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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 09:00
Mark Mazower

Mark Mazower

La victoire de Syriza en Grèce est un appel à la solidarité, dans une Union européenne qui a oublié les circonstances de sa fondation.

 

Sources :  Keanews.fr le 1 février 2015 article original www.ft.com

Dans le Financial Times, l’universitaire britannique Mark Mazower, spécialiste de la Grèce et de l’histoire du fascisme, propose une analyse de la victoire du parti de gauche Syriza en Grèce, dans une Europe menacée par l’avènement des partis d’extrême droite. Un commentaire en forme de mise en garde.

 

Le contexte actuel en Europe n’est pas sans rappeler la période de l’entre-deux-guerres, explique-t-il, rappelant que c’est l’érosion du centre politique, "l’ambivalence de la gauche face au parlementarisme" et le durcissement de la droite européenne qui avaient alors mené à l’explosion des systèmes démocratiques du continent et au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Pour Mazower, "ce n’est qu’après 1945 que les partis, de tous les côtés, ont commencé à s’accommoder progressivement des vertus de la modération politique ; une pénible restauration du centre politique qui a été la condition nécessaire à la reconstruction de la démocratie".

 

Bien que la situation soit différente aujourd’hui, l’historien estime que l’extrême droite, bien qu'elle ait assimilé le discours démocratique, constitue une menace bien plus funeste pour l’UE que les programmes initiés par la gauche européenne : "Bien que critiques vis-à-vis de la direction prise par l’UE, des partis tels que Syriza en Grèce et Podemos en Espagne restent résolument européistes. Ce n’est pas le cas des forces de droite. Aube dorée, un parti ouvertement nazi, a maintenu son score aux législatives grecques et reste le 3e parti du pays, et ce alors que la plupart de ses cadres sont en prison."

 

Soulignant les bons résultats électoraux d’autres partis fascisants sur le continent aux dernières élections européennes – Front National en France et Parti populaire au Danemark – Mark Mazower estime que "la bataille pour la défense de la monnaie unique est en train de raviver un langage d’extrême droite bâti sur la pureté nationale, le racisme et la souveraineté".

 

Face à ce phénomène, l'auteur s'attache à expliciter le message porté par la victoire de Syriza en Grèce : il ne s'agit pas d'une "répudiation de l’Europe, mais une redéfinition de celle-ci. La logique morale qui sous-tend le résultat du scrutin part d’un simple postulat : l’ampleur du traumatisme économique subi par la Grèce est en train de détruire sa société. Cette perception [des ravages] de l’austérité a transcendé classes sociales et générations, mondes rural et urbain. Il est aisé de comprendre pourquoi les individus adoptent une telle position dans l’Europe de la dette – tandis que celle-ci paraît manifestement incompréhensible à l’Europe créancière du Nord."

 

Or, poursuit l’historien, les créanciers seraient mal avisés de se borner à exclure les Grecs, car cette initiative pourrait selon lui générer un effet domino dévastateur pour l’Europe, "la laissant à peu près dans l’état où celle-ci se trouvait lorsqu’a débuté l’ensemble du processus d’intégration, il y a plus d’un demi-siècle". Une situation qui s’avérerait bien plus périlleuse aujourd'hui, souligne Mazower, car "à l’époque, les gens avaient une conscience bien plus aigüe des conséquences du fascisme, alors que nous semblons avoir oublié ce péril aujourd’hui."

 

Si l'on peut comprendre le vote grec comme un appel à la solidarité, alors il s'agit là de l'affirmation d'une "vertu aujourd’hui occultée par une majeure partie du continent. Les électeurs allemands et finlandais peuvent penser qu'ils ont fait preuve de suffisamment de solidarité vis-à-vis des Grecs. Or stricto sensu, ils n’ont fait que se montrer solidaires de leurs propres institutions financières – lesquelles auraient été les principales perdantes si la Grèce n’avait pas été placée sous tutelle."

 

Mazower souligne que les nations endettées proposent une autre "vision morale", à savoir que "la rigueur n’est pas une politique. Et si l’on veut que la finance contribue à aider l’Europe plutôt que de la ruiner, il faudra restaurer une certaine notion d’intérêt général."

Sans cette prise de conscience, les conséquences potentielles sont évidentes, selon Mazower : "la poursuite de l’effritement du centre politique, l'avènement de l’extrême-droite, voire la désintégration de l’Union européenne".

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 09:00
La Grèce endettée au profit des industries militaires étrangères ?

Ah, la Grèce, ses plages, ses eaux turquoises, ses villages perchés…

Soudain, trois chasseurs F-16 déchirent le ciel. La Libye n’est pas loin.

Au large, les sous-marins made in Germany patrouillent.

 

Source : INVESTIG'ACTION par Cécile Chams et Fotoula Loannidis le 12 mars 2012 mis à jour le 26/02/2015

Avec une population équivalente à la Belgique, la Grèce consacre 7,6 milliards d’euros à son armement, soit 3,2% de son PIB[1] (chiffres 2009). C'est près du double des dépenses militaires de la Belgique (4 milliards d’euros, 1,2% du PIB). En pourcentage, le budget militaire de la Grèce est ainsi le plus élevé des pays de l’Union Européenne et le second, après les États-Unis, des pays membres de l’Otan. La Grèce dépasse ainsi le Royaume-Uni (2,7%), la France (2,5%), l’Allemagne (1,4%) et la Belgique (1,2%) et vient derrière les États-Unis (4,7%).[2]

 

 

- Le budget militaire le plus élevé de l’Union Européenne

La Grèce est aussi le premier importateur d’armes de l’Union Européenne. Au cours des cinq dernières années, elle a importé pour 3,4 milliards d’euros d’armes conventionnelles. Le pays se classe ainsi, sur la même période, au 5e rang des pays importateurs d’armes dans le monde, derrière l’Inde, la Chine, la Corée du Sud et le Pakistan. La Turquie vient en 11e position. La Grèce achète principalement des armes à l’Allemagne (1,3 milliards d’euros les 5 dernières années), aux États-Unis (977 millions d’euros) et à la France (730 millions). C’est ainsi le 1er client militaire de l’Allemagne et le 3e de la France.[3] L’achat d’avions de combat représente 38% de ses importations militaires. Le pays a acquis ainsi 26 F-16 aux États-Unis et 25 Mirages 2000 pour 1,6 milliard d’euros à la France. Des contrats sont en cours d’exécution, comme celui de 4 sous-marins commandés à l’Allemagne pour 1,2 milliard d’euros et la livraison de six frégates polyvalentes FREMM françaises pour un montant de 2,5 milliards d'euros[4].

 

 

- L'Allemagne tire profit des tensions régionales

Il est intéressant de noter que l’Allemagne est aussi le principal fournisseur d’armes de la Turquie (860 millions d’euros) sur un total de 1,9 milliards d’euros d’importation. La Turquie est ainsi le 3e client de l’Allemagne[5].

 

Selon Jean-Paul Hébert, « le facteur essentiel de ces dépenses très importantes est la course aux armements avec la Turquie : mais la différence de population (72 millions contre 11) permet à ce dernier pays d’engager une part plus restreinte de ses ressources dans les dépenses militaires. Cet investissement excessif dans le militaire répond à la fois à un long antagonisme historique mais aussi à une course à la taille critique dans l’OTAN, dont les deux pays sont membres. » [6]

 

  • Ainsi, l'aide financière française et allemande envers la Grèce va contribuer à la poursuite des contrats avec les industries d'armement de ces deux pays.
  • Une des causes de la dette grecque est sans aucun doute, le doublement de ses emprunts pour l'achat d'armes (passés de 80 à 160 milliards dollars) auprès de l'Allemagne, des États-Unis et de la France entre 2000 et 2010.

 

 

- Ventes d'armements et corruption

Vente d’armes rime souvent avec corruption, que ce soit en Belgique (rappelez-vous l’affaire Agusta) ou en Grèce. La brigade financière grecque a ainsi révélé le versement par la firme allemande Ferrostaal de 120 millions d’euros à des politiciens et responsables grecs pour faciliter l’achat des quatre sous-marins à l'Allemagne.[7

 

Elève zélé de l’Otan, la Grèce participe activement aux guerres en Afghanistan et en Libye.

Depuis la Grèce, des avions et des navires de guerre de divers pays membres de l’Otan, dont la Belgique, ont bombardé la Libye. Une frégate et un radar aérien de l’armée hellénique ont été impliqués dans les opérations. Le Parti communiste de Grèce (KKE), par la voix de sa secrétaire générale, Aleka Papariga, a clairement dénoncé, dès le début, l’engagement du pays dans cette guerre. « La Yougoslavie, l’Irak, l’Afghanistan et aujourd’hui la Libye – pour la quatrième fois, la Grèce, sous la responsabilité du gouvernement grec, prend part à un crime important. Ce crime est une guerre impérialiste, injuste et sale, dans le but de s’emparer d’une part des ressources pétrolières, ce qui ne fera qu’intensifier la crise et provoquer de nouveaux tourments pour tous les peuples de la région. »[8] Des manifestations ont été organisées par le KKE, le Comité grec pour la paix (EEDYE) et le Front militant des travailleurs (PAME) pour exiger la fermeture immédiate des bases aériennes de Souda (Crète) et d’Aktio (Nord-Ouest du pays), qui joue un rôle majeur dans cette guerre. Ce sont à nouveau les travailleurs grecs qui payeront la facture de cette participation guerrière.

 

Il est intéressant de comparer le budget militaire de la Grèce avec les dépenses consacrées à la santé publique ou à l’éducation. Selon les chiffres de l’OCDE, en 2007, la Grèce a consacré 5,9% de son PIB à la santé publique, alors que la France, l’Allemagne ou la Belgique en consacrent plus de 7,3%. En matière d’éducation, la Grèce a consacré 4% de son PIB en 2005, selon l’Unesco.[9] Alors que la France, l’Allemagne ou la Belgique y consacrent de 4,5 à 6,5%.

 

On peut aussi se rappeler la gestion calamiteuse des grands incendies de l’été 2007. 84 personnes sont mortes et 2 700 km2 de forêts détruits, notamment parce que le pays manquait cruellement de moyens pour éteindre les incendies criminels. Si la Grèce avait acheté des canadairs plutôt que dans les F-16 ou les Mirages…

Source : Solidaire

Source : Solidaire

Note :

[[1] PIB = Produit Intérieur Brut, somme des richesses produites par un pays en un an.

[2] Stockolm International Peace Research Institute (SIPRI), http://sipri.or

[3] SIPRI Arms Transfers Database, 2006-2010.

[4] RIA Novosti, 28 janvier 2011.

[5] SIPRI Arms Transfers Database, 2006-2010.

[6] CIRPES, Centre Interdisciplinaire de Recherches sur la Paix et d’Etudes Stratégiques, Le débat stratégique, N° 109 - Mai 2010. http://www.cirpes.net/article328.html

[7] Kathimerini, 27 mars et 4 mai 2011.

[8] KKE, 21 mars 2011. http://inter.kke.gr/News/news2011/2011-03-21-libya

[9] http://www.uis.unesco.org/Library/Documents/ged07-fr.pdf

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Quelle menace militaire pèse donc sur la Grèce ?

- Une annulation de la dette grecque n'aurait pas d'effet sur les impôts en France

- Contrats de défense : nouveau scandale à 62 millions impliquant des entreprises allemandes

- Armement et corruption : le ministre de la défense souhaite rouvrir tous les dossiers

- Désintox : la dette grecque, 900 euros par Français ? Faux ! Entre 0 et 10 euros ? Juste !

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 09:49
Syriza, une brèche dans l’Europe néolibérale !

Comme prévu, c’est une vague Syriza qui a emporté les élections ce dimanche. A Athènes dans les quartiers populaires, c’est une véritable débandade pour la droite. En province, ce sont des pans entiers de l’électorat de droite qui se sont ralliés, après ceux du PASOK. Du point de vue politique, la bourgeoisie grecque et son personnel politique sont abattus et aphones. Tous leurs espoirs pour affronter Syriza sont maintenant reportés sur les dirigeants européens. De ce côté, la ligne semble claire : c’est la politique de la « cage de fer » et dans laquelle il s’agit d’enfermer immédiatement un gouvernement Syriza. Le fer de lance est de l’obliger à demander une prolongation de l’actuel « programme d’aide », qui vient à échéance le 28 février. Une telle prolongation permettrait une poursuite du financement, donc du remboursement de la dette, mais elle implique également la poursuite de la politique actuelle et de la mise sous surveillance du pays par la Troïka – éventuellement sous des modalités légèrement réaménagées.

 

Les décisions de la BCE annoncées s’inscrivent dans ce cadre. L’inclusion de la Grèce dans le programme de rachat des dettes publiques suppose l’acceptation d’un « programme d’aide » (les titres de la dette grecque, qui ne valent pas grand chose, ne remplissent pas les conditions d’un ré-achat standard). Il en est en substance de même à propos de l’autorisation accordée par la BCE pour l’accès à la liquidité des banques grecques via le mécanisme de l’ELA. Elle doit être renouvelée tous les 15 jours et suppose la poursuite d’un « programme d’aide ». Comme on l’aura compris, il ne faut plus dire « mémorandum » mais programme d’aide.

 

Les intentions de Syriza face à ces difficultés, parfaitement prévisibles dans leurs grandes lignes, ne sont pas claires. La campagne s’est surtout voulue « rassurante », visant l’électorat modéré et indécis, et a diffusé l’image d’une « Europe qui change », et même à toute vitesse, et qui est disposée à accéder aux demandes de Syriza. Ces derniers jours, des déclarations de dirigeants de Syriza, tous principalement des économistes (Dragasakis, Tsakalotos), mais aussi du « bras droit » de Tsipras et directeur de son staff personnel Nikos Pappas, laissent entendre que Syriza serait d’accord pour demander une prolongation « technique » du « programme d’aide » en cours, pour « donner du temps à la négociation ». Les conditions qui seront exigées d’une telle prolongation prétendument « technique » sont passées sous silence.

 

On se retrouve donc face à un noeud de contradictions, qui, sous des formes diverses, jalonnent la trajectoire de Syriza et la situation grecque dans son ensemble. Déjà, entre les deux élections de mai et juin 2012, à peu près les mêmes dans Syriza (Dragasakis en première ligne) s’étaient démarqués de la ligne du parti et avaient écarté l’idée d’une annulation « unilatérale » du Mémorandum. Dragasakis avait alors développé des distinctions oiseuses entre la dénonciation « politique » du Mémorandum et la « dénonciation juridique », qui équivaudrait à ces « actions unilatérales » qu’il abhorre. De tels propos avaient coûté cher à Syriza à l’époque, donnant l’impression d’un flou artistique, annonciateur de repli, sur les questions les plus décisives. Mais in fine ce n’est pas cette ligne qui avait prévalu. Qu’en sera-t-il à présent ? C’est peut-être LA question essentielle.

 

Actuellement, tout en étant lucide sur les contradictions, il faut se réjouir pleinement de la large victoire de Syriza , même si c’est dommage de ne pas avoir atteint de majorité parlementaire absolue pour deux sièges seulement. Ce raz de marée va redonner confiance aux secteurs les plus conscients, et permettre un redémarrage des mobilisations populaires. C’est bien sûr la véritable clé. Enfin, une telle vague va avoir un très grand impact international, sur les gouvernements et sur toute cette gauche sociale et politique qui mise, à juste titre, sur Syriza et qui a envie de se jeter dans les batailles.

 

Ce qui se passe en Grèce, on ne le dira jamais assez est énorme, proprement historique, la première brèche décisive avec le néolibéralisme en Europe, et l’opportunité extraordinaire pour la « gauche de gauche » de rompre avec la malédiction des défaites qui sont celles des batailles perdues sans avoir été livrées. Une seule option donc : oser lutter, oser vaincre ! »

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Leçon grecque : plus aucun changement possible sans clash systémique

- "Ni secte, ni force d'appoint" : Syriza expliqué aux Français

- La bataille de Grèce a commencé

- Aléxis Tsípras passe la première à fond à gauche

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 09:00
Dimanche 15 février : La Rochelle, Paris... journée européenne unitaire de mobilisation solidaire avec les Grecs

Sources : Le Parti du Gauche

- Contre les politiques d’austérité, pour une Europe sociale, écologique et démocratique

Le peuple grec vient de faire un choix démocratique clair il s’est prononcé contre les politiques néolibérales, pour une politique de gauche, dans l’intérêt général. Il a dénoncé les mémorandums imposés par la troïka de la Commission Européenne, de la BCE et du FMI. Il a opté en faveur de mesures concrètes afin d’en finir avec le désastre des politiques d’austérité.

 

 

- Nous sommes solidaires du choix du peuple grec

Comme des manifestations massives ces derniers mois en Belgique, au Portugal, en Espagne, en Angleterre, en Irlande ou en Italie contre les politiques d’austérité. Un vent de changement se lève en Europe. Cette victoire, ces espoirs et ces combats sont les nôtres.

 

 

- Nous nous opposons fermement aux manœuvres de chantage et d’isolement qui visent à empêcher la mise en œuvre en Grèce d’une véritable politique de gauche.

Nous condamnons les coups de force de la BCE ainsi que toutes les pressions anti-démocratiques exercées par la troïka et l’UE sur le gouvernement d’Alexis Tsipras afin de maintenir à tout prix les « mesures structurelles » néolibérales (baisse des salaires, privatisation, disparition des conventions collectives, etc) qui n’ont pour résultat que de mettre le peuple grec à genoux. Nous soutenons l’exigence d’un règlement démocratique et juste de la dette publique. Le gouvernement Grec doit pouvoir appliquer le mandat que lui a donné le peuple : la réponse à l’urgence humanitaire, la sauvegarde et le rétablissement des services publics, la reconstruction du pays et la réalisation du programme de réformes soutenu par la population.

 

 

- Nous exigeons que le président François Hollande et le gouvernement français respectent le choix du peuple grec et soutiennent ses revendications.

C’est nécessaire pour la Grèce, c’est une chance pour l’Europe. Nous soutenons donc le moratoire de la dette grecque. Nous proposons un audit citoyen de l’ensemble de ces dettes qui constituent un fardeau inacceptable pour les peuples, et exigeons d’en annuler la part injuste et illégitime. Comme le peuple grec, nous défendons le droit à la satisfaction des besoins de la population en matière d’alimentation, d’habillement, de santé, de logement, d’éducation, d’emploi, de sécurité publique, de culture et d’environnement.

 

 

- Nous appelons à une marche à Paris et dans d’autres villes

le dimanche 15 février, journée de mobilisation européenne (manifestations prévues à Athènes, Rome, Lisbonne, Bruxelles, Amsterdam, Edimbourg, Berlin, etc) en soutien au peuple grec. C’est ainsi que nous pourrons montrer avec force que la lutte du peuple grec est notre lutte, et qu’ensemble – citoyen-ne-s, syndicats, partis, associations – nous allons modifier le cours de choses en rompant avec le cours libéral et austéritaire de l’Europe, construire une alternative aux politiques néolibérales, stopper l’austérité et agir pour une Europe sociale, écologique et démocratique. Journée de mobilisation européenne, dimanche 15 février : Paris 15 h - Marche de République à Palais Royal.

 

 

- Exigeons tous ensemble le respect des choix du peuple grec et l’arrêt des politiques d’austérité en Europe

 

Signataires / organisations politiques et syndicales, associations citoyennes :

Antarsya - France, ATTAC, CADTM, Collectif Roosevelt, Cie Bouche à Bouche, Compagnie Erinna, Copernic, Club socialistes affligés, Economistes atterrés, Ensemble, Femmes Egalité, Front populaire Tunisie Ile-de-France, Grèce-France Résistance, GU, Les effronté-e-s, Les Hommes sans épaules, Les jeunes écologistes, Les Oranges, Marches européennes, Mémoires des luttes, MJCF, MJS, Nouvelle Donne, NPA, PCF, PCOF, PG, République et Socialisme, Solidarité France Grèce pour la Santé, Transform !

 

 

- Rassemblement à La Rochelle

C'est à 17 heures, demain DIMANCHE 15 février, sur le port Cours des Dames que nous irons encourager la Grèce, dans la bataille qu'elle mène pour faire respecter le choix démocratique de son peuple, étranglée par la Banque Centrale Européenne qui veut commander à toute l'Europe, la Commission Européenne et l'Eurogroupe, les mêmes qui avaient osé vouloir taxer à 6 % les livrets A des chypriotes à partir du 1er euro.

Dimanche 15 février : La Rochelle, Paris... journée européenne unitaire de mobilisation solidaire avec les Grecs

- Rassemblement à PARIS

Dimanche 15 février : La Rochelle, Paris... journée européenne unitaire de mobilisation solidaire avec les Grecs

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 19:09
Soutien au peuple Grec : jeudi 12 février à La Rochelle

Face aux pressions de la BCE contre la Grèce,
Le PCF appelle au rassemblement et à se

mobiliser aux côtés du peuple grec, pour

sortir de l'austérité.


La Grèce a un besoin urgent de notre solidarité. Les jours à venir sont cruciaux. Le nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras a engagé la négociation pour faire respecter le mandat de son peuple. En appliquant son programme de redressement social et économique et de restauration démocratique, Syriza peut réussir le changement en Grèce et, avec nous, changer les règles en Europe pour sortir de l'austérité. La troïka, Angela Merkel, les libéraux et la finance le savent. Ils veulent refermer la brèche.


C'est la raison pour laquelle la Banque centrale européenne a décidé de changer le régime des garanties d'emprunt des banques grecques. Ils essayent de semer la panique. Cette brutalité face à la bonne volonté et aux efforts de négociation fournis par le gouvernement Tsipras, est une attaque contre tous les peuples européens, contre la démocratie. Elle indique à quel point le bras de fer qui s'est engagé va être difficile.

Nous devons être aux cotés du gouvernement grec. Les citoyens européens doivent faire pression sur leurs gouvernements pour qu'ils respectent le vote des Grecs, changent les règles imposées par la BCE et la troïka et laissent respirer la Grèce.

Le temps nécessaire doit être laissé à Syriza pour reconstruire le développement du pays sur de nouvelles bases, au lieu de continuer à les asphyxier. C'est notre combat commun. Tous les peuples européens ont besoin de sortir de l'austérité et d'agir pour des solutions européennes et solidaires.

Avec Pierre LAURENT, Secrétaire National du Parti Communiste Français et président du Parti de la Gauche Européenne, nous appelons toutes les forces et citoyens qui refusent l'austérité et le chantage de la dette à amplifier la pression populaire (comme cela a lieu dans les différents pays de l'UE) sur le gouvernement, sur les banques centrales et la BCE en multipliant les actions de solidarité toute la semaine du 11 au 17 février, pendant le Conseil européen des 12 et 13 février et jusqu'à l'Eurogroup du 17 février.

 

  • Soutien au peuple Grec : jeudi 12 février à 17h30

  • Préfecture de La Rochelle

 

Sur le même sujet :

- Mon dossier Grèce

- L’Europe donne 10 jours à la Grèce pour décider si elle souhaite rester dans la zone euro

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 09:00
La folle semaine de Syriza : quand le ministre Varoufakis "tue" la Troïka, et que le gouvernement met en oeuvre son programme

Connaissez-vous un gouvernement européen capable de vous présenter un bilan solide après une seule semaine d’activité ?

C’est à la hussarde que le gouvernement Tsipras est entré dans le vif du sujet.

 

Sources : Politis.fr par Le Yeti et le site d’Olivier Drot, Okeanews

- Jugez du peu :

  • augmentation du SMIC grec de 10 % avec effet immédiat ;
  • réintégration de milliers de fonctionnaires licenciés abusivement sur injonctions de la Troïka ;
  • retrait des barrières autour du Parlement au motif que des représentants du peuple qui se respectent n’ont pas à se protéger du peuple ;
  • gel de toutes les privatisations en cours (électricité, port du Pirée, aéroports régionaux) et demande de démission de la Direction de l’agence grecque chargée de cette base besogne sous le régime précédent ;
  • coup de poing sur la table dans l’affaire de nouvelles sanctions européennes à l’égard de la Russie ;
  • fin de non-recevoir adressée par le nouveau ministre des finances, Yanis Varoufakis, à son homologue néerlandais et chef de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem :

« Nous ne voulons pas de vos 7 milliards. Nous voulons TOUT renégocier ! Et pas avec votre Troïka ! »

 

- Les « erreurs toxiques », ça commence à bien faire !

Cette dernière décision est sans doute la plus symbolique, et la plus sujette à futur conflit avec l’Union européenne, de cette première semaine folle. D’autant que ces 7 milliards d’"aide", qui servaient de carotte aux représentants européens pour essayer d’amadouer les trublions de Syriza, n’étaient en réalité pas du tout destinés à finir au fond des caisses grecques. Mais juste proposée pour permettre au gouvernement d’Athènes d’honorer 10 milliards d’échéances d’ici la fin février.

 

Un tour de passe-passe que Varoufakis, spécialiste de la théorie des jeux à somme nulle [1], ne pouvait manquer de relever et qu’il qualifie crûment d’« erreur toxique », comme toutes les "aides" qui valurent précédemment à son pays de passer de 110 % d’endettement à plus de 175 %. Il est clair qu’en déclarant vouloir se passer des 7 milliards de l’UE, Varoufakis signifiait son intention résolu d’aller jusqu’au défaut de paiement.

 

Peu probable en effet que la Grèce puisse honorer des échéances de quelques 10 milliards d’ici fin février sans secours extérieurs. Or, lors de sa rencontre de dimanche avec le ministre français Sapin, Varoufakis a réitéré sa volonté de ne pas demander d’aide, mais de négocier un accord global d'ici fin mai (ce qui est une autre manière d’annoncer à l’avance l’impasse sur l’échéance cruciale de fin février). La partie de bras de fer bat son plein.

 

 

- Vers une "islandisation"[2] de la Grèce ?

Plusieurs autres signes de rupture sont apparus lors de cette si première semaine d’exercice du pouvoir :

  • Le choix d’une alliance en apparence contre nature avec les Grecs indépendants souverainistes (ANEL). Mais n’est-ce pas une autre manière, plus pragmatique, programmatique, de faire de la politique ? On rappellera que notre bon vieux Conseil national de la Résistance (CNR) était lui aussi composé de membres venant de tous horizons politiques et que cela n’affecta en rien, bien au contraire, la qualité reconnue de ses ordonnances d’alors.
  • Une volonté pas vraiment affirmée de vouloir voler aux secours des banques grecques privées qui virent s’envoler près de 25 % de leurs valeurs boursières au lendemain de l’élection.

 

Comme si le gouvernement Tsipras se dirigeait tout droit vers une sortie de type islandaise. On arrête les frais, on ne ramasse pas les fruits pourris, on reconstruit tranquillement sur du sain, avec vous (l’UE) ou avec d’autres (la Russie ? les BRICS ?).

 

 

- Une poignée de mains ratée

L’épilogue de cette semaine folle tient dans un final ahurissant qui, à l’issue de la déclaration de Yanis Varoufakis, vendredi, vit le chef de l’Eurogroupe se lever brusquement plutôt que de répondre à l’impertinent, et s’éclipser prestement après une poignée de main totalement ratée.

Lors de ce départ un brin pathétique, Jeroen Dijsselbloem glissera cependant quelques mots furtifs à l’oreille de Yanis Varoufakis. Le site Zero Hedge en révélera la teneur :

Jeroen Dijsselbloem : « You just killed the Troika ("vous venez juste de tuer la Troïka") ! »... Yanis Varoufakis (hilare) : « Wow ! »

 

- Et la seconde semaine s'annonce aussi porteuse de décisions que la première en rupture avec les politiques passées de nature à ce que, pour le peuple grec le changement c'est maintenant

Ainsi, après leur folle première semaine, Alexis Tsipras et les siens, loin de calmer le jeu, en rajoutent une bonne couche selon l’excellent principe que la meilleure défense, c’est l’attaque.

 

Démonstration :

  • le refus de ratifier le TTIP annoncé par Georgios Katrougkalos, ministre adjoint à la réforme administrative ; rappelons que le TTIP est un accord commercial très controversé conclu dans l’ombre entre les États-Unis et la Commission européenne ; rappelons que l’unanimité des pays membres de l’UE est exigée pour qu’une telle mesure entre en application ;
  • la remise en cause des contrats d’armement liant la Grèce aux fabricants allemands et français annoncé par Panos Kammenos, ministre de la Défense ; rappelons que le "plan de sauvetage" imposé par l’UE à la Grèce excluait catégoriquement la remise en cause de ces contrats aussi juteux pour les marchands de canons qu’excessifs en période d’austérité généralisée [4] ;
  • la fin de l’usage des gaz lacrymogènes lors des manifestations décidée par Giannis Panousis, ministre de la protection du citoyen :

« Si on arrive à se servir de gaz lacrymogènes, ça veut dire que les choses en sont à un point extrême où l’autre partie utilise également divers types d’armes, des pavés en marbre ou autre. Alors, oui, on peut considérer la possibilité. Mais, les gaz ne peuvent pas servir à pourchasser des retraités ou des enseignants » (Giannis Panoussis).

 

Vous avez dit « volonté politique » ?

Au fait, que pense les Grecs de cette entrée en matière pour le moins tonitruante de leurs nouveaux gouvernants. Ils approuvent en majorité [3] :

  • 56 % des personnes interrogées se déclarent satisfaites du résultat électoral ;
  • 70 % font confiance à Alexis Tsipras comme Premier ministre ;
  • 60 % approuvent la nomination de Yanis Varoufakis comme ministre des Finances ;
  • 56% se déclarent favorables à la collaboration entre Syriza et les Grecs Indépendants (ANEL) et 51 % approuvent la nomination de Georges Kammenos (ANEL) au ministère de la Défense.

 

Notes :

[1] Un jeu à somme nulle est un jeu où la somme des gains de tous les joueurs est égale à 0, où le gain de l’un constitue obligatoirement une perte pour l’autre.

[2] L'Islande annule (encore une fois) une partie des emprunts immobiliers des ménages

[3] Les résultats publiés ci-dessus proviennent de deux sondages, l’un mené par Metron Analysis pour le journal Parapolitika, l’autre réalisé par Public Issue pour le journal Aygi.

[4] Armement et corruption : le ministre de la défense souhaite rouvrir tous les dossiers

 

Sur le même sujet :

- Mon dossier Grèce

- Dette grecque : Obama et les économistes au secours d'Athènes

- Comment Syriza a fait advenir l’invraisemblable

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 09:00
La BCE tente un coup d’État contre la Grèce

Les Économistes atterrés dénoncent la décision de la BCE qui viole la démocratie, renie ses propres engagements à tout faire pour éviter la déflation et pour sauver la zone Euro et fait le lit des forces politiques réactionnaires qui prospèrent toujours sur fond de crise totale. Ils appellent tous les démocrates à s’opposer avec la dernière énergie à cette décision inique de la BCE. Les choix du peuple Grec doivent être respectés.

 
Source : LES ECONOMISTES ATTERES le 05 février 2015 par Les Economistes Atterés

L’illusion d’une Banque centrale européenne pratiquant un assouplissement monétaire pour sortir la zone euro de la déflation n’a duré que deux semaines. Hier, la BCE a unilatéralement décidé de ne plus accepter les titres publics grecs en contrepartie des liquidités accordées aux banques, tout particulièrement aux banques grecques. Ainsi, Mario Draghi met en péril la zone Euro, rompant son engagement à « tout faire pour préserver l’Euro ».

 

Les banques grecques qui continuent à acheter des obligations de l’État, ne pourront donc plus les utiliser pour se refinancer auprès de la BCE. Elles pourront certes utiliser d’autres instruments, des titres privés. Mais ceux-ci risquent de devenir rares et surtout l’Etat grec aura de plus en plus de mal à trouver des fonds pour sortir de l’étau de la Troïka. C’est la sanction que la BCE inflige au nouveau gouvernement grec pour avoir osé envisager mettre fin à une austérité ayant saigné aux quatre veines le peuple grec.

 

Cette décision irresponsable, dogmatique et punitive, prise pour des raisons politiques, par des technocrates non-élus, aboutit à déstabiliser le système bancaire grec et de la zone euro. Elle est en contradiction flagrante avec l’article 127 du TFUE qui indique que « Sans préjudice de l’objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l’Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union, tels que définis à l’article 3 du traité sur l’Union européenne ». Et cet article 3 indique que l’UE « œuvre pour le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée […] qui tend au plein emploi et au progrès social ».

 

La décision de la BCE va aggraver les difficultés d’élaboration et de mise en œuvre d’une politique alternative permettant de sortir de la crise. En coupant l’économie grecque de l’alimentation en monnaie reconnue dans toute la zone euro, elle sèmera la panique parmi la population grecque, sachant que les banques seront ainsi mises en grande difficulté pour répondre à sa demande. La BCE cherche-t-elle à susciter une panique bancaire ?

 

Le risque est bien celui d’un chaos économique et social, mais aussi celui du chaos politique. Avant même que soient ouvertes les négociations avec le nouveau gouvernement grec, la BCE envoie un signal à tous les pays membres de la zone euro : la démocratie ne compte plus. Les Grecs peuvent voter, leur vote est nul et non avenu. Tout nouveau gouvernement est contraint par les engagements pris par le précédent. On savait déjà que les institutions européennes n’avaient que faire des choix populaires depuis le contournement des référendums portant sur la conception des politiques à mener, on l’expérimente maintenant dans la mise en œuvre des politiques.

 

 Ce coup de force de la BCE va se retourner contre l’ensemble des peuples européens. Refuser de mettre en cause les politiques d’austérité c’est condamner la plupart des pays de l’UE au marasme. Le comble de l’absurde est atteint puisque même les pays en apparence prospères comme l’Allemagne, ne pourront éternellement vivre des déficits des autres.

 

- Télécharger le communiqué des ÉCONOMISTES ATTERÉS : ICI

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier : La dette.... la dette ?

- Mon dossier Grèce

- Manifestation à Paris en réaction aux pressions de la BCE sur la Grèce

- Une annulation de la dette grecque n'aurait pas d'effet sur les impôts en France

- Putsch de la BCE : le gouvernement grec ne doit pas plier !

- Nous sommes avec la Grèce et l’Europe

- Alexis Tsipras se retrouve au pied du « mur de l’argent »

- Leçon grecque : plus aucun changement possible sans clash systémique

- Thomas Piketty: « on a fait de l’argent avec la dette grecque »

- Michel Sapin: «L’annulation de la dette grecque est une aberration, la renégociation est sur la table»

- Pour le FN, la Grèce doit rembourser sa dette

La BCE tente un coup d’État contre la Grèce
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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 09:00
L’Allemagne ne paie pas ses dettes… mais critique la Grèce

Sources : Conscience Citoyenne Responsable par 2ccr le 26 janvier 2015 modifié le 9 juillet 2015

L’Allemagne joue les donneuses de leçons sur la question de savoir s’il convient d’accorder de nouvelles aides à la Grèce. Le gouvernement se montre inflexible sur le mode : “Vous n’aurez de l’argent que si vous faites ce que nous vous demandons.” Cette attitude est-elle justifiée ?


Albrecht Ritschl réponds : « Non, absolument pas. Dans toute l’histoire récente, c’est l’Allemagne qui a connu les pires faillites d’État, au XXe siècle. Sa stabilité financière et son statut de bon élève de l’Europe, la République fédérale les doit uniquement aux Etats-Unis, qui, aussi bien après la Première Guerre mondiale qu’après la Seconde, ont renoncé à des sommes considérables. Malheureusement, on a un peu trop tendance à l’oublier. »
 
Entre 1924 et 1929, la république de Weimar a vécu à crédit et a même emprunté auprès des États-Unis l’argent dont elle avait besoin pour payer les réparations de la Première Guerre mondiale. Cette pyramide s’est effondrée pendant la crise de 1931. Il n’y avait plus d’argent. Les dégâts ont été considérables aux États-Unis et l’effet a été dévastateur sur l’économie mondiale.
 
Début 2010, lors d’un voyage en Allemagne, Theodoros Pangalos, alors vice-premier ministre, avait lancé une bombe sur les ondes de la BBC : « Ils ont pris les réserves d’or de la Banque de Grèce, ils ont pris l’argent grec et ne l’ont jamais rendu. C’est un sujet qu’il faudra bien aborder un jour ou l’autre. » En décembre de la même année, le secrétaire d’État aux finances hellènes, Philippos  Sahinidis, était allé plus loin en chiffrant la dette allemande envers son pays à 162 milliards d’euros, à comparer au montant de la dette grecque qui s’élevait à 350 milliards d’euros fin 2011.
 
Plus récemment, c’était au tour du héros de la Résistance Manolis Glezos, 89 ans, connu pour avoir décroché le drapeau nazi de l’Acropole en 1941, de réclamer le remboursement du prêt imposé à la Grèce par le régime nazi. « Avec les dommages de guerre », qu’Athènes se réserve toujours le droit de revendiquer, « c’est 162 milliards d’euros, sans les intérêts« , estime-t-il.
 
Combien doit l’Allemagne ? 81 milliards, comme le dit Cohn-Bendit ? 162 milliards, à en croire les revendications grecques ? 68 milliards comme l'affirme Le Point ? ou 1000 comme le soutien Manolis Glezos (député de la gauche radicale), ou rien du tout, comme le soutient Berlin ? La bataille de chiffres qui entoure cette question est à la mesure de la complexité de la situation.
 
Nous sommes en 1941. Le 6 avril, la Wehrmacht envahit la Grèce. Elle y restera jusqu’en 1944. Dans son ouvrage Dans la Grèce d’Hitler, l’historien Mark Mazower estime que la Grèce est le pays qui a le plus souffert du joug nazi – derrière la Russie et la Pologne – et qu’elle a subi un « pillage systématique de ses ressources ». En 1941, les nazis imposeront en outre à la Banque Centrale Grecque, comme ils l’ont fait dans d’autres pays, un prêt de 476 millions de reichsmarks au titre des contributions à l’effort de guerre.
 
Cet « emprunt » ne sera jamais remboursé, pour la simple raison qu’il ne figure pas dans l’accord de Londres de 1953 qui fixe le montant des dettes extérieures contractées par l’Allemagne entre 1919 et 1945. Afin de ne pas répéter les erreurs du traité de Versailles et de ménager ce nouvel allié de l’Ouest face à la menace communiste, les États-Unis consentent à réduire la dette de l’Allemagne de moitié. Les victimes de l’Occupation sont priées d’oublier leurs demandes de réparation. L’objectif stratégique des alliés est d’édifier une Allemagne forte et sereine, plutôt que ruinée par les dettes et humiliée.
 
Washington obtient surtout des pays bénéficiaires du plan Marshall qu’ils renoncent à exiger immédiatement leur dû, repoussant d’éventuelles réparations à une réunification de l’Allemagne dans le cadre d’un « traité de paix ». « A partir de là, l’Allemagne s’est portée comme un charme pendant que le reste de l’Europe se saignait aux quatre veines pour panser les plaies laissées par la guerre et l’occupation allemande« , résume l’historien de l’économie allemand Albrecht Ritschl, professeur à la London School of Economics, dans un entretien à Der Spiegel.
 
Ce sursis permettra à la RFA de connaître un véritable « miracle économique », le fameux Wirtschaftswunder pendant quatre décennies. Et au moment de passer à la caisse, Bonn s’arrangera pour ne pas honorer ses engagements. Le chancelier Helmut Kohl obtient en effet que le traité de Moscou de 1990 entérinant la réunification ne porte pas la mention « traité de paix », une des conditions figurant dans l’accord de 1953 pour d’éventuels remboursements. « C’était un moyen de continuer à fuir les réparations« , souligne le Süddeutsche Zeitung. En approuvant ce traité, la Grèce a perdu, aux yeux de Berlin, toute légitimité à réclamer des réparations. « Dans la pratique, l’accord de Londres de 1953 libéra les Allemands de leur obligation de rembourser leurs dettes de guerre », résume le quotidien allemand.
 
En d’autres termes, l’actuel champion économique de la zone euro a fait trois fois défaut au cours du XXe siècle : dans les années 1930, en 1953 et en 1990. « L’Allemagne n’a pas réglé ses réparations après 1990 – à l’exception des indemnités versées aux travailleurs forcés, » poursuit Albrecht Ritschl dans Der Spiegel. » Les crédits prélevés de force dans les pays occupés pendant la Seconde Guerre mondiale et les frais liés à l’Occupation n’ont pas non plus été remboursés. A la Grèce non plus. » Or « personne en Grèce n’a oublié que la République fédérale devait sa bonne forme économique aux faveurs consenties par d’autres nations« , insiste-t-il.
 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier : La dette.... la dette ?

- Mon dossier Grèce

- Crise grecque : quand la Grèce annulait la dette de l'Allemagne

- «Dette allemande»: la Grèce n'est pas le seul pays européen à avoir été pillé par les nazis

- La “lettre ouverte » d’Alexis Tsipras aux citoyens Allemands sur ce qu’on ne leur a jamais dit sur la dette Grecque

- "Au XXe siècle, Berlin a été le roi de la dette"

- Pourquoi l'Allemagne devrait 1.000 milliards d'euros à la Grèce

- Quand les créanciers de l'Allemagne fermaient les yeux sur sa dette

- Le signal grec

- Piketty: «L’Allemagne est LE pays qui n’a jamais remboursé ses dettes»

- Grèce : pourquoi Angela Merkel refuse de parler de la dette grecque

- L'Allemagne renvoyée à son passé sur la question de la dette grecque

- L’Allemagne profite de la crise de la zone euro: depuis 2008 elle y a gagné 193 milliards d’euros

- La Grèce veut faire payer très cher les crimes nazis à l'Allemagne

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 10:33
Le programme de Syriza pour la Grèce

Programme Grec de Gouvernement : ce que fera un gouvernement Syriza
Transform! publie le programme de gouvernement de Syriza, dévoilé par Alexis Tsipras, le 15 septembre 2014, lors de la Foire Internationale de Salonique

 

Source : Le Parti de Gauche le 18 décembre 2014

- Le contexte de négociation

Nous exigeons la tenue immédiate d’élections parlementaires, ainsi qu’un mandat de négociation non équivoque, dans le but :

  • D’annuler la majeure partie de la valeur nominale de la dette publique, de sorte qu’elle devienne viable dans le contexte d’une « Conférence sur la Dette Européenne ». Cela s’est produit pour l’Allemagne, en 1953. Cela peut également se produire pour le Sud de l’Europe, et pour la Grèce.
  • D’inclure une « clause de croissance » dans le remboursement de la part restante, de façon à ce que la croissance, et non le budget, la finance.
  • D’inclure un délai de carence significatif pour le paiement des intérêts de la dette, de façon à consacrer ces fonds à l’aide à la croissance.
  • D’exclure l’investissement public des restrictions prévues par le Pacte de Croissance et de Stabilité.
  • D’aboutir à un « New Deal Européen » d’investissement public, financé par la Banque Européenne d’Investissement.
  • D’obtenir un assouplissement quantitatif de la part de la Banque Centrale Européenne, sous la forme d’achats directs d’obligations souveraines.
  • Enfin, nous déclarons qu’en ce qui nous concerne, le sujet du prêt de guerre auquel la Banque de Grèce fut contrainte, lors de l’occupation Nazie, n’est pas clos. Nos partenaires le savent. Dès que nous serons au pouvoir, ceci deviendra la position officielle du pays.


Sur la base de ce plan, nous nous battrons pour obtenir une solution viable au problème de dette de la Grèce, de sorte que notre pays soit en capacité de rembourser la dette restante à partir de la création de richesses nouvelles, et non du déficit budgétaire, qui absorbe les recettes de la société. Au moyen de ce plan, nous mènerons le pays, en toute sécurité, vers son redressement et la reconstruction de son appareil productif, en :

  • Augmentant immédiatement l’investissement public, d’au moins 4 milliards d’euros.
  • Réparant progressivement toutes les injustices causées par le Mémorandum.
  • Rétablissant progressivement, les niveaux de salaires et de pensions de retraite, de façon à accroître la consommation et la demande.
  • Accordant des incitations à la création d’emplois aux petites et moyennes entreprises ; subventionnant les dépenses énergétiques de l’industrie, en échange d’une clause de création d’emplois et de respect de l’environnement.
  • Investissant dans le savoir, la recherche, les nouvelles technologies, de façon à faire rentrer au pays les jeunes scientifiques, qui ont émigré en masse au cours des dernières années.
  • Reconstruisant l’État-providence, rétablissant le respect de la loi, créant un état méritocratique.


Nous sommes prêts à négocier, et nous œuvrons à la construction des alliances les plus larges possibles en Europe. Une fois de plus, le gouvernement Samaras en place, est prêt à accepter les décisions des créditeurs. 
L’alliance avec le gouvernement allemand, est la seule qu’il cherche à consolider. Telle est notre différence, et tel se présente, en fin de compte le dilemme : une négociation européenne, menée par un gouvernement Syriza, ou l’acceptation des termes imposés par les créditeurs à la Grèce, par le gouvernement Samaras. Négociation ou pas.

 

 

- Croissance ou austérité. Syriza ou la Nouvelle Démocratie. Cela dit, que se passera-t-il d’ici la fin des négociations ?

  • Avec SYRIZA, vers un Plan National de Reconstruction pour la société grecque.
  • Nous assumons nos responsabilités, et nous nous engageons auprès du peuple grec, à mettre en œuvre un Plan de National de Reconstruction, qui remplacera le Mémorandum dès nos premiers jours d’exercice du pouvoir, avant la fin des négociations, et quel qu’en soit le résultat. Le Plan National de Reconstruction se concentre sur quatre piliers principaux, visant à remédier à la désintégration économique et sociale, à reconstruire l’économie, à sortir de la crise.

 

 

Les quatre piliers du plan national de reconstruction

 

• Faire face à la crise humanitaire
• Redémarrer l’économie, promouvoir la justice fiscale
• Retrouver le plein emploi
• Transformer le système politique, afin d’approfondir la démocratie



- PREMIER PILIER : Faire face à la crise humanitaire. Coût total estimé 1 milliard 882 millions d’euros
Notre programme, visant à faire face sans attendre à la crise humanitaire, et d’un coût estimé à environ 2 milliards d’euros, correspond à une grille détaillée d’interventions de première urgence, qui permettront d’élever un bouclier de protection en faveur des couches sociales les plus vulnérables.

  • Électricité gratuite pour 300000 foyers, qui vivent à l’heure actuelle sous le seuil de pauvreté ; jusqu’à 300 kWh par mois et par famille, soit 3600 kWh par an. Coût total 59,4 millions d’euros.
  • Programme de repas subventionnés pour 300000 familles sans revenus. La mise en place se fera par l’intermédiaire d’une agence publique de coordination, en coopération avec les autorités locales, l’Église, et les organisations en charge de la solidarité. Coût total 756 millions d’euros.
  • Programme de promesse de logement. L’objectif à atteindre est la fourniture de 30000 appartements, dans un premier temps (30, 50, 70 m²), grâce à un système de loyers subventionnés, à 3 euros le m². Coût total : 54 millions d’euros.
  • Restitution de la prime de Noël, en tant que treizième mois, à 1262920 retraités dont la pension est inférieure ou égale à 700 euros par mois. Coût total 543,06 millions d’euros.
  • Soins médicaux, et pharmaceutiques gratuits, pour les chômeurs sans assurance. Coût total 350 millions d’euros.
  • Carte spéciale, donnant accès aux transports publics pour les chômeurs de longue durée, et pour les personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté.
  • Annulation du nivellement de l’impôt spécial à la consommation, sur le gazole domestique et automobile. Ramener pour les foyers le prix de base du chauffage au fuel à 0,90 euros par litre, au lieu des 1,20 en vigueur actuellement. Un bénéfice est attendu.



- DEUXIÈME PILIER : Redémarrer l’économie, promouvoir la justice fiscale. Coût total estimé : 6,5 milliards d’euros. Gain estimé 3 milliards d’euros.
Le deuxième pilier est centré sur des mesures destinées à redémarrer l’économie.
La priorité est donnée au soutien à l’économie réelle par la suppression d’impôts, au soulagement les citoyens qui plient sous le fardeau de la finance, à l’injection de liquidités, ainsi qu’à l’accroissement de la demande. 
Les impôts trop élevés, que paient la classe moyenne et ceux qui ne pratiquent pas l’évasion fiscale, prennent une partie importante des citoyens au piège d’une situation qui menace directement leur statut face à l’emploi, leurs biens privés, aussi modestes soient-ils, et jusqu’à leur existence physique, ainsi que le prouve le nombre sans précédent de suicides.


Règlement des obligations financières envers l’État et le fonds de sécurité sociale en 84 versements. 
Gain estimé : 3 milliards d’euros. Les mesures suivantes faciliteront la collecte des recettes annuelles que nous avons prévues (entre 5 et 15% du total dû) :

  • Arrêt immédiat des poursuites judiciaires, ainsi que des saisies/confiscations de comptes bancaires, résidences principales, salaires, etc … ; émission d’un certificat de décharge pour toutes les personnes concernées par la procédure de règlement-livraison.
  • Suspension, pour une durée de douze mois, des poursuites judiciaires, et de leurs mesures de mise en application, contre les débiteurs dont l’absence de revenus est prouvée, et qui prennent part à la procédure de règlement-livraison.
  • Abrogation du classement anticonstitutionnel des obligations financières impayées à l’État, parmi les infractions relevant du flagrant délit.
  • Abolition de l’acompte de 50% obligatoire sur la dette impayée, comme prérequis pour bénéficier d’une audience devant un tribunal. Un juge décidera du montant de l’acompte. Celui-ci s’élèvera à 10 – 20%, selon la situation pécuniaire du débiteur.


Abolition immédiate de l’impôt unifié sur la propriété (ENFIA), en vigueur actuellement. Création d’un impôt sur les propriétés étendues. Ajustement immédiat, à la baisse, du prix au m² des zones de propriété.
Coût estimé : 2 milliards d’euros. Cet impôt sera progressif, et son seuil d’exemption sera élevé. À l’exception des résidences de luxe, il ne s’appliquera pas aux résidences principales.
De plus, ne seront pas concernées les propriétés de petite taille, ni celles de taille moyenne.

 

Réinstauration du seuil de l’impôt annuel sur le revenu à 12000 euros. Augmentation du nombre de tranches du barème fiscal, afin de garantir une imposition progressive. Coût estimé : 1,5 milliard d’euros.

 

Dégrèvement sur les dettes personnelles, au moyen de la restructuration des créances en souffrance, par les individus, et par les entreprises. Ces nouvelles lois sur le dégrèvement comprendront : l’exonération partielle, au cas par cas, de la dette encourue par les personnes qui se trouvent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté, ainsi que le principe général du réajustement de la dette impayée, de sorte que le service total de ses intérêts aux banques, à l’état, et aux fonds de sécurité sociale, n’excède pas le tiers des revenus du débiteur.

  • Nous mettons en place une organisation publique intermédiaire, chargée de la gestion de la dette privée, non pas en tant que structure de défaisance, mais à la fois comme gestionnaire des arriérés auprès des banques, et comme contrôleur bancaire, pour ce qui concerne la mise en œuvre des accords conclus.
  • Dans les jours prochains, SYRIZA déposera un projet de loi visant à étendre à l’infini la suspension des saisies de résidences principales, dont la valeur est inférieure à 300000 euros.
  • Ce projet comprendra également l’interdiction de vendre, ou de transférer, les droits sur les emprunts ou sur les prix du foncier, afin de confier des emprunts à des entreprises ou institutions financières non bancaires.
  • Mise en place d’une banque publique de développement, ainsi que de fonds communs de créances. Capital de démarrage ; 1 milliard d’euros.
  • Rétablissement du salaire minimum, à 751 euros. Coût nul.



- TROISIÈME PILIER : Plan national de retour au plein emploi. Coût estimé 3 milliards d’euros.
Notre plan de deux ans de retour au plein emploi, prévoit d’avoir pour effet une augmentation nette de 300000 emplois, dans tous les secteurs de l’économie – le privé, le public, le social. Un plan de ce type s’avère indispensable, si nous voulons intégrer les chômeurs de longue durée, en particulier les plus de 55 ans, mais aussi les jeunes chômeurs, dont la croissance économique n’affecterait pas le plus grand nombre. Notre plan réserverait des fonds à l’extension de l’assurance-chômage à de nouveaux bénéficiaires.

  • Remise en place du cadre institutionnel de protection des droits du travail, que les gouvernements signataires du Mémorandum, ont saccagé.
  • Réinstauration des soi-disant « répercussions » des accords collectifs ; des accords collectifs eux-mêmes, ainsi que de l’arbitrage.
  • Abolition de toute réglementation autorisant les licenciements massifs, injustifiables, ou encore la « location » d’employés. Coût nul.
  • Programme de création de 300000 emplois. Coût estimé la première année : 3 milliards d’euros.



- QUATRIÈME PILIER : Transformation du système politique, afin de renforcer la démocratie. Coût total estimé : 0 euro.
Dès la première année de gouvernement SYRIZA, nous engagerons le processus de reconstruction institutionnelle et démocratique de l’État. Nous donnerons les pleins pouvoirs aux institutions de la démocratie représentative, et nous introduirons de nouvelles institutions de démocratie directe.

  • Organisation de l’État en régions. Amélioration de la transparence, de l’autonomie économique, et du fonctionnement effectif des municipalités comme des régions. Nous donnerons les pleins pouvoirs aux institutions de démocratie directe, et en mettrons en place de nouvelles.
  • Donner du pouvoir à la participation démocratique citoyenne. Mise en place d’institutions nouvelles, comme la législation d’initiative populaire, le droit populaire de veto, le référendum d’initiative populaire.
  • Donner les pleins pouvoirs au Parlement, limitation de l’immunité parlementaire, abrogation du régime particulier des députés, qui frappe d’illégalité les poursuites judiciaires à leur encontre.
  • Réglementation du paysage audiovisuel, par le respect de conditions préalables, et l’adhésion à des critères stricts en matière de sécurité sociale, d’imposition, de financement. Remise en place de l’ERT (Télévision et radio Publiques), qui repartira de zéro.


Lors de l’estimation du coût du plan non négociable de mesures immédiates visant à restructurer la société, nous avons calculé le coût total du programme immédiat d’endiguement de la crise humanitaire, ainsi que les pertes fiscales liées à l’abolition de mesures fiscales monstrueuses. Il sera couvert de la manière suivante :

  • Avant tout, les procédures de règlement-livraison, et de compensation, devraient rapporter au minimum 20 milliards, sur un total de 68 milliards en arriérés, sur une période de sept ans. Cela reviendrait à ajouter 3 milliards d’euros aux recettes de l’État, la première année.
  • Deuxièmement, en s’attaquant avec vigueur à l’évasion fiscale ainsi qu’à la contrebande (en carburants, cigarettes, par exemple), ce qui requiert la résolution, la volonté politique, de s‘attaquer aux intérêts oligarchiques.
  • Pour ce qui concerne le capital de démarrage de l’organisation publique intermédiaire, ainsi que le coût de mise en place d’une banque publique de développement, et d’une structure de défaisance, le tout s’élevant à 3 milliards, nous les financerons à partir du soi-disant « coussin de sécurité » d’environ 11 milliards d’euros du Fonds Hellénique de Stabilité Financière, prévu pour le système bancaire.
  • Pour ce qui concerne le coût total du plan de retour au plein emploi, qui s’élève à 5 milliards d’euros, dont 3 correspondent au coût de la première année de mise en œuvre. Au cours de cette première année, le financement se fera grâce à : 1 milliard, provenant des « projets de ponts » du Cadre National de Référence Stratégique 2007-2013 ; 1,5 milliards provenant de son équivalent 2014-2020, et 500 millions d’autres instruments européens spécialisés dans l’aide à l’emploi

 

De plus, en raison de l’effort considérable qu’il faudra fournir pour rétablir le niveau des pensions de retraite, notre gouvernement ne mettra pas en vente les biens publics, mais en transférera une partie vers les fonds de sécurité sociale.


Il s’agit là de l’éventail minimum de mesures à prendre pour remédier aux conséquences catastrophiques de la Participation du Secteur Privé (PSI), pour les fonds de pension et les porteurs individuels d’obligations, et pour rétablir progressivement le niveau des pensions de retraite.

 

  • Coût total estimé du « PROGRAMME de SALONIQUE » : 11, 382 M.€
  • Recettes totales estimées : 12 M.€

Sur le même sujet :

- Mon dossier Grèce

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 09:00
Alexis Charitsis (Syriza) : « Un renversement pour la Grèce, un message à l’Europe »

Alors que des élections législatives cruciales vont avoir lieu en Grèce e 25 janvier, Alexis Charitsis, membre du secrétariat de Syriza, explique comment le parti gouvernerait et les répercussions à prévoir, dans toute l’Europe, contre l’austérité et la pensée néolibérale.

 

Source : Regards.frs entretien par Bernard Marx | 29 décembre 2014

- Regards. Comment Syriza aborde-t-il ces élections, dans un contexte où les intentions de vote lui sont très favorables ?

Alexis Charitsis : Syriza a depuis longtemps placé la nécessité d’élections générales en tête de son programme politique. Pas seulement pour renverser le gouvernement actuel et prendre sa place, mais comme le seul moyen démocratique pour mettre fin à la politique d’austérité désastreuse qui a été la pierre angulaire de l’administration actuelle. Les élections sont maintenant plus imminentes que jamais et Syriza a une occasion unique de les gagner. C’est le sentiment dominant dans l’opinion publique en ce moment. Indépendamment de ses positions politiques, presque tout le monde imagine que Syriza deviendra bientôt le prochain gouvernement en Grèce. Un nouveau gouvernement de gauche de Syriza annulera les mémorandums et entamera un processus de négociations sérieuses avec nos homologues européens en ce qui concerne à la question de la dette. Toutefois, étant donné la situation sociale et économique extrême dans laquelle se trouve le pays, même si Syriza obtient la majorité absolue au Parlement, ce qui est un objectif crucial, le gouvernement de Syriza fera tous les efforts possibles pour construire une large majorité politique et sociale afin de renforcer le gouvernement contre les réactions attendues de l’establishment politique et économique actuel.

 

  • « Au lieu de s’engager dans une discussion approfondie sur les effets de sa politique, la droite va cultiver un climat de peur »

 

 

- Regards. Comment la droite va-t-elle essayer de les gagner ?

Alexis Charitsis : Le parti de droite de la Nouvelle démocratie suivra la même stratégie qu’il a déjà utilisée pendant la campagne électorale de 2012. Au lieu de s’engager dans une discussion politique approfondie sur les effets de sa politique sur la société grecque et les alternatives qui devraient être suivies, il va essayer de cultiver un climat de peur dans la population sur la « catastrophe » qui nous attend si Syriza est élu. Comme auparavant, les médias traditionnels et les principales personnalités économiques vont se précipiter pour soutenir ce point de vue. Mais 2015 n’est pas 2012. L’expérience aidant, les gens dans leur majorité se rendent compte, maintenant, que la principale chose qu’ils doivent craindre, c’est la poursuite de la politique d’austérité actuelle et non le programme de Syriza de reconstruction productive et institutionnelle en faveur de la plus grande partie de la société. La politique de la peur sera le dernier recours infructueux d’un système politique en perdition. Syriza ne se battra pas sur ce terrain. Nous allons affirmer positivement nos propositions et préparer, ensemble avec la société, le programme de transformation sociale, économique et environnementale.

 

 

- Regards. Quel bilan faites-vous de la politique de la Troïka et du gouvernement grec ?

Alexis Charitsis : Le programme de la Troïka et du gouvernement grec a été un échec budgétaire total avec des conséquences sociales dévastatrices. Eux-mêmes ont dû l’admettre dans les évaluations périodiques qu’ils ont effectuées. Mais l’échec du programme du mémorandum sur le plan financier ne doit pas masquer qu’il a en fait réussi dans ses objectifs structurels, à savoir la création d’une toute nouvelle réalité économique et sociale où la dégradation du travail et de l’environnement, la destruction de l’état de bien-être et la centralisation de la production est conçue non comme une condition provisoire liée à la crise, mais comme une nouvelle norme permanente. Comme nous l’avions affirmé depuis le début de la crise, la Grèce a été utilisée comme cobaye, les autres pays périphériques de la zone euro suivant peu après. Un paramètre essentiel avait cependant échappé aux concepteurs de ce plan : l’imposition d’un tel plan à la société est d’une grande violence politique, psychologique et physique. Ce type de construction artificiel d’un "consensus" ne peut certainement pas être durable à long terme.

 

 

- Regards. Syriza a une responsabilité considérable : celle de proposer au peuple grec et à l’Union européenne un programme qui constitue un chemin vraiment alternatif et réaliste. En quoi consiste-t-il ?

Alexis Charitsis : Nous considérons que notre slogan « Un renversement en Grèce, un message à l’Europe » n’est pas simplement un message de communication, mais qu’il constitue un message politique très important. La formation d’un gouvernement de gauche en Grèce constituera un changement de dimensions historiques qui aura des répercussions très importantes dans la contestation des politiques néolibérales au niveau européen. Le programme économique de Syriza repose sur trois piliers principaux : faire face à la crise humanitaire ; restructurer la production ; réformer l’État. Ses principaux éléments vont à l’opposé de la politique du gouvernement aussi bien en ce qui concerne les objectifs, les moyens que les conditions de réalisation de la reconstruction productive. Ainsi, le programme de Syriza pose comme condition préalable l’arrêt immédiat de l’austérité budgétaire et la redistribution des revenus. Il repose sur un rôle amélioré du travail.

 

Il prévoit la protection et la réhabilitation des biens et de la propriété publiques. Il utilise l’État comme un levier pour le développement dans le cadre de la régulation sociale et environnementale, et comme garant de l’investissement privé. Il considère en même temps que ceci est inséparable d’une transformation radicale de l’État, qui en est en quelque sorte une condition préalable. Le programme de Syriza protège également les PME comme un outil clé pour le développement de la croissance de l’innovation et de l’emploi. Il prévoit de favoriser le pluralisme dans la production de biens et de services par opposition à la "monoculture" du secteur privé imposée par la politique néolibérale actuelle. Et notamment de promouvoir les principes et les valeurs de l’économie sociale et solidaire comme un moyen de réforme socio-économique radicale.

 

 

- Regards. La réforme de l’État conduite par le gouvernement et la Troïka est désastreuse. Mais la situation de départ l’était aussi…

Alexis Charitsis : Du fait de la grande destruction économique des cinq dernières années (perte de 25% du PIB, taux de chômage officiel au niveau sans précédent de 28%) la réactivation de l’économie est une priorité cruciale. Mais cet objectif ne doit en aucun cas être interprété comme un retour à la situation de l’avant-mémorandum. Ce n’est ni possible ni souhaitable. La réponse aux politiques d’austérité commence par un traitement de la crise humanitaire et aux besoins les plus urgents de la population, mais elle soulève aussi la question cruciale de la transformation des rapports de production, la réorganisation de la production, des structures et agents économiques et surtout la redistribution des ressources – matérielles et humaines.

 

  • « Syriza a déjà lancé une vaste campagne pour créer des alliances dans toute l’Europe »

 

 

- Regards. Quelles sont vos priorités en la matière ?

Alexis Charitsis : Le développement capitaliste néolibéral de l’économie grecque des dernières décennies a mis en place et consolidé des structures, des institutions, des règles formelles et informelles et des conceptions dont la destruction est une condition préalable pour la sortie effective de la crise en faveur des forces de travail. Les principales difficultés auxquelles le gouvernement de la gauche devra faire face sont liées à des mécanismes historiques de fonctionnement de l’économie grecque, tels que son système fiscal, son cadre institutionnel, son mode d’administration publique, etc. Mais après deux décennies de propagande néolibérale, il faudra aussi affronter le mépris des moyens publics et sociaux de l’organisation de l’économie, intériorisé par une grande partie de la société grecque. La participation de la société organisée dans la conception, la mise en œuvre et le suivi de notre plan est donc un défi majeur. La participation populaire et le contrôle social par des communautés locales, la promotion du rôle des travailleurs et des syndicats dans la prise de décision et dans le contrôle de l’économie à travers la mise en place de collectifs sociaux et locaux, sont nécessaires pour que la notion de "développement" concerne la société tout entière et pas seulement les privilégiés. Nous voulons renforcer les consultations publiques, les référendums, les comités permanents d’audit, les conseils ouvriers qui sont autant d’institutions permettant de cultiver une "nouvelle éthique" de promotion des valeurs de solidarité, du sens de la collectivité et de la dignité par opposition aux valeurs du marché du néolibéralisme.

 

 

- Regards. Le changement de politique en Grèce risque d’être bloqué par l’Europe. Comment peut-on affronter dès maintenant ce problème ?

Alexis Charitsis : Nous ne considérons pas une victoire de Syriza dans les élections à venir comme un simple changement de gouvernement en Grèce, mais comme une rupture générale du statu quo politique. Bien entendu, nous ne sommes pas les seuls à penser cela. Les forces néolibérales dominantes en Europe auront probablement la même perception d’un gouvernement de Syriza. Non seulement parce que celui-ci mettra en œuvre un programme qui se différencie à l’opposé du leur, mais aussi parce qu’un tel précédent pourrait être trop risqué pour l’avenir des politiques d’austérité en Europe.

 

Dans le même temps, les choses semblent avoir commencé à changer dans la façon dont les peuples européens, et même des parties de l’establishment économique et politique, perçoivent cette crise non comme une particularité grecque mais comme un problème structurel de l’Union monétaire, qui met en danger l’Union européenne dans son ensemble. Dans cet esprit, Syriza a déjà lancé une vaste campagne pour créer des alliances dans toute l’Europe avec des forces politiques et sociales qui ne sont pas nécessairement d’accord avec l’ensemble de notre programme, mais qui perçoivent l’urgence d’un changement radical des politiques au niveau européen. Le soutien international (basé sur les valeurs de solidarité et de réciprocité) au gouvernement de la Syriza, dans ses efforts pour créer un nouveau paradigme politique pour le bénéfice de la majorité sociale en Europe, est en effet essentiel à la réussite de notre projet.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Lire aussi le portrait "Tsipras, meilleur espoir européen ?"

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 09:00
Podemos et Syriza vont-ils enfin combler le fossé entre la gauche et les classes populaires ?

La percée des mouvements de gauche radicale dans les intentions de vote des citoyens grecs et espagnols signe le retour d'un penseur majeur de la gauche italienne du début du XXe siècle, Antonio Gramsci, et de l'idée de partir de l'expérience concrète des gens pour élaborer une vision du monde à laquelle ils adhèrent

 

Sources :  SlateFR par Gaël Brustier Chercheur en science politique

Sondages favorables en Espagne et élections anticipées en Grèce annoncent un regain de la gauche radicale en Europe et révèlent que la droitisation de nos sociétés n’a rien d’inéluctable. Les jeunes leaders de la gauche radicale veulent donc infléchir sa stratégie.

 

Depuis quelques temps circule sur les réseaux sociaux une intéressante intervention de Pablo Iglesia, leader du Parti Podemos, dans laquelle il raconte l'expérience qui a été celle des étudiants en science politique lors du mouvement des indignados. Pablo Iglesias, partant de son expérience de militant et d’enseignant en science politique, aborde une question fondamentale: celle de la stratégie politique pour les gauches européennes. Il cite en exemple ses étudiants partis à la rencontre des passants, solidement armés de concepts, maîtrisant les ressorts des processus sociaux depuis le XVIe siècle, mais «désespérés» car incapables de se faire entendre par des gens qui «ne comprennent rien».

 

Iglesias le dit: la politique n’est pas affaire de détention de la vérité mais de rapport de forces. On se tromperait si l’on interprétait ce qu'il dit comme une invitation à appauvrir la pensée politique. Au contraire, il n’invite pas à méconnaître les processus sociaux ni à nier l’importance du matérialisme historique. Il n’invite pas non plus à affadir la réflexion et le renouveau de la pensée critique. Mais il confronte la pensée critique à ce qui tient encore, dans nos sociétés, par la force de l’évidence. Citant en exemple le grand-père qui invite son petit-fils à partager ses jouets, il y voit un potentiel révolutionnaire plus grand que dans bien des discours. C’est à partir du sens commun qu’il faut construire son discours et mobiliser un nouvel opérateur politique.

 

La justesse des concepts employés n’implique pas qu’ils soient audibles par les «gens normaux». La justesse de ces concepts, en effet, ne fait pas immédiatement écho à une expérience concrète quotidienne. Le cas de la «grève générale» lancée et des passants qui filent travailler parce qu’il le faut bien est emblématique d’une déconnection entre le langage politique et langage commun. Dans cette intervention, Iglesias parle à plusieurs reprises du sens commun, qui a une signification bien particulière dans cette intervention du leader de Podemos. Le sens commun, dans l’œuvre d’Antonio Gramsci, relève de ce qui va de soi, autrement dit de la «forme publique et manifeste» de la pensée commune d’une société donnée, forcément influencée par l’idéologie dominante dans cette société.

 

 

L’idéologie dominante, c’est celle qui fait écho à l’expérience quotidienne des citoyens. Elle est, pour l’heure, en l’occurrence, définie par «l’ennemi», dans ce qu’explique Iglesias. C’est cet «ennemi» qui se gausse d’un folklore révolutionnaire minoritaire (t-shirts et grands drapeaux) mais qui tient un langage compris par la grande masse des citoyens et ne tiendra jamais pour dangereux un ennemi qui s’en tient à un langage non compris du plus grand nombre.

 

Il faut donc composer avec le sens commun et influer sur celui-ci. C’est là la clé du combat culturel. Il ne s’agit pas d’asséner des leçons aux citoyens (en ce sens, les campagnes «pédagogiques», les courbes et chiffres ne feront pas grand-chose face à la puissance du sens commun, pas plus que les leçons de morales relatives au vote d’extrême-droite). Il s’agit de donner à l’expérience concrète et quotidienne des gens une explication qui lui fasse écho. C’est ainsi que peut se développer une vision du monde partagée progressivement par le plus grand nombre.

 

 

- L'intérêt des dominés n'est pas donné

La question du sens commun est directement liée à une autre. L’intérêt des dominés n’est pas donné. C’est ce qui échappe encore à une grande partie de la gauche (française notamment), laquelle s’obstine à penser que si les électeurs, et en particulier un nombre significatif d’ouvriers et d’employés, votent à droite et à l’extrême-droite (une part significative s’abstenant), c’est parce qu’ils sont trompés, alors que celles-ci, dans leur diversité, ont acquis une capacité d’encodage de la réalité qui leur donne les moyens de faire adhérer un nombre important de citoyens à leur vision du monde. Ce que dit la droite ou l’extrême droite rejoint souvent le sens commun. C’est ce qui fait leur force. L’intérêt des dominés, du «peuple», des classes populaires, des citoyens (selon le terme que l’on choisit d’employer) se construit intellectuellement, culturellement, socialement, politiquement. C’est donc à partir du sens commun que peut se construire l’hégémonie.

 

En vérité, Podemos, parti forgé par des politistes, s’efforce donc d’appliquer une stratégie gramscienne. Lorsqu’Iglesias dit qu’il faut composer avec le sens commun, il ne signifie pas qu’il faut céder aux passions du temps présent.

 

Pour répondre à une question propre à notre société: prendre en compte les paniques morales en cours ne revient pas à aller dans leur sens. Mais, pour être audible, il faut partir de ce qui fait immédiatement sens dans l’esprit des «gens». Le citoyen n’est pas passif devant les messages qu’il reçoit des médias, il est un acteur de la définition du sens commun.. C’est aussi parce qu’elle ne comprend rien à ce qu’est l’hégémonie, qui dépend de la définition du sens commun, que toute une partie de la gauche oscille entre le déni et l’affolement devant la montée du Front national.

 

«Ce sont les petites choses de la vie qui font voter FN, pas les grandes théories», écrit Florence Aubenas dans En France. C’est là la clé du vote FN, mais ce sont toujours les petites choses de la vie qui font bouger la société dans un sens ou dans un autre. Ces petites choses de la vie, essentielles à chacun, déterminent aussi le devenir de notre société. Les connecter à une autre vision du monde est l’essentiel du travail politique, qui a tout à voir avec la question du rapport de forces.

Pablo Iglesias (PODEMOS) : leçon de stratégie politique

 

- Sarkozy n'a pas compris Gramsci

Nous assistons en fait, à gauche, à une patiente et progressive redécouverte d’Antonio Gramsci, qui y reste l’un des auteurs les plus utiles aujourd’hui. On peut notamment retrouver ces réflexions chez Razmig Keucheyan en France, lequel a consacré une très utile anthologie commentée de textes aux Cahiers de prison de Gramsci et quelques solides articles nous éclairant sur la situation politique actuelle.

 

Gramsci commence donc à être redécouvert, après une première période de découverte à la fin des années 1960. Cependant, trop souvent, il pâtit du fait que nos hommes politiques ramènent cette pensée à l’idée simpliste selon laquelle «le pouvoir se gagne par les idées». «Au fond, j’ai fait mienne l’analyse de Gramsci: le pouvoir se gagne par les idées. C’est la première fois qu’un homme de droite assume cette bataille-là», clamait en 2007 Nicolas Sarkozy, lequel n’a certainement jamais dû lire une seule ligne des milliers de pages des Cahiers de prison ou des Ecrits politiques. Le résumé sarkozyen en dit trop peu sur Gramsci mais en dit long sur une génération d’hommes politiques qui l’a soit ignoré, soit a cherché à travestir sa pensée à des fins de communication. Le terme de combat culturel est ainsi souvent vidé de son sens véritable.

 

Iglesias comme Tsipras font partie de cette génération de cadres de la gauche radicale (ou même d’une partie de la social-démocratie et des écologistes et, en France, de la gauche républicaine) qui se sont formés dans les Forums sociaux internationaux, lesquels ont beaucoup fait pour renouveler le rayonnement des pensées critiques. Ces Forums sociaux ont cependant été confrontés très rapidement à la question de leur traduction politique, à leur mise en relation avec le sens commun. La question de l’hégémonie est au cœur des réflexions d’Iglesias en Espagne, de Tsipras en Grèce et de toute une génération de cadres de gauche. 2015, année Gramsci? Des éléments de réponse viendront vite d’Athènes et Madrid.

 

Sur le même sujet :

- Mon dossier Grèce

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 12:40
Plans de sauvetage de la Grèce : 77 % des fonds sont allés à la finance

Une étude d’Attac montre que les «  plans de sauvetage  » mis en oeuvre par les institutions de l’Union européenne et les gouvernements européens sauvent les banques, pas la population.

Depuis mars 2010, l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont attribué 23 tranches de financement au prétendu « sauvetage de la Grèce », pour un total de 206,9 milliards d’Euros. Ils n’ont cependant fourni presque aucune précision sur l’utilisation exacte de ces énormes sommes, provenant de fonds publics. C’est pourquoi Attac Autriche a entrepris une étude sur cette question : au moins 77% de l’argent du plan de sauvetage ont bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance.

 

Sources : Syriza le 28/08/2014 par Maxime Vangelis (Traduit de l’anglais par Muriel Carpentier, Coorditrad.)

- Les résultats en détails :

  • 58,2 milliards d’Euros (28,13%) ont servi à recapitaliser les banques grecques —au lieu de restructurer ce secteur trop grand et moribond de manière durable et de laisser les propriétaires des banques payer pour leurs pertes.
  • 101,331 milliards d’Euros (48,98%) sont allés aux créanciers de l’État grec. Parmi lesquels 55,44 milliards d’Euros ont été utilisés pour rembourser des bons du Trésor arrivés à échéance —au lieu de laisser les créanciers assumer le risque pour lequel ils avaient préalablement perçu des intérêts. 34,6 autres milliards d’Euros ont servi de prime d’incitation pour obtenir l’accord des créanciers sur le prétendu « allègement [1] » en mars 2012. 11,3 milliards d’Euros ont été affectés au rachat de la dette en décembre 2012, lorsque l’État grec a racheté des bons presque sans valeur à ses créanciers.
  • 43,7 milliards d’Euros (22,46%) ont alimenté le budget de l’État ou n’ont pu être clairement affectés.
  • 0,9 milliard d’Euros (0,43%) ont constitué la contribution de la Grèce au financement du nouveau fonds de sauvetage, le MES.

 

« Le but des élites politiques n’est pas de secourir la population grecque mais de sauver le secteur financier » conclut Lisa Mittendrein d’Attac Autriche. « Ils ont utilisé des centaines de milliards d’argent public pour sauver les banques et autres acteurs financiers —en particulier leurs propriétaires— de la crise qu’ils ont provoquée. »

 

 

 

 

 

 

 

-  Les élites politiques ont trompé le public en affirmant prendre des « mesures de sauvetage »

Les résultats du rapport d’Attac Autriche réfutent les affirmations publiques des institutions et chefs d’Etat européens, selon lesquelles c’est la population grecque qui a bénéficié desdits « plans de sauvetage ». C’est plutôt elle qui paie pour sauver les banques et les créanciers en subissant une brutale course à l’austérité, ainsi que les catastrophiques conséquences sociales que l’on sait.

 

 

-  Des milliardaires et des fonds spéculatifs bénéficiaires des « sauvetages »

Parmi ceux qui ont bien été sauvés, on compte le clan multimilliardaire Latsis, l’une des plus riches familles grecques, qui détient en grande partie l’Eurobank Ergasias sauvée par l’État [2]. Des spéculateurs en ont aussi profité : lors du rachat de la dette en décembre 2012, le fonds spéculatif Third Point a empoché 500 millions d’Euros grâce aux fonds publics européens [3]. « Quand Barroso, le président de la Commission européenne, a qualifié le prétendu plan de sauvetage de la Grèce d’acte de solidarité [4], la question est : solidarité avec qui  », note Dominique Plihon, porte-parole d’Attac France et professeur d’économie financière à l’Université Paris 13.

 

 

-  34,6 milliards d’Euros supplémentaires en paiements d’intérêts

43,6 milliards d’Euros tout au plus (22,46%) desdites « enveloppes de sauvetage » ont été affectés au budget de l’État. Il faut cependant comparer ce montant à celui d’autres dépenses de l’État au cours de la même période, qui n’ont pas bénéficié à toute la population : plus de 34,6 milliards d’Euros ont encore été versés aux créanciers en paiement d’intérêts sur des bons du Trésor en attente (du 2e trimestre 2010 au 4etrimestre 2012 [5]). En outre, l’État grec a affecté une autre enveloppe de 10,2 milliards d’Euros au budget de la défense (2010 et 2011 [6]). Selon certains initiés, Berlin et Paris auraient pressé la Grèce de ne pas réduire ses dépenses militaires parce que cela aurait porté préjudice aux fabricants d’armes allemands et français [7].

 

 

-  Ce n’est pas le premier renflouement des banques

« L’étude de nos amis d’Attac Autriche prouve que le prétendu sauvetage de la Grèce s’avère être un autre renflouement des banques et des riches particuliers » affirme Dominique Plihon. Les banques européennes ont déjà reçu 670 milliards d’Euros de soutien direct de la part de l’État (hors garanties) depuis 2008 [8]. Pourtant le secteur financier reste instable en Grèce comme dans toute l’Europe. Ce que démontre une fois encore le récent versement de deux tranches supplémentaires destinées aux recapitalisations des banques pour 23,2 milliards d’Euros depuis décembre 2012.

 

 

- Les élites politiques échouent à mettre en œuvre les régulations nécessaires…

Les coupes de l’État grec ont frappé si fort les banques locales que l’État est contraint à s’endetter à nouveau pour voler à leur secours avec un renflouement d’un milliard d’Euros. « Au cours des cinq années qui se sont écoulées depuis le krach financier, les politiques européens n’ont pas réussi à réglementer les marchés financiers et à adopter un régime de faillite des banques. Aussi les contribuables sont-ils toujours contraints de venir en aide en cas de pertes, tandis que les propriétaires des banques s’en tirent en toute impunité. Les gouvernements doivent cesser de donner de telles opportunités de chantage au secteur de la finance » critique Dominique Plihon.

 

 

- … et volent au secours du secteur bancaire grec corrompu

Ce qui est encore pire, c’est que les milliards du plan de sauvetage vont aux banques grecques, même si certaines d’entre elles ont recours à des méthodes douteuses pour remplir les conditions officielles d’éligibilité. En 2012, un rapport de Reuters a révélé les pratiques scandaleuses des banques utilisant un système de Ponzi basé sur des sociétés offshore pour donner un coup de pouce à des prêts non garantis de l’une à l’autre. Elles ont procédé de la sorte pour sembler être encore en mesure d’attirer des capitaux privés et répondre ainsi aux critères de recapitalisation par l’État [9]. « Alors que les élites politiques grecques et européennes exigent le sang et les larmes du peuple grec, elles ferment les yeux sur les accords secrets entre les oligarques financiers, qui sont en fait les principaux bénéficiaires de l’argent du sauvetage accordé à la Grèce », confirme l’économiste Marica Frangakis, membre de l’Institut Nicos Poulantzas d’Athènes et membre fondatrice d’Attac Grèce.

 

 

- La manipulation opaque des fonds publics

« Les résultats de l’étude d’Attac Autriche révèlent que, depuis 2008, le principal objectif de la politique de gestion de la crise de nos gouvernements est de sauver les fortunes des plus riches. Les élites politiques acceptent un énorme taux de chômage, la pauvreté et la misère pour sauver un secteur financier incurable. Le gouvernement autrichien a, lui aussi, participé à cette ligne de conduite inhumaine pendant des années », ajoute Dominique Plihon. Il est d’ailleurs inquiétant de constater que les responsables de la Troïka et du FESF rendent à peine compte de leur gestion des fonds publics. « C’est un scandale que la Commission européenne publie des centaines de pages de rapport mais ne parvienne pas à préciser où l’argent est exactement allé », explique Dominique Plihon. « Nous appelons les responsables à imposer une réelle transparence et à indiquer à qui profitent véritablement les paiements. »

 

 

- Le changement radical de politique se fait attendre

Un changement de cap radical se fait attendre dans la politique européenne de gestion de la crise. « Nos gouvernements volent au secours des banques européennes et des riches à coups de milliards et de milliards de fonds publics tout en racontant à leurs électeurs que l’argent est versé à la population grecque. Cela doit cesser », revendiquent Dominique Plihon et Marica Frangakis. Les banques « too big to fail [10]  » doivent être divisées et remises au service de l’intérêt public plutôt qu’à celui des profits privés. Les créanciers et les riches doivent payer leur part des coûts de la crise, tandis que le secteur financier doit être sévèrement réglementé. « Après les ravages de trois années d’austérité imposée, la Grèce a besoin, plutôt que d’enrichir l’oligarchie financière, de véritables mesures de secours qui profitent réellement à l’ensemble de la population ainsi que des mesures de financement pour le rétablissement de l’économie grecque », conclut Dominique Plihon.

 

 

- D’autres détails qui interpellent…

En outre, l’enquête menée par Attac a mis en lumière plusieurs points qui interpellent dans le prétendu « plan de sauvetage de la Grèce » :

  • À plusieurs reprises, l’UE et le FMI sont revenus sur leurs déclarations et ont suspendu les versements promis pendant des semaines voire des mois pour faire pression sur la démocratie grecque : à l’automne 2011 pour empêcher la tenue d’un referendum sur la politique d’austérité ; en mai-juin 2012 pour augmenter les chances des partis amis de la Troïka lors des élections législatives. En suspendant les fonds promis, la Troïka contraint le gouvernement grec à émettre des obligations à court terme pour éviter la faillite imminente. Ces « bons du Trésor », arrivant à échéance en quelques semaines ou quelques mois, revêtent un taux d’intérêt plus élevé, ce qui augmente de fait la dette publique grecque. Une preuve de plus que la réduction de la dette n’est pas la principale préoccupation de la Troïka mais plutôt un prétexte pour poursuivre la destruction de l’État providence et des droits des travailleurs.
  • Une tranche d’1 milliard d’Euros versée en juin 2012 a essentiellement servi à financer la contribution obligatoire de la Grèce au remplaçant du FESF, le MES. Le FESF a ainsi financé son propre successeur —certes pas directement mais en accroissant la dette du gouvernement grec.
  • Klaus Regling, directeur général du FESF et du MES, a fait de nombreux allers-retours entre la politique et le monde de la finance au cours de sa carrière. Avant de rejoindre le FESF, il a travaillé tour à tour pour le gouvernement allemand, pour le fonds spéculatif Moore Capital Strategy Group, pour la Commission européenne comme directeur général aux Affaires économiques et financières, ou encore pour le fonds spéculatif Winton Futures Fund Ltd. Regling constitue ainsi un exemple symbolique de l’étroite imbrication des marchés financiers et de la politique, qui explique en partie pourquoi la politique de gestion de la crise de l’UE vise principalement à sauver le secteur de la finance.
  • Selon ses comptes annuels, la masse salariale du FESF s’élevait à 3,1 millions d’Euros en 2011 [11]. Selon les médias, 12 personnes travaillaient cette année-là au FESF [12], soit une moyenne de 258.000 EUR dépensée par personne. Le directeur général Klaus Regling aurait gagné 324.000 EUR, plus un supplément de salaire par année [13]. Ceux qui touchent de telles sommes contrôlent la réduction du salaire minimum brut mensuel grec à 580 EUR (510 EUR pour les jeunes) [14].

 

Sources et notes

[1] NdT : traduction du terme imagé haircut , correspondant dans cet usage à une décote directe de la créance.

 

[2] Tagesschau (2012) : Milliardenhilfen für den Milliardär, 4 juin 2012,http://www.tagesschau.de/wirtschaft/latsis100.html

 

[3] Der Spiegel (2012) : Schuldenrückkauf : Hedgefonds verdient halbe Milliarde mit Griechenland, 19 décembre 2012 / http://www.spiegel.de/wirtschaft/unternehmen/hedgefonds-verdient-halbe-milliarde-mit-griechischem-schuldenrueckkauf-a-873758.html

[4] Commission européenne (2010) : Statement of President Barroso following his meeting with Mr Georgios Papandreou, Prime Minister of Greece, 6 décembre 2010 /http://europa.eu/rapid/press-release_SPEECH-10-730_en.htm

[5] Eurostat (2013) : Comptes non-financiers trimestriels des administrations publiques, 16 avril 2013 /http://epp.eurostat.ec.europa.eu

[6] Eurostat (2013) : Dépenses des administrations publiques par fonction (CFAP), 16 avril 2013 /http://epp.eurostat.ec.europa.eu

[7] Transnational Institute (2013) : Guns, Debt and Corruption. Military Spending and the EU crisis, 14 avril 2013 / http://www.tni.org/briefing/guns-debtcorruption , p. 11f.

[8] Der Standard (2013) : Bankenrettungen kosteten EU-Staaten 670 Milliarden, 22 avril 2013 /http://derstandard.at/1363708829426/Bankenrettungen-kosteten-EU-670-Milliarden-Euro

[9] Reuters (2012) : Special Report : Clandestine Loans were used to fortify Greek bank, 16 juillet 2012 /http://www.reuters.com/article/2012/07/16/us-greecebanks-idUSBRE86F0CL20120716

[10] NdT : idiotisme, littéralement « trop grandes pour échouer ».

[11] FESF (2011) : Financial Statements, Management report and Auditor’s report, 31 décembre 2011 /http://www.efsf.europa.eu/about/corporategovernance/annual-accounts/index.htm, p. 37.

[12] CNBC (2011) : EFSF : CNBC explains, 20 octobre 2011, http://www.cnbc.com/id/44685464

[13] Die Welt (2012) : Fürstliche Gehälter : ESM-Chef verdient mehr als Bundeskanzlerin, 7 juillet 2012http://www.welt.de/wirtschaft/article108056431/ESM-Chefverdient-mehr-als-die-Bundeskanzlerin.html

[14] OCDE (2013) : Salaires minimum à prix courant en monnaie nationale, 16 avril 2013 /http://stats.oecd.org/

 

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 01:07
L’ Europe que nous voulons, par Alexis Tsipras

Source : NEWEUROPE traduction par Vassiliki Papadaki

«Face à une Europe qui fait accroître les revenus des riches et la peur des pauvres, nous proposons une autre Europe, la nôtre, fondée sur la solidarité, la protection économique et sociale, l’emploi et la qualité de vie» souligne Alexis Tsipras, leader de SYRIZA et candidat de la gauche européenne à la présidence de la Commission Européenne.

 

La crise économique qui perdure a relevé les insuffisances et les limites du projet néolibéral d’intégration européenne. Il s’agit d’une intégration établie sur la libéralisation des mouvements des capitaux et une union monétaire confiée à la Banque Centrale Européenne, calque de la Banque Centrale Allemande. Ce processus d’intégration tend à la récession, il accentue les inégalités  tant à l’intérieur que parmi les états membres, il accroît le chômage et il tisse un fil de pauvreté qui enserre de plus en plus les classes sociales défavorisées. C’est surtout un mouvement offensif du capital envers le travail plutôt qu’un effort équitable et efficace de sortie de la crise.

 

En fait, l’établissement politique de l’ Europe a saisi l’occasion de la crise économique pour réviser les fondements de l’économie politique d’après guerre. La gestion politique de la crise de la dette publique s’inscrit dans la perspective d’une conversion institutionnelle de l’Europe de Sud vers un modèle anglo-saxon de capitalisme néolibéral. La diversité institutionnelle au niveau étatique n’est plus tolérée. L’imposition des politiques concrètes par l’intermédiaire des directives est le fer de lance de la réglementation récente de la Commission Européenne qui prétend à vouloir assurer une gouvernance économique de l’euro-zone. La chancelière allemande, Angela Merkel et l’élite des bureaucrates néolibéraux de Bruxelles considèrent la dignité humaine et la solidarité sociale comme des phénomènes altérant la marche de l’économie. La souveraineté nationale les importune pareillement. L’Europe est réduite à l’austérité, à la soumission, à la déréglementation. Et pour la première fois, les jeunes se projettent dans un avenir plus sombre que celui de leurs parents.

 

Cette Europe là n’est pas la nôtre. Cette Europe, nous voulons la changer. A la place d’une Europe livrée à la crainte du chômage, de la maladie, de la vieillesse, de la pauvreté, à la place d’une Europe au service des banques, nous soutenons une Europe au service des besoins de l’Homme.

 

Nous revendiquons la réorientation de l’Union Européenne vers la démocratie et le progrès. Nous souhaitons la fin du néolibéralisme, de l’austérité qui impose des sacrifices aux deux tiers d’une société pour assurer la prospérité du tiers restant.

 

La gauche européenne a à la fois la force d’âme et la vision politique nécessaire à la construction d’un consensus social plus large pour refonder l’ Europe sur une base démocratique, sociale et écologique.

 

C’est ce projet politique qui a guidé ma candidature pour la présidence de la Commission Européenne en tant que représentant du parti de la gauche européenne. Et cette candidature n’est pas  une simple formalité. Ce qu’elle est, tout au contraire, c’est l’engagement d’apporter l’espoir et le changement. C’est un appel pour mettre fin à l’austérité. Pour la démocratie, pour le redressement. C’est un appel adressé à tous les citoyens de l’ Europe plus attachés aux principes démocratiques qu’aux dogmes de leurs partis politiques. Car tant que la récession, la stagnation économique ou une croissance anémique incapable de stimuler l’emploi se répandent en Europe, l’austérité frappera les peuples du Nord au Sud.

 

Par conséquent, l’opposition à l’austérité dépasse les frontières nationales des états membres et crée  les alliances des forces sociales au niveau européen. L’austérité est préjudiciable à tous les gens qui travaillent, en dehors des critères géographiques. C’est pour cette raison que nous devons élargir l’indispensable alliance des pays du Sud en créant un mouvement plus large contre l’austérité, un mouvement pour la reconstruction démocratique de l’union monétaire.

 

La gauche européenne est la force politique fondamentale pour le changement en Europe.

- Nous soutenons la suppression immédiate des mémorandums et un redressement coordonné des économies des états membres.

 

- Nous voulons une Banque Centrale Européenne authentique, qui assumera un rôle de prêteur en dernier ressort, non seulement pour les banques, mais aussi pour les Etats.

 

- Nous soutenons que l’Europe a besoin de sa propre loi Glass-Steagall, en dressant une barrière entre les opérations des banques de dépôt et celles des banques d’investissement, afin d’éviter des opérations spéculatives à risque, liées à des entités bancaires incotrôlables.

 

-  Nous voulons une législation européenne concernant le contrôle fiscal des activités des sociétés offshore.

 

- Nous sommes aux premiers rangs de la lutte contre toute forme de corruption. Notre priorité est l’éradication de celle-ci dans le domaine des affaires, ainsi que le renforcement simultané des capacités des organismes de contrôle et de la résistance des peuples face à ce problème. Les fraudes des grandes sociétés représentent un coût économique et social immense, même pour les pays de leurs sièges sociaux.

 

- Nous soutenons des décisions collectives, crédibles, et d’une efficacité durable concernant la sortie de la crise de la dette européenne, avec l’organisation d’une conférence à l’instar de celle de Londres en 1953, pour le règlement de la dette allemande.

 

- Nous employons nos efforts pour faire reculer le fascisme et le nazisme en Europe et non pas la démocratie, contrairement aux politiques d’austérité.

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Alexis TSIPRAS : dimanche 25 MAI, c'est le jour des peuples.... votez FRONT de GAUCHE

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 23:10
(Déclaration de jean Luc Mélenchon)

(Déclaration de jean Luc Mélenchon)

Source du texte ci dessous : latribune.frle Parti de Gauche

Les Grecs votent ce dimanche pour leurs élections locales. Selon les premières estimations, Syriza arrive en tête à Athènes et dans l'Attique. Une défaite semble se dessiner pour le gouvernement Samaras.

Une semaine avant les élections européennes, on a voté en Grèce ce dimanche pour le premier tour des élections locales. Les électeurs helléniques sont appelés à renouveler les conseils des 325 municipalités et ceux des 13 régions. C'était un test important avant le scrutin européen et alors que la majorité du gouvernement d'Antonis Samaras est extrêmement réduite à la Vouli, le parlement grec.

 

Syriza en tête dans l'Attique et à Athènes

Selon les premières estimations sorties des urnes, dans la municipalité d'Athènes, le candidat de Syriza, la coalition de la gauche radicale d'Alexis Tsipras, arriverait en tête avec 20 à 24,5 % des voix, devant celui du Pasok (social-démocrate) avec 19 à 23 %. Le candidat Nouvelle démocratie (les Conservateurs d'Antonis Samaras) obtiendraient 15 à 19 % et celui d'Aube Dorée, le parti néo-nazi de 14 à 17 % ! Dans la région de l'Attique, la première du pays, là encore Syriza est en tête avec une avance encore plus large sur le Pasok : 27 à 31 % contre 20,5 à 24,5 %. ND ne pourrait prétendre qu'à 14 à 16 %. 

 

Dans les deux cas, on se dirige donc vers un ballotage favorable à Syriza contre le Pasok, avec une élimination du parti du premier ministre. Si la tâche au second tour de Syriza sera difficile, car elle a peu de réserve de voix, c'est déjà une défaite pour le gouvernement.

 

A noter en revanche qu'à Thessalonique, la deuxième ville du pays, le candidat de Syriza arrive en troisième position avec 14 à 16 % des voix, derrière ND (24-28 %) et un candidat Indépendant (36-39 %). Un autre candidat indépendant devance de vingt points celui du centre-droit dans la région de Macédoine centrale, celle de Thessalonique. Le candidat d'Antonis Samaras est devancé aussi au Pirée et à Patras, où le candidat communiste du KKE le devance de plus de sept points......

La nouvelle Europe commence à Athènes
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