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30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 12:49
Le PCF vers un tête à tête avec l'austéritaire Syriza de Stripras au sein du PGE ?
Le PCF vers un tête à tête avec l'austéritaire Syriza de Stripras au sein du PGE ?
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Le PCF vers un tête à tête avec l'austéritaire Syriza de Stripras au sein du PGE ?

PGE : la clarification politique se fait par le vide.

 

Le Parti de la Gauche Européenne PGE[1] (ou European Left) est un parti politique européen. Créé en 2003, il regroupe une trentaine de partis communistes, « rouge-vert », socialistes ou démocratiques de gauche, de 17 États membres de l’Union européenne et 4 pays hors de celle-ci. À l'issue du congrès de Berlin (16-18 décembre 2016) après Pierre Laurent du PCF, Gregor Gysi[2] est élu nouveau président.

L'alliance au sein du PGE de forces aussi différentes que le PCF et Syriza porteur d'un  social-libéralisme recyclé à la sauce Grecque.... sème la division.

La clarification se fait par le vide.

 

Sources : Initiative communiste et autres

- Février 2016 : le Parti communiste allemand (DKP) se retire du PGE

Les délégués du DKP ont eu de longs et difficiles débats . En 2005 le DKP sur décision de son ancien exécutif national a pris le statut d’observateur du PGE. Depuis des années, on se dispute à ce sujet chez les camarades [du DKP]

 

Les délégués avaient saisi l’exécutif du parti d’une motion : “ Le 21ème Congrès décide de mettre fin au statut d’observateur du DKP au sein du Parti de la gauche européenne ”. Dans les motifs à l’appui de cette proposition on peut lire, le PGE reconnaît les structures de l’Union européenne. Ce qui est en contradiction avec la demande des communistes de surmonter l’Union d’états (voir interview avec Patrik Köbele). Dans le passé, le PGE s’est reconnu la soi-disant “responsabilité”  de légitimer les interventions militaires dans les pays où les violations des droits de l’homme sont commises.

 

La motion a été débattue. Le PGE est " l’organisation clé des réformistes ”, a déclaré un camarade. Un délégué de Stuttgart a été très direct. En matière de lutte contre le fascisme et le mouvement de la paix, il est bien sûr naturel de coopérer avec les partis  de gauche et sociaux-démocrate. “ Mais ce n’est pas une raison pour adhérer à la même organisation. L’unité d’action et de l’adhésion sont deux choses complètement différentes. “

 

En effet, il a longtemps été discuté de la nature du PGE. Ceux qui plaident pour le maintien dans le PGE ont allégué qu’elle avait plutôt un caractère d’alliance. Mettre fin à l’état d’observateur, signifierait selon donc selon eux s’isoler. Au sein de l’exécutif du parti Uwe Fritsch, qui fait partie de l’opposition interne au sein du parti, s’est prononcé pour le statu quo.

 

L’UE est un «phénomène de l’impérialisme», a déclaré Hans-Peter Brenner, également membre de l’exécutif du parti. Selon lui, actuellement, l’Union Européenne est en train de s’armer, de construire sa propre puissance militaire. “Nous devons mettre fin aux illusions, on ne peut croire à une possibilité de réformer l’UE”, a déclaré Brenner. Le PGE tient pourtant précisément cette position.

 

C’est bien plus des deux tiers des délégués qui ont suivi dans la plupart des motions Patrik Köbele et la majorité de la direction nationale. Au sein du DKP, la direction nationale représente l’aile gauche, marxiste-léniniste du DKP. 99 camarades [délégués] ont, le 29 février 2016, voté pour la fin du statut d’observateur, 52 contre. Il y a eu six abstentions.

 

 

-Juin 2018 : le Parti de Gauche français (PG) quitte le PGE

Le PG, apparu fin 2008, avait rejoint formellement le PGE en décembre 2010 à son troisième congrès, date à laquelle le communiste Pierre Laurent en avait pris la présidence.

 

À l’issue du congrès suivant, fin 2013, le PG avait temporairement suspendu sa participation au PGE pour protester contre la reconduction à la tête de ce parti européen de Pierre Laurent, alors que ce dernier faisait campagne « derrière le PS » aux municipales à Paris[3]. Avant de le réintégrer pour la campagne européenne de 2014 dont le candidat du PGE à la présidence de la Commission européenne était… Alexis Tsipras.

 

La déclaration adopté lors du congrès du 29 juin au 1er juillet, à Villejuif rappelle[4] notamment que « le PG a interpellé l’exécutif du PGE sur le maintien de Syriza au sein du PGE[5] ».

 

La réponse était venue par Anne Sabourin, responsable des questions européennes au PCF et membre du secrétariat PGE, a jugé la demande d’exclusion « ridicule sur la forme et sur le fond ». « On est à un moment où face au macronisme européen et à la montée des extrêmes droites, il faut unir des forces de gauche radicale qui sont différentes, ont des politiques nationales et des cultures différentes  »[6].

 

Le PG a donc pris acte du refus de sa demande et acté sa sortie du PGE, considérant que « la période appelle plus que jamais à la clarification face à la politique austéritaire de l’UE » et que « toute application de cette politique par un parti membre du PGE déconsidère toute prise de position anti austéritaire des autres partis membres » tout en permettant « à l’extrême droite d’apparaître comme la seule issue au "système" ».

 

Autrement dit : Le Parti de Gauche ne peux plus appartenir au même parti européen qu’Alexis Tsipras, devenu le représentant de la ligne austéritaire en Grèce[7].

 

 

-Juin 2018 : le Parti Communiste Belge (PCB) décide de quitter le PGE

Réuni en congrès ce 30 juin 2018 juin le PCB a décidé à une majorité de 83% des voix adoptée à bulletin secret, de se retirer du Parti de la Gauche Européenne PGE[8].

 

Sur le plan politique, plusieurs motifs ont conduit à cette décision de sortie du PGE, parmi lesquels :

  • L’hostilité statutaire du PGE vis-à-vis du socialisme réel alors que l’écroulement de ce dernier constitue la base de la mondialisation capitaliste et la destruction d’un rapport de force qui était favorable aux travailleurs du monde entier ;
  • Le caractère unanime des décisions du PGE qui fige et stérilise le débat en le transformant en un club de discussion élitiste et technocratique ;
  • Le fait qu’en 2011, à l’occasion du 90e anniversaire de notre parti, « l’intervention du PGE » s’est limitée à la tenue d’un colloque à Bruxelles où la direction de notre parti n’a pas été officiellement invitée et où son histoire n’a même pas été évoquée ;
  • L’attitude inadmissible des dirigeants du PGE face à l’OTAN qui nous met en porte à faux avec notre exigence de sortie de l’OTAN en préalable à sa dissolution.
  • Il en va de même de l’attitude de Syriza et de son dirigeant Tsipras dans la crise grecque, attitude qui a contribué à discréditer la gauche radicale exception faite des partis communistes non membres du PGE ;
  • L’absence de liens privilégiés entre partis membres sur des questions communes, pourtant le fondement même du PGE. Entre autres, la fermeture de Caterpillar, où notre parti a été ignoré et d’autres partis privilégiés alors que nous avons été les premiers à défendre la réquisition des outils !

 

Nous considérons que Le PGE est à la politique ce que la CES est au syndicalisme, c’est-à-dire des organisations créées et soumises à l’Union Européenne laquelle depuis sa fondation reste une organisation capitalistique qu’il est impossible de réformer de l’intérieur. « L’Europe sociale » qui serait le résultat de réformes progressistes est une illusion pour les travailleurs.


La récente visite du représentant de Die Linke (dont Gregor Gysi, président du PGE, est membre), Dietmar Bartsch, dans l’une des colonies israéliennes près de la bande de Gaza où il a planté des arbres dans le cadre de la coopération avec l’organisation sioniste « Keren Kayemet » (fonds national juif), connu pour sa grande responsabilité dans la politique de nettoyage ethnique contre les palestiniens, conforte notre décision....

 

 

-Et le Parti Communiste Français (PCF) ?

À la veille du 38e congrès du PCF, on peut se demander si le PCF ne sera pas bientôt bien seul au sein du PGE. En effet,  la question de la sortie du PGE n’est au programme ni du texte retenu par la direction du PCF-PGE (Pierre Laurent est coprésident du PGE), ni de la plupart des bases alternatives (y compris celle conduite par A. Chassaigne) à l’exception d’une seule.

 

A moins d'un sursaut et la décision de quitter le PGE, le PCF se dirige au sein du PGE, et au grand dam de nombre de marxistes, vers un tête à tête avec l'austéritaire Syriza de Stripras qui a choisi un virage répressif pour faire taire l'opposition sociale[9].

Note :

[1] Parti de la gauche européenne

[2] Gregor Gysi

[3] Le Parti de Gauche suspend sa participation au PGE

[4] Insoumission, République et Écosocialisme (Texte de Congrès 2018)

[5] Le Parti de Gauche s’adresse au PGE

[6] Le PG demande l'exclusion de Syriza du Parti de la gauche européenne

[7] Syriza et Tsipras, après avoir  trahi les grecs à l'issue du référendum , s'être couché devant la troïka, se traduit par une austérité renforcée, le bradage du pays au plus offrant et un enfoncement du peuple dans la misère -  le gouvernement Syriza a en effet accepté d'appliquer un plan d'austérité supplémentaire en plus du reste, Tsipras et son équipe ont décidé de réduire le droit de grève

[8] Pourquoi le PCB a quitté le Parti de la Gauche Européenne (PGE)

[9] GRÈCE : LE VIRAGE RÉPRESSIF DU GOUVERNEMENT SYRIZA. PAR STATHIS KOUVÉLAKIS ET COSTAS LAPAVITSAS

 

Pour en savoir plus :

- Benoit Hamon n'a t-il que le social-libéralisme recyclé à la sauce Grecque à nous proposer ?

- Jean-Luc Mélenchon Fête de l'Huma 2018 : Le message essentiel des dirigeants communistes aura été de taper sur « La France insoumise » tout en lançant des appels à « l’union des gauches ».

- Marie-George Buffet : "On ne va pas arriver aux élections européennes avec cinq listes de gauche"

- Les votes au moment des Congrès nationaux fixent l’image d’une organisation qui fut autrefois le plus grand parti de France. Cette fois, le Congrès s’annonce comme celui d’un parti éclaté et globalement rétracté.

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