C’est l’échec d’une politique obsédée par la baisse des cotisations !
Les petites entreprises au cœur de l’économie de proximité, disparaissent dans l’inaction gouvernementale !
Septembre 2025 : l’Union des entreprises de proximité (U2P) et la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) repoussent la proposition d’un grand rassemblement patronal unitaire contre la taxe Zucman[10] faite par le Mouvement des entreprises de France (Medef). L’événement fait date. Les petits patrons refusent de s’aligner derrière les gros et le font savoir. Les deux organisations patronales des très petites entreprises (TPE) et des petites et moyennes entreprises (PME) révèlent les clivages qui parcourent l’ensemble « patronat » prétendument homogène.
Découvrez le nouveau rapport de l’Institut La Boétie, signé par Eric Berr et Aurélie Trouvé
Il y a urgence : les TPE et PME du pays sont en train de disparaître les unes après les autres.
Institut La Boétie | mis à jour le 25/01/2025
Les petites entreprises disparaissent dans l’inaction gouvernementale
- Les petites entreprises sont au cœur de l’économie de proximité, l’immense majorité des entreprises françaises comptent moins de 10 personnes. Elles sont 4,3 millions au total[0] ;
- Les petites entreprises sont le premier employeur du pays, les TPE et les PME cumulent près de 7 millions d’emplois salariés à temps plein[1] ;
- Un niveau record de petites entreprises surendettées, 94 % des défaillances concernent une entreprise de moins de dix personnes, incluant les auto-entrepreneurs[2] ;
- Focus sur les PME industrielles, premières victimes de la désindustrialisation des grands groupes, la désindustrialisation se poursuit. En 2025, la France a continué à perdre ses fleurons industriels ;
- Focus sur le petit commerce : le capitalisme rase tout, la presse régionale n’en finit pas de tirer la sonnette d’alarme : les villes se vident de leurs petits commerces ;
- L’étalement urbain contre les petits commerces alimentaires ;
- Commerce en ligne : le capitalisme numérique contre les petites entreprises commerçantes.
Pourquoi les petites entreprises ont la vie impossible ?
▶️ Les vraies « charges » masquées qui pèsent sur les TPE et PME du pays, la vérité sur les cotisations sociales
- Dans le débat public, l’ennemi des entreprises est tout trouvé : le « coût du travail » ! Ce discours ne résiste pourtant pas à l’épreuve des faits économiques. Mais il présente pour les grands patrons du pays plusieurs avantages.
- La vérité sur les cotisations sociales : depuis quarante ans, les politiques économiques s’emploient méthodiquement à baisser le « coût du travail », en premier lieu par le biais d’allègements de cotisations sociales[3]
- Les charges réelles sont ailleurs : ce sont les rentes (électricité, loyers, Frais bancaires, frais d’assurance, rentes numériques) !
▶️ Crédit bancaire : les banques contre les chefs des petites entreprises (accéder au crédit : un parcours du combattant, l’exploitation financière par le crédit).
▶️ Le règne économique des grandes entreprises
- L’exploitation commerciale par la sous-traitance, le capitalisme néolibéral marque l’hyper développement de la sous-traitance[4] ;
- Les grandes entreprises ont imposé le marché mondial.
▶️ L’injustice fiscale dans le monde de l’entreprise
- Impôt sur les sociétés : la grande injustice. Aujourd’hui, non seulement le taux d’impôt sur les sociétés n’est pas progressif selon la taille de l’entreprise, mais il est en pratique plus élevé pour les petites entreprises.
- Les TPE et PME versent 23 % de leurs bénéfices déclarés, contre 15 % seulement pour les grandes entreprises. Autrement dit, elles paient 50 % d’impôts en plus[5] !
- Aides aux entreprises sans conditions : une aubaine pour les plus gros. Il existe aujourd’hui près de 2 000 aides différentes aux entreprises, versées essentiellement sans contrepartie, qui représentent 211 milliards d’euros par an.
Les petites entreprises sont les grandes perdantes du fonctionnement actuel des aides aux entreprises. - C’est aussi le cas des entreprises de l’ESS, qui ne reçoivent que 7 % des aides publiques aux entreprises alors qu’elles représentent près de 14 % de l’emploi privé[6].
▶️ La consommation en panne
- Les petites entreprises forment le cœur de l’économie de proximité du pays.
- Les difficultés matérielles rencontrées par les petites entreprises aujourd’hui sont en grande partie le fait du ralentissement structurel de la consommation.
- Les dépenses contraintes liées à l’existence, qui pèsent sur le pouvoir d’achat : il faut se nourrir, se vêtir, se soigner. Tout cela a considérablement augmenté.
- Ces dépenses frôlent aujourd’hui les 30 % du revenu total en moyenne[7]. C’était 12 % seulement en 1960, et un peu plus de 20 % au début des années 1980.
- Les salaires sont attaqués : baisse du salaire réel depuis 2017, gel total ou partiel du point d’indice des fonctionnaires pendant près de vingt ans, absence de revalorisation du salaire minimum au-delà de l’inflation.
- Pour ne rien arranger, les politiques d’austérité s’attaquent aux dépenses de protection sociale. Les déremboursements de soins et la hausse des franchises médicales accroissent les dépenses des ménages[8].
▶️ Le manque de visibilité des chefs de petites entreprises
- La visibilité est la valeur suprême de l’entreprise. Sans elle, l’investissement productif est entravé.
- Les petites entreprises ont été très fragilisées par huit ans de macronisme, où les politiques économiques ont navigué à vue, sans aucune boussole.
- Le secteur de la rénovation énergétique subit par exemple le va-et-vient des gouvernements successifs sur les aides à la rénovation versées par l’État aux particuliers : lorsque les ménages ne peuvent plus entreprendre les travaux ou refusent de se lancer de crainte de voir les aides interrompues en cours de route, les carnets de commandes se vident et les emplois sont menacés.
- Pour les petits commerçants non plus, rien ne garantit un engagement stable de la puissance publique contre la concurrence déloyale que représente le commerce en ligne.
▶️ Le problème de la représentativité des chefs d’entreprises : l’avantage donné au Medef
- Dans les médias et dans les cercles politiques, le Medef jouit d’une hégémonie certaine, et pourtant, parmi les trois organisations patronales reconnues comme représentatives, le Medef est celle qui compte le moins d’adhérents : 149 000 au total en 2025, contre 221 000 pour l’U2P et 243 000 pour la CPME[9].
- Moins de 12 % des entreprises françaises sont adhérentes d’une organisation patronale représentative. L’écrasante majorité des chefs d’entreprise du pays ne sont donc pas représentés lors des négociations collectives qui déterminent la norme sociale et dans les organismes paritaires.
- Le Medef est confortablement installé alors qu’il ne représente qu’une portion minoritaire de l’économie, très mobilisée et visible.
- En résumé, les petites entreprises sont accablées par l’ensemble des structures économiques. Tous leurs besoins, du financement à la production elle-même jusqu’à l’écoulement des stocks, se heurtent à une organisation de l’économie alignée sur d’autres intérêts. Les grandes entreprises sont le centre de gravité du capitalisme contemporain
Un nouveau pacte productif a construire : l’économie de la nouvelle France par les petites entreprises
Les petites entreprises ont vocation à prendre leur part dans l’intérêt général humain. Leur santé économique dépend de l’état de la population, de ses revenus, de sa santé, de la qualité de sa formation, de ses modes d’organisation : en bref, de la satisfaction des besoins humains.
- Notre modèle, l’économie des besoins, fonde le socle d’un possible nouveau pacte productif au service à la fois de l’activité économique des petites entreprises et des besoins humains.
- La puissance publique doit reprendre le contrôle de la direction dans laquelle se déploie l’activité productive qu’elle aide.
🔴 Voilà des propositions de l'Institut La Boétie qui visent à explorer les grandes lignes possibles d’un pacte productif et de progrès social, incluant les dirigeants de micro, petites et moyennes entreprises sous forme de recommandations d’ordre général.
▶️ Axe 1 – Réserver les aides publiques aux entreprises qui s’inscrivent dans la réalisation du plan ;
▶️ Axe 2 – Baisser et stabiliser les coûts de l’énergie des petites entreprises ;
▶️ Axe 3 – Émanciper les petites entreprises de la domination des grandes ;
▶️ Axe 4 – Redéfinir les règles de la représentativité patronale ;
▶️ Axe 5 – Protéger les petites entreprises du libre-échange ;
▶️ Axe 6 – Mettre en place un pôle public bancaire et rendre gratuite l’escompte ;
▶️ Axe 7 – Protéger les petits commerces ;
▶️ Axe 8 – Lutter contre l’ubérisation généralisée ;
▶️ Axe 9 – Rétablir la justice fiscale entre les entreprises ;
▶️ Axe 10 – Soutenir le pouvoir d’achat de la population ;
▶️ Axe 11 – Assurer des débouchés aux petites entreprises par la commande publique ;
▶️ Axe 12 – Sortir de la dépendance aux Big Tech ;
▶️ Axe 13 – Renforcer et transformer la formation initiale et continue pour avoir la main-d’œuvre la mieux qualifiée du monde ;
▶️ Axe 14 – Abolir le travail détaché en France.
🔴 Pour accéder à l'intégrale du rapport de l'institut La Boétie cliquez sur l'image ci-dessous 👇👇
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Colloque « Le néolibéralisme est-il compatible avec les petites entreprises ? »
- Le néolibéralisme est-il compatible avec les petites entreprises ?
- Quels sont les vrais problèmes des petites entreprises ?
- Les intérêts des petits patrons sont-ils alignés sur ceux des multinationales ?
- Comment émanciper les petites entreprises du chaos du marché et de la domination des grands groupes ?
- Quelles nouvelles règles de la représentativité patronale développer ?
- Comment la planification écologique et le protectionnisme solidaire peuvent constituer le socle d'un pacte productif au service d'une nouvelle économie ?
Notes :
[0] Insee, « Les entreprises en France. Édition 2023 », 6 décembre 2023
[1] Les TPE et les PME cumulent près de 7 millions d’emplois salariés à temps plein.
[2] 94 % des défaillances concernent une entreprise de moins de dix personnes, incluant les auto-entrepreneurs
[3] Toujours moins ! - Clément Carbonnier - Éditions La Découverte
[4] Le capitalisme néolibéral marque l’hyper développement de la sous-traitance
[5] Les TPE et PME versent 23 % de leurs bénéfices déclarés, contre 15 % seulement pour les grandes entreprises
[6] Timothée Duverger « Les entreprises de l’ESS sont moins subventionnées que celles du privé marchand », Alternatives économiques, 30 septembre 2025
[7] Observatoire des inégalités, « Les dépenses contraintes, un effort différencié selon les ménages », 4 juillet 2024
[8] Céline Mouzon, « Pourquoi les Français dépensent-ils de plus en plus pour leur santé ? », Alternatives Économiques, 15 octobre 2025
[9] Selon les derniers chiffres de 2025 du Haut conseil du dialogue social. Voir Ministère du Travail et des Solidarités, « La mesure de l’audience des organisations syndicales et patronales », 23 octobre 2024
[10] La taxe Zucman, préconisée par l’économiste Gabriel Zucman, est une proposition de nouvelle imposition mondiale minimale, sur le patrimoine des grandes fortunes, pour, d'après ses promoteurs, corriger l'optimisation fiscale et rétablir un principe d’égalité devant l’impôt.
- Clément Carbonnier, Toujours moins ! L’obsession du coût du travail ou l’impasse stratégique du capitalisme français, Éditions La Découverte, 2025. Voir aussi la note de lecture de l’Institut La Boétie consacrée à cet ouvrage : « Pourquoi baisser le coût du travail ne sert à rien ? », décembre 2025, URL : https://institutlaboetie.fr/pourquoi-baisser-le-cout-du-travail-ne-sert-a-rien-note-lecture-20251212/
- Grégory Rzepski, « Les patrons piquent une crise », Le Monde diplomatique, décembre 2025
- L’État fait désormais cadeau de 211 milliards d’euros par an au rand patronat, selon un récent rapport d’une commission d’enquête sénatoriale[3], principalement en niches fiscales et allègements de cotisations sociales.
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