : il s’agit bien plus de pouvoir et de démocratie que d’argent et d’économie.

 

L’économie derrière le programme que la « Troïka » (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) a imposé à la Grèce voilà cinq ans a sombré dans un gouffre, avec une chute vertigineuse de 25% du PIB. Aucune dépression n’a eu des conséquences aussi catastrophiques, commente Stiglitz, rappelant un simple fait : le taux de chômage parmi les jeunes dépasse aujourd’hui les 60%. Il est surprenant, poursuit le Prix Nobel, que la troïka refuse de reconnaitre ses échecs. Mais ce qui est encore plus surprenant est que les dirigeants européens n’en aient rien retenu.

 

Stiglitz rappelle que les énormes sommes d’argent prêtées à la Grèce ont terminé leur course dans les caisses des créanciers du secteur privé – y compris les banques allemandes et françaises. Le FMI et les autres créanciers « officiels » n’ont pas besoin de l’argent qui est réclamé aujourd’hui. S’il s’agissait d’un scénario de « Business as usual », cet argent serait très probablement à nouveau prêté à la Grèce.

 

Mais, encore une fois, ce n’est pas une question d’argent. Il s’agit en réalité d’utiliser les échéances pour contraindre la Grèce à se soumettre, à accepter l’inacceptable – non seulement des mesures d’austérité, mais aussi des politiques punitives de régression.

 

Mais pourquoi donc l’Europe fait-elle cela ? Pourquoi les dirigeants européens refusent-ils de prolonger de quelques jours l’échéance du 30 juin pour le remboursement de la Grèce au FMI ? L’Europe n’est-elle pas synonyme de démocratie ? En fait, c’est antithèse de la démocratie, répond Stiglitz : de nombreux dirigeants en Europe voudraient voir la chute du gouvernement de gauche emmené par Alexis Tsipras. Il n’est pas simple de conseiller les Grecs sur comment voter le 5 juillet, continue Stiglitz. Aucune des deux alternatives  – approbation ou refus des conditions imposées par la troïka – ne sera facile, et chacune comporte des risques énormes. Voter « oui » signifierait une dépression sans fin. Il est possible qu’un pays – qui aurait vendu tous ses biens et dont les jeunes auraient émigré – pourrait finalement obtenir l’annulation de sa dette ; peut-être qu’alors la Grèce pourrait obtenir l’assistance de la Banque mondiale. Tout ceci pourrait se produire pendant la prochaine décennie, ou la suivante.

 

A l’inverse, voter « non » laisserait au moins ouverte la possibilité pour la Grèce, avec sa forte tradition démocratique, de décider de son destin. Les Grecs pourraient saisir l’opportunité de construire ainsi un futur qui, même s’il n’est pas aussi prospère que par le passé, serait bien plus prometteur que la torture totalement déraisonnable qu’elle subit actuellement.

 

« Moi je saurais quoi voter, » conclut le Prix Nobel d’Économie.

 

Note :

[1] Joseph Stiglitz

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Piketty : "Entre 2009 et 2014, la Grèce est le pays qui a le plus réduit son déficit"

- L’Europe périt où la démocratie naquit.

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 09:54
La Rochelle soutien au peuple grec : jeudi 2 juillet à 19h, cours des Dames

 

Au mois de janvier 2015, le peuple grec s'est prononcé pour changer de politique et dire STOP à l'austérité imposée par la Troïka qui paupérise la population grecque et annihile toute possibilité de sortir le pays de la spirale infernale du déclin économique et social.

 

Suite à l’impasse des négociations due au refus du FMI et des institutions européennes d’annuler ou de restructurer la dette grecque, suite aux mesures d’économie drastiques et inhumaines imposées au pays*, le gouvernement grec appelle ses citoyens à se prononcer par referendum​, dimanche prochain, sur le plan d’accord soumis par les institutions européennes et par le FMI...et appelle clairement à voter non : OXI !

 

 

- L'Europe de la finance refuse toutes les mesures proposée par le gouvernement grec visant à soulager le peuple en taxant les nantis.

Quelques exemples de mesures refusées ou imposées par les institutions européennes et le FMI qui disent à Tsipras : pas touche aux riches !

  • Augmentation du taux d’imposition sur les sociétés : REFUSÉE
  • Taxe exceptionnelle de 12% sur les profits supérieurs à ​500​ ​000€ : REFUSÉE
  • Taxation des jeux en ligne : REFUSÉE
  • Suppression de l’allocation de solidarité pour les retraités les plus pauvres : IMPOSÉE
  • Augmentation de la TVA : IMPOSÉE
  • etc, etc.

 

Comme c’est prévisible, les médias et l’UE vont tout faire pour que la peur l’emporte sur la démocratie. Soutenons le peuple grec !

 

 

- Surprise ! Le PS Charente Maritime appelle au soutien du Peuple Grec

Le PS ira t-il jusqu’à dénoncer la politique d'austérité qu'Hollande, Moscovici et consort veulent imposer aux grecs ? Bien sur que non !

 

Le PS de Charente Maritime soutient-il l'appel à voter NON au référendum grec ? Bien sur que non !

 

Il soutient la déclaration du bureau national du PS qui appelle le peuple grec "à faire les concessions nécessaires", donc de nouvelles mesures d'austérité..... passant aux pertes et profits toutes les propositions faites par le gouvernement grec, notamment celles qui visent à soulager le peuple en taxant les nantis.

 

  • Le PS prend une position à usage de politique intérieure française pour se donner une image plus "solidaire et anti austéritaire" sans rien renier sur le fond de son soutien sans condition au FMI, à la Troïka, par peur que le peuple grec en disant NON,  fasse la démonstration qu'une autre politique est possible en Europe.

 

- Une fois cet éclaircissement effectué...... tout le monde est bienvenu !

 

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Les français solidaires du peuple grec : non à la soumission aux chantages de la troïka

Appel au rassemblement des citoyens, syndicats, partis, associations pour un soutien au peuple grec :

jeudi 2 juillet à 19h, cours des Dames

La Rochelle soutien au peuple grec : jeudi 2 juillet à 19h, cours des Dames
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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 09:37
Crise grecque : quand la Grèce annulait la dette de l'Allemagne

La dernière phase des négociations sur la dette allemande s'est tenue à Londres en 1953.
Hulton-Deutsch Collection/Corbis

 

Alors que la Grèce se débat actuellement avec sa dette, l'Histoire a retenu qu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale c'est l'Allemagne qui s'est vu accorder un allègement de sa dette par ses créanciers, dont la Grèce.

 

Sources : Le Parisien le 01 juillet 2015 | mis à jour le 17 août 2016

L'Allemagne respire, et son représentant, le banquier Hermann Joseph Abs, peut souffler. Nous sommes le 27 février 1953 à Londres. Deux ans de négociations sont sur le point d'aboutir. D'un côté l'Allemagne, ou plutôt la République fédérale allemande (RFA), qui ne supporte plus le poids de sa dette.... pour lire la suite...

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- L’Allemagne ne paie pas ses dettes… mais critique la Grèce

- «Dette allemande»: la Grèce n'est pas le seul pays européen à avoir été pillé par les nazis

- La “lettre ouverte » d’Alexis Tsipras aux citoyens Allemands sur ce qu’on ne leur a jamais dit sur la dette Grecque

- "Au XXe siècle, Berlin a été le roi de la dette"

- Pourquoi l'Allemagne devrait 1.000 milliards d'euros à la Grèce

- Quand les créanciers de l'Allemagne fermaient les yeux sur sa dette

- Le signal grec

- Grèce : pourquoi Angela Merkel refuse de parler de la dette grecque

- L'Allemagne renvoyée à son passé sur la question de la dette grecque

- La Grèce veut faire payer très cher les crimes nazis à l'Allemagne

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 08:10
Un coup d’État financier contre Athènes avec des banks au lieu des tanks

Un plan de déstabilisation financière et politique de la Grèce est en cours depuis quelques semaines. À vrai dire, c’est bien avant l’élection de Syriza que le processus a été mis en route, mais son accélération intensive ces derniers jours jette une lumière vive sur celui -ci.

Il ne s’agirait de rien moins qu’une tentative de renverser le gouvernement Syriza, pour que celui-ci soit en fin remplacé par une coalition à la convenance des créanciers.

 

Source : le blog du Parti de gauche Midi-Pyrénées  par Vicky Skoumbi Rédactrice en chef de la revue grecque de philosophie "αληthεια"

Le chantage odieux exercé sur le gouvernement grec, par le biais d’une incitation ouverte à un bank run , ne laisse aucun doute sur la volonté des créanciers d’en finir une fois pour toutes avec un gouvernement qui ose contester leurs diktats et refuse de faire boire au peuple grec jusqu’à la lie la potion létale que Bruxelles, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont savamment concoctée pour lui. Doit-on rappeler ici que les programmes de « sauvetage », qui n’ont sauvé personne à l’exception notoire de banques européennes, grecques comprises, n’ont pas manqué de produire une telle chute du PIB, une telle baisse du niveau de vie que même une guerre menée par des moyens militaires n’aurait su les produire. La nouveauté aujourd’hui consiste au fait que le trio infernal de la Troïka a décidé de mettre délibérément en danger le système bancaire grec afin de faire tomber un gouvernement qui, malgré des pressions terrifiantes, a osé lui tenir tête pendant cinq mois. Après tout, il n’est pas interdit de mettre en danger quelques petites banques périphériques si c’est pour rafler la mise sur le plan politique et économique. Ces affirmations qui pourraient, aux yeux de certains, paraître exagérées, voire gratuites, s’appuient sur des faits.

 

 

- Déstabilisation économique

Le lendemain de l’Eurogroupe du 18 juin, Donald Tusk a su trouver la bonne formule pour résumer la situation  : la Grèce aura à choisir entre, ou bien le projet que proposent les créanciers, ou bien la faillite, a-t-il déclaré. Mais ces messieurs, qui sont censés veiller sur la sauvegarde des intérêts des peuples européens, ne se sont pas contentés de placer un gouvernement élu devant ce choix forcé.

 

La faillite, ils ne se bornent pas à l’évoquer, ils l’organisent sournoisement et méthodiquement par des rumeurs, de vraies fausses annonces aux médias, des fuites savamment orchestrées, qui toutes laissent planer depuis plusieurs jours la menace d’un scénario à la chypriote. Par un jeu calculé de déclarations alarmantes, ils préviennent de l’imminence d’un « capital control » en Grèce et poussent délibérément les épargnants grecs à faire des retraits massifs, qui n’ont pas manqué de conduire les banques au bord du gouffre. Dresser ici un inventaire exhaustif des faits et gestes incitant à la panique bancaire n’est pas possible  ; je vous renvoie à l’excellent compte rendu qu’en fait Romaric Godin dans La Tribune, ainsi qu’à l’analyse de Martine Orange dans Mediapart.

 

Je mentionne juste deux exemples :

  • le refus de la Commission de démentir l’article du Süddeutsche Zeitung qui évoquait la possibilité d’un contrôle des capitaux et la vraie fausse rumeur lancée par les soins de Benoît Cœuré , selon laquelle les banques grecques ne devaient pas ouvrir lundi dernier. Une fois cette prévision catastrophique démentie par les faits, le spectre de la fermeture bancaire s’est savamment déplacé vers... mardi !

 

  • Que faudrait-il de plus pour que les épargnants se ruent vers les agences les plus proches ? La très honorable institution qui se doit d’assurer la stabilité du système financier européen n’accorde chaque jour qu’une somme « insuffisamment suffisante », pour maintenir les banques grecques tout juste à flot, mais toujours au bord du gouffre. Bref, les responsables européens, avec l’aide de leurs amis du FMI, recourent ici au bon vieux schéma de la prophétie apocalyptique, qui, en semant la panique, finit par s’accomplir, du fait de sa seule énonciation publique. Le but de l’opération étant d’obliger le gouvernement Tsipras à décider ses prochains mouvements, sous la menace imminente d’un « accident » bancaire. Ce qui pourrait expliquer les concessions supplémentaires que le gouvernement grec a faites en acceptant une hausse de la TVA et une augmentation des cotisations des retraités au système de santé. Pour compléter le tableau, juste avant la réunion du 24 juin, un dignitaire européen a jugé bon de rappeler à notre mémoire le scénario à la chypriote, dont la répétition pourrait intervenir à tout moment.

 

  • Mais cela n’a pas suffi, la preuve, la nouvelle proposition des trois institutions, qui en fait ne diffère que très peu de la précédente, exige de nouvelles baisses des retraites et des salaires, dans le but évident mais non avoué d’enfoncer encore plus la Grèce dans une misère économique et sociale la plus totale. Prenons juste un exemple parmi les mesures préconisées  : le taux d’imposition des agriculteurs passe de 13 % à 26 %, voire à 33 %, et la réduction des taxes sur le pétrole destiné aux travaux agricoles est diminuée de moitié. Pareilles mesures, si elles venaient à s’appliquer à une agriculture à l’agonie, pousseraient la grande majorité des cultivateurs à renoncer à leur métier et à brader leurs champs pour moins que rien. Sous prétexte de multiplier les recettes de l’État, ce qui n’est tout simplement pas envisageable car on ne peut rien tirer de gens ruinés, la terre arable grecque changerait de mains. J’ajoute que, selon Wolfgang Münchau, l’avant-dernière proposition de ceux qui prétendent parler au nom de l’Europe, et qui diffère très peu de celle actuellement sur la table, produirait certainement un effet récessif de 12,6 % sur quatre ans, et que la dette risquerait d’atteindre 200 % du PIB en 2019. Avoir mis sous tutelle un pays dont la dette s’élevait à 120 % en 2009 pour le sauver de la faillite, et le conduire grâce aux conditionnalités de l’« aide » accordée, à 200 %, c’est un brillant exercice de destruction massive, qui pourrait servir d’exemple à tous ceux et celles en Europe qui trouvent que l’austérité est un remède qui tue. À ce propos, on aimerait bien savoir sur quelle logique Pierre Moscovici s’appuie pour affirmer qu’un paquet de 11 milliards d’économies étalées sur 18 mois, imposé à un pays en dépression, ne constitue point un plan d’austérité.

 

 

- Des acolytes bien commodes

Il est à noter que les déclarations catastrophistes les plus redoutables venaient de l’intérieur même du pays. Le bal fut ouvert par Dóra Bakoyánni, qui, dès le 24 mai déjà, avait affirmé l’imminence d’un capital control qui pourrait intervenir dans le long week-end de la Pentecôte.

 

Adonis Georgiadis, transfuge de l’ extrême droite au sein du gouvernement précédent et vendeur de pamphlets antisémites, n’a pas manqué d’apporter sa propre touche à l’édifice. Cependant, celui qui a vraiment donné le coup de grâce fut le directeur de la Banque de Grèce, Ioánnis Stournáras. Celui-ci, en outrepassant abusivement les limites de sa fonction en tant que garant de la stabilité financière grecque, a jugé bon de publier, la veille de l’Eurogroupe du 18 juin, un rapport qui prévoyait des catastrophes cataclysmiques, si jamais un accord avec les créanciers n’était pas signé tout de suite.

 

 

- Terrorisme financier

Mais la BCE n’en est pas à son premier coup. En matière de chantage aux liquidités et d’ultimatums, Jean-Claude Trichet s’était avéré un maître à la tête de la BCE. Les Irlandais en ont goûté la saveur, lorsqu’en novembre 2010 et sous la menace du tarissement de liquidités, ils furent forcés de signer un mémorandum qu’ils s’obstinaient jusqu’alors à rejeter. On peut également évoquer l’éviction de Geórgios Papandréou de son poste de Premier ministre, une fois qu’il avait eu la très mauvaise idée de proposer en novembre 2011 un référendum. Quant au «  bail in » chypriote, on aurait tort d’oublier le chantage ouvert qu’a exercé encore une fois la BCE, en menaçant de couper les liquidités aux banques chypriotes. Cet exercice de haut vol de terrorisme financier a prouvé encore une fois en Chypre son efficacité  : il a obligé le parlement chypriote à revenir sur sa décision initiale et à accepter le 22 mars 2013 le même bail in qu’il avait rejeté trois jours avant.

 

Cependant, l’exemple le plus instructif reste celui qui concerne la fuite de capitaux « téléguidée », pendant la période entre les élections de mai et celles de juin 2012 en Grèce. Une étude du Peterson Institute, datée de mai 2012, sous le titre parlant « Comment un bank run peut faire partie de la solution  » décrit en détail de quelle manière une panique bancaire en période électorale pourrait s’avérer fort opportune pour pousser les électeurs à se détourner de Syriza. Son auteur, Jacob Funk Kirkegaard, ne mâche pas ses mots : « Un bank run accéléré en Grèce pourrait offrir quelques opportunités. Nous ne devons donc nous attendre à aucun répit sur le front des menaces de la part des dirigeants de l’Eurozone. En effet, ces dirigeants peuvent encourager secrètement la panique bancaire, une stratégie qui révèlerait aux yeux de tous le caractère fallacieux et trompeur du programme électoral de Syriza. Si les déposants des banques grecques ne peuvent pas faire confiance aux promesses d’Alexis Tsipras concernant leur argent propre, pourquoi voteraient ils pour lui ? » Et l’excellent homme pousse son raisonnement jusqu’à dire  : « tout un chacun qui veut maintenir la Grèce dans l’Eurozone se doit de retirer de l’argent des banques ». On ne peut pas être plus clair, je crois. Il ne faut surtout pas imaginer que ce scénario-là était resté lettre morte à l’époque. Entre mai et juin 2012, résonnaient sans cesse à nos oreilles les paroles des dignitaires européens du plus haut rang, qui n’avaient de cesse de nous prévenir des catastrophes apocalyptiques qui se produiraient si jamais Syriza gagnait les élections.

 

Tout au long de cette période électorale, on a pu constater une fuite considérable de capitaux vers l’étranger, dont une grande partie fut rapatriée juste après la formation du gouvernement Samaras. Une véritable campagne d’intimidation avait été lancée en interne et en externe, afin de terroriser les électeurs par la perspective de la perte de leur épargne et d’une fermeture imminente des grandes entreprises, si, par malheur, Syriza l’emportait. Une grande banque systémique grecque, Eurobank, pour ne pas la nommer, avait même donné la consigne à ses employés de bien prévenir la clientèle de la fermeture certaine de la banque, si Syriza l’emportait, après quoi leurs économies seraient parties en fumée.

 

Mais nul besoin de remonter si loin pour trouver des précédents. Début février 2015, la BCE avait annoncé la suppression de lignes de financement des banques grecques, qu’elle acceptait depuis 2010. «  Les responsables de la banque centrale ont annoncé que l’institut monétaire mettait un terme à partir du 28 février – dans les faits, la mesure devrait prendre effet dès le 11 février pour des raisons techniques – à la clause qui lui permettait d’accepter les titres grecs, classés aujourd’hui en «  junk bonds », que les banques grecques placent en dépôt de garantie pour obtenir un refinancement bancaire. Pour les banques grecques, privées de tout accès aux financements interbancaires, ce dispositif est essentiel pour assurer leur financement  », écrivait Martine Orange.

 

Après avoir accepté pendant plusieurs années d’acheter des titres qui étaient classés très bas dans l’échelle d’évaluation, subitement la BCE a commencé à se poser des questions sur la qualité de ces titres, en se souvenant tout d’un coup que son règlement lui interdit d’acheter des titres qui ne sont pas dotés du fameux AAA. Il va de soi que le moment ne fut pas choisi au hasard  : Syriza venait de remporter les élections du 25 janvier et les négociations avec les créanciers venaient juste de commencer.

 

Toutefois, la sortie systématique de la BCE de ses prérogatives ne s’arrête pas là.

  • L’honorable institution refuse de rendre à la Grèce les gains qu’elle a faits sur les obligations grecques achetées dans le cadre du programme SMP ( Securities Market Program, un programme d’achat des obligations les plus attaquées sur les marchés, afin de faire baisser les taux d’intérêt). Ces gains, pour la seule année 2014, s’élèvent à 1,9 milliard. Bref, la BCE, au même titre que n’importe quel spéculateur, profite allègrement de taux d’intérêt très élevés de cette catégorie de titres, et, en ce moment critique où l’économie grecque est à l’asphyxie, elle refuse de payer à la Grèce son dû, si celle-ci ne cède pas aux exigences extravagantes de ses créanciers.

 

  • Car, à partir du 1er janvier 2013, les intérêts perçus sur ces titres doivent obligatoirement être rétrocédés aux banques centrales nationales, qui elles-mêmes les mettront à la disposition du pays émetteur du titre. Mais l’«  exception  » grecque autorise quelques écarts par rapport aux accords que les institutions ont signés avec la Grèce. Non pas que cela ne se fasse pas également au détriment d’autres pays comme le Portugal.

 

Quoi qu’il en soit, dans le cas de la Grèce, ce type de pratiques constitue plutôt la règle que l’exception. Un scénario assez semblable au bank run de mai 2012 est en cours aujourd’hui, sauf que, maintenant, l’implication des institutions européennes se fait ouvertement et non plus à mots couverts. Comme l’a révélé Martine Orange dans son article «  Grèce : les créanciers instaurent la stratégie de la terreur  », une étude de la très honorable Goldman Sachs avait déjà tout prévu depuis le mois de décembre : « Cette volonté de semer l’inquiétude ressemble tant au scénario de Goldman Sachs, établi dès décembre, où s’enchaînaient panique bancaire, fermeture des banques, contrôle des capitaux, capitulation politique, mise sous tutelle économique et nouvelles élections, que cela en devient troublant.  » Pour sa part, Romaric Godin remarquait  : «  Tout au long de la semaine, les créanciers et la BCE ont tout fait pour déstabiliser les déposants grecs. Et placer le gouvernement grec devant un choix impossible.  »

 

Faudrait-il rappeler ici que M. Mario Draghi fut pendant de longues années le représentant attitré de Goldman Sachs en Europe  ?

 

 

 

 

- Déstabilisation politique

Mais Goldman Sachs n’en était pas à son dernier coup. Le site économique grec capital.gr relate que la très honorable maison prévoit un défaut imminent de la Grèce dans l’euro, accompagné d’un capital control. Goldman Sachs précise que la période chaotique qui pourrait suivre comporte tout de même « le risque d’une sortie de l’euro au lieu de conduire au changement politique qui permettrait d’arriver à un accord  » (c’est moi qui souligne). Au cas où nous n’aurions pas compris quel est le changement politique que l’honorable maison appelle de ses vœux, elle en dresse les contours d’une façon on ne peut plus claire. Le capital control ruinerait la confiance des électeurs dans le gouvernement, de sorte que la voie vers « un nouvel équilibre politique interne » serait enfin ouverte. Par « nouvel équilibre politique  », il faut entendre une nouvelle configuration de la carte politique grecque entre les partis, qui permettrait d’arriver finalement à la conclusion d’un accord. Cette recomposition de la scène politique grecque, qui serait atteinte grâce aux turbulences d’une période trouble de transition, implique nécessairement de nouvelles élections ainsi que la formation de coalitions inédites, nous verrons lesquelles par la suite. Le tout rendra possible le maintien de la Grèce dans la zone euro sous un gouvernement suffisamment docile envers les diktats des créanciers.

 

Si ce qui vient d’être décrit n’est pas un scénario de déstabilisation méthodiquement planifiée d’un gouvernement élu, qu’est-ce que c’est ? En provoquant un bank run, en ouvrant la voie vers le capital control qui dressera la population contre le gouvernement actuel, certains espèrent avoir raison de Syriza. Qui plus est, un accord en contrepied du programme électoral de Syriza, que les créanciers veulent imposer manu militari , constituerait l’occasion rêvée pour que la coalition de gauche radicale qu’est Syriza vole en éclats. Une scission au sein de Syriza permettrait d’isoler le bon grain de l’ivraie et ouvrirait la voie à un autre gouvernement de coalition.

 

Remarquons que la dernière mouture de la proposition des créanciers comporte une coupe de 400 millions dans le budget de la défense. Pareille baisse dans le budget de la défense aurait pu être la bienvenue, si elle ne comportait pas une certaine arrière-pensée. ANEL, la droite souverainiste qui est l’alliée actuelle de Syriza, est particulièrement attachée au maintien d’un budget militaire considérable. Certes, dans les programmes précédents, il y a eu quelques coupes dans le budget de la défense, mais, que je sache du moins, jamais de cette ampleur. Alors on ne peut que s’étonner de voir comment ceux qui, au début du programme de «  sauvetage  », avaient exigé que la Grèce honore les contrats signés pour l’achat d’armements au grand profit de la France et de l’Allemagne, tout d’un coup, par une illumination divine, exigent non seulement des coupes, mais des baisses d’effectifs, c’est-à-dire des licenciements de militaires professionnels. Scission donc de Syriza, éclatement de la coalition avec ANEL, voici quelques éléments ouvrant une voie royale vers un autre gouvernement plus commode.

 

Stavros Théodorakis, un présentateur télévisuel, qui se trouve actuellement à la tête de Potami, réputé pour ses accointances avec le cercle des créanciers, est appelé à jouer un rôle clef dans ce processus. Précisons qu’il prône ouvertement la nécessité de coupes budgétaires avec baisse des retraites, et s’oppose à toute idée de restructuration de la dette, ainsi qu’à toute augmentation d’impôts des couches supérieures de la société. Ce dirigeant d’une formation qui n’a pas fait plus de 6% aux dernières élections est, dans le contexte actuel, l’interlocuteur privilégié de Bruxelles. Il multiplie les rencontres avec M.M. Juncker, Sapin, Moscovici et Schulz, ce dernier ne manquant pas une occasion d’affirmer que c’est bien avec Potami que Syriza aurait dû former un gouvernement de coalition. Stavros Théodorakis participe même à des dîners avec des chefs d’État  ! Comble de l’affaire, ce chantre des intérêts des créanciers se présente en Grèce comme un porte-parole officieux de Bruxelles, faisant part aux Grecs du mécontentement de M. Juncker devant l’«  intransigeance  » supposée du Premier ministre grec.

 

Si par malheur ces manœuvres ne réussissent pas à le faire plier, on peut compter sur l’usure qui pourrait saper la popularité de Tsipras auprès d’une population qui, jusqu’à maintenant, continue contre vents et marées à lui accorder son soutien. Cette usure sera assurée si Tsipras est amené à appliquer des mesures d’austérité, imposées par les créanciers. La chose pourrait être facilitée par un coup de main opportun et un bank run organisé ferait bien l’affaire. Les créanciers seraient même disposés à conduire la Grèce au défaut, tout en faisant porter la responsabilité de celui-ci à Syriza. Il s’ensuivrait nécessairement une première période confuse sinon chaotique, particulièrement propice à des manifestations dites «  de casseroles  », dans la veine de celles organisées au Chili d’Allende, qui contribueraient à faire tomber le gouvernement. Je dois ajouter ici que chaque fois que les négociations se trouvent à un point crucial, des groupes qui se disent anarchistes créent des incidents violents aux alentours de l’École polytechnique, en brûlant des voitures, cassant des vitrines, etc. Il se peut qu’il s’agisse effectivement d’anarchistes, mais la coïncidence avec les réunions de l’Eurogroupe aussi bien que l’attitude tolérante de la police à leur égard laissent songeur.

 

Pour ceux qui pourraient voir l’analyse qui précède comme une énième théorie du complot, je propose de prêter l’oreille à un économiste peu suspect de verser dans le complotisme, à savoir Romaric Godin  : «  L’Europe doit donc de toute urgence abandonner ses buts politiques et accepter enfin le résultat de l’élection du 25 janvier. Elle doit aussi respecter sa propre parole, celle qui, le 20 février, affirmait que la Grèce devait décider de ses propres réformes dans le cadre du programme. »

 

 

- Des amis qui vous veulent du bien

J’en viens aux faits et gestes politiques qui permettent d’affirmer qu’un plan de renversement du gouvernement Tsipras est lancé par Bruxelles. Stavros Théodorakis, encore lui, fut invité par la Commission et reçu par M. Juncker le jour même où le Premier ministre était convoqué à Bruxelles. Notons qu’il ne fut pas le seul à se rendre à Bruxelles le mercredi 24 juin, mais s’y sont précipités tous ceux qui vont être appelés à former un gouvernement obéissant , une fois Tsipras évincé. On y a vu Antónis Samarás , dont les déclarations étaient plus qu’explicites  : il propose un gouvernement d’unité nationale sans Alexis Tsipras, en faisant quand même la concession de s’abstenir de toute participation personnelle au schéma proposé. En même temps, le nom de Konstantínos Karamanlís commence à circuler  ; celui-ci pourrait en effet se présenter comme un recours possible, dans la mesure où il n’a occupé aucun poste gouvernemental depuis septembre 2009  ; il est moins usé que ceux qui se sont compromis dans la gestion des memoranda. Quant à Stavros Théodorakis, toujours lui, du haut de ses 6 % de voix et de sa science économique, il vient de donner une interview au Financial Times , où il précise qu’il est à la disposition de qui veut l’entendre pour un remaniement gouvernemental. Mais, le 24 juin, a également été reçue à Bruxelles Fofi Gennimata , qui vient de succéder à Evangelos Venizelos à la tête du Pasok, forte des 289 482 voix que celui-ci avait récoltées aux dernières élections. J’invite le lecteur à réfléchir un instant pour se poser la question suivante  : que pouvait faire tout ce beau monde à Bruxelles, au moment où les négociations avec les créanciers se trouvaient à leur point critique, sinon se présenter comme une alternative «  sérieuse  » au gouvernement actuel, qui ne serait composée que «  de personnes responsables et d’adultes  » (dixit Mme Lagarde)  ?

 

 

- Coup d’État financier

Deux scénarios se dessinent  : ou bien il faut obliger le gouvernement Tsipras à la capitulation totale en lui faisant accepter des mesures exceptionnellement dures, auxquelles il faudrait éventuellement ajouter l’arme majeure du capital control , ce qui le discréditerait aux yeux de l’opinion, ou bien il faudrait provoquer une scission opportune au sein de Syriza pour introniser ensuite un gouvernement de coalition avec la soi-disant bonne partie de Syriza, où M. Théodorakis jouerait un rôle de premier ordre. Une combinaison des deux scénarios reste bien entendu possible. Le tout dans une perspective de défaut. Pour éviter les malentendus, je précise que j’appelle de mes vœux une cessation de paiement, même si cela se traduit par un défaut, à la condition qu’il soit soigneusement préparé et encadré. Sans cela, il pourrait déclencher un enchaînement d’événements incontrôlables qui mèneraient à la chute du gouvernement.

 

Ce qui vient d’être décrit ici porte un nom, ce n’est rien d’autre qu’ un coup d’État financier où, à la place des tanks, on fait appel aux banks !

 

Un coup d’État fomenté par les institutions européennes, voilà le visage de l’Europe que les dirigeants européens souhaitent donner à voir à leurs peuples. Je ne saurais dire si ceux-ci tolèreront ces agissements. Les trois de l’ex-Troïka, malgré leurs dissensions internes, font tout pour dresser les citoyens européens contre les Grecs en leur faisant croire qu’ils ont payé et continueront à payer pour le sauvetage de la Grèce.

 

Ce que l’on oublie de dire, c’est que le programme qui fut présenté en 2010 comme un plan d’« aide » à la Grèce, n’était en réalité qu’un généreux plan de sauvetage de banques européennes exposées à la dette grecque. Tous les économistes qui se respectent s’accordent aujourd’hui sur ce point  : à l’époque, il aurait fallu faire une restructuration importante de la dette grecque qui l’aurait rendue viable, avant d’entreprendre n’importe quelle mesure pour la suite. Or, une telle restructuration aurait pu faire perdre 30 milliards à peu près aux banques européennes, au premier rang desquelles se trouvaient BNP Paribas, la Société générale et la Deutsche Bank.

 

Et, pour que celles-ci n’accusent pas une perte qui aurait nécessité leur recapitalisation aux frais du contribuable, un sauvetage qui l’a ruinée a été imposé à la Grèce. Bref, ce qui fut présenté comme un plan d’aide à la Grèce n’a été qu’une recapitalisation indirecte des banques, qui ont eu toutes leurs aises pour se débarrasser à temps des obligations grecques avant la restructuration de 2012  ; ainsi, la patate chaude est passée du secteur privé aux États. Le fait est confirmé par la toute récente déposition de Panayotis Rouméliotis à la Commission parlementaire «  Vérité sur la dette  ». Rouméliotis, qui représentait à l’époque la Grèce au sein du FMI, a révélé que des représentants de grandes banques européennes furent reçus à plusieurs reprises par l’équipe du FMI à Athènes afin d’éviter une restructuration qui les prendrait de court. Force est de constater que l’appel «  Sauvons le peuple grec de ses sauveurs  » que nous avions lancé en février 2012 n’a malheureusement rien perdu de sa pertinence.

 

 

- Négociations ?

J’espère que cette stratégie des créanciers qui met en danger, non seulement la Grèce mais l’Europe dans son ensemble, soulèvera un vent de protestations sans précédent partout dans le monde. Car, si les créanciers arrivent à leurs fins, si ce coup d’État financier monté par les institutions européennes et le FMI réussit, il ne restera plus rien de l’idée européenne. Des cendres calcinées de celle-ci émergera non pas le visage « complaisant  » du chef de Potami, mais celui, odieux, de l’Aube Dorée. À qui d’autre pourrait profiter le sentiment d’une impuissance totale et enragée qui résultera inévitablement devant le spectacle des manœuvres qui ne vous laissent aucune prise sur votre propre destin  ? Faire preuve de tant d’aveuglement au moment où partout en Europe des partis d’ extrême droite et des formations ultranationalistes ouvertement racistes prennent le pas, c’est dire jusqu’où les dirigeants européens sont disposés à aller pour imposer le dogme néolibéral. Ou bien il ne s’agit point d’aveuglement, mais d’un choix délibéré  ? Certes, il y en a quelques-uns parmi le cénacle de dirigeants qui, face à ce danger, optent pour un scénario plus soft , celui non pas de l’éviction immédiate, mais de la prolongation de six mois du programme sans restructuration de la dette, six mois pendant lesquels Syriza sera sommé d’appliquer les contre-réformes préconisées partout en Europe comme un remède miracle à la crise. Un tel scénario présente l’avantage de compromettre les chances de Podemos et d’autres formations affines. Mais il n’empêchera point la montée en force de l’Aube Dorée, qui serait en droit dans ce cas d’affirmer que les politiciens sont tous « les mêmes  ». À qui d’autre pourrait profiter la conviction que les politiques sont «  tous vendus  », qui ne manquera pas de s’imposer alors à l’opinion ?

 

Le dernier rebondissement, avec le durcissement maximal des créanciers qui se sont réglés sur les positions libérales à outrance de Mme Lagarde, ne fait que confirmer l’hypothèse d’une stratégie de déstabilisation. Il est à noter que cette nouvelle provocation intervient juste deux jours après que les représentants des trois institutions aient accepté comme une bonne base de discussion les positions grecques, tandis que, deux jours plus tard, le texte présenté par les créanciers tordait le cou à l’esprit initial du texte grec, qui, de son côté, consistait à faire porter le maximum de charges aux entreprises bien portantes et non pas uniquement aux plus faibles, très fragilisées par les coupes successives de revenus. En somme, les propositions du FMI adoptées par les créanciers dans leur ensemble sont si extrêmes qu’elles ne sauraient qu’être rejetées. Si par bonheur Tsipras, sous la menace de la faillite, signait un accord plus dur que celui proposé à Samaras, quelle aubaine  ! Les peuples européens comprendraient une bonne fois pour toutes que celui qui sort du droit chemin paie le prix fort.

 

Les institutions européennes se sont avérées de véritables maîtres ès manipulation et vraies fausses négociations. Un mécanisme médiatique s’est mis au service de cette stratégie. De faux bonds en retournements de veste, de déclarations qui étaient faites pour s’annuler un jour après, d’engagements pris et cyniquement et ouvertement non tenus, depuis cinq mois, ils n’avaient que fait semblant de négocier, afin de repousser la chose jusqu’au mois de juin, à la fin duquel la Grèce, sans prolongation du programme, ne touchera pas la dernière tranche d’aide. Pour que ces ajournements incessants passent auprès de l’opinion, les créanciers ont sans cesse dénoncé l’« intransigeance » irresponsable du gouvernement grec. Et ils l’ont fait au moment où ils l’obligeaient, par le tarissement des liquidités, à reculer considérablement par rapport à ses positions initiales. Tout avait bien commencé par un coup tordu : comme l’a révélé Paul Mason , journaliste au Channel 4, Varoufakis était arrivé à l’Eurogroupe du 16 février avec une des propositions de Moscovici en mains, pour découvrir que ce n’était point sur celle-ci que portait la discussion, mais sur un texte beaucoup plus dur que Dijsselbloem allait sortir pendant la réunion. En faisant circuler des contre-vérités, en traitant comme nulle et non avenue la proposition de 47 pages déposée par Syriza début juin. Ce texte ne reprenait point les positions propres du gouvernement grec, mais bel et bien celles issues de quatre mois de pourparlers inutiles.

 

Ainsi, les institutions européennes ont réussi à repousser les vraies négociations vers une période critique où le gouvernement grec est obligé d’ effectuer plusieurs remboursements. Mais les dignitaires de Bruxelles ont voulu y voir un document irrecevable, puisque non conforme à leurs diktats. Fin juin, ils croyaient réussir à coller Tsipras dos au mur et escomptaient rafler ainsi la mise. C’est à ce moment que, pour gagner encore du terrain sur l’adversaire, ils ont sorti le bazooka du bank run orchestré, comme arme de destruction massive. Mais Tsipras, tant bien que mal, continue à résister. Certes, il a fait des concessions, dont plusieurs sont inacceptables, comme les privatisations, mais il continue à ne pas accepter une capitulation totale et sans conditions. Et sur ce point, même si l’on n’est pas d’accord sur sa stratégie, il faudrait lui rendre un hommage appuyé  ; tenir bon lorsqu’on est seul dans la fosse aux lions demande un certain courage, voire un courage certain.

 

Devant tant de mauvaise foi, tant d’arrogance, tant de perfidie liées à une stratégie de déstabilisation d’un gouvernement qui dérange, j’aimerais inviter le Premier ministre grec à suspendre les paiements des créanciers jusqu’à ce que la croissance revienne en Grèce. Il serait utile de rappeler ici que, selon le rapport provisoire de l’audit de la dette grecque, celle-ci a explosé entre 1980 et 2010, non pas à cause de dépenses licencieuses, mais par l’effet conjugué de taux d’intérêt très élevés et de la course aux armements.

 

par Vicky Skoumbi

Rédactrice en chef de la revue grecque de philosophie "αληthεια"

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- A-t-on vraiment aidé les Grecs ?

- Grèce : un coup d’État financier et politique est en cours !

- Europe : bienvenue chez les fous !

- La Grèce ne va pas honorer son paiement au FMI, nouvelles tractations avant le référendum

- Jean-Luc Mélenchon : La Grèce résiste pour nous

- Grèce : les économistes jugent déraisonnables les exigences des créanciers

Un coup d’État financier contre Athènes avec des banks au lieu des tanks
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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 08:03
Les trois victoires du gouvernement grec

Avant même la tenue ce lundi du sommet exceptionnel de la zone euro, l'économiste Jacques Sapir tient à saluer sur son blog les "victoires du gouvernement grec". Ainsi, selon lui, que cette réunion "se solde par une capitulation de l’Allemagne et du courant “austéritaire” ou même, ce que l’on ne peut exclure, par une défaite du gouvernement grec, l’appareil politico-économique de l’UE aura fait au grand jour la preuve de sa nocivité, de son incompétence et de sa rapacité".

 

Source : le blog de jacques Sapir le 22 juin 2015

Quel que soit le résultat de l’Eurogroupe qui doit se réunir le 22 juin, lundi prochain, il est désormais clair que le gouvernement grec, abusivement appelé « gouvernement de la gauche radicale » ou « gouvernement de SYRIZA », mais en réalité gouvernement d’union (et le fait que cette union ait été faite avec le parti souverainiste ANEL est significatif), a remporté des succès spectaculaire. Ces succès concernent tant la Grèce, où le peuple a retrouvé sa dignité, que les pays européen, ou l’exemple donné par ce gouvernement montre désormais la marche à suivre. Mais, et c’est le plus important, ce gouvernement – dans la lutte sans merci qu’il a mené contre ce que l’on appelle par euphémisme les « institutions », c’est à dire pour l’essentiel l’appareil politico-économique de l’Union européenne, l’Eurogroupe, la Commission européenne et la Banque Centrale Européenne – a démontré que le « roi est nu ». L’ensemble de la structure, complexe et peu transparente de cet appareil politico-économique a été mis au défi de répondre à une demande politique, et c’est avéré incapable de le faire. L’image de l’Union européenne en a été fondamentalement altérée. Quoi qu’il sorte de la réunion de lundi prochain, qu’elle se solde par un constat d’échec ou par une capitulation de l’Allemagne et du courant « austéritaire », ou même, ce que l’on ne peut exclure, par une défaite du gouvernement grec, l’appareil politico-économique de l’UE aura fait au grand jour la preuve de sa nocivité, de son incompétence et de sa rapacité. Les peuples des pays européens savent désormais où se trouve leur pire ennemi.

 

 

- L’union européenne sans stratégie.

Le gouvernement grec, dans le cours de la négociation qui a commencé dès la fin du mois de janvier dernier, a été confronté à la position inflexible de ces « institutions ». Mais, cette inflexibilité a traduit bien plus un manque tragique de stratégie, et la poursuite d’objectif contradictoire, qu’une réelle volonté. En effet, on a ainsi compris que ces « institutions » n’entendaient nullement céder sur le principe de l’Euro-austérité, une politique d’austérité à l’échelle européenne mise en place au prétexte de « sauver l’Euro ». C’est pourquoi, elles ont adressé une fin de non recevoir au gouvernement grec dont les propositions étaient raisonnables, comme de nombreux économistes l’ont souligné[1]. Les propositions faites par ces « institutions » ont été qualifiées d’équivalent économique de l’invasion de l’Irak en 2003 par un éditorialiste qui n’est nullement classé sur la gauche de l’échiquier politique[2]. Il faut comprendre cela comme un terrible aveu d’échec. Une position a été publiquement défendue par les représentants de l’Union européenne, alors qu’elle n’était nullement fondée sur la réalité, et qu’elle n’avait pour sa seule défense que l’idéologie la plus étroite. Ces représentants ont été incapables de faire évoluer leurs positions et se sont enferrés dans un argumentaire très souvent mensonger tout comme le gouvernement américain s’était enferré sur la question des armes de destruction massive attribuées à Saddam Hussein.

 

Dans le même temps, ces « institutions » ont toujours proclamé leur volonté de garder la Grèce au sein de la zone Euro. Il faut ici comprendre l’immensité du paradoxe : on prétend une chose alors que l’on fait tout pour que son contraire survienne. Car, si les pays de l’Eurogroupe voulait réellement que la Grèce reste au sein de la zone Euro, ils devaient reconnaître que le pays avait besoin d’une effort d’investissement important sur plusieurs années, et qu’il fallait donc que l’Eurogroupe finance ce plan d’investissement. Poursuivant ainsi deux objectifs contradictoires, à la fois l’austérité et la volonté de grader la Grèce dans la zone Euro, il est plus que probable que les « institutions » vont perdre sur les deux tableaux. La Grèce va sortir dans les faits de la zone Euro, et la politique d’Euro-austérité sera mise en échec, avec des conséquences politiques tant en Espagne qu’en Italie.

 

Le gouvernement grec, en tenant bon jusqu’à présent aux demandes des « institutions » européennes, fait éclater au grand jour la contradiction de la politique de l’Union européenne. Par son attitude, il en souligne l’incohérence. Mais, il met aussi en évidence une autre chose : la malformation congénitale de la zone Euro.

 

 

- L’Euro, dangereux avorton monétaire.

La question cependant se pose alors de comprendre pourquoi les « institutions », et en leur sein des personnalités politiques comme Angela Merkel, Jean-Claude Juncker, François Hollande, ont-ils été incapables de voir que, faute de ce grand plan d’investissement qui permettrait à l’appareil productif grec de retrouver sa compétitivité d’avant la mise en place de l’Euro, la Grèce ne pouvait pas survivre au sein de la zone Euro. La réponse est assez simple : c’est la fragilité intrinsèque de la zone Euro elle-même, à laquelle s’additionne l’investissement tant politique que symbolique que ces dirigeants ont consenti dans sa mise en place.

 

L’Euro se présente comme une « monnaie unique » pour les pays qui l’utilisent. Cela se reflète dans la structure technique de l’Euro. L’existence des comptes target2 et de la compensation entre l’Euro « allemand », « français », « italien » ou « grec », montre bien que nous ne sommes pas en présence d’une véritable « monnaie unique » mais d’un système établissant une règle de fer quant à la parité relative des monnaies[3]. En réalité, l’Euro est un régime de change fixe (comme l’était l’étalon-Or) déguisé en monnaie unique car il n’y a pas de fédéralisme budgétaire, fiscal ou social. La construction de ce fédéralisme économique est une des conditions nécessaires pour qu’une monnaie unique puisse fonctionner sur des territoires très hétérogènes[4].

 

L’idée que la mise en place de l’Euro allait, en raison même de ces absences d’institutions fédérales, provoquer le mouvement politique qui conduirait à leur construction s’est avérée fausse. J’ai le plus grand respect pour ceux qui, au sein des économistes, continuent de plaider pour la mise en place de ces institutions fédérales, mais c’est un respect qui est bien plus justifié par leur obstination que pour leur intelligence. Ils sont obstinés, en effet, mais la réalité a tranché. Il n’y aura pas de construction fédérale, et l’Euro sera condamné à n’être qu’un avorton monétaire, dont la survie n’engendre que des crises à répétition. Et cette démonstration nous la devons au gouvernement grec.

 

 

- L’Euro, fausse « monnaie unique ».

Mais, le gouvernement grec a fait une troisième démonstration, celle de la fragilité intrinsèque de l’Euro. S’il y a bien quelqu’un qui a conscience de l’extrême fragilité de la zone Euro, un point que j’avais souligné dans un article datant de 2006[5], c’est le Président de la Banque Centrale Européenne lui même, M. Mario Draghi. Il faut écouter, et lire, ce qu’il a dit dans la conférence de presse qu’il a donné en novembre 2014 : « So it should be clear that the success of monetary union anywhere depends on its success everywhere. The Euro is – and has to be – irrevocable in all its member states, not just because the Treaties say so, but because without this there cannot be a truly single money ». (Il doit être clair que le succès de l’Union monétaire dans n’importe quel pays dépend de son succès dans tous les pays. L’Euro est – et doit être – irrévocable dans tous les Etats membres, non pas parce que ainsi le disent les Traités, mais parce que sans cela il ne peut y avoir véritablement de monnaie unique).

 

C’est une déclaration d’une extrême importance. Draghi affirme qu’un échec local de l’Euro impliquerait un échec global. Or, rien dans la théorie économique ne va dans son sens. Hier, quand l’Etat libre d’Irlande s’est séparé du Royaume-Uni, cela n’a pas provoqué de crise de la Livre Sterling. Si, demain, la Cachemire sortait de l’Union Indienne et adoptait sa propre monnaie, cela ne remettrait pas en cause la Roupie pour les autres Etats de l’Union indienne. Mais, ce que dit Draghi, si ce n’est pas conforme à la théorie et à la pratique des unions monétaires, est effectivement exact dans le cas de l’Euro. Il en est ainsi parce que l’Euro n’est pas une union monétaire complète, et ne peut pas l’être dans le monde réel, et qu’il n’est qu’un subterfuge pour faire adopter aux pays européens une règle de stabilité des parités monétaires dont l’Allemagne avait le plus grand besoin pour développer son commerce et son économie. Faute des mécanismes assurant la plénitude de l’Union monétaire, et l’on sait que cela impliquerait des transferts très importants des pays d’Europe du Nord (et dans l’essentiel de l’Allemagne) vers les pays de l’Europe du Sud, l’Euro restera incomplet, et dans les faits un avorton monétaire. Telle est la raison pourquoi les dirigeants européens sont tellement affolés devant la perspective du « Grexit ». Cette perspective n’est pas celle d’une apocalypse comme le prétend le Président de la Banque Centrale de Grèce dont on ne lit que trop bien le jeu politique malsain. Des voix, aujourd’hui toujours plus nombreuses, commencent à dire que la sortie de la zone Euro pourrait être pour la Grèce un moindre mal[6]. Là encore, nous devons cette démonstration au gouvernement grec, auquel nous serons largement redevable dans les années qui viennent.

 

Sur ces trois points, il est donc clair que le gouvernement grec a déjà remporté des victoires essentielles. Ces victoires, et l’exemple qu’il a donné tant en interne avec la décision des dirigeants de Syriza de s’allier aux souverainistes de l’ANEL qu’en externe dans son comportement vis-à-vis des « institutions », seront les acquis les plus précieux de la crise grecque, et ceci quel qu’en soit son dénouement.

 

Notes :

[1] A. Sen, « The economic consequances of austerity », The New Statesman, 8 juin 2015, http://www.newstatesman.com/politics/2015/06/amartya-sen-economic-consequences-austerity, Galbraith J., 16 juin 2015, http://www.project-syndicate.org/commentary/imf-greece-debt-restructuring-by-james-k-galbraith-2015-06

[2] Evans-Pritchard A., « Greek debt crisis is the Iraq War of finance », The Telegraph, 19 juin 2015, http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/11687229/Greek-debt-crisis-is-the-Iraq-War-of-finance.html

[3] Voir Coppola F., « Mario Draghi and the Holy Grail », 18 juin 2015, http://coppolacomment.blogspot.co.uk/2015/06/mario-draghi-and-holy-grail.html

[4] Sapir J., “Différenciation régionale et fédéralisme budgétaire en Russie” in Critique Internationale n°11, avril 2001, pp. 161-178.

[5] Sapir J.,  La Crise de l’Euro : erreurs et impasses de l’Européisme » in Perspectives Républicaines, n°2, Juin 2006, pp. 69-84.

[6] Munchau W., « Greece has nothing to lose by saying no to creditors », Financial Times, 14 juin 2015, http://www.ft.com/intl/cms/s/0/5e38f1be-1116-11e5-9bf8-00144feabdc0.html#axzz3d3G2O5Is

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Grèce: Varoufakis interpelle Merkel et taille un costard à Bruxelles

- Grèce. Bougez-vous, Monsieur Hollande !

- Hollande, l'allié rêvé de Tsipras qui lui a fait faux bond

- La Grèce et l’Europe sous la coupe d’une junte financière

- Athènes reprend la main face aux créanciers

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 09:46
1967 coup d’état, Athènes

1967 coup d’état, Athènes

  • Grèce : le coup d’État ne sera pas télévisé !
  • Des fonctionnaires européens avouent désormais ouvertement que l’objectif est de procéder à un changement de gouvernement en Grèce.
  • Les peuples d'Europe doivent aujourd’hui prendre conscience que leurs représentants font tout ce qui est en leur pouvoir pour renverser, au cœur de l’Europe, un gouvernement démocratiquement élu.

 

Source :  le blog de Dimitri Alexakis   par Dimitri Alexakis | mis à jour le 03 janvier 2017

Les rumeurs d’élections distillées depuis deux jours par les créanciers de la Grèce, l’inquiétude pour les «Grecs qui souffrent» exprimée avant-hier sur les ondes d’une radio française par le président de la Commission (qui a bien pris soin d’ajouter que c’était du «peuple» qu’il se souciait, et non de son «gouvernement» ni de son «Parlement»), la récente douche froide de Bruxelles (la délégation hellénique face à des interlocuteurs expliquant qu’ils n’avaient pas mandat pour négocier, l’interruption consécutive de cette réunion au bout de 45 minutes), le report des négociations à la fin juin, la campagne de dénigrement du gouvernement grec orchestrée par le FMI, la Commission européenne et les principaux quotidiens allemands et français («Die Welt», «Bild», «Le Figaro», «Le Monde»), campagne à laquelle le chef de file des sociaux-démocrates allemands vient d’apporter une lourde pierre et dont l’intensité a manifestement franchi un cap depuis deux ou trois jours ― tout cela, combiné à la fuite des capitaux en cours et à l’effondrement de la Bourse d’Athènes, montre que ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est rien d’autre qu’une tentative de coup d’État financier et politique perpétrée contre le gouvernement grec, un gouvernement élu par le peuple il y a à peine moins de cinq mois.

 

L’objectif semble bien être de faire tomber le gouvernement d’Alexis Tsipras en utilisant le levier de la panique bancaire et, en sapant les fondements mêmes de l’économie du pays, de réduire à néant le soutien politique que le peuple grec continue d’apporter à ses représentants.

 

Il s’agit d’un coup d’État invisible, sans tanks dans les rues d’Athènes, sans bain de sang, sans images, dans le droit fil de la stratégie insidieuse d’étranglement adoptée par nos «partenaires» dès le 18 février (suspension par la BCE du principal mécanisme de financement des banques grecques), dans le droit fil aussi de la stratégie qui avait conduit ces mêmes partenaires à court-circuiter en 2011 les procédures démocratiques pour placer un banquier et un technocrate (Lukas Papademos, Mario Monti) à la tête des gouvernements grec et italien.

 

Une tentative de coup d’État que les peuples de l’Union européenne, et le peuple grec lui-même, sont d’ores et déjà invités à cautionner.

 

Ces peuples doivent aujourd’hui prendre conscience que leurs représentants font aujourd’hui tout ce qui est en leur pouvoir pour renverser, au cœur

de l’Europe, un gouvernement démocratiquement élu.

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- La Grèce et l’Europe sous la coupe d’une junte financière

- Intervention d’Alexis Tsipras devant le groupe parlementaire de Syriza, 16 juin 2015

- La dette grecque est illégale, illégitime et odieuse selon le rapport préliminaire du Comité sur la dette

- Dette illégale : "les résultats renforcent la position de la Grèce dans les négociations"

- Trois paires de claques : la Grèce en route vers la sécession

- Parti de Gauche : A Berlin, Bruxelles et Paris… Les austéritaires contre la démocratie

- Grèce. Etrangler un gouvernement

- l’objectif est de procéder à un changement de gouvernement en Grèce

- Non, la Grèce n'a pas reçu l'aide à la Grèce... l'acharnement médiatique et l'asphyxie des créanciers qui ont visé l'an dernier le gouvernement Tsipras I n'était rien d'autre que politique

Grèce : un coup d’État financier et politique est en cours !
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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 08:15
Grèce, France, Europe : l'austérité tue, la démocratie meurt.

RÉSISTONS! MANIFESTATION À PARIS 15 H

SAMEDI 20 JUIN - rendez-vous STALINGRAD

 

Sources :  Avec les Grecs le 12 juin 2015

En Grèce et dans de nombreux pays européens, les puissances de l’austérité bafouent les droits fondamentaux des populations et la démocratie pour protéger les intérêts financiers. Elles érigent des murs aux frontières et provoquent ainsi de terribles catastrophes humaines. Aujourd’hui, les institutions européennes et gouvernements tentent de faire plier la Grèce, d’étouffer les voix qui proposent une autre Europe, celle de la dignité, de la solidarité, de la justice sociale.

 

Du 20 au 27 juin se tiendra une grande semaine de mobilisation européenne. Ensemble, à Rome, à Berlin, à Londres, à Athènes, à Madrid, à Bruxelles, à Paris et dans de nombreuses autres villes, nous répondrons à l’appel des mouvements grecs « Unis contre l’austérité et l’injustice sociale ».

 

 

- A l’appel du mouvement social grec :

« Le peuple grec en votant en faveur d’un gouvernement de gauche pour les soutenir, a décidé de briser le consensus néolibéral. La solidarité et le soutien populaire massif permettront d’atteindre le meilleur résultat dans l’affrontement entre notre camp et l’élite politique et économique européenne. Luttons pour une Europe de la dignité et de la solidarité et contre une Europe de profit, une Europe forteresse. Nous appelons toutes les forces sociales et politiques à  participer à la semaine de solidarité et à construire des coalitions nationales puissantes pour soutenir la lutte européenne contre l’austérité. »

 

En France, un appel à mobilisation a été lancé par des personnalités, organisations associatives, syndicales, politiques, sous forme d’une pétition ayant rassemblé plus de 20 000 signatures « La Grèce, une chance pour l’Europe ».

 

 

- La Grèce, une chance pour l’Europe :

« Nous demandons instamment à François Hollande de s’opposer à l’étranglement financier de la Grèce, ce double déni de démocratie par lequel il renie ses engagements devant les Français et nie le droit des Grecs à décider de leur destin. Nous appelons nos députés, élus de juin 2012, à se rappeler pourquoi et pour quoi ils ont été élus. Nous participerons aux actions conjointes organisées à la mi-juin à l’initiative des mouvements sociaux européens, à partir de nos villages et quartiers, de nos lieux de travail et d’étude, pour dire ensemble: nous sommes avec les Grecs pour la dignité et la justice, pour une autre Europe, »

 

Des actions, débats, rassemblements se tiendront partout en France. Nous vous invitons à prendre part à leur organisation, voire à en initier dans vos quartiers, villes ou villages.

 

A Paris, une manifestation aura lieu samedi 20 juin. Départ 15h  de Stalingrad pour la place de la République où se tiendront ensuite des assemblées citoyennes et un rassemblement festif.

 

Mobilisons-nous pour arrêter le massacre des droits et de la démocratie. Et pour dire aux institutions et dirigeants européens : non, vous ne nous représentez pas, votre Europe n’est pas la nôtre !

 

 

- Collectif Avec les Grecs    

ALG : ATTAC, Bloco des Esquerda France, CADTM, Collectif Roosevelt, Compagnie Erinna / Grèce Résistante, Club des socialistes affligés, Economistes Atterrés, EELV, Ensemble, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Grèce-France Résistance, GU, Jeunes écologistes, Les Amis du Monde diplomatique, Les effronté-e-s, Nouvelle Donne, NPA, PCF, PCOF, PG, Marches européennes, Mémoire des luttes, République et socialisme, Solidarité France-Grèce Santé, Syriza Paris, Transform!

 

 

-  CAC  Collectif pour un audit citoyen de la dette publique

Assos et collectifs : AC!, Act up-Paris, Aitec, Amis de la Terre, Attac, CADTM, CEDETIM-IPAM, Collectif National des Droits des Femmes, Collectif Richesse, Coopérative DHR, Économistes Atterrés, Fondation Copernic, Utopia, LDH, Marches Européennes, Marche Mondiale des Femmes France, RECit, Réseau Éducation Populaire.

 

Diapositive1

 

- Syndicats :

Confédération CGT, Fédération des Finances CGT, Fédération syndicale unitaire (FSU), Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, Sud Banque populaire – Caisse d’épargne (Sud BPCE), Union syndicale Solidaires.

 

 

- En soutien :

Alternatifs, Europe Ecologie Les Verts (EELV), Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Mouvement politique d’éducation populaire (MPEP), Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Nouvelle Donne, Parti de Gauche (PG), Parti Communiste Français (PCF), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti pour la Décroissance.

 

Nous arrivons au point culminant de cette séquence politique et nous devons réussir cette semaine d’action européenne, et notamment la Manifestation du 20 juin à Paris. C’est l’occasion d’élargir la mobilisation, d’engager toutes nos forces militantes et de toucher un public plus large.
 

- Il importe donc de diffuser très largement le tract ci dessous, par mail et en

version papier sur les lieux de diff prévues par vos organisations d’ici le 20 juin. - Au-delà, merci d’organiser la présence militante et citoyenne la plus large pour les évènements de cette semaine du 20 juin. 

 

 

 

 

 
 

- Vous trouverez ci-dessous les deux versions du tract pour la semaine européenne de soutien à la Grèce du 20 au 26 prochain. 

  • Le premier ICI  est destiné à la région parisienne et annonce la Manifestation du Samedi 20 juin à Paris. Le parcours est confirmé : départ Place Stalingrad à 15h vers la Place de la République.
  • Le deuxième ICI est destiné aux autres villes et régions : il est possible de le remplir avec le lieu et l’horaire de l’événement qui y sera prévu entre le 20 et le 26. 

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Grèce : le coup d’État ne sera pas télévisé

- Trois paires de claques : la Grèce en route vers la sécession

- Grèce : Une commission d’audit recommande la suspension du remboursement de la dette grecque

- Parti de Gauche : A Berlin, Bruxelles et Paris… Les austéritaires contre la démocratie

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 08:08
"L’Europe se désagrège et personne ne sait quel sera le premier domino à tomber"
  • Grèce, Royaume-Uni, l'Union européenne craque de toutes parts.
  • Pour Coralie Delaume, auteur de l'essai "Europe. Les États désunis" (Michalon), l’UE se délite en raison de ses propres règles.
  • Pour l'animatrice du blog "L'Arène nue", ça ne fait en effet aucun doute : la crise que traverse l'UE trouve en effet ses fondements "dans les choix mêmes des pères fondateurs de l’Union européenne".
  •  

    Source : Marianne

    - Marianne : La situation actuelle de l’Union européenne était-elle selon vous écrite de longue date ?
    Coralie Delaume : La crise que connaît l’Europe actuellement est une crise à la fois économique et démocratique. La première était prévisible au moins depuis la création de l'euro. La seconde trouve son origine très en amont, dans les choix mêmes des pères fondateurs de l’Europe. Ceux-ci ont fait le choix dès le début de mettre sur pied non une Europe politique mais une Europe technique, supposée devoir générer des solidarités de fait.


    C’est ce que l’on a appelé la « méthode des petits pas » de Jean Monnet, qui consistait à imbriquer des secteurs précis de plus en plus nombreux, et à mettre les peuples devant le fait accompli. Une sorte de « fédéralisme furtif » si l'on veut. Il n'y a jamais eu de grande ambition démocratique là derrière, au contraire. Une ponction lente des prérogatives des nations pour les transférer à des échelons supranationaux ne pouvait qu'aboutir à terme à un déficit démocratique. Le choix de la supranationalité plutôt que la coopération traditionnelle entre nations européennes — par la voie simple de la diplomatie classique — portait nombre de problèmes en germe.


    Pour ce qui est de la crise économique, on trouve l'une de ses sources principales dans la création de la monnaie unique. Le partage d'une même monnaie par des pays aux structures économiques très différentes, la mise en place d'une monnaie fédérale sans Etat fédéral auquel s'adosser, était voué à l'échec. Au lieu de les faire converger, l'euro a contribué à faire diverger les différentes économies, notamment en imposant aux pays d'Europe du Sud un fonctionnement « à l’allemande » fait de rigueur budgétaire et d'inflation quasi nulle, qui ne leur convient pas. 

     

    "On parle encore de “couple franco-allemand” mais on devrait davantage parler d'une servitude volontaire de la France"

     

     

     

     

    - Marianne : Le vrai risque d’un départ du Royaume-Uni de l’Union européenne ne serait-il pas celui d’une étendue de la domination économique allemande sur le continent européen ?

    Coralie Delaume : Cela renforcerait en effet sa centralité économique, politique, géographique. La relation franco-allemande est désormais très déséquilibrée. On parle encore de « couple » mais on devrait davantage parler d'une servitude volontaire consentie par de la France vis-à-vis de l’Allemagne.


    Un départ éventuelle du Royaume-Uni est une chose, mais on voit bien globalement que toute les nations dites « périphériques » sont actuellement la proie de tensions centrifuges. On le voit bien avec la Grèce par exemple. L'Allemagne deviendrait évidemment le pivot d'une Union européenne réduite au noyau central.

     

     

    - Marianne : La crainte de perdre un nouveau pays peut-il amener les institutions européennes à adopter une attitude plus conciliante dans ses négociations avec le gouvernement d’Alexis Tsipras ?
    Coralie Delaume : Non, je n'en suis pas convaincue. « Les Européens » pourront tenter de faire des concessions mineures pour se laisser le temps de voir venir. C'est ce que fait d'ailleurs la BCE, contrainte et forcée. Au départ, elle a cru pouvoir faire mettre le gouvernement Tsipras à sa merci en fermant aux banques grecques l'accès au refinancement normal. Du coup, ces banques se refinancement uniquement via l'accès à la liquidité d'urgence (ELA). Mais c'est au tour de la BCE d'être à présent coincée, et elle n'en finit plus de devoir relever le plafond de l'ELA, en attendant mieux.


    Il pourrait y avoir éventuellement le déblocage de la dernière tranche de l'actuel plan d’aide, de 7,2 milliards d’euros, ou la négociation d'un troisième plan d'aide à partir de juin. Ou, beaucoup mieux, une restructuration de la dette. Mais là, si la Grèce parvient à obtenir ça, il fait bien voir que ça donnera des idées à d'autres pays. En Espagne par exemple, le parti Podemos ne manquerait pas de faire campagne sur l'idée d'obtenir les mêmes concessions que son parti frère Syriza.


    En tout cas, il faut bien voir que depuis 2008, les décisions économiques qui sont prises constituent un bricolage. Cela permet d’ « acheter du temps », de faire tenir la zone euro, mais ça ne résout pas les problèmes de structure de celle-ci. Et les problèmes économiques deviennent politiques, avec la montée de l’eurosceptisme dans tous les pays. On sent de nombreuses forces centrifuges à l'œuvre. L’Europe se désagrège, et personne ne sait quel sera le premier domino à tomber…

     

    "Entre perdre l'Ecosse et sortir de l'UE, le Royaume-Uni va sans doute devoir choisir... "

     

     

     

     

    - Marianne : L’Union européenne pourra-t-elle accepter dans les futures négociations les mesures revendiquées par le gouvernement Cameron, comme celle du « carton rouge » (c’est-à-dire la dotation aux chambres parlementaires nationales d’un droit de véto sur les décisions de la Commission européenne ne respectant pas le principe de subsidiarité) ?
    Coralie Delaume : Je pense que le Royaume-Uni, souhaite surtout obtenir des concessions. Il est intéressé par le libre-échange avec l'UE, mais souhaite couper un à un les fils qui le relient à la bureaucratie bruxelloise. Peut-être utilisera-t-il également le chantage au « Brexit » pour tenter de faire accélérer les négociations dans le cadre du traité transatlantique ?


    De toute façon, les Anglais ont de la ressource. Ils sont branchés sur tout le monde anglophone, sur leurs anciennes colonies... Après, reste le problème écossais. Les indépendantistes du SNP dominent désormais très largement l'Ecosse. Or il s'agit d'un parti de gauche européiste. Entre perdre l'Ecosse et sortir de l'UE, il va sans doute falloir choisir…

     

     

    - Marianne : Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, a déclaré récemment que « si le gouvernement grec juge nécessaire un référendum sur la question de la dette, alors qu'il le fasse. » Comment interpréter cette nouvelle provocation ?
    Coralie Delaume : Au sein du gouvernement allemand Wolfgang Schäuble semble s'être donné pour rôle de « terroriser » les Grecs. Il fait le « mauvais flic ». Angela Merkel passe derrière pour recoller les morceaux. Elle, c'est le « bon flic ». Un peu comme Varoufakis pour la Grèce, qui va à l’affrontement, avec un Tsipras qui joue ensuite l’apaisement. Mais je pense que si ça ne tenait qu'à Schäuble, tout aurait déjà été fait pour faire obtenir un « Grexit », car il a des convictions ordo-libérales très fortes.


    En réalité, les deux camps doivent avoir compris qu'il n'y a guère d'issue à long terme, mais chacun s'efforce de montrer que l'impasse des négociations est imputable à l'autre.
    Pour ce qui est de la Grèce, il est très probable que Tsipras soit en train de préparer doucement son opinion à une sortie de l'euro. Il lui faut un peu de temps pour montrer qu'il n'y a pas d'autre issue à une opinion encore rétive. Peu à peu, les Grecs réalisent qu'ils ont un mur en fasse d'eux, et l'idée fait son chemin. Aujourd'hui, près de 20% d'entre eux sont favorable à un retour à la drachme. C'est peu, mais on était à moins de 10% avant l'arrivée au pouvoir de Tsipras.

     

    "La tendance lourde, c'est l'absence de croissance dans toute l'Europe, et un approfondissement des divergences entre les pays"

     

     

     

     

    - Marianne : L’agence Eurostat a dévoilé hier sa première estimation du PIB du premier trimestre de l’année 2015, correspondant à une augmentation de 0,4%, couplé à une croissance annuelle de 1% dans la zone euro. Secondé par une croissance en hausse en France, en Italie et en Allemagne, ce rebond signifie-t-il, selon vous, que l’Europe sort la tête de l’eau ?

    Coralie Delaume : Pas du tout, ce sont des soubresauts conjoncturels, de petits rattrapages ou de petites pauses habituelles qui ne signent en rien un retournement de conjoncture. J'avoue que j'ai presque cessé de m’intéresser à ces chiffres. La tendance lourde, c'est l'absence de croissance dans toute l'Europe, et un approfondissement des divergences entre les pays créditeurs et pays débiteurs. Par exemple, l’excédent commercial allemand n'en finit jamais d'augmenter : 217 milliards d'euros en 2014 soit 11% de plus que l'année précédente. Et le chômage reste à 25% en Espagne et en Grèce. Ça oui, c'est spectaculaire, et ça montre des déséquilibres majeurs. La zone euro est profondément mal foutue ! 

     

     

    - Marianne : La situation en Europe en cas d’un « Grexit » et d’un « Brexit » pourrait-elle placer l’Union sous un angle géopolitique instable, avec un Est sous l’œil avide de la Russie de Vladimir Poutine et un forcing des Chinois sur les accords économiques ?
    Coralie Delaume : Je vous avoue que la Russie ne m'inquiète pas, au contraire. Un rapprochement avec la Russie pourrait bénéficier à toute l'Europe, en la rééquilibrant. On ne peut tout de même pas souhaiter une Europe rabougrie, autiste, recroquevillée sur un noyau dur dominé par l'Allemagne. Avec un Royaume-Uni en train de filer en douce et une Russie perçue comme une menace. Le général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe, lui qui appelait de ses vœux une Europe « de l'Atlantique à l'Oural ».


    Mais il faut être vigilant. Car le Royaume-Uni est ouvert a des liens privilégié avec les Etats-Unis. La Russie, elle, a manifesté beaucoup de pragmatisme à la suite des sanctions votées contre elle, en allant chercher d'autres partenariats en Asie. Le dindon de la farce in fine.... ce sera nous ! Il faut retrouver un équilibre sain entre les différentes nations d'Europe, Russie comprise.

     

    Pour en savoir plus :

    - L’abdication

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