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12 novembre 2025 3 12 /11 /novembre /2025 10:23
Tribune : " Vive la cotisation sociale ! "

Fêtons les 80 ans de conquête moderne qu’est la Sécurité sociale en défendant les cotisations. Pour défendre la cohésion sociale, ces choix démocratiques doivent être portés dans le débat public.

 

 

En plein débat sur le financement de la Sécurité sociale, plusieurs économistes appellent, dans cette tribune initiée par la CGT, à fêter les 80 ans de la « Sécu » en défendant les cotisations sociales.

Le salaire socialisé est la meilleure sécurité, avec des cotisations pour augmenter les protections et les pensions. La cotisation sociale, c’est aussi la carte Vitale quand d’autres préfèrent la carte bancaire pour faire leurs affaires.

 

 

Sources : NouvelObs | mis à jour le 28/07/2026

- Notre Sécurité sociale, créée en 1945, à la sortie de l’ignominie de la Seconde Guerre mondiale, est la confluence du combat ouvrier et républicain.
Depuis, nous cotisons en fonction de nos moyens pour en bénéficier selon nos besoins. Cette victoire collective, financée par le travail car lui seul crée la richesse, donc sur le salaire, permet à toutes et tous de bénéficier de la solidarité et d’échapper à la pauvreté.

 

🔴 La cotisation est du salaire.
Les offensives contre cette partie socialisée du salaire commencent en distinguant artificiellement un brut « salarial » et « patronal » puis en cherchant à « alléger les charges », c’est-à-dire en fait à affaiblir les salaires en les exonérant des cotisations sociales. Derrière ce que certains appellent des charges pour demander à les alléger se trouve en réalité du salaire : en plus du salaire net pour le mois, le salaire brut pour les droits en cas de licenciement, accident, maladie, parentalité ou pour les retraites. D’où l’importance de connaître sa fiche de paie : chaque ligne a une signification. A travers les attaques contre les cotisations, c’est au salaire qu’on s’attaque, le brut aujourd’hui, le net demain.

 

🔴 Le salaire socialisé est la meilleure sécurité, avec des cotisations pour augmenter les protections et les pensions.
La cotisation sociale, c’est aussi la carte Vitale quand d’autres préfèrent la carte bancaire pour faire leurs affaires. Lorsqu’on cotise à la Sécu, les frais de gestion sont de 3 %, le reste va dans les soins. Dans un monde d’assurances privées, tout sera fait pour couper sur les remboursements et conserver plus de 20 % de frais et de rendement aux actionnaires. C’est payer plus pour se faire soigner moins.

 

 

- Le budget le moins endetté et le plus attaqué
Pour mieux attaquer la Sécu, on nous alarme en confondant les trois différents budgets :

 

  • Ceux de l’État et des collectivités territoriales, votés chaque année lors du projet de loi de Finances (PLF : recherche, écoles, justice…). Depuis 2017, l’endettement de l’État a augmenté de 1 000 milliards d’euros, en favorisant les grandes entreprises et les plus fortunés. Les collectivités territoriales sont faiblement endettées malgré d’énormes transferts de services publics non compensés par l’Etat, ce qui participe à leur dégradation.

 

  • Celui solide et solidaire de la Sécurité sociale a vu sa gestion principalement syndicale remplacée en 1967 par une gestion paritaire, et depuis son étatisation en 1996, il est voté par l’Assemblée nationale à travers le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). C’est le moins endetté et pourtant le plus attaqué. Au lieu d’élargir l’assiette des cotisations, c’est-à-dire soumettre à cotisations les revenus liés au travail comme l’intéressement, la participation, la PPV ou les dividendes, le financement de la Sécurité sociale passe des cotisations à l’impôt (CSG, CRDS et TVA), faisant payer aux salarié·es les cadeaux aux entreprises. Dans les années 1980, les cotisations finançaient 80 % de la protection sociale, c’est à peine la moitié aujourd’hui.

 

 

- Des exonérations non compensées qui manquent à la protection sociale
S’ajoute le scandale des exonérations de cotisations sociales : plus les salaires sont bas et proches du SMIC, plus les exonérations de cotisations sont hautes. Les directions d’entreprises ont donc d’autant plus intérêt à maintenir des salaires faibles. Alors que les salaires ne sont pas indexés sur le SMIC et que la loi interdit même de le prévoir par accord collectif, ce qui permettrait au moins de ne pas perdre en niveau de vie, les exonérations de cotisation se retrouvent, elles, indexées sur le salaire minimum. L’empilement de dispositifs d’exonérations, concentrés entre le SMIC et le salaire médian, a compressé les salaires. Il faut sortir du cercle vicieux des exonérations de cotisations, qui incitent aux bas salaires, à la sous-traitance en cascade, au low-cost et participent à la désindustrialisation. 

 

🔴 Si les exonérations sont majoritairement compensées par l’État, les près de 5 milliards qui ne le sont pas manquent à la protection sociale.
La partie compensée, près de 80 milliards parmi les 211 milliards d’euros annuels d’aides publiques aux entreprises[0], constitue en fait une prise en charge par l’État d’une part des salaires du privé à la place de l’employeur (près du tiers pour les salaires au niveau du SMIC). C’est autant d’argent en moins pour les services publics qui sont dans une situation catastrophique. Et contrairement à ce qui est suggéré par la position qui consiste à les limiter au-delà d’un certain niveau de SMIC, ces exonérations sur les bas salaires n’ont pas été efficaces pour créer ni même sauvegarder des emplois.

 

🔴 Une société de progrès social et environnemental, qui répond aux défis d’avenir, est une société qui augmente la part du salaire socialisé dans son économie.
Fêtons les 80 ans de conquête moderne qu’est la Sécurité sociale en défendant les cotisations. Pour défendre la cohésion sociale, ces choix démocratiques doivent être portés dans le débat public.

 

 

 - Premiers signataires de cette tribune:

  • Agathe Le Berder, direction confédérale de la CGT en charge des salaires ;
  • Thomas Vacheron, direction confédérale de la CGT en charge des salaires ;
  • Philippe Batifoulier, professeur à l’université Sorbonne-Paris-Nord ;
  • Clément Carbonnier, professeur à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne ;
  • Maxime Combes, économiste à l’Observatoire des multinationales ;
  • Nicolas Da Silva, maître de conférences à l’université Sorbonne-Paris-Nord ;
  • Anne-Laure Delatte, directeur de recherche CNRS à l’université Paris-Dauphine-PSL ;
  • Jean-Paul Domin, professeur à l’université de Reims-Champagne-Ardennes ;
  • Victor Duchesne, maître de conférences à l’université Sorbonne-Paris-Nord ;
  • Ariane Ghirardello, maîtresse de conférences à l’université Sorbonne-Paris-Nord ;
  • Sabina Issehnane, maîtresse de conférences à l’université Paris-Cité ;
  • Coralie Perez, ingénieur de recherche à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne ;
  • Corinne Perraudin, maîtresse de conférences à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne ;
  • Emmanuelle Puissant, maîtresse de conférences à l’université Grenoble-Alpes ;
  • Muriel Pucci, présidente du comité scientifique du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ;
  • Gilles Raveaud, maître de conférences en économie, université Paris-8 Saint-Denis ;
  • Henri Sterdyniak, économiste, Les Economistes atterrés ;
  • Julie Valentin, maîtresse de conférences à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne.

 

Notes :

[0Transparence et évaluation des aides publiques aux entreprises : une attente démocratique, un gage d'efficacité économique - Rapport

 

Pour en savoir plus :

VIVE LA COTISATION SOCIALE ! Syndicat CGT Unilever HPCI France

- VIVE LA COTISATION SOCIALE ! par CGTCHU 

- Le paradoxe de la Sécurité sociale : et si, pour faire des économies, il fallait l’étendre ?

Une lettre de mission signée Emmanuel Macron, quatre experts, un rapport promis pour la fin de l’année : sous couvert de « refonder » le financement de la protection sociale, l’exécutif prépare en réalité le terrain d’un tour de vis fiscal et social sans précédent. 

 

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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 12:49
La hausse de la CSG de Macron, un piège dont tout le monde sort perdant à la fin… sauf les profits

Droit du travail et sociaux, protection sociale, pouvoir d'achat.... tous dans la rue le 12 septembre !

 

Le projet du chef de l’État pour redonner un peu de pouvoir d’achat aux actifs en épargnant les profits consiste à faire les poches des retraités, via la hausse de la CSG. Un piège dénoncé par neuf organisations de retraités, qui s’opposent à ce qui s’apparente aussi à un démantèlement de la protection sociale.

 

Sources : Midi Insoumis, Populaire et Citoyen

Emmanuel Macron a une ligne. Faire baisser le «  coût du travail  ». Et de trouver une mesure pour faire illusion que le cadeau est pour les Français en égratignant au passage le système de protection sociale. Il en est ainsi du chapitre «  pouvoir d’achat  ». Après 350 euros de baisse du niveau de vie en cinq ans liée aux hausses d’impôts pour financer les 40 milliards d’euros du Cice (dont le MEDEF demande l'amplification et la pérennisation), le nouveau président de la République se devait de redonner un ballon d’oxygène aux Français pour assurer sa victoire. Emmanuel Macron aurait pu augmenter le Smic ou décider d’organiser des négociations salariales dans les branches, mais l’ex-ministre de François Hollande a fait un autre choix, en prévoyant de supprimer les cotisations maladie (0,75 % du salaire brut) et chômage (2,4 %) acquittées par un salarié, en échange d’une hausse de 1,7 point de contribution sociale généralisée (CSG) pour tous, actifs mais aussi retraités « aisés », à savoir, pour Emmanuel Macron, ceux dont la pension est supérieure à 1 198 euros par mois, soit 14 375 euros par an.

 

Le «  gain  » pour le pouvoir d’achat des salariés sera modeste. Pour un salarié payé 2 000 euros brut par mois, le plus serait de 390 euros sur l’année, soit un peu plus de 30 euros par mois, ou encore de 770 euros annuels pour un salaire de 4 000 euros brut (un peu plus de 60 euros par mois). Seules les rémunérations de quelques cadres supérieurs très bien payés, au-dessus de 35 000 euros mensuels, y perdraient car les cotisations maladie et chômage sont plafonnées. En revanche, les retraités aux revenus modestes ou moyens auront leur niveau de vie amputé  : celui touchant 1 300 euros verra sa pension minorée de 22 euros par mois  ; celui ayant une pension de 3 000 euros mensuels perdra 50 euros. Une patente que l’ensemble des organisations syndicales de retraités, à la seule exception de la CFDT, refuse, dans une lettre ouverte envoyée au président de la République, à quelques jours du premier tour des législatives. «  Si l’on comprend bien, c’est en prenant dans la poche des retraités que l’on pourrait redonner du pouvoir d’achat aux actifs  », l’interpelle l’intersyndicale, avant de rappeler que «  les personnes en retraite depuis plusieurs années ont subi une baisse des revenus, sous le double effet du gel des pensions et de l’augmentation de leur fiscalité spécifique  ».

 

 

- Une remise en cause du principe de l’assurance-chômage

Pour justifier cette perte de pouvoir d’achat des retraités, le nouveau président met en avant l’argument de la solidarité intergénérationnelle. Déjà en 2008, lorsqu’il était inspecteur des finances, il écrivait dans un rapport que « l’analyse des retraites, de la dette sociale et des prélèvements obligatoires met en évidence des transferts multiples qui, dans l’ensemble, s’exercent en faveur des classes d’âge de plus de 60 ans ». Or, rappelle l’intersyndicale, « c’est ignorer que les retraités contribuent largement, quand ils le peuvent, aux dépenses de leurs enfants et petits-enfants et que les priver d’une partie de leur pension n’améliorera pas leur situation ». En se basant sur une estimation du Conseil d’orientation des retraites (COR), les retraités « continuent ainsi de contribuer à la création de richesses (…) jusqu’à l’équivalent de 1,2 % du PIB », affirment les organisations syndicales.

 

Si le gouvernement a laissé entendre que les chômeurs seraient sans doute épargnés par cette hausse de la CSG (cet impôt s’applique à tous les revenus, à ceux des actifs comme à ceux des retraités, aux allocations chômage comme aux revenus du patrimoine), le basculement du financement de l’assurance-chômage vers l’impôt pose au-delà un problème de conception de la protection sociale, puisque les retraités seront amenés à financer une prestation pour laquelle il ne leur sera ouvert aucun droit, n’étant plus sur le marché du travail. Tout le contraire d’une cotisation, dont le principe est d’être associée à l’ouverture d’un droit. Derrière ce changement de philosophie, l’objectif de l’opération est en fait pour le président de la République de remettre en cause le principe même de l’assurance-chômage. Et de remplacer un droit des salariés, issu de leurs cotisations, à une prestation d’assurance sociale leur assurant un taux de remplacement relativement satisfaisant, par une prestation uniforme, de faible montant.

 

 

- Les organisations syndicales ont opposé leur « attachement » à la retraite par répartition
Après les ordonnances du Code du travail, c’est la prochaine étape au calendrier, avant celle des retraites pour laquelle les neuf organisations de retraités ont tenu à faire part de leur opposition à la mise en place d’un système « par points », où ce ne sont plus les cotisations qu’on ajuste à la hausse ou à la baisse, mais les pensions elles-mêmes. Une réforme que << nous ne voulons pas >>, écrit l'intersyndicale, laquelle cite des propos de 2012 du premier ministre suédois, un des pays où ce système est en vigueur, et qui déclarait que « les actifs devraient travailler jusqu’à 75 ans s’ils voulaient bénéficier du même niveau de retraite qu’en 2011 ». Une trappe à pauvreté où régnera le chacun pour soi. Face à ce dessein, les organisations syndicales ont hier opposé leur « attachement » à la retraite par répartition « dont les conditions sont connues (taux de remplacement, années de cotisations, âge légal de départ à la retraite) pour faire en sorte que l’appartenance à une génération donnée n’empêche pas l’exercice de la solidarité des autres générations à son égard ». Et de rappeler qu’il ne s’agit pas là d’une « gratification », mais de « la contrepartie de l’effort fourni ».

 

 

- CSG la CGT réaffirme : le financement de la protection sociale doit être assuré sur la cotisation

La hausse de la CSG de Macron, un piège dont tout le monde sort perdant à la fin… sauf les profits

- Expression de la Fédération CGT des organismes sociaux

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  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT  de 1978 à 2022.
  • Retraité SNCF, engagé politiquement depuis l'âge de 15 ans, militant du PCF de 1971 à 2008, adhérent au Parti de Gauche et à la France Insoumise depuis leur création, ex secrétaire de syndicat, d'Union locale et conseiller Prud'homme CGT de 1978 à 2022.

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